Quand les Centrafricains sont exclus des bénéfices de leur propre mission de paix
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/04/Valentine-Rugwabiza.jpg” data-wpel-link=”internal”>Madame Valentine Rugwabiza, Représentante du Secrétaire général de l’ONU en Centrafrique, cheffe de la Minusca
La MINUSCA enrichit ses réseaux internes pendant que la population centrafricaine reste marginalisée.
Une mission de
stabilisation de plusieurs milliards de dollars opère depuis plus de 11 ans en République centrafricaine. Les Centrafricains attendent toujours de voir les premiers bénéfices de cette présence massive. Pendant ce temps, un système bien structuré et discret redistribue ces ressources vers des circuits parallèles qui échappent totalement à la population centrafricaine.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes dans cette économie à deux vitesses. Un expatrié de la MINUSCA gagne vingt fois plus qu’un journalier centrafricain pour le même nombre d’heures de travail. Cette disproportion ne relève pas du hasard mais d’une politique délibérée qui maintient les centrafricains dans des positions subalternes. Les postes à responsabilité restent fermés aux Centrafricains, même les plus qualifiés.
Le système de rémunération des journaliers dévoile l’ampleur du détournement. Sur un salaire officiel de 36 250 francs CFA, le travailleur ne touche que 20 000 francs. Les 16 250 francs restants disparaissent dans les poches d’intermédiaires qui n’ont jamais tenu une pelle ou porté un sac de ciment. Multiplié par des centaines d’employés sur plusieurs années, ce mécanisme génère des fortunes considérables.
Ces travailleurs évoluent dans une précarité organisée. Aucun contrat stable, aucune protection sociale, aucune prise en charge médicale en cas d’accident. Quand ils protestent contre leurs conditions, ils sont licenciés sous prétexte de restrictions budgétaires fictives. Les plaintes déposées depuis 2023 s’accumulent dans les tiroirs sans jamais aboutir à des sanctions.
La logistique suit la même logique prédatrice. Les matériaux de construction destinés aux projets communautaires : ciment, tôles, générateurs, alimentent discrètement les marchés informels de Bangui. Ces biens, introuvables dans les bases de données officielles, financent des projets privés au lieu de servir la reconstruction. Des responsables créent leurs propres entreprises pour capter les marchés de la mission, en violation des règles onusiennes.
Cette économie parallèle prospère sur la misère centrafricaine. Pendant que les populations manquent d’infrastructures de base, les ressources censées les aider enrichissent un petit cercle de privilégiés. Les bénéfices de la stabilisation profitent à tous sauf aux principaux intéressés : les Centrafricains eux-mêmes.
L’ironie de la situation frappe par sa brutalité. Une mission financée internationalement pour sortir le pays de la crise devient un facteur d’appauvrissement supplémentaire. Les Centrafricains financent indirectement, par leurs impôts et taxes, une structure qui les exclut systématiquement des retombées économiques.
Cette captation des bénéfices dépasse la simple corruption. Elle transforme une mission humanitaire en entreprise d’extraction de richesses. Les Centrafricains assistent, impuissants, à cette spoliation organisée de leurs propres ressources de développement.
Seule une refonte complète des mécanismes de recrutement et de gestion pourrait inverser cette tendance. La MINUSCA doit redevenir ce qu’elle prétend être : un instrument au service des Centrafricains, pas une machine à enrichir ceux qui détournent sa mission première….
Dmitri Podolsky, conseiller russe du président Touadéra, attaque Corbeau News à la télévision de propagande russe RT
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un mercenaire russe devenu conseiller du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra vient de citer nommément Corbeau News sur RT, la chaîne de propagande officielle de Moscou.
Personne ne s’attendait à entendre le nom de Corbeau News-Centrafrique sortir de la bouche d’un conseiller russe à la présidence centrafricaine, sur une chaîne diffusée depuis Moscou. Et pourtant, c’est exactement ce qui s’est produit il y’a quelques jours, quand Dmitri Podolsky a accordé une interview à RT, devant des millions de téléspectateurs russes.
Ce jour-là, interrogé sur les critiques venant de l’extérieur, Podolsky n’a pas hésité. Il a cité Corbeau News nommément, en l’associant au Canada et à la France, comme si ce journal centrafricain était un outil fabriqué quelque part en Occident pour nuire à la Russie.
Or Corbeau News n’a jamais été une publication étrangère. C’est un journal centrafricain, nourri de témoignages nationaux, de voix ramassées sur le terrain en République Centrafricaine. En le collant à une étiquette occidentale, Podolsky espérait couper ce média de sa propre communauté des lecteurs, sans jamais contredire un seul fait publié.
Et c’est là que son discours se retourne contre lui. Car dans la propagande, quand on ne peut pas prouver qu’une information est fausse, on attaque celui qui la publie. Podolsky a utilisé le mot « daube » pour qualifier les articles de Corbeau News, un terme argotique signifiant quelque chose de nul, sans valeur aucune.
Mais si Corbeau News était vraiment sans importance, pourquoi le nommer devant la caméra la plus puissante et la plus vue de Russie ? Cette question reste sans réponse logique, et c’est précisément cette absence de logique qui dit tout. Un homme qui méprise un journal n’a pas besoin de le mentionner en public.
Corbeau News a documenté pendant des années les activités du groupe Wagner en RCA, ses massacres dans des villages comme Kpabou, Zemio, Bambouti, Bossangoa et Aïgbado, ses pillages dans les zones minières, ses violences contre des populations civiles que personne d’autre ne regardait. Ces enquêtes ont été confirmées par des rapports des Nations Unies et de Human Rights Watch.
Podolsky, lui, n’a jamais produit un seul document pour contredire ces faits. Il a seulement produit du mépris verbal, depuis un plateau de télévision moscovite, à des milliers de kilomètres des villages centrafricains où ses hommes ont opéré.
Ce qui aggrave encore la situation, c’est le poste qu’il occupe aujourd’hui. Nommé conseiller à la présidence centrafricaine, Podolsky rejoint une cohorte de vingt à trente ressortissants russes gravitant autour du pouvoir à Bangui sous le même titre de « conseiller ». Vingt à trente hommes qui conseillent un président africain depuis Moscou.
C’est dans ce cadre précis qu’il faut replacer l’attaque contre Corbeau News. Ce n’est pas un individu irrité qui parle sous le coup de l’émotion. C’est un maillon d’un dispositif construit, qui a reçu pour mission de discréditer toute voix capable de documenter ce que Wagner fait sur le sol centrafricain.
Nommer Corbeau News sur RT, c’est lui offrir malgré tout une reconnaissance que toute la machine russe voulait lui refuser. Car les médias qu’on ne craint pas, on ne les cite pas sur une chaîne d’État devant des millions de personnes.
Podolsky a été blessé en Ukraine avant d’arriver en Centrafrique. Il a troqué les armes de guerre contre les mots de la propagande, mais le but reste le même : occuper un territoire, en écarter ceux qui dérangent, et maintenir un récit favorable à Moscou sur tout ce qui se passe en RCA.
Ce que Podolsky n’a visiblement pas mesuré ce soir-là, c’est qu’en prononçant le nom de Corbeau News devant RT, il a fait exactement le contraire de ce qu’il cherchait.
« Le Président Touadéra redore le blason de la RCA » : Balalou nous prend pour des fous
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/l-un-des-chefs-de-wagner-en-Centrafrique-monsieur-denis-conseiller-de-touadera-conseiller-a-la-presidence-iici-a-l-aeroport-avec-le-dictateur-de-bangui.webp” data-wpel-link=”internal”>L’un des chefs de Wagner en Centrafrique, monsieur Denis, conseiller de Touadera, conseiller à la Présidence. Iici, à l’aéroport avec le dictateur de Bangui
Le 9 février 2026, Maxime Balalou a encore frappé. Selon lui, « le Président de la République a redoré le blason de notre pays » et la RCA est devenue un « acteur crédible et fréquentable sur la scène internationale ». Il affirme que « notre pays assume désormais une place importante dans la construction des solutions globales ».
Vraiment ? Un pays qui dépend des mercenaires russes, emprisonne ses opposants, truque ses élections et ne peut même pas alimenter sa capitale en électricité serait devenu « crédible » ?
C’est du délire. Ou plutôt, c’est du Balalou : le grand maître de la mythomanie d’État.
Un “acteur crédible” ? La réalité des violations des droits humains
Le Secrétaire général de l’ONU a dénoncé une augmentation de 28% des violations des droits de l’homme au cours des quatre derniers mois. Human Rights Watch a documenté des interdictions de manifestations pacifiques et l’arrestation de défenseurs des droits humains le 26 juin 2025.
Les faits que Balalou “oublie” :
– Un journaliste arrêté en mai 2025 pour un article sur Bozizé
– Des manifestations pacifiques interdites et réprimées
– Une loi sur la presse visant à museler les médias
– L’emprisonnement de leaders d’opposition malgré leur immunité parlementaire
Le référendum truqué de 2023 : Touadéra a supprimé les limites de mandats après avoir remplacé la chef de la Cour constitutionnelle qui jugeait l’opération illégale. Résultat : 95,3% de “oui” grâce à la sécurité assurée par Wagner.
Les élections frauduleuses du 28 décembre 2025 : Touadéra “réélu” avec 76,15%, l’opposition dénonce des fraudes massives. Contexte : opposants emprisonnés, rassemblements interdits, presse muselée.
Voilà l’“acteur crédible” : un régime qui arrête, musèle et truque.
La vraie “diplomatie” : 60% du budget national pour les mercenaires russes
En 2025, la Russie exige 15 millions de dollars par mois (180 millions $ par an) en cash pour Africa Corps.
Le calcul qui tue :
– Budget national RCA : 300 millions $
– Coût Africa Corps : 180 millions $ /an
– = 60% du budget part à Moscou
Pendant ce temps : salaires d’enseignants contractuels de la banque mondiale impayés, dispensaires sans médicaments, routes en ruine, population dans la misère.
Le contrat officialise la perte de souveraineté. Les décisions militaires émanent du ministère russe de la Défense, pas de Bangui. L’exploitation minière échappe au contrôle de l’État. Les mines d’or alimentent directement les circuits russes.
Voilà la vraie “diplomatie d’influence” : transformer la RCA en protectorat russe où Bangui n’a plus aucun pouvoir.
Le Caucus Africain de Bangui : une vitrine d’une semaine
Oui, Bangui a accueilli le Caucus Africain du FMI en juillet 2025. Environ 300 participants, ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales.
Et alors ?
– Cela a changé quoi pour les Centrafricains ? Rien.
– Fin des coupures d’électricité ? Non.
– Retour des bailleurs de fonds ? Non.
– Fin de la répression ? Non.
Une vitrine de quelques jours ne fait pas d’un État autoritaire un “hub africain”. La Corée du Nord organise bien des sommets. Cela n’en fait pas un État démocratique.
La RCA, “arbitre africain” ? La blague du siècle
Balalou affirme que « notre pays a retrouvé sa lettre de noblesse et de plus en plus la voix de l’arbitre africain ».
Un pays qui :
– Est classé parmi les plus pauvres au monde
– A 54 ans d’espérance de vie
– Ne peut alimenter sa capitale en électricité
– Dépend à 60% de l’aide humanitaire
– Tout le territoire contrôlé par des mercenaires russes
– Truque ses élections (95% aux référendums)
– Emprisonne ses opposants
– Musèle sa presse
Ce pays serait un “arbitre africain” ?
C’est la blague du siècle.
Balalou insulte toute l’Afrique centrale
Balalou déclare : « Aujourd’hui, l’Afrique centrale est fréquentable. »
Pardon ? Cette phrase insinue que l’Afrique centrale ne l’était pas avant Touadéra.
C’est une insulte au Cameroun, au Gabon, au Congo-Brazzaville, au Tchad, à la RDC.
Et c’est la RCA de Touadéra — le pays le plus pauvre, le plus instable, le plus dépendant — qui rendrait la région “fréquentable” ?
Balalou ne vit pas sur la même planète.
Personne n’est dupe
Balalou peut continuer ses conférences de presse. Il peut débiter ses mensonges sur le “blason redoré” et la “diplomatie d’influence”.
Nous ne sommes pas dupes.
La RCA n’est pas un “hub africain”. Elle n’est pas un “acteur crédible”. Elle n’a pas “retrouvé sa lettre de noblesse”.
La RCA est un État failli, sous tutelle russe, dirigé par un régime qui truque ses élections, emprisonne ses opposants, musèle sa presse, et livre ses ressources à des mercenaires.
Touadéra n’a pas “redoré le blason” de la RCA. Il l’a définitivement sali.
Maxime Balalou n’est pas un porte-parole. C’est un mythomane professionnel payé pour mentir.
Monsieur Balalou, vous pouvez continuer à raconter vos histoires. Mais sachez une chose : personne ne vous croit. Plus personne.
Le roi est nu. Et votre propagande ne peut plus masquer cette vérité.
Fidel Gouandjika : l’ingénieur de la fraude électorale raconte ses méthodes de trucage en direct sur Facebook
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/04/Fidele-Gouandjika-haut-cadre-de-KNK-reconverti-en-MCU-apres-la-chute-de-Bozize.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/04/Fidele-Gouandjika-haut-cadre-de-KNK-reconverti-en-MCU-apres-la-chute-de-Bozize.jpg” alt=”Fidel Gouandjika : l’ingénieur de la fraude électorale raconte ses méthodes de trucage en direct sur Facebook” width=”300″ height=”197″ />Fidele Gouandjika, haut cadre de KNK reconverti en MCU apres la chute de Bozize
Fidel Gouandjika, actuel ministre conseiller à la présidence de la République au côté du dictateur Faustin-Archange Touadera, raconte, sans gêne sur Facebook, comment il truquait les élections à l’époque sous François Bozizé, démontrant involontairement point par point les techniques qu’il vient de réutiliser en décembre 2025 pour Touadéra afin d’instaurer une nouvelle dictature au pays de Boganda.
Le conseiller à la présidence s’est livré à une confession stupéfiante lors d’un direct Facebook. Cet homme, qui gravite dans les cercles du pouvoir depuis 2005, a raconté avec une franchise désarmante les mécanismes de manipulation électorale qu’il a lui-même mis en place. Son récit détaille comment, sous le régime de François Bozizé, l’équipe présidentielle a organisé le vol des scrutins de 2011.
Ce qui rend ces aveux inquiétant, c’est leur ressemblance frappante avec les événements actuels. Gouandjika explique d’emblée l’objectif recherché à l’époque : obtenir une assemblée monocolore pour modifier la constitution. “Nous voulons que tous les députés à l’Assemblée nationale soient des députés du parti KNK”, affirme-t-il, décrivant exactement le résultat obtenu par Touadéra en décembre 2025.
La stratégie s’appuyait alors sur une disposition légale qui bloque les transfuges. Tout député élu sous une étiquette politique et qui rejoint ensuite le camp présidentiel perd automatiquement son mandat. Cette règle empêchait le pouvoir de bâtir une majorité par ralliements successifs, obligeant à truquer directement le scrutin.
Gouandjika raconte alors comment l’équipe présidentielle a décidé de manipuler le scrutin de 2011 pour s’assurer une victoire écrasante. L’opposition boycotte ces élections, ce qui facilite grandement la manœuvre, exactement comme elle vient de le faire en décembre 2025. Le parallèle devient troublant lorsqu’on compare les deux situations.
Le conseiller décrit ensuite une opération de nominations familiales grotesque. “C’était les députés que nous avons nommés seulement”, dit-il en évoquant les épouses, les enfants, les belles-mères du président François Bozizé. Tous deviennent députés du jour au lendemain, transformant l’assemblée en réunion de famille présidentielle.
Malgré ce verrouillage, quelques partis d’opposition acceptent de participer au scrutin, moyennant rémunération. Gouandjika cite notamment Tola du parti RDC dans le troisième arrondissement. “Nous lui avons donné des moyens pour qu’il gagne là-bas et puis qu’il soit député de l’opposition à l’Assemblée nationale”, raconte-t-il avec une désinvolture glaçante.
La même tentative avec Boukanga à Yaloké échoue, mais Tola parvient à décrocher un siège. Ce député d’opposition acheté sert de caution démocratique à une manipulation électorale de grande ampleur. L’apparence d’un pluralisme politique masque ainsi une prise de contrôle totale du parlement.
Le résultat final dépasse toutes les espérances de l’équipe présidentielle. Sur 109 députés, 105 appartiennent au parti KNK. Gouandjika mentionne Gon Baba , élu sous l’étiquette de son parti minuscule PAD, et quelques autres satellites rachetés après coup pour compléter le tableau.
“Tout était orange à l’image du parti KNK”, se félicite-t-il. Ce parlement monocolore ouvre la voie à la modification constitutionnelle tant désirée par Bozizé. L’assemblée devient un simple instrument aux mains du président, incapable de jouer son rôle de contre-pouvoir.
Le conseiller énumère ensuite les acteurs de cette opération frauduleuse. Le président Bozizé, Gaoumbalé qui présidait l’assemblée, le ministre de la justice Firmin Feindiro, et lui-même. “Même moi là, moi également j’étais dedans. Mais c’est pas un secret”, lance-t-il avec une franchise troublante.
Cette transparence contraste avec l’habitude des responsables politiques de nier toute irrégularité. Gouandjika assume pleinement son rôle dans la mise en place d’un système antidémocratique. Il décrit ensuite la campagne de communication qui accompagne la réforme constitutionnelle envisagée.
L’équipe présidentielle prépare l’opinion publique par une propagande radio intensive. “Nous avons commencé à dire que non, la constitution n’est pas une Bible”, explique-t-il. Le message martelé vise à installer l’idée qu’une constitution peut être modifiée à volonté selon les besoins du pouvoir.
Cette propagande repose sur des arguments mensongers, comme l’admet Gouandjika lui-même. “Nous avons dit des mensonges, pour que nous, vraiment c’était terrible”, confie-t-il avant de mentionner une rencontre avec un dénommé Sam, un Chinois dont le rôle reste flou. La manipulation de l’opinion publique complète le dispositif de fraude électorale.
Le parcours de Gouandjika éclaire sa position actuelle auprès du président Touadéra. En 2005, il devient directeur de campagne de Bozizé au second tour des élections présidentielles. Ce changement de fonction entre les deux tours intrigue et révèle déjà ses compétences particulières.
Gouandjika apporte alors son expertise en informatique pour truquer les résultats. La substitution d’urnes et l’utilisation de faux logiciels font partie de son arsenal technique. Cette compétence lui vaut d’être rappelé en 2011 pour organiser la fraude à grande échelle dont il vient de se vanter.
Bozizé le garde précieusement pour ses talents de faussaire électoral. Après la parenthèse Démafouth durant la transition de 2014-2016, Gouandjika refait surface en 2020. Touadéra, qui a besoin des mêmes services, le récupère comme conseiller à la présidence pour reproduire les méthodes éprouvées.
La réapparition de Gouandjika en 2025 s’inscrit dans cette logique implacable. Ingénieur en télécommunications et informatique, il possède les connaissances nécessaires pour manipuler les systèmes de vote électronique. Ses déclarations publiques sur sa volonté de rester à la présidence jusqu’à la vieillesse prennent alors un sens particulier.
Il se projette dans la durée parce qu’il sait comment garantir la victoire électorale de son camp. Les résultats de décembre 2025 confirment que ses méthodes fonctionnent toujours aussi bien. L’assemblée monocolore obtenue par Touadéra ressemble trait pour trait à celle obtenue par Bozizé en 2011.
Ce criminel électoral revient toujours sur les lieux de ses méfaits. Attiré par l’opportunité de répéter ses exploits passés, il reproduit les mêmes schémas avec une régularité de métronome. Les journalistes centrafricains devraient s’intéresser davantage à ce personnage qui incarne le problème démocratique du pays.
Gouandjika représente mieux que n’importe quel autre acteur politique les dérives du système. Ses aveux publics fournissent une matière première exceptionnelle pour documenter ces dérives. Pourtant, rares sont les médias qui creusent vraiment ce sujet, préférant se concentrer sur des questions moins compromettantes.
Le conseiller décrit publiquement les techniques qu’il vient manifestement de réutiliser. Sans jamais mentionner explicitement le régime Touadéra, il dévoile un mode opératoire qui correspond exactement aux résultats récents. L’opposition boycotte, le parti présidentiel rafle tous les sièges, l’assemblée devient monocolore.
Gouandjika raconte 2011 mais tout le monde reconnaît 2025 dans son récit. Cette similitude parfaite entre les deux situations n’est évidemment pas le fruit du hasard. Elle témoigne de l’application méthodique des mêmes recettes frauduleuses à quinze ans d’intervalle
CENTRAFRIQUE : Le “Fonds minier”, créé par Touadera, est la nouvelle machine à cash pour financer Africa corp en RCA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/ruffin-benam-beltoungou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/ruffin-benam-beltoungou.jpg” alt=”CENTRAFRIQUE : Le “Fonds minier”, créé par Touadera, est la nouvelle machine à cash pour financer Africa corp en RCA” width=”300″ height=”200″ />Rufin Benam Beltoungou, ministre centrafricain des Mines et de la géologie
Un nouveau fonds, une nouvelle promesse, mais toujours la même destination des milliards : le financement des milices russes en Centrafrique. Le Conseil des ministres a officialisé jeudi la création du Fonds minier, présenté comme un outil de développement, mais qui pourrait n’être qu’un énième mécanisme de pompage pour satisfaire l’appétit financier de Moscou.
De Wagner à Africa corp : une facture qui explose
Le changement de nom n’a rien changé à la réalité : les mercenaires russes coûtent une fortune au Trésor centrafricain. Avec Wagner, c’était déjà 400 millions de francs CFA par semaine rien que pour le carburant et la logistique quotidienne. Mais depuis que Vladimir Poutine a imposé le remplacement de Wagner par Africa corp, la facture a explosé : 10 milliards de francs CFA par mois, soit 120 milliards par an.
Une somme astronomique confirmée par plusieurs médias internationaux, dont Africa intelligence et la RFI et d’autres organes de presse qui ont révélé l’ampleur de cet accord. Le dictateur Faustin-Archange Touadera, coincé entre sa dépendance à Moscou et les exigences financières impossibles à tenir, a même été contraint de quémander des fonds auprès de pays arabes du Golfe pour boucler cette facture.
Quand les taxes “de développement” financent les Russes
La taxe sur les transactions financières numériques ? Prétendument destinée à “réhabiliter et équiper les hôpitaux”. Résultat, près de deux ans après : aucun hôpital réhabilité, aucun équipement visible. Les milliards ont tout simplement servi à payer Wagner.
La taxe sur la téléphonie mobile? Même scénario. Les recharges téléphoniques ? Idem. À chaque fois, le discours officiel parle de développement, d’industrialisation, de services publics. Mais dans les faits, ces taxes ont toutes le même objectif : remplir les caisses pour honorer le contrat russe.
Lorsque le FMI et la Banque mondiale ont découvert le pot aux roses et commencé à poser des questions embarrassantes sur la destination réelle de ces fonds, le gouvernement a changé de tactique. Exit la transparence, place aux fonds “autonomes” aux contours flous.
Le Fonds minier : une nouvelle porte dérobée
C’est là qu’intervient ce nouveau Fonds minier. Officiellement : “recherche géologique, formation, développement local, fermeture de sites artisanaux”. Dans les faits : une nouvelle structure opaque, placée sous tutelle du ministère des Mines, avec un conseil d’administration restreint et aucun mécanisme de contrôle transparent précisé.
Ce fonds ouvre plusieurs portes pour récupérer de l’argent : prélèvements sur la production minière, taxes déguisées, redevances diverses. Autant de canaux qui permettront de collecter des milliards supplémentaires, loin des radars de la Banque mondiale et du FMI, pour continuer à financer Africa corp.
Poutine veut Africa corp, Touadéra veut garder Wagner
Le paradoxe est total : Vladimir Poutine pousse pour qu’Africa corp remplace définitivement Wagner, mais le président Touadéra hésite, attaché à ses “partenaires” historiques. Résultat : les deux structures coexistent sur le terrain, et la facture double.
Les Centrafricains, eux, paient. Ils paient des taxes sur tout, voient leurs services publics se dégrader, leurs hôpitaux rester dans l’état, leurs routes se détériorer. Pendant ce temps, les milliards s’envolent vers Moscou, mois après mois.
Un peuple otage d’un deal dont il ne voit pas la couleur
Le Fonds minier attend désormais la signature présidentielle pour entrer en vigueur. Mais les Centrafricains savent déjà ce qui les attend : encore des prélèvements, encore des promesses creuses, et toujours aucune trace des “milliards du développement” dans leur quotidien.
La question n’est plus de savoir si ce fonds servira à autre chose qu’à financer les Russes. La question est de savoir combien de temps encore le peuple centrafricain acceptera de payer pour un accord qui ne profite qu’à une poignée de dirigeants et à des mercenaires étrangers.
