Les faits se sont déroulés en fin de semaine dernière à Birao. Une femme se trouve actuellement en garde à vue au commissariat de police locale. Elle est accusée d’avoir porté un coup de couteau critique à son ancien époux pendant son sommeil.
Une séparation qui vire au drame
Le couple avait partagé plusieurs années de vie commune avant de décider récemment de se séparer. Suite à cette rupture, l’épouse était retournée vivre dans sa famille, laissant le monsieur occuper seul son domicile.
Dans la nuit de vendredi dernier vers 22 heures, profitant de la configuration habituelle de sa maison initiale où les portes restent souvent simples à pousser, l’agresseuse s’est introduite dans la maison. Connaissant parfaitement les lieux, elle a surpris son ex-mari en plein sommeil.
Le déroulement de l’agression
Après avoir constaté que son ex-mari était plongé profondément dans son sommeil, la dame a sorti son couteau et poignardé a plusieurs niveau son ex-mari. L’homme a reçu un coup de couteau au niveau de la côte. Selon les constatations médicales, l’arme est passée à quelques centimètres seulement d’un organe vital.
Une enquête rapide et efficace
La victime a été transportée en urgence à l’hôpital de Birao, où elle a pu recevoir les soins nécessaires. Ses jours ne sont plus en danger. Pendant ce temps, la résolution de cette affaire s’est faite grâce à une collaboration étroite dans la commune . Les résidents du quartier ont immédiatement partagé leurs informations qui a permis à l’identification de l’auteur présumé du crime.
Action des forces de l’ordre : La police a recoupé les témoignages pour remonter jusqu’à l’ex-conjointe.
Interpellée peu après, la suspecte a été placée en détention provisoire. L’enquête se poursuit désormais à Birao pour déterminer le mobile exact de cet acte.
Grave crise sanitaire à Ouanda-Djallé : les animaux domestiques meurent par dizaines dans la ville
Bangui, le 18 mai 2026, CNC. À Ouanda-Djallé, une maladie foudroyante tue les animaux domestiques depuis quelques semaines. L’inquiétude grandit chez les habitants de la Vakaga qui voient leurs bêtes disparaître sans aucune aide pour stopper ce mal.
Tout a commencé quand les chiens de Ouanda-Djallé ont commencé à mourir les uns après les autres. Si certains ont pu sauver les leurs grâce au vaccin, beaucoup de chiens n’ont pas survécu.
Maintenant, ce sont les cabris et les chèvres qui subissent les attaques de ce virus mortel. Les bêtes qui n’ont pas reçu de piqûre de protection meurent en grand nombre dans toute la ville.
On voit clairement la différence entre les animaux vaccinés qui tiennent bon et les autres qui s’écroulent. Cette situation montre bien que seul le vaccin permet de garder son élevage en vie.
Les propriétaires de bétail soupçonnent une peste qui s’attaque aux poumons et au ventre des bêtes. Les pertes sont énormes et les familles ne savent plus quoi faire pour protéger le reste du troupeau.
Contacté par la rédaction du CNC, le responsable de l’Agence Nationale du Développement de l’Élevage à Ouanda-Djallé, Monsieur Abdel Kader Degaulle, a apporté un éclairage sur l’origine de cette hécatombe. Il explique que la crise provient directement du refus passé de certains propriétaires de faire vacciner leurs bêtes, les rendant extrêmement vulnérables. Le cœur du problème réside dans la gestion des premiers chiens infectés : leurs cadavres ont été abandonnés à l’air libre dans la brousse. Avec le début de la saison des pluies et la pousse de la nouvelle végétation, les chèvres et les cabris non vaccinés sont allés s’abreuver et paître sur ces lieux contaminés, contractant ainsi le virus mortel par les herbes souillées. Selon lui, une couverture vaccinale complète aurait permis aux troupeaux de résister à ce fléau.
Le mal se propage vite et les bêtes se vident de leurs forces en très peu de temps. Chaque matin, on découvre de nouveaux animaux sans vie dans les enclos, ce qui décourage les éleveurs.
À plus de neuf cents kilomètres de Bangui, les secours tardent à venir pour identifier la maladie. Les habitants se sentent abandonnés avec leurs bêtes mortes alors que l’épidémie ne montre aucun signe de fatigue.
L’économie de la ville est durement touchée car le bétail représente toute la richesse des gens. Sans ces animaux, c’est la survie même des foyers de Ouanda-Djallé qui devient très difficile au quotidien.
On ne compte plus les cadavres qu’il faut évacuer pour éviter que l’odeur ne devienne insupportable. Les bergers sont désespérés de voir leurs sources de revenus s’éteindre ainsi sans pouvoir agir efficacement.
Le virus continue de circuler de maison en maison, emportant tout ce qui vit encore dans les cours. Les enclos se vident petit à petit et le silence remplace désormais les cris habituels des animaux.
Dix ans. Quinze ans. Parfois deux décennies à porter à bout de bras les infrastructures routières et les chantiers du pays. Voilà le bilan humain des contractuels du ministère de l’Équipement et des Travaux publics. Des travailleurs jetés dans une précarité sans fin par des responsables incapables de stabiliser ceux qui font tourner la machine. Aujourd’hui, la coupe est pleine : l’entrée principale est barricadée, les bureaux sont verrouillés, et l’activité est totalement paralysée.
Ce coup de force est la réponse directe à une gestion chaotique . Alors que ces agents cumulent une expérience et un dévouement supérieurs à bien des titulaires, les autorités ont choisi d’ignorer totalement leurs droits légitimes. Le protocole d’intégration, qui devait régulariser leur situation, a tourné au fiasco politique. Sur 473 personnes qui attendaient légitimement leur titularisation, le ministre en a arbitrairement rayé 229 de la liste. Plus de la moitié des effectifs sacrifiés d’un simple trait de plume.
Des promesses vides et un ministre aux abonnés absents
Le directeur des Ressources Humaines lui-même, Anissa Richard Banu Kepa, avoue avoir été totalement écarté de ce processus opaque. Réduit à jouer les pompiers de service, il tente désormais de négocier et promet de plaider la cause des exclus auprès du gouvernement pour ramener le calme. Une énième promesse de “plaidoyer” qui sonne creux aux oreilles de ceux qui ont tout donné pour le pays et qui se retrouvent exclus des listes officielles.
Pendant ce temps, le ministre sortant, principal responsable de ce chaos, brille par son silence et refuse de s’expliquer.
Cette politique de l’autruche ne fonctionnera pas. Les grévistes préviennent déjà : ce blocus n’est qu’un début. Si le gouvernement s’obstine à maintenir ces travailleurs dans l’illégalité statutaire après des années de loyaux services, d’autres actions bien plus dures paralyseront le secteur dans les prochains jours. Les bras cassés au pouvoir sont prévenus, la colère ne fera que grandir.
Des milliers de personnes déplacées survivent dans des conditions difficile tandis que l’organisation humanitaire tente d’apporter des solutions aux besoins les plus pressants.
La préfecture du Haut-Mbomou connaît depuis plusieurs mois une dégradation inquiétante de la situation sécuritaire et humanitaire. À Zémio, épicentre de cette crise, environ 2 000 personnes ont cherché protection dans l’enceinte de l’église catholique, rejoignant d’autres déplacés regroupés près de la mosquée et dans le quartier Paule. Ces rassemblements massifs génèrent des difficultés considérables en matière d’eau, d’hygiène et d’alimentation.
“Nos équipes sont déployées depuis le début de la crise. On était sur place très rapidement”, explique Philippe Beauverd, chef sortant de la délégation du CICR en République centrafricaine, lors d’une conférence de presse tenue à Bangui. En collaboration avec la Croix-Rouge centrafricaine, l’organisation a installé un bladder, vaste réservoir permettant de stocker de l’eau potable, sur le site de l’église catholique.
Cet équipement s’avère indispensable car les puits de Zémio ne fournissent pas les quantités nécessaires. “Les pompes, les puits à Zémio ne donnent pas assez d’eau. C’est donc le bataillon népalais qui a gentiment accepté, pas pour nous, mais pour la population finalement, de faire des allers-retours pour remplir le bladder”, précise le responsable humanitaire.
Cette coopération purement logistique ne remet pas en cause l’indépendance du CICR. “On peut parler là évidemment d’une forme de collaboration, mais vous n’allez pas nous voir ensemble. On ne va en tout cas pas se faire escorter par la MINUSCA, on se déplace tout seul”, insiste Philippe Beauverd. Des latrines ont également été aménagées sur plusieurs sites pour limiter les risques sanitaires.
Les équipes médicales du CICR ont acheminé des médicaments vers l’hôpital de Zémio et les centres de santé desservant les zones où se concentrent les populations déplacées. “On a amené de l’assistance pour plusieurs autres sites, notamment près de la mosquée et puis dans le quartier musulman”, détaille le chef de délégation. Les magasins restent fermés et les habitants ne peuvent plus vaquer normalement à leurs occupations.
L’alimentation constitue le défi le plus ardu pour les humanitaires présents à Zémio. “Nous, on ne peut pas amener de nourriture à Zémio, par exemple. Avec le petit avion, c’est impossible. Les quantités qui seraient nécessaires, c’est impossible”, reconnaît Philippe Beauverd avec franchise. Les routes terrestres demeurent impraticables en raison de l’insécurité, rendant impossible tout convoi d’envergure.
“Peut-être qu’on pourrait distribuer des semences maraîchères. Ça ne prend pas beaucoup de place, on peut envoyer tout ce qu’on veut, mais après ça prend du temps à pousser. Il faut qu’ils aient leur petit jardin”, envisage le responsable. Cette option à moyen terme ne résout pas les besoins immédiats des déplacés entassés dans des conditions déplorables.
Le chef de délégation ne cache pas les limites de l’intervention humanitaire dans cette zone reculée. “Ce qui est sûr, c’est qu’ils n’ont pas l’assistance dont ils auraient besoin, tout simplement, du fait de l’éloignement de cette région”, admet-il. L’organisation espère que la situation se normalisera rapidement pour permettre aux habitants de regagner leurs foyers.
Les populations prises entre les affrontements connaissent des conditions encore plus difficiles. “Les gens qui sont sur les axes, au dehors de Zémio, Mboki, même au bourg, j’imagine dans une certaine mesure, les centres de santé ne sont pas approvisionnés ou sont vides”, décrit Philippe Beauverd. Ces habitants se trouvent coincés entre différents groupes armés, limitant drastiquement leurs possibilités de mouvement.
“On peut imaginer qu’ils sont un peu pris entre deux feux, si j’ose dire, entre les AKG et les FACA et les alliés de l’autre côté”, poursuit le responsable humanitaire. Le CICR n’a pas pu sortir sur tous les axes depuis un certain temps en raison des risques sécuritaires, mais prévoit de reprendre ces missions d’évaluation dès que possible.
Plusieurs milliers de Centrafricains ont franchi les frontières vers le Sud-Soudan et la République démocratique du Congo pour échapper aux combats. “Le Sud-Soudan et la RDC, ils sont couverts par mes collègues de Kinshasa et mes collègues de Juba”, indique Philippe Beauverd, précisant que ces territoires ne relèvent pas de sa délégation.
Le responsable admet ne pas connaître précisément leur situation. “Je pourrais tout à fait m’entendre avec mes collègues qui ont évidemment tant au Sud-Soudan qu’en RDC, ils ont plein d’autres choses à faire aussi. Donc je peux m’imaginer que la situation des gens qui ont traversé n’est pas très bonne”, reconnaît-il honnêtement.
Il note toutefois un avantage pour ceux ayant gagné la RDC. “S’ils l’estiment possible, ce qui n’a pas encore l’air d’être le cas, ce n’est pas très loin finalement de Zémio et ils pourraient faire des allers-retours si c’est nécessaire”, observe Philippe Beauverd. Les frontières artificielles de la région permettent d’imaginer que nombre d’entre eux possèdent des attaches familiales de l’autre côté.
La question des otages détenus à Zémio et Bambouti ajoute une dimension supplémentaire à cette crise. “Le CICR est tout à fait disposé à faire de même”, affirme le chef de délégation en référence à la libération de 20 FACA remis par l’UPC en 2023. L’organisation se tient prête à intervenir comme facilitateur neutre.
“Nous, on ne va pas se mêler de la discussion pour libérer les gens. Que ce soit des rançons, que ce soit des libérations d’otages, peu importe, on ne va pas du tout se mêler des discussions”, clarifie Philippe Beauverd. Le rôle du CICR se limite strictement à l’évacuation une fois qu’un accord est conclu entre les parties.
Il rappelle un cas récent où les ravisseurs avaient sollicité l’organisation. “Lorsque le responsable de la sécurité de l’ANE a été kidnappé avec deux autres personnes, il y a environ deux mois, deux mois et demi, entre Zémio et Gama, apparemment les AKG ont demandé, d’abord au début, on dit, on veut voir que le CICR”, relate le responsable humanitaire.
“J’ai été voir le président de l’ANE, j’ai parlé avec évidemment les autorités ici centrales en disant qu’on était tout à fait disposé à aller chercher ces gens une fois qu’il y a un accord entre les deux parties”, poursuit-il. Cette médiation n’a finalement pas abouti dans ce cas précis, mais l’offre reste valable.
Les contacts se poursuivent également avec les familles des otages, souvent laissées dans l’ignorance. “Je sais qu’un parent de la sous- préfète est venu nous voir l’autre jour”, mentionne Philippe Beauverd. L’organisation maintient ces liens même si les proches ne peuvent influencer directement les décisions.
“Parfois, d’ailleurs, il y a une tendance parfois à oublier les parents. Les épouses, par exemple, qui ne sont pas du tout mises au courant. Alors nous, on les contacte. Enfin, ils nous contactent et puis on va discuter avec eux”, explique le responsable, soulignant cette attention portée aux familles éprouvées par l’absence et l’incertitude.
Le CICR conserve des contacts réguliers avec les groupes armés présents dans la région. “On a toujours des contacts avec les AKG, notamment pour notifier nos mouvements”, confirme Philippe Beauverd. Ces échanges permettent à l’organisation d’accéder à des zones où peu d’autres intervenants peuvent se rendre, maintenant ainsi une présence humanitaire dans les secteurs les plus isolés du Haut-Mbomou.
En reconduisant Moloua, Touadéra valide la stratégie d’asphyxie menée par Sarandji. Pour le « marabout de Carnot », la chute libre hors des cercles du pouvoir est consommée.
Le naufrage définitif du « marabout de Carnot »
La messe est dite pour Évariste Ngamana. Après s’être fait éjecter sans ménagement du bureau de l’Assemblée nationale par un Simplice Mathieu Sarandji magistral d’autorité, l’ancien premier vice-président voit s’effondrer son ultime bouée de sauvetage. Les prédictions flatteuses d’Africa Intelligence, qui l’imaginaient déjà s’installer à la Primature, s’avèrent n’être qu’un mirage de papier.
