Association des femmes sucrées de Touadéra » : le silence complice des femmes leaders face à l’insulte institutionnalisée
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/associations-des-filles-succretes-de-touadera_500.jpg” data-wpel-link=”internal”>Association des Filles Sucrettes de la Jeunesse du parti MCU de Touadera
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À Bangui, un nom circule avec un mélange d’amusement et d’indignation : “Association des femmes sucrées de Touadéra”, ou encore Association des Filles Sucrettes de Touadera. Oui, c’est bien le nom choisi par des proches du pouvoir pour désigner un regroupement prétendument féminin. Mais au-delà du ridicule, une question sérieuse s’impose : où sont les femmes leaders, les juristes, les associations de défense des droits des femmes ? Pourquoi aucun recours n’est-il engagé pour faire retirer une appellation aussi dégradante ?
Ce titre, d’apparence légère, réduit la femme centrafricaine à une caricature : un objet décoratif, entretenu et dépendant. Le mot “sucrée”, dans le langage courant, évoque une relation intéressée, une femme entretenue par un homme riche ou puissant. L’utiliser dans une appellation officielle revient à institutionnaliser la banalisation du sexisme. Et tout cela, sous le regard silencieux de celles qui se disent défenseures de la dignité féminine.
Certes, tout Bangui sait que le président Touadéra traîne une sale réputation de séducteur invétéré des jeunes filles. Les rumeurs de maîtresses, de jeunes femmes courtisées dans les administrations ou recrutées par proximité personnelle ne datent pas d’hier. Mais même dans un régime où la confusion entre vie privée et affaires publiques est devenue une habitude, transformer cette image en nom d’association franchit une ligne rouge. C’est une insulte collective faite à toutes les femmes du pays, des étudiantes aux fonctionnaires, des commerçantes aux mères de famille.
Qu’une poignée de militantes du régime accepte de se présenter comme “sucrées” relève d’un choix personnel douteux. Mais que l’administration laisse enregistrer une telle dénomination, sans réaction du ministère du Genre ni de l’Administration du territoire, pose un grave problème moral et institutionnel. L’État cautionne-t-il désormais la dérision des femmes au nom du loyalisme politique ? Apparemment oui.
Cette appellation n’est pas seulement ridicule. Elle est profondément humiliante pour toutes les femmes centrafricaines. Elle dit aux jeunes filles que leur avenir passe par la séduction d’hommes puissants plutôt que par le travail et le mérite. Elle dit aux femmes professionnelles que leur compétence compte moins que leur capacité à plaire. Elle dit aux mères de famille que leur dignité peut être bradée sur l’autel du clientélisme politique.
En acceptant ce nom, ces femmes acceptent de réduire toutes les Centrafricaines à des objets de transaction. Elles valident l’idée que la relation entre une femme et le pouvoir passe nécessairement par la soumission sexuelle ou sentimentale. Elles enterrent des décennies de combat pour l’émancipation féminine.
Et où sont les voix qui devraient s’élever ? Le ministère du Genre, censé défendre les droits des femmes, reste muet. Les associations féministes qui organisent des ateliers sur l’autonomisation des femmes ne disent rien. Les femmes députées qui siègent à l’Assemblée nationale n’ont pas soufflé mot. Les juristes spécialisées dans les droits des femmes n’ont engagé aucun recours.
Ce silence est assourdissant. Il montre que sous Touadéra, même la dignité des femmes peut être sacrifiée si cela sert les intérêts du régime. Les femmes leaders centrafricaines préfèrent fermer les yeux sur cette insulte plutôt que de risquer de déplaire au pouvoir.
Certaines diront peut-être que c’est une question de liberté d’association, que ces femmes ont le droit de s’appeler comme elles veulent. Mais la liberté d’association ne peut pas servir à légitimer l’humiliation collective d’un genre. Quand un nom d’association insulte toutes les femmes d’un pays, ce n’est plus une question de liberté individuelle mais de dignité collective.
D’autres diront que ce n’est qu’un nom, que ce n’est pas si grave. Mais les mots ont un sens. Les symboles ont un poids. Quand l’État accepte d’enregistrer officiellement une “Association des femmes sucrées”, il valide l’idée que les femmes sont des objets à “sucrer”, c’est-à-dire à entretenir en échange de faveurs.
Cette banalisation du sexisme institutionnel s’inscrit dans un contexte plus large de régression des droits des femmes sous Touadéra. Pendant que des femmes acceptent de s’appeler “sucrées” du président, d’autres femmes centrafricaines sont violées par les mercenaires de Wagner sans que justice ne soit rendue. Pendant que certaines parade
nt avec ce titre dégradant, d’autres meurent en couches faute d’hôpitaux fonctionnels. Pendant que quelques privilégiées se “sucrent” auprès du pouvoir, la majorité des Centrafricaines s’enfoncent dans la pauvreté.
L’existence même de cette association montre jusqu’où peut aller la corruption morale d’un régime. Touadéra a réussi à convaincre des femmes d’accepter publiquement d’être réduites à des “sucrées”. Il a transformé l’humiliation en badge d’honneur, la soumission en titre de gloire.
Les femmes leaders, les collectifs féministes et les associations indépendantes doivent répondre. Le silence équivaut à une complicité tacite. Acceptera-t-on que la femme centrafricaine soit réduite à une “sucrée” présidentielle ? Acceptera-t-on que l’État enregistre officiellement une association dont le nom insulte toutes les femmes du pays ?
Si les défenseures des droits des femmes ne réagissent pas face à cette insulte institutionnalisée, elles perdent toute crédibilité. On ne peut pas organiser des ateliers sur l’autonomisation des femmes tout en fermant les yeux quand des femmes acceptent de s’appeler “sucrées” d’un président.
On ne peut pas dénoncer le sexisme ordinaire tout en laissant passer le sexisme officiel. On ne peut pas se dire féministe tout en refusant de condamner une appellation qui réduit les femmes à des objets entretenus.
Les femmes centrafricaines méritent mieux que d’être associées à cette caricature dégradante. Elles méritent des associations qui portent leur dignité, qui défendent leurs droits, qui célèbrent leurs accomplissements. Pas une “Association des femmes sucrées” qui les rabaisse au rang de maîtresses présidentielles.
Le combat pour les droits des femmes en Centrafrique ne peut pas se limiter à des discours le 8 mars. Il doit se traduire par des actions concrètes, y compris le refus catégorique de toute appellation qui insulte la dignité féminine.
Si aucune femme leader ne se lève pour dénoncer cette honte, si aucune association ne dépose de recours pour faire interdire ce nom, si aucune juriste ne saisit les instances compétentes, alors il faudra admettre que le féminisme centrafricain est mort sous Touadéra, étouffé par la peur, la complaisance et les petits arrangements avec le pouvoir.
Simplice Mathieu Sarandji décide de lâcher le perchoir à la fin de son mandat : la guerre des héritiers commence
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Des-casquettes-et-echarpes-a-leffigie-de-Touadera-portees-par-le-meme-linterdicteur-Simplice-Mathieu-Sarandji.jpg” data-wpel-link=”internal”>Des casquettes et écharpes a l’effigie de Touadera portées par le même l’interdicteur Simplice Mathieu Sarandji
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le président de l’Assemblée nationale Simplice Mathieu Sarandji accepte enfin de partir à la fin de son mandat. Les prétendants se bousculent désormais.
Simplice Mathieu Sarandji a tranché. Après des mois d’hésitation, le président de l’Assemblée nationale accepte de quitter son fauteuil l’année prochaine. Cette décision ouvre une bataille sans merci au sommet du pouvoir législatif, à quelques mois des Élections de décembre 2025.
Le député de Baoro, cette ville de la Nana-Mambéré située à 392 kilomètres de Bangui, mise sur un transfert vers la vice-présidence de la République. Un pari audacieux qui libère mécaniquement la présidence du Parlement, l’un des postes les plus convoités du pays.
Au sein du Mouvement Cœurs Unis, les candidatures se multiplient en toute discrétion. Chaque camp fourbit ses armes, mobilise ses réseaux, courtise les probables prochains députés. Les discussions vont bon train dans les bureaux de l’hémicycle. Mais bon nombre des députés, issus des candidatures indépendantes en 2020, attendent pour voir s’ils seront réélus pour la huitième législative en attendant de se prononcer ouvertement sur cette bataille interne.
Simplice Mathieu Sarandji organise sa sortie avec méthode. Pour sa circonscription de Baoro, il a choisi sa propre épouse à la maison comme sa dauphine. Une passation familiale qui respecte les codes politiques d’une dictature, où les mandats se transmettent souvent en héritage. Madame Simplice Mathieu Sarandji devra convaincre les électeurs de lui accorder leur confiance lors du scrutin législatif.
Cette double transition bouleverse l’échiquier politique national. D’un côté, la course au perchoir mobilise les plus hautes ambitions du parti présidentiel. De l’autre, la transmission du mandat de Baoro témoigne d’une stratégie digne d’une dictature du monde.
Les mois qui viennent s’annoncent déterminantes. Les alliances se forment, les promesses s’échangent, les calculs s’affinent. Celui ou celle qui succèdera à Simplice Mathieu Sarandji héritera d’un poste stratégique dans l’architecture institutionnelle centrafricaine.
Cette bataille de succession dépasse les seules questions de personnes. Elle dessine les contours du futur paysage politique et influence d’ores et déjà les équilibres de la prochaine mandature.
Le Général Sembé Bobbo, chef des 3R, dénonce depuis N’Djamena la “mauvaise gestion” du désarmement
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/04/le-general-Bobo-de-3R-le-17-avril-2021-a-Bessan.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le général Sembé Bobbo, chef des 3R, le 17 avril 2025
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le Général Sembé Bobbo, président du mouvement politico-militaire 3R (Retour-Réclamation-Réhabilitation), a adressé le 12 octobre 2025 une lettre de dénonciation au ministre d’État en charge du DDRR (Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement), Jean Willibiro Sako. Cette lettre, écrite depuis N’Djamena au Tchad, accuse la coordination générale du DDRR de “mauvaise gestion” du processus de désarmement et exige que toute désignation de représentants des 3R aux instances décisionnelles soit certifiée personnellement par le chef du mouvement rebelle.
Dans sa missive, Sembé Bobbo se plaint que des invitations pour la onzième session ordinaire du comité stratégique du DDRR ont été attribuées à des responsables représentant les 3R sans sa concertation en tant que président du mouvement. Cette décision aurait, selon lui, “suscité plusieurs interrogations auprès des officiers et cadres des 3R”.
Le chef rebelle déplore cette “non-concertation de son leadership Politique pour la désignation de ses représentants à cette réunion de grande envergure”. Il prévient que “la coordination générale du DDRR sera responsable en cas de complications pendant le désarmement” et affirme que “les points de blocages notés par l’ensemble des officiers et cadres des 3R n’ont pas été évoqués”.
Sembé Bobbo conclut sa lettre en exigeant que “dorénavant le Mouvement 3R demande à ce que la désignation de ses représentants aux grandes instances décisionnelles soit certifiée par le Président du Mouvement 3R”. En d’autres termes, aucun représentant des 3R ne peut participer à une réunion importante sur le désarmement sans l’autorisation personnelle du Général Sembé Bobbo.
Cette lettre pousse des nombreux centrafricains à s’interroger sur l’état du processus de désarmement en Centrafrique et sur la nature des relations entre le régime Touadéra et les groupes armés.
Arrestation de l’homme d’affaire Babanani : le ministre Hassan Bouba au cœur d’un piège monté avec Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/monsieur-baba-nani.jpg” data-wpel-link=”internal”>Monsieur Babanani est en détention à l’ocrb depuis presque 2 semaines. Photo de courtoisie
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Après deux semaines d’investigation, la rédaction de Corbo News Centrafrique peut maintenant reconstituer le piège sophistiqué qui a conduit à l’arrestation de l’homme d’affaires Mahamat Djamil Babanani, actuellement détenu à l’OCRB. Cette opération implique le général Bienvenu Zokoué (directeur général de la Police), le général Armel Baraba (directeur de l’OCRB), le ministre Hassan Bouba (Élevage et Santé animale), et les Mercenaires russes du groupe Wagner.
Rappelons les faits : le 27 octobre 2023, Babanani avait subi un braquage à son domicile du Km5. Les hommes de l’OCRB, accompagnés de mercenaires russes, avaient emporté près de 6 millions de francs CFA, ses documents d’identité, ses équipements informatiques et ses objets de valeur.
L’homme d’affaires avait déposé plainte par l’intermédiaire de son avocat Maître Albert Panda Gbianimbi. Cette plainte circonstanciée, accompagnée d’un procès-verbal d’huissier, a mystérieusement disparu des archives judiciaires. Les mercenaires russes ont conservé tout ce qu’ils avaient pris.
Face aux menaces persistantes et soupçonné d’être proche de l’ancien président de l’Assemblée nationale Abdoul Karim Meckassoua, devenu ennemi du régime, Babanani s’était réfugié au Cameroun où il possède également des activités commerciales.
C’est pendant son exil camerounais que le piège a commencé à se mettre en place. Selon nos sources, le ministre de l’Élevage Hassan Bouba a contacté Babanani à plusieurs reprises pour lui proposer des commandes officielles de l’État centrafricain.
“Tu peux rentrer sans problème. L’État a des commandes importantes à te confier”, aurait répété le ministre à l’homme d’affaires exilé. Ces sollicitations répétées ont fini par convaincre Babanani que sa situation s’était normalisée et que le gouvernement souhaitait faire appel à ses services.
Suite à ses nombreux échanges avec l’homosexuel Hassan Bouba, Babanani est rentré finalement au pays. À son retour à Bangui, le ministre Hassan Bouba, auteur du piège, a immédiatement installé Babanani dans un bureau au sein du ministère de l’Élevage. Un espace de travail équipé, avec ordinateurs et matériel professionnel. L’homme d’affaires pensait avoir réintégré le circuit officiel et récupéré la confiance des autorités.
Nos investigations montrent que pendant cette période, des documents ont été préparés et remis à Babanani : bons de commande, cahiers des charges, autorisations diverses. L’homme d’affaires les a reçus comme des documents officiels authentiques et s’est mis au travail pour préparer l’approvisionnement demandé.
Muni de ces documents, Babanani s’est présenté à l’aéroport de Bangui pour se rendre au Cameroun effectuer les achats. C’est à ce moment précis que l’opération planifiée s’est déclenchée.
L’homme d’affaires a été arrêté avant d’embarquer. Les sommes d’argent qu’il transportait ont été saisies. Il a été immédiatement transféré à l’OCRB où il est détenu depuis plusieurs semaines.
Les généraux Zokoué et Baraba ont fait bloquer tous les fonds saisis. Babanani se trouve maintenant dans les cellules de l’OCRB sans perspective de libération rapide et sans que les motifs précis de son arrestation aient été communiqués publiquement.
Cette arrestation s’inscrit dans la continuité du braquage de 2023. Babanani avait osé porter plainte contre les mercenaires russes. Cette résistance légale lui coûte aujourd’hui sa liberté et probablement les fonds qu’il avait réussi à reconstituer pendant son exil camerounais.
Le rôle central du ministre Hassan Bouba dans cette affaire interroge plus d’un sur l’utilisation des fonctions ministérielles à des fins qui dépassent largement le cadre institutionnel normal.
Cette affaire s’ajoute à une longue liste de cas similaires : l’entrepreneur malien Traoré, l’homme d’affaires Abdel Karim Dobo, et d’autres encore qui croupissent dans les geôles de l’OCRB après avoir vu leurs biens confisqués et leurs activités détruites.
Le mode opératoire se répète : identification d’entrepreneurs prospères, premier braquage, plainte qui disparaît, puis arrestation avec confiscation des fonds restants. Un système de prédation institutionnalisé qui détruit méthodiquement le tissu économique centrafricain.
L’enrichissement rapide des généraux Zokoué et Baraba, constructions immobilières multiples, train de vie dépassant largement leurs salaires officiels, témoigne des bénéfices tirés de ces opérations.
Le président Touadéra reste silencieux face à ces pratiques qui chassent les investisseurs et détruisent la confiance dans les institutions. Cette passivité présidentielle transforme le pays en zone de non-droit où les forces de sécurité opèrent comme des entreprises criminelles protégées au plus haut niveau.
Tant que Babanani restera détenu à l’OCRB, tant que ses fonds resteront confisqués par les généraux Zokoué et Baraba, tant que le ministre Hassan Bouba continuera d’exercer ses fonctions après avoir servi d’appât dans ce piège, la République centrafricaine restera un État où les uniformes cachent des prédateurs et où les ministres participent à des opérations qui ruinent les hommes d’affaires légaux.
Un nouveau meurtre vient s’ajouter à la longue liste des crimes qui ensanglantent la région de Yaloké. Ce dimanche 12 octobre, Anatole, surnommé “Tola”, jeune conducteur de taxi-moto, a été abattu par des hommes armés non identifiés entre les villages de Mayaka et Gbom, dans la commune de Mbali.
Le dimanche de son meurtre, Anatole avait été appelé pour aller prendre de la viande vers les environs du village Mayaka. Il a pris sa moto et est parti effectuer cette course comme il l’avait fait des centaines de fois auparavant. Mais au niveau de la commune de Mbali, sur la route entre Mayaka et Gbom, des hommes armés sont sortis de nulle part et ont ouvert le feu sur lui immédiatement. Anatole est mort sur le champ.
Les conducteurs de taxi-moto de la localité de Zawa ont récupéré le corps de leur collègue et tentent de l’acheminer vers Yaloké. La distance entre Zawa et Yaloké est d’environ 20 kilomètres. D’autres personnes affirment qu’Anatole est originaire d’un autre village, ce qui complique la situation. Les conducteurs de taxi-moto essaient de déterminer comment remettre le corps à la famille du défunt.
Ce meurtre n’est pas un incident rare. C’est un énième crime dans une région où la violence est devenue quasi quotidienne, presque par heure selon les témoignages des habitants. Beaucoup de conducteurs de taxi-moto dénoncent la situation insupportable dans la localité. À Yaloké, Yaloké 2, Gadzi, Karnot, Bossemptélé, et dans tous les villages environnants, les groupes armés sévissent en toute impunité. Ils braquent les gens, ils les arnaquent, ils les tuent.
On se souvient des conducteurs de taxi-moto et de fois une passagère qui ont été tués sur l’axe Bossemptélé–Bozoum. Ils avaient quitté Bossemptélé pour aller à Bozoum et ont été assassinés en route. On se souvient aussi de cette femme commerçante qui a été tuée sur le même axe Bossemptélé-Bozoum alors qu’elle voyageait avec un conducteur de taxi-moto.
Et maintenant, ce dimanche, c’est Anatole “Tola” qui a été abattu entre Mayaka et Gbom. Encore un jeune homme qui gagnait honnêtement sa vie en transportant des passagers et des marchandises, encore une famille qui pleure un fils assassiné, encore un crime qui restera impuni.
Beaucoup de gens demandent que cette information soit partagée largement pour que les autorités regardent enfin ce qui se passe dans cette région. Parce qu’on nous dit qu’on a désarmé les groupes armés. On nous dit qu’il y a la paix en Centrafrique. Mais quelle paix ?
La paix, c’est pour le palais présidentiel. La paix, c’est pour le gouvernement qui vit protégé par Wagner et la Garde Présidentielle à Bangui. Mais la paix, ce n’est pas pour les Centrafricains ordinaires qui vivent dans les provinces. Pour eux, c’est la violence quotidienne, les braquages, les meurtres, la terreur.
Dans la région de Yaloké, les groupes armés circulent librement. Ils contrôlent les routes. Ils imposent leur loi. Ils tuent qui ils veulent, quand ils veulent. Et les autorités ne font rien. Les FACA s’intéressent uniquement à leur racket sur des barrières. Wagner ne protège que les intérêts économiques russes et le régime Touadéra. Les forces de l’ordre sont absentes ou complices.
Les conducteurs de taxi-moto sont particulièrement vulnérables. Leur travail les oblige à circuler sur ces routes dangereuses, à transporter des passagers et des marchandises d’un village à l’autre. Ils sont des cibles faciles pour les groupes armés qui les braquent, les dépouillent, et parfois les tuent comme ce fut le cas pour Anatole.
Ces jeunes hommes gagnent modestement leur vie. Ils travaillent dur pour nourrir leurs familles. Ils rendent un service essentiel dans les zones rurales où les transports en commun sont quasi inexistants. Et pour toute récompense, ils risquent leur vie chaque jour sur des routes où règne l’insécurité totale.
Le régime Touadéra prétend avoir désarmé les groupes armés. Il prétend avoir ramené la paix. Il organise des cérémonies de reddition où quelques combattants remettent leurs armes devant les caméras. Mais sur le terrain, rien ne change. Les groupes armés continuent de sévir. Les civils continuent d’être braqués et tués. La violence continue d’être quotidienne.
Yaloké et sa région sont particulièrement touchées. Cette zone située à 225 kilomètres de Bangui échappe complètement au contrôle de l’État. Les groupes armés y font la loi. Les routes sont contrôlées par des bandits qui rançonnent, braquent et tuent. Les habitants vivent dans la terreur permanente.
Et pendant ce temps, le gouvernement reste silencieux. Aucune opération sécuritaire n’est lancée pour nettoyer ces axes routiers. Aucun renforcement des forces de l’ordre n’est déployé dans la région. Aucune mesure concrète n’est prise pour protéger les populations.
Touadéra est occupé à s’agenouiller devant des “prophètes” charlatans pour demander des protections mystiques contre la CPI. Il est occupé à truquer les Élections pour se maintenir au pouvoir. Il est occupé à piller les caisses publiques avec son clan. Il n’a pas de temps pour s’occuper de la sécurité des Centrafricains qui meurent chaque jour dans les provinces.
Le meurtre d’Anatole “Tola” ce dimanche entre Mayaka et Gbom est un nouveau rappel que la soi-disant “paix” vantée par le régime est une illusion. Pour les Centrafricains ordinaires qui vivent loin de Bangui, loin du palais présidentiel protégé par Wagner, il n’y a pas de paix. Il y a la violence, l’insécurité, la terreur, et la mort qui peut frapper à tout moment.
Le comité islamique de Centrafrique offre 30 millions à Touadéra pour son troisième mandat : le chantage déguisé en don et l’instrumentalisation honteuse de la religion
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/don-du-comite-islamique-de-Centrafrique-a-touadera_500.jpg” data-wpel-link=”internal”>Comité islamique de Centrafrique à Touadera pour le financement de sa campagne électorale don-du-comite-islamique-de-centrafrique-a-touadera_500″ width=”450″ height=”288″ />Don du comité islamique de Centrafrique à Touadera pour le financement de sa campagne électorale don-du-comite-islamique-de-centrafrique-a-touadera_500
Le 11 octobre 2025, le comité islamique de Centrafrique a remis publiquement un chèque de 30 millions de francs CFA au président sortant Faustin-Archange Touadéra pour sa campagne électorale. L’image de cette remise, organisée devant le domicile du PPrésident du comité islamique de Centrafrique au quartier PK5, a circulé largement sur les réseaux sociaux et a provoqué des réactions contrastées. Mais derrière ce “don” présenté comme un “acte de solidarité”, se cache une réalité beaucoup plus sombre : un racket organisé auprès des commerçants musulmans, une instrumentalisation politique de la religion, et une violation flagrante du code électoral.
Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, la somme de 30 millions affichée publiquement ne représente qu’une partie des contributions réellement collectées. Des sources concordantes évoquent une collecte totale dépassant 100 millions de francs CFA, levée auprès de commerçants et anciens collecteurs de diamants musulmans.
Ces commerçants du marché PK5 et de plusieurs localités minières affirment avoir été “sollicités pour participer à l’effort de soutien” au chef de l’État. Mais le mot “sollicité” est un euphémisme. Plusieurs témoignages parlent de pressions indirectes exercées par des responsables du comité islamique.
Traduisons : des commerçants musulmans ont été contraints de donner de l’argent pour la campagne de Touadéra. Ils n’avaient pas vraiment le choix. Refuser aurait signifié s’exposer à des représailles : harcèlement administratif, problèmes avec les autorités, perte de protections officieuses dont ils bénéficient.
Cette “collecte” n’est donc pas un don volontaire. C’est un racket déguisé en solidarité communautaire. Les commerçants musulmans paient une taxe politique pour continuer à exercer leurs activités sans être harcelés par le régime.
Pour comprendre pourquoi les commerçants musulmans acceptent de payer, il faut revenir à la révision du code minier. Depuis cette révision, le statut de “collecteur de diamants” a disparu. Une grande partie des opérateurs économiques musulmans, qui dominaient traditionnellement le commerce du diamant en Centrafrique, s’est retrouvée marginalisée.
Beaucoup d’anciens collecteurs ont perdu leur activité au profit d’entreprises étrangères, notamment chinoises, russes et rwandaises. Le régime Touadéra a délibérément restructuré le secteur diamantifère pour favoriser des opérateurs étrangers au détriment des commerçants musulmans centrafricains.
Cette marginalisation a créé une situation de dépendance. Les anciens collecteurs qui veulent continuer à opérer dans le secteur, même de manière réduite, ont besoin de la bienveillance du régime. Ils ont besoin de protections, d’autorisations officieuses, de fermeture des yeux sur certaines activités.
Et pour obtenir cette bienveillance, ils doivent payer. Verser des contributions pour soutenir le régime. Financer la campagne de Touadéra. Montrer publiquement leur allégeance.
C’est du chantage économique pur et simple. Le régime a d’abord marginalisé les commerçants musulmans en changeant le code minier. Puis il leur fait payer pour conserver un minimum de protection économique. Et il présente ce racket comme un “don volontaire” de la communauté musulmane.
Sur le plan juridique, cette “donation” de 30 millions (ou 100 millions selon les sources réelles) pose de multiples problèmes.
Le code électoral centrafricain impose la transparence sur les sources de financement des campagnes. Il interdit les dons provenant d’organismes publics, étrangers ou religieux. Il exige que toutes les contributions soient déclarées à l’Autorité Nationale des Élections (ANE).
Le don du comité islamique viole clairement ces dispositions. Une communauté religieuse n’a pas le droit de financer un candidat politique. Les organisations religieuses doivent rester neutres dans les compétitions électorales.
De plus, aucune mention officielle n’a été faite de cette somme dans les comptes de campagne du candidat Touadéra. Cet argent n’apparaît nulle part dans les déclarations à l’ANE. C’est donc un financement occulte, non déclaré, illégal.
Mais personne ne sera poursuivi. Parce que l’ANE est aux ordres de Touadéra. Parce que le Conseil Constitutionnel est dirigé par le cousin de Touadéra. Parce que la justice centrafricaine ne sanctionne jamais les violations commises par le régime.
Le code électoral n’existe que pour empêcher l’opposition de mener campagne. Quand c’est Touadéra qui viole la loi, personne ne dit rien.
L’aspect moral de cette affaire est encore plus troublant que l’aspect juridique. En remettant publiquement de l’argent à Touadéra, la direction du comité islamique instrumentalise la religion à des fins politiques.
Elle donne l’impression que la communauté musulmane dans son ensemble soutient Touadéra. Que les musulmans centrafricains ont choisi leur camp et financent le président sortant.
Cette instrumentalisation expose la communauté musulmane à plusieurs dangers :
Les divisions internes : Plusieurs fidèles interrogés à Bangui disent ne pas se reconnaître dans cette initiative. Ils n’ont pas été consultés. Ils ne veulent pas que leur religion soit utilisée pour soutenir un régime autoritaire. Mais la direction du comité a agi en leur nom, créant des tensions au sein de la communauté.
La récupération politique : Touadéra va utiliser ce “don” pour prétendre qu’il a le soutien de la communauté musulmane. Il va brandir cette image de la remise du chèque pour montrer qu’il est soutenu par toutes les composantes de la société centrafricaine, y compris les musulmans.
Les risques de stigmatisation : En associant publiquement la communauté musulmane au régime Touadéra, la direction du comité expose les musulmans centrafricains à être perçus comme complices d’un régime autoritaire. Quand ce régime tombera, les musulmans risquent d’être stigmatisés pour avoir financé Touadéra.
Beaucoup de musulmans centrafricains craignent que leur foi soit instrumentalisée à des fins électoralistes. Ils ont raison. C’est exactement ce qui se passe. La direction du comité utilise la religion comme couverture pour une opération politique de soutien à Touadéra.
Bangui : deux conducteurs de moto “Jaguar” gravement blessés dans un accident sur l’avenue des Martyrs
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/03/accident-moto-PK11-3-corbeaunews-IMG_10mars2018184826.jpg” data-wpel-link=”internal”>Image d’illustration d’un accident des motos sur l’avenue du 15 mars au niveau du PK 11. Photo CNC
Un terrible accident entre deux motos a fait deux blessés très graves dans la nuit du dimanche 12 octobre au lundi 13 octobre vers 21 heures sur l’avenue des Martyrs à Bangui. L’accident s’est produit au niveau de Mirandela, environ 300 à 400 mètres après le lycée de Miskine, en direction du croisement du huitième arrondissement.
Les deux conducteurs roulaient sur des motos communément appelées “Jaguar”, des engins puissants connus pour leur vitesse. Selon les témoins interrogés par la rédaction du CNC, les deux motocyclistes roulaient à vive allure, comme s’ils faisaient une course. Ils filaient, ils planaient sur la route, roulant probablement à plus de 100 kilomètres à l’heure dans les rues de Bangui.
On ne sait pas exactement ce qui s’est passé, mais les deux motos se sont percutées frontalement. Le choc a été d’une violence terrible. Les deux conducteurs ont été projetés au sol dans un état catastrophique. Vu la vitesse à laquelle ils roulaient au moment de l’impact, le pronostic vital des deux blessés est totalement engagé. Ils ont été transportés à l’hôpital dans un état critique qui laisse craindre le pire.
Mais ce qui est le plus révélateur dans cet accident, c’est ce que les gens qui sont arrivés sur les lieux pour porter secours aux blessés ont trouvé. Dans les poches des deux conducteurs et au sol autour d’eux, il y avait des sachets plastiques de “whisky” Wanawa. Ce n’est pas du vrai whisky, ce sont des alcools frelatés de 45, dangereux, qui sont vendus par Wagner en Centrafrique.
