Médard Polisse-Bebe interpelle le dictateur Touadéra sur les morts qui s’accumulent dans son placard
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
En République centrafricaine, des hommes, des femmes et des enfants meurent chaque jour, et Médard Polisse-Bebe a décidé que le pouvoir en place ne pouvait plus faire comme si ces vies ne valaient pas une réponse.
C’est depuis Paris, le 21 février 2026, que ce cadre du Rassemblement Démocratique Centrafricain a adressé une lettre ouverte au président Faustin Archange Touadéra. Polisse-Bebe ne formule ni demande polie ni vœu pieux dans ce texte au ton acéré. Il accuse. Il nomme les faits un par un, comme on dresse un bilan devant un tribunal.
Ce qui frappe d’abord dans la lettre de Médard Polisse-Bebe, c’est la manière dont il décrit les hôpitaux centrafricains. Il accuse le régime de Touadéra d’avoir laissé ces établissements se vider de tout moyen, au point de ne plus pouvoir soigner les malades. Pour Polisse-Bebe, ces lieux sont devenus de simples salles d’attente de la mort, pendant que l’État détournait le regard.
De là, Polisse-Bebe élargit son accusation aux provinces entières abandonnées aux groupes armés. Il dénonce la présence de mercenaires étrangers qui imposent leur violence aussi bien à Bangui qu’à l’intérieur du pays. Des assassinats, des pillages, des viols commis dans une impunité qui s’étire dans le temps, sans que le président Touadéra ne daigne intervenir.
Ce silence du pouvoir, Médard Polisse-Bebe le nomme lui-même complicité. Il rappelle que chaque corbillard qui roule dans les rues de Bangui est un acte d’accusation contre le chef de l’État. Chaque famille qui enterre un proche sans que personne ne réponde de rien est, pour Polisse-Bebe, la preuve que l’État de Touadéra a trahi sa raison d’être.
À mesure que la lettre avance, Polisse-Bebe martèle le mot “j’accuse” comme on frappe un clou, encore et encore, pour que rien ne bouge. Il dit parler au nom de ceux qui meurent sans voix, au nom des mères, des enfants, des jeunes que cette crise a engloutis dans l’oubli. Pour lui, laisser ces morts devenir de simples chiffres dans un rapport abandonné serait une deuxième mort.
Polisse-Bebe s’adresse ensuite au président Touadéra en lui rappelant que l’histoire garde une mémoire longue. Il lui dit qu’il est encore possible d’agir, que rien n’est définitivement perdu, mais que chaque jour d’inaction alourdit davantage le poids de cette responsabilité. Le peuple centrafricain, écrit Polisse-Bebe, n’est pas une statistique.
Médard Polisse-Bebe conclut en affirmant que gouverner sur des cimetières, ce n’est pas gouverner. Il interpelle Touadéra publiquement en lui demandant combien de morts il faudra encore avant que des mesures réelles soient prises.
Par Brahim Sallé
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)