Le ministre conseiller Pascal Bida Koyagbele accuse les déplacés de Mbongossoua de simuler pour un troisième dédommagement : « Ils font malin pour dormir sous les bâches » pour demander de l’argent
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Près de 2 000 personnes vivent sous des bâches depuis les inondations de 2023. L’île Mbongossoua, village doré du projet avorté de Crypto-Island, les a vus partir sans espoir de retour.
Pascal Bida Koyagbele parle. Le ministre conseiller chargé des Grands Travaux à la présidence de la République ne mâche pas ses mots. Face aux caméras, il défend la version officielle avec une assurance des fous . Les habitants ? Déjà indemnisés. Deux fois même. En 2010 d’abord. Puis en 2017. « On leur a même trouvé un espace pour qu’ils puissent se reloger », affirme-t-il dans sa folie.
Mais voilà. Ces gens refusent de partir. Ils s’accrochent à leurs bâches, dorment dans la boue, supportent la pluie et le soleil. Pourquoi ? Koyagbele a son explication. « Ils font malin pour dormir sous les bâches ». La phrase tombe comme un couperet. Le conseiller suggère que ces familles jouent un jeu. Un calcul froid. Rester dans la misère pour décrocher un troisième dédommagement.
Il va encore plus loin. Évoque des « revenus mensuels » liés à leur statut de déplacés. Une aide qui, selon lui, transforme leur malheur en stratégie financière. Certains préfèreraient rester là, volontairement, depuis deux ans maintenant. Attendre. Calculer. Encaisser.
Siopathis Mbassi vit sous une bâche. Elle témoigne d’un abandon total. « On a l’impression d’avoir été oubliés par le gouvernement, comme si on n’était pas des Centrafricains. » Sa voix porte la fatigue de mois d’attente. Les familles ne peuvent retourner sur l’île que pour prier à l’église Sauvé des Eaux. Rien de plus.
Le conseiller compare ensuite la Centrafrique à ses voisins. « Autour des pays là, elles sont malades. » Une phrase énigmatique qui laisse entendre que la RCA gère mieux ses crises. Que d’autres nations sombrent tandis que Bangui tient bon. Et que certains, ici, chercheraient à profiter du système en prolongeant artificiellement leur détresse.
Dans les milieux banguissois, on murmurent. Beaucoup considèrent Koyagbele comme mentalement troublé. Ses propos contre des gens qui dorment dehors choquent même ses pairs. « ce type est vraiment malade », murmurent certains dans la capitale. D’autres parlent de déconnexion totale avec la réalité du terrain.
Selon le dictateur Faustin-Archange Touadera, le projet Crypto-Island devait transformer l’île en paradis fiscal pour cryptomonnaies. Il ne reste aujourd’hui que des promesses mortes et des familles coincées entre deux rives. Le gouvernement annonce une relance des travaux en juin 2026. Les déplacés continuent d’attendre sous leurs bâches tandis que le conseiller à la présidence les accuse de comédie
Enquête exclusive : pourquoi le directeur général de l’ONASPORT, Hervé Sévérin Lidamon a -t-il été sanctionné? Ce qu’il a réellement fait à l’ONASPORT, et pourquoi l’un de ses gardes du corps a-t-il été arrêté ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/01/directeur-general-de-lONASPORT-Lidamon.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/01/directeur-general-de-lONASPORT-Lidamon.jpg” alt=”Enquête exclusive : pourquoi le directeur général de l’ONASPORT, Hervé Sévérin Lidamon a -t-il été sanctionné? Ce qu’il a réellement fait à l’ONASPORT, et pourquoi l’un de ses gardes du corps a-t-il été arrêté ?” width=”300″ height=”225″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/01/directeur-general-de-lONASPORT-Lidamon.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/01/directeur-general-de-lONASPORT-Lidamon-80×60.jpg 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/01/directeur-general-de-lONASPORT-Lidamon-265×198.jpg 265w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Le directeur de l’ONASPORT, monsieur Sévérin Lidamon
Derrière la suspension du directeur général de l’ONASPORT Hervé Sévérin Lidamon, se cache une réalité bien plus lourde que ce que l’arrêté ministériel du 9 mars 2026 laissait entrevoir, une réalité découverte en présence des plus hautes autorités de tutelle.
Quand le ministre Rodolphe Héritier Bonheur Doneng Wanzoumon et ses équipes se sont rendus sur les sites gérés par l’ONASPORT, ce qu’ils ont trouvé a visiblement dépassé leurs attentes. D’abord, au niveau des gradins du stade 20 000 places, un local jadis occupé par une ressortissante marocaine, avait été récupéré, pour ne pas dire confisqué par Hervé Sévérin Lidamon et transformé en une géante chambre froide. Lisez-bien ceci, cette chambre froide, Hervé Sévérin Lidamon l’a équipée de 187 congélateurs. Plus grave, ces appareils électroménagers provenaient en grande partie de clients qui n’ont pas payé leur loyer d’espace dans le stade. Et en plus, ces biens saisis, stockés là par les prédécesseurs de monsieur Hervé Sévérin Lidamon. Mais dès que ce type est nommé à ce poste, il récupère immédiatement ces congélateurs pour mettre à son service commercial personnelle, montée dans un bâtiment public.
Le plus dangereux reste à venir. Lisez bien ceci! Pour alimenter cette installation, Hervé Sévérin Lidamon a bricoler des câbles électriques de toute part sur le réseau de l’ENERCA. Un véritable voleur si on peut le dire, d’autant plus qu’il a fait cela sans contrat avec l’ÉNERCAA : l’infrastructure de l’État portait les charges d’un commerce privé.
Et ce n’était pas tout. Hervé Sévérin Lidamon continue son dégât. Du côté du complexe Omnisport, il a bâti des petits restaurants, pour ne pas dire des zougoulou, l’un à côté de l’autre. Six en tout. Ces zougoulou ont été remis et occupés par ses maîtresses. Incroyable!
Et ça continue! Au niveau du stade Barthélemy Boganda, Hervé Sévérin Lidamon a installé une deuxième géante chambre froide, avec vente d’eau glacée et de glace à l’entrée de l’enceinte.
Devant ces constats dressés en sa présence, le ministre et ses supérieurs hiérarchiques ont voulu en parler à Hervé Sévérin Lidamon. Mais sa réponse a stupéfait tout le monde : il leur a rétorqué qu’il avait été nommé par décret comme eux, et que chacun devait s’occuper de ses affaires. Ce mépris affiché envers le premier ministre et le ministre de tutelle a fini de sceller son sort.
L’arrêté de suspension signé le 9 mars 2026 a donc suivi. Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là. Le lendemain, lors de la passation de service prévue entre Lidamon et son successeur par intérim, l’ancien directeur général ne s’est pas présenté. La cérémonie a échoué. Et ce n’est que le mercredi 11 mars, à l’arrivée du directeur général par intérim dans le bureau, qu’une kalachnikov AK-47, chargeur plein, a été découverte posée dans un coin de la pièce. La gendarmerie a été aussitôt appelée pour constater les faits.
La veille pourtant, un élément des Forces armées centrafricaines attaché à la garde de Lidamon avait déjà tenté d’empêcher l’équipe de l’Inspection d’État et les huissiers de procéder à la passation, en engageant des munitions à canon sur son arme. Les gendarmes sont intervenus, ont maîtrisé le militaire, et l’ont conduit à la Section de recherches et d’investigation, où il était encore retenu au moment de la rédaction de cet article.
L’AAKG dément formellement la propagande de Wagner reprise textuellement par le ministère de la Défense et le ministère de la Communication
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/les-miliciens-azande-en-formation-a-obo-en-avril-2024.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/les-miliciens-azande-en-formation-a-obo-en-avril-2024.jpg” alt=”L’AAKG dément formellement la propagande de Wagner reprise textuellement par le ministère de la Défense et le ministère de la Communication” width=”300″ height=”174″ />Les miliciens Azandé pendant leur formation par les mercenaires russes de la société Wagner
Quelques heures avant la libération de Zamparini Roux François Antoine, la Coordination du groupe Azande Ani Kpi Gbé avait rendu public un communiqué pour démonter les allégations fabriquées par Wagner, reprises mot pour mot par le ministère de la Défense nationale et le ministère de la Communication, porte-parole du gouvernement centrafricain.
La Coordination du groupe AAKG a rejeté catégoriquement toute idée de lien entre ses combattants et Zamparini Roux François Antoine, travailleur humanitaire de Médecins Sans Frontières-RDC, arrêté à Zémio par des éléments Wagner et des soldats des FACA. L’organisation a été nette : cet homme n’a jamais eu le moindre contact avec ses structures dans le Haut-Mbomou, et son travail se limitait au secours des populations civiles de Zémio ainsi qu’aux déplacés centrafricains réfugiés à Zappay, en République démocratique du Congo.
En retournant les accusations dans leur sens, l’AAKG a pointé la responsabilité directe de Bangui dans la dégradation de la situation dans cette préfecture du Sud-Est. Le groupe soutient que le désengagement de l’État centrafricain de ses fonctions régaliennes a ouvert la voie à Wagner, auquel la gestion sécuritaire de plusieurs zones a été confiée, laissant la communauté Azande exposée à des violences, des disparitions et ce que l’organisation décrit comme des tentatives d’extermination.
L’AAKG a également mis en cause l’ouverture d’un couloir de transhumance décidé par la MINUSCA avec l’aval du gouvernement centrafricain, que la communauté Azande refuse au motif qu’il ignore les réalités locales et menace les terres ancestrales. La coordination affirme que les opérations menées par Wagner pour imposer ce passage par la force ne sont que la réponse aux résistances que le groupe oppose au nom des civils du Haut-Mbomou.
Face à cette situation, l’AAKG a exigé la libération immédiate de Zamparini et de tous les personnels humanitaires retenus dans la région, le respect du droit humanitaire international, et la cessation des accusations portées contre les organisations œuvrant dans le Haut-Mbomou. Le groupe a par ailleurs averti que pointer des humanitaires, des opposants ou de simples civils comme financiers ou alliés de l’AAKG relève d’une manœuvre sans fondement, et que le conflit dans le Haut-Mbomou ne trouve pas sa source dans les calculs du pouvoir en place à Bangui.
Le Mouvement Ikoué Gui Oko interpelle Touadéra après les déclarations télévisée de monsieur Dmitri Podolsky , un mercenaire de la milice Wagner sur la sécurité centrafricaine
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/regis-sikangba.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/regis-sikangba.webp” alt=”Le Mouvement Ikoué Gui Oko interpelle Touadéra après les déclarations télévisée de monsieur Dmitri Podolsky , un mercenaire de la milice Wagner sur la sécurité centrafricaine” width=”400″ height=”266″ />Régis Sikangba
Dmitri Podolsky , un officier du Groupe Wagner s’est exprimé publiquement sur la politique sécuritaire de la République Centrafricaine, et le Mouvement Ikoué Gui Oko n’entend pas laisser passer cela sans réponse.
Dans une déclaration officielle signée de Régis Sikangba, Membre de la Ligue Internationale des Droits de l’Homme et Président de Mouvement Ikoué Gui Oko, le mouvement dit avoir suivi avec une attention particulière l’interview accordée le 3 février 2026 sur la chaîne RT par Dmitri Podolsky, présenté comme conseiller du président Touadéra en matière de sécurité. Ce que cet officier mercenaire a dit lors de cet entretien touche, selon le mouvement, à des questions qui n’appartiennent qu’aux institutions centrafricaines : la souveraineté nationale, la gouvernance sécuritaire et l’organisation de l’appareil d’État.
Pour le Mouvement Ikoué Gui Oko, il existe une ligne que nul accord de coopération militaire ne peut franchir : celle qui sépare l’assistance étrangère des responsabilités régaliennes de l’État. Toute prise de parole engageant la politique sécuritaire nationale relève, par définition, des seules autorités centrafricaines légalement établies, et non d’un ressortissant étranger sous contrat.
C’est pourquoi le mouvement formule trois demandes officielles, adressées chacune à un échelon précis du pouvoir. Il demande d’abord au conseiller militaire du président d’informer la Nation sur sa connaissance de cette interview et sur l’appréciation qu’il en fait. Il demande ensuite aux officiers supérieurs et généraux des FACA d’éclairer l’opinion sur la chaîne de commandement et sur la manière dont l’autorité nationale y est préservée.
La troisième demande, et non la moindre, est adressée directement à la Présidence de la République : que Son Excellence Faustin-Archange Touadéra dise clairement si les déclarations de Dmitri Podolsky engagent ou non la position officielle de l’État centrafricain.
Il y’a lieu de rappeler que le Mouvement Ikoué Gui Oko est une organisation de la société civile centrafricaine. Cette organisation est axée sur l’Idéaux de la démocratie, Responsabilité, Justice, Transparence, défense des droits humains,…
Déséquilibres monétaires : Martin Ziguelé appelle à une discipline stricte dans la conduite des affaires publiques en RCA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/07/Martin-Ziguele.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/07/Martin-Ziguele.jpg” alt=”Déséquilibres monétaires : Martin Ziguelé appelle à une discipline stricte dans la conduite des affaires publiques en RCA” width=”300″ height=”176″ />Martin Ziguelé, Président du parti MLPC, membre de la commission finances à l’assemblée nationale centrafricaine
Martin Ziguelé, député de Bocaranga 3 et membre de la Commission des finances à l’Assemblée nationale, appelle à une discipline stricte dans la conduite des affaires publiques. Dans son intervention à Tribune de l’économie sur Guira FM, il insiste sur la nécessité de traiter les ressources de l’État comme un bon père de famille gère son foyer : dépenser seulement ce que l’on a, honorer ses engagements et éviter de vivre à crédit.
Le cœur du message : arrêter l’indiscipline budgétaire
Selon Martin Ziguelé, le problème principal réside dans la mauvaise gestion des ressources rares du pays. Il explique que les déficits budgétaires répétés, financés par un endettement bancaire lourd, créent des déséquilibres monétaires. L’État puise massivement dans les banques locales pour couvrir ses dépenses, ce qui réduit les disponibilités pour les entreprises et les particuliers. Cet effet d’éviction freine l’investissement privé et maintient une pression sur l’économie réelle.
Il rappelle que la République centrafricaine fait partie de l’UMAC (Union Monétaire d’Afrique Centrale), où le franc CFA reste arrimé à l’euro via un accord politique. Cet arrimage garantit la convertibilité, mais il repose sur des réserves de change solides, notamment via le compte d’opérations auprès du Trésor français. Quand ce compte s’affaiblit – par manque de rapatriement des recettes d’exportations (bois, or, diamant) ou par des déficits non corrigés –, le risque d’ajustement monétaire augmente.
Les couches vulnérables paient le prix le plus élevé
Martin Ziguelé met en garde contre les conséquences d’une éventuelle dévaluation : ce sont les salariés, les paysans, les agriculteurs et les personnes à revenus modestes qui en subiraient le choc le plus fort. Il cite l’exemple de 1994, où la dévaluation a touché durement les plus fragiles. Pour lui, l’indiscipline budgétaire, financière et monétaire des dirigeants place ces populations en première ligne.
Les solutions concrètes proposées
Pour écarter ce risque, il liste plusieurs mesures essentielles :
– Accroître les ressources internes par une lutte réelle contre la corruption, grande et petite.
– Renforcer le compte unique du Trésor pour centraliser toutes les recettes prélevées au nom de l’État.
– Réduire les déficits budgétaires en limitant le recours à l’endettement onéreux.
– Faire transiter toutes les recettes des industries extractives (pétrole, mines, or, diamant, fer) par les circuits bancaires formels pour garnir le compte d’opérations et assurer une couverture des importations sur plusieurs mois.
Il souligne que la CEMAC forme un bloc : une dévaluation, si elle survenait, toucherait les six pays ensemble. Chacun doit respecter les critères de convergence, mais l’application reste individuelle. Sans discipline collective, les signaux actuels persistent.
Martin Ziguelé conclut en rappelant que la stabilité monétaire se gagne par une gestion responsable. Les ressources de l’État ne sont pas infinies : il faut les administrer avec prudence pour protéger le pouvoir d’achat et l’avenir des Centrafricains.
Ouadda-Maïkaga : un commerce illicite de munitions de chasse met le détachement FACA et les eaux et forêts au bord de l’affrontement
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Des-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-du-chantier-minier-de-Keye-a-10-kilometres-de-Ouanda-Djalle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Des-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-du-chantier-minier-de-Keye-a-10-kilometres-de-Ouanda-Djalle.jpg” alt=”Ouadda-Maïkaga : un commerce illicite de munitions de chasse met le détachement FACA et les eaux et forêts au bord de l’affrontement” width=”300″ height=”135″ />Des soldats FACA et leurs supplétifs russes noirs de retour du chantier minier de Keye, à 10 kilomètres de Ouanda-Djallé sur l’axe de Ouadda-Maïkaga
À Ouadda-Maïkaga, située à 204 kilomètres de Bria, dans la Haute-Kotto, ce sont des cartouches de chasse vendues illégalement à ciel ouvert par un homme de mains du capitaine, chef du détachement des FACA qui ont mis le feu aux poudres entre les militaires de l’armée nationale et les eaux et forêts.
En effet, le capitaine chef du détachement de l’armée nationale à Ouadda-Maïkaga avait pris l’habitude de confier des munitions de chasse, cartouches double zéro et autres calibres — à un jeune homme du coin, chargé de les vendre sans discrétion sur le marché local. Un commerce qui ne cachait même plus son existence.
Mais la semaine dernière, tout a basculé. Un auxiliaire des eaux et forêts, Ali, est allé au marché, et a repéré la vente illicite de ces minutions. Il a aussitôt alerté son supérieur, le chef du cantonnement forestier, monsieur Robert. Ce dernier lui a aussitôt donné l’ordre de saisir la marchandise, conformément à ses attributions.
Mais le vendeur, de son côté, a fait de la résistance. Il a refusé d’obtempérer. Sachant que les munitions appartenaient au capitaine, il a cherché l’affrontement avec Ali, l’auxiliaire des eaux et forêt, déclenchant un violent affrontement entre les deux protagonistes.
