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L’ENERCA frappe à nouveau : l’Assemblée nationale plongée dans le noir, l’examen du projet de loi sur la liberté de la communication reportée

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L’ENERCA frappe à nouveau : l’Assemblée nationale plongée dans le noir, l’examen du projet de loi sur la liberté de la communication reportée

 

Anti-Balaka-de-carnot-evariste-ngamana/” rel=”attachment wp-att-68876″ data-wpel-link=”internal”>Le premier vice Président de l'assemblée nationale, Évariste Ngamana, illustrant l'article sur <a href=L’ENERCA frappe à nouveau : l’Assemblée nationale plongée dans le noir, l’examen du projet de loi sur la liberté de la communication reportée” width=”275″ height=”183″ />
Évariste Ngamana

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 L’ENERCA plonge l’Assemblée nationale dans le noir, bloquant l’examen du projet de la loi sur la communication. Pendant ce temps, la RCA fantasme le numérique, mais sans courant, c’est le chaos.

 

Une Assemblée sans courant : l’humiliation nationale

 

Le 21 mai 2025, l’Assemblée nationale centrafricaine devait débattre d’un projet de loi sur la liberté de la communication, porté par le ministre et l’ex-détenu Maxime Balalou. Mais l’ENERCA, fidèle à sa légende, a coupé le courant. À 10 heures, première panne. À 11 heures, rebelote. Résultat : débats annulés, reportés à une date inconnue, comme l’explique Évariste Ngamana, vice-président de l’Assemblée. On imagine mal un pays où l’institution censée représenter le peuple n’a même pas un groupe électrogène pour contrer ces délestages. C’est une honte : ces pannes arrivent tout le temps, paralysant l’Assemblée à répétition. Acheter un groupe électrogène ? Un effort minime que la RCA semble incapable de faire. Ce fiasco n’est pas une anecdote, c’est le miroir d’un État en panne, où les bases les plus élémentaires,  l’électricité,  restent un mirage.

 

Télécel: de la 3G fantôme à la 4G risible

 

Pendant que l’Assemblée sombre dans l’obscurité, la Télécel joue les visionnaires avec son réseau 4G, annoncé comme une révolution numérique lors d’une rencontre entre son PDG , et le président Touadéra. Mais soyons sérieux : Télécel promettait la 3G depuis des années, et où est-elle ? À Bangui, la connexion est un chaos, un jeu de hasard où les appels coupent et les données rament. Parler de 4G quand la 3G n’existe pas, c’est comme vendre une fusée sans moteur. Le PDG de la Télécel évoque même la fibre optique et une couverture nationale. Une blague ? À Bangui, les gens n’ont jamais vu de 3G stable, et dans les provinces, le réseau est un mythe. Prétendre connecter “tous les territoires” relève du délire. Télécel s’amuse, mais les Centrafricains, eux, ne rient pas.

 

Un chaos numérique en gestation

 

Ce fiasco a des implications cybernétiques explosives. Si Télécel déploie une 4G bancale dans un pays sans électricité ni régulation, c’est la porte ouverte au désastre. Un réseau mal sécurisé est une aubaine pour les cybercriminels : piratage, vol de données, surveillance de masse par des opérateurs privés ou étrangers. Dans une RCA où la désinformation galope sur WhatsApp et les réseaux sociaux, une 4G sans contrôle deviendra un amplificateur de fake news et de propagande. La loi sur la liberté de la communication, censée poser un cadre, est bloquée par les pannes d’ENERCA. Sans règles, sans expertise, la RCA risque de devenir un Far West numérique, où les citoyens sont des proies et l’État un spectateur. La 4G ? Pas un progrès, mais un piège.

 

Des priorités à l’envers : un pays déconnecté de la réalité

 

Ce double échec,  pannes à l’Assemblée, promesses creuses de la Télécel,  montre une gouvernance à la dérive. Pourquoi parler de 4G ou de liberté numérique quand l’électricité manque partout ? Pourquoi investir dans des projets comme un aéroport à 3 milliards de dollars alors que l’Assemblée n’a pas de générateur ? Les élites de Bangui s’enivrent de rêves high-tech, mais le peuple vit dans le noir. Ce n’est pas seulement un problème technique, c’est une insulte. La RCA doit arrêter de fantasmer un futur cybernétique et régler les bases : courant, routes, écoles. Sans cela, la “transformation numérique” n’est qu’un slogan pour endormir les foules.

 

Branchez les bases avant de rêver 4G

 

L’ENERCA a encore frappé, éteignant l’Assemblée et les espoirs de liberté numérique. La Télécel promet la 4G, mais sans 3G ni courant, c’est une farce. La RCA doit cesser de jouer à la Silicon Valley africaine et investir dans l’essentiel : l’électricité, la régulation, la réalité. Sinon, ses rêves cybernétiques resteront dans le noir, là où l’ENERCA les abandonne….

 

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Zemio : les mercenaires russes et les soldats FACA mènent une opération de pillage massif à Koumboli

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Zemio : les mercenaires russes et les soldats FACA mènent une opération de pillage massif à Koumboli

 

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Déplacement massif de la population de Zemio vers la République démocratique du Congo

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Depuis la semaine dernière, Koumboli, proche de Zemio, est livré aux pillages en règle mené par des mercenaires russes et des soldats FACA, qui dévalisent méthodiquement les maisons abandonnées par les habitants.

 

En effet, depuis vendredi 23 mai dernier, le quartier de Koumboli, à trois kilomètres du centre de Zemio sur l’axe de Mboki, vit un cauchemar. Les éléments de Forces Armées Centrafricaines (FACA), dirigées par le commandant Michael Banafé, et des mercenaires russes mènent une vague de vols et de destructions, maison par maison, porte par porte. Ces actes, qui se prolongent encore le lendemain samedi, sont facilités par Dominique Gassikpio, ancien président de la jeunesse de Koumboli, qui collabore étroitement avec les pilleurs.

 

Tout a commencé après les violents combats qui ont secoué Zemio entre le 30 avril et le 4 mai 2025. Des miliciens azandés ont attaqué les positions des FACA, déclenchant un affrontement violent entre eux et les mercenaires russes, appuyés par les soldats FACA et les casques bleus de la Minusca, poussant les habitants de Koumboli à fuir. Certains ont traversé le fleuve Mbomou pour se réfugier en République Démocratique du Congo, d’autres ont trouvé abri de fortune à l’église catholique de Zemio. Leurs maisons, laissées vides, sont devenues la cible des soldats et des mercenaires du groupe Wagner.

 

Les témoignages décrivent une opération méthodique : les FACA et les mercenaires russes brisent les portes, fouillent les habitations et s’emparent de motos, d’argent et de biens personnels. Rien n’est épargné. Ces pillages, qui ont débuté vendredi, continuent sans signe d’arrêt, laissant craindre une destruction totale du quartier. Des habitants rapportent aussi des morts, bien que le nombre exact reste inconnu.

 

Le commandant Michael Banafé  est le principal responsable direct de ces opérations. Sa collaboration avec les mercenaires russes, souvent accusés de violences dans la ville, choque profondément. Ce qui rend la situation encore plus grave, c’est l’implication de Dominique Gassikpio. En aidant les pilleurs à identifier les maisons à cibler, il a trahi la confiance de sa communauté, transformant son rôle de leader de la jeunesse en celui d’un complice….

 

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Écologie à Saint-Pétersbourg : la RCA fait de la figuration pour la Russie

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Écologie à Saint-Pétersbourg : la RCA fait de la figuration pour la Russie

 

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Simplice Mathieu Sarandji

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Simplice Mathieu Sarandji représente la RCA au congrès écologique de Saint-Pétersbourg, mais le pays reste un figurant face aux pratiques destructrices russes.

 

Un déplacement inutile à Saint-Pétersbourg de Simplice Mathieu Sarandji

 

Le 20 mai 2025, Simplice Mathieu Sarandji, président centrafricain de l’Assemblée nationale, est arrivé à Saint-Pétersbourg, en Russie, pour participer au 11e congrès écologique international, tenu les 22 et 23 mai. Accompagné du député André Nalké Dorogo, président de la Commission production, ressources naturelles et environnement, et de cadres de l’Assemblée, Sarandji répond à une invitation des autorités russes. L’événement réunit parlementaires, scientifiques, experts et représentants publics pour discuter de la sécurité environnementale, de la gestion des ressources naturelles et de la coopération parlementaire. Les débats visent à élaborer des propositions pour protéger l’environnement, avec le soutien d’agences des Nations unies. Sarandji, après des escales à Addis-Abeba et Moscou, porte la voix de la RCA dans cette grande ville russe.

 

Wagner et la Russie : une destruction environnementale

 

La Russie, hôte du congrès, se pose en défenseur de l’écologie, mais ses actions en RCA, via le groupe Wagner, sont dévastatrices. Depuis 2018, Wagner exploite les mines d’or et de diamants, notamment à Ndassima, Ydéré, avec des méthodes qui polluent les rivières, dégradent les sols et nuisent aux communautés locales. L’exploitation forestière est tout aussi destructrice : Wagner, à travers des sociétés comme Bois Rouge, coupe massivement des arbres dans la région de la Lobaye, provoquant une déforestation à grande échelle. Selon un rapport de 2022, 98 % des sites miniers en RCA occidentale entraînent une déforestation pour agrandir les sites ou produire du bois, un phénomène amplifié par Wagner. Ces pratiques, menées sans réglementation, laissent des terres stériles et des rivières contaminées, tandis que la Russie organise des congrès écologiques, moquant les efforts sincères de Sarandji.

 

La RCA, un pion dans le jeu russe

 

La participation de Sarandji à Saint-Pétersbourg s’inscrit dans les relations étroites entre la RCA et la Russie, avec le soutien militaire et économique de Moscou. La Russie utilise des événements comme ce congrès pour renforcer son influence en Afrique, offrant une tribune à des alliés comme la RCA. Toutefois, la présence centrafricaine reste symbolique. Avec des ressources limitées et peu d’expertise, la RCA ne peut pas transformer les discussions globales en actions concrètes. Sarandji, en assistant à cet événement, sert davantage les intérêts russes, qui cherchent à polir leur image mondiale, que ceux des Centrafricains, dont les préoccupations environnementales sont écrasées par les pratiques destructrices de Wagner.

 

Les défis environnementaux et sociaux en RCA

 

En RCA, les défis environnementaux sont criants. Les activités minières de Wagner, comme à Ndassima, polluent les rivières, réduisant les populations de poissons et affectant les moyens de subsistance des communautés. La déforestation massive dans des régions comme la Lobaye détruit les forêts, vitales pour les populations rurales. À Bangui, l’Assemblée nationale reporte des débats sur des lois clés, comme celle sur la liberté de la communication, à cause de coupures d’électricité fréquentes. Ces pannes reflètent des problèmes structurels plus larges : routes impraticables, hôpitaux sous-équipés, écoles délabrées. Les discussions écologiques à Saint-Pétersbourg, bien que médiatisées, sont déconnectées des réalités nationale, où les dégâts de Wagner aggravent les difficultés des Centrafricains….

 

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Baccalauréat à Bocaranga : l’inspecteur Saki Jonas exige de l’argent aux candidats pour l’épreuve sportive

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Baccalauréat à Bocaranga : l’inspecteur Saki Jonas exige de l’argent aux candidats pour l’épreuve sportive

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/12/Lycee-de-Bocaranga.-CopyrightCNC.jpg” data-wpel-link=”internal”>Lycée de Bocaranga, illustrant l'article sur <a href=Baccalauréat à Bocaranga : l’inspecteur Saki Jonas exige de l’argent aux candidats pour l’épreuve sportive” width=”450″ height=”338″ />
Lycée de Bocaranga. Photo CNC

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 À Bocaranga, l’inspecteur Saki Jonas a réclamé des paiements aux candidats du Brevet de collège et du Baccalauréat pour l’épreuve sportive, affectant la crédibilité des épreuves.

 

En effet, les épreuves physiques et sportives du Brevet des Collèges et du Baccalauréat, organisées du mercredi au vendredi dernier à Bocaranga, ont été entachées par des pratiques dignes de la mafia italienne. Saki Jonas, inspecteur de la Jeunesse et des Sports basé à Bozoum et président du jury, a exigé des sommes d’argent auprès des lycées publics et privés avant le début des épreuves. Les candidats, y compris ceux dispensés de l’épreuve d’éducation physique et sportive, ont dû payer : 5 000 FCFA pour le Brevet et 10 000 FCFA pour le Baccalauréat.

 

Cette situation pose des questions sur l’organisation des cours tout au long de l’année scolaire. Si les neuf mois d’enseignement ne permettent pas d’évaluer justement les compétences des élèves, pourquoi imposer des paiements pour obtenir des notes ? De plus, une journée supplémentaire après les épreuves a été utilisée pour ajuster les résultats de certains candidats absents, moyennant des paiements, ce qui renforce les doutes sur la transparence du processus.

 

Pourtant, ces pratiques criminelles ne sont pas nouvelles en Centrafrique. À Bangui, des agissements similaires, autrefois appelés « chapeau », persistent depuis des années. Malgré les déclarations récentes du directeur des examens et concours, qui a appelé les parents et les élèves à se concentrer sur les études plutôt que sur les paiements, le problème persiste. Les surveillants, professeurs et responsables des examens, souvent à l’origine de ces demandes d’argent, contribuent à ancrer ces dérives dans le système éducatif.

 

À Bocaranga comme ailleurs, ces agissements se déroulent désormais ouvertement, sans conséquences visibles pour ceux qui les organisent. Cette situation touche non seulement les examens, mais aussi l’administration publique, où les paiements pour des services ou des faveurs sont devenus courants. Les épreuves physiques, en particulier, semblent être un terrain favorable à ces pratiques, les notes étant attribuées en fonction des paiements plutôt que des performances….

 

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Bambari : La “malédiction” frappe encore avec l’effondrement de la clôture du lycée Touadéra

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Bambari : La “malédiction” frappe encore avec l’effondrement de la clôture du lycée Touadéra

 

Centrafrique.org/Centrafrique-scene-de-sequestration-a-lecole-dapplication-de-bambari/lycee-mixte-de-bambari-bon-1-par-cnc/” rel=”attachment wp-att-29614″ data-wpel-link=”internal”>lycée-mixte-de-bambari, baptisé lycée faustin Archange Touadera
lycée-mixte-de-bambari, baptisé lycée faustin Archange Touadera

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 L’inauguration d’infrastructures scolaires à Bambari, dirigée par Aurélien Simplice Zingas, ministre d’État à l’Éducation nationale, et Ruffin Beltoungou, ministre des Mines et de la Géologie, a viré au désastre après l’effondrement partiel de la clôture du lycée scientifique Faustin-Archange Touadéra. Cet incident relance les rumeurs d’une “malédiction” qui semble frapper tout projet associé à ce nom maléfique.

 

À la veille de la cérémonie, des pluies torrentielles ont provoqué l’écroulement d’une section de la clôture du lycée, projet censé incarner le progrès éducatif. « La sécurité est prioritaire. L’entreprise réparera immédiatement »*, a déclaré Zingas, tentant de désamorcer la polémique.

À Bambari, cet échec est perçu comme un nouvel acte d’une malédiction tenace. Les habitants relient cet incident à une série de phénomènes troublants :

–  Le 13 avril 2025, à Damara, village natal de la mère de Touadéra, des milliers de poissons sont morts en une nuit dans les bassins de sa ferme piscicole. Les employés, choqués, ont rempli cinq brouettes de carcasses, sans explication claire.

–  Le 30 mars 2025, lors des neuf ans de pouvoir de Touadéra, des pluies torrentielles ont ravagé Bangui et ses environs, détruisant des maisons pendant que des festivités se tenaient au stade 20 000 places.

– Le 3 avril 2025, un halo solaire, cercle lumineux autour du soleil, a fasciné Bangui, vu par beaucoup comme un signe céleste.

– 🧂 Dans plusieurs régions, le sel aurait pris une couleur anormale, alimentant les rumeurs de phénomènes “mythologiques”.

 

 « Tout ce qui porte son nom s’effondre ou périt. Les poissons, les maisons, maintenant cette clôture. C’est un message divin », affirme un habitant, écho d’une conviction relayée par des figures comme le pasteur Talingano.

 

– La clôture du lycée scientifique Faustin-Archange Touadéra (effondrée).

– Un collège de proximité à Amawaka.

– Un dortoir à l’Institut national de formation des professeurs d’écoles.

– Deux laboratoires et une bibliothèque réhabilités au lycée mixte de Bambari.

 

Seules les structures intactes ont été inaugurées, sous la colère des parents d’élèves, exaspérés par la fragilité des constructions. « On paie pour des écoles, et tout s’écroule dès qu’il pleut ! », s’insurge une mère.

 

Face aux accusations de mauvaise gestion, Zingas rétorque : « Aucun franc public n’a été déboursé. L’entreprise a préfinancé et réparera ». Une enquête technique est annoncée, mais les critiques redoublent.

 

Le gouvernement parle d’aléas climatiques, mais la population y voit un châtiment. « Les poissons morts, les inondations, le ciel étrange, et maintenant cette clôture. Tout s’aligne », prévient un ancien, citant le pasteur Talingano : « Il faut écouter, ou la tête répondra ». Dans un pays où chaque événement prend une résonance politique, ces incidents, à l’approche des élections, pèsent lourd….

 

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Centrafrique : Journée internationale de la métrologie,  qui contrôle vraiment les balances sur les marchés, les pompes dans les stations, et les thermomètres dans le pays ?

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Journée internationale de la métrologie,  qui contrôle vraiment les balances sur les marchés, les pompes dans les stations, et les thermomètres dans le pays ?

 

Bambari-la-boucherie-en-plein-air/” rel=”attachment wp-att-75264″ data-wpel-link=”internal”>Sur le marché central de Bambari, dans le secteur de la vente de viande avec sans le système de mésure, malgré les décrets sur la métrologie
Sur-le-marche-central-de-Bambari-la-boucherie-en-plein-air – La dynamique du marché de la viande à Bria : Entre abondance et prix forts

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Ce mardi 20 mai 2025, la Journée des mesures en Centrafrique pousse les centrafricains à demander : qui vérifie vraiment les balances, pompes et thermomètres face aux fraudes généralisées dans le pays ?

 

En République Centrafricaine, la Journée internationale de la métrologie, célébrée ce 20 mai, sous le thème Des mesures pour tous les temps et pour tous”, a donné lieu à des discours officiels et des promesses répétées. Pourtant, dans les marchés, les stations-service et les pharmacies, l’application des normes de mesure reste inexistante, exposant les Centrafricains à des fraudes quotidiennes. Malgré un décret de 2019 censé encadrer la métrologie, la réalité montre un échec des autorités à garantir des transactions justes.

 

Des lois sur le papier, des fraudes dans la vie

 

En 2019, la RCA a adopté deux lois ambitieuses : la loi 19.008 sur le système national de métrologie et la loi 19.004 sur la normalisation et la qualité. Six ans plus tard, ces textes semblent n’exister que dans les tiroirs du ministère du Commerce. Lors de la célébration de cette journée à Bangui, le ministre Thierry Patrick Akoloza a vanté l’importance de la métrologie pour garantir la qualité des produits et lutter contre la fraude.  Mais ses paroles ne correspondent pas à la réalité vécue par les citoyens, qui font face chaque jour à des pratiques trompeuses dans presque tous les secteurs.

 

Prenons l’exemple des médicaments. Dans un pays où l’accès à des pharmacies légales est limité, beaucoup se tournent vers des vendeurs ambulants ou des marchés informels. Sans contrôle rigoureux, les étiquettes sont souvent trompeuses, les dosages incertains, et l’origine des produits obscure. Comment un citoyen, sans formation ni outils, peut-il vérifier la conformité d’un médicament ? La réponse est simple : il ne peut pas. La métrologie, censée garantir la traçabilité et la sécurité, est inexistante dans ce secteur vital.

 

 

Carburant, viande, pain : la triche à tous les étages

 

Le secteur du carburant n’est pas en reste. À la pompe, les compteurs trafiqués sont monnaie courante. Les pompistes, rompus à l’art de la manipulation, escroquent les clients en ne remettant pas les compteurs à zéro ou en livrant moins que promis. Les vignettes vertes, censées attester de la conformité des équipements, sont introuvables ou ignorées. Résultat : chaque plein est une loterie où le consommateur est perdant.

 

Sur les marchés, la situation est encore plus dure. Un kilo de viande, annoncé comme tel, peut se révéler n’être que 200 ou 300 grammes. Les balances, quand elles existent, sont souvent truquées, et les commerçants refusent tout dialogue. Face à une plainte, le commerçant pourrait récupérer sa marchandise sans explication au client. Les farines, les légumes, les poissons : aucun produit n’échappe à cette loterie du poids. Quant au pain, vanté à un poids réglementaire de 250 grammes, il est souvent gonflé d’air, léger comme une plume, à un poids avoisinant les 30 grammes, mais vendu au prix fort.

 

Un ministre déconnecté, un contrôle inexistant

 

Le ministre du Commerce, lors de ses rares visites sur les marchés, semble découvrir une réalité que les Centrafricains vivent quotidiennement. Les kits de contrôle annoncés pour les agents de la Direction de la Normalisation et de la Qualité sont une goutte d’eau dans un océan de dysfonctionnements. Les vérifications inopinées, si elles ont lieu, n’aboutissent que rarement à des sanctions effectives. Les fraudeurs, bien installés, continuent leurs pratiques en toute impunité.

 

À titre de comparaison, au Cameroun voisin, un kilo de viande est pesé avec rigueur, et le client en a pour son argent. À Bangui, un kilo ressemble davantage à une portion symbolique, à peine suffisante pour nourrir une personne. Cette différence explique l’ampleur du retard centrafricain en matière de métrologie appliquée.

 

Une célébration qui frise l’absurde

 

Célébrer la Journée Internationale de la Métrologie dans un pays où les instruments de mesure sont soit absents, soit manipulés, relève de l’ironie. Les discours officiels, les expositions interactives et les promesses de “sensibilisation” ne changent rien à la réalité : la métrologie, en RCA, est un concept abstrait, loin des préoccupations des citoyens. Pendant que le gouvernement parade, les Centrafricains continuent d’acheter des médicaments douteux, du carburant sous-dosé et des aliments sous-pesés.

 

Plutôt que de multiplier les célébrations vides, le ministère du Commerce doit agir c’est mieux. Des contrôles réguliers, des sanctions dissuasives et une véritable formation des agents sont indispensables.

