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samedi, 18 mai 2024
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Quand l’Empire (Bokassa) contre-attaque

Les lunettes de Foccart… est une rubrique qui permet de plonger dans l’histoire de la Françafrique, et de remettre dans son contexte l’histoire de la décolonisation de l’Afrique.

À la faveur de la crise centrafricaine actuelle, procédant de la faillite d’un État à l’agonie, les mémoires autour de l’Empire de Bokassa se sont réactivées de manière plus ou moins confuses. Comme si l’épisode Bokassa, autant – sinon plus que l’indépendance – avait constitué un moment fondateur de l’histoire contemporaine de Centrafrique… de fait, la classe politique, qu’elle l’ait assumé ou non, est en partie sortie de ces années à l’image du général François Bozizé, ancien aide de camp de l’Empereur.

L'Histoire
L’Histoire

Dans la nuit du 31 décembre 1965, l’armée centrafricaine menée par le colonel Bokassa, chef d’état-major, procède à un putsch et renverse le président David Dacko. Ce coup de force est baptisé le « putsch de la Saint-Sylvestre ». Qui est ce militaire, présenté comme le premier officier du pays ? Enfant de troupe d’AEF et ancien FFL, Bokassa n’hésite pas à « gonfler » son CV. S’il est réellement vétéran des guerres coloniales (notamment d’Indochine) et a été promu d’adjudant-chef à capitaine dans l’armée française à la veille de son transfert pour l’armée centrafricaine naissante en 1962, il laisse en revanche entendre qu’il a débarqué en Provence en 1944 pour se donner un profil plus « gaullien ». On est en réalité loin du profil guerrier d’un Eyadéma ou d’un Oufkir. Mais comme pour cette génération, l’armée française a fonctionné comme un outil de promotion et d’acculturation, voire comme une seconde famille. Toute sa vie, il reste attaché à ce qui entoure l’armée française, à commencer par le général de Gaulle qu’il s’obstine à appeler « Papa » au grand dam de ce dernier qui n’hésitait pas à l’affubler du surnom de « soudard ».

En janvier 1966, c’est un triumvirat qui se partage le pouvoir : le président Bokassa, le colonel Banza, n° 2 du gouvernement, et Bandio, le ministre de l’Intérieur. Certes, Bokassa détient l’essentiel des leviers (président de la République et du gouvernement, ministre de la Défense et Garde des Sceaux). Mais, conscient que Banza contrôle réellement l’armée, il emploie les 3 années suivantes à l’éliminer. C’est chose faite le 10 avril 1969 : Banza est arrêté et accusé de préparer un putsch. Jugé le 11, il est exécuté le 12 avril.

En cette même année 1969, Bokassa marche à pas certains vers son intégration au sein du syndicat des chefs d’État « amis de la France ». En mars 1969, une visite officielle est organisée par Foccart à Paris pour l’introniser officiellement dans ce cercle. Pour s’assurer le soutien de l’Élysée, Bokassa entend être le meilleur représentant de la politique française en Centrafrique, bien souvent aux dépens de l’ambassadeur de France et dans une confusion des genres grandissante. À Bangui, personne, de l’ambassadeur à l’attaché militaire, ne s’illusionne sur ce président. Et malgré le soutien de Foccart, Bokassa est loin de faire l’unanimité auprès des autres membres de la famille franco-africaine. Pour prix de cette alliance, Paris accepte d’en passer par les caprices de son allié centrafricain. Foccart, parfaitement informé et lucide sur la personnalité de Bokassa, est chargé de les maintenir dans la mesure du « raisonnable ».

À l’aube des années 1970, le général-président Bokassa se sent pousser des ailes bonapartistes : il se proclame président à vie en 1972, maréchal en 1974 et empereur en 1976. Entre ces deux dernières étapes, le verrou du « raisonnable » a été franchi avec le départ de Foccart : Valéry Giscard d’Estaing, élu en 1974, s’appuie sur Bokassa plus que sur tout autre président : en guise de cadeau pour cette alliance, le sommet franco-africain de 1975 se déroule à Bangui, sur décision du président français. Les deux hommes ont besoin l’un de l’autre pour s’affirmer au sein d’une famille franco-africaine dominée depuis 1960 par le couple Houphouët-Boigny et Foccart.

En outre, Giscard a choisi de s’investir de manière plus personnelle que ses prédécesseurs dans les affaires africaines. La passion de la chasse ou le scandale des épouses ne sont que les parties médiatisées. Ce nouvel état d’esprit a été saisi par l’expression seventies de « Safari Club ». De son côté, Bokassa comprend qu’il peut obtenir beaucoup de son « cher parent », et être tenu au même niveau que les « pères des indépendances » au sein de la famille franco-africaine.

Le 4 décembre 1977, à Bangui, Jean-Bedel Bokassa, se couronne empereur lors d’un véritable pastiche napoléonien. L’Élysée mesure le grotesque des demandes de Bokassa pour son couronnement, mais l’organise (en minimisant publiquement sa contribution). Il est pourtant trop tard : un point de non-retour a été franchi. Les images du sacre donnent au grotesque de l’événement une dimension planétaire. Paris en a conscience : les présidents africains refuse de venir et la France n’est représentée que par René Journiac, le successeur de Foccart à l’Élysée, et Robert Galley, le ministre de la Coopération.

Après le sacre, les relations entre Paris et Bangui se détériorent très vite. Les sujets de discordes abondent mais, c’est bien le rapprochement avec Kadhafi (amorcé dès 1976), qui condamne pour de bon l’empereur de Centrafrique. Depuis la première guerre du Tchad (1969-1972) et tout au long de la décennie 1970, Kadhafi est pour Paris son ennemi n°1 sur le continent. La rupture s’accélère lors du sommet France-Afrique de Kigali en mai 1979 : Bokassa est accusé d’avoir réprimé dans le sang des mouvements lycéens et civils au premier trimestre 1979. Une commission d’enquête africaine s’empare du dossier tandis qu’une campagne de presse est menée contre l’empereur sanguinaire.

L’idée (qui, pour Paris, présidait au sacre) d’un empereur retiré en son palais de Bérengo écarté des affaires, tandis que ses ministres, plus raisonnables, auraient gouverné, a échoué…

Le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), qui depuis près d’un an planifie des scénarios de remplacement de Bokassa, obtient le feu vert de l’Élysée. Dans la nuit du 20 au 21 septembre 1979, alors qu’il est en visite à Tripoli, Bokassa Ier est renversé. L’opération « Caban » (CentrAfrique-BANgui) doit restaurer l’ancien président David Dacko – pris en charge depuis de longues semaines par le service Action. À charge pour lui de demander immédiatement l’application des accords de défense, c’est-à-dire l’intervention des forces françaises officielles (opération « Barracuda »).

L’opération est un succès : pas un coup de feu n’est tiré grâce au plan du SDECE. Mais le montage des deux plans officieux (« Caban »)/officiel (« Barracuda ») est immédiatement dénoncé publiquement. Mais Paris a sauvegardé sa plate-forme logistique militaire : les bases centrafricaines de Bangui et Bouar, points d’appui pour la guerre au Tchad, sont sauvées. Les Éléments français d’assistance opérationnelle (EFAO) viennent relever les hommes de « Barracuda » et s’installent en Centrafrique jusqu’en 1998. Dès 1981 le colonel Mantion est mandaté comme conseiller présidentiel pour garantir la stabilité du régime : il reste à Bangui jusqu’en 1993. Les camps de Bangui et Bouar ne seront dissous qu’en 1998 au nom de la nouvelle politique africaine de la France.

Les diamants de Giscard ont constitué l’épilogue du coup d’État de 1979 : l’empereur déchu décide de consacrer son énergie à faire chuter son « cher parent » dans la perspective des élections de 1981… Mais ceci est une autre histoire, venue se surimposer à celle de l’Empire centrafricain pour la couvrir quasi-totalement de son voile « franco-français », si loin de l’histoire des Centrafricains.

 

Par Jean-Pierre Bat

 

 

APPEL DU COLLECTIF DES RESSORTISSANTS ET SYMPATHISANTS DE FATIMA

Le samedi 21 Juin 2014 s’est tenue à Paris une réunion des ressortissants et des personnes ayant des liens (sportifs, familiaux, pédagogiques, socioculturels et économiques) avec la localité de Fatima (BANGUI). Le but de cette rencontre était de condamner énergiquement les massacres successifs perpétrés sur des paisibles citoyens et dont les réponses judiciaires tant prônées tardent à voir le jour mais aussi faire appel par devoir à la solidarité de ses multiples ressortissants de Fatima pour l’ aider à faire face aux besoins de premières nécessités.

Une collecte de fonds est mise en place à très court terme pour réaliser 3 projets précis:
a) L’édification d’un mémorial pour toutes les victimes des exactions barbares à Fatima (opérations MISAB de 1997 et SELEKA du 28 mai 2014) pour marquer à jamais ces évènements dans la conscience collective et dire ” PLUS JAMAIS CA ”
b) A l’exemple du Rwanda, mandater des avocats internationaux pour saisir les juridictions de compétences universelles en vue de traquer, juger et punir ces assassins si aucune réponse judiciaire concrète n’est donnée par nos tribunaux.
c) La priorité des priorités sera d’apporter une aide urgente à nos parents qui croupissent dans la misère et l’effroi dans l’enceinte de l’église. Pour ce faire, le montant collecté sera transmis en totalité et en toute transparence aux prêtres de Fatima aux fins de gestion.

La diaspora de toutes les villes françaises est mise à contribution ainsi que celle des autres villes Européennes, Américaines, Canadiennes et Africaines. La date butoire des collectes est fixée à la fin du mois de Juillet et le début d’exécution des travaux pour le mois d’Août.

Liste des contacts :
Région Parisienne
Molouba J.Paul: 06 99 06 80 01
Bongolo Thierry: 06 05 52 14 02
Kombo jd dieu:
Mokobo Jean Paul:07 51 51 09 72

Région Lyonnaise
Mamadou Samuel Fabilé:
N’goa Euloge:

Région Bordelaise
Dimanche J.Martial:06 68 84 09 21

Région Toulousaine
Kanzi Léopold Satan:
Modhy Nicolas:
Diouf Pierrot Pilipili:

Région Orléanaise
Lakwéténé Liston:
Makanda:
Matongo Dupeu:

TROYES
Débana Michel:

EVREUX
Mamoadé:

Les ressortissants des autres villes (Lille, Amiens, Saint Etienne, Poitiers, Tours, Nîmes, Nantes) sont priés de nous communiquer les cordonnées d’un correspondant. Nous restons ouverts à toutes propositions constructives et comptons sur votre fibre patriotique.

NB : le montant de la contribution est fixé à 20 euros par personne, un livre d’or sera tenu à la paroisse Notre Dame de Fatima et portera les noms des contributeurs à cette action. Les contacts avec les autorités locales et les représentants paroissiaux sont en cours pour la réussite de cette action.
Merci d’avance
Le comité de suivi

Renforcement rôles des diasporas et la gestion des crises Afrique. LE CAS DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

9H à 17H00- PARIS, le 11 juillet 2014

THEME 1 Rôles et apports des diasporas en prévention et gestion des conflits

Quels rôles jouent, quels rôles veulent jouer, quels rôles peuvent jouer les
diasporas dans la prévention et la gestion des conflits dans les pays d’origine ?
Les différentes actions menées par les diasporas (actions humanitaires, soutien
économique des familles, sensibilisation des médias, des partenaires
internationaux, lobbying etc.) ont-elles un impact ? Quels sont les freins, les leviers
pour une action efficace des diasporas ?

THEME 2 Perceptions et attentes des pays d’origine

Que pensent les pays d’origine des actions de leurs diasporas ?
Quelle reconnaissance ? Quels besoins exprimés ?
Comment poser les bases d’une collaboration responsable et mieux structurée ?

THEME 3 Rôle des organisations africaines et internationales

Quels sont les regards de ces organisations sur le rôle des diasporas ? Quels
mécanismes pour favoriser la prise en compte des apports diasporiques dans la
prévention et la gestion des conflits ainsi que le maintien de la paix en Afrique ?

THEME 4 Atelier spécifique : la diaspora comme un levier pour la paix en République Centrafricaine

Le conflit que connait actuellement la République Centrafricaine peine à trouver
un schéma stable pour le retour à une paix durable. Le dialogue semble difficile et
ce, malgré la volonté des autorités de transition et le soutien des partenaires
internationaux. La RCA a un besoin urgent de réconcilier ses populations,
d’arrêter les violences, de retrouver la paix et d’engager son processus de
développement. En quoi la diaspora peut-elle être un élément de solution ?

Informations et inscriptions
Mail : iigcafrique@gmail.com
Tél : 06 32 35 69 70

 

Télécharger la plaquette ici: Séminaire des experts 2e édition

Rapport: la République Centrafricaine et les armes légères

Le document souligne combien les conflits sont étroitement liés et combien les progrès dans un pays peuvent nuire à ceux d’un autre, s’y l’on n’y prend garde

 

Une partie de la synthèse du Rapport
Entre 1997 et 2006, la République Centrafricaine a accueilli quatre opérations internationales de maintien de la paix et a été témoin, dans les Etats voisins de conflits souvent médiatisés. Or, la bibliographie disponible sur ce pays est relativement limitée. Cette étude ne s’intéresse ps uniquement à cette nation agités et enclavée. Elle remet en question de nombreuses hypothèses largement répendues à propos de la Réforme du secteur de la sécurité (RSS) qui ont des implications u niveau continental et mondial. Cette recherche apporte également un meilleur éclairage du contexte dans le but de mieux comprendre les menaces permanentes pour la paix et la sécurité dans l’ensemble de la région. Elle souligne combien les conflits sont étroitement liés et combien les progrès dans un pays peuvent nuire à ceux d’un autre, s’y l’on n’y prend garde.
arme legere
Quelques notes à propos du document
« La République centrafricaine et les armes légères est le rapport le plus complet et le mieux documenté qui traite du volume, des origines et de la distribution des armes légères dans un Etat africain. Mais, il n’aborde pas uniquement la question des armes légères, il va bien au-delà. En effet, il décrit également les bouleversements politiques compliqués qui ont fait de la RCA une poudrière régionale. Il n’existe pas de meilleure source pour les personnes désireuses de replacer la crise actuelle dans son contexte ». Cette déclaration est du Dr. René Lemarchand, Professeur émérite et auteur de The Dynamics of Violence in Central Africa !
couverture arme legere
« La République centrafricaine, qui est entourée de parties en guerre au Soudan, au Tchad et en République démocratique du Congo, connaît à la fois l’engagement de la communauté internationale en faveur du désarmement et la tendance qu’ont les conflits africains à s’étendre aux pays voisins. La République centrafricaine et les armes légères révèle les secrets de l’effondrement de la capacité d’un Etat qui est peu connu, mais qui occupe pourtant une place capitale au cœur de l’Afrique. Ce livre présente également un nouvel aperçu des options qui s’offrent aux décideurs politiques ainsi qu’aux organisations intéressées afin de promouvoir la paix dans les situations complexes. » Note le Pr. William Reno du département des sciences politiques de l’université de Northwestern.
arme legere en rca
A propos des deux auteurs
Eric G. Berman est le Directeur général du Small Arms Survey. Il a initié cette étude en qualité de Consultant pour le surveyalors qu’il était expert invité à l’Université Brown à Providence, Rhode Island. Entre autres casquettes, il a été responsable des affaires politiques pour la commission internationale d’enquête des Nations unies (Rwanda). Quant à Louisa N. Lombard, elle est étudiante à l’Université Duke, où elle poursuit un doctorat en anthropologie culturelle. Ses recherches se concentrent sur les conflits et la gouvernance en République centrafricaine, plus particulièrement dans la région englobant la République Centrafricaine, le Tchad et le Soudan. Elle parle anglais, français, norvégien, arable (conversation courante) et Sangho (rudiments).
journaldebangui.com

Centrafrique: La ministre centrafricaine du commerce menace de sévir contre la spéculation sur le sucre

                   La flambée des prix de produits de première nécessité sur les marché centrafricains était ce vendredi au centre d’une séance de travail réunissant la ministre du commerce Gertrude Zouta, les exportateurs et grossistes centrafricains et les représentants des consommateurs.

