Centrafrique.org/mouji-mad-ngar-de-lart-de-la-flatterie-des-dignitaires-a-lalienation-par-jean-pierre-mara/jean-pierre-mara-ancien-depute-de-la-republique-centrafricaine/” rel=”attachment wp-att-76343″ data-wpel-link=”internal”>Jean-Pierre Mara, ancien Député, photographié en costume officiel avec des décorations honorifiques.
J’étais au CM2 et je venais de d’être déclaré admis en 6eme, quand mon Oncle Jean ENZA MARA N’ ZAPA qui m’accompagnait pour prendre le car de Albert Mayo en direction de Sibut me posa cette question.
‘‘Be yaha MARA N’ ZAPA, arrivé là-bas , il faut demander aux blancs quand est ce que prendra fin l’indépendance’’
J’avoue qu’à l’époque, je n’avais pas compris mon Oncle. Je pensais qu’il faisait une blague. Tout le long de les études, et bien plutard dans mon engagement politique, je le suis toujours dis que l’on oncle a sûrement voulu le transmettre un message initiatique Soumalé
Depuis presque 10 ans, je réalise avec chagrin que les choses s’améliorent ailleurs alors qu’elles stagnent en RCA. Quand je voyage, je suis émerveillé par toutes les innovations, tous les changements, toutes les modernisations que subissent les endroits que j’ai eu privilège de visiter.
Je suis toujours surpris de constater que les Hommes bâtissent et construisent leur cadre social, leur vie et celle de leur progéniture.
Et quand je reviens en RCA, c’edt comme si j’entrzi dans un autre monde.
Le plus dure, c’est quand arrive le mois d’Août ou quand je lis les textes de Pierre Kalk ou de Jean-Dominique Pénel sur Boganda. Le 13 Août de chaque année, cette remarque de mon oncle me fait toujours penser à la façon d’aborder la question.
Finalement, on ne pourra parler d’Indépendance que le jour où le dernier soldat étranger aura quitter le sol centrafricain et que le dernier mercenaire ou groupe armé aura été éradiqué.
Comment oser parler d’indépendance dans un pays ou le Président et les hautes personnalités sont protégées par des Etrangers armés.
Comment parler d’indépendance lorsqu’on est constamment assujetti à l’aide budgétaire pour assurer le financement des charges régaliennes?
Les 64 ans de dépendance seraient-ils donc ce à quoi mon oncle pensait quand il le disait :
Be yaha MARA N’ ZAPA, arrivé là-bas , il faut demander aux blancs quand est ce que prendra fin l’indépendance’’
Qu’est ce su’on va réellement fêter en RCA aujourd’hui ?
L’amalgame médiatique autour de la CPC en Centrafrique
Les éléments rebelles de la CPC dans la Nana-Mambéré
Les médias centrafricains s’illustrent par un manque flagrant de rigueur journalistique dans leur couverture des exactions commises sur le territoire national. Depuis plus de deux ans, une tendance alarmante se dégage : attribuer systématiquement et sans vérification tout acte criminel à la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC).
La CPC en Centrafrique: Des accusations infondées.
Cette approche simpliste et non-professionnelle révèle une défaillance majeure dans le processus de vérification des informations. Des braquages aux enlèvements, en passant par les vols et les meurtres, tout incident est immédiatement imputé à la CPC, sans enquête préalable ni distinction entre les différents acteurs impliqués.
Des conséquences graves sur l’information.
Cette pratique irresponsable a des répercussions importantes :
– Désinformation du public : Les citoyens reçoivent une image déformée de la réalité sécuritaire du pays.
– Perte de crédibilité : Même les médias se revendiquant indépendants propagent ces allégations non vérifiées, sapant leur propre crédibilité.
– Amalgame dangereux : Cette confusion entretenue entre la CPC et d’autres groupes criminels (LRA, bandits tchadiens, soudanais ou camerounais) brouille la compréhension des enjeux sécuritaires réels.
Un journalisme en faillite.
L’incapacité ou le refus de ces médias à distinguer les actions de la CPC de celles d’autres criminels révèle une faillite profonde du journalisme centrafricain. Ce phénomène pose énormément des questions sur :
– La formation des journalistes
– L’indépendance réelle de certains médias
– Les pressions potentielles exercées sur les rédactions
Alors que le pays fait face à des défis sécuritaires complexes, cette tendance à la généralisation et à la désinformation ne fait qu’aggraver la situation. Il est urgent que les médias centrafricains retrouvent le chemin d’un journalisme rigoureux, factuel et responsable pour servir efficacement l’intérêt public.
Grève des élèves instituteurs à Bambari : 6 mois de bourses impayées, une situation qui perdure
Centrafrique.org/Centrafrique-bambari-un-policier-soupconne-de-tentative-de-meurtre2222/les-forces-de-lordre-qui-securise-la-manifestation-des-etudiants-instituteurs-le-5-juin-a-bambari-par-corbeaunews-2/” rel=”attachment wp-att-30110″ data-wpel-link=”internal”>Des forces de l’ordre qui sécurisent la manifestation des Étudiants de l’ENI à Bambari . CopyrightCNC
Les élèves de l’École Normale des Instituteurs (ENI) de Bambari sont, une fois de plus, descendus dans les rues du centre-ville pour manifester. Leur revendication est simple : le paiement des arriérés de bourses qui s’élèvent désormais à six mois. Ce n’est malheureusement pas la première fois que ces futurs enseignants se retrouvent dans cette situation précaire, une situation qui dure depuis près de dix ans.
Des retards récurrents et inacceptables de bourses des élèves instituteurs à Bambari.
Chaque année, sans faute, les étudiants de l’ENI de Bambari sont contraints de réclamer le versement de leur bourse, un soutien financier pourtant indispensable à leur survie. Ces retards, qui peuvent atteindre de six à neuf mois, sont devenus une norme, une habitude déplorable qui fragilise la formation de ces jeunes aspirants enseignants.
Un étudiant, sous couvert d’anonymat, témoigne de la difficulté de vivre sans cette aide : « On ne sait pas comment on va se nourrir, comment on va payer nos besoins quotidiens. C’est chaque année la même chose, on doit manifester pour obtenir ce qui nous est dû. C’est épuisant».
Une situation qui s’enlise.
Malgré les multiples grèves et protestations, rien ne change. Les autorités semblent rester sourdes aux revendications des élèves instituteurs, et les paiements arrivent toujours en retard. Cette situation, qui aurait dû être résolue depuis longtemps, continue d’affecter non seulement la vie des étudiants mais aussi la qualité de leur formation. Comment espérer former des enseignants compétents et motivés dans de telles conditions ?
L’incapacité du gouvernement à régler ce problème récurrent pose de sérieuses questions sur la gestion des finances publiques et la priorité donnée à l’éducation. Si la formation des enseignants, pierre angulaire de tout système éducatif, est négligée à ce point, c’est l’avenir même du pays qui est en jeu. Le mépris des autorités pour ces jeunes qui représentent l’avenir de l’enseignement en Centrafrique est tout simplement inadmissible.
En réalité, la grève des élèves instituteurs de Bambari ne devrait pas être un événement banal, mais un signal d’alarme. L’inaction du gouvernement face à cette crise qui dure depuis près d’une décennie est un scandale, et il est grand temps que des mesures concrètes soient prises pour garantir aux étudiants les moyens nécessaires à leur formation.
Interview exclusive de Prosper N’douba, Représentant de Sant’Egidio en Centrafrique : il revient sur la médiation menée par son institution dans le pays
Prosper N’douba, médiateur expérimenté et Représentant de la Communauté Sant’Egidio en République centrafricaine
La Communauté Sant’Egidio est au cœur des efforts de paix en République centrafricaine depuis plus d’une décennie. Face aux critiques et aux doutes, Prosper N’douba, Représentant de l’organisation en Centrafrique, s’exprime en exclusivité pour CNC sur les actions de Sant’Egidio et sa vision pour l’avenir du pays.
Ci-dessous, l’interview intégrale :
CNC : Monsieur Prosper N’douba, bonjour et merci d’avoir accepté cet entretien. Après la publication d’un article de Corbeaunews-Centrafrique sur le rôle ambigu de l’organisation italienne Sant’Egidio dans le processus de paix en Centrafrique, Sant’Egidio a demandé un droit de réponse. Pourriez-vous d’abord nous présenter la Communauté Sant’Egidio, en nous parlant de son histoire et de sa mission principale ?
Prosper N’DOUBA : La Communauté de Sant’Egidio est un mouvement laïc d’inspiration chrétienne catholique. Elle est une association de fidèles catholiques, dédiée à la prière, engagée dans la lutte contre la pauvreté et le travail pour la paix dans le monde. Sant’Egidio est une communauté chrétienne née en 1968, au lendemain du concile Vatican II, à l’initiative d’Andrea Riccardi, dans un lycée du centre de Rome. Aux côtés des pauvres du monde, la Communauté fait l’expérience de la tragédie des guerres. De là naît son engagement en faveur de la paix qui a fait de Sant’Egidio l’artisan de l’accord de paix pour le Mozambique en 1992, accord conclu à Rome après plus de deux ans de négociations. Depuis les années 1990, cet engagement a touché de nombreux foyers de conflits dans le monde dont celui de la République centrafricaine.
Aujourd’hui Sant’Egidio est présent dans 70 pays, avec plus de 80 000 personnes sur les cinq continents.
Sant’Egidio est également responsable de la mise en œuvre de deux programmes humanitaires entièrement gratuits en Afrique : DREAM, pour le diagnostic et le traitement du VIH et d’autres maladies chroniques (dans 11 pays. Y compris la Centrafrique) et BRAVO, pour l’enregistrement de l’état civil.
CNC : Comment répondez-vous aux accusations selon lesquelles le rôle de Sant’Egidio dans le processus de paix en Centrafrique serait ambigu et contesté ?
Prosper N’douba : Je n’ai jamais écouté des accusations similaires. Le rôle et les actes que pose Sant’Egidio en République centrafricaine sont d’une extrême clarté. Dans la crise centrafricaine, elle œuvre uniquement pour restaurer la paix dans le pays grâce à la confiance que lui font tous les acteurs concernés. Elle ne tire aucun profit ni intérêt quelconque par sa présence et ses actes en Centrafrique. Elle n’a aucun agenda caché.
CNC : Quel est le rôle habituel de Sant’Egidio dans les processus de paix à travers le monde ? Depuis quand Sant’Egidio est-elle active en République Centrafricaine et quelles sont ses principales activités et réussites dans le pays ?
Prosper N’douba : Dans le monde et surtout en Afrique, l’expertise et la crédibilité de la Communauté Sant’Egidio dans la médiation des situations difficiles sont reconnues et appréciées. Les faits existent qui peuvent en attester. Elle a réussi à faire signer un accord de paix entre le gouvernement de Maputo et la rébellion au Mozambique. Elle est intervenue en Algérie, au Niger, dans le conflit au Sénégal, et dernièrement au Soudan du Sud où elle est co-médiatrice avec le Président du Kenya.
Une liste complète des médiations menées par Sant’Egidio est disponible sur www.santegidio.org.
Pour ce qui concerne la RCA, La Communauté Sant’Egidio a commencé à agir pour la restauration de la paix depuis 2013, lorsque le niveau de violence était très élevé à l’époque dans le pays et surtout à Bangui. Grâce a son engagement, elle a pu faire signer un Pacte Républicain par le Chef d’Etat de Transition Michel Djotodia, le Président du Conseil National de Transition, Ferdinand Alexandre Nguendet et le Premier Ministre Me Nicolas Tiangaye, afin de réduire quelque peu les exactions de la Séléka et des Anti-Balakas.
CNC : Malgré les efforts de Sant’Egidio, la paix semble toujours échapper aux Centrafricains. Quels sont les principaux défis auxquels Sant’Egidio est confrontée pour promouvoir la paix en RCA ?
Prosper N’douba : Il faut quand même admettre que la situation s’est beaucoup améliorée en RCA depuis 2013 ! Faire la guerre est facile mais construire la paix est difficile dit-on. La guerre, on sait comment et quand elle peut démarrer mais point quand elle va s’arrêter. Comment convaincre en Centrafrique, tous ceux qui ont choisi de prendre les armes pour se faire entendre que dans toute situation, la guerre n’a jamais été la solution d’un conflit. Ce sont le dialogue et la concertation qui doivent être privilégiés au détriment des egos. Le refus du dialogue par les uns et les autres ainsi que la politique de la chaise vide n’ont jamais été productifs.
CNC : Le dialogue républicain de 2022 a conduit à une modification constitutionnelle en 2023, confirmant les craintes initiales de l’opposition qui s’était retirée du processus. Comment expliquez-vous cette situation, sachant que Sant’Egidio avait encouragé l’opposition à participer ?
Prosper N’douba : S’agissant du Dialogue Républicain c’est plutôt aux responsables de l’opposition qu’il faut poser cette question et non à Sant’Egidio. Alors qu’ils ont pris activement part aux préparatifs de cette instance, comment peut-on expliquer ou justifier leur refus à la dernière minute le jour de l’ouverture officielle de participer à ce dialogue. Faut-il rappeler que Sant’Egidio avait pris l’initiative de réunir à Rome pendant presqu’une semaine, les représentants des forces vives centrafricaines dont les leaders des partis politiques de l’opposition, des représentants du parti au pouvoir, des confessions religieuses et autres ambassadeurs de la paix, afin de créer une atmosphère de nature à permettre au Dialogue Républicain de se dérouler dans de bonnes conditions.
CNC : Sant’Egidio tente de négocier avec Mahamat al-Khatim, chef du MPC emprisonné au Tchad. Quel est le rôle exact de votre organisation dans ces négociations entre Bangui et al-Khatim et pourquoi se concentrez-vous uniquement sur Mahamat Al-Khatim ?
Prosper N’douba : Après l’annonce de la déclaration de retrait de la Coalition dite des Patriotes pour le Changement (CPC) par le leader du Mouvement Patriotique du Centrafrique (MPC) Mahamat Alkhatim, le Président Touadéra a dépêché à N’djaména auprès des autorités tchadiennes une délégation de quatre Ministres dont le Ministre d’Etat Jean Willybiro-Sako. Cette délégation a pu également rencontrer
Mahamat Alkhatim. Un Communiqué conjoint a été signé et le Ministre tchadien de la sécurité a été
désigné par le Président Mahamat Déby Itno comme Coordonnateur. C’est après les affrontements qui ont opposé des combattants du MPC aux FACA et leurs alliés russes autour d’un chantier minier d’or que début décembre 2023, un combattant du MPC, qui se trouve être par ailleurs beau-père d’Alkhatim entre autres, a trouvé la mort. C’est après cet incident que le chef du MPC a sollicité par écrit la médiation de Sant’Egidio.
CNC : Al-Khatim a exprimé des réticences après le massacre de ses hommes non-combattants par des mercenaires russes. Comment Sant’Egidio prévoit-elle de surmonter cet obstacle dans les négociations, surtout en considérant sa détention ?
Prosper N’douba : La médiation est en cours, aussi je ne peux pas vous donner trop de détails mais les choses avancent. Récemment, les protagonistes se sont rencontrés à Rome pour établir les prochaines étapes.
CNC : Sant’Egidio collabore avec le régime de Bangui, qui travaille avec le groupe Wagner, accusé de massacres contre la population civile. Comment justifiez-vous cette collaboration dans ce contexte ? Quel conseil Sant’Egidio donne-t-elle au gouvernement ?
Prosper N’douba : Le terme de « collaboration » employé ici ne convient pas aux relations minimales que la nécessité du difficile travail de médiation que Sant’Egidio est obligée d’entretenir avec les dirigeants du pays, les leaders des partis politiques de l’opposition démocratique ainsi qu’avec les chefs des groupes militaro-politiques regroupés sur le territoire tchadien. Au risque de me répéter, Sant’Egidio fait ce que les anglophones appellent faire du « go between » ou encore l’intermédiation. Faut – il rappeler que dans son travail de médiation, Sant’Egidio a été la première organisation à avoir réuni la première fois à Rome à son siège en 2017, aussi bien des représentants du gouvernement centrafricain et ceux des quatorze groupes armés.
CNC : Y a-t-il une collaboration entre Sant’Egidio et l’opposition démocratique, surtout dans un contexte où le dialogue entre le pouvoir et l’opposition est interrompu ? Comment Sant’Egidio prévoit-elle de rassembler les deux camps malgré leurs préalables ?
Prosper N’douba : Sant’Egidio parle avec et à tout le monde sans discrimination. Elle n’a de cesse parler avec les leaders de l’opposition démocratique, que ce soit à Bangui, Brazzaville, N’djaména, Khartoum ou à Rome. Elle a toujours dit que la politique de la chaise vide ne paye pas.
CNC : La présence d’une clinique Sant’Egidio à Bangui influence-t-elle les activités diplomatiques de l’organisation ?
Prosper N’douba : La solidarité envers les plus démunis et la paix vont toujours ensemble selon l’expérience de Sant’Eghidio. La clinique DREAM soigne et prend en charge gratuitement le traitement des maladies chroniques telles que l’hypertension artérielle, les différentes formes du diabète, l’épilepsie. Elle dispose aussi d’un laboratoire de biologie médicale et assure le suivi des femmes enceintes ainsi qu’elle assure la couverture vaccinale mère-enfants dans le cadre du second volet des activités de Sant’Egidio en Centrafrique. Les autorités du pays viennent d’octroyer une aile de l’immeuble du Centre Hospitalo- Universitaire de Bangui qui servira à DREAM pour la Neurologie. DREAM bénéficie jusqu’ici essentiellement de financements de la Coopération Italienne, de l’Union Européenne et peut-être bientôt des USA.
CNC : Comment Sant’Egidio envisage-t-elle de regagner la confiance des Centrafricains qui doutent de son impartialité ?
Prosper N’douba : Vous parlez en termes de « regagner la confiance » ce qui insinue que Sant’Edigio aurait perdu la confiance des divers protagonistes du conflit en RCA mais cela ne correspond nullement à la réalité. Elle n’a nullement perdu quelque confiance que ce soit, de qui que ce soit. Comme je l’ai affirmé plus haut, bien au contraire, tous les protagonistes de la crise militaro-politique en Centrafrique reconnaissent sa crédibilité et continuent de recourir à elle pour solliciter sa médiation. Elle en est honorée et s’en félicite. Elle n’a qu’un seul souhait : le retour d’une paix durable sur la totalité du territoire de la République centrafricaine.