Pendant ce temps, des soldats FACA, présents dans le marché, ont rapidement intervenu. Ils ont pris fait et cause pour leur chef : ils ont récupéré les munitions et renvoyé l’auxiliaire les mains vides.
Pendant ce temps, le capitaine était alors absent. Il est parti à Boungous, à 45 kilomètres de là, pour une opération contre des éleveurs.
À son retour, le vendeur lui a rapporté l’incident. Le capitaine a immédiatement ordonné l’arrestation d’Ali et envoyé ses hommes le chercher chez lui à trois reprises, sans succès.
À la troisième tentative, il a conduit lui-même une patrouille de cinq éléments jusqu’au domicile de l’auxiliaire. Ali n’y était pas. Les militaires l’ont finalement localisé chez Robert, et ont exigé qu’on le leur remette sur-le-champ.
Robert a refusé net. Il a rappelé aux soldats que c’est lui, et lui seul, qui avait ordonné la saisie — et qu’il en portait l’entière responsabilité. Les militaires sont repartis bredouilles informer leur capitaine que Robert a refusé de leur remettre Ali. Aussitôt, le capitaine ordonnent à ses éléments d’aller dire à Robert de venir vite le voir. Les militaires sont repartis chez Robert, lui dire de venir à la base des FACA, le capitaine a voulu le voir. Une fois de plus, Robert refus, et dire à ces militaires d’aller dire à leur capitaine qu’il ne peut pas se déplacer.
Entre le chef du détachement FACA et le chef de service des eaux et forêts, la tension reste suspendue, sans que l’une ou l’autre des deux parties n’ait encore bougé.
À Ouanda-Djallé, les chefs des quartiers demandent aux soldats FACA de regagner leur base à l’entrée de la ville
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/des-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/des-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto.webp” alt=”À Ouanda-Djallé, les chefs des quartiers demandent aux soldats FACA de regagner leur base à l’entrée de la ville” width=”500″ height=”457″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/des-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto.webp 500w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/des-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto-460×420.webp 460w” sizes=”auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px” />Des soldats FACA détachés à Sam-Ouandja, dans la préfecture de la Haute-Kotto
Dans le nord-est de la République centrafricaine, à près de 900 kilomètres de Bangui, la ville d’Ouanda-Djallé vit au rythme des abus répétés des soldats des Forces armées centrafricaines.
Ce qui se passe là-bas n’est plus un secret pour personne. Les habitants ont fini par mettre des mots clairs sur ce qu’ils endurent au quotidien : les militaires censés les protéger sont devenus leur première source d’inquiétude.
Parmi les faits récents qui ont mis le feu aux poudres, un soldat du nom de Florent, ivre, s’est rendu au domicile du sous-préfet, arme à la main, pour le menacer. Cette scène, à elle seule, dit beaucoup sur le niveau de dérèglement auquel on en est arrivé.
Dans la même semaine, un autre militaire, du nom d’Abakar, visiblement sous l’effet du tramadol, a bloqué un groupe de jeunes dans un coin du marché, prétextant la disparition de son téléphone. Ne pouvant désigner aucun coupable, il a simplement contraint chacun d’eux à lui remettre dix mille francs CFA.
Ces comportements ne tombent pas du ciel. Beaucoup de Centrafricains pointent du doigt les conditions dans lesquelles l’armée a été reconstituée depuis 2018, avec des recrutements menés à la va-vite, sans critères sérieux, intégrant d’anciens combattants de groupes armés sans véritable tri.
La formation dispensée par les instructeurs russes du groupe Wagner n’aurait fait qu’aggraver les choses. D’après les habitants, ces soldats ont appris à manier les armes, mais personne ne leur a jamais expliqué ce que signifie servir et respecter une population civile.
Résultat, ceux qui sont déployés en province arrivent dans les villes comme des hommes sans repères, sans discipline intérieure, et sans aucune notion des règles qui encadrent le comportement militaire en temps de paix.
À Ouanda-Djallé, les soldats ont quitté leur base située à l’entrée de la ville, sous prétexte d’une menace rebelle imminente, pour s’installer en plein centre, dans l’enceinte de l’Organisation des femmes centrafricaines, juste à côté de la mairie.
Depuis lors, les tirs intempestifs, les vols au marché et les intimidations se sont multipliés dans les quartiers résidentiels. Une partie des militaires loue même des maison dans les différents quartiers, ce qui les plonge au cœur de la ville, sans aucune distance.
Face à cette situation qui dure, les chefs de quartier se sont réunis et ont adressé une demande formelle au chef du détachement militaire dans la ville : que les soldats quittent le centre-ville et retournent dans leur base, à cinq kilomètres de là, à l’entrée de la localité.
De leur côté, les jeunes de la ville ont pris leur propre décision. Ils ont fait savoir qu’à partir de maintenant, tout soldat qui viendrait au marché pour provoquer ou rançonner les gens ne repartirait plus sans réponse. Le ton a changé, et la tension entre la population et les militaires
8 mars 2026 : le chef du bureau de la MINUSCA du Haut-Mbomou appelle les femmes à prier pour la libération de la sous-préfète de Bambouti
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/la-sous-prefete-de-bambouti-madame-koumba-ndiaye.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/la-sous-prefete-de-bambouti-madame-koumba-ndiaye.webp” alt=”8 mars 2026 : le chef du bureau de la MINUSCA du Haut-Mbomou appelle les femmes à prier pour la libération de la sous-préfète de Bambouti” width=”240″ height=”500″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/la-sous-prefete-de-bambouti-madame-koumba-ndiaye.webp 240w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/la-sous-prefete-de-bambouti-madame-koumba-ndiaye-202×420.webp 202w” sizes=”auto, (max-width: 240px) 100vw, 240px” />La sous-préfète de Bambouti, madame Koumba Ndiaye
Le chef du bureau de la MINUSCA du Haut-Mbomou a profité de la journée internationale des droits des femmes pour lancer un appel vibrant à toutes les femmes de ladite préfecture, réclamant la libération immédiate des deux otages féminines détenues par les miliciens azandés depuis Bambouti.
Le 28 décembre 2025, des miliciens azandés ont enlevé quatre personnes à Bambouti : la sous-préfète de la localité, le commandant de la brigade de gendarmerie, un agent de l’Autorité nationale des élections et un jeune employé du même service. Depuis ce jour, les quatre captifs sont retenus quelque part dans la brousse frontalière, et leurs familles vivent dans l’ignorance totale de leur sort.
Quatre mois plus tard, alors que les cérémonies du 8 mars se tenaient partout en République centrafricaine, personne parmi les autorités réunies à Bangui n’a jugé utile d’évoquer le cas de ces deux femmes toujours aux mains de leurs ravisseurs. Les discours officiels ont célébré la dignité féminine, l’égalité, le progrès, sans qu’un seul mot ne soit dit sur elles.
C’est le responsable du bureau onusien du Haut-Mbomou qui a comblé ce silence, en demandant aux femmes présentes à la cérémonie d’Obo de prier avec ferveur pour la libération sans conditions de la sous-préfète et de l’agente électorale. Un geste sobre, mais qui a pesé bien plus lourd que tous les discours du jour.
Car pendant que les tables étaient dressées et les tenues soignées pour marquer la journée, deux femmes centrafricaines attendaient toujours, dans une forêt que personne ne contrôle vraiment, que quelqu’un pense enfin à elles.
Moins de trois semaines après la visite avortée de Marcelo Rebelo de Sousa à Bangui, c’est au tour de Macron d’envoyer son ministre des Affaires étrangères en RCA pour discuter avec Touadera le problème d’un autre français arrêté par les Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/francois-zampareni-cadre-de-msf-rdc.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/francois-zampareni-cadre-de-msf-rdc.webp” alt=”Moins de trois semaines après la visite avortée de Marcelo Rebelo de Sousa à Bangui, c’est au tour de Macron d’envoyer son ministre des Affaires étrangères en RCA pour discuter avec Touadera le problème d’un autre français arrêté par les Wagner” width=”400″ height=”888″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/francois-zampareni-cadre-de-msf-rdc.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/francois-zampareni-cadre-de-msf-rdc-189×420.webp 189w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />François Zampareni, cadre de MSF-RDC
La République centrafricaine a cessé d’être un État au sens propre du terme. Ce que Wagner y impose depuis des années dépasse ce que n’importe quel observateur du monde peut imaginer. En réalité, c’est un territoire d’Outre-Mer de la Russie.
Pour ceux qui ne le savent pas encore, en RCA, c’est le groupe Wagner qui décide de tout, et personne ne dit le contraire. Aucune autorité, aucune institution, aucune voix ne s’y oppose. Ce que Wagner ordonne est exécuté, ce que Wagner interdit reste interdit. C’est dans ce contexte verrouillé de toutes parts que François Zampareni, cadre français de MSF-Suisse basé en RDC, vient d’être arrêté à Zémio.
Pour illustrer cette histoire, il faut remonter en 2024 à Zemio. En mai 2024, le chercheur belgo-portugais Joseph Figueira Martin avait été pris dans la même stratégie des Wagner à Zémio, condamné à dix ans de travaux forcés pour espionnage au terme d’une procédure fabriquée de toutes pièces par Wagner.
Pour tenter d’obtenir sa libération, le président portugais sortant Marcelo Rebelo de Sousa avait fait le voyage à Bangui le 24 février dernier. Lisbonne avait même affrété un avion pour le rapatrier. Mais le Président portugais est retourné dans son pays les mains vides, furieux, repartant sans même s’asseoir au dîner officiel prévu en son honneur. Touadéra n’avait rien livré, parce que Touadéra ne peut rien livrer : ce n’est pas lui qui tranche, ce sont les russes qui décident.
Devant ce mur, Marcelo Rebelo de Sousa a perdu patience. Il a menacé de retirer ses soldats de la MINUSCA, de couper la coopération bilatérale et de peser de tout son poids à l’Union européenne pour déclencher des sanctions ciblées contre Bangui. Il est reparti sans même s’asseoir au dîner officiel prévu en son honneur. Ce que le président portugais a compris ce jour-là, Emmanuel Macron le répète depuis longtemps : Touadéra est lui-même otage de Wagner dans son propre pays.
Moins de trois semaines après cette visite avortée, le même engrenage s’est remis en marche. Le 4 mars, Corbeau News Centrafrique lançait une alerte sur l’arrestation de François Zampareni, cadre français de MSF-Suisse basé en RDC, interpellé à Zémio par des éléments Wagner. Ce n’était pas une arrestation au hasard : c’est le sous-préfet de Zémio en personne qui l’avait convié à une réunion officielle sur les modalités logistiques de MSF. Zampareni avait franchi la rivière Mbomou en réponse à cette invitation des autorités locales.
C’est dans ce contexte que Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, doit se rendre à Bangui le 12 mars prochain pour rencontrer Touadéra. Ce sera la première visite officielle d’un ministre français des Affaires étrangères en RCA depuis près de sept ans. Macron, qui avait lui-même qualifié Zampareni d’otage de Wagner, envoie donc son ministre négocier avec un homme qui n’a aucun pouvoir de négocier quoi que ce soit. Le président portugais en est revenu avec une certitude amère et un avion vide. La France arrive avec les mêmes espoirs, face au même mur.
Mais ce que Jean-Noël Barrot ignore peut-être, c’est que Sylvie Baïpo-Témon, ministre des Affaires étrangères de la RCA, a déjà annoncé qu’elle ne se déplacera pas à l’aéroport pour l’accueillir. Elle a dit clairement que ceux qui ont invité le ministre français peuvent aller l’accueillir eux-mêmes, l’ambassade de France ou qui que ce soit d’autre, mais pas elle. Et ce n’est pas tout : Baïpo-Témon a prévenu qu’elle a des quatre vérités à dire au ministre français lors de leur rencontre, parce que la France l’a, selon elle, trop longtemps malmenée.
Les griefs de Baïpo-Témon envers la France ne datent pas d’hier. À chaque fois qu’elle se rend en France, elle dit avoir été maltraitée, rabaissée, mal reçue. Mais ce qui a mis le feu aux poudres récemment, c’est son comportement à bord d’un vol Air France en direction de Bangui. Selon les informations disponibles, le commandant de bord avait envisagé de la décharger de l’avion, estimant qu’elle avait trop perturbé le vol. La compagnie Air France a d’ailleurs cessé sa liaison vers Bangui depuis le 1er février. Baïpo-Témon voit donc dans la venue de Barrot l’occasion rêvée de régler ses comptes avec Paris, pendant que Zampareni attend dans une cellule ce que Wagner décidera de son sort.
Pendant ce temps, Wagner continue sa propagande sur ;les réseaux sociaux et dans les médias sous son contrôle. En effet, pour tenter d’habiller cette arrestation d’un vernis de légitimité, Wagner a inondé les réseaux sociaux de textes générés par intelligence artificielle, dépeignant Zampareni comme un agent de Paris chargé de déstabiliser le régime de Touadéra. Le ministère de la Défense centrafricain a publié le 9 mars 2026 un communiqué reprenant mot pour mot ce récit fabriqué, avec simplement l’armoirie de la RCA collée en haut de page. Ce n’est pas un ministère qui parle : c’est une cellule de propagande de Wagner qui se déguise en institution d’État. La seule différence entre le texte de Wagner et le communiqué officiel, c’est ce logo imprimé.
Ça y est, ça y est : Wagner a activé ses marionnettes et ses roulés de propagande au gouvernement pour justifier l’arrestation du cadre français de MSF
Le gouvernement centrafricain vient de produire l’un de ses communiqués les plus idiot et pathétique depuis longtemps, un récit fabriqué de toutes pièces pour habiller en opération sécuritaire ce qui n’est, au fond, qu’une arrestation totalement illégale instrumentée par Wagner contre un humanitaire en mission officielle.
Le clepto-mythomane Maxime Balalou, officiellement ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, mais dans les faits porte-parole attitré de Wagner, a pris la parole pour noyer l’opinion sous un flot d’accusations sans fondement. Son discours mêle un prétendu séjour illégal en 2014, une soi-disant formation dispensée à des rebelles du mouvement Révolution et Justice, et une conclusion toute faite : le nommé François Antoine Zamparini Roux serait un mercenaire déguisé en humanitaire.
Le tout sans produire la moindre preuve, sans citer Wagner une seule fois, alors que c’est précisément Wagner qui a procédé à l’arrestation à Zémio.
Ce qui rend ce récit encore plus grossier, c’est que les vérifications auprès de MSF Suisse ont confirmé que l’homme travaille bel et bien pour cette organisation, déployé en République démocratique du Congo. Balalou a pourtant affirmé devant les caméras que son nom ne figurerait sur aucune liste officielle du personnel de MSF, une contrevérité que les instances de l’organisation humanitaire peuvent démentir en quelques secondes.
François Antoine Zamparini Roux n’était pas à Zémio par hasard, ni pour la première fois. C’était sa troisième visite dans cette ville frontalière, chaque venue ayant fait l’objet de réunions officielles avec les autorités sous-préfectorales, le maire, le préfet et le sous-préfet. L’objet de ces démarches était précis et documenté : négocier l’utilisation de l’aérodrome de Zémio pour les rotations des avions de MSF, afin de desservir le village congolais de Zapay, situé à quelques kilomètres de l’autre côté de la rivière Mbomu. Ce village abrite une communauté de réfugiés centrafricains, et pour les atteindre depuis Angor en RDC, il faut parcourir 152 kilomètres sur des pistes dégradées. Zémio offrait un raccourci humanitaire évident.
Ce vendredi -là, c’est le sous-préfet de Zémio lui-même qui a appelé l’humanitaire par téléphone pour lui demander de rejoindre d’urgence la réunion de sécurité déjà entamée. L’homme a traversé la frontière en pirogue, participé à la réunion en présence des autorités locales, puis s’est rendu à l’hôpital pour y retrouver les équipes de MSF. C’est dans ce contexte parfaitement connu et balisé que Wagner est venu l’arrêter, avant que Balalou ne monte à la tribune pour raconter autre chose.
Après “J’ai le copie dans ma bureau”, Tanza Saint-Cyr revient avec “la dossier du guerre” en Iran
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/05/Saint-Cyr-TANZA-bon.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/05/Saint-Cyr-TANZA-bon.jpg” alt=”Après “J’ai le copie dans ma bureau”, Tanza Saint-Cyr revient avec “la dossier du guerre” en Iran” width=”300″ height=”275″ />Le candidat à la présidentielle qui fait rire tout le momde, monsieur Saint Cyr TANZA
Les Centrafricains commençaient à peine à digérer le “J’ai le copie dans ma bureau” que Tanza Saint-Cyr leur a servi un nouveau cadeau. Ce mardi 10 mars 2026, l’ancien candidat déclaré à la présidentielle du 28 décembre 2025 a publié sur sa page Facebook une annonce au fond rouge vif : il serait ce soir-là l’invité de la Voix d’Amérique pour débattre de la situation internationale de l’Iran, rendez-vous fixé à 21h15.
La publication a aussitôt circulé dans tous les groupes WhatsApp du pays, avec la même vitesse que ses sorties précédentes. Ce n’est pas tant le sujet qui a déclenché les rires, après tout, n’importe qui peut être invité à parler de géopolitique, mais la façon dont le texte était écrit, truffé de fautes graves, et surtout le choix de l’Iran comme terrain d’expertise pour un homme que ses propres voisins du quartier Ramandji décrivent comme n’ayant pas dépassé le CM2.
Les commentaires ont fusé dans la foulée. Certains ont simplement demandé sur quelle chaîne exactement, d’autres ont réclamé qu’on laisse l’affaire iranienne en paix. Mais c’est un internaute qui a tout résumé avec une formule lapidaire, reprise et partagée partout :
Tanza était invité pour parler de “la dossier du guerre” en Iran. Cette petite phrase, construite sur le même registre que son célèbre “J’ai le copie dans ma bureau”, a suffi à transformer la publication en objet de dérision collective.