 

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Le Comité Islamique Demande une École Coranique à la Prison de Ngaragba à Bangui

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Le Comité Islamique Demande une École Coranique à la Prison de Ngaragba à Bangui

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Dans-la-prison-en-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le Comité Islamique Demande une École Coranique à la Prison de Ngaragba à Bangui Centrafrique : la colère monte dans la prison de Bangui après l’application de la grâce présidentielle
Dans une cellule de la prison à Bangui, capitale de la Centrafrique

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Le Comité islamique de Centrafrique célèbre la mémorisation du Coran par un détenu et réclame une madrasa à la prison de Ngaragba pour la réhabilitation.

 

En effet, à  la maison centrale de Ngaragba, à Bangui, le Comité Islamique de Centrafrique a organisé une cérémonie pour honorer un détenu ayant mémorisé l’intégralité du Coran en 14 mois. Cet exploit spirituel a été salué lors d’une séance de prière réunissant imams et responsables religieux.

 

« Ce jeune a montré une détermination exceptionnelle en mémorisant les 60 chapitres du Coran », a déclaré un imam, soulignant la portée de cet accomplissement dans un contexte carcéral. La cérémonie a également servi de tribune pour une demande adressée aux autorités : l’établissement d’une école coranique permanente au sein de la prison.

 

Selon les leaders musulmans, une madrasa permettrait aux détenus d’occuper leur temps à des études religieuses constructives, favorisant leur réhabilitation. « Une telle initiative offrirait des connaissances utiles et éviterait l’oisiveté », a expliqué un responsable présent.

 

Cette démarche explique le rôle de la spiritualité dans la rédemption des prisonniers, tout en promouvant un climat de paix et de discipline au sein de l’établissement pénitentiaire….

 

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Tensions à Markounda : Les forces tchadiennes menacent les soldats FACA à Maitikoulou

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Tensions à Markounda : Les forces tchadiennes menacent les soldats FACA à Maitikoulou

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/08/soldats-tchadiens-dans-vehicule-en-mouvement.jpg” data-wpel-link=”internal”>soldats-tchadiens-dans-vehicule-en-mouvement , illustrant l'article sur la <a href=Tensions à Markounda : Les forces tchadiennes menacent les soldats FACA à Maitikoulou” width=”450″ height=”253″ />
soldats-tchadiens-dans-vehicule-en-mouvement

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 À Markounda, une menace d’attaque des militaires tchadiens contre les positions des soldats FACA à Maitikoulou crée la panique, sur fond d’accord transfrontalier controversé.

 

En effet, le 24 mai 2025, la ville de Markounda, dans le nord de la République centrafricaine, fait face à une situation tendue. Des sources sécuritaires contactées par la rédaction du CNC indiquent que des militaires tchadiens préparent une attaque contre les positions des Forces armées centrafricaines (FACA) à Maitikoulou, provoquant l’inquiétude des habitants et des autorités locales.

 

Origine du conflit

 

Tout a commencé lorsqu’un groupe de prétendus Peulhs armés, accusé de voler du bétail et de semer le trouble dans la région de Maitikoulou, a été poursuivi par les FACA, appuyées par des unités d’autodéfense formées il y a près d’un an. Lors de cette opération, une arme automatique AK47 a été saisie, mais les assaillants ont réussi à s’échapper vers le Tchad, de l’autre côté de la frontière. En réponse, dans la soirée du 23 mai 2025, deux véhicules BJ 80 transportant des soldats tchadiens, venant de Moissala, se sont positionnés face aux FACA à Maitikoulou. Des tirs ont retenti, avant que les forces tchadiennes ne se retirent temporairement, tout en annonçant leur intention de revenir le lendemain pour une offensive d’envergure.

 

Une population paniquée

 

Depuis samedi matin, la peur domine à Maitikoulou. Les FACA restent en alerte sur leurs positions, tandis que les autorités locales tentent de gérer la crise. Parallèlement, une patrouille de la Minusca se dirige vers l’axe Maitikoulou, mais sa mission se limite à enquêter sur un incident distinct : l’assassinat récent d’un conducteur de moto à Maihogo. Cette patrouille s’arrêtera au village de Bara, avant Maitikoulou, et n’a pas pour objectif d’intervenir directement dans la situation actuelle.

 

Un accord transfrontalier en question

 

Cette montée des tensions trouve ses racines dans un accord entre la RCA et le Tchad, qui permet aux forces tchadiennes de pénétrer jusqu’à cinq kilomètres en territoire centrafricain pour poursuivre des groupes armés. Pour la première fois, cet accord a été utilisé, amenant les soldats tchadiens sur le territoire centrafricain. Cette action a ravivé les débats sur les termes de cet accord, jugé par certains comme une atteinte à la souveraineté nationale….

 

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CENTRAFRIQUE : LA SUSPENSION TEMPORAIRE DE CERTAINES DISPOSITIONS DE LA LOI ÉLECTORALE À L’APPROCHE DU SCRUTIN CONFIRME LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE ET LE RECUL DÉMOCRATIQUE

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LA SUSPENSION TEMPORAIRE DE CERTAINES DISPOSITIONS DE LA LOI ÉLECTORALE À L’APPROCHE DU SCRUTIN CONFIRME LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE ET LE RECUL DÉMOCRATIQUE

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/sani-yalo.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/sani-yalo-352×450.jpg” alt=”CENTRAFRIQUE : LA SUSPENSION TEMPORAIRE DE CERTAINES DISPOSITIONS DE LA LOI ÉLECTORALE À L’APPROCHE DU SCRUTIN CONFIRME LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE ET LE RECUL DÉMOCRATIQUE….” width=”352″ height=”450″ />
De gauche à droite : Sani Yalo et Faustin Archange Touadera tenant le chèque en carton de 15 000 000 FCFA donné par le premier au dernier pour la caution de sa candidature à l’élection présidentielle de décembre 2025.

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Au moment où le vent de l’émergence démocratique souffle sur l’Afrique sub-saharienne, la République centrafricaine s’entête et s’enlise dans la rédaction des pages sombres de son histoire. Après la promulgation de la constitution du 30 mars 2016 consacrant de manière formelle et solennelle le retour à l’ordre constitutionnel, les enjeux, défis et attentes de la population étaient nombreux et diverses.

 

 

Au lendemain de la sous-traitance du volet sécuritaire au groupe paramilitaire de Wagner, du bradage de la souveraineté ainsi que de nos ressources naturelles et halieutiques, les nouvelles autorités de Bangui ont méthodiquement, mécaniquement et graduellement choisi de détricoter ou de désintégrer à dessein les fondements de la démocratie ainsi que les fondements des services sociaux de base hérités de la transition politique.

La cour constitutionnelle fût la première victime d’une interminable liste de violations de droit avec l’éviction sans aucune forme de procès de la présidente qui méritait respect et reconnaissance du peuple.

Ensuite, vint le moment de noyer en eau profonde la constitution du 30 mars 2016 pour instituer une présidence à vie qui fait référence aux siècles derniers.

Enfin, la loi électorale n’a pas échappé à cette traque et nous ne serons surpris qu’il n’y ait plus d’élections pour toujours.

 

Partant de ce constat et sur les cendres de l’article 18 du code électoral, le pouvoir de Bangui décidera à volonté de la disponibilité du fichier électoral ainsi que du choix des électeurs autorisés, ce qui compromet drastiquement la transparence et la crédibilité du processus électoral.

À titre de rappel, il apparaît important de souligner que les dispositions de l’article 18 du code électoral vise à garantir la régularité et la transparence du processus électoral en assurant une meilleure actualisation de la liste électorale.

Logiquement, une telle suspension qualifiée de brutale mais en réalité à dessein devrait être accompagnée d’une batterie de mesures supplétives tendant à cautionner la transparence et la confiance des citoyens.

Cet état de fait soulève la problématique de l’effectivité des élections nationales dans les délais constitutionnels c’est-à-dire le risque de glissement du calendrier électoral sachant qu’aucune disposition de la constitution du 30 mars 2016 ne prévoit ce vide juridique relatif prolongement des mandats nationaux.

 

Il est évident qu’un probable glissement du calendrier électoral risque d’affaiblir d’avantage la légitimité du pouvoir de Bangui, de créer des tensions sociales confirmant la promotion de discours hostiles au processus électoral, surtout la perte de confiance des investisseurs car le report des élections renvoie à l’image d’un pays politiquement instable.

Embrouillé par la succession de manœuvres ambiguës en faveur du projet du troisième mandat du président de la République, le citoyen lambda s’interroge :

– Après la suspension de certaines dispositions du code électoral, quel autre cadre juridique lié aux élections sera le prochain obstacle à surmonter ?

– À cette allure, est-il encore utile ou nécessaire d’organiser les élections nationales ?

– Pourquoi ne pas s’imposer directement en instituant une monarchie constitutionnelle au lieu de gaspiller de l’argent pour organiser les élections ?

En tout état de cause, les germes crisogenes se sont déjà invités dans l’arène et n’attend que le coup d’envoi des officiels.

Seul un dialogue politique réellement inclusif c’est-à-dire avec la participation de toutes les forces vives de la nation y compris les groupes armées pourra sauver ce qui peut l’être.

Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré qui ne parle pas…car un problème ne peut résoudre un autre problème et qu’un problème peut en cacher un autre.

L’expérience de l’Afrique sub-saharienne montre que le troisième mandat tue plus qu’un coup d’état militaire.

En déduction de ce qui précède, demandez à un citoyen lambda de faire le choix entre un troisième mandat et un coup d’état militaire…son choix sera simple et sans réflexion.

On ne répétera jamais assez ce credo devenu liturgique et nous exhorterons le nouveau souverain pontife qui prônait la paix dans sa première homélie papale de rappeler à ce pasteur devenu despote le caractère sacré du serment, de la parole donnée et le respect des textes établis.

Les chants des sirènes ne vous placeront jamais au dessus de la République.

Renoncer en échange d’une stabilité politique au projet mortifere de troisième mandat Monsieur le président et choisissez un dauphin avant qu’il ne soit trop tard et cela avec honneur au lieu d’abdiquer honteusement sous la pression populaire.

Monsieur le président, nous avons le flair de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.

Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…

Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent. Les fables du célèbre fabuliste français Jean de La Fontaine teintées d’allegories éducatives auront prévenu les autistes avant que le monde ne s’effondre tel que défini par le célèbre romancier nigerian Chinua Achébé.

Mais attention, ne le dites à personne…

Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.

 

Limassa le 24 mai 2025

 

Bernard SELEMBY DOUDOU.

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Martin Ziguélé critique l’influence néfaste de Wagner et de la Russie en Centrafrique

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Martin Ziguélé critique l’influence néfaste de Wagner et de la Russie en Centrafrique

 

Martin Ziguélé critique l’influence néfaste de Wagner et de la Russie en Centrafrique
Faustin Archange-Touadera sous la protection des mercenaires du groupeWagner en Russie

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Martin Ziguélé dénonce l’emprise néfaste de Wagner et de la Russie, qui gangrène la politique, l’économie et les médias en République centrafricaine.

 

La République centrafricaine (RCA) est aux prises avec une emprise délétère de Wagner et de la Russie, un phénomène que Martin Ziguélé, président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) et porte-parole du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), qualifie de « néfaste ». Dans une interview à la Fondation Jean-Jaurès, l’ancien Premier ministre Martin Ziguelé dénonce une ingérence qui gangrène les sphères politique, économique et médiatique, menaçant la souveraineté et la stabilité du pays.

 

Cette emprise s’est installée insidieusement depuis 2017, à la suite d’un accord de coopération militaire avec la Russie visant à renforcer l’armée nationale. « Nous pensions accueillir des officiers russes, mais ce furent des mercenaires de Wagner », déplore Martin Ziguelé. Ce qu’il appelle une « politique systémique » s’est étendue à la politique, où Wagner a tenté d’influencer des décisions importantes. Un exemple frappant est la pression exercée sur la présidente de la Cour constitutionnelle d’alors, Professeur Daniel Darlan, limogée après avoir refusé de céder aux demandes russes de modifier la Constitution pour prolonger le mandat du président Faustin-Archange Touadéra. Cette manœuvre illustre comment l’influence russe gangrène les institutions démocratiques, favorisant une dérive autoritaire.

 

Sur le plan économique, l’impact est tout aussi inquiétant et contribue à asphyxier le pays. Wagner contrôle la mine d’or de Ndassima, générant des revenus estimés à 1,5 milliard de dollars par an, alors que le budget national de la RCA stagne à 250 millions d’euros. Cette exploitation opaque prive l’État de ressources essentielles. Par ailleurs, Ziguélé épingle la société Neptune Oil, qu’il décrit comme une « caisse à fric du régime », dans le secteur des hydrocarbures. Avec des prix 40 % plus élevés que dans les pays voisins et une chute de 40 % des revenus fiscaux pétroliers, cette gestion a provoqué des tensions avec le Fonds monétaire international (FMI). En décembre 2024, l’absence de transparence a conduit à la suspension des décaissements du FMI, aggravant la crise de trésorerie de l’État.

 

Les médias ne sont pas épargnés par cette emprise. Martin Ziguelé dénonce une campagne de désinformation instrumentée par des « trolls » russes, qui diffusent des articles mensongers via des réseaux au Niger, au Burkina ou au Sénégal pour manipuler l’opinion publique. « Ils cherchent à donner une apparence de crédibilité », explique-t-il, tout en saluant les médias centrafricains qui résistent à cet « esclavage volontaire » malgré des moyens limités. Cette mainmise médiatique vise à consolider l’influence russe en façonnant les perceptions, un mécanisme qui gangrène la liberté d’expression.

 

Face à cette situation, Ziguélé et le BRDC ont organisé une manifestation le 4 avril 2025, mobilisant des milliers de Centrafricains, majoritairement des jeunes, pour rejeter l’influence étrangère et les velléités autoritaires de Touadéra. « Plus de 90 % des manifestants étaient des jeunes », souligne-t-il, voyant dans leur engagement un espoir pour la démocratie. Un « giga-meeting » est prévu le 31 mai 2025 à Bangui pour exiger des élections transparentes en décembre 2025 et contrer les dérives soutenues par Wagner.

 

Dans un contexte régional troublé, marqué par des coups d’État comme au Niger, où le président Mohamed Bazoum reste en résidence surveillée, Ziguélé appelle à une solidarité internationale pour contrer ce « nouvel impérialisme » russe. Il s’inquiète également d’une possible réduction du financement de la MINUSCA par l’administration Trump, qui pourrait déstabiliser davantage la RCA, déjà fragilisée par l’emprise étrangère.

 

Martin Ziguélé dresse un réquisitoire implacable contre l’influence néfaste de Wagner et de la Russie, qui gangrène la Centrafrique à tous les niveaux. Avec la jeunesse comme fer de lance, il appelle à un sursaut démocratique pour restaurer la souveraineté et préserver les libertés face à une menace qui compromet l’avenir du pays….

 

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Mathias Barthélemy-Morouba, président de l’Autorité Nationale des Élections, délire en direct sur Radio Centrafrique

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Mathias Barthélemy-Morouba, président de l’Autorité Nationale des Élections, délire en direct sur Radio Centrafrique

 

Mathias Barthélemy-Morouba, président de l’Autorité Nationale des Élections, délire en direct sur Radio Centrafrique
Dr Barthelemy Mathias Morouba, Président de l’Autorite nationale des élections …

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Le président de l’Autorité Nationale des Élections, Mathias Barthélemy-Morouba, s’est perdu dans un monologue délirant sur Radio Centrafrique, incapable de répondre aux doutes sur les élections à venir.

 

Une déclaration électorale qui frise l’absurde

 

La récente intervention de Mathias Barthélemy-Morouba, président de l’Autorité Nationale des Élections (ANÉ), dans un entretien sur Radio Centrafrique, a de quoi laisser perplexe. Ses propos, censés rassurer sur la préparation des prochaines élections en Centrafrique, sonnent comme une tentative maladroite de maquiller une réalité dégoutante. Loin de convaincre, cette déclaration expose une déconnexion avec les défis réels du pays.

 

Un recensement déjà entaché de doutes

 

Le président de l’ANE, Mathias Barthélemy-Morouba,  vante des “avancées techniques et logistiques” pour des élections soi-disant transparentes. Mais comment parler de transparence quand le recensement électoral, première étape du processus, est déjà biaisé ? Des voix de la société civile, des leaders politiques et même d’anciens responsables, comme l’ex-Premier ministre Firmin Ngrebada, pointent des grossières irrégularités. Firmin Ngrebada n’a pas mâché ses mots, alertant sur des “hold-up électoraux” en préparation dans sa circonscription de Boali. Ses appels aux autorités locales et à l’ANÉ sont restés sans réponse. Ce silence, loin d’être anodin, trahit une incapacité à affronter les critiques ou, pire, une complaisance face aux dysfonctionnements.

 

Une indépendance de façade

 

Mathias Barthélemy-Morouba insiste sur l’indépendance de l’ANE et son “traitement équitable” des candidats. Mais ces mots sonnent creux face à l’histoire récente. Le Conseil constitutionnel, les partis d’opposition comme le BRDC et de nombreux observateurs ont déjà dénoncé la structure même de l’ANE, jugée inapte à organiser des élections fiables. Les leçons des élections de 2020, entachées par des irrégularités massives, semblent n’avoir rien changé. Le président prétend avoir “rectifié” les erreurs passées, mais où sont les correctifs? Le recensement actuel, loin d’être un progrès, est qualifié de “pourri” par les sociétés civiles. Parler de “mécanismes renforcés” dans ce contexte relève soit de l’aveuglement, soit d’une tentative de détourner l’attention.

 

Un processus électoral au plus bas

Comparer les élections à venir avec celles du passé est édifiant. Même en 2016, en pleine guerre civile, le processus électoral était jugé plus crédible, avec un écart de qualité estimé à 12 %  sur un total de 100%. Aujourd’hui, le système semble s’effondrer à un niveau jamais vu, qualifié de “chaotique” et pire que tout ce que le pays a connu. Le président de l’ANE, en balayant ces critiques d’un revers de main, ne fait qu’aggraver le sentiment d’un déni de réalité.

 

Une communication qui insulte l’intelligence collective

 

Ce qui dérange le plus, c’est l’aplomb avec lequel Mathias Barthélemy-Morouba  présente un tableau optimiste, comme si les Centrafricains n’étaient pas conscients des failles béantes du système. Parler de “maturité du processus électoral” dans un contexte où le recensement est contesté, où les irrégularités s’accumulent et où l’ANÉ reste sourde aux alertes est une insulte à l’intelligence collective. Cette posture, qui frôle l’arrogance, ne peut que creuser le fossé entre les autorités électorales et une population déjà méfiante.

 

La déclaration du président de l’ANÉ n’est pas seulement décevante, elle est dangereuse. En ignorant les critiques, en refusant de s’attaquer aux vrais problèmes et en se contentant de promesses vagues, Mathias Barthélemy-Morouba  met en péril la crédibilité des élections à venir. Le BRDC l’a dit clairement : sans une refonte profonde de l’ANÉ, aucune élection ne peut être jugée fiable. Il est temps que les responsables cessent de se cacher derrière des discours vides et prennent des mesures concrètes pour restaurer la confiance. La Centrafrique mérite mieux qu’un processus électoral qui, pour l’instant, n’inspire que méfiance et désespoir….

 

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Le député Hassan Akras parachève sa tournée humanitaire à Molengué

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Le député Hassan Akras parachève sa tournée humanitaire à Molengué

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Remise de lampadaire au dispensaire de l’arrondissement de Molengué dans la commune de Mbata par l’équipe du cabinet parlementaire de l’honorable Hassan AKHRAS. Photo CNC

 

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Le cabinet parlementaire du député Hassan Akras a clôturé sa tournée humanitaire dans la circonscription de Mbaïki 3 par une intervention à Molengué, dernier village de la commune de Mbata à bénéficier de cette série d’actions sociales.

 

Une aide médicale vitale

 

Comme lors des cinq étapes précédentes, l’équipe a remis au dispensaire local :

– Une moto tricycle pour évacuer les cas urgents vers Mbaïki ou Bangui

– Un lampadaire solaire pour faciliter les soins nocturnes et les accouchements d’urgence.

 

Retour sur une tournée exhaustive

 

Cette ultime intervention vient compléter un maillage sanitaire couvrant l’ensemble de la commune :

  1. Bokanga (arrondissement, 86 km de Bangui) : Première remise d’une moto trois roues et un lampadaire;
  2. Bangui Bouchia (arrondissement, 92 km) : Dotation médicale
  3. Bouchia (3ème arrondissement) : Aide aux sinistrés des intempéries
  4. Mbata (chef-lieu) : Appui aux jeunes et agriculteurs
  5. Belou : Renforcement du dispensaire
  6. Molengué : Dernière dotation complétant le dispositif.

 

Un impact tangible.

 

Cette stratégie territoriale permet désormais :

– Un maillage complet en motos tricycle pour les 6 arrondissements

– Une amélioration des conditions de soins dans tous les dispensaires

– Une réponse adaptée aux spécificités de chaque zone.

 

Le député Akras a souligné que cette action s’inscrivait dans une vision à long terme pour sa circonscription, combinant réponse immédiate aux urgences et renforcement des capacités locales.

 

Perspectives

 

Le cabinet annonce un suivi rigoureux de l’utilisation des équipements et l’évaluation des besoins résiduels pour de futures interventions.

 

 

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Zemio : un retour au calme forcé sous la pression du gouvernement

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Zemio : un retour au calme forcé sous la pression du gouvernement

 

Zemio : un retour au calme forcé sous la pression du gouvernement
Déplacement massif de la population de Zemio vers la République démocratique du Congo

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 À Zemio, le gouvernement impose de force un retour au calme après les combats entre les milices Azandé et les forces gouvernementales, mais cette paix proclamée cache une réalité bien plus troublante.

 

En effet, à Zemio, dans le Haut-Mbomou, le gouvernement centrafricain veut faire croire que la paix est revenue après les affrontements sanglants de la semaine dernière entre les miliciens Azandé et les soldats FACA appuyés par les casques bleus et les Mercenaires russes du groupe Wagner. L’affrontement a fait des victimes énormes, tant dans le camp des éléments de forces gouvernementales, tant dans le camp de la milice Azandé, et maintenant, on ordonne aux habitants de reprendre leur vie comme si tout était réglé. Les boutiques rouvrent, les enseignants retrouvent leurs salles de classe, et l’hôpital affiche une campagne de vaccination. Tout semble instrumenté pour donner l’illusion d’un retour à la normale.