CNC : Quels sont les objectifs concrets de Sant’Egidio pour la paix en RCA dans les mois à venir ?
Prosper N’douba : La réussite du désarmement et la démobilisation de tous les groupes armés afin que la paix revienne durablement en RCA. Pour cela, Sant’Egidio entend développer les actions concrètes aux côtés des structures dédiées pour assurer l’effectivité du désarmement et la démobilisation des combattants de tous les groupes armés et leur réinsertion dans la société.
CNC : Monsieur Prosper N’douba, je vous remercie pour vos réponses.
Prosper N’douba : C’est moi.
Propos recueillis par Alain Nzilo, Directeur de publications
L’attaque contre les correspondants de France 24 à Bangui : Un message personnel du ministre Nassin à la France
Centrafrique.org/securite-publique-le-ministre-michel-nicaise-nassin-a-failli-tuer-un-general-et-un-commissaire-de-la-police-a-bangui/le-ministre-de-linterieur-charge-de-la-securite-publique-michel-nicaise-nassin/” rel=”attachment wp-att-55888″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/04/Le-ministre-de-linterieur-charge-de-la-securite-publique-Michel-Nicaise-NASSIN-450×416.jpg” alt=”Le ministre de l’intérieur chargé de la sécurité publique Michel Nicaise NASSIN” width=”450″ height=”416″ />Le ministre de l’intérieur, chargé de la sécurité publique Michel Nicaise NASSIN
L’agression de deux journalistes centrafricains travaillant pour la chaine française France24 par le ministre de la Sécurité publique, Nicaise Nassin, a secoué profondément la capitale centrafricaine. Derrière cette attaque brutale se cache une histoire plus complexe : celle d’un homme marqué par le refus de sa demande d’asile en France, une blessure profonde qui semble aujourd’hui motiver ses actions les plus répressives.
Le Ministre Nicaise Nassin : violences Injustifiées Contre des Journalistes Centrafricains.
Le 9 août, deux journalistes centrafricains en reportage pour France 24 ont été violemment pris à partie par le ministre de la Sécurité publique alors qu’ils recueillaient les opinions des citoyens sur la levée de l’embargo sur les armes en Centrafrique. En pleine rue, sous les yeux de témoins médusés, le ministre, reconnaissant le logo de France 24, a ordonné à ses gardes du corps de procéder à l’arrestation immédiate des journalistes, sans autre justification que la “sécurité nationale”.
Le citoyen centrafricain qu’ils interviewaient a subi le même sort, arrêté sans motif valable, simplement pour avoir exprimé son opinion. Cet acte de répression contre la liberté de la presse, de plus en plus menacée en République Centrafricaine, démontre une dérive autoritaire inquiétante.
Arrestations Arbitraires et Dérapages Autoritaires.
Les journalistes et leur interlocuteur ont été emmenés à la Brigade Antidrogue, à quelques mètres de là. L’histoire a pris un tournant encore plus surréaliste lorsque le ministre, furieux de ne pas trouver le chef de poste à son bureau, ce dernier étant occupé à laver sa moto derrière le bâtiment, a ordonné son arrestation immédiate. En quelques minutes, le chef de poste s’est retrouvé derrière les barreaux aux côtés des journalistes et du citoyen arrêté, sans aucune explication claires.
Ce genre de dérapages, où le pouvoir est utilisé pour satisfaire des caprices personnels, ne fait que renforcer l’image d’un ministre en perte totale de contrôle, mais également frappé par un problème psychiatrique. Mais pourquoi un tel acharnement contre des journalistes centrafricains, qui ne faisaient que leur travail ?
Un Passé Humiliant en France : Racines d’une Vengeance Personnelle.
Pour comprendre l’origine de cette agressivité, il faut se pencher sur le passé du ministre Nicaise Nassin. En 2013-2014, alors que la Centrafrique était plongée dans le chaos après l’arrivée des rebelles de la Séléka, le ministre, alors un simple ancien directeur général de la police, , avait fui vers la France où il avait demandé l’asile politique. Toutefois, ce processus s’était révélé être une expérience traumatisante pour cet homme qui a un passé trouble dans sa famille.
Selon des informations recueillies auprès de certains citoyens centrafricains qui l’ont accompagné lors de cette demande d’asile, le ministre était visiblement terrorisé pendant son entretien avec les agents de l’OFPRA. Il tremblait tellement qu’il était incapable de s’exprimer clairement. Son discours était confus, marquant un manque de confiance flagrant, ce qui a conduit au rejet de sa demande. Les agents de l’OFPRA ont jugé que sa demande manquait de fondement, estimant qu’il n’avait pas prouvé de manière convaincante que sa vie était réellement en danger dans son propre pays.
La situation s’est encore aggravée lorsqu’il a fait appel de cette décision. Malheureusement pour lui, cet appel a également été rejeté, les juges soulignant une fois de plus que la motivation présentée n’était pas claire. Le ministre, incapable de rédiger sa demande dans un français clair et défendre son dossier, s’est retrouvé dans une impasse, contraint de rester en France sans statut légal, et recevant finalement un ordre de quitter le territoire français.
Privé de tout droit, il a été obligé de vivre dans la clandestinité chez un membre de sa famille, incapable de sortir de chez lui par crainte d’une arrestation et d’une expulsion imminente. Cette période d’humiliation profonde, où il était réduit à une situation de grande précarité, a laissé des traces indélébiles. Aujourd’hui, ce sentiment d’injustice semble nourrir une rancune tenace contre la France.
Une Rancune Personnelle qui Se Transforme en Politique de Répression.
Revenu en Centrafrique après l’arrivée au pouvoir du président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro , le ministre a rapidement été propulsé à la tête des renseignements généraux à la présidence avant d’être bombardé ministre de la sécurité publique. Ce poste lui a donné les moyens d’exercer une vengeance personnelle contre tout ce qui représente la France. Les journalistes centrafricains travaillant pour France 24 sont ainsi devenus des cibles privilégiées de cette vendetta.
Cet acharnement contre la presse, particulièrement contre les médias associés à la France, est un signe clair de la manière dont le ministre instrumentalise son pouvoir pour régler ses comptes personnels. Son aversion pour la France ne se limite pas à de simples paroles, mais se traduit par des actes concrets de répression, qui sapent non seulement la liberté de la presse, mais aussi l’état de droit en Centrafrique.
Une Menace Croissante pour la Liberté de la Presse en Centrafrique.
L’agression des journalistes centrafricains par le ministre de la Sécurité publique, au-delà du scandale qu’elle représente, est le symptôme d’un problème plus profond. Ce mélange toxique de vengeance personnelle et d’autoritarisme menace gravement la liberté d’expression et les droits fondamentaux en République Centrafricaine. Si de tels abus de pouvoir restent impunis, c’est l’ensemble de soi-disant démocratie centrafricaine qui risque de s’effondrer sous les coups de ceux qui ont transformé leurs rancœurs personnelles en politiques d’État.
Centrafrique : terrible Duel amoureux au sommet de l’État, qui sortira vainqueur de la bataille ?
Centrafrique.org/touadera-endormi-un-president-au-pays-des-reves-diplomatiques/img-20240220-wa0065/” rel=”attachment wp-att-74093″ data-wpel-link=”internal”>Le président Faustin Archange Touadera endormi complètement debout au milieu des deux femmes diplomates lors d’une conférence internationale
Loin des intrigues habituelles du pouvoir, c’est une querelle d’un tout autre genre qui agite aujourd’hui les plus hautes sphères de l’État en Centrafrique. Le président Baba Kongoboro et son ministre des Finances, Hervé Ndoba, sont désormais engagés dans un duel amoureux d’une rare intensité. Alors que les rumeurs circulent, la capitale s’interroge : qui remportera cette bataille pour le cœur d’une femme au sommet de l’État ?
Au centre de ce bras de fer, une jeune femme dont l’identité reste soigneusement dissimulée par la rédaction du CNC. D’après des informations recueillies par le CNC, cette dernière serait liée à un homme résidant au Canada, avec qui elle aurait des projets de vie commune. Malgré cette situation, le président Touadera aurait tenté de la séduire depuis plusieurs mois, usant de son statut pour attirer son attention.
Les avances présidentielles semblent avoir été repoussées, au moins dans un premier temps. C’est alors qu’Hervé Ndoba, ministre des Finances, entre en scène. Au cours de ce que des sources internes décrivent comme des “rencontres nocturnes”, Ndoba aurait réussi à nouer une relation avec la jeune femme, défiant ainsi l’autorité et les avertissements du chef de l’État.
Un affrontement aux répercussions politiques majeures
L’attitude de Hervé Ndoba a provoqué la colère de Faustin-Archange Touadera. Sani Yalo, une figure controversée proche du président, aurait tenté de dissuader le ministre, qualifiant la jeune femme de “chasse gardée” du chef de l’État. Ignorant cet avertissement, Ndoba a persisté, provoquant les tensions au sommet de l’État.
La situation est aujourd’hui explosive. Des rumeurs circulent sur un possible limogeage du ministre des Finances, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses sur la stabilité politique du pays. Cette affaire révèle les graves manquements éthiques qui gangrènent les plus hautes sphères du pouvoir en Centrafrique.
Des dérives morales qui entachent l’image du gouvernement.
La conduite du président Touadera est particulièrement mise en cause. Déjà marié et père de plusieurs enfants, il est accusé d’entretenir de nombreuses liaisons extraconjugales. Certaines sources vont jusqu’à évoquer l’utilisation de pratiques occultes pour satisfaire ses désirs, une allégation qui, si elle s’avérait exacte, porterait un coup fatal à son image publique.
Cette crise met en évidence, une fois de plus, les défaillances morales qui gangrènent le pouvoir en République centrafricaine. Elle montre que ceux qui dirigent le pays semblent plus préoccupés par leurs affaires personnelles que par le bien-être de la nation. L’impact de ce scandale sur la scène politique centrafricaine pourrait être profond et durable, ternissant encore davantage l’image d’un gouvernement déjà fragilisé par de multiples défis.
Percus Ketté, un autre député sans bac du MLPC Qui Fait Honte à la nation
Centrafrique.org/le_depute_demissionnaire_percus_kette/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/le_depute_demissionnaire_percus_kette-450×365.jpg” alt=”Le député Percus Ketté, démissionnaire du parti MLPC pour le MCU du Président Baba Kongoboro” width=”450″ height=”365″ />
Percus Ketté, député du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) et élu de la circonscription de Paoua 4, a récemment annoncé sa démission du parti pour rejoindre les rangs du Président Faustin-Archange Touadéra. Si ce revirement n’est pas entièrement surprenant, il révèle néanmoins les dysfonctionnements et les compromis douteux qui gangrènent la classe politique centrafricaine.
Festival-pour-accompagner-les-jeunes-artistes” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Bangui, 15 août 2024.
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Percus Ketté: un Député illettré Façonné par le MLPC.
Percus Ketté, un ancien boucher sans formation académique, a été propulsé sur la scène politique par le MLPC, qui l’a soutenu jusqu’à son élection en 2015, suivie de sa réélection en 2020-2021. Homme sans qualifications intellectuelles, Ketté a été l’un des nombreux députés formés et soutenus par des partis pour leurs propres intérêts stratégiques. Cette absence d’éducation a cependant été récemment remise en question par une nouvelle disposition constitutionnelle.
La Nouvelle Constitution : Un Bac pour Conserver son Siège.
La récente modification constitutionnelle, poussée par Touadéra, exige désormais que tout candidat aux élections législatives détienne au minimum un baccalauréat. Cette clause a semé la panique parmi de nombreux députés, surtout ceux, comme Ketté, qui sont illettrés ou peu instruits. Face à cette situation, certains ont choisi de se rallier au pouvoir en place, espérant ainsi obtenir des diplômes fictifs qui leur permettraient de continuer à briguer leur siège.
Une Ignorance Révélatrice du député Percus Ketté.
Illustrant l’étendue de son analphabétisme, Percus Ketté a déposé sa lettre de démission du MLPC au siège du parti au pouvoir, le Mouvement des cœurs unis (MCU), au lieu de l’adresser directement au MLPC. C’est le secrétariat du MCU qui a réexpédié la lettre au secrétariat du MLPC. Cette erreur manifeste souligne le niveau d’éducation préoccupant de certains députés et prouve une fois de plus la réalité d’un système politique où des élus ignorent même les procédures administratives de base.
L’Arrivisme au Détriment de l’Intérêt Public.
Le cas de Percus Ketté illustre parfaitement la dérive politique en Centrafrique. Dépourvu de toute compétence législative, il a néanmoins gravi les échelons grâce à sa loyauté au régime, plutôt qu’à ses compétences ou à un quelconque programme pour sa circonscription. Aujourd’hui, il justifie son ralliement au pouvoir en place en évoquant ses responsabilités familiales et son besoin de maintenir un niveau de vie confortable. Une excuse qui révèle l’apathie et le cynisme de certains élus, prêts à tout pour conserver leur position.
Le MLPC, Un Parti en Déclin ??
La démission de Percus Ketté n’a pas surpris le bureau politique du MLPC, qui s’attendait à ce que ce type de manœuvre se multiplie. Le MLPC, puissant parti politique en Centrafrique, voit ainsi ses rangs s’amenuiser par un jeu politique malveillant du Président Kongoboro, ou des associations satellite du régime, dont celle de soutien au président Touadéra où Ketté a déjà été nommé trésorier. Ce départ met en lumière la fragilité de la loyauté des députés envers leur parti d’origine, particulièrement lorsque leur avenir politique est menacé.
Un Système Politique en Perte de Repères
La trajectoire de Percus Ketté, de boucher illettré à député, puis à partisan du régime, incarne les failles profondes du système politique centrafricain. À l’approche des prochaines élections, la question de l’intégrité et de la compétence des représentants du peuple devient de plus en plus pressante. Il est clair que pour certains, la politique n’est qu’un moyen d’assurer leur propre survie, quitte à trahir les idéaux qui les ont portés au pouvoir.
Centrafrique : la banque des BRICS, un mirage russe qui s’évapore
Centrafrique.org/apaisement-diplomatique-au-sommet-de-brics-les-autorites-russes-rassurent-faustin-archange-touadera-apres-la-disparition-de-prigojine/monsieur-serguei-lavrov-avec-le-putschiste-centrafricaine-faustin-archange-touadera-en-marge-du-sommet-de-brics-en-afrique-du-sud/” rel=”attachment wp-att-68178″ data-wpel-link=”internal”>monsieur Sergueï Lavrov avec le putschiste centrafricaine Faustin Archange Touadera en marge du sommet de BRICS en Afrique du Sud
Deux ans après l’annonce en grande pompe de l’ouverture d’une filiale centrafricaine de la banque des BRICS à Bangui, le projet reste lettre morte. Cet échec révèle l’écart criant entre les promesses grandiloquentes de Moscou et la triste réalité sur le terrain.
La banque des BRICS: des annonces mirifiques restées sans suite.
En 2022 et 2023, une délégation des BRICS débarquait à Bangui, faisant miroiter l’eldorado d’une banque alternative censée pallier la suspension des aides occidentales. Les projets pharaoniques s’enchaînaient : aéronautique, transports, électricité… De quoi faire rêver une population meurtrie par des années de conflit.
Deux ans plus tard, le constat est sans appel : aucune réalisation concrète n’a vu le jour. Pas l’ombre d’un chantier, pas même une première pierre posée. Le silence assourdissant de Kongoboro et de son gouvernement sur ce fiasco en dit long sur l’embarras du pouvoir.
La propagande russe à l’épreuve des faits.
Cette débâcle démontre le décalage abyssal entre la rhétorique triomphaliste du Kremlin et sa capacité réelle à tenir ses engagements. Les propagandistes russes vantaient une banque “alternative” et “salvatrice” pour l’Afrique. La réalité est tout autre : Moscou se révèle incapable de rivaliser économiquement avec l’Occident.
“La Russie, c’est la bouche. La Russie, c’est la parole”, résume amèrement un observateur centrafricain. Le pays de Poutine apparaît comme une puissance de façade, compensant sa faiblesse économique par l’exportation de la violence via le groupe Wagner.
L’échec d’une stratégie fondée sur la force.
Moscou pensait pouvoir séduire l’Afrique par la force brute et la propagande mensongère. Si certains pays sont tombés dans le panneau, la supercherie devient de plus en plus évidente. Les Centrafricains constatent amèrement que la Russie n’apporte ni développement ni prospérité, mais uniquement chaos et instabilité.
Pendant que la population attend désespérément les projets promis, le groupe Wagner poursuit ses exactions en toute impunité. La stratégie russe en Afrique, fondée sur la violence et le mensonge, montre aujourd’hui ses limites. Le mirage de la banque des BRICS s’est évaporé, ne laissant que désillusion et amertume.
Droits de l’homme en Centrafrique : Quand le silence tue plus que les armes de Wagner
Joseph Bindoumi, Président de la ligue centrafricaine de droit de l’homme. CopyrightRNL
Les faits sont accablants. On ne cite que quelques uns produits récemment : Deux Centrafricains décapités à Bouca par les Mercenaires russes de Wagner et les soldats des Forces armées centrafricaines (FACA). Un ébéniste sauvagement torturé à Bangui par ces mêmes mercenaires. Un technicien de Wagner, lui aussi, victime de tortures. Et pourtant, les organisations de défense des droits de l’homme en Centrafrique restent désespérément silencieuses. À Bangui, capitale du pays, elles semblent plus préoccupées par des séminaires et des chartes que par les atrocités qui se déroulent sous leurs yeux.
Le silence assourdissant des défenseurs des droits de l’homme en Centrafrique.
Ces organisations, censées défendre les droits des citoyens centrafricains, semblent avoir troqué leur voix contre le confort des salles de conférence. L’institut Louis Joagnin, qui a mobilisé une trentaine de ces associations pour discuter d’une nouvelle charte, a montré une déconnexion inquiétante avec la réalité. Pendant que des Centrafricains sont torturés et exécutés, ces soi-disant défenseurs préfèrent débattre de « renforcement des capacités » et de « lignes de conduite ». Ce décalage est non seulement alarmant, mais il prouve aussi aux yeux du monde une complicité par omission.
Droits de l’homme en Centrafrique : des engagements creux face à la réalité du terrain.
