Bangui à genoux : la tragédie silencieuse des enfants de la rue
Le pauvre enfant qui dort devant tradex au croisement Marabéna de Bangui. Photo Christian Aimé Ndota
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
“Il dort là, au croisement Marabéna, devant la station Tradex, comme un chien errant.” C’est par ces mots qu’un passant décrit la scène, la gorge nouée. Le soleil de midi frappe déjà fort, mais l’enfant ne bouge pas. Son corps épuisé repose sur le sol poussiéreux, un vieux téléphone posé près de lui comme seul compagnon. Dans les rues de Bangui, cette image n’étonne plus personne. Elle raconte pourtant l’histoire d’un pays qui abandonne ses enfants. Vraiment, la capitale Bangui à genoux.
La ville de Bangui s’est habituée à ces petits corps allongés sur ses trottoirs. Ces enfants qui marchent la nuit, comme des fantômes, et s’écroulent de fatigue le jour venu, là où leurs pas les portent. Ici, devant le grand carrefour Oumar Bongo, les voitures les frôlent, indifférentes. La misère est devenue le nouveau normal dans cette capitale Bangui à genoux.
Minusca-au-pk17-rouge-de-boali/” rel=”attachment wp-att-62814″ data-wpel-link=”internal”>Les Banguissois qui se cherchent pour survivre sur la dechetterie de la-MINUSC au PK26 de Bangui
Sur les décharges de la Minusca au PK 26, d’autres enfants fouillent les poubelles. Leurs petites mains disputent aux chiens errants les restes des repas jetés par les Casques bleus. Un verre PIKA 26 devient un trésor, un emballage vide une potentielle source de nourriture. Bangui glisse doucement vers ces images qu’on croyait réservées à l’Éthiopie des années de famine ou à la Russie post-soviétique des années 90 où les enfants ramassent des déchets sur les poubelles pour manger.
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La misère n’est plus un mot assez fort. Elle dévore le pays comme un cancer, transforme les enfants en adultes trop tôt, fait des rues de la capitale Bangui à genoux un cimetière à ciel ouvert pour les rêves brisés. Dans les quartiers, les familles ne mangent plus qu’une fois par jour, quand elles mangent. Les écoles se vident pendant que les rues se remplissent d’enfants cherchant désespérément de quoi survivre.
Évariste Ngamana avec son nouveau véhicule V8
Où sont passés les 2000 milliards promis par les partenaires en 2016 pour le développement ? Pendant que les élites paradent dans leurs 4×4 climatisés, que les “premières dames” organisent des galas dans des hôtels de luxe, les enfants de Bangui meurent à petit feu sur l’asphalte. Cette image d’un enfant endormi sur le trottoir est l’accusation la plus cinglante contre un système qui a failli à sa jeunesse.
Le contraste déchire le cœur. D’un côté, les discours officiels sur le “développement”, les promesses d’un avenir meilleur. De l’autre, ces corps d’enfants allongés dans la poussière, ces regards vides qui ne demandent même plus d’aide. Comment parler de progrès quand la nouvelle génération dort dans les caniveaux de la capitale Bangui à genoux ?
Cette photo n’est pas qu’une image. C’est le miroir d’un pays malade, d’un État qui ne protège plus ses enfants, d’une société qui s’est habituée à l’inacceptable. Chaque enfant endormi sur un trottoir est une accusation vivante contre ceux qui ont volé l’avenir du pays.
La grande misère a désormais un visage en Centrafrique : celui de cet enfant sur le trottoir au croisement Marabéna, de ces mains qui fouillent les ordures au Pk26, de ces yeux qui ne brillent plus. La Centrafrique ne court pas vers l’abîme – elle y vit déjà, et ses enfants en sont les premières victimes.
Cette image devrait empêcher de dormir ceux qui prétendent diriger ce pays du Président Barthelemy Boganda. Elle devrait provoquer un sursaut, une révolte. Mais dans les quartiers chics de Bangui, qui entend encore les pleurs silencieux de ces enfants perdus ? La vraie tragédie n’est pas seulement la misère, c’est qu’elle ne choque même plus chez Touadera.
À la radiotélévision centrafricaine : le chaos s’installe sous l’ère Maxime Balalou
Centrafrique.org/en-france-un-jeune-pretend-etre-le-fils-du-porte-parole-du-gouvernement-centrafricain-maxime-balalou-tente-dintimider-les-policiers-francais/le-ministre-et-porte-parole-du-gouvernement-maxime-balalou/” rel=”attachment wp-att-75988″ data-wpel-link=”internal”>Le ministre et porte parole du gouvernement Maxime Balalou
Les médias publics centrafricains traversent une période noire. Dans les couloirs de la radio comme de la télévision nationale, les querelles quotidiennes ont remplacé le travail journalistique. Les présentateurs improvisés bafouillent pendant les journaux, les textes mal rédigés s’enchaînent, tandis que des directeurs sans qualification, nommés par Maxime Balalou, tentent tant bien que mal de gérer des services dont ils ignorent le fonctionnement.
Le ministre de la Communication, Maxime Balalou, a transformé la radiotélévision nationale en un plateau de l’absurde par une série de nominations ahurissantes. À la télévision centrafricaine, le nouveau directeur général, monsieur Bienvenu Bissayo, un homme sans expérience, tente de bricoler les choses dans une confusion totale. Prince Koyagbelé, un amateur de cinéma sans formation journalistique, se retrouve Directeur de l’information. Cet homme tente de bricoler dans un chaos général. Cependant, à la radio Centrafrique, une nouvelle chef de service de la rédaction, sans qualification journalistique, ramassée dans le quartier, peine à assumer ses responsabilités, et ce, avec la complicité du ministre Maxime Balalou.
Les conséquences sont désastreuses sur les antennes. À la radio nationale, le journal de vendredi dernier a particulièrement marqué les esprits : la voix juvénile de la nouvelle chef de rédaction, ses hésitations et son français approximatif ont transformé le bulletin d’information en un exercice pénible pour les auditeurs. “On dirait une collégienne qui lit un texte pour la première fois dans la classe devant ses collègues”, commente un auditeur régulier.
La situation n’est pas aussi meilleure à la télévision. Les présentateurs enchaînent les erreurs, butent sur les mots, peinent à donner du sens aux textes qu’ils lisent. “Les journaux télévisés sont devenus une épreuve pour les téléspectateurs”, témoigne un ancien de la maison. “Les textes sont mal rédigés, truffés de fautes, et personne, y compris le ministre Maxime Balalou, ne semble s’en soucier“.
Dans les locaux des deux médias, l’atmosphère est devenue irrespirable. Les professionnels expérimentés ne cachent plus leur mépris pour ces nominations politiques organisée par le ministre Maxime Balalou, qui ont placé des novices à des postes clés. “Comment travailler sérieusement quand votre supérieur ne connaît même pas les bases du métier ?”, s’interroge un journaliste radio. Les disputes éclatent régulièrement, transformant la radiotélévision nationale en une arène où les confrontations personnelles éclipsent la mission d’information.
Face à cette situation, le ministre Maxime Balalou multiplie les réunions de crise. Mais ses interventions ne font qu’ajouter à la confusion. “On ne peut pas décréter le respect“, note un cadre de la télévision. “Quand les responsables n’ont ni les compétences ni la dignité nécessaires pour leur poste, aucune réunion ne pourra y remédier“.
La comparaison avec la gestion précédente est particulièrement accablante pour l’actuel ministre Maxime Balalou. Bien que son prédécesseur Ghislain Djorie ait fait l’objet de nombreuses critiques, la situation actuelle avec Balalou atteint des sommets dans le dysfonctionnement total. Les observateurs du paysage médiatique centrafricain s’accordent : jamais la télévision nationale n’avait connu une telle désorganisation.
L’ironie de la situation n’échappe à personne : Maxime Balalou, lors de sa récente conférence de presse hebdomadaire, dénonçait l’usurpation du titre de journaliste par certaines personnes à Bangui, nomme aujourd’hui contre toute attente des personnes sans qualification aux postes les plus sensibles de l’audiovisuel public. Cette incohérence témoigne d’une absence totale de sa vision pour le service public.
Les conséquences de cette situation dépassent largement le cadre de la télévision centrafricaine et de la radio Centrafrique. La télévision nationale, censée être un pilier de l’information publique, ne remplit plus son rôle. Les Centrafricains se détournent progressivement de leur média public, préférant d’autres sources d’information, et ce, à cause du ministre Maxime Balalou.
La crise actuelle pose une question: comment la télévision centrafricaine et la radio Centrafrique pourront-elles retrouver leur crédibilité ? La réponse passe nécessairement par un retour aux fondamentaux : des nominations basées sur les compétences, une formation continue du personnel, et une vision claire pour l’avenir du service public audiovisuel.
En attendant un sursaut salvateur, les Centrafricains voient leurs médias publics s’enfoncer dans une spirale de médiocrité. Une situation d’autant plus alarmante que le pays a plus que jamais besoin d’une information professionnelle et fiable, tant à la radio qu’à la télévision.
En 2025, L’inflation continue de dévorer le pouvoir d’achat des Centrafricains
Centrafrique.org/rca-incendie-au-marche-central-de-bangui-une-dizaine-des-boutiques-ont-ete-ravagees-les-pertes-sont-enormes/marche-central-de-bangui-corbeaunews-micka-1/” rel=”attachment wp-att-33823″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/11/marché-central-de-bangui-corbeaunews-micka-1-450×337.jpg” alt=”En 2025, L’inflation continue de dévorer le pouvoir d’achat des Centrafricains” width=”450″ height=”337″ />Marché central de Bangui, capitale de la République centrafricaine. CopyrightCNC
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Le rapport de la Commission Économie et Finances de l’Assemblée nationale dévoile une réalité économique inquiétante derrière les chiffres officiels. Si le gouvernement annonce fièrement une croissance de 2,9% pour 2025, le tableau économique réel apparaît nettement plus sombre pour les citoyens. Une analyse approfondie des données par le directeur de publication du CNC, monsieur Alain Nzilo, montre que l’inflation persistante ronge les revenus et fragilise le tissu économique national.
En effet, les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2024, la croissance affichée de 1,4% cache un recul réel de 2,7% une fois prise en compte l’inflation de 4,1%. Cette tendance négative continuera en 2025, où malgré l’objectif de croissance de 2,9%, l’économie restera en territoire négatif à -0,5% en termes réels, l’inflation demeurant élevée à 3,4%.
Le secteur primaire, pilier traditionnel de l’économie centrafricaine, peine à jouer son rôle de moteur. Sa croissance passerait modestement de 1,7% en 2024 à 2,3% en 2025, une progression timide fortement conditionnée par une hypothétique “stabilité sécuritaire sur toute l’étendue du territoire national”, comme le note prudemment le ministre des Finances.
Le secteur secondaire affiche des performances encore plus modestes, avec une croissance qui progresserait de 1% à 1,5% entre 2024 et 2025. Cette légère amélioration reposerait principalement sur les travaux de construction et la réhabilitation des infrastructures routières, des projets largement dépendants des financements extérieurs.
Dans ce contexte difficile, les ménages subissent de plein fouet la hausse des prix. Le panier de la ménagère se réduit, tandis que les services essentiels deviennent de plus en plus coûteux. Les petits commerçants et les agriculteurs voient leurs marges fondre sous l’effet combiné de l’inflation et de la faible croissance.
Les efforts du gouvernement pour stimuler l’activité économique se heurtent à des obstacles structurels persistants. La levée de l’embargo sur certains secteurs comme l’exploitation forestière laisse espérer une croissance de 7,2% en 2025 contre 6,5% en 2024 dans les activités extractives, mais ces projections restent tributaires d’une amélioration significative du climat des affaires.
Le contraste entre les chiffres officiels et la réalité économique vécue par les Centrafricains n’a jamais été aussi marqué. Si les autorités maintiennent un discours optimiste sur la croissance, la persistance d’une inflation élevée continue d’éroder le pouvoir d’achat et les perspectives de développement économique. L’année 2025 s’annonce comme une période d’ajustement difficile pour une population déjà éprouvée par les difficultés économiques.
2025 en RCA : Le Conseiller-Prophète Jules Njawé Agite le Spectre du Chaos Électoral
Centrafrique.org/jules-njawe-du-braqueur-parisien-au-conseiller-presidentiel-lincroyable-escroquerie-aux-uniformes-de-la-garde-presidentielle/screenshot-4/” rel=”attachment wp-att-85681″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Le-camerounais-Jules-Ndjawe-450×435.jpg” alt=”2025 en RCA : Le Conseiller-Prophète Jules Njawé Agite le Spectre du Chaos Électoral” width=”450″ height=”435″ />Le camerounais Jules Njawé, conseiller du Président centrafricain Faustin Archange Touadera
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
À huit mois des élections présidentielles, le camerounais Jules Njawé sort sa boule de cristal. Le “conseiller” du président Kongoboro , dans une prestation en ligne ahurissante, dépeint un scénario apocalyptique pour 2025 en RCA. Entre prédictions funestes et menaces à peine voilées, son discours révèle surtout l’inquiétude de ses commanditaires.
“Quatre candidats ont déjà le droit d’être candidats”, proclame-t-il, s’arrogeant le rôle d’arbitre électoral auto-proclamé. Un casting sur mesure où il distribue les bons et mauvais points, qualifiant au passage Martin Ziguélé de “parrain des rébellions” et Karim Meckassoua de “déchu de ses droits civiques”. Une bien étrange conception de la démocratie à la poutine.
Le summum de l’absurde est atteint quand Jules Njawé aborde la question du troisième mandat. Dans une pirouette digne des plus grands contorsionnistes politiques, Jules Njawé balaie la question d’un revers de main : “Le débat sur la candidature du président Touadéra n’a pas lieu d’être“. Une façon subtile d’annoncer que les dés sont déjà jetés.
Ses attaques contre l’opposition frisent parfois le comique involontaire. D’un côté, il les accuse d’incompétence totale, de l’autre, il les dépeint comme des stratèges machiavéliques capables de mobiliser des armées étrangères. Un grand écart logique qui trahit la panique de son camp.
La partie la plus inquiétante de son intervention concerne les “préparatifs” en cours. À l’entendre, des complots se trament aux frontières, des drones ukrainiens menacent, des espions soudanais rôdent… Un scénario catastrophe taillé sur mesure pour justifier d’éventuelles mesures drastiques avant les élections.
Wagner n’est jamais loin dans ce tableau électoral. Sans jamais les nommer directement, Jules Njawé justifie leur présence comme une protection divine contre ces menaces imaginaires. Une propagande grossière qui prépare le terrain pour 2025.
Le plus navrant reste sa vision du “panafricanisme”. Ce noble idéal se retrouve réduit à un simple outil de manipulation électorale. Les vrais enjeux – développement, éducation, santé – disparaissent sous un déluge de théories complotistes pathétique.
Face à ce cirque pré-électoral, les Centrafricains, eux, attendent toujours un véritable débat sur leur avenir. Pendant que Jules Njawé joue les Cassandre de pacotille, les questions importantes sur la gouvernance, la transparence électorale et le développement du pays restent sans réponse.
