Crise économique en Centrafrique : 70 % de la population en situation de pauvreté extrême, selon Martin Ziguélé

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
La Centrafrique s’enfonce dans une crise économique grave: 70 % de la population vit en pauvreté extrême, dénonce Martin Ziguélé, président du MLPC.
Depuis plus de 3 ans, la RCA sombre dans une crise économique et sociale d’une gravité sans précédent, avec une pauvreté endémique qui frappe 70 % de la population. Dans une interview accordée à la Fondation Jean-Jaurès, Martin Ziguélé, président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), ancien Premier ministre et porte-parole du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), a dénoncé avec force une situation alarmante, où la majorité des Centrafricains lutte pour survivre dans un pays asphyxié par une gestion opaque et une influence étrangère croissante.
Une détresse sociale généralisée
Martin Ziguélé dresse un constat accablant : « Deux Centrafricains sur cinq ont besoin d’assistance pour vivre, se couvrir, aller à l’école ou se soigner. » Citant un rapport de la Banque mondiale publié en 2024, il souligne que le taux de pauvreté a grimpé à 63 %, avec 70 % de la population vivant dans une situation jugée « grave ». Dans 80 % des foyers, les familles se contentent d’un unique repas quotidien, souvent pris en fin d’après-midi et surnommé avec une ironie amère « un coup chaos ». Cette précarité alimentaire, couplée à un accès limité à l’eau potable et aux soins, compromet la santé des enfants, leur éducation et leur avenir.
Cette détresse sociale s’inscrit dans un contexte économique caractérisé par une inflation galopante, des pénuries de carburant et une dégradation des services publics. Martin Ziguélé pointe du doigt une gouvernance défaillante qui, loin de répondre aux besoins de la population, aggrave la crise par des pratiques opaques et des priorités mal placées.
Une économie minée par l’opacité et l’influence étrangère
La crise économique centrafricaine est amplifiée par une gestion calamiteuse des ressources nationales, notamment dans les secteurs minier et pétrolier. Martin Ziguélé épingle l’influence des mercenaires russes de Wagner, qui contrôlent la mine d’or de Ndassima, générant des revenus estimés à 1,5 milliard de dollars par an, alors que le budget national de la RCA plafonne à 250 millions d’euros. Cette mainmise prive l’État de ressources vitales, tandis que l’opacité entourant ces exploitations alimente les soupçons de détournements.
Le secteur des hydrocarbures n’est pas en reste. Ziguélé dénonce la société Neptune Oil, qu’il décrit comme une « caisse à fric du régime ». Les prix des carburants, 40 % plus élevés qu’ailleurs dans la région, et une chute de 40 % des revenus fiscaux pétroliers ont provoqué des tensions avec le Fonds monétaire international (FMI). Après une revue en décembre 2024, le FMI a suspendu ses décaissements, exigeant plus de transparence. Cette suspension a plongé l’État dans une crise de trésorerie, aggravant les difficultés économiques.
Dans un pays enclavé comme la RCA, l’absence d’infrastructures industrielles amplifie ces défis. Les rares entreprises doivent financer leur propre approvisionnement en carburant, entraînant des coûts prohibitifs, des licenciements techniques et une menace croissante sur l’emploi. « Les banques qui prêtent à ces entreprises sont à bout », alerte Martin Ziguélé, soulignant l’urgence d’une réforme structurelle.
Une crise imputable à une gouvernance défaillante
Pour Martin Ziguélé, cette situation dramatique n’est pas le fruit d’événements imprévisibles, mais d’une « mauvaise gestion » orchestrée par un pouvoir qui privilégie les intérêts personnels et catégoriels. Il accuse le président Faustin-Archange Touadéra de s’éloigner des principes démocratiques, notamment à travers un projet de modification constitutionnelle visant à prolonger son mandat. Cette dérive, selon Ziguélé, menace de ramener la Centrafrique vers un « pouvoir personnel », rappelant les heures sombres de l’empire autoproclamé de Bokassa.
Face à cette situation, le BRDC a organisé une manifestation le 4 avril 2025 pour dénoncer cette dérive autoritaire. Portée par une jeunesse combative, cette mobilisation a vu des milliers de Centrafricains chanter l’hymne national à la place Boganda, proclamant leur refus de la peur. Ziguélé annonce également un « giga-meeting » le 31 mai 2025 dans un quartier populaire de Bangui, pour mobiliser la population en faveur d’élections transparentes et inclusives en décembre 2025. « Touadéra doit respecter son serment et laisser la place », insiste-t-il.
Une dépendance internationale menacée
La crise économique centrafricaine se double d’une dépendance critique à l’aide internationale, aujourd’hui menacée par des incertitudes géopolitiques. Ziguélé exprime son inquiétude face à l’impact potentiel de l’administration Trump, qui envisage de réduire le financement de la Mission des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA), pilier de la stabilité du pays. Une telle réduction risquerait de replonger la RCA dans l’instabilité, alors que 40 % de la population dépend de l’aide humanitaire pour survivre.
Dans un contexte régional troublé, marqué par des coups d’État au Niger, au Mali et au Burkina Faso, Ziguélé appelle à une mobilisation internationale pour défendre la démocratie. Il évoque le sort du président nigérien Mohamed Bazoum, retenu en résidence surveillée, et dénonce les « tragiques comédies » des juntes militaires qui s’autoproclament au pouvoir sans légitimité populaire….
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)

