Le GIC réuni pour la 6ème fois, en vue d’une sortie de crise en Centrafrique
Bangui (RCA), Corbeau News Centrafrique: 11-11-2014. Le groupe international de contact sur la Centrafrique (GIC) s’est réuni pour la 6ème fois, ce mardi 11 novembre 2014, à l’hôtel Ledger à Bangui. La présidente de la transition, Mme Catherine Samba Panza a personnellement ouvert les travaux, alors qu’elle a été entourée de Basile Ikouebe, ministre congolais des Affaires étrangères et Envoyer spécial du Médiateur international, de Babakar Gaye, Représentant du Secrétaire général des Nations unies et chef de la Munisca, de Smail Chergui, commissaire à la paix et sécurité de l’Union africaine, de Adolph Nahayo, Ambassadeur de la CEEAC et de Moussa Faki, ministre tchadien des Affaires étrangères, représentant le président en exercice de la CEEAC.
D’entrée de jeu, le Commissaire à la paix et sécurité de l’Union africaine, Smail Chergui a replacé l’enjeu de cette 6ème réunion du GIC qui intervient après celle tenue à Addis-Abeba, le 7 juillet dernier : « Comme lors de nos précédentes réunions, la présente rencontre doit nous permettre de faire le point de l’évolution de la Situation en République centrafricaine. Il s’agira en particulier d’évaluer la mise en œuvre de la transition, ainsi de s’accorder sur les actions prioritaires à entreprendre dans les mois qui viennent et sur les modalités de la poursuite de l’accompagnement international. » Toutefois, il a tenu à encourager les autorités centrafricains de la transition, pour les efforts consentis en dépit de la situation plus tendue : « Les transitions ne sont jamais faciles. En République centrafricaine, elle le sera encore plus qu’ailleurs tant la crise est profonde, les capacités nationales limitées. Mais nous savons pouvoir compter sur sa détermination [de la présidente Catherine Samba Panza] et son engagement […] Alors que le Secrétaire général des Nations unies vient de mettre en place un groupe de haut niveau chargé de réfléchir sur l’avenir du maintien de la paix, je suis sûr que l’expérience de la Misca et de sa transformation en une opération Onusienne offrira un intéressant cas d’école. L’Union africaine accorde une plus grande importance à cet exercice tant il est vrai qu’il s’agit en définitive de permettre à la communauté internationale de mieux relever le défi de la sécurité collective. »
Le même message d’encouragement a été prononcé par le général Babakar Gaye à l’endoit des autorités de la transition tout en estimant qu’elles doivent multiplier les efforts pour être à la hauteur des attentes de la communauté internationale, ainsi que celles de leur peuple. « Lors que le Secrétaire général, Ban Ki Moon a soumis au Conseil de sécurité le rapport sur la base duquel le déploiement a été autorisé, il se fit le devoir de souligner avec force, qu’aux côtés des forces des Nations unies, les acteurs centrafricains et les partenaires internationaux devaient chacun, remplir leur part du contrat qui les lie pour tirer définitivement la République centrafricaine des graves difficultés qui sont celles du moment. » a-t-il déclaré avant de préciser « aux acteurs centrafricains de saisir cette main-tendue, de tenir pleinement avantage de l’attention suscitée par les souffrances inadmissible de leur peuple. Les Nations unies seraient à leurs côtés pour être à la hauteur des enjeux de l’heure et des responsabilités que la conjoncture internationale nous impose tous. »
Parlant de la Minusca, Babakar gaye a indiqué par ailleurs que « depuis son déploiement le 15 septembre, la Munisca s’emploie à poursuivre et amplifier l’action engagée par la Misca et avant elle par la Micopax avec l’appui de l’opération Sangaris et Eufor-Rca. La montée en puissance de la Minusca se fait de façon satisfaisante, tous les efforts sont faits pour que ce déploiement soit achevé dans les meilleurs délais face au défi important qui reste à surmonter. »
Quant à Adolph Nahayo, Ambassadeur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), les centrafricains doivent s’atteler à l’essentiel pour sortir leur pays du gouffre. « Concrètement, le processus de réconciliation engagé devrait prendre en compte des préoccupations politiques, sécuritaires, économiques, sociales et culturelles des forces vives de la Nation certes, mais aussi, de toutes les couches de la Nation, à travers tout le pays. » a relevé le diplomate.
Pour sa part, la présidente de la transition, Catherine Samba Panza, n’a pas sous-estimé l’ampleur de la tâche qui lui incombe, ainsi qu’aux organes de la transition. Tout en souhaitant la bienvenue à aux nombreuses personnalités ayant fait le déplacement de Bangui pour cette 6ème réunion et avant de déclaré ouverts les travaux de la réunion, Samba Panza a tenu à remercier sincèrement la communauté internationale qui n’a lâché d’un iota, la RCA dans cette période difficile qu’elle traverse. « Votre présence ici démontre, encore s’il en était besoin, la solidarité envers le peuple centrafricain en situation de crise et surtout, l’engagement ferme et soutenu de la communauté internationale à accompagner les autorités de la transition dans leurs œuvres difficiles, mais exaltantes de réussir le pari de la sortie de crise. » a-t-elle déclaré.
Cependant, à en croire la présidente, la transition était bien partie depuis la dernière réunion du GIC d’Addis-Abeba, mais elle a déraillée faute de l’irresponsabilité des signataires de l’accord de cessation des hostilités du 23 juillet dernier à Brazzaville. « Depuis la tenue de la 5ème réunion du Groupe international de contacts, le 7 juillet 2014, à Addis-Abeba, au siège de l’Union Africaine, le paysage politico-sécuritaire de la République centrafricaine a connu une certaine évolution […] La signature de cet Accord (accord de cessez-le-feu) par tous les acteurs de la crise et notamment par les mouvements politico-militaires belligérants avait représenté l’espoir de tout un peuple à revenir à une vie normal en termes de réconciliation, de vivre ensemble harmonier, de développement durable à travers la relance de l’économie en vue de l’éradication de la pauvreté qui est un déterminant de la crise […] La reprise inattendue des violences en début octobre et la violation de l’Accord de cessation des hostilités par certains signataires sont venus annihiler tous les efforts consentis. » a fait savoir Catherine Samba Panza.
Toutefois, la présidente de la transition entend mettre les bouchées doubles pour qu’avec l’appui de la communauté internationale, la RCA puisse retrouver la paix et la stabilité, bien évidement à travers l’organisation très prochaine d’un forum national à Bangui pour la réconciliation, puis l’organisation rapide des élections, en vue du retour à l’ordre constitutionnel.
Les travaux de la 6ème réunion u GIC qui se déroulent à huis-clos sont prévus pour prendre fin dans en fin de soirée.
Radio Okapi / Corbeau News Centrafrique: 11-11-2014.
Les réfugiés de la République centrafricaine (RCA) installés dans le camp de Mole (Equateur) appellent les autorités politiques de leur pays à mettre fin à l’insécurité qui y sévit depuis la chute de François Bozizé en mars 2013. Selon le président de ces réfugiés, Crépin Patrick N’gocko, les belligérants centrafricains doivent cesser de sacrifier la vie de leurs compatriotes au nom des intérêts politiques.
« Aux dirigeants centrafricains, c’est avec les larmes aux yeux que je parle. Les hommes politiques se battent et nous les innocents, on paie les pots-cassés. Voilà un camp qui regorge d’au moins 15 000 innocents dans tout ce qui se passe là-bas. Et le problème était politique et non religieux », a affirmé Crépin Patrick N’gocko.
Il s’est dit étonné que « les hommes politiques veulent se décharger et disent que le problème est entre les musulmans et les chrétiensC’est ça que nous ne voulons pas entendre».
« Et aux populations qui restent encore au pays de faire tout de manière que la paix revienne pour que cette population rentre au chez-elle», a ajouté Crépin Patrick N’gocko.
Les réfugiés centrafricains avaient protesté contre des crises internes dans leur pays qui ne leur garantissent pas une vie de sécurité. A l’heure actuelle, une accalmie s’observe à la frontière RDC-RCA, particulièrement entre Zongo et la capitale centrafricaine Bangui.
Actuellement le nombre total de réfugiés centrafricains en RDC est estimé, selon le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), à plus de 68 000, une partie à l’Equateur et une autre dans la Province Orientale.
Même si ces réfugiés ne vivent pas dans les conditions favorables, le gouvernement congolais et le HCR font ce qu’ils peuvent pour leur assurer la sécurité, a reconnu Crépin Patrick N’gocko.
«La raison qui m’a poussé à traverser, je cherchais la protection et la sécurité. Oui, j’ai la protection et la sécurité ici à travers le gouvernement congolais appuyé par les Nations unies par son agence le HCR », a-t-il soutenu.
Processus de Kimberley : incapables d’assurer la transition, les autorités veulent la levée d’embargo
Corbeau News Centrafrique (CNC): 11-11-2014.Si la République centrafricaine est condamnée à subir la sanction du processus de Kimberley auquel elle est adhérée et membre permanent, c’est parce que le gouvernement centrafricain a perdu sa crédibilité de l’existence des rébellions dans le pays. En évidence, des zones de chantiers miniers dans les régions du nord-est du pays relèvent de manque d’efficience, de sureté et de sécurité. Ce qui a donné une opportunité aux différentes formations rebelles centrafricaines d’émerger et de sévir en terrorisant les populations environnantes, et d’envisager la prise de pouvoir par les armes.
En 2002, l’ancien président déchu en2013 par un autre chef rebelle en la personne de Michel Djotodia, le général François Bozizé a constitué sa rébellion dans l’extrême-nord du pays au sud du Tchad pour mettre le cap sur Bangui afin de destituer Ange-Félix Patassé, un président démocratiquement élu. Ce dernier aurait certes fait une proposition juteuse en termes de compensation des diamants qui font partie des meilleurs diamants du monde pour pouvoir bénéficier des armements lourds des mains de ses partenaires cyniques, ennemis de la République centrafricaine, et surtout quand on sait que la rébellion de Bozizé à un moment donné voulait faire de la reculade à cause de la pénurie de ration alimentaire au sein de la meute.
Ayant le pouvoir en 2003, François Bozizé était plus affairiste avec l’ensemble de son clan qu’un homme d’Etat qui, compte tenu de sa prérogative devait s’occuper du développement du pays et du bien-être de son peuple que de courir aveuglement derrière l’enrichissement illicite dont il et la bande en est victimes aujourd’hui après avoir perdu le pouvoir.
En 2012, l’autre chef rebelle sanguinaire qui s’est emparé du pouvoir en 2013 en faisant fuir honteusement le général d’armée François Bozizé s’est bel et bien frotté les mains sur le terrain du nerf de la guerre. Les zones minières revenaient aux différents groupes rebelles dont Michel Djotodia qui n’est qu’un civil aguerri à la charge. C’est à cette époque-là que la République centrafricaine, membre du processus de Kimberley a perdu sa place au sein de l’institution puisque les diamants centrafricains ne sont exploités que par des bandits de grand chemin qui sont les chefs de guerre et vendus en Arabie Saoudite, à Qatar, au Koweït et bien d’autres pays islamique de l’Orient, principaux bailleurs de la coalition séléka de Michel Djotodia en armes pour paralyser le système démocratique et fragiliser l’économie du pays alors que le taux de croissance en 2008 était apprécié par les institutions internationales de Bretton Woods quand bien même qu’il y a eu la crise internationale qui a frappé l’Europe de plein fouet et que les pays du sud n’étaient pas du tout épargnés. Conséquences : il y a eu baisse du taux de croissance et le mondial numéro 1 d’énergie, AREVA, a fermé les chantiers d’Uranium de Bakouma. Le fruit d’exploitation d’uranium centrafricain n’a pas profité au peuple qui tire le diable par la queue et ne sait plus à quel saint se vouer. Seul François Bozizé et les siens s’en aient bourré la poche avec les 18 milliards Fcfa d’AREVA, somme déclarée officiellement par le DG de la firme à Bangui lors d’une conférence de presse. Selon certaines informations, François Bozizé et son puissant ministre d’Etat des mines à l’époque, Sylvain Ndoutingaï, auraient perçu 24 milliards de Fcfa.
Après la fuite de François Bozizé et des éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) dans la nature, les zones riches en diamant et or ne sont exploitées que par les éléments rebelles de la coalition séléka et leur chef au pouvoir Michel Djotodia durant les neuf (9) mois de règne au pouvoir. Les diamants centrafricains sont déclarés diamants de guerre et la RCA suspendue du processus de Kimberley. Beaucoup des bureaux de diamant ont mis la clé sous paillasson et les artisans miniers sont tombés dans un système esclavagiste. Les tenants du régime illégitime et illégal de transition que présidait Djotodia s’enrichissent sauvagement et c’était aussi l’occasion pour eux de rembourser progressivement les fonds crédités par les pays islamiques de l’Orient pour entretenir la rébellion jusqu’à la chute du général François Bozizé.
Le ministre d’Etat des mines de l’époque qui est le cousin de Michel Djotodia, Herbert Gontran Jonon-Ahaba, sur instruction de ce dernier, prenait des contacts avec les forces vivent de la nation et la société civile, notamment la presse nationale pour défendre leurs intérêts et celui de leur gouvernement corrompu auprès du processus de Kimberley. Des réunions se tenaient dans l’une des salles de conférence de l’hôtel Ledger Plazza. J’en ai pris part. Le secrétaire technique permanent était chargé de corrompre la presse nationale et surtout privée à travers une liste circulaire pour que les médias se passent pour le défenseur du diable. Je m’en ai opposé puisque je n’ai pas signé cette fameuse pétition. D’ailleurs je ne suis pas le seul puisque j’ai saisi la présidence de l’Union des Journalistes de Centrafrique (UJCA) et celle du GEPPIC (Groupement des Editeurs de la Presse Privée de Centrafrique). Une assemblée générale extraordinaire conjointe a été convoqué et on en a débattu. Il en ressort la non-participation des médias à ce calcul politicien pour des intérêts égoïstes et personnels des membres du gouvernement. On s’en est opposé catégoriquement puisque ce n’était pas le rôle de la presse.
Le gouvernement actuel de cette transition dirigée par Catherine Samba-Panza qui n’est pas à la hauteur de sa tâche est en train de vouloir emprunter le plus mauvais chemin pour exterminer le peuple centrafricain qui a déjà trop souffert en demandant la levée d’embargo alors que sa mission première est de sécuriser le peuple centrafricain, ramener la paix et organiser les élections pour le retour à l’ordre constitutionnel. Lever l’embargo alors que les séléka et les antibalaka ont bel et bien occupé chacun des zones minières au nord-est et au sud-ouest du pays, c’est préparer les obsèques officielles des populations centrafricaines pour qu’on ne parle plus de la République centrafricaine puisque ces groupes armés non conventionnels jusque-là non désarmés seront plus puissants et vont repartir à la conquête du pouvoir par les armes. ça serait le véritable génocide. Si Kimberley qui ne contrôle plus le marché des diamants centrafricains veut bien aider le peuple centrafricain à retrouver sa paix d’antan et la sécurité, il serait mieux de ne pas répondre aux vœux d’un gouvernement corrompu et tueur.
Colonel ( Er) Ousmane Ndoye, commandant du Bataillon Sénégalais au Zaire ( 1978 )
« Le spectre de l’assassinat de Sankara a eu raison de Compaoré »
Colonel à la retraite Ousmane Ndoye alias « Ndoye Mbao » est un vrai chef de guerre. Il avait commandé et déployé le bataillon des parachutistes sénégalais au Zaire (actuelle Rd Congo), précisément au Kolwezi en 1978. Dans sa retraite, le colonel Ousmane Ndoye qui suit de prés l’actualité africaine, nous donne son point de vue sur la situation au Burkina Faso et livre son expertise sur les Armées africaines face à la démocratie. Entretien…
Mon colonel, comment analysez vous la situation au Burkina Faso provoquant la fuite du président Blaise Compaoré ?
Ousmane Ndoye : C’était prévisible ! Au contraire, ce soulèvement populaire provoquant la chute du régime de Blaise Compaoré est venu tard. Car durant les vingt sept ans de règne du président Blaise Compaoré, le spectre de l’assassinat de Thomas Sankara a toujours hanté le peuple Burkinabe sur fond de vengeance. De même que certains soldats, sous-officiers et officiers à pour qui Thomas Sankara était un modèle, une référence et un exemple. En un seul mot, les jeunes burkinabés et autres «sans-voix» avaient fait de Thomas Sankara leur idole. D’ailleurs, c’est ce qui justifiait les nombreuses tentatives de renversement ou de vengeance contre le régime de Blaise Compaoré. Aujourd’hui, force est de constater que le peuple a réussi à le faire à la place de l’Armée. Seulement, Blaise Compaoré doit remercier le Ciel d’avoir couvert sa fuite, car si c’était un coup d’Etat militaire digne de ce nom, je voyais mal un Blaise s’en sortir indemne !
La façon dont les peuples africains se révolte contre leur régime, n’est-elle pas un signe marquant la fin des dictatures ou des règnes sans partage…
Ah oui ! Rien n’est plus comme avant en Afrique où les présidents s’accrochent longtemps au pouvoir. C’est fini ça ! Les peuples africains sont devenus murs et intelligents, ils ont un niveau d’instruction enraciné dans la démocratie. Cette prise de conscience leur permet de prendre leur propre destinée en main. Et par tous les voies et moyens, quitte à se faire écraser par des chars de combats. La Tunisie, la Libye, la Cote d’Ivoire etc. sont des exemples récents qui illustrent ces aspirations démocratiques. Vous voyez ! Les peuples ne sont plus domestiqués par la dictature ou le système d’un règne sans partage. C’est fini ça !
Mon colonel, partout dans le continent africain, les régimes sont confrontés à des rebellions et autres conflits armés au point que l’Union africaine fait recours aux armées françaises ou étrangères. Quelle Armée faut-il pour l’Afrique ?
Il y a quelques années, j’avais fait une sortie exclusive dans les colonnes du « Témoin Hebdo ». Je le répète, d’abord quand on parle d’armée, on pense aussitôt à la sécurité qui est une notion difficile à appréhender. Dans sa définition littéraire, c’est une situation où l’on n’a aucun danger à craindre, alors qu’ici, il s’agit bien d’une traduction d’un principe de la guerre développé par Clausewitz et qui concerne la liberté d’actions. Donc avec l’Armée, on a une liberté et d’agir. Donc l’Afrique doit se doter d’une armée africaine ou des armées sous-régionales. Une armée forte et dissuasive pour freiner ou empêcher toute velléité. J’ai toujours soutenu que toute composition d’une Armée africaine doit tenir compte de la nature des troupes qui doivent être socialement et culturellement adaptables au milieu, sous peine de survenance de problèmes importants sur le terrain. Fort d’une grande expérience au Shaba, j’ai vécu la réalité sur le terrain de Kolwezi. Il est maintenant certain qu’il n’est pas simple de réunir une force homogène composée de troupes d’Afrique blanche et d’Afrique noire. Mieux, à Kolwezi, la durée du séjour a été plus supportable pour les contingents ayant réussi à intégrer les populations zaïroises que pour les soldats marocains ou français ou belges. Vous voyez, les différences culturelles entre les deux communautés sont telles que l’équité et tolérance y sont difficilement réalisables. D’où, la difficulté de créer et de commander une Armée africaine qui se veut homogène et efficace. Surtout avec une Armée dont le commandement est unifié. Donc votre question avait trouvé sa réponse en 1964 lors d’un sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) où le président Kwame Nkrumah du Ghana demandait avec insistance la création d’une Armée panafricaine et d’un gouvernement supranational africain. Le président Senghor et d’autres de ses pairs lui répondaient que la création d’une Armée panafricaine était un rêve fou. Aujourd’hui, cette Armée africaine est plus que d’actualité. Car aucune Armée régulière et républicaine d’un pays africain ne peut faire face à une rébellion interne ou à un soulèvement populaire. Et tant qu’il n’y a pas une Armée africaine forte et équipée, les rebelles et les terroristes défieront toujours les régimes en place.
