Une nouvelle manœuvre politique vient de troubler à nouveau le paysage politique centrafricain. Le régime en place a créé une organisation au nom presque identique à celui de l’opposition pour semer la confusion dans l’opinion publique.
Un faux jumeau pour tromper
Le gouvernement vient de lancer le “Bloc des Partis Républicains pour la Défense de la Constitution” (BPRDC). Ce nom ressemble étrangement à celui du “Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution” (BRDC), la formation d’opposition que tout le monde connaît, y compris la communauté internationale.
Cette ressemblance n’a rien d’accidentel. L’objectif est simple : faire croire aux citoyens qu’il existe plusieurs organisations similaires, alors qu’une seule est authentique. Le BRDC existe depuis longtemps et mène un travail d’opposition reconnu. Le BPRDC, lui, sort de nulle part de la tête de Baba Kongoboro.
Des visages connus aux parcours douteux
Les dirigeants de cette nouvelle structure ne sortent pas d’un chapeau magique. On y retrouve notamment Zoumbeti, ancien membre du parti MLPC, débouté par la Cour constitutionnelle en 2020. Sa candidature aux législatives avait même été invalidée à cause de son passé douteux. Aujourd’hui, il réapparaît comme le chef et défenseur de la démocratie dans cette organisation fantôme.
Ces bras cassés, le pouvoir les ramasse un peu partout pour donner du crédit à ses créations artificielles. Ils acceptent de jouer le jeu contre quelques avantages financiers. C’est ce qu’on appelle ici chez nous les “chercher à manger” : cette course permanente vers les opportunités lucratives que peut offrir la proximité avec le pouvoir.
Une tactique bien connue
Cette méthode n’est pas nouvelle. Le régime a déjà procédé de la même manière avec la création de l’Union des Forces Démocratiques pour l’Opposition (UFDO). Encore une fois, le nom laisse croire à une formation d’opposition alors qu’il s’agit d’une pure fabrication de Touadera.
Rappelons que l’UFDO est dirigée actuellement par un toto. Et les membres de ces organisations fantômes ne cachent même pas leurs liens avec le régime. Certains occupent des postes de ministre dans le gouvernement, d’autres sont ministre d’État et conseillers à la présidence de la République. Ils travaillent pour le gouvernement le jour et jouent les opposants le soir.
Les citoyens se retrouvent perdus entre ces organisations aux noms qui évoquent l’opposition. Ils finissent par penser que les forces démocratiques se divisent, alors qu’en réalité, il n’y a qu’une opposition véritable face à plusieurs créations artificielles instrumentées par le régime lui-même.
Une démocratie en trompe-l’œil
Cette stratégie révèle beaucoup sur la conception que le régime a de la démocratie. Au lieu d’accepter l’existence d’une opposition libre et indépendante, il préfère fabriquer ses propres contradicteurs. Cela lui permet de prétendre qu’il y a débat tout en gardant le contrôle sur tous les acteurs.
Malgré ces manœuvres, le BRDC continue son travail d’opposition. Ses responsables connaissent bien cette tactique et tentent d’expliquer aux citoyens la différence entre leur organisation et ses imitations. Mais l’exercice n’est pas simple quand la confusion est entretenue volontairement.
L’enjeu dépasse la simple bataille de noms. Il s’agit de préserver un espace démocratique véritable où l’opposition peut jouer son rôle sans être parasitée par des imitations téléguidées par le pouvoir. Sans cela, la démocratie centrafricaine risque de devenir un simple spectacle où tous les acteurs obéissent finalement au même metteur en scène….
Situation sécuritaire dans la Vakaga : le préfet Jude Ngayoko annonce des mesures préventives face aux Risques liés aux rebelles soudanais à Birao
Centrafrique.org/la-ville-de-birao-sous-tension-suite-aux-rumeurs-dune-contre-offensive-imminente-du-fprc/patrouille-mixte-fsi-Minusca-a-birao-en-decembre-2019-par-la-minusca/” rel=”attachment wp-att-35107″ data-wpel-link=”internal”>Patrouille mixte FSI et Casques bleus de la Minusca à Birao
Le lieutenant-colonel Jude Ngayoko, préfet de la Vakaga, a fait le point sur la situation sécuritaire tendue dans cette région frontalière avec le Soudan, lors d’un entretien exclusif avec Radio Centrafrique. Alors que des rebelles soudanais en déroute devant l’armée régulière soudanaise menacent de se replier vers le territoire centrafricain, les autorités locales et les forces de sécurité sont en état d’alerte maximale.
“Nous vivons avec ces rumeurs au quotidien, mais des dispositions sérieuses ont été prises pour protéger la population”, a assuré le préfet Jude Ngayoko. La Vakaga, région historiquement instable située à l’extrême nord-est du pays, fait face à plusieurs défis sécuritaires simultanés :
La possible infiltration de combattants soudanais fuyant les affrontements au Darfour voisin
Les tensions persistantes entre groupes armées locaux
Les difficultés de coordination entre différentes unités militaires stationnées dans la zone
Le préfet Jude Ngayoko a reconnu des incidents récents liés à des mouvements d’armes autour des bases militaires de la Minusca et des Forces Armées Centrafricaines (FACA) à Birao. “Il y a eu un manque de coordination entre les différentes unités, ce qui a inquiété la population. Mais après une réunion avec les commandants militaires, la situation est revenue au calme”, a-t-il expliqué.
Concernant la menace des rebelles soudanais, Jude Ngayoko se veut rassurant : “Birao ne sera pas pris en otage. Nous disposons de forces suffisantes, y compris nos alliés russes du groupe Wagner, pour faire face à toute éventualité“. Une mission des Nations Unies s’est d’ailleurs récemment rendue à Amdafock, localité frontalière particulièrement exposée, pour évaluer les dispositifs de protection.
La question des réfugiés soudanais installés dans la région préoccupe également les habitants. Certains réclament leur transfert vers d’autres préfectures, arguant des difficultés à distinguer les réfugiés des combattants infiltrés parmi les communautés musulmanes transfrontalières. Le préfet Jude Ngayoko tempère : “La Commission nationale des réfugiés délivre des papiers. Ceux qui violent les règles sont arrêtés“.
En prévision de la saison des pluies qui pourrait isoler la région et compliquer le ravitaillement, des mesures ont été prises avec l’appui de la MINUSCA. “Des boutiques d’urgence ont été construites pour stocker des produits de première nécessité”, a révélé Jude Ngayoko.
Alors que la Centrafrique se prépare à de nouvelles Élections, le préfet a tenu une réunion spéciale avec le comité local de mise en œuvre du processus DDR (Désarmement, Démobilisation, Réintégration) pour sécuriser le processus électoral dans cette zone sensible. “Nous travaillons à ce que les Élections se déroulent dans de bonnes conditions en Vakaga”, a-t-il affirmé.
En marge de ces préoccupations sécuritaires, les autorités misent sur des activités de cohésion sociale, comme le récent match de football organisé entre fonctionnaires et vétérans, pour maintenir un climat de paix relative dans cette région éprouvée par des années de conflits….
Bang : nouvelle attaques des Soldats FACA contre des Éleveurs Peuls
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/victimes-peul-des-soldats-faca-voleurs.jpg” data-wpel-link=”internal”>L’un des éleveurs victimes de braquage mené par quelques soldats FACA à
Lundi dernier, des soldats des Forces Armées Centrafricaines basés à Bang ont attaqué des éleveurs dans la brousse, volé leur bétail et infligé de graves violences.
L’histoire se répète avec une amertume qui ne cesse de grandir dans notre pays. Combien de fois encore faudra-t-il que les paisibles éleveurs centrafricains paient le prix de l’indiscipline de certains éléments de leur propre armée ?
La chasse à l’homme
Ce lundi2 juin 2025, la journée a commencé comme toutes les autres pour ces éleveurs. Leurs pas les ont menés vers la brousse, là où paissent leurs bêtes, leur seule richesse. Mais le destin en avait décidé autrement.
Surgis de nulle part, des soldats FACA basés à Bang se lancent à leurs trousses, et c’était la panique générale. Pourquoi ? Nul ne le sait vraiment, sauf les auteurs de cet acte criminel. Des témoignages recoupés auprès des victimes et de sources sécuritaires locales parlent de tirs, de course effrénée. Les éleveurs étaient contraints de se cacher derrière des troncs d’arbres pour sauver leur peau.
Puis vient le pire. Un à un, les éleveurs sont capturés, ligotés aux arbres comme des criminels. Les coups pleuvent. Les humiliations s’accumulent. Par chance, aucune n’a perdu la vie. L’un des éleveurs, a été si durement touché qu’il ne pouvait plus marcher.
Le butin de la honte
Cinq bœufs adultes et deux petits. Voilà ce que ces soldats ont braqué avant de disparaître. Cinq bœufs qui représentaient peut-être toute une fortune de la famille.
Comment accepter qu’en 2025, des soldats de la République se comportent comme des bandits de grand chemin ? Comment tolérer que ceux qui touchent un salaire de l’État s’enrichissent sur le dos des plus vulnérables ?
L’État de droit en question
Il y a deux mois déjà, des éléments de forces armées centrafricaines avaient été arrêtés à Bang pour des faits similaires. Arrestations sans suite, promesses non tenues, impunité qui perdure. Le cycle infernal continue.
Pendant ce temps, on demande aux éleveurs de ne pas s’armer. On leur prêche la paix sociale. Mais qui les protège quand leurs propres “protecteurs” les agressent ? Qui répond de leurs souffrances quand l’uniforme devient synonyme de terreur ?
Simplice Mathieu Sarandji, président de l’Assemblée Nationale de la République Centrafricaine, est rentré à Bangui de son escapade au 11ème Congrès Écologique International Nevsky à Saint-Pétersbourg.
Accueilli en grande pompe à l’aéroport de Bangui-Mpoko par une délégation menée par le vice-président Evariste Ngamana. Un voyage soi-disant dédié à l’écologie, mais qui sent davantage le tourisme de luxe et l’allégeance aux puissants.
Officiellement, Sarandji était là pour renforcer les « liens privilégiés » entre la RCA et la Russie, vantant une « parfaite entente » dictée par les présidents Vladimir Poutine et Faustin Archange Touadéra. Derrière les beaux discours sur la préservation de l’écosystème, on devine une tout autre réalité : une quête effrénée pour s’attirer les faveurs des riches, pendant que le peuple centrafricain croule sous les crises. Préserver la planète ? Bien sûr, mais surtout si ça « profite à l’homme » – entendez par là, aux élites qui savent où trouver leur beurre.
Ce congrès, où l’Afrique joue les seconds rôles, n’est qu’une vitrine pour les ambitieux prêts à tout pour une tape sur l’épaule de l’ours russe. Pendant que Sarandji parle de « générations futures », les Centrafricains, eux, se demandent quand leurs dirigeants cesseront de troquer la dignité de la République contre des mirages dorés. Traîtres ? Le mot circule à Bangui, et il n’est pas difficile de comprendre pourquoi….
L’Assemblée nationale centrafricaine est constituée de députés élus au suffrage universel direct d’abord pour voter les lois d’initiative parlementaire ou gouvernementale, ensuite de contrôler les actions, la gestion du pouvoir exécutif et enfin d’évaluer anteriori ou à posteriori les impacts des politiques publiques.
Au début de chaque législature et après l’élection du bureau, l’assemblée nationale procède à la mise en place de huit commissions permanentes et spécialisées comprenant au moins dix sept députés représentatifs de la configuration Politique de la dite institution.
Parallèlement à ces commissions permanentes, les articles 27 et 28 de la loi organique N*17.011 du 14 mars 2017 portant règlement intérieur de l’assemblée nationale donne une base légale à l’assemblée nationale de mettre en place des commissions d’enquêtes parlementaires dont l’objet, la durée et la composition doivent être précisés expressément.
Cette commission ad’hoc d’enquête est le corollaire du droit de contrôle parlementaire de l’action gouvernementale.
C’est dans le cadre de ce pouvoir régalien qu’après la vaine sommation adressée au chef du gouvernement par voie de communiqué réclamant le limogeage du ministre de la jeunesse et des sports dans une autre affaire, l’institution du peuple change de stratégie et met en place en guise de représailles une commission d’enquête parlementaire pour statuer sur la lointaine réhabilitation chaotique du complexe sportif Barthélémy Boganda non homologué par la confédération africaine de football.
Cette démarche est matérialisée par l’arrêté du président de l’assemblée nationale du 02 juin 2025 mettant en place une commission d’enquête.
Cette commission d’enquête a le pouvoir de statuer sur les faits, la gestion administrative, financière, technique, la gestion d’une crise comme le covid, des grands scandales des questions de société et même demander à la cour des comptes des éléments sur la gestion des services de l’État ainsi que des entreprises nationales.
Il apparaît important de souligner que la mission des commissions d’enquête parlementaire consiste à collecter des informations, à faire des investigations et à acceder à tout dossier à l’exception de ceux qui revêtent un caractère hautement sensible ou secret.
Il faut également noter qu’au regard du respect du principe de la séparation de pouvoirs, aucune enquête parlementaire n’est envisageable s’il existe une procédure judiciaire en cours sur le même dossier.
En guise de garantie d’efficacité, la loi dote les commissions d’enquête d’importants pouvoir à savoir l’obligation de répondre à leur convocation, l’audition publique ou à huis clos selon les cas et enfin l’audition sous serment.
La non observation de ces trois conditions peuvent donner lieu à des poursuites judiciaires conformément aux dispositions pénales.
Loin de s’ériger en juridiction et dans le respect du principe d’independance de l’autorité judiciaire, la commission d’enquête parlementaire débouche généralement sur des recommandations et parfois des propositions de lois visant à remédier les insuffisances de la législation constatées lors des investigations.
Par contre en cas de découverte des faits délictueux lors des différentes investigations, elle saisit le ministre de la justice ou le procureur de la République pour donner une suite judiciaire.
Enfin tout le rapport sera remis au président de l’assemblée nationale qui le soumettra à la plénière pour adoption.
Au regard du tableau synoptique d’une commission d’enquête parlementaire et se référant au cas de l’espèce, le citoyen lambda s’interroge :
1- Pourquoi les commissions d’enquêtes parlementaires sont aussi rares nonobstant la multiplication des scandales de gestion ?
2- Les commissions d’enquête parlementaires sont-elles des instruments politiques pour régler les comptes des adversaires politiques ?
3- Au regard du principe de séparation de pouvoirs, la commission d’enquête constitue t-elle une ingérence parlementaire dans les affaires du pouvoir exécutif ?
4- Quand le président de la République, le premier ministre et le président de l’assemblée nationale sont tous issus du même parti Politique, cette situation serait-elle à l’origine de l’inefficacité de la commission d’enquête parlementaire ?
5- En conséquence de ce qui précède et comparativement à un juge instructeur, les membres de la commission d’enquête ont-ils les pouvoirs et les moyens necessaires pour faciliter leurs investigations ?
6- De nos jours et sous ce régime despotique, les commissions d’enquêtes parlementaires servent-elles encore à quelques choses ?
En tout état de cause et étant un outil de contrôle de l’action gouvernementale dans la transparence démocratique, la mise en œuvre de cette arme parlementaire est limitée dans la pratique pour manque d’independance Politique car la majorité de ses membres sont issus du pouvoir de Bangui.
Il faut noter que certaines institutions ou personnalités comme dans le cas de l’espèce refusent de cooperer avec la commission.
A cela s’ajoutent le manque de suivi des rapports ou l’absence de publication.
Au delà des accusations d’être instrumentalisé à des fins politiques et à défaut de solliciter les services des experts, il faut noter aussi l’incompétence criarde des parlementaires en matière d’enquête dans les domaines techniques divers et variés.
Enfin, en cas de découverte des faits délictueux, les autorités sont incapables de poursuivre les responsables devant les tribunaux compétents.
Pour finir et en référence au cas de l’espèce où le ministre de la jeunesse et des sports veut en découdre avec les parlementaires parce qu’il est un soutien influent du président de la République, nous leur rappelons que les conclusions de la commission d’enquête parlementaire peut mettre la pression sur le gouvernement sous menace de la motion de censure afin d’obtenir le limogeage du ministre récalcitrant.
L’affront entre les parlementaires et le ministre fervent soutien du président de la République est tellement perceptible que l’opinion publique nationale a hâte de connaître l’issue.
Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré qui ne parle pas…car un problème ne peut résoudre un autre problème et qu’un problème peut en cacher un autre.
L’expérience de l’Afrique sub-saharienne montre que le troisième mandat tue plus qu’un coup d’état militaire.
En déduction de ce qui précède, demandez à un citoyen lambda de faire le choix entre un troisième mandat et un coup d’état militaire…son choix sera simple et sans réflexion.
On ne répétera jamais assez ce credo devenu liturgique et nous exhorterons le nouveau souverain pontife qui prônait la paix dans sa première homélie papale de rappeler à ce pasteur devenu despote le caractère sacré du serment, de la parole donnée et le respect des textes établis.
Les chants des sirènes ne vous placeront jamais au dessus de la République.
Renoncer en échange d’une stabilité politique au projet mortifere de troisième mandat Monsieur le président et choisissez un dauphin avant qu’il ne soit trop tard et cela avec honneur au lieu d’abdiquer honteusement sous la pression populaire.
Monsieur le président, nous avons le flair de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent. Les fables du célèbre fabuliste français Jean de La Fontaine teintées d’allegories éducatives auront prévenu les autistes avant que le monde ne s’effondre tel que défini par le célèbre romancier nigerian Chinua Achébé.
Mais attention, ne le dites à personne…Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa….
Une Journée de l’Afrique au service de la propagande des nouveaux colons russes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Poutine-et-Touadera-a-Moscou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Poutine et Touadera à Moscou, le 15 janvier 2025
En Centrafrique, la Journée de l’Afrique se transforme en outil de propagande, cachant la mainmise russe sur un pays en quête de liberté.
À Bangui, la République Centrafricaine a célébré la Journée internationale de l’Afrique, un événement censé incarner l’unité et les espoirs du continent. Pourtant, loin de rassembler, cette journée a servi à camoufler une réalité bien plus sombre.
En effet, le mouvement Panafricainpour une Afrique libre, dirigé par Socrate Taramboy-Gittenberg, a organisé une conférence autour du thème de la justice et des réparations pour les Africains. Mais les discours prononcés, bien que soigneusement préparés par les Russes, ont détourné l’attention des véritables enjeux qui pèsent sur le pays.
Taramboy-Gittenberg a évoqué la création de l’Organisation de l’Unité africaine, devenue l’Union africaine en 2002, et ses ambitions d’un continent indépendant et prospère. Ces paroles, en apparence inspirantes, sonnent creux dans une Centrafrique qui n’a plus de contrôle sur son destin. Depuis 2018, la Russie, à travers le groupe Wagner, exerce une emprise sans précédent sur le pays. Les ressources naturelles – or, diamants, terres agricoles – sont exploitées au profit d’intérêts étrangers, tandis que la population vit dans la précarité et la peur.
Un ministre délégué, représentant la présidence, a appelé les jeunes à s’impliquer pour décider de l’avenir de leur pays. Mais ces mots semblent déconnectés de la réalité. Les décisions importantes, comme les modifications de la Constitution pour prolonger le pouvoir du président Faustin-Archange Touadéra, ne sont pas prises par les Centrafricains. Elles sont imposées par des acteurs extérieurs, principalement russes, qui dictent les orientations politiques et économiques. Même la sécurité du pays échappe à l’armée nationale, confiée à des mercenaires de Wagner et à des forces rwandaises.
La question des réparations, abordée lors de la conférence, est un sujet légitime, défendu récemment par l’Union africaine à Addis-Abeba. Mais en Centrafrique, en parler aujourd’hui semble hors de propos. Comment envisager une justice pour les injustices passées quand le présent est dominé par une nouvelle forme de dépendance ? Les habitants sont chassés de leurs terres, les villages sont pillés, et ceux qui s’opposent à cette exploitation risquent leur vie. Ces faits, aucun orateur n’a osé les aborder franchement.
Cette Journée de l’Afrique a été utilisée pour diffuser une propagande grossière de la Russie en Afrique. Le président Touadéra, son gouvernement et leurs alliés, y compris Taramboy-Gittenberg, se servent des idéaux panafricains pour cacher leur traitrise dans la soumission du pays à des puissances étrangères. Ils parlent d’une «indépendance » tout en livrant la Centrafrique à des intérêts qui n’ont rien à voir avec le bien-être de la population. Ce double discours est une trahison des valeurs que cette journée est censée porter.