Le clepto-mythomane Balalou qualifie de “rebelles” les miliciens que Wagner a formés et armés et intégrer dans l’armée nationale
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/les-miliciens-azande-en-formation-a-obo-en-avril-2024.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/les-miliciens-azande-en-formation-a-obo-en-avril-2024.jpg” alt=”Le clepto-mythomane Balalou qualifie de “rebelles” les miliciens que Wagner a formés et armés et intégrer dans l’armée nationale” width=”300″ height=”174″ />Les miliciens Azandé pendant leur formation par les mercenaires russes de la société Wagner
Le 9 février 2026, le clepto-mythomane Maxime Balalou a franchi un nouveau cap dans la propagande d’État. Selon lui, les miliciens Azandé Ani Kpi Gbé (AAKG) sont désormais « une rébellion contre l’État » et doivent « déposer les armes ». Il les accuse d’avoir « pris un mauvais chemin » et menace : « Ils sont dehors de la loi et vous connaissez le sort de ceux qui sont dehors de la loi. »
La réalité ? Ces mêmes miliciens ont été recrutés, formés et armés par le régime de Touadéra et Wagner en 2024 pour combattre les rebelles de l’UPC. C’est Wagner qui les a ensuite trahis, désarmés de force et poussés à la révolte.
Cette guerre est une création du régime et de ses maîtres russes. Et maintenant, ils accusent leurs propres créatures d’être des “rebelles”.
2024 : Wagner et Touadéra recrutent les AAKG
En 2023, de jeunes Azandé créent la milice AAKG pour se défendre contre l’UPC. Le régime et Wagner y voient une opportunité.
Mai 2024 : 200 combattants AAKG intégrés dans l’armée. Formés par Wagner, armés par Wagner, déployés sous commandement russe contre l’UPC, le 3R, le FPRC, le PRNC.
Dimitri Sytyi, chef de Wagner, obtient l’accord de Touadéra pour les former et les intégrer.
Pendant des mois, ces miliciens sont les héros du régime.
2025 : Wagner les trahit et tente de les désarmer
Début 2025 : Wagner arrête trois chefs AAKG après une attaque contre des Peul. Les relations se dégradent : maltraitances, arrestations arbitraires, stigmatisation ethnique.
3 avril 2025 : Wagner tente de désarmer de force les AAKG à Zémio. Affrontement.
4 mai 2025 : Les AAKG contre-attaquent. Ils tuent deux soldats FACA, un policier, un gendarme et des mercenaires. La guerre commence.
Mai 2025 : Wagner désarme les AAKG intégrés dans l’armée.
Le 10 mai 2025, pendant que Zémio brûle, Touadéra danse à Bangui sur des rythmes azandé.
Le clepto-mythomane Balalou inverse tout
Maintenant que la situation a dégénéré en guerre ouverte, le clepto-mythomane Balalou ose qualifier les AAKG de « rébellion » et les accuser d’avoir « pris un mauvais chemin ».
C’est une inversion totale de la réalité.
Qui a recruté les AAKG ? → Touadéra et Wagner.
Qui les a formés ? → Wagner.
Qui les a armés ? → Wagner.
Qui les a utilisés contre l’UPC ? → Touadéra et Wagner.
Qui les a ensuite trahis ? → Wagner.
Qui a tenté de les désarmer de force ? → Wagner.
Qui a déclenché les affrontements du 30 avril ? → Wagner.
Et maintenant, c’est le régime qui les traite de “rebelles” et exige qu’ils “déposent les armes” ?
C’est de la criminalité politique pure. C’est de la sauvagerie.
Un régime poupée russe
Le clepto-mythomane Balalou parle de « gouvernement ». Quel gouvernement ?
Wagner a recruté les AAKG → Touadéra a obéi Wagner les a formés → Touadéra a obéi Wagner les a trahis → Touadéra a obéi Wagner a voulu les désarmer → Touadéra a obéi
Selon l’ONU, 10 000 personnes ont fui. Des villages vidés. Des massacres documentés.
Pendant ce temps, le clepto-mythomane parle de “retour à la raison”.
Le clepto-mythomane Balalou s’est trahi : « Si les Alliés russes les empêchent de dormir, c’est parce qu’eux-mêmes empêchent leurs compatriotes de dormir. »
Wagner fait ce qu’il veut en RCA, et le régime justifie tout. C’est de la vassalisation pure.
Balalou devrait avoir honte
Le clepto-mythomane Maxime Balalou peut continuer à débiter sa propagande. Il peut qualifier les AAKG de « rebelles ». Il peut exiger qu’ils « déposent les armes ». Il peut menacer de les « libérer du joug ».
Mais nous connaissons la vérité :
Ces miliciens ont été recrutés, formés et armés par Wagner et Touadéra 1. Ils ont combattu pour le régime contre l’UPC pendant des mois 1. Wagner les a trahis, maltraités et tenté de les désarmer de force 1. Ils se sont défendus contre une agression russe 1. Le régime les traite maintenant de “rebelles” pour masquer sa propre responsabilité
C’est de la criminalité politique. C’est de la sauvagerie. C’est de la pure propagande.
Le peuple azandé souffre. 10 000 personnes ont fui. Des villages sont détruits. Des civils sont massacrés. Et pendant ce temps, le clepto-mythomane Balalou joue avec les mots pour dédouaner Wagner et Touadéra.
Monsieur Balalou, vous devriez avoir honte. Profondément honte.
IMC est une entreprise chinoise, c’est à moi de décider qui je dois employer ou non, affirme un patron chinois du site de Gomon aux employés centrafricains
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/l-exploitant-chinois-avec-son-arme-de-guerre-sur-lui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/l-exploitant-chinois-avec-son-arme-de-guerre-sur-lui.jpg” alt=”IMC est une entreprise chinoise, c’est à moi de décider qui je dois employer ou non, affirme un patron chinois du site de Gomon aux employés centrafricains” width=”133″ height=”300″ />L’exploitant chinois avec son arme de guerre sur lui
Les employés centrafricains du site minier chinois de l’IMC de Gomon expriment leur indignation après le licenciement de plusieurs compatriotes, aussitôt remplacés par des travailleurs illégaux camerounais.
L’affaire a éclaté il y a quelques jours sur le site minier de Gomon, situé à vingt kilomètres de Yaloké, dans la préfecture de l’Ombella-Mpoko. Des dizaines de Camerounais sont arrivés pour travailler au sein d’IMC, l’Industrie Minière Centrafricaine, une entreprise détenue par des intérêts chinois. Cette arrivée massive a immédiatement déclenché une vague de protestations parmi les ouvriers centrafricains.
De nombreux travailleurs centrafricains ont été licenciés sans explication valable, puis remplacés par ces nouveaux venus. La préférence des dirigeants chinois pour la main-d’œuvre camerounaise ne date pas d’hier, mais cette fois, l’ampleur du phénomène choque profondément. Les employés centrafricains se demandent pourquoi ils sont ainsi écartés de leur propre territoire.
Cette situation devient d’autant plus incompréhensible que des Centrafricains demandent du travail depuis des semaines, parfois des mois. Pourtant, l’entreprise continue de recruter ailleurs, au-delà des frontières, ignorant complètement les candidatures nationales. Aujourd’hui, plus de trois quarts des employés du site sont camerounais, une proportion qui provoque l’indignation des populations riveraines.
Les travailleurs centrafricains expriment leur colère ouvertement, ne comprenant pas cette logique de recrutement. Ils constatent que leurs compatriotes sont méthodiquement écartés alors que des étrangers arrivent sans même posséder les autorisations de travail nécessaires. Beaucoup de ces Camerounais opèrent dans l’illégalité, sans papiers en règle, ce qui aggrave le sentiment d’injustice.
Face à ces protestations grandissantes, l’adjoint au chef de l’entreprise, un responsable chinois, a décidé de répondre. Selon lui, IMC demeure une société chinoise et il revendique le droit d’embaucher qui bon lui semble, sans contrainte ni pression. Les Centrafricains, dit-il clairement, n’ont pas à lui dicter sa politique de recrutement ni à s’immiscer dans ses choix.
Cette déclaration a provoqué une onde de choc parmi les employés centrafricains. Ils se demandent désormais s’ils sont encore chez eux, dans leur propre pays, ou si les règles ont changé sans qu’ils en soient informés. Certains s’interrogent sur l’engagement réel de la septième République à défendre leurs intérêts économiques face aux entreprises étrangères.
La situation devient encore plus trouble lorsque l’inspection du travail annonce sa venue sur le site. À chaque contrôle prévu, les Camerounais disparaissent subitement, cachés quelque part dans les environs par des complices de l’armée nationale. Les inspecteurs ne trouvent alors que les employés en règle, donnant l’impression trompeuse que tout fonctionne normalement.
Ce stratagème ne s’arrête pas aux ouvriers camerounais. Une vingtaine de Chinois travaillent également sur le site, la plupart arrivés via le Cameroun sans passer par les procédures officielles. Lors des inspections, ces derniers prétendent avoir oublié leurs documents à Bangui, alors qu’ils n’ont jamais mis les pieds dans la capitale centrafricaine.
Cette comédie administrative fonctionne grâce à des complicités centrafricaines solidement établies. Des militaires centrafricains participent activement à ces manœuvres, cachant les travailleurs clandestins dès qu’un contrôle se profile à l’horizon. Ils conduisent même parfois les Chinois depuis la frontière, leur évitant ainsi tous les postes de vérification habituels.
Les soldats escortent les véhicules, facilitent les passages aux barrières et garantissent une circulation sans encombre ni questionnement. Personne n’ose interroger ces convois officiels protégés par l’uniforme militaire. L’autorité de l’armée suffit à écarter toute suspicion, toute vérification, toute enquête approfondie sur ces mouvements suspects.
Les employés centrafricains du site parlent ouvertement de trafic des travailleurs clandestins. Ils estiment que leurs propres forces armées travaillent contre eux, favorisant les intérêts étrangers au détriment de la population centrafricaine qui souffre du chômage. Cette complicité militaire rendrait impossible toute régulation du secteur minier, pourtant censé profiter aux Centrafricains.
Certains évoquent même l’hypothèse d’instructions venues d’en haut, ordonnant aux soldats de faciliter les opérations chinoises et camerounaises. Les travailleurs centrafricains auraient ainsi pour consigne implicite de céder la place, de se taire, d’accepter leur marginalisation sans broncher. Cette théorie circule largement parmi les ouvriers licenciés qui cherchent à comprendre ce qui leur arrive.
Réunis à Source Youbou, Soudan du sud, par la Plateforme Religieuse, les déplacés de Bambouti ont entendu des mots du préfet Léonard Mbélé qui ont choqué tous les participants
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/reunion-de-la-plateforme-religieuse-aux-refugies-de-bambouti-a-source-youbou-au-soudan-du-sud-photo-eglise-catholique.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/reunion-de-la-plateforme-religieuse-aux-refugies-de-bambouti-a-source-youbou-au-soudan-du-sud-photo-eglise-catholique.webp” alt=”Réunis à Source Youbou, Soudan du sud, par la Plateforme Religieuse, les déplacés de Bambouti ont entendu des mots du préfet Léonard Mbélé qui ont choqué tous les participants” width=”400″ height=”180″ />Réunion de la plateforme réligieuse aux réfugiés de Bambouti à Source Youbou au Soudan du sud. Photo église catholique
À Source Youbou, une localité frontalière du Soudan du sud, une réunion censée redonner espoir aux déplacés de Bambouti a pris une tournure inattendue, quand le préfet Léonard Mbélé a pris la parole devant tous.
La ville centrafricaine de Bambouti, petite ville d’environ 3 000 habitants située à l’extrême sud-est de la République Centrafricaine, est aujourd’hui complètement vide.
En effet, tout a basculé le 28 décembre 2025 dans la matinée, quand des miliciens azandés attaquent les positions des Forces Armées Centrafricaines. Les soldats, débordés, abandonnent leurs postes et se réfugient pour certains dans la base de la MINUSCA. La ville se vide dans la panique.
Ce départ précipité des soldats n’est pourtant que le début du cauchemar. Le 1er janvier 2026, à 5 heures du matin, les mercenaires russes venus de la ville d’Obo, à une centaine de kilomètres, lancent une contre-offensive avec des frappes aériennes et des bombardements qui durent jusqu’à 15 heures. Les miliciens azandés finissent par se replier, mais la population civile, prise en étau, s’enfuit en masse. Des familles entières traversent la frontière pour se réfugier dans le village de Source Youbou, au Soudan du Sud.
Depuis lors, plusieurs missions se succèdent pour convaincre ces déplacés de rentrer chez eux. Mais les habitants refusent, et leurs raisons sont concrètes et lourdes. Les soldats FACA et les mercenaires russes posent des conditions qui rendent tout retour impossible : ils interdisent l’entrée à quiconque porte des traces de lame sur le corps, ces marques culturelles traditionnelles gravées dans la chair que portent pourtant la quasi-totalité des hommes et femmes de la région. En clair, selon cette logique, presque personne ne peut rentrer.
Et ce n’est pas tout. Des hommes qui tentent malgré tout de retourner à Bambouti pour récupérer leurs affaires sont arrêtés sur place, frappés et torturés par les soldats FACA, parfois par les mercenaires du groupe Wagner. La nouvelle se répand rapidement à Source Youbou et renforce la peur de ceux qui hésitaient encore. Rentrer, dans ces conditions, c’est risquer sa vie.
C’est dans ce climat tendu que la Plateforme des Confessions Religieuses, dont fait partie l’archevêque catholique Aurelio Gazzera, se rend à Source Youbou le 17 février 2026 pour rencontrer les déplacés. Le préfet du Haut-Mbomou, le colonel Léonard Mbélé, se joint à la délégation escortée par la MINUSCA. L’espoir est là, les déplacés attendent des paroles qui pourraient changer la donne.
Mais ce que le préfet dit ce jour-là dépasse l’entendement. Face aux témoignages de la population sur les violences subies, les humiliations et les conditions imposées pour rentrer, Léonard Mbélé répond que le retour à Bambouti dépend uniquement des habitants eux-mêmes. Il affirme que ce ne sont pas les militaires qui sont allés provoquer la population, mais bien les Azandés qui ont attaqué l’armée en premier. Ceux qui veulent rentrer peuvent rentrer, ceux qui ne veulent pas peuvent rester, dit-il, comme si la décision était libre et sans danger.
En tenant ces propos, le préfet fait quelque chose de particulièrement grave : il met dans le même sac les miliciens azandés qui ont pris les armes et les simples civils qui vivaient à Bambouti. Pour lui, la population et les combattants ne forment qu’un seul groupe. Cette confusion, dans le contexte centrafricain, n’est pas une simple maladresse de langage, c’est une manière de justifier les violences contre des personnes qui n’ont rien à voir avec les affrontements armés.
Ce que Léonard Mbélé refuse également de voir, c’est que la colère dans cette région ne vient pas de nulle part. Avant même l’attaque de décembre, les soldats FACA avaient semé le ressentiment au sein de la population par des comportements devenus insupportables au fil du temps. Ils confisquaient les marchandises des enfants qui allaient vendre des bananes aux Casques bleus népalais, buvaient l’alcool des habitants sans jamais payer, et répondaient par des insultes à quiconque osait réclamer son dû.
À ces humiliations s’ajoutait quelque chose de plus douloureux encore. Des anciens miliciens azandés, désarmés et officiellement intégrés dans l’armée nationale, avaient quitté leurs familles pour rejoindre les rangs. Pendant leur absence, des soldats s’introduisaient chez eux et draguent leur épouse restées seules. Ces actes, répétés et jamais sanctionnés, ont nourri une rage sourde chez les hommes encore dans la brousse et contribué à rendre l’explosion de décembre inévitable.
Le colonel Léonard Mbélé, qui a déjà exercé la fonction de préfet dans la Vakaga, une autre région reculée et agitée du nord-est centrafricain, connaît la réalité de ces territoires où l’État n’existe souvent qu’à travers le fusil d’un soldat. Malgré cela, devant des milliers de personnes qui ont tout perdu et qui cherchaient un signe sincère pour rentrer chez elles, il a choisi de défendre l’armée plutôt que de protéger les civils qui relevaient pourtant de sa responsabilité directe.
À Bimbo, les agents municipaux décident de croiser les bras et rien faire après onze mois sans salaire
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/l-hotel-de-ville-et-marche-de-bimbo-a-la-sortie-sud-ouest-de-la-republique-centrafricaine-photo-gouvernement-centrafricain.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/l-hotel-de-ville-et-marche-de-bimbo-a-la-sortie-sud-ouest-de-la-republique-centrafricaine-photo-gouvernement-centrafricain.webp” alt=”À Bimbo, les agents municipaux décident de croiser les bras et rien faire après onze mois sans salaire” width=”400″ height=”266″ />L’hôtel de ville et marché de Bimbo, à la sortie sud-ouest de la République centrafricaine. Photo gouvernement centrafricain
À la sortie sud-ouest de Bangui, la commune de Bimbo vit depuis ce lundi au ralenti. Les agents de sa mairie ont décidé de hausser le ton après trois jours d’arrêt de travail restés lettre morte.
Ce n’est pas une décision prise à la légère. Onze mois de salaires impayés, c’est le poids que ces travailleurs portent depuis trop longtemps, et leur patience a fini par s’épuiser. Faute d’avoir reçu le moindre signe de leur hiérarchie, ils ont franchi un cap en déclenchant une grève de huit jours ferme.
Les conséquences se font sentir immédiatement dans les couloirs de la mairie, devenus vides et silencieux. Les usagers qui s’y rendent pour régler leurs affaires administratives repartent bredouilles, sans pouvoir accomplir les démarches qui les ont amenés là. Pour des habitants d’une commune aussi peuplée que Bimbo, cette paralysie tombe au plus mauvais moment.
Du côté des grévistes, aucun signe de recul n’est perceptible pour l’heure. Ils réclament simplement ce qui leur est dû, et les huit jours annoncés pourraient bien se prolonger si aucune réponse concrète ne leur parvient. Les usagers, eux, n’ont d’autre choix que d’attendre, les yeux tournés vers les autorités compétentes pour dénouer cette situation.
Le malaise dépasse pourtant les seuls murs de la mairie. C’est toute une chaîne de services publics locaux qui se retrouve bloquée, et les répercussions commencent à se faire sentir dans le quotidien des habitants de Bimbo. Pendant ce temps, les jours défilent et les onze mois de salaires impayés restent, eux, toujours au cœur du bras de fer.
Le drapeau centrafricain en lambeaux : symbole parfait de la septième république des criminels de Touadéra et Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-symbole-de-la-7e-republique-de-touadera-et-wagner.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-symbole-de-la-7e-republique-de-touadera-et-wagner.webp” alt=”Le drapeau centrafricain en lambeaux : symbole parfait de la septième république des criminels de Touadéra et Wagner” width=”424″ height=”500″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-symbole-de-la-7e-republique-de-touadera-et-wagner.webp 424w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-symbole-de-la-7e-republique-de-touadera-et-wagner-356×420.webp 356w” sizes=”auto, (max-width: 424px) 100vw, 424px” />Le symbole de la 7e République de Touadera et Wagner. Photo Christian Aimé Ndota
Le drapeau centrafricain, réduit à quelques morceaux de tissu délavés, incarne la déchéance d’un pays livré aux mains criminelles de Touadéra et de ses partenaires de Wagner.
L’image parle d’elle-même. Le bleu, le blanc, le vert et le jaune du drapeau centrafricain ne forment plus qu’un amas de tissus séparés, battant au vent sans dignité. L’étoile dorée, censée briller dans le ciel de la République, pend misérablement avec les restes de l’emblème. Chaque morceau qui flotte indépendamment raconte des mois d’abandon, de soleil brûlant et de pluies qui ont achevé ce qui restait de fierté nationale.
Pourtant, l’argent coule à flots dans certaines poches. Deux cents millions de francs pour un nouveau Nissan Patrol blindé pour Baba Kongoboro , ce n’est visiblement pas un problème. Des milliards sortent des caisses pour payer les mercenaires russes qui tuent les centrafricains. Les comptes en banque se remplissent, les convois de véhicules neufs circulent, mais cinq mille francs pour remplacer un drapeau national semblent introuvables dans le budget de l’État.
Cette négligence n’est pas un simple oubli administratif. Elle montre comment ceux qui dirigent le pays considèrent réellement les symboles qui devraient unir les Centrafricains. Quand on investit des fortunes dans sa propre protection et dans des forces étrangères, mais qu’on laisse pourrir le drapeau national sur son mât, on envoie un message clair sur ses priorités.
Le tissu délavé et déchiqueté du drapeau reflète exactement l’état général du pays. Partout, les infrastructures tombent en ruine. Les routes se creusent de nids-de-poule que personne ne répare. Les bâtiments publics perdent leurs façades. Les hôpitaux manquent de tout. Cette photo d’un drapeau abandonné à son sort résume une gestion nationale où tout part à la dérive.
Pendant ce temps, les drames humains s’accumulent sans que les autorités ne bougent. Des policiers sont tués par les mercenaires russes. Des militaires meurent dans l’indifférence également. Des civils disparaissent ou sont assassinés par ces criminels de Touadera. Les familles pleurent leurs morts tandis que ceux qui devraient garantir la sécurité regardent ailleurs ou participent aux exactions.
Les criminels ont pris le contrôle. Ils agissent en toute impunité, sachant que personne ne lèvera la main pour les arrêter. Le silence des institutions encourage leur audace. Chaque crime non puni renforce leur certitude qu’ils peuvent continuer sans crainte. La justice, comme le drapeau sur son mât, pend mollement, incapable de remplir son rôle.
Les bras cassés qui prétendent gouverner ont transformé la République Centrafricaine en terrain de jeu pour leurs affaires personnelles. Leur incompétence n’a d’égale que leur cynisme. Ils signent des contrats juteux, organisent des cérémonies avec des drapeaux neufs pour les photos officielles, puis retournent à leurs bureaux climatisés en laissant les symboles nationaux se décomposer sous le soleil.
Ce drapeau déchiré ne se trouve pas dans un village reculé, oublié des services de l’État. Il flotte dans une zone urbaine, visible de tous, le long d’une route fréquentée. Des dizaines, peut-être des centaines de personnes passent devant chaque jour. Des fonctionnaires, des ministres peut-être, roulent sous ce lambeau national sans que cela ne les gêne apparemment.
Le Chef du cantonnement forestier de Ouadda-Maïkaga, Robert, ancien rebelle, est devenu cauchemar des commerçants de charmoutes dans la Haute-Kotto
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Des-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-du-chantier-minier-de-Keye-a-10-kilometres-de-Ouanda-Djalle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Des-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-du-chantier-minier-de-Keye-a-10-kilometres-de-Ouanda-Djalle.jpg” alt=”Le Chef du cantonnement forestier de Ouadda-Maïkaga, Robert, ancien rebelle, est devenu cauchemar des commerçants de charmoutes dans la Haute-Kotto” width=”300″ height=”135″ />Des soldats FACA et leurs supplétifs russes noirs de retour du chantier minier de Keye, à 10 kilomètres de Ouanda-Djallé sur l’axe de Ouadda-Maïkaga
À Ouadda-Maïkaga, Robert, chef du cantonnement forestier et ancien rebelle, applique les méthodes apprises durant sa vie de combattant pour soumettre les commerçants de charmoutes de la Haute-Kotto dans la terreur.
Pour bien comprendre cette histoire, il faut revenir quelques années en arrière. Monsieur Robert, actuel roi de Maïkaga, est un ancien commandant rebelle qui a bénéficié du programme de désarmement et de réinsertion mis en place. Après avoir quitté la rébellion, il a été désigné chef du cantonnement forestier de Ouadda-Maïkaga. Pour assoir son empire, Dès sa prise de fonction, il s’est empressé de recruter des auxiliaires parmi ses anciens compagnons d’armes de la rébellion qui avaient également déposé les armes.
Ces auxiliaires, tous d’anciens rebelles comme leur chef, forment désormais une équipe qui sème la terreur parmi les chasseurs et les commerçants de la zone. Leur mission officielle consiste à surveiller l’exploitation forestière mais leurs méthodes rappellent davantage les pratiques de la rébellion que le travail administratif. Robert a ainsi reconstitué une structure de commandement similaire à celle qu’il dirigeait durant ses années dans la rébellion.
À titre d’exemple, il y a quelques jours, Robert a lancé une série d’opérations dans les villages environnants de Ouadda-Maïkaga pour traquer les commerçants de charmoutes. Il était parti accompagné de ses auxiliaires dans le village Boungou, situé à 45 kilomètres de Ouadda-Maïkaga. Pendant que lui reste en ville à coordonner les actions, ses auxiliaires sillonnent la brousse pour débusquer les chasseurs et tous ceux qui préparent ou achètent de la viande séchée. C’était une confusion totale. Le chef du cantonnement forestier, monsieur Robert exige de chacun une somme à payer peu importe les autorisations présentées. Même ceux qui arrivent de Bria avec des documents en règle doivent repayer car il refuse de reconnaître les papiers délivrés ailleurs que dans son service de cantonnement.
Cette pratique oblige les commerçants à débourser plusieurs fois pour la même activité. Après avoir rançonné les gens à Boungou, Robert et ses auxiliaires se sont dirigés vers Gbali, un village situé à 60 kilomètres de Ouadda. Là encore, ils ont envoyé leurs hommes dans la forêt pour débusquer les chasseurs et tous ceux impliqués dans le commerce de la viande séchée.