Sarandji, surnommé le « Vieux Crocodile », a méthodiquement verrouillé l’appareil législatif. Le président réélu a publiquement réglé ses comptes, évoquant des rituels nocturnes, du fétichisme et des tentatives d’elimination physique de la part de son ex-adjoint. En restant simple député, Ngamana entame une descente aux enfers qui rappelle point par point le destin de l’ancien Premier ministre Firmin Ngrebada : une perte totale d’influence après avoir tenté de défier les dinosaures du régime. Même l’accès à la vice-présidence de la République s’annonce désormais hypothétique pour celui que Sarandji qualifie ironiquement de « marabout de Carnot ».
Des centaines de millions investis pour rien
La reconduction de Félix Moloua à son poste du premier ministre ne fait pas qu’achever Ngamana ; elle douche glaciale toute la cour des prétendants qui s’agitaient dans l’ombre. La sentence du conseiller russe Alexandre Ivanov — dont les déclarations préconisaient de « ne pas changer une équipe qui gagne » — est devenue réalité. Le pacte initial entre Touadéra, Sarandji et Moloua reste indéboulonnable.
Derrière les sourires de façade, la soupe est amère pour les prétendants
Sani Yalo : L’ambitieux homme d’affaires, qui aurait misé plus de 200 millions de francs CFA pour forcer le destin et s’installer au gouvernement, se retrouve Gros-Jean comme devant.
Arnaud Djoubaye Abazène : Le ministre de la Justice, qui n’aurait pas hésité à aligner 100 millions pour parier sur un changement d’équipe, voit ses pions balayés.
Obed Namsio : Le puissant directeur de cabinet de la présidence espérait troquer ses fonctions de l’ombre contre la lumière de la Primature. Il devra continuer à gérer les dossiers du palais.
Jean-Jacques Démafouth : Malgré ses services passés, notamment la manipulation des rouages électoraux en 2016 pour le compte de Touadéra, le retour d’ascenseur tant attendu est reporté sine die.
Le régime de Bangui choisit l’immobilité stratégique. Les courtisans ont payé le prix fort pour apprendre qu’on ne bouscule pas l’ordre établi par le triumvirat au pouvoir.
Chez l’UNOPS , prestataire de la Minusca, les contractuels accumulent déjà deux mois de retard de salaire et subissent chaque jour de menace du licenciement
Alors que la cheffe de la MINUSCA Valentine Rugwabiza promettait de protéger l’emploi local suite à la réduction des budgets américains, son prestataire UNOPS accumule les retards de paiement et multiplie les menaces de licenciement pour fin juin 2026.
Le quotidien des travailleurs centrafricains au service de l’UNOPS à Bangui a pris une tournure dramatique ces dernières semaines. Depuis près de deux mois, les salaires ne sont plus versés, plongeant des centaines de foyers dans une incertitude totale.
Les agents contractuels se retrouvent dans l incapacité de payer leurs loyers, d’assurer la scolarité de leurs enfants ou même de subvenir aux besoins alimentaires de base. Cette rupture de paiement survient malgré le versement des fonds par la MINUSCA le 12 mai dernier, l’administration de l’UNOPS justifiant ce délai par des procédures de validation administrative au siège à New York. La promesse d une régularisation entre le 21 et le 24 mai sonne comme un espoir fragile pour des employés à bout de souffle.
Cette crise financière a des conséquences directes sur la dignité et l intégrité des travailleurs. Acculés par la nécessité, certains agents ont été surpris en train de dériver vers des actes de survie désespérés, comme le vol de carburant, ce qui a entraîné leur licenciement immédiat. Cette situation met à nu une gestion humaine défaillante où la faute est rejetée sur l’employé sans considérer la responsabilité de l’employeur dans la création de cette détresse sociale.
Le malaise est renforcé par une politique contractuelle qui semble vouloir effacer toute stabilité. Les agents sont passés de contrats annuels à des contrats de six mois, puis trois mois, pour finir aujourd’hui à des engagements d’un seul mois. Cette précarisation à outrance s accompagne de menaces de licenciements massifs annoncés pour la fin du mois de juin, créant un climat de peur permanente au sein des équipes. La pression est telle que l’administration exige un comportement irréprochable sous peine de ne pas voir le contrat renouvelé le mois suivant.
Ces faits contredisent directement les engagements officiels de Valentine Rugwabiza, cheffe de la MINUSCA. Cette dernière avait affirmé lors de sa conférence de presse que la réduction des budgets américains n impacterait pas les emplois nationaux. Elle préconisait de réduire les effectifs expatriés, dont les salaires sont dix à vingt fois supérieurs à ceux des locaux, pour préserver la main d’œuvre centrafricaine. Pourtant, la réalité sur le terrain montre l inverse : les bases en province ferment, entraînant la suppression des postes de gardiennage et d entretien, tandis que l’UNOPS réduit drastiquement ses effectifs locaux.
Dans un pays où les opportunités d’emploi sont rares et où l’accès à la fonction publique dépend souvent de l’appartenance au parti MCU, le système onusien représentait un dernier rempart contre la pauvreté. En laissant son prestataire agir de la sorte, la MINUSCA faillit à sa mission sociale et fragilise ceux qu elle était censée protéger. La communication de la mission semble aujourd’hui totalement déconnectée de la souffrance des pères et mères de famille centrafricains qui subissent les conséquences de décisio
Chez l’UNOPS , prestataire de la Minusca, les contractuels accumulent déjà deux mois de retard de salaire et subissent chaque jour de menace du licenciement
« Ils nous traitent comme des esclaves ! » La phrase claque comme une gifle. Samantha Olivia Imanga, ex-employée de Mercure Logistique, sort du silence après avoir été jetée dehors pour avoir osé refuser les avances du directeur technique. Son témoignage est une bombe.
Depuis ce refus, les insultes et les humiliations pleuvent sans relâche. Il l’appelait et l’insultait durement. Samantha pleurait sans pouvoir répondre, car il était plus âgé. Tout le personnel savait.
Le 24 mars, elle dénonce au chef du personnel le harcèlement sexuel, la maltraitance et les injures. Promesse d’en parler au PDG. Le 3 avril, c’est le licenciement immédiat : le PDG tranche qu’elle n’est « pas de bonne moralité ».
Samantha brise tout. Elle décrit une entreprise où les Libanais traitent les Centrafricains comme des esclaves sur leur propre sol. On insulte les mères, on crie jusqu’à faire saigner, on licencie sans explication. Le délégué du personnel reste muet. Personne ne bouge.
Elle révèle que dix Camerounais ont déjà débarqué pour remplacer les locaux diplômés, et d’autres arrivent encore. Les Centrafricains font tout le boulot, même celui du directeur technique qui, dit-elle, ne connaît rien à la mécanique.
Samantha appelle toutes les victimes à parler. Elle pose la question qui brûle : est-ce la République centrafricaine ou les Libanais qui commandent ici ?
Ce cri de Samantha glace le sang. Une jeune Centrafricaine qualifiée, humiliée puis virée pour avoir simplement dit non. Les Libanais s’enrichissent pendant que les locaux ploient sous le mépris. Le gouvernement doit choisir : son peuple ou le silence complice.
Entre routes impraticables et manque de médecins : Mboki pleure une jeune fille enceinte et son enfant, morte sur la route lors de son transfert à l’hôpital d’Obo
L’émotion est vive à Mboki après la perte d’une jeune femme enceinte. Sans ambulance ni chirurgien sur place, elle a succombé aux conditions de son transfert pénibles vers l’hôpital d’Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou.
Comme vous le savez, la survie des populations rurales en République centrafricaine dépend souvent de pistes délabrées et de structures sanitaires totalement dépourvues de moyens techniques. En effet, le mercredi 13 mai 2026, l’horreur a saisi les habitants de Mboki lorsqu’une jeune femme de 21 ans, au terme de sa grossesse, a commencé un travail difficile. Dans cette localité pourtant importante du Haut-Mbomou, l’absence de médecin chirurgien capable de pratiquer une césarienne a transformé cet événement naturel en une sentence de mort. Faute d’ambulance et de véhicule adapté, les proches n’ont eu d’autre choix que d’installer la future mère à l’arrière d’un taxi-moto pour rejoindre l’hôpital d’Obo.
Le trajet s’est transformé en un calvaire. Sur une route dont l’état de dégradation oblige à rouler pendant des heures pour franchir de courtes distances, le corps de la jeune femme n’a pas résisté aux secousses et à l’épuisement. Après seulement 30 kilomètres de piste, elle a rendu l’âme. Arrivés à destination, les soignants n’ont pu que constater le décès de la mère et celui de son enfant, un petit garçon qui n’aura jamais vu le jour. L’enfant a été mis en terre immédiatement, suivi par sa mère le jeudi 14 mai, laissant une communauté en deuil et en colère.
Ce drame exprime l’état de ruine d’un système de santé qui abandonne ses citoyens. À Mboki, le manque d’infrastructures de base condamne les malades à l’exode ou à la mort. Pendant que les populations rurales périssent dans le silence, l’État priorise des dépenses colossales pour sa survie politique. Les richesses minières du pays, notamment l’or et le diamant, sont extraites au profit de groupes paramilitaires étrangersrusses
Le budget national semble capté par les exigences de la Russie, qui a imposé la mutation de la milice Wagner en « Africa Corps ». Pour financer ces mercenaires, les autorités versent environ 10 milliards de francs CFA par mois à Poutine, le grand criminel russe.
Cette somme astronomique, injectée dans le maintien de la force au détriment des hôpitaux et des ponts, montre une déconnexion totale entre les dirigeants et les besoins vitaux du peuple. Tant que les lingots d’or serviront à payer Africa Corps plutôt qu’à recruter des chirurgiens et à goudronner les pistes, les femmes de Mboki continueront de mourir sur des motos.
Une tentative de braquage à mains armées menée par deux anciens rebelles du groupe armé 3R a avorté ce jeudi 14 mai, faisant un mort et un blessé parmi les assaillants.
Une double agression sur l’axe Zarami
Les faits se sont déroulés jeudi 14 mai, à 5 kilomètres de la localité de Gallo, située sur l’axe menant à Zarami. Gallo se trouve sur la route de Baboua, à 60 kilomètres de Bouar, le chef-lieu de la préfecture de la Nana-Mambéré. Ce jour là, deux individus armés ont d’abord pris pour cible un éleveur peul. Blessé par balle lors de cette première agression, l’éleveur victime a pu être secouru et évacué vers une structure sanitaire pour y recevoir des soins à Bouar. Après cette première attaque, les deux criminels ont tenté d’intercepter un second groupe de personnes sur le même axe routier.
La riposte des FACA
Cette seconde tentative a échoué lorsque les braqueurs se sont retrouvés face à un groupe des éléments de Forces Armées Centrafricaines (FACA). Les militaires centrafricains ont immédiatement riposté aux tirs des assaillants. Au cours de l’échange, l’un des criminels a été abattu et le second a été blessé. Ce dernier a été capturé puis transféré à l’hôpital de Gallo sous surveillance.
La rédaction du CNC a clairement identifié ces deux hommes comme des ex-rebelles issus du mouvement 3R.
Pour rappel, ce groupe armé a signé un accord de paix avec le gouvernement le 19 février 2025. Cet accord stipule que ses membres doivent intégrer le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) ou retourner à la vie civile. Cependant, certains éléments non encore désarmés continuent de circuler dans la région, commettant des exactions et des vols à main armée contre la population locale.
Quarante-cinq jours après son investiture, Faustin-Archange Touadéra gouverne comme s’il n’avait jamais promis quoi que ce soit au peuple centrafricain. Le redressement annoncé n’est plus qu’un souvenir de discours. À sa place, un régime entièrement tourné vers sa propre conservation, indifférent aux urgences réelles du pays.
Ce que l’on observe depuis le début de ce nouveau mandat n’est pas une rupture avec les pratiques passées. C’est leur continuité assumée. La justice répond aux injonctions du pouvoir. Les institutions de la République servent les intérêts de l’empereur plutôt que ceux des citoyens.
L’affaire Anicet-Georges Dologuélé cristallise cette réalité. Le président de l’URCA, Union pour le Renouveau Centrafricain, ne peut pas voyager, faute de passeport. Ses proches parlent d’apatridie administrative. Dans l’opinion, la lecture est simple : en Centrafrique, un document aussi banal qu’un passeport peut être refusé à un adversaire politique sans que personne au sein de l’État ne juge utile de s’en expliquer.
TOUADÉRA, patron de LA CORRUPTION
Avant même la fin de ces quarante-cinq premiers jours, le dictateur se retrouve personnellement cité dans des affaires qui en disent long sur son régime. Le cas du Km5 a choqué une partie de l’opinion. Lors d’une cérémonie publique, un chèque de cinquante millions de francs CFA lui est remis directement par des mafieux tchadiens.
Cette image a circulé dans un contexte précis : celui d’un quartier où les habitants manquent toujours d’eau, d’électricité, de structures sanitaires et d’écoles dignes de ce nom, dix ans après les violences de 2013. La scène confirme l’écart entre les discours officiels sur la lutte contre la corruption et ce qui se passe réellement.
UN GOUVERNEMENT DONT ON PARLE DÉJÀ AU PASSÉ
La composition complète du nouveau gouvernement se fait toujours attendre. Plusieurs observateurs évoquent déjà un exécutif mort avant d’avoir gouverné. La politique économique n’est plus au cœur des débats. Ce qui occupe le quotidien des Centrafricains, ce sont les urgences sécuritaires, le délabrement des services publics et les tensions institutionnelles.
Le bilan du Premier ministre Félix Moloua reste sévèrement jugé. Sa réputation de travailleur rigoureux n’a pas suffi à effacer ce que retiennent de son passage à la primature : l’échec du RCPCA, les nominations partisanes, le clientélisme dans l’administration, et des élections dont l’organisation a été contestée de toutes parts.
L’ENTOURAGE DE GOUANDJIKA ET L’IMPUNITÉ QUI S’AFFICHE
Parmi les premières affaires ayant pesé sur le début du mandat figure celle des propos attribués à l’entourage de Ionel Gouandjika. Des déclarations insultantes ont circulé sur les réseaux sociaux, provoquant une vague de réactions. Ce qui a aggravé la situation, c’est le silence des autorités. Ce silence valait réponse : les proches du pouvoir peuvent se permettre ce que d’autres ne peuvent pas.
LES “BACS EXCEPTIONNELS” ET LES ENTORSES AU CODE ÉLECTORAL
Le ministre Aurélien Simplice Zingas a signé des baccalauréats dits exceptionnels. L’initiative a suscité des protestations dans les milieux enseignants, qui y voient une dévaluation supplémentaire d’un diplôme déjà fragilisé par des années de dysfonctionnements scolaires.
Mais l’affaire a pris une autre dimension quand l’Autorité Nationale des Élections a validé des candidatures de personnes ne disposant pas du niveau de baccalauréat pourtant exigé par le code électoral. Des partis et des organisations citoyennes ont dénoncé une application sélective des règles, au profit des candidats proches du pouvoir.
L’ÉTAT AU SERVICE DU MCU
L’empereur a multiplié les déplacements dans des localités pour soutenir des candidats aux législatives, régionales et municipales. Fonctions républicaines et intérêts partisans du MCU : la frontière n’existe plus.