Généralement, les Centrafricains importaient ces alcools bon marché du Cameroun. Mais Wagner a fait pression sur le régime Touadéra pour bloquer ces importations. Maintenant, ces alcools frelatés ne peuvent être vendus que par Wagner ou avec l’autorisation de Wagner. C’est un monopole que les Mercenaires russes ont imposé sur le commerce des alcools bon marché en Centrafrique.
Le Wanawa est un alcool frelaté particulièrement dangereux. Il “tourne la tête” selon l’expression des consommateurs. Il provoque une ivresse rapide et violente. Les gens qui en consomment perdent le contrôle de leurs facultés, deviennent agressifs, prennent des risques inconsidérés.
C’est exactement ce qui s’est passé cette nuit-là sur l’avenue des Martyrs. Les deux conducteurs de moto Jaguar avaient consommé du Wanawa, l’alcool frelaté de Wagner. Sous l’emprise de cet alcool dangereux, ils ont enfourché leurs motos puissantes et ont roulé à plus de 100 kilomètres à l’heure dans les rues de Bangui, comme s’ils faisaient une course. Ils ont perdu le contrôle, se sont percutés frontalement, et sont maintenant entre la vie et la mort à l’hôpital.
Wagner empoisonne physiquement et moralement la jeunesse centrafricaine. Les alcools frelatés détruisent leur santé. La culture de la vitesse et de la prise de risque encouragée par l’ivresse les tue dans des accidents. Et pendant ce temps, Wagner s’enrichit en vendant ses poisons.
Les deux conducteurs qui se sont percutés dimanche soir sur l’avenue des Martyrs sont des victimes. Victimes de leur propre imprudence, certes, mais aussi victimes d’un système qui les pousse à la destruction. Wagner leur vend des alcools frelatés qui leur tournent la tête. Le régime Touadéra ne fait rien pour protéger les jeunes contre ces poisons. La police ne contrôle pas la vitesse sur les routes. Personne ne dit à ces jeunes qu’ils sont en train de détruire leur vie.
Et maintenant, deux familles pleurent. Deux mères attendent aux urgences de l’hôpital en priant pour que leurs fils survivent. Deux jeunes hommes luttent entre la vie et la mort à cause d’une course stupide sur des motos Jaguar après avoir bu le Wanawa de Wagner.
Cet accident aurait pu être évité. Si le gouvernement interdisait les alcools frelatés. Si Wagner ne contrôlait pas le commerce des alcools en Centrafrique. Si la police contrôlait la vitesse et l’état des conducteurs. Si on sensibilisait les jeunes aux dangers de l’alcool au volant. Si on leur offrait des alternatives, des activités saines, des opportunités d’emploi et d’éducation.
Mais rien de tout cela n’existe. Le régime Touadéra a abandonné la jeunesse centrafricaine. Il l’a livrée à Wagner qui la détruit méthodiquement avec ses alcools frelatés et son exploitation économique généralisée.
Lors du débat Patara sur la radio Ndèkè -Luka, l’ANE s’est fait démolir par des personnalités qui dénoncent l’inaccessibilité des listes électorales pour la quasi-totalité des Centrafricains.
Le débat Patara animé par Armando Yanguendji sur la radioNdèkè -Luka le 27 septembre 2025 restera comme un moment d’anthologie dans l’histoire électorale centrafricaine. Face à Gypsiane Aguené, secrétaire permanente de l’ANE, des personnalités de premier plan ont livré un réquisitoire accablant contre la gestion catastrophique du fichier électoral par cette institution censée garantir la transparence des Élections du 28 décembre.
L’ex-procureur de la République Joseph Bindoumi, président du réseau Arc-en-ciel, n’a pas mâché ses mots face aux justifications bancales de la représentante de l’ANE. Quand Gypsiane Aguené a tenté d’expliquer que les listes électorales définitives étaient disponibles sur le site internet de l’ANE et au centre de traitement des données à Bangui, elle a déclenché une salve de critiques dévastatrices.
“L’ANE se détache du code électoral”, a fustigé Bindoumi en rappelant avec véhémence l’article 11, alinéa 3 du code électoral. Ce texte exige pourtant clairement un affichage public des listes dans chaque unité administrative pour permettre aux électeurs de vérifier leur inscription. Cette obligation légale fondamentale est tout simplement ignorée par l’ANE qui préfère se réfugier derrière une pseudo-modernité numérique.
Bernadette Gomina-Pampali, députée de Bayanga, a enfoncé le clou avec une ironie mordante qui a dû faire mal à la représentante de l’ANE. “On est champions en adoption des lois, mais aussi en violation des lois”, a-t-elle déclaré, pointant l’arrogance d’une institution qui agit comme si tous les Centrafricains avaient accès à Internet dans leurs villages reculés.
La députée a qualifié la situation de “désolante” en expliquant concrètement l’impossibilité pour ses électeurs de Bayanga d’accéder à ces fameuses listes en ligne. Cette population rurale, souvent analphabète, se trouve ainsi exclue du processus électoral par une ANE qui vit manifestement dans une bulle technologique déconnectée des réalités du terrain.
Chantal Touabéna, présidente des femmes leader Aouline, a apporté des chiffres dévastateurs pour l’argumentaire de l’ANE. Selon elle, seulement 5% de la population centrafricaine a accès à Internet et 26% sont analphabètes. Ces statistiques transforment la stratégie numérique de l’ANE en véritable farce démocratique.
“C’est un fiasco”, a tranché Chantal Touabéna, résumant en deux mots l’opinion générale sur cette gestion calamiteuse. Comment peut-on prétendre organiser des Élections transparentes quand plus de trois quarts de la population ne peuvent pas vérifier leur inscription sur les listes électorales ?
Cette dépendance aveugle à une plateforme numérique inaccessible à la majorité des Centrafricains ressemble davantage à une stratégie délibérée d’exclusion qu’à une modernisation du processus électoral. L’ANE semble avoir délibérément choisi la voie la plus compliquée pour empêcher les citoyens d’exercer leur droit de contrôle sur les listes électorales.
L’absence d’affichage physique des listes dans les unités administratives constitue une violation caractérisée du code électoral. Cette violation n’est pas accidentelle mais un signe d’une volonté délibérée de limiter l’accès à l’information électorale. Dans quel but ? La question mérite d’être posée.
Les critiques acerbes exprimées lors de ce débat montre un malaise profond face aux méthodes de l’ANE. Ces personnalités respectées de la société civile et du monde politique ne contestent pas pour le plaisir de critiquer, mais parce qu’elles constatent une dérive dangereuse qui compromet la crédibilité du scrutin à venir.
La stratégie de l’ANE pose des questions sur ses véritables intentions. Veut-elle vraiment organiser des Élections transparentes et inclusives, ou cherche-t-elle à limiter la participation citoyenne en complexifiant l’accès à l’information ? Le débat de la radioNdèkè -Luka a apporté des éléments de réponse troublants.
Cette polémique sur l’inaccessibilité des listes électorales s’ajoute aux autres dysfonctionnements déjà constatés dans la gestion de l’ANE. Entre les mensonges sur la publication des listes et cette nouvelle stratégie d’exclusion numérique, l’institution accumule les signaux négatifs.
Au final, ce débat sur la radioNdèkè -Luka aura eu le mérite de mettre à nu les contradictions et les insuffisances de l’ANE. Face aux critiques argumentées de Joseph Bindoumi, Bernadette Gomina-Pampali et Chantal Touabéna, les justifications de Gypsiane Aguené ont sonné comme des excuses de mauvaise foi.
Comment les Centrafricains peuvent-ils encore faire confiance à une institution qui viole ouvertement la loi électorale tout en prétendant organiser des scrutins démocratiques ? Cette question, soulevée implicitement lors du débat, plane désormais comme une épée de Damoclès sur la crédibilité des Élections de décembre.
Eddy Symphorien Kparekouti, candidat du PUR à la présidentielle ? Un véritable Toto qui danse sur la scène politique centrafricaine
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Photo-de-famille-des-leaders-de-la-plateforme-UFDO-apres-la-reunion-de-reintegration-de-MLPC-CO-Koyambonou-et-MLPC-Fondateur-de-Mazette-en-casquette-noire-et-complet-chemise-pagne-scaled.jpg” data-wpel-link=”internal”>Photo de famille des leaders de la plateforme UFDO après la réunion de réintégration de MLPC-CO Koyambonou et MLPC Fondateur de Mazette en casquette noire et complet chemise pagne
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un président du parti, un “Toto” resté ? Quand Eddy Symphorien Kparekouti, fraîchement investi candidat du PUR pour la présidentielle 2025, déclare avec emphase que c’est « une fierté nationale » de porter le drapeau de son parti, on ne peut s’empêcher de sourire. Une fierté, vraiment ? Ou plutôt une comédie, où les rôles sont distribués à l’avance : le président, les militants, et surtout… le “Toto” qui fait le spectacle.
Car enfin, qui sont ces « militants et militantes sympathisants » qui l’ont « élu » ? Cinq personnes dans une pièce close, choisies pour donner l’illusion d’un processus démocratique ? Le PUR, ce parti qui se veut « unité » et « reconstruction », ressemble étrangement à une cour de récréation où l’on désigne le chef à pile ou face. Et Kparekouti, le « président et candidat » en même temps, joue les premiers rôles dans cette pièce de théâtre politique.
L’opposition factice, ou l’art de se tirer une balle dans le pied Le plus drôle, c’est qu’il parle de « porter le drapeau de la République centrafricaine ». Mais quel drapeau ? Celui d’une opposition bidon avec son UFDO? Cette coalition fictive de l’opposition de Touadera, Créée de toutes pièces pour discréditer les vrais opposants ? Celui d’un système où l’on fait croire à la démocratie en désignant des candidats aussi crédibles que des marionnettes ?
Kparekouti n’est pas un candidat, c’est un leurre. Un « Toto » envoyé en première ligne pour diviser, affaiblir, et surtout, détourner l’attention. « C’est une fierté », dit-il. Une fierté de servir de paravent ? Une fierté de jouer les utiles idiots dans un jeu où les dés sont pipés depuis le début ?
La maladie du « je suis élu ». L’homme n’a pas honte. Cette « maladie » qu’il évoque chez les autres, n’est-ce pas la sienne ? Cette obsession de se dire « élu », « choisi », « porte-drapeau », alors que tout le monde voit bien qu’il n’est qu’un pion sur l’échiquier. Un pion qui s’agite, qui crie « fierté nationale », mais qui, au fond, n’est qu’un exemple d’un système politique malade. Un système où l’on fabrique des candidats comme on fabrique des illusions.
Alors oui, Kparekouti a raison sur un point : c’est bien une « fierté ». La fierté de voir à quel point la politique centrafricaine sait se moquer d’elle-même. La fierté de constater que, même en 2025, on peut encore faire croire à une élection avec des candidats sortis d’un chapeau. La fierté, enfin, de réaliser que le vrai « Toto », ce n’est pas celui qu’on désigne du doigt… c’est celui qui croit encore à son propre rôle.
En attendant, la République centrafricaine, elle, continue d’attendre. Pas un « porte-drapeau », mais des dirigeants. Pas des « fiertés » en carton-pâte, mais des actes. Et surtout, pas des « Totos », mais des hommes et des femmes capables de la sortir de cette comédie permanente.
Et vous, chers lecteurs, vous y croyez encore, à cette « fierté nationale » ?
Germain Nadjibe, candidat proclamé à la prochaine présidentielle : Pourquoi tant de certitudes de victoire dans un scrutin présidentiel déjà cousu ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/12/un-bureau-de-vote-dans-la-foret-vers-Paoua-en-Centrafrique-le-27-decembre-2020-par-CNC.jpg” data-wpel-link=”internal”>Un bureau de vote installé dans la forêt par les agents électoraux le 27 décembre 2020 dans la commune de Bimbi, vers Paoua, en République centrafricaine. Photo CNC
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Germain Nadjibe, Président de la « Conquête inclusive du bonheur » affirme lors de son interview à la Radio Ndèkè -Luka qu’il va gagner la présidentielle. Point final. Pas de plan B, pas de doute. Cette assurance interroge quand on connaît la réalité politique centrafricaine actuelle.
Or, cette victoire annoncée intervient dans un contexte où chacun voit bien que les conditions d’un scrutin équitable ne sont pas réunies. Le président sortant Baba Kongoboro a pris soin de contrôler chaque étape du processus électoral. La constitution a été modifiée sur mesure, la Cour constitutionnelle purgée de ses membres gênants comme Danièle Darlan, remplacés par des individus crapuleux et plus dociles. Les résultats du référendum ont affiché des taux pour le moins surprenants. Comment peut-on être si sûr de gagner quand l’opposition véritable refuse de participer ou exige au minimum des conditions décentes pour organiser le scrutin ? Cette confiance aveugle détonne.
D’ailleurs, pendant que les partis d’opposition dénoncent les irrégularités et demandent des garanties minimales, Nadjibe débarque avec ses certitudes de victoire. Il n’évoque jamais les problèmes du processus électoral, ne critique rien, ne revendique aucune réforme. Cette posture arrange bien le pouvoir en place.
Cette attitude fait penser à autre chose qu’une vraie ambition présidentielle. Nadjibe ne viserait-il pas plutôt un poste dans le futur gouvernement ? L’histoire centrafricaine connaît bien ce scénario : créer un parti, faire campagne pour la forme, puis rallier le président réélu contre un maroquin. La recette fonctionne depuis des décennies.
Plusieurs questions méritent d’être posées. Pourquoi Nadjibe ne dit-il rien sur les conditions actuelles du scrutin ? A-t-il déjà négocié sa place dans l’après-élection ? Sa candidature fait-elle partie d’une stratégie plus large pour donner une apparence de pluralisme à un processus déjà bouclé ? Son silence sur les dérives actuelles contraste avec ses proclamations de victoire. Quand l’opposition authentique boycotte ou pose des conditions, lui fonce tête baissée. Cette différence d’approche pose question.
Il faut reconnaître que Nadjibe émerge au bon moment pour le pouvoir. Sa candidature permet d’afficher une diversité de candidats face à un président sortant. Elle donne l’impression d’une vraie compétition électorale. Pratique pour légitimer un scrutin contesté par ailleurs. Les électeurs centrafricains connaissent cette musique. Ils ont déjà vu des candidats surgir avant les Élections, tenir des discours généreux, puis disparaître après avoir obtenu ce qu’ils cherchaient vraiment.
Au final, la confiance de Nadjibe cache peut-être une tout autre réalité que celle qu’il présente. Entre ambition présidentielle sincère et stratégie personnelle bien calculée, les Centrafricains ont le droit de savoir. D’autant que son mutisme sur les vrais problèmes du processus électoral en dit long sur ses priorités réelles. Cette élection s’annonce déjà particulière. Les candidatures comme celle de Nadjibe ne font que confirmer cette impression.
Çay y est! La plainte officielle est déposée devant la CPI contre Touadera pour crime de guerre et crime contre l’humanité. Le Procureur commence son boulot discrètement
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/02/Faustin-Archange-Touadera-sous-la-protection-des-mercenaires-du-groupe-Wagner-en-Russie.jpg” data-wpel-link=”internal”>Faustin Archange-Touadera sous la protection des mercenaires du groupeWagner en Russie
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le 8 octobre 2025, une plainte historique a été officiellement déposée auprès du Bureau du Procureur de la Cour Pénale Internationale contre le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, des membres de son gouvernement et des dirigeants du groupe paramilitaire russe Wagner pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis en République Centrafricaine depuis mars 2018.
Cette communication en vertu de l’Article 15 du Statut de Rome de la CPI, préparée par le cabinet Larochelle Avocats dirigé par l’avocat international canadien Philippe Larochelle, documente sur 182 pages des années d’atrocités massives et systématiques commises contre la population civile centrafricaine. La plainte a été initiée par des citoyens centrafricains opérant au sein de l’association des “12 Apôtres”, un collectif de la diaspora centrafricaine déterminé à faire cesser l’impunité qui règne en Centrafrique.
Le document juridique déposé à La Haye constitue la communication la plus complète jamais soumise à la CPI sur la situation centrafricaine depuis 2018. Il s’appuie sur les témoignages de plus de trente témoins entendus par le cabinet Larochelle Avocats, dont des membres des Forces Armées Centrafricaines (FACA), de la gendarmerie, des anciens miliciens, de hautes personnalités centrafricaines ainsi que des victimes et proches de victimes. Ces témoignages ont été compilés dans un tableau détaillé listant les crimes respectifs commis par les auteurs des incidents.
La plainte s’appuie également sur des preuves de violations massives des droits humains en RCA détaillées dans des sources publiques, telles que des rapports de l’Organisation des Nations Unies, d’Organisations Non-Gouvernementales et des articles de presse. Le document intègre aussi des données chiffrées relatives aux incidents liés à la sécurité en RCA en provenance de la base de données de l’Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED), une organisation américaine à but non lucratif qui collecte, analyse et cartographie des informations sur les conflits armés. ACLED approuve et soutient pleinement cette communication.
Les crimes documentés dans la plainte sont d’une gravité exceptionnelle. Depuis 2018, le régime Touadéra et ses alliés russes du groupe Wagner sont accusés d’avoir commis des crimes contre l’humanité au sens de l’Article 7 du Statut de la CPI, à savoir : meurtre, emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamentales du droit international, torture, viol, persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d’ordre politique et ethnique, et disparitions forcées de personnes.
Dans le cadre du conflit armé non-international en cours en RCA, la plainte documente également des crimes de guerre au sens de l’Article 8 du Statut de la CPI : les atteintes à la vie et à l’intégrité corporelle notamment le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels et la torture, les atteintes à la dignité de la personne notamment les traitements humiliants et dégradants, le fait de diriger intentionnellement des attaques contre la population civile en tant que telle ou contre des personnes civiles qui ne participent pas directement aux hostilités, le fait de diriger intentionnellement des attaques contre des bâtiments consacrés à la religion, à l’enseignement, à l’art, à la science ou à l’action caritative, des monuments historiques, des hôpitaux et des lieux où des malades et des blessés sont rassemblés, le pillage d’une ville ou d’une localité, et le viol.
La plainte montre aussi que Touadéra et le groupe Wagner ont mis en place une “machine à tuer et à piller” qui sert les intérêts de Touadéra aux fins de se maintenir au pouvoir et ceux du groupe Wagner par le biais de l’exploitation des richesses minières du pays. Selon l’ONG The Sentry citée dans le document, les civils sont chassés “comme des animaux” en RCA et le modèle de pillage mis en place en RCA a apporté la mort et la dévastation tout en sapant la paix et la sécurité globales tant en RCA que dans l’Afrique centrale dans son ensemble.
Le document établit que depuis mars 2018, Touadéra a orchestré une politique d’État visant à maintenir, par tous les moyens, son régime au pouvoir. En contrepartie, il a accordé au groupe Wagner une mainmise totale sur l’exploitation des gisements miniers de la RCA. Cette alliance criminelle a transformé la Centrafrique en zone de non-droit où les mercenaires russes et les forces centrafricaines commettent des atrocités en toute impunité.
La plainte documente notamment le massacre de Seko le 21 mars 2018, où 17 civils dont des femmes et des enfants ont été exécutés par des éléments de l’UPC opérant en tant que “Wagner noirs”. Elle relate le massacre d’Alindao le 15 novembre 2018, au cours duquel au moins 112 personnes ont été tuées, dont 19 enfants, 44 femmes et 49 hommes, la plupart étant des civils réfugiés dans un camp de personnes déplacées. Le massacre de Bongboto le 21 juillet 2021 est également documenté, où au moins 14 marchands ambulants ont été pris en embuscade par des mercenaires de Wagner et exécutés sommairement.
Les statistiques présentées dans la plainte sont accablantes. Entre décembre 2020 et juillet 2022, les éléments du groupe Wagner ont pris pour cible des civils durant au moins 180 événements, correspondant à 52% du total des faits de violence politique ayant eu lieu en RCA durant cette période. Sur la période comprise entre décembre 2020 et mai 2023, près de 40% des violences politiques ont impliqué le groupe Wagner dans la plupart des préfectures de la RCA.
Dans un rapport couvrant la période juillet 2020 à juin 2021, la Division des Droits de l’Homme de la Minusca et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme ont recensé 526 violations des droits humains et du droit international humanitaire à travers la RCA, faisant au moins 1221 victimes, dont 144 civils. Selon ce rapport, près de 46% de ces incidents confirmés étaient en partie attribuables aux FACA, aux forces de sécurité intérieure et aux instructeurs militaires russes opérant pour le groupe Wagner.
La plainte montre également l’existence d’un système organisé de détentions arbitraires et de torture. Des civils accusés à tort de collusion avec la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), des opposants présumés au régime Touadéra, des membres des communautés gbaya, peuhl et musulmanes ont été systématiquement arrêtés, torturés et détenus sans procès dans des établissements pénitentiaires comme le Camp de Roux, l’Office Central de Répression du Banditisme (OCRB) et la Maison d’Arrêt Centrale de Ngaragba.
Pour l’année 2023, les Nations Unies ont documenté 431 arrestations et détentions arbitraires commises par les FACA, les forces de sécurité intérieure et les différentes brigades spécialisées de l’OCRB et de la Section de Recherches et d’Investigations, affectant un total d’au moins 1521 victimes. Cent vingt-cinq cas de torture ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants ont été recensés en détention sur l’année 2023, certains ayant causé des décès.
Le document déposé à la CPI nomme explicitement les responsables de ces crimes. Outre Touadéra, sont cités : Hassan Bouba, ministre et ancien chef rebelle de l’UPC devenu commandant des “Wagner noirs”, Jules Wananga et Gervais Yarkokpa, membres de la Garde Présidentielle et parents de Touadéra qui dirigent la milice des “Requins”, Claude Rameaux Bireau, ministre de la Défense, Zéphirin Mamadou, Chef d’État-Major des FACA, Bienvenu Zokoué, Directeur Général de la Police, et Landry Ulrich Dépôt, Directeur Général de la Gendarmerie.
Côté russe, la plainte vise les trois dirigeants-clés du groupe Wagner en RCA : Valery Zakharov, ancien agent de renseignement russe et conseiller spécial de Touadéra en sécurité, Dimitri Sytyi, considéré comme le nouveau patron officieux du groupe Wagner en RCA et en Afrique, et Vitali Perfilev, responsable des opérations militaires du groupe Wagner en RCA jusqu’à son départ en juillet 2023.
La communication démontre l’existence d’une chaîne de commandement centralisée dirigée depuis la Présidence de la République. Touadéra, en tant que chef de l’État et chef suprême des armées, détient un pouvoir effectif sur l’ensemble de la chaîne de commandement militaire et sécuritaire. Les ordres sont transmis par des proches collaborateurs faisant partie d’un “cercle restreint” et les dirigeants de Wagner, qui entretiennent des relations étroites avec Touadéra.
L’autorité militaire et sécuritaire est centralisée autour de Touadéra, de son cercle restreint et des dirigeants de Wagner par l’exercice d’une chaîne de commandement structurée et contrôlée depuis le sommet de l’État qui a pour plan commun de préserver le régime Touadéra. Chaque ordre est attribué à la Présidence et aucun ordre donné par le cercle restreint de Touadéra ou un dirigeant de Wagner ne peut être contesté par les subordonnés.
La plainte établit que Touadéra et son cercle restreint n’ont mis en place aucune action punitive ou préventive vis-à-vis des exactions commises par leurs subordonnés en RCA. Une autorité politique proche de Touadéra a confirmé aux enquêteurs que les exactions sont faites pour protéger le pouvoir de Touadéra et que toute personne disposée à dénoncer les exactions reçoit pour ordre de se taire de la part de la Présidence.
Le document juridique démontre également que le groupe Wagner a bénéficié d’un soutien financier massif de la part du régime Touadéra. Depuis 2018, Touadéra paie 10 milliards de francs CFA par mois aux mercenaires russes. En contrepartie, Wagner a obtenu le contrôle de gisements miniers stratégiques en RCA, notamment à travers des sociétés minières affiliées au groupe comme Lobaye Invest, Midas Resources et Diamville.
La plainte révèle que le contrôle des ressources minières a permis à l’engagement du groupe Wagner en RCA de prendre une tournure plus publique, avec la conclusion de contrats octroyant le contrôle des mines d’or et diamants aux sociétés liées au groupe Wagner. Le groupe Wagner a acquis un contrôle substantiel des gisements miniers et n’est soumis à aucune taxe sur l’exploitation des gisements.
Les avocats des 12 Apôtres soutiennent que la justice centrafricaine, y compris la Cour Pénale Spéciale, n’est pas indépendante et subit une influence significative de la part de Touadéra et de ses alliés politiques. En vertu de la Constitution centrafricaine, Touadéra exerce sur le pouvoir judiciaire un contrôle de jure en tant que Président du Conseil Supérieur de la Magistrature. Ce positionnement permet une ingérence constante du Président de la République dans les affaires judiciaires.
Le document cite l’affaire Hassan Bouba comme exemple criant de cette instrumentalisation de la justice. Bouba fait actuellement l’objet d’un mandat d’arrêt émis par la Cour Pénale Spéciale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Après avoir été arrêté par la CPS le 19 novembre 2021 et détenu au Camp de Roux, Bouba a été exfiltré par des mercenaires de Wagner, des éléments de la Garde Présidentielle et des gendarmes centrafricains le 26 novembre 2021. Bouba se verra ensuite décerner l’Ordre du mérite par Touadéra et reprendra la tête de son Ministère, alors que 261 plaintes de victimes avaient été enregistrées à la CPS contre lui.
Les avocats soulignent également que Touadéra a déjà utilisé son contrôle direct sur le pouvoir judiciaire pour nuire à son indépendance à des fins politiques. En 2022, lorsque la Cour constitutionnelle a déclaré inconstitutionnel le comité chargé de rédiger des amendements visant à abolir la limitation du nombre de mandats présidentiels, Touadéra a révoqué par décret présidentiel la juge Danièle Darlan, présidente de la Cour constitutionnelle, en guise de représailles.
La plainte demande au Procureur de la CPI d’ouvrir une nouvelle enquête dans ce qui serait la situation “République Centrafricaine III”. Les enquêtes de la CPI dans la situation dite “République Centrafricaine II” ont été clôturées en décembre 2022 par le Procureur Karim Khan, citant le passage de relais aux juridictions nationales. Néanmoins, conformément au Statut de la CPI, le Procureur peut décider d’ouvrir une investigation dès lors que de nouveaux crimes seraient portés à sa connaissance.
Pour décider d’ouvrir ou non une enquête, l’article 53(1) du Statut de Rome oblige le Procureur à prendre en compte trois facteurs distincts : s’il existe une base raisonnable de croire qu’un crime relevant de la compétence de la Cour a été ou est en train d’être commis, si l’affaire est ou serait recevable, et si, compte tenu de la gravité du crime et des intérêts des victimes, il existe néanmoins des raisons sérieuses de croire qu’une enquête ne servirait pas les intérêts de la justice.
Le document démontre que chacun de ces critères est rempli. La gravité des actes criminels présentés dans cette communication satisfait aux exigences de l’article 17(1)(d) du Statut de la CPI. Les crimes allégués ont été commis avec une brutalité évidente, par des moyens oppressifs et une cruauté évidente, et dans le cadre d’un programme systémique mis en œuvre par les autorités gouvernementales contre leur population civile, le tout pour des motifs discriminatoires.
Les avocats soulignent qu’à la connaissance des parties déposantes, il n’y a aucune raison de croire qu’une enquête sur les exactions décrites dans cette communication ne servirait pas les intérêts de la justice. Au contraire, il y a toutes les raisons de croire que l’impact de la conduite du régime Touadéra a des ramifications graves et durables sur la vie des victimes individuelles ainsi que sur les groupes et les communautés résidant en RCA.
La pertinence d’une réouverture des enquêtes du Procureur s’inscrit également dans la continuité des enquêtes actuellement menées par le Bureau sur le conflit armé en Ukraine. Il est aujourd’hui établi que le groupe Wagner ait agi dans ce contexte comme un prolongement des intérêts stratégiques de la Fédération de Russie, bénéficiant d’un appui logistique, opérationnel et financier de la part de l’État russe.
Le groupe Wagner a été placé sous sanction en 2023 par le département du Trésor américain pour la menace transcontinentale qu’il exerce par le biais de son soutien à la Russie dans le cadre du conflit en Ukraine et des violations graves des droits de l’homme commises en RCA et au Mali. De nombreux rapports d’experts ont fait état du fait que la présence persistante et croissante du groupe Wagner entre 2018 et 2024 dans plusieurs pays d’Afrique centrale et de l’ouest, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Darfour, constituait un risque majeur de répétition de crimes similaires à ceux commis en RCA.
L’examen des crimes commis en RCA permettrait de mieux établir les liens structurels entre les crimes commis par le groupe Wagner en Afrique et ceux commis en Ukraine, et contribuer ainsi à la démonstration d’un schéma de criminalité transnationale coordonnée. Dans ce contexte, la réouverture d’une enquête dans une nouvelle situation centrafricaine pour poursuivre les auteurs des crimes décrits dans cette communication revêt une importance cruciale, tant pour rendre justice aux victimes en RCA que pour renforcer la cohérence des actions de la CPI face à des dynamiques de violence qui ne connaissent pas de frontières.
Une telle enquête de la CPI enverrait un message fort de prévention et de lutte contre l’impunité dans une région de plus en plus marquée par l’ingérence d’acteurs armés privés agissant en dehors de tout cadre légal. À la lumière des informations recueillies et présentées dans cette communication, les parties déposantes demandent respectueusement au Bureau du Procureur de la CPI de procéder d’urgence à l’enquête et aux poursuites contre les responsables des crimes graves relevant de la compétence de la CPI commis en RCA depuis 2018.
Cette plainte historique marque un tournant dans la lutte contre l’impunité en Centrafrique. Pour la première fois, un document juridique aussi complet et documenté vise directement Touadéra et les plus hauts responsables de son régime pour des crimes commis depuis 2018. Les 12 Apôtres et leurs avocats ont réussi à rassembler des preuves accablantes, des témoignages détaillés et des données statistiques irréfutables démontrant l’existence d’un système organisé de terreur contre la population civile.
Le peuple centrafricain, qui subit depuis sept ans les exactions du régime Touadéra et de ses alliés russes, attend désormais la décision du Procureur de la CPI. Cette plainte représente peut-être la dernière chance de voir la justice internationale intervenir pour mettre fin au cycle infernal de violence et d’impunité qui règne en Centrafrique.
