Pouvoir à bout de souffle : pourquoi Thierry Vircoulon estime-t-il que le régime de Bangui est « fini » ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/09/Touadera-suce-langue-IMG_4190.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/09/Touadera-suce-langue-IMG_4190-300×259.jpg” alt=”Pouvoir à bout de souffle : pourquoi Thierry Vircoulon estime-t-il que le régime de Bangui est « fini » ?” width=”300″ height=”259″ />Le Président Kongoboro se moque des centrafricains de leur souffrance
La reprise officielle de la coopération militaire entre Paris et Bangui, symbolisée par la visite du général français Pascal Yanni en Centrafrique, n’a pas convaincu l’analyste Thierry Vircoulon.
Dans un entretien accordé à notre confrères de la Radio France Internationale (RFI), le chercheur associé à l’IFRI estime que le régime du président Faustin-Archange Touadéra est « à bout de souffle », et questionne l’intérêt stratégique de la France à renouer avec un pouvoir qu’il décrit comme affaibli, verrouillé et dépendant de puissances étrangères.
Selon lui, la France n’a aujourd’hui plus d’intérêts majeurs en Centrafrique : les grands groupes comme Total et Bolloré ont quitté le pays, les entreprises françaises y sont désormais marginales, et la communauté française est réduite à une poignée de résidents. Dans ces conditions, Vircoulon affirme ne pas comprendre ce qui pousse Paris à rétablir des liens officiels avec Bangui, qualifiant le régime en place de « fini ». Cette affirmation traduit, selon ses termes, une réalité politique dans laquelle le pouvoir centrafricain ne disposerait plus d’aucune autonomie stratégique ni de légitimité démocratique sérieuse.
Le chercheur souligne que la présence de Wagner reste intacte dans l’appareil sécuritaire, que la propagande anti-française s’est seulement calmée en façade, et que les principales décisions du président Touadéra se prennent désormais sous l’influence de Moscou et d’Abou-Dabi. À ses yeux, le rapprochement avec Paris n’est qu’un simulacre sans effet réel sur l’équilibre des forces en place. « La mainmise de Wagner reste totale sur l’appareil sécuritaire centrafricain », note-t-il, rappelant que c’est à Moscou que le président Touadéra est allé chercher sa garantie de réélection, du moins de son troisième mandat illégal.
Thierry Vircoulon va plus loin en pointant les manœuvres constitutionnelles du régime pour verrouiller l’élection présidentielle prévue en décembre 2025. Il affirme que les nouvelles règles mises en place éliminent discrètement, mais efficacement, plusieurs opposants politiques majeurs, dont les candidatures pourraient être rejetées par l’Autorité nationale des élections (ANE). Le pouvoir ne miserait donc ni sur un bilan politique, ni sur un soutien populaire, mais sur un appareil judiciaire et militaire verrouillé et une protection étrangère consolidée.
À travers cette analyse, Vircoulon dresse le portrait d’un régime vidé de sa substance, sans perspective intérieure, dont la survie dépend de forces extérieures et d’une répression institutionnalisée. Derrière l’apparente normalisation diplomatique avec la France, c’est un pouvoir isolé, fragilisé et sous tutelle que décrit l’expert.
À ses yeux, la visite du général Yanni ne change rien à l’équation fondamentale : le pouvoir de Bangui, selon ses mots, ne tient plus que par une forme de soutien militaire russe, des alliances financières opaques, et des dispositifs juridiques conçus pour bloquer toute alternance….
Le site de la JPN à Nzila, bâti grâce au financement de la Banque mondiale, est désormais livré aux Rwandais. Touadéra est décidé à vendre ce pays en morceau et sacrifier la jeunesse centrafricaine.
À Nzila, un projet qui devait changer la vie des jeunes Centrafricains a pris une tournure inattendue. Ce site, construit avec des fonds de la Banque mondiale pour la Jeunesse Pionnière Nationale (JPN), était destiné à offrir un avenir à la jeunesse du pays. Aujourd’hui, il est entièrement occupé par des militaires rwandais, une décision qui laisse beaucoup de Centrafricains perplexes et frustrés.
La JPN, créée le 8 mai 1962 par la loi n° 62-304 sous le président David Dacko, avec le soutien d’une coopération israélienne, avait un objectif clair : former les jeunes à aimer leur pays et les impliquer dans son développement économique. Ce programme, souvent encadré par des officiers de l’armée nationale, apprenait aux jeunes des compétences pratiques, comme l’agriculture et l’élevage, pour qu’ils contribuent à l’économie nationale. Des villages coopératifs ont été même prévus pour les installer durablement dans les zones rurales.
base_jpn_de_nzila – Nzila : la base de la Jeunesse Pionnière cédée aux Rwandais, un symbole national perdu
Le site de Nzila, situé à la sortie sud-ouest de Bangui, sur la route de Mbaïki, devait incarner cette ambition. Financé par la Banque mondiale, il a été pensé pour désengorger les centres de la JPN à SICA et aux 92 logements. Avec ses dortoirs et ses infrastructures modernes, il promettait d’accueillir des jeunes prêts à travailler la terre, élever du bétail et participer à la reconstruction du pays. Tout était en place pour que la jeunesse centrafricaine prenne en main son avenir.