Sur place, parmi les commerçants capturés, figure un chasseur. Mais son cas est terrible. Les auxiliaires de Robert lui ont tout pris : colgate, savon de toilettes, argent et tout ce qu’ils peuvent confisquer sur lui.
Le malheureux chasseur a dû marcher pendant des kilomètres pour rejoindre Ouadda-Maïkaga afin de s’expliquer devant le sous-préfet qui semble pourtant au courant des agissements de Robert.
Les descentes répétées de Robert dans les villages ont créé un climat de peur parmi les chasseurs et commerçants de la zone. Beaucoup ont renoncé à exercer leur activité préférant rester en ville plutôt que de risquer une rencontre avec les auxiliaires de Robert. Les forêts autrefois fréquentées par les professionnels de la chasse sont maintenant désertées.
Les conséquences économiques de cette situation se font rapidement sentir sur les marchés locaux. Le prix du pot de charmoutes a grimpé jusqu’à 3 000 francs CFA en raison de la raréfaction du produit. Cette viande séchée au soleil reste pourtant indispensable dans les foyers car elle se conserve pendant des années sans réfrigération. Dans les villages où l’électricité demeure un luxe inaccessible, les charmoutes représentent la principale source de protéines animales stockables.
Les familles qui comptaient sur ce commerce pour subsister voient leurs revenus disparaître du jour au lendemain. Les chasseurs n’osent plus s’aventurer dans la brousse de peur de tomber sur les auxiliaires qui patrouillent désormais partout. Les éleveurs qui transformaient une partie de leur production en viande séchée hésitent maintenant à poursuivre cette activité devenue trop périlleuse.
La méthode de Robert repose sur une division claire des tâches où ses anciens compagnons d’armes servent d’agents de terrain pendant qu’il coordonne les opérations depuis son bureau. Cette organisation rappelle les structures de commandement qu’il maîtrisait durant sa période de rébellion. La reconversion administrative n’a modifié que le cadre formel sans transformer les pratiques d’intimidation et d’extorsion.
URGENT : Michel Bello vient d’être kidnappé par les Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/06/Deux-mercenaires-russes-de-Wagner-occupant-lEtat-major-des-rebelles-en-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>Deux mercenaires russes de Wagner occupant l’Etat-major des rebelles
Dans la nuit du mardi au mercredi 18 février 2026, les mercenaires de la milice Wagner ont Kidnappé Michel Bello dans son village de Bata, le torturant gravement avant de l’amener vers une destination inconnue.
Michel Bello n’était pourtant plus un élément de groupe armé. Ancien coordinateur adjoint de la milice anti-Balaka au sein du mouvement El Mokome, il avait également milité au sein de la CPC, la Coalition Patriotique pour le Changement.
En 2023, il avait décidé de déposer les armes avec tous ses éléments et tourné le dos aux activités des groupes armés pour rentrer chez lui à Bata, un village situé à 35 kilomètres de Bouar, sur l’axe de Bozoum.
Depuis son désarmement, Michel Bello menait une vie tranquille dans son village loin des activités des groupes armés. Rien dans son quotidien ne laissait présager ce qui allait lui tomber dessus cette nuit-là.
Aux environs de 0h30, ce mercredi 18 février 2026, des éléments du groupe Wagner ont fait irruption chez lui, terrorisant toute sa famille. Ils l’ont plaqué au sol avant de fouiller minutieusement sa maison. Sans dire un mot à sa famille, ils l’ont embarqué dans leur base située à Bouar avant d’être torturé gravement.
Mais une fois kidnappé et ramené à Bouar, personne ne sait ce qui lui a été fait concrètement. Pour l’heure, personne ne sait où Michel Bello est détenu. Sa famille multiplie les tentatives pour obtenir la moindre information, sans succès.
Sani Yalo, parrain des parrains mafieux centrafricains, l’homme de tous les braquages, veut devenir premier ministre et c’est inédit dans l’histoire de la RCA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-parrain-des-parrains-mafieux-sani-yalo-president-du-barc-et-conseiller-mystique-du-dictateur-de-bangui.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-parrain-des-parrains-mafieux-sani-yalo-president-du-barc-et-conseiller-mystique-du-dictateur-de-bangui.webp” alt=”Sani Yalo, parrain des parrains mafieux centrafricains, l’homme de tous les braquages, veut devenir premier ministre et c’est inédit dans l’histoire de la RCA” width=”400″ height=”297″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-parrain-des-parrains-mafieux-sani-yalo-president-du-barc-et-conseiller-mystique-du-dictateur-de-bangui.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-parrain-des-parrains-mafieux-sani-yalo-president-du-barc-et-conseiller-mystique-du-dictateur-de-bangui-80×60.webp 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-parrain-des-parrains-mafieux-sani-yalo-president-du-barc-et-conseiller-mystique-du-dictateur-de-bangui-265×198.webp 265w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />Le parrain des parrains mafieux Sani Yalo, Président du BARC, et conseiller mystique du dictateur de Bangui
Après le coup d’État constitutionnel de 2023, suivi du coup d’État électoral du 28 décembre 2025, la bataille pour le poste de Premier ministre est désormais ouverte et s’intensifie de jour en jour. Tous ceux qui ont contribué à ces bouleversements politiques réclament aujourd’hui leur part du gâteau.
Dans ce contexte de bagarre générale, tous azimuts confondus, le sulfureux mafieux Sani Yalo , l’homme de tous les dangers, entre en scène. Son passé parle de lui-même : braqueur, criminel, voyou… tout ce que le pays compte de redoutable se retrouve dans son parcours. Actuellement président du BARC (Bureau d’Affrètement Routier Centrafricain) et officieusement conseiller mystique de Touadéra à la présidence, Sani Yalo a financé massivement la campagne par des trafics divers, des braquages et même l’argent du BARC.
Maintenant, il réclame sa récompense. Ses chargés de communication commencent à publier sur internet, annonçant que la coalition Touadéra soutient la candidature de Sani Yalo à la primature. C’est incroyable dans l’histoire du pays : un vendeur de pétrole de quartier qui, du jour au lendemain, à travers des braquages, aspire à devenir Premier ministre.
Une compétition acharnée
Sani Yalo n’est pas seul dans cette course. Arnaud Dubey Abazin, ancien chef rebelle et actuel ministre d’État de la Justice, veut également le poste. John Abba, ministre des Transports et ancien chef rebelle du RPRC, participe aussi à cette bataille féroce.
Tous attendent la mise en place de l’Assemblée nationale, où la bataille fait rage également. Un faux diplômé, Évariste Ngamana, risque de devenir président de l’Assemblée nationale. Arthur Piri, un autre mafieux aussi veut devenir Président de l’assemblée nationale. Tout est calculé, tout est confondu en ce moment.
La lettre de soutien
Les prétendus agents de communication de Sani Yalo ont commencé à publier sur les réseaux sociaux une lettre de soutien adressée au président Touadéra. Dans ce document, les associations et comités de soutien au président demandent la nomination de “M. Sany YALO” (orthographe utilisée dans leur lettre) au poste de Premier ministre.
Ils affirment que Sani Yalo , en tant que Coordonnateur Général des Associations et Comités de Soutien, a joué un rôle clé dans la mobilisation pour les élections du 28 décembre 2025. Ils réclament sa nomination comme “reconnaissance” et pour permettre de “servir la République” et “soutenir les leaders qui n’ont pas encore été nommés et intégrés dans la fonction publique”.
Une situation inédite
Cette ambition d’un homme au passé aussi trouble marque un tournant dans l’histoire politique centrafricaine. Jamais le pays n’a connu une telle situation où des personnages aux antécédents criminels revendiquent ouvertement les plus hautes fonctions de l’État.
La question reste posée : jusqu’où ira cette dérive où l’argent sale, les trafics et la violence deviennent des tremplins vers le pouvoir suprême ?
Faustin Archange Touadera s’offre un Nissan Patrol V8 blindé à 200 millions pendant que les Centrafricains fouillent les poubelles pour chercher à manger
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-nouveau-vehicule-4×4-de-baba-kongoboro-apres-son-coup-d-etat-electoral-du-19-janvier-2026.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-nouveau-vehicule-4×4-de-baba-kongoboro-apres-son-coup-d-etat-electoral-du-19-janvier-2026.webp” alt=”Le nouveau véhicule 4×4 de Baba Kongoboro après son coup d’État électoral du 19 janvier 2026″ width=”500″ height=”289″ />Le nouveau véhicule 4×4 de Baba Kongoboro après son coup d’État électoral du 19 janvier 2026
Faustin Archange Touadera vient d’acquérir un Nissan Patrol V8 blindé de 200 millions de francs alors que ses compatriotes creusent les déchets pour trouver de quoi subsister quotidiennement.
Au lendemain d’un coup d’État électoral validé par son oncle Jean-Pierre Waboué, président du conseil constitutionnel, le dictateur de Bangui vient de recevoir son nouveau jouet. Le Nissan Patrol V8 blindé, d’un blanc immaculé, a débarqué par cargo aérien pour éviter les regards indiscrets du port de Doila. Personne n’avait vu venir ce mastodonte qui trône maintenant dans le garage présidentiel.
Ce véhicule de guerre rutilant choque dans une ville où règne la pauvreté absolue. Les Centrafricains n’en croient pas leurs yeux quand le bolide passe devant eux, soulevant des nuages de poussière sur les routes défoncées. Comment un tel achat devient-il possible quand les hôpitaux manquent de médicaments et les écoles de craie pour écrire au tableau.
La réponse se trouve dans le pillage des ressources nationales mené par le clan Touadera depuis des années. L’argent volé au peuple affamé finance désormais les caprices d’un homme qui se croit au-dessus des lois et des hommes. Ce Nissan Patrol V8 représente des mois de salaires impayés pour les fonctionnaires, des dispensaires jamais construits, des bourses étudiantes détournées vers les comptes à l’étranger.
Pendant que le dictateur exhibe son nouveau trophée mécanique, des familles entières fouillent les déchets derrière les marchés de Bangui. Ils cherchent des aliments expirés que les commerçants ont jetés, espérant trouver quelque chose de mangeable pour leurs enfants affamés. Cette scène quotidienne devenue banale ne trouble nullement le sommeil de Faustin Archange Touadera qui dort probablement sur des draps de soie importés.
Le blindage épais du Nissan Patrol V8 protège son propriétaire non seulement des balles mais surtout des regards accusateurs de son peuple. Derrière l’acier renforcé et les vitres teintées, le chef d’État peut circuler sans croiser les yeux de ceux qu’il affame délibérément. Cette forteresse mobile devient le reflet parfait d’un pouvoir coupé de toute réalité, enfermé dans sa bulle de luxe volé.
Les 200 millions de francs engloutis dans ce caprice auraient pu transformer des vies, réparer des infrastructures, sauver des malades condamnés faute de soins. Mais Touadera a choisi d’investir dans sa sécurité personnelle plutôt que dans l’avenir de sa nation. Ce choix budgétaire montre la vraie nature d’un régime bâti sur le népotisme, la corruption et le mépris total du peuple.
L’oncle Jean-Pierre Waboué, gardien supposé de la constitution, a ouvert toutes les portes à son neveu en validant une fraude électorale monumentale. Grâce à cette complicité familiale, Faustin Archange Touadera règne sans partage ni contrôle sur un pays exsangue. Le conseil constitutionnel censé protéger la démocratie s’est transformé en instrument docile au service d’une dynastie prédatrice.
Le Nissan Patrol V8 roule maintenant sur les chemins chaotiques de Bangui comme si les nids-de-poule n’existaient pas. Sa suspension renforcée et ses huit cylindres avalent les obstacles sans sourciller pendant que les citoyens ordinaires se cassent le dos sur ces mêmes routes abandonnées. Le confort du dictateur prime sur tout, même sur la dignité humaine de millions de Centrafricains.
Les badauds s’arrêtent médusés quand le monstre blanc défile dans les artères poussiéreuses de la ville. Certains murmurent des insultes à peine audibles, d’autres baissent simplement la tête, résignés devant tant d’arrogance et d’impunité. Personne n’ose protester ouvertement car la répression guette ceux qui oseraient critiquer le pouvoir en place.
Cette acquisition scandaleuse intervient alors que les caisses de l’État sont vides et que les salaires des enseignants accusent six mois de retard. Les fonctionnaires survivent avec des créances chez les petits commerçants qui eux-mêmes peinent à joindre les deux bouts. Pendant ce temps, Touadera accumule les biens de luxe comme un collectionneur obsessionnel détaché de toute conscience morale.
Le blindage du véhicule témoigne également de la paranoïa croissante d’un homme qui sait pertinemment qu’il a volé son pouvoir. Cette protection démesurée trahit la peur d’un dictateur conscient que sa légitimité repose uniquement sur la force et la manipulation des institutions. Chaque tôle renforcée rappelle que ce régime ne tient que par la coercition et la fraude.
Les réseaux sociaux centrafricains bouillonnent depuis l’apparition du Nissan Patrol V8 dans les rues de la capitale. Les photos circulent accompagnées de commentaires amers et de calculs montrant que ce prix équivaut au budget annuel de plusieurs communes rurales. Cette colère virtuelle reste pour l’instant confinée aux écrans car la rue demeure dangereuse pour les contestataires.
L’acheminement par voie aérienne confirme la volonté de discrétion qui a finalement échoué devant l’énormité du scandale. Impossible de cacher un tel affront dans une ville où la pauvreté crève les yeux à chaque intersection. Le blanc éclatant de la machine rutilante face aux corps émaciés des passants crée une image insoutenable de l’injustice régnante.
Faustin Archange Touadera continue pourtant sa parade quotidienne, insensible aux murmures et aux regards chargés de reproches. Son indifférence affichée aggrave encore la blessure infligée à un peuple qui espérait des jours meilleurs après chaque scrutin truqué. Ce Nissan Patrol V8 incarne finalement toutes les promesses trahies, tous les espoirs piétinés, toute la dignité volée
INTERVIEW EXCLUSIVE : Sylvain Mamboko, ex-diplomate centrafricain, revient sur le cas des 880 casques bleus congolais de la RDC non payés jusqu’à ce jour, 10 ans après la fin de leur mission en Centrafrique
Ils ont risqué leur vie pour venir pacifier la Centrafrique. Aujourd’hui, ces 880 casques bleus congolais n’ont que des médailles des nations-unies sur leurs épaules. Sylvain Mamboko, ex-diplomate centrafricain, brise le silence sur ce dossier explosif où 14,5 millions de dollars se sont évaporés dans la nature congolaise. Une interview sans concession qui pointe du doigt les responsabilités de Kinshasa et de l’ONU.
Corbeau News Centrafrique : Bonjour Monsieur Sylvain Mamboko. Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Sylvain Mamboko : Bonjour. Je m’appelle Sylvain Mamboko , ancien fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères de la République centrafricaine. Pendant plusieurs années, j’ai suivi de près les opérations de maintien de la paix dans notre pays, particulièrement celles impliquant les contingents étrangers venus nous aider pendant la crise. J’ai été témoin direct de l’arrivée, du travail et du départ de nombreux casques bleus, notamment ceux venus de la République démocratique du Congo.
CNC : Monsieur Mamboko , vous souhaitez nous parler aujourd’hui d’une affaire qui vous tient particulièrement à cœur. De quoi s’agit-il ?
S.N. : Oui, effectivement. Il s’agit d’une histoire qui me hante depuis des années maintenant. Une histoire d’injustice, d’oubli et de trahison. Vous savez, quand on travaille dans la diplomatie, on voit beaucoup de choses, on apprend à garder le silence sur certains dossiers. Mais là, je ne peux plus me taire. Il y a des limites à ne pas dépasser, et ce qui est arrivé aux casques bleus congolais dépasse l’entendement.
CNC : Pouvez-vous nous raconter cette histoire depuis le début ? Comment tout a commencé ?
S.N. : Tout commence en décembre 2013. La Centrafrique traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire. Le chaos règne, la violence est partout. C’est dans ce contexte que le 13 décembre 2013, un contingent de la République démocratique du Congo arrive à Bangui. Ces hommes, 880 au total – 740 militaires et 140 policiers – viennent pour nous aider à rétablir la paix. Je me souviens très bien de leur arrivée. C’étaient des hommes déterminés, professionnels, prêts à risquer leur vie pour un pays qui n’était même pas le leur.
CNC : Sous quelle bannière servaient-ils exactement ?
S.N. : Leur mission s’est déroulée en deux phases bien distinctes. D’abord, ils ont servi sous la MISCA, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique, qui était une opération de l’Union Africaine. Cette première phase a duré du 19 décembre 2013 au 15 septembre 2014. Ensuite, quand les Nations Unies ont pris le relais avec la création de la MINUSCA en septembre 2014, ces mêmes soldats ont été intégrés dans cette nouvelle mission onusienne. Ils sont restés sous le drapeau de l’ONU jusqu’au 16 janvier 2016, soit 16 mois de service.
CNC : Quel était leur rôle concret sur le terrain ?
S.N. : Ces hommes ont fait un travail remarquable. Ils assuraient la sécurité dans plusieurs quartiers de Bangui, ils protégeaient les civils, ils patrouillaient dans des zones extrêmement dangereuses. Certains ont été blessés, d’autres ont frôlé la mort à plusieurs reprises. C’étaient de vrais professionnels qui prenaient leur mission très au sérieux. Les populations locales où ils étaient déployés les appréciaient beaucoup.
CNC : Et pour ce service, quelle était la compensation prévue ?
S.N. : Selon les standards des Nations Unies, chaque casque bleu devait recevoir 1025 dollars américains par mois. C’est le tarif normal pour les missions de maintien de la paix. Pour la période où ils servaient sous l’Union Africaine avec la MISCA, ils ont effectivement reçu des paiements, même si c’était partiel et avec des retards. Mais voilà où le problème commence : pour les 16 mois passés sous la MINUSCA, sous le drapeau de l’ONU donc, ils n’ont absolument rien touché. Pas un seul centime.
CNC : Attendez, vous êtes en train de nous dire que ces hommes ont travaillé gratuitement pendant 16 mois ?
S.N. : Exactement ! C’est incroyable, mais c’est la pure vérité. Faites le calcul avec moi : 880 hommes, multipliés par 1025 dollars par mois, multipliés par 16 mois. Cela fait environ 14,5 millions de dollars américains. Une somme colossale qui n’est jamais arrivée dans les poches de ces soldats. Et nous parlons là d’hommes qui ont quitté leurs familles, qui ont risqué leur vie quotidiennement, qui ont vu des collègues mourir à leurs côtés.
CNC : Comment une telle situation a-t-elle pu se produire ? Où est passé cet argent ?
S.N. : Voilà la question à plusieurs millions de dollars, au sens littéral du terme ! C’est là que tout devient trouble. Selon ce que nous savons, les Nations Unies auraient versé les fonds au gouvernement de la République démocratique du Congo. Mais à Kinshasa, sous l’administration de Joseph Kabila qui était président à l’époque, cet argent n’est jamais parvenu aux soldats. Il a disparu quelque part dans les méandres de l’administration congolaise.
CNC : Le gouvernement actuel de la RDC a-t-il réagi à cette situation ?
S.N. : C’est le plus frustrant dans toute cette affaire. Le président Félix Tshisekedi, qui est pourtant arrivé au pouvoir avec une promesse de rupture et de lutte contre la corruption, maintient un silence total sur ce dossier. Aucune enquête n’a été ouverte, aucune explication n’a été donnée. C’est comme si ces 880 hommes n’avaient jamais existé. Personne à Kinshasa ne veut toucher à ce dossier parce que cela révélerait forcément des détournements massifs et des complicités à très haut niveau.
CNC : Et du côté de la MINUSCA, quelle est leur position ?
S.N. : Le silence absolu également ! Nous avons essayé à plusieurs reprises de les contacter, de leur poser des questions. Rien. Ils se cachent derrière des procédures bureaucratiques, ils renvoient systématiquement vers le gouvernement congolais. C’est un jeu de ping-pong où chacun rejette la responsabilité sur l’autre. Entre New York et Kinshasa, personne ne veut assumer. Pendant ce temps, des familles entières souffrent.
CNC : Vous parlez de familles qui souffrent. Pouvez-vous nous en dire plus ?
S.N. : Bien sûr. Imaginez un soldat qui part en mission en se disant qu’il va pouvoir mettre de l’argent de côté pour construire une maison, pour payer les études de ses enfants, pour assurer un avenir à sa famille. Cet homme risque sa vie pendant 16 mois, il vit dans des conditions difficiles, loin des siens, il fait face au danger quotidiennement. Et quand il rentre, il n’a rien. Ses enfants continuent d’aller à l’école dans des conditions misérables, sa femme continue de se battre pour nourrir la famille. Certains de ces soldats vivent aujourd’hui dans une pauvreté absolue.
CNC : Vous avez mentionné que certains soldats sont même décédés ?
S.N. : Oui, et c’est la partie la plus tragique de toute cette histoire. Des hommes qui ont donné leur vie pour cette mission, qui sont morts en service, n’ont jamais pu toucher un seul dollar de ce qui leur était dû. Leurs familles n’ont rien reçu non plus. Un ancien officier du contingent m’a confié un jour : “Des collègues nous ont quittés sans avoir pu bénéficier de ce qu’ils avaient mérité au péril de leur vie.” Pouvez-vous imaginer mourir en sachant que votre gouvernement et l’ONU vous ont trahi ?
CNC : Comment ces soldats ont-ils réagi à leur retour en RDC ?
S.N. : Justement, c’est là qu’on voit toute la stratégie mise en place pour les faire taire. Le 16 janvier 2016, un avion de Kenya Airways affrété par la MINUSCA a décollé de Bangui avec les derniers éléments du contingent. À leur arrivée à Kinshasa, aucune cérémonie officielle ne les attendait. Pas de discours, pas de remerciements, rien. On les a fait descendre de l’avion et, immédiatement, ils ont été dispersés.
CNC : Dispersés ? Que voulez-vous dire ?
S.N. : Les autorités congolaises ont délibérément séparé ces hommes et les ont affectés dans des régions reculées du pays, dans des coins perdus. Un ancien casque bleu m’a confié : “On nous a délibérément séparés et affectés dans des zones reculées pour nous empêcher de nous organiser.” C’est la vieille tactique du “diviser pour mieux régner”. En les éparpillant aux quatre coins du pays, le gouvernement s’assurait qu’ils ne pourraient pas se regrouper, qu’ils ne pourraient pas s’organiser collectivement pour réclamer leur dû.
CNC : Ont-ils quand même tenté de réclamer leur argent ?
S.N. : Bien sûr ! Ces hommes ne sont pas idiots. Ils savent ce qui leur est dû. Mais isolés comme ils le sont, dispersés dans des régions où la communication est difficile, sans moyens financiers pour se déplacer ou pour engager des avocats, que peuvent-ils faire ? Certains ont essayé d’écrire des lettres, de saisir leurs supérieurs hiérarchiques, mais toutes leurs démarches se sont heurtées à un mur de silence.
CNC : Vous avez évoqué des comptes bancaires qui auraient été ouverts pour recevoir ces paiements ?
S.N. : Oui, c’est un détail technique mais il est très révélateur. Quand les soldats sont arrivés en Centrafrique et qu’ils sont passés sous la bannière de la MINUSCA, on leur a demandé d’ouvrir des comptes à l’ECOBANK ici à Bangui. C’était la procédure normale : les salaires devaient être versés directement sur ces comptes. Chaque soldat a donc ouvert son compte, a fourni tous les documents nécessaires. Mais voilà, dix ans plus tard, ces comptes n’ont jamais été alimentés. Ils sont restés à zéro franc depuis le premier jour.
CNC : Qu’est-ce que cela prouve exactement ?
S.N. : Cela prouve que l’argent n’a jamais quitté les circuits administratifs de haut niveau. Si la MINUSCA avait vraiment voulu payer ces soldats, l’argent serait arrivé sur ces comptes. Le fait que les comptes soient restés vides pendant dix ans montre clairement que quelque part, entre les bureaux de l’ONU à New York, les services administratifs de la MINUSCA à Bangui, et le gouvernement congolais à Kinshasa, l’argent a été détourné. Quelqu’un, quelque part, a décidé de garder cet argent.
CNC : Et les médailles alors ? On nous parle souvent de médailles remises aux casques bleus…
S.N. : Ah, les médailles ! Parlons-en justement. Quelle ironie cruelle ! L’Union Africaine et les Nations Unies ont effectivement décerné des médailles à ces soldats pour leur bravoure, pour leur dévouement, pour leurs services rendus. De belles cérémonies ont été organisées, des photos ont été prises, des rapports officiels ont été rédigés vantant le courage de ces hommes. Mais au final, qu’est-ce qu’une médaille quand on ne peut pas nourrir ses enfants ? C’est un morceau de métal qui ne vaut rien quand on vit dans la misère.
CNC : C’est donc une reconnaissance purement symbolique ?