Cette séance de travail qui s’inscrit dans le cadre du dialogue avec les opérateurs économiques en vue d’identifier des problèmes et les résoudre ensemble, fait suite à la flambée des prix constatée ces derniers jours dans les commerces.

« Il est du devoir de la ministre du commerce que je suis de rencontrer les opérateurs économiques qui sont les importateurs et les distributeurs de produits », a expliqué, à APA la ministre du commerce.

Elle a indiqué que “certains importateurs justifient la hausse des prix par la rareté des camions, à cause du conflit, ce qui n’est pas vrai“, a-t-elle rétorqué, ajoutant : « Si ceux-là ne reviennent pas à la raison, s’ils n’appliquent pas les prix qu’il faut sur le marché, eh bien la loi sera appliquée dans toute sa rigueur ».

De son côté, le directeur général de la Sucrerie Centrafricaine (SUCAF), M. Thomas Reynaud, qui participait à cette réunion, a dénoncé la rumeur sur une augmentation des prix du sucre, s’élevant contre le fait que le kilo de sucre que son entreprise vend à 700 fcfa, se retrouve sur le marché à 1500 fcfa.

Appuyant la décision de la ministre du commerce d’agir au besoin par la force pour faire appliquer les prix homologués, M. Reynaud a fait remarquer qu’avec les ristournes de 5% accordé ces deux mois, en plus des prix homologués depuis 2010, la SUCAF vend le sac de sucre de 50 kilo à 35 338 F cfa soit 700 fcfa le kilo.

Par: APANews

MOURMELON-LE-GRAND: 150 militaires s’envolent pour la Centrafrique

 

C’est à 4 heures le jeudi 3 juillet que  la 1re compagnie du 501e régiment de chars de combat de Mourmelon-le-Grand (Marne) a embarqué  dans les bus direction aéroport de Paris.

Voilà neuf mois que les hommes attendaient ce moment, neuf mois qu’ils n’ont finalement pas vu passer puisqu’ils ont suivi une préparation opérationnelle intensive. Les bérets noirs du 501 sont prêts pour leur mission en République Centrafrique. Pour le soldat 1re classe Quentin, 21 ans, « c’est la première opération extérieure. Comme nous avons été bien préparés, je pars avec l’esprit serein ».

C’est également une grande première pour Sofiane, maréchal des logis, 24 ans, « cela fait 2 ans ½ que je suis à la 1er compagnie du 501e régiment de chars de combat et c’est ma première projection parce que lorsque mon unité est partie en Guadeloupe en 2012, je passais mon diplôme à Saumur pour être « chef de char ». Et d’ajouter : « la préparation a été dense avec beaucoup de séquences de deux semaines sur les différents camps de Champagne et dans la forêt d’Argonne, et des amphithéâtres pour nous renseigner sur la situation en République Centrafrique. On s’est entrainé sur différents véhicules et différents armements pour rester polyvalents ».

Les tankistes sont entourés de militaires plus aguerris par les opérations à l’étranger comme Franck, maréchal des logis chef ,37 ans, qui en est à sa dixième mission extérieure. « Mais c’est toujours le même ressenti qu’au premier départ. Outre la préparation opérationnelle, on se doit de préparer femme et enfants à notre absence. Mais ils savent que le régiment met en place tout un suivi des familles, ils sont bien informés et encadrés ».

Les 150 militaires de la 1ère compagnie du 501e régiment de chars de combat sont désormais sur le territoire africain pour une mission de quatre mois.

Par L’union-L’Ardennais

Centrafrique : 11 civils tués en trois jours, un conflit oublié ?

Publié par: corbeaunews

 

Dans trois mois, les Casques bleus devraient se déployer en Centrafrique où le conflit ouvert entre les milices chrétiennes anti-balaka et les combattants de l’ancienne rébellion Séléka se poursuit presque dans l’indifférence médiatique alors qu’il y a encore six mois, la Centrafrique alimentait inlassablement la une des médias internationaux. Les dernières semaines ont été rudes. Rien que les trois derniers jours, 11 civils ont perdu la vie. Huit personnes en tout ont été tuées entre lundi et mercredi à Batangafo (nord-ouest) et plusieurs ont été blessées par des éléments armés identifiés par les habitants comme étant des ex-Séléka basés dans la région. Plusieurs localités situées dans le nord-ouest (Batangafo, Kabo, Bouca, Markounda, Bossangoa, Nanga Boguila, Nana Bakassa) du pays reste la cible d’attaques récurrentes et d’affrontements entre les milices chrétiennes anti-balaka fidèle au président déchu François Bozizé et des combattants l’ex-rébellion de la Séléka qui avait porté au pouvoir l’ancien président de la transition Michel Djotodia.

Selon la force africaine sur place (MISCA), trois autres personnes ont été tuées et une blessée cette fois dans le centre du pays lors d’une attaque d’ex-Séléka contre le village de Ngakobo, situé près de Bambari. Le bilan humain de ces dernières semaines fait état de plusieurs dizaines de morts et des déplacements massifs de la population notamment vers la capitale Bangui sécurisée avec difficulté par les forces internationales. La situation est telle que la colère gronde parmi les habitants qui dénoncent l’inertie de ces mêmes forces internationales sur le terrain, la force africaine (MISCA) Sangaris, (forces française) et l’Eufor-RCA (force européenne. Les différentes contingents de la MISCA sont pointés du doigt. Les soldats congolais et camerounais se voient reprochés leur passivité. Avant eux, les soldats burundais et surtout tchadiens, avant que ces derniers ne quittent les rangs de la MISCA, étaient sans cesse pris à partie par la population, les accusant de défendre tour à tout le camp musulman ou chrétien. S’agissant de la présence française, celle-ci suscite la controverse. Faible effectif, en conséquence son action s’est avérée de facto plutôt inefficace.

Impossible réconciliation nationale

 

Quand aux anti-balakas et aux ex-Séléka, ces derniers se rejettent mutuellement la responsabilité des violences commises dans le nord-ouest et le centre du pays. Les anciens rebelles Séléka ont fui la capitale Bangui à cause des représailles de la part des milices anti-balaka, ils ont fini par se retrancher dans le nord de la Centrafrique, livrés à eux-même et menant des attaques meurtrières contre la population. Pour beaucoup d’observateurs, les risques de partition du pays sont réels avec les Séléka au nord et les anti-balaka au sud. Depuis plusieurs semaines, l’ex-Séléka tente de se structurer sur le plan politique et militaire. Ce qui laissait même présager des discussions possibles avec les autorités de la transition dans le cadre d’une réconciliation nationale. Un accord avec les milices anti-balaka était même envisagé. Mais face à l’ampleur des exactions et des attaques commises, les cadres de l’ex-Séléka sont plus que jamais discrédités, jugés impuissants et incapables surtout de tenir leur base. Par ailleurs, plusieurs caciques de l’ancienne rébellion sont sous le coup de sanctions internationales, c’est le cas du charismatique Noureddine Adam, l’ex-numéro un de la Séléka.

 

A Bangui, les autorités de la transition sont également de plus en plus contestés, au point même qu’une partie de la population réclame le départ de la présidente de la transition Catherine Samba-Panza. Ses promesses de réconcilier tous les centrafricains et de rétablir la sécurité sont restés vains sans surprise en réalité en l’absence d’une armée régulière structurée. L’ambition de réformer l’armée centrafricaine reste pour l’instant irréalisable faute de moyens financiers certes mais également de volonté politique tant le pays est divisé. La transition reste impatiemment dans l’attente du déploiement des Casques bleus à partir de septembre. 12.000 soldats onusiens devraient renforcer la présence des 5.000 soldats de la MISCA et des 2.000 militaires français. Depuis le début des violences intercommunautaires en décembre 2013, la Centrafrique, qui compte près de 5 millions d’habitants, déplore plusieurs milliers de morts et plusieurs centaines de milliers de déplacés.

Véronique Mansour dans Afrique Inside

Centrafrique: Catherine Samba Panza explique les piliers du processus politique de sortie de crise en Centrafrique

       Le dialogue politique au sommet, la réconciliation nationale à la base et la justice, sont les trois piliers fondamentaux du processus politique de sortie de crise en Centrafrique, a déclaré vendredi la présidente de transition, Catherine Samba Panza, dans un message à la nation.

S’exprimant à son retour de Malabo où elle a pris part au dernier sommet de l’Union africaine, elle a dit avoir établi la justice comme troisième pilier de cette vision pour que « l’impunité, l’une des causes profondes de la récurrence de la crise, ne prospère plus ».

Pour Catherine Samba Panza qui faisait également le bilan de son gouvernement après cinq mois d’exercice, « l’une des conditions indispensable de la paix des cœurs et des esprits réside dans la poursuite pénale des bourreaux et le dédommagement des préjudices subis par leurs victimes ».

« Je me suis engagée devant mes pairs de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale) à veiller personnellement à ce que tout en étant inclusif, le processus du dialogue politique ne soit pas une prime à la violence et à l’impunité» a-t-elle mis en garde.

Quant aux questions liées à l’opérationnalisation des forces armées centrafricaines (FACA), Mme Samba Panza a indiqué qu’avant la fin de la transition il est fondamentale de jeter les bases d’une armée républicaine au service de la reconstruction et du pays.

« Des réflexions sont menées sur le futur format de notre armée et elle doit être une armée au service du développement», a-t-elle dit.

En ce qui concerne le nouveau gouvernement annoncé et qui tarde à être publié, elle a expliqué qu’elle a été amenée à surseoir à sa formation en raison de « l’importance que j’accorde à la tenue de ce dialogue. Le gouvernement actuel poursuivra sa mission jusqu’à la fin du dialogue de Brazzaville. Je tiendrais ensuite compte des nouvelles donnes issues de Brazzaville pour configurer un nouveau gouvernement impliquant toutes les sensibilités du pays ».

« Les critiques faciles ne me détourneront point des objectifs que j’ai fixés pour mon pays au cours de cette transition » a-t-elle rassuré.

Elle a poursuivi en faisant remarquer que l’histoire de la République centrafricaine est un éternel recommencement parce que plusieurs dialogues ont été tenus mais « l’histoire de notre pays est là pour attester que ce sont toujours les mêmes qui vont et qui reviennent dans les mouvements de rébellion avec comme seul programme politique la satisfaction de leurs intérêts personnels ».

« La population centrafricaine a le droit de savoir ce qui se passe réellement pour ne pas se laisser abuser par les interprétations les plus tendancieuses. Entant que chef de l’état il est de mon devoir de partager avec vous la bonne compréhension de l’évènement et l’évolution de la transition que je dirige », a-t-elle dit.

 Par: APANews

ALLOCUTION DE Mme SAMBA PANZA, PRESIDENTE DE TRANSITION DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
Unité – Dignité – Travail
——–

ADRESSE DE MADAME LA PRÉSIDENTE DE LA RÉPUBLIQUE,
CHEF DE L’ÉTAT DE LA TRANSITION A LA NATION
Juillet 2014

Centrafricaines, Centrafricains,
Chers compatriotes,

Je reviens à nouveau vers vous dans les circonstances actuelles où la situation de notre pays est au cœur de diverses préoccupations. La population centrafricaine a le droit de savoir ce qui se passe réellement pour ne pas se laisser abuser par les interprétations les plus tendancieuses. En tant que Chef de l’Etat, il est de mon devoir de partager avec vous la bonne compréhension des événements et l’évolution de la transition que je dirige.

Comme vous le savez, notre pays est suspendu de l’Union Africaine qui tenait son 23ème sommet à Malabo, en Guinée Equatoriale. Le Président en exercice de la CEEAC, le Président Idriss DEBY ITNO du Tchad a bien voulu convoquer, en marge de ce sommet, une concertation spéciale sur la situation en République Centrafricaine. J’ai été officiellement conviée à cette concertation. Il était question, au cours de cette concertation, de faire une évaluation de la situation de notre pays cinq mois après ma prise de fonction et d’envisager un recadrage de la Transition au regard des difficultés rencontrées.

Chers compatriotes,
Malgré les nombreuses avancées dans la gouvernance de notre pays depuis le 20 janvier 2014 qui ont abouti à l’accalmie que nous observons à Bangui depuis plusieurs semaines, certains compatriotes pensent que la Transition actuelle nécessite un recadrage immédiat, par une remise à plat des institutions et de la Charte Constitutionnelle de Transition.
Percevant les dangers qu’une telle perspective comporte pour notre pays qui est encore dans un état fragile, je me suis employée à démontrer à mes pairs de la CEEAC toutes les avancées auxquelles nous sommes arrivés au bout de cinq mois d’exercice du pouvoir aussi bien dans les domaines de la sécurité, de la consolidation de la paix, de l’assistance humanitaire, de la relance des activités économiques que dans le domaine politique et de la gouvernance.
Il m’a paru d’une grande importance de mettre l’accent sur ce qui a été fait sur le volet politique et de la gouvernance puisque l’argument ouvrant la voie aux critiques de la transition actuelle tourne autour de l’organisation d’un dialogue inter-Centrafricain et la reprise en mains de ce dialogue par la CEEAC et la Communauté Internationale.
Sur ce point, j’ai dû rappeler que l’histoire politique de la République Centrafricaine est un éternel recommencement. Plusieurs tentatives et divers modes de résolutions des conflits centrafricains ont été menées. Des cadres de concertation participatifs et inclusifs ont été adoptés, regroupant un large échantillon des acteurs politiques, militaires et sociaux du pays.

Au regard de la récurrence des crises en République centrafricaine, il y a lieu de faire le constat de la pertinence limitée de ces modes de traitement des conflits centrafricains.
Tirant les leçons des échecs de ces différentes initiatives, j’ai formulé dès le départ la vision du processus politique de sortie de la crise actuelle axé sur trois piliers: le dialogue politique au sommet, la réconciliation nationale à la base et la justice au milieu. Les précédents processus avaient toujours privilégié les acteurs politico-militaires au détriment des victimes innocentes de ces crises. Ma conviction est que nos populations qui ont payé le prix le plus fort de ces crises ne doivent plus être prises en otages par les groupes armés.

Chers compatriotes,
Cette vision n’est plus seulement la mienne. De nombreux Centrafricains la partagent. Pour beaucoup il ne sert à rien d’aller à un forum où les gens ne vont pas se dire la vérité, ne vont pas avouer leurs fautes et se repentir, ne vont pas s’engager sincèrement à abandonner les armes pour privilégier le dialogue comme seul mode de règlement de nos conflits, ne vont pas changer résolument leur mentalité de division, de discrimination et de prédation des richesses de notre pays mais vont plutôt mettre au cœur des discussions leurs intérêts personnels et ceux des puissances occultes qui les financent et les manipulent. L’histoire de notre pays est là pour attester que ce sont toujours les mêmes qui vont et qui reviennent dans les mouvements de rébellion avec comme seul programme politique la satisfaction de leurs intérêts personnels.