Les Centrafricains savent que leur pays n’est pas libre. Ils comprennent que les appels à l’unité africaine ne résolvent ni la faim, ni l’insécurité, ni la perte de dignité. Ce dont ils ont besoin, ce n’est pas d’une célébration vide, mais d’un élan collectif pour reprendre le contrôle de leur avenir. La jeunesse, constamment appelée à se mobiliser, mérite un pays où les décisions profitent à la nation, où les richesses restent dans les mains du peuple, où la peur ne domine pas.
En ce 25 mai 2025, la Journée de l’Afrique en Centrafrique n’a pas été une célébration. Elle a révélé une vérité: tant que des dirigeants complices d’intérêts étrangers manipuleront les symboles de l’unité africaine, la Centrafrique restera prisonnière. Ce constat, aucun discours ne peut l’effacer….
Sécurité et élections : Le gouvernement peut-il tenir le cap avec ses 30 000 soldats ?
Centrafrique.org/begoua-une-bagarre-de-rue-frole-la-catastrophe/intervention-de-la-police-militaire/” rel=”attachment wp-att-76063″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/intervention-de-la-police-militaire-450×278.jpg” alt=”Sécurité et élections : Le gouvernement peut-il tenir le cap avec ses 30 000 soldats ?” width=”450″ height=”278″ />Patrouille de la police militaire en soutien aux policiers à Bégoua. CopyrightCNC
À huit mois des élections de décembre 2025, la République centrafricaine est censée se préparer à un scrutin apaisé. Mais peut-on vraiment compter sur un gouvernement de menteurs patentés pour garantir la sécurité ? Lors de l’émission Patara sur la Radio Ndékè Luka, le ministre de l’administration du territoire Bruno Yapandé a tenté de vendre ses illusions face à un Raymond Adouma, leader du BRDC, qui a mis à nu l’incapacité crasse de ce régime. La réponse est claire : non, ils ne peuvent rien garantir, sauf le chaos et la répression.
Bruno Yapandé a débité son baratin habituel : une armée de 30 000 FACA montée en puissance, des avions de combat, des hélicos, des moyens soi-disant impressionnants. Il fanfaronne sur un référendum constitutionnel sécurisé sans aide internationale, comme si c’était une prouesse. Mais c’est du vent, une fable grotesque pour masquer la vérité. Cette armée, qu’il ose vanter, est un squelette affamé, sans logistique ni efficacité. Adouma l’a cloué au pilori : des soldats abandonnés en province, sans nourriture ni PGA, obligés de mendier auprès des maires et des commerçants pour survivre. Une armée qui ne peut même pas nourrir ses troupes, comment pourrait-elle sécuriser un scrutin ? C’est risible, pathétique.
Le ministre prétend que le pays est sous contrôle, que plus aucune portion du territoire n’est aux mains des ennemis. Mensonge éhonté ! Les poches d’insécurité pullulent, des groupes armés continuent de semer la mort, partout dans l’intérieur du pays. Adouma l’a dit sans détour : les conditions de sécurité pour des élections transparentes ne sont pas remplies, et il a raison. Pendant que Yapandé se gargarise de ses 30 000 soldats fantômes, le président Touadéra lui-même est protégé par des forces étrangères : Wagner, rwandais et la Minusca. Si sa propre armée était si forte, pourquoi ces mercenaires et casques bleus autour du palais ? Parce que les FACA ne valent rien, et ils le savent.
Et les pilotes de ces fameux avions de combat ? Combien sont Centrafricains ? Zéro, ou presque – encore une preuve que ce régime repose sur des béquilles étrangères, pas sur ses propres forces. Adouma a posé la question, et Yapandé a esquivé, comme d’habitude, cachant la misère derrière des secrets de défense bidon. Pas de véhicules, pas de logistique, juste des discours creux pour endormir les naïfs. Ce gouvernement n’a jamais sécurisé quoi que ce soit – ni le référendum truqué de 2023, ni les routes où on ne circule qu’au péril de sa vie.
Le pire, c’est qu’ils osent parler de paix pendant que leurs milices et leurs prisons travaillent à plein régime. Rien qu’en avril, des dizaines d’arrestations arbitraires : les cadets de l’ancien Premier ministre Henri Dondra, le frère et la sœur d’Armel Sayo, l’ex-directeur du Trésor Mahamat Abakar, tous jetés à l’OCRB sans mandat. Les familles et avocats interdits de visite, les avocats en grève de huit jours face à un État qui piétine la loi. C’est ça, leur sécurité ? Une botte sur la gorge du peuple pendant que Wagner tire les ficelles.
Adouma refuse de jouer à ce jeu pourri : sans conditions sérieuses, l’opposition boycottera. Et pourquoi pas ? Ce régime ne peut garantir un scrutin apaisé, parce qu’il prospère dans le désordre et la peur. Leurs 30 000 soldats, leurs hélicos, leurs promesses – tout ça, c’est du pipeau pour masquer un pays à la dérive. Les Centrafricains savent que décembre 2025 ne sera pas une élection, mais une nouvelle farce sanglante orchestrée par des incapables. Sécurité ? Avec ce gouvernement, c’est un mot vide, une blague amère….
Centrafrique : budget 2025 , des ambitions floues sous des airs électoraux
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Herve-Ndoba-ministre-centrafricain-des-finances-et-du-budget.jpg” data-wpel-link=”internal”>Hervé Ndoba, ministre des finances et du budget de la Centrafrique
Le budget rectificatif 2025 de la RCA promet intégration, élections et paix, mais sa transparence et son réalisme interrogent, surtout dans un contexte électoral.
Le 28 mai 2025, l’Assemblée nationale centrafricaine a adopté le budget rectificatif 2025 avec 129 voix pour et seulement 2 contre. Présenté par le ministre des Finances, Hervé Doba, ce budget passe de 345 milliards à 367 milliards de francs CFA, une hausse de 5,5 %. Ce plan, selon le ministre, doit soutenir la vision du président Faustin Archange Touadéra, avec des priorités comme l’intégration de nouveaux fonctionnaires, la préparation des élections et la consolidation de la paix. Mais, comme dirait Nathan, en examinant les détails de près, ce budget semble plus orienté vers des objectifs électoraux que vers des solutions concrètes pour le pays.
D’abord, d’où vient cette hausse de 22 milliards ? Le ministre évoque une « légère amélioration » des ressources, mais sans préciser. Dans un pays où les recettes fiscales restent faibles et l’aide internationale essentielle, ce manque de clarté inquiète. S’agit-il d’un emprunt ? D’une rentrée exceptionnelle ? Sans explications, on peut douter de la solidité de ce financement, surtout dans une économie aussi fragile que celle de la RCA.
Le programme d’intégration dans la fonction publique est un point central, mais il pose problème. Depuis 2024, le gouvernement annonce des recrutements en conseil des ministres : d’abord 2 000, puis 3 000, 5 000, et maintenant 6 000 nouveaux fonctionnaires. Ce chiffre de 6 000, censé répondre au vieillissement des effectifs et redéployer l’administration dans le pays, semble ambitieux. Mais combien cela va-t-il coûter ? Tout le monde le sait , les recrutements dans la fonction publique privilégient d’ailleurs les proches du pouvoir plutôt que des candidats qualifiés. De plus, envoyer des fonctionnaires dans des zones encore instables, malgré les discours sur une « paix retrouvée », semble difficile. Les moyens pour assurer leur sécurité et leur installation sont-ils prévus ? Les annonces restent vagues.
La préparation des élections, autre priorité du budget, manque aussi de détails. Des fonds sont prévus, mais on ignore leur montant et leur destination. En RCA, les scrutins ont souvent été entachés de tensions et d’accusations de fraudes. Sans précisions sur l’usage de cet argent – pour la logistique, la sécurité ou une supervision indépendante –, on peut redouter qu’il serve à financer des campagnes électorales plutôt qu’un processus démocratique fiable. Ce budget, présenté comme un outil pour renforcer la démocratie, semble davantage taillé pour consolider le pouvoir en place.
L’idée d’une « paix retrouvée » est aussi discutable. Le ministre vante des progrès, mais des régions entières restent sous l’influence de groupes armés. Allouer des fonds à des « événements importants » pour redorer l’image internationale de la RCA semble hors de propos quand les besoins de base – écoles, hôpitaux, routes – restent criants. Ces choix donnent l’impression d’une stratégie de communication plutôt que d’un plan pour répondre aux défis du pays.
Enfin, le vote quasi unanime à l’Assemblée (129 pour, 2 contre) questionne. Dans un pays où l’opposition est souvent étouffée, cette absence de débat reflète-t-elle un vrai consensus ou une mainmise de l’exécutif ? Un budget de cette importance mérite plus de discussions.
En résumé, le budget rectificatif 2025 affiche des objectifs séduisants, mais il manque de transparence et de réalisme. Les 6 000 recrutements, les fonds pour les élections et les projets de « paix » semblent davantage répondre à des calculs électoraux qu’à une vision pour le développement. Pour rassurer, il faudrait des chiffres clairs sur les financements, des garanties contre les dérives et un plan adapté aux réalités du terrain. Sans cela, ce budget risque de n’être qu’une promesse électorale de plus, loin des besoins réels des Centrafricains….
Le gouvernement centrafricain et la FAO s’associent depuis plusieurs semaines pour soutenir les pêcheurs de Boali en identifiant leurs défis et en fournissant des kits halieutiques adaptés.
Dans le cadre d’une mission conjointe, le ministère des Eaux, Forêts, Chasse et Pêche de la République centrafricaine, en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a entamé une série de consultations avec les pêcheurs de Boali. Une réunion s’est tenue hier à la mairie de Boali, visant à recenser les obstacles rencontrés par les acteurs de la filière pêche dans cette localité et ses environs. L’objectif principal est de promouvoir la pêche artisanale et l’aquaculture grâce à la distribution prochaine de kits halieutiques aux groupements de pêcheurs, pisciculteurs et mareyeurs.
Alain Konzi, chef du service de l’aquaculture au ministère, a précisé que cette mission, financée par la FAO, vise à évaluer les infrastructures existantes et à identifier les bénéficiaires éligibles. « Nous commençons par Boali, puis nous irons jusqu’à Bouar avant derevenir », a-t-il expliqué. Les critères de sélection des bénéficiaires sont définis par la FAO, qui utilise un tableau spécifique pour garantir une distribution équitable et ciblée des équipements.
Konzi a également appelé les futurs bénéficiaires à faire preuve de responsabilité dans l’utilisation des kits. « Nous leur demandons d’être sincères et de respecter les principes d’utilisation pour que la pêche et l’aquaculture connaissent une promotion exceptionnelle à Boali », a-t-il insisté, soulignant l’importance d’une gestion rigoureuse pour maximiser l’impact de cette initiative….
Le Président de la République, Faustin Archange Touadéra, a rencontré jeudi dernier les membres du Comité stratégique de suivi des accords entre la République Centrafricaine (RCA) et les Émirats Arabes Unis (EAU). L’objectif principal de cette réunion était de donner des orientations claires pour la mise en œuvre des six accords signés le 6 mars dernier à Abu Dhabi.
Josiane Sefoura Enga a rapporté que, dans le cadre des engagements pris, les deux parties sont appelées à prendre rapidement les dispositions nécessaires pour passer à la phase de mise en œuvre des dix projets identifiés. Le Président Touadéra a réuni le Comité de suivi pour s’assurer de l’avancement des actions engagées du côté centrafricain. Il a insisté sur la nécessité de définir clairement les objectifs, les moyens à mettre en œuvre, les acteurs concernés et un chronogramme précis.
Cette réunion technique et stratégique a vu la participation de tous les membres du Comité de suivi, notamment Obed Namsio, Ministre d’État, Directeur du cabinet de la présidence, ainsi que des membres du cabinet présidentiel et des représentants des secteurs concernés. Parmi ces secteurs, on retrouve l’éducation, le commerce, les mines, la défense, les équipements et l’agriculture.
Les mémorandums reçus et présentés par le Ministre d’État Obed Namsio seront analysés et travaillés par chaque département sectoriel. Une prochaine réunion est prévue au mois de juin pour faire le point sur les avancées et ajuster les stratégies si nécessaire.
Cette initiative du Président Touadéra souligne l’importance accordée à la coopération avec les Émirats Arabes Unis et la volonté de concrétiser rapidement les projets convenus, afin de stimuler le développement économique et social de la République Centrafricaine….
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/publicite-1-du-vendredi.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/publicite-1-du-vendredi-450×450.png” alt=”Comment jouer en toute sécurité au casino 1win ? Guide complet pour une expérience responsable” width=”450″ height=”450″ />
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Sur la route de Zawa-Gadzi-Carnot, à la barrière où la loi s’arrête et la violence commence
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/le-marche-de-zawa-proche-de-yaloke.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/le-marche-de-zawa-proche-de-yaloke-450×322.jpg” alt=”Le marché central de la ville de Zawa située entre Yaloké et Bossemptélé en Centrafrique” width=”450″ height=”322″ />Le marché central de la ville de Zawa située entre Yaloké et Bossemptélé en Centrafrique. Photo CNC
L’axe Zawa-Gadzi-Carnot reste une voie indispensable pour les habitants des villages comme Gontikiri, Gadzi, Boy-Bali, et d’autres localités voisines. C’est tout sauf un lien vital pour acheminer manioc et autres produits vers les marchés hebdomadaires. Chaque jour, des centaines de personnes, paysans, motocyclistes, commerçants, empruntent ce chemin. Pourtant, à la barrière de Gbom, à dix kilomètres de Zawa, la sécurité promise par l’État se transforme en cauchemar, un lieu où les règles s’effacent face à la brutalité des hommes en tenue qui se comportent comme des rebelles.
En effet, le long de cette route, comme sur de nombreux autres axes du pays, se dressent plusieurs barrières de contrôle. Mais parmi toutes ces installations illégales, la barrière du croisement de Gbom illustre de manière particulièrement dramatique la dérive d’un système censé garantir la sécurité des citoyens.
Il est nécessaire de situer la position géographique de cette barrière de honte. Venant par exemple du village Zawa, à 10 kilomètres, on arrive au croisement de Gbom où se retrouvent en face deux axes : celui de gauche mène vers le village Gontikiri pour aller vers Gadzi, et celui de droite va vers le village Boy-Bali. Cette position géographique rend la barrière incontournable pour tous les usagers de la région, créant un véritable piège pour les populations locales.
En effet, les éléments des Forces armées centrafricaines, de la police et de la gendarmerie stationnés à ce point de contrôle ont instauré un système de taxation illégale particulièrement pervers. Les montants exigés oscillent entre 1 000 et 2 000 francs CFA, sans aucune base légale ni délivrance de reçu. Cette ponction représente souvent plusieurs jours de revenus pour des populations qui survivent avec 400 à 600 francs par jour.
Les faits observés révèlent une mécanique implacable. La semaine dernière, un conducteur d’une moto quitte Zawa en direction de Gadzi, transportant un passager et un bagage. À la barrière de Gbom, après avoir payé les 1 000 francs de “formalité” pour son passage, les agents exigent une somme supplémentaire pour le bagage transporté. Le conducteur explique qu’il s’agit d’une simple commission, pas d’un produit commercial. Refus catégorique des agents. Devant la contestation du motocycliste, ces derniers le font descendre de sa moto et commencent à le frapper avant de le jeter dans le cachot. Deux heures de coups et d’humiliations plus tard, l’homme ressort meurtri. Entre-temps, les agents ont fouillé et confisqué une partie du contenu du bagage.
Un autre cas illustre parfaitement cette dérive. Trois jours plutôt, un conducteur de moto venu de Gadzi pour aller à Zawa est arrivé au croisement de Gbom. Les forces de l’ordre postées sur cette barrière mixte lui ont demandé les papiers de sa moto. Il a présenté tous les documents requis. Malgré cela, on lui a exigé de payer la “formalité” de 1 000 francs CFA. Le motocycliste a répondu calmement : « Chef, j’ai tous mes papiers. À toutes les autres barrières depuis Gadzi jusqu’ici, je montre mes documents et on me laisse passer ». Mais les policiers, gendarmes et soldats présents ont insisté : « Tu dois payer obligatoirement. Tes papiers nous donnent pas à manger et ne lavent pas nos tenues ». L’homme a rétorqué qu’il n’avait pas d’argent sur lui. Immédiatement, deux agents se sont mis à le bousculer. Ils l’ont roué de coups, avant de le pousser de force dans leur trou aménagé spécialement pour brimer les usagers de cet axe. Là, ils ont continué à le frapper à coups de bâton, tout en lui versant de l’eau sur le corps. Les violences ont duré plusieurs heures.
Le processus est méthodiquement organisé. Les usagers qui ne peuvent s’acquitter de ces sommes voient leurs biens confisqués sur-le-champ : produits agricoles, moyens de transport, effets personnels. Aucune procédure n’est respectée, aucun recours n’est possible. La force prime sur le droit. Par exemple, un jour, une femme de Boy-Bali transporte une cuvette de manioc, fruit de plusieurs jours de travail aux champs pour venir vendre sur le marché. Mais à la barrière de Gbom, elle a été sommée de payer la formalité sur le manioc. Elle explique aux agents qu’elle n’a que 100 francs pour leur donner, que cette vente lui permettra de nourrir ses enfants. Les agents maintiennent leur exigence : 500 francs ou la confiscation du manioc.
Plus grave, les agents, pour mieux terroriser leurs victimes, ont aménagé un cachot de fortune adjacent à la barrière. Cet espace confiné sert de lieu de détention pour les usagers qui contestent ces pratiques. Les violences physiques y sont organisées : coups, fouilles corporelles brutales, spoliations. Les méthodes employées relèvent de la torture : aspersion d’eau, coups répétés avec des barres de fer, détention de deux à trois heures dans des conditions inhumaines. Les provocations verbales visent délibérément à pousser les victimes à la faute pour justifier l’escalade répressive.
Face à ces agents, aucune explication humaine ne trouve grâce. Qu’un usager explique qu’il revient de l’hôpital, qu’il vient de perdre un membre de sa famille, qu’il traverse une épreuve personnelle, les réponses restent identiques : paiement obligatoire de formalité ou confiscation. Cette insensibilité totale aux situations humaines révèle des comportements de véritables voyous en uniforme, sourds à toute compassion. À cette barrière, les usagers, en particulier les motocyclistes, vivent un véritable cauchemar.
Cette dérive affecte directement l’économie locale. Les villages environnants comme Boy-Bali voient leurs circuits commerciaux perturbés. Parfois, les agriculteurs modifient leurs itinéraires, les transporteurs évitent la zone, les prix augmentent mécaniquement. Le tissu économique régional se délite progressivement sous l’effet de cette prédation institutionnalisée.
L’analyse juridique révèle une situation paradoxale. Ces agents tirent leur légitimité et leurs moyens matériels de l’État qu’ils sont censés représenter. Leurs salaires, leurs équipements, leurs prérogatives découlent directement des contributions des citoyens qu’ils rançonnent. Cette inversion totale du rapport de service public constitue une négation des principes fondamentaux de l’autorité étatique.
Si la barrière de Gbom symbolise cette dérive, elle n’est malheureusement pas l’unique cas. D’autres points de contrôle à travers le pays présentent des dysfonctionnements similaires. Mais l’ampleur et la systématisation des abus constatés à Gbom en font un exemple particulièrement révélateur de la crise profonde que traverse le secteur sécuritaire.
L’axe Zawa-Gadzi- Boy-Bali doit retrouver sa vocation première : permettre la libre circulation des personnes et des biens dans le respect de la légalité. La barrière de Gbom doit redevenir un instrument de sécurisation, non d’exploitation. Cette exigence relève de l’impératif démocratique le plus élémentaire : l’État doit servir ses citoyens, non les asservir….
Violente Altercation entre Deux Soldats FACA à Zemio
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/01/des-soldats-FACA-en-patrouille-a-pieds-au-quartier-derriere-laeroport-de-Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>des soldats FACA en patrouille à pieds au quartier derrière l’aéroport de Bangui
Dans la matinée du jeudi 4 juin 2025, une violente altercation a éclaté entre deux soldats des Forces Armées Centrafricaines (FACA) à Zemio, chef-lieu de la sous-préfecture du Haut-Mbomou, au sud-est de la RCA, situé à environ 1 110 kilomètres de Bangui.
L’incident s’est produit au sein de la base de l’armée nationale à Zemio. Les raisons exactes de la dispute entre les deux militaires restent inconnues, mais la situation a rapidement dégénéré. Subitement, les habitants ont été réveillés par des détonations d’armes. L’un des soldats a ouvert le feu sur son collègue avec son arme de service. Heureusement, la victime n’a pas été touchée mortellement, mais son état de santé est jugé très critique. La balle l’a atteint au niveau du testicule, et il a été immédiatement transporté à l’hôpital pour recevoir des soins.