Ce qui frappe dans ce nouveau cycle, c’est sa régularité presque mécanique. Depuis le débat de la radio Ndèkè-Luka où il avait confondu le Conseil constitutionnel avec un “conseil consultatif”, chaque sortie de Tanza Saint-Cyr suit le même parcours : publication, capture d’écran, diffusion massive, puis déferlée de commentaires hilares.
Un internaute a même glissé qu’il se demandait parfois si c’était bien lui qui écrivait, ou quelqu’un d’autre tapi derrière son nom pour “faire le malin.”
La publication arrive aussi quelques jours après qu’une jeune femme, rapidement surnommée “l’épouse de Tanza” dite Tanzanie par les internautes, avait elle-même alimenté la chronique en prenant publiquement position sur les affaires du pays. Le fait que les deux épisodes se soient enchaînés aussi vite n’a pas échappé aux observateurs des réseaux, qui y ont vu la confirmation que le personnage est désormais entré dans une sorte de feuilleton dont personne, pas même lui, ne semble vouloir arrêter les épisodes.
Air France fuit la RCA à cause de Baïpo-Temon : Koï, le griot, confirme l’amateurisme mortel du régime !
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/07/retour_de_touadera_de_voyage_officiel.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/07/retour_de_touadera_de_voyage_officiel.jpg” alt=”Air France fuit la RCA à cause de Baïpo-Temon : Koï, le griot, confirme l’amateurisme mortel du régime !” width=”300″ height=”199″ />Retour de Touadera de voyage
En décembre dernier, la compagnie Air France a menacé de couper les ponts avec Bangui en janvier, en tout cas à la fin du mois en question à cause de l’incident majeur provoqué par Sylvie Baïpo-Temon. Koï, griot du régime, confirme les informations publiées par la rédaction du CNC et balance tout…. Mais l’homme oublie qu’il est complice du chaos qu’il dénonce !
L’affaire Air France est devenue l’exemple parfait du naufrage diplomatique sous Faustin Archange Touadéra : une compagnie aérienne historique, partenaire stratégique pour les liaisons Paris-Bangui, qui menace de suspendre ses vols (et finit par le faire selon plusieurs sources récentes) à cause des « sorties scabreuses » et des « débordements » de la ministre des Affaires étrangères, Sylvie Baïpo-Temon. Euloge Doctrouvé Koï, dans son live explosif, confirme sans détour : c’est « un incident diplomatique majeur », provoqué par une « action unilatérale » et des « déclarations » maladroites de la ministre. Il parle d’« amateurisme qui a franchi les murs du département », de « tensions inutiles » créées par l’humeur de Baïpo-Temon, et d’un impact qui « fragilise nos liaisons stratégiques » et accentue l’« isolement international » de la Centrafrique.
Koï décrit l’événement comme un coup de poignard porté à l’image du pays : Air France, déjà sous pression pour des raisons de rentabilité et de sécurité, a vu ses équipages et passagers poussés à bout par le comportement de la ministre lors d’un vol Paris-Bangui. Des sources sur le terrain parlent d’« agitation constante », d’arrogance liée à un supposé « hors-statut », rendant le voyage insupportable. Résultat ? La compagnie envisage sérieusement d’abandonner la destination au 31 janvier (selon des articles de janvier 2026), puis officialise un départ progressif. C’est plus qu’un vol annulé : c’est une perte vitale pour les Centrafricains (voyages, affaires, diaspora), un signal clair que la diplomatie centrafricaine est devenue toxique pour les partenaires historiques.
Mais le vrai scandale, c’est Koï lui-même. Ce « griot insulteur public », qui a passé des années à lécher les bottes de Touadéra, à écrire des livres pour le diviniser, à insulter tous les critiques du régime, se pose aujourd’hui en justicier. Il confirme l’amateurisme mortel, appelle à négocier avec Air France via l’ANAC (Agence nationale de l’aviation civile), espère un retour sur de bonnes bases… tout en oubliant commodément qu’il est complice. Il a défendu ce régime jour après jour, encensé ses ministres, fermé les yeux sur les dérives. Aujourd’hui, il balance pour se repositionner, pour mordre la main qui le nourrit, pendant que le pays paie le prix de cet amateurisme : isolement croissant, perte de connectivité aérienne, image ternie à l’international.
Baïpo-Temon apparaît comme l’architecte du désastre : une cheffe de diplomatie qui, au lieu de dialoguer et de négocier (essence même de la diplomatie, comme le rappelle Koï), provoque des crises par ego et incompétence. Koï le dit crûment : « On ne fait pas une diplomatie de la sorte », « ce n’est pas parce que vous avez raison qu’il faut sauter sur la toile et crier ». Pourtant, c’est exactement ce que le régime fait depuis des années, et Koï en était le porte-voix principal !
Preuve que Corbeau News a été parmi les premiers à révéler cette affaire explosive : dès janvier 2026, nos articles titraient « Air France menace de couper les ponts avec Bangui après les débordements de la ministre Sylvie Baïpo-Thémaud », bien avant que d’autres ne reprennent l’info. On a alerté sur les conséquences : un partenaire historique qui fuit à cause d’une ministre qui traite l’État comme sa propriété privée. Koï arrive après la bataille pour confirmer… et pour se blanchir.
Conséquences dramatiques : la RCA perd une liaison essentielle, la diaspora souffre, les affaires s’effondrent, et l’isolement s’accélère. C’est l’amateurisme mortel du régime en action : un pouvoir qui sabote ses propres intérêts par incompétence et arrogance. Koï le griot balance tout, mais son silence complice d’hier le rend co-responsable.
Ce n’est pas juste un vol qui part, c’est la souveraineté aérienne et diplomatique qui s’envole. Aux autorités : assumez, négociez vraiment, et cessez les provocations inutiles. Au peuple : voyez clair dans ce cirque où les griots d’hier deviennent les dénonciateurs d’aujourd’hui, pendant que le pays coule.
Haut-Mbomou : un interprète de Wagner tué à Kadjéma
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/11/Deux-mercenaires-du-groupe-Wagner-sur-deux-motos.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/11/Deux-mercenaires-du-groupe-Wagner-sur-deux-motos.jpg” alt=”Haut-Mbomou : un interprète de Wagner tué à Kadjéma” width=”300″ height=”258″ />Deux-mercenaires-du-groupe-Wagner-sur-deux-motos – Droits de l’Homme : en RCA, un mal nommé « Wagner »
Ce mardi 10 mars 2026, la localité de Kadjéma a été agitée par des tirs nourris pendant de longues heures, avant que les mercenaires russes n’annoncent la mort de leur interprète, un centrafricain originaire de Batangafo.
La mort des interprètes des Wagner en RCA n’est plus une nouvelle qui surprend grand monde en République centrafricaine. Tous les deux ou trois mois, une annonce de ce genre tombe quelque part sur le territoire national, comme si ces mercenaires cherchaient méthodiquement à effacer ceux qui ont trop vu, trop entendu. C’est devenu une sorte de rituel silencieux, presque attendu.
C’est dans ce contexte que Kadjéma, petite localité située sur l’axe Mboki-Obo dans la sous-préfecture d’Obo, a vécu une matinée hors du commun ce mardi. Peu avant midi, des détonations d’une rare densité ont éclaté dans la zone, semant la stupeur parmi les habitants. Les tirs, dit-on, venaient d’une seule direction.
Ce détail n’a pas échappé à la population locale. Dans un échange de tirs entre deux camps, les détonations viennent de part et d’autre. Là, tout indiquait une seule source. Quelques minutes après ce vacarme, les mercenaires russes ont annoncé qu’ils venaient de subir une attaque de miliciens Azandés, au cours de laquelle leur interprète avait perdu la vie.
Mais à Kadjéma, personne n’a avalé cette version. Les habitants connaissent leur village, ils savent qui circule, qui est présent, qui ne l’est pas. L’idée d’une attaque surprise de miliciens Azandés dans ce secteur ce jour-là ne tient pas debout pour ceux qui vivent là. Le doute s’est installé rapidement, et il est lourd.
Ce qui renforce la méfiance, c’est que ce scénario a déjà été joué ailleurs. À Zémio, il y a quelques mois, un interprète de Wagner, originaire de Bocaranga avait été tué dans des conditions tout aussi nébuleuses. Les mercenaires avaient alors avancé que l’homme avait malencontreusement déclenché son propre fusil en montant sur un véhicule blindé, et que la balle l’avait atteint. Une explication que beaucoup avaient jugée cousue de fil blanc. Dans la région de Bouar, un autre interprète avait connu le même sort l’année précédente.
Le corps de l’interprète tué à Kadjéma a déjà été rapatrié vers Bangui dans la journée de ce mardi. La précipitation avec laquelle ce transfert a été organisé n’a pas non plus manqué d’être remarquée par les populations du coin. Les interprètes de Wagner sont des hommes du terrain, ils parlent les langues locales, ils entendent ce que les mercenaires russes ne peuvent pas entendre directement.
À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele-.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele-.jpg” alt=”À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC ” width=”300″ height=”200″ />Ibrahim Kamoun Senoussi, sultan-maire de Ndélé
Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera.
En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité.
Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village.
Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal.
Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine.
Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés.
Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation.
Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations.
Ouanda-Djallé : Après le carnage du 27 février, la délégation Bireau-Yapandé arrive dans la ville et promet justice et relèvement des FACA, mais la population exige des actes concrets
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-foule-et-la-delegation-ministerielle-venue-de-bangui-reunies-a-ouanda-djalle-photo-cnc.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-foule-et-la-delegation-ministerielle-venue-de-bangui-reunies-a-ouanda-djalle-photo-cnc.webp” alt=”Ouanda-Djallé : Après le carnage du 27 février, la délégation Bireau-Yapandé arrive dans la ville et promet justice et relèvement des FACA, mais la population exige des actes concrets” width=”400″ height=”300″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-foule-et-la-delegation-ministerielle-venue-de-bangui-reunies-a-ouanda-djalle-photo-cnc.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-foule-et-la-delegation-ministerielle-venue-de-bangui-reunies-a-ouanda-djalle-photo-cnc-80×60.webp 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-foule-et-la-delegation-ministerielle-venue-de-bangui-reunies-a-ouanda-djalle-photo-cnc-265×198.webp 265w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />La foule et la délégation ministérielle venue de Bangui réunies à Ouanda-Djallé. Photo CNC
Le 27 février 2026, une altercation au marché de Ouanda-Djallé a dégénéré en fusillade des FACA, causant trois morts – dont des élèves – et plusieurs blessés. La ville s’est figée en deuil. Une délégation ministérielle est venue apaiser les tensions.
La visite conjointe des ministres Claude Rameaux Bireau (Défense nationale et Reconstruction de l’Armée) et Bruno Yapandé (Administration du territoire, Décentralisation et Développement local) à Ouanda-Djallé marque une réponse directe du gouvernement aux événements tragiques du 27 février. Tout a commencé par une banale demande d’eau gratuite à un commerçant observant le jeûne du Ramadan. Refus poli, puis coups portés par un soldat FACA. La foule indignée s’est mobilisée vers la base militaire installée dans les locaux de la coopérative agricole OFCA, au cœur de la ville. Malgré l’interposition initiale de la MINUSCA et des autorités locales, les FACA ont ouvert le feu sur les civils, tuant trois personnes (un sur place, deux à l’hôpital) et blessant neuf autres, dont deux graves évacués à Bria par MSF.
Le lendemain, le 28 février, Ouanda-Djallé a décrété la « ville morte » : marchés fermés, rues désertes, silence assourdissant en signe de protestation collective contre des militaires perçus comme des « bandits armés » hors contrôle.
Lors de la réunion publique avec la délégation, les voix locales ont été claires et virulentes. Le sultan-maire par intérim de Ouanda-Djallé a dénoncé l’abandon de la ville : « Nous ne sommes pas des Centrafricains ? » Il a décrit les militaires comme des « lions » sur la population, accusant des exactions répétées (saisies de téléphones, taxes abusives, tirs d’intimidation, occupation de l’OFCA), l’absence totale de police et de gendarmes, l’école fermée depuis le 27, et l’isolement total (pas de communication, contrairement à Bria). Il a interpellé directement le ministre Bireau : « Comment allons-nous vivre ? » et réclamé le retour du téléphone volé par un certain Yamale.
Le sous-préfet a corroboré ces faits, détaillant la chronologie : bagarre au marché, marche pacifique, tirs malgré négociations. Il a listé les préoccupations accumulées (violations des droits, intimidation, occupation illégale) et salué la présence gouvernementale comme un signe d’attention, tout en soulignant la tristesse profonde de la communauté.
Hassan Khom, ancien ministre et candidat MCU originaire de la ville, a adopté un ton plus conciliant. Il a remercié le président Touadéra pour l’envoi rapide de la délégation, condamné l’acte criminel, présenté condoléances, et appelé la population au calme : « Considérez-les comme vos frères, discutez avec eux. » Il a insisté sur le règlement imminent du problème par les autorités.
Côté gouvernemental, Bruno Yapandé a transmis un message personnel du président Touadéra : « Mes yeux sont rivés sur vous, je pense toujours à vous. » Il a reconnu les souffrances (école, hôpital, routes, paix), comparant l’incident à « les dents et la langue qui se battent parfois », et affirmé que l’envoi de deux ministres (malgré les urgences nationales) prouve l’estime pour Ouanda-Djallé, massivement votante pour Touadéra.
Claude Rameaux Bireau, au cœur des critiques, a exprimé un « mal au cœur » profond. Il a rappelé le rôle des FACA : protéger la population, non la viser. Il a présenté condoléances et excuses au nom du président, promis une enquête rapide (avec le général de corps d’armée Isamo, inspecteur des armées, présent sur place), sanctions disciplinaires immédiates, poursuites judiciaires pour les auteurs, et surtout le relèvement total des unités actuelles à Ouanda-Djallé pour en ramener d’autres. « Un militaire ne tire pas sur sa population », a-t-il martelé, annonçant que les conclusions de l’enquête aboutiront vite à des décisions fermes.
Malgré ces engagements, la population reste sceptique. Les demandes persistent : départ des FACA de l’OFCA vers leur ancienne base, renforcement de la présence policière/gendarmerie, fin des abus quotidiens, et justice réelle au-delà des mots. La visite a ouvert un dialogue, mais la confiance se regagnera par des actes concrets, non par des promesses.
Entre Batangafo et Nana-Bakassa, les ex-rebelles du MPC et de l’UPC étranglent et paniquent des dizaines de villages sous l’œil bienveillant des mercenaires russes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/les-rebelles-du-mpc-cantonnes-a-markounda.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/les-rebelles-du-mpc-cantonnes-a-markounda.jpg” alt=”Entre Batangafo et Nana-Bakassa, les ex-rebelles du MPC et de l’UPC étranglent et paniquent des dizaines de villages sous l’œil bienveillant des mercenaires russes” width=”300″ height=”118″ />Les quelques 29 ex-combattants du MPC Cantonnés dans la ville de Markounda pour le désarmement.
Sur l’axe qui relie Batangafo à Nana-Bakassa, puis vers Kouki, les habitants ne dorment plus tranquillement depuis plusieurs semaines. Des ex-combattants du MPC, le Mouvement Patriotique pour la Centrafrique, fondé par le chef rebelle d’origine tchadienne Mahamat Al-Khatim, ont pris le contrôle de fait d’une dizaine de villages : Bodili, Bogore, Bodee, Bowara, Boro, Ngbago, Boliyo, et d’autres localités riveraines de cette route. Ni désarmés, ni intégrés dans une quelconque structure officielle, ces hommes se comportent désormais en maîtres du terrain.
Ce déploiement a une origine précise. Nugatoulom Arnaud, alias Nigas, et son complice Narbet Baggio — deux hommes que CNC a formellement identifiés, ont assassiné un ouvrier minier musulman sur sa moto, entre les chantiers de Balaka et de Zaranga. C’est ce crime qui a enclenché l’engrenage : au lieu de dépêcher des gendarmes, des policiers ou des éléments des FACA pour rétablir l’ordre, le gouvernement a préféré laisser les mercenaires russes de la milice Wagner orchestrer la suite.
Les ex-rebelles du MPC et de l’UPC ont alors été projetés par les Wagner sur la zone pour « encadrer » les deux auteurs du meurtre — qui sont par ailleurs liés aux mêmes réseaux que ces ex-combattants.
Ce qui rend la situation encore plus difficile à dénouer, c’est que ces ex-rebelles opèrent avec la bénédiction tacite des mercenaires du groupe Wagner. Les Russes ne se salissent pas les mains eux-mêmes : ils concertent, orientent, puis s’effacent. Ce sont leurs relais qui exécutent les basses œuvres. Et les dégâts qui en découlent servent précisément à justifier leur présence prolongée dans le pays — un calcul que ces mercenaires ont rodé depuis leur installation en RCA.
La présence de ces ex-rebelles a ouvert la porte à d’autres débordements. Des éleveurs peuls, sachant que des hommes armés tiennent déjà le terrain, ont laissé leurs troupeaux divaguer dans les champs cultivés, ruinant des récoltes entières. Chacun profite du désordre ambiant pour régler ses propres affaires, et les paysans de la zone se retrouvent coincés entre plusieurs fronts à la fois, sans recours possible.
Dans les faits, les populations de ces villages ne peuvent plus aller aux champs ni circuler librement. Le cas le plus documenté récemment s’est produit entre les chantiers de Balaka et de Zaranga : des ex-rebelles ont bloqué la route et dépouillé des dizaines de motos, emportant à la fois les engins et l’argent des passagers — des travailleurs qui rejoignaient leurs chantiers ou rentraient chez eux. C’est un racket à ciel ouvert, en plein jour, sur une piste que les habitants utilisent chaque semaine.