La RCA mérite mieux que ces prophéties de malheur débitées par un conseiller aux ordres. Les élections de 2025 devraient être l’occasion d’un véritable dialogue national, pas d’un concours de manipulation où les apprentis sorciers tentent de conjurer leurs propres peurs.
LA VAKAGA : ENTRE PROPAGANDE ET MISÈRE, LE PARADOXE D’UN APPEL AU TROISIÈME MANDAT DE TOUADERA
Centrafrique.org/manifestation-a-ouandja-soutien-affiche-a-la-candidature-de-faustin-archange-touadera/” data-wpel-link=”internal”>Manifestation à Ouandja , Soutien affiché à la candidature de Faustin Archange Touadéra.
La sous-préfecture de Ouandja, située à plus de 1000 kilomètres de Bangui, dans la préfecture de la Vakaga, région de Fertit, vient d’enregistrer un acte politique inattendu. Un mémorandum daté du 13 janvier 2025, signé par “la population de Ouandja”, demande officiellement la candidature du président Faustin Archange Touadera aux Élections présidentielles de décembre 2025.
Appel au troisième mandat de Touadera qui pose question dans la VAKAGA
Le document, rédigé sur papier à en-tête officiel de la sous-préfecture de Ouandja, expose deux revendications principales : le développement de l’agriculture mécanisée et la distribution de semences améliorées pour combattre l’insécurité alimentaire. Il se termine par un slogan sans équivoque : “Oui à la candidature du Professeur Faustin Archanges Touadera, Non aux BRDC ennemis de la paix.”
Pourtant, ce mémorandum de Ouandja s’inscrit dans un contexte particulier d’abandon administratif et social. La région, située dans la zone des trois frontières entre la République centrafricaine, le Tchad et le Soudan, souffre d’un isolement chronique. Les routes sont inexistantes ou impraticables pendant la saison des pluies qui dure plusieurs mois, transformant ces localités en véritables îlots coupés du reste du pays.
Et ce n’est pas tout! L’absence d’infrastructures hydrauliques oblige la population à s’approvisionner dans les marigots, partageant les points d’eau avec le bétail et les animaux sauvages. Cette situation provoque régulièrement des maladies hydriques, particulièrement chez les enfants. Les structures de santé sont quasi inexistantes, le centre de santé le plus proche se trouve à plusieurs dizaines de kilomètres.
Centrafrique.org/mouvement-coeurs-unis-mobilisation-des-jeunes-en-fa/” data-wpel-link=”internal”>Mouvement Cœurs Unis , Mobilisation des jeunes en fa
Et la sécurité dans la VAKAGA dans toute cette histoire?
C’est la bonne question. En effet, le désarmement récent de la population par les éléments de l’armée nationale et les mercenaires russes du groupe Wagner a créé un dangereux vide sécuritaire. Auparavant, les habitants disposaient d’armes artisanales ou de récupération pour se défendre contre les incursions des bandits venus du Soudan voisin. Désormais désarmés, ils se retrouvent sans défense face aux braquages et aux exactions.
Un jeune de Boromata décrit la situation : “les soldats FACA et les Wagner nous ont désarmés, prétendant nous protéger. Mais une fois que le désarmement est terminé, ils sont partis et nous laisser sans défense contre les bandits soudanais qui traversent la frontière comme ils veulent”.
Un jeune homme victime d’un braquage dans la ville de Boromatha, dans la Vakaga, photographié le 13 janvier 2025 avec des blessures visibles à l’épaule droite.”
Et le social dans la VAKAGA ?
Sans passer par quatre chemins, on peut dire aujourd’hui que la préfecture de la Vakaga, que ça soit à Boromata, Gordile, ou encore à Ouandja, connaît une situation alimentaire alarmante. Les marchés sont mal approvisionnés, les prix des denrées de première nécessité atteignent des sommets. L’agriculture locale, principalement vivrière, peine à nourrir la population. Les promesses de mécanisation agricole mentionnées dans le mémorandum sonnent creux face à l’absence totale d’équipements et d’accompagnement technique.
Le document officiel évoque la distribution de semences améliorées pour lutter contre l’insécurité alimentaire. Pourtant, les paysans de la Vakaga n’ont jamais reçu le moindre soutien agricole. Les techniques culturales restent rudimentaires, limitées à une agriculture de subsistance qui ne permet pas de dégager des surplus commercialisables.
La situation sécuritaire s’aggrave de jour en jour.
Les bandits soudanais, profitant de l’absence totale de forces de l’ordre, multiplient les incursions. Les braquages sont devenus une réalité quotidienne. La population, privée de moyens de défense, vit dans la peur permanente. Ni police, ni gendarmerie, ni armée ne sont présentes pour assurer la sécurité des habitants.
Le phénomène d’infiltration démographique inquiète les populations de la Vakaga. Des groupes armés venus du Soudan s’installent progressivement dans les villages, profitant du vide sécuritaire. Cette occupation rampante menace l’équilibre démographique et social de la région. Les autorités locales, démunies, assistent impuissantes à cette transformation.
Les conditions de vie des femmes et des enfants sont particulièrement inquiétantes.
La malnutrition touche une grande partie de la population. L’accès à l’éducation reste un luxe, les écoles manquent d’enseignants et de matériel pédagogique. Les jeunes filles, confrontées à l’absence de perspectives, quittent souvent la région ou se marient très jeunes.
Dans ce contexte de dénuement extrême, l’organisation d’une manifestation de soutien politique pose question. Des témoignages concordants recueillis par la rédaction du CNC indiquent que cette manifestation de soutien à la nouvelle candidature de Baba Kongoboro pour un troisième mandat a été organisée moyennant de maigres compensations financières. “On distribue 500 ou 1000 francs CFA par personne pour qu’elles marchent avec des banderoles imprimées à Bangui“, affirme un agent de la mairie de Ouandja sous couvert d’anonymat.
Le mémorandum lui-même présente des incohérences.
Rédigé dans un style administratif soigné, il contraste avec le niveau d’alphabétisation de la région. Les revendications concernant l’agriculture mécanisée semblent déconnectées des besoins immédiats de la population : accès à l’eau potable, sécurité, désenclavement.
La liste des destinataires du document révèle sa dimension politique : Présidence, Gouvernement, ANE, préfecture, Minusca. Cette diffusion large vise manifestement à donner l’image d’un soutien populaire au président Baba Kongoboro dans une région pourtant largement délaissée par l’État centrafricain depuis des années.
L’instrumentalisation politique de la misère n’est pas nouvelle en Centrafrique.
Les régions les plus pauvres, où la population lutte quotidiennement pour sa survie, deviennent des terrains propices aux manipulations électorales. La précarité économique rend les habitants vulnérables aux pressions et aux incitations financières, même modestes.
Le cas de Ouandja, Boromata, Gordile illustre les limites du développement en Centrafrique. Malgré les discours officiels sur la décentralisation et le développement local, les régions périphériques restent abandonnées. Les services publics sont inexistants, l’État n’assure plus ses fonctions régaliennes de base.
Le BRDC, ennemi pointé du doigt par les manipulateurs
La mention des “BRDC ennemis de la paix” dans le mémorandum rappelle les tensions politiques qui traversent le pays depuis plusieurs années. Cette référence aux opposants politiques réunis au sein du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) dans un document censé émaner de la population locale trahit son origine partisane.
L’avenir de la Vakaga pousse les citoyens centrafricains à s’interroger. Sans réponse rapide aux problèmes sécuritaires, le risque d’une déstabilisation complète est réel. L’absence de perspectives économiques pousse les jeunes à l’exode. Le tissu social traditionnel se délite progressivement.
Ce mémorandum de Ouandja restera comme un exemple de l’écart croissant entre la propagande politique et les réalités du terrain. Pendant que les documents officiels parlent de développement et de soutien populaire, la population de la Vakaga continue de survivre dans des conditions d’une précarité extrême.
Des millions qui s’évaporent, des statistiques mirobolantes et une réalité qui saigne. Le discours présidentiel sur l’état de la nation 2024 vient encore une fois bercer les Centrafricains avec des chiffres vertigineux : 117.857,2 carats de diamants en 2023, 1.743.945,17 carats d’or, des taxes minières perçues qui auraient explosé de 89 millions à 355 millions. Pourtant, dans les zones minières, la population s’enfonce chaque jour davantage dans la précarité.
Le contraste est saisissant entre ces annonces triomphalistes et l’état réel du secteur minier en Centrafrique. Comment expliquer que la production déclarée de diamants ait prétendument décuplé alors que les artisans miniers peinent toujours à nourrir leurs familles ? Comment justifier ces taxes minières “record” quand les routes menant aux zones d’extraction restent impraticables ?
Plus troublant encore, le discours présidentiel évoque fièrement “519 indices miniers” contre 470 auparavant. Une augmentation de 49 sites qui, étrangement, ne se traduit par aucune amélioration visible des conditions de vie dans les régions concernées. Les écoles restent totalement délabrées et sans enseignants, les centres de santé manquent de tout, pendant que ces richesses s’évaporent mystérieusement dans les poches de Wagner, chinois et rwandais.
La levée de l’embargo sur le diamant, présentée comme une panacée, n’a visiblement profité qu’à une poignée d’initiés. Les circuits parallèles prospèrent, la contrebande s’intensifie, malgré la création annoncée de “9 unités opérationnelles supplémentaires”. Des unités dont l’efficacité reste à prouver, tandis que les populations locales continuent de creuser la terre pour quelques francs.
Cette manipulation des chiffres ne peut plus masquer l’échec patent de la politique minière de Baba Kongoboro. Derrière les statistiques flatteuses se cache une réalité brutale : celle d’un pays qui voit ses richesses naturelles pillées sans que le peuple n’en tire le moindre bénéfice des taxes minières. La “force-taxe nationale” tant vantée semble plus préoccupée par la collecte des taxes minières que par la protection des intérêts des miniers artisanaux.
L’heure n’est plus aux annonces grandiloquentes mais à une refonte complète du système de gouvernance minière. Les Centrafricains méritent mieux que des chiffres fantaisistes qui insultent leur intelligence et leur misère quotidienne.
“Devons-nous continuer à chercher l’argent ailleurs pour développer notre pays la Centrafrique ?” Cette question capitale posée par le Président Touadéra en mars 2023, reprise et analysée par Élie Oueifio dans son ouvrage “La RCA doit-elle toujours dépendre des autres ?” (août 2024), résume le paradoxe économique centrafricain.
Un potentiel inexploité de La Centrafrique
Le pays dispose d’immenses terres agricoles fertiles qui demeurent inexploitées à ce jour. Les ressources minières abondent dans le sous-sol centrafricain. Sa position géographique offre un avantage stratégique considérable pour le commerce régional. Une main-d’œuvre importante reste disponible et prête à contribuer au développement du pays.
Un économiste cité par Oueifio livre une analyse sans concession : “Nous avons tout pour réussir, sauf la volonté de nous prendre en charge. Nous préférons la mendicité internationale à l’effort national”.
L’héritage perdu d’une économie performante de La Centrafrique
Le modèle des années 1960-1974
L’économie centrafricaine brillait par son dynamisme durant cette période. Le pays possédait des industries nationales prospères qui produisaient pour le marché local et l’exportation. L’agriculture générait des excédents significatifs. La balance commerciale affichait un solde positif et la monnaie maintenait sa stabilité sur les marchés internationaux.
Oueifio rappelle avec nostalgie : “En 1970, la Centrafrique exportait du textile vers l’Europe. Nos usines tournaient à plein régime. Nos produits agricoles nourrissaient la sous-région. Nous étions un pays qui se construisait”.
L’effondrement économique de La Centrafrique
Le démantèlement industriel
La désindustrialisation s’est opérée de manière programmée avec la fermeture successive des usines nationales qui constituaient le tissu industriel du pays. Les projets industriels prometteurs ont été abandonnés les uns après les autres. Les productions ont été délocalisées vers d’autres pays, entraînant une perte irrémédiable des savoir-faire industriels développés pendant des années.
La dépendance croissante de La Centrafrique
Le pays s’est enfermé dans un cercle vicieux caractérisé par des importations massives pour satisfaire les besoins essentiels. L’aide internationale est devenue systématique et indispensable à la survie économique. L’endettement n’a cessé de croître, réduisant progressivement l’autonomie décisionnelle du pays en matière de politique économique.
Les obstacles au redressement
Les blocages structurels
L’infrastructure routière du pays se trouve dans un état de délabrement avancé, entravant la circulation des biens et des personnes. L’approvisionnement en énergie reste rare et son coût élevé freine le développement industriel. Le système bancaire montre des défaillances majeures qui limitent l’accès au crédit. La formation professionnelle ne répond pas aux besoins réels du marché du travail, créant un décalage entre les compétences disponibles et les besoins des entreprises.
Les résistances au changement
Les obstacles humains constituent un frein majeur au développement. Une mentalité d’assistanat s’est profondément ancrée dans la société. La corruption endémique gangrène l’administration et le secteur privé. L’absence de vision entrepreneuriale limite les initiatives privées. La peur du risque paralyse les investissements et l’innovation.
Les secteurs prioritaires de reconstruction de La Centrafrique
L’agriculture : Base du renouveau
Le pays possède un potentiel agricole considérable avec des terres fertiles immédiatement disponibles pour la culture. Les conditions climatiques se révèlent particulièrement favorables à une agriculture diversifiée. Une main-d’œuvre abondante pourrait être mobilisée pour les travaux agricoles. Les marchés régionaux et internationaux restent accessibles pour les produits cfns.
L’industrie à reconstruire
Le développement industriel doit se concentrer sur la transformation des produits locaux pour créer de la valeur ajoutée. Les industries légères adaptées aux besoins locaux méritent une attention particulière. L’artisanat traditionnel nécessite une modernisation pour répondre aux standards actuels. L’adoption de technologies appropriées permettrait d’optimiser la production.
Les réformes nécessaires
Cadre institutionnel
La simplification administrative devient indispensable pour faciliter la création et le développement des entreprises. La protection des investissements doit être garantie par un cadre juridique solide. Une fiscalité incitative encouragerait l’entrepreneuriat local et les investissements étrangers. La lutte contre la corruption nécessite des mesures concrètes et efficaces.
Infrastructure économique
Le réseau routier requiert une réhabilitation urgente pour désenclaver les régions productives. La production d’énergie doit être augmentée et fiabilisée. Les télécommunications nécessitent une modernisation pour faciliter les échanges. La création de zones industrielles adaptées stimulerait l’implantation d’entreprises.
La mobilisation des ressources
Ressources internes
L’épargne nationale constitue un potentiel largement sous-exploité qui pourrait financer le développement. La diaspora centrafricaine représente une source importante de financement et d’expertise à mobiliser. Les ressources naturelles du pays doivent être exploitées de manière rationnelle au profit du développement national. Un système de taxation efficace permettrait d’augmenter les recettes de l’État.
Partenariats stratégiques
La coopération sud-sud offre des opportunités de collaboration avec des pays aux défis similaires. Les investisseurs responsables doivent être attirés par un cadre attractif et sécurisé. Les transferts de technologie nécessitent des accords de coopération ciblés. Les formations qualifiantes peuvent être développées en partenariat avec des institutions étrangères reconnues.