 

Bernard Guiwa, premier adjoint au maire, joue le jeu. Il exhorte les habitants réfugiés en brousse à rentrer, jurant que la sécurité est assurée par les patrouilles des russes, des FACA, de la police et de la gendarmerie. Il parle d’enfants qui doivent passer leurs examens, comme si la peur pouvait s’effacer d’un discours. Mais ce retour au calme est une façade. La population reste terrifiée, hantée par l’insécurité persistante.

 

Dans les zones périphériques, les combats continuent entre les miliciens Azandé et les forces russes, appuyées par les soldats FACA et les casques bleus. Pourtant, les milices n’ont pas désarmé. Forcer les gens à revenir, c’est avant tout une manœuvre pour projeter une image de contrôle, une victoire médiatique pour le gouvernement. Mais sur le terrain, la peur domine, et cette prétendue paix n’est qu’un vernis craquelé, loin de la réalité vécue par des habitants qui savent que le danger peut resurgir à tout moment….

 

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Centrafrique : sur les traces d’une comédie d’un atelier parlementaire sur les Droits humains

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sur les traces d’une comédie d’un atelier parlementaire sur les Droits humains

 

Centrafrique.org/la-celebration-de-la-journee-internationale-des-droits-de-lhomme-en-rca/le-ministre-detat-en-charge-de-la-justice-arnaud-djoubaye-abazene-copyright-cnc/” rel=”attachment wp-att-51969″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique : sur les traces d’une comédie d’un atelier parlementaire sur les Droits humains
Le ministre d’État en charge de la justice Arnaud Djoubaye Abazene copyright CNC

 

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Bangui, 13 mai 2025 – Dans la salle de conférence de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, les députés centrafricains se sont réunis pour un atelier de deux jours sur l’Examen Périodique Universel (EPU), un mécanisme des Nations Unies censé évaluer la situation des droits humains.

 

Sous la présidence de Simplice Mathieu Sarandji, président de l’Assemblée nationale, et avec la participation du ministre d’État à la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, l’événement promet de renforcer le rôle des parlementaires dans la promotion des droits fondamentaux. Mais dans un pays où la réalité sur le terrain contredit chaque jour les discours policés, cet exercice ressemble davantage à une pièce de théâtre à l’ivoirienne qu’à un véritable engagement.

 

L’atelier, organisé avec le soutien de l’Union Parlementaire et du Réseau Parlementaire Centrafricain des Droits de l’Homme, dirigé par le député de Mbaïki 1 Brice Kakpayen , ambitionne d’outiller les élus pour mieux naviguer dans le processus de l’EPU, prévu pour 2026. Les sessions prévues abordent des sujets techniques : la compréhension des traités internationaux, l’analyse des rapports gouvernementaux, les méthodes de plaidoyer, ou encore la préparation de recommandations. Sur le papier, tout semble sérieux. Simplice Mathieu Sarandji a d’ailleurs insisté : les parlementaires, représentants du peuple, doivent montrer l’exemple. Le ministre Abazène a renchéri, liant justice et droits humains à la reconstruction nationale. Mais ces mots sonnent creux quand on observe la situation réelle.

 

Parler de droits humains en Centrafrique aujourd’hui, c’est marcher sur un fil tendu au-dessus d’un abîme. La crise actuelle, bien plus dévastatrice que les soubresauts des dix dernières années, ne se mesure pas seulement en rapports ou en recommandations. Le nombre de morts, les déplacements massifs, les exactions incessantes : tout indique un désastre humanitaire qui dépasse en ampleur et en gravité ce que le pays a connu auparavant. Dans le sud, à Oumou, les témoignages convergent vers une situation alarmante. Des prisons tenues par les mercenaires russes du groupe Wagner, des abus commis par des soldats de l’armée nationale et leurs alliés, des populations prises en otage dans un climat de terreur. Ces réalités ne trouvent aucun écho dans les salles où se rédigent les discours pour Genève.

 

Et pourtant, la communauté internationale, via des entités comme la MINUSCA ou d’autres organisations multilatérales, continue de jouer un jeu ambigu. Les résolutions s’empilent, les rapports s’écrivent, les délégations applaudissent dans les couloirs du Conseil des Droits de l’Homme. Mais sur le terrain, rien ne change. Pire, la présence de Wagner, loin de stabiliser, aggrave le chaos. Leurs agissements, souvent en connivence avec des forces nationales, ridiculisent les engagements pris par Bangui devant l’ONU. Dans ce contexte, évoquer des notions comme la réforme du secteur de sécurité, la lutte contre l’impunité ou la protection des femmes et des enfants relève d’une hypocrisie difficile à ignorer. Ces termes, répétés comme un mantra, servent davantage à apaiser les consciences internationales qu’à répondre aux souffrances des Centrafricains.

 

L’atelier en cours explique parfaitement ce décalage. Former des députés à rédiger des recommandations ou à harmoniser les lois avec les standards internationaux, c’est bien. Mais à quoi bon, si ces efforts restent déconnectés de la réalité ? Les parlementaires, même animés des meilleures intentions, opèrent dans un système où les priorités sont dictées par des agendas extérieurs et des arrangements opaques. La MINUSCA, par exemple, incarne cette diplomatie du double langage : des communiqués rassurants d’un côté, une incapacité chronique à protéger les civils de l’autre. Quant aux partenaires internationaux, leur soutien financier et logistique à des initiatives comme cet atelier semble souvent n’être qu’un moyen de cocher des cases administratives.

 

Il serait injuste de nier tout progrès. Des sessions similaires, impliquant la société civile ou les institutions nationales des droits humains, sont prévues pour rendre le processus plus inclusif. Mais ces efforts, aussi louables soient-ils, ne peuvent masquer une vérité: parler de droits humains sans s’attaquer aux racines du chaos ,  la complicité de certains acteurs internationaux, la prédation de groupes armés, l’inaction face aux exactions,  revient à insulter la mémoire des victimes. Chaque jour, des familles pleurent leurs morts, des enfants grandissent dans la peur, des communautés entières sont abandonnées. Pendant ce temps, les rapports s’accumulent, les ateliers se multiplient, et les promesses s’évaporent.

 

Cet atelier, comme tant d’autres initiatives, risque de n’être qu’un épisode de plus dans une longue série de distractions. Si les parlementaires veulent réellement changer la donne, ils devront faire plus que suivre des formations ou rédiger des textes. Ils devront exiger des comptes, non seulement de leur gouvernement, mais aussi de ceux qui, sous couvert de diplomatie, laissent la Centrafrique s’enfoncer. Sans cela, l’EPU de 2026 ne sera qu’une nouvelle occasion de produire des documents bien écrits, applaudis à l’ONU, mais ignorés là où ils comptent vraiment : dans les villages, les camps de déplacés, et les prisons oubliées ….

 

 

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Le désordre s’accentue à la faculté des lettres et des sciences humaines de l’université de Bangui : le doyen Jean-Claude Azoumaye sème le chaos

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Le désordre s’accentue à la faculté des lettres et des sciences humaines de l’université de Bangui : le doyen Jean-Claude Azoumaye sème le chaos

 

Centrafrique.org/?attachment_id=89970″ rel=”attachment wp-att-89970″ data-wpel-link=”internal”>Portrait de monsieur Jean-Claude Azoumaye , Le doyen de la faculté des lettres et des sciences humaines de l'université de Bangui.
Professeur Jean Claude azoumaye, Doyen de la faculté des letttres et des sciences humaines

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Sous la direction de Jean-Claude Azoumaye, la faculté des lettres et sciences humaines de Bangui sombre dans le chaos, avec des salles rares et des cours désorganisés.

 

La faculté des lettres et sciences humaines (FLSH) de l’université de Bangui est un pilier de l’enseignement supérieur en République centrafricaine, regroupant huit départements aux disciplines variées : lettres modernes, philosophie, psychologie, sciences de l’éducation, sciences sociales, sciences de l’information et de la communication, anthropologie et géographie. Ces départements offrent des programmes de licence, master et doctorat, avec des spécialisations pointues. En anthropologie, les étudiants se forment à l’anthropologie de la santé, du développement ou sociale et culturelle. En géographie, ils explorent l’environnement, la climatologie, la géomatique ou la cartographie. Les sciences de l’information et de la communication préparent au journalisme et à la production médiatique, tandis que la psychologie et les sciences de l’éducation forment des cliniciens, des pédagogues et des enseignants.

 

Avec au minimum huit départements, chacun accueillant des étudiants sur cinq années, la faculté nécessiterait 24 à 40 salles pour fonctionner correctement. Les 5 salles de classes , plus d’un amphithéâtre disponibles, créent un goulot d’étranglement qui plonge la faculté dans un chaos structurel.

 

Une organisation des cours entravée par Jean-Claude Azoumaye

 

Malgré la pénurie de salles, les chefs de département se battent jour et nuit pour organiser les emplois du temps. Chaque département a besoin d’espaces pour ses cinq années d’études. En sciences sociales, les étudiants étudient la sociologie et l’économie. En philosophie, ils abordent l’éthique ou la métaphysique. En psychologie, ils explorent la neuropsychologie ou la psychologie clinique. Les sciences de l’éducation se concentrent sur la pédagogie, tandis que les lettres modernes analysent la littérature française, africaine ou comparée. En anthropologie, les cours portent sur la santé ou le développement ; en géographie, sur la cartographie ou l’environnement ; et en sciences de l’information et de la communication, sur le journalisme et la production audiovisuelle.

 

Avec seulement cinq salles, les chefs de département, malgré leurs efforts héroïques, peinent à répartir les espaces. Un groupe de première année en sciences sociales, avec 900 à 1 000 étudiants, ne peut compter que sur l’amphithéâtre Blagué pour des cours en grand groupe, mais cet espace est souvent indisponible à cause des décisions du doyen Jean-Claude Azoumaye. Les étudiants en géographie, qui nécessitent des laboratoires pour la géomatique, ou en psychologie, qui étudient des concepts complexes, subissent les mêmes restrictions. Les chefs de département, qu’il s’agisse de ceux de l’anthropologie, de la philosophie ou des sciences de l’éducation, réorganisent sans cesse des emplois du temps fragiles, souvent perturbés par les choix de Jean-Claude Azoumaye.

 

Ce chaos frappe particulièrement les premières années, où les effectifs sont les plus élevés. Les étudiants, novices dans des disciplines comme la sociologie ou la littérature, peinent à suivre sans encadrement, un problème aggravé par la gestion désastreuse de Jean-Claude Azoumaye.

 

Professeurs et étudiants pénalisés

 

Face à la pénurie de salles, un héritage de 40 ans de négligence étatique, les professeurs adoptent des solutions désespérées. Dans des départements comme les sciences de l’éducation ou la psychologie, ils distribuent des polycopiés – des documents imprimés contenant le contenu des cours – en espérant que les étudiants étudient seuls. En anthropologie, où les discussions sur la culture ou le développement sont essentielles, ces polycopiés ne remplacent pas l’échange avec un enseignant. En géographie, les notions de climatologie ou de géomatique exigent des explications pratiques, impossibles à transmettre par un document. En sciences de l’information et de la communication, les ateliers de journalisme ou de montage vidéo sont réduits à des instructions écrites.

 

Quand une salle ou l’amphithéâtre Blagué se libère, les professeurs se précipitent pour donner des cours oraux, résumant des semaines de contenu en quelques heures. Ces séances, vitales, sont trop rares, notamment à cause des perturbations causées par Jean-Claude Azoumaye. Les étudiants vivent une forme d’apprentissage par correspondance forcée, recopiant des polycopiés sans comprendre leur contenu. Pour les premières années en sciences sociales, avec 900 à 1 000 étudiants, ou en psychologie, avec 500 à 700 étudiants, cette absence d’enseignement structuré est désastreuse, un problème amplifié par les décisions de Jean-Claude Azoumaye.

 

L’amphithéâtre Blagué loué par Jean-Claude Azoumaye

 

Le désordre atteint son paroxysme avec une pratique instaurée par Jean-Claude Azoumaye : la location de l’amphithéâtre Blagué à des organisations extérieures pour des séminaires, conférences ou formations privées. Cet amphithéâtre, seul espace capable d’accueillir des groupes nombreux comme les 900 à 1 000 étudiants de première année en sciences sociales, est essentiel pour les cours. Pourtant, Jean-Claude Azoumaye le loue fréquemment, privant les étudiants de cet espace. Par exemple, des étudiants en sciences sociales, prêts pour un cours de sociologie, arrivent pour trouver l’amphithéâtre Blagué occupé par un événement payant. Les étudiants en psychologie, avec 500 à 700 apprenants en première année, ou en sciences de l’information et de la communication, subissent les mêmes annulations.

 

Ces locations, organisées par Jean-Claude Azoumaye sans égard pour les emplois du temps, pénalisent les étudiants et sabotent les efforts des chefs de département, qui luttent pour organiser les cours. Quand l’amphithéâtre Blagué est loué, les étudiants perdent des leçons essentielles, tandis que les professeurs, frustrés, peinent à maintenir une continuité pédagogique. Cette pratique, qui privilégie l’argent à l’éducation, transforme l’amphithéâtre Blagué en une source de revenus au détriment des étudiants, une aberration sous la direction de Jean-Claude Azoumaye.

 

Un calendrier académique absurde imposé par Jean-Claude Azoumaye

 

Le chaos culmine avec un calendrier académique insensé, décidé par Jean-Claude Azoumaye. Les cours doivent s’achever fin mai 2025, avec des examens prévus en juin 2025. Ce calendrier suppose un enseignement complet, mais les étudiants, privés de cours à cause des locations de l’amphithéâtre Blagué par Jean-Claude Azoumaye, n’ont presque rien appris. En sciences sociales, les notions de sociologie ou d’économie restent floues. En philosophie, les concepts de Kant ou Sartre sont inexplorés. En géographie, les cours sur l’environnement ou la géomatique sont à peine effleurés. En sciences de l’information et de la communication, les techniques journalistiques n’ont pas été pratiquées.

 

Les polycopiés, sur lesquels les étudiants s’appuient faute de cours, sont incompréhensibles sans explications orales. Pourtant, les examens approchent, forçant les étudiants à se présenter sans préparation, une situation imposée par Jean-Claude Azoumaye. Cette précipitation ignore la réalité. Les étudiants qui passeront en années supérieures ou obtiendront leur diplôme auront des lacunes profondes, un problème aggravé par le calendrier absurde de Jean-Claude Azoumaye. Ces diplômés, destinés à des carrières dans l’enseignement, les ONG ou l’administration, entreront sur le marché du travail avec des compétences insuffisantes.

 

Une faculté à l’agonie sous Jean-Claude Azoumaye

 

La FLSH n’est pas la seule à souffrir à l’université de Bangui, mais son désordre, amplifié par Jean-Claude Azoumaye, est particulièrement aigu. Les professeurs, épuisés, enseignent dans des conditions intenables, malgré la pénurie de salles héritée de 40 ans de négligence étatique. Les chefs de département, qui se battent jour et nuit pour organiser les cours, voient leurs efforts anéantis par les locations de l’amphithéâtre Blagué décidées par Jean-Claude Azoumaye. Les étudiants, motivés par des carrières dans la recherche, la communication ou le développement, luttent pour apprendre dans un système qui les abandonne, un système miné par les choix de Jean-Claude Azoumaye.

 

Cette gestion chaotique, menée par Jean-Claude Azoumaye, compromet l’avenir des étudiants et la réputation de l’université. Les diplômés, formés dans des conditions précaires, risquent d’être mal préparés à répondre aux besoins de la République centrafricaine, que ce soit dans l’éducation, le développement ou la culture.

 

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Le Temps, deuxième nom de Dieu : Touadera face à la vérité sur Wagner en Centrafrique

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Le Temps, deuxième nom de Dieu : Touadera face à la vérité sur Wagner en Centrafrique

 

Le Temps, deuxième nom de Dieu : Touadera face à la vérité sur Wagner en Centrafrique
Faustin Archange-Touadera sous la protection des mercenaires du groupeWagner en Russie

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

Depuis plusieurs années, Faustin-Archange Touadéra, le Président Centrafrique,  a nié, d’une manière catégorique,  la présence de Wagner sur le territoire centrafricain. Mais, comme le disent les anciens, le temps révèle toujours la vérité.

 

En République centrafricaine, un proverbe ancestral rappelle que « le deuxième nom de Dieu, c’est le temps ». Cette sagesse populaire que l’opposant Martin Ziguelé aime particulièrement le dire semble s’appliquer à la situation du président Faustin-Archange Touadéra, qui, pendant des années, a nié avec véhémence toute implication du groupe Wagner dans son pays. De 2018 à 2022, alors que les mercenaires russes étaient de plus en plus visibles en Centrafrique, Baba Kongoboro a maintenu un discours de déni, défiant quiconque de prouver l’existence d’un accord avec cette organisation paramilitaire. Pourtant, les faits, les témoignages et les enquêtes internationales racontent une tout autre histoire.

 

Dans une interview accordée à Jeune Afrique le 20 septembre 2021, Touadéra déclarait fermement : « Je n’ai signé aucun accord avec une société appelée Wagner. Je vous défie de prouver le contraire ». Cette posture, reprise dans plusieurs médias, visait à rejeter les accusations de collaboration avec le groupe russe, une armée privée et hautement criminelle au service des intérêts du Kremlin. À l’époque, il insistait sur le fait que ses relations avec la Russie se limitaient à un accord de défense interétatique, signé en 2018, pour la formation et l’équipement de l’armée centrafricaine. « Nous traitons avec le pouvoir russe dans le cadre d’un accord de défense et de formation entre États », expliquait-il encore en 2023, selon des propos rapportés par RFI le 15 septembre 2023.

 

Mais cette rhétorique s’est heurtée à une réalité incontestable. Dès 2018, des centaines de mercenaires de Wagner ont débarqué en Centrafrique, officiellement pour entraîner les forces armées nationales, comme le rapporte TV5Monde dans un article du 27 juin 2023. Leur présence s’est rapidement étendue au-delà de la formation militaire : protection rapprochée du président, sécurisation des mines d’or et de diamants, et même contrôle des douanes. Le Monde, dans un article du 20 février 2023, détaille comment Wagner, sous la direction de Vitali Perfilev, un ancien légionnaire, a diversifié ses activités, exploitant les ressources naturelles du pays tout en commettant des exactions.

 

Les dénégations de Touadéra ont persisté même face à des preuves accablantes. En 2021, il affirmait à RFI n’avoir « aucune connaissance de l’activité de l’entreprise paramilitaire russe en Centrafrique ». Pourtant, les rapports d’organisations comme Human Rights Watch et l’ONU ont documenté des violations des droits humains attribuées à Wagner, notamment des exécutions de civils à Bria en novembre 2021, 10 février 2022). Ces actes ont alimenté un sentiment d’impunité, les mercenaires opérant comme s’ils étaient au-dessus des lois.

 

La mort d’Evgueni Prigojine, chef de Wagner, en août 2023, a marqué un tournant. La Russie a cherché à remplacer Wagner par une nouvelle structure, Africa Corps, sous l’égide de son ministère de la Défense. Le magazine panafricain Jeune Afrique rapporte que des émissaires russes, dont le vice-ministre Iounous-Bek Evkourov, ont pressé Touadéra d’accepter ce changement. Cette transition a révélé l’ampleur de l’influence russe à Bangui, rendant les dénégations de Touadéra de plus en plus intenables. Fidèle Gouandjika, ministre-conseiller de Touadéra, avait d’ailleurs admis en 2023 que « la Russie a sous-traité avec Wagner », une déclaration citée par TV5Monde (27 juin 2023), qui contredit les affirmations officielles.

 

Les conséquences de cette collaboration sont dévastatrices. Les mercenaires, loin de stabiliser le pays, ont amplifié l’insécurité. Des posts sur X, comme celui de @CartesDuMonde, décrivent Wagner comme un acteur qui « pille les ressources et commet des exactions sur les civils ». À Bangui, la population vit dans la peur, tandis que l’économie est asphyxiée par la mainmise des Russes sur les secteurs clés.

 

Touadéra a peut-être cru que ses démentis suffiraient à masquer la vérité. Mais, comme le dit l’adage, le temps finit toujours par « appréhender à la gorge ». Les masques tombent, et la réalité de l’emprise de Wagner en Centrafrique devient impossible à nier….

 

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Fidèle Ngouandjika et Wagner : Une apologie honteuse du pillage des richesses centrafricaines

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Fidèle Ngouandjika et Wagner : Une apologie honteuse du pillage des richesses centrafricaines

 

Fidèle Ngouandjika et Wagner : Une apologie honteuse du pillage des richesses centrafricaines
Poutine et Touadera à Moscou, le 15 janvier 2025

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Dans une récente interview accordée à la Radio France Internationale, Fidèle Ngouandjika, ministre-conseiller du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, a livré une défense sidérante de l’influence russe en République centrafricaine (RCA).

 

En glorifiant le groupe Wagner comme un « sauveur de la démocratie » et en justifiant l’exploitation des richesses minières par des sociétés russes, même en cas de « pillage », Fidèle Ngouandjika a non seulement trahi la souveraineté nationale, mais aussi insulté la dignité du peuple centrafricain. Ses propos, d’une arrogance désinvolte, révèlent une soumission inquiétante aux intérêts étrangers, au mépris des aspirations démocratiques et économiques de la RCA.

Fidèle Ngouandjika et Wagner : Une apologie honteuse du pillage des richesses centrafricaines
Fidèle Ngouandjika, ministre conseiller de cousin président Touadera Faustin saluant Wagner

 

Wagner, un « héros national » ? Une insulte au peuple centrafricain

 

Fidèle Ngouandjika n’a pas hésité à qualifier Evgeny Prigozhin, ancien chef de Wagner, de « héros national », justifiant l’érection d’une statue à son effigie à Bangui en décembre dernier. « Prigozhin est pour nous un héros national, c’est pourquoi on a érigé sa statue », a-t-il déclaré, comme si honorer un mercenaire russe était une évidence. Cette glorification d’un homme dont le groupe est accusé de violations des droits humains et de pillage des ressources naturelles dans plusieurs pays africains est une provocation. Alors que la RCA lutte pour se relever de décennies de conflits, célébrer Wagner comme un sauveur revient à cracher sur les souffrances du peuple, qui mérite des dirigeants dévoués à ses intérêts, non à ceux d’une milice étrangère.

