Flash Info : Désertion massive de soldats FACA de Zémio vers la RDC
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/09/Les-soldats-FACA-revenant-de-patrouille-a-Obo.png” data-wpel-link=”internal”>Les soldats FACA de retour d’une patrouille à Obo. CopyrightCNC
Zémio, chef-lieu de la sous-préfecture du Haut-Mbomou, située à plus de 1000 km de Bangui, connaît une crise sans précédent. En raison de tensions persistantes entre les éléments de Forces Armées Centrafricaines (FACA) et les Mercenaires russes du groupe Wagner, 58 soldats FACA ont déserté la ville ce mardi 3 juin pour traverser la rivière Mbomou et se réfugier en République Démocratique du Congo (RDC).
Ces désertions, débutées timidement il y a quelques semaines, ont pris une ampleur massive ce jour.
Par ailleurs, la ville de Zemio vit aujourd’hui au rythme des tambours de guerre. Les miliciens Azandés, ces fils du terroir qui n’ont jamais accepté la domination étrangère, ont bouclé tous les accès. Leur message est clair : Wagner n’est pas le bienvenu sur leurs terres ancestrales.
Cette situation rappelle les conflits intercommunautaires qui ont jadis embrasé notre nation. Mais cette fois, l’enjeu dépasse les clivages ethniques traditionnels pour toucher à la question fondamentale de la souveraineté.
La population civile paie, comme toujours, le prix fort de ces tensions géopolitiques. Entre 300 et 500 âmes résistent encore dans cette cité fantôme, dont une communauté musulmane particulièrement vulnérable dans ce contexte sécuritaire dégradé. Les autres ont déjà fait leurs bagages, emportant avec eux l’espoir d’un retour prochain.
Cette fuite massive vers la RDC voisine témoigne de la défiance des populations envers les solutions sécuritaires imposées de l’extérieur. Nos compatriotes préfèrent l’exil à l’incertitude d’un quotidien rythmé par les rivalités entre forces armées.
Touadéra cède un siècle de terres centrafricaines à des investisseurs étrangers via la cryptomonnaie
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Remise-des-arcs-de-guerre-des-ancetres-des-Yakoma-et-Sango-par-Moussa-Kembe-a-Touadera.jpg” data-wpel-link=”internal”>Remise des arcs de guerre des ancêtres des Yakoma et Sango par Moussa Kembé à Touadera.
Par un décret présidentiel, Touadéra cède 1 777 hectares de terres centrafricaines pour 99 ans à des étrangers, via la cryptomonnaie $CAR, provoquant l’indignation.
Le 29 mai 2025, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro a signé le décret n°25.062, attribuant 1 777 hectares de terres à l’ouest de Bossangoa, dans l’Ouham, au projet SCAR pour une durée de 99 ans. Ce décret, annoncé sur les réseaux sociaux par le président, précise que ces terres seront tokenisées et accessibles en ligne via la cryptomonnaie centrafricaine $CAR, sur la blockchain Solana, dès juin. Présentée comme une avancée pour la transparence et la modernisation, cette décision alimente une vive controverse, perçue par beaucoup comme une aliénation du patrimoine national au profit d’intérêts étrangers, notamment liés à Singapour.
Un décret contesté
Ce décret s’appuie sur plusieurs textes, dont la Constitution du 30 août 2023, la loi n°23.010 du 24 juillet 2023 sur la tokenisation des ressources naturelles et foncières, et le Code domanial et foncier de 1960, modifié par des ordonnances entre 1967 et 1976. Ces références visent à donner un vernis de légalité à l’opération, mais elles ne calment pas les critiques. En 2022, la Centrafrique avait déjà tenté d’adopter le bitcoin et la cryptomonnaie Sango comme monnaies officielles, une initiative critiquée par le FMI pour son décalage avec les réalités du pays, où l’accès à l’électricité et à Internet reste limité. La loi de 2023, votée par une Assemblée nationale favorable à Touadéra, a ouvert la voie à la tokenisation des terres et des ressources, permettant à des investisseurs étrangers d’acquérir des actifs via des transactions numériques.
En 2022, la Cour constitutionnelle avait pourtant bloqué une proposition similaire, estimant qu’elle portait atteinte à la souveraineté nationale en facilitant l’accès des étrangers aux terres et ressources du pays. Malgré cet avertissement, le gouvernement persiste, et ce décret est vu comme un pas de plus vers la cession de pans entiers du territoire centrafricain.
Une cession de terres pour un siècle
Le projet SCAR, au cœur du décret, vise à transformer ces 1 777 hectares en actifs numériques échangeables via la cryptomonnaie $CAR. Si l’objectif affiché est de simplifier la gestion foncière, les implications sont inquiétantes. Une concession de 99 ans équivaut, dans les faits, à une perte de contrôle quasi définitive sur ces terres. Les bénéficiaires, dont l’identité reste vague, pourraient être des investisseurs étrangers, notamment de Singapour, où des acteurs financiers montrent un intérêt croissant pour les cryptomonnaies africaines. Cette durée exceptionnelle, proche d’un siècle, pousse à s’interroger sur l’avenir des terres centrafricaines et sur les bénéfices réels pour les populations locales, déjà fragilisées par des années de conflits.
Les opposants dénoncent une “haute trahison”, accusant Touadéra de brader le patrimoine national pour des gains financiers à court terme. Dans un pays riche en ressources mais plombé par la pauvreté, cette tokenisation risque de priver les communautés de Bossangoa de leurs terres, sans garantie que les retombées économiques leur profiteront.
Un entourage présidentiel sous le feu des critiques
Le président n’agit pas seul. Son directeur de cabinet, Obed Namsio, est un fervent défenseur de ces initiatives. En 2022, il avait soutenu l’adoption du bitcoin, présentant la Centrafrique comme un pionnier de la finance numérique. Pourtant, ces projets ambitieux semblent déconnectés des réalités d’un pays où les infrastructures de base manquent cruellement. La justice, souvent perçue comme alignée sur le pouvoir, est également pointée du doigt pour son inaction face à ces décisions controversées. L’absence de débat public et l’exclusion des populations des discussions renforcent le sentiment d’une politique imposée par une élite éloignée des besoins du peuple.
Une politique dans la continuité des polémiques
Ce décret s’inscrit dans une série de choix qui divisent. En 2023, le référendum constitutionnel, soutenu par Touadéra, a supprimé la limitation des mandats présidentiels, consolidant son pouvoir. La même année, la tokenisation des ressources a été actée, malgré les critiques de l’opposition et des observateurs internationaux. Aujourd’hui, l’attribution de ces terres à Bossangoa relance les accusations de “bradage” du territoire, dans un contexte où la Centrafrique reste sous l’influence de partenaires controversés, comme des acteurs russes liés au groupe Wagner, accusés d’exploiter les ressources du pays.
En signant ce décret, Faustin-Archange Touadéra engage la Centrafrique sur une voie périlleuse. La tokenisation, malgré son apparence technologique, risque de livrer des terres à des intérêts étrangers pour un siècle, au détriment des Centrafricains. Les habitants de Bossangoa, déjà éprouvés par des années d’instabilité, pourraient perdre l’accès à leurs terres sans voir les bénéfices promis. Ce choix, loin d’être une simple formalité administrative, est perçu comme une atteinte grave à la souveraineté nationale, laissant craindre une aliénation durable des richesses du pays….
Ali Darassa, on va te tuer! On va te tuer! Déclare le ministre conseiller à la présidence Fidèle Gouandjika
Centrafrique.org/tentatives-de-destabilisation-du-tchad-lupc-met-en-garde-touadera-et-sa-suite/le-chef-rebelle-ali-darassa-et-ses-hommes-dans-la-localite-du-mbomou/” rel=”attachment wp-att-68447″ data-wpel-link=”internal”>Le chef rebelle Ali Darassa avec ses hommes dans la région du Mbomou
Les menaces de mort proférées par Fidèle Gouandjika contre Ali Darassa dans une vidéo virale sur Facebook agitent la Centrafrique et menacent la fragile paix.
En avril dernier, un accord de cessez-le-feu signé à N’Djamena, au Tchad, entre le mouvement 3R et l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), dirigée par Ali Darassa, semblait promettre une désescalade dans le conflit centrafricain. Ce texte prévoyait un arrêt des combats, l’intégration de certains rebelles dans les forces armées nationales et, potentiellement, l’accès de leurs leaders ou proches à des postes de responsabilité dans le gouvernement ou l’administration publique. Une tentative de pacification ambitieuse, mais qui a immédiatement provoqué des oppositions au sein du pouvoir, notamment de la part de Fidèle Gouandjika, ministre conseiller à la présidence et proche du président Faustin-Archange Touadéra.
Dans une vidéo diffusée en direct sur son compte Facebook, relayée massivement, Gouandjika a tenu des propos d’une rare virulence. « Touadéra, non ! Pas avec Ali Darassa ! Les Centrafricains ne veulent pas de Darassa ! », a-t-il répété avec force. Il reproche au chef de l’UPC d’être responsable de nombreux crimes contre la population. « S’il vient ici, on va le tuer ! Soldats FACA, tuez-le ! », a-t-il lancé, incitant ouvertement à l’assassinat de Darassa. Ces déclarations, d’une gravité exceptionnelle pour un haut responsable, défient l’accord de paix signé sous l’égide tchadienne et exposent les fractures au sein de l’élite politique centrafricaine.
Ali Darassa, d’origine tchado-nigérienne, est une figure centrale du conflit. Arrivé en Centrafrique au sein de la coalition Séléka, il crée l’UPC en 2014 après la dissolution de ce mouvement. Son groupe est accusé par des organisations internationales, y compris l’ONU, de multiples exactions : meurtres, viols, pillages et déplacements forcés. En 2021, le Trésor américain a imposé des sanctions contre lui, l’accusant d’« abus graves des droits humains », notamment pour l’attaque de 2018 contre un camp de déplacés à Alindao, qui a tué au moins 112 personnes. Pour Gouandjika, cet accord avec Darassa équivaut à une « trahison » du peuple centrafricain, un mot chargé qui semble viser indirectement le président Touadéra, accusé implicitement de compromission.
L’intégration d’anciens rebelles dans les sphères du pouvoir n’est pas nouvelle, mais elle reste controversée. Le cas de Hassan Bouba, ministre de l’Élevage et de la Santé animale, en est un exemple. Ancien cadre de l’UPC, Bouba a été arrêté en 2021 par la Cour pénale spéciale pour son implication présumée dans le massacre d’Alindao. Libéré dans des circonstances opaques, avec la possible intervention de mercenaires russes de Wagner, il siège aujourd’hui au gouvernement, malgré une maîtrise limitée du français et de sango, langue nationale. Sa présence au conseil des ministres, comme celle d’autres ex-rebelles, alimente un sentiment d’injustice et de méfiance parmi la population et certaines élites.
Les propos de Gouandjika interrogent également le rôle de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca). Chargée de promouvoir la paix et la cohésion sociale, elle n’a pas réagi publiquement à cette incitation à la violence formulée par un ministre. Ce silence renforce l’impression que les institutions internationales peinent à influencer les dynamiques nationale. Dans un pays où les tensions ethniques et religieuses, souvent exploitées par les groupes armés, restent vives, de telles déclarations risquent d’attiser les violences, particulièrement dans les zones d’influence de l’UPC, comme la Ouaka, Basse-Kotto , ou le Mbomou.
L’accord de N’Djamena, conçu pour stabiliser la Centrafrique, se heurte ainsi à des résistances internes et à un climat de défiance généralisé. Les paroles de Gouandjika révèlent un malaise profond : celui d’un pays où la réconciliation bute sur les cicatrices du passé et les compromis du présent. À l’approche des élections locales et présidentielle de 2025, cette polémique pourrait redoubler les tensions et fragiliser un État déjà en proie à de multiples crises.
À l’université de Bangui, le département d’anthropologie est englué dans une désorganisation du jamais vue qui compromet le parcours académique des nombreux étudiants.
À la faculté des lettres et des sciences humaines de l’université de Bangui, comme dans d’autres départements tels que le droit ou l’économie, la désorganisation est devenue monnaie courante. Les étudiants font face à un manque de suivi, des enseignants souvent absents et une gestion administrative défaillante. Mais c’est au département d’anthropologie que la situation atteint un point critique, avec le cas emblématique d’un professeur, M. Tebero, dont l’attitude compromet sérieusement le parcours des étudiants.
L’enseignant Josias tebero
Chargé de superviser leurs rapports de fin d’année, il néglige ses responsabilités, ignore les brouillons envoyés par e-mail, annule des rendez-vous et repousse les étudiants qui cherchent son aide, les laissant livrés à eux-mêmes. Quand ils essaient de le rencontrer, il fixe des rendez-vous qu’il ne respecte pas ou les renvoie sans les écouter, insistant pour tout gérer par voie électronique.
Ce manque d’accompagnement a des conséquences sérieuses. L’année dernière, deux étudiants n’ont pas pu finaliser leur rapport à cause de l’absence de suivi, ce qui les a conduits à rater leur année. Désemparés, ils se sont adressés au doyen de la faculté, Jean-Claude Azoumaye, pour demander un autre superviseur. Leur requête, bien que raisonnable, a été rejetée : le doyen a expliqué qu’un changement de professeur n’était pas possible.
Au lieu de chercher une solution pour ces deux étudiants, le doyen a aggravé les choses. Après avoir reçu les étudiants, il a contacté M. Josias Tebero pour lui rapporter leurs plaintes, en mentionnant leurs noms et leurs propos. Cette indiscrétion a entraîné une réponse inacceptable de la part du professeur Josias Tebero. Lors d’un cours, il a interpellé les deux étudiants devant leurs camarades, les obligeant à se lever pour les réprimander publiquement. Il leur a déclaré qu’ils n’obtiendraient jamais leur licence tant qu’il serait en poste. Ce comportement, qui relève de l’intimidation, est indigne d’un enseignant et va à l’encontre des principes d’une relation éducative.
Dans un cadre légal plus strict, de tels agissements pourraient être qualifiés de harcèlement moral, avec des conséquences judiciaires possibles. En République centrafricaine, bien que les règles soient moins claires dans le contexte universitaire, ces pratiques restent inacceptables et nuisent gravement aux étudiants.
Ces incidents ne sont pas des exceptions à l’université de Bangui. De nombreux étudiants décrivent des situations similaires : des enseignants qui négligent leurs responsabilités, des attitudes oppressives, et parfois des comportements inappropriés, sans qu’aucune mesure ne soit prise. Le doyen Azoumaye, censé garantir le bon fonctionnement de la faculté, semble au contraire maintenir ce système défaillant. Le rectorat, bien qu’au courant de ces problèmes, reste inactif, laissant les étudiants sans solution face à des pratiques qui les découragent.
Pour les deux étudiants ciblés par M. Josias Tebero, l’issue a été douloureuse : ils ont abandonné leurs études à Bangui. Certains sont partis en province, d’autres peut-être à l’étranger, cherchant un cadre plus favorable pour poursuivre leur formation. Leur départ montre à quel point ce système peut pousser les jeunes à renoncer.
En un mot, l’université de Bangui devrait être un lieu où les étudiants bâtissent leur avenir, pas un obstacle à leurs projets. Les responsables, du rectorat au ministère de l’Enseignement supérieur, doivent intervenir pour rétablir l’ordre.
Où est Michel Trogode, chef du centre de santé de Djema, 2 semaines après son enlèvement par les mercenaires russes ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/michel-trogode.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/michel-trogode-278×450.jpg” alt=”Capture d’écran de la vidéo de monsieur Michel Trogode, chef de centre de santé de Djema” width=”278″ height=”450″ />Capture d’écran de la vidéo de monsieur Michel Trogode, chef de centre de santé de Djema Screenshot
Michel Trogode, responsable du centre de santé de Djéma, enlevé le 19 mai 2025 par des mercenaires russes, demeure introuvable, au grand désarroi de sa famille.
Le 19 mai 2025, Michel Trogode, chef du centre de santé de Djéma, localité située à 125 kilomètres de Zemio, au sud-Est de Bangui, en République centrafricaine, a été enlevé par des mercenaires du groupe Wagner. Cet acte fait suite à une déclaration publique de Michel Trogode sur les réseaux sociaux, dans laquelle il accusait le député de Djéma, Lambert Akovourou, ainsi que le maire de la ville, d’avoir organisé l’enlèvement et l’assassinat du sous-préfet, Dieudonné Zangbe Nguilelo. Ce dernier, kidnappé le 14 avril 2025, a été retrouvé mort le 17 mai, à deux kilomètres de Djéma. La vidéo incriminée, diffusée une semaine avant l’enlèvement, semble avoir précipité la disparition de Michel Trogode.
Ce jour-là, des mercenaires l’ont emmené de force à bord d’un hélicoptère, vers une destination inconnue. Depuis, aucun signe de vie. Sa famille et les habitants de Djéma sont plongés dans l’incertitude. Des rumeurs font état de ce qu’il pourrait être détenu à Bangui, notamment dans l’une des prisons secrètes attribuées à Wagner : l’une, au sous-sol de piste d’hélicoptère au camp de Roux, l’autre, près de l’aéroport de Bangui-M’poko, jouxtant la base de l’armée de l’air. Ces lieux, réputés inaccessibles, même aux plus hautes autorités du pays, seraient le lieu de traitements inhumains : tortures, injections empêchant les fonctions corporelles, isolement prolongé. D’autres hypothèses évoquent Bambari ou Bria, mais rien n’est confirmé.
Toutefois, la disparition de Michel Trogode a des répercussions dramatiques à Djéma. Unique soignant qualifié du centre de santé, son absence prive la population de soins essentiels. Le gouvernement n’a pris aucune mesure pour pourvoir son poste, abandonnant les habitants à leur sort….
La ville de Zémio, dans le Haut-Mbomou, continue de vivre des heures sombres de son histoire. Les Mercenaires russes du groupe Wagner et les éléments de Forces Armées Centrafricaines s’affrontent violemment, pendant que la population, prise entre les deux feux, fuit vers la RDC.
En effet, c’est un incident grave qui secoue la préfecture du Haut-Mbomou depuis cinq jours. À Zémio, localité située à plus de 1000 kilomètres au sud-est de Bangui, les relations entre les mercenaires russes du groupe Wagner et les éléments de Forces Armées Centrafricaines (FACA) ont atteint un point de non-retour.
Tout a basculé lorsque Wagner a exigé du commandant des FACA de déployer ses hommes pour des patrouilles conjointes en périphérie de la ville. Face au refus catégorique de l’officier centrafricain, les mercenaires russes ont réagi avec une violence inouïe : ils ont sauvagement tabassé le commandant.