Interrogé par les officiers de police judiciaires sur ordre du Procureur , Docteur Dominique Désiré Erenon est sur le point d’être accusé officiellement pour « atteinte à la sûreté de l’État” et “insulte au Président de la République”. La folie répressive du régime Touadéra prend forme
Dr Dominique Désiré ERENON, Président du parti MDSP. Photo de courrtoisie
Le Docteur Dominique Désiré Erenon, président du parti Marche pour la Démocratie et le Salut du Peuple (MDSP), arrêté à son arrivée à l’aéroport de Bangui Mpoko le vendredi 3 octobre 2025, a été interrogé la semaine dernière pour “atteinte à la sûreté de l’État” et “insulte au Président de la République”. Cette révélation plonge dans la stupéfaction tous ceux qui connaissent ce brillant universitaire rentré de France pour servir son pays.
Atteinte à la sûreté de l’État. Ces mots résonnent comme une accusation gravissime. Ils évoquent la trahison, le complot, la tentative de renversement du pouvoir par la force. Ils affirment qu’un individu représente un danger mortel pour l’existence même de l’État.
Mais quelle “atteinte à la sûreté de l’État” que le Docteur Erenon aurait-il commise ? A-t-il pris les armes ? Non. A-t-il levé une milice ? Non. A-t-il comploté un coup d’État ? Non. A-t-il appelé à la violence ? Non. A-t-il même organisé une manifestation ? Non.
Le Docteur Dominique Désiré Erenon est un constitutionnaliste. Un enseignant de l’Université de Bangui qui a poursuivi ses études en France jusqu’à obtenir son doctorat à l’Université Paris-Panthéon-Assas, l’une des plus prestigieuses universités de droit d’Europe. Un intellectuel qui a passé des années à étudier le droit constitutionnel, les institutions démocratiques, l’État de droit.
Cet homme, formé dans les meilleures universités, aurait pu rester confortablement installé en France. Il aurait pu y enseigner, y faire carrière, y vivre une vie tranquille et prospère. Mais il a fait un autre choix. Il a décidé de rentrer en Centrafrique, son pays natal.
Pourquoi ? Pour servir son pays. Pour transmettre ses connaissances aux étudiants centrafricains. Pour reprendre ses enseignements à l’Université de Bangui. Pour partager avec la jeunesse centrafricaine le savoir qu’il a acquis pendant ses années d’études en France.
Il est aussi rentré pour participer à la vie politique de son pays. En tant que président du parti MDSP, il voulait contribuer au débat démocratique, présenter un projet politique alternatif, participer aux Élections. C’est son droit le plus strict en tant que citoyen centrafricain.
Mais le régime Touadéra ne voit pas les choses ainsi. Pour ce régime paranoïaque et répressif, un intellectuel formé à l’étranger qui rentre au pays avec des idées démocratiques est une menace. Un opposant politique qui veut participer aux Élections est un danger. Un universitaire qui enseigne le droit constitutionnel à la jeunesse est un ennemi.
Alors le régime l’arrête dès sa descente d’avion. Avant même qu’il n’ait pu poser ses valises chez lui. Avant même qu’il n’ait pu embrasser sa famille. On le cueille à l’aéroport comme un criminel dangereux.
Et on l’interroge pour “atteinte à la sûreté de l’État”. Pour avoir fait quoi exactement ? Pour avoir critiqué Touadéra ? Pour avoir dit que le régime est autoritaire ? Pour avoir dénoncé les violations des droits humains ? Pour avoir appelé à des Élections libres et transparentes ?
Si critiquer le président constitue une “atteinte à la sûreté de l’État”, alors tous les opposants sont des criminels. Si dénoncer les dérives du régime est un crime, alors la démocratie est morte. Si exprimer des opinions politiques différentes de celles du pouvoir vous conduit en prison, alors la Centrafrique est devenue une dictature totale.
L’accusation d’“insulte au Président de la République” est tout aussi absurde. Qu’a dit le Docteur Erenon qui constituerait une “insulte” ? A-t-il traité Touadéra de noms vulgaires ? A-t-il proféré des injures grossières ? Ou a-t-il simplement critiqué sa politique, dénoncé son autoritarisme, contesté sa légitimité ?
Dans une démocratie normale, critiquer le président n’est pas une insulte. C’est un droit. Un droit fondamental protégé par la liberté d’expression. Les opposants politiques critiquent le pouvoir en place, c’est leur rôle. Les intellectuels analysent et contestent les politiques gouvernementales, c’est leur fonction.
Mais dans la Centrafrique de Touadéra, critiquer le président est devenu un crime. On ne peut plus rien dire. On doit fermer sa gueule, baisser la tête, dire “pardon Président, pardon Président” comme un enfant puni. On doit se prosterner devant le pouvoir et accepter tout ce qu’il fait sans jamais oser une parole de contestation.
C’est ça la vie que Touadéra veut imposer aux Centrafricains ? Une vie de silence et de soumission ? Une vie où on ne peut même plus exprimer une opinion différente sans risquer la prison pour “atteinte à la sûreté de l’État” ?
Le comble de l’hypocrisie, c’est que Touadéra lui-même n’arrête pas d’appeler la diaspora à rentrer. Dans tous ses discours, il répète : “Rentrez au pays, la Centrafrique a besoin de vous, venez participer au développement du pays”. Il fait des promesses, il tend la main, il joue les présidents accueillants.
Mais quand un membre de la diaspora rentre effectivement, formé, diplômé, compétent, prêt à servir son pays, qu’est-ce qu’il reçoit ? Une arrestation à l’aéroport. Un interrogatoire pour “atteinte à la sûreté de l’État”. Une détention arbitraire.
Quel message cela envoie-t-il aux autres membres de la diaspora ? Le message est clair : ne rentrez pas. Si vous rentrez, vous serez arrêtés. Si vous avez des compétences, si vous avez des idées, si vous avez une vision pour le pays, vous êtes dangereux. Restez en France, restez en Europe, restez en Amérique. En Centrafrique, on n’a pas besoin d’intellectuels, on n’a pas besoin de gens formés, on n’a pas besoin de citoyens qui réfléchissent.
On n’a besoin que de gens soumis qui disent “oui Président” à tout ce que fait Touadéra.
Cette arrestation du Docteur Erenon montre la panique qui s’empare du régime. Touadéra a peur. Il a peur des intellectuels. Il a peur des jeunes formés qui rentrent avec des idées nouvelles. Il a peur de la diaspora qui pourrait apporter un souffle nouveau au pays. Il a peur des opposants qui pourraient mobiliser la population.
Cette peur le pousse à la folie répressive. Plutôt que d’accepter le débat démocratique, il arrête les opposants. Plutôt que de répondre aux critiques par des arguments, il répond par la prison. Plutôt que de laisser les intellectuels contribuer au développement du pays, il les accuse d’“atteinte à la sûreté de l’État”.
Cette folie répressive ne fait que révéler la faiblesse du régime. Un régime fort, légitime, populaire n’a pas besoin d’arrêter les intellectuels. Un régime démocratique n’a pas peur des opposants. Seul un régime faible, illégitime, impopulaire a besoin de réprimer toute voix dissidente pour se maintenir au pouvoir.
Le Docteur Dominique Désiré Erenon n’est pas un danger pour la Centrafrique. Il est un atout. Un citoyen formé dans les meilleures universités, qui aurait pu faire carrière à l’étranger, mais qui a choisi de rentrer servir son pays. Un intellectuel qui peut former la jeunesse centrafricaine au droit constitutionnel, aux principes démocratiques, à l’État de droit. Un opposant politique qui propose un projet alternatif pour le pays.
Le vrai danger pour la Centrafrique, c’est Touadéra et son régime. Un régime qui arrête les intellectuels. Qui emprisonne les opposants. Qui fabrique des accusations absurdes d’“atteinte à la sûreté de l’État” contre des citoyens pacifiques. Qui transforme la critique politique en crime. Qui étouffe toute parole libre.
Pour le moment, le Docteur Erenon n’est pas officiellement accusé. Il a seulement été “interrogé” sur ces accusations d’“atteinte à la sûreté de l’État” et d’“insulte au Président”. Mais cette distinction est purement formelle. Dans la pratique, une fois qu’on est arrêté et interrogé pour ces motifs en Centrafrique, l’accusation officielle suit généralement.
Le régime est en train de fabriquer un dossier contre le Docteur Erenon. Il cherche des “preuves” pour justifier son arrestation. Il tord des déclarations politiques normales pour en faire des “atteintes à la sûreté de l’État”. Il transforme des critiques légitimes en “insultes au Président”.
Cette fabrication d’accusations est une technique classique des régimes autoritaires. On arrête d’abord, on invente les motifs après. On emprisonne d’abord, on construit le dossier ensuite. L’objectif n’est pas la justice, c’est l’élimination politique de l’opposant.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : éliminer le Docteur Erenon de la scène politique. L’empêcher de participer aux Élections de décembre. L’empêcher de mobiliser son parti. L’empêcher d’enseigner à l’université. L’empêcher de partager ses idées avec la jeunesse centrafricaine. Le neutraliser complètement.
Le régime veut envoyer un message à tous les autres opposants potentiels : voilà ce qui vous attend si vous osez rentrer au pays et faire de la politique. Voilà ce qui arrive à ceux qui critiquent Touadéra. Restez silencieux ou partez en exil.
Mais ce message de terreur ne fera que renforcer la détermination des vrais opposants. Le Docteur Erenon devient un symbole. Un symbole de la résistance intellectuelle face à un régime obscurantiste. Un symbole du courage de ceux qui refusent l’exil et choisissent de se battre au pays malgré les risques.
Son arrestation arbitraire, ses accusations absurdes, sa détention injuste ne feront que discréditer davantage le régime Touadéra aux yeux des Centrafricains et de la communauté internationale.
Le régime Touadéra doit comprendre qu’il ne peut pas continuer à arrêter impunément tous ceux qui osent penser différemment. Qu’il ne peut pas fabriquer des accusations d’“atteinte à la sûreté de l’État” contre des opposants pacifiques. Qu’il ne peut pas transformer la Centrafrique en prison géante où toute parole libre est un crime.
Centrafrique : formation au Maroc suspendue pour les 40 ex-combattants de l’UPC et du mouvement 3R
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/bobo-3r.jpg” data-wpel-link=”internal”>Sembé Bobo, Chef rebelle 3R lors de son désarmement devant Touadera à Bangui
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Une quarantaine de places de formation militaire offertes par le Royaume du Maroc aux ex-rebelles de l’UPC et du 3R restent inoccupées. Le départ des combattants de l’UPC et du 3R est bloqué depuis un mois.
L’accord de N’Djamena du 19 avril dernier avait ouvert une voie prometteuse pour la réintégration des ex-combattants. Le Maroc proposait d’accueillir quarante hommes issus de l’UPC d’Ali Darassa et du mouvement 3R pour une formation militaire complète. Quatre mois plus tard, pas un seul candidat n’a pris l’avion pour Rabat.
Le processus a commencé normalement en juin. L’UPC et le 3R ont chacun sélectionné vingt candidats parmi leurs effectifs. Ces jeunes combattants maîtrisaient déjà le maniement des armes mais n’occupaient pas de postes élevés dans la hiérarchie militaire des deux mouvements. Ils correspondaient exactement au profil attendu pour bénéficier d’une formation approfondie au Maroc.
Face à cette exigence, les deux mouvements ont revu leur stratégie. Le 3R a désigné son chef d’état-major adjoint et son chef des opérations militaires, accompagnés de plusieurs colonels de haut rang. L’UPC a fait de même en envoyant ses cadres les plus expérimentés. Ces hommes ont quitté leurs bases en brousse et se trouvent désormais à Bangui.
Mais depuis leur arrivée dans la capitale, le voyage vers le Maroc reste bloqué. Ces officiers supérieurs attendent dans la capitale sans date de départ confirmée. Le programme de formation se trouve paralysé malgré la présence des candidats réclamés par le gouvernement.
Cette volte-face a paralysé tout le processus. Depuis un mois, les nouveaux candidats proposés par l’UPC et le 3R restent sur les bureaux de l’administration. Les quarante places offertes par Rabat demeurent vides.
L’exigence gouvernementale interroge sur plusieurs points. D’abord, elle contredit la logique même d’une formation. Si ces cadres militaires possèdent déjà l’expérience requise, pourquoi auraient-ils besoin d’une formation supplémentaire au Maroc ? Ensuite, elle prive de jeunes combattants d’une opportunité de reconversion professionnelle dans l’armée régulière.
Plusieurs observateurs y voient une stratégie délibérée d’affaiblissement rapide des groupes armés. En exigeant le départ des cadres expérimentés, le gouvernement chercherait à priver l’UPC et le 3R de leurs meilleurs éléments sur le terrain. Cette interprétation transforme une opération de formation en manœuvre politique.
Le gouvernement affirme au contraire que seuls des officiers expérimentés, une fois formés, pourront assurer efficacement la sécurisation des zones frontalières et des régions encore instables. Mais cette position est contestée : selon plusieurs analystes, une formation militaire devrait justement permettre à des combattants moins expérimentés d’acquérir les compétences nécessaires.
La formation militaire vise normalement à élever le niveau de combattants moins expérimentés. Elle leur permet d’acquérir les connaissances techniques et tactiques nécessaires à leur intégration dans l’armée nationale. En refusant les jeunes candidats, le gouvernement détourne cet objectif initial.
Le 9 octobre 2025, le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) a pris une initiative juridique préventive pour empêcher le régime Touadéra de manipuler les Élections du 28 décembre 2025. Par l’intermédiaire du Cabinet Manguereka, le MLPC a officiellement notifié à l’Autorité Nationale des Élections (ANE) et au Conseil Constitutionnel qu’il ne présentera aucun candidat pour ces Élections.
Cette démarche n’est pas un simple boycott. C’est une stratégie juridique pour bloquer par avance toute tentative du régime de fabriquer de faux candidats MLPC.
Dans la lettre signée par Maître André Olivier Manguereka et adressée au Président de l’ANE, le MLPC, représenté par son -président Martin Ziguélé, déclare clairement : “Le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) n’investira aucun candidat pour les Élections groupées du 28 décembre 2025».
Mais la lettre ne s’arrête pas là. Elle tire immédiatement la conséquence juridique de cette décision : “Par conséquent, toutes les candidatures déposées au nom de ce parti doivent être purement et simplement rejetées car non investies par le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC)».
Cette formulation est importante. Le MLPC ne dit pas seulement “nous boycottons”. Il dit : “nous ne présentons aucun candidat, DONC toute personne qui se présentera en notre nom doit être rejetée par l’ANE car elle n’aura pas notre investiture».
Pourquoi cette précaution juridique ? Parce que le MLPC connaît le régime Touadéra. Il sait que face au boycott des vrais partis d’opposition, le régime est capable de fabriquer de faux candidats qui utiliseront frauduleusement le nom du MLPC pour créer l’illusion du pluralisme.
Le MLPC a donc décidé de bloquer cette route par avance. En notifiant officiellement à l’ANE et au Conseil Constitutionnel qu’aucun candidat ne sera investi par le parti, le MLPC établit juridiquement que toute candidature déposée au nom du MLPC sera frauduleuse.
Cette stratégie est intelligente. Elle place l’ANE et le Conseil Constitutionnel face à leurs responsabilités. Maintenant que ces institutions ont reçu officiellement la notification du MLPC, elles ne pourront pas prétendre ignorer que les candidatures déposées au nom du MLPC sont frauduleuses.
Si l’ANE valide quand même des candidatures au nom du MLPC, elle se rendra complice d’une fraude documentée. Si le Conseil Constitutionnel avalise ces candidatures frauduleuses, il violera ouvertement la loi. Le MLPC leur aura tendu un piège juridique.
La lettre a été officiellement reçue par l’ANE le 9 octobre 2025, comme l’atteste le cachet de réception visible sur le document, dont CNC a pu lire. Une copie a été adressée au Conseil Constitutionnel. Tout est donc tracé, daté, enregistré. Le MLPC a créé une preuve juridique irréfutable de sa non-participation.
Cette démarche montre la méfiance profonde du MLPC envers le régime. Si le MLPC prend la précaution de notifier officiellement qu’il ne présente aucun candidat, c’est parce qu’il considère que le régime est parfaitement capable de fabriquer de faux candidats MLPC.
Et cette méfiance est légitime. Le comportement du régime Touadéra depuis des années montre qu’il est prêt à toutes les manipulations pour se maintenir au pouvoir. Modification inconstitutionnelle de la Constitution, révocation de juges récalcitrants, arrestations arbitraires d’opposants, trucage électoral systématique : le régime a déjà prouvé qu’il ne respecte aucune règle démocratique.
Fabriquer de faux candidats d’opposition pour créer l’illusion du pluralisme serait tout à fait cohérent avec ces pratiques. Le régime a besoin de montrer à la communauté internationale que les Élections sont “pluralistes”, que “l’opposition participe”. Si les vrais partis d’opposition boycottent, le régime fabriquera de faux partis d’opposition.
C’est exactement ce scénario que le MLPC veut empêcher en notifiant officiellement sa non-participation. Le parti dit au régime : “Nous savons ce que vous allez essayer de faire. Nous avons bloqué cette route juridiquement. Si vous fabriquez quand même des candidats MLPC, ce sera une fraude documentée».
Maintenant, la question est : comment le régime va-t-il réagir ?
Scénario 1 : L’ANE et le Conseil Constitutionnel respectent la notification du MLPC et rejettent toutes les candidatures déposées au nom du MLPC. Dans ce cas, le MLPC aura réussi à bloquer la fabrication de faux candidats.
Scénario 2 : L’ANE et le Conseil Constitutionnel ignorent la notification du MLPC et valident quand même des candidatures au nom du MLPC. Dans ce cas, le régime assumera ouvertement la fraude, en violation d’une notification juridique officielle.
Le scénario 2 est malheureusement le plus probable. L’ANE n’est pas indépendante, elle est contrôlée par le régime. Le Conseil Constitutionnel également. Ils valideront probablement les candidatures frauduleuses parce que le régime a besoin de ces faux candidats pour créer l’illusion du pluralisme.
Mais même dans ce cas, le MLPC aura gagné quelque chose : la preuve juridique irréfutable que les élections sont truquées. Quand des candidats se présenteront au nom du MLPC le 28 décembre, le MLPC pourra montrer la lettre officielle du 9 octobre et dire : “Voilà la preuve que ces candidats sont des imposteurs, nous avions prévenu l’ANE et le Conseil Constitutionnel».
Cette preuve sera utile pour contester les résultats des élections devant les instances internationales. Elle sera utile pour documenter la fraude électorale. Elle sera utile pour l’Histoire, pour établir que ces élections étaient une parodie.
La démarche du MLPC est aussi un message politique fort. Elle dit aux Centrafricains : “Nous ne cautionnons pas cette parodie électorale. Nous boycottons. Et nous prenons les précautions juridiques nécessaires pour que le régime ne puisse pas fabriquer de faux candidats MLPC».
Ce message de fermeté est important. Il montre que le MLPC ne se laissera pas manipuler. Que le parti préfère le boycott et la contestation juridique à la participation à des élections truquées. Que Martin Ziguélé et le MLPC choisissent la dignité plutôt que la compromission.
Cette position du MLPC pourrait encourager d’autres partis d’opposition comme le RDC à faire la même chose : notifier officiellement leur non-participation et bloquer juridiquement toute tentative de fabrication de faux candidats en leur nom.
Si plusieurs grands partis d’opposition adoptent cette stratégie, le régime se retrouvera dans une situation difficile. Il pourra toujours fabriquer de faux candidats, mais la fraude sera tellement documentée qu’elle ne trompera plus personne.
La lettre du MLPC pose aussi une question importante : pourquoi un parti politique doit-il prendre des précautions juridiques pour empêcher qu’on fabrique de faux candidats en son nom ? Pourquoi le MLPC doit-il notifier officiellement qu’il ne présente pas de candidats, alors que cela devrait être évident ?
Parce que la Centrafrique de Touadéra est devenue un pays où tout est possible. Où les règles démocratiques les plus élémentaires sont violées. Où le régime peut fabriquer de faux candidats d’opposition sans que personne ne s’y oppose. Où les institutions électorales et judiciaires sont aux ordres du pouvoir.
Dans un pays normal, la notification du MLPC serait inutile. Si le parti ne dépose pas de candidats, aucun candidat MLPC n’apparaîtrait sur les bulletins. Mais en Centrafrique, le MLPC doit prendre des précautions juridiques parce qu’il sait que le régime peut fabriquer des candidats fantômes.
Cette situation est la démonstration parfaite que les élections du 28 décembre 2025 ne seront pas des élections. Ce sera un spectacle monté par le régime, avec des acteurs choisis par le pouvoir, pour donner l’illusion de la démocratie.
Le MLPC refuse de participer à ce spectacle. Et il a eu l’intelligence de bloquer juridiquement par avance toute tentative de le faire participer malgré lui en fabriquant de faux candidats MLPC.
Maintenant, observons comment le régime va réagir. Va-t-il respecter la notification du MLPC ? Ou va-t-il assumer ouvertement la fraude en validant quand même des candidatures MLPC frauduleuses ?
La réponse nous dira si le régime Touadéra a encore un minimum de respect pour les apparences juridiques, ou s’il est prêt à violer ouvertement la loi pour organiser son élection truquée.
Lobaye : un civil tué et 3 autres blessés par les Eaux et Forêts venues protéger les intérêts de Centra Bois à Maka
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Vehicule-tout-terrain-du-ministere-des-eaux-et-foret.jpg” data-wpel-link=”internal”>Paoua : Complicité du Chef des Eaux et Forêts” width=”450″ height=”338″ />Vehicule tout terrain du ministere des eaux et-
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le 10 octobre 2025, une mission des Eaux et Forêts a tourné au drame dans le village de Makas, situé dans la préfecture de la Lobaye, au sud-ouest de la République centrafricaine. Un affrontement a opposé les agents forestiers à des habitants hostiles, faisant un mort et trois blessés, dont un lieutenant des Eaux et Forêts.
Un homme de 45 ans a été tué. Trois autres villageois ont été blessés. Un lieutenant des Eaux et Forêts a reçu une blessure au bras gauche. Voilà le bilan d’une mission censée “contrôler l’exploitation illégale du bois” mais qui ressemble surtout à une opération de protection des intérêts d’une société privée, Centra Bois.
Selon un rapport interne consulté par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, l’équipe conduite par le commandant Olona Nervo comptait douze agents. Elle avait reçu une “réquisition d’appui à la société Centra Bois”, chargée d’opérations de contrôle et de traçabilité du bois dans la zone.
Cette formulation est révélatrice. Les Eaux et Forêts n’étaient pas en mission pour protéger la forêt centrafricaine, patrimoine national. Elles étaient en “mission d’appui” à une société privée. En d’autres termes : elles étaient là pour protéger les intérêts commerciaux de Centra Bois contre les habitants locaux.
L’objectif officiel de cette mission était de “repérer et neutraliser les coupeurs de bois illégaux qui exploitent les forêts de la Lobaye sans autorisation, souvent au détriment des concessions forestières agréées par l’État”.
Traduisons ce langage bureaucratique : les habitants de Makas coupent du bois dans leur propre forêt pour survivre, pour construire leurs maisons, pour faire du charbon de bois qu’ils vendent pour nourrir leurs familles. Mais ce bois, l’État l’a concédé à Centra Bois. Donc les habitants qui exploitent leur propre forêt sont considérés comme des “coupeurs illégaux” qui nuisent aux “concessions forestières agréées”.
Le problème fondamental est là : l’État centrafricain concède des forêts entières à des sociétés privées sans consulter les populations locales qui vivent de ces forêts depuis des générations. Ces populations se retrouvent du jour au lendemain expropriées de leurs ressources naturelles, criminalisées quand elles continuent à exploiter la forêt comme elles l’ont toujours fait.
Dès leur arrivée à Makas, les agents des Eaux et Forêts ont rencontré une résistance inattendue. Les habitants, méfiants face à cette présence armée, ont accusé les Eaux et Forêts de venir protéger les intérêts de Centra Bois plutôt que ceux de la population locale.
Cette accusation n’est pas infondée. C’est exactement ce que les Eaux et Forêts faisaient : protéger les intérêts de Centra Bois. Le rapport officiel lui-même parle d’une “mission d’appui” à cette société. Les agents forestiers sont devenus la force de sécurité privée de Centra Bois, financée par l’argent public.
Des tensions se sont rapidement formées autour du lieu d’opération. Des échanges vifs ont opposé les villageois et les agents, avant qu’une altercation armée ne se déclenche. Au cours de l’incident, le lieutenant Langdsen Gué Didier a été blessé au bras gauche par un villageois. L’affrontement a également causé la mort d’un homme de 45 ans et fait trois blessés supplémentaires.
Le rapport officiel ne donne aucun détail sur les circonstances exactes de la mort du civil. Qui a tiré en premier ? Les agents des Eaux et Forêts étaient-ils armés ? Ont-ils ouvert le feu sur les villageois ? Le civil tué était-il armé ou non ? Toutes ces questions restent sans réponse.
Ce que nous savons, c’est qu’un homme de 45 ans est mort. Probablement un père de famille. Probablement quelqu’un qui exploitait la forêt pour nourrir ses enfants. Et il est mort parce que des agents de l’État sont venus protéger les intérêts d’une société privée qui s’est accaparée sa forêt.
Le corps du défunt a été transféré à la morgue. Les trois blessés ont été transportés à l’hôpital. Le rapport officiel précise que “la situation est désormais sous contrôle, les agents s’étant repliés après la stabilisation de la zone».
“Stabilisation de la zone». Un euphémisme bureaucratique pour dire : nous avons tiré sur les villageois, nous avons tué un homme, nous avons blessé trois autres personnes, et maintenant les habitants ont trop peur pour continuer à résister.
La préfecture de la Lobaye est depuis plusieurs années un point sensible de l’exploitation forestière centrafricaine. Plusieurs sociétés y exercent, souvent dans un climat de méfiance entre populations autochtones, exploitants et autorités.
Cette “méfiance” n’est pas mystérieuse. Elle résulte d’un système d’exploitation forestière profondément injuste. L’État concède des forêts entières à des sociétés privées. Ces sociétés exploitent le bois, font des profits énormes, exportent vers l’Europe et l’Asie. Et les populations locales qui vivaient de ces forêts se retrouvent sans ressources, criminalisées, réprimées.
Des habitants accusent les sociétés forestières de confisquer les richesses locales sans compensation équitable, tandis que les agents des Eaux et Forêts sont régulièrement accusés d’abus de pouvoir ou de collusion avec certains opérateurs privés.
Ces accusations sont fondées. Le cas de Makas le prouve : les Eaux et Forêts agissent en “appui” aux sociétés privées. Elles ne protègent pas la forêt, elles ne protègent pas les populations locales, elles protègent les intérêts commerciaux des exploitants forestiers.
Cette collusion entre l’administration forestière et les sociétés privées transforme les Eaux et Forêts en milice au service des exploitants. Les agents forestiers ne sont plus des fonctionnaires chargés de protéger le patrimoine forestier national. Ils sont devenus des mercenaires qui répriment les populations locales pour le compte des sociétés d’exploitation.
À Ndassima, après la grève des habitants, les soldats FACA sont appelés au renfort. Pas pour mettre de la sécurité, mais pour racketter
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Les-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-dune-intervention-sur-un-chantier-minier-vers-Ouanda-Djalle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les soldats FACA et leurs supplétifs russes noirs de retour d’une intervention sur le chantier minier de Keye vers Ouanda-Djallé le 30 avril 2025
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Après la manifestation des artisans miniers et des habitants de Ndassima contre les traitements infligés par les éléments du groupe Wagner, une équipe des FACA a été déployée en urgence dans la localité. Ces éléments des FACA, dès leur arrivée, ont commencer à ériger une barrière à l’entrée de Ndassima comme d’habitude dans leur comportement afin de filtrer les entrées et les sorties.
Sur cette barrière installée et contrôlée par les soldats FACA, des cas de racket sont signalés massivement contre les personnes entrant dans la localité en moto. Les soldats FACA, censées protéger la population, se sont transformées en complices de Wagner et rackettent les habitants qui ont osé manifester contre les exactions des Mercenaires russes.
Cette situation vient confirmer parfaitement comment les Forces Armées Centrafricaines sont devenues des supplétifs de Wagner. Au lieu de défendre les citoyens centrafricains contre les abus des mercenaires russes, les FACA sont déployées pour réprimer toute contestation et extorquer de l’argent à la population.
Les artisans miniers et habitants de Ndassima avaient manifesté pour dénoncer les traitements inhumains que leur font subir les mercenaires de Wagner qui contrôlent le principal gisement minier de la RCA. Plutôt que de sanctionner Wagner, le régime Touadéra envoie les FACA pour punir ceux qui ont manifesté.
Ce racket organisé aux barrières de Ndassima montre que les FACA ne servent plus l’État centrafricain ni le peuple centrafricain. Elles servent Wagner et Touadéra. Elles sont devenues une force d’occupation qui rackette, terrorise et réprime la population pour le compte des mercenaires russes.
La plainte déposée le 8 octobre 2025 à la CPI documente précisément comment Wagner a transformé les FACA en force auxiliaire sous son commandement. Les mercenaires russes peuvent sélectionner des éléments des FACA pour les accompagner dans leurs opérations. Les FACA reçoivent des ordres directement des dirigeants de Wagner et ne peuvent s’y opposer.
Le cas de Ndassima confirme ce qui est dénoncé dans la plainte à la CPI : les FACA sont devenues des Wagner noirs, des supplétifs qui exécutent les ordres des Russes et participent aux exactions contre la population civile.
Corbeau News Centrafrique continuera de suivre cette situation à Ndassima et de documenter les abus commis par les FACA devenues complices de Wagner.
Le président du Conseil constitutionnel, Jean-Pierre Waboué, s’incline à nouveau devant Touadéra, dans une posture qui choque les réseaux sociaux à l’approche des Élections
Le président du Conseil constitutionnel, M. Jean-Pierre WABOUE accueillant le président de la République M. Faustin-Archange Touadera de son retour de New York au États-Unis. Photo la Renaissance
La photo diffusée dimanche par la présidence, montrant le président du Conseil constitutionnel Jean-Pierre Waboué se courbant devant Faustin-Archange Touadéra à l’aéroport de Bangui, a provoqué une vague de critiques et de soupçons sur la neutralité de l’institution à deux mois du scrutin.
