Centrafrique.com/wp-content/uploads/2020/10/AXR19BDDTHyyeoy_3Z-g-2.jpeg” alt=”recensement des électeurs à Bangui par ONUINFO” width=”400″ height=”266″ />Le recensement des électeurs à Bangui, en République centrafricaine.
Bangui, République centrafricaine, mardi, 16 mars 2021, 22:50:49 ( Corbeaunews-Centrafrique ). En République centrafricaine (RCA), les derniers scrutins de dimanche des élections législatives se sont correctement déroulés dans 112 circonscriptions sur les 118 restantes, a indiqué lundi Théophile Momokoama, porte-parole de l’Autorité nationale des élections (ANE), l’organe en charge de l’organisation des élections en RCA.
D’après M. Momokoama, le déroulement du scrutin est satisfaisant en dépit de quelques poches d’insécurité, où ni le matériel électoral ni le personnel de l’ANE n’ont pu être déployés. Il a cité à titre d’exemple les localités centrafricaines de Gadzi et Gamboula (ouest), où les élections n’ont pas pu se tenir.
Momokoama a par ailleurs rappelé que l’ANE reste la seule institution autorisée à diffuser les résultats provisoires des législatives, et que la Cour constitutionnelle a été mandatée pour proclamer les résultats définitifs.
Selon le découpage électoral, la RCA compte 140 circonscriptions qui correspondent à autant de sièges de l’Assemblée nationale. Au total, 22 de ces sièges ont été pourvus à l’issue du premier tour des législatives à la fin de l’année 2020.
Dimanche dernier, les Centrafricains se sont rendus aux urnes pour le second tour dans 49 circonscriptions, et pour le premier tour dans les 69 circonscriptions où le scrutin avait été perturbé par les rebelles en décembre dernier.
Avant le premier tour des élections présidentielle et législatives tenues le 27 décembre dernier, des groupes armés s’étaient coalisés pour entraver le processus électoral tout en lançant une offensive contre le pouvoir de Bangui. Environ deux tiers des électeurs inscrits avaient été dans l’incapacité de voter lors du premier tour.
Depuis quelques semaines, l’armée centrafricaine, appuyée par ses alliés rwandais et russes ainsi que les forces onusiennes (Minusca), a repris plusieurs villes occupées par les rebelles.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2021/03/Alexandre-Tcherkassov-de-lONG-Memorial-a-Moscou-le-12-mars-2021.-450×338.jpg” alt=”Alexandre Tcherkassov, de l’ONG Memorial, à Moscou, le 12 mars 2021.” width=”450″ height=”338″ />Alexandre Tcherkassov, de l’ONG Memorial, à Moscou, le 12 mars 2021
Bangui, République centrafricaine, mardi, 16 mars 2021, 22:39:49 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Ancien voyou reconverti dans la restauration et l’affairisme, c’est un proche de Poutine, Evgueni Prigojine, qui est à la tête de cette armée fantôme déployée notamment en Syrie et en Afrique.
Le solide dossier syrien porté par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et l’organisation russe Memorial braque une fois de plus les projecteurs sur le groupe de mercenaires Wagner. Nul doute que la plainte déposée ce 15 mars devant un tribunal de Moscou (lire l’article de Jean-Pierre Perrin) agacera au plus haut point le Kremlin. Le pouvoir russe a toujours nié tout lien direct avec Wagner. Ce dernier est pourtant devenu l’un des bras armés de Moscou dans ses interventions extérieures.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2021/02/ngaissona-CPI-450×253.jpg” alt=”L’ex-chef de la fédération de football de la République centrafricaine Patrice-Edouard Ngaissona ors de sa comparution initiale devant les juges de la CPI à La Haye, aux Pays-Bas, le 25 janvier 2019″ width=”450″ height=”253″ />L’ex-chef de la fédération de football de la République centrafricaine Patrice-Edouard Ngaissona ors de sa comparution initiale devant les juges de la CPI à La Haye, aux Pays-Bas, le 25 janvier 2019
Bangui, République centrafricaine, mardi, 16 mars 2021, 22:28:04 ( Corbeaunews-centrafrique ). Il s’agit du premier témoignage entendu dans le procès ouvert mi-février contre Patrice Edouard Ngaïssona et Alfred Yekatom devant la Cour pénale internationale (CPI). Les deux Centrafricains sont poursuivis pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis en 2013 et 2014. L’accusation a appelé à la barre une victime de l’attaque du 5 décembre 2013 à Bangui.
Avec notre envoyée spéciale à la Haye,Stéphanie Maupas
Témoin protégé, la jeune femme a déposé sous pseudonyme, le visage caché du public. À la barre, elle a raconté les crimes des anti-balakas sur Boeing, à l’Ouest de Bangui, le 5 décembre 2013. Inquiète des rumeurs d’attaque de la milice à laquelle émargeaient les deux accusés, elle s’était réfugiée au PK5, tandis que son mari tenait toujours le magasin familial. Jusqu’à ce triste jour…
À la barre, elle s’exprime en Sango mais son récit est interprété pour les juges.
« On a commencé à entendre des coups de feu. Je me suis levée précipitamment, je tremblais. J’ai ouvert le portail, je suis sortie. Je voyais les gens blessés, qui avaient des bras cassés, les parents criaient, mon cœur battait. Quelqu’un m’a posé la question: “mais où est-ce que tu vas ?”. Je lui ai dit: “mais je vais chercher mon mari”. » Celui-ci m’a dit: “Mais les anti-balakas sont sortis partout, tu ne peux pas aller jusqu’à là-bas.” » Ce n’est que quelques jours plus tard qu’elle apprend que les corps des tués ont été transportés jusqu’à la mosquée.
« Il y a un véhicule qui a transporté les corps à la mosquée. Mon mari était dedans. Je suis allée voir le corps. Il avait le cou fracassé. Je suis tombé en sanglots. »
Avec ce témoignage, il n’a pas été question des deux accusés. Le procureur a surtout dressé un premier tableau des crimes de leur milice.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2020/12/les-electeurs-a-lEcole-Gbaya-Dombia-dans-le-3e-arrondissement-de-Bangui-par-fridolin-ngoulou-450×206.png” alt=”les électeurs à l’École Gbaya Dombia dans le 3e arrondissement de Bangui par fridolin ngoulou” width=”450″ height=”206″ />les électeurs à l’École Gbaya Dombia dans le 3e arrondissement de Bangui. Photo Fridolin Ngoulou.
Bangui, République centrafricaine, mardi, 16 mars 2021, 03:10:43 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Près de 1,8 million d’électeurs centrafricains qui s’étaient rendus ce dimanche 14 mars aux urnes pour le second tour des législatives, attendent de pied ferme les résultats du scrutin pour connaitre l’identité des nouveaux élus.
Comme au premier tour, tenu en décembre dernier et couplé avec la présidentielle, la participation aux législatives était relativement faible. « Il n’y a pas une grande affluence », a regretté Ali Ousman, un responsable du réseau Arc-en-ciel qui regroupe 15 organisations de la société civile ayant déployé des observateurs sur le terrain.
Le défi le plus important est la menace des rebelles. Une semaine avant la tenue de la présidentielle, une coalition des plus importants groupes armés dans le pays, nouvellement formée, avait juré d’empêcher la tenue du scrutin ; mais l’élection avait pu avoir lieu sans incident majeur.
Des centaines de paramilitaires russes et de soldats rwandais, envoyés par Moscou et Kigali, étaient venus à la rescousse de l’armée centrafricaine et de la Mission de l’ONU (MICUSCA) présente dans le pays.
D’ailleurs, à cause de l’insécurité, des bureaux dans certaines circonscriptions n’avaient pas pu ouvrir en décembre et ont plutôt organisé un nouveau premier tour ce dimanche.
«Tous les centres où il n’y avait pas pu avoir de premier tour ont pu voter aujourd’hui», a déclaré un responsable de la Minusca, le lieutenant-colonel Abdoul Aziz Fall, qui a aussi indiqué que le scrutin «s’est bien passé» globalement, assurant et qu’«il n’y a pas eu d’incident majeur ».
Des députés devaient être élus dans 118 circonscriptions. La nouvelle législature est censée être installée avant le 3 mai prochain, conformément à la Constitution. En attendant les résultats des législatives, plusieurs observateurs pensent que le président Faustin-Archange Touadéra devrait conserver, sans difficultés, sa majorité à l’Assemblée nationale.
Soulignons qu’à cause de la faible affluence des électeurs lors de l’élection présidentielle (un seul sur trois avait voté), la légitimité de la réélection de Touadéra est toujours remise en cause par l’opposition.
La Centrafrique est en guerre civile depuis huit ans. Une bonne partie du territoire national est sous le contrôle des groupes armés.
Un autre opposant tchadien suspend sa participation à la présidentielle
Bangui ( République centrafricaine ) – “Soucieuse de la nécessité pour le Tchad d’organiser une élection crédible et apaisée, l’Alliance républicaine pour le changement démocratique n’entend pas servir de caution pour un parodie et suspend à compter de ce jour sa participation à la campagne électorale”, a déclaré Brice Mbaimong Guedmabaye, candidat d’un regroupement des partis politiques de l’opposition.
Il suspend sa campagne pour exiger entre autres: l’audition du fichier électoral pour une organisation indépendante, la clarification des documents électoraux dont la machine à production des cartes électorales, la sécurisation de tous les candidats en période de campagne au même titre que le candidat Deby et la décrispation du climat social délétère en trouvant une solution aux revendications des travailleurs du secteur public en grève./////////////.
“Il faut que nous ayons un minimum d’assurance pour aller à cette élection de manière sereine”, insiste-t-il./////////////.
Pour le président Idriss Deby Itno, candidat à sa propre succession, ceux qui se retirent en pleine course, “n’ont pas tort de se retirer parce qu’il y a 113 partis politiques qui soutiennent ma candidature”. /////////////.
Le e président Déby “a perdu toute dignité pour continuer à exercer ses fonctions. C’est inadmissible”, soutient Max Laolngar, président de la Ligue tchadienne des droits de l’homme, membre de la coordination des actions citoyennes contre le 6e mandat du président Déby. “Ça devait nous faire pleurer mais nous sommes sereins”, ajoute-t-il./////////////.
“Nous allons continuer de manière pacifique pour que son dessein de gouverner le Tchad sous un 6ème mandat de plus tombe à l’eau”.
Bangui ( République centrafricaine ) – Des assaillants ont tué au moins une douzaine de personnes lors d’un raid nocturne dans un village de l’est de la République démocratique du Congo, ont déclaré lundi un témoin et deux groupes de défense des droits civils.
Les témoins ont accusé les Forces démocratiques alliées (ADF), une milice ougandaise active dans l’est de la RDC depuis les années 1990. On leur attribue des dizaines d’attaques de représailles brutales contre des civils depuis que l’armée a commencé des opérations contre elle fin 2019./////////////.
Selon les témoins, l’attaque s’est produite dans le village de Bulongo, à environ 30 kilomètres à l’est de Beni, dans la nuit de dimanche à lundi./////////////.
“Il y a 12 corps gisant sur le sol”, a déclaré Mambo Kitambal, responsable d’un groupe de la société civile à Bulongo./////////////.
“Ici, sous la pluie, ils ont sauvagement tué nos frères et sœurs avec des couteaux et des pioches”, a déclaré Paul Sakata, un habitant de Bulongo./////////////.
“Nous regrettons que l’armée n’ait pas réagi hier soir, ce qui renforce la peur dans la tête des habitants de cette partie du pays, qui commençaient à espérer la paix”, a-t-il ajouté./////////////.
“Nous craignons que ce bilan ne s’alourdisse d’autant plus que l’ennemi a opéré pendant plusieurs heures. Les victimes ont été exécutées à coups de pioches et de machettes”, a averti Mambo Kitambal./////////////.
Mercredi, les États-Unis ont désigné les ADF comme une organisation terroriste, les accusant de liens avec l’État islamique. Pour l’heure, les experts de l’ONU n’ont pas trouvé de preuves d’une relation directe entre les deux groupes./////////////.
Les ADF ont tué environ 850 personnes l’année dernière, selon les chiffres de l’ONU./////////////.
Les zones frontalières orientales du Congo avec l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi abritent environ 120 milices différentes, dont beaucoup sont des vestiges des brutales guerres civiles du pays qui ont officiellement pris fin en 2003.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2021/03/Alexandre-Tcherkassov-de-lONG-Memorial-a-Moscou-le-12-mars-2021.-450×338.jpg” alt=”Alexandre Tcherkassov, de l’ONG Memorial, à Moscou, le 12 mars 2021.” width=”450″ height=”338″ />Alexandre Tcherkassov, de l’ONG Memorial, à Moscou, le 12 mars 2021
Bangui, République centrafricaine, lundi, 15 mars 2021, 14:37:59 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Intentée par des ONG de défense des droits de Lhomme au nom d’un proche de victimes, laction judiciaire dénonce des exactions en Syrie.
Laction judiciaire est sans précédent. Mandatésx par le Centre syrien des médias et de la liberté dexpression (SCM), la Fédération Internationale pour les droits humains (FIDH) et lONG russe de défense des droits humains Memorial, des avocats ont déposé lundi 15 mars, à Moscou, une plainte contre des membres présumés du groupe de mercenaires Wagner.
Emise au nom du frère dun soldat déserteur syrien torturé, tué et dont le corps a été mutilé par plusieurs individus membres présumés du groupe Wagner, en juin 2017, cest la première fois quune telle action est intentée par les proches dune victime syrienne à lencontre de suspects russes pour des crimes commis en Syrie.
Laffaire doit beaucoup au travail mené par le journal russe Novaïa Gazeta qui, le premier, a reconstitué le calvaire de Mohammed Taha Ismail Al-Abdoullah, et cherché à identifier ses bourreaux. Le journal a utilisé pour cela des images éparses apparues sur les réseaux sociaux à partir de juin 2017 ou obtenues par ses soins.
Plaisanteries en russe
Celles-ci mettent en scène cinq à six hommes frappant un homme à coups de masse tout en plaisantant en russe. On les voit tenter de couper la tête de la victime avec un couteau. Un autre essaie, en donnant des coups avec le tranchant dune pelle, de lui couper les bras. « Maniaques », ironise lun des combattants, quand lautre conseille : « Laissez-lui les jambes, on va le pendre par les jambes. »
La dernière séquence montre la victime accrochée par les pieds, sans tête ni bras, aspergée dessence et finalement en flammes, sans que cessent les plaisanteries sur le « barbecue » en préparation. Dautres images apparues ensuite ont permis de distinguer la signature laissée sur le torse du soldat démembré, une inscription proclamant « Pour les paras, pour les éclaireurs ». Un deuxième homme, non identifié, a eu la tête coupée ce jour-là.
Toutes ces images ont été prises sur le site gazier dAl-Chaer, au nord de Palmyre, où la firme Wagner a participé, au printemps 2017, au combat contre les forces de lEtat islamique. Cest aussi là que les deux têtes coupées ont été exhibées.
Loin du récit enthousiaste de la libération de liconique cité de Palmyre, lenjeu, crucial pour le financement de leffort de guerre de Damas et de Moscou, était de reprendre le contrôle dune région doù est extraite 80 % de la production du gaz syrien. En vertu daccords signés dès 2014, des sociétés militaires privées russes sont chargées de sécuriser ces sites. Cest là que M. Al-Abdoullah, un ouvrier du bâtiment arrêté en mars 2017 à la frontière syro-libanaise puis soumis à la conscription forcée, a tenté de déserter avant de croiser le chemin des Mercenaires russes.
Aucun effet
Novaïa Gazeta avait rapidement identifié Stanislav Dychko, qui apparaît le visage complètement découvert, celui-là même qui est visé par la plainte déposée lundi. Le journal a même publié ses documents dengagement chez Wagner, dans lesquels il écrit avoir pour motivation de « défendre les intérêts de la Russie à létranger ».
Avant de sengager en 2016, cet homme, né en 1990, était policier dans la ville de Stavropol, où il semble toujours résider aujourdhui. Novaïa Gazeta affirme avoir des éléments sur lidentité dautres participants, mais sans certitude, et demande aux autorités russes dagir à leur tour.
Les plaignants ont décidé de laisser de côté ces autres tortionnaires pour se concentrer sur Stanislav Dychko. Ils névoquent pas non plus son appartenance à la société Wagner ou à son pararavent Evropolis, alors que les autorités russes nient leur existence. Dans un entretien accordé en décembre 2020 au site Meduza, un ancien combattant de la firme avait accusé Dmitri Outkine, dont le nom de guerre « Wagner » sest étendu aux mercenaires, davoir ordonné cette exécution sauvage pour faire un exemple. Cet ultranationaliste est considéré comme le chef militaire du groupe.
« Cest à lEtat russe de faire ce travail de recherche, estime Alexandre Tcherkassov, lun des dirigeants de lONG Memorial. De notre côté, nous préférons être modestes mais précis pour donner aux autorités le moins de chances possible dignorer notre démarche. Nous connaissons les difficultés… »
« La responsabilité de la Russie dans les crimes commis en Syrie était pour linstant un trou noir », souligne lavocate Clémence Bectarte
Cette prudence sexplique par la réaction du pouvoir russe jusque-là. Les investigations et les demandes formulées par Novaïa Gazeta pour quune enquête soit ouverte nont pour lheure eu aucun effet. La justice na même pas demandé des vérifications. « Limpunité sétend dun conflit à lautre, note M. Tcherkassov. Les responsables de tortures et de disparitions forcées, par exemple dans le Caucase, sont restés impunis et ont pu aller répéter ces crimes à létranger. »
Selon la législation russe, dès lors que le suspect nest pas poursuivi en Syrie, il devrait lêtre en Russie. « Tant que ce nest pas le cas, la honte de ce crime rejaillit sur nous tous, estime M. Tcherkassov. Mais en labsence des mécanismes de justice internationale, nous navons pas dautre choix que de nous tourner vers nos institutions nationales. »
Vide juridique exploité à dessein
A limage de Wagner, les sociétés militaires privées nont formellement aucune existence légale en Russie, où elles sont interdites. Ce vide juridique est exploité à dessein par le Kremlin, qui les utilise de plus en plus dans le cadre de ses opérations extérieures. Moscou peut ainsi nier son implication et éviter de se retrouver comptable de leurs exactions.