Cette agression s’inscrit dans un climat de défiance croissant. Il y a deux semaines déjà, une dizaine de soldats FACA avaient refusé de patrouiller aux côtés de Wagner. Conséquence immédiate : les russes ordonnent leur désarmement. Cinq d’entre eux, excédés par ces conditions de travail dégradées, ont même quitté Zémio à pied en direction de Bangassou.
Un exode massif vers la RDC
Pendant que les tensions s’exacerbent entre forces “alliées”, la population civile paie le prix fort. Les habitants de Zémio, majoritairement des Azandés autochtones, fuient massivement leur ville natale. Ils traversent le fleuve Mbomou pour chercher refuge en République Démocratique du Congo.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : moins de 2000 personnes demeurent aujourd’hui à Zémio. Parmi elles, quelques 300 Zandés, des centrafricains de la communauté musulmane et peules, ainsi que les forces armées. La ville, autrefois animée, ressemble désormais à un camp retranché.
L’ombre des miliciens Azandés
Wagner justifie sa nervosité par la menace que représenteraient les miliciens Azandés. Selon les mercenaires russes, ces derniers, en provenance de Djéma, Mboki et Bangassou, encercleraient Zémio avec l’intention de l’attaquer à nouveau.
Cette situation révèle l’ironie tragique du conflit centrafricain. Ces mêmes miliciens Azandés, autrefois formés par Wagner sous l’appellation “Wagner Ti Azandé”, se retournent aujourd’hui contre leurs anciens instructeurs. Un retournement d’alliance qui illustre la complexité des enjeux dans le pays.
Un État fragilisé
Pour les autorités centrafricaines, l’humiliation subie par leur commandant à Zémio constitue un camouflet diplomatique majeur. Malgré l’agression, l’officier reste en poste, symbole d’une présence étatique de plus en plus précaire dans cette région reculée du pays.
Aussi, les désertions se multiplient au sein des FACA, révélant les limites de la coopération militaire avec Wagner. Dans le Haut-Mbomou, l’État centrafricain peine à imposer son autorité face aux appétits des mercenaires russes et aux revendications des miliciens Azandé.
Alors que les derniers habitants quittent Zémio, la ville demeure un baril de poudre prêt à exploser. Entre Wagner qui veut dicter sa loi, des FACA humiliées mais contraintes de collaborer, et des miliciens Azandés aux portes de la ville, tous les ingrédients d’une nouvelle escalade sont réunis….
Boromata : Le sang coule encore sur la route de la mort
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/boromata.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le chef milicien autodéfense de Boromata, communement appelé russe noir, tué par des malfaiteurs soudanais le samedi 23 mai 2025boromata à Vodomassa, 32 kilomètres de Boromata
Les bandits soudanais frappent à nouveau près de Boromata. Un milicien d’autodéfense paie de sa vie la protection des siens.
Dimanche 1er juin 2025, vers 15h30. La route qui mène du village 5 Kilos à Boromata s’est à nouveau transformée en piège mortel. À 40 kilomètres de cette ville du nord-est centrafricain, six bandits armés soudanais ont tendu une embuscade fatale. Bilan : un milicien d’autodéfense tué, une région qui saigne depuis des années.
La route maudite de tous les dangers
Dans cette partie oubliée de la Vakaga, la mort rôde sur cette route sablonneuse défoncé. Chaque jour que Dieu fait, les “coupeurs de route” – comme on les appelle ici, traversent la frontière soudanaise pour semer la terreur. Leur terrain de chasse favori ? Ce tronçon maudit entre 30 et 40 kilomètres de Boromata, particulièrement aux alentours des 32-35 kilomètres sur l’axe de 5 Kilos, distant de 70 kilomètres.
“Ils viennent comme des vautours”, raconte Ibrahim, commerçant à Boromata. “Téléphones, argent, motos et tout autre bien de valeur… tout y passe. Nous, on n’existe plus sur notre propre terre en Centrafrique “.
Les barrages sauvages se succèdent. Les voyageurs se font dépouiller. L’État centrafricain brille par son absence. Seuls les jeunes du coin, organisés en milices d’autodéfense, tentent de faire face à cette hémorragie sécuritaire.
Le cycle infernal de la vengeance
L’engrenage de la violence s’est accéléré il y a quinze jours. Trois miliciens de Boromata, partis secourir des victimes d’attaque, sont tombés dans un guet-apens mortel. La riposte ne s’est pas fait attendre. Les jeunes de 5 Kilos, Gordil et Tiringoulou ont traqué les bandits et abattu au passage un homme, un berger Soudanais.
Cette mort a mis le feu aux poudres. Les redoutables Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises ont aussitôt menacé de raser Boromata. Ils sont venus s’installer à 32 kilomètres du village en attente. Pour éviter le bain de sang, les sages du village ont procédé aux négociations avec les assaillants. Ces derniers ont exigé un dia”, cette compensation traditionnelle de 30 bœufs.
Dimanche sanglant sur la route de l’espoir
Ce dimanche 01 juin, un convoi de commerçants et de jeunes quittait 5 Kilos, direction Boromata. À bord d’un camion, deux miliciens d’autodéfense assuraient la protection. L’espoir d’un voyage sans encombre s’est brisé net à 40 kilomètres de destination.
Six bandits, deux motos, des armes automatiques. Le piège s’est refermé dans un fracas d’acier et de poudre. La fusillade a été nourrie, implacable. Quand la fumée s’est dissipée, un milicien gisait dans la poussière rouge de la Vakaga. Ses frères d’armes ont repoussé l’assaut et poursuivi la route, le cœur lourd.
“On n’est plus chez nous”
À Boromata, l’amertume colle à la peau comme la poussière d’harmattan. “On ne peut plus continuer comme ça. On dirait qu’on n’est plus chez nous”, souffle un commerçant de Boromata.
Au marché central, les gens commencent à parler déjà d’exode. “Rester ici, c’est trop risqué. On pense à partir, laisser la Vakaga”, confie Fatima, vendeuse de mil, en serrant son pagne autour de sa taille.
Les milices d’autodéfense, armés par les Mercenaires russes du groupe Wagner, tentent l’impossible avec des moyens dérisoires. Face à des bandits suréquipés et insaisissables, leurs kalachnikovs rouillées font piètre figure.
Une frontière passoire, un État absent
La frontière avec le Soudan ressemble à une passoire géante. Les troubles qui secouent le pays voisin déversent leurs flots de violence sur cette terre centrafricaine déjà meurtrie.
Dans cette Vakaga sacrifiée, les habitants vivent au rythme des embuscades et des représailles. L’État centrafricain ? Une abstraction lointaine. La protection ? Elle vient des fusils des jeunes du village ou elle ne vient pas.
Entre les murs de banco de Boromata, chacun retient son souffle en attendant la prochaine attaque. Car dans cette région où la mort frappe sans préavis, une seule certitude demeure : elle frappera encore….
Cortège de la mort : carnage au quartier Combattant, des vies fauchées sans pitié
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/cortege-presidentiel-accident-quartier-combattant.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le véhicule du Directeur général de l’ASSECNA percutant un poste de police et des motos au quartier Combattant, dans le 8e arrondissement de Bangui
Un dimanche ensanglanté par un cortège présidentiel près de l’aéroport
Ce dimanche 1er juin 2025, le quartier Combattant, situé à peine 300 ou 400 mètres de l’aéroport de Bangui, a été le théâtre d’une nouvelle tragédie causée par le cortège présidentiel, surnommé dans la capitale cortège de la mort. Alors que le président de la République, Faustin Archange Touadera souvent appelé Baba Kongoboro, , quittait sa résidence pour rejoindre l’aéroport en vue d’un voyage en Belgique, son convoi, roulant à une vitesse effrénée, a semé la mort et la désolation sur son passage. Des morts, des blessés, des motos broyées, un poste de police détruit et des véhicules endommagés : le bilan est lourd, et les images de la scène, montrant un Land-Cruiser noir encastré dans les débris et des motos écrasées, témoignent de la violence de l’incident.
L’accident s’est produit aux environs de 10 heures du matin. Le cortège, composé de véhicules lourdement armés, occupait toute la chaussée, forçant les usagers à se rabattre dans la panique. Selon des témoins, le véhicule du directeur général de l’ASSECNA, qui circulait devant, a été pris de terreur en voyant le convoi débouler à toute allure. Dans sa précipitation pour libérer la voie, il a perdu le contrôle de son véhicule, percutant violemment un poste de police, des motos garées à proximité et des passants. Plusieurs personnes ont été tuées sur le coup, d’autres grièvement blessées. Le poste de police, identifiable par son enseigne « Poste de Police », a été partiellement détruit, ses murs éventrés et ses équipements éparpillés au sol.
Une victime de l’accident de la route de véhicule du DG de l’ASECNA du aux allures du cortège de Touadera
Un quartier animé transformé en champ de ruines
Le quartier Combattant est un lieu de forte affluence, où piétons, motos et véhicules se croisent dans un ballet incessant. Mais l’arrivée du cortège présidentiel a tout bouleversé. Les véhicules armés, positionnés à l’avant, à l’arrière et sur les flancs, ont imposé leur loi, obligeant les conducteurs et les piétons à quitter la route en quelques secondes sous peine d’être fauchés. Les habitants, habitués à marcher le long de la chaussée, n’ont eu aucune chance face à cette tornade de métal. « On a juste entendu un bruit assourdissant, et puis le chaos », raconte un témoin. Les motos, souvent utilisées par les habitants pour se déplacer, ont été réduites en miettes, leurs carcasses jonchant le sol à côté des débris du poste de police.
Un fléau récurrent : le cortège présidentiel, machine à tuer.
Cet accident n’est que le dernier d’une longue série de drames causés par les cortèges présidentiels en République centrafricaine. Le convoi du président Touadera, surnommé à juste titre le « cortège de mort » par les Banguissois, est devenu un symbole de terreur. L’année dernière, le 27 juin 2024, un jeune policier, Dazoua Supreme, âgé de 24 ans, a été tué sur la route de Damara, au PK 13, alors qu’il tentait de traverser la même route. Le cortège, revenant de Damara à 16 heures, l’a percuté sans ralentir, mettant fin à sa vie sans le moindre remord. Quelques jours plus tôt, sur l’avenue du 15 mars, au niveau de l’entrée du lycée de Gobongo, un taximan a échappé de justesse à la mort, frôlé par le même convoi. Un autre incident, près de l’hôpital de l’Amitié, a failli coûter la vie à un compatriote centrafricain revenant de Paris, qui a vu sa voiture évitée de peu par les véhicules du cortège roulant à contresens.
Ces incidents, qui se répètent avec une régularité glaçante, montrent l’ampleur du mépris pour la vie humaine. Les cortèges présidentiels, avec leurs véhicules blindés et leurs armes lourdes, imposent une loi de la jungle sur les routes. Les citoyens, qu’ils soient piétons, conducteurs ou même policiers, sont réduits à des obstacles à éliminer. La vitesse excessive, l’occupation totale de la chaussée et l’absence de coordination avec les autres usagers transforment chaque déplacement présidentiel en un véritable cauchemar pour les habitants de Bangui.
Un contraste accablant avec les pays organisés
Dans les pays où la sécurité publique est une priorité, comme en Europe, aux États-Unis ou même dans certains pays d’Amérique latine ou d’Afrique, les déplacements présidentiels sont un modèle d’organisation. Les cortèges sont encadrés, les routes fermées à l’avance, et les citoyens protégés. À Bangui, c’est le chaos total. Le cortège présidentiel agit comme une force destructrice, semant la mort et la peur sans distinction. Même des pays voisins, comme le Cameroun, gèrent mieux leurs convois officiels, évitant ce genre de désordre meurtrier….
Cambriolage au Lycée Scientifique Ama de Boy-Rabe : un gardien tabassé, du matériel volé
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/02/pickup-police-nationale-CNS-en-patrouille-micka.jpg” data-wpel-link=”internal”>pickup-police-nationale-CNS-en-patrouille-micka – RCA : une opération de la CNS visant à débusquer un malfrat fait polémique à Bangui.
Le Lycée Scientifique Ama de Boy-Rabe a été cambriolé dans la nuit de jeudi à vendredi. Les voleurs ont battu le gardien et emporté plusieurs équipements de l’établissement.
“J’ai trouvé le gardien ligoté”
Vendredi matin, le Proviseur Godfrey Kolor arrive comme d’habitude à son travail. Devant la bibliothèque où dort le gardien, il voit du monde rassemblé. Le spectacle le choque : le gardien a été battu, ligoté et abandonné là.
“Quand je suis arrivé très tôt le matin, j’ai vu une foule devant la bibliothèque là où loge ma sentinelle. Il était dans un piteux état“, raconte le professeur à Radio Centrafrique. L’homme a été emmené d’urgence à l’hôpital.
Bureau saccagé, matériel emporté
Après s’être occupé du gardien, le Proviseur veut vérifier son bureau. La porte s’ouvre toute seule, elle a été forcée. À l’intérieur, tout est sens dessus dessous.
“L’ordinateur a été emporté, le régulateur aussi. Mon ventilateur a été renversé”, détaille-t-il. Le Proviseur attend la police avant de faire l’inventaire complet. D’après les premières constatations, les voleurs ont pris du matériel bureautique et peut-être même du matériel biologique.
“Des malfrats rôdent dans le quartier”
Cette attaque inquiète le responsable de l’établissement. “Il y a des malfrats qui rôdent autour, qui sont même dans le milieu, et qui s’évertuent vraiment à commettre des forfaits. Et leur présence m’a été signalée par la population même”, explique le Proviseur Kolor.
Il demande aux autorités d’agir rapidement : “J’aurais aimé que les forces de l’ordre puissent vraiment s’investir pour que mon lycée soit sécurisé. Sinon, je ne sais pas ce qui pourrait arriver par après“.
Une enquête ouverte
Ce cambriolage s’ajoute aux nombreux cas d’insécurité qui touchent Bangui. Les écoles deviennent des cibles faciles pour les voleurs, privant les élèves d’équipements nécessaires à leur formation.
La police a ouvert une enquête pour retrouver les auteurs de cette agression. En attendant, le lycée doit reprendre ses activités malgré les dégâts et l’absence de matériel volé….
comment les gardiens de prison exploitent les détenus malades à Ngaragba
Centrafrique.org/rca-une-nouvelle-structure-penitentiaire-flambant-neuve-financee-par-les-etats-unis-a-ete-remise-au-gouvernement/dans-une-cellule-de-la-prison-de-ngaragba-a-bangui-le-8-mai-2020/” rel=”attachment wp-att-38351″ data-wpel-link=”internal”>Dans une cellule de la prison de Ngaragba. CopyrightCNC
En Centrafrique, les gardiens de prison du centre carcéral de Ngaragba exploitent les détenus malades en réclamant des paiements pour des soins, malgré leur intégration dans la fonction publique.
À la prison centrale de Ngaragba à Bangui, les gardiens de prison, également appelés surveillants pénitentiaires, ont pour mission d’assurer la sécurité des détenus et de faciliter leur accès aux soins médicaux. Pourtant, des pratiques contraires à leurs responsabilités persistent, où l’argent dicte leurs actions au détriment des détenus.
Avant leur intégration dans la fonction publique, ces gardienss de prisons, alors stagiaires, demandaient régulièrement des paiements aux détenus pour des services relevant de leurs tâches. Par exemple, accompagner un détenu malade vers un centre de santé nécessitait un versement. Les détenus sans ressources, souvent dans une situation précaire, devaient emprunter ou trouver des fonds pour couvrir ces frais. Sans paiement, leur sortie était annulée, les laissant sans soins, parfois dans des conditions graves.
Depuis leur intégration dans la fonction publique, avec un salaire mensuel, cette pratique n’a pas cessé. Les gardiens de prison de Ngaragba continuent d’exiger des paiements pour escorter les détenus, en particulier ceux nécessitant des soins médicaux. Lorsqu’un infirmier de la prison établit une autorisation pour une consultation externe ou un traitement à l’hôpital, les gardiens imposent des frais, parfois calculés à l’heure ou à la journée. Pour une hospitalisation de plusieurs jours, ces coûts s’accumulent.
Si un détenu ne peut pas payer, les gardiens peuvent invoquer de faux motifs pour justifier son retour en cellule. Ils prétendent, par exemple, que le détenu a tenté de s’évader, ce qui entraîne son rapatriement à la prison, même si son traitement médical n’est pas terminé. Cette pratique semble liée à leur refus d’accompagner les détenus sans compensation financière, compromettant ainsi leur santé.
Malgré les formations dispensées par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca), ces comportements persistent. Ces sessions, destinées à renforcer l’éthique et les compétences des gardiens, n’ont pas d’effet durable. Certains estiment que les gardiens participent à ces formations davantage pour les indemnités associées que pour appliquer les consignes enseignées. Une fois formés, ils reprennent leurs pratiques habituelles.
Cette situation reflète un dysfonctionnement dans la gestion de la prison de Ngaragba ou ailleurs dans le pays. Les gardiens, censés protéger les détenus et garantir leurs droits, adoptent des comportements qui entravent l’accès aux soins. Ces pratiques appellent une réforme, avec un contrôle rigoureux des agissements des surveillants et des sanctions pour ceux qui abusent de leur position. Sans mesures concrètes, les détenus, déjà vulnérables, continueront de subir ces abus….
« Soif de justice », 30 étudiants de l’ISM-Africa plongent au cœur de la Cour pénale internationale à Bangui en République centrafricaine
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/les-etudiants-a-bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/les-etudiants-a-bangui-450×203.jpg” alt=”Les 30 étudiants de l’Institut des Sciences et de Management (ISM-Africa) dans le local de la Cour pénale internationale à Bangui en République centrafricaine.” width=”450″ height=”203″ />Les 30 étudiants de l’Institut des Sciences et de Management (ISM-Africa) dans le local de la Cour pénale internationale à Bangui
Dans le cadre de ses activités d’information et de sensibilisation, la Cour pénale internationale (CPI) a accueilli, le 7 mai 2025, 30 étudiants de l’Institut des Sciences et de Management (ISM-Africa) dans ses locaux de Bangui en République centrafricaine. Cette séance, placée sous le slogan évocateur « Soif de justice », s’inscrit dans les efforts constants de la CPI pour rapprocher la justice internationale des communautés locales.
Pendant cette rencontre riche en échanges, M. WON-NZERINTA Gama Uziel, Responsable de l’Information Publique et de la Sensibilisation au sein du Bureau de la CPI en République centrafricaine, a présenté le mandat de la Cour, les principes fondamentaux de la justice pénale internationale ainsi que les mécanismes mis en place pour lutter contre l’impunité des crimes les plus graves.
