Kabo : 49 ex-combattants du DDR s’enfuient, et profite pour voler du bétail et enlèvent six civils au passage

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Quarante-neuf combattants rebelles armés regroupés pour le processus du DDR se sont enfuis de Ketté Sido, volant dix bœufs et enlevant six personnes près de Kabo.
Le processus de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) vient de connaître un nouveau revers majeur dans la région de Kabo. Le 21 septembre vers 8 heures du matin, quarante-neuf éléments armés regroupés à Ketté Sido pour ce processus se sont enfuis, déclenchant une série d’événements qui témoignent de l’échec du programme du DDRR mené par le gouvernement .
Ces hommes armés, qui devaient normalement être pris en charge par le programme DDR, ont profité de leur évasion pour se livrer à des actes de banditisme. Leur première cible a été les éleveurs peuls de la région dont ils ont volé dix bœufs. Ce vol de bétail n’était pas une simple fuite désorganisée, mais une opération planifiée visant à financer leur départ.
Les ex-combattants ont rapidement revendu leur butin. Un premier bœuf a été écoulé auprès des personnes déplacées internes du site B de Kabo, tandis que les neuf autres ont trouvé preneurs parmi les résidents de la zone. Cette facilité à écouler du bétail volé pousse à s’interroger sur la complicité passive, voire active, de certains habitants dans ces activités criminelles.
Mais les exactions de ces hommes armés ne se sont pas arrêtées au vol de bétail. Près du village de Vassako, situé à 25 kilomètres de Kabo, ils ont enlevé six personnes : deux femmes et quatre hommes. Ces victimes, toutes résidentes du quartier Kpeténé de Kabo 1, ont été contraintes de servir de porteurs pour transporter le butin et les bagages des fuyards.
L’utilisation de civils comme porteurs forcés rappelle les méthodes des groupes rebelles et démontre que ces hommes, malgré leur passage par le programme DDR, n’ont pas abandonné leurs pratiques prédatrices. Leur objectif était de regagner Ketté Sido en utilisant ces otages pour le transport de leurs biens.
Heureusement, l’un des otages masculins a réussi à s’évader et à donner l’alerte. Cette évasion a permis aux autorités de prendre connaissance de la situation et de lancer des opérations de suivi. Au moment de la rédaction de cette information, le sort des cinq autres otages restait incertain.
Cette fuite massive de quarante-neuf ex-combattants du programme DDR montre clairement l’échec patent de ce processus censé réintégrer les anciens combattants dans la société civile. Plusieurs facteurs expliquent cette débâcle.
D’abord, le gouvernement centrafricain a manifestement échoué à assurer les conditions de vie minimales de ces hommes regroupés pour le DDR. Livrés à eux-mêmes sans assistance alimentaire suffisante, ces ex-combattants ont dû se débrouiller pour survivre. Cette négligence les a poussés vers le vol et le banditisme.
Cette situation n’est pas nouvelle. Depuis le début du programme DDR, les plaintes des participants concernant les conditions de vie précaires se multiplient. Promesses non tenues, retards dans les paiements, absence de formation professionnelle réelle : le programme accumule les défaillances qui poussent les ex-combattants à reprendre les armes pour faire du banditisme.
L’incident de Kabo démontre aussi l’absence de surveillance effective des sites de regroupement. Comment quarante-neuf hommes ont-ils pu quitter simultanément un site DDR sans que personne ne s’en aperçoive immédiatement ? Cette question dévoile le laxisme dans la gestion de ces centres.
La facilité avec laquelle ces hommes se sont procuré des armes ou les ont conservées interpelle également. Normalement, le désarmement devrait précéder le regroupement dans les sites DDR. Manifestement, cette étape n’a pas été correctement effectuée, permettant à ces hommes de rester armés et donc dangereux.
Le recours au vol de bétail comme moyen de financement montre que ces ex-combattants connaissent parfaitement les circuits économiques informels de la région. Ils savent où voler, comment écouler rapidement le butin et comment échapper aux poursuites. Ces compétences criminelles n’ont pas été remplacées par des compétences civiles durant leur passage au camp de DDR.
L’enlèvement de six civils comme porteurs forcés ajoute une dimension particulièrement grave à cette affaire. Ces hommes n’hésitent pas à s’en prendre aux populations civiles pour servir leurs intérêts. Cette propension à la violence contre les innocents aurait dû être traitée durant le processus de réintégration.
Cette fuite collective pose aussi des questions sur la motivation initiale de ces hommes à rejoindre le programme DDR. Beaucoup semblent y avoir vu une opportunité de se reposer temporairement plutôt qu’une véritable reconversion. Dès que les conditions sont devenues difficiles, ils ont retrouvé leurs réflexes de combattants.
Cette situation compromet également la crédibilité du programme DDR dans son ensemble. Comment convaincre d’autres groupes armés de désarmer et de se regrouper quand l’exemple de Ketté Sido montre l’échec du processus ? Cette débâcle risque de dissuader d’autres combattants de rejoindre le programme.
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Initialement chiffré à 1 228 874 970 francs CFA, le projet séduit les investisseurs d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis). Ces derniers exigent sa démultiplication à l'échelle nationale : 12 complexes scolaires, mosquées et hôpitaux répartis dans 9 préfectures de la RCA. C'est la naissance du « Projet Kodou », évalué au total à 34 milliards de francs CFA. Mais le 28 novembre 2020, le décès brutal de l’Imam Kobine gèle le processus et ouvre la porte aux vautours. 2. LES MANŒUVRES DE MAMADOU RAMADY : LE BLOCUS ET LE VOL DES SECRETS Profitant du désarroi général immédiatement après le décès du guide spirituel, Mamadou Ramady s’est empressé de visiter la veuve du défunt. En abusant de la confiance de l’épouse de l’Imam Kobine, il est parvenu à sceller et bloquer l’accès de la bibliothèque aux autres membres du Conseil islamique. Ce blocus criminel n'avait qu'un but : dissimuler les archives importantes et s'approprier les secrets administratifs du Projet Kodou. Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. 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