Propos recueillis par Pape NDIAYE
Article paru dans « Le Témoin » quotidien sénégalais ( Novembre 2014)
Réunion du Groupe International de Contact s’ouvre aujourd’hui à Bangui
Une réunion du Groupe international de contact sur la République centrafricaine s’ouvre ce mardi à Bangui. Le pays est toujours à la recherche d’une porte de sortie après un conflit qui a causé des centaines de morts.
Cette rencontre qui survient après celle organisée en juillet dernier à Addis Abeba en Ethiopie verra la participation des représentants de la communauté internationale et régionale. A cette occasion, le Directeur du bureau français de Human Right Watch interpelle les autorités de transition centrafricaines pour lutter contre l’impunité.
Pour écouter Jean-Marie Fardeau, cliquez sur l’image ci-dessous !
Coopération Centrafricano-Turque : 20 ordinateurs offerts par une agence turque à la mairie de Bangui
Bangui (RCA), Corbeau News Centrafrique (CNC): 11-11-2014.Mme Léontine Yagba Weïbona, première Vice-présidente de la Délégation spéciale de la ville de Bangui a réceptionné, le 9 novembre 2014, à la mairie de Bangui, un don de l’Agence turque de coopération et de coordination (TIKA) – don constitué de vingt ordinateurs tout équipé d’imprimante, onduleur, scanners et photocopieuse. M. Bekir Uysal, Ambassadeur de la Turquie en République centrafricaine, avec résidence en RD. Congo, accompagné de Mehmet Yazgan, Représentant de TIKA a personnellement remis le don. Ce geste n’est que l’aboutissement d’un vieux projet de la mairie de Bangui qui date de du 29 avril 2014, alors que Bekir Uysal effectuait ce jour, une visite de travail en Centrafrique. Le diplomate a rencontré la maire de Bangui, Hyacinthe Wodobodé qui lui a soumis le projet de fournitures de bureau informatiques, aux fins de la modernisation de ses services.
Dans la demande Wodobodé, il n’y avait pas que d’ordinateurs, car selon le Représentant de TIKA, Mehmet Yazgan : « il s’agit de votre sollicitation des ordinateurs avec leurs équipements, deux bennes, deux vidangeuses et la connexion Internet pour la mairie. Pour les dispositions budgétaires pour l’année 2014, la présidence de la TIKA a décidé de fournir des matériels cités dans la liste. Ces matériels seront envoyés à l’aéroport de Bangui le plus tôt possible. Nous vous souhaitons de vous occuper du dédouanement des équipements, leurs transports et les procédures d’installation pour les unités concernées. » Histoire de dire que la remise d’ordinateurs du 9 novembre dernier est la toute première phase de cette aide de la Turquie à la mairie de Bangui.
La satisfaction de la première Vice-présidente de la mairie, Mme Léontine Weïbona est bel et bien à la hauteur du geste de la coopération turque. Selon elle, « Ces dons viennent à point nommé et permettront à la mairie de Bangui de doter ses services d’outils modernes et performants pour pouvoir fournir en temps réel, les informations dont elle a besoin pour la mise en œuvre de son plan d’action communal. » a relevé la numéro 2 de la mairie de Bangui qui a témoigné de la reconnaissance de son institution vis-à-vis de la Turquie et du peuple turc.
De son côté, Bekir Uysal a tenu à souligner l’importance de la coopération centrafricano-turque, mais et surtout, le diplomate a formulé le vœu de voir les centrafricains prendre leur destin en main et de comprendre que la situation que la RCA traverse n’est pas une fatalité : « Les communautés intelligentes ont su toujours surmonter tous les problèmes avec bon sens. Je souhaite que la République centrafricaine résolve tous ses problèmes internes avec la capacité, le potentiel et la volonté dont elle dispose déjà et qu’elle émerge avec ses richesses humaines, intellectuelles, économiques et qu’elle prenne la place qu’elle mérite dans le monde moderne » a conclu le diplomate turc.
Rappelons que ces dons seront répartis entre le cabinet du maire de Bangui, le Secrétariat général de la mairie centrale, les Directions des services financiers, des ressources humaines, des affaires communales, les huit arrondissements de la capitale et le Secrétariat permanent de l’Amicale des maires de Centrafrique (AMCA).
Toutefois, d’importants chantiers ont été annoncés par l’ambassadeur, à l’image de la construction des ponts cassés qui perturbent la circulation urbaine dans la capitale.
Centrafrique: une parodie de la rentrée académique à l’Université de Bangui
Bangui (RCA), Corbeau News Centrafrique: 11-11-2014. Le “Droit à l’éducation”‘bafoué par les autorités centrafricaines, est loin d’être une réalité dans la faisabilité. Si bien que les études en République centrafricaine, plus particulièrement à l’Université de Bangui, sont dans un bourbier. D’emblée, l’avenir du pays et de ces enfants est menacé. Tout laisse croire que ceux qui sont aux commandes du pays ne s’en sont inquiétés.
Ce Droit à l’éducation reste une préoccupation pour les Étudiants centrafricains. A cet effet, le Bureau exécutif de l’Association nationale des Étudiants centrafricains (ANECA) a convoqué ce lundi, 10 novembre 2014, une Assemblée générale extraordinaire relative à la rentrée académique à l’Université de Bangui dont les conditions ne sont pas encore réunies pour la reprise des cours dans certaines Facultés.
Plusieurs points ont été au centre de discussion pendant plusieurs heures à l’université de Bangui. La rentrée universitaire, la problématique sur le système LMD ( Licence Master et Doctorat) et la grève des Enseignants du supérieur ont fait l’objet de cette Assemblée Générale extraordinaire réunissant des centaines d’étudiants. Certains étudiants ont évoqué que le système LMD ne doit être applicable dans sa totalité pour toutes les facultés. D’autres se sont appesantis sur la question de la rentrée académique de 2014-2015 qu’ils ont jugé de fiasco organisé par les autorités de transition.
“Par cette AG extraordinaire, nous voudrions attirer l’attention des Étudiants sur cette rentrée académique à l’Université entachée de quelques difficultés. Nous ne sommes pas contre la rentrée universitaire indiquée. C’est normale, parce que nous sommes en retard. Mais certaines conditions ne sont pas encore réunies afin réussir la rentrée universitaire. Et de surcroît, les Enseignants veulent déclencher une grève. Dont nous demandons au gouvernement de payer les frais de vacations aux Enseignants du supérieur afin d’éviter qu’il y ait de la rupture dans le fonctionnement des activités académiques à l’Université de Bangui. Aussi, le système LMD reste un souci pour les Étudiants. Parce que dans les années antérieures, les Étudiants ont eu beaucoup de problèmes avec ce système concernant l’admission en classe supérieure. A cet effet, nous demandons la formation des Enseignants et Étudiants sur le système. C’est le b.à-bas pour que le gouvernement puisse avoir un regard sur ces aspects avant qu’on ne puisse parler de la rentrée universitaire”, a fait savoir Kevin Yabada, Président de l’ANECA
La rentrée solennelle des activités académiques à l’Université de Bangui, précisant-le, est prévue pour le 12 novembre 2014. Or dans les cours ne sont pas encore terminés dans certaines facultés de l’Université de Bangui pendant que d’autres facultés sont dans l’attente de délibérations des examens de l’année académique 2012-2013, le cas de la Fculté des lettres et des sciences humaines.
Depuis le coup d’Etat de mars 2013, la crise centrafricaine a jeté environ 240,000 personnes sur les routes de l’exil vers le Cameroun et le Tchad. Ce n’est malheureusement pas la première fois. Lors des deux dernières décennies, de nombreux centrafricains ont trouvé refuge dans le sud tchadien pour échapper soit aux violences de la tristement célèbre garde présidentielle soit aux exactions de groupes armés et de coupeurs de routes. Les tensions intercommunautaires générées par cette crise pourraient s’exporter au sud du Tchad. En outre, l’afflux vers une région principalement agricole, de réfugiés centrafricains, en majorité musulmans, et dont certains possèdent du bétail, accroit la compétition sur les ressources naturelles et rend la cohabitation entre les habitants et les nouveaux arrivants difficile.
Thibaud Lesueur, analyste pour l’Afrique centrale à l’International Crisis Group, s’est rendu dans les camps de réfugiés au sud du Tchad pour évaluer la situation, le sort des réfugiés ainsi que l’impact de la crise centrafricaine sur la région.
Réfugiés et rapatriés
This map shows the various CAR refugee camps in southern Chad. The red line indicates the itinerary of an analyst from OCHA during a mission in September. OCHA
Selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), depuis le début de la crise en 2013, plus de 113,000 personnes– réfugiés centrafricains et retournés tchadiens vivant en RCA depuis plusieurs générations – ont cherché refuge dans la capitale tchadienne Ndjamena, ainsi que dans des camps et villages au sud du pays. Certains sont venus par camions, à bord d’avions affrétés par les autorités tchadiennes à partir de Bangui ou à pieds pour les moins chanceux. S’il existe aujourd’hui une réelle prise en charge de ces populations par les organisations humanitaires, ces dernières ont été, au début de l’année 2014, submergées par le flot de réfugiés et leurs moyens demeurent encore largement insuffisants au regard des besoins de ces populations. Selon le Bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), seuls 30 millions de dollars, sur les 127 millions prévus, ont été alloués pour les urgences liées à la crise centrafricaine au Tchad. La fermeture de la frontière par le gouvernement tchadien en mai 2014 est venue compliquer l’accès au pays pour les réfugiés ; et bien que le Tchad ait récemment annoncé l’ouverture prochaine d’un couloir humanitaire, son emplacement pose problème. En effet, il est éloigné des foyers de population centrafricaine et difficile d’accès pour les ONG.
Mes fils et ma femme ont été tués, je n’ai pas pu les sauver. Je suis sorti par le Cameroun avant de venir retrouver mon frère au Tchad.
Les situations les plus dramatiques concernent les réfugiés qui sont venus à pieds. Pendant des semaines ou parfois des mois de marche, ils ont été les cibles des embuscades des Anti-Balaka, sont arrivés affaiblis et en ordre dispersé. Parmi eux, beaucoup ont perdu des proches: « Mes fils et ma femme ont été tués, je n’ai pas pu les sauver. Je suis sorti par le Cameroun avant de venir retrouver mon frère au Tchad » (un réfugié originaire de Bouar, Goré, avril 2014). Selon un récent rapport de Médecins sans frontières (MSF) intitulé «Réfugiés centrafricains au Tchad et au Cameroun : « La valise et le cercueil » », les derniers arrivants au Cameroun et au Tchad passent la frontière dans des états de santé alarmants et beaucoup souffrent de malnutrition.
Symptôme d’une crise qui n’a épargné personne, les camps offrent un échantillon représentatif de la diversité des populations. Au sud du Tchad se mêlent ainsi des fonctionnaires, des éleveurs avec ou sans troupeaux, des agriculteurs, des commerçants ou familles de commerçants, des diamantaires, des professeurs, des étudiants et même d’anciens rebelles de la Séléka. On retrouve dans les camps de réfugiés des Peulhs Mbororo, Uda, Jaafun et Sankara, qui ont été la cible avec leurs troupeaux de miliciens anti-balaka et des commerçants arabes Missérié ou Salamat qui ont tout perdu lors des pillages. On trouve aussi, dans une moindre mesure, des agriculteurs Kaba et Gbaya qui ont fui les exactions commises par la Séléka. En outre, il est difficile de déterminer qui est tchadien et qui est centrafricain. « Les retournés tchadiens » et les réfugiés ont rarement des papiers d’identité et beaucoup déclarent être centrafricains ou ne pas avoir d’attaches au Tchad ni de familles pour les accueillir.
Sécurité et vengeance
Jusqu’à présent les problèmes de sécurité liés à ces camps ont été contenus mais des tensions émergent parfois. Les camps s’organisent et se structurent sur des bases communautaires ou même sociales. Au camp de Dosseye, les habitants de Bangui, pour la plupart d’anciens commerçants plus instruits que la moyenne, restent à l’écart. « Là-bas, ce sont des gens de Bangui, ils nous prennent de haut » (réfugié venant de Paoua, arrivé au camp de Dosseye en avril 2014).
Au sein des camps, la question de la représentation des réfugiés ravive des luttes de pouvoir anciennes en RCA. Les rivalités entre les éleveurs (majoritairement des Peulhs vivant dans la brousse) et les commerçants (majoritairement des arabes urbanisés) ont refait surface au sud du Tchad et s’expriment ouvertement: « Comme les délégués du camp sont arabes, ils nous mettent toujours de côté », confie un Peulh ; un commerçant arabe explique quant à lui « nous ne pouvons pas être représentés par des peulhs analphabètes ». Pour autant, les tensions qui se manifestent verbalement ne dégénèrent pas encore en violence.
Au sud du Tchad, la présence conjuguée d’éleveurs centrafricains et tchadiens, qui ont écourté leur transhumance en Centrafrique pour fuir le conflit, crée un phénomène de congestion. La compétition sur les ressources s’accroit et les incidents entre agriculteurs et éleveurs se multiplient. La combinaison de l’arrivée de nouveaux troupeaux et du blocage de la transhumance vers la Centrafrique pendant la saison sèche entraine ainsi une saturation des pâturages et complique la cohabitation entre populations locales et nouveaux arrivants.
« Les autorités nous bloquent », explique un réfugié de Bouca, arrivé à Sido en mars. « Ce n’est pas nous qui décidons où nous devons être ou où nous devons aller, ce sont nos troupeaux. Si on reste, nos bœufs vont mourir. En plus, les militaires veulent nous désarmer alors que nos armes nous servent pour nous défendre».». A Mbitoye, ville située sur un couloir traditionnel de transhumance et qui sert aujourd’hui de zone de transit pour de nombreux éleveurs ayant fui les conflits, un représentant des autorités locales estime impossible d’encadrer le mouvement des éleveurs : « on ne peut pas contrôler les éleveurs, peut-être que certains passeront par le Cameroun, peut-être que d’autres passeront la frontière, il sera difficile de les contenir ».
Le désir de vengeance est fort dans ces camps. Si jusqu’ici les forces armées tchadiennes ont globalement réussi à maintenir le calme au sud du pays, les incidents sont fréquents et la tension reste palpable au sein des camps. A Mbitoye, les habitants évoquent plusieurs incursions des anti-balaka du côté tchadien de la frontière pour voler du bétail au début de l’année 2014. Par ailleurs, des mouvements pendulaires de jeunes éleveurs armés réfugiés au Tchad et passant la frontière pour se venger ont été observés. Si la fermeture de la frontière en mai a considérablement réduit ces mouvements, d’autres réfugiés évoquent depuis des départs réguliers de groupes de jeunes vers la Centrafrique : « Nous voyons toutes les semaines des jeunes rejoindre la RCA pour se faire enrôler dans les groupes armés » (un étudiant, camp de Dosseye). Les camps au sud ne sont pas hermétiques aux influences extérieures et les informations qui circulent suffisent parfois à convaincre des jeunes vulnérables de s’enrôler dans les groupes armés : « Au camp, on dit qu’on peut toucher 75 000 FCFA si on rejoint la Seleka » (un réfugié, camp de Dosseye). Cette tendance est confirmée par des membres du Détachement pour la protection des réfugiés et des humanitaires qui précisent cependant que ces cas restent isolés.
Conscient de ce phénomène, le président tchadien Idriss Déby a mis en garde ceux tentés par la vengeance, durant une visite dans la région en mai. Depuis, les autorités tchadiennes ont essayé de désarmer les pasteurs et de sensibiliser les jeunes, mais la tâche est complexe. A Goré, les autorités ne font pas mystère d’une situation tendue: « A Danamadja, les jeunes sont parfois très agressifs et très revanchards, nous sommes en train de gérer une population explosive et nous n’avons pas assez de moyens pour gérer cette situation ».
Rentrer chez soi
La pluralité d’origines et d’identités sociales suscite des envies de retours contrastées. A Sido et Danamadja, certains commerçants arabes centrafricains confient avoir tout perdu et ne plus vouloir retourner en Centrafrique. Beaucoup d’entre eux ont l’intention d’ouvrir des commerces au Tchad et de s’intégrer dans le tissu économique et social tchadien : « S’il y a de la sécurité, nous réussirons à recommencer depuis le début ici. Nous irons à Sarh ou à Moundou » (un réfugié, originaire de Bangui, arrivé à Sido en février 2014).
A l’inverse, d’autres comme les Peulhs centrafricains disent ne pas vouloir rester au Tchad, ne pas y avoir d’attaches et être décidés à rentrer dès que le conflit centrafricain aura baissé d’intensité. Beaucoup d’entres eux insistent sur le fait qu’ils n’ont pas de famille au Tchad, n’ayant jamais vécu dans le pays. Au camp de Danamadja, un vieux peulh centrafricain qui a perdu tout son troupeau évoque même une possible reconversion : « j’ai des amis qui travaillent dans le diamant et d’autres dans le commerce général, je vais voir ce que je peux faire pour retravailler ». Tous mettent l’accent sur une cohabitation apaisée avec le reste de la population centrafricaine avant la crise et regrettent l’amalgame Seleka-musulmans : « on nous a pris pour des Seleka, parce que nous sommes musulmans » confie un Peulh avant d’ajouter « si la crise prend fin, on reviendra en Centrafrique et on recommencera comme avant ». Alors que certains réfugiés demeurent optimistes, d’autres réalisent qu’en raison du degré de violence en Centrafrique, la réconciliation sera certainement longue et difficile. Pour eux, c’est la perspective d’un retour qui s’éloigne.
Que se passe-t-il au ministère de la jeunesse et des sports d’Armel SAYO ?
En réponse à des négociations entamées par l’ex-ministre centrafricain anti-balakas de la Jeunesse et des Sports Léopold BARA, le Secrétaire Général de la Conférence des Ministre de la Jeunesse et des Sports de la Francophonie CONFEJES a, dans un courrier en date du 25 août dernier dont la rédaction a pu se procurer une copie, répondu favorablement en décidant d’allouer la somme d’un million six cent mille francs CFA (1.600.000 F CFA) au profit de vingt (20) jeunes talents sportifs centrafricains sur une période de quatre (4) mois en raison de 20.000 F CFA pour chacun. A l’appui, de ses démarches, Léopold BARA a fourni une liste des jeunes sportifs pouvant bénéficier de cet appui financier de la CONFEJES. Depuis le 22 août 2014 où ce dernier n’a pas été reconduit dans le gouvernement Mahamat Kamoun mais plutôt remplacé par Armel SAYO chef de la rébellion « Révolution et Justice », on ne sait plus ce qui est advenu de ce dossier et les jeunes sportifs retenus ne savent plus ce qui est advenu des formalités à accomplir pour pouvoir toucher cette allocation. Or, des fiches dûment remplies avec l’émargement des heureux lauréats devaient impérativement parvenir avant le 15 novembre 2014 au SG de la CONFEJES à Dakar comme cela est indiqué dans le courrier ci-dessus mentionné. Que se passe-t-il au ministère de la Jeunes et des Sports dont le patron est le chef rebelle Armel SAYO ?