La reconduction de Simplice Mathieu Sarandji à la tête de l’Assemblée nationale a renforcé ce constat. Touadéra et Sarandji concentrent progressivement l’ensemble des leviers institutionnels entre les mains d’un même cercle, au détriment du principe de séparation des pouvoirs.
Lim-Pendé et Haut-Mbomou : les populations livrées à elles-même
Pendant que Bangui s’agite, les préfectures continuent de saigner. Dans la Lim-Pendé, des éléments du groupe 3R circulent en armes à Paoua et installent des barrières illégales sur les axes routiers. Les populations civiles y sont régulièrement rackettées sans que les forces de sécurité n’interviennent.
Dans le Haut-Mbomou, des villages entiers vivent dans la peur. Des milliers de personnes ont quitté leurs localités. Le mouvement A Zandé Ani Kpi Gbé exige le retrait des éléments de Wagner de la région, qu’il tient pour responsables de l’aggravation des tensions. Des fonctionnaires de l’État restent retenus en otage dans certaines zones, ce qui dit quelque chose de concret sur l’état du contrôle administratif dans cette partie du territoire. Les organisations humanitaires alertent régulièrement, sans que leur voix semble peser sur les décisions de Bangui.
LA FAMILLE BORGO ET L’AFFAIRE ZÉMIO
L’attaque contre la famille Borgo à Am-Dafock a provoqué une vive émotion. Dans cette zone frontalière déjà sous tension, les populations réclament des enquêtes sérieuses et des réponses que les autorités n’ont pas encore fournies.
À Zémio, l’arrestation d’Antoine Zogonimbou et d’un autre citoyen connu sous le nom de MESAC a provoqué une polémique distincte. Après plusieurs jours de détention dans les locaux de la gendarmerie locale, les deux hommes ont été transférés à Bangui par des éléments liés à Wagner, sans validation judiciaire. Leurs familles dénoncent une violation des procédures et attendent toujours une réponse officielle.
MERCURE LOGISTIQUE ET LES VIOLENCES AU TRAVAIL
La société Mercure Logistique est au cœur de plusieurs affaires qui ont alimenté les débats sur les réseaux sociaux. Samatan Olivia Imanga a dénoncé publiquement du harcèlement et un licenciement qu’elle attribue au directeur technique de l’entreprise. Plus grave encore, des accusations de viol visant un responsable de la même société ont relancé les questions sur les violences faites aux femmes dans les milieux professionnels centrafricains et sur l’impunité dont bénéficient certaines entreprises.
PRESSE ET OPPOSITION SOUS PRESSION
Des journalistes de Radio Centrafrique ont été sanctionnés après avoir évoqué les coupures récurrentes d’électricité à Bangui. Le journaliste Rolf Steve Domia-Leu et le porte-parole de l’URCA ont été interpellés à la suite d’une conférence de presse organisée par Dologuélé. Ces affaires s’ajoutent à une liste qui s’allonge.
LES RÉFUGIÉS DE ZAPAY OUBLIÉS
Sur le site de Zapay, en République démocratique du Congo, des réfugiés centrafricains ayant fui les violences du Haut-Mbomou survivent dans des conditions qui inquiètent les humanitaires. Certaines organisations ont commencé à se retirer de la zone, laissant des milliers de personnes face aux maladies, au manque de nourriture et à l’absence de soins. Le risque épidémique est réel. Bangui n’en parle pas.
Par le journaliste Roméo Silvère Doubalet, La voix des sans voix.
Depuis plusieurs mois, la sous-préfecture de Nana-Bakassa, y compris celle de Bossangoa, incluant les localités de Kouki et Markounda, subit une recrudescence de violences commises par les ex-rebelles de l’UPC et du MPC, malgré les accords de paix signés avec le soi-disant gouvernement.
En effet, le 15 mai dernier, aux environs de 11 heures, une attaque ciblée à perturber le village de Bozélé sur l’axe Bossangoa – Nana-Bakassa.
Initialement signalée dans le village de Bozélé (situé à 20 km de Bossangoa), l’incursion s’étend jusqu’à la localité de Bowaye, située à 70 kilomètres de Bossangoa. C’est dans ce secteur que des individus armés non identifiés ont intercepté deux civils en provenance de Kouki. Les victimes ont été abattues avant que leurs assaillants ne s’emparent de leur motocyclette.
Une équipe d’une organisation non gouvernementale (ONG) arrivant sur les lieux a été contrainte par les criminels de charger les dépouilles pour les transporter vers Bossangoa.
Selon les recoupements d’informations effectués par la rédaction du CNC, les auteurs de ce crime appartiennent aux ex-éléments de l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC). Bien que signataires des accords de paix, ces combattants se sont reconvertis sur le terrain. Intégrés comme supplétifs locaux au sein de la milice pro-russe Wagner, ces ex-rebelles de l’UPC et du MPC effectuent désormais les basses œuvres sécuritaires et prédatrices des russes dans la région.
Ce nouvel incident rappelle le ciblage récurrent des populations locales par les russes du groupe Wagner et leurs supplétifs noirs. À Bowaye, ces mêmes éléments ont par le passé incendié le village, détruit les habitations et causé le déplacement de près de 10 000 personnes, nécessitant l’intervention d’urgence du CICR et d’autres humanitaires. Les forces russes et leurs nouveaux supplétifs y maintiennent une pression constante, marquée par des exactions, des agressions publiques et des arrestations arbitraires.
Officiellement, les détachements des Forces Armées Centrafricaines (FACA) se mobilisent pour se rendre sur les lieux afin de récupérer les corps, et le risque d’une nouvelle opération militaire reste envisagé. Toutefois, la complicité opérationnelle entre les mercenaires russes et ces “russes noirs” paralyse toute neutralisation réelle, les forces régulières sachant pertinemment à qui elles ont affaire. Sous le silence des autorités, les villageois restent livrés à cette insécurité quotidienne.
Bamingui-Bangoran : après l’accrochage des écogardes avec un groupe des hommes armés, les mercenaires russes arrêtent un civil à Kpata, près de Krakouma
Cinq jours après les combats entre les pisteurs de l’ONG WCS et des hommes armés non identifiés, les forces russes d’Africa Corps ont investi la zone et arrêté un villageois.
L’intervention d’Africa Corps
Les suites de l’affrontement du 10 mai dernier à Zamza, situé à 130 kilomètres de Ndele, prennent une tournure inquiétante pour les habitants de la localité de Krakouma. Lors de l’accrochage du 10 mai dernier, l’équipe de la Wildlife Conservation Society (WCS) avait neutralisé deux assaillants non identifiés et saisi du matériel militaire avant de se replier vers Ndele, comme l’avait indiqué la rédaction du CNC.
Cinq jours plus tard, le vendredi 15 mai, les hommes du groupe russe Wagner, opérant désormais sous le nom d’Africa Corps, se sont déployés dans ce même secteur, vers Kpata. Les mercenaires russes ont procédé à l’arrestation d’un jeune habitant de ce village. Les forces russes accusent formellement ce civil d’appartenir au groupe d’assaillants qui avait attaqué la patrouille forestière quelques jours plus tôt.
Les témoignages recueillis dans cette localité concordent sur le fait que les éléments du groupe armé impliqués dans le premier incident avec les pisteurs avaient déjà quitté la région depuis longtemps. La population locale souligne que le jeune détenu est un habitants de Kpata et n’a aucun lien avec les assaillants. Les hommes d’Africa Corps ont néanmoins transféré le suspect à Ndele, où il se trouve actuellement aux mains de la gendarmerie locale.
Centrafrique : la guerre de communication fait rage au sein du MPC. Le clan Djido Ali, ancien chef d’État-major, dément la présence d’Ahmat Chaltout, le nouveau chef d’État-major, à Markounda
La guerre de communication fait rage au sein du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC). Quelques jours seulement après la diffusion d’un communiqué signé par le nouveau chef d’état-major, le général de division Ahmat Chaltout, le camp des officiers frondeurs réagit avec vigueur.
Le général Kader Hassan, coordinateur militaire aligné sur le chef d’état-major déchu Djido Ali, a tenu à démentir les affirmations de la nouvelle hiérarchie nommée par Mahamat Alkhatim le 6 mai 2026. Selon lui, Ahmat Chaltout ne se trouve pas à Markounda et n’y dispose d’aucune force armée.
L’or et diamant de l’Ouham au centre de la discorde
Derrière ces querelles de légitimité se dessine une lutte acharnée pour la mainmise sur les ressources minières. Le clan de Djido Ali, soutenu par une dizaine d’officiers généraux, refuse de quitter ses positions dans la préfecture de l’Ouham.
En verrouillant les sites de production d’or et de diamants, les dissidents ont coupé les financements destinés au commandement central basé à Ndjamena. Cette rupture financière affaiblit directement l’autorité de Mahamat Alkhatim sur ses troupes.
Une implosion évitée par l’UPC
La tension entre les deux factions a failli provoquer un carnage ce mercredi 13 mai. Les unités fidèles à Djido Ali ont encerclé la base du commandement de Markounda, menaçant de désarmer par la force les partisans du nouveau chef d’état-major.
Le pire a été évité grâce à l’interposition d’Ali Darassa et de ses hommes de l’UPC. Ces derniers ont imposé un cessez-le-feu temporaire, menaçant de neutraliser quiconque ouvrirait le feu. Si les deux camps ont entamé un repli tactique, la méfiance reste totale et les combattants demeurent sur le qui-vive.
Le MPC apparaît désormais scindé en deux blocs irréconciliables, transformant ce mouvement autrefois uni en une nébuleuse de factions se disputant les revenus des chantiers miniers.
La concentration des principales institutions républicaines entre les mains d’un même parti politique favorise t-elle la stabilité politique ou compromet-elle l’équilibre des pouvoirs ?
Le cirque électoral qui a abouti à l’avènement de la septième République a connu son épilogue d’une manière inattendue et désintéressée.
En effet, après le président de la République, le président de l’assemblée nationale a été reconduit dans ses fonctions par acclamations et après de multiples tergiversations, le premier ministre démissionnaire est à son tour sans surprise reconduit pour former un nouveau gouvernement.
Défiant les séries de pronostics, l’opinion publique nationale s’est rendue à l’évidence qu’en attendant la formation de nouvelle équipe gouvernementale, rien n’a changé au niveau des trois pôles de pouvoir c’est-à-dire la présidence de la République, la primature et la présidence de l’assemblée nationale.
Ce statuquo au sommet de l’État pose substantiellement la problématique de la concentration de pouvoirs entre les mains d’une seule personne vecteur du culte de personnalité voire d’autoritarisme et celle de l’affaiblissement de l’équilibre démocratique.
Celaapparaîtévident que les centrafricains vont vivre le prolongement ou la continuité de l’État dans la médiocrité à l’instar des deux précédents mandats avec son cortège de malheurs car le président de la République en panne cruelle de visions et d’initiatives novatrices est incapable d’impulser une dynamique linéaire pour relancer le pays et donner une légitimité substantielle à la septième République tant vantée.
Il faut noter que la République centrafricaine est désormais un État failli, un État étouffé c’est-à-dire sous la perfusion de la communauté internationale où les institutions internationales financières de Brettonwood ont réduit leur financement aux strictes urgences humanitaires.
La caporalisation des institutions républicaines, le clientelisme, la corruption, le rétrécissement de l’espace politique, civique et médiatique ainsi que l’isolement diplomatique concourent au déclin d’un régime mafieux qui troque sa souveraineté à son fauteuil présidentiel.
Fort des incohérences relevées dans le discours d’investiture et les actes politiques posés, le citoyen lambda lassé de mensonges et d’illusions s’interroge :
1- La septième République tant attendue n’est-elle qu’une question de sémantique ou de concept ?
2- En d’autres termes, qu’est-ce qui a véritablement changé entre le sixième et la septième République si ce n’est qu’un jeu d’écriture ?
3- Le contrôle des trois pôles de pouvoir par un même parti politique avec une assemblée nationale monocolore c’est à dire sans opposition ni de groupes parlementaires permet-il une meilleure efficacité gouvernementale ou favorise t-il la désintégration de l’État de droit et de la notion de séparation de pouvoirs ?
4- Sans langue de bois, qu’est-ce que le peuple peut attendre de ce trio d’enseignants d’universités vendeurs d’illusions, qui ont montré leurs limites en violant leur propre constitution ?
En tout état de cause cette septième République n’a pas vocation à changer le quotidien des centrafricains et s’inscrit dans une trajectoire géométrique dangereuse qui augmente le risque de dérives graves pour l’avenir de notre société.
En attendant la mise en place du nouveau gouvernement qui sauf surprise s’inscrira dans la logique de l’immobilisme et du “déjà vu”, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signalent que l’épisode calamiteux de l’affreuse statue du président de la République associé au chapitre du gâteau d’anniversaire penché qui viole le code d’élégance et d’esthétique sont des signes avant-coureurs de déclin, de fin de règne, et de l’effondrement d’un régime construit sur de mensonges et de manipulations.
Monsieur le président, n’attendez pas que la huée populaire et la clameur de la rue vous poursuivent pour comprendre que le moment de libérer le fauteuil présidentiel est arrivé.
Alors, en conséquence de ce qui précède, il apparaît judicieux et dès maintenant de démissionner avec honneur Monsieur le Président pour ouvrir la voie à une transition politique consensuelle afin de donner une chance à la nation de se reconstruire non sur des ruines mais sur de bases saines Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande même avec insistance, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Élu démocratiquement en 2016, Faustin-Archange Touadéra s’est maintenu au pouvoir après un scrutin contesté en 2020. Depuis, révision constitutionnelle taillée sur mesure, arrestations systématiques d’opposants, justice aux ordres et verrouillage de l’espace politique dessinent le portrait d’un régime autoritaire. Firmin Sylla, ancien commissaire de police qui a servi sous plusieurs gouvernements, témoigne de cette dérive.
CNC : Monsieur Firmin Sylla, vous avez longtemps servi dans la police nationale centrafricaine. De l’intérieur du système, à quel moment avez-vous senti que quelque chose basculait ?
Firmin Sylla : Le vrai tournant, c’est 2020. Avant, il y avait encore une forme de respect des institutions, même imparfait. Après sa réélection contestée, Touadéra s’est senti intouchable. Les règles du jeu ont changé. La Constitution est devenue un morceau de papier qu’on réécrit à sa convenance. Les institutions qui devaient contrebalancer le pouvoir, la justice, le parlement, les forces de sécurité, sont devenues des instruments au service d’un seul homme.
CNC : Vous parlez de la révision constitutionnelle de 2023…
Firmin Sylla : Exactement. Cette révision lui permet de se représenter autant de fois qu’il le souhaite. C’est la signature classique des dictatures africaines : on arrive démocratiquement, puis on modifie les règles pour ne plus jamais partir. Compaoré au Burkina, Condé en Guinée, Gnassingbé au Togo… Le scénario est toujours le même. Et quand le peuple refuse, on le fait taire.