Mais depuis environ 13 mois, les choses ont changé. Des militaires rwandais, déployés en Centrafrique dans le cadre d’un accord bilatéral avec le Rwanda, ont pris place sur le site. Au départ, ils étaient là pour assurer la sécurité, aux côtés des Forces armées centrafricaines (FACA) et des jeunes de la JPN. Puis, en 2024, le gouvernement de Touadéra a pris une décision qui a surpris tout le monde : il a demandé aux jeunes de la JPN et aux soldats FACA de quitter les lieux, laissant le site exclusivement aux Rwandais.
Et ce n’est pas tout. Les militaires rwandais ne se contentent pas d’occuper le site. Ils y mènent une activité d’élevage et d’agriculture à grande échelle. Des bœufs, des cochons, des cabris, des poulets et d’autres animaux sont élevés, et des cultures sont développées, dans ce qui ressemble à une véritable exploitation industrielle. Personne ne sait vraiment où vont les produits de cette activité. Sont-ils vendus en Centrafrique ? Exportés au Rwanda ? Ou ailleurs à l’international ? Cette opacité alimente les questions des Centrafricains, qui se demandent pourquoi leurs terres servent à des projets dont ils ne profitent pas.
Cette situation s’ajoute aux choix de Touadéra pour sécuriser son pouvoir. Depuis 2016, il a signé des accords avec plusieurs partenaires étrangers, notamment avec la Russie, via le groupe Wagner, et avec le Rwanda. Les militaires rwandais, présents dans la garde présidentielle et à travers le pays, jouent un rôle clé dans la protection du président. Mais leur présence à Nzila va bien au-delà d’une simple mission de sécurité. Ce site, financé par la Banque mondiale pour les jeunes Centrafricains, semble aujourd’hui servir les intérêts du Rwanda, au détriment de la population centrafricaine.
Cette situation rappelle les centrafricains à d’autres cas similaires dans la région. Au Congo-Brazzaville, par exemple, des terres auraient été cédées à des intérêts rwandais, ce qui a provoqué la colère des habitants. En Centrafrique, l’occupation de Nzila pose la même question : pourquoi un projet aussi important, financé par des fonds internationaux, est-il détourné de son but initial ? Les jeunes de la JPN, qui devaient être au cœur de ce projet, se retrouvent exclus, tandis que des millions investis par la Banque mondiale profitent à des étrangers….
Interview exclusive : Denise Madina Duekoe brise le silence sur Michel Djotodia. « Il a choisi la paix pour éviter un bain de sang »
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/denise-madina-duekoe.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/denise-madina-duekoe-450×252.jpg” alt=”Denise Madina Interview exclusive : Denise Madina Duekoe brise le silence sur Michel Djotodia. « Il a choisi la paix pour éviter un bain de sang », l’ancienne Préfète de l’Ombella-Mpoko” width=”450″ height=”252″ />Denise Madina Duekoe, l’ancienne Préfète de l’Ombella-Mpoko
Dans un entretien exclusif accordé à Corbeau News Centrafrique (CNC), Denise Madina Duekoe , ancienne Préfète de l’Ombella-Mpoko et ex-épouse du président de transition Michel Djotodia, revient sur les rumeurs persistantes entourant l’ancien chef d’État. Elle dénonce les attaques répétées contre sa personne, défend son parcours et rappelle les circonstances de son départ du pouvoir en 2014. Selon elle, Djotodia n’a jamais cherché le chaos mais a accepté de quitter la présidence sous pression internationale pour éviter un bain de sang en Centrafrique. Elle insiste sur la nécessité d’un dialogue national inclusif et affirme que tôt ou tard, la vérité sur l’histoire du pays sera dite devant le peuple.
Voici l’intégralité de l’interview :
Corbeau News Centrafrique (CNC) : Bonjour madame Denise Madina Duekoe . Récemment, vous avez réagi à des rumeurs persistantes concernant l’ancien président de transition Michel Djotodia. Votre déclaration a fait grand bruit. Qu’est-ce qui vous a réellement poussée à prendre la parole ?
Denise Madina Duekoe : Tout simplement parce que trop, c’est trop. Michel Djotodia n’aime pas répondre aux rumeurs. C’est un ancien chef d’État, il garde toujours un droit de réserve. Mais certains se croient au-dessus de tout et passent leur temps à salir son nom sur les réseaux sociaux et ailleurs. Ce sont des gens qu’on connaît très bien : des vendeurs de pétrole à lampe au quartier KM5 la nuit, et qui aujourd’hui se présentent comme des experts en pétrole ou en politique. Ils n’arrivent même pas à la cheville de Djotodia, mais ils se permettent de l’insulter. Je ne pouvais plus rester silencieuse devant ce manque de respect.
CNC : Revenons sur ce que Michel Djotodia a déclaré lorsqu’il était au pouvoir. Il avait dit qu’il n’était pas allé à l’étranger pour former sa rébellion. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Denise Madina Duekoe : Oui. Djotodia a toujours affirmé qu’il n’avait pas eu besoin de soutiens extérieurs pour former la Séléka. Il racontait qu’un mécanicien soudanais, qui faisait partie du groupe, n’était venu que pour réparer des véhicules de la Seleka. Cet homme avait ensuite pris les armes et s’était comporté comme un rebelle, mais ce n’était pas son rôle. À Bangui, il s’est basé à l’ancienne base des sapeurs pompiers et a multiplié les exactions et des pillages. C’est pour cela que Djotodia l’a laissé repartir dans son pays en 2014.