Actuellement, une tension énorme règne à Zemio, non seulement entre les soldats FACA, mais aussi avec les Mercenaires russes du groupe Wagner et la population. Le moral des troupes semble particulièrement affecté. En effet, la veille, 58 soldats FACA ont déserté la ville, traversant le fleuve Mbomou pour se réfugier en République démocratique du Congo (RDC), où ils se trouvent actuellement sur le territoire congolais. Selon certaines informations, les autorités congolaises envisageraient de les transférer vers Zongo pour un éventuel renvoi à Bangui. Par ailleurs, d’autres soldats encore présents à Zemio se prépareraient à quitter la ville, bien que le nombre exact et la date de leur départ restent incertains….
L’affaire Joseph Figueira Martin, un an de détention despotique sous la pression de Wagner et d’une justice corrompue
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/06/humanitaire_belge_portugais_enleve_par_wagner_zemio_en_centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>Portrait de Joseph Figueira Martin, un humanitaire belge
Il y a exactement un an, le 25 mai 2024, Joseph Figueira Martin franchissait pour la dernière fois le seuil de la liberté. Depuis, cet expert belgo-portugais en pastoralisme compte les jours dans l’enfer carcéral du camp de Roux, victime d’un système judiciaire centrafricain gangrené par la corruption et manipulé par les mercenaires russes du groupe Wagner.
En effet, son histoire n’est pas celle d’un criminel, mais celle d’un humanitaire pris dans les mailles d’un filet tissé par des intérêts géopolitiques qui dépassent largement les frontières de la Centrafrique. Elle révèle surtout l’état de délabrement avancé de nos institutions centrafricaines, vendues au plus offrant étranger.
L’engrenage de l’arbitraire : quand Wagner remplace la loi
Dans la localité de Zémio, ce matin de mai 2024, Joseph Figueira Martin ne se doutait pas qu’il vivait ses dernières heures de liberté. Travaillant pour l’ONG américaine FHI 360 sur des projets de réduction de la pauvreté et de prévention des violences basées sur le genre, cet père de famille et ancien analyste de l’International Crisis Group incarnait tout ce que détestent les mercenaires russes : un témoin occidental indépendant sur le terrain centrafricain.
L’arrestation de Joseph Figueira Martin se déroule selon le modus operandi désormais classique de Wagner en Centrafrique. Pas de mandat, pas de procédure légale, juste la brutalité des armes pointées par des hommes qui se comportent en conquérants sur notre sol. Joseph Figueira Martin est embarqué de force vers Bangui par hélicoptère, comme un trophée de guerre dans une opération qui ressemble davantage à un enlèvement qu’à une arrestation légale.
Cette interpellation survient à un moment stratégique : Wagner et la milice Azandé Ani Kpi Gbe prennent le contrôle de Zémio face au retrait de l’UPC (Union pour la Paix en Centrafrique).Joseph Figueira Martin devient ainsi le bouc émissaire parfait d’une opération militaire menée par des étrangers sur notre territoire, un symbole à abattre pour légitimer leur présence.
La fabrique du mensonge : quand la propagande tient lieu de preuve
Une fois Joseph Figueira Martin entre leurs mains, les mercenaires russes activent leur machine de désinformation avec un cynisme déconcertant. Les accusations pleuvent : atteinte à la sécurité de l’État, espionnage, complot, incitation à la haine, liens avec l’UPC considérée comme organisation terroriste. Un festival de griefs qui ressemble davantage aux fantasmes paranoïaques d’un régime autoritaire qu’à des charges criminelles sérieuses.
Mais Wagner ne se contente pas d’accusations gratuites. Le groupe déploie une stratégie de manipulation sophistiquée, relayée par des comptes avatars sur les réseaux sociaux. Des captures d’écran prétendument extraites du téléphone de Joseph Figueira Martin circulent.
Ces “preuves” évoluent au gré des besoins de la propagande russe. D’abord, ce sont des conversations supposées avec des chefs rebelles, puis une invitation fictive adressée à un ex-rebelle pour organiser un “coup d’État” en France. Le tout diffusé via des comptes fictifs, comme celui d’un certain “M. Sylvain Nguema”, présenté comme expert militaire mais dont l’existence réelle fait défaut.
Cette manipulation grossière révèle l’amateurisme de Wagner en matière de désinformation, mais aussi la facilité avec laquelle notre opinion publique centrafricaine peut être intoxiquée par des narratifs fabriqués de toutes pièces.
L’Office central de répression du banditisme : première étape de l’enfer
Arrivé à Bangui, Joseph Figueira Martin est d’abord enfermé à l’Office central de répression du banditisme (OCRB), cette institution aux méthodes douteuses où les droits de la défense n’existent que sur le papier. Pendant plusieurs semaines, l’humanitaire subit les interrogatoires et les pressions psychologiques destinées à lui faire avouer des crimes qu’il n’a pas commis.
L’OCRB, censé lutter contre la grande criminalité, se transforme sous l’influence de Wagner en instrument de répression politique. Les agents centrafricains, formés et encadrés par les mercenaires russes, appliquent des méthodes d’interrogatoire qui flirtent dangereusement avec la torture.
C’est dans ce lieu sinistre que Joseph Figueira Martin comprend qu’il n’est pas face à la justice centrafricaine, mais face à un système hybride où les intérêts russes dictent leur loi à des fonctionnaires centrafricains transformés en exécutants dociles.
Le camp de Roux : l’enfer carcéral made in Centrafrique
En juillet 2024, Martin est transféré au camp de Roux, cette prison militaire de Bangui réservée aux “détenus de premier plan”. Un euphémisme qui masque mal la réalité d’un enfer carcéral où s’entassent dans des conditions inhumaines ceux que le régime considère comme ses ennemis prioritaires.
Le rapport de la MINUSCA du 18 juillet 2024 dresse un tableau accablant de cette institution : torture systématique, malnutrition sévère, détentions sans fondement, accès limité aux soins médicaux. Un condensé des violations des droits de l’homme que tolèrent, voire encouragent, nos autorités centrafricaines.
Joseph Figueira Martin, qui entame une grève de la faim en juillet 2024 pour protester contre son transfert, découvre l’ampleur du désastre. Sa santé se dégrade rapidement dans un environnement où la survie devient un combat quotidien. Son frère Georges Martin évoque des conditions “inhumaines” qui transforment progressivement le détenu en fantôme de lui-même.
Dans cette prison, Joseph Figueira Martin côtoie d’autres victimes du système répressif centrafricain.
Le chantage judiciaire : quand la justice se vend au plus offrant
L’affaire Joseph Figueira Martin démontre surtout l’état de corruption avancée de notre système judiciaire centrafricain. Deux hommes incarnent cette déchéance institutionnelle : le juge d’instruction Mathieu Nana Bibi et le procureur Benoît Narcisse Foukpio. Ces magistrats, censés incarner l’impartialité de la justice, transforment leur fonction en source d’enrichissement personnel.
Leur obsession commune porte sur Me Nicolas Tiangaye, l’avocat de Martin. Cet ancien bâtonnier centrafricain, figure respectée du barreau et membre influent du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), représente tout ce que détestent ces magistrats corrompus : l’intégrité, la compétence et l’indépendance.
Lors des visites en prison, Mathieu Nana Bibi multiplie les pressions sur Martin : “Changez d’avocat”, martèle-t-il sans relâche. “Le statut d’opposant de Tiangaye dérange”, explique-t-il cyniquement. Traduction : “Prenez quelqu’un de plus malléable, quelqu’un avec qui on peut négocier des arrangements financiers”.
Car c’est bien d’argent qu’il s’agit. Des témoignages concordants révèlent que ces deux magistrats exigent des sommes importantes pour “débloquer” le dossier de Joseph Figueira Martin. Un système mafieux parfaitement installé où la justice se vend au plus offrant, où des avocats véreux servent d’intermédiaires pour des transactions qui souillent l’honneur de notre profession judiciaire.
L’industrie de l’extorsion : un business model bien structuré
L’affaire Joseph Figueira Martin s’inscrit dans un schéma plus large d’extorsion systématique visant les expatriés en détention. Le cas de deux Franco-Algériens illustre parfaitement cette économie criminelle qui prospère dans l’ombre de nos tribunaux.
Ces derniers auraient versé deux millions de francs CFA à des individus se réclamant de la présidence centrafricaine, sans obtenir la moindre amélioration de leur sort. Une escroquerie qui révèle l’existence d’un véritable réseau de faux intermédiaires gravitant autour du pouvoir et exploitant la détresse des familles.
Dans le cas de Joseph Figueira Martin, son refus obstiné de céder aux chantages et de se séparer de Me Tiangaye bloque toute “négociation”. Résultat : après un an de détention, aucun procès n’est programmé, malgré les déclarations tonitruantes du procureur Foukpio affirmant détenir des “preuves solides”.
Cette situation ubuesque révèle la véritable nature de notre système judiciaire : une machine à extorquer où la culpabilité ou l’innocence importent moins que la capacité financière de l’accusé et sa disposition à alimenter la corruption ambiante.
Le silence complice du sommet de l’État
Devant cette dérive autoritaire instrumentée par des mercenaires russes, le président Faustin-Archange Touadéra maintient un silence assourdissant. Pas un mot public, pas un geste pour rappeler que la Centrafrique reste, théoriquement du moins, un État de droit soumis à des lois et non aux caprices de miliciens russes.
Ce mutisme présidentiel ne peut être interprété que comme un blanc-seing accordé à Wagner pour faire régner sa loi sur notre territoire. Touadéra, qui doit sa survie politique aux mercenaires russes, semble avoir abdiqué toute souveraineté judiciaire au profit de ses protecteurs étrangers.
Cette complicité au sommet de l’État transforme l’affaire Joseph Figueira Martin en symbole de notre soumission volontaire à des intérêts géopolitiques qui nous dépassent. Comment un président centrafricain peut-il tolérer que des étrangers arrêtent, jugent et condamnent des citoyens sur son propre territoire ?
La stratégie Wagner : éliminer les témoins gênants
L’arrestation de Joseph Figueira Martin s’inscrit dans une stratégie délibérée de Wagner pour éliminer toute voix critique susceptible de témoigner de leurs exactions en Centrafrique. Les humanitaires, journalistes et analystes étrangers représentent une menace existentielle pour un groupe qui prospère dans l’opacité et l’impunité.
Le cas de Rémy Quignolot, un citoyen français également détenu arbitrairement, confirme cette hypothèse. Comme Joseph Figueira Martin, Quignolot était un témoin potentiellement gênant des activités de Wagner sur le terrain. Comme Martin, il a été arrêté sur des accusations fantaisistes et détenu dans des conditions dégradantes.
Cette élimination systématique des observateurs indépendants vise à créer un environnement d’impunité totale où Wagner peut opérer sans crainte d’être exposé. Une stratégie qui transforme la Centrafrique en zone de non-droit où seule compte la loi du plus fort armé.
L’indignation internationale face au déni de justice
La communauté internationale commence à réagir face à cette parodie de justice. Human Rights Watch, dans un rapport publié le 2 juin 2025, dénonce sans ambiguïté cette “détention prolongée sans procès, contraire aux normes internationales d’un procès équitable”.
L’organisation de défense des droits humains exige des autorités centrafricaines qu’elles présentent des preuves concrètes ou libèrent immédiatement Martin. Une demande légitime qui souligne l’absence totale de fondement juridique de cette détention.
L’ambassadeur belge au Cameroun a rendu visite au détenu en mars 2025, témoignant de l’inquiétude croissante des chancelleries européennes. Des discussions sont également en cours pour une résolution au Parlement européen, signal que l’affaire Martin commence à prendre une dimension diplomatique préoccupante pour Bangui.
Ces réactions internationales contrastent cruellement avec le silence de nos institutions africaines. Où sont l’Union africaine, la CEEAC, nos organisations sous-régionales qui devraient défendre la dignité de la justice africaine face aux manipulations étrangères ?
Les leçons amères d’une tragédie
L’affaire Joseph Figueira Martin nous renvoie à nos propres contradictions africaines. Comment accepter que sur notre continent, des mercenaires étrangers puissent bafouer impunément nos lois et corrompre nos institutions ? Comment tolérer que nos magistrats transforment les prétoires en bazars où tout s’achète et se vend ?
Cette tragédie révèle l’état de délabrement avancé de nos États post-coloniaux, incapables de garantir l’indépendance de leur justice face aux pressions extérieures. Elle montre aussi comment la corruption endémique de nos élites facilite la pénétration d’intérêts géopolitiques qui n’ont que faire de nos peuples et de nos valeurs.
Un an après son arrestation, Joseph Figueira Martin attend toujours son procès dans l’indifférence générale de nos dirigeants. Un an que la justice centrafricaine étale sa médiocrité et sa compromission devant le monde entier. Un an que Wagner prouve qu’elle peut acheter nos consciences et instrumentaliser nos institutions….
Le BRDC dénonce avec véhémence l’inaction scandaleuse de la Minusca face à l’agression de ses militants
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/les-miliciens-du-mcu-a-bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les miliciens du parti au pouvoir, MCU, venue boycotter le meeting de l’opposition démocratique samedi 31 mai 2025 sur le terrain de l’UCATEX à Bangui
Le BRDC condamne fermement la MINUSCA pour son inaction honteuse lors de l’agression de ses militants, dénonçant une dérobade inacceptable de ses responsabilités, selon le communiqué.
Le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) a publié un communiqué cinglant le 5 juin 2025, dénonçant l’attitude « mensongère » et « scandaleuse » de la MINUSCA suite à l’agression de ses militants par des « nervis du régime ».
Lors de son point de presse hebdomadaire, la porte-parole de la MINUSCA a justifié l’inaction des forces onusiennes en déclarant, selon le communiqué, que « les forces onusiennes n’ont pas voulu intervenir parce que les forces de sécurité intérieure centrafricaines ne l’ont pas fait ». Incroyable! Une excuse jugée irrecevable et honteuse par le BRDC, qui y voit une tentative éhontée de fuir des responsabilités claires.
Le communiqué rapporte que la MINUSCA avait pourtant été saisie par la Coordination du BRDC pour assurer la protection des participants à un meeting. La réponse, signée par le Directeur de Cabinet de la Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations-Unies, stipulait : « le plaisir d’informer que la composante police de la MINUSCA sera présente pour fournir l’accompagnement demandé, sans préjudice de l’appui que vous auriez sollicité auprès des forces de sécurité centrafricaines ». Pour le BRDC, cette formulation engageait la MINUSCA à protéger les participants, indépendamment de l’intervention des Forces de Sécurité Intérieure (FSI). Cette défaillance est d’autant plus inadmissible que, comme le rappelle le communiqué, « le mandat de protection de la MINUSCA est robuste, entier et sans ambiguïté ».
Devant cette « dérobade » et cette « tentative de fuir ses responsabilités », le BRDC exprime son « indignation » dans le communiqué. Il souligne la gravité des faits : « des compatriotes ont été agressés, certains se sont retrouvés à l’hôpital, des bus caillassés, par les nervis du régime, en présence de ceux-là même qui étaient censés les protéger à savoir la MINUSCA et les FSI ». Le BRDC fustige cette inaction, qualifiée de « partialité » criante, et dénonce une MINUSCA qui trahit son mandat de protection, un droit inaliénable et non une faveur, selon le texte.
Le BRDC appelle l’opinion nationale et internationale à prendre la mesure de cette défaillance scandaleuse, martelant que le tort des victimes était simplement « d’avoir voulu exprimer leurs droits civiques constitutionnellement reconnus et d’avoir donné du crédit à la promesse de protection de la MINUSCA »….
Mise en place d’une commission parlementaire d’enquête sur le scandale de la réhabilitation du Complexe Sportif Barthélemy Boganda
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Heritier-Doneng-le-chef-de-la-milice-de-Touadera-devenu-ministre-de-sports-devant-les-deputes-a-lassemblee-nationale.jpg” data-wpel-link=”internal”>Héritier Doneng, le chef de la milice de Touadera devenu ministre de sports, devant les députés à l’assemblée nationale le 13 novembre 2024.
Les langues se délient enfin à l’Assemblée nationale ! Après des mois de rumeurs et de colère populaire, les honorables députés ont décidé de sortir de leur silence complice.
En effet, l’Assemblée nationale centrafricaine a décidé enfin de lancer une commission mixte d’enquête parlementaire pour faire toute la lumière sur la réhabilitation chaotique du Complexe Sportif Barthélemy Boganda. Cette décision, signée le 2 juin 2025 par le président de l’Assemblée, Simplice Mathieu Sarandji, fait suite à la Loi organique n° 17.011 du 14 mars 2017, et aux textes régissant l’Assemblée. Longtemps attendue, elle répond à un scandale qui indigne le pays tout entier.
Composition et mission de la commission
La commission se compose ainsi :
– Président : Guy Samuel Nganatoua
– Vice-Président : Heureux Maxime Ngarendo
– Rapporteur : Rachelle Ngakola
– Membres : Brice Kevin Kakpayen, Maurice Armand Bazzambo-Ngbongo, Ghislain Magloire Makango
– Appui administratif : Evariste Nguerekane
Elle dispose de dix jours pour enquêter sur la réhabilitation du complexe sportif et déposer un rapport au Bureau de l’Assemblée nationale. Les frais de transport des membres sont pris en charge par le budget de l’Assemblée.
Un scandale né d’une sanction de la CAF
En effet, la Confédération Africaine de Football (CAF) avait sanctionné le Complexe Sportif Barthélemy Boganda, un stade de 20 000 places, pour non-conformité aux standards internationaux. Honte à nous ! Nos fauves ne pouvaient même plus recevoir dignement leurs adversaires sur leur propre terre. Pour y remédier, l’État centrafricain a décaissé 400 millions de francs CFA afin de réhabiliter l’infrastructure. Cette grosse somme décaissée directement du trésor public centrafricain! De quoi elle pourrait servir à payer nos professeurs affectés dans les villes de province? Mais le ministre des Sports a saboté ce processus.
Détournements et mensonges éhontés
Au lieu de lancer un appel d’offres transparent et de confier les travaux à des entreprises compétentes, le ministre Héritier Doneng a mis en place des entreprises fictives, créées par lui-même, aux côtés de deux autres entités légales liées au parti au pouvoir. Avec ce mic-mac, le ministre a totalement pillé les fonds versés. Il a retiré personnellement l’argent du Trésor public pour son profit personnel. Résultat : travaux bâclés, la CAF maintient toujours sa sanction.
Même chez les commerçants libanais, le ministre se présente comme l’envoyé du Président et ramasse gratuitement des peintures, des matériaux de construction et d’autres objets que ses entreprises fictives utilisent pour réfectionner le stade d’une manière sauvage….
Dans un français laborieux, le Tchadien Hassan Bouba, ex-rebelle tchadien devenu ministre en Centrafrique, provoque l’indignation en se déclarant Centrafricain dans une vidéo controversée.
En République centrafricaine, le nom de Hassan Bouba, ministre de l’Élevage et de la Santé animale, déclenche des vagues de colère et de stupéfaction. Une vidéo qu’il a partagée sur la plateforme de réseau sociaux Facebook, où cet ancien chef rebelle tchadien se présente comme un acteur de la paix tout en revendiquant son identité centrafricaine, a révolté les centrafricains. Ses propos, exprimés dans un français maladroit et jugé indigne d’un ministre, sont perçus comme une insulte par beaucoup.
Un passé rebelle entaché de violences
Hassan Bouba, citoyen tchadien, s’est d’abord fait connaître dans la rébellion de Mahamat Abdoul Kadre Oumar, alias Baba Laddé, un ancien gendarme tchadien actif dans le nord de la Centrafrique au début des années 2000. Baba Laddé, arrêté par la Minusca avant de rentrer au Tchad, dirigeait le Front populaire pour le redressement, un groupe armé défendant les intérêts de la communauté peule. Hassan Bouba, suivant ce chemin, s’est engagé dans cette lutte avant de rejoindre l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC), menée par Ali Darassa, un autre chef rebelle tchadien.
Au sein de l’UPC, Bouba est devenu un cadre important, agissant comme coordinateur politique et proche de Darassa. Ce groupe armé, actif depuis 2014, est accusé d’attaques contre des civils, notamment lors d’un massacre dans un camp des déplacés à Alindao en 2018, où plus d’une centaine de personnes ont été tuées. Bouba, impliqué dans les activités de l’UPC, est visé par des accusations de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, portées par la Cour pénale spéciale (CPS) en 2021.
Une entrée au gouvernement qui choque
Le parcours de Hassan Bouba vers le pouvoir centrafricain est difficile à comprendre pour beaucoup. En 2017, il se rapproche du président Faustin-Archange Touadéra, qui le nomme conseiller spécial. Cette décision, vue comme un moyen de calmer les groupes armés, s’inscrit dans une stratégie d’intégration des anciens rebelles. En 2020, dans le cadre des accords de paix de Khartoum signés en 2019, le tchadien Hassan Bouba devient ministre de l’Élevage, malgré l’opposition de son chef Ali Darassa, qui l’exclut de l’UPC en 2021.
