BGFI-Bank certifiée “anti-blanchiment” : quelle crédibilité dans un pays pourrie par la corruption ?

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La BGFI-Bank Centrafrique obtient une certification contre le blanchiment d’argent dans un pays où les scandales financiers impliquant les plus hautes autorités se multiplient quotidiennement.
La BGFI-Bank Centrafrique vient d’obtenir la certification AML 3001 contre le blanchiment d’argent, devenant ainsi la première banque du pays à recevoir cette distinction internationale. Cette annonce, faite en grande pompe samedi dernier à l’hôtel Ledger Plaza en présence du président de l’Assemblée nationale et du Premier ministre, sonne étrangement dans un pays où la corruption financière atteint des sommets inégalés.
Cette certification, délivrée par l’organisme Coficert, est présentée comme une victoire contre la criminalité financière. Hervé Kogboma, directeur général de la banque, affirme que cette distinction “épargne la République centrafricaine des sanctions internationales et la classe parmi les meilleures banques du monde”. Une déclaration qui interroge quand on connaît la réalité du terrain centrafricain.
Car pendant que cette banque se targue de lutter contre le blanchiment d’argent, le pays vit au rythme des scandales financiers impliquant les plus hautes personnalités de l’État. Récemment, le premier vice-président de l’Assemblée nationale Évariste Ngamana s’est rendu au Cameroun avec 100 millions de francs CFA volés qui ont été volés par les mafieux camerounais. Cette somme s’est littéralement “évaporée entre les mains des mafieux camerounais ”, sans qu’aucune explication crédible ne soit fournie.
Dans le même temps, l’ancien premier ministre Firmin Grebada avait lui aussi transféré frauduleusement 200 000 euros vers la France pour l’achat d’une maison. Ces transferts de fonds, qui ressemblent étrangement à du blanchiment d’argent, se déroulent pendant que le pays célèbre sa première certification anti-blanchiment. Le contraste est saisissant.
La situation devient encore plus ironique quand on sait que le pays a récemment adopté sa propre monnaie numérique, probablement pour échapper au contrôle des systèmes bancaires traditionnels. Cette initiative permet des transactions financières opaques, loin des regards des institutions de contrôle classiques.
Les réseaux mafieux prospèrent ouvertement en République centrafricaine. Les Libanais contrôlent une partie importante de l’économie informelle, les Mercenaires russes brassent des sommes considérables à travers leurs activités minières et sécuritaires, et les Camerounais participent activement aux circuits financiers parallèles. Tous ces acteurs opèrent dans une quasi-impunité totale.
Dans ce contexte, la certification de la BGFI-Bank ressemble davantage à une opération de communication qu’à une véritable lutte contre la criminalité financière. Comment peut-on prendre au sérieux une certification anti-blanchiment dans un pays où les plus hautes autorités sont soupçonnées de participer elles-mêmes à ces pratiques ?
Le directeur général de la BGFI-Bank invite les diplomates et responsables d’organismes internationaux à découvrir les avantages de cette certification. Mais ces invités pourront-ils ignorer la réalité économique du pays où ils se trouvent ? Pourront-ils fermer les yeux sur les scandales financiers qui éclatent régulièrement ?
Cette certification pose également la question de sa sincérité. Les organismes internationaux qui délivrent ces labels connaissent-ils vraiment la situation sur le terrain ? Ou se contentent-ils de vérifier des procédures sur le papier sans s’intéresser à la réalité des pratiques centrafricaines?
La BGFI-Bank s’engage à maintenir “un haut niveau de vigilance” à travers des audits internes et des formations continues. Mais cette vigilance s’appliquera-t-elle aux personnalités politiques qui utilisent potentiellement ses services pour leurs transactions douteuses ? La banque osera-t-elle refuser les opérations suspectes de clients influents ?
Cette certification intervient aussi au moment où les populations centrafricaines vivent dans une misère extrême. Pendant que les élites détournent des millions, les citoyens ordinaires peinent à manger une fois par jour. Cette disproportion entre les discours officiels sur la lutte anti-corruption et la réalité vécue par les populations interroge sur les véritables priorités du gouvernement.
L’obtention de cette certification par la BGFI-Bank pourrait servir d’alibi au gouvernement centrafricain pour prétendre qu’il lutte efficacement contre la corruption financière. Cette façade pourrait être utilisée dans les relations internationales pour rassurer les partenaires sur la gouvernance financière du pays.
Mais les Centrafricains ne sont pas dupes. Ils voient quotidiennement les signes extérieurs de richesse de leurs dirigeants pendant qu’eux-mêmes survivent dans la pauvreté. Ils constatent l’écart béant entre les discours officiels et les pratiques réelles de leurs élites.
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)