Dans la préfecture de la Mambéré-Kadéï, à l’ouest de la République centrafricaine, les commerçants de Nandobo tirent la sonnette d’alarme. L’activité économique tourne au ralenti dans cette localité, frappée de plein fouet par la crise qui secoue le pays.
“L’argent ne circule plus comme avant. Les clients se font rares et nos marchandises restent sur les étals”, déplore un commerçant sous couvert d’anonymat.
Selon les témoignages recueillis, deux facteurs principaux expliquent cette situation : la dégradation avancée des routes et la pénurie de liquidités.
“Pour s’approvisionner en marchandises, c’est devenu un véritable parcours du combattant à cause de l’état déplorable des routes. Les véhicules peinent à circuler”, explique notre interlocuteur.
Il poursuit : “Même quand on arrive à se procurer des produits, les vendre rapidement pose problème. L’argent ne circule pas assez vite dans la localité”.
Les commerçants lancent un appel aux autorités pour réhabiliter les axes routiers. “Nous prions le gouvernement de s’occuper des routes dégradées afin que les véhicules puissent circuler correctement et nous apporter des marchandises”, plaide l’un d’eux.
Pendant ce temps, le président Baba Kongoboro et sa délégation se trouvent en Chine pour le sommet Afrique-Chine plus d’une semaine plutôt. Leurs publications sur les réseaux sociaux, vantant les merveilles technologiques chinoises comme le métro, contrastent avec les difficultés quotidiennes des Centrafricains.
À Nandobo comme ailleurs dans le pays, la population s’efforce de survivre tant bien que mal, espérant des jours meilleurs.
Josiane Bemaka-Soui, ministre des actions humanitaires, s’empare illégalement d’un terrain de l’État à cause de la jalousie contre les prostituées
Centrafrique.org/le_terrain_confisque_avenue_martyrs/” data-wpel-link=”internal”>Le terrain de l’État, confisqué par Josiane Bemaka-Soui, à cause de la jalousie
Une nouvelle affaire de confiscation illégale de bien public à cause de la jalousie maladive secoue Bangui. Sur l’avenue des Martyrs, à 200 mètres de la Primature, un vaste terrain appartenant à l’État fait l’objet d’une occupation illégale par Mme Konan née Josiane Bemaka-Soui, ministre de l’Action humanitaire et maîtresse du putschiste de Bangui, Baba Kongoboro Touadera.
Une occupation illégale en plein cœur de Bangui par Josiane Bemaka-Soui.
Selon les témoignages recueillis par la rédaction du CNC, Mme Konan née Josiane Bemaka-Soui a entrepris des travaux sur ce terrain stratégique sans aucune autorisation officielle. Le site en question se trouve en face des tribunes où les officiels assistent chaque année aux défilés du 1er décembre et du 1er mai.
Le ministère de l’Urbanisme, interrogeant Mme Bemaka-Soui sur ses autorisations, s’est vu répondre par la négative.
Pour justifier cette occupation illégale, la ministre Josiane Bemaka-Soui avance des arguments pour le moins surprenants. “Elle prétexte vouloir nettoyer une zone de débauche, affirmant que des prostituées s’y adonnent à leurs activités la nuit”, rapporte un riverain stupéfait. “Elle veut récupérer ce terrain et y faire ses propres constructions”.
Le terrain de l’État, confisqué par Josiane Bemaka-Soui, à cause de la jalousie
Josiane Bemaka-Soui , une jalousie maladive qui dépasse les bornes.
Cette déclaration fait écho à un précédent incident impliquant la ministre dans son quartier. Mme Bemaka-Soui avait déjà défrayé la chronique en érigeant des barricades devant les maisons de ses voisins et en leur imposant un couvre-feu.
“Elle a dit que le président passe par là et pourrait être tenté par les filles du voisinage. Elle voulait que tout le monde soit à l’intérieur à partir d’une certaine heure”, témoigne un habitant du quartier. Cette ingérence dans la vie privée avait provoqué un tollé.
La nouvelle affaire révèle une jalousie maladive de la part de la ministre. “Elle voit des rivales potentielles partout, même chez les prostituées”, confie une source proche du dossier. “Elle craint que le président, réputé pour son goût des femmes, ne succombe aux charmes d’une prostituée postée la nuit dans le coin”.
Un abus de pouvoir qui interroge sur la gouvernance du pays.
Cette obsession pousse Mme Josiane Bemaka-Soui à des comportements extrêmes. “Elle s’attaque à tout le monde dans le gouvernement, à cause de sa relation avec le président”, révèle un membre de l’exécutif. “On ne sait plus si c’est de la jalousie ou de la sorcellerie”.
L’affaire pousse à s’interroger sur la gouvernance du pays. Comment une ministre peut-elle s’approprier impunément un bien public ? Le silence du putschiste de Bangui face à ces agissements interroge sur sa capacité à diriger et à faire respecter l’État de droit.
“Le président est au courant mais ne dit rien. Il semble incapable de la rappeler à l’ordre”, note une source proche du palais présidentiel. Cette inaction alimente les rumeurs sur la nature de la relation entre le chef de l’État et sa ministre.
Un système mafieux au sommet de l’État ?
“C’est un système mafieux au sommet de l’État”, dénonce la société civile qui réclame l’ouverture d’une enquête. Mais peu y croient, tant la justice semble aux ordres du pouvoir. Cette nouvelle affaire risque d’entacher davantage l’image d’un régime déjà fortement critiqué pour sa mauvaise gouvernance.
Le comportement de Mme Josiane Bemaka-Soui révèle un sentiment d’impunité grandissant au sein de l’élite dirigeante. Selon plusieurs sources, elle ne serait que l’une des nombreuses maîtresses du président Touadéra à profiter de sa position.
“Toutes les maîtresses commencent à récupérer des terrains bien placés pour y construire des immeubles sans autorisation. Où va-t-on dans ce pays ?”, s’alarme un opposant politique.
Les conséquences pour un pays déjà fragilisé.
Alors que la population s’enfonce dans la pauvreté, les proches du pouvoir semblent se partager les richesses du pays sans vergogne. Cette affaire s’ajoute à une longue liste de scandales impliquant l’entourage du président KongoboroTouadera.
Elle fragilise des institutions déjà précaires et sape les efforts de reconstruction et de réconciliation nationale. La confiscation de ce terrain alimente la défiance des Centrafricains envers leurs dirigeants, jugés plus préoccupés par leurs intérêts personnels que par le bien-être de la population.
Au moment où le pays peine à se relever des années de conflit, de tels agissements au plus haut niveau de l’État compromettent sérieusement les perspectives de développement et de stabilité.
Vers l’impunité ou la justice ?
L’avenir dira si cette affaire de confiscation de terrain connaîtra des suites judiciaires ou si, comme tant d’autres scandales, elle sera étouffée par un pouvoir soucieux de préserver ses intérêts.
En attendant, elle laisse un goût amer aux Centrafricains, témoins impuissants du pillage de leur pays par ceux-là mêmes qui sont censés le diriger. Cette affaire cristallise toutes les frustrations d’une population qui ne voit guère d’amélioration dans son quotidien, malgré les promesses répétées du pouvoir.
Le cas de Mme Bemaka-Soui pose la question de l’État de droit en République centrafricaine. Si même les ministres peuvent s’approprier impunément des biens publics, que reste-t-il des principes de bonne gouvernance tant vantés par le régime ?
Le gouvernement centrafricain avait vendu du rêve avec son projet Sango Coin. Aujourd’hui, c’est la cata totale pour les Centrafricains. Le grand pari de faire de la RCA un eldorado crypto s’est transformé en véritable galère.
Le Bitcoin, adopté comme la deuxième monnaie légale en République centrafricaine, n’a jamais vraiment pris racine. La majorité des Centrafricains, peu familiers avec ce concept, n’ont pas adhéré. Le projet Sango Coin, censé être la crypto-monnaie nationale, a connu le même sort.
Les premiers investisseurs de Sango Coin, déçus, réclament aujourd’hui le remboursement de leurs mises. Malheureusement, l’État centrafricain, en difficulté financière, se trouve dans l’incapacité de les satisfaire. Cette situation ressemble fortement à une arnaque à grande échelle des étrangers.
L’histoire ne s’arrête pas là. Une entreprise de crypto-monnaie, récemment ouverte à Bangui par des arnaqueurs nigérians, a profité de l’engouement initial pour disparaître avec des milliards de francs CFA appartenant aux investisseurs centrafricains. Sa fondatrice s’est volatilisée, laissant derrière elle des Centrafricains dupés et désabusés.
La loi instaurant la crypto-monnaie comme deuxième devise officielle, avec ses dispositions draconiennes, reste lettre morte. Personne n’en parle plus dans les rues de Bangui. Le sujet est devenu tabou, synonyme d’échec et de désillusion.
Pourtant, dans les hautes sphères du pouvoir, certains continuent de s’accrocher à ce rêve crypto. Ils espèrent encore attirer des investisseurs étrangers, peut-être russes, avec ces promesses virtuelles. Mais pour le Centrafricain moyen, la page de la cryptomonnaie est tournée.
La crypto-monnaie en Centrafrique est morte dans l’œuf. Le projet, mal conçu et inadapté aux réalités du pays, n’a jamais eu de réelle chance de succès. Aujourd’hui, il ne reste que des rêves brisés et une méfiance accrue envers les innovations financières du régime.
L’avenir dira si ce projet ressortira un jour des tiroirs présidentiels. Pour l’heure, la crypto-monnaie en Centrafrique n’est plus qu’un mauvais souvenir, une expérience coûteuse dont le pays aurait pu se passer.
La nouvelle préfète de l’Ouham-Pendé, Geneviève Gbadin, sème le trouble à Bocaranga
Centrafrique.org/madame_genevieve_ngbadin_prefet/” data-wpel-link=”internal”>Mme Geneviève Chour Ngbadin, préfète de l’Ouham-Pendé
Festival-pour-accompagner-les-jeunes-artistes” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Bangui, 09 septembre 2024 (CNC).
À peine arrivée dans la sous-préfecture de Bocaranga le jeudi dernier, Mme Geneviève Chour Gbadin, fraîchement nommée préfète de l’Ouham-Pendé, a décrété un couvre-feu de 48 heures. De 21h à 6h du matin, les habitants sont contraints de rester chez eux.
Cette décision provoque l’incompréhension de la population. “Pourquoi un couvre-feu alors qu’il n’y a même pas de rebelles ici à Bocaranga?”, s’interroge un commerçant. “Les FACA, Wagner, gendarmes et policiers sont présents partout. Quel intérêt de nous forcer à rentrer dès 21h et de fermer nos boutiques ?”
Plus surprenant encore, la préfète a interdit la vente d’alcool “frelaté” (whisky importé souvent vendu dans des petits sachets) ainsi que les alcools traditionnels national comme le Ngbako. Une décision qui passe mal auprès des habitants: “Sa propre mère a vendu du Ngbako pour lui payer des études. Et maintenant qu’elle est préfète, elle veut désormais interdire les autres de le faire!”
Le couvre-feu empêche également les agriculteurs de se rendre tôt dans leurs champs. “Pourquoi interdire aux cultivateurs de partir à 4-5h du matin pour travailler ?”, s’indigne un habitant.
Pour beaucoup, ces mesures sont jugées “criminelles” et sans fondement. Certains y voient le comportement typique de ces nouveaux nommés “devenus des lions une fois au pouvoir”. D’autres s’interrogent : “Pourquoi ne pas penser au développement plutôt qu’à faire souffrir la population ?”
Une chose est sûre, le début de mandat de la nouvelle préfète ne fait pas l’unanimité à Bocaranga.
Passeports bloqués, prise de fonction gelée : le casse-tête des Attachés militaires centrafricains récemment nommés
Centrafrique.org/accord-entre-la-turquie-et-la-Centrafrique-luranium-de-bakouma-sera-exploite-par-une-societe-turque/mme-sylvie-baipo-temon-ministre-centrafricaine-des-affaires-etrangeres/” rel=”attachment wp-att-60043″ data-wpel-link=”internal”>Madame Sylvie Baïpo-Témon, ministre centrafricaine des Affaires Étrangères
Une affaire de favoritisme et de blocage administratif agite le ministère des Affaires étrangères centrafricain. La ministre Sylvie Baïpo-Temon est accusée de privilégier sa famille au détriment d’assistants militaires nommés à l’étranger.
Des nominations des Attachés militaires centrafricains en suspens.
Plusieurs assistants des attachés de défense, nommés par arrêté du ministère de la Défense pour servir dans les ambassades centrafricaines à l’étranger, se retrouvent dans l’impossibilité de rejoindre leurs postes. La raison ? Le refus du ministère des Affaires étrangères de leur délivrer les passeports diplomatiques nécessaires.
“Nous sommes bloqués ici à Bangui depuis des semaines”, confie sous couvert d’anonymat un officier concerné. “Nos nominations sont officielles, mais sans passeport diplomatique, nous ne pouvons pas partir. C’est incompréhensible et frustrant”.
Cette situation ubuesque paralyse une partie de l’appareil diplomatique militaire centrafricain, alors même que le pays cherche à renforcer sa présence sur la scène internationale.
Accusations de népotisme contre la ministre par certains Attachés militaires centrafricains .
Le blocage administratif prend une tournure plus polémique encore lorsqu’on examine le cas d’Anne Dambinza, sœur de la ministre Baïpo-Temon. Cette dernière a récemment obtenu un poste de conseillère économique aux États-Unis, bénéficiant rapidement de tous les documents nécessaires à son départ.
“La ministre a fait délivrer des passeports diplomatiques à sa sœur et à toute sa famille pour leur installation aux États-Unis”, affirme une source proche du dossier. “Pendant ce temps, nous, les nouveaux Attachés militaires centrafricains nommés officiellement, sommes dans l’impasse. C’est un deux poids, deux mesures flagrant”.
Ces accusations de favoritisme familial projettent une ombre sur la gestion du ministère et pose énormément des questions sur l’équité dans l’attribution des postes diplomatiques.
Une possible vendetta personnelle ?
Certaines sources au sein du ministère avancent une explication plus personnelle à ce blocage des Attachés militaires centrafricains. Il serait lié à l’échec d’un frère de la ministre lors d’une formation militaire à l’étranger.
“Le frère de Mme Baïpo-Temon, un officier de gendarmerie, a été radié après avoir échoué à un stage militaire dans un pays allié”, explique un haut fonctionnaire sous couvert d’anonymat. “Depuis, la ministre semble avoir une dent contre les militaires en général, mais aussi contre le ministre de la défense. Elle se vengerait sur nous à cause de cet incident familial”.
Si ces allégations se confirment, elles révèleraient un mélange dangereux entre affaires personnelles et gestion des affaires de l’État.
Le silence du ministère alimente la polémique.
Face à ces accusations graves, le mutisme du ministère des Affaires étrangères ne fait qu’amplifier la controverse. Malgré nos sollicitations répétées, aucun commentaire officiel n’a été obtenu pour clarifier la situation.
Ce silence est interprété par certains comme un aveu tacite. “Si tout était en règle, pourquoi ne pas s’expliquer publiquement sur l’affaire des Attachés militaires centrafricains ?”, s’interroge un diplomate de carrière. “Ce mutisme ne fait que renforcer les soupçons”.
Les Attachés militaires centrafricains appellent à l’arbitrage présidentiel.
Les Attachés militaires centrafricains lésés en appellent désormais à l’intervention du plus haut niveau de l’État. Ils demandent l’arbitrage du ministre de la Défense et du président Baba Kongoboro lui-même.
“Le chef de l’État doit intervenir pour débloquer cette situation qui nuit à notre diplomatie”, estime un officier supérieur. “Il en va de la crédibilité de notre politique étrangère et de l’image de la Centrafrique à l’international”.
L’affaire prend une dimension politique inquiétante. Certains Attachés militaires centrafricains accusent la ministre Baïpo-Temon de “saboter la politique diplomatique du président Kongoboro “ en bloquant ces nominations militaires stratégiques.
Le colonel Banga Békoi, chargé de mission à la Défense, est également pointé du doigt. Certains l’accusent de “faire le jeu” de la ministre Baïpo-Temon au lieu de défendre les intérêts des personnels militaires auprès du ministère des Affaires étrangères.
Alors que la Centrafrique tente de consolider sa place sur l’échiquier diplomatique africain et international, cette crise interne tombe au plus mal. Elle révèle les divisions et les luttes d’influence qui persistent au sein de l’appareil d’État.
Massacre de Notre-Dame de Fatima : Une justice à sens unique ??
Centrafrique.org/azor-kalite-et-ses-compagnons-face-a-la-cps-le-debut-du-proces-prevu-pour-le-5-decembre-prochain/accuse-devant-la-barre-de-la-cps/” rel=”attachment wp-att-70973″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/12/accuse-devant-la-barre-de-la-CPS-450×337.jpg” alt=”Un accusé devant la barre de la CPS à Bangui. CopyrightCNC” width=”450″ height=”337″ />Un accusé devant la barre de la CPS à Bangui. CopyrightCNC
L’enquête sur l’attaque de la cathédrale Notre-Dame de Fatima en 2014 prend une tournure controversée. La Cour pénale spéciale (CPS) de Bangui a annoncé le 5 septembre 2024 l’arrestation d’Abakar Zakaria Hamid, alias SG, dans le quartier PK5 de la capitale. Cette nouvelle interpellation ne fait qu’accentuer les questionnements sur l’équité de la justice en Centrafrique.
Depuis le début de cette investigation, huit suspects ont été appréhendés. Un point commun les relie : tous semblent appartenir à la communauté musulmane du quartier PK5, soit dans la milice d’autodéfense du même quartier. Cette situation alimente les critiques d’une justice sélective, négligeant la possible implication d’autres acteurs dans ces violences.
Gisèle MOLOMA, journaliste centrafricain expérimentée, ne mâche pas ses mots : “Les miliciens Anti-Balaka ont d’abord attaqué une position de la milice d’auto-défense du quartier PK5. Quand ces derniers ont riposté, les anti-Balaka se sont repliés dans l’église catholique”.
La suite des événements prend une tournure tragique. “Les anti-Balaka, voyant arriver les miliciens du PK5, ont sauté par-dessus le mur de l’église pour s’enfuir”, poursuit Moloma. “Les miliciens du PK5, croyant que leurs adversaires étaient toujours à l’intérieur, ont alors ouvert le feu sans discernement sur les fidèles”.
Cette fusillade a coûté la vie à plusieurs personnes innocentes, dont l’abbé Paul Emile Nzale. Les fidèles, étrangers à ce conflit, se sont retrouvés pris au piège d’une violence aveugle.
“L’enquête doit être menée des deux côtés”, insiste Moloma. “Il faut interroger les miliciens anti-Balaka qui ont provoqué cette crise, mais aussi les membres de l’auto-défense du PK5 qui ont massacré ces fidèles innocents”.
“La CPS ne doit pas devenir un instrument politique au service du pouvoir”, met en garde un activiste politique du quartier PK5. “Pour la justice, pour la paix, pour honorer la mémoire des victimes, les deux camps doivent rendre des comptes”. Cette impression d’une justice déséquilibrée menace de saper les efforts de réconciliation nationale.
La réputation de la Cour pénale spéciale est en jeu. Établie en 2015 pour enquêter sur les crimes graves commis depuis 2003, elle doit prouver sa capacité à poursuivre tous les responsables, sans distinction d’appartenance politique ou religieuse. Le procureur spécial Toussaint Muntazini a récemment réitéré cet engagement : “Nous continuerons nos efforts pour que justice soit rendue aux victimes, peu importe l’identité des auteurs des crimes”.
Le dossier de la cathédrale de Fatima n’est qu’un exemple parmi d’autres en attente de justice. Le massacre d’Alindao en 2018, qui a ôté la vie à des dizaines de personnes dont deux prêtres, nécessite aussi une enquête approfondie. Dans les provinces reculées, y compris dans la capitale, de nombreux crimes de guerre et crimes contre l’humanité auraient été commis par divers groupes armés.
“La CPS doit enquêter sur tous ces cas”, insiste Moloma. “Il y a d’autres crimes de guerre et crimes contre l’humanité partout dans le pays, y compris à Bangui.” L’action de la Cour sera examinée attentivement pour évaluer sa capacité à combattre l’impunité de manière équitable et exhaustive.