 

Fidèle Ngouandjika  va plus loin, affirmant que Wagner a « sauvé la démocratie » en 2020 en empêchant un coup d’État organisé par la coalition rebelle CPC. « Les Wagner ont sauvé la démocratie de la République centrafricaine en boutant hors du territoire le président du Côte-Vin-Vin », proclame-t-il, réécrivant l’histoire pour transformer une intervention mercenaire en acte de patriotisme. Mais quel genre de démocratie dépend d’une milice étrangère pour survivre ? Cette rhétorique masque une vérité troublante : Wagner n’a pas agi par altruisme, mais pour sécuriser son accès aux mines d’or et de diamants, comme celle Ndassima près de Bambari, au détriment des Centrafricains.

 

Une justification abjecte du pillage des ressources

 

Le plus révoltant dans les propos de Fidèle Ngouandjika  est sa défense éhontée de l’exploitation des ressources minières par des sociétés russes, comme Lobaye Invest. Interrogé sur les accusations de pillage, il répond avec une désinvolture choquante : « Même si les Russes nous volent, même si les Russes nous pillent, c’est avec notre accord. Parce que ça nous appartient ». Cette déclaration est une capitulation pure et simple. En admettant que le pillage pourrait exister, tout en le justifiant par un prétendu contrôle national, Fidèle Ngouandjika  abdique toute responsabilité envers le peuple centrafricain, dont les richesses sont siphonnées sous prétexte de « souveraineté ».

 

La RCA, riche en or, diamants et potentiel pétrolier, a survécu pendant des décennies grâce à l’agriculture, comme Fidèle Ngouandjika  le reconnaît lui-même : « Nous avons toujours survécu avec l’agriculture traditionnelle qui fait à peu près 53-54% du PIB ». Pourquoi, alors, céder les ressources minières à des partenaires russes sans transparence ni bénéfices tangibles pour la population ? Fidèle Ngouandjika  prétend que la Russie, « qui a du pétrole en abondance », aidera la RCA à devenir un « pays émergent ». Mais où sont les écoles, les hôpitaux, les routes financés par ces prétendus partenariats ? Le ministre se contente d’affirmer que les sociétés russes « paient leurs impôts » et opèrent sous des « permis miniers », sans fournir la moindre preuve d’une gestion équitable.

 

Une souveraineté vendue sous couvert de nationalisme

 

Fidèle Ngouandjika tente de draper cette soumission dans un discours nationaliste, proclamant que les ressources minières « appartiennent à la République centrafricaine et n’appartiennent plus à la France ». Il accuse les opposants d’être des « valets de la France-Afrique », obsédés par la « chicotte de l’ancienne colonie française ». Ce rejet virulent de l’influence française, incarnée par les « 11 accords secrets » de 1960, pourrait séduire certains panafricanistes. Mais il s’agit d’une diversion. En remplaçant la tutelle française par une dépendance russe, le régime Touadéra ne libère pas la RCA ; il l’enchaîne à un nouvel acteur impérialiste, dont les motivations sont tout aussi prédatrices.

 

La statue de Prigozhin, l’exploitation opaque des mines, et les déclarations de Gouandjika sur le « droit » de donner les ressources « à qui on veut » trahissent une réalité : la RCA est devenue un pion dans la géopolitique russo-africaine. Wagner, ou ses successeurs sous un autre nom, n’est pas un partenaire désintéressé. Les bénéfices des mines d’Assima ne reviennent pas aux Centrafricains, mais à une élite dirigeante complice et à ses alliés russes. Gouandjika a beau clamer que « c’est notre sous-sol », la souveraineté qu’il vante est une coquille vide, bradée pour des promesses illusoires de développement.

 

Un régime sourd aux aspirations du peuple

 

Les propos de Fidèle Ngouandjika  ne se contentent pas de glorifier Wagner ; ils révèlent un mépris profond pour les voix critiques, qu’il s’agisse de l’opposition ou de la société civile. En qualifiant les opposants de « coquille vide » et en minimisant leurs appels à revenir à la Constitution de 2016, il cherche à étouffer tout débat sur la légitimité du régime. Son apologie de Wagner s’inscrit dans cette logique : en présentant les Russes comme des sauveurs, il détourne l’attention des dérives autoritaires du pouvoir, comme l’exclusion des binationaux ou le refus de réformer les institutions électorales.

 

Le peuple centrafricain mérite mieux qu’un ministre qui célèbre des mercenaires et justifie le pillage de ses richesses. Il mérite une gouvernance transparente, des élections inclusives, et une économie au service de tous, non d’une élite alignée sur des intérêts étrangers. L’érection d’une statue de Prigozhin est plus qu’une provocation ; c’est une insulte à la mémoire des Centrafricains qui luttent pour un avenir digne. Gouandjika et le régime Touadéra doivent répondre de cette trahison.

 

La résistance

 

Face à cette apologie scandaleuse, les Centrafricains, la société civile, et la communauté internationale doivent agir. Les accusations de pillage par Wagner et ses affiliés doivent faire l’objet d’enquêtes indépendantes, avec un accès total aux contrats miniers. L’opposition, malgré les obstacles, doit continuer à dénoncer la cession de la souveraineté nationale. Enfin, les citoyens doivent exiger des comptes sur l’utilisation des ressources naturelles, qui devraient financer le développement, non les agendas géopolitiques de puissances étrangères.

 

Fidèle Ngouandjika  peut bien vanter une « symbiose » avec Wagner et rêver d’une RCA émergente sous l’égide russe. Mais ses mots ne trompent personne : ils exposent un régime prêt à sacrifier l’avenir de la nation pour prolonger son emprise sur le pouvoir. La RCA n’appartient ni à Wagner, ni à Touadéra, ni à Gouandjika. Elle appartient à son peuple, qui doit se lever pour reprendre ce qui lui a été volé….

 

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La coalition “Publier ce que vous payez”, dirigée par Joseph Bindoumi, peut-elle vraiment lutter contre l’exploitation minière illégale de Wagner et du Rwanda en RCA ?

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La coalition “Publier ce que vous payez”, dirigée par Joseph Bindoumi, peut-elle vraiment lutter contre l’exploitation minière illégale de Wagner et du Rwanda en RCA ?

 

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Joseph Bindoumi

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Il y a 15 ans, la RCA brillait par sa volonté de clarté sur ses ressources. Mais cette année, en 2025, face aux mercenaires russes du groupe Wagner et les rwandais qui pillent nos mines, la lutte de Joseph Bindoumi ressemble à un défi impossible à relever.

 

En effet, au pays de Boganda, pays de Zo Kwé Zo, un homme, Joseph Bindoumi , porte une mission qui pourrait pourtant changer la donne pour beaucoup de citoyens : faire la lumière sur ce que deviennent les richesses du pays. Coordonnateur national de la coalition “Publier ce que vous payez” (PCQVP) en RCA, il explique avec patience et clarté ce que représente cette organisation, encore méconnue de nombreux Centrafricains. Pourtant, depuis sa création le 28 mai 2010, elle réunit des dizaines d’associations bien décidées à traquer la corruption et à pousser pour que les ressources de l’État profitent enfin à ceux qui vivent sur cette terre.

 

La coalition, ce n’est pas une ONG classique, insiste Joseph Bindoumi. C’est un mouvement, une alliance d’organisations comme AKPE, ACAT RCA ou encore la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme, qui se sont unies pour une idée simple mais puissante : obliger ceux qui exploitent l’or, le diamant ou les forêts à dire combien ils donnent à l’État, et demander ensuite au gouvernement ce qu’il en fait.  ” On va voir les entreprises minières et forestières, on leur demande : qu’est-ce que vous versez ? Puis on va voir l’État et on vérifie : cet argent, vous l’avez eu ? Et après, qu’est-ce que vous en avez fait pour les gens ?”, raconte-t-il.

 

L’idée, c’est de suivre l’argent à la trace, de l’extraction jusqu’aux projets concrets,  une école construite, une route améliorée, un centre de santé qui sort de terre. Parce que, trop souvent, les Centrafricains voient leurs ressources partir sans rien en retour. Joseph Bindoumi le déplore : aujourd’hui, personne ne peut dire combien l’or ou le diamant ont rapporté au budget en 2024. Et ça, c’est un problème.

 

Ce n’était pas juste un rêve en l’air. En 2011, la RCA a même été le premier pays d’Afrique centrale à être reconnu conforme aux normes de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Une délégation, menée par Faustin-Archange Touadéra, alors Premier ministre, est allée à Paris chercher un prix récompensant cet effort. Mais tout a vite dérapé. Les coups d’État, notamment celui de 2013, ont stoppé net cette dynamique. L’ITIE a suspendu le pays, et la coalition a vu son influence s’effriter. “On a été suspendus encore l’année dernière, faute de quelques points”, soupire Bindoumi. Depuis 15 ans, ils poussent pour que les contrats miniers soient publics, pour que les citoyens sachent ce que les entreprises s’engagent à payer, et pour que l’argent revienne aux communautés là où les richesses sont puisées. Mais la réalité d’aujourd’hui, 15 ans plus tard,  est bien loin de ces ambitions.

 

Un idéal d’antan étouffé par le chaos

 

À ses débuts, sous Bozizé, la coalition pouvait encore jouer son rôle. Les choses étaient ouvertes, on pouvait parler, critiquer, poser des questions sans trop de risques. L’idée était de suivre l’argent à la trace : des entreprises minières et forestières jusqu’aux caisses de l’État, puis jusqu’aux projets concrets pour les gens. Mais les années ont passé, et les espoirs se sont heurtés à une série de crises. Les suspensions répétées par l’ITIE, les troubles politiques, tout ça a fragilisé le système. Et puis, sous le régime actuel de Touadéra, devenu président, un tournant radical s’est opéré. Avec l’arrivée des Russes, notamment le groupe Wagner, et du Rwanda, tout s’est verrouillé. L’opacité a remplacé la transparence, et les Centrafricains en paient le prix.

 

Wagner et les autres : un pillage sans contrôle de nos richesses

 

Aujourd’hui, Wagner est partout. Prenez la mine de Ndassima, à 60 kilomètres de Bambari, dans la préfecture de la Ouaka : là, ils extraient de l’or à une échelle massive. On parle de plus de 200 milliards de francs CFA par an, rien que pour ce site, selon des estimations. À Ydéré, ils s’attaquent aussi à l’or et au mercure, chargeant des citernes entiers chaque semaine pour l’exportation. À Boda, via leur façade Lobaye Invest, ils exploitent or et diamants. Et dans la préfecture de la Lobaye, ils abattent également  des bois de  haute qualité pour l’envoyer à l’étranger. Mais où va l’argent ? Pas dans les poches de l’État, encore moins dans celles des Centrafricains.

 

Le Rwanda n’est pas en reste. Dans la Lobaye, ils extraient or et diamants, mais ça se fait dans le silence. Les Chinois, eux, sont aussi présents, mais ils respectent un minimum les règles : ils versent quelque chose à l’État, passent par des circuits officiels et mafieux. Mais pas Wagner ni le Rwanda. Avec les Russes, c’est un autre niveau : un pillage gigantesque. En 2024, le gouvernement est allé au Moscou signer un accord avec Poutine pour 25 ans d’exploitation minière. Vingt-cinq ans de mainmise sur les ressources, sans que personne n’y voie clair. Et la coalition de Joseph Bindoumi dans tout ça ? Elle est impuissante. Approcher Wagner, c’est risquer une balle dans la tête. “Tu poses une question, ils tirent, et c’est fini”, murmure-t-on. Même Joseph Bindoumi sait qu’il ne peut rien faire face à ça.

 

Un régime des traitres de la nation

 

Le pire, c’est que tout ça se passe sous le nez du pouvoir. Avant, la Constitution obligeait les contrats miniers à passer par l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, c’est terminé. Tout se règle à la présidence, dans l’ombre. Qui touche quoi ? Où va l’argent ? Impossible à savoir. Touadéra, qui paradait à Paris pour un prix de transparence il y a 14 ans, laisse faire. Les richesses qui devraient construire des écoles ou des routes s’évaporent, et pire encore : elles alimentent la guerre. Oui, Wagner ne veut pas la paix. Ils multiplient les tensions, créent du désordre pour justifier leur présence. Plus le chaos dure, plus ils exploitent. Leurs minerais deviennent des minerais de sang, et le pays s’enfonce.

 

Un rêve qui tourne au cauchemar

 

La coalition de Joseph Bindoumi rêvait d’un pays où chaque Centrafricain verrait les fruits de son sol. Mais aujourd’hui, l’or, le diamant et le bois quittent la RCA sans laisser de traces. Les communautés locales, celles qui vivent près des mines et des forêts, restent dans la misère. Ce qui était un modèle de transparence il y a 15 ans est devenu un terrain de jeu pour mercenaires et puissances étrangères. Wagner et le Rwanda pillent sans limite, le gouvernement ferme les yeux, et le silence étouffe tout. Le combat de Joseph Bindoumi et de la PCQVP, aussi noble soit-il, se heurte à un mur. Tant que ce verrouillage perdure, les richesses de la RCA ne seront qu’un mirage pour ceux qui y vivent….

 

 

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Crise économique en Centrafrique : 70 % de la population en situation de pauvreté extrême, selon Martin Ziguélé

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Crise économique en Centrafrique : 70 % de la population en situation de pauvreté extrême, selon Martin Ziguélé

 

Crise économique en Centrafrique : 70 % de la population en situation de pauvreté extrême, selon Martin Ziguélé
Hervé Ndoba, ministre des finances et du budget de la Centrafrique

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 La Centrafrique s’enfonce dans une crise économique grave: 70 % de la population vit en pauvreté extrême, dénonce Martin Ziguélé, président du MLPC.

 

 

Depuis plus de 3 ans, la RCA sombre dans une crise économique et sociale d’une gravité sans précédent, avec une pauvreté endémique qui frappe 70 % de la population. Dans une interview accordée à la Fondation Jean-Jaurès, Martin Ziguélé, président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), ancien Premier ministre et porte-parole du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), a dénoncé avec force une situation alarmante, où la majorité des Centrafricains lutte pour survivre dans un pays asphyxié par une gestion opaque et une influence étrangère croissante.

 

Une détresse sociale généralisée

 

Martin Ziguélé dresse un constat accablant : « Deux Centrafricains sur cinq ont besoin d’assistance pour vivre, se couvrir, aller à l’école ou se soigner. » Citant un rapport de la Banque mondiale publié en 2024, il souligne que le taux de pauvreté a grimpé à 63 %, avec 70 % de la population vivant dans une situation jugée « grave ». Dans 80 % des foyers, les familles se contentent d’un unique repas quotidien, souvent pris en fin d’après-midi et surnommé avec une ironie amère « un coup chaos ». Cette précarité alimentaire, couplée à un accès limité à l’eau potable et aux soins, compromet la santé des enfants, leur éducation et leur avenir.

 

Cette détresse sociale s’inscrit dans un contexte économique caractérisé par une inflation galopante, des pénuries de carburant et une dégradation des services publics. Martin Ziguélé pointe du doigt une gouvernance défaillante qui, loin de répondre aux besoins de la population, aggrave la crise par des pratiques opaques et des priorités mal placées.

 

Une économie minée par l’opacité et l’influence étrangère

 

La crise économique centrafricaine est amplifiée par une gestion calamiteuse des ressources nationales, notamment dans les secteurs minier et pétrolier. Martin Ziguélé épingle l’influence des mercenaires russes de Wagner, qui contrôlent la mine d’or de Ndassima, générant des revenus estimés à 1,5 milliard de dollars par an, alors que le budget national de la RCA plafonne à 250 millions d’euros. Cette mainmise prive l’État de ressources vitales, tandis que l’opacité entourant ces exploitations alimente les soupçons de détournements.

 

Le secteur des hydrocarbures n’est pas en reste. Ziguélé dénonce la société Neptune Oil, qu’il décrit comme une « caisse à fric du régime ». Les prix des carburants, 40 % plus élevés qu’ailleurs dans la région, et une chute de 40 % des revenus fiscaux pétroliers ont provoqué des tensions avec le Fonds monétaire international (FMI). Après une revue en décembre 2024, le FMI a suspendu ses décaissements, exigeant plus de transparence. Cette suspension a plongé l’État dans une crise de trésorerie, aggravant les difficultés économiques.

 

Dans un pays enclavé comme la RCA, l’absence d’infrastructures industrielles amplifie ces défis. Les rares entreprises doivent financer leur propre approvisionnement en carburant, entraînant des coûts prohibitifs, des licenciements techniques et une menace croissante sur l’emploi. « Les banques qui prêtent à ces entreprises sont à bout », alerte Martin Ziguélé, soulignant l’urgence d’une réforme structurelle.

 

Une crise imputable à une gouvernance défaillante

 

Pour Martin Ziguélé, cette situation dramatique n’est pas le fruit d’événements imprévisibles, mais d’une « mauvaise gestion » orchestrée par un pouvoir qui privilégie les intérêts personnels et catégoriels. Il accuse le président Faustin-Archange Touadéra de s’éloigner des principes démocratiques, notamment à travers un projet de modification constitutionnelle visant à prolonger son mandat. Cette dérive, selon Ziguélé, menace de ramener la Centrafrique vers un « pouvoir personnel », rappelant les heures sombres de l’empire autoproclamé de Bokassa.

 

Face à cette situation, le BRDC a organisé une manifestation le 4 avril 2025 pour dénoncer cette dérive autoritaire. Portée par une jeunesse combative, cette mobilisation a vu des milliers de Centrafricains chanter l’hymne national à la place Boganda, proclamant leur refus de la peur. Ziguélé annonce également un « giga-meeting » le 31 mai 2025 dans un quartier populaire de Bangui, pour mobiliser la population en faveur d’élections transparentes et inclusives en décembre 2025. « Touadéra doit respecter son serment et laisser la place », insiste-t-il.

 

Une dépendance internationale menacée

 

La crise économique centrafricaine se double d’une dépendance critique à l’aide internationale, aujourd’hui menacée par des incertitudes géopolitiques. Ziguélé exprime son inquiétude face à l’impact potentiel de l’administration Trump, qui envisage de réduire le financement de la Mission des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA), pilier de la stabilité du pays. Une telle réduction risquerait de replonger la RCA dans l’instabilité, alors que 40 % de la population dépend de l’aide humanitaire pour survivre.

 

Dans un contexte régional troublé, marqué par des coups d’État au Niger, au Mali et au Burkina Faso, Ziguélé appelle à une mobilisation internationale pour défendre la démocratie. Il évoque le sort du président nigérien Mohamed Bazoum, retenu en résidence surveillée, et dénonce les « tragiques comédies » des juntes militaires qui s’autoproclament au pouvoir sans légitimité populaire….

 

 

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Accusé d’avoir témoigné sur la radio Ndékè Luka concernant la disparition de son père  Tisso René, Tisso Grâce a été capturé, puis torturé presqu’à mort

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Accusé d’avoir témoigné sur la radio Ndékè Luka concernant la disparition de son père  Tisso René, Tisso Grâce a été capturé, puis torturé presqu’à mort

 

Portrait L'enseignant Tisso René dans un veste bleu, illustrant l'article sur Accusé d’avoir témoigné sur la radio Ndékè Luka concernant la disparition de son père Tisso René, Tisso Grâce a été capturé, puis torturé presqu’à mort
L’enseignant Tisso René, également premier adjoint au maire de Zemio, enlevé par les Mercenaires russes à Zemio

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

À Zemio, le jeune Tisso Grâce, le fils de monsieur Tisso René, a été capturé et littéralement battu par les gendarmes qui l’ont faussement accusé d’avoir tmoigné sur les antennes de la radio Ndékè Luka, est en danger. Narcisse, témoin clé de l’enlèvement, de son côté, reste introuvable.

 

L’affaire de la disparition de Tisso René, conseiller municipal et professeur d’histoire-géographie à Zemio, prend un tournant dramatique. Il y a deux semaines, des gendarmes et des soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) l’ont arrêté au domicile d’un commerçant, Narcisse, surnommé Nara. Après son arrestation, Tisso René a été remis à des mercenaires russes du groupe Wagner. Depuis, sa famille n’a reçu aucune nouvelle, et beaucoup craignent qu’il ne soit plus en vie.

 

La semaine dernière, l’un des fils de Tisso René, qui vit à Bangui, a raconté sur Radio Ndékè Luka comment son père a été arrêté. Il a expliqué que le commerçant Narcisse, présent lors du kidnapping, avait prévenu aussitôt la famille. Ce témoignage a mis les gendarmes en alerte. Rapidement, ces derniers se sont rendus chez le commerçant Narcisse pour l’arrêter, mais celui-ci, sentant le vent tourner, s’est enfui. On pense qu’il se cache aujourd’hui dans la brousse, hors de portée des forces de l’ordre.

 

Mais ce jeudi 22 mai 2025, un nouveau drame a frappé. Tissot Grâce, un autre fils de Tisso René, tout juste revenu à Zemio après un séjour en République démocratique du Congo, a été arrêté par les gendarmes. Ils l’ont accusé, à tort, d’être celui qui a parlé à la radio Ndékè Luka sur la disparition de leur père Tisso René. Tissot Grâce, après sa capture par les gendarmes ce jeudi 22 mai vers 10 heures,  a été violemment battu et torturé. D’après des proches, son état est très grave, et il lutte pour survivre. Cette violence a bouleversé toute la famille de monsieur Tisso Renée qui est toujours porté disparu. Les habitants de Zemio, qui ne comprennent pas pourquoi les gendarmes, censés protéger, s’en prennent à la famille de Tisso René. Certains les comparent même aux grands criminels du jamais vu dans un pays normal.

 

L’arrestation de Tissot Grâce et la chasse à Narcisse donnent l’impression que les autorités veulent faire taire ceux qui parlent de cette affaire. Tisso René était une figure importante à Zemio, respecté pour son travail d’enseignant et son engagement pour la communauté. Son absence pèse lourd, et personne ne sait ce qui lui est arrivé. Les autorités n’ont rien dit, ce qui ne fait qu’alimenter les doutes et la colère des habitants….

 

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Birao : un nouveau cas de braquage à l’entrée de la ville, un camion de commerce pillé par des bandits armés

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Birao : un nouveau cas de braquage à l’entrée de la ville, un camion de commerce pillé par des bandits armés

 

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Un gendarme centrafricain prospectant des bagages à un barrage routier. , VOA, Freeman Sipila

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Un camion a été braqué mardi à l’entrée de la ville de Birao, sur l’axe vers Bria – Bangui. Les habitants pointent du doigt les ex-miliciens du propriétaire.

 

Un braquage a eu lieu mardi à environ 24 kilomètres de Birao, sur l’axe reliant la ville à Delébé, en direction de Bria – Bangui. La cible : un camion appartenant à Ayoub Kanabou, commerçant et ancien chef milicien de Birao. Le véhicule, en provenance de Bangui, transportait des marchandises et des passagers.