« Cest le cur du sujet au niveau du droit international. Lutilisation par la Russie de groupes du type Wagner est destinée à sabsoudre et à se soustraire à ses responsabilités juridiques, explique Clémence Bectarte, coordinatrice du Groupe daction judiciaire de la FIDH. Or, sa responsabilité est engagée dès lors quun lien hiérarchique et de subordination entre les Wagner et lEtat russe est établi lors de ces déploiements. »
Selon le code de procédure pénale, le comité denquête russe doit répondre à la plainte dans les trois jours à dix jours. « Nos actions futures seront déterminées par sa réponse, ou son absence de réponse », souligne Clémence Bectarte. « Nous continuerons à recourir à toutes les voies légales pour que justice soit faite », ajoute lavocate, qui nexclut pas de se porter devant la Cour européenne des droits de lhomme en cas dobstruction russe.
« Cest la première fois que la responsabilité de la Russie en Syrie est invoquée, se félicite-t-elle. Or, la responsabilité de la Russie dans les crimes commis dans ce pays était pour linstant un trou noir. Il sagit aujourdhui délargir le champ de la responsabilité juridique et den ouvrir un dans le combat contre limpunité. »
Benoît Vitkine(Moscou, correspondant) et Madjid Zerrouky
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2020/05/brigade-de-la-gendarmerie-de-Ngaoundaye-par-cnc-le-25-mars-2020-450×338.jpg” alt=”brigade de la gendarmerie de Ngaoundaye par cnc le 25 mars 2020″ width=”450″ height=”338″ />Image d’illustration de la brigade de la gendarmerie de Ngaoundaye, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé (nord-ouest) le 25 mars 2020. Photo CNC .
Bangui, République centrafricaine, lundi, 15 mars 2021, 14:08:30 ( Corbeaunews-Centrafrique ). La sous-préfecture de Ngaoundaye, située à proximité des frontières du Tchad (5 kilomètres) et du Cameroun (20 kilomètres ), est secouée ce dimanche 14 mars par la présence massive des rebelles de 3R (Retour, réclamation et Réhabilitation), membres de la coalition des patriotes pour le changement., créant la psychose au sein de la population.
Selon des sources locales, les rebelles sont arrivés massivement à bord des motos et se diriger vers l’église catholique ou se trouve leur base. Même si pour l’instant aucune exaction est enregistrée de la part de ces groupes armés cette forte présence ne rassure pas la population de Ngaouandaye qui continue de vivre dans la peur.
Ce lundi matin, certains éléments du groupe ont pris la direction de Paoua, mais les activités commerciales tournent normalement.
Les populations appellent le gouvernement à déployer les éléments des forces armées centrafricaines pour assurer la sécurité de la population.
Il y’a lieu de rappeler que le jeudi 20 août 2020, les agents recenseurs et tablettes en activité d’enrôlement des électeurs dans la sous-préfecture de Ngaoundaye, située dans la préfecture de l’Ouham-Péndé, avaient été sommés par le chef rebelle Abass Sidiki de mettre terme aux opérations d’enrôlement et quittent immédiatement la ville, mettant fin ainsi au recensement électoral dans la ville et sa région jusqu’à la négociation menée par le gouvernement.
Tout récemment, lors de la campagne du premier tour des élections, le véhicule 4×4 de monsieur Antoine Koïrokpi , candidat du MLPC dans la deuxième circonscription de Ngaoundaye a été braqué par les éléments rebelles du CPC dans la ville. Il accuse cependant la Minusca de ne pas vouloir voler à son secours pendant la scène. Malgré qu’il les appelle.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2021/03/koyara-salue-les-faca-formes-par-les-russes-filme-par-krock-450×338.jpg” alt=”La ministre de la défense salue les soldats FACA formés par les russes à Bérongo. Photo CNC” width=”450″ height=”338″ />La ministre de la défense salue les soldats FACA formés par les russes à Bérongo. Photo CNC / Fred Krock
Bangui, République centrafricaine, lundi, 15 mars 2021, 11:08:32 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Désormais, ils sont opérationnels. Au nombre de 438, ces nouveaux soldats de l’armée nationale seront déployés sur le théâtre de l’opération derrière les paramilitaires Russes de la société Wagner et les troupes rwandaises dans les prochains jours, a déclaré le chef d’État major de l’armée, le général Zépherin Mamadou.
Les éléments autodéfense du quartier KM5, et quelques anciens combattants ayant déposé les armes ont bouclé les quatre mois de formation assurée par les instructeurs centrafricains en partenariat avec l’EUTM-RCA au camp Kassaï la semaine dernière.
Ces nouvelles recrues ont pris l’engagement de servir la nation et défendre le drapeau centrafricain. Un serment basé sur la discipline et l’intérêt suprême national.
« Voici votre drapeau. Le drapeau national. Vous êtes tenus de le défendre jusqu’au sacrifice suprême de votre vie », a déclaré le chef d’État major, le général Zépherin Mamadou, avant d’ajouter qu’un soldat formé est une machine de guerre pour la protection de la population et de l’intégrité du territoire national.
« Une fois formées, nos troupes et leurs matériels sont déployés systématiquement sur les différents fronts, car cette guerre il faut la gagner », a-t-il précisé.
D’après un officier de l’armée nationale, ces nouvelles recrues vont être déployées et c dans les villes reprises par l’armée nationale aux mains des rebelles de la coalition des patriotes pour le changement. Ce sont elles qui assureront la sécurisation des villes reprises une fois que le travail est fait par les Mercenaires russes et les troupes rwandaises.
Bangui, République centrafricaine, lundi, 15 mars 2021, 10:18:45 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Après les villes de Bossangoa, dans l’Ouham, de Bozoum, dans l’Ouham-Péndé et de Paoua, dans Lim-Pendé, les soldats FACA, appuyés par les troupes rwandaises et les Mercenaires russes, ont dans leur viseur la ville de Batangafo, chef-lieu de la préfecture de l’Ouham – Fafa. Leur objectif, chasser les rebelles de la coalition des patriotes pour le changement dans cette localité. D’ores et déjà, les rumeurs de leur arrivée secoue la ville, et les rebelles semblent paniquer, tandis que les populations se préparent à les accueillir.
Dans la ville de Batangafo, mais aussi Kabo, située dans la préfecture de l’Ouham-Fafa, c’est la panique qui règne parmi les hommes armés suite aux rumeurs de l’arrivée imminente des soldats FACA et leurs alliés dans la ville.
« Les soldats FACA et leurs alliés sont désormais à moins de 80 kilomètres de nous. Ils sont dans la ville de Bouka. Selon nos informations, ils attendent des renforts qui doivent arriver de Damara avant de progresser jusqu’à nous à Batangafo. Mais on constate déjà la panique et la nervosité chez les rebelles du mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC), membres de la coalition des patriotes pour le changement », témoigne un instituteur à Batangafo interrogé par CNC.
Selon d’autres habitants de Batangafo, les rebelles commencent à se faire discrets dans la ville, mais ils y sont encore présents.
Notons que la ville de Batangafo, située à 380 kilomètres au nord de Bangui, a été érigée récemment en chef-lieu d’une nouvelle préfecture, Ouham-Fafa, par le chef de l’État Faustin Archange TOUADERA. Elle est traversée par la route nationale 4 reliant Bouca à Kabo, située à 60 kilomètres au nord de Batangafo, et au sud de moyenne Sido, à la frontière avec la République du Tchad.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2021/02/ykatome-et-ngaissona.jpg” alt=”Alfred Yékatom (à gauche) et Patrice-Edouard Ngaïssona (à droite), photographiés les 23 novembre 2018 et 25 janvier 2019, respectivement, lors de leur comparution devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, aux Pays-Bas. ” width=”300″ height=”200″ />Alfred Yékatom (à gauche) et Patrice-Edouard Ngaïssona (à droite), photographiés les 23 novembre 2018 et 25 janvier 2019, respectivement, lors de leur comparution devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, aux Pays-Bas.
Bangui, République centrafricaine, lundi, 15 mars 2021, 09:11:45 ( Corbeaunews-centrafrique ). Le procès de Patrice-Edouard Ngaïssona et Alfred Yekatom pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité reprend ce lundi 15 mars 2021 avec la présentation des éléments de preuves et des témoins par l’accusation devant la Cour pénale internationale .
Selon le bureau de la Cour pénale internationale à Bangui, l’audience reprend avec le témoignage d’un marchand musulman. Un marchand musulman, le témoignage de ce témoin, en langue sango et avec des mesures de protection, portera notamment sur : des chrétiens qui auraient
attaqué des musulmans avant l’arrivée de la Séléka ; l’attaque présumée Anti-Balaka du 5 décembre 2013 contre BOEING, y compris le meurtre présumé de civils sur le marché de BOEING ; la destruction de la mosquée de BOEING ; et l’évacuation du témoin, entre autres des questions.
Alors que le procès reprend aujourd’hui, le bureau du procureur indique que les enquêtes de la cour vont au-delà des élections en République centrafricaine.
Selon Amadiba, directeur de la section coopération au bureau du procureur, le calendrier électoral ne peut suspendre les enquêtes de la CPI en République centrafricaine.
« Les enquêtes se poursuivent, quelque soient le calendrier politique et les appels à la paix et à la réconciliation. Le bureau du procureur n’est pas un bureau politique. Donc le calendrier constitutionnel électoral ne peut ni suspendre les enquêtes ni suspendre les procès. Même les calendriers pour la mise en œuvre de la paix et la réconciliation non plus, ne peut pas empêcher le bureau de poursuivre son mandat », a-t-il déclaré sur les ondes de la radio Ndékèluka.
Lors de cette phase du procès, l’accusation présentera plus de 6000 éléments de preuve, et 150 témoins. Devant les juges.
La défense de Alfred Yekatom Va également faire ses déclarations d’ouverture dans les jours à venir, car elle n’avait pas eu l’occasion de le faire à l’ouverture du procès.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2020/12/des-electeurs-en-attente-ecole-Bimbo-par-Fridolin-Ngoulou-450×338.jpg” alt=”Des électeurs à l’école Bimbo, le 27 décembre 2020. Photo Fridolin NGOULOU” width=”450″ height=”338″ />Des électeurs à l’école Bimbo, le 27 décembre 2020. Photo Fridolin NGOULOU
Bangui, République centrafricaine, lundi, 15 mars 2021, 08:08:13 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Selon l’autorité nationale des élections, aucun incident majeur n’était à déplorer lors du second tour des élections législatives et premier tour des partielles en République centrafricaine : 96% des bureaux de vote avaient ouvert dans 118 circonscriptions . Cependant, au village Bénga, situé à 17 kilomètres d’Ippy, c’est la consternation et la colère.
Pour cause, le membre du bureau local de l’autorité nationale des élections, enlevé le jeudi 11 mars par les éléments rebelles de la coalition des patriotes pour le changement, a été retrouvé mort, c’est-à-dire assassiné par les rebelles 24 heures seulement après son enlèvement. Ce qui a créé une psychose au village, et la peur s’empare des populations locales lors du vote de ce dimanche. Mais entre temps, dans d’autres localités du pays, le scrutin s’est plus ou moins bien déroulé.
Selon le rapporteur général de l’autorité nationale des élections, « globalement, nous pensons que le pari est tenu. Sur les 118 circonscriptions électorales dédiées à ce scrutin, nous avons franchi le cap de 110 », a-t-il annoncé, tout en ajoutant qu’ils vont d’abord affiner toutes ces informations à l’issue des opération du dépouillement avant de communiquer de façon plus précise sur les rares circonscriptions ou finalement ils n’ont pas pu tenir le scrutin du 14 mars.
Il y’a lieu de rappeler que lors du premier tour le 27 décembre 2020, la coalition des patriotes pour le changement avaient empêché le scrutin de se dérouler dans la moitié des bureaux de vote du pays.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2021/03/Dmitry-Sergeevich-Sytii-Valery-Zakharov-Oleg-450×307.jpg” alt=”Dmitry Sergeevich Sytii, Valery Zakharov et Oleg” width=”450″ height=”307″ />Monsieur Dmitry Sergeevich Sytii, Monsieur Valery Zakharov et Monsieur Oleg
Bangui, République centrafricaine, lundi, 15 mars 2021, 05:37:59 ( Corbeaunews-Centrafrique ) – Dans son combat contre les groupes armés, le président centrafricain mise beaucoup sur son alliance avec Moscou, qui a d’Epêché des hommes de confiance à Bangui. Voici ces Russes qui forment sa garde rapprochée. Sur leurs capots fraîchement nettoyés, deux drapeaux : l’un russe, l’autre centrafricain. En ce 15 octobre à Bangui, le gouvernement de Faustin-Archange Touadéra (FAT) et celui de Vladimir Poutine entendent bien célébrer leur alliance, en exhibant les dix blindés réceptionnés le jour-même à l’aéroport de M’Poko.
Depuis plusieurs années, le président Touadéra s’est en effet tourné vers la Russie, froissant au passage, la France, l’ancien protecteur historique de la Centrafrique. Au palais présidentiel, des conseillers russes ont fait leur apparition, tandis que des mercenaires recrutés par l’entreprise de sécurité privée Wagner investissaient l’appareil sécuritaire.
À la veille du premier tour de la présidentielle, fin décembre 2020, ce sont ces mêmes combattants qui ont affronté les troupes de la Coalition des patriotes pour la Centrafrique (CPC, alliance des principaux groupes armés), aux côtés de l’armée centrafricaine, des militaires rwandais et des casques bleus de la Minusca. Depuis, ceux-ci n’ont pas désarmé. Mi-février, les « instructeurs russes » ont encore combattu à Bambari, tandis que le conseiller moscovite de FAT, Valery Zakharov, affirmait le 11 février que le gouvernement contrôlerait « tout le territoire » de la « Centrafrique dans un proche avenir ».
Mais qui sont les Russes de Touadéra ? J.A. fait les présentations.
Valery Zakharov
Il est le véritable patron du dispositif russe à Bangui. Conseiller de FAT « pour la sécurité nationale », il dispose d’un bureau à la présidence et voit très régulièrement le chef de l’État. Ancien membre du service intérieur de sécurité russe (FSB, que Vladimir Poutine a dirigé sous Boris Eltsine), il est le patron des militaires russes affectés à la garde présidentielle de Touadéra et s’immisce également sur le terrain diplomatique. En 2018 et 2019, c’est notamment lui qui, parallèlement aux initiatives de l’UA, a négocié avec les leaders des groupes armés, notamment Noureddine Adam et Ali Darassa, en amont des accords de Khartoum. Selon nos informations, Valery Zakharov a rencontré à plusieurs reprises les actuels rebelles, notamment au Soudan. Lors de ces discussions, a été abordé le principe d’un partage des revenus miniers dans les zones échappant au contrôle du gouvernement. Le conseiller du président a également organisé et pris part à des tables rondes avec des autorités locales afin de plaider la cause des Forces armées centrafricaines et celle du chef de l’État. Valery Zakharov, qui s’affiche volontiers dans les médias favorables au pouvoir centrafricain, serait également à l’origine de la création d’au moins deux sociétés de droit centrafricain : Lobaye Invest, active dans les mines et basée à Boda et Bakala (mais officiellement dirigée par un autre Russe, Evgenii Khodotov), et Séwa Sécurité, considérée comme filiale locale de Wagner, laquelle entreprise nie toute activité en Centrafrique.
Evgenii Khodotov
À Bangui, personne ne semble connaître son visage. Evgenii Khodotov apparaît pourtant sur les documents officiels centrafricains comme directeur-gérant de la société minière Lobaye Invest, notamment dans un arrêté signé par Léopold Mboli Fatran, le ministre des Mines, le 25 juillet 2018. Cette société, enregistrée à Bangui, avait alors obtenu une autorisation de reconnaissance minière dans la région de Pama pour une période de validité d’un an renouvelable, dans le but d’identifier d’éventuels gisements d’or et de diamant. Cette même compagnie, où Khodotov travaillait en relation avec un autre Russe, Dmitry Sergeevich Sytii, avait déjà obtenu en juin 2018 un permis de recherche d’or à Yawa, pour trois ans renouvelables. Selon nos informations, elle était alors reliée à une autre entreprise enregistrée sous le nom de Khodotov : M-Finance. Créée en 2015, celle-ci, basée à Saint-Pétersbourg, avait pour objet l’extraction de pierres précieuses, de quartz, et de mica. Officiellement, Khodotov, ex-agent de la police de Saint-Pétersbourg, berceau du pouvoir de Poutine, aurait été remplacé mi-2018 par Elena Kochina à la tête de M-Finance. Selon un document du département du Trésor américain, Evgenii Khodotov, né le 21 mars 1954 à Leningrad (redevenue depuis Saint-Pétersbourg), serait lié à Yevgeniy Viktorovich Prigozhin, homme d’affaires proche de Vladimir Poutine et considéré comme le dirigeant et financier officieux de la société Wagner. Selon les autorités américaines, Dmitry Sergeevich Sytii serait également en relation avec le même Prigozhin.