Le rôle de l’État
Régulation efficace
Un cadre légal stable doit être mis en place pour sécuriser les activités économiques. Le contrôle effectif des activités économiques nécessite des institutions fortes et compétentes. La protection des acteurs économiques doit être garantie par l’État. L’arbitrage équitable des différends commerciaux requiert une justice indépendante et efficace.
Impulsion stratégique
Une planification cohérente du développement national devient indispensable. Les investissements structurants doivent cibler les secteurs prioritaires. La formation professionnelle nécessite une adaptation aux besoins du marché. Le soutien aux initiatives privées doit se traduire par des mesures concrètes.
La dimension sociale de La Centrafrique
Protection des populations
Des filets sociaux ciblés doivent protéger les plus vulnérables pendant la transition économique. La formation continue permet l’adaptation des compétences aux besoins du marché. Le microcrédit doit devenir accessible aux petits entrepreneurs. Le soutien aux coopératives renforce la résilience économique des communautés.
Développement inclusif
L’économie sociale offre des opportunités de développement communautaire. L’entrepreneuriat local nécessite un accompagnement adapté. Les projets communautaires constituent des leviers de développement territorial. La participation citoyenne garantit l’appropriation des initiatives de développement.
Les conditions du succès
Engagement national
Une volonté politique forte doit porter la vision du développement national. La mobilisation populaire autour des objectifs de développement s’avère cruciale. Une vision partagée du développement permet de fédérer les énergies. L’effort collectif constitue la clé de la réussite.
Comme le conclut Oueifio dans son analyse : “La RCA n’est pas condamnée à la pauvreté. Notre pays peut se relever, mais cela demande un changement radical dans notre façon de penser et d’agir. L’aide étrangère ne nous sauvera pas. Seul notre travail peut nous sortir de l’ornière.”
Le nouveau collège de Cantonnier démarre dans la difficulté
Centrafrique.org/un-nouveau-college-public-ouvre-ses-portes-a-cantonnier-beloko/college-de-cantonnier/” rel=”attachment wp-att-84489″ data-wpel-link=”internal”>La façade rénovée du Collège d’Enseignement Général de Cantonnier symbolise l’espoir d’un meilleur avenir éducatif dans cette ville frontalière
À peine ouvert en 2024, le nouveau Collège de Cantonnier fait déjà face à des défis majeurs, notamment le manque d’infrastructures. L’établissement d’Enseignement Général (CEG) partage actuellement trois salles de classe avec l’école Mixte Fondamentale 1 de Cantonnier.
“Ces difficultés renforcent notre détermination à améliorer la qualité de l’enseignement“, affirme Rodrigue Pako Panandé, directeur du collège de Cantonnier. “Nous transformons ces obstacles en opportunités pour consolider le niveau d’études de nos élèves“.
Malgré l’absence de bâtiments dédiés au collège de Cantonnier, la direction maintient son engagement à assurer la continuité de l’enseignement. Le partage des locaux avec l’école primaire impose une organisation rigoureuse des emplois du temps.
Cette situation précaire du collège de Cantonnier souligne le besoin urgent d’infrastructures scolaires dans cette ville frontalière avec le Cameroun, où la demande éducative ne cesse d’augmenter avec l’arrivée de populations déplacées.
Fièvre de la vallée du Rift : cinq cas confirmés à Ngaoundaye
Centrafrique.org/un-singe-atteint-de-la-fievre-de-la-vallee-du-rift/” data-wpel-link=”internal”>un singe probablement atteint de la Fièvre de la vallée du Rift
Une épidémie de fièvre de la vallée du Rift a été détectée à Ngaoundaye, à 487 km au nord-ouest de Bangui. Le ministre de la Santé et de la Population, Dr Pierre Somsé, a confirmé cinq cas, dont un décès, entre le 23 décembre 2024 et le 8 janvier 2025.
Le premier cas de la fièvre de la vallée du Rift a été identifié chez un agent de sécurité de 23 ans résidant dans le quartier Pana. Les analyses effectuées à l’Institut Pasteur de Bangui ont confirmé la présence du virus de la fièvre de la vallée du Rift. Un homme de 70 ans, diagnostiqué le 2 janvier 2025, est décédé le lendemain des suites de la maladie.
“Les symptômes incluent de la fièvre, des maux de tête, une fatigue intense et des saignements aux yeux, au nez et aux gencives”, précise le ministère de la Santé. Les autorités sanitaires recommandent d’éviter tout contact avec les animaux malades, de se laver régulièrement les mains et de dormir sous des moustiquaires imprégnées.
Cette maladie de la fièvre de la vallée du Rift, qui touche principalement le bétail avant de se transmettre à l’homme, n’en est pas à sa première apparition en République centrafricaine. Des cas avaient déjà été signalés à Boali en 2019, puis à Chimbolo (Bambari) et à Safa (M’baïki) en 2022.
Le ministère appelle les éleveurs à la vigilance, particulièrement en cas d’avortements ou de décès dans leurs troupeaux. Un dispositif de surveillance a été mis en place dans la préfecture de Lim-Pendé pour contenir l’épidémie.
Évincé sans préavis, l’ancien entraineur des fauves Raoul Savoy se moque désormais de la fédération centrafricaine avec la nomination de Rigobert Song par le gouvernement
Centrafrique.org/la-Centrafrique-risque-une-suspension-de-la-fifa-le-football-national-au-bord-du-chaos-apres-lingerence-ministerielle/touadera-et-song/” rel=”attachment wp-att-86888″ data-wpel-link=”internal”>Le Président Touadera au milieu, et à gauche, le nouveau entreneur Rigobert Song, et à droit le ministre centrafricain des sports
La nomination surprise de Rigobert Song comme sélectionneur des Fauves de Bas-Oubangui révèle les tensions entre la Fédération centrafricaine de football (FCF) et le ministère des Sports. Dans un entretien accordé le 15 janvier à Radio Mars au Maroc, l’ancien sélectionneur Raoul Savoy dévoile les coulisses de son départ.
“Je l’ai appris par les réseaux sociaux. Et la fédération centrafricaine a appris par les réseaux sociaux la nomination de Rigobert Song. C’est un petit peu l’arroseur arrosé”, déclare Raoul Savoy, qui n’a reçu “ni coup de fil, ni message” pour l’informer de son limogeage.
L’ancien technicien suisse évoque deux périodes distinctes dans ses relations avec le gouvernement. “Avec le Ministre Aristide Briand Reboas, on avait énormément de discussions. Quelqu’un de très agréable, très facile d’accès et qui avait une vraie relation avec nous”, se souvient-il. La situation s’est dégradée avec l’arrivée de Rodolphe Héritier Bonheur Doneng Wazoumon : “Ce nouveau ministre arrive et ne connaissait rien au foot ni au sport en général. Avec lui, ça toujours été assez compliqué et même assez distant.”
Malgré un contrat tripartite impliquant “la fédération, le gouvernement et moi-même”, Raoul Savoy travaillait principalement avec la FCF : “J’étais énormément en collaboration avec le Président de la fédération. On avait une très bonne relation. On faisait le travail qu’on doit faire entre Président et sélectionneur“.
Cette déclaration intervient alors que la nomination unilatérale de Rigobert Song par le ministère des Sports provoque une crise institutionnelle majeure. La FCF, qui avait précédemment confié l’intérim à un staff technique centrafricain dirigé par Eloge Enza Yamissi, dénonce une violation de son autonomie.
La situation pourrait avoir des conséquences graves pour le football centrafricain. La FIFA, gardienne intransigeante de l’autonomie des fédérations nationales, n’hésite pas à suspendre les pays où elle constate une ingérence gouvernementale, comme récemment au Kenya et au Zimbabwe.
Cette crise intervient dans un contexte délicat, alors que la Centrafrique s’est qualifiée historiquement pour le CHAN 2025. Une suspension éventuelle de la FIFA compromettrait gravement cette participation et l’avenir du football national.
‘Comment augmenter les prix quand les recettes baissent?’ Les interrogations du député Martin Ziguélé sur la gestion des fonds publics
Centrafrique.org/discours-de-martin-ziguele-president-de-la-commission-economie-finances-et-plan-a-lassemblee-nationale-en-cloture-du-debat-en-pleiniere-sur-le-vote-de-la-loi-de-finances-2019/discours-martin-ziguele-depute-assemblee-nationale-centrafricaine-bangui-corbeaunews-2/” rel=”attachment wp-att-24689″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/11/discours-martin-ziguele-depute-assemblee-nationale-centrafricaine-bangui-corbeaunews-1-300×200.jpg” alt=”‘Comment augmenter les prix quand les recettes baissent?’ Les interrogations du député Martin Ziguélé sur la gestion des fonds publics” width=”300″ height=”200″ />Martin Ziguelé lors de son intervention à l’assemblée nationale centrafricaine
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
L’opposition centrafricaine s’interroge sur la gestion des finances publiques. Le député Martin Ziguélé a posé cette question lors d’une conférence de presse à Bangui, en analysant les paradoxes de la gestion financière actuelle du pays.
“Comment peut-on augmenter les prix et voir les recettes tirées de la fiscalité pétrolière baisser ? Est-ce qu’on a vraiment besoin d’être économiste pour constater que l’argent, s’il n’est pas là, c’est qu’il est quelque part ?”, a déclaré le député Martin Ziguélé , président du MLPC.
Le dossier du carburant cristallise les préoccupations. “J’apprends qu’il y aura un audit de la Banque mondiale. Ils veulent connaître le prix réel d’achat du carburant à l’extérieur et comprendre les marges ajoutées”, a expliqué le député Martin Ziguélé. Cette analyse arrive à un moment important : le FMI a posé des conditions précises au gouvernement centrafricain. “Vous diminuez le prix du carburant, vous libéralisez l’importation, et vous faites augmenter les recettes, la part reversée à l’État. Sinon, j’arrête le programme”, a rapporté le député Martin Ziguélé.
La situation budgétaire inquiète également l’opposition. L’Autorité Nationale des Élections (ANE) attend toujours un financement. “Il manque un milliard quatre cents millions pour boucler l’opération de révision des listes électorales. C’est la part de l’État qui n’a pas été versée”, a précisé le leader de l’opposition, le député Martin Ziguélé.
Le budget d’investissement 2024 présente des écarts significatifs. “Sur les 18 milliards 600 millions prévus pour l’investissement sur fonds nationaux, seuls 6 milliards représentent des investissements réels”, a détaillé le député Martin Ziguélé. Cette situation l’amène à conclure : “Le budget d’État centrafricain sert uniquement au fonctionnement de l’État et au paiement des dettes“.
Le plan national de développement annoncé par le gouvernement provoque aussi des questions. “Ils parlent de 7000 milliards d’investissements. Mais pour que les bailleurs de fonds financent des projets, il faut un accord avec le FMI”, a souligné l’ancien Premier ministre.
La troisième revue du FMI reste en suspens. “Le FMI attend des actions concrètes sur la libéralisation du secteur pétrolier et l’augmentation des recettes de l’État. Cette décision est bloquée au niveau de l’exécutif dans notre pays”, a affirmé le député Martin Ziguélé.
Pour l’opposition, ces questions financières dépassent le simple cadre économique. “Sans ressources propres, sans transparence dans la gestion, le développement devient impossible”, a conclu le président du MLPC, appelant à une réforme profonde de la gestion des finances publiques.
Touadéra en plein délire : les photos parlent, Wagner est bien là en Centrafrique et il forme nos militaires
Sortie des soldats FACA formés par les Wagner à Berongo
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Touadéra en plein délire . En tout cas, c’est incroyable! L’histoire ressemble à celle d’un enfant pris la main dans la marmite et qui continue pourtant de nier l’évidence. Depuis 2018, le groupe Wagner forme les soldats centrafricains au vu et au su de tous. Et pourtant, le président Kongoboro persiste dans un déni qui frise désormais le ridicule.
Ce 28 décembre, nouvelle preuve éclatante : 473 soi-disant cadets des Forces Armées Centrafricaines ont reçu leurs diplômes à la base militaire de Bérengo. Leurs formateurs ? Des militaires russes dont l’appartenance au groupe Wagner n’est plus un secret pour personne, sauf apparemment pour les autorités centrafricaines.
Capture d’écran du compte de Wagner sur Twitter qui annonce cet événement à Berengo. Pourtant, Baba Kongoboro continue de nier la présence de Wagner en Centrafrique
L’histoire aurait de quoi faire sourire si elle n’était pas si grave. Imaginez : le président Touadéra en plein délire jure sur la tombe de ses ancêtres qu’il n’y a pas de Wagner en Centrafrique. Son ministre conseiller Fidèle Ngouandjika fait de même… tout en portant un t-shirt estampillé Wagner ! On se croirait dans une comédie à l’ivoirienne, si les enjeux n’étaient pas si sérieux pour l’avenir du pays.
Depuis 2022, quand l’Union européenne a cessé ses programmes de formation militaire à l’armée nationale, c’est Wagner qui a pris totalement le relais. Tout le monde le sait, les photos circulent, les preuves s’accumulent. Les réseaux sociaux de la présidence sont même gérés depuis la Russie. Et pourtant, le pouvoir continue sa valse des mensonges, comme un spectacle de marionnettes dont les ficelles mènent tout droit à Moscou.
Cette cérémonie de remise des diplômes à Bérengo n’est que le dernier acte d’une pièce qui dure depuis cinq ans. Une pièce où les autorités centrafricaines semblent avoir perdu tout contact avec la réalité, préférant s’enfermer dans un monde parallèle où Wagner n’existe pas.
Les conséquences sont là : une armée nationale formée par des mercenaires, une souveraineté qui s’effrite, et des dirigeants qui persistent dans leurs mensonges avec l’obstination d’enfants pris en faute. À force de vivre dans le déni, nos autorités en ont oublié cette vérité simple : mentir à tout le monde, c’est d’abord se mentir à soi-même. Et voilà, Touadéra en plein délire .
Et pendant ce temps-là, Wagner continue tranquillement son travail, formant promotion après promotion, sous les yeux d’un pouvoir qui refuse de voir ce que tout le pays observe depuis des années. Une situation qui serait presque comique, si elle ne traduisait pas une réalité bien plus sombre pour l’avenir de la République centrafricaine.
En Centrafrique, l’opposition rejette toute prolongation du mandat de Touadéra au-delà de 2025
Les 4 leaders de l’opposition centrafricaine. CopyrightCNC
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) affiche sa fermeté sur la question de la fin du mandat présidentiel. “Le mandat de Faustin Archange Touadéra s’achève le 31 décembre 2025, il ne fera pas un jour de plus”, a déclaré maître Nicolas Tiangaye lors d’une conférence de presse à Bangui le 7 janvier.
Cette prise de position intervient après des rumeurs persistantes sur une possible prolongation du mandat présidentiel de Touadéra , alimentées par une rencontre le week-end dernier à Mangio, village natal du président Touadéra. Le coordonnateur du BRDC, maître Crépin Mboli-Goumba, a rappelé que “la Constitution du 30 mars 2016, sous laquelle le président Touadéra a été élu, fixe clairement la durée et la fin de son mandat”.
Les leaders de l’opposition s’appuient notamment sur une récente décision du Conseil constitutionnel concernant les députés. “La Cour a statué que les députés élus sous la Constitution de 2016 terminent leur mandat selon les dispositions de cette même Constitution. Cette logique s’applique également au président”, analyse Martin Ziguélé, président du MLPC.
