vendredi, septembre 11, 2026
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Le grand sorcier de Carnot Évariste Ngamana : « Anicet-Georges Dologuelé doit écrire au Président de la République », quand une controverse sur la nationalité devient une menace contre le mandat de Dologuélé

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Évariste Ngamana alias grand sorcier de Carnot, lors de son point de presse à  Bangui,  affirme qu’Anicet Georges Dologuélé doit adresser une demande de réintégration au président Faustin-Archange Touadéra, faute de quoi il ne pourrait plus siéger à l’Assemblée nationale. Cette lecture est directement contestée par la défense de l’opposant et intervient quelques jours après une déclaration similaire de Fidèle Gouandjika.

 

Le porte-parole du gouvernement présente son interprétation comme une simple application du droit. Pourtant, les avocats de Dologuélé défendent une lecture opposée du dossier. Pour eux, la question de la nationalité ne peut pas être réduite à l’obligation faite à leur client d’aller solliciter personnellement le président de la République.

 

Le grand sorcier de Carnot, Évariste Ngamana
Le grand sorcier de Carnot, Évariste Ngamana

Une affirmation présentée comme une évidence juridique

 

Dans son intervention, Évariste Ngamana s’appuie sur le prétendu article 42 du Code de la nationalité centrafricaine.

 

À lire aussi : Nana-Mambéré : après deux échecs de Wagner, le 3R échoue à son tour face aux éléments du général Ndalé

Selon lui, une personne qui aurait perdu la nationalité centrafricaine doit demander sa réintégration au président de la République. Une enquête serait ensuite menée afin de vérifier sa situation, avant l’éventuelle prise d’un décret de réintégration.

 

À lire aussi : Assassinats nocturnes, enlèvements et cherté de la vie : Abakar Sabone décrit le quotidien des Centrafricains

Le porte-parole du gouvernement des bras cassés en tire une conséquence directe pour Dologuélé : il doit écrire au président.

 

Mais cette présentation ne constitue pas l’unique lecture juridique du dossier.

 

Les avocats de Dologuélé contestent précisément le fait de présenter leur client comme une personne définitivement privée de la nationalité centrafricaine et devant nécessairement solliciter une nouvelle réintégration.

 

La controverse porte donc sur un point préalable : Dologuélé a-t-il réellement perdu sa nationalité centrafricaine au point de devoir demander à la recouvrer ?

 

C’est cette question que Ngamana présente comme déjà réglée, alors qu’elle demeure au cœur du contentieux.

 

Le porte-parole transforme une question contestée en certitude

 

Le problème juridique apparaît dans la manière dont le raisonnement est construit.

 

Ngamana part de l’hypothèse selon laquelle Dologuélé a perdu sa nationalité. Il applique ensuite à cette hypothèse la procédure de réintégration prévue par le Code de la nationalité. Enfin, il présente le résultat comme une évidence : Dologuélé doit écrire au président.

 

Or, c’est précisément la première étape qui est contestée.

 

Si la perte de nationalité fait l’objet d’un contentieux, on ne peut pas simplement partir de cette perte comme d’un fait définitivement acquis pour imposer ensuite la procédure de réintégration.

 

Le débat juridique doit donc commencer par la détermination du statut actuel de Dologuélé, et non par l’obligation de lui faire adresser une demande au chef de l’État.

 

Une contradiction avec le parcours institutionnel de Dologuélé

 

Cette lecture soulève une autre difficulté.

 

La question de la nationalité de Dologuélé avait déjà été portée devant les institutions judiciaires avant l’élection présidentielle de décembre 2025.

 

Le Tribunal de grande instance de Bangui avait annulé son certificat de nationalité en octobre 2025.

 

Mais le Conseil constitutionnel a ensuite validé sa candidature à l’élection présidentielle.

 

Dologuélé a participé au scrutin.

 

Il a ensuite été élu député.

 

Ces éléments ne font pas disparaître la décision du Tribunal de grande instance. Ils montrent en revanche que le contentieux ne peut pas être présenté comme une affaire juridiquement close par cette seule décision.

 

Le raisonnement de Ngamana devrait donc expliquer comment les différentes décisions institutionnelles s’articulent entre elles avant d’affirmer que Dologuélé n’a « aucune nationalité ».

 

« Il n’a aucune nationalité »

 

C’est probablement la déclaration la plus spectaculaire du porte-parole du gouvernement.

 

Selon lui, si Dologuélé ne demande pas sa réintégration, « c’est qu’il n’a aucune nationalité pour continuer à siéger à l’Assemblée nationale ».

 

Cette affirmation va beaucoup plus loin qu’une simple demande de régularisation administrative.

 

Elle signifie que le gouvernement considère Dologuélé comme une personne sans nationalité.

 

Or, si cette affirmation est juridiquement retenue, elle appelle immédiatement plusieurs explications.

 

Quelle décision établit aujourd’hui qu’il est apatride ?

 

Quelle autorité a constaté cette situation ?

 

Quelle décision définitive prive Dologuélé de sa nationalité centrafricaine ?

 

Et comment cette situation s’articule-t-elle avec la validation de sa candidature présidentielle puis avec son élection comme député ?

 

Ces questions ne sont pas secondaires. Elles sont au cœur du dossier.

 

Les avocats de Dologuélé défendent une lecture inverse

 

La défense de Dologuélé ne raisonne pas comme le porte-parole du gouvernement.

 

Elle conteste l’idée selon laquelle l’abandon de la nationalité française aurait automatiquement créé une situation nécessitant une nouvelle demande de réintégration dans la nationalité centrafricaine.

 

La distinction est fondamentale.

 

Pour la défense, Dologuélé est Centrafricain d’origine. La question de sa double nationalité et de sa renonciation à la nationalité française ne permet pas, à elle seule, de transformer son statut en celui d’un étranger devant solliciter une faveur du président de la République.

 

C’est donc sur ce point précis que les deux camps tiennent des positions diamétralement opposées.

 

Le gouvernement dit : il a perdu sa nationalité, il doit demander sa réintégration.

 

La défense répond en substance : il n’a pas à demander de redevenir ce qu’il est déjà.

 

Cette contradiction aurait dû être au centre de toute présentation sérieuse du dossier.

 

Une étrange coïncidence avec la déclaration de Gouandjika

 

La sortie d’Évariste Ngamana intervient quelques jours après celle de Fidèle Gouandjika.

 

Ce dernier avait déjà publiquement demandé à Dologuélé de reconnaître la victoire de Touadéra et de solliciter sa réintégration dans la nationalité centrafricaine.

 

Gouandjika avait également évoqué le risque de voir le mandat parlementaire de Dologuélé remis en cause s’il ne régularisait pas sa situation.

 

Quelques jours plus tard, Ngamana reprend pratiquement le même raisonnement.

 

Même point de départ.

 

Même demande adressée à Dologuélé.

 

Même référence à la réintégration.

 

Même menace sur le mandat parlementaire.

 

Cette répétition donne à la séquence une dimension politique particulière. La déclaration de Ngamana ne ressemble plus à une initiative isolée destinée à expliquer le droit. Elle intervient dans la continuité directe du message précédent d’un conseiller du président de la République.

 

Une stratégie qui dessine déjà la prochaine étape

 

Le plus important dans les propos de Ngamana se trouve finalement dans la conséquence qu’il annonce.

 

Il ne dit pas seulement que Dologuélé devrait demander sa réintégration.

 

Il explique ce qui se produirait s’il refuse : il ne pourrait plus continuer à siéger à l’Assemblée nationale.

 

La nationalité devient donc le point de départ d’une éventuelle procédure contre son mandat.

 

Le schéma apparaît clairement :

 

perte de nationalité → demande de réintégration → refus éventuel → absence de nationalité → contestation du mandat de député.

 

C’est cette construction qui donne à la déclaration sa portée politique.

 

Elle permet de préparer le terrain à une future contestation du siège de Dologuélé à l’Assemblée nationale.

 

La question de la nationalité devient alors le moyen juridique utilisé pour atteindre une conséquence politique : son éviction du Parlement.

 

Le précédent Meckassoua donne une autre dimension à la séquence

 

Cette évolution rappelle nécessairement le précédent Karim Meckassoua.

 

En 2018, le président de l’Assemblée nationale avait été destitué à l’issue d’une procédure parlementaire. La destitution avait été votée par 98 députés contre 41.

 

Le contexte et les motifs ne sont pas les mêmes que ceux du dossier Dologuélé. Il ne faut donc pas présenter les deux affaires comme identiques.

 

Le parallèle se situe plutôt dans la méthode : un conflit politique avec un opposant, suivi d’une construction institutionnelle permettant de remettre en cause sa position au sein de l’Assemblée nationale.

 

Dans le dossier Dologuélé, la question de la nationalité pourrait jouer ce rôle.

 

La répétition des déclarations de responsables du pouvoir renforce cette hypothèse politique.

 

Une demande de réintégration qui prend une dimension politique

 

Il y a enfin une contradiction entre la manière dont Ngamana présente la procédure et le contexte dans lequel elle est réclamée.

 

Il affirme que Dologuélé ne doit pas écrire au président pour lui faire plaisir.

 

Mais cette demande intervient après que Fidèle Gouandjika lui a publiquement demandé de reconnaître la victoire de Touadéra.

 

Le président de la République se retrouve donc au centre de la procédure.

 

Dologuélé, opposant politique et ancien candidat à la présidentielle, doit lui écrire pour demander sa réintégration.

 

S’il ne le fait pas, le porte-parole du gouvernement annonce qu’il ne pourra plus siéger comme député.

 

La procédure juridique prend alors la forme d’une injonction politique.

 

Dologuélé doit se plier à la démarche exigée par le pouvoir ou prendre le risque de voir son mandat parlementaire remis en cause.

 

Une affaire qui ne porte plus seulement sur la nationalité

 

La sortie d’Évariste Ngamana marque ainsi une nouvelle étape dans le dossier Dologuélé.

 

Le débat n’est plus limité à la question de son certificat de nationalité ou de son passeport. Il touche désormais directement à son mandat de député.

 

Le porte-parole du gouvernement a lui-même établi ce lien.

 

Il affirme que Dologuélé doit demander sa réintégration. Il affirme ensuite que son refus signifierait qu’il n’a aucune nationalité et qu’il ne peut plus continuer à siéger à l’Assemblée nationale.

 

Le pouvoir dispose ainsi d’une argumentation déjà construite pour contester son maintien au Parlement.

 

Reste maintenant la question essentielle : les institutions judiciaires et parlementaires confirmeront-elles cette lecture, ou les arguments des avocats de Dologuélé finiront-ils par s’imposer face à cette interprétation du gouvernement ?

 

Pour l’instant, une chose est établie dans le débat politique : après la déclaration de Fidèle Gouandjika, celle d’Évariste Ngamana reprend le même axe et place désormais explicitement la menace sur le mandat de député de Dologuélé.

 

Par Alain Nzilo

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Louis-Firmin Kongoubé demande la « destitution » de Sarandji et élargit le débat sur la nationalité française

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Louis-Firmin Kongoubé a consacré une nouvelle publication à Mathieu Simplice Sarandji, président de l’Assemblée nationale, dans un texte diffusé le 30 août sous la signature du « Printemps Centrafricain ».

 

Dans cette publication, il écrit : « LE PRINTEMPS CENTRAFRICAIN APPELLE À LA DESTITUTION DU FRANCO-CENTRAFRICAIN MONSIEUR SARANDJI MATHIEU SIMPLICE DE LA PRÉSIDENCE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE À VOTONGBO-2 ».

 

Louis-Firmin Kongoubé demande la « destitution » de Sarandji et élargit le débat sur la nationalité française

 

Kongoubé poursuit son texte en revenant sur la question de la nationalité française d’Anicet-Georges Dologuélé et sur les déclarations précédemment attribuées à Évariste Ngamana à ce sujet.

 

À lire aussi : Rentrée scolaire 2026-2027 : Boali choisie pour la cérémonie officielle, mais les défis de l’école restent entiers

Il pose ensuite directement la question : « L’enfant DOLOGUÉLÉ prénommé Anicet-Georges est-il la seule personnalité publique de premier plan à disposer de la nationalité française depuis 1961 en République Centrafricaine ? »

 

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Des archives françaises au centre de sa demande

 

Dans la suite de sa publication, Kongoubé demande aux Centrafricains de rechercher dans les archives du Journal officiel de la République française les éventuels décrets de naturalisation ou de réintégration dans la nationalité française concernant des personnalités occupant des fonctions importantes en Centrafrique.

 

Il écrit : « À ce titre, le Printemps Centrafricain demande à tous les Centrafricains épris de paix, de l’amour de notre Mère Patrie la RCA, de la cohésion sociale, engagés pour la Res PUBLICA au pays de Barthélémy Boganda, à faire des recherches dans les archives du journal officiel de la République Française ».

 

La demande vise ensuite les personnes qui « se sont naturalisés français ou réintégrés dans la nationalité française à leur majorité et occupent des postes régaliens dans le régime de l’enfant NGUÉNGAZA nommé Touadéra Faustin ».

 

Kongoubé demande que les documents retrouvés soient communiqués au « Printemps Centrafricain », en précisant : « à communiquer le plus vite au Printemps Centrafricain les décrets de naturalisation ou réintégration dans la nationalité française ».

 

Sarandji placé au centre du texte

 

Le président de l’Assemblée nationale reste au centre de la publication dès son titre. Kongoubé le désigne comme « Franco-Centrafricain » et associe directement son nom à la demande de destitution formulée dans le texte.

 

La publication élargit ainsi le sujet de la nationalité de Dologuélé à d’autres personnalités publiques. Kongoubé demande que les mêmes recherches soient menées sur les responsables occupant des fonctions importantes dans les institutions centrafricaines.

 

Son texte mélange cette demande de recherche dans les archives françaises avec son style habituel, reconnaissable notamment dans certaines formules utilisées pour désigner les personnalités citées. Il écrit ainsi « 7ème Ripoublique Boyrabique » et parle de la « jurisprudence NGAMANA ».

 

À la fin de son message, Kongoubé écrit simplement : « TROP C’EN EST, QUE LE SALUT DU PEUPLE SOIT LA LOI SUPRÊME DE LA RÉPUBLIQUE EN CENTRAFRIQUE. »

 

La publication est signée « Louis-Firmin KONGOUBÉ, un des Érudits du Printemps Centrafricain », avec la date du 30 août à 12 h 51.

 

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RCA-Syndicats : le collectif des 18 centrales accuse Masua Gogi de diviser le mouvement syndical

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 Le collectif des 18 centrales syndicales centrafricaines accuse Masua Gogi de mener des actions visant à remettre en cause les revendications portées par les organisations syndicales auprès du président Faustin-Archange Touadéra. Les responsables syndicaux ont formulé ces accusations lors d’un point de presse tenu le 21 août 2026 à Bangui.

 

Le collectif affirme que ses revendications ont été officiellement présentées au chef de l’État lors d’une rencontre organisée le 3 juillet 2026 à la Cité des chefs d’État, en présence du Premier ministre et des membres du gouvernement.

 

RCA-Syndicats : le collectif des 18 centrales accuse Masua Gogi de diviser le mouvement syndicalLouis-Marie Kogregbo : « Après 66 ans d’indépendance, le nouveau combat est celui de l’indépendance sociale et économique »
Le syndicaliste Louis-Marie KOGRENGBOLe syndicaliste Louis-Marie KOGRENGBO

 

À lire aussi : Centrafrique : un citoyen tchadien décapité et sa tête exposée sur un piquet par les mercenaires russes près de Sam Ouandja

À cette occasion, les 18 centrales syndicales ont remis un mémorandum au président de la République. Le document porte notamment sur l’augmentation des salaires des fonctionnaires et agents de l’État de 40 %, la revalorisation des pensions de retraite à 35 %, ainsi que la signature du décret d’application de la loi portant statut général de la fonction publique, dont le texte serait en attente depuis 17 ans.

 

À lire aussi : Centrafrique : Louis-Marie KOGRENGBO interpelle le ministre du Commerce sur le contrôle des marchés

Les syndicats demandent également l’apurement des arriérés de salaires, l’amélioration des équipements des formations sanitaires et le renforcement des compétences du personnel médical. Ils réclament aussi l’aménagement des routes et pistes rurales, la nomination d’enseignants qualifiés à la tête des structures éducatives et la construction de deux universités à Bouar et Bambari. Le mémorandum demande enfin que les acteurs concernés soient traduits devant les juridictions compétentes.

 

Le 11 juillet, une réunion de débriefing organisée à la Bourse du travail a permis aux responsables syndicaux de définir plusieurs actions communes. Parmi celles-ci figurent une demande d’audience auprès du ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, l’organisation de la rentrée syndicale 2026-2027 et la contribution financière des secrétaires généraux à hauteur de 20 000 francs CFA pour soutenir les activités du collectif.

 

Le thème retenu pour cette rentrée syndicale est : « Ensemble pour une mobilisation et la défense des droits des travailleurs ». Sa date doit être fixée en fonction de la mobilisation des fonds nécessaires à son organisation.

 

Le collectif affirme que le mémorandum transmis au président de la République ne contient aucun passage relatif à une quelconque situation politique nationale. Il accuse Masua Gogi et la Coordination des organisations syndicales pour la consolidation des acquis sociaux (COSCAS) d’avoir adressé, le 14 juillet, une correspondance aux autorités politiques contenant, selon lui, des informations mensongères et susceptibles de discréditer les responsables des 18 centrales.

 

Selon Hubert Bindadier, représentant du collectif, ces initiatives remettent en cause les revendications présentées officiellement par les secrétaires généraux et constituent une entrave à la liberté syndicale.

 

Les responsables des 18 centrales affirment également que Masua Gogi aurait ensuite utilisé les réseaux sociaux pour diffuser des vidéos après l’envoi de ces correspondances. Ils indiquent par ailleurs qu’une procédure judiciaire impliquant certains responsables syndicaux a été engagée auprès de la Brigade territoriale de gendarmerie sur instruction du parquet de Bangui.

 

Le collectif reproche aussi à la COSCAS de continuer à effectuer des démarches auprès de plusieurs départements ministériels. Il accuse ses responsables de chercher à négocier des avantages personnels, notamment des postes dans les cabinets gouvernementaux, les représentations diplomatiques ou les établissements publics.

 

Ces accusations interviennent dans un contexte de tensions récurrentes au sein du mouvement syndical centrafricain. Les 18 centrales dénoncent ce qu’elles considèrent comme des rapprochements entre certains responsables syndicaux et les autorités politiques. Elles estiment que ces pratiques affaiblissent la capacité des organisations syndicales à défendre collectivement les travailleurs.

 

Le collectif cite notamment la nomination de certains syndicalistes à des postes dans les cabinets de la présidence de la République, de l’Assemblée nationale et de la Primature, ainsi qu’au sein des conseils d’administration d’établissements et d’offices publics. Pour les 18 centrales, ces nominations peuvent créer un conflit entre les responsabilités syndicales et les fonctions exercées au sein de l’administration.

 

Les responsables syndicaux invoquent à ce titre les conventions 88 et 98 de l’Organisation internationale du Travail relatives notamment aux droits syndicaux et à la liberté syndicale.

 

Lors de leur point de presse, les 18 centrales ont appelé leurs membres à préserver l’unité du mouvement syndical et à privilégier la transparence dans la conduite des organisations. Elles considèrent que les revendications présentées au chef de l’État le 3 juillet constituent désormais leur cadre commun d’action et rejettent toute démarche visant, selon elles, à les modifier ou à les discréditer.

 

Les accusations formulées contre Masua Gogi et la COSCAS relèvent de la position exprimée par le collectif des 18 centrales lors de ce point de presse. Les personnes mises en cause n’ont pas, dans le message transmis, été entendues sur ces accusations.

 

Par Anselme Mbata

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Inondations en Centrafrique : Le peuple toujours dans la boue, les autorités brillent dans la propagande pathétique et les fausses promesses

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Pendant que les sinistrés s’entassent dans la boue à chaque saison des pluies, les autorités de Bangui s’enferment dans des promesses stériles et une communication totalement déconnectée.

 

Le constat est choquant et se répète invariablement chaque année au retour de la saison des pluies. Les discours officiels se succèdent, calqués sur le même modèle, portés par des autorités devenues maîtresses dans l’art de la propagande et de la déception à grande échelle. Le chef de l’État actuel, surnommé l’empereur dictateur par ses concitoyens, diffuse en boucle les mêmes déclarations lénifiantes, persuadé que la population se contentera de paroles en guise de bilan. Une décennie entière s’est écoulée sous cette gouvernance, et pas le moindre début d’exécution ou de changement concret n’est visible dans les quartiers sinistrés de la capitale, abandonnant les Centrafricains à leur triste sort.

 

Inondations en Centrafrique : Le peuple toujours dans la boue, les autorités brillent dans la propagande pathétique et les fausses promesses
Inondation dans le quartier Bornou à Bria. Photo CNC

 

Cette gestion calamiteuse des inondations confirme parfaitement une inertie institutionnelle érigée en système. On nous parle de canalisations, de curage des caniveaux et de plans d’urbanisation, mais la réalité sur le terrain dément immédiatement ces annonces mensongères. Les structures étatiques se focalisent uniquement sur le versement des salaires de la fonction publique, une stratégie minimale visant uniquement à empêcher les grèves et à maintenir le régime en place. Au-delà de cette gestion salariale, les caisses sont vides et l’appareil d’État se trouve totalement paralysé, incapable de concevoir ou de financer la moindre infrastructure publique d’envergure.

 

Pour les ponts à consolider, les voies d’eau à aménager ou les secours de première nécessité, le gouvernement se transforme en mendiant international. Ce sont exclusivement les partenaires extérieurs, la Minusca, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Union européenne ou la France, qui apportent les fonds nécessaires pour colmater les brèches ici et là. Sans cette perfusion financière permanente des institutions internationales, le dénuement de l’administration publique serait total. Les cadres nommés à la tête des ministères, souvent choisis par pur népotisme au sein de cercles d’amis, se révèlent incapables d’initier une politique publique autonome et préfèrent briller dans les médias.

 

Les récentes interventions de la direction de cabinet du ministère de l’Action humanitaire sur Radio Guira confirment ce décalage total et cette propagande pathétique. Les explications fournies rejettent la responsabilité des inondations sur les comportements des citoyens et sur les constructions anarchiques, éludant la faillite totale de l’aménagement urbain par l’État. Le projet tant vanté de relocalisation définitive des sinistrés de l’île M’Bongossoua vers le site de Samba, présenté comme une solution de logements sociaux décents sous l’autorisation présidentielle, cache une tout autre réalité. Les dons humanitaires de l’Unicef et des agences internationales sont captés et redirigés vers la construction d’infrastructures scolaires privées appartenant à la ministre elle-même dans sa région natale de Samba. Les promesses de nouveaux pôles urbains se transforment ainsi en opportunités d’enrichissement personnel et en projets privés financés par l’aide internationale, tandis que les familles sinistrées s’entassent toujours dans des abris de fortune au milieu de la boue en attendant de futures vagues d’eau.

 

Par Éric Azoumi

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Du rêve de l’intégration au cauchemar du Code pénal : L’effroyable réalité des jeunes diplômés centrafricains

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Les promesses de réussite portées par la septième République s’effondrent pour la jeunesse centrafricaine, brutalement renvoyée des listes de la fonction publique vers les cellules des tribunaux de Bangui.

 

Le point de presse du comité stratégique de recrutement brise définitivement les espoirs d’une génération entière de diplômés. En annonçant l’annulation de centaines de candidatures pour cause de faux et usage de faux dans des secteurs clés comme les Finances, la Justice, les Mines ou les Affaires étrangères, le Premier ministre transforme une attente sociale légitime en une affaire criminelle. Les postulants qui aspiraient à sortir de la précarité en intégrant l’administration se retrouvent jetés en pâture à l’opinion publique. Cette démarche gouvernementale vise à punir les individus pour masquer le délabrement complet d’un système éducatif et administratif dont l’État s’est désengagé depuis des décennies.