Les témoignages des participants à cette rencontre de quatre jours sont révélateurs de leur propre impuissance. Mariam Djanga Fal, coordonnatrice du réseau Mossouka, a souligné l’importance des « risques et des menaces » auxquels font face les défenseurs des droits humains, un discours qui justifie à peine l’inaction sur le terrain. De même, Débonnaire Bomba Wangay, représentant de l’organisation URU, s’engage vaguement à « identifier les risques » et à trouver des « palliatifs ». Des mots qui sonnent vides quand, au même moment, des vies sont brisées sous les coups des tortionnaires du groupe Wagner en province comme à Bangui.
Une charte comme paravent de l’inaction.
Magali Besse, directrice de l’IFJD, a présenté cette charte comme un moyen de renforcer la confiance entre les défenseurs des droits humains et la société civile. Pourtant, cette initiative apparaît plus comme une distraction qu’une véritable réponse aux besoins urgents du terrain. Les organisations de défense des droits de l’homme, en signant cette charte, semblent davantage préoccupées par leur image que par l’impact réel de leurs actions. Pendant ce temps, la population centrafricaine continue de subir les pires abus dans l’indifférence générale.
Un devoir de vérité et d’action.
Le rôle des organisations des droits de l’homme est de dénoncer, d’agir et de protéger les citoyens contre les abus de pouvoir. Leur silence face aux atrocités commises par les mercenaires de Wagner et les forces armées centrafricaines est non seulement une trahison de ce rôle, mais aussi une abdication de leurs responsabilités les plus fondamentales. Si ces organisations ne sont pas prêtes à affronter la réalité, alors elles ne sont que des témoins passifs, complices par leur silence. Le peuple centrafricain mérite mieux que des promesses creuses et des chartes sans conséquence. Il mérite des défenseurs prêts à se battre pour la justice, même au péril de leur propre sécurité.
Ainsi, la question se pose : ces organisations existent-elles réellement pour défendre les droits de l’homme ou ne sont-elles que des façades vides, incapables d’affronter les défis auxquels le pays est confronté ? Le peuple centrafricain attend des réponses et, surtout, des actions concrètes.
Paoua : le chef-lieu abandonné de la préfecture de Lim-Pendé
Centrafrique.org/route_vers_paoua_en_centrafrique/” data-wpel-link=”internal”>Un camion bloqué sur la route menant à Paoua, empêtré dans la boue, illustre la dégradation des voies de communication dans la région.
Située au nord-ouest de la République centrafricaine, Paoua est le chef-lieu de la préfecture de Lim-Pendé, mais aussi la ville agricole la plus importante du pays. Pourtant, cette ville, très importante pour le pays, est complètement laissée pour compte par les autorités, notamment en ce qui concerne les infrastructures comme les routes.
La route menant à Paoua, qui se trouve à seulement 535 kilomètres de Bangui, est un véritable cauchemar, et ce, pendant la saison des pluies comme la saison sèche. Les images illustrées à cet article parlent d’elles-mêmes : un camion bloqué dans la boue, des hommes forcés de traverser une mare d’eau stagnante. Cette route est impraticable, rendant chaque trajet difficile et dangereux.
Centrafrique.org/route_en_etat_caotique_menant_vers_paoua/” data-wpel-link=”internal”>Des hommes traversent une route inondée en direction de Paoua, démontrant les conditions précaires des infrastructures routières.
Paoua : un chef-lieu abandonné et une ville isolée et difficile d’accès.
Malgré son statut de chef-lieu, Paoua souffre d’un isolement croissant. L’état catastrophique des routes rend l’accès à la ville extrêmement difficile, coupant ses habitants du reste du pays pendant plusieurs mois chaque année. Cette situation aggrave les difficultés économiques et sociales des habitants, déjà confrontés à de nombreuses épreuves.
L’attentisme des autorités face à la situation
La situation des routes menant à Paoua prouve de manière suffisante les difficultés du gouvernement à répondre efficacement aux besoins des régions. L’état délabré des routes dans cette zone témoigne des défis persistants en matière de développement des infrastructures à l’échelle nationale. Les habitants de Paoua expriment un sentiment d’isolement, estimant manquer de soutien concret pour améliorer leurs conditions de vie. Cette réalité pousse à s’interroger sur la capacité des autorités à mettre en œuvre des politiques de développement sur l’ensemble du territoire.
Il est temps d’agir.
La situation à Paoua doit pousser le gouvernement à réagir. Il est urgent de réparer ces routes pour reconnecter cette ville avec le reste du pays. Si rien n’est fait, Paoua continuera de s’enfoncer dans l’isolement, avec des conséquences graves pour ses habitants. Il est temps de mettre fin à cette négligence et de garantir à tous les Centrafricains des conditions de vie décentes.
Bomissi : Les habitants réclament une antenne téléphonique pour leur sécurité
Centrafrique.org/la-chute-inexorable-des-reseaux-telephoniques-telecel-Centrafrique-dans-les-villes-de-province-une-catastrophe-annoncee/antenne-de-telephonie-mobile-dans-le-4eme-arrondissement-de-bangui/” rel=”attachment wp-att-76142″ data-wpel-link=”internal”>Une antenne de téléphonie mobile située dans le 4ème arrondissement de Bangui, prise le 15 mai 2024.. CopyrightCNC
Les habitants du village de Bomissi, situé à 72 kilomètres de Bossangoa sur l’axe Gbalé, demandent l’installation d’une antenne téléphonique. Coupés du monde extérieur, ils soulignent que l’absence de réseau met en péril leur sécurité et freine le développement de leur localité.
Lundi dernier, les villageois se sont mobilisés pour interpeller le gouvernement et les sociétés de téléphonie mobile. Jean Blaise Namkéré, représentant du président de la jeunesse de Bomissi, a insisté sur l’urgence de la situation. Il a déclaré que l’implantation d’une antenne téléphonique est impérative pour cette localité souvent cible d’attaques d’hommes armés.
Jean Blaise Namkéré a partagé un incident récent pour donner l’exemple de la gravité du problème. Un jour, il y a eu une altercation avec des éléments de nos forces armées. Cependant, faute de réseau, il nous a été impossible de joindre les autorités compétentes. J’ai dû me rendre en moto à Boguila pour finalement alerter Bossangoa, afin d’obtenir l’aide nécessaire.
Le village de Bomissi, avec ses 5 000 habitants, se trouve à un carrefour de pistes rurales, ce qui lui confère une position stratégique. Pourtant, cette même position le rend vulnérable aux attaques armées, rendant la communication d’autant plus cruciale pour les habitants.
Charles Senam, chef du village, a également exprimé son inquiétude quant aux difficultés rencontrées par les habitants pour évacuer leurs produits agricoles. Il explique que la distance entre Bossangoa et Bomissi est de 70 kilomètres, et entre Bomissi et Boguila, 32 kilomètres. Il nous est extrêmement difficile de communiquer avec l’extérieur. Sans moyen de communication, il est quasiment impossible de vendre nos produits agricoles dans les villes voisines. Les récoltes pourrissent parfois sur place faute d’acheteurs.
La couverture réseau dans cette localité pourrait non seulement améliorer la sécurité des habitants en offrant un moyen d’alerte précoce en cas de menace, mais aussi dynamiser l’économie locale en facilitant l’écoulement des produits agricoles.
Les habitants de Bomissi attendent désormais une réponse rapide du gouvernement et des opérateurs de téléphonie mobile pour résoudre cette situation qui impacte lourdement leur quotidien.
Enquête exclusive CNC : découverte d’un grand réseau d’escroquerie de l’or et de diamant à Bangui.
monsieur Ruffin Benam Beltoungou, ministre des Mines
Depuis plusieurs années, en Centrafrique, un réseau mafieux de haut vol opère en toute impunité dans le pays, siphonnant des milliards de dollars grâce à des complicités au sommet de l’État. Ce système criminel, d’une envergure du jamais vu, repose sur la falsification de documents officiels, trahissant la confiance d’investisseurs internationaux et fragilisant l’économie nationale. Découverte d’un grand réseau d’escroquerie de l’or et de diamant à Bangui, une enquête exclusive CNC. Révélation.
Pendant près de cinq ans, un réseau criminel de grande envergure a opéré en toute discrétion au cœur de Bangui, dérobant des milliards de dollars grâce à des transactions frauduleuses d’or et de diamants. Cette enquête dévoile les rouages d’une arnaque orchestrée au plus haut niveau de l’État.
L’invitation du Chef de l’État : Une tactique de légitimation.
Une des méthodes les plus insidieuses utilisées par ce réseau criminel consiste à émettre des invitations officielles émanant du chef de l’État, Faustin Archange Touadéra alias Baba Kongoboro. Ces invitations, signées par le ministre d’État, Directeur de Cabinet du Président, Obed Namsio et sont accompagnées d’un message-porté signé du Directeur général adjoint de la Police centrafricaine en charge de l’Émigration-Immigration BienvenuPaterne Guimalet et qui fait office d’un visa d’entrée et de séjour en Centrafrique.
En réalité, cette invitation n’était qu’un leurre destiné à légitimer l’arnaque. Les victimes, une fois à Bangui, étaient présentées à des individus se faisant passer pour des représentants du gouvernement ou des directeurs de coopératives minières fictives, les rassurant sur la sécurité de leur investissement.
Le mandat à une Française : Une pièce maitresse dans l’arnaque au diamant à Bangui.
Au cœur de cette arnaque se trouve Magali Gaétane Le Courtes, une française mandatée par une coopérative minière fictive, la Coopérative Minière de TAS-BORO (CM-TB). Ce mandat lui donnait soi-disant l’autorité de négocier et de vendre des lingots d’or sur le marché international. Le document officiel attribué à Mme Le Courtes, signé par des responsables du ministère des Mines, indique qu’elle était autorisée à représenter la coopérative dans toutes les transactions liées à la vente d’or. Ce mandat, bien que fictif, a joué un rôle décisif en donnant aux investisseurs l’illusion d’une transaction légale et sécurisée.
Mandat d’escroquerie remis à une française afin de chercher des victimes à escroquer.
Les factures fictives : Une escroquerie des années au diamant à Bangui.
Les documents fournis aux victimes sont une pièce centrale de cette escroquerie. Ces factures montrent des transactions d’or évaluées à des millions de dollars, avec des poids et des valeurs totalement fabriqués. Par exemple, une facture émise par la Coopérative Minière de KAYA (CMK) pour 530 kilos d’or évalués à 37 100 000 USD montre à quel point ces documents étaient sophistiqués. Ces factures, destinées à rassurer les investisseurs sur la légitimité de la transaction, étaient accompagnées de documents officiels tels que des laissez-passer pour l’exportation de l’or, signés par des responsables du gouvernement.
Facture de la coopérative KAYA minière Kaya
Des coopératives minières inexistantes et des passeports usurpés.
Pour ajouter une couche supplémentaire de crédibilité à cette fraude, les auteurs ont créé des coopératives minières fictives, comme la Coopérative Minière de KAYA (CMK) et la Coopérative Minière de TAS-BORO (CM-TB). Ces entités n’existaient que sur papier et étaient utilisées pour justifier les transactions frauduleuses. De plus, les individus impliqués dans cette escroquerie ont utilisé de faux passeports pour se faire passer pour des représentants légitimes de ces coopératives.
Le passeport expiré en 2018 d’un certain Monsieur Ngueréfara Samuel, Opérateur Sport, a été repris sans modification des numéros, à l’exception des dates de fabrication et d’expiration, et a été émis au nom des sieurs Ngala Blaise et Fofana Patrick avec leurs photos. Cette situation démontre comment ces identités ont été usurpées pour maintenir les fraudes en cours. Bien que ces documents soient falsifiés, ils contiennent des détails très précis qui ont contribué à tromper les victimes.
Ue copie du faux passeport des escrocsUne autre copie du faux passeport des escrocs du diamants et or en CentrafriquePasseport fabriqué des faussaires de l’or et du diamants en Centrafrique
L’utilisation de documents officiels falsifiés pour soutenir l’escroquerie.
Les documents d’analyse des produits sont un autre élément clé de cette arnaque. Des rapports officiels émis par le Bureau d’Évaluation et de Contrôle de Diamants et Or (BECDOR) ont été manipulés pour indiquer des taux de pureté de l’or extrêmement élevés, tels que 96,21%. Ces rapports, accompagnés de feuilles d’exportation, faisaient partie d’un ensemble de documents soigneusement orchestrés pour convaincre les investisseurs que leurs transactions étaient non seulement légales, mais aussi très lucratives. En réalité, ces documents n’étaient qu’une façade pour une arnaque massive.
Feuille d’exportation de l’Or et Diamant de la coopérative KAYA
Le rôle des hauts fonctionnaires dans l’escroquerie.
Les documents que nous avons obtenus lors de cette investigation révèlent l’implication directe de plusieurs hauts fonctionnaires centrafricains. Le Directeur Général des Mines, Prince Kambale Charles, et d’autres responsables centrafricains ont signé des bordereaux de production, des factures, et des certificats d’exportation pour des transactions qui n’ont jamais eu lieu. Ces responsables ont utilisé leur position pour donner une apparence de légitimité à l’ensemble du processus, contribuant ainsi à arnaquer des milliards de dollars aux investisseurs internationaux.
Il y a également le chef de cabinet de Touadéra, le sieur Maleyombo, ainsi que son Directeur de cabinet, Obed Namssio, qui jouent un rôle primordial et décisif dans cette affaire. D’après nos investigations sur les précédents jeux, ces deux hauts responsables du régime sont chargés de recevoir, dans leur bureau et dans un restaurant chic de la capitale, tous les potentiels investisseurs invités une fois à Bangui.
Laisser-passer pour l’exportation de l’Or brut de la coopérative KAYA
Bordereau de production de l’Or de la Coopérative KAYA
Les conséquences désastreuses pour les victimes.
Les conséquences de cette escroquerie sont dévastatrices pour les victimes. En plus des pertes financières massives, beaucoup d’investisseurs se sont retrouvés piégés dans un système judiciaire complexe, cherchant désespérément à récupérer leurs fonds. Dans certains cas, les victimes ont même été menacées par les auteurs de l’arnaque lorsqu’elles ont tenté de dénoncer la fraude. Le réseau mafieux, soutenu par des membres influents du gouvernement, a réussi à échapper à la justice en raison de la complicité des hautes personnalités du régime, utilisant des tactiques de peur et d’intimidation pour maintenir le silence des victimes.
Protection des victimes et dénonciation des coupables.
Pour protéger les victimes de cette arnaque, les noms des entreprises impliquées ont été modifiés dans cet article. Cependant, les auteurs de cette vaste escroquerie, y compris les hauts fonctionnaires centrafricains et leurs complices étrangers, sont clairement identifiés pour que justice soit rendue. Le rôle de ces responsables est documenté avec précision, montrant comment ils ont abusé de leur pouvoir pour faciliter l’escroquerie devenue une arnaque internationale.
Une arnaque internationale à grande échelle.
Les preuves accumulées démontrent l’étendue de la corruption et de la criminalité en République centrafricaine, où des réseaux mafieux, protégés par le régime en place, ont réussi à arnaquer des milliards aux investisseurs étrangers. Ce système bien rodé, qui combine l’utilisation de documents officiels falsifiés, des invitations présidentielles, et des coopératives minières fictives, continue de prospérer, mettant en péril l’économie du pays et la confiance des investisseurs internationaux. La révélation de ces fraudes ouvre la voie à des actions nécessaires pour démanteler ce réseau et traduire ses responsables en justice, afin de restaurer l’intégrité du secteur minier en Centrafrique et protéger les futurs investisseurs.
16 ans après le rapport du PNUD, l’État centrafricain en pleine déroute en 2024
Centrafrique.org/touadera-recrute-terroristes-russes-et-mercenaires-rwandais-pour-renforcer-sa-dictature/le-president-touadera-en-campagne-electorale-en-2020/” rel=”attachment wp-att-58755″ data-wpel-link=”internal”>Le président Touadéra en campagne électorale en 2020. AFP
En 2008, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) publiait un rapport essentiel sur le développement humain en République centrafricaine (RCA). Ce document pointait du doigt les problèmes liés au capital social et à la sécurité humaine dans un pays ravagé par des crises récurrentes et une gouvernance fragile. Près de deux décennies plus tard, en 2024, la situation s’est aggravée, plongeant la RCA dans une spirale d’insécurité, de corruption et de méfiance totale envers les autorités.
Le capital social en RCA : Un élément clé pour la cohésion nationale.
En 2008, le PNUD constatait un capital social extrêmement faible en RCA. Le lien entre l’État et ses citoyens était pratiquement rompu. À l’époque, 83,4 % de la population ne faisait pas confiance au gouvernement pour améliorer leurs conditions de vie. Aujourd’hui, en 2024, la situation est encore plus désastreuse. L’État, miné par la corruption, a perdu toute crédibilité. Les institutions publiques, déjà fragiles en 2008, sont désormais perçues comme inutiles, voire nuisibles. La méfiance s’est transformée en un rejet pur et simple des autorités.
Les interactions sociales, qui étaient déjà marquées par l’individualisme et la méfiance en 2008, ont encore régressé. Le tissu social, autrefois affaibli, est désormais en lambeaux. Les solidarités familiales et communautaires, jadis des filets de sécurité face aux crises économiques, sont en train de disparaître, remplacées par une indifférence généralisée et un sentiment d’abandon.
Sécurité humaine : Un impératif pour prévenir les conflits.
Le rapport du PNUD de 2008 mettait en avant l’importance de la sécurité humaine pour éviter l’éclatement de nouveaux conflits. À l’époque, 67 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté, et l’insécurité alimentaire était une réalité quotidienne pour des milliers de Centrafricains. En 2024, ces chiffres ont grimpé, aggravant encore plus la situation. Les tensions sociales, alimentées par la pauvreté extrême, l’accès limité aux services de base, et les violations des droits de l’homme, sont désormais à un point de rupture.
Le taux de mortalité infanto-juvénile, qui était de 176 ‰ en 2006, reste alarmant, voire pire dans certaines régions rurales. L’accès à l’eau potable et aux soins de santé est devenu un luxe pour la majorité de la population, exacerbant l’insécurité et les conflits internes. Le nord du pays, déjà marqué par les combats en 2008, est devenu un véritable no man’s land, où les autorités ne parviennent plus à exercer le moindre contrôle.
État centrafricain en pleine déroute : qu’en est-il de sa refondation en 2024 ?