CNC : Beaucoup disent qu’il est venu accompagné de djandjawids soudanais ou de Boko Haram. Est-ce fondé ?
Denise Madina Duekoe : Pas du tout. Il n’a jamais été accompagné des éléments janjawid ni des islamistes de Boko Haram. Les seuls étrangers qui se sont joints étaient des réfugiés sud-soudanais déjà présents en Centrafrique, proches de John Garang. Quand la Séléka est entrée à Bangui en 2013, ces réfugiés et d’autres jeunes Centrafricains se sont ralliés au mouvement. Ce sont eux qui ont commis des exactions. Djotodia, lui, avait interdit toute vengeance pour éviter un bain de sang.
CNC : Comment s’est passée sa chute du pouvoir en 2014 ?
Denise Madina Duekoe : Ce n’était pas par peur. Djotodia n’a jamais fui devant la pression intérieure. C’est la communauté internationale qui l’a poussé à partir. François Hollande et Jean-Yves Le Drian sont venus à Bangui, ils l’ont reçu à l’aéroport et exigé sa démission. Peu après, l’annonce officielle a été faite à N’Djamena. Djotodia a accepté, comme l’avait fait David Dacko avant lui, pour éviter un bain de sang.
CNC : Certains disent qu’il porte la responsabilité du chaos de cette période. Qu’en pensez-vous ?
Denise Madina Duekoe : C’est faux. L’histoire de la Centrafrique est faite de coups d’État : Dacko, Bokassa, Kolingba, Bozizé. Djotodia n’a rien inventé. Mais lui, il a eu le courage de céder pour éviter une guerre civile. Les vrais fauteurs de troubles sont ceux qui se sont ralliés à la Séléka à la dernière minute : des opportunistes, des anciens libérateurs, des jeunes sans expérience qui ont commis des exactions. Les compagnons fidèles de Djotodia, qui sont d’ailleurs tous des ressortissants de la Vakaga, n’étaient pas de ceux-là.
CNC : On dit souvent que Michel Djotodia est un homme effacé. Comment le décrivez-vous ?
Denise Madina Duekoe : C’est quelqu’un de réservé, mais aussi un intellectuel. Peu de gens savent que Michel Djotodia Am-Nodroko est né le 3 février 1953 à Birao, fils de Deya Dominique, né vers 1917 à Gordil, et d’Amina Albertine, née en 1934 à Koumbal. Il est Centrafricain de naissance et de cœur. Après ses études primaires à Birao et Yalinga, puis son bac série A4 au lycée de Bambari, il a poursuivi ses études en URSS : à l’université d’État de Donetsk, à l’Institut technologique de finances d’Oriol, puis un DEA en droit international public à l’université Patrice Lumumba de Moscou. Il a ensuite occupé des postes importants : directeur des études au ministère du Plan et de la Coopération internationale, puis ambassadeur pour la Promotion universelle de la paix à Niamey. C’est un homme de savoir, pas un aventurier.
CNC : Aujourd’hui encore, les rumeurs sur lui continuent. Comment réagit-il ?
Denise Madina Duekoe : Il reste silencieux. Mais il ne faut pas se tromper : ce silence n’est pas de la faiblesse. C’est le respect de son rang d’ancien chef d’État. Ceux qui l’insultent sur les réseaux sociaux ne connaissent ni son parcours ni ses sacrifices. Ils se comportent comme des vendeurs de gadgets qui s’improvisent experts. Mais le jour viendra où la vérité sera dite publiquement. Et ce jour-là, ces gens seront démasqués.
CNC : Que proposez-vous pour apaiser les tensions et aller vers une réconciliation ?
Denise Madina Duekoe : Il faut un véritable dialogue national. Pas un simulacre, mais une rencontre où tous les anciens dirigeants seront présents : Djotodia, Bozizé, Samba-Panza, Meckassoua, Ziguélé, Dologuélé… Ils doivent se retrouver à Bangui, parler devant le peuple et clarifier l’histoire. Les Centrafricains méritent la vérité et la réconciliation. Sans cela, les divisions continueront et les rumeurs ne cesseront pas.
CNC : En conclusion, que doivent retenir les Centrafricains de Michel Djotodia ?
Denise Madina Duekoe : Qu’il est un homme de paix. Qu’il a refusé le bain de sang en quittant le pouvoir. Qu’il a été victime de complots, jusqu’à un empoisonnement qui l’a laissé avec des séquelles. Mais malgré tout, il est encore là, vivant, et il continue de croire en Dieu. C’est grâce à cette foi qu’il tient debout. Les Centrafricains doivent savoir que Djotodia n’a jamais cherché la destruction du pays, mais au contraire, il a sacrifié sa place pour éviter la guerre.
CNC : Denise Madina Duekoe , CNC vous remercie.
Denise Madina Duekoe : c’est à moi de vous remercier madame la journaliste.