« Je suis profondément inspirée par cette séance. Comprendre le rôle de la CPI me donne envie de m’engager pour la paix et la justice dans mon pays », a déclaré une étudiante de l’ISM-Africa.
Grâce à une approche interactive, l’équipe de la CPI a permis aux participants de mieux saisir les enjeux des procédures judiciaires internationales, les droits des victimes, ainsi que les défis rencontrés dans l’application du droit international en situation de conflit.
« C’est essentiel que les jeunes soient au cœur de ce dialogue. Ils sont les relais de demain dans la lutte contre l’impunité », a souligné M. WON-NZERINTA Gama Uziel durant son intervention.
Cette activité s’inscrit dans une série d’initiatives visant à renforcer la culture juridique et à favoriser l’appropriation locale de la justice internationale. Pour les étudiants, cette visite a représenté bien plus qu’un simple moment académique : une expérience citoyenne, inspirante et formatrice.
« La justice ne devrait jamais être un privilège, mais un droit pour tous. Aujourd’hui, j’en suis convaincu », conclut un étudiant de l’ISM-Africa.
Par cette action, le Bureau de la CPI en RCA continue de bâtir des ponts entre la Cour et les communautés affectées, avec l’espoir qu’une jeunesse bien informée soit le moteur d’un avenir plus juste et plus équitable.
FLASH INFO : Manifestation à Djéma contre l’arrestation du député Lambert Akovourou
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/manifestation-a-djema-contre-arrestation-depute.jpg” data-wpel-link=”internal”>Manifestation à Djéma contre l’arrestation du député Lambert Akovourou…. CopyrightCNC
Les fils et filles de Djema, dans le Haut-Mbomou, disent “Non” à l’injustice, et surtout contre l’arrestation de leur unique député par la police à Bangui.
En effet, depuis les premières lueurs de l’aube ce lundi 2 juin 2025, la ville de Djéma vit au rythme de la contestation. Hommes, femmes, jeunes et vieux, tous unis dans un même élan de solidarité, battent le pavé pour exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils considèrent comme un acharnement judiciaire contre leur élu, l’honorable député Lambert Akovourou.
UNE ARRESTATION QUI FAIT POLÉMIQUE
L’affaire remonte au 19 mai dernier, quand les enquêteurs de l’Office Central de Répression du Banditisme (OCRB) ont mis la main sur le parlementaire dans la capitale Bangui. Le motif ? Son implication présumée dans l’assassinat du sous-préfet sortant Dieudonné Zangbe Nguilelo, un dossier qui défraie la chronique depuis plusieurs semaines.
Mais c’est surtout la dénonciation de Michel Trogodé, chef de centre de l’hôpital de Djéma, qui a mis le feu aux poudres. Ce dernier accuse frontalement le député d’avoir organisé le meurtre du sous-préfet, des accusations que la population locale rejette en bloc.
“NOTRE DÉPUTÉ N’EST PAS UN ASSASSIN !”
Dans les rues de Djéma, la mobilisation ne faiblit pas. Dès 7 heures, devant l’église catholique, les manifestants, brandissant des pancartes et scandant des slogans en sango et en français, clament haut et fort l’innocence de leur représentant à l’Assemblée nationale.
“Lambert Akovourou, c’est notre fils, notre frère. Nous le connaissons depuis toujours. Il ne peut pas tuer quelqu’un”, témoigne Mama Béatrice, une commerçante du marché central de Djema.
L’UNITÉ FACE À L’ADVERSITÉ
Cette manifestation révèle également la cohésion sociale qui caractérise cette région périphérique de la République centrafricaine. Face à ce qu’ils perçoivent comme une injustice, les habitants de Djéma ont choisi de faire corps autour de leur élu, transcendant les clivages habituels.
La marche, qui se poursuit dans le calme selon nos correspondants sur place, témoigne de cette détermination collective à défendre celui qu’ils considèrent comme victime d’un complot….
URGENT : Wagner perd trois hommes dans une embuscade à Zémio
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/11/Deux-mercenaires-du-groupe-Wagner-sur-deux-motos-en-province.jpg” data-wpel-link=”internal”>Deux mercenaires du groupe Wagner sur deux motos
Les miliciens Azandés frappent fort contre les Mercenaires russes du groupe Wagner dans le Haut-Mbomou
L’axe Mboki-Obo a connu dimanche l’un des plus sanglants affrontements entre des mercenaires russes et certains éléments de la milice Azandé depuis plusieurs semaines. Trois éléments Wagner sont tombés sous les balles des miliciens Azandés lors d’une embuscade bien organisée.
Exécutions avant l’embuscade
La journée du dimanche avait pourtant commencé par une opération de routine pour les mercenaires russes basés à Zémio. Vers 13 heures, ils se rendent à la gendarmerie locale et récupèrent plusieurs jeunes qu’ils avaient arrêtés plutôt et détenus dans cette unité de force de l’ordre. Direction : un site d’exécution à un kilomètre de la ville.
Les prisonniers sont égorgés sur place par les mercenaires russes. Une pratique devenue courante dans cette ville où la justice expéditive tient lieu de droit. Les corps abandonnés, les Wagner reprennent leur convoi sur 12 motos pour une patrouille vers Mboki – Obo.
L’attaque
Entre 8 et 15 kilomètres de Zémio, sur la route de Mboki, les miliciens Azandés attendent. L’embuscade est parfaitement préparée. Les premiers coups de feu retentissent vers 16h00.
Le combat dure plus de deux heures. Armes automatiques contre armes lourdes. Dans cette partie reculée du Haut-Mbomou, personne ne viendra en renfort. Les Wagner doivent se débrouiller seuls face à des adversaires qui connaissent le terrain.
Quand les tirs cessent provisoirement, le bilan côté russe est lourd. Trois morts confirmés, dont l’interprète du groupe. Côté Azandé, pas de bilan pour l’instant.
Une région hors contrôle
Le Haut-Mbomou reste le ventre mou de la Centrafrique. Cette préfecture frontalière du Soudan du Sud et de la RDC échappe depuis des années à tout contrôle étatique réel.
Pour Wagner, cette région représente un défi permanent. Déployés officiellement pour appuyer les forces centrafricaines, les mercenaires russes multiplient les patrouilles dans ces zones. Avec des résultats mitigés et de bilan catastrophique.
Wagner sous pression
Depuis leur installation en Centrafrique, les mercenaires russes accumulent les accusations. Exactions contre les civils, pillages, exécutions sommaires. Les événements de dimanche à Zémio confirment ces pratiques dénoncées par les organisations internationales….
La nouvelle loi sur la presse en République centrafricaine, votée par acclamation le 26 mai 2025, menace la liberté d’expression avec des mesures répressives contre les médias.
Le lundi 26 mai 2025, l’Assemblée nationale centrafricaine a adopté par acclamation une loi sur la communication et la presse qui, loin de protéger les journalistes, s’attaque directement à leur liberté. Présentée comme un outil pour encadrer la profession, elle cache des dispositions dangereuses, notamment dans ses articles 140, 56, 158, 177, 178 et 179. Ces mesures, au lieu de soutenir une presse libre, visent à la faire taire, révélant une volonté claire du pouvoir de contrôler l’information et d’étouffer les voix critiques.
Article 140 : Punir tout le monde pour fermer les médias
L’article 140 est particulièrement inquiétant. En cas d’infraction, il tient pour responsables l’auteur de l’article, le rédacteur en chef et le directeur de publication. Cette règle, qui impose une responsabilité collective, va à l’encontre du bon sens juridique. Punir plusieurs personnes pour un seul acte, c’est chercher à paralyser un média entier. Un journal ou une radio peut se retrouver sans direction du jour au lendemain, simplement pour une erreur ou une enquête qui dérange.
Cette disposition n’a qu’un seul but : intimider les rédactions et décourager les journalistes de faire leur travail.Dans un pays comme la RCA, où la presse est essentielle pour révéler les abus et donner la parole aux citoyens, cet article est une arme contre la vérité.
Article 56 : Le Code pénal pour menacer les journalistes
L’article 56 aggrave le problème en introduisant le Code pénal pour sanctionner les délits de presse. Une loi spécifique, comme celle sur la communication, devrait définir ses propres règles, adaptées au travail des journalistes. Au lieu de cela, cet article ouvre la porte à des peines lourdes, celles prévues pour des crimes bien plus graves. C’est une façon de transformer une faute professionnelle : une information mal vérifiée ou une critique trop directe, en délit pénal, avec des conséquences qui peuvent aller jusqu’à la prison.
Ce choix montre une intention évidente : rendre le métier de journaliste plus dangereux. En RCA, où les reporters travaillent déjà dans des conditions difficiles, souvent sous pression, cette règle est une menace directe. Elle pousse les médias à s’autocensurer pour éviter des sanctions qui n’ont rien à voir avec la réalité de leur mission.
Articles 158, 177, 178, 179 : Supprimer les médias qui dérangent
Les articles 158, 177, 178 et 179 vont encore plus loin en prévoyant le retrait de l’autorisation de publication ou de diffusion pour les journaux, radios ou télévisions. Cette sanction, c’est la fermeture pure et simple d’un média. Une radio locale à Ndélé ou un journal à Bangui peut disparaître pour une seule infraction, même mineure. C’est une punition disproportionnée, qui équivaut à rayer un organe de presse de la carte, sans égard pour son rôle dans la société.
Dans un pays où la presse est l’un des rares moyens de faire entendre les voix des citoyens, cette mesure est une attaque frontale contre la liberté d’informer. Elle donne au pouvoir un outil pour éliminer les médias qui osent questionner ses actions, laissant le champ libre à la propagande du gouvernement , de Wagner ou au silence….
Touadera dévoile son vrai visage dictatorial : les militants du BRDC agressés sur le terrain de l’UCATEX
Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les miliciens du parti au pouvoir, MCU, venue boycotter le meeting de l’opposition démocratique samedi 31 mai 2025 sur le terrain de l’UCATEX à Bangui
Le 31 mai 2025 restera marqué dans l’histoire politique centrafricaine comme un tournant sombre. Ce qui devait être un rassemblement pacifique du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) sur le terrain de l’UCATEX s’est transformé en une démonstration brutale de la dérive autoritaire du régime de Faustin-Archange Touadera.
Une agression préméditée
Dans le huitième arrondissement de Bangui, à proximité de l’aéroport de Bangui-M’Poko, le terrain de l’UCATEX devait accueillir un meeting de l’opposition démocratique. Le BRDC, coalition regroupant la quasi-totalité des forces d’opposition centrafricaines, avait respecté toutes les procédures légales. Depuis plus d’un mois, les organisateurs avaient notifié les autorités compétentes, contacté le ministère de l’Intérieur et celui de l’Administration du territoire pour garantir le bon déroulement de l’événement.
Bangui-venus-agresser-les-militants-de-opposition-sur-le-terrain-de-ucatex.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les chefs miliciens du parti au pouvoir, MCU, venue boycotter le meeting de l’opposition démocratique samedi 31 mai 2025 sur le terrain de l’UCATEX à Bangui
Pourtant, ce jour-là, des hommes armés affiliés au Mouvement Cœurs Unis (MCU), parti au pouvoir, ont investi les lieux avec une violence inouïe. Équipés de bâtons, de machettes et selon plusieurs témoignages, d’armes à feu, ces individus se sont attaqués aux militants du BRDC ainsi qu’aux journalistes présents pour couvrir l’événement.
L’organisation de cette agression ne laisse place à aucun doute. Les agresseurs portaient des T-shirts aux couleurs du BRDC et utilisaient des bâches de l’opposition, démontrant la préméditation de cette opération d’intimidation. Le bilan est lourd : plusieurs blessés graves ont été hospitalisés, et des journalistes ont été molestés, leurs équipements confisqués ou détruits.
La réponse de l’opposition : un constat amer
Maître Crépin Mboli-Goumba, coordinateur du BRDC, n’a pas mâché ses mots lors de la conférence de presse qui a suivi ces événements. Ses déclarations révèlent l’ampleur de la dérive autoritaire du régime Touadera.
“Aujourd’hui est un bien triste jour pour la démocratie”, a-t-il déclaré d’emblée, avant de détailler les précautions prises par l’opposition : “Nous avons donné rendez-vous au peuple centrafricain depuis plus d’un mois. Nous avons pris toutes les précautions nécessaires. Informer le ministère de l’administration du territoire, informer le ministère de l’Intérieur, informer la MINUSCA, afin que notre meeting se passe dans la quiétude”.
Le coordinateur du BRDC a ensuite dénoncé la préméditation de cette agression : “Le fait qu’il y ait tant de bâches et de T-shirts imprimés aux effigies des leaders du BRDC prouve bien que c’était prémédité. Cela fait depuis quelques jours que cette action a été prévue, mise en branle et exécutée froidement par les nervis du régime“.
Plus grave encore, Maître Mboli-Goumba a souligné la discrimination dans l’application des droits constitutionnels : “Il y a donc deux poids, deux mesures. D’un côté, le MCU et ses militants dans une république. Ces militants qui auraient tous les droits. Et de l’autre côté, nous, et désormais vous avec nous, chers journalistes, discriminés, tabassés, lapidés, agressés“.
Face à cette fermeture de l’espace démocratique, le coordinateur du BRDC pose une question lourde de sens : “La question qu’on doit se poser aujourd’hui, plus que jamais, quelle option le pouvoir laisse-t-il aux démocrates ?”.
L’inquiétante passivité des forces de sécurité
L’un des aspects les plus troublants de cette journée réside dans l’attitude des forces chargées du maintien de l’ordre. Le coordinateur du BRDC a été particulièrement sévère sur ce point : “Les forces de l’ordre, comme la MINUSCA, n’ont pas été en mesure d’assurer la sécurité de nos militants, ni même la sécurité des professionnels de la presse“.
Plus troublant encore, Maître Mboli-Goumba a dénoncé cette passivité complice : “Et plus grave, c’était la présence des casques bleus de la MINUSCA. Ces casques bleus n’ont aucunement réagi et même les forces de l’ordre qui étaient présents n’ont même pas réagi“.
Le coordinateur a souligné que ces faits se sont déroulés “devant la MINUSCA. Et pour tout vous dire, à côté d’un site important de la MINUSCA, donc au vu et au su de tout le monde“. Il a lancé un avertissement direct à la communauté internationale : “La communauté internationale ne pourra pas dire qu’elle n’était pas au courant, puisque les faits se sont produits devant la MINUSCA“.
Une dérive autoritaire confirmée
Ces événements s’inscrivent dans une logique plus large de restriction des libertés démocratiques en République centrafricaine. Tandis que le président Touadera peut organiser ses rassemblements politiques sans entrave aucune, l’opposition fait face à une répression systématique qui prend désormais des formes ouvertement violentes.
Cette escalade dans la répression marque une rupture dans l’exercice du pouvoir en Centrafrique. Le recours à la violence politique contre des citoyens qui exercent leurs droits constitutionnels témoigne d’un régime qui préfère la force brute au débat démocratique. Cette stratégie, loin de renforcer la stabilité du pays, ne fait qu’exacerber les tensions politiques et sociales.
L’appel du BRDC à poursuivre le combat démocratique, malgré cette répression, témoigne de la détermination de l’opposition à ne pas céder face à l’intimidation. Comme l’a déclaré Maître Mboli-Goumba : “Chacun doit prendre ses responsabilités. Nous prendrons les nôtres pour la restauration de la démocratie“.
Toutefois, le coordinateur du BRDC a également souligné l’impasse dans laquelle le régime place l’opposition démocratique, posant cette question cruciale : “Quelle option le pouvoir laisse-t-il aux démocrates ?”. Cette interrogation résonne comme un avertissement sur les conséquences possibles de la fermeture systématique des voies de dialogue pacifique.
Face à cette dérive autoritaire, la question qui se pose désormais n’est plus de savoir si le régime de Touadera respectera les principes démocratiques, mais plutôt de déterminer jusqu’où cette escalade dans la répression peut mener un pays déjà fragilisé par des années d’instabilité politique….
Firmin Ngrebada tente de salir Bozizé sur les réseaux sociaux , mais un boomerang qui lui revient en pleine face
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/04/le-premier-ministre-firmin-ngrebada-à-bangui-le-18-avril-2020-par-la-primature-de-la-république-centrafricaine.jpg” data-wpel-link=”internal”>le-premier-ministre-firmin-ngrebada-à-bangui-le-18-avril-2020-par-la-primature-de-la-république-centrafricaine – RCA : les groupes armés se retirent collectivement du gouvernement de Firmin NGRÉBADA.
En critiquant la rencontre entre l’ancien Président François Bozizé et le Président tchadien Idriss Déby, Ngrebada espère se refaire une image auprès du Président Faustin Archange Touadera alias Baba Kongoboro. Mais les Centrafricains, indignés, lui rappellent son passé chaotique sur les réseaux….
Firmin Ngrebada, ancien Premier ministre centrafricain, a cru malin de s’exprimer sur la rencontre entre François Bozizé, ex-président centrafricain, et Mahamat Idriss Déby, président tchadien. Ses propos, jetés sur les réseaux sociaux, ont mis le feu aux poudres, et pour cause : ils transpirent l’ingratitude et l’hypocrisie. Cet homme, qui roulait autrefois sur une vieille mobylette avant d’être propulsé au sommet par Bozizé, ose aujourd’hui mordre la main qui l’a nourri. Face à la vague de colère sur Internet, il tente de faire marche arrière, mais les Centrafricains ne sont pas dupes. Détaillons, point par point, pourquoi son discours est indigne et pourquoi son ingratitude révolte.
Un opportuniste ingrat jusqu’à l’os
Firmin Ngrebada pointe du doigt Bozizé, en insistant sur le mandat d’arrêt contre lui. Mais qui est-il pour parler ? Cet ancien inspecteur du travail, qui n’était rien avant que Bozizé ne le nomme directeur adjoint du cabinet de Faustin-Archange Touadéra, alors Premier ministre, doit tout à l’ancien président. Bozizé l’a sorti de l’ombre, lui offrant une carrière qu’il n’aurait jamais eue autrement. Et pourtant, il trahit son bienfaiteur avec une ingratitude sidérante, critiquant Bozizé pour se faire bien voir du pouvoir actuel. Cette bassesse, les Centrafricains la rejettent en bloc.
La paix, un prétexte qui sonne creux
Firmin Ngrebada prétend que recevoir Bozizé menace la paix. Mais de quelle paix parle-t-il ? Celle qu’il a compromise en ouvrant la porte aux mercenaires de Wagner ? Sous son mandat, la Centrafrique a vu son indépendance s’effriter face à l’influence russe, dans un climat de violences incessantes. Pendant ce temps, le Tchad, sous Déby, a travaillé à des accords de paix avec des groupes comme l’UPC et les 3R. S’attaquer à Déby, qui a œuvré pour la stabilité du pays, tout en taisant ses propres échecs, c’est d’une malhonnêteté qui ne passe pas.