CNC : Le régime justifie souvent ses décisions par des impératifs de sécurité nationale. La menace des groupes armés ne légitime-t-elle pas certaines mesures d’exception ?
Firmin Sylla : Écoutez, personne ne nie les défis sécuritaires de notre pays. Nous sortons de années de guerre civile, les groupes armés contrôlent encore des portions du territoire. Mais là, on ne parle pas de combattre des rebelles. On parle d’arrêter des opposants politiques, d’empêcher un ancien Premier ministre de prendre l’avion, de déchirer des affiches électorales en pleine campagne. Quel rapport avec la sécurité ? La sécurité nationale ne peut pas servir de paravent pour étouffer toute voix dissidente. Quand elle devient un prétexte pour faire taire l’opposition légitime, ce n’est plus de la sécurité, c’est de la répression politique.
CNC : Parlons justement de ces élections du 28 décembre dernier, boycottées massivement par l’opposition. Que révèle ce boycott ?
Firmin Sylla : Il confirme que personne ne croit plus au processus. Et pour cause : comment organiser une élection crédible quand des candidats de l’opposition croupissent en prison, quand d’autres sont empêchés de faire campagne, quand la justice est verrouillée, quand l’administration est partisane ? Une élection, ce n’est pas juste mettre des bulletins dans une urne. C’est garantir l’égalité des chances, la liberté de campagne, la neutralité des institutions. Rien de tout ça n’existait. Le scrutin était joué d’avance, alors l’opposition a refusé de cautionner cette parodie.
CNC : Vous évoquez des opposants emprisonnés comme Désiré Dominique ERENON, Regis Lionel Dounda. Vous pensez à quoi au juste ?
Firmin Sylla : Laisssant de côté le cas du Dr Dominique Désiré ERENON qui est plus grave. Mais prenez seulement le cas de Régis Lionel Dounda. Ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, cadre du MLPC, l’un des principaux partis d’opposition. Arrêté, jugé, condamné à dix ans de travaux forcés en 2022. Mais ce n’est pas tout : son droit d’appel lui a été refusé. Le ministre de la Justice a tout simplement bloqué la procédure. Vous imaginez ? Dans quel pays démocratique empêche-t-on un condamné de faire appel ? C’est un principe élémentaire du droit. Là, on l’enferme et on jette la clé. Le message est clair : on te retire du jeu politique, définitivement.
CNC : Il y a aussi cette affaire de Nourd Gregaza qui soulève beaucoup de questions…
Firmin Sylla : Nourd Gregaza, c’est un cas encore plus inquiétant. Opposant notoire, il a été arrêté et placé à l’Office central pour la répression du banditisme, l’OCRB. C’est un centre ultra-sécurisé, gardé jour et nuit. Le 14 décembre, les autorités annoncent qu’il s’est “évadé”. Évadé de l’OCRB ! Ceux qui connaissent ce lieu savent que c’est impossible. Personne n’y croit. Et là, ça devient glaçant : dans les jours qui suivent, on arrête des membres de sa famille. Sa petite sœur, qui est elle-même policière. Une autre sœur a été embarquée par des éléments russes, du groupe Wagner, vers une destination inconnue. Jusqu’à présent, aucune nouvelle, aucune explication officielle.
CNC : Arrêter les proches d’un suspect, c’est légal ?
Firmin Sylla : Non. Le droit pénal repose sur un principe fondamental : la responsabilité pénale personnelle. On ne punit que celui qui a commis l’infraction. Arrêter la famille d’un opposant, ce n’est pas de la justice, c’est de la pression, de l’intimidation. C’est faire régner la peur. On envoie un message : si tu t’opposes, ce n’est pas que toi qui paieras, c’est toute ta famille. C’est la méthode des régimes totalitaires.
CNC : Sur le terrain, pendant la campagne électorale, qu’avez-vous observé ?
Firmin Sylla : La campagne a été un théâtre d’injustice permanent. Les affiches des candidats de l’opposition ont été systématiquement arrachées. À Berbérati, ce sont les forces de sécurité elles-mêmes qui ont retiré les affiches de l’ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuelé. À Bangui, celles d’Henri-Marie Dondra, également ancien Premier ministre, ont été lacérées. Ce ne sont pas des incidents rare, c’était une stratégie.
CNC : Il y a eu aussi des interdictions de meetings, non ?
Firmin Sylla : Oui, et là, le deux poids deux mesures est clair. Le mardi 23 décembre, Anicet-Georges Dologuelé, ancien Premier ministre veut tenir un meeting à Bouar. Les forces de sécurité l’en empêchent. Le lendemain — le lendemain ! — Touadéra débarque dans la même ville et organise son propre meeting, sans aucun problème. Vous voyez le tableau ? Pour certains, tout est interdit. Pour le chef de l’État, tout est permis. L’espace politique est complètement verrouillé.
CNC : Et l’affaire Dondra à l’aéroport, le 23 décembre ?
Firmin Sylla : Henri-Marie Dondra devait se rendre en province pour sa campagne. Il avait même affrété un avion privé, tout payé. Il arrive à l’aéroport de Bangui, et là, on lui refuse l’embarquement. Aucune explication, aucun papier officiel, aucune décision de justice. Juste un refus net. On l’empêche physiquement de faire campagne. Comment voulez-vous appeler ça autrement que du sabotage électoral ?
CNC : À ce stade, pourquoi utilisez-vous le mot “dictateur” pour qualifier Touadéra ?
Firmin Sylla : Parce que les faits parlent d’eux-mêmes. Révision constitutionnelle pour s’accrocher au pouvoir indéfiniment. Opposition muselée, emprisonnée, empêchée de faire campagne. Justice instrumentalisée qui condamne sans droit d’appel. Forces de sécurité utilisées pour faire taire les adversaires politiques. Élections vidées de leur substance. Tout ça, ce ne sont pas des dysfonctionnements, c’est un système. Un système où un seul homme décide de tout, contrôle tout, étouffe toute contestation. C’est la définition même d’une dictature. Le titre de “président” peut être légal sur le papier. Mais la manière dont il gouverne, elle, relève du pouvoir absolu.
CNC : Pourtant, les partenaires internationaux continuent de le traiter comme un président légitime…
Firmin Sylla : C’est vrai. Et c’est révélateur de leurs priorités. Les États étrangers, les organisations internationales privilégient leurs intérêts stratégiques et une apparence de stabilité. Ils préfèrent fermer les yeux sur les dérives autoritaires plutôt que de secouer le bateau. Mais leur silence diplomatique ne change rien à la réalité que vivent les Centrafricains chaque jour. Appeler un chat un chat ne dépend pas des calculs géopolitiques.
CNC : Vous craignez des représailles pour avoir parlé aussi librement ?
Firmin Sylla : Bien sûr. Mais le silence tue aussi. Quand on laisse passer les abus sans les nommer, on devient complice. Il faut que les gens sachent. Que la communauté internationale comprenne. Que les Centrafricains réalisent qu’ils ne sont pas fous, que ce qu’ils vivent n’est pas normal. Appeler les choses par leur nom, c’est une responsabilité.
CNC : Un dernier mot ?
Firmin Sylla : Oui. À tous ceux qui doutent encore, je dis : regardez les faits. Pas les discours, pas les promesses. Les faits. Quand un pouvoir ne tolère plus aucune contradiction, quand il gouverne par la peur et l’arbitraire, quand la loi ne protège plus personne, il faut avoir le courage de le dire : nous vivons sous une dictature. Et la première étape pour en sortir, c’est d’arrêter de se mentir.
CNC : Merci Monsieur Firmin Sylla d’avoir accepté de répondre à nos questions.
Firmin Sylla : Merci à vous de donner la parole à ceux qui n’en ont plus.
Lors de sa rencontre avec les médias ce mercredi 6 mai 2026, Anicet Georges Dologuélé a brisé un long silence pour dénoncer le harcèlement dont il est l’objet.
Anicet-Georges Dologuelé, président de l’URCA, ancien candidat à la dernière présidentielle du 28 décembre 2025, fustige lors de son point de presse une dérive où l’ambition politique est désormais punie comme un crime personnel par le sommet de l’État.
La réalité politique actuelle montre clairement aux yeux du monde une hostilité du chef de l’État envers Anicet Georges Dologuélé. L’ancien Premier ministre explique que sa volonté de briguer la magistrature suprême est reçue par le pouvoir comme une agression privée.
Le régime déploie une animosité visible en ignorant les décisions de justice qui confirment l’appartenance nationale de l’opposant. Cette attitude transforme la compétition électorale en une poursuite ciblée où Anicet Georges Dologuélé devient une cible à écarter par tous les moyens.
Les ressources de l’État servent à financer des campagnes de dénigrement jusqu’à Bocaranga, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé, pour étouffer la voix du leader de l’URCA.
Anicet Georges Dologuélé souligne que servir son pays au plus haut niveau est un droit fondamental que le clan actuel tente de transformer en acte de trahison. Cette gestion montre un refus de la pluralité et un acharnement contre un homme dont le seul acte est d’avoir suivi les règles démocratiques. Le mépris affiché par la présidence brise les promesses de neutralité faites lors de l’investiture.
En agissant ainsi, le chef de l’État privilégie la vengeance sur l’intérêt général. La traque administrative et le blocage des pièces d’identité sont les outils de cette pression permanente exercée contre Anicet Georges Dologuélé.
Cette situation confirme la volonté de briser toute opposition par l’intimidation. Le leader de l’URCA rappelle que les responsabilités politiques ont une fin et que l’arbitraire fragilise la nation entière.
Anicet Georges Dologuélé maintient sa position de défenseur des lois malgré les humiliations répétées imposées par les autorités.
Pour la Journée des victimes de torture en Centrafrique, dénoncer les bourreaux est un suicide face à l’empire criminel de Wagner et des forces de l’ordre
photo de torture d’un centrafricain par les mercenaires russes du groupe Wagner
En Centrafrique, dénoncer les tortures de Wagner, des FACA et du commandant Yarkokpa est un acte suicidaire. Les victimes, muselées par l’impunité, crient dans le vide.
En République centrafricaine (RCA), dénoncer la torture équivaut à signer son arrêt de mort. Les mercenaires russes de Wagner, les Forces armées centrafricaines (FACA), et les gendarmes, y compris la garde présidentielle, sous l’égide de figures comme le commandant Môn Gervais Simplice Yarkokpa, sèment la terreur à Bangui et dans les villes de provinces. Ils pillent, torturent et tuent, affichant leurs exactions sur les réseaux sociaux comme des trophées macabres. Le gouvernement, loin de punir, rejette les preuves comme des « montages » et accuse les victimes d’être des « ennemis de la Centrafrique ». Dans ce climat de peur, où la justice est un mythe, dénoncer les abus expose à la prison, à l’exil, ou pire, à la mort.
Le policier Ouadole Freddy , transféré à la prison de Ngaragba
Bangui : Yarkokpa, un voyou en uniforme
À Bangui, le commandant Yarkokpa, officier de la garde présidentielle, dirige un empire criminel avec une arrogance glaçante. En début d’année 2025, il a violemment agressé le policier Ouadole Freddy, menotté et battu à coups de machette à l’aéroport de Bangui-Mpoko pour avoir dénoncé ses trafics de drogue. En août 2023, il a fait arrêter sans preuve les soldats Dongomalé Dieubeni, alias Fort Papy, et Selekoy Tanguy, accusés de vente d’armes, avant d’instrumenter leur radiation grâce à ses liens avec le ministre de la Défense, Claude Rameau Bireau. Plus récemment, Yarkokpa a ciblé Jefté Ngaïndiro, un jeune du quartier Combattant. Accusé à tort d’avoir volé 9 millions de FCFA, Jefté a été enlevé, torturé et dépouillé de sa moto neuve et de 150 000 FCFA. Relâché sans recours, il incarne le sort des victimes broyées par un système où l’uniforme est un bouclier pour la criminalité.
Zémio : Une chasse aux témoins
L’enseignant Tisso René, également premier adjoint au maire de Zemio, enlevé par les mercenaires russes à Zemio
À Zémio, dans le Haut-Mbomou, la répression est tout aussi violente. Tisso René, conseiller municipal et professeur d’histoire-géographie, a été enlevé le 15 mai 2025 par des gendarmes et des FACA, puis remis aux mercenaires Wagner. Depuis, il a disparu, probablement victime d’une exécution extrajudiciaire. Lorsque son fils, basé à Bangui, a dénoncé l’enlèvement sur Radio Ndékè Luka, les gendarmes ont traqué Narcisse, dit Nara, commerçant témoin de l’arrestation. Nara, averti, s’est enfui dans la brousse. Mais le 22 mai 2025, un autre fils, Tisso Grâce, revenu de RDC, a été capturé par les gendarmes. Accusé à tort d’avoir parlé à la radio, il a été torturé « presque à mort » et lutte pour survivre. Cette chasse aux témoins vise à étouffer la vérité sur la disparition de Tisso René, figure respectée de Zémio.
Une justice paralysée, un gouvernement complice
Les victimes, qu’il s’agisse de Jefté Ngaïndiro, Ouadole Freddy, ou Tisso Grâce, n’ont aucun recours. Au tribunal de Bangui, des milliers de plaintes contre Wagner et les FACA s’entassent, sans suite. Un greffier, face aux nouvelles plaintes, confesse : « On ne peut pas traiter ça. Ce sont des dossiers classés confidentiels ». Cette phrase cruelle résume l’absurde réalité : le gouvernement protège les bourreaux qu’il a invités. Les vidéos de tortures, comme celle publiée par Wagner le 25 février 2025 à Ippy, montrant un jeune Centrafricain battu dans une maison délabrée, sont qualifiées de « montages » par les autorités. En 2024, Wagner a même décapité deux Centrafricains, filmant leurs corps mutilés, sans que Bangui ne réagisse.
Yarkokpa : L’architecte de la terreur
Yarkokpa n’est pas un simple tortionnaire : il est le cerveau d’un réseau criminel. Ancien milicien anti-balaka, il prospère grâce à ses liens avec le ministre de la Défense et le président. Intégré à la formation d’officiers de la gendarmerie malgré son incapacité à écrire son nom, il contrôle des trafics de drogue (tramadol depuis Zongo), d’alcool frelaté, et de faux billets. En juin 2024, il a dérobé 800 millions de FCFA en or et diamants à deux négociants franco-algériens, Samir Antonio Osmani et Haçade Bensalem, lors d’une perquisition frauduleuse. Ses victimes, comme l’adjudant Kparambéti (Ozaguin), emprisonné pour avoir dénoncé ses trafics, n’ont aucune chance face à son impunité.
Un peuple réduit au silence
Dénoncer la torture en RCA est un acte de courage insensé. Wagner, les FACA, et Yarkokpa règnent en seigneurs, protégés par un gouvernement qui nie leurs crimes. Les victimes – Tisso René, Tisso Grâce, Jefté Ngaïndiro, Ouadole Freddy – sont abandonnées, leurs cris étouffés par la peur et l’indifférence. Dans ce pays où la justice est un mirage, une question résonne : qui parlera pour les suppliciés ? Pour l’instant, personne.