Dmitry Sergeevich Sytii
À Bangui, certains le connaissent comme Dimitri Alexandrov. D’autres le nomment simplement Dimitri, depuis qu’il est arrivé à Bangui en 2017 au côté de Valery Zakharov, à qui il a officiellement fait office de traducteur. Né le 23 mars 1989 près de Saint-Pétersbourg, l’homme s’appelle en réalité Dmitry Sergeevich Sytii. Polyglotte francophone, il a reçu une formation universitaire à Saint-Pétersbourg (il est diplômé de la Faculté du commerce et des douanes en 2011), Barcelone (Master en commerce international) et Paris (marketing). Selon des documents financiers obtenus par le journal russe Novaïa Gazeta, il est l’un des dirigeants de Lobaye Invest, au côté de Evgenii Khodotov. Il a également été en relation à Bangui avec Alexander Zalichev. Ce dernier, ancien champion de tir russe, s’est depuis reconverti dans la sécurité privée, en Ukraine et, donc, en Afrique. Il est considéré comme un formateur d’élite de l’entreprise Wagner et de ses filiales. Le rôle de Dmitry Sergeevich Sytii dépasse en effet ses fonctions officielles de traducteur. Selon nos informations, le jeune homme, qui s’occupe de la stratégie médiatique des Russes à Bangui, a ainsi été en relation régulière avec un certain Bruno Lugon, lequel se présentait comme un conseiller de Faustin-Archange Touadéra à la présidence. Lugon (un pseudonyme pour l’Italien Elio CIolini, comme Jeune Afrique l’avait révélé), a fait l’objet d’une enquête des Nations unies, qui le soupçonnaient de faire partie d’un réseau cherchant à influencer la présidentielle centrafricaine.
GardeRapprochéeRusses-03
Il est désormais le visage de la présence militaire russe (officielle) en Centrafrique. Conseiller au ministère centrafricain de la Défense, que dirige Marie-Noëlle Koyara et où il pilote le bureau de coopération russe, cet ancien parachutiste s’affiche sur le terrain, aux côtés des troupes centrafricaines, notamment de l’exhibition de saisies d’armes aux combattants des groupes armés rebelles. Ce haut-gradé de l’armée de l’air participe également, à la primature, aux fréquentes réunions de coordination présidées par le Premier ministre Firmin Ngrebada, aux côtés de Valery Zakharov et Dmitry Sergeevich Sytii. Ces conseils de défense réunissent également les cadres de la Minusca et les principaux chefs de l’armée centrafricaine et sont aujourd’hui destinés à organiser l’offensive conjointe contre les groupes armés alliés au sein de la Coalition des patriotes pour la Centrafrique. Le général Oleg Polguev (ou Polguyev) a été le chef des services de renseignement des forces aéroportées russes. Il s’est également spécialisé dans la formation des forces spéciales de l’armée de l’air de Russie. En étroite relation avec Valery Zakharov, ce militaire de carrière travaille à Bangui (depuis son arrivée à la fin du mois d’août 2020) en contact, notamment, avec le général de division et chef d’état-major des forces armées centrafricaines Zéphirin Mamadou.
Vladimir Titorenko
Très expérimenté, ce diplomate russe a auparavant été en poste en Irak, en partie lors de la deuxième guerre du Golfe. Selon la CIA, Vladimir Titorenko avait à l’époque, en 2003, contribué à couvrir la récupération par les services de renseignement russes du FSB des archives secrètes de Saddam Hussein, que les Américains souhaitaient également récupérer. L’information n’a cependant jamais été confirmée. Spécialiste du Proche et du Moyen-Orient, il avait ensuite été nommé en Algérie, où il restera en poste jusqu’en 2007, avant d’être nommé au Qatar. À Doha, ce diplomate formé à l’institut d’État des relations internationales de Moscou avait eu maille à partir avec les autorités locales, lesquelles avaient cherché à le forcer à leur ouvrir sa valise diplomatique. Après cette altercation, et sur fond de différend avec les Qataris au sujet de la crise syrienne, Moscou rappellera Titorenko au début de l’année 2012. L’arabophone, francophone et anglophone de 62 ans a été nommé à Bangui au début de l’année 2019, en remplacement de Sergueï Lobanov, en poste depuis 2011. Proche du Premier ministre Firmin Ngrebada, Vladimir Titorenko dispose à l’ambassade de Russie à Bangui d’une équipe de communication particulièrement active auprès des médias centrafricains. En liaison avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, et son vice-ministre pour l’Afrique Mikhaïl Bogdanov, il est aussi impliqué, de façon plus officielle que Valery Zakharov, dans le domaine des affaires. Il fait notamment le lien avec le ministre russe de l’Énergie, Alexandre Novak.
Crise et flambée des prix des produits de première nécessité en Centrafrique
Bangui ( République centrafricaine ) – En Centrafrique, la fermeture du principal corridor d’approvisionnement de la capitale a des conséquences importantes sur les ménages. Les prix des produits importés ont beaucoup augmenté et certains commerçants en profitent parfois pour faire d’autant plus de marges. Une variation des prix que suit de près l’Institut centrafricain des statistiques et des études économiques et sociales – ICASEES – soutenu par la Banque mondiale.
Carottes, choux, salades… Mélanie vend des légumes au marché central de Bangui, capitale de la Centrafrique. « Ça vient d’ici… l’autre de loin. La route ? Ça ne marche pas. Pour amener des légumes ici, c’est difficile. Les prix sont très forts. » Globalement, à Bangui les gens se plaignent de l’augmentation des prix des denrées alimentaires. C’est le cas de cette cliente, qui préfère garder l’anonymat : « Les prix sont très chers. J’ai payé un poulet tout à l’heure 4 500 francs CFA, c’est très cher. D’habitude, c’est 3 500 francs CFA. Avec la crise que nous vivons, c’est très difficile, même si on fait des efforts. »/////////////.
Derrière la rangée de viande boucanée, de drôles de clients discutent les prix. Superviseur des agents de l’Institut centrafricain des statistiques, Jonathan Baizé Wielfried achète des feuilles de coco, l’un des aliments utilisés fréquemment dans les ménages. « Le coco, c’est un produit non standard. Pour voir la variation des prix, nous sommes obligés d’acheter chez différents commerçants. C’est ce que nous sommes en train de faire. Pour le même prix, parfois, la différence peut se trouver au niveau du poids. »/////////////.
Munis d’une liste détaillée, les agents circulent dans les allées pour ramener différents types d’échantillons et font des relevés de prix. « Nous arrivons comme n’importe quel client ordinaire et on procède à la pesée une fois au bureau. Nous rapportons en fait le prix au kilo »,nous explique Parfait Maixent Malibert, chef du bureau des statistiques de l’ICASEES./////////////.
Selon lui, dans le contexte de crise que traverse la Centrafrique depuis le mois de décembre, l’Institut centrafricain de sondages a pris une place plus importante qu’à l’accoutumée. « Depuis la fermeture du corridor, on a modifié notre méthodologie de travail. Nous collectons des données chaque semaine et nous les mettons très rapidement à la disposition du public. »/////////////.
D’après le dernier bulletin produit par l’ICASEES, le prix des produits importés ainsi que de source locale ont encore augmenté à Bangui malgré la reprise partielle du trafic sur le corridor. Le prix du riz a bondi de 140%, celui du poulet importé de 73% et l’huile de palme se vend 44% plus chère. Ce sont les produits qui ont connu la plus grande hausse des prix depuis le mois de décembre.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2020/12/les-electeurs-a-lEcole-Gbaya-Dombia-dans-le-3e-arrondissement-de-Bangui-par-fridolin-ngoulou-450×206.png” alt=”les électeurs à l’École Gbaya Dombia dans le 3e arrondissement de Bangui par fridolin ngoulou” width=”450″ height=”206″ />les électeurs à l’École Gbaya Dombia dans le 3e arrondissement de Bangui. Photo Fridolin Ngoulou.
Bangui, République centrafricaine, lundi, 15 mars 2021, 03:37:59 ( Corbeaunews-centrafrique ). Les Centrafricains se rendent aux urnes ce dimanche pour le second tour des élections législatives et le premier tour dans certaines circonscriptions où le scrutin a été perturbé par les rebelles en décembre dernier.
Contrairement au premier tour des élections, la quasi-totalité des bureaux de vote sont ouverts ce dimanche, et le scrutin se déroule jusqu’ici dans le calme.
Lors du premier tour en décembre dernier, 22 des 140 députés que compte l’Assemblée nationale centrafricaine ont été élus. Selon la loi, pour délibérer valablement, le Parlement devra être composée d’au moins 71 députés, soit la moitié du quorum plus un. L’actuelle législature prendra fin le 3 mai prochain, et l’Assemblée nationale devra se renouveler intégralement un jour plus tôt.
Avant le premier tour des présidentielle et législatives tenues le 27 décembre dernier, des groupes armés se sont coalisés pour perturber le processus électoral tout en lançant une offensive contre le pouvoir de Bangui. Résultat : environ deux-tiers des électeurs inscripts n’ont pas pu voter lors du premier tour.
Depuis quelque semaines, l’armée centrafricaine, appuyée par les alliés rwandais et russes ainsi que les forces onusiennes (Minusca), a repris plusieurs villes occupées par les rebelles.
Vendredi dernier, le Conseil de sécurité des Nations Unies a décidé d’augmenter l’effectif de la MINUSCA par 2.750 militaires et 940 policiers, afin d’empêcher la détérioration de la situation sécuritaire et de favoriser l’avancée du processus politique dans le pays.
Quatre morts dans le crash d’un avion militaire kazakh
Bangui ( République centrafricaine ) – Deux personnes ont survécu au crash et sont soignés en soins intensifs après avoir été extraites de l’avion en feu dans l’aéroport d’Almaty
Encore un crash d’un avion Antonov An-26, de fabrication russe. Quatre personnes sont mortes et deux ont survécu dans le crash ce samedi d’un avion militaire qui tentait d’atterrir à Almaty, la plus grand ville du Kazakhstan, ont annoncé les autorités./////////////.
Extraits du moyen-courrier en flammes, les survivants sont en soins intensifs, dans un état « extrêmement » grave, d’après les mêmes sources. « Selon les données préliminaires, quatre personnes sont mortes et deux blessés ont été transportés à l’hôpital le plus proche », a indiqué dans un communiqué le ministère des Situations d’urgence de ce pays d’Asie centrale./////////////.
Crash dans l’aéroport/////////////.
Selon l’aéroport d’Almaty (sud), la communication avec l’Antonov An-26 a cessé vers 17h20 « pendant la phase d’approche » de l’atterrissage puis « l’appareil s’est écrasé en bout de piste ». Le ministère kazakh a précisé que l’appareil effectuait un vol de la capitale Nur-Sultan vers Almaty. Aucune raison n’a pour l’instant été avancée mais un fort brouillard touchait la ville au moment du crash./////////////.
Selon l’agence de presse russe Interfax, l’appareil appartenait au Comité de sécurité nationale, les services spéciaux kazakhs. Il a pris feu après s’être écrasé dans l’aéroport. Selon la direction, « l’avion s’est écrasé au bout de la piste ». Une nuée de véhicules de secours, ambulances, police et pompiers, étaient sur les lieux. Des vidéos filmées plus tôt dans la journée depuis une route proche de l’aéroport par des témoins, publiées par des médias locaux, montraient une épaisse fumée s’élevant au loin après le crash./////////////.
Des précédents sur les Antonov An-26/////////////.
Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a présenté ses condoléances aux victimes dans un message sur Twitter. « Sous mes ordres, le travail pour éclaircir les raisons du crash a commencé », a-t-il écrit. « De pareils incidents ne devraient pas se reproduire »./////////////.
Ce drame n’est pas le premier à impliquer un Antonov An-26. En octobre 2020, un An-26 de transport militaire s’était déjà écrasé à l’atterrissage dans l’est de l’Ukraine, faisant 26 morts, pour la plupart des élèves d’une école militaire, et un survivant. Un mois plus tôt, quatre passagers sud-soudanais et trois membres d’équipage russes avait péri dans le crash d’un An-26 d’une compagnie locale près de Juba, la capitale du Soudan du Sud./////////////.
L’aéroport d’Almaty avait lui déjà été le théâtre d’un accident aérien en décembre 2019, quand un avion de la compagnie locale Bek Air avec 98 personnes à bord s’était écrasé une quinzaine de minutes après son décollage. Douze personnes étaient décédées. Bek Air n’a plus volé par la suite et sa licence a été révoquée l’an dernier.
Bangui ( République centrafricaine ) – En Centrafrique, le second tour des élections législatives ainsi que des scrutins partiels se tiennent ce samedi 14 mars. La campagne électorale s’est ainsi achevée ce vendredi à minuit.
A Yalinga, au nord-est du pays, les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) auraient menacé d’amputer les mains et les jambes des électeurs, selon les déclarations de Thierry Evariste Binguindi, préfet de la Haute-Kotto./////////////.
Face à l’inquiétude qui grandit, la Minusca a présenté son plan de sécurisation. Abelaziz Fall, porte-parole militaire de la mission onusienne en Centrafrique, ne veut pas “entrer dans les détails des opérations pour des raisons sécuritaires et opérationnelles.” Mais selon lui, “plus de cinq cents hommes supplémentaires ont été envoyés dans ces zones afin de densifier le réseau sécuritaire, pour permettre enfin une meilleure sécurité pour la tenue des élections.”/////////////.
Abelaziz Fall ajoute que “malheureusement, nos ressources ne permettent pas d’être partout tout le temps, nous sommes aussi engagés dans les missions d’acheminer du matériel électoral et cela veut dire qu’on est au maximum de nos capacités opérationnelles.”/////////////.
La logistique est en place/////////////.
La prudence est de mise chez les candidats mais l’Autorité nationale des élections (ANE) croit en la tenue de ces élections malgré les défis. Davy Yama est l’un des commissaires de l’ANE. Il explique que “il n’y a pas de retard possible sur le plan de la logistique, toutes les dispositions ont été prises pour que les matériels électoraux soient disponibles dans tous les centres et bureaux de vote. Nous avons pris le soin d’assurer convenablement la formation des agents qui vont assurer à leur tour la formation des membres des bureaux de vote.”/////////////.
La société civile redoute pour sa part un faible taux de participation et se mobilise pour assurer une meilleure légitimité des élus. A l’image de Zéphirin Kaya, représentant de l’Observatoire des élections (ONE). “Nous nous sommes engagés et nous menons des actions de sensibilisation pour mobiliser la population à aller massivement choisir leur représentant à l’Assemblée nationale”, assure-t-elle./////////////.
Les élections législatives groupées seront un test important alors que les rebelles de la CPC continuent de menacer la capitale Bangui.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2021/03/La-photo-de-famille-des-observateurs-internationaux-de-lUnion-Africaine-UA-a-Bangui-450×338.jpg” alt=”les électeurs devant un bureau de vote à Bangui le 31 mars 2016″ width=”450″ height=”338″ />La photo de famille des observateurs internationaux de l’Union Africaine . Photo CNC
DÉCLARATION D’ARRIVÉE
L’Union africaine (UA) annonce l’arrivée de sa Mission d’Observation Électorale de court terme dans le cadre du second tour des élections législatives et premier tour des législatives partielles du 14 mars 2021 en République Centrafricaine. Comme lors du premier tour couplé à la présidentielle en décembre dernier, le Président de la Commission de l’UA, Son Excellence Monsieur Moussa Faki Mahamat a décidé de déployer cette Mission en vue de suivre et de rendre compte du déroulement de ces élections. La Mission d’Observation Electorale de l’Union africaine (MOEUA) est arrivée à Bangui le 07 mars 2021 et y séjournera jusqu’au 19 mars 2021.
La MOEUA est conduite par Son Excellence Monsieur Modibo Sidibé, ancien Premier Ministre de la République du Mali. Elle compte vingt (20) observateurs et elle est constituée de responsables d’organes de gestion des élections, de membres d’organisations de la société civile, d’experts électoraux, de spécialistes sur les questions des Droits humains, genre, médias et sécurité. Ces observateurs viennent de quatorze (14) pays africains, à savoir : Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Côte d’Ivoire, Congo, Ethiopie, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, République démocratique du Congo, Sénégal et Sierra Leone.
La MOEUA observera les élections du 14 mars à la lumière, notamment, des dispositions pertinentes de la Charte africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance de 2012, de la Déclaration de l’OUA/UA sur les principes régissant les élections démocratiques en Afrique de 2002, des Directives de l’UA pour les missions d’observation et de suivi des élections de 2002, et du cadre juridique en vigueur pour l’organisation des élections législatives en République Centrafricaine. L’observation portera sur la régularité, la transparence et le caractère pacifique du déroulement ; notamment des derniers jours de la campagne électorale et des opérations de vote et de dépouillement, le jour du vote. La Mission s’évertuera à faire une observation honnête, indépendante, professionnelle et impartiale de la conduite des élections.
La MOEUA rencontrera les autorités étatiques du pays, les responsables des forces de
défense et sécurité, les institutions en charge des élections, les états-majors des partis
politiques et candidats en lice, les médias, les responsables d’organisations de la société
civile et les représentants de la communauté internationale présents à Bangui. Elle interagira également avec les autres Missions d’Observation déployées en République Centrafricaine pour la même occasion.
La Mission fera une déclaration préliminaire le 16 mars 2021 à 17 30’ à l’Hôtel Ledger Plaza, sur le déroulement de ces élections et formulera, s’il y a lieu, des recommandations à l’attention des acteurs du processus électoral de la République Centrafricaine. Un rapport final fera une évaluation détaillée et plus globale de la conduite des élections.