Dans ce climat tendu, l’arrestation d’Abakar Zakaria Hamid le 4 septembre marque néanmoins une étape dans l’enquête sur l’attaque de Notre-Dame de Fatima. Selon le communiqué de la CPS, le suspect a été interpellé suite à un mandat d’arrêt émis par les juges d’instruction de la CPS en juillet 2022. Le lendemain, il comparaissait pour son premier interrogatoire.
Les accusations portées contre lui sont graves. Abakar Zakaria Hamid est inculpé de crimes contre l’humanité, notamment pour meurtre, extermination, persécution et disparition forcée. Il est aussi accusé de crimes de guerre, incluant des attaques contre la population civile et contre des lieux de culte.
Ces charges rappellent la brutalité des événements du 28 mai 2014. Ce jour-là, des hommes armés avaient pris d’assaut l’église Notre-Dame de Fatima, tuant plusieurs personnes dont l’abbé Paul Emile Nzale. Un acte qui avait ravivé les tensions intercommunautaires dans un pays déjà fragilisé par les violences.
Sept autres personnes avaient déjà été inculpées dans cette affaire, rappelle la CPS. Parmi elles, on trouve Adamou Yalo (alias Adamou Jesus), Hadiatou Gary, Abdel Kader Ali (alias Americain) et Youssouf Amat Youssouf. Tous bénéficient pour l’instant de la présomption d’innocence, l’instruction se poursuivant à charge et à décharge.
La CPS, juridiction mixte intégrée au système judiciaire centrafricain, joue un rôle déterminant dans la lutte contre l’impunité. Son mandat, couvrant les crimes graves commis depuis 2003, lui confère une responsabilité importante dans le processus de justice transitionnelle.
Malgré les critiques, chaque arrestation représente un pas potentiel vers la justice pour les victimes et leurs familles. À condition que le processus judiciaire reste équitable, transparent et inclusif, la CPS peut contribuer à la réconciliation nationale.
Le chemin vers la paix en République centrafricaine reste long et parsemé d’obstacles. L’action de la CPS, si elle parvient à dissiper les doutes sur son impartialité, pourrait jouer un rôle clé dans la guérison des blessures du passé. Mais pour cela, elle devra démontrer sa volonté d’enquêter sur tous les crimes, sans distinction des auteurs présumés.
L’avenir dira si la CPS saura relever ce défi crucial pour la stabilité et la réconciliation en Centrafrique. En attendant, les yeux restent rivés sur l’évolution de l’enquête sur l’attaque de Notre-Dame de Fatima, symbole des défis judiciaires auxquels le pays doit faire face.
Le gouvernement centrafricain se mobilise pour lever l’embargo sur les diamants
Centrafrique.org/Centrafrique-les-explications-du-ministre-des-mines-sur-la-tokenisation-un-discours-deconnecte-de-la-realite/monsieur-rufin-benam-beltoungou-ministre-des-mines/” rel=”attachment wp-att-65151″ data-wpel-link=”internal”>monsieur Ruffin Benam Beltoungou, ministre des Mines
Le ministère des Mines et de la Géologie multiplie les rencontres pour préparer la visite des experts du processus de Kimberley. L’objectif : obtenir la levée de l’embargo sur les diamants qui frappe la Centrafrique depuis 11 ans.
À Bangui, le ministère des mines multiplie des réunions avec les partenaires et autres organisations nationales, y compris les diplomates. Mercredi dernier, il a organisé un atelier d’information avec les leaders communautaires et les autorités administratives. Ces séances visent à expliquer les enjeux de la mission d’évaluation prévue du 9 au 15 septembre.
“Nous devons tenir un même langage”, déclare le ministre Rufin Bénam-Beltoungou. “L’impact négatif de cet embargo sur les diamants sur notre économie se fait sentir depuis trop longtemps”.
José-Stéphane Poukessarandi, coordinateur de la société civile du secteur minier, souligne l’importance de ces préparatifs : “Ces rencontres permettent d’expliquer les efforts du gouvernement face aux exigences du processus de Kimberley”.
Une délégation de 25 experts internationaux examinera la situation sur le terrain. Leur rapport, attendu en novembre lors d’une réunion à Dubaï, sera déterminant pour l’avenir de l’embargo sur les diamants en Centrafrique.
Mais cette mobilisation soulève aussi des questions. Les richesses minières profitent-elles réellement aux Centrafricains ? L’exploitation de l’or par des groupes étrangers comme le groupe russe Wagner se fait sans contrepartie visible pour la population. Les petits artisans, eux, sont pénalisés par le nouveau code minier.
Certains observateurs dénoncent une “politique de tromperie à grande échelle du gouvernement “. Les bénéfices de l’exploitation minière restent invisibles pour la majorité des citoyens. Le gouvernement peine à justifier en quoi la levée de l’embargo sur les diamants améliorerait concrètement la situation économique du pays.
Alors que les autorités s’activent pour convaincre les experts internationaux, le doute persiste sur la capacité du pouvoir à gérer ces ressources dans l’intérêt national. L’enjeu dépasse la simple question de l’embargo : c’est tout le modèle de gouvernance des richesses naturelles qui est remis en cause.
Cantonnier accueille une campagne de sensibilisation sur la médecine traditionnelle
Centrafrique.org/campagne_de_sensiblisation/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/09/campagne_de_sensiblisation-338×450.jpg” alt=”Les produits pharmaceutiques vendus à la population par les agents de l’ONG l’ONG CMPRMC (Centre médical pour la promotion et la recherche sur les plantes médicinales en Centrafrique).” width=”338″ height=”450″ />Les Centre médical pour la promotion et la recherche sur les plantes médicinales en Centrafrique présentent leurs produits à la population de Cantonnier. CopyrightCNCagents de l’ONG
La ville frontalière de Cantonnier a accueilli ce mardi 3 septembre 2024 une importante campagne de sensibilisation et de vente de médicaments traditionnels. L’événement, organisé par l’ONG CMPRMC (Centre médical pour la promotion et la recherche sur les plantes médicinales en Centrafrique), a attiré de nombreux habitants curieux de découvrir les vertus de la pharmacopée locale.
Alvaro Prince Demba, coordinateur de l’ONG, explique les motivations derrière cette initiative : “Nous sommes déterminés à valoriser notre culture centrafricaine, en particulier notre riche tradition de médecine naturelle. Nos produits sont entièrement fabriqués sur place, à partir de plantes, feuilles, écorces et racines soigneusement sélectionnées”.
L’ONG CMPRMC ne se limite pas à la promotion de la médecine traditionnelle. Elle intervient dans plusieurs domaines importants pour le développement du pays. “Nous avons cinq domaines d’intervention”, précise M. Demba. “La santé bien sûr, mais aussi l’entrepreneuriat, la formation des jeunes, la protection de l’environnement et la promotion du genre. Nous construisons également des centres de santé dans les zones reculées du pays”.
Cette approche holistique reflète la vision de l’ONG : un développement durable ancré dans les traditions locales. “En travaillant sur la pharmacopée, nous avons réalisé l’importance de protéger notre environnement. Les plantes médicinales sont une ressource précieuse qu’il faut préserver”, souligne le coordinateur.
Malgré l’enthousiasme et le dévouement de l’équipe, l’ONG fait souvent des difficultés, notamment financières. “Nous n’avons aucun financement extérieur”, déplore M. Demba. “Tout ce que nous accomplissons, c’est par nos propres moyens et notre détermination”. Il lance un appel aux autorités et aux partenaires internationaux : “Nous invitons le gouvernement et les ONG internationales à venir découvrir notre travail. Nous avons besoin de soutien pour amplifier notre impact”.
Lors de la campagne, Maciaca Jolivia, déléguée médicale de l’ONG, a présenté la gamme de produits proposés. “Nous avons des comprimés pour diverses affections : vers intestinaux, amibes, staphylocoque, paludisme… Chaque couleur correspond à un traitement spécifique”, explique-t-elle, montrant des sachets aux couleurs variées.
Jolivia insiste sur l’origine locale de ces médicaments : “Ce sont les Pygmées qui les fabriquent, utilisant leur connaissance ancestrale des plantes de notre forêt”. Il souligne également l’efficacité de ces traitements : “Contrairement à certains médicaments modernes, nos produits agissent rapidement. Nous avons même des remèdes pour des problèmes comme l’éjaculation précoce ou les difficultés de conception”.
Face au scepticisme de certains Centrafricains envers la médecine traditionnelle, madame Jolivia appelle à un changement de mentalité : “Il faut que nous fassions confiance à notre héritage. Nos ancêtres se soignaient avec ces plantes bien avant l’arrivée de la médecine moderne. Nous ne faisons que perpétuer et améliorer cette tradition”.
La campagne a également été l’occasion de sensibiliser la population aux enjeux de santé publique. Des séances d’information ont été organisées sur des thèmes variés : l’importance de l’hygiène, la prévention des maladies courantes, ou encore les bienfaits d’une alimentation équilibrée basée sur les produits locaux.
L’initiative de l’ONG CMPRMC s’inscrit dans un contexte plus large de revalorisation des savoirs traditionnels en Centrafrique. Face aux défis du système de santé moderne, souvent inaccessible dans les zones rurales, la médecine traditionnelle apparaît comme une alternative prometteuse.
Cependant, des défis persistent. La standardisation des dosages, la conservation des produits, ou encore la formation des praticiens traditionnels sont autant de questions qui nécessitent une attention particulière. L’ONG travaille activement sur ces aspects, en collaboration avec des chercheurs et des institutions sanitaires.
La journée s’est terminée sur une note positive, avec de nombreux habitants repartant avec des sachets de médicaments traditionnels. “C’est important de soutenir ce genre d’initiative”, confie Marie, une résidente de Cantonnier. “Ça nous rappelle la richesse de notre culture et ça peut vraiment aider dans les endroits où il n’y a pas de médecin ou de pharmacie.”
Alors que la campagne se poursuit dans d’autres villes du pays, l’ONG CMPRMC espère que cette initiative contribuera à renforcer la place de la médecine traditionnelle dans le système de santé centrafricain. Une ambition qui pourrait bien redéfinir l’approche de la santé publique dans le pays.
L’ONI tente de redorer son blason avec une formation d’une cinquantaine des femmes
Centrafrique.org/24169-2/don-ordinateur-econo-universite-bangui2/” rel=”attachment wp-att-24170″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/11/Don-ordinateur-econo-universite-bangui2-300×263.jpg” alt=”Ecolog internatiional fait un fon d’ordinateur à l’université de Bangui” width=”300″ height=”263″ />CopyrightCNC
Bangui, 09 septembre 2024. Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
L’Office National de l’Informatique (ONI) fait parler de lui avec sa récente promotion de femmes formées au secrétariat informatique. Baptisée “8 mars” en référence à la Journée internationale des droits des femmes, cette initiative est présentée par l’ONI comme une lutte contre le chômage féminin.
Pourtant, cette formation payante existe depuis plus de 20 ans et n’a rien de novateur. De nombreux secrétaires, hommes et femmes, sont sortis des rangs de l’ONI au fil des décennies, sans que cela ne soit particulièrement mis en avant jusqu’ici.
La communication soudaine autour de cette promotion interroge. Pourquoi l’ONI parle-t-il maintenant de “femmes désœuvrées” et de “lutte contre le chômage féminin”, alors que ces formations existent de longue date ? S’agit-il d’une tentative de redorer l’image d’une institution éclaboussée par des accusations de mauvaises pratiques et de corruption ?
Certains y voient une opération de communication destinée aux partenaires internationaux. D’autres s’interrogent sur les motivations réelles derrière cette mise en avant tardive de la formation des femmes par l’ONI.
Une chose est sûre : cette campagne médiatique autour d’une pratique vieille de 30 ans ne convainc pas grand monde. L’ONI aurait sans doute gagné à mettre en avant de véritables innovations plutôt que de recycler d’anciens programmes sous un nouvel habillage marketing.
L’Afrique, malgré ses nombreuses ressources, reste un continent aux multiples défis socio-économiques. De nombreuses personnes vivent encore sous le seuil de pauvreté et les nations peinent à décoller. Les réflexions se multiplient pour faire changer les choses et exploiter au maximum les potentialités existantes. Le sport est l’une d’entre elles et est aujourd’hui un levier de transformation économique, sociale et culturelle pour les communautés africaines. Comment ces communautés mettent le sport à profit pour éradiquer la pauvreté ? Découvrez-le en continuant votre lecture.
Le sport, plus qu’un loisir, une industrie à fort impact économique
Le sport que l’on connaît n’est plus un simple divertissement, particulièrement en Afrique. C’est une grosse industrie qui génère des millions chaque année. Des disciplines phares comme le football, le sport roi, l’athlétisme, le basketball offrent des opportunités uniques à de nombreux talents africains. Il suffit de jeter un coup d’œil au succès éclatant des stars comme Didier Drogba, Samuel Eto’o ou même Sadio Mané pour bien cerner la portée de ces opportunités.
En effet, ces grands noms sont pour la plupart issus de quartier défavorisés, mais ont pu s’en sortir grâce à leur passion. Ils sont aujourd’hui une source de motivation pour d’autres jeunes du continent qui se bousculent aux portes des championnats internationaux. Toutefois, leur succès ne profite pas à eux seuls. En réalité, autour des nombreux stades et des centres sportifs érigés sur le continent, des milliers d’emplois voient le jour en parallèle. Le tourisme, les médias, la vente de produits souvenir ou même les paris sportifs sont des secteurs qui génèrent des revenus importants aujourd’hui. Pour ce qui est du cas des paris sportifs, de nombreuses plateformes de bookmaking existent aujourd’hui mais l’une des meilleures est assurément Melbet. Grâce aux offres variées et avantageuses de ce bookmaker, vous pouvez rapidement gagner pas mal d’argent et ce, même depuis des pays africains comme le Cameroun en passant par Melbet Сameroun télécharger.
Cela se comprend très bien de par l’engouement que suscite les évènements sportifs nationaux et internationaux. C’est par ailleurs pour cela que les états se battent pour l’organisation des compétitions comme la CHAN ou la CAN, et même la Coupe du Monde. Ceux-ci sont de véritables opportunités de stimuler l’économie locale, notamment avec l’injection de plusieurs millions de dollars grâce aux activités générées autour des différentes rencontres. Les entrepreneurs locaux, quel que soit leur acabit, en profitent pour pousser au maximum leurs activités, mais pas qu’eux. De nombreux investisseurs étrangers n’hésitent plus à installer leur business sur le continent.
Le sport comme moteur d’inclusion sociale
Les bienfaits du sport ne sont pas uniquement observés au niveau économique. Il joue aussi une partition majeure dans l’accès à l’éducation pour les jeunes défavorisés. En réalité, dans les centres ou académie sportif, les jeunes talents ont la possibilité d’avoir une bonne éducation de base. Même après s’être professionnalisé, la plupart continuent leur étude en plus de leur passion. Mieux encore, certaines académies ou programmes indépendants offrent des bourses d’études à ces jeunes.
Tout ceci dans l’optique d’assurer un avenir à ces jeunes, même si leur passion ne les porte pas loin. Par ailleurs, le sport possède une capacité unique de rassembler les communautés, en dépit des différences ethnique, religieuse et autres. Les supporters de football célébrant la victoire de leurs équipes comme des amis de longue date en sont un parfait exemple. En Afrique particulièrement où les clivages sociaux sont omniprésents, le sport est un excellent moyen de cohésion.
Au-delà de tout cela, le sport donne également aux jeunes africains une porte de sortie face à de nombreux vices à l’instar de la délinquance, la toxicomanie et surtout le chômage. Lorsqu’ils ont la chance de se faire remarquer par des sélectionneurs, leur vie change et c’est toute une communauté qui en profite après. Ces jeunes reviennent souvent construire des écoles, des centres communautaires et bien d’autres dans leur région natale. Sadio Mané en est une parfaite illustration, avec sa fondation qui œuvre au Sénégal.
Santé et bien-être comme facteur de développement
Le sport contribue à l’éradication de la pauvreté en Afrique de bien de manière. Un esprit sain dans un corps sain, dit-on ; et il est clair qu’une personne bien portante réfléchira mieux aux opportunités qui se présentent à lui. Cependant, pour obtenir un corps sain, quoi de mieux qu’une pratique régulière de sport. En ce sens, le sport favorise la bonne forme et le bien-être, qui sont deux éléments nécessaires au sein des communautés pour un développement durable. Ainsi, la pratique d’une activité physique promue par le sport, permet de réduire l’incidence des pathologies comme l’hypertension, les maladies cardiaques et le diabète.
Au niveau mental, le sport a également un grand impact. En Afrique comme partout ailleurs, les jeunes défavorisés participent souvent aux activités sportives communautaires pour se soustraire à leur stress quotidien. De même, les programmes sportifs contribuent grandement à réduire les charges médicales, allégeant ainsi la pression sur les systèmes de santé souvent fragiles des pays africains. Ces derniers peuvent alors utiliser les fonds dans des projets pour améliorer le coût de la vie et soutenir le développement.
Le sport est loin d’avoir montré toutes ses potentialités. C’est aussi un excellent catalyseur de développement durable. Autrement, il est souvent le moyen le plus utilisé par des organisations locales ou internationales pour faire passer des informations importantes. Les tournois et championnats organisés lors des grandes célébrations nationales ou internationales en sont une illustration parfaite. Ces genre d’évènements attirent une foule non négligeable de curieux, venus de diverses communautés.
Le scénario le plus souvent observé est la sensibilisation par des affiches géantes produites en langues locales ou alors des communications sur divers sujets d’actualité lors des temps-morts. Un autre moyen est l’intégration de formations sur des thèmes transversaux comme l’accès à l’eau potable et l’autonomisation des femmes dans leurs activités. Cette dernière méthode est plus utilisée au Kenya ou en Afrique du Sud par de géants projets sportifs.
Le sport n’apparaît plus comme une série de rencontres ou de confrontations entre des équipes. C’est un vecteur de développement qui participe de diverses manières à faire reculer la pauvreté sur le continent africain. Création d’emplois, attrait d’investisseur, boost des économies locales, amélioration de l’unité nationale et du bien être : l’impact du sport couvre de nombreux secteurs. En dépit de cela, il est nécessaire que les politiques de soutien à l’international soient encore plus renforcées pour mieux profiter du pouvoir du sport.
Au cours des deux dernières décennies, l’Afrique a énormément attiré l’attention de par ses efforts dans le domaine sportif. Avec la passion indéniable pour le sport dont fait preuve sa jeune génération, l’Afrique constitue en lui-même, une pépinière de talents qui ne demandent qu’à être exploités. Ainsi, de la création d’emplois à l’amélioration des infrastructures sans négliger le développement du tourisme, ces investissements sont à l’origine d’un boom économique au niveau des différents secteurs. Les grands d’Afrique comme le Ghana, le Maroc ou encore le Nigéria ont entrepris des manœuvres osées de modernisation des stades et de développement de centres de formations. Le présent essai fait un focus sur la contribution de ces investissements, les possibles obstacles rencontrés ainsi que les perspectives futures qui se présentent.
Le développement effectif d’infrastructures
A l’aide de ces investissements, les gouvernements ont lancé la construction et la rénovation de stades, de complexes sportifs et d’arénas. Ainsi, la contribution de sponsors tels que Melbet est tout simplement devenue capitale dans bon nombre de ces pays. Pour preuve, le bookmaker Melbet est tout simplement le plus utilisé par les camerounais. Vous pouvez d’ailleurs vous servir du lien ci-contre pour télécharger Melbet au Cameroun. Par ailleurs, hormis les évènements sportifs, ces complexes ont maintenant la capacité nécessaire pour accueillir des concerts, des scènes théâtrales ou encore des festivals : de quoi renflouer les caisses.
D’autre part, avec ces modifications visent la mise en place d’infrastructures connexes. Il s’agit
Des systèmes de transports : parkings, accès routiers, réseaux de transports publics (métros, arrêts bus) ;
Des espaces commerciaux : boutiques de sport, magasins souvenirs pour le tourisme ;
Des sites d’hébergements : hôtels, auberges, locations temporaires ;
Des espaces verts et autres : parcs, jardins ;
Des commodités pour assurer le confort des spectateurs : toilettes publiques, sites de restaurations.
En donnant un visage plus agréable aux infrastructures, les nations africaines ont réaffirmé leur viabilité en matière de tourisme. En réalité, ces critères sont également pris en compte si elles doivent accueillir de prestigieux tournois comme la CAN.