La scène s’est déroulée lors du retour du chef de l’État Baba Kongoboro de New York, où il avait participé aux travaux du Conseil de sécurité des Nations unies. Accueilli à l’aéroport par plusieurs personnalités, le président Touadéra a reçu une poignée de main appuyée du président du Conseil constitutionnel Jean-Pierre Waboué, qui s’est incliné et a joint ses deux mains dans un geste inhabituel de déférence. En publiant cette image sur sa page officielle, la présidence a choisi de mettre en avant ce moment précis, ce qui a amplifié l’onde de choc et ouvert la voie à une lecture politique de ce salut protocolaire digne d’un royaume.
Rappelons que le Conseil constitutionnel est chargé de valider les candidatures, de garantir la régularité des Élections et de proclamer les résultats définitifs. À ce titre, il doit incarner l’impartialité et l’indépendance. Voir son président Jean-Pierre Waboué s’incliner publiquement devant le président-candidat a immédiatement soulevé des interrogations sur la neutralité de l’organe chargé d’arbitrer le processus électoral. Cette controverse est d’autant plus sensible que Jean-Pierre Waboué est un proche parent du chef de l’État Baba Kongoboro, ce qui alimente la suspicion d’une collusion déjà existante entre l’exécutif et le Conseil constitutionnel.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Sur les réseaux sociaux, les commentaires ont été virulents dès la diffusion de la photo. Beaucoup accusent le président du Conseil constitutionnel Jean-Pierre Waboué de se soumettre et de trahir son serment d’indépendance. Plusieurs internautes dénoncent une mise en scène destinée à préparer l’opinion publique à une validation automatique de la réélection de Faustin-Archange Touadéra. “C’est une honte pour la République, l’arbitre s’incline devant le joueur”, écrit un utilisateur. Un autre ironise en déclarant : “À ce stade, pourquoi ne pas proclamer directement Touadéra vainqueur avant le vote ?”.
À deux mois des Élections, cette photographie concentre toutes les inquiétudes sur la transparence et la crédibilité du scrutin. L’institution censée garantir l’équité apparaît fragilisée par l’attitude de son président, et l’opinion publique y voit un signe clair de soumission. Le fait que la présidence ait choisi de rendre publique cette scène sur ses canaux officiels renforce l’impression que le sort des Élections est déjà scellé, comme si la victoire du président-candidat était annoncée avant même l’ouverture des urnes.
à Dimbi, un travailleur centrafricain de la mine chinoise se noie en tentant de sauver des Chinois, son corps retrouvé trois jours plus tard
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/cadavre-emploe-chinois-dimbi.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le cadavre d’un employés des mines chinoises à Dimbi, dans la préfecture de la Basse-Kotto
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un drame s’est produit lundi 6 octobre 2025 sur le site minier chinois de Dimbi. Un conducteur de charrette centrafricain travaillant pour des exploitants chinois a perdu la vie en tentant de sauver ses employeurs tombés dans la rivière Coteau.
À Dimbi, depuis des années, les exploitants chinois utilisent des charrettes pour transporter le matériel d’exploitation aurifère et font leurs activités minières sur la rivière Coteau. Mais le Lundi dernier, la charrette conduite par le travailleur centrafricain a chaviré et plongé dans l’eau. Les Chinois qui se trouvaient à bord sont tombés dans la rivière.
Le conducteur centrafricain s’est immédiatement jeté à l’eau pour tenter de sauver les Chinois. Il a réussi à en sauver certains, mais mystérieusement, lui-même a été porté disparu. Depuis lundi, on ne voyait plus son corps. Les villageois sont plongés dans l’eau pour le rechercher.
Trois jours plus tard, jeudi 9 octobre, le corps du travailleur a finalement été retrouvé dans un état avancé de décomposition. Il a été enterré par sa famille.
Ce drame pousse à s’interroger une fois de plus sur les conditions de sécurité sur les sites miniers exploités par des Chinois en Centrafrique. Aucun équipement de sécurité n’est fourni aux travailleurs centrafricains : pas de gilets de sauvetage, pas de dispositifs de sécurité sur les charrettes, aucune formation aux gestes de premiers secours.
Les exploitants chinois utilisent la main-d’œuvre centrafricaine pour des travaux dangereux sans aucune mesure de protection. Quand un accident survient, c’est le travailleur centrafricain qui meurt pendant que les Chinois sont sauvés.
Ce n’est pas la première fois qu’un tel drame se produit. Il y a quatre ou cinq ans, à Sosso Nakombo, des travailleurs centrafricains employés par des Chinois avaient également perdu la vie dans des circonstances similaires. Ces accidents se répètent régulièrement dans le pays, mais rien n’est fait pour améliorer la sécurité des travailleurs.
Le gouvernement centrafricain laisse les exploitants chinois opérer sans aucun contrôle, sans aucune exigence en matière de sécurité des travailleurs. Les Chinois exploitent l’or centrafricain avec une main-d’œuvre centrafricaine qu’ils traitent comme de la chair à canon.
Ce travailleur est mort en héros, en tentant de sauver ses employeurs chinois. Mais sa mort était évitable. Si les exploitants chinois avaient fourni des gilets de sauvetage, si les charrettes avaient été équipées de dispositifs de sécurité, si les travailleurs avaient reçu une formation, ce drame ne serait pas arrivé.
La famille du défunt doit obligatoirement avoir des réponses claires de la part des chinois, mais aussi des autorités centrafricaines. Les autorités centrafricaines, de leur côté, doivent enquêter sur cet accident. Les exploitants chinois doivent être tenus responsables de ne pas avoir fourni les équipements de sécurité nécessaires. Et le gouvernement doit enfin imposer des normes de sécurité strictes sur tous les sites miniers exploités par des étrangers.
Corbeau News Centrafrique présente ses condoléances à la famille du travailleur décédé et appelle les autorités à agir pour que de tels drames ne se reproduisent plus.
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Depuis jeudi 8 octobre 2025, les agents de santé de l’hôpital de Bria, chef-lieu de la préfecture de la Haute-Kotto, sont en grève pour exiger le remplacement de leur médecin-chef dont le comportement dérange profondément le personnel soignant et met en danger les malades.
La grève, qui dure depuis plusieurs jours, paralyse complètement l’hôpital. Les malades sont abandonnés dans les salles sans soins. Un patient contacté par la rédaction du CNC a témoigné : “Depuis que je suis malade et admis à l’hôpital, personne n’est venu me voir. Les malades sont dans le noir. Il n’y a aucun agent de l’hôpital qui est venu me voir. Pour moi, le cas est grave. Mais pour les autres, vraiment, le cas est indispensable pour que les gens viennent quand même les aider”.
Ce témoignage montre la gravité de la situation : des malades hospitalisés, certains dans un état grave, sont abandonnés sans soins depuis plusieurs jours parce que les agents de santé refusent de travailler sous les ordres du médecin-chef actuel.
Que reprochent exactement les agents de santé à leur médecin-chef ? Selon leurs propres termes, c’est un “médecin fou” dont le comportement est “incroyable”.
Selon les agents, dès son arrivée à Bria, le médecin-chef a pris une décision incompréhensible : couper le salaire de chaque employé de l’hôpital de 50%.
Celui qui gagne 150 000 francs se retrouve avec 75 000 francs. Celui qui gagne 100 000 francs tombe à 50 000 francs. Celui qui gagne 50 000 francs se retrouve avec 25 000 francs. Celui qui gagne 25 000 francs tombe à 12 500 francs.
De quel droit ce médecin-chef décide-t-il de couper les salaires de son personnel de moitié ? Sur quelle base légale ? Avec quelle autorisation du ministère de la Santé ? Ces questions restent sans réponse.
Les agents de santé de Bria sont déjà très mal payés. Leurs salaires misérables suffisent à peine à nourrir leurs familles. Et voilà qu’un médecin-chef débarque et décide unilatéralement de diviser ces salaires par deux.
Comment un agent qui gagne 50 000 francs par mois peut-il survivre avec 25 000 francs ? Comment celui qui gagne 25 000 francs peut-il nourrir sa famille avec 12 500 francs ? C’est impossible. Cette mesure condamne les agents de santé et leurs familles à la misère.
Mais la coupe des salaires n’est pas le seul problème avec ce médecin-chef. Selon les agents de santé, il tient des propos complètement déplacés qui prouvent soit un profond déséquilibre mental, soit une arrogance démesurée.
Il aurait déclaré : “J’ai appris qu’ici, les gens sont des rebelles. Mais moi aussi, je suis rebelle”.
Il aurait ajouté : “On dit qu’ils sont des sorciers. Mais moi aussi, je suis sorcier”.
Il aurait encore dit : “Ici à Bria, les gens aiment beaucoup la médecine traditionnelle, les marabouts. Mais moi aussi, je suis marabout.”
La conclusion du médecin-chef selon les témoignages : “Je suis tout ce que vous voulez. Je suis rebelle, sorcier, marabout. Donc vous ne pouvez rien me faire”.
Ces propos, s’ils sont avérés, confirme soit un profond mépris pour le personnel et la population de Bria, soit des troubles psychologiques qui devraient disqualifier cette personne de toute fonction de responsabilité dans un hôpital.
Comment un médecin-chef peut-il se vanter d’être “rebelle” dans une région qui a souffert des années de présence de groupes armés ? Comment peut-il se dire “sorcier” alors qu’il est censé représenter la médecine moderne ? Comment peut-il se proclamer “marabout” alors qu’il dirige un établissement de santé publique ?
Ces déclarations sont soit de la pure provocation, soit le signe d’un déséquilibre qui rend cette personne inapte à diriger un hôpital.
Les agents de santé de Bria posent une question: “Pourquoi à chaque fois qu’on nous envoie un médecin, ce sont des médecins fous ?”.
Cette question confirme que le problème n’est pas nouveau. Ce n’est pas la première fois que Bria se retrouve avec un médecin-chef au comportement problématique. À chaque fois que les agents demandent un remplacement, le ministère de la Santé leur envoie quelqu’un d’encore pire.
Pourquoi ? Est-ce que Bria est devenue le lieu d’affectation punitive pour les médecins indésirables ? Est-ce que le ministère de la Santé se débarrasse de ses éléments problématiques en les envoyant dans des villes éloignées comme Bria ?
Ou bien est-ce que les médecins compétents refusent d’aller à Bria à cause des conditions difficiles, et seuls les médecins marginaux ou déséquilibrés acceptent ces postes ?
Quelle que soit la raison, le résultat est le même : la population de Bria se retrouve avec des médecins-chefs incompétents ou déséquilibrés qui rendent impossible le fonctionnement normal de l’hôpital.
Corbeau News Centrafrique a tenté de contacter le médecin-chef pour recueillir sa version des faits. Il a répondu qu’il n’était “pas disponible pour répondre aux interrogations”.
Le Parti du Changement Social (PCS) se retire des Élections : “un processus électoral illégitime qui ne permet pas l’expression sincère de la volonté du peuple”
chancel-sekode-ndeugbayi-ministre-centrafricain – RCA : le ministre délégué aux affaires étrangères placé en garde à vue à la SRI.
Le 11 octobre 2025, le Parti du Changement Social (PCS) a annoncé officiellement son retrait des Élections groupées prévues pour le 28 décembre 2025. Dans un communiqué de presse signé par son président Chancel Sekodé-Ndeugbayi, le PCS rejoint ainsi le BRDC dans le boycott d’un scrutin qu’il juge “pratiquement impossible” d’organiser de manière “libre, transparente et crédible” dans le contexte actuel.
Le communiqué du PCS est sans ambiguïté. Le parti “informe l’opinion nationale et internationale qu’il ne présentera aucun candidat aux Élections groupées prévues pour le 28 décembre 2025». Cette décision, précise le texte, est “mûrement réfléchie” et découle d’un “constat alarmant du contexte politique, sécuritaire et institutionnel actuel».
Ce retrait n’est pas un simple boycott tactique. C’est un réquisitoire en règle contre l’organisation des Élections par le régime Touadéra. Le PCS liste trois raisons majeures qui rendent impossible l’organisation d’Élections crédibles :
Le PCS constate qu’il existe une méfiance générale dans le pays vis-à-vis du processus électoral. Cette méfiance n’est pas infondée. Elle résulte de décennies de trucages électoraux, de manipulations, de résultats contestés. Le peuple centrafricain ne croit plus aux élections organisées par le pouvoir en place. Cette méfiance est telle qu’elle rend impossible toute élection crédible.
Le PCS dénonce ici le fait que les vrais partis d’opposition, ceux qui sont “authentiquement engagés dans la refondation démocratique”, sont systématiquement marginalisés par le régime. Leurs leaders sont arrêtés, comme le Docteur Erenon. Leurs militants sont harcelés. Leurs candidats sont écartés. Pendant ce temps, le régime fabrique de faux partis d’opposition qui acceptent de jouer le jeu de la parodie électorale.
Le PCS pointe le problème fondamental : il n’existe aucune garantie que les élections seront régulières. L’Autorité Nationale des Élections n’est pas indépendante. Le Conseil Constitutionnel est aux ordres du pouvoir. Les fichiers électoraux sont manipulés. Les résultats sont truqués. Dans ces conditions, comment organiser des élections crédibles ?
Face à ce triple constat, le PCS conclut que le contexte actuel “ne permet pas d’assurer l’expression sincère de la volonté du peuple centrafricain». Cette formulation est importante. Le PCS ne dit pas simplement que les élections seront truquées. Il dit que dans le contexte actuel, il est structurellement impossible que la volonté du peuple s’exprime sincèrement.
Le communiqué réaffirme ensuite l’attachement du PCS “aux valeurs de justice, de liberté et de démocratie véritable». Le parti précise qu’il demeure “convaincu qu’aucun progrès durable ne peut être atteint sans un dialogue inclusif, franc et constructif entre toutes les forces vives de la Nation».
Cette phrase est un appel à peine voilé à un dialogue national. Le PCS dit : avant d’organiser des élections, organisons d’abord un dialogue entre toutes les forces politiques du pays pour créer les conditions d’un scrutin crédible. Sans ce dialogue préalable, toute élection sera une mascarade.
Le PCS “appelle l’ensemble de la communauté nationale et internationale à prendre la pleine mesure de la gravité de la situation actuelle». Ce n’est pas un appel anodin. Le PCS demande à la communauté internationale de comprendre que la situation en Centrafrique est grave, que les élections du 28 décembre ne seront pas crédibles, et que la communauté internationale ne doit pas cautionner ce simulacre démocratique.
Le communiqué se termine par une affirmation forte : “Le peuple centrafricain mérite un processus électoral légitime, garant de la paix, de la stabilité et du renouveau démocratique». En d’autres termes : le peuple mérite mieux que la mascarade que le régime Touadéra est en train d’organiser.
Le retrait du PCS, deux jours après la notification similaire du MLPC à l’autorité nationale des élections et au conseil constitutionnel, conformément à la décision du BRDC, marque un tournant. Les grands partis d’opposition sont en train de se coordonner pour boycotter massivement les élections de décembre. Ce boycott coordonné va poser un problème majeur de légitimité au régime Touadéra.
Comment le régime pourra-t-il prétendre avoir organisé des “élections démocratiques” si tous les vrais partis d’opposition boycottent ? Comment pourra-t-il prétendre que “le peuple s’est exprimé” si les principaux représentants de l’opposition refusent de participer ?
Le régime a deux options. Soit il accepte de créer les conditions d’élections crédibles en répondant aux demandes des partis d’opposition : dialogue national, indépendance de l’ANE et du Conseil Constitutionnel, garanties de sécurité, transparence du processus électoral. Soit il ignore le boycott et organise quand même ses élections truquées avec des faux partis d’opposition fabriqués pour l’occasion.
La deuxième option est malheureusement la plus probable. Le régime Touadéra n’a aucune intention de créer les conditions d’élections libres. Il veut simplement organiser un scrutin pour se faire réélire et obtenir une légitimité formelle, même si cette légitimité est contestée par tous les vrais acteurs politiques.
Mais le boycott massif des partis d’opposition rendra cette stratégie plus difficile. Même si le régime fabrique de faux candidats d’opposition, tout le monde saura que les vrais partis ont boycotté. La légitimité du scrutin sera contestée dès le départ.
Le communiqué du PCS est aussi remarquable par sa clarté et sa fermeté. Contrairement à certains partis qui hésitent, qui tergiversent, qui négocient des postes en échange de leur participation, le PCS prend une position claire : nous ne participerons pas à cette mascarade.
Cette clarté est rafraîchissante. Elle montre qu’il existe encore en Centrafrique des partis politiques qui refusent la compromission, qui préfèrent le boycott assumé à la participation honteuse à des élections truquées.
Le PCS “reste engagé aux côtés des citoyens dans la quête d’une véritable alternance et d’un changement social fondé sur la transparence, la responsabilité et la dignité humaine». En d’autres termes : nous boycottons ces élections, mais nous ne renonçons pas au combat politique. Nous continuerons à nous battre pour une vraie démocratie en Centrafrique.
Cette position est importante. Le boycott n’est pas une démission. Ce n’est pas un renoncement. C’est un refus de cautionner une comédie . Le PCS reste dans le combat politique, mais il refuse de participer à des élections qui ne sont pas crédibles.
Le retrait du PCS et du BRDC crée une dynamique. D’autres partis d’opposition vont probablement suivre dans les jours qui viennent. Un front de boycott est en train de se constituer. Ce front pourrait regrouper tous les vrais partis d’opposition qui refusent de cautionner le simulacre électoral du régime Touadéra.
Si ce front se constitue effectivement, le régime se retrouvera complètement isolé. Il pourra toujours organiser ses élections avec des candidats fantômes, mais personne ne sera dupe. La communauté internationale elle-même aura du mal à cautionner un scrutin boycotté par toute l’opposition réelle.
Le communiqué du PCS pose aussi implicitement une question importante : pourquoi organiser des élections si les conditions ne sont pas réunies pour qu’elles soient crédibles ? Ne vaudrait-il pas mieux reporter le scrutin, organiser un dialogue national, créer les conditions d’élections libres, et ensuite seulement organiser le vote ?
Cette approche serait la plus sage. Mais elle supposerait que le régime Touadéra soit de bonne foi, qu’il veuille réellement organiser des élections démocratiques. Or, tout indique que le régime ne veut pas de vraies élections. Il veut simplement un simulacre électoral qui lui permettra de se maintenir au pouvoir avec une apparence de légitimité.
Le retrait du PCS est donc à la fois un acte de lucidité politique et un acte de courage. Lucidité parce que le PCS a compris qu’il était impossible d’organiser des élections crédibles dans le contexte actuel. Courage parce que prendre publiquement position contre les élections du régime expose le parti et ses dirigeants à des représailles.
On a vu ce qui est arrivé au Docteur Erenon : arrêté dès sa descente d’avion, interrogé pour “atteinte à la sûreté de l’État”. Les dirigeants du PCS savent qu’ils prennent le même risque en annonçant publiquement leur boycott. Mais ils le font quand même, par principe, par attachement à la démocratie véritable.
Le peuple centrafricain observe. Il voit que les vrais partis d’opposition boycottent les élections. Il voit que seuls des partis fantômes fabriqués par le régime acceptent d’y participer. Il comprend que ces élections sont une mascarade. Et même si le régime réussit à organiser le scrutin, même s’il annonce des résultats, ces résultats n’auront aucune légitimité aux yeux du peuple.
Le PCS et le MLPC sont en train de gagner la bataille de la légitimité. En boycottant, ils disent au peuple : ces élections ne sont pas crédibles, ne vous laissez pas tromper. Et le peuple entend ce message. Il sait que si les vrais partis d’opposition boycottent, c’est parce que les élections sont truquées.
Le régime Touadéra peut organiser son scrutin. Il peut annoncer sa victoire. Mais cette victoire sera creuse, sans légitimité, contestée par tous les vrais acteurs politiques et par le peuple lui-même.
Le communiqué du PCS marque donc une étape importante dans la contestation politique en Centrafrique. Le boycott coordonné des grands partis d’opposition transforme les élections de décembre en simulacre assumé. Le régime ne pourra plus prétendre organiser des “élections démocratiques”. Tout le monde saura que c’est une mascarade.
Martin Ziguelé, député de Bocaranga accuse le parti présidentiel de vouloir instaurer un système à parti unique lors du congrès de Kyopoura.
Martin Ziguelé a choisi ses mots avec précision ce samedi lors du point de presse du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution. Le député de Bocaranga, commune située à 532 kilomètres de Bangui, s’est attaqué frontalement au congrès du Mouvement Cœurs Unis qui se déroulait simultanément à Bangui.
“Nous n’avons pas choisi la date du 26 juillet par hasard”, a lancé l’ancien Premier ministre devant la presse de la capitale. Sa coalition de treize formations politiques voit dans ce rassemblement du MCU une entreprise de “restauration d’une dictature où l’espace politique n’existe pas”.
L’accusation porte sur la méthode autant que sur l’objectif. Ziguélé dénonce un parti qui “travaille contre l’unité et la dignité du peuple centrafricain” en imposant son hégémonie. Les témoignages rapportés évoquent des pressions exercées sur les fonctionnaires de l’intérieur, sommés d’adhérer au MCU sous menace de sanctions administratives.
Cette stratégie d’enrôlement forcé heurte les convictions démocratiques du BRDC. “Nous ne sommes pas dans un pays à parti unique, nous sommes dans une démocratie”, a martelé le député, rappelant les fondements du pluralisme politique inscrit dans la Constitution.
L’ancien chef du gouvernement a appelé ses alliés à une mobilisation générale. Les responsables des partis membres doivent sensibiliser leurs bases sur ce qu’il qualifie de dérive autoritaire. L’enjeu dépasse les clivages partisans : il s’agit de préserver les acquis républicains face à une tentative d’hégémonie politique.
Le timing de cette sortie médiatique n’est pas fortuit. En organisant leur riposte le jour même du congrès du MCU, les opposants entendent démontrer qu’une alternative existe au modèle proposé par le parti présidentiel.
Cette escalade rhétorique entre pouvoir et opposition témoigne des tensions qui traversent l’échiquier politique centrafricain. Alors que le MCU revendique sa légitimité électorale, l’opposition conteste ses méthodes et alerte sur les risques d’une concentration excessive du pouvoir entre les mains d’une seule formation….
quand la ville de Boda est au bord de l’asphyxie économique
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/maire-de-boda.jpg” data-wpel-link=”internal”>Aimé Barthélémy Pilapédé, maire de la ville de Boda. Photo: RNL/Destin de Bonheur Wilikon
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Aimé Barthélémy Pilapédé, maire de Boda, a accordé une interview sur l’état catastrophique des infrastructures routières de sa ville. Ses déclarations dressent le tableau d’une localité au bord de l’asphyxie économique, abandonnée par un gouvernement qui préfère annoncer des projets futuristes plutôt que d’entretenir les routes existantes.
Le maire Aimé Barthélémy Pilapédé commence par un constat simple : “Par rapport à la dégradation de la voie Mbaïki-Boda, vous voyez que la ville tourne au ralenti, tout est bloqué, ça joue sur beaucoup de choses à Boda”.
Cette route de 95 kilomètres qui relie Boda à Mbaïki constitue l’artère vitale de la ville. Son délabrement avancé transforme un trajet qui devrait prendre quelques heures en épreuve de plusieurs jours. Les véhicules s’enlisent dans les ornières, les marchandises pourrissent en route, les malades meurent avant d’atteindre l’hôpital.
Aimé Barthélémy Pilapédé ajoute : “Vous voyez la route Mbaïki-Boda dégradée, ainsi qu’à Boda, il n’y a plus de route”.
Cette précision est importante. Le problème ne se limite pas à l’axe externe. À l’intérieur même de Boda, les routes ont disparu. La ville n’a plus d’infrastructure routière fonctionnelle, ni pour se connecter à l’extérieur, ni pour permettre la circulation interne.
Les conséquences économiques de cette situation sont dramatiques. Le maire Aimé Barthélémy Pilapédé explique : “C’est un problème parce que la population souffre. Avoir des produits de première nécessité, tel que le savon, le sucre, c’est un peu difficile. C’est pourquoi nous assistons à cette hausse de prix”.
Les commerçants ne peuvent plus acheminer les marchandises depuis Mbaïki ou d’autres centres d’approvisionnement. Cette pénurie artificielle créée par l’état des routes provoque une flambée des prix qui appauvrit encore davantage une population déjà dans la misère.
La situation du carburant aggrave ce cercle vicieux. Pilapédé précise : “Il y a aussi le problème du carburant. Vous savez, à Boda, c’est vers Bozoum qui nous ravitaille, mais nous sommes en saison pluvieuse où il pleut abondamment et par rapport à la dégradation, tout est en hausse. Donc tous les conducteurs, même les taxis, montent le prix par rapport au prix du carburant”.
Bozoum se trouve à environ 200 kilomètres au nord. L’approvisionnement en carburant depuis cette distance, sur des routes également dégradées, en saison des pluies, relève de l’exploit. Cette difficulté se répercute directement sur les prix du transport, rendant tous les déplacements prohibitifs pour la majorité de la population.
Le maire Aimé Barthélémy Pilapédé décrit l’impact sur le commerce local : “Les commerçants aussi se plaignent parce qu’avoir un véhicule pour le déplacement, c’est difficile. Ils peuvent aller sur le marché, mais ramener leurs produits, c’est un peu difficile. Donc nous avons tout un tas de problèmes”.
Ce témoignage résume le blocage économique total de Boda. Les commerçants peuvent éventuellement se rendre aux marchés d’approvisionnement, mais ne peuvent pas ramener les marchandises achetées faute de véhicules capables de circuler sur les routes défoncées. Cette paralysie du commerce local affecte toute l’économie de la ville.
La route Mbaïki-Boda est devenue un cauchemar logistique. Des rapports récents la décrivent comme un trajet où ce qui devrait prendre quelques heures s’étire sur 5 à 7 jours. Les véhicules s’enlisent, se renversent, restent bloqués pendant des journées entières.
Les routes secondaires vers des localités comme Yaloké ne sont pas en meilleur état. En saison des pluies, ces pistes deviennent complètement impraticables, coupant Boda de son arrière-pays et aggravant l’isolement.
Cette situation pousse les centrafricains à s’interroger sur les priorités du gouvernement centrafricain. Pendant que Boda étouffe faute de routes praticables, le régime annonce des projets de cités futuristes, d’aéroports modernes, d’éco-villes. Ces projets d’apparat accaparent l’attention médiatique pendant que les infrastructures de base s’effondrent.
L’entretien routier ne nécessite pas de technologies sophistiquées ni d’investissements colossaux. Il faut simplement une volonté Politique de maintenir les routes existantes, de les réparer régulièrement, de les rendre praticables en toute saison. Cette tâche basique semble pourtant au-delà des capacités du gouvernement actuel.
La dégradation des routes à Boda s’inscrit dans un schéma national. Dans tout le pays, les infrastructures routières héritées des décennies précédentes se détériorent faute d’entretien. Le réseau routier centrafricain rétrécit année après année, isolant progressivement les villes secondaires et les zones rurales.
Cette dégradation ne résulte pas uniquement du manque de moyens. Elle témoigne d’un choix Politique de privilégier certains secteurs – notamment la sécurité présidentielle et les dépenses liées à Wagner – au détriment des infrastructures publiques de base.
Les habitants de Boda paient le prix de ces choix. Ils vivent isolés du reste du pays, payent leurs produits de première nécessité à des prix prohibitifs, voient leur économie locale s’effondrer progressivement. Cette situation crée une pauvreté croissante et une frustration légitime envers un État absent.
Le maire Aimé Barthélémy Pilapédé reste diplomatique dans ses déclarations. Il décrit les problèmes sans accuser directement le gouvernement. Cette prudence reflète probablement la nécessité de maintenir de bonnes relations avec les autorités centrales pour espérer obtenir un jour l’aide nécessaire.
Mais cette diplomatie ne peut cacher la réalité : Boda agonise pendant que les autorités regardent ailleurs. La ville se vide progressivement de ses forces vives qui partent chercher des opportunités dans des zones mieux connectées. Ceux qui restent survivent dans des conditions de plus en plus difficiles.
Cette situation de Boda se répète dans des dizaines d’autres villes centrafricaines. L’enclavement progressif des zones rurales et des villes secondaires transforme le pays en archipel où quelques centres urbains reliés entre eux émergent d’un océan de zones inaccessibles.
Les déclarations du maire de Boda constituent un appel au secours que le gouvernement feint de ne pas entendre. Pendant combien de temps encore Boda et les autres villes enclavées devront-elles attendre que l’État assume ses responsabilités les plus élémentaires ?
Centrafrique : le BRDC saisit l’Union africaine contre les critères discriminatoires de la nouvelle Constitution de Touadera
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/anicet-georges-dologuele.jpg” data-wpel-link=”internal”>Anicet-Georges DOLOGUELÉ, leader de l’URCA, et membre influent du BRDC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) vient d’adresser une lettre officielle à l’Union africaine pour contester des dispositions de la nouvelle Constitution centrafricaine du 30 août 2023 qu’il juge discriminatoires. Martin Ziguelé , porte-parole du BRDC, dénonce l’introduction d’articles qui limitent l’éligibilité des citoyens en fonction de leur origine.
Les articles 10 et 67 de la nouvelle Constitution imposent la condition de “Centrafricain d’origine né de parents centrafricains d’origine” pour accéder à certaines fonctions, notamment la présidence de la République. Cette formulation crée une catégorie de citoyens de première classe, les “Centrafricains d’origine” nés de parents eux-mêmes “Centrafricains d’origine” – et relègue tous les autres au rang de citoyens de seconde zone.
Martin Ziguelé qualifie cette disposition d’“absurdité juridique”. Son argument est imparable : la République centrafricaine existe comme État indépendant seulement depuis le 13 août 1960. Avant cette date, le territoire était une colonie française. Comment peut-on exiger d’être “Centrafricain d’origine” né de parents “Centrafricains d’origine” dans un pays qui a moins de 65 ans d’existence ?
Cette clause crée une impossibilité logique. Pour être “Centrafricain d’origine” selon cette définition, il faudrait que vos parents soient nés centrafricains. Mais si vos parents sont nés avant 1960, ils n’étaient pas centrafricains puisque le pays n’existait pas encore. Cette contradiction rend théoriquement tout le monde inéligible, y compris le président Touadéra lui-même qui a introduit cette réforme.