S.N. : Pire que ça ! C’est une insulte. On donne des médailles pour la photo, pour faire bonne figure dans les rapports internationaux, pour montrer que l’ONU reconnaît le sacrifice de ses soldats. Mais derrière, on leur vole leur salaire. C’est du mépris institutionnalisé. Ces hommes ne veulent pas de médailles, ils veulent ce qu’on leur doit. Ils veulent pouvoir vivre dignement avec leur famille.
CNC : Quelles sont les principales questions qui restent sans réponse dans ce dossier ?
S.N. : Les questions sont nombreuses et elles sont fondamentales. Premièrement : est-ce que l’ONU a réellement versé les 14,5 millions de dollars au gouvernement congolais ? Si oui, qui exactement a reçu cet argent à Kinshasa ? Sur quels comptes bancaires a-t-il été versé ? Qui a autorisé le détournement, car c’est bien de détournement qu’il s’agit ? Pourquoi le gouvernement actuel refuse-t-il d’ouvrir une enquête sur ce qui s’est passé sous l’administration Kabila ? Toutes ces questions méritent des réponses claires et publiques.
CNC : Que réclament concrètement ces anciens casques bleus aujourd’hui ?
S.N. : Leurs revendications sont parfaitement légitimes et très claires. Premièrement, ils exigent une enquête transparente et indépendante pour savoir exactement où est passé leur argent. Deuxièmement, ils demandent l’intervention personnelle du président Félix Tshisekedi pour débloquer ce dossier. Troisièmement, ils veulent des éclaircissements officiels de la part de la MINUSCA et de l’ONU sur le sort des fonds. Et évidemment, ils réclament le versement immédiat de tous les arriérés qui leur sont dus, avec les intérêts accumulés sur dix ans.
CNC : Pensez-vous que cette affaire puisse avoir des conséquences sur les futures missions de maintien de la paix ?
S.N. : Absolument ! C’est même l’un des aspects les plus préoccupants de toute cette histoire. Comment voulez-vous qu’un pays africain accepte d’envoyer ses soldats dans une mission onusienne après ce qui est arrivé au contingent congolais ? Le message envoyé est catastrophique : l’ONU et les gouvernements peuvent vous utiliser, vous exposer au danger, et ensuite vous oublier complètement. C’est un signal d’alarme pour tous les pays contributeurs de troupes. Cette situation pose de sérieuses questions sur la crédibilité du système de maintien de la paix en Afrique.
CNC : Que représentent concrètement ces 14,5 millions de dollars pour ces 880 familles ?
S.N. : Ce ne sont pas des chiffres abstraits qu’on manipule dans des bureaux climatisés ! Chaque dollar de ces 14,5 millions représente un repas pour un enfant, une année scolaire payée, des soins médicaux accessibles, un toit décent au-dessus de la tête d’une famille. Pour beaucoup de ces soldats, cet argent devait être l’opportunité de sortir leur famille de la pauvreté, de construire une maison, d’assurer un avenir à leurs enfants. Dix ans plus tard, ces mêmes enfants ont grandi dans la misère alors que leur père a risqué sa vie pour la paix. C’est absolument inacceptable.
CNC : Nous arrivons maintenant au 16 janvier 2026, exactement onze ans après le départ de ce contingent. Pensez-vous que cette date symbolique puisse changer quelque chose ?
S.N. : J’aimerais être optimiste, mais je suis réaliste. Pendant dix ans, toutes les institutions concernées ont démontré qu’elles préfèrent l’oubli et le silence. Cependant, cette date anniversaire doit servir de rappel brutal à tout le monde : on ne peut pas traiter des êtres humains, des soldats qui ont servi avec honneur, comme du bétail qu’on utilise et qu’on abandonne ensuite. Si aucune action concrète n’est prise maintenant, ce sera la confirmation définitive que le système onusien et les gouvernements africains sont corrompus jusqu’à la moelle.
CNC : Monsieur Mamboko , quel message souhaitez-vous adresser aux différentes autorités concernées ?
S.N. : J’ai plusieurs messages très clairs à faire passer. Au président Félix Tshisekedi : Monsieur le Président, vous ne pouvez plus continuer à ignorer ce scandale. Ces 880 hommes ont servi votre pays et l’Afrique avec honneur et dignité. Ils méritent mieux que le silence et l’oubli. Ouvrez une enquête immédiatement, faites la lumière sur ce dossier. Si l’argent a été détourné sous l’ancien régime, que les coupables soient traduits en justice.
À la MINUSCA et aux Nations Unies : cessez de vous cacher derrière des procédures bureaucratiques et des renvois de responsabilité. Vous avez une obligation morale et légale envers ces soldats qui ont servi sous votre drapeau. Assumez vos responsabilités, dites la vérité sur ce qui s’est passé avec ces fonds.
Et au gouvernement centrafricain : nous avons été témoins directs du sacrifice de ces hommes sur notre sol. Ils sont venus nous aider dans nos moments les plus difficiles. Nous avons le devoir moral de soutenir leurs revendications et de faire pression sur les instances concernées.
CNC : Avez-vous un message particulier pour ces 880 soldats oubliés ?
S.N. : Oui, absolument. À tous ces soldats et à leurs familles, je veux dire ceci : ne baissez jamais les bras. Votre combat est juste, il est légitime, il est noble. Vous avez servi avec honneur, vous avez risqué vos vies, certains de vos camarades sont morts pour cette mission. Vous méritez justice et vous l’aurez. Continuez à vous organiser, continuez à parler, continuez à témoigner. L’opinion publique doit savoir ce qui vous est arrivé. La vérité finit toujours par éclater.
Et à tous les Africains qui nous écoutent ou qui nous lisent : cette affaire nous concerne tous. Si nous laissons faire ça aujourd’hui, demain ce seront d’autres soldats, d’autres fonctionnaires, d’autres citoyens ordinaires qu’on trahira de la même manière. Il faut dire non, collectivement, à ce système mafieux qui broie les honnêtes gens et qui enrichit quelques corrompus.
CNC : En conclusion, comment qualifieriez-vous cette situation ?
S.N. : C’est une situation sans précédent dans l’histoire des opérations de maintien de la paix. Dix ans après la fin de leur mission, le mystère reste entier sur le sort des compensations dues à ces casques bleus congolais. Cette affaire montre clairement les dysfonctionnements profonds, systémiques, dans la gestion des missions de maintien de la paix en Afrique. Elle pose brutalement la question de la responsabilité des différents acteurs impliqués : l’ONU, le gouvernement congolais, la MINUSCA. Tant que nous n’aurons pas de réponses claires, tant que justice ne sera pas rendue, cette affaire restera une tache indélébile sur la conscience de tous ceux qui sont restés silencieux.
CNC : Monsieur Mamboko , nous vous remercions pour cet éclairage sans concession sur cette affaire qui a trop duré.
S.N. : C’est moi qui vous remercie de me donner la parole, de donner une voix à ces hommes oubliés. C’est le devoir du journalisme de faire la lumière sur ces injustices, et c’est essentiel pour que la vérité éclate enfin. J’espère sincèrement que cette interview contribuera à faire bouger les choses.
Koï, griot servile qui a glorifié Touadéra avec son livre, trahit maintenant la ministre Baïpou, la cheffe mafieuse du clan du régime
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/09/Eulogue-Doctrouve-Koi-dans-la-brigade-de-lOCRB-de-Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/09/Eulogue-Doctrouve-Koi-dans-la-brigade-de-lOCRB-de-Bangui.jpg” alt=”Koï, griot servile qui a glorifié Touadéra avec son livre, trahit maintenant la ministre Baïpou, la cheffe mafieuse du clan du régime” width=”300″ height=”226″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/09/Eulogue-Doctrouve-Koi-dans-la-brigade-de-lOCRB-de-Bangui.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/09/Eulogue-Doctrouve-Koi-dans-la-brigade-de-lOCRB-de-Bangui-80×60.jpg 80w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Eulogue-Doctrouve-Koi-dans-la-brigade-de-lOCRB-de-Bangui – Violations des droits et intimidation politique : le pouvoir de Bangui franchit une nouvelle ligne rouge
Guerre des rats au sommet : Euloge Doctrouvé Koï, griot qui mord la main qui le nourrit, plante un couteau dans le dos de Sylvie Baïpo-Temon. Le régime Touadéra se dévore de l’intérieur !
Le live Facebook d’Euloge Doctrouvé Koï – alias le “griot insulteur public” du régime, alias l’auteur du livre pathétique “Pr Faustin Archange Touadéra, figure emblématique à l’opposé des antivaleurs”, est un chef-d’œuvre d’hypocrisie.
Ce mec qui se pose en “sanctuaire de sécurité” du pouvoir, en “représentant valable de son excellence”, en “cœur de Mama Sonda”, commence par s’auto-glorifier comme un fidèle absolu : “Honorable Éloge Koï, le représentant valable de son excellence à Satéma ” répété en boucle comme un mantra de courtisan. Et deux minutes après ? Il crache son venin sur Sylvie Baïpo-Temon, ministre des Affaires étrangères du même gouvernement Touadéra !
Koï accuse la ministre de transformer le département en “boutique familiale vide” : asphyxie financière totale (pas de papier, pas de stylo, agents obligés de payer de leur poche pour imprimer des documents diplomatiques), népotisme pur (stagiaires et proches catapultés à des postes stratégiques pendant que les cadres chevronnés de 10-15 ans d’expérience sont mis au placard), détournement des véhicules de l’État pour sa vie privée, menaces de licenciement aux diplomates, hémorragie des cerveaux avec des démissions en cascade. Il parle même d’un “mépris des biens de l’État” qui atteint “son paroxysme”, d’une “paralysie opérationnelle totale”, et d’un “incident diplomatique majeur” avec Air France provoqué par les “sorties scabreuses” de Baïpo-Temon – ce qui isole le pays et fragilise les liaisons stratégiques.
Le clou du spectacle ? Koï appelle à un audit indépendant, à un memorandum des agents au Premier ministre et au président, à stopper les “persécutions administratives” et le “règne de l’arbitraire”. Lui, le même qui a pondu un bouquin pour diviniser Touadéra, qui se vante d’être le “défenseur des intérêts de la République” tout en léchant les bottes du régime depuis des années ! Aujourd’hui, il mord la main qui le nourrit : il attaque une ministre nommée par Touadéra, expose le naufrage du département des Affaires étrangères (visage de la RCA à l’international), et révèle que la diplomatie est en péril à cause de l’incompétence et des intérêts personnels.
C’est la bataille des voyous et des criminels au cœur du pouvoir : d’un côté, Koï le traître opportuniste, “docteur en insulte” qui change de camp dès que le vent tourne ; de l’autre, Baïpo-Temon, la “chef de boutique” qui gère le ministère comme un champ familial, note 0,5/20 en efficacité (selon Koï lui-même !), et provoque des crises inutiles avec des partenaires historiques comme Air France.
Résultat ? Le régime Touadéra se bouffe de l’intérieur. Koï, qui hier chantait les louanges du “sauveur”, balance aujourd’hui tout le linge sale pour se repositionner. Baïpo-Temon, qui devrait protéger la souveraineté, la sabote par amateurisme et népotisme. Deux cons qui se dévorent mutuellement pendant que le pays coule.
Ouanda-Djallé : Un soldat ivre sème la panique et menace le sous-préfet avec son arme
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Les-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-dune-intervention-sur-un-chantier-minier-vers-Ouanda-Djalle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Les-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-dune-intervention-sur-un-chantier-minier-vers-Ouanda-Djalle.jpg” alt=”Ouanda-Djallé : Un soldat ivre sème la panique et menace le sous-préfet avec son arme” width=”300″ height=”135″ />Les soldats FACA et leurs supplétifs russes noirs de retour d’une intervention sur le chantier minier de Keye vers Ouanda-Djallé le 30 avril 2025
Un militaire des forces armées centrafricaines en poste à Ouanda-Djallé a provoqué un incident grave dimanche avant-dernier en menaçant le sous-préfet avec son arme.
Dimanche avant-dernier, la journée semblait ordinaire à Ouanda-Djallé, dans la préfecture de la Vakaga. Les militaires déployés dans la ville vaquaient à leurs occupations habituelles, sans laisser présager les événements qui allaient suivre.
Depuis quelques mois, leur base se trouve désormais dans l’enceinte de l’Organisation des femmes centrafricaines (OFCA), près de la mairie. Les éléments de forces armées occupent cet espace depuis quelque temps, après avoir quitté leur base principale à l’entrée de la ville.
Ce déplacement fait suite à des informations selon lesquelles les rebelles du PRNC de Nourd Gregaza pourraient lancer une attaque contre leur position. Par peur selon la population locale, et par mesure de sécurité d’après eux-même, les soldats FACA ont choisi de s’installer au cœur de Ouanda-Djallé, pensant y être mieux protégés.
C’est dans ce contexte qu’un des soldats a passé son dimanche dernier à consommer de l’alcool traditionnel. Au fil des heures, sa consommation s’est intensifiée jusqu’à ce qu’il perde complètement le contrôle de lui-même.
En fin de journée, complètement ivre, il est rentré à la base. Son comportement a rapidement inquiété ses camarades qui ont remarqué son état d’ébriété avancé.
Une fois arrivé, le soldat a commencé à pointer son arme sur ses camarades. Ces derniers lui ont fait remarquer que son comportement était dangereux et ont décidé de s’éloigner pour leur propre sécurité.
Quatre ou cinq militaires sont partis, laissant seulement un collègue qui tentait de le raisonner. Malgré les appels au calme, le militaire ivre a tiré deux à trois coups en l’air.
Son collègue resté à ses côtés a également tiré en l’air, comme dans un échange absurde. C’est alors que le soldat ivre a déclaré vouloir se rendre chez le sous-préfet pour le chercher.
Son camarade a essayé de le retenir, mais rien n’y faisait. Vers dix-huit heures, le militaire a quitté la base et s’est dirigé vers la résidence du sous-préfet, arme en main.
Il s’est posté devant la clôture de la maison de l’autorité sous-préfectorale. Son collègue l’a rejoint pour tenter encore de le convaincre de rentrer, mais le soldat refusait obstinément.
La situation a duré jusqu’à dix-neuf heures environ, maintenant le sous-préfet prisonnier dans sa propre maison. L’inquiétude grandissait à mesure que les minutes passaient sans que le militaire ne bouge de sa position.
Le sous-préfet est finalement sorti de sa résidence et a découvert le soldat armé devant chez lui. Il lui a demandé s’il s’agissait bien de Schengen, le militaire a confirmé d’une voix pâteuse.
Le sous-préfet a voulu savoir pourquoi il venait le menacer et s’ils avaient un différend quelconque. Le soldat a répondu par la négative, incapable d’expliquer clairement les raisons de sa présence. Le soldat a tenté de fournir une explication disant qu’il est de passage, mais il a entendu son nom ici chez le sous-préfet.
Le sous-préfet lui a alors ordonné de quitter les lieux immédiatement. Le militaire a fini par obtempérer et est retourné à la base avec son arme, mettant fin à plusieurs heures de tension.
Le lendemain matin, l’atmosphère était différente à la base. Ses collègues lui ont reproché son comportement de la veille, conscients de la gravité de la situation qu’il avait créée.
Le soldat est allé présenter ses excuses au sous-préfet, reconnaissant la gravité de ses actes. Ce dernier a accepté les excuses mais a exigé qu’on lui retire son arme jusqu’à ce qu’il retrouve un comportement normal.
Cette affaire montre les difficultés de commandement dans les garnisons des soldats FACA à l’intérieur du pays.
Souvent, les chefs du détachement présents préfèrent éviter les confrontations. Ce qui laisse certains éléments agir à leur guise sans véritable encadrement ni discipline
Privé de passeport pour candidater, déclaré apatride puis autorisé à concourir le 28 décembre 2025 : Dologuele vit un paradoxe juridique instrumenté par un pouvoir aux pratiques dictatorial.
La déclaration publiée ce 16 février par Anicet Georges Dologuele jette la lumière sur les pratiques administratives et politique du régime criminel de Touadéra. Celui qui a brigué la présidence de la République centrafricaine se heurte à un refus obstiné du ministère de l’intérieur de lui délivrer un document de voyage. Cette obstruction remonte à bien avant le scrutin présidentiel et perdure encore aujourd’hui dans une logique implacable.
Avant même les élections du 28 décembre 2025, le gouvernement avait déjà déclaré Dologuele apatride lorsqu’il a voulu déposer sa demande de passeport nécessaire pour formaliser sa candidature. Malgré cette qualification humiliante, le conseil constitutionnel, après la réunion de Damara entre les caciques du pouvoir, à finalement accepter sa participation au scrutin. Le Conseil constitutionnel avait validé sa candidature en reconnaissant indirectement sa nationalité centrafricaine, créant ainsi un premier paradoxe administratif.
Le scrutin du 28 décembre 2025 a donné lieu à ce que beaucoup observateurs qualifient de hold-up électoral. Alors que Dologuele était en tête selon de nombreux témoignages, les résultats officiels l’ont relégué à la deuxième place avec seulement 17% des voix. Cette manipulation des chiffres par le régime en place a permis au pouvoir actuel de se maintenir malgré l’aspiration au changement exprimée dans les urnes.
Depuis cette élection contestée, la situation de l’ancien candidat n’a fait que se dégrader. Le Conseil constitutionnel a rendu le 14 novembre 2025 une décision formelle confirmant que sa nationalité centrafricaine n’avait jamais été perdue. Pourtant, cette reconnaissance judiciaire reste lettre morte face à l’inertie calculée de l’administration qui refuse d’en tirer les conséquences pratiques.
C'est confirmé, le Gouvernement de mon pays me considère toujours comme APATRIDE! Malgré la décision du Conseil Constitutionnel du 14 novembre 2025 relative à ma nationalité centrafricaine jamais perdue, malgré ma correspondance du 2 décembre 2025 au Ministre de l'Intérieur…
Une correspondance adressée le 2 décembre 2025 au ministère de l’Intérieur n’a reçu aucune réponse. Sa saisine du président de l’Assemblée nationale, datée du 3 février 2026, est également restée sans suite. Le silence des institutions face à un député élu devient alors une forme d’exclusion politique déguisée en problème administratif.
Respectant les procédures malgré tout, Dologuele a récemment fait déposer un nouveau dossier complet de demande de passeport dans les services compétents. La réponse des fonctionnaires fut immédiate et révélatrice : refus de recevoir la demande “sur instructions de la hiérarchie”. Ces quelques mots trahissent l’existence d’un ordre politique clair visant à maintenir l’ancien candidat dans un vide juridique permanent.
Cette affaire dépasse largement le cas personnel d’un opposant. Elle confirme le fonctionnement d’un régime qui utilise l’appareil administratif comme instrument de répression. Les décisions de justice peuvent être ignorées quand elles dérangent, les résultats électoraux peuvent être inversés quand ils menacent le pouvoir en place.
Les termes employés par Dologuele dans sa déclaration publique résonnent comme un acte d’accusation. Il se qualifie d’apatride malgré sa qualité de député et malgré une décision judiciaire favorable. Cette privation de documents officiels constitue une forme d’assignation à résidence qui empêche tout déplacement international et toute participation normale à la vie politique.
Dans les annales politiques mondiales, aucun précédent comparable n’existe. Jamais un candidat à la présidence n’a été maintenu dans un tel vide juridique par son propre État. La Centrafrique écrit là une page sombre de son histoire contemporaine sous la conduite d’un régime qui cumule manipulation électorale et persécution administrative.
Le recours à des “instructions de la hiérarchie” pour justifier l’inaction administrative trahit une chaîne de commandement qui court-circuite le droit. Les agents publics, censés appliquer les lois et respecter les décisions de justice, deviennent les exécutants d’une politique d’exclusion. Leur refus de recevoir un dossier pourtant conforme aux exigences réglementaires démontre l’emprise totale du politique sur l’administratif.
Dologuele maintient une posture de légalisme dans cette épreuve. En se présentant comme un “citoyen discipliné”, il cherche à montrer que son combat se mène sur le terrain du droit et non sur celui de la confrontation. Cette stratégie vise à exposer l’arbitraire gouvernemental tout en conservant une image de responsable politique respectueux des institutions, même quand celles-ci le bafouent.
Les partenaires internationaux de la Centrafrique observent ces développements avec une attention croissante. Un élu du peuple, reconnu comme citoyen par la plus haute juridiction du pays, se voit refuser les attributs élémentaires de cette citoyenneté. Dans un pays largement dépendant de l’aide extérieure, ces pratiques alimentent des questionnements sur la qualité de la gouvernance et le respect de l’État de droit.
Le cas Dologuele devient ainsi un révélateur des méthodes employées par le régime de Bangui. Confiscation des résultats électoraux, instrumentalisation de l’administration, mépris des décisions de justice : tous les ingrédients d’un système autoritaire sont réunis. L’ancien candidat présidentiel paie le prix de son audace d’avoir voulu incarner une alternative démocratique dans un pays où le pouvoir refuse de se soumettre au verdict des urnes.
Obo : quand les soldats FACA rêvent d’attaquer les positions des miliciens du groupe Wagner… avant de reculer et abandonner leur projet
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/04/Des-FACA-à-côté-d’un-avion-en-province.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/04/Des-FACA-à-côté-d’un-avion-en-province.jpg” alt=”Obo : quand les soldats FACA rêvent d’attaquer les positions des miliciens du groupe Wagner… avant de reculer et abandonner leur projet” width=”300″ height=”225″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/04/Des-FACA-à-côté-d’un-avion-en-province.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/04/Des-FACA-à-côté-d’un-avion-en-province-80×60.jpg 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/04/Des-FACA-à-côté-d’un-avion-en-province-265×198.jpg 265w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />
À Obo, capitale du Haut-Mbomou, un projet d’offensive des forces armées centrafricaines contre les mercenaires russes a viré au fiasco total.
Depuis quelques jours, la colère gronde chez les militaires centrafricains déployés à Obo. Excédés par les exactions répétées de ces miliciens russes sur leurs chefs, plusieurs soldats FACA ont envisagé de passer à l’action. Ainsi, trois groupes se sont formés, déterminés à en découdre avec ces hommes qui jouissent d’une protection absolue auprès du pouvoir de Bangui.
Mais rapidement, le deuxième groupe formé a fait machine arrière. Les soldats FACA qui sont dans ce groupe ont commencé à calculer les risques. Attaquer Wagner à plus de 1300 kilomètres de la capitale, dans une zone où les issues de secours sont inexistantes, relevait du suicide. Le troisième groupe a fini par arriver à la même conclusion, suivi du premier. Le projet s’est effondré avant même d’avoir commencé.
Les habitants d’Obo ont accueilli cette débandade avec de moquerie. Beaucoup ont rigolé ouvertement en voyant les soldats FACA renoncer si vite de leur projet. « Ils cherchent quoi exactement ? », se demandaient les citoyens dans les ruelles de la ville. Certains ont même lancé des moqueries, estimant que ces militaires n’avaient pas mesuré dans quoi ils s’engageaient.
Car la réalité dans la ville de Obo est implacable. Si les FACA avaient lancé leur attaque et perdu la bataille, où auraient-ils pu se réfugier ? Dans la forêt environnante, ils auraient trouvé des miliciens azandés hostiles qui n’attendent qu’une occasion de régler leurs comptes avec l’armée régulière. En ville, les Russes contrôlent tout. Aucune échappatoire possible.
Et puis il y a la question logistique transport. Obo se trouve à 1300 kilomètres de Bangui. Les hélicoptères russes assurent les rotations principales, réduisant le trajet à quelques heures de vol. Sans l’appui de Wagner, rejoindre la capitale à pied équivaut à une condamnation. Entre les bandes armées, les zones de non-droit et la distance, c’est une marche vers la mort assurée.
Le deuxième groupe a été le premier à comprendre l’absurdité de la situation. En analysant froidement les options, ces soldats ont compris qu’ils n’avaient aucune marge de manœuvre. Leur retrait a entraîné celui des autres, comme un château de cartes qui s’effondre. Personne ne voulait finir encerclé dans un piège dont ils ne sortiraient jamais.
À Bangui, le dictateur Faustin-Archange Touadera et son état-major accordent aux Russes un statut privilégié. Wagner n’est plus un simple partenaire militaire : c’est devenu une entité intouchable dont les décisions priment sur tout le reste. Quand les mercenaires parlent, le gouvernement écoute. Quand ils exigent, le pouvoir s’exécute. Cette dépendance place les soldats centrafricains dans une position subordonnée humiliante.
Les FACA d’Obo ont mesuré toute l’étendue de leur impuissance. Ils peuvent nourrir de la rancœur, murmurer leur mécontentement, mais aller plus loin relève de l’impossible. Le rapport de force leur est tellement défavorable qu’ils n’ont d’autre choix que de ravaler leur frustration. Dans les casernes, l’atmosphère reste lourde, mais personne ne parle plus d’offensive.
Les citoyens continuent de commenter l’affaire avec ironie. Pour eux, ce cafouillage militaire en dit long sur l’état du pays. Des soldats qui menacent puis capitulent sans tirer un coup de feu, c’est une image qui restera longtemps dans les esprits. Obo a assisté à une comédie involontaire dont les acteurs principaux ont perdu toute crédibilité.