Création d’emplois sur le continent et augmentation des revenus
Logiquement, il faut des individus pour se servir des infrastructures précédemment améliorées ou conçues. Ainsi, l’on peut directement observer la naissance d’emploi dans ces zones. D’abord les emplois directement liés au sport tels que membre du personnel administratif/organisateur, les entraîneurs et même athlètes. Ensuite, il faut compter les emplois indirects liés à la restauration, au transport ou encore à la sécurité. Pour preuve, la main-d’œuvre nécessaire pour la mise en place de ces infrastructures est énorme : des emplois temporaires.
Par ailleurs, le sport en soi est un excellent moteur de tourisme. Les espaces commerciaux et sites d’hébergement génèrent d’importants bénéfices durant ces évènements sportifs qui attirent des supporters nationaux comme internationaux. Un certain nombre de sondages l’ont prouvé : les événements comme la CAN et la CDM sont les sources d’importantes recettes axées sur la restauration, le transport et l’hébergement. Hormis ce détail, ils donnent au pays hôte une visibilité plus importante qui impactera à terme le tourisme dans ce pays.
Naissance et amélioration des chaînes sportives
Des investissements réfléchis rendraient les ligues locales beaucoup plus professionnelles, les rapprochant un peu plus de celles européennes. Cette professionnalisation attirera sans doute les joueurs autochtones, mais aussi ceux internationaux. Conséquence directe, la qualité de jeu augmentée attire des fans et derrière, des revenus sont générés à partir des droits de diffusion, des sponsors tels que Melbet.
Outre ces facteurs, notez une nette augmentation des revenus issus du sponsoring et des publicités. En réalité, il devient de plus en plus évident pour les entreprises que le sport est un moyen rentable de promotion de leur marque. En échange de visibilité, ces entreprises investissent au sein des équipes ou sur des évènements. Dans ce cycle positif, la visibilité des entreprises conduit à une bonne commercialisation de leurs biens et services dont une partie est réinvestie.
Les difficultés rencontrées par l’investissement sur le sol africain
Nonobstant les nombreux avantages énumérés, bon nombre de défis subsistent. Le tout premier est le manque de financement qui se fait beaucoup plus sentir au sein des pays aux revenus faibles. Malheureusement, il existe également un problème classique et accentué en Afrique qui salit la réputation des institutions et rend complexe l’organisation d’évènements : la corruption. Pour gagner la confiance et le soutien d’investisseurs, ces institutions devront gérer de manière transparente et en toute légalité, les fonds alloués.
Ensuite, pensez aux inégalités régionales qui s’observent sur le continent. Evidemment, les investissements sportifs à travers les pays ne sont absolument pas effectués de manière égale. Si les gros comme le Maroc ou le Nigéria attirent toujours plus d’investisseurs, les plus petits demeurent invisibles malgré la présence certaine de talents. Du fait des disparités dans le développement sportif qui en découlent, ces derniers bénéficient bien moins des retombées économiques de ces investissements.
Investissements sportifs en Afrique : quelles perspectives d’avenir ?
Sans une approche stratégique et réfléchie, il serait impossible pour les investissements sportifs de pleinement stimuler l’économie du continent. Pour ce faire, gouvernements et privés doivent coopérer afin de maximiser et rentabiliser leurs ressources. A l’aide de programmes de développement, de formations, il sera possible de construire des ligues plus compétitives et de faire émerger les talents locaux.
Par la suite, il est important de ne pas négliger l’innovation et les nouvelles technologies. En effet, celles-ci sont susceptibles de réduire les coûts d’accès au sport. Il convient également de soutenir les pays moins attrayants afin de provoquer une diversification de partenaires par les investisseurs : l’unité est nécessaire. Cependant, si la transparence en gestion des fonds n’est pas réelle, des financements supplémentaires ou plus importants resteront non envisageables.
Conclusion, qui dit investissements sportifs, parle directement d’une opportunité non négligeable de développement pour le continent. Ceux-ci créent des emplois, améliorent la cohésion sociale, conduisent à la conception d’infrastructures. Il est indéniable qu’ils sont en mesure de changer la vie de nombreux et surtout le visage du continent africain. Pour pleinement exploiter le potentiel de ces investissements, il sera toutefois nécessaire de faire face à un certain nombre de défis. La mise en place de programmes durables pour la croissance collective et équitable devient donc capitale.
Les pygmées Aka, entre marteau Wagner et enclume gouvernementale
Centrafrique.org/des-pygmes-dans-armee-nationale-2/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/01/des-pygmes-dans-armee-nationale-450×437.jpg” alt=”Des pygmées AKA incorporés dans l’armée centrafricaine” width=”450″ height=”437″ />Des pygmées Aka incorporés par le groupe Wagner dans l’armée centrafricaine
Le gouvernement vient de lancer un projet pour “sauvegarder le patrimoine immatériel” des pygmées Aka dans la Lobaye. Une initiative financée par l’UNESCO à hauteur de 60 millions de FCFA, censée préserver cette communauté “en voie de disparition”.
Pourtant, cette démarche du gouvernement à vouloir protéger les pygmées Aka pose énormément des interrogations. Il y’a quelques mois, le groupe Wagner exploite massivement les forêts de la Lobaye, détruisant l’habitat traditionnel des Aka et les repoussant plus profondément dans la brousse. Pire encore, des chefs et jeunes pygmées avaient été incorporés de force dans l’armée centrafricaine par Wagner.
“Le gouvernement assiste à la destruction des patrimoines immatériel du pays par Wagner sans broncher. Et maintenant il prétend vouloir les protéger ? Quelle hypocrisie !”, s’insurge un observateur.
En effet, l’exploitation forestière intensive menée par Wagner a provoqué un tollé au Cameroun et dans la communauté internationale. Le gouvernement centrafricain n’a pourtant rien dit, laissant faire ce “désordre total” selon notre source.
Ce n’est qu’après les protestations que l’exploitation a été stoppée. Aujourd’hui, le gouvernement tente de faire “le petit malin” en affichant sa volonté de préserver le patrimoine. Une manœuvre qui ne trompe personne.
La ministre de la Culture, bien que nouvelle, s’inscrit dans cette “continuité de l’État” dénoncée par nos sources. Elle devrait plutôt exiger de Wagner qu’il cesse de “détruire le patrimoine national” au lieu de se contenter de belles paroles.
Bria : Les agents pédagogiques menacent de paralyser la prochaine rentrée scolaire
Centrafrique.org/rca-ndele-altercation-au-couteau-entre-deux-eleves-du-lycee-moderne/les-eleves-dans-la-cour-de-ecole-prefectorale-yidjama-de-bria-corbeaunews-Centrafrique-7mars2019/” rel=”attachment wp-att-36071″ data-wpel-link=”internal”>Image d’illustration des élèves dans la cour de l’école prefectorale Yidjama à Bria. Photo CNC / Moïse Banafio.
A quelques jours de la rentrée des classes 2024-2025, le spectre des grèves plane déjà sur le système éducatif centrafricain. A Bria, chef-lieu de la Haute-Kotto, les agents pédagogiques ont décidé de monter au créneau pour réclamer le paiement de leurs arriérés d’indemnités.
Dans un mémorandum adressé au gouvernement le 2 septembre, 14 chefs de secteur et 3 animateurs du Centre Pédagogique Régional (CPR) de Bria exigent le versement de plus de 10 mois d’arriérés accumulés depuis novembre 2023.
“Nous avons de sérieuses difficultés pour payer nos loyers et nous nourrir”, déplore Adéline Efras Vogala, chef de secteur au CPR. “Si rien n’est fait d’ici fin septembre, nous cesserons le travail”, prévient-elle.
Pour Jacques Tagapo, directeur du CPR, ce mouvement d’humeur est prématuré : “Ce problème ne concerne pas que la Haute-Kotto. Le dossier est en cours de traitement au niveau national.. Il appelle ses agents à “revenir à de bons sentiments”et annonce une réunion la semaine prochaine pour apaiser les tensions.
Cette fronde locale pourrait n’être que le prélude à un mouvement plus large. Chaque année, la rentrée est marquée par des grèves d’enseignants et de maîtres-parents réclamant le paiement de leurs salaires et indemnités.
Pour de nombreux observateurs, ces difficultés récurrentes témoignent du désengagement de l’État dans le secteur éducatif. Dans certaines écoles comptant 2000 élèves, on ne trouve que 2 ou 3 enseignants titulaires. Le reste du personnel est composé de vacataires sous-qualifiés, payés par les parents d’élèves.
Alors que l’éducation devrait être une priorité pour former les futures élites du pays, le gouvernement semble avoir d’autres priorités budgétaires. Certains redoutent que cette situation ne favorise in fine qu’une jeunesse désœuvrée, plus encline à relayer des rumeurs de Wagner sur les réseaux sociaux qu’à devenir le moteur du changement dont le pays a besoin.
L’autorité de l’État centrafricain s’étend progressivement grâce aux efforts conjoints du gouvernement et de la Minusca
Centrafrique.org/conference_presse_minusca_gouvernement/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/09/conference_presse_minusca_gouvernement-450×260.jpg” alt=”Conférence de presse hebdomadaire du gouvernement et de la Minusca, avec Madame Valentine Rugwabiza et le ministre Marcel Djimassé de la fonction publique. CopyrightMinusca” width=”450″ height=”260″ />Conférence de presse hebdomadaire du gouvernement et de la Minusca, avec Madame Valentine Rugwabiza et le ministre Marcel Djimassé de la fonction publique. CopyrightMinusca
Le ministre de la Fonction publique Marcel Djimassé et la cheffe de la MINUSCA Valentine Rugwabiza ont fait le point sur les avancées et défis de l’extension de l’autorité de l’État centrafricain, lors d’une conférence de presse conjointe à Bangui.
L’extension de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire est devenue une tâche prioritaire pour le gouvernement et la MINUSCA. Comme l’a rappelé Mme Rugwabiza, “le stade de reconstruction de la paix et de la sécurité où se trouve le pays demande une extension de la présence et de l’autorité de l’État centrafricain sur tout le territoire, avec un accent particulier dans les zones d’accès les plus difficiles”.
Ce défi pour l’autorité de l’État est d’autant plus important que la centralisation des services à Bangui remonte à bien avant la crise de 2013. “Depuis son indépendance, beaucoup de services avaient été centralisés à Bangui”, a souligné la cheffe de la MINUSCA.
Des progrès notables dans les infrastructures pour asseoir l’autorité de l’État centrafricain.
La MINUSCA concentre ses efforts sur trois volets principaux pour renforcer l’autorité de l’État : les infrastructures, les services administratifs et la sécurité.
Concernant les infrastructures, la mission onusienne a construit et réhabilité plus de 2000 km de routes ces deux dernières années, notamment entre Bangassou, Obo et Bambouti ou encore entre Bria, Bambari et Pombolo. Des bacs ont également été réparés pour faciliter la traversée des nombreuses rivières du pays.
En outre, 37 pistes d’atterrissage pour avions et hélicoptères ont été aménagées ou réhabilitées.“L’impact est évident en termes d’accès pour les populations, les forces de la MINUSCA et les services de l’État centrafricain”, s’est félicitée Mme Rugwabiza.
Un effort de déconcentration des fonctionnaires pour étendre l’autorité de l’État centrafricain.
Le ministre Djimassé a mis l’accent sur l’importance de déployer davantage de fonctionnaires en province pour renforcer l’autorité de l’État . Actuellement, sur 20 400 fonctionnaires civils actifs, seuls 4 700 sont affectés hors de Bangui.
“C’est le premier défi qu’il va falloir relever pour étendre l’autorité de l’État centrafricain. Cette fracture entre Bangui et les provinces, il faut travailler à la réduire”, a-t-il déclaré. Le gouvernement a ainsi lancé un programme de recrutement de 6 000 agents civils, avec l’espoir de passer à 7 000 fonctionnaires en province.
Une attention particulière est portée au recrutement de femmes, encore sous-représentées dans la fonction publique. Les maîtres-parents, qui ont pallié l’absence de l’autorité de l’État dans l’éducation, seront également intégrés.
La sécurisation du territoire progresse pour consolider l’autorité de l’État .
Sur le plan sécuritaire, la MINUSCA appuie le déploiement des forces armées et de sécurité intérieure pour renforcer l’autorité de l’État centrafricain. Elle a notamment construit ou réhabilité 18 gendarmeries l’an dernier.
Le ministre a souligné les progrès réalisés, avec un effectif des forces de défense et de sécurité passé de 6 000 en 2015-2016 à environ 20 000 aujourd’hui. “C’est encore assez faible vu l’étendue du territoire, mais au vu de nos moyens, c’est un effort qu’il faut saluer pour asseoir l’autorité de l’État centrafricain”, a-t-il estimé.
Des défis persistants à relever.
Malgré ces avancées, d’importants défis demeurent . Le ministre a notamment évoqué les difficultés de logement des fonctionnaires en province.
“Nous sommes en train de travailler avec le ministère de l’Urbanisme sur des modèles de villages de fonctionnaires de sept à dix cases”, a-t-il indiqué, précisant qu’un financement serait recherché auprès des partenaires pour renforcer l’autorité de l’État centrafricain.
L’accès à l’eau reste également problématique dans certaines localités comme Bambouti, freinant le déploiement des forces de sécurité et l’extension de l’autorité de l’État centrafricain.
Mme Rugwabiza a pour sa part insisté sur “l’énorme chantier” des services sociaux de base (santé, éducation) qui reste à mener pour consolider l’autorité de l’État centrafricain.
Vers une paix durable pour renforcer l’autorité de l’État centrafricain ?
Interrogés sur la récente déclaration de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) en faveur d’un retour dans l’accord de paix, le ministre et la cheffe de la MINUSCA ont appelé à la prudence tout en se montrant ouverts au dialogue.
“Le gouvernement laisse la porte ouverte à toutes les bonnes volontés qui veulent nous accompagner vers la paix et le renforcement de l’autorité de l’État centrafricain”, a déclaré M. Djimassé. Il a cependant souligné qu’au-delà des déclarations, “des actes concrets doivent être posés”, comme “la volonté réelle d’aller vers le cantonnement et le désarmement des troupes”.
Mme Rugwabiza a abondé dans le même sens, estimant qu’”il faut toujours donner une chance à la paix” tout en attendant “des actes qui vont démontrer que la volonté de rejoindre l’APPR est sincère et contribuera à renforcer l’autorité de l’État centrafricain”.
Les deux responsables ont appelé les médias à jouer un rôle pédagogique pour favoriser la réconciliation et le renforcement de l’autorité de l’État , tout en soulignant l’importance du travail de la Commission vérité, justice et réconciliation.
“Travaillons tous dans nos capacités respectives pour faire avancer la paix et consolider l’autorité de l’État centrafricain”, a conclu la cheffe de la MINUSCA, rappelant que les Centrafricains ont “beaucoup plus à gagner” d’une paix durable dans leur pays.
Les agents de l’ANE prête serment à Bouar : le théâtre électoral se poursuit dans la Nana-Mambéré
Paoua-en-Centrafrique-le-27-decembre-2020-par-cnc/” rel=”attachment wp-att-43164″ data-wpel-link=”internal”>Un bureau de vote installé dans la forêt par les agents électoraux le 27 décembre 2020 dans la commune de Bimbi, vers Paoua, en République centrafricaine. Photo CNC /
Mardi dernier, les membres du démembrement de l’ANE pour la préfecture de la Nana-Mambéré ont prêté serment devant le tribunal de grande instance de Bouar. Ils ont juré d’organiser des élections crédibles, libres et transparentes. Mais pour de nombreux observateurs centrafricains, cette cérémonie n’est qu’une comédie de mauvais goût qui se répète à chaque scrutin.
“À quoi bon prêter serment si c’est pour tricher ensuite ?”, s’interroge un activiste de la société civile. Il rappelle que lors du référendum constitutionnel de juin 2023, malgré les serments, des fraudes massives avaient été constatées. “Les agents de l’ANE eux-mêmes ont bourré les urnes avec les militants du parti au pouvoir”, affirme-t-il.
Pour beaucoup, cette prestation de serment n’est qu’une mise en scène visant à tromper l’opinion. D’autant que le président Kongoboro lui-même avait déclaré n’avoir “besoin que d’urnes dans les bureaux de vote, pas d’électeurs”. Une façon à peine voilée d’annoncer que le résultat est joué d’avance.
Dans ces conditions, pourquoi maintenir cette mascarade ? Pourquoi les juges cautionnent-ils ce simulacre démocratique ? Les Centrafricains ne sont pas dupes et dénoncent une manipulation de plus dans un processus électoral vicié.
L’ANE et le pouvoir en place feraient mieux de renoncer à ces serments hypocrites et d’œuvrer réellement pour des élections honnêtes. Car à force de se moquer ainsi du peuple, ils risquent de saper définitivement la confiance des citoyens dans les institutions.
Héritier Doneng prépare l’envoi de dix nouveaux miliciens à Paris
Centrafrique.org/le-nouveau-message-de-la-france-aux-centrafricains-une-politique-controversee-du-president-macron/heritier-doneng-le-chef-de-la-milice-du-parti-au-pouvoir-ministre-de-la-jeunesse-et-des-sports-avec-bruno-daniel-jean-michel-foucher-lambassadeur-de/” rel=”attachment wp-att-72896″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Heritier-Doneng-le-chef-de-la-milice-du-parti-au-pouvoir-ministre-de-la-Jeunesse-et-des-Sports-avec-Bruno-Daniel-Jean-Michel-Foucher-lambassadeur-de-450×320.jpg” alt=”Héritier Doneng, le chef de la milice du parti au pouvoir, ministre de la Jeunesse et des Sports avec Bruno Daniel Jean-Michel Foucher l’ambassadeur de” width=”450″ height=”320″ />Héritier Doneng, le chef de la milice du parti au pouvoir, ministre de la Jeunesse et des Sports avec Bruno Daniel Jean-Michel Foucher l’ambassadeur de
L’ancien chef milicien Héritier Doneng, devenu ministre de la Jeunesse et des Sports, ne cache plus son intention d’abuser des privilèges diplomatiques pour favoriser ses proches. Après avoir obtenu des visas pour 11 membres de sa famille aux Jeux Olympiques de Paris 2024, Héritier Doneng prépare maintenant à envoyer 10 nouveaux membres de sa milice “Requin” en France pour une prétendue “formation”.
Selon des informations recueillies par Corbeau News, Doneng a récemment réuni ses partisans dans les quartiers de Bangui pour leur annoncer la bonne nouvelle : “Préparez-vous, apportez vos noms, vous allez partir en octobre pour une formation à Paris”. Une véritable bousculade s’est alors créée parmi les miliciens, tous espérant faire partie des heureux élus.
Cette annonce intervient après le succès de Doneng à l’ambassade de France, où il a réussi à obtenir des visas pour 11 de ses proches, dont sa fille, sous couvert de la délégation officielle centrafricaine aux JO. Un tour de passe-passe diplomatique qui avait déjà provoqué l’indignation dans le pays.
Dopé par cette réussite, l’ancien chef de guerre semble déterminé à poursuivre sur sa lancée. Il prétexte une formation pour les cadres du parti au pouvoir MCU, mais tout porte à croire qu’il s’agit en réalité d’envoyer ses hommes de main en France.
“On ne sait même pas de quelle formation il s’agit”, confie une source proche du dossier. “C’est très opaque, comme d’habitude avec Doneng. Il profite de sa position au gouvernement pour faire ce qu’il veut”.
Cette situation contraste fortement avec les difficultés rencontrées par les étudiants centrafricains souhaitant obtenir un visa pour la France. Cette année, la quasi-totalité des demandes de visas d’études ont été refusées par l’ambassade. Pendant ce temps, Doneng et ses miliciens obtiennent des visas à répétition.
“C’est un scandale”, s’indigne un étudiant dont la demande a été rejetée. “Nous voulons étudier pour développer notre pays, et on nous ferme la porte. Mais des criminels comme Doneng peuvent faire ce qu’ils veulent. Où est la justice ?”
Pour beaucoup d’observateurs, cette situation reflète l’ambiguïté de la politique française en Centrafrique. D’un côté, Paris affiche son soutien au processus démocratique. De l’autre, elle ferme les yeux sur les agissements d’anciens chefs de guerre reconvertis en politiciens.