Vous comprendrez alors pourquoi j’ai fermement établi la justice comme le troisième pilier du processus de dialogue politique pour que l’impunité – qui est aussi l’une des causes profondes de la récurrence de la crise dans notre pays – ne prospère plus. Je suis en effet convaincue que l’une des conditions indispensables de la paix des cœurs et des esprits dans notre pays réside dans la poursuite pénale des bourreaux et le dédommagement des préjudices subis par leurs victimes. Il ne peut en être autrement. Je me suis engagée devant mes pairs de la CEEAC à veiller personnellement à ce que tout en étant inclusif, le processus de dialogue politique ne soit pas une prime à la violence et à l’impunité.
La Communauté Internationale qui nous accompagne dans la résolution de notre crise a d’ailleurs pris une option très claire dans ce sens. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a pris des résolutions dans ce sens, des sanctions ont été prononcées et la Cour Pénale Internationale elle-même est désormais à pied d’œuvre pour lancer des poursuites.
Le schéma du dialogue politique que j’ai conçu et qui articule reconstruction préalable de la cohésion sociale à la base, dialogue politique permanent, justice et réconciliation est bel et bien enclenché depuis, contrairement à ce qui est affirmé par certains compatriotes de mauvaise foi. Pour preuves :
– plusieurs initiatives soutenues par la Présidence et le Gouvernement ont visé à favoriser le désarmement des cœurs et des esprits, le vivre-ensemble, la cohabitation inter-religieuse et inter-communautaire ;
– une stratégie de réconciliation nationale a été élaborée avec l’appui du
Système des Nations Unies qui attend d’être validée par les parties prenantes ;
– la concertation avec les Forces Vives de la Nation a été amorcée puisque que j’ai reçu en audiences les partis politiques (Opposition Démocratique, Ancienne Majorité Présidentielle, Autres Partis, Personnalités Politiques individuelles ou collectives), les organisations des femmes et de la jeunesse, la plateforme religieuse, le patronat, les syndicats, les organisations de la société civile. Des échanges avec ces Forces de la Nation, j’ai tiré des pistes de solutions aux grands défis auxquels fait face notre pays.
– un atelier préparatoire au dialogue national a été organisé du 10 au 12 juin dernier avec l’appui technique du Centre pour le Dialogue Humanitaire basé en Suisse.
– le cadre de concertation prévu par le Code électoral a été mis en place au sein de l’Autorité Nationale des Elections.
Toutes ces actions démontrent à suffisance ma volonté et celle de mon gouvernement d’œuvrer pour des solutions durables aux difficultés du vivre ensemble qui minent la cohésion sociale. Elles établissent surtout de manière irréfutable que les bases du travail dans le domaine du dialogue politique et de la réconciliation nationale qui figurent dans la feuille de route du gouvernement ont effectivement été posées.

Chers compatriotes,
Je l’ai dit et répété, je n’ai pas un agenda politique caché. Etant au-dessus des clivages politiques, mon mandat est une grande opportunité pour notre pays de sortir honorablement des crises récurrentes en jetant les bases d’une nouvelle société centrafricaine.
Il s’ensuit que mes actions ne sont prétendument pas visibles simplement parce que ce sont des actions de refondation Ce sont ces actions que la majorité de la population de notre pays attend dans le silence. Ce sont ces attentes de la majorité silencieuse que je prends à mon compte et que je cherche à traduire dans la réalité de tous les jours en tant que Chef de l’Etat. L’infime minorité de la population qui a pris des armes ou a des ambitions politiques démesurées ne doit pas imposer sa loi à la majorité.
La concertation de Malabo a sans équivoque été favorable à un dialogue qui se fasse avec les Centrafricains de tous bords. Bien qu’étant en grande difficulté, il nous revient la fierté de trouver les solutions aux problèmes que nous avons générés, tout en appréciant la solidarité internationale agissante.

C’est dans cette perspective que j’ai donné mon assentiment au forum de Brazzaville tout en demandant que ce processus soit combiné aux efforts déjà entrepris au plan national afin que l’implication des Autorités de la Transition dans les préparatifs de ce forum permette d’éviter les erreurs du passé. Je me réjouis d’avoir été confortée dans cette option par les Chefs d’Etat de la CEEAC qui ont intégré au plan d’actions de sortie de crise nos observations sur certains points sensibles, notamment en ce qui concerne l’impunité, les procédures de révision de la charte constitutionnelle de Transition et la recomposition du Conseil National de Transition.

C’est la preuve tangible de ma volonté de réunir tous les Centrafricains autour de la table mais sans passer sur les crimes dont certains se sont rendus coupables devant notre Nation.
L’importance que j’accorde à la tenue de ce dialogue prévisible depuis quelques semaines m’a amené à surseoir au réaménagement du gouvernement que j’avais annoncé. Le gouvernement actuel poursuivra sa mission jusqu’à la fin du forum de Brazzaville. Je tiendrai ensuite compte des nouvelles donnes issues de Brazzaville pour configurer un nouveau gouvernement impliquant toutes les sensibilités géographiques, politiques, religieuses et sociales du pays.

Chers compatriotes,
Les critiques faciles ne me détourneront point des objectifs que j’ai fixés pour mon pays au cours de cette Transition. Je mettrai tout en œuvre pour conduire la Transition à son terme. Je ne ménagerai aucun effort pour que la réconciliation à la base se fasse, qu’un dialogue franc et sincère soit organisé, que la paix revienne définitivement et que notre pays s’engage résolument sur la voie de la paix et de la sécurité.

Suite à l’attaque de l’Eglise de Fatima ayant fait de nombreuses victimes, plusieurs d’entre vous ont réclamé, par des marches et manifestations populaires la réhabilitation et le réarmement des FACA ainsi que le désarment immédiat des 3ème et 5ème arrondissements de Bangui. C’est l’occasion ici d’apprécier à leur juste valeur les positions des uns et des autres sur ces questions, souvent instrumentalisées à des fins politiques.
Le problème de nos forces de défense et de sécurité, notamment des FACA doit être abordé avec sérieux, objectivité et réalisme. La population doit disposer pour cela de bonnes informations et se faire par elle-même une opinion.

Sachez que la République Centrafricaine est frappée par les dispositions de l’article 54 de la résolution 2127 du conseil de sécurité du 5 décembre fixant un embargo total sur notre pays.
Cet embargo total s’applique entre autres, je cite : “à la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects à la République Centrafricaine d’armements et de matériels connexes de tous types, y compris les armes et les munitions, les véhicules et les matériels militaires , les équipements paramilitaires et les pièces détachées correspondantes, ainsi que toute assistante technique ou formation, et toute aide financière ou autre en rapport avec les arts militaires ou la fourniture, l’entretien ou l’utilisation de tous armements et matériels connexes, y compris la mise à disposition de mercenaires armés…” .

Mais le Conseil de sécurité dans sa sagesse a prévu un régime dérogatoire et un comité de sanction. Le Comité de sanction se réunira le 5 juillet 2014 et nous avons fort espoir que les mesures d’allègement de cet embargo se poursuivront.
C’est grâce à cette dérogation que nous avons obtenu en priorité le rééquipement progressif de nos policiers et gendarmes, car le véritable défi sécuritaire auquel se trouve confronté le gouvernement est celui du grand banditisme opéré par les milices armées qui font des braquages, érigent des barrières pour racketter les populations et commettent des crimes sur les innocents.

Maillon essentiel de la chaîne judiciaire, nous avons voulu une reprise rapide des activités de la police et de la gendarmerie afin de donner la force nécessaire à la justice de notre pays et lutter contre ce phénomène de grandes criminalités.

Mes chers compatriotes,
Dès ma prise de fonction, j’ai constaté un déséquilibre dans la représentativité nationale de notre armée. Il est très vite apparu que le recrutement de nos militaires n’a pas souvent été opéré sur des bases professionnelles. De nombreux officiers, sous-officiers et hommes de rang ont par ailleurs été impliqués dans la crise actuelle. Cela est un véritable problème.

J’ai tout de suite compris qu’il fallait travailler au rééquilibrage et à l’application de vrais critères d’intégration d’une armée nationale et professionnelle. J’ai alors envisagé qu’avant la fin de la transition, il était fondamental de jeter les bases d’une armée véritablement républicaine, au service de la reconstruction de notre pays et de son développement. A cet effet, des réflexions sont menées sur le futur format de notre armée. Notre Armée doit être aussi une Armée au service du développement de notre pays. J’ai choisi des officiers qualifiés issus de cette armée pour conduire les travaux de cette reconstruction.

Mais sans attendre, nous avons mis sur pied la chaîne de commandement, mobilisé les troupes dans les casernes et procédé à un contrôle des effectifs.
Bientôt nous entamerons les phases de formation indispensables à toutes les armées. Pour cela j’ai sollicité des pays amis comme la France et l’Angola de nous apporter leur assistance et leur expérience. J’ai également sollicité la MISCA et l’EUFOR pour une assistance dans cette phase de formation.

J’ai demandé au Ministre de la Défense d’impliquer le corps du génie militaire pour la réhabilitation des édifices publics tant à Bangui qu’à l’intérieur du pays.
J’ai souhaité également que tous les services de santé de notre armée soient mobilisés pour appuyer le ministère de la santé afin d’offrir un service de santé de base à nos populations dans les centres de santé urbains et ruraux.

L’Armée doit également être un outil de production pour sa propre consommation. Il y a lieu d’envisager, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, des projets dans ce sens.
Le Corps des sapeurs-pompiers chargé de la protection civile doit être rendu opérationnel rapidement.

La question du réarmement n’est pas taboue. Je m’y emploie tous les jours en essayant d’exploiter au maximum les possibilités de dérogation offertes par le comité de sanction de l’ONU mais je vous avoue que ce n’est pas chose facile. Il nous faut de la patience et de la rigueur. Il est de notre devoir de respecter les résolutions en tant que pays membre des Nations Unies. J’ai fort espoir qu’en décembre 2014 à la date anniversaire de la résolution 2127 nous obtenions une révision de celle-ci afin de permettre à notre armée d’être présente aux côtés de nos populations.

Chers compatriotes,
Je sais que vous êtes fortement préoccupés par la question du désarmement des 3ème et 5ème arrondissements de Bangui. Je m’y suis engagé et j’y tiens. Mais nous devons également analyser avec toute la lucidité nécessaire la complexité et les difficultés relatives au désarment tant attendu de ces deux arrondissements. C’est pourquoi, avec les forces multinationales, nous avons dû convenir d’un désarmement progressif. Un programme a été élaboré à cet effet.

Comme vous pouvez le constater l’EUFOR s’est déjà déployée dans ces arrondissements et la circulation est progressivement rétablie sur l’avenue Koudoukou et l’avenue B.Boganda, à la satisfaction de nos populations. Nos forces de police et de gendarmerie sont revenues dans ces arrondissements. Petit à petit la pacification de ces arrondissements se fera. Je peux vous affirmer que les forces de la SANGARIS, de l’EUFOR, de la MISCA et nos forces de défense et de sécurité récupèrent tous les jours des armes, munitions et grenades en tous genres dans ces arrondissements. J’ai voulu que ce désarmement se fasse sans exposer la vie des femmes et enfants dans ces quartiers et en préservant la cohésion nationale.

Chers compatriotes,
J’avais attiré votre attention sur la partition du pays et j’attendais qu’il y ait des réactions spontanées de protestation contre ce projet funeste et suicidaire. Il n’en a rien été et nous avons toujours ce projet funeste à nos portes. Il ne faut pas que par leur silence et leur inaction les Forces Vives de la Nation se rendent complices de ce projet contre lequel tout le monde dans notre pays devrait se lever comme un seul homme. Pour ma part j’ai décidé d’en faire mon cheval de bataille et j’ai demandé à la SANGARIS et à la MISCA d’y veiller conformément à leur mandat.

Au regard des revendications corporatistes des uns et des autres, des critiques et des attentes formulées çà et là, de l’inflation constatée des candidatures pour la prochaine élection présidentielle, je réalise que la population centrafricaine et les acteurs nationaux n’ont pas encore pris la dimension véritable de la situation particulièrement difficile que traverse notre pays, tenu a bout de bras par la communauté internationale.

Mes chers compatriotes,
A l’approche du dialogue que nous appelons tous de nos vœux, j’ai noté une certaine frénésie politique, la naissance ici et là de nouvelles rebellions, la radicalisation des prises de positions et l’instrumentalisation des attentes des populations. La République Centrafricaine doit sortir définitivement du cycle de conquête du pouvoir par les armes ou par des manipulations politiciennes pour des intérêts égoïstes. Le gâteau Centrafrique est réduit à sa plus simple portion. Il n’y a plus grand-chose à se partager.

Nous devons prendre notre destin en main et nous remettre résolument au travail. Nous ne pouvons vivre indéfiniment d’assistanat. Dans un sursaut patriotique, levons nous tous pour refuser la division.
Dans un élan de civisme et de fierté nationale retrouvée, retroussons nos manches et mettons nous résolument au travail.
Nous devons tous nous mobiliser pour reconstruire solidement notre pays afin que tous les Centrafricains vivent dans la fraternité, dans la cohésion sociale et dans la paix.


Vive la République Centrafricaine
Vive le peuple Centrafricain.
Je vous remercie.

Insécurité: les évêques centrafricains dénoncent

Les prélats ont publié un communiqué dans lequel ils incriminent autant les anti-balakas que les ex-sélékas

religieux

Dans un message publié à Bangui, les évêques centrafricains ont décrié les comportements des groupes armés en évoquant notamment l’ex-rébellion Séléka et les milices anti-balaka. La loi appartient aux détenteurs illégaux d’armes et aux groupes armés, en l’occurrence les ex-Séléka, les anti-balaka, des groupes d’autodéfense, des archers (peuls) de la commune d’élevage d’Ourou Djafoun de Bambari (centre), des Mbararas (nomades tchadiens) et l’armée de résistance du seigneur LRA (guérilla ougandaise), affirment-ils. Les tueries de masse ont certes diminué à Bangui, mais la République Centrafricaine est loin de retrouver sa quiétude d’antan. L’insécurité a encore droit de cité, poursuivent les évêques qui décrivent leur pays comme une grande prison à ciel ouvert où les groupes armés écument la campagne en semant la mort.
religieux centro
Dans les conflits opposant principalement l’ex-rébellion Séléka, aux milices anti-balaka, tuer, incendier des maisons voire des villages entiers, traquer des gens en brousse deviennent désormais des actes anodins et sans poursuite judiciaire. La vie humaine ne semble plus avoir de prix, disent les évêques. Ce message été publié mercredi 2 juillet alors que 03 personnes étaient tuées et une blessée au cours d’une attaque lancée dans la matinée par des ex-Séléka contre le village de Ngakobo, situé près de Bambari (centre), faisant fuir la population en brousse, selon une source de la force africaine de paix déployée en Centrafrique (Misca).Joint par l’AFP, Ahmad Nejad, porte-parole de l’état-major Séléka, a déclaré que des éléments sont allés à Ngakobo pour protéger la population, après avoir été informés d’une attaque d’anti-balaka contre des civils. Mais ce n’était pas pour tuer des habitants. A chaque attaque menée contre les civils, les Séléka comme les anti-balaka démentent être responsables.

Les évêques notent que face à la recrudescence des actes abominables et criminels, la déliquescence de l’Etat consacre un régime fondé sur l’impunité et compromet la garantie des droits fondamentaux inhérents à chaque citoyen. Voilà la raison pour laquelle, ils dénoncent les innombrables attaques contre les religieux en plusieurs points du pays notamment les tortures et la tentative d’assassinat de l’évêque de Bossangoa (ouest) en compagnie de trois de ses prêtres, l’abominable et cruel assassinat de l’abbé Christ Foreman Wilibona du diocèse de Bossangoa, la torture psychologique imposée aux prêtres et aux religieux de Dékoa (centre).Ils citent également le récent massacre perpétré contre les déplacés du site de la paroisse Notre Dame de Fatima à Bangui (17 morts le 28 mai) durant lequel l’abbé Paul-Emile Nzalé a été abattu et les crimes odieux contre les pasteurs de l’association des églises évangéliques en Centrafrique.

Centrafrique: 82 morts et 176 maisons détruites à Bambari
Le ministre de l’Administration du territoire, de la Décentralisation et de la Régionalisation Centrafricain, Aristide Sokambi a effectué une visite en compagnie du Général chef d’état-major de l’opération Sangaris, Eric Bellot Desminières à Bambari, localité touchée par des violents combats entre groupes armés depuis quelques jours. Le dernier officiel fait état de 82 personnes mortes et 176 maisons détruites. Selon les témoignages, la série d’affrontements et de représailles perpétrée par les ex-rebelles et les miliciens anti-balaka se sont transposées dans la population locale désormais «ce sont des civils armés qui s’en prennent à leurs voisins et cela complique beaucoup la donne» a déclaré un curé de la ville, l’Abbé Félicien Bernard Endjimoyo. Les combats sont partis de l’annonce de la mort de 17 peuhls musulmans qui auraient été tués par des miliciens anti-balaka présumés, hostiles aux séléka, à Bambari.

Par AFP

Bangui: Le PAM fournit des repas scolaires à plus de 50.000 enfants

Publié par: corbeaunews

 

En Centrafrique, les deux tiers des écoles sont toujours fermées. Mais peu à peu des enfants peuvent reprendre le chemin de l’école. Le PAM les aide en fournissant des repas scolaires. Parfois ce sera leur  seul repas de la journée.