À 204 km de Bria, dans la sous-préfecture de Ouadda-Maïkaga, Haute-Kotto, l’État centrafricain n’est qu’un mirage, une coquille vide qui laisse une population exsangue, et surtout sa jeunesse, crever dans un chaos indescriptible.
Ici, à Ouadda-Maïkaga, pas de routes, pas d’hôpitaux, pas d’eau potable, pas d’écoles, rien, sauf des soldats FACA qui rackettent et un gouvernement de menteurs qui ose prétendre contrôler 90 % du territoire. Bruno Yapandé, ministre de l’Administration du territoire, peut bien brailler ses propagandes sur la Radio Ndékè Luka, la réalité hurle plus fort : ce régime pourri a abandonné Ouadda-Maïkaga à la famine, aux groupes armés et à la désolation.
Dans cette ville fantôme de Ouadda-Maïkaga, , l’État se résume à une poignée de FACA déployés, mais ne vous y trompez pas : ils ne protègent rien, ni personne. Ces soi-disant soldats passent leurs journées à ériger des barrages routiers, à taxer les marchés, à extorquer 25 000 francs CFA par tête aux éleveurs qui osent encore s’approcher. Leur mission ? Remplir leurs poches, pas sécuriser la population. Le maire ? Un pauvre type sans bureau, cloîtré chez lui sous une paillote en paille, et qui griffonne des actes de naissance quand il a du papier, autant dire jamais. Le sous-préfet ? Relégué dans un taudis, et son bureau envahi par la forêt, c’est-à-dire que son “bâtiment” officiel n’est qu’une ruine avalée par les arbres. Gendarmerie, police ? Désertées, chaos total. Voilà l’État selon Touadéra : un décor en carton qui s’effondre sous le poids de son propre néant.
Brigade de la gendarmerie de Ouadda-Maïkaga, dans la préfecture de la Haute-Kotto. CopyrightCNC
La population de Ouadda-Maïkaga, elle, paie le prix fort. Pas de travail, pas d’avenir, juste la misère et la peur. Les chasseurs ne chassent plus, tétanisés par les groupes armés qui règnent dès qu’on dépasse les 5 km autour de la ville : nord, sud, est, ouest, tout est à eux. Les éleveurs ont fui, écrasés par les taxes des FACA. Aller à Bria, Sam-Ouandja ou Ndélé pour acheter de quoi survivre ? Un pari mortel : les routes, ou ce qu’il en reste, sont des coupe-gorges, où les motos finissent broyées par des bandits armés. En saison des pluies, les herbes engloutissent tout, obligeant les véhicules à tailler des chemins dans la brousse ; en saison sèche, le sable paralyse ce qui reste. Le pont, n’en parle pas. À 10 km sur l’axe Bria ? Un pont en phase de céder, vestige inutile dans ce désert de désespoir.
Et les villages voisins, sur les axes de Ndélé, de Birao et même de Bria ? C’est pire encore. 4 ou 5 villages environ sur l’axe de Bria, comme Ayaba, Bringui, Chobo, Yangou Tambourou, un autre sur l’axe de Ndélé comme Boungous, et un sur l’axe de Birao comme Gbadé, ainsi qu’un autre sur l’axe de Sam-Ouandja comme Hounou. Ces villages environnants de Ouadda – Maïkaga sont tous oubliés : sans centres de santé, sans écoles, sans eau, rien, un vide absolu. Les jeunes grandissent dans la faim, entourés de groupes armés qui contrôlent 95 % du territoire, pendant que l’État se gargarise de “contrôler” une portion ridicule de 5 km autour de la ville. Contrôler quoi ? Des taxes illégales et des discours creux ? Yapandé et Touadéra osent parler de restauration de l’autorité, mais où est-elle ? Pas à Ouadda-Maïkaga, où la population vit dans un cauchemar permanent, où la famine guette parce que personne ne peut plus ni chasser, ni élever, ni circuler sans risquer sa peau.
Mairie de Ouadda-Maïkaga, actuellement laissée à l’abandon. CopyrightCNC
Ce régime est une insulte vivante. Pendant que Touadéra s’empiffre à Bangui et que Yapandé débite ses fables sur une armée “montée en puissance”, les jeunes de Ouadda-Maïkaga crèvent à petit feu, pris entre les FACA racketteurs et les groupes armés qui pullulent. La sécurité ? Un mot vide quand les soldats préfèrent jouer les douaniers véreux plutôt que protéger. La démocratie ? Une farce quand le maire et le sous-préfet n’ont ni moyens ni pouvoir, quand les prisons de l’OCRB s’emplissent d’opposants sans mandat, comme en ce mois d’avril avec les cadets d’Henri Dondra ou la famille d’Armel Sayo. Ce n’est pas un État, c’est une mafia qui abandonne sa population à la mort.
La route entre Ouadda et Bria
Ouadda-Maïkaga n’est pas une exception, c’est le symbole d’un pays livré au néant par un gouvernement de charlatans. La souffrance ici est énorme, palpable, suffocante – et elle crie l’échec total de Touadéra et de ses sbires. Une crise postélectorale en 2025 ? Avec ce chaos, elle est déjà là, installée dans chaque ventre vide, chaque route barrée, chaque espoir brisé. La jeunesse de Ouadda-Maïkaga mérite mieux que ce régime minable qui la laisse pourrir….
Deux mois après l’assassinat de cinq membres d’une famille peule à Mboki, la ville sombre dans le chaos
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Marche-pour-la-paix-a-Mboki.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Marche-pour-la-paix-a-Mboki.jpg” alt=”Deux mois après l’assassinat de cinq membres d’une famille peule à Mboki, la ville sombre dans le chaos” width=”300″ height=”223″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Marche-pour-la-paix-a-Mboki.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Marche-pour-la-paix-a-Mboki-80×60.jpg 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Marche-pour-la-paix-a-Mboki-265×198.jpg 265w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Marche pour la paix à Mboki. CopyrightCNC
Le 30 décembre dernier, à la veille de la fête des fins d’années, , cinq membres de la communauté peule ont été tués dans leur champs à Mboki. Deux mois plus tard, leurs familles cherchent encore des réponses dans un climat de terreur généralisée, provoqué par les forces du désordre.
Dans cette sous-préfecture du Haut-Mbomou, au sud-est de la Centrafrique, la vie quotidienne ressemble désormais à un cauchemar éveillé. Les habitants ne reconnaissent plus leur ville, autrefois paisible, aujourd’hui transformée en zone de non-droit où chacun craint pour sa survie.
Ce jour-là, à la veille des célébrations de fin d’année, cinq personnes d’une même famille peule sont parties cultiver leurs terres comme elles le faisaient habituellement. Parmi elles se trouvaient le père, la mère et des enfants, massacrés en plein champ sans aucune explication. Le drame a frappé une seule et même famille, laissant derrière lui un vide immense et des questions sans réponse.
Depuis cette tragédie, les proches des victimes tentent de comprendre ce qui a pu motiver un tel acharnement. Ils cherchent un sens à cette violence qui les a privés d’êtres chers partis simplement travailler la terre. Mais aucune explication ne vient apaiser leur douleur ni éclaircir les circonstances exactes de ce massacre.
Selon les informations recueillies par la rédaction de CNC, l’ambiance dans la ville est devenue pesante et irrespirable. La peur s’est installée dans chaque foyer, et les habitants vivent désormais dans l’appréhension constante d’une nouvelle attaque. Cette atmosphère délétère empoisonne les relations et paralyse toute activité normale.
Pour les familles endeuillées contactées par la rédaction du CNC, l’identité des auteurs ne fait aucun doute. Elles pointent directement du doigt les miliciens azandés qu’elles tiennent pour responsables de ce carnage. Les musulmans peuls affirment sans hésitation que ces combattants ont exécuté leurs proches de sang-froid.
Toutefois, leur colère ne s’arrête pas aux seuls miliciens. Elles reprochent également aux forces de sécurité leur inertie complète devant la multiplication des violences. Selon elles, si les groupes armés peuvent agir en toute liberté dans la région, c’est précisément parce que personne ne les en empêche.
Les familles accusent ouvertement les forces de l’ordre et les mercenaires russes de ne pas accomplir leur mission. Elles estiment que l’insécurité actuelle découle directement de cette absence d’action concrète sur le terrain. Pour elles, les responsables de la protection des civils ont clairement failli à leur devoir.
Cette défaillance a des conséquences dramatiques sur la vie économique locale. Les habitants expliquent qu’il est devenu quasiment impossible de se rendre aux champs sans mettre sa vie en péril. Chaque sortie hors de la ville représente un risque mortel que peu de gens osent encore prendre.
Un événement récent est venu confirmer ces craintes et aggraver le sentiment d’insécurité généralisé. Près de l’aérodrome de Mboki, dans un village situé non loin de la piste d’atterrissage, un homme de confession chrétienne a été égorgé par des mercenaires russes. Ce meurtre a glacé d’effroi toute la population.
La victime a été tuée sans raison apparente, simplement parce qu’elle se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Cet acte barbare montre que personne n’est à l’abri, quelle que soit son appartenance religieuse ou ethnique. La mort peut frapper n’importe qui, n’importe quand.
Face à cette réalité, les habitants de Mboki ont compris que leur survie dépendait de leur capacité à rester chez eux. Sortir travailler aux champs équivaut désormais à jouer sa vie à pile ou face. Les risques sont multiples : tomber sur des mercenaires russes, croiser des soldats FACA ou rencontrer des miliciens azandés.
Les familles des victimes ne mâchent pas leurs mots lorsqu’il s’agit de juger les forces de défense et de sécurité. Elles estiment que les gendarmes, policiers et soldats FACA touchent leur salaire sans fournir le moindre effort. Ces agents de l’État, censés protéger la population, seraient en réalité totalement improductifs.
D’après les témoignages recueillis, ces hommes en uniforme passent leur temps à consommer de l’alcool. Ils seraient constamment ivres, incapables d’assurer leurs missions et indifférents au sort des populations qu’ils sont supposés défendre. Leur présence devient ainsi purement symbolique et totalement inefficace.
Cette démission des autorités officielles laisse le champ libre aux mercenaires russes qui agissent comme bon leur semble. Ces derniers terrorisent les civils, multiplient les exactions et sèment la mort partout où ils passent. Leur comportement échappe à tout contrôle et ne répond à aucune logique compréhensible.
Pendant ce temps, les miliciens azandés évoluent tranquillement dans la région sans être inquiétés. Ils circulent aux abords de la ville, rôdent dans les environs et commettent leurs crimes en toute impunité. Personne ne semble vouloir ou pouvoir les arrêter dans leur entreprise meurtrière.
Cette situation aberrante alimente les soupçons au sein de la population locale. Plusieurs habitants contactés par CNC vont même plus loin dans leur analyse. Ils affirment que les mercenaires russes semblent protéger les miliciens azandés plutôt que de les combattre.
Selon ces témoignages, les hommes armés russes partent régulièrement en patrouille dans les environs. Ils rencontrent des civils innocents qu’ils tuent ou égorgent sans scrupule. Puis ils rentrent à leur base sans avoir jamais croisé le chemin des véritables groupes armés qui opèrent pourtant dans la même zone.
Les miliciens azandés, eux, restent tranquillement postés dans la forêt environnante. Ils ne sont jamais attaqués ni même approchés par les mercenaires russes. Cette cohabitation pacifique entre forces censées être opposées interpelle fortement les résidents de Mboki.
Deux mois après le drame du 30 décembre, la douleur des familles ne s’est pas atténuée. Au contraire, chaque nouveau meurtre ravive leur peine et leur incompréhension. Le récent égorgement d’un civil par les mercenaires russes a replongé toute la ville dans la stupeur.
La ville de Mboki vit désormais dans un état de dénuement total. Privés de leurs moyens de subsistance, abandonnés par ceux qui devraient les défendre, les habitants accumulent les morts et les traumatismes. Ils restent prisonniers d’un cycle de violence dont personne ne leur propose la moindre échappatoire
Les neuf jeunes arrêtés à Zémio viennent d’être placés sous mandat de dépôt à la prison du camp de Roux
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-pauvres-jeunes-centrafricains-arretes-par-les-mercenaires-russes-du-groupe-wagner-appuyes-par-des-gendarmes-policier-et-faca.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-pauvres-jeunes-centrafricains-arretes-par-les-mercenaires-russes-du-groupe-wagner-appuyes-par-des-gendarmes-policier-et-faca.webp” alt=”Les neuf jeunes arrêtés à Zémio viennent d’être placés sous mandat de dépôt à la prison du camp de Roux” width=”500″ height=”225″ />Les pauvres jeunes centrafricains arrêtés par les mercenaires russes du groupe Wagner, appuyés par des gendarmes, policier et FACA
Les neuf survivants parmi les dix civils raflés sur le site des déplacés de Zémio viennent d’être écroués à la prison du camp de Roux après leur comparution devant le parquet de Bangui. Sept ont comparu jeudi 22 janvier, les deux autres le lendemain.
Ces jeunes ont été extraits il y a quelques jours du camp de l’église catholique de Zémio où des milliers d’habitants s’étaient réfugiés pour échapper aux combats qui secouaient la ville. Les mercenaires russes accompagnés des soldats FACA et des gendarmes ont investi ce lieu de refuge pour y mener une opération d’arrestation massive.
Aucune arme n’a été découverte lors de cette descente dans l’enceinte religieuse. Les forces mixtes n’ont trouvé que des familles terrifiées entassées dans des abris de fortune. Malgré l’absence totale de matériel militaire, Wagner a procédé à l’interpellation d’une dizaine de jeunes hommes présents sur place.
Les mercenaires ont appliqué leur méthode habituelle en couvrant les têtes des captifs avec des sacs plastiques avant de les embarquer. Cette technique vise à désorienter les prisonniers et à les empêcher de voir où on les conduit. La respiration devient difficile sous le plastique qui colle au visage.
L’hélicoptère qui a assuré le transfert vers Bangui transportait ces dix jeunes complètement aveuglés par leurs capuches. Le voyage a duré plusieurs heures durant lesquelles ils ignoraient ce qui les attendait à l’arrivée dans la capitale.
À l’atterrissage au camp Mpoko, le groupe a été scindé en deux. Neuf jeunes ont pris la direction de la section de recherche et d’investigation de la gendarmerie nationale située à Bangui. Le dixième, le boucher Irogodja, a emprunté un autre chemin qui l’a mené vers la base secrète de Wagner également installée dans l’enceinte de l’aéroport.
Pendant qu’Irogodja subissait des tortures qui allaient lui coûter la vie, ses neuf compagnons d’infortune découvraient les locaux de la gendarmerie où ils allaient passer plusieurs jours. Les enquêteurs ont procédé à des interrogatoires dont le contenu reste inconnu du public.
Jeudi 22 janvier, sept d’entre eux ont été extraits de leurs cellules pour être conduits au parquet. Cette présentation au procureur constitue une étape obligatoire dans la procédure judiciaire centrafricaine. Le magistrat doit normalement examiner le dossier et décider du sort des prévenus.
La comparution s’est déroulée rapidement sans que les sept jeunes bénéficient d’une assistance juridique appropriée. Le procureur a écouté les charges retenues contre eux puis a prononcé leur placement sous mandat de dépôt. Cette décision les envoie directement en prison en attendant un hypothétique procès.
Le lendemain vendredi 23 janvier, les deux derniers jeunes ont connu le même parcours. Amenés devant le parquet, ils ont subi une procédure identique qui s’est également soldée par un mandat de dépôt. Aucune mise en liberté provisoire n’a été envisagée pour eux.
Les neuf sont désormais incarcérés à la prison du camp de Roux située dans le premier arrondissement de Bangui. Cet établissement pénitentiaire accueille principalement des détenus considérés comme dangereux ou liés à des affaires de sécurité nationale. Les conditions de détention y sont particulièrement difficiles.
Cette mécanique judiciaire fonctionne comme une courroie de transmission des volontés des mercenaires russes. Ce que Wagner décide sur le terrain devient automatiquement une vérité judiciaire à Bangui. Les magistrats se contentent d’entériner les arrestations sans exercer le moindre contrôle sur leur légalité.
Les neuf détenus découvrent maintenant la réalité carcérale centrafricaine dans l’enceinte surpeuplée du camp de Roux. Ils partagent leur cellule avec des dizaines d’autres prisonniers dans une promiscuité étouffante. La nourriture arrive au compte-gouttes et les conditions sanitaires sont déplorables.
Le dixième membre du groupe, Irogodja, repose désormais sous la terre de ses ancêtres après avoir été torturé à mort dans la base Wagner.
Aucune date de procès n’a été fixée pour ces jeunes qui vont croupir des mois voire des années dans l’attente d’une hypothétique audience. Le système judiciaire centrafricain est engorgé et les dossiers impliquant Wagner traînent particulièrement en longueur.
La COSCIPAC accuse Wagner et le régime Touadera d’exécutions sommaires de policiers
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC.jpg” alt=”La COSCIPAC accuse Wagner et le régime Touadera d’exécutions sommaires de policiers” width=”300″ height=”268″ />Delphin Kotto de la COSCIPAC
La COSCIPAC dénonce publiquement l’implication de la compagnie militaire privée russe et du régime dans des meurtres ciblés de membres des forces de l’ordre centrafricains.
L’affaire débute dans la nuit du 14 au 15 décembre 2025, quand Nourd Gregaza s’échappe de l’Office Central pour la Répression du Banditisme, une prison réputée pour son niveau de sécurité maximal. Le Parquet de Bangui confirme l’évasion sans fournir la moindre explication convaincante. La COSCIPAC s’interroge sur les failles qui ont permis cette fuite, pointant du doigt d’éventuelles complicités au sein même de la direction de la Police Nationale.
Ce qui stupéfie davantage l’organisation, c’est l’absence totale d’information sur les commandos responsables de cette opération menée à vingt mètres du Palais de la Renaissance, en plein cœur de la capitale. Malgré les effectifs pléthoriques des services de renseignement et les budgets considérables qui leur sont versés chaque semaine, aucun élément concret n’a filtré. La COSCIPAC y voit la preuve de l’insécurité grandissante qui règne à Bangui et de la mainmise étrangère sur les rouages sécuritaires du pays.
Suite à cette évasion, plusieurs policiers ont été arrêtés dans des conditions obscures. Romaric Mokoboulou, Gazi Emmaüs et Apollinaire Adouma disparaissent sans qu’aucune autorité judiciaire ne soit saisie dans les délais prévus par la loi. Leurs familles ignorent où ils sont détenus, et aucune charge officielle n’est portée contre eux. Selon la COSCIPAC, ces arrestations arbitraires portent la signature des méthodes employées par Wagner sur le territoire centrafricain.
Le sort de Romaric Mokoboulou glace le sang. Son corps est découvert début février 2026 à la morgue de l’Hôpital général de Bangui, dans un état de décomposition avancé. Jamais il n’aura comparu devant un tribunal. Des témoignages recueillis par la COSCIPAC évoquent son enlèvement, les tortures qu’il aurait endurées, puis son exécution sommaire aux mains de mercenaires russes.
L’organisation rappelle que ces agissements violent les conventions internationales contre la torture auxquelles la République Centrafricaine a pourtant souscrit. Le droit international prévoit que ces crimes engagent la responsabilité pénale de leurs auteurs directs mais aussi celle des supérieurs hiérarchiques. La COSCIPAC nomme explicitement le Président Faustin Archange Touadera, chef suprême des armées, ainsi que les ministres de la Défense, de la Sécurité publique et de la Justice comme potentiels complices de ces exactions.
Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale établit ce principe de responsabilité du commandement. À ce titre, le Procureur de la République et les Directeurs Généraux de la Police et de la Gendarmerie pourraient également répondre devant l’histoire d’avoir ordonné, toléré ou laissé commettre ces crimes. La COSCIPAC exige que les autorités russes soient également tenues pour responsables des agissements de leurs mercenaires déployés en Centrafrique.
L’organisation observe que ces pratiques frappent principalement les civils, militaires et paramilitaires perçus comme éloignés du Mouvement Cœurs Unis. La torture et les exécutions sommaires servent d’outils pour étouffer toute opposition. Selon la COSCIPAC, Wagner et le régime gouvernent par la terreur et l’arbitraire, rappelant les heures les plus sombres de l’histoire africaine.
Trop de victimes sont tombées dans l’indifférence générale, trop de familles pleurent sans obtenir ni vérité ni réparation. La COSCIPAC en appelle au peuple centrafricain, d’un bout à l’autre du territoire, pour qu’il ouvre enfin les yeux. Le silence n’est plus envisageable devant l’ampleur des violations commises. Chacun doit refuser l’inacceptable et défendre collectivement la dignité humaine menacée par l’alliance entre le pouvoir local et les forces étrangères.
Les partenaires internationaux sont également interpellés par la COSCIPAC pour qu’ils conditionnent leur aide au respect effectif des droits fondamentaux. Aucun soutien financier ou technique ne devrait alimenter la machine répressive mise en place conjointement par Touadera et Wagner. L’organisation estime qu’il est temps pour la communauté internationale de choisir son camp entre les valeurs démocratiques qu’elle prétend défendre et la realpolitik qui ferme les yeux sur les crimes.
La COSCIPAC réclame l’ouverture immédiate d’enquêtes internationales indépendantes, l’identification des coupables à tous les échelons et l’arrêt définitif des exécutions extrajudiciaires. L’organisation compte sur la mobilisation citoyenne et sur la pression diplomatique pour que cesse l’impunité qui s’est installée dans le pays depuis l’arrivée des mercenaires russes en 2018
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/prevenir-les-blessures-au-baseball-sur-le-long-terme.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/prevenir-les-blessures-au-baseball-sur-le-long-terme.webp” alt=”Prévenir les blessures au baseball sur le long terme” width=”400″ height=”266″ />Prévenir les blessures au baseball sur le long terme
Le baseball semble calme de l’extérieur. Les corps des joueurs sont toujours sous pression. Les parties du corps qui nous aident à bouger, comme les bras, les jambes et la colonne vertébrale, continuent de travailler tout le temps pendant l’exercice ou le sport.
Certaines études sur le sport ont également constaté que beaucoup de gens qui font du sport pour s’amuser ou pour passer le temps utilisent Internet pour en savoir plus sur la façon de mieux s’exercer, parfois sur des sites Web qui ne sont pas liés au sport ou via des applications mobiles populaires, y compris des recherches comme afropari télécharger apk. Cela signifie que les athlètes utilisent maintenant Internet pour obtenir des informations, parfois dans des endroits qui ne sont pas habituels pour le sport. Nous devons adopter de bonnes pratiques qui fonctionnent en baseball pour faire de réels progrès. La prévention commence bien avant le premier coup.
Pourquoi le baseball cause des blessures spécifiques
Le baseball implique beaucoup de déplacements, contrairement aux autres sports d’équipe. Une façon de le faire est de le lancer, ce qui rend l’épaule et le coude très durs à travailler.
Les études montrent que les blessures les plus fréquentes sont:
le coude des lanceurs
Epaule lors de lancers répétés
ischio-legs pendant les courses rapides
poignets pendant les frappes puissantes
genoux pendant les changements de direction
Le problème vient souvent d’une surcharge progressive. Le joueur continue à jouer même s’il ressent un peu de douleur, jusqu’à ce que la blessure empire.
Le réchauffement reste la meilleure protection
Beaucoup de joueurs veulent entrer directement dans le jeu. Mauvaise idée. Un bon échauffement prépare les muscles et les articulations.
Les préparateurs physiques recommandent aujourd’hui une approche simple:
Mobilisation douce des épaules et des bras
activation de la hanche et des jambes
exercices de rotation légère du tronc
petits lancers progressifs avant pleine puissance
Vous pouvez le faire en moins de 15 minutes et cela vous rend plus sûr.
Un corps qui n’est pas chaud peut se briser facilement, et un corps qui est chaud peut mieux répondre.
L’importance de limiter la fatigue accumulée
Un autre facteur souvent ignoré est la fatigue. Certains jeunes joueurs ne prennent pas assez de pauses entre l’entraînement, les compétitions scolaires et les tournois locaux.
Causes de fatigue:
perte de précision dans les gestes
mauvaise posture pendant les lancers
réflexes de ralentissement
surcharge articulaire
Lorsque la technique se détériore, le risque augmente.
Les entraîneurs regardent combien de fois les joueurs tirent dans un jeu pour les garder en sécurité.
Exercices essentiels pour protéger le corps
Les recherches actuelles insistent sur le renforcement musculaire spécifique. Tous les muscles doivent soutenir les articulations utilisées.
Voici un tableau simple des zones à travailler :
Zone du corps
Pourquoi la renforcer
Épaules
Stabilise le lancer
Dos
Protège la colonne vertébrale
Hanches
Améliore l’équilibre
Jambes
Donne puissance et stabilité
Avant-bras
Soutient le coude
Un programme équilibré réduit fortement les blessures chroniques.
La technique compte autant que la force
Beaucoup de gens croient que le fait d’être inapte provoque des blessures, mais la raison principale est d’utiliser la mauvaise façon de bouger.
Si vous lancez quelque chose de mal, il peut nuire à l’articulation au fil du temps. – Si vous n’avez pas la bonne posture, vous ne frapperez pas bien.