Le Tchad, une cible pour détourner l’attention
En accusant le Tchad, Firmin Ngrebada veut faire oublier ses propres dérives. Il insinue que Déby, en recevant Bozizé, joue un jeu dangereux. Mais il oublie un détail : Bozizé, ancien chef d’État, a des liens historiques avec Déby, qui l’a protégé par le passé. Cette rencontre n’a rien d’un complot ; elle s’inscrit dans des relations humaines et diplomatiques. Ngrebada, lui, crie au scandale pour plaire au régime de Touadéra. Une manœuvre pitoyable qui ne trompe personne.
Une vision tordue de la responsabilité
Firmin Ngrebada reproche à Bozizé de se comporter comme si la présidence était un dû. Mais qui est-il pour parler de devoir ? Lui qui, sous Touadéra, a validé des nominations douteuses, comme celle de Hassan Bouba, un ex-chef rebelle, au gouvernement ? Sans oublier la nomination de son neveu Daniel Nzéwé au poste de chargé de mission au ministère de la jeunesse et des sports ? Lui qui a ignoré les dérives du régime ? S’en prendre à Bozizé, c’est une façon de masquer son propre manque de responsabilité. Et son ingratitude envers Bozizé, qui l’a hissé au pouvoir, est une insulte à la mémoire collective.
Justice ? Il est le dernier à pouvoir en parler
Firmin Ngrebada parle de justice pour Bozizé, mais où était-il quand le peuple réclamait des comptes sur la gestion des richesses nationales ? Il a détourné des fonds publics, tenté d’envoyer 200 000 euros en Europe via Ecobank pour acheter des maisons, un transfert bloqué pour suspicion de blanchiment d’argent. Ce n’est pas une accusation : c’est un fait. Les Centrafricains, sur les réseaux, dénoncent ce voleur qui ose jouer les vertueux alors que ses mains sont sales.
Une attaque qui divise et énerve
En s’acharnant sur Bozizé et le Tchad, Ngrebada attise les tensions au lieu de rassembler. Les réactions sur Internet, comme celles de Christian Aimé Ndotah ou Lily-Blanche Koulaninga, montrent que les Centrafricains en ont assez de ces querelles stériles. Ils veulent des leaders qui construisent, pas qui divisent. Ngrebada, en se posant en justicier, creuse le fossé avec le peuple. Face à la polémique sur les réseaux, il tente de rétropédaler, mais c’est trop tard : sa maladresse l’a trahi.
Un passé qui le rattrape, des propos délirants
Firmin Ngrebada semble oublier son rôle dans l’histoire récente de la Centrafrique. Il a été un acteur clé dans l’arrivée de Wagner, une décision qui a fracturé le pays. Pire, il répand des histoires absurdes : selon lui, en 2013, lors de l’arrivée de la Séléka, Bozizé l’aurait abandonné seul au palais de la Renaissance, ne prenant que ses enfants pour fuir. Ces propos, sortis d’un esprit embrouillé, sont indignes d’un ancien Premier ministre. Ngrebada va plus loin, payant des influenceurs sur YouTube pour redorer son image à l’étranger. Mais les Centrafricains ne sont pas dupes. Comme l’écrit Henri Grothe sur Facebook, il « a raté une occasion de se taire ». Son ingratitude envers Bozizé, qui l’a fait, et Touadéra, qu’il a servi avant de se retourner, est un scandale national.
Les commentaires sur les réseaux, comme celui de Denise Madina Duekoe, rappellent une vérité simple : Bozizé, malgré ses erreurs, reste un Centrafricain, un ancien chef d’État, et mérite un minimum de respect. Comparé à des chefs rebelles comme Ali Darassa, accueillis à bras ouverts par le régime, pourquoi s’acharner sur lui ? Cette indignation sélective est une honte pour notre pays.
Firmin Ngrebada n’a aucune leçon à donner. Ses attaques contre Bozizé et Déby, suivies de ses tentatives maladroites de rétropédalage, ne sont qu’une manœuvre pathétique pour se repositionner politiquement. Cet homme, qui doit tout à Bozizé et Touadéra, incarne l’ingratitude à son paroxysme….
Ouanda-Djallé, les Wagner pris au piège dans une embuscade des groupes armés à Talie
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/la-population-de-ouanda-djalle-se-reunissent-autour-de-helicoptere-de-la-Minusca.jpg” data-wpel-link=”internal”>La population de Ouanda-Djallé vient regarder l’hélicoptère de la Minusca
Face à la résistance des groupes armés dans la Haute-Kotto, notamment à Talie, les mercenaires russes contraints de partir réquisitionner des motos à Ouanda Djallé.
Depuis vendredi dernier, les mercenaires russes du groupe Wagner vivent des moments difficiles dans la préfecture de la Haute-Kotto. Partis de Bria en direction d’Ouanda Djallé, ils se sont heurtés à une forte résistance des groupes armés près d’Ouadda Maïkaga.
Les combats ont été particulièrement intenses. Les Wagner, habitués à dominer le terrain, ont dû reculer et se replier sur Tali, un petit village à 55 kilomètres d’Ouadda Maïkaga, et à 70 kilomètres de Ouanda-Djallé. Là-bas, ils tentent de reprendre leurs esprits et de trouver une nouvelle stratégie.
Face à ces difficultés, les mercenaires ont pris une décision surprenante : ils ont envoyé certains de leurs hommes à Ouanda Djallé pour récupérer des motos des particuliers. Selon eux, leurs véhicules ne conviennent pas pour ce type d’opération. Ils veulent au moins cinq à dix motos pour retourner à Tali et continuer leurs activités.
La panique s’installe à Ouanda Djallé
Depuis samedi, les Wagner occupent le rond-point central d’Ouanda Djallé. Leur présence a vidé la ville. Les habitants sont restés chez eux et refusent de sortir. Même les activités aux champs ont cessé. Tout s’est arrêté.
La population connaît bien ces mercenaires. Leur réputation les précède : ils prennent ce qu’ils veulent, quand ils veulent. Cette fois, ils tentent de rassurer les gens en promettant de rendre les motos après un mois d’utilisation.
“Un mois avec nos motos ? Dans quel état elles vont revenir ?”, se demandent les propriétaires. Personne ne croit à ces promesses. L’expérience a appris aux Centrafricains à se méfier de ce genre d’engagements.
Une situation qui se complique
Les Wagner commencent à perdre patience. Devant le refus de la population de coopérer, ils envisagent maintenant de faire du porte-à-porte pour trouver des motos. Cette perspective inquiète encore plus les habitants d’Ouanda Djallé.
La situation révèle les nouvelles difficultés des mercenaires russes en République centrafricaine. Après plusieurs années de présence dans le pays, ils rencontrent aujourd’hui plus de résistance, tant de la part des groupes armés que des populations civiles.
À Tali, leurs collègues attendent toujours des renforts. Les combats avec les groupes armés continuent et la situation reste tendue. Pour les Wagner, cette opération qui devait être simple se transforme en véritable casse-tête.
Les habitants d’Ouanda Djallé espèrent que cette tension va baisser rapidement. Pour l’instant, ils préfèrent rester chez eux et attendre que les choses se calment. La ville reste figée dans cette attente anxieuse.
Cette affaire montre que la domination des Wagner en Centrafrique n’est plus aussi évidente qu’avant. Les résistances se multiplient et les obligent à revoir leurs méthodes….
Zawa : Sakala et ses artistes dévalisés lors d’un braquage nocturne
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/zawa-artiste.jpg” data-wpel-link=”internal”>Sakala et ses artistes dans leur auberge à Zawa après leur braquage
À Zawa, le groupe de danse Sakala et ses artistes ont été victimes d’un braquage nocturne, dépouillés de leurs équipements dans une auberge.
Dans la nuit du 27 au 28 mai 2025, un vol audacieux a secoué Zawa, un village proche de Yaloké, dans la préfecture de L’Ombella Poko, sur l’axe Bangui-Bouar. Le groupe de danse Sakala et ses musiciens, venus pour animer un événement local, ont été attaqués. Avec leurs caméras, micros et autres équipements, ils avaient assuré une prestation avant de se retirer dans une auberge pour la nuit. C’est là que des hommes armés, non identifiés, ont surgi, les dépossédant de leurs biens, évalués à plusieurs millions de francs CFA. L’attaque, rapide et sans pitié, a laissé les artistes démunis, leurs outils de travail disparus.
Cet incident a ravivé la frustration des habitants de Zawa et des villages voisins, qui dénoncent l’inutilité de deux barrières installées par les Forces armées centrafricaines (FACA) sur les axes Zawa-Gaga et Boya-Gomion. Ces points de contrôle, perçus comme illégaux, sont critiqués pour servir à extorquer de l’argent. Un habitant explique que chaque passage est taxé, que ce soit pour aller au champ, rendre visite à un proche ou même pour des besoins personnels.
« Si tu leur dis que tu n’as pas d’argent, et que tu sors de l’hôpital ou que tu viens de perdre un parent, ils exigent toujours un paiement », raconte-t-il. Refuser peut entraîner des violences ou des intimidations.
Les gens se demandent à quoi servent ces barrières. Si des hommes armés peuvent attaquer en pleine nuit et repartir sans être arrêtés, quel est leur rôle ? Les FACA, censées assurer la sécurité dans la zone, sont pointées du doigt pour leur absence lors des incidents.
« Le jour, on les voit, mais la nuit, ils sont tous derrière leurs copines dans des quartiers, laissant leur base vide», confie un habitant avec amertume. La base militaire de Zawa, supposée protéger la population, semble inactive quand les vols surviennent. Même les victimes du braquage, quand ils appellent les forces de l’ordre à l’aide, on leur dit toujours d’attendre le jour pour que les forces de l’ordre arrivent, sans réponse immédiate.
Un autre sujet de mécontentement concerne les pièces d’identité. Les FACA exigent à chaque barrière la carte nationale d’identité et rejettent la carte d’électeur, pourtant considérée comme un document officiel dans d’autres pays, comme la RDC.
« Si tu leur présentes une carte d’électeur à la place de celle d’identité, ils la refusent, parfois ils la détruisent et te forcent à payer plus », déplore un habitant. Cette pratique, jugée injuste, alimente la colère.
Devant ce braquage et à l’inaction des forces de l’ordre, les habitants exigent des explications. Ils appellent le député de la localité à intervenir pour supprimer ces barrières, qu’ils jugent inutiles et oppressantes. Certains proposent même d’organiser des rondes d’autodéfense communautaires la nuit, estimant que cela serait plus efficace que de compter sur les FACA, accusées de « racketter les gens et de laisser les criminels agir librement »….
Carnot : troisième exaction policière en une semaine
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/le-policier-kongbo-de-carnot.jpg” data-wpel-link=”internal”>Portrait de monsieur Kongbo, le policier de Carnot
Le policier Kongbo Christ a brandi son arme contre un jeune homme à deux reprises en deux jours.
À Carnot, chef-lieu de la préfecture de la Mambéré, un incident grave s’est produit dimanche 25 mai 2025. Un policier du nom de Kongbo Christ a menacé un citoyen avec son arme de service, puis a récidivé le lendemain au commissariat.
En effet, dimanche 25 mai vers 22 heures, plusieurs policiers se trouvaient dans un débit de boisson pour fêter l’anniversaire du mari d’une de leurs collègues. Dans le même établissement, un jeune homme et sa fiancée buvaient tranquillement une bière à leur table.
Mais vers 22 heures, quand le couple a décidé de rentrer chez eux, le policier Kongbo Christ les a suivis dans la rue, arme en main. Plusieurs mètres plus loin, il s’est mis à menacer le jeune homme sans raison apparente. Le couple, pensant avoir affaire à quelqu’un sous l’effet de l’alcool, a préféré ne pas répondre et est rentré rapidement à la maison.
Pourtant, le lundi 26 mai à 8 heures du matin, le jeune homme s’est rendu au commissariat de Carnot pour une affaire personnelle. Il y a retrouvé le même policier Kongbo Christ qui, cette fois devant ses collègues, a de nouveau sorti son arme pour le menacer. L’agent était sobre, ce qui prouve que l’alcool n’expliquait pas son comportement de la veille.
Personne ne comprend les motivations de ce policier. S’agit-il d’un différend personnel ? Veut-il montrer qu’il est au-dessus de la loi ? Les raisons restent floues.
Cette affaire s’ajoute à d’autres incidents récents à Carnot. En une semaine, au moins trois cas d’exactions policières ont été rapportés dans la ville. Quelques jours avant l’incident impliquant Kongbo Christ, d’autres agents ont agressé physiquement des citoyens.
Le jeune homme visé par les menaces connaît bien le fonctionnement du système. Il a choisi de ne pas répondre aux provocations et de partir, évitant ainsi une escalade qui aurait pu mal tourner.
Dans plusieurs villes de province en Centrafrique, des policiers agissent comme s’ils étaient intouchables. Ils oublient qu’ils sont au service des citoyens et non l’inverse. Carnot, autrefois sous-préfecture de Mambéré-Kadéï, est devenue chef-lieu de la préfecture de Mambéré avec le nouveau découpage territorial….
À Paoua, dans le vibrant quartier commercial de Boali, les mercenaires russes du groupe Wagner, appuyés par les soldats FACA, ont semé la panique parmi les habitants.
En effet, le samedi 30 mai 2025, vers 18 heures, le quartier commercial de Boali, véritable poumon économique de la ville, situé à environ 600 mètres du rondpoint central, a été le lieu d’une opération musclée instrumentée par les mercenaires russes du groupe Wagner, soutenus par les soldats des Forces armées centrafricaines (FACA). Ce quartier vibrant, où se mêlent vendeurs de viande grillée, de bière, d’alcool traditionnel et autres produits, est un lieu de vie incontournable. À l’image d’un marché animé comme Château Rouge en France, Boali attire une foule dense, surtout le week-end, lorsque les habitants viennent se détendre, partager un moment avec des amis ou profiter de l’ambiance festive après une journée de travail.
C’est à ce moment de forte affluence que les mercenaires russes et les soldats FACA, lourdement armés, ont fait irruption à bord de leurs véhicules. Encerclant le quartier commercial, ils ont semé la panique parmi les habitants et les commerçants. Leur cible : les motos des particuliers, soigneusement choisies pour leur bon état. Sans égard pour les propriétaires, ils ont confisqué les engins, les jetant brutalement dans leurs camions. Lorsqu’un motocycliste tentait de fuir, il était rapidement intercepté. Dans un autre incident, un jeune conducteur a vu sa moto immobilisée par un soldat FACA qui a soulever l’arrière de l’engin, bloquant celle-ci de rouler, sous les rires d’un mercenaire russe qui a ensuite chargé l’engin dans un véhicule. Une dizaine de motos ont ainsi été saisies de force, laissant les propriétaires désemparés.
Pour les habitants de Paoua, ces motos ne sont pas de simples moyens de transport. Souvent acquises à grand prix – entre 800 000 et 1 million de FCFA – après des mois, voire des années de sacrifices, elles sont essentielles pour les familles. Elles servent à se rendre au marché, transporter des marchandises, aller au travail ou même assurer un service de taxi-moto, une activité cruciale pour de nombreux ménages. En les confisquant, Wagner et les FACA brisent le fragile équilibre économique de ces familles, les plongeant dans une précarité immédiate.
« Une moto, c’est la survie d’une famille. On se bat pour l’acheter, pour travailler, pour vivre. Ils viennent et nous laissent sans rien », confie un vendeur de Boali.
Cette opération de pillage n’est pas un acte exceptionnel. À Paoua, comme ailleurs en République centrafricaine, les mercenaires russes et les soldats FACA ont fait de ces saisies une pratique courante. Ils renouvellent régulièrement leur « stock » de motos, abandonnant celles qui s’usent pour s’emparer de nouvelles, sans justification sécuritaire ou militaire. Ces actes, qui s’apparentent à du vol organisé, se déroulent en toute impunité.
Boali, le quartier commercial de Paoua, habituellement synonyme de vie et de convivialité, est devenu le théâtre d’une violence gratuite qui a profondément choqué les habitants. « On vient ici pour se détendre, pour vivre. Mais eux, ils viennent pour nous dépouiller », déplore un commerçant. Cette opération, menée sans égard pour les conséquences sur la population, révèle une réalité inquiétante : loin de protéger les civils, les mercenaires russes et leurs alliés FACA sèment la terreur, fragilisant une communauté déjà éprouvée par des années de crises….
Joute oratoire entre l’ancien Premier ministre Ngrebada et la CPC
Lancien-President-centrafricain-Francois-Bozize – Rassemblement et coordination des forces : l’appel du général François Bozizé pour une lutte militaire unifiée en Centrafrique
La polémique autour de la rencontre entre l’ancien président François Bozizé et le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno prend une tournure plus acerbe avec la réponse de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC) aux critiques de l’ancien Premier ministre Firmin Ngrebada.
Dans une déclaration signée par Jean-Serge Zanguendé, porte-parole politique de la CPC, la coalition riposte avec vigueur contre ce qu’elle qualifie de “manipulations” et de “fausses accusations” de l’ancien chef du gouvernement.
Réponse point par point aux accusations
Contrairement aux allégations de Firmin Ngrebada, la CPC rappelle que la présence de François Bozizé au Tchad n’est pas une fuite, mais une mission confiée par la communauté sous-régionale.
“La République du Tchad, à la demande de la CEEAC et de la CIRGL sous la présidence du président angolais João Lourenço, avait accepté d’accueillir sur son territoire les leaders de la CPC”, précise le communiqué.
Cette clarification jette un éclairage nouveau sur les circonstances de cette rencontre, suggérant qu’elle s’inscrit dans un cadre diplomatique plus large que ne le laisse entendre la critique de l’ancien Premier ministre Firmin Ngrebada.
La CPC explique que le Tchad avait reçu la charge de veiller sur l’ancien président Bozizé et ses compagnons “jusqu’à ce que M. Touadéra crée les conditions d’un dialogue politique et du retour de ces derniers dans leur pays”. Selon la coalition, c’est l’arrivée des mercenaires Wagner qui a fait échouer cette option du dialogue politique.
Des attaques personnelles virulentes
La réponse de la CPC ne se contente pas de réfuter les arguments, elle s’attaque directement à la personne de Firmin Ngrebada, qu’elle qualifie de “frimeur, nouveau riche de la touadérade”. Cette attaque personnelle révèle la profondeur des antagonismes politiques qui divisent la classe dirigeante centrafricaine.