Chaque jour, Charlotte Naganda, a la lourde tâche de nourrir 3.000 enfants. A la tête d’une équipe d’une douzaine de femmes, la responsable de la cantine scolaire de l’école Benz-Vi veille sur de grandes marmites où cuisent le riz et les légumes secs, fournit par le Programme alimentaire mondial (PAM). Les parents d’élèves fournissent le bois pour alimenter le feu.

Dans chacune des classes, l’arrivée du déjeuner, dans de grandes bassines en plastique, est un moment très attendu. “Pour certains de nos élèves, c’est le seul repas de la journée, explique Joseph Regapa, le directeur de l’école. Certains ne mangent qu’une partie de la ration, et ramènent le reste à la maison, pour consommer le soir ou pour partager“.

Car ces enfants reviennent de loin. Certains vivent encore dans des camps de déplacés, d’autres viennent tout juste de regagner leurs maisons. “Ils ont vécu tellement de choses”, soupire Joseph Regapa, qui lui-même a passé plusieurs semaines dans un camp. “On essaie désormais de les rassurer“. Plus de 111.000 personnes sont toujours déplacées dans la capitale.

Pendant des mois, les enfants n’ont pas pu étudier. Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées, les écoles ont été fermées et beaucoup ont été pillées. Selon l’UNICEF, un enfant sur huit n’est pas scolarisé et en mai près des deux tiers des écoles étaient encore fermées.

Plus d’élèves grâce aux cantines

A l’école Malimaka,  les événements de ces derniers mois sont dans tous les esprits mais aussi sur tous les murs. Bon nombre de maisons des alentours sont en ruines. Pendant des semaines, l’école a servi de quartier général  à des miliciens qui ont tout pillé avant de partir. L’école vient de recevoir des tables et des bancs neufs ; dans chaque classe, une centaine d’enfants.

Depuis le démarrage des cantines scolaires du PAM, la fréquentation ne cesse d’augmenter” explique Hugues Nestor Degbago, le directeur de l’école Malimaka.

A Bangui, le PAM distribue désormais des repas à plus de 50.000 enfants chaque jour, dans 44 écoles des quartiers les plus affectés par la crise.  Des cantines scolaires fonctionnent également à Kaga Bandoro, Bossangoa, Paoua et Bouar.

 

Par: http://fr.wfp.org

Centrafrique: A l’issue du Sommet de MALABO, le Collectif ” Touche pas à ma Constitution” interpelle Madame SAMBA- PANZA

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A

L’attention de son Excellence Madame SAMBA-PANZA Présidente de la Transition

 

Excellence Madame la Présidente,

 

Considérant que des crimes contre l’humanité ont été commis en République Centrafricaine.

 

Considérant que la République Centrafricaine est signataire du Traité de Rome.

 

Considérantque le droit à la vie est un principe fondamentalement protégé par tout un arsenal des règles juridiques.

 

Excellence Madame la Présidente de la République,

 

A l’occasion du 23ème Sommet des Chefs d’Etat de l’Union Africaine tenu à MALABO, il a été fortement recommandé par vos pairs au peuple Centrafricain, la tenue en urgence d’un dialogue- inter Centrafricain comme un outil efficace de cohésion social, d’unité nationale et de conquête de la Paix.

 

En revanche, malgré les multiples dialogues qui ont été tenus dans un souci de pallier à la crise Centrafricaine qui déstabilise depuis fort longtemps la sous-région, le Collectif « Touche pas à ma Constitution » une Association de défense des droits de l’homme, membre actif de la société civile constate jusqu’à ce jour, qu’aucune recommandation issue de ces précédents dialogues n’ a été mise en application.

 

Le Collectif « Touche pas à ma Constitution »un mouvement citoyen reste disposé à prendre part à ces assisses qui engagent la stabilité et la paix à seule condition de nous garantir qu’aucun crime ne restera impuni.  

 

Excellence Madame la Présidente de la République, le Collectif, insiste surtout sur la représentation de toutes les sensibilités à ce dialogue sans aucune exclusion. Le Collectif, exige à ce que toutes les recommandations qui seront prises pendant ce dialogue deviennent exécutoires sans aucune dérogation. Excellence Madame la Présidente, les membres du Collectif vous prie de croire on l’assurance de leurs salutations patriotiques.

 

Fait à Paris, le 03. 07. 2014

Le Coordonnateur Général du Collectif,

Godfroy- Luther GONDJE- DJANAYANG 

Ampliations :

-A son Excellence Monsieur le Président du Conseil National de Transition à Bangui (RCA),

-A son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de l’Union Européenne à Bangui (RCA),

-A son Excellence Monsieur l’ Ambassadeur de France à Bangui(RCA),

-A son Excellence Monsieur l’ Ambassadeur des USA à Bangui (RCA).

Cameroun: des Centrafricains aux arrêts à Bertoua

Des éléments des forces de défense ont procédé à l’arrestation de dix Centrafricains, établis à Gbiti, une localité située dans l’arrondissement de Keté, le 26 juin 2014. On leur reproche d’avoir porté atteinte à l’ordre public, pillé des édifices publics, saccagé des véhicules privés.

Selon le commandant de compagnie de Batouri, Jean Marie Olinga, qui a piloté l’opération de ratissage, l’enquête en cours n’a pas encore révélé tous ses secrets. Les dix fauteurs de trouble, détenus à la prison centrale de Bertoua, depuis le 1er juillet, sont âgés entre 18 et 25 ans. Des sources disent que tout est parti d’un affrontement entre des Centrafricains et Camerounais. La rixe s’est transformée en émeute. Des Centrafricains, qui ont perdu la partie, ont appelé leurs frères en renfort pour se venger.

Après cette bagarre, les hommes en tenue sont intervenus. Lorsqu’ils ont interpellé les Centrafricains, ils ont refusé de présenter leurs pièces officielles. Et se sont rendu alors en ville, pour faire du bruit. Certains ont attaqué des édifices publics, après la mort d’un des leurs. Selon des sources, ils ont saccagé le télé-centre communautaire de Gbiti, des véhicules, et le poste militaire. Informés, le sous-préfet de Ketté, Souaibou, en présence du commandant de compagnie de la Kadey, ont effectué une descente sur les lieux du désordre, dans le but de ramener de l’ordre. Des forces de défense se sont alors déployées pour ramener la discipline et la sérénité. Ceux-ci vont alors maîtriser ces Centrafricains, visiblement surexcités et incontrôlables. Une enquête a été ouverte.

Pendant la bagarre et même quelques jours après cette émeute, les boutiques et échoppes sont restées fermées à cause de ce trouble. Elles n’ont été rouvertes que suite aux instructions du préfet de la Kadey. Emmanuel Halpha a félicité les hommes en tenue qui ont ramené le calme et prêché la cohabitation pacifique dans ce village.

Cameroon Tribune cité par AfriqueNewsinfo

Cameroun – Aéroport de Douala: Environ trois kilogrammes de cocaïne saisis

Le produit illicite a été saisi dans les bagages d’un passager nigérian dans la nuit de lundi à mardi dernier, aux alentours de 3h45, au cours d’un contrôle sur le vol de Royal Air Maroc numéro 509.

Le produit illicite a été saisi dans les bagages d’un passager nigérian dans la nuit de lundi à mardi dernier, aux alentours de 3h45, au cours d’un contrôle sur le vol de Royal Air Maroc numéro 509. Le nommé Anthony Orabueze, âgé de 44 ans, a été pris sur le fait durant le filtrage des bagages au départ par les agents de la subdivision des douanes de l’aéroport de Douala. Il se rendait à Casablanca, avec pour destination finale Lyon en France. «Les agents ont constaté que son bagage avait un double fond. Tel que le veut la procédure, nous avons mis le bagage de côté et appelé le passager pour qu’il l’ouvre afin de procéder à une fouille manuelle. La valise a été vidée et repassée au scanner.

Le double fond persistait. Le bagage a alors été acheminé dans notre bureau où nous avons trouvé et dévissé deux double-fonds sur les côtés. Deux plaquettes d’un poids d’environ trois kilogrammes ont été retirées du fond et les tests ont confirmé qu’il s’agit de la cocaïne», confie un agent des Douanes à l’aéroport de Douala. Aux dires d’Anthony Orabueze, la marchandise a été achetée à Lagos, d’où il est arrivé le 28 juin dernier par un vol de Camair-Co. Au moment où CT quittait les lieux avant-hier en mi-journée, le passager contrevenant se trouvait encore dans les bureaux de la Douane de l’aéroport!

 

Steve LIBAM | Cameroon Tribune

Les coulisses du sommet de l’UA des 26 et 27 juin

Les chef d’État du continent se sont réunis les 26 et 27 juin à Malabo en Guinée équatoriale. Retour sur les coulisses du sommet de l’Union africaine.

Enfin, Samba-Panza vint

La présence de Catherine Samba-Panza, la présidente de la transition, à la réunion informelle sur la Centrafrique organisée le 27 juin par la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Ceeac) en marge du sommet de l’Union africaine n’a, semble-t-il, tenu qu’à un fil.

Arrivée la veille à Malabo dans l’avion de la présidence angolaise, elle a piqué une colère froide en découvrant que l’une des solutions envisagées par ses pairs était la nomination de deux vice-Premiers ministres, l’un membre de la Séléka, l’autre des anti-balaka. Est-ce pour cette raison qu’elle est arrivée à la réunion avec plus de trente minutes de retard ?

Idriss Déby Itno, le président tchadien, et son compatriote Ahmad Allam-mi, secrétaire général de la Ceeac, s’en sont en tout cas irrités. Ce dernier a même envisagé de commencer la réunion sans l’attendre. C’est à cet instant que la Centrafricaine a fait son apparition. La suite, au cours de laquelle elle a été priée de présenter son maigre bilan, a été plutôt tendue

Ce que Bamako attend de la Minusma

Bamako n’a toujours pas digéré le manque de soutien de la Minusma lors des événements de Kidal, fin mai. Le Mali attend donc de la force onusienne, dont le mandat a été prolongé le 25 juin, qu’elle clarifie son rôle.

C’est ce qu’a répété Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires étrangères, à Bert Koenders, le patron de la Minusma, lors d’un entretien auquel a assisté Edmond Mulet, le sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, le 24 juin. « Nous attendons de la Minusma qu’elle soit une force de soutien à des autorités légitimes et non une force d’interposition », a insisté Diop.

Le voisin terroriste d’IBK

« Le jeune terroriste arrêté dans la nuit du 24 au 25 juin vivait à deux pas de ma résidence dans un quartier populaire de Bamako [Sébénikoro]« , a confié le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) pour illustrer la menace terroriste qui pèse sur le Mali. Il s’agit de Mohamed Ali Ag Wassouden, un Touareg soupçonné d’être lié à Al-Qaïda au Maghreb islamique.

Et IBK de s’interroger, le 27 juin, au sortir d’un entretien bilatéral avec le Nigérian Goodluck Jonathan : « Que reste-t-il d’humanité chez ces terroristes ? Ces gens-là n’ont pas de limites. »

Kippas non grata ?

Israël souhaite intégrer l’UA comme membre observateur, mais c’est une délégation de la Conférence des présidents des organisations juives, venue à l’invitation du président équato-guinéen, qui s’est fait remarquer. Une dizaine de membres de cette influente organisation américano-israélienne, portant la kippa, avaient fait le déplacement.

Ils ont été reçus par leur hôte, le 25 juin, mais également par le Sud-Africain Jacob Zuma et par l’Américaine Linda Thomas-Greenfield. Leur présence a surtout déclenché l’ire des pays arabes. « Pas question que les Israéliens aient un statut d’observateur à l’UA », s’est emporté un diplomate égyptien.

Teodorin en Bentley

Coutumier des frasques et dans le viseur de la justice française dans le cadre d’une enquête sur ses biens supposés mal acquis, Teodorin Obiang, le fils du président équato-guinéen, a fait une entrée remarquée lors de l’ouverture du sommet.

Arrivé à bord d’une Bentley continentale noire, sans plaque d’immatriculation ni drapeau, il a emprunté le tapis rouge réservé aux chefs d’État et de gouvernement, escorté d’une jolie blonde… Et c’est accompagné de ses gardes du corps qu’il a ensuite assisté à la séance plénière, le 26 juin.

Blindés de tous les côtés

De nombreux attachés militaires de présidents africains ne cachaient pas leur surprise et parfois leur jalousie à l’égard du dispositif sécuritaire déployé par la Guinée équatoriale : deux frégates étaient postées à quelques miles des côtes, face au Centre de conférences de Sipopo.

Ces dernières années, Malabo a signé plusieurs contrats avec des sociétés américaines, israéliennes et ukrainiennes. Sur l’autoroute qui relie le centre de Malabo à Sipopo, les véhicules étaient contraints de passer sous un scanner dernier cri. Les véhicules diplomatiques qui ont tenté de passer en force ont vu leurs pneus crevés par des clous lancés par les soldats de la garde présidentielle.

Kadhafi junior au menu

La Libye a dû une fois de plus s’expliquer en séance du conseil exécutif, le 24 juin, sur le sort réservé à Seif el-Islam, l’un des fils de Mouammar Kadhafi détenu au secret à Zintan. Depuis 2013, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples demande à Tripoli de lui permettre de choisir son avocat. Devant ses homologues, Mohamed Abdelaziz, le chef de la diplomatie libyenne (lui-même originaire de Zintan), a défendu le respect des procédures par la justice de son pays. Mais il a eu bien du mal à les convaincre.

Bataille pour la CPI

C’est en décembre que les États signataires du Statut de Rome procéderont à l’élection des six nouveaux juges de la Cour pénale internationale (CPI). Les candidats étant tenus de se déclarer avant le 20 juillet, les hostilités sont d’ores et déjà engagées.

À Malabo, en marge du sommet de l’Union africaine (UA), une réunion à huis clos a été très tendue. La RD Congo, qui souhaite présenter un candidat, comptait sur le soutien de la Commission de l’UA. Las, « au dernier moment », selon Raymond Tshibanda, son ministre des Affaires étrangères, le Bénin s’est déclaré intéressé par le poste sans que l’UA réagisse. Tshibanda a alors eu des mots très durs à l’adresse de la délégation béninoise.

Les frères ennemis se mettent à table

Avant l’ouverture du sommet de l’Union africaine, à Malabo, Ali Bongo Ondimba et Teodoro Obiang, les présidents gabonais et équato-guinéen, se sont discrètement rencontrés le 26 juin, à 9 heures, dans une salle du centre de conférences de Sipopo.

Ils étaient accompagnés de Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, qui a tenté de jouer les médiateurs dans le différend qui oppose les deux pays à propos des îles Mbanié, Conga et Cocotiers – les fonds marins alentour pourraient receler de grandes quantités d’hydrocarbures.

Sans grand succès, en dépit de la bonne humeur apparente des hommes. La Guinée équatoriale n’a pas renoncé à porter le dossier devant la justice internationale.

Invitations pour Washington

À la tête d’une importante délégation venue de Washington et d’Addis-Abeba, l’Américaine Linda Thomas-Greenfield, secrétaire d’État adjointe pour les affaires africaines, a personnellement distribué des invitations pour le sommet États-Unis – Afrique, prévu début août, à la dizaine de chefs d’État et de ministres des Affaires étrangères qu’elle a rencontrés en tête à tête.

Les présidents du Soudan, du Zimbabwe, d’Érythrée, de Guinée-Bissau et de République arabe sahraouie démocratique ne seront pas du voyage.

 

Par: JeuneAfrique

Soudan : au moins 150 morts dans des combats près d’un champ pétrolier

Au moins 150 personnes sont mortes dans des affrontements entre clans rivaux près d’un site pétrolier de la région soudanaise du Kordofan-Ouest.

Des combats entre deux clans rivaux de la tribu des Misseriya ont causé la mort d’au moins 150 personnes à proximité d’un champ pétrolier du Kordofan-Ouest. Selon Mohammed Omer Al-Ansari, un chef tribal, ces affrontements sont dus à un différend territorial. Ni leur date ni leur durée ont été précisés.