Les deux hommes identifiés par CNC, Nugatoulom Arnaud alias Nigas et Narbet Baggio, sont par ailleurs les mêmes qui avaient tué une gendarme le mois précédent sur la route de Bossangoa–Nana-Bakassa, un crime déjà documenté dans nos colonnes. Ils se déplacent entre Bodili, Bogore, Bodee et Bowara — villages à cheval entre la préfecture de l’Ouham Fafa et la sous-préfecture de Nana-Bakassa — armés de trois à quatre kalachnikovs et d’armes artisanales. Après chaque attaque, ils reposent leurs armes, reprennent une vie ordinaire parmi les habitants, saluent leurs voisins. Personne, ou presque, ne dit rien.
Cette double présence — les ex-rebelles projetés par Wagner d’un côté, Nigas et Narbet Baggio de l’autre — a verrouillé une zone entière. Fait notable : parmi les villages concernés se trouve celui du directeur de cabinet du président de la République, M. Obede Namsio, qui n’est pas épargné. Les champs sont abandonnés, les déplacements réduits au strict minimum, et les témoins des crimes récents n’ont toujours pas été entendus publiquement par les autorités compétentes.
Elysée Nguimalé : “La Constitution de 2023 a bradé nos ressources et aggravé la pauvreté dans le pays”
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Conference-de-presse-Nguimale.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Conference-de-presse-Nguimale-450×210.jpg” alt=”Elysée Nguimalé : “Le Conseil constitutionnel et l’Autorité Nationale des Élections sont totalement sous contrôle du pouvoir” width=”450″ height=”210″ />Élysée Nguimalé en pleine conférence de presse de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique
Élysée Nguemalet en pleine conférence de presse de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique
Lors de l’émission débat Patara diffusée sur la radio Ndèkè -Luka, Elysée Nguimalé de l’Observatoire pour la gouvernance démocratique a dénoncé la Constitution du 30 août 2023 comme un frein au développement économique et social de la Centrafrique. Contrairement aux promesses de progrès, ce texte aurait aggravé la pauvreté et permis le bradage des ressources nationales.
Elysée Nguimalé établit un lien direct entre les pouvoirs accordés au président et l’appauvrissement des populations : “Le pouvoir que vous avez accordé au chef de l’État dans la nouvelle constitution lui a permis de brader toutes nos ressources au détriment des citoyens centrafricains. Aujourd’hui, quand vous arrivez à Berbérati, à Carnot, Nola, Grimari, Bria, partout, il y a tellement de pauvres. Pourquoi? Parce que les ressources naturelles sont toutes bradées aux étrangers, aux Chinois qui les exploitent”.
Pour comprendre cette dégradation, Nguimalé compare avec la Constitution de 2016 : “Cette constitution-là, c’est ça le conseil du développement. Parce que pour qu’il ait le développement, il faut qu’il ait une bonne organisation de l’État. Et la constitution de 30 mars 2016, à son article 60, au deuxième alinéa, dit ceci : le gouvernement a l’obligation de recueillir préalablement l’autorisation de l’Assemblée nationale avant la signature de tout contrat relatif aux ressources naturelles, ainsi que des conventions financières. Il est tenu de publier les contrats dans les huit jours francs suivant la signature”. Cette disposition imposait transparence et contrôle parlementaire. La Constitution de 2023 l’a supprimée.
La conséquence est immédiate : “Le président Touadéra, lui seul, peut octroyer les permis d’exploitation à des agents économiques sans que le peuple centrafricain le sache”. Cette absence de garde-fous institutionnels facilite le bradage des ressources et prive le pays de revenus essentiels pour le développement.
L’impact sur les conditions de vie est dramatique. Elysée Nguimalé dénonce : “Le pouvoir qui a permis que vous avez concédé au président Touadéra dans cette constitution lui a permis de faire augmenter les prix sans pour autant accompagner avec l’augmentation de salaire.” Il précise : “Le salaire qu’il verse aujourd’hui a été fixé en 1919, et à cette époque-là, le prix des carburants coûtait 375 francs. Aujourd’hui, c’est à mille et quelques, avec le même salaire”.
Les exemples se multiplient : “Quand on a fixé ce salaire-là, un kilo de viande coûtait seulement mille francs. Aujourd’hui, c’est à 4500 francs”. Cette inflation galopante sans ajustement salarial plonge les Centrafricains dans une précarité croissante, conséquence directe du pouvoir discrétionnaire accordé au président.
Au-delà de l’appauvrissement économique, Nguimalé dénonce une paralysie sociale : “Aujourd’hui les Centrafricains sont paralysés, les Centrafricains ne peuvent même plus revendiquer leurs droits”. Cette incapacité à exiger des améliorations économiques et sociales résulte de la concentration du pouvoir qui empêche toute mobilisation pour des réformes.
Elysée Nguimalé conteste frontalement l’idée que cette Constitution favorise le développement : “Je pense que cette constitution a plutôt réduit les niveaux de vie de tous les citoyens centrafricains”. Il rejette l’argument selon lequel le nouveau texte aurait renforcé le contrôle de l’État sur le sous-sol : “C’est la constitution qui a dit précédemment que le sol et le sous-sol de l’État appartient aux étrangers. C’est dans quelle constitution? Donc ça, ce n’est pas un changement”.
Cette disposition, déjà présente dans les constitutions précédentes, n’a rien changé à la réalité de l’exploitation étrangère des ressources. Au contraire, la Constitution de 2023 aggrave la situation en permettant au président de gérer ces ressources sans contrôle.
Citant le président fondateur Barthélémy Boganda, Elysée Nguimalé rappelle : “Ce sont les lois de la République qui nous gouvernent et non pas les hommes. Et les hommes ne sont là que pour les faire appliquer. Et donc, la loi, oui, la loi peut apporter un changement dans la vie sociale. Mais il s’agit de quelle loi ici? Je pense que cette constitution-là, ça n’a pas été élaboré dans le sens d’apporter une réforme institutionnelle dans l’intérêt de la société centrafricaine”.
William Ndjapou tente de défendre la Constitution en affirmant qu’elle a permis une révision du Code minier et un “assainissement” du domaine minier. Il cite également des réformes pour les jeunes entrepreneurs comme acquis du nouveau texte.
Elysée Nguimalé rejette ces arguments. L’exploitation par des étrangers persiste, la pauvreté s’aggrave dans toutes les régions, et les revenus miniers ne profitent pas à la population. Quant aux initiatives pour les jeunes, elles relèvent des compétences ministérielles et non de la Constitution.
Pour Elysée Nguimalé et l’Observatoire pour la gouvernance démocratique, contrairement au BRDC qui se concentre sur les questions d’éligibilité, “nous de la société civile, nous disons qu’il faut balayer en bloc cette constitution-là”. Elle aggrave les conditions de vie au lieu de les améliorer.
La Constitution de 2023 apparaît ainsi comme un obstacle au développement pour plusieurs raisons : bradage des ressources par suppression des mécanismes de transparence, aggravation de la pauvreté par l’inflation sans ajustement salarial, paralysie des revendications sociales par concentration du pouvoir présidentiel, et absence de réformes institutionnelles favorables au développement.
Les promesses de progrès économique et social portées lors de la campagne référendaire sont trahies. La Constitution favorise les intérêts du président et de son entourage au détriment de la population qui s’enfonce dans la précarité pendant que les ressources nationales sont bradées aux intérêts étrangers.
Élu le 30 décembre 2025 et installé début février 2026, l’Imam Abdoulaye Ouasselegue devient le nouveau président du CSISCA dans un contexte de reconstruction nationale.
L’homme qui vient d’accéder à la tête du Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique n’est pas un inconnu dans les cercles religieux de Bangui. Imam du 6ème arrondissement de la capitale, Abdoulaye Ouasselegue a bâti sa réputation sur une approche discrète mais efficace du travail communautaire. Son élection lors de la 5ème Assemblée générale ordinaire marque l’aboutissement d’un parcours où la proximité avec les fidèles a toujours primé sur les discours grandiloquents.
Ceux qui le connaissent depuis longtemps décrivent un religieux attaché au dialogue et à l’écoute. Ces qualités, qu’il mentionne d’ailleurs comme ses principaux outils de travail, semblent avoir convaincu les délégués venus de toutes les régions du pays pour désigner le nouveau bureau. Sa mosquée du 6ème arrondissement a servi pendant des années de lieu de médiation pour les petits conflits du quartier, bien avant que la question de la présidence du CSISCA ne se pose.
L’Imam Ouasselegue arrive à ce poste avec une vision claire mais pragmatique. Il ne parle pas de révolution ou de changements brusques, mais plutôt de priorisation des urgences. L’unité de la communauté musulmane constitue pour lui la base indispensable à tout projet collectif. Sans cette cohésion interne, estime-t-il, aucune ambition ne pourra aboutir, qu’il s’agisse de reconnaissance institutionnelle ou de programmes sociaux.
La deuxième priorité qu’il défend touche à la visibilité de l’islam centrafricain. Quand il affirme que depuis plus d’un siècle, l’islam manque de reconnaissance officielle dans le pays, il exprime une frustration partagée par beaucoup de musulmans. Cette invisibilité ne concerne pas seulement les symboles ou la représentation publique, elle affecte aussi l’accès aux ressources et aux opportunités pour les structures islamiques.
Son engagement envers les jeunes et les femmes révèle une lecture attentive des difficultés que rencontre sa communauté. Les jeunes musulmans manquent souvent de perspectives d’avenir, coincés entre des écoles coraniques qui peinent à offrir des formations complètes et un système éducatif national qui ne les intègre pas toujours facilement. L’Imam compte s’attaquer à cette question par l’éducation et la formation professionnelle.
Concernant les femmes, son discours tranche avec certaines pratiques encore répandues. Il rejette l’idée que la place de la femme musulmane se limite au foyer et cite l’exemple d’Aicha, l’épouse du Prophète, comme modèle de savoir et d’autorité intellectuelle. Cette référence n’est pas anodine : elle montre qu’il entend puiser dans les textes islamiques eux-mêmes les arguments pour défendre l’émancipation féminine.
La méthode qu’il privilégie pour gouverner le CSISCA repose sur la concertation. Plutôt que d’imposer ses vues, même quand il pense avoir raison, il préfère rassembler les opinions et construire des consensus. Cette approche, inspirée selon lui de la pratique du Prophète qui consultait ses compagnons malgré la révélation divine, correspond bien au tempérament d’un homme qui a passé sa vie à écouter les préoccupations de ses fidèles.
L’héritage de l’Imam Kobine Layama pèse évidemment sur ses épaules. Le défunt leader musulman a marqué l’histoire récente de la Centrafrique par son engagement pour la paix, allant jusqu’au sacrifice de sa vie. Ouasselegue n’essaie pas de s’approprier cette mémoire, il promet simplement d’en discuter avec son bureau pour trouver la meilleure façon d’honorer ce legs.
Le nouveau président du CSISCA apparaît comme un homme de terrain davantage qu’un théoricien. Il ne cite pas abondamment les savants ou les textes complexes, il parle plutôt en termes simples de ce qu’il observe autour de lui. Les problèmes qu’il identifie – division, manque de moyens, marginalisation des femmes et des jeunes – correspondent à des réalités vécues quotidiennement par les musulmans centrafricains.
Sa formation religieuse, bien que non détaillée publiquement, transparaît dans sa manière de justifier ses choix par des références coraniques et prophétiques bien choisies. Il ne s’agit pas d’érudition ostentatoire mais d’une connaissance digérée et mise au service d’objectifs concrets. Cette capacité à relier les enseignements islamiques aux enjeux contemporains constitue probablement l’une de ses forces principales.
Les défis qui l’attendent sont nombreux et il en a parfaitement conscience. Unifier une communauté musulmane dispersée à travers tout le territoire national, avec ses différentes sensibilités et traditions, demande bien plus que de bonnes intentions. Il faudra négocier, apaiser les tensions, créer des espaces de rencontre et de décision qui satisfont toutes les composantes.
La question de l’institutionnalisation de l’islam en Centrafrique implique des négociations avec l’État, la recherche de financements, la mise en place de structures pérennes. Ouasselegue devra convaincre les autorités politiques de l’utilité de reconnaître officiellement le CSISCA comme interlocuteur légitime. Ce travail diplomatique nécessitera patience et persévérance.
Pour les programmes destinés à la jeunesse et aux femmes, il faudra trouver des partenaires, mobiliser des ressources, former des cadres capables de mettre en œuvre les initiatives. L’Imam semble conscient que les promesses ne suffisent pas et qu’il faudra produire des résultats tangibles pour maintenir la confiance de ceux qui l’ont élu.
L’homme qui a pris ses fonctions dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale le 7 février 2026 incarne une forme de leadership religieux ancrée dans la réalité sociale centrafricaine. Ni trop radical ni trop accommodant, il cherche une voie médiane qui permette à l’islam du pays de s’affirmer tout en participant activement à la construction nationale. Les prochaines années diront si cette approche réussira à transformer les ambitions en réalisations concrètes
FLASH INFO : François Zampareni, cadre de MSF arrêté à Zémio par les mercenaires russes , vient d’être libéré et sera reconduit sur place pour reprendre sa mission humanitaire.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/francois-zampareni-cadre-de-msf-rdc.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/francois-zampareni-cadre-de-msf-rdc.webp” alt=”Moins de trois semaines après la visite avortée de Marcelo Rebelo de Sousa à Bangui, c’est au tour de Macron d’envoyer son ministre des Affaires étrangères en RCA pour discuter avec Touadera le problème d’un autre français arrêté par les Wagner” width=”400″ height=”888″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/francois-zampareni-cadre-de-msf-rdc.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/francois-zampareni-cadre-de-msf-rdc-189×420.webp 189w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />François Zampareni, cadre de MSF-RDC
François Zampareni, ressortissant français et cadre de MSF-Suisse, retenu depuis plusieurs jours à Bangui après une arrestation montée de toutes pièces par les mercenaires russes du groupe Wagner à Zémio, a été libéré ce jour. Son accompagnateur centrafricain, Zandé, a également recouvré la liberté. Les deux hommes avaient été piégés lors d’une visite officielle organisée par le sous-préfet lui-même, avant d’être interpellés pour non-respect des formalités frontalières — les mêmes que les autorités locales leur avaient dit d’ignorer.
Selon les informations parvenues à la rédaction de CNC, Zampareni doit être reconduit à Zémio dans les prochaines heures pour reprendre sa mission : sécuriser un corridor logistique aérien permettant à MSF d’acheminer des médicaments vers les milliers de déplacés centrafricains réfugiés à Nzapay, côté congolais. C’est précisément cette mission humanitaire qui avait mis Wagner en alerte, le groupe cherchant à contrôler tout mouvement étranger dans cette zone frontalière sensible.
Cette libération intervient après une pression soutenue des équipes juridiques de MSF-RDC, dépêchées à Bangui pour négocier directement. Le sous-préfet du Haut-Mbomou, lui, avait soigneusement évité de prendre position, renvoyant toute décision vers la capitale — manière à peine voilée de signifier que c’est Wagner, et non les institutions centrafricaines, qui tient les rênes dans cette partie du pays.
Les détails complets de cette affaire, du piège tendu à l’arrestation jusqu’aux pressions exercées sur les autorités locales, seront publiés dans un prochain article de Corbeau News Centrafrique.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/comment-prolonger-la-duree-de-vie-de-votre-vehicule-electrique-conseils-d-entretien-intelligents-qui-comptent.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/comment-prolonger-la-duree-de-vie-de-votre-vehicule-electrique-conseils-d-entretien-intelligents-qui-comptent.webp” alt=”Comment prolonger la durée de vie de votre véhicule électrique , conseils d’entretien intelligents qui comptent” width=”400″ height=”260″ />
Les voitures électriques sont devenues plus populaires que jamais, et pour de bonnes raisons.
Comparées aux voitures traditionnelles, les voitures électriques sont silencieuses, agréables à conduire et respectueuses de l’environnement. Cependant, comme tout autre véhicule, les voitures électriques nécessitent un entretien régulier pour rester en bon état. La bonne nouvelle, c’est qu’il est tout à fait possible d’entretenir une voiture électrique, car cela est plus simple que d’entretenir une voiture diesel ou essence.
Cela dit, si vous souhaitez que votre voiture électrique dure plus longtemps et fonctionne au mieux, les conseils suivants peuvent vous aider.
Prenez soin de la batterie
Il est indéniable que la batterie de votre voiture électrique en est le cœur. Cela dit, garder la batterie de votre voiture en bon état doit être votre priorité absolue. L’une des meilleures pratiques pour prendre soin de votre batterie consiste à éviter de la laisser se décharger trop souvent. Il est préférable de la recharger avant qu’elle ne soit complètement déchargée.
Plus important encore, évitez de recharger la batterie de votre voiture à 100 % tous les jours, sauf si vous avez vraiment besoin d’une autonomie maximale. De nombreux experts automobiles conseillent de maintenir la batterie entre 20 % et 80 % pour une utilisation quotidienne. Contrairement aux voitures à boite à vitesse automatique, les voitures électriques ont moins de pièces mobiles, ce qui est en fait un gros avantage.
Adoptez une conduite douce
Sachez que votre façon de conduire peut avoir une incidence sur la longévité de votre voiture. Vous devez éviter les démarrages rapides et les freinages brusques, car ces habitudes peuvent user les pièces plus rapidement. Essayez de freiner doucement et d’accélérer lentement. Une conduite douce protège non seulement votre voiture, mais garantit également une plus longue durée de vie de la batterie.
Sachez que les voitures électriques sont conçues pour offrir une expérience de conduite facile et calme. Cela dit, évitez de conduire de manière agressive afin de réduire la pression sur les pneus, les freins et le moteur. En d’autres termes, vous devez traiter votre voiture électrique avec douceur.
Entretenez les pneus de votre voiture
Bien sûr, les pneus jouent un rôle important dans la longévité de votre voiture. Les voitures électriques sont plus lourdes que les voitures traditionnelles en raison de leur batterie. De ce fait, les pneus peuvent s’user plus rapidement. En ce qui concerne les pneus, veillez à vérifier régulièrement leur pression, au moins une fois par mois.