Ci-dessous, le fac simile de la correspondance du SG de la CONFEJES et de la liste des 20 jeunes sportifs
En effet dans son récent rapport publié le 29 octobre 2014, le groupe d’Experts onusiens écrit ce qui suit, s’agissant des bandes armées qui sévissent et empoisonnent la vie aux Centrafricains dans le bref résumé de leur rapport qui compte un peu plus de 200 pages annexes compris :
« En outre, le Groupe d’experts estime que la rivalité entre les représentants politiques des groupes armés qui convoitent des postes ministériels et entre les commandants militaires qui cherchent à contrôler les ressources est à l’origine des luttes intestines entre des éléments de l’ex-Séléka et des factions anti-balaka rivales. La nomination du chef d’un groupe armé dénommé «Révolution et justice» au poste de ministre de la jeunesse et des sports dans le nouveau cabinet de transition renforce l’impression que commander un mouvement politico-militaire peut donner accès à nouveau au sein du Gouvernement et, partant, valide la stratégie des fauteurs de troubles politiques. »
Révolution et justice
100. Révolution et justice est un mouvement fondé en octobre 2013 par Armel Ningatoloum Sayo, également connu sous le nom de «Armel Bedaya» ou «commandant Sayo», capitaine des Forces armées centrafricaines et François Toussaint, également connu sous le nom de «général Ngoy»,un Belge vivant au Gabon qui est frappé par un mandat d’arrêt international pour meurtre en Belgique et accusé d’avoir formé des groupes armés maï-maï en République démocratique du Congo72.
101. Le 1ernovembre 2013, Sayo et Toussaint ont franchi la frontière entre le Cameroun et la République centrafricaine dans la région de Baiboon et établi le premier camp d’entraînement Révolution et justice aux alentours de Paoua, dans la région de Boloum. La chaîne de commandement était composée du «colonel» Waluba Espilodja, ancien officier de l’APRD et adjoint de Sayo, du «colonel» Luther Betuban, sergent dans les Forces armées centrafricaines, originaire de Bouar, et du «lieutenant-colonel» Raymond Belanga. Toussaint était chargé de l’entraînement et de la stratégie militaire.
102. D’après Toussaint, le mouvement Révolution et justice a commencé à mener des opérations militaires le 24 décembre 2013 contre des groupes peuls et les forces de la Séléka dans la région. Il comptait un millier de combattants environ, originaires d’une zone allant de Markounda (préfecture de l’Ouham) à Bang (préfecture de l’Ouham-Pendé), village frontalier du Tchad et du Cameroun. En janvier 2014, il a réussi à prendre le contrôle de plusieurs villages autour de Paoua puis à forcer la Séléka à quitter la ville, ayant obtenu au préalable l’engagement du contingent camerounais de la MISCA de ne pas intervenir. Toussaint affirme également qu’en janvier 2014, la MISCA a fourni au mouvement des caisses de munitions pour qu’il puisse se battre contre des groupes de Peuls opérant dans le sud-est de Paoua.
103. L’adjoint de Sayo, Espilodja, ancien officier de l’APRD, a quitté Révolution et justice en avril 2014 avec des centaines d’hommes avant d’être tué le 14 août 2014 lors d’affrontements avec les forces de la MISCA basées à Paoua. Selon les forces internationales, Sayo ne commandait que 60 hommes en juin 2014, basés à Gadoulou (à 15 km à l’est de Paoua), Bang et Bodjomo73.
104. Sayo et Toussaint ont déclaré au Groupe d’experts qu’ils avaient eu plusieurs entretiens avec des dirigeants tchadiens. Sayo a affirmé que le Tchad avait envoyé plusieurs émissaires pour «acheter» son soutien. Toussaint, quant à lui, a déclaré que Sayo a sollicité l’appui du Tchad et envoyé Espilodja dans le pays en janvier 2014, où il a rencontré des émissaires de la garde présidentielle tchadienne, même si aucun accord n’a semble-t-il été conclu entre les parties. Sayo a déclaré que Révolution et justice s’était battu à plusieurs reprises en avril et mai 2014 contre des unités militaires de l’Armée nationale tchadienne dans la région de Markounda (préfecture de l’Ouham) (voir aussi plus haut par. 36 à 46), avant de procéder à un retrait tactique. Cependant, d’après des témoignages recueillis sur le terrain par le Groupe d’experts, Révolution et justice a évité les affrontements et quitté Markounda la veille du jour où un groupe armé «non identifié» originaire du Tchad, décrit comme réunissant des Peuls, des Tchadiens et des éléments de la Séléka, a pris le contrôle de la ville le 1ermai 201474.
105. D’après les éléments de preuve recueillis et la déclaration qu’il a faite au Groupe d’experts, Toussaint a formé et conseillé les forces de Révolution et justice entre novembre 2013 et février 2014, devenant ainsi le premier mercenaire occidental connu dans le conflit qui sévit en République centrafricaine.
106. Toussaint a affirmé que jusqu’à 1500 recrues avaient rejoint Révolution et justice en décembre 2013. Il a assuré leur entraînement quotidien et conseillé Sayo sur les tactiques militaires et les techniques d’attaque. Il a dit avoir préparé la première attaque d’envergure lancée par Révolution et justice contre Beboura le 24décembre 2013, au cours de laquelle 45 combattants de la Séléka auraient été tués. Il a également conseillé Sayo sur la manière de prendre le contrôle de Paoua en janvier 2014 et mené les négociations avec la MISCA pour obtenir sa non-intervention. Il a précisé avoir quitté Révolution et justice à la suite d’un nouveau différend avec Sayo le 5 février 2014. Toussaint apparaît dans un enregistrement vidéo publié sur Internet le 1erjanvier 2014. Devant des centaines de combattants de Révolution et justice, Sayo le présente comme étant le général Toussaint avant de lui confier le commandement dudit groupe (voir annexe 18). Sayo a néanmoins affirmé que Toussaint n’avait jamais participé au moindre combat et avait uniquement fait office de conseiller.
107. Toussaint a été arrêté le 7 juillet 2014 à Bouar par la MISCA et transféré à Bangui où, à l’heure de la rédaction du présent rapport, il était toujours détenu en attendant son extradition vers la Belgique.
108. Armel Sayo a été nommé Ministre de la jeunesse et des sports le 22 août 2014 par le Premier Ministre de la transition, Mahamat Kamoun. Toutefois, son groupe armé est représenté par Laurent Dim-Woei Biti au sein du comité directeur chargé de surveiller l’application de l’Accord de Brazzaville (voir annexe 14).
Le Groupe international de contact (GIC) sur la République centrafricaine (RCA), qui se réunit le 11 novembre 2014, devrait appeler publiquement à mettre fin aux violences sectaires, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Le GIC, qui se réunit pour la première fois à Bangui, capitale de la RCA, devrait rappeler à tous les acteurs armés que ceux qui se sont rendus responsables de graves violations des droits humains seront tenus pour responsables de leurs actes.
« Mettre fin aux violences contre les civils en République centrafricaine devrait être la priorité numéro une du Groupe international de contact, qui se réunit pour la première fois à Bangui », a affirmé Daniel Bekele, directeur de la division Afrique de Human Rights Watch. « Il s’agit d’un moment clé pour que les responsables politiques internationaux disent clairement et fortement que ceux qui tuent, torturent et violent devront un jour faire face à la justice. Le temps de l’impunité est révolu. »
Parmi les membres du GIC figurent des représentants des Nations Unies, de l’Union africaine, de l’Union européenne, de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), des États-Unis, de la France et de la République du Congo. Sa dernière réunion a eu lieu en juillet 2014 dans la capitale de l’Éthiopie, Addis-Abeba.
La RCA traverse une crise aigüe depuis début 2013, lorsque les rebelles de la Séléka, majoritairement musulmans, ont pris le pouvoir après une campagne caractérisée par un grand nombre de massacres de civils, de maisons pillées et incendiées et d’autres crimes graves. En 2013, des groupes s’appelant eux-mêmes les anti-balaka, se sont organisés pour combattre la Séléka. Les anti-balaka ont commencé alors des représailles à grande échelle contre des civils musulmans et d’autres personnes.
Le cycle meurtrier des violences sectaires s’est aggravé dans les derniers mois dans le centre et l’est du pays, en particulier dans les préfectures de Ouaka et de Nana-Gribizi, malgré la signature d’un accord de cessez-le-feu le 23 juillet dernier à Brazzaville (République du Congo).
En septembre dernier, Human Rights Watch a documenté le meurtre d’au moins 146 personnes depuis juin dans les villes de Bambari et Bakala (préfecture d’Ouaka), Mbres (préfecture de Nana-Gribizi) et Dekoa (préfecture de Kémo), ainsi qu’aux alentours de ces villes, toutes situées dans le centre et l’est du pays. Ce chiffre ne représente toutefois qu’une fraction du nombre total de meurtres présumés, étant donné que de nombreux massacres ont eu lieu dans des zones reculées et difficiles d’accès.
Human Rights Watch appelle le GIC à faire une déclaration publique à l’issue de sa réunion, rappelant à tous les acteurs armés que la violence contre les civils doit cesser et qu’ils risquent de faire face à la justice à l’avenir, soit devant une cour nationale ou devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Suite à une demande faite par le gouvernement de transition de la RCA, la Procureure de la CPI a annoncé en septembre que son Bureau allait ouvrir une seconde enquête dans ce pays au sujet des crimes graves qui y auraient été commis depuis août 2012.
Des efforts importants sont aussi en cours pour renforcer la capacité du système judiciaire de la RCA pour traiter des crimes internationaux graves. En avril, la Présidente de transition Catherine Samba-Panza a créé par décret une Cellule spéciale d’enquête et des discussions sont en cours pour la création d’une Cour pénale spéciale.
Les membres du GIC devraient exhorter le gouvernement de transition de la RCA a coopérer pleinement avec la CPI, et a créer rapidement un mécanisme efficace, impartial et équitable au sein du système pénal pour enquêter et juger les crimes graves, a souligné Human Rights Watch.
Le GIC devrait aussi insister pour que tous les acteurs humanitaires aient accès à ceux qui sont dans le besoin en RCA, et rappeler que toute entrave volontaire à cet accès constitue une violation du droit international humanitaire.
« Le peuple centrafricain a besoin de savoir que les responsables politiques internationaux se trouvent à ses côtes dans son désir d’en finir avec les violences et de voir la justice », conclu Daniel Bekele. « Pendant sa présence à Bangui, le GIC devrait saisir cette opportunité pour rappeler directement aux divers acteurs armés leur obligation de respecter le droit international humanitaire. »
« On ne pas faire de l’animation culturelle à une population meurtrie par la guerre » : dixit Jean Pierre Adoum
Bangui (RCA), Corbeau News Centrafrique: 10-11-2014.Jean Pierre Adoum est promoteur de la culture centrafricaine, à travers son groupe de production « JPA Production » qui décide de se verser dans l’humanitaire, au regard des souffrances actuelles du peuple centrafricain. « La culture produit de l’animation, apporte de ce fait la joie à la population. Mais comment imaginez-vous produire de l’animation à une population qui croule sous le poids de la guerre ? » s’est interrogé le chef de production artistique centrafricaine Jean Pierre Adoum lors d’une conférence de presse animée le 7 novembre 2014 au Motel Catimini à Bangui. Et de répondre lui-même « Non ! » avant de poursuivre « c’est pour cela que nous avons décidé d’associer à la culture, le volet humanitaire de JPA Production, en vue d’apporter du concret à nos proches, nos sœurs et frères victimes des nombreuses violences qui ont lieu dans notre pays. »
L’initiative est partie de l’idée que « notre pays connait un regain de tensions et que nos concitoyens ont reçu des balles. La plupart d’entre eux sont devenus immobiles indépendamment de leur volonté. Ils ne peuvent pas aller à l’école, même pas vaquer à leurs occupations habituelles, etc. Donc, nous sommes venus leur porter directement secours, afin qu’ils aient un minimum de mobilité. » a relevé le patron de JPA Production. Cette vision d’assistance directe aux personnes touchées par la crise sécuritaire en RCA porté par le compatriote Jean Pierre Adoum va déboucher sur la création, en France, de l’Ong « JPA Développement humanitaire et culturel » dont le but est d’aider les personnes handicapées, surtout celles qui ont été amputées d’une partie de leurs membres, afin de leur donner une possibilité de mouvement. Ces personnes bénéficient des béquilles offertes par JPA Développement humanitaire et culturel.
Il convient de signaler d’ores et déjà que le 16 août dernier, au moins soixante personnes handicapées ont équipées de béquilles à l’archevêché de Bangui, œuvre de l’ong JPA développement humanitaire et culturel, en présence de l’Archevêque Mgr Dieudonné Nzapalainga. Cette première distribution a eu le soutien multiforme de l’Ambassade de France et de la société de téléphonie Orange-Centrafrique. Alors qu’une deuxième remise est projetée d’ici le 20 novembre prochain, toujours à l’archevêché de Bangui, suivie le 21 novembre, d’une animation culturelle au stade de l’Omnisport de Bangui avec les grands groupes artistiques (musique et théâtre) centrafricaines. Aujourd’hui ce sont au total 2800 handicapés suite à cette crise qui ont été enregistrés par l’Ong JPA.
A l’occasion de cette conférence de presse, Jean Pierre Adoum a annoncé un gigantesque projet pour les personnes handicapées de guerre, il s’agit de la construction d’une grande structure pouvant accueillir toutes ces personnes mutilées où elles pourront suivre les séances de rééducation et recevoir de l’accompagnement socioprofessionnel et sanitaire. Ce sera une première en République centrafricaine. Le centre en question prendra en compte la formation des handicapés, en vue de la réorientation de leurs carrières en fonction de la handicape qui les frappe.
En date du 03.11.2014, le Collectif « Touche pas à ma Constitution », « le Conseil National des Centrafricains » (CNC) ainsi que le groupe « Debout pour la Centrafrique » (DPLC) avaient lancé un vibrant et solennel appel aux Conseillers Nationaux (CNT) afin qu’ils prennent leur responsabilité historique dans les 48h, s’agissant de la gestion du DON angolais pour lequel se pose des questions de transparence, d’utilisation orthodoxe et d’usage conforme à l’intérêt supérieur de la Nation.
En réponse, il a été porté à notre attention que le président du CNT était absent du territoire.
Nous tenons à informer le grand public que nous, signataires de cet appel, sommes toujours dans l’attente d’une réponse. Faute de quoi, nous prendrons nos responsabilités.
Fait à Dakar et Paris 06. 11. 2014
ONT SIGNE :
Coordonateur Général Adjoint du Collectif « Touche pas à ma Constitution »
Gérard NGA BOUKANGA GONOGUELE,
Animateur du Conseil National des Centrafricains pour la Paix et l’Unité:
Jean- Pierre REDJEKRA,
Président de DEBOUT POUR LA CENTRAFRIQUE
Philippe MAKOUNDJI
Ampliations :
A son Excellence Denis Sassou Guesso, Médiateur international dans la crise centrafricaine,
A son Excellence Monsieur le Président de la République d’Angola,
A son Excellence Madame la Présidente Cheffe de l’Etat de la Transition, RCA
A son Excellence Monsieur le Président du Conseil National de Transition, RCA
A son Excellence Monsieur le Premier ministre Chef du Gouvernement de Transition, RCA
A son Excellence Monsieur l’ Ambassadeur de France en RCA,
A son Excellence Le Représentant de l’Union Européenne en RCA,
Au Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en RCA.
Ecobank-Centrafrique au chevet des enfants malades du Complexe pédiatrique de Bangui
Corbeau News Centrafrique (CNC), Bangui 09-11-2014. Le Complexe pédiatrique de Bangui, par la main de son directeur, Romain Guitizia a réceptionné, samedi 8 novembre 2014, un pactole constitué des kits de médicaments préventifs au paludisme et de mobiliers offerts par Ecobank-Centrafrique. En présence du ministre de la santé publique, Dr Marguerite Samba Maliavo, le Directeur général d’Ecobank-Centrafrique Stephan Doukouré a officiellement remis le don, au sein de ladite formation sanitaire – un geste placé sous le thème d’Ecobank day 2014 : « La prévention et le traitement du paludisme en Afrique subsaharienne ». Une visite dans les différentes salles d’hospitalisation a suivi la remise du don.
Ce sont au total 3 000 kits d’arthémétères accompagnés de serings et d’aiguilles, des micros perfuseurs… et des mobiliers, notamment des chaises, des bancs qui ont constitué le pactole remis par Stéphane Doukouré au Directeur du Complexe pédiatrique de Bangui, Romain Guitizia. Le sens de ce geste, à en croire le Directeur général d’Ecobank-Centrafrique se résume en ces propos : « Nous ne sommes pas des humanitaires, mais nous sommes humains. A ce titre, nous ne pouvons pas restés insensibles aux maux qui frappent notre continent, menaçant ainsi son développement. »
En effet, à l’instar des filiales du Groupe Ecobank de par le monde, la République centrafricaine célèbre ce 8 novembre, « Ecobank day », occasion dédiée par la banque panafricaine aux actions sociales au profit des populations des pays dans lesquels la banque est implantée.
La célébration d’Ecobank day 2014 en République centrafricaine est placée sous le signe de la lutte contre le fléau du paludisme, d’où le don en médicaments préventifs contre cette pandémie qui décime les populations de l’Afrique subsaharienne. D’ailleurs, les statistiques de l’Organisation internationale de la santé (OMS) récemment mises à jour et illustrées par le discours du ministre centrafricain de la santé font état de 207 millions de cas de paludisme enregistrés dans le monde occasionnant malheureusement quelques 627 000 décès. Entre temps, sur ce chiffre vertigineux, 90% de ces décès sont enregistrés en Afrique, alors que le paludisme est responsable de 60% de décès en République centrafricaine, beaucoup plus marqués dans la tranche d’âge de 0 à 5 ans et les femmes enceintes.
Au fait, c’est la prompte réaction d’Ecobank à ce tableau sombre du paludisme offrant des médicaments contre cette pandémie au Complexe pédiatrique de Bangui qui justifie le soulagement de Dr Samba Maliavo. « Je me réjouis que cet engagement d’Ecobank s’aligne sur le thème de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme 2014, intitulé ‘’ investir dans l’avenir, vaincre le paludisme’’ » s’est réjouie Dr Marguerite Samba Maliavo avant de remercier très sincèrement Ecobank pour le don. « votre geste n’est pas seulement matériel ; ce sont des vies qui seront sauvées et des peines de nombreuses familles soulagées. Ce geste est d’autant plus important qu’il cible nos enfants. » a-t-elle déclaré.