Cette nomination, pour un étranger, surtout un tchadien de surcroît ne dispose d’aucune qualifications académiques et accusé de crimes graves, a sidéré les Centrafricains. Bouba, qui ne maîtrise mal le français et incapable de parler sango, la langue nationale, semble déconnecté de la réalité du pays. Des rumeurs propagée par le magazine Jeune Afrique évoquent que l’homme dispose d’un baccalauréat au Tchad avant de venir dans la rébellion en Centrafrique, mais rien ne le confirme. Face à ces critiques, Bouba met en avant son rôle dans la défense d’une cause, sans jamais clarifier son passé ni ses compétences.
Une vidéo qui attise la colère
Dans sa vidéo publiée sur Facebook, Bouba rejette l’étiquette de rebelle et revendique son appartenance à la Centrafrique, s’exprimant dans un français si confus qu’il en devient embarrassant. Il affirme ne pas être « le premier Centrafricain » à avoir été rebelle, citant des exemples comme Guillaume Soro en Côte d’Ivoire, et déclare que « chacun a son passé ». Ces propos, prononcés avec une assurance maladroite, sont vécus comme une provocation par les Centrafricains.
Pour beaucoup, Bouba minimise les souffrances infligées par l’UPC et se moque des victimes en refusant de reconnaître les accusations contre lui. Son incapacité à parler sango renforce l’idée qu’il n’a aucun lien profond avec le pays. Sa nationalité centrafricaine, obtenue par décret présidentiel dans des conditions floues, est perçue comme une imposture par une population qui exige des comptes.
Une libération troublante et des accusations persistantes
En novembre 2021, l’arrestation de Bouba par la CPS avait redonné espoir à ceux qui souhaitent voir les responsables de crimes jugés. Mais cet espoir a vite disparu. Quelques jours plus tard, il est libéré par la gendarmerie sur décision de Wagner dans des circonstances opaques, sans avoir été entendu par la Cour. Cet épisode, dénoncé comme une entrave à la justice, a alimenté les soupçons d’une protection venant des hautes sphères, notamment du président Baba Kongoboro ou à ses alliés russes du groupe Wagner.
Plus récemment, des publications sur les réseaux sociaux de la part du journaliste Ngoulou ont signalé la découverte d’ossements humains dans une maison que Hassan Bouba aurait occupée à Bambari, ravivant les accusations de crimes contre l’humanité. Face à ces allégations, il choisit de rester silencieux, une attitude interprétée comme du mépris envers les Centrafricains.
Un exemple des failles du système
Hassan Bouba incarne les contradictions d’un pays où l’impunité semble primer sur la justice. Comment un ancien chef rebelle tchadien, accusé de crimes graves en Centrafrique, peut-il occuper un poste ministériel et se permettre de revendiquer une identité centrafricaine ? Pourquoi un homme qui peine à s’exprimer en français et ignore le sango est-il chargé de responsabilités nationales ? Ces questions reflètent le sentiment de trahison d’une population lassée des compromis politiques aveugles.
En niant son passé et en se présentant comme un patriote, Hassan Bouba aggrave le fossé entre le pouvoir et les citoyens. Sa vidéo, loin d’apaiser, a rouvert des blessures chez ceux qui demandent vérité et justice. Dans un pays où les accords de paix ont souvent permis à des responsables de violences d’échapper à la responsabilité, le cas de Hassan Bouba rappelle que la lutte contre l’impunité reste un défi majeur….
Paul Crescent Beninga, porte-parole du groupe de travail de la société civile centrafricaine, a dénoncé des défaillances dans les hôpitaux du pays, confirmées par une enquête en cours dans plusieurs établissements de santé. Ces faits, connus de tous et dénoncés à maintes reprises, incluent des décès suspects dans les blocs opératoires, des coupures de courant mettant en danger la vie des patients, et des pratiques illicites de vente de médicaments hors pharmacie. Le ministre de la Santé, Pierre Somsé, lui-même a récemment admis ces dysfonctionnements, confirmant leur gravité.
Morts inexpliquées et conditions critiques
Les témoignages recueillis, notamment au CHU communautaire et à l’hôpital général de Bangui, font état de décès inexpliqués lors d’interventions chirurgicales. « On va à l’hôpital pour être soigné, pas pour mourir », a déclaré Paul Crescent Beninga. Les coupures fréquentes d’électricité interrompent le fonctionnement des équipements médicaux, causant parfois la mort de patients sous assistance respiratoire.
Absence de médecins et trafic de médicaments
L’enquête révèle également l’absence de médecins les soirs et week-ends, les soins étant laissés aux internes et aides-soignants. Par ailleurs, des membres du personnel vendraient illégalement des médicaments hors des circuits officiels. « On sort des produits dans des sacs à main, et si vous refusez d’acheter, on ne vous soigne pas », a rapporté un témoin.
Un système insensible aux alertes
Ces problèmes, dénoncés depuis des années, persistent sans changement. « Tout le monde sait, du président au nouveau-né », a affirmé un jeune étudiant centrafricain, déplorant l’inaction des autorités. Les rapports et manifestations de la société civile sont ignorés, comparés simplement à « de l’eau sur le dos d’un canard ». Malgré les déclarations du ministre de la Santé, aucune réforme significative n’a été entreprise.
Malgré tout, la société civile interpelle le ministre de la Santé pour une réforme urgente et profonde du secteur. « Les paroles ne suffisent plus, il faut des actes », a insisté le porte-parole. Un rapport détaillé sera publié fin juin, présentant des preuves et des recommandations, selon le porte-parole Paul Crescent Beninga….
Centrafrique.org/Centrafrique-la-mafia-du-ministre-piri-entrave-lapprovisionnement-en-carburant-dans-le-pays/station-service-de-total-energie-a-bangui-centre/” rel=”attachment wp-att-73019″ data-wpel-link=”internal”>station-service-de-TOTAL-Energie-a-Bangui-centre- – Mafia de Piri : L’exclusivité des importations de carburant en RCA, Quelles répercussions pour la CEMAC ?
Pourquoi accorder un agrément à trois sociétés pétrolières : Petro Express, Rock Trading et Blessing Petroleum, dans un secteur aussi stratégique que celui des hydrocarbures, alors que la République centrafricaine est déjà minée par l’opacité et les dysfonctionnements ?
En effet, le Conseil des ministres du 15 mai 2025 a validé ces agréments, présentés comme une modernisation de la distribution des produits pétroliers. Mais cette décision, loin d’être un progrès, pousse à s’interroger sur la transparence, la rigueur et les véritables bénéficiaires de cette libéralisation. Dans un pays où les citoyens peinent à accéder à des produits de première nécessité, est-il raisonnable de confier un secteur vital à certains acteurs privés sans garanties solides ?
Le gouvernement centrafricain a décidé d’agréer Petro Express, Rock Trading et Blessing Petroleum comme distributeurs de produits pétroliers et dérivés, dans le cadre d’une réforme visant à recentrer les marketeurs sur la distribution et le transport, l’importation étant désormais gérée par un mandataire mafieux désigné par l’État. Cette décision, validée lors de la 37e session de la commission interministérielle d’agrément le 11 mars 2025, est présentée comme une réponse aux besoins du marché. Mais la rapidité du processus, un avis favorable émis en une seule session, laisse perplexe. Comment une commission peut-elle évaluer en si peu de temps la fiabilité, la capacité technique et l’intégrité de trois sociétés dans un secteur aussi sensible ? Ce empressement explique un manque de rigueur, voire une volonté de favoriser certains intérêts au détriment de l’intérêt public.
Le compte rendu reste muet sur les critères d’évaluation : quelles sont les références de ces sociétés ? Ont-elles une expérience avérée dans la distribution pétrolière ? Qui sont leurs actionnaires ? Dans un pays où la corruption est endémique, l’absence de transparence sur l’identité des bénéficiaires réels alimente les soupçons de favoritisme ou de la mafia. Les Centrafricains ont le droit de savoir si ces agréments servent l’économie nationale ou enrichissent une élite bien connectée.
Il est à noter que le secteur pétrolier centrafricain est un terrain miné par les dysfonctionnements. Les pénuries récurrentes, les hausses de prix imprévisibles et les problèmes de qualité des carburants sont le lot quotidien des citoyens. La reprise de l’importation par un mandataire de l’État, censée stabiliser l’approvisionnement, n’a pas résolu ces problèmes. Au contraire, elle a concentré le pouvoir entre les mains d’un acteur unique, rendant les distributeurs dépendants du dépôt de Kolongo. Dans ce contexte, confier la distribution à trois sociétés privées, sans réforme préalable du secteur, risque d’aggraver les failles existantes.
Le compte rendu omet de préciser comment ces sociétés garantiront une distribution équitable sur l’ensemble du territoire. La RCA, avec ses infrastructures routières dégradées et ses zones rurales difficilement accessibles, exige des distributeurs dotés de capacités logistiques robustes. Rien n’indique que Petro Express, Rock Trading ou Blessing Petroleum disposent de telles ressources. Le risque est clair : une concentration de l’offre dans les grandes villes, laissant les provinces à la merci des pénuries et du marché noir. Cette libéralisation, loin de démocratiser l’accès au carburant, pourrait creuser les inégalités régionales.
En confiant la distribution à ces acteurs non connus, le gouvernement expose les consommateurs à des hausses de prix incontrôlées. Dans un marché où la concurrence est limitée à trois sociétés, le risque de collusion ou de pratiques anticoncurrentielles est élevé. Le compte rendu ne mentionne aucun mécanisme de régulation pour protéger les citoyens contre l’exploitation. L’Agence de stabilisation des prix des produits pétroliers, censée jouer ce rôle, est notoirement sous-financée et inefficace. Sans un cadre strict, ces sociétés pourraient imposer des marges exorbitantes, aggravant la précarité des ménages centrafricains.
L’impact environnemental est une autre omission criante. Le transport et la distribution de produits pétroliers comportent des risques majeurs : fuites, déversements, pollution des sols et des eaux. Pourtant, le gouvernement n’exige aucune garantie environnementale de la part des nouveaux distributeurs. Dans un pays où les capacités de réponse aux catastrophes écologiques sont quasi nulles, cette négligence est irresponsable. Les citoyens de Bangui, déjà confrontés à la pollution de la rivière Oubangui, n’ont pas besoin de nouveaux désastres causés par des opérateurs mal préparés.
L’opacité entourant ces agréments reflète une gouvernance défaillante. Le compte rendu se contente d’affirmer que les sociétés se sont acquittées des frais d’agrément, comme si le paiement d’une somme suffisait à garantir leur compétence. Cette approche purement administrative ignore les enjeux stratégiques du secteur pétrolier, qui représente une part significative de l’économie centrafricaine. En l’absence d’un débat public ou d’une consultation des acteurs locaux – transporteurs, consommateurs, associations –, le gouvernement agit en vase clos, renforçant le sentiment d’exclusion des citoyens.
Alors que la RCA lutte pour stabiliser son économie, peut-on sérieusement croire que l’agrément de trois sociétés pétrolières, dans un climat d’opacité et de dysfonctionnements, améliorera l’accès aux carburants ? Cette décision, loin de moderniser le secteur, risque d’aggraver les pénuries, les inégalités et les risques environnementaux. Le gouvernement doit répondre à des questions cruciales : qui bénéficie réellement de ces agréments ? Quelles garanties protègent les consommateurs et l’environnement ? Sans transparence, régulation et accountability, cette libéralisation n’est qu’un mirage, laissant les Centrafricains face à un secteur pétrolier toujours plus opaque et dysfonctionnel….
URGENT : Koumboli ravagé, les Mercenaires russes incendient la quasi-totalité des habitations, faisant un mort au passage
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/04/village-Bowaye-incendie-par-les-mercenaires-russes-du-groupe-Wagner.jpg” data-wpel-link=”internal”>Image d’illustration du village Bowaye incendié par les mercenaires russes du groupe Wagner le 8 avril 2025. CopyrightCNC
Ce vendredi matin, les mercenaires russes du groupe Wagner ont procédé à l’incendie massif des habitations du village de Koumboli, situé à 3 km de Zémio sur la route de Mboki. Bilan : presqu’un millier de maisons détruites et un civil tué par balle. L’église MSEP également incendiée.
Les larmes de fumée qui s’élèvent encore au-dessus de Koumboli racontent une histoire que l’on connaît trop bien en Centrafrique. Ce matin, ce petit village paisible situé à trois kilomètres de Zémio a été rayé de la carte par les flammes de la haine.
Les mercenaires russes ont encore frappé. Méthodiquement. Sauvagement. Ils ont embrasé des centaines de cases traditionnelles en paille, ne laissant derrière eux que cendres et désolation. Même l’église de la Mission de Saint Esprit par la Prophétie (MSEP), communément appelée Nzapa ti Azandé, lieu de recueillement et d’espoir pour les fidèles, n’a pas échappé à leur fureur destructrice.
La spirale de la violence
Cette tragédie n’est que la suite logique des affrontements d’hier entre ces mercenaires et les miliciens azandés. Mais aujourd’hui, c’est la population civile qui a payé le prix fort. Car c’est là leur tactique favorite : brûler pour chasser, terroriser pour régner.
Le mois dernier déjà, dans la sous-préfecture de Nana Bakassa, dans l’Ouham, trois villages ont connu le même sort funeste. Un schéma qui se répète avec une régularité glaçante, témoignant d’une stratégie délibérée de terre brûlée.
L’exode vers l’espoir
Depuis les violents combats du 30 avril au 5 mai, la région saigne ses enfants. Hommes, femmes, enfants – tous ont pris le chemin de l’exil vers la République démocratique du Congo, traversant les eaux troubles du Mbomou avec pour seul bagage leurs vies sauvées de justesse. Koumboli comme Zémio, la capitale de la sous-préfecture, se sont vidées de leur substance humaine.
Seuls sont restés ceux qui ne pouvaient partir : les malades, les vieillards, les plus démunis. Parmi eux, il y avait AGBIAKA.
La mort d’un homme simple
AGBIAKA était l’un de ces hommes discrets qui font la richesse d’un village. Cordonnier de son état, il réparait les chaussures usées avec la patience de l’artisan et la générosité du cœur. Tout le monde à Koumboli connaissait ses mains habiles et son sourire franc.
Ce matin, quand les flammes ont commencé à lécher sa modeste maison, le vieil homme a tenté ce que tout être humain aurait tenté : fuir pour sauver sa peau. Mais les mercenaires russes l’ont aperçu. Une balle dans la tête. AGBIAKA s’est écroulé, emportant avec lui un pan de l’âme de Koumboli.
Un village fantôme sous tension
Aujourd’hui, Koumboli ressemble à ces décors de film d’apocalypse. Presque désert, hanté par quelques ombres humaines et rôdé par des miliciens azandés qui n’ont pas dit leur dernier mot. Les observateurs sur place estiment que cette destruction massive constitue un acte de représailles après les pertes subies hier par les forces russes.
Dans cette terre meurtrie du Haut-Mbomou, chaque jour apporte son lot de souffrances. Et pendant que les puissants se disputent les richesses du sous-sol, ce sont toujours les plus faibles qui paient l’addition la plus lourde.
AGBIAKA ne réparera plus jamais de chaussures. Koumboli ne résonnera plus des rires d’enfants. Mais la mémoire, elle, demeure. Et avec elle, l’espoir ténu que justice soit un jour rendue….
“Cortège de la mort” : Le mathématicien Gaston N’Guérékata fustige l’indifférence criminelle de Touadera
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/cortege-presidentiel-accident-quartier-combattant.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le véhicule du Directeur général de l’ASSECNA percutant un poste de police et des motos au quartier Combattant, dans le 8e arrondissement de Bangui
Bangui pleure ses morts tandis que le président Faustin Archange Touadera s’envole vers l’Europe, poussant Le mathématicien Gaston N’Guérékata à fustiger cette indifférence criminelle de ce soi-disant homme de Dieu.
Ils l’appellent désormais le “cortège de la mort“. Ces convois présidentiels qui fendent les rues de Bangui comme des foudres de guerre, semant terreur et désolation sur leur passage.
Le Dimanche 1er juin 2025, ce sinistre surnom a encore pris tout son sens sur l’avenue des Martyrs, à hauteur du huitième arrondissement de la capitale. Quatre compatriotes ont perdu la vie, plusieurs autres gisent blessés, des familles pleurent à cause d’un accident causé par ce cortège de la mort au niveau du quartier Combattant. Et pendant ce temps, Faustin Archange Touadera s’envolait tranquillement vers Bruxelles.
La colère d’un génie des mathématiques
Mais voilà qu’une voix s’élève, puissante comme le tonnerre qui gronde sur les collines de l’Oubangui. Celle du professeur Gaston Mandata N’Guérékata, ce fils de notre terre devenu géant des mathématiques mondiales. Cet homme qui a porté haut les couleurs centrafricaines dans les universités américaines ne mâche pas ses mots face à l’indifférence criminelle de celui qui fut jadis son étudiant.
Je ne lui trouve aucune qualité. Même en mathématiques il est très en-dessous de la moyenne”, lance-t-il comme une gifle magistrale à la face du pouvoir. Ces mots résonnent comme les tam-tams de nos ancêtres annonçant la révolte.
Professeur Gaston Mandata Nguerekata
Quand le maître dénonce l’indignité de l’élève
Imaginez la scène : un professeur émérite de l’Université Morgan de Baltimore, décoré de la Légion d’Honneur française, créateur du Prix qui porte son nom et récompense l’excellence mathématique à hauteur de 3 000 dollars, qui se dresse pour fustiger publiquement son ancien étudiant devenu chef de l’État.
“Il n’a aucune empathie, aucune compassion”*, martèle le professeur N’Guérékata avec cette vérité crue qui caractérise nos sages quand ils parlent au cœur. “Il aurait dû annuler son voyage à l’annonce de la mort de centrafricains juste au moment de son départ”.
Mais non ! Le “cortège de la mort” a continué sa course folle vers l’aéroport, indifférent aux pleurs qui montaient de l’avenue des Martyrs. Indifférent aux familles brisées. Indifférent à cette nation qui saigne.
Une victime de l’accident de la route de véhicule du DG de l’ASECNA du aux allures du cortège de Touadera
Le “cortège de la mort” frappe encore et encore
Ah, ce “cortège de la mort” ! Combien de fois les Banguissois ont-ils vu ces convois officiels transformer nos rues en champs de bataille ? Combien de fois ont-ils dû se jeter sur les bas-côtés comme des animaux traqués pour éviter la mort qui passe en trombe ?
Ce dimanche matin, vers 10 heures, l’avenue des Martyrs – nom prémonitoire s’il en est – a encore justifié son appellation. Le cortège présidentiel, lancé à vive allure vers l’aéroport, a semé la panique. Les usagers ont tenté désespérément de libérer la voie. C’est alors que l’horreur s’est produite : collision violente, quatre morts, des blessés, des motos broyées, un poste de police endommagé.
Mais qu’importe ! Le cortège a poursuivi sa route, comme si de rien n’était. Direction : l’Europe, pour des affaires que le commun des mortels peine à comprendre quand le sang coule sur l’asphalte de la capitale.
“FAT” : L’acronyme de la honte
Dans sa colère, le professeur N’Guérékata va jusqu’à décortiquer les initiales présidentielles avec une ironie qui ferait rire si elle ne révélait pas une vérité si amère : “Il s’appelle FAT, c’est-à-dire F comme Femmes, A comme Argent, T comme Tourisme. En anglais FAT veut dire gras, obèse.”
Ces mots cinglants résument à eux seuls l’indifférence criminelle d’un homme qui, selon son ancien professeur, “n’a pas l’étoffe d’un président, ni d’un chef de famille” et “ne comprend pas ses responsabilités”.
L’indifférence criminelle dénoncée
Car c’est bien d’indifférence criminelle qu’il s’agit. Comment qualifier autrement l’attitude d’un chef d’État qui, informé de la mort de ses compatriotes causée par son propre cortège, choisit de poursuivre son voyage comme si rien ne s’était passé ?
Plus grave encore : aucun mot de condoléances. Aucune déclaration présidentielle. Aucune journée de deuil décrétée. Le silence radio total ! Comme si ces quatre vies centrafricaines ne valaient pas même quelques mots de compassion ou un geste de respect envers les familles endeuillées.
Dans n’importe quel pays civilisé, un président aurait immédiatement suspendu ses activités, présenté ses condoléances à la nation et ordonné un deuil national. Mais ici, c’est le néant absolu. L’indifférence poussée à son paroxysme.
“Bizarre. Il possède tous les défauts, tout le mal du monde”, constate amèrement le mathématicien, usant de cette franchise qui honore nos intellectuels quand ils refusent de se taire face à l’injustice.