Le PNUD, en 2008, proposait des recommandations pour restaurer la confiance des citoyens et refonder l’État centrafricain. Il s’agissait notamment de renforcer les institutions démocratiques, de lutter contre la corruption et d’engager un dialogue inclusif avec la société civile. Mais en 2024, ces espoirs semblent bien lointains.
La corruption, qui était déjà endémique, s’est désormais enracinée à tous les niveaux de l’État, de la plus petite administration locale aux plus hautes sphères du pouvoir. L’impunité est devenue la norme, et les rares tentatives de réforme sont systématiquement sabotées par des intérêts personnels. Le gouvernement, incapable de payer régulièrement ses fonctionnaires et de fournir des services de base, a perdu toute légitimité. Le peuple centrafricain, qui en 2008 conservait encore un mince espoir de changement, n’a aujourd’hui plus aucune confiance dans ses dirigeants.
En effet, le rapport du PNUD de 2008 dressait déjà un portrait sombre de la Situation en République centrafricaine, mais la réalité de 2024 est encore plus alarmante. Le capital social est en ruine, la sécurité humaine est inexistante, et l’État, rongé par la corruption, n’offre plus aucune perspective de redressement. La confiance du peuple envers les autorités est nulle, et sans une action internationale déterminée et coordonnée, la RCA risque de sombrer encore davantage dans le chaos.
Martin Ziguelé dresse un tableau noir de l’économie centrafricaine : ‘L’argent ne circule plus’
Centrafrique.org/modification-de-la-constitution-le-brdc-denonce-les-manoeuvres-du-contournement-de-la-decision-de-la-cour-constitutionnelle-par-le-regime/martin-ziguele-tres-bien/” rel=”attachment wp-att-59665″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/09/martin-ziguele-tres-bien-450×399.jpg” alt=”Martin Ziguelé, Président du parti MLPC” width=”450″ height=”399″ />Martin Ziguelé, Président du parti MLPC
Les Centrafricains crient leur désespoir face à une inflation incontrôlée qui ravage leur pouvoir d’achat, comme en témoignent les appels passionnés des auditeurs de la radio Guira FM dans l’émission « Tribune de l’économie ». Pendant ce temps, le gouvernement semble paralysé, incapable de répondre à cette crise économique majeure. Martin Ziguelé, député et économiste invité sur l’antenne, dresse un constat alarmant : “Aujourd’hui, dans les familles centrafricaines, surtout à Bangui et dans les zones périurbaines, les gens mangent une seule fois par jour dans l’après-midi, c’est ce qu’on appelle un coup chaos. C’est dû à la faiblesse du pouvoir d’achat.” Cette déclaration choc illustre l’ampleur de la crise qui frappe le pays et l’urgence d’agir pour éviter une catastrophe sociale.
L’économie centrafricaine face à un pouvoir d’achat anéanti.
“Les ménagères sont à bout de souffle à Yaloké”, déclare une auditrice anonyme, résumant l’angoisse des foyers. À Bangui, le prix d’une simple cuvette de manioc a bondi de 80%, passant de 2500 à 4500 FCFA, selon Martin Ziguelé, député et économiste invité sur Guira FM. Cette flambée touche tous les produits essentiels.
Jean-Charles Sandika, boucher au marché de Yaloké, explique : “La viande est chère parce que nous cherchons la viande jusqu’aux brousses. Un bœuf, nous achetons 700 000 ou parfois 650 000 ou 500 000 comme ça”. Cette hausse des prix à la source se répercute inexorablement sur les consommateurs.
L’économie centrafricaine au bord du gouffre.
Martin Ziguelé dresse un constat alarmant : “L’inflation, c’est vraiment la peste pour l’économie centrafricaine”. Il souligne que le taux d’inflation dépasse largement les 3% fixés par la CEMAC, paralysant l’activité économique. “Aujourd’hui, il y a pratiquement plus d’activités économiques en tant que telles. L’argent ne circule pas”, alerte-t-il.
Le sous-préfet intérimaire de Yaloké, Bruno Bangolo, appelle le gouvernement à “mettre une stratégie en place pour réduire le coût de vie”. Pourtant, aucune mesure concrète n’a été prise pour juguler l’inflation ou stimuler la production locale.
Un avenir sombre sans réformes courageuses.
Face à ce désastre économique, Martin Ziguelé a préconisé des réformes drastiques : “Il faut un gouvernement volontariste pour imposer une politique anti-inflationniste qui va de pair avec une politique de création de richesses et de création d’emplois”. Il appelle à lutter contre la corruption, améliorer le climat des affaires et libéraliser certains secteurs comme les carburants.
Sans un sursaut rapide des autorités, la RCA risque de s’enfoncer dans une spirale inflationniste aux conséquences potentiellement dramatiques. Comme le résume Martin Ziguelé : “Il faut que ça commence quelque part”. Le temps presse pour éviter un effondrement économique que les citoyens centrafricains, eux, vivent déjà au quotidien.
Nzila : la base de la Jeunesse Pionnière cédée aux Rwandais, un symbole national perdu
Centrafrique.org/touadera_inauguration_base_jpn_de_nzila/” data-wpel-link=”internal”>Le Président Faustin-Archange Touadera lors de l’inauguration du Centre de Promotion de l’Entrepreneuriat des Jeunes à Nzila en 2017
Le régime de Touadera poursuit sa politique controversée de cession des infrastructures militaires nationales à des forces étrangères. La récente remise d’une base de la Jeunesse Pionnière aux troupes rwandaises illustre cette tendance alarmante qui fragilise davantage la souveraineté du pays.
Base de la Jeunesse Pionnière cédée : un pays livré aux forces étrangères.
Sous couvert d’accords bilatéraux, le président Touadera a ouvert grand les portes de la Centrafrique aux soldats rwandais et aux mercenaires russes de Wagner. Ces forces occupent désormais des positions stratégiques à travers le pays :
– Le camp de Roux, base stratégique, est largement occupé par les mercenaires russes de Wagner
– Le camp Henri-Izamo de la gendarmerie abrite également des Russes
– La base de la Jeunesse Pionnière de Nzila vient d’être cédée aux Rwandais
– Le camp RDOT à la sortie nord de Bangui, autrefois occupé par d’anciens rebelles, est désormais vide
– Le camp Kassaï militaire, dans le septième arrondissement de Bangui, est occupé par les mercenaires russes du groupe Wagner.
Cette démarche éhontée pousse des nombreux centrafricains à s’interroger sur la capacité des forces armées centrafricaines à assurer la sécurité du pays de manière autonome.
L’accès à la base de la Jeunesse Pionnière Nationale de Nzila.
Base de la Jeunesse Pionnière cédée: une souveraineté compromise.
La présence massive de troupes étrangères sur le sol centrafricain, notamment des milliers de soldats rwandais et de mercenaires russes de Wagner, pose un grave problème de souveraineté. Le président Touadera semble avoir bradé le contrôle des infrastructures militaires nationales en échange d’une protection de son régime par des forces extérieures.
“En cédant ainsi nos bases militaires, le gouvernement hypothèque dangereusement notre souveraineté et notre capacité à assurer notre propre défense”, déplore un ancien haut gradé sous couvert d’anonymat.
Un avenir incertain pour les forces armées nationales.
Privée de ses installations et concurrencée par des contingents étrangers mieux équipés, l’armée centrafricaine voit son rôle et ses capacités s’amenuiser. Cette situation fait craindre une dépendance accrue du pays vis-à-vis de puissances étrangères pour assurer sa sécurité, au détriment du développement de forces de défense nationales autonomes et efficaces.
Cette dépendance croissante envers des puissances extérieures fragilise l’État centrafricain et hypothèque son avenir. Sans une armée nationale forte et autonome, comment le pays peut-il espérer retrouver stabilité et développement ?
L’Hypocrisie de la Journée de l’Arbre en Centrafrique : Un Rideau de Fumée du gouvernement
La célébration annuelle de la Journée Nationale de l’Arbre en République Centrafricaine, avec ses discours grandiloquents et ses plantations symboliques, est devenue une tradition bien établie. Malgré cela, l’efficacité réelle de cette initiative est de plus en plus remise en question. Conçue pour sensibiliser la population à l’importance de la reforestation, cette journée semble davantage centrée sur l’apparence que sur des résultats concrets et mesurables.
Journée de l’Arbre en Centrafrique: manque de Transparence et Absence de Suivi.
Depuis l’instauration de cette journée en 1984, il n’existe pratiquement aucune donnée fiable concernant l’évolution des arbres plantés. On pourrait se demander combien d’arbres ont été réellement plantés depuis 2017, et surtout, quel est leur taux de survie. Les informations à ce sujet sont soit absentes, soit soigneusement dissimulées par le ministère des forêts, qui se contente de cérémonies sans fournir les preuves nécessaires à une évaluation crédible de l’impact de ces actions.
Journée de l’Arbre en Centrafrique: une Initiative Coûteuse mais Inefficace.
Malgré les sommes considérables investies chaque année pour organiser cet événement, les résultats restent invisibles. Des localités comme Bossembélé, Bogangolo, Pissa, Landja, Lithon, Gbazabangui, et Damara ont été désignées comme des zones de plantation, mais aucune preuve tangible ne vient appuyer ces affirmations. En revanche, des initiatives individuelles, comme celle menée par Christian Aimé Ndota en 2008 avec les scouts au lycée Boganda, montrent que des efforts localisés peuvent produire des résultats visibles, prouvant les lacunes des actions gouvernementales.
Le Discours de Touadera : Une Rhétorique Vide.
Lors de la Journée Nationale de l’Arbre 2024 à Damara, dans son propre village, le Président Baba Kongoboro a prononcé un discours riche en promesses, évoquant des engagements internationaux et des stratégies nationales. Néanmoins, ces paroles n’effleurent que superficiellement les défis réels auxquels le pays est confronté en matière de gestion forestière. Des programmes comme le REDD+ ou les contributions déterminées au niveau national (CDN) sont mentionnés, mais leur mise en œuvre et leur efficacité sur le terrain demeurent hautement questionnables.
Pillage et Destruction par le Groupe Wagner : Le Silence Assourdissant des Autorités.
En 2022 et 2023 quand le groupe Wagner pillait et détruisait massivement les arbres dans la Lobaye, personne n’avait levé son petit doigt dans le pays pour dénoncer cela, y compris le Président lui-même. Pourtant, cette année, ils célèbrent cette journée avec la honte. Comment peut-on prétendre célébrer la reforestation tout en fermant les yeux sur la destruction systématique des forêts par des acteurs étrangers, surtout le groupe Wagner, opérant en toute impunité ? Ce silence complice jette une ombre sur les engagements proclamés lors de cette journée et expose l’hypocrisie des autorités.
Une Stratégie de Reboisement Inefficace.
Le Président a annoncé une nouvelle vision stratégique pour un reboisement à grande échelle, qui, en réalité, semble être une répétition des promesses antérieures. Tant que des mesures concrètes et un suivi rigoureux ne seront pas mis en place, cette stratégie risque fort de rester une simple déclaration d’intention sans impact réel. Les plans de développement durable et de reforestation évoqués ne pourront aboutir sans une refonte complète de la gestion des projets et un engagement sincère des autorités.
La Journée Nationale de l’Arbre, bien qu’essentielle sur le plan symbolique, montre ses limites sans un suivi rigoureux et transparent. Les discours prononcés lors de cette journée ne peuvent compenser l’absence de résultats concrets, et la gestion forestière en Centrafrique requiert une révision profonde pour que cette initiative devienne un véritable levier de changement.
La souffrance des habitants de Damala : Les braquages font la loi la nuit
Centrafrique.org/route-poussiereuse-menant-au-quartier-damala-avec-motocyclettes-et-pietons-sous-un-ciel-brumeux/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/Route-poussiereuse-menant-au-quartier-Damala-avec-motocyclettes-et-pietons-sous-un-ciel-brumeux-450×263.jpg” alt=”“Route poussiéreuse menant au quartier Damala avec motocyclettes et piétons sous un ciel brumeux.” width=”450″ height=”263″ />“Route poussiéreuse allant au quartier Damala, à Bégoua. CopyrightCNC
La situation sécuritaire se dégrade de jour en jour dans le quartier Damala, situé proche de l’aéroport international Bangui M’Poko. Les habitants, en proie à des braquages répétés, lancent un cri d’alarme aux autorités.
“Nous vivons dans la peur constante”, déclare Charles Degouto, président de la jeunesse du quartier. “Depuis trois mois, les cas de braquage se multiplient. La nuit, personne n’est à l’abri”.
Jocelyne N., une veuve mère de quatre enfants, témoigne : “Ils ont forcé notre porte en pleine nuit. Ils nous ont menacés avec des armes et ont tout emporté : télévision, moto, ordinateur, téléphones et même les 20 000 francs que j’avais économisés”.
Damala : les commerçants, cibles privilégiées.
Les petits commerçants sont particulièrement visés. Sophie K., propriétaire d’une boutique, raconte : “Vers 22h, des hommes armés ont fracturé ma boutique. Ils ont pris toute ma marchandise et ma recette. Aujourd’hui, j’ai peur de continuer mon activité”.
Un quartier enclavé et mal desservi.
L’enclavement du quartier complique l’intervention des forces de l’ordre. Un fonctionnaire de la mairie, sous couvert d’anonymat, explique : “Les routes sont impraticables. La police peine à accéder rapidement au quartier en cas d’urgence”.
Appel aux autorités.
Face à cette situation alarmante, les habitants de Damala interpellent le gouvernement. Ils réclament l’installation urgente d’un poste de police dans le quartier et la réhabilitation des voies d’accès.
“Si rien n’est fait, certains envisagent déjà de quitter le quartier”, prévient Charles Degouto. “Nous demandons aux autorités d’agir avant qu’il ne soit trop tard”.
La rédaction a tenté de joindre le commissariat central et la mairie de Bangui pour obtenir leurs réactions, mais nos appels sont restés sans réponse jusqu’à présent. La situation à Damala démontre les défis sécuritaires auxquels font face de nombreux quartiers périphériques de la capitale centrafricaine.
Centrafrique : La galère des Centrafricains durant la saison des chenilles 2024
Centrafrique.org/chenilles_en_preparation_dans_une_famille_de_bangui/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/chenilles_en_preparation_dans_une_famille_de_bangui-338×450.jpg” alt=”Personne triant des chenilles dans des grands bols dans un plein air au quartier Bimbo de Bangui, en République centrafricaine.” width=”338″ height=”450″ />Des chenilles sont triées et préparées par une famille du quartier Bimbo , à Bangui. CopyrightChristian Aimé Ndota
Depuis un mois, c’est la période tant attendue des chenilles en Centrafrique. Normalement, entre juin et août, les Centrafricains se régalent de ces petites bêtes nutritives. Cette saison coïncide aussi avec celle du maïs et des arachides frais. D’habitude, c’est un moment où les familles se remplissent bien le ventre.
La saison des chenilles bat son plein en Centrafrique. Entre juin et août, ces petites bêtes comestibles pullulent dans les forêts du pays. Habituellement, c’est une période de réjouissance pour les Centrafricains, qui voient là une occasion de diversifier leur alimentation et de faire des économies. Pourtant, cette année, l’ambiance est loin d’être à la fête. De Bangui à Mbaïki en passant par Boda, un constat amer s’impose : la population n’a plus les moyens de profiter de cette manne saisonnière.
“On n’a plus un rond pour acheter à manger”, disent-ils. Même ceux qui arrivent à acheter un peu ne peuvent pas nourrir toute la famille.
Moussa, un père de sept enfants raconte :
“Les autres années, on profitait bien de cette période. Mais là, c’est la cata. Même moi qui suis fonctionnaire, mon salaire ne suffit plus. Je n’arrive pas à faire manger tout le monde chez moi”.
Cette situation touche presque toutes les familles du pays. Pendant ce temps, dans les maisons des grosses légumes du régime, c’est festin tous les jours. Les enfants sont bien habillés, les parents dorment sur leurs deux oreilles.
Les marchés de Wagner continuent de terroriser les populations. Les autorités restent les bras croisés, comme si de rien n’était. C’est vraiment inquiétant.
Bref, malgré l’abondance des chenilles, du maïs et des arachides, la galère continue pour le petit peuple de Bangui. Comme on dit chez nous : “Le ventre plein ne comprend pas le ventre vide.”
Variole du singe : La population de Bangui paralysée par la peur et la désinformation
Centrafrique.org/rca-une-operation-du-ministere-des-transports-contre-les-motocyclettes-clandestines-tourne-a-la-debandade-generale/marche-de-boy-rabe-de-bangui-3-par-corbeaunews-Centrafrique-2/” rel=”attachment wp-att-36362″ data-wpel-link=”internal”>Marché de Boyrabe dans le quatrième arrondissement de Bangui. Photo CNC / Mickaël Kossi
Depuis l’annonce de l’épidémie de variole du singe dans la capitale Bangui, la psychose s’est installée parmi la population, en particulier concernant la consommation de viande de brousse. Des rumeurs infondées et la peur de contracter la maladie perturbent la vie quotidienne et l’économie sur les marchés, notamment sur les marchés où les commerçants peinent à écouler leurs produits.
Variole du singe : la viande de brousse au cœur des inquiétudes.
La viande de brousse, une source essentielle de protéines pour de nombreuses familles en Centrafrique, est aujourd’hui au centre des débats. Alors que le ministère de la Santé publique tente de rassurer les citoyens, beaucoup restent sceptiques, alimentés par des rumeurs persistantes sur les dangers liés à la consommation de gibier.
Vanessa, une vendeuse du marché de Boy-Rabe, témoigne des difficultés auxquelles elle est confrontée : « Depuis que cette maladie est annoncée, mes ventes ont chuté. Une de mes clientes régulières m’a raconté que sa famille a refusé de manger la viande de brousse qu’elle leur a apportée, après avoir entendu parler de la variole du singe. Je demande aux autorités de nous donner des informations claires pour que nous puissions rassurer nos clients».
Variole du singe : la peur s’installe dans les foyers.
La panique ne se limite pas aux marchés. Dans les quartiers de Bangui, de nombreuses familles ont décidé de bannir la viande de brousse de leur alimentation, par crainte de la maladie. À Galabadja, une femme au foyer explique sa décision : « Avec ma famille, on mange de la viande de brousse de temps en temps, mais depuis que j’ai entendu parler de la variole du singe, j’ai refusé d’en préparer. La sécurité de ma famille passe avant tout».