Lorsque les pneus de votre voiture sont correctement gonflés, votre voiture électrique roule en douceur et consomme moins d’énergie. Cela signifie que vous pouvez parcourir de plus longues distances avec une seule charge. Nous vous recommandons également de permuter vos pneus conformément aux recommandations du manuel de votre voiture.
Cela permet de garantir une usure uniforme des pneus et de prolonger leur durée de vie. Des pneus bien entretenus sont également bons pour le climat, car ils consomment moins d’énergie.
Faites attention aux mises à jour logicielles
Les voitures électriques sont similaires à des ordinateurs sur roues. De nombreuses voitures électriques reçoivent des mises à jour qui garantissent des améliorations en termes de performances, de sécurité et d’autonomie de la batterie. Cela dit, lorsque vous recevez une notification de mise à jour logicielle, vous ne devez jamais l’ignorer. Pourquoi, vous demandez-vous peut-être ? La raison sous-jacente est que ces mises à jour peuvent corriger de petits problèmes et améliorer le fonctionnement de votre voiture.
Certaines mises à jour peuvent même augmenter l’autonomie et améliorer la vitesse de recharge.
FLASH INFO : Un poste de la Garde présidentielle pris pour cible par des hommes armés dans la nuit à Bogoula, près de Boali
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/02/un-element-faca-du-BIT6-a-Boali.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/02/un-element-faca-du-BIT6-a-Boali.jpg” alt=”FLASH INFO : Un poste de la Garde présidentielle pris pour cible par des hommes armés dans la nuit à Bogoula, près de Boali” width=”300″ height=”200″ />Un soldat du sixième bataillon d’infanterie territoriale vers Boali
Des hommes lourdement armés ont ouvert le feu cette nuit sur un détachement militaire du Groupement Spécial chargé de la Protection Républicaine, communément appelé garde présidentielle, à une soixantaine de kilomètres de Bangui sur la route de Boali.
C’est aux premières heures de ce mercredi, vers 3h du matin, que le village de Bogoula, situé sur l’axe Boali, a été secoué par une violente attaque contre un poste avancé du Groupement Spécial chargé de la Protection Républicaine. Des individus dont l’identité et l’affiliation restent à établir ont ouvert le feu sur les éléments en faction, blessant deux d’entre eux au cours de l’accrochage.
Les deux éléments du GSPR touchés lors de l’assaut ont été pris en charge, mais l’état exact de leur santé n’a pas encore été rendu public à l’heure où ces lignes sont écrites. Les circonstances précises de l’embuscade, notamment le nombre d’assaillants et leurs moyens, demeurent pour l’heure inconnus.
L’axe Boali, qui relie la capitale à plusieurs localités du centre-ouest du pays, est une voie stratégique régulièrement empruntée par des convois civils et militaires. Une attaque à cet endroit, dans la nuit la plus noire, contre une unité d’élite chargée de la protection de la présidence, donne la mesure de l’audace des auteurs.
Les autorités n’ont pas encore réagi officiellement à cet incident. Des investigations sont en cours pour identifier les responsables.
La RCA n’est plus un pays : c’est un territoire d’outre-mer de Wagner, là où la milice russe décide de tout. Regardez comment les Wagner arrêtent un français du MSF, et sa bande de soi-disant du ministère de la défense reprend textuellement sa propagande dans son communiqué
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/02/Faustin-Archange-Touadera-sous-la-protection-des-mercenaires-du-groupe-Wagner-en-Russie.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/02/Faustin-Archange-Touadera-sous-la-protection-des-mercenaires-du-groupe-Wagner-en-Russie.jpg” alt=”La RCA n’est plus un pays : c’est un territoire d’outre-mer de Wagner, là où la milice russe décide de tout. Regardez comment les Wagner arrêtent un français du MSF, et sa bande de soi-disant du ministère de la défense reprend textuellement sa propagande dans son communiqué” width=”300″ height=”200″ />Faustin Archange-Touadera sous la protection des mercenaires du groupeWagner en Russie
La République centrafricaine a cessé d’être un État au sens propre du terme. Ce qui s’y passe aujourd’hui dépasse ce que n’importe quel observateur du monde peut imaginer.
Pour tous ceux qui ne le savent pas encore, au pays de Boganda, tout ce que Wagner ordonne est exécuté sans la moindre résistance. Aucune autorité, aucune institution, aucune voix ne dit le contraire. Ce qui se fait, se fait parce que Wagner l’a voulu. Ce qui ne se fait pas, ne se fait pas parce que Wagner l’a interdit. C’est dans ce contexte que François Zampareni, cadre français de MSF-Suisse basé en RDC, a été arrêté à Zémio la semaine dernière.
Monsieur François Zampareni s’était rendu à Zémio pour une mission précise : négocier l’usage de l’aérodrome de Zemio afin d’acheminer des médicaments vers des milliers de déplacés centrafricains réfugiés côté congolais à Nzapay, car la route de 152 kilomètres entre Nzapay et ANGO en RDC étant dans un état de dégradation extrême, l’aérodrome de Zémio en RCA était la seule voie viable pour atteindre ces populations.
C’est le sous-préfet de Zémio lui-même qui l’a rappelé par téléphone pour une réunion urgente sur les modalités d’atterrissage. En arrivant à la frontière, Zampareni a constaté que le poste était désert, sans un seul soldat pour enregistrer son passage. Le sous-préfet, toujours au téléphone, lui a dit de ne pas s’attarder et d’avancer. Les militaires congolais présents l’ont même aidé à monter dans une pirogue avec son accompagnateur.
La réunion s’est tenue normalement. Peu après, au moment de sa visite à l’hôpital local, des éléments Wagner ont surgi et l’ont arrêté, lui et son accompagnateur centrafricain Zandé, au motif précis d’avoir franchi la frontière sans accomplir les formalités qu’on leur avait dit d’ignorer quelques heures plus tôt. Le montage était ficelé d’avance : une invitation officielle pour faire venir l’homme, un poste frontière volontairement vide, puis une arrestation fondée sur le manquement à des règles délibérément rendues inaccessibles.
Cette stratégie des Wagner n’est pas nouveau. En mai 2024, le consultant belgo-portugais Martin Joseph Figueira avait été pris dans la même nasse à Zémio : arrestation par Wagner, transfert à la gendarmerie, puis condamnation à dix ans de prison pour espionnage, au terme d’une procédure entièrement fabriquée. Zampareni et Zandé sont aujourd’hui sur le même rail, déjà transférés vers Bangui.
Pour habiller cette arrestation d’un vernis de légitimité, Wagner a inondé les réseaux sociaux de textes générés par intelligence artificielle, dépeignant Zampareni comme un agent de Paris chargé de déstabiliser le régime de Touadéra. Les formulations sont copiées mot pour mot sur celles utilisées contre Figueira en 2024. Wagner ne cherche même plus à changer de méthode.
Ce qui est encore plus accablant, c’est ce qui s’est passé ensuite. Le ministère de la Défense centrafricain, pardon, la bande des marionnettes des Wagner, a publié un communiqué soi-disant officiel reprenant mot pour mot le même récit fabriqué par Wagner, avec simplement l’armoirie de la RCA collée en haut de page. Ce n’est pas un ministère qui parle : c’est une cellule de propagande de Wagner qui se déguise en institution d’État. Un vrai ministère de la Défense ne recopie pas les accusations d’une milice étrangère pour les signer de son propre sceau. Il instruit, il enquête, il laisse la justice faire son travail. Ici, c’est le contraire : le communiqué officiel arrive avant l’enquête, et son contenu est celui de Wagner.
Pendant ce temps, les avocats du MSF RDC ont quitté Kinshasa pour Bangui. Mais les personnes qui connaissent ce pays savent déjà que les avocats n’ont aucune prise sur ce qui va suivre. Le préfet du Haut-Mbomou, invité à venir à Zemio constater les fait, a simplement répondu que la décision de libération serait prise à Bangui. Une façon de dire, sans le dire, que la décision appartient à Wagner et non à une autorité centrafricaine quelconque.
Le MCU, usine à faux diplômes : comment le parti au pouvoir fabrique ses députés avec des faux documents
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/merveille-la-depute-sans-bac-de-kabo-illetree.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/merveille-la-depute-sans-bac-de-kabo-illetree.webp” alt=”la députée sortante, Madame TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE, dont le niveau scolaire réel ne dépasserait pas le CP2Merveille, La député sans bac de Kabo, illétrée” width=”400″ height=”888″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/merveille-la-depute-sans-bac-de-kabo-illetree.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/merveille-la-depute-sans-bac-de-kabo-illetree-189×420.webp 189w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />Madame TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE, La député sans bac de Kabo, illétrée
Dans un pays où la moitié des élus ne sait ni lire ni écrire, le parti au pouvoir a transformé la fraude documentaire en méthode de gouvernance ordinaire.
En effet, la nouvelle constitution de 2023, adoptée illégalement dans le cadre du troisième mandat de Touadéra, a introduit une exigence inédite : tout candidat aux législatives doit détenir au minimum le baccalauréat. Une règle qui semblait vouloir élever le niveau de l’Assemblée nationale, là où la sixième législature comptait déjà 45 % d’élus analphabètes, et la septième près de 52 %.
Mais cette règle, le MCU lui-même n’a pas su, ou voulu, la respecter.
Car la quasi-totalité des candidats investis par le Mouvement des Cœurs Unis ne possède tout simplement pas le diplôme requis. Certains n’ont jamais obtenu le certificat d’études primaires.
Plutôt que d’écarter ces profils, le parti a choisi une autre voie : produire, en volume, de faux documents scolaires. C’est ainsi qu’une véritable chaîne de fabrication s’est mise en place, entre complaisances aux examens officiels et faussaires opérant dans les quartiers de Bangui.
Parmi les noms qui reviennent dans ce circuit, celui de Daniel Nzéwé, recteur de l’université de Miskine, un centre de production en masse de faux diplômes. Lui-même candidat aux législatives, Nzéwé disposerait d’un vrai baccalauréat, mais son parcours judiciaire et moral reste, selon plusieurs sources, particulièrement chargé.
Mais ce qui dépasse tout, c’est la ville de Kabo, dans la préfecture de l’Ouham-Fafa. Dans cette ville , son cas illustre à elle seule l’ampleur du phénomène. Sur les huit candidats aux législatives en lice dans cette circonscription, 7 sont du partis au pouvoir, dont cinq sont titulaires de diplômes falsifiés. Parmi eux, la députée sortante, Madame TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE, dont le niveau scolaire réel ne dépasserait pas le CP2, la deuxième année du cours préparatoire. Elle a néanmoins présenté un faux document attestant sa « capacité en droit » comme équivalent du baccalauréat, un document que le tribunal administratif s’est précipité pour valider, malgré les recours déposés par des candidats adverses.
Même le Conseil constitutionnel a botté ses recours en touche, estimant que la question des diplômes relevait déjà du tribunal administratif. L’élection de Kabo a finalement été annulée, et une nouvelle élection législative partielle devra être organisée dans cette circonscription. Pendant ce temps, les recours s’accumulent dans une cinquantaine, voire une soixantaine d’autres circonscriptions à travers le pays.
TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE député sortant de kabo. Sans bac, elle échappe au Tribunal Administratif par corruption, le Conseil Constitutionnel se déclare incompétent de juger cette forfaiture. A quoi sert leur constitution bidon ?
Ce que cette situation dit aux enfants centrafricains qui fréquentent encore les bancs de l’école est peut-être le plus grave : que le diplôme n’ouvre aucune porte que l’argent ou la complicité politique ne peut pas ouvrir plus vite. Si les analphabètes siègent au Parlement et les faussaires à l’université, à quoi bon apprendre ?
À ce rythme, la prochaine législature pourrait compter jusqu’à 60 % de députés sans formation réelle, en dépit — et à cause — de la règle du baccalauréat que le MCU a lui-même contribué à vider de tout sens.
En Centrafrique, la Plateforme des Pentecôtistes vit des heures difficile depuis que son propre président, Richard Mandazou a été mis sous sanction pour des raisons qui éclaboussent toute l’Église évangélique.
D’abord, tout commence bien avant le scandale lui-même. La structure qu’on appelle aujourd’hui Plateforme des Pentecôtistes de Centrafrique (PPC) s’appelait il y’a quelques années Union des Pentecôtistes de Centrafrique, l’UPC. Mais pour ne plus prêter à confusion avec l’Unité pour la Paix en Centrafrique, le groupe armé d’Ali Darassa, l’organisation religieuse a décidé de changer d’identité et de se rebaptiser sous son nom actuel.
C’est dans ce cadre rénové que Richard Mandazou, qui occupait jusqu’alors le poste de vice-président, a gravi les échelons pour prendre la tête de la plateforme. Pendant des années, cet apôtre a joui d’une réputation solide, reçu par des personnalités du pays, respecté dans les cercles religieux et civils à la fois.
Mais c’est là que l’histoire bascule. Sans procédure reconnue par son Église, Richard Mandazou a mis de côté sa propre épouse légitime pour entamer une vie commune avec une autre femme, issue de sa propre congrégation qu’il a d’ailleurs entretenu des relations discrètes durant des années. Ce choix personnel, fait dans l’ombre, n’est pas resté secret bien longtemps.
L’épouse abandonnée a porté son témoignage devant les figures d’autorité de la plateforme. Une enquête interne a été ouverte, des auditions ont eu lieu, et le verdict est tombé : Richard Mandazou avait agi seul, de manière unilatérale, en contradiction totale avec les valeurs qu’il était censé incarner devant ses fidèles.
Ce qui a particulièrement choqué les membres de l’Église, c’est moins la décision en elle-même que ce qu’elle dit du personnage. Un homme d’Église est regardé comme un exemple de vie. Lorsqu’il agit comme il l’a fait, les fidèles se retrouvent sans boussole, sans repère moral, et la question que tout le monde se pose devient difficile à esquiver : que dire aux croyants qui nous regardent ?
La plateforme n’a pas tardé à réagir. Les instances supérieures, celles qui chapeautent les apôtres et veillent à la bonne tenue de l’ensemble des communautés affiliées, ont convoqué Richard Mandazo et l’ont entendu. Le ministère de l’Administration du territoire a même été informé de la situation, signe que l’affaire a largement débordé le cadre purement religieux.
Au terme de ces démarches, Richard Mandazo a été placé sous sanction. La chute est vertigineuse pour un homme qui était, il y a peu, l’un des visages les plus respectés du paysage évangélique centrafricain.
C’est dans ce contexte précis que Michel Gbegbé, Premier Apôtre Centrafricain et Président de la Plateforme des Patriarches Centrafricains, a pris la parole publiquement. Sa déclaration, publiée sur les réseaux sociaux et largement relayée, ne cite personne par son nom, mais chaque mot semble avoir été pesé à la lumière de ce que vivait l’Église au moment où il écrivait.
Dans ce texte, Michel Gbegbé dresse un tableau sombre mais lucide de la crise qui ronge l’Église évangélique centrafricaine. Il parle de faux leaders qui ont transformé les lieux de prière en espaces de commerce, de responsables religieux qui s’agenouillent devant les puissants pour gagner en visibilité, au lieu de servir humblement leurs communautés.
L’exploitation financière des fidèles occupe une place centrale dans ses griefs. Michel Gbegbé dénonce la vente d’objets prétendument sacrés, le commerce des prophéties monnayées et les promesses de miracles échangées contre de l’argent. Ces pratiques, dit-il, prospèrent sur la fragilité des croyants et les maintiennent sous une emprise qui n’a rien de spirituel.
Mais ce qui l’indigne peut-être davantage, c’est la manière dont certains de ces responsables gèrent leur vie privée. Scandales amoureux, divorces précipités, doubles vies soigneusement dissimulées, refus de toute remise en question : le Premier Apôtre Centrafricain observe que ces comportements sont devenus presque banals dans certaines sphères religieuses, et que personne ne semble vouloir en répondre.
L’autoproclamation de titres religieux pompeux est un autre point que Michel Gbegbé ne peut pas laisser passer. Des hommes se déclarent apôtres, prophètes ou évangélistes sans formation sérieuse, sans appel reconnu, sans légitimité ecclésiale d’aucune sorte. Cette anarchie, selon lui, ouvre la porte à toutes les dérives et brouille les repères de milliers de croyants sincères.
À la racine de tout cela, Michel Gbegbé identifie une chose : la perte de la crainte de Dieu. Quand des responsables religieux enseignent une grâce déformée qui leur permet de justifier leurs propres excès, quand le péché est banalisé et la repentance jugée inutile, alors l’Église perd son âme et sa raison d’être au sein de la société.
Sa déclaration se veut pourtant un appel à la restauration, pas un réquisitoire. Michel Gbegbé s’adresse à l’ensemble des responsables religieux du pays, des apôtres aux aumôniers, en leur demandant de s’interroger honnêtement sur la sincérité de leur engagement. Il réclame un retour à la discipline biblique, à la transparence et à cette éthique de vie sans laquelle aucun ministère ne peut tenir debout longtemps.
Car selon lui, le jugement commence toujours par la maison de Dieu. Et tant que ceux qui sont censés montrer le chemin refusent eux-mêmes de le marcher, l’Église centrafricaine continuera de perdre, jour après jour, la crédibilité qu’elle a mis des décennies à construire.
Le décret présidentiel a donné naissance à la police de l’environnement, mais aujourd’hui c’est le marchandage des galons par le directeur des ressources du ministère de l’environnement, monsieur Louis-Marie Nzalet qui divise les éléments de l’unité.
Au cœur du ministère centrafricain de l’Environnement, une unité spéciale voit le jour pour traquer les infractions liées aux plastiques non biodégradables, grâce à un décret présidentiel qui en fixe les contours et les missions précises.
Cette police de l’environnement réunit des agents issus des eaux et forêts ainsi que des civils recrutés au ministère, tous passés par une formation militaire dispensée à l’école nationale de police.
Une fois cette étape achevée, ils doivent recevoir leurs galons et prêter serment pour exercer pleinement leurs fonctions sur le terrain.