Le secrétariat de la Mission est établi à l’Hôtel Ledger Plaza. Il est joignable au numéro suivant : +236 75784804.
La MOEUA remercie les Autorités de la République Centrafricaine pour toutes les dispositions qu’elles ont prises en vue de faciliter son travail sur le terrain.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2021/02/Monsieur-Amadou-Danzoumi-Yalo-450×450.jpg” alt=”Monsieur Amadou Danzoumi alias Colonel Daz” width=”450″ height=”450″ />Monsieur Amadou Danzoumi alias Colonel Daz
Bangui, République centrafricaine, samedi, 13 mars 2021, 13:06:40 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Interpellé dans la journée du jeudi 4 février par les forces de l’ordre dans une affaire de « tentative d’atteinte à la sûreté de l’État », monsieur Amadou Danzoumi YALO a été placé en détention provisoire dans les locaux de l’Office central de la répression du banditisme (OCRB). En attente de son déferrement devant le parquet général de Bangui, l’homme a pu s’éclipser de sa cellule dans la nuit du jeudi à vendredi 26 février 2021. On ignore les circonstances de sa cavale, mais un fichier audio qui circule sur les réseaux sociaux montre bien que l’homme aurait bénéficié d’un soutien au sommet de l’État. Cependant, il a fait circuler sa voie dans un autre fichier audio sur les réseaux sociaux dans lesquels il a annoncé la chute du chef de l’État et son retour bientôt au pays.
« C’est moi général Daz, ce n’est plus colonel Daz. J’ai déjà repris le commandement. Dans les jours à venir, vous allez m’écouter. Bangui est déjà tombée. On compte seulement des jours. C’est pour te dire que tout est fini déjà. Bientôt, on va se retrouver à Bangui pour boire et faire la fête ensemble », déclare Amadou Danzoumi Yalo alias Colonel Daz sur les réseaux sociaux. Il ajoute par ailleurs à la fin de ses propos de saluer le « dangereux Zied Khalifa Zarzour », PDG de l’hôtel Ledger à Bangui, soupçonné d’avoir déboursé des fonds nécessaires à son évasion.
Notons qu’après sa cavale, monsieur Amadou Danzoumi Yalo alias Colonel DAZ avait été aperçu dans le quartier Lakouanga à Bangui avant d’être signalé à Zongo, puis à Kinshasa, en République démocratique du Congo.
Cependant, plusieurs responsables de la brigade de l’OCRB ont été interpellés et placés en mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Ngaragba. La justice les soupçonne de complicité d’évasion, et atteinte à la sureté de l’État.
Rappelons que monsieur Amadou Danzoumi Yalo a été cité dans l’affaire de tentative de coup d’État contre le Président équato-guinéen Obiang Nguema. Lors de son arrestation et sa détention à l’OCRB, l’ambassade de la Guinée Équatoriale avait reclassé le renouvellement de la plainte déposée à son encontre. Elle demande son transfèrement à Malabo pour y être jugée comme son frère cadet Dada Yalo. Et c’est l’objet même de la dernière visite du ministre centrafricain de la Justice et le directeur général de la police en Guinée Équatoriale. Malheureusement, entre temps, l’homme s’est évadé, et l’histoire de son transfèrement devant la justice équato-guinéenne est pour le moment suspendue.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/inondation-quartier-bangui-2-450×252.jpg” alt=”inondation quartier de Bangui en centrafrique” width=”450″ height=”252″ />Inondation des quartiers de Bangui, en République centrafricaine. Crédit photo : CNC.
Bangui, République centrafricaine, samedi, 13 mars 2021, 12:10:26 ( Corbeaunews-Centrafrique ). La pluie qui s’est abattue la nuit avant-dernière a fait d’énormes dégâts dans la capitale. De Gobongo à Galabadja, ou encore du quartier PK10 jusqu’à Damala, des maisons sont écroulées, d’autres inondées. Les riverains, dépassés, font appel au gouvernement.
Les dégâts sont déplorables du quartier Gobongo en passant par PK10 PK11, PK12 et les quartiers qui se trouvent au pied de la colline. Des maisons d’habitation entièrement ou partiellement détruites. Quelques buvettes, ateliers ou chapelles ont subi le même sort. Ce qui oblige les ménages touchés à passer la nuit à ciel ouvert.
« La pluie diluvienne avant-hier a causé vraiment beaucoup des dégâts. D’ailleurs si vous vous trouvez derrière vous, vous voyiez que la concession de l’école Saint-Pierre de Gobongo est carrément à terre. Et dans le quartier, vous allez constater que beaucoup des maisons ont vu leurs toitures envolées », déclare un habitant de Gobongo.
Au quartier Damala, dans la commune de Bégoua, le constat est alarmant. Aussi dans une partie du quartier Galabadja sinistré, mais aussi à Boeing. Les habitants demandent l’urbanisation de ces secteurs, régulièrement frappés par des inondations.
« Il pleuvait, et faisait beaucoup du vent. C’était terrible. Le vent a enlevé certaines toitures, beaucoup des maisons se sont écroulées, et des familles ont passé toute la nuit dehors. Ils vivent des conditions difficiles. Ils n’ont pas d’argent pour construire des maisons en dur. Beaucoup dorment dans des cases en argile. Ces maisons ne résistent pas aux pluies diluviennes.
Difficile d’établir un bilan définitif, mais le constat offre un spectacle désolant pour de nombreux ménages, et des lots de perte pour certains opérateurs économiques.
Bossangoa, République centrafricaine, samedi, 13 mars 2021, 11:23:14 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Après la reprise de la ville de Bossangoa le 24 février 2021 par les soldats FACA, appuyés par les Mercenaires russes et les troupes rwandaises, certains habitants continuent d’affluer dans les sites des déplacés internes, d’autres ont préféré rentrer chez eux. Malgré la sensibilisation et l’appel à l’aide des autorités locales et religieuses, bon nombre de ces déplacés sont toujours restés dans des camps. Certains accusent même les mercenaires russes et les troupes rwandaises d’avoir occupé illégalement leur maison, et tuer leurs poulets ainsi que leurs cabris.
Rentrée des forces armées centrafricaines et leurs alliés russes et rwandais le 24 février dernier dans la ville de Bossangoa, a provoqué de la panique au sein de la population. Bon nombre ont trouvé refuge à l’évêché et l’hôpital de la ville, d’autres dans la nature ou dans le champ. Suite à des sensibilisations menées par les autorités locales et religieuses, ou encore la gendarmerie ou le comité local de paix, certains déplacés commencent à regagner leur maison, et d’autres affluent dans les camps.
Cependant, en interrogeant quelques-uns d’entre eux, ils disent ne pas être prêts à rentrer. Ils évoquent la confiscation de leur maison par les mercenaires russes et les troupes rwandaises.
« J’ai envie de rentrer avec toute ma famille à la maison, mais celle-ci est occupée par les Russes, et je ne sais quoi faire. Je ne sais pas s’ils vont durer combien de temps dans ma maison », déclare un déplacé.
Plusieurs cas similaires ont été enregistrés par les autorités locales, et le commandant de compagnie de la gendarmerie annonce que toutes les mesures sont déjà prises pour que , ces maisons soient restituées aux propriétaires dans un bref délai.
Notons que la ville de Bossangoa est calme, et les forces gouvernementales multiplient des patrouilles de 20 heures à 5 heures du matin tous les jours.
Bangui, République centrafricaine, samedi, 13 mars 2021, 10:18:12 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Le tout puissant Directeur général du bureau d’affrètement routier de Centrafrique (BARC), monsieur Sani Yalo, conseiller spirituel du chef de l’État, serait gravement malade, et évacué à l’étranger. Certains de ses proches soupçonnent un empoisonnement, mais de qui ?
Alors que sa collaboratrice Mathurine Édith NOTEFE est décédée le 10 mars 2021 du Covid-19, et ses quatre autres collaborateurs avaient été testés positifs à la pandémie, monsieur Sani Yalo est tombé sérieusement malade brusquement, et admis dans un hôpital à Bangui. Sauf que son état de santé ne cesse de détériorer heure par heure, et nécessite une évacuation dans un pays étranger. Ses enfants, qui vivent en France, ont quitté précipitamment pour descendre à Bangui.
Grâce aux partenaires qui sont venus en République centrafricaine pour signer un contrat avec le chef de l’État Faustin Archange TOUADERA, les autorités ont profité de leur retour pour évacuer le plus puissant et redoutable Sani Yalo dans une clinique à l’étranger.
Du coût, des langues commencent à délier. Certaines parlent d’un empoisonnement, d’autres parlent de la pandémie de Covid-19.
Rappelons que monsieur Sani Yalo, qui dispose gracieusement d’une suite à l’hôtel Ledger Plazza de Bangui, n’était plus allé au bureau depuis deux semaines.
Notons que monsieur Sani Yalo avait été cité dans l’affaire du coup d’État manqué contre le Président équatoguinéen Obiang Nguema, laquelle il avait été accusé d’être l’un des principaux cerveaux. Il est aussi cité dans plusieurs affaires louches, dont celle de la confiscation par l’État centrafricain de l’hôtel libyen Ledger Plazza et celle de l’ambassade de la Libye.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/bernard-selembi-doudou-très-très-bon-pour-tous-les-articles-1-450×420.jpg” alt=”Monsieur Bernard Selembi Doudou, l’auteur de l’article. Photo de courtoisie.” width=”450″ height=”420″ />Monsieur Bernard Selembi Doudou, l’auteur de l’article. Photo de courtoisie.
Bangui, République centrafricaine, samedi, 13 mars 2021, 04:42:39 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Les rideaux vont tomber dès ce vendredi à minuit pour marquer la fin légale de la campagne électorale que nous qualifiions de « mitigée » entre sérénités et violences. Le corps électoral est ainsi convoqué aux urnes par décret présidentiel pour les partiels pour les uns et un second tour des législatives pour les autres. Ce scrutin marqué par le retour de certains partis politiques membres du COD 2020 qui ont bravé le mot d’ordre de boycott est ainsi une occasion passionnante pour le pays de re-dynamiser la gouvernance démocratique et de tourner la page de la sixième législature d’une Assemblée nationale moribonde sur tous les plans, corrompue et surtout caractérisée par la trahison de ses engagements politiques.
Il est toujours évident qu’une élection n’étant jamais gagnée d’avance réserve des surprises aux différents états-majors des partis politiques en dépit d’injustes inégalités des ressources mobilisées. Dans cette logique, les candidats qui se réclament du parti au pouvoir sont appelés à se prêter à un exercice périlleux qui consiste à défendre le bilan du pouvoir sur le précédent quinquennat tandis que les autres partis politiques cherchent à consolider leur position parmi les premières forces politiques du pays, de former au minimum un groupe parlementaire à l’assemblée nationale voire simplement à exister même avec un seul et unique député élu. A travers ce scrutin, il apparaît opportun de ne pas occulter le taux de participation qui sera un baromètre majeur dans ce scrutin car il a fait l’objet d’interminables débats houleux au sein de la classe politique lors des élections groupées du 27 décembre 2020. Parallèlement à cette problématique, il apparaît important et urgent d’évoquer un sujet tabou qui caractérise les campagnes électorales en Centrafrique.
En effet, les élus de la nation communément appelés députés sont simultanément les représentants de la souveraineté nationale et les fervents défenseurs des intérêts des habitants de sa circonscription. A ce titre, ces derniers n’ont nullement une obligation légale ou juridique d’assistance financière et/ou de subvenir aux besoins primaires de ses électeurs mais ils le font parce que cette pratique non démocratique de marchandage de voix est encrée depuis des décennies dans notre culture électorale.
En conséquence de ce qui précède, se soustraire de cette logique électorale équivaut à votre mise à l’écart de la société synonyme de mauvais deputé ou de mauvais candidats. Passionné par l’issue de ce processus électoral, le citoyen lambda toujours curieux s’interroge :
Les mesures primaires sont-elles prévues pour organiser les élections dans la transparence et la sérénité ?
Qu’est-ce qui a changé de plus marquant entre les deux tours des législatives ?
Au delà de la psychose sécuritaire, les électeurs peuvent-ils exercer librement leur droit civique comparativement au premier tour ?
Peut-on affirmer cette fois-ci que le plan corrigé de sécurisation des élections proposé par les forces onusiennes sera à la hauteur des attentes ?
Par ailleurs, quelles sont les chances de gagner des sièges de l’opposition démocratique en l’absence d’alliances de désistement entre les différents partis politiques ?
En d’autres termes, l’opposition démocratique qui s’engage en ordre dispersé augmente t-elle systématiquement les chances du pouvoir à ravir le maximum de sièges à l’assemblée nationale ?
Le pouvoir réussira t-il à lui seul d’avoir la majorité absolue (71 députés) qui lui évitera de courtiser les députés des autres partis politiques ?
Enfin, les vrais ou faux candidats indépendants qui seront inévitablement des troubles-fêtes influenceront-ils la nouvelle configuration du paysage politique centrafricain ?
Les attentes de ces différents questionnements contribueront à la renaissance d’une nation forte si et seulement si tous les acteurs de la vie politique contribuent à leur manière.
Ailleurs, la sortie d’une longue crise fratricide est toujours une aubaine pour reconstruire durablement une nation forte avec des institutions fortes…nous espérons que la Centrafrique ne sera pas l’exception.
Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi.
République centrafricaine : les taux de malnutrition infantile grimpent en flèche alors que la violence fait rage L’UNICEF et le PAM préviennent que plus d’un district sanitaire sur trois dans le pays est désormais en état d’alerte pour une crise de malnutrition infantile en raison des récentes violences
BANGUI, le 12 mars 2021 – Au moins 24 000 enfants de moins de cinq ans répartis dans 14[1] des 35 districts sanitaires de la République centrafricaine (RCA) sont à risque de malnutrition aiguë sévère suite à la récente flambée de violence dans le pays, l’UNICEF et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont annoncé aujourd’hui. Sur ces 14 districts, qui sont désormais en état d’alerte[2] pour une crise de malnutrition infantile, six[3] ne disposent actuellement d’aucune ressource ou capacité pour répondre aux besoins aigus des enfants.
Les deux agences des Nations unies ont également noté que la violence et l’insécurité exacerbent les déplacements de population, entravent l’accès humanitaire et provoquent une hausse des prix des denrées alimentaires.
Cela s’ajoute à l’impact négatif que la pandémie de COVID-19 continue d’avoir sur la sécurité nutritionnelle des enfants dans le pays. Cette année, on estime qu’au moins 62 000 enfants de moins de cinq ans souffriront de malnutrition aiguë sévère, soit une augmentation de 25 pour cent par rapport à 2020.[4]
« La situation est extrêmement préoccupante » a déclaré le Représentant de l’UNICEF en RCA, Fran Equiza. « Sans un accès urgent aux soins dont ils ont besoin, les enfants souffrant de malnutrition sévère sont en danger de mort imminent. Nous devons être en mesure d’atteindre en toute sécurité et dès que possible tous les enfants dans le besoin, en particulier dans les zones les plus touchées par les récentes violences, où les familles ont été forcées de fuir et où l’accès à la nourriture est insuffisant. »
« La détérioration de la situation nutritionnelle est une conséquence des récentes violences post-électorales et nécessite une réponse immédiate et adéquate pour sauver des vies et éviter une catastrophe » a déclaré Peter Schaller, Directeur du PAM en RCA.
« Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et regarder cette catastrophe se dérouler sous nos yeux. Nous devons pouvoir accéder en toute sécurité à ces enfants, ces jeunes filles et ces femmes pour éviter le pire » a ajouté M. Schaller.
Malgré l’insécurité croissante, les équipes de l’UNICEF et du PAM sur le terrain intensifient leurs efforts pour atteindre les enfants et les mères les plus vulnérables, en prépositionnant des fournitures nutritionnelles pour s’assurer qu’il n’y a pas d’interruption dans la livraison de l’aide, ainsi qu’en déployant des cliniques mobiles pour apporter un soutien sanitaire et nutritionnel aux communautés éloignées et déplacées.
« Nous renouvelons notre appel à toutes les parties au conflit pour permettre à l’UNICEF et à ses partenaires d’accéder en toute sécurité et sans entrave aux enfants les plus vulnérables » a ajouté M. Equiza.
En 2021, l’UNICEF a besoin de 15,2 millions[5] de dollars US pour intensifier sa réponse nutritionnelle et fournir des soins essentiels à près de 50 000 enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition sévère, ainsi qu’atteindre plus de 800 000 femmes et enfants avec des mesures visant à lutter contre la malnutrition aiguë et chronique, y compris des conseils en matière d’alimentation et une supplémentation en vitamine A.
À ce jour, les programmes restent gravement sous-financés, avec seulement 30 pour cent des besoins – 4 500 868 dollars US – couverts depuis le début de l’année.
Le PAM poursuivra la prévention et le traitement de la malnutrition aiguë modérée chez les enfants âgés de 6 à 59 mois, ainsi que chez les femmes enceintes et allaitantes. Cependant, l’organisation est confrontée à un sérieux manque de financement et a besoin de 9 millions de dollars US pour sa réponse nutritionnelle jusqu’en décembre 2021.
### À propos de l’UNICEF
L’UNICEF travaille dans certains des endroits les plus difficiles au monde, pour atteindre les enfants les plus défavorisés. Dans plus de 190 pays et territoires, nous travaillons pour chaque enfant, partout, pour construire un monde meilleur pour tous.
Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies est le lauréat du prix Nobel de la paix 2020. Nous sommes la plus grande organisation humanitaire au monde, sauvant des vies dans les situations d’urgence et utilisant l’aide alimentaire pour construire un chemin vers la paix, la stabilité et la prospérité pour les personnes qui se remettent de conflits, de catastrophes et de l’impact du changement climatique.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2021/03/Alioune-Tine-le-president-de-Africajom-Center-450×253.png” alt=”Alioune Tine – le président de Africajom Center” width=”450″ height=”253″ />Alioune Tine – le président de Africajom Center
Bangui, République centrafricaine, samedi, 13 mars 2021, 04:22:50 ( Corbeaunews-centrafrique ). Alioune Tine, le président de Africajom Center invite le président Sénégalais Macky sall à dire qu’il s’en tient à deux mandats. Il l’a dit ce matiin dans un entretien qu’il a accordé aux journalistes de la RFI;
Pour Alioune Tine le président aurait dû parler plus tôt. “Je crois comprendre que le président ne voulait pas avoir l’impression d’intervenir ou d’agir avec un pistolet sur la tempe, sous la pression. Mais surtout, au moment où le ministre de l’Intérieur a fait une sortie malheureuse, il me semble qu’à à ce moment-là, c’était au président de la République de prendre la parole, de rassurer, d’aller effectivement vers la désescalade”a-t-il déclaré. Pour la présidentielle de 2024, il pense que ce serait une bonne chose, que le président de la République dise qu’il s’en tient aux deux mandats. “Parce que ce n’est pas explicite, mais la question du troisième mandat a exacerbé aussi les tensions politiques. Je pense que cela lui permettrait de travailler en toute sérénité et de sortir par la grande porte. Parce que, quand même, il est jeune, il a beaucoup de compétences… Et cela lui permettrait de prendre date pour le Sénégal et également pour l’Afrique. Dans le contexte actuel, où la question du troisième mandat crée des crises politiques énormes, faire un peu comme le président Issoufou [du Niger], qui vient d’avoir le prix Mo Ibrahim du leadership africain, serait un bon message” poursuit-il
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2021/03/Madame-Hindou-Oumarou-Ibrahim-activiste-tchadienne-pour-lenvironnement-450×450.png” alt=”Madame Hindou Oumarou Ibrahim activiste tchadienne pour l’environnement” width=”450″ height=”450″ />Madame Hindou Oumarou Ibrahim activiste tchadienne pour l’environnement
Bangui, République centrafricaine, samedi, 13 mars 2021, 03:42:27 ( Corbeaunews-centrafrique ). Des femmes très actives et engagées, les participantes du Dialogue sur les Initiatives pour les Femmes Africaines ont salué l’approche partenariale et proactive de la Banque mondiale. Toutes rappellent que l’urgence est à l’action concrète et radicale pour protéger les Femmes Africaines et les outiller pour construire une économie post COVID-19 plus juste, plus inclusive et plus durable.
Madame Hindou Oumarou Ibrahim activiste tchadienne pour l’environnement invite partenaires internationaux à un changement de paradigme radical en considérant les femmes non plus comme des bénéficiaires mais comme des partenaires. Selon elle, l’activiste parie sur une économie respectant les savoirs ancestraux et des solutions endogènes pour faire face aux changements climatiques. De son côté, Rabiatou Harouna Moussa ingénieur informaticienne et co-fondatrice de WO’MEN Dev rappelle l’urgence à combler la fracture numérique et démocratiser l’accès à internet alors que la pandémie a prouvé l’importance des solutions digitales. A l’en croire, cette ingénieure défend l’alphabétisation numérique pour les filles afin de les inclure dès aujourd’hui dans l’économie de demain.
L’auteure lauréate du Prix Goncourt des Lycéens Djaïli Amadou Amal a mis sa prose au service de la cause des femmes du Sahel et fait écho au message de masculinité positive. L’auteure des « Impatientes » aussi tiré la sonnette d’alarme sur l’extrême vulnérabilité des femmes et des filles pendant la pandémie qui a vu une hausse du trafic humain pour des mariages précoces et forcés au Cameroun septentrional.
Par gaye mapote
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Centrafrique.com/wp-content/uploads/2021/03/dominique-Yandocka-dans-un-bain-de-foule-dans-la-cour-dune-ecole-chinoise-a-Boyrabe.-Photo-CNC-450×338.jpg” alt=”dominique Yandocka dans un bain de foule dans la cour d’une école chinoise à Boyrabe. Photo CNC” width=”450″ height=”338″ />dominique Yandocka dans un bain de foule dans la cour d’une école chinoise à Boyrabe. Photo CNC/ Cyrille Jefferson Yapendé
Bangui, République centrafricaine, samedi, 13 mars, 2020, 03:37:59 ( Corbeaunews-centrafrique ).L e candidat au second tour des législatives dans la première circonscription du 4ème arrondissement de Bangui, Dominique Yandocka, se présente devant la population de son secteur comme le candidat idéal et d’espoir. A l’ouverture de la campagne du second tour le samedi 6 mars 2021, l’homme du mouvement ITA revient à la charge pour dévoilerles grands axes de son projet de société dont les points saillants sont : le social, l’économique et la politique du relèvement.
A deux jours des scrutins du second tour et partiel, la campagne électorale bat son plein dans certaines circonscriptions de la capitale et de provinces. C’est le cas du compatriote au second tour du Mouvement ITA, qui multiplie caravanes et réunions, visant à expliquer les bien-fondés de sa vision politique à la population de sa circonscription.
Le 1er Secrétaire général du mouvement d’Initiative pour la Transformation en Action (ITA), se voit capable de répondre aux attentes réelles des habitants de la 1ère circonscription du 4ème arrondissement.
« En échangeant avec la population du 4ème 1, je vois que les gens sont beaucoup plus en attente d’un changement réel dans leur vie. C’est-à-dire, la création d’emplois, l’amélioration de leurs conditions de vie et la construction des infrastructures de base. A ces différentes préoccupations, mon projet de sociétéa séduit le maximum de gens qui ont décidé de soutenir ma candidature », a-t-il confié.
Face au candidat du MCU, l’homme est serein et confiant d’apporter du concret. C’est une première étape, nous allons faire nos preuves, a-t-il déclaré avant de continuer :« Mon projet de société est un projet pilote que nous allons montrer dans la première circonscription du 4ème arrondissement de Bangui. Dès le 14 mars 2021, le soir, je serai élu député de la nation et je travaillerai pour défendre l’intérêt de la population du 4ème arrondissement de Bangui », a-t-il confirmé.
Etant jeune, l’homme qui se positionne comme le candidat idéal et d’avenir du 4ème 1, ne mise pas uniquement sursa victoire sur la catégorie de personnes de son âge, même s’il est conscient que la majorité de population centrafricaine est constituée de la jeunesse : « Je serai le député de la nation et qui pense à toutes les couches sociales de son arrondissement. Je vais défendre l’intérêt général de ladite population pour que chacun d’entre nous puisse avoir réellement de quoi à se projeter dans l’avenir, parce que les gens nous font souvent des promesses fallacieuses, et au final, rien ne se réalise. J’ai cette jeunesse qui est en train de me porter ci-haut et je n’ai aucun intérêt à la décevoir », a-t-il conclu.
Dans ces multiples descentes, lors de la campagne électorale du second tour, dont celle du jeudi 11 mars 2021 où nous avons été confiés pour la couverture médiatique, Dominique Yandocka a été accueilli dans chaque quartier par une foule immense avec des scènes de liesse populaire. L’engouement des populations dudit arrondissement derrière sa cause est un signe précurseur de sa victoire face à son challenger.
A titre de rappel, les élections du second tour et partielle des législatives sont prévues pour le dimanche 14 mars 2021 et la campagne électorale est close ce vendredi 12 mars 2021 à minuit. Les différents candidats ont seulement quelques heures devant eux pour marquer les esprits de leurs électeurs.
Bangui ( République centrafricaine ) – Le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé vendredi une résolution prévoyant d’augmenter progressivement de près de 3000 Casques bleus les effectifs de sa force de paix en Centrafrique, toujours sous la menace de groupes armés cherchant à renverser le pouvoir, selon des diplomates.
Rédigé par la France, le texte a été adopté par 14 membres sur les 15 du Conseil, seule la Russie, active en Centrafrique, s’abstenant, précise-t-on de mêmes sources. Aucune explication n’a pu être obtenue auprès de la mission diplomatique russe auprès de l’ONU. La résolution prévoit une augmentation de 2750 hommes du plafond autorisé pour le déploiement des militaires, et de 940 pour celui concernant les policiers. Cette augmentation rare de la taille d’une mission de paix porte les effectifs autorisés à 14.400 miliaires et 3020 policiers. La mission Minusca figurait déjà parmi les opérations les plus importantes de l’ONU dans le monde, avec un budget annuel avoisinant le milliard de dollars. Ces renforts avaient été demandés par la Centrafrique, la Minusca, et le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Fin 2020, début 2021, les Casques bleus avaient dû faire face à une offensive de groupes armés voulant renverser les autorités établies à Bangui. Des militaires rwandais et russes, envoyés en Centrafrique fin 2020 dans un cadre bilatéral, leur avaient prêté main-forte. La résolution souligne que les renforts de Casques bleus accordés «ont pour objectif de renforcer la capacité de la Minusca à accomplir ses priorités», à savoir la protection des civils, et faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire./////////////.
Ils ont aussi pour but d’aider la Mission «à éviter (et s’opposer le cas échéant) une future détérioration de la situation sécuritaire, tout en créant un espace pour faire progresser le processus politique», précise le texte. La décision de l’ONU intervient deux jours avant la tenue dimanche d’un deuxième tour d’élections législatives en Centrafrique. Mi-décembre, 6 des 14 groupes armés qui occupaient deux tiers du pays depuis le début de la guerre civile en 2013, avaient lancé une offensive contre le régime du président Faustin Archange Touadéra, réélu fin décembre. Lors du 1er tour des législatives et de la présidentielle de fin décembre, seul un électeur sur trois avait pu voter dans ce pays en guerre civile depuis huit ans. Alors que la pression monte en Centrafrique pour en finir avec l’embargo sur les armes expirant cet été, la résolution se borne à «noter la demande des autorités centrafricaines pour (sa) levée». Dans sa résolution, le Conseil de sécurité leur rappelle «la nécessité d’assurer une protection, un contrôle, une gestion, une traçabilité et une responsabilité des armes, munitions et équipements militaires» qui leur seraient transférés.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2020/12/les-electeurs-a-lEcole-Gbaya-Dombia-dans-le-3e-arrondissement-de-Bangui-par-fridolin-ngoulou-450×206.png” alt=”les électeurs à l’École Gbaya Dombia dans le 3e arrondissement de Bangui par fridolin ngoulou” width=”450″ height=”206″ />les électeurs à l’École Gbaya Dombia dans le 3e arrondissement de Bangui. Photo Fridolin Ngoulou.
Bangui, République centrafricaine, vendredi, 12 mars 2021, 19:27:05 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Le premier tour des élections législative et présidentielle qui a eu lieu le 27 décembre 2020 est à l’origine d’une nouvelle crise en Centrafrique.
Dès la préparation du scrutin, le processus électoral était mal parti : les groupes armés perturbaient l’organisation des élections en province depuis plusieurs mois et bloquaient l’application de l’accord de paix signé à Khartoum en 2019, le parti au pouvoir manœuvrait en coulisses pour verrouiller le processus électoral et gagner « par KO au premier tour » ; l’opposition dénonçait le manque de concertation ; les réfugiés qui avaient pu voter dans leurs camps en 2015 ont perdu leur droit de vote en 2020 dans l’indifférence générale ; bien avant le début officiel de la campagne électorale, les réseaux sociaux étaient déjà chauffés à blanc par un militantisme hyper-agressif en partie téléguidé de l’étranger, etc. La gouvernance du processus électoral était déjà problématique.
Tout a basculé le 3 décembre lorsque la cour constitutionnelle a invalidé 22 candidatures pour l’élection présidentielle dont celle de l’ancien président et putschiste invétéré François Bozizé, considéré par le pouvoir comme le candidat le plus menaçant. A partir de ce moment-là, les événements se sont succédés pour conduire à la crise actuelle. François Bozizé a joué double jeu en affichant une attitude légaliste (respect de la décision de la cour et appel à voter pour Anicet Georges Dologuélé arrivé second lors de l’élection présidentielle de 2015) tout en organisant discrètement une nouvelle coalition armée (la Coalition des Patriotes pour le Changement, CPC), qui réunit 6 des 14 groupes armés signataires de l’accord de Khartoum.
Sortie de l’ombre à la mi-décembre, la CPC a dénoncé l’accord de paix, exigé le report du vote et fait route vers Bangui. Stoppée à une centaine de kilomètres de la capitale par une autre coalition tout à fait inédite (des casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine/MINUSCA, des mercenaires russes et des militaires rwandais appelés en renfort par le gouvernement centrafricain dans le cadre d’accords bilatéraux récemment signés), la CPC a finalement été repoussée. Après plusieurs affrontements en janvier, les Forces armées centrafricaines (FACA), les mercenaires russes et les militaires rwandais ont lancé une contre-offensive qui a permis d’éviter la coupure de la route d’approvisionnement avec le Cameroun et de reprendre le terrain perdu. Sur le plan politique, la réélection du président Touadéra, au premier tour comme prévu, avec 53 % des voix a été annoncée le 4 janvier par la commission électorale puis confirmée le 18 janvier par la cour constitutionnelle. Paradoxalement, alors qu’un nouveau putsch a été évité et que le premier tour des élections a été « sauvé », cette élection constitue une véritable régression politique, sécuritaire et humanitaire.
Il suffit de comparer le scrutin de 2020 à celui de 2015 pour prendre la mesure de l’échec :
Cette élection a été un fiasco complet. Alors qu’en 2015 59 % des électeurs avaient voté, 35 % seulement ont voté cette fois-ci et seuls 22 députés sur 140 ont pu être élus au premier tour. Alors que pendant plusieurs mois la préparation des élections avait été entravée par des groupes armés (vols du matériel et kidnappings du personnel électoral), la décision de voter sous la menace de la CPC a abouti à l’impossibilité de voter pour de très nombreux Centrafricains (le scrutin a été perturbé dans 12 préfectures sur 16). Le recours au vote par dérogation a été considérable ainsi que les irrégularités dans la procédure de dépouillement. Faute de sécurité, les missions d’observation électorale internationales (OIF, UA, etc.) sont restées bloquées à Bangui le 27 décembre et n’ont pu observer le vote que dans la capitale. Conscients de l’opacité et de l’irrégularité de cette élection qui a tout de même coûté 29 millions d’euros (dont 21 millions de l’Union Européenne), les acteurs internationaux se sont contentés de « prendre acte des résultats » – ce qui en langage diplomatique signifie qu’ils savent que le scrutin est frauduleux mais l’acceptent tout de même.[1]
Cette élection a provoqué une crise politique. Alors que les résultats des élections précédentes avaient été acceptés par toute la classe politique, la principale plateforme de l’opposition (COD-2020) a rejeté le résultat du premier tour, déposé des recours en annulation rejetés par la cour constitutionnelle et ne participe pas au second tour du scrutin législatif. Elle met en avant l’impossibilité de faire campagne, les nombreuses irrégularités du premier tour et le climat d’intimidation que fait régner le gouvernement depuis l’élection, notamment grâce à sa milice appelée les Requins (perquisitions, arrestations, proclamation de l’état d’urgence le 21 janvier, discours de haine, etc.). Le second tour de l’élection législative ne devrait être qu’une formalité et le nouveau mandat du président Touadéra, surnommé le « maire de Bangui », est illégitime pour beaucoup avant même d’avoir commencé.
Cette élection a abouti à une nouvelle crise sécuritaire qui remet en cause l’accord de Khartoum. Alors qu’avant l’élection les groupes armés avaient déjà critiqué la mise en œuvre de l’accord, voire l’avaient désavoué (les 3R par exemple), la CPC qui regroupe les plus puissants mouvements armés parmi les 14 signataires de l’accord de Khartoum s’en est retiré. Le gouvernement a pris acte de ce retrait en limogeant les représentants de ces groupes armés de leurs fonctions officielles. Du début 2020 à la fin 2020, certains groupes armés sont donc passés d’une stratégie d’enlisement de l’accord à sa remise en cause explicite. Cette nouvelle crise sécuritaire n’a pu être contenue que par l’effort conjoint de la MINUSCA et d’une force expéditionnaire russo-rwandaise qui a seule lancé une contre-offensive victorieuse contre la CPC à la fin janvier.
Cette élection a provoqué par contre-coup une crise humanitaire. Alors que depuis deux ou trois ans les réfugiés centrafricains rentraient progressivement des pays environnants, la crise sécuritaire a inversé la tendance : selon OCHA, le nombre de réfugiés a augmenté de 60 000 et le nombre de déplacés de 240 000 depuis la fin décembre. Ces mouvements de population s’accompagnent d’une recrudescence de violences contre les civils, commises par les groupes armés, les forces gouvernementales et leurs alliés.
La solution proposée pour sortir de la crise
Les résultats sitôt annoncés, les voies d’une sortie de crise ont été rapidement définies par Mankeur Ndiaye, le responsable de la MINUSCA :
Renouer le dialogue avec « les éléments des groupes armés qui ont opté pour rejoindre la CPC, mais qui n’ont pas commis de crimes graves »[2]. En d’autres termes, convaincre les membres de la CPC de réitérer leur adhésion à l’accord de Khartoum et de relancer sa mise en œuvre comme si de rien n’était – la relance de ce « dialogue » (pour ne pas dire négociations) étant confiée à la région, en l’occurrence l’Angola.
Former un gouvernement « encore plus intégré, avec un remplacement des éléments les plus radicaux par des membres plus impliqués dans la paix et la réconciliation en la RCA »[3].