Bernard, père de famille, exprime également son désarroi : « Je mange de la viande de brousse au moins deux fois par semaine, mais depuis qu’on a appris l’existence de cette maladie, j’ai complètement changé mes habitudes. Cela affecte notre quotidien, et nous vivons dans la peur».
Réponse du ministère de la Santé.
Face à cette situation, le Docteur Pierre Somsé, ministre de la Santé publique, a pris la parole pour tenter de dissiper les inquiétudes : « Lorsque vous achetez de la viande de brousse, il est crucial de suivre des précautions. La viande doit être manipulée avec soin et cuite correctement. Nous n’avons jamais dit qu’il ne faut pas consommer de gibier, mais il est impératif de respecter les mesures sanitaires de base pour éviter tout risque».
Il a ajouté que le ministère a mis en place un plan de riposte pour contrer l’épidémie et intensifie les campagnes de sensibilisation : « Le département de la Santé travaille activement à informer la population. Nous devons nous assurer que les gens reçoivent des informations exactes pour ne pas céder à la panique».
L’impact économique de la désinformation.
Au-delà de la santé publique, cette crise a des répercussions économiques significatives. Les commerçants, déjà affectés par l’instabilité du pays, voient leurs revenus diminuer à cause de la méfiance des consommateurs. Vanessa, au marché de Boy-Rabe, n’est pas la seule à déplorer la situation : « Nous avons besoin que le gouvernement nous soutienne en fournissant des informations fiables. Sinon, nos moyens de subsistance sont menacés».
La situation reste précaire. La diffusion d’informations claires et fiables est essentielle pour apaiser les tensions et permettre à la population de retrouver un semblant de normalité. Le ministère de la Santé est sous pression pour intensifier ses efforts de communication et éviter que la peur ne continue de paralyser Bangui.
Sans une action rapide, la panique liée à la variole du singe risque de laisser des séquelles durables sur l’économie centrafricaine et le quotidien des Centrafricains.
Ouaka, une écoles transformées en bases minières chinoise, le naufrage oral de la Centrafrique.
Photo CNC / Moïse Banafio
La transformation d’une école en base pour des exploitants miniers chinois, avec la bénédiction des FACA, marque une nouvelle étape dans l’effondrement moral de la Centrafrique. Quand les salles de classe deviennent des lieux de pillage, c’est tout un système éducatif qui s’écroule.
L’occupation illégale et irresponsable d’une école par des exploitants miniers chinois, appuyés par les Forces armées centrafricaines (FACA), à Krade, un village à 27 kilomètres de Bambari, symbolise le naufrage progressif et systématique de l’État centrafricain. Après les mercenaires du groupe Wagner, qui avaient déjà longtemps souillé les lieux d’apprentissage, voilà que des prétendus investisseurs, incapables de construire leurs propres infrastructures, s’arrogent le droit de transformer une école en base d’opérations. La complaisance du gouvernement à l’égard de cette mascarade n’est que l’énième manifestation d’un pays qui s’enfonce inexorablement dans le chaos.
Comment a-t-on pu en arriver là ? Comment peut-on tolérer qu’une école, symbole de l’avenir d’une nation, soit réduite à une vulgaire base d’opérations pour des profiteurs sans scrupules ? L’État-major, censé défendre les intérêts nationaux, se retrouve complice de ce pillage en règle, troquant l’éducation de ses enfants contre de vagues promesses d’investissements miniers. Cette situation est d’autant plus scandaleuse que ces investisseurs, qui se présentent comme des bienfaiteurs, ne daignent même pas respecter les prérequis de base en matière d’exploitation, à savoir la construction de leurs propres infrastructures avant de démarrer toute activité.
Il est incompréhensible que ces investisseurs, en dépit des licences qui leur sont accordées, ne soient pas tenus de mettre en place des installations adéquates, préférant squatter une école, lieu sacré de l’instruction. Cela témoigne d’un mépris total non seulement pour la communauté locale, mais également pour le système éducatif du pays tout entier. L’urgence est à la réhabilitation des valeurs fondamentales, mais aussi à la reprise en main de la souveraineté nationale, aujourd’hui piétinée par une poignée d’arrivistes.
Chaque jour qui passe, la Centrafrique s’enfonce davantage dans une crise morale et institutionnelle sans précédent. Le silence du gouvernement sur cette affaire, loin d’être anodin, marque son incapacité flagrante à gouverner et à protéger ses citoyens. Ce désordre organisé ne peut mener qu’à une chose : l’effondrement total de l’État, et avec lui, l’avenir des générations futures.
quand la CNS s’attribue faussement le mérite d’une arrestation d’un ancien chef Balaka à Garoua-Boulaï
Centrafrique.org/bagarre-et-chaos-a-la-cns-fabrice-assap-doit-etre-defere-a-la-gendarmerie/le_directeur_de_cns_general_fabvrice_assap/” rel=”attachment wp-att-77579″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/07/le_directeur_de_cns_general_fabvrice_assap-300×450.jpg” alt=”Directeur de la Compagnie Nationale de Sécurité, Fabrice Assa, en uniforme lors d’une cérémonie” width=”300″ height=”450″ />Fabrice Assa, Directeur de la Compagnie Nationale de Sécurité, photographié lors d’une cérémonie officielle.
Une communication mensongère sur les réseaux sociaux.
Le 9 août 2024, un message diffusé sur les réseaux sociaux a annoncé l’arrestation d’un prétendu trafiquant d’enfants à Garoua-Boulaï, ville frontalière entre la République centrafricaine et le Cameroun. Ce communiqué, rédigé par les communicants du directeur de la Compagnie Nationale de Sécurité (CNS), le général Fabrice Assap, présentait cette opération comme un succès de la CNS. Ces affirmations sont fausses et constituent une manipulation délibérée de l’information.
La CNS: l’arrestation d’un ancien milicien reconverti dans le commerce.
Le suspect arrêté est Innocent Bria, également connu sous le nom de Fulgence Bria. Il s’agit d’un ancien chef milicien Anti-Balaka de Cantonnier qui a abandonné ses activités miliciennes en 2017 pour se reconvertir dans le commerce. Bria a été appréhendé alors qu’il vaquait à ses occupations commerciales, suite à une dénonciation non fondée par des enfants.
Une opération menée par le ministère de la Sécurité publique et non la CNS.
Contrairement aux affirmations de la CNS, l’arrestation de Bria a été effectuée par des éléments de sécurité du ministre de la Sécurité publique, Michel Nicaise Nassin. La CNS n’est intervenue qu’après l’arrestation, pour assurer la garde à vue du suspect dans ses locaux.
Une désinformation flagrante.
Le message diffusé sur les réseaux sociaux constitue une désinformation flagrante. En s’attribuant le mérite d’une opération qu’elle n’a pas menée et en exagérant la nature des accusations contre le suspect, la direction de la CNS a sciemment trompé l’opinion publique.
Un manque de transparence et d’intégrité.
Cette affaire prouve une fois de plus un grave manque de transparence et d’intégrité dans les communications officielles de la CNS. Le directeur Fabrice Assap et ses communicants ont délibérément diffusé des informations erronées pour valoriser leur image, au mépris de la vérité des faits.
Le despotisme d’OMBOPIAKO Rodrigue , un chef de quartier qui joue au procureur dans le 10e arrondissement.
Centrafrique.org/quartier_du_10eme_arrondissement_de_bangui/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/quartier_du_10eme_arrondissement_de_bangui-450×338.jpg” alt=”Rue de terre bordée de végétation et d’une clôture en béton dans Le quartier Cité Espoir, également connu sous le nom de Gborota, dans le 10ème arrondissement de Bangui” width=”450″ height=”338″ />Une rue typique du quartier Cité Espoir, également connu sous le nom de Gborota, dans le 10ème arrondissement de Bangui. CopyrightCNC
Le quartier Cité Espoir, également connu sous le nom de Gborota, dans le 10ème arrondissement de Bangui, subit les agissements abusifs de son chef, OMBOPIAKO Rodrigue, qui s’arroge des pouvoirs exorbitants en toute illégalité. Cette situation prouve une fois de plus une dérive préoccupante de l’autorité locale dans la capitale centrafricaine.
OMBOPIAKO Rodrigue : Un chef de quartier autoproclamé qui bafoue la loi.
Selon les témoignages recueillis dans ce quartier, le sulfureux chef OMBOPIAKO-Rodrigue affirme avoir été nommé directement par le président Touadéra, se plaçant ainsi au-dessus des lois. Cette allégation, qui n’a pu être vérifiée, lui sert de prétexte pour outrepasser largement ses prérogatives de chef de quartier.
Parmi ses abus de pouvoir les plus flagrants de ce chef tombé du ciel:
– Il émet des mandats d’arrêt, s’arrogeant les pouvoirs du procureur;
– Il ordonne l’arrêt de travaux de construction sans aucune base légale;
– Il se substitue à la justice pour régler les différends entre habitants.
Ces agissements sont en totale contradiction avec le rôle d’un chef de quartier, censé être un relais entre la population et l’administration.
Une impunité symptomatique d’un État défaillant.
Le cas d’OMBOPIAKO-Rodrigue, aussi extrême soit-il, révèle une déliquescence plus large de l’autorité de l’État en République centrafricaine. Dans un contexte d’impunité généralisée, de nombreux responsables centrafricains s’arrogent des pouvoirs excessifs au détriment de la population.
Cette situation est aggravée par l’influence croissante du groupe Wagner, accusé de multiples exactions. Pendant ce temps, le gouvernement semble davantage préoccupé par le pillage des ressources que par la restauration de l’État de droit.
Une population démunie et impuissante face aux abus.
Les habitants de Cité Espoir se retrouvent impuissants face aux agissements de leur chef de quartier. L’absence de recours effectifs et la crainte de représailles les empêchent de dénoncer cette situation.
Ce cas démontre la nécessité urgente de rétablir l’autorité de l’État et de mettre en place des mécanismes de contrôle efficaces des responsables locaux. Sans cela, le pays risque de s’enfoncer davantage dans l’anarchie et l’arbitraire.
Programme de développement vs projet humanitaire : le cri d’alarme d’Elie Oueifio sur la Centrafrique
Centrafrique.org/corruption-et-desordre-la-descente-aux-enfers-de-larmee-centrafricaine/elie-ouefio/” rel=”attachment wp-att-75853″ data-wpel-link=”internal”>Élie Ouéifio, un homme d’État en réflexion
Dans une analyse cinglante, l’ancien ministre centrafricain Elie Oueifio dresse un portrait sans concession de la situation actuelle de son pays. Il oppose la vision ancestrale d’un développement autonome à la réalité d’une nation devenue dépendante de l’aide humanitaire. Son constat est amer : la République centrafricaine s’enlise dans des crises perpétuelles, au détriment de son peuple et au profit d’intérêts égoïstes.
L’héritage ancestral bafoué : une nation qui a perdu son chemin du Programme de développement .
Oueifio rappelle avec nostalgie la sagesse des ancêtres centrafricains. Leurs proverbes, tels que “L’eau demandée au voisin ne peut pas cuire la chair du buffle”, incarnaient une philosophie d’autonomie et de travail acharné. Cette vision, ancrée dans les valeurs traditionnelles, visait à construire une nation forte et indépendante.
Malheureusement, l’ancien ministre constate que ces principes ont été abandonnés au fil des années. Les Centrafricains d’aujourd’hui, selon lui, ont succombé à la facilité de l’aide extérieure, oubliant que leur pays regorge de richesses naturelles suffisantes pour assurer son développement.
Le règne des projets humanitaires : une dépendance mortifère.
Oueifio fustige ce qu’il considère comme une dérive dangereuse : la multiplication des projets humanitaires au détriment de véritables programmes de développement. Il dénonce un système qui, sous couvert d’aide, maintient le pays dans un état de dépendance chronique.
L’ancien ministre n’hésite pas à pointer du doigt les ONG et les organisations internationales. Selon lui, leurs actions, bien qu’apparemment bienveillantes, contribuent à perpétuer les crises plutôt qu’à les résoudre. Il va jusqu’à affirmer que certains acteurs ont intérêt à ce que la situation ne s’améliore pas, afin de justifier leur présence et leurs budgets.
Programme de développement : La corruption : un cancer qui ronge le pays de l’intérieur.
Oueifio ne mâche pas ses mots lorsqu’il aborde le fléau de la corruption. Il dénonce un système où les détournements de fonds sont monnaie courante, privant l’État des ressources nécessaires à son fonctionnement.
L’ancien ministre appelle à des actions concrètes et immédiates pour lutter contre ce phénomène. Il critique l’inaction des autorités face aux rapports accablants de la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance, estimant que l’impunité ne fait qu’encourager ces pratiques néfastes.
Un appel à la responsabilité : réveiller la conscience nationale.
Face à ce sombre tableau, Oueifio lance un appel vibrant à ses compatriotes. Il les exhorte à prendre conscience de la gravité de la situation et à se réapproprier leur destin. L’ancien ministre insiste sur la nécessité de revenir aux valeurs fondamentales de travail, d’intégrité et de patriotisme.
Il appelle également les dirigeants à assumer pleinement leurs responsabilités. Oueifio critique le manque de courage politique, estimant que trop souvent, les décideurs se cachent derrière des excuses plutôt que d’affronter les problèmes de front.
Le message d’Elie Oueifio est clair : la Centrafrique doit se réveiller avant qu’il ne soit trop tard. Son analyse, aussi dure soit-elle, se veut un électrochoc pour une nation qu’il voit s’enfoncer dans une spirale destructrice.
L’ancien ministre appelle à un sursaut national, à un retour aux valeurs qui ont jadis fait la fierté du pays. Il invite ses compatriotes à rejeter la facilité trompeuse de l’aide humanitaire pour embrasser la voie plus ardue, mais plus digne, du développement autonome.
Les déclarations d’Alexis Ndui Yabela, coordinateur de la cellule de veille contre la corruption, révèlent l’étendue de l’échec cuisant de cette structure censée lutter contre les malversations dans le pays.
La cellule de veille : un bilan inexistant malgré des moyens conséquents.
Après plus d’un an et demi d’existence, le bilan de la cellule est tout simplement inexistant et totalement nul. Ndui Yabela se contente de mentionner une vague “volonté de la population” de dénoncer les abus, sans fournir le moindre chiffre concret sur les résultats obtenus. Pire encore, il avoue que la structure n’est réellement opérationnelle que depuis janvier 2024, malgré sa création en 2023. Un gaspillage éhonté de fonds publics pendant plus d’un an, sans la moindre action concrète.
La cellule de veille : une impunité totale pour les corrompus.
Le coordinateur est incapable de citer le nombre de personnes sanctionnées suite aux rapports de la cellule. Il se réfugie derrière une prétendue “méthodologie de travail” opaque, où les rapports seraient transmis à diverses autorités sans aucun suivi. Cette absence totale de résultats concrets démontre l’inefficacité flagrante du dispositif, qui sert visiblement de paravent à l’inaction gouvernementale.
Une collaboration inexistante avec la justice.
Ndui Yabela reconnaît à demi-mot l’absence de coopération réelle avec la justice, se contentant d’affirmer que les rapports sont “transmis”. Il est incapable d’expliquer le faible nombre d’affaires de corruption traitées par les tribunaux, se défaussant lâchement sur le ministère de la Justice. Cette dérobade témoigne de l’incapacité totale de la cellule à assurer un véritable suivi judiciaire des cas de corruption.
Des moyens dérisoires face à l’ampleur du problème.
Le coordinateur admet que la cellule ne peut couvrir qu’une infime partie du territoire national, se limitant à Bangui et quelques axes routiers. Une situation aberrante au vu des moyens prétendument alloués par le gouvernement et des partenaires étrangers. Cette incapacité à déployer des actions sur l’ensemble du pays rend toute lutte efficace contre la corruption illusoire.
Un numéro vert sous-utilisé.
Avec seulement 8 plaintes par jour en moyenne, selon monsieur Ndui Yabela, le numéro vert mis en place apparaît comme un gadget inefficace. Ndui Yabela tente maladroitement de rejeter la responsabilité sur la population, l’exhortant à utiliser davantage ce service. Une pirouette grossière pour masquer l’incapacité de la cellule à susciter la confiance des citoyens.
Un geste symbolique dérisoire.
Le coordinateur s’enorgueillit d’avoir restitué 2 millions de francs CFA au Trésor public, présentant cela comme un acte exemplaire. Une goutte d’eau dans l’océan des détournements qui gangrènent l’administration centrafricaine. Ce geste dérisoire ne fait que souligner l’absence de résultats concrets dans la lutte contre la grande corruption.
En réalité, les propos d’Alexis Ndui Yabela dressent le portrait d’une cellule de veille totalement inefficace, servant de caution morale à un gouvernement incapable de s’attaquer réellement au fléau de la corruption. Cette structure apparaît comme un écran de fumée coûteux, détournant l’attention des véritables enjeux de gouvernance en République centrafricaine.
La décentralisation est souvent évoquée comme une solution pour rapprocher l’administration des citoyens et améliorer la gouvernance locale. En République centrafricaine, cette notion est régulièrement mise en avant par les partisans du Président Baba Kongoboro, qui prétendent que la présence de gouverneurs et de préfets dans les régions en est une preuve tangible. Pourtant, une analyse plus approfondie révèle que la situation est loin d’incarner une véritable décentralisation. En réalité, le pouvoir reste largement concentré au niveau central, ce qui limite fortement l’autonomie des régions et des collectivités locales.
En effet, le gouverneur de la région du plateau, Joseph Dekombo, a été investi dans ses fonctions jeudi dernier. Lors de son discours, il a clairement expliqué sa mission : « Nous, gouverneurs, nous allons seulement poursuivre la feuille de route donnée par le président de la République […] Nous sommes prêts à suivre la feuille de route du président de la République». Ces propos confirment que le rôle des gouverneurs en Centrafrique n’est pas de prendre des initiatives locales autonomes, mais bien de mettre en œuvre les décisions du gouvernement central.
Décentralisation et centralisation : les bases du débat….
La décentralisation implique le transfert de compétences, de pouvoirs et de responsabilités du gouvernement central vers des entités locales, telles que les régions, préfecture ou communes. Ce processus vise à donner plus d’autonomie aux autorités locales pour qu’elles puissent mieux répondre aux besoins spécifiques de leurs populations. Il s’agit d’une démarche qui consiste à renforcer la démocratie locale et à améliorer l’efficacité de la gouvernance.