Le porte-parole de la CPC va plus loin en rappelant que Firmin Ngrebada avait “déroulé le tapis rouge au leader des bouchers Séléka” lorsqu’il était directeur de cabinet adjoint de Touadéra. “Vous nous donnez ici le vrai sens de la fameuse ‘main tendue’ de ce dernier: dialoguer avec Lucifer et ses démons mais pas avec le Général Bozizé”, écrit Zanguendé.
Wagner au centre des polémiques
L’un des éléments les plus saillants de cette joute oratoire concerne le rôle des mercenaires Wagner. La CPC accuse explicitement Ngrebada d’être “l’allié personnel de Wagner” et de faire partie des “faucons du régime” qui ont “battu en brèche l’option du dialogue politique”.
La coalition va encore plus loin en accusant les forces gouvernementales d’avoir “à plusieurs reprises violé le territoire tchadien pour abattre cinq soldats de ce pays frère et emporter quelques-uns qu’ils ont ensuite assassinés en territoire Centrafricain”.
La question de la justice remise en cause
Sur la question de la justice, la CPC retourne l’argument de Firmin Ngrebada contre lui-même. “Votre justice n’est pas celle que la République a instituée. C’est une justice à géométrie variable qui épargne certains et s’acharne sur les opposants”, déclare Zanguendé.
Le porte-parole de la CPC interpelle directement l’ancien Premier ministre : “Autrement dit, Hassan Bouba, tous les ministres Séléka et requin ne seraient plus au gouvernement, mais en prisons.” Une façon de pointer du doigt ce qu’elle considère comme une application sélective de la justice.
Défense du rôle du Tchad
Au cœurde cette polémique se trouve le rôle du Tchad, pays frère confronté à un dilemme diplomatique délicat. La CPC défend fermement la position de N’Djamena en soulignant que “le Tchad n’est pas un État failli tel la Centrafrique sous Touadéra” et rappelle son “rôle salutaire sur les théâtres militaires en Afrique”.
La coalition va même jusqu’à interpeller Ngrebada : “Oseriez-vous accuser le Président tchadien de jouer un faux jeu ?” Cette défense du Tchad témoigne également des limites de la souveraineté centrafricaine et de la dépendance du pays vis-à-vis de ses voisins pour la résolution de ses crises internes.
Retour sur les événements de 2020
La CPC profite de sa réponse pour revenir sur les événements qui ont précédé la formation de la coalition. Selon Zanguendé, dès le retour d’exil de Bozizé en novembre 2019, le pouvoir a “tenté à plusieurs reprises de le faire arrêter, sinon de le faire assassiner”.
La coalition évoque plusieurs incidents : les funérailles de l’épouse de Jean-Serge Bokassa au palais Omnisport, les tirs sur la résidence de Bozizé aux 100 logements, et la tentative de grenade contre sa garde rapprochée le jour du dépôt de sa candidature.
Un échange qui divise
Cette guerre des mots entre l’ancien Premier ministre Firmin Ngrebada et la CPC révèle la profondeur du fossé qui sépare les différents acteurs politiques centrafricains. Plus qu’un simple échange d’arguments, c’est toute une vision de l’avenir politique du pays qui se dessine en filigrane.
La CPC termine sa déclaration par une interpellation directe : “De quel droit décidez-vous de la fin de carrière politique d’un centrafricain, qu’il soit Bozizé ou un autre ? Vous-même, M. Grebada, ne pouvez pas lever un défi électoral face au Général François Bozizé !”….
Les supporters de l’AS Tempête Mocaf, champions 2024, s’interrogent sur le transfert d’Isaac Ngoma vers la Biélorussie. Une réunion des supporteurs du 29 mai doit clarifier la situation.
À Bangui, l’ambiance est tendue autour de l’AS Tempête Mocaf, le club phare de la capitale centrafricaine, sacré champion national en août 2024 après un parcours sans faute lors du Play-Off à Bambari. Mais aujourd’hui, ce n’est pas une victoire sur le terrain qui fait parler : c’est le transfert d’un de leurs joueurs vedettes, Isaac Ngoma, vers le club de Neman Grodno en Biélorussie. Ce départ, entouré de zones d’ombre, alimente la grogne des supporters, qui réclament des explications claires sur la gestion de ce dossier.
Isaac Ngoma, ailier droit de 22 ans, formé dans la pépinière de la Fédération Centrafricaine de Football (FCF), est un talent prometteur. Né à Bangui, ce joueur de 1,72 m, connu pour sa vitesse et son pied droit, a rejoint Neman Grodno en 2024, avec une valeur marchande estimée à 50 000 €. Son transfert aurait généré une somme d’argent, mais personne ne semble savoir où elle est passée. Ni le club, ni les parents du joueur, ni même les supporters n’ont eu de détails sur cette transaction. Cette opacité a mis le feu aux poudres.
Les supporters, fidèles au club, se sentent laissés pour compte. Ils se demandent pourquoi l’AS Tempête Mocaf, pourtant auréolée de son récent titre, reste muette.
« On veut savoir où est l’argent du transfert, qui gère quoi, et pourquoi personne ne parle », confie un supporter joint par notre rédaction. Cette frustration a conduit à l’organisation d’une réunion jeudi 29 mai 2025, à l’initiative des supporters, sur le lieu d’entraînement du club. L’ordre du jour est clair : discuter du manque de transparence du comité directeur, de la gestion problématique du club et du soutien insuffisant aux joueurs.
Sur les réseaux sociaux, les débats s’enflamment. Une publication remarquée, signée « FRAPPER POUR ÉDUQUER » sur la page « LE PAYS 7 », appelle les supporters à la retenue tout en posant des questions pertinentes : qui est le véritable manager d’Isaac Ngoma en Biélorussie ? Quel rôle a joué l’ancien président du Red Star, surnommé « l’Apôtre » ? Et qu’en est-il de « Fox », un acteur mystérieux mentionné dans l’affaire ? Ces interrogations soulignent le flou entourant ce transfert et la méfiance envers la Fédération et les dirigeants du club.
Le comité directeur de l’AS Tempête Mocaf, aujourd’hui sous la houlette du fils de l’ancien président M. Tago, est particulièrement visé. Des rumeurs circulent selon lesquelles le jeune dirigeant surpasserait son père en matière de mauvaise gestion, une accusation grave qui attend des preuves concrètes. La réunion de ce jeudi pourrait être décisive : les supporters espèrent des réponses claires de la part des responsables du club.
« On ne peut pas continuer comme ça. Un club comme Tempête Mocaf mérite mieux », déclare un autre supporter, déterminé à obtenir la vérité.
En attendant, la Fédération Centrafricaine de Football, qui a vu Ngoma briller sous les couleurs des Fauves de Bas-Oubangui (avec notamment un but marqué contre Madagascar en 2023), reste silencieuse sur cette affaire. Le sélectionneur intérimaire Éloge Enza Yamissi, qui a récemment convoqué Ngoma pour les éliminatoires de la CAN 2025, n’a pas non plus commenté. Les regards se tournent donc vers le club et ses dirigeants pour clarifier la situation et apaiser les tensions….
Célébration de l’Amitié Sino-Centrafricaine : Course de Pirogues sur l’Oubangui pour le Festival des Bateaux Dragons
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/course-des-pirogues-sur-la-rivere-oubangui.png” data-wpel-link=”internal”>Course des Pirogues sur la rivière Oubangui. Photo CNC
Le fleuve Oubangui à Bangui a accueilli ce jeudi 29 mai une compétition de pirogues dans une ambiance festive. L’Ambassade de Chine en République Centrafricaine et la Mairie de Bangui ont organisé ensemble cet événement pour célébrer le Festival chinois des Bateaux Dragons, connu sous le nom de Duanwu.
Cette course annuelle rassemble les communautés autour des eaux du fleuve. Plusieurs équipes de piroguiers se sont affrontées avec détermination. L’équipe du village Yakouni a remporté la victoire et le premier prix de 500 000 francs CFA.
Monsieur Yantan, Consul de Chine en Centrafrique, était présent pour cette manifestation. Il a expliqué l’importance de cette rencontre : « Nous nous réunissons une fois sur les rives magnifiques de l’Oubangui, afin de co-organiser avec la mairie de Bangui, cette course de pirogues qui est une tradition hautement symbolique. Cet événement célèbre pas seulement la culture chinoise, mais aussi incarne la pérennité de l’amitié entre la Chine et la Centrafrique ».
Le diplomate a rappelé la valeur culturelle du festival. « La fête des bateaux dragon s’agit de la première fête chinoise inscrite au patrimoine immatériel mondial de l’UNESCO. Le Duanwu porte une signification historique profonde, symbole de l’esprit patriotique du peuple chinois. Il véhicule à la fois les valeurs ancestrales de notre nation et sert de pont pour le dialogue des civilisations ».
Selon le Consul, cette compétition de pirogues représente des valeurs importantes. « La course de pirogues, la pratique emblématique du Duanwu, illustre l’esprit de détermination et de persévérance. Elle résonne avec les bases résolues du peuple centrafricain, reconstruisant son pays, reflétant simultanément la ténacité commune de nos pays ».
Pour Monsieur Yantan, cette manifestation montre comment « à travers des échanges, nos civilisations progressent dans le respect mutuel et l’innovation inclusive ».
Cette journée a permis aux communautés chinoise et centrafricaine de partager un moment convivial. La course a renforcé les liens culturels entre les deux peuples et témoigne d’une coopération fondée sur le respect mutuel.
L’événement confirme la solidité des relations entre la Chine et la République Centrafricaine, relations qui se nourrissent de ces échanges populaires et culturels réguliers sur les bords de l’Oubangui….
Le cosmos politique et démocratique centrafricain calqué textuellement sur le modèle français est fondé sur le jeu d’équilibre défini par le penseur Montesquieu dans sa célèbre théorie de la séparation de pouvoirs.
Dans la compréhension de la notion de séparation de pouvoirs, l’État est constitué du pouvoir exécutif, législatif et judiciaire dans une parfaite harmonie de garantir un équilibre entre les trois organes de l’État pour qu’en cas d’abus, un pouvoir puisse arrêter l’autre.
L’assemblée nationale centrafricaine est constituée de députés élus au suffrage universel direct qui représentent la nation tout entière et le peuple centrafricain.
Les représentants de la nation ont pour mission d’abord de voter les lois, c’est-à-dire les projets et les propositions de lois, ensuite de contrôler l’action gouvernementale à travers des commissions d’enquête ou des missions d’information parlementaires et des questions orales ou écrites au gouvernement, enfin d’évaluer les impacts des politiques publiques avant et après le vote des lois.
Au delà de cette prestigieuse mission, force est de constater malheureusement que cette noble institution, foncièrement inféodée au pouvoir de Bangui a institutionnalisé la corruption en marchandant, en troquant les intérêts du peuple en contrepartie des billets de banque.
La notion de la souveraineté du peuple est ainsi en berne et les fondements standards de la démocratie en veilleuse.
Outre l’éviction très opaque et ambiguë de l’ancien président de l’assemblée nationale, le pouvoir de Bangui a commencé par torpiller l’esprit et la lettre de l’article 60 de la constitution du 30 mars 2016 en son alinéa 2.
En effet, les dispositions de cet article font obligation au gouvernement de recueillir préalablement l’autorisation de l’assemblée nationale avant la signature de tout contrat relatif aux ressources naturelles.
Ensuite et après le limogeage non réglementaire de la présidente de la cour constitutionnelle, le pouvoir de Bangui animé par les velléités de s’éterniser au pouvoir à travers un troisième voire un quatrième mandat s’en prend violemment à la constitution du 30 mars 2016 qui limite le mandat présidentiel à deux.
En conséquence de ce qui précède, une nouvelle constitution discriminatoire et taillée sur mesures sera imposée par voie d’un simulacre de référendum à un peuple mécaniquement fabriqué.
La manœuvre de nivellement d’obstacles n’a pas épargné le code électoral en augmentant la caution d’être candidat et instaurant un niveau de scolarité qui au final comme si cela ne suffisait pas, se voit suspendre les effets juridiques des dispositions de l’article 18 qui impose la disponibilité du fichier électoral actualisé un an avant la date du scrutin.
La dictature sans limite de ce pouvoir n’a pas fait l’économie du quatrième pouvoir c’est-à-dire la presse ou les médias.
L’assemblée nationale érigée en chambre d’enregistrement des desideratas du pouvoir vient de voter par acclamations c’est-à-dire sans débat une loi liberticide des organes de presse.
À ce stade, il apparaît important de rappeler qu’un journaliste est écroué injustement au mépris de la notion de la présomption d’innocence pour avoir publié un article qu’il a pris le soin de mettre au conditionnel.
Au chapitre d’arrestation, un député a été arrêté pour avoir commandité un crime dans le haut-mbomou en dépit de son immunité parlementaire alors que les faits qui lui sont reprochés ne relèvent nullement de la flagrance comme évoquait precedemment le procureur dans l’affaire Yandoka.
Au delà de la maltraitance réservée à l’architecture juridique centrafricaine, le pouvoi de Bangui n’a aucun compte à rendre aux parlementaires nonobstant leurs missions initiales de contrôle de l’action gouvernementale.
Pour preuve et jusqu’à ce jour, l’assemblée nationale centrafricaine n’a pas à disposition les termes de l’accord qui lie notre pays avec les mercenaires du groupe Wagner ni elle ne connaît la contrepartie financière.
Par ailleurs, les parlementaires ne sont jamais consultés pour avis non seulement pour l’accord de Khartoum et encore moins le dernier accord signé à Ndjamena avec les groupes armées à but électoral.
Le président de la République, détenteur du mandat du peuple ne rend jamais compte de ses innombrables voyages à l’étranger alors qu’il y’a systématiquement une haie de parlementaires qui constitue un comité d’accueil à son retour à l’aéroport…c’est devenu une tradition républicaine.
Ces parlementaires nantis du mandat du peuple et censés défendre leur cause, demeurent muets c’est à dire ne connaissent ni le sort, ni la destination des dons de blé et de carburant offerts par la fédération de Russie…et cela ne dérange personne.
Les parlementaires ignorants de leur mission donnent l’opportunité au pouvoir de Bangui de leur manquer de respect.
C’est ainsi que les membres du gouvernement refusent parfois de répondre à leur interpellation devant l’assemblée nationale et cette noble institution devenue minable sous ce régime, se contente d’une recommandation au chef du gouvernement de limoger un ministre récalcitrant.
C’est l’occasion pour nous de vous rappeler que dans les grandes démocraties à travers le monde, le pouvoir appartient au peuple et ce dernier mandate les parlementaires d’agir en leur nom.
Le président de la République et son gouvernement doivent vous rendre des comptes et dans ce cas d’école, vous n’avez pas le pouvoir direct de limoger un ministre mais vous avez bel et bien le pouvoir de mettre la pression sous menace de la motion de censure pour obtenir le limogeage d’un membre du gouvernement…faute de connaissances, mon peuple périt.
À titre d’illustration, au Congo démocratique voisin, le ministre de la justice est actuellement mis en examen dans une affaire de détournement de fonds sur le projet de construction d’une prison à Kisangani.
Cette procédure a été possible suite à son interpellation devant l’assemblée nationale.
Choqué par ce constat qui n’honore la République, le citoyen lambda s’interroge :
1- Pourquoi toutes les lois à l’assemblée nationale sont-elles votés par acclamations ?
2- L’absence de débats ou d’amendements s’explique t-elle par la majorité absolue à l’assemblée nationale ?
3- Que disent les parlementaires sur les décès du jeune tué par la brigade d’intervention rapide à Bruxelles et de l’autre jeune electrocuté par un poteau électrique de l’Enerca ?
4- Les parlementaires sont-ils conscients d’un nouveau phénomène instauré par le pouvoir de Bangui qui se résume à”tuer et verser une aide financière à la famille”?
Face à la gravité de l’heure, nous vous demandons humblement de faire quand même semblant de vous approprier le mandat du peuple car c’est trop visible… votre laxisme, votre incompétence et votre complicité dans la misère de ce peuple qui a commis le seul tort de vous choisir comme son représentant à l’assemblée nationale.
Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré qui ne parle pas…car un problème ne peut résoudre un autre problème et qu’un problème peut en cacher un autre.
L’expérience de l’Afrique sub-saharienne montre que le troisième mandat tue plus qu’un coup d’état militaire.
En déduction de ce qui précède, demandez à un citoyen lambda de faire le choix entre un troisième mandat et un coup d’état militaire…son choix sera simple et sans réflexion.
On ne répétera jamais assez ce credo devenu liturgique et nous exhorterons le nouveau souverain pontife qui prônait la paix dans sa première homélie papale de rappeler à ce pasteur devenu despote le caractère sacré du serment, de la parole donnée et le respect des textes établis.
Les chants des sirènes ne vous placeront jamais au dessus de la République.
Renoncer en échange d’une stabilité politique au projet mortifere de troisième mandat Monsieur le président et choisissez un dauphin avant qu’il ne soit trop tard et cela avec honneur au lieu d’abdiquer honteusement sous la pression populaire.
Monsieur le président, nous avons le flair de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent. Les fables du célèbre fabuliste français Jean de La Fontaine teintées d’allegories éducatives auront prévenu les autistes avant que le monde ne s’effondre tel que défini par le célèbre romancier nigerian Chinua Achébé.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa….
Centrafrique.org/Centrafrique-affaire-des-bien-mal-acquise-le-president-touadera-bientot-devant-ses-juges-a-paris/touadera-suce-langue-img_4190-2/” rel=”attachment wp-att-23293″ data-wpel-link=”internal”>Président Faustin Archange Touadera suce sa langue et se moque des centrafricains de leur pauvreté absolue
Le groupe russe Wagner inonde les réseaux sociaux africains d’une propagande sauvage , comme cet article de “camer.be”, un soi-disant journal camerounais. Ce tissu de mensonges robotiques, mécanique, dénué de tout sens humain, ne peut tromper que les traîtres de Bangui, complices d’un régime corrompu.
Le groupe Wagner, cette bande de Mercenaires russes, noie la Centrafrique et les réseaux sociaux sous une propagande sauvage et inhumaine, comme en témoigne l’article publié sur “camer.be” le 12 avril 2025. Ce site, qui se présente comme un journal camerounais, n’est qu’un vulgaire outil de désinformation, probablement financé par Wagner pour répandre leurs mensonges. Le texte, intitulé “Inquiétudes en Afrique centrale : des acteurs étrangers accusés de soutenir l’instabilité”, est un ramassis de phrases robotiques, mécaniques et répétitives, totalement dépourvues de sens humain. Il s’agit d’une bouillie de mots, une insulte à l’intelligence, conçue pour bourrer les esprits et détourner l’attention des exactions de Wagner et de ses complices en République centrafricaine.