Jules Njawé s’enfonce dans le déni : “Touadéra ne paye jamais les Russes”… mais oublie les 400 millions de francs CFA versés par semaine, les milliards extraits des mines centrafricaines ! »
Après l’info exclusive de Corbeau News sur la facture salée de 900 milliards réclamée par Wagner avant départ, le conseiller camerounais de Touadéra sort du bois… pour mieux noyer le poisson.
Le 20 mars 2026, Jules Njawé, ce Camerounais promu ministre conseiller par Faustin-Archange Touadéra, a tenu une conférence de presse pathétique à Bangui. Objectif affiché : démentir les rumeurs selon lesquelles Wagner exigerait 900 milliards de FCFA à l’État centrafricain avant de plier bagage. Résultat ? Un tissu de mensonges grossiers et d’accusations paranoïaques contre la France, les « oreilles blanches » et un complot occidental imaginaire pour « troubler le pays ».
Rappel du contexte
Notre article du 11 mars a révélé, sources vérifiées, que les mercenaires russes, furieux face à la transition vers Africa Corps, posent un ultimatum financier massif à Touadéra. L’info a fait le tour des réseaux et presses africaines/internationales.
Pour tenter de faire noyer les poissons déjà morts, Wagner a envoyé ses tintin à la radio pour véhiculer ses propagandes : monsieur Jules Njawé. Ce dernier répète en boucle : « Pas un sou de la caisse de l’État », « ce n’est pas une question d’argent », « aide gratuite de la Russie ». Pathétique quand on sait que Wagner s’est gavé sur l’or et les diamants de Ndassima et ailleurs depuis 2018 (estimations : plusieurs milliards par an). Africa Corps ? Des concessions minières en échange, en plus, 10 milliards de francs CFA en espèce à Poutine comme toujours.
Ce tintin camerounais accuse la France de propager des mensonges pour inciter à des manifestations. Mais qui trouble vraiment le pays ? Un régime qui signe avec Poutine des deals opaques engageant potentiellement 10 milliards mensuels pour des « instructeurs », puis se retrouve coincé sans cash pour payer la note finale de Wagner ?
Ironie : Njawé parle d’aide « désintéressée » dans un monde capitaliste où rien n’est gratuit. Le Rwanda prend des minerais pour son aide, Wagner a vidé les sous-sols centrafricains. Touadéra, pris à la gorge financièrement, envoie son porte-voix camoufler la réalité : dettes accumulées, économie pillée, population qui souffre pendant que les Russes s’enrichissent.
En réalité, cette conférence n’a pas démenti grand-chose : elle a confirmé le malaise. Touadéra et sa clique mafieuse sont coincés entre une Russie qui veut du cash et une population qui en a assez d’être saignée.
Le ministre du Commerce, Patrick Akoloza, a encore frappé. Lors d’une réunion avec les opérateurs économiques et les bouchers de Bangui le 9 avril, il a choisi de donner des leçons d’hygiène et de conservation de la viande, comme si les acteurs du secteur étaient les seuls responsables de la dégradation des conditions sanitaires dans la capitale.
L’hypocrisie d’un ministre qui ignore les causes profondes
Dans son discours spectaculaire, le ministre Patrice Akoloza s’indigne contre la “viande pourrie” et exige des bouchers qu’ils améliorent la conservation. Mais comment peut-il oser tenir un tel propos alors que l’ENERCA (Énergie Centrafricaine) plonge Bangui dans le noir plusieurs heures par jour, voir toute la journée ? Les bouchers, déjà asphyxiés par la crise économique, sont contraints d’utiliser des groupes électrogènes pour maintenir leurs chambres froides en état de marche. Ces groupes coûtent cher en carburant, réduisent leurs marges et, surtout, ne garantissent pas une conservation optimale.
Mais Où sont les investissements de l’État dans les infrastructures énergétiques ? Pourquoi le ministre ne s’attaque-t-il pas à la racine du problème, à savoir, l’incapacité de l’ENERCA à fournir un courant stable, au lieu de faire porter le chapeau aux bouchers ?
La corruption , encore la corruption
Akoloza parle de “contrôles sérieux” et de “normes d’hygiène”. Mais qui croit encore à la rigueur des inspections en Centrafrique ? Les commerçants, qu’ils soient bouchers, boulangers ou gérants de supermarchés, savent pertinemment que les contrôles sanitaires sont souvent monnayables. Les agents de la mairie ou du ministère ferment les yeux contre quelques billets, et les “amendes” se transforment en “négociations” informelles.
Preuves à l’appui : En 2023, un rapport de la Banque Mondiale soulignait que la corruption dans les services publics centrafricains coûterait près de 24% du PIB national. Où est la volonté politique pour briser ce cercle vicieux ? Pourquoi Akoloza ne propose-t-il pas un plan de lutte contre la corruption dans les services d’inspection, au lieu de se contenter de discours moralisateurs ?
L’illumination des devantures : Une priorité de pire folie dans une ville à l’agonie
Le ministre a également demandé aux commerçants d’”illuminer les devantures de leur commerce pour embellir la ville”. Une requête qui frise l’absurde quand on sait que plus de 90% des quartiers de Bangui n’ont pas accès à un éclairage public fonctionnel. Les rues sont plongées dans l’obscurité dès la tombée de la nuit, exposant les citoyens à l’insécurité et aux accidents.
Ironie tragique : Akoloza préfère s’attaquer à l’esthétique des vitrines plutôt qu’à l’urgence de la sécurité publique ou à la réhabilitation des réseaux électriques. Est-ce là la vision d’un ministre du Commerce ? Ou simplement celle d’un technocrate déconnecté, qui confond embellissement et développement ?
Les bouchers, les boulangers et les commerçants de Bangui ne demandent pas des leçons de morale. Ils réclament :
– Un accès stable à l’électricité pour conserver leurs produits.
– Des infrastructures adaptées (abattoirs modernes, chambres froides publiques).
– Une lutte réelle contre la corruption dans les services de contrôle.
– Un soutien financier pour s’équiper de matériel conforme aux normes.
Au lieu de cela, Akoloza leur sert un discours pré-mâché, lu avec la froideur d’un fonctionnaire indifférent. Où est l’écoute ? Où est la concertation ? Le ministre semble oublier que ces acteurs sont les piliers d’une économie informelle qui fait vivre des milliers de familles.
L’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale, Évariste Ngamana, a subi une débâcle historique face à Simplice Mathieu Sarandji. Pourtant, une lueur d’espoir surgit via le journal Africa Intelligence.
Le verrouillage est désormais total au palais du peuple. Après avoir été balayé lors de la mise en place du nouveau bureau ce lundi 11 mai, Évariste Ngamana se retrouve aujourd’hui réduit au rang de simple député, bredouille et humilié par la stratégie du « Vieux Crocodile » Simplice Mathieu Sarandji. Cependant, pour tenter de lui redonner du courage, le magazine Africa Intelligence avance que le président Touadéra lui aurait proposé le poste de Premier ministre en remplacement de Félix Moloua.
Cette perspective de voir Ngamana à la Primature paraît totalement surréaliste au regard de son profil. Pour beaucoup, confier un tel poste à un homme traînant des casseroles de faux diplômes et un manque réel de compétences est une aberration. C’est comme si l’on demandait à un mécanicien de quartier Combattant de devenir subitement le patron de géants technologiques mondial comme Apple ou Google ; c’est un projet tout simplement impossible à réaliser. Mais avec Touadéra, le faussaire des faussaires, tout est possible. Mais n’oublie pa’à ce poste, il y’a des gens qui attendent jalousement de remplacer Félix Moloua, à l’image de Sani Yalo, Abazène, Sylvie Baïpou, Obède Namsio, Démafouth et bien d’autres.
De plus, une nomination à la Primature ne ferait qu’amplifier la guerre ouverte avec Simplice Mathieu Sarandji. Ce dernier est toujours dans une colère vive contre Ngamana, qu’il accuse ouvertement d’avoir tenté de lui ôter la vie. Sarandji ne supporterait pas de voir son rival diriger le gouvernement et venir débattre face à lui à l’Assemblée. Dans ce contexte, la seule option « sécurisée » pour le pouvoir serait de le parquer à la vice-présidence de la République, un poste honorifique pour surveiller ce « sorcier » ambitieux.
À près de 60 ans, celui que certains présentent encore comme un « jeune » est en réalité un loup politique aux ambitions démesurées. En constatant les faits, le président Touadéra semble hésiter à prendre le risque de placer un homme aussi imprévisible à une fonction aussi stratégique, de peur qu’il n’utilise ses pions pour le remplacer prématurément. En attendant, cette chute vertigineuse laisse Évariste Ngamana dans une position de faiblesse inédite, où ses rêves de Primature ressemblent plus à un mirage qu’à une réalité politique crédible.
Lors de sa prestation au palais le 8 mai, le dictateur a franchi une étape supplémentaire dans le contrôle des esprits. Devant un parterre de communicateurs dociles, l’empereur de Bangui a ouvertement sollicité leur concours pour surveiller le territoire.
Le ton employé durant cet échange ne laissait aucune place à l’ambiguïté. Le dictateur exige désormais que les professionnels des médias agissent comme des relais de sa propre police politique. Selon l’empereur, la mission d’informer doit s’effacer au profit d’une collaboration active avec les services de sécurité. Cette injonction transforme chaque micro et chaque plume en un outil de délation au service exclusif de sa survie personnelle.
L’empereur de Bangui a justifié cette dérive en affirmant que les groupes armés écoutent les ondes et lisent les journaux. Pour le dictateur, la presse ne doit plus rapporter les faits, mais filtrer les données pour ne diffuser que la parole officielle. En demandant aux journalistes de surveiller les mouvements de la résistance et d’orienter l’opinion, le régime cherche à transformer la profession en une annexe de son état-major militaire.
Cette volonté de transformer les rédactions en officines de renseignement prouve que le dictateur ne tolère plus aucune neutralité. L’empereur veut supprimer la frontière entre le journalisme et l’espionnage pour mieux traquer ses opposants. Les rares voix indépendantes qui subsistent se retrouvent ainsi dans le collimateur, car refuser de devenir un indicateur du régime équivaut désormais à un acte de trahison aux yeux du pouvoir.
Le dédain pour l’éthique professionnelle manifesté lors de ce café-presse montre un régime aux abois. Le dictateur utilise la menace sécuritaire pour embrigader de force ceux qui devraient être les gardiens de la vérité. En exigeant cette soumission totale, l’empereur de Bangui confirme que sa dictature ne peut plus se maintenir sans un quadrillage permanent de la parole et de ceux qui la portent.
L’enquête menée par la rédaction du CNC sur le terrain montre les circonstances réelles de l’enlèvement de Mboliloungoule et Antoine Zogonimbou à Zemio il y’a près de trois semaines par les criminels russes de Poutine et de Touadera, montrant une fois de plus au grand jour le cynisme des méthodes de la milice Africa Corps.
La vérité est désormais connue sur les événements du 25 avril à Zémio. Antoine Zogonimbou, conseiller municipal résidant à Banengué, à plus de 60 kilomètres de la ville, n’était à Zémio que pour une mission humanitaire vitale. Il effectuait le déplacement pour venir à Zemio récupérer des stocks de médicaments antirétroviraux (ARV) destinés aux malades de sa localité. C’est au moment où il s’occupait de la santé de ses concitoyens que les mercenaires russes l’ont capturé, l’accusant sans aucune preuve de soutenir les milices Azandé.
Quant à Mboliloungoule, candidat aux élections régionales, son enlèvement a eu lieu directement sur son lieu de travail. Responsable de la sécurité pour une organisation non gouvernementale (ONG) de la place, il a été arraché sur le lieu de ses fonctions par les miliciens d’Africa Corps. Ici encore, le scénario est identique : des accusations mensongères pour justifier une détention totalement illégale.
Enlevés le 25 avril dernier, ces deux otages ont été officiellement déclarés comme “déportés” vers la capitale Bangui pour être remis à la justice. Pourtant, à ce jour, ils restent totalement introuvables. Aucune institution judiciaire ou policière n’a enregistré leur arrivée. Comme nous l’évoquions précédemment, l’angoisse est totale : sont-ils enfermés dans la prison secrète des russes au niveau de l’aéroport de Bangui-Poko ou dans les cellules souterraines des russes du Camp de Roux ? Le pire est aussi envisagé, car les méthodes de cette milice sont connues : certains prisonniers sont parfois jetés depuis les hélicoptères en plein vol au-dessus de la brousse durant leur transfert.
Ce maintien des méthodes de Wagner sous le nouveau label d’Africa Korps est une stratégie voulue par Touadéra pour sécuriser son fauteuil et sa présence à vie au pouvoir. En changeant simplement de nom pour plaire à Poutine et procéder au paiement de 10 milliards de francs CFA par mois , le régime maintient un système de terreur où les disparitions forcées deviennent la règle. Pour Mboliloungoule et Zogonimbou, le silence de Bangui ne fait que confirmer la nature de cette collaboration.
En une seule séance extraordinaire, le Président Faustin-Archange Touadéra et son gouvernement ont transformé le Conseil des ministres en une véritable salle des enchères : permis de recherche et d’exploitation miniers, raffinerie d’or et nouvelle bureaucratie de certification ont été validés à la chaîne, livrant sans retenue le sous-sol centrafricain à des intérêts privés.
Lors de ce conseil des ministres, le ministre des Mines, Ruffin Benam Beltoungou, a soumis dix dossiers. Quatre permis pour le minerai de fer à Poxine International Company dans les régions de Bambari, Yaloqué, Bozoum et Baboua. Un permis uranium à Safir Energy à Bakouma. Quatre permis cuivre-or-diamant-fer à Sogé Mine dans Ngandé, Alindao, Karno et Bouka. Plusieurs permis d’exploitation industrielle de petites mines à Amto Mining, Anxine et Abeka Mining. L’agrément d’une raffinerie d’or à Fortifive de Saoudima.
Et pour couronner le tout, la création d’un Secrétariat Permanent de Certification des Substances Minérales, la transformation de la police des mines en direction générale, et la démolition d’un ancien bâtiment du ministère pour construire un nouvel édifice bureaucratique.
Toutes ces sociétés ont « satisfait aux conditions » et payé les frais. Le gouvernement invoque des travaux anciens insuffisants et la nécessité de standards internationaux. Pourtant, depuis 2016, les Conseils des ministres se suivent et se ressemblent : une pluie ininterrompue de permis accordés pendant que la fraude et la contrebande persistent, au point qu’on renforce la police des mines pour tenter de juguler ce que le système lui-même alimente.
L’or est désormais la première source de recettes d’exportation, mais ces fonds ne se traduisent ni par des routes bitumées, ni par des hôpitaux fonctionnels, ni par des écoles dignes. Les régions riches en fer, uranium ou diamant restent marquées par la pauvreté et l’insécurité. Les mineurs artisanaux risquent leur vie pour extraire ce qui profite surtout à d’autres.