Le cri d’un patriote blessé
Derrière ces mots durs, il y a la souffrance d’un homme qui a consacré sa vie à élever le nom de la Centrafrique dans les sphères académiques internationales. Le professeur N’Guérékata, premier Centrafricain docteur en mathématiques, lauréat de prix prestigieux, représente cette élite intellectuelle qui refuse de fermer les yeux sur les dérives du pouvoir.
“Désolé de paraître excessif, mais il le mérite”, assume-t-il, conscient que ses propos choqueront mais déterminé à dire cette vérité que beaucoup pensent tout bas.
Bangui orpheline de ses dirigeants
Aujourd’hui, tandis que quatre familles centrafricaines préparent les funérailles de leurs proches fauchés par le “cortège de la mort”, tandis que des blessés luttent dans les hôpitaux de fortune de Bangui, le président de la République vaque à ses occupations européennes.
Pas un mot. Pas une pensée. Pas même un message de condoléances transmis par un secrétaire. Les familles endeuillées sont laissées à leur douleur, abandonnées par celui qui devait être leur père protecteur. Aucune journée de deuil national n’a été décrétée, comme si ces morts ne méritaient même pas quelques heures de recueillement officiel.
Cette indifférence criminelle, dénoncée avec courage par le professeur Gaston N’Guérékata, résonne comme un appel à la conscience dans une nation qui peine à reconnaître ses fils dans ceux qui la dirigent.
Le mathématicien a parlé. Ses équations ne mentent pas : quand l’humanité se soustrait du pouvoir, il ne reste que l’indifférence criminelle. Et cette fois, elle a tué quatre de nos frères sur l’avenue des Martyrs….
Attaque à Bossembélé : un civil poignarde un Soldat FACA et s’enfuit avec son arme
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/02/un-element-faca-du-BIT6-a-Boali.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/02/un-element-faca-du-BIT6-a-Boali-450×300.jpg” alt=”Attaque à Bossembélé : un civil poignarde un soldat FACA et s’enfuit avec son arme” width=”450″ height=”300″ />Un soldat du sixième bataillon d’infanterie territoriale vers Boali
Un incident d’une rare gravité a bouleversé la quiétude de Bossembélé ce lundi 2 juin 2025. En plein cœur de soirée, vers 19 heures, un civil a brutalement agressé un militaire des Forces armées centrafricaines (FACA) à l’arme blanche, avant de s’emparer de son AK47 et de disparaître dans la nature.
Le drame s’est déroulé dans des circonstances encore floues. L’assaillant, armé d’un couteau, a fondu sur le soldat FACA sans crier gare, lui infligeant une profonde blessures au bras. Le militaire, pris au dépourvu, n’a pu empêcher son agresseur de lui arracher son arme de service avant de prendre ses jambes à son cou.
Évacué d’urgence vers l’hôpital de Bossembélé, le soldat blessé a nécessité une intervention chirurgicale délicate. Les médecins ont dû poser pas moins de 19 points de suture pour refermer sa plaie béante. Fort heureusement, ses jours ne sont plus en danger, mais le traumatisme demeure.
Face à la gravité de l’incident, les FACA ont immédiatement mobilisé leurs effectifs, épaulés par leurs partenaires russes du groupe Wagner stationnés à Bossembélé. Un vaste dispositif de recherche a été déployé pour mettre la main sur le fugitif, dont l’identité et les motivations restent un mystère total.
Les autorités militaires ne lésinent sur aucun moyen pour retrouver cet homme qui représente désormais une menace armée pour la population. Les patrouilles se multiplient dans Bossembélé et ses environs, tandis que les contrôles d’identité s’intensifient.
Cet événement tragique rappelle une fois de plus les défis sécuritaires auxquels fait face la République centrafricaine, où la paix fragile reste constamment menacée par des actes de violence….
La SODECA, en rupture de produits pour traiter l’eau, envoie une employée au Cameroun. Que devient l’approvisionnement en eau de Bangui ?
La nouvelle a de quoi surprendre. La Société de Distribution d’Eau en Centrafrique (SODECA), l’entreprise publique qui gère l’eau potable dans le pays, n’a plus de produits chimiques pour purifier l’eau. Plus de chlore, plus de sulfate d’aluminium, rien pour rendre l’eau du fleuve Ubangi propre à la consommation. Dans une décision qui semble tout droit sortie d’une improvisation, la direction commerciale a envoyé une employée au Cameroun pour acheter en urgence un petit stock de ces produits. Mais en attendant, que se passe-t-il à Bangui ? Comment l’eau arrive-t-elle aux habitants de la capitale ? C’est la question que tout le monde se pose.
La SODECA pompe l’eau de la rivière Oubangui, la stocke dans des bassins, puis la distribue via les châteaux d’eau et les points d’eau publics de la ville. Normalement, cette eau doit être traitée avec des produits comme le chlore, pour tuer les bactéries, ou le sulfate d’aluminium, pour clarifier l’eau en éliminant les particules en suspension. Mais sans ces produits, que fait l’entreprise ? A-t-elle un petit stock de secours pour tenir quelques jours, une semaine peut-être ? Est-ce qu’elle utilise des doses minimales pour un traitement partiel, juste assez pour filtrer l’eau à minima ? Ou bien, pire encore, distribue-t-elle de l’eau brute, sans aucun traitement ? Personne ne semble avoir de réponse claire, et c’est bien ça le problème.
« On ne gère pas une société d’État comme une petite épicerie », s’énerve un habitant de Bangui. Difficile de lui donner tort. La République centrafricaine, avec ses rivières abondantes et ses longues périodes de pluie, ne devrait pas se retrouver dans une telle situation. Pourtant, ce n’est pas la première fois que la SODECA est critiquée. Ces dernières années, on lui a souvent reproché de fournir de l’eau trouble, pleine de sédiments, à cause d’un réseau vétuste et d’un entretien insuffisant. Depuis 2019, des pénuries forcent les habitants à faire la queue des heures aux fontaines publiques, parfois pour récupérer une eau douteuse. Aujourd’hui, avec cette rupture de stock, les craintes sont encore plus grandes.
Les risques pour la santé ne sont pas à prendre à la légère. Une eau non traitée peut transporter des bactéries, des parasites ou d’autres saletés qui causent des maladies comme la diarrhée ou des infections.
Alors, comment la SODECA s’en sort-elle en ce moment ? A-t-elle vraiment arrêté de traiter l’eau ? Garde-t-elle une petite réserve de chlore ou de sulfate d’aluminium pour un traitement partiel, peut-être juste pour quelques jours ? Ou bien continue-t-elle à distribuer de l’eau sans aucun traitement, en attendant que l’employée revienne du Cameroun avec de quoi reprendre les opérations ? On n’en sait rien, et c’est ce silence qui inquiète. Même les partenaires internationaux, comme l’UNICEF ou la Banque mondiale, qui ont fourni des produits par le passé (375 pots de chlore et 1 000 sacs d’alun en 2020, par exemple), ne semblent pas avoir été sollicités pour l’instant….
La SODECA, en rupture de produits pour traiter l’eau, envoie une employée au Cameroun. Que devient l’approvisionnement en eau de Bangui ?
La nouvelle a de quoi surprendre. La Société de Distribution d’Eau en Centrafrique (SODECA), l’entreprise publique qui gère l’eau potable dans le pays, n’a plus de produits chimiques pour purifier l’eau. Plus de chlore, plus de sulfate d’aluminium, rien pour rendre l’eau du fleuve Ubangi propre à la consommation. Dans une décision qui semble tout droit sortie d’une improvisation, la direction commerciale a envoyé une employée au Cameroun pour acheter en urgence un petit stock de ces produits. Mais en attendant, que se passe-t-il à Bangui ? Comment l’eau arrive-t-elle aux habitants de la capitale ? C’est la question que tout le monde se pose.
La SODECA pompe l’eau de la rivière Oubangui, la stocke dans des bassins, puis la distribue via les châteaux d’eau et les points d’eau publics de la ville. Normalement, cette eau doit être traitée avec des produits comme le chlore, pour tuer les bactéries, ou le sulfate d’aluminium, pour clarifier l’eau en éliminant les particules en suspension. Mais sans ces produits, que fait l’entreprise ? A-t-elle un petit stock de secours pour tenir quelques jours, une semaine peut-être ? Est-ce qu’elle utilise des doses minimales pour un traitement partiel, juste assez pour filtrer l’eau à minima ? Ou bien, pire encore, distribue-t-elle de l’eau brute, sans aucun traitement ? Personne ne semble avoir de réponse claire, et c’est bien ça le problème.
« On ne gère pas une société d’État comme une petite épicerie », s’énerve un habitant de Bangui. Difficile de lui donner tort. La République centrafricaine, avec ses rivières abondantes et ses longues périodes de pluie, ne devrait pas se retrouver dans une telle situation. Pourtant, ce n’est pas la première fois que la SODECA est critiquée. Ces dernières années, on lui a souvent reproché de fournir de l’eau trouble, pleine de sédiments, à cause d’un réseau vétuste et d’un entretien insuffisant. Depuis 2019, des pénuries forcent les habitants à faire la queue des heures aux fontaines publiques, parfois pour récupérer une eau douteuse. Aujourd’hui, avec cette rupture de stock, les craintes sont encore plus grandes.
Les risques pour la santé ne sont pas à prendre à la légère. Une eau non traitée peut transporter des bactéries, des parasites ou d’autres saletés qui causent des maladies comme la diarrhée ou des infections.
Alors, comment la SODECA s’en sort-elle en ce moment ? A-t-elle vraiment arrêté de traiter l’eau ? Garde-t-elle une petite réserve de chlore ou de sulfate d’aluminium pour un traitement partiel, peut-être juste pour quelques jours ? Ou bien continue-t-elle à distribuer de l’eau sans aucun traitement, en attendant que l’employée revienne du Cameroun avec de quoi reprendre les opérations ? On n’en sait rien, et c’est ce silence qui inquiète. Même les partenaires internationaux, comme l’UNICEF ou la Banque mondiale, qui ont fourni des produits par le passé (375 pots de chlore et 1 000 sacs d’alun en 2020, par exemple), ne semblent pas avoir été sollicités pour l’instant….
Haut-Mbomou : Bissekoin accuse les Azandé. « Vous ne pouvez -pas être à la fois miliciens et soldats FACA
Centrafrique.org/maxime-balalou-porte-parole-de-la-paix-ou-architecte-de-tromperies/les-miliciens-azande-ani-kpi-gbe-de-obo-en-formation-par-des-mercenaires-russes-de-la-societe-wagner/” rel=”attachment wp-att-74994″ data-wpel-link=”internal”>Les miliciens AZANDE ANI KPI GBE de Obo en formation par des mercenaires russes de la société Wagner sur le terrain de l’église catholique d’Obo. Les-miliciens-AZANDE-ANI-KPI-GBE-de-Obo-en-formation-par-des-mercenaires-russes-de-la-societe-Wagner Maxime Balalou : Porte-parole de la paix ou architecte de tromperies ?
Dans la préfecture du Haut-Mbomou, l’insécurité règne toujours après l’attaque de Zémio par les miliciens Azandé. Victor Bissekoin, gouverneur de la région, accuse les anciens miliciens Azandé intégrés dans l’armée nationale : « vous ne pouvez pas être miliciens et FACA à la fois ! »
Le Haut-Mbomou est une poudrière. À Zémio, le 30 avril et le 1er mai 2024, suivi des jours suivants, des miliciens Azandé non formés attaquent les Forces Armées Centrafricaines (FACA), épaulées par les mercenaires russes de Wagner et des casques bleus népalais de la Minusca. Les combats, violents, laissent des morts et poussent des habitants à fuir vers la RDC. Cette attaque ravive les tensions dans une région déjà fragile, où l’État peine à imposer son autorité. Victor Bissekoin, gouverneur du Haut-Mbomou, profite d’une interview à la radio Ndékè Luka pour jeter le blâme sur les miliciens Azandé Ani Kpi intégrés dans les FACA. « Vous ne pouvez pas être dans deux corps à la fois », assène-t-il, accusant ces hommes d’être à la fois soldats et miliciens, reprenant les allégations crapuleuses du ministre de la Défense.
Rappelons le, en avril et mai 2024, 200 miliciens Ani Kpi ont été formés par Wagner et intégrés dans les FACA. Envoyés à Zémio, Djema, Mboki et Bambouti, ils devaient renforcer la lutte contre les groupes armés comme l’UPC. Mais après l’attaque de Zémio, le gouvernement et les Russes les accusent d’avoir soutenu leurs anciens camarades miliciens non formés. Vingt d’entre eux sont radiés, chassés de l’armée avec une arrogance pathétique du ministre de la défense. Mais le gouverneur Victor Bissekoin enfonce le clou dans son interview : « Vous ne pouvez pas être Ani Kpi et FACA. Choisissez l’un ou l’autre ». Ses mots, directs, sonnent comme une mise en garde, mais ils manquent de preuves d’accusation. Les miliciens intégrés, déployés à Zémio, Djema, Bambouti, Mboki, n’ont pas pris part à l’attaque, menée par des Azandé non formés, révoltés contre les arrestations arbitraires des FACA et Wagner.
Ces accusations sont problématiques. En pointant du doigt les Ani Kpi intégrés, Bissekoin voudrait raviver la tension dans une région déjà à cran. Il va plus loin, laissant entendre que des personnalités locales instrumentent ces troubles. « Ils sont soutenus », dit-il, sans nommer personne, visant implicitement des députés ou des figures de l’opposition du Haut-Mbomou. Ces insinuations, vagues, reprennent les propos du ministre de la Défense, qui accuse dans l’hémicycle de l’assemblée nationale des élus d’avoir manipulé les miliciens. Mais où sont les faits ? Pourquoi accuser sans preuves ?
En outre, le gouvernement porte une part lourde de ce fiasco. Des milliards sont versés à Wagner pour former des miliciens, mais quand les choses tournent mal, ces mêmes miliciens sont sacrifiés….
Au cœur du premier arrondissement de la capitale centrafricaine, une communauté de foi chrétienne se déchire. Le pasteur Faki Issene Saïté, accusé de mauvaise gestion par ses propres fidèles, préfère brandir des versets bibliques plutôt que de répondre aux questions embarrassantes.
Faki Issene, le pasteur qui se croit stratège
Depuis que les langues se sont déliées sur les pratiques douteuses à l’église UFEB de Bataillon 2, une chose frappe : le pasteur Faki Issene Saïté reste invisible. Pas une seule fois il ne s’est adressé directement à sa communauté ou aux journalistes.
En réalité, c’est lui qui tire les ficelles dans l’ombre. D’abord, il a rédigé un texte qu’il a fait envoyer à la rédaction du CNC par son propre fils, présenté comme un simple “membre actif” de l’église. Puis, récemment, il a écrit une note qu’il a fait transmettre par le soi-disant service de communication de l’église de Bataillon 2. Dans les deux cas, le pasteur reste l’auteur véritable, mais préfère rester caché derrière d’autres voix pour faire passer ses messages.
Cette façon de faire rappelle ces chefs traditionnels qui ne parlent jamais directement au peuple, mais toujours par l’intermédiaire de leurs griots. Sauf qu’ici, nous ne sommes pas dans une cour royale, mais dans une église où la transparence devrait être la règle.
La Bible comme bouclier
Pour se défendre, le pasteur Faki Issene a choisi ses armes : deux versets bibliques. 1 Corinthiens 3:18 d’abord, qui parle de renoncer à la sagesse du monde. Matthieu 16:18 ensuite, qui affirme que l’Église du Christ vaincra toutes les attaques.
Message subconscient bien ficelé : ceux qui l’accusent seraient des “sages selon le monde”, donc dans l’erreur spirituelle. Lui, en revanche, serait du côté de Dieu, incompris mais victorieux au final. Une manipulation habile qui transforme ses critiques en ennemis de la foi.
Comme dit le proverbe africain : “Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt”. Ici, c’est l’inverse : quand les fidèles montrent les problèmes concrets, le pasteur leur montre… la Bible.
Des accusations qui ne sortent pas de nulle part
Pourtant, ce que dénoncent les fidèles de l’église de Bataillon 2 n’a rien de mystique. Les faits sont têtus : 500 000 FCFA d’un don présidentiel qui se sont volatilisés, un projet de reconstruction gonflé à 600 millions FCFA alors qu’un autre coûtait moitié prix, une école privée construite au profit personnel du pasteur, des fidèles sanctionnés pour avoir osé poser des questions.
“On ne fabrique pas ces histoires dans nos têtes, lance un membre de la communauté UFEB de Bataillon. Ce sont des choses qu’on vit chaque dimanche, qu’on voit de nos propres yeux”.
En effet, dans nos sociétés africaines, l’argent de la communauté est sacré. Qu’il s’agisse des tontines, des cérémonies ou des églises, chaque franc doit être justifié. C’est une question d’honneur, de confiance mutuelle.
Détourner la Parole de Dieu, un péché plus grave
Le plus choquant dans cette affaire, c’est l’usage que fait le pasteur Faki Issene des Écritures. 1 Corinthiens 3:18 appelle à l’humilité devant Dieu, pas à mépriser les questions légitimes des fidèles. Matthieu 16:18 parle de l’Église universelle du Christ, pas de la protection personnelle d’un pasteur contesté.
Utiliser la Bible pour échapper à ses responsabilités, c’est comme invoquer les ancêtres pour justifier la corruption. Nos grands-parents nous ont appris que les paroles sacrées ne doivent jamais servir à couvrir les mauvaises actions.
“Un homme qui utilise Dieu pour cacher ses fautes offense Dieu deux fois”, résume un ancien de l’église Bataillon 2, visiblement écœuré.
Questions sans réponses
Au final, toutes les manœuvres du pasteur Faki Issene n’ont pas apporté une seule réponse concrète. Où sont passés les 500 000 FCFA ? Pourquoi avoir choisi le projet le plus cher ? Pourquoi construire une école privée avec l’argent de l’église ?
Ces questions-là n’ont rien de “mondain”. Elles touchent à la justice, à l’équité, à la bonne gouvernance. Des valeurs que prône justement… la Bible.
Les fidèles de Bataillon ne demandent pas la lune. Ils veulent juste que leur pasteur leur parle franchement, comme un père à ses enfants, comme un berger à son troupeau.
Une communauté qui se disperse
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : de plus de 1 000 membres, l’église Bataillon 2 est tombée à peine 200 fidèles aujourd’hui. Un exode massif qui en dit long sur l’état d’esprit des fidèles.
“Les gens ne quittent pas l’église par manque de foi, explique un membre resté fidèle malgré tout. Ils partent parce qu’ils ne supportent plus le mensonge, le manque de transparence.”
Dans la tradition africaine, quand un chef perd la confiance de son peuple, il a deux choix : reconnaître ses erreurs et changer, ou s’entêter et voir sa légitimité s’effriter. Le pasteur Faki Issene semble avoir choisi la deuxième voie.
Le cri d’une communauté blessée
“On veut une église dirigée dans la lumière, pas dans l’ombre”, lance un ancien du comité de Bataillon 2. Cette phrase résume tout : le besoin de vérité, de transparence, de respect mutuel.
Les membres de Bataillon 2 ne rejettent pas la foi chrétienne. Ils refusent juste qu’on utilise cette foi pour couvrir des pratiques douteuses. Ils veulent un pasteur qui assume ses actes, pas un homme qui se cache derrière les Écritures quand ça dérange.
Les fidèles attendent toujours. Mais leur patience a des limites. Et le temps joue contre le pasteur Faki Issene Saïté….
Vakaga : Quand un conflit agropastoral sème la panique au village 5 Kilos
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/village-5-kilos-dans-la-vakaga-proche-de-boromata.jpg” data-wpel-link=”internal”>Vue du village 5 kilos, situé à 70 kilomètres de Boromata, dans la préfecture de la Vakaga. Photo CNC
Un malentendu transforme une dispute ordinaire en exode massif de la population de 5 Kilos, un carrefour commercial stratégique de la Vakaga.
Le soleil culminait au-dessus du marché de 5 Kilos lorsque l’impensable s’est produit. En quelques minutes, ce dimanche 2 juin vers midi, l’un des plus importants carrefours commerciaux de la préfecture de la Vakaga s’est métamorphosé en théâtre d’une fuite éperdue. Commerçants, clients, enfants : tous ont abandonné leurs étals et leurs marchandises pour disparaître dans la brousse environnante.
L’origine de cette débandade ? Un conflit aussi vieux que l’Afrique elle-même : l’éternel différend entre éleveurs et agriculteurs.