“La France se rend complice des crimes de Doneng“, accuse un militant centrafricain des droits humains. “En lui accordant ces privilèges diplomatiques, elle légitime son passé criminel et lui permet de continuer à agir en toute impunité”.
Le passé trouble de Doneng est en effet bien connu. En tant que chef de la milice “Requin”, il est accusé d’avoir commis de nombreuses exactions contre les civils à Bangui. Meurtres, pillages, viols : la liste des crimes qui lui sont attribués est longue.
Malgré cela, il a réussi à se reconvertir en homme politique, obtenant même un poste ministériel. Une ascension fulgurante qui interroge sur les véritables motivations du pouvoir centrafricain.
“Doneng n’a aucune compétence pour être ministre”, estime un analyste politique. “Sa seule qualité, c’est sa capacité à mobiliser des hommes armés. Le gouvernement l’a coopté pour s’assurer de sa loyauté et de celle de ses miliciens”.
En envoyant ses hommes se former en France, Doneng cherche probablement à renforcer son influence et ses capacités. Certains craignent que cette “formation” ne serve en réalité à perfectionner les techniques de répression de la milice “Requin”.
“C’est très inquiétant”, confie un diplomate occidental sous couvert d’anonymat. “On donne à un groupe armé les moyens de se professionnaliser. Cela pourrait avoir de graves conséquences pour la stabilité du pays.”
Alors que la tension monte en Centrafrique, beaucoup s’interrogent sur les véritables intentions de la France. En fermant les yeux sur les agissements de Doneng, Paris prend le risque de s’aliéner une partie de la population centrafricaine.
“Les gens ne comprennent pas”, conclut un jeune activiste. “Comment la France, pays des droits de l’Homme, peut-elle cautionner un tel personnage ? C’est une trahison de ses propres valeurs.”
L’avenir dira si la stratégie française portera ses fruits ou si elle ne fera qu’attiser les tensions dans un pays déjà profondément meurtri par des années de conflit.
Fuite spectaculaire de la troisième épouse du ministre de la justice, Arnaud Djoubaye Abazène
Centrafrique.org/rca-le-ministre-arnaud-djoubaye-abazene-celebre-son-troisieme-mariage-religieux-a-bangui/le-ministre-detat-arnaud-djoubaye-abazene-et-sa-troisieme-epouse-lors-de-leur-mariage-le-15-aout-2021-photo-cnc-2/” rel=”attachment wp-att-49457″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/08/Le-ministre-dEtat-Arnaud-Djoubaye-Abazene-et-sa-troisieme-epouse-lors-de-leur-mariage-le-15-aout-2021.-Photo-CNC-2-450×417.jpg” alt=”Le ministre d’État Arnaud Djoubaye-Abazène et sa troisième épouse lors de leur mariage le 15 août 2021. Photo CNC” width=”450″ height=”417″ />Le ministre d’État Arnaud Djoubaye-Abazène et sa troisième épouse lors de leur mariage le 15 août 2021. Photo CNC
Trois ans après leur union très médiatisée, la troisième épouse du ministre centrafricain de la Justice, Arnaud Djoubaye-Abazène, a quitté le domicile conjugal. Selon nos informations, la jeune femme de 31 ans se trouverait actuellement en Italie.
En août 2021, le mariage fastueux du ministre, alors âgé de 65 ans, avec une jeune femme de 27 ans avait défrayé la chronique. La cérémonie somptueuse, estimée à plusieurs dizaines de millions de francs CFA, avait choqué l’opinion publique dans un pays en proie à de graves difficultés économiques.
Aujourd’hui, ce conte de fées semble avoir viré au cauchemar. D’après nos sources proches du couple, la jeune épouse aurait fui le domicile conjugal il y a quelques mois. Après une enquête minutieuse, notre rédaction a pu retracer son parcours : d’abord en Côte d’Ivoire, puis en Italie où elle résiderait actuellement.
Que s’est-il passé pour en arriver là ? Le divorce n’a pas été prononcé officiellement. Mais selon l’entourage du ministre, le comportement de la jeune femme serait à l’origine de cette séparation. “Elle a contracté d’énormes dettes au nom de son mari, parfois plusieurs millions de francs CFA. Le ministre a dû rembourser des sommes colossales, il n’en pouvait plus”, nous confie un proche du ministre sous couvert d’anonymat.
Du côté de la famille de l’épouse, on évoque plutôt la différence d’âge considérable entre les époux. “Cette fille pourrait être sa petite-fille. Ce mariage n’aurait jamais dû avoir lieu”, déplore un membre de la famille.
Mais la principale intéressée aurait une toute autre version. Selon nos informations, la jeune femme se serait plainte du manque d’attention de son mari. “L’argent ne fait pas tout. J’ai besoin d’un homme à mes côtés, pas d’un vieillard de 300 kilos incapable de me satisfaire”, aurait-elle déclaré à ses proches avant de partir.
Cette fuite spectaculaire pose de nombreuses questions. Comment une jeune épouse a-t-elle pu quitter si facilement le domicile d’un ministre ? A-t-elle bénéficié de complicités ? Que va devenir la dot pharaonique versée à sa famille ? Pour l’heure, le principal intéressé reste muet. Nos multiples demandes d’interview sont restées lettre morte.
Cette affaire ravive le débat sur les mariages entre hommes âgés et très jeunes femmes, pratique courante dans les hautes sphères du pouvoir centrafricain. En 2020, l’ancien président de transition Michel Djotodia, alors sexagénaire, avait épousé une jeune femme de 21 ans.
Au-delà du scandale people, ce feuilleton conjugal pose la question de l’enrichissement de certains membres du gouvernement. Comment un ministre peut-il financer un tel train de vie dans un pays classé parmi les plus pauvres au monde ? L’opposition dénonce régulièrement la corruption et le détournement des fonds publics au sommet de l’État.
Cette nouvelle péripétie embarrassante survient alors que le président Touadéra peine à redresser l’économie du pays. La fuite de la jeune épouse du garde des Sceaux risque de ternir un peu plus l’image d’un gouvernement déjà très critiqué pour sa gestion opaque des affaires publiques.
Affaire à suivre donc. Le ministre parviendra-t-il à faire revenir sa fugueuse épouse ? Ou cette histoire d’amour impossible entre un sexagénaire bedonnant et une jeune beauté est-elle définitivement terminée ? Les Centrafricains, friands de ce genre de feuilleton, attendent la suite avec impatience.
Bangui : L’ancien chef milicien du PK5 Ajident Abakar arrêté par la CPS
Centrafrique.org/2-morts-dans-un-combat-entre-les-miliciens-dautodefense-rivaux-au-pk5/les_miliciens_autodefense_km5_force-8/” rel=”attachment wp-att-34436″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/11/les_miliciens_autodefense_km5_force-450×252.jpg” alt=”Des miliciens d’autodéfense du quartier PK5 dans le troisième arrondissement de Bangui. CopyrightCNC.” width=”450″ height=”252″ />Des miliciens d’autodéfense du quartier PK5 dans le troisième arrondissement de Bangui. CopyrightCNC.
La Cour Pénale Spéciale (CPS) a mis la main sur Ajident Abakar, ex-secrétaire général de la milice d’auto-défense du PK5. L’homme a été interpellé ce mercredi 4 septembre 2024 dans le 3ème arrondissement de Bangui. Il croupit désormais dans les geôles du camp de Roux.
L’arrestation d’Ajident Abakar fait grand bruit dans le quartier PK5 de la capitale. Ancien chef de guerre reconverti par le gouvernement centrafricain, il avait rejoint les rangs des FACA en 2020. Par la suite, on l’a vu combattre aux côtés des Russes du groupe Wagner contre les rebelles de la CPC dans les villes de province. Un parcours qui lui valait, croyait-on, les bonnes grâces du pouvoir.
Sa famille crie au scandale. ” Ajident Abakar a tout donné pour le régime de Touadéra. Il s’est battu pour la paix. Et voilà comment on le remercie!”, s’indigne un proche. Du côté de la CPS, on invoque l’indépendance de la justice. Mais pour beaucoup de Banguissois, c’est deux poids, deux mesures.
“La CPS ne s’attaque qu’aux petits poissons”, fulmine un habitant du PK5. “Les gros bonnets du régime, eux, dorment sur leurs deux oreilles. Pourtant, tout le monde connaît leurs crimes”.
L’affaire Abakar ravive de vieilles plaies. Elle pose la question épineuse de la réconciliation en Centrafrique. Comment juger les crimes du passé sans compromettre la paix fragile d’aujourd’hui ? Le débat fait rage dans les rues de Bangui.
Pour l’heure, le sort d’Ajident Abakar reste incertain. Son arrestation, elle, rappelle que la page du conflit est loin d’être tournée. Dans le PK5, la tension est palpable. Beaucoup craignent que cette affaire ne rallume de vieilles querelles. La CPS joue gros. Son action sera scrutée de près au PK5.
Les travaux de réfection des routes à Bangui s’enlisent
Centrafrique.org/travaux_des_routes_bangui/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/09/travaux_des_routes_bangui-450×327.jpg” alt=”travaux de réhabilitation des routes à Bangui, capitale de la République centrafricaine. CopyrightCNC” width=”450″ height=”327″ />travaux de réhabilitation des routes à Bangui, capitale de la République centrafricaine. CopyrightCNC
Les Banguissois s’impatientent devant la lenteur des travaux de réhabilitation des routes dans la capitale centrafricaine. L’Office National du Matériel (ONEM), chargé de ces chantiers, semble patauger et peine à tenir les délais annoncés.
Du rond-point zéro à la cathédrale, soit à peine 1 à 2 km, le chantier a été interrompu pendant deux longues semaines. Les engins de chantier sont restés immobilisés sur le parking de la cathédrale, causant au passage l’incompréhension des riverains. Puis les travaux ont timidement repris jusqu’à l’agence Air France, 1 kilomètres plus loin, avant de s’arrêter à nouveau depuis trois semaines.
“On ne comprend vraiment pas ce qui se passe. Ça avance au compte-gouttes”, s’étonne Parfait, commerçant du centre-ville. “Un jour on voit les ouvriers s’activer, le lendemain plus personne. C’est à n’y rien comprendre”.
Les équipes de l’ONEM semblent tâtonner : tantôt les engins tombent en panne, tantôt l’enrobé est mal posé et doit être refait. “On dirait qu’ils apprennent sur le tas”, ironise un chauffeur de taxi.
Face à ces difficultés, l’ONEM a fait appel à des techniciens chinois pour former ses techniciens. Mais dès leur départ, les travaux ont de nouveau calé au bout de 100 mètres à peine. Pendant ce temps, du côté de l’hôpital de l’Amitié jusqu’au PK9, un premier revêtement qualifié de “catastrophique” par les usagers, a dû être entièrement arraché.
“Ils ne sont manifestement pas prêts mais ils sont pressés de montrer des résultats”, analyse un observateur du secteur BTP. “Résultat : on fait, on défait, on refait. C’est de l’argent public gaspillé”.
Le chantier initial prévoyait la réfection de l’axe du centre-ville jusqu’au PK12, soit 12 km. Mais à mi-parcours, les travaux patinent déjà. Les déviations se multiplient, compliquant la circulation dans une ville déjà congestionnée.
Certaines voix s’élèvent pour dénoncer une manœuvre électoraliste en vue de la présidentielle de 2025. “Le président Baba Kongoboro prend les Centrafricains pour des idiots avec sa roublardise”, s’agace un opposant. “Il lance des chantiers à la va-vite pour faire croire qu’il travaille, mais c’est du vent”.
Le timing de ces travaux interpelle en effet. Tout comme le recrutement annoncé en grande pompe de 2500 fonctionnaires, beaucoup y voient une opération de séduction de l’électorat. “Mais les gens ne sont pas dupes”, assure un syndicaliste. “On voit bien que tout cela n’est pas sérieux”.
En attendant, les Banguissois slaloment entre les nids-de-poule et les déviations. Beaucoup s’inquiètent avec cette saison des pluies, qui risque de transformer les chantiers inachevés en bourbiers impraticables.
“Le président ferait mieux de s’occuper de son pays plutôt que de voyager sans cesse”, peste Léa, une mère de famille exaspérée. De fait, le chantier semble avancer au rythme des absences du chef de l’État, plus souvent aperçu dans les palaces étrangers que sur le terrain à Bangui.
L’ONEM, contacté pour réagir, se veut rassurant : “Nous faisons face à quelques difficultés techniques, c’est normal pour un chantier de cette ampleur. Mais nous mettons tout en œuvre pour accélérer les travaux”. L’organisme promet une reprise rapide de l’activité sur les tronçons à l’arrêt.
Mais pour beaucoup de Banguissois, le mal est fait. “On nous avait promis des routes toutes neuves en quelques mois. On se retrouve avec une ville sens dessus dessous et des chantiers à l’abandon”, résume amèrement Pascal, chauffeur de taxi-moto. “C’est l’image même de la gestion de notre pays : on commence plein de choses, on ne finit rien”.
Reste à voir si le gouvernement saura rectifier le tir et livrer des infrastructures de qualité dans des délais raisonnables. Pour l’heure, c’est surtout la patience des Banguissois qui est mise à rude épreuve.
Touadera, Wagner et l’illusion de la paix en Centrafrique
Opération des mercenaires russes du groupe Wagner. CopyrightCNC
Un appel au désarmement empreint de cynisme.
Il y’a plus de 3 semaines , Kota Baba Kongoboro, de son vrai nom Faustin-Archange Touadera, a appelé les rebelles de la cpc à déposer les armes et à réintégrer la République, tout en se félicitant au passage de la levée de l’embargo sur les armes imposé à la Centrafrique. Toutefois, cette démarche empreinte d’ironie et de cynisme. Tandis que Baba Kongoboro prêche la réconciliation et la paix, les forces qui devraient protéger cette paix – notamment les mercenaires russes de Wagner, continuent de perpétrer des atrocités contre ceux qui ont choisi de déposer les armes.
Les décapitations qui contredisent le discours officiel de paix en Centrafrique.
De gauche à droite, le corps décapités de l’ancien général de la milice Anti-Balaka de Bouca, monsieur Josué Béfio, et de son garde du corps mis en scène par les mercenaires russes
La décapitation de deux ex-chefs miliciens il y’a quelques jours à Bouca, dans la préfecture de l’Ouham-Fafa, par les mercenaires russes du groupe Wagner bien sur prouve à suffisance cette contradiction. Ces anciens combattants, qui avaient choisi de quitter les rangs des milices, ont été sauvagement exécutés, et les images de leurs corps mutilés ont été partagées sur les réseaux sociaux, propageant l’horreur de ces actes. Ces exécutions, loin d’être des cas isolés, reflètent la violence systématique exercée par Wagner contre les ex-rebelles.
L’assassinat des ex-miliciens du PK5 : une tragédie récurrente pour la paix en Centrafrique.
Le corps du soldat FACA décapité vers Koui
Le massacre de ces deux hommes à Bouca n’est pas un incident isolé. Une dizaine de soldats des Forces armées centrafricaines (FACA), tous d’anciens miliciens d’autodéfense du PK5 qui avaient déposé les armes, ont été assassinés dans des circonstances similaires. Ces hommes, qui avaient fait le choix de réintégrer la République, ont été tués par ceux qui sont censés soutenir les efforts de sécurité du gouvernement. Cette série d’assassinats montre la brutalité des forces alliées au régime de Touadera.
La répression s’abat sur les ex-rebelles.
La violence ne se limite pas aux assassinats. À Bangui même, trois ex-rebelles du FPRC désarmés ont été arrêtés arbitrairement dans le quartier Ngoussiman du cinquième arrondissement. Ces arrestations sans fondement légal apparent s’inscrivent dans une logique de répression contre ceux ayant répondu aux appels au désarmement. Elles démontrent que déposer les armes n’offre aucune garantie de sécurité.
L’embargo levé, mais la paix reste inaccessible.
Pendant des années, le régime de Touadera a blâmé l’embargo sur les armes pour justifier son incapacité à ramener la sécurité. Pourtant, sa levée n’a pas mis fin aux violences. Le problème sécuritaire centrafricain ne peut se résoudre par la simple importation d’armements. La corruption, l’indiscipline au sein des FACA et surtout la dépendance envers les mercenaires de Wagner restent des obstacles majeurs à la paix.
Wagner : le bras armé d’une stratégie de terreur.
Les mercenaires russes de Wagner, qui prétendent soutenir le gouvernement, sont en réalité au cœur de la spirale de violence qui secoue la Centrafrique. Leurs exactions, notamment les massacres de populations civiles, y compris celles désarmées, les pillages et les actes de torture, compromettent tout espoir de paix durable. Le silence du régime face à ces atrocités ne peut être interprété que comme une complicité, révélant une stratégie de terreur pour maintenir un contrôle par la peur.
Ce tableau sombre montre qu’au-delà des appels au désarmement et des annonces sur la levée de l’embargo, la Centrafrique est encore loin de la paix et de la stabilité. La violence continue de ravager le pays, exacerbée par les forces censées la combattre.
RCA : Quatre ans après la tentative de son empoisonnement par Touadera, Joseph Bendounga reste insoumis
Centrafrique.org/rca-lopposant-joseph-bendounga-president-du-parti-mdrec-saisi-a-nouveau-la-cour-constitutionnelle/le-depute-de-bimbo3-joseph-bendounga-dans-lhemicycle-de-lassemblee-nationale/” rel=”attachment wp-att-49674″ data-wpel-link=”internal”>Le député de Bimbo3 Joseph Bendounga dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Photo CNC
En septembre 2020, l’opposant centrafricain Joseph Bendounga dénonçait une tentative d’empoisonnement orchestrée par le pouvoir. Quatre ans plus tard, loin d’avoir cédé aux pressions, il demeure l’une des figures les plus critiques envers le régime Touadera. Son histoire révèle les méthodes contestables du pouvoir et la difficile survie d’une opposition crédible en RCA.
En 2020, le président Faustin-Archange Touadera mandate sa conseillère diplomatique russe et son homologue centrafricain Ali Gonissa pour convier Bendounga à un dîner. L’opposant s’y rend, mais se voit offrir vodka et chocolats à l’issue de l’entretien. Suspectant un piège, il dénonce immédiatement une tentative d’empoisonnement sur les ondes de Radio Ndékèluka.
Ali Gonissa tente alors de justifier cette rencontre par la volonté d’obtenir un “message d’apaisement” de l’opposant concernant le processus électoral en cours en 2020. Une explication peu convaincante qui ne dissipe pas les soupçons sur les véritables intentions du pouvoir.
Joseph Bendounga , un opposant qui ne plie pas.
Contrairement à d’autres membres de l’opposition comme Simplice Aurélien Zingas, devenu ministre d’État à l’éducation après avoir changé de camp, Bendounga a catégoriquement rejeté les avances du régime. Malgré les difficultés, il maintient sa ligne politique, prouvant qu’il ne cédera pas aux tentations du pouvoir.
“Ils croyaient pouvoir m’acheter facilement en raison de ma situation précaire. Mais j’ai repoussé leur main tendue empoisonnée”, affirme l’opposant. Une intégrité peu commune dans le paysage politique centrafricain actuel.
Un pouvoir aux méthodes contestables.
Cette affaire révèle les pratiques douteuses d’un régime prêt à tout pour faire taire ses détracteurs. Invitations discrètes, cadeaux suspects, promesses de postes : les méthodes employées pour rallier les opposants s’apparentent à des manœuvres d’intimidation.
Ces tactiques témoignent de la fébrilité d’un pouvoir incapable d’affronter ses critiques sur le terrain politique. En tentant de soudoyer ou d’éliminer ses adversaires, le président Baba Kongoboro montre les limites de sa gouvernance.
Une voix qui dérange le pouvoir.
Quatre ans après cette tentative avortée, Joseph Bendounga reste actif sur la scène politique. Élu député en 2021, il multiplie les interventions médiatiques sur des sujets sensibles comme les Élections.
Son refus de se compromettre en fait l’une des rares voix crédibles de l’opposition. Une épine dans le pied du pouvoir, qui n’a pas renoncé à le réduire au silence par tous les moyens.
Un exemple de résistance.
L’affaire Bendounga montre la fragilité persistante de la démocratie centrafricaine. Mais elle prouve aussi l’existence d’hommes politiques déterminés à résister aux sirènes du pouvoir, malgré les risques.