Le membre du gouvernement ne s’arrête pas là, Samba Maliavo engage tout le gouvernement Kamoun à mettre à profit le partenariat public/privé inauguré par Ecobank pour le bien des populations centrafricaines en général et des personnes malades en particulier : « face à cette situation, le gouvernement avec l’appui de ses partenaires se doit d’apporter une réponse conséquente, afin de soulager les nombreuses populations qui constituent de payer le lourd fardeau. »
Rappelons que le don d’Ecobank au Complexe pédiatrique de Bangui fait suite à un précédent ayant lieu à l’Université de Bangui l’année dernière, alors que Stéphane Doukouré a annoncé que l’appui au Complexe pédiatrique ne sera pas ponctuel, mais le Groupe d’Ecobank sera sollicité pour apporter de l’aide beaucoup plus consistant.
Bangui (CNC) 09-11-2014: les choses se précisent donnant signe aux éventuelles élections en République centrafricaine en 2015. À cet effet, le Président de l’Union nationale pour la Démocratie et le Progrès en abrégé UNDP, Michel Amine, a été investi ce samedi 08 novembre 2014 par son parti à Bangui. Il a été investi lors du premier congrès ordinaire de l’UNDP qui s’ouvre ce jour dans la capitale.
Cette investiture constitue sa représentativité aux prochaines élections présidentielles en Centrafrique. Dans son discours devant ses militants et sympathisants, Michel Amine a déploré les conditions dans lesquelles se trouvent ses compatriotes centrafricains durant la crise en cours dans le pays.
“Faudrait-il faire un beau discours pendant que nos frères sont en pleine souffrance? Les gens n’ont pas d’accès aux soins médicaux faute de moyens, conséquence de la crise occasionnée par nous mêmes Centrafricains. C’est le remord. L’UNDP veut faire un appel à la l’apaisement, à la tolérance, et dire à tous nos frères, à tous nos compatriotes de loin ou de près qu’ils sachent que l’avenir est plus important que le passé”, a déploré Michel Amine.
Le pari politique UNDP de Michel Amine, a été créé le 23 avril 2014 à Bangui, en République centrafricaine.
Présents sur le plateau de Washington Forum, les trois leaders religieux centrafricains ont débattu de la crise dans leur pays
En visite dans la capitale fédérale américaine,
Nicolas Guérékoyame Gbangou, Omar Kobine Layama et Dieudonné Nzapalainga sont venus aux Etats-Unis pour recevoir un prix décerné par Search For Common Ground.
Cette ONG honore chaque année des personnalités qui ont accompli de grandes choses pour résoudre les conflits et ramener la paix. Ce prix a déjà été décerné à des personnalités comme Desmond Tutu ou l’ancien président américain Jimmy Carter.
Selon les derniers chiffres du Haut-Commissariat pour les réfugiés, près de 410 000 personnes sont des déplacées internes en République centrafricaine, y compris plus de 60 000 d’entre elles se trouvant dans 34 sites à Bangui. Environ 420 000 réfugiés centrafricains ont fui vers les pays voisins.
Un chiffre en baisse mais qui reste préoccupant et ce malgré le déploiement de la Misca en septembre dernier. Amnesty International estime que cette mission “n’a pas encore pu arrêter ni prévenir la plupart de ces violations des droits de l’homme”.
Pour Mgr Nzapalainga, l’insécurité reste la préoccupation majeure des Centrafricains, y compris à Bangui où il apparait bien aventureux de se promener la nuit. Cette semaine, la mission européenne en Centrafrique a prolongé son mandat jusqu’en mars 2015.
Le rapport final du groupe d’experts de l’ONU est sans équivoque : anti-balaka et Seleka restent maîtres de l’intérieur du pays et de ses ressources, même si ces deux groupes se divisent de plus en plus en factions. L’ONU estime que l’ouest du pays est sous contrôle des groupes anti-balaka, notamment les principaux axes et également les principales villes. A l’est et au nord, il y a plusieurs factions Seleka qui exercent un contrôle direct sur les principales villes et également leur influence sur les axes et les régions rurales.
Pour autant, les Centrafricains musulmans ont commencé à rentrer au pays, selon l’imam Layama.
Sur la gestion de Catherine Samba-Panza, les trois leaders reconnaissent les faiblesses de la présidente de la transition, fragilisée par les accusations de détournement du don angolais. Les élections n’auront pas lieu en février 2015 n’auront pas lieu.
Retrouvez l’intégralité de cette émission, jeudi, 19h TU dans Washington Forum
La VOA retransmettra aussi en webcast la conférence que les trois hommes donneront lundi de 19h à 20h30 TU au Centre américain pour la Paix
Composée dans sa quasi-totalité de pays producteurs de pétrole, à l’exception d’un seul, la République centrafricaine (RCA), la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) est un espace communautaire doté d’un excès de liquidités qui, aux yeux du Fonds monétaire international (FMI), représente un frein à l’efficacité de la politique monétaire.
“L’excès de liquidités devrait être réduit pour renforcer les canaux de transmission de la politique monétaire”, a préconisé une mission des services centraux à Washington du FMI pour la CEMAC et le Cameroun, conduite par Mario de Zamaroczy et qui a présenté vendredi au siège de la Banque des Etats de l’Afrique centrale ( BEAC) à Yaoundé le 2e rapport annuel sur les Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne.
Riche en ressources naturelles dont les hydrocarbures, la CEMAC se compose du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la RCA et du Tchad. C’est une zone où les banques commerciales et les établissements de microfinance sont réputés surliquides, alors que l’activité économique peine à être stimulée par le financement.
Depuis 2013, la banque centrale annonce une réforme des institutions monétaires illustrée par une baisse du taux de crédit et visant, selon le gouverneur Lucas Abaga Nchama, à mieux soutenir cette activité économique.
Le FMI pour sa part juge “insuffisants” le développement de l’ intermédiation financière au service du développement et de la traction de la politique monétaire pour soutenir la viabilité des finances publiques, et recommande en conséquence de “réformer le cadre régional de surveillance budgétaire actuel pour assurer la viabilité à long terme des pays riches en pétrole de la CEMAC”. Il insiste pour mettre en oeuvre une application plus stricte des normes prudentielles et d’accélérer la restructuration des banques non viables, car, “les banques ne prêtent pas assez parce qu’elles n’ont pas un système de garantie suffisamment bon pour octroyer des crédits”. La mission Zamaroczy estime toutefois que “les perspectives de croissance régionales à court terme devraient rester solides, mais de nouveaux risques baissiers sont importants apparus”, ayant trait à la baisse importante et prolongée des prix des matières premières dont le pétrole, les menaces sécuritaires et le risque de propagation de l’épidémie à fièvre Ebola qui sévit en Afrique de l’Ouest. F
Neuf millions d’euros pour la modernisation de l’aéroport de Bangui
L’Agence française de développement (AFD) et la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC) ont octroyé à la Centrafrique deux subventions de plus neuf millions d’euros destinées au projet d’extension, de modernisation et de mise aux normes IATA et OACI de l’aéroport international Bangui Mpoko.
La signature de deux conventions a au lieu vendredi à Bangui entre le ministre des Transports, Arnaud Djoubaye Abazene , et le directeur général de l’Agence pour l’exécution des travaux d’intérêts publics en Centrafrique (AGETIP-CAF), Marcel Nganassem.
La cérémonie a eu lieu en présence, notamment, de l’ambassadeur de France, Charles Malinas, et du représentant de l’Agence française de développement(AFD), Julien Boglietto .
De cinq millions d’euros dont deux millions destinés au projet des travaux à haute intensité de main d’œuvre (THIMO) IV, la subvention de l’AFD est complétée par celle de la Banque de développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDECA) estimée à trois milliards de FCFA.
Les deux subventions permettront de passer à la phase de mise en œuvre effective du projet de sécurisation de l’aéroport à travers la clôture de périmètre de l’aéroport international Bangui Mpoko.
Ce projet concerne, entre autres, la réhabilitation du balisage lumineux des chaussées aéronautiques, le dispositif d’approche lumineux, la construction de la centrale électrique et la clôture. Les études d’impact environnemental et social démarreront dans les prochains jours et les travaux de clôture de l’aéroport débuteront au début de l’année 2015.
‘’La signature des présentes conventions témoigne l’engagement de l’AFD et de la BDEAC à soutenir la feuille de route du gouvernement et du gouvernement d’urgence pour le relèvement durable (PURD), dont l’un des piliers est la poursuite des réformes économiques et la promotion d’une croissance durable”, a affimé le ministre centrafricain des Transports Arnaud Djoubaye Abazene.
Il a par ailleurs lancé un appel aux déplacés internes du site de camp Mpoko, leur demandant de regagner les nouveaux sites préparés par le gouvernement.
L’ambassadeur de France en Centrafrique, Charles Malinas, a pour sa part mis en relief l’importance de l’aéroport de Bangui. ‘’C’est la respiration du pays. C’est la possibilité, malgré les crises, les grandes difficultés qu’elle traverse, pour la Centrafrique de rester ouverte sur le monde”, a-t-il dit.
L’aéroport Bangui Mpoko a été mis en service en 1967.
SASSOU NGUESSO soutient des bras-cassés en Centrafrique
Corbeau News Centrafrique (CNC): 08-11-2014, 19h52. S’il y a un dicton qu’il faut utiliser pour les dictateurs africains, c’est bel et bien celui-ci : le bossu ne voit pas sa bosse. Je demanderai aux démocrates d’employer ce vieux dicton pour qualifier ces dictateurs qui se passent pour des présidents à vie à la tête des nations en voie de développement où les populations vivent sous le seuil de la pauvreté. Je le précise pour l’Afrique et pour d’autres continents de la planète. Ils sont nombreux en Afrique, ces dieux antidémocrates rusés. Notamment le président congolais Denis Sassou Nguesso et ses pairs venus au pouvoir par les armes comme lui pour la plupart et qui sont manifestés par une ambition anticonstitutionnelle pour skotcher leurs fesses au fauteuil présidentiel. L’un d’entre eux vient d’être balayé par une insurrection populaire au pays des hommes intègres en la personne de Blaise Compaoré, l’assassin de Thomas SANKARA. Pourtant, ce dernier se faisait parler de lui sur le plan international dans la résolution de la crise malienne comme s’il était un médiateur exemplaire qui respectait les règles de l’art dans son propre pays. Difficilement, il faut le souligner, les solutions pour mettre fin à cette crise malienne tardent à venir. Le dossier malien est aujourd’hui abandonné par cet autre bossu ex-homologue du congolais Sassou Nguesso qui, aveuglement ne voyait non plus sa bosse montagneuse jusqu’à perte de son pouvoir par ce coup de balai citoyen burkinabé. Pourtant, il a reçu des mises en garde et conseils allant dans le sens de renoncer à ses calculs machiavéliques. Puisque c’est écrit, Compaoré a perdu le pouvoir par une insurrection populaire. Et je crois, ça serait ainsi que le président congolais, désigné pour arbitrer la crise centrafricaine, pour ses velléités de modification de la constitution congolaise va aussi perdre le pouvoir.
En effet, depuis que Denis Sassou Nguesso succède à Idriss Deby Itno du Tchad un autre dictateur du continent en sa qualité de médiateur de la crise centrafricaine, on va de mal en pis. Les centrafricains meurent tous les jours : ils ne peuvent plus faire confiance à la gestion d’un tel médiateur qui malheureusement aux yeux du monde cautionne la mal gouvernance à travers les détournements des deniers publics, la corruption des institutions de la transition dirigées par Catherine Samba-Panza, Alexandre Ferdinand Nguendet et Mahamat Kamoun. Un trio des véritables bras-cassés qui ont pour priorité première la mangeocratie et la médiocrité qui caractérisent ces premières instances de l’Etat centrafricain qui n’existe aujourd’hui que de nom, à savoir ; la présidence de la République, le Conseil National de Transition et la Primature.
Le détournement d’une partie du don angolais (10 milliards de fcfa) par ces trois larrons dont a fait mention le confrère de Jeune Afrique et relayer par la presse nationale centrafricaine a défrayé la chronique. Certes, le président du Conseil National de la Transition, Alexandre Ferdinand Nguendet ne faisait pas partie des décideurs des dépenses hors comptabilité du trésor public de ce don angolais mais du moment où ce dernier, après avoir interpellé le chef du gouvernement, Mahamat Kamoun qui n’a pas pu justifier les dépenses en question pour convaincre les représentants du peuple au parlement de transition et qui délibérément suspens la commission d’enquête parlementaire y relative, alors que les résultats sont attendus par l’opinion nationale et internationale, il va sans dire que le président du CNT est co-auteur de ce détournement du don angolais offert par le président angolais, José Edouardo dos Santos au peuple centrafricain pour accompagner le processus de la transition. D’ailleurs, selon certaines informations qui ont défrayé la chronique, l’institution que dirige Alexandre Ferdinand Nguendet est souvent critiquée pour sa cupidité liée à la corruption et détournements d’autres fonds alloués par des pays amis de la Centrafrique tels que le Soudan d’Omar El Béchir et le Congo de Denis Sassou Nguesso lui-même.
Selon les informations qui tétanisent les oreilles, le médiateur de la crise centrafricaine qui ne voit pas sa bosse montagneuse aurait donné des instructions à l’autre bras-cassé le président du CNT pour suspendre l’enquête relative au détournement du fonds angolais octroyé aux centrafricains représentés par son gouvernement de transition qui joue le rôle de l’exécutif. Malheureusement, le peuple centrafricain meurtri n’a pas, jusque-là, vu les couleurs de cette coquette somme d’argent et les fonctionnaires et agents de l’Etat, ainsi que les pensionnaires de l’Etat qui broient du noir continuent de revendiquer les arriérés de quatre mois au gouvernement de la transition. La boîte de pandore est secouée puisque les enseignants de l’enseignement supérieur menacent d’entrer en grève en ce début de l’année scolaire 2014-2015. Dans la parution de Jeune Afrique en question, il a été relevé que c’est la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza, après son tête-à-tête avec le président dos Santos, a attrapé personnellement la mallette de cette manne tombée du ciel depuis Luanda pour Bangui. Elle aurait dû dépêcher son ministre des finances pour faire la décharge et rentrer faire le versement sur le compte du trésor public. Quand le bossu ne voit pas sa bosse, les règles de l’art sont bel et bien bafouées. Ainsi, la médiocrité, l’amateurisme, le népotisme et le clanisme, tout ce wagon de la mauvaise gouvernance fait son petit bonhomme de chemin aux pays des hommes non intègres où la dignité inscrite par Barthélémy BOGANDA dans la devise nationale est effacée par les Hommes de mauvaise foi. Le centrafricain n’est plus respecté à cause de cette barbarie d’Etat instaurée.
Le président Sassou Nguesso qui ne voit pas sa bosse gère très mal son pays le Congo Brazza. A preuve, après plusieurs nombres d’années au pouvoir suite à un coup d’Etat militaire comme son ex-homologue Blaise Compaoré en exil en Côte d’Ivoire, ce dernier envisage la modification ou la révision de la constitution congolaise sous prétexte de briguer un ènième mandat. Ce qui est contesté par l’opposition congolaise et la société civile traquées par les forces de l’ordre sur instruction du chef de l’Etat bien entendu. Controversé, le dictateur congolais Sassou Nguesso devenu le gouverneur de la Centrafrique est très mal vu dans sa position rigide contradictoire aux principes et règles de la démocratie et de la bonne gouvernance prônées par l’Organisation des Nations Unies (ONU). S’opposer pour qu’il y ait la lumière sur une partie du don angolais qui a pris une destination inconnue du public centrafricain, cela explique incontestablement que le Congo Brazza voisin direct à la république centrafricaine est un pays où il n’existe quasiment pas la justice. Donc, pas de bonne gouvernance. L’injustice sociale est imposée par une dictature autocratique au sommet de l’Etat congolais. Comment comprendre que les médias congolais ont été muselés pour diffuser les derniers événements relatifs à l’insurrection populaire du Burkina Faso. Il en est suivi l’arrestation d’un opposant congolais et ses militants à son domicile alors qu’ils étaient en phase de préparation d’une marche pacifique contre le projet de la modification de la constitution. Ceci témoigne bel et bien que la démocratie n’existe que de nom au Congo Brazza.
Compte tenu de ce lac de la démocrature anachronique qui constitue une barrière honteuse et pollue l’environnement civil africain, le président congolais et ses homologues autocrates africains méritent un isolement international et un coup de balai généralisé du printemps sub-saharien dont le top est donné à partir du pays des hommes intègres. Ils sont nombreux ces tyrans sur le continent africain qui freinent le processus vers les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et l’endiguement de la pauvreté. En les laissant jouir de leur richesse illicite, illégale et leur donnant l’opportunité pour concrétiser leurs velléités de modification de nos constitutions africaines afin de briguer de trop un autre mandat présidentiel, l’Afrique n’obtiendra jamais ses objectifs recherchés en matière du développement et de la croissance socioéconomique pour le bien-être de ses populations qui, démographiquement, accroissent plus vite que la faible vitesse de la croissance macroéconomique instaurée par ses dictateurs qui ont des visées monarchiques.
Inauguration de la mairie du 8ème, réhabilitée par Sangaris
Bangui (CNC): 08-11-2014, 20h44. Mise à sac lors des derniers événements survenus en RCA, la mairie du 8ème arrondissement de Bangui a vu son local entièrement réhabilité par la mission française de l’opération Sangaris. L’inauguration a eu lieu ce vendredi 7 novembre 2014 au sein même de la mairie, en présence du maire du 8ème, Mme Elisabeth Dekaïe et du colonel Nicolas Kotchine de Sangaris. M. Augustin Yangana, Directeur de cabinet au ministère de l’Administration du territoire et Mme Léontine Weibona, Vice-présidente de la mairie centrale de Bangui ont rehaussé de leur présence la cérémonie.
« C’est un projet qui n’est pas celui de Sangaris ; mais qui est bien celui des gens du 8ème arrondissement grâce au soutien inconditionnel de Madame le Maire. Ce projet permet de remettre en marche l’administration locale qui est essentielle pour ce quartier de Bangui. » C’est en ces quelques mots forts de sens que le Colonel Nicolas Kotchine a souligné l’importance du projet de réhabilitation de la mairie de 8ème arrondissement de Bangui. En compliment, il ajoute « Cette mairie est un lieu d’échanges, un lieu de cohésion sociale, un lieu de la citoyenneté. Ce lieu appartient à tous les administrés et il a été réhabilité au profit de tous. »
Quant au maire du 8ème arrondissement, Mme Elisabeth Dékaïe, elle n’a pas minimisé l’apport de Sangaris qui a entièrement prise en charge la réhabilitation du local de son administration, d’où son remerciement en ces termes : « avant de procéder à l’inauguration de ce joyau qui était tant en souffrance, je voudrais témoigner ma profonde gratitude à la force Sangaris qui n’a ménagé aucun effort pour accepter sans condition à répondre à nos doléances, celles de nous pouvoir réhabiliter les locaux de la mairie du 8ème arrondissement. J’avoue que c’est dans le malheur qu’on reconnait les vrais amis, d’où toute notre reconnaissance à l’égard de cette force française. »
Visiblement très remontée vis-à-vis de ses administrés, Mme Dékaïe tient à mettre la puce à l’oreille des habitants du 8ème arrondissement pointés directement du doigt d’avoir pillé eux-mêmes leur mairie. « Me tournant vers vous, jeunesse et habitants du 8ème arrondissement, vous avez désormais une mairie digne du nom d’un hôtel de ville. Elle est le patrimoine de notre arrondissement. Elle vous appartient. Veillez à ce bâtiment comme vos propres yeux, vos propres biens. Apportez protection à ce local et un soutien nécessaire aux gardes municipaux pour le préserver des pillages et autres actes de vandalisme néfastes à l’épanouissement de notre local. » a martelé le maire du 8ème.