Du rêve de l'intégration au cauchemar du Code pénal : L'effroyable réalité des jeunes diplômés centrafricains
La queue des jeunes diplomes pour la certification de leur baccalaureat a la direction des examens et concours a Bangui. CopyrightCNC

 

Pour ces milliers de jeunes, l’obtention d’un diplôme à l’Université de Bangui ou le succès au baccalauréat représentait le seul chemin vers une vie digne. La réalité du terrain a rapidement douché ces ambitions, l’accès à la fonction publique étant devenu un privilège réservé aux clients du pouvoir et aux proches des ministres. Face au verrouillage des institutions et à l’absence totale d’un marché de l’emploi privé, la manipulation des documents administratifs est devenue l’unique stratégie de survie pour des licenciés et des bacheliers laissés pour compte. En criminalisant ces pratiques, le régime refuse de voir qu’il a lui-même acculé sa jeunesse à des extrémités pour ne pas sombrer dans la misère absolue.

 

L’ordre donné de transférer l’ensemble des dossiers au ministre d’État chargé de la Justice afin d’engager des poursuites pénales fait basculer ces demandeurs d’emploi dans l’angoisse. Les peines brandies, allant de cinq à dix ans d’emprisonnement assorties de travaux forcés, sont d’une sévérité disproportionnée par rapport au désespoir qui a motivé ces actes. Le pouvoir s’abrite derrière l’article cinquante-neuf de la Constitution et les textes du Code pénal pour orchestrer une répression spectaculaire. Cette fermeté de façade permet au gouvernement de simuler une lutte pour la moralité publique, alors qu’il est incapable d’offrir la moindre alternative économique à cette population active qu’il menace aujourd’hui d’enfermer.

 

L’illusion du mérite, défendue lors de ce point de presse au nom de l’impunité zéro, ne trompe personne. Les jeunes centrafricains, dont les voix ont été sollicitées pour légitimer les nouvelles orientations politiques du pays, découvrent le vrai visage d’un système qui préfère la solution carcérale à la réforme de ses propres structures de contrôle. Les circuits officiels qui délivrent, valident et enregistrent ces parchemins litigieux au sein de la direction des examens et concours ou des secrétariats universitaires restent épargnés par la colère ministérielle. Le comité technique choisit de briser l’avenir des candidats pour éviter de démanteler les réseaux de corruption bien installés au cœur des cabinets officiels.

 

La saisine du procureur de la République pour lancer l’action publique sert de paravent politique au Premier ministre. Cette annonce fracassante crée une diversion bienvenue, déplaçant le débat de l’incompétence économique du gouvernement vers la culpabilité individuelle des plus vulnérables. Les bacheliers et les cadres en quête d’intégration deviennent les fusibles d’une politique de communication qui cherche à afficher un bilan de salubrité publique aux dépens des sacrifices de la jeunesse.

 

Les couloirs du palais de justice s’apprêtent à voir défiler une cohorte de diplômés transformés en délinquants par la volonté d’un régime qui leur refuse le droit au travail, tandis que les intermédiaires administratifs et les vendeurs d’arrêtés ministériels dorment en paix, assurés de la protection de leurs fonctions et déjà prêts à monnayer les places laissées vides par cette purge_

 

Par Éric Azoumi

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Quand Touadéra et son clan mafieux transforment l’accès à l’eau en un interminable tunnel de mensonges

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 Faustin Archange Touadéra et son clan mafieux prennent-ils la population pour des oies blanches incapables de réfléchir face à tant de contre-vérités débitées à longueur de journée ? En témoigne le dernier conseil des ministres du 6 août 2026, où les ministres ont étalé de prétendus programmes grandioses pour résoudre la crise de l’eau grâce à des coopérations fictives. Cette obsession du mensonge structure toute la méthode de gestion du pays, transformant l’accès à une ressource vitale en une longue errance nocturne pour des habitants abandonnés à leur triste sort.

 

La soif quotidienne et le mirage des annonces officielles

 

À lire aussi : Rétrogradation au ministère des Sports : Quand le ministre Héritier Doneng transforme incroyablement les inspecteurs en chefs de service

Les habitants de Bangui vivent au rythme d’une pénurie d’eau chronique qui dure depuis des années sans qu’aucune amélioration durable ne se dessine à l’horizon. Pendant que les autorités multiplient les déclarations sur des investissements colossaux, la réalité des robinets reste implacable. L’eau ne coule que furtivement au cœur de la nuit dans de rares quartiers, obligeant des familles entières à veiller pour espérer remplir quelques bidons jaunes.

 

À lire aussi : Centrafrique : Faustin Zaméto dénonce les « failles » de l’affaire Foucher et interpelle Paris et Bangui

Les projets de stations de captage promis le long des berges de l’Oubangui par des partenaires étrangers s’apparentent à des promesses sans lendemain. Les citoyens constatent l’écart abyssal entre la propagande officielle diffusée lors des réunions ministérielles et le calvaire enduré chaque jour pour trouver quelques litres d’eau potable.

Quand Touadéra et son clan mafieux transforment l'accès à l'eau en un interminable tunnel de mensonges

 

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Les accords internationaux et les promesses de formation en question

 

Le récent conseil des ministres a mis en avant un accord de collaboration technique avec l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement, le 2IE, basé à Ouagadougou. Ce partenariat s’inscrit dans le cadre du projet Predit, financé par un don de la Banque africaine de développement pour relier les ressources transfrontalières entre la République centrafricaine et la République démocratique du Congo.

 

Le plan officiel décrit des infrastructures ambitieuses comprenant une station de captage de six mille cinq cents mètres cubes par heure, des unités de traitement, des dizaines de kilomètres de conduites et des milliers de branchements sociaux. De surcroît, le gouvernement annonce le financement de formations diplômantes pour trente ingénieurs locaux au sein de l’institut burkinabé afin de renforcer les capacités de la Sadeca. Pour les observateurs et les usagers épuisés par les effets d’annonce, ces programmes détaillés sur le papier relèvent de la pure illusion destinée à masquer l’immobilisme structurel du secteur hydraulique.

 

Par Gisèle MOLOMA

La crise de l’eau en RCA s’aggrave avec des promesses de captage et des investissements qui ne se concrétisent pas, laissant la population face à une pénurie d’eau persistante.

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Touadéra, il est temps de plier bagage ! : Quand A T Benguewe Damaras tacle son ancien prof devenu Président

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Ah, le 13 août 2026 ! Soixante-six ans d’indépendance, les défilés, la fierté nationale… et la claque monumentale que l’auteur A T Benguewe Damaras vient d’envoyer en direct du Palais de la Renaissance. En ce jour de fête républicaine, A T Benguewe Damaras a décidé d’offrir au président Faustin-Archange Touadéra le plus beau des cadeaux de départ : une demande de démission en bonne et due forme.

 

Quand le fils spirituel remet le « père éducateur » à sa place

 

À lire aussi : Haut-Mbomou : quand les mercenaires russes trouent le bac de Kadjima en tirant sur un caïman.  La population se débrouille depuis un an pour vider l’eau pendant la traversée

L’histoire racontée par A T Benguewe Damaras a de quoi faire sourire. À l’époque, Faustin-Archange Touadéra était professeur à l’Université de Bangui et enseignait directement à l’auteur. Or, comme le rappelle A T Benguewe Damaras, la tradition africaine veut que celui qui t’éduque devienne un parent. C’est donc au titre de « fils » que A T Benguewe Damaras s’adresse aujourd’hui à son « père éducateur », mais sans la moindre langue de bois : sa conclusion tient en un mot en majuscules, « DÉMISSIONNEZ ».

 

Touadéra, il est temps de plier bagage ! : Quand A T Benguewe Damaras tacle son ancien prof devenu Président

 

À lire aussi : Centrafrique : Touadéra, le président incompétent qui mène le pays vers la faillite, selon madame Luka-Luka

Dix ans de pouvoir : Un bilan complètement démolit

 

Pour A T Benguewe Damaras, le bilan de cette décennie au sommet de l’État est catastrophique et la devise nationale « Unité, Dignité, Travail » a été complètement piétinée :

À lire aussi : Centrafrique : Faustin Zaméto dénonce les « failles » de l’affaire Foucher et interpelle Paris et Bangui

 

L’Unité brisée : A T Benguewe Damaras pointe du doigt la voix du peuple étouffée, la presse muselée et les manœuvres constitutionnelles taillées sur mesure pour maintenir le « petit roi Touadéra » sur son trône.

 

La Dignité bafouée : Selon A T Benguewe Damaras, la souveraineté du pays n’est plus qu’une illusion puisque la sécurité de la capitale et du palais est sous-traitée à des mercenaires étrangers.

 

Le Travail au point mort : A T Benguewe Damaras souligne l’absurdité d’un pays immensément riche qui croupit à la 191ᵉ place de l’indice de développement humain, condamnant sept Centrafricains sur dix à la pauvreté.

 

Sortir par la grande porte avant la tempête

 

S’appuyant sur les maximes de Cicéron et les principes de l’Ubuntu, A T Benguewe Damaras avertit le chef de l’État : le ras-le-bol populaire a atteint un seuil critique. L’auteur rappelle à Touadéra qu’il n’est pas un homme providentiel personne ne l’est et qu’il est déjà largement à l’abri du besoin. Pour A T Benguewe Damaras, il ne reste qu’une seule issue honorable : rendre le pouvoir de son propre chef avant que la frustration collective ne fasse basculer la nation vers l’irréparable.

 

A T Benguewe Damaras appelle à la démission de Touadéra, soulignant la crise en Centrafrique et le besoin urgent de changement. Cette demande résonne comme un cri du cœur face à une décennie de gestion calamiteuse.

Par Alain Nzilo

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Haut-Oubangui : selon le gouverneur Victor Bissekoin , des agents de l’État sont redéployés en province mais restent sans moyens pour travailler, quel est finalement le sens du redéploiement de l’État assuré par la Minusca ?

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Alors que la MINUSCA investit  des millions pour le redéploiement de l’État dans les villes de province, le Haut-Oubangui offre un spectacle de désolation administrative. Le gouverneur Victor Bissekoin confirme que sans véhicules ni budgets, les fonctionnaires restent de simples spectateurs. Ce constat inquiétant confirme l’échec d’une stratégie de façade où la propagande politique tente, tant bien que mal, de masquer une paralysie totale des institutions régionales.

 

Le gouffre financier d’un redéploiement virtuel

Pourtant, sur le papier, la machine internationale fonctionne. Conformément au mandat fixé par les Nations unies, la MINUSCA consacre des ressources colossales pour restaurer l’autorité de l’État dans les provinces de la République centrafricaine. Des bâtiments administratifs sont rénovés à grands frais, et les fonctionnaires ainsi que les agents publics sont transportés par hélicoptère de l’ONU directement vers leurs zones d’affectation dans le Haut-Oubangui.

 

Mais une fois les rotors des hélicoptères arrêtés, le mirage s’estompe. Sur place, l’État centrafricain brille par son absence totale de suivi. Les bureaux flambant neufs restent désespérément vides d’outils de travail : pas de budgets de fonctionnement, pas de véhicules pour effectuer les missions de terrain, pas de fournitures de bureau, pas de stylos, et parfois même pas une chaise pour s’asseoir. Les fonctionnaires se retrouvent abandonnés à eux-mêmes, incapables de rendre le moindre service public à une population qui sort à peine d’une crise profonde.

Haut-Oubangui : selon le gouverneur Victor Bissekoin   , des agents de l’État sont redéployés en province mais restent sans moyens pour travailler, quel est finalement le sens du redéploiement de l’État assuré par la Minusca  ?

 

L’école publique sacrifiée au nom du silence budgétaire

Le secteur de l’éducation illustre parfaitement ce naufrage logistique et financier. Pour maintenir un semblant d’activité scolaire dans la région, les autorités dépendent massivement d’enseignants contractuels. Or, le gouverneur Bissekoin    a été contraint d’avouer une réalité intenable : ces enseignants accumulent plusieurs mois d’arriérés de salaire. L’État non seulement n’équipe pas ses fonctionnaires, mais il refuse de payer ceux qui acceptent de travailler dans des conditions déjà précaires. Demander des résultats ou une conscience professionnelle à des pères et mères de famille privés de leurs droits légitimes relève d’une pure déconnexion.

 

Entre aveu de faillite et culte de la propagande

Le paradoxe le plus spectaculaire de cette gouvernance réside dans le double discours permanent du gouverneur. D’un côté, son interview est un aveu implicite que l’administration publique est totalement paralysée dans le Haut-Oubangui. De l’autre, Victor Bissekoin    retombe systématiquement dans les travers de la propagande politique en multipliant les éloges à la gloire du régime.

 

Au lieu d’interpeller fermement le gouvernement central à Bangui pour obtenir des tables, des stylos et des salaires pour ses troupes, l’autorité régionale choisit de s’enfermer dans une posture de soumission politique. Pire encore, il ose affirmer que la réélection de Faustin-Archange Touadéra constitue la réponse principale aux attentes des populations. Pendant que le Haut-Oubangui manque de tout et que l’insécurité persiste, le sommet de l’État se contente d’une satisfaction virtuelle, laissant les millions de la communauté internationale s’évaporer dans un redéploiement sans lendemain.

 

Par Éric Azoumi

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Martin Ziguélé : plus de 60 ans après les indépendances, avoir des mercenaires comme le groupe Wagner en Afrique est inacceptable

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L’ancien Premier ministre centrafricain Martin Ziguélé critique le recours à des combattants étrangers pour assurer la sécurité de certains États africains. Invité de l’émission L’Arbre à Palabre sur la DW, il estime que la présence de groupes comme Wagner pose une question directe sur la souveraineté militaire des pays concernés.

 

Plus de 60 ans après les indépendances, plusieurs États africains continuent de faire appel à des forces étrangères lorsqu’ils ne disposent pas des moyens nécessaires pour contrôler leur territoire ou combattre des groupes armés. Pour Martin Ziguélé, cette situation révèle les limites de la souveraineté proclamée au moment des indépendances.

 

Martin Ziguélé : plus de 60 ans après les indépendances, avoir des mercenaires comme le groupe Wagner en Afrique est inacceptable

À lire aussi : Le Diplôme “Exceptionnel”, le Passeport “Optionnel” : Bienvenue dans la septième République des faussaires et des criminels

L’ancien Premier ministre centrafricain considère que la défense du territoire doit d’abord relever des institutions nationales. Lorsque des combattants étrangers sont chargés d’assurer la protection d’un régime ou de participer aux opérations militaires, la question de l’autonomie réelle de l’État se pose directement.

 

À lire aussi : Centrafrique : Élysée Nguimalé qualifie les militants et partisans du MCU d’un groupe d’inciviques et moins civilisés

Wagner au cœur du débat sécuritaire africain

 

Le groupe Wagner s’est imposé ces dernières années comme l’un des noms les plus connus dans le débat sur l’intervention de sociétés militaires privées russes en Afrique. Sa présence a notamment été associée à plusieurs pays confrontés à des crises sécuritaires.

 

En République centrafricaine, des instructeurs et combattants russes liés au dispositif Wagner ont été déployés à partir de 2018 dans le cadre d’une coopération avec les autorités de Bangui. Leur présence a ensuite pris une place importante dans le dispositif sécuritaire du pays.

 

Le modèle s’est également développé au Mali et au Burkina Faso, où les autorités militaires ont cherché de nouveaux partenaires sécuritaires après la détérioration de leurs relations avec certains pays occidentaux.

 

Pour Martin Ziguélé, ces changements de partenaires ne doivent pas être présentés comme une véritable indépendance si les États restent incapables d’assurer eux-mêmes leur défense.

 

Remplacer une dépendance par une autre

 

C’est l’un des principaux arguments avancés par l’ancien Premier ministre.

 

Pendant plusieurs décennies, plusieurs pays africains ont entretenu une coopération militaire étroite avec les anciennes puissances coloniales. Formation des soldats, fourniture d’armes, assistance technique, renseignement et présence de conseillers étrangers ont constitué une partie de cette coopération.

 

Le remplacement de ces partenaires par des forces russes ou d’autres acteurs étrangers ne suffit donc pas, selon Martin Ziguélé, à établir une souveraineté militaire.

 

Pour lui, la question essentielle n’est pas de savoir si le partenaire est français, russe ou issu d’un autre pays. Elle est de savoir si l’État africain possède lui-même les capacités nécessaires pour assurer sa défense.

 

Une armée nationale doit rester au centre

 

La souveraineté militaire suppose des forces armées nationales capables de protéger le territoire et la population.

 

Cela nécessite des soldats correctement formés, des équipements adaptés, des moyens financiers suffisants, une chaîne de commandement fonctionnelle et des institutions capables d’exercer un contrôle politique et juridique sur les forces de défense.

 

Pour Martin Ziguélé, investir dans ces capacités devrait constituer une priorité pour les États africains.

 

Le recours à des combattants étrangers peut répondre à une urgence sécuritaire, mais il ne règle pas nécessairement les faiblesses structurelles des armées nationales.

 

À terme, un État qui dépend de forces extérieures pour sécuriser son territoire reste vulnérable aux décisions de son partenaire.

 

La question du contrôle des forces étrangères

 

La présence de combattants étrangers pose également la question du contrôle de leurs opérations.

 

Une armée nationale est soumise aux lois du pays, à une chaîne de commandement et, en principe, aux mécanismes institutionnels de contrôle. La situation peut être différente lorsqu’un gouvernement fait appel à une société militaire privée étrangère.

 

Les modalités contractuelles, les responsabilités opérationnelles et les mécanismes de contrôle peuvent alors être plus difficiles à appréhender pour la population et les institutions nationales.

 

C’est notamment cette question qui nourrit les critiques formulées contre les groupes militaires privés présents sur le continent.

 

Des organisations internationales et des associations de défense des droits humains ont également accusé des combattants associés au groupe Wagner d’exactions contre des civils dans plusieurs pays. Ces accusations ont été contestées par les autorités concernées et par la Russie.

 

La sécurité ne doit pas devenir une affaire privée

 

Pour Martin Ziguélé, la défense du territoire constitue une fonction régalienne.

 

L’État doit donc conserver la maîtrise des décisions militaires, du commandement et de l’utilisation de la force.

 

La privatisation partielle de la sécurité peut créer une situation dans laquelle les intérêts d’un groupe extérieur ne coïncident pas nécessairement avec ceux de la population.

 

Cette question devient encore plus sensible lorsque les forces étrangères participent à des opérations contre des groupes armés, à la protection de responsables politiques ou à des missions de sécurisation des zones stratégiques.

 

La faiblesse des États au centre du problème

 

Le recours à des forces étrangères est également le résultat de difficultés internes.

 

Certains États africains disposent d’armées sous-équipées, de budgets militaires limités et de territoires difficiles à contrôler. Les groupes armés profitent de ces faiblesses pour étendre leur présence.

 

Dans ce contexte, les gouvernements cherchent des solutions rapides.

 

Pour Martin Ziguélé, cette logique ne doit pas empêcher les États de s’attaquer aux causes profondes de leurs difficultés sécuritaires : formation des militaires, modernisation des équipements, renseignement, contrôle des frontières, infrastructures et amélioration des conditions de vie des populations.

 

L’intervention du groupe Wagner soulève des questions cruciales sur la souveraineté militaire des États africains, un sujet que Martin Ziguélé aborde de manière directe et engagée.

Une coopération militaire étrangère peut apporter une assistance ponctuelle. Elle ne peut pas, à elle seule, remplacer la construction d’une véritable capacité nationale de défense.

 

Une question de souveraineté

 

L’analyse de Martin Ziguélé rejoint ainsi le débat plus large sur l’indépendance réelle des États africains.

 

Un pays peut disposer d’un gouvernement, d’une constitution, d’une armée et d’un territoire reconnu internationalement tout en restant dépendant d’une force étrangère pour assurer sa sécurité.

 

Pour l’ancien Premier ministre, cette dépendance constitue une contradiction avec le principe même de souveraineté.

 

La souveraineté militaire ne signifie pas nécessairement l’absence de coopération avec les autres pays. Les États peuvent acheter des équipements à l’étranger, former leurs soldats avec des partenaires ou participer à des opérations multinationales.

 

La différence réside dans le contrôle. Les décisions stratégiques doivent rester entre les mains des institutions nationales.

 

Renforcer les armées africaines

 

Pour sortir de cette dépendance, Martin Ziguélé plaide implicitement pour une reconstruction des capacités nationales de défense.

 

Cela passe par la formation des militaires, la professionnalisation des forces armées, l’amélioration du renseignement, la modernisation des équipements et le renforcement des institutions chargées de contrôler l’armée.

 

La coopération entre États africains peut également jouer un rôle important.

 

Les pays du continent disposent de compétences militaires, d’écoles de formation et d’expériences opérationnelles qui pourraient être davantage mutualisées. Une coopération sécuritaire africaine plus structurée permettrait de réduire progressivement la dépendance à l’égard des forces étrangères.

 

Le choix des partenaires ne suffit pas

 

Le débat sur Wagner ne doit donc pas être réduit à une opposition entre Russie et Occident.

 

Pour Martin Ziguélé, remplacer une puissance étrangère par une autre ne constitue pas automatiquement une politique de souveraineté.

 

La véritable indépendance suppose que les États africains soient capables de définir leurs besoins sécuritaires, de choisir leurs partenaires selon leurs intérêts et de conserver le contrôle de leurs opérations.

 

Plus de 60 ans après les indépendances, l’enjeu reste donc de construire des États capables d’assurer eux-mêmes les fonctions essentielles de leur souveraineté. Pour Martin Ziguélé, la défense du territoire et la protection des populations ne peuvent durablement être sous-traitées à des combattants étrangers sans poser la question de l’indépendance réelle du pays qui les emploie.

 

Par Alain Nzilo

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Centrafrique : 81% des recettes fiscales absorbés par les salaires, l’État au bord de l’asphyxie

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Au premier semestre 2026, le paiement des salaires de la fonction publique a absorbé 81% des recettes fiscales et douanières de la République centrafricaine, contre un seuil de soutenabilité de 35% fixé au niveau communautaire.

 

Le ratio reste extrêmement élevé malgré un léger recul par rapport aux 85% enregistrés au premier trimestre. À ce rythme, la masse salariale pèse lourdement sur les marges de manœuvre du budget de l’État et réduit les ressources disponibles pour les autres dépenses publiques.

 

Classement de la honte : la Banque africaine de développement balance le score catastrophique du capital humain centrafricain

 

La situation résulte d’un déséquilibre entre l’évolution des dépenses et celle des recettes. Les charges salariales ont augmenté après la revalorisation de 20% des rémunérations des fonctionnaires entrée en vigueur au début de l’année. À cette hausse s’ajoutent les recrutements effectués dans la fonction publique et les corps de sécurité.

 

À lire aussi : Fidèle Gouandjika qualifie Daniel Nzéwé de « grand cleptomane de la nation

En face, les recettes progressent à un rythme insuffisant pour absorber cette augmentation des dépenses. Les ressources propres de l’État ont atteint 109,80 milliards de francs CFA à la mi-2026, mais cette progression ne suffit pas à rétablir l’équilibre entre les recettes mobilisées et les charges salariales.

 

À lire aussi : Centrafrique : retards de salaires, employés fantômes… la Minusca reconnaît un chaos interne à l’UNOPS et perd le contrôle

Le faible rendement fiscal de l’économie constitue l’un des principaux handicaps. Le secteur informel, qui occupe une place importante dans l’activité économique, ne contribue qu’à hauteur de 12% aux recettes fiscales. La contrebande transfrontalière prive également les services douaniers d’une partie des recettes attendues.

 

Cette faiblesse des recettes réduit les possibilités de financement des autres priorités de l’État. Lorsque l’essentiel des recettes fiscales et douanières sert à payer les salaires, il reste moins de ressources pour financer les infrastructures, les services sociaux et les investissements publics.

 

Le problème est d’autant plus important que le Trésor public dispose de moins de marges de sécurité qu’auparavant. La baisse des appuis budgétaires internationaux prive l’État d’une partie des ressources qui pouvaient auparavant contribuer à absorber les tensions sur les finances publiques.

 

Le niveau atteint au premier semestre traduit déjà une forte pression sur le budget annuel. Si les dépenses salariales continuent au même rythme au second semestre, l’enveloppe prévue pour les rémunérations risque d’être fortement sollicitée avant la fin de l’exercice.