Transformer la MINUSCA en MONUSCO : en janvier, le SRSG a demandé un renfort de 3 000 casques bleus à New York, l’autorisation de faire de l’appui logistique aux forces de sécurité centrafricaines et la création d’un centre de fusion des renseignements – toutes propositions qui ont été mises en œuvre dans la mission voisine en RDC il y a quelques années.
Pour ceux qui sont familiers de l’histoire récente, ces voies de sortie de crise sont une énième répétition du « peace template » onusien et le signe que les Nations Unies font tout leur possible pour ne pas tirer les enseignements de leurs échecs.
Les leçons d’une demi-élection truquée
Cette crise a mis fin aux fictions officielles ânonnées par les internationaux et le gouvernement, a révélé un consensus international paradoxal et ouvre la voie à un second mandat qui sera celui d’un régime stable dans un pays insécure.
La fiction de la consolidation de la paix développée par les internationaux (ONU en tête) s’est effondrée brutalement. Les progrès de l’accord de Khartoum ont été réduits en poussière en quelques jours au grand dam de leur principal financeur, l’Union Européenne. La réforme du secteur de sécurité portée par l’ONU et l’UE a montré qu’elle n’avait rien changé aux habitudes du gouvernement qui a constitué des forces cachées – comme le 7ème bataillon des FACA formé des groupes d’auto-défense du quartier PK5 à Bangui. La réforme du secteur de sécurité n’a rien changé non plus dans la gouvernance des forces de sécurité centrafricaines qui, comme d’habitude, se sont débandées face à l’ennemi faute d’un minimum d’organisation et de commandement. Les désertions ont été particulièrement importantes dans les unités mixtes qui étaient le symbole de l’accord de Khartoum. De ce fait, en février 2021, les autorités centrafricaines ont radié 800 éléments des Forces armées centrafricaines.
Les institutions ont montré qu’elles n’avaient toujours pas d’ethos démocratique : l’Autorité Nationale des Elections (ANE) et la cour constitutionnelle restent inféodées au pouvoir. Félicitée par le G5, cette dernière a œuvré à la réélection du président trois fois en deux mois : en invalidant la candidature de François Bozizé, en rejetant une interprétation du code électoral après le retrait de Jean-Serge Bokassa qui aurait reporté le vote, en rejetant les recours en annulation de l’opposition et en confirmant les résultats électoraux en dépit des irrégularités. La MINUSCA qui était responsable du plan de sécurisation des élections a montré qu’elle n’était pas plus apte à remplir cette tâche qu’à protéger la population centrafricaine des groupes armés en temps ordinaire. L’autre fiction qui s’est effondrée est celle de la société civile et de l’opposition démocratique comme troisième voie salvatrice entre le gouvernement et les groupes armés. Si la société civile est inaudible depuis le début de la crise, l’opposition démocratique a commis deux erreurs stratégiques : s’être accoquinée avec François Bozizé avant l’élection et être désunie et incohérente pour les élections législatives (la COD-2020 n’est plus qu’un fantôme et le mot d’ordre initial de boycott des législatives n’a pas tenu).
Dans cette crise, le plus paradoxal a été le consensus entre des acteurs aux intérêts divergents – la Russie, la France et les Etats-Unis – autour du maintien des élections à leur date initiale. Si le pouvoir russe qui entretenait des relations à la fois avec le gouvernement et les groupes armés a finalement choisi le premier contre les seconds en sécurisant la réélection de Touadéra, la France et les Etats-Unis ont choisi d’affirmer le droit de vote dans un contexte où la majorité des électeurs ne pouvaient pas l’exercer. Face au dilemme « céder aux groupes armés et reporter les élections ou ne pas céder et faire une parodie d’élection », ils ont choisi la seconde option. Ce faisant, ils ont décidé de soutenir une élection anti-démocratique au nom de la préservation de la démocratie ! Ces contradictions n’échappent ni au gouvernement ni à la population qui comparent les politiques des uns et des autres et voient d’un côté un concours d’hypocrisie et de l’autre un engagement enfin clarifié.
In fine, la crise électorale met en évidence la dépendance du régime envers ses partenaires de sécurité étrangers et le déficit de légitimité du président Touadéra. Mais grâce à l’écrasement électoral de l’opposition, à la milice du pouvoir, à la corruption et au parapluie sécuritaire russo-rwandais, le second mandat risque d’être celui de la consolidation autoritaire et de la marginalisation de la MINUSCA, de l’UE et d’autres.
Thierry Vircoulon, chercheur associé au Centre Afrique subsaharienne et coordonnateur de l’Observatoire de l’Afrique centrale et australe de l’Ifri
[1] Communiqué de presse conjoint du G5, 21 janvier 2021.
[2] Communication du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République centrafricaine devant le Conseil de Sécurité sur la situation en RCA, 21 janvier 2021.
[3] Idem.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2021/03/Abdel-Aziz-ex-president-mauritanien-e1615570017918.jpg” alt=”Abdel Aziz ex président mauritanien” width=”220″ height=”124″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/03/Abdel-Aziz-ex-president-mauritanien-e1615570017918.jpg 220w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/03/Abdel-Aziz-ex-president-mauritanien-e1615570017918-218×124.jpg 218w” sizes=”auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px” />Abdel Aziz ex président mauritanien
L’ancien président mauritanien a été inculpé pour enrichissement illicite et blanchiment d’argent. Il n’ira cependant pas en prison.
Selon un communiqué du parquet, Mohamed Ould Abdel Aziz a été mis sous “contrôle judicaire poussé” avec 10 co-prévenus dont deux anciens Premiers ministres. L’enquête financière, précise le communique du parquet, a permis “de découvrir, de geler et saisir des biens mobiliers et immobiliers provenant de plusieurs crimes.”
Des biens gelés estimés à plus de 41 milliards d’anciennes ouguiyas, soit 100 millions d’euros. Le parquet note que cette somme représente seulement ce qui a été déjà découvert en Mauritanie. Ce qui sous-entend donc la possibilité de biens dissimulés au-delà des frontières mauritaniennes.
C’est pourquoi la justice du pays entend “rechercher et recouvrer par tous les moyens, y compris les facilités offertes par l’entraide judiciaire internationale, des biens frauduleusement acquis.”
L’inculpation de Mohamed Ould Abdel Aziz est le résultat du travail d’une commission d’enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur la gestion des biens publics pendant la décennie qu’il a passée à la tête de l’Etat.
Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat militaire, Mohamed Ould Abdel Aziz a été élu en 2009 et réélu en 2014. Il a aussi présidé l’Union africaine pendant une année.
Une leçon pour les autres
Un ancien chef d’Etat mauritanien poursuivi pour corruption est une première dans ce pays et même rare en Afrique.
Quel impact pourrait avoir cette affaire sur la gestion future des biens publics ? Notre correspondant en Mauritanie a posé la question à Mohamed Abdellahi Bellil, président de l’Observatoire mauritanien de lutte contre la corruption. Pour lui, “personne n’est au dessus de la loi”.
L’exemple sud-africain
En Afrique du sud, l’ancien président Jacob Zuma a été poussé à la démission en février 2018, emporté par les nombreux scandales de corruption qui ont terni son règne.
Il est notamment accusé d’avoir touché 4 millions de rands (environ 224 000 euros) en pots-de-vin de la part du groupe de défense et d’électronique français Thales dans le cadre d’un énorme contrat d’armement de 51 milliards de rands (environ 3 milliards d’euros). Il était à l’époque vice-président.
La commission chargée d’enquêter sur la corruption d’Etat généralisée a réclamé en février dernier, auprès de la plus haute juridiction du pays, deux ans de prison à l’encontre de Jacob Zuma pour son refus de témoigner.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2021/03/patrick-mosste-450×253.jpg” alt=”Patrice Motsepe s’exprime lors de la réunion du Forum économique mondial sur l’Afrique, au Cap, en Afrique du Sud, le 4 juin 2015″ width=”450″ height=”253″ />Patrice Motsepe s’exprime lors de la réunion du Forum économique mondial sur l’Afrique, au Cap, en Afrique du Sud, le 4 juin 2015
Bangui, République centrafricaine, vendredi, 12 mars 2021, 17:57:43 ( Corbeaunews-Centrafrique ). L’homme d’affaires sud-africain Patrice Motsepe a été élu vendredi à la tête de la Confédération africaine de football (CAF), a-t-on appris de source officielle.
Selon l’Agence France Presse, M. Motsepe, 59 ans, avait élu “par acclamation”.
Il succède au Malgache Ahmad Ahmad dont le mandat tumultueux s’est terminé sur fond d’allégations de malversations. Le 8 mars le Le Tribunal arbitral du sport (TAS) avait suspendu ce dernier pour une période de deux ans. On lui reprochait, entre autres, d’avoir utilisé l’argent de la CAF pour inviter certains présidents de fédérations nationales à un pèlerinage à La Mecque.
Le vote de vendredi n’est pas une surprise, étant donné que chacun des quatre autres candidats à la tête de la CAF s’étaient tous retirés. Il s’agissait de Augustin Senghor (Sénégal) et Ahmed Yahya (Mauritanie) et Jacques Anouma (Côte d’Ivoire).
Des retraits attribués à la diplomatie du chef de la FIFA, l’Italien Gianni Infantino, dans le cadre d’un accord de partage du pouvoir. En vertu de cet accord, les autres postulants devraient se voir attribuer les postes de vice-présidents.
Bambari, République centrafricaine, vendredi, 12 mars 2021, 13:50:38 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Selon le témoignage des habitants de cette localité, située à 17 kilomètres d’Ippy, les auteurs de cet acte criminel seraient des éléments rebelles de la coalition des patriotes pour le changement (CPC). Sa famille est inquiète, et appelle à l’aide le gouvernement et l’autorité nationale des élections.
Si la plupart des habitants des villages environnants de Bozoum, chef-lieu de la préfecture de l’Ouham-Péndé s’inquiètent de la présence massive des miliciens Anti-Balaka et des rebelles du mouvement des 3R (Retour, réclamation et Réhabilitation), membres de la coalition des patriotes pour le changement dans leur localité, à Ippy, dans la périphérie de la ville, les population se disent exaspérer aussi de la résurgence dans leur secteur des nombreux rebelles de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), membres de la coalition des patriotes pour le changement.
Ainsi, dans le village Bénga, situé à 17 kilomètres de la ville, les témoins ont affirmé que les rebelles ont procédé régulièrement à des nombreuses détentions illégales. À titre d’exemple, dans la journée du jeudi 11 mars, ils ont enlevé un membre du bureau local du démembrement de l’autorité nationale des élections. Depuis, l’homme n’a fait plus signe de vie à sa famille qui s’inquiète énormément de sa sécurité.
Elle appelle à l’aide le gouvernement ainsi qu’à l’autorité nationale des élections (ÂNE) afin que celui-ci retourne à la maison.
Notons que depuis l’offensive des forces de l’ordre contre les positions des rebelles dans les villes qu’ils ont occupée, plusieurs d’entre eux se sont retranchés dans des villages environnants, procédant à des actes répréhensibles.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2019/02/le-Premier-Ministre-Simplice-Mathieu-SARANDJI-corbeaunews-yapende-IMG_28fvr2018230353-1-450×338.jpg” alt=”” width=”450″ height=”338″ />Le Premier ministre Sarandji. CopyrightCNC.
Baoro, République centrafricaine, vendredi, 12 mars 2021, 11:04:16 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Deux semaines de campagne, deux semaines de terreur à Baoro. L’ancien Premier ministre Simplice Mathieu Sarandji, secrétaire exécutif du parti au pouvoir, les cœurs unis, et candidat aux législatives dans la circonscription de Baoro, alimente un climat de terreur et d’intimidation lors de cette campagne législative qui terminera ce jour à minuit.
Si l’ancien Premier ministre Simplice Mathieu SARANDJI, secrétaire exécutif du parti MCU, est reconnu dans tout le pays pour sa capacité à ressusciter les résultats électoraux calcinés par les rebelles lors du précédent scrutin du 27 décembre 2020, nombreux sont ceux qui croient qu’il a aussi la capacité de mener une campagne de terreur et d’intimidation dans sa circonscription électorale de Baoro.
D’abord, commençant par les agents de l’État affectés à Baoro, chacun doit venir lui faire allégeance. Des instituteurs au sous-préfet en passant par les agents du ministère des Finances, chacun doit obligatoirement assister à ses réunions politiques, mais aussi à ses meetings. En plus il doit recevoir un par un au siège du parti au pouvoir. Dans le cas contraire, comme il aime le dire, « chaque acte à ses conséquences sur son auteur ». Une menace à peine voilée à l’endroit des agents de l’État affectés à Baoro. Aussi, tous les chefs des quartiers doivent lui rendre compte à chaque fois de leurs activités de propagande en sa faveur dans leur juridiction respective.
Une pression sur les populations autant que sur les autorités locales qui pousse ses adversaires à ne recevoir leurs invités que la nuit, une manière simple de protéger leur identité, selon leur équipe de campagne interrogée par CNC.
Rappelons que la campagne législative et partielle se termine ce soir vendredi à minuit, et le scrutin se tiendra ce dimanche 14 mars 2021. Espérons que les candidats du parti au pouvoir et de leurs alliés ne vont plus faire comme lors du scrutin dernier, c’est-à-dire remplir des faux procès-verbaux et envoyer à l’autorité nationale des élections avec la complicité de cette dernière.
Par Gervais LENGA
Journaliste rédacteur, correspondant du CNC à Bouar
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/Des-refugies-de-la-Republique-centrafricaine-font-la-queue-devant-les-bureaux-administratifs-de-Garoua-Boulai-450×253.jpg” alt=”Des réfugiés de la République centrafricaine font la queue devant les bureaux administratifs de Garoua-Boulai, au Cameroun, le 8 janvier 2021, où le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) les traitera après avoir fui la RCA” width=”450″ height=”253″ />Des réfugiés de la République centrafricaine font la queue devant les bureaux administratifs de Garoua-Boulai, au Cameroun, le 8 janvier 2021, où le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) les traitera après avoir fui la RCA . CopyrightDR
Bangui, République centrafricaine, vendredi, 12 mars 2021, 08:49:05 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Au moins 107.000 Centrafricains ont franchi les frontières du pays pour se réfugier dans les pays voisins. La majorité d’entre eux s’est retrouvée en République démocratique du Congo (RDC), qui a accueilli plus de 92.000 réfugiés, suivi du Tchad (6.726), du Cameroun (5730) et de la République du Congo (2.984).
De son côté, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires(OCHA) estime que plus de 100.000 personnes ont été déplacées à l’intérieur de la RCA depuis le début de la crise en décembre.
« La plupart vivent dans des conditions déplorables dans la brousse par crainte de nouvelles attaques contre leurs villages », a déclaré Boris Cheshirkov, porte-parole du HCR.
Des cas d’arrestation arbitraire, de détention illégale, de torture
Cela porte le nombre total de Centrafricains déplacés dans leur pays et dans la région à plus de 1,5 million. Il s’agit du près d’un tiers de la population totale du pays, qui s’élève à 4,8 millions d’habitants.
Sur le terrain, les équipes du HCR ont fait état « de violations récurrentes des principes humanitaires sur les sites de déplacés ».
D’une manière générale, l’agence onusienne continue de recevoir des rapports faisant état de graves violations des droits humains, notamment des cas d’arrestation arbitraire, de détention illégale, de torture. Le HCR signale aussi des cas d’extorsion, de vol à main armée, d’agression, de restriction de mouvement, d’expropriation et de pillage.
« Les violences sexuelles – y compris contre de jeunes enfants – sont en augmentation en raison de l’insécurité régnante qui engendre un climat de non-droit et d’impunité », a ajouté M. Cheshirkov.
Par ailleurs, les organismes humanitaires redoutent déjà les conséquences de la multiplication des attaques contre les travailleurs humanitaires et le blocage des principales voies d’approvisionnement.
La flambée des prix peut atteindre 240% pour les aliments de base importés
Une telle situation entrave la capacité du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) et d’autres organisations humanitaires à venir en aide aux Centrafricains déplacés à l’intérieur du pays.
D’autant plus que la situation humanitaire sur le terrain s’est détériorée, aggravant les souffrances d’une population déjà vulnérable. Des organisations humanitaires ont été prises pour cible et ont vu leurs bureaux pillés et leurs véhicules volés.
Selon l’OCHA, 66 incidents de ce type se sont produits en janvier, le nombre le plus élevé jamais enregistré en un mois en RCA.
« En décembre 2020, un travailleur humanitaire a été tué et cinq autres blessés », a dit à la presse le porte-parole du HCR.
Plus largement, les affrontements, les opérations militaires et les barrages le long de la route principale reliant la RCA au Cameroun empêchent la livraison des marchandises et provoquent « une flambée des prix dans les zones touchées qui peut atteindre 240% pour les aliments de base importés et jusqu’à 44% pour les produits locaux ».
Le HCR est venu en aide à 740 foyers à Bouar
« Cela a également un impact sur l’acheminement de l’aide humanitaire depuis la capitale, Bangui, avec des conséquences désastreuses pour les personnes qui ont des besoins urgents en nourriture, en soins de santé, en eau et assainissement,en articles ménagers essentiels et en abris », a fait valoir M. Cheshirkov.
Malgré toutes ces difficultés, l’agence onusienne travaille en étroite collaboration avec les autorités nationales, ses partenaires humanitaires et la mission de maintien de la paix des Nations Unies (Minusca) pour continuer à distribuer des articles de première nécessité sur les sites accessibles. La semaine dernière, le HCR a pu approvisionner quelque 4.600 personnes réparties dans 740 foyers à Bouar, une ville située à 450 kilomètres de Bangui.
Le HCR lance un appel pour qu’un meilleur accès humanitaire et en faveur d’un véritable dialogue pour apaiser les tensions.