 

Selon les témoignages, des hommes armés, maîtrisant parfaitement la langue nationale centrafricaine, ont intercepté le camion à 24 kilomètres de l’entrée de Birao. Ils ont contraint les occupants à descendre, pillant une partie des marchandises, incluant des matelas, des chaises et d’autres effets personnels des passagers. Au cours de l’attaque, l’apprenti du chauffeur a réussi à s’échapper en profitant du chaos. Le camion a finalement été libéré et a pu rejoindre Birao, mais l’apprenti n’a réapparu que le lendemain, sain et sauf.

 

À Birao, ce genre d’histoire n’étonne plus. Les braquages sont devenus monnaie courante, au point que les habitants en parlent comme d’une routine. Mais cet incident-là fait jaser pour une autre raison. Beaucoup soupçonnent que d’anciens membres de son ancienne milice armée pourraient être derrière l’attaque. Kanabou, qui a longtemps semé la peur dans la ville avec des violences, des pillages d’ONG et des trafics d’or ou de diamants, s’est reconverti dans le commerce. Il a acheté des camions, comme celui visé, pour faire du transport.

 

Pour les habitants de Birao, l’attaque sent le règlement de comptes. La zone où le braquage a eu lieu est l’ancienne zone d’influence de Kanabou, et certains pensent que ses anciens hommes, peut-être frustrés ou laissés pour compte, auraient organisé l’opération. “C’est sa zone, ses règles. Ça pourrait être ses propres gars,” murmure-t-on à Birao.

 

Pour l’instant, aucune arrestation n’a été annoncée, et les autorités locales restent silencieuses. Ce braquage, au-delà des pertes matérielles, rappelle à quel point l’insécurité ronge la ville de Birao et ravive les tensions autour de figures comme Kanabou….

 

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Le cabinet parlementaire du député Akras étend son aide humanitaire au village de Belou

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Le cabinet parlementaire du député Akras étend son aide humanitaire au village de Belou

 

Centrafrique.org/remise-de-lambulance-au-dispensaire-de-larrondissement-de-belou-dans-la-commune-de-mbata-par-lequipe-du-cabinet-parlementaire-de-lhonorable-hassan-akhras/” data-wpel-link=”internal”>Le cabinet parlementaire du député Akras étend son aide humanitaire au village de Belou
Remise de l’ambulance au dispensaire de l’arrondissement de Belou dans la commune de Mbata par l’équipe du cabinet parlementaire de l’honorable Hassan AKHRAS. CopyrightCNC

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Le cabinet parlementaire du député Akras a poursuivi sa tournée humanitaire dans la circonscription de Mbaïki 3 en se rendant à Belou, un village désigné comme arrondissement de Belou au sein de la commune de Mbata. Cette intervention marque l’avant-dernière étape d’une série d’actions couvrant les différents arrondissements de la commune.

 

Comme lors des précédentes interventions à Bokanga (arrondissement), Bangui Bouchia (arrondissement), Bouchia(arrondissement) et dans le chef-lieu communal de Mbata, cette distribution répond aux besoins spécifiques exprimés par la population locale.

 

A Belou, les demandes principales concernaient le renforcement des capacités du dispensaire. Le cabinet parlementaire a répondu par la remise de deux équipements indispensables :

 

Une moto tricycle pour permettre l’évacuation rapide des patients vers les hôpitaux de Mbaïki ou Bangui en cas d’urgence. Un lampadaire solaire pour éclairer le dispensaire, particulièrement utile lors des accouchements nocturnes ou des interventions d’urgence.

 

Cette dotation complète les actions similaires menées précédemment à Bokanga et Bangui Bouchia, où des motos tricycles avaient également été remises. Elle participe ainsi au renforcement du maillage sanitaire de la commune.

 

Belou, situé dans une zone reculée, souffrait particulièrement du manque de moyens d’évacuation médicale, obligeant souvent les patients à des transports difficiles sur des routes en mauvais état.

 

Cette cinquième intervention s’inscrit dans une série cohérente d’actions couvrant divers besoins de la commune de Mbata :

– Soutien médical d’urgence (Bokanga, Bangui Bouchia, Belou)

– Aide aux sinistrés (Bouchia)

– Appui à l’autonomisation des jeunes et des agriculteurs (chef-lieu de Mbata)

 

Le cabinet parlementaire a souligné que cette tournée s’inscrivait dans une stratégie globale visant à répondre de manière organisée aux besoins prioritaires de chaque secteur de la circonscription. Les différentes dotations ont été conçues pour créer des complémentarités entre les arrondissements, tout en tenant compte des particularités locales.

 

Après cette intervention à Belou, le cabinet parlementaire prévoit une dernière étape pour compléter cette tournée humanitaire exhaustive dans la circonscription de Mbaïki 3.

 

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Centrafrique : Le Collectif “Touche pas à ma Constitution” dénonce l’inefficacité sécuritaire après de nouveaux assassinats

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Le Collectif “Touche pas à ma Constitution” dénonce l’inefficacité sécuritaire après de nouveaux assassinats

 

Centrafrique.org/rca-le-collectif-touche-pas-a-ma-constitution-denonce-le-caractere-plethorique-du-gouvernement-dunion-nationale/collectif-touche-pas-a-ma-constitution-en-Centrafrique-banniere/” rel=”attachment wp-att-26814″ data-wpel-link=”internal”>Banière du collectif touche pas à ma constitution en République centrafricaine collectif-touche-pas-à-ma-constitution-en-Centrafrique-bannière- RCA : le Collectif « Touche pas à ma constitution » dénonce le caractère pléthorique du Gouvernement d’Union Nationale.
collectif-touche-pas-à-ma-constitution-en-Centrafrique-bannière- – RCA : le Collectif « Touche pas à ma constitution » dénonce le caractère pléthorique du Gouvernement d’Union Nationale.

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Le Collectif Centrafricain “Touche pas à ma Constitution” publie un communiqué de presse dénonçant l’inaction du gouvernement face aux récents assassinats dans le Haut-Mbomou.

 

Dans son COMMUNIQUÉ DE PRESSE N°001/2025, publié le 22 mai 2025, le Collectif Centrafricain “Touche pas à ma Constitution” dresse un constat inquiétant sur la situation sécuritaire en République centrafricaine. Le document, signé par le Porte-parole adjoint Alain Francis NDAOUKOU DOAKA, souligne que « l’État centrafricain a démissionné dans sa mission de garantir la sécurité », pointant du doigt « le défi sécuritaire qui plombe la gouvernance » et « la persistance des tueries de masse malgré le retour à la légalité constitutionnelle ».

 

Le COMMUNIQUÉ DE PRESSE fait référence à la signature d’un accord de paix entre le gouvernement centrafricain et Ali Darassa, un seigneur de guerre tchadien. Selon le communiqué, cet accord n’a pas empêché de nouveaux actes de violence dans la région de Haut-Mbomou. Le Collectif rapporte que des membres des forces de défense et de sécurité, ainsi qu’un sous-préfet, ont été assassinés. Ces événements sont décrits comme une illustration de l’inefficacité de la politique sécuritaire actuelle.

 

Le Collectif “Touche pas à ma Constitution” dénonce également « le silence du gouvernement » face à ces assassinats. Le communiqué va plus loin en accusant la politique sécuritaire d’être « inefficace, voire complice avec les forces négatives ». En réponse, le Collectif exige que les ministres de la Défense et de la Sécurité publique soient « immédiatement interpellés devant le Parlement » pour fournir des explications sur la gestion de la crise.

 

Enfin, le COMMUNIQUÉ DE PRESSE exprime des « condoléances aux familles des victimes »….

 

 

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Pèlerinage des FACA à Lourdes : Une prière pour la paix ou une comédie militaire ?

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Pèlerinage des FACA à Lourdes : Une prière pour la paix ou une comédie militaire ?

 

Centrafrique.org/Centrafrique-grogne-au-sein-de-larmee-vers-une-crise-generalisee/de-droite-a-gauche-le-president-faustin-archange-touadera-et-ses-4-generaux-mamadou-yakoubou-boguin-et-legbefaca/” rel=”attachment wp-att-63123″ data-wpel-link=”internal”>Pèlerinage des FACA à Lourdes : Une prière pour la paix ou une comédie militaire ?
De droite à gauche, le président Faustin-Archange Touadéra et ses 4 généraux : Mamadou, Yakoubou, Boguin et Légbé

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Chaque année, des milliers de militaires catholiques convergent vers Lourdes, en France, pour le pèlerinage militaire international. En 2025, une délégation de 16 militaires centrafricains, menée par le médecin général Bruno Léopold Izamo, a rejoint ce rituel spirituel, officiellement pour prier pour la paix dans leur pays ravagé par des décennies de conflits. Mais derrière les cierges bénis et les messes solennelles, que faut-il vraiment penser de cette démarche ? Est-ce une quête sincère pour la paix ou une mise en scène hypocrite qui détourne l’attention des véritables enjeux ?

 

Une foi brandie comme étendard

 

Les déclarations du général Izamo, qui présente ce pèlerinage comme un acte de fraternité et une prière pour la paix, sonnent comme un discours bien préparé. Prier pour les âmes des soldats tombés, pour les blessés, pour la stabilité de la Centrafrique : tout cela semble noble. Mais comment croire que des processions à des milliers de kilomètres de Bangui, dans le confort d’une ville sanctuaire française, auront un quelconque impact sur un pays où la violence armée continue de faire rage ? La paix, comme le rappellent les réalités du terrain, ne se décrète pas par des incantations, aussi pieuses soient-elles. Elle se construit par des actions concrètes : désarmement, dialogue politique, justice pour les victimes, et une réforme profonde des institutions.

 

Une contradiction claire

 

Le gouvernement vante la participation de hauts gradés centrafricains, comme si leur présence à Lourdes renforçait la cohésion de l’armée ou sa légitimité spirituelle. Mais cette même armée, que l’on nous présente comme garante de la paix, est souvent pointée du doigt pour ses failles : corruption, abus de pouvoir, ou incapacité à protéger efficacement les civils face aux groupes armés. Comment peut-on, d’un côté, tolérer ou même entretenir un système où la violence est enracinée, et de l’autre, prétendre chercher la paix par des prières à l’étranger ? Cette dichotomie frise l’absurde. Aller à Lourdes pour demander une « protection divine » ressemble moins à une solution qu’à une fuite en avant, une manière de déléguer à la foi ce que l’action humaine devrait accomplir.

 

Le pèlerinage, nous dit-on, combine messes et « échanges professionnels » avec des militaires étrangers. Mais quel est le véritable poids de ces discussions dans un cadre aussi symbolique ? Les véritables défis de l’armée centrafricaine : formation, discipline, financement, coordination avec les partenaires internationaux,  ne se résolvent pas dans des processions ou des poignées de main pieuses. Envoyer une délégation à Lourdes, avec les frais que cela implique, dans un pays où les ressources manquent cruellement, pousse à s’interroger. Pourquoi investir dans un voyage spirituel alors que les soldats sur le terrain manquent souvent d’équipements de base ? Les cierges bénis rapportés aux unités militaires auront-ils plus d’effet que des gilets pare-balles ou une meilleure formation ?

 

Une paix qui ne vient pas des sanctuaires

 

La Centrafrique, en proie à une crise humanitaire et politique chronique, a besoin de solutions ancrées dans la réalité, pas de gestes symboliques qui flattent l’ego spirituel de quelques gradés. Ce pèlerinage, bien qu’il puisse renforcer la foi personnelle des participants, ne répond en rien aux causes profondes de l’instabilité : inégalités, pillage des ressources, impunité des groupes armés. Prétendre que prier à Lourdes « bénira les efforts » pour stabiliser le pays revient à ignorer que la paix ne tombe pas du ciel, mais se gagne par des choix courageux et souvent impopulaires.

 

Une comédie à arrêter

 

Ce voyage à Lourdes, sous couvert de spiritualité, ressemble à une opération de communication plus qu’à une démarche sincère. Il permet à l’armée centrafricaine de se draper dans une aura de piété, tout en détournant le regard des échecs structurels qui minent ses rangs. La foi est une affaire personnelle, respectable en soi, mais en faire un outil de propagande pour masquer l’inaction est inacceptable. Si les militaires centrafricains veulent vraiment la paix, qu’ils commencent par se confronter aux réalités de leur pays, là où les balles sifflent et où les civils souffrent, plutôt que de chercher des bénédictions à l’autre bout du monde….

 

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Centrafrique : Nouvelle réforme du Code du travail, encore du nouveau bla bla bla

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Nouvelle réforme du Code du travail, encore du nouveau bla bla bla

 

Centrafrique.org/michelle-mwanga-et-la-gestion-mafieuse-du-ministere-du-travail/la-ministre-centrafricaine-du-travail/” rel=”attachment wp-att-76207″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique : Nouvelle réforme du Code du travail, encore du nouveau bla bla bla
la ministre centrafricaine du travail, Annie – Michelle Mwanga

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 À l’occasion du Mois du Travail, le président Faustin-Archange Touadéra a, une fois de plus, annoncé une « grande réforme » du Code du travail. Une énième promesse de moderniser le marché de l’emploi, d’améliorer les conditions des travailleurs et de booster l’emploi des jeunes. Mais après des années de discours similaires, les Centrafricains ont de quoi rester sceptiques. Cette nouvelle loi changera-t-elle vraiment la donne, ou s’agit-il encore d’un refrain bien cadré sans lendemains ?

 

Un disque rayé : Toujours les mêmes promesses

 

Depuis plus d’une décennie, le gouvernement centrafricain répète inlassablement le même couplet : réforme du travail, modernisation, emploi pour les jeunes, protection sociale. Chaque année, on nous promet des lendemains qui chantent. Chaque année, les résultats se font attendre. Le chômage, surtout chez les jeunes et les femmes, reste endémique. Le secteur informel domine, et les conditions de travail stagnent. Alors, pourquoi cette énième réforme serait-elle différente ?

 

Le président Baba Kongoboro a vanté quatre axes pour cette nouvelle loi :

  1. Promouvoir l’emploi et l’entrepreneuriat.
  2. Étendre la protection sociale.
  3. Garantir les droits des travailleurs.
  4. Renforcer le dialogue social.

 

Rien de nouveau sous le soleil. Ces priorités, on les entend depuis 2016. À l’époque, on parlait déjà d’adapter le Code du travail aux « réalités modernes ». Résultat ? Rien. Ou presque. Les jeunes formés dans les centres financés par l’Agence Française de Développement (AFD) peinent toujours à trouver des débouchés. Les agriculteurs formés ne reçoivent ni terres ni outils modernes pour travailler. Les mécaniciens, artisans, et petits commerçants continuent de vivoter sans perspectives.

 

Ce qu’on nous promet (encore)

 

  1. Emploi des jeunes : des mots, pas d’actes.

 

Le gouvernement parle d’incitations fiscales pour les entreprises embauchant des jeunes et des femmes, et de formations en alternance. Mais où sont les entreprises prêtes à embaucher dans un pays où l’économie est à bout de souffle, où il n’y a aucune entreprise sauf celles de société de téléphonie mobile  ? Les centres de formation, souvent vantés, produisent des diplômés sans débouchés. Comme le dit un jeune mécanicien de Bangui : « On nous forme, mais après ? On retourne au village sans machines, sans argent, sans rien. »

 

  1. Protection sociale : un mirage.

La réforme promet une assurance maladie pour le secteur informel et une refonte de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS). Belle idée, mais qui va payer ? Les travailleurs informels, qui gagnent à peine de quoi survivre, vont-ils cotiser à un système qu’ils ne comprennent même pas ? Quant à la CNSS, les fraudes et la mauvaise gestion sont dénoncées depuis des lustres. Un système biométrique suffira-t-il à régler des problèmes structurels ?

 

  1. Droits des salariés : sur le papier seulement

Un salaire minimum ? Des indemnités de licenciement ? Des droits à la formation continue ? Tout cela sonne bien, mais les syndicats rappellent que même les lois existantes ne sont pas appliquées. Les employeurs, souvent proches du pouvoir, font ce qu’ils veulent. Et les consultations obligatoires avec les syndicats ? Une formalité, au mieux.

 

  1. Dialogue social : un monologue

Le gouvernement parle de « dialogue social », mais les syndicats et les travailleurs se sentent rarement écoutés. Les décisions tombent d’en haut, et les promesses d’écoute s’évaporent dès que les projecteurs s’éteignent.

 

Pourquoi ce scepticisme ?

 

Les Centrafricains ne croient plus aux beaux discours de Baba Kongoboro et de son clan. Depuis des années, les réformes s’enchaînent, les slogans fusent, mais les conditions de vie des centrafricains ne s’améliorent pas. Les investissements étrangers, comme ceux de l’AFD, se perdent dans des projets mal conçus ou mal suivis. Les jeunes formés à l’agriculture moderne, par exemple, n’ont ni terres, ni tracteurs, ni accès au crédit. Ils finissent par abandonner ou par grossir les rangs des chômeurs urbains.

 

Pire, le contexte actuel aggrave la méfiance. L’arrivée du Groupe Wagner, avec son cortège de désinformation et d’opacité, n’arrange rien. Les promesses du gouvernement semblent de plus en plus déconnectées des réalités du terrain. Les Centrafricains ne veulent plus de mots. Ils veulent des actes. Des emplois concrets. Des salaires décents. Des opportunités réelles.

 

Et après ?

 

Le projet de loi doit encore passer par l’Assemblée nationale. S’il est adopté, son application est prévue pour 2026. Mais combien de fois avons-nous entendu ce genre d’échéancier ? Les ministres se succèdent, les discours se répètent, et les travailleurs attendent toujours. Comme le résume un chauffeur de Bangui : « Réforme, réforme, réforme… C’est juste du bla bla bla ».

 

Il est temps d’agir, pas de parler

 

Les Centrafricains ne demandent pas la lune. Ils veulent des emplois, des salaires qui permettent de vivre, et des formations qui mènent à des débouchés réels. Ils veulent un gouvernement qui passe des paroles aux actes. Cette nouvelle réforme du Code du travail sera-t-elle l’exception qui confirme la règle ? Rien, pour l’instant, ne permet de le croire. Après dix ans de promesses creuses, il est temps que les dirigeants cessent de se comporter comme en campagne électorale permanente. Les travailleurs méritent mieux que des chansons.

 

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FLASH INFO : Arrestation du député Lambert Akovourou à Bangui après l’assassinat du sous-préfet de Djéma

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FLASH INFO : Arrestation du député Lambert Akovourou à Bangui après l’assassinat du sous-préfet de Djéma

 

Centrafrique.org/arnaque-au-recrutement-dans-larmee-nationale-dix-jeunes-detenus-a-locrb-de-Bangui/la-prison-de-locrb-sous-controle-des-mercenaires-russes-de-la-societe-wagner-ou-est-place-en-detention-maitre-crepin-mboli-goumba-coordonnateur-du-brdc-450×299/” rel=”attachment wp-att-76276″ data-wpel-link=”internal”>FLASH INFO : Arrestation du député Lambert Akovourou à Bangui après l’assassinat du sous-préfet de Djéma
La principale entrée de l’OCRB du centre-ville

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

Le député de Djéma, Lambert Akovourou, a été arrêté ce matin à son domicile à Bangui par les policiers de l’Office central pour la répression du banditisme (OCRB).

 

Cette interpellation intervient dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du sous-préfet sortant de Djéma, Dieudonné Zangbe Nguilelo, enlevé le 14 avril 2025 et retrouvé égorgé le 17 mai à 2 km de la ville.

 

En effet, l’arrestation du député Lambert Akovourou  fait suite à une vidéo publiée il y a une semaine par Michel Trogode, chef de centre de l’hôpital de Djéma, accusant le député Akovourou et le maire de la ville d’avoir organisé l’enlèvement et le meurtre de Zangbe Nguilelo. Monsieur Trogode lui-même a été arrêté lundi dernier, le 19 mai, à Djéma par des Mercenaires russes, embarqué dans un hélicoptère et transféré à Bangui, où il est actuellement détenu discrètement.

 

Par ailleurs, des soupçons pèsent sur l’implication de mercenaires du groupe Wagner dans l’assassinat, mais nous reviendrons en détail sur cette affaire dans nos prochains articles sur CNC.

 

L’arrestation du député Lambert Akovourou, malgré son immunité parlementaire, pousse les centrafricains à s’interroger sur les pratiques de la 7e République de Touadera.

 

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Centrafrique : bye Bye la démocratie, la dictature prend les rênes

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bye Bye la démocratie, la dictature prend les rênes

 

Centrafrique.org/Centrafrique-affaire-des-bien-mal-acquise-le-president-touadera-bientot-devant-ses-juges-a-paris/touadera-suce-langue-img_4190-2/” rel=”attachment wp-att-23293″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique : bye Bye la démocratie, la dictature prend les rênesCENTRAFRIQUE : POURQUOI LE POUVOIR DE BANGUI REDOUTE T-IL LA MEDIATION INTERNATIONALE DANS LE DIALOGUE POLITIQUE ENVISAGÉ ?
Président Faustin Archange Touadera suce sa langue et se moque des centrafricains de leur pauvreté absolue

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Samedi dernier, les députés ont voté une loi qui écarte l’article 18 du Code électoral, celui qui impose de finaliser la révision des listes électorales un an avant tout scrutin. À deux mois des élections municipales de juillet 2025 et sept mois des présidentielles et législatives de décembre, ce choix est une gifle pour les Centrafricains. C’est la preuve d’un pouvoir qui ne cache plus son vrai visage : celui d’une dictature.

 

Sous la direction de Simplice Mathieu Sarandji, président de l’Assemblée nationale, ce vote s’est déroulé comme une simple formalité. Pas de débat digne de ce nom, juste une acclamation rapide, comme si tout était plié d’avance. Le ministre Ernest Mada, qui a présenté ce projet, a servi l’excuse habituelle : des « soucis techniques » et des « imprévus » auraient empêché l’Autorité nationale des élections (ANE) de préparer les listes électorales à temps. Franchement, qui peut croire ça ? À ce stade, avec des élections si proches, ne pas avoir de listes prêtes, c’est soit de l’incompétence, soit une volonté claire de tout contrôler.

 

Changer les règles en pleine course, c’est inacceptable. Dans un pays qui respecte ses citoyens, on ne touche pas aux lois électorales à la dernière minute. En RCA, on dirait que le gouvernement s’amuse à réécrire le jeu pour s’assurer de gagner.