À l’opposé, la centralisation maintient les principales décisions et pouvoirs au niveau national. Dans ce cas, les représentants locaux, comme les gouverneurs et les préfets, sont souvent des relais du pouvoir central, appliquant les directives du gouvernement sans grande marge de manœuvre.
Gouverneurs et préfets : des relais du pouvoir central.
En République centrafricaine, le président nomme les gouverneurs pour superviser les régions. Ces derniers sont chargés de coordonner les actions des préfets, qui gèrent les préfectures. Sur le papier, ces structures pourraient donner l’impression d’une décentralisation. Pourtant, le fait que ces responsables soient nommés par le président et non élus par les populations locales montre clairement la centralisation du pouvoir.
Les gouverneurs et préfets ne disposent pas d’une véritable autonomie pour adapter les politiques publiques aux besoins locaux. Leur rôle se limite essentiellement à l’exécution des directives émanant du gouvernement central. Cette absence d’autonomie locale démontre que le pouvoir réel reste concentré à Bangui, à la présidence de la République entre les mains de Baba Kongoboro.
Une décentralisation limitée : les défis pour les régions.
Les partisans du gouvernement vantent la présence de ces structures comme une preuve de décentralisation, mais cela ne reflète pas la réalité. Dans un véritable système décentralisé, les régions disposeraient de plus de pouvoirs pour gérer leur développement, définir leurs priorités, et prendre des décisions en matière de santé, d’éducation, d’infrastructure, et autres services publics. En République centrafricaine, ces décisions continuent d’être prises au niveau central, souvent sans réelle consultation des populations locales.
De plus, la centralisation du pouvoir empêche les gouverneurs et préfets de réagir rapidement et efficacement aux crises locales. L’obligation de suivre les directives de Bangui, sans possibilité d’adaptation aux réalités du terrain, limite leur capacité à répondre aux besoins urgents des citoyens. Ce manque de flexibilité renforce la distance entre les populations et l’administration, aggravant ainsi la méfiance envers les autorités.
Décentralisation : mythe ou réalité en République centrafricaine ?
Loin d’être un modèle de décentralisation, la République centrafricaine reste largement centralisée. Les gouverneurs et préfets, bien qu’importants dans la structure administrative, ne disposent pas des pouvoirs nécessaires pour incarner une véritable autonomie locale. Le pouvoir reste concentré au niveau du gouvernement central, limitant ainsi les capacités des régions à se développer de manière indépendante.
En réalité, les discours qui vantent la décentralisation en République centrafricaine ne correspondent pas à la réalité du terrain. La structure actuelle demeure profondément centralisée, et une véritable décentralisation nécessiterait des réformes significatives, notamment en matière de transfert de pouvoirs et de ressources aux autorités locales. Pour l’instant, la décentralisation en Centrafrique reste un concept largement théorique, utilisé plus comme un outil de communication politique que comme une réalité concrète au service des citoyens.
À Koundé, la tension entre agriculteurs et éleveurs s’intensifie
Centrafrique.org/kounde-les-defis-de-la-sante-en-milieu-rural/panneau-indiquant-le-croisement-kounde/” rel=”attachment wp-att-75487″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Panneau-indiquant-le-croisement-Kounde-450×450.jpg” alt=”Panneau indiquant le croisement Koundé sur la route entre Baboua – Béloko” width=”450″ height=”450″ />Panneau indiquant le croisement Koundé sur la route entre Baboua – Béloko. CopyrightCNC
Les rivalités entre agriculteurs et éleveurs prennent de l’ampleur ces derniers temps dans la commune de Koundé, située à 560 km à l’ouest de Bangui, la capitale de la République centrafricaine. Un incident récent impliquant la destruction d’une plaque d’identification d’un groupement d’agriculteurs déplacés a dévoilé une fois de plus les tensions persistantes dans cette région ouest du pays.
La tension agriculteurs éleveurs Koundé : un acte de vandalisme révélateur.
Le dimanche dernier, une personne non identifiée a arraché la plaque d’un groupement de personnes déplacées internes agricoles à l’entrée sud de Koundé pour la jeter en brousse. Cet acte provoque l’indignation des membres du groupement, comme l’a expliqué monsieur Bigo Ernest, rapporteur de l’association :
“Cette plaque a été emportée par quiconque, on ne sait même pas, parce qu’il est contre le développement. Nous voulons mettre vraiment ce terme du groupement pour développer, pour avancer par rapport aux politiques du gouvernement”.
Historique de la tension agriculteurs éleveurs Koundé : des conflits récurrents.
Cette tension n’est pas nouvelle dans cette région de l’ouest et du nord-ouest du pays. Bigo Ernest évoque des incidents antérieurs impliquant un éleveur étranger du Cameroun :
“La fois dernière, on a vu que certains bœufs d’un éleveur étranger du Cameroun venaient dévaster notre champ. On est allé jusqu’au niveau de la gendarmerie de Beloko de Cantonier pour traiter cette affaire”.
Ces conflits mettent en évidence la difficulté de cohabitation entre les agriculteurs locaux et les éleveurs transhumants, souvent étrangers, qui traversent la région avec leurs troupeaux.
Une volonté de développement entravée.
Le groupement des personnes déplacées internes, actif depuis huit mois, cherche à contribuer au développement de la commune et du pays. Cependant, ces tensions récurrentes entravent leurs efforts. Bigo Ernest souligne :
“Nous voulons que la paix règne parmi nous. Donc les éleveurs et les cultivateurs sont des frères. Mais les Peuls ne comprennent pas jusqu’alors. Ils viennent avec la force”.
Appel au respect mutuel et à l’intervention des autorités.
Face à cette situation, les agriculteurs appellent au respect des zones délimitées pour les cultures et l’élevage. Ils demandent également l’intervention des autorités pour faire respecter ces délimitations et prévenir les conflits.
“Nous ne voulons pas la violence, nous ne voulons pas la guerre. Nous voulons que la paix règne parmi nous”, insiste Bigo Ernest.
Un défi pour la cohésion sociale.
Les tensions entre agriculteurs et éleveurs à Koundé prouve un défi plus large auquel la République centrafricaine est confrontée : la gestion des ressources naturelles et la cohabitation entre différentes communautés. La résolution de ces conflits nécessitera un dialogue continu, l’implication des autorités locales et nationales, ainsi qu’un respect mutuel entre les différents acteurs de la région.
Double drame routier à Béloko et Cantonnier : l’insécurité routière fait 3 morts
Centrafrique.org/dans-le-centre-ville-de-beloko-a-la-frontiere-avec-le-cameroun/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/05/dans-le-centre-ville-de-beloko-a-la-frontiere-avec-le-cameroun-450×433.jpg” alt=”À Béloko, à la frontière avec le Cameroun” width=”450″ height=”433″ />À Béloko, à la frontière avec le Cameroun. CopyrightCNC
La route meurtrière entre Béloko et Cantonnier a encore frappé ce vendredi 9 août 2024, faisant 3 victimes dans deux accidents distincts. Ces drames prouve une fois de plus le laxisme révoltant des autorités face au fléau de l’insécurité routière qui gangrène le pays.
À 14 km de Cantonnier, le vendredi dernier, un véhicule a percuté un enfant de 11 ans, le tuant sur le coup. Quelques kilomètres plus loin, près du bureau de douane de Béloko, le même jour, un autre véhicule, plus précisement un bus, a percuté deux hommes, les tuant également sur place. Ces accidents, survenus à proximité d’une frontière très fréquentée avec le Cameroun, soulignent l’urgence de mesures de sécurité routière dans cette zone névralgique.
La colère de la population, qui a failli incendier le véhicule impliqué dans l’accident de Béloko, témoigne de l’exaspération face à ces drames récurrents. Les forces de l’ordre ont dû intervenir pour disperser la foule, une réaction qui traite le symptôme plutôt que la cause du problème.
L’absence de la déclaration officielle sur ces accidents et le manque de mesures préventives concrètes sont révélateurs de l’indifférence des autorités centrafricaines. Alors que les corps des victimes, celles de Béloko sont transférés à la morgue de l’hôpital communautaire, celle de Foro reste dans son village chez sa famille, aucun plan d’action pour améliorer la sécurité routière n’a été annoncé.
Ces tragédies pousse les centrafricains à s’interroger: Quand les autorités prendront-elles enfin au sérieux la sécurité routière dans ce pays, plus particulièrement celle de cette région frontalière stratégique avec le Cameroun ? Combien de vies faudra-t-il encore sacrifier avant que des mesures concrètes ne soient prises ?
Le calme apparent qui règne maintenant sur la ville ne doit pas faire oublier l’urgence d’agir. Sans une réponse rapide et efficace des autorités, ces routes continueront d’être le cimetière de drames évitables, laissant les populations dans la peur et la colère.
Selon le GTSC, le gouvernement centrafricain plonge le pays dans un chaos économique
Centrafrique.org/rca-pourquoi-touadera-a-t-il-choisi-moloua-pour-la-primature/le-premier-ministre-felix-moloua/” rel=”attachment wp-att-53779″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/02/Le-premier-ministre-Felix-Moloua-450×294.jpg” alt=”Le premier ministre Félix Moloua” width=”450″ height=”294″ />Le premier ministre Félix Moloua
L’incroyable incompétence totale du gouvernement de Faustin-Archange Touadéra vient d’être mise en lumière par un rapport accablant du Groupe de Travail de la Société Civile (GTSC). Ce document démontre une explosion des prix des produits de première nécessité, plongeant les Centrafricains dans une pauvreté sans précédent.
Bangui, 11 août 2024. Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
le GTSC: Une flambée des prix insoutenable
Le tableau ci-dessous, issu du rapport du GTSC, montre l’évolution alarmante des prix entre 2020 et 2024 :
Biens et services
Coût en 2020 (FCFA)
Coût en 2024 (FCFA)
Progression
1L Super
865
1100
27%
1L Gasoil
855
1350
58%
Sac de Riz 50KG
30000
36000
20%
Cuvette de manioc
2000
4000
100%
Taxi
150
250
67%
Ces chiffres révèlent une situation catastrophique pour la population. Le prix du gasoil a bondi de 58%, tandis que celui d’une simple cuvette de manioc a doublé. Cette inflation galopante frappe de plein fouet les plus vulnérables, réduisant leur pouvoir d’achat à néant.
Un gouvernement sourd aux souffrances du peuple
Face à cette crise, le gouvernement de Touadéra reste scandaleusement inactif. Aucune mesure concrète n’a été prise pour soulager la population. Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Thierry Patrick Akoloza, brille par son silence assourdissant, incapable de proposer la moindre solution pour enrayer cette spirale inflationniste.
Des conséquences dramatiques
Cette flambée des prix a des répercussions dramatiques sur le quotidien des Centrafricains. Les familles ne peuvent plus se nourrir correctement, les enfants sont contraints d’abandonner l’école faute de moyens, et l’accès aux soins devient un luxe inaccessible pour la majorité de la population.
“Nous ne mangeons plus qu’un repas par jour, et encore”, témoigne Marie K., mère de famille au quartier Fouh à Bangui. “Le gouvernement nous a abandonnés. Nous sommes livrés à nous-mêmes.”
Le Dr Paul-Crescent Beninga, porte-parole du GTSC, dénonce “l’incurie totale d’un gouvernement déconnecté des réalités du peuple”. Il appelle à une mobilisation générale pour exiger des mesures d’urgence face à cette crise sans précédent.
L’incompétence manifeste du gouvernement Touadéra plonge la République centrafricaine dans une spirale infernale de pauvreté et de désespoir. Il est grand temps que les autorités prennent conscience de la gravité de la situation et agissent enfin dans l’intérêt du peuple, avant que la colère ne gronde dans les rues de Bangui.
Nouvelle flambée de violence dans la Basse-Kotto : trois commerçants assassinés près de Yabongo
Zemio-lequipe-dune-ong-internationale-victime-dun-braquage-spectaculaire/upc-rebelles/” rel=”attachment wp-att-68394″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/08/upc-rebelles-450×349.jpg” alt=”Trois combattants rebelle de l’UPC à Mboki, au sud-est de la République centrafricaine. CopyrightCNC” width=”450″ height=”349″ />
Une attaque meurtrière a eu lieu mercredi dans la commune de Yabongo, située dans la sous-préfecture de Zangba, préfecture de la Basse-Kotto, à environ 611 km au sud-est de Bangui. Trois commerçants ont été tués par des hommes armés non identifiés alors qu’ils revenaient de la localité de Guereyanda.
Les victimes, identifiées comme étant Karsoua Bienvenu, Congo Dieudonné et Yawele, sont tous des frères du maire de Yabongo. Cette tragédie montre une fois de plus la précarité de la situation sécuritaire dans cette région éloignée de la capitale centrafricaine.
Selon des sources locales, aucune force de sécurité n’a encore été déployée sur les lieux du drame, laissant la population dans un état de vulnérabilité face aux groupes armés qui sévissent dans la zone. Cette absence de réponse immédiate des autorités alimente un sentiment de frustration et d’abandon parmi les habitants.
À cet effet, certains résidents de Yabongo ont exprimé leur volonté de prendre les choses en main et de poursuivre eux-mêmes les assaillants. Cette réaction, bien que compréhensible, risque de redoubler les tensions et la violence dans une région déjà instable.
Cet incident s’inscrit dans un contexte plus large d’insécurité persistante dans plusieurs régions de la République centrafricaine. La Basse-Kotto, comme d’autres préfectures périphériques, reste particulièrement vulnérable aux activités des groupes armés.
Les autorités centrafricaines sont maintenant face au défi de répondre rapidement à cette crise, non seulement pour traduire en justice les responsables de cette attaque, mais aussi pour rassurer une population locale de plus en plus inquiète. La sécurisation des axes routiers et le rétablissement de l’État de droit dans ces zones reculées restent des priorités pour la stabilité et le développement de la République centrafricaine.
Cinq nouveaux cas de variole du singe confirmés près de Bayanga
Centrafrique.org/faciliter-le-transfert-des-malades-des-motos-remises-par-le-projet-seni-a-lhopital-de-bayanga/intervention-chirurgicale-a-lhopital-de-bayanga/” rel=”attachment wp-att-76646″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/06/Intervention-chirurgicale-a-lhopital-de-Bayanga-450×375.jpg” alt=”Deux chirurgiens en pleine opération à l’hôpital de Bayanga” width=”450″ height=”375″ />Deux professionnels de santé effectuent une intervention chirurgicale à l’hôpital de Bayanga. Image Facebook de l’hôpital de Bayanga.
L’Institut Pasteur de Bangui a confirmé cinq cas de variole du singe (Monkeypox) dans le village de Mossapoula, situé à 5 km de Bayanga, dans la préfecture de la Sangha-Mbaéré. Le Dr KOYAPELENGUE Kantin, médecin intérimaire à la formation sanitaire de Bayanga, revient sur cette situation et appelle la population à la vigilance.
“On avait trouvé un cas de monkeypox. Si je me rappelle bien, ça fait un mois et demi”, explique le Dr KOYAPELENGUE. Les prélèvements envoyés à Bangui avaient alors confirmé le diagnostic. Le patient avait été isolé à l’hôpital et des soins lui avaient été administrés.
Cinq nouveaux cas identifiés le 30 juillet.
Le médecin poursuit : “Le 30 juillet dernier, notre équipe nous a fait savoir qu’elle avait vu des gens qui avaient des éruptions. Nous nous sommes dépêchés, on a prélevé et envoyé à Bangui. Et on nous a confirmé que tous les 5 cas prélevés souffrent de la maladie à monkeypox”.
Ces nouveaux patients ont également été admis à l’hôpital pour recevoir des soins.
Appel à la vigilance et aux mesures préventives.
À cet effet, le Dr KOYAPELENGUE insiste sur l’importance des mesures préventives :
“Nous profitons pour pouvoir sensibiliser encore la population. De ne pas oublier les mesures qu’on avait demandées de mettre en place pour pouvoir éviter cette maladie.”
Il rappelle les principales recommandations :
– Éviter de toucher les rongeurs et les singes
– Se laver régulièrement les mains
– Bien cuire la viande de brousse
“Ce n’est que par ces mesures qu’on peut éviter la maladie”, souligne-t-il.
Absence de traitement spécifique.
Le médecin met en garde : “Si vous tombez malade, il n’y a aucun traitement pour pouvoir vous soigner. On va vous mettre au niveau de l’hôpital, vous prodiguer des soins. Mais le virus en question, il n’y a pas un traitement qui peut agir contre lui”.
Cette absence de traitement curatif renforce l’importance de la prévention et de la sensibilisation de la population.
La variole du singe, une zoonose à surveiller.
Le Dr KOYAPELENGUE rappelle que la variole du singe est une zoonose, une maladie transmissible de l’animal à l’homme. Elle peut également se propager entre humains par contact étroit.
Dans ce contexte, la vigilance reste de mise à Bayanga et dans les villages environnants. Les autorités sanitaires continuent de suivre la situation de près pour limiter la propagation de la maladie.
Maxime Mokome dénonce une vendetta politique contre sa famille
Centrafrique.org/accuse-davoir-transporte-maxime-mokom-le-policier-kenfei-symphorien-arrete-a-gamboula-et-transfere-a-bangui/policier-symphorien_kenfei/” rel=”attachment wp-att-78589″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/policier-symphorien_kenfei-450×338.webp” alt=”Le policier Symprorien Kenféi en uniforme bleu foncé regardant la caméra” width=”450″ height=”338″ />Agent des forces de l’ordre Symprorien Kenféi en service
“Je suis déjà mort. Je suis déjà enterré. Mais pourquoi Touadéra veut toujours quelque chose contre moi “? Ces mots déchirants de Maxime Mokome, ancien ministre centrafricain du désarmement, actuellement à La Haye au Pays Bas, résonnent comme un cri du cœur. Dans une déclaration émouvante faite à la rédaction du CNC, Mokome dénonce ce qu’il perçoit comme une persécution systématique de sa famille et de son ethnie par le régime du président Kongoboro.
Maxime Mokome : une arrestation qui met le feu aux poudres….
L’étincelle qui a déclenché cette virulente sortie de Maxime Mokome semble être l’arrestation récente du policier Symphorien Kénféi. Ce dernier a été appréhendé la semaine dernière à Gamboula, dans la Mambéré-Kadéi, et conduit à l’OCRB (Office Central de Répression du Banditisme) à Bangui, accusé d’avoir aidé à transporté Maxime Mokome à se déplacer vers un village voisin de Gamboula. Cette arrestation, perçue comme injuste par Mokome, a visiblement agacé son ressentiment envers le régime en place.