Notons que les travaux de la réhabilitation de la mairie du 8ème arrondissement a porté sur la réfection des portes et fenêtres, la peinture, la toiture, les toilettes. Il s’agit d’une mairie cette fois entièrement clôturée qui a été remise par Sangaris aux autorités locales du 8ème.
Rappelons également que la mairie du 2ème, la maison des jeunes de Bimbo ont été réhabilités par la même Sangaris à travers le volet social de son intervention, sans oublier quelques réalisations du genre dans les villes de province au profit de la population centrafricaine.
Sept-cents-cinquante candidats, toutes séries confondues, ont entamé samedi matin à Bangui les concours d’entrée au Lycée Technique Sambonga et au Collège Technique de Bangui.
Ainsi, 462 candidats sont inscrits pour la seconde AB, 104 pour les sciences et techniques industrielles et les 184 autres cherchent à rentrer au collège.
En donnant le coup d’envoi, le proviseur dudit lycée, Martin Pounewaka, a exhorté les uns et les autres à compter sur eux-mêmes avant de s’étonner du désintérêt des candidats pour les filières techniques.
‘’Et pourtant, a-t-il relevé, ce sont des filières porteuses. Ce sont des filières qui donnent l’espoir à l’emploi ou à ceux qui sont en quête d’emploi.
Malheureusement certains parentes et candidats n’ont perçu le bien-fondé de la création de ces filières”.
Illustrant ses propos, il a déploré le fait qu’on ait en menuiserie un seul candidat, en maçonnerie 7, en électricité 36 et en employés de service administratif et commerciaux 2 candidats.
Selon le calendrier préétabli, la date du 6 novembre était réservée à la clôture des dépôts de candidatures, le 8 novembre à la composition des épreuves écrites et la proclamation des résultats le 12 novembre prochain.
Troisième convoi de relocalisation d’ex-combattants
Du 24 au 27 octobre 2014, le troisième convoi de relocalisation d’ex-combattants de Bangui vers la province a été escorté par la Minusca. Plus de 300 ex-combattants et leurs familles ont pu rejoindre leur localité d’origine en toute sécurité.
Cantonnés au camp RDOT de Bangui, ces ex-combattants ont fait le choix d’accepter les mesures de confiance, en déposant leurs armes. Mis en place par la l’organisation internationale pour l’immigration (OIM), et intégralement escorté par la mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA), ce convoi est parti de Bangui le 24 octobre. Les quelques 590 kms qui séparent Bangui de Bria, dernier point d’arrêt, ont été parcourus en quatre jours.
La MINUSCA a accueilli le convoi sur ses emprises au cours des étapes journalières afin d’en assurer sa sécurité. La force Sangarisa appuyé la MINUSCA en surveillant les itinéraires empruntés par le convoi et a renforcé le dispositif de sécurité autour des zones de transit. La force a également mis en place un dispositif d’alerte pour intervenir rapidement en cas de besoin.
Ce troisième convoi s’inscrit dans la dynamique vertueuse initiée par les deux premiers et permet à ces ex-combattants, tous volontaires, de retrouver leur village, de s’y réinsérer et de reprendre une vie normale.
Environ 2 000 militaires français sont actuellement déployés dans l’opération Sangaris, aux côtés des 6 700 hommes de la MINUSCA. Lancée le 5 décembre 2013 par le président de la République, l’opération Sangaris vise à rétablir un niveau de sécurité minimal en République centrafricaine et à accompagner la montée en puissance progressive de la mission de l’ONU.
Le Général Sainte-Claire Deville, commandant les forces terrestres, a présidé ce matin la cérémonie de retour de Centrafrique de quelque 160 Diables rouges qui ont participé, durant six mois (d’avril à septembre), à la mission Eufor-RCA. Sept d’entre eux ont été décorés.
Les fantassins du 15-2 avaient en effet intégré le bataillon de la force européenne en Centrafrique composé de 400 soldats dont 150 Diables Rouges. Dans un premeir temps, les Colmariens ont assuré la sécurité de l’aéroport puis, dès juin, avec le lancement officiel d’Eufor-RCA, ils ont eu pour mission de sécuriser les 3e et 5e arrondissements de Bangui. Mission particulièrement difficile puisque les militaires français ont été «confrontés à des extrémistes violents», selon les termes du général. D’ailleurs, au total, 19 soldats du régiment colmarien ont été blessés, quelquefois sérieusement. Ce matin, sept Diables ont été décorés (croix de la valeur militaire) pour leur engagement en Centrafrique et d’autres le seront le 11 Novembre, au Hartmannswillerkopf.
Les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) doivent “se préparer à des difficultés” dans leurs budgets nationaux suite à la “chute importante et prolongée des prix du pétrole”, a prévenu vendredi au siège de la Banque des Etats de l’Afrique centrale ( BEAC) à Yaoundé, une équipe du Fonds monétaire internationale (FMI) . “Il faut se préparer à des difficultés, notamment vers la chute du prix du pétrole. Donc, il faut que les finances publiques soient raisonnables. C’est un vrai défi pour les ministres des Finances de voir comment répondre à tous les besoins qui sont importants, tout en sachant que les revenus vont être moins importants que prévu”, a souligné à Xinhua la représentante- résidente du FMI au Cameroun, Boriana Yontcheva.
La CEMAC est un espace communautaire composé de six pays : le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine (RCA) et le Tchad. A l’exception de la RCA, confrontée à une longue crise politico-militaire depuis presque deux ans, c’est une région qui la particularité d’être productrice de pétrole.
Pour l’année qui s’achève, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) a publié fin octobre des perspectives économiques portant sur une révision à la baisse de 6,1 à 5,6% de la croissance du produit intérieur brut (PIB) et qui minimisait l’ impact de la chute des cours mondiaux de l’or noir sur les économies de la région.
Cette performance est proche de la moyenne de l’Afrique subsaharienne qui, selon le FMI, est estimée à 5,8%, ce qui fait de celle-ci la deuxième région la plus dynamique après l’Asie du Sud-est.
Mais lors de la présentation vendredi du 2e rapport annuel sur les “Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne et la CEMAC”, Mario de Zamaroczy, chef de mission depuis 2010 du FMI pour la CEMAC et le Cameroun en service au siège de l’institution financière à Washington, a à son tour insisté pour dire que la région subit “un impact immédiat” de la baise des prix du pétrole, “puisque les exportations sont souvent vendues sur le marché “spot “, c’est-à-dire au prix courant”.
“La région de la CEMAC, a-t-il aussi expliqué à Xinhua, est une région productrice de pétrole. Une part importante des recettes du budget provient du secteur pétrolier. Lorsque les prix internationaux chutent, automatiquement les recettes vont diminuer et donc il va falloir tenir en compte dans les prochains budgets avec moins de recettes.”
“Les barils qui sont exportés à compter de maintenant ramèneront moins de recettes que les barils qui étaient exportés il y a six mois.Et puis nous pensons que ces prix resteront à ce niveau-là au moins pour les deux prochaines années. Donc, il faut s’adapter au niveau des budgets, puisqu’il y aura moins de recettes. Il faut se poser la question comment on va équilibrer les budgets”, a ajouté l’économiste.
Le FMI estime toutefois que les perspectives de croissance de cette région africaine à court terme devraient rester solides, à condition que, en dehors de la conjoncture liée à l’évolution des cours du pétrole, le climat sécuritaire soit globalement maintenu sous contrôle et que la région continue d’être épargnée par l’ épidémie à fièvre Ebola qui fait des ravages en Afrique de l’Ouest. F
Relatif aux réunions organisées à Kaga Bandoro visant à perpétuer la division entre communautés en utilisant le chagrin et la souffrance des musulmans en vue de peser sur le forum de Bangui
L’ Ex-Coalition Séléka SIGNATAIRE de l’Accord de cessation des hostilités de Brazzaville a suivi de bout en bout les réunions de certaines de ses tendances tenues à Kaga Bandoro le 02 novembre 2014, et qui ont abouti à la mise en place de deux structures, politique et militaire, sans surprise en accord avec les velléités non seulement sécessionnistes mais aussi et surtout divisionnistes sur fond d’un tribalisme dangereux et écœurant.
L’ Ex-Coalition Séléka, en tant que mouvement patriote, solidement attachée aux principes républicains de l’unité, de l’indivisibilité et de la laïcité de notre pays, ne saura cautionner des comportements et méthodes consistant à déstabiliser indéfiniment la République et à maintenir le peuple dans la souffrance. Elle condamne et rejette en bloc les conclusions irraisonnables et irréalistes de ces assises. Elle demande au Gouvernement centrafricain et à la Communauté internationale d’en faire autant pour ne pas que la voix du désordre et de la partition porte sur celle de la réconciliation et de la paix, car la partition ne doit pas servir de monnaie politique. Le cas du Soudan du Sud doit demeurer une interpellation continuelle.
L’ Ex-Coalition Séléka précise qu’après la sombre période de cendres et de sang que le pays a connu, toute démarche qui s’inscrirait en dehors du cadre de l’Accord de cessation des hostilités de Brazzaville du 23 juillet 2014 n’est que ruine, péril et suicide pour le pays. Car la solution aux revendications légitimes qu’elles puissent paraître n’est plus militaire mais plutôt politique. Elle considère donc que la priorité des priorités est et demeure LA SECURITE. Ainsi, loin d’être la partition ou la réorganisation militaire des groupes armés, la solution de la crise est plutôt politique, économique et rien d’autres. C’est pourquoi :
Sur le plan sécuritaire :
La sécurité constitue la condition essentielle sans laquelle il ne saurait y avoir ni normalisation ni développement durable. De ce fait, trois urgences s’imposent à savoir le déploiement des Forces internationales sur toute l’étendue du Territoire national, le lancement du programme DDR et la poursuite de la RSS dans la refonte systématique des Forces de Défense et de Sécurité afin de les rendre plus représentatives des différentes communautés et régions de la République Centrafricaine. Puisque la RSS vise à restaurer la confiance, à permettre l’instauration d’un climat favorable à la reconstruction et au développement économique, elle aura ainsi pour vocation de répondre à l’éventail des besoins de sécurité de l’Etat et des populations civiles dans le respect de l’État de droit, de la démocratie et des droits de l’Homme, grâce à la promotion d’une gouvernance responsable, transparente et efficace.
Sur le plan politique :
Seul le forum national du dialogue inter-centrafricain sera l’occasion de donner des orientations à la nouvelle Constitution pour la prise en compte du recadrage consolidé et du rééquilibrage géopolitique du pouvoir et des intérêts communautaires et régionaux à l’image de certains pays africains comme le Burundi, le Sénégal, le Tchad ou le Cameroun etc. Ainsi seulement, nous aurons résolu les problèmes de partage du pouvoir que nous avons loupé en n’appliquant pas l’Accord de N’djamena du 10 janvier 2014 qui aurait pu nous éviter toutes les complications résultantes de la démission de Michel Djotodia.
Sur le plan économique :
Des programmes à la hauteur des urgences doivent être mis en place pour ces populations déplacées ou réfugiées afin de favoriser leur réinsertion dans la vie socio- économique. Le déploiement de la MINUSCA va engendrer des retombées socioéconomiques, d’où l’obligation d’aider les commerçants et opérateurs économiques nationaux à accéder à ce marché fructueux. Il est surtout question d’aider à la recherche de financements pour des projets et micro-projets dans des domaines très divers.
L’ Ex-Coalition Séléka, au regard de ce qui précède, pense qu’il importe aux différents acteurs de la crise de s’inscrire sans condition dans la logique de franche collaboration avec les Autorités de la Transition ainsi que la Communauté internationale pour créer des conditions favorables au retour, à la réinstallation et à l’aide aux déplacés et réfugiés meurtris dans un pays déstructuré par la sottise et l’immaturité politique de certains individus égoïstes, manipulateurs et experts en double langage pensant pouvoir tout le temps tromper tout le monde. Mais le peuple est fatigué, et la Communauté internationale devient de plus en plus très exigeante et ferme.
L’ Ex-Coalition Séléka note qu’il est inutile de s’en prendre à un gouvernement de transition dont la mission principale est de respecter une feuille de route validée par la Communauté internationale en vue d’organiser des élections crédibles ; un tel gouvernement ne saurait répondre aux énormes attentes de la Nation au même titre qu’un gouvernement de développement sorti des urnes. Il appartiendra à ce dernier de traiter toutes les revendications jugées légitimes liées aux questions de développement intégré et équitable dont les jalons seront immanquablement posés lors du grand forum national de dialogue inter-centrafricain prévu en décembre 2014 ou janvier 2015.
L’ Ex-Coalition Séléka estime que les efforts des partisans de la paix et de l’unicité du pays doivent être soutenus sans ambiguïté tant par les Autorités de la Transition que par la Communauté internationale. Le danger serait de les ignorer pour traiter avec les irréductibles ennemis de la paix – qu’il faut d’ailleurs combattre ouvertement – qui n’ont rien compris dans la marche solidaire vers la réalisation du destin National commun aux antipodes de tout intérêt égoïste. Elle en appelle au patriotisme des compatriotes centrafricains ayant conquis militairement le pouvoir de l’Etat en mars 2013 et l’ayant perdu diplomatiquement le 20 janvier 2014, de comprendre que l’ancienne coalition a lamentablement échoué pour avoir été incapable de gérer la transition. A ce titre, elle est de très loin mal placée pour donner des leçons à qui que ce soit. Une vieille dame, pour exprimer sa colère devant cette immaturité, a dit : « vous avez pris le pouvoir par les armes, vos adversaires vous l’ont repris par leurs stylos (politiquement) ».
L’ Ex-Coalition Séléka, en définitive, continue sa réflexion et sa quête à trouver un endroit susceptible d’abriter un dialogue inter-Séléka afin d’amener les différentes tendances à conclure entre elles un accord crédible aux fins d’aplanir les divergences par le dialogue et rester attachées au processus politique en cours dans l’intérêt bien compris de la Nation et de la Sous-région.
L’ Ex-Coalition Séléka SIGNATAIRE de l’Accord de cessation des hostilités de Brazzaville tient à témoigner à l’endroit du Gouvernement centrafricain, du Médiateur international, du Président de la CEEAC et de toute la Communauté internationale toute sa gratitude pour tous les efforts immenses consentis afin de ramener la paix dans notre cher et beau pays.
Fait à Bangui, le 04 novembre 2014
Gal Mohamed-M. DHAFFANE,
2ème Vice Président, Chef de Délégation, Ancien Ministre d’Etat
Le représentant de l’Union Internationale des Télécom (IUT) pour l’Afrique Centrale et Madagascar, Jean Jacques Massima, a remis, vendredi à Bangui, vingt terminaux satellitaires communément appelés téléphones thuraya et dix autres téléphones fixes satellitaire au ministre centrafricain des Postes et Télécommunications chargé des nouvelles technologies, Abdallah Kadre Assane.
Destinés au gouvernement et aux forces vives de la nation, les téléphones, estimés à plus de vingt millions de FCFA, permettront selon l’UIT aux bénéficiaires de s’affranchir ‘’des aléas ou de la rupture du service de communication de tout opérateur de GSM” dans le pays.
‘’Ce geste n’est pas que symbolique. Il traduit l’attachement du bureau de l’UIT pour l’Afrique Centrale et le Madagascar d’assurer un développement serein du secteur des télécommunications quels que soient les aléas politiques, les troubles sociaux, les catastrophes naturelles qui peuvent survenir sur cette partie de ma zone de juridiction”, a indiqué Jean Jacques Massima.
Pour le ministre Abdallah Kadre Assane, le don fait suite à la demande du gouvernement centrafricain, sollicitant l’inscription de la RCA en télécommunication d’urgence par l’UIT.
‘’Cette remise est la preuve d’une coopération agissante entre l’IUT et la RCA. Car cette réponse immédiate est à la hauteur de l’espoir du gouvernement de transition”, a dit le ministre.
La zone de juridiction de Jean Jacques Massima couvre onze pays africains dont dix en Afrique Centrale et le Madagascar.
Basé à Yaoundé, M. Massima est en visite de travail à Bangui depuis lundi.
Centrafrique : Quand les crises militaro-politiques font oublier le changement climatique
La lutte contre le changement climatique semble oubliée pour la République Centrafricaine, avec les crises dans le pays. Les inondations deviennent récurrentes et les destructions anarchiques des arbres sont devenues un moyen de vie.
Il suffit de faire un tour dans des zones sud et nord de la Centrafrique pour connaitre la réalité. En octobre dernier, au moins vingt-cinq maisons ont été détruites à Bruxelles, quartier situé dans le 2ème arrondissement de Bangui par une forte submersion.
Les riverains de l’Oubangui ont constaté avec amertume la montée du niveau d’eau ces derniers, mais aucune perspective n’est envue pour prévenir une éventuelle catastrophe nature.
À la sortie nord de la ville de Bangui, sur la route de Damara et de Boali, plusieurs arbres ont été détruits, servant de bois de chauffe. Nombreuse personnes désœuvrées se sont lancées dans ce commerce bien qu’illégale. Au niveau des institutions, les sensibilisations sur le reboisement, le réchauffement climatique et la désertification sont restées très occasionnelles en République Centrafricaine.
Quelques personnes affectées par les inondations ont été assistées par le gouvernement centrafricain ou des ONG. Cependant, réduire le risque lié aux catastrophes naturelles est loin d’être une priorité des autorités.
Dans la matinée du 31 octobre 2014, les forces de sécurité intérieures (FSI), appuyées par les forces internationales de la Minusca et Sangaris ont conduit une importante opération de fouille dans le quartier de Boy Rabe, au nord de Bangui.
Des éléments de la mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA) et les forces de sécurité intérieure (FSI) se sont déployés dans un quartier au Nord de Bangui pour y conduire des fouilles ciblées d’habitations. Pendant que la force Sangaris assurait la sécurité des FSI et de la MINUSCA, empêchant toute entrée et toute sortie de la zone de fouille, les investigations ont permis de relever des armes de guerre et une quantité importante de munitions.
Au cours de l’opération, des soldats Sangaris ont été pris à partie par un groupe d’individus armés non identifiés. Les soldats du GTIA Picardie, appuyés par ceux de l’EUFOR RCA, ont riposté et ont neutralisé plusieurs d’entre eux.
Ce type d’opération coordonnée entre les forces internationales et les FSI est nécessaire pour garantir un niveau de sécurité minimal dans la capitale.
Environ 2 000 militaires français sont actuellement déployés dans l’opération Sangaris, aux côtés des 6 700 hommes de la MINUSCA. Lancée le 5 décembre 2013 par le président de la République, l’opération Sangaris vise à rétablir un niveau de sécurité minimal en République centrafricaine et à accompagner la montée en puissance progressive de la mission de l’ONU.
