quel est le rôle exact de la SRI ? Torture, racket, vol, ou alors est-elle le bras armé du régime
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
La Section de Recherche et d’Investigation (SRI) de la gendarmerie est aujourd’hui au cœur d’un débat houleux. Initialement mise en place pour les dossiers de grande envergure, comme les crimes économiques ou les enquêtes criminelles complexes, cette unité semble avoir totalement dévié de sa trajectoire légale pour devenir un instrument d’intimidation et de pression politique quotidienne.
Le constat est grave: Depuis plusieurs années, la SRI s’occupe désormais de tout, sauf de ce qui relève de sa véritable compétence. On y traite des affaires qui devraient normalement être réglées par un chef de quartier ou dans un simple commissariat d’arrondissement. Qu’il s’agisse d’un vol de poulet, d’un cabri disparu ou d’un simple litige de crédit téléphonique, les citoyens sont traînés devant cette section comme s’ils étaient de grands criminels d’État.
Plus grave encore, la SRI est devenue le terrain de jeu des rancœurs personnelles. Des affaires de jalousie entre femmes, des disputes de voisinage ou des querelles de terrain y sont transférées pour servir de vengeance. Même des hommes d’Église, des pasteurs, se retrouvent arrêtés et détenus là-bas pour des motifs insignifiants. Cette omniprésence dans la vie civile transforme une unité d’élite en un outil de harcèlement social.
“On y traite le vol d’un poulet ou une dispute de jalousie avec la même dureté qu’un crime de haute trahison. La loi n’est plus une règle, mais une arme”, explique à CNC un leader de la société civile centrafricaine.
Un climat de terreur quotidien
L’atmosphère à l’intérieur de la SRI est pesante et inhumaine. Dès que l’on franchit le seuil, on change de monde. Les gendarmes ne se comportent pas comme des agents de la force publique soumis au droit, mais comme des maîtres absolus. Les insultes pleuvent, les agents grondent sur les citoyens et le mépris est la règle. Le respect dû à la dignité humaine est totalement ignoré.
Les méthodes de traitement des détenus sont révoltantes. La torture et les agressions verbales sont utilisées pour briser les individus. Dans ce lieu, la notion de garde à vue est vidée de son sens : des personnes y sont emprisonnées depuis cinq ou six ans sans jamais voir un juge. C’est une détention totalement illégale qui défie toute logique juridique et humaine.
La dérive du ministère public et du commandement
Cette situation est entretenue par un Procureur de la République qui semble avoir oublié sa mission de protection de la population. Au lieu de contrôler les abus de la SRI, il utilise cette brigade, dirigée par le Lieutenant Tykaya, comme un bras armé pour satisfaire les volontés du pouvoir en place ou les intérêts de certains cercles familiaux.
Le Procureur, censé être le garant de la légalité, ferme les yeux sur les maltraitances et les violations des droits des détenus. En refusant de collaborer sainement avec les avocats et en multipliant les mandats de dépôt abusifs, il participe activement à l’effondrement de la justice. La SRI n’est plus une section de recherche, c’est une section de répression aveugle qui ne connaît plus de limites.
Par Gisèle MOLOMA
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