“Ce jeune policier centrafricain, monsieur Symphorien Kénféi, il n’a jamais mangé un truc que je lui ai donné. Il n’a jamais bénéficié d’une faveur de ma part, même quand j’étais ministre”, s’indigne Mokome, soulignant l’absurdité de cette arrestation.
Maxime Mokome : des accusations de discrimination ethnique.
Au cœur de la diatribe de Mokome se trouve l’accusation grave de discrimination ethnique. L’ancien ministre dénonce ce qu’il considère comme une persécution systématique de sa famille et de son groupe ethnique par les autorités centrafricaines.
“Pourquoi ma famille, mes clans ethniques sont persécutés tous les jours ? Mais pourquoi ils vont être persécutés pendant combien d’années ?” s’interroge-t-il avec véhémence. Ces accusations pourraient avoir de sérieuses implications pour la stabilité du pays et la réputation internationale du gouvernement Touadéra.
Une remise en question de l’identité nationale.
Dans son discours, Mokome va jusqu’à remettre en question sa propre citoyenneté centrafricaine, dans ce qui semble être un appel désespéré à faire cesser ce qu’il perçoit comme du harcèlement.
“Est-ce que je ne suis pas centrafricain ? Mais si je ne suis pas centrafricain, qu’ils enlèvent ma nationalité centrafricaine et me laissent dans cette condition”, déclare-t-il, prouvant en plus le sentiment profond d’exclusion qu’il ressent.
Un avertissement pour l’avenir.
Mokome ne se contente pas de dénoncer la situation actuelle. Il lance également un avertissement concernant l’avenir du pays et du régime Touadéra.
“Un jour ou tard, le régime va finir. Mais ce que Touadéra est en train de faire, est-ce qu’il pense à son lendemain ? Est-ce qu’il pense à sa génération ?” Cette mise en garde soulève des questions sur la stabilité à long terme du pays et les conséquences potentielles des actions actuelles du gouvernement.
Un ancien chef milicien anti-Balaka, Innocent Bria, alias Gbakaba, a été appréhendé la semaine dernière à Cantonnier, localité frontalière avec le Cameroun. Cette arrestation ravive des tensions liées au passé violent de la République centrafricaine.
Circonstances de l’arrestation de M. Innocent Bria, un chef anti-Balaka .
Les forces de l’ordre ont interpellé Innocent Bria dimanche dernier vers 11 heures, devant son kiosque à Cantonnier. La ville, située dans la sous-préfecture de Baboua, se trouve à 610 km de Bangui. Menotté, l’ancien milicien a été conduit au commissariat de Béloko avant son transfèrement à Bangui.
Parcours d’un chef milicien Anti-Balaka reconverti en commerçant.
Gbakaba, autrefois chef anti-Balaka réputé pour sa brutalité, s’était reconverti en commerçant. Il tenait un kiosque à Cantonnier, vendant diverses marchandises. Son passé de milicien reste marqué par de graves exactions, incluant des meurtres et des enterrements de personnes vivantes.
Liens familiaux et motivations présumées.
Des rumeurs persistent sur les origines de Gbakaba. Certains le présentent comme le fils de l’ancien procureur Bria, assassiné en 2013 par certains combattants de la Séléka au croisement de Miskine, dans le 5e arrondissement de Bangui. Cet événement aurait motivé son engagement dans la milice anti-Balaka.
Suspicions et tensions politiques.
L’arrestation de Gbakaba entraine des nombreuses questions sur ses commanditaires. Certains évoquent une possible implication d’Arnaud Djoubaye Abazène, l’actuel ministre de la Justice. Ce dernier, autrefois soupçonné dans l’assassinat du procureur Bria, aurait pu conserver une rancune envers cette famille.
Tentative de corruption avortée.
Informé de son arrestation imminente, Innocent Bria aurait tenté de soudoyer un officier de police de Béloko. Il lui aurait remis 200 000 francs CFA dans une buvette. Malgré cette tentative, l’officier a procédé à l’arrestation comme prévu.
La décapitation de deux chefs anti-balaka par les mercenaires russes de Wagner dans la ville de Bouca, préfecture de l’Ouham-Fafa, démontre l’ampleur de la dérive autoritaire et sanglante du régime de Baba Kongoboro. Malgré les preuves accablantes publiées sur les réseaux sociaux montrant les corps mutilés, le gouvernement persiste dans le déni et le mensonge, bafouant les valeurs les plus élémentaires de l’État de droit.
barbarie d’État : un système basé sur la terreur et l’impunité.
Cette exécution sommaire n’est que la partie émergée d’un système répressif instauré avec la bénédiction des plus hautes autorités. Les mercenaires russes agissent en toute impunité, se livrant à des exactions contre les populations civiles sans jamais être inquiétés. Le silence complice du pouvoir face à ces crimes témoigne de sa complicité.
barbarie d’État et l’hypocrisie d’un gouvernement aux abois.
En niant l’évidence malgré les preuves accablantes, le gouvernement centrafricain démontre son mépris total pour la vérité et la justice. Cette attitude mensongère vise à masquer sa perte de contrôle sur une grande partie du territoire, abandonnée aux milices étrangères. L’État centrafricain n’existe plus que de nom.
Un appel à la responsabilité des démocrates.
Face à cette dérive, Maître Crépin Mboli-Goumba, figure de l’opposition, appelle les démocrates à prendre leurs responsabilités pour mettre fin au “voyoutisme d’État” et restaurer les valeurs républicaines. Il met en garde contre l’illusion d’un changement sans action concrète : “Les murs de Jéricho ne tomberont pas avec les trompettes.”
Alors que le pays s’enfonce dans la violence et l’arbitraire, l’avenir de la République centrafricaine repose désormais entre les mains des forces démocratiques. Leur mobilisation sera décisive pour éviter le naufrage définitif de l’État de droit.
Centrafrique.org/les-miliciens-wagner-ti-azande-deployes-dans-louham-avec-leurs-instructeurs-russes/les-wagner-ti-azande/” rel=”attachment wp-att-76325″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/les-wagner-ti-azande-450×202.jpg” alt=”Miliciens de la milice Azandé prenant une pause avec un instructeur du groupe Wagner, assis sur un véhicule blindé” width=”450″ height=”202″ />Des miliciens de la milice Azandé et un instructeur du groupe Wagner prennent une pause, assis sur un véhicule blindé lors de leur patrouille.
Ce jeudi 8 août, les habitants de Zémio, dans la préfecture du Haut-Mbomou, ont subi une nouvelle vague d’exactions. Vers 10h, les miliciens Azandé, désormais connus sous le nom de “Wagner Ti Azandé”, ont lancé une série d’arrestations ciblées au marché central, paralysant l’activité économique de la ville.
Arrestations arbitraires par les Azandé au cœur de la ville.
Les miliciens ont mené une opération d’intimidation en plein jour, ciblant spécifiquement le marché central de Zémio. Plusieurs commerçants ont été arrêtés sans motif apparent, créant un climat de peur parmi la population. Ces arrestations, menées sans mandat ni procédure légale, ont provoqué la fermeture immédiate des boutiques, plongeant le centre-ville dans un silence inquiétant.
Témoins de la scène, des habitants rapportent que les miliciens ont agi avec brutalité, n’hésitant pas à user de la force pour emmener leurs victimes. L’identité et le sort des personnes arrêtées restent pour l’heure inconnus, ajoutant à l’angoisse des familles et de la communauté.
Les Azandé : Une fausse intégration aux forces armées.
Le gouvernement prétend avoir intégré ces miliciens aux Forces Armées Centrafricaines (FACA) après leur formation par les Mercenaires russes de Wagner à Obo depuis avril. Pourtant, les arrestations de ce jour démontrent que ces hommes armés conservent leurs méthodes violentes et agissent sans contrôle, bien loin du comportement attendu de véritables forces de sécurité.
Menace grandissante pour la population civile.
L’arrivée mardi de renforts des miliciens Azandé en provenance d’Obo, positionnés près d’un campement d’éleveurs Peuls à la sortie de la ville sur l’axe de Djema, accentue les tensions. Les éleveurs craignent désormais une attaque imminente, révélant l’insécurité croissante qui règne dans la ville.
Bangui complice des exactions.
Le plus alarmant dans cette situation reste l’apparent soutien du gouvernement centrafricain à ces milices. En cautionnant leur prétendue intégration aux forces armées, les autorités se rendent complices des violences perpétrées et exposent la population qu’elles devraient protéger à de graves dangers.
La situation à Zémio prouve l’incapacité flagrante du gouvernement à garantir la sécurité des citoyens et à contrôler les groupes armés qui sévissent dans le pays.
Scandale au HCR de Douala : Des athlètes réfugiés victimes d’une escroquerie liée aux JO de Paris 2024
Centrafrique.org/ils-ont-arrose-mon-frere-de-tirs-des-milliers-de-centrafricains-affluent-au-cameroun-pour-fuir-les-violences/des-refugies-de-la-republique-centrafricaine-font-la-queue-devant-les-bureaux-administratifs-de-garoua-boulai/” rel=”attachment wp-att-43621″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/01/Des-refugies-de-la-Republique-centrafricaine-font-la-queue-devant-les-bureaux-administratifs-de-Garoua-Boulai-450×253.jpg” alt=”Des réfugiés de la République centrafricaine font la queue devant les bureaux administratifs de Garoua-Boulai, au Cameroun, le 8 janvier 2021, où le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) les traitera après avoir fui la RCA” width=”450″ height=”253″ />Des réfugiés de la République centrafricaine font la queue devant les bureaux administratifs de Garoua-Boulai, au Cameroun, le 8 janvier 2021, où le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) les traitera après avoir fui la RCA . CopyrightDR
Une affaire de fraude et d’usurpation d’identité secoue le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) à Douala, au Cameroun. Des athlètes réfugiés, majoritairement centrafricains, accusent un responsable d’avoir détourné leurs identités dans le cadre d’une sélection pour les Jeux Olympiques de Paris 2024. Cette situation démontre une fois de plus les dysfonctionnements graves au sein de l’institution censée protéger les réfugiés.
Tout commence lorsque M. Louis Marie Ayissy, chargé des affaires sociales au HCR de Douala, lance un appel aux réfugiés centrafricains et d’autres nationalités pour participer aux Jeux Olympiques de Paris en tant qu’athlètes réfugiés. De nombreux sportifs, voyant là une opportunité unique, répondent à l’appel et fournissent leurs documents d’identité comme demandé.
HCR de Douala : la supercherie découverte.
Alors que les athlètes sélectionnés attendent leur départ pour Paris, ils apprennent avec stupéfaction que d’autres personnes auraient voyagé à leur place, utilisant leurs identités. Cette révélation provoque un choc et une indignation compréhensibles parmi les réfugiés, qui se sentent trahis par l’organisation même censée les protéger.
Une confrontation houleuse.
Devant une telle situation, un groupe d’athlètes décide de se rendre au bureau du HCR de Douala pour obtenir des explications. La réaction de M. Ayissy est particulièrement violente et inappropriée. Des enregistrements audio, obtenus par notre équipe présente sur place, révèlent un échange houleux où le responsable insulte les plaignants, les qualifiant à plusieurs reprises de “fous”. Cette attitude défensive et agressive ne fait que renforcer les soupçons qui pèsent sur lui.
Le silence assourdissant du HCR de Douala.
Malgré la gravité des accusations, le HCR reste muet. Nos multiples tentatives pour joindre M. Ayissy sont restées vaines, son téléphone sonnant dans le vide. Ce silence est d’autant plus préoccupant qu’il s’agit d’allégations impliquant une organisation internationale de premier plan.
Un problème plus large de gestion des réfugiés.
Cette affaire prouve une fois de plus des problèmes plus vastes dans la gestion des réfugiés au Cameroun. Des réfugiés centrafricains dénoncent également l’attitude du responsable social du HCR de Douala qui pousse les refugiés à un retour volontaire dans leur pays. Les refugiés ne comprennent pas cette insistance de la part d’une institution onusienne.
Un coup dur pour la confiance envers les institutions internationales.
Cette affaire, si elle est avérée, porterait un coup sévère à la crédibilité du HCR et, plus largement, aux institutions internationales œuvrant pour la protection des réfugiés. L’instrumentalisation cynique du rêve olympique au détriment de personnes vulnérables est particulièrement choquante. Il est plus qu’urgent que toute la lumière soit faite sur cette situation.
Le pillage systématique de la RCA par le régime en place atteint des sommets
Centrafrique.org/attaques-injustifiees-contre-la-ministre-nicole-koue-les-bebes-mafieux-du-regime-a-loeuvre/fb_img_1701707562957/” rel=”attachment wp-att-71074″ data-wpel-link=”internal”>Madame Nicole Koué, ministre de Logement et de l’Habitat
Le gouvernement centrafricain, aux abois pour financer ses Mercenaires russes, vend littéralement le pays par morceaux, spoliant les citoyens et profanant même les lieux sacrés. Cette frénésie de vente des biens publics atteint un niveau sans précédent. L’incompétence et le cynisme des dirigeants actuels apparaissent au grand jour à travers ces actions désespérées.
Le pillage systématique de la RCA :Extorsion des habitants de Kpalongo.
À Kpalongo, sur la route de Mbaïki, l’État rackette honteusement les occupants traditionnels des terrains. Pour “régulariser” leur situation, ces derniers doivent débourser 400 000 FCFA pour un lot, et jusqu’à 1 million FCFA pour deux lots. Une somme exorbitante pour la majorité des Centrafricains, qui se retrouvent menacés d’expulsion de leurs propres terres ancestrales.
Un projet d’école ambitieux dans le village Kpalonogo, sur la route de Mbaïki
Profanation d’un cimetière à Bangui.
Plus choquant encore, le cimetière du quartier Landja-Mboko dans le 7e arrondissement de Bangui a été brutalement rasé par le ministère de l’Urbanisme. L’espace a été vendu à des propriétaires étrangers, privant les familles de l’accès aux tombes de leurs proches. Cette profanation révèle le mépris total du gouvernement pour les valeurs culturelles et le deuil des citoyens.
Un gouvernement irresponsable.
Ces actions témoignent d’une gestion calamiteuse et à court terme. Le régime vend tout ce qu’il peut sans se soucier des conséquences, ni prévoir d’alternatives pour les populations. La capitale se retrouve même sans cimetière fonctionnel, forçant les habitants à enterrer leurs morts hors de la ville.
Cette situation alarmante exige une mobilisation immédiate de l’opposition et de la société civile pour dénoncer ces pratiques prédatrices qui hypothèquent l’avenir du pays. La communauté internationale ne peut rester silencieuse devant ce pillage organisé des ressources centrafricaines au profit de mercenaires étrangers. L’urgence d’un changement de gouvernance s’impose pour mettre fin à ce saccage systématique du patrimoine national et protéger les intérêts vitaux des Centrafricains.
Le Ministre de l‘économie Dr Filakota et le péché par omission.
Centrafrique.org/lechec-patent-du-rcpca-revele-au-grand-jour-par-le-ministre-filakota/professeur-richard-filakota-bon/” rel=”attachment wp-att-78549″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/professeur-richard-filakota-bon-450×301.jpg” alt=”Le ministre Richard Filakota assis à une table de conférence avec des drapeaux en arrière-plan” width=”450″ height=”301″ />Le ministre de l’économie et du plan, Richard Filakota . Crédit photo : radio Guira FM.
La parution du 6 Août 2024 d’une rubrique dans Corbeaunews me donne l’opportunité de parler de l’école, du déficit en capital humain et de l’absurdité y relative qui se reflètent dans la qualité des textes administratifs qui circulent de façon permanente sur les réseaux sociaux. Sans vouloir défendre le Ministre, le post me permet de dire que ce dernier a péché par omission en voulant agir par solidarité gouvernementale. La gestion et l’organisation du capital humain n’est pas du ressort de son portefeuille. Il aurait été normal que le Ministre se serve de chiffres. Malheureusement il n’y a ni chiffres ni statistiques pertinentes, alors c’est compréhensible qu’il ne les connaisse. Je crois que ce sujet relève des multiples secteurs en charge des questions relatives à l’enseignement, à la formation professionnelle à la recherche et à la politique du travail et de l’emploi.
L’école de la République Centrafricaine, une institution en réalité fictive, ne répond pas du tout aux besoins de développement du pays. Il n’y a pas où il manque cruellement de stratégie nationale en matière de développement du capital humain et les causes sont endogènes et exogènes. Les racines de cette carence de l’enseignement et de la formation sont très profondes et les accusations ne peuvent viser un seul Ministre, de surcroît celui de l’économie. Il s’agit clairement et directement d’une responsabilité collective de longue date, qu’on peut remonter jusqu’à ceux qui ont eu la charge du secteur au sortir de la colonisation.
L’école et le Savoir sont restés des mythes depuis l’indépendance.
L’école que nous connaissons sous la forme, l’organisation et la structuration actuelle a été introduite par la puissance coloniale, dans le but de la transformation et de l’acculturation du colonisé. Et depuis l’indépendance à nos jours, la scolarisation de l’enfant Centrafricain pose problème, et pour cause la sainte maxime de l’assimilation (Voir livre de Jean-Pierre Mara : Oser les Changements en Afrique, cas du Centrafrique, paru au éditions L’Harmattan en 2008)
En République Centrafricaine tout comme dans la plupart des pays africains, l’école ne reproduit pas des connaissances en lien avec le vécu de la population au sens stricte du terme. Si l’éducation est l’ensemble savoir- faire et savoir-être nécessaires à l’intégration dans une société, elle constitue l’ensemble des interventions concourant au développement et à la socialisation de l’individu. Elle concerne en premier lieu la transmission des savoirs fondamentaux, l’apprentissage de la vie sociale et de la citoyenneté.
La formation constitue l’apprentissage par la transmission des connaissances techniques qui permettront à un enfant ou un adulte d’acquérir les méthodes de travail avant d’entrer dans la vie professionnelle. Elle se distingue de l’instruction, mais dans la pratique, on confond les deux notions. Par elle, on désigne l’ensemble des connaissances théoriques et pratiques qui ont été acquises dans un domaine donné . La limite entre l’éducation, l’instruction et la formation est diffuse, parfois floue, étant donné que le mode social d’aujourd’hui délègue les fonctions d’éducation aux écoles. Je parlerai donc d’éducation pour ce qui est du rôle de la famille et de l’enseignement pour ce qui relève de la responsabilité de l’Etat. Or en RCA, on va généralement à l’école pour obtenir des diplômes en vue d’entrer dans la fonction publique et devenir fonctionnaire.