Propos recueillis par Gisèle MOLOMA, journaliste d’investigation du CNC
Centrafrique : Bernard Fotolo confond indépendance et soumission en direct sur Radio Centrafrique
Le journaliste Bernard Fotolot de la radio Centrafrique
En direct de l’antenne sur la radio Centrafrique, le journaliste Bernard Fotolo célèbre pathétiquement une indépendance politique qui n’existe que dans son esprit.
Ce 13 août, jour de la fête nationale censée célébrer l’indépendance de la RCA, le journaliste Bernard Fotolo, figure vieillissante de la Radio Centrafrique et fervent soutien du régime, a livré un discours pour le moins déroutant. Entre propos incohérents, flatteries appuyées envers le président Faustin-Archange Touadéra et affirmations erronées sur la notion d’indépendance, son intervention a provoqué l’incompréhension général des auditeurs et moqueries de ces derniers.
Dans ses propos, Bernard Fotolo a affirmé que la République centrafricaine disposerait déjà de son indépendance politique, mais pas de son indépendance économique. Pour appuyer son propos, il a cité pêle-mêle la présence sur le marché centrafricain des produits en provenance des pays voisins comme la RDC, le Tchad, le Cameroun, le Soudan, accusant les Centrafricains de « copier » les habitudes alimentaires, vestimentaires, musicales ou gestuelles de leurs voisins. Selon lui, ces comportements prouveraient que le pays reste économiquement dépendant. Puis, sans transition, il a conclu par un éloge appuyé du chef de l’État, affirmant que « nous sommes tous derrière le président » et invitant quiconque qui conteste ses propos à venir sur le plateau de la radio Centrafrique à débattre avec lui en direct.
Contrairement à ce qu’affirme Bernard Fotolo, l’indépendance politique ne se limite pas à l’existence d’un drapeau ou d’un gouvernement national. Elle suppose la pleine capacité d’un État à prendre ses décisions souverainement, sans influence extérieure contraignante. Or, depuis plusieurs années, les choix stratégiques, militaires et économiques de la RCA sont fortement orientés, voire dictés, par Moscou, le groupe Wagner et le Rwanda. Le président Touadéra lui-même accepte l’installation des Mercenaires russes au sommet de la chaîne de commandement de notre armée, mais également de la justice et de l’économie, et rémunère au passage les mercenaires russes de Poutine à hauteur de 10 milliards de francs CFA par mois. Dans ce contexte, parler d’« indépendance politique » relève de la fiction ou de la folie.
Effectivement, sur le plan économique, l’indépendance signifie la capacité d’un pays à produire, transformer et commercialiser l’essentiel de ses biens et services, sans dépendre excessivement des importations pour ses besoins vitaux. Elle implique également la maîtrise des ressources nationales et la diversification des échanges. Si la présence de commerçants étrangers sur les marchés centrafricains est un fait, elle ne constitue pas en soi la preuve d’un manque d’indépendance : le véritable problème réside dans l’absence de politiques publiques efficaces pour stimuler la production nationale et structurer des filières compétitives.
En revanche, la dépendance chronique aux importations de denrées alimentaires, de biens manufacturés ou d’équipements, combinée à une balance commerciale déficitaire, démontre que l’indépendance économique reste hors de portée. Cette dépendance n’est pas le fruit de simples habitudes « copiées » sur les voisins, mais d’un choix politique et d’un abandon stratégique du secteur productif.
En associant ces notions complexes à des anecdotes vestimentaires ou musicales, Bernard Fotolo réduit le débat à des clichés et détourne l’attention des véritables enjeux. Surtout, en terminant par un plaidoyer inconditionnel en faveur du président Touadéra, il transforme une réflexion sur l’indépendance nationale en exercice de propagande. Sa position illustre une tendance inquiétante au sein de certains médias publics : confondre information, analyse et communication politique au service du pouvoir.
Le contraste est saisissant : pendant que Fotolo célèbre une indépendance politique illusoire et défend un pouvoir inféodé à des intérêts étrangers, la population subit la hausse des prix, l’effondrement des services publics et la marginalisation des producteurs nationaux. Le 13 août devait être un jour de lucidité et de bilan ; il s’est transformé, à l’antenne de la Radio Centrafrique, en tribune pour flatter un régime contesté et nier la réalité.
Yaloké 2 : Le député Richard Toranga confisque illégalement le terrain de M Nambeam Dieu béni à Gaga et le vend illégalement à Orange
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/collage_aligne_faces.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le député de Yaloké 2, Richard Toranga à gauche, et à droite le Président de la jeunesse locale de Gaga, Mbalitoua Germin. Photo collage faite par la rédaction du CNC
Richard Toranga, député de Yaloké 2, s’approprie par force le terrain d’un habitant de Gaga, Yaloké 2 : Le député Richard Toranga confisque illégalement le terrain de M Nambeam Dieu béni pour le céder à la société Orange Centrafrique.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les faits se sont déroulés dans le village de Gaga, à l’entrée de la ville. Le village est situé dans la circonscription de Yaloké 2, qui regroupe plusieurs localités dont Zawa et Gaga. Zawa se trouve à 20 kilomètres de la ville de Yaloké proprement dit, tandis que Gaga est située à 15 kilomètres de Zawa.