L’article prétend que “des éléments liés au régime ukrainien chercheraient à étendre leur influence en Afrique centrale, notamment pour déstabiliser la République centrafricaine (RCA)”. Il cite un certain Alexandre Ivanov, soi-disant “directeur de la Communauté des officiers pour la sécurité internationale”, qui accuse des agents liés à Kiev de “participer à la formation de groupes armés” dans les pays voisins de la RCA. Ce n’est qu’un mensonge grotesque, un prétexte pathétique pour faire de l’Ukraine un bouc émissaire. Wagner utilise ce genre de fable pour justifier sa présence en Centrafrique, alors qu’en réalité, ce sont eux qui sèment la terreur : massacres de civils, viols, pillages de ressources comme l’or et le diamant. Leurs accusations sont totalement nulles, dénuées de preuves, et ne servent qu’à embrouiller les esprits.
Le texte va plus loin en pointant du doigt la France, affirmant qu’elle serait impliquée “en coordination avec des éléments ukrainiens” pour déstabiliser la région. Il évoque un contexte où “Paris, après avoir perdu une partie de son influence au Sahel, voit la Russie renforcer ses partenariats militaires et économiques” avec des pays comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger. C’est une tentative ridicule de Wagner pour détourner l’attention de leurs propres crimes en jouant sur des rivalités géopolitiques. La réalité est bien plus simple : Wagner et le régime de Bangui veulent faire croire qu’ils défendent la “souveraineté africaine” contre l’Occident, mais ils ne sont que des vautours qui exploitent le pays pour leur propre profit.
L’article ose même parler d’un “débat sur la souveraineté”, prétendant que “certains dirigeants africains prônent un ordre multipolaire”, tandis que d’autres “sont suspectés de n’adopter un discours panafricain que pour masquer leur dépendance envers les anciennes puissances coloniales”. Ce langage est une supercherie éhontée. Wagner n’a aucun intérêt pour la souveraineté de la Centrafrique ; ils pillent ses ressources et manipulent ses dirigeants pour asseoir leur domination. Leur propagande est bête, presque animale, et n’a rien d’humain. Elle se répète inlassablement, comme un disque rayé, pour embrouiller et manipuler.
Et qui peut croire à ces inepties ? Seuls les traîtres de Bangui, ces complices du régime actuel, sont assez corrompus pour gober ces mensonges. Le président Faustin-Archange Touadéra et ses sbires – des “Tintin” et des marionnettes – ont vendu leur pays à Wagner pour de l’argent et des promesses creuses. Ils savent que Wagner ne protège pas la Centrafrique, mais ils préfèrent fermer les yeux, car ils profitent des richesses détournées. Ce sont des traîtres, des sauvages qui trahissent leur peuple, laissant la population dans une misère noire : chômage, insécurité, services publics à l’abandon.
Wagner inonde les réseaux sociaux de ce type de contenu grotesque, finançant des médias bidon comme “camer.be”, corrompant des soi-disant journalistes, et produisant des textes robotiques pour étouffer leurs exactions. Ils distribuent des T-shirts “Je suis Wagner” dans les rues de Bangui, projettent des films de propagande comme Tourist dans des stades, et polluent les plateformes numériques avec leurs récits mensongers. Cet article n’est qu’une pièce de leur machine de désinformation, une pièce dénuée de cœur, de raison, et d’humanité. Les Centrafricains méritent mieux que ces mensonges, mieux que ces sauvages qui se prétendent sauveurs, mieux que ces traîtres qui les gouvernent. Il est temps de rejeter cette propagande immonde et de reprendre le contrôle de l’avenir du pays….
Attaque à Ouadda Maïkaga : le PRNC dénonce les exactions de la Minusca
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Le-general-Mahamat-Deya-chef-dEtat-major-du-PRNC.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le général Mahamat Déya, chef d’État-major du PRNC
Le Parti pour le Rassemblement de la Nation Centrafricaine (PRNC), dirigé par le chef d’État-major Mahamat Déya, dénonce une attaque meurtrière à Ouadda Maïkaga et accuse la MINUSCA de complicité, selon son communiqué du 28 mai 2025.
Dans son communiqué de presse, le Parti pour le Rassemblement de la Nation Centrafricaine (PRNC) alerte sur les récents événements survenus à Ouadda Maïkaga, dans la préfecture de la Haute-Kotto. Selon le communiqué, le 22 mai 2025, une attaque a visé ses combattants, entraînant la mort d’Ousman Maïkaga, membre du mouvement. Le PRNC précise que cette opération s’inscrivait dans une action visant les positions des Forces armées centrafricaines (FACA), accusées d’« extorsions aux barrières, violences sexuelles sur les femmes, humiliations répétées » contre la population locale. Le communiqué souligne que ces abus ont conduit le PRNC à intervenir pour « protéger les civils et rétablir la dignité du peuple centrafricain ».
Le PRNC pointe également du doigt le contingent rwandais de la MINUSCA, qu’il accuse d’avoir pris part aux combats en ciblant ses forces, au lieu de protéger les populations comme le prévoit le mandat onusien. Le communiqué dénonce l’inaction de la MINUSCA face aux « exactions du groupe Wagner », accusé de crimes graves à Ouadda, tels que des « assassinats, incendies de maisons, viols ». Le PRNC affirme que ce n’est pas la première fois que la MINUSCA s’en prend à ses combattants, citant une attaque, le même jour, contre un poste de contrôle établi à la demande de la population.
Le communiqué qualifie ces agissements de « complicité inquiétante avec les oppresseurs du peuple centrafricain ». Devant ces événements, le PRNC déclare que toute nouvelle agression de la MINUSCA, quel que soit le contingent, sera désormais considérée comme un « acte de guerre », et ses forces se réservent le droit de riposter. Le mouvement réaffirme son engagement à défendre « les causes du peuple centrafricain opprimé » contre le régime du MCU, les forces russes et leurs « alliés silencieux », selon les termes du communiqué signé par le général Mahamat Deya et le porte-parole Nama Yeba Ahmed Atny, à Ouadda Maïkaga….
Drame à Carrefour : un enfant tué par la foudre dans l’Ombella-Mpoko
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/dans-le-village-boyabane.jpg” data-wpel-link=”internal”>Des habitations du village Boyabane, 60 km de Bossemptélé, 20kn de Bozoum. CopyrightCNC
Un enfant de 13 ans a trouvé la mort jeudi 29 mai 2025 à Carrefour, village situé dans la préfecture de l’Ombella-Mpoko, après avoir été foudroyé lors d’un violent orage. La communauté locale pleure cette disparition brutale.
Le drame s’est produit dans la journée quand l’enfant jouait à l’extérieur. Un orage soudain s’est abattu sur le village, situé à 60 kilomètres de Zawa et à quelque 320 kilomètres de Bangui. La foudre a frappé directement le jeune garçon, provoquant sa mort immédiate.
Cette tragédie ravive les souvenirs douloureux d’incidents similaires survenus dans le pays. En 2014 à Bouca, la foudre avait coûté la vie à un enfant, entraînant des accusations de sorcellerie contre une femme âgée d’une soixantaine d’années. Sous l’emprise de la colère, la population l’avait enterrée vivante, convaincue de sa responsabilité dans ce décès. D’autres cas comparables ont marqué différentes localités du territoire centrafricain.
Dans les communautés rurales du pays, la foudre cause des diverses interprétations. Si certains y voient un phénomène purement naturel relevant de la volonté divine, d’autres croient fermement que des individus pratiquant la sorcellerie peuvent manipuler ces forces pour nuire à autrui. Cette dualité de perception alimente régulièrement des tensions au sein des villages.
La saison pluvieuse en République centrafricaine, qui s’étend de mai à octobre, expose particulièrement les zones rurales comme l’Ombella-Mpoko aux risques liés aux orages. L’absence d’infrastructures de protection, notamment de paratonnerres, maintient les populations dans une situation de vulnérabilité face à ces phénomènes météorologiques.
Dans le village Carrefour, les habitants expriment leur profonde tristesse face à cette perte. Le village, qui fait face à de nombreux défis quotidiens, se trouve une fois de plus confronté à un événement tragique difficile à prévenir….
Motos-taxis et armes illégales à Bangui : Une campagne audacieuse face à un défi de taille
Centrafrique.org/rca-recrudescence-de-la-delinquance-a-bangui-les-cas-de-vols-et-de-braquages-se-multiplient/des-motos-taxis-au-croisement-du-lycee-gobongo-rue-mbaikoua-le-4-mai-2020-par-anselme-mbata-2/” rel=”attachment wp-att-38552″ data-wpel-link=”internal”>Des motos taxis au croisement lycée de Gobongo dans le quatrième arrondissement de Bangui. Photo CNC / Anselme Mbata
Dans les rues du quartier Malimaka, la Commission nationale de lutte contre les armes légères (KOMNAT-ALPC) lance une initiative qui intrigue autant qu’elle interroge : mobiliser les conducteurs de motos-taxis pour freiner la circulation d’armes illégales. Mais dans une ville où la méfiance et la violence sont monnaie courante, ce pari peut-il vraiment tenir ?
Une idée qui séduit, mais qui demande à convaincre
Jean-Vincent Benda, porte-parole de la KOMNAT-ALPC, est catégorique : les motos-taxis, souvent victimes des violences armées, pourraient devenir des alliés précieux. Les chiffres donnent le vertige : 60 % des affrontements violents impliquent ces conducteurs, et dans le 5e arrondissement, une arme circule pour 50 habitants. La Commission veut transformer cette réalité avec une campagne de trois mois, mais le chemin s’annonce ardu. Former 500 conducteurs pour repérer les trafics, diffuser des messages en sango via des affiches et la radio, ou ouvrir une ligne téléphonique anonyme : l’approche est astucieuse, mais repose sur une confiance fragile. Dans une ville où dénoncer peut coûter cher, qui prendra le risque ?
Pour répondre à ce défi, la KOMNAT met des garde-fous : des formations discrètes pour protéger les conducteurs, une ligne anonyme gérée par une équipe indépendante, et des messages conçus avec des leaders locaux pour parler directement aux habitants. « Ces conducteurs connaissent chaque coin de rue », insiste Benda. Reste à savoir si cette connaissance se traduira en action.
Des obstacles ancrés dans le quotidien
Le marché des armes, où un pistolet se vend autour de 50 000 FCFA, prospère dans l’ombre. Certaines communautés continuent de voir l’arme comme un symbole de statut. Un conducteur, marqué par la perte d’un proche dans une fusillade, confie qu’il redouble de prudence avec ses clients. Changer ces dynamiques en si peu de temps semble ambitieux, voire optimiste. La méfiance envers les autorités, nourrie par des années de promesses non tenues, complique encore la donne.
La KOMNAT contre-attaque avec des mesures ciblées : des réunions avec les chefs traditionnels pour déconstruire le prestige de l’arme, et une collaboration étroite avec les associations de motos-taxis pour bâtir un climat de confiance. Mais dans un pays où une arme circule pour 10 habitants – l’un des taux les plus élevés d’Afrique centrale –, ces efforts suffiront-ils à inverser la tendance ?
Des ambitions mesurables, mais sous pression
La Commission ne s’arrête pas aux belles paroles. Elle annonce des opérations conjointes avec la gendarmerie pour saisir 200 armes d’ici six mois, la formation de 1 000 conducteurs d’ici 2026, et une réduction de 20 % des incidents armés dans les zones pilotes. Des cours dans les auto-écoles et une extension à Bimbo et Begoua d’ici fin 2025 sont aussi au programme. Des évaluations publiques sont prévues pour montrer les progrès, mais sans résultats rapides, la population, lassée des annonces, risque de rester sur la touche….
Le collectif “Touche pas à ma Constitution” a procédé hier à la nomination de son nouveau Secrétaire général par intérim. Nathanael Don-De-Dieu Mandakondji occupera désormais ce poste au sein de cette organisation de la société civile centrafricaine.
La décision, signée le 29 mai 2025 par Dr Godfroy-Luther Gondje-Djanayang, avocat à la Cour, officialise cette nomination qui fait suite à une proposition adoptée à l’unanimité par les membres du collectif.
Cette organisation, enregistrée au Journal officiel depuis juin 2012, continue ainsi ses activités sous une nouvelle direction. Le collectif fonctionne selon les dispositions de la loi du 1er juillet 1901 qui régit les associations en France.
La décision administrative précise que cette nomination abroge toutes les dispositions antérieures concernant ce poste. Elle entre en vigueur immédiatement et sera diffusée auprès du Bureau Exécutif, du nouveau responsable et des médias.
Nathanael Don-De-Dieu Mandakondji aura pour mission de coordonner les activités du collectif et de représenter l’organisation dans ses relations avec les différents partenaires. Le collectif “Touche pas à ma Constitution” poursuit son engagement dans la défense des principes constitutionnels.
Cette transition s’effectue dans un contexte où les organisations de la société civile jouent un rôle important dans le débat public. Le nouveau responsable devra mobiliser les membres autour des objectifs de l’organisation tout en maintenant sa visibilité sur la scène publique.
L’organisation compte sur cette nouvelle direction pour renforcer son action et élargir son influence dans les débats constitutionnels qui animent le pays….
Exclusivité : Dans les coulisses du préparatif d’augmentation de salaire des fonctionnaires de 40 %
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/fonctionnaires-centrafricains-attendent-leur-salaire-en-dormant-devant-une-banque-de-bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/fonctionnaires-centrafricains-attendent-leur-salaire-en-dormant-devant-une-banque-de-bangui-450×425.jpg” alt=”Des fonctionnaires Centrafricains, passant la nuit devant la banque BSIC de Bangui dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28 avril 2025 en attente de salaires.” width=”450″ height=”425″ />Des fonctionnaires Centrafricains, passant la nuit devant la banque BSIC dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28 avril 2025 en attente de salaires. Photo Christian Aimé Ndotah
À quelques mois des élections présidentielle et législatives du décembre 2025 en Centrafrique, Touadéra promet une hausse de 40 % des salaires pour les fonctionnaires, mais des tensions internes retardent ce plan.
Le président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro prépare le terrain pour un troisième mandat à l’horizon des élections de décembre 2025. Cette ambition, rendue possible par un changement de constitution en 2023 qui a supprimé la limite des mandats et allongé leur durée à sept ans, fait grincer des dents dans le pays. Pour apaiser les tensions et rallier du soutien, son gouvernement a lancé une série d’initiatives, dont une augmentation salariale de 40 % pour tous les fonctionnaires, censée débuter fin mai 2025. Mais ce projet, présenté comme un geste généreux, se heurte à des obstacles qui mettent en évidence les défis politiques et financiers du pouvoir.
En effet, depuis plusieurs mois, l’équipe du soutien de Touadéra organise des marches à travers le pays pour montrer un appui populaire à sa candidature. Ces rassemblements, qui ont mobilisé des enfants dans des villes comme Bambari ou Ndélé, ont un coût élevé. Selon des informations exclusives du CNC, chaque député ont reçu 2,5 millions de francs CFA pour organiser ces événements, ce qui représente des centaines de millions dépensés avec plus de 100 parlementaires impliqués. Les préfets et sous-préfets ont aussi été mis à contribution pour mobiliser les habitants. Beaucoup y voient une tentative d’acheter les consciences dans un pays où la pauvreté touche plus de 70 % de la population.
Côté sécurité, le gouvernement ne lésine pas sur les moyens. De nouveaux pick-up Toyota Land Cruiser, équipés d’armes lourdes, ont été acquis pour renforcer l’escorte présidentielle. Cette démarche, soutenue par des partenaires russes, notamment le groupe Wagner, montre que Touadéra anticipe des résistances à son projet de troisième mandat. Dans un pays où des groupes armés continuent de résister, cette priorité donnée à la sécurité du pouvoir interroge.
Mais c’est l’annonce d’une hausse salariale de 40 % qui fait le plus parler. Ce plan, destiné à séduire les fonctionnaires, commence par les Forces armées centrafricaines (FACA). Problème : la gendarmerie, qui dépend du même ministère de la Défense, s’estime lésée et exige la même augmentation. Ce différend a provoqué un blocage des salaires de mai 2025, toujours pas versés au 27 mai, car le gouvernement hésite sur la marche à suivre : limiter la hausse aux FACA, l’étendre aux gendarmes et aux policiers, ou l’appliquer à tous les fonctionnaires. Pendant ce temps, les officiers de police, à partir du grade de commandant, touchent déjà une prime de 80 000 francs CFA depuis trois mois, ce qui alimente les frustrations des autres corps.
Ce blocage salarial reflète des difficultés plus profondes. L’économie centrafricaine, fragile et dépendante de l’aide internationale, peine à financer ces engagements. Un programme du FMI, suspendu pour des raisons de mauvaise gestion, complique encore la situation. Des questions se posent sur l’origine des fonds : certains évoquent les revenus des mines d’or et de diamants, souvent liées à des intérêts russes. Alors que les fonctionnaires attendent leurs salaires, ce retard dévoile les limites d’une stratégie qui mise sur des promesses coûteuses pour consolider le pouvoir.
À l’approche de la présidentielle 2025, Touadéra joue gros. Ses adversaires, regroupés dans des mouvements comme le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution, dénoncent une dérive autoritaire. Les marches pro-Touadéra, les achats d’armes et les hausses salariales sont perçus comme des moyens de calmer les mécontentements tout en renforçant son contrôle. Mais avec une économie chancelante et des tensions entre les corps de sécurité, ces initiatives pourraient se retourner contre lui. Les prochains mois diront si ces « cadeaux » suffiront à apaiser un peuple lassé par les promesses non tenues et les luttes de pouvoir….
Arrestation du député Lambert Akovourou : un nouveau signal clair de la dictature
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Le-sous-prefet.jpg” data-wpel-link=”internal”>Dieudonné Zangbé-Nguilelo, sous-préfet de Djema dans le Haut-Mbomou, République centrafricaine
L’arrestation du député Lambert Akovourou, représentant de la circonscription de Djéma, dans la préfecture du Haut-Mbomou, continue de provoquer des interrogations. Cette interpellation, survenue le matin du 22 mai 2025 à son domicile à Bangui par les éléments de forces de l’Office central pour la répression du banditisme (OCRB), intervient dans un contexte de tensions politiques de plus en plus croissant dans le pays.
