30 mars 2026 : l’hypocrisie de Touadéra passe à la vitesse supérieure et tombe dans le cadre de la mythomanie

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le 30 mars 2026, dans le stade 20 000 places fraîchement rafraîchi, le nouveau dictateur de Bangui, Faustin-Archange Touadera, a prononcé, sans la moindre honte, son discours d’investiture pour entamer son troisième mandat et inaugurer symboliquement la VIIe République. D’une voix assurée, il a lancé un message clair et solennel :
« Que le message soit dès aujourd’hui clair pour tous ceux qui ont prospéré sur la faiblesse de l’État. Ceux qui troublent la paix, la tranquillité publique… ils n’auront plus de répit. Nos forces de l’ordre seront plus que jamais les piliers de la tranquillité retrouvée… Nous les traquerons partout… Nous briserons leurs sentiments d’impunité par la force de la loi. Ce ne sont pas des promesses. Ce sont des ordres. » Il a également promis une décentralisation réelle avec transfert de compétences aux collectivités locales, une réconciliation nationale fondée sur la vérité, la justice et la réparation, ainsi qu’une ère de transformation reposant sur l’unité nationale.
Des mots forts. Des engagements martiaux. Mais pour beaucoup de Centrafricains qui écoutaient ou qui ont suivi le discours, ces phrases ont sonné comme un écho amplifié des discours prononcés depuis 2016, puis en 2020. Dix ans plus tard, le ton est plus ferme, l’hypocrisie semble avoir passé à la vitesse supérieure.
D’abord, la lutte annoncée contre ceux qui « prospèrent sur la faiblesse de l’État ». Le président dénonce les pilleurs de ressources et les profiteurs. Pourtant, ces dernières années, Bangui a vu pousser de nombreux immeubles de plusieurs étages appartenant à des personnalités proches du pouvoir. Des résidences privées luxueuses de cinq étages, construites ou acquises en quelques années seulement, contrastent violemment avec la pauvreté qui touche encore plus de 65 % de la population selon les données les plus récentes de la Banque mondiale. Le pays reste largement « hors radar » pour de nombreux indicateurs de développement, tandis que la capitale affiche des signes visibles d’enrichissement rapide pour une petite couche au sommet.
Ensuite, la promesse de « tranquillité retrouvée » et de traque implacable des criminels, délinquants et hors-la-loi. Le discours présente les forces de l’ordre comme les piliers de cette nouvelle ère. Mais au moment même où le dictateur prononçait ces paroles, les mercenaires russes du groupe Wagner continuaient de semer la terreur dans plusieurs régions du pays, notamment à Tabane, un village situé à environ 20 km de Zemio, dans le Haut-Mbomou. Ils y cassent les portes des maisons une à une, frappent les habitants et terrorisent les populations civiles.
De la même manière, à Ouanda-Djallé, dans la Vakaga, des soldats des Forces armées centrafricaines (FACA), le 27 février dernier, ont tué trois adolescents et en ont blessé neuf autres, qui se trouvent actuellement à l’hôpital. Le ministre de la Défense et celui de l’administration du territoire se sont rendus sur place, ont tenu un discours ferme, fait relever ces soldats, mais à leur retour vers Bangui, ces mêmes soldats restaient bloqués à seulement 15 km de Wanda-Jali.
Alors, qui sont donc réellement les fauteurs de trouble ? Les mercenaires russes de Wagner, certains éléments des FACA, mais aussi des membres du gouvernement eux-mêmes : plusieurs ministres et hauts responsables sont d’anciens chefs de groupes rebelles ou de milices. Parmi eux, des figures comme Hassan Bouba, poursuivi par la Cour pénale spéciale pour crimes graves, mais libéré avec l’aide des mercenaires russes et des gardes présidentielle, le ministre des Transports Gontran Djono Abba, issu du RPRC, , le ministre de la Justice, le ministre du désarmement, ou encore le ministre de la Jeunesse et des Sports, chef de milice proche du régime. Le discours promet de traquer ceux qui troublent la paix et bafouent la justice, mais il serait logique de commencer par soi-même et par ses plus proches collaborateurs avant de pointer du doigt les autres.
La réalité est aussi saisissante entre les « ordres de mission » donnés solennellement et la réalité sur le terrain où la paix reste une promesse lointaine.
Le discours évoque également la réconciliation nationale « fondée sur la vérité, la justice, la réparation et la réintégration républicaine », avec confiance dans la Commission vérité-justice-réparation. Pourtant, après des décennies de violence qui ont déchiré le tissu social, beaucoup de survivants attendent encore des actes concrets. Les souffrances accumulées ne s’effacent pas par des déclarations, surtout quand le quotidien reste marqué par la précarité et le sentiment que certaines violences ne sont jamais vraiment traitées de la même manière.