“Je ne suis ni un tintin, ni un guignol du pouvoir”, déclarait Bendounga sur Radio Ndékèluka en 2020. Quatre ans plus tard, ses actes confirment ses paroles. Alors que plusieurs de ses anciens alliés ont rejoint la majorité présidentielle, lui reste fidèle à ses convictions.
Cette intégrité lui vaut aujourd’hui une certaine crédibilité. Ses interventions sur les enjeux nationaux trouvent un écho auprès d’une population lassée des compromissions politiques.
Un pouvoir qui persiste dans ses méthodes.
Si l’affaire de 2020 a échoué, rien n’indique que le pouvoir ait renoncé à ses méthodes. La cooptation d’opposants comme Zingas, et des députés de l’opposition laisse penser que les tentatives de corruption se poursuivent dans l’ombre.
Le refus de Bendounga de céder aux pressions du régime Touadera constitue un défi pour le pouvoir. Il démontre qu’une opposition crédible et intègre reste possible en Centrafrique, malgré un contexte politique difficile.
Alors que le pays se prépare à de futures échéances électorales, l’attitude de Bendounga pourrait inspirer d’autres voix critiques. Elle rappelle que la démocratie se construit aussi par la résistance aux dérives autoritaires.
L’affaire de 2020 n’est peut-être qu’un épisode dans une lutte politique de longue haleine. Mais elle aura eu le mérite de révéler au grand jour les méthodes contestables du pouvoir et la détermination d’un opposant à y résister.
A Bozoum, la rentrée scolaire s’annonce dans des conditions déplorables
Centrafrique.org/lecole-primaire-de-baboua-debordee-par-le-manque-denseignants/eleves_dans_la_cours_de_ecole_primaire_fondamental_de_baboua/” rel=”attachment wp-att-77169″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/06/eleves_dans_la_cours_de_ecole_primaire_fondamental_de_baboua-450×276.jpg” alt=”Élèves et enseignants réunis dans la cour de l’École Primaire Fondamentale 1 de Baboua” width=”450″ height=”276″ />CopyrightCNC
La nouvelle année scolaire approche à grands pas, mais l’état des établissements scolaires de Bozoum laisse grandement à désirer. Les salles de classe sont dans un état de délabrement avancé et l’insalubrité règne.
En cette saison des pluies, la végétation a envahi la plupart des écoles. Les hautes herbes entourent les bâtiments, transformant les cours en véritables refuges pour les animaux errants. Moutons et cabris y ont élu domicile.
L’intérieur des classes n’est guère plus reluisant. Fenêtres et portes manquent à l’appel dans plus part des salles. Les bancs sont cassés, la peinture s’écaille sur les murs. Rien n’est prêt pour accueillir les élèves à la rentrée 2024 – 2025.
Pourtant, les parents d’élèves ne semblent pas pressés d’entamer les travaux de nettoyage. Magoe Janvier, directeur de l’école préfectorale mixte n°1 de Bozoum, se justifie : “Nous respectons simplement les directives du ministère de l’Éducation qui fixe la période de nettoyage du 7 au 14 septembre”.
Une mère d’élève, qui préfère garder l’anonymat, lance un appel : “J’exhorte tous les parents à se mobiliser rapidement pour remettre les écoles en état avant la rentrée”.
En temps normal, les associations de parents d’élèves s’organisent bien en amont pour préparer les établissements. Cette année, rien ne bouge et les raisons de cette inaction restent floues. Le temps presse pourtant si l’on veut offrir aux écoliers un cadre d’apprentissage décent à la rentrée.
Pendant ce temps, le putschiste de Bangui, Baba Kongoboro, se promène dans les métros chinois. Son porte-parole, Albert Yaloké Mokpeme, émerveillé, s’empresse de partager son étonnement sur les réseaux sociaux. Incroyable spectacle, alors que le pays croule sous les défis éducatifs.
Centrafrique.org/le_marche_central_de_zemio/” data-wpel-link=”internal”>Les vendeuses du marché de Zémio proposent une variété de produits locaux sous des abris de fortune
À plus de 1000 km de Bangui, la sous-préfecture de Zémio, dans le Haut-Mbomou, subit de plein fouet la flambée des prix des produits de première nécessité. Un reportage au marché central révèle l’ampleur du problème.
À 9h du matin au marché central de Zémio. L’affluence est déjà importante en ce début de journée. Pourtant, les mines sont graves. “Tout est devenu hors de prix ici”, se lamente Ayo, une mère de famille venue faire ses courses.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Un savon qui coûte 150 FCFA à Bangui se vend 500 FCFA à Zémio.Le kilo de sucre est passé de 2000 à 2500 FCFA. Un sachet de cube Maggi atteint 2000 FCFA contre 900 FCFA dans la capitale.
“C’est très difficile pour nous”, témoigne un client. “Pour les repas de la journée, il faut compter 5000 FCFA minimum. C’est énorme !”
Mie Sanitouma, président des commerçants, explique : “Le transport depuis Bangui coûte 3000 FCFA par colis. Avec les taxes, notre marge est minime”.
Pour le sous-préfet Romaric Zirani, l’état des routes est en cause : “Les véhicules doivent souvent décharger et recharger à cause des mauvais tronçons. Cela fait grimper les coûts”.
Au-delà des prix, Zémio manque cruellement d’infrastructures et d’emplois. L’insécurité complique aussi l’approvisionnement.
Malgré ces défis, la population s’accroche et espère des jours meilleurs. En attendant, chacun s’adapte comme il peut à cette vie chère qui n’épargne personne.
Pendant que le président Kongoboro s’étonne d’un métro qui le transporte dans une banlieue chinoise, les Centrafricains galèrent sur des routes impraticables dans leur pays
Centrafrique.org/capture_ecran_video_touadera_en_chine/” data-wpel-link=”internal”>Capture d’écran de la vidéo du Président Kongoboro dans un métro en chine le 29 août 2024
“Révolutionnaire”, c’est ainsi que le porte-parole de la présidence centrafricaine, Albert Mokpeme Yaloké, qualifie l’expérience d’un trajet en métro à Chongqing, dans une banlieue chinoise. Cette déclaration ahurissante, accompagnée d’images de Baba Kongoboro en touriste émerveillé, prouve une fois de plus l’incompétence flagrante d’un gouvernement incapable de comprendre les enjeux du développement, pendant que la RCA s’enfonce dans le chaos.
Président Kongoboro : un émerveillement des gbara face à des infrastructures basiques.
La vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux chinois montre le président Touadéra et sa délégation s’extasiant comme des “Gbara” (novices) devant le métro de Chongqing. Le porte-parole de la présidence, Albert Mokpeme, qualifie cette expérience de “révolutionnaire”, déclarant avec un enthousiasme déplacé : “C’est une très bonne expérience de prendre le train sur le rail […]c’est révolutionnaire de venir trouver ça à Chongqing”.
Cette réaction d’émerveillement excessif de ces gbara centrafricains face à une infrastructure de transport public ordinaire dans de nombreuses villes du monde démontre une ignorance profonde et inquiétante. Qu’un haut responsable gouvernemental soit à ce point impressionné par un simple métro pousse le monde à s’interroger sur la capacité de l’administration Touadéra à comprendre et à répondre aux défis de développement auxquels la République Centrafricaine est confrontée.
Président Kongoboro : Une déconnexion alarmante avec les réalités du pays.
Cette scène surréaliste rappelle tristement la déclaration antérieure du Président Baba Kongoboro qualifiant la route menant à l’aéroport international de Bangui de “voie rapide”. Cette affirmation, en total décalage avec l’état réel des infrastructures routières du pays, montre à quel point Kongoboro et son équipe sont déconnectés des conditions de vie quotidiennes des Centrafricains.
Alors que la population lutte pour se nourrir et que les rues de Bangui sont dans un état de délabrement avancé, le spectacle d’un président s’émerveillant devant un métro à l’étranger est non seulement embarrassant mais aussi profondément insultant pour les citoyens qui font face à des difficultés quotidiennes dues au manque d’infrastructures de base.
Une insouciance irresponsable sur les réseaux sociaux.
La décision de se laisser filmer et de permettre la diffusion de ces images sur les réseaux sociaux chinois témoigne d’une insouciance stupéfiante. Dans un contexte où la République Centrafricaine fait face à des défis majeurs – insécurité, pauvreté, manque d’infrastructures – l’image d’un président jouant les touristes en Chine est désastreuse pour la crédibilité du pays sur la scène internationale.
Cette vidéo, loin d’être anodine, prouve de manière choquante un manque assuré de jugement politique et de sensibilité aux perceptions publiques. Elle renforce l’image d’un gouvernement plus préoccupé par les apparences et les voyages à l’étranger que par la résolution des problèmes urgents du pays.
Un gaspillage des ressources de l’État.
Le voyage lui-même, commencé une semaine avant le sommet Afrique-Chine, invite à réfléchir sur son utilité réelle pour le pays. Ce séjour prolongé, suivi d’un autre voyage prévu aux États-Unis, représente un gaspillage considérable des ressources limitées de l’État centrafricain.
Pendant que Touadéra et sa délégation dépensent l’argent public en déplacements coûteux, les Centrafricains luttent pour préparer la rentrée scolaire et faire face aux défis quotidiens dans un pays où les infrastructures de base font cruellement défaut.
La Centrafrique humiliée par ses députés analphabètes
Le député Percus Ketté, démissionnaire du parti MLPC pour le MCU du Président Baba Kongoboro
Le monde politique centrafricain assiste ce dernier temps à un spectacle désolant digne de la mafia politique. Les députés de l’opposition, pourtant réputés intègres, désertent en masse leurs partis pour rejoindre le Mouvement Cœurs Unis (MCU) du président Touadéra. Ce ralliement massif au camp présidentiel pose de sérieuses questions sur l’intégrité de ces élus et leurs vraies motivations.
Des excuses des députés analphabètes ne tiennent pas la route.
Pour justifier leur volte-face, ces députés servent un discours bien rodé. Ils prétendent vouloir “aider la population” et “construire des routes” dans leurs circonscriptions, notamment dans l’Ouham-Pendé et la Lim-Pendé. Le député de Ngaoundaye 3, transfuge de l’URCA (Union pour le Renouveau Centrafricain), ose même affirmer que sa proximité avec le pouvoir lui permettra de “joindre le président rapidement pour venir en aide à la population”.
Ces propos sonnent faux quand on connaît l’état pitoyable des infrastructures dans tout le pays, y compris dans le fief du président. A Damara, village natal de la mère de Touadéra à 75 km de Bangui, les routes sont dans un état lamentable. L’axe Damara-Sibut, pourtant important, n’a pas vu l’ombre d’un bulldozer depuis plus de 10 ans. Dans ce contexte, l’argument des routes n’est qu’un mauvais prétexte.
Le député de Bria 1 Max-Sylvain Balenda
Les vraies raisons de la débandade des députés analphabètes.
Nos investigations révèlent les vraies motivations de cette débandade. La nouvelle Constitution, imposée par Touadéra dans des conditions douteuses, exige désormais le baccalauréat pour se présenter aux législatives. Or, bon nombre de ces députés transfuges ont à peine le niveau deuxième année du cours préparatoire )CP2).
Pour contourner cet obstacle, le pouvoir leur aurait promis de faux diplômes ou des attestations de complaisance. Certains envisageraient même de payer des candidats pour passer les examens à leur place. Ces combines douteuses visent à leur permettre de se représenter en 2025-2026 malgré leur ignorance crasse.
Le cas scandaleux du député de Ngaoundaye 2.
L’exemple du député de Ngaoundaye 2 est particulièrement révoltant. Cet ancien cadre du ministère de l’agriculture, déjà à la retraite, a lui aussi rejoint le camp présidentiel dans des conditions suspectes. Nos sources affirment qu’il fait partie des bénéficiaires de ces arrangements louches, même s’il s’en défend publiquement. Une enquête approfondie fera toute la lumière sur cette affaire nauséabonde.
Un système politique pourri jusqu’à la moelle.
Cette vague de ralliements opportunistes montre à quel point le système politique centrafricain est gangrené. L’intérêt personnel prime sur tout le reste. Des élus sans vergogne trahissent leurs engagements et leurs électeurs pour garder leur place au soleil.
Plus grave encore, le pouvoir encourage et instrumentalise cette mascarade. En promettant des passe-droits et des diplômes bidons, il s’assure le soutien d’une bande de pantins incompétents. Cette stratégie vise à étouffer toute opposition et à transformer l’Assemblée nationale en chambre d’enregistrement.
La soi-disant démocratie centrafricaine en danger.
Les conséquences de ces magouilles sont désastreuses pour la soi-disant démocratie centrafricaine. Le débat politique s’appauvrit, privé d’une opposition digne de ce nom. Les citoyens, déjà échaudés par des années de crise, perdent le peu de confiance qui leur restait dans les institutions.
À terme, c’est tout l’édifice démocratique qui menace de s’écrouler. Comment espérer un redressement du pays quand ses représentants élus se comportent comme des mercenaires ? Comment croire en l’avenir quand l’incompétence et la corruption règnent en maîtres ?
Un sursaut s’impose.
Face à cette dérive inquiétante, un sursaut éthique est urgent. Les Centrafricains méritent des élus intègres, compétents et dévoués à l’intérêt général. Il faut en finir avec ces combines qui salissent la classe politique et sapent les fondements de l’État.
Les autorités doivent arrêter d’encourager ces trahisons politiques et respecter le verdict des urnes. Quant aux députés tentés par ces manœuvres, ils doivent se rappeler leurs responsabilités envers leurs électeurs et le pays.
C’est à ce prix que la Centrafrique pourra sortir du bourbier et reprendre le chemin du progrès, au service de tous ses citoyens. L’avenir de la nation est à ce prix.
Ministère centrafricain des Affaires Etrangères: magouille pour de gros sous
Centrafrique.org/sylvie-baipo-temon-ministre-des-affaires-etrangeres-centrafricaine-2/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/01/sylvie-baïpo-temon-ministre-des-affaires-étrangères-centrafricaine-450×400.jpg” alt=”sylvie baïpo temon ministre des affaires étrangères centrafricaine” width=”450″ height=”400″ />sylvie baïpo temon, ministre centrafricaine des affaires étrangères et des centrafricains de l’étranger. CopyrightDR.
La Ministre des affaires étrangères, Sylvie Baïpou-Temon, et ses collaborateurs au titre ronflant d’Ambassadeurs ou Directeurs de Cabinet se livrent à un dilettantisme indigne qui va marquer de façon indélébile le passage des ressortissants de la Diaspora au gouvernement.
Il est maintenant avéré que même les personnes issues de la Diaspora contribuent de manière diabolique à l’établissement d’un système de prédation savamment pensé. Pour satisfaire leur niveau de vie importé de France, tous les spécialistes au titre ronflant Ministres Conseillers, qui à la Présidence, qui à la Primature, qui Ambassadeurs Directeurs de Cabinet aux Affaires étrangères excellent dans les magouilles. Après l’affaire des sociétés d’Etat du Ministre Roméo Gribingui restée lettre morte, voilà l’affaire Mme Sylvie Baïpo ci-après proche du Prince et Ministre des Affaires Etrangères.
La grosse magouille et extorsion autour de la Délivrance d’autorisation de sortie au Ministère des Affaires Étrangères pour les nouveaux Agents nommés est le nouveau scandale qui ne doit pas cette fois-ci restée sans suite.
En effet, selon les informations reçues des victimes, les personnels diplomatiques nommés récemment par Décret N. 24/144 du 27 mai 2024, font face désormais à une alarmante situation, signée par un système d’arnaque, de prédation et de corruption au sein du Ministère des Affaires Étrangères. Pour obtenir l’autorisation de sortie et les titres de transport afin de regagner leurs postes d’affectation, les fonctionnaires ou autres nommés dans les Ambassades doivent faire allégeance monétaire. Mais cela ne se réalise pas en SangoCoin la monnaie officielle instaurée par Touadera et le Ministère de l’Economie numérique. Non, ils doivent bâcher en CFA mais pas de faux billets de Abazene s’il vous plait .
Les témoignages recueillis révèlent un vaste réseau mafieux qui exploite sans vergogne les agents diplomatiques nouvellement nommés. Pour obtenir les fameux documents de sortie, il faut verser au Ministre des Affaires Étrangères une somme de trois millions de Francs CFA (3.000.000 XAF soit un plus de 4500 €) .
Les victimes qui ont déjà versé ce montant préférant en parler sous l’anonymat pour des raisons évidentes de sécurité de leur emploi. Ceux qui ont l’ardente envie de quitter l’enfer Banguissois, c’est-à-dire le calvaire journalier de l’eau, de l’électricité et des transports urbains, n’osent pas se prononcer bien que ne disposant pas d’un montant aussi élevé.
En clair, les diplomates nommés récemment, devront, désormais s’acquitter d’une somme de trois millions de franc CFA pour obtenir l’autorisation de sortie.
Dans la suite logique de prédation de tous les autres, Doneng au ministère de la jeunesse, Hassan Bouba au ministère de l’élevage et de la santé animale, au Ministère de la santé dans la gestion du COVID , au ministère des Transports et de l’aviation civile pour le fond Saoudien, au ministère de la communication pour la construction du siège du ministère, au ministère des Finances, au ministère de l’agriculture avec l’affaire du blé Russe , au Ministère-Contrôle des sociétés d’Etat (oui ça c’est aussi un ministère au sein de la primature), après tous cela, voici maintenant une pratique d’extorsion mise en place par la Ministre des Affaires Étrangères.
Notons que dans d’autres pays pauvres ou même dans la sous-région, les fonctionnaires et diplomates affectés reçoivent des frais de déménagement et des titres de transports pris en charge par leurs états. Or en Centrafrique une personne envoyée dans une ambassade doit donner de l’argent au Ministre et payer son transport pour regagner son poste. La RCA marche sur la tête, dira-t-on. Ou serait la RCA si chaque fonctionnaire ou chaque Agent de l’Etat doit payer de l’argent à son ministre pour une mutation.
Les habitants de Bouar et des environs peuvent enfin pousser un soupir de soulagement. Après des années de complaintes et de difficultés pour obtenir une carte nationale d’identité, la population de la Nana-Mambéré peut désormais effectuer les démarches sur place, au commissariat de police de la ville.
L’inauguration de ce nouveau service s’est déroulée ce jeudi 30 août 2024, en présence de l’honorable député de la circonscription de Bouar 1, Fleury Junior Pabandji. Ce dernier a profité de l’occasion pour adresser un message à la population, les exhortant à la vigilance et à la cohésion.
“Je tiens à remercier les autorités du pays, notamment le Président de la République, Chef de l’État, le Président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre qui ont entendu les doléances de la population de Bouar que j’ai relayées”, a déclaré le député Pabandji. “Grâce à leur écoute, nous disposons maintenant d’une équipe d’identification qui a fait le déplacement depuis Bangui jusqu’à Bouar”.
Pour l’élu, cette avancée représente une réelle satisfaction : “Cela va considérablement réduire les coûts pour la population. Plus besoin de se rendre à Bangui et d’y passer plusieurs jours pour obtenir sa carte d’identité”.
Lancement du service de la délivrance des carte nationale d’identité à Bouar, dans la Nana-Mambéré, en présence du député de Bouar 1 Fleury Pabandji
Cependant, le message du député n’est pas exempt d’ambiguïtés. S’il encourage la population à coopérer, il l’invite aussi à une forme de délation : “La population doit être vigilante et dénoncer tous ceux qui, comme par exemple les étrangers et les malfaiteurs, tenteraient des manœuvres frauduleuses pour obtenir cette pièce d’identité”.
Un appel à la méfiance qui interpelle, d’autant que Bouar est une ville frontalière avec le Cameroun. Le député insiste : “La population doit être vigilante pour dénoncer les malfaiteurs qui sévissent aux alentours de notre ville et qui perturbent la quiétude des habitants”.
Ces propos soulèvent des questions. Pourquoi un tel discours, empreint de suspicion ? La carte nationale d’identité n’est-elle pas un droit pour tout citoyen centrafricain ? Les services compétents ne sont-ils pas à même de vérifier la validité des dossiers sans recourir à la dénonciation ?
Il convient de rappeler que le député Pabandji est un ancien chef de milice anti-balaka. Ses déclarations semblent raviver de vieilles tensions et stigmatisations, alors même que le pays aspire à la réconciliation.