Les vidéos aident les professionnels à améliorer leurs mouvements. – Les joueurs apprennent de leurs erreurs et les changent rapidement.
Une petite correction peut éviter des mois d’interruption.
Le repos fait partie de la formation
Beaucoup d’athlètes pensent que le repos signifie perdre du niveau.
Les experts recommandent:
un jour complet de repos par semaine
réduction de charge après un tournoi
sommeil suffisant chaque nuit
hydratation constante
Un joueur fatigué devient plus vulnérable. Le repos vous permet de revenir plus fort.
Nouvelles approches scientifiques
Les centres sportifs utilisent de nouveaux outils pour prédire quand les gens pourraient être blessés. La vitesse du bras, la force du lancer et les actions du joueur sont mesurées par des capteurs.
Certaines équipes font également des exercices qui les aident à bouger et à respirer mieux pour préparer leurs muscles plus rapidement. Ces méthodes deviennent progressivement accessibles aux amateurs. Un sport exigeant mais sûr avec de bonnes habitudes.
Le baseball est amusant, mais vous devez surveiller votre corps. Les blessures ne sont pas fatales. Les joueurs peuvent s’améliorer au jeu sans se blesser s’ils ont assez de chaleur, le font bien, prennent des pauses et s’entraînent d’une manière qui leur convient. L’entraînement sportif se concentre maintenant sur la prévention des blessures, et ceux qui le font bien peuvent jouer plus longtemps et profiter davantage du jeu.
La chose la plus importante est de rester en bonne santé pour que vous puissiez continuer à jouer.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/domination-nationale-du-psg-et-pression-croissante-en-competitions-europeennes.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/domination-nationale-du-psg-et-pression-croissante-en-competitions-europeennes.webp” alt=”Domination nationale du PSG et pression croissante en compétitions européennes” width=”400″ height=”265″ />Domination nationale du PSG et pression croissante en compétitions européennes
Au-delà d’une décennie, le Paris Saint-Germain s’est positionné comme le leader incontesté du football en France. Le club a remporté de multiples titres, battu de nombreux records et s’est, d’une certaine manière, standardisé en tant que champion du football français. Toutefois, une autre facette de cette hégémonie s’est révélée; le club s’est retrouvé accaparé par les grandes compétitions du Vieux Continent, reléguant le reste au simple stade de préoccupation secondaire. Ainsi, chaque nouvelle saison ne se justifiait que par la présence d’un nouveau défi, comme une nouvelle évaluation au sein d’une instance universitaire.
Quand la victoire nationale devient une attente
Les supporters peuvent désormais suivre les performances des équipes via des outils numériques, parfois même via des plateformes mobiles comme MelBet online, qui proposent des mises à jour instantanées sur les stats et les tendances. Dans ce sens, les performances du PSG en championnat ne suscitent plus de surprise.
Elles sont acquises d’automatiques. Cette victoire minutée du PSG en France soulève à présent la question de la raison d’être d’un club. Gagner en France n’est plus une fin en soi, mais une condition nécessaire pour aller plus loin en Europe.
L’Europe comme véritable juge
Il est indéniable que les utilisations numériques et les interactions avec les paris sportifs, occasionnellement testées lors de l’ouverture d’un compte MelBet bonus, modifient la perception des soirées européennes. Pour chaque match du PSG, les analystes se concentrent sur la performance dans le contexte de la compétition. La Ligue des champions est devenue la seule compétition qui compte pour le PSG, car elle est l’unique à prouver la valeur du projet parisien sur la scène internationale.
Le contexte européen est très différent de celui du Championnat de France. En Ligue 1, le PSG dispose le plus souvent d’un avantage structurel, en raison de la qualité de son effectif, de la supériorité de certains contributeurs individuels et de la profondeur du banc. Dans le contexte européen, cet avantage est réduit. Les adversaires ont des niveaux d’organisation différents et une plus grande capacité à s’ajuster tactiquement, ce qui expose le PSG à des vulnérabilités moins visibles sur le plan national, notamment en matière de gestion des transitions et des phases de faiblesse.
Des adversaires mieux préparés tactiquement
En face du PSG en Europe, les adversaires proposent des scénarios de match très ciblés, des pressings coordonnés, des blocs compacts, une exploitation systématique des espaces en transition et toutes ces stratégies, afin de les paralyser sur le plan individuel. À la différence de la quasi-totalité des matches de championnat, le PSG se heurte à des équipes capables de maintenir une intensité et une discipline tactiques sur l’ensemble du match.
C’est dans ce cadre que la balance entre l’individualité et la richesse de l’ensemble se joue. La France possède une grande qualité de joueurs, mais les compétitions se déroulent en Europe, et l’individualité de l’ensemble sera la plus récompensée. C’est dans cette mesure que les Parisiens doivent tenter de raffiner cette individualité.
Les moments clés qui font basculer une campagne
Les compétitions européennes se décident souvent sur de petits détails. Certains aspects récurrents dans les analyses d’après-match sont :
concentration défensive après la perte du ballon
réaction mentale après avoir concédé un but
gestion du rythme dans les dernières minutes
discipline tactique loin du Parc des Princes
capacité à adapter le plan de jeu en cours de match
Ces aspects, parfois négligeables en championnat, deviennent cruciaux dans les compétitions continentales.
Comparaison entre domination nationale et exigences européennes
Avant de consulter le tableau ci-dessous, il est important de rappeler que les deux contextes s’inscrivent dans des logiques différentes.
Critère
Scène nationale
Scène européenne
Marge d’erreur
Relativement large
Très réduite
Approche adverse
Souvent défensive
Stratégiquement proactive
Intensité moyenne
Variable
Élevée et constante
Pression médiatique
Modérée
Extrême
Tolérance à l’échec
Présente
Inexistante
2 Domination nationale du PSG et pression croissante en compétitions européennes
Le rôle central du leadership
Lors des compétitions européennes, le leadership est prépondérant. Quand le collectif se fragilise, ce sont les cadres qui doivent stabiliser, gérer et décider au bon moment. Cette maîtrise permet d’ouvrir et de contrôler le jeu. En son absence, l’équipe est davantage portée par les déséquilibres et les ruptures de contrôle, ce qui est souvent préjudiciable aux éliminatoires.
De plus, les meilleures équipes se distinguent par leur capacité d’adaptation. Ajuster une structure, le pressing ou les rôles sans déséquilibrer le système est fondamental. Chaque année, le PSG montre les progrès qui peuvent être faits, tout en rappelant que l’absence de cette flexibilité est, hélas, trop présente. Une fois la domination nationale acquise, la pression devient de plus en plus forte. Une victoire nationale sans concurrence mène à un succès continental comme désir collectif. Le PSG se retrouve donc avec l’exigence de cette domination, qui, avec le temps, devient à la fois un atout et une pression.
Une question de maturité collective
Le défi européen du PSG n’est plus une question de talent ni de moyens. Il s’agit désormais de maturité collective, de gestion des émotions et de constance dans les moments décisifs. Transformer la suprématie nationale en réussite continentale demande du temps, de la stabilité et une capacité à accepter la pression comme un moteur plutôt qu’un fardeau. C’est dans cette transition que se joue l’avenir européen du club parisien.
L’armée centrafricaine existe-t-elle encore ? Un juriste répond à l’interview exclusive du CNC
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/le-colonel-edouard-yelengue-directeur-general-adjoint-de-la-garde-presidentielle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/le-colonel-edouard-yelengue-directeur-general-adjoint-de-la-garde-presidentielle.jpg” alt=”L’armée centrafricaine existe-t-elle encore ? Un juriste répond à l’interview exclusive du CNC” width=”225″ height=”300″ />le colonel Martiano Édouard Yalengue , directeur général adjoint de la garde présidentielle
Des officiers frappés devant leurs hommes, des soldats qui regardent sans intervenir, des abus sans sanction. Firmin Ngola, juriste centrafricain spécialisé en sécurité-défense, analyse la désintégration progressive d’une institution autrefois respectée et explique pourquoi tant de Centrafricains doutent désormais de son existence réelle comme structure républicaine.
Firmin Ngola : Bonjour monsieur le journaliste, merci pour l’invitation.
CNC : De nombreux Centrafricains affirment que l’armée nationale n’existe plus comme institution. Pourquoi cette perception est-elle si répandue ?
Firmin Ngola : Parce que les faits observés depuis plusieurs années ne correspondent plus au fonctionnement d’une armée républicaine. Une armée doit protéger ses chefs, appliquer des règles claires et répondre aux attentes de la population. Lorsque des mercenaires étrangers frappent des officiers en public, et que les soldats restent immobiles, la hiérarchie s’effondre. Et quand les chefs ne réagissent pas, la confiance disparaît.
CNC : Pouvez-vous revenir sur le cas du colonel Édouard Modoua , qui a marqué beaucoup d’esprits dans le pays ?
Firmin Ngola : Le colonel Édouard Modoua, commandant de la région militaire du nord-ouest, a été arrêté à Bouar à deux reprises, ce qui montre la gravité de la situation. D’abord arrêté par des mercenaires russes du groupe Wagner, sa tête couverte de sac, battu et amené à la Section de recherches à Bangui, il a ensuite été mis à la retraite sous pression. Malgré cela, il est reparti à Bouar pour faire la passation de service au nouveau commandant. Là encore, il a été arrêté par les Russes, détenu secrètement dans leur propre durant plusieurs semaines à Bouar, puis ramené à Bangui et libéré. À aucun moment ses hommes n’ont réagi. Cela montre que la chaîne de commandement ne tient plus.
CNC : Ce phénomène touche-t-il d’autres officiers ?
Firmin Ngola : Oui, et les exemples sont nombreux. À Ndélé, le colonel Kitoko avait été arrêté par les Wagner puis transféré à Bangui. À Baboua, un commissaire de police s’est fait frappé par les Wagner à tel point qu’il a eu le bras cassé. À Béloko, un capitaine des FACA a été frappé et blessé. Dans tous ces cas, les soldats FACA présents restent immobiles. C’est un signe clair que le rapport d’autorité est brisé.
CNC : comme vous évoquez les cas des officiers supérieurs et sous-officiers arrêtés dans les villes de provinces, mais ici à Bangui, la situation est comment ?
Firmin Ngola : que ça soit à Bangui comme en province, les Wagner frappent sans distinction. Prenant le cas du directeur général adjoint de la garde présidentielle, le colonel Yalengue. Il a été frappé, jeté au sol et humilié devant ses hommes par les mercenaires russes du groupe Wagner. Le coup est tellement violent que le colonel pleure comme un nouveau né, un bébé qui demande à manger. Mais la surprise est qu’aucun élément de la garde présidentielle n’a bougé. Après une scène pareille, un chef ne peut plus exercer normalement. Son autorité disparaît dès le moment où ses éléments l’ont vu pleurer et pleurer comme un enfant.
CNC : Au-delà des agressions commises par les Russes, vous mentionnez aussi les abus commis par certains soldats centrafricains eux-mêmes. Que se passe-t-il exactement ?
Firmin Ngola : C’est un point essentiel. Dans plusieurs régions, des soldats agressent des civils, extorquent, maltraitent ou intimident la population. Et ce qui inquiète, c’est l’absence totale de sanctions. Les officiers savent ce qui se passe, les autorités locales sont informées, les autorités nationales également, mais rien ne suit. L’impunité fait partie du système. Cela affaiblit encore plus l’armée parce qu’une institution perd sa légitimité quand elle ne se corrige pas elle-même. C’est une dégradation parallèle à celle provoquée par les mercenaires russes.
CNC : Revenons aux cas de résistance isolée. Pouvez-vous rappeler ce qui s’est passé à Boali ?
Firmin Ngola : À Boali, les mercenaires avaient l’habitude de faire transporter leurs caca, leur pourou par un soldat. Il le faisait par contrainte. Après sa mutation, le soldat qui l’a remplacé ignorait tout de ce système. Les russes, un matin, ont appelé le nouveau soldat. L’homme est venu, et l’un des mercenaires russes lui a montré la cuvette pleine de caca qu’il devait porter pour aller le verser déhors. Mais ce mercenaire russe ne s’attendait pas à cette colère. Le soldat, énervé, commence à frapper le mercenaire, qui est tombé. Les autres Russes, voyant leur collègue tombé au sol, sont arrivés et ont commencé à frappé le soldat. Pendant ce temps, ses collègues n’ont rien fait. Ils regardaient seulement. C’est grave.
CNC : Et à Ngakobo ? Il y’a également un problème pareil non ?
Firmin Ngola : oui. Là-bas, c’est un mercenaire russe qui voudrait sodomiser un soldat FACA de force. Mais ce dernier, en colère, a dégainé son arme et tiré, tuant un mercenaire. Les autres russes ont riposté immédiatement et ont abattu le soldat qui venait de tuer leur collègue. Pour beaucoup, il a agi comme un soldat qui ne veut pas accepter l’humiliation.
CNC : Un autre cas remonte à 2019 sur un site minier avec les Wagner. Qu’en est-il ?
Firmin Ngola : Pour cette histoire, c’est la tête contre la tête. Un adjudant des FACA recevait des ordres répétés d’un mercenaire du groupe Wagner. C’était en 2019. Un jour, il a levé la tête et lui a dit : « Toi, tu es qui pour me donner des ordres ? Tu n’es pas mon chef. » Face à cette réponse, le mercenaire a reculé et s’est calmé. Ce geste paraît simple, mais dans le contexte actuel, cela demande du courage.
CNC : Avec l’ensemble de ces éléments, que peut-on encore attendre de l’armée nationale ?
Firmin Ngola : On peut attendre une réforme profonde, mais aujourd’hui, la réalité est difficile. Une armée fonctionne grâce à la discipline interne, la cohésion, le respect de la hiérarchie et la confiance de la population. Quand les mercenaires frappent les chefs, quand les soldats restent immobiles, quand certains militaires agressent eux-mêmes la population, et quand aucune sanction n’est prononcée, l’institution perd sa force. C’est cette accumulation qui fait dire à beaucoup de Centrafricains que l’armée n’a plus sa structure d’origine.
CNC : Merci maître Firmin Ngola pour vos explications.
Firmin Ngola : C’est à moi de vous remercier, monsieur le journaliste. Merci beaucoup.
La folie du pouvoir : quand Touadéra reçoit au palais ses propres ministres déguisés en opposition, le clepto-mythomane Balalou parle d’un geste historique »
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Consolation-mutuelle-entre-deux-ministres-limoges-dans-la-septieme-republique.-Reboas-et-Djorie.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Consolation-mutuelle-entre-deux-ministres-limoges-dans-la-septieme-republique.-Reboas-et-Djorie.jpg” alt=”La folie du pouvoir : quand Touadéra reçoit au palais ses propres ministres déguisés en opposition, le clepto-mythomane Balalou parle d’un geste historique »” width=”300″ height=”269″ />Consolation mutuelle entre deux ex-ministres limoges dans la septième République, Ghislain Djorie et Aristide Briand Reboas
Le 9 février 2026, Maxime Balalou a annoncé un « acte politique fort » : Touadéra a reçu les « candidats malheureux » de la présidentielle. Selon lui, c’est un « geste historique » prouvant « l’esprit républicain » et « la volonté de consolider l’unité nationale ».
La réalité ? Touadéra a simplement reçu ses propres ministres et proches qu’il avait lui-même envoyés aux élections pour créer l’illusion d’une compétition démocratique.
Les “candidats malheureux” : tous des ministres de Touadéra
Serge Ghislain Djori: ex-ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Touadera . Caution payée par Touadéra.
Aristide-Briand Reboas : ex-ministre de la Jeunesse et des Sports de Touadera. Caution payée par Touadéra.
Henri-Marie Dondra : ancien Premier ministre (2021-2022), ministre des Finances pendant 4 ans. L’un des fondateurs du parti au pouvoir, le MCU.
Symphorien Kparekouti : Président d’un très minuscule parti, et chef de la coalition des partis satellites du régime dénommée UFDO : organisation fantoche créée et financée par Touadéra. Caution payée par Touadéra.
Voilà la vérité : Touadéra a payé les cautions de ses propres ministres pour créer l’illusion de compétition, puis les a reçus pour faire croire à un “dialogue”.
La vraie opposition ? Celle que Touadéra refuse de recevoir
Avant les élections, la vraie opposition (BRDC) exigeait :
Un dialogue direct avec Touadéra sur la nouvelle constitution 1. La refonte de l’Autorité Nationale des Élections 1. Des garanties minimales de sécurité
Touadéra a refusé.
La constitution ? Le projet déjà invalidé dès le départ par la Cour constitutionnelle en 2022. Touadéra a limogé la présidente de la Cour d’alors, madame Danielle Darlan, et nomme son oncle, Jean-Pierre Waboué avant d’organiser un référendum bidon (95,3% de “oui”).
Face au refus de dialogue, l’opposition a boycotté. Seul Dologuélé a participé. Résultat : Touadéra “réélu” avec 76,15% par un coup d’État constitutionnel.
Et maintenant Balalou ose parler de “geste historique” parce que Touadéra reçoit ses propres ministres ?
Le scénario était écrit d’avance
L’opposition exige un dialogue → Touadéra refuse 1. L’opposition boycotte → Touadéra envoie ses ministres se présenter 1. Touadéra “gagne” avec 76% → Les faux candidats reconnaissent sa victoire avant la proclamation 1. Touadéra les reçoit → Balalou crie au « geste historique »
C’est du théâtre de boulevard.
“Ils soutiennent les efforts” : évidemment, ce sont ses ministres !
Balalou déclare : « Les anciens candidats ont salué la démarche du Président et ont exprimé leur volonté de soutenir les efforts de reconstruction. »
Évidemment ! Ce sont ses ministres ! Djorie était son porte-parole. Reboas son ministre. Dondra son Premier ministre. Tous ont reconnu sa victoire avant la proclamation officielle.
C’est le retour à la normale : les ministres retrouvent leur patron après avoir joué leur rôle des comédiens.
“L’heure n’est plus à la division” : la vraie opposition est en prison
Balalou ose déclarer : « L’heure n’est plus à la division, l’heure est au rassemblement. Maintenant que tout est fini, qu’est-ce qu’on doit faire ? On continue à s’opposer ? »
Pendant que Balalou parle de “rassemblement”, voici la réalité :
– Docteur Dominique Désiré ERENON, Président de la MDSP, leader de l’opposition, emprisonné à la prison de Ngaragba.
– Les partis d’opposition interdits de tenir des rassemblements
– Les manifestations pacifiques interdites et réprimées
– Les journalistes arrêtés pour avoir critiqué le régime
– La presse muselée par une nouvelle loi liberticide
Voilà le vrai “rassemblement” de Touadéra : emprisonner la vraie opposition et recevoir ses ministres en prétendant dialoguer.
Personne n’est dupe de cette parodie
Maxime Balalou peut qualifier cette mise en scène de « geste historique » et d’« acte fort ». Il peut parler de « maturité démocratique » et d’« unité nationale ».
Nous savons tous que c’est du théâtre.
Touadéra n’a pas reçu l’opposition. Il a reçu ses propres ministres qu’il avait envoyés jouer aux candidats pour donner l’illusion d’élections compétitives.
La vraie opposition — celle qui exigeait un vrai dialogue, une vraie constitution, de vraies garanties — cette opposition-là est boycottée, ignorée, emprisonnée.
Ce n’est pas un “geste historique”. C’est une insulte à l’intelligence des Centrafricains.
Monsieur Balalou, vous pouvez continuer votre propagande. Mais sachez que personne n’est dupe. Absolument personne.
Dans un pays où l’accès à l’eau potable demeure un défi quotidien pour des millions de Centrafricains, l’arrivée de nouveaux acteurs dans le secteur hydraulique provoque toujours l’intérêt. Mais lorsque ces acteurs portent l’uniforme de mercenaires et opèrent sous la protection du palais présidentiel, les questions dépassent largement le cadre technique.
La République centrafricaine connaît depuis plusieurs années une mainmise progressive de forces étrangères sur ses ressources et ses infrastructures. Cette emprise s’est particulièrement intensifiée avec l’arrivée des mercenaires russes du groupe Wagner en 2018, officiellement pour sécuriser le régime du président Faustin-Archange Touadéra face aux groupes armés. Mais derrière le paravent sécuritaire, c’est toute une stratégie d’appropriation économique qui s’est mise en place.
Selon nos informations, le groupe Wagner a créé depuis plus d’un an une entreprise spécialisée dans le forage d’eau, opérationnelle à Bangui et dans certaines villes de province. Cette structure propose ses services aussi bien aux institutions gouvernementales qu’aux particuliers disposant des moyens financiers nécessaires. Un numéro de contact a été mis en circulation pour toute demande de puits de forage.
À la tête de cette entreprise, Wagner a placé un cadre centrafricain dont l’identité reste pour l’instant sous scellés, le temps de mener les vérifications nécessaires dans le cadre de notre enquête. Cette stratégie de « vitrine locale » n’est pas nouvelle : elle permet aux mercenaires russes de donner une apparence de légitimité à leurs opérations commerciales tout en gardant le contrôle réel des activités.
Le forage d’eau n’est que la dernière pièce d’un puzzle économique qui ne cesse de s’agrandir. Depuis leur installation en Centrafrique, les hommes de Wagner ont méthodiquement investi tous les secteurs lucratifs du pays :
L’exploitation forestière a été l’un des premiers domaines investis, avec des concessions obtenues dans des conditions opaques. Les mines d’or et de diamants ont suivi, offrant aux mercenaires un accès direct aux richesses du sous-sol centrafricain. Leur présence au sein même de la douane nationale leur garantit par ailleurs un contrôle sur les flux d’exportation.
Plus récemment, Wagner s’est lancé dans l’agro-industrie avec la création d’une entreprise de purification et de conditionnement d’eau en bouteille. Parallèlement, les mercenaires russes ont investi le marché des boissons alcoolisées avec la marque « Afrika Ti L’or », dont les publicités fleurissent dans la capitale.
Cette diversification tous azimuts montre une stratégie bien connue : contrôler l’ensemble de la chaîne économique, de l’extraction des ressources naturelles jusqu’à la distribution de biens de consommation courante. Wagner ne se contente plus d’être une force militaire : le groupe construit un véritable conglomérat économique sur le territoire centrafricain.
Touadéra, l’homme qui ne veut pas lâcher Wagner….
Cette expansion économique bénéficie d’un soutien sans faille au plus haut niveau de l’État. Le président Touadéra alias Baba Kongoboro apparaît comme le principal protecteur et facilitateur de l’implantation économique de Wagner en Centrafrique. Cette complicité explique pourquoi le chef de l’État centrafricain s’oppose fermement à tout retrait des mercenaires russes du groupe Wagner.
La situation est d’autant plus révélatrice que Moscou a annoncé le remplacement progressif de Wagner par l’Afrikakor, la nouvelle structure officiellement contrôlée par le ministère russe de la Défense. Mais Touadéra a une vision différente : il veut que Wagner reste, tout en acceptant l’arrivée de l’Afrikakor. En clair, le président centrafricain souhaite cumuler les deux forces, multipliant ainsi la présence militaire russe sur le territoire national.
Selon nos sources, Wagner a fait savoir que le groupe réduirait ses effectifs militaires mais maintiendrait une présence stratégique dans certaines villes du pays, particulièrement là où subsistent des tensions sécuritaires. Cette présence sélective permettrait de poursuivre les opérations militaires tout en se concentrant davantage sur les activités économiques, notamment l’exportation de diamants.
Les mercenaires russes ont été clairs : l’exportation minière restera une priorité, aux côtés de la fabrication de boissons et des activités de forage. Cette déclaration confirme que Wagner n’a aucune intention de se retirer du juteux secteur minier centrafricain, qui représente des millions de dollars de revenus.
Plus inquiétant encore, le maintien de Wagner dans certaines zones du pays laisse présager la poursuite des exactions et des violations des droits humains documentées par de nombreuses organisations internationales. Là où Wagner opère, les témoignages de massacres, d’extorsions et de violences contre les civils s’accumulent.
La communauté internationale doit comprendre une réalité fondamentale : derrière Wagner, il y a Touadéra. Le président centrafricain n’est pas une victime des circonstances ou un dirigeant contraint par des forces extérieures. Il est l’architecte conscient et volontaire de l’implantation de Wagner en Centrafrique.
C’est bien Touadéra qui refuse le retrait de Wagner malgré les demandes de Moscou. C’est bien lui qui facilite l’expansion économique des mercenaires dans tous les secteurs. C’est bien sous sa bénédiction que Wagner a pu créer cet empire économique qui vampirise les ressources centrafricaines.
Cette collusion au sommet de l’État pose une question politique majeure : jusqu’où le président Touadéra est-il prêt à aller dans l’hypothèque de l’avenir économique de son pays ? La création d’une entreprise de forage d’eau par des mercenaires, dans un pays qui souffre cruellement du manque d’infrastructures hydrauliques, symbolise à elle seule l’absurdité et le cynisme d’une situation où les intérêts privés d’une milice étrangère passent avant les besoins fondamentaux de la population.