 

Des élections sans fondations

 

Sans listes électorales claires, organiser des élections honnêtes est impossible. Cette loi donne au pouvoir un pouvoir énorme : il peut décider quand et comment les listes seront prêtes, et même qui y figurera. C’est une recette pour truquer les résultats avant même que les bureaux de vote n’ouvrent. Quand Ernest Mada affirme que cela n’entamera pas la « crédibilité » des élections, on a envie de lui demander s’il plaisante. Les Centrafricains savent bien que des promesses comme celle-là ne valent rien.

 

Le gouvernement parle d’une « concertation nationale » avec les partis politiques et la société civile pour justifier cette décision. Mais qui était vraiment là ? Des amis du pouvoir, sans doute, prêts à approuver sans poser de questions. Cette discussion n’était qu’une mise en scène pour faire passer la pilule.

 

Ce qui rend cette affaire encore plus dure à avaler, c’est le silence autour. L’opposition essaie de se faire entendre, mais elle manque de moyens face à un système qui contrôle tout. La communauté internationale, elle, reste étrangement discrète. Quant aux Centrafricains, beaucoup regardent cela avec lassitude. Après des années de crises, comment trouver la force de se battre contre un pouvoir qui semble prêt à tout ?

 

L’opposition refuse de se taire Heureusement, certaines voix s’élèvent. Crépin Mboli-Goumba, coordinateur du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), a réagi avec force sur X, dénonçant cette dérive :

 

> « Suppression des dispositions du Code électoral. En attendant l’empire. Je suggère qu’on supprime même le Code électoral. Comme disent les Canadiens, c’est du pareil au même. Encore des doutes ?

 

Ses mots, pleins d’ironie, disent tout. En parlant d’« empire », il montre à quel point le pouvoir se comporte comme s’il était au-dessus des lois. Supprimer des morceaux du Code électoral, c’est admettre qu’on n’a plus besoin de règles. C’est un pas de plus vers un régime qui ne rend de comptes à personne.

 

La Centrafrique est à un moment décisif. Cette loi n’est pas un simple ajustement. C’est un signe clair que le pouvoir veut s’installer pour de bon, sans se soucier de ce que pensent les citoyens. Les élections qui arrivent risquent d’être un spectacle pour faire croire que le peuple a encore une voix. Mais sans règles solides, sans transparence, il n’y a pas d’élections. Il y a juste un régime qui se cramponne….

 

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Désarmement ou provocation ? Quand le gouvernement trahit ses propres soldats

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Désarmement ou provocation ? Quand le gouvernement trahit ses propres soldats

 

Centrafrique.org/maxime-balalou-porte-parole-de-la-paix-ou-architecte-de-tromperies/les-miliciens-azande-ani-kpi-gbe-de-obo-en-formation-par-des-mercenaires-russes-de-la-societe-wagner/” rel=”attachment wp-att-74994″ data-wpel-link=”internal”>Désarmement ou provocation ? Quand le gouvernement trahit ses propres soldats
Les miliciens AZANDE ANI KPI GBE de Obo en formation par des mercenaires russes de la société Wagner sur le terrain de l’église catholique d’Obo. Les-miliciens-AZANDE-ANI-KPI-GBE-de-Obo-en-formation-par-des-mercenaires-russes-de-la-societe-Wagner Maxime Balalou : Porte-parole de la paix ou architecte de tromperies ?

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Pourquoi aller subitement désarmer quelqu’un à qui on a remis des armes pour défendre la région ? » Ces mots de Dieudonné Ngoumbango, président de la plateforme des partis centristes, résonnent comme un cri d’indignation face à la politique erratique du gouvernement centrafricain dans le Haut-Mbomou.

 

Dans cette région du sud-est de la République centrafricaine (RCA), en proie à une insécurité persistante, les miliciens Azandé Ani Kpi Gbé, autrefois salués pour leur lutte contre l’UPC, se retrouvent aujourd’hui dans le viseur de l’État. Leur crime ? Avoir cru en une intégration promise dans les forces armées centrafricaines (FACA), pour finalement être menacés de désarmement forcé. Ce revirement, perçu comme une trahison, alimente la crise et plonge la population dans un cycle de violence et de méfiance. Comment en est-on arrivé là, et pourquoi le gouvernement semble-t-il provoquer ceux qu’il a lui-même armés ?

 

Une intégration en trompe-l’œil

 

L’histoire des Azandé Ani Kpi Gbé est celle d’une communauté abandonnée, contrainte de prendre les armes pour survivre. Face à l’inaction de Bangui, incapable d’assurer la sécurité dans le Haut-Mbomou en raison d’un embargo et d’un manque de moyens, ces habitants d’Obo, Zémio, Mboki et Bambouti ont affronté les exactions de l’UPC avec des machettes et des armes artisanales. Leur courage a payé : ils ont chassé les rebelles de la région, libérant des localités entières. Le gouvernement, reconnaissant leurs « faits d’armes », comme l’a admis le ministre résident Marcel Dimassé lors de l’émission Patara, a décidé de les intégrer dans les FACA. Mais cette intégration s’est révélée être un miroir aux alouettes.

 

Sur les 5 000 membres du groupe recensés par Michel Kombo-Yéki, ancien porte-parole des Azandé, seuls 200 ont été formés par les instructeurs russes  du groupe Wagner et dotés de numéros matricules. Ces 200 hommes, devenus officiellement soldats, ont servi loyalement l’État, déployés à Bozoum, Paoua, Bria ou encore Sam-Ouandja, parfois au péril de leur vie, pour chasser les rebelles et protéger les intérêts miniers sous contrôle russe. Mais que dire des 4 800 autres, laissés sans formation ni encadrement ? « Nous avions donné une liste de 100 personnes pour une formation à Zémio, mais les Russes les ont chassés dans la brousse », déplore Kombo-Yéki. Cette exclusion massive a semé les graines de la frustration, transformant un potentiel allié en une force instable.

 

Un désarmement perçu comme une provocation

 

Le véritable point de rupture est survenu lorsque le gouvernement, via ses alliés russes, a décidé de désarmer les 200 miliciens intégrés dans les FACA. Cette décision, prise après des incidents violents en 2024, dont l’attaque d’un convoi de la Minusca et la mort de cinq éléments des forces de l’ordre, a été vécue comme une injustice profonde. « Les gens qui ont été formés n’étaient pas sur le lieu de l’attaque », insiste Kombo-Yéki, dénonçant une confusion entretenue par l’État entre les miliciens formés et les autodéfenses non intégrées. Pourquoi, alors, cibler ceux qui ont juré fidélité à la République ?

 

Dieudonné Ngoumbango va plus loin, qualifiant cette démarche de « provocation » : « Quand on a un numéro matricule, on est devenu FACA. Désarmer un militaire, c’est l’exclure, le rendre civil ». Cette logique, selon lui, non seulement trahit la confiance des miliciens, mais sème les germes d’une nouvelle révolte. Les miliciens formés, désormais sous la menace d’arrestations arbitraires :  quatre de leurs leaders sont déjà détenus à Bangui, ont fui Zémio pour se réfugier à Obo, emportant leurs armes par peur d’être abandonnés. « Si on m’arrête, qui va gérer le groupe ? », s’interroge Kombo-Yéki, lui-même sous mandat d’arrêt, révélant l’absurdité d’une politique qui criminalise ceux qu’elle a armés.

 

Une absence de dialogue et de garanties

 

Le ministre Dimassé tente de justifier cette stratégie en affirmant que le gouvernement privilégie le dialogue, citant des discussions avec Kombo-Yéki et une initiative pour désarmer une centaine de jeunes à Obo. Mais ces efforts, s’ils existent, arrivent trop tard et manquent de sincérité. « Il fallait dialoguer en amont », martèle Ngoumbango, critiquant une approche qui mise sur la force avant la négociation. Les opérations de ratissage, menées par les FACA et les Russes, se poursuivent en parallèle, semant la peur parmi les populations. À Zémio, un chef de village a été abattu après avoir tenté de fuir une interpellation, illustrant les dérives de ces interventions.

 

Les Azandé, de leur côté, posent des conditions claires pour déposer les armes : des garanties de sécurité et une reconnaissance de leur contribution. « Nous avons travaillé pour l’État, nous avons reconquis une préfecture », rappelle Kombo-Yéki, qui craint que le désarmement ne soit qu’un prétexte pour « nous jeter dans la poubelle ». Sans perspectives d’intégration économique ou militaire pour les 4 800 autodéfenses restantes, le désarmement ressemble à une punition plutôt qu’à une solution. Comment espérer la paix lorsque ceux qui ont défendu la République sont traités comme des parias ?

 

Une trahison aux conséquences dramatiques

 

Cette politique de désarmement maladroite a des répercussions humaines désastreuses. À Mboki, des maisons ont été incendiées, un civil et un ex-milicien tués. À Zémio, la population, terrifiée par les exactions attribuées aux Russes, s’est réfugiée en RDC ou dans des églises. Obo, vidée de ses habitants selon Kombo-Yéki, vit dans la crainte d’un nouveau convoi russe. Ces violences, loin de restaurer l’autorité de l’État, creusent un fossé entre Bangui et le Haut-Mbomou, une région déjà marginalisée par des décennies de négligence.

 

Le gouvernement, en trahissant la confiance des Azandé Ani Kpi Gbé, non seulement fragilise la sécurité, mais risque de transformer des alliés en ennemis. « Quand un pouvoir tourne son canon contre une partie de la population, c’est un échec », conclut Ngoumbango. Cet échec, c’est celui d’une gouvernance incapable de dialoguer, de planifier et de respecter ses engagements. La crise actuelle n’est pas seulement une question d’armes, mais de justice et de reconnaissance….

 

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Centrafrique : Bakoyoko Célestin, Ngoéngué Elie et Balle, arrêtés par les Russes, portés disparus, leur sort demeure incertain

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Bakoyoko Célestin, Ngoéngué Elie et Balle, arrêtés par les Russes, portés disparus, leur sort demeure incertain

 

Centrafrique.org/zemio-3-peuls-tues-par-des-miliciens-azandes-2-suspects-interpelles-par-les-wagner/deux-jeunes-miliciens-azandes-interpelles-par-les-mercenaires-russes-a-zemio/” rel=”attachment wp-att-88405″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique : Bakoyoko Célestin, Ngoéngué Elie et Balle, arrêtés par les Russes, portés disparus, leur sort demeure incertain
Deux jeunes miliciens Azandés , en garde à vue à la gendarmerie de Zemio après l’assassinat de trois éleveurs Peuls

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Arrêtés par des mercenaires russes, Bakoyoko Célestin, Ngoéngué Elie et Balle ont disparu, leur sort incertain alimentant la colère dans le Haut-Mbomou.

 

Bakoyoko Célestin et Ngoéngué Elie : piégés à Bangui

 

Durant la fin du mois de janvier 2025, Bakoyoko Célestin et Ngoéngué Elie, deux miliciens azandés, ont été arrêtés à Bangui dans des circonstances troubles. Présents dans la capitale pour des démarches administratives, loin des zones de conflit du Haut-Mbomou, ils ont été attirés sous prétexte d’une réunion avant d’être appréhendés par des mercenaires russes du groupe Wagner. Transférés à la Section de Recherche et d’Investigation (SRI) de la gendarmerie, leur détention a pris une tournure inquiétante. Quelques jours plus tard, des éléments de Wagner sont revenus à la SRI en pleine nuit, emmenant de force les deux hommes, Bakoyoko Célestin, Ngoéngué Elie,  vers une destination inconnue. Depuis, ils sont introuvables – ni à la SRI, ni à la prison de camp de Roux, ni à Ngaragba, ni dans aucun autre centre de détention connu. Des informations sécrète affirment qu’ils seraient peut-être incarcérés dans la prison souterraine des russes au camp de Roux, où les détenus seraient retenus, torturés, voire éliminés, sans aucun contrôle ou accès extérieur. Cette disparition a provoqué une vive indignation parmi les communautés Zandé, qui dénoncent une opération ciblée visant à réprimer leurs jeunes.

 

Balle: arrêté au marché de Zémio

 

Le troisième cas concerne un jeune Zandé surnommé Balle, arrêté le 2 avril 2025 au marché de Zémio par des mercenaires russes. Repéré quelques jours plus tôt lors d’une manifestation dans la ville, Balle avait attiré l’attention des mercenaires russes du groupe Wagner, qui l’ont accusé d’avoir participé à l’assassinat d’un casque bleu kényan de la Minusca, le 28 mars 2025, à 20 kilomètres de Zémio, sur l’axe de Rafaï. Cette accusation soulève des doutes, car Wagner n’était pas présent lors de l’incident, et aucune preuve tangible n’a été présentée pour étayer leur allégation. L’arrestation de Baal au marché a provoqué un tollé immédiat. La population de Zemio, soutenant souvent les miliciens azandés, a tenté d’empêcher son transfert vers Bangui, où il a été évacué par hélicoptère. Son dossier devait être examiné par le tribunal de Bambari, compétent pour les infractions commises dans la région, y compris dans le Haut-Mbomou. Cependant, depuis son soi-disant arrivée à Bangui, Baal a disparu. Il n’est recensé dans aucun centre de détention connu, laissant sa famille et sa communauté dans une profonde détresse face à l’absence d’informations sur son sort.

 

Un climat de peur et d’impunité

 

Les arrestations de Bakoyoko Célestin, Ngoéngué Elie et Balle ont déclenché une vague de colère dans le Haut-Mbomou, où les communautés Zandé perçoivent ces actes comme des détentions arbitraires organisée par Wagner. Des manifestations ont éclaté à Obo, Mboki et Zémio, reflétant l’exaspération face à l’opacité entourant le sort des trois hommes. La justice centrafricaine, paralysée, semble incapable d’intervenir, tandis que les autorités locales, y compris la gendarmerie, restent impuissantes face à l’influence des mercenaires russes. Des informations crédibles selon lesquelles Wagner opère en toute impunité, contournant les institutions nationales, se multiplient. L’existence d’une prison clandestine, où les détenus sont soumis à des interrogatoires brutaux hors de tout cadre légal, accentue le sentiment d’injustice. Aucune entité extérieure, qu’il s’agisse des organisations de droits humains ou de la MINUSCA, n’a pu obtenir d’informations sur la localisation ou l’état des trois disparus, renforçant l’impression d’un vide judiciaire et institutionnel.

 

Une crise aux racines profondes

 

La disparition de Bakoyoko Célestin, Ngoéngué Elie et Balle s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les milices Azandés et leurs anciens alliés russes. Initialement formés et armés par Wagner pour combattre les rebelles de l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC), les miliciens azandés ont vu leurs relations avec Wagner se détériorer sur fond de désaccords concernant l’autonomie et le contrôle des opérations. Ces arrestations, suivies de disparitions, sont perçues par les communautés locales comme une tentative de Wagner de réprimer toute velléité d’indépendance parmi les jeunes Azandés. Cette situation a amplifié les troubles dans le Haut-Mbomou, où les familles, soutenues par des leaders locaux, dénoncent une répression ciblée. Les manifestations, bien que ferventes, se heurtent au silence du gouvernement centrafricain et à la complicité apparente des institutions nationales, incapables de s’opposer à l’influence russe.

 

Un pays sous emprise russe

 

Le sort des trois hommes dévoile une réalité plus large : en RCA, le pouvoir réel échappe aux autorités nationales pour tomber entre les mains de forces russes. Wagner, opérant avec une liberté totale, agit sans rendre de comptes, transformant des institutions comme la SRI et l’OCRB  en outils de répression. Les appels à la justice, qu’ils émanent des familles, des élus locaux ou des organisations internationales, restent sans réponse. Les disparitions de Bakoyoko Célestin, Ngoéngué Elie et Balle  ne sont pas des exceptions, mais des signaux d’un système où l’impunité règne et où les communautés paient le prix d’un jeu géopolitique qui les dépasse.

 

À ce jour, Bakoyoko Célestin, Ngoéngué Elie et Balle  restent introuvables, leur sort incertain. Leurs cas incarnent le coût humain de la dépendance de la RCA envers des forces étrangères et les obstacles insurmontables à la quête de justice dans un pays où les institutions nationales sont reléguées au second plan. La colère des communautés Zandé , loin de s’apaiser, risque de nourrir de nouvelles tensions dans une région déjà au bord du chaos….

 

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Haute-Kotto : la relève des soldats FAKA met fin à une année d’enfer

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Haute-Kotto : la relève des soldats FAKA met fin à une année d’enfer

 

Centrafrique.org/centrafrique-vive-tension-a-bangassou-depuis-ce-matin/patrouille-des-soldats-faca-dans-le-marche-a-bangassou-par-cnc-2/” rel=”attachment wp-att-35141″ data-wpel-link=”internal”>Haute-Kotto : la relève des soldats FAKA met fin à une année d'enfer
patrouille-des-soldats-faca-dans-le-marché-à-Bangassou-par-cnc-1 – Centrafrique : vive tension à Bangassou depuis ce matin.

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 La dernière rotation des soldats FAKA dans la Haute-Kotto a marqué la fin d’une épreuve insoutenable pour des dizaines des soldats FACA déployés dans cette région militaire. À Mouka particulièrement, ces hommes ont enduré douze mois de conditions extrêmes, bien au-delà de la durée initiale prévue de trois mois. Leur calvaire quotidien, fait de privations alimentaires et d’abandon institutionnel, révèle les profondes failles du système de soutien aux troupes déployées en province.

 

En mai 2024, leur périple a commencé à Bangui, où ils ont embarqué dans des véhicules  militaires en direction de Sibut. À leur arrivée dans cette ville, chaque soldat a reçu 2000 francs CFA pour se nourrir pendant la suite du trajet. Une somme dérisoire pour couvrir leurs besoins alimentaires jusqu’à leur destination finale. De Sibut, le convoi a poursuivi vers Bambari, puis Bria, avant d’atteindre enfin Mouka après plusieurs jours de voyage éprouvant.

 

À Mouka, ils étaient une quarantaine de soldats à prendre position. Dès leur installation, chaque homme a reçu 30 000 francs CFA, présentés comme leur Prime Globale d’Alimentation. Cette allocation unique, qui aurait dû être mensuelle, constituera leur seul soutien financier pendant toute la durée de leur mission. Après ce versement initial, plus rien ne leur parviendra des autorités militaires pendant les douze mois suivants.

 

Sur le terrain, la réalité s’est avérée bien plus dure que prévu. Mouka, localité isolée entre Bria et Ouadda-Maïkaga, offre peu de ressources alimentaires. Les soldats ont rapidement épuisé leurs maigres provisions. Les premiers mois, ils ont tenté de compter sur la solidarité des villageois, mais cette aide occasionnelle ne suffisait pas. La situation est devenue si critique qu’ils ont dû recourir à des mesures de survie extrêmes.

 

À quatre reprises, la faim les a poussés à abattre et consommer des chiens du village. La première tentative de la consommation du chien s’est soldée par des vomissements, la viande mal préparée étant difficile à digérer. Des villageois leur ont alors enseigné la technique du boucanage : sécher la viande au feu pour la rendre comestible. Cette méthode leur a permis de survivre, mais au prix d’une profonde humiliation.

 

Entre ces repas de désespoir, leur alimentation se limitait souvent à des pattes d’arachides rapportées de Bria par des civils compatissants. Certains jours, ils ne mangeaient qu’un seul repas, insuffisant pour des hommes devant assurer la sécurité de la zone. Leur état physique s’est progressivement dégradé, affectant leur moral et leur capacité opérationnelle.

 

Pendant des mois, les soldats ont cru que leurs difficultés provenaient de détournements. Ils soupçonnaient particulièrement leur chef du détachement, un lieutenant,  souvent absent chaque week-end, qui se rendait régulièrement à Bria pour passer ses week-end dans des bars. Mais la vérité s’est révélée plus dures: l’État n’a tout simplement pas versé les PGA depuis six ans, sans avertissement ni explication.

 

Cette situation n’est malheureusement pas exceptionnelle. À Ouadda Maïkaga, d’autres unités connaissent des conditions similaires, parfois pires. Les relèves tardives aggravent le problème,  certains soldats restent en poste jusqu’à un an au lieu des trois mois prévus.

 

La rotation de mai 2025 a enfin permis à ces hommes de rentrer auprès de leur famille respective. Mais leur soulagement ne doit pas masquer l’urgence de réformer le système. Comment des soldats affamés et épuisés peuvent-ils efficacement protéger les populations ? La question reste sans réponse, alors que de nouveaux militaires prennent leur place dans les mêmes conditions difficiles….

 

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Touadéra vole-t-il l’État avec ses ‘dons’ de véhicules ? , Dr Paul Crescent Beninga dénonce

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Touadéra vole-t-il l’État avec ses ‘dons’ de véhicules ? , Dr Paul Crescent Beninga dénonce

 

Centrafrique.org/rca-prorogation-illegale-du-mandat-de-touadera-paul-crescent-beninga-sinsurge-et-interpelle-les-deputes/paul-crescent-beninga-porte-parol-gtsc-4/” rel=”attachment wp-att-37276″ data-wpel-link=”internal”>Touadéra vole-t-il l’État avec ses ‘dons’ de véhicules ? , Dr Paul Crescent Beninga dénonce
Dr Paul Crescent Beninga , porte-parole du GTSC

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Touadéra revendique des véhicules pour les FACA comme “effort personnel”. Dr Paul Crescent Beninga réplique : “C’est l’argent public !” L’armée, elle, agonise.

 

Trente véhicules flambant neufs pour les Forces armées centrafricaines (FACA), présentés comme un geste personnel du président Faustin-Archange Touadéra, ont provoqué autant d’éloges que de soupçons. Sur la radio Ndéké-Luka, dans l’émission Patara, Dr Paul Crescent Beninga, porte-parole du groupe de travail de la société civile, a lancé une accusation tranchante : “C’est l’argent de l’État, sinon c’est du vol !”. Ce “don”, loin d’être une prouesse philanthropique, révélerait une tentative de détourner les ressources publiques pour redorer l’image d’un régime en crise, pendant que les FACA s’enlisent dans la misère et l’indiscipline.

 

Comment un chef d’État, sans fortune personnelle déclarée, pourrait-il financer un tel achat ? Pour Beninga, la réponse est claire : les fonds proviennent du budget national, et prétendre le contraire est une manœuvre pour “désinstitutionnaliser” la gestion de l’État. Pendant que Touadéra se pose en bienfaiteur, les FACA, censées bénéficier de ces véhicules, manquent de l’essentiel. À Ouanda-Djallé, des soldats tirent en l’air pour réclamer cinq mois d’arriérés de primes globales d’alimentation (PGA). À Birao, ils désertent, affamés. À Ziki, ils infligent des violences à des femmes enceintes, causant la perte d’un jumeau. Loin d’être une force républicaine, l’armée est à l’agonie.