Le processus d’obtention d’une carte d’identité est pourtant clair : le demandeur dépose son dossier au commissariat de Bouar, s’acquitte des frais, et fournit les documents nécessaires, y compris les photos. Le dossier est ensuite transmis à Bangui pour traitement. Une fois la carte confectionnée dans la capitale, elle est renvoyée à Bouar où le demandeur peut la récupérer.
Ce nouveau service représente une avancée significative pour la population locale. Il permet d’éviter les déplacements coûteux vers Bangui, les longues files d’attente et les potentielles tracasseries administratives. La proximité du service devrait faciliter les démarches et encourager les citoyens à régulariser leur situation.
Néanmoins, les propos du député Pabandji jettent une ombre sur cette initiative positive. Appeler à la dénonciation des “malfaiteurs” et des “étrangers” qui viendraient demander une carte d’identité est non seulement contraire à l’esprit de la loi, mais aussi potentiellement dangereux. Cela pourrait conduire à des accusations infondées et à une atmosphère de méfiance généralisée.
Il est important de souligner que la délivrance d’une carte nationale d’identité obéit à des critères précis, vérifiés par des professionnels formés. Ce n’est pas à la population de juger qui a le droit ou non d’obtenir ce document. Une telle approche risquerait d’exacerber les tensions intercommunautaires et de raviver des plaies encore mal cicatrisées.
Le passé de chef milicien du député Pabandji pose des interrogations quant à sa légitimité à tenir un tel discours. Comment un ancien leader anti-balaka peut-il aujourd’hui se poser en garant de l’ordre et appeler à la dénonciation ? N’y a-t-il pas là une forme d’hypocrisie, voire une tentative de se démarquer de son passé en stigmatisant d’autres groupes ?
La République centrafricaine a besoin d’unité et de réconciliation, pas de nouvelles divisions. L’installation d’un service d’identification à Bouar devrait être une opportunité de rapprocher l’administration des citoyens, pas de créer de nouvelles fractures.
Il serait plus constructif d’encourager tous les Centrafricains en âge de posséder une carte d’identité à entamer les démarches, plutôt que de semer la suspicion. C’est par l’inclusion et non par l’exclusion que le pays pourra avancer vers un avenir plus serein.
Bangui : la flambée des tarifs administratifs sème la zizanie entre la mairie et le gouvernement
Centrafrique.org/decentralisation-en-carton-pate-yapende-confirme-la-faillite-de-letat/bruno_yapende/” rel=”attachment wp-att-78077″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/07/bruno_yapende-450×270.jpg” alt=”Bruno Yapandé, Ministre de l’Administration du Territoire, lors de son discours au Sanctuaire Marial de Ngoukomba.” width=”450″ height=”270″ />Bruno Yapandé, Ministre de l’Administration du Territoire, de la Décentralisation et du Développement Local, représentant le Président Kongoboro au Sanctuaire Marial de Ngoukomba, avec la présence du Cardinal Dieudonné Nzapalainga. CopyrightDR
À Bangui, la capitale centrafricaine, c’est la douche froide pour les habitants. La mairie vient de faire grimper en flèche les prix des services administratifs, certains bondissant jusqu’à 150%. Une décision qui fait grincer des dents, surtout que le ministère de l’Administration du territoire clame n’avoir rien vu venir.
Le ministre Bruno Yapendé, visiblement pris au dépourvu, a dû monter au créneau : “Cette majoration de tarifs, c’est du jamais vu ! On ne nous a même pas mis dans la confidence”. Le ton est donné, la pilule ne passe pas.
Du côté de la population, c’est la consternation. Imaginez un peu : les frais de mariage, les légalisations d’actes de naissance, tout y passe. Les tarifs ont doublé, voire triplé dans certains cas. Et ça, dans un contexte où le porte-monnaie des Banguissois est déjà bien malmené par la hausse du carburant et la vie chère.
La mairie, elle, tente de se justifier. Son argument ? La gratuité des actes de naissance pour les tout-petits lui fait perdre gros. Il faut bien combler le trou, disent-ils. Mais le ministre Yapendé n’en démord pas : “Les subventions de l’État, ça existe. Et puis, il y a la coopération décentralisée pour renflouer les caisses”.
Cette histoire sent le roussi entre la mairie et le gouvernement. Yapendé insiste : “Pour changer les tarifs comme ça, il faut l’aval du ministère. Et le ministère des Finances aurait dû être dans la boucle”. Autant dire que la mairie a fait cavalier seul.
Le plus cocasse dans tout ça ? C’est que personne ne semble savoir qui a vraiment donné le feu vert à ces augmentations. La mairie affirme que c’est légal, le ministère crie au scandale. Entre les deux, ce sont les Banguissois qui trinquent.
Cette affaire prouve une fois de plus le bazar qui règne dans l’administration centrafricaine. D’un côté, une mairie qui joue les francs-tireurs pour remplir ses caisses. De l’autre, un gouvernement qui donne l’impression de découvrir le pot aux roses. Et au milieu, une population qui se demande bien comment elle va faire pour joindre les deux bouts.
L’heure est maintenant aux explications. Le ministre Yapande promet de tirer tout ça au clair. Mais en attendant, c’est la population qui paie les pots cassés. À Bangui, l’ambiance est électrique, et ce n’est pas près de se calmer tant que cette histoire de tarifs ne sera pas réglée.
Une chose est sûre : entre la mairie de Bangui et le gouvernement, la communication est au point mort. Et c’est tout le système qui en pâtit. Il est grand temps que les autorités se parlent et trouvent une solution, avant que la grogne ne gagne les rues de la capitale.
Le litige autour de l’ancienne mosquée de Boali, transformée en cave -restaurant, connaîtra son dénouement judiciaire le 11 septembre prochain. Cette affaire, qui agite la ville depuis plusieurs mois, démontre parfaitement les séquelles persistantes de la crise de 2013-2015.
L’homme qui s’est approprié l’édifice religieux pendant le conflit persiste dans son refus de le restituer. Son attitude intransigeante indigne la communauté locale. “Il rejette toutes nos propositions, même les plus généreuses”, déplore un représentant musulman de Boali.
En effet, l’occupant a repoussé une offre de 400 000 francs CFA, soit plus de dix fois la valeur estimée de la structure qu’il a érigée. Il exige désormais 800 000 francs, une somme jugée “absurde” et “malhonnête” par de nombreux observateurs.
Des enjeux cruciaux pour la réconciliation.
Ce procès revêt une importance capitale. Il pourrait créer un précédent pour le traitement des nombreux cas similaires de spoliation immobilière survenus durant la crise.
“La décision de justice sera déterminante pour l’avenir de notre communauté”, souligne un notable musulman de Boali. Une restitution de la mosquée enverrait un signal fort en faveur de la coexistence pacifique entre les différentes confessions.
À l’inverse, une validation de l’occupation illégale risquerait d’attiser les tensions intercommunautaires. L’enjeu dépasse donc largement le cadre de Boali pour concerner l’ensemble du processus de réconciliation nationale.
Tous les regards sont désormais tournés vers le tribunal. La population attend avec impatience un verdict qui, espère-t-elle, privilégiera le droit et la justice plutôt que le fait accompli.
Centrafrique.org/elevage_des_porc/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/09/elevage_des_porc-450×419.jpg” alt=”Porcelets de race Large White en pleine croissance dans un élevage à Bangui, République centrafricaine.” width=”450″ height=”419″ />Porcelets de race Large White en pleine croissance dans un élevage à Bangui, République centrafricaine.
Depuis plus d’un mois, une maladie mystérieuse cheptel porcin à Carnot, chef-lieu de la préfecture de la Mambéré. Cette épizootie provoque une mortalité sans précédent chez les porcins, plongeant les éleveurs dans le désarroi.
Sur les marchés et dans les rues de la ville, on peut voir des femmes et des enfants proposer de la viande de porc à bas prix. Une situation qui inquiète les autorités sanitaires, craignant une propagation de la maladie.
Felix Domoyogo, éleveur au quartier Monument près de l’aérodrome, tire la sonnette d’alarme :
“Nos porcs meurent en masse depuis plus d’un mois. J’ai déjà perdu environ 15 cochons. C’est grâce à cet élevage que nous arrivons à nourrir nos familles et scolariser nos enfants. Le ministère de l’Élevage doit intervenir d’urgence pour stopper cette épidémie”.
Les services vétérinaires locaux semblent dépassés par l’ampleur de cette maladie qui décime le cheptel porcin à Carnot. Ils se contentent pour l’instant de prescrire des antibiotiques, sans réelle efficacité.
Les éleveurs réclament une action forte des autorités nationales pour endiguer cette crise qui menace toute une filière économique. Le ministre de l’Élevage est appelé à se rendre sur place pour constater l’étendue des dégâts et prendre des mesures.
En attendant, la population est invitée à la plus grande vigilance dans la consommation de viande porcine, dont l’origine et la qualité sanitaire ne peuvent être garanties actuellement à Carnot, suite à cette maladie qui frappe le cheptel porcin à Carnot.
Sylvain Ndoutingaï : l’ancien ministre d’État centrafricain au cœur d’une polémique sanitaire
Centrafrique.org/sylvain_ndoutingai/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/09/sylvain_ndoutingai-450×347.jpg” alt=”Sylvain Ndoutingaï, ancien ministre d’État centrafricain, assis à son bureau, avec le drapeau de la RCA en arrière-plan.” width=”450″ height=”347″ />Sylvain Ndoutingaï, ancien ministre d’État aux Finances de la République Centrafricaine, photographié à son bureau.
L’état de santé critique de Sylvain Ndoutingaï, ancien ministre d’État centrafricain, préoccupe l’opinion publique en République centrafricaine. Un rapport médical daté du 9 juillet 2024 révèle une situation alarmante nécessitant une évacuation sanitaire urgente. Malgré les recommandations des médecins, le gouvernement tarde à réagir, laissant M. Ndoutingaï dans une situation précaire depuis plusieurs mois.
Diagnostic médical et recommandations pour Sylvain Ndoutingaï.
Le rapport médical indique que l’ancien ministre d’État , 51 ans, souffre d’une insuffisance cardiaque d’origine valvulaire, compliquée par une hypertension artérielle. Les médecins notent qu’un traitement a été instauré, entraînant une légère amélioration clinique. Ils recommandent expressément son transfert vers un centre spécialisé de cardiologie à l’étranger, justifiant cette décision par le faible plateau technique disponible en Centrafrique.
Le parcours de Sylvain Ndoutingaï au service de l’État.
Ndoutingaï a occupé des postes clés dans l’administration centrafricaine pendant près d’une décennie. Ministre d’État chargé des Mines, de l’Énergie et de l’Hydraulique de 2003 à 2011, puis Ministre d’État aux Finances et au Budget de 2011 à 2012, cet officier de carrière a servi le pays sous la présidence de François Bozizé.
L’incompréhension face à l’inaction du gouvernement.
L’apparente indifférence du gouvernement actuel envers la situation de l’ancien ministre d’État indigne une partie de l’opinion publique centrafricaine. Certains y voient une forme de règlement de comptes politiques.
Un membre du parti au pouvoir, sous couvert d’anonymat, déclare : “Sylvain Ndoutingaï a servi ce pays avec abnégation. Il a même contribué à l’ascension politique de certains membres de l’actuel gouvernement. Ce traitement est injuste et indigne”.
Des précédents inquiétants dans la gestion des anciens dignitaires.
Le cas de Sylvain Ndoutingaï n’est pas isolé. D’autres anciennes personnalités politiques centrafricaines ont rencontré des difficultés similaires pour obtenir une prise en charge médicale adéquate. L’ancienne maire de Bangui, Mme Anne-Marie Ngouyombo, avait elle aussi vu sa demande d’évacuation sanitaire ignorée par les autorités.
Le décès récent d’un éminent professeur de médecine, faute d’équipements et de médicaments appropriés, a choqué l’opinion. Malgré ses demandes répétées d’évacuation, son dossier est resté sans suite jusqu’à son décès.
Deux poids, deux mesures dans la gestion des évacuations sanitaires ?
Le contraste avec certaines situations récentes interpelle. Un ancien parlementaire s’indigne : “Il y a quelques mois, pour un simple problème dentaire, le premier vice-président de l’Assemblée nationale s’est vu accorder 17 millions de francs CFA pour des soins à Paris. Même s’il n’a finalement pas effectué le voyage, cet argent n’a jamais été récupéré par l’État”.
Cette apparente disparité de traitement alimente le sentiment d’une gestion arbitraire des évacuations sanitaires, basée davantage sur des considérations politiques que sur de réels critères médicaux. Le cas de Sylvain Ndoutingaï semble confirmer cette tendance inquiétante.
Sylvain Ndoutingaï et la question de la continuité de l’État.
Au-delà du cas individuel de Sylvain Ndoutingaï, c’est toute la question de la continuité de l’État qui se pose. Un analyste politique banguissois explique : “Dans un État de droit, le changement de régime ne devrait pas signifier la rupture totale avec les anciens serviteurs de l’État. Cette culture de l’exclusion systématique nuit au pays”.
Le traitement réservé à Sylvain Ndoutingaï montre cette problématique. Malgré ses années de service et son état de santé critique, il semble être victime d’un système qui peine à assurer la continuité et la stabilité nécessaires à la construction d’un État fort.
L’importance du capital humain : le cas Sylvain Ndoutingaï.
Le traitement réservé à Sylvain Ndoutingaï pose également l’importante question de la gestion du capital humain en Centrafrique. Un officier supérieur, sous couvert d’anonymat, s’alarme : “Former un cadre de haut niveau comme Sylvain Ndoutingaï coûte extrêmement cher à l’État. Laisser mourir nos compétences, c’est dilapider nos ressources les plus précieuses”.
Il ajoute : “Le ministère de la Défense devrait se battre pour protéger ses officiers, quel que soit leur bord politique. C’est une question de sécurité nationale. Le cas de Sylvain Ndoutingaï devrait nous faire réfléchir sur notre façon de traiter nos élites”.
Touadera VS Martin Ziguelé, le bras de fer électoral débute à Bocaranga
Centrafrique.org/Centrafrique-extreme-tension-entre-touadera-et-meckassoua-scene-insolite-avec-les-deux-hommes-au-siege-du-mlpc-a-bangui/ziguele-touadera-meckassoua-lors-de-la-ceremonie-funeraire-de-luc-guela-au-siege-du-mlpc-au-quartier-benzvi-le-16-octobre-2018-cnc/” rel=”attachment wp-att-23776″ data-wpel-link=”internal”>De gauche à droite, Koyambonou,Meckassoua,Touadera,Ziguélé, madame Ziguélé et Jackson Mazette lors de la cérémonie funéraire du regretté Luc Guela au siège du parti MLPC le 16 octobre 2018. Credit photo : CNC.
À l’approche des échéances électorales de 2025 – 2026, le putschiste Baba Kongoboro multiplie les initiatives pour affaiblir l’opposition et conforter son pouvoir. La récente révision constitutionnelle et les tentatives de débaucher les suppléants des principaux opposants ainsi que des députés de l’opposition témoignent d’une stratégie bien rodée, qui n’est pas sans rappeler les méthodes d’autres dirigeants africains comme Paul Kagame au Rwanda ou Yoweri Museveni en Ouganda.
La nouvelle Constitution, adoptée par référendum en juin 2023, renforce considérablement les prérogatives présidentielles. Elle instaure également de nouveaux critères pour les candidats aux élections. Désormais, il faut être titulaire d’un baccalauréat pour briguer un mandat de député, et d’une licence pour la présidentielle. Plus restrictif encore, seuls les “Centrafricains d’origine” peuvent se présenter. Une disposition aux contours flous qui inquiète l’opposition et les observateurs internationaux.
“C’est une manière déguisée d’écarter certains candidats”, dénonce un responsable d’ONG sous couvert d’anonymat. “On ne sait pas exactement ce que signifie ‘Centrafricain d’origine’. Cela ouvre la porte à l’arbitraire”.
Mais le président Kongoboro ne s’arrête pas là. Il s’attaque désormais aux bases électorales de ses principaux rivaux, à commencer par les députés Martin Ziguelé, Président du parti MLPC, et Anicet Georges Dologuelé, Président de l’Union pour le renouveau centrafricain. Sa méthode ? Tenter de rallier leurs suppléants à sa cause, une tactique qui rappelle les pratiques de “débauchage” politique courantes dans les pays dictatoriaux du monde.
L’opération a déjà réussi avec le suppléant de Dologuelé à Bocaranga 1. Celui-ci a accepté de rejoindre le camp présidentiel et de se présenter contre son ancien mentor en 2025. Le tour de Martin Ziguelé est venu ensuite. Après plusieurs tentatives, son suppléant aurait finalement cédé aux sirènes du pouvoir.
“On lui a proposé de démissionner du MLPC pour devenir le candidat du MCU à Loura en 2025”, confie une source proche du dossier. “En échange, il recevrait de l’argent, des facilités bancaires et fiscales, et même un faux baccalauréat pour pouvoir se présenter”.
Ces manœuvres s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à “faire tomber par tous les moyens les présidents des partis d’opposition”, analyse un observateur politique. L’objectif : affaiblir durablement l’opposition en vue d’un nouveau mandat de Touadéra.
Car les prochaines élections s’annoncent déjà sous tension. L’Autorité Nationale des Élections (ANE) et le nouveau Conseil constitutionnel sont aux ordres du pouvoir.“Ce ne sera pas une vraie élection mais une nomination”, s’alarme un cadre de l’opposition.
Dans ce contexte, la participation de l’opposition fait débat. Certains plaident pour un boycott, d’autres exigent une réforme en profondeur des institutions électorales. Mais leur marge de manœuvre semble limitée face à un pouvoir qui contrôle tous les leviers de l’État.
À Bocaranga, fief de Ziguelé et Dologuelé, le pouvoir tente aussi de marquer des points sur le terrain. Le MCU, parti présidentiel, prévoyait au début de finir la construction d’un collège et d’un pont initiés par Ziguelé. Mais, la réalité les rattrape. “Ils veulent recadrer les rapports de force en termes de réalisations”, explique un chef du village local.
Cette stratégie de cooptation et d’affaiblissement de l’opposition n’est pas nouvelle en Afrique centrale. Elle a déjà fait ses preuves dans d’autres pays de la région, permettant à certains dirigeants de se maintenir au pouvoir pendant des décennies.
“Touadéra semble s’inspirer du modèle rwandais ou ougandais”, estime un diplomate occidental en poste à Bangui. “Il cherche à créer les conditions d’une réélection sans véritable opposition, tout en gardant une façade démocratique pour la communauté internationale”.
Reste à savoir si ces manœuvres suffiront à ébranler la popularité des opposants. “La population garde confiance en Ziguelé grâce à ses projets sociaux“, assure un militant. “Les gens ne sont pas dupes des promesses du pouvoir”.
Le bras de fer ne fait que commencer entre le pouvoir et une opposition affaiblie mais pas résignée. Les prochains mois seront cruciaux pour l’avenir politique de la Centrafrique. L’attitude de la communauté internationale, jusqu’ici peu vocal sur ces dérives, pourrait jouer un rôle déterminant.
L’enjeu dépasse largement le cadre des prochaines élections. C’est l’avenir du modèle démocratique centrafricain, déjà fragile, qui se joue dans cette bataille politique à peine voilée.
La Constitution du 30 août 2023, monnaie d’échange contre des immeubles de standing pour les juges du conseil constitutionnel
Les juges constitutionnels le 03 décembre 2020. Photo CNC / C.J. Yapendélors
Le Conseil constitutionnel centrafricain, récemment rebaptisé ainsi dans la nouvelle Constitution controversée promulguée par le président Faustin-Archange Touadéra le 30 août 2023, semble gangréné par une corruption massive. Des sources proches de l’institution dénoncent un système bien huilé d’enrichissement personnel de ses membres, au mépris de leurs devoirs et de l’éthique.
Un immeuble suspect soulève des questions sur la nouvelle Constitution du 30 août 2023.
Au cœur du scandale, un immeuble de trois étages construit par Mme Sylvie Naïssem, vice-présidente du Conseil constitutionnel. L’édifice, érigé sur le site de l’ancien camp militaire d’Obrou à Bangui, intrigue par son ampleur et sa localisation stratégique. Ce quartier, transformé en cité présidentielle, abrite désormais les villas des hauts dignitaires du régime et accueille même les réunions du Conseil des ministres.