 

Une telle évolution pourrait compliquer le paiement régulier des salaires des agents publics et accroître la pression sur la trésorerie de l’État. Elle limiterait aussi davantage la capacité du gouvernement à financer les dépenses qui ne relèvent pas directement de la masse salariale.

 

Les conséquences dépassent donc la seule question du paiement des fonctionnaires. Les crédits destinés aux routes, aux écoles, aux hôpitaux et aux autres investissements publics se retrouvent dans une situation de concurrence directe avec une masse salariale en forte progression.

 

Avec 81% des recettes fiscales et douanières consacrés aux salaires au premier semestre, le budget centrafricain laisse une marge très réduite pour financer les autres besoins de l’État.

 

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Le grand sorcier de Carnot Évariste Ngamana : « Le Conseil constitutionnel a rendu des décisions qui, de mon point de vue, étaient sages, mais qui font entorse à la décision judiciaire », l’incroyable aveu du pouvoir sur l’affaire Dologuélé

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Le ministre d’État en communication et porte-parole du gouvernement, le grand sorcier de Carnot Évariste Ngamana, titulaire d’un faux diplôme,  affirme lors de son point de presse à Bangui  que le Conseil constitutionnel a rendu, dans l’affaire Anicet-Georges Dologuélé, des décisions « sages » destinées à apaiser le contexte électoral, tout en reconnaissant qu’elles font « entorse » à une décision de la justice ordinaire.

 

Une déclaration qui met deux décisions face à face

 

La déclaration d’Évariste Ngamana intervient alors que l’ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuélé conteste l’interprétation faite par le pouvoir des règles relatives à la nationalité centrafricaine.

Le grand sorcier de Carnot, Évariste Ngamana
Le grand sorcier de Carnot, Évariste Ngamana

 

Le ministre d’État présente la procédure judiciaire comme distincte de la procédure électorale. Selon lui, le tribunal de grande instance est compétent pour les questions relatives à la nationalité, tandis que le Conseil constitutionnel intervient dans le cadre du contentieux électoral.

 

À lire aussi : Dossier spécial : Daniel Nzéwé, du petit voleur des cabris du quartier à Bambari au grand escroc des millions à Bangui

C’est précisément dans cette distinction que se trouve la déclaration la plus lourde de la conférence de presse.

 

À lire aussi : Le grand sorcier de Carnot Évariste Ngamana, porte-parole du gouvernement, affirme que « La question de la nationalité ne relève pas du Conseil constitutionnel »

Évariste Ngamana affirme que le Conseil constitutionnel a pris des décisions qu’il considère comme « sages », mais ajoute qu’elles « font entorse à la décision rendue par la juridiction d’ordre judiciaire ».

 

Autrement dit, le représentant du gouvernement reconnaît lui-même l’existence d’une contradiction entre la décision de la juridiction judiciaire et celle du Conseil constitutionnel.

 

« Pour décrisper la situation »

 

L’autre partie de la déclaration donne une dimension politique à cette contradiction.

 

Évariste Ngamana explique que le Conseil constitutionnel aurait rendu ses décisions « pour des questions politiques » et « pour décrisper la situation », afin de permettre aux élections de se dérouler dans un climat apaisé.

 

Cette affirmation ne vient pas d’un commentaire extérieur sur la décision du Conseil constitutionnel. Elle est formulée par un responsable gouvernemental au cours d’une conférence de presse consacrée notamment au dossier Dologuélé.

 

Le ministre d’État ne présente donc pas seulement une différence d’interprétation juridique. Il donne également une explication politique à la décision de la juridiction constitutionnelle.

 

Cette lecture mérite d’être distinguée du contenu même des décisions du Conseil constitutionnel. Une juridiction rend une décision à partir des textes, des pièces et des compétences que lui confère la Constitution. Affirmer publiquement qu’elle a adopté une position pour « décrisper la situation » revient à attribuer à sa décision une motivation politique qui mérite d’être documentée et confrontée aux motifs officiellement retenus.

 

Dologuélé contestait précisément cette lecture

 

Cette déclaration intervient après les propos d’Anicet-Georges Dologuélé sur la nationalité d’origine et les conséquences que pourrait entraîner l’interprétation défendue par le pouvoir.

 

Le président de l’URCA avait qualifié de « bêtise monumentale » la lecture selon laquelle la perte de la nationalité centrafricaine serait automatique pour les Centrafricains ayant acquis une autre nationalité.

 

Il soutient au contraire que la perte de la nationalité nécessite une procédure formelle et qu’une telle interprétation pourrait concerner des dizaines de milliers de binationaux.

 

Évariste Ngamana défend une lecture différente. Il affirme que la nationalité centrafricaine est « une et exclusive » et soutient que Dologuélé, ayant perdu la nationalité centrafricaine selon cette interprétation, doit engager une procédure de réintégration auprès du président de la République.

 

Le désaccord ne porte donc plus uniquement sur la situation personnelle de l’ancien Premier ministre. Il porte sur l’interprétation des règles de nationalité et sur la portée respective des décisions judiciaires et constitutionnelles.

 

Le Conseil constitutionnel au centre du débat

 

Évariste Ngamana va plus loin en affirmant que la question de la nationalité « ne relève pas du Conseil constitutionnel » et que la compétence appartient au tribunal de grande instance.

 

Cette affirmation appelle une distinction essentielle : le contentieux de la nationalité et le contentieux électoral ne sont pas nécessairement identiques. Le Conseil constitutionnel peut être appelé à examiner une question de nationalité lorsqu’elle intervient dans l’appréciation de l’éligibilité d’un candidat, alors que les juridictions judiciaires peuvent connaître des litiges relevant directement de l’état des personnes et de la nationalité.

 

C’est justement ce chevauchement entre les deux domaines qui rend la déclaration du ministre d’État particulièrement importante.

 

Car Évariste Ngamana reconnaît simultanément que le Conseil constitutionnel a statué dans le cadre électoral et que ses décisions ont fait « entorse » à une décision judiciaire.

 

Une déclaration qui dépasse le seul cas Dologuélé

 

L’affaire ne concerne donc plus seulement le passeport français de Dologuélé, son éventuelle perte de nationalité ou sa réintégration.

 

Elle pose désormais une question institutionnelle : comment articuler une décision d’une juridiction judiciaire portant sur la nationalité avec une décision du Conseil constitutionnel rendue dans le cadre d’une élection lorsque les deux appréciations ne concordent pas ?

 

Le gouvernement défend une réponse. Dologuélé en défend une autre.

 

Mais l’élément nouveau apporté par Évariste Ngamana est ailleurs : le ministre d’État reconnaît publiquement que le Conseil constitutionnel a pris une décision qu’il juge « sage », tout en estimant qu’elle a fait « entorse » à une décision judiciaire. Il ajoute que cette décision répondait à des considérations politiques liées à l’apaisement du contexte électoral.

 

Ces propos donnent une nouvelle dimension au dossier Dologuélé. Ils placent désormais au cœur du débat non seulement la nationalité de l’opposant, mais aussi la frontière entre décision judiciaire, contentieux électoral et considérations politiques dans le fonctionnement des institutions centrafricaines.

 

Par Alain Nzilo

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Centrafrique : quand Wagner impose son alcool frelaté Wanawa et fait interdire la concurrence camerounaise

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 Depuis 2023, les mercenaires russes du groupe Wagner fabriquent et vendent de l’alcool frelaté en sachets dans toute la République centrafricaine, tout en intensifiant  leur offensive pour éliminer toute concurrence en faisant pression sur le gouvernement pour interdire l’importation des produits similaires venant du Cameroun et du Nigeria.

 

En effet, le marché des petits sachets d’alcool frelaté représente un secteur économique important dans un pays où la majorité de la population vit dans la pauvreté absolue. Ces sachets vendus entre 75 et 150 francs CFA constituent pour beaucoup de jeunes la seule forme d’alcool accessible. Wagner l’a bien compris et a décidé de s’emparer de ce marché juteux.

quand Wagner impose son alcool frelaté Wanawa et fait interdire la concurrence camerounaise

 

 

Alors que l’arrêté interdisant l’importation d’alcools frelatés existait déjà depuis des années. Wagner ne fait que jouer sur cette loi pour éliminer ses concurrents. Car avec Wagner, la loi fonctionne à sens unique : elle s’applique aux autres, jamais à eux. Les mercenaires russes font ce qu’ils veulent, quand ils veulent, et personne ne les inquiète.

 

Les forces de l’ordre centrafricaines traquent donc les sachets importés du Cameroun et du Nigeria. Elles organisent des saisies spectaculaires, exposent leur butin sur les réseaux sociaux, puis mettent en scène des cérémonies de destruction publique. Quelques sachets brûlent devant les caméras, le reste est probablement revendu discrètement dans les quartiers.

 

Pendant ce temps, les camions de Wagner circulent librement dans tout Bangui et en province pour livrer leurs propres sachets d’alcool frelaté. Au marché Gobongo, au PK-12, au marché Kassaï, dans tous les quartiers, les produits russes sont disponibles sans problème. Personne ne les saisit, personne ne les brûle, personne ne les interdit.

Paquet rose de Vodka Wa Na Wa de 50 ml avec un rhinocéros en image de marque sachet_vodka_wanawa_de_wagner Wagner rend la jeunesse centrafricaine accro à ses poisons alcoolisés
sachet_vodka_wanawa_de_wagner – Wagner rend la jeunesse centrafricaine accro à ses poisons alcoolisés

 

Cette double mesure expose la vraie nature de l’interdiction : protéger le monopole commercial de Wagner, pas la santé publique. Si les autorités se préoccupaient réellement des dangers de l’alcool frelaté, elles interdiraient tous les produits, pas seulement ceux qui ne profitent pas aux Russes du groupe Wagner.

 

Les consommateurs interrogés par la rédaction du CNC confirment que l’alcool produit par Wagner provoque des effets inquiétants. Violents maux de tête, sensation de paralysie dans les jambes, malaises divers – les témoignages convergent sur la dangerosité de ces produits russes. La teneur en alcool semble beaucoup plus élevée que dans les sachets importés traditionnellement.

 

Cette stratégie de Wagner pour empoisonner massivement la jeunesse centrafricaine pousse les centrafricains à se poser des questions. Pourquoi produire un alcool aussi fort et dangereux ? Pourquoi cibler spécifiquement les jeunes pauvres qui constituent la majorité des consommateurs de ces sachets ?

 

Une hypothèse réelle émerge : maintenir une jeunesse abrutie par l’alcool fort facilite le contrôle social. Des jeunes constamment sous l’effet d’alcools violents deviennent plus faciles à manipuler, moins capables de réfléchir, moins susceptibles de s’organiser ou de résister.

 

Cette stratégie s’inscrit dans une politique plus large de destruction du capital humain centrafricain. En maintenant la jeunesse dans l’alcoolisme, en sabotant l’éducation, en bloquant l’accès à l’emploi qualifié, on produit une génération de taxi-motards, de vendeurs de rue, de petits débrouillards sans formation ni perspective. Cette masse de jeunes sans éducation ni avenir constitue un réservoir facilement manipulable pour toutes les aventures politiques ou militaires.

 

Le gouvernement centrafricain collabore activement à cette entreprise d’empoisonnement collectif. En mobilisant les forces de l’ordre pour éliminer la concurrence de Wagner, en laissant circuler librement les produits russes dangereux, en fermant les yeux sur les effets désastreux de cet alcool sur la jeunesse, les autorités deviennent complices d’une vaste opération de destruction sociale.

 

Cette affaire des sachets d’alcool s’ajoute à tous les autres secteurs déjà contrôlés par Wagner : l’or, les diamants, le bois, la sécurité, et maintenant les boissons alcoolisées destinées aux plus pauvres. Les mercenaires russes ne laissent aucun secteur économique leur échapper, du plus stratégique au plus modeste.

 

Le contrôle du marché des alcools bon marché par Wagner montre parfaitement la colonisation économique totale de la République centrafricaine. Même le commerce de rue, même les petits sachets à 100 francs, tout doit passer par les Russes et leur profiter.

 

Les jeunes Centrafricains qui consomment ces produits ne savent probablement pas qu’ils enrichissent Wagner et compromettent leur propre santé. Ils cherchent juste un moment d’oubli à bas prix et se retrouvent pris dans un système qui les empoisonne tout en les appauvrissant.

 

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Quand la COSCIPAC et Petit Delphin KOTTO déclarent la guerre spirituelle contre le pouvoir centrafricain

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 Dans une lettre ouverte particulièrement virulente rendue publique à Bangui, la Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en Centrafrique (COSCIPAC), sous la plume de son coordonnateur national Petit Delphin KOTTO, tire à boulets rouges sur le régime en place. La COSCIPAC et son leader Petit Delphin KOTTO n’y vont pas de main morte et accusent directement le président Faustin Archange Touadéra d’avoir abandonné la foi pour se tourner vers l’occultisme, le fétichisme et la magie sous toutes ses couleurs afin de maintenir son emprise sur le pays.

 

Selon les déclarations choc de Petit Delphin KOTTO pour la COSCIPAC, le sommet de l’État centrafricain serait désormais guidé par des marabouts et des rituels ésotériques avant chaque prise de décision politique. Le chef de la COSCIPAC pousse l’offensive encore plus loin en liant les disparitions répétées d’enfants et la multiplication des accidents tragiques à des sacrifices rituels présumés, déplorant l’absence d’enquêtes judiciaires et pointant du doigt l’érection de monuments dans la capitale Bangui.

Quand la COSCIPAC et Petit Delphin KOTTO déclarent la guerre spirituelle contre le pouvoir centrafricain

 

À lire aussi : Le projet secret de partition de la RCA : vers la création d’une « République de la Nana-Fertit » ? Suivez l’analyse du journal Médias Plus

 

Face à ce qu’ils qualifient de combat contre des puissances de ténèbres, Petit Delphin KOTTO et la COSCIPAC proposent un remède pour le moins singulier : une opération de purification spirituelle nationale. Le coordonnateur de la COSCIPAC invite l’ensemble de la population centrafricaine à se laver avec du sel pendant sept jours d’affilée, du 12 au 18 août dès minuit, et à en asperger abondamment les ronds-points et monuments du territoire national afin de briser les liens occultes du pouvoir.

À lire aussi : DOSSIER SPÉCIAL : Diplomatie parallèle et réseaux de faussaires au cœur du Ministère des Affaires Étrangères

 

Multipliant les citations bibliques et s’appuyant sur les dénonciations de figures religieuses comme le révérend Charles Talingano, Petit Delphin KOTTO et la COSCIPAC concluent leur appel en exhortant le peuple centrafricain à la repentance, à la prière et au civisme. Reste à savoir si la thérapie par le sel préconisée par Petit Delphin KOTTO au nom de la COSCIPAC saura dissiper les tempêtes politiques du pays.

 

Par Alain Nzilo

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La guerre spirituelle déclarée par la COSCIPAC met en lumière la lutte contre l’occultisme en Centrafrique, avec un appel à une purification nationale audacieuse.

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Dépassé par l’IA, Touadéra se tourne vers les opérateurs mobiles pour traquer les Centrafricains via les cartes SIM

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 L’administration de Baba Kongoboro métamorphose les boutiques de téléphonie en postes de contrôle policier, espérant compenser son impuissance face aux technologies de pointe par un flicage de proximité.

Dépassé par l'IA, Touadéra se tourne vers les opérateurs mobiles pour traquer les Centrafricains via les cartes SIM
Touadera en prière de sollicitation de protection des FACA à la Grotte Notre-Dame des Armées au camp Kassaï militaire à Bangui

 

La panique qui s’est emparée du Haut Conseil de la Communication met en lumière un aveu de faiblesse technologique absolu. Face à la décentralisation d’Internet et à l’avènement des clones numériques qui tournent en dérision les hautes sphères de l’État, le pouvoir exécutif choisit de s’en prendre aux infrastructures physiques locales. En ordonnant à l’ARCEP de faire pression sur les compagnies de téléphonie mobile, l’appareil d’État cherche à transformer chaque puce de silicium en un outil de géolocalisation pour le compte des services secrets. Cette manœuvre administrative dévoile la stratégie d’un gouvernement qui renonce à comprendre la modernité pour se replier sur des méthodes de surveillance d’un autre âge. Les puces de télécommunication deviennent les nouveaux verrous d’une prison virtuelle que l’exécutif tente de construire autour de la population.

 

Cette traque obsessionnelle des puces téléphoniques non enregistrées montre à quel point les dirigeants redoutent la parole libre issue des quartiers populaires. Dans un espace urbain aussi restreint que la capitale centrafricaine, s’attaquer à l’anonymat des téléphones équivaut à installer un guichet de délation à chaque coin de rue. Le ministère de la Justice et le Parquet général espèrent ainsi obtenir un fichier centralisé permettant d’associer instantanément un commentaire politique à une adresse physique et à un nom civil. Cette volonté de briser la confidentialité des échanges numériques vise à instaurer une peur permanente chez les abonnés, sachant que le moindre partage de contenu parodique peut déclencher une descente de la police technique. Les opérateurs privés se retrouvent ainsi réquisitionnés comme auxiliaires d’une justice politique qui délaisse la traque des bandes armées pour pourchasser les usagers du réseau.

 

Cette bascule vers le flicage des télécommunications montre l’échec de la rhétorique officielle sur la souveraineté numérique. Le pouvoir centrafricain se montre incapable de dialoguer avec la jeunesse hyperconnectée et préfère diaboliser les outils technologiques en invoquant des concepts moraux sur l’inviolabilité du chef de l’État. En exigeant la fin de la vente libre des cartes d’accès au réseau, le HCC tente de priver les citoyens ordinaires de leur seule passerelle vers le monde extérieur. Cette politique de la terreur administrative vise à asphyxier la contestation en rendant le coût de la critique politique trop lourd à porter pour les familles. Chaque smartphone se transforme en une souricière potentielle, directement connectée aux bases de données de l’appareil répressif national.

 

L’alliance forcée entre le régulateur des télécoms et les parquets locaux confirme la dérive policière globale d’un régime aux abois. Les autorités préfèrent pénaliser l’économie numérique naissante et décourager l’innovation plutôt que de tolérer la satire ou la contradiction. Ce harcèlement des réseaux mobiles ne fera qu’accentuer le fossé entre une population avide de modernité et une oligarchie vieillissante qui cherche à pérenniser son pouvoir par le contrôle des ondes. Les citoyens se retrouvent pris en otage dans cette guerre absurde où la technologie de pointe se heurte à la brutalité des décrets bureaucratiques.

 

Par Anselme Mbata

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Classement de la honte : la Banque africaine de développement balance le score catastrophique du capital humain centrafricain

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Plongée au fond du classement mondial de la Banque africaine de développement, la République centrafricaine pointe au 191e rang sur 193 pays pour son indice de développement humain.

 

Ce score relègue le territoire national parmi les zones les plus démunies du globe. Les institutions financières régionales observent une stagnation prolongée de l’accès aux soins fondamentaux et aux réseaux d’eau potable. L’éducation souffre de carences profondes qui ralentissent l’apprentissage de la jeunesse. Les générations montantes manquent cruellement de perspectives professionnelles et de formations adaptées aux besoins locaux.

Classement de la honte : la Banque africaine de développement balance le score catastrophique du capital humain centrafricain

À lire aussi : Bangui : une rumeur d’attaque sème la panique sur l’axe PK13-PK14, débandade générale

 

Les investissements publics dans la santé s’avèrent insuffisants pour freiner la dégradation des structures médicales. Les écoles manquent de matériel pédagogique et de personnel qualifié pour former les cadres de demain. Cette situation compromet l’avenir économique du pays en privant les entreprises de compétences locales. Les partenaires au développement constatent l’immense fossé entre les ambitions affichées et les réalités quotidiennes du peuple.

À lire aussi : Un enfer minier à ciel ouvert : à Yidéré, l’industrie du pillage et de la terreur signée Wagner

 

La baisse continue du niveau de vie touche l’ensemble des préfectures. Les familles peinent à subvenir aux besoins nutritionnels de base. Cette crise sociale durable entrave la croissance globale de la région.

À lire aussi : À Rondji et Gobolo, le commandant Lamtagué organise un vaste système de détournement des fonds sur le dos des exploitants chinois

 

Par Alain Nzilo

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L’indice de développement humain de la RCA met en évidence une situation sociale critique, où l’accès aux soins et à l’éducation reste désastreux, compromettant l’avenir du pays.

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Pour l’analyste Houlaguele Anselme, « Touadéra s’associe à des criminels de renom pour détruire les institutions »

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Dans une prise de parole incisive, Houlaguele Anselme dresse un bilan sombre de la situation politique et institutionnelle en République centrafricaine. Au centre de ses dénonciations : la dérive autoritaire du pouvoir de Bangui et l’alliance nouée par le président Faustin-Archange Touadéra avec des forces mercenaires étrangères, au mépris des principes républicains fondamentaux.

 

Une alliance toxique au cœur de l’État

Pour Houlaguele Anselme, la rupture de la continuité républicaine en Centrafrique ne relève plus du simple dysfonctionnement administratif, mais d’une entreprise délibérée de démantèlement de l’État de droit. L’auteur pointe avec véhémence l’intégration de groupes paramilitaires privés au sommet de l’appareil sécuritaire et décisionnel.

 

Pour l’analyste Houlaguele Anselme, « Touadéra s’associe à des criminels de renom pour détruire les institutions »
HOULAGUELE Anselme Patrick, Citoyen centrafricain engagé, prononçant un discours

À lire aussi : Insécurité chronique en Centrafrique, monsieur Bakonvoyo Dix Heures Odon décrypte les enjeux et origine du problème

« Serait-il envisageable pour un fils du pays de s’associer à des criminels de renom pour affaiblir les institutions républicaines de son propre pays de manière extravagante et criminelle ? Aucun exemple n’existe encore dans le monde contemporain du cas centrafricain. » Houlaguele Anselme

 

À lire aussi : Albert Yaloké Mokpeme, si on ne sait pas mentir, la meilleure solution est de se taire sur le conflit entre les mercenaires russes et les soldats FACA à Zemio

Cette sous-traitance de la souveraineté nationale, sous couvert d’un discours populiste sur l’indépendance, constitue selon l’auteur le véritable « mal centrafricain ». En s’appuyant sur des alliés controversés pour maintenir son emprise, le régime de Bangui prive les citoyens de leurs libertés de choix tout en sapant les fondements de la République.

 

Une justice capturée et des institutions à genoux

L’impact de cette alliance se fait ressentir sur l’ensemble des rouages institutionnels du pays, à commencer par l’appareil judiciaire. Houlaguele Anselme dénonce l’abandon total des principes d’équité et de neutralité au profit d’intérêts particuliers.

 

Instrumentalisation du système judiciaire : La justice centrafricaine se retrouve désorientée et soumise aux directives du pouvoir central, servant d’outil d’intimidation plutôt que de rempart contre l’injustice.

 

Refus des droits civiques fondamentaux : Les figures de l’opposition font face à des dénis de droits systématiques, illustrés par le blocage et la confiscation arbitraire de documents administratifs essentiels tels que les passeports diplomatiques, en contradiction directe avec les décisions du Conseil constitutionnel.

 

Règne de l’impunité

Tandis que les règles constitutionnelles sont bafouées, les abus, tortures et violations perpétrés dans l’arrière-pays restent largement impunis.

 

Le piège d’un régime affranchi de la légalité

En faisant sauter les verrous institutionnels et en violant le cadre juridique établi, le pouvoir en place a installé le pays dans une gouvernance d’exception. Houlaguele Anselme souligne que les transgressions répétées qu’il s’agisse de la manipulation des règles électorales ou du contournement des organes de régulation traduisent les limites d’un système à bout de souffle.

 

Face au silence ou aux hésitations de certains partenaires internationaux, l’auteur rappelle que la véritable reconstruction de la Centrafrique ne pourra s’amorcer qu’en mettant fin à l’arbitraire et en restaurant la dignité des institutions nationales au service exclusif du peuple centrafricain.

Les alliances criminelles au sein du gouvernement de Touadéra sapent les institutions centrafricaines, menaçant l’équilibre de l’État de droit.