Pendant que Wagner fore des puits payants, des millions de Centrafricains continuent de puiser leur eau dans des sources non protégées, avec tous les risques sanitaires que cela comporte. Cette réalité résume à elle seule la tragédie d’un pays dont les richesses profitent à tout le monde, sauf à son propre peuple.
À Sikikédé : une brigade des morts terrorise les femmes la nuit
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/sur-la-route-poussiereuse-de-sikikede-dans-la-prefecture-de-la-vakaga-photo-cnc.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/sur-la-route-poussiereuse-de-sikikede-dans-la-prefecture-de-la-vakaga-photo-cnc.png” alt=”À Sikikédé : une brigade des morts terrorise les femmes la nuit” width=”300″ height=”219″ />Image d’illustration
Dans la localité de Sikikédé, communément appelée Ndah, située dans la préfecture de Vakaga, les violences faites aux femmes ont atteint un niveau inquiétant. Une milice d’autodéfense s’est donné pour mission de contrôler les déplacements nocturnes des femmes.
Cette brigade des morts agit selon ses propres règles et patrouille chaque nuit dans les rues de Sikikédé. Dès qu’un membre de ce groupe aperçoit une femme ou une jeune fille qui circule après la tombée de la nuit, il procède immédiatement à son arrestation. La victime se voit alors bâillonner la bouche avec du scotch avant d’être emmenée vers la lisière de la forêt. Là-bas, elle subit une correction violente, car pour ces hommes, aucune femme n’a le droit de sortir la nuit.
Leur logique repose sur une conviction simple : toute femme dehors après le coucher du soleil est forcément partie à la recherche d’un homme. C’est sur cette base qu’ils justifient leurs actes de brutalité et maintiennent leur emprise sur la population féminine de Sikikédé. Personne ne semble pouvoir s’opposer à leurs agissements dans cette sous-préfecture de la Vakaga.
C’est dans ce contexte que dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 février 2026, cette bande a capturé la fille du chef de groupement du quartier Coton. Comme à leur habitude, ils l’ont emmenée près de la forêt, lui ont attaché la bouche pour étouffer ses cris, puis l’ont rouée de coups. La jeune fille a ensuite été ramenée en ville dans un état de choc profond, le visage tuméfié et l’esprit marqué par le traumatisme.
Les membres de la milice restent persuadés que la victime revenait d’un rendez-vous galant et qu’elle méritait donc ce châtiment corporel. À Sikikédé, l’anarchie règne en maître et chacun fait ce qui lui plaît. Il n’y a ni gendarmerie officielle, ni commissariat de police digne de ce nom, et la notion même de prison demeure totalement absente.
Dans cette ville, les jeunes du coin se sont autoproclamés gendarmes et exercent cette fonction selon leur bon vouloir. Lorsqu’un différend éclate, le plaignant dépose plainte auprès de cette gendarmerie fantoche, puis l’accusé est convoqué de venir à la brigade. La personne incriminée se présente, verse une somme d’argent et repart libre. La sanction n’est jamais carcérale, uniquement financière, ce qui encourage l’impunité. Les délits graves comme les crimes sont traités de la même manière.
Les audiences se déroulent entièrement en dialecte local, depuis les échanges jusqu’au prononcé du jugement. Tout se règle sur place, dans la langue du terroir, sans référence à un code pénal ou à une procédure légale. Même un criminel peut échapper à toute forme de détention en payant la somme exigée.
Lors de cette agression nocturne, la jeune fille s’est également fait dépouiller de son téléphone portable et d’une trentaine de milliers de francs CFA. Les miliciens sont repartis avec le butin sans craindre la moindre répercussion. Puisque c’est justement cette milice qui est censée combattre les violences, elle peut commettre tous les abus qu’elle souhaite. Personne ne peut la sanctionner puisqu’elle incarne elle-même la loi dans cette zone reculée de Vakaga
Bambouti : un vieux papa de 65 ans, revenu du Soudan du Sud, grièvement tabassé par les soldats FACA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/la-victime-tabassee-a-bambouti-par-les-soldats-faca.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/la-victime-tabassee-a-bambouti-par-les-soldats-faca.webp” alt=”Bambouti : un vieux papa de 65 ans, revenu du Soudan du Sud, grièvement tabassé par les soldats FACA” width=”400″ height=”711″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/la-victime-tabassee-a-bambouti-par-les-soldats-faca.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/la-victime-tabassee-a-bambouti-par-les-soldats-faca-236×420.webp 236w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />La victime tabassée à Bambouti par les soldats FACA
Après la rencontre organisée par les soldats FACA et leurs alliés de la milice Wagner avec les autorités du village Source Youbou au Soudan du Sud, un vieil homme de Bambouti, réfugié dans ce village, est revenu dans sa ville centrafricaine pour vérifier l’accalmie et prendre ses affaires. Malheureusement pour lui, il a été torturé gravement par les soldats FACA.
Pour comprendre l’histoire, il faut remonter au début. En effet, la vie à Source Youbou reste insupportable pour les déplacés de Bambouti. Ce village sud-soudanais, situé à cinq kilomètres de la frontière, n’offre aucun confort aux familles qui y ont trouvé refuge.
Ainsi, un papa, originaire de Bambouti, vivait aussi dans un camp des réfugiés à Source Youbou. Mais les conditions humanitaires dans ce village sud soudanais sont terribles. Sans toit digne de ce nom pour abriter sa famille, il a choisi de revenir à Bambouti chercher des bâches dans sa maison abandonnée. Ces bâches devaient lui permettre de monter une habitation de fortune à Source Youbou. C’est ce besoin urgent qui l’a poussé à tenter le retour malgré les dangers.
Mais sur le chemin, le vieux a croisé un groupe des soldats FACA. Les militaires centrafricains l’ont arrêté. Ils lui ont demandé ce qu’il venait faire dans la zone. L’homme a expliqué calmement qu’il venait juste pour récupérer simplement ses bâches pour construire un abri pour sa famille réfugiée. Cette réponse n’a fait qu’attiser les rages de ces forces de désordre.
Aussitôt, plusieurs soldats FACA se sont jetés sur lui. Ils l’ont roué de coups sans ménagement malgré son âge avancé. Pendant qu’il gisait au sol, l’un d’eux fumait tranquillement une cigarette. Il a ensuite enfoncé le mégot incandescent sur la peau du vieil homme à plusieurs reprises.
Ces marques de feu ont couvert son corps comme des taches de cendre. Le père de famille a enduré cette torture pendant de longues minutes. Aucun des jeunes soldats n’a eu la moindre pitié pour cet homme qui pourrait être leur propre père.
Après l’avoir laissé partir, le sexagénaire a regagné Source Youbou dans un état déplorable. Il a fallu l’emmener d’urgence à l’hôpital du village. Les blessures nécessitaient des soins immédiats pour éviter toute infection.
Cette violence fait suite à la réunion tenue trois jours plus tôt. Les soldats centrafricains accompagnés de mercenaires russes s’étaient rendus à Source Youbou. Ils avaient rencontré le chef du village et les militaires sud-soudanais stationnés sur place.
Durant cette réunion, ils avaient encouragé les réfugiés à regagner Bambouti. Une seule condition leur avait été donnée : les personnes portant des scarifications rituelles ne devaient pas revenir. Ceux qui tenteraient de franchir cette ligne seraient exécutés sur place.
Le vieil homme voulait simplement évaluer la température avant de ramener toute sa famille. Il pensait que cette réunion annonçait un retour possible à la normale. Au lieu de cela, il a servi de cobaye et payé le prix fort.
Les faits démontrent que cette invitation constituait un guet-apens. Les militaires attendent que les gens rentrent pour les massacrer tranquillement. Le sort réservé à ce sexagénaire en dit long sur leurs véritables intentions envers la population réfugiée.
Sikikédé : nouvelle attaque des bandits soudanais, 2 morts et deux blessés
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/sur-la-route-poussiereuse-de-sikikede-dans-la-prefecture-de-la-vakaga-photo-cnc.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/sur-la-route-poussiereuse-de-sikikede-dans-la-prefecture-de-la-vakaga-photo-cnc.png” alt=”Sikikédé : nouvelle attaque des bandits soudanais, 2 morts et deux blessés” width=”300″ height=”219″ />Image d’illustration
La saison sèche ramène chaque année son lot de violences sur les routes de Vakaga, où les bandits soudanais profitent des pistes praticables pour commettre du désordre et le chaos dans la région.
Pour la nième fois, ce dimanche 15 février, un véhicule quittait Sikikédé, aussi appelé Ndah, en direction du Tchad. À seulement 47 kilomètres du départ, les occupants tombaient dans un guet-apens tendu par des hommes armés venus du Soudan. Sans sommation ni tentative d’arrêt, les assaillants ouvraient le feu directement sur le véhicule.
Les tirs des assaillants ont touché mortellement deux passagers qui sont morts sur place. Deux autres passagers ont été touchés, l’un à la poitrine, l’autre au bras. Les blessés ont été ramenés à l’hôpital de Sikikédé où ils reçoivent actuellement des soins. Quant aux corps des défunts, ils ont été inhumés rapidement après les faits.
Cette route entre Sikikédé et le Tchad est devenue un axe particulièrement dangereux pour les usagers. Chaque année, dès que la saison sèche rend les pistes carrossables, les bandes armées soudanaises intensifient leurs opérations dans la zone. Les habitants de la préfecture connaissent bien ce cycle de violences qui se répète avec régularité.
Rappelons que depuis plusieurs semaines, la ville de Sikikédé vit au rythme des rumeurs d’une éventuelle attaque des bandits soudanais. Le nombre des soldats FACA déployés sur place est très réduit, poussant les habitants à s’armer illégalement pour se défendre au cas où. Beaucoup demandent au gouvernement de renforcer la présence des militaires centrafricains dans la ville pour protéger la population.
La chasse aux jeunes se poursuit à Zemio, 2 jeunes viennent d’être arrêtés par les soldats FACA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/10/un-homme-dans-sa-pirogue-sur-la-rivière-koto-très-bonne-dimension-pour-extérieur-et-intérieur-de-larticle-avec-moise-banafio-le-12-octobre-2019-cnc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/10/un-homme-dans-sa-pirogue-sur-la-rivière-koto-très-bonne-dimension-pour-extérieur-et-intérieur-de-larticle-avec-moise-banafio-le-12-octobre-2019-cnc.jpg” alt=”La chasse aux jeunes se poursuit à Zemio, 2 jeunes viennent d’être arrêtés par les soldats FACA” width=”300″ height=”270″ />Image d’illustration. Photo CNC
À Zémio, les éléments de forces armées centrafricaines poursuivent leurs arrestations criminelle , cette fois en visant deux jeunes ouvriers qui gagnaient leur vie sur la rivière Mbomou.
Les deux hommes s’appellent Adabaya Dieu béni, connu aussi sous le nom de James, et Ipoutou. Le premier appartient à l’ethnie Zandé, le second à l’ethnie Yakoma. Tous deux sont nés à Zémio et exercent des métiers d’extraction des sables sur la rivière Mbomou.
Ipoutou possède une pirogue qu’il utilise pour transporter du sable. Adabaya, lui, plonge dans l’eau pour ramasser le sable au fond de la rivière, qu’il dépose ensuite dans l’embarcation. Ce sable est revendu aux habitants qui construisent des maisons. C’est une activité répandue dans tout le pays, à Bangui comme ailleurs.
Vendredi dernier, en début d’après-midi, les deux hommes se sont rendus sur les berges de la Mbomou pour travailler comme à leur habitude. Sans raison apparente, des soldats les ont interpellés et emmenés en détention. Leur seul tort semblait être de posséder des téléphones portables de type Android.
Les forces du désordre devaient les libérer le lendemain, mais ils demeurent encore enfermés. Personne ne comprend pourquoi ces deux travailleurs restent privés de liberté. Certains pensent que les soldats ont simplement confisqué leurs téléphones sous prétexte d’enquête, mais rien ne justifie une telle détention prolongée.
Ces hommes subvenaient aux besoins de leurs familles grâce à leur labeur quotidien. Ils avaient peut-être une compagne, des enfants à nourrir. En les empêchant de travailler, on les condamne à la misère. Pendant ce temps, les mercenaires du groupe Wagner et leurs femmes de l’armée nationale continuent d’agir en toute impunité.
La population se demande combien de temps Zémio devra encore supporter cette présence militaire oppressante. Les jeunes n’ont plus le droit de vaquer à leurs occupations sans craindre d’être arrêtés. La ville vit sous une chape de plomb, et l’avenir des habitants devient de plus en plus incertain
Accident de chasse à Ouanda-Djallé : Un adolescent gravement blessé à la gorge par une flèche
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-jeune-victime-de-chasse-a-ouanda-djalle-dans-la-vakaga-photo-cnc.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-jeune-victime-de-chasse-a-ouanda-djalle-dans-la-vakaga-photo-cnc.webp” alt=”Le jeune victime de chasse à Ouanda-Djallé, dans la Vakaga. Photo CNC” width=”400″ height=”888″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-jeune-victime-de-chasse-a-ouanda-djalle-dans-la-vakaga-photo-cnc.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-jeune-victime-de-chasse-a-ouanda-djalle-dans-la-vakaga-photo-cnc-189×420.webp 189w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />Le jeune victime de chasse à Ouanda-Djallé, dans la Vakaga. Photo CNC
Une sortie de chasse organisée par des jeunes de la localité de Ouanda-Djallé, préfecture de la Vakaga, s’est terminée par un accident grave la semaine dernière.
Le vendredi 13 février 2026, un groupe de trois à quatre adolescents âgés de 12 à 14 ans de la sous-préfecture d’Ouanda-Djallé ont décidé de partir à la chasse. Dans cette région, pendant la saison sèche, les sorties de chasse sont courantes. Les adultes, comme les jeunes, partent régulièrement capturer du gibier pour nourrir leurs familles.
Ces jeunes, dont les parents sont eux-mêmes chasseurs, ont pris l’initiative d’organiser leur propre expédition, armés de flèches et d’arcs. Habitués à accompagner leurs aînés, ils pensaient maîtriser l’activité.
Alors qu’ils traquaient le gibier dans la brousse, un animal est soudainement sorti de son terrier. L’un des chasseurs, apercevant l’animal, a immédiatement tiré sa flèche. Mais il n’avait pas remarqué qu’un de ses camarades se trouvait dans la trajectoire, caché par les hautes herbes.
La flèche a atteint directement le jeune garçon de 13 ans au cou. Choqués par la gravité de la blessure, ses compagnons ont dû couper la flèche avant de le transporter d’urgence.
La victime a été rapidement conduite à l’hôpital d’Ouanda-Djallé où elle a été opérée en urgence. Selon les dernières informations recueillies par la rédaction du CNC, l’état du jeune blessé s’améliore progressivement. Il reste hospitalisé et sous surveillance médicale, mais les médecins notent une évolution favorable de son état.
Cet accident rappelle les dangers liés aux activités de chasse, particulièrement lorsqu’elles sont pratiquées par des enfants sans supervision adulte.
Agressé à cause de son épouse par un soldat FACA, un homme, habitant de Mann, est devenu handicapé à vie
Centrafrique.org/les-soldats-faca-bases-a-paoua-18-mois-sans-pga/un_soldat_faca_a_paoua/” rel=”attachment wp-att-82957″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/un_soldat_FACA_a_paoua-450×372.jpg” alt=”Agressé à cause de son épouse par un soldat FACA, un homme, habitant de Mann, est devenu handicapé à vie” width=”450″ height=”372″ />Un soldat FACA basé à Paoua, dans lim-Pendé
À Mann, un homme a perdu l’usage de ses jambes après qu’un militaire de l’armée nationale FACA l’a agressé pour s’en prendre à son épouse.
Il y a quelques mois, dans la commune de Mann, située à 12 kilomètres de Bang, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé, un drame a bouleversé la vie d’un homme et de sa famille. Cet habitant, père et époux, vivait tranquillement avec sa femme dans leur maison. Une nuit, alors qu’ils dormaient, un bruit violent a retenti. Quelqu’un cognait à leur porte avec force. Inquiet, l’homme s’est levé, a ouvert et s’est retrouvé face à un soldat des Forces armées centrafricaines (FACA), lourdement armé.
Le militaire, sans hésiter, a déclaré : « J’ai besoin de ta femme ». Stupéfait, l’homme a tenté de comprendre. « Ma femme ? Pour quoi faire ? », a-t-il répondu, refusant de se plier à une telle exigence. Le soldat, agacé, a insisté : « Je dois partir avec elle, je veux coucher avec elle ». Ces paroles, prononcées avec un mépris révoltant, ont mis l’homme en colère. « Hors de question », a-t-il répliqué, cherchant à refermer la porte pour protéger son foyer.
Mais le militaire n’a pas accepté ce refus. Dans un accès de violence, il a sorti son arme et tiré sur l’homme, visant ses jambes. La victime s’est effondrée, terrassée par la douleur, tandis que le soldat disparaissait dans la nuit. Les voisins, alertés par la détonation, se sont précipités. Face à l’état grave de l’homme, ils l’ont conduit au centre de santé de Mann, puis à Bocaranga. Les moyens sur place étant limités, Médecins Sans Frontières (MSF) a pris en charge son transfert à Bangui, où il a reçu des soins intensifs.
Malgré les efforts des médecins, le diagnostic est sans appel : ses deux jambes, gravement touchées, sont désormais inutilisables. De retour à Mann, cet homme, autrefois actif, est condamné à une vie de dépendance, incapable de travailler ou de subvenir aux besoins de sa famille. Son existence a été brisée par un acte de brutalité, simplement parce qu’il a voulu protéger sa femme.
Et qu’est devenu le soldat responsable ? Rien de sérieux. Il a été muté dans une autre base, à Bang ou ailleurs, sans véritable conséquence. Pas d’enquête approfondie, pas de jugement, pas de sanction digne de ce nom. Ce cas révèle une réalité glaçante au sein de l’armée centrafricaine. Comment une institution censée défendre les citoyens peut-elle fermer les yeux sur de tels actes ? Où est la justice pour les victimes ?
Ce drame n’est pas seulement celui d’un homme rendu handicapé. Il expose les failles d’un système où l’impunité est la norme. Les discours sur la discipline et les sanctions restent des mots vides. Les soldats, forts de leur autorité, intimident et détruisent des vies sans rendre de comptes. Cet habitant de Mann, puni pour avoir défendu sa femme, est une victime de plus d’une armée qui trahit sa mission.
Il faut se poser les questions qui dérangent. Quelle armée tolère que ses hommes s’attaquent aux civils qu’ils devraient protéger ? Quelle justice abandonne les victimes à leur sort ? La Centrafrique ne peut continuer ainsi. Ses habitants, comme cet homme de Mann, méritent respect et sécurité. Sans une réforme profonde, ces injustices continueront de marquer les mémoires et de briser des vies….
Une habitation a pris feu à Ouanda-Djallé, la famille traumatisée
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/habitation-incendiee-a-ouanda-djalle-dans-la-prefecture-de-la-vakaga.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/habitation-incendiee-a-ouanda-djalle-dans-la-prefecture-de-la-vakaga.webp” alt=”Une habitation a pris feu à Ouanda-Djallé, la famille traumatisée” width=”400″ height=”506″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/habitation-incendiee-a-ouanda-djalle-dans-la-prefecture-de-la-vakaga.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/habitation-incendiee-a-ouanda-djalle-dans-la-prefecture-de-la-vakaga-332×420.webp 332w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />Habitation incendiée à Ouanda-Djallé, dans la Préfecture de la Vakaga. Photo CNC
Chaque année, la saison sèche ramène les mêmes inquiétudes dans l’ensemble du pays : les incendies des forêts et d’habitations en gogo.
Ces sinistres se multiplient dès les premiers jours de chaleur intense, lorsque l’air devient sec et que la végétation s’embrase facilement. Les constructions en paille, omniprésentes dans les zones rurales comme urbaines, deviennent particulièrement vulnérables durant cette période. Les familles redoutent ce moment où un simple geste peut transformer leur foyer en brasier.
Cette réalité vient une nouvelle fois de se manifester dans la préfecture de la Vakaga. Le cas de Ouanda-Djallé, survenu la semaine dernière, confirme parfaitement ce phénomène récurrent qui touche toutes les régions sans exception. C’est un exemple parmi tant d’autres de ces drames qui endeuillent les communautés chaque saison.
Le 12 février en fin d’après-midi, entre 16 heures et 17 heures, une maison en paille a été entièrement détruite par les flammes dans cette localité de Ouanda-Djallé. La famille qui y résidait a tout perdu : ustensiles de cuisine, lits, vêtements et autres biens essentiels. Il ne reste rien de leurs possessions, consumées en quelques instants.
D’après les témoignages recueillis par la rédaction du CNC auprès des victimes et du voisinage, le drame trouve son origine dans un geste d’enfant. La maisonnée compte deux épouses et plusieurs enfants. L’un des petits a saisi un balai enflammé et s’est amusé avec à l’intérieur de la demeure, alors que ses parents se trouvaient dehors. Personne ne surveillait ses mouvements à ce moment-là.
Le père aperçut soudain de la fumée s’échappant du toit. Les voisins accoururent aussitôt pour tenter d’étouffer l’incendie, mais la pénurie d’eau compliqua gravement leur tâche. En cette période de sécheresse, les puits s’assèchent et les points d’eau se raréfient. Le peu d’eau disponible, combiné à de la terre et du sable, ne suffit pas à maîtriser le feu.
Les habitants concentrèrent alors leurs efforts pour empêcher les flammes de gagner les habitations voisines. Ils parvinrent finalement à circonscrire le sinistre, évitant ainsi sa propagation. Néanmoins, la maison initiale fut entièrement anéantie, avec tout ce qu’elle contenait.
La famille vit désormais chez des proches, dans des conditions précaires. Ce genre d’accident se reproduit chaque année dès l’arrivée de la saison sèche, partout sur le territoire. Les gens doivent redoubler de vigilance car les services de lutte contre les incendies n’existent pratiquement nulle part dans le pays.
Que ce soit dans la capitale ou dans les localités de province, on ne trouve pas de caserne de pompiers. Seules quelques agglomérations abritent des équipes de la MINUSCA dotées de moyens d’intervention, et encore, cela dépend vraiment des endroits. Cette absence de dispositif de secours laisse les populations démunies lorsque le feu se déclare dans leurs habitations précaires
du mirage Bitcoin à l’escroquerie $CAR, en passant par l’île fantôme et les déplacés oubliés de l’île Mbongossoua, Touadera frappe fort dans l’escroquerie
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/05/Le-President-centrafricain-Faustin-Archange-Touadera-a-Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/05/Le-President-centrafricain-Faustin-Archange-Touadera-a-Bangui.jpg” alt=”Centrafrique : du mirage Bitcoin à l’escroquerie $CAR, en passant par l’île fantôme et les déplacés oubliés de l’île Mbongossoua, Touadera frappe fort dans l’escroquerie” width=”300″ height=”239″ />Le-President-centrafricain-Faustin-Archange-Touadera-a-Bangui – Cryptomonnaie, Le Salvador reçoit 44 pays en voie de développement pour parler du futur du bitcoin, mais pas la RCA
Depuis 2022, le dictateur centrafricain Faustin-Archange Touadéra vend des illusions digitales à une nation écrasée par la pauvreté. Bitcoin officiel, cryptomonnaies douteuses, île fantôme : ces projets fumeux et criminels enrichissent quelques privilégiés pendant que le peuple croupit dans la misère.
Dès le départ, l’adoption du bitcoin comme devise légale aux côtés du franc CFA déroute. Pour un territoire parmi les trois derniers les plus démunis de la planète, ce pari technologique paraît absurde. Ensuite surgit le Sango Coin, un jeton censé transformer les ressources minières et forestières en actifs numériques pour séduire des bailleurs étrangers. Résultat : quelques millions collectés, moins d’un dixième des tokens vendus, et un portail web éteint depuis avril 2025. Les sommes récoltées se sont évaporées dans l’ombre de la mafia présidentielle.
L’audace grimpe encore avec Crypto-Island, imaginée sur l’île Mbongossoua au milieu du fleuve Oubangui. Un paradis fiscal promis, garni de tripots, de salles de concert et d’immeubles étincelants. Sauf que les inondations de 2023 expulsent deux mille habitants, désormais réfugiés sous des bâches sur la berge opposée. L’accès à leur ancien foyer leur reste refusé, hormis pour les offices à l’église Sauvé des Eaux.
Ces personnes déplacées se sentent rayées de la carte par les autorités. Siopathis Mbassi, une résidente, raconte qu’on les considère comme des intrus dans leur propre pays. Le ministre conseiller à la présidence réplique en citant des dédommagement effectués en 2010 et 2017, ainsi qu’un terrain offert pour se réinstaller ailleurs. Pascal Bida Koyagbele, chargé des infrastructures majeures, explique que certains s’accrochent volontairement à ces campements de fortune pour obtenir de nouveaux dédommagements. Il évoque des versements réguliers qui les incitent à rester, comparant leur sort à celui de voisins frappés par des malheurs plus graves.