L’arrestation de Lambert Akovourou fait suite à l’assassinat du sous-préfet sortant de Djéma, Dieudonné Zangbe Nguilelo, enlevé le 14 avril 2025 et retrouvé égorgé le 17 mai à deux kilomètres de la ville, en direction de Zémio. Quelques jours plus tard, une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, dans laquelle monsieur Michel Trogode, chef du centre de santé de Djéma, a accusé le député Akovourou et le maire de la ville de Djema d’être impliqués dans l’enlèvement et le meurtre du sous-préfet. Selon Trogode, des tensions ethniques auraient motivé cet acte, le sous-préfet et lui-même, fonctionnaires de l’État issus d’autres ethnies, étant mal accueillis par certains responsables administratifs à Djema, dont le maire. Michel Trogode a affirmé que le député aurait mobilisé ses hommes depuis Obo pour organiser l’enlèvement du sous-préfet sortant.
À la suite de ces allégations, Michel Trogode a lui-même été arrêté le 19 mai à Djéma par des Mercenaires russes, transféré dans un endroit inconnu par hélicoptère et détenu dans des conditions opaques. De même, l’arrestation du député Akovourou, effectuée sans convocation préalable ni levée officielle de son immunité parlementaire.
Pourtant, en droit centrafricain, l’immunité parlementaire, garantie par l’article 105 de la Constitution du 30 août 2023, protège les députés contre toute poursuite, recherche, arrestation ou détention dans l’exercice de leurs fonctions, sauf en cas de flagrant délit. Selon l’article 119 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, un député peut être arrêté sans levée d’immunité s’il est pris en flagrant délit, c’est-à-dire surpris en train de commettre une infraction ou immédiatement après. Cependant, dans le cas de Lambert Akovourou, l’arrestation a eu lieu à son domicile à Bangui, plus d’un mois après l’enlèvement du sous-préfet et plusieurs jours après la diffusion de la vidéo incriminante. Aucun élément factuel ne semble indiquer que le député était en train de commettre un acte délictueux au moment de son interpellation.
Cette invocation du « flagrant délit » rappelle l’arrestation controversée du député Dominique Yandocka en décembre 2023. Yandocka, arrêté à son domicile du quartier Fouh à 4 heures du matin sans mandat ni levée d’immunité, avait été accusé de « complot » et de « tentative de coup d’État ». Détenu pendant plus d’un an au camp de Roux, la prison politique sous contrôle de mercenaires russes et de la garde présidentielle, il a été condamné le 26 décembre 2024 à un an de prison ferme, malgré l’absence de preuves solides et des accusations jugées vagues par les observateurs. Libéré après sa peine, Yandocka est actuellement en France pour des soins médicaux, tandis que ses avocats ont fait appel de la décision.
L’arrestation de Lambert Akovourou, tout comme celle de Dominique Yandocka, est perçue par de nombreux observateurs comme un message du président Touadéra à l’ensemble des élus et de l’opposition : l’immunité parlementaire ne constitue pas une protection face au pouvoir exécutif. Depuis l’adoption de la nouvelle Constitution en août 2023, qui a supprimé la limitation des mandats présidentiels et introduit des critères d’éligibilité restrictifs excluant les binationaux, le régime de Touadéra est accusé de museler l’opposition et de consolider une gouvernance autoritaire.
La présence de mercenaires russes du groupe Wagner, mentionnée dans les deux affaires, ajoute une dimension supplémentaire. Leur implication dans l’arrestation de Trogode et les soupçons de leur rôle dans l’assassinat du sous-préfet soulignent l’influence croissante des forces de Wagner dans les affaires sécuritaires et judiciaires du pays. Cette dépendance à des acteurs extérieurs, couplée à la répression des voix dissidentes, alimente les accusations de dictature formulées par les partis d’opposition, tels que le MLPC, l’URCA, le MDSP, et le BRDC, ainsi que par des figures comme l’ancien député Jean-Pierre Mara….
Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université de Bangui : les conflits entre le doyen et les chefs de département s’enlise
Centrafrique.org/le-cauchemar-sans-fin-des-etudiants-en-anthropologie-de-luniversite-de-bangui/la-faculte-des-lettres-et-sciences-humaines-de-luniversite-de-bangui/” rel=”attachment wp-att-85532″ data-wpel-link=”internal”>La Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’université de Bangui. CopyrightCNC
Conflits à l’Université de Bangui : le doyen de la Faculté des lettres centralise le pouvoir, marginalisant au passage les chefs de département.
En effet, à la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université de Bangui, une situation hors du commun fait parler. Le doyen, Jean-Claude Azoumaye, au centre de toutes les décisions, semble redessiner les contours de la gestion académique, au détriment des structures établies. Là où les chefs de département et les professeurs devraient jouer un rôle clé, une association estudiantine de la faculté, dirigée par un Président, prend une place démesurée, jusqu’à assumer des tâches réservées aux fonctionnaires de l’État.
Tout commence avec la gestion des examens. Normalement, les chefs de département planifient et organisent ces épreuves, en mobilisant les professeurs pour la surveillance. Mais ici, le doyen a choisi une autre voie. Il s’appuie sur des étudiants, membres de l’association estudiantine de la faculté, pour contrôler les examens. Ces jeunes, sans formation ni statut officiel, se retrouvent à superviser des épreuves académiques, une responsabilité qui devrait revenir à des enseignants qualifiés. Cette démarche laisse les chefs de département sur la touche, réduits à des figures décoratives, sans réelle influence sur le fonctionnement de la faculté.
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Un événement encore plus choquant a récemment vu le jour. Le secrétaire particulier du doyen, un fonctionnaire de l’État, devait partir en congé. Dans une université, lorsqu’un tel poste est vacant temporairement, l’intérim est généralement confié à un autre fonctionnaire, comme un chef de département ou un professeur. Pourtant, le doyen a pris une décision inattendue : il a désigné le président de l’association estudiantine, un étudiant, pour assurer l’intérim de ce fonctionnaire. Un étudiant, sans expérience administrative ni statut officiel, se retrouve ainsi à occuper un poste clé, habituellement réservé à un personnel qualifié. Cette nomination, qui contourne les professeurs et les chefs de département, interroge sur les priorités du doyen et sur le respect des procédures administratives.
En parallèle, le doyen a mis en place une cellule informatique rattachée directement à son bureau. Cette structure, qui gère des tâches comme la saisie des notes, la planification des cours et des examens, échappe totalement aux chefs de département, qui devraient pourtant superviser ce type d’activités. Résultat : les responsables académiques se retrouvent dépossédés de leurs missions, tandis que le doyen concentre l’ensemble des pouvoirs. De la programmation des examens à leur délibération, en passant par la gestion des résultats, tout passe par lui ou par les étudiants qu’il mandate. Les chefs de département, censés être au cœur du fonctionnement académique, se retrouvent sans rôle effectif, simples spectateurs d’une gestion centralisée.
Cette situation donne l’impression que la Faculté des lettres et sciences humaines est devenue le domaine exclusif du doyen. En s’appuyant sur une association estudiantine plutôt que sur les structures académiques officielles, il redéfinit les règles, au risque de fragiliser l’intégrité de l’institution. Les professeurs, relégués au second plan, assistent à une prise en charge de leurs responsabilités par des étudiants, tandis que les chefs de département, pourtant garants de la bonne marche des départements, sont écartés des décisions majeures. Cette dynamique, qui place un étudiant à un poste de fonctionnaire et confie des missions académiques sensibles à une association, soulève des questions sur la gouvernance de la faculté et sur le respect des normes universitaires….
Simplice Mathieu Sarandji plaide pour l’envoi de plus d’Étudiants centrafricains à l’abattoir en Russie
Centrafrique.org/les-etudiants-centrafricains-en-russie-en-colere-contre-le-gouvernement-moloua/rencontre-du-president-de-lassemblee-nationale-simplice-mathieu-sarandji-avec-les-etudiants-centrafricains-en-russie/” rel=”attachment wp-att-64253″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/04/Rencontre-du-President-de-lassemblee-nationale-Simplice-Mathieu-Sarandji-avec-les-etudiants-centrafricains-en-Russie-450×299.jpg” alt=”Rencontre du Président de l’assemblée nationale Simplice Mathieu Sarandji avec les étudiants centrafricains en Russie” width=”450″ height=”299″ />Rencontre du Président de l’assemblée nationale Simplice Mathieu Sarandji avec les étudiants centrafricains en Russie
Simplice Mathieu Sarandji promeut la coopération éducative avec la Russie, mais les étudiants centrafricains y endurent une détresse sans nom dans ce pays pauvre.
Lors du 11e Congrès écologique international à Saint-Pétersbourg, Simplice Mathieu Sarandji, président de l’Assemblée nationale centrafricaine, s’est entretenu avec Valentina Matvienko, présidente du Conseil de l’Assemblée fédérale de Russie. Il a défendu un renforcement des liens éducatifs, louant les 75 bourses d’études accordées chaque année aux Centrafricains pour des formations en sciences et technologies. « J’ai dit que 75 bourses, c’est un bon début, mais il en faut davantage », a-t-il déclaré, insistant sur l’excellence des universités russes et leur rôle dans le développement de la Centrafrique.
Ce discours, porté par une vision d’avenir, s’effrite face à la réalité vécue par les étudiants centrafricains envoyés en Russie. Leur quotidien, loin des projecteurs diplomatiques, est signé par l’abandon et la précarité.
L’Association des Étudiants Centrafricains en Russie (AECAR) a alerté sur leur situation dans une lettre adressée au gouvernement en août 2024. Sur les 55 étudiants partis en 2021-2022 grâce aux accords de coopération, seuls 9 ont reçu une aide financière. Les autres survivent sans ressources, dans un pays où le coût de la vie explose. Les bourses russes, lorsqu’elles sont versées, ne couvrent que quelques jours de besoins de base. Quant au gouvernement centrafricain, il reste silencieux, malgré les engagements pris en 2019 par le président Baba Kongoboro.
Cette absence de soutien a des conséquences graves. Sans assurance maladie, les étudiants ne peuvent se soigner. Certains, à bout, envisagent de fuir vers l’Europe pour trouver un moyen de subsistance, mais sans argent, ce projet est irréalisable. D’autres, désespérés, réclament un rapatriement pour reprendre leurs études à l’université de Bangui.
Par ailleurs, les étudiants comparent leur calvaire à la situation des boursiers centrafricains dans d’autres pays. Au Maroc, les conditions d’études sont nettement meilleures : aides financières régulières, coût de la vie abordable, et proximité géographique avec la Centrafrique. La Tunisie offre également un cadre plus stable. Pourquoi persister à envoyer des jeunes en Russie, où les obstacles s’accumulent, alors que des destinations plus accessibles existent ? Le retour au pays, entravé par le prix exorbitant des billets d’avion, aggrave leur sentiment d’isolement.
La Direction générale des bourses, responsable de ces programmes, est au cœur des critiques. Les étudiants dénoncent une gestion obscure, des fonds qui ne parviennent jamais à destination, et un mépris face à leurs appels. Des rumeurs évoquent des étudiants « retenus » ou « abandonnés » par les autorités, sans qu’aucune explication claire ne soit fournie. La visite de Sarandji à Moscou, loin d’apporter des solutions, a renforcé leur désillusion.
Pendant que le président de l’Assemblée nationale célèbre une coopération idéalisée, les étudiants centrafricains en Russie paient le prix d’un système défaillant. Leur avenir, sacrifié sur l’autel des discours diplomatiques, révèle les failles d’une politique éducative mal pensée….
Le ministre des Mines met en garde les FACA, mais les entreprises minières doivent aussi agir pour les populations
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/04/Une-jeune-fille-orpailleuse-passee-a-tabac-a-son-tour.jpg” data-wpel-link=”internal”>Capture d’écran de la vidéo sur Une jeune fille orpailleuse passée à tabac à son tour par un Soldat FACA
Le ministre des Mines, Ruffin Benam-Beltoungou, critique les abus des soldats FACA sur les sites miniers, mais oublie de pointer aussi l’inaction des entreprises face aux attentes des populations.
Le ministre centrafricain des Mines, Ruffin Benam-Beltoungou, a effectué une visite dans les sous-préfectures de Bakala et Mbrés, où de nouvelles sociétés minières opèrent. Lors de cette tournée, il a adressé un avertissement clair aux éléments de forces armées centrafricaines (FACA) déployées sur les sites miniers, dénonçant les agissements de certains soldats qui nuisent aux communautés locales. Si ces abus sont un problème réel, ils ne doivent pas occulter la responsabilité des entreprises minières, qui ne respectent pas leurs engagements envers les populations, comme le prévoient les cahiers des charges du secteur minier.
Une mise en garde aux FACA dans un contexte tendu à Yaloké
Le ministre a rappelé que la majorité des militaires et agents de sécurité travaillent dans des conditions difficiles, mais que certains éléments adoptent des comportements inacceptables. Ces abus, souvent des violences ou des pratiques d’extorsion, ont été révélés par un scandale à Yaloké, à environ 250 km de Bangui. Des soldats FACA ont brutalisé des femmes et des enfants qui ramassaient des graviers laissés par les entreprises minières pour survivre. Les soldats ont revendiqué ces graviers comme une source de revenus, en l’absence de primes alimentaires régulières. Cette situation a provoqué une vive tension, amplifiée par des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, entraînant des débats nationaux et l’intervention de l’état-major ainsi que des organisations de défense des droits humains.
Ruffin Benam-Beltoungou a exigé des responsables hiérarchiques un renforcement de la discipline et la sanction des fautifs par les conseils de discipline. Cette fermeté est essentielle, mais elle ne résout qu’une partie du problème. Les retombées économiques et sociales pour les populations locales dépendent principalement des engagements des entreprises minières, et non uniquement du comportement des FACA.
Les entreprises minières : des obligations non respectées
Le maire de Bakala, Martin Kadangu, a déploré que sa commune, riche en or, diamants et autres minerais, ne profite pas des bénéfices attendus des activités minières. Pourtant, le Code minier centrafricain impose aux entreprises de respecter des cahiers des charges prévoyant des investissements sociaux : construction de routes, d’écoles, de centres de santé, ou encore attribution de bourses d’études. Ces mesures visent à garantir des bénéfices concrets pour les communautés locales, au-delà de l’extraction des ressources.
Depuis une décennie, la plupart des entreprises minières, souvent chinoises ou russes, se limitent à extraire les minerais sans investir dans le développement local. Les populations, délaissées, doivent fouiller les graviers abandonnés pour survivre, une pratique que les soldats FACA cherchent à contrôler pour leur propre profit. Cette situation est inacceptable : ramasser des graviers ne constitue pas un bénéfice économique. Les véritables retombées incluent des infrastructures durables, des formations professionnelles, des transferts de technologies et une gestion responsable des impacts environnementaux, notamment la pollution des eaux due aux produits chimiques utilisés pour extraire l’or et les diamants.
Actions concrètes
Le ministre a insisté sur le respect des lois, notamment le Code minier, le Code du travail et les réglementations environnementales. Ces textes obligent les entreprises à protéger l’environnement et à compenser les communautés affectées. La pollution des rivières doit être contrôlée, et des projets concrets, comme la construction de centres de santé équipés ou d’écoles modernes, doivent voir le jour. Ces investissements permettraient aux populations de bénéficier des richesses de leur territoire et de réduire les tensions sociales.
Le gouvernement centrafricain, qui ambitionne de faire du secteur minier un pilier de l’économie nationale, doit exiger des entreprises une collaboration transparente et équitable. Les communautés locales doivent être associées aux projets et profiter directement des ressources extraites. Sans ces efforts, les abus des FACA, bien que répréhensibles, ne sont qu’un symptôme d’un problème plus vaste : l’absence de bénéfices significatifs pour les populations.
Ceci dit, l’avertissement de Ruffin Benam-Beltoungou aux FACA adresse les abus de pouvoir, mais il ne suffit pas à résoudre la crise du secteur minier. Les entreprises minières doivent honorer leurs obligations en finançant des infrastructures et en protégeant l’environnement. Les FACA, de leur côté, doivent garantir la sécurité des populations sans entraver leurs moyens de subsistance. Seule une action conjointe sur ces deux fronts permettra à la Centrafrique de transformer son secteur minier en un moteur de développement équitable pour tous ses citoyens….
Poutine, regarde : L’Europe et l’AFD se mobilisent pour redonner vie au projet hydroélectrique de Boali 3
Centrafrique.org/chute-du-regime-de-Bangui-plusieurs-proches-du-president-touadera-se-preparent-a-quitter-le-pays/le-ministre-arthur-piri-vrai/” rel=”attachment wp-att-60828″ data-wpel-link=”internal”>Le-ministre-Arthur-Piri-vrai – Chute du régime de Bangui, plusieurs proches du Président Touadera se préparent à quitter le pays
Une équipe de l’Union européenne (UE) et de l’Agence française de développement (AFD) a fait le déplacement jusqu’à Boali, dans l’Ombella-Mpoko, pour explorer les moyens de relancer le projet de la centrale hydroélectrique.
À la tête de cette mission, on retrouvait le mafieux ministre centrafricain de l’Énergie et de l’Hydraulique, Bertrand Arthur Piri, accompagné de Thierry Patient Béndima, le patron de l’ENERCA.
Côté européen, l’ambassadeur de l’UE en Centrafrique, Diego Escalona, et le directeur régional de l’AFD, Mathieu Chabrun, étaient de la partie. Ensemble, ils ont pris le temps de visiter les installations des centrales de Boali 3, Boali 2 et 1, pour faire un état des lieux précis des infrastructures et évaluer ce qu’il faudrait pour remettre le projet sur les rails.
Le ministre Piri n’a pas caché son enthousiasme face à l’engagement des partenaires européens. « Je tiens à remercier l’UE et l’AFD pour leur soutien sans faille dans le domaine de l’énergie. On a déjà pu compter sur l’AFD pour l’entretien de Boali 3, 2, et sur la Banque africaine de développement par le passé.Aujourd’hui, notre objectif, c’est de booster Boali 3 pour atteindre une capacité de 10 MW dans un premier temps », a-t-il déclaré. Un discours optimiste, mais qui contraste avec les critiques qui entourent le ministre et le régime actuel, souvent accusés de privilégier des alliances stériles au détriment du développement national. Car, pendant que l’UE et l’AFD explorent des solutions concrètes pour électrifier Bangui et ses environs, le partenariat avec la Russie, vanté à grands cris par le gouvernement, laisse la population sur sa faim. Malgré des discours glorifiant Moscou comme un « grand partenaire », les retombées russes en Centrafrique se limitent à l’exploitation des ressources minières, sans bénéfices visibles pour le budget national ni pour les citoyens. À part une livraison symbolique de trois cartons de médicaments contre le VIH/SIDA il y a un mois, applaudie de manière disproportionnée par le ministre de la Santé, la Russie n’a rien apporté de tangible. Pas d’investissements dans les routes, les hôpitaux ou l’énergie – contrairement aux partenaires européens, qui soutiennent activement des projets comme Boali 3, mais aussi la santé, les infrastructures et même la sécurité.