Ce 24 mars, à quelques jours de l’investiture du 30 mars et des hommages solennels à Boganda, le régime organise le grand marché : on brade le fer de Bambari, l’uranium de Bakouma, l’or du pays, on crée des comités et des directions, on rase pour reconstruire plus de bureaucratie, pendant que plus de 65 % des Centrafricains croupissent dans une pauvreté extrême sans infrastructures de base.
Le sous-sol continue d’être morcelé, les promesses de souveraineté enterrées, et le bradage total se poursuit sans interruption.
Ce mercredi 13 mai 2026, les partisans de Didot Ali ont encerclé l’état-major du MPC à Markounda. Ce bras de fer armé contre le nouveau chef Ahmat Chaltout menace de faire imploser le mouvement.
La rupture au sein du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC) a atteint un point critique ce mercredi 13 mai. Vers 18 heures, les unités fidèles à l’ancien chef d’état-major, Didot Ali, sont passées à l’offensive. Elles ont totalement bloqué les accès routiers et encerclé la base du commandement située à une vingtaine de kilomètres du chantier Fiestes.
Cette démonstration de force fait suite au limogeage de Didot Ali le 5 mai par le leader du mouvement, Mahamat Alkhatim, pour insubordination. L’ancien chef d’État-major, Dido Ali, , soutenu par un collectif de généraux dissidents, rejette cette décision et maintient son autorité sur le terrain. En réponse, le nouveau promu, Ahmat Chaltout, a ordonné la soumission immédiate de tous les combattants, promettant des sanctions pour ceux qui resteraient en marge de ses ordres.
Sur le terrain, la situation a failli basculer dans l’horreur. Les hommes de Didot Ali exigent le désarmement pur et simple du nouvel état-major. Les deux groupes ont pris des positions de combat, créant une atmosphère électrique à proximité des populations civiles.
Le chaos a été évité de justesse grâce à une intervention extérieure. Une trentaine d’éléments de l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), dirigés par Ali Darassa, se sont interposés vers 19 heures. Les médiateurs ont imposé un arrêt des hostilités, rappelant que la présence de familles et d’enfants exigeait le calme nocturne. Les forces de l’UPC ont clairement prévenu : tout individu ouvrant le feu sera immédiatement neutralisé et désarmé.
Sous cette pression, les deux factions rivales ont amorcé un repli tactique. Cependant, la méfiance demeure totale. Les combattants se surveillent mutuellement, chacun restant sur le qui-vive. Le MPC se retrouve scindé en deux blocs hostiles, rendant l’avenir de l’organisation de plus en plus incertain dans cette zone minière de l’Ouham.
Dans une lettre ouverte datée du 5 mai 2026, Petit Delphin KOTTO, coordonnateur national de la COSCIPAC, fustige la gestion de Faustin Archange TOUADERA, dénonçant un pilotage à vue qui ruine l’avenir de la République centrafricaine.
Le responsable de la COSCIPAC, Petit Delphin KOTTO, affirme que l’absence de politique nationale cohérente entre 2016 et 2026 a plongé l’État dans une gestion dépourvue de cap stratégique.
Selon Petit Delphin KOTTO, les ressources publiques sont gaspillées dans des projets inefficaces, tandis que l’enclavement des provinces comme la Vakaga ou le Haut-Mbomou s’accentue.
Interrogé par la rédaction de CNC, Petit Delphin KOTTO souligne : « nous sommes aujourd’hui gouvernés par les repris de la justice ». Le coordonnateur Petit Delphin KOTTO explique que cette désorganisation administrative empêche les citoyens d’accéder à leurs droits fondamentaux.
Pour Petit Delphin KOTTO, la concentration des richesses à Bangui au détriment de l’arrière-pays nourrit des frustrations qui brisent la cohésion nationale. Petit Delphin KOTTO insiste sur le fait que la pauvreté et le chômage ne sont que le résultat d’une économie incapable de générer des opportunités réelles.
En tant que porte-voix de la société civile, Petit Delphin KOTTO appelle désormais à une transition politique pour restaurer la transparence et l’équité. Le constat de Petit Delphin KOTTO est définitif : la légitimité du pouvoir actuel s’effrite à cause de son incapacité à répondre aux besoins vitaux des familles. Petit Delphin KOTTO exige que l’intérêt général redevienne le centre de l’action publique pour éviter une instabilité sociale.
Retour des voyous de Touadéra au KM5 : une tentative de vol d’un sac à dos d’un commerçant par un mercenaire russe tourne à l’humiliation publique d’Africa Corps
Ce mercredi 13 mai 2026, les mercenaires d’Africa Corps sont revenus au PK5 pour piller les commerçants. Mais au rond-point Koudoukou, la tentative de vol du sac d’un jeune a tourné au fiasco.
Un braquage en plein jour qui tourne au ridicule. La honte! Les voleurs.
En effet, la journée avait pourtant commencé comme une opération de racket ordinaire pour les hommes d’Africa Corps dans le secteur de l’Étoile, dans le troisième arrondissement de la capitale. Fidèles à leurs habitudes, les mercenaires entraient dans les boutiques pour vider les poches des commerçants sous couvert de faux contrôles d’identité. Mais au rond-point Koudoukou, le scénario a dérapé. Un mercenaire russe s’est jeté sur M. Ahmat, un jeune commerçant du quartier, non pas pour vérifier ses papiers, mais pour lui arracher son petit sac à dos.
Loin de se laisser intimider, le jeune homme a résisté avec force, agrippant son sac face à l’agresseur de Poutine. En plein milieu de la rue, Ahmat a interpellé les soldats centrafricains qui escortaient les Russes, dénonçant leur passivité devant cette tentative de vol manifeste. Pris de court par ce courage et le regard des témoins, les mercenaires ont dû bafouiller une demande de pièce d’identité pour masquer leur crime. M. Ahmat a présenté ses documents en règle, obligeant les assaillants à quitter les lieux la honte au ventre, sans un centime en poche.
La mobilisation du carrefour Texas
Cette tentative de vol ratée a servi de détonateur pour la population du KM5, lassée de voir ses économies s’envoler tous les trois mois dans les poches de ces miliciens. Au carrefour Texas, les jeunes se sont immédiatement mobilisés pour faire barrage aux patrouilles. La consigne est désormais claire : le quartier ne tolérera plus ces razzias financières déguisées en missions de sécurité.
Les jeunes du coin ont déclaré être prêts à répondre par tous les moyens si ces “voyous en uniforme” tentaient à nouveau de s’en prendre aux biens des commerçants. Ce qui devait être une simple collecte de fonds forcée s’est transformé en un véritable symbole de résistance citoyenne, prouvant que même face aux armes, le KM5 refuse de se laisser piller sans dire un mot.
Un violent échange de tirs a éclaté à Zamza, localité de Krakouma, impliquant les écogardes de l’organisation américaine Wildlife Conservation Society et un groupe d’individus armés non identifiés.
En effet, depuis 3 jours, la rédaction du CNC a appris qu’au cours d’une patrouille de routine des pisteurs de WCS dans le secteur de Verne-Délé, les écogardes de la Wildlife Conservation Society (WCS) ont débusqué un groupe d’hommes armés. L’identité de ces derniers demeure floue, les autorités n’ayant pu déterminer s’il s’agissait de braconniers ou de membres d’une faction armée spécifique.
Dès la détection du groupe, les échanges de tirs ont commencé. Le bilan provisoire indique que deux assaillants ont perdu la vie durant l’affrontement. Deux autres membres du groupe adverse ont été blessés avant de prendre la fuite dans la brousse environnante. Du côté des écogardes, les informations transmises à la rédaction indiquent qu’aucune victime n’est à déplorer et qu’aucun blessé n’a été recensé dans leurs rangs.
La Wildlife Conservation Society (WCS), ONG internationale basée aux États-Unis, emploie ces gardes pour assurer la protection de la biodiversité et la surveillance des zones forestières contre l’exploitation illégale et le braconnage. Ces patrouilles visent à préserver les espèces animales et l’intégrité de la réserve de la Bamingui-Bangoran.
Suite à la vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux dans laquelle Samantha Olivia Imanga, ancienne employée de la société Mercure Logistique, dénonce son licenciement abusif après avoir refusé les avances du directeur technique, madame Ousna a réagi avec force et solidarité.
Dans sa déclaration diffusée sur son profil Facebook, madame Ousna Sabé exprime un soutien sans faille à la jeune dame et appelle tous les Centrafricains à briser le silence face aux injustices répétées sur les lieux de travail, particulièrement celles infligées par certains employeurs libanais.
« Bonjour la population, j’espère que vous allez bien. Garder le silence face à l’injustice n’est pas une solution. Ça ne l’a jamais été et ça ne le sera jamais. Au contraire, en vous taisant, vous devenez complices de votre propre maltraitance », a-t-elle déclaré.
Madame Ousna insiste sur le fait que la peur ne protège personne : « Si vous pensez qu’en vous taisant vous serez épargnés, c’est faux. Quand vous subissez de l’injustice dans votre lieu de travail, dans votre famille, dans vos lieux de prière ou dans les associations, apprenez à libérer la parole et à dénoncer. La peur ne va pas changer votre situation. Ce qui peut la changer, c’est quand vous ouvrez la bouche. »
Elle dénonce également l’habitude de taxer immédiatement les dénonciateurs d’opposants politiques ou d’ennemis de la paix : « Il n’y a aucune loi qui interdit d’être opposant politique. Il n’y a aucune loi qui oblige à aimer le régime ou le Président de la République. On lui doit respect en tant que Président de tous les Centrafricains, même ceux de l’opposition, mais l’aimer, rien ne nous y oblige. Arrêtez avec cette peur. »
Revenant directement sur le cas de Samantha Olivia Imanga, madame Ousna invite la population à visionner la vidéo de la jeune dame sur la page Tube Centre : « Ce qu’elle dénonce est grave, extrêmement grave. Mais je peux vous assurer qu’il y a encore des cas beaucoup plus graves que le sien. Les gens qui travaillent chez les Libanais sont maltraités tout le temps. »
Forte de son expérience personnelle, elle témoigne : « Pendant presque 15 ans, dans la société où je travaillais, nous étions logés dans un immeuble avec des Libanais en haut et nous en bas. Nous savons comment ces gens traitent leurs employés : licenciements abusifs à répétition, maltraitance morale, psychologique et même physique. »
Madame Ousna Sabé encourage les victimes à prendre la parole pour permettre un soutien collectif : « Je ne suis personne pour aller imposer quoi que ce soit aux Libanais. La seule chose que je peux faire, c’est d’en parler. Mais pour en parler, il faut que vous-mêmes, les victimes, vous dénonciez afin que nous puissions vous appuyer. »
Elle critique fermement ceux qui découragent les lanceurs d’alerte en leur disant « si tu parles, tu ne vas plus avoir de travail » : « Laissez ceux qui ont le courage de parler le faire. Le monde n’est pas détruit seulement par ceux qui font le mal, mais aussi et surtout par ceux qui les regardent faire sans réagir. »
Fière du geste de Samantha Olivia Imanga, elle lui adresse un message direct : « Ma sœur, beaucoup de courage ! Si tu veux, on peut en parler en privé. »
Madame Ousna Sabé termine son intervention par un appel pressant à la population et aux institutions : « N’ayez plus peur. La peur ne vous protège pas. Il faut en parler pour que tout le monde le sache et pour espérer que les choses changent. Nous voulons une République qui respecte tout le monde et chacun de ses enfants. Trop, c’est trop ! »
À l’adresse des femmes juristes, de l’inspection du travail et des structures chargées de protéger les travailleurs, elle lance : « Les Centrafricains se plaignent trop de vous. Aidez ceux qui n’ont pas de relations, ceux qui n’ont personne. S’il vous plaît, aidez-les. »
Cette réaction de madame Ousna intervient dans un contexte où plusieurs voix s’élèvent contre les conditions de travail dénoncées au sein de sociétés gérées par des employeurs libanais en Centrafrique.
Mi-mars, la filiale de SpaceX a démarré la commercialisation de Starlink en République centrafricaine, trois mois après la signature de l’accord avec le gouvernement, le 18 décembre à Bangui. Un peu plus d’un mois plus tard, le 24 avril, Faustin-Archange Touadéra inaugurait à Bocaranga, sous-préfecture de l’Ouham-Pendé, le premier point Wi-Fi public gratuit du pays. Ces deux faits rapprochés redessinent le paysage des usages numériques accessibles, la couverture 4G étant encore faible (0,3 % fin 2023 selon l’IUT). Reste à voir quels formats vont en tirer le plus de parti.
Ce qui passe déjà sur le mobile
Avant ces deux nouvelles, la consommation numérique centrafricaine s’était construite, par la force des choses, autour de ce que la connexion supportait. À Bangui, à Bambari ou à Berbérati, WhatsApp tient lieu d’infrastructure. Les échanges privés y passent autant que les conversations professionnelles ou la vente informelle, sans jamais mobiliser beaucoup de bande passante.
Les vidéos courtes (les « Reels ») diffusées sur Facebook et TikTok, dans des formats de 30 secondes à une minute, ont façonné les habitudes de la jeunesse banguissoise. Le streaming musical, plus économe en données que la vidéo, s’est installé pour les mêmes raisons techniques.
La SVOD à abonnement, plus exigeante en débit, est restée jusqu’ici confidentielle. Showmax, présent dans une quarantaine de pays africains, a d’ailleurs fermé fin avril après le rachat de sa maison mère MultiChoice par Canal+, six semaines à peine après l’arrivée de Starlink en RCA.
Ce que la bande passante rend praticable
Cette part d’usage que la bande passante mobile ne supportait pas, la nouvelle donne commence à l’élargir. Le streaming en direct du sport en haute définition, d’abord : Canal+ Afrique conserve les droits français de la Liga jusqu’à fin 2027 sur une liste de territoires qui inclut la RCA. Le togolais New World TV diffuse aussi l’UEFA Champions League dans 26 pays subsahariens depuis la saison 2024-25, à raison de plusieurs centaines de rencontres en direct par saison.
Le live casino fait partie de cette même famille. Le suédois Evolution, coté à Stockholm, produit l’essentiel des tables en direct jouées dans le monde depuis ses studios de Riga, Bucarest, Malte et Tbilissi. Il est arrivé en Afrique en février 2024 grâce à un partenariat avec le sud-africain Kiron Interactive, qui couvre désormais une trentaine de pays.
La mécanique repose sur des ingrédients clés : un croupier humain filmé en studio, des cartes physiques distribuées en temps réel, un chat avec le dealer, et plusieurs joueurs qui partagent la même table sans contrainte de sièges. Les titres de poker en « live » comme Casino Hold’em ou Extreme Texas Hold’em fonctionnent entièrement sur ce schéma.
Une fenêtre qui s’élargit, à des prix encore élevés
Le mouvement est donc tangible, même si tous les usages ne se débloquent pas du jour au lendemain.
Du côté de Starlink, les premiers utilisateurs centrafricains viennent surtout des organisations (ONG, entreprises, missions diplomatiques) et des ménages aisés des grandes villes, compte tenu du ticket d’entrée d’environ 600 dollars de matériel et d’un abonnement mensuel compris entre 50 et 100 dollars.
