quand Évariste Ngamana, invité à la radio, transforme pathétiquement le bilan médiocre de Touadera en réussites
« D’abord, il faut comprendre qu’il y a une crise économique au plan mondial liée à la guerre Russie-Ukraine et à la pandémie de Covid-19, touchant tous les pays. […] Je relativise ce bilan et dis que le président Touadéra, malgré tout ça, à travers sa vision et le travail du gouvernement, nous sommes en programme avec le FMI, la banque mondiale ».
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Vous lisez cici? L’art de l’esquive politique vient de trouver son maître en Évariste Ngamana. Dans sa sortie médiatique sur la radio Ndékè Luka, le premier vice-président de l’Assemblée nationale transforme la défense du régime Touadéra en numéro d’illusionnisme, où les crises disparaissent sous le voile des “contextes mondiaux” et où les critiques se volatilisent dans un discours d’autosatisfaction béat. Armé de son statut de porte-parole du MCU, Évariste Ngamana déploie un arsenal rhétorique qui ferait pâlir d’envie les plus grands prestidigitateurs : faire disparaître la réalité socio-économique centrafricaine en quelques formules magiques. Cette performance révèle un pouvoir qui a perfectionné l’art de gouverner les yeux fermés.
Quand l’excuse planétaire devient bouclier national
Face aux chiffres implacables : un endettement public qui flirte avec les 56,5 % du PIB selon la Banque mondiale , Évariste Ngamana déploie sa stratégie préférée : la mondialisation des responsabilités. Comme un météorologue qui expliquerait chaque orage local par le réchauffement climatique, il attribue systématiquement les déboires centrafricains aux turbulences internationales. La guerre russo-ukrainienne devient ainsi le parapluie parfait sous lequel s’abriter, la pandémie de Covid-19 l’alibi universel pour justifier l’inaction. Cette gymnastique intellectuelle lui permet de transformer chaque échec en fatalité extérieure, chaque crise en épreuve subie plutôt qu’en défi mal géré. Pendant ce temps, les Centrafricains ordinaires découvrent avec amertume que leurs estomacs vides n’ont cure des explications géopolitiques de leurs dirigeants.
L’opposition réduite au rang de trouble-fête professionnel
Dans l’univers d’Évariste Ngamana, critiquer le pouvoir relève apparemment d’un vice incurable, d’une addiction pernicieuse à la contestation gratuite. L’opposition ne formule plus d’analyses légitimes sur la gouvernance : elle “critique pour le plaisir”, tel un enfant capricieux qui s’amuse à renverser les châteaux de sable des adultes sérieux. Cette caricature montre clairement une conception particulièrement étriquée de la démocratie, où le débat contradictoire devient pathologie et où la dissidence se mue en symptôme d’instabilité mentale collective. En qualifiant de “distraction” les préoccupations du BRDC et de la société civile concernant les réformes constitutionnelles, Ngamana ne se contente pas de mépriser ses adversaires : il insulte l’intelligence citoyenne elle-même, réduisant les inquiétudes démocratiques légitimes à de simples diversions sans fondement.
Le syndrome de l’unanimité imaginaire
Le plus fascinant dans la rhétorique d’Évariste Ngamana reste sa capacité à transformer l’isolement politique en plébiscite populaire. Selon lui, le “travail unanimement reconnu” de Touadéra justifierait naturellement un troisième mandat, comme si cette reconnaissance universelle coulait de source. Cette unanimité fictive ressemble étrangement à celle des régimes autoritaires qui confondent l’absence de protestation visible avec l’adhésion massive. Les 200 mètres de routes goudronnées de Bangui et l’organisation d’événements diplomatiques deviennent, sous sa plume, des preuves irréfutables d’un succès généralisé. Cette déformation de la réalité atteint des sommets lorsqu’il présente ces réalisations partielles comme des victoires historiques, ignorant délibérément que construire quelques kilomètres d’asphalte ne constitue pas une révolution développementale dans un pays rongé par la pauvreté structurelle.
Pour bon nombre d’observateurs de la vie politique nationale, Évariste Ngamana vient d’offrir à la République centrafricaine un spectacle édifiant : celui d’un pouvoir qui a érigé le déni en système de gouvernance et l’autosatisfaction en doctrine politique. Sa performance médiatique illustre parfaitement les dérives d’un régime qui préfère réécrire la réalité plutôt que la transformer, qui choisit de combattre les symptômes de la critique plutôt que les causes de la crise. En transformant chaque reproche en caprice d’opposant et chaque difficulté en fatalité mondiale, le porte-parole du MCU dessine les contours d’une République parallèle où les problèmes n’existent que dans l’imagination malveillante des mécontents. Cette fuite en avant rhétorique démontre un gouvernement qui gouverne désormais par procuration avec la réalité, préférant les discours rassurants aux réformes courageuses.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)