Birao : désertions massives dans les rangs des soldats des forces armées centrafricaines
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
À Birao, située à l’extrême nord-est du pays près de la frontière soudanaise, les soldats des forces armées centrafricaines partent les uns après les autres vers Bangui.
En effet, depuis plusieurs mois, la quasi-totalité des éléments de forces armées centrafricaines déployés dans cette ville du nord-Est du pays ont quitté leurs positions. La plupart rejoignent d’abord Ndélé, chef-lieu de la Bamingui-Bangoran, avant de regagner la capitale. Ces départs interviennent souvent sous prétexte de maladie ou de deuil familial.
La raison principale de cette situation est le non-paiement de la prime globale d’alimentation (PGA). Cette allocation mensuelle, destinée à couvrir les besoins quotidiens des soldats en nourriture et en entretien de leurs uniformes, n’est plus versée depuis sept ans. Au moment de leur arrivée à Birao, certains ont reçu une somme unique de 5 000 francs CFA pour s’installer. Depuis plus d’un an et demi, aucun versement supplémentaire n’a été effectué.
Pourtant, les salaires sont régulièrement crédités sur leurs comptes bancaires à Bangui. Le problème réside dans l’absence d’infrastructures bancaires dans la région : les soldats ne peuvent pas accéder à cet argent depuis Birao.
Privés de ressources sur place, les militaires se trouvent dans une grande précarité. Dans cette zone reculée où les mouvements de véhicules restent limités, les taxes perçues aux barrières routières rapportent très peu. Ces maigres recettes sont partagées entre le chef de détachement et les hommes, sans permettre de couvrir les besoins alimentaires de tous.
Les casques bleus de la MINUSCA fournissent parfois une aide ponctuelle sous forme de riz ou de poisson, mais celle-ci demeure irrégulière et insuffisante. Habitués à des repas consistants à base de manioc, les soldats doivent se contenter de rations limitées qui ne répondent pas à leurs besoins.
Initialement déployés pour des missions de six mois au maximum, la plupart d’entre eux se retrouvent sur le terrain depuis un an, un an et demi, voire deux ou trois ans. Cette prolongation des séjours, combinée au manque de soutien alimentaire, explique en grande partie les départs massifs observés à Birao.
Par Ibrahim Moussa
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