“Comment une fonctionnaire peut-elle s’offrir un tel immeuble? Son salaire ne le permet pas, même après dix ans d’économies”, s’interroge un observateur sous couvert d’anonymat. Les soupçons de corruption se renforcent quand on apprend que le compagnon de Mme Naïssem, M. Arsène Gbaguidi, directeur des élections à la Minusca, possède lui aussi un immeuble de quatre étages dans le quartier.
Jean-Pierre Waboé, Président de la cour constitutionnelle centrafricaine. CopyrightJeune Afrique
Constitution du 30 août 2023 : Une trahison bien orchestrée.
L’ascension fulgurante de Mme Naïssem au sein du Conseil constitutionnel soulève également des questions. Ancienne étudiante de Mme Danièle Darlan, ex-présidente de l’institution, elle a gravi les échelons à une vitesse vertigineuse pour devenir vice-présidente. Cette promotion coïncide avec un revirement spectaculaire de l’institution sur la question de la révision constitutionnelle.
En effet, en octobre 2022, le Conseil constitutionnel, alors cour constitutionnelle, présidée par Mme Darlan, avait rejeté à l’unanimité le projet de nouvelle Constitution, le jugeant contraire à la loi fondamentale de 2016. Cette décision avait provoqué l’ire du président Touadéra et de ses soutiens. Dans la foulée, Mme Darlan fut limogée.
Jean- Pierre Waboué, alors vice-président, assura l’intérim à la tête de l’institution. Contre toute attente, lui et Mme Naïssem retournèrent leur veste, trahissant la position initiale du Conseil. Cette volte-face ouvrit la voie à l’adoption de la nouvelle Constitution, si décriée par l’opposition et la société civile.
“Ils ont bradé nos institutions pour des miettes”, fustige un juriste centrafricain. “Mme Naïssem n’a même pas les compétences requises. Elle a été parachutée là par l’ancien président de l’Assemblée nationale, Karim Meckassoua”.
Professeur Jean-Pierre Waboué, Président de la cour constitutionnelle de la République centrafricaine
Un pasteur compromis.
Le cas de Jean-Pierre Waboué, désormais président en titre du Conseil constitutionnel, suscite également l’indignation. Pasteur de l’église Coopération évangélique du quartier Gobongo, son comportement interroge sur sa probité.
“Comment un homme de Dieu peut-il cautionner de tels agissements ?”, s’insurge un fidèle. “C’est une trahison envers le peuple centrafricain”. L’enquête se poursuit pour déterminer l’étendue de son enrichissement personnel.
Un système bien rodé.
Ces révélations ne seraient que la partie émergée de l’iceberg. Selon nos sources, la plupart des hauts responsables du régime posséderaient des biens immobiliers luxueux, notamment dans le 7e arrondissement de Bangui, à la cité Bellevue.
“Les premiers ministres, le président, les membres du gouvernement… Tous ont leurs immeubles là-bas”, affirme un entrepreneur du bâtiment. “Ce sont souvent des sociétés libanaises qui construisent pour eux à titre gracieux, évidemment, c’est de la corruption. L’argent coule à flots.”
Cette frénésie immobilière contraste cruellement avec la pauvreté endémique qui frappe la quasi-totalité des Centrafricains. Dans un pays ravagé par des décennies de conflits, où plus de 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté, l’enrichissement ostentatoire des élites passe mal.
La juge constitutionnelle Sylvie Naissem de la cour constitutionnelle
Une justice aux abonnés absents.
L’impunité dont semblent jouir les protagonistes de cette affaire soulève des questions sur l’indépendance de la justice centrafricaine. Malgré l’ampleur des soupçons, aucune enquête officielle n’a été ouverte.
“C’est le règne de l’omerta”, déplore un magistrat sous couvert d’anonymat. “Personne n’ose s’attaquer aux puissants. Ceux qui essaient sont vite muselés ou menacés”.
Cette situation alarmante nourrit la colère et la frustration au sein de la population. De nombreux Centrafricains dénoncent un “hold-up institutionnel” orchestré par ce pouvoir des voleurs en place.
“Ils se sont accaparés tous les leviers de l’État”, s’indigne un leader de la société civile. “Le Conseil constitutionnel était notre dernier rempart. Maintenant, c’est fini”.
Un avenir incertain.
L’affaire jette une bombe nucléaire de lumière sur les dérives du pouvoir en Centrafrique. Alors que le pays peine à se relever de années de conflit, la corruption au plus haut niveau de l’État hypothèque gravement son avenir.
“Comment parler de reconstruction nationale quand ceux qui sont censés garantir nos institutions se vautrent dans la corruption ?”, s’interroge un analyste politique. “C’est tout le processus de paix et de réconciliation qui est menacé”.
L’opposition appelle à une enquête internationale indépendante sur ces allégations de corruption. Mais dans un contexte de verrouillage du pouvoir, leurs chances d’aboutir semblent minces.
Le peuple centrafricain, lui, observe avec amertume le spectacle de ses élites qui s’enrichissent sur son dos. Dans les rues de Bangui, la colère gronde. Jusqu’à quand ?
Ali Darassa et Nourredine Adam font cavalier seul en créant leur propre CPC, dénommée CPCF
Centrafrique.org/tentatives-de-destabilisation-du-tchad-lupc-met-en-garde-touadera-et-sa-suite/le-chef-rebelle-ali-darassa-et-ses-hommes-dans-la-localite-du-mbomou/” rel=”attachment wp-att-68447″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Le-chef-rebelle-Ali-Darassa-et-ses-hommes-dans-la-localite-du-Mbomou-450×406.jpg” alt=”Le chef rebelle Ali Darassa et ses hommes dans la localité du Mbomou” width=”450″ height=”406″ />Le chef rebelle Ali Darassa et ses hommes dans la localité du Mbomou
Après avoir été désavoué et démis de ses fonctions de chef d’état-major par la coordination générale de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), Ali Darassa n’a pas tardé à réagir. Le chef rebelle a rapidement contacté son allié Nourredine Adam pour former leur propre mouvement.
Cette initiative fait suite à la publication d’un communiqué controversé d’Ali Darassa, dans lequel il exprimait sa volonté de dialoguer avec le gouvernement. La coordination générale de la CPC originelle avait alors vivement désapprouvé cette démarche, allant jusqu’à destituer Darassa de son poste de chef d’état-major.
Loin de se laisser abattre, Ali Darassa a rapidement pris contact avec son allié Nourredine Adam. Les deux hommes ont convenu de dissoudre la coordination générale dans un élan de provocation, conservant le sigle CPC mais avec une composition et une direction différentes.
Le 30 août 2024, cette nouvelle entité a tenu son assemblée générale extraordinaire à May-mbaya. L’objectif principal était de mettre en place un comité ad hoc chargé de redéfinir les objectifs du mouvement et de gérer les affaires courantes avant la tenue d’une assemblée générale.
Au terme de débats et de votes à main levée, un bureau de dix membres a été constitué :
Coordonnateur Général par intérim : M. HAROUNE Gueye
1er vice coordonnateur : M. MOKOM Bernard, le papa de Maxime Mokome
2e vice coordonnateur : M. AMADOU BI Aliou
Coordonnateur militaire : M. KACHALA Jean Blaise
Secrétaire général : M. KALAM Kouloum
Chargé des relations extérieures : Mme HASSEN Marie Reine (Bizarre)
Chargé des relations intérieures : M. BELLO MAMADOU Saidou
Porte-parole : M. ABOUBAKAR SIDICK Ali
Deux autres postes complètent l’organigramme : un 3e vice coordonnateur et un chargé des relations avec les humanitaires, dont les noms n’ont pas été précisés dans le communiqué initial.
Cependant, des informations complémentaires ont révélé que le poste de 3e vice coordonnateur serait occupé par M. BOUBA YAYA. Le chargé des relations avec les humanitaires serait quant à lui M. IBRAHIM ALAWAD.
Cette nouvelle configuration soulève plusieurs questions. D’abord, on note la présence surprenante de Marie-Reine Hassen, ancienne ministre, au poste de chargée des relations extérieures. Son ralliement à un groupe armé marque un tournant dans sa carrière politique.
Par ailleurs, Ali Darassa aurait tenté de rallier d’autres factions à sa cause. Si certains groupes, comme les miliciens Anti-Balaka de la faction Mokom (dirigée par le père de Maxime Mokom), auraient répondu favorablement, d’autres auraient décliné l’invitation.
Pour convaincre ses potentiels alliés, Ali Darassa aurait mis en avant la possibilité d’obtenir des financements de pays arabes, notamment du Qatar. Cette promesse de soutien financier aurait été un argument de poids pour certains combattants, en particulier dans un contexte où les ressources se font rares pour de nombreux groupes armés.
Un autre élément important est l’implication de Nourredine Adam dans cette nouvelle structure. Bien que son nom n’apparaisse pas directement dans l’organigramme officiel, des sources proches du dossier affirment qu’il serait le prochain Coordinateur général. Cette position en retrait pourrait être une manœuvre tactique visant à ne pas attirer l’attention des sanctions internationales qui le visent personnellement.
La composition hétéroclite de ce nouveau bureau et l’absence de certains poids lourds de la rébellion centrafricaine soulèvent des doutes quant à la crédibilité et à l’influence réelle de cette nouvelle CPC sur le terrain. Cependant, le maintien d’Ali Darassa comme chef d’état-major et l’implication discrète mais influente de Nourredine Adam suggèrent que ce groupe pourrait avoir un impact non négligeable sur la dynamique du conflit.
Certains observateurs voient dans cette initiative une manœuvre opportuniste, plus qu’une véritable ambition politique. Un analyste local, requérant l’anonymat, a même qualifié ce regroupement de “club des Tintin”, soulignant ainsi le manque apparent de cohérence et de projet politique clair. Néanmoins, d’autres experts mettent en garde contre une sous-estimation de cette nouvelle faction, rappelant l’habileté politique et militaire dont ont fait preuve par le passé des leaders comme Darassa et Adam.
Il est important de noter que cette assemblée s’est tenue en présence de représentants de différentes factions, notamment Anti Balaka, UPC, FPRC et FDLP, comme en témoignent les signatures au bas du communiqué. Cela suggère une volonté de présenter un front uni, malgré les divisions évidentes au sein du mouvement rebelle.
Le communiqué mentionne également que des copies seront envoyées aux Nations Unies, à l’Union Africaine, à la CEEAC, à la CEMAC, ainsi qu’au peuple centrafricain, dans un effort apparent de légitimation internationale et nationale.
Centrafrique.org/un_soldat_faca_a_paoua/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/un_soldat_FACA_a_paoua-450×372.jpg” alt=”Un Soldat FACA en position à Paoua, BIT 8, Zone de défense Nord-Ouest.” width=”450″ height=”372″ />Un soldat des Forces armées centrafricaines (FACA) en position à Paoua, dans la zone de défense Nord-Ouest. CopyrightCNC
Les militaires du 8e bataillon d’infanterie territoriale basé à Paoua, dans la préfecture de Lim-Pendé, au nord-ouest de la République centrafricaine, n’ont pas reçu leur prime globale d’alimentation (PGA) depuis un an et demi. Cette situation alarmante dévoile aux yeux du monde une crise profonde au sein des Forces armées centrafricaines (FACA).
Les soldats FACA basés à Paoua : un système de racket officieux.
Pour compenser le non-paiement de la PGA, normalement fixée à 45 000 francs CFA par mois, l’état-major et le gouvernement ont mis discrètement en place une stratégie controversée. Les soldats sont tacitement autorisés à réinstaller des barrages routiers illégaux pour extorquer de l’argent à la population. Cette pratique, en totale contradiction avec les devoirs de l’armée, souligne de graves questions éthiques et sécuritaires.
Le président Baba Kongoboro avait pourtant signé il y’a plus d’un an un décret établissant une liste officielle des barrières routières autorisées. Toutes les autres devaient être démantelées. Le Premier ministre et certains ministres, dont celui des Transports, avaient même entamé des opérations de démantèlement début 2023. Le comité de lutte contre la corruption mis en place par le premier ministre s’était également attaqué aux barrages illégaux sur les principaux axes routiers, comme le corridor Bangui-Béloko, et Bangui – Damara, puis Damara – Sibut.
Mais ces efforts se sont révélés vains. Quelques jours après leur démantèlement, les barrages illégaux étaient de retour, tenus par les mêmes soldats. Cette situation ubuesque démontre l’incapacité ou le manque de volonté du gouvernement à faire respecter ses propres décisions.
La population prise en otage.
Les citoyens centrafricains sont les premières victimes de ce système. Contraints de payer des “taxes” illégales à chaque barrage, ils voient leur liberté de circulation entravée et leur pouvoir d’achat rogné. Les plaintes répétées de la population restent lettre morte, tandis que le racket se poursuit au vu et au su de tous.
Cette situation aggrave la méfiance entre l’armée et les civils, préjudiciable à la sécurité nationale que les FACA sont censées garantir. Au lieu de protéger la population, certains soldats sont devenus une source d’oppression et de violence.
Un malaise croissant dans l’armée.
Le non-paiement des primes des soldats ne se limite pas à Paoua, ni à Bozoum ou encore à Bouar. À Bakouma, dans l’est du pays, les militaires ont récemment manifesté leur colère en barricadant les accès à la ville. À Birao, au nord-est, des tirs de sommation nocturnes ont résonné en guise de protestation.
Ces incidents témoignent d’un profond malaise au sein des FACA. Le système de racket mis en place ne fonctionne pas de manière uniforme sur le territoire. Si les soldats du nord-ouest, du nord et du sud-ouest parviennent à tirer quelques revenus des barrages, leurs homologues du nord-est et du sud-est se retrouvent dans une situation plus précaire.
Un échec gouvernemental.
L’incapacité du gouvernement à payer régulièrement les primes de ses soldats souligne à double titre une gestion désastreuse des finances publiques. Cette défaillance fragilise non seulement le moral des troupes, mais aussi la stabilité du pays tout entier.
En autorisant tacitement le racket, les autorités compromettent l’intégrité de l’armée et sapent l’état de droit. Cette approche à court terme risque d’avoir des conséquences désastreuses sur le long terme, tant pour la cohésion nationale que pour l’image internationale de la République centrafricaine.
Urgence d’une réforme s’impose pour les soldats FACA basés à Paoua.
La situation actuelle exige une réaction immédiate et des réformes profondes. Le gouvernement doit :
Reprendre immédiatement le paiement régulier des primes aux militaires.
Mettre fin au système de racket et démanteler définitivement les barrages illégaux.
Sanctionner les responsables de ces pratiques illégales, quel que soit leur rang.
Restaurer la confiance entre l’armée et la population par des actions concrètes.
Améliorer la transparence dans la gestion des fonds alloués à la défense.
Sans ces mesures urgentes, le risque de voir la situation dégénérer en mutineries ou en soulèvements populaires ne fera que croître. La stabilité précaire de la République centrafricaine, déjà mise à mal par des années de conflit, ne peut se permettre une telle dérive de son armée nationale.
L’heure n’est plus aux demi-mesures ou aux solutions de fortune. Le président Touadera et son gouvernement doivent prendre leurs responsabilités pour restaurer l’intégrité des FACA et garantir la sécurité des citoyens. L’avenir du pays en dépend.
Étranglées par les barrières illégales des FACA et des routes impraticables, L’Ouham-Pendé et le Lim-Pendé sombre dans le chaos
Centrafrique.org/mann/” data-wpel-link=”internal”>L’état déplorable de la route entre Mann et Bang met en danger les activités commerciales quotidiennes des habitants. CopyrightCNC
Les populations de l’Ouham-Pendé et du Lim-Pendé vivent un véritable cauchemar. Les axes routiers reliant Bocaranga, Mann et Bang aux frontières du Cameroun et du Tchad, essentiels pour l’approvisionnement de la région, sont devenus un parcours infernal pour les usagers. L’état déplorable des routes, couplé à la multiplication des barrières illégales érigées par les Forces armées centrafricaines (FACA), asphyxie l’économie locale et plonge les habitants dans une misère sans précédent.
Les Barrières illégales des FACA et tous les dangers.
Le trajet de Bocaranga à Bang, long d’environ 65 kilomètres, s’apparente à une descente aux enfers. Dès la sortie de Bocaranga, les usagers doivent affronter une piste défoncée, parsemée de nids-de-poule géants et de bourbiers quasi infranchissables. “C’est la route du diable”, témoigne Alphonse , chauffeur de taxi-moto. “Nos engins tombent en panne à répétition. Beaucoup abandonnent leurs engins sur place, incapables d’avancer”.
À 25 kilomètres de Bocaranga, le village de Bézéré marque le début du calvaire des barrières. Deux checkpoints, à l’entrée et à la sortie du village, rançonnent sans pitié les transporteurs. “Ici, c’est la première étape de l’enfer”, soupire Jean-Paul, commerçant. “On peut passer des heures si on ne paie pas les ‘droits’ fixés par les FACA”.
Centrafrique.org/barriere-bocaranga/” data-wpel-link=”internal”>La barrière de souffrance située à 5 km de Bocaranga, sur l’axe Ndim, où la population est régulièrement rackettée par les forces de l’ordre . CopyrightCNC
La galère se poursuit jusqu’à Mann, situé à 55 kilomètres de Bocaranga. Là encore, deux barrières attendent les usagers exténués. “C’est comme si on entrait dans une autre dimension”, raconte Marie, vendeuse au marché de Bocaranga. “Les soldats nous traitent comme du bétail. Ils fouillent nos marchandises, exigent des sommes astronomiques, sans aucune base légale”.
Bang, dernière étape avant les frontières, n’échappe pas à la règle. Deux nouveaux checkpoints achèvent de vider les poches des transporteurs. “Quand on arrive à Bang, on est déjà à genoux”, confie Pierre, chauffeur de camion. “Mais le pire reste à venir avec les barrières d’entrée et de sortie”.
L’axe routier Mann-Bang, un parcours du combattant pour les usagers CopyrightCNC
Les Barrières illégales des FACA , un racket institutionnalisé.
Le passage de ces multiples barrières s’apparente à un véritable parcours du combattant financier. Les FACA imposent une kyrielle de taxes illégales, sans aucun fondement juridique. “Ils nous font payer une ‘taxe douanière’ alors qu’on s’est déjà acquitté des droits à la frontière”, s’insurge Gabriel, importateur. “Si on refuse, ils déchargent nos marchandises et les laissent pourrir au soleil ou sous la pluie. On n’a pas le choix”.
À cette “taxe douanière” s’ajoute une mystérieuse “formalité”, montant arbitraire exigé pour chaque véhicule ou moto. “Même si vous présentez vos papiers en règle, ils s’en moquent”, explique Honoré, chauffeur de camion. “Ils empochent d’abord l’argent, puis daignent jeter un œil à vos documents. Et si par malheur il manque quelque chose, c’est reparti pour un tour de taxes”.
Les montants extorqués atteignent des sommets vertigineux. Pour un simple trajet Bocaranga-Bang, un taxi-moto peut débourser jusqu’à 50 000 FCFA de “taxes”, soit plus que le double du solde des soldats eux-même. Les camions, eux, sont ponctionnés de plusieurs centaines de milliers de FCFA.
Une économie au bord du gouffre.
Les conséquences de ce racket systématique sur l’économie locale sont désastreuses. “Les prix ont triplé, voire quadruplé sur les marchés”, déplore Yvette, ménagère à Bocaranga. “Un sac de riz qui coûtait 25 000 FCFA il y a quelques mois atteint maintenant le double, voir le triple. Comment nourrir nos familles ?”
L’inflation galopante touche tous les produits de première nécessité. À Mann, le litre d’huile est passé de 1 000 à 3 500 FCFA. À Bang, un paquet de sucre se négocie à 2 000 FCFA contre 750 FCFA auparavant. “La population ne mange plus à sa faim”, constate avec amertume le père Antoine, curé de la paroisse de Bocaranga. “Certains en sont réduits à ‘manger du sel’, comme on dit ici. Cela signifie qu’ils n’ont plus rien à se mettre sous la dent.”
Le commerce transfrontalier, poumon économique de la région, est particulièrement affecté. “Avant, on faisait deux allers-retours par semaine vers le Cameroun ou le Tchad”, explique Moussa, grossiste à Paoua. “Maintenant, c’est à peine si on arrive à faire un voyage par mois. Les coûts sont devenus prohibitifs”.
L’inaction coupable des autorités.