 

Par Gisèle MOLOMA

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Nationalité de Dologuélé : après Gouandjika et le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana, Crépin Mboli-Goumba démonte la stratégie juridique du pouvoir

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La controverse sur la nationalité d’Anicet Georges Dologuélé prend une nouvelle tournure après les déclarations successives de Fidèle Gouandjika et du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana. Crépin Mboli-Goumba oppose aux deux responsables la décision du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025 et l’article 147 de la Constitution.

 

Le dossier dépasse désormais la seule question d’une demande de réintégration. Les interventions de Gouandjika et du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana présentent cette démarche comme nécessaire pour permettre à Dologuélé de recouvrer ses droits politiques. Mboli-Goumba conteste cette lecture et rappelle que le Conseil constitutionnel avait déjà examiné la question de sa nationalité dans le contentieux de sa candidature à la présidentielle de 2025.

 

Nationalité de Dologuélé : après Gouandjika et le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana, Crépin Mboli-Goumba démonte la stratégie juridique du pouvoir
Maître Crépin Mboli Goumba, président du parti Patrie et coordonnateur du BRDC. Photo CNC

 

L’enjeu est désormais clairement identifié : déterminer si la controverse sur la nationalité peut servir de fondement juridique à une remise en cause du mandat de député de Dologuélé.

 

Gouandjika ouvre la séquence

 

À lire aussi : Fidèle Gouandjika qualifie Daniel Nzéwé de « grand cleptomane de la nation

Fidèle Gouandjika a été le premier à placer publiquement la question de la réintégration au centre du débat.

À lire aussi : Centrafrique : à Samo-Ouandja, le capitaine des FACA reconnaît lui-même son mauvais comportement et affirme que la population pourrait un jour manifester pour exiger son départ

Dans un message publié sur Facebook, le conseiller du président Touadéra a demandé à Dologuélé de reconnaître la victoire du chef de l’État et de lui adresser une demande de réintégration dans la nationalité centrafricaine.

Gouandjika présente cette démarche comme indispensable pour permettre à Dologuélé de recouvrer ses droits civiques et politiques.

Son intervention associe ainsi deux éléments : la reconnaissance de la victoire de Touadéra et la demande de réintégration.

Cette première sortie a immédiatement placé Dologuélé devant une exigence politique présentée sous la forme d’une démarche juridique.

 

Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana reprend le même axe

Quelques jours plus tard, le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana reprend la question, cette fois en développant un argumentaire présenté comme strictement juridique.

Le ministre d’État chargé de la Communication affirme que Dologuélé doit écrire au président de la République pour demander sa réintégration.

Il explique que cette démarche est prévue par le Code de la nationalité et qu’elle doit être suivie d’une enquête avant l’adoption éventuelle d’un décret de réintégration.

Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana va plus loin.

Il affirme que si Dologuélé ne formule pas cette demande, il ne disposerait d’aucune nationalité lui permettant de continuer à siéger à l’Assemblée nationale.

Le débat sur la nationalité se transforme ainsi en menace directe sur le mandat parlementaire de l’opposant.

 

Mboli-Goumba revient au point de départ juridique

 

Crépin Mboli-Goumba conteste cette construction. Dans son aide-mémoire, l’avocat ne nie pas que le Code de la nationalité prévoit une procédure de réintégration.

Le Code de 1961 prévoit effectivement les conditions de perte de nationalité et organise une procédure de réintégration par décret après enquête.

Pour Mboli-Goumba, le problème est ailleurs. Avant de demander à Dologuélé de solliciter une réintégration, il faut établir qu’il a juridiquement perdu sa nationalité centrafricaine.

Cette question n’est pas nouvelle. Elle a déjà été soumise au Conseil constitutionnel lors du contentieux de l’élection présidentielle de 2025.

 

Le Conseil constitutionnel avait déjà tranché le contentieux électoral

La candidature de Dologuélé avait été contestée en raison, notamment, de sa situation au regard de la nationalité.

Dans sa décision n°14/CC/25 du 14 novembre 2025, le Conseil constitutionnel s’est déclaré compétent pour connaître du contentieux relatif aux candidatures à l’élection présidentielle.

Il a examiné l’argument selon lequel Dologuélé aurait perdu sa nationalité centrafricaine après avoir acquis la nationalité française et aurait dû demander sa réintégration.

Selon l’aide-mémoire de Mboli-Goumba, le Conseil constitutionnel a relevé qu’aucun décret n’avait constaté formellement la perte de la nationalité centrafricaine de Dologuélé. Il a également considéré que la perte de nationalité par acquisition volontaire d’une nationalité étrangère ne revêtait pas, dans les circonstances examinées, un caractère automatique.

Le Conseil en avait tiré une conséquence précise : Dologuélé ne pouvait pas être soumis aux formalités de réintégration dans les conditions invoquées contre lui.

La requête contestant notamment sa candidature a été rejetée comme mal fondée.

Le Tribunal de grande instance avait adopté une autre lecture

Le dossier comporte pourtant une décision antérieure allant dans une autre direction.

Le 16 octobre 2025, le Tribunal de grande instance de Bangui avait annulé le certificat de nationalité de Dologuélé.

Cette juridiction s’était notamment appuyée sur les dispositions du Code de la nationalité relatives à l’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère.

Cette décision avait donc retenu une lecture différente de celle développée ensuite par le Conseil constitutionnel dans le contentieux électoral. Cette divergence est essentielle pour comprendre le débat actuel.

Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana s’appuie sur les règles relatives à la perte et à la réintégration.

Mboli-Goumba rappelle que le Conseil constitutionnel a examiné cette question dans le cadre de l’éligibilité présidentielle et a rejeté la contestation visant Dologuélé.

 

L’article 147 au centre de la riposte

 

Pour Mboli-Goumba, l’élément le plus important se trouve dans la Constitution de 2023.

L’article 147 dispose que les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours et qu’elles s’imposent aux pouvoirs publics ainsi qu’aux autorités administratives, militaires et juridictionnelles.

Cette disposition donne une portée particulière à la décision du 14 novembre 2025.

Le Conseil constitutionnel n’avait pas simplement rendu un avis sur la nationalité de Dologuélé. Il avait statué dans le cadre d’un contentieux électoral relevant de sa compétence.

La question posée par Mboli-Goumba est donc directe : comment une autorité administrative peut-elle aujourd’hui considérer Dologuélé comme ayant perdu sa nationalité et lui imposer une procédure de réintégration après une décision du Conseil constitutionnel qui avait écarté cet argument dans le contentieux de son éligibilité ?

 

Le désaccord porte sur le moment où la réintégration devient nécessaire

 

Le gouvernement et Mboli-Goumba ne discutent pas exactement de la même chose.

Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana insiste sur l’existence de la procédure de réintégration.

Mboli-Goumba insiste sur la condition préalable permettant de déclencher cette procédure. La réintégration concerne une personne qui a perdu sa nationalité et souhaite la recouvrer.

La question préalable est donc celle de la perte juridiquement établie.

Dans le cas Dologuélé, le Conseil constitutionnel avait relevé l’absence de décret constatant cette perte et avait refusé de lui imposer les formalités de réintégration dans le cadre du contentieux examiné.

C’est cette partie de la décision que Mboli-Goumba demande de prendre en compte.

 

De la nationalité au mandat de député

 

L’intervention du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana introduit une nouvelle dimension dans le dossier.

En affirmant que Dologuélé ne pourrait plus continuer à siéger à l’Assemblée nationale s’il ne demande pas sa réintégration, le porte-parole du gouvernement établit un lien entre la nationalité et le maintien du mandat parlementaire.

La controverse ne concerne donc plus seulement la reconnaissance administrative de la nationalité. Elle peut désormais déboucher sur une procédure visant la qualité de député de Dologuélé.

C’est précisément ce qui donne au débat une portée politique majeure.

Dologuélé a vu sa candidature à la présidentielle de 2025 examinée par le Conseil constitutionnel. Il a ensuite été élu député.

Pour remettre aujourd’hui en cause son mandat sur la base d’une perte de nationalité, il faudrait donc établir juridiquement cette perte et déterminer la procédure applicable à son mandat.

Une déclaration politique ne peut pas, à elle seule, produire cet effet.

 

La question de la lettre au président

 

Un autre point retient l’attention dans la succession des déclarations.

Gouandjika demande à Dologuélé de reconnaître la victoire de Touadéra et de solliciter sa réintégration.

Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana affirme ensuite que Dologuélé doit écrire au président de la République, tout en présentant cette lettre comme une simple exigence de la loi.

Mboli-Goumba conteste cette présentation. Pour lui, le débat ne peut pas commencer par la lettre à adresser au chef de l’État. Il doit commencer par l’établissement juridique de la perte de nationalité.

Cette distinction modifie complètement la portée de la démarche réclamée à Dologuélé.

Si la perte de nationalité n’est pas juridiquement établie dans les conditions retenues par le Conseil constitutionnel, demander une réintégration revient à considérer comme acquis un préalable qui fait précisément l’objet du litige.

 

Une stratégie juridique désormais contestée

 

La succession des prises de parole dessine une même trajectoire : la nationalité de Dologuélé est présentée comme un obstacle à l’exercice de ses droits politiques, puis la demande de réintégration est avancée comme la solution.

Gouandjika l’a formulée sur un terrain ouvertement politique, en liant la démarche à la reconnaissance de la victoire de Touadéra.

Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana l’a reprise sur un terrain juridique, en affirmant que la demande au président de la République constitue une obligation pour une personne ayant perdu sa nationalité.

Mboli-Goumba conteste cette construction en revenant à la décision du Conseil constitutionnel.

Il ne conteste pas l’existence du Code de la nationalité ni celle de la procédure de réintégration. Il conteste son application automatique au cas Dologuélé.

Son raisonnement repose sur une succession de questions : où est le décret constatant la perte de nationalité ? Quelle est la portée de la décision du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025 ? Et sur quelle base une autorité administrative peut-elle imposer aujourd’hui une réintégration que le Conseil avait écartée dans le contentieux de l’éligibilité ?

 

Le véritable enjeu : le siège de Dologuélé à l’Assemblée nationale

La controverse prend ainsi une dimension institutionnelle. La question de la nationalité peut désormais être utilisée pour contester le maintien de Dologuélé comme député. C’est précisément ce qui ressort de l’avertissement formulé par le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana.

Mboli-Goumba intervient donc à un moment où la controverse quitte le seul terrain de la présidentielle de 2025 pour toucher directement la composition de l’Assemblée nationale.

Le débat devra alors porter non seulement sur la nationalité, mais aussi sur la procédure permettant de mettre fin au mandat d’un député.

Au centre de cette bataille se trouve toujours la même décision : celle du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025.

L’article 147 de la Constitution lui donne une autorité particulière. Tant que cette décision demeure applicable, toute nouvelle démarche visant à traiter Dologuélé comme une personne ayant définitivement perdu sa nationalité doit être juridiquement articulée avec ce qu’a déjà décidé la juridiction constitutionnelle.

La controverse entre Gouandjika, le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana et Mboli-Goumba ne porte donc plus seulement sur une lettre à adresser à Touadéra. Elle porte désormais sur la portée d’une décision constitutionnelle, sur l’autorité des institutions et sur la possibilité de transformer la question de la nationalité en procédure de remise en cause du mandat parlementaire d’Anicet Georges Dologuélé.

 

Par Alain Nzilo

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Pour le Président du MLPC Martin Ziguelé, aucun allié étranger ne doit se substituer aux FACA ni se retourner contre les Centrafricains.

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Pour le Président du MLPC Martin Ziguelé, aucun allié étranger ne doit se substituer aux FACA ni se retourner contre les Centrafricains.

 

Le débat Patara du 27 juin dernier sur la situation sécuritaire du pays a subitement basculé sur l’autonomie militaire nationale est relance vivement le débat suite aux dérives de certaines forces partenaires, poussant le Bloc Républicains pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC), dont Martin Ziguelé est le porte-parole à exiger la priorité absolue pour l’armée régulière.

 

En effet, pour l’opposition démocratique, la sécurité de la République Centrafricaine doit rester une prérogative strictement nationale. Les événements récents qui se sont déroulés à Zemio entre les mercenaires russes et les soldats FACA démontrent le danger de confier la protection du territoire national à des troupes étrangères issue de la mafia internationale.

 

Pour le BRDC, quand une telle force censée apporter un appui logistique aux forces nationales commence à agir de manière trop indépendante et à s’en prendre aux soldats de forces armées centrafricaines, la souveraineté même du pays est définitivement entre les mains de ce groupe criminel russe.

 

Pour Martin Ziguelé, c’est l’armée nationale qui possède la légitimité constitutionnelle pour défendre les citoyens centrafricains. Les partenariats internationaux doivent uniquement servir à renforcer les capacités des soldats centrafricains et non à les remplacer dans leurs fonctions quotidiennes.

 

Pour l’opposition démocratique, les bras cassés de la septième république doivent recadrer fermement la présence des forces russes afin de garantir le respect de l’uniforme national et d’assurer la sécurité des populations civiles sans ingérence.

 

Par Éric Nzapa

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Passeport d’Anicet-Georges Dologuélé : le PCS dénonce « l’acharnement du pouvoir » et exige la fin des entraves administratives

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Le Parti du Changement Social (PCS) dénonce le refus persistant de délivrer un passeport à Anicet-Georges Dologuélé, député de la 1re circonscription de Bocaranga, et demande aux autorités de mettre fin à ce qu’il qualifie d’« acharnement politique ».

 

Dans un communiqué publié samedi 29 août 2026, le PCS rappelle que Dologuélé a été régulièrement élu député et est entré en fonction le 29 juin 2026. Le parti considère que le maintien du blocage de son passeport ne repose sur « aucune base légale sérieuse ».

 

Passeport d’Anicet-Georges Dologuélé : le PCS dénonce « l’acharnement du pouvoir » et exige la fin des entraves administratives
Monsieur Chancel Sokodé Ndeugbayi, Président du Parti du Changement social (PCS)

 

Le PCS s’appuie sur la décision du Conseil constitutionnel

 

Le Parti du Changement Social fonde principalement sa position sur la décision n°014/CC/25 du Conseil constitutionnel, rendue le 14 novembre 2025.

 

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Selon le PCS, cette décision établit qu’Anicet-Georges Dologuélé n’a jamais cessé d’être Centrafricain. Le parti rappelle que la perte de nationalité n’aurait été constatée ni notifiée par un décret.

 

À lire aussi : Les Wagner ont fait leur réapparition à la prison du Camp de Roux : tabassage, fouilles, intimidation

Le PCS rejette donc la demande faite à Dologuélé d’engager une procédure de réintégration.

 

Pour le parti dirigé par Chancel Sekode-Ndeugbayi, demander à un citoyen de solliciter sa réintégration dans une nationalité qu’il n’aurait jamais perdue revient à contredire la décision du Conseil constitutionnel et à utiliser l’administration dans un conflit politique.

 

Le passeport au cœur du bras de fer

 

Le refus de délivrer le passeport à Dologuélé intervient alors que celui-ci exerce désormais son mandat parlementaire.

 

Le PCS estime que cette situation constitue une entrave administrative visant un responsable de l’opposition démocratique. Le parti demande donc la délivrance « immédiate et sans condition » de son passeport.

 

Cette revendication intervient après les déclarations d’Évariste Ngamana sur la situation juridique de Dologuélé. Le ministre d’État affirme notamment que la nationalité centrafricaine est « une et exclusive » et soutient que la question de la nationalité relève du tribunal de grande instance.

 

Évariste Ngamana estime également que Dologuélé doit adresser une demande au président de la République pour obtenir sa réintégration.

 

Le PCS défend une position opposée et renvoie à la décision du Conseil constitutionnel de novembre 2025.

 

Le parti dénonce une dérive autoritaire

 

Dans son communiqué, le PCS élargit la portée de l’affaire au fonctionnement politique du pays.

 

Le parti estime que le maintien du blocage du passeport intervient dans un contexte économique et diplomatique déjà difficile. Il appelle les autorités à privilégier l’apaisement plutôt que l’escalade politique.

 

Le PCS met surtout en garde contre « toute dérive autoritaire de la conduite d’État ». Selon le parti, une nouvelle crise politique viendrait aggraver les difficultés auxquelles la population centrafricaine est déjà confrontée.

 

Le communiqué rappelle également qu’« aucun pouvoir n’est éternel ni inamovible ». Le PCS invite ainsi les autorités à tirer les leçons de l’histoire politique africaine et centrafricaine et à privilégier le respect du droit et l’apaisement social.

 

Trois demandes adressées aux autorités

 

Le Parti du Changement Social formule trois demandes précises.

 

Il exige d’abord la délivrance immédiate et sans condition du passeport d’Anicet-Georges Dologuélé, en se référant à la décision du Conseil constitutionnel.

 

Il demande ensuite la fin de toute entrave administrative visant l’opposition démocratique.

 

Enfin, le PCS réclame l’ouverture d’un dialogue politique national inclusif afin de favoriser l’apaisement du climat social.

 

Le parti affirme qu’il poursuivra ses actions « par les voies pacifiques et démocratiques » pour défendre l’État de droit, la paix civile et l’unité nationale.

 

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Centrafrique : un tueur en série en liberté au PK5, un cinquième jeune commerçant tué à l’aube

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Un jeune commerçant du marché du PK5, communément appelé KM5, dans le 3e arrondissement de Bangui, a été tué aux premières heures de jeudi, portant à cinq le nombre de personnes tuées dans des circonstances similaires selon l’enquête menée par la rédaction de CMC.

 

La victime, identifiée comme Alkhali, se rendait à la mosquée pour la prière lorsqu’elle a été agressée vers 4 heures du matin dans le secteur de Fodé. D’après les informations recueillies par CMC, l’agresseur était armé d’une machette et lui a porté un violent coup à la tête.

Les miliciens autodéfense du KM5. Photo CNC

 

Grièvement blessé, le jeune commerçant a été transporté vers un établissement hospitalier. Il a succombé à ses blessures malgré sa prise en charge.

 

À lire aussi : La riposte du gouvernement contre l’UNOP ne règle pas la question de la gestion des financements des partenaires internationaux en RCA

Le mode opératoire constaté lors de cette attaque présente des similitudes avec quatre précédents meurtres recensés ces derniers jours au PK5. Selon les éléments recueillis par la rédaction de CMC, les victimes ont été attaquées à l’aube, alors qu’elles circulaient dans les rues encore peu fréquentées.

 

À lire aussi : « Touadéra a accéléré la mort du système éducatif centrafricain » : Elie Oueifio dénonce la déconfiture de l’Éducation nationale sous la gestion d’Aurélien Zingas

L’auteur de ces attaques semble cibler particulièrement les personnes qui se déplacent très tôt le matin. Vers 4 heures, les fidèles musulmans commencent à se rendre dans les mosquées pour la prière. Cette période, où la circulation reste faible dans plusieurs secteurs du KM5, offre à l’agresseur l’occasion d’attendre les passants et de les attaquer.

 

Le meurtre d’Alkhali porte ainsi à cinq le nombre de personnes tuées de manière similaire dans le secteur, selon le décompte établi par CMC à partir des informations recueillies au cours de son enquête. La répétition des attaques et leurs circonstances similaires renforcent les inquiétudes des habitants du quartier, qui voient désormais circuler un tueur en série toujours en liberté.

 

La présence d’un tueur en série opérant à l’aube sur les différentes rues du troisième arrondissement constitue une menace particulière pour les commerçants, les travailleurs et les fidèles qui doivent se déplacer avant le lever du jour. Plusieurs habitants demandent un renforcement de la présence des forces de sécurité dans les secteurs concernés, notamment aux heures de prière.

 

À ce stade, l’identité de l’auteur des attaques n’est pas établie. Les circonstances précises du meurtre d’Alkhali et les liens entre les différentes attaques devront être établis par les investigations en cours.

 

Alkhali était un jeune commerçant qui commençait à développer son activité au marché du KM5 juste au niveau du croisement Koudoukou. Sa mort vient de nouveau endeuiller le 3e arrondissement de Bangui, alors que les habitants restent dans l’attente de l’interpellation de l’auteur de ces attaques.

 

Par Anselme Mbata

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Centrafrique : l’envolée des prix des produits de première nécessité et du carburant asphyxie le quotidien des ménages à Bangui

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 Les prix des produits de première nécessité connaissent une forte progression dans les marchés de Bangui, réduisant davantage le pouvoir d’achat des ménages déjà frappés par des revenus limités. La hausse concerne plusieurs denrées alimentaires indispensables, mais aussi le carburant, dont le coût influence directement les dépenses quotidiennes des familles. Dans plusieurs quartiers de la capitale centrafricaine, les consommateurs constatent une augmentation régulière des prix des produits de base. Les marchés restent approvisionnés, mais les quantités achetées par les familles diminuent en raison de la faiblesse des moyens financiers disponibles. 
Centrafrique : l’envolée des prix des produits de première nécessité et du carburant asphyxie le quotidien des ménages à Bangui
La Vie Quotidienne au Marché de Begoua
L’arachide figure parmi les produits dont le prix pèse lourdement sur les budgets. Une cuvette se vend actuellement autour de 13 000 francs CFA, un montant difficile à supporter pour de nombreux foyers qui utilisent cette denrée comme source importante de consommation et de revenus. Les autres produits alimentaires essentiels connaissent également des niveaux élevés. La petite cuvette de manioc atteint environ 2 500 francs CFA, tandis que celle de maïs se négocie autour de 4 000 francs CFA. Pour les ménages, ces dépenses représentent une part importante des revenus journaliers et obligent souvent à réduire les quantités achetées. Les produits complémentaires indispensables au quotidien suivent la même tendance. L’huile de cuisson, le savon et d’autres articles de première nécessité prennent une place plus importante dans les dépenses familiales. Cette augmentation limite les capacités des ménages à consacrer des ressources à d’autres besoins comme la santé, l’éducation ou le transport. Le secteur de la viande connaît également une hausse des prix. Le kilogramme de viande de bœuf se vend autour de 4 000 francs CFA, un tarif qui rend ce produit moins accessible pour une partie importante de la population. Cette augmentation générale du coût de la vie touche aussi les déplacements. La hausse des prix du carburant à la pompe entraîne une pression supplémentaire sur les frais de transport, affectant les travailleurs, les commerçants et les usagers des transports collectifs à Bangui. Face à cette évolution, de nombreux ménages adaptent leurs habitudes de consommation en privilégiant les produits les moins coûteux et en réduisant certaines dépenses. La progression des prix des denrées alimentaires et de l’énergie continue ainsi de peser sur le quotidien des familles centrafricaines. Par Anselme Mbata

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Rentrée scolaire 2026-2027 : Boali choisie pour la cérémonie officielle, mais les défis de l’école restent entiers

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 La ville de Boali, dans la préfecture de l’Ombella-Pokko, accueillera le 6 octobre 2026 la cérémonie officielle de rentrée scolaire 2026-2027, sous la présidence du chef de l’État.

 

La décision a été présentée au Conseil des ministres par le ministre d’État chargé de l’Éducation nationale. La cérémonie sera placée sous le thème : « Ensemble, pour une école de qualité, inclusive, sûre et équitable, chaque enfant compte, chaque enseignant agit. »

Rentrée scolaire 2026-2027 : Boali choisie pour la cérémonie officielle, mais les défis de l’école restent entiers

 

À lire aussi : Daniel Nzéwé libéré: le multirécidiviste escroc criminel défie une fois de plus la justice et nargue ses ennemis sur les réseaux sociaux

 

Les corps constitués de l’État, le corps diplomatique, les partenaires de l’éducation, les autorités locales, les responsables pédagogiques et la communauté éducative sont attendus à cette rencontre.

À lire aussi : Bienvenue Zokoué : « les tramadol et autres drogues nous viennent beaucoup plus du Cameroun voisin », une accusation directe qui expose Bangui à un risque diplomatique avec le Cameroun voisin

 

Le choix de Boali doit aussi permettre au président de la République d’inaugurer plusieurs infrastructures scolaires. Parmi elles figure le nouvel édifice du Centre Pédagogique Régional de l’Ombella-Pokko.