Le BRDC affirme que cette disposition instaure une “ségrégation entre citoyens” et l’assimile à une forme d’“apartheid juridique”. Cette comparaison peut sembler forte, mais elle correspond à la réalité : créer des catégories de citoyens avec des droits différents selon leur origine constitue bien une discrimination institutionnalisée.
Martin Ziguelé rappelle que la réforme constitutionnelle n’a pas seulement supprimé la limitation des mandats présidentiels – permettant à Touadéra de se présenter indéfiniment – mais a aussi introduit un critère inédit en Afrique qui menace l’unité nationale. Cette double manipulation constitutionnelle combine autoritarisme personnel et discrimination ethnique.
Dans sa correspondance à l’Union africaine, le BRDC exhorte l’organisation panafricaine à réagir pour empêcher l’aggravation de la crise politique et garantir un processus inclusif. Cette démarche s’inscrit dans la continuité des recommandations du Conseil Paix et Sécurité de l’UA qui, dès 2023, avait demandé aux autorités centrafricaines d’engager un dialogue avec toutes les parties prenantes.
Le mouvement d’opposition insiste sur les conséquences de cette dérive : laisser passer une telle réforme reviendrait à légitimer une exclusion institutionnelle et à fragiliser davantage la cohésion sociale dans un pays déjà déchiré par des décennies de conflits.
Cette saisie de l’Union africaine pose aussi la question de la crédibilité de cette organisation. Combien de fois le Conseil Paix et Sécurité a-t-il déjà appelé au dialogue en Centrafrique ? Combien de résolutions ont été adoptées puis ignorées par le régime Touadéra ? L’UA a-t-elle les moyens et la volonté d’imposer le respect de ses propres décisions ?
L’expérience des dernières années enseigne le scepticisme. L’Union africaine émet régulièrement des communiqués et des recommandations sur la Centrafrique, mais le régime continue sa dérive autoritaire sans conséquence réelle. Cette passivité de l’organisation panafricaine encourage Touadéra à poursuivre ses violations constitutionnelles.
La disposition sur les “Centrafricains d’origine” pose également des questions pratiques pour les Élections à venir. Comment vérifier que les candidats remplissent ce critère ? Qui décidera si quelqu’un est “Centrafricain d’origine” ou non ? Sur quels documents cette détermination se basera-t-elle ? Ces questions ouvrent la porte à l’arbitraire le plus complet.
Le Conseil constitutionnel, désormais aux ordres du régime depuis le limogeage de Danièle Darlan, pourra disqualifier n’importe quel candidat gênant en invoquant cette clause floue. Cette arme juridique permet d’éliminer toute opposition sérieuse sans avoir à justifier la décision autrement que par une interprétation subjective de l’origine du candidat.
Cette discrimination institutionnalisée rappelle les heures les plus sombres de certains régimes africains qui avaient instauré des critères ethniques ou régionaux pour l’accès aux fonctions publiques. La Centrafrique rejoint malheureusement ce club peu glorieux des pays qui pratiquent l’exclusion constitutionnelle.
Le BRDC a raison de qualifier cette situation d’“apartheid juridique”. Quand la Constitution elle-même établit des catégories de citoyens avec des droits différents, quand l’accès aux plus hautes fonctions dépend d’un critère d’origine impossible à définir clairement, on entre effectivement dans une logique de ségrégation légale.
Cette dérive vient s’ajouter à toutes les autres violations du processus démocratique : convocation du corps électoral dans l’illégalité, absence de listes électorales vérifiables, refus du dialogue avec l’opposition, répression des voix dissidentes. Le régime Touadéra accumule les entorses aux règles démocratiques sans que personne ne l’arrête.
La saisine de l’Union africaine par le BRDC constitue une tentative de mobiliser la communauté continentale contre ces dérives. Mais cette démarche aboutira-t-elle ? L’UA a-t-elle la capacité et la volonté d’imposer le respect des principes démocratiques qu’elle prône officiellement ?
Les prochaines semaines donneront la réponse. Si l’Union africaine reste passive face à cette Constitution discriminatoire, elle validera implicitement l’introduction de critères d’apartheid juridique dans les textes fondamentaux des États membres. Si elle réagit fermement, elle pourrait contraindre le régime Touadéra à revoir ces dispositions problématiques.
Les Centrafricains attendent de voir si l’organisation panafricaine prendra au sérieux cette saisine ou si elle se contentera d’un communiqué de routine sans conséquence pratique. L’avenir de la démocratie en Centrafrique dépend aussi de la capacité des institutions régionales et continentales à faire respecter leurs propres principes.
Nadine Kossi : “La paix est possible, la cohésion sociale est entre nos mains”
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Madame-Nadine-KOSSI-Presidente-de-lassociation-Action-Solidaire.jpg” data-wpel-link=”internal”>Madame Nadine KOSSI, Présidente de l’association Action Solidaire
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Nadine Kossi, Présidente de l’association action solidaire vient de publier un texte intitulé “La paix et la cohésion sociale, socle de l’avenir centrafricain”. Dans cette tribune, elle analyse les défis actuels du pays et appelle chaque Centrafricain à prendre sa part de responsabilité dans la construction d’un avenir commun.
Selon Nadine Kossi, “la République centrafricaine secouée par des crises multiformes, a réussi à reprendre sa marche vers le développement grâce à l’étonnante résilience de sa population”. Elle estime que le pays est maintenant entré “dans la phase de consolidation de la stabilité, fondement de tout développement harmonieux”.
Cette analyse optimiste contraste avec la réalité quotidienne vécue par beaucoup de Centrafricains. Mais Nadine Kossi ne nie pas les difficultés. Elle reconnaît que “depuis trop longtemps, la société centrafricaine est déchirée, divisée par des conflits fratricides, des divisions identitaires et la prédominance de l’injustice”.
Elle identifie “le syndrome de la méfiance dans les communautés” comme “la conséquence directe de l’absence de la cohésion sociale et de la paix”. Cette observation touche un point sensible. La méfiance entre communautés reste un poison qui empêche toute reconstruction durable.
Nadine Kossi rappelle que “le destin commun en RCA s’est forgé dans une dynamique d’ensemble à travers un passé bâti dans la cohésion”. Cette référence à l’histoire commune vise à rappeler que les Centrafricains ont déjà su vivre ensemble et peuvent le refaire.
Pour l’auteure, “malgré les blessures ouvertes, les Centrafricains ont montré la force admirable de la résilience”. Mais elle ajoute immédiatement : “la résilience seule ne suffit pas”. Cette nuance est importante. La résilience permet de survivre aux crises, mais ne construit pas automatiquement l’avenir.
Nadine Kossi appelle donc à “faire un choix clair : celui de la paix durable”. Elle précise que cette paix ne doit pas “se limiter aux accords politiques et au cessez le feu mais s’enraciner dans nos quartiers, nos familles, nos lieux de culte et nos écoles”. Cette vision décentralise la responsabilité de la paix pour la placer au niveau de chaque citoyen.
Sur la cohésion sociale, elle propose une définition inclusive : “elle ne signifie pas l’uniformité. Elle signifie le respect des différences, la tolérance, le dialogue et surtout la justice”. Cette approche reconnaît la diversité centrafricaine comme une richesse à gérer plutôt qu’un problème à éliminer.
Nadine Kossi donne un exemple simple : la cohésion sociale “permet à un chrétien, un musulman, un animiste, un agnostique de vivre ensemble sans peur ni méfiance et le sentiment d’appartenance à une même nation”. Cette vision du vivre-ensemble reste un idéal à atteindre dans beaucoup de régions du pays.
L’auteure interpelle ensuite chaque catégorie de citoyens : “le Chef de quartier, l’enseignant, le commerçant, le jeune diplômé, la mère de famille, le leader religieux, le militaire, le député… tous doivent œuvrer chacun à son niveau pour apaiser les tensions, dénoncer la haine et promouvoir la paix”. Cette responsabilisation collective peut sembler ambitieuse, mais elle part d’une idée juste : la paix se construit par des actes quotidiens, pas seulement par des décisions politiques.
Nadine Kossi n’oublie pas le rôle de l’État. Elle rappelle que “les autorités publiques ont la responsabilité de garantir la sécurité, l’accès à la justice et aux services de base”. Elle ajoute une phrase qui mérite attention : “Une paix sans justice est une illusion. Une cohésion sociale sans équité est un mirage”.
Cette affirmation touche un point sensible. La paix ne peut pas se construire durablement sur l’injustice et l’inégalité. Les Centrafricains ne peuvent pas être appelés à la cohésion sociale pendant que certains s’enrichissent illégalement, que la justice fonctionne à deux vitesses, et que les services publics restent inaccessibles à la majorité.
L’auteure adresse un message particulier aux jeunes : “vous êtes les bâtisseurs de demain. Refusez la manipulation, rejetez la violence, engagez vous pour les causes nobles, croyez en la force de l’éducation, de la culture et du dialogue”. Cet appel à la jeunesse reconnaît son rôle dans la construction de l’avenir.
Nadine Kossi ajoute : “L’avenir de la République centrafricaine dépend de votre capacité à faire mieux que les générations précédentes”. Cette phrase place une responsabilité lourde sur les épaules des jeunes, mais reconnaît aussi que les générations précédentes ont échoué sur certains aspects.
Elle conclut par un appel : “Nous n’avons pas d’autres patrie que la République Centrafricaine. Nous n’avons pas d’autres choix que de la relever ensemble. Que chacun commence là où il est avec ce qu’il a pour semer les graines d’un vivre ensemble apaisé”.
Monsieur le Président, où sont vos psychologues pour les victimes du lycée Boganda ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/boganda-mort.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/boganda-mort-408×450.jpg” alt=”Monsieur le Président, où sont vos psychologues pour les victimes du lycée Boganda ?” width=”408″ height=”450″ />Une dizaine des évanouis du drame du lycée Boganda de Bangui déposés directement à la morgue de l’hôpital communautaire
Le gouvernement centrafricain a multiplié les annonces médiatiques après le drame du lycée Barthélémy-Boganda. Conseil des ministres, conférences de presse, déclarations officielles : tout a été dit, sauf la vérité.
Alors que les autorités affirmaient avoir mobilisé des services d’aide psychologique, aucune structure étatique n’a pris le relais après la seule intervention d’urgence, menée par l’Association des femmes juristes et financée par un partenaire international. Irène Moussa-Kembé, présidente de l’association, dénonce un abandon total. Les élèves traumatisés, censés reprendre les examens dans la foulée du drame, ont été sacrifiés au profit d’une communication politique mensongère.
Le contraste est agressif. D’un côté, le gouvernement affirme « avoir tout mis en place ». De l’autre, les faits révèlent une absence totale de suivi. Après l’intervention d’urgence coordonnée du 28 juin au 7 juillet par l’Association des femmes juristes de Centrafrique (AFJC), plus rien. Aucun relais étatique, aucun soutien prolongé, aucune cellule psychologique mise en place par les ministères concernés. Le soutien apporté à 730 personnes – élèves, enseignants, parents – n’a tenu que dix jours. Une aide indispensable, financée par ONUFAM, mais restée isolée.
Irène Moussa-Kembé, juriste et militante, qualifie cette absence d’accompagnement de « démission pure et simple de l’État ». Selon elle, le gouvernement a sciemment laissé les victimes livrées à elles-mêmes, se contentant de discours creux et de formules sans lendemain. L’écart entre les annonces officielles et la réalité du terrain est tel qu’il ne peut être attribué à une négligence : il s’agit d’un choix politique.
Une population traumatisée, abandonnée dès le 8 juillet À l’issue des dix jours d’intervention, le constat est clair : les victimes présentent des symptômes graves et persistants. Stress, crises d’angoisse, perte de mémoire, cauchemars, insomnies, vertiges, troubles du comportement. Aucun de ces signes ne peut être traité en quelques jours. Les psychologues mobilisés ont recommandé un suivi minimal de trois à six mois, notamment pour les élèves encore en âge scolaire. Mais dès le 8 juillet, le projet a pris fin – et le gouvernement, informé par des rapports détaillés, n’a rien prévu pour la suite.
Cette inaction volontaire intervient alors même que les examens ont repris immédiatement après. Des adolescents traumatisés, incapables de dormir ou de se concentrer, ont été renvoyés en salle d’examen sans préparation, ni soutien, ni aménagement. « C’est une maltraitance institutionnelle », affirme Irène Moussa-Kembé. Une preuve, selon elle, que les autorités ont sacrifié la santé mentale des jeunes pour préserver l’image d’un calendrier scolaire soi-disant maîtrisé.
Une communication massive pour dissimuler le vide
La machine gouvernementale s’est pourtant emballée. Porte-parole du gouvernement, membres du cabinet, communiqués officiels : tous affirmaient que des cellules d’écoute avaient été déployées, que les services sociaux étaient mobilisés, que tout avait été prévu. En réalité, aucun service public n’a pris en charge les victimes. Aucun psychologue de l’Éducation nationale, aucun agent du ministère de la Santé n’a été vu sur le terrain après le départ de l’AFJC.
Cette stratégie de communication, organisée pour masquer l’absence d’action réelle, a provoqué une colère grandissante parmi les familles. Nombre de parents affirment n’avoir jamais vu l’ombre d’un agent de l’État sur les lieux. À la souffrance s’ajoute un sentiment d’humiliation : celui d’être instrumentalisés par une propagande officielle qui nie leur détresse.
Les conséquences immédiates sont graves. Plusieurs élèves ont interrompu leur scolarité. Certains ont fui Bangui pour rejoindre des proches en province, incapables de rester dans un environnement devenu anxiogène. D’autres témoignent de pertes de mémoire en pleine épreuve, de tremblements incontrôlables, d’absences prolongées. Pour ces jeunes, la rentrée scolaire s’annonce sous le signe de l’incertitude et de la peur.
Irène Moussa-Kembé insiste : « Ils n’ont même pas envisagé de repousser les examens ou de créer des sessions spéciales pour les élèves touchés. » Aucun aménagement, aucune exception. Le système scolaire, rigide, a poursuivi son calendrier comme si rien ne s’était passé. Une décision qui a détruit la confiance entre les élèves et leurs encadreurs. « On nous traite comme si on n’était rien », a résumé une élève interrogée à la sortie d’un examen.
La crise n’a pas touché que les élèves. Les parents, traumatisés par ce qu’ont vécu leurs enfants, n’ont bénéficié d’aucune forme d’accompagnement. Plusieurs d’entre eux ont exprimé leur désarroi face aux crises répétées de leurs enfants, sans savoir à qui s’adresser. Les enseignants aussi ont été oubliés. Certains ont assisté au drame, d’autres ont accueilli des élèves en pleurs dans leurs classes. Aucun n’a été soutenu, formé ou même consulté par les autorités éducatives.
« On leur demande d’enseigner à des jeunes brisés sans leur donner les outils pour le faire », résume Moussa-Kembé. Selon elle, l’ensemble du corps enseignant aurait dû être encadré après le drame pour assurer une reprise pédagogique adaptée. Là encore, le gouvernement a fait le choix de l’inaction.
Les psychologues de l’AFJC n’ont pas seulement accompagné les victimes. Ils ont aussi produit des rapports clairs, structurés, avec des données exploitables sur l’état psychologique des élèves, leurs besoins, et les risques encourus en l’absence de suivi. Ces documents ont été transmis aux autorités compétentes : ministère de l’Éducation nationale, ministère de la Santé, présidence. Aucune suite. Aucun appel. Aucun retour. Les données ont été classées sans suite.
Ce silence, selon Irène Moussa-Kembé, traduit un mépris total pour le travail de terrain et pour les professionnels qui tentent de combler les lacunes de l’État. « On aurait pu adapter les politiques publiques. On aurait pu au moins ralentir le rythme scolaire. Ils ont préféré faire comme si rien ne s’était passé. »
Pour les observateurs du système éducatif centrafricain, cette crise n’est pas une surprise. Chaque incident grave – qu’il soit sécuritaire, sanitaire ou scolaire, révèle le même mécanisme : absence de prévention, improvisation dans l’urgence, récupération politique, puis abandon des victimes. L’affaire du lycée Barthélémy-Boganda ne fait que confirmer ce cycle d’irresponsabilité.
Ce que dénonce Irène Moussa-Kembé, c’est un mécanisme rodé de communication mensongère. « Ils n’ont rien fait, mais ils font croire qu’ils ont tout fait. Et dans le vacarme des médias d’État, on perd de vue la vérité : les élèves sont seuls, les parents sont seuls, les enseignants sont seuls. »….
Anicet Georges Dologuélé officiellement déclaré apatride : Touadéra enterre politiquement son principal adversaire à la présidentielle
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/anicet-georges-dologuele.jpg” data-wpel-link=”internal”>Anicet-Georges DOLOGUELÉ, leader de l’URCA, et membre influent du BRDC
L’opposant Anicet Georges Dologuélé, ancien Premier ministre et député actuel de Bocaranga 1, vient d’être totalement enterré par le régime de Bangui sur la scène politique nationale. Comment ? En le déclarant officiellement apatride, c’est à dire qu’il n’est plus centrafricain. En plus de cela, il n’est plus français.
Anicet-Georges Dologuelé avait renoncé à sa nationalité française il y a quelques semaines pour pouvoir se porter candidat à la présidentielle de 2025. Pour déposer sa candidature, il faut joindre une copie du passeport national à la demande. L’ancien Premier ministre a donc sollicité, il y a trois semaines, la délivrance d’un passeport centrafricain suite à sa renonciation à la nationalité française.
La réponse du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, datée du 9 octobre 2025 et signée par le ministre de la Défense Rameaux Claude Bireau (pour le ministre de l’Intérieur), glace le sang. Le ministère déclare officiellement que Anicet-Georges Dologuelé a “perdu la nationalité centrafricaine” en détenant la nationalité française jusqu’au 25 août 2025.
Le ministère invoque l’article 48 du Code de la Nationalité de 1961 qui dispose : “Perd la nationalité centrafricaine, le Centrafricain majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère”.
Selon cette interprétation, Anicet-Georges Dologuelé aurait perdu automatiquement sa nationalité centrafricaine lorsqu’il a acquis la nationalité française. Le ministère lui demande donc de “déposer une demande de réintégration auprès du ministère chargé de la Justice, accompagnée de tous les documents justificatifs pour obtenir un décret de réintégration, lequel servira de base à l’établissement du passeport sollicité”.
En clair, le régime déclare Anicet-Georges Dologuelé apatride. Il n’est plus Français puisqu’il a renoncé à cette nationalité. Et il n’est plus Centrafricain selon l’interprétation du ministère. Il doit maintenant faire une demande de réintégration dans la nationalité centrafricaine, attendre qu’un décret soit signé, et seulement après pourra demander un passeport.
Cette manœuvre administrative enterre politiquement Dologuélé de trois manières.
D’abord, sur le plan électoral. Sans passeport centrafricain, il ne peut pas déposer sa candidature à la présidentielle. Le délai de dépôt des candidatures expire dans deux jours. Le processus de réintégration dans la nationalité, puis de délivrance du passeport, prendra des semaines voire des mois. Dologuélé ne pourra donc pas se porter candidat à la présidentielle de 2025 comme il a lui-même déclaré mercredi dernier.
Ensuite, sur le plan sanitaire.Anicet-Georges Dologuelé a des problèmes de santé. Il doit se rendre régulièrement en France pour consulter ses médecins. En le privant de passeport français (par la renonciation) et en lui refusant le passeport centrafricain, le régime le bloque. Comment va-t-il sortir du pays pour aller se soigner ? Comment va-t-il voyager sans passeport ?
Enfin, sur le plan symbolique. En le déclarant apatride, le régime humilie publiquement son principal adversaire. Il lui dit : tu n’es plus rien, tu n’as plus de nationalité, tu n’existes plus juridiquement.
Pour pousser l’humiliation encore plus loin, le ministre conseiller du président, Fidèle Gouandjika , a fait un live sur Facebook pour se moquer de Dologuélé. Il a rappelé que l’opposant avait déclaré “que le pays n’est pas gouverné, que le fauteuil présidentiel est vide”.Fidèle Gouandjika a alors fait une simulation de la demande que Dologuélé devrait maintenant envoyer au président : “J’ai l’honneur, Monsieur le Président, de venir auprès de vous respectueusement pour demander à nouveau la nationalité centrafricaine”.
Le message du régime est clair : tu as osé dire que Touadéra ne gouverne pas ? Maintenant, rampe et supplie pour récupérer ta nationalité. Humilie-toi publiquement devant celui que tu as critiqué. Reconnaît que tu as eu tort. Demande pardon. Et peut-être, si tu es assez servile, on te rendra ta nationalité.
Cette manœuvre est d’une perversité calculée. Le régime savait que Anicet-Georges Dologuelé allait renoncer à sa nationalité française pour se présenter. Ils l’ont laissé faire. Ils ont attendu qu’il renonce, qu’il perde sa nationalité française. Et à ce moment-là, quand il n’avait plus de retour en arrière possible, ils l’ont déclaré apatride en lui refusant le passeport centrafricain.
Cette manœuvre montre aussi la duplicité du régime sur la question de la nationalité. Touadéra a modifié la Constitution pour interdire la double nationalité et exiger que les candidats à la présidentielle n’aient que la nationalité centrafricaine. Anicet-Georges Dologuelé a joué le jeu : il a renoncé à sa nationalité française. Et le régime le punit pour avoir obéi à la loi.
Si Anicet-Georges Dologuelé avait gardé sa double nationalité, on lui aurait dit : tu ne peux pas te présenter, tu as la nationalité française. Maintenant qu’il a renoncé à la nationalité française, on lui dit : tu as perdu la nationalité centrafricaine, tu es apatride, tu ne peux pas te présenter non plus.
C’est un piège parfait. Quoi que fasse l’opposant, le régime trouve une raison juridique pour l’empêcher de se présenter.
Anicet-Georges Dologuelé n’est pas le seul dans cette situation. D’autres opposants de la diaspora qui ont la double nationalité font face au même dilemme. S’ils renoncent à leur nationalité étrangère pour se présenter, le régime peut les déclarer apatrides. S’ils ne renoncent pas, le régime les déclare inéligibles pour double nationalité.
Au-delà de la dimension électorale, cette affaire pose la question humanitaire. Anicet-Georges Dologuelé a des problèmes de santé. Il doit voyager régulièrement pour se soigner. En le privant de tout passeport, le régime met sa vie en danger. Si son état de santé se dégrade et qu’il a besoin de soins urgents à l’étranger, comment va-t-il sortir du pays ?
Le régime le sait. C’est peut-être même l’objectif. En privant Anicet-Georges Dologuelé de passeport, on l’empêche de se faire soigner à l’étranger. On espère peut-être qu’il tombera malade et mourra, éliminant ainsi définitivement cet opposant gênant.
Cette stratégie d’élimination physique par privation de soins médicaux est une forme de violence d’État. On ne tue pas directement l’opposant, mais on crée les conditions de sa mort en lui refusant l’accès aux soins dont il a besoin.
Anicet-Georges Dologuelé se retrouve dans une situation impossible. Apatride, sans passeport, incapable de se présenter à la présidentielle, incapable de voyager pour se soigner. Le régime lui laisse deux options : s’humilier publiquement en suppliant Touadéra de lui rendre sa nationalité, ou mourir lentement, bloqué en Centrafrique, sans possibilité de se faire soigner à l’étranger.
Cette affaire montre jusqu’où Touadéra est prêt à aller pour éliminer ses adversaires. On ne se contente plus d’emprisonner les opposants ou de les forcer à l’exil. On les déclare apatrides, on les prive de leur identité juridique, on les condamne à l’invisibilité administrative et peut-être à la mort faute de soins.
Les Centrafricains qui croient encore que les Élections de décembre 2025 seront libres et transparentes devraient regarder ce qui arrive à Dologuélé. Le principal opposant, ancien Premier ministre, député en exercice, est déclaré apatride et empêché de se présenter par une manœuvre administrative cynique.
Si le régime peut faire cela à Anicet-Georges Dologuelé , que fera-t-il aux autres candidats ? Combien d’opposants seront éliminés par des procédures administratives kafkaïennes ? Combien seront déclarés inéligibles pour des raisons inventées ?
Les Élections de 2025 ne seront pas des Élections. Ce sera une parodie où seuls les candidats approuvés par Touadéra pourront se présenter, et où le résultat est déjà écrit.
Plainte à la CPI contre Touadéra : le président répond en décorant officiellement les Mercenaires russes du groupe Wagner pour insulter la communauté internationale
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/les-wagner-decores-par-touadera-officiellement_500.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les mercenaires russes de la société Wagner décorés par le Président Touadera pour leurs bravoures à assassiner massivement les centrafricains
Rédigé le .
Par : Alain Nzilo, Directeur de Publication de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le 8 octobre 2025, deux événements simultanés ont montré le bras de fer qui s’engage entre le régime Touadéra et ses opposants sur la scène internationale. Alors que le cabinet de Maître Philippe Larochelle déposait officiellement une plainte contre le président centrafricain à la Cour Pénale Internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, Faustin-Archange Touadéra répondait par un geste de défi : la décoration officielle de mercenaires russes du groupe Wagner à Bangui.
Depuis un mois, le cabinet de Maître Philippe Larochelle, avocat canadien, avait annoncé le dépôt imminent d’une plainte officielle contre le président Touadéra. Cette démarche judiciaire est initiée par le collectif de la diaspora centrafricaine communément appelé “les 12 Apôtres”. Le 8 octobre 2025, la plainte a été officiellement déposée auprès du procureur de la Cour Pénale Internationale. L’Association des Douze Apôtres a publié un communiqué de presse (n°04.08.10.25) pour informer “la population centrafricaine, la communauté internationale et l’ensemble des médias tant nationaux qu’internationaux” de cette démarche judiciaire qui avait été initiée en avril 2024.
Les plaignants accusent Faustin-Archange Touadéra et ses complices de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Ces accusations portent notamment sur les massacres commis par les mercenaires russes de Wagner sur le territoire centrafricain avec la complicité du président qui les a introduits dans le pays et leur a donné carte blanche.
Photo de famille des mercenaires de Wagner avec Touadera et le corps de l’armée après décoration
Pendant ce temps, le même jour, 8 octobre 2025, à Bangui, le président Touadéra organisait une cérémonie officielle pour décorer des mercenaires russes du groupe Wagner. Le choix de cette date n’est pas un hasard. C’est un geste calculé, une réponse publique à la plainte déposée à La Haye. En décorant officiellement des mercenaires de Wagner le jour même où une plainte le visant est déposée à la CPI pour ses liens avec ces mêmes mercenaires, Touadéra envoie un message clair : “Votre procédure ne me fait pas peur. Je continue mes relations avec Wagner ouvertement. Votre plainte est ridicule”.
Cette décoration des mercenaires russes du groupe Wagner est une opération de communication. Touadéra veut montrer à la Cour Pénale Internationale, à ses jeunes opposants de la diaspora et à la communauté internationale qu’il ne se laissera pas intimider. Il affirme sa souveraineté en décorant des mercenaires de Wagner le jour même où on l’accuse de complicité avec Wagner dans des crimes contre l’humanité. C’est aussi une manière de dire : “Je m’en bats les couilles de votre plainte. Vous pouvez déposer tous les dossiers que vous voulez, je fais ce que je veux dans mon pays”.
Les heureux mercenaires russes récipiendaires de la société Wagner décorés par le président Touadera
Ce 8 octobre 2025 marque le début d’une guerre de communication à grande échelle entre deux camps. D’un côté, les 12 Apôtres et leurs avocats utilisent les instruments du droit international pour mettre la pression sur Touadéra. Ils documentent les crimes, rassemblent les preuves, déposent des plaintes devant des juridictions internationales. Leur objectif est de faire basculer le rapport de force en utilisant le droit comme arme. De l’autre côté, Touadéra répond par la provocation et le défi. Il organise des cérémonies officielles avec Wagner précisément les jours où les plaintes sont déposées. Il veut montrer qu’il est intouchable, protégé par la Russie, et que les procédures juridiques internationales ne l’impressionnent pas.
Ces deux stratégies visent le même objectif : influencer l’opinion publique nationale et internationale. Les 12 Apôtres veulent isoler Touadéra sur la scène internationale et légitimer la lutte contre son régime. Touadéra veut montrer qu’il reste maître chez lui et que personne ne peut le contraindre.
La plainte déposée à la CPI porte notamment sur la complicité de Touadéra dans les crimes commis par les mercenaires russes de Wagner en Centrafrique. Cette complicité est évidente et documentée. C’est Touadéra qui a fait venir Wagner en Centrafrique. C’est lui qui les paie 10 milliards de francs CFA par mois. C’est lui qui leur a donné accès aux ressources minières du pays. C’est lui qui leur a permis de contrôler l’armée nationale. C’est lui qui ferme les yeux sur leurs exactions.
Les mercenaires russes du groupe Wagner tuent massivement dans le pays. À Ngbafio dans la Nana-Mambéré, ils ont assassiné deux civils dans leurs champs. À Mbokie, à Zémio, à Obo, partout où ils passent, Wagner laisse des cadavres de civils. Les viols, les pillages, les massacres se multiplient. Touadéra connaît ces crimes. Il les tolère. Il les couvre. Parce que Wagner protège son régime et lui garantit de rester au pouvoir jusqu’à sa mort. En échange de cette protection, Touadéra donne carte blanche aux mercenaires russes de Wagner pour faire ce qu’ils veulent : tuer impunément, instaurer la dictature, piller les ressources.
C’est cette complicité active dans les crimes de Wagner qui fonde l’accusation de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité portée contre Touadéra. Il ne se contente pas de fermer les yeux. Il facilite, organise et couvre les crimes commis par ces mercenaires russes.
La diaspora centrafricaine, épuisée de voir son pays sombrer dans la dictature et le chaos sous contrôle des mercenaires russes de Wagner, a décidé d’agir. Ne pouvant rien faire à l’intérieur du pays où toute opposition est réprimée, elle utilise les instruments juridiques internationaux. Les 12 Apôtres représentent cette diaspora qui refuse de baisser les bras. Ils savent que les procédures devant la CPI sont longues, que les condamnations sont rares, que les États protègent souvent leurs dirigeants. Mais ils considèrent qu’il faut tout essayer pour arrêter la machine de mort que représente l’alliance Touadéra-Wagner.