Le service avait déjà été lancé chez plusieurs voisins (Cameroun, RDC, Tchad), où l’adoption a suivi un schéma comparable : d’abord les usagers professionnels, puis une frange croissante de particuliers urbains.
Du côté du mobile, la connexion s’étend par d’autres canaux. Moov Africa Centrafrique a renouvelé sa licence pour y inclure la 4G en janvier 2025, et le réseau de fibre optique inauguré en février 2024 connecte désormais la RCA au Cameroun et au Congo-Brazzaville, et via eux aux câbles atlantiques.
Retour de l’ancien ministre Armel Sayo à la prison du Camp de Roux : un corps déformé , l’homme devenu méconnaissable par des mois de détention secrète à la prison russe
L’ancien ministre Armel Sayo a été réincarcéré à la maison d’arrêt du Camp de Roux ce mardi 12 mai 2026. Son état physique témoigne des sévices subis durant sa longue disparition.
Une réapparition dans un état de délabrement physique
Après avoir passé près d’un an entre les mains des mercenaires russes du groupe Wagner, Armel Sayo est revenu à la prison du Camp de Roux, également appelée Guantánamo de Touadéra. L’homme qui a franchi les grilles de l’établissement ce mardi n’est plus que l’ombre de lui-même. Selon des témoins oculaires, l’ancien ministre est devenu méconnaissable : ses cheveux sont longs et hirsutes, sa démarche est chancelante et son corps semble avoir subi des traumatismes structurels, notamment au niveau des côtes.
Actuellement, son état de santé est jugé si critique qu’il a été immédiatement transféré à l’infirmerie de la prison. Cette situation confirme les alertes lancées depuis des mois par son avocate, Maître Arlette Sombo-Dibele, qui dénonçait déjà en octobre 2025 des conditions de détention s’apparentant à celles d’un camp de concentration.
Chronologie d’une extraction extrajudiciaire
L’épreuve d’Armel Sayo débute le 7 juillet 2025. Alors qu’il est officiellement détenu sous mandat de dépôt à la prison du camp de Roux, il est extrait de sa cellule par le directeur de l’OCRB, officiellement sous mandat du Procureur de la République. Sauf que durant la nuit de ce lundi 7 au mardi 8 juillet, il est remis aux mercenaires russes. Ce transfert, réalisé sans aucun cadre légal et sous la pression de Touadéra en personne, marque le début d’un cycle de disparitions et de brèves réapparitions instrumentées pour tromper la communauté internationale.
Malgré les demandes d’explications du CICR, de l’ambassade de France et même du président camerounais Paul Biya, le pouvoir de Bangui a maintenu une opacité totale sur son sort. Les autorités utilisaient un stratagème rodé : ramener Sayo temporairement à l’OCRB pour des auditions judiciaires filmées, avant de le renvoyer dans les geôles souterraines russes du Camp de Roux ou dans des conteneurs à l’aéroport de Bangui-Mpoko.
L’échec des garanties judiciaires
Cette affaire met à nu l’effacement de l’autorité judiciaire centrafricaine devant les milices étrangères. Pendant que le porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou, tentait de justifier cette situation par de prétendus complots, l’ancien ministre subissait des interrogatoires hors de toute présence d’avocat. Des techniques de manipulation numérique, incluant le clonage de voix par intelligence artificielle, ont même été employées pour diffuser de faux aveux de la victime.
Le retour d’Armel Sayo à l’infirmerie de la prison du Camp de Roux met fin à une disparition forcée, mais ouvre le chapitre des responsabilités quant aux tortures qu’il a manifestement endurées sur le sol national sous le regard du régime.
Le Professeur camerounais Franklin Nyamsi s’adresse directement depuis l’Europe au Président Faustin Archange Touadéra dans un message d’alerte fraternelle. Il informe le peuple centrafricain que, selon plusieurs témoignages fiables, le chef de l’État et son entourage proche seraient caractérisés par des achats nombreux de terrains, de villas et d’immeubles à Bangui.
La deuxième villa de monsieur Sarandji dans la cité de Golf, en face de la première. Photo CNC
Ces acquisitions concerneraient des biens immobiliers, y compris des propriétés qui ne sont même pas mises en vente. Le Professeur Franklin Nyamsi dit clairement qu’il aimerait que ces informations soient fausses. Mais s’il y a la moindre part de vérité, il demande à Touadéra de mettre fin rapidement à ces pratiques.
Franklin Nyamsi rappelle qu’un Président peut aider sa famille, mais il met en garde contre la confusion entre le pouvoir politique et les affaires personnelles ou familiales. Il invite le Président à arrêter cette spirale d’acquisitions qui se développe à la tête de l’État.
Le Professeur Franklin Nyamsi parle en tant que cadet en âge et collègue académique qui conserve beaucoup de respect et d’admiration pour le Président. Il le fait pour la vie du chef de l’État, pour la survie du régime et pour le peuple centrafricain.
Les mercenaires russes, désormais sous l’étiquette Africa Corps , ont investi le secteur de l’Étoile au PK5 ce mercredi, multipliant les arrestations et les extorsions d’argent contre les commerçants et civils.
En effet, le quartier PK5, poumon économique de la capitale centrafricaine, communément appelé KM5, subit à nouveau la loi des hommes de main du régime criminel de Touadéra. Après avoir sévi il y a quelques mois , notamment au mois de février 2026, puis s’être déplacés vers la sortie nord au quartier Gobongo, ces criminels russes sont revenus sur leurs pas. Ce mercredi 13 mai 2026, le secteur de l’Étoile est devenu leur terrain de chasse privilégié.
Une opération de racket à ciel ouvert
Dès les premières heures de la journée, les patrouilles ont ciblé les boutiques. La méthode reste identique à celle de leurs précédentes incursions : ils entrent dans les commerces, exigent les pièces d’identité et ramassent systématiquement les personnes présentes. Ce ne sont pas des contrôles de sécurité, mais une véritable opération de collecte de fonds forcée.
Le mécanisme est bien connu. Les individus interpellés sont emmenés pour être libérés plus tard contre le paiement de sommes allant de 20 000 à 50 000 francs CFA. Cet argent finit directement dans les poches de ces mercenaires, sans passer par aucune caisse officielle de l’État.
De Wagner à Africa Corps : le nom change, le crime reste. Si le nom de Wagner s’efface au profit d’Africa Corps , les pratiques de ces hommes ne connaissent aucune évolution positive. Ce changement d’étiquette ne trompe personne au PK5. La population voit en eux des voyous au service du pouvoir, des criminels de haut rang qui utilisent l’uniforme pour piller les citoyens.
Le marché du KM5, d’ordinaire bouillonnant d’activité, vit désormais dans la peur de ces descentes imprévisibles. Ces hommes reviennent tous les deux ou trois mois, une fois que les économies des habitants se sont reconstituées, pour vider à nouveau les poches des commerçants. C’est un cycle de banditisme pur et simple, une stratégie de survie financière pour ces miliciens qui agissent en terrain conquis, avec la bénédiction silencieuse des autorités de Bangui.
Le secteur de l’Étoile, point névralgique du quartier, se retrouve aujourd’hui paralysé par cette prédation qui ne dit pas son nom, transformant un simple contrôle administratif en une véritable razzia financière sur le dos des plus démunis.
À Zemio, dans la préfecture du Haut-Mbomou, les forces russes de l’Africa corps viennent de franchir le seuil de l’inhumain. Un jeune centrafricain, captivé dans la ville, a été placardé sur la croix, les bras liés, sous le regard de ces mercenaires russes installés dans la ville.
Il y a une semaine, ces hommes en uniforme ont arrêté un jeune Centrafricain dans les rues de la ville de Zemio. Ils l’accusent sans l’ombre d’une moindre preuve d’intelligence avec des groupes armés avant de l’embarquer.
Arrivés à leur base, les mercenaires ont fabriqué une croix en bois pour y fixer leur prisonnier. Ils ont attaché l’homme fermement, les bras tendus vers le ciel, imitant une scène de crucifixion antique de Jesus Christ.
Cela fait maintenant trois jours que ce malheureux reste bloqué sur ce bois sous les yeux de ses geôliers. Les cordes scient ses membres tandis que son corps s’épuise sous le poids de la torture.
Cette méthode s’ajoute aux prisons secrètes déjà identifiées par la rédaction du CNC au niveau de l’aéroport international de Bangui M’Poko. Les sous-sol du camp de Roux abritent aussi des cellules où la survie reste très incertaine.
À Zemio, la peur se lit sur les visages devant cette mise en scène barbare et inédite dans la région. Le jeune homme attend la mort sur son perchoir de douleur, victime d’une haine sans limite.
Un seul ordinateur de 500 giga, un seul dictaphone, et des journalistes qui empruntent du matériel à la MINUSCA. Voilà ce que 36 milliards de francs CFA ont produit à la Radio Centrafrique.
Fondée il y a 68 ans, la Radio Centrafrique a longtemps été la seule voix qui reliait le pays à lui-même. Des forêts du sud-ouest aux savanes du nord-est, ses émissions accompagnaient des générations entières de Centrafricains. Des nagras aux magnétophones à bandes, puis aux premiers ordinateurs numériques introduits en 2005, la radio avait su évoluer avec son temps, fidèle à sa mission de service public.
Mais cette époque appartient désormais au passé. Depuis plus d’une décennie, l’institution s’effondre lentement, vidée de ses forces par des années de crises armées et de mauvaise gestion. Les émetteurs du site de Ronde-Cours, vandalisés lors des mutineries puis pillés par les groupes armés, ne fonctionnent plus. Ce site stratégique, autrefois cœur technique de la radio, est aujourd’hui occupé par des civils.
Pour continuer à émettre malgré tout, la direction a multiplié les arrangements de fortune. Elle a négocié avec les compagnies de téléphonie mobile pour poser des relais sur leurs antennes, avec des résultats décevants. Ces compagnies ont rapidement signalé des problèmes de surcharge sur leurs installations, rendant la cohabitation difficile. La radio s’est alors tournée vers la MINUSCA, dont les bases acceptent d’héberger les équipements de diffusion à Ndélé, Paoua et Bria.
C’est là que l’absurdité de la situation saute aux yeux. Une radio nationale, patrimoine d’un État souverain, dépend des antennes d’une force militaire des nations-unies pour atteindre ses propres citoyens.
Car l’argent, lui, était bien là. En 2017, l’État centrafricain avait lancé un projet officiel de réhabilitation de la radio, de la télévision nationale et de l’agence de presse ACAP. Deux sociétés étaient candidates : une entreprise italienne du secteur audiovisuel avec un devis de 38 milliards de francs CFA, et une société malienne nettement moins-disante à 17 milliards. La proposition malienne était attirante et raisonnable. Bangui l’a écartée sans explication sérieuse.
Le marché a été attribué au Camerounais Jean-Pierre Amougou Belinga, patron du groupe Vision 4 et du groupe Anecdote, pour la somme de 36 milliards de francs CFA. En juin 2019, il était reçu en grande cérémonie au palais de la Renaissance par le président Touadera, en présence du ministre de la Communication Maxime Kazagui et du ministre des Finances Henri Marie Dondra. Ces fonds provenaient du RCPCA, mécanisme international débloqué pour reconstruire le pays après des années de guerre.
Amougou Belinga n’avait jamais caché sa philosophie. Il avait déclaré publiquement qu’il n’était pas catéchiste et que quand il travaillait, il attendait quelque chose en retour. Ce retour, il l’a effectivement obtenu : une nomination comme conseiller à la présidence de la République centrafricaine et un passeport diplomatique centrafricain. Le contrat signé, les honneurs distribués, les travaux ont suivi, mais pas comme on pouvait l’espérer.
Ce que les Centrafricains ont découvert à la livraison des travaux ressemble à une mauvaise plaisanterie. Les murs ont été repeints, quelques équipements de surface ont été posés, la télévision a été connectée à Canal+ pour donner une apparence de modernité. Mais les problèmes de fond, eux, n’ont pas bougé d’un millimètre. Les pannes continuent, les coupures s’enchaînent, et les journalistes travaillent dans des conditions qui feraient honte à une radio communautaire de village.
La réalité du quotidien à la Radio Centrafrique est celle-là : toute la rédaction partage un seul ordinateur de 500 gigaoctets. Un seul dictaphone existe dans la maison, et il est réservé aux cérémonies officielles du gouvernement. Dès qu’un journaliste doit couvrir un événement hors protocole, il n’a rien dans les mains. Les correspondants en province, eux, empruntent carrément le matériel des journalistes de GUIRA FM, la radio de la MINUSCA, pour faire leur travail.
À cela s’ajoute la question de l’électricité, qui empoisonne chaque journée de travail. Le groupe électrogène de la radio est vieux et tombe en panne régulièrement. Même quand il fonctionne, il n’y a pas toujours de budget pour acheter le carburant nécessaire à son fonctionnement. À Bangui, les coupures d’Enerca peuvent priver la radio d’antenne de 7 heures du matin jusqu’à 13 ou 14 heures. Certains matins, le silence s’installe dès 5 heures et dure jusqu’à 9 heures sans que personne n’intervienne.
Le régime de Touadera connaît chacun de ces détails. Aucun de ces problèmes n’est un secret pour les autorités. Pourtant, face à la communauté internationale, Bangui continue de présenter des bilans flatteurs, des accords signés, des photos de studios fraîchement repeints comme preuves d’un travail accompli. Les 36 milliards versés à Amougou Belinga servent de bouclier contre toute remise en question, comme si dépenser de l’argent suffisait à prouver qu’on a bien travaillé.
Entre-temps, la radio nationale centrafricaine continue d’émettre par intermittence, accrochée aux antennes de la MINUSCA, avec un seul dictaphone pour toute une rédaction et des décodeurs en province que personne ne remplace quand la foudre les détruit. La direction reconnaît elle-même que ces équipements doivent être renouvelés tous les six mois à un an, mais aucune ligne budgétaire ne couvre cette nécessité. Amougou Belinga, lui, a depuis été interpellé par la justice camerounaise pour d’autres affaires, pendant que la radio qu’il était censé sauver continue de sombrer dans le chaos.
Le 11 mai 2026 marque le 17ème anniversaire du décès d’Abel Goumba. Dans ce document transmis à la rédaction, Faustin Zaméto analyse l’héritage moral laissé par ce grand homme d’État.
Ancien Premier ministre et père fondateur du Front Patriotique pour le Progrès, le Professeur Abel Goumba s’est éteint à Bangui il y a 17 ans. Médecin de formation, il fut l’un des piliers du multipartisme centrafricain, portant un idéal de rigueur et de probité constante. Son parcours politique ne visait pas la longévité au pouvoir, mais la défense acharnée des intérêts de la nation centrafricaine.
Face aux régimes successifs et aux dérives autoritaires, l’homme a souvent privilégié la prison ou l’exil intérieur plutôt que de céder à la compromission. Son diagnostic pour le pays reposait sur trois piliers fondamentaux : le patriotisme, le progrès et la probité absolue dans la gestion. Il prônait une école de formation des citoyens, refusant de transformer la politique en une simple distribution de privilèges.