 

Le Conseil des ministres a également donné son accord pour le financement de l’organisation de la cérémonie et demandé au ministre des Finances et du Budget de mettre à disposition les ressources nécessaires.

 

Une cérémonie devenue une tradition dans les villes du pays

 

Depuis plusieurs années, les autorités choisissent une ville différente pour accueillir officiellement le lancement de l’année scolaire. L’objectif est de déplacer chaque année le centre de la cérémonie vers une autre partie du territoire et de montrer l’attention portée aux établissements scolaires en dehors de Bangui.

 

Cette démarche permet également de présenter certaines infrastructures réalisées ou réhabilitées dans la ville choisie. Elle donne aux autorités locales, aux enseignants, aux élèves et aux partenaires de l’éducation l’occasion de participer directement à la cérémonie nationale.

 

À Boali, l’inauguration du Centre Pédagogique Régional constitue ainsi l’un des principaux éléments de l’édition 2026-2027.

 

Mais le changement de ville ne signifie pas, à lui seul, un changement dans les conditions quotidiennes d’apprentissage des élèves centrafricains.

 

Changer de ville ne change pas les réalités de l’école

 

D’une année à l’autre, les cérémonies officielles se succèdent dans différentes villes. Pour les élèves et les enseignants, les difficultés restent largement les mêmes.

 

Dans plusieurs localités, les routes restent difficiles d’accès, notamment pendant la saison des pluies. Des élèves parcourent encore de longues distances pour rejoindre leur établissement. Les salles de classe manquent dans certaines zones et les équipements scolaires restent insuffisants.

 

Le manque de manuels scolaires constitue aussi une difficulté persistante. À cela s’ajoute le déficit d’enseignants qualifiés, particulièrement dans les zones rurales et éloignées des grands centres urbains.

 

Dans certaines écoles, l’enseignement repose encore largement sur des maîtres-parents. Ces personnes assurent les cours en l’absence d’un nombre suffisant d’enseignants formés et affectés par l’État. Leur présence permet aux écoles de fonctionner, mais elle ne règle pas la question du déficit structurel d’enseignants qualifiés.

 

Les élèves restent également confrontés à des conditions matérielles difficiles : manque de tables-bancs, bâtiments insuffisants, accès limité à l’eau et aux sanitaires et absence d’équipements adaptés dans certains établissements.

 

Une cérémonie officielle face à des réformes encore attendues sur le terrain

 

Le thème retenu pour cette rentrée met l’accent sur une école « de qualité, inclusive, sûre et équitable ». Il prévoit aussi une mobilisation autour des réformes du plan sectoriel de l’éducation.

 

Ces objectifs supposent des changements qui dépassent largement l’organisation d’une cérémonie annuelle. Ils nécessitent notamment davantage d’enseignants qualifiés, des infrastructures adaptées, des manuels disponibles, des moyens de transport et un meilleur accès aux établissements scolaires dans les zones rurales.

 

Le choix de Boali peut donc donner une visibilité nationale aux problèmes de l’éducation dans l’Ombella-Pokko. L’inauguration d’un bâtiment scolaire constitue également une réalisation concrète pour la ville.

 

Mais pour les élèves et les enseignants, l’enjeu principal reste ailleurs : retrouver chaque année une école mieux équipée, avec suffisamment de professeurs, des salles adaptées, des supports pédagogiques et des conditions d’accès acceptables.

 

La cérémonie du 6 octobre permettra de marquer officiellement le début de l’année scolaire 2026-2027. Dans les écoles du pays, la rentrée sera surtout mesurée à partir des conditions réelles dans lesquelles les enseignants donneront leurs cours et les élèves suivront leur apprentissage.

 

Par Sylvie Vickos

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Droit de réponse : Corbeau News Centrafrique prend acte de la réponse de POWERS SÉCURITÉ

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Corbeau News Centrafrique a pris connaissance du communiqué officiel de POWERS SÉCURITÉ en réponse aux différentes publications consacrées à l’entreprise et à certains membres de sa direction.

 

À travers ce document, la société conteste plusieurs informations publiées par notre rédaction et apporte sa propre version sur différents sujets, notamment les recrutements, les procédures disciplinaires, le fonctionnement de sa chaîne hiérarchique, les moyens utilisés par les contrôleurs ainsi que la situation financière et administrative de l’entreprise depuis l’arrivée de la nouvelle équipe dirigeante en 2021.

Droit de réponse : Corbeau News Centrafrique prend acte de la réponse de POWERS SÉCURITÉ
Le DGA de Power Sécurité , Pasteur Osé Balezou

 

SÉCURITÉ affirme notamment que ses recrutements suivent une procédure identique pour les candidats, que les sanctions disciplinaires sont encadrées par le Code du travail et les procédures internes, et qu’il n’existe aucun réseau d’espionnage au sein de l’entreprise. La société conteste également l’information selon laquelle certains contrôleurs seraient contraints d’effectuer leurs missions à vélo, affirmant que ceux-ci utilisent des motocyclettes.

 

À lire aussi : Accusée de préparer un coup d’État, l’adjudant-chef Yves Junior Konzi, sous-officier des FACA, est détenu depuis plusieurs jours à l’OCRB. Plongé au cœur d’une affaire incroyable et spectaculaire qui confirme la paranoïa du régime de Bangui

Dans

Droit de réponse 1 Power Securité
Droit de réponse 1 Power Securité

son communiqué, l’entreprise évoque également un audit interne réalisé après l’arrivée de la nouvelle direction en 2021. Elle affirme que cet audit aurait permis d’identifier plusieurs centaines d’agents fictifs, des sureffectifs, des anomalies dans la gestion des effectifs et de la paie ainsi que des dysfonctionnements financiers hérités de l’ancienne organisation.

Droit de réponse 2 Power Securité
Droit de réponse 2 Power Securité

 

 

À lire aussi : Centrafrique : La validation de la candidature aux élections présidentielles et législatives par le conseil constitutionnel fait-elle obstacle à la d’échéance ultérieure d’un député pour défaut de nationalité ?

POWERS SÉCURITÉ indique que les mesures prises à la suite de ces constats ont permis, selon elle, de redresser la situation financière de l’entreprise, d’améliorer la trésorerie, de renforcer la maîtrise des risques, d’améliorer la régularité du paiement des salaires et de préserver environ 3 000 emplois.

 

Corbeau News Centrafrique prend acte de l’ensemble de ces explications.

 

Notre rédaction rappelle que la publication de ce droit de réponse permet également à POWERS SÉCURITÉ de présenter publiquement sa version des faits et de répondre aux éléments précédemment rapportés.

 

Les informations contenues dans ce communiqué feront désormais partie des éléments pris en compte dans la poursuite de notre travail journalistique sur ce dossier.

Droit de réponse 3 Power Securité
Droit de réponse 3 Power Securité

 

Corbeau News Centrafrique poursuivra ses vérifications à partir des documents disponibles, des témoignages recueillis et des différents éléments susceptibles d’établir les faits.

 

Nous reviendrons ainsi, dans nos prochains articles, point par point sur les principaux éléments soulevés par POWERS SÉCURITÉ, afin de vérifier les affirmations avancées dans ce droit de réponse et de les confronter aux informations et aux documents disponibles.

 

Cette démarche permettra à nos lecteurs de disposer des différentes versions et de suivre l’évolution du dossier sur la base de faits vérifiables. copié vers le presse-papiers copié vers le presse-papiers copié vers le presse-papiers

 

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Du primaire à l’université, les étudiants subissent le racket absolu : Elie Oueifio dresse le tableau sombre de la corruption quotidienne en RCA

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Fort de son ancienne casquette de ministre et de son expérience de terrain comme préfet, Elie Oueifio apporte un témoignage direct sur les réalités administratives du pays. Sa connaissance des rouages de l’État guide son observation des pratiques illégales en milieu scolaire.

 

En effet, le rouages du système éducatif centrafricain se trouvent profondément perturbés par des transactions financières illicites à tous les niveaux d’apprentissage. Dans ses écrits, l’ancien membre du gouvernement Elie Oueifio utilise son expérience de la gestion publique pour décrire les mécanismes de la concussion qui frappent les familles. Selon ses observations, le parcours d’un élève, depuis ses premiers pas à l’école primaire jusqu’à l’obtention de ses diplômes universitaires, est jalonné de barrières tarifaires informelles.

Du primaire à l'université, les étudiants subissent le racket absolu : Elie Oueifio dresse le tableau sombre de la corruption quotidienne en RCA.
L’ancien ministre Élie Ouéfio, Président intérimaire du parti KNK

 

 

L’ex-haut fonctionnaire explique que les parents se voient contraints de verser des sommes d’argent régulières simplement pour assurer une place à leurs enfants dans les salles de classe ou pour obtenir des notes de passage. Ces pratiques de harcèlement pécuniaire se dissimulent parfois sous la forme d’achats obligatoires de fournitures spécifiques ou de cotisations exceptionnelles imposées par les administrations locales. L’auteur souligne que cette situation écarte les enfants issus des milieux les plus pauvres, détruisant ainsi le principe républicain de l’accès égalitaire à l’instruction.

 

À l’université, le phénomène prend des proportions encore plus complexes où les examens et les validations de sessions font l’objet de tractations marchandes directes entre certains enseignants et les étudiants. Elie Oueifio met en avant le fait que la tricherie et le clientélisme ont supplanté le mérite académique dans les amphithéâtres de la capitale. Les doléances des associations de parents restent sans écho auprès des services de contrôle du ministère, tandis que les rapports officiels continuent d’ignorer ces dérives quotidiennes observées sur le terrain…

 

Par Gisèle MOLOMA

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Martin Ziguélé : « Wagner n’a rien à faire dans un État de droit »

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Dans l’émission Beuf Politique en Visio sur JMTV+, Martin Ziguélé, ancien Premier ministre et président du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), a exprimé sans détour son point de vue sur la présence du groupe Wagner en Centrafrique.

 

Ziguélé a rappelé qu’il avait voté en son temps l’accord de défense conclu entre la République centrafricaine et la Russie en tant qu’État. Cet accord interétatique lui paraissait normal. Mais ce qui est arrivé ensuite ne correspondait pas à ce texte.

 

Martin Ziguélé : « Ce que la Centrafrique tire du secteur de l’or est un vrai scandale »
Martin Ziguelé, président du parti MLPC, et porte-parole du BRDC. Photo CNC

Au lieu d’envoyer des conseillers militaires russes officiels, le pays a vu arriver des mercenaires du groupe Wagner. Ziguélé les qualifie clairement de mercenaires. Il cite d’ailleurs les déclarations du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui avait lui-même indiqué que Wagner était une structure privée créée par Evgueni Prigojine pour des activités de sécurité militaire privée, sans lien direct avec l’État russe.

 

Selon l’ancien chef du gouvernement, Wagner ne se limite pas à un rôle militaire. Il fonctionne comme une entreprise commerciale, une structure d’influence et de manipulation de l’information, et une organisation économique. Ziguélé estime que ce groupe a profité de son intervention militaire réussie contre la coalition des Patriotes pour le changement (CPC) en décembre 2020 pour étendre son emprise sur plusieurs domaines de la vie nationale.

 

Il affirme que Wagner a joué un rôle direct dans la réforme constitutionnelle, dans l’organisation du référendum et dans les élections récentes, qu’il décrit comme exclusives. Aujourd’hui, même si l’on parle du remplacement de Wagner par l’Afrika Korps, Ziguélé considère qu’il s’agit du même phénomène : « c’est blanc bonnet et bonnet blanc ».

 

Pour lui, les mercenaires n’ont pas leur place dans un État de droit. Leur présence contredit les principes d’un fonctionnement normal des institutions. Il maintient que la Centrafrique doit privilégier des relations d’État à État avec la Russie, et non avec des groupes armés privés.

 

Ziguélé a également noté que la visibilité publique de ces éléments a diminué ces derniers mois à Bangui, mais il reste convaincu qu’ils demeurent présents sur le territoire, notamment pour des questions de sécurité comme l’investiture présidentielle prévue au stade Barthélemy Boganda.

 

L’ancien Premier ministre, qui achève actuellement son deuxième mandat de député et ne s’est pas représenté aux dernières élections législatives, a insisté sur la nécessité pour le pays de rechercher un équilibre dans ses relations internationales. Il juge que la maturité d’une politique étrangère se mesure à sa capacité à diversifier ses partenariats tout en défendant d’abord les intérêts nationaux.

 

Cette prise de position intervient alors que le président Faustin-Archange Touadéra a opéré plusieurs ajustements dans ses alliances extérieures, passant d’une orientation très marquée vers la Russie à un réchauffement progressif des relations avec la France et les institutions financières internationales.

 

Martin Ziguélé, auteur du livre Des crises à l’espérance – Ma vision pour la Centrafrique, continue à s’exprimer sur les grands choix stratégiques du pays alors qu’il se prépare à se consacrer pleinement à son parti politique.

 

Par Anselme Mbata

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Budget 2025 : Entre dérapages financiers et paralysie des investissements

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L’examen des comptes de l’État pour le dernier trimestre de l’année 2025 laisse apparaître des écarts de gestion majeurs. Derrière les colonnes de chiffres officiels se cache une réalité comptable où les prévisions budgétaires ont été balayées par des dépenses imprévues. Entre des remboursements de dette qui explosent et des projets de développement totalement à l’arrêt, le document met à nu une stratégie financière qui privilégie l’urgence au détriment de la construction de l’avenir.

 

L’explosion incontrôlée des charges de trésorerie

Le premier constat est sans appel : les dépenses de trésorerie ont atteint un niveau jamais vu dans la programmation initiale. Alors que le budget prévoyait 62,81 milliards de francs CFA, l’État a fini par décaisser 184,78 milliards. Ce taux d’exécution de 294 % indique un glissement total de la gestion des liquidités.

Investissements ou dépenses ? Les deux visages de l'endettement public : Quand la gestion mafieuse  du régime de Touadéra  asphyxie la RCA
Hervé Ndoba, ministre des finances et du budget de la Centrafrique

 

L’apparition de « tirages spéciaux » pour un montant de 95,68 milliards auprès de banques privées pose une question de fond. Pourquoi ces besoins n’ont-ils pas été anticipés ? Cette dépendance soudaine à des financements de court terme montre que la planification budgétaire a été mise de côté pour répondre à des nécessités de paiement immédiates, modifiant ainsi l’équilibre financier de la nation.

 

Le désengagement sur les projets de développement

Pendant que l’argent circule pour le fonctionnement, les investissements publics sont dans une impasse. Le rapport indique que les dépenses sur ressources extérieures stagnent à 64 %. Plus grave encore, la ligne destinée aux « emprunts projets » affiche un taux de 0,00 %.

 

Il est incompréhensible que sur une année entière, pas un seul franc CFA n’ait été mobilisé sur cette ligne budgétaire de 7,5 milliards. Ce gel des projets structurels signifie que les chantiers censés améliorer le quotidien des populations sont à l’arrêt, faute de décaissements. Le décalage est ici frappant : on trouve les moyens pour rembourser les banques, mais pas pour financer les infrastructures de développement.

 

Masse salariale et zones d’ombre comptables

La gestion du personnel administratif montre également un dépassement des limites autorisées. Avec 116,83 milliards dépensés contre 109,26 milliards prévus, la masse salariale dépasse les capacités de la loi de finances. Cette hausse de 7 milliards, liée à des vagues d’intégrations dans la fonction publique, s’est faite sans ajustement des ressources, créant une tension supplémentaire sur les caisses de l’État.

 

Enfin, une anomalie administrative persiste sur les charges financières. Le document réserve une enveloppe de 22,02 milliards, mais indique une exécution nulle. Le motif invoqué est une « absence d’informations » pour régulariser les opérations. Conserver une telle somme dans le budget sans pouvoir en tracer l’utilisation réelle en fin d’exercice constitue un manque de transparence regrettable dans la chaîne de dépense.

 

En un mot, le bilan de l’année 2025 montre une gestion budgétaire à deux vitesses. D’un côté, une surconsommation de crédits pour la dette et les salaires, et de l’autre, un abandon des investissements productifs. Ce déséquilibre entre les paroles et les actes budgétaires interroge sur la réelle maîtrise des finances publiques et sur la capacité de l’administration à respecter ses propres engagements de développement.

 

Par Éric Azoumi

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Centrafrique : La validation de la candidature aux élections présidentielles et législatives par le conseil constitutionnel fait-elle obstacle à la d’échéance ultérieure d’un député pour défaut de nationalité ?

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La radio Ndeke luka est devenue ces derniers temps un théâtre des opérations, une arène politique et médiatique où le pouvoir de Bangui et le principal leader de l’opposition démocratique s’affrontent sur le terrain juridique au point de transformer le pays en un laboratoire d’expérience juridique.

 

En réalité, depuis l’avènement de ce régime en 2016 l’interprétation des lois et règlements de la République est devenue une activité quasi nationale car tout le monde y compris ma grand-mère qui vend des arachides au marché peut interpréter les textes de loi au point de déposséder les juristes de leur matière de prédilection.

 

Centrafrique : La validation de la candidature aux élections présidentielles et législatives par le conseil constitutionnel fait-elle obstacle à la d'échéance ultérieure d'un député pour défaut de nationalité ?

 

Ainsi, l’on remarque que l’apport remarquable du pouvoir de Bangui à la construction démocratique depuis le premier quinquennat ne se limite qu’à l’interprétation des textes de loi en lieu et place du conseil constitutionnel.

 

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Historiquement, tout a commencé par l’interprétation de l’article 60 de la constitution du 30 mars 2016 qui imposait au gouvernement d’obtenir l’autorisation préalable de l’assemblée nationale avant de signer des contrats liés aux ressources naturelles.

 

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Puis vinrent les destitutions illégales du président de l’assemblée nationale et de la présidente du conseil constitutionnel pour finir à l’imposition d’une nouvelle constitution en violation de l’article 153 de la constitution du 30 mars 2016 et la problématique discriminatoire de la binationalité avec son corollaire le refus de délivrance de passeport.

 

La dernière sortie médiatique du ministre d’Etat porte parole du gouvernement a en substance mis en garde le Président de l’URCA que s’il ne se conforme pas aux dispositions juridiques en vigueur pour sa réintégration dans la nationalité centrafricaine, le gouvernement demandera sa d’échéance à l’assemblée nationale.

 

Cette déclaration n’est autre qu’un chantage, une intimidation, une extorsion, un ultimatum déguisé assorti d’un délai non défini en vue de légitimer la septième République qui ne cesse de bégayer et de s’embourber.

 

En effet, l’élection des députés à l’assemblée nationale suppose le respect des conditions d’éligibilité fixées par la constitution parmi lesquelles figure la nationalité.

 

Dans le cas centrafricain, ces conditions sont contrôlées d’abord par l’Autorité Nationale des Élections et ensuite de façon juridictionnelle par le conseil constitutionnel.

 

Ainsi, la remise en cause d’un mandat parlementaire est exclusivement soumise à l’autorité du conseil constitutionnel car il est le seul juge de l’élection parlementaire.

 

Il apparaît important à ce stade de souligner que l’autorité des décisions du conseil constitutionnel limite toutes possibilités de remise en cause d’un mandat parlementaire car ses décisions sont irrévocables et s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et juridictionnelles.

 

Ainsi, l’autorité de la chose jugée du conseil constitutionnel l’emporte sur les conditions légales d’éligibilité et par voie de conséquence à une déchéance ultérieure fondée sur le même grief.

 

D’ailleurs, l’arrêt N*014 du conseil constitutionnel du 14 novembre 2025 relative aux recours contre les candidatures à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 n’est pas en contradiction avec la loi de 1961 sur la nationalité.

 

Cet arrêt enonce simplement qu’au moment de l’examen de la candidature, la perte de la nationalité n’a jamais été juridiquement constatée dans les formes prévues par le code de nationalité c’est-à-dire qu’il n’existait aucun décret constatant la perte de nationalité.

 

Dans le respect du principe du parallélisme des formes, comment le Président de la République peut s’attendre à une demande pour prendre le décret de réintégration dans la nationalité centrafricaine alors qu’il n’existe pas de décret constatant la perte ?

 

Face à cette incompréhension dans l’incohérence, le citoyen lambda s’interroge :

 

1- La validation de la candidature par le conseil constitutionnel créée t-elle un droit définitivement acquis faisant obstacle à une déchéance ultérieure de député pour défaut de nationalité ?

 

2- En d’autres termes, la contestation de la nationalité d’un député de la nation peut-elle justifier la déchéance de son mandat ?

 

3- Qu’en est-il des autres députés binationaux à l’instar du président de l’assemblée nationale qui est lui aussi un binational ?

 

4- Pourquoi prendre en otage tout un pays pour un problème purement politique dénué de tout fondement juridique ?

 

5- En dehors de cette problématique de nationalité ou de passeport la septième République n’est-elle pas légitime ?

 

En tout état de cause, le peuple a compris que la problématique de la nationalité qui cristalise toutes les attentions n’est qu’un acharnement, une obsession qui relègue au second plan les priorités de la population.

 

Ce pouvoir sans limites est entrain de tester le seuil d’acceptabilité du peuple c’est-à-dire le niveau au delà duquel quelque chose passe de l’acceptable à l’inacceptable.

 

La septième République tant vantée n’est finalement qu’un habillage juridique de la tyrannie, d’un État pyromane.

 

Cette nation a besoin d’une refondation, d’une nouvelle République bâtie sur une large consultation citoyenne avec des projets de société émergents qui mettra le peuple au centre des priorités à l’instar des recommandations du forum de Bangui de 2015.

 

C’est bien évidemment ce que le Rassemblement Unitaire, une composante de la société civile centrafricaine envisage d’organiser dans le cadre des consultations citoyennes sans exclusive pour une renaissance centrafricaine que je vous invite au passage à y adhérer massivement dans les jours à venir.

 

Au delà de tout, ce peuple hypnotisé, martyrisé et anesthésié se réveillera de son profond sommeil onirique pour organiser la résistance sur la base des articles 28 et 29 de la constitution du 30 mars 2016.

 

Cependant les paisibles habitants de Limassa soutenus dans sa lutte par les vaillants citoyens de Mala et par extension à l’échelle nationale vous demande de démissionner car c’est la seule issue possible et plausible.

 

Monsieur le président, l’époque ou alors l’âge pour escalader les clôtures des chancelleries et ambassades est revolue et surtout votre morphologie endomorphique est inadaptée à cette épreuve.

 

Ainsi nous vous conseillons humblement de démissionner avec honneur avant d’être contraint par la force car l’exil de nos jours est une prison dorée certes mais son essence est la souffrance, le calvaire, entremêlé de regret, de remord et de la désolation.

 

Mais attention, ne le dites à personne…

 

Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis le royaume de Limassa.

 

Limassa le 29 Août 2026.

 

Bernard SELEMBY DOUDOU.

 

Juriste, Environnementaliste.

 

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« Nous sommes tous docteurs autour de la table » : Serge Ghislain Djorie tente le choc des diplômes pour esquiver la fessée économique assénée par Paul Crescent Beninga

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Quand les arguments économiques font défaut et que les caisses de l’État résonnent creux, il ne reste plus qu’à sortir son parchemin universitaire. Sur le plateau de l’émission Patara, face à l’asphyxie pétrolière qui paralyse Bangui et les provinces, le débat politique s’est brièvement métamorphosé en un concours d’académiciens. Pressé de toutes parts par la démonstration implacable du chercheur Paul Crescent Beninga, l’ancien ministre de la Communication, Serge Ghislain Djorie, a dégainé une parade d’un ridicule consommé : invoquer son titre de docteur pour tenter de niveler la défaillance de son camp.

 

Pris en étau par les données chiffrées de la société civile qui exposaient la chute vertigineuse des recettes fiscales pétrolières et un trou béant de près de 10 milliards de francs CFA relevé par le FMI —, Serge Ghislain Djorie a soudainement choisi d’abandonner le terrain comptable pour se réfugier dans les sommets de l’académie. « Maintenant, nous sommes des intellectuels, il est docteur, moi aussi je suis docteur. Qu’est-ce qu’on doit faire ? Quelle est notre contribution pour que les choses avancent dans notre pays ? », a-t-il lancé sur les ondes de la radio nationale, cherchant manifestement à transformer une débâcle gouvernementale en un sympathique colloque entre pairs.