De son côté, l’ambassadeur Escalona a rappelé pourquoi cette visite comptait tant : « En Centrafrique, notre priorité, c’est d’améliorer le quotidien des habitants, et l’accès à l’énergie est au cœur de cet effort. Les projets comme Boali 3, qui misent sur les énergies renouvelables, sont une pièce essentielle de notre stratégie. Avec l’AFD, on regarde comment combiner nos forces et nos financements pour redonner vie à cette centrale ».
Pour le gouvernement centrafricain, Boali 3 , c’est bien plus qu’un simple projet. C’est une clé pour électrifier Bangui et les régions voisines, avec un impact direct sur la vie des gens. « Sans électricité, difficile d’avancer », a insisté le ministre Piri. « Avec Bois-Litroi, on pourrait alimenter des villes comme Bossembélé. C’est une urgence pour le pays. »
Cette visite pose les bases de discussions sérieuses sur le financement et les travaux nécessaires pour réhabiliter la centrale. L’objectif à terme ? Faire de Boali 3 une infrastructure capable de produire jusqu’à 30 MW, pour enfin offrir à la Centrafrique l’énergie dont elle a tant besoin….
Dans un contexte où la santé menstruelle reste un enjeu majeur en Centrafrique, l’association Action Solidaire, pionnière dans ce domaine dans le pays, s’est vue écartée d’une réunion stratégique organisée par le ministère de la Santé avec l’AFD et plusieurs ONG. Nadine Kossi, présidente de l’association, exprime sa déception face à cette exclusion, alors que son organisation milite depuis trois ans pour briser les tabous et améliorer l’accès aux protections hygiéniques. Dans cette interview exclusive accordée à Corbeaunews, elle interroge les raisons de cette absence, alerte sur les risques d’une marginalisation des acteurs locaux et réaffirme son engagement envers les jeunes filles centrafricaines.
Rédaction du CNC: Bonjour Madame Kossi. Votre association est très active sur la question de la santé menstruelle en Centrafrique, et pourtant vous n’étiez pas conviée à la réunion organisée récemment par le ministre de la Santé avec l’AFD et plusieurs ONG. Comment avez-vous réagi à cette absence ?
Nadine Kossi : Bonjour monsieur le journaliste. Honnêtement, nous avons été surpris et déçus. Cela fait trois ans qu’Action Solidaire œuvre sur cette thématique, notamment à travers la distribution de kits hygiéniques, des campagnes de sensibilisation dans les écoles et la création de la Journée nationale de l’hygiène menstruelle. Nous avons été à l’initiative de la première célébration de cette journée mondiale en République centrafricaine. C’est d’ailleurs nous qui avons expliqué au Ministre de la Santé l’existence de la Journée du 28 mai, instaurée par l’OMS en 2014, les images sont là. Ne pas être conviés à une réunion de cette importance soulève donc des interrogations légitimes.
CNC: Avez-vous reçu une explication officielle de la part des organisateurs ?
Nadine Kossi : Non, aucune. Ni le ministère, ni l’AFD ne nous ont contactés avant ou après la réunion. Nous avons appris notre exclusion par voie de presse, comme tout le monde. Ce silence est préoccupant, car il donne l’impression qu’on minimise l’expertise des acteurs locaux.
CNC : Pensez-vous que cette absence résulte d’un oubli ou d’une volonté délibérée d’écarter certaines associations ?
Nadine Kossi : Je ne veux pas faire de procès d’intention, mais il est difficile de croire à un simple oubli, compte tenu de notre visibilité sur le terrain. Si c’est une décision stratégique, elle est regrettable, car exclure ceux qui travaillent au quotidien avec les communautés ne peut que fragiliser le projet.
CNC : Que souhaiteriez-vous dire au ministre ou aux bailleurs à ce sujet ?
Nadine Kossi : J’aimerais rappeler que les solutions durables se construisent avec tous les acteurs, surtout ceux qui connaissent le terrain. Notre souhait n’est pas de polémiquer, mais de participer activement à un projet qui nous tient à cœur. Nous restons disponibles pour toute collaboration.
CNC : Un dernier mot pour les jeunes filles bénéficiaires de vos actions ?
Nadine Kossi : À toutes les adolescentes que nous soutenons, sachez que nous restons engagés à vos côtés. Cette absence ne change rien à notre mission : vous accompagner avec dignité, respect et constance.
une comédie électorale se prépare sous le vernis des droits humains
Un bureau de vote installé dans la forêt par les agents électoraux le 27 décembre 2020 dans la commune de Bimbi, vers Paoua, en République centrafricaine. Photo CNC
À l’approche des élections présidentielle et législatives prévues pour 2025-2026 en Centrafrique, la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CNDHLF) fait mine de s’agiter.
Un atelier organisé à Bangui du 12 au 17 mai 2025, soutenu par la Minusca, l’ambassade de France et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), promet de renforcer la vigilance face aux violations des droits humains. Mais derrière les beaux discours et les plans bien ficelés, difficile de ne pas voir une mise en scène qui cache mal les vraies intentions des acteurs en jeu.
Un décor bien connu : insécurité et exclusions
Personne n’a oublié les élections de 2020-2021, où la violence a laissé des traces indélébiles. Plus de 500 cas de violations des droits humains, 1 221 victimes, dont 144 morts, selon la MINUSCA. Des groupes armés comme la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC) ont semé la peur, attaquant civils et bureaux de vote. Aujourd’hui, le tableau n’a pas beaucoup changé. Les menaces contre les électeurs persistent, les déplacés et réfugiés risquent d’être laissés pour compte, et l’Autorité Nationale des Élections (ANE) semble sous pression, avec des soupçons de fraudes qui planent déjà. Pourtant, la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CNDHLF), censée être en première ligne, donne l’impression de se réveiller seulement quand les projecteurs internationaux sont braqués sur elle.
La CNDHLF, un figurant dans son propre rôle
Parlons franchement : la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CNDHLF), avec ses cellules de veille électorale et ses fiches de collecte, ressemble à un acteur qui récite son texte sans y croire. Où était-elle ces dernières années, même en ce moment, quand les exactions continuaient, quand les arrestations arbitraires et les violences faisaient partie du quotidien des centrafricains avec le lot des exactions des mercenaires russes ? Cette commission, qui devrait crier au scandale à chaque abus, préfère souvent rester dans l’ombre, se contentant de rapports bien rangés et de plaidoyers timides. Son soudain empressement à l’approche des élections sent l’opportunisme. On dirait une opération de communication pour rassurer les partenaires internationaux, tout en évitant de froisser le gouvernement.
Et que dire du timing ? Ces élections, c’est aussi l’histoire d’un troisième mandat qui se profile pour le président Baba Kongoboro. Beaucoup y voient une manœuvre pour prolonger un pouvoir qui ne lâche rien. La Commission nationale des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CNDHLF), en se focalisant sur les violences électorales, esquive habilement la question de fond : un système politique qui semble verrouillé, où les dés sont pipés avant même le premier vote. En jouant les gendarmes des droits humains, elle donne l’illusion de l’action, mais sans jamais remettre en cause les vrais rouages du pouvoir.
La MINUSCA et la France : des sponsors intéressés
La MINUSCA, dont le mandat a été prolongé jusqu’en novembre 2025, est présentée comme le garant de la sécurité et de la stabilité. Mais là encore, il y a de quoi douter. Cette mission onusienne, grassement financée, a tout intérêt à maintenir le statu quo. Ses responsables savent que leur présence dépend du bon vouloir du gouvernement centrafricain. Critiquer trop fort, c’est risquer de perdre leur confortable position. Alors, on soutient, on sécurise, on rédige des rapports, mais on ferme les yeux sur les dérives qui arrangent tout le monde.
L’ambassade de France, de son côté, tente un retour en grâce après avoir été éclipsée par l’influence russe et le groupe Wagner. Soutenir cet atelier, c’est une façon de se racheter une image, de montrer qu’on est toujours dans le jeu. Mais qui croit encore à la sincérité de ces gestes ? Les droits humains, dans ce contexte, ne sont qu’un prétexte pour reprendre pied dans un pays où les intérêts géopolitiques pèsent plus lourd que les principes.
Des recommandations qui sonnent creux
L’atelier de Bangui a accouché d’une liste de recommandations : punir les responsables de violations, inclure les femmes et les minorités, auditer le processus électoral. Sur le papier, tout est parfait. Mais dans la réalité, qui va appliquer ces mesures ? Le gouvernement, qui a tout à gagner à contrôler le scrutin ? Les Forces armées centrafricaines (FACA), parfois impliquées dans les abus ? Les groupes armés, qui n’ont que faire des ateliers et des fiches de collecte ? Quant à l’appel à la transparence, il risque de rester une belle idée, noyée dans un système où l’opacité est la règle.
Et les Centrafricains dans tout ça ?
Au milieu de cette pièce de théâtre, les Centrafricains, eux, attendent autre chose que des promesses. Ils veulent voter sans craindre pour leur vie, ils veulent que leur voix compte, ils veulent un avenir où leurs droits ne soient pas juste un slogan. La Commission nationale des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CNDHLF)affirme que la réussite du processus dépend de leur engagement. Mais comment s’engager quand tout semble joué d’avance, quand les institutions censées les protéger regardent ailleurs ou jouent les complices ?
Un sursaut ou un divertissement ?
En fin de compte, cet atelier et les initiatives qu’il porte ressemblent à une tentative de maquiller une réalité peu reluisante. Les droits humains, brandis comme un étendard, servent surtout à donner bonne conscience aux acteurs impliqués. La Commission nationale des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CNDHLF), la MINUSCA, la France et les autres savent que les élections de 2025-2026 seront un test. Mais pour l’instant, ils se contentent de jouer leurs rôles dans un scénario écrit d’avance, où le pouvoir en place a toutes les cartes en main. Si un vrai changement doit arriver, il viendra des Centrafricains eux-mêmes, pas des bureaux de Bangui ou des rapports bien tournés des organisations internationales….
Lancement de l’année agricole : Guismala Hamza récite la leçon de la FAO sur le concept de l’agriculture intelligente
Centrafrique.org/mafia-au-ministere-des-travaux-publics-le-ministre-guismala-amza-dans-le-viseur/le-ministre-guismala-amza/” rel=”attachment wp-att-65012″ data-wpel-link=”internal”>Le ministre Guismala Amza de l’agriculture
Le ministre Hamza inaugure la campagne agricole 2025 à Kémo, reprenant les concepts de la FAO sans répondre aux besoins urgents des agriculteurs centrafricains.
Un discours ramassé sur google
Le ministre a présenté l’« agriculture intelligente face au changement climatique » comme une priorité pour garantir la sécurité alimentaire. Selon la FAO, ce concept vise à augmenter la productivité, renforcer la résilience face aux aléas climatiques et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ces objectifs, bien que pertinents, semblent difficilement applicables dans un contexte centrafricain où l’agriculture fait face à des défis profonds.
Le secteur agricole souffre d’une faible productivité, de sols épuisés et d’un manque d’accès aux ressources essentielles comme les semences, les outils ou les formations. Le ministre a annoncé la formation de 500 agents vulgarisateurs, la création de 20 champs-écoles, la distribution de semences améliorées et la réhabilitation d’unités de transformation. Ces mesures sont ambitieuses, mais leur mise en œuvre reste incertaine. Combien de paysans bénéficieront réellement de ces initiatives ? Les ressources promises arriveront-elles jusqu’aux communautés rurales ?
Une inflation qui aggrave la précarité
Les difficultés économiques rendent la situation encore plus inquiétante. Les prix des produits de base, comme le manioc, ont fortement augmenté. Dans les années 90, une demi-cuvette de manioc coûtait 250 FCFA. En 2015, elle atteignait 1300 FCFA. Aujourd’hui, en 2025, elle se vend entre 3900 et 4900 FCFA selon les secteurs de la capitale. Cette hausse des prix pèse lourdement sur les ménages, qui peinent à se nourrir. Les annonces du ministre ne proposent pas de solutions concrètes pour stabiliser les marchés ou soutenir les populations face à cette inflation.
Le rôle central de la FAO
Les initiatives présentées reposent largement sur le soutien de la FAO. De la conception des programmes au financement, en passant par l’organisation des formations et des déplacements officiels, l’agence onusienne joue un rôle clé. Ce partenariat est important, mais il met en évidence une dépendance qui limite l’autonomie des politiques agricoles nationales. Les priorités du ministre, alignées sur les concepts de la FAO, manquent d’adaptation aux réalités nationales: les contraintes des petits agriculteurs, l’état des infrastructures rurales et l’accès limité aux marchés.
Des priorités éloignées des besoins réels
Le choix de Kémo, une région à fort potentiel agricole, est judicieux, mais les visites officielles – usine cotonnière de Kipa, centre de formation de Ngoumbelle, exploitations pilotes – semblent davantage destinées à des objectifs de communication qu’à des actions concrètes. Les concepts comme l’agroforesterie ou les systèmes d’alerte précoce, promus dans le cadre de l’agriculture intelligente, sont difficiles à mettre en œuvre pour des agriculteurs confrontés à des problèmes plus immédiats : absence de routes, manque d’équipements de base et insécurité alimentaire.
Une politique agricole efficace devrait prioriser des solutions pratiques, comme des subventions pour les intrants, la réhabilitation des routes rurales ou le soutien aux coopératives pour stabiliser les prix. Ces mesures répondraient mieux aux besoins des paysans que des approches techniques complexes importées d’ailleurs.
Pour une agriculture ancrée dans les réalités
Le ministre évoque la vision du président Touadéra pour faire de l’agriculture un moteur économique. Pour que cette vision soit crédible, elle doit se traduire par des actions adaptées au terrain. Les ateliers prévus en juillet, l’évaluation de septembre et le forum de novembre doivent déboucher sur des résultats tangibles, pas sur des discussions sans suite. L’agriculture centrafricaine a besoin d’une stratégie qui écoute les paysans, investit dans des solutions accessibles et répond aux défis de la pauvreté et de l’inflation. La dépendance aux partenaires internationaux ne doit pas dispenser l’État de bâtir une politique autonome et efficace….
le Royaume-Uni, un pilier du programme des Ambassadeurs de la Justice
Centrafrique.org/ambassadrice/” data-wpel-link=”internal”>L’ambassadrice du Royaume-Uni en République démocratique du Congo, Mme Alyson King, aux côtés des Ambassadeurs de la Justice dans les locaux du Bureau de la CPI à Bangui, lors de son passage en Centrafrique. CopyrightCNC
En République centrafricaine, là où le lien entre justice internationale et communautés locales reste fragile, un programme unique en son genre s’illustre depuis plusieurs années : les Ambassadeurs de la Justice. Mis en œuvre par la Cour pénale internationale (CPI) en Centrafrique, ce programme n’aurait jamais pu prendre racine ni s’étendre sans le soutien constant, déterminé et visionnaire de l’Ambassade du Royaume-Uni à Kinshasa. Grâce à ce partenariat durable, des femmes et des hommes issus de tous horizons œuvrent au quotidien pour rapprocher la justice des populations, dans un pays en quête de paix durable et de vérité.
Depuis sa création, grâce au soutien constant de l’Ambassade du Royaume-Uni à Kinshasa, ce programme a permis de former quatre promotions, composées de femmes, d’hommes, de jeunes et de doyens issus de toutes les régions. Les Ambassadeurs sont intervenus dans plus de 30 localités, de Bangui aux villes de Mbaïki, Carnot, Yaloké, Bossemptélé, Boali, Damara, Bria, Birao, et bien d’autres. Ils y ont animé des rencontres, traduit les décisions de la Cour en langage simple, écouté les préoccupations des populations et renforcé la confiance dans le droit.
La voix du Sultan de Birao
Parmi eux, le Sultan de Birao, chef traditionnel et Ambassadeur de la Justice, témoigne de l’importance du programme :
«Le programme est un véritable relais entre la Cour et nos communautés. Dans ma localité, il a changé la perception de la justice internationale. Mais nos besoins sont encore immenses. Une nouvelle promotion serait un appui précieux».
Une sélection inclusive et transparente
L’une des grandes forces du programme réside dans la neutralité de sa sélection, assurée par la Cour pénale internationale en Centrafrique. Ce processus garantit une diversité sociale, régionale et professionnelle des Ambassadeurs. Juristes, enseignants, chefs de quartier, journalistes, étudiants, sociétés civiles ou retraités, tous unissent leurs voix pour porter une parole claire et apaisante autour des principes de justice.
Un partenariat exemplaire à poursuivre
L’Ambassade du Royaume-Uni à Kinshasa, en soutenant la formation de quatre promotions successives, a posé les bases d’un programme reconnu aujourd’hui comme modèle d’engagement civique en lien avec une institution internationale. Grâce à ce soutien, la cinquième promotion est en préparation.
Mais face aux demandes croissantes des localités encore peu couvertes, la mise en place d’une sixième promotion devient une nécessité stratégique et humaine.
En renouvelant son engagement, le Royaume-Uni réaffirmerait sa place aux côtés du peuple centrafricain dans sa quête d’une justice proche, comprise et incarnée….
Dans la nuit du 28 au 29 mai 2025, un drame a secoué le quartier Kpéténé à Bangui, déclenchant la colère des jeunes dudit quartier.
En effet, dans la nuit de mercredi à jeudi 29 mai 2025, des soldats de la Brigade d’intervention rapide (BIR) des Forces armées centrafricaines (FACA), basés dans le sixième arrondissement, au quartier Kpéténé , ont ouvert le feu sur un jeune homme. Touché par des balles, il a été rapidement transporté à la clinique de Médecins Sans Frontières (MSF) située au centre-ville de Bangui. Malheureusement, ce matin, la nouvelle de son décès a été confirmée, provoquant une vague de colère dans son quartier Kpéténé .
Les jeunes de Kpéténé , bouleversés par cette perte, se sont rassemblés en grand nombre devant la clinique MSF. Face à l’interdiction d’accéder au bâtiment, leur frustration a explosé : ils ont forcé l’entrée de la clinique et ont récupéré le corps de la victime. Déterminés à faire entendre leur voix, ils ont entamé une marche vers le rond-point zéro, dans le centre de Bangui, pour exhiber le corps devant le palais présidentiel et interpeller directement le président Touadéra alias Baba Kongoboro.
À l’heure actuelle, la manifestation se poursuit dans les rues de la capitale. Les forces de l’ordre sont déployées en nombre pour encadrer le cortège, et la tension reste vive. Nous suivons l’évolution de la situation et vous tiendrons informés des développements dans nos prochains articles sur CNC….