À Gaga, zone minière où les Chinois exploitent massivement les mines et où seule la société téléphonique TÉLÉCEL est implantée depuis longtemps, la société Orange a manifesté son intérêt pour s’installer. Dans le cadre de cette démarche, Orange a identifié un terrain appartenant à Nambeam Dieu béni (alias “Très cher”), originaire de Bossangoa.
Au lieu de s’adresser directement au propriétaire légitime, le président communal de la jeunesse, Mbalitoua Germin, qui est d’ailleurs un papa et non un jeune, a préféré en informer le député Richard Toranga. Ce dernier s’est alors présenté à Orange en se faisant passer pour le propriétaire du terrain et a procédé à la vente, avec la complicité du président de la jeunesse locale.
Lorsque Nambeam Dieu béni a appris que son terrain avait été vendu par le député Richard Toranga, il a piqué une colère et s’est rendu sur place pour protester. Le député l’a alors appelé au téléphone pour lui dire de “fermer sa gueule” et que ce n’était pas son terrain. Richard Toranga a alors déclaré au propriétaire : “Ce n’est pas ton terrain, c’est mon terrain. Tu n’es pas natif d’ici, tu viens de Bossangoa. Même si tu as passé 30 ou 40 ans ici, tu n’es pas natif d’ici. Ce sont mes grands-parents qui ont été les premiers à mettre les pieds dans le village de Gaga. Ils étaient les premiers arrivés, donc tout ce qui est là-bas appartient à mes parents, et moi je suis l’héritier légal “.
Face à cette déclaration, le propriétaire légitime Nambeam Dieu béni a répondu : “Quelle est cette histoire à dormir débout ? C’est mon terrain un point et c’est tout. Tu n’es pas cadastre, tu n’es pas habilité à récupérer le terrain des gens et dire que c’est ton terrain. Si ton nom est inscrit sur le titre foncier de cette terre, si tes ancêtres avaient le titre foncier de ce village, donne moi le papier et je veux voir. Un village entier appartiendrait à une famille, ce qui est impossible “.
La tension a alors grimpé de plusieurs crans. Le président communal de la jeunesse, Mbalitoua Germin, a commencé à menacer le propriétaire : “Toi tu n’es pas d’ici, tu dois fermer ta gueule. D’ailleurs nous sommes à la septième république qui ne tolère pas ça. On est prêt à tuer n’importe qui, soit physiquement, soit par la voie mystique. Je suis capable de tuer par tous les moyens. D’ailleurs, à partir d’aujourd’hui, tu ne dois plus mettre ses pieds dans mon village de Gbawili “.
Rappelons que les événements se sont déroulés entre le jeudi 14 août dernier et samedi 16 août. Actuellement, la tension reste très élevée entre la population qui est divisée entre le député Richard Toranga, le président communal de la jeunesse Mbalitoua Germin d’un côté, et le propriétaire légitime Nambeam Dieu béni de l’autre.
Cette affaire pousse à s’interroger sur l’accaparement des terres et l’abus de pouvoir de certains députés qui se croient intouchables dans certaines zones rurales du pays.
Le 3R dénonce les multiples provocations de Wagner contre ses positions
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/desarmement-rebelle-3r-koui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/desarmement-rebelle-3r-koui-450×260.jpg” alt=”Le 3R dénonce les multiples provocations de Wagner contre ses positions” width=”450″ height=”260″ />Opération de désarmement des rebelles de 3R menée par les mercenaires de Wagner
La déclaration officielle du mouvement 3R en public montre clairement une escalade des violations depuis l’accord de Ndjamena.
Dans une déclaration officielle rendue publique ce lundi 18 août 2025, Yahya Amadou, coordinateur politique du mouvement 3R, a dénoncé les attaques organisés menées par les forces russes du groupe Wagner contre les différentes positions de son organisation depuis la signature de l’accord de cessez-le-feu de Ndjamena.
Cette escalade qui ne date pas d’hier trouve ses racines dans les premiers jours suivant la signature de l’accord. Contrairement à ce que pourrait laisser croire le Président Faustin-Archange Touadera et son entourage, ces provocations ne sont pas un phénomène nouveau. Dès la première semaine suivant la signature de l’accord du 19 avril 2025, les mercenaires russes ont pris pour cible les positions du 3R à Nandobo et Houou, marquant le début d’une série de violations qui n’a cessé de s’intensifier.
L’analyse des événements rapportés par le coordinateur du 3R permet d’identifier un pattern d’agression documenté qui s’étend sur plusieurs mois. Les faits dessinent un tableau inquiétant. Le 8 août 2025, les forces Wagner ont désarmé un combattant du mouvement à Tatalé, s’emparant de son arme, de ses chargeurs, de son équipement personnel et d’une somme de 200 000 francs CFA. Deux jours plus tard, le 10 août, c’est la base de Houou qui subissait un raid, les assaillants emportant les vivres et détruisant l’ensemble des équipements récents.
La situation a connu une dégradation majeure avec l’attaque de Soura, qui constitue un véritable point de non-retour. Ce lundi 18 août, l’escalade a atteint un nouveau seuil avec l’attaque de la position du 3R à Soura, une localité située à l’Est de Bossemptélé. Le bilan est lourd : un mort, un blessé et trois portés disparus du côté du mouvement. Cette offensive marque une rupture dans l’intensité des hostilités.
