Retour sur un fait spectaculaire : quand la corruption, l’intimidation et la menace s’invitent jusqu’au Tchad pour rapatrier le jeune Alkhatim Abakar à Bangui

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Retour sur un fait spectaculaire : quand la corruption, l’intimidation et la menace s’invitent jusqu’en prison pour écarter le jeune Alkhatim Abakar

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Arrêté par les agents de renseignement tchadien à Sido-Tchad puis livré aux forces centrafricaines, le jeune Alkhatim Abakar est actuellement incarcéré à la section de recherche et d’investigation (SRI) à Bangui, victime d’une affaire de corruption financière activée par l’ancien chef d’État-major du MPC Didot Ali.

 

L’affaire qui fait parler plus d’un à la région frontalière entre le Tchad et la République centrafricaine met en cause des pratiques de corruption particulièrement bizarres. Tout commence dans la préfecture de l’Ouham, plus précisément sur un chantier minier. Le jeune Alkhatim Abakar, qui est un cousin direct du leader rebelle Mahamat Alkhatim, fondateur du MPC, travaillait comme un chef de surveillance de chantier contrôlé par le MPC, mais actuellement géré par Didot Ali, l’ancien chef d’état-major du mouvement.

 

Pour sa fonction sur le chantier d’or, Didot Ali lui versait une rémunération mensuelle comme tous les autres chefs de chantiers gérés par le MPC. Au lieu de dépenser cet argent, Alkhatim Abakar a décidé de le garder pour s’équiper. Il a ainsi acheté de nombreuses armes, parvenant à posséder un stock personnel de 27 fusils Kalachnikov. Au sein de cette organisation armée, la règle veut que chaque responsable nommé forme sa propre équipe et gère ses propres éléments. Alkhatim Abakar a donc commencé à réunir ses hommes. En voyant ce groupe grandir et s’armer de manière autonome, Didot Ali a pris peur pour son autorité et a décidé d’écarter ce cousin du grand chef de guerre. Il a fait arrêter le jeune homme pour le transférer de force à Markounda. Dans cette base, Alkhatim Abakar a été enfermé dans une cellule privée, les pieds attachés avec des chaînes fermées par des cadenas. Durant cette agression, les hommes de Didot Ali lui ont confisqué ses affaires personnelles, notamment son téléphone portable, un iPhone 15 Pro Max ainsi que ses 27 armes.

 

Pendant qu’il était enchaîné au sol, le jeune homme a reçu la visite de Badour Ali, le frère cadet de Didot Ali. Ce dernier est venu lui réclamer avec insistance le code de déverrouillage de son iPhone 15 pro max. Alkhatim Abakar a refusé de donner son code. Cette démarche a donné la certitude au prisonnier que c’est bien le frère du chef rebelle qui avait récupéré son précieux téléphone. Après plusieurs jours de maltraitances, le détenu a profité d’un moment de distraction pour briser ses liens et s’échapper de cette prison clandestine. Il a marché jusqu’à la frontière pour se réfugier à Sido, en territoire tchadien.

 

Sachant que Badour Ali fait constamment la navette à moto entre les deux pays pour vendre l’or des mines et gérer les biens immobiliers de son grand frère au Tchad, Alkhatim Abakar s’est rendu au poste des services de renseignement tchadiens à Sido. Ces agents, qui portent l’uniforme militaire et surveillent la frontière, ont enregistré sa plainte officielle pour vol. Quelques jours plus tard, alors que Badour Ali entrait au Tchad sur sa moto, ces agents l’ont intercepté et placé en cellule.

 

Dès qu’il a appris l’arrestation de son frère cadet, le chef rebelle Didot Ali a réagi depuis ses bases en République centrafricaine. Utilisant les millions de francs CFA générés par le pillage des ressources minières, il a envoyé une somme comprise entre six et sept millions de francs CFA aux agents du renseignement tchadien. Ce pot-de-vin a fonctionné puisque les agents corrompus ont libéré Badour Ali après seulement 48 heures de détention.

 

Totalement libre, le clan de Didot Ali a voulu se venger d’Alkhatim Abakar pour éliminer définitivement cette menace. Le chef rebelle a envoyé un nouveau versement de cinq millions de francs CFA aux mêmes agents du service de renseignement tchadien basés près de la frontière, du côté de Cabo. L’ordre était clair : capturer le plaignant et le renvoyer de force en République centrafricaine. Les agents tchadiens ont empoché l’argent, ont traqué le jeune évadé à Sido, l’ont arrêté et l’ont livré directement aux militaires des forces armées centrafricaines, les FACA, qui tiennent la position frontalière. Les soldats centrafricains ont ensuite organisé le transfert du prisonnier par la route jusqu’à la capitale. Arrivé à Bangui, Alkhatim Abakar a été conduit dans les locaux de la section de recherche et d’investigation de la gendarmerie, le SRI. Cela fait maintenant 5 jours que le jeune homme est enfermé dans ces cellules de gendarmerie, victime d’une stratégie d’élimination à distance payée par l’or des mines

 

Par Arsène Féimonazoui

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