Des hommes armés sèment à nouveau la terreur sur l’axe Bozoum-Paoua
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
De nouveaux actes de braquage ont été commis ce samedi 16 novembre 2024 sur l’axe Bozoum-Paoua, à seulement 13 kilomètres de Bozoum, démontrant une fois de plus la détérioration continue de la sécurité dans cette partie du pays. Des hommes armés ont pris pour cible des commerçants qui se rendaient au marché hebdomadaire de Taley, une sous-préfecture de Lim-Pendé située à une soixantaine de kilomètres de Bozoum.
“Ils nous ont arrêtés vers 4h30 du matin. Ils avaient renversé une moto sur la route pour nous forcer à nous arrêter. J’ai d’abord cru à un accident en voyant les phares et les torches. Mais rapidement, nous nous sommes retrouvés encerclés par des hommes armés qui nous ont forcés à nous coucher par terre”, témoigne à la rédaction du CNC un rescapé sous couvert d’anonymat. Les assaillants ont systématiquement fouillé leurs victimes, s’emparant de leur argent et de leurs effets personnels.
Une insécurité généralisée autour de Bozoum
Cette nouvelle attaque s’inscrit dans une série d’actes criminels similaires qui touchent l’ensemble des axes routiers autour de Bozoum. La route menant à Bocaranga (80 km) est particulièrement dangereuse, avec des embuscades régulières visant aussi bien les véhicules de transport que les motos. L’axe Bozoum-Bossembélé n’est pas épargné, les voyageurs devant faire face à des hommes armés qui surgissent des broussailles pour les dévaliser.
“Chaque semaine apporte son lot d’attaques et de braquages. Nous ne pouvons plus circuler librement, même pour nos activités commerciales “, déplore un commerçant de Bozoum qui fait régulièrement la navette entre les différents marchés de la région.
La situation est particulièrement critique sur l’axe Bozoum-Paoua où les incidents se multiplient. Les malfaiteurs, opérant en petits groupes de trois à quatre hommes, utilisent des tactiques bien rodées : positionnement stratégique près des ponts, simulation d’accidents ou de pannes pour piéger les voyageurs, usage d’armes artisanales mais néanmoins létales.
Des forces de sécurité démunies
Devant cette situation inquiétante , les Forces Armées Centrafricaines (FACA) peinent à assurer la sécurité des populations, principalement en raison d’un manque criant de moyens logistiques.
“Nos militaires sont prêts à intervenir, mais comment peuvent-ils le faire efficacement sans véhicules ni motos ? Quand nous les alertons d’une attaque, il leur est impossible d’arriver à temps sur les lieux”, explique un chef de village de la région.
Les populations de Bozoum et environnant, excédées par cette situation, lancent un appel pressant au gouvernement. “Nous demandons des patrouilles régulières sur tous les axes, mais pour cela, il faut doter nos FACA de moyens de transport et de communication adéquats”, insiste un notable de Bozoum.
Impact sur la vie économique
Cette insécurité chronique a des répercussions néfastes sur l’activité économique de toute la région. Les marchés hebdomadaires, indispensables pour l’économie locale, voient leur fréquentation chuter. De nombreux commerçants renoncent à se déplacer, craignant pour leur sécurité et leurs biens.
“Comment pouvons-nous développer nos activités dans ces conditions ? Même quand nous prenons le risque de voyager, nous devons limiter nos liquidités, ce qui réduit considérablement nos capacités d’achat et de vente”, explique une commerçante.
Pour rappel, Bozoum, située à 384 kilomètres de Bangui, est un important carrefour commercial pour la région. La ville est reliée à plusieurs centres urbains majeurs comme Paoua, Bocaranga et Bossembélé, des axes aujourd’hui paralysés par l’insécurité.
Urgence d’une réponse gouvernementale
Face à cette situation critique, les populations attendent des mesures concrètes de la part des autorités. Les demandes sont claires : renforcement des effectifs militaires dans la région, dotation en moyens logistiques pour permettre des interventions rapides, mise en place de postes de contrôle fixes sur les axes les plus sensibles.
“Le gouvernement doit prendre la mesure de l’urgence. Chaque jour qui passe sans action concrète met en danger la vie des citoyens et fragilise davantage l’économie locale”, souligne un leader communautaire.
En attendant une réponse des autorités, les populations s’organisent comme elles peuvent, évitant les déplacements non essentiels et voyageant en groupe quand c’est possible. Mais cette situation ne peut perdurer sans risquer d’isoler complètement certaines localités et d’aggraver la précarité économique de toute une région.
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![Axe Yalinga-Soudan : une véritable autoroute pour les rebelles du FSR Axe Yalinga-Soudan : une véritable autoroute pour les rebelles du FSR pendant que l’État regarde ailleurs Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Yalinga, une ville de la préfecture de la Haute-Kotto reste une porte grande ouverte sur le Soudan. Et tout le monde le sait : un danger pour le pays. Selon les propres mots de la sous-préfète Natacha Gwladys Akani, l’autre axe, celui qui mène directement vers la frontière soudanaise, n’est toujours pas sécurisé. Les hommes armés venus du Soudan y circulent comme bon leur semble. Ils entrent, ils sortent, ils passent et repassent sans aucune gêne réelle. C’est devenu leur couloir préféré. Un an et demi après l’arrivée de Mme Akani, après le déploiement tant vanté des FACA, de la police et de la gendarmerie au centre de Yalinga, cet axe reste une zone de non-droit. La présence des forces de sécurité est concentrée au chef-lieu, mais dès qu’on s’éloigne un peu, surtout vers cet axe stratégique, le vide se fait sentir. Résultat : les rebelles profitent de cette faille béante pour circuler librement. La sous-préfète ne cache pas son inquiétude. Elle demande ouvertement au gouvernement de « garder le cap » et de renforcer la sécurisation de cette zone. En langage clair, cela veut dire que l’État n’a toujours pas fait le nécessaire. Il a envoyé quelques éléments au centre pour calmer les esprits, mais il a laissé l’axe frontalier sans contrôle réel. Une véritable autoroute pour tous ceux qui veulent causer du trouble ou faire du business illicite avec le Soudan. C’est le même refrain qu’on entend depuis des années en Centrafrique : on sécurise ce qui se voit, on prend des photos avec les nouvelles casernes bien peintes, et on abandonne les axes sensibles. Les partenaires techniques et financiers applaudissent les progrès au centre-ville, pendant que les rebelles continuent à utiliser librement cette porte d’entrée vers le territoire national. L’État regarde ailleurs. Il préfère célébrer la jolie gendarmerie et le bureau de sous-préfecture tout neuf plutôt que d’envoyer des renforts conséquents, des moyens roulants et une présence permanente sur cet axe. Résultat : Yalinga reste vulnérable. La population vit avec la peur constante que les hommes armés reviennent en force, parce que rien ne les empêche vraiment de le faire. Tant que Bangui traitera cet axe comme un détail secondaire, tant qu’on continuera à déployer des forces en nombre ridicule sans les doter des véhicules nécessaires pour patrouiller une zone aussi vaste, la sous-préfecture de Yalinga ne connaîtra jamais la paix durable. Elle restera simplement une localité où l’État fait semblant de revenir, pendant que les rebelles, eux, reviennent vraiment. La vérité crue est là : l’axe Yalinga-Soudan est devenu une autoroute pour les groupes armés. Et l’État, une fois de plus, choisit de regarder ailleurs. Par Moïse Banafio Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/07/rebelle_du_prnc_dans_la_haute_kotto-157x150.jpg)