J’ai rejoint cette mission en ma qualité de chercheur sur les violences extrêmes, sans rien connaître de la Centrafrique ou à peu près. Ma venue s’est décidée au dernier moment et je n’ai pu me préparer à ce voyage. J’ai donc découvert la Centrafrique à travers les paroles des Centrafricains. La première rencontre à l’université de Bangui m’a tout de suite marqué. Nous étions une vingtaine autour d’une longue table, assis sur des chaises rustiques dans une salle aux murs délabrés. Qu’importe, l’essentiel allait être la richesse de leurs paroles et la nature de nos échanges. Il y avait là entre autres un historien, un sociologue, un anthropologue.
Ce qui m’a d’abord impressionné ? La qualité de leur langue : ils s’exprimaient dans un français remarquable. Je guettais ce qu’ils allaient dire de la violence. Mais ils voulaient d’abord nous donner leurs clés d’analyse. Intellectuels, ils parlaient en intellectuels.
Vous comprenez ? Les causes économiques et la corruption… Les coups d’État à répétition et la tutelle de la France. Aujourd’hui, la dérive de la jeunesse largement analphabète. Oui, nous comprenions. Plus nous les écoutions, plus nous prenions conscience de l’ampleur du désastre. Nous étions arrivés dans un pays à genoux, déglingué et défoncé comme ces rues de Bangui où l’on circule avec peine. La rencontre tirait déjà à sa fin. Tout à coup, les mots de la violence ont jailli de certaines bouches. Ici, des personnes lynchées dans la rue puis brûlées, là, des têtes coupées, des cadavres démembrés et saucissonnés ou encore des ventres éviscérés. Et qui sait si certaines parties de ces corps mutilés n’ont pas été mangées ? Là, ils ne comprennent plus : « On n’avait jamais vu ça, dit l’un d’entre eux. Les coups d’État étaient suivis de quelques jours de pillages ; et puis ça s’arrêtait. Mais pourquoi maintenant massacrer des femmes et des enfants ? » Chacun semble se poser cette question angoissante : « Que nous est-il donc arrivé ? » On les sent hantés par la mémoire de ces atrocités dont ils ont été parfois témoins. Des membres de leurs familles ont pu en être victimes. Nos hôtes sont accablés. Ils pourraient s’effondrer devant nous mais ils gardent leur dignité.
Et nous ? On écoutait, silencieux et sidérés. Écouter, toujours écouter, poser quelques questions. Quand cette violence dite « extrême » est-elle apparue ? Certainement à partir de mars 2013 quand la Séléka est arrivée à Bangui. En réaction, les Anti-Balaka se sont mis aussi à massacrer. Mais le pays a connu des signes et des actes avant-coureurs : sous les présidences de Bozizé et même de Patassé. Il faudrait encore scruter les années de la colonisation française et même avant. Il y a un travail à faire sur la chronologie de la violence et des massacres dans ce pays.
Qui vise-t-elle ? Les musulmans mais pas seulement. Les chrétiens aussi mais pas seulement. « Vous savez, nous vivions en bonne entente, ou à peu près. » Tiens, j’ai déjà entendu ce discours en Bosnie, ou au Rwanda. « Dans nos familles, il y a des chrétiens et des musulmans ; et puis tout a basculé. » On a désigné le musulman comme un « bégua », un étranger, dénonçant la menace d’une « invasion de l’islam ». Ça rappelle aussi d’autres situations. Certains propos ont eu, semble-t-il, une connotation génocidaire, notamment sur la radio Ndeke Luka, comparée parfois à celle des Mille collines au Rwanda. Aujourd’hui, des dizaines de milliers de musulmans ont quitté le pays, et ceux qui sont encore à Bangui ont peur. Ils vivent dans une sorte de ghetto dit du « km 5 » où nous nous sommes rendus. Mais les chrétiens et la population en général ont aussi peur, parce que les armes sont partout et que ni les militaires français de Sangaris ni le détachement de l’ONU ne les désarment. Une quasi-certitude : la violence n’est pas d’origine religieuse. La religion n’est qu’un prétexte pour s’approprier les richesses des victimes ou les détruire. Quand nous sommes partis, la situation était à peu près calme. Pour combien de temps ?
Les troubles persistants en Centrafrique ont provoqué une nouvelle flambée des prix à Bangui sur fond d’effondrement de la production agricole, aggravant encore les difficultés au quotidien d’une population épuisée.
La dernière vague de violences dans la capitale, en octobre, s’est traduite par une paralysie du quartier du PK-5, poumon commercial de la ville et épicentre des affrontements intercommunautaires depuis le déclenchement de la crise centrafricaine, en 2013.
Le centre commercial a depuis repris ses activités mais la peur continue de hanter les esprits. “Bon, si c’est calme on revient vendre. Si ce n’est pas le cas, on se terre c’est tout”, explique à l’AFP Assan Aoudou Mahamat, jeune quincailler.
Au PK-5, on trouve un peu de tout sur les étalages, dans les échoppes et sur les marchés.
Mais les taxis refusent de desservir le secteur, redoutant de nouvelles violences dans le quartier, dont presque tous les commerçants sont musulmans et qui a été assiégé pendant des mois par des miliciens Anti-Balaka à majorité chrétienne, hostiles à la minorité musulmane, et des bandes de pillards.
Ils s’arrêtent à plus d’un kilomètre, déposent les passagers et repartent vers le centre-ville dans un concert de klaxons.
– Manioc ‘pas à la portée de tous’ –
L’accès difficile aux commerces, ajouté à l’insécurité dans le pays, alimente l’inflation des produits de base: farine de manioc – aliment de base des Centrafricains -, viande de boeuf, lait en poudre, huile, sucre, ciment…
“On ne peut pas circuler librement pour atteindre l’arrière-pays ou bien la frontière camerounaise et ramener assez de denrées et de produits pouvant changer la donne. Partout il y a l’insécurité”, déplore Albert Yonga, commerçant.
“Le sac de manioc est passé de 13.000 francs (CFA, près de 20 euros) à 16.000 francs, voire 18.000 francs. Ce n’est pas à la portée de tous les ménages”, constate, dépitée, Marie Yassé, mère au foyer.
“Avant la crise, on pouvait bien manger avec 3.000 CFA par jour. Désormais ce n’est plus le cas. Il faut au moins 6.000 CFA ou 9.000 pour qu’une famille nombreuse puisse s’alimenter normalement”, soupire Agnès Nguiba, fonctionnaire.
Car la crise s’est aussi traduite par un effondrement de la production agricole, aggravé par la présence de groupes armés éparpillés dans le pays qui pillent les camions de marchandises, malgré le déploiement de forces internationales.
“On ne peut pas circuler librement pour atteindre l’arrière-pays ou bien la frontière camerounaise et ramener assez de denrées et de produits pouvant changer la donne. Partout il y a l’insécurité”, s’insurge Albert Yonga, commerçant.
– “Razzias récurrentes” –
Cette semaine, le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) ont redit leur forte préoccupation sur la situation alimentaire des 4,8 millions de Centrafricains.
Dans un rapport, elles soulignent que “le secteur primaire, pilier de l’économie centrafricaine, a régressé de 46% par rapport au niveau d’avant la crise. On note une fuite importante de la production agricole à la suite de la crise qui a provoqué des déplacements massifs des populations”.
Même si en 2014, les productions de céréales et de manioc ont augmenté par rapport à 2013 – année particulièrement calamiteuse -, elles restent “inférieures de 58% à la moyenne de la période 2008-2012”, selon les deux agences.
“Les chiffres de l’élevage sont également en baisse. Ils ont régressé de 77% par rapport au niveau d’avant la crise du fait des razzias et des vols de bétails. Les stocks des réserves alimentaires dans les zones rurales sont actuellement inférieurs d’environ 40 à 50% à leur niveau antérieur du fait des razzias récurrentes”, indique le rapport.
“Le PAM est particulièrement préoccupé par la situation des communautés isolées et des personnes déplacées à l’intérieur du pays (…) Les niveaux de consommation alimentaire de la moitié de ces ménages sont très bas. Ce qui aggrave le risque de malnutrition et rend les familles largement dépendant de l’aide alimentaire”, dans un pays qui figure parmi les plus pauvres de la planète malgré son potentiel agricole et minier, s’inquiète Arif Hussein économiste en chef du PAM.
En République centrafricaine, une délégation gouvernementale accompagnée de représentants de la communauté internationale s’est rendue, durant trois jours, à la rencontre des principaux chefs de la Seleka à Kaga-Bandoro, Bambari et Bria. À l’issue de cette tournée, un constat : les échanges ont été constructifs. Les groupes rencontrés se sont engagés à participer au dialogue national qui devrait avoir lieu à Bangui en janvier 2015.
Le ministre centrafricain de la Défense Aristide Sokambi, qui dirigeait la délégation gouvernementale, est satisfait. À Kaga-Bandoro, Bambari et Bria, il a transmis aux principaux chefs de tendance de la Seleka l’invitation de la présidente de transition au forum de réconciliation de Bangui, prévu pour janvier. Le ministre dit avoir obtenu l’accord des chefs de tendance pour une participation à la rencontre. « Le ton de nos échanges a beaucoup changé par rapport aux premiers contacts que j’avais eus avec la Seleka, a-t-il indiqué à RFI. Nos interlocuteurs n’ont posé aucune condition ».
À Kaga Bandoro, la délégation a rencontré Noureddine Adam entouré de ses généraux. À Bambari, elle s’est entretenue avec Ali Darassa et Joseph Zoundéko. À Bria, elle a pu rencontrer Zacharia Damane avec ses principaux conseillers et lieutenants. Les discussions ont eu lieu à chaque fois sur les sites de la mission des Nations unies, la Minusca.
Souhait de paix
Les membres du gouvernement ont été accompagnés, tout au long du parcours, par des représentants de la communauté internationale, au travers du G8. « Les trois groupes de la Seleka nous ont tenu un discours comparable de souhait de paix, de souhait d’arrêter les combats, de volonté de déposer les armes après le forum de Bangui » a indiqué à RFI Charles Malinas, l’ambassadeur de France, qui participait à ces rencontres.
HCCT : Richard Pouambi somme les patrons des médias audiovisuels au sujet du « professionnalisme »
Bangui (CNC) 06-11-2014, 21h57: Le Président du Haut Conseil de la Communication de transition (HCCT), José Richard Pouambi a convoqué ce mercredi 5 novembre 2014, en séance de travail au siège de son institution, les patrons des organes de médias audiovisuels tant du secteur public que privé. Au centre de cette rencontre, le professionnalisme des médias en cette période particulière de crise que traverse la République centrafricaine.
José Richard Pouambi
« Les médias sont tenus de procéder à l’éducation citoyenne des populations, en traitant l’information avec équité et objectivité au profit de la population. Pour cela, les médias sont tenus de réserver un traitement égalitaire, conformément aux dispositions de l’Ordonnance n° 05. 002 du 22 février 2005, relative à la liberté de la communication en RCA. » Tel parait la quintessence du message livré par le président du HCCT à l’endroit de ses hôtes, en présence des représentants des ambassadeurs invités à la rencontre.
La convocation des responsables de médias audiovisuels par le HCCT n’est pas fortuite, à en croire Richard Pouambi, car elle revêt en effet, d’un double enjeu. D’abord, la rencontre s’inscrit dans le cadre d’échanges et d’évaluation des organes de médias audiovisuels instituée par l’institution transitoire de régulation de la communication en Centrafrique. Occasion par excellence pour non seulement faire le point de la situation des médias, mais aussi de tirer sur la sonnette quant aux points de faiblesse enregistrés dans le traitement et la diffusion de l’information dans les différents médias.
Ensuite, l’appel de Pouambi à cette rencontre tient lieu d’appel à l’ordre du fait de quelques dérapages déjà constatés au niveau des médias audiovisuels ces derniers temps en RCA. « Les réalités de l’heure démontrent largement que certains organes audiovisuels procèdent à des pratiques non professionnelles, diffusant ainsi des informations portant atteintes à la vie privée des citoyens ou qui ne sont même pas vérifiées et provenant souvent des rumeurs. » a relevé le président du HCCT qui s’appuie sur le résultat du travail réalisé par le service de monitoring de l’Observatoire des médias de Centrafrique en partenariat avec Internews et l’Institut Panos Europe. En effet, pendant ce travail, les analystes ont enregistré dans la base des données, 74 éléments de discours de haine repérés dans la presse écrite et seulement 4 dans les contenus médiatiques diffusés par les radios opérationnelles.
Tita Samba, Vice-président du HCCT est allé loin pour indexer directement certaines radios qui bafouent la déontologie et l’éthique dans leurs informations. « Lorsque nous écoutons les stations Ndéké Luka, radio Notre Dame (RND) et radio Centrafrique, beaucoup d’émissions sont faites par téléphones, ce qui fait qu’il y’a des dérapages, il faudrait remédier à ces genres de manquements avant la date des élections qui s’annonce » a-t-il souligné.
Devant cette situation, Pouambi n’entend pas baisser la garde. D’ailleurs, « il m’importe de condamner de vive voix de tels agissements contraires à la déontologie et à l’éthique et d’affirmer que de tels organes sont indéfendables, car irrespectueux des lois qui régissent le fonctionnement de la profession. » a-t-il martelé avant d’en appeler au ressaisissement des responsables des organes de presse au regard du professionnalisme.
Les observations faites par le HCCT sont autant valables pour les médias audiovisuels que pour la presse écrite centrafricaine, mais il se pose cependant, l’épineuse question des conditions de travail où, en plus de la sécurité physique du journaliste, l’accès aux sources d’informations est un véritable serpent de mer.
Jeune Afrique / Corbeau News Centrafrique: 06-11-2014, 21h41.
Les experts de l’ONU sur la Centrafrique ont rendu public, le 1er novembre, leur rapport final dans lequel ils pointent notamment le rôle ambigu joué par le Tchad depuis le retrait des soldats de la Misca (la force africaine) en avril.
Souvent pointé du doigt depuis le coup d’État du 24 mars 2013 à Bangui, le Tchad voit cette fois son rôle en Centrafrique bien documenté par les experts de l’ONU. Dans leur rapport final rendu public le 1er novembre, ceux-ci accusent notamment les autorités tchadiennes d’avoir détenu pendant plusieurs mois, et sans raison valable, trois dignitaires centrafricain d’une ville frontalière.
Le 1er mai, un groupe armé non identifié attaque Markounda (Nord-Ouest) provoquant l’exode d’une partie de la population en territoire tchadien. Le 17, le sous-préfet de la ville, le secrétaire général et le directeur d’une école publique décident de se rendre sur place. C’est alors, rapportent les experts onusiens, qu’ils sont arrêtés, transférés à N’Djamena puis condamnés avec d’autres citoyens centrafricains à une détention d’au moins trois mois. Selon plusieurs sources, les trois représentants de Markounda ont été libérés fin octobre.
Les experts de l’ONU rapportent également que deux de membres de leur groupe ont été détenus pendant quatre heures par les forces de défense et de sécurité, lors d’une mission en RCA le long de la frontière tchadienne. Enfin poursuit le rapport, des soldats tchadiens ont participé à l’attaque, le 20 mai, de trois villages centrafricains proches de la frontière (Bembéré, Békaye et Bédoua 3), attaque lors de laquelle trois personnes ont été emmenées de force au Tchad et dont on est aujourd’hui sans nouvelle.
Ces incidents sont “les exemples les plus symboliques de la situation” au nord-ouest de la Centrafrique, où les experts onusiens ont documenté de nombreuses attaques de groupes armés venant du Tchad depuis que N’Djamena a retiré, le 16 avril, ses troupes de la Misca (la force africaine intégrée aujourd’hui au sein de la Minusca).
Le document de l’ONU présente un autre détail troublant sur l’implication du Tchad dans le pays. Après les combats de Boguila (proche de la frontière tchadienne), en mai, entre l’armée française et les éléments du général de l’ex-Séléka Mahamat Alkhatim – aujourd’hui coordonnateur adjoint de l’Unité pour la Centrafrique (UCP, branche dissidente de la Séléka) -, les soldats de Sangaris ont saisi un fusil d’assaut israélien Gali, armement inédit dans l’arsenal des rebelles. L’arme “faisait partie d’un lot vendu en 2008 au ministère tchadien de la Défense, qui était accompagné d’un certificat d’utilisateur final garantissant que ces armes ne seraient pas transférées à un pays tiers”, précisent les experts qui s’étonnent d’avoir “vu des fusils analogues au Tchad, portés par le personnel des services de sécurité interne de la Direction générale des services de sécurité des institutions de l’État (DGSSIE)”. “Des fusils identiques ayant été saisis dans d’autres régions de la République centrafricaine”, poursuit le rapport.
Enfin, les experts font d’autres constats importants, au nombre de quatre. Les voici :
Bilan macabre
Selon le rapport, plus de 3 000 personnes et 22 travailleurs humanitaires sont morts entre le 5 décembre 2013 et le 14 aout 2014. Sur cette période, les anti-balaka ont été responsables de la mort de 854 civils et de 7 travailleurs humanitaires. Les attaques menées par des combattants assimilés à l’ex-Séléka ont causé la mort de 610 civils et de 7 travailleurs humanitaires. Pour les experts de l’ONU, le général Alkhatim et ses 600 hommes demeurent la menace principale à la paix et à la sécurité en Centrafrique. Les deux groupes armés sont également accusés de perturber le déploiement de l’aide humanitaire.
Début de coopération entre la Séléka et LRA
Un groupe de la LRA (Armée de libération du seigneur, de Joseph Kony), dirigé par le capitaine Okello Palutaka, et de la Séléka, sous le commandement du colonel Amed Shérif, ont coopéré sur plan logistique dans la sous-préfecture de Nzako (sud-est), écrivent les experts. On peut ainsi voir les deux hommes bras dessus, bras dessous sur une photo présente dans l’annexe du rapport.
Contrebande de minerais
Le trafic de minerais ne faiblit pas en RCA, contribuant indirectement au financement des différents groupes armés – anti-balaka à l’ouest, ex-Séléka à l’est où ces derniers ont imposé des taxes aux collecteurs et aux bureaux d’achats de diamants et d’or. Les experts de l’ONU ont noté, grâce à des images satellites, que la production de diamants avait explosé ces derniers mois à Sam-Ouandja, ville du nord-est de la RCA contrôlée par les l’ex-Séléka où aucune force internationale n’est présente. À Ndassima, mine proche de Bambari (Centre) également aux mains des rebelles, ces derniers tentent même d’organiser la production en distribuant, par exemple, des cartes “d’artisan minier” aux collecteurs.
Toussaint, l’étrange mercenaire belge
De novembre 2013 à février 2014, François Toussaint, un mercenaire belge habitant au Gabon et condamné pour meurtre dans son pays, a officié comme conseiller militaire pour Révolution et justice, un groupe armé présent dans le nord-ouest de la Centrafrique. RJ a été fondé en octobre 2013 par un capitaine des Forces armées centrafricaines (Faca), Armel Sayo. Composé d’anciens éléments de l’APRD (Armée populaire pour la restauration de la démocratie), le groupe a mené des opérations contre des groupes peuls et les ex-Séléka. Toussaint était en charge de l’entraînement et de la stratégie militaire. Il a été arrêté le 7 juillet à Bouar par la Misca et est depuis détenu à Bangui. Signataire de l’accord de Brazzaville, Armel Sayo a, lui, été nommé ministre de la Jeunesse et des Sports, le 22 aût par le Premier ministre Mahamat Kamoun.