Quand les cabris sèment la discorde
Tout débute par une scène banale dans cette région où cohabitent difficilement pasteurs peuls et cultivateurs arabes. Les chèvres d’un groupe d’éleveurs ont ravagé le champ d’un agriculteur. La colère de ce dernier, légitime face à la destruction de sa récolte, a rapidement dégénéré. Les éleveurs, loin de présenter des excuses ou de proposer une compensation selon les usages traditionnels, ont choisi la violence.
L’agriculteur, passé à tabac, gît au sol, blessé et abandonné par ses agresseurs qui ont pris la fuite. C’est alors qu’interviennent des villageois de passage, témoins de cette agression. Par solidarité, ils décident de transporter le blessé vers le village 5 Kilos pour qu’il reçoive des soins dans le dispensaire local.
La rumeur, cette arme de destruction massive
Mais dans une région où les cicatrices des conflits armés sont encore béantes, où chaque ombre peut cacher un rebelle soudanais ou des bandits armés, la vue de ces hommes sortant de la brousse en portant un corps a suffi à déclencher l’apocalypse.
“Des rebelles attaquent !”. Le cri a jailli de nulle part, se propageant à la vitesse de l’éclair dans les ruelles du marché. En Centrafrique, particulièrement dans la Vakaga, cette région frontalière avec le Tchad et le Soudan, le mot “rebelle” agit comme un détonateur. Les populations, traumatisées par des années d’insécurité, ont développé un réflexe de survie : fuir d’abord, poser des questions ensuite.
L’effet domino de la terreur
La première vague de fuyards a engendré une seconde, puis une troisième. Le phénomène s’auto-entretient : voir courir ses voisins pousse instinctivement à les imiter. Personne n’a pris le temps de vérifier l’information, de chercher à comprendre. Dans ces moments-là, la logique cède place à l’instinct de préservation.
Pendant une heure interminable, 5 Kilos s’est transformé en village fantôme. Les étals abandonnés, les marchandises éparpillées, le silence soudain de ce qui était quelques minutes plus tôt un marché grouillant de vie témoignaient de la puissance destructrice de la peur collective.
Le retour du bon sens
Il a fallu attendre 13 heures pour que la vérité éclate enfin au grand jour. Les prétendus “rebelles” n’étaient autres que des villageois transportant un blessé vers les soins. Progressivement, les nouvelles se sont répandues, les esprits se sont apaisés, et les habitants ont regagné leurs foyers et leurs commerces.
Le marché a retrouvé son animation habituelle, comme si rien ne s’était passé. Mais cet épisode, qui pourrait prêter à sourire, révèle en réalité les fractures profondes qui minent encore la société centrafricaine.
Les stigmates d’un pays meurtri
Cet incident de 5 Kilos cristallise plusieurs maux chroniques de la République centrafricaine. D’abord, la persistance des conflits agropastoraux, amplifiés par les changements climatiques et la raréfaction des ressources. Ensuite, la psychose sécuritaire qui habite les populations, fruit amer de décennies d’instabilité politique et de violences intercommunautaires.
Dans la Vakaga, préfecture stratégique mais enclavée, où l’État peine à affirmer son autorité, chaque incident peut dégénérer. Les populations, livrées à elles-mêmes, ont appris à décoder les signaux de danger, quitte à parfois voir des menaces là où il n’y en a pas.
Ce dimanche 2 juin restera dans les mémoires de 5 Kilos comme le jour où un conflit de cabris a vidé un marché. Une leçon d’humilité sur le pouvoir de la rumeur et un miroir tendu à une société encore fragile, où la méfiance et la peur côtoient quotidiennement l’espoir et la résilience….
La République centrafricaine, riche de ses forêts couvrant plus de la moitié de son territoire, s’apprête à adopter un nouveau Code forestier pour enrayer la déforestation et l’exploitation illégale. Présenté comme une réforme ambitieuse, ce texte vise à protéger le bassin du Congo, deuxième poumon vert mondial, tout en encadrant les activités minières et forestières. Mais face à l’ombre menaçante du groupe Wagner, connu pour ses pratiques d’exploitation sauvage dans la région, une question importante se pose : ce cadre législatif sera-t-il assez robuste pour empêcher un retour dévastateur de cet acteur controversé, dont les activités ont déjà laissé des cicatrices sur les écosystèmes centrafricains ?
Un cadre législatif prometteur, mais sous surveillance
Le futur Code forestier se veut ambitieux. Parmi ses principales mesures :
– Une clarification des droits d’exploitation pour équilibrer les besoins des communautés locales et des entreprises.
– Des sanctions renforcées contre le trafic illégal de bois.
– Un encadrement plus strict des activités minières en zones forestières.
– Une promotion de la reforestation et des compensations écologiques.
Le ministre Mbata a déclaré : “Ce texte est une réponse aux défis environnementaux et économiques. Il doit permettre à la Centrafrique de protéger ses forêts tout en favorisant un développement durable”. Des propos optimistes, mais qui pousse à s’interroger : ce cadre sera-t-il suffisamment robuste pour contrer les pratiques destructrices de certains acteurs internationaux ?
L’atelier, réunissant plus de 50 participants (ONG, sociétés forestières, élus locaux, société civile), adopte une approche participative. Le texte est examiné article par article, suivi de débats pour d’éventuels amendements. Une fois validé, il sera soumis au Conseil des ministres, puis à l’Assemblée nationale, pour remplacer la loi de 2008, largement dépassée.
Toutefois, des doutes persistent. La Centrafrique, dont plus de 50 % du territoire est couvert de forêts, est un pilier du bassin du Congo, deuxième poumon vert mondial. Les engagements internationaux (Accords de Paris, Initiative pour la Forêt d’Afrique Centrale) sont louables, mais leur application reste incertaine face aux intérêts économiques et aux acteurs opaques opérant dans le pays.
Le spectre de Wagner : un retour de l’exploitation sauvage ?
Si ce nouveau Code forestier semble prometteur sur le papier, une question importante se pose : le gouvernement centrafricain est-il réellement en mesure de contrôler les acteurs étrangers, notamment le groupe Wagner, connu pour ses pratiques controversées ?
Il y’a un an, Wagner a été impliqué dans une exploitation massive et destructrice des ressources naturelles en Centrafrique, notamment dans la préfecture de la Lobaye. Déforestation intensive, exploitation minière illégale et pollution des cours d’eau ont caractérisé ses activités, menaçant la biodiversité et les moyens de subsistance des communautés locales. Sous la pression internationale et grâce à l’intervention du Cameroun, qui a freiné ces pratiques, l’exploitation forestière par Wagner a été temporairement stoppée dans le pays.
Mais rien ne garantit que ces pratiques ne reprendront pas. Wagner, connu pour son absence de scrupules en matière de respect des écosystèmes, pourrait-il contourner ce nouveau cadre législatif ? Le gouvernement centrafricain, souvent sous influence russe, a-t-il les moyens de faire respecter ses propres lois face à un acteur aussi puissant ? Et surtout, les mécanismes de contrôle et de sanctions prévus par le Code seront-ils efficaces pour empêcher une nouvelle vague de déforestation et de dégradation environnementale ?
Alors que la Centrafrique s’engage dans une réforme ambitieuse, ces interrogations demeurent. Le nouveau Code forestier sera-t-il un outil de protection durable ou une simple façade masquant des intérêts économiques dévastateurs ? L’avenir des forêts centrafricaines, et de la biodiversité qu’elles abritent, en dépend….
Liberté de la presse en Centrafrique : des discours sans suite face à une réalité dure
Landry Ulriche Ngokpelet, directeur de publication du journal Le Quotidien de Bangui, embarqué dans le pick-up de la gendarmerie nationale du tribunal pour la maison d’arrêt de Ngaragba à Bangui.
Le 14 mai 2025, Bangui célèbre la liberté de la presse sous le signe de l’IA, mais les actes contredisent les paroles.
Bangui a organisé la Journée mondiale de la liberté de la presse le 14 mai 2025, avec pour thème l’intelligence artificielle. L’idée était d’échanger sur l’avenir du journalisme à l’ère du numérique. Mais ce jour-là, un événement a tout résumé : vers midi, le directeur de publication du Journal Quotidien de Bangui a été conduit à la prison centrale de Ngaragba, dans le septième arrondissement de Bangui. Pendant que les officiels parlaient de liberté, un journaliste perdait la sienne.
L’ex-détenu Maxime Balalou, ministre de la Communication, a ouvert la journée. Il a évoqué les changements dans le métier de journaliste et l’arrivée des technologies. Mais il n’a rien proposé de précis. Pas de plan pour protéger les journalistes, pas de projet de loi, pas même une idée à discuter. Siokouba, et organisateur et chargé de mission au ministère, a parlé d’éthique et de responsabilité. Des mots qui sonnent bien, mais qui ne répondent pas aux problèmes réels. À qui s’adressaient ces discours ? Aux diplomates dans la salle, sans doute, venus entendre ce que la communauté internationale veut entendre.
Le thème national tournait autour du rôle des médias face à l’IA. On a évoqué les outils numériques, comme les algorithmes pour vérifier les informations. Mais personne n’a parlé des vrais obstacles : les arrestations, les pressions sur les rédactions, l’absence de lois pour sécuriser le travail des journalistes. Un moment a été consacré à ceux qui sont morts en exerçant leur métier. Un geste nécessaire, mais qui semble bien formel quand rien n’est fait pour protéger les vivants.
L’UNESCO et les Nations unies, qui ont créé cette journée, demandent aux pays de soutenir les médias et d’utiliser les outils numériques. En Centrafrique, on reste au stade des mots. On parle de moderniser les rédactions, de renforcer les associations de presse, de revoir les lois. Mais rien ne se concrétise. Les fausses informations, que l’IA pourrait aider à repérer, continuent de circuler, souvent avec l’accord de ceux qui contrôlent le récit, le gouvernement.
Cet événement semblait conçu pour plaire à l’étranger. Un thème dans l’air du temps, des discours soignés, une salle remplie de partenaires. Mais sur place, rien ne bouge. Pas de formations sérieuses, pas de protection pour les journalistes, pas de liberté véritable. Pendant que les officiels parlent d’avenir, un journaliste est en prison. La liberté de la presse, en Centrafrique, reste une belle idée, mais seulement une idée….
En Centrafrique, l’université forme des jeunes centrafricains sans avenir professionnel. À Bouar et partout, ils s’improvisent chauffeurs ou vendeurs pour échapper à la misère.
Un système éducatif sans débouchés
À l’Université de Bangui, comme dans des écoles supérieure de commerce, des milliers des Jeunes Centrafricains s’investissent dans des études de droit, d’économie ou de sciences, voir même de commerce et de gestion, espérant un avenir stable. Mais une fois leur licence en poche, la réalité les frappe de plein fouet : les emplois correspondant à leurs qualifications n’existent presque pas. Ce que les Jeunes Centrafricains appellent le « diplôme de garage », un diplôme inutilisé, rangé dans un coin, incarne leur désillusion. Même dans la capitale, où les opportunités devraient être plus nombreuses, seuls 15 % des diplômés universitaires trouvent un travail dans leur domaine dans les deux ans suivant l’obtention de leur diplôme, selon une étude du Ministère de l’Éducation de 2023.
Le système éducatif, déconnecté des réalités économiques, ne prépare pas les Jeunes Centrafricains au marché du travail. Les filières techniques, comme la mécanique ou l’agriculture, manquent cruellement de moyens. À Berberati, un centre de formation professionnelle n’a qu’un seul enseignant pour trois disciplines. À Bouar, les ateliers de menuiserie sont dépourvus d’outils. Résultat : 70 % des Jeunes Centrafricains âgés de 18 à 35 ans n’ont pas d’emploi formel, d’après un rapport de la Banque mondiale publié en 2024.« J’ai étudié le droit pendant cinq ans. Maintenant, je vends des bidons d’essence au marché », confie Éric, 30 ans, dans un quartier populaire de Bangui.
Une jeunesse centrafricaine contrainte à la débrouille
Sans perspectives, les Jeunes Centrafricains se tournent vers des métiers précaires pour survivre. À Bangui, les rues sont animées par des chauffeurs de motos-taxis, des vendeurs ambulants et des « bricoleurs », ces réparateurs improvisés qui apprennent sur le tas à réparer motos, téléphones ou appareils électroménagers. « Je gagne 2 500 FCFA par jour comme chauffeur de moto. Ça couvre le riz, mais pas l’avenir », explique Junior, 26 ans, diplômé en gestion. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT) en 2024, 85 % des Jeunes Centrafricains actifs en Centrafrique dépendent de l’économie informelle, un secteur où les revenus sont incertains et les conditions difficiles.
Dans les marchés, des Jeunes Centrafricains vendent des fagots de bois, des sachets d’eau ou des beignets. Marie, 24 ans, à Bossangoa, illustre ce virage forcé. « J’ai une licence en sociologie, mais je vends des vêtements d’occasion. Mes études n’ont aucune utilité ici », dit-elle. D’autres, à la recherche d’une issue, prennent des chemins plus risqués. À Bangui, rejoindre un parti politique ou une association soutenant le pouvoir peut rapporter un revenu modeste. « On te paye 3 000 FCFA pour assister à des marches ou porter des pancartes. C’est mieux que rien », avoue un ancien étudiant en histoire, qui préfère rester anonyme. Dans les provinces, l’orpaillage attire des centaines de Jeunes Centrafricains vers des mines artisanales, comme à Bria. Mais la majorité revient sans rien, parfois malade ou endettée. « J’ai passé huit mois dans une mine. J’ai tout perdu », raconte Alain, 25 ans, à Bozoum.
Bambari, ville du centre de la Centrafrique, incarne cette crise de l’emploi de la jeunesse centrafricaine. Ancien carrefour économique ravagé par les conflits, elle peine aujourd’hui à offrir des opportunités à sa jeunesse. Félix, 30 ans, licencié en droit, rêvait de plaider dans les tribunaux. Aujourd’hui, il répare des motos au marché central. « J’ai postulé à tous les concours administratifs. Aucun retour. Alors, j’ai appris la mécanique tout seul », explique-t-il. Avec 4 000 FCFA par jour, il subvient à peine aux besoins de sa femme et de ses deux enfants. Une enquête régionale de 2024 montre que 65 % des Jeunes Centrafricains actifs de Bambari occupent des emplois informels, comme Félix.
Aline, 25 ans, diplômée en agronomie, a vu ses projets s’effondrer. « Je voulais cultiver des légumes, mais je n’avais ni terrain ni argent. Maintenant, je vends des beignets », confie-t-elle. Formée pour moderniser l’agriculture, elle a appris à cuisiner grâce à des vidéos en ligne. Christian, 27 ans, ancien étudiant en économie, transporte des marchandises à moto. « À Bambari, tu choisis : chauffeur, vendeur ou politique. J’ai pris la moto », dit-il. Chaque mois, 200 Jeunes Centrafricains quittent Bambari pour les mines d’or de Bria, mais 80 % reviennent sans gains, selon les autorités locales. Par ailleurs, 1 200 dossiers de candidature s’entassent à la préfecture pour des postes administratifs jamais pourvus.
Le Centre de Formation Professionnelle de Bambari lutte pour attirer les Jeunes Centrafricains centrafricaine. « Ils ne croient plus en nos programmes. Ils veulent des résultats immédiats », explique un formateur. Sur 100 inscrits, seuls 15 terminent leur formation, car les filières – couture, menuiserie, agriculture – ne répondent pas aux besoins du marché local, dominé par le commerce informel. Quelques initiatives émergent, comme une ferme avicole collective soutenue par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui vise à employer 50 jeunes, ou des ateliers de formation au bâtiment. Mais ces projets restent insuffisants face à l’ampleur du défi.
Le recours à la politique et aux milices
Dans tout le pays, la politique devient un refuge pour certains Jeunes Centrafricains . À Bangui, à Berberati ou à Bambari, rejoindre un parti au pouvoir ou créer une association de soutien au président peut garantir un revenu, même modeste. « On te donne de l’argent pour applaudir ou manifester. C’est humiliant, mais ça paye », confie un jeune à Bangui. Plus inquiétant, des milices liées au pouvoir recrutent des jeunes désœuvrés, notamment à Bangui, en leur promettant argent et protection. « Mon frère a rejoint l’armée, puis détaché dans une milice de la garde présidentielle. Il mange tous les jours, mais il vit dans la peur », raconte Aline. Ce phénomène, répandu à travers le pays, prive la jeunesse centrafricaine d’un avenir stable.
Un drame qui touche tout le pays
La crise de Bambari n’est pas un exception. À Bangui, les diplômés deviennent chauffeurs ou vendeurs ambulants. À Berberati, ils cultivent des champs par nécessité. À Bouar, ils réparent des téléphones sans formation. À Bossangoa, ils écoulent des produits dans les marchés. Partout, les jeunes partagent la même frustration : ils ont étudié, mais le système les a abandonnés. « On ne veut pas de pitié. On veut juste une chance de travailler », déclare Félix, en nettoyant un carburateur à Bambari. Ce cri du cœur résonne dans chaque ville, chaque village, où une génération lutte pour donner un sens à ses diplômes….
Coopération Sanitaire Sud-Sud : La RCA tend encore la main – Cette fois vers la Tanzanie
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Dr.-Pierre-Somse-ministre-de-la-sante-et-de-la-population.jpg” data-wpel-link=”internal”>Dr. Pierre Somsé, ministre de la santé
Une nouvelle promesse de partenariat qui pousse les centrafricains à s’interroger sur l’autonomie nationale
La République Centrafricaine vient d’annoncer un énième protocole d’accord, cette fois avec la Tanzanie, dans le domaine de la santé. Si l’initiative peut paraître louable en surface, elle s’inscrit dans un schéma répétitif qui interroge sur la capacité du pays à développer ses propres compétences.
Le rituel habituel des accords
Lors d’une rencontre le 28 mai à Genève, le ministre centrafricain de la Santé publique, le docteur Pierre Somsé, et le nouveau directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, le professeur Mohamed Yaacoub Jeanne-Bie (originaire de Tanzanie), ont convenu de signer “très rapidement” un protocole d’accord entre les deux pays africains.
Cette annonce s’ajoute à une longue liste de partenariats similaires : Cuba pour la médecine, Rwanda pour la gouvernance et la défense, Éthiopie pour l’emploi, Bénin pour l’administration, Côte d’Ivoire pour l’économie, Kenya et Ouganda pour la défense également.
Des experts étrangers, encore et toujours
Concrètement, la RCA s’apprête à accueillir deux experts tanzaniens : un en anesthésie-réanimation et un autre en cardiologie. Cette aide intervient dans le cadre de la construction d’un centre de chirurgie cardiaque, où la Centrafrique souhaite “bénéficier de l’expérience tanzanienne”.
Parallèlement, le pays négocie déjà avec Cuba – via un financement de la Banque mondiale – pour recruter des médecins cubains. Une fois de plus, c’est l’aide extérieure qui finance même l’emploi de personnel médical étranger.
L’éternelle question : Où sont nos propres cadres ?
Cette nouvelle coopération, présentée comme une “réponse au manque de connaissance mutuelle des capacités sanitaires entre les 47 États membres africains”, révèle surtout un problème structurel : l’incapacité persistante de la RCA à former ses propres spécialistes.
Combien de jeunes Centrafricains brillants auraient pu être formés en cardiologie ou en anesthésie avec les ressources consacrées à ces multiples partenariats ? Il y a des étudiants centrafricains actuellement à Cuba et dans d’autres pays qui pourraient revenir avec des salaires attractifs pour former la nouvelle génération. Mais non, on préfère la facilité : demander à la Banque mondiale de financer des médecins cubains plutôt que d’investir dans nos propres talents.
Combien d’étudiants en médecine attendent une spécialisation qui ne vient jamais, faute d’investissement dans la formation? La Banque mondiale finance les médecins étrangers, finance les formateurs étrangers, finance les enseignants étrangers… Tout passe par l’aide extérieure, même pour les salaires de base.
Un paradoxe financier révélateur
Pendant que le pays tend la main pour financer ses médecins via la Banque mondiale, il verse des centaines de milliards de francs CFA au Groupe Wagner chaque année. Environ 250 milliards par an, plus 35 milliards supplémentaires prélevés sur la taxe des produits pétroliers en 2023. Des sommes colossales qui pourraient former des milliers de cadres nationaux.
Cette répartition budgétaire interroge : quand l’argent va aux mercenaires, il y en a toujours assez. Quand il s’agit de former nos jeunes, il faut quémander auprès des bailleurs internationaux.
Un cycle sans fin ?
Le directeur régional de l’OMS annonce déjà sa visite en Centrafrique “avant la fin de cette année” pour “renforcer davantage la coopération”.
Cette dépendance chronique aux expertises extérieures, aussi bien intentionnées soient-elles, questionne la stratégie de développement à long terme du pays. La RCA signe des accords de défense avec presque tous les pays africains (Kenya, RDC, Rwanda, Ouganda), avec les Émirats Arabes Unis, avec la Russie… Accords par-ci, accords par-là, mais quand cessera cette comédie ?