« Nous réitérons notre appel pour un soutien durable et solide de la communauté internationale afin de garantir la reprise d’une réponse humanitaire adéquate et de renforcer les perspectives de solutions », a insisté M. Cheshirkov.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/5-combattants-de-la-seleka-avec-leurs-armes-450×326.jpg” alt=”5 combattants de la seleka avec leurs armes” width=”450″ height=”326″ />Les combattants rebelles de l’UPC.
Bambari, République centrafricaine, vendredi, 12 mars 2021, 09:41:53 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Une dizaine des passagers d’un véhicule, en provenance de la ville de Bria, ont été braqués par un groupe des malfaiteurs, identifiés formellement comme des rebelles de la coalition des patriotes pour le changement, sur l’axe Ippy Bambari, chef-lieu de la préfecture de l’Ouaka, a-t-on appris de sources concordantes.
Selon la même source, la scène criminelle avait eu lieu mardi dernier, à une vingtaine de kilomètres d’Ippy, sur l’axe Bambari. Le véhicule, qui faisait le trafic entre Bangui et Bria, n’avait pas eu la chance ce jour, est tombé dans le filet des rebelles du CPC alors qu’il roulait vers Bambari. Ils ont dépouillé littéralement tous les passagers ainsi que l’équipage du véhicule, malgré que ces derniers ont supplié les assaillants qu’ils ne sont ni du pouvoir, encore moins du parti du Président. Heureusement, après cette grosse frayeur, ils ont été relâchés une demi-heure plus tard.
Et ce n’est pas tout pour autant ! Pendant ce temps, le véhicule est arrivé à Bambari, puis à Grimari ainsi qu’à Sibut. Mais avant d’entrer dans le centre-ville de Sibut, ils sont bloqués à un checkpoint de l’armée nationale à quelques kilomètres pour une formalité standard.
Entre temps, un autre soldat FACA, qui tient à la main un cahier, tente d’interroger les passagers s’ils sont victimes de racket des bandits du CPC au cours de la route. Ce que les passagers affirment, et le FACA tentent de les recenser. Cependant, un passager demande au FACA si l’État va les rembourser. Aussitôt, les militaires en faction ce jour ont fait une crise de colère et tentent d’arrêter le passager qui a posé la question, suscitant aussi la colère de tous les passagers à bord du véhicule qui réclament aussi leur arrestation. Après plusieurs minutes d’échange, le véhicule a été libéré, et tous les passagers ont dû rentrer à Bangui après une journée de voyage tumultueux.
Notons que en cette période de l’État d’urgence et de la guerre dans le pays, les voyageurs ont des sérieux problèmes pour se déplacer librement.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2021/02/deux-rebelles-sillonnant-une-rue-de-Bria-par-banafio-450×437.jpg” alt=”Deux rebelles sillonnant une rue de Bria, le 11 mars 2020. Photo CNC / Moïse Banafio” width=”450″ height=”437″ />Deux rebelles sillonnant une rue de Bria, le 11 mars 2020. Photo CNC / Moïse Banafio
Bangui, République centrafricaine, vendredi, 12 mars 2021, 08:36:07 ( Corbeaunews-centrafrique ). Yalinga, chef-lieu de la sous-préfecture de la préfecture de Haute-Kotto, situé à 170 kilomètres de Bria, est secouée depuis 48 heures par des détonations d’armes des rebelles de la coalition des patriotes pour le changement, poussant le préfet de Haut-Mbomou à réagir, parlant d’une tentative d’intimidation de la population dans l’optique de boycotter le prochain scrutin législatif dans la ville.
« Une fois que j’ai reçu les informations, j’suis remonté au niveau du chef de bureau de la Minusca, et j’ai informé ma hiérarchie à Bangui pour que des dispositions puissent être prises. C’est depuis longtemps que je suis en train de parler de ces deux zones, c’est-à-dire les axes Yalinga et Ngabada. Il y’a une forte mobilisation des éléments de la COALITION DES PATRIOTES POUR LE CHANGEMENT (CPC) qui sont là dans l’intention d’empêcher le déroulement des élections. Et donc si l’on ne fait pas attention, la population ne risque de ne pas voter », a déclaré le préfet de la Haute-Kotto, qui ajoute par ailleurs que les armes n’ont jamais résolu un problème dans ce pays. Et donc ils n’ont qu’à laisser leurs armes. « Empêcher les populations à ne pas aller aux élections n’est pas la solution », précise-t-il.
Pourtant, il y a moins d’une semaine, au moins 16 véhicules de la Minusca, mission des Nations unies en Centrafrique, ont traversé la ville de Bria avec des matériels électoraux à destination de la localité de Yalinga. Et elle réitère son engagement à assurer davantage la sécurité le jour du vote le 14 mars prochain.
Selon la Minusca, plus de 500 casques bleus seront déployés dans des zones jugées sensibles, et elle rassure également que toutes les dispositions sont déjà prises pour protéger les urnes après le scrutin.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2021/03/Stefan-Keller-de-la-FIFA-450×300.png” alt=”Stefan Keller” width=”450″ height=”300″ />Monsieur Stefan Keller
Bangui, République centrafricaine, vendredi, 12 mars 2021, 07:35:49 ( Corbeaunews-centrafrique ). Le Tribunal pénal fédéral a jugé que le procureur fédéral extraordinaire Stefan Keller a agi de manière illégale en étendant son enquête au-delà de son mandat.
Keller a été désigné pour enquêter sur certaines rencontres entre l’ancien procureur général de la Confédération, Michael Lauber, et le Président de la FIFA, Gianni Infantino. Au lieu de cela, M. Keller, qui n’a toujours pas interrogé le Président de la FIFA après neuf mois d’enquête, a commencé à examiner des aspects qui n’ont rien à voir avec son mandat, renseigne un communiqué dont nous détenons une copie.C’est pourquoi le Tribunal pénal fédéral a jugé aujourd’hui que les interrogatoires menés par M. Keller auprès de certains tiers : « ne relèvent pas de la compétence de M. Keller, ni en tant que procureur fédéral extraordinaire de la Confédération, ni en tant que procureur extraordinaire ». Le Tribunal pénal fédéral a conclu que les interrogatoires en question sont « nuls et non avenus » et que toute trace desdits interrogatoires doit être retirée du dossier.
Le 10 décembre 2020, M. Keller a publié un communiqué de presse affirmant qu’il y avait « des indices clairs que le Président de la FIFA s’est rendu coupable d’un comportement pénalement répréhensible ». Il est à présent clair que cette déclaration infondée et diffamatoire reposait sur un acte d’enquête qui était lui-même illégal, nul et non avenu.
Le Tribunal pénal fédéral a également indiqué qu’il incombe à l’autorité de surveillance de contrôler le comportement du bureau du procureur fédéral extraordinaire. La FIFA espère que ce sera effectivement le cas à l’avenir.
Bangui, République centrafricaine, jeudi, 11 mars 2021, 09:24:00 ( Corbeaunews-Centrafrique ). À trois jours du second tour des scrutins législatifs et partiels du 14 mars 2021, la guerre des mots fait rage entre les candidats. Dans la circonscription de Bimbo 4,ou la ministre Virginie Mbaïkoua, candidat du parti MCU aux législatives dans cette circonscription, est non seulement à couteau tiré avec son challenger Bérang Dokoula, mais aussi avec ses électeurs, suscitant une vive polémique dans le secteur.
Intégrée dans la fonction publique comme secrétaire administrative quelques mois avant son départ en France, Madame Virginie Mbaïkoua est revenue en Centrafrique en 2015 pour se présenter aux élections législatives dans la circonscription de Bimbo 4, c’est-à-dire dans la localité de Bégoua.
Sans aucune attache dans la localité, et en plus sans avoir pris la disponibilité de ses fonction de secrétaire au ministère, elle avait été déclarée battue par une autre candidate.
Devenue miraculeusement ministre de la réconciliation dans le gouvernement du Premier ministre Simplice Mathieu Sarandji, puis celui de Firmin Ngrebada, Madame Virginie Mbaïkoua, une nouvelle fois, s’est présentée aux législatives à nouveau dans la même circonscription de Bimbo 4 aux couleurs du parti au pouvoir, le mouvement des cœurs unis. Toujours sans aucune attache (maison ou autres ) dans la localité, elle est admise au second tour avec son challenger Bérang Dokoula, Madame Virginie Mbaïkoua semble se laisser emporter par sa haine contre son rival, mais aussi contre certains habitants de sa circonscription de Bimbo 4.
En effet, selon les habitants de Bimbo 4, tout avait commencé sur une affaire de construction d’un pont vétuste qui se trouvait dans le quartier Koukoulou, détruit et reconstruit par son challenger Bérang Dokoula sur la demande des populations locales.
Le pont initial de Koukoulou détruit par le candidat indépendant Berang Dokoula
Le pont de koukoulou reconstruit par le candidat Berang Dokoula candidat indépendant de Bimbo 4
Mais madame Virginie Mbaïkoua, informée de la nouvelle, s’est précipitée pour aller détruire le nouveau pont construit par son challenger, et reconstruit un nouveau à la place.
Le pont de koukoulou reconstruit par la candidate de MCU Virginie Mbaikoua après la destruction des oeuvres de son challenger Berang Dokoula
Ce que la population locale n’a pas très apprécié, et dénoncent ce qu’elle appelle « une mauvaise pratique d’une vieille époque ».
« Il y’a plus des vétustes ponts dans cette localité. Pourquoi détruire ce que l’autre a construit ? », s’alarme un habitant de Koukoulou.
Du coup, Madame Virginie Mbaïkoua, informée de la colère de ces électeurs, demande à son collègue de la sécurité publique, le général Henri Wanzet Linguissara qui habite aussi dans le Bimbo 4, de concentrer sa prochaine patrouille des pièces d’identité dans son secteur, car, disait-elle, il y’a plein des suspects dans le secteur.
« Je n’ai rien à faire s’ils ne me votent pas. De toute façon, je dépose ma candidature pour aider mon suppléant. Le Président me garderait toujours ministre… », a-t-elle lâché au quartier Koukoulou.
Notons que le suppléant de madame Virginie Mbaïkoua est un jeune apprenti d’un taxi-brousse qui fait la navette entre PK12 et Boali.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2021/02/UN-soldats-faca-parmi-une-foule-des-badaux-450×414.jpg” alt=”Une foule sortie observée l’arrivée des soldats FACA à Béloko, le 11 février 2021.” width=”450″ height=”414″ />Une foule sortie observée l’arrivée des soldats FACA à Béloko, le 11 février 2021.
Bangui, République centrafricaine, jeudi, 11 mars 2021, 09:56:57 ( Corbeaunews-Centrafrique ). A l’approche du second tour des législatives dimanche, la Centrafrique retient à nouveau son souffle. Pour le 1er tour et la présidentielle fin décembre, un électeur sur trois seulement a pu voter dans ce pays en guerre civile depuis huit ans.
Le Chef de l’État sortant, Faustin Archange Touadéra a été réélu avec 53,1% du peu de suffrages exprimés et la légalité comme la légitimité de ce résultat sont toujours contestées.
Ce scrutin perturbé, ainsi qu’une offensive rebelle lancée quelques jours avant, ont paradoxalement permis au régime Touadéra de se renforcer, en reprenant du terrain aux groupes armés qui occupaient alors plus des deux tiers du pays depuis le début d’une sanglante guerre civile en 2013.
Celle-ci perdure malgré la présence de 12.500 Casques bleus de l’ONU, mais elle est de bien plus faible intensité.
Toutefois, ces rebelles ont été repoussés grâce à l’engagement dans les combats de centaines de paramilitaires russes et de soldats rwandais, envoyés par Moscou et Kigali à la rescousse d’une armée peu formée et mal équipée. Personne ne peut dire combien de temps ils resteront dans le pays.
Quelle est la situation politico-militaire de ce vaste pays d’Afrique centrale et deuxième Etat le moins développé du monde selon l’ONU, à trois jours du scrutin?
– Quelle est la situation militaire?
Dans les premiers jours de son offensive mi-décembre, la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), réunissant les plus puissants des groupes armés se disputant les ressources du pays, s’était emparée de la majorité des villes du nord-ouest et avait progressé jusqu’à une centaine de kilomètres de la capitale.
Depuis une attaque sur Bangui repoussée le 12 janvier, les rebelles sont en net repli. Une contre-offensive a permis aux forces progouvernementales de reprendre la plupart des villes.
Mais les groupes armés, repliés dans les campagnes et le long des grands axes routiers, restent une menace sérieuse.
Or, “le véritable enjeu, c’est le contrôle des campagnes”, estime Roland Marchal, chercheur au Centre de Recherches internationales de Sciences Po à Paris.
“Et personne n’a les capacités ou la volonté de mener des opérations soutenues dans les zones rurales. Les Russes et les Rwandais ne sont pas assez nombreux, ils libèrent des centres-villes, la plupart du temps sans combat, mais cela n’affaiblit pas fondamentalement les groupes armés”, estime l’expert.
“Nous travaillons à ce que la victoire soit pérenne”, promet le porte-parole du gouvernement Ange-Maxime Kazagui qui annonce la création de deux bataillons supplémentaires au sein de l’armée pour sécuriser les localités reconquises.
– Les groupes armés peuvent-ils perturber le scrutin?
Dimanche, “il n’y aura pas d’élection dans les zones sous contrôle de la CPC”, affirme son porte-parole Serge Bozanga à l’AFP. Au premier tour et lors de la présidentielle, le 27 décembre, d’innombrables bureaux de vote étaient restés fermés en raison de l’insécurité.
“La situation reste très volatile”, explique le lieutenant-colonel Abdoul-Aziz Fall, porte-parole des Casques bleus de la Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca). Peu importe le dispositif de sécurité, redoute-t-il, “il suffit de quelques coups de feu pour créer la panique”. Mais “les groupes armés sont dans une dynamique de repli vers des zones reculées”.
Et le gouvernement va “fortement renforcer” des lieux à “hauts risques” ou “difficile d’accès”, promet M. Kazagui.
–
Quels sont les enjeux des législatives?
Au total, 140 sièges de députés sont à pourvoir. Le Mouvement cœurs unis du (MCU) de M. Touadéra devrait en toute logique conserver la majorité face à une opposition divisée et dont une frange est accusée de complaisance à l’égard d’une rébellion impopulaire dans un pays lassé par les violences.
Le principal enjeu réside dans le sort de plusieurs poids-lourds du camp Touadéra qui n’ont pu être élus dans des circonscriptions ou le scrutin a été empêché ou annulé.
Mais, pour que la nouvelle Assemblée nationale soit légalement constituée, la Cour constitutionnelle a imposé qu’au moins 71 députés soient élus avant le 2 mai. Or, seuls 22 l’ont été au premier tour et seulement 49 circonscriptions sont en ballottage pour le second.
Dans les 69 autres, où le vote a été empêché ou annulé pour des irrégularités par la Cour constitutionnelle, un premier tour sera réorganisé dimanche, puis un éventuel second ultérieurement.
“La Minusca et la Cour constitutionnelle voulaient plutôt se concentrer sur les 49 circonscriptions” en ballottage “mais l’exécutif a estimé qu’il était capable d’organiser les 1er et 2ème tours sur tout le territoire”, s’inquiète Hans de Marie Heungoup, chercheur à l’International Crisis Group (ICG).
“La Centrafrique ne doit pas être toujours parmi les Etats d’exception. Nous voulons des élections apaisées et une Assemblée pleine et entière”, répond M. Kazagui.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2020/12/rondpoint-centre-ville-avec-laffiche-de-dologuele-au-coin-1-450×308.jpg” alt=”rondpoint centre-ville avec l’affiche de dologuelé au coin” width=”450″ height=”308″ />La ville de Bangui,capitale de la République centrafricaine, le 13 décembre 2020. Photo CNC / Gisèle MOLOMA
Bangui, République centrafricaine, jeudi, 11 mars 2021, 09:53:36 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Après avoir récemment dépassé l’Union européenne, dans ses anciennes frontières incluant le Royaume-Uni, le monde francophone compte désormais 524 millions d’habitants. Une progression essentiellement due à l’Afrique francophone, dont l’émergence démographique et économique mériterait davantage d’intérêt de la part des pays francophones du Nord, et notamment de la France.
En se basant sur les statistiques démographiques détaillées publiées en juillet dernier par le PRB (Population Reference Bureau), organisme privé américain et une des références mondiales en matière de démographie, la population du monde francophone, qui avait atteint la barre des 500 millions d’habitants fin 2018, peut être estimée à 524,0 millions au 1er janvier 2021. Soit une hausse de près de 2,3 % sur un an (512,3 millions début 2020), et une population désormais supérieure à celle de l’ensemble constitué par l’Union européenne et le Royaume-Uni (515,8 millions).
524 millions d’habitants début 2021
Cette estimation correspond à la population du monde francophone dans sa définition géographique la plus stricte et la plus sérieuse, qui ne tient compte que des pays et territoires réellement francophones, dans lesquels la population est en contact quotidien avec la langue française, et où l’on peut donc « vivre en français ». Un ensemble qui rassemble 33 pays répartis sur quatre continents, et dans lequel ne sont ainsi pas comptabilisés les territoires non francophones de pays comme la Belgique, la Suisse ou le Canada, tout comme un certain nombre de pays membres à part entière de l’organisation internationale de la Francophonie (OIF), mais ne remplissant pas les critères nécessaires afin de pouvoir être considérés comme francophones (tels que le Liban, la Roumanie ou encore le Rwanda). Et ce, en vertu du fait que le français n’y est pas, seul ou avec une langue locale partenaire, la langue de l’administration, de l’enseignement pour l’ensemble de la population scolaire (au moins à partir d’un certain âge), des affaires et des médias (ou au moins la langue maternelle de la population, sous sa forme standard ou sous une forme créolisée, un peu comme l’arabe dialectal par rapport à l’arabe standard dans les pays du Maghreb).