Enfin, l’ambition d’une « ère de la transformation » et d’une unité nationale qui n’exclurait aucun fils ni aucune fille du pays. Le message est beau sur le papier. Mais lorsque la pauvreté augmente ou stagne à des niveaux extrêmes, que les services publics peinent à répondre aux besoins les plus basiques et que le fossé entre la vie de la majorité et celle d’une minorité privilégiée s’élargit, ces appels à l’unité sonnent creux pour ceux qui survivent plutôt qu’ils ne vivent.
Le 30 mars 2026 restera sans doute comme une journée de grand spectacle des mythomanes : stade rénové, présence de chefs d’État, embellissement visible de certains axes de Bangui. Mais pour les Centrafricains qui luttent chaque jour, le discours risque d’être retenu surtout pour son niveau d’hypocrisie élevé.
Les mêmes thèmes – traque des profiteurs, restauration de l’autorité de l’État, réconciliation – reviennent avec plus de force, comme si répéter plus fort pouvait masquer le décalage avec la réalité.
Par Alain Nzilo
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![Les mercenaires russes du groupe Wagner en débandade à Am-Dafock face à l’offensive des rebelles centrafricains Les mercenaires russes du groupe Wagner en débandade à Am-Dafock face à l'offensive des rebelles centrafricains Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , Analysant la mise au point de la MINUSCA, Fari Tahéruka Shabazz démontre comment l'organisation onusienne confirme implicitement la déroute des mercenaires russes de Wagner à Am-Dafock. Les derniers développements militaires dans la préfecture de la Vakaga, plus précisément dans la localité frontalière d'Am-Dafock, viennent démentir de manière catégorique la communication officielle de Bangui, une réalité que Fari Tahéruka Shabazz met en évidence en s'appuyant sur les données du terrain. Alors que les canaux gouvernementaux tentaient d'attribuer l'assaut à des éléments terroristes étrangers ou à des contingents venus du Soudan et du Tchad, le rapport de la mission onusienne rétablit les faits : ce sont exclusivement des groupes armés nationaux, notamment des combattants affiliés au Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique et au Mouvement démocratique pour le rassemblement du peuple centrafricain, qui ont mené cette opération d'envergure. Cette précision factuelle de l'organisation internationale détruit la rhétorique du pouvoir qui cherche continuellement à externaliser les causes de l'instabilité intérieure. La réalité du terrain montre une offensive purement centrafricaine qui a mis en déroute les forces de l'armée nationale et leurs alliés russes. Les mercenaires du groupe Wagner, présentés depuis des mois comme le bouclier infaillible du régime, ont abandonné leurs positions ou ont été incapables de contenir la poussée des insurgés, fuyant la zone des combats et laissant la population civile sans défense. Le bilan humain communiqué par les Nations Unies apporte un autre démenti aux rumeurs propagées ces dernières heures. Contrairement aux allégations faisant état de la mort d'un casque bleu zambien, la direction de la mission précise que trois soldats de la paix ont été blessés, dont un grièvement, lors d'une patrouille de protection. De plus, la MINUSCA rectifie la nature de l'incident en précisant qu'il s'agissait de tirs dirigés vers sa base opérationnelle temporaire, et non d'une prise d'assaut de ses installations par les forces de l'opposition armée. L'aspect le plus instructif de cette mise au point réside dans l'injonction faite au gouvernement centrafricain. En exigeant explicitement de Bangui qu'il déploie tous les moyens nécessaires pour garantir la protection et l'assistance humanitaire aux populations civiles d'Am-Dafock, la communauté internationale souligne le vide sécuritaire actuel. Cette demande formelle indique clairement que l'État ne contrôle plus cette localité stratégique et que la prétendue reprise de contrôle par les forces régulières et leurs partenaires bilatéraux est une contrevérité. Enfin, l'absence totale de mention des forces de Wagner dans la déclaration officielle de la mission onusienne constitue un choix politique lourd de sens. En choisissant d'ignorer la présence ou la fuite de ces combattants privés, l'organisation refuse de leur accorder la moindre légitimité juridique ou opérationnelle. Pour l'institution internationale, la sécurité régalienne incombe uniquement à l'État centrafricain, et la déroute des forces russes n'est pas un sujet de négociation ni de pitié officielle. Bangui se retrouve ainsi renvoyé à ses propres responsabilités constitutionnelles, démuni de son argumentaire habituel et privé de l'efficacité supposée de ses protecteurs privés, alors même que la situation des populations exige des mesures d'urgence immédiates. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/07/les-rebelles-qui-patrouillent-la-ville-d-amdafok-a-60km-de-birao-218x150.webp)