Un partenariat de plus dans l’océan des promesses
L’histoire récente est jalonnée de protocoles d’accord similaires, souvent signés en grande pompe, mais dont les retombées concrètes pour le développement des compétences nationales restent à démontrer.
La vraie question n’est pas de savoir si la Tanzanie peut aider la RCA, mais pourquoi, après des décennies d’indépendance, le pays continue de dépendre systématiquement de l’expertise extérieure pour ses besoins les plus basiques….
Touadéra et le Soudan : une diplomatie à double tranchant
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/lettre-touadera-au-president-soudanais.jpg” data-wpel-link=”internal”>Renforcement des relations RCA-Soudan : Message diplomatique du Président Touadera au Général Al-Burhan
Faustin-Archange Touadéra, souvent appelé Baba Kongoboro, président centrafricain, jongle entre un soutien discret aux rebelles soudanais du RSF et des gestes pathétiques pour se rapprocher de Khartoum, démontrant une stratégie ambiguë d’un serpent à deux têtes.
Depuis le déclenchement du conflit soudanais en avril 2023, opposant les Forces armées soudanaises (FAS) du général Abdel Fattah al-Burhan aux Forces de soutien rapide (RSF) de Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti, la République centrafricaine adopte une posture trouble. Faustin-Archange Touadéra, à la tête du pays depuis 2016, semble mener une diplomatie à deux visages, mêlant un appui voilé aux RSF et des efforts pour renouer avec le gouvernement soudanais.
Des informations circulent sur le fait que la RCA, via des réseaux liés au groupe Wagner, a facilité le transit d’armes et de ressources vers les RSF, notamment à travers la frontière poreuse près d’Amdafock, une ville stratégique sous contrôle rebelle. Cette zone, riche en mines d’or, est un enjeu clé pour Wagner, qui y voit une opportunité économique. À l’époque où les RSF semblaient dominer, Bangui aurait même envisagé d’envoyer une délégation pour renforcer ces liens, dans une ambiance optimiste avec des célébrations.
Mais le vent a tourné. Les FAS, renforcées par des soutiens extérieurs, reprennent du terrain. Touadéra, sentant le rapport de force s’inverser, a ajusté sa stratégie. Le 28 mai 2025, il a dépêché une délégation centrafricaine pour remettre un message au général al-Burhan, un geste visant à apaiser Khartoum et à consolider les relations bilatérales. Ce revirement, rapporté sur les réseaux sociaux, coïncide avec la présence de l’ambassadeur soudanais en RCA et de représentants du Conseil souverain soudanais. Si le contenu de la lettre reste confidentiel, il reflète une tentative de Touadéra de se repositionner face à une situation militaire changeante.
Ce double jeu n’est pas une surprise. Touadéra a déjà adopté une approche similaire avec d’autres pays voisins, comme le Tchad, alternant entre coopération officielle et appui à des groupes armés transfrontaliers. En soutenant les RSF, il sécurise les intérêts de Wagner, qui exploite les ressources aurifères et maintient des réseaux d’approvisionnement. Mais en se rapprochant d’al-Burhan, il cherche à éviter un durcissement de la frontière soudano-centrafricaine, qui compliquerait les opérations de Wagner.
La Minusca, mission de l’ONU en RCA, ajoute une couche d’ambiguïté. Des allégations, non confirmées, affirment que des casques bleus gambiens auraient collaboré avec les RSF à Amdafock, ce qui pousse à s’interroger sur l’impartialité de la mission dans un contexte régional complexe.
Touadéra, guidé en partie par les intérêts russes, joue une partie risquée. En cherchant à ménager toutes les parties, il pourrait finir par s’aliéner à la fois Khartoum et les RSF, tout en fragilisant la position de la RCA dans la région. Sa dépendance envers Wagner, qui pilote en coulisses une partie de sa stratégie, limite sa marge de manœuvre. Si le Soudan parvient à sécuriser sa frontière, les activités de Wagner pourraient être entravées, obligeant Touadéra à repenser son approche.
Cette stratégie d’équilibre difficile, bien que tactique à court terme, expose la RCA à des tensions croissantes avec ses voisins. En jouant sur plusieurs tableaux, Touadéra risque de se retrouver isolé, pris au piège de ses propres choix diplomatiques….
Nouredine Adam accuse Bangui de “jouer double jeu” sur la paix
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/01/noureidine-adam-et-son-garde-du-corps-de-la-seleka.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le général du FPRC Noureddine Adan et son garde du corps.
Le patron du FPRC hausse le ton contre le régime Touadéra qu’il accuse de saborder les efforts de réconciliation nationale.
L’ancien ministre d’État Nouredine Adam ne mâche plus ses mots. Dans une sortie fracassante rendue publique ce lundi 2 juin depuis Mouka, le leader du Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC) tire à boulets rouges sur les autorités de Bangui qu’il accuse de “duplicité” dans le processus de paix.
“Comment peut-on prêcher la paix le matin et poser des actes contraires à la réconciliation le soir ?”, s’interroge le patron du FPRC dans un communiqué au vitriol qui ne laisse rien au hasard. Selon lui, le régime du président Faustin-Archange Touadéra pratique “la politique de la main tendue d’un côté et du bâton de l’autre”.
Un parcours semé d’embûches
Nouredine Adam revient sur le long chemin parcouru depuis les premiers appels au dialogue. “Nous avons toujours répondu présent”, martèle-t-il, rappelant la participation de son mouvement aux différentes initiatives de paix, y compris celles menées sous l’égide du regretté président tchadien Idriss Déby Itno.
Le leader du FPRC revendique d’ailleurs sa signature apposée sur l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation (APPR) du 6 février 2019, paraphé dans la capitale centrafricaine sous les auspices de l’Union Africaine et de la CEEAC. Mais c’est là que le bât blesse.
“Si nous avons boudé la Feuille de route de Luanda, c’était par méfiance. Et les faits nous ont donné raison”, assène-t-il avec une pointe d’amertume. Car selon Nouredine Adam, Bangui a systématiquement foulé aux pieds les engagements pris, notamment avec l’adoption d’une nouvelle Constitution “taillée sur mesure pour éterniser le pouvoir en place”.
“Mensonges” et manipulations
Le ton monte d’un cran quand Nouredine Adam aborde les accusations portées contre son mouvement par le régime de Bangui. “Nous ne recrutons pas de rebelles tchadiens, nous ne collaborons avec aucun groupe armé étranger. Ces allégations sont des mensonges éhontés”, clame-t-il avec véhémence.
L’ancien ministre d’État Nouredine Adam en profite pour saluer les efforts de médiation déployés par N’Djamena, tout en mettant en garde les autorités tchadiennes : “Attention à ne pas tomber dans le piège tendu par Bangui, comme cela s’est déjà produit lors de la mise en œuvre de l’APPR”.
L’appel du pied aux médiateurs
Malgré cette charge frontale, le patron du FPRC Nouredine Adam tend la perche. “Nous sommes prêts à discuter, mais dans un cadre véritablement inclusif”, précise-t-il, insistant sur la nécessité d’associer partis politiques, société civile et acteurs non armés à toute initiative de dialogue.
Un message clair adressé aux médiateurs régionaux et internationaux : la paix en Centrafrique ne se fera pas sans une approche globale et sincère, loin des calculs politiciens du moment.
Reste à savoir si cette énième sortie de Nouredine Adam trouvera une oreille attentive à Bangui, où l’on observe d’un œil méfiant les mouvements de l’ancien homme fort du nord du pays. En attendant, le FPRC maintient la pression, déterminé à ne pas laisser passer ce qu’il considère comme une “trahison des idéaux de paix” du peuple centrafricain….
L’état de santé d’Abakar Mahamat, ex-Directeur Général du Trésor, gravement menacé dans une détention inhumaine à la prison de Ngaragba
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/mahamat-abakar.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/mahamat-abakar.jpg” alt=”L’état de santé d’Abakar Mahamat, ex-Directeur Général du Trésor, gravement menacé dans une détention inhumaine à la prison de Ngaragba” width=”318″ height=”371″ />Monsieur Mahamat Abakar, l’ex-DG du trésor Monsieur mahamat abakar, ancien directeur général du trésor public
Depuis une semaine, l’état de santé d’Abakar Mahamat, ancien Directeur Général du Trésor public et actuel coordinateur du projet AGIR financé par la Banque mondiale, ne cesse de se dégrader de manière inquiétante.
Arrêté le 11 mars 2025 dans son bureau par la police de l’Office Central pour la Répression du Banditisme (OCRB) et transféré au camp de Roux à Bangui, cet homme d’État respecté, connu pour son intégrité et sa loyauté envers son pays, la République centrafricaine, est aujourd’hui dans un état critique. Depuis mercredi dernier, il est sous perfusion à la clinique du camp de Roux, mais les autorités refusent catégoriquement de lui permettre un accès à des soins adéquats dans un établissement médical approprié. Pire encore, son avocat et sa famille se voient interdire tout contact avec lui, plongeant ses proches dans une angoisse insupportable.
En effet, l’arrestation d’Abakar Mahamat laisse plusieurs points sans réponse. Coordinateur du projet AGIR, un programme stratégique rattaché au ministère des Finances et du Budget et financé par la Banque mondiale, cet homme n’a jamais été publiquement associé à des actes répréhensibles. Pourtant, le 11 mars 2025, il a été interpellé à son bureau sans explications claires et conduit à l’OCRB, où il est maintenu en isolement total depuis plus d’un mois. Selon des sources proches du dossier, son arrestation pourrait être liée à des soupçons de liens avec l’ancien ministre Sayo, dans le cadre d’une vague de répression visant l’entourage de ce dernier, incluant des membres de sa famille et d’anciens collaborateurs.
Le flou entourant les motifs de sa détention alimente les spéculations. S’agit-il d’une vendetta politique ? D’une tentative de museler un haut fonctionnaire intègre qui, par sa position, pourrait gêner certains intérêts ? Ou d’une nouvelle illustration de la dérive autoritaire d’un régime qui semble prêt à tout pour consolider son pouvoir, même au détriment de la vie humaine ? Les zones d’ombre autour de cette affaire rappellent les heures sombres de complots et de règlements de comptes, où la justice devient un outil de répression plutôt qu’un garant des droits.
Mais depuis son incarcération à la prison du camp de Roux, l’état de santé d’Abakar Mahamat s’est dramatiquement détérioré. Selon des informations fiables recueillies par la rédaction du CNC, il est sous sérum depuis plusieurs jours à la clinique du camp de Roux, un lieu notoirement inadapté pour fournir des soins médicaux complexes. Les autorités refusent obstinément de le transférer vers un hôpital équipé pour traiter son état, aggravant ainsi les risques pour sa vie. Ce refus, couplé à l’interdiction d’accès à son avocat et à sa famille, constitue une violation des droits humains fondamentaux, notamment le droit à la santé et à une défense équitable.
Joint par téléphone, l’un des enfants d’Abakar Mahamat a lancé un cri du cœur : « Nous demandons la libération d’Abakar Mahamat afin qu’il puisse recevoir un traitement normal pour sa santé ». Cette supplique reflète l’impuissance et le désespoir d’une famille confrontée à l’arbitraire d’un système qui semble indifférent à la vie d’un homme ayant consacré sa carrière au service de son pays.
Le traitement infligé à Abakar Mahamat est révélateur d’un régime qui, sous couvert de lutte contre des ennemis présumés, bafoue les principes les plus élémentaires de justice et d’humanité. Comment justifier qu’un homme de son rang, sans accusations claires ni procès équitable, soit maintenu en prison et privé de soins vitaux ? Pourquoi un coordinateur d’un projet financé par la Banque mondiale, censé œuvrer pour le développement du pays, est-il traité comme un criminel de droit commun ? Ces questions, sans réponses officielles, pointent vers une dérive autoritaire inquiétante, où la vie humaine semble reléguée au second plan face à des considérations politiques opaques….
Colère dans la Vakaga après la libération des 5 rebelles soudanais par le gouvernement centrafricain
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Les-officiers-rebelles-du-FSR-soudanais-en-conclave-dans-la-ville-soudanaise-dAmdafock.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le général soudanais Gazouli en train de prendre parole en face de ses collègues officiers rebelles soudanais du FSR réunis en conclave à Amdafock.
Dans la Vakaga, la colère monte après la décision du gouvernement centrafricain de libérer cinq rebelles soudanais du FSR capturés par la Minusca, soupçonnés d’avoir participé au braquages et meurtres.
Depuis des décennies, la préfecture de la Vakaga, frontalière du Soudan, subit des incursions répétées des bandits et de groupes armés soudanais. Mais le 22 mai 2025, un nouvel épisode dramatique a secoué la zone de Boromata et ses environs. En effet, trois jeunes Centrafricains ont quitté le village de « 5 kilos » pour se rendre à Boromata. À 35 km de leur destination, ils ont été attaqués par des braqueurs soudanais, qui ont volé leur moto et leur argent. Contraints de rentrer à pied, les jeunes sont venus alerter les habitants de Boromata. En réponse, trois membres d’une milice d’autodéfense de la commune sont partis sécuriser l’axe routier. Malheureusement, ils sont tombés dans une embuscade tendue par les mêmes assaillants, qui les ont tués.
Face à ces violences, des éléments des milices d’autodéfense de Boromata, « 5 kilos », Ouandja et Gordil se sont mobilisés pour traquer les agresseurs. Ils n’ont pas retrouvé les braqueurs, mais ont abattu un individu soudanais, dont l’affiliation – rebelle ou simple criminel – reste incertaine. Cet acte a déclenché une réaction immédiate. Des rebelles des Forces de Soutien Rapide (FSR), accompagnés de civils armés, ont franchi la frontière en masse, à bord de motos et de véhicules, menaçant de brûler Boromata. Ils se sont positionnés à 32 km de la ville et ont exigé une compensation, appelée « dia » en arabe, fixée à 30 têtes de bœuf pour l’homme tué. Des notables locaux ont entamé des négociations pour éviter une attaque, et l’intervention des mercenaires du groupe Wagner a finalement conduit au retrait des rebelles soudanais.
Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là. La MINUSCA, présente dans la préfecture, avait arrêté cinq individus – trois membres du FSR et deux civils armés – près de l’aéroport de Birao, chef-lieu de la Vakaga, le 23 mai 2025. Détenus à la gendarmerie locale, ils devaient être transférés à Bangui pour être jugés. Contre toute attente, le gouvernement centrafricain a refusé ce transfert. Invoquant le risque de représailles massives de la part des rebelles soudanais, les autorités ont ordonné leur libération. Le 25 mai 2025, en présence de représentants du FSR venus d’Amdafock, au Soudan, les cinq détenus ont été remis aux autorités soudanaises lors d’une cérémonie officielle avec la Minusca.
Cette décision a provoqué une indignation générale à Boromata, Ouandja, Gordil et dans toute la Vakaga. Les habitants dénoncent une injustice criante.
« Pourquoi libère-t-on ceux qui tuent nos proches ? », s’interrogent-ils. Depuis des décennies, les incursions soudanaises se traduisent par des vols, des meurtres et des menaces, sans que justice soit rendue. Pourtant, lorsqu’un Centrafricain tue un assaillant en légitime défense, les rebelles soudanais exigent une compensation, sous peine de représailles. Les chefs de village, de canton et religieux, souvent contraints, demandent aux communautés de cotiser pour payer le « dia ». En revanche, les victimes centrafricaines n’obtiennent ni justice ni compensation.
« On nous demande d’oublier et de prier », déplore un habitant.
Cette impunité alimente un profond sentiment d’abandon. La population de la Vakaga reproche au gouvernement centrafricain sa passivité face aux pressions des soudanais. Les forces armées nationales, mal équipées et cantonnées à Birao, semblent incapables de protéger la région. La libération des cinq individus est perçue comme une capitulation, un abandon des citoyens face à des agresseurs soudanais. Les critiques visent également les notables locaux, accusés d’accepter trop facilement les exigences soudanaises, obligeant les communautés à payer pour des morts qu’elles n’ont pas provoquées.
Ce cycle d’injustice, qui se répète depuis 40 ou 50 ans, mécontente les habitants. Les Soudanais traversent la frontière, attaquent, tuent, pillent, et repartent sans conséquences. La population de la Vakaga, laissée à elle-même, exprime une colère croissante, se demandant quand l’État défendra enfin leurs droits….
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Deux-jeunes-miliciens-Azandes-interpelles-par-les-mercenaires-russes-a-Zemio.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Deux-jeunes-miliciens-Azandes-interpelles-par-les-mercenaires-russes-a-Zemio-338×450.jpg” alt=”Zemio : deux jeunes centrafricains décapités par les mercenaires russes” width=”338″ height=”450″ />Image pour illustration de deux jeunes arrêtés à Zemio par les mercenaires russes du groupe Wagner. CopyrightCNC
À Zemio, deux jeunes Centrafricains décapités par les mercenaires russes dans l’indifférence totale des autorités centrafricaines.
Le sang coule encore à Zémio. Gamotto Péniel et son compagnon ne rentreront jamais chez eux. Leurs familles pleurent, leurs corps reposent dans la terre du Haut-Mbomou, mais leurs têtes demeurent introuvables. Crime abject commis par les mercenaires de Wagner, ce dimanche 1er juin vers 13h00, dans l’indifférence coupable du pouvoir de Bangui.
La barbarie à visage découvert
Dans cette localité du sud-est centrafricain, chef-lieu de sous-préfecture du Haut-Mbomou, la routine de la terreur s’est une fois de plus installée. Les deux jeunes hommes, enlevés dans l’enceinte même de la gendarmerie de Zemio, ont été traînés à un kilomètre de la ville, sur la route de Mboki, pour y subir l’ultime supplice. Décapitation. Méthode barbare que les “mercenaires ” russes ont érigée en signature macabre.
Cette tragédie s’inscrit dans la continuité logique d’une campagne de terreur instrumentée par Wagner contre les populations Zandé. En effet, une semaine plus tôt, les mercenaires avaient mené des raids nocturnes, maison par maison, dans Zémio. Leur crime ? Porter sur le corps les marques traditionnelles de la médecine ancestrale Zandé.
Quand la culture devient un crime capital
Ici, en terre centrafricaine, où les hôpitaux sont rares et la médecine moderne un luxe, nos ancêtres ont légué des savoirs millénaires. Les incisions corporelles, pratiquées avec des lames rituelles, constituent depuis la nuit des temps une protection spirituelle, un soin traditionnel ancré dans notre identité. Pour les Zandé, ces marques corporelles représentent bien plus qu’une tradition : elles incarnent une résistance culturelle face à l’adversité.
Mais pour Wagner et leurs complices des FACA, ces signes distinctifs valent arrêt de mort. Chaque cicatrice devient preuve d’appartenance aux groupes d’autodéfense Azandé. Chaque trace de lame transforme un civil en “rebelle” à abattre. Logique implacable d’un génocide culturel qui ne dit pas son nom.
L’engrenage de la mort
Trois jeunes arrêtés lors des perquisitions. Un qui s’évade miraculeusement. Deux qui restent. Une semaine d’attente. Puis Wagner débarque à la gendarmerie, extrait ses proies et les emmène vers leur calvaire. Exécution filmée selon la méthode habituelle : tête tranchée, placée entre les jambes des victimes, pour alimenter la propagande de la peur.
Les familles ont reconnu leurs enfants à leurs vêtements. Les corps décapités gisaient sur la terre rouge, abandonnés comme des déchets. Seules les têtes manquaient à l’appel, emportées sans doute comme trophées de chasse.
Bangui dans son déni criminel
Pendant que Zémio pleure ses morts, la capitale vaque à ses occupations. Le gouvernement Touadéra persiste dans son aveuglement volontaire. Fidèle Gouandjika, ministre-conseiller du président, continue ses louanges envers Wagner, “protecteurs de la démocratie centrafricaine”. Mensonge éhonté répété ad nauseam tandis que les exactions se multiplient.
Depuis 2021, le narratif officiel ne varie pas : Wagner aurait “sauvé” la République d’un coup d’État. Résultat ? Deux statues , dont celle d’Evgueni Prigojine érigées dans la capitale Bangui, pendant que les villages de l’intérieur subissent pillages, arrestations arbitraires et massacres en série.
Le prix du silence
Cette politique de l’autruche coûte cher en vies humaines. À Zémio, les familles endeuillées crient justice dans le vide. Leurs plaintes se perdent dans les couloirs du pouvoir, étouffées par les intérêts géopolitiques et les arrangements financiers.
Wagner opère en toute impunité, fort du soutien tacite des autorités. Chaque crime commis renforce l’emprise russe sur notre territoire. Chaque silence officiel légitime de nouveaux massacres.