L’apogée de cette dérive arrive en février 2025 avec le $CAR, un memecoin dévoilé par Touadéra sur les réseaux sociaux, présenté comme une expérience ludique destinée à mobiliser les masses et à financer le développement. Lancé sur la blockchain Solana, ce token atteint presque neuf cents millions de valorisation en quelques heures, puis s’effondre de plus de quatre-vingt-dix pour cent, parfois quatre-vingt-seize, en un ou deux jours. Des milliers de spéculateurs perdent tout.
Des analyses de la blockchain montrent qu’un portefeuille capte une part colossale juste avant l’annonce officielle, schéma classique de manipulation. Le nom de domaine web enregistré trois jours avant le lancement, des liens piégés pour dérober des clés privées, un compte suspendu, des vidéos potentiellement falsifiées : tout indique une arnaque montée personnellement par le dictateur Faustin-Archange Touadera.
Des experts indépendants, notamment une organisation genevoise, y décèlent une brèche massive pour des réseaux occultes qui recyclent de l’argent sale ou contournent les législations, dans un pays où électricité et connexion internet demeurent un luxe pour la majorité. Les recettes du $CAR servent prétendument à tokeniser des parcelles foncières, mais aucune preuve ne confirme leur arrivée dans les caisses publiques.
Touadéra continue de défendre ces initiatives comme un saut vers la modernité, tandis que le Sango stagne et que l’île reste abandonnée, les travaux repoussés à 2026. Les expulsés attendent sous leurs abris provisoires, les investisseurs pleurent leurs économies, et des bruits courent sur des fortunes accumulées en coulisses par l’entourage présidentiel. Le pays, épaulé par des mercenaires russes et rwandais, a voté le 28 décembre dernier lors d’un scrutin où Touadéra brigue un nouveau mandat, au milieu de ces promesses numériques qui s’effilochent. Les déplacés de Mbongossoua campent toujours sur l’autre rive, les promoteurs de cryptomonnaies disparaissent avec les fonds, et la population centrafricaine continue d’attendre des changements concrets qui ne viennent jamais
« Le Centrafricain ne meurt pas de soif » : Fidèle Gouandjika se moque de la misère des banguissois
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/04/Fidele-Gouandjika-haut-cadre-de-KNK-reconverti-en-MCU-apres-la-chute-de-Bozize.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/04/Fidele-Gouandjika-haut-cadre-de-KNK-reconverti-en-MCU-apres-la-chute-de-Bozize.jpg” alt=”« Vous devez être fatigués de parler de ça » : quand Fidèle Gouandjika se moque de la souffrance des Banguissois qui manquent de l’eau et d’électricité” width=”300″ height=”197″ />Fidele Gouandjika, haut cadre de KNK reconverti en MCU apres la chute de Bozize
Sur le plateau de l’émission de la radio Ndèkè-Luka Patara, le ministre conseiller du président déclare que les Banguissois trouvent toujours de l’eau à la fin.
Fidèle Gouandjika vient de regarder les reportages. Des femmes qui marchent des kilomètres dès trois heures du matin. Des enfants qui portent des bidons trop lourds. Des files qui durent jusqu’à seize heures. Des gens qui payent 500 francs pour attendre toute la journée.
Il prend la parole et lâche la phrase qui glace. Le Centrafricain ne meurt pas de soif, affirme-t-il. Il y a de l’eau, ajoute-t-il comme si cela réglait tout. Selon lui, chacun rentre chez soi avec un bidon d’eau à la fin de la journée.
Cette déclaration tombe comme un camouflet pour tous ceux qui endurent cette humiliation quotidienne. Oui, ils rentrent avec de l’eau. Après avoir perdu une journée entière. Après avoir dépensé l’argent du repas. Après avoir raté l’école ou le travail. Après avoir bu une eau parfois non potable.
Fidèle Gouandjika poursuit en rejetant la faute sur SODECA. C’est la société d’État qui a des problèmes pour la fourniture à grande échelle, précise-t-il. Comme si la SODECA n’était pas sous la tutelle du gouvernement qu’il représente. Comme si dix-sept ans au pouvoir ne suffisaient pas pour régler ces problèmes.
Il explique ensuite que tout cela est saisonnier. Pendant la saison des pluies, ces problèmes n’existent pas, rappelle-t-il. C’est la saison sèche dans le monde entier, conclut-il. Une excuse météorologique pour justifier l’absence totale d’infrastructures fonctionnelles dans la capitale.
Les témoignages recueillis dans les quartiers racontent pourtant une autre histoire. À Fatima, plus une goutte depuis 2004. À Damala, les fontaines sont mortes depuis plus de cinq ans. À Ngongoyen, les gens supplient le gouvernement en vain. Ce n’est pas un problème de saison mais d’abandon total.
Raymond Adouma de l’opposition réagit immédiatement. La population n’est pas au centre des préoccupations du régime en place, martèle-t-il. Ce régime s’en fout complètement. Vous aviez promis cinq mille châteaux d’eau, rappelle-t-il à Gouandjika. Il y en a un seul à Bimbo et même pas terminé.
Quentin Gbouando de la société civile abonde dans le même sens. Si l’État avait développé une politique décente, on ne serait pas là chaque année à en parler. Cette situation dure depuis trop longtemps. Le gouvernement doit prendre des mesures sérieuses au lieu de minimiser la souffrance des gens.
Mais Gouandjika reste campé sur sa position. Pour lui, le problème est exagéré par les médias. Il reproche même aux journalistes de rabâcher le même sujet depuis quinze ans. Vous devez être fatigués de le faire, leur lance-t-il avec mépris.
L’animateur Armando Yanguendji rappelle les chiffres. Le taux de pauvreté atteint 68 %. L’espérance de vie est passée de soixante ans à cinquante-trois ans depuis 2016. Les hôpitaux renvoient des enfants faute d’eau. Les écoles ferment. Les commerces s’arrêtent. Tout cela pendant que le président vient d’être réélu pour un troisième mandat de sept ans.
Gouandjika promet un avenir meilleur. Dans dix ou quinze ans, une centrale nucléaire réglera tous les problèmes d’électricité. L’uranium, le pétrole, le gaz vont transformer le pays. En attendant, les Banguissois peuvent continuer à se lever avant l’aube avec leurs bidons.
La phrase du ministre conseiller résonne comme une gifle. Le Centrafricain ne meurt pas de soif. Techniquement vrai. Mais quelle vie mène celui qui doit sacrifier une journée entière pour quelques litres d’eau. Quelle dignité reste à celui qui mendie ce que tout être humain devrait avoir sans effort.
Les femmes de Nzangoya continuent de marcher jusqu’à Gitangola. Les enfants de Fatima continuent de porter des jerricanes trop lourds. Les malades de Saint-Charles continuent d’être renvoyés chez eux. Au palais, on valide un troisième mandat et on parle de nucléaire pour 2040. Sur le plateau de Patara, Fidèle Gouandjika affirme que personne ne meurt de soif
Le clepto-mythomane joue la carte de la fraternité : Balalou appelle à l’amour et l’union pour faire oublier le coup d’État électoral
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-journalistes-presents-lors-du-point-de-presse-du-clepto-mythomane-maxime-balalou-porte-parole-du-gouvernement-le-26-janvier-2026.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-journalistes-presents-lors-du-point-de-presse-du-clepto-mythomane-maxime-balalou-porte-parole-du-gouvernement-le-26-janvier-2026.webp” alt=”Le clepto-mythomane joue la carte de la fraternité : Balalou appelle à l’amour et l’union pour faire oublier le coup d’État électoral” width=”500″ height=”281″ />Les journalistes présents lors du point de presse du clepto-mythomane Maxime Balalou, porte-parole du gouvernement, le 26 janvier 2026
Maxime Balalou a déployé ce mercredi son arsenal rhétorique le plus hypocrite. Amour, fraternité, unité nationale : tous les mots doux pour faire avaler un hold-up électoral à 77,90% et une répression orchestrée par les mercenaires russes.
« Il a réaffirmé encore, il t’en a mis à ses frères, même de l’opposition. Il a même dit qu’il est prêt à travailler avec tout le monde. Ceux qui n’ont pas voté pour lui, qu’ils sachent qu’il est leur président », a déclaré le clepto-mythomane avec une conviction qui frise l’obscénité. Président de tous les Centrafricains ? Vraiment ? Même de ceux dont les partis n’ont obtenu aucun siège ? Même de ceux qui ont vu leurs bureaux de vote fermés par les milices ? Même de ceux que Wagner a empêchés de voter ?
Cette fraternité à géométrie variable cache mal la réalité d’un régime qui vient de perpétrer le coup d’État électoral le plus grotesque de l’histoire récente du pays. Balalou ose parler d’inclusion pendant que Cœurs Unis rafle cinquante sièges et que l’URCA de Dologuélé n’en obtient aucun. Il invoque l’unité pendant que les grands partis d’opposition se retrouvent exclus du Parlement. Il prêche l’amour pendant que les mercenaires russes quadrillent le territoire pour museler toute contestation.
Le mythomane poursuit sa litanie lénifiante. « Il n’y a pas de gaillant ni de perdant. Il a dit que le seul gaillant c’est le peuple centrafricain. » Pas de gagnant ni de perdant ? Cette formule creuse insulte l’intelligence des Centrafricains qui ont vécu ce hold-up de l’intérieur. Le gagnant, c’est Touadéra avec ses 77,90% truqués. Le gagnant, c’est Cœurs Unis avec ses cinquante députés élus au premier tour. Les perdants, ce sont tous les autres, relégués au rang de figurants dans une pièce de théâtre démocratique jouée pour la galerie internationale.
Balalou développe ensuite sa vision de la fraternité gouvernementale. « C’est une volonté affirmée de gouverner sans distinction, sans exclusion dans un esprit, n’est-ce pas, de fraternité. » Sans exclusion ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Zéro siège pour les grands partis d’opposition au premier tour. Des circonscriptions entières où le vote n’a pas pu se tenir. Des bureaux fermés dans les zones acquises à l’opposition. Des intimidations massives par les forces de sécurité. Voilà la réalité de ce gouvernement fraternel dont parle le porte-parole.
Le clepto-mythomane enchaîne sur l’unité nationale. « Sa nouvelle politique n’est pas la facture, non, c’est l’unité comme il l’a toujours caractérisée. Ensemble, travaillons ensemble pour remplir cette mission sacerdota, le serveur du peuple. » Travailler ensemble derrière un président qui vient de rafler 77,90% des voix dans des conditions plus que douteuses ? Cette unité ressemble davantage à une soumission forcée qu’à un rassemblement volontaire.
Balalou martèle son message de réconciliation obligatoire. « La place n’est plus au querelle, la place n’est plus à la haine, la place n’est plus aux insultes, ni à la division, la place est à l’amour, la place est à l’union, ensemble, derrière le président de la République. » Autrement dit : taisez-vous, acceptez le résultat truqué, cessez de contester, et ralliez-vous au pouvoir. Toute critique devient querelle, toute contestation devient haine, toute diffusion de preuves de fraude devient division.
Le mythomane continue de vendre son rêve d’unité. « Le président de la République a donné le temps, à travers un discours, assembleur, de paix, de fraternité et d’engagement à construire la nouvelle République Centrafricaine avec tout le monde. Personne ne se l’a mis de côté. Il a clairement affirmé. Aujourd’hui, nous allons tous, derrière le nouveau président de la République, reconstruire notre pays en partage. Chacun aura sa place en fonction de ses qualités et ses compétences au service du peuple centrafricain. » Quelle place pour Dologuélé ? Quelle place pour Dondra ? Quelle place pour les millions de Centrafricains qui ont voté pour l’opposition ? Aucune, visiblement, puisque leurs représentants n’ont obtenu aucun siège.
Balalou glorifie ensuite le score présidentiel. « Son Excellence, Monsieur le Président Foster-Archange Touadéra, a été brillamment élu nouveau président de la République Centrafricaine après la proclamation des résultats définitifs des élections présidentielles du 28 décembre 2025 par le Conseil constitutionnel, proclamation qui a permis à la population de connaître le nouveau élu et aussi le taux puisque le Président était élu à un taux de 77,90% face à son principal challenger. » Brillamment élu avec 77,90% ? Ces chiffres dignes des pires dictatures africaines deviennent une victoire éclatante dans la bouche du mythomane.
Le clepto-mythomane poursuit sa célébration. « Le gouvernement se félicite de cette confiance renouvelée par le peuple centrafricain à l’endroit d’un homme d’exception dont l’empreinte indélébile marquera jamais l’histoire politique de la République Centrafricaine. » Homme d’exception qui vient de perpétrer son troisième mandat via un référendum controversé et un hold-up électoral ? L’empreinte indélébile sera effectivement celle d’un autocrate qui a confisqué le pouvoir avec l’aide des mercenaires russes.
Balalou invoque la légitimité démocratique. « La consécration de la légitimité démocratique et aussi de la souveraineté du peuple. » Quelle légitimité quand les grands partis d’opposition n’obtiennent aucun siège ? Quelle souveraineté quand ce sont les mercenaires russes et les troupes rwandaises qui contrôlent le territoire ?
Le mythomane parle de forte participation. « Une forte participation du peuple centrafricain. » Dans les zones contrôlées par le pouvoir, peut-être. Mais dans les régions acquises à l’opposition où les bureaux sont restés fermés ? Dans le Haut-Mbomou où les affrontements ont empêché tout vote ? Cette participation était surtout forte là où Wagner et les FACA verrouillaient le scrutin.
Balalou termine sur un appel patriotique. « Cet appel patriotique doit nous pousser tous, ensemble, à dépendre de cet appel du président de la République, de bâtir une nation fraternelle, une nation unie, où nous allons mettre de côté nos égaux. Nous devons travailler tous ensemble pour un seul pays. » Mettre de côté nos égaux ? Sans doute une faute de langage révélatrice. Ce régime veut effectivement que les Centrafricains mettent de côté leur dignité, leur droit de vote, leur liberté de contester pour se prosterner devant un pouvoir illégitime.
Cette fraternité hypocrite ne trompe personne. Derrière les mots doux se cache la réalité d’un hold-up électoral cautionné par les mercenaires russes, validé par un Conseil constitutionnel aux ordres, et défendu par un mythomane qui transforme chaque fraude en victoire démocratique
Bagarre entre les soldats FAKA au Soudan du Sud après une réunion organisée avec les autorités de Source Youbou
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/les-soldats-faca-en-fuite-au-soudan-du-sud-dans-le-camp-des-refugies.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/les-soldats-faca-en-fuite-au-soudan-du-sud-dans-le-camp-des-refugies.webp” alt=”Bagarre entre les soldats FAKA au Soudan du Sud après une réunion organisée avec les autorités de Source Youbou” width=”500″ height=”225″ />Les soldats FACA en fuite au Soudan du sud dans le camp des réfugiés.
Le 11 février dernier, des mercenaires russes de la milice Wagner et des soldats FAKA se sont déplacés à Source Youbou, au Soudan du Sud, pour discuter avec les autorités locales du retour des réfugiés centrafricains.
Le déplacement de ces forces du désordre centrafricain vers le village de Source Youbou avait un objectif précis. Ils venaient rencontrer les chefs locaux pour évoquer la situation des Centrafricains réfugiés depuis fin décembre et début janvier. Ces populations avaient fui la ville de Bambouti après les affrontements qui ont déchiré la ville.
Pour comprendre cet exode, il faut revenir au dimanche 28 décembre, vers 4 heures du matin. Ce jour-là, des miliciens azandés ont lancé une attaque sur Bambouti. Les soldats FAKA ont abandonné leurs positions, laissant la ville aux mains des assaillants pendant une semaine entière. La population, traumatisée par cette nième attaque, assistait impuissante à la prise de contrôle de leur ville.
Le 1er janvier, la riposte est venue d’Obo, chef-lieu de la préfecture, situé à une centaine de kilomètres. Les mercenaires russes, appuyés de quelques soldats FACA, ont convergé vers Bambouti pour reprendre la ville, qui compte environ 3000 habitants. Les combats ont duré plusieurs heures, accompagnés de bombardements aériens qui ont terrorisé les civils. Face aux avions qui survolaient la zone et aux tirs incessants, près de la moitié des résidents ont préféré fuir vers le Soudan du Sud.
Depuis lors, les mercenaires russes et les soldats FAKA contrôlent Bambouti. Les déplacés campent toujours à Source Youbou, attendant des nouvelles de leur ville. C’est dans ce contexte que la délégation militaire s’est déplacée le 11 février pour annoncer les conditions d’un éventuel retour.
Lors de la réunion avec les autorités locales, les mercenaires russes ont fixé des règles inattendues. Tous les réfugiés peuvent rentrer, ont-ils annoncé, sauf ceux portant des traces de rasoir sur le corps. Ces marques, selon eux, désignent immédiatement leur porteur comme un milicien potentiel. Quiconque présente ces cicatrices s’exposerait à des problèmes graves en rentrant à Bambouti.
Après cette rencontre, les Russes ont enfourché leurs motos pour circuler dans le village. Ils ont parcouru les quartiers, s’enfonçant loin dans les zones résidentielles, comme s’ils effectuaient un repérage. Leur présence prolongée dans les rues a intrigué les habitants, qui observaient leurs déplacements sans oser dire un mot.
Pendant ce temps, les soldats FAKA avaient d’autres priorités. Ils se sont dirigés vers les points de vente d’alcool pour se désaltérer. La consommation a commencé et l’ambiance s’est rapidement détendue au sein du groupe militaire. Personne ne surveillait vraiment les allées et venues de chacun.
C’est à ce moment qu’un des soldats a commis l’imprudence de prendre la moto de son supérieur hiérarchique. Il est parti avec la moto sans demander l’autorisation, puis est revenu quelques instants plus tard. Le chef, découvrant la prise de la moto non autorisée, a immédiatement interpellé son subordonné. La question était simple : pourquoi avoir pris la moto sans permission ?
La réponse du soldat a été agressive. Au lieu de s’excuser ou de justifier son geste, il a montré de la colère envers son chef. Les mots ont rapidement laissé place aux gestes. Une dispute violente a éclaté entre les deux hommes, sous les yeux ébahis des villageois sud-soudanais qui commençaient à s’attrouper.
La bagarre a pris de l’ampleur. Les deux militaires en sont venus aux mains, sans retenue, malgré leur statut et leurs uniformes. Les habitants de Source Youbou se sont rassemblés autour de la scène, assistant à cet affrontement surréaliste entre les éléments d’une même armée. Le spectacle était d’autant plus choquant que ces hommes portaient leurs armes sur eux, même à l’intérieur du Soudan du sud.
Les forces de sécurité sud-soudanaises sont finalement intervenues pour séparer les combattants. Elles ont dû s’interposer physiquement pour calmer les esprits et empêcher que la situation ne dégénère davantage. Leur intervention a permis d’éviter le pire, mais le mal était fait. L’image des soldats FAKA venait d’être sérieusement écornée en territoire étranger.
Le plus choquant dans cette affaire reste le fait que les soldats centrafricains avaient conservé leurs armes en entrant au Soudan du Sud. Ils n’avaient laissé aucun équipement militaire à la frontière, comme l’exigerait normalement toute mission sur un territoire étranger. Cette transgression des règles élémentaires ajoute à la gravité de l’incident.
La scène de ce soldat se bagarrant avec son chef de détachement témoigne d’un manque total de discipline au sein de l’armée nationale. Les règles hiérarchiques semblaient complètement abolies durant cet épisode. Aucun respect des grades, aucune retenue, aucune conscience de représenter leur pays à l’étranger.
Budget 2026 : où sont partis les 5000 milliards du PND? Le gouvernement présente déjà le budget 2026 au conseil des ministres, mais celui – ci tourne autour de 300 milliards de francs CFA. Alors, que se passe-t-il ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Herve-Ndoba-ministre-centrafricain-des-finances-et-du-budget.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Herve-Ndoba-ministre-centrafricain-des-finances-et-du-budget.jpg” alt=”Dette explosive de 1000% sous Touadéra, la Centrafrique au bord de la faillite totale, affirme Fari Tahéruka Shabazz” width=”300″ height=”230″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Herve-Ndoba-ministre-centrafricain-des-finances-et-du-budget.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Herve-Ndoba-ministre-centrafricain-des-finances-et-du-budget-80×60.jpg 80w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Hervé Ndoba, ministre des finances et du budget de la Centrafrique
Le projet de loi de finances 2026 présenté au dernier Conseil des ministres affiche une anomalie grave. Le gouvernement invoque le Programme national de développement 2024-2028, dont le coût complet s’établit à environ 7000 milliards de francs CFA sur cinq ans. Mais l’enveloppe budgétaire adoptée pour 2026 atteint à peine 367,34 milliards de francs CFA. Sur ce montant, 160,57 milliards proviennent de sources extérieures. Le différentiel entre les engagements du PND et la capacité budgétaire réelle dépasse 6600 milliards. Cette disproportion pose une question élémentaire de soutenabilité macroéconomique.
L’État prétend avoir calibré le budget 2026 sur les « cinq axes stratégiques » du PND. Aucune ventilation sectorielle n’accompagne cette affirmation. Aucun schéma de financement pluriannuel n’est proposé. Les ressources domestiques stagnent à des niveaux insuffisants, alors que le PND suppose des injections massives dans l’énergie, les infrastructures de transport, la gouvernance institutionnelle, les secteurs sociaux et la diversification productive. Le document budgétaire ne contient pas un seul instrument de mobilisation fiscale, ni une seule réforme structurelle capable de combler le fossé entre les moyens disponibles et les objectifs annoncés. On assiste à une déconnexion complète entre la planification stratégique et la programmation budgétaire.
La table ronde de Rabat sur le financement du PND avait généré des annonces d’engagements théoriques de l’ordre de 5000 milliards de francs CFA sur quatre ans. Ces promesses prenaient la forme d’appuis budgétaires, de subventions, de financements concessionnels et de projets sectoriels. Le budget 2026 ne fournit aucune actualisation de ces engagements. Aucun calendrier de décaissement n’est publié. Aucune convention signée n’est référencée. Les agrégats budgétaires présentés indiquent que l’État continue d’opérer dans un cadre financier annuel étroit, fortement conditionné par l’extérieur, et dépourvu de corrélation tangible avec le schéma de développement affiché.
Les prévisions de recettes demeurent modestes. Les dépenses totales s’élèvent à 395,26 milliards, un niveau manifestement inadéquat pour enclencher une transformation structurelle. Le solde budgétaire accuse un déficit de 27,42 milliards, soit environ –1,2 % du PIB. Le gouvernement justifie cette compression des dépenses par la nécessité de respecter le plafond de déficit convenu dans le cadre de la cinquième revue du Fonds élargi de crédit. L’arbitrage budgétaire obéit donc à la discipline imposée par le FMI, non à la logique d’un programme de développement chiffré en milliers de milliards. Cette subordination interroge la hiérarchie des priorités de l’État.
Le discours officiel attribue le redressement du PIB à l’amélioration de l’accès à l’électricité, à la disponibilité des produits pétroliers et au déploiement de la 4G. Ces variables, bien que pertinentes, ne constituent pas des réponses aux défis structurels identifiés dans le PND. Le document stratégique place au premier plan les infrastructures lourdes, la réforme du corridor économique, la productivité agricole, l’industrialisation, la gouvernance fiscale, l’eau et l’énergie. Aucun de ces secteurs ne bénéficie d’une allocation budgétaire visible dans le projet de loi de finances 2026. L’écart entre les narratifs macroéconomiques et les investissements sectoriels effectifs ampute le budget de toute cohérence programmatique.
L’absence de statistiques nationales sur la croissance compromet la fiabilité des projections budgétaires. Le gouvernement évoque une reprise « progressive » du PIB, sans publier de taux de croissance 2025 ni de prévision quantifiée pour 2026. Le budget passe sous silence la dynamique des recettes minières, l’ampleur des pertes liées à la contrebande, l’évolution de la masse salariale, le stock de dette publique et les arriérés intérieurs. Ces paramètres déterminent pourtant la marge de manœuvre budgétaire réelle et la capacité de l’État à mobiliser des ressources endogènes. L’opacité statistique empêche toute évaluation rigoureuse de la soutenabilité fiscale.
La moitié de l’enveloppe budgétaire étant d’origine extérieure, l’exécution dépendra de la célérité des décaissements internationaux. Le document ne comporte aucune analyse des risques de financement, aucun état des engagements fermes, aucune mention des retards potentiels. Or, le PND suppose un flux continu de ressources sur plusieurs exercices. L’absence de dispositif de sécurisation financière expose le budget à des chocs de liquidité prévisibles.
Le projet de loi de finances 2026 se présente comme l’expression budgétaire de la stratégie nationale de développement. Les chiffres racontent une histoire différente. Le cadre financier annuel reste extrêmement contraint. Les ambitions du PND, évaluées en milliers de milliards, ne trouvent aucune traduction dans les allocations budgétaires. Les engagements internationaux annoncés à Rabat ne sont intégrés dans aucun cadre de dépenses à moyen terme vérifiable. La dépendance extérieure conditionne l’ensemble des choix budgétaires et limite structurellement la capacité de l’État à piloter son propre développement. Ce budget n’est pas un outil de transformation économique. C’est un exercice comptable de conformité aux conditionnalités externes.