Début juin, une source tribale avait déjà fait état de combats dans cette zone entre ces deux mêmes clans, Zurug et Awlad Amran, rapportant un bilan d’au moins 41 personnes tuées à la kalachnikov, au fusil d’assaut et à la grenade. Les deux clans se disputent une parcelle de terre où se trouve un puits de pétrole en activité, avait alors expliqué un témoin.

 

Jeune Afrique

Sarkozy a confondu « les affaires de l’Etat avec ses intérêts et ceux de son clan »

Quelques instants après l’intervention de Nicolas Sarkozy sur TF1 et Europe 1, la classe politique réagissait à la contre-attaque médiatique de l’ancien président, mis en examen dans la nuit de mardi à mercredi pour « corruption active », « trafic d’influence actif » et « recel du secret professionnel ».

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  • A l’UMP : Sarkozy a « livré sa vérité aux Français »

Sans surprise, les sarkozystes ont salué sa prise de parole. Son fidèle ami Brice Hortefeux a souligné qu’il avait fait « le choix de la responsabilité, de la transparence et de la clarté devant les Français », assurant que « plus que jamais, Nicolas Sarkozy [était] un atout et une chance pour » la France.

Il n’a pas manqué non plus de dénoncer l’instrumentalisation politique qui serait faite du dossier : « Il a appelé le concernant, comme pour tout justiciable, au respect des principes élémentaires du droit, tels que l’impartialité des magistrats, le secret de l’instruction et la présomption d’innocence, qui ont été malheureusement bafoués à des fins politiques par quelques-uns. »

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Dans la même veine, le maire de Nice, Christian Estrosi a indiqué sur Twitter qu’« au terme d’une épreuve violente dans des conditions inacceptables Nicolas Sarkozy a[vait] livré sa vérité aux Français ».

  • Au PS : « Les Français ont tourné la page »

Bruno Leroux président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a déploré que « M. Sarkozy manque à tous les principes de responsabilité quand il cherche à dresser l’opinion contre ses juges ».

« Non, M. Sarkozy n’est pas la victime d’un complot politique ou d’un acharnement judiciaire, il est un justiciable mis en examen qui doit répondre d’accusations extrêmement graves de corruption et de trafic d’influence. C’est devant la justice que se traitera cette affaire, et les confusions, intimidations ou ambitions politiques ne peuvent se substituer à celle-ci.

Les Français ont tourné la page d’un système qu’il a mis en place et qui a sans cesse confondu les affaires de l’Etat avec ses intérêts et ceux de son clan. »

SARKKO

  • Au FN : « Il devrait annoncer qu’il ne cherchera pas à revenir »

Le FN, par la voix de son vice-président, Florian Philippot, a jugé que « par décence et par réalisme, M. Sarkozy devrait lui-même annoncer qu’il ne cherchera pas à revenir dans la vie politique ».

  • Au PCF : « L’odeur de l’argent puis des affaires »

Pour Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, « l’odeur de l’argent puis des affaires place aujourd’hui l’ancien président de la République au cœur d’une instruction judiciaire qui doit aller jusqu’à son terme dans le respect de l’indépendance de la justice. »

CENTRAFRIQUE : L’ÉTAT MAJOR DE LA SELEKA DÉSAPPROUVE NOURREDINE, LE CHEMIN DE LA SCISSION SE PRÉCISE

Le jeu auquel l’ancien numéro 2 de la coalition Séléka, Nourredime Adam se livre ne joue pas en sa faveur en ce moment. Il est de plus en plus isolé au niveau de ce mouvement malgré sa ténacité. L’Etat major de cette coalition n’est pas prêt à collaborer avec celui qui tente aujourd’hui de récupérer la Séléka. La dynamique de Nourredime est connue : récupérer la coalition Séléka afin de l’utiliser comme bon lui semble. Tout a commencé par le communiqué que Nourredine Adam publié dans la presse la semaine passée. Ce dernier a décidé au nom de la coalition de démettre la coordination politique de l’ex-Séléka et de convoquer une assemblée générale à Birao, une ville située à l’extrême nord de la République Centrafricaine où il s’est installé depuis quelques semaines avec sous les mains plusieurs éléments armés.

Dans le communiqué, l’ancien numéro 2 de la Séléka a indiqué que la décision qu’il a rendu publique a été prise avec l’Etat-major établi à Bambari. Dans un premier temps, ce dernier convoque ce qu’il appelle une assemblée générale des ex-Séléka le 03 juillet avant de repousser la date au 06 du même mois.

Au moment où le tapage médiatique de Nourredine fait son bonhomme de chemin, la rédaction de Centrafrique Libre a contacté le général Jospeh Zoundeko, chef d’État major de ce mouvement installé aujourd’hui dans la ville de Bambari. Ce dernier a désavoué Nourredine sur toute la ligne. « Je n’ai pas été informé de cette initiative qui n’engage que celui qui la prend », c’est une phrase du chef d’État major des ex-Séléka.

Ce dernier poursuit en disant « Nourredine n’a pas le droit de démettre la coordination politique. A l’heure actuelle, seul l’État major peut prendre de pareilles décisions. Alors cette décision ne marche pas, la coordination politique est toujours en fonction ». Pour tous les cadres militaires de l’ex-Séléka joints par Centrafrique Libre depuis la ville de Bambari, Nourredine veut tenter un coup de force afin de destituer l’élan que la coalition a pris.

« Il veut retarder les efforts que nous avons faits jusque là. Nous n’accepterons pas du tout. C’est son idée, cela n’engage que lui mais pas nous qui sommes là » a expliqué un cadre militaire interrogé par Centrafrique Libre. Comme on pouvait s’y attendre, la coordination politique a contesté la convocation de la réunion de Birao comme le recommande Nourredine.

« C’est la folie de voir qu’un individu tente de prendre la décision en lieu et place des adultes que tous nous sommes. Même s’il veut récupérer la coalition ce n’est pas comme cela qu’il doit faire. Personne en ce moment ne peut le suivre dans cette démarche déstabilisatrice qui risque de créer plus de tension » a confié un proche de Hissene Abdoulaye, actuel coordonnateur politique de l’ex-Séléka que nous avons appelé en vain pour prendre ses réactions par rapport à ce que Nourredine est en train de faire.

Nous n’avons pas pu recueillir les impressions de Moussa Dhaffane sur cette situation car il n’a pas été joignable. Mais dans son entourage, on conteste aussi l’initiative de Nourredine. Un de ses proches dit à propos « Nourredine est en train de s’isoler lui- même. Surtout il tente de déstabiliser le mouvement. Avec la position qu’il a prise, c’est clair qu’il est trop limité et il expose au grand jour ses limites.

Mais personne ne peut accepter de pareils désordres, il peut se détromper ». Il est clair que la coalition Séléka est résolument sur le chemin de l’éclatement. Malgré la contestation de la coordination politique et de l’État major, Nourredine Adam reste écouté au sein de ce mouvement. Selon nos informations, plusieurs éléments qui sont sous le contrôle de l’État major ont quitté Bambari pour rejoindre Nourredine dans sa tour d’ivoire qui est Birao.

De sources concordantes, au sein de la coordination politique aussi, ce dernier compte encore et toujours des soutiens de poids qui l’informent et l’encouragent. Dans ces conditions, Nourredine peut se créer une base qui fera face au reste de la coalition restée fidèle à Hissene et Zoundeko.

En janvier 2013, des trois cadres connus de la Séléka qu’étaient Djotodia, Nourredine et Dhaffane, seul Nourredine avait refusé de descendre à Bangui après les accords de Libreville. Il a crée une aile dissidente à la dynamique de paix que les autres avaient accepté avec le pouvoir de Bozizé.

L’histoire a montré que les autres ont fini par le suivre dans sa démarche parce qu’il avait des hommes encore puissants qui étaient sur le terrain. Cet exemple montre que Nourredine n’est pas à négliger car il est connu pour être quelqu’un qui manipule facilement les cadres de la coalition Séléka pour atteindre ses objectifs.

Diane LINGANGUE pour Centrafrique Libre

La MISCA souligne son rôle dans le processus électoral en Centrafrique

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la Centrafrique (MISCA) ne s’occupe pas seulement des questions sécuritaires mais a aussi « la charge de suivre le processus électoral et d’apporter le concours nécessaire qu’il faut », a déclaré jeudi le chef de la mission onusienne, le général Jean Marie Michel Mokoko.

S’exprimant au sortir d’une séance de travail avec le bureau de l’autorité nationale des élections conduit par son président Dieudonné Kombot Yaya, au siège de l’institution électorale à Bangui, le général Mokoko s’est réjoui des avancées opérées par l’Agence nationale des élections (ANE), ajoutant toutefois qu’il reste encore beaucoup à faire.

Selon une source proche de l’ANE, le chef de la MISCA est venu présenter à son hôte le nouveau responsable de la section élection de la MISCA et en même temps échanger avec lui sur leurs missions respectives dont le dénominateur commun est l’organisation des élections.

Le général Jean Marie Michel Mokoko est en service à Bangui depuis le 19 décembre 2013.

Signature : APA

Les groupes armés font la loi en Centrafrique, dénoncent les évêques

Bangui – Les groupes armés font la loi en Centrafrique, ont dénoncé mercredi les évêques centrafricains dans un message publié à Bangui, évoquant notamment l’ex-rébellion Séléka et les milices anti-balaka.

La loi appartient aux détenteurs illégaux d’armes et aux groupes armés, en l’occurrence les ex-Séléka, les anti-balaka, des groupes d’autodéfense, des archers (peuls) de la commune d’élevage d’Ourou Djafoun de Bambari (centre), des Mbararas (nomades tchadiens) et l’armée de résistance du seigneur LRA (guérilla ougandaise), affirment-ils.

Les tueries de masse ont certes diminué à Bangui, mais la République Centrafricaine est loin de retrouver sa quiétude d’antan. L’insécurité a encore droit de cité, poursuivent les évêques qui décrivent leur pays comme une grande prison à ciel ouvert où les groupes armés écument la campagne en semant la mort.

La Centrafrique est plongée depuis plus d’un an dans des violences inter-communautaires meurtrières, opposant principalement l’ex-rébellion Séléka, majoritairement musulmane – au pouvoir de mars 2013 à janvier 2014 – aux milices majoritairement chrétiennes anti-balaka.

Tuer, incendier des maisons voire des villages entiers, traquer des gens en brousse deviennent désormais des actes anodins et sans poursuite judiciaire. La vie humaine ne semble plus avoir de prix, disent les évêques.

Ce message est publié le jour où trois personnes ont été tuées et une blessée au cours d’une attaque lancée dans la matinée par des ex-Séléka contre le village de Ngakobo, situé près de Bambari (centre), faisant fuir la population en brousse, selon une source de la force africaine de paix déployée en Centrafrique (Misca).

Joint par l’AFP, Ahmad Nejad, porte-parole de l’état-major Séléka, a déclaré que des éléments sont allés à Ngakobo pour protéger la population, après avoir été informés d’une attaque d’anti-balaka contre des civils. Mais ce n’était pas pour tuer des habitants.

A chaque attaque menée contre les civils, les Séléka comme les anti-balaka démentent être responsables.

Les évêques notent que face à la recrudescence des actes abominables et criminels, la déliquescence de l’Etat consacre un régime fondé sur l’impunité et compromet la garantie des droits fondamentaux inhérents à chaque citoyen.

Ils dénoncent les innombrables attaques contre les religieux en plusieurs points du pays notamment les tortures et la tentative d’assassinat de l’évêque de Bossangoa (ouest) en compagnie de trois de ses prêtres, l’abominable et cruel assassinat de l’abbé Christ Foreman Wilibona du diocèse de Bossangoa, la torture psychologique imposée aux prêtres et aux religieux de Dékoa (centre).

Ils citent également le récent massacre perpétré contre les déplacés du site de la paroisse Notre Dame de Fatima à Bangui (17 morts le 28 mai) durant lequel l’abbé Paul-Emile Nzalé a été abattu et les crimes odieux contre les pasteurs de l’association des églises évangéliques en Centrafrique.

La Centrafrique, ravagée, connaît une partition de fait, de nombreux musulmans ayant été contraints de fuir des régions entières face aux violences des anti-balaka dans le Sud et l’Ouest, tandis que dans l’Est et le Nord, les populations chrétiennes restent sous la coupe de combattants Séléka. Quant à Bangui, elle se vide de ses derniers musulmans, traqués quotidiennement par les anti-balaka. Nombre d’entre eux y ont été tués.

Malgré les efforts des 2.000 militaires français de l’opération Sangaris, déployés aux côtés de quelque 5.000 soldats de la Misca, les exactions des groupes armés contre les civils continuent.

©AFP

CPI: La démission suspecte du juge allemand Hans Peter Kaul

Le juge allemand Hans Peter Kaul, l’un des deux juges de la chambre préliminaire I de la cour pénale internationale (CPI) qui ont confirmé le 12 juin dernier les charges contre le président laurent Gbagbo, a démissionné. Selon un communiqué diffusé par la présidence de la CPI, hier, Hans Peter Kaul a démissionné « pour raisons de santé ». Sans plus de précision.

A 71 ans bientôt (il est né le 25 juillet 1943), Hans Peter Kaula été élu par les Etats parties du traité de Rome en 2003 pour un mandat de trois ans. En 2006, il a été réélu pour un mandat de neuf ans qui s’achève normalement le 11 mars 2015.

De quoi souffre le juge allemand pour qu’il rende le tablier juste deux semaines après été l’homme qui a fait peser la balance en faveur de la procureure Fatou Bensouda dans le dossier Laurent Gbagbo? Le communiqué de la CPI qui annonce la démission du juge allemand ne dit aucun mot du mal qui ronge celui-ci, ni depuis quand cela lui était devenu insupportable.

Le 3 juin 2013, le juge Hans Peter Kaul et sa collègue belge Christine Van den Wyngaert avaient contraint la juge argentine Silvia Fernandez de Gurmendi à ajourner l’audience de confirmation des charges contre le président Gbagbo. Ils estimaient que les preuves apportées par la procureure Fatou Bensouda n’étaient pas suffisantes pour renvoyer Gbagbo en procès. Un an plus tard, curieusement, alors que la procureure n’avait rien ajouté de probant à son dossier, Hans Peter Kaul changeait d’opinion en votant pour la confirmation des charges. On était encore en train de s’interroger sur les raisons profondes de ce changement d’opinion du juge allemand quand survient sa démission. Pourtant, l’affaire n’est pas encore définitivement sortie de la chambre préliminaire I. Puisque dans quelques semaines, on saura si la défense du président Gbagbo demande à faire appel de la décision du 12 juin. Et la chambre devra dire si elle l’autorise à faire appel ou non.

La démission de Hans Peter Kaul dans cet intervalle ne manque pas de susciter des interrogations. Les raisons de santé invoquées pour rendre démission ne cachent-
elles pas autre chose? Autrement dit, le juge allemand est-il pris de remords après avoir contribué à prendre une décision qui n’est nullement conforme à ses convictions profondes?

La raison de santé peut aussi être invoquée pour cacher des divergences profondes dans la gestion d’une situation embarrassante.« Parfois, certaines personnes sont amenées à invoquer des raisons de santé pour quitter leurs fonctions quand elles ne veulent pas mettre gravement en cause le fonctionnement ou la crédibilité d’une institution respectable», commente un analyste politique qui se dit surpris de cette démission brutale. Surtout que cela intervient dans un contexte où la CPI apparait de plus en plus clairement comme l’instrument pour châtier un président qui n’a pas voulu se plier aux injonctions de quelques puissants du monde.

On peut croire que le juge Hans Peter Kaul s’en veut de n’avoir pas pu résister aux pressions de divers ordres qui ne manquent pas dans ce genre de dossier. Au contraire de sa collègue belge qui est restée ferme sur ses convictions en produisant une opinion dissidente dans laquelle elle estime qu’il n’y aucune raison d’ouvrir un procès contre le président Gbagbo.

