Martin Ziguélé dénonce « l’aboutissement d’un coup d’État constitutionnel devenu hold-up électoral » par le dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadera

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’ancien Premier ministre centrafricain Martin Ziguélé a réagi mardi 20 janvier dernier sur les ondes de la radio RJDH à la décision du Conseil constitutionnel qui a validé lundi 19 janvier le hold-up électoral du dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadera avec 70% des voix.
Face au journaliste Romain Silvestre Sokambi, le leader de l’opposition n’a pas mâché ses mots. « Ce qui s’est passé hier, c’est l’aboutissement d’un coup d’État constitutionnel qui s’est soldé par un hold-up électoral », a-t-il martelé au micro de la station. Cette sortie intervient alors que l’Autorité nationale des Élections avait annoncé un score de 76% avant que les juges constitutionnels ne le révisent à 70%, déclenchant une vague d’incompréhension dans les rangs de l’opposition.
Interrogé par Sokambi sur son refus apparent de reconnaître la victoire tout en appelant au dialogue avec le pouvoir, Ziguélé a tracé une ligne de démarcation nette. « Sur le plan juridique et sur le plan politique, il y a une différence entre reconnaître et prendre acte de l’existence d’un président de la République », a-t-il expliqué. L’ancien chef du gouvernement a insisté sur le fait que son expérience des rouages de l’État lui permet de déceler quand un dysfonctionnement des organes électoraux cache une volonté délibérée.
« Nous qui avons été aux affaires et que nous savons comment l’État fonctionne, nous savons qu’on ne peut pas arriver à ce degré de dysfonctionnement des organes qui concourent à la gouvernance électorale sans que ça soit la manifestation de la volonté de pouvoir », a poursuivi Martin Ziguélé. Pour lui, les preuves ne manquent plus et le constat s’impose de lui-même. « En l’occurrence, il n’y a même plus de démonstrations à faire », a-t-il ajouté, laissant entendre que la manipulation est désormais trop visible pour être niée.
Le ton de l’ancien Premier ministre a gagné en gravité lorsqu’il a abordé l’avenir du pays. « Ce qui est important aujourd’hui, c’est de savoir comment on fait pour sauver notre pays de cette catastrophe », a-t-il déclaré, mettant l’accent sur l’urgence de la situation plutôt que sur les querelles de légitimité. Cette approche pragmatique contraste avec la fermeté de son diagnostic sur le scrutin.
Revenant sur le fond de sa pensée, Ziguélé a répété sa formule qui résume sa lecture des événements. « Et je reviens encore là-dessus. Ce qui s’est passé hier, c’est l’aboutissement d’un coup d’État constitutionnel qui s’est soldé par un hold-up électoral. » Il a ensuite tiré les conséquences de cette analyse en affirmant que « le problème pour nous au pays, il n’y a pas eu d’Élections. Donc le problème de la légitimité est entier. »
Par Anselme Mbata
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