Malgré les tentatives de règlement par les voies officielles, ces recours sont demeurés sans effet. Face à ces violations répétées, le leadership du 3R n’est pas resté inactif. Le chef d’état-major du mouvement avait adressé une correspondance officielle au chef d’état-major des Forces Armées Centrafricaines (FACA) pour demander un contrôle de ces éléments perturbateurs. Parallèlement, des recours ont été formulés auprès du garant de l’accord de Ndjamena et du gouvernement centrafricain.
L’accumulation de ces incidents a fini par épuiser la patience du mouvement 3R. “Franchement, nous sommes fatigués à faire des recours au garant et au gouvernement centrafricain. Il est temps que ces menaces s’arrêtent”, a déclaré Yahya Amadou, exprimant l’exaspération grandissante de son organisation face à l’inaction des autorités compétentes.
Cette déclaration pousse les centrafricains à s’interroger sur l’efficacité des mécanismes de garantie de l’accord de Ndjamena et sur la capacité des instances internationales à faire respecter les engagements pris par les différentes parties. Elle dévoile également la fragilité d’un processus de paix qui semblait pourtant prometteur lors de sa signature en avril dernier.
Le 13 août, à Obo, une altercation entre soldats FACA a dégénéré, provoquant une blessure grave et des tensions jusque dans l’hôpital général de la ville.
Obo, chef-lieu du Haut-Mbomou, se trouve à l’extrême sud-est de la République centrafricaine, proche des frontières avec la RDC et le Soudan du Sud. Le mercredi 13 août, jour de célébration de l’indépendance, trois soldats des Forces armées centrafricaines se sont retrouvés dans une buvette appartenant à la présidente sous-fédérale du Mouvement des Cœurs Unis (MCU) d’Obo. L’endroit, qui vend notamment des boissons alcoolisées, servait de point de détente pour ces militaires après les cérémonies.
Au cours de la soirée, l’un des soldats a manipulé son arme en positionnant le sélecteur sur tir. Un de ses collègues lui a demandé de désarmer, jugeant la situation risquée. L’intéressé a refusé, provoquant une intervention physique pour lui retirer l’arme. Dans la mêlée, un troisième militaire est intervenu, et un coup est parti. La balle a touché l’un des soldats à la cuisse.
La victime a été conduite en urgence à l’hôpital général d’Obo pour y être stabilisée. Son état a nécessité la préparation d’une évacuation vers Bangui afin de recevoir des soins spécialisés. Pendant ce temps, informés de la blessure, plusieurs soldats ont commencé à tirer en l’air dans la ville, créant un climat de tension.
Arrivés à l’hôpital, certains militaires ont exercé une forte pression sur le personnel soignant pour accélérer la prise en charge de leur collègue. Des menaces ont été proférées, amenant les infirmiers à exprimer leur inquiétude. Le responsable de l’unité a alors ordonné la poursuite des soins malgré ces comportements.
Cet incident, parti d’un geste imprudent, s’est transformé en une situation chaotique mêlant accident, tirs en ville et intimidation du personnel médical, au cœur d’Obo, en pleine journée de fête nationale.
Lors du Conseil des ministres du 17 juillet, le gouvernement a adopté un décret déclarant d’utilité publique un terrain de 25 415 m² situé dans la commune de Béguois, en vue d’y construire des infrastructures collectives, notamment un marché moderne.
Ce projet, selon le gouvernement, vise à désengorger le carrefour stratégique du PK12, situé à la sortie nord de Bangui, aujourd’hui occupé par un vaste marché informel. Mais derrière cette décision administrative se pose une question plus profonde : peut-on vraiment déplacer un marché qui s’est installé et développé de lui-même, non pas parce qu’on lui a construit des murs, mais parce qu’il se trouve là où les gens passent, achètent et vivent ?
En effet, le PK12 n’est pas un simple point kilométrique. C’est la principale porte de sortie de la capitale vers le nord, l’ouest, et l’Est du pays : Damara, Bambari, Boali, Bossembélé, Bouar, Baboua, ou encore vers la frontière camerounaise ou soudanaise. C’est aussi par là que pénètrent quotidiennement les marchandises, les passagers des taxis-brousse, les camions de transport, les commerçants en gros et les petits revendeurs.
Avec le temps, un marché informel s’est naturellement installé aux abords de la route. À l’origine, ce n’étaient que quelques vendeurs ambulants proposant de l’eau, du pain ou des fruits aux passagers. Mais au fil des années, cette activité spontanée s’est transformée en un marché permanent, avec des étals en dur, des boutiques, des hangars et une véritable animation économique. Cette évolution n’a pas été planifiée par l’État, mais elle répond à une logique implacable : celle de l’offre qui suit la demande. Là où les voyageurs passent, les vendeurs s’installent.
Aujourd’hui, le PK12 est devenu un lieu de vie, un espace économique central, une vitrine animée de Bangui. Le marché n’est pas le produit d’un projet gouvernemental, mais d’une dynamique urbaine vivante, spontanée et populaire.