Une année après ses larmes, Ghislain Djorie trouve un point de chute : la Chine
L’ancien ministtre de communication et porte parole du gouvernement

 

Cette tentative désespérée de troquer le bilan comptable du régime contre un brevet d’intellectualisme partagé n’a aucunement impressionné son contradicteur. Paul Crescent Beninga, porte-parole du Groupe de travail de la société civile (GTSC), n’a pas tardé à ramener l’ancien ministre à la réalité brute du terrain : avoir un doctorat n’efface ni les files d’attente interminables devant les stations-services, ni les conséquences désastreuses du monopole illégal accordé à la société Neptune Oil.

 

« Lorsqu’on vient à ce genre de débat, on ne participe pas à ce genre de débat pour faire dans le populisme. C’est un débat qui se fait technique ! J’ai avancé des chiffres, j’attends de mon contradicteur qu’il avance également des chiffres et qu’on en débate », a répliqué froidement l’universitaire, refusant ce petit jeu de connivence académique destiné à noyer le poisson.

 

En cherchant à s’abriter derrière son titre universitaire pour esquiver la volée de bois vert économique assénée par Paul Crescent Beninga, Serge Ghislain Djorie a involontairement illustré la fracture entre l’élite politique au pouvoir et les réalités du peuple. Les Centrafricains qui souffrent au quotidien du coût des transports et de la flambée des denrées alimentaires n’ont que faire des diplômes de leurs dirigeants : ce qu’ils attendent à la pompe, ce n’est pas une thèse de doctorat, mais tout simplement du carburant.

 

Par Alain Nzilo

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Le débat économique entre Serge Ghislain Djorie et Paul Crescent Beninga met en lumière les préoccupations des jeunes centrafricains face à la crise du carburant.

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Objets d’art, habitat, accoutrements : La RCA n’a rien de spécifiquement centrafricain, affirme Jean-Pierre Mara

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L’un des constats les plus frappants formulés par Jean-Pierre Marat concerne l’absence totale d’éléments culturels visibles et identifiables comme “centrafricains”.

 

En effet, l’ancien député de Mala Jean-Pierre Mara affirme que le pays ne dispose ni d’un accoutrement traditionnel reconnu, ni d’une coiffure emblématique, ni d’un style architectural typique, ni d’une forme artistique capable d’être immédiatement associée à la RCA. Cette absence matérielle complique la transmission culturelle, car les objets et les formes visibles constituent les premiers repères d’une identité collective.

 

Objets d’art, habitat, accoutrements : La RCA n’a rien de spécifiquement centrafricain, affirme Jean-Pierre Mara
L’ancien député Jean-Pierre Mara, à Bangui, au sein de l’assemblée nationale centrafricaine

Marat cite plusieurs exemples :

 

        • aucun costume masculin ni féminin distinctif, contrairement au Cameroun, au Ghana ou au Nigeria ;
  • aucune architecture traditionnelle adaptée au climat et reconnue comme symbole national ;
  • aucune ligne artistique identifiable, aucun motif, aucune sculpture emblématique ;
  • aucune maison conçue par des artistes centrafricains selon un modèle intérieur propre au pays.

 

Pour lui, ce vide n’est pas le résultat d’un manque de créativité, mais d’un manque de politiques publiques. Sans musée digne de ce nom, sans programme de soutien aux artistes, sans institution chargée de préserver les savoir-faire, la création culturelle ne peut pas émerger.

 

Marat considère ce déficit comme un danger majeur : un pays qui ne produit pas ses propres symboles culturels dépend entièrement des références visuelles venues de l’extérieur. L’imaginaire collectif s’appuie alors sur des modèles étrangers, ce qui renforce la dépendance culturelle et la perte d’identité.

 

Par Brahim….

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Baccalauréat par arrêté ministériel : Me MBOE Dédé-Vianney dénonce une fraude d’État qui porte la signature du Conseil des ministres

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Le ministre d’État en charge de l’Éducation nationale Aurélien Simplice Zingas a signé plusieurs arrêtés proclamant l’admission de candidats au baccalauréat des sessions 2003 et 2013. Son explication : les procès-verbaux de délibération auraient été détruits lors d’actes de vandalisme dans les archives du ministère. Vingt-trois ans après pour les uns, treize ans après pour les autres. Et c’est maintenant, en 2026, que le gouvernement s’en aperçoit.

 

Pendant ce temps, me MBOE Dédé-Vianney, docteur en droit et ancien Coordonnateur-Chef du Conseil Permanent chargé de la Réforme de l’Administration Centrafricaine, ne s’embarrasse pas de précautions oratoires : ce que le gouvernement a fait est illégal, et il le démontre point par point dans la revue Le Reflet.

Baccalauréat par arrêté ministériel : Me MBOE Dédé-Vianney dénonce une fraude d’État qui porte la signature du Conseil des ministres

Un diplôme ne se décrète pas

 

Me MBOE Dédé-Vianney part d’un principe que tout juriste connaît : le baccalauréat est un titre académique attribué exclusivement par un jury souverain. Pas par un ministre. Pas par un arrêté. Jamais. Sans délibération de jury, il n’y a pas d’admission. Sans procès-verbal, il n’y a pas de preuve juridique. Sans preuve juridique, il n’y a pas de diplôme. La logique est implacable, le droit est clair, et le gouvernement l’a brisé délibérément.

 

Ce que Me MBOE Dédé-Vianney souligne avec une précision chirurgicale, c’est que la faute ne se limite pas au ministre signataire. Le Conseil des ministres lui-même a autorisé la manœuvre. Ce sont donc tous les membres du gouvernement qui portent la responsabilité politique de cette dérive. Mettre en cause le seul ministre de l’Éducation nationale serait, selon Me MBOE Dédé-Vianney, «trop simple, voire simpliste». La décision a été discutée, validée et couverte par la plus haute instance exécutive du pays.

 

Une manœuvre politique déguisée en réparation administrative

 

Me MBOE Dédé-Vianney ne dit pas seulement que c’est illégal. Il dit aussi pourquoi ça a été fait. Les bénéficiaires de ces arrêtés seraient, selon son analyse, des soutiens et adeptes du Mouvement des Cœurs Unis, le parti au pouvoir. Des diplômes-récompenses, distribués par voie réglementaire en échange de services électoraux rendus. Un système éducatif transformé en distributeur de faveurs politiques.

 

Cette lecture, Me MBOE Dédé-Vianney l’étaye avec méthode. Il rappelle que des solutions légales existaient : organiser une session exceptionnelle de rattrapage, comme le gouvernement de salut public l’avait fait en 1979-1980 ; concevoir des épreuves spécifiques d’évaluation ; ou reconstituer les résultats devant un jury ad hoc. Toutes ces voies respectent le principe fondamental que le gouvernement a choisi d’ignorer : seul un jury d’examen peut proclamer une admission au baccalauréat.

 

Des arrêtés voués à l’annulation

 

Sur le plan juridique, Me MBOE Dédé-Vianney est catégorique : les arrêtés des deux ministres de l’Éducation nationale sont sans effet de droit. Ils sont entachés d’une absence totale de base légale. Un procès-verbal de jury n’est pas un acte administratif révocable — contrairement à un arrêté ministériel, qui lui peut être retiré ou annulé. En remplaçant l’un par l’autre, le gouvernement n’a pas résolu un problème juridique. Il en a créé un autre, plus grave.

 

Les conséquences pour les candidats concernés sont réelles. Leurs diplômes seront difficilement opposables à l’étranger, vulnérables devant un juge, potentiellement rejetés par les institutions universitaires africaines et internationales. En voulant les récompenser, le gouvernement les a fragilisés.

 

Le gouvernement centrafricain face à son propre effondrement institutionnel

 

Ce que Me MBOE Dédé-Vianney pointe derrière cette affaire de baccalauréat, c’est quelque chose de bien plus large. Révocation de juges inamovibles, référendum anticonstitutionnel, éligibilité illégale à la présidentielle : le gouvernement accumule les violations des règles les plus élémentaires de l’État de droit. L’attribution de diplômes par arrêtés n’est qu’un épisode de plus dans cette longue séquence de désinvolture juridique.

 

Me MBOE Dédé-Vianney conclut avec une exigence simple : les arrêtés doivent être retirés. Un jury doit être constitué. Une procédure régulière doit être engagée. Et si le gouvernement centrafricain veut restaurer sa crédibilité, il doit cesser de confondre pouvoir politique et compétence juridique.

 

Errare humanum est, sed perseverare diabolicum. L’erreur est humaine. Persévérer est diabolique. Me MBOE Dédé-Vianney a rendu son verdict. Le gouvernement, lui, reste muet.

 

Par Brahim Sallé

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Justice à Bozoum : après un viol, le père de la victime, René Béfio, incarcéré à la gendarmerie sur décision incroyable et spectaculaire du procureur Feï-ingmona Steve

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Justice à Bozoum : après un viol, le père de la victime, René Béfio, incarcéré à la gendarmerie sur décision incroyable et spectaculaire du procureur Feï-ingmona Steve

 

 

Justice à Bozoum : après un viol, le père de la victime, René Béfio, incarcéré à la gendarmerie sur décision incroyable et spectaculaire du procureur Feï-ingmona Steve
brigade-de-la-gendarmerie-de-bozoum – Alerte info : panique à Bozoum, des tirs à l’arme lourde sont entendus partout dans la ville.

 

À Bozoum, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé, une affaire de viol prend une tournure judiciaire incroyable. Selon les éléments recueillis par notre rédaction, le père de la victime, René Béfio, a été placé en détention après avoir participé à un règlement coutumier conclu avec la famille du jeune  violeur. Le jeune homme, qui a lui-même reconnu les faits devant la police, avait été libéré après cet arrangement. Quelques jours plus tard, René Béfio a été convoqué par le procureur de la République avant d’être conduit à la gendarmerie d’une manière spectaculaire et incroyable.

 

Une révélation après trois mois d’immobilisation

 

Rappelons que monsieur René Béfio est chef du quartier Traitant 2, situé derrière la brigade de recherche de Bozoum. Il travaille également comme maçon pour Caritas sur un chantier situé à une dizaine de kilomètres de la ville.

 

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Depuis environ trois mois, il ne peut plus exercer son activité après avoir été victime d’un grave accident au pied. La blessure, toujours ouverte et douloureuse, l’a contraint à rester à son domicile. Cette immobilisation lui aurait fait perdre environ 270 000 francs CFA de revenus, sur la base d’un salaire mensuel de 90 000 francs CFA.

 

À lire aussi : « Vous pouvez travailler trois mois, on vous paie un mois » : le propos pathétique de Djamaka qui fait tomber une employée de l’UNOPS à terre

C’est durant cette période que René Béfio commence à s’interroger sur les conséquences de son accident pour sa famille.

 

Dans sa communauté, surtout dans sa coutume, certaines familles associent ce type d’événement à certaines pratiques et croyances. René Béfio décide alors d’interroger son entourage, y compris sa fille, Béfio Karine, pour savoir si elle rencontre un problème particulier.

 

La jeune fille lui révèle alors avoir été violée par un jeune homme de la localité.

 

Karine identifie le jeune homme auprès de son père. René Béfio le fait venir pour lui demander des explications. Le jeune homme nie d’abord les faits et conteste l’accusation.

 

Selon les informations recueillies par notre rédaction, le jeune homme explique notamment que si l’affaire est portée devant la justice et que si la justice dit que ce n’est pas lui qui est l’auteur de viol de Karine, le père va faire comment? Mais la jeune fille maintient son accusation et confirme bel et bien que c’est le jeune qui est son violeur. Karine maintient pourtant son identification.

 

La reconnaissance devant la police

 

Face au refus du jeune homme, René Béfio décide de saisir le commissariat de Bozoum.

 

La police convoque le jeune homme ainsi que la jeune fille. Une confrontation s’est déroulée au sein du commissariat de police. Les deux parties sont entendues par l’enquêteur.

 

Selon les informations recueillies dans le cadre de notre enquête, le jeune homme finit alors par reconnaître les faits devant les policiers. Il est aussitôt placé en détention.

 

La suite de l’affaire ne relève plus seulement de la procédure policière. Les parents du jeune homme se présentent auprès des policiers pour négocier sa libération, mais les policiers disent non. Ils conseillent aux parents du jeune violeur d’aller voir le père de Karine et négocier avec lui pour avoir un arrangement. C’est dans ce contexte qu’ils peuvent le libérer, disent les policiers aux parents du jeune violeur.

 

Un règlement coutumier entre les deux familles

 

Les proches du jeune homme se rendent alors chez René Béfio. Ils lui demandent pardon et discutent avec lui des conditions d’un règlement.

 

Lors de la confrontation au domicile du chef René Béfio, celui-ci , de son côté, explique aux parents les différentes règles de sa coutume, et surtout, la nécessité de les respecter. Il explique son accident et les pertes financières engendrées. Il demande aux parents de lui payer rien que ses pertes financières et acheter quelques produits pour faire le sacrifice. Les parents du jeune violeur discute et arrive à une conclusion avec le père.

 

La famille du jeune homme remet 100 000 francs CFA à René Béfio. Elle fournit également des poulets et les éléments nécessaires au rituel coutumier prévu dans ce type de règlement.

 

Après cet arrangement, la plainte est retirée et le jeune homme est libéré.

 

L’affaire rebondit après l’intervention de Sidonie

 

Après l’arrangement, René Béfio pense à son ex-épouse, la mère de Karine Béfio, madame Sidonie. Rappelons que Sidonie est l’épouse de Béfio, et qu’il vient juste de se séparer avec elle devant le tribunal il y’a seulement deux mois. René prépare une enveloppe pour elle et lui envoie une somme de 15 000 francs CFA à son ex-épouse, Sidonie.

 

Les reste, il distribue aux frères de Karine et aux autres membres de la famille. C’est à partir de cette distribution que l’affaire prend une nouvelle tournure.

 

Sidonie, de son côté, est en colère et conteste la somme qu’elle a reçu de la main de son ex-époux, monsieur René Béfio. Elle  sollicite aussitôt l’intervention de son frère aîné, Déya Mathurin, magistrat, conseiller à la Cour d’appel de Bangui. Depuis la capitale, le magistrat contacte directement le procureur de la République près le tribunal de Bozoum, Feï-ingmona Steve.

 

Selon les informations recueillies, les deux hommes ont un lien familial, le procureur étant présenté comme le neveu de Déya Mathurin. Déya est lui-même le grand frère de Sidonie, l’ex-épouse de Renée. Vous voyez bien le schema?

 

Le procureur de Bozoum, de son côté, convoque alors René Béfio ainsi que son ex-épouse Sidonie dans son bureau.

 

René Béfio se rend à la convocation. Sidonie est également présente.

 

Le procureur appelle la gendarmerie

 

C’est au cours de cette rencontre que la situation bascule.

 

Selon les informations recueillies par notre rédaction, le procureur Feï-ingmona Steve prend son téléphone et appelle le commandant de la gendarmerie.

 

Il lui demande de venir récupérer René Béfio.

 

Les gendarmes arrivent et conduisent le chef de quartier à la brigade. René Béfio est ensuite placé en détention. Ainsi, depuis le 24 août 2026, René Béfio se trouve en détention à la brigade de recherche de la gendarmerie de Bozoum.

 

« Si c’est pour les 100 000 francs, je peux les rembourser »

 

Depuis sa cellule, René Béfio conteste les raisons de son arrestation. Selon les propos rapportés à notre rédaction, il explique que les 100 000 francs CFA ne constituent pas un argent qu’il aurait pris pour lui dans le but de faire libérer le jeune homme. Il rappelle que la somme a été versée dans le cadre du règlement coutumier conclu entre les deux familles.

 

Il affirme également être prêt à restituer les 100 000 francs CFA si cette somme constitue le problème.

 

Son principal argument porte sur le fait qu’il ne comprend pas pourquoi il est détenu alors que l’affaire concernait d’abord sa fille et qu’un règlement coutumier avait été conclu avec la famille du jeune homme.

 

René Béfio insiste aussi sur son état physique. Sa blessure au pied n’est toujours pas guérie. Il affirme souffrir de douleurs importantes et explique que son maintien en cellule aggrave sa situation.

 

Il demande, selon les informations recueillies, que la somme soit restituée si nécessaire et qu’il soit remis en liberté, si ce sont les magistrats qui sont les vrais papa de Karine Béfio. Il se demande comment une affaire familiale est devenue une affaire criminelle. Mettre quelqu’un en prison pour de rien.

 

Voilà comment notre pays fonctionne. Comment la justice fonctionne chez nous. Comment être frère ou sœur d’un magistrat suffit à plonger quelqu’un en prison.

 

Notre enquête se poursuit sur cette affaire jusqu’au bout.

 

 

Dossier spécial : Daniel Nzéwé, du petit voleur des cabris du quartier à Bambari au grand escroc des millions à Bangui

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Dossier spécial : Daniel Nzéwé, du petit voleur des cabris du quartier à Bambari au grand escroc des millions à Bangui

 

Dossier spécial : Daniel Nzéwé, du petit voleur des cabris du quartier à Bambari au grand escroc des millions à  Bangui
Daniel Nzewé en garde à vue dans une cellule de l’OCRB à Bangui

 

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 Daniel Nzéwé, connu également sous le nom de Daniel KoliKanga, est de nouveau détenu à l’Office central pour la répression du banditisme (OCRB) à Bangui. Il est interpellé après une plainte de l’entrepreneur Thierry Ouambéti portant sur dix millions de francs CFA. Cette arrestation s’ajoute à plus de vingt ans de dossiers financiers, de plaintes, de détentions, de falsifications et de transactions litigieuses qui ont marqué son parcours dans les milieux administratifs, économiques et politiques centrafricains.

 

Les affaires associées à son nom couvrent des fonds publics, des investisseurs privés, des opérateurs économiques, des partenaires étrangers, des documents officiels et des transactions immobilières ou minières. Elles forment une trajectoire où les montants, les méthodes et les ramifications se sont amplifiés au fil des années.

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De Daniel Koli-Kanga à Daniel Nzéwé

 

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Daniel Nzéwé est né à Bambari sous le nom de Daniel KoliKanga. Ses premiers démêlés judiciaires commencent dans la Ouaka, puis se poursuivent à Sibut avant son installation à Bangui. Arrivé dans la capitale, il adopte progressivement le nom de Nzéwé, présenté comme celui de son père. Ce changement d’identité n’interrompt pas ses difficultés judiciaires. Au contraire, les accusations prennent une dimension financière plus importante et s’étendent à des opérations impliquant des fonds publics, des associations, des partenaires économiques et des investisseurs étrangers.

 

2005 : les 14,9 millions de francs CFA d’Abel Goumba

 

En 2005, Daniel Nzéwé reçoit 14,9 millions de francs CFA de l’ancien Premier ministre Abel Goumba pour une opération de mobilisation de la jeunesse. L’argent disparaît. Ce dossier marque l’entrée de Nzéwé dans des affaires financières de grande ampleur. Il précède les détentions, les plaintes et les enquêtes qui suivront dans les années 2010 et 2020.

 

Les investisseurs chinois et l’incarcération à Ngaragba

 

Durant la période de transition politique, Nzéwé obtient d’importantes sommes auprès d’investisseurs chinois en promettant de faciliter leurs démarches économiques en Centrafrique. L’affaire débouche sur son arrestation et son incarcération à la prison centrale de Ngaragba. Un dossier de détournement de 24 millions de francs CFA appartenant à l’opérateur sinoespagnol YaoYé Yongsong est ouvert. Nzéwé et JeanChristophe Robembe sont placés en détention provisoire. Depuis sa cellule, Nzéwé envoie des courriers pour contester les accusations. Cette incarcération constitue son premier passage notable à Ngaragba.

 

2015 : les 20 millions destinés au Forum de Bangui

 

En 2015, vingt millions de francs CFA destinés à la préparation du Forum de Bangui disparaissent. Nzéwé figure officiellement dans la commission préparatoire du Forum. Le décret de nomination confirme sa présence parmi les représentants des associations et partis politiques. La disparition de la somme alimente un nouveau dossier financier qui s’ajoute à celui des investisseurs chinois.

 

L’affaire Bocom et les 65 millions de francs CFA

 

Une transaction portant sur un terrain public vendu à la société Bocom atteint 65 millions de francs CFA. L’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Régis Lionel Dounda, est condamné. Il accuse son ancien chargé de mission, Daniel Nzéwé, d’avoir manipulé des documents et orchestré la transaction. Nzéwé ne se présente pas aux convocations de la gendarmerie et disparaît. Le dossier est évalué à plus de 50 millions de francs CFA de dommages.

 

Les cinq millions du fonds Covid-19

 

En octobre 2021, cinq millions de francs CFA destinés à la gestion de la pandémie sont retirés du Trésor avec des documents falsifiés et une signature ministérielle imitée. Nzéwé, Arsène Daniel Ngrépayo et la responsable financière du ministère se réunissent dans le bureau du directeur de cabinet pour finaliser l’opération. Le ministre découvre la transaction et exige des explications. Le personnel réclame le remboursement et menace de grève.

 

Les faux documents et les signatures officielles

 

En 2021, Nzéwé fabrique des documents pour se présenter auprès de la CONFEJES comme point focal du ministère de la Jeunesse et des Sports. Les documents comportent un faux paraphe du directeur de cabinet, une fausse signature du ministre et un faux sceau du ministère. Ce dossier révèle un mode opératoire fondé sur l’usage de documents officiels falsifiés pour donner du poids à des démarches frauduleuses.

 

L’arrestation de 2024 et l’escroquerie à plusieurs milliards

 

En octobre 2024, Nzéwé est arrêté pour une opération visant des investisseurs étrangers. Il utilise de fausses invitations officielles et imite la signature du directeur de cabinet de la présidence pour attirer des partenaires dans un projet économique ou minier. Le montant atteint entre deux et trois milliards de francs CFA. Des investisseurs canadiens, saoudiens et israéliens sont ciblés. Le directeur de cabinet de la présidence, Obed Namsio, exige des sanctions après la découverte de l’utilisation frauduleuse de sa signature.

 

Les documents falsifiés comme outil de crédibilité

 

Dans plusieurs affaires, Nzéwé utilise des documents officiels, des cachets administratifs et des signatures d’autorité pour donner une apparence de légitimité à ses opérations. Pour des investisseurs étrangers, cette apparence suffit à engager des fonds. Ce mécanisme revient dans les dossiers de 2021 et 2024, où les enquêteurs découvrent des documents imitant la présidence ou le ministère.

 

Le passage par le ministère de la Jeunesse et des Sports

 

Malgré son passé judiciaire, Nzéwé est nommé chargé de mission au ministère de la Jeunesse et des Sports. Cette position institutionnelle renforce sa crédibilité auprès des personnes qu’il approche. Son arrivée au ministère est accompagnée de rappels sur ses antécédents financiers et judiciaires.

 

Une candidature rejetée en 2020 puis validée en 2025

 

Nzéwé tente d’entrer dans la vie parlementaire. Sa candidature aux législatives de 2020 est rejetée par la Cour constitutionnelle pour des raisons liées à sa moralité et à son passé judiciaire. En 2025, sa candidature est validée. Il se présente sous le nom de Daniel Nzéwé mais ne remporte pas le scrutin.

 

Du PNCN au MCU

 

Après un passage au PNCN de Cyriaque Gonda, Nzéwé rejoint le Mouvement Cœurs Unis, parti présidentiel. Cette proximité politique lui permet de conserver des relais malgré les accusations. Des interventions politiques interrompent certaines procédures ou facilitent sa remise en liberté.

 

Une nouvelle affaire : dix millions de francs CFA

 

Thierry Ouambéti, surnommé « Le Sultan de Dékoa », dépose plainte contre Nzéwé pour dix millions de francs CFA. Nzéwé affirme agir sur instruction du ministre des Finances, Erwins Ndoba. Le remboursement promis n’est jamais effectué. Ouambéti saisit l’OCRB, qui interpelle Nzéwé et ouvre une enquête sur les circonstances de la transaction.