Les maires francophones ont décidé d’envoyer des missions diplomatiques pour participer à la recherche des solutions en Centrafrique. La décision a été prise à la clôture de la 34e assemblée générale de l’Association internationale des maires francophones tenue à Kinshasa du lundi 3 au jeudi 7 novembre.
« Nous allons traverser Brazzaville rencontrer le président Denis Sassou Nguesso médiateur de notre crise pour que l’association des maires francophones exposent leur solidarité et leurs contributions que notre association comptent apporter à la commune de Bangui », a affirmé la maire de Bangui, capitale de la Centrafrique, Yacinthe Wodobode.
Les maires francophones ont aussi résolu de s’impliquer dans le dossier Ebola qui sévit quelques pays d’Afrique.
Les experts qui enquêtent au nom de l’ONU sur les violations de l’embargo sur les armes en République centrafricaine (RCA) soupçonnent l’entreprise diamantaire anversoire Kardiam d’avoir acheté une quantité importante de diamants en provenance de ce pays. La cargaison suspecte a été saisie le 23 mai, rapporte jeudi De Staandaard. Les pierres ne doivent pas venir de trafic
La République centrafricaine a été temporairement suspendue en mai 2013 du processus de Kimberley, un mécanisme veillant à garantir que les pierres mises sur le marché ne proviennent pas de trafics. Les exportations de diamants depuis ce pays sont depuis lors interdites. Une enquête concernant l’entreprise est également en cours en Belgique.
A group of anti-balaka militiamen pose for a photograph on the outskirts of Bangui.The group was formed after Michel Djotodia, leader of the mostly Muslim rebel coalition known as Séléka, rose to power. Anti-balaka means “anti-machete” or “anti-sword”Reuters
RCA: un Anti-Balaka spécialisé dans le vol des téléphones portables a été appréhendé au quartier Fouh (4è arrondissement de Bangui)
Elie Bass, âgé d’environ vingt-cinq (25) ans, né et grandi à Bangui, fait parti des groupes des jeunes désœuvrés de Bangui qui ont intégré le mouvement Anti-Balaka au dernier moment. Tantôt il est au quartier Combattant, dans leur base de Damala, tantôt il est au quartier Boy-Rabé. On ne comprend pas exactement à quelle section, à quel groupe il appartient. Mais depuis près de deux (2) mois, on le soupçonne d’être auteur de certains cas de braquages qui ont souvent lieu au-delà de 23 heures au niveau de l’école Gobongo. C’est ainsi que dans la nuit du samedi 1er novembre 2014, aux environs de 21 heures, Elie Bass avait commis un forfait au niveau du lycée Gobongo.
En fait, il s’est caché derrière l’un des bâtiments du lycée et observait attentivement tous les passants qui empruntaient cette voie. C’est ainsi que Marie-Yvonne en compagnie de son partenaire sexuel, est arrivée au niveau du croisement du lycée. Son partenaire sexuel lui a remis un téléphone portable neuf. Il a pris un taxi-course et est parti. Quant à Marie-Yvonne, elle repartait doucement chez elle. Entretemps, Elie Bass suivait le couple depuis le lycée jusqu’au lieu de leur séparation. C’est ainsi qu’il s’est rendu à l’évidence que celle-ci était seule et la circulation s’est interrompue.
Elie Bass a appelé Marie-Yvonne et celle-ci a fait semblant de ne pas écouter. Immédiatement, cet Anti-Balaka-braqueur l’a insultée et l’a pointée avec une arme. Paniquée, elle s’est rendue. Le braqueur l’a fouillée. Il a pris son téléphone et son argent et l’a laissée partir.
Le dimanche, Elie Bass a changé de terrain et s’est retrouvé à l’école Gobongo à la même heure. Il a arrêté une jeune femme qui partait à une veillée mortuaire. Celle-ci n’avait rien en sa possession. Furieux, Elie Bass lui a donné une paire de gifles.
Mais pour le malheur d’Eli Bass, il se promenait le jour avec les téléphones braqués pour les revendre. Ignorant qu’il est, il va présenter les échantillons de téléphones à Marie-Yvonne, qui a perdu son téléphone la veille et, qui est dans le besoin d’acheter un autre. Le temps de choisir entre six (6) téléphones, elle a retrouvé ces deux (2) téléphones volés dans le lot. Elle a fait savoir à Elie Bass que ces deux (2) appareils lui appartiennent. Le jeune Anti-Balaka voulait la gronder, mais le grand-frère de Marie-Yvonne est sorti de la maison et a fait savoir à ce jeune malfrat qu’il est militaire. Le jeune braqueur était obligé de céder les deux (2) appareils et a pris la tangente. Le militaire a remis les deux (2) téléphones à sa sœur et est parti en ville. La nuit du lundi 03 novembre 2014, Elie Bass voulait agresser la famille de Marie-Yvonne avec sa clique, mais ils ont été mis en déroute par un autre groupe des Anti-Balaka qui sécurisaient ledit quartier.
Tout porte à croire que l’insécurité et surtout le vol des appareils par les Anti-Balaka, est un autre fléau qui gangrène la société centrafricaine. Les leaders des groupes armés doivent prendre à temps leurs responsabilités.
Un soldat français engagé dans les rangs de la mission européenne Eufor en Centrafrique est décédé des suites de paludisme dans un hôpital parisien où il avait été rapatrié en début de semaine, a annoncé jeudi le ministère de la Défense.
“Atteint d’une forme très grave de paludisme, il a été pris en charge dans un hôpital militaire parisien où il est malheureusement décédé dans la soirée du mercredi 5 novembre”, peut-on lire dans le communiqué.
Le caporal-chef Moana Heiarii, affecté au 126e régiment d’infanterie de Brive-la-Gaillarde, avait été rapatrié le 4 novembre de Bangui vers Paris, précise-t-on de même source.
Lancée le 1er avril dernier, l’Eufor a atteint sa pleine capacité opérationnelle le 15 juin. Elle compte quelque 250 Français dans ses rangs.
Un militaire du 126e Régiment d’Infanterie est décédé après avoir contracté une forme grave de paludisme en Centrafrique
Un militaire du 126e Régiment d’Infanterie de Brive, le caporal-chef Nelson Moana Heiarii, est décédé dans la soirée du mercredi du 5 novembre dans un hôpital militaire parisien, où il venait d’être admis pour soigner une « forme très grave de paludisme« , selon l’armée de Terre.
Ce soldat d’origine tahitienne, âgé de 26 ans, avait été envoyé à Bangui, en République centrafricaine, dans la cadre de l’opération européenne EUFOR RCA.
Le paludisme est une maladie qui se transmet d’une personne à une autre par des piqûres de moustiques Anopheles infectés. Les militaires français y sont particulièrement exposés étant donné que leurs zones d’opération coïncident souvent avec des pays affectés par ce fléau et qu’ils vivent dans des conditions « rustiques », comme en Centrafrique.
En 2008, le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) indiquait ainsi que sur les 5.267 cas de paludisme dits « d’importation », c’est à dire contractés à l’étranger », constatés en 2006, 558 concernaient des militaires, dont 84,4% revenaient d’une opération extérieure.
Pourtant, des mesures ont été prises pour éviter les cas de paludisme, notamment avec la prise de traitements préventifs pour les personnels projetés en opération. Aussi, le cas du caporal-chef Moana Heriarii peut être inquiétant étant donné que, visiblement, ces médicaments – s’il a pu les prendre régulièrement – n’ont pas eu les effets escomptés.
Alerte Corbeau à Berbérati (Centrafrique): 06-11-2014, 18h56. Des échanges de tirs ont été signalés depuis ce matin dans la ville de Berbérati. Selon la première version des faits obtenue par la Rédaction de Corbeau News Centrafrique provenant d’un habitant de cette localité, un Antibalaka, sûr de lui en raison de son port de gris gris, décide d’aller libérer son ami attrapé et embastillé à la gendarmerie par les éléments congolais de la Minusca. Après échanges verbaux, il a ouvert le feu en premier et en réponse les éléments de la Gendarmerie e la Minusca ont fait feu sur lui en le touchant mortellement. En fin de compte son gris gris n’a pas marché. Selon cet habitant, c’est le point de départs de tous ces échanges de tirs depuis ce matin car les compagnons de fortunes de cet Anti-Balaka mort ont décidé à leur tour de livrer combat avec les forces de l’ordre impliquant cette fois les policiers et gendarmes. les combats continuent et la population est en fuite pour rejoindre les lieux de refuges.
Pour le moment, on a aucune version officielle de ce clash car le service d’urgence de Corbeau News a tenté en vain de joindre les services de sécurité à Bangui pour obtenir la version officielle.
RCA: Samba-Panza et Mahamat Kamoun n’ont manifestement pas le tempérament de femme et d’homme d’Etat!
1) Monsieur TAHERUKA SHABAZZ, vous êtes l’un des jeunes leaders de la classe politique centrafricaine qui vient de créer un parti politique et qui certes, est à la conquête du pouvoir à la future présidentielle qui s’annonce très dur en 2015. Comment avez-eu l’idée de la formation de ce parti politique centrafricain qui a pour siège Dakar au Sénégal ? Et quelles sont vos stratégies pour solliciter le suffrage du peuple centrafricain meurtri de crise interminable qui bloque le retour de la paix en Centrafrique afin que les élections attendues se déroulent dans le calme et la transparence ?
Bonjour, cher Monsieur, de part mon éducation intellectuelle il m’a été toujours recommandé de commencer toute chose, toute parole par remercier Dieu de nous permettre de faire et/ou dire ce que l’on a dire et à faire. Aussi, permettez-moi de Le remercier de toujours soutenir les hommes et femmes de bonne volonté, qui précisément en Centrafrique, travaillent à améliorer les conditions de vie des nôtres, ce qui est un impératif catégorique pour tout Homme qui se définit comme tel. Permettez-moi également, de vous remercier de me permettre de m’exprimer publiquement et à grande échelle à travers vos médiats qui contribuent très fortement à fluidifier l’information sur la RCA à une époque où les mass-médias occidentaux ont pignon sur rue, reléguant à la marge la presse africaine, et dépeignant notre pays comme celui de barbares et cannibales perpétuellement engagés dans des guerres interconfessionnelles. Le Parti du Renouveau Panafricain (PRP) dont j’assure la présidence est le fruit des contingences de l’Histoire. Vous savez, intellectuellement et spirituellement je suis le disciple du Très Honorable Elijah Muhammad qui a donné au monde noir un des plus grands leaders du 20ème siècle en la personne de El-Hajj Malik ash-Shabazz que vous connaissez mieux sous le nom de Malcom X. Et Il nous enseigne de l’étude de l’Histoire ne consiste pas ou ne se réduit à pas à mémoriser des faits, des évènements, mais à devenir acteur dans le monde dans lequel nous vivons. Pour lui, celui ou celle qui a su assimilé à la perfection l’Histoire doit être capable de prédire les choses, de voir l’avenir. Et c’est dans ce cadre là, avec cette conception novatrice de l’Histoire, que nous avons pris nos responsabilités et fonder le PRP. Non seulement pour agir dans le présent et infléchir le cours des choses, des malheurs qui accablent les populations centrafricaines, mais aussi et surtout l’avenir, pour la vision panafricaine que nous incarnons, que nous portons et qui nous porte en retour. Aussi les élections présidentielles et législatives, ne sont pour nous qu’un élément de notre action, car le problème centrafricain va bien au-delà de la préparation des élections. C’est bien plus profond, et nous souhaitons agir sur tous plans pour matérialiser notre vision qui permettra aux populations centrafricaines de sortir définitivement de ce chaos indescriptible. Pour ce qui est nos stratégies, il nous semble que ce n’est pas le lieu ni le temps d’en parler ici et vous comprendrez aisément pourquoi. Le moment venu, les médiats centrafricains seront les premiers avertis. Restez à l’écoute.
2) Depuis le déclanchement des hostilités entre les séléka et les antibala, quelles sont vos appréciations par rapport à l’intervention de la Sangaris qui continue à être prise par les groupes armés non conventionnels et surtout les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies non appliquées par cette force française, l’Eufor et les forces de la CEEAC qui portent tous désormais le béret bleu de l’ONU à part les éléments de l’armée française dont la présence est contestée sur le terrain ?
Avant de répondre à cette question, par souci de pédagogie afin que tout un chacun comprenne ma position sur ce sujet en ma qualité de Président du PRP, il faut savoir que je suis de ceux qu’on pourrait qualifier de panafricain intégral. C’est-à-dire que chaque particule de molécule de mes cellules ne vibre, politiquement, que sur la fréquence du panafricanisme, donc par nature je privilégierai toujours et avant tout, surtout dans les temps de crise, les solutions endogènes, intra-africaines et en l’espèce intra-centrafricaines. Mon parcours de militant, qui m’a valu des démêlés avec Nicolas Sarkozy qui a instrumentalisé l’outil judiciaire pour me persécuter en France pendant 10 ans, m’a permis de comprendre mieux que d’autres politiciens centrafricains que nous n’avons rien à attendre du côté de la France, de l’Union européenne, de l’Otan, etc. Nous n’avons rien à attendre d’eux puisque depuis plus de 130 ans que nous sommes entrés en contact avec la République française, nous n’avons eu de cesse de nous faire duper, humilier, piller et trahir en même temps. Aussi bien par l’intelligentsia affairo-politique française que par les apparatchiks politiques banguissois. L’agenda de ces pays européens n’est pas le nôtre, bien au contraire. Et d’ailleurs je vais organiser un meeting à la mi-décembre 2014 à Bangui avec la jeunesse centrafricaine pour lui expliquer dans le détail preuves à l’appui les véritables raisons de l’intervention de ces pays douteux, voire néfastes et dangereux pour la souveraineté centrafricaine. Et la presse centrafricaine sera bien évidemment conviée à cette grande conférence.
Donc je sais très bien que ces forces sont là pour un autre objectif que ce qu’ils prétendent. Et seuls les naïfs peuvent croire un seul instant que ces Européens sont là par charité. Regardez comme ils traitent leurs propres compatriotes dans leurs propres pays. Comment pourraient-ils faire preuve de compassion envers les Centrafricains à qui ils n’ont toujours montré que du mépris ? Ils traitent tellement mal leurs propres compatriotes que ces derniers les vomissent chaque jour un peu plus. Prenez l’exemple en France du Président François Hollande, dont la nullité est devenue légendaire ; un dernier sondage de l’opinion publique française pose que 96% des Français ne veulent surtout pas qu’il se représente aux prochaines élections de 2017, tellement il les a maltraité par ses réformes assassines, son manque de vision, de réaction, et son amateurisme craint. Donc clairement, je suis de ceux qui réclament le départ pur et simple de la Sangaris, des forces de l’Eufor et du retrait du mandat de l’ONU.
3) Depuis un an, toutes ces forces étrangères venues protéger la population civile n’arrivent pas à sécuriser le peuple tant à Bangui comme provinces mais les leaders politiques réclament la tenue des élections en février 2015. N’êtes-vous pas en train de sacrifier davantage les électeurs qui ne sont pas en sécurité et fatigués de la gravité de ce drame humain du moment où les hommes en arme ne sont pas désarmés ?
Rappelez-vous les (fausses) raisons qui ont été invoquées en 1991, en 2003 et 2014 dans l’invasion, le bombardement et la destruction de l’Irak. Rappelez-vous des (fausses) raisons invoquées pour l’effroyable assassinat du Guide lybien Muammar al-Gaddhafi et la destruction complète du pays. Idem pour la Syrie de Bachar al-Assad. A chaque fois c’est cette raison fallacieuse de protection des populations, qui a par la suite été formulé sous l’escroquerie juridique du fameux et imaginaire « droit d’ingérence » (qui n’existe dans aucune législation de notre galaxie) et définitivement présenté comme la « responsabilité de protéger ». Donc c’est un mensonge que dire que ses forces seraient venues en Centrafrique pour protéger nos compatriotes, elles sont là pour exécuter un agenda dont les Centrafricains ignorent les tenants et les aboutissants, alors que cela devrait nous préoccuper au plus haut point. Quant à l’organisation des élections, je me dois de dire un mot sur les conditions de leur mise en place. En effet, je lis ici et là que le retour à la paix serait, comme on dit en mathématique, la « condition nécessaire et suffisante » pour pouvoir appeler les Centrafricains aux urnes. Je m’insurge de toutes mes forces contre cette conception boiteuse des choses. Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, le retour à la paix ne peut en aucun être retenu comme LA condition pour la marche vers les élections. Elle est, en fait, une conséquence et pas une cause. Nous allons aux élections pour avoir la paix et non l’inverse. C’est à la nouvelle Administration, au nouveau Gouvernement de nous apporter la paix et non le Gouvernement de Transition qui en est complètement incapable. Vouloir inverser les choses c’est comme si un médecin voulait attendre que son patient entré dans un profond coma avec un grand flot de saignement de sa jambe, préfèrerai attendre que ce malade se réveille de son coma pour lui demander la permission de pouvoir arrêter cette hémorragie à la jambe. C’est insensé, car si ce médecin n’agit pas aussitôt le coma va se transformer en mort à cause de cette hémorragie à la jambe. Et cette hémorragie à la jambe de la Centrafrique, c’est très clairement l’absence d’un Gouvernement légitime capable d’agir avec toute la force, les moyens et la rigueur de la Loi. Et tant que cet instrument fera défaut, la RCA sera en proie au chaos. Et je réitère mes propos, même si le nouveau président ou la nouvelle présidente n’était élu(e) que par 1000 Centrafricains représentatifs, il/elle aurait infiniment plus de légitimité que n’importe quel acteur actuel de la Transition qui n’ont été élus par personne si ce n’est par leur propre cénacle. Aussi, pour justement abréger au plus vite les souffrances des populations meurtries, il faut très vite installer un vrai gouvernement élu et non prolonger ce palliatif inefficace qu’est la Transition.
4) Quelle lecture faîtes-vous de la gestion de la Transition par la présidente Cathérine Samba-Panza et son gouvernement dirigé par Mahamat Kamoun qui sont tous deux accusés pour détournement du don anglais ?
Comme vous l’avez compris je suis un adversaire farouche du concept même de Transition au-delà même des personnes de la Transition. La Transition quelque soient les personnes qui la pilote est vouée à l’échec du fait de la faiblesse qui lui consubstantielle et des nombreuses contradictions inhérentes aux textes, aux traités, aux accords et autres instruments juridiques érigés pour la circonstance. Cette Transition est intrinsèquement vouée à l’échec de façon rédhibitoire car elle ne dispose pas des moyens de sa politique illusoire. La mendicité internationale ne peut pas constituer un mode de financement sérieux pour un Etat fusse-t-il failli comme le nôtre.
Et si en plus les pilotes de cette Transition font preuve de manquements, de laxisme voire de malhonnêteté vous comprenez qu’un tel bateau ne pourra jamais mener le peuple à bon port. Car la Transition est à ce jour un Titanic politique.