Le projet gouvernemental pour la construction d’un nouveau marché repose sur l’expropriation d’un terrain présenté comme “non bâti”, identifié par le titre foncier n° 3 281/6. Ce terrain se trouve dans la commune de Béguois, intégrée depuis 2021 dans l’espace élargi du “Grand Bangui”. Selon les autorités, il s’agit d’un espace vide juridiquement, et donc disponible pour y implanter des infrastructures collectives, notamment un marché de remplacement pour désengorger le PK12.
Mais plusieurs éléments posent question. D’abord, dans une zone aussi convoitée que celle du PK12-Bégois, trouver un terrain réellement vide est quasiment impossible. Même les parcelles non construites selon les standards imposés (valeur minimale de 12 à 20 millions de FCFA en bâtiment) sont souvent occupées de manière informelle : maisons en matériaux précaires, petits hangars, zones cultivées ou tout simplement résidences sans titre. En d’autres termes, “non bâti” dans le décret peut très bien signifier “non conforme aux exigences légales”, sans que cela signifie “vide” sur le terrain.
Ensuite, l’usage d’un décret d’utilité publique permet à l’État de contourner certaines résistances juridiques. Mais cela ne règle pas les tensions sociales. Si des familles, même sans titre foncier officiel, habitent ou exploitent ce terrain, leur expulsion pourrait entraîner des conflits. L’expropriation ne devrait pas se réduire à une procédure technocratique, surtout dans une ville où la majorité des habitants vivent dans des conditions d’occupation foncière informelle.
Le risque d’un marché fantôme
Dans son discours devant le Conseil des ministres, le ministre chargé de l’Administration du Territoire a insisté sur la nécessité de créer des infrastructures structurées et modernes pour mieux encadrer la croissance urbaine. L’idée paraît cohérente sur le papier. Mais un marché, ce n’est pas un bâtiment. C’est un lieu de convergence humaine. On ne crée pas un marché en construisant des murs : on crée un marché là où il y a du monde, des flux, des échanges.
Déplacer les commerçants du PK12 vers un site excentré, même bien aménagé, revient à les couper de leur clientèle. Les passagers des taxis-brousse et des camions de marchandises ne descendront pas exprès pour acheter dans un marché éloigné. Et si le flux de clients diminue, les commerçants reviendront s’installer là où l’activité continue. Le marché se reformera au bord de la route. Ce schéma est déjà connu à Bangui : des marchés flambant neufs mais vides, faute de fréquentation (comme certaines zones du marché de Combattant, de Bimbo ou Gobongo), tandis que les marchés spontanés prospèrent à l’extérieur des murs.
Il est donc illusoire de croire qu’un décret suffira à faire disparaître le marché du PK12. Sans stratégie claire d’attractivité, d’organisation du transport, de sécurité et de concertation avec les commerçants, le nouveau site de Béguois risque de devenir un marché mort-né. Les commerçants continueront à vendre là où les clients passent, c’est-à-dire au bord de la route.
La démarche du gouvernement révèle une vision administrative rigide de l’aménagement urbain, déconnectée des pratiques réelles des populations. À vouloir imposer un modèle sans dialogue, l’État risque de créer plus de désordre qu’il n’en résout.
Le PK12 n’a pas besoin seulement d’un marché “délocalisé”. Il a besoin d’un plan d’aménagement global, qui tienne compte :
des flux humains et économiques,
de la réalité de l’occupation des sols, • des logiques de survie des commerçants, • et du besoin de sécurité et de fluidité de la circulation.
Déplacer un marché ne doit pas être une punition. Cela doit être un projet négocié, accompagné, et surtout, conçu avec ceux qui y vivent et y travaillent. Dans le cas contraire, l’expropriation ne servira à rien, et le chaos urbain persistera.
À qui profitera réellement ce projet ?
Une autre interrogation légitime concerne l’avenir du terrain du PK12 une fois libéré. Le gouvernement ne précise pas ce qu’il compte faire de cet espace stratégique. Sera-t-il aménagé pour la voirie ? Pour un usage administratif ? Ou fera-t-il l’objet d’un lotissement commercial ou privé ? Dans une capitale où la spéculation foncière est forte, et où les projets d’expropriation ont parfois masqué des opérations de revente à des promoteurs proches du pouvoir, cette question ne peut pas être ignorée.
Une chose est sûre : un marché ne se déplace pas par décret. Il se déplace par logique d’activité. Le PK12 n’est pas seulement une zone d’encombrement : c’est un espace de vie économique dynamique, formé par les mouvements naturels de la population. Le gouvernement peut-il vraiment déplacer ce marché sans s’attaquer à cette dynamique elle-même ? Rien n’est moins sûr….
La Banque Mondiale déploie vingt initiatives de développement en RCA, mais les promesses non tenues du BRICS et la diplomatie à double face de Touadéra sèment l’inquiétude dans la population.
La Banque Mondiale, pilier du développement en RCA, finance une vingtaine de projets, identifiés et mis en œuvre depuis deux à trois ans, selon le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Richard Filakota, lors de son interview sur la Radio Ndékè Luka le mois dernier. Dans l’éducation, des fonds servent à réhabiliter des écoles, recruter des enseignants et fournir du matériel pour combler le soi-disant retard causé par des “années blanches” d’il y’a près de 40 ans et la déperdition scolaire. En santé, des investissements visent à renforcer les infrastructures pour améliorer le bien-être d’une population fragilisée. Les transports, notamment les routes, bénéficient d’un appui capital pour désenclaver le pays, tandis que le projet Provire cible la réhabilitation du 8ème arrondissement de Bangui, sinistré par les inondations, et s’étend à Berberati.