 

Le nom du ministre des Finances au centre du dossier

 

Nzéwé affirme avoir agi sur instruction directe du ministre Hervé Ndoba. Les enquêteurs doivent établir si le ministre a réellement donné une instruction ou si son nom a été utilisé pour convaincre le plaignant. L’analyse des documents, des communications et du parcours des fonds déterminera les responsabilités.

 

La tentative de règlement à l’amiable

 

Pascal Bida Koyagbélé se rend à l’OCRB pour tenter un règlement financier. Il propose quatre millions de francs CFA. Ouambéti refuse et exige la restitution intégrale des dix millions. Les enquêteurs doivent établir la nature exacte de cette intervention.

 

Pourquoi l’affaire dépasse les dix millions

 

Les dix millions du dossier actuel s’inscrivent dans une série d’affaires où les montants atteignent successivement 14,9 millions, 24 millions, 20 millions, plus de 50 millions, cinq millions et jusqu’à trois milliards. Ces chiffres montrent l’ampleur des accusations accumulées autour du même nom pendant plus de vingt ans.

 

Un mode opératoire récurrent

 

Les dossiers présentent des similitudes : – promesse d’un avantage administratif ou économique ; – utilisation d’une position institutionnelle réelle ou revendiquée ; – usage de faux documents, signatures ou cachets ; – disparition des fonds ; – procédures judiciaires pour tenter de récupérer l’argent.

 

Une série d’arrestations sans issue judiciaire durable

 

Nzéwé est arrêté à plusieurs reprises : Ngaragba, Bocom, faux documents, investisseurs étrangers. Certaines procédures sont interrompues ou n’aboutissent pas. Sa trajectoire montre une répétition d’arrestations sans condamnation durable.

 

Que va faire le parquet ?

 

Nzéwé est actuellement détenu à l’OCRB. Les enquêteurs doivent établir les circonstances exactes de la remise des fonds, les documents utilisés, les communications échangées et le devenir des dix millions. Ils doivent aussi vérifier l’implication du ministre des Finances et clarifier la tentative de règlement à l’amiable. Après vingt ans de dossiers successifs, cette affaire constitue un test pour déterminer si une procédure judiciaire complète sera engagée.

 

Par Alain Nzilo

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Accusée de préparer un coup d’État, l’adjudant-chef Yves Junior Konzi, sous-officier des FACA, est détenu depuis plusieurs jours à l’OCRB. Plongé au cœur d’une affaire incroyable et spectaculaire qui confirme la paranoïa du régime de Bangui

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Accusée de préparer un coup d’État, l’adjudant-chef Yves Junior Konzi, sous-officier des FACA, est détenu depuis plusieurs jours à l’OCRB. Plongé au cœur d’une affaire incroyable et spectaculaire qui confirme la paranoïa du régime de Bangui

 

Accusée de préparer un coup d’État, l’adjudant-chef Yves Junior Konzi, sous-officier des FACA, est détenu depuis plusieurs jours à l’OCRB. Plongé au cœur d’une affaire incroyable et spectaculaire qui confirme la paranoïa du régime de Bangui
Le sous-officier Konzi

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

L’adjudant-chef Yves Junior  Konzi, de l’armée nationale, est détenu à l’Office central pour la répression du banditisme (OCRB) à Bangui. Il est accusé de préparer un coup d’État. À l’origine de cette affaire se trouve pourtant un conflit familial autour d’un terrain ancestral situé à Bangassou.

 

Il convient de rappeler que l’adjudant-chef Yves Junior Konzi est le fils aîné du colonel de gendarmerie Konzi, ancien chef d’état-major de la gendarmerie nationale sous le président Ange-Félix Patassé. Son père a été tué lors des événements liés à la tentative de coup d’État de 2021.

Le sous-officiers Yves Junior Konzi derrière le barreau à l’OCR D
Le sous-officiers Yves Junior Konzi derrière le barreau à l’OCR D

 

L’adjudant-chef Konzi séjourne régulièrement en France pour des raisons médicales. Il réside dans la région de Montauban, à proximité de Toulouse. Lors de son dernier séjour en France, il apprend que ses frères cadets ont vendu un terrain familial situé à Bangassou, dans le sud-est de la République centrafricaine.

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Cette parcelle constitue un patrimoine familial particulièrement important. Leur grand-père y est enterré, ainsi que des membres des générations précédentes. Pour Yves Jr. Konzi, la vente de ce terrain ancestral ne pouvait pas être traitée comme une simple transaction immobilière.

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Yves Jr. rentre à Bangui et veut récupérer le terrain familial

 

Alors qu’il se trouve encore en France, Yves Junior Konzi apprend la vente du terrain. Il manifeste immédiatement son désaccord et demande des explications à ses cadets, ainsi qu’à sa sœur.

 

Pour lui, le problème est précis : comprendre dans quelles conditions le terrain familial de Bangassou a été vendu et obtenir la restitution de cette parcelle considérée comme un patrimoine ancestral de la famille.

 

Le décès de l’un de ses oncles intervient ensuite. Yves Junior Konzi décide de rentrer en République centrafricaine pour assister aux funérailles.

 

Après l’enterrement de son oncle, il décide de profiter de son séjour à Bangui pour régler également le différend familial concernant le terrain de Bangassou.

 

Il réunit ses frères cadets et sa sœur afin d’obtenir des explications sur la vente. Les discussions deviennent rapidement tendues. Le différend, qui concernait initialement la gestion d’un patrimoine familial, se transforme en une querelle familiale intense.

 

Face à l’absence d’accord, Yves Junior Konzi décide de porter l’affaire devant la justice. Sa démarche vise à obtenir des explications sur la vente et à faire récupérer le terrain familial de Bangassou.

 

Le parquet oriente le dossier vers un commissariat

 

Yves Junior  Konzi saisit le parquet. Le procureur lui indique que la procédure doit d’abord suivre son cours au niveau d’un commissariat d’arrondissement afin que les différentes parties soient entendues et qu’un rapport soit établi.

 

Le dossier est ainsi orienté vers le commissariat du sixième arrondissement de Bangui.

 

Les différentes parties sont convoquées. Yves Junior  Konzi se présente avec les membres de sa famille concernés par le différend.

 

Les auditions commencent. Le but initial est de recueillir les déclarations de chacun et de comprendre les circonstances dans lesquelles le terrain familial de Bangassou a été vendu.

 

Mais les auditions prennent rapidement une autre tournure.

 

Les échanges deviennent particulièrement tendus. Les membres de la famille s’accusent mutuellement. Les discussions sont accompagnées d’insultes et de fortes tensions verbales. Les policiers constatent que les différentes parties ne parviennent plus à dialoguer normalement.

 

La situation devient tellement difficile que les policiers du sixième arrondissement contactent le procureur.

 

Ils lui expliquent que le dossier qu’il leur a transmis est devenu particulièrement difficile à gérer. Les deux parties refusent de s’entendre et les auditions ne permettent plus de faire avancer sereinement la procédure.

 

Le procureur décide alors de transférer le dossier à l’Office central pour la répression du banditisme, l’OCRB, au centre-ville de Bangui.

 

L’OCRB débarque au sixième arrondissement

 

Aussitôt, le procureur contacte les policiers de l’OCRB.

 

Un véhicule de l’OCRB se rend immédiatement au commissariat du sixième arrondissement pour récupérer les personnes concernées par la procédure.

 

À leur arrivée, les agents prennent en charge Yvon Konzi, le frère cadet d’Yves Jr. Konzi.

 

Yvon Konzi est placé à l’arrière du pick-up de l’OCRB, sous le siège occupé par les policiers. Dans ce type de véhicule, le suspect est installé au sol, sous les bancs arrière, tandis que les policiers prennent place sur les sièges au-dessus de lui.

 

Le véhicule quitte ainsi le commissariat du sixième arrondissement en direction du centre-ville.

 

Yves Junior Konzi est lui aussi conduit vers l’OCRB. En tant qu’adjudant-chef de l’armée nationale et homme de tenue, il n’est pas installé au sol sous les sièges avec son frère. Il prend place directement sur un siège du pick-up avec les policiers.

 

À ce stade, l’affaire reste celle d’un conflit familial transféré à l’OCRB à la suite de tensions devenues difficiles à gérer au commissariat.

 

C’est à l’arrivée au centre-ville que la situation change radicalement.

 

L’ordre téléphonique qui bouleverse le dossier

 

À l’OCRB, les policiers commencent les formalités de placement en cellule.

 

Yvon Konzi, le frère cadet, est préparé pour être placé en détention. Ses chaussures lui sont retirées.

 

C’est alors qu’un appel téléphonique du procureur intervient.

 

Selon les informations recueillies par la rédaction de CNC, le procureur demande aux policiers de ne pas placer Yvon Konzi en cellule.

 

L’ordre concerne finalement Yves Junior Konzi.

 

L’adjudant-chef est présenté par le procureur comme un homme extrêmement dangereux. Les policiers reçoivent l’instruction de le placer lui-même en cellule.

 

Yves Jr. Konzi est alors conduit en détention. Son frère cadet est libéré et autorisé à rentrer chez lui.

 

Le changement est brutal. Quelques heures auparavant, Yves Jr. était entendu dans le cadre d’un conflit familial portant sur un terrain ancestral à Bangassou. Il se retrouve désormais détenu à l’OCRB et présenté comme une personne particulièrement dangereuse.

 

De la querelle familiale à l’accusation de coup d’État

 

Après son placement en cellule, le dossier prend une dimension totalement différente.

 

Yves Jr. Konzi est désormais accusé de préparer un coup d’État à Bangui.

 

Un autre nom apparaît dans les éléments liés à cette accusation : Joseph Maïté, un Centrafricain vivant en France et connu pour ses directs sur les réseaux sociaux. Ses interventions portent régulièrement sur la politique centrafricaine et critiquent certaines actions du président Faustin-Archange Touadéra.

 

Selon les informations recueillies par CNC, les autorités établissent un lien entre Joseph Maïté et Yves Jr. Konzi et les accusent de préparer un projet visant à renverser le pouvoir.

 

Cette accusation devient désormais le fondement de la détention de l’adjudant-chef.

 

Pour ses proches, le passage d’un conflit familial sur un terrain de Bangassou à une affaire de tentative de coup d’État reste incompréhensible.

 

Un homme malade privé de visites

 

Yves Konzi souffre de problèmes de santé et séjourne régulièrement en France pour ses soins.

 

Malgré son état de santé, il reste détenu à l’OCRB dans des conditions que ses proches décrivent comme difficiles.

 

Les visites sont également strictement limitées. Selon les informations recueillies par CNC, les policiers ont reçu l’ordre de ne laisser personne lui rendre visite, à l’exception de son épouse.

 

Ses frères, pourtant directement concernés par le conflit familial qui est à l’origine de la procédure, ont tenté de le voir. Ils n’ont pas été autorisés à entrer en contact avec lui.

 

« Pourquoi vous le mettez dehors ? »

 

Un autre épisode survenu à l’OCRB confirme le niveau de surveillance exercé autour de l’adjudant-chef.

 

Le lendemain de son placement en cellule, Yves Jr. Konzi est sorti quelques instants pour se dégourdir les jambes. Il se trouve devant le grillage, à l’extérieur de sa cellule.

 

Un colonel de police présent dans les locaux l’aperçoit.

 

Selon les informations recueillies par CNC, le colonel intervient immédiatement et demande aux policiers pourquoi l’adjudant-chef a été sorti de sa cellule.

 

Il insiste sur le caractère extrêmement dangereux qui lui est attribué et ordonne qu’il soit immédiatement reconduit en cellule.

 

Yves Jr. Konzi est ramené à l’intérieur.

 

Pour ses proches, cet épisode est difficile à comprendre. Ils affirment ne pas reconnaître, dans l’homme ainsi présenté comme dangereux, celui qui était rentré de France pour assister aux funérailles de son oncle et régler un différend familial portant sur un terrain ancestral.

 

L’affaire, partie d’une demande d’explications sur la vente d’un terrain familial à Bangassou et de la volonté d’obtenir sa récupération, se retrouve désormais au cœur d’une accusation de préparation de coup d’État. L’adjudant-chef Yves Jr. Konzi reste détenu à l’OCRB à Bangui, avec des visites limitées à son épouse.

 

Par Anselme Mbata

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Nana-Mambéré : après deux échecs de Wagner, le 3R échoue à son tour face aux éléments du général Ndalé

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Nana-Mambéré : après deux échecs de Wagner, le 3R échoue à son tour face aux éléments du général Ndalé

 

Nana-Mambéré : après deux échecs de Wagner, le 3R échoue à son tour face aux éléments du  général Ndalé
Les éléments rebelles de la CPC dans la Nana-Mambéré

 

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 Une nouvelle attaque contre la position de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) contrôlée par le général Adamo Ndalé, dans la Nana-Mambéré, s’est soldée par un échec. Des éléments du mouvement 3R, engagés aux côtés des autorités centrafricaines et collaborant avec les mercenaires russes, ont tenté dimanche 23 août de prendre d’assaut la position de la CPC. Quatre assaillants auraient été blessés et plusieurs motos utilisées lors de l’opération ne sont pas réapparues.

 

24 juillet 2026 : première attaque de Wagner à Aba-Bogani

 

À lire aussi : Touadera et Zingas, les bras cassés de la septième république, regardez ! Le CEG de Mboula risque de fermer ses portes. Pensez-vous à l’avenir de ces enfants ?

Cette nouvelle offensive intervient après deux opérations menées auparavant contre les hommes du général Ndalé dans le secteur d’Aba-Bogani, à environ 17 kilomètres de Bouar.

 

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Le vendredi 24 juillet 2026, des mercenaires russes avaient lancé une première opération sur l’axe reliant Aba-Bogani à Dobo. Pour progresser vers les positions de la CPC, ils avaient enlevé deux habitants de la zone, dont le président de la jeunesse locale, afin de les utiliser comme guides.

 

La progression avait été perturbée par des tirs. Dans la confusion, les deux captifs avaient réussi à s’échapper. Le convoi russe avait ensuite poursuivi son mouvement avant de tomber dans une embuscade tendue par les combattants de la CPC.

 

Les tirs avaient causé d’importants dégâts au convoi. Un véhicule militaire des mercenaires avait notamment été entièrement calciné. Cette première opération s’était soldée par un revers pour les assaillants, sans permettre à Wagner de prendre le contrôle de la position recherchée.

 

16 août 2026 : deuxième offensive russe repoussée à Aba-Bogani

 

Trois semaines plus tard, le dimanche 16 août, les mercenaires russes sont revenus dans le même secteur avec une nouvelle colonne militaire.

 

Un gros camion chargé de combattants de Wagner avait quitté Bouar tôt dans la journée pour rejoindre la zone d’Aba-Bogani. Le véhicule avait transporté les mercenaires jusqu’à proximité du campement attribué au général Ndalé.

 

Le mouvement du convoi avait été repéré avant son arrivée. Les hommes de la CPC avaient choisi de ne pas engager immédiatement le combat. Ils avaient laissé les mercenaires progresser à l’intérieur du campement avant de déclencher leur attaque.

 

Les combattants de Ndalé avaient alors ouvert le feu à courte distance. Pris par surprise, les mercenaires s’étaient dispersés dans la brousse. Plusieurs d’entre eux avaient été tués et d’autres blessés.

 

Des survivants avaient ensuite appelé leur base à Bouar pour demander des renforts. Deux véhicules transportant de nouveaux mercenaires, accompagnés de quelques éléments des Forces armées centrafricaines (FACA), avaient rejoint la zone.

 

La colonne de renfort avait principalement procédé à la récupération des corps et des blessés avant de repartir vers Bouar. La deuxième offensive n’avait donc pas permis aux mercenaires russes de déloger les hommes du général Ndalé.

 

Après les revers de Wagner, le 3R entre dans la bataille

 

Les deux échecs successifs ont été suivis d’une nouvelle stratégie. Des éléments issus du mouvement 3R, anciennement intégré à la CPC avant de rejoindre le processus d’accord avec le gouvernement, ont été mobilisés pour tenter d’atteindre la position du général Ndalé.

 

Ces éléments collaborent activement avec les mercenaires russes dans plusieurs opérations menées dans la région. Leur connaissance du terrain et des zones contrôlées par les différents groupes armés constitue un atout pour les opérations militaires.

 

Le général Ndalé avait d’ailleurs anticipé cette possibilité. Quelques jours avant l’attaque du 23 août, il avait publié un message audio sur les réseaux sociaux dans lequel il accusait des éléments du 3R de préparer une offensive contre sa position.

 

Le chef de la CPC avait précisé qu’il ne souhaitait pas renouer avec les affrontements qui avaient opposé dans le passé les combattants du 3R et les groupes anti-Balaka. Il avait également affirmé que son conflit ne concernait pas les éléments des FACA.

 

Selon son message, ses adversaires sont principalement le pouvoir du président Faustin-Archange Touadéra et les mercenaires russes. Il affirmait ne pas considérer les soldats FACA comme ses ennemis.

 

Le 3R dément les accusations du général Ndalé

 

La déclaration du général Ndalé avait provoqué une réaction du coordonnateur militaire du 3R ayant rejoint le processus d’accord avec le gouvernement.

 

Dans une réponse diffusée sur les réseaux sociaux, celui-ci avait rejeté les accusations. Il avait affirmé que le 3R ne préparait aucune attaque contre la position du général Ndalé et avait qualifié ces accusations de mensonges.

 

Le responsable militaire avait également insisté sur la distinction entre les éléments du 3R ayant signé l’accord avec le gouvernement et ceux qui ont refusé de rejoindre ce processus.

 

Deux jours plus tard, une colonne de combattants issus du 3R allait pourtant se présenter devant la position contrôlée par les hommes de Ndalé.

 

23 août 2026 : douze motos contre la position de Ndalé

 

Dimanche 23 août, douze motos transportant des éléments du 3R ont pris la direction de la position de la CPC. Deux combattants se trouvaient sur chaque moto.

 

Le groupe a tenté de progresser vers l’entrée De la base de la CPC. Des éléments de la CPC positionnés dans cette zone ont rapidement réagi et ouvert le feu contre les assaillants.

 

La riposte a stoppé l’avancée du groupe. Quatre éléments du 3R auraient été blessés pendant l’affrontement. Les assaillants ont alors battu en retraite à grande vitesse, abandonnant leur tentative d’attaque.

 

Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC auprès de sources locales, dix des douze motos engagées dans l’opération ont été vues repartir. Les deux autres motos n’ont pas été retrouvées dans les mouvements de retrait observés après l’affrontement.

 

Le sort des quatre blessés reste également incertain. Ils auraient pu être évacués par d’autres moyens, mais aucune information disponible ne permet pour l’instant de déterminer avec certitude s’ils ont été transportés vers une autre position ou s’ils ont été laissés sur place.

 

La position du général Ndalé reste sous contrôle de la CPC

 

Cette troisième tentative d’attaque n’a pas permis de prendre le contrôle de la position de la CPC dans la Nana-Mambéré.

 

En l’espace d’un mois, les hommes du général Adamo Ndalé ont ainsi fait face à plusieurs opérations visant leur position. Les mercenaires russes avaient échoué lors de leurs offensives des 24 juillet et 16 août. Le 23 août, des éléments du 3R ont à leur tour échoué à déloger les combattants de la CPC.

 

La position contrôlée par Ndalé reste située à environ 17 kilomètres de Bouar, dans la préfecture de la Nana-Mambéré. Les opérations menées dans ce secteur montrent que les mercenaires russes continuent de chercher des moyens de réduire la présence de la CPC dans cette zone.

 

Pour l’instant, les hommes du général Ndalé maintiennent leur position. Le bilan exact de la dernière opération, notamment le sort des quatre combattants du 3R signalés comme blessés et celui des deux motos non retrouvées, reste à préciser.

 

Par Martial Passi 

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Les Wagner ont fait leur réapparition à la prison du Camp de Roux : tabassage, fouilles, intimidation

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Les mercenaires russes du groupe Wagner, accompagnés d’éléments de la gendarmerie centrafricaine, ont mené une opération de fouille à la prison du camp de Roux, mercredi 26 août 2026. Les détenus ont été soumis à des fouilles cellule par cellule pendant plusieurs heures.

 

Les Wagner ont fait leur réapparition à la prison du Camp de Roux  : tabassage, fouilles, intimidation
Dans une cellule de la prison à Bangui, capitale de la Centrafrique

 

Selon les informations recueillies par la rédaction de CNC, les hommes de Wagner recherchaient principalement des téléphones portables détenus à l’intérieur de la prison. Ils ont procédé à une fouille méthodique des cellules et des détenus.

 

Les mercenaires russes étaient équipés de matraques, dont des matraques électriques. Aucun armement n’a été signalé au cours de l’opération. Les fouilles se sont poursuivies pendant des heures sans permettre, selon les informations disponibles, de retrouver les objets recherchés par ces criminels de Touadéra.

 

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L’opération a ensuite pris une autre tournure. Deux détenus, du nom de Zawas et de Bazouka,  ont été extraits et frappés à plusieurs reprises à coups de matraque par les hommes de Wagner. Les raisons de ces violences restent inconnues. Aucun élément recueilli par CNC ne permet d’établir que les deux détenus avaient été trouvés en possession d’un téléphone ou d’un autre objet interdit.

 

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Après les fouilles et les violences, les mercenaires russes ont quitté la prison avec les éléments de la gendarmerie qui les accompagnaient.

 

Cette intervention intervient alors que la présence des mercenaires russes dans les établissements pénitentiaires centrafricains est régulièrement signalée depuis plusieurs années. La prison du Camp de Roux  n’est pas le seul établissement concerné par ce type d’opération. Des interventions similaires ont également été rapportées à la prison de Ngaragba.

 

À Ngaragba, des détenus ont déjà été emmenés par des hommes de Wagner vers des destinations inconnues. La présence des casques bleus de la MINUSCA autour de certains établissements pénitentiaires a parfois donné lieu à des refus de laisser partir des prisonniers avec des hommes de Wagner lourdement armés.

 

La nouvelle opération menée au Camp de Roux  montre une autre méthode. Les mercenaires ne se contentent plus d’intervenir pour extraire des détenus. Ils pénètrent dans la prison, fouillent les cellules, contrôlent les prisonniers et utilisent leurs matraques contre certains d’entre eux.

 

La question de leur autorité dans les établissements pénitentiaires centrafricains se pose directement. La gestion des prisons relève des institutions centrafricaines et de l’administration pénitentiaire. La présence d’éléments étrangers armés participant aux fouilles et aux violences contre des détenus renforce les interrogations sur le contrôle effectif de ces établissements par les autorités nationales.

 

Ces interventions s’inscrivent dans un contexte plus large marqué par la multiplication des opérations des mercenaires russes sur le territoire centrafricain. Contrôles dans les rues, arrestations, opérations dans certaines localités et violences contre des civils ont déjà été rapportés. Les prisons constituent désormais un autre espace dans lequel leur présence et leur intervention sont signalées.

 

L’opération du 26 août au Camp de Roux  relance ainsi une question centrale : dans un État qui se revendique indépendant et souverain, quelle est exactement l’autorité des mercenaires russes sur les détenus et dans les établissements pénitentiaires centrafricains ? Tout le monde se rappelle de l’affaire Armel Sayo et Nourd Gregaza, dont les hommes de Wagner étaient directement impliqué.

 

Par Anselme Mbata

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La riposte du gouvernement contre l’UNOP ne règle pas la question de la gestion des financements des partenaires internationaux en RCA

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La riposte du gouvernement contre l’UNOP ne règle pas la question de la gestion des financements des partenaires internationaux en RCA

La riposte du gouvernement contre l’UNOP ne règle pas la question de la gestion des financements des partenaires internationaux en RCA
Marc Mandaba, ministre chargé de l’Economie, du Plan et de la Coopération Internationale

 

 

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 Le gouvernement centrafricain demande à la Banque mondiale de ne plus engager de nouvelle collaboration avec l’UNOPS en République centrafricaine. La décision fait suite aux retards constatés dans l’exécution de plusieurs projets d’infrastructures, notamment dans le Nord-Est du pays.