Pourtant, depuis quelques semaines, des tensions sérieuses opposent le directeur des ressources, Louis-Marie Nzalet, au colonel Sokpomo, qui commande cette unité.
Le différend porte sur une pratique qui consiste à réclamer de l’argent à certains éléments pour leur attribuer des grades élevés, comme capitaine ou commandant, contre des sommes avoisinant les 100 000 francs CFA.
Cette façon de procéder crée un malaise profond parmi les membres de l’unité, surtout chez les forestiers incorporés qui possèdent déjà une ancienneté et une formation solide dans le domaine, dispensée au camp Kassaï militaire l’année dernière.
Ces derniers estiment injuste de voir des civils nouvellement intégrés obtenir des rangs supérieurs aux leurs, alors qu’ils ont servi pendant des années avec leurs grades initiaux de lieutenant ou équivalents.
Une note adressée au ministre des eaux et forêt, monsieur Gervais Mbata, dénonce ouvertement ce marchandage des galons par le directeur des ressources du ministère de l’environnement.
Les forestiers incorporés expriment leur frustration face à cette inégalité qui bouleverse la hiérarchie normale et sape le moral des troupes.
Pour l’instant, ni le ministre de l’Environnement, monsieur Kamach, ni celui des Eaux et Forêts, monsieur Mbata, n’a formulé de réponse publique à cette affaire qui divise les éléments chargés de protéger l’environnement.
Carnets de vaccination bidons, taxes imaginaires sur les bagages : l’aéroport international de Bangui M’Poko devenu guichet d’arnaque à ciel ouvert
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/10/Les-employes-de-la-societe-Aviation-Handline-Service-et-leur-directeur-general-en-train-de-travailler-sur-le-tarmac-de-laeroport-de-Bangui-Mpoko1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/10/Les-employes-de-la-societe-Aviation-Handline-Service-et-leur-directeur-general-en-train-de-travailler-sur-le-tarmac-de-laeroport-de-Bangui-Mpoko1.jpg” alt=”Carnets de vaccination bidons, taxes imaginaires sur les bagages : l’aéroport international de Bangui M’Poko devenu guichet d’arnaque à ciel ouvert” width=”300″ height=”175″ />Les employés de la societé Aviation-Handline-Service en train de travailler sur le tarmac de l’aeroport de Bangui Mpoko
Franchir les portes de l’aéroport international de Bangui M’Poko coûte désormais bien plus cher que prévu. Les voyageurs subissent un racket organisé sous couvert de réglementations fantaisistes.
Dès l’arrivée des voyageurs dans le hall de départ, les passagers font face à une première embuscade. Les agents réclament un carnet de vaccination, document qu’aucun autre pays au monde n’exige à l’entrée de son territoire. Cette particularité centrafricaine cache en réalité un stratagème bien connue.
Tout passager dépourvu de ce fameux carnet doit débourser entre 12 000 et 15 000 francs CFA sur-le-champ. L’absurdité de la manœuvre saute aux yeux quand on constate que les mêmes agents délivrent immédiatement de fausses cartes de vaccination contre espèces sonnantes et trébuchantes.
Le voyageur paie donc pour obtenir à la hâte un document bidon censé attester d’une protection sanitaire inexistante. La logique sanitaire cède entièrement la place au profit rapide sans que personne n’y trouve à redire.
Les agents phytosanitaires ont poussé l’arnaque encore plus loin avec une technique qui défie toute logique administrative. Leur méthode consiste à taxer des produits qu’ils ne prennent même pas la peine d’examiner.
Un agent posté à l’entrée repère deux valises d’un passager et crie à son collègue posté à distance devant le comptoir le nombre de bagages suspects : deux valises divers! . Son collègue posté au comptoir rédige alors un papier officiel réclamant 20 000, 30 000 ou 40 000 francs selon son humeur du moment.
Les viandes boucanées, poissons séchés, feuilles de manioc et autres denrées qui sont dans le viseur de ces malfaiteurs. D’ailleurs sans même ouvrir les valises en questions, sans même savoir si la valise contient des viandes ou poisson, ils taxent indistinctement toutes les valises. Les agents justifient ces prélèvements en brandissant un document qu’ils prétendent reconnu mondialement dans tous les aéroports : les documents que nous délivrons sont reconnus partout dans le monde, même en Russie, aux États-Unis, au Canada, En France ou ailleurs, ce document va vous permettre de passer aisément avec tous vos colis.
Écoutez bien ce qu’ils racontent : ce officiel délivré ici à l’aéroport de Bangui garantirait le passage sans encombre de la viande de brousse grillée en Russie, en France ou au Canada. Eh! Mes frères, arrêtez un peu vos bêtises. Malgré tout, les voyageurs naïfs tombent dans le panneau et paient rubis sur l’ongle pour obtenir cette soi-disant sécurisation de leurs bagages.
Mais ces naïfs connaitrons bientôt la réalité dès qu’ils arrivent à la destination sur le sol européen ou américain. En France, ces produits sont purement et simplement incinérés dès leur découverte par les services douaniers.
Au Canada, les autorités infligent des amendes salées de plusieurs milliers de dollars à quiconque tente d’introduire ces marchandises. Le précieux document centrafricain délivré à Bangui n’a strictement aucune valeur légale nulle part ailleurs dans le monde.
Même les vols avec escale technique ajoutent une couche supplémentaire de tracas pour les malheureux voyageurs. Quand Air France fait étape au Cameroun avant de poursuivre vers l’Europe, parfois, les agents camerounais procèdent à un nouveau contrôle minutieux.
Ils ouvrent chaque valise et confisquent tout produit agricole ou viande trouvés à l’intérieur. Les passagers se retrouvent ainsi dépouillés de leurs marchandises après avoir déjà payé leurs taxes fantaisistes à Bangui pour des papiers inutiles.
À cela s’ajoute le ballet incessant des bambés , appelés également des porteurs qui se jettent sur les bagages des partants. Ces individus s’emparent des chariots et des valises sans demander l’avis des voyageurs puis réclament des sommes astronomiques pour un service non sollicité.
Le voyageur pressé de ne pas rater son vol se retrouve coincé entre le refus de payer et la menace de voir ses bagages retenus. Ces porteurs improvisés inventent des tarifs au gré de leur fantaisie sans aucun barème officiel affiché quelque part.
L’anarchie règne en maître absolu dans cet aéroport où chaque service applique ses propres règles. Le ministère de la Sécurité publique, celui de l’Élevage et celui du Tourisme se partagent ce terrain de chasse lucratif sans coordination aucune.
Ce qui a débuté comme de petites entorses aux règlements s’est amplifié au fil du temps. Devant l’absence totale de sanctions, les pratiques malhonnêtes se sont multipliées et banalisées jusqu’à devenir la norme quotidienne.
La chaîne de commandement semble avoir complètement disparu des radars des autorités compétentes. Le président de la République n’exerce aucune surveillance sur ces pratiques qui ternissent pourtant l’image du pays.
Les ministres concernés ferment les yeux sur ces dérives quand ils ne profitent pas eux-mêmes du système. Le directeur général de l’aviation civile trouve manifestement son compte dans cette pagaille généralisée qui enrichit tout le monde sauf les caisses de l’État.
L’opposant Anicet-Georges Dologuelé avait formulé dans l’une de ses déclarations une observation claire sur cet état de fait généralisé. Selon lui, le pays navigue sans capitaine à la barre pendant que chacun tire la couverture de son côté. Ceci dit, le pays n’est plus gouverné, tout est livré à l’anarchie totale.
Les habitants du Km5 lancent une alerte contre Blaise Mandazou, un maçon escroc
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-macon-blaise.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-macon-blaise.webp” alt=”Les habitants du Km5 lancent une alerte contre Blaise Mandazou, un maçon escroc…. ” width=”400″ height=”400″ />Monsieur Blaise Mandazou, le maçon
Les arnaques dans le secteur du bâtiment ne sont pas nouvelles à Bangui, mais certaines affaires finissent par déborder du cercle privé pour atterrir sur la place publique.
À Bangui, un maçon de profession laisse derrière lui des victimes et des chantiers abandonnés, après avoir empoché l’argent de ses clients sans jamais exécuter les travaux promis.
En effet, tout a commencé par une transaction simple, amicale qui devient par la suite une gigantesque arnaque à ciel ouvert. Pour comprendre l’histoire, il faut remonter au début. L’année dernière, un commerçant du quartier Km5 a confié à un maçon répondant au nom de Blaise Mandazou la rénovation de sa maison. Un devis avait été établi, les matériaux listés, et une somme de quatre millions de francs CFA remise à l’artisan pour démarrer les achats et les travaux. L’homme avait été recommandé comme quelqu’un de fiable, ayant déjà travaillé sur d’autres chantiers sans incident.
Mais à l’approche des fêtes de fin d’année 2025, Blaise Mandazou a cessé de répondre aux appels. Le commerçant a tenté de le joindre à plusieurs reprises, recevant à chaque fois les mêmes promesses d’un retour imminent qui ne venait jamais. L’argent, lui, avait déjà été dépensé : le maçon aurait utilisé la somme pour financer le réveillon de Noël de ses trois femmes et de ses nombreux enfants.
Ce qui a davantage pesé sur la victime, c’est la suite. Un parent gendarme de Blaise Mandazou aurait contacté le commerçant pour l’avertir qu’il risquait lui-même des ennuis judiciaires s’il osait réclamer son argent. Une forme de pression destinée à étouffer l’affaire avant qu’elle ne prenne de l’ampleur.
L’ironie de cette histoire, rapportée par un témoin proche du dossier, tient dans les calculs initiaux du maçon. Celui-ci croyait s’en prendre à un expatrié européen travaillant avec le commerçant, pensant que l’argent remis appartenait à ce dernier. En réalité, la somme volée venait entièrement de la poche du commerçant centrafricain, un homme du quartier qui avait mis de côté pour améliorer son logement.
Le commerçant envisage désormais de porter plainte pour tenter de récupérer sa mise. Blaise Mandazou, lui, est décrit par ceux qui le connaissent comme quelqu’un qui a longtemps donné l’image d’un artisan consciencieux avant ce coup d’éclat.
Suite à cette affaire, les bruits commencent à passer de quartier au quartier, de bouche à bouche. Les rumeurs commencent, puis finis par atteindre les réseaux sociaux. Depuis, des nombreuses alertes sont publiées en ligne, mettant en garde les autres citoyens contre ce monsieur que les victimes décrivent comme un véritable vipère.
CNC, de son côté, a tenté à plusieurs reprises de le joindre, mais en vain.
Le directeur général de l’office national pour le sport (ONASPORT) vient de perdre ses fonctions, au terme d’une enquête qui a mis au jour des actes d’une gravité certaine.
Par arrêté n° 006/MPJSEC/DIR-CAB.26 du 9 mars 2026, le ministre Rodolphe Héritier Bonheur Doneng Wanzoumon a prononcé la suspension immédiate de M. Hervé Sévérin Lidamon de son poste de directeur général de l’ONASPORTS. Cette décision, signée en bonne et due forme, n’est pas tombée du ciel : elle fait suite à une enquête qui a établi des faits précis et documentés.
Les griefs retenus contre lui sont de trois ordres. D’abord, l’occupation illégale du stade Barthélemy Boganda, un patrimoine public censé appartenir à tout un peuple. Ensuite, des dégradations constatées sur les lieux, ainsi qu’un usage personnel d’une infrastructure nationale. À cela s’ajoute un comportement d’insubordination à l’égard de sa hiérarchie, ce qui a fini par faire déborder le vase.
Lidamon est désormais convoqué devant un conseil de discipline, instance chargée de statuer sur son sort. Ce n’est donc pas une simple mise à l’écart administrative, mais le début d’une procédure qui pourrait déboucher sur des conséquences bien plus lourdes pour sa carrière.
Ce dossier, à en croire certaines sources proches du milieu sportif, ne serait que la partie visible d’un ensemble de pratiques qui auraient prospéré dans l’ombre depuis un certain temps au sein de l’ONASPORTS. Des zones d’ombre qui, selon plusieurs observateurs, restent encore à défricher.
Nous allons publier dans nos prochains articles les détails sur les motifs réels qui ont poussé son ministre de tutelle à prendre cette décision lourde.
À Obo, la fête du 8 mars s’achève sur une échauffourée et un blessé
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/journee-du-8-mars-2026-a-obo.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/journee-du-8-mars-2026-a-obo.webp” alt=”À Obo, la fête du 8 mars s’achève sur une échauffourée et un blessé” width=”400″ height=”218″ />Journée du 8 mars 2026 à Obo
La ville d’Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, au sud-est de la République centrafricaine, a célébré la Journée internationale des droits des femmes dans une ambiance qui a vite changé de couleur.
Comme dans plusieurs localités du pays, des habitants se sont réunis pour marquer la date. Un concert avait été organisé au quartier AIM, situé à l’entrée de la ville, situé à 4 kilomètres du centre Obo, , et la soirée attirait du monde, jeunes et adultes mêlés, venus profiter de l’ambiance.
Un soldat des Forces armées centrafricaines s’était lui aussi rendu sur les lieux avec ses camarades. À l’entrée, voulant sécuriser son arme avant de pénétrer dans l’enceinte, il a retiré le chargeur, ignorant qu’une munition était encore engagée dans la chambre. L’arme a craché un coup unique, tiré en l’air.
Le mouvement de panique qui a suivi a dispersé une partie de la foule, mais les présents ont rapidement compris qu’il s’agissait d’une maladresse, et la fête a repris son cours sans autre perturbation de ce côté.
Ce n’est qu’en toute fin de soirée qu’un second incident a éclaté, d’une nature plus grave. Une querelle a dégénéré entre deux jeunes, le premier est habitant du quartier AIM, le deuxième est un déplacé de Mboki venu à Obo avec sa famille. Lord d’altercation, le jeune du quartier AIM a sorti un couteau pour poignarder l’autre au dos.
La victime a été conduite à l’hôpital d’Obo où elle recevait des soins.
La COSCIPAC interpelle le peuple centrafricain sur les maux qui freinent le pays
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Petit-Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Petit-Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC.jpg” alt=”La COSCIPAC interpelle le peuple centrafricain sur les maux qui freinent le pays” width=”300″ height=”224″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Petit-Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Petit-Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC-80×60.jpg 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Petit-Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC-265×198.jpg 265w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Petit-Delphin Kotto de la COSCIPAC
La Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en République Centrafricaine interpelle son peuple avec des mots qui pèsent.
Dans un texte daté du 03 mars 2026 à Bangui, la Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en République Centrafricaine (COSCIPAC) a adressé une lettre ouverte au peuple centrafricain. L’organisation y dresse un état des lieux lucide d’un pays qui possède tout pour avancer, mais qui tarde à le faire. Terres fertiles, sous-sol riche, jeunesse vive : la République centrafricaine n’est pas démunie. Pourtant, cette abondance ne se traduit pas dans le quotidien des populations.
La COSCIPAC pointe du doigt un écart persistant entre les ressources disponibles et les résultats obtenus sur le terrain. Pour l’organisation, cet écart prend sa source dans un mode de gouvernance où la fidélité politique prend souvent le dessus sur la valeur professionnelle. Quand un État nomme ses responsables non pas selon leurs aptitudes, mais selon leurs accointances, écrit la COSCIPAC, il s’expose à une administration qui improvise au lieu d’anticiper.
L’éducation, l’agriculture et la diplomatie sont les trois secteurs que la COSCIPAC cite en exemple pour illustrer ces carences de planification. Le système scolaire peine à se renouveler, privant la jeunesse des outils dont elle aurait besoin pour s’imposer dans un monde en mutation rapide. L’agriculture, elle, reste en retrait faute de politiques publiques cohérentes, alors qu’elle pourrait nourrir le pays et alimenter une croissance durable. Quant à la diplomatie, la COSCIPAC rappelle qu’elle requiert une maîtrise pointue pour que la RCA puisse défendre ses intérêts avec efficacité sur la scène internationale.
Ce que défend la COSCIPAC, c’est une conception exigeante de la paix. L’organisation refuse de réduire la paix à la seule absence de fusils. Une nation peut voir ses armes se taire et ses institutions continuer à fléchir sous le poids de la mauvaise gestion. La stabilité durable, insiste la COSCIPAC, ne peut germer que dans des institutions qui inspirent confiance, qui rendent des comptes et qui produisent des résultats visibles : des routes praticables, des écoles qui fonctionnent, de l’eau au robinet, de l’électricité et du travail.
Pour sortir de cette impasse, la Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en République Centrafricaine formule trois exigences fondamentales. La méritocratie d’abord : chaque poste stratégique doit revenir à la personne la plus compétente pour l’occuper. La planification ensuite : les politiques publiques doivent s’inscrire dans une vision à long terme, et non dans la réponse aux urgences du moment. La rigueur financière enfin : les deniers publics doivent être gérés selon des règles de transparence que nul ne peut contourner.
La COSCIPAC ne se contente pas de diagnostiquer, elle interpelle. Aux autorités, elle demande de placer la compétence et l’intégrité au cœur de chaque nomination. Aux élites du pays, elle rappelle que gouverner est un acte de redevabilité, pas un privilège. À la jeunesse centrafricaine, l’organisation adresse un encouragement ferme : ne pas accepter la médiocrité comme une norme, et tenir bon dans la conviction que le mérite vaut plus que la faveur. Aux simples citoyens, elle demande une vigilance active, une participation aux débats qui engagent l’avenir commun.
La COSCIPAC conclut sa lettre en appelant à un changement de culture politique profond. L’organisation demande que la flatterie, la manipulation et le mensonge cèdent la place à la franchise et à l’engagement civique. Elle rejette ce qu’elle nomme un « No man’s land institutionnel », cet espace sans règles ni repères où chacun fait ce qu’il veut au détriment de tous. Ce que la Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en République Centrafricaine appelle de ses vœux, c’est un État fort dans ses structures, juste dans ses actes et lisible dans ses ambitions.
Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa vient de comprendre ce que le Président Emmanuel Macron répète depuis longtemps : Touadéra est otage de Wagner. Il ne peut rien faire dans l’affaire pour Joseph Figueira Martin sans la décision des Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/l-expert-humanitaire-belgo-portugais-joseph-figueira-martin-avec-son-avocat-nicolas-tiangaye-lors-de-son-proces-a-la-cour-d-appel-de-bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/l-expert-humanitaire-belgo-portugais-joseph-figueira-martin-avec-son-avocat-nicolas-tiangaye-lors-de-son-proces-a-la-cour-d-appel-de-bangui.jpg” alt=”Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa vient de comprendre ce que le Président Emmanuel Macron répète depuis longtemps : Touadéra est otage de Wagner. Il ne peut rien faire dans l’affaire pour Joseph Figueira Martin sans la décision des Wagner” width=”268″ height=”300″ />L’expert humanitaire belgo-portugais Joseph Figueira Martin avec son avocat Nicolas Tiangaye lors de son procès à la cour d’appel de Bangui
Certains refusaient de croire ce que le Président français Emmanuel Macron dit souvent. Pourtant, le président portugais vient de faire le voyage à Bangui, et il en est revenu avec la même certitude amère : Touadera est un otage dans son propre pays.
Wagner ne gouverne plus dans l’ombre. Il agit au grand jour, arrête, frappe, incarcère et fabrique des dossiers judiciaires sur mesure. Et pendant ce temps, Touadéra regarde, reçoit des chefs d’État, fait des promesses qu’il ne tient pas, parce qu’il ne peut tout simplement pas les tenir.
C’est exactement ce qu’a vécu le président portugais sortant, Marcelo Rebelo de Sousa, lors de son déplacement à Bangui le 24 février dernier. Il croyait avoir obtenu de Touadéra l’accord pour libérer Joseph Figueira Martin, chercheur belgo-portugais arrêté par Wagner en mai 2024 à Zémio, alors qu’il travaillait pour l’ONG américaine FHI360.
Lisbonne avait même affrété un avion pour le rapatrier. À l’arrivée, rien. Touadéra n’a rien livré, parce que Touadéra ne pouvait rien livrer. Ce n’est pas lui qui tranche.
Condamné en novembre 2025 à dix ans de travaux forcés pour complicité d’association de malfaiteurs et atteinte à la sécurité de l’État, Figueira Martin croupit à la prison du camp de Roux à Bangui. La peine a été construite par Wagner. Le verdict aussi.
Devant ce mur, Marcelo Rebelo de Sousa a perdu patience. Il a menacé de retirer ses soldats de la MINUSCA, de couper la coopération bilatérale et de peser de tout son poids à l’Union européenne pour déclencher des sanctions ciblées contre Bangui. Il est reparti sans même s’asseoir au dîner officiel prévu en son honneur.
Ce n’est pas le seul cas d’ailleurs. Le même engrenage est en train de broyer un autre humanitaire. Le mercredi 4 mars, Corbeau News Centrafrique lançait une alerte sur l’arrestation de François Zampareni, cadre français de MSF-RDC, interpellé à Zémio par des éléments Wagner dans des circonstances qui ne laissent aucun doute sur la méthode.
Ce que l’enquête de CNC a permis d’établir est accablant. François Zampareni n’était pas venu à Zémio de sa propre initiative. C’est le sous-préfet lui-même qui l’avait convié à une réunion officielle. Il avait quitté Nzapay en République démocratique du Congo, franchi la rivière Mbomou, et rejoint Zémio en réponse à cette invitation des autorités locales.
C’est en pleine réunion, alors que les échanges se déroulaient normalement, que des éléments Wagner ont fait irruption dans la salle. Ils se sont saisis de lui sans le moindre avertissement, l’ont emmené de force dans leur base avant d’être déposé dans les geôles de la gendarmerie de Zémio.
Un transfert vers Bangui est déjà en cours pour l’acheminer à l’Office Central pour la Répression du Banditisme. C’est le même rail sur lequel Figueira Martin avait été placé en 2024. Arrestation musclée, passage par la base Wagner, remise à la gendarmerie, fabrication d’un dossier à Bangui. Figueira avait fini avec dix ans de prison ferme.
Pourtant, la mission de MSF-RDC dans cette zone n’avait rien d’opaque. L’organisation cherchait à ouvrir un couloir logistique depuis Bangui vers Zémio pour ravitailler les milliers de déplacés centrafricains réfugiés à Nzapay, et envisageait de reprendre en partie la gestion de l’hôpital de Zémio. C’était sa troisième mission dans la ville.
Pendant ce temps, la MINUSCA continue d’expédier aux Nations Unies des faux rapports qui décrivent une situation calme et maîtrisée. La Minusca doit comprendre, Wagner n’est pas une force armée d’État. C’est une milice privée de voyous, sans ancrage légal reconnu, dont les actes à Zémio s’accumulent depuis des mois. L’absence de combats entre factions ne protège ni les populations ni les humanitaires qui opèrent sur le terrain.
Ceux qui viennent soigner et aider sont arrêtés, battus, jetés en prison. Ceux qui tuent et pillent voient leur bilan maquillé en progrès sécuritaire dans les rapports onusiens.
Fari Tahéruka Shabazz : « Tout ce que Touadéra touche devient un échec. CEMAC en faillite, BEAC pillée, routes fantômes » Rédigé le .
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/fari-taheruka-shabazz.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/fari-taheruka-shabazz.jpg” alt=”Fari Tahéruka Shabazz : « Tout ce que Touadéra touche devient un échec. CEMAC en faillite, BEAC pillée, routes fantômes » Rédigé le .” width=”300″ height=”297″ />Monsieur Fari Tahéruka Shabazz
Dix années au pouvoir, et chaque initiative se transforme en désastre. Fari Tahéruka Shabazz dresse un bilan sans appel du règne de Faustin-Archange Touadéra.
L’analyste politique centrafricain ne se contente pas d’opinions. Il compile des faits vérifiables, des chiffres publics, des annonces officielles suivies de résultats catastrophiques. Son constat tient en une phrase : tout ce que ce régime entreprend finit par s’effondrer. Pas des demi-ratés ou des retards conjoncturels, mais des naufrages complets.
Prenons l’opération « Kwa ti kodro», ce grand projet d’assainissement de Bangui lancé en grande pompe. Le président lui-même saisit la pelle et la brouette devant les caméras. Les communiqués se succèdent quotidiennement pour vanter les progrès accomplis. Et pourtant, en pleine saison sèche, l’Institut Pasteur annonce une invasion de moustiques jamais observée auparavant dans le pays.
L’accumulation d’ordures et d’eau stagnante crée un risque explosif de paludisme. La capitale n’a jamais été aussi sale qu’aujourd’hui, affirme Fari Tahéruka Shabazz. L’opération censée nettoyer la ville produit exactement l’inverse de son objectif affiché. C’est Sisyphe qui pousse son rocher : l’effort quotidien ne mène qu’à un retour au point de départ, voire pire.
La liste des projets phares avortés s’allonge comme un inventaire de promesses brisées. Sangocoin, la cryptomonnaie nationale qui devait révolutionner l’économie, n’existe que sur le papier. Memecoin suit la même trajectoire fantôme. Torgobank, Yacabank, Wallibank : des établissements bancaires annoncés comme des leviers de développement financier, introuvables dans la réalité économique du pays.
Le Château d’eau, infrastructure majeure destinée à résoudre la pénurie d’eau potable, laisse des quartiers entiers de Bangui assoiffés des années après son lancement. La Table Ronde de Bruxelles rassemble les bailleurs internationaux, génère des promesses de financement massif, et le terrain reste désespérément vide de réalisations concrètes. Chaque annonce grandiose débouche sur le néant.
Fari Tahéruka Shabazz enfonce le clou sur le dossier régional. Touadéra préside la CEMAC pendant deux ans, de 2024 à 2026. Cette communauté économique et monétaire regroupe six pays d’Afrique centrale, des dizaines de millions d’habitants, des richesses naturelles considérables. Le 5 février 2026, le président de la Commission annonce officiellement la faillite financière de l’institution.
Deux années de présidence centrafricaine suffisent à ruiner une organisation régionale entière. Fari Tahéruka Shabazz parle d’un cadeau empoisonné laissé au successeur. L’institution ne sort pas renforcée ou modernisée de cette période, elle en sort exsangue, incapable d’honorer ses engagements financiers les plus basiques.
La nomination d’Yvon SANA BANGUI à la tête de la BEAC produit des conséquences encore plus graves. Cette banque centrale gère la politique monétaire de toute la zone CEMAC, les réserves de devises, la stabilité du franc CFA en Afrique centrale. En février 2026, les réserves de devises couvrent à peine 1,5 mois d’importations, alors que le seuil de sécurité minimal s’établit à 3 mois.
Cette situation plonge la Centrafrique dans l’incapacité d’importer médicaments, équipements, carburant, denrées de base. Et comme si l’effondrement financier ne suffisait pas, le gouverneur se retrouve accusé de harcèlement sexuel et de viol par le personnel féminin de la banque. La débâcle institutionnelle se double d’un scandale moral retentissant.
Le porte-parole du régime, Maxime Balalou, finit par reconnaître publiquement le « manque d’investissement dans les infrastructures ». Cet aveu intervient après des années de financements colossaux : la BAD, le FMI, la Banque mondiale, la France, les émissions de titres à la BVMAC, tous ces flux d’argent convergent vers la Centrafrique. Et le résultat visible sur le terrain reste obstinément nul.
Des routes annoncées et budgétées n’existent que dans les discours. Des quartiers de la capitale manquent d’eau et d’électricité. Le réseau existant vieillit et se dégrade sans qu’aucune rénovation sérieuse ne vienne compenser l’usure. Les milliards affluent, les infrastructures disparaissent. Fari Tahéruka Shabazz pose la question évidente : où va cet argent ?
L’image la plus dévastatrice reste celle des opérations chirurgicales menées à l’hôpital universitaire de Bangui. Les chirurgiens opèrent à la lumière des torches de téléphone portable. Il n’y a plus d’électricité, plus de groupes électrogènes fonctionnels dans l’établissement de santé le plus important du pays. Des vies humaines dépendent de la batterie d’un smartphone.
Cette scène résume à elle seule l’écroulement des fonctions les plus élémentaires de l’État. Un pays qui ne peut garantir l’éclairage dans son hôpital universitaire a cessé d’assurer les services minimaux attendus d’une autorité publique. Le simulacre institutionnel remplace progressivement toute réalité administrative tangible.
Fari Tahéruka Shabazz observe ce phénomène répétitif avec une stupéfaction qui vire à la sidération. Chaque matin, le régime annonce une nouvelle initiative, un nouveau chantier, une nouvelle réforme. Chaque soir, le rocher retombe. Kwa ti kodro produit une invasion de moustiques. Les cryptomonnaies s’évaporent avant même d’exister. La CEMAC sombre. La BEAC s’assèche. Les routes restent des fantômes budgétaires.
Et le lendemain, le cycle recommence. Nouvelle annonce, nouvelle promesse, même résultat. Zéro. L’analyste ne formule même plus de prédictions. Il se contente de documenter la répétition mécanique de l’échec, comme un horloger qui note l’heure à laquelle l’aiguille revient toujours au même point. Dix ans de cette danse absurde, dix ans de ce retour perpétuel au vide initial.
Les Centrafricains qui vivent cette réalité quotidienne n’ont plus besoin d’analyses sophistiquées pour comprendre. Ils voient leurs rues envahies d’ordures malgré les opérations d’assainissement. Ils subissent les coupures d’électricité dans les hôpitaux. Ils constatent l’absence de routes là où les budgets ont été votés. Ils mesurent l’écart vertigineux entre les discours officiels et leur existence concrète.
Fari Tahéruka Shabazz ne fait qu’articuler ce que tout le monde observe déjà. Sa contribution réside dans la mise en ordre de ces observations éparses, dans l’établissement d’un fil conducteur qui relie tous ces désastres. Ce fil, c’est l’incapacité structurelle du régime à transformer l’intention en réalisation, l’annonce en construction, le budget en infrastructure. Tout ce qu’il touche devient du chaos, affirme l’analyste. Les faits lui donnent raison, jour après jour, projet après projet, milliard après milliard englouti dans le néant
Nour Grégaza : Touadéra envoie discrètement son ministre Guismala Hamza au Tchad pour ramener un fantôme
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/02/Nourd-Gregaza.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/02/Nourd-Gregaza.jpg” alt=”Nour Grégaza : Touadéra envoie discrètement son ministre Guismala Hamza au Tchad pour ramener un fantôme” width=”300″ height=”128″ />Nourd Gregaza, Président du PRNC
L’affaire Nour Grégaza dépasse désormais les frontières centrafricaines : Bangui a mandaté en secret son ministre de l’Agriculture Guismala Hamza pour tenter de localiser Nourd Gregaza à N’Djamena.
Le dictateur de Bangui Faustin Archange Touadéra a dépêché discrètement son ministre de l’Agriculture, Guismala Hamza, au Tchad avec une mission officieuse : retrouver la trace de Nour Grégaza. Officiellement, le ministre était en déplacement pour trois jours dans la capitale tchadienne. En réalité, l’objectif était tout autre, et il rentre ce lundi 9 mars 2026 à Bangui les mains vides.
Tout remonte à la nuit du 14 au 15 décembre 2025, quand les autorités centrafricaines ont annoncé l’évasion de Nour Grégaza de l’OCRB (office central pour la répression du banditisme), cette prison où il était détenu depuis le 7 juillet 2025 après un bref passage à la prison du camp de Roux. Pourtant, s’échapper d’un lieu aussi étroitement gardé par les forces de l’ordre lourdement armés relève de l’exploit. Personne à Bangui ne sait véritablement où il se trouve, et cette incertitude nourrit toutes les spéculations.
Ce qui est certain, en revanche, c’est la vague d’arrestations qui a suivi. Les frères et sœurs de Grégaza ont été cueillis un à un par les mercenaires russes du groupe Wagner, dont son propre frère, garde du corps du ministre Guismala Hamza lui-même. Cette coïncidence n’a échappé à personne : le ministre chargé de retrouver Grégaza au Tchad est celui là même qui recrute dans sa sécurité rapprochée le frère du soi-disant fugitif.
Le réseau de parenté autour de cette affaire va encore plus loin. Guismala Hamza est lui-même un parent de Nour Grégaza. Le ministre de la Justice Arnaud Djoubaye Abazène l’est également. Et le ministre des Transports, Gautron Djono-Ahaba, partage lui aussi des liens familiaux avec l’homme recherché. Touadéra est donc en train de retourner une famille entière contre l’un des siens, divisant par la pression et la peur ceux qui partagent le même sang.
En outre, les 3 policiers, en garde cette nuit de la disparition de Nourd Gregaza, ont également été arrêtés par les mercenaires russes en mi-décembre dernier. Mais à la grande surprise de tout le monde, les mercenaires russes ont annoncé, plus d’un mois après l’arrestation de ces trois policiers, la mort de l’un d’eux. Les Wagner ont tout simplement assassiné l’un des policiers, l’accusant d’avoir ouvert la porte de la cellule à monsieur Nourd Gregaza. Après l’assassinat du policier, les Wagner ont tout simplement empêché sa famille de récupérer le corps durant plusieurs jours.
Toutefois, , la question est de savoir si Nourd Gregaza se trouve effectivement au Tchad, et si Guismala Hamza l’a identifié, est-ce que le Tchad va-t-il accepter de le livrer aux mercenaires russes encore ? Il faut le rappeler, le Tchad n’a aucune raison d’extrader qui que ce soit vers la RCA, d’autant que les précédents parlent d’eux-mêmes. Charles Massi, extradé à l’époque du président Idriss Déby père, a disparu depuis lors dans les geôles centrafricaines. Armel Sayo, lui, a été livré par N’Djamena en mars 2025 et se retrouve aujourd’hui dans une prison privée de Wagner, torturé à vie par ces criminels de Poutine.
Le 2 mars 2026, dans l’amphithéâtre historique Gaston Bachelard de la Sorbonne à Paris, un événement majeur s’est produit : le premier colloque international entièrement consacré à la responsabilité juridique des crimes commis par le groupe Wagner et ses structures affiliées. Organisé par l’Institut de recherche en droit international et européen de la Sorbonne (IREDIES) en partenariat avec le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies, la FIDH, TRIAL International, Truth Hounds, le projet All Eyes on Wagner, la Geneva School of Diplomacy et la Coalition africaine pour la justice et contre l’impunité, ce rassemblement marque un tournant décisif.
Pour la première fois, des experts du monde entier, des universitaires, des avocats internationaux, des enquêteurs de terrain et des représentants d’ONG se sont réunis publiquement pour démonter, pièce par pièce, le voile juridique derrière lequel Wagner opérait depuis des années en toute impunité. Le message est clair : le groupe paramilitaire russe ne pourra plus se cacher derrière le flou de son statut, ses contrats opaques ou ses changements de nom successifs.
Dans son discours d’ouverture, le coordinateur scientifique du colloque a rappelé avec force la réalité humaine derrière les débats juridiques :
« En amont des questions de responsabilité qui vont nous occuper, il y a des violations graves du droit et des victimes de ces violations, des victimes qui souffrent dans leur chair et qui appellent, qui espèrent et qui ont foi dans la protection juridique, en République Centrafricaine, au Mali, au Burkina Faso, en Syrie, en Ukraine et j’en passe. »
Ces mots résonnent particulièrement en Centrafrique, où les populations de plusieurs régions ont payé un lourd tribut aux exactions attribuées à Wagner : exécutions sommaires, viols, pillages, déplacements forcés, tortures. Pendant trop longtemps, les victimes centrafricaines ont eu l’impression que leurs cris n’étaient pas entendus au-delà de leurs frontières. Aujourd’hui, ce sentiment commence à changer.