Aussi pour moi les personnes de Samba-Panza et Kamoun sont anecdotiques, accessoires, futiles. Ils n’ont manifestement pas le tempérament de femme et d’homme d’Etat qui aurait pu leurs permettre de passer outre les lourdeurs et pesanteurs de l’appareil de Transition. Au contraire, ils ont été tiré vers le bas part les grandes failles de l’arsenal juridique de Transition. Donc je ne suis pas du tout étonné par le rendu de ces deux personnalités de la Transition que sont Madame la Cheffe de la Transition et Monsieur le Chef du Gouvernement de Transition. J’aurai aimé qu’ils me donnent tort, pour le bien de la Centrafrique. Mais non. Dès lors vous comprenez l’urgence, pour le bien de tous, d’organiser les élections coûte que coûte même si tout le monde ne pourra pas voter. Il nous faut sortir de ce cercle vicieux au plus vite.
5) Quel regard avez-vous sur le fonctionnement du Conseil National de Transition que dirige Alexandre Ferdinand Nguendet, laquelle fait l’objet de corruption abusive depuis son installation ? Et pour preuve, ce fameux CNT vient de suspendre la commission d’enquête relative à l’affaire des 10 milliards angolais détournés et les fonds soudanais et congolais encaissés sans traçabilité au niveau du trésor public qui font l’objet des critiques. Qu’en dites-vous ?
Est-ce que le CNT est représentatif des populations et des territoires centrafricains ? La réponse est clairement non, même si je suis convaincu que certains de ses membres sont mus par des motivations très élevées pour le bien commun de la Centrafrique. La Charte Constitutionnelle de Transition est mal ficelée et source de nombreux conflits du fait de ses contradictions internes et avec les textes et traités internationaux comme les différents accords (Brazzaville, N’Djaména, Libreville, ONU). Tout un chacun peut constater que dans son essence même, cet appareil pose problème. De plus, comme dans le cas de l’appareil de l’exécutif de Transition, les hommes qui pilotent le CNT, en particulier son Président Alexandre Ferdinand Nguendet, sont loin de se montrer à la hauteur du défi actuel. L’on se serait attendu à ce que, sous l’impulsion de son Président, des commissions d’enquêtes parlementaires soient créées, ne serait-ce que pour porter éclairage sur les différents charniers qui jalonnent le pays. De même les Centrafricains s’attendaient bien évidemment à une très grande implication du CNT, en leur nom, dans la question de la gestion par la Présidence de Transition et du Gouvernement de Transition des dons des Etats-frères. Mais une fois de plus, je le répète dès le départ toute ces déviances étaient prévisibles, inévitables. Le Pr Albert Einstein, Prix de Nobel de Physique, disait que « la folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ». Franchement à quoi nous attendions-nous ? Suis-je le seul à connaitre background de Monsieur Nguendet ? Et comprendre qu’il ne pouvait en être autrement ?
6) Pouvez-vous nous définir l’idéologie du parti PRP et présenter les grandes lignes de son programme de développement pour la république centrafricaine qui accuse un grand retard socio-économique dû à la crise ?
Dans le livre d’Osée chapitre 4 : 6, Dieu dit « Mon peuple meurt par manque de connaissance », c’est de nous dont il est question là. Le manque de connaissance des populations sur la vision, les méthodes, le background de celles et ceux qui les dirigeaient a causé ce profond chaos. En retour le manque de connaissance des dirigeants centrafricains sur la réalité des véritables enjeux concoure également à nourrir le chaos ambiant à tous les niveaux. Aussi avant de me montrer à la face des Centrafricains, j’ai tenu à me forger, me préparer à ma mission, à incarner littéralement ma pensée, ma vision, ma doctrine. Et c’est parce que j’ai vécu dans ma chair ces enseignements, ces connaissances, cette vision que je peux la soumettre aujourd’hui aux Centrafricains. J’ai passé plus de 15 ans à murir cette pensée, m’inspirant avant tout de l’idéologie endogène de base qu’est le panafricanisme, la seule pensée africaine qui ai permis de libérer politiquement l’Homme africain durant tout le 20ème siècle. Cette pensée, je l’ai machée, assimilée, intégrée et actualisée avec nos réalités du 21ème siècle. Et cette idéologie qui est maintenant celle du PRP, c’est ce que j’ai appelé le « géo-panafricanisme d’expansion » : une pensée endogène, autochtone, dense qui tient la dragée haute à toutes ces idéologies périmées et importées comme le socialisme, la social-démocratie, le libéralisme, l’écologisme politique, etc. Toutes ces « pensées » sont mortes dans les territoires qui les ont vues naître (Occident) et ont largement contribué à semer le chaos dans les économies et les structures sociales de ces pays qui sont actuellement en crise. Leurs leaders comme François Hollande en France, Georges Papandréou en Grèce, Barack Obama aux USA, Mario Monti en Italie ou encore David Cameron au Royaume-Uni sont très fortement contestés voire honnis. Donc ces idéologies sont des échecs patents, mais malheureusement il y a encore des hommes et femmes politiques centrafricains qui veulent importer ces idéologies d’échec chez nous. Le « géo-panafricanisme d’expansion » que j’ai patiemment théorisé puis développé dans mes ouvrages, articles et conférences allie, par réalisme, doctrine et pratique, enseignement et discipline. A commencé par la mienne, puisque je me suis imposé la discipline de vivre dans ma chair ces différentes approches. Voilà pourquoi j’ai été enseignant, universitaire-chercheur, auteurs-conférenciers. Voilà pourquoi je me suis engagé dans une formation militaire à travers différents corps de l’armée comme le 5ème régiment des hélicoptères de combat (ALAT), le 11ème régiment du génie, le 17ème groupe d’artillerie, l’école des troupes aéroportées. Voilà pourquoi après avoir enseigné j’ai fondé ma propre société d’édition, et ma propre start-up dans l’agro-alimentaire appelé ISA CORP qui m’a permis de produire des centaines de tonnes de tomates, de piments, de carottes, de concombres, etc. pour le marché intra-africain et de transformer des dizaines de tonnes de thons, de capitaines, de requin en poisson séché-salé (makayabo) , inspirant par ce fait des jeunes cadets qui eux-mêmes se sont lancés dans ces activités pour produire et créer de l’emploi et du chiffre d’affaire pour leurs familles.
Aussi grâce à mes rencontres et échanges avec des pointures internationales dans tous les domaines, j’ai élaboré une nouvelle doctrine économique le « khepérisme », une nouvelle doctrine diplomatique basée sur un triptyque panafricain, des nouveaux fondements du juridisme étatique, une nouvelle approche de la question de défense et sécurité, une nouvelle perception de la politique. Tout cela figure dans mes ouvrages et les dossiers de formation des membres du PRP.
Je ne pourrai pas ici parler dans le détail de tous les points, mais sachez que dans cette idéologie la formation, l’instruction et la recherche sont vues comme la base de toute civilisation, car ce sont les seules conditions de possibilité d’existence de cette idéologie panafricaine que j’incarne. Ce qui veut dire que là où il n’y a pas de culture, pas d’éducation, pas de formation, pas de librairies, pas de bibliothèques, pas de festivals, pas de prix d’excellence, etc. le « géo-panafricanisme d’expansion » suffoque, meurt. En d’autres termes, pour que notre pensée puisse perdurée et prospérer, elle se doit de donner à la population une éducation de très haute qualité. Aussi pour ce faire, nous proposons de redonner au sängö la pleine puissance de son génie créateur en faisant de lui une langue d’enseignement et d’administration. Dès le pré-scolaire jusqu’en classe de terminale, la langue sängö deviendra langue de culture, pour permettre au génie centrafricain de s’exprimer dans toute sa plénitude créative. Nous procéderons à une réforme de fond en comble de l’enseignement supérieur pour que l’enseignement et la recherche répondent aux besoins des Centrafricains. Il est scandaleux de financer des recherches, des bourses d’études, des formations qui ne profitent pas aux Centrafricains en premier lieu. La réforme de l’enseignement supérieur est cœur du projet panafricain, car sans elle le panafricanisme meurt.
Au niveau de l’économie, le fondement, la base du khépérisme, qui est une doctrine de l’économie physique, reste l’agriculture. C’est le cœur de la doctrine économique du PRP. Je parle par connaissance directe, car je pratique l’agriculture, la pisciculture, la transformation des produits halieutiques à travers la société que j’ai fondé. Or qui dit agriculture dit forcément « maitrise de l’eau », dit « construction d’infrastructures de stockage et de transport », dit « prévisions météorologies », dit « formation supérieure de qualité », dit « instauration d’un marché local de matières premières », dit « études et soins vétérinaires », dit « recherche sur les semences et des méthodes de culture, d’élevage et de transformation », dit « médecine du travail », dit « contrôle qualité », dit « politique fiscale incitative et/ou dissuasive », dit « crédit publique productif », dit « mutuelle agricole », dit « assurance », «dit « sauvegarde et protection de l’environnement », etc. Comme vous le voyez par vous-même, poser l’agriculture comme fondement de l’action de la politique économique embrasse tous les secteurs de la vie socio-économique et oblige l’Etat à développer de façon holistique tous les pans de la vie publique.
Notre première ambition vise l’auto-suffisance alimentaire, avec des produits de qualité et nutritifs. Tout en assurant le plein emploi surtout pour les femmes et les jeunes. Les femmes sont la base de notre projet de civilisation, car elles sont le fondement de la civilisation. C’est à l’aune de la situation des femmes que l’on juge de degré de civilisation d’une Nation. Et les jeunes, par leur dynamisme naturel constitue pour nous une ressource humaines incroyable pour tirer en tant locomotive le pays vers le haut. Je peux dire que je suis sidéré quand je vois que des jeunes prennent des armes contre d’autres Centrafricains pour des sommes modiques, alors que le salaire mensuel que je donne à un jeune débutant sans qualification dans mes champs est de 25 000 francs. Soit le même salaire mensuel, à 5000 francs près, qu’un vacataire de l’université de Bangui que l’Etat peine à payer. Et encore, les champs que je cultive au Sénégal sont sur des sols très pauvres, c’est carrément du sable qui nécessitent beaucoup de traitements, de correctifs nutritionnels pour assurer un bon rendement. En Centrafrique, les terres sont outrageusement et naturellement fertiles avec une très bonne pluviométrie. Ici au Sénégal avec un hectare je produis en moyenne 80 tonnes (80 000kg) de tomates. Vendus à 100 francs le kilo, ça fait 8 millions de francs en trois mois d’activités. Sur un hectare, on produit en moyenne 30 tonnes (30 000kg) de carottes. Vendus en moyenne à 500 francs le kilo, vous faites 15 millions en quatre mois d’activités. En un mois, dans l’usine de traitement on produit 12 tonnes de poissons séchés-salés. Vendus sur le marché à environ 2500 francs le kilo, vous récoltez 30 millions en un mois de travail. Alors expliquez-moi comment on peut encore mourir de faim en RCA ? Comment accepter qu’il y ai encore de la pauvreté en RCA ? Et comment supporter que la jeunesse ne projette dans rien d’autre que cette obsession à toujours vouloir devenir « ministre d’Etat » ou « milicien » en RCA ? Quand seulement avec une exploitation agro-alimentaire rationnelle on peut devenir millionnaire ? Plus riche qu’un ministre, et de façon légale sans tuer ou voler quelqu’un. Celui ou celle qui sait ce qu’est l’entreprenariat ne cherchera jamais à devenir fonctionnaire car il peut devenir millionnaire en étant son propre patron. Hier encore, j’avais un écho d’un cadet qui a travaillé dans mon champ et aujourd’hui est à son compte. Et pour sa première tentative il fait chiffre d’affaire de 11 millions de francs, sur un hectare en seulement quatre mois.
Et je ne parle pas de projection, je parle de faits, de mon expérience propre. De ce que j’ai fait moi-même et que des jeunes inspirés par mon expérience, et formé dans mes champs ont réalisé eux-aussi. Comment le Centrafricain peut encore être dans la mendicité quand le pays possède de telles ressources naturelles agricoles et halieutiques et que nos voisins importent d’Europe ou d’Asie leur nourriture ? La CEEAC compte plus de 150 millions de personnes qui tous ont besoin de manger, pourquoi la RCA ne se positionne-t-elle pas sur ce marché juteux ? Au lieu de se tirer dessus pour des places au gouvernement ou au CNT, alors que leurs caisses sont vides, nous devrions nous tourner vers une autre voie, celle de l’entreprenariat, de l’exploitation rationnelle de nos ressources agricoles et halieutiques. Et encore je ne vous ai pas parlé de l’exploitation des essences de fleurs comme le jasmin utilisé par le marché des parfums de luxe et dont le kilo se négocie au bas mot à 80 000 € soit plus de 52 millions de francs le kilo. Pourquoi la jeunesse est tenue à l’écart de ça ? Cultiver des fleurs pour développer l’économie du pays, pourquoi on se refuse ça pour préférer la barbarie ? Ce pays peut être transformé en un paradis en très peu temps, avec un peu d’imagination, beaucoup d’audace, d’ambition, de rigueur et de sueur.
Il y a tellement chose dont je voudrais parler aux Centrafricains, comme dans l’architecture et ses méthodes qui divisent par dix le prix d’une belle maison, salubre, bioclimatique et confortable. Seulement à partir de la terre crue. Plus besoin d’acheter le sac de ciment à 17 000 francs, quand ici au Sénégal il est à 3500 francs. Les solutions existent, mais encore faut-il aller les chercher, les expérimenter et ensuite les partager et les étendre à une plus grande échelle.
Je ne peux malheureusement pas dérouler ici tout ce que compte mettre en place le PRP. Mais je le répète, le temps du blabla est terminé, il faut nous des hommes d’action, mais des hommes d’action qui agissent en hommes de pensée et qui pensent en homme d’action. Telle est notre éthique et ce vers quoi tendent tous nos militants et militantes au sein du PRP Fini l’assistanat, fini la mendicité, fini la seule voie du fonctionnariat, fini les dormeurs, place enfin aux entrepreneurs, aux visionnaires.
7) Comment fonctionne le PRP au Sénégal et en Centrafrique ?
J’ai pris presque une année pour finaliser le travail de pré-campagne avec mes partenaires panafricains. Nous avons travaillé sur tous les sujets : l’école, la recherche, la santé, l’armée, la femme, l’entreprenariat, la diplomatie, les institutions, etc. Aussi nous avons sollicité les meilleurs spécialistes panafricains que j’ai eu à côtoyer durant tout mon parcours et d’autres non-panafricains également. Ainsi ai-je eu à travailler avec des personnes lauréates des plus grandes distinctions mondiales comme ce mathématicien médaillé Fields (équivalent du Prix Nobel de mathématiques) qui nous aidé pour élaborer nos programmes d’enseignement novateur et créatif des mathématiques. Tout ça pour dire que l’expérience de victoire que propose le PRP est vraiment intense et poussera je l’espère tout un chacun à élever le niveau et à ne plus se contenter des paroles en l’air comme c’est le cas aujourd’hui.
Aussi, très prochainement je dois rentrer pour achever la deuxième phase qui consistera à lancer le départ des activités du PRP. Et je donne RDV à mes militants, aux Centrafricains et à la presse centrafricaine, afin que tous voient de leurs propres yeux, ce que nous entendons par organisation, par propositions, par actions, par stratégies, par « géo-panafricanisme d’expansion ». Je veux que les gens me jugent sur ce que je produis, par sur des futilités, des critères mineures ou grossiers.
8) Selon vous, comment cette crise est arrivé en Centrafrique, un pays laïc qui vivait en parfaite harmonie entre les communautés ?
Premièrement, en tant que panafricain je récuse ce terme de « laïc ». Nous ne sommes pas un pays « laïc » et j’espère que ne nous le serons jamais. Etymologiquement, le terme « laïc » vient du grec classique« laikos » qui en substance signifie « ignorant ». Car dans la société antique et médiévale européenne, le monde était divisé en deux : les « clercs », ceux qui savent ; et les « laïcs », ceux qui ne savent pas (le peuple). Si des Français ignorants de leur propre culture aiment à se présenter comme « ignorants » (laïcs), c’est leur problème. Vous remarquerez que dans le monde le seul pays occidental qui se proclame ouvertement « ignorant » (laïc) c’est la France. Ni le Royaume-Uni, ni l’Allemagne, ni l’Italie, ni les Pays-Bas, ni le Canada, ni même les USA ne revendiquent ce sobriquet. Et nous, qui aimons nous proclamer « intellectuel » (sic) à tout va, nous reproduisons le même erreur que la France républicaine. Dans tous ces pays que j’ai cités il existe des communautés de confessions différentes, et nul d’entre eux n’a besoin de se proclamer « laïc » pour dire que les communautés religieuses se respectent et que l’Etat les respecte en retour. Donc je refuse et récuse, cette histoire de laïcité à la française sur le sol centrafricain. A Dieu ce qui appartient à Dieu à César ce qui appartient à César. Que la France reste avec ses problèmes, pas la peine que nous les importions chez nous. Ca c’est le premier point. Deuxièmement, il faut reconnaitre que des êtres iniques, diaboliques, méphistophéliques ont sciemment instrumentalisé en Centrafrique la religion à des fins bassement politique coûtant la vie à des milliers d’innocents. Le sang de ces innocents est sur eux, comme sur toutes les personnes ou entités qui à travers le monde instrumentalisent la religion. Or nous savons qu’à chaque fois l’on a voulu instrumentaliser les gens dans des guerres interconfessionnelles, cela s’est traduit par le chaos. Même des peuples qui paraissent ultra-pacifiques dans l’imaginaire général deviennent de vrais barbares, de vrais monstres dès qu’ils se mettent à utiliser frauduleusement la religion à des fins personnelles. C’est le cas de la Birmanie, par exemple, dont la population est majoritairement bouddhiste, une religion qui est généralement vu comme très pacifique. Dès que les politiciens birmans ont voulu utiliser la religion bouddhiste pour leurs calculs politiques, ils sont devenus aussitôt des génocidaires de la communauté birmane musulmane. Idem en Indonésie, qui est le pays musul
Centrafrique: une nouvelle stratégie de gestion de dons et financements mise en place par la gouvernement
Bangui (CNC) 06-11-2014, 04h27: Désormais, les truands de la transition en Centrafrique ne savent comment détourner une partie d’un éventuel don de l’extérieur alloué à la République centrafricaine. Le gouvernement de la transition vient de mettre en place une structure pour la gestion des ressources financières extérieures. Cette structure dite “Dispositif de Coordination nationale de l’aide Multi-bailleurs” sera chargée d’assurer le suivi des aides financières au gouvernement centrafricain.
En présence du premier ministre centrafricain de transition, Mahmat Kamoun et de plusieurs partenaires au développement, la cérémonie d’inauguration de ce mécanisme a été organisée hier 05 novembre 2014 à Bangui, au ministère de l’économie. Ce mécanisme de coordination permettra aux Centrafricains d’avoir une clarté dans la gestion des ressources financières reçues des Bailleurs.
” La coordination de l’aide permet au gouvernement et les partenaires de savoir combien nous avons mobilisé sur les promesses qui ont été faites par tel ou tel Bailleurs; et qu’est-ce qu’on a fait et qu’est-ce que on attend. C’est pour de bien gérer et avec efficacité tout ce que nous recevons de nos partenaires”, a fait savoir Mahmat Kamoun.
Une initiative qui vient juste après les affaires d’un probable détournement d’une partie du don angolais à la République centrafricaine qui ont fait de polémique dans le pays.