Le dépôt de cette plainte marque le début d’un long combat juridique. Il faudra des années pour que la CPI examine le dossier, décide s’il y a lieu d’ouvrir une enquête, rassemble les preuves, éventuellement émette un mandat d’arrêt. Mais ce combat juridique a aussi une dimension politique et symbolique. Il vise à délégitimer Touadéra sur la scène internationale, à documenter ses crimes, à maintenir la pression, à empêcher qu’on normalise son régime.
Le 8 octobre 2025 marque le début d’un bras de fer entre Touadéra et ses opposants sur le terrain juridique international. La plainte est déposée, le président répond par la provocation, les avocats préparent leurs arguments, le régime organise sa défense. Ce bras de fer va se jouer sur plusieurs terrains. Juridique d’abord : la CPI va-t-elle accepter d’examiner la plainte ? Les preuves sont-elles suffisantes ? Les témoins seront-ils protégés ? Diplomatique ensuite : les alliés de Touadéra, notamment la Russie, vont-ils bloquer toute procédure ? Médiatique enfin : qui va gagner la bataille de l’opinion publique ?
En décorant des mercenaires russes de Wagner le jour du dépôt de la plainte, Touadéra pense avoir gagné la première manche. Il montre qu’il ne se cache pas, qu’il assume ses alliances avec Wagner, qu’il ne craint pas la justice internationale. Mais cette provocation peut aussi se retourner contre lui. En affichant aussi ouvertement ses liens avec Wagner au moment précis où on l’accuse de complicité avec ces mercenaires dans des crimes de guerre, il fournit lui-même des arguments à ses accusateurs.
La décoration de mercenaires russes de Wagner n’est pas un crime en soi. Mais le timing et le symbole renforcent l’accusation de complicité active avec Wagner. Touadéra ne se contente pas de travailler avec Wagner pour des raisons sécuritaires. Il célèbre publiquement ces mercenaires le jour même où on l’accuse de crimes liés à Wagner. Cette guerre de communication ne fait que commencer. Les 12 Apôtres continueront à alimenter la procédure juridique avec de nouveaux éléments, de nouveaux témoignages, de nouvelles preuves. Touadéra continuera à défier ses accusateurs en affichant encore plus ouvertement son alliance avec Wagner.
Le peuple centrafricain, lui, continue de mourir sous les balles des mercenaires russes de Wagner pendant que se joue cette bataille judiciaire et médiatique dont l’issue reste incertaine.
Bowaye : Le CICR distribue des kits alimentaires aux habitants, les Wagner arrivent et pillent tous les vivres distribués
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/04/Habitation-dun-habitant-du-village-Bowaye-brule-par-les-mercenaires-russes-de-la-societe-Wagner.jpg” data-wpel-link=”internal”>Habitation du chef de groupe du village Bowaye incendiée par les Mercenaires russes du groupe Wagner. CopyrightCNC
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les mercenaires russes du groupe Wagner sont de retour dans le village de Bowaye, situé à 70 km de Bossangoa dans la sous-préfecture de Nana-Bakassa, préfecture de l’Ouham. Ce n’est pas la première fois qu’ils reviennent dans ce village. Depuis des mois, ils y mènent des opérations de terreur, tabassant et agressant les habitants sous prétexte de rechercher le chef d’État-major du CMSPR, Florent Kema.
Mais ce jeudi 9 octobre 2025, les mercenaires de Wagner ont franchi un nouveau palier dans la honte. La veille, des agents humanitaires de la Croix-Rouge internationale étaient venus dans le village pour distribuer des kits alimentaires à la population : du riz, des sardines, des vivres pour aider des habitants qui ont énormément souffert.
Comme vous le savez, cette population fuit régulièrement Wagner pour se réfugier dans la brousse, puis revient quand les mercenaires partent. Ce va-et-vient permanent les empêche de cultiver normalement. La galère domine dans le village. C’est pourquoi la Croix-Rouge internationale a décidé de venir porter secours aux habitants en distribuant des vivres.
Le lendemain de cette distribution, Wagner est arrivé. Apparemment informés de la distribution humanitaire, les mercenaires russes ont encerclé le village. Ils ont commencé à fouiller maison par maison, soi-disant pour rechercher le chef rebelle Florent Kema.
Mais en réalité, ils profitaient de ces fouilles pour ramasser les provisions que la Croix-Rouge avait distribuées la veille. Le riz, les sardines, tous les kits alimentaires destinés à la population affamée ont été confisqués par les mercenaires de Wagner. Ils ont dépouillé le village systématiquement, pillant les vivres que les humanitaires venaient d’apporter.
Voilà comment les Centrafricains subissent le vol massif des mercenaires russes, non seulement les violences et les humiliations, mais aussi le pillage organisé de l’aide humanitaire.
Cette opération de Wagner à Bowaye montre plusieurs choses. D’abord, que ces mercenaires surveillent les mouvements des organisations humanitaires. Ils savaient que la Croix-Rouge avait distribué des vivres la veille. Ils sont arrivés le lendemain pour piller ces vivres.
Ensuite, que le prétexte de la recherche de Florent Kema n’est qu’une excuse pour terroriser et piller la population. Si Wagner cherchait vraiment ce chef rebelle, ils ne perdraient pas leur temps à confisquer du riz et des sardines dans les maisons.
Enfin, que Wagner considère les Centrafricains comme un butin à exploiter. Ils ne se contentent pas de contrôler le territoire, d’exploiter les mines, de massacrer ceux qui résistent. Ils volent aussi les vivres destinés aux populations affamées.
La population de Bowaye vit un calvaire permanent. Quand Wagner arrive, elle fuit dans la brousse. Quand Wagner part, elle revient au village. Cette instabilité permanente l’empêche de cultiver, de stocker des récoltes, de mener une vie normale. C’est pour cela que la Croix-Rouge est intervenue : pour aider des gens qui n’ont plus rien à manger à cause du terrorisme de Wagner.
Et comment Wagner répond à cette aide humanitaire ? En venant piller les vivres distribués. En confisquant le riz et les sardines que la Croix-Rouge avait apportés pour empêcher ces familles de mourir de faim.
Ce pillage de l’aide humanitaire constitue un crime de guerre. La Convention de Genève interdit formellement le pillage des biens destinés aux populations civiles. Elle interdit de détourner l’aide humanitaire. Wagner viole ouvertement ces règles en confisquant systématiquement les vivres distribués par la Croix-Rouge.
Mais qui va poursuivre Wagner pour ce crime de guerre ? Certainement pas le gouvernement centrafricain qui paie ces mercenaires 10 milliards par mois et leur donne carte blanche pour faire ce qu’ils veulent. Certainement pas Touadéra qui vient de décorer officiellement des mercenaires de Wagner le jour même où une plainte était déposée contre lui à la CPI pour complicité avec Wagner.
La Croix-Rouge internationale doit dénoncer publiquement ce pillage de son aide humanitaire. Elle doit documenter ces faits, porter plainte, alerter la communauté internationale. On ne peut pas laisser des mercenaires piller impunément des vivres destinés à des populations affamées.
Les organisations humanitaires qui travaillent en Centrafrique doivent savoir que Wagner surveille leurs activités et pille l’aide qu’elles distribuent. Elles doivent adapter leurs stratégies pour protéger les bénéficiaires de leurs programmes. Elles doivent dénoncer publiquement ces pillages plutôt que de garder le silence par peur de représailles.
Les habitants de Bowaye ont tout perdu. Wagner les terrorise depuis des mois. Ils ne peuvent plus cultiver normalement. Ils fuient régulièrement dans la brousse. La Croix-Rouge vient leur apporter des vivres pour qu’ils ne meurent pas de faim. Et le lendemain, Wagner vient confisquer ces vivres.
C’est le sort réservé aux Centrafricains dans les zones contrôlées par Wagner : terreur permanente, impossibilité de cultiver, famine, et pillage de l’aide humanitaire quand elle arrive enfin.
Touadéra peut continuer à décorer les mercenaires de Wagner. La réalité sur le terrain est celle-ci : ces mercenaires qu’il honore pillent les vivres destinés aux Centrafricains affamés, confisquent l’aide humanitaire, et transforment des villages entiers en zones de famine organisée.
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le nouveau maire MCU de la commune de la Haute-Bombé impose un système d’exploitation esclavagiste aux mineurs de Mbagana, les forçant à vendre leur or à prix dérisoire.
Un système d’exploitation particulièrement cynique vient d’être mis en place sur les sites miniers de Mbagana, dans la commune de Haute-Bombé, préfecture de la Mambéré-Kadéï. Le nouveau maire, membre du parti MCU et président local de cette formation Politique, a instauré un véritable régime d’esclavage moderne qui prive les mineurs de leur liberté et de leurs revenus.
Cette situation se déroule dans la sous-préfecture d’Amadagaza, où le site minier de Mbagana attire de nombreux chercheurs d’or. Cette localité frontalière avec le Cameroun dispose d’un gisement aurifère de qualité supérieure, avec de l’or 21-24 carats particulièrement recherché. Cette richesse naturelle attire les convoitises et explique la mise en place de ce système d’exploitation.
Le processus d’extraction sur ce site nécessite un travail de longue haleine. Les ouvriers doivent creuser pendant trois à quatre mois, parfois plus, avant d’obtenir des graviers aurifères. Ces graviers, une fois lavés, montre leur contenu en or. Ce travail pénible et patient justifierait normalement une rémunération équitable pour les mineurs.
Le système d’esclavage instauré par le nouveau maire Malingö fonctionne selon un mécanisme particulièrement pervers. Oumarou Bondo, le chef de chantier, récupère d’abord sa part sur l’extraction. Ensuite, chaque ouvrier peut normalement ressortir trois sacs de graviers pour son propre compte. Traditionnellement, ces graviers pouvaient être transportés ailleurs pour être lavés et l’or obtenu vendu librement.
Mais le nouveau maire MCU a complètement verrouillé ce système. Il interdit désormais aux ouvriers miniers communément appelés Nagbata de sortir du chantier avec leurs graviers. Tous doivent laver leurs graviers sur place, sous surveillance constante. Cette première restriction limite déjà considérablement la liberté des travailleurs.
La deuxième contrainte est encore plus grave : l’or extrait ne peut être vendu qu’au maire lui-même. Alors que le prix habituel du gramme d’or s’établit à 50 000 francs CFA localement et 55 000 francs côté camerounais, le maire impose un prix d’achat dérisoire de 30 000 à 35 000 francs le gramme dans ses bons jours.
Cette différence de prix représente un vol caractérisé. En achetant l’or à 35 000 francs et en le revendant au prix du marché à 50 000 francs minimum, le maire réalise un bénéfice de 15 000 francs par gramme sur le dos des mineurs. Cette plus-value illégitime se chiffre rapidement en millions quand on considère les quantités produites.
Pour maintenir ce système d’exploitation, le maire a d’abord fait appel aux soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) qui contrôlaient les accès au chantier. Mais après la signature de l’accord de paix du 19 avril à Ndjamena au Tchad, ce sont maintenant des ex-éléments du groupe armé 3R qui assurent cette surveillance. Ces hommes armés empêchent physiquement les mineurs de quitter le site avec leurs graviers.
Cette utilisation d’ex-rebelles pour maintenir un système d’esclavage économique pose des questions graves sur la réintégration de ces combattants. Au lieu d’être démobilisés, ils deviennent les gardiens d’un système d’exploitation au profit d’un responsable Politique.
Les conséquences de ce système sont dramatiques pour les mineurs. Certains ont tenté de fuir en traversant la frontière camerounaise pour travailler sur des sites similaires de l’autre côté. Bien que l’or y soit de qualité inférieure, les conditions de travail y sont plus libres et les prix plus équitables.
Mais beaucoup restent piégés sur le site de Mbagana, contraints d’accepter ce système d’exploitation faute d’alternatives. Cette situation correspond à la définition moderne de l’esclavage : travail forcé, restriction de liberté de mouvement, appropriation des fruits du travail par un tiers.
Le maire tire sa légitimité de sa nomination par Évariste Ngamana, vice-président de l’assemblée nationale et porte-parole du parti MCU. Cette filiation politique explique son impunité et sa capacité à maintenir ce système sans craindre de sanctions pénales.
Cette affaire contredit totalement les déclarations de la ministre du Travail, également membre du MCU, qui accusait régulièrement les groupes armés d’exploiter les enfants sur les sites miniers. L’exemple de Mbagana montre que les responsables MCU eux-mêmes pratiquent l’esclavage moderne, utilisant même d’anciens rebelles comme gardiens de leur système.
Cette situation témoigne de la transformation des maires MCU en prédateurs économiques qui utilisent leurs fonctions pour s’enrichir personnellement. Le maire de Haute-Bombé n’administre plus sa commune, il l’exploite comme une propriété privée.
L’absence de réaction des autorités face à ce système d’esclavage moderne démontre soit leur complicité, soit leur impuissance. Dans les deux cas, les mineurs de Bagana restent abandonnés à leur sort, privés de leurs droits les plus élémentaires.
Dans la préfecture de la Vakaga, le bureau de l’Autorité Nationale des Élections lance un appel désespéré. Depuis l’ouverture de la période de dépôt des candidatures le 2 octobre jusqu’au 6 octobre, aucun candidat n’a déposé son dossier pour les Élections présidentielle, législatives ou municipales prévues en décembre 2025.
Le responsable du bureau ANE de la Vakaga a fait une déclaration publique pour supplier les candidats de venir déposer leurs dossiers : “Depuis le 2 et nous sommes aujourd’hui le 6, jusqu’à là, il n’y a pas un seul candidat qui est venu déposer ses dossiers. Et donc là, c’est vraiment un souci pour moi, il ne reste plus que grand-chose. Donc je demande aux candidats de venir déposer leurs dossiers».
Il précise l’adresse du bureau : “Notre bureau local se trouve au Forum des droits de l’homme derrière la maison des jeunes. Nous sommes là provisoirement. Et donc je demande vraiment à la population, aux électeurs ou aux candidats de venir nous trouver ici, nous sommes là à n’importe quelle heure pour venir déposer leurs dossiers».
Le responsable tente de rassurer sur les conditions techniques : “Si nous n’avons pas une agence ici, un trésor ici, nous avons un divisionnaire des impôts qui est là, qui travaille ici à la mairie. Les candidats peuvent s’adresser à ce divisionnaire des impôts et ils peuvent fournir leurs dossiers. Il n’y a pas quelque chose de gravité. Il n’y a pas vraiment quelque chose de gravité. On les attend».
Son appel se termine par une interrogation inquiète : “Une grande circonscription comme la Vakaga, et particulièrement à Birao, qui n’a pas de candidats. En tout cas, ce n’est pas possible. Il y a des leaders ici qui peuvent bien déposer leurs dossiers, mais jusqu’à là, je ne sais pas, ils ne sont pas encore venus».
Ce désespoir du responsable ANE cache une réalité que tout le monde connaît en Centrafrique : la population boude massivement ces Élections. Les Centrafricains ne veulent même pas participer car ils savent que les circonstances de ces élections montrent clairement que c’est le régime qui va décider des résultats.
Ce ne sont pas des élections mais des nominations sous couvert électoral. Le peuple l’a compris et refuse de cautionner cette parodie en participant. Dans toute la Centrafrique, les candidatures sont rares. Dans la Vakaga, elles sont inexistantes.
Les habitants de Birao et de toute la Vakaga savent que voter ne servira à rien. Touadéra a modifié la Constitution pour s’octroyer un troisième mandat. L’Autorité Nationale des Élections est aux ordres du pouvoir. La Cour Constitutionnelle valide tout ce que veut le président. Les conditions d’un scrutin libre et transparent n’existent pas.
Pourquoi se porter candidat quand on sait que les résultats sont déjà écrits ? Pourquoi dépenser de l’argent pour une campagne quand le vainqueur est déjà connu ? Pourquoi mobiliser ses partisans quand le système truquera les chiffres ?
La Vakaga a déjà subi tellement d’épreuves. Les habitants ont vécu sous occupation de groupes armés, ont subi les exactions de rebelles soudanais, ont prié collectivement pour empêcher le retour de Wagner. Maintenant, on leur demande de participer à une élection truquée d’avance.
Ils répondent par le boycott silencieux. Pas de manifestations, pas de déclarations fracassantes. Simplement, personne ne se porte candidat. C’est la forme de protestation la plus efficace : refuser de jouer dans la pièce de théâtre organisée par le régime.
L’appel pathétique du responsable ANE montre que même l’appareil électoral du régime commence à paniquer. Comment organiser des élections sans candidats ? Comment prétendre à la démocratie quand personne ne veut participer ? Comment convaincre la communauté internationale que le scrutin est crédible quand des circonscriptions entières n’ont aucun candidat ?
Le régime va probablement trouver des solutions de dernière minute. Convaincre quelques personnes de se porter candidates en échange d’argent ou de promesses. Fabriquer des candidatures fictives pour donner l’illusion du pluralisme. Mais le mal est fait : le rejet populaire de ces élections est patent.
La situation dans la Vakaga n’est qu’un exemple d’un problème national. Partout en Centrafrique, la population comprend que ces élections ne sont qu’une formalité pour légitimer la mainmise de Touadéra sur le pouvoir. Le président a déjà annoncé sa candidature pour un troisième mandat inconstitutionnel. L’issue du scrutin ne fait aucun doute pour personne.
Ce boycott silencieux de la population centrafricaine est le verdict le plus accablant sur dix ans de présidence Touadéra. Après une décennie au pouvoir, le président ne peut même pas organiser des élections auxquelles les citoyens accepteraient de participer. La légitimité du régime est tellement érodée que même la fiction électorale ne tient plus.
Sonia Bindoumi, ou l’art de se discréditer en direct sur la radio mille colline de Fidèle Gouandjika
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/04/Fidele-Gouandjika-haut-cadre-de-KNK-reconverti-en-MCU-apres-la-chute-de-Bozize.jpg” data-wpel-link=”internal”>Fidele Gouandjika, haut cadre de KNK reconverti en MCU apres la chute de Bozize
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Sonia Bindoumi a encore déliré en direct. Et comme à son habitude, elle l’a fait avec la subtilité d’un marteau-piqueur et l’élégance d’un égout à ciel ouvert. À l’écouter, on se demande si la sénilité est une maladie ou un choix de carrière. Car il faut un certain talent pour accumuler autant de contradictions, d’insultes et de mépris en si peu de temps. Cette dame, qui se croit encore une « jeune fille » alors que son âge devrait lui commander la sagesse, a offert sur les ondes de la Radio Mille Collines de Fidèle Gouandjika une masterclass en hypocrisie Politique, en voyoutisme assumé, et en mépris de classe. Passons en revue ses perles, une à une, pour lui montrer à quel point son discours est non seulement indigne, mais surtout révélateur de sa propre décadence.
La jeunesse, cette valeur que Sonia Bindoumi piétine dans sa folie. On ne sait pas si c’est son vrai nom. Mais on l’appelle quand même Sonia Bindoumi. Cette dame, en l’écoutant, elle s’indigne : « Martin Ziguélé, à 70 ans, doit apprendre à dire la vérité ». Ah, l’ironie ! Voici une femme qui, à un âge où l’on devrait être un pilier de sagesse, se comporte comme une adolescente qui cherche son premier copain, insultant tout ce qui bouge pour se faire une place parmi les criminels, parmi les criminels, les voyous de la République, les cherchés à manger. Elle qui se dit « jeune » à 50 ans passés, alors que chez nous, la jeunesse se mesure à l’énergie et aux idées, pas à la capacité à hurler des insanités à la radio. Mais après tout, quand on a passé sa vie à mendier des miettes de pouvoir, on finit par confondre la maturité avec la capacité à aboyer comme des chiennes plus fort que les autres.
Si éduquer un enfant qui devient bordel est une honte pour la famille, que dire alors de Sonia Bindoumi qui, à l’âge où l’on devrait être un modèle, se transforme en conseillère du « bordélisme Politique » ? Il faut être clair, Sonia Bindoumi n’est pas une jeune fille, c’est une vieille dame en crise d’adolescence, qui croit que la politique se résume à des règlements de comptes et à des coups bas. Elle qui se prétend être « jeune fille de ce pays » ne propose rien, ne construit rien, ne fait que cracher sur ceux qui, au moins, ont le mérite d’avoir un parcours. Elle est le parfait exemple de ce qu’elle dénonce : une génération qui a échoué à élever ses enfants, et qui passe son temps à insulter ceux qui, eux, ont au moins fait quelque chose.
« Ces hommes politiques centrafricains de l’opposition comme Martin Ziguelé, Anicet-Georges Dologuelé recevaient beaucoup d’argent pendant les dialogues, c’est devenu leur fond de commerce ». Voici une accusation qui en dit long sur l’état mental de celle qui la porte. Car qui, mieux que Sonia Bindoumi, connaît les dessous des combines politiques ? Elle qui, visiblement, a fait du bordelisme politique, du putage politique son unique compétence. Quand on passe sa vie à quémander des faveurs, à chercher « de quoi manger » dans les couloirs du pouvoir, on n’a pas de leçon à donner sur l’intégrité. Si le dialogue était un commerce pour certains, Sonia Bindoumi en est la caissière zélée, toujours prête à monter les enchères pour un bout de pain des criminels de Boy-Rabe.
Elle s’indigne que Martin Ziguélé ou Dologuélé aient pu bénéficier de fonds. Mais où étaient ses principes quand elle-même courait derrière les hommes du pouvoir pour se remplir les poches ? La différence, c’est qu’eux au moins ces hommes politiques ont occupé des fonctions de haut niveau dans ce pays, ils ont construit des écoles, des partis, des carrières. Mais toi Sonia Bindoumi , toi, tu n’as construit qu’une réputation sale : celle d’une pute politique, une « griotte » payée pour aboyer quand le régime te donne 1000 ou 2000 francs CFA à chaque insulte.
« Bonne retraite, Martin Ziguélé ! ». Voici une phrase qui en dit long sur sa folie. Car si Ziguélé prend sa retraite, c’est après des décennies de combat politique, avec des hauts et des bas, mais au moins avec une trace. Sonia Bindoumi, elle, n’a jamais été élue, elle n’a jamais occupé une fonction digne dans ce pays, elle n’a jamais dirigé quoi que ce soit, elle n’a jamais proposé un seul projet pour son pays. Elle n’est qu’une voix criarde, un parasite des ondes de la radio mille colline, une spécialiste de l’insulte facile. Quand elle souhaite une retraite à Ziguélé, on se demande : et elle, quand compte-t-elle prendre la sienne ? À 80 ans ? Quand elle aura fini de salir la réputation de tous ceux qui osent encore croire en la politique ?
Elle célèbre le départ de Ziguélé comme une victoire. Mais quelle victoire ? Celle d’une femme qui n’a jamais rien gagné, si ce n’est le droit de parler fort sans jamais être écoutée. Elle, elle s’accroche comme une pute politique à son micro de la radio mille colline, persuadée que son voyoutisme valent une carrière.
« Martin Ziguelé doit passer devant la justice authentique ! ». Voici une exigence qui ferait rire, si elle n’était pas si pathétique. Sonia Bindoumi, qui passe son temps à accuser les autres de corruption, de manipulation, de malversations, oublie un détail : elle n’a jamais prouvé quoi que ce soit. Elle qui réclame la justice pour les autres semble terrifiée à l’idée qu’on puisse un jour examiner son propre parcours. Car que trouverait-on, si on fouillait dans ses affaires ? Des faveurs sexuelles obtenues en échange de services rendus ? Des déclarations radio payées à coup des billets de banque?
Sonia Bindoumi hurle à la manipulation, à la trahison, aux « gros loups ». Mais qui, mieux qu’elle, incarne la manipulation ? Qui, mieux qu’elle, a fait carrière en jouant les marionnettes des puissants ? Elle qui accuse Crépin Mboli-Goumba et Dologuélé de se déchirer pour de l’argent, elle qui connaît si bien les mécanismes de la trahison, ne serait-elle pas tout simplement jalouse de ne pas en être ?
« C’est de la maladie mentale ! », avait dit un auditeur de la radio mille colline à son sujet. Difficile de lui donner tort. Car il faut une certaine forme de folie pour croire que la politique se résume à des règlements de comptes radiophoniques. Il faut une certaine forme de déni pour passer sa vie à insulter les autres, tout en se croyant intouchable. Il faut une certaine forme de mépris pour soi-même pour se comporter ainsi, à son âge, sans jamais réaliser à quel point on fait pitié.
Sonia Bindoumi n’est pas une menace pour quiconque. Elle est une caricature, un exemple de tout ce qui pourrit la politique : le culte de la personnalité toxique, l’absence totale de projet, la recherche éperdue de reconnaissance par la destruction. Elle est la preuve vivante que quand on n’a rien à dire, on crie. Quand on n’a rien à offrir, on insulte. Quand on n’a rien construit, on démolit.
Sonia Bindoumi n’est pas une opposante. Elle n’est pas une intellectuelle. Elle n’est même pas une polémiques digne de ce nom. Elle est une pute politique en colère », une « voyoute des ondes », une « spécialiste du bordélisme politique ». Elle incarne tout ce qu’elle prétend combattre : la corruption des esprits, la médiocrité des ambitions, la lâcheté de ceux qui préfèrent insulter plutôt que d’agir.
Alors oui, Sonia Bindoumi , vous avez raison sur un point : « la fin de toute chose vaut mieux que le commencement ». Pour vous, la fin ne saurait tarder. Car un pays qui se respecte ne peut tolérer indéfiniment une telle indécence. Votre retraite, madame, ne sera pas célébrée. Elle sera un soulagement.
Et quand vous partirez enfin, personne ne vous regrettera. Pas même ceux que vous avez passé votre vie à insulter. Car vous n’aurez laissé derrière vous qu’un vide, un bruit, et une question : comment une seule personne a-t-elle pu gaspiller autant de salive pour si peu de résultat ?
À vous, Sonia Binoumi, nous pourrions dire : bonne retraite. Mais à quoi bon ? Vous n’avez jamais vraiment commencé.
Maître Crépin Mboli-Goumba n’y va pas par quatre chemins. Samedi 26 juillet, au siège de son parti dans la capitale, le président du Parti Patrie et coordinateur du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution a livré un réquisitoire sans concession contre le pouvoir en place.
« Actuellement, il y a la peur partout. Les militants ont peur, mais si vous êtes venus aujourd’hui, c’est que vous avezle courage », a-t-il lancé à une assemblée de fidèles venus défier l’intimidation ambiante. Pour l’opposant, manifester son appartenance politique équivaut désormais à « signer son arrêt de mort ».
Les disparitions d’Armel Sayo, ancien ministre volatilisé après son arrestation, et d’Issa Manou, enlevé au siège du MCU, alimentent cette atmosphère délétère. « On traite les Centrafricains comme des gibiers », s’indigne Mboli-Goumba, qui dénonce un « pays des morts » où la vie humaine a perdu sa valeur.
Le chantage à l’emploi constitue un autre levier de pression. « Soit tu adhères au parti au pouvoir, le MCU, sinon on va te licencier », explique-t-il, pointant du doigt l’utilisation du travail comme instrument de soumission politique. Pendant ce temps, des figures comme Ali Darassa, chef de l’UPC, ou le musicien congolais Zèkètè Mon non bénéficient d’un traitement de faveur au détriment des citoyens centrafricains.
La question foncière occupe une place centrale dans son discours. Les accaparements illégaux de terres, notamment dans la Lobaye, menacent l’héritage ancestral. « Quand tu dis que tu es Centrafricain, c’est parce que tu travailles le sol de tes ancêtres pour avoir de quoi manger », rappelle-t-il avec force.
Face à cette situation, le leader du BRDC prône la résistance pacifique. Loin de tout appel à la violence, il mise sur l’unité politique pour restaurer la dignité nationale. « Il faut que nous, Centrafricains, nous unissions, que l’on soit de l’opposition ou du parti au pouvoir », plaide-t-il, récusant l’organisation d’Élections précipitées susceptibles d’engendrer de nouveaux troubles.
La forte mobilisation observée lors de cette assemblée générale unitaire du BRDC nourrit son optimisme. « Quand je vous regarde nombreux, je suis très content », confie-t-il aux militants présents. Cette participation témoigne d’une volonté populaire de briser le carcan de la peur.
« Nous ne pouvons plus accepter de vivre dans la peur sur la terre de nos ancêtres », martèle Mboli-Goumba. Son message résonne comme un appel à la conscience collective, invitant chaque Centrafricain à se dresser contre l’arbitraire et l’injustice. Dans un pays où l’espace démocratique se rétrécit, cette voix dissidente porte l’espoir d’un sursaut citoyen capable de redonner vie aux institutions républicaines….
Depuis trois jours, les gendarmes déployés à Ndélé, chef-lieu de la préfecture de Bamingui-Bangoran, organisent une opération de rafle massive dans les différents quartiers sous prétexte de vérification des papiers d’identité. Mais cette opération de routine s’est transformée rapidement en une opération de racket organisé de la population.
Pendant l’opération, les gendarmes exigent à chacun la présentation de la carte nationale d’identité. Ceux qui ne peuvent pas la présenter doivent payer obligatoirement la somme de 5 000 francs CFA sur place. Au marché de Ndélé, plusieurs personnes ont été contraintes de payer cette somme. D’autres ont refusé et ont été embarquées.
Les gendarmes justifient cette opération par des instructions reçues de leur hiérarchie à Bangui. Selon eux, il s’agirait de contrôler les nouveaux arrivants à Ndélé dans le cadre de la préparation des Élections prévues dans les mois à venir. Mais sur le terrain, cette opération n’a rien d’un contrôle de sécurité. C’est un racket pur et simple.
Pourtant, les gendarmes savent parfaitement que Ndélé se trouve à plus de 600 kilomètres de Bangui. Pour un habitant de Ndélé qui veut obtenir une carte d’identité, il faut quitter sa ville, payer entre 20 000 et 40 000 francs de transport pour atteindre Bangui, dépenser pour le logement et la nourriture pendant plusieurs jours, payer les 4 000 francs de la carte, et repayer le transport pour rentrer.
Le coût total pour obtenir une carte d’identité peut facilement atteindre 50 000 à 60 000 francs. Pour des populations qui vivent avec quelques milliers de francs par mois, c’est une somme astronomique. Beaucoup renoncent simplement à faire la carte.
Mais au lieu de décentraliser le service de délivrance des cartes d’identité pour permettre aux citoyens de Ndélé de faire leurs cartes sur place, l’État préfère envoyer des gendarmes racketter ceux qui n’ont pas de carte.