L’Afrique face à ses démons
L’affaire de Zémio révèle les contradictions profondes d’un continent pris entre ses aspirations démocratiques et ses compromissions avec les forces obscures. Comment accepter qu’au nom de la “stabilité”, nos dirigeants bradent la vie de nos concitoyens ?
La République centrafricaine paie aujourd’hui le prix fort de ses alliances troubles. Wagner ne protège pas la démocratie : elle l’assassine méthodiquement, village après village, en commençant par éliminer ceux qui portent encore les stigmates de notre identité africaine.
Gamotto Péniel et son compagnon rejoignent la longue liste des victimes sacrifiées sur l’autel de la realpolitik. Leurs têtes coupées accusent. Leur sang versé témoigne. Notre silence complice condamne….
Le PRNC revendique une nouvelle victoire contre les mercenaires Wagner à Tali
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Le-general-Mahamat-Deya-chef-dEtat-major-du-PRNC.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le général Mahamat Déya, chef d’État-major du PRNC
Le Parti pour le Rassemblement de la Nation Centrafricaine (PRNC) a annoncé, dans un communiqué officiel daté du 1er juin 2025, avoir mené avec succès une deuxième offensive militaire contre les Mercenaires russes du groupe Wagner, le vendredi 30 mai 2025, dans la zone de Tali, préfecture de la Haute-Kotto. Selon le communiqué, cette opération a infligé « une nouvelle défaite humiliante aux Wagner, les forçant à se replier dans la confusion ».
Le PRNC affirme que cette attaque fait suite à une première opération victorieuse à Ouadda Maïkaga, qui avait déjà « mis à nu la vulnérabilité et la panique des forces étrangères sur notre sol ». À Tali, les combattants du PRNC ont contraint les mercenaires à fuir, au point que ces derniers ont dû « réquisitionner des motos de particuliers à Ouanda Djallé, faute de logistique et de soutien réel ». Le mouvement revendique ainsi une progression structurée, déclarant : « Ces opérations démontrent que le PRNC est en mouvement, structuré, et prêt à libérer la Centrafrique, village par village, territoire par territoire ».
Le communiqué s’en prend directement au président Faustin-Archange Touadéra et à ses ministres, notamment Djoubaye Abazène, accusés de « duplicité et mensonges » et de « trahir la nation en livrant notre souveraineté aux mercenaires russes de Wagner et aux troupes rwandaises ». Le PRNC dénonce également les exactions attribuées aux casques bleus rwandais à, qui, sous prétexte de « maintien de la paix », « violent, torturent, pillent et tuent en toute impunité ». Le mouvement proclame que « l’époque du silence et de la soumission est révolue » et que « le peuple est debout ».
Adressant un message direct à la Fédération de Russie, le PRNC accuse Moscou d’avoir abandonné son rôle de « défenseur des peuples opprimés » pour devenir un « occupant » en Centrafrique. Le communiqué va plus loin, affirmant que « Wagner et la Russie ne font plus qu’un » et que « ce sont les Russes, désormais, qui violent, torturent et massacrent en Centrafrique ».
Le PRNC conclut en promettant de poursuivre son combat jusqu’à la « libération totale » du pays, qualifiant ses actions de « coordonnées et légitimes ». Le mouvement avertit : « Nous savons où se trouvent ceux qui persécutent notre peuple. Nous irons les chercher. Et nous les neutraliserons. Ce n’est pas une menace. C’est une promesse ».
Ce communiqué, signé par le Bureau Politique du PRNC à Ouadda, reflète une escalade dans les tensions entre le mouvement et les forces étrangères en Centrafrique, dans un contexte de crise sécuritaire et politique persistante….
En République centrafricaine, les personnes albinos subissent rejet et préjugés ancrés dans les croyances. Leur combat pour l’égalité démontre une société encore divisée et injuste.
Yakenza Yigbe, présidente d’une association qui défend les droits des personnes albinos, porte leur voix avec une détermination sans faille : “Nous sommes des êtres humains, comme tout le monde. Nous voulons voter, apprendre, nous soigner, vivre dignement”. Pourtant, en République centrafricaine, beaucoup sont mis au ban de la société, parfois chassés par leur propre famille à cause de mythes anciens qui les lient à des malédictions. L’accès à l’éducation, aux soins médicaux ou à un emploi reste un chemin semé d’obstacles.
Cette réalité, Yakenza la connaît intimement. Elle dénonce le décrochage scolaire forcé de nombreux enfants albinos, l’absence de centres de santé équipés pour traiter leurs problèmes de peau ou de vision, et une marginalisation qui brise des vies. Ali Ousmane, de la Coordination des organisations musulmanes de Centrafrique (COMICA), souligne que ces discriminations sont si profondément enracinées qu’elles passent parfois pour normales. C’est une injustice, une blessure infligée à des citoyens qui aspirent simplement à participer à la société.
La RCA n’est pas un cas d’exception en Afrique. Ailleurs, les personnes albinos et d’autres minorités, comme les personnes handicapées, font face à des défis similaires, bien que des progrès émergent. En Tanzanie, par exemple, où les albinos ont subi des violences extrêmes liées à des superstitions, des organisations comme Under The Same Sun changent la donne. Elles offrent des bourses scolaires, des soins dermatologiques gratuits et sensibilisent les communautés rurales. Résultat : des enfants albinos retrouvent les bancs de l’école, et des adultes accèdent à des emplois, même si le chemin reste long.
Au Kenya, l’inclusion des personnes handicapées inspire. La loi de 2003 sur les personnes handicapées impose des aménagements dans les écoles et les lieux publics. Des initiatives comme le Kenya Union of the Blind fournissent des outils comme des livres en braille ou des applications vocales, permettant à des milliers de personnes d’étudier ou de travailler. Mais les mentalités, là-bas aussi, évoluent lentement, et l’exclusion persiste.
En Ouganda, les personnes atteintes de nanisme, souvent ridiculisées, gagnent en visibilité grâce à des associations comme Little People of Uganda. Ces groupes militent pour des infrastructures adaptées – bureaux, transports, et rappellent que la dignité ne dépend pas de la taille, mais du respect.
Ces exemples montrent que le changement est possible, mais il demande des efforts soutenus. En RCA, des initiatives locales, comme celles de la COMICA à Bangassou, s’attaquent aux préjugés. Soutenues par la Minusca, des organisations de la société civile produisent des rapports accablants : les albinos n’ont pas accès aux soins, sont absents des sphères décisionnelles et subissent une marginalisation qui frôle l’abandon. Ces documents alimentent des plaidoyers auprès du gouvernement et des partenaires internationaux pour obtenir des actions concrètes.
Yakenza Yigbe, elle, refuse de se taire. Son appel est un cri du cœur : “Le gouvernement doit protéger les personnes albinos. Nous avons besoin d’écoles inclusives, de centres de santé gratuits, de vraies solutions”. Elle rêve d’une Centrafrique où un enfant albinos ne sera plus ostracisé, où une personne handicapée accédera à un emploi sans être jugée, où les minorités ne seront plus reléguées aux marges.
Cette lutte dépasse les frontières de la RCA. Chaque avancée , une école adaptée en Tanzanie, une loi progressiste au Kenya, une association combative en Ouganda, est une victoire. Mais tant que des voix comme celle de Yakenza devront s’élever pour réclamer justice, le combat continuera. Ce n’est pas seulement une question de droits : c’est une question d’humanité….
Des mois après l’arrivée d’une nouvelle entreprise pour produire les passeports à Bangui, les retards et obstacles administratifs indignent toujours les demandeurs.
À Bangui, obtenir un passeport biométrique est un parcours semé d’embûches. Depuis le changement d’opérateur annoncé en décembre 2024, la situation n’a fait qu’empirer. La suspension de la délivrance des passeports, effective à partir du 30 décembre 2024, devait permettre une transition vers un nouveau système plus moderne. Mais cinq mois plus tard, en juin 2025, les citoyens se heurtent encore à des retards, des dossiers perdus et des frais supplémentaires imprévus. Parmi eux, une jeune femme de 22 ans incarne le désarroi de nombreux demandeurs, coincée dans un système qui semble avoir oublié son existence.
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Michel Nicaise Nassin, avait présenté cette suspension comme une étape nécessaire pour transférer les données vers le nouvel opérateur, après la fin du contrat avec l’ancienne entreprise. En janvier 2025, les autorités ont annoncé la reprise de la délivrance des passeports, mais pour beaucoup, cette promesse manque de crédibilité. Les demandeurs ayant payé l’ancien opérateur se retrouvent dans une impasse. Leurs dossiers, souvent introuvables, les obligent à recommencer le processus, y compris à repayer les frais de 50 000 CFA. Cette situation touche des centaines de personnes, mais l’histoire de cette jeune femme de 22 ans, prénommée Prisca(nom modifié pour protéger son identité), explique particulièrement bien l’absurdité du système.
Prisca a soumis sa demande de passeport en décembre 2024, payant 50 000 CFA à l’ancienne entreprise, comme des dizaines d’autres demandeurs. Elle rêvait de poursuivre ses études à l’étranger, un projet qui dépend entièrement de l’obtention de ce document. Après avoir attendu des semaines, elle s’est rendue au centre d’enrôlement pour prendre sa photo biométrique, étape clé du processus. Mais là, on lui a répondu que son dossier était introuvable. « J’ai payé, j’ai fait tout ce qu’on m’a demandé, mais ils disent que mon dossier n’existe pas », raconte-t-elle. Depuis, Prisca enchaîne les allers-retours, sans réponse claire ni solution. Chaque visite au centre d’enrôlement est un rappel douloureux de l’argent perdu et du temps qui file, mettant en danger ses projets d’avenir.
Comme Prisca , de nombreux demandeurs sont laissés pour compte. Les paiements effectués auprès de l’ancienne entreprise semblent avoir disparu avec la transition, sans que le gouvernement n’explique comment ces fonds seront récupérés ou remboursés. « C’est comme si on nous punissait d’avoir suivi les règles », confie un autre demandeur, un père de famille qui a besoin d’un passeport pour son déplacement à l’étranger. Le coût de 50 000 CFA, déjà élevé dans un pays où l’économie est fragile, devient un fardeau encore plus lourd quand il faut payer une seconde fois. Certains rapportent même des demandes de frais supplémentaires pour « accélérer » les dossiers, une pratique qui ajoute à l’exaspération générale.
Le manque de préparation dans cette transition est clair. Le gouvernement n’a pas anticipé les problèmes liés au transfert des dossiers et des paiements, laissant des citoyens comme Prisca dans une situation désespérante. « Je ne sais plus quoi faire », confie-t-elle. « Mes plans pour étudier à l’étranger sont bloqués, et personne ne peut me dire quand ça va s’arranger. » Ses visites répétées au centre d’enrôlement, parfois sous un soleil brûlant de la capitale, n’ont abouti qu’à des réponses vagues : « Revenez plus tard », ou « On ne trouve pas votre dossier ». Pour Amina, chaque jour d’attente est une occasion manquée, un rêve qui s’éloigne un peu plus.
Cette crise ne date pas d’aujourd’hui. Dès août 2024, des rapports décrivaient un système de délivrance de passeports chaotique, avec des lenteurs et des accusations de corruption. La transition vers un nouvel opérateur devait apporter des améliorations, mais elle a au contraire aggravé les choses.
La situation de Prisca n’est pas un cas exceptionnel, mais elle met un visage humain sur un problème systémique. À 22 ans, elle devrait être en train de préparer son avenir, non pas de courir après un document qui semble hors de portée. « Je me sens abandonnée par le système », dit-elle, résumant le sentiment de milliers de Centrafricains confrontés à la même galère….
les cartes nationales d’identité , un calvaire pour les citoyens des provinces
Centrafrique.org/un-moto-taximan-a-bangui-devant-un-vehicule-de-la-gendarmerie-et-pret-a-depasser-un-policier-au-controle/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Un-moto-taximan-a-Bangui-devant-un-vehicule-de-la-gendarmerie-et-pret-a-depasser-un-policier-au-controle-450×335.jpg” alt=”les éléments de forces de l’ordre, policiers et gendarmes en mouvement pour le contrôle des pièces nationales d’identité” width=”450″ height=”335″ />Un moto taximan à Bangui devant un véhicule de la gendarmerie et prêt à dépasser un policier au contrôle
En République centrafricaine, obtenir une carte nationale d’identité dans les villes de province est un défi colossal, parfois avec des retards et des abus.
En effet, dans les villes de province, comme Bambari, Bouar, Carnot, Nola ou Bossangoa, la délivrance des cartes nationales d’identité est un véritable parcours d’obstacles. Que ce soit dans l’est, le nord, le sud ou l’ouest du pays, les citoyens font face à des délais interminables et à une administration défaillante. Les habitants de ces régions, éloignées de Bangui, doivent souvent attendre des mois, voire des années, pour recevoir ce document essentiel. Lorsqu’ils déposent leur demande, généralement dans un commissariat ou une sous-préfecture, on leur remet un récépissé censé servir de pièce d’identité temporaire. Mais ce bout de papier, censé prouver leur démarche, est rarement respecté. Les dossiers sont envoyés à Bangui pour traitement, et là, le suivi s’arrête. Personne ne sait si les cartes sont produites, perdues ou simplement oubliées. Certains habitants reçoivent leur document, d’autres non, sans explication. Cette situation touche toutes les provinces, de la Ouaka à la Nana-Mambéré, en passant par la Ouham ou la Sangha-Mbaéré. Les citoyens, qu’ils soient commerçants, étudiants ou agriculteurs, se retrouvent coincés, incapables de circuler librement ou de mener leurs activités sans crainte.
Prenons l’exemple de Berberati, une ville de la préfecture de la Mambéré-Kadéï, située à 584 km à l’ouest de Bangui. En septembre 2024, une équipe de la société libanaise Almadina, chargée de produire les cartes d’identité, s’est rendue sur place pour collecter les demandes. Les habitants ont afflué au commissariat, remplissant les formulaires et payant les frais requis. Parmi eux, un centrafricain, Hamidou Hamawa, un résident de Sosso-Nakombo, a déposé sa demande le 25 septembre 2024. Huit mois plus tard, il n’a toujours pas reçu sa carte. À chaque visite au commissariat, on lui répond que c’est « en cours », sans plus de détails. Comme lui, des dizaines d’autres demandeurs attendent, sans savoir si leur carte arrivera un jour. À Berberati, comme ailleurs, le manque de transparence est criant : aucun suivi des dossiers n’est proposé, et les citoyens restent dans l’ignorance. Ce problème n’est pas nouveau. Chaque année, des campagnes de délivrance de cartes sont annoncées, mais les résultats sont toujours les mêmes : une poignée de cartes livrées, et une majorité de demandeurs laissés pour compte.
Le calvaire ne s’arrête pas là. Dans les villes de province, les citoyens sans carte d’identité sont régulièrement harcelés aux barrages routiers par les gendarmes, les policiers ou les soldats des Forces armées centrafricaines (FACA). À Berberati, Bouar, Bambari ou Nola, les checkpoints sont omniprésents. Lorsqu’un voyageur présente son récépissé, les agents refusent souvent de le reconnaître comme un document valide. Ils exigent la carte originale, introuvable pour ceux qui attendent encore. À Bambari, Mohamed Saleh raconte qu’à chaque contrôle, on lui demande de payer pour passer. Les montants varient, mais le principe est le même : sans argent, pas de passage. Dans d’autres villes, comme Bossangoa ou Carnot, les habitants rapportent des expériences similaires. Les agents accusent parfois les centrafricains sans-cartes national d’identité d’être des « rebelles de la CPC », une menace utilisée pour intimider et extorquer de l’argent. Même les commerçants, qui voyagent fréquemment, ne sont pas épargnés. À Kaga-Bandoro, un commerçant a été forcé de payer 5 000 FCFA à un barrage lorsqu’il a quitté sa ville pour se rendre à Sibut, malgré son récépissé en règle. Ces pratiques sont monnaie courante, transformant les routes des provinces en zones de racket organisé. Les citoyens, déjà pénalisés par une administration inefficace, se retrouvent doublement victimes, coincés entre l’attente de leur carte et les abus des agents aux barrages….
Face à la crise, Les champignons, une alternative alimentaire à Bossangoa
Bozoum.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/marche-du-soir-du-village-pres-de-bozoum-450×337.jpg” alt=”Marché du soir du village Boyabane, 60 km de Bossemptélé, 20kn de Bozoum, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé, en Centrafrique” width=”450″ height=”337″ />Marché du soir du village Boyabane, 60 km de Bossemptélé, 20kn de Bozoum.Photo CNC
Dans un contexte de flambée des prix de la viande et de crises récurrentes, les centrafricains cherchent des alternatives pour survivre, au risque de leur vie. À Bossangoa, les champignons sauvages émergent comme une alternative alimentaire clé. Vendus à bas prix sur les marchés de Bossangoa, ils permettent aux ménages de pallier le manque de protéines animales tout en dynamisant l’économie informelle. Toutefois, cette pratique, bien que courante dans d’autres régions du pays, n’est pas exempte de risques.
Une pratique ancienne, amplifiée par la crise
La consommation de champignons n’est pas nouvelle en RCA, pas plus qu’ailleurs. Dans la Lobaye, les chenilles sont prisées ; à l’Est, notamment dans la Basse-Kotto et le Mbomou, le poisson domine ; Dans la Vakaga, les populations locales valorisent également des produits aquatiques. En RCA, les champignons sauvages, abondants en saison des pluies, sont devenus un substitut incontournable face à la rareté et au coût prohibitif de la viande. Cette situation découle en grande partie des violences récurrentes contre les éleveurs, qui ont fui vers des pays voisins comme le Tchad ou le Cameroun.
Les éleveurs peuls, en particulier, sont confrontés à des rackets, des taxes illégales et des conflits avec les agriculteurs, souvent redoublé par des groupes armés. « Les éleveurs qui traversent les différentes régions du pays sont taxés à outrance par les forces de l’ordre, parfois jusqu’à 25 000 FCFA par personne et par tête de bétail, et on leur demande des pièces d’identité absurdes », explique un commerçant de la Nana-Bakassa. Cette insécurité entraîne une pénurie de viande et une flambée des prix, poussant les populations à se tourner vers des produits locaux comme les champignons, les chenilles ou les légumes sauvages.
Les champignons : un “roi” abordable mais risqué
Sur le marché central de Bossangoa, les étals de champignons attirent une clientèle nombreuse. « Avec 1 500 FCFA, je peux nourrir ma famille pendant deux jours », confie une mère de famille, panier à la main. Nutritifs et accessibles, les champignons contrastent avec la viande, devenue un luxe pour beaucoup. À Bossangoa, Bouca, Berberati, cette ressource saisonnière est devenue un pilier de la sécurité alimentaire.
Pourtant, la consommation de champignons sauvages comporte des risques sanitaires majeurs. En RCA, des intoxications mortelles sont régulièrement signalées. Par exemple, en 2023, un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) mentionnait plusieurs cas d’empoisonnement dans la préfecture de l’Ouham, où des familles ont consommé des variétés toxiques, entraînant des décès. « Je reconnais les bons champignons, mais certains vendeurs peu scrupuleux ramassent tout ce qu’ils trouvent », déplore Angèle, une cueilleuse expérimentée. Les autorités sanitaires locales appellent à n’acheter qu’auprès de cueilleurs professionnels et à sensibiliser les populations aux dangers.
Une économie informelle portée par les femmes
Pour de nombreuses femmes rurales, la cueillette et la vente de champignons sont une source de revenus essentielle.« Chaque matin, je pars en brousse pour ramasser des champignons frais », raconte une vendeuse de Bossangoa. Cette activité, bien que saisonnière, permet à des familles entières de survivre dans un contexte d’inflation galopante (estimée à plus de 10 % en 2024 par la Banque mondiale). À l’échelle locale, cette économie informelle compense partiellement l’absence de filières agroalimentaires structurées.
Perspectives : diversification et vigilance
Si les champignons et autres produits locaux (chenilles, poissons, légumes sauvages) jouent un rôle dans la survie alimentaire, ils ne suffisent pas à résoudre les défis structurels de la RCA. Les experts appellent à diversifier les sources de protéines, par exemple via l’aquaculture ou la culture de légumineuses, et à renforcer les contrôles sanitaires pour limiter les intoxications. Par ailleurs, la stabilisation des filières d’élevage nécessite une lutte contre l’insécurité et les pratiques de racket, afin de permettre le retour des éleveurs et une baisse des prix de la viande.
À Bossangoa, les champignons incarnent une stratégie de résilience face à la crise, mais leur consommation souligne aussi les fragilités d’un système alimentaire sous pression. En RCA, comme dans d’autres régions, les populations s’adaptent avec ingéniosité, mais des solutions durables restent indispensables….