 

Ce scandale des véhicules n’est qu’un symptôme d’un mal plus profond. Beninga dénonce une gestion où les ressources publiques servent à enrichir les proches du pouvoir. L’usine nationale Mamika, capable d’équiper les FACA, est laissée à l’abandon, tandis qu’une société opaque, “FDS Manufacture”, rafle des contrats pour fournir des tenues. “Vous enrichissez des individus !”, accuse Beninga, visant le ministre de la Défense, Rameaux Claude Bireau, qui justifie ces partenariats par un manque de moyens. Pourtant, des officiers supérieurs, qualifiés de “grands commerçants” par Beninga, prospèrent en livrant des équipements à des prix gonflés, pendant que les soldats, en tongs à l’hôpital communautaire, incarnent l’indiscipline.

 

La crise des PGA aggrave ce tableau. Selon des vérifications, ces primes, vitales pour nourrir les troupes, sont suspendues depuis plus de six ans. Pourtant, des rumeurs persistantes, habilement entretenues, accusent l’état-major de détournement. Des fonds s’égarent parfois en chemin, mais la vérité est plus cruelle : les PGA ne sont plus versées, abandonnant les soldats à leur sort. À Ouadda-Maïkaga, treize déserteurs ont fui depuis avril 2025. À Yalinga, une désertion massive a vidé la ville en février 2025. Dans la Vakaga, une trentaine de soldats ont quitté Birao, Tiringoulou, Sikikédé, et Gordil, bravant une attaque mortelle à Gonda pour rejoindre Bangui. “On nous laisse crever de faim”, confie un déserteur, exprimant un abandon généralisé.

 

Rameaux Claude Bireau tente de rassurer : “Tout se gère normalement depuis 2021”, affirme-t-il, vantant des décaissements et des inspections. Mais les faits le contredisent. À Sam-Ouandja, des incidents similaires ridiculisent ses promesses. À Zémio, les FACA ne réapparaissent qu’avec les Russes, après six ans d’absence. Les détachements, prolongés jusqu’à deux ans contre trois mois réglementaires, transforment les soldats en potentats locaux, rackettant à Gomion ou brutalisant à Ziki. “Un soldat qui fait plus de six mois épouse les habitudes du lieu”, avertit Beninga, soulignant les dérives inévitables.

 

Touadéra, surnommé Baba Kongoboro, face à ces accusations, reste silencieux. Son “effort personnel” pour les véhicules n’est qu’un paravent, masquant une gouvernance où les institutions sont sacrifiées au profit d’intérêts privés. Les désertions exposent des villes comme Yalinga aux groupes armés comme la CPC. Les violences, comme à Ziki, ternissent l’image des FACA. Et l’inspection générale, vantée par Bireau, demeure une coquille vide. “Je n’ai pas de rapport mettant en cause des responsables”, esquive le ministre. Mais les Centrafricains savent : une armée affamée, indisciplinée, et dépendante des Russes n’est pas une force nationale.

 

Ce système, où les fonds publics financent des opérations de façade pendant que les soldats et le peuple souffrent, ne peut perdurer. Les Centrafricains méritent des réponses : d’où viennent les fonds pour ces véhicules ? Pourquoi les PGA sont-elles suspendues ? Et pourquoi Touadéra laisse-t-il son armée sombrer ? La vérité ne peut être étouffée. Le peuple observe, et il exigera justice….

 

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Elie Ouéifio : de l’État nation à l’État tribal,  un glissement fatal pour la Centrafrique ?

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Elie Ouéifio : de l’État nation à l’État tribal,  un glissement fatal pour la Centrafrique ?

 

L’ancien ministre Élie Ouéifio, assis, portant un costume bleu, appuyé sur sa main, en train de réfléchir lors d’une conférence. elie-ouefio Corruption et Désordre : La Descente aux Enfers de l’Armée Centrafricaine”
L’ancien ministre Élie Ouéfio

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Dans un monde où les nations se construisent sur les rêves d’unité et de progrès, la République centrafricaine (RCA) semble s’enliser dans un paradoxe tragique : celui d’un pays riche de promesses mais fragilisé par des fractures internes qui menacent son identité même.

 

Autrefois perçue comme un havre de paix au cœur de l’Afrique, la RCA traverse aujourd’hui une crise qui dépasse les simples conflits armés pour toucher l’essence de ce qui fait une nation. Dans son ouvrage incisif, Quand la politique des mains tendues du président Touadéra soulève des interrogations et réflexions, Elie Oueifio met en garde contre ce danger imminent : « Vouloir aujourd’hui pour des intérêts égoïstes et personnels substituer l’État nation par l’État tribal, c’est rouvrir les cicatrices de la servitude en conduisant le peuple dans une nouvelle colonisation ». Cette alerte, ancrée dans une analyse profonde des dynamiques politiques et sociales, invite à réfléchir sur un glissement insidieux : celui qui pourrait transformer une mosaïque harmonieuse de tribus en un champ de bataille ethnique.

 

Les fondations d’un État nation : une unité forgée dans la douleur

 

L’histoire de la RCA est celle d’une nation née d’un effort collectif pour transcender les particularismes tribaux. Sous l’impulsion de figures comme Barthélemy Boganda, l’idée d’un État nation a émergé comme un rempart contre la division et la servitude coloniale. Boganda, père de l’indépendance, avait compris que l’unité ne se décrète pas : elle se construit par le dialogue et le dépassement des intérêts locaux au profit d’un projet commun. Cette vision a porté ses fruits dans les premières décennies post-indépendance, où la RCA était perçue comme un modèle de coexistence pacifique entre ses nombreuses ethnies – Gbaya, Taley, Banda, Yakoma, Sara, Nzakara et bien d’autres.

 

Pourtant, cette unité n’a jamais été exempte de fragilités. Dès les années 1980, les crises politiques ont révélé des tensions latentes, souvent exacerbées par des leaders prêts à instrumentaliser l’appartenance ethnique pour asseoir leur pouvoir. Elie Oueifio souligne dans son livre que cette dérive n’est pas nouvelle : elle s’inscrit dans une logique où « les plaisirs et les intérêts personnels » des dirigeants prennent le pas sur la volonté populaire. L’État nation, censé incarner une souveraineté partagée, s’est progressivement fissuré sous le poids de ces ambitions égoïstes, laissant place à une gouvernance où les appartenances tribales deviennent des outils de mobilisation politique.

 

Les manifestations du glissement : quand le tribalisme devient une arme

 

Le passage de l’État nation à l’État tribal ne s’est pas fait en un jour. Il s’est opéré à travers des signes visibles, que l’auteur décrypte avec une lucidité implacable. L’un des exemples les plus frappants est la montée en puissance des discours ethniques dans les arènes politiques. Oueifio cite les résolutions du MCU (Mouvement Cœurs Unis), parti au pouvoir, qui envisagent de « dissoudre les partis politiques KNK et URCA et neutraliser tous les cadres KNK et Gbaya à l’exception de ceux qui feront allégeance au MCU ». Cette stratégie, visant à marginaliser une ethnie entière – les Gbaya, associés à l’ancien président François Bozizé – illustre comment le tribalisme est devenu une arme pour consolider le pouvoir.

 

Un autre symptôme de ce glissement est l’érosion des institutions nationales au profit de réseaux clientélistes basés sur des loyautés ethniques. Les ministères, censés servir l’ensemble du peuple, sont souvent perçus comme des fiefs réservés à certaines tribus, tandis que les forces armées elles-mêmes se fragmentent en factions liées à des affiliations régionales. Cette tribalisation de l’État s’accompagne d’une perte de légitimité : les citoyens ne se reconnaissent plus dans un gouvernement qui semble privilégier les siens au détriment des autres.

 

Enfin, les conflits armés récurrents, de la rébellion Séléka aux affrontements avec les Anti-Balaka, ont amplifié cette dynamique. Ces groupes, bien que motivés par des revendications politiques ou économiques, s’appuient souvent sur des bases ethniques pour recruter et mobiliser. Comme l’écrit Oueifio, « les sirènes ou les manipulateurs et mafieux ne cherchent que leurs intérêts », utilisant les divisions tribales pour maintenir un chaos profitable. Ce faisant, ils sapent l’idée même d’une nation unifiée, remplaçant le drapeau national par des étendards locaux.

 

Les conséquences : un danger existentiel pour la Centrafrique

 

Ce glissement vers un État tribal n’est pas une simple dérive politique : il représente une menace existentielle pour la RCA. En premier lieu, il fragmente la cohésion sociale, transformant des voisins en ennemis potentiels. Là où Boganda voyait une « mosaïque de tribus » comme une richesse, le tribalisme moderne en fait une source de discorde. Les violences intercommunautaires, comme celles qui ont opposé des groupes peuls à des populations locales dans l’Ouest, en sont une illustration tragique.

 

Sur le plan politique, ce phénomène paralyse toute tentative de gouvernance efficace. Un État tribal ne peut prétendre à une légitimité universelle : il devient une arène où chaque groupe lutte pour sa part du pouvoir, au détriment de l’intérêt général. Oueifio met en garde : « La structure politique se détériore lorsqu’elle est assujettie aux considérations de la structure sociale, tribale, familiale ou confessionnelle », reprenant ici les mots prophétiques de Mouammar Kadhafi. Cette instabilité chronique ouvre la voie à une dépendance accrue vis-à-vis des puissances étrangères, qui exploitent ces divisions pour leurs propres intérêts économiques ou stratégiques.

 

Enfin, le risque ultime est celui d’une « nouvelle colonisation », comme le prédit l’auteur. En perdant son unité, la RCA s’expose à devenir un terrain de jeu pour des forces extérieures – qu’il s’agisse de mercenaires, de multinationales ou d’États voisins. L’État nation, déjà affaibli, pourrait alors céder la place à un État fantoche, incapable de protéger sa souveraineté ou de répondre aux besoins de son peuple.

 

Vers une renaissance nationale : des solutions inspirées par la vérité et l’unité

 

Face à ce glissement fatal, des solutions existent, et Elie Oueifio en propose plusieurs, puisant dans une sagesse à la fois spirituelle et pratique. La première étape est une prise de conscience collective : « L’identification, la dénonciation et la mise en cause des vrais auteurs des crises centrafricaines » doivent devenir une priorité. Cela implique de briser le silence autour des manipulateurs qui exploitent le tribalisme, qu’ils soient au sein du pouvoir ou dans l’opposition.

 

Ensuite, l’auteur appelle à un retour aux principes fondateurs de l’État nation, à travers le « pardon et la réconciliation ». Ces vertus, qu’il qualifie de « seuls remèdes efficaces prescrits par Dieu », ont prouvé leur efficacité ailleurs – au Rwanda, par exemple, où Hutus et Tutsis ont surmonté un génocide pour rebâtir une nation unie. En RCA, cela passerait par un dialogue politique inclusif, réunissant toutes les composantes de la société, y compris les anciens dirigeants, pour reconstruire un contrat social basé sur l’équité et la justice.

 

Enfin, la refondation des institutions est cruciale. Oueifio insiste sur le rôle de l’Inspection générale d’État et du ministère de la Justice pour déverrouiller les obstacles et garantir une gouvernance impartiale. Un pouvoir législatif « vertueux » et un exécutif débarrassé des « chants des sirènes » pourraient restaurer la confiance dans l’État, faisant de celui-ci un reflet de la nation entière rather than d’une tribu dominante.

 

Il y’a lieu de noter que la Centrafrique se tient à un carrefour décisif. Le glissement de l’État nation vers un État tribal, s’il se confirme, risque de signer la fin d’un rêve porté par des générations de patriotes. Mais ce destin n’est pas inéluctable. Comme le souligne Elie Oueifio, « l’unité du peuple Centrafricain constitué à partir d’une mosaïque de tribus est une œuvre de longue haleine dont le prix à payer est, reste et demeure le sang de nos ancêtres communs ». Refuser cette dérive, c’est honorer ce sacrifice en choisissant la vérité, la réconciliation et la justice comme fondements d’une renaissance nationale. La question reste posée : les Centrafricains sauront-ils saisir cette chance avant qu’il ne soit trop tard ?

 

 

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Racket ou escroquerie? L’ambassade de Centrafrique à Paris applique des tarifs très supérieurs pour les passeports biométriques

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Racket ou escroquerie? L’ambassade de Centrafrique à Paris applique des tarifs très supérieurs pour les passeports biométriques

 

Racket ou escroquerie? L'ambassade de Centrafrique à Paris applique des tarifs très supérieurs pour les passeports biométriques
specimen-de-passeport-centrafricain-a-linterieur-de-larticle – Les groupes libanais Al Madina et Africard s’affrontent pour le marché des passeports

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 L’ambassade de la République Centrafricaine (RCA) en France organise, en collaboration avec le service d’immigration centrafricain,  une session exceptionnelle de délivrance de passeports biométriques à Paris, du 26 mai au 11 juin 2025. Cette initiative démontre toutefois des disparités de coûts importantes entre les tarifs pratiqués par la représentation diplomatique et les prix officiels en vigueur sur le territoire centrafricain.

 

En effet, le coût du passeport biométrique a été fixé par l’ambassade à 120 euros. Ce montant représente une majoration de 60 % par rapport au prix officiel du même document en Centrafrique, qui s’élève à 75 euros. Aucune explication justifiant cet écart n’a été fournie dans le communiqué de l’ambassade.

À ce coût de base s’ajoutent plusieurs frais annexes, certains étant rendus obligatoires pour cette opération :

 Carte d’identité consulaire (obligatoire) : 30 euros

Légalisation d’acte de naissance : 25 euros

Légalisation de certificat de nationalité : 25 euros

Transcription d’acte de naissance (si nécessaire) : 30 euros Il convient de noter que les frais de légalisation, facturés 25 euros l’unité à Paris, correspondent à des démarches coûtant entre 1 et 2 dollars (environ 500 à 1000 FCFA) lorsqu’elles sont effectuées directement en Centrafrique.

Le processus de demande exige également la présentation de huit photos d’identité conformes à des critères stricts et la fourniture de diverses attestations selon la situation individuelle du demandeur.

Au total, le coût pour obtenir un dossier complet peut facilement dépasser 250 euros, sans compter les délais administratifs potentiels. L’ambassade de la RCA en France n’a apporté aucune précision quant aux raisons de ces différences tarifaires substantielles.

Il est à noter que l’ambassade de Centrafrique en France est située au 30, rue des Perchamps, 75016 Paris.

 

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Le cabinet parlementaire du député Hassan Akras apporte un soutien multidimensionnel à la jeunesse et aux agriculteurs de Mbata

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Le cabinet parlementaire du député Hassan Akras apporte un soutien multidimensionnel à la jeunesse et aux agriculteurs de Mbata

 

Le cabinet parlementaire du député Hassan Akras apporte un soutien multidimensionnel à la jeunesse et aux agriculteurs de Mbata
Remise des matériels de l’agriculture à la population de la commune de Mbata. Photo CNC

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 La tournée humanitaire du cabinet parlementaire du député Hassan Akras a atteint son quatrième temps fort dans la commune centrale de Mbata, marquant ainsi l’aboutissement d’une série d’interventions couvrant les différents arrondissements de la circonscription.

 

Après les actions menées à Bokanga (86 kilomètres de Bangui), Bangui Bouchia (92 kilomètres de Bangui) et Bouchia (3ème arrondissement de la commune de Mbata), c’est au tour du chef-lieu communal de bénéficier d’un important programme d’appui au développement local du député Hassan Akhras.

 

Cette intervention d’envergure s’est articulée autour de trois axes principaux correspondant aux besoins exprimés par les différentes composantes de la population lors d’une large consultation préalable organisée à Bangui par le député Hassan Akhras  en personne. Le cabinet a ainsi procédé à la remise officielle de plusieurs lots de matériels et équipements devant servir de leviers pour l’autonomisation des bénéficiaires.

Le cabinet parlementaire du député Hassan Akras apporte un soutien multidimensionnel à la jeunesse et aux agriculteurs de Mbata
Remise d’une machine à coudre à la présidente de l’association des jeunes filles de la commune de Mbata. Photo CNC

 

Pour l’association des jeunes filles de Mbata, représentée par sa présidente Ferancia Mba, six machines à coudre neuves ont été remises par le député Hassan Akhras. Cette dotation répond à une demande spécifique des jeunes femmes de la commune, particulièrement celles confrontées aux abandons scolaires suite à des grossesses précoces. Ferancia Mba, visiblement émue, a exprimé sa reconnaissance au député tout en détaillant son plan d’action : “Nous allons immédiatement recenser les filles intéressées, particulièrement les jeunes mères, et organiser des sessions de formation. Ce n’est qu’un début. Nous espérons pouvoir développer d’autres formations dans des domaines comme l’hôtellerie ou le commerce selon les aspirations de chacune“.

Le cabinet parlementaire du député Hassan Akras apporte un soutien multidimensionnel à la jeunesse et aux agriculteurs de Mbata
Remise du poste à soudure à l’association des jeunes de la commune de Mbata. Photo CNC

 

Le deuxième volet de l’intervention a concerné les jeunes hommes à travers la remise d’un poste de soudure complet avec groupe électrogène par le député Hassan Akhras. Gouloungou, président de l’association des bénéficiaires, a souligné l’importance stratégique de cet équipement : “Dans notre commune où circulent de nombreux véhicules et motos, la soudure est un besoin permanent. Jusqu’ici, nous devions nous déplacer jusqu’à Mbaïki ou Bangui pour ces services“. Le représentant des jeunes a également annoncé la future réception d’une presse à briques manuelle déjà commandée par le député, un équipement complémentaire qui devrait permettre de développer des activités génératrices de revenus.

Le cabinet parlementaire du député Hassan Akras apporte un soutien multidimensionnel à la jeunesse et aux agriculteurs de Mbata
Remise des matériels de l’agriculture à la population de la commune de Mbata. Photo CNC

 

Le troisième volet, destiné aux agriculteurs, a consisté en la remise d’un important lot d’outils agricoles (houes, machettes et d’autres outils ) accompagné d’une enveloppe de 850 000 FCFA destinée à soutenir les activités des groupements agricoles villageois par le député Hassan Akhras. Cette dotation répond à une demande formulée lors de la consultation préalable où les paysans avaient insisté sur la nécessité de structurer leurs activités en associations par village.

 

Saint Gbaguere, assistant du député  Hassan Akhras et responsable du cabinet parlementaire, a rappelé le contexte de cette action : “Cette intervention fait suite à une large consultation organisée à Bangui avec toutes les composantes de la commune. Le député a tenu à ce que l’aide soit structurante, ciblée sur des groupements organisés et supervisée par les autorités locales pour en garantir la pérennité.” Il a également insisté sur la philosophie d’action du député : “L’objectif n’est pas de faire des dons ponctuels, mais de créer des dynamiques durables. C’est pourquoi nous privilégions les dotations en équipements productifs plutôt qu’en argent liquide“.

 

Le maire de Mbata, présent à la cérémonie, a salué cette approche méthodique qui contraste avec les actions humanitaires habituelles. Il s’est engagé à assurer le suivi et la bonne utilisation des équipements remis, notamment en veillant à ce que les différentes associations bénéficiaires rendent compte régulièrement de leurs activités.

 

Cette intervention dans la commune centrale de Mbata marque ainsi une étape importante dans la stratégie d’appui au développement local du député Hassan Akras. Elle démontre une volonté claire de passer d’une logique d’assistance ponctuelle à une approche plus structurelle visant à renforcer les capacités productives des différentes composantes de la population, tout en s’appuyant sur les structures locales existantes pour garantir la durabilité des actions engagées.

 

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Gamboula : des actes de naissance pour redonner une identité aux enfants de Dilapoko

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Gamboula : des actes de naissance pour redonner une identité aux enfants de Dilapoko

 

Centrafrique.org/mysterieuse-epidemie-de-gratte-gratte-a-gamboula-suite-a-une-invasion-de-papillons/mairie-de-gamboula-avec-presence-de-lonu/” rel=”attachment wp-att-76008″ data-wpel-link=”internal”>Gamboula : des actes de naissance pour redonner une identité aux enfants de Dilapoko
Vue de l’Hôtel de Ville de Gamboula avec un soldat de l’ONU en avant-plan et des véhicules et des motos stationnés à l’extérieur. CopyrightfCNC

 

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 À Dilapoko, un village situé à une trentaine de kilomètres au nord de Gamboula, dans la préfecture de la Mambéré-Kadéï, en République centrafricaine, une initiative portée par le Conseil Norvégien pour les Réfugiés (NRC) change la donne pour des centaines de familles.

 

En effet, depuis une semaine, des actes de naissance sont offerts gratuitement aux bébés de 0 à 6 mois, et des jugements supplétifs permettent aux jeunes de 7 mois à 18 ans d’obtenir ce document fondamental. Près de 460 personnes dans les villages de Dilapoko et Hory bénéficient de cette action, un geste qui redonne espoir et dignité à une communauté éprouvée par les crises.

 

Une population en quête de repères

 

Les années de conflits en Centrafrique ont laissé des cicatrices profondes. Beaucoup d’habitants de Dilapoko ont fui vers le Cameroun, abandonnant derrière eux des vies bouleversées et, souvent, des documents essentiels comme les actes de naissance. De retour chez eux, ils se heurtent à un obstacle de taille : sans ces papiers, les enfants ne peuvent ni aller à l’école, ni accéder à des soins, ni même affirmer leur existence aux yeux de l’État. C’est pour répondre à ce défi que le NRC a lancé cette campagne, ciblant deux villages pour commencer.

 

Sylvain Boubou, maire de la commune de Basse-Mboumbe, est au cœur de cette mobilisation. « Quand je vois des élèves dans nos écoles sans aucun document, ça me touche. Sans acte de naissance, ils n’ont pas d’ancrage, pas de point de départ », explique-t-il lors d’un échange. Grâce à ses démarches auprès du NRC, cette initiative a vu le jour, et il y voit une première étape pour remettre sa communauté sur les rails.

 

Une opération de gratuité d’acte de naissance

 

Le dispositif est clair et structuré. Pour les nourrissons de 0 à 6 mois, les actes de naissance sont délivrés sans frais, conformément à une décision du président Faustin-Archange Touadéra. Pour les enfants et adolescents de 7 mois à 18 ans, le NRC prend en charge les démarches judiciaires nécessaires pour obtenir un jugement supplétif, préalable à l’établissement du document. « L’ONG a prévu d’aider 463 personnes dans cette phase, à Dilapoko et Hory », précise le maire. Un nombre limité, mais un impact réel pour chaque famille concernée.