En 2026, relire ses principes permet de mesurer les lacunes de la classe politique actuelle où la calomnie remplace souvent les programmes réels. Le « goumbisme » demeure une école du refus catégorique de la corruption, du tribalisme et de la paresse qui entravent le développement. Pour lui, la parole publique est sacrée et ne doit pas être ruinée par des accusations sans preuve ou des mensonges rassurants.
Cet héritage commande aujourd’hui aux militants et aux élus un devoir de vigilance pour éviter que ce nom ne serve de simple caution politique. La démocratie centrafricaine s’est arrachée au prix de nombreux sacrifices que les jeunes générations doivent impérativement intégrer pour la suite du combat. L’exemplarité dans les institutions reste la seule preuve tangible que l’on peut servir le peuple sans jamais chercher à se servir soi-même.
Contacté par la rédaction de CNC, l’auteur a déclaré ceci : « Le meilleur hommage est un engagement. Professeur, 17 ans après, nous ne déposons pas seulement des gerbes. Nous prenons un serment. Le serment de ne pas laisser votre combat confisqué par la médiocrité. Le serment de former, comme vous, des cadres intègres pour la République. Le serment de préférer, toujours, la Centrafrique aux postes, la Nation aux clans, le peuple aux courtisans. Abel Goumba est mort. Le goumbisme vivra ».
Cette exigence de vérité et de justice rappelée par Faustin Zaméto résonne avec force alors que le pays cherche encore sa voie vers une réconciliation réelle. Les principes de Boganda et de Goumba demeurent les seuls socles capables de soutenir une nation unie et debout face aux pressions extérieures et intérieures. La mémoire politique des citoyens centrafricains reste vive et attentive aux comportements de ceux qui prétendent aujourd’hui diriger la destinée du pays…
Bangui : LES IMAGES des GENDARMES, BIÈRES À LA MAIN EN TRAIN DE DANSER DANS LEUR BRIGADE PROVOQUENT LE DÉBAT SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX DEPUIS UNE SEMAINE
Une séquence vidéo montrant des éléments de la gendarmerie nationale en pleine danse au sein d’une unité de la capitale circule actuellement sur Internet. Ces images, où l’on observe des agents en tenue consommant de l’alcool, et surtout en pleine danse, pousse les banguissois à se poser des questions sur le respect du règlement militaire.
Le document audiovisuel, largement relayé sur les plateformes numériques, expose des scènes inhabitueuses pour un lieu de service public. On y voit des forces de l’ordre, censées être en période d’activité, s’adonner à des danses et à la consommation de boissons alcoolisées à l’intérieur même des locaux de la brigade. Ces militaires, vêtus de leurs attributs officiels, ont choisi de filmer ces instants de détente pour les diffuser ensuite dans l’espace public virtuel.
Cette situation survient dans un contexte politique particulier, alors que les bras cassés de la septième république célèbrent l’avènement de la nouvelle République. Le comportement de ces agents, censés représenter l’autorité de l’État et assurer la protection des citoyens, tranche avec les attentes de la population en matière de discipline et de déontologie. La présence de bouteilles de bière sur les bureaux de travail et l’ambiance festive qui règne dans les bureaux administratifs jettent un flou sur la disponibilité réelle de ces unités pour intervenir en cas de besoin.
L’opinion publique exprime une certaine inquiétude quant à la gestion du personnel sous la direction du ministère actuel. Pour beaucoup d’observateurs, la diffusion volontaire de ces comportements par les agents eux-mêmes témoigne d’un relâchement dans la chaîne de commandement. La question de la sobriété et de l’éthique professionnelle au sein des casernes se trouve désormais au centre des discussions, mettant en cause la capacité des responsables à maintenir une rigueur constante.
Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été communiquée par la hiérarchie sécuritaire concernant d’éventuelles sanctions ou une enquête interne. Les citoyens attendent des clarifications sur les mesures qui seront prises pour garantir que les lieux de mission restent dédiés exclusivement au service de la nation, loin des distractions festives filmées.
Le nouveau chef d’état-major du MPC Ahmat Chaltout, après sa nomination, somme tous les combattants de rentrer dans le rang ou d’en subir les conséquences
Le Mouvement Patriotique pour la Centrafrique traverse une période de crise interne, surtout après le limogeage du général Dido Ali à la tête de l’État – major du mouvement la semaine dernière. Le nouveau chef d’état-major général du MPC, le général de division Ahmat Chaltout, a publié un communiqué officiel depuis Markounda pour couper court aux spéculations entretenu par ce groupe des officiers sur sa loyauté envers l’accord de paix signé à Ndjamena avec le gouvernement.
Nommé à la tête de l’état-major général du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique, le général de division Ahmat Chaltout a publié depuis Markounda son premier communiqué officiel. Un texte parfaitement clair qui fixe désormais les règles et rappelle qui commande.
Contacté par la rédaction de CNC, un membre du MPC a confirmé que ce communiqué fait suite à cette note des officiers dissidents, lesquels accusaient le président fondateur du mouvement, Mahamat Al-Khatim, d’avoir engagé des discussions avec des personnalités de l’opposition politique en vue de quitter l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation signé à Ndjamena.
Face à cette fronde, le nouveau chef d’état-major a choisi de monter au créneau. Dans son communiqué, le général Chaltout déclare : « Je réaffirme mon engagement total pour l’unité, la discipline et le renforcement du MPC.Les portes du commandement demeurent ouvertes à tous les combattants désireux de réintégrer les rangs du mouvement dans un esprit de loyauté, de responsabilité et de cohésion. »
Le nouveau chef d’état-major va plus loin. Il exige le strict respect de la hiérarchie et des principes du mouvement, et prévient qu’aucun acte de division, d’indiscipline ou de trouble ne sera toléré.
Chaltout réaffirme également son soutien aux accords de paix signés à Ndjamena, au nom de la stabilité et de la sécurité durable en Centrafrique.
Un positionnement qui coupe court aux rumeurs alimentées par les généraux dissidents, dans un contexte de recomposition tendue au sein des groupes armés signataires de l’APPR.
En ce 12 mai, la République Centrafricaine célèbre ses soignants. Ces hommes et femmes portent à bout de bras un système de santé fragile avec un dévouement qui force l’admiration nationale.
Dans les villes et les villages les plus reculés de la RCA, les infirmières et infirmiers centrafricains sauvent des vies malgré des conditions difficiles. Ils travaillent dans des centres de santé manquant de tout, au sein de maternités ou de zones d’insécurité. Ces professionnels demeurent au chevet des malades, ignorant les faibles rémunérations et l’absence de matériels médicaux essentiels pour privilégier l’humanité de leur mission.
La nation reconnaît aujourd’hui que ces agents constituent la colonne vertébrale des soins de santé primaires. Sans leur présence, souvent unique recours médical pour les populations, l’édifice sanitaire s’écroulerait totalement. Cette journée de réflexion impose donc de regarder la réalité des structures sanitaires où le déficit de personnel et le manque de médicaments freinent l’accès aux soins pour tous.
Le Syndicat ODSTC dénonce les risques professionnels et les inégalités dans l’affectation du personnel médical sur le territoire. L’appel est clair : le gouvernement doit renforcer les recrutements et assurer une protection réelle des agents de santé. La valorisation de cette profession nécessite une politique sanitaire durable et une amélioration concrète des conditions de vie de ceux qui portent la blouse blanche.
Contacté par la rédaction de CNC, Louis-Marie KOGRENGBO a précisé sa pensée :
« Que cette Journée Internationale des Infirmières soit pour la
République Centrafricaine un appel à reconstruire un système de santé
plus humain, plus juste et plus performant. Hommage aux héroïnes et
héros de nos hôpitaux ! »
Les citoyens sont invités à encourager ces praticiens qui accomplissent une mission patriotique dans des contextes parfois décourageants. Le combat pour la vie se joue chaque minute dans les couloirs des hôpitaux de province…
Le duel au sommet de l’Assemblée finit en humiliation pour Évariste Ngamana. Sarandji reprend le contrôle total de l’institution, ne laissant que des miettes à ses anciens détracteurs ambitieux.
Eh! Quel verrouillage ? En tout cas, l’honorable Évariste Ngamana sort chaos de la rentrée parlementaire de cette huitième législature. Privé de son luxueux poste de vice-présidence par un Sarandji plus puissant que jamais, son avenir au sein du pouvoir semble désormais totalement compromis.
L’art de la guerre politique
La réélection de Simplice Mathieu Sarandji pour cette huitième législature marque l’aboutissement d’une stratégie implacable. Pendant cinq ans, au sein de la septième législature, son adjoint Évariste Ngamana a multiplié les offensives pour s’emparer du perchoir. Prévoyant, le « Vieux Crocodile » Simplice Mathieu Sarandji a simulé un départ vers la vice-présidence de la République, allant jusqu’à désigner sa propre épouse comme suppléante à Baoro. Ce double jeu a poussé Ngamana à se découvrir, croyant la voie libre pour sa propre ascension.
Au dernier moment, Sarandji a opéré un revirement total. En s’assurant le soutien direct de Faustin-Archange Touadéra, il a obtenu que toute candidature dissidente soit bannie. Acculé par les menaces de la présidence, Ngamana a dû battre en retraite, assistant impuissant au triomphe de son rival par acclamation.
Un discours aux accents mystiques
Loin de savourer sa victoire en silence, Simplice Mathieu Sarandji a profité de son investiture pour écraser publiquement son adversaire. Ses mots, d’une dureté extrême, ont dénoncé les coulisses sombres de cette lutte de pouvoir :
« Beaucoup se complaisent dans le fétichisme, dans le maraboutage et dans la sorcellerie, je le sais. Pourtant, je gagne toujours. .. La haine et la jalousie ne nous feront pas avancer. »En évoquant des rituels nocturnes et des pratiques ésotériques, le président réélu a jeté le discrédit sur l’intégrité de ses opposants internes, les renvoyant à leur échec face à sa propre résilience.
Le nouveau bureau : l’effacement définitif d’Évariste Ngamana
Le coup de grâce a été porté ce lundi 11 mai avec la mise en place du nouveau bureau complet de l’assemblée nationale. Les nouveaux membres du bureau élus avec l’appui de Simplice Mathieu Sarandji ne compte plus le nom de Ngamana.
La nouvelle architecture du pouvoir législatif :
Présidence : Simplice Mathieu SARANDJI.
Vice-Présidences : Jean Symphorien MAPENZI (1er VP), Loïc HEYE ISSAKA (2ème VP), Josiane Prisca NDENGUILO (3ème VP) et Guy Samuel NGANATOUA (4ème VP).
Questeurs : Maxime BONDJO, Christ-Eric GALLOT et Teffal KOULOU.
Secrétariat : Armand Maurice BAZAMBO et Dorothée TIYANGOU.
Membres : Max-Sylvain BALENDA, Virginie BANDEKO, Mollet ASSAFI et Omer DOLE DOBIA.
En clair, l’éviction est totale. Évariste Ngamana, autrefois dauphin présumé, se retrouve simple député, dépossédé de son influence et de ses réseaux. Alors que les rumeurs le projetaient à la Primature ou à la vice-présidence de la République, cette déroute parlementaire semble fermer ces portes. Sarandji a prouvé qu’attaquer un « vieux crocodile » sans des dents assez solides mène irrémédiablement à un suicide politique. Désormais, Évariste Ngamana pense à démissionner de son poste de porte parole du MCU pour se retirer, en tout cas pour l’instant, de la vie politique du pouvoir.
Au sein du Mouvement patriotique pour la Centrafrique, la crise a désormais un nouveau visage : celui de mort. Le président fondateur Mahamat Alkhatim, dos au mur après la déclaration collective de ses officiers au sein du MPC menée par le général Djido Ali, a publié un message audio en langue arabe sur WhatsApp, largement partagé sur les réseaux sociaux et dont la rédaction de CNC a obtenu une copie.
Dans cet enregistrement, Alkhatim est clair et franc. Il affirme que si Djido Ali, qu’il a limogé, tente de remettre les pieds à la base du MPC, c’est sa tête qui va ressortir. Il sera tué. Quiconque lève la tête contre lui s’expose à la mort. Des mots graves, proférés par un chef de mouvement armé qui se retrouve pourtant dans une position de faiblesse réelle sur le terrain.
Car derrière cette violence verbale, les informations recueillies par la rédaction de CNC dressent un tableau bien différent. Les hommes fidèles à Alkhatim sont peu nombreux. Beaucoup ont rejoint le camp de Djido Ali, et ce n’est pas une mince affaire. Djido Ali était, avant tout, un élément d’Alkhatim à Kaga-Bandoro. Quand il était mercenaire au sein du FSR au Soudan, c’est lui qui l’avait rappelé pour le nommer chef d’État-Major. À son retour du Soudan, où il avait servi comme mercenaire, Djido Ali a ramené avec lui un nombre important de combattants soudanais. Ce sont aujourd’hui ces hommes qui forment l’essentiel des forces actives du MPC sur le terrain.
Djido Ali ne s’est pas contenté de résister. Il s’est suréquipé. Il a acquis des armes en quantité et verse des sommes généreuses aux mercenaires russes, ce qu’Alkhatim n’est plus en mesure de faire. Car c’est Djido Ali qui a coupé le circuit financier. En verrouillant les sites aurifères et diamantifères de l’Ouham, il a privé Alkhatim de ses principales rentrées d’argent. Alkhatim, retranché à Ndjamena, se retrouve les mains vides face à un adversaire qui, lui, dispose des ressources, des hommes et d’un soutien de poids.
Ce soutien, c’est celui des russes d’Africa Corps. Les mercenaires russes entretiennent une relation directe avec Djido Ali, qui les rémunère régulièrement grâce aux revenus des mines qu’il contrôle. Africa Corps suit l’argent. Et l’argent est du côté de Djido. Alkhatim, lui, n’a plus rien à leur offrir. Il n’est donc pas exclu que les Russes demandent simplement à Alkhatim de quitter la zone minière. Si cela se produit, c’est terminé pour lui. Contraint de se replier ailleurs, sans accès aux gisements, sans financement, il ne pourra plus peser sur rien.
La situation est d’autant plus difficile pour Alkhatim que ceux qui ont rejoint Djido Ali ne sont pas de simples soldats. Ce sont pour la plupart des co-fondateurs du MPC, des figures historiques du mouvement. Ils sont passés dans le camp adverse. Son nouveau chef d’État-Major nommé pour remplacer Djido est bien présent sur le terrain, mais sans les hommes ni les moyens nécessaires pour changer le rapport de force.
Les menaces de mort qu’Alkhatim profère sur WhatsApp ressemblent ainsi davantage à des gesticulations qu’à une démonstration de puissance. Même un accord avec le gouvernement centrafricain ne suffirait pas à renverser la donne si Wagner lui ordonne de vider les lieux. Alkhatim est au bord d’être éjecté de l’organisation qu’il a lui-même fondée. Et sur le terrain, c’est une tout autre réalité qui commande.