“Aucun président n’a réussi à obtenir un troisième mandat dans ce pays”, souligne l’ancien Premier ministre Enock Lakoué. Il rappelle les tentatives infructueuses des anciens présidents, de David Dacko à François Bozizé.
Le BRDC prévient qu’il utilisera “tous les moyens légaux” pour s’opposer à toute tentative de prolongation. “2025 est une année charnière pour notre démocratie”, insiste Mboli-Goumba, qui note les “vents contraires” auxquels fait face le pouvoir, citant notamment le gel de la troisième tranche des financements du FMI.
Pour l’opposition, la question de la fin du mandat présidentiel de Touadéra est indissociable de celle des conditions d’organisation des prochaines Élections. “Nous n’accepterons pas des Élections avec les institutions actuelles, notamment l’Autorité Nationale des Élections et la Cour constitutionnelle”, prévient Tiangaye.
La grande purge se prépare : Touadéra dresse sa liste noire ministérielle
Centrafrique.org/la-vision-de-sankara-eduquer-pour-convaincre-non-pour-soumettre/faustin-archange-touadera-5/” rel=”attachment wp-att-75899″ data-wpel-link=”internal”>Le Président Baba Kongoboro dit Faustin Archange Touadera
Au fil d’un discours assassin devant son gouvernement à la présidence de la République, le président centrafricain Baba Kongoboro a méthodiquement catalogué les “fautes” de ses ministres. Absences, voyages, fuites médiatiques… Tout est consigné, répertorié, documenté dans une liste noire. Notre enquête révèle comment cette mise en scène prépare un remaniement aussi vaste qu’impitoyable.
Le grand décompte présidentiel
“Certains membres du gouvernement boycottent le conseil“, “d’autres prolongent leurs séjours à l’étranger”, “quelques-uns préfèrent les réseaux sociaux au travail”. Méticuleux, le président égrène ses griefs. Un réquisitoire qui ressemble à un plan de bataille pour le prochain remaniement gouvernemental, dont les ministres concernés sont répertoriés dans une liste noire.
Un système de liste noire mis en place
Le discours révèle l’existence d’un véritable système d’espionnage et de liste noire des ministres. Leurs absences sont comptabilisées, leurs déplacements tracés, leurs communications surveillées. “J’ai constaté”, “il m’a été donné d’observer“, répète Touadéra, dévoilant un appareil de contrôle tentaculaire.
Les têtes qui vont tomber
Les signaux sont clairs. Le président ordonne au Premier ministre de “réactualiser les lettres de mission”. Une formule administrative qui masque mal la préparation d’une purge. L’injonction de “faire preuve d’une réelle capacité à se remettre en cause” sonne comme un ultimatum à peine voilé aux ministres concernés dans cette liste noire.
La chasse aux “traîtres”
La paranoïa du régime éclate au grand jour. Touadéra dénonce les fuites d’informations, les “documents d’État” qui circulent sur les réseaux sociaux. Une obsession du secret qui prépare le terrain pour des règlements de compte politiques.
Le timing électoral
Cette mise en scène intervient à point nommé. À l’approche des Élections locales et présidentielle, le président veut reprendre la main. Les ministres sont prévenus : toute velléité d’indépendance sera sanctionnée. Une manière de verrouiller l’appareil d’État avant les échéances électorales.
En un mot, le message présidentiel est limpide : un grand coup de balai se prépare au sein du gouvernement. Touadéra a dressé sa liste, identifié ses cibles. Ne reste plus qu’à attendre le moment propice pour déclencher la purge. Les semaines à venir s’annoncent sanglantes dans les allées du pouvoir centrafricain.
L’éducation en miettes : Le grand mensonge de Touadera sur les centres de formation
Centrafrique.org/crise-educative-a-bangui-les-eleves-du-lycee-de-fatima-face-a-des-conditions-desastreuses/img-20231027-wa0019/” rel=”attachment wp-att-69999″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/10/IMG-20231027-WA0019-450×221.jpg” alt=”L’éducation en miettes : Le grand mensonge de Touadera sur les centres de formation” width=”450″ height=”221″ />Les élèves du lycée de Fatima suivant les cours
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Le grand mensonge de Touadera du 28 décembre à l’assemblée nationale sur l’éducation résonne comme une sinistre farce dans les salles de classe vides du pays. Douze centres de formation professionnelle sortis du néant, une multiplication miraculeuse des circonscriptions scolaires de 21 à 52, des secteurs scolaires passant comme par magie de 104 à 272. Des chiffres qui donnent le vertige pendant que les élèves s’entassent à même le sol pour étudier.
Le TFIA de Bangui, présenté dans le grand mensonge de Baba Kongoboro comme le fleuron de cette révolution éducative, démontre parfaitement cette mascarade pathétique. Des ateliers sans équipements, des formations sans formateurs, des diplômes sans débouchés. Les onze autres centres censés mailler le territoire – de Bambari à Berbérati, de Bouar à Bangassou – restent des coquilles vides où même l’électricité fait défaut pour les formations en électricité.
La réalité dans les provinces est encore plus accablante. Ces établissements fantômes promettent des formations en “électricité, maçonnerie, mécanique automobile, menuiserie, soudure et couture”. Mais où sont les machines ? Où sont les outils ? Où sont les matériaux ? Les jeunes désœuvrés attendent toujours ces formations miracles censées les arracher au chômage.
Les enseignants, quand ils sont présents, quittent très vite en raison de leur condition professionnelle. Beaucoup ont déserté les salles de classe, laissant des milliers d’élèves livrés à eux-mêmes. Le passage de 1.732 à 2.200 établissements vanté dans le grand mensonge de Touadera masque mal une vérité criante : la plupart de ces “nouvelles écoles” sont des hangars de fortune fabriqués par les parents d’élèves eux-même, ou consstruits par des ONG internationales, en plus sans mobilier ni matériel pédagogique.
Cette inflation statistique ne trompe personne sur le terrain. Les parents d’élèves continuent de se saigner pour payer des enseignants communément appelés « maîttres parents, ou enseignants parents , pendant que leurs enfants étudient dans des conditions indignes. Le système éducatif centrafricain reste en ruine, malgré les chiffres mirobolants brandis à la tribune de l’Assemblée nationale par Baba Kongoboro .
Touadéra et la dérive autoritaire : Comment la Centrafrique est devenue l’appartement témoin de la Russie en Afrique
Centrafrique : Wagner, Bancroft et les jeux troubles de Touadera révélées par Martin Ziguelé” width=”450″ height=”300″ />Faustin-Archange-Touadera-sous-la-protection-des-mercenaires-du-groupe-Wagner-en-Russie
Bangui, CNC. La République centrafricaine s’est métamorphosée en un véritable laboratoire de l’influence russe en Afrique, offrant le spectacle affligeant d’un État qui, sous couvert de souveraineté nationale, a bradé son indépendance au profit d’intérêts étrangers. Cette transformation dramatique, instrumentée de bout en bbout par le régime Touadéra, fait de la RCA la vitrine d’un nouveau modèle d’autoritarisme où mercenaires et prédation économique se conjuguent avec une répression politique implacable.
L’histoire de cette mise sous tutelle commence par une manipulation habile du besoin légitime de sécurité. Profitant du retrait de l’opération Sangaris et de l’inefficacité ressentie de la Minusca, le pouvoir de Touadéra s’est jeté dans les bras de Moscou. Un voyage à Sotchi, initialement destiné à négocier une simple livraison d’armes, s’est transformé en pacte faustien, ouvrant la voie à une mainmise totale sur l’appareil d’État.
La présence russe s’est rapidement révélée tentaculaire. Des “formateurs militaires” aux mercenaires de Wagner, des “conseillers” présidentiels aux exploitants miniers, c’est tout un système d’emprise qui s’est mis en place. Le premier cercle présidentiel est désormais sous contrôle russe, au point que même les audiences avec Faustin Archange Touadera sont filtrées par les hommes de Wagner.
L’économie n’échappe pas à cette mainmise. Les concessions minières sont systématiquement attribuées par Touadera à des intérêts russes, tandis que le contrôle des douanes par Wagner asphyxie le commerce traditionnel. Cette prédation économique s’accompagne d’une brutalisation croissante de la société, particulièrement dans les zones minières où les mercenaires imposent leur loi par la terreur.
Plus insidieuse encore est l’importation des méthodes de répression russes avec l’histoire des agents étranger. Les opposants au régime de Touadera sont systématiquement discrédités, harcelés, voire éliminés physiquement. La désinformation est érigée en système, avec la création d’une constellation de mouvements “citoyens” pro-russes qui terrorisent les voix dissidentes. La “Plateforme de la galaxie nationale centrafricaine”, , et le mouvement requin, en est l’exemple le plus frappant, orchestrant campagnes de haine et menaces physiques contre les opposants politiques.
La souveraineté nationale, brandie comme un étendard par le régime de Touadera, n’est plus qu’une façade. Les décisions stratégiques sont prises à Moscou ou par les représentants de Wagner à Bangui, transformant les institutions nationales en simples chambres d’enregistrement. Même la justice est mise au pas, comme l’illustre l’épisode grotesque de la libération du ministre d’origine tchadienne Hassan Bouba par des mercenaires russes alors qu’il était sous le coup d’une inculpation pour crimes de guerre.
L’influence russe a également perverti le débat public. Un discours ultra-nationaliste et anti-occidental sert désormais de paravent à une dépendance totale envers Moscou. Les médias sont muselés, les réseaux sociaux inondés de propagande, tandis que les intellectuels critiques sont réduits au silence ou contraints à l’exil.
La communauté internationale observe, impuissante, cette transformation d’un État souverain en protectorat russe. L’aide massive déversée dans le pays ne fait que maintenir artificiellement un système dont les bénéfices sont captés par une oligarchie locale et ses patrons russes.
Plus grave encore, la RCA de Touadera est devenue un modèle que la Russie cherche à exporter dans d’autres pays africains. La recette est simple : exploiter les frustrations légitimes envers l’Occident, proposer une protection militaire sans conditions politiques apparentes, puis prendre progressivement le contrôle des leviers économiques et sécuritaires de l’État.
Cette tragédie centrafricaine dessine les contours d’un nouveau colonialisme, plus cynique encore que l’ancien. Un système où la souveraineté nationale devient le paravent d’une mise sous tutelle totale, où la violence mercenaire remplace le droit international, et où la prédation économique s’habille des oripeaux du patriotisme.
La RCA de Touadera n’est plus seulement un État failli, elle est devenue le prototype d’une nouvelle forme de domination étrangère, où la rhétorique de l’indépendance masque une réalité plus brutale encore que celle de l’époque coloniale. Un modèle que Moscou entend bien reproduire ailleurs en Afrique, faisant de Bangui le laboratoire sinistre d’une nouvelle forme d’impérialisme.
La question du statut de l’opposition centrafricaine a dominé le débat Patara ce samedi 11 janvier sur la radio Ndéké-Luka. Le coordinateur national du G16, Karl Blagué, n’y est pas allé de main morte dans sa caractérisation de l’Union des Forces Démocratiques de l’Opposition (UFDO).
“L’UFDO n’est pas un parti, n’est pas un mouvement de l’opposition. Ce sont des aventuriers qui ont été achetés, corrompus par le système, afin de briser l’élan de certains partis politiques, notamment regroupés au sein du BRDC”, a martelé Karl Blagué.
Face à ces accusations, le représentant de l’UFDO, Eddy Symphorien Kparekouti, a tenté de justifier la position de son parti : “Nous, on a tiré des leçons de tout ce qui s’est passé dans ce pays. On ne veut pas faire l’opposition radicale, on veut faire l’opposition constructive“.
La personnalité politique indépendante Dieudonné Ngoumbango a enfoncé le clou : “Au jour d’aujourd’hui ce que fait l’UFDO ne correspond pas du tout à ce que devait être déjà même un parti politique”.
Renée Pascale Gohé-Midé, autre intervenante du débat, a souligné le manque de constance de cette formation politique : “L’opposition fait peur ailleurs. Mais ici, chez nous, l’opposition ne fait pas peur parce qu’ils sont maniables, sincèrement“.
Karl Blagué a particulièrement pointé le silence de l’UFDO face aux exactions : “Devant les massacres perpétrés par les criminels Wagner, les viols et autres, nous n’avons jamais lu un communiqué de l’UFDO. Mais c’est quand il faut partager des postes, ils se précipitent”.
Cette position est contestée par Eddy Symphorien Kparekouti qui défend le bilan de son parti : “Depuis qu’ils sont arrivés dans un an, ils ont conçu deux écoles à Marcounda-Chemin. Pourquoi les autres régimes là, ils ne l’ont pas construit ?”
Le débat a mis en lumière la profonde division au sein du paysage politique centrafricain, alors que le pays se prépare pour les Élections groupées de décembre 2025. Une situation que le maître Nicolas Tiangaye du BRDC avait anticipée en rappelant que “l’opposition politique ne se résume pas au BRDC”.
Ces échanges interviennent dans un contexte où le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) multiplie les demandes de dialogue avec le président Touadéra, sans succès jusqu’à présent selon les leaders de l’opposition.
Berberati s’effondre : les routes deviennent très dangereuses
Centrafrique.org/des-vols-danimaux-domestiques-en-hausse-a-berberati-a-lapproche-des-fetes-des-fins-dannee/le-pk0-de-la-ville-de-berberati-et-son-monument-de-lindependance/” rel=”attachment wp-att-85847″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Le-Pk0-de-la-ville-de-Berberati-et-son-Monument-de-lindependance-450×209.jpg” alt=”Berberati s’effondre : les routes deviennent très dangereuses” width=”450″ height=”209″ />
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Des trous de plusieurs mètres de profondeur traversent maintenant les rues principales de Berberati. Dans le quartier Longoté, trois maisons se sont déjà effondrées la semaine dernière. Les habitants fuient leurs domiciles avant qu’ils ne s’écroulent.
À l’école Barthelemy Boganda de Berberati, les élèves doivent faire des détours de plusieurs centaines des mètres pour atteindre leurs salles de classe. Le taxi-moto, seul moyen de transport encore possible à Berberati, coûte désormais une fortune pour un trajet de quelques minutes.
À l’hôpital préfectoral de Berberati, les soignants notent une hausse des accidents : “Nous recevons chaque semaine des blessés graves, tombés dans ces trous en circulant la nuit“, témoigne un infirmier joint par la rédaction du CNC.
Les pluies continuent de creuser les routes à Berberati. Au quartier Sosso-Nakombo, la route principale est coupée en deux par une crevasse de 8 mètres de large. Les camions grumiers passent pourtant toujours, élargissant jour après jour ces brèches.
Le service des travaux publics ne dispose d’aucun engin. Son chef de service occupe un bureau vide, sans même une moto pour ses déplacements. Les taxes payées par les sociétés forestières et minières sont versées directement à Bangui.
Dans le quartier commercial de Berberati, les commerçants voient leurs clients diminuer. “Personne ne peut plus traverser pour venir acheter“, explique Madeleine, vendeuse au marché central. Les prix des produits augmentent à cause des difficultés de transport.