Malgré les promesses répétées du gouvernement de démanteler ces barrières illégales, la situation ne s’améliore pas. Pire, l’état-major des FACA semble cautionner ces pratiques mafieuses. “Ils fixent des quotas mensuels aux soldats, qui leur reversent ensuite une partie du butin”, affirme sous couvert d’anonymat un officier basé à Bangui. “C’est un système bien rodé qui remonte jusqu’aux plus hauts gradés”.
Le président Faustin-Archange Touadéra avait pourtant signé un décret en 2019 interdisant les barrières illégales. En janvier 2023, le Premier ministre Félix Moloua avait même lancé une opération de démantèlement. “Mais quelques jours plus tard, toutes ces barrières étaient de retour”, soupire André L., membre d’une association locale de défense des droits humains. “C’est comme si le pouvoir central se moquait de nous.”
L’inaction des autorités laisse la population démunie face à ce racket institutionnalisé. “On a l’impression d’être abandonnés”, se désole Émilie F., enseignante à Mann. “Personne à Bangui ne semble se soucier de notre sort. Nous sommes devenus des citoyens de seconde zone.”
Un avenir incertain.
Entre routes impraticables et racket généralisé, l’Ouham-Pendé et le Lim-Pendé s’enfoncent dans une spirale de pauvreté dont il sera difficile de sortir. “Si rien n’est fait rapidement, c’est toute l’économie de la région qui va s’effondrer”, alerte Joseph N., président de la chambre de commerce de Bocaranga. “Déjà, de nombreux commerçants mettent la clé sous la porte, incapables de supporter ces coûts exorbitants.”
La situation pourrait même dégénérer en crise humanitaire. “On observe une recrudescence de la malnutrition infantile”, s’inquiète le Dr. Sylvie M., responsable du centre de santé de Bang. “Les familles n’ont plus les moyens d’acheter une alimentation équilibrée pour leurs enfants. C’est une bombe à retardement sanitaire.”
Face à ce sombre tableau, la population de l’Ouham-Pendé et du Lim-Pendé en appelle à une réaction urgente des autorités nationales et internationales. “Il faut que le gouvernement prenne enfin ses responsabilités”, martèle Paul G., leader communautaire à Mann. “Qu’il remette en état nos routes et mette fin à ce racket institutionnalisé. Sinon, c’est toute une région qui va mourir à petit feu.”
L’avenir de l’Ouham-Pendé et du Lim-Pendé se joue aujourd’hui sur ces routes délabrées et ces barrières de la honte. Il est grand temps que le pouvoir central ouvre les yeux sur cette situation explosive avant qu’il ne soit trop tard.
Le Premier ministre centrafricain Félix Moloua poursuit sa campagne de mobilisation pour se maintenir au pouvoir. Après avoir instrumenté des manifestations de soutien dans les rues de Bangui, il active désormais ses réseaux au sein même du gouvernement.
Plusieurs ministres issus de l’ethnie de Moloua se sont ouvertement rangés derrière lui. La ministre de l’Action humanitaire, cinquième maitresse du Président Baba Kongoboro, a pris l’initiative d’organiser une marche en faveur du Premier ministre. Une démonstration de force qui révèle l’ampleur des moyens déployés par Moloua pour conserver son poste.
Le ministre de la Communication Maxime Balalou, lui aussi membre du clan ethnique du Premier ministre, est monté au créneau. Il a appelé à “l’apaisement” au nom du gouvernement, dénonçant les critiques visant Moloua comme “des disputes inutiles”. Un soutien qui trahit la mainmise du Premier ministre sur une partie de l’appareil d’État.
Moloua : Des millions pour acheter le silence.
Tout a commencé par une campagne sur les réseaux sociaux appelant à la démission de Félix Moloua. Pris de panique, le Premier ministre a tenté de négocier avec l’un des communicants à l’origine de cette fronde virtuelle. Il lui aurait même promis un pick-up flambant neuf en échange de son silence. Mais le deal a capoté et les attaques ont continué de plus belle.
Manifestations payées et soutiens achetés.
Ne reculant devant rien pour sauver sa place, Félix Moloua a sorti le carnet de chèques. Des millions de francs CFA ont été distribués à des jeunes pour qu’ils manifestent en sa faveur. Le Premier ministre a également mobilisé les membres de son gouvernement issus de son ethnie.
Un pays à l’abandon.
Pendant que le Premier ministre se démène pour garder son fauteuil, l’état du pays ne semble guère le préoccuper. La Centrafrique croule pourtant sous les problèmes : pas d’électricité, pas d’eau, pas de routes… La situation est catastrophique mais Félix Moloua préfère dépenser des millions pour s’accrocher au pouvoir plutôt que d’y remédier.
“Il devrait démissionner de lui-même vu que ses actions ne donnent aucun résultat. Mais il s’accroche et manipule les gens en distribuant des millions pour rester en poste”, s’indigne un opposant. “Il dépense 40 ou 50 millions pour garder son job. Mais combien a-t-il gagné ? C’est la seule question qui vaille. Le poste de Premier ministre est devenu une véritable vache à lait pour lui”.
La corruption bat son plein.
Cette crise révèle l’ampleur de la corruption qui gangrène le sommet de l’État centrafricain. Le poste de Premier ministre apparaît comme un moyen de s’enrichir plutôt que de servir le pays. Félix Moloua semble prêt à tout pour conserver cette source de revenus, au mépris de l’éthique la plus élémentaire.
“C’est incroyable, la corruption atteint des sommets”, s’insurge un activiste de la société civile. “Le Premier ministre utilise l’argent public pour acheter des soutiens et faire taire les critiques. Pendant ce temps, la population souffre du manque de services de base. C’est un détournement pur et simple des ressources de l’État”.
Un gouvernement aux abois.
La mobilisation du gouvernement autour de Félix Moloua trahit aussi un certain affolement au sommet de l’État. Les ministres issus de l’ethnie du Premier ministre font bloc derrière lui, révélant au passage le poids des considérations ethniques dans la composition du gouvernement.
“C’est du tribalisme d’État”, dénonce un analyste politique centrafricain. “Les ministres défendent leur chef de clan plutôt que l’intérêt général. Cela montre à quel point le népotisme et le clientélisme minent nos institutions”, ajoute-t-il.
Le porte-parole du gouvernement Maxime Balalou a beau appeler à “concentrer les efforts vers le développement”, la réalité est tout autre. L’exécutif semble davantage préoccupé par ses querelles internes que par le sort des Centrafricains.
Un pays au bord du gouffre.
Pendant que le pouvoir se déchire, la Centrafrique s’enfonce dans la crise. L’insécurité persiste dans de vastes zones du pays, l’économie est exsangue et les services publics sont en déliquescence.
“On a perdu plus d’une semaine en disputes inutiles”, reconnaît le porte-parole du gouvernement. Une semaine de perdue pour un pays qui n’a plus de temps à perdre. La Centrafrique a urgemment besoin de dirigeants intègres et dévoués à l’intérêt général.
Au lieu de cela, le spectacle offert par Félix Moloua et ses soutiens est celui d’une classe politique corrompue et déconnectée des réalités. Le Premier ministre préfère acheter des soutiens plutôt que d’assumer ses échecs et de laisser la place.
“Si le Président veut démettre le Premier ministre, ce n’est pas un individu qui peut s’y opposer”, rappelle Maxime Balalou. Mais le chef de l’État Baba Kongoboro reste pour l’instant muet. Son silence en dit long sur sa propre responsabilité dans cette dérive du pouvoir.
L’ENERCA à Bambari : une fâcheuse arnaque électrique
Centrafrique.org/bambari-entre-promesses-lumineuses-et-obscurite-persistante-le-fiasco-de-lelectricite-24-24/bambari-enerca/” rel=”attachment wp-att-72547″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Bambari-ENERCA-379×450.jpg” alt=”La direction préfectorale de l’ÉNERCA de Bambari. CopyrightCNC” width=”379″ height=”450″ />La direction préfectorale de l’ÉNERCA de Bambari. CopyrightCNC
La situation de l’électricité à Bambari, ville située à 385 km de Bangui, révèle une gestion scandaleuse de l’ENERCA (Énergie Centrafricaine), transformant un service public en une mascarade au profit des autorités. Les déclarations du chef de centre, Ephraïm Gbesse-Ka Soualakpa, ne sont qu’un écran de fumée cachant une réalité bien plus sombre pour les habitants.
L’ENERCA à Bambari , un système défaillant dès le départ.
La centrale hybride de Bambari, inaugurée en grande pompe le 21 décembre 2023, devait révolutionner l’accès à l’électricité dans cette ville de la Ouaka. Dotée d’un système solaire, d’un parc de batteries et d’un groupe électrogène d’une capacité totale de 1 MW, cette installation promettait une fourniture d’électricité stable et durable. M. Soualakpa affirmait fièrement : “Nous distribuons l’électricité dans la ville au fil du soleil, de 7h30-8h00 jusqu’au coucher du soleil, puis nous prenons le relais avec les batteries pendant environ deux heures”.
Pourtant, la réalité vécue par les habitants de Bambari est tout autre. Les coupures sont fréquentes, prolongées, et semblent suivre un schéma bien éloigné des explications fournies par l’ENERCA. Un habitant témoigne : “L’électricité, c’est comme une loterie ici. On ne sait jamais quand elle va venir, ni pour combien de temps. Parfois, on a une ou deux heures dans la journée, et c’est tout”.
Des excuses peu convaincantes.
Face aux critiques, l’ENERCA multiplie les justifications douteuses. La saison des pluies est invoquée comme perturbant le système solaire, alors que les panneaux photovoltaïques sont conçus pour fonctionner même par temps couvert.Le coût élevé du carburant est également mis en avant, ce qui fait douter de la réelle nature“hybride” de l’installation.
La panne technique évoquée par M. Soualakpa, qui dure depuis plusieurs semaines, semble être devenue l’excuse passe-partout de l’ENERCA. “On nous dit toujours que c’est une panne, que les pièces de rechange sont en route depuis Bangui. Mais ça fait des mois que ça dure”, s’indigne un commerçant local.
L’ENERCA à Bambari , une arnaque institutionnalisée.
Le système prépayé, vanté par l’ENERCA comme une solution aux impayés, s’avère être un piège pour les consommateurs. Les habitants se retrouvent à payer pour un service fantôme, sans aucune garantie de fourniture. “On achète des crédits, mais l’électricité ne vient pas. C’est comme si on jetait notre argent par la fenêtre”, explique une mère de famille de Bambari.
Cette situation interroge sur la gestion des fonds collectés auprès d’une population déjà économiquement fragilisée. Où va cet argent ? Comment est-il utilisé si ce n’est pas pour fournir le service promis ?
Un mépris certain pour la population.
La gestion de l’électricité à Bambari montre un mépris profond envers les besoins quotidiens des habitants. Les activités économiques sont paralysées, l’éducation des enfants est compromise, et la qualité de vie générale est sévèrement impactée. “Sans électricité fiable, comment peut-on espérer développer notre ville ?”, s’interroge un enseignant du lycée de Bambari.
Le cas le plus flagrant : l’électricité “sur commande” pour les officiels.
Le comble de cette situation est atteint lors des visites officielles. Comme par magie, l’électricité devient soudainement disponible dès qu’un membre du gouvernement pose le pied à Bambari. Un habitant témoigne : “Quand le président, le premier ministre ou un ministre vient, miraculeusement, il y a de l’électricité partout. Mais dès qu’ils repartent, on replonge dans le noir”.
Cette pratique cynique prouve que les infrastructures sont fonctionnelles, mais délibérément sous-utilisées au détriment de la population. L’électricité devient ainsi un outil de mise en scène, servant à présenter une image trompeuse de la ville aux autorités de passage.
Un phénomène généralisé dans les villes de province.
Le cas de Bambari n’est malheureusement pas isolé. Cette gestion de l’électricité “à la carte” semble être un modèle répandu dans de nombreuses villes de province centrafricaines. L’ENERCA participe ainsi à creuser le fossé entre la capitale et le reste du pays, sacrifiant le développement local sur l’autel des apparences.
Cette situation pose la question de l’équité dans l’accès aux services publics en République centrafricaine. Les villes de province sont-elles condamnées à n’avoir de l’électricité que lors des visites officielles ou d’une cérémonie ?
Le ras-le-bol des habitants de Boali face aux inondations
Centrafrique.org/boali-catastrophe-naturelle-quatorze-maisons-detruites/sinistres-de-boali-reparant-les-degats-apres-la-pluie/” rel=”attachment wp-att-76376″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/Sinistres-de-Boali-Reparant-les-Degats-Apres-la-Pluie-450×338.png” alt=”Deux hommes réparent une maison endommagée par les intempéries à Boali.” width=”450″ height=”338″ />Des habitants de Boali tentent de réparer leur maison après la destruction causée par la pluie diluvienne du 21 mai 2024.. CopyrightCNC
Les pluies diluviennes s’abattent sur Boali, noyant les rues et emportant les habitations sur leur passage. La situation alarme les populations de cette ville de l’Ombella-Mpoko, située à 95 km de Bangui. Que faire pour éviter ces inondations dévastatrices ?
De passage dans la localité, Thomas Roger Wingue, directeur de la gestion durable des ressources forestières au ministère des Eaux et Forêts, a été interpellé sur cette question brûlante. Mais sa réponse a laissé les habitants sur leur faim.
Au lieu d’apporter des solutions concrètes aux problèmes qui accablent Boali, le haut fonctionnaire s’est lancé dans un éloge du président Touadera et de ses initiatives dans la capitale. “La population de Bangui, dans les différents arrondissements, essaie de nettoyer la ville tous les samedis avec l’opération Kwa ti kodro du Président Touadera “, a-t-il déclaré.
Une réponse qui a provoqué l’incompréhension et la colère de certains habitants de Boali. “On lui pose de vraies questions sur nos souffrances et il nous parle de Bangui. C’est comme s’il était malade ou quoi”, s’est indigné un habitant.
Pressé par les journalistes, M. Wingue a fini par lâcher quelques recommandations : “Il faut curer les caniveaux et ne pas y jeter d’ordures. Si la population jette des détritus dans les canaux, ça va les boucher et empêcher l’écoulement des eaux de pluie.”
Des conseils de bon sens, mais qui semblent bien dérisoires face à l’ampleur du désastre. Les Boaliens attendent des mesures plus ambitieuses de la part des autorités.
“On a besoin d’un vrai plan d’aménagement urbain, avec un système d’évacuation des eaux pluviales digne de ce nom“, explique Jean-Baptiste Kanga, chef de quartier. “Il faut aussi arrêter les constructions anarchiques dans les zones inondables”.
La déforestation massive autour de la ville est également pointée du doigt. “Avant, la forêt absorbait une grande partie des eaux. Maintenant que les arbres ont disparu, rien ne retient plus les flots”, déplore Parfait Zila, un ancien de Boali.
Les habitants réclament la plantation d’arbres et la création d’espaces verts pour lutter contre l’érosion. Ils demandent aussi la construction de digues le long des cours d’eau qui traversent la ville.
Mais pour l’heure, ces appels restent lettre morte. En attendant une réaction des pouvoirs publics, les Boaliens n’ont d’autre choix que de s’organiser entre eux pour faire face aux intempéries.
“On ne peut pas compter sur l’État, alors on se débrouille comme on peut”, résume amèrement Patrick Mbaïlao. “Mais combien de temps pourrons-nous tenir ainsi, livrés à nous-mêmes ?”
La saison des pluies ne fait que commencer. À Boali comme ailleurs en Centrafrique, les populations retiennent leur souffle, dans l’attente des prochaines averses.
Vol de sexe à Bangui : Touadera est-il responsable ?
Centrafrique.org/Centrafrique-inauguration-du-pont-de-bamingui-touadera-bloque-a-ndele/president-touadera-au-milieu-de-foule-au-cote-de-son-vehicule-avec-des-casques-bleus-8/” rel=”attachment wp-att-30380″ data-wpel-link=”internal”>Président Touadera escorté par les soldats Minusca Rwandais.
Une vague de panique sans précédent déferle sur Bangui depuis plusieurs semaines. Des rumeurs de “vol de sexe ” après de simples salutations ou appels téléphoniques ont plongé la capitale dans un climat de terreur. Le phénomène, qui a débuté à Béloko, à la frontière camerounaise, et à Bambari, s’est rapidement propagé jusqu’à Bangui, provoquant des scènes de violence dans plusieurs quartiers.
Des foules en colère accusent et agressent des innocents soupçonnés de sorcellerie.
Dans le 5e arrondissement, un Casque bleu rwandais de la MINUSCA a été pris pour cible jeudi dernier. Au PK5, dans le 3e arrondissement, un homme a été appréhendé et conduit au commissariat par une foule déchaînée. Des incidents similaires ont été signalés dans les quartiers Gobongo, Boy-Rabe et PK12.
Une réaction gouvernementale tardive et dérisoire face à cette histoire de vol de sexe.
Le gouvernement centrafricain, resté muet pendant près de deux mois, sort enfin de son silence. Dans un communiqué publié vendredi, le porte-parole du gouvernement qualifie ces événements de “rumeurs non vérifiées” et menace de poursuites judiciaires ceux qui les propagent. Une réaction qui souligne l’incompétence flagrante des autorités à gérer cette crise.
“Le gouvernement a attendu que la situation devienne incontrôlable pour réagir, et encore de manière totalement inadéquate”, déplore Jean-Marc Koyambatou, analyste politique. “Ils n’ont rien fait pour démentir ces rumeurs quand elles ont commencé à circuler. Maintenant, c’est trop tard, la population est convaincue que ces phénomènes sont réels”, affirme – t-il.
La crédibilité du gouvernement est d’autant plus entamée que des preuves visuelles circulent sur les réseaux sociaux. “Des vidéos montrent des organes génitaux masculins rétrécis à un centimètre”, affirme Claude Nguelessa, un journaliste centrafricain. “Ce qui était au départ considéré comme une simple rumeur est maintenant perçu comme une réalité tangible par de nombreux Banguissois”.
Vol de sexe à Bangui : un terreau fertile pour les théories du complot.
Comment expliquer une telle situation ? Pour de nombreux observateurs, la responsabilité du président Kongoboro est écrasante. “En dix ans de pouvoir, il n’a rien fait pour l’éducation des jeunes. Au contraire, il a cultivé l’ignorance et la pauvreté pour manipuler plus facilement la population”, accuse Justin Goumba, leader de l’association des jeunes intellectuel laïc.
Le groupe Wagner, allié controversé du régime, est également pointé du doigt. “Ils inondent le pays d’alcool frelaté vendu à bas prix dans de petits sachets. Les jeunes désœuvrés passent leurs journées à boire et sont prêts à croire n’importe quoi”, explique le Dr. Sylvestre Yassine, sociologue à l’Université de Bangui.
Dans ce contexte d’ignorance généralisée, les théories les plus folles prospèrent. Certains accusent désormais directement le président d’être derrière ce “vol de sexe “, dans le cadre de rituels occultes pour se maintenir au pouvoir. “Les gens disent que Touadera a fait venir des Rwandais pour voler les organes des Centrafricains”, rapporte Marie-Noëlle Mballa, vendeuse au marché PK12 de Bangui. “On entend même que son ministre de l’Élevage, Hassan Bouba, utiliserait des bœufs sataniques pour apaiser la colère des soldats”.
Vol de sexe : un pays au bord du gouffre.
La situation actuelle révèle l’état catastrophique dans lequel se trouve la Centrafrique après une décennie de pouvoir de Touadera. Analphabétisme, pauvreté, alcoolisme : le tableau est sombre.
“Le président récolte ce qu’il a semé”, résume un diplomate occidental sous couvert d’anonymat. “A force de maintenir la population dans l’ignorance, il se retrouve confronté à des croyances moyenâgeuses impossibles à contrôler”.
Une jeunesse abandonnée, proie facile pour les manipulations.
Le gouvernement Touadera porte une lourde responsabilité dans cette situation. “Il n’a pas investi dans l’éducation des jeunes, préférant les maintenir dans l’ignorance pour mieux les manipuler”, dénonce Martin Touambaï. “Aujourd’hui, ces jeunes sans éducation ni perspectives d’avenir sont une proie facile pour toutes sortes de manipulations”.
En réalité, Touadera récolte ce qu’il a semé durant près d’une décennie au pouvoir, sans penser à l’avenir de ce pays.