Le juge allemand s’est certainement souvenu que trois ans plus tôt, le 15 mars 2011, il avait contesté la compétence de la CPI dans le cas du Kenya. Dans une opinion dissidente, il avait estimé que les crimes commis pendant la crise post-électorale en 2008 au Kenya ne relevaient pas de la compétence de la cour pénale internationale, mais bien des tribunaux de droit commun. Selon lui, l’article 7-2 du statut de rome relatif aux attaques contre les populations civiles exige que ces exactions soient commises « en application ou dans la poursuite de la politique d’un Etat ou d’une organisation ayant pour but une telle attaque ». Ce qui ne paraissait pas être le cas, de son point de vue, dans le cas du Kenya.

La crise ivoirienne étant une crise post-électorale comme celle du Kenya, comment donc a-t-il pu soutenir une chose dans le cas du Kenya et le contraire dans celui de la côte d’ivoire ?

La démission surprise de Hans Peter Kaul vient assurément en rajouter au caractère énigmatique et à la complexité du dossier ivoirien à la CPI

Source: Notre Voie

COMMUNIQUÉ DE LA CPI

Le juge Sang-Hyun Song, Président de la CPI, a exprimé de profonds regrets à l’annonce du départ du juge Kaul et des circonstances ayant motivé sa démission. « Je remercie sincèrement le juge Hans-Peter Kaul pour sa dévotion au service de la Cour et le rôle de pionnier qu’il a tenu dans le développement de la CPI, avant même la création de celle-ci », a déclaré le Président Song. « J’ai travaillé étroitement avec le juge Kaul, en particulier lorsque nous avons prêté serment ensemble en 2003, et lorsqu’il a collaboré avec moi à la Présidence, en tant que second vice-Président de 2009 à 2012. J’éprouve un immense respect pour sa personnalité profondément humaniste ainsi que pour les contributions considérables qu’il a apportées à la CPI et au droit pénal international, et qui continueront à guider la Cour à l’avenir », a-t-il ajouté.

Originaire d’Allemagne, le juge Kaul a été juge à la CPI pendant 11 ans. Élu par les États parties au Statut de Rome en février 2003 pour un mandat de trois ans, il a pris ses fonctions le 11 mars 2003. Il a été réélu en 2006 pour un mandat de neuf ans.

Le juge Kaul a fait partie de la Section préliminaire de la CPI, section qu’il a présidée de 2004 à 2009, puis du 8 avril 2014 à la date de sa démission. Il a contribué à d’importantes décisions prises dans les procédures concernant les situations en Ouganda, en République démocratique du Congo, au Darfour (Soudan), en République centrafricaine, au Kenya, en Libye et en Côte d’Ivoire, et dans des affaires liées à ces situations.

Durant plusieurs années, le juge Kaul a participé à divers comités travaillant sur le projet de siège permanent de la Cour. Il a présidé le Comité inter-organes sur les locaux permanents de la Cour (2003-2008), représenté la Cour dans le jury du Concours international d’architecture et contribué aux travaux du Comité de contrôle pour la construction des locaux permanents de la Cour, et, ce faisant, a eu un rôle central dans l’élaboration du futur siège permanent de la Cour pénale internationale.

De 1996 à 2003, en qualité de négociateur en chef et de président de la délégation allemande, Hans-Peter Kaul a participé au processus qui devait aboutir à la création de la Cour pénale internationale.

ICC-CPI-20140630-PR1023

La composition de la CPI modifiée après la démission du juge Hans-Peter

 

Publié par: corbeaunews

La présidence de la Cour pénale internationale (CPI) a procédé à la modification de la composition de la juridiction internationale suite à la démission du juge Hans-Peter Kaul, indique un communiqué transmis, jeudi, à APA.

Selon le communiqué, c’est pour des « raisons de santé » que le juge allemand, Hans-Peter Kaul, a démissionné de la CPI. La composition des Chambres préliminaires de la Cour pénale internationale ont été modifiées par la Présidence, ajoute la même source.

La Chambre préliminaire I, en charge des situations en Côte d’Ivoire, aux Comores et en Libye, est, depuis le 1er juillet, composée de Mmes les juges Ekaterina Trendafilova (Bulgarie), Christine van den Wyngaert (Bulgarie)et Silvia Fernández de Gurmendi (Argentine).

Pour la Chambre préliminaire II ,en charge de la situation en République centrafricaine (RCA) I, RCA II, Darfour, République démocratique du Congo, Kenya, Mali, et Ouganda, ce sont les magistrats Cuno Tarfusser (Italie), Ekaterina Trendafilova et Christine Van den Wyngaert qui auront les dossiers de ces pays en mains.

Le lundi 30 juin, le juge Hans-Peter Kaul a démissionné de son poste alors que son mandat devrait prendre fin le 11 mars 2015.

 

Par APANews

Don de 11 milliards de FCFA de la BAD à la RCA

 

Publi par: corbeaunews

La Banque africaine de développement (BAD) a mis à la disposition de la République centrafricaine deux dons d’un montant tant total de 11 milliards de FCFA, le premier, offert directement, s’élève à 12,7 millions d’UC et le second, remis à travers le Fonds africain de développement (FAD), pour un montant de 2,3 millions d’UC.
Les accords dans ce sens ont été signés mercredi à la Primature par la ministre de l’Economie, du Plan, Florence Limbio, et le représentant résident de la BAD en Centrafrique Modibo Sangaré, sous le parrainage du Premier ministre André Nzapayéké.

Selon la BAD, ces fonds vont permettre d’une part au gouvernement centrafricain de restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire à travers le redéploiement des fonctionnaires, la réhabilitation de leurs outils de travail et le paiement des salaires.

D’autre part, ils serviront à financer les opérations de l’autorité nationale des élections, à relancer l’activité économique en soutenant la reprise du dialogue secteur privé-état ainsi que la réinsertion des ex-combattants dans la vie active.

‘’Je me réjouie de la conclusion heureuse de ces accords, car le programme qui en découdra permettra de répondre à l’une des préoccupations du gouvernement de transition à savoir la relance des activités économiques et l’amélioration de la gestion des finances publiques », a dit la ministre, Florence Limbio, en signant les accords.

De son côté, le chef de la délégation BAD, le directeur du département d’appui à la transition, Sibry Tapsoba a indiqué que cette signature est très importante, car ‘’elle vient redémarrer une coopération RCA/BAD qui s’est ralentie mais qui ne s’est jamais arrêtée ».

Le représentant résident de la BAD, Modibo Sangaré a, quant à lui, rappelé que son institution a du suspendre par mesure de sauvegarde le processus d’adoption d’un document de stratégie pays pour la RCA qui couvrait la période 2013-2014 ainsi que ses opérations en cours à cause des évènements survenus le 24 décembre 2013.

‘’Grâce à la qualité du dialogue constant maintenu entre le gouvernement te la BAD, les opérations ont pleinement repris et le nouveau document d’assistance intérimaire à la transition ainsi que le programme d’appui à la sortie de crise et la relance économique ont pu être préparés et adoptés selon une procédure d’urgence », a-t-il souligné.
Selon M. Sangaré, le décaissement de ces deux fonds dépendra de la poursuite des actions à mener pour satisfaire rapidement aux conditions de décaissement et l’ouverture de deux comptes spéciaux au nom du programme à l’agence nationale de la BEAC.

La délégation de la BAD, arrivée mardi à Bangui, s’est entretenue d’abord avec la ministre de l’Economie, du Plan, Florence Limbio, puis avec la présidente Catherine Samba-Panza.

Signature : APA

Des efforts pour asseoir la cohésion sociale en Centrafrique

Un cadre de concertation périodique est créé à Bangui pour consolider les acteurs de la réconciliation et la cohésion sociale en Centrafrique. Il s’agit de l’une des recommandations issues de l’atelier de renforcement des capacités des acteurs et d’harmonisation des outils de la cohésion sociale.

Le cadre concertation périodique prend en compte le ministère de la Communication et de la Réconciliation, le cluster Moyen de subsistance et de stabilisation des  communautés et la société civile centrafricaine. Ce cadre a pour mission de permettre au gouvernement de la transition d’avoir une lisibilité sur les actions de cohésion sociale dans le pays.

A Bozoum (Ouham Péndé) dans le nord de la Centrafrique, plus de quarante participants se sont séparés mardi dernier après 48 heures d’échanges autour du concept de la cohésion sociale. Les participants sont issus du clergé catholique,  de l’église protestante, de la mosquée de Bozoum, de l’administration publique et locale ainsi que des associations œuvrant dans le cadre du vivre ensemble. L’organisation non gouvernementale Catholic Relief Services (CRS) en partenariat avec la Caritas  américaine et la commission diocésaine Justice et Paix, initiatrice de l’activité, ont voulu ainsi renforcer leurs capacités en vue d’asseoir le vivre ensemble au sein des différentes communautés.

Les participants auront désormais la responsabilité dans leurs milieux respectifs d’instaurer des communautés de cohésion sociale. Ces structures auront pour mission d’analyser les problèmes inhérents à chaque milieu, d’identifier des solutions afin de voir comment les gens peuvent-ils vivre ensemble.

 

Par: Radio Ndekeluka

Zongo: rapatriement progressif des Centrafricains

Le maire de Zongo, Michel Siazo Yeke Yeke, annonce que des Centrafricains hébergés dans le camp de Mole regagnent progressivement Bangui. Grâce à une baleinière affrétée par le gouvernement centrafricain, quatre rotations ont été effectuées entre Bangui et le port de Zongo mercredi 2 juin. Elles ont transporté plusieurs personnes qui ont renoncé à leur statut de réfugié, dénonçant les mauvaises conditions de vie dans ce camp aménagé par la HCR.

Les autorités de Zongo affirment avoir sensibilisé ces réfugiés, avec le concours de la Monusco, pour un retour ordonné dans leur pays. Plus de quatre cents réfugies centrafricains, dont une soixantaine de femmes et plus de quarante-cinq enfants, avaient quitté à pied le camp de Mole mercredi 25 juin pour regagner leur pays. Mais les autorités de Zongo s’opposaient à tout retour des réfugiés non programmé par une commission tripartite HCR –RDC-RCA.

Mais Michel Siazo Yeke Yeke assure que toutes les conditions sont actuellement réunies pour organiser ce retour:

«Après que j’ai fait rapport à l’ambassadeur de la RDC en RCA. Celui-ci a saisi les autorités centrafricaines. Ils ont eu des discussions. Et c’est comme ça que le gouvernement centrafricain a finalement accepté de mettre à disposition quelques embarcations pour récupérer ceux qui avaient renoncé à leur statut de réfugié

Les réfugiés qui ont choisi de renter chez eux devaient se mettre en ordre avec la Direction générale des migrations (DGM), a précisé la même source.

Ces Centrafricains qui voulaient quitter le camp de Mole déploraient notamment une mauvaise situation alimentaire et sanitaire et accusaient le HCR de ne pas scolariser leurs enfants comme il l’avait promis.

Lire aussi: Equateur: 400 réfugiés centrafricains quittent le camp de Mole, malgré eux

De son côté, le HCR a rejeté en bloc ces accusations, indiquant qu’à partir du moment où ces réfugiés ont signé un mémorandum renonçant volontairement à leur statut de réfugié, il ne les considérait plus comme tel.

Ces réfugiés vivaient depuis 2013 dans ce camp à la suite de l’insécurité qui prévaut dans leur pays depuis plusieurs mois.

 

Par radiookapi.net :

Bangui : Des parents s’insurgent contre l’accueil et le mauvais traitement réservé aux patients à la pédiatrie

Bangui, 2 juillet 2014 (RJDH)- Les parents se plaignent de l’accueil réservé à leurs enfants malades par le personnel du complexe pédiatrique. Certains parents rencontrés par le RJDH ce matin évoquent la lenteur du service de consultation, un fait qui entraine parfois le décès de certains patients arrivés dans un état d’urgence. Face à ce dysfonctionnement, le directeur de cet hôpital Docteur Jean Chrysostome Ngodi et le pédiatre Gustave Bobossi Séréngbé se disent mécontents.

Dans une longue file d’attente, on peut de loin entendre les pleurs des enfants qui ne supportent plus la chaleur et les maux dont ils souffrent. Les mamans, impatientes, essaient de bercer les plus petits en faisant des mouvements de ‘’va et vient’’. Tel est l’ambiance du service d’urgence à la pédiatrie de Bangui.

Olive Demba, habitant le quartier Bimbo et mère d’un patient rencontrée à la pédiatrie, nous explique son impatience: « Nous sommes ici depuis cinq heures du matin, parce que nous avons passé une nuit très mouvementée compte-tenu de la santé de l’enfant qui est inquiétante. Mais du moment de notre arrivée jusqu’à onze heures ce matin, l’enfant n’a pas été consulté, ni par un médecin ni par un interne. »

« Mon enfant convulse à tout moment. Je suis obligée de lui mettre un peu d’eau sur la tête, pour faire chuter sa fièvre. Ce n’est pas du tout normal », s’est-t-elle indignée.

Une autre femme, qui a emmené sa fille à l’hôpital et qui a requis l’anonymat, s’exprime en ces termes : « à mon avis, cette lenteur est liée à la gratuité des consultations et examens qui se font actuellement. C’est mieux que nous payions normalement les consultations, au lieu de rester là à attendre en risquant de perdre nos enfants. »

Depuis plus d’un mois, les soins sont donnés gratuitement à la pédiatrie sur décision du gouvernement. Des médicaments ont également été remis à cet hôpital par l’État, appuyé par des structures humanitaires présentes à Bangui. Mais lors de la visite effectuée par le RJDH aujourd’hui à la pédiatrie, deux cas de décès d’enfants ont été constatés, ce qui selon les parents serait lié au mauvais accueil et à la lenteur des soins.

« Les conditions n’étaient pas réunies pour donner des soins gratuits »

Face aux plaintes et au désespoir des parents, qui voient leurs enfants parfois mourir dans le corridor d’attente faute du manque de soins, le directeur général du complexe pédiatrique de Bangui, Jean Chrysostome Ngodi, s’exprime : « On ne doit pas traiter des humains comme des animaux, mais plutôt comme des personnes qui ont besoin qu’on les prenne dans leur meilleure dimension, à savoir la dignité. Vous conviendrez avec moi qu’il n’y avait aucune dignité à l’accueil.»

« Les conditions n’étaient pas réunies pour donner des soins gratuits. Et même quand il faut qu’un enfant soit être traité le plus vite possible, nous ne pouvons pas y répondre », s’est insurgé Jean Chrysostome Ngodi.

Selon le directeur, après l’annonce de la gratuité des soins au complexe pédiatrique, « tous les enfants malades de Bangui, de Bimbo et de Bégoua ont afflué. Cependant, les dispositions n’avaient pas été prises en amont pour recevoir un nombre si pléthorique de patients », a-t-il indiqué.

« Pour ce genre de projet, il faut d’abord une préparation en amont, c’est-à-dire autour du nombre de personnel, des ingrédients qui doivent être gratuits, à savoir les médicaments et les examens. Cela n’a pas été fait. Car lorsqu’on parle de gratuité, c’est toute la population qui afflue », a expliqué le directeur de la pédiatrie.

Le Pr. Gustave Bobossi Sérégbé, lui aussi pédiatre au complexe pédiatrique de Bangui, a fait savoir que le personnel de santé est débordé de travail. « Ce n’est pas aux étudiants ou aux internes de travailler à la place de ceux qui sont sensés donner des soins primaires ou secondaires, qui sont les infirmiers. La tâche qu’on nous a donnée est irréalisable, sauf si on décide de recruter des jeunes médecins. Et il faut également, une structure de tri des malades avant de les orienter aux spécialistes ».

Selon le Docteur Ngodi, le complexe pédiatrique de Bangui, est normalement réservé aux soins tertiaires c’est-à-dire aux cas graves. Les soins primaires et secondaires doivent être traités dans les dispensaires. Mais compte-tenu de la gratuité actuelle des consultations, des examens et des médicaments, le nombre des patients a augmenté et l’hôpital est submergé.

Le RJDH s’est rapproché du ministère de la santé publique afin d’obtenir sa version, mais celui-ci n’était pas disposé à répondre aux questions. Toutefois une source proche de ce département promet de faire une déclaration, après avoir effectué une visité à la pédiatrie pour y constater les faits.