Réaction de La MDSP au discours de Touadera : « un chef qui n’assume pas ses échecs »
Centrafrique.org/vers-lannulation-pour-inconstitutionnalite-du-decret-n-22-248-du-26-aout-2022-portant-creation-dun-comite-charge-de-rediger-le-projet-dune-nouvelle-constitution/dominique-desire-erenon-2/” rel=”attachment wp-att-59581″ data-wpel-link=”internal”>Dominique Désiré ERENON, Président de la MDSP
Le Dr Dominique Désiré Erenon, président de la Marche pour la Démocratie et le Salut du Peuple (MDSP), critique sévèrement les récentes interventions du président Faustin Archange Touadéra dans une déclaration publiée le 14 janvier 2025.
Dans ce document officiel numéroté 01-2025, le président de la MDSP relève des “affirmations erronées, contradictoires, le double langage permanent et le constat d’un chef qui n’assume pas ses échecs.”
“Car le 28 décembre dernier, après avoir dressé un bilan idyllique, en particulier sur le plan économique, sans chiffres exacts à l’appui, sans éléments factuels significatifs de ses quasi neuf années à la tête de l’État, le Président Touadéra pratique l’art de l’autocongratulation permanente“, dénonce le Dr Erenon dans sa déclaration.
Le leader de la MDSP souligne particulièrement la faible performance économique sous l’administration actuelle : “Rappelons que sous l’ère Touadéra, nous sommes le pays qui a connu les taux de croissance les plus bas de l’Afrique (de l’ordre de seulement 1%/an, dont seulement 0,7% attendu pour 2024 selon la dernière estimation de la Banque Mondiale).”
Le Dr Erenon s’interroge également sur le discours présidentiel du 9 janvier au Conseil des ministres. “Dans un discours rendu public et diffusé à la télévision nationale pour la première fois, et dont on peut légitimement se poser la question d’une instrumentalisation politique manifeste, il sermonne vertement son Premier ministre et l’ensemble de son Gouvernement”, observe le président de la MDSP.
“Par cette seule scène, on voit bien que l’on est dans un phénomène de pouvoir autocratique. On a assisté à un second discours présidentiel ‘hors sol’, très curieux, déconcertant et machiavélique”, conclut le Dr Dominique Désiré Erenon dans cette déclaration officielle de la MDSP.
Le parti MDSP, dont le siège est situé dans le quartier Gobongo à Bangui, appelle à une prise de conscience face à ce qu’il qualifie de “grand bond en arrière” pour la République centrafricaine.
Boganangone : Un conducteur de moto-taxi assassiné près de Zoumbélé
Centrafrique.org/trouble-et-violence-a-yaloke-2-personnes-tuees-2-assaillants-capturees/commissariat-de-police-de-yaloke-par-cnc/” rel=”attachment wp-att-70597″ data-wpel-link=”internal”>Commissariat de police de Yaloké. CopyrightCNC
Un meurtre a été commis la semaine dernière sur la route reliant Zalingo à Zoumbélé, dans la sous-préfecture de Boganangone, à 192 km de Bangui. Alidou, conducteur de moto-taxi, a été mortellement poignardé par Abakar, un homme déjà connu des habitants pour ses actes de violence.
Les faits se sont déroulés alors qu’Alidou se rendait à Bojula, dans la sous-préfecture de Boganangone. En chemin, il croise Abakar qui lui demande de le conduire à Zoumbélé. Durant le trajet, l’agresseur poignarde sa victime et lui tranche la gorge avant de s’enfuir avec la moto jusqu’à Yaloké, située à 225 km de Bangui.
“Abakar était considéré comme un véritable fauteur de troubles à Bojula. Il était connu pour ses agressions au couteau et le vol de bétail aux éleveurs peuls dans la sous-préfecture de Boganangone “, indique une source locale interrogé par la rédaction du CNC.
L’assassin présumé a été appréhendé et se trouve actuellement en détention à la gendarmerie de Boda, dans la préfecture de la Lobaye. Une enquête est en cours pour établir les circonstances exactes de ce meurtre qui révèle la persistance de l’insécurité dans la région.
La cryptomonnaie est devenue une force transformatrice dans divers secteurs et son potentiel de révolutionner le secteur du divertissement en Afrique est immense. Alors que le continent connaît une renaissance numérique et culturelle, l’intégration de la cryptomonnaie dans les écosystèmes de divertissement pourrait redéfinir la manière dont le contenu est créé, distribué et consommé. De l’autonomisation des créateurs à l’élargissement de l’accès du public, la cryptomonnaie a le potentiel de débloquer des opportunités sans précédent dans le paysage dynamique du divertissement en Afrique.
Transformer les événements en direct et les jeux
Les événements en direct et les jeux sont deux segments de l’industrie du divertissement qui sont sur le point de bénéficier considérablement de l’adoption de la cryptomonnaie. Pour les événements en direct, les cryptomonnaies peuvent rationaliser la vente de billets, réduire la fraude et améliorer la transparence. Les systèmes de billetterie basés sur la blockchain garantissent que les billets ne peuvent pas être dupliqués ou revendus, améliorant ainsi l’expérience des organisateurs et des participants.
Le secteur du jeu est tout aussi transformateur. Les cryptomonnaies et la technologie blockchain permettent aux joueurs de posséder en toute sécurité des actifs de jeu, qui peuvent être échangés ou vendus sur plusieurs plateformes, créant ainsi une valeur réelle à partir des réalisations du jeu. Ce modèle décentralisé permet aux joueurs africains de participer à l’économie mondiale du jeu sur un pied d’égalité.
Le succès des nouveau casino en ligne montre comment les crypto-monnaies peuvent révolutionner les interactions numériques. Ces plateformes démontrent les avantages des transactions sécurisées, rapides et transparentes, créant un précédent pour les innovations dans le domaine de l’eSport et du jeu compétitif. Les paiements de prix en crypto-monnaie garantissent des transactions transparentes et sans frontières, attirant des sponsors et des joueurs internationaux dans la communauté croissante des joueurs africains.
Ouvrir de nouvelles sources de revenus pour les créateurs
La crypto-monnaie a le potentiel de révolutionner le divertissement en Afrique en ouvrant de nouvelles sources de revenus pour les créateurs. Les musiciens, les cinéastes et les créateurs de contenu sont souvent confrontés à des défis tels que des opportunités de financement limitées, des partages de revenus injustes et un piratage généralisé. La technologie Blockchain, fondement des crypto-monnaies, fournit un cadre sécurisé et transparent pour la gestion de la propriété intellectuelle et des paiements.
Les créateurs peuvent tirer parti des plateformes basées sur la crypto-monnaie pour recevoir des paiements directs de leurs fans, en contournant les intermédiaires traditionnels qui prennent souvent une part substantielle de leurs revenus. Les contrats intelligents améliorent encore cet écosystème en automatisant les paiements, garantissant que les créateurs sont rémunérés instantanément et équitablement pour leur travail.
Cette approche décentralisée élimine les retards et les litiges tout en permettant aux artistes africains de monétiser leurs talents plus efficacement et d’atteindre un public mondial. Alors que l’industrie du divertissement adopte les innovations de la blockchain, les créateurs ont la possibilité de créer des flux de revenus durables et de se connecter avec les fans de manière transformatrice.
Élargir l’accessibilité pour les consommateurs
La crypto-monnaie a le potentiel d’élargir l’accessibilité au divertissement à travers l’Afrique, où les systèmes financiers traditionnels sont souvent limités ou coûteux. De nombreux pays africains ont une forte population non bancarisée, mais la pénétration de la téléphonie mobile augmente rapidement. Les crypto-monnaies, accessibles via des appareils mobiles, permettent aux consommateurs de participer à l’économie numérique sans avoir besoin d’un compte bancaire traditionnel.
Pour l’industrie du divertissement, cela signifie que davantage de personnes peuvent payer pour des services de streaming, acheter des billets pour des événements en direct ou soutenir leurs créateurs préférés sans être exclues par des barrières financières. Les microtransactions devenant plus faciles grâce à la crypto-monnaie, les consommateurs peuvent également payer de petites sommes pour des éléments de contenu individuels, rendant le divertissement plus abordable et inclusif.
De plus, les transactions transfrontalières en cryptomonnaie éliminent les frais de change et les délais, ce qui permet au public africain d’accéder plus facilement aux contenus internationaux et aux consommateurs du monde entier de s’intéresser aux divertissements africains. Cette intégration transparente des paiements pourrait favoriser les échanges culturels et promouvoir les talents africains à l’échelle mondiale.
Améliorer l’engagement des fans grâce à la tokenisation
La cryptomonnaie transforme l’engagement des fans en Afrique grâce à la tokenisation, permettant aux créateurs de nouer des liens plus étroits avec leur public. En émettant des tokens numériques, les artistes offrent aux fans un accès exclusif au contenu, aux produits dérivés ou aux expériences tout en recevant un soutien financier direct. Ce modèle innovant favorise une relation plus interactive et plus enrichissante entre les créateurs et leurs supporters.
Par exemple, les musiciens peuvent sortir des titres en édition limitée disponibles uniquement pour les fans détenant des tokens spécifiques, tandis que les cinéastes peuvent offrir un accès anticipé aux films ou au contenu des coulisses en échange de tokens. Ce sentiment d’exclusivité renforce non seulement la fidélité des fans, mais permet également aux créateurs de générer des revenus sans dépendre des intermédiaires traditionnels.
De plus, ces tokens peuvent prendre de la valeur, ce qui incite les fans à investir dans leurs artistes préférés tout en générant potentiellement des retours sur investissement. Cette approche fournit aux créateurs un financement initial pour soutenir leurs projets et offre une expérience plus personnalisée et plus engageante aux fans, révolutionnant ainsi le paysage du divertissement en Afrique.
Défis et voie à suivre
Malgré son potentiel, l’adoption des cryptomonnaies dans l’industrie du divertissement en Afrique est confrontée à des défis tels que l’incertitude réglementaire, l’accès limité à Internet et la volatilité des monnaies numériques. Pour surmonter ces obstacles, il sera essentiel d’éduquer les parties prenantes sur les avantages des cryptomonnaies et de mettre en œuvre des réglementations claires.
Les partenariats entre les gouvernements, les entreprises privées et les innovateurs de la blockchain peuvent jouer un rôle clé dans la promotion de l’adoption. En outre, les investissements dans les infrastructures et les programmes d’alphabétisation numérique seront essentiels pour garantir que les avantages des cryptomonnaies soient accessibles à un public plus large. En surmontant ces obstacles, l’Afrique peut libérer le potentiel de transformation des cryptomonnaies dans son secteur du divertissement.
Des affrontements ont éclaté ce mercredi vers 11h entre les Mercenaires russes du groupe Wagner et un groupe armé non identifié au village de Ndamiri, situé au PK15 sur l’axe Mala-Dékoa. Les tirs d’armes lourdes résonnent encore dans cette localité de la préfecture de la Kémo, à 260 kilomètres de Bangui.
La population civile, prise de panique, a déserté le village. De nombreux habitants ont trouvé refuge dans la brousse environnante, tandis que d’autres se sont dirigés vers la ville de Mala, à environ 45 kilomètres.
“Les détonations d’armes lourdes ne cessent pas depuis ce matin. La situation reste très tendue dans le secteur”, indique une source locale jointe par téléphone par la rédaction du CNC. L’identité précise des assaillants n’est pas encore établie. Selon certains témoins, les assaillants seraient des combattants de la CPCF, d’autres parlent de la CPC.
Selon nos informations, des éléments russes de Wagner et leurs alliés des FACA sont actuellement déployés dans cette zone stratégique où opèrent régulièrement des groupes armés. Le bilan humain et matériel de ces affrontements n’est pas encore disponible à l’heure actuelle.
Notre équipe, positionnée près de la zone des combats, à 20 kilomètres de Mala, poursuit son travail d’investigation pour fournir plus de détails sur cette situation en développement.
‘Notre maison s’appelle Centrafrique, son propriétaire est le peuple’ : le BRDC passe à l’offensive
Centrafrique.org/meeting-de-verite-le-brdc-dejoue-tous-les-pronostics/les-leaders-du-bloc-republicain-pour-la-defense-de-la-constitution-lors-de-leur-premier-meeting-sur-le-terrain-de-football-de-ucatex-samedi-27-aout-2022/” rel=”attachment wp-att-59128″ data-wpel-link=”internal”>Les leaders du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution lors de leur premier meeting sur le terrain de football de l’UCATEX , samedi 27 août 2022 . CopyrightCNC
La métaphore de l’opposition démocratique centrafricaine raisonne désormais dans tous les coins de la capitale centrafricaine Bangui. “Vous êtes dans la maison de quelqu’un, vous dites qu’à partir de maintenant je reste dans ta maison, je ne paie rien et puis je vais mourir dans la maison. Ce n’est pas normal”, lance Crépin Mboli-Goumba, dans une analogie cinglante visant la volonté de maintien au pouvoir du président Touadéra.
Le coordonnateur du BRDC enfonce le clou : “Le propriétaire de la maison s’appelle le peuple centrafricain. C’est la maison des journalistes aussi, de tous les Centrafricains, c’est la maison de tout le monde”. Une image qui résonne particulièrement dans un pays où la question du bail présidentiel fait souvent débat.
“Pourquoi pensez-vous qu’il devrait être plus propriétaire que vous, co-propriétaires de la maison ?”, interroge Mboli-Goumba, s’adressant directement aux journalistes présents. “C’est à vous aussi cette maison, à vous. C’est un combat commun pour sauver notre maison, l’embellir et la laisser à nos enfants”.
La métaphore prend une dimension intergénérationnelle. “Il y a un continuum qui doit exister entre nous et ceux qui vont venir demain”, souligne Martin Ziguélé. “On n’aura même pas le courage de libérer la maison et de refaire la peinture, même de l’embellir avant de la transmettre à nos enfants“.
L’opposition dénonce un “locataire” qui refuse de respecter les règles. “On a donné à un locataire qui a dit ‘non, à partir d’aujourd’hui c’est ma maison’, alors qu’il ne l’a même pas construite”, s’indigne maître Nicolas Tiangaye, rappelant que “la propriété de cette maison appartient à nous tous”.
“Il s’agit d’un bail”, martèle Mboli-Goumba. “Il n’y a pas de bail indéfini“. Une référence directe aux velléités de troisième mandat prêtées au président Touadéra. L’opposition promet de “dévoiler progressivement sa stratégie” pour faire respecter les droits du “propriétaire légitime” : le peuple centrafricain.
Cette métaphore de la maison, simple mais puissante, s’inscrit dans une tradition centrafricaine où les enseignements politiques passent souvent par des images tirées du quotidien. Une façon de rappeler que la démocratie, comme une maison, nécessite entretien et respect des règles de vie commune.
