La fermeture de la clinique MSF de Bonga-Bonga annonce une hécatombe sanitaire pour la septième république des voyous

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Après dix ans de pouvoir marqués par le chaos et l’abandon de la population, la Centrafrique s’apprête à vivre une catastrophe sanitaire totale. L’annonce de la fermeture de la clinique MSF de Bonga-Bonga, dans le quartier Sica à Bangui, sonne comme un arrêt de mort pour des milliers de Centrafricains. Dans un pays où l’État ne parvient même pas à faire fonctionner les hôpitaux de la capitale, où chaque jour des dizaines d’accidents de moto, de blessés et de malades affluent vers cette unique structure fiable, la disparition de MSF laisse présager le pire. Le chaos sanitaire qui se profile n’est que le reflet d’une décennie de gestion catastrophique.
Chaque jour à Bangui, capitale de la République centrafricaine, ce sont des dizaines d’accidents de taxi-moto et de véhicules qui se produisent dans la capitale et ses environs. Les victimes affluent même depuis les villes de l’intérieur du pays, cherchant désespérément des soins à Bangui. Blessés graves, mourants, accidentés de la route : tous convergent vers la clinique MSF de Bonga-Bonga dans le quartier Sica. Cette structure est devenue, au fil des années, le dernier recours pour une population abandonnée par son propre État.
Mais l’ONG Médecins sans frontières (MSF) doit fermer dans le courant de l’année cette clinique spécialisée en traumatologie et en chirurgie orthopédique et viscérale. Pour les familles centrafricaines qui comptent leurs morts et leurs blessés quotidiennement, cette fermeture représente bien plus qu’une simple réorganisation humanitaire. C’est la fin de leur seul espoir de survie dans un système de santé totalement effondré.
« Nous continuons à nous substituer à l’Etat dans des domaines basiques », souligne Peter Orr, responsable de MSF en Centrafrique. Ses mots résonnent comme un constat d’échec pour un régime qui, après dix ans au pouvoir, n’a toujours pas été capable de garantir les services les plus élémentaires. « Le ministère de la santé a du mal à faire fonctionner des hôpitaux, même dans la capitale, explique l’humanitaire. Il manque de tout : médecins, médicaments, routes… » Les chiffres parlent d’eux-mêmes et dressent le portrait d’une nation au bord du gouffre. Le pays dispose au total de deux lits de réanimation, tous tenus par la Minusca, la mission des Nations unies. L’espérance de vie à la naissance s’établit à 53 ans, tandis que la mortalité infantile oscille entre 8 et 10 %. La mortalité maternelle atteint 700 pour 100 000 naissances, un niveau parmi les plus élevés au monde.
Ces statistiques catastrophiques placent la Centrafrique à la 191e place sur 193 au classement mondial de l’indice de développement humain. 66 % de la population centrafricaine vit sous le seuil de pauvreté, avec moins de 2,15 dollars par jour. Après une décennie au pouvoir, le bilan est accablant et la souffrance de la population ne fait que s’aggraver.
Et pourtant, au terme d’une élection totalement verrouillé en décembre 2025, le dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadéra s’est octroyé un troisième mandat. Sept années supplémentaires s’annoncent, portant à dix-sept ans la durée totale de son règne. Pour une population déjà exsangue, cette perspective sonne comme une condamnation à poursuivre dans le chaos et l’abandon.
Mais la catastrophe ne s’arrête pas à la fermeture de MSF à Bonga-Bonga. Le retour au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis a déclenché une vague de retraits massifs. L’Usaid, l’agence de développement américaine, a cessé toutes ses activités en Centrafrique dès janvier 2025. Le Programme alimentaire mondial (PAM), la FAO, l’Unicef : tous ces organismes internationaux réduisent drastiquement leur présence ou se retirent complètement.
Cette hémorragie d’acteurs humanitaires intervient au pire moment pour la Centrafrique. Les ONG internationales ont vu leurs budgets amputés d’environ 40 % en 2025, après un premier recul en 2024. Cinq ONG ont déjà dû plier bagage, et 1 100 salariés locaux ont été licenciés. Le Programme alimentaire mondial a perdu 56 % de ses financements pour la Centrafrique, laissant un million de personnes sans aide.
Dans ce contexte d’effondrement généralisé, la fermeture de la clinique MSF de Bonga-Bonga à Sica prend des allures d’apocalypse sanitaire. Quand les portes de cette structure se fermeront définitivement, les dizaines d’accidentés quotidiens n’auront plus nulle part où aller. Les familles en deuil se multiplieront, les blessés mourront faute de soins, et le chaos déjà insupportable atteindra des sommets jamais vus.
Après dix ans de pouvoir catastrophique et face à sept années supplémentaires qui s’annoncent, la Centrafrique sombre dans un désastre humanitaire total. La fermeture de MSF Bonga-Bonga n’est que le symbole le plus visible d’un abandon généralisé. Pour le peuple centrafricain, c’est une sentence de mort collective qui se profile à l’horizon.
Par Alain Nzilo
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)