Mais où est le BRICS dans ce tableau ? Le groupe des émergents – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, a fait miroiter des rêves grandioses. En 2023, Naledi Pandor, ministre sud-africaine des Relations internationales et de la Coopération, a visité Bangui, promettant un siège du BRICS pour l’Afrique centrale, des routes, des chemins de fer, un aéroport moderne, des transferts de technologie. Les Centrafricains ont naïvement applaudi, espérant un tournant. Pourtant, rien n’a suivi. Pas un bulldozer, pas un plan concret. “Où est le BRICS ?”. crient les habitants, désabusés. Le groupe ferme ses oreilles aux appels des centrafricains, laissant les promesses s’évanouir comme un mirage.
Pendant ce temps, le président Faustin-Archange Touadéra, surnommé Baba Kongoboro, jongle habilement. Il cède mines, or et diamants aux Russes, ses alliés privilégiés, renforcés par sa visite à Moscou en janvier 2025. Puis, il agite des projets mirifiques pour appâter les Occidentaux, comme un aéroport sur la route de Boali, soi-disant financé par des “Américains”. Ces investisseurs, parlant français sans accent, intriguent. Des Centrafricains déguisés, peut-être, pour duper le peuple ? Touadéra tait le BRICS, ses “amis” de cœur, et brandit des partenaires fictifs, jouant sur deux tableaux pour soutirer des fonds. Les richesses filent à l’Est.
À Bangassou, la faim et la maladie ravagent les détenus dans la prison
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/09/Preparer-les-detenus-de-la-Maison-darret-de-Bangassou-pour-leur-reinsertion-sociale.jpg” data-wpel-link=”internal”>Préparer les détenus de la maison d’arrêt de Bangassou pour leur réinsertion
Les détenus de la prison centrale de Bangassou vivent un calvaire quotidien dans un établissement surpeuplé, privés de nourriture et de soins médicaux.
Dans la maison d’arrêt de Bangassou, les prisonniers survivent tant bien que mal dans des conditions qui défient l’entendement. Le procureur Zéphirin Kotazo Yétene a décrit lors d’une interview à RNL une réalité cruelle : des détenus entassés dans un bâtiment inondé. Écoutez bien, un bâtiment vétuste et inondé, et ce, livrés à eux-mêmes.
Les défenseurs des droits humains du Forum Jumbo-Mont rapportent une situation encore plus difficile. Les prisonniers reçoivent des portions de nourriture si petites qu’elles ne permettent pas de survivre décemment. Beaucoup sont détenus depuis des mois sans avoir été jugés pour leurs crimes présumés. La faim règne en permanence entre ces murs, affaiblissant des hommes déjà fragilisés par l’incertitude de leur sort.
L’absence d’infirmerie aggrave cette détresse. “Il n’y a pas d’infirmerie pour les soins de ces prisonniers”, confirme le procureur. Les malades restent sans traitement, les blessés sans pansements. Les infections se propagent librement dans cet espace confiné où l’hygiène reste un luxe inaccessible. Les détenus tombent malades et certains morts faute de soins élémentaires.
Cette prison est devenue un lieu où la dignité humaine n’existe plus. Les “montages défectifs” mentionnés par le procureur témoignent d’une gestion chaotique qui ne parvient pas à gérer l’afflux de prisonniers. Chaque jour qui passe aggrave la situation de ces hommes oubliés, privés de leurs droits les plus fondamentaux.
La communauté internationale doit regarder cette réalité en face. À Bangassou, des êtres humains meurent lentement, abandonnés par un système qui les a enfermés sans leur offrir les conditions minimales de survie. Cette tragédie silencieuse appelle une intervention urgente pour sauver des vies qui s’éteignent derrière des barreaux, loin des regards du monde….
Égorgé, décapité et brûlé, les Mercenaires russes tuent un pasteur centrafricain à Mala (Kémo)
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/les-mercenaires-russes-wagner-mali.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/les-mercenaires-russes-wagner-mali-450×253.png” alt=”Égorgé, décapité et brûlé, les mercenaires russes tuent un pasteur centrafricain à Mala (Kémo) ” width=”450″ height=”253″ />Les mercenaires russes du groupe Wagner . CopyrightDR
Le 7 août, à Mala, un pasteur est tué et brûlé par des mercenaires russes, sous les yeux impuissants de ses deux enfants qui observent la scène depuis leur cache dans la foret.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Dans la préfecture de Kémo, un crime atroce vient d’être commis par des mercenaires russes du groupe Wagner contre un homme de foi, montrant une fois de plus l’impunité totale dont jouissent ces forces criminelles russes sur le territoire centrafricain.
Cette matinée du 7 août ressemblait à toutes les autres dans la vie du vieux pasteur quand il marchait avec ses deux fils sur le chemin du retour, après avoir passé quelques heures dans son champ près de Mala, une ville centrafricaine située à 305 kilomètres de Bangui. Rien ne laissait présager que ces pas seraient les derniers de sa vie.
lorsque des mercenaires russes