Recettes fiscales 2025 en Centrafrique : L’État joue aux apprentis sorciers avec des objectifs irréalistes
Centrafrique.org/rca-le-president-faustin-archange-touadera-inaugure-le-nouveau-batiment-du-ministere-des-finances-et-du-budget/nouveau-batiment-administratif-du-ministere-des-finances-et-du-budget-inaugure-le-23-septembre-2020-par-le-chef-de-letat-faustin-archange-touadera/” rel=”attachment wp-att-40876″ data-wpel-link=”internal”>Le bâtiment administratif du ministère des finances. CopyrightCNC
La loi de finance 2025 votée par l’Assemblée nationale affiche des ambitions démesurées en matière de recettes fiscales 2025 . L’État prévoit une collecte de 139,55 milliards de francs CFA pour l’année à venir, alors même que les services fiscaux peinent déjà à atteindre leurs objectifs actuels. Cette projection audacieuse intervient dans un contexte où les caisses publiques sonnent dangereusement creux à cause des milliards versés au groupe Wagner et Rwandais, sans oublier de multiple voyages présidentiels à l’étranger.
En effet, les chiffres actuels donnent le vertige. À fin novembre 2024, les services fiscaux n’ont récolté que 134,37 milliards de francs CFA sur une prévision annuelle de 160,87 milliards. Ce résultat décevant de 83,48% des objectifs traduit les difficultés chroniques de l’administration fiscale à mobiliser les ressources.
La répartition par direction témoigne d’une défaillance générale du système de collecte. La Direction générale des droits et taxes indirects plafonne à 49,77 milliards de francs CFA sur un objectif de 77,50 milliards, soit à peine 72,84% de réussite. La Direction générale des impôts n’affiche pas de meilleurs résultats avec 52,30 milliards collectés sur 75,50 milliards attendus, culminant à 79,84% des prévisions.
Devant cette contre-performance de Recettes fiscales, le ministère des Finances déploie un arsenal de mesures censées redresser la barre. Au programme : digitalisation du système fiscal, élargissement de l’assiette fiscale en matière foncière, sensibilisation au civisme fiscal, mise en place d’un nouveau calendrier fiscal. Mais ces réformes, pour nécessaires qu’elles soient, suffiront-elles à combler le gouffre entre ambitions et réalité ?
L’État compte particulièrement sur le secteur minier et forestier pour garnir ses caisses. La levée récente de l’embargo laisse espérer une reprise des activités extractives. Pourtant, les recettes fiscales issues de ces secteurs restent imprévisibles, soumises aux aléas du marché international et à la stabilité sécuritaire du pays.
Plus inquiétant encore, le rapport de la Commission pointe du doigt des dysfonctionnements graves dans la gestion des deniers publics. Des détournements ont été constatés au niveau des trésoreries régionales, conduisant à des mesures conservatoires et des poursuites judiciaires contre certains agents. Ces scandales ébranlent la confiance des contribuables et compliquent davantage la collecte des impôts.
L’objectif de 139,55 milliards de francs CFA de recettes fiscales pour 2025 apparaît comme un pari risqué, voire irréaliste. Entre une administration fiscale en difficulté, des secteurs économiques fragiles et une confiance ébranlée des contribuables, le gouvernement devra accomplir des miracles pour atteindre ses ambitions. Le risque est grand de voir ces prévisions optimistes se transformer en nouveau revers pour les finances publiques, avec des conséquences directes sur la capacité de l’État à assurer ses missions essentielles.
“La fonction présidentielle est réduite à des considérations de basse politique”. C’est en ces termes que le coordonnateur du BRDC, Crépin Mboli-Goumba, a dénoncé le comportement du président Faustin Archange Touadéra, lors d’une conférence de presse le 7 janvier dernier à Bangui.
Dans une intervention empreinte de gravité, le leader du BRDC Mboli-Goumba s’est dit “profondément attristé” par la dévaluation de la plus haute fonction de l’État. “Le président de la République est le premier des Centrafricains. Quelques critiques qu’on puisse formuler sur son élection, sur sa légitimité ou sa mauvaise gouvernance, il est astreint à une certaine dignité dans le comportement”, a-t-il souligné.
Pour illustrer cette “perte de prestige”, Mboli-Goumba a évoqué l’affaire récente impliquant un proche collaborateur présidentiel, sans doute c’est le cas du faussaire Daniel Nzéwé, accusé de faux en écriture publique. “Ce compatriote arrêté a eu le temps d’écrire au monde entier : ‘Ne vous en faites pas, je suis l’ami du président, il est au courant de tout ce que je fais, je serai libéré’. Et c’est précisément ce qui s’est passé”, relate maître Crépin Mboli-Goumba.
“On l’a vu déposer une gerbe de fleurs sur le cercueil d’un parent du président, puis marcher avec lui dans son village de Damara. Quel message envoie-t-on au peuple sur la dignité de la fonction présidentielle ?”, s’interroge le coordonnateur du BRDC.
Pour l’opposition, cette situation révèle un renversement des valeurs morales. “C’est comme si le mal avait triomphé du bien. L’honnête homme a cédé la place à l’homme malhonnête”, déplore Mboli-Goumba, qui précise cependant : “Forcément, chaque fois que le mal triomphe du bien, il s’agit d’une victoire temporaire”.
Le leader du BRDC Mboli-Goumba rappelle que le président dispose “d’autant de droits que nous, mais de plus de devoirs, car il est dépositaire de notre souveraineté”. Une souveraineté confiée “pour une période limitée” et qui implique des responsabilités.
“Nous avons le devoir de nous battre pour restaurer le prestige de la fonction présidentielle“, conclut Mboli-Goumba, appelant à une prise de conscience collective sur l’importance de la dignité dans l’exercice du pouvoir.
Centrafrique.org/rca-presidentielle-du-27-decembre-lopposition-conteste-la-victoire-du-president-touadera/anicet-georges-dologuele-lors-de-sa-conference-de-presse-le-5-janvier-2020-par-cyrille-jefferson-yapende/” rel=”attachment wp-att-43375″ data-wpel-link=”internal”>Anicet Georges Dologuélé lors de sa conférence de presse le 5-janvier 2020-. CopyrightCNC
Dans un entretien approfondi sur la situation en République centrafricaine, l’ancien Premier ministre Anicet Georges Dologuélé, surnommé “AGD”, dresse un constat alarmant de l’état du pays. Il révèle une détérioration marquée des conditions de vie des Centrafricains sous la présidence de Faustin Archange Touadéra.
“Ce qui m’a marqué par rapport aux autres années, je veux dire par rapport à depuis 2016, c’est l’expression collective de la détresse par la population centrafricaine. Aujourd’hui, vous vous adressez à quelqu’un, c’est des plaintes, c’est la détresse. Et ça à tel niveau que les gens n’ont plus la pudeur qu’ils avaient pour en parler”, déclare l’opposant qui voyage régulièrement dans le pays.
Pour Anicet Georges Dologuélé, cette situation marque un tournant : “Le temps de la résignation est terminé. On est en forme des êtres humains, vous ne pouvez pas réduire un être humain au stade d’animal et puis il va continuer à l’accepter tout le temps. Il arrive un moment où il se dit trop, c’est trop et il l’exprime”.
Sur la question important de l’accès à l’eau et à l’électricité, l’ancien Premier ministre Anicet Georges Dologuélé dénonce l’inaction du gouvernement : “Quand on accède à des fonctions gouvernementales, quand on veut prendre en charge le destin du pays, c’est pour résoudre des problèmes pratiques pour la population. La population a droit à de l’eau potable, elle a droit à de l’électricité. Les solutions existent“.
Concernant les projets hydroélectriques annoncés par le président Touadéra, Anicet Georges Dologuélé rappelle son propre engagement passé : “J’avais envoyé une mission ici en Centrafrique qui avait fait le tour de tous ces sites et qui avait adressé un rapport au gouvernement avec des précisions sur l’exploitation de ces sites pour avoir plus de fournitures en électricité dans le pays. Ça fait plus de 15 ans“.
Sur le plan sécuritaire, l’opposant Anicet Georges Dologuélé s’interroge sur l’efficacité des forces présentes : “Aujourd’hui, nous avons dans le pays, le président de la République a annoncé 23 000 FACA. Il y a environ 14 000 casques bleus. Il y a les accords avec des bilatéraux russes et rwandais. Si vous faites le total, on a pas moins de entre 40 et 50 000 hommes en armes qui ont le pouvoir de mettre la sécurité dans le pays“.
Anicet Georges Dologuélé affirme avec conviction : “Si je l’avais été [président] en 2016, on n’aurait plus entendu parler d’insécurité du tout dans le pays. En 2016, tous les groupes armés étaient préparés à déposer les armes. Ils n’étaient pas nombreux“.
Concernant le dialogue politique réclamé par l’opposition avant les Élections de 2025, l’ancien Premier ministre Anicet Georges Dologuélé rejette le “dialogue républicain” organisé précédemment : “Les compatriotes qui sont au pouvoir ont préféré faire quelque chose qui leur fasse plaisir. Mettre beaucoup de gens dans une pièce qui sentent leur gloire“.
Il critique vivement la nouvelle Constitution adoptée en 2023 : “On a massacré ce texte pour faire un texte à sa gloire, pour le permettre d’évoluer sans concurrence, d’évoluer sans garde-fou, de faire ce qu’il veut quand il veut. Nous faisons de la politique pour les 6 millions de centrafricains. Cette constitution va à l’encontre des intérêts de ces centrafricains-là“.
Pour 2025, Anicet Georges Dologuélé appelle à un changement politique, citant des exemples régionaux : “Je souhaite que 2025 soit le début d’une année d’alternance politique. C’est ainsi le cycle de la démocratie. Vous avez vu au Ghana comment ça s’est passé. Vous avez vu dans d’autres pays, le Sénégal. Le président Macky Sall avait pourtant bien construit le pays, bien rempli ses deux mandats. Quand il a voulu faire un troisième mandat, les Sénégalais l’ont rappelé avec insistance les textes qui régissent le pays“.
Cette interview survient dans un contexte tendu, alors que la Centrafrique se prépare à des Élections importantes cette année, sous l’égide d’une nouvelle Constitution qui a supprimé la limitation des mandats présidentiels.
Tchad : Les rebelles centrafricains Arda Akouma et le colonel Badjadje détenus à Am-Timane
Centrafrique.org/Centrafrique-naissance-dun-nouveau-groupe-politico-militaire-le-mdrpc-du-general-arda-hakouma/general-arda-hakouma/” rel=”attachment wp-att-62821″ data-wpel-link=”internal”>Le général Arda Hakouma, chef du MDRPC
Le général Arda Akouma et le colonel Youssouf Moustapha, alias Badjadje, sont actuellement détenus à Am-Timane au Tchad avec plusieurs autres rebelles centrafricains, confirment nos sources sécuritaires tchadiennes.
Après leur arrestation initiale à Tissi début janvier, les prévenus, y compris le général Arda Akouma , ont d’abord été transférés à Arasse Mangagne avant leur incarcération à Am-Timane, où ils se trouvent actuellement.
Un élément important dans cette affaire concerne le colonel Badjadje. Ce dernier est recherché par la Cour Pénale Spéciale (CPS) de Bangui pour son implication présumée dans les massacres de Ndélé en 2020. La CPS avait perdu sa trace depuis ces événements, ignorant jusqu’à présent sa localisation.
Des négociations complexes semblent être en cours concernant le sort des détenus. Plusieurs ministres centrafricains auraient contacté les autorités tchadiennes pour demander leur libération. Une première demande a essuyé un refus catégorique de la part des autorités tchadiennes. Les discussions se poursuivent néanmoins dans la plus grande discrétion, sans qu’on puisse prévoir leur issue.
“La présence du colonel Badjadje parmi les détenus d’Am-Timane est une information significative pour la cour pénale spéciale “, souligne une source proche du dossier à Bangui.
Les autorités tchadiennes maintiennent pour l’instant le silence sur les suites qu’elles comptent donner à cette affaire.
AUDH de l’université de Bangui sortent de leur silence… pour applaudir Touadera
Centrafrique.org/Centrafrique-12-mois-darriere-des-bourses-les-etudiants-victimes-dune-dictature-naissante/faculte-de-sciences-juridiques-et-politique-de-luniversite-de-Bangui/” rel=”attachment wp-att-63895″ data-wpel-link=”internal”>Faculté de sciences juridiques et politique de l’Université de Bangui
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Une organisation fictive dénommée L’Action des Universitaires pour les Droits de l’Homme (AUDH) vient de sortir de sa léthargie. Non pas pour dénoncer les conditions alarmantes dans les prisons centrafricaines, mais pour féliciter le président Touadéra pour son décret de remise de peine du 31 décembre 2024.
Ceci n’est pas une blague, encore moins une comédie à l’ivoirienne. Cette sortie médiatique, la première depuis la création de cette mystérieuse association dénommée AUDH , laisse perplexe. Alors que les détenus de la prison de Ngaragba, du camp de Roux et de Bimbo croupissent dans des conditions inhumaines, que certains prisonniers aveugles ou gravement malades doivent être portés par leurs codétenus pour leur promenade quotidienne, ces universitaires de cette organisation AUDH n’ont trouvé rien de mieux à faire que d’applaudir une mesure présidentielle de routine.
Le communiqué de l’AUDH parle de “désengorgement des établissements pénitentiels”. Une formule qui masque mal la réalité : les prisons centrafricaines restent surpeuplées, les détenus peinent à se nourrir et à se soigner. Des situations dramatiques qui n’ont visiblement pas ému ces supposés défenseurs des droits humains jusqu’à présent.
La soudaine apparition de cette organisation, uniquement pour encenser une décision présidentielle, pose question. Ces universitaires, dont les nominations dépendent du pouvoir, semblent plus préoccupés par leur carrière que par la défense effective des droits humains. Leur silence assourdissant face aux multiples violations des droits des détenus, et des centrafricains en général, contraste étrangement avec leur empressement à féliciter le chef de l’État.
Cette attitude complaisante démontre la mainmise du pouvoir sur les institutions universitaires et l’instrumentalisation des questions des droits humains à des fins politiques. Pendant ce temps, dans l’ombre des cellules surpeuplées, les prisonniers centrafricains continuent de souffrir, loin des communiqués de félicitations.
Attaque meurtrière près de Baboua : un mort et quatre personnes enlevées
Centrafrique.org/deux-conducteurs-de-taxi-moto-agresses-par-des-hommes-armes-vers-kaga-bandoro/5-combattants-de-la-seleka-avec-leurs-armes-5/” rel=”attachment wp-att-33599″ data-wpel-link=”internal”>5 combattant de la Seleka
Un homme a été tué et quatre autres kidnappés jeudi dernier par des hommes armés non identifiés à proximité d’un chantier minier, à 5 kilomètres du village Lokoti-Bangui, dans la sous-préfecture de Baboua, à 560 km de Bangui.
L’attaque s’est produite jeudi 09 janvier dernier sur la route menant au chantier minier proche du village Lokoti, dans la sous-préfecture de Baboua. Un motocycliste, de passage, arrêté par les assaillants, et qui refusait de s’arrêter a été abattu par les criminels d’une balle à la tête. Les assaillants ont ensuite enlevé quatre personnes, exigeant une rançon de 250 000 francs CFA par otage.
Les otages ont été libérés samedi 11 janvier vers 18 heures, après le versement d’un million de francs CFA. Peu après leur libération, des villageois de Lokoti ont repéré trois individus suspects à moto en direction de Baboua, présumés être les auteurs du kidnapping.