Par RJDH

De Burundi: Le Tchad formule ses vœux de paix aux Centrafricains

En déplacement mercredi à Bujumbura pour participer aux cérémonies marquant le 52ème de l’indépendance du Burundi, le Premier ministre tchadien Kalzeubé Payimi Deubet a indiqué que son pays souhaite que la Centrafrique renoue avec la paix en sortant de la crise sécuritaire actuelle.

«La paix ne peut venir que des Centrafricains d’eux-mêmes, d’abord des Centrafricains. Dans un pays, il faut éviter ce qu’on appelle l’exclusion. Le développement d’un pays est une affaire de tous les citoyens. Donc, il faut éviter la marginalisation», a déclaré, mercredi, Kalzeubé Payimi Deubet Premier ministre du Tchad.

Pour le chef du gouvernement tchadien, son pays apprécie fortement la rencontre que les pays européens ont programmé avec l’ensemble des forces vives de la RCA en vue d’analyser les voies et moyens pour rallumer le calumet de la paix. Il estime que la paix doit commencer par le dialogue. Il a indiqué que la longue période de guerre que les Tchadiens ont traversée, les a confortés dans l’idée que sans la paix, on ne peut rien entreprendre dans un pays.

M. Payimi a saisi l’occasion pour apprécier la bonne collaboration qui avait prévalu, dans le cadre de la Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique (MISCA), entre les forces burundaises et tchadiennes en RCA. De l’autre côté, le porte-parole adjoint de la présidence burundaise, Gervais Abayeho, a fait savoir que le président Pierre Nkurunziza avait promis d’envoyer 450 militaires et 280 policiers en RCA.

Le ministre centrafricain des Affaires étrangères Toussaint Kongo Doudou, également en visite au Burundi, a expliqué que la situation s’améliore dans son pays.

«La paix revient petit à petit et c’est grâce à l’appui des forces burundaises qui sont très appréciées chez nous et le gouvernement continue d’ appuyer fortement cette présence et nous demandons qu’il y ait encore accroissement de la présence burundaise en RCA, ce que le président a bien voulu nous accorder et je pense que ça se fera dans les jours ou semaines qui viennent surtout en ce qui concerne les forces de gendarme, de police et d’ infanterie», a déclaré M. Toussaint Kongo Doudou.

Le Burundi dispose d’un bataillon de 850 hommes en Centrafrique dans le cadre de la MISCA.

Didier Assogba
©Oeildafrique.com


400 réfugiés centrafricains quittent la RDC pour rentrer à Bangui

Publié par: corbeaunews

Plus de quatre cent des six mille réfugiés centrafricains du camp de Molé, une localité en République démocratique du Congo, sont rentrés mercredi à Bangui, a constaté APA.
Selon la police centrafricaine, ces réfugiés ont marché depuis le camp des réfugiés de Mole à Zongo avant de traverser la rive du fleuve de l’Oubangui grâce à des embarcations affrétées par la présidente Catherine Samba-Panza.

Plusieurs navettes sur le fleuve Oubangui supervisées par le ministre de la Sécurité publique, le Colonel Denis Ouangao Kizimalet, la ministre de la Santé publique, des Affaires sociales, des Actions humanitaires, Docteur Marguerite Samba-Maliavo, ainsi par l’ambassadeur de la RD Congo en poste à Bangui, Prof Gaspard Mugaruka, ont rendu possible le retour des réfugiés.

‘’Les réfugiés centrafricains du Camp de Molé ont décidé de rentrer à Bangui parce qu’ils sont victimes de maltraitance de la part du HCR, d’arrestations arbitraires par les autorités militaires et civiles du pays hôte et aussi à cause des difficiles conditions de vie dans ce site », a confié à APA, le président des réfugiés, François Emmanuel Kouzouaki-Yondo.

‘’Vaut mieux rentrer et mourir de faim chez soi, que de mourir de faim à l’étranger », a-t-il ajouté.

Selon M. Yondo, les réfugiés centrafricains ont été refoulés du territoire congolais et non rapatriés volontairement. Parce que a-t-il dit ‘’la DGEM de Zongo, nous a appelés pour nous dire, si jusqu’à 17H heures locales, le gouvernement centrafricain ne trouve pas de moyens pour vous ramener à Bangui, les forces de sécurités congolaises vont nous conduire à une destination inconnue. Dans ce cas précis nous sommes dans l’espace de refoulement ».

Ne partageant pas ces déclarations, l’ambassadeur de la RDC, Gaspard Mugaruka, a déclaré : ‘’il s’agit de réfugiés centrafricains qui ont demandé à regagner leur pays c’est un mouvement volontaire. Je voudrais aussi préciser qu’au départ il y a eu une sorte de politisation du camp de Mole par des individus qui ont incité les autres à quitter le camp et qui ont même brulé les abris implantés par le HCR ».

Il a ajouté : ‘’ Les quatre individus arrêtés à Zongo, ce sont des personnes qui ont commis des gaffes au niveau du camp. Et parmi eux il y a un qui a commis un viol sur une mineure centrafricaine ».

‘’Si c’était vraiment un refoulement, l’ambassadeur de la Rd Congo ne devrait pas être là pour les accueillir. C’est du mensonge », a martelé, pour sa part, le ministre centrafricain de la Sécurité publique, le Colonel Denis Ouangao Kizimalet, déplorant le fait que ‘’les réfugiés centrafricain ont rompu unilatéralement le contrat avec le HCR ».

© Copyright APA

Sangaris : point de situation du 3 juillet

Point sur les opérations de la force Sangaris, engagée en République centrafricaine, du 26 juin au 3 juillet 2014.

Les effectifs de la force Sangaris sont de l’ordre de 2 000 soldats. Les forces françaises sont présentes principalement dans trois zones :

–        à Bangui et Boda avec le GTIA Acier,

–        à l’ouest, de Beloko à Bossembele avec le GTIA de Boissieu,

–        et à l’est, dans un triangle Sibut-Dekoa-Bria, avec le GTIA Scorpion.

Les effectifs d’EUFOR-RCA sont de 700 hommes, dont 250 militaires français. Pleinement opérationnelle depuis le 15 juin, EUFOR-RCA a aussitôt pris le relais de Sangaris pour appuyer la MISCA dans les 3e et 5earrondissements de Bangui.

Les effectifs de la MISCA sont de 5 800 hommes.

A Bangui, avec le GTIA Acier, la force Sangaris maintient des éléments aux côtés des forces de sécurité intérieure (FSI) et de la MISCA à la sortie nord de la ville, à PK12. D’une manière générale, elle est aujourd’hui en posture de réaction rapide (« quick reaction force » ou QRF), en mesure d’intervenir au profit des forces internationales déployées dans la capitale.

Le GTIA Acier a fait effort sur le point d’entrée sud-ouest de la capitale, à PK9, où un groupe d’extrémistes, vraisemblablement associés à des éléments relevant davantage du banditisme, cherchait depuis le 21 juin à perturber la situation sécuritaire dans le quartier. Ils se livraient à des actes de prédation envers les populations et entravait leur liberté de circulation. Leurs barrages ont été systématiquement démontés par la force Sangaris, qui, après avoir recherché le dialogue avec eux, a repris les barrages de vive force après avoir été prise à partie par des éléments armés.

Dans l’ouest, le GTIA de Boissieu poursuit son contrôle de zone en appui de la MISCA, mais aussi des FSI. L’engagement de ces forces de sécurité centrafricaines permet de développer un embryon de « pilier sécuritaire » qui manque à la RCA. Le 1erjuillet, au sud de Bouar, les éléments du GTIA ont ainsi participé au désarmement, avec les gendarmes centrafricains, d’un groupe d’une vingtaine de personnes. Les individus ont ensuite été remis aux forces de sécurité intérieures.

Après une très forte affluence la semaine passée, le trafic sur l’axe reliant le Cameroun à Bangui a repris de manière normale, avec près de 400 véhicules entrés en République Centrafricaine, dont environ 200 poids lourds. 140 d’entre eux ont été escortés par la MISCA ou la force Sangaris.

Dans l’est, au cours des 3 dernières semaines, Sangaris a fait face à un cycle de représailles entre les différentes communautés, avec, en particulier, des affrontements au sud et à l’ouest de Bambari. La force Sangaris a appuyé la MISCA en renforçant ses effectifs et en engageant des hélicoptères armés. La situation a été particulièrement tendue le 26 juin avec une tentative de prise des quartiers est de la ville de BAMBARI par un groupe de près de 400 anti-balakas. Sangaris a dû s’engager dans une reconnaissance offensive pour barrer l’action de ces individus et leur interdire les accès de la ville. Depuis, la situation s’est stabilisée.

Le 1er juillet, le général Bellot des Minières, commandant la force Sangaris, s’est rendu à Bambari aux côtés du ministre centrafricain de l’administration territoriale, pour impliquer les autorités locales, civiles et religieuses, dans le rétablissement de la situation sécuritaire de la ville.

Dans le couloir central, le GTIA Scorpion poursuit ses actions de sécurisation entre les villes de Sibut et Dekoa. Une brève montée de tension a eu lieu le 30 juin à Dekoa, où l’intervention de la force a permis d’éviter un affrontement entre deux groupes armés. Cet incident ne remet toutefois pas en cause la stabilisation progressive dans la zone.

Sources : EMA
Droits : Ministère de la Défense

Draguignan: Changement à la tête du 4ème escadron du 1er Régiment de chasseurs d’Afrique de Canjuers

Sébastien Cohuet remplace Jean-Charles Rodier à la tête du 4ème escadron du 1er Régiment de chasseurs d’Afrique.

Dernièrement, Sébastien Cohuet a remplacé Jean-Charles Rodier à la tête du 4ème escadron du 1er Régiment de chasseurs d’Afrique (RCA).

Cette cérémonie militaire était placée sous les ordres du colonel Emmanuel Collot, chef de corps du 1er RCA, et commandant le camp de Canjuers.

Les différentes unités du camps connaissent de nombreux changements à l’approche de l’été.

Le nouveau capitaine vient du 4ème régiment de Carpiagne alors que Jean-Charles Rodier est muté à la section technique de l’armée de terre de Versailles.

Centrafrique: l’Antonov-26 immatriculé UR-ELB désormais opérationnel

L’AN-26 ukrainien appartenant à la société Air Urga et affrété par ICS est (in)visible sur l’aéroport de M’Poko. Il s’agit bien de l’appareil immatriculé UR-ELB dont j’ai publié la photo la semaine dernière (cliquer ici pour lire mon post).

Je rappelle qu’il s’agit “d’assurer le transport de fret et de passagers sur le territoire centrafricain. Les vols devront pouvoir être réalisés pendant la saison des pluies. L’avion devra posséder au moins 2 moteurs et offrir une charge offerte allant de 2T à 4T. L’avion devra pouvoir transporter des passagers ou du fret ou un mixte des deux”, selon la description du marché qui court sur deux mois.

Ouest-France

Soldats français: Meyenheim Régiment de marche du Tchad de retour de Centrafrique

La quatrième compagnie du Régiment de marche du Tchad (RMT), implantée à Meyenheim, vient de rentrer de République Centrafricaine. Retour sur cette mission des Marsouins qui aura duré plus de trois mois.

 

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Centrafrique: DIGNITE International” récolte des fonds pour les réfugiés en Centrafrique

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Cette ONG n’existe que depuis 6 mois mais déjà elle choisit ses combats. Loin de ceux qui attirent les caméras. En ce mois de ramadan, DIGNITE International lance une campagne de don pour venir en aide aux réfugiés en Centrafrique.

 

Ils reviennent tout juste d’une mission dans des camps de réfugiés situés à la frontière Tchado-Centrafricaine et à Ndjamena. « En vous disant que la situation est catastrophique, je ne vous apprendrai rien », raconte Ouahid Abassi, président de DIGNITE International. Sur place, le constat est violent, la situation humanitaire « catastrophique ».

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Orphelins en danger

« Les Centrafricains de confession musulmane minoritaires dans le pays font l’objet d’une traque meurtrièrequi les contraint à l’exode ou les expose à l’extermination », raconte Ouahid Abassi, « les camps sont dans un état désastreux, les réfugiés manquent de tout : de tentes, de nourriture, de médicaments. Nous recensons plusieurs centaines de nouveau-nés et de jeunes enfants devenus orphelins à la suite des massacres, ils sont tous en danger ! »

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Avec 49 euros par mois, l’enfant est nourri, habillé et scolarisé

L’ONG lance donc une campagne de don à destination de ces réfugiés, via notamment un programme de prise en charge pour les orphelins : avec 49 euros par mois, l’enfant est nourri, habillé et scolarisé. Il y a aussi un programme de santé destiné aux mutilés : le coût d’une prothèse pour une jambe est de 6 000 euros. Et sur le plus long terme, il y a aussi besoin de fonds pour reconstruire les infrastructures. Avec 4 000 euros, c’est un puits qui peut être construit. Avec 1 000 euros, c’est une bibliothèque. DIGNITE International veut d’ailleurs apporter un « soutien matériel aux nombreux étudiants du niveau supérieur qui ont dû abandonner leurs études et leur rêve de carrière ». Ces étudiants, on les aperçoit dans la vidéo réalisée sur place.


 

Centrafrique : hors d’Afrique les troupes françaises !

 

Publié par: corbeaunews

En Centrafrique, les tueries qui se sont déroulées les 23 et 24 juin dans la région de Bambari ont montré une nouvelle fois à quel point sept mois d’intervention militaire française n’ont rien réglé.

Au sommet de l’État, la présidente mise en place par la France, Catherine Samba-Panza, s’affaire à des combinaisons ministérielles censées ramener la paix en permettant aux différentes parties d’accéder à la mangeoire gouvernementale. Mais, sur le terrain, plus personne n’obéit à personne, et le pays est devenu un champ d’affrontements entre milices locales regroupées sous le nom d’anti-balakas ou d’ex-Sélékas.

Des bandes de brigands purs et simples s’y rajoutent, avec pour seul objectif de contrôler les quelques richesses du pays, les mines de diamants en particulier, et de rançonner la population.

À Bambari, les violences ont éclaté après l’assassinat dans leur campement d’une vingtaine d’éleveurs peuls. Un cycle de représailles et de contre-représailles s’est alors enclenché, aboutissant au massacre final. 70 personnes au moins ont été tuées dans les affrontements, et 150 maisons incendiées. Deux semaines auparavant, 22 personnes avaient été tuées dans un village voisin par une bande d’hommes armés assimilés à des Peuls ou à des ex-Sélékas. De tels enchaînements de tueries, la plupart du temps ignorées, sont la réalité quotidienne que vivent aujourd’hui les Centrafricains, qu’ils soient chrétiens ou musulmans.

Lorsqu’en décembre 2013 les troupes françaises ont débarqué à Bangui, il s’agissait juste, pour François Hollande, de ramener ce pays à la dérive dans l’orbite de l’impérialisme français. Quelques coups de fusil étaient censés mettre en fuite les rebelles de la Séléka qui s’étaient emparés du pouvoir, et un gouvernement « légitime », c’est-à-dire allié de la France, comme l’avaient toujours été les gouvernements centrafricains, allait pouvoir se mettre en place. Tel était le scénario du « processus politique » concocté à Paris. Sept mois après, l’intervention militaire se poursuit dans un pays en proie aux pires violences, où l’immense majorité de la population musulmane a dû s’enfuir au Cameroun ou au Tchad et où chacun craint pour sa vie.

Ce triste bilan suffit à prouver que l’intervention militaire française n’a d’autre motif que la défense des intérêts de l’impérialisme français, et c’est bien pourquoi il faut y mettre fin.

Daniel MESCLA pour la Lutte ouvrière

Centrafrique: Les évêques doutent de la capacité de Samba Panza à pacifier le pays

Ils dénoncent la spirale de violence dans laquelle s’enlise la Centrafrique en dépit de l’élection de la présidente de transition du pays

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Dans un contexte de crise et de violences tombées dans une spirale infinie, les évêques de Centrafrique dénoncent les méfaits dévastateurs du conflit et la situation dans laquelle le pays s’enlise. L’élection de Catherine Samba Panza, pour mener à terme la transition gouvernementale, ne suffit plus à relancer l’espoir de voir cette crise se résoudre pacifiquement tant les actes mettent du temps à se concrétiser.

