Centrafrique : Quand la mafia du ministre Arnaud Djoubaye Abazène au sein du MCU risque de raviver les tensions intercommunautaires dans le Nord

Le processus de sélection des candidats MCU aux législatives de décembre montre clairement aux yeux du monde des pratiques douteuses et mafieuses organisées par le ministre Arnaud Djoubaye Abazène.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
En effet, les primaires du Mouvement Cœurs Unis, organisées avant le congrès du 26 juillet 2025 à Bangui, devaient désigner démocratiquement les candidats aux prochaines Élections législatives. Malheureusement, dans plusieurs localités du pays, particulièrement au Nord, le processus a été totalement manipulé sous l’influence d’Arnaud Djoubaye Abazène, ministre d’État à la Justice.
Prenons l’exemple palpable de la circonscription de Ouanda-Djallé, ville située à 954 kilomètres de Bangui, dans la préfecture de la Vakaga. Dans cette localité, pourtant, aucune primaire du MCU n’a été organisée. Le député sortant Adam Idriss Sendé, aussi candidat du MCU dans cette ville, bénéficiait quant à lui du soutien des adhérents du MCU. Par contre, Hassan Kome, ancien ministre du Commerce, de son côté, compte sur son réseau opaque au sein du MCU. Celui-ci a mobilisé les membres de ses organisations mafieuses pour contourner les primaires qui devraient en principe être organisées sur place. Comme il est la poupée russe du ministre Arnaud Djoubaye Abazène, l’homme des réseaux, Hassan Kome a préféré faire pression sur le président sous-fédéral Zabith Sendé et son vice-président Hamat Nestor, disant que l’organisation des primaires à Ouanda-Djallé est suspendue par le parti, et que c’est l’Assemblée nationale à Bangui qui est chargée de désigner le candidat du MCU sur la liste fournie par le MCU sous-fédéral de Ouanda-Djallé. C’est ainsi que les primaires du MCU à Ouanda-Djallé n’ont pas eu lieu, malgré la contestation du mouvement des femmes et de la jeunesse du MCU de Ouanda-Djallé, qui ont exigé pourtant l’organisation des primaires selon les règles établies par leur parti.
De retour à Bangui, Hassan Kome a surpris tout le monde. L’homme a publié sur les réseaux sociaux une vieille photo de lui avec les membres de sa famille, annonçant qu’il est choisi par le MCU de Ouanda-Djallé comme le prochain candidat du MCU de cette localité. Quelle mafia? Finalement, avec l’appui du ministre Arnaud Djoubaye Abazène, Hassan Kome est désigné candidat du MCU à Ouanda-Djallé lors du dernier congrès de ce mouvement à Bangui. Cette manipulation, associée à la désignation officielle de Hassan Kome, a provoqué une forte indignation à Ouanda-Djallé.
Hormis Ouanda-Djallé, à Ndélé, dans la préfecture de Bamingui-Bangoran, située à 654 kilomètres de la capitale, la députée sortante, unique femme musulmane à l’Assemblée nationale, avait remporté les primaires. Elle a été écartée au profit du sous-préfet, imposé par Abazène et le ministre-conseiller Maleyombo. La communauté de Ndélé 1 dénonce cette exclusion et l’humiliation du sultan-maire Senoussi Ibrahim, empêché de s’exprimer au congrès sur ordre des proches d’Abazène. Dans cette zone à majorité Rounga, le souvenir des violences intercommunautaires de 2020 resurgit.
Aussi, à Mbaïki, ville située à 107 kilomètres à l’ouest de Bangui, le député Brice Kakpayen s’est retiré pour se présenter en indépendant, dénonçant les manipulations du parti. À Boali, à 95 kilomètres de la capitale, Firmin Ngrebada a été écarté sans explication. Ces situations témoignent d’un mode opératoire récurrent : des décisions imposées par la direction du MCU, souvent contre l’avis des militants de terrain.
L’implication d’Arnaud Djoubaye Abazène dans ces ingérences inquiète. Originaire de la Vakaga, il est accusé d’imposer ses alliés dans des zones sensibles, perturbant l’équilibre communautaire. Cette stratégie autoritaire risque de réveiller les tensions intercommunautaires dans le Nord et de fragiliser la cohésion nationale à l’approche des Élections.
CONTACTER CORBEAU NEWS CENTRAFRIQUE
Tel/ WhatsApp : +236 75 72 18 21
Email: corbeaunewscentrafrique@gmail.com
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)