Dans ce vaste espace, qui s’étend sur près de 16,3 millions de km2, soit près de quatre fois l’Union européenne tout entière (et auxquels s’ajoutent de vastes zones économiques exclusives maritimes – ZEE, dont celle de la France, seconde plus grande au monde avec ses près de 10,2 millions de km2), les cinq premiers pays francophones sont aujourd’hui la République démocratique du Congo (RDC, 91,1 millions d’habitants), la France (67,9 millions, territoires ultramarins inclus), l’Algérie (44,8), le Maroc (36,8) et Madagascar (28,1). Vient ensuite la Côte d’Ivoire, en sixième position (26,5 millions).
Avec une croissance démographique de 2,3 % en 2020, le monde francophone constitue l’espace linguistique le plus dynamique au monde, devant l’espace arabophone (2,0 %, et 454 millions d’habitants *), et avait dépassé en 2012 l’espace hispanophone dont la population est aujourd’hui estimée à 470 millions d’habitants (+ 1,0 %). Cette croissance devrait demeurer supérieure à celle des autres espaces linguistiques, et porter la population de l’ensemble francophone à un peu plus d’un milliard d’habitants en 2060. Le rythme de cette progression démographique est toutefois sur une tendance baissière, principalement du fait de la baisse continue du taux de fécondité en Afrique subsaharienne francophone, qui s’établit désormais à 5,5 enfants par femme contre 7 enfants en 1975 (cette diminution progressive étant encore masquée par les conséquences démographiques de la hausse de l’espérance de vie). Au passage, il convient toutefois de rappeler que l’espace francophone demeure assez largement sous-peuplé, même en tenant compte des territoires désertiques ou recouverts par de denses forêts équatoriales. À titre d’exemple, sa population actuelle est à peu près égale à celle de l’ensemble Union européenne – Royaume-Uni, qui est pourtant réparti sur une superficie près de quatre fois moins étendue.
Par ailleurs, il convient aussi de rappeler que le chiffre de 300 millions de francophones fréquemment avancé par l’OIF, ne correspond à aucune réalité géopolitique ou économique (la population totale d’un pays ou territoire francophone étant le seul critère à prendre en compte pour évaluer l’importance d’un marché). De même, il est également largement inapproprié d’un point de vue social pour la simple raison que de nombreuses choses de la vie courante se font en français dans les pays et territoires francophones, où l’ensemble de la population est en contact quotidien avec la langue française, y compris dans les zones les plus reculées et dans lesquelles le pourcentage de personnes ayant une bonne maîtrise de la langue française est moins élevé (médias, internet, administration publique, documents commerciaux et comptables…).
Toute statistique ne tenant pas compte de l’ensemble de la population des pays et territoires francophones, et diffusée à un large public (au-delà, donc, de certains hauts fonctionnaires, notamment au sein de l’Éducation nationale en vue d’aider à l’élaboration des politiques d’enseignement et de scolarisation), n’a donc pour seule et unique conséquence que d’induire en erreur les acteurs et décideurs économiques et politiques, ainsi que l’ensemble de la société civile, en dévalorisant considérablement à leurs yeux le monde francophone et la langue française.
L’émergence démographique et économique de l’Afrique francophone
La progression démographique du monde francophone résulte essentiellement du dynamisme de l’Afrique francophone, qui croît actuellement à un rythme annuel de 2,7 % (3,0 % pour sa partie subsaharienne). Ce vaste ensemble de 25 pays rassemble désormais 430 millions d’habitants (ou 82,0 % de la population de l’espace francophone) contre seulement 74 millions en 1950, soit à peu près autant que l’Allemagne seule, à ce moment-là (69,5 millions). Cette même année, la population du monde francophone était d’ailleurs estimée à seulement 128 millions d’habitants, soit quatre fois moins qu’aujourd’hui.
Ce dynamisme de l’Afrique francophone se traduit notamment par la montée en puissance des villes africaines, qui occupent désormais huit des dix premières places du classement mondial des métropoles francophones. À partir des dernières données publiées par l’ONU, dans son rapport « Les villes du monde en 2018 », la capitale congolaise, Kinshasa, conforte sa position au sommet du classement avec une population pouvant être estimée à 14,6 millions d’habitants au 1er janvier 2021, et creusant ainsi considérablement l’écart avec la capitale française, Paris (11,1 millions). Suivent ensuite les agglomérations d’Abidjan (5,3 millions), de Montréal (4,3 millions), de Yaoundé (4,0), de Casablanca (3,8), de Douala (3,7), d’Antananarivo (3,4), de Dakar (3,2) et de Ouagadougou (2,8). Cette dernière viendrait ainsi de ravir la dixième position à la ville d’Alger (2,8 millions), ville « arabo-berbéro-francophone » à l’instar de Casablanca, et qui occuperait désormais la 11e place du classement. Il est également à noter que la capitale haïtienne, Port-au-Prince, arrive juste après en occupant la 12e place (2,8 millions également, après arrondissement). Au cours de l’année 2020, Haïti est d’ailleurs redevenu le pays le plus peuplé de la Caraïbe, avec 11,5 millions d’habitants et devançant Cuba, dont la population est en constante baisse. Il retrouve ainsi une place qu’il avait perdu il y a un peu plus de deux siècles, au cours de la première décennie du 19e siècle.
Mais cet essor démographique s’accompagne également d’un grand dynamisme économique, et notamment en Afrique francophone subsaharienne qui constitue le moteur de la croissance africaine, en plus d’être globalement et historiquement l’espace le plus stable au sud du Sahara (avec le moins de conflits, de tensions ethniques, et une moindre criminalité). Ainsi, cet ensemble de 22 pays a enregistré les meilleures performances économiques du continent pendant sept des huit années de la période 2012-2019, avec une croissance annuelle de 4,4 % en moyenne (5,0 % hors cas très particulier de la Guinée équatoriale), contre 2,8 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne. Un dynamisme notamment dû aux nombreuses réformes accomplies par une majorité de pays afin d’améliorer le climat des affaires et de progresser en matière de bonne gouvernance, et qui est particulièrement important dans les pays de l’UEMOA (majeure partie de l’Afrique de l’Ouest francophone), qui continue à être la plus vaste zone de forte croissance de l’ensemble du continent (6,4 % en moyenne annuelle sur la période 2012-2019), en plus d’en être la zone la plus intégrée, devant la CEMAC (qui recouvre une partie de l’Afrique centrale francophone). Ces deux exemples d’intégration poussée, loin devant les autres ensembles régionaux, démontrent d’ailleurs que le panafricanisme est avant tout une réalité francophone.
Grâce à ces avancées, la Côte-d’Ivoire vient, par exemple, de dépasser le Nicaragua en termes de richesse par habitant, pour devenir le premier pays africain au sous-sol globalement pauvre de l’histoire à devancer un pays d’Amérique hispanique, avec un PIB par habitant de 2 286 dollars début 2020 (hors très petits États de moins de 1,5 million d’habitants, majoritairement insulaires et ne pouvant être pris en compte pour de pertinentes comparaisons). Une performance réalisée après avoir dépassé le Kenya, et surtout après avoir réussi l’exploit de devancer le Ghana et le Nigeria, deux pays voisins regorgeant de richesses naturelles, pour devenir le pays le plus riche de toute l’Afrique de l’Ouest (le Ghana est le premier producteur africain d’or et le quatrième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne, tandis que le Nigeria est le premier producteur continental de pétrole. Tous deux étant à des niveaux de production de très loin supérieurs à ceux de la Côte d’Ivoire). La progression du pays résulte d’une croissance de 8,2 % en moyenne sur la période 2012-2019, soit la deuxième plus forte progression au monde de ces huit années (après l’Éthiopie, dont la performance s’explique principalement par le fait qu’elle était le deuxième pays le plus pauvre au monde début 2012, et qui vient de connaître une guerre civile, fin 2020).
Cette croissance globalement assez rapide de l’Afrique francophone est par ailleurs soutenue par une assez bonne maîtrise de la dette publique, les pays francophones n’étant même qu’au nombre de deux parmi les dix pays les plus endettés de l’ensemble du continent (et n’arrivaient qu’aux 8e et 9e place début 2020, juste avant la crise sanitaire et selon les données révisées du FMI). Par ailleurs, il est à noter qu’il n’y a désormais plus qu’un seul pays francophone parmi les cinq pays les plus pauvres du continent (à savoir le Burundi, avec quatre pays anglophones que sont le Soudan du Sud, pays le plus pauvre du monde, le Malawi, la Somalie et le Soudan).
Échanges, aides au développement et médias : le manque d’intérêt de la France
Pourtant, force est de constater un certain manque d’intérêt de la France pour l’Afrique francophone, qui n’a représenté que 3,6 % de son commerce extérieur en 2019 (dont 1 % pour la partie subsaharienne). Cette situation, qui résulte notamment de la faiblesse des investissements productifs réalisés dans ce vaste ensemble (à l’exception de la Tunisie et du Maroc), se manifeste particulièrement en RDC, pays stratégique qui n’est autre que le plus peuplé des pays francophones du monde, et où l’Hexagone brille par sa quasi-absence. En effet, la part de la France dans le commerce extérieur de la RDC, vaste comme plus de la moitié de l’UE, s’est établie à seulement 1,8 % en 2019, faisant d’elle le 11e fournisseur et le 24e client du pays, très largement derrière la Chine dont la part se situe chaque année autour de 30 %. Toujours en 2019, la RDC n’a donc été que le 107e partenaire commercial de la France au niveau mondial (106e fournisseur et 108e client), et n’a pesé que pour 0,02 % du commerce extérieur français (soit seulement 1 cinq-millième du total, et un montant de 205 millions d’euros).
Cette quasi-absence de la France en RDC se traduit également au niveau de la part des étudiants originaires du pays dans l’ensemble des étudiants présents en France (0,6 % du total pour l’année universitaire 2018/2019, et seulement 1,3 % des étudiants africains), de la part du pays dans les aides françaises au développement (environ 1% en moyenne), ou encore au niveau de la part infime des projets y étant réalisés par les collectivités et structures intercommunales françaises au titre de la coopération décentralisée en Afrique (< 2 %). La France pourrait pourtant, et sans grande difficulté, accroître sa présence en RDC, dont la forte dépendance vis-à-vis du partenaire chinois risquerait, à terme, de nuire à la souveraineté et aux intérêts du pays (la Chine absorbe environ 40 % des exportations de la RDC, dont elle est également devenue le principal créancier bilatéral).
Le manque d’intérêt de la France pour l’Afrique francophone s’observe également dans cet autre pays stratégique qu’est Djibouti, un des six pays de l’Afrique de l’Est francophone et qui est en passe de devenir une plaque tournante du commerce international grâce à sa situation géographique stratégique et à des investissements massifs en provenance de Chine. Dans ce pays, qui a enregistré une croissance annuelle de près de 7 % en moyenne sur la période 2012-2019, la compagnie aérienne Air France n’assure qu’un seul vol hebdomadaire direct avec Paris, contre sept vols directs pour Turkish Airlines en direction d’Istanbul, ou encore trois liaisons pour le groupe Emirates vers Dubaï.
De plus, tout ce qui précède vient s’ajouter à une répartition défavorable des aides publiques au développement versées chaque année par la France, et qui ne bénéficient que très minoritairement au monde francophone. Ainsi, les 27 pays francophones du Sud ne reçoivent chaque année que 15 à 20 % du montant total de ces aides, qui demeurent principalement destinées aux pays membres de l’UE (autour de 50 % chaque année, dont environ 90 % en faveur des treize pays membres d’Europe orientale – UE 13, pourtant déjà assez développés et ne rassemblent que 114 millions d’habitants… soit une enveloppe globale par habitant parfois 10 fois supérieure).
Cette politique d’aide au développement, qui n’a guère évolué depuis plusieurs années, est contraire à toute logique économique ou géopolitique. D’un point de vue économique, parce que les principaux pays bénéficiaires de l’UE s’orientent principalement et historiquement vers l’Allemagne, qui enregistre chaque année une part de marché d’environ 20 % dans les pays de l’UE 13 (19,5 % en 2019), contre toujours moins de 4 % pour la France (3,6 % en 2019, et dont les aides massives reviennent donc quasiment à subventionner les exportations allemandes, politique que l’on pourrait résumer par la célèbre expression « travailler pour le roi de Prusse »). Par ailleurs, toutes les études économiques démontrent clairement que les échanges peuvent être bien plus importants entre pays et peuples partageant une même langue. À ce sujet, un seul exemple suffit à démontrer l’impact économique du lien linguistique : les touristes québécois sont proportionnellement quatre fois plus nombreux que les touristes américains à venir chaque année en France… et à y dépenser. Ce lien linguistique explique également en bonne partie la position globalement bien meilleure de la France en Afrique francophone qu’en Europe de l’Est, en dépit de son manque d’intérêt et de la concurrence chinoise.
Enfin, parce que c’est en Afrique francophone qu’il convient d’investir massivement, d’une part afin de tirer pleinement profit des opportunités et du dynamisme que l’on trouve dans ce vaste ensemble, un de principaux relais de la croissance mondiale, et d’autre part car c’est bien en accélérant l’émergence économique de ce dernier qu’augmentera encore plus fortement le nombre d’apprenants du français à travers le monde, et ce, au bénéfice économique et géopolitique de la France, mais aussi au bénéfice de l’ensemble des pays du monde francophone. Quant au niveau géopolitique, justement, le caractère irrationnel de la politique française d’aide au développement s’explique également par le fait que l’écrasante majorité des 13 pays d’Europe orientale membres de l’UE, et malgré les aides massives versées chaque année par la France, vote régulièrement contre les positions françaises au sein des grandes instances internationales, contrairement à la majorité des pays francophones avec qui la France partage nombre de valeurs et d’orientations communes en matière de politique étrangère.
Ainsi, l’intérêt pour la France de consacrer une part aussi importante de ses aides et de son énergie aux 13 pays d’Europe orientale membres de l’UE est donc extrêmement marginal, en comparaison avec les avantages économiques et géopolitiques qu’elle tirerait d’une nouvelle répartition de ses aides en faveur des pays du monde francophone. En d’autres termes, la prépondérance européenne dans les aides françaises au développement ne fait incontestablement qu’affaiblir la France au niveau international, tant économiquement que géopolitiquement (les deux étant souvent reliés).
Par ailleurs, ce manque d’intérêt des gouvernants français pour le monde francophone a donc naturellement des répercussions très négatives sur le niveau d’intérêt des Français eux-mêmes, qui, maintenus dans une certaine ignorance, ne savent pratiquement rien de ce vaste espace. À titre d’exemple, la quasi-intégralité de la population française ignore tout des Jeux de la Francophonie qui se sont tenus en juillet 2017 à Abidjan (contraste frappant avec la couverture médiatique dont jouissent les Jeux du Commonwealth au Royaume-Uni), de la Basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro en Côte d’Ivoire (qui n’est autre que le plus grand édifice chrétien au monde, quasi-réplique de la basilique Saint-Pierre de Rome), du concours musical « The Voice Afrique francophone » (qui fût dans sa saison 2016-2017, relayée par certains médias nationaux africains, le plus grand concours musical au monde en termes d’audience cumulée, avec son équivalent arabophone), ou encore du peuple acadien, que bon nombre de Français situent en Louisiane…
Cette large méconnaissance du monde francophone et de sa dimension mondiale a des conséquences fortement préjudiciables, faisant perdre à bon nombre de citoyens français (investisseurs et société civile) de nombreuses opportunités d’échange et de partenariat mutuellement bénéfiques, et réduisant considérablement l’attachement des Français à leur langue. Eux, qui n’ont jamais été si peu intéressés par la promotion et la diffusion de celle-ci à travers le monde, alors même qu’elle n’a jamais été autant parlée et apprise. Et ce, au grand étonnement des francophones extra-européens, auxquels est aujourd’hui entièrement attribuable la progression constante de l’apprentissage du français dans le monde en tant que langue étrangère, face à une France qui constitue plutôt un frein en la matière (et qui est inconsciente des graves conséquences économiques et géopolitiques de cette attitude irresponsable, et dénotant une certaine immaturité). Au nom de leurs intérêts, les francophones situés en dehors du continent européen ne devraient donc plus suivre le mauvais exemple de la France, pour s’inspirer plutôt du modèle québécois et faire respecter leur langue commune au sein des différentes organisations régionales et internationales dont ils font partie, ou avec lesquelles ils sont en étroite collaboration (et notamment au niveau africain et dans le cadre de leurs relations avec l’Union européenne, d’autant plus que l’Afrique francophone est la partie la plus dynamique, la moins endettée, la plus stable et la moins violente du continent).
De grands efforts doivent donc être faits dans l’Hexagone afin de rattraper un retard considérable en matière d’information et d’éducation. Par ailleurs, l’émergence démographique et économique de l’Afrique francophone devrait en toute logique s’accompagner, à terme, du transfert d’un certain nombre d’institutions panfrancophones des villes du Nord vers celles du Sud, et notamment vers Abidjan et Kinshasa, respectivement troisième et première ville francophone du monde.
* Le monde arabophone recouvre l’ensemble des pays membres de la Ligue arabe (hors Djibouti et les Comores, où la présence de la langue arabe se limite principalement au domaine religieux), ainsi que les territoires majoritairement arabophones de la Turquie, d’Israël, d’Iran, du Mali, du Niger et du Tchad.