La situation est encore pire pour les citoyens de confession musulmane. Ndélé est une zone majoritairement musulmane, bien qu’il y ait également des chrétiens. Mais quand un musulman dépose une demande de carte nationale d’identité en Centrafrique, c’est un parcours du combattant.
On lui demande tous les papiers du monde. Parfois on lui dit que tel document est faux, qu’il faut le refaire. Le musulman dépense une fortune partout sur le territoire pour obtenir une simple carte d’identité à laquelle il a droit en tant que citoyen centrafricain.
Cette discrimination fait que beaucoup de musulmans centrafricains renoncent à demander leur carte. Ils savent que le processus sera long, coûteux, humiliant, et qu’au bout du compte, leur dossier risque d’être rejeté pour des raisons fallacieuses.
Les gendarmes de Ndélé connaissent cette situation. Ils savent que la population locale a des difficultés à obtenir des cartes d’identité à cause de l’éloignement, du coût et de la discrimination. Mais au lieu de faciliter l’accès à ce document, ils en profitent pour racketter.
Exiger 5 000 francs à quelqu’un qui n’a pas de carte d’identité n’a aucune base légale. Ne pas avoir de carte d’identité sur soi n’est pas un délit. Encore moins un délit punissable par une amende payable immédiatement au gendarme.
Ce que font les gendarmes de Ndélé s’appelle du racket. Ils abusent de leur position pour extorquer de l’argent à des citoyens qui n’ont commis aucune infraction. Ceux qui paient évitent d’être embarqués. Ceux qui refusent de payer sont conduits au poste.
Cette pratique est courante dans toute la Centrafrique. Policiers et gendarmes utilisent les contrôles de papiers comme prétexte pour racketter la population. Pas de carte d’identité ? Paie. Pas de permis de conduire ? Paie. Pas de carte grise ? Paie. Même si tu as tous tes papiers en règle, ils trouveront toujours un prétexte pour te faire payer.
Les forces de l’ordre centrafricaines sont devenues des bandits en uniforme. Au lieu de protéger les populations, elles les terrorisent et les rackettent. Les citoyens ont plus peur des policiers et des gendarmes que des criminels.
À Ndélé, une ville qui a déjà vécu des moments difficiles avec les groupes armés, une ville où la population aspire à la paix et à la sécurité, les gendarmes viennent ajouter une couche supplémentaire de souffrance en rackettant les habitants.
Les gendarmes prétendent agir sur instruction de leur hiérarchie à Bangui pour contrôler les nouveaux arrivants avant les Élections. Mais pourquoi contrôler uniquement ceux qui n’ont pas de carte d’identité ? Pourquoi leur faire payer 5 000 francs ? Si c’était vraiment un contrôle de sécurité, on vérifierait l’identité de tous, on demanderait des explications sur la présence à Ndélé, on enregistrerait les informations.
Au lieu de cela, on demande 5 000 francs et tout est réglé. Cela prouve que ce n’est pas un contrôle de sécurité mais un racket organisé sous couvert d’instructions venues de Bangui.
Les habitants de Ndélé sont pris en otage par un système qui les écrase. L’État ne décentralise pas les services pour leur faciliter l’accès aux documents. Au contraire, il concentre tout à Bangui pour obliger les citoyens à dépenser des fortunes pour obtenir leurs droits.
Ensuite, les forces de l’ordre viennent racketter ceux qui n’ont pas pu obtenir ces documents à cause des obstacles mis en place par l’État lui-même. C’est un système pervers où l’État crée le problème puis punit ceux qui en sont victimes.
Les musulmans de Ndélé subissent une double peine : discrimination dans l’obtention de la carte d’identité, puis racket par les gendarmes parce qu’ils n’ont pas cette carte qu’on leur refuse ou qu’on rend inaccessible.
Cette opération de racket à Ndélé montre une fois de plus que sous le régime Touadéra, les forces de l’ordre ne servent pas le peuple mais se servent sur le peuple. Au lieu de protéger et servir, elles terrorisent et volent.
“Je ne comprends pas que nous, les Leaders Politiques de l’opposition démocratique ne comprenions pas que nous sommes sur un point de basculement politique inévitable.” Par ces mots accusateurs, Jean Serge WAFIO ouvre un brûlot politique qui secoue les fondements de la classe politique centrafricaine. Dans ce document de près de 20 pages, le Président du PDCA ne mâche pas ses mots : il accuse l’opposition d’avoir joué un “karaoké politico-politique” inaudible, dénonce l’instrumentalisation du BRDC par le régime de Bangui, et révèle des informations explosives sur la préparation frauduleuse des Élections de décembre 2025.
Selon WAFIO, les résultats électoraux seraient déjà “fabriqués et stockés sur des clés USB”, les responsables de l’Autorité Nationale des Élections (ANE) et du Conseil Constitutionnel auraient été “initiés à Moscou” à la proclamation de faux résultats, et 1020 délégués sur 1200 seraient des hommes de main chargés de substituer les vrais procès-verbaux. Plus grave encore, il affirme que “ce sont les mercenaires russes qui dirigent la République de Bangui”, citant la déclaration du Ministre d’État WILIBIRO SAKO qui aurait avoué en 2021 : “En ce moment, ce sont les russes qui dirigent le pays ; Et ce sont eux qui décident.”
Entre prophétie religieuse et analyse politique implacable, WAFIO annonce une “confrontation” finale où chaque responsable politique devra répondre devant Dieu de ses actes. Un document qui ne laissera personne indifférent.
À lire le document intégral ici :
LA RÉPUBLIQUE DE BANGUI AU RYTHME D’UN KARAOKÉ PRÉMONITOIRE……
Et nous voilà, nous Leaders Politiques Centrafricains, face à nous-mêmes dans le cul de sac de la 7ème République, au rythme d’un karaoké joué avec de fausses notes, caractéristique d’un moment où les acteurs politiques de la République semblent perdre leurs réflexes ou bons sens politiques, tant les faits et phénomènes du moment semblent leur échapper, lesquels acteurs se livrent à des renonciations par ci, des mises en causes réciproques par là, des récusations politiciennes par là-bas et des recherches de compromissions par ici, d’où mon interrogation plurielle à travers les paragraphes qui suivent.
1 – LE CINGLANT NIET DE MOLOUA AU BRDC, UN KARAOKÉ POLITICO-POLITIQUE AU GOÛT TRÈS AMER
De l’absolue défense de la constitution du 30 mars 2016 a la demande du dialogue politique, une sibylline renonciation a un idéal politique, qui interpelle…, je m’interroge et je nous interroge, politiquement…..
Qu’il me soit permis d’emprunter à la rédaction du quotidien LE CITOYEN son habituelle phrase d’entame, « JE NE COMPRENDS PAS QUE LES CENTRAFRICAINS NE COMPRENNENT PAS QUE….. », pour m’adresser à travers cette analyse politique à nous les Leaders Politiques de l’opposition démocratique.
Eh oui, je ne comprends pas que nous, les Leaders Politiques de l’opposition démocratique ne comprenions pas ou refusions de comprendre que nous sommes depuis mai-juin 2025 sur une ligne de crête, pour le dire encore mieux, sur un point de basculement politique inévitable qui exclut toutes compromissions ou arrangements de circonstance, parce qu’il est question de vie ou de mort ; un tel contexte contraint à capitaliser ou à positiver, avec très grande intelligence politique partagée, ce moment de basculement tant attendu par le Peuple Centrafricain tout entier et pour l’histoire. Malheureusement, nous sommes en train de jouer, en solo pour beaucoup d’entre-nous, des karaoké politico-politiques qui deviennent de plus en plus inaudibles et nihilistes dans le cul de sac de la 7ème République duquel nous devons impérativement sortir pour la 8ème République en capitalisant ou positivant avec très grande intelligence partagée ce moment de basculement politique qui s’offre.
Je ne comprends pas, que nous lesdits Leaders Politiques de l’opposition démocratique, n’avions pas encore compris que depuis le 30 mars 2016, le déclaré Président élu TOUADERA nous a distraits et a déroulé, parfois avec la complicité de certains d’entre nous, ses agendas politiques cachés, qui depuis le 30 août 2023, nous ont mis devant nos naïvetés, inconstances, égos individuels et refus de visions ou d’alternatives unitaires ou partagées.
Et encore, je ne comprends pas que nous n’avions pas compris que le contexte politique depuis 2018 ne permet pas et ne permettra jamais à un Leader Politique, quel qu’il soit, de réussir de manière isolée une lutte politique contre un despote qui a fait des mensonges d’État, du terrorisme d’État, du mercenariat d’État, de la mafia d’État, de l’empoisonnement d’État ses forces de frappes pour s’accrocher au pouvoir.
L’histoire politique, depuis la sombre antiquité, nous enseigne que tenir un langage de démocrate ou adopter des comportements de démocrate face à un tyran, signifie verser de l’eau sur un canard qui est dans un cours d’eau, donc peine perdue. Face à un despote qui fait de la cruauté son moyen d’écraser et de soumettre son Peuple pour régner, il n’y a d’autre alternative que la force, ce que le regretté LUMUMBA Émery Patrice nous enseigne par ses affirmations : « … Sans lutte, vous n’obtiendrez rien. Ni aujourd’hui, ni demain…. » – « ….. Sans dignité, il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance, il n’y a pas d’hommes libres….. ».
Nous, Leaders Politiques de l’opposition démocratique, n’avons pas encore compris ou refusons de comprendre que le despote dépouille toujours le Peuple de ses pouvoirs politiques pour mieux l’aliéner ?
L’histoire humaine foisonne d’exemples de despotes, tyrans ou dictateurs qui n’ont connu que de brutales fins de règne , parfois au péril de leurs vies. Seuls, les Israélites, selon la Thora , ont été divinement soustraits à la tyrannie du pharaon d’Égypte antique, grâce au Bon DIEU qui a instruit et guidé MOÏSE. Et depuis ce divin acte, le Père Céleste donne à l’Homme ce dont il a besoin, au moment dont il en a besoin, mais ne se substitue pas à lui, par contre soutient ses efforts, parce que le Bon DIEU a rendu l’Homme libre, autonome, responsable, pour question de vie ou de mort ; par voie de conséquence, DIEU a chargé l’Homme de veiller sur lui-même et de veiller sur son semblable, d’aimer son semblable comme lui-même, d’où la solidarité qui constitue aussi l’une des essences de l’Alliance que le Bon DIEU a conclue avec le Peuple et par laquelle IL a fait du Peuple le détenteur naturel des pouvoirs politiques et du Roi ou Président de la République, le serviteur du Peuple. Et si le serviteur ne s’assume pas comme le veut le Bon DIEU, IL soutient l’Homme à se trouver un autre serviteur Et nous sommes au moment où le Bon DIEU accepte de soutenir nos efforts pour nous doter d’un nouvel serviteur. Le rôle divin ci-avant évoqué oblige tout Leader Politique qui aspire à conduire la destinée d’un Peuple à être un bon père de famille ou un bon berger qui doit conduire les brebis vers le vert pâturage, par conséquent, il doit être porteur d’espoirs; malheureusement, pour beaucoup d’entre nous, Leaders Politiques Centrafricains, nous ne sommes que des porteurs de désespoirs à cause de notre conception opportuniste de la politique fonction, d’où l’Existentialisme Politique, qui nous empêche de nous assumer en Hommes Politiques conséquents ; de ce fait, nous nous sommes laissés distraire ou endormir pendant longtemps par des concentrés de mensonges et d’intentions politiques irréalistes, de parjures et violations répétées de la constitution du 30 mars 2016 que le Sieur TOUADERA a fini par remplacer par la sienne, un autre concentré d’exclusions, de discriminations, de personnalisation des pouvoirs politiques, de mépris et d’aliénation populaires, de subordination des Institutions Républicaines et de la vassalisation de la République à la Fédération de la Russie.
Ce triste constat nous obligeait et nous oblige à une mobilisation pour de fortes actions politiques concertées, par contre, nous avons opté individuellement pour de pieuses déclarations de condamnation ou de prise à témoin sans aucun effet, et pour nous faire bonne conscience politique, nous nous regroupons en plateformes politiques, minées de l’intérieur par les questions d’égos et sans vision politique transformationnelle partagée, d’où trahison de nos idéaux politiques, et partant, trahison du Peuple Centrafricain au nom duquel nous prétendons parler. Ainsi, nous avons accompagné de manière active ou passive ou encore malgré nous le déclaré Président élu dans le déroulement de ses agendas politiques cachés, qui pour les réussir, s’est reposé entièrement sur ses protecteurs qui sont devenus par la suite ses maîtres, et qui détiennent l’effectivité des pouvoirs politiques et qui ont fait de leur protégé un simple Président de la République de façade. Et en tant qu’interface politique, le Sieur TOUADERA est réduit au rôle de courroie de transmission, qui pour sa propre survie politique, ne fait que faire exécuter les instructions à lui données par ses maîtres, au détriment du Peuple Centrafricain.
Pourquoi avoir demandé un dialogue politique, alors que le BRDC avait rejeté le dialogue républicain et la constitution du 30 août 2023 ?
Certes, question anodine, peut-être incongrue, mais mérite d’être posée, parce que depuis mai-juin 2025, nous avons successivement décrié l’élimination par empoisonnement du tribun BEDOUNGA, Député de la Nation,, déploré et condamné fermement le drame du Lycée BOGANDA de Bangui survenu le 25 juin, crié, parce que scandalisés par la disparition du chef rebelle SAYO, colonel des Armées de son État et l’élimination aussi par empoisonnement de BLAGUE, Leader de la Société Civile, avec à chaque fois cette puérile interrogation, « qui sera le prochain ? », au lieu d’une réflexion politique concertée pour chercher voies et moyens de juguler ou empêcher ce genre d’assassinat politique.
En demandant ce dialogue politique, n’est ce pas une manière de raser les tombes encore fraîches de ces martyrs ?
BOGANDA Barthélémy, Député de son territoire Oubangui Chari à l’Assemblée Nationale Française, a voulu restituer l’Oubanguien déshumanisé et bestialisé, devenu Centrafricain, dans sa personne sacrée et dans sa dignité humaine avec ses cinq mots, Nourrir, Vêtir, Loger, Soigner et Instruire, et créer chez lui le sentiment d’appartenir à une Nation avec la devise républicaine, UNITE-DIGNITE-TRAVAIL, des mots qui lui ont été chers et qui ont fondé toute sa philosophie politique de 1946 à 1959. A peine transformés en programme socio-politique, les colons de Bangui qui ne voudraient aucunement entendre parler de l’émancipation du nègre, l’ont fait disparaître à leur manière le 29 mars 1959, laissant orpheline la République Centrafricaine proclamée le 1er décembre 1958. Sa mort pour certains ou sa disparition pour d’autres a sonné le glas de la jeune République. La vision politique de BOGANDA a été galvaudée par la suite par ses successeurs cooptés par les colons de Bangui, ensuite par la FrançAfrique, si bien que la politique pratiquée en République Centrafricaine depuis le 13 août 1960, est une politique d’improvisation en fonction des intérêts en jeu, sur fond des accords des indépendances. Et cette politique d’intérêts contradictoires, s’est complexifiée depuis le 30 mars 2016 à cause des mensonges d’État, du terrorisme d’État, du mercenariat d’État, de la mafia d’État érigés en méthodes de gestion des pouvoirs politiques usurpés au Peuple Centrafricain, si bien que parler de la Politique aujourd’hui en Centrafrique, c’est prendre des lampions pour des lanternes. Nous n’avons jamais pratiqué la Politique en tant que science d’organisation de la société, mais plutôt par opportunisme pluriel.
Cet opportunisme pluriel nous a amenés à développer de répulsifs comportements sur fond de récupérations politiciennes : une pertinente alternative d’à peine proposée, la voilà aussitôt rejetée, parce qu’initiée par l’autre, et quelques mois après on la reprend sibylline ment pour se valoriser et ensuite mal l’assumer. Une action unitaire de proposé, elle est aussitôt rejetée, parce qu’elle est envisagée par l’autre dont la tête ne plaît pas ou parce qu’elle est susceptible de valoriser ou de grandir l’autre. On se plaît à se faire opposant le jour, mais la nuit on fait des appels de pieds aux dignitaires du régime de Bangui pour ses petites affaires personnelles. On qualifie l’autre qui veut rencontrer officiellement TOUADERA pour certaines préoccupations, de ‘‘traître’’ , mais nuitamment, on veut à tout prix le rencontrer comme NICODEME qui cherche à rencontrer JESUS la nuit ; TOUADERA, certes, est otage et marionnette entre les mains de ses protecteurs, les mercenaires russes, mais jusqu’à preuve du contraire, il est et demeure le déclaré élu Président de la République, et à ce titre et surtout par respect politique, il doit recevoir tout opposant politique, quel qu’il soit, qui souhaite le voir pour questions personnelles ou nécessité collective donnée. Par conséquent, tout opposant politique n’a pas besoin d’aller voir TOUADERA à la NICODEME, en cas de nécessité.
Ces donnes rétrogrades sus évoquées nous obligent, nous, Leaders Politiques Centrafricaines, à oser maintenant et désormais l’audace ou le patriotisme politique : faire autrement la Politique en combinant les valeurs traditionnelles positives qui avaient fait la cohésion des sociétés oubanguiennes, tirées des philosophies UBUNTU et MANDÉ, toutes deux issues de la MAÂT, avec les principes universels de la démocratie pour une démocratie transformationnelle par laquelle tout le Peuple Centrafricain se doit de se relever politiquement, de se refonder socialement et de se construire économiquement pour une prospérité future partagée.
Jusqu’à preuve du contraire, la démocratie est et demeure une science à vocation sociale et économique, c’est à dire, celle d’organiser la société pour un bien-être commun ; organiser une société s’entend par une conception, une planification ou programmation, une animation, un accompagnement et une régulation pour adaptation, désadaptation et réadadaptation. C’est dire que la Politique est évolutive et adaptative, donc, elle n’est pas innée ni ne dépend de la perception du Chef, mais des aspirations et attentes du Peuple, parce que c’est le Peuple qui donne le tempo politique.
Les considérations sus-évoquées, tranchent radicalement avec les pratiques politiques d’une autre ère du régime de Bangui qui est en place grâce aux mercenaires russes, hommes sans foi ni loi, d’où une certaine méfiance politique dans les approches. Certes, dans le souci de décrispation et de participation aux Élections de décembre 2025, le BRDC a eu le seul tort de demander au Président de la République de façade un dialogue politique sous parrainage international. Ce dernier, avec une insultante inconsidération et dans une méprisante désinvolture, le 30 mars 2025, a déclaré : « …. J’ai été sensible aux préoccupations d’une partie de l’opposition démocratique, dénommée Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC), qui sollicite l’organisation d’un dialogue politique dont l’objectif serait ‘‘d’explorer les solutions pouvant garantir l’organisation des prochaines Élections générales avec des garanties d’inclusivité, de transparence et de strict respect des délais légaux, afin d’éviter, entre autres, une crise électorale aux conséquences forcément graves ‘’ « Et son Premier Ministre MOLOUA d’enfoncer le clou dans son allocution inaugurale du 02 septembre 2025, rappelant au BRDC « ….. les pages émouvantes du dialogue républicain de mars 2022, fondé sur des consultations populaires à la base et structuré par la diversité de représentations de forces vives qui attestent de la volonté de recherche permanente de consensus….
« Ses recommandations couvrant les thématiques de paix, de sécurité, de gouvernance, de l’État de droit, de développement socio-économique, de politique étrangère et de coopération internationale, ont suscité des ferveurs citoyennes et des réformes incontournables…..
« Dans cet ordre des choses, il y a eu l’organisation le 30 juillet 2023 d’un référendum au travers duquel le peuple a décidé de se doter d’une nouvelle constitution qui se distingue, entre autres, par des innovations à l’encadrement des pouvoirs publics…..
« Je voudrai rappeler que la République Centrafricaine est un État souverain avec des Institutions légitimes et fonctionnelles, capables d’assurer des dialogues directs entre Centrafricains que nous avons le devoir de protéger. »
« Je voudrais par ailleurs rappeler que dans le cadre du processus électoral, dont le chronogramme constitutionnel est en cours de mise en œuvre, des mécanismes de concertation et de dialogue existent et contribuent dans leurs capacités respectives, à la création des conditions favorables pour une tenue d’Élections crédibles, inclusives, transparentes et paisibles en décembre 2025, je voudrais notamment citer le Comité Stratégique d’Appui au Processus Électoral et le Cadre de Concertation pour les Élections. »
« Je voudrais enfin vous assurer que l’Exécutif reste attaché et ouvert au dialogue avec toutes les formations politiques, y compris le BRDC,, dès que vous aurez proposé les thématiques du dialogue que vous avez sollicité ».
Une politicienne humiliation non seulement pour le BRDC, mais aussi pour tous les Leaders Politiques de l’opposition démocratique qui, dans le sillage du BRDC, avaient adhéré à la noble cause, celle de défendre becs et ongles la constitution du 30 mars 2016. Comme si cette première humiliation ne suffisait pas, TOUADERA s’est donné le luxe de faire arrêter et détenir arbitrairement, dès sa descente d’avion qui le ramenait à Bangui ce vendredi 03 septembre 2025, le Leader Politique ERENON, Président de MDSP. Alors, il y a lieu de se demander, jusqu’où TOUADERA, fort de ses protecteurs les mercenaires russes, voudrait pousser l’humiliation des Leaders Politiques Centrafricains, alors qu’il a utilisé politicienne ment le BRDC, demandeur du dialogue politique pour recherche d’un financement.
BRDC comme appui politique pour recherche de financements du PND 2024-2025. En opportuniste, TOUADERA voulant faire deux coups d’une pierre, a instruit son Premier Ministre MOLOUA Félix de (1) rencontrer le BRDC, quelques jours avant la réunion des partenaires financiers de Casablanca (Maroc) pour une garantie politique et (2) faire bonne conscience politique, eu égard à l’insistante recommandation de la communauté internationale, relative à un dialogue politique inclusif pour décrisper la situation socio-politique très crisogène dans les perspectives des élections. Mais n’ayant reçu que des promesses à hauteur de 9 milliards de fcfa, pour des besoins financiers exprimés de 5000 milliards de fcfa, TOUADERA fait fermer la porte du dialogue politique, à peine ouverte, par son Premier Ministre qui, le 26 septembre 2025, dans sa déclaration relative à la situation du pays, a accusé le BRDC de faire du dilatoire et de chercher à plonger le pays dans une crise en ces termes : « Ils sont dans les dispositions de réunir les éléments pour déstabiliser le pays…, mais, ils doivent savoir que le Gouvernement ne les laissera pas faire », ce qui sonne comme une déclaration de guerre. Et dans la suite logique de cette déclaration de guerre, dans sa lettre n° 059/PM.25 du 26 septembre 2025, une fin de non recevoir est réservée au BRDC, mettant ainsi terme au nauséabond karaoké politico-politique joué sur le bord nord de l’Oubangui. Humilié et utilisé politicienne ment le BRDC connaît une cinglante fin de non recevoir, ce qui interpelle à propos du sérieux politique du pouvoir de Bangui et de la capacité du rebondissement politique du BRDC, parce que politiquement, en demandant le dialogue politique, le BRDC renonce à l’absolue défense de la constitution du 30 mars 2016, noble cause qui a mobilisé tous les Leaders Politiques de l’opposition démocratiques dans son sillage, et de fait adhère à la constitution du 30 août 2023, ce qui pourrait susciter interrogation ou condamnation pour trahison.
En déduction, en demandant ce dialogue politique, le BRDC a commis une faute politique en acceptant tacitement la constitution du 30 mars 2025, qu’il avait décriée et rejetée, laquelle constitution est la suite logique et politique du dialogue républicain de mars 2022, ce qui explique la satisfaction intérieure de TOUADERA, d’où ses propos insultants et méprisants ce 30 mars 2025.
2 – QUE DIRE DES ÉLECTIONS DE DÉCEMBRE 2025, AUXQUELLES LE BRDC VOUDRAIT PARTICIPER ?
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« Tout ce qui est couvert d’un voile, sera dévoilé. Tout ce qui est caché, sera su » Parole du Seigneur JÉSUS « Vous pouvez tromper quelques personnes tout le temps. Vous pouvez tromper le monde un certain temps. Mais vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps » ABRAHAM LINCOLN “`
Missionné à Bria en terre de BAREM BAKIE (Préfecture de la haute Kotto) par les mercenaires russes pour mettre en garde les anciens rebelles, le Ministre d’État WILIBIRO SAKO qui s’y est séjourné du 13 au 15 septembre 2021, leur a transmis ladite mise en garde en ces termes : » Il y aura une grande opération de ratissage à venir. Tenez-vous bien ! Si vous faîtes la tête, c’est vous qui verrez les conséquences. Je tiens à vous prévenir. Ce n’est pas la responsabilité du gouvernement ou du Chef d’État. »
En réaction à ce froid message, valant ultimatum, le chef des rebelles désarmés de déduire : « Donc, cela veut dire que nous ne sommes pas en sécurité en ce moment, malgré que nous nous sommes désarmés ? »
Et le Ministre d’État WILIBIRO SAKO de préciser : « En ce moment, ce sont les russes qui dirigent le pays ; Et ce sont eux qui décident »
Sidéré, un participant à la réunion a lâché ceci : « Dire que ce sont des russes, des étrangers qui dirigent le pays, n’est pas digne d’un homme d’État. Et c’est une manière de fuir ses responsabilités. Le gouvernement veut nous faire savoir qu’il y aura un autre évènement militaire à venir, et il ne sera pas tenu responsable des conséquences. » (cf Corbeau News Centrafrique-CNC du 15 février 2022)
Utiliser le mal pour combattre le mal : Seule la force arrête la force brute, quand il n’y a plus d’autre alternative. Depuis cet aveu de démission politique du Ministre WILIBIRO SAKO, fait au nom de tout le régime de Bangui, tout Centrafricain, lettré ou illettré, sait que ce sont les mercenaires russes qui dirigent la République de Bangui. Et ce serait une hérésie politique si les Leaders Politiques du BRDC l’ignoraient. Et cette démission politique est une véritable insulte à la mémoire des grandes figures de l’Oubangui Chari, NGOUKOU, KPOKOLITA, YAFO, NGOTO, NGARA, KARINOU, YALOKE, WEN NGAÏ, NGAÏ SIYO, WANANGA, KREBEDJE, NGREMALE, NDJOUBISSI, BAREM BAKIE, BANGASSOU, RAFAÏ, ZEMIO et autres, qui ont consenti l’ultime sacrifice, en tombant avec leurs arcs, flèches, lances en main. Cette vérité crue, lâchée par un membre du gouvernement se doit d’être ancrée dans le subconscient de tout Leader Politique de l’opposition démocratique et obliger à une très grande prudence, parce que les mercenaires russes, hommes sans loi ni foi, n’ont aucun état d’âme, parce qu’ils ne connaissent que le langage de la violence. Et quand la force brute est utilisée comme moyen de domination pour mieux piller le pays, seule la force demeure l’alternative pour arrêter la force brute. Et les entités capables d’user de la force pour neutraliser cette force brute, que sont les mercenaires russes, se sont honteusement faites aliénées, dans le but de ramasser par terre des étoiles et galons, faisant offense à la mémoire de leur frère d’armes RAWLINGS Jerry qui avait justifié son coup d’État au Nigeria en ces termes : « Lorsque le Peuple est écrasé par ses dirigeants avec la complicité des juges, il revient à l’armée de rendre au Peuple sa dignité. » Au lieu de dignité et honneur, les officiers généraux, officiers supérieurs, officiers et sous-officiers centrafricains actifs ont indigné et déshonoré la République en se faisant sodomiser ou se soumettre aux mercenaires russes.
Considérant le contexte socio-politique qui vient d’être décrit ci-dessus, parler des élections de décembre 2025, revient à parler des élections à la stalinienne ou la soviétique parce que celles-ci sont voulues par les mercenaires russes qui ont besoin de l’insécurité pour justifier leur présence et continuer de piller Centrafrique dans les perspectives de l’expansion de la Fédération de la Russie en Afrique Centrale. Même dans les pays de grande tradition démocratique, il n’y a jamais eu quatre (4) élections simultanées d’organisé dans le même mois. Quels moyens dispose Centrafrique pour organiser des élections présidentielles, législatives, régionales et municipales, dont les deux dernières le seront pour la première fois, le même jour et dans un pays où la population est analphabète à 90 % et qui ignore encore l’électricité en 2025, à moins qu’on ne veuille créer des troubles ?
Organiser des élections, signifie disposer d’une liste électorale établie selon les normes de la loi électorale et disponible officiellement dans le respect du délai constitutionnel. A la date du 02 octobre 2025, date qui marque le point de départ de la période des inscriptions des différents candidats , la liste électorale définitive qui devrait être publiée, depuis au moins janvier 2025, ne l’est pas encore ; interrogée à propos de ce retard dans l’émission PATARA sur radio Ndéké Luka,, la secrétaire de l’ANE, la dame AGUENE Gypsiane, sans vergogne, déclare que « ce n’est pas une obligation pour l’ANE d’afficher la liste définitive » et fait insolence en demandant aux électeurs d’aller vérifier leurs noms sur la liste électorale électronique, dans ce pays qui ne fournit l’électricité qu’à 5 % de sa population ; les Mbororo illettrés importés du Tchad par le sulfureux BOUBA Hassan, à qui de nombreuses cartes nationales d’identité ont été gracieusement distribuées pour fraudes électorales et probable coup d’
Touadéra à Paoua : discours démagogique d’un président qui a détruit l’éducation nationale pendant dix ans
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/touadera-a-paoua-le-6-octobre-2025.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le Président Touadera à Poua ce lundi 6 octobre 2025 pour lancer l’année scolaire 2025 – 2026
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le président Faustin-Archange Touadéra s’est rendu à Paoua le 6 octobre 2025 pour lancer officiellement l’année scolaire 2025-2026. Mais son discours, rempli de promesses et de chiffres spectaculaire, ne peut voiler la réalité catastrophique de l’éducation centrafricaine après dix ans de sa gouvernance.