 

Sylvain Boubou ne s’arrête pas là. Il sillonne les villages pour encourager les habitants à participer. « Je leur dis : venez nombreux, inscrivez-vous. C’est une opportunité rare pour avoir des papiers en règle », insiste-t-il. Il pense déjà à l’avenir, espérant convaincre le NRC ou d’autres organisations de poursuivre cet effort pour toucher d’autres villages et soutenir les rapatriés ou déplacés internes.

 

Bien plus qu’un document

 

Pour les 463 bénéficiaires, cet acte de naissance représente une porte ouverte. Aller à l’école, se faire soigner, exister officiellement : tout devient possible. Pour les parents, c’est un poids en moins, une lueur d’espoir dans un quotidien souvent lourd. « On voit la joie des familles, leur soulagement », confie le maire, qui mesure l’importance de ces petites victoires pour redonner confiance à sa communauté.

 

Le défi reste de taille. D’autres villages attendent leur tour, et les besoins en documents d’identité sont immenses dans une région où les crises ont tout fracassé. Mais Sylvain Boubou garde le cap, déterminé à multiplier les partenariats pour que personne ne reste sur le bord du chemin.

 

Ce qui se passe à Dilapoko montre ce qu’on peut accomplir quand les efforts locaux rencontrent un soutien international. Cela rappelle aussi à quel point un simple papier peut changer une vie. Le maire, avec sa ténacité, porte un message clair : chaque enfant mérite un nom, une place, une chance. « À ceux qui n’ont pas encore leurs documents, je dis : saisissez cette occasion, venez vous inscrire », lance-t-il.

 

Pour l’instant, les familles de Dilapoko et Hory célèbrent ce progrès, discret mais précieux. C’est un pas vers un avenir où l’identité n’est plus un combat, mais une évidence….

 

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Violences à Pissa : quatre villages touchés par des assassinats et des braquages

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Violences à Pissa : quatre villages touchés par des assassinats et des braquages

 

Centrafrique.org/rca-grave-accident-de-circulation-impliquant-un-vehicule-des-mercenaires-russes-a-pissa-trois-morts-et-cinq-blesses/barriere-de-la-gendarmerie-de-pissa/” rel=”attachment wp-att-48031″ data-wpel-link=”internal”>Violences à Pissa : quatre villages touchés par des assassinats et des braquages
Barrière de la gendarmerie de Pissa . CopyrightCNC

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Dans la commune de Pissa, située dans la préfecture de la Lobaye, à environ 69 km au sud-ouest de Bangui, la capitale de la République centrafricaine, la violence s’installe.

 

Assassinats, braquages à main armée et tensions liées à la transhumance secouent au moins quatre villages de Pissa, plongeant les habitants dans l’inquiétude. Une rencontre organisée par la section des affaires civiles de la Minusca, appelée « Café citoyen », a permis de recueillir des informations sur cette situation inquiétante.

 

Les villages touchés vivent dans un climat de peur. Les témoignages parlent d’attaques répétées, souvent menées par des groupes non identifiés, qui profitent de la faible présence des forces de sécurité. Ces actes visent particulièrement les populations les plus vulnérables, comme les agriculteurs ou les petits commerçants. Les conflits entre éleveurs et agriculteurs, alimentés par la destruction des champs par le bétail, aggravent les tensions. Cette rivalité, combinée à l’insécurité générale, offre un terrain favorable aux groupes armés qui opèrent sans crainte de conséquences.

 

Face à ce constat, les autorités locales et les leaders communautaires tirent la sonnette d’alarme. Lors de la réunion, ils ont pointé du doigt le manque de moyens pour assurer la sécurité et la difficulté à gérer les disputes liées à la transhumance. Pour répondre à ces défis, plusieurs idées ont été avancées : créer des comités locaux pour prévenir et résoudre les conflits, organiser plus de patrouilles sécuritaires, et sensibiliser la population aux moyens d’éviter les violences. La MINUSCA s’est engagée à accompagner ces efforts, notamment en soutenant les autorités dans la mise en place d’un plan de protection pour les communautés.

 

Malgré ces propositions, les habitants de Pissa doutent qu’un changement rapide soit possible. Sans données claires sur le nombre de victimes et avec une impunité persistante, beaucoup se sentent laissés pour compte. Les discussions ont souligné l’urgence d’une action conjointe entre le gouvernement, les forces de sécurité et les partenaires internationaux pour briser ce cycle de violence.

 

En attendant des mesures concrètes, la commune de Pissa, traversée par la route nationale RN6 reliant Bangui à Mbaïki, reste sous tension. Chaque jour, les villageois craignent une nouvelle attaque. Les appels à l’aide se font plus pressants, mais sans une réponse rapide et organisée, la région risque de s’enfoncer davantage dans l’instabilité….

 

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Kalimba, Djembé ou Cabasa : À la découverte des instruments africains

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La musique africaine est un trésor culturel, tissé de rythmes, d’histoires et de traditions séculaires. Ses instruments, porteurs d’une identité unique, captivent par leur diversité et leur expressivité. Parmi eux, le Kalimba et le djembé se démarquent comme des symboles vibrants de l’âme musicale du continent, tandis que des instruments comme le Cabasa enrichissent ce patrimoine sonore. Ensemble, ils racontent l’histoire d’une Afrique où la musique est bien plus qu’un art : c’est un lien entre les générations.

 

Le kalimba, souvent appelé « piano à pouces », est un petit instrument d’Afrique subsaharienne qui séduit par sa douceur. Construit à partir d’une caisse en bois ou d’une calebasse et de lamelles métalliques, il émet des notes cristallines lorsque les lamelles sont pincées avec les pouces. Sa sonorité apaisante évoque des récits ancestraux, des chansons d’amour ou des moments de recueillement. Léger et facile à transporter, le kalimba trouve sa place aussi bien dans les cérémonies traditionnelles que dans les pratiques modernes de méditation ou de musique acoustique. Sa simplicité en fait un instrument accessible, mais sa capacité à transmettre des émotions profondes le rend universel.

 

Le Djembe  , emblème de l’Afrique de l’Ouest, est un tambour puissant, particulièrement ancré dans les cultures mandingues. Taillé dans un tronc d’arbre et recouvert d’une peau de chèvre tendue, il produit une palette de sons, des basses profondes aux claquements vifs, grâce aux frappes des mains. Bien plus qu’un instrument, le djembé est un moyen de communication, capable de transmettre des messages à travers ses rythmes complexes. Dans les villages, il anime les danses, les cérémonies et les rassemblements, unissant la communauté. Aujourd’hui, sa polyvalence séduit les musiciens du monde entier, du jazz à la world music, faisant du djembé un pont entre tradition et modernité.

 

Le cabasa, moins connu, est un instrument de percussion qui apporte une touche subtile mais essentielle. Originaire d’Afrique de l’Ouest, il est formé d’un cylindre ou d’une calebasse entourée de perles ou de chaînes métalliques. En le secouant ou en le frottant, on obtient un son râpeux et rythmique, idéal pour enrichir les polyrythmies africaines. Souvent utilisé en complément d’autres percussions, le cabasa illustre la richesse des textures sonores dans la musique africaine, où chaque instrument a un rôle précis.

 

Le kalimba, le djembé et le cabasa, bien que différents, partagent une essence commune : ils incarnent l’esprit communautaire et spirituel de la musique africaine. Le kalimba murmure des mélodies intimes, le djembé fait vibrer les cœurs, et le cabasa tisse des rythmes entrelacés. Explorer ces instruments, c’est plonger dans un univers où la musique est un langage universel, unissant passé et présent. Que vous soyez musicien ou simple amateur, ces sonorités vous invitent à découvrir un patrimoine vivant, vibrant d’histoire et d’émotion.

 

 

Dépêche : Panique entre Baoro et Bossemptélé face aux rumeurs de présence des rebelle de 3R

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Dépêche : Panique entre Baoro et Bossemptélé face aux rumeurs de présence des rebelle de 3R

 

Centrafrique.org/rca-un-renfort-des-mercenaires-de-wagner-tombe-dans-une-embuscade-au-nord-ouest-quatre-morts/les-combattants-rebelles-de-3r-dans-la-localite-de-abba/” rel=”attachment wp-att-48987″ data-wpel-link=”internal”>Panique entre Baoro et Bossemptélé face aux rumeurs de présence des rebelle de 3R
Les combattants rebelles de la CPC dans la localité de Bondiba

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

Une vague de panique a saisi les populations des villages de Gbalémbé et Gbawi, situés entre Baoro et Bossemtélé, dans la nuit de mardi à mercredi 21 mai, suite à des rumeurs persistantes de la présence des rebelles du groupe 3R (Retour, Réclamation, Réhabilitation). Ces rumeurs ont provoqué un exode massif des habitants, vidant les deux villages en pleine nuit.

 

D’après un voyageur de passage, qui a également assisté aux événements, les populations, prises de peur, ont fui dans la précipitation, sans éclairage ni moyens de transport, laissant derrière elles leurs biens. « Les enfants, les femmes enceintes, les vieillards, tout le monde court sur la route pour partir  vers Baoro», rapporte-t-il. Cette fuite désordonnée s’est déroulée dans l’obscurité, amplifiant la détresse des habitants.

 

Au même moment, le chaos s’est étendu aux axes routiers. Des bus, camions et véhicules circulant entre Baoro et Bossemtélé ont été contraints de faire demi-tour en urgence. Un chauffeur du bus Horizon Express, cité par le témoin, a rebroussé chemin vers Baoro, tandis qu’un camion est retourné à Bossemtélé. « C’est une panique totale », décrit-il, soulignant l’impact immédiat de ces rumeurs sur les transporteurs et les voyageurs.

 

La distance entre Baoro et Bossemtélé, estimée à environ 90 km par la route, et celle entre Bossemptélé et Bangui, d’environ 290 km, illustre l’isolement relatif de ces zones, rendant les populations particulièrement vulnérables aux rumeurs et aux menaces. Bien qu’il a un cessez-le-feu entre le gouvernement et les groupes armés, le nom de 3R suffit à la population de trembler….

 

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Kidnapping déguisé en extradition : La justice centrafricaine, pion de Wagner, s’acharne sur Armel Ningatoloum Sayo  

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Kidnapping déguisé en extradition : La justice centrafricaine, pion de Wagner, s’acharne sur Armel Ningatoloum Sayo  

 

Kidnapping déguisé en extradition : La justice centrafricaine, pion de Wagner, s’acharne sur Armel Ningatoloum Sayo
Benoît Narcisse Foukpio : le Procureur de la République près tribunal de grande instance de Bangui qui instaure le grand banditisme au sein de la justice centrafricaine

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 L’enlèvement du colonel Armel Ningatoloum Sayo, déguisé en extradition, expose la justice centrafricaine corrompue, sous l’emprise de Wagner, et la complicité honteuse du Cameroun.

 

Une parodie de justice au service d’un régime fantoche

 

Le 9 mai 2025, le Parquet de Bangui, par la voix du mafieux  procureur Benoit Narcisse Foukpio, a publié un communiqué grotesque et mensonger, prétendant légitimer l’arrestation et l’extradition d’Armel Ningatoloum Sayo, leader de la Coalition Militaire pour le Salut du Peuple et du Redressement (CMSPR). Cette opération, présentée comme un succès judiciaire contre un prétendu criminel, n’est qu’un kidnapping instrumenté par un régime centrafricain soumis au groupe Wagner et à ses soutiens russes. Loin d’être une extradition légale, l’enlèvement de Sayo au Cameroun montre la dérive autoritaire d’un pouvoir corrompu, la complicité scandaleuse du Cameroun et une justice centrafricaine devenue un outil de répression politique.

 

Un simulacre d’accusations pour cacher un règlement de comptes

 

Le communiqué du Parquet de Bangui attribue à Armel Sayo une série d’accusations graves : association de malfaiteurs, crimes de guerre, crimes contre l’humanité, rébellion et atteinte à la sûreté intérieure de l’État. Ces charges, aussi lourdes que mal étayées, frisent le ridicule. Le procureur se fonde sur une seule attaque, survenue en février 2025 à Kouki (sous-préfecture de Markounda), où cinq soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) avaient péri lors d’un affrontement avec des membres de la CMSPR. Un détail essentiel est passé sous silence : au moment des faits, Armel Sayo était au Cameroun, loin du lieu des combats.

 

Pire encore, le Parquet tente de faire passer Sayo pour un criminel contre l’humanité sur la base d’un seul événement isolé, sans fournir la moindre preuve d’atrocités organisés ou généralisées, conditions nécessaires pour une telle qualification. Pendant ce temps, les véritables crimes,  ceux commis par les soldats FACA et les mercenaires de Wagner, responsables de massacres, d’exécutions sommaires et de pillages à grande échelle,  restent impunis. Les exactions des forces russes du groupe Wagner et de leurs alliés centrafricains, souvent qualifiées de génocidaires par des observateurs indépendants, échappent à toute enquête. Cette justice à géométrie variable n’est pas un hasard : elle cherche à détourner l’attention des abus du régime et de ses protecteurs russes.

 

Un kidnapping, pas une extradition

 

L’arrestation d’Armel Sayo au Cameroun est un scandale international. Aucun mandat d’arrêt international n’a été rendu public, et aucune procédure légale d’extradition n’a été suivie. Armel Ningatoloum Sayo  a été enlevé, purement et simplement, puis livré à Bangui dans une opération obscure. Le régime centrafricain, conscient de l’illégalité de cette manœuvre, tente de la faire passer pour une extradition légitime afin de berner la communauté internationale. Ce mensonge éhonté ne convainc personne : il s’agit d’un acte de piraterie d’État, instrumenté avec la complicité active du Cameroun.

 

Le Cameroun, un pion servile de Wagner

 

Le rôle du Cameroun dans cette affaire entache gravement son image. En livrant Armel Ningatoloum Sayo  sans la moindre base légale, Yaoundé s’est transformé en vassal du régime de Bangui et, par extension, de Wagner. Cette complicité s’inscrit dans une série d’extraditions secrètes et d’opérations douteuses menées depuis des années par le Cameroun, souvent motivées par la corruption. Les autorités camerounaises, connues pour leur avidité, semblent avoir cédé aux pots-de-vin russes. Quelques millions de francs CFA suffisent apparemment à acheter la souveraineté d’un État et à faire du Cameroun un pion docile d’une puissance étrangère. Cette soumission est d’autant plus choquante que le Cameroun, autrefois respecté dans la région, se contente désormais de jouer les seconds rôles dans une tragédie organisée par Moscou.

 

Wagner et la Russie : les véritables maîtres de Bangui

 

Le régime centrafricain, sous l’emprise du groupe Wagner, a perdu toute souveraineté. Depuis l’arrivée des Mercenaires russes en 2018, le pays est devenu un terrain d’expérimentation pour la prédation et la répression. Wagner contrôle non seulement les ressources minières, mais aussi l’appareil sécuritaire et judiciaire, transformant la justice en arme contre les opposants. Armel Sayo, en tant que leader d’une rébellion contestant ce régime illégitime, est une cible parfaite pour une opération de propagande visant à faire croire que Bangui « combat le terrorisme ». En réalité, cette chasse à l’homme sert les intérêts de Wagner, qui cherche à renforcer son emprise sur le pays en éliminant toute voix dissidente.

 

Une diversion pour cacher un génocide

 

Les accusations contre Armel Ningatoloum Sayo  sont d’autant plus absurdes lorsqu’on les compare aux crimes du régime et de ses alliés. Les mercenaires de Wagner et les FACA sont impliqués dans des atrocités bien plus graves : massacres de civils, viols systématiques, destructions de villages entiers. Ces actes, documentés par des organisations comme Human Rights Watch et l’ONU, s’apparentent à un génocide, mais personne à Bangui n’ose les poursuivre. En accusant Sayo de « crimes contre l’humanité » pour un affrontement ayant causé cinq morts, le régime tente de brouiller les pistes, détournant l’attention de ses propres exactions. Cette manipulation est une insulte à la mémoire des milliers de victimes centrafricaines.

 

La justice

 

L’enlèvement d’Armel Ningatoloum Sayo  n’est pas un simple incident judiciaire : il reflète un régime en décomposition, une justice corrompue et une région minée par la corruption et l’influence néfaste de Wagner. La communauté internationale doit cesser d’ignorer les agissements de Bangui et de ses complices camerounais. Il est temps d’exiger des enquêtes indépendantes sur les crimes de Wagner, de libérer Armel Sayo et de mettre fin à cette parodie de justice….

 

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L’armée centrafricaine : Une milice au service des mines chinoises ?

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L’armée centrafricaine : Une milice au service des mines chinoises ?

 

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Des soldats FACA et leur chef

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 À Gomion, les FACA protègent les mines chinoises, mais à quel prix ? Dr Paul Crescent Beninga dénonce : “C’est un business !” L’armée devient-elle une milice ?

 

Dans la localité de Gomion, à 235 km de Bangui, les éléments de Forces armées centrafricaines (FACA) sécurisent et patrouillent autour des sites miniers de la société IMC, une entreprise de droit centrafricain mais sous contrôle chinois. Ce déploiement, présenté comme une mission de sécurisation, cache une réalité dégoutante. Sur la radio Ndéké-Luka, dans l’émission politique Patara, Dr Paul Crescent Beninga, porte-parole du groupe de travail de la société civile, a lancé une accusation cinglante : “Le déploiement des FACA, c’est tout un business !”. Mais Gomion n’est que la partie visible d’un phénomène national : partout où les Chinois exploitent des mines, des FACA sont déployées, souvent au détriment des populations et de la souveraineté centrafricaine.

 

De Bania à Beloko, en passant par Ziki (255 km de Bangui), ou Bambari, le schéma se répète. Dans la province de Lobaye, les FACA protègent des coopératives minières, parfois avec violence. Un incident par exemple, à Bania, près de Nola, , a vu des soldats agresser deux jeunes, l’un tombant dans le coma, à cause seulement des graviers. À Beloko, à plus de 600 km de Bangui, les douanes accusent régulièrement les FACA de faciliter la dissimulation de produits miniers par les Chinois, permettant leur sortie illégale du territoire. “Les soldats protègent les mines, pas le peuple”, confie un douanier sous anonymat. Ce ne sont pas des exceptions : de Nana-Mambéré à la Lobaye en passant par la Ouaka ou l’Ouham-Pendé, les FACA semblent transformées en milice au service d’intérêts étrangers, loin de leur mission républicaine.

 

Ces déploiements s’accompagnent de violences. À Gomion, “il ne se passe pas une semaine sans crépitements d’armes”, rapporte Beninga, décrivant une population sous tension. À Ziki, des vidéos virales ont montré des soldats fouettant des femmes enceintes, causant la perte d’un jumeau. À Ouanda-Djallé, ils tirent en l’air pour réclamer cinq mois d’arriérés de primes globales d’alimentation (PGA). Ces bavures, loin d’être exceptionnelles, trahissent une armée minée par l’indiscipline, l’abandon, et une gestion clientéliste. Beninga dénonce : “Vous avez désinstitutionnalisé la gestion de l’armée !”. À Bangui, des officiers supérieurs, qualifiés de “grands commerçants”, prospèrent en livrant des équipements surfacturés, pendant que les soldats, en tongs à l’hôpital communautaire, incarnent un délabrement institutionnel.

 

La crise des PGA alimente ce chaos. Selon des vérifications, ces primes, vitales pour nourrir les troupes, sont suspendues depuis plus de six ans. Pourtant, des rumeurs entretenues accusent l’état-major de détournement, masquant une vérité plus crue : les PGA ne sont plus versées. À Birao, les arriérés atteignent plus de quatre mois. À Ouadda-Maïkaga, Yalinga, Nana-Mambéré, Kouango, Ndim, Paoua, et Obo, ils culminent à 24 mois. Sans ressources, les soldats rackettent les civils pour survivre, transformant leur mission de protection en prédation. “Ils n’ont pas à manger, ils ont des armes à la main, ils posent des actes de violence”, explique Beninga.

 

Ce désespoir pousse à des désertions massives. Dans la Vakaga, une trentaine de soldats ont fui Birao, Tiringoulou, Sikikédé, et Gordil, bravant une attaque mortelle à Gonda pour rejoindre Bangui. À Ouadda-Maïkaga, treize déserteurs ont quitté leurs postes depuis avril 2025. À Yalinga, une désertion massive a vidé la ville en février 2025. “On nous laisse crever de faim”, confie un déserteur, reflétant un abandon généralisé. Ces départs exposent les populations aux groupes armés comme la CPC, tandis que les FACA, censées sécuriser, deviennent une menace.

 

Le ministre de la Défense, Rameaux Claude Bireau, tente de minimiser : “Tout se gère normalement depuis 2021”, affirme-t-il, vantant inspections et décaissements. Mais les faits le contredisent. À Sam-Ouandja, des incidents ridiculisent ses promesses. À Zémio, les FACA ne réapparaissent qu’avec les Russes, après six ans d’absence. Les détachements, prolongés jusqu’à deux ans contre trois mois réglementaires, engendrent des dérives. “Un soldat qui fait plus de six mois épouse les habitudes du lieu”, avertit Beninga, expliquant les violences dans la Lobaye ou à Gomion.

 

Le président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro, au centre de ce système, détourne l’attention avec des annonces comme l’offre de trente véhicules aux FACA, un “effort personnel” démonté par Beninga : “C’est l’argent de l’État, sinon c’est du vol !” Pendant que les mines chinoises prospèrent, l’usine Mamika agonise, sacrifiée au profit d’une obscure “FDS Manufacture”. Les FACA, déployées à Beloko, dans la Lobaye, ou à Gomion, servent-elles le peuple ou une élite liée au pouvoir ? La dépendance aux Russes à Zémio et les accusations des douanes suggèrent une armée vendue à des intérêts étrangers, loin de sa vocation nationale.

 

L’inspection générale, vantée par Bireau, reste une façade. “Je n’ai pas de rapport mettant en cause des responsables”, esquive-t-il. Mais les Centrafricains savent : une armée qui protège les mines chinoises, brutalise à Ziki, et déserte à Birao n’est pas républicaine. C’est une institution brisée, au service d’intérêts opaques. Le peuple mérite des réponses : pourquoi les FACA servent-elles les mines au détriment des citoyens ? Pourquoi les PGA sont-elles suspendues ? Et pourquoi Touadéra laisse-t-il son armée sombrer ? La vérité ne peut être étouffée. Le peuple exigera justice….

 

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