Centrafrique : Tensions et malaise lors des obsèques du magistrat Jean-Louis Gallo à Bangui, le ministre Arnaud Djoubaye Abaazène sème le chaos

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le 17 février 2026, collègues, proches et autorités se sont réunis sur l’esplanade de la Cour d’appel de Bangui pour rendre un dernier hommage au magistrat Jean-Louis Gallot, membre de l’Inspection des services judiciaires. Selon la tradition, cette cérémonie solennelle devait être un moment de recueillement et d’unité au sein de la grande famille judiciaire.
Mais au fil des hommages, un incident est venu troubler la solennité de l’événement, démontrant au passage un malaise plus profond au sein du corps judiciaire.
Conformément à l’article 60 de la loi portant statut de l’ordre judiciaire en République centrafricaine, le décès d’un magistrat en fonction donne lieu à des procédures protocolaires strictes destinées à honorer sa mémoire et à assurer la continuité du service public de la justice. La présence des plus hautes autorités, notamment du Chef de l’État, premier magistrat du pays, s’inscrit dans ce cadre.
Les juridictions de Bangui comme celles des provinces s’étaient mobilisées pour déposer des gerbes de fleurs en hommage à leur collègue disparu. Après le passage de la juridiction de Zémio, ce fut au tour de celle de Satema, représentée par le magistrat Herman Bindoumi.
C’est à ce moment précis que, selon plusieurs témoins, le ministre d’État en charge de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, aurait demandé au protocole d’interrompre le passage des juridictions de province pour privilégier celles de Bangui.
Un silence pesant se serait alors installé. Malgré cette intervention, la gerbe de la juridiction de Satema aurait finalement été déposée. En revanche, seize autres juridictions provinciales n’auraient pas pu accomplir le geste symbolique prévu.
Incompréhension et indignation
Cet arrêt inattendu du protocole a suscité une vive incompréhension parmi les magistrats concernés. Plusieurs d’entre eux s’interrogent sur les raisons de cette décision et déplorent le fait de n’avoir pu honorer leur collègue conformément à la tradition. Certains évoquent même la possibilité de conditionner leur participation future à des cérémonies officielles à des explications claires de la part du ministère.
Au-delà du corps judiciaire, des membres de la famille du défunt auraient également exprimé leur désarroi face à ce qu’ils considèrent comme un incident inapproprié dans un moment de deuil.
Un climat déjà tendu
Pour certains observateurs, cet épisode s’inscrirait dans un climat de tensions persistantes entre le ministre de la Justice et une partie des magistrats. Le nom de Herman Bindoumi est notamment cité dans des différends antérieurs liés à son parcours professionnel.
D’après des sources judiciaires, lors de leur formation à l’École de magistrature de Yaoundé, Herman Bindoumi et son frère Judicaël Bindoumi auraient rencontré des difficultés administratives concernant l’évaluation de leur stage à Bangui. L’établissement aurait finalement autorisé un nouveau stage, dont les résultats se seraient révélés satisfaisants.
Ces éléments alimentent aujourd’hui les spéculations sur l’origine du malaise observé lors des obsèques.
Dans un contexte où la justice centrafricaine fait face à de nombreux défis structurels : manque d’infrastructures, insuffisance de personnel et contraintes logistiques en province, cet incident vient raviver les interrogations sur la gouvernance du secteur judiciaire. Parmi ces défis, il y a de conflit d’intérêt, règlement de compte et comportement anti professionnel dont le ministre mafieux Arnaud Djoubaye Abazène est mis en cause dans plusieurs dossiers sales.
Plusieurs magistrats appellent à l’apaisement et à un dialogue interne afin de préserver l’image et la crédibilité de l’institution. Car au-delà des divergences personnelles ou administratives, c’est la cohésion du corps judiciaire et la confiance des citoyens dans l’État de droit qui sont en jeu.
En attendant, l’attitude du ministre incompétent et mafieux laisse l’empreinte d’un malaise profond au sein de la magistrature.
Par Gisèle MOLOMA
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)