Comme tout le monde le sait déjà, Touadéra, qui est un ancien recteur de l’université de Bangui, se présente désormais comme un spécialiste de l’éducation. Pourtant, son bilan dans ce secteur est chaotique et désastreux. Aucune école construite avec les moyens de l’État. Aucune université ouverte à l’intérieur du pays. Les infrastructures éducatives laissées à l’abandon ou confiées aux ONG et à la communauté internationale, dont la Minusca, l’Union européenne et la banque mondiale.
Pourtant, dans son discours à Paoua, le présidentTouadera a énuméré des réalisations qui, à y regarder de près, proviennent toutes de projets financés par des partenaires extérieurs. Il cite le Projet d’Urgence de Soutien à l’Éducation de Base (PUSEB),le Projet d’Appui au Secteur de l’Éducation (PARSE 2), le Projet d’Accélération des Résultats de l’Éducation financé par la Banque mondiale et le Partenariat mondial pour l’éducation.
Le PrésidentTouadera a déclaré : “27 établissements scolaires ont pu bénéficier de 1 422 tables bancs, ainsi que de 142 ensembles composés de chaises et de bureaux pour enseignants”. Il a ajouté que le PARSE 2 “a permis la construction de 291 salles de classe et de 54 blocs de latrines à trois cabines chacun” et “a fourni 2 970 tables bancs, 244 ensembles bureaux et chaises pour enseignants”.
Mais ce sont des chiffres sur le papier, une réalité catastrophique sur le terrain. Oui, oui. Tous ces projets sont financés par la Banque mondiale, l’Union européenne, l’UNICEF, le PAM, et d’autres partenaires. Quelle est la contribution propre de l’État centrafricain ? Zéro. Le président Touadera se vante de réalisations qu’il n’a pas financées, construites par des partenaires qu’il remercie longuement dans son discours.
Mais ce que le Président Touadéra ne dit pas, c’est que ces fonds versés par les partenaires internationaux à l’État centrafricain disparaissent dans les détours de l’administration. La Banque mondiale verse les fonds au gouvernement, mais l’argent ne parvient jamais aux écoles. Les sommes débloquées par les bailleurs restent bloquées quelque part entre le ministère des Finances et celui de l’Éducation. Résultat : les projets annoncés avec fanfare restent sur le papier.
Sur le terrain, l’état des écoles donne envie de pleurer. Des bâtiments délabrés, des salles de classe sans toits, des élèves assis par terre faute de tables-bancs. Dans certaines écoles, ce sont les anciens élèves qui travaillent aujourd’hui et qui cotisent pour acheter des tables pour leurs anciens établissements. Des citoyens ordinaires qui paient de leur poche ce que l’État devrait fournir.
La quasi-totalité des enseignants dans les écoles sont des maîtres-parents. Ce ne sont pas des enseignants formés, mais des jeunes qui ont atteint la sixième, la cinquième ou la quatrième et qui enseignent aux élèves du primaire. Dans le secondaire, on retrouve des anciens élèves qui n’ont aucune formation pédagogique et qui font du bénévolat dans les lycées parce qu’il n’y a personne d’autre.
Les maîtres-parents sont payés par les parents d’élèves eux-mêmes. L’État ne leur verse rien. Ce sont des familles déjà écrasées par la pauvreté qui doivent payer les salaires des enseignants de leurs enfants parce que le gouvernement ne remplit pas ses obligations.
Le Président Touadéra a évoqué “le doublement de l’indemnité de craie, passée de 5 000 à 10 000 francs, une première depuis plus de 40 ans”. Dix mille francs par mois pour acheter de la craie. Cette somme dérisoire montre le peu de considération du gouvernement pour les enseignants. Pendant ce temps, Wagner reçoit 10 milliards par mois.
Le président Touadera a annoncé “l’intégration de 1 569 enseignants titulaires, déjà en situation de classe, ainsi que la contractualisation de 6 000 autres enseignants pour l’année en cours, grâce à l’appui de la Banque mondiale”. Encore une fois, c’est la Banque mondiale qui paie. L’État centrafricain ne finance même pas le recrutement de ses propres enseignants.
En plus, ces enseignants contractuels sont souvent impayés pendant des mois. Cela prête à sourire, mais c’est une réalité. La Banque mondiale verse les salaires à l’État, mais l’argent ne parvient pas aux enseignants. Ils attendent pendant des mois, parfois six mois, sans recevoir un franc. Quand ils font grève pour réclamer leurs salaires, on leur répond que l’argent a été versé à l’État et que c’est l’État qui ne débloque pas.
Où passe cet argent ? Personne ne peut le dire. Les fonds de la Banque mondiale destinés aux salaires des enseignants entrent dans les caisses de l’État et disparaissent. Pendant ce temps, les enseignants font grève, les élèves restent chez eux, et l’année scolaire est compromise.
C’est le chaos total dans le système éducatif centrafricain. Des enseignants non payés, des maîtres-parents sans formation, des écoles délabrées, des élèves sans tables ni cahiers. Et le président Touadera vient faire des discours pompeux sur les millions investis par les partenaires.
Le Président Touadéra a parlé du “nouveau projet d’accélération des résultats de l’éducation, cofinancé par la Banque mondiale et le Partenariat mondial pour l’éducation, d’une enveloppe d’environ 120 millions de dollars américains”. Cent vingt millions de dollars pour l’éducation centrafricaine, mais aucun franc ne vient du budget national. Tout vient des partenaires, et en plus, cet argent est totalement invisible pour les centrafricains.
Le président Touadera a déclaré : “Au total, les investissements combinés du PUSEB, du PARSE 2 et ce qui est prévu dans le cadre de la mise en œuvre du PAR pour la préfecture de l’Oupham-Pendé s’élèvent à 5 milliards 32 millions.” Cinq milliards investis dans l’éducation de l’Oupham-Pendé, mais pas un franc du budget centrafricain.
Ces chiffres impressionnants sur le papier ne se traduisent par aucune amélioration concrète sur le terrain. Les fonds promis restent bloqués. Les projets annoncés ne se réalisent pas. Les partenaires versent l’argent, mais les écoles ne voient rien arriver.
Pendant son discours, le Président Touadéra a multiplié les remerciements aux partenaires : “Je tiens à vous exprimer ma profonde reconnaissance pour le partenariat agissant entre vous et le gouvernement dans le domaine éducatif. Je vais citer ici l’UNICEF, chef de file des partenaires du système éducatif, la Banque mondiale, le PAM, l’Union européenne, la MINUSCA, la Fédération de Russie, des États-Unis d’Amérique, de la Chine, du Maroc”.
Cette longue liste de partenaires qu’il remercie montre que le gouvernement centrafricain ne fait rien par lui-même. L’éducation nationale dépend entièrement de la générosité des bailleurs étrangers. Sans eux, le système éducatif centrafricain s’effondrerait totalement. Mais même avec eux, le système est au bord de l’effondrement parce que l’argent qu’ils versent ne parvient jamais aux bénéficiaires.
Touadéra a parlé de “l’école inclusive” et de “l’accès à une éducation de qualité” pour tous les enfants. Mais comment parler d’éducation de qualité quand les enseignants ne sont pas payés pendant des mois, quand les écoles n’ont ni tables ni bancs, quand les bâtiments tombent en ruine ? Comment parler d’école inclusive quand les familles doivent payer les maîtres-parents parce que l’État a abandonné ses responsabilités ?
Le président Touadera a lancé un appel aux parents : “Je vous encourage vivement à maintenir cette implication avec constance et rigueur.” Mais comment les parents peuvent-ils maintenir leurs enfants à l’école quand ils n’ont pas de quoi les nourrir, quand ils doivent payer les maîtres-parents, quand ils doivent acheter eux-mêmes les tables-bancs pour les écoles ?
C’est une campagne déguisée en lancement de rentrée. Cette visite à Paoua n’était pas un lancement de rentrée scolaire. C’était le lancement de la campagne présidentielle de Touadéra. Tout son discours visait à se présenter comme le sauveur de l’éducation centrafricaine alors qu’il en est le fossoyeur.
Dix ans au pouvoir, dont une grande partie avec une relative stabilité sécuritaire, et aucune école construite sur fonds propres. Dix ans au pouvoir en tant qu’ancien universitaire, et aucune université ouverte à l’intérieur du pays. Dix ans au pouvoir, et l’éducation centrafricaine dépend totalement des bailleurs étrangers dont les fonds disparaissent dans les poches des responsables gouvernementaux.
Le président dépense 10 milliards par mois pour Wagner pendant que les enseignants reçoivent 10 000 francs d’indemnité de craie. Il paie des mercenaires russes pour protéger son pouvoir pendant que les écoles manquent de tout et que les enseignants attendent leurs salaires pendant six mois.
Ce déplacement à Paoua avec son cortège d’hélicoptères et sa caravane coûte des millions. Ces millions auraient pu servir à débloquer les salaires des enseignants, à acheter des tables-bancs, à construire des salles de classe. Mais Touadéra préfère la propagande à l’action concrète.
Son discours était rempli de chiffres impressionnants sur des projets qu’il n’a pas financés, des réalisations qu’il n’a pas accomplies, des promesses qu’il ne tiendra pas. C’est la marque de fabrique de ce régime : beaucoup de communication, zéro réalisation. Des millions versés par les partenaires qui disparaissent dans les méandres de l’administration sans jamais atteindre les écoles.
Les parents de Paoua et de toute la Centrafrique savent la vérité. Leurs enfants étudient dans des conditions misérables. Les enseignants ne sont pas payés. Les écoles tombent en ruine. Ce sont eux qui paient les maîtres-parents. Ce sont les anciens élèves qui cotisent pour acheter des tables. Et le président vient leur faire des discours démagogiques en se vantant de projets financés par d’autres dont l’argent n’arrive jamais à destination.
Touadéra a conclu son discours par : “Ensemble, bâtissons une école solide, une école accessible, inclusive et équitable et surtout sécurisée.” Mais comment bâtir ensemble quand le gouvernement détourne les fonds destinés à l’éducation ? Comment parler d’école sécurisée quand le pays est livré à Wagner et aux groupes armés ? Comment parler d’école de qualité quand les maîtres sont des bénévoles sans formation et que les enseignants contractuels attendent six mois leur salaire ?
Le président peut multiplier les déplacements et les discours. La réalité reste implacable : après dix ans de Touadéra, l’éducation centrafricaine est exsangue, abandonnée aux ONG et aux bailleurs dont les fonds sont détournés, sacrifiée sur l’autel de la survie politique d’un régime sans vision et sans scrupules.
Assemblée nationale : les employés en grève depuis ce matin, l’entrée bloquée
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/09/vue-densemble-de-lassemblee-nationale-centrafricaine.jpg” data-wpel-link=”internal”>vue d’ensemble de l’assemblée nationale centrafricaine
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La grève des employés de l’Assemblée nationale a démarré ce jeudi matin à Bangui et devrait durer huit jours. Dès 8 heures du matin, les employés ont bloqué l’entrée de l’Assemblée en installant des feux de palmier pour protester contre l’arrêt du paiement de leurs salaires.
Les employés de l’Assemblée cumulent plusieurs mois d’arriérés de salaire. Certains députés sont également dans la même situation avec plusieurs mois impayés.
Les employés avaient déposé un préavis de grève de huit jours auprès du bureau de l’Assemblée nationale. Les huit jours sont passés sans aucune réponse de la part du bureau. C’est ce qui a poussé les employés à déclencher le mouvement de grève ce matin en bloquant l’accès au palais de l’Assemblée.
Cette grève s’inscrit dans un contexte plus large de non-paiement généralisé des salaires dans la fonction publique. Des employés de l’État, des employés de l’unité du DDRR et même certains députés n’ont pas reçu leurs salaires depuis plusieurs mois.
Pendant ce temps, le président Touadéra trouve 10 milliards de francs CFA par mois pour payer les Mercenaires russes de Wagner, mais ne trouve pas les moyens de payer les salaires des employés de l’Assemblée nationale, de certains fonctionnaires, et des employés de l’unité de DDRR qui ont cumulé deux ans de non paiement.
Le gouvernement joue sur plusieurs tableaux, payant certains par intermittence pour donner l’illusion qu’il gère la situation, pendant que des milliers d’agents de l’État attendent leurs salaires depuis des mois.
Cette grève à l’Assemblée nationale montre que même les institutions de la République sont paralysées par la mauvaise gestion financière du régime Touadéra, qui préfère financer Wagner et sa campagne électorale plutôt que de payer les salaires des agents de l’État.
Croissance imaginaire, diplomatie fantôme : le show Balalou sur le bilan de la présidence de Touadéra à la tête de la CEMAC
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/les-chefs-deta-de-la-cemac-apres-leur-sommet-a-Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les chefs d’État de la CEMAC après leur sommet à Bangui, le 9 et 10 septembre 2025
Le 4 septembre, lors de sa conférence de presse hebdomadaire, l’ex-détenu et Kitandaire Maxime Balalou, porte-parole du gouvernement a déroulé un long discours sur les “réalisations” de Touadéra à la tête de la CEMAC. Selon lui, le chef de l’État aurait apporté croissance économique, stabilité politique et intégration régionale.
Maxime Balalou a transformé sa conférence de presse du 4 septembre en exercice de propagande pure. Le ministre de la communication a énuméré les prétendus exploits de Touadéra à la présidence de la CEMAC, mais chaque affirmation flotte dans le vide, dépourvue du moindre élément tangible.
Le porte-parole du gouvernement attribue à son patron la stabilité retrouvée au Gabon après le coup d’État. Une médiation présentée comme un “succès diplomatique majeur” de la République centrafricaine. Pourtant, Balalou ne cite aucune démarche précise entreprise par Touadéra. Quels voyages officiels ? Quelles rencontres bilatérales ? Quels accords négociés ? Le Kitandaire reste muet sur ces détails pourtant essentiels.
Cette crise gabonaise relevait d’ailleurs des affaires internes, réglée entre acteurs locaux. L’attribuer à l’action de la présidence CEMAC relève de la pure invention propagandiste et criminelle.
Eh! On parle aussi de la croissance de la CEMAC, sortie du chapeau de l’ex-détenu Maxime Balalou. Le Kitandaire cite un taux de 2,7 % de croissance régionale de la CEMAC en 2024. Mais qu’a fait Touadéra pour atteindre ce chiffre ? Quelle réforme économique en RCA ? Quelle décision régionale pilotée par Bangui ? En réalité, cette moyenne est portée par le Cameroun et la Guinée équatoriale. Dans son propre pays, la croissance est totalement nulle, asphyxiée par l’insécurité et les barrages routiers. Comment un président incapable de redresser l’économie nationale pourrait-il être le moteur de toute la CEMAC ? Balalou ne l’explique pas, car il n’y a rien à expliquer.
Le plus pathétique, c’est la paix régionale, sans un seul problème résolu. Le Kitandaire Maxime Balalou évoque l’accord de N’Djamena signé avec deux groupes armés centrafricains : le 3R et l’UPC, présenté par ce Kitandaire comme une contribution régionale. Mais cet accord est un dossier strictement interne à la République centrafricaine, ce qu’il a oublié. Il ne relève pas de la CEMAC. Le présenter comme une victoire régionale est une manipulation. Aucun conflit sous-régional n’a été réglé par Touadéra. La paix régionale reste hors de sa portée.
On arrive au niveau de la maladie mentale de l’ex-détenu quand il parle de la diaspora. Le Kitandaire tente de tourner la diaspora en dérision. Interrogé par un journaliste sur la place de la diaspora, Balalou s’est permis de la qualifier de “championne des insultes”. Là encore, aucun programme, aucun dispositif concret. Pas de fonds dédiés, pas de guichet, pas de résultats. Seulement du mépris.
Et si ceci n’est pas une propagande maladive? Au lieu de présenter des preuves, Balalou recycle les mêmes slogans : intégration, solidarité, prospérité partagée. Mais à chaque fois, une question reste sans réponse : qu’a fait Touadéra, concrètement ? Pour le Gabon, pour la croissance, pour la paix, pour l’intégration : rien n’est montré, tout est proclamé.
Pendant que Balalou invente des succès régionaux, la Centrafrique s’enfonce. Pas de routes praticables, pas d’électricité régulière, pas de sécurité pour circuler, pas de salaires payés à temps. La libre circulation qu’il vante est bloquée par des barrages illégaux. La croissance qu’il cite n’existe pas dans les marchés de Bangui, où les prix flambent. Ce contraste rend son discours encore plus indécent : un ministre qui délire en chiffres fictifs pour glorifier un président déconnecté.
Wagner en Centrafrique : L’ombre de Prigojine et l’héritage empoisonné de Dmitri Sytyi, Quand la « sécurité » russe rime avec crimes, pillages et chaos
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/wagner-ti-azande.jpg” data-wpel-link=”internal”>Instructeur du groupe Wagner patrouillant avec des miliciens de la milice Azandé sur une route en terre battue
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Depuis l’installation du groupe russe Wagner en Centrafrique, la promesse de stabilité s’est muée en cauchemar humanitaire et économique pour les populations centrafricaines.
L’arrivée des mercenaires russes en République centrafricaine a bouleversé l’équilibre du pays. Depuis 2018, Wagner prétend sécuriser le territoire, mais les faits racontent une autre histoire. Les rapports onusiens et des ONG humanitaires documentent une série d’exactions commises par ces forces : pose des mines, villages incendiés, exécutions sommaires, déplacements forcés de populations entières. Les habitants de Bambari témoignent de violences méthodiques commises par des hommes censés les protéger.
Dmitri Sytyi dirige cette machine de terreur depuis la capitale centrafricaineBangui. Officiellement responsable de la “Maison russe”, il exerce en réalité une autorité qui dépasse celle du gouvernement centrafricain. Cet homme négocie directement avec les groupes armés, supervise l’exploitation des mines d’or, et contrôle les circuits d’exportation des diamants et or centrafricains.
Faustin-Archange Touadéra découvre amèrement les conséquences de son alliance avec les russes Wagner. Le président espérait utiliser ces forces pour consolider son pouvoir, mais la réalité s’inverse rapidement. Les mercenaires russes dictent désormais les orientations politiques et économiques du pays. Touadéra ne gouverne plus qu’avec l’aval de Sytyi, transformant la présidence en simple chambre d’enregistrement des décisions moscovites.
L’emprise russe s’étend bien au-delà de la sécurité. Les mines alimentent directement les comptes russes sans retombées nationales.
Cette mainmise économique appauvrit systématiquement le pays. Les revenus de l’or transitent par des circuits contrôlés par Wagner. L’État centrafricain perd ainsi ses principales sources de financement, aggravant la crise budgétaire et l’effondrement des services publics.
Les centrafricains témoignent d’une dégradation continue de leurs conditions de vie. Les écoles fonctionnent grâce aux ONG et aux appuis des partenaires, les dispensaires manquent de médicaments et les routes se dégradent sans possibilité de réparation.
Touadéra navigue entre deux écueils mortels. Rompre avec Wagner exposerait son régime à des représailles immédiates.
Maintenir cette alliance coûte encore plus cher. Moscou exige désormais la signature d’un contrat avec Africa Corps, structure encore plus intrusive que Wagner. Cette évolution transformerait officiellement la Centrafrique en protectorat russe, avec des obligations financières impossibles à honorer.
Les organisations internationales alertent sur l’ampleur de la catastrophe humanitaire. Les déplacements de populations atteignent des niveaux record dans les zones contrôlées par Wagner. Les habitants de Zemio, à 1100 kilomètres de Bangui, fuient vers les pays voisins comme la RDC pour échapper aux violences et aux extorsions.
Dmitri Sytyi organise cette déstabilisation avec méthode. Son objectif dépasse le simple pillage économique : il s’agit de transformer la Centrafrique en base arrière pour les opérations russes en Afrique centrale.
L’impunité totale dont jouissent les mercenaires aggrave la situation. Aucun crime commis par Wagner n’a donné lieu à des poursuites judiciaires. Cette absence de sanctions encourage la multiplication des exactions et l’extension du territoire sous contrôle russe.
La communauté internationale assiste impuissante à cette dérive. Les partenaires traditionnels de la Centrafrique peinent à contrer l’influence russe sans risquer une escalade militaire. Cette paralysie diplomatique livre les Centrafricains à leur sort et valide implicitement l’occupation progressive de leur territoire.
L’héritage de Wagner transforme durablement la société centrafricaine. Une génération entière grandit dans la violence et l’arbitraire, perdant confiance dans les institutions étatiques. Cette destruction du lien social hypothèque lourdement l’avenir du pays, même en cas de départ des forces russes.
Touadéra devient progressivement otage de ses protecteurs. Chaque concession accordée à Moscou réduit sa marge de manœuvre et renforce la dépendance du pays. Le président centrafricain découvre trop tard qu’il a vendu son âme au diable, condamnant son peuple à subir les conséquences de ses choix politiques désastreux.
La députée de Bayanga Bernadette Gomina-Pampali a livré un réquisitoire accablant contre l’ANE lors du débat Patara du 27 septembre dernier, dénonçant une institution qui bafoue ouvertement ses propres obligations légales.
La phrase de Bernadette Gomina-Pampali résonne comme un uppercut en pleine figure de l’Autorité Nationale des Élections. Lors du débat Patara sur la radioNdèkè -Luka, la députée de Bayanga Bernadette Gomina-Pampali a résumé en quelques mots le paradoxe centrafricain : un pays qui adopte de belles lois mais les viole aussitôt avec un cynisme déconcertant.
Face à Gypsiane Aguené, secrétaire permanente de l’ANE, qui tentait péniblement de justifier l’injustifiable, la députée Bernadette Gomina-Pampali a livré un diagnostic sans appel sur cette institution qui se moque ouvertement de la loi qu’elle est censée appliquer.
“C’est vraiment inquiétant, ce que nous sommes en train de vivre est inquiétant”, a martelé Gomina-Pampali, pointant du doigt une ANE qui agit “comme si tout le monde avait accès à Internet et un niveau élevé d’instruction”. Cette remarque cinglante met à nu l’arrogance d’une institution complètement déconnectée des réalités du terrain.
À Bayanga, circonscription de la députée Bernadette Gomina-Pampali, la population rurale et largement analphabète se retrouve exclue du processus électoral par une ANE qui préfère les solutions high-tech aux obligations légales de base. Pendant que l’institution se gargarise de sa plateforme internet, les citoyens de brousse ne peuvent pas vérifier leur inscription sur des listes électorales qu’ils ne peuvent ni voir ni lire.
Cette situation “désolante” selon les mots de Bernadette Gomina-Pampali montre une stratégie délibérée d’exclusion. L’ANE viole sciemment l’article 11, alinéa 3 du code électoral qui exige un affichage public des listes dans chaque unité administrative. Cette violation n’est pas accidentelle mais témoigne d’un mépris assumé pour la loi et les citoyens.
Joseph Bindoumi, président du réseau Arc-en-ciel, a enfoncé le clou en accusant l’ANE de se “détacher du code électoral”. Cette formulation diplomatique cache une réalité plus crue : l’ANE se torche littéralement avec la loi électorale qu’elle est censée respecter.
“Si nous ratons la gestion du fichier électoral, nous ratons pratiquement les Élections à suivre”, a averti Bindoumi. Cette évidence semble échapper à une ANE qui accumule les ratages avec une régularité de métronome.
Chantal Touabéna, présidente des femmes leader Aouline, a livré les chiffres qui tuent : seulement 5% de la population a accès à Internet et 26% sont analphabètes. Dans ce contexte, la stratégie numérique de l’ANE relève de la pure provocation envers les populations les plus vulnérables.
“C’est un fiasco”, a tranché Touabéna, résumant parfaitement l’état de la gestion électorale centrafricaine. Un fiasco orchestré par une ANE qui transforme chaque obligation légale en option négociable.
L’ironie de la formule de Bernadette Gomina-Pampali prend tout son sens quand on observe cette ANE qui adopte des procédures sophistiquées sur le papier mais les sabote dans l’application. Cette institution maîtrise l’art de créer des règles qu’elle viole immédiatement après.
Le débat de la radioNdèkè -Luka aura au moins eu le mérite de démasquer cette ANE qui prétend moderniser les Élections tout en excluant la majorité des électeurs. Cette modernité de façade cache une volonté délibérée de limiter l’accès à l’information électorale.
Face aux critiques argumentées de ces personnalités respectées, les justifications de Gypsiane Aguené ont sonné comme des excuses de mauvaise foi. Comment défendre l’indéfendable quand les preuves de la violation de la loi s’accumulent ?
Cette ANE qui se “détache du code électoral” selon Bindoumi illustre parfaitement le mal centrafricain dénoncé par Gomina-Pampali. Le pays excelle dans l’adoption de belles lois démocratiques mais les viole avec une créativité qui force l’admiration.
Au final, ce débat aura révélé une ANE qui transforme chaque élection en loterie où seuls les privilégiés ayant accès à Internet peuvent jouer. Cette exclusion programmée des populations rurales pose une question simple : peut-on encore parler d’Élections démocratiques quand l’institution électorale viole délibérément la loi pour empêcher les citoyens d’exercer leurs droits ?
La réponse de Bernadette Gomina-Pampali résonne comme un avertissement : “On est champions en adoption des lois, mais aussi en violation des lois.” Cette ANE en est la parfaite incarnation.
Obo : une ville en prière pour empêcher le retour de Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/les-miliciens-azande-en-formation-a-obo-en-avril-2024.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les miliciens Azandé pendant leur formation par les Mercenaires russes de la société Wagner
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Ce mercredi 8 octobre 2025, la ville d’Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, a vécu une journée extraordinaire. Toute la population s’est mise en prière pour demander à Dieu d’empêcher le retour des mercenaires russes du groupe Wagner dans leur ville.
Cette journée a été complètement morte. Personne n’a vendu quoi que ce soit sur le marché, personne n’a circulé dans les bureaux, personne n’a travaillé. Seules les forces de l’ordre ont pu effectuer leurs patrouilles. Tout le reste de la ville était à l’arrêt.
La population a demandé à tout le monde de rester à la maison pour faire la prière contre l’arrivée du mal dans la ville. Car pour les habitants d’Obo, Wagner représente le mal absolu. Ils appellent d’ailleurs ces mercenaires russes “les démons de Touadera ”.
Ils ne veulent pas du retour de Wagner dans leur ville. Les habitants d’Obo savent ce que signifie la présence de ces mercenaires. Ils l’ont déjà vécue et en gardent des souvenirs traumatisants. À Mbokie, à Zémio et partout dans le pays, Wagner a créé le chaos. Même à Obo lors de leur précédent passage, les exactions ont été nombreuses.
La population dit qu’elle a demandé au gouvernement de ne pas ramener Wagner, mais le gouvernement n’écoute pas. Puisque ce sont les autorités qui amènent Wagner, puisque c’est le gouvernement qui fait venir ces mercenaires qui tuent les Centrafricains, la population a décidé de s’en remettre à une autorité supérieure que Touadera : Dieu.
Les habitants d’Obo disent qu’ils vont demander à Dieu d’intervenir. Dieu seul peut les aider. Dieu seul peut décider de bloquer l’arrivée de Wagner dans la ville. Face à un gouvernement sourd à leurs supplications, face à des autorités qui sacrifient leur sécurité pour leur propre survie Politique, ils n’ont plus que la prière.
Le comité d’organisation de cette journée de prière a veillé au respect strict de la consigne. Même certaines ONG qui tentaient de travailler ont dû s’arrêter. Par exemple, l’ONG Alima dont certains employés voulaient distribuer des médicaments a été bloquée. Le comité de gestion leur a demandé de rentrer et de ne pas travailler. La journée de prière devait se terminer à 15 heures. Après 15 heures, ils pourraient reprendre leur travail, ou plutôt le lendemain.
Cette journée a été laissée uniquement à la demande de Dieu. Une ville entière qui s’arrête de vivre pour prier contre le retour de mercenaires étrangers – voilà où en est arrivée la Centrafrique sous Touadéra.
Cette mobilisation exceptionnelle témoigne de la terreur que Wagner inspire aux populations. Les habitants d’Obo préfèrent perdre une journée de travail, une journée de commerce, une journée de revenus plutôt que de risquer le retour de ces mercenaires dans leur ville.
Les rumeurs annonçant le retour de Wagner à Obo circulent depuis quelques mois. Ces simples rumeurs suffisent à terroriser la population. Les gens se souviennent des assassinats, des viols, des pillages, des humiliations commis par Wagner lors de leur précédent passage.
À Mbokie, à Zémio, dans toute la préfecture du Haut-Mbomou, Wagner a semé la mort et la terreur. Les populations civiles ont été massacrées, les femmes violées, les biens pillés. Ces mercenaires russes se comportent comme une armée d’occupation qui considère les Centrafricains comme des ennemis à soumettre.
Le fait qu’une ville entière se mette en prière pour empêcher le retour de forces censées assurer sa sécurité montre l’absurdité de la situation. Wagner est présenté par le gouvernement comme un partenaire qui aide à sécuriser le pays. Mais les populations qui ont vécu sous contrôle de Wagner savent la vérité : ces mercenaires sont une menace, pas une protection.
Les habitants d’Obo appellent Wagner “les démons”. Cette qualification n’est pas exagérée. Les exactions commises par ces mercenaires dans tout le pays justifient amplement ce terme. Ils tuent, violent, pillent en toute impunité, protégés par le gouvernement qui les paie 10 milliards par mois.
Cette journée de prière à Obo pose aussi une question politique fondamentale : pourquoi un gouvernement ramènerait-il dans une ville des forces que la population entière rejette et craint ? Pourquoi imposer la présence de mercenaires étrangers à des citoyens qui les considèrent comme des démons ?
La réponse est simple : Wagner ne sert pas à protéger les populations centrafricaines. Wagner sert à protéger le pouvoir de Touadéra. Les mercenaires russes sont déployés non pas là où les populations ont besoin de sécurité, mais là où le régime veut contrôler ou terroriser.
Si Wagner revient à Obo malgré le rejet total de la population, ce sera une nouvelle preuve que le gouvernement centrafricain ne sert pas son peuple mais des intérêts étrangers et sa propre survie.
Les habitants d’Obo ont fait ce qu’ils pouvaient : ils ont demandé au gouvernement de ne pas ramener Wagner, et face au mépris des autorités, ils ont prié Dieu d’intervenir. Cette prière collective témoigne de leur désespoir face à un État qui les abandonne et les livre aux mercenaires.
Que Dieu entende ou non les prières des habitants d’Obo, cette journée du 8 octobre 2025 restera dans les mémoires comme le jour où une ville entière s’est arrêtée de vivre pour supplier qu’on lui épargne le retour des démons.