Depuis que la RCA est un pays indépendant et donc souverain, la politique de préparation de la ressource humaine à travers une formation scolaire ou universitaire n’est pratiquée conformément à une politique de développement culturel. Ce qui veut dire que l’enseignement général en RCA n’est pas dispensé pour élever le niveau de la société. S’agissant alors de la formation professionnelle, elle n’ est pas organisée et dispensée pour permettre au citoyen d’acquérir des connaissances ou des compétences en fonction de la demande locales. Sa structuration vise des domaines de compétences bien spécifiques en conformité avec la puissance coloniale et non pour le développement de la société Centrafricaine. L’enfant centrafricain de la classe de 3eme voir Terminale est-il en mesure de décrire la composition chimique de l’eau en langue nationale le Sango ? Sait-il construire une phrase complexe en français , la langue de son enseignement ? Peut-il vous dire quelles vitamines sont contenues dans la mangue ? dans les Gougou(champignons) ou dans la farine d’igname ? Append-t-il quelque chose sur la marantassé à l’école ?
Avoir une un capital humain implique que les formations doivent être préparées et conduites par rapport à une politique définie à l’avance dans le but d’améliorer sa production locale afin de la vendre aux autres pays. Elle doit aussi suivre une procédure de prévoyance qui aide à la gestion des ressources humaines nécessaires pour garantir la pérennité et la réussite de la politique de développement préconisée.
Il est urgent de se mettre d’accord sur le fait que l’éducation de l’enfant commence d’abord dans sa famille où il apprend les règles de vie en société. La formation, elle, doit avoir lieu dans une structure d’enseignement suivant un programme établi par un organe gouvernemental.
Or en RCA, nous observons que chacun fait ce qui lui passe dans la tête sur le sujet de l’école. Les partenaires de développement de la RCA organisent des renforcements de capacités dans les domaines qui intéressent leur secteurs d’influence tandis que les ONG instaurent des écoles où elles enseignent ce qu’elles veulent, dans la langue qu’elles veulent, ce que j’appelle pesanteurs exogènes. D’un point de vue endogènes, les programmes des écoles n’ont aucun lien avec un programme de développement précis. Les écoles publiques dispensent les cours sur 4 mois, les écoles privées sur 6 mois, les deux n’ayant pas la même durée d’enseignement ni les mêmes contenus de programmes.
L’inadéquation du modèle scolaire et éducatif se manifeste non seulement par le contenu de l’enseignement mais aussi par les types de filières proposés par les différents cursus.
Dans la recherche de ce qu’il faut oser changer pour adapter l’école à notre société, une question s’impose et s’articule de façon simple à savoir ‘‘L’école c’est quoi, l’école sert à quoi et finalement que comprenons nous par l’acronyme École ?’’
Si l’école est le lieu d’apprentissage, elle a un outil primaire qui est la langue d’apprentissage. Mais elle a aussi un but ultime qui est la finalité de ce qu’on y apprend. Dans l’espace qui nous intéresse et qui fait l’objet de cette envie de vouloir oser un changement, l’école telle que nous la connaissons a été introduite à l’époque coloniale, quand les colons avaient une idée bien précise de sa finalité.
Le savoir du guérisseur (médecin) qui transmettait ses secrets non à tous ses enfants mais à celui qui était choisi sur des critères propres au métier n’est plus d’actualité. Il en est ainsi encore aujourd’hui de tous les métiers d’artisanats et autres. La colonisation dans son élan d’assimilation, a, de façon subtile, graduellement détruit ce système en introduisant son modèle de fonctionnement et suivant ses Intérets.
Retenons que les Centrafricains n’ont pas encore intériorisé le fait que l’individu va à l’école pour apprendre les techniques d’amélioration de sa condition de vie ou bien pour parfaire ce qu’il sais faire.
Il y a quand même une curiosité qu’il faut relever. Toute l’Afrique noire du Nigéria au Congo RDC en passant par le Cameroun, le Gabon ou le Congo pour ne citer que ces pays ont le pétrole et d’autres richesses minières ou forestières. Comment expliquer que ces pays produisent depuis des années du pétrole sans construire une école qui enseignent n’importe quelle discipline en rapport avec l’extraction de ce produit. Il en est de même pour le bois, le diamant et l’or. La RCA vend ses matières premières à l’état brute, sans volonté de les transformer sur place, démarche qui équivaut à création de l’emploi.
En Centrafrique, beaucoup de personnes mange le manioc ou le maïs. Pourtant, on ne trouve aucune école dédiée à l’enseignement des variétés de manioc, là où il serait possible d’apprendre la meilleur façon de planter, de croiser, de traiter les plantes ou tout simplement apprendre la composition des tubercules du manioc et la façon de transformer celles-ci en farine.
Dans la contrée d’origine d’un de mes collègues de lycée, le poisson est abondant dans les cours d’eau. Son père, tout comme tout autre homme ici est pêcheur. Pourtant il m’a rapporté que ses parents l’ont envoyé à l’école avec un seul espoir; le voir devenir fonctionnaire pour échapper à la vie de pêcheur. Le père avait peut-être raison. Mais en réalité, c’est le nouveau décideur qui a remplacé le colon qui est le premier responsable de l’Erreur. Si l’école de pèche et de conditionnement existait en RCA, mon ami fils de pécheur serait entrepreneur en conditionnement et distributeur de poissons séchés, fumés, mis en boite etc..
Ceux des Noirs qui avaient pris le pouvoir au départ du colon n’avaient pas compris comment donner un sens à la notion d’école. Aujourd’hui ces privilégiés qui gouvernent continuent dans l’erreur.
Il nous faut revoir le contenu de l’enseignement de l’école primaire au secondaire et reprendre l’orientation et les matières enseignées à l’Université de Bangui. Il suffit de lister les thèses de doctorat de cette université pour se rendre à l’évidence que les responsables de cette institution n’ont pas encore saisi le sens profond de l’école et ensuite de l’enseignement supérieur. Cette remise en cause du sens de l’école mais surtout de l’inadaptation de l’école aux besoins de développement social de la RCA est le sujet de mon prochain livre a paraître.
En toute humilité et en responsable politique membre d’un parti, je veux exprimer que nous sommes défenderesse d’une nouvelle politique en RCA pour la protection sociale finançable par les assurés avec une garantie de la Retraite pas seulement pour une classe mais pout tout le monde, Bouba Nguéré , Waligara et paysans compris. Notre parti milite pour l’appropriation et la maîtrise d’un savoir-faire qui permettent la transformation de nos produits sur place, suivi d’une démarche marketing et commercial à l’extérieur ; régional et international. Pour ce faire nous remettons en cause le contenu et la qualité actuelle de l’enseignement. Il faut mettre fin à cette irresponsabilité politique et économique du gouvernement qui manque de conscience nationale. La société Centrafricaine a besoin de vision pour la formation des jeunes dans des métiers générateurs de richesses. Ne former les jeunes qu’aux seules métiers Militaire, Police et Douane n’est pas une fin en soi. Nous pensons que c’est une politique qui ne peut pas se financer par des donations ou avec des partenaires obscures sans volonté d’améliorer les capacités locales.
Pour nous, tout développement du capital humain centrafricain doit s’organiser en partant d’une ambition politique, ou le gouvernement formule clairement des programmes structurés, chiffrés et basés sur la transformation sur place de nos ressources naturelles. Cela n’est possible que par la réorganisation de la filiaire de l’enseignement technique et professionnel, l’adaptation du contenu des formations et des filières avec des débouchés sur des emplois générateurs de revenus. Une telle politique est la condition du plein emploi, ce qui a pour effet, une ‘’jeunesse sans chomage’’ donc un avenir meilleur et un développement humain certain.
Nous appelons les jeunes à prendre conscience de cet enjeux et à tourner le dos aux prédateurs, à la politique de manipulation sans vision et sans stratégie de développement du capital humain. Avec la politique actuelle aux visées éternalistes, il n’y a aucun avenir.
Jean-Pierre Mara
Ancien député,
PS :Auteur de :
1-Oser les changements en Afrique, cas du Centrafrique, 2008, l’harmattan
L’Assemblée nationale ou l’art de se boucher les oreilles face aux pétitions du peuple
Centrafrique.org/le-president-de-lassemblee-nationale-simplice-mathieu-sarandji-declare-clause-la-velleite-du-president-touadera-de-reviser-ou-de-changer-la-constitution/le-president-assemblee-nationale-simplice-mathieu-sarandi/” rel=”attachment wp-att-59975″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/10/le-president-assemblee-nationale-simplice-mathieu-sarandi-450×253.png” alt=”Le Président de l’assemblée nationale Simplice Mathieu Sarandji, le 3 octobre 2022″ width=”450″ height=”253″ />Le Président de l’assemblée nationale Simplice Mathieu Sarandji, le 3 octobre 2022
Le président de l’Assemblée nationale, Simplice Mathieu Sarandji, a rejeté une importante pétition citoyenne demandant des changements constitutionnels et législatifs cruciaux, révélant le mépris flagrant des élus pour la voix du peuple centrafricain.
Rejet de pétitions du peuple: une démocratie bafouée.
Dans un courrier daté du 6 août 2024, M. Sarandji invoque des motifs procéduraux pour écarter la pétition soumise le 13 mai par l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique. Cette manœuvre technocratique prive les citoyens de leur droit fondamental de s’exprimer sur des sujets aussi cruciaux que la Constitution ou le code électoral.
Les pétitions du peuple ignorées.
La pétition rejetée portait sur des enjeux majeurs, notamment :
– L’annulation de la controversée Constitution du 30 août 2023
– L’abrogation du code électoral de 2024, largement critiqué
– La suppression de la loi sur les cryptomonnaies
– Des modifications législatives concernant la magistrature et l’emploi
– Une motion de censure contre le gouvernement
En balayant d’un revers de main ces revendications légitimes, l’Assemblée nationale démontre son déni des préoccupations réelles des Centrafricains.
Un artifice juridique commode.
Sarandji se retranche derrière l’article 103 du règlement intérieur de l’Assemblée pour rejeter la pétition, invoquant des vices de forme. Cette attitude formaliste permet aux élus d’ignorer commodément le fond des demandes citoyennes.
Une démocratie ignorée.
Ce rejet révèle la déconnexion croissante entre la classe politique et le peuple centrafricain. En refusant d’examiner sur le fond une pétition portant sur des sujets aussi cruciaux, l’Assemblée nationale bafoue les principes démocratiques élémentaires et creuse dangereusement le fossé avec les citoyens.
Sans un sursaut démocratique rapide, la République centrafricaine risque de s’enfoncer davantage au plus fond de la crise de légitimité aux conséquences imprévisibles. Les élus doivent de toute urgence renouer le dialogue avec le peuple qu’ils sont censés représenter.
Quand les Jeux et les Stupéfiants Détruisent des Familles en Centrafrique
Un mercenaire de Wagner en train de fumer de la drogue au quartier KM5, dans le troisième arrondissement de Bangui
En Centrafrique, l’addiction aux jeux d’argent et aux stupéfiants ravage de nombreuses familles. Didier Thimba, psychologue, explique comment cette dépendance prend racine et se manifeste, aggravée par le manque de centres de traitement adaptés dans le pays.
Addiction en Centrafrique : Une Problématique Croissante.
L’addiction, qu’elle soit liée aux jeux d’argent ou aux substances psychoactives, est une réalité alarmante en Centrafrique. Selon Didier Thimba, psychologue, ces dépendances se développent rapidement et affectent profondément la vie des individus et de leurs proches. Les jeux d’argent, ainsi que la consommation de stupéfiants tels que le tramadol et le cannabis, sont au cœur de cette crise.
L’addiction est définie par l’Organisation Mondiale de la Santé comme un état psychique et parfois physique résultant de l’interaction entre un organisme vivant et un produit. Cette interaction se caractérise par un désir compulsif de consommer une substance ou de pratiquer une activité. Thimba précise que la dépendance perturbe le cerveau, remplaçant les sources de plaisir habituelles par des comportements addictifs.
Il existe plusieurs formes d’addictions en Centrafrique :
Addictions Comportementales : Les jeux d’argent, les jeux vidéo, et les jeux de hasard entraînent des comportements obsessionnels. Les individus deviennent dépendants de ces activités, négligeant leurs responsabilités quotidiennes.
Addictions au Travail : Connue sous le terme de “workaholisme”, cette forme de dépendance pousse les individus à s’investir excessivement dans leur travail, au détriment de leur santé et de leurs relations personnelles.
Addictions aux Substances Psychoactives : La consommation de produits tels que l’alcool, le cannabis, les anxiolytiques et les antidépresseurs crée une forte dépendance. Ces substances, lorsqu’elles sont consommées de manière excessive, entraînent des conséquences graves pour la santé.
Facteurs de Risque.
Plusieurs facteurs favorisent le développement de l’addiction. Les influences environnementales, les conditions de vie difficiles, et la disponibilité des substances psychoactives sont des éléments clés. Didier Thimba souligne que l’absence de centres spécialisés pour le traitement des addictions en Centrafrique aggrave la situation. Les personnes touchées n’ont souvent pas accès à l’aide nécessaire pour surmonter leur dépendance.
Conséquences de l’Addiction.
Les conséquences de l’addiction sont multiples et graves. Sur le plan individuel, les personnes dépendantes rencontrent des problèmes de santé, des difficultés financières, et des tensions relationnelles. La dépendance aux jeux et aux drogues entraîne une dégradation de la qualité de vie et un isolement social accru.
Prise en Charge et Solutions.
En Centrafrique, la prise en charge des addictions reste un défi majeur. Le manque de structures adaptées et de personnel formé complique le traitement des dépendances. Didier Thimba appelle à une meilleure sensibilisation et à la création de centres de traitement spécialisés pour offrir un soutien adéquat aux personnes touchées.
En un mot, l’addiction aux jeux d’argent et aux stupéfiants en Centrafrique est une problématique sérieuse qui détruit des familles et impacte fortement la société. Une réponse adaptée, incluant la création de centres de traitement et une sensibilisation accrue, est essentielle pour lutter contre ce fléau.
Baba Faustin jette l’éponge : Fin des bains de Kongoboro chez sa maitresse Josiane!
Centrafrique.org/lappel-audacieux-de-patricia-dounia-les-armes-comme-seule-solution-face-a-touadera/le-president-centrafricain-entrain-de-faire-la-priere-pour-son-regime/” rel=”attachment wp-att-65822″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Le-President-centrafricain-entrain-de-faire-la-priere-pour-son-regime-450×311.jpg” alt=”Le Président centrafricain Faustin Archange Touadera entrain de faire la prière pour son régime en faillite” width=”450″ height=”311″ />Le Président centrafricain Faustin Archange Touadera entrain de faire la prière pour son régime en faillite
Accrochez-vous bien : Baba Faustin vient de mettre fin à ses bains hebdomadaire de Kongoboro ! Eh oui, l’homme qui se faisait laver comme un bébé par sa cinquième maîtresse Josiane Bemaka – Soui alias Bema, ministre de l’action humanitaire, a subitement arrêté son petit manège. Après des années de barbotage dans cette mixture mystérieuse, notre Faustin national semble avoir eu une révélation. Mais à quel prix ?
Festival-pour-accompagner-les-jeunes-artistes” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Bangui, 08 août 2024.
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Tenez-vous bien : ce mec, marié à deux femmes, notamment Brigitte et Tina, se tape des petites sauteries chez sa cinquième maîtresse Josiane Bemaka – Soui plusieurs fois par semaine. Et pas pour faire un petit coucou, non ! Il va se faire laver comme un gosse, un bébé de six mois avec des feuilles de Kongoboro. C’est à gerber !
Vous vous rendez compte ? Sa cinquième maitresse envoyait ses propres domestiques en quatrième vitesse au marché Combattant ou au PK-12 pour acheter ces foutues feuilles avant que monsieur ne débarque chez elle.
Le manège commençait dès que Baba Faustin pointait le bout de son nez, souvent entre 21h et 22h. Mama Josiane Bemaka – Soui avait tout préparé : les feuilles de Kongoboro chauffées déjà dans la marmite. Et là, tenez-vous bien : notre Faustin se faisait laver comme un marmot. Dans la cuvette de 40 litres, frottage, rinçage, le grand jeu ! Comme si madame Josiane Bemaka – Soui lui changeait sa couche.
Le pire, c’est que ça durait depuis plus de trois ans, ce cirque ! Et il a fallu que Corbeau News Centrafrique mette son nez là-dedans pour que M. Félix arrête ses petites trempettes. C’est louche, tout ça. S’il n’avait rien à cacher, pourquoi arrêter d’un coup ?
Parlons-en de ces bains de Kongoboro. C’est pas du pipi de chat, ce truc-là. Nos anciens l’utilisaient pour des cas graves : deuil, accident, ou même pour “laver” les péchés d’un meurtrier. Alors quoi ? M. Faustin a quelque chose de si terrible à se reprocher qu’il devait se purifier toutes les semaines ?
Franchement, ça me débecte. Un homme qui a des responsabilités aussi énormes, qui devrait montrer l’exemple, et voilà ce qu’on apprend. Il trompe ses femmes, se fait dorloter par ses nombreuses maîtresses, et en plus, il se livre à des rituels bizarres. C’est quoi la prochaine étape ?
Les gens ont raison de se poser des questions. Moi, je me demande ce qu’il essaie de cacher. Qu’est-ce qu’il a fait de si terrible pour avoir besoin de se “purifier” constamment ? Et surtout, est-ce qu’on peut faire confiance à un type pareil pour gérer nos affaires ?
Cette histoire pue, et pas qu’un peu. Ça montre bien le vrai visage de nos soi-disant élites. Pendant qu’on galère au quotidien sous le soleil, et dans l’ombre la nuit faute d’électricité, eux, ils se font chouchouter par leurs maîtresses. Et avec nos impôts, en plus !
Il est grand temps que M. Faustin, désormais appelé Baba Kongoboro s’explique. Qu’il nous dise la vérité sur ces bains, sur sa double vie, sur tout. Parce que là, franchement, ça craint. On mérite mieux que ça, nous, les citoyens honnêtes.
Cette affaire, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Faut que ça change, et vite. Sinon, où va-t-on ? Je vous le demande.