Une insécurité constante
Bien que les tueries de masse aient diminué et malgré le déploiement de forces internationales pour soutenir le peuple centrafricain, l’insécurité est encore grande. De nombreux groupes armés poursuivent leurs exactions sans être inquiétés. De véritables chasses à l’homme sont menées contre des civils bien souvent sans aucune raison. La supposée appartenance à un groupe ou à un autre entraine des parodies de justice et des actes sanglants toujours impunis par un État dépassé par la situation. Les religieux et tout le personnel pastoral n’est pas épargné par ces crimes. Enlèvements, pression psychologique, tentative d’assassinat, pillages. La liste de ces drames que dressent les évêques de Centrafrique est longue malheureusement.

Une précarité sanitaire et alimentaire
De nombreux villages ayant été détruits, beaucoup de Centrafricains n’ont plus rien ni où aller. L’instabilité de la situation empêche la reprise des cultures agricoles entraînant d’importants risques de famine à long terme. S’ajoute à cela l’insalubrité des camps des réfugiés où l’accès aux soins est particulièrement difficile. La détresse humanitaire de ces millions de personnes est en passe de se transformer en crise sanitaire grave.

 

Un pays divisé en deux
L’économie est également mise à rude épreuve. Les taxes échappent au Gouvernement et les prix flambent. L’État dépend complètement de la solidarité internationale. Beaucoup de promesses lui ont été faites, mais les dons tardent à se concrétiser. Le gouvernement centrafricain et ses partenaires ont déployés leurs efforts afin d’assurer une scolarité normale aux enfants. Cependant, l’État ne pouvant pas garantir la sécurité de ses élèves, des zones entières du pays échappent à cette mesure et l’éducation devient un luxe réservé à certains privilégiés.

Certains membres de l’ex-coalition seleka ont annoncé publiquement la partition du pays. Cette décision a laissé le reste du pays perplexe. Les évêques questionnent : « Peut-on avoir deux états-majors dans un même pays ? Que se cache derrière cette décision ? » et rappellent aux chrétiens que la solution n’est pas dans la division mais dans l’acceptation de l’autre.

Sortir de la crise
Les évêques sont conscients que de nombreux défis attendent le peuple centrafricain mais ils sont aussi certains que la sortie de crise est leur à portée avec l’appui de la communauté internationale.

Ils appellent donc à un désarmement sans condition des combattants et à la réhabilitation d’une force armée centrafricaine « non animée par des intérêts égoïstes et sordides » en vue de garantir la sécurité des populations. L’État doit également rétablir au plus vite son autorité et sa justice afin d’éradiquer les jugements sommaires auxquels se livrent les groupes armés. Enfin, les évêques appellent au dialogue en vérité afin de sauver la cohésion sociale et ramener la paix. Retrouver la parole entre les différents opposants ouvrira un chemin de pardon et de réconciliation.

Par:  eglise.catholique.fr

Zongo : le maire sollicite le rapatriement des réfugiés centrafricains

D’après le maire de Zongo, le nombre de réfugiés est passé de quatre cents à sept cent cinquante. L’endroit aménagé pour eux ne peut plus les contenir tous. Certains errent ça et là dans la ville et commettent, selon lui, des menus larcins. D’autres livrés à eux-mêmes dorment à la belle étoile.

Michel Siazo Yeke Yeke se dit « impuissante face à cette situation » et demande la sensibilisation de ces réfugiés, « avec l’appui de la Monusco pour qu’ils rentrent dans leur pays en signant une décharge parce que le calme n’est pas encore revenu de l’autre côté ».

« La deuxième proposition est qu’ils doivent rentrer au camp de Mole. Dans ce cas, le transport sera mis à leur disposition. Ici, ils ne sont pas assistés. Ils errent ça et là et nous enregistrons des cas de vandalisme dans la ville », a déclaré le maire de Zongo.

Ces personnes ont quitté le camp de Mole où elles avaient été reçues à leur arrivée.Elles sont venues à Zongo parce qu’on leur aurait dit qu’ici, ils bénéficieraient de 150 dollars américains par personne pour leur survie, a indiqué Michel Siazo Yeke Yeke.

De leur côté, les réfugiés centrafricains déplorent la mauvaise prise en charge alimentaire et sanitaire qui leur était fournie dans le camp de Mole.

Des accusations que le HCR a rejetées. Cette agence des Nations Unies a indiqué que ces réfugiés avaient, dans un mémorandum, renoncé délibérément à leur statut de réfugié et ne pouvaient plus être considérés comme tel.

Depuis le renversement de l’ancien président de la RCA, François Bozizé, plusieurs personnes ont fui en RDC dans la Province Orientale et à l’Equateur, frontaliers de la Centrafrique.
Zongo, 2/07/2014 (Okapi / MCN, via mediacongo.net)

Bangui : L’Observatoire des Consommateurs de Centrafrique déplore la rareté et la cherté de la viande de bœuf

 Publié par:corbeaunews

Les consommateurs de la viande de bœuf se plaignent du fait que son prix est en hausse et que sa quantité a été réduite par les bouchers. Marcel Mokwapi, président de l’Observatoire des Consommateurs de Centrafrique (OCC), l’a souligné au RJDH ce mercredi 2 juillet en déplorant cette situation et en appelant les centrafricains à pratiquer l’élevage.

Selon le président de l’0CC, le départ des éleveurs peulhs de Centrafrique est à l’origine de la rareté de la viande de bœuf sur tous les marchés de la ville de Bangui et ses environs. «  Les compatriotes consomment actuellement la viande des bœufs volés par des groupes armés. Les vrais éleveurs de bovins sont partis et des présumés voleurs de ces bêtes nous vendent des produits issus de trafics illicites », a-t-il martelé.

Il s’est indigné que le Centrafricain ne puisse pas manger à sa faim, parce qu’il se limite à la viande de bœuf au détriment des autres produits vivriers. « La population est souvent victime des crises dans le pays sur tous les points. Pendant le conflit, les fils du pays consomment des produits alimentaires vouées à la destruction et la quantité qu’elle consomme n’est pas suffisante pour répondre au besoin de la famille », a-t-il expliqué.

Bernadette Konguinza, ménagère, a fait savoir que le prix du kilogramme de la viande de bœuf sur le marché est maintenant de 2500 au lieu de 1000 FCFA. D’autres commerçants vendent le kg à 5000 FCFA en cas de rareté. « La quantité de la chair ne suffit pas pour rassasier les membres de la famille.  Avec cette quantité, nous ne mangeons qu’une seule fois par jour », a-t-elle déploré.

Pour éviter la carence de viande sur le marché et manger à sa faim, Marcel Mokwapi appellent les Centrafricains à pratiquer l’élevage des bovins, de caprins et de porcins. Car selon lui, le départ des éleveurs peulhs serait à l’origine de la rareté de la viande de bœuf dans la ville de Bangui.

Par: RJDH

A Paris, les Amis de la République Centrafricaine ont organisé un forum

Ce samedi 28 juin 2014, l’association présidée par Me Michel Langa, avocat au barreau de Paris, a organisé un forum à La Maison des Associations dans le 15ème arrondissement de Paris, rue Dantzig.

Voici les noms des orateurs : Emmanuel Dupuy, Président de l’IPSE, Gabriel Nzambila, sénateur congolais, Nestor Bidadanure, Général Francis Brossard, expert près de l’ONU, Pr. Victor Topandu, ancien ministre de la Justice du Bénin, Me Edith Douzima, avocate au Barreau de Bangui, Mme Edwige Dondra (Femmes en danger ), Robert Navarro, journaliste à RFI, , Vincent Mambachaka, , Agba Otikpo Mézodé, ancien Ministre de l’Education, Mme Barbara Bazoly, Francis Laloupo, journaliste (excusé), Jean-Pierre Redjekra, Président de la Ligue pour l’Education, Dr Essomba Désiré, Jean-Baptiste Harelimana, reponsable du Pôle Economie de l’Institut Afrique Monde.

Bien que certains intervenants se soient excusés, on a écouté au moins 9 communications. La modération assurée par Nicolas Abena ( I.Magazine) et Victor Bissengué (Anthropologue) a suscité des idées fort intéressantes sur l’avenir de La Centrafrique. Le chargé de la communication, Jean-Claude Yombot, a permis, par la suite, d’affiner les idées autour du sénateur Gabriel Nzambila, un proche du médiateur congolais dans la crid=se centrafricaine.

Après avoir fait un état des lieux de la situation sur le terrain, la plupart des orateurs en sont arrivés à un constat d’échec. Tout ce qui semble avoir été mené jusque-là pour parvenir à des accords de paix a échoué. Et ; à ce jour, la situation ne prête guère à l’optimisme. La plupart des leaders politiques pensent plus aux élections prévues en 2015 (c’est-à-dire à leur propre survie) qu’à sauver un pays où, par exemple, les appareils de l’Etat (l’école, l’armée, la police, l’administration…) sont inopérantes.

Les seules structures qui semblent marcher sont les milices. D’où ce dilemme soulevé durant les débats « on doit songer éduquer, faire des mises à niveau des enseignants, encourager la formation professionnelle » alors que l’Etat centrafricain est un « cadavre » (certes) qui demande d’être « ressuscité » . Que faire ?

Fatalisme

Les milices : voilà le drame centrafricain. Le binôme Séléka/Antibalaka illustrerait au bout du compte un cercle infernal dont les acteurs (médiateurs et belligérants) semblent être prisonniers. Personne ne sait comment s’en sortir, et pourtant tous condamnent cet état de fait. Est-ce cela la fatalité ? Tous déclarent qu’en réalité les Centrafricains, musulmans et chrétiens, s’aiment ; L’Evêque de Bangui accorde l’asile à l’Iman de la ville.

Aussi, lâchons le mot : il y a instrumentalisation des tensions religieuses. Mais alors qui manipule ? Pourquoi manipule-t-on ? Qui est manipulé ? On connaît les enjeux de lutte : ça peut-être le pétrole comme au Congo, le bois, la faune, les minerais on shore. Le diamant pullule en Centrafrique. Le pétrole aussi, dans le nord, ver la frontière avec le Tchad. Qui dit Tchad, dit « Séléka » , dit Michel Djotodia, dit Idriss Déby dit françafrique… Le mal centrafricain viendrait-il de là ?

Désarmement

Il aura suffi d’écouter les différents exposés pour se rendre compte que la paix en RCA mettra du temps avant de pointer à l’horizon. L’heure est grave et rien n’est fait (en tous cas pas suffisamment) pour désarmer les milices sur le terrain. Au contraire, les méthodes employées jusque-là (tant par la MISCA que par L’Opération SANGARIS) concourent à renforcer la crise, voire le chaos. Comment comprendre, en effet, que les missions militaires qui coûtent excessivement cher soient privilégiées au détriment des projets de développement. A quoi alors servent ces missions ? A sauver les peuples en danger ? Pourquoi alors l’opération « Sangaris » peine-t-elle à instaurer la paix plus de six mois après de son déploiement ?

Répondant à nos questions sur la présence de l’armée française en Centrafrique, Me Michel Langa ne regrette pas d’avoir manifesté devant l’Ambassade à Paris pour l’envoi des forces françaises en RCA : « Cela a permis de sauver des vies humaines. »

800 milles euros : c’est ce que dévore par jour une opération militaire comme « Sangaris ». « Donnez des emplois à ces jeunes miliciens et vous verrez que la guerre sera finie » .

Désordre

Jugez que plus aucune école ne fonctionne dans ce pays vaste comme La France et La Belgique réunies. Grand château d’eau d’Afrique, l’agriculture y est inexistante. En y cherchera, en vain, les ingénieurs agricoles et, bien entendu des étudiants en agriculture. « Il faut relancer la formation scolaire » exigent nombre d’ONG.

« Oui mais avant d’éduquer il faut réparer les traumatismes psychologiques dus à la guerre » préconisent d’autres ONG ; et les indicateurs du désordre (viol des femmes, le vols et des pillages ) sont autant de facteurs de pathologies psycholoques.

La médecine de guerre pourrait jouer un rôle. Malheureusement dans nos guerres africaines, les conventions de Genève ne comptent point. Ici, lorsque les milices se battent on n’hésite pas de tirer sur les ambulances, d’attaquer les hôpitaux, d’exercer des chantages sur les médecins ; parfois ceux-ci sont simplement abattus. Selon le Dr Clément Atché, l’accès aux malades et aux blessés de guerre renvoie à des démarches thérapeutiques irréalisables en raison des distances et de la dangerosité du terrain conflictuel. Antibiotiques et antidouleurs demeurent les seules institutions de la médication auxquelles doivent souscrire les ONG qui veulent aider.

Autant dire que l’état de guerre ruine les volontés médicinales. De ce fait « les hommes qui nous dirigent ne se rendent pas compte (avant de la perdre) que la paix est une richesse inestimable. »

Les racines du mal

Cette perte de la paix trouve, du reste, ses racines dans la propre histoire des Centrafricains faites de discriminations et d’exclusions des dispositifs administratifs auprès des Peuls musulmans des provinces reculées. Ce qui fait dire à certains que l’ennemi du Centrafricain c’est le Centrafricain. Ces minorités marginalisées se sont alors situés dans un esprit de révolte en raisonnant selon la logique suivante : « pour commander il faut s’allier à des étrangers » en d’autres termes des Soudanais, des Tchadiens “des musulmans comme nous”

Une hypothèse est que la guerre en Centrafrique est le résultat de cette haine des musulmans jadis refoulée aujourd’hui extériorisée. L‘explication vaut ce qu’elle vaut car nombre d’observateurs s’insurgent contre l’idée que la guerre centrafricaine relève de la guerre des religions. « Mais en quoi les musulmans se sentent-ils discriminés alors qu’ils détiennent la quasi-totalité des commerces. En d’autres termes, détiennent le pouvoir économique ? » s’est interrogée Mme Edwige Dondra ( Femmes en danger ) .

Jeux inter-villes

Le parallèle a été fait avec la situation ivoirienne où le conflit a opposé le nord musulman au sud chrétien. Même si, a ironisé Robert Navarro, journaliste à RFI, l’Etat ivoirien a importé de France le concept des « jeux inter-villes » pour réconcilier la nation, le pays de Laurent Gagbo et d’Alassane Ouattara a réussi tant bien que mal à sortir de la quadrature du cercle. Un intervenant ivoirien a demandé s’il y avait des musulmans dans la salle.

C’est le moment de rappeler que la question de la représentativité demeure un enjeu de taille sur la crédibilité des associations centrafricaines de la diaspora.

Laïcité

De ce fait, reçue ce dimanche 29 juin par Monsieur André Nzayapéka, Premier Ministre centrafricain en visite en France, l’ARC de Me Michel Langa entre autres associations, a présenté la Charte amendée durant le forum de la veille. Ce document inspiré de la Charte de Mandé (Mali), met en son centre la notion de « laïcité ». Un représentant centrafricain de confession musulmane s’est enquis du terme « laïcité ». Explication lui a été donnée. On entend par la laïcité d’un Etat le fait qu’il y a séparation entre le religieux et le temporel tandis que la liberté de pratiquer sa foi dans la tolérance est garantie.

La caravane de la paix

Enfin l’une des solutions de paix qui s’est dégagée est celle préconisée par le sénateur Gabriel Nzambila, président de la commission « Défense » au Sénat congolais. Il s’agit de la caravane de la paix. « Cette idée a été inspirée par Youlou et Opangault en 1959 après la guerre civile au Congo. Les deux leaders sillonnèrent Brazzaville dans la même voiture. Ce geste symbolique, fort, apaisa les tensions. Et la réconciliation fut effective. Nous préconisons la même chose à Bangui » a expliqué le parlementaire congolais.

La reprise des activités associatives de L’ARC a été fixée au mois de septembre où se tiendra l’université d’été avec, en prime, des ateliers thématiques comme, par exemple, la violence faite aux femmes et aux enfants en temps de guerre.

D. Bimbou

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