La tentative d’interpellation par les habitants a tourné au drame. Dans la confusion qui a suivi, un jeune villageois a trouvé la mort suite à l’explosion accidentelle de son arme artisanale. Les suspects ont profité du chaos pour prendre la fuite.
Cette attaque démontre une fois de plus la persistance de l’insécurité dans la région de Baboua, où les hommes armés non identifiés continuent de mener des actions violentes contre les civils.
Le KNK assouplit sa position sur le dialogue politique en Centrafrique
Centrafrique.org/le-knk-face-a-la-proposition-de-dialogue-politique-inclusif-en-rca-eclairage-du-president-interimaire/monsieur-christian-guenebem-2/” rel=”attachment wp-att-70201″ data-wpel-link=”internal”>Monsieur Christian GUENEBEM, Président Intérimaire du KNK
Le parti Kwa Na Kwa (KNK) de l’ancien président François Bozizé révise sa position concernant le dialogue politique en République centrafricaine. Dans ses vœux pour 2024, le président par intérim du parti a annoncé que le KNK est “prêt à participer à un dialogue inclusif quelle que soit sa forme”, marquant une évolution notable de sa ligne politique.
Cette déclaration suggère que le KNK accepterait désormais un dialogue limité aux partis politiques, sans la participation des groupes armés, rejoignant ainsi la position des autres formations de l’opposition regroupées au sein du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC).
Le message du KNK souligne également la volonté du parti d’organiser “dans les semaines à venir” le retour progressif de ses cadres en exil, répondant aux invitations répétées du Président Faustin Archange Touadéra, surnommé “Baba Kongoboro”.
“Le temps de la crise sécuritaire aiguë qui nous a poussés à nous mettre à l’abri est passé”, indique le communiqué du KNK, qui insiste sur l’importance d’un “dialogue franc et sincère” pour résoudre la crise centrafricaine.
Cette annonce intervient alors que le pays se prépare aux Élections de 2025. Le parti critique toutefois la situation sécuritaire actuelle, dénonçant “la présence de troupes étrangères sur le sol centrafricain” et leur implication dans des “violations des droits de l’homme”.
L’opposition centrafricaine n’a actuellement pas accès aux médias d’État, contraignant le KNK à diffuser son message de vœux via les réseaux sociaux. Cette restriction démontre les tensions persistantes entre le pouvoir et l’opposition malgré les appels au dialogue.
Centrafrique : les barrières militaires maintenues à Nana-Bakassa malgré les plaintes des populations
Centrafrique.org/etranglees-par-les-barrieres-illegales-des-faca-et-des-routes-impraticables-louham-pende-et-le-lim-pende-sombre-dans-le-chaos/barriere-bocaranga/” rel=”attachment wp-att-83066″ data-wpel-link=”internal”>Une barrière des soldats FACA à la sortie de Bocaranga, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé
Le sous-préfet de Nana-Bakassa, Edgard Namkona, a confirmé le maintien des barrières militaires de l’armée nationale dans sa circonscription, située à plus de 400 km au nord-ouest de Bangui. Selon lui, cette décision découle d’une autorisation accordée par un général des FACA lors d’une récente mission à Bossangoa.
“La situation sécuritaire reste délicate dans notre zone. Les militaires sont autorisés à rester aux barrières pour contrôler les véhicules et les passagers, mais sans effectuer de formalités”, a déclaré le sous-préfet de Nana-Bakassa, monsieur Namkona.
Cette directive pose des interrogations, les populations locales dénonçant régulièrement des extorsions à ces points de contrôle. “Si la population s’en plaint, c’est qu’il y a peut-être des brebis galeuses”, reconnaît le sous-préfet de Nana-Bakassa.
Le représentant de l’État a par ailleurs relayé le message du président Faustin Archange Touadéra, surnommé “Baba Kongoboro”, appelant les groupes armés encore présents dans la brousse à réintégrer la République. “Je suis prêt à les accueillir et j’informerai le gouverneur de la région pour leur assistance”, a assuré Edgard Namkona.
La sous-préfecture de Nana-Bakassa dispose d’un commandement des FACA à Bossangoa. Le maintien des barrières militaires démontre les défis persistants dans la sécurisation et le développement de cette région de l’Ouham.
Mambéré-Kadéi : des mines d’or près des puits d’eau sale
Centrafrique.org/Centrafrique-braquage-dun-marchand-a-sosso-nakombo-deux-gendarmes-soupconnes-prennent-la-fuite/pancarte-mairie-de-sosso-nakombo-img_4199-6/” rel=”attachment wp-att-24587″ data-wpel-link=”internal”>Pancarte de la mairie de Sosso-Nakombo
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Chaque jour, des kilos d’or et de diamants quittent la Mambéré-Kadéi. Les acheteurs se bousculent, les sociétés minières creusent, les permis d’exploitation se multiplient. Mais à deux pas des sites miniers, les populations puisent leur eau dans des puits d’eau insalubres.
Dans la commune de Sosso-Nakombo, dans la Mambéré-Kadéi , trois carrières d’or industrielles fonctionnent à plein régime. À moins d’un kilomètre, les femmes et les enfants remplissent leurs bidons dans des trous d’eau stagnante. L’an dernier, dix cas de choléra ont été recensés dans ce secteur de la Mambéré-Kadéi.
Les forages promis dans la Mambéré-Kadéi lors des attributions des permis miniers n’ont jamais vu le jour. Les villages autour des zones d’exploitation n’ont ni puits ni pompe. Les sources traditionnelles ont été détruites par les travaux d’excavation.
Le centre de santé de Nandobo traite vingt cas de diarrhée par semaine. Les enfants sont les plus touchés. Le personnel soignant travaille sans médicaments ni matériel, pendant que les convois de minerais traversent le village et quittent Mambéré-Kadéi.
Les redevances minières censées financer les infrastructures de base dans la Mambéré-Kadéi ne parviennent pas aux communes. Les camions-citernes des sociétés minières transportent l’eau pour leurs installations, laissant les populations locales boire l’eau des marigots très sales.
Le long des pistes minières, les villages s’agrandissent mais les conditions de vie se dégradent. Les chercheurs d’or affluent tandis que l’accès à l’eau potable devient un luxe dans cette terre gorgée de richesses.
La Centrafrique risque une suspension de la FIFA : le football national au bord du chaos après l’ingérence ministérielle
Centrafrique.org/touadera-et-song/” data-wpel-link=”internal”>Le Président Touadera au milieu, et à gauche, le nouveau entreneur Rigobert Song, et à droit le ministre centrafricain des sports
La République centrafricaine pourrait être exclue de toutes les compétitions internationales de football. La décision unilatérale du ministre des Sports, Rodolphe Héritier Bonheur Doneng Wanzoumon, de nommer un nouveau staff technique pour l’équipe nationale sans consultation de la Fédération Centrafricaine de Football (FCF), crée une crise institutionnelle majeure qui menace l’avenir du football centrafricain.
Une nomination ministérielle qui défie les règles internationales de football
Le 13 janvier 2025, par arrêté N°002/MP/SEC/DIR-CAB.2025, le ministre chargé de la Promotion de la Jeunesse, des Sports et de l’Éducation Civique a procédé à la nomination de Rigobert Bahanag Song comme sélectionneur-manager des Fauves. L’arrêté désigne également trois sélectionneurs adjoints : Eloge Yamissi Enza, Sébastien Ngato et Eric Cabalero.
Cette décision ministérielle intervient alors que la FCF avait déjà confié l’intérim de la sélection nationale à un staff technique local dirigé par Eloge Enza Yamissi, ancien capitaine emblématique des Fauves. La réaction de la Fédération ne s’est pas fait attendre.
La Fédération centrafricaine de football dénonce une violation de son autonomie
Dans un communiqué de presse N°001/2025 publié le 14 janvier, le Secrétaire Général Adjoint de la FCF, Sylvestre Cyrille Oulibozoumna, exprime sa “consternation et surprise” après avoir découvert l’arrêté ministériel sur les réseaux sociaux. La Fédération “déclare qu’elle ne se reconnaît pas dans cette décision unilatérale” qu’elle juge “contraire aux dispositions en vigueur“.
Le communiqué rappelle un principe fondamental : “Les décisions concernant le recrutement des membres des structures d’encadrement doivent rester parmi les droits et compétences réservés uniquement au Comité Exécutif des Fédérations“.
Un risque réel de sanctions internationales
Cette situation expose directement la Centrafrique à des sanctions de la FIFA, gardienne intransigeante de l’autonomie des fédérations nationales. L’instance mondiale du football a déjà démontré sa fermeté en suspendant plusieurs pays africains pour des cas similaires d’ingérence gouvernementale.
“La position de la FIFA est claire et constante : aucune ingérence politique dans la gestion du football n’est tolérée”, explique un expert du droit du sport international interrogé par la rédaction du CNC. “Des pays comme le Kenya et le Zimbabwe ont récemment été suspendus pour des interventions gouvernementales comparables. La Centrafrique s’expose aux mêmes sanctions“.
Une suspension aurait des conséquences désastreuses
Si la FIFA venait à suspendre la Centrafrique, les répercussions seraient dramatiques :
– Exclusion immédiate de toutes les compétitions internationales
– Impossibilité de participer à la CAN 2025
– Gel des programmes de développement et des subventions internationales
– Isolement des clubs centrafricains des compétitions continentales
Cette crise éclate paradoxalement alors que le football centrafricain vivait l’un de ses plus beaux moments avec la qualification historique pour le championnat d’Afrique de football (CHAN 2025).
Un contexte politique sensible
La FCF adopte une position conciliante, soulignant sa volonté d’éviter “une crise inutile” avec le ministère. Cette approche diplomatique s’inscrit dans le contexte politique actuel, où le Président Faustin Archange Touadera, alias Baba Kongoboro, se dit multiplier les efforts pour “consolider la paix entre les filles et fils du pays”.
La question de la nationalisation du poste
Avant cette nomination controversée, la FCF avait initié une politique de “nationalisation” du poste de sélectionneur, confiant l’intérim à un staff technique entièrement centrafricain. Cette décision répondait à une volonté de valoriser les compétences locales, avec Eloge Enza Yamissi comme figure de proue.
Des précédents africains
L’histoire récente du football africain regorge d’exemples d’ingérences gouvernementales ayant conduit à des sanctions :
– Zimbabwe : suspendu en 2022 après la dissolution du conseil d’administration de sa fédération
– Kenya : suspendu pour destitution des dirigeants fédéraux par le ministère
– Tchad : suspendu en 2021 pour ingérence gouvernementale
L’urgence d’une solution
Pour éviter une suspension qui serait catastrophique pour le football centrafricain, une résolution rapide de cette crise institutionnelle s’impose. La FIFA pourrait intervenir dans les prochains jours pour exiger le respect de l’autonomie fédérale.
Le temps presse pour les autorités centrafricaines. La participation historique des Fauves à la CAN 2025 et l’avenir du football national sont en jeu. Une suspension de la FIFA anéantirait des années de progression et priverait les talents centrafricains de reconnaissance internationale.
Centrafrique.org/centrafrique-un-cessez-le-feu-en-manque-de-substance/president-centrafricain-faustin-archange-touadera-adresse-presse-Bangui-17-septembre-2021_/” rel=”attachment wp-att-51008″ data-wpel-link=”internal”>Le Président Faustin Archange Touadera alias Baba Kongoboro, à Bangui en 2021
Dans un discours fleuve devant son gouvernement, le président Faustin-Archange Touadera vient d’administrer une violente charge contre ses ministres. Absentéisme, missions interminables à l’étranger, fuites dans les médias… Le chef de l’État dresse un réquisitoire accablant. Une manœuvre qui révèle surtout sa propre faillite à la tête du pays.
Un show présidentiel qui masque l’échec du Président Faustin-Archange Touadera
Le spectacle est saisissant. Devant un parterre de ministres médusés, le président Faustin-Archange Touadera déroule pendant plus d’une heure ses griefs. Les absences aux conseils des ministres, les voyages prolongés, les indiscrétions sur les réseaux sociaux… Rien n’échappe à sa vindicte. “Je veux des résultats. Le peuple veut des résultats”, martèle-t-il. Une exigence qui sonne comme l’aveu de son propre échec après presque une décennie au pouvoir.
La stratégie du bouc émissaire
Derrière cette charge brutale se dessine une manœuvre politique transparente. En accablant son gouvernement, le président Faustin-Archange Touadera tente de faire oublier son bilan catastrophique. Le grand banditisme continue de sévir dans les provinces, comme il le reconnaît lui-même. Les services publics sont en déliquescence. La pauvreté s’aggrave. Plus grave encore, la sécurité reste un mirage pour des millions de Centrafricains.
Les contradictions d’un pouvoir de Faustin-Archange Touadera aux abois
L’exercice présidentiel confine à l’absurde. D’un côté, Faustin-Archange Touadera“renouvelle sa confiance” à son Premier ministre. De l’autre, il démonte méthodiquement l’action de son gouvernement. Il prône la “solidarité gouvernementale” tout en divisant publiquement son équipe. Il vante son “ambition de construire un État de droit” alors que son régime piétine régulièrement les procédures légales.
Ce discours de Faustin-Archange Touadera intervient à un moment important. Les Élections locales approchent, bientôt suivies des présidentielles. Le président appelle ses ministres à “la prudence et la retenue”, tout en leur assénant une humiliation publique. Une contradiction de plus qui augure mal de la sérénité des scrutins à venir.
Un système à bout de souffle
Au final, ce réquisitoire présidentiel souligne surtout l’épuisement d’un système. Incapable de répondre aux attentes populaires, le pouvoir se réfugie dans la mise en accusation de ses propres serviteurs. Une fuite en avant qui ne trompe plus personne. Après neuf ans de promesses non tenues, les Centrafricains attendent autre chose que des règlements de comptes au sommet de l’État.
En fustigeant ses ministres, le président Faustin-Archange Touadera signe l’acte de décès de sa propre gouvernance. Son discours virulent ne masque plus l’évidence : le pouvoir est à bout de souffle, sans vision ni résultats. Les Centrafricains méritent mieux que ce triste spectacle d’un régime qui se déchire au lieu de servir le pays.
Des messages WhatsApp entre le ministre de la Jeunesse et des Sports Héritier Doneng et un membre de la milice “Requins”, Gattuso, actuellement au Sénégal, font apparaître les premières fissures dans le système de terreur mis en place par le pouvoir de Faustin-Archange Touadera depuis 2020.
Dans ces échanges tendus, le milicien Requin Gattuso reproche au chef milicien Héritier Doneng, devenu ministre de la jeunesse et des sports depuis le 4 janvier 2024, d’avoir “oublié” ses anciens compagnons de la milice Requin depuis sa nomination au gouvernement. Il affirme ne plus “marcher qu’à 40%” avec Doneng, l’accusant de manipuler la jeunesse. Cette dispute entre anciens complices ouvre une fenêtre sur les activités criminelles de la milice les “Requins”.
Ces révélations interviennent dans un contexte politique chargé, alors que la précampagne pour l’élection présidentielle de 2025 bat son plein. Le 1er décembre 2024, des partisans du président Touadéra défilaient déjà avec des banderoles “TOUADERA 2025 Champion au 1er tour K.O”.