 

Dans une lettre datée du 24 août 2026, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Marc Mandaba, demande officiellement à la Banque mondiale de prendre acte de cette orientation et de ne plus préparer, approuver, financer ou signer, pour le compte de la République centrafricaine, de nouveaux accords susceptibles d’engager une collaboration avec l’UNOPS.

 

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La décision intervient après plusieurs années de difficultés autour de projets financés par les partenaires internationaux. Le gouvernement reproche notamment à l’UNOPS de ne pas avoir respecté certains engagements envers les entreprises mobilisées pour les travaux, dont l’Office national du matériel et le groupement Matière/SOFIA TP.

 

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Sur l’axe Mbrès-Bamingui-Ndélé, la composante initialement destinée à la réhabilitation de 400 kilomètres de pistes rurales dans la Vakaga a notamment été réorientée vers la construction de quatre ponts. Malgré les ajustements apportés au financement et la prolongation de l’accord jusqu’au 31 décembre 2027, les résultats attendus restent insuffisants selon le gouvernement.

 

Une décision qui pose une question plus large sur le financement des partenaires

 

La réaction du gouvernement centrafricain après accord du conseil des ministres est compréhensible lorsqu’un projet financé sur des ressources extérieures ne produit pas les infrastructures annoncées. Les populations concernées attendent des routes, des ponts et des ouvrages fonctionnels. Elles ne bénéficient pas directement des montants inscrits dans les conventions lorsque les travaux restent inachevés.

 

La question est de savoir si le problème vient uniquement du choix de l’UNOPS ou s’il montre clairement aux yeux du monde une faiblesse beaucoup plus ancienne dans la gestion des projets financés par les bailleurs.

 

Les précédents centrafricains montrent que les difficultés ne commencent pas avec l’UNOPS. Elles concernent également des marchés confiés à des entreprises nationales et des projets placés sous la responsabilité de structures centrafricaines.

 

L’axe Bossemptélé-Bozoum en est une illustration. Cette route, longue d’environ 80 kilomètres, reste aujourd’hui dans un état très dégradé alors que des financements avaient été mobilisés pour sa réhabilitation.

 

Une enquête menée par Corbeau News sur ce dossier avait permis d’identifier l’entreprise fictive bénéficiaire du marché ainsi que son responsable, Symphorien Mapenzi. Celui-ci est un proche parent du président de l’Assemblée nationale et occupe aujourd’hui le poste de premier vice-président de cette institution.

 

Ces éléments doivent être distingués des informations générales régulièrement avancées sur les difficultés de cette route. Le dossier porte précisément sur les conditions d’attribution et d’exécution du marché ainsi que sur l’utilisation des fonds affectés aux travaux.

 

Le dossier Mapenzi reste sans réponse complète

 

À l’époque où le dossier était examiné à l’Assemblée nationale, Martin Ziguélé, alors président de la commission chargée des finances, avait demandé que la situation soit clarifiée. Il avait notamment demandé à Symphorien Mapenzi  de reprendre les travaux et de respecter ses engagements ou, à défaut, de restituer les fonds concernés.

 

Mapenzi avait contesté le montant qui lui était attribué et soutenu ne pas avoir reçu l’intégralité des ressources annoncées. Or non, il a bel et bien reçu la totalité des fonds sans rien faire.

 

Cette contestation n’a pas réglé la question principale : pourquoi la route Bossemptélé-Bozoum demeure-t-elle dans un état aussi dégradé alors que des ressources avaient été mobilisées pour sa réhabilitation ?

 

C’est précisément ce type de dossier qui justifie une vérification globale des financements engagés dans les infrastructures.

 

Si le gouvernement estime aujourd’hui que l’UNOPS doit rendre des comptes sur les fonds mobilisés pour les populations du Nord-Est, la même exigence devrait être appliquée aux entreprises nationales qui ont bénéficié de financements publics ou de ressources provenant des bailleurs.

 

Les mêmes interrogations sur l’axe Bouar-Bozoum

 

La route Bouar-Bozoum pose également la question de la capacité des opérateurs nationaux à conduire jusqu’au bout des projets financés avec l’appui des partenaires.

 

Des travaux avaient été engagés par l’entreprise SEMENCES sur cet axe avec le financement de financements extérieurs. Comme la route entre Bossemptélé –  Bozoum, rien n’est fait sur l’axe Bouar – Bozoum.

 

Et si on jette un peu de regard sur la capitale, la situation est très grave encore avec des entreprise fictives qui ne font pratiquement rien.

 

Le problème n’est donc pas seulement celui d’un opérateur international qui ne respecterait pas ses obligations. Il concerne aussi les structures nationales qui ont reçu la responsabilité de projets importants sans parvenir à produire les résultats attendus. Mais si ce sont des entreprises créée par des proches du régime, le gouvernement, en un mot le régime ne parle pas. Ilferme ses yeux et ses oreilles.

 

Le financement des enseignants montre une autre faiblesse

 

Le même problème apparaît dans d’autres secteurs.

 

Dans l’éducation, des financements de la Banque mondiale ont été mobilisés pour soutenir le recrutement et la rémunération d’enseignants affectés dans les différentes régions du pays.

 

Or, le paiement de ces enseignants a régulièrement été marqué par des retards et des mouvements de grève. Le financement existe, mais la chaîne permettant de faire parvenir régulièrement les ressources jusqu’aux bénéficiaires reste fragile.

 

Cette situation montre que le problème ne se limite pas à l’identité de l’organisme chargé de gérer les fonds. Il concerne aussi les mécanismes de contrôle, de décaissement et de suivi mis en place par l’État.

 

L’État doit appliquer la même exigence à tous

 

La décision concernant l’UNOPS peut être considérée comme une mesure de précaution. Elle ne devrait pas servir à déplacer le problème d’un opérateur vers un autre.

 

Si le gouvernement considère que les mécanismes de gestion de l’UNOPS ne garantissent plus suffisamment l’efficacité et la transparence des projets, il devra également expliquer quel dispositif remplacera l’agence et comment ce nouveau mécanisme empêchera les mêmes dérives.

 

La Banque mondiale et les autres partenaires disposent de leurs propres procédures de contrôle précisément parce que plusieurs expériences passées ont montré les risques liés à une gestion insuffisamment encadrée des financements.

 

Le gouvernement centrafricain ne peut donc pas demander davantage de contrôle sur les projets confiés à l’UNOPS tout en laissant sans réponse les dossiers concernant des entreprises nationales ayant bénéficié de financements importants.

 

Les habitants de Ndélé, Ouadda, Mbrès, Bozoum, Bossemptélé ou Bouar ont le même droit à des infrastructures fonctionnelles. Le financement soit-il géré par une agence des Nations unies ou par une entreprise centrafricaine, le résultat attendu reste le même : une route construite, un pont livré et un ouvrage effectivement utilisable.

 

La question posée aujourd’hui par le dossier UNOPS dépasse donc le seul sort de cette agence. Elle oblige l’État à revoir l’ensemble du système de gestion des projets financés par les bailleurs et à demander des comptes à tous les acteurs, sans distinction selon leur proximité avec le pouvoir ou leur statut institutionnel.

 

Par Alain Nzilo

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Bilal, Zamboyé, Wagner : le PRNC exige des réponses de Touadéra

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Bilal, Zamboyé, Wagner : le PRNC exige des réponses de Touadéra

 

Bilal, Zamboyé, Wagner : le PRNC exige des réponses de Touadéra
Monsieur Nourd Gregaza. Pohoto de courtoisie

 

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 Le Parti pour le Rassemblement de la Nation Centrafricaine (PRNC) interpelle directement le président Faustin-Archange Touadéra sur deux affaires qui ont marqué l’actualité récente en République centrafricaine : la mort de plus d’une centaine de personnes dans l’effondrement de la mine d’or de Zamboyé et l’affaire Hamza Bilal à Ndélé, impliquant des mercenaires russes.

 

Dans une lettre ouverte intitulée « Bilal, Zamboyé, Wagner : Monsieur Touadéra, combien de morts faudra-t-il encore ? », le président du PRNC, Nour Gregaza, demande des explications aux autorités centrafricaines et met directement en cause le fonctionnement de l’État dans les zones où les mercenaires russes sont présents.

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Le drame de Zamboyé est aujourd’hui établi. Le 18 août, l’effondrement d’une mine d’or artisanale située dans la Nana-Mambéré a enseveli de nombreux mineurs. Le bilan a dépassé les 100 morts selon les sources locales citées par l’AFP et l’Associated Press. TF1 Info a également rapporté un bilan d’au moins 100 morts.

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Une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les causes de l’effondrement et les responsabilités liées à l’exploitation du site. Le gouvernement centrafricain a ensuite annoncé la fermeture du site de Zamboyé en raison du non-respect des normes minières et des directives administratives.

 

C’est dans ce contexte que le PRNC associe le drame minier à l’affaire Hamza Bilal dans sa lettre au chef de l’État.

 

Le PRNC revient sur l’affaire Hamza Bilal

 

Pour Nour Gregaza, l’affaire Bilal pose une question qui dépasse le sort d’un seul homme.

 

Hamza Bilal avait été arrêté à l’entrée de Ndélé par des éléments russes. Selon les informations déjà rapportées sur cette affaire, il avait été conduit dans une base occupée par les mercenaires russes après l’interpellation de son véhicule.

 

Le chauffeur avait ensuite été libéré, tandis que Bilal était resté détenu.

 

Une somme de cinq millions de francs CFA se trouvait également dans les effets de Bilal au moment de son arrestation. Sa famille n’a depuis obtenu aucune preuve de vie de sa part.

 

Le PRNC demande désormais au pouvoir de faire toute la lumière sur cette affaire.

 

« Où est Bilal ? Qui l’a arrêté ? Pourquoi ? Où sont passés les cinq millions de francs CFA qu’il aurait transportés ? Qui a ordonné sa détention et sa disparition ? », demande Nour Gregaza dans sa lettre.

 

Ces questions rejoignent celles déjà posées depuis l’arrestation de Bilal et les informations faisant état de sa détention dans une base des mercenaires russes.

 

Le préfet de Bamingui-Bangoran au cœur des accusations

 

La lettre ouverte revient également sur les informations faisant état de menaces qui auraient visé le préfet de Bamingui-Bangoran lorsqu’il aurait cherché à obtenir des informations sur le sort de Bilal.

 

Selon les éléments publiés sur cette affaire, le préfet aurait voulu savoir ce qu’était devenu son administré après son arrestation. Il aurait alors été menacé par des mercenaires russes.

 

Pour le PRNC, cet épisode pose directement la question de l’autorité de l’État à Ndélé.

 

« Qui commande encore à Ndélé ? », demande Nour Gregaza.

 

Le président du PRNC oppose ainsi l’autorité administrative du préfet et celle du gouvernement de Bangui à celle des hommes armés russes présents dans la région.

 

La question est politiquement lourde : si un représentant de l’État centrafricain ne peut pas demander des comptes sur le sort d’un citoyen sans être menacé, quelle autorité exerce réellement l’État sur cette partie du territoire ?

 

« Où êtes-vous, les cadres du Fertit ? »

 

Nour Gregaza s’adresse également aux personnalités originaires du Fertit.

 

Le président du PRNC leur reproche leur silence dans l’affaire Bilal. Il rappelle que Hamza Bilal est originaire de cette région et interpelle ceux qui se présentent comme ses « cadres ».

 

« Où sont vos communiqués ? Où est votre colère ? Où est votre exigence de justice ? », écrit-il.

 

Pour le PRNC, l’appartenance au Fertit ne devrait pas seulement être revendiquée lorsqu’il s’agit d’obtenir une fonction ou une influence politique. Elle devrait également conduire les responsables de la région à prendre position lorsqu’un ressortissant du Fertit est arrêté, porté disparu ou meurt dans des circonstances contestées.

 

Cette interpellation vise notamment Arnaud Djoubaye Abazène, ministre de la Justice.

 

Le ministre de la Justice sommé de répondre

 

Dans sa lettre, Nour Gregaza interpelle directement le ministre de la Justice sur son rôle dans cette affaire.

 

Il lui demande de rechercher la vérité sur le sort de Hamza Bilal et d’établir les responsabilités dans son arrestation et sa disparition.

 

Le président du PRNC demande également que soient déterminées les circonstances entourant les cinq millions de francs CFA que Bilal aurait détenus au moment de son arrestation.

 

Il veut aussi savoir qui aurait ordonné sa détention, quelles démarches judiciaires ont été engagées et quelles suites ont été données aux accusations concernant les menaces contre le préfet.

 

Pour le PRNC, ces questions ne peuvent plus être laissées sans réponse.

 

La lettre ouverte place ainsi le président Touadéra et son gouvernement face à une double interpellation : celle liée à la catastrophe de Zamboyé, où plus d’une centaine de personnes ont péri dans une mine d’or, et celle liée à l’affaire Bilal, qui met en cause la présence et le comportement des mercenaires russes dans la préfecture de Bamingui-Bangoran.

 

Le PRNC termine sa déclaration par une formule directe adressée aux autorités : « Trop, c’est trop. »

 

Par Éric Azoumi

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Centrafrique : La dérive autoritaire du sous-préfet Évariste Ganamo à Ndim

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Centrafrique : La dérive autoritaire du sous-préfet Évariste Ganamo à Ndim

 

Centrafrique : La dérive autoritaire du sous-préfet Évariste Ganamo à Ndim
Une vue de la localité de Ndim au Nord-ouest de la République centrafricaine. Photo Tous droits réservés.

 

 

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Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 À Ndim, les méthodes du sous-préfet Évariste Ganamo provoquent l’incompréhension des habitants après des actes d’une grande injustice.

 

Une relation de deux ans qui bascule

Selon les informations recueillies par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, une habitante de Ndim a partagé la vie du sous-préfet pendant deux ans. Leur relation était connue de tout le voisinage. Durant cette période, le sous-préfet lui offre un logement. Ce bien devait devenir sa résidence personnelle.

 

Mais le grand problème du sous-préfet, il n’a pas pu se maîtriser devant les femmes. La présence d’une fille le pousse à trembler comme une feuille de papier abandonné dans une rue. Pendant ce temps, le couple qu’il a lui-même formé à Ndim avec une citoyenne centrafricaine bascule lors de son retour d’un déplacement qu’il a effectué à Bokaranga. Le sous-préfet ramène à Ndim une nouvelle compagne. Il l’installe directement dans son domicile principal à Ndim. L’ancienne conjointe se retrouve chassée du jour au lendemain, sans explication.

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Une maison offerte, puis reprise de force

La femme cherche alors refuge dans la maison qu’elle avait reçue en cadeau de la part du sous-préfet. Ce toit devait rester la propriété de l’ex-épouse. Mais sans compter sur le voyoutisme du sous-préfet, il intervient. Il vend la maison sur la pauvre dame sans la consulter.

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Expulsée une seconde fois, la victime doit compter sur la solidarité des habitants du quartier pour trouver un abri. Aucune compensation ne lui est proposée, selon les témoignages recueillis sur place.

 

Ce que dit le droit

En droit civil, un bien attribué à titre personnel ne peut être repris par la contrainte. Sa revente forcée, alors qu’il est occupé par un tiers, s’apparente à un abus de confiance. Plusieurs habitants de Ndim y voient une gestion arbitraire, fréquente chez certains cadres affectés loin de Bangui.

 

Investis d’une autorité publique, ces fonctionnaires échappent souvent à tout contrôle judiciaire immédiat. Résultat, les victimes se retrouvent démunies face à un représentant de l’État.

 

Un sous-préfet injoignable, un rappel à l’ordre

Les tentatives pour joindre Évariste Ganamo sont restées vaines. Son bureau à Ndim est resté fermé plusieurs semaines. Ses contacts téléphoniques sont restés inaccessibles durant la même période.

 

Face à cette absence prolongée, le préfet de la Lim-Pendé publie un communiqué le lundi 20 juillet. Il enjoint le sous-préfet de regagner son poste sous peine de sanctions. Évariste Ganamo finit par réintégrer la sous-préfecture de Ndim.

Les actes d’abus de pouvoir d’Évariste Ganamo à Ndim illustrent les injustices rencontrées par les citoyens face à des représentants de l’État.

Par Fortuné Bobérang 

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Rapatriement des réfugiés centrafricains : entre relance annoncée par le HCR et suspension décidée par le gouvernement

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Rapatriement des réfugiés centrafricains : entre relance annoncée par le HCR et suspension décidée par le gouvernement

 

 

Rapatriement des réfugiés centrafricains : entre relance annoncée par le HCR et suspension décidée par le gouvernement
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Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le Cameroun et la République centrafricaine ont adopté le 15 juillet à Yaoundé de nouvelles modalités pratiques destinées à relancer le rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains. Quelques jours plus tard, le gouvernement centrafricain a décidé de maintenir la suspension de ces opérations, invoquant des préoccupations sécuritaires, administratives et sanitaires.

 

L’annonce du HCR sur le réseau social X a pu laisser croire à la signature d’un nouvel accord tripartite. En réalité, le cadre juridique reste celui conclu le 29 juin 2019 entre le Cameroun, la République centrafricaine et le HCR. La rencontre de Yaoundé visait à définir les modalités d’application de cet accord et à préparer la reprise des retours, après une suspension intervenue à la fin de l’année 2025.

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Depuis la signature de l’accord de 2019, plus de 22 000 réfugiés centrafricains sont rentrés au pays avec l’appui du HCR. Ce programme devait permettre des retours volontaires, sûrs et dignes. Dans les faits, de nombreux rapatriés ont rencontré d’importantes difficultés de réinstallation.

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Dans plusieurs localités, les personnes revenues ont dû faire face à l’absence de logements, au manque de terres cultivables, à un accès limité aux soins de santé, à l’éducation et aux moyens de subsistance. Dans certaines régions, l’insécurité demeure présente avec des attaques de groupes armés, des violences contre les civils et des déplacements de population.

 

Ces difficultés ont renforcé les hésitations d’une partie des réfugiés installés au Cameroun depuis plus de dix ans. Beaucoup suivent les témoignages de proches déjà rentrés et estiment que les conditions d’un retour durable ne sont pas encore réunies.

 

La baisse des financements humanitaires est également venue modifier la situation dans les camps de réfugiés. Les réductions de l’aide internationale, notamment à la suite de la diminution de certains financements américains, ont entraîné une baisse de l’assistance alimentaire, sanitaire et éducative dans plusieurs sites d’accueil. Face à cette situation, certaines familles envisagent un retour en République centrafricaine faute de perspectives, tandis que d’autres préfèrent rester malgré la diminution de l’aide.

 

Réuni en Conseil des ministres le 23 juillet 2026 à Bangui, le gouvernement centrafricain a choisi une autre orientation. Sur proposition de la ministre de l’Action humanitaire, de la Solidarité et de la Réconciliation nationale, il a confirmé le maintien de la suspension des opérations de rapatriement volontaire en provenance du Cameroun.

 

Selon le compte rendu du Conseil des ministres, cette décision fait suite aux conclusions de la réunion tripartite tenue à Yaoundé du 12 au 14 juillet. Les autorités évoquent des afflux massifs de candidats au retour et des incohérences relevées dans les manifestes des derniers convois.

 

Le gouvernement indique vouloir vérifier l’identité des personnes enregistrées au rapatriement, distinguer les personnes effectivement réfugiées des autres candidats au retour et prévenir tout risque de manipulation des mouvements de population sur le territoire centrafricain.

 

Le Conseil des ministres ajoute un argument sanitaire. Il évoque la menace d’importation du virus Ebola et considère que cette situation justifie le maintien temporaire de la suspension des opérations afin de renforcer les contrôles aux frontières.

 

Malgré cette décision, Bangui, Yaoundé et le HCR affirment vouloir poursuivre leur coopération. Les trois parties prévoient d’élaborer un calendrier commun et de revoir les modalités d’exécution de l’accord de 2019 avant toute reprise des convois.

La situation des réfugiés centrafricains est complexe, avec des défis liés au retour des réfugiés, aux décisions du HCR, et aux conditions de sécurité en Centrafrique.

 

Le gouvernement centrafricain a chargé une équipe interministérielle réunissant les ministères des Affaires étrangères, de l’Action humanitaire et de la Sécurité publique de proposer un nouveau dispositif de contrôle identitaire et de surveillance sanitaire. La reprise du rapatriement dépendra désormais de la mise en place de ces nouvelles mesures ainsi que de l’évaluation des conditions de sécurité et de santé publique.

 

Par Brahim Sallé 

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Centrafrique : retards de salaires, employés fantômes… la Minusca reconnaît un chaos interne à l’UNOPS et perd le contrôle

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Centrafrique : retards de salaires, employés fantômes… la Minusca reconnaît un chaos interne à l’UNOPS et perd le contrôle

Centrafrique : retards de salaires, employés fantômes… la Minusca reconnaît un chaos interne à l’UNOPS et perd le contrôle
Le Directeur de Mission de la MINUSCA.

 

 

 

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Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 Le Directeur adjoint de la Minusca, monsieur Djamaka justifie pathétiquement les retards de salaires à l’UNOPS  par la simple découverte de 400 employés fantômes . 

En effet, lors de l’assemblée générale organisée par les employés contractuels individuels et les journaliers de l’UNOPS à Bangui, le directeur adjoint de la MINUSCA a reconnu publiquement l’existence de centaines d’employés fictifs. Les contractuels individuels et travailleurs journaliers paient la note depuis un an.

 

Un aveu qui tombe mal

 

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Jeudi 20 août, l’assemblée générale des contractuels individuels et des travailleurs journaliers de la MINUSCA gérés par l’UNOPS a viré à l’affrontement. Djamaka, directeur adjoint de la mission, a pris la parole devant des dizaines d’employés à bout. Il a annoncé que l’ONU traverse une crise financière globale.

 

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Puis il a lâché le chiffre qui a mis le feu à la salle. Plus de 400 employés fantômes ont été découverts au sein de la mission. Ces postes fictifs pèsent directement sur la ligne budgétaire, selon ses propres mots. La mission accumule un déficit à cause de ce trou.

 

Djamaka n’a pas nié. Il a confirmé la découverte et a même reconnu que le dernier recrutement massif de 1000 personnes, prévu au départ pour 300 postes, comptait des proches parmi les nouveaux employés. Les employés présents ont immédiatement fait le lien entre cet aveu et leurs propres arriérés de salaire.

 

Les IC et travailleurs journaliers encaissent la facture

 

Les employés accumulent des retards de salaire depuis un an. Deux mois de paie manquent déjà à l’appel au moment de l’assemblée. Djamaka leur a demandé de continuer à travailler sans contrat, le temps que l’UNOPS transmette les états de salaire à New York.

 

Le circuit qu’il a décrit prend du temps. New York étudie les dossiers, puis renvoie les fonds vers le compte de l’UNOPS. L’UNOPS traite ensuite les versements en douze jours minimum. Les employés peuvent donc attendre deux à trois mois avant de toucher un seul mois de salaire.

 

Un détail a particulièrement choqué la salle. Les staffs nationaux et internationaux de la MINUSCA ne subissent aucun retard de paiement. Seuls les IC et les daily workers, catégories les plus précaires, absorbent les conséquences des postes fantômes. Djamaka a confirmé cette différence de traitement sans l’expliquer davantage.

 

Une employée s’effondre devant les responsables

 

La tension a atteint son point culminant pendant l’assemblée. Rita, une contractuelle individuelle employée dans un entrepôt, s’est effondrée au sol. Elle a perdu connaissance devant les autres employés et les représentants de la MINUSCA et de l’UNOPS. Les secours l’ont transportée en urgence à l’hôpital.

 

Les employés ont ensuite posé une question simple à Djamaka. Pourquoi la MINUSCA et l’UNOPS ne mènent-elles pas un contrôle base par base pour identifier et retirer les employés fantômes de la liste de paie ? Djamaka n’a apporté aucune réponse précise à cette demande.

 

Les travailleurs présents parlent d’un climat de stress croissant depuis un an. Beaucoup ignorent quand ils toucheront leur prochain salaire. La déclaration de Djamaka, loin de rassurer la salle, a renforcé la défiance envers la gestion de la mission et de l’UNOPS à Bangui.

Par Alain Nzilo

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