Le colloque n’a pas été qu’une discussion théorique. Il a posé les bases concrètes d’un arsenal juridique mondial pour poursuivre les responsables :
– Clarification du statut de Wagner comme entreprise militaire privée ou comme bras armé de l’État russe
– Identification des mécanismes de responsabilité pénale individuelle (commandement, complicité, co-action)
– Voies possibles devant les juridictions nationales (exercice de la compétence universelle), la CPI, ou des tribunaux hybrides
– Utilisation accrue des enquêtes ouvertes par des États tiers et des preuves collectées par des ONG
Les participants, dont certains ont bravé des menaces réelles pour être présents ou pour témoigner, ont confirmé que le processus est lancé : le voile d’impunité se déchire, lentement mais sûrement.
Pour les Centrafricains qui ont vu leurs villages brûlés, leurs proches disparus, leurs droits bafoués, cette mobilisation internationale est un premier signe fort : vous n’êtes plus invisibles. La justice, même si elle avance à son rythme, n’est plus un mirage lointain. Des enquêtes sérieuses se structurent, des dossiers se construisent, des États et des organisations internationales se coordonnent.
Le monde a commencé à répondre à l’appel des victimes. Et ce n’est qu’un début.
Nations-Unies : Un diplomate centrafricain plaide pour Macky Sall à la tête de l’ONU
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/macky-sall-ancien-president-senegalais.webp” data-wpel-link=”internal”>Macky Sall, ancien Président sénégalais
Dans une déclaration signée depuis Paris, Son Excellence Chancel SEKODE NDEUGBAYI, ancien ministre délégué aux Affaires étrangères de la République Centrafricaine, apporte son soutien public à la candidature de Macky Sall au poste suprême des Nations unies.
SEKODE NDEUGBAYI a rendu public ce texte le 9 mars 2026. Dans ce document, l’ancien ministre appelle à une mobilisation africaine autour de la candidature de Macky Sall, ancien président du Sénégal de 2012 à 2024, au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, en remplacement du Portugais António Guterres.
Pour asseoir ce soutien, SEKODE NDEUGBAYI rappelle d’abord ce que Macky Sall a accompli à la tête du Sénégal. Sous la conduite de Macky Sall, le pays a connu une modernisation notable avec des investissements dans les routes, l’électricité, les transports et les infrastructures urbaines, dans le but d’améliorer les conditions de vie des populations et de consolider la place du Sénégal en Afrique de l’Ouest.
Déclaration du soutien à l’ancien Président sénégalaisDéclaration de l’ancien ministre des affaires étrangères centrafricaines soutenant l’ancien Président sénégalais Macky Sall
Au-delà de cette action intérieure, SEKODE NDEUGBAYI met en avant l’envergure internationale de Macky Sall. L’ancien président sénégalais a défendu les intérêts du continent africain dans les grands débats mondiaux sur la dette, le financement du développement et la transition énergétique, et a continué, après la présidence, à porter la voix de l’Afrique dans de nombreux forums internationaux.
C’est toutefois dans la partie la plus personnelle du document que SEKODE NDEUGBAYI livre ce qui fonde réellement son appel. L’ancien ministre centrafricain indique avoir côtoyé Macky Sall lors de plusieurs sommets internationaux, en présence de MANKEUR Ndiaye, ancien représentant du Secrétaire général des Nations unies en Centrafrique entre 2018 et 2020, et avoir pu mesurer de près la rigueur de l’analyse de Macky Sall et la profondeur de sa réflexion sur les enjeux du monde.
SEKODE NDEUGBAYI décrit Macky Sall comme un homme qui écoute avant de décider, qui cherche le consensus plutôt que l’affrontement, et qui place l’intérêt collectif au-dessus des calculs partisans. Ces qualités, selon SEKODE NDEUGBAYI, font de Macky Sall non pas simplement un candidat africain, mais un homme d’État à la hauteur d’une fonction qui exige vision, équilibre et capacité à rassembler des nations aux intérêts souvent divergents.
SEKODE NDEUGBAYI inscrit par ailleurs la candidature de Macky Sall dans un mouvement plus vaste visant à corriger un déséquilibre ancien dans la représentation du continent africain au sein des grandes institutions mondiales. Porter la voix du Sud global depuis le siège de l’ONU n’est pas, aux yeux de SEKODE NDEUGBAYI, une ambition ordinaire, mais une nécessité au regard des défis — conflits, inégalités, changement climatique — qui pèsent aujourd’hui sur les nations les plus vulnérables.
Dans les établissements publics de la capitale Bangui, la pratique des enseignants qui monnayent leurs cours est devenue une réalité que personne ne semble vouloir enrayer. Avec la complicité du sommet de l’État, les choses deviennent de plus en plus pires.
Le lycée de Miskine, situé dans le cinquième arrondissement de Bangui, n’échappe pas à cette dérive pathétique. Depuis plusieurs années, des actes dignes de la mafia italienne y ont été relevées par une équipe de la rédaction de Corbeau News Centrafrique dépêchée sur place.
Ce que nos journalistes ont constaté sur place dans ce lycée dépasse ce que l’on pouvait imaginer : l’argent y conditionne tout, des évaluations aux simples autorisations de composer.
Dans la classe de 3ème 2 lycée de Miskine de Bangui. Photo CNC
En effet, la semaine dernière, vendredi 6 mars dernier, la situation a atteint un degré rarement vu. En classe de troisième 2, un professeur de mathématiques, monsieur AGOUBEYE christ , arrive avec un devoir, distribue les questions, puis attend.
Les élèves, estimant les sujets délibérément incompréhensibles, refusent de composer et commencent à manifester bruyamment dans la salle. C’est à ce moment que l’enseignant sort sa propre solution : réclamer de l’argent aux élèves.
Sans se presser, le professeur se lève et commence à faire le tour des tables, une par une, tendant la main. Les élèves cotisent, certains à contrecœur, d’autres sans doute par peur de vengeance sur leurs notes. La scène, observée par notre équipe via les fenêtres de la classe ce jour-là, ressemble moins à un cours qu’à une levée de fonds organisée en bonne et due forme.
La question que certains centrafricains se demandent est de savoir : où ces enfants sont-ils censés trouver cet argent ? Ils ne travaillent pas, ils n’ont pas de revenus, pas de bourses d’études. Certains observateurs estiment que cette pression permanente pousse les élèves à aller voler l’argent de leurs parents, ou à mendier, pour ne pas se retrouver exclus d’un devoir auquel ils ont pourtant droit.
Ce type de comportement n’est pas uniquement réservé au lycée de Miskine. C’est un fait observé partout dans la capitale, des établissements publics à ceux du privé également. Il reflète une gangrène, pardon, une pourriture, qui s’est installée dans plusieurs établissements de la capitale, au vu et au su de tout le monde. Le ministère de l’Éducation nationale, interpellé de fait par ces pratiques répétées, n’a jusqu’ici produit aucune sanction visible contre les contrevenants.
Pourtant, des voix s’élèvent de plus en plus dans le pays pour pointer la responsabilité du sommet de l’État.
Si on se souvient bien de ce que l’opposant Anicet-Georges Dologuelé, dit AGD, avait lui-même affirmé : le pays n’est plus gouverné, il est livré à l’anarchie. Et c’est vrai, tout est pourri depuis le sommet de l’État jusqu’à la base.
À Abba-Bogani, Nana-Mambéré, un cultivateur grièvement blessé par des éleveurs
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Un-cultivateur-centrafricain-qui-se-plaint-darrivee-massive-des-peuls-dans-son-village.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Un-cultivateur-centrafricain-qui-se-plaint-darrivee-massive-des-peuls-dans-son-village.jpg” alt=”À Abba-Bogani, Nana-Mambéré, un cultivateur grièvement blessé par des éleveurs ” width=”300″ height=”214″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Un-cultivateur-centrafricain-qui-se-plaint-darrivee-massive-des-peuls-dans-son-village.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Un-cultivateur-centrafricain-qui-se-plaint-darrivee-massive-des-peuls-dans-son-village-100×70.jpg 100w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Un cultivateur centrafricain qui se plaint d’arrivée massive des peuls dans son village, et potentiellement pour détruire les champs agricoles
En République centrafricaine, les zones rurales de l’ouest du pays vivent depuis des années sous la pression de conflits qui opposent ceux qui cultivent la terre à ceux qui y font paître leurs bêtes.
C’est dans ce climat tendu que le village d’Abba-Bogani, dans la sous-préfecture d’Abba, non loin de Bouar, a été le cadre d’une nouvelle agression samedi 7 mars 2026. Des éleveurs avaient conduit leur troupeau dans les parcelles d’un cultivateur, piétinant et ravageant ce qu’il avait semé. Quand l’homme a voulu demander des comptes, les éleveurs l’ont accueilli au couteau, le laissant grièvement blessé.
Ce type de confrontation n’est pas propre à Abba-Bogani. Vers Batangafo et Sido, un éleveur peul avait lui-même perdu la vie dans des circonstances similaires, signe que la violence va dans les deux sens et épargne personne. La saison sèche ramène chaque année des milliers de têtes de bétail poussées depuis le Cameroun, le Niger, le Nigeria, le Tchad ou le Soudan vers les pâturages centrafricains, et avec elles, des étincelles qui tardent rarement à s’enflammer.
Ce qui aggrave la situation, c’est le discours que tiennent certains de ces éleveurs étrangers. Ils se vantent ouvertement de ne plus avoir à se plier à aucune règle, convaincus que les 3R, ex-groupe armé ayant signé l’accord de paix de Ndjamena , ont désormais pris le contrôle du pays. Cette lecture erronée du paysage politique centrafricain leur sert de justification pour ignorer les couloirs de transhumance pourtant balisés.
Même les éleveurs centrafricains, qui connaissent ces couloirs, ne les empruntent pas toujours. Avec le retour de la saison sèche, les troupeaux affluent en masse, et la pression sur les terres agricoles monte d’un cran.
Alors, les éleveurs disent qu’ils vont attaquer maintenant tout le monde, car ils sont déjà au pouvoir. Mais quel pouvoir ? Parlent-ils de Touadera que son père est peul ou de quoi ?
Chaque année, le monde entier s’arrête un instant pour regarder la place qu’il offre à ses femmes. En République centrafricaine, cet arrêt a pris, ce dimanche 8 mars 2026, des allures de bilan à ciel ouvert.
C’est dans cette atmosphère que la ministre Marthe Kirimat, en charge de la promotion du genre, a ouvert les festivités officielles à Bangui. Devant un parterre d’autorités, elle a dressé un état des lieux sans détour : des progrès réels ont été accomplis, mais les femmes centrafricaines restent encore loin du compte dans les postes de décision. Certains départements ministériels, a-t-elle déploré, ignorent le quota de représentation féminine pourtant inscrit dans les textes en vigueur.
Photo de famille à la fin de la cérémonie. Photo CNC
À ses côtés, le Premier ministre Félix Moloua, venu représenter le chef de l’État Faustin-Archange Touadéra, a choisi d’apporter une réponse nuancée à cette critique. Pour lui, la question ne se résoudra pas d’un claquement de doigts. Le choix des personnes nommées aux postes de responsabilité, a-t-il soutenu, repose d’abord sur les compétences, et non sur le genre.
Ce positionnement n’a pas manqué de nourrir un débat dans les coulisses de la cérémonie. Car si la compétence est effectivement un critère légitime, encore faut-il que les femmes aient eu, dès le départ, les mêmes chances d’acquérir ce capital humain. C’est précisément là que le Premier ministre a reconnu un chantier majeur : créer les conditions d’un accès équitable à l’éducation et à la formation.
Le Premier ministre et la ministre de la promotion du genre, de la protection de la femme, de la famille et de l’enfant visitent les stands de l’exposition dans l’enceinte de la clôture de l”ONASPORT.Photo CNC
Sur ce point, il a cité l’initiative du chef de l’État d’accorder des bourses aux filles, présentée comme un signal fort envoyé aux familles centrafricaines. Les femmes présentes dans la salle ont aussi offert, à travers une course et des sketches, une démonstration de leur capacité à prendre la parole, à revendiquer et à entreprendre. Le Premier ministre y a vu la preuve que le dialogue entre hommes et femmes avait progressé.
La note conceptuelle de l’UNFPA, publiée à l’occasion de cette journée, donne pourtant une autre mesure de la réalité. L’organisation onusienne rappelle que les femmes et les filles centrafricaines restent exposées aux mariages précoces, aux violences de genre et à un accès limité aux soins de santé reproductive. Le thème retenu pour 2026, « Droits. Justice. Action pour TOUTES les femmes et les filles », n’est pas un slogan de circonstance.
Le thème national choisi par le gouvernement centrafricain, « De la reconnaissance des droits à l’action concrète », va dans le même sens. Il reconnaît implicitement que les lois existent, que les engagements ont été pris, mais que leur traduction dans la vie quotidienne des femmes du pays reste un travail inachevé.
Félix Moloua a conclu ses propos en appelant le secteur privé à s’associer à cet effort, pour que les femmes puissent créer de la richesse et accéder à l’entrepreneuriat. Un appel qui sonne comme un aveu : l’État seul ne peut pas porter ce chantier.
Action Solidaire appelle les femmes centrafricaines à oser prendre leur place dans la construction du pays
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Madame-Nadine-KOSSI-Presidente-de-lassociation-Action-Solidaire.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Madame-Nadine-KOSSI-Presidente-de-lassociation-Action-Solidaire.jpg” alt=”Action Solidaire appelle les femmes centrafricaines à oser prendre leur place dans la construction du pays” width=”300″ height=”200″ />Madame Nadine KOSSI, Présidente de l’association Action Solidaire
Les femmes portent des nations entières sur leurs épaules, souvent sans que personne ne le remarque ni ne le reconnaisse à sa juste valeur.
C’est depuis cette conviction profonde que Nadine Kossi, présidente de l’Association Action Solidaire, a adressé un message aux femmes de Centrafrique à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, ce 8 mars. Dans ses mots, elle rend hommage à des femmes qui, malgré les pesanteurs du quotidien, continuent de tenir debout leurs familles et leurs communautés. Elle parle de résilience, non pas comme d’un mot vide, mais comme d’une réalité que vivent des millions de Centrafricaines chaque jour.
À partir de là, Nadine Kossi articule son message autour de trois points qu’elle juge non négociables. Le premier est l’autonomisation des femmes : pour elle, aucun pays ne peut avancer durablement si la moitié de ses habitants reste économiquement à la remorque de l’autre moitié. Elle demande un accès concret à l’éducation, à la formation et au financement, car une femme qui dispose de ses propres moyens, dit-elle, c’est toute une famille qui gagne en solidité.
Le deuxième point touche à la participation des femmes aux postes de décision. La présidente d’Action Solidaire affirme sans détour que les femmes centrafricaines ont les aptitudes et la lucidité nécessaires pour siéger là où se décide l’avenir du pays, que ce soit dans l’administration, la politique ou l’économie. Elle appelle à en finir avec ces obstacles invisibles qui bloquent leur montée en responsabilité depuis trop longtemps.
Le troisième engagement est la tolérance zéro envers les violences fondées sur le genre. Nadine Kossi le dit avec une netteté qui ne laisse place à aucune ambiguïté : aucune tradition, aucune pression sociale ne peut légitimer qu’une femme soit maltraitée ou réduite au silence. Protéger les femmes, insiste-t-elle, c’est défendre la dignité humaine dans ce qu’elle a de plus fondamental.
Elle conclut en lançant un appel direct aux femmes : qu’elles se forment, qu’elles entreprennent, qu’elles dirigent et qu’elles fassent entendre leur voix. L’Association Action Solidaire, dit-elle, demeure à leurs côtés pour soutenir leurs initiatives et
Pour la Journée Internationale des Droits des Femmes en Centrafrique, les Élèves et étudiantes sont mobilisés
Les deux jeunes femmes rescapées photographiées à Samuandia après leur fuite des mains de la LRA. Elles avaient été enlevées en 2014 à Bria alors qu’elles n’avaient que 11 ans.
À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, la radio Ghira FM, voix emblématique de la Minusca, a initié une action éducative marquante. Le 6 mars 2025, au lycée Marie-Jeanne Caron de Bangui, une émission spéciale en direct a réuni élèves et intervenantes pour échanger sur l’émancipation féminine.
Animée par Liliane Nyatia, responsable des programmes à Ghira FM, aux côtés d’autres journalistes, cette session visait à motiver les jeunes filles. Les participantes ont partagé leurs histoires personnelles, démontrant que la persévérance ouvre des portes, même dans un environnement complexe. “Nous avons voulu montrer que l’avenir reste accessible, et que les défis ne doivent pas décourager les ambitions”, explique Liliane Nyatia. Les témoignages ont mis en avant des femmes qui ont surmonté des obstacles pour réaliser leurs objectifs professionnels.
L’événement, ouvert au public, encourageait les auditrices à prendre en charge leur destin. Parmi les moments forts, des récits de femmes accomplies ont captivé l’auditoire. Elles ont décrit comment elles ont maintenu leur engagement envers leurs études et carrières, malgré les pressions extérieures. Une élève présente a confié : “Ces exemples m’ont poussée à décider de mon propre chemin. Peu importent les barrières, je reste déterminée pour mes études. Mon rêve est de devenir gestionnaire.”
Cette initiative s’inscrit dans les efforts plus larges de promotion de l’égalité entre les genres, un pilier du mandat des Nations Unies. Elle combat les inégalités en encourageant l’autonomisation. Les jeunes filles ont évoqué les défis quotidiens, comme les remarques dévalorisantes de certains garçons qui estiment que les filles sont destinées uniquement au foyer. “Il faut ignorer ces voix et se concentrer sur ses buts”, a insisté une intervenante.
Pour l’édition 2025, la Journée internationale des droits des femmes adopte le thème « Pour toutes les femmes et les filles, droit, égalité et autonomisation ». Ghira FM, par cette émission, contribue à cet appel en inspirant la nouvelle génération. Des actions similaires pourraient multiplier les impacts positifs, favorisant une société plus inclusive en Centrafrique.
Cet événement rappelle l’importance de telles plateformes pour amplifier les voix féminines et bâtir un avenir équitable.