Les “Requins”, créés en 2022 sous l’impulsion de l’actuel ministre Doneng, étaient organisés en deux branches : une section musulmane dirigée par Mokhtar Bel Mokhtar, cousin de Sani Yalo, et une section chrétienne sous la direction de Héritier Doneng lui-même. Selon les révélations de ce milicien, Sani Yalo apparait comme le principal auteur qui tire les ficelles dans l’ombre sur décision du Président Touadera.
Parmi leurs crimes les plus marquants figure l’enlèvement d’Aladji Issa Manou en janvier 2021. La victime a été capturée au siège même du parti MCU dans le quartier Malimaka par Mokhtar Bel Mokhtar et ses éléments de la milice Requin. Son corps n’a pas été retrouvé par sa famille jusqu’à ce jour.
Un autre crime particulièrement odieux est l’assassinat de Nadia Carine Fornel Poutou, présidente de l’Association des femmes juristes, brûlée vive avec ses trois enfants en juin 2021. Selon un ancien milicien, ces actes étaient commandités par le groupe Wagner et sur décision du criminel Héritier Doneng.
Toutefois, la récente mort mystérieuse de Mokhtar Bel Mokhtar à Damara ajoute une nouvelle dimension à ces révélations. Si la version officielle parle d’un malaise, des témoins évoquent un possible empoisonnement lors d’une réunion houleuse.
Ces miliciens, faussement présentés comme des “mouvements de jeunesse”, ont en réalité semé la terreur à Bangui, s’attaquant aux commerçants, aux citoyens et même aux militaires. Des corps ont été retrouvés au cimetière municipal de Ndress, d’autres jetés dans la rivière Oubangui.
La présence au gouvernement de certains responsables de ces crimes, comme le ministre Héritier Doneng, illustre l’impunité dont bénéficient ces groupes armés. Ces révélations démontrent l’existence d’un système où crime organisé et politique se confondent au plus haut niveau de l’État centrafricain.
Le cynisme des 50.000 soldats FACA en 2040 : Une armée fantôme promise pour un règne sans fin
Centrafrique.org/Centrafrique-soudan-une-fermeture-de-frontieres-qui-ne-laisse-pas-indifferent/des-soldats-faca-lors-dune-patrouille/” rel=”attachment wp-att-62223″ data-wpel-link=”internal”>Patrouille des soldats FACA
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
L’annonce des 50.000 soldats FACA pour 2040 prend une saveur particulièrement amère quand on décrypte le calcul politique qui se cache derrière. Ce n’est pas un hasard si l’horizon choisi correspond exactement à la fin d’un quatrième mandat rendu possible par la modification constitutionnelle imposant désormais des mandats de 7 ans. Une programmation militaire taillée sur mesure pour un pouvoir qui se projette déjà jusqu’en 2040.
Pendant que le président dessine une armée imaginaire pour son règne futur, les soldats FACA actuels crient leur désespoir. La semaine dernière encore, à Mann, près de Bocaranga, des soldats FACA manifestaient leur colère face à 21 mois d’arriérés de primes globales d’alimentation. Comment croire à la promesse de 50.000 hommes quand l’État est incapable de nourrir ses quelques milliers de soldats actuels ?
L’armée nationale est devenue un refuge pour des éléments douteux, recrutés sans véritable contrôle. Des criminels notoires portent l’uniforme pendant que des soldats FACA loyaux et professionnels sont marginalisés. Cette politique de recrutement anarchique transforme progressivement les soldats FACA en une source d’insécurité pour la population qu’ils sont censés protéger. L’exemple type se déroule en ce moment à Ouadda-Maïkaga, à 204 kilomètres de Bria, dans la Haute-Kotto, où une dizaine des civils arrêtée par les soldats FACA pour sorcellerie. L’une de ces personnes est déjà mort sous la torture des soldats FACA.
Les casernes grondent de colère d’est en ouest du pays. Des militaires affamés, des équipements obsolètes, des conditions de vie indignes. Le président promet une armée du futur alors que celle du présent s’effondre sous la coupe de Wagner. Cette vision pour 2040 n’est qu’un écran de fumée masquant mal une réalité : celle d’un pouvoir qui instrumentalise l’armée pour s’éterniser aux commandes de l’État.
La manipulation est grossière : faire miroiter une force armée puissante dans seize ans pour justifier un maintien au pouvoir sur la même durée. Pendant ce temps, les FACA actuels continuent de survivre dans des conditions misérables, otages d’une politique qui sacrifie leur présent sur l’autel des promesses creuses.
‘Pas de dialogue au rabais’ : le BRDC durcit le ton face à Touadéra
Photo de famille de quelques leaders du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) après leur conférence de presse du 11 octobre 2024 à Bangui
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Les leaders de l’opposition centrafricaine réunis au sein du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) ont haussé le ton face au président Faustin Archange Touadéra. Lors d’une conférence de presse tenue mardi à Bangui, ils ont rejeté catégoriquement toute tentative de dialogue édulcoré, posant des conditions fermes pour des négociations.
“Nous n’avons pas refusé le dialogue républicain pour accepter aujourd’hui un dialogue biaisé”, lance d’emblée Martin Ziguélé, leader du MLPC. Une position qui marque une rupture claire avec les récentes manœuvres du pouvoir visant à diviser l’opposition.
Aussitôt, maître Nicolas Tiangaye enfonce le clou : “Le dialogue aura lieu, non pas parce que le président Touadéra le souhaite, mais parce que les circonstances l’imposeront”. Une analyse qui trouve un écho dans la position des Nations unies. Jean-Pierre Lacroix, en visite récente à Bangui, a souligné la nécessité d’Élections“inclusives, transparentes et démocratiques” – des termes qui rejoignent les revendications de l’opposition.
“Le pouvoir cherche à organiser un simulacre de dialogue avec des faux opposants qui n’ont pas de divergences fondamentales avec le régime”, dénonce Crépin Mboli-Goumba, coordinateur du BRDC. Pour l’opposition, les enjeux sont clairs : le dialogue doit se tenir directement entre le président Touadéra et le BRDC, sans intermédiaires factices ni opposition de façade.
Le BRDC pose comme préalable une réforme profonde des institutions électorales. Le président du PCUD, Samson Ngaibona, pointe notamment du doigt la servilité du Conseil constitutionnel : “Comment faire confiance à une institution dont le président se plie par quatre pour saluer le chef de l’État ?”
Les leaders de l’opposition s’appuient sur les précédents historiques pour étayer leurs exigences. Ils rappellent notamment les avancées démocratiques obtenues en 1992-1993, lorsqu’une commission électorale véritablement indépendante avait permis la tenue d’Élections transparentes. “Les Centrafricains ne sont pas des gens à leur bout”, souligne Martin Ziguélé, “notre pays a déjà prouvé sa capacité à organiser des Élections crédibles”.
Face aux tentatives de division instrumentées par le pouvoir, le BRDC affiche une unité sans faille. Les leaders de l’opposition rappellent que leur combat vise à garantir des Élections équitables en 2025, dans un contexte marqué par la fin du second mandat de Touadéra. Une échéance décisive pour l’avenir démocratique du pays, que l’opposition refuse de voir compromise par un dialogue de façade.
Dans le 5e arrondissement de Bangui , au quartier Malimaka, des véhicules militaires suspects impliqués dans les braquages nocturnes
Centrafrique.org/le-sergent-elysee-esgupe-agresse-au-quartier-malimaka-vient-de-rendre-son-ame/des-soldats-faca-formes-par-les-russes-a-berongo-photo-de-eric-ngaba-2/” rel=”attachment wp-att-31642″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/09/des-soldats-faca-formés-par-les-russes-à-Berongo-photo-de-eric-ngaba-450×337.jpg” alt=”Au quartier Malimaka, des véhicules militaires suspects impliqués dans les braquages nocturnes” width=”450″ height=”337″ />des soldats FACA formés par les russes à Berongo. Photo Éric Ngaba
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Des tirs nocturnes, des véhicules militaires suspects et une population terrorisée. Le député Gobi du 5e arrondissement de Bangui dénonce une situation inquiétante dans le quartier Malimaka de Bangui.
“Ces derniers temps, la population de Malimaka n’arrive pas à passer une nuit paisible à cause des opérations de braquage. Il y a trois jours, nous avons entendu des coups de feu dans le quartier, suivis de cris appelant au secours. Puis ce fut le silence”, décrit le député Gobi.
L’élu s’est rendu sur place le lendemain matin pour enquêter. “J’ai rencontré les habitants qui vivent à proximité. Ils m’ont raconté qu’une jeune fille rentrant d’une cellule de prière a d’abord été agressée. Elle a réussi à s’enfuir et est retournée à l’église”, rapporte-t-il.
Mais l’élément le plus troublant des témoignages concerne les véhicules utilisés par les malfaiteurs. “Les habitants ont confirmé qu’après les braquages, ils ont entendu un véhicule démarrer. Ils disent avoir aperçu un véhicule militaire”, précise le député Gobi, qui ajoute : “Les criminels sont armés et se déplacent en véhicule quand ils opèrent dans la zone de Malimaka“.
Le parlementaire appelle à des mesures urgentes : “La population a besoin que des dispositions sécuritaires soient prises. Il faut que les patrouilles de la gendarmerie et de la police, qui étaient régulières auparavant, reprennent dans ces différents quartiers“.
Ces révélations du député sur l’utilisation présumée de véhicules militaires lors des braquages pose des questions sur l’identité réelle des assaillants qui terrorisent les habitants du 5e arrondissement de Bangui.
Mingala en danger : L’ombre des recruteurs rebelles de la CPCF plane sur la jeunesse
Centrafrique.org/un-elan-collectif-pour-le-renouveau-de-mingala-ensemble-vers-un-avenir-meilleur/a-mingala/” rel=”attachment wp-att-68311″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/08/A-Mingala-450×293.jpg” alt=”Mingala en danger : L’ombre des recruteurs rebelles de la CPCF plane sur la jeunesse” width=”450″ height=”293″ />À Mingala, dans la Basse-Kotto
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Face au micro de la radio Centrafrique, le gouverneur Victor Bissekoin dévoile une réalité alarmante dans sa région. À Mingala, au cœur de la Basse-Coteau, des groupes armés, notamment la CPC-F tissent leur toile en silence. Leur cible ? La jeunesse locale, proie facile d’un recrutement qui menace de replonger le pays dans le chaos, selon le gouverneur.
La Basse-Kotto ne dort plus tranquille. Dans cette préfecture où la paix semblait retrouver ses droits, une menace sourde grandit jour après jour à Mingala. Le gouverneur Victor Bissekoin, qui supervise la région 6 Haut-Oubangui, ne cache pas son inquiétude. Les rapports qui arrivent sur son bureau dressent un tableau inquiétant de la situation à Mingala.
“Les informations qui me parviennent du terrain sont sans équivoque”, partage le gouverneur. “Des éléments perturbateurs s’infiltrent dans nos communautés. Ils approchent nos jeunes, les attirent dans leurs filets avec des promesses trompeuses“.
Cette stratégie de recrutement n’est pas un phénomène isolé. Elle s’inscrit dans un schéma plus large qui touche même hors de Mingala . À Pombolo, autre point névralgique de la Basse-Coteau, les bastions rebelles restent actifs. Les conséquences se font déjà sentir sur les axes routiers, où les attaques de véhicules se multiplient.
Le danger ne se limite pas aux frontières de la Basse-Kotto. Un réseau complexe se dessine, reliant Mingala à d’autres foyers d’instabilité. Les mouvements suspects entre le Soudan, le Tchad et la région créent un corridor d’insécurité qui préoccupe les autorités.
“Ces groupes prétendent venir pour l’élevage”, explique le gouverneur, “mais leurs véritables intentions sont ailleurs. Ils menacent la stabilité que nous avons mis tant de temps à construire”.
La population, prise entre deux feux, tente de maintenir une vie normale. Les activités traditionnelles : agriculture, pêche, et depuis peu l’exploitation minière avec la levée de l’embargo , reprennent timidement. Mais l’ombre des recruteurs plane toujours, menaçant de voler la jeunesse et l’avenir de Mingala.
Face à cette situation, les autorités locales appellent à la vigilance. La menace qui pèse sur Mingala n’est pas qu’une question de sécurité locale – c’est un défi pour la stabilité de toute la région, voire du pays entier. Le temps presse pour empêcher une nouvelle génération de jeunes de tomber dans le piège des groupes armés.
La prolifération des pseudo-journalistes à Bangui : un phénomène inquiétant
Centrafrique.org/tempete-sur-le-petrole-centrafricain-lopposition-fait-bloc-contre-une-gestion-mafieuse/les-journalistes-lors-de-la-conference-de-presse-des-leaders-de-lopposition-democratique-le-11-octobre-2024-a-bangui/” rel=”attachment wp-att-84136″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/10/Les-journalistes-lors-de-la-conference-de-presse-des-leaders-de-lopposition-democratique-le-11-octobre-2024-a-Bangui-450×217.jpg” alt=”La prolifération des pseudo-journalistes à Bangui : un phénomène inquiétant” width=”450″ height=”217″ />Les journalistes lors de la conférence de presse des leaders de l’opposition démocratique le 11 octobre 2024 à Bangui
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
À Bangui, une nouvelle catégorie d’opportunistes envahit les conférences de presse et les cérémonies officielles. Armés de téléphones Android, ces individus sans affiliation médiatique reconnue s’autoproclament “communicants du pouvoir” et parasitent les événements publics. Une enquête approfondie démontre l’ampleur d’une pratique qui déstabilise le journalisme centrafricain.
Une situation devenue inquiétante à Bangui
Dans les rues à Bangui, ces pseudo-journalistes affluent massivement lors des apparitions présidentielles. L’exemple récent des activités hebdomadaires de l’opération présidentielle Kwa ti kodro à Bangui témoigne de cette réalité : dès l’annonce de la venue du Président Touadéra, une nuée de personnes équipées de smartphones a convergé vers les lieux, sans accréditation ni appartenance à un organe de presse établi.
Une motivation purement financière
Ces individus ont développé une technique simple mais efficace : ils se positionnent stratégiquement lors des événements officiels, capturent quelques images avec leurs téléphones, et attendent la distribution d’argent habituelle – entre 2000 et 10000 francs CFA par personne. Une fois la rétribution empochée, ils disparaissent dans la nature à Bangui sans produire le moindre contenu journalistique.
La montée des réseaux sociaux au service de l’usurpation
L’essor des réseaux sociaux a amplifié ce phénomène à Bangui. La création d’une page Facebook au nom d’un média fictif suffit désormais à s’autoproclamer “média d’information”. Des groupes WhatsApp émergent sous des appellations fantaisistes, leurs administrateurs s’octroyant le titre de journaliste sans formation ni expérience professionnelle.
Un impact profond sur le paysage médiatique à Bangui
Certains journalistes de la Radio Centrafrique à Bangui, assistés à la scène le week-end dernier, dénoncent en direct sur l’antenne une situation qui fragilise l’ensemble de la profession. Cette multiplication des usurpateurs complique l’identification des véritables journalistes et décrédibilise le travail d’investigation et d’information. La frontière entre communication institutionnelle, propagande et journalisme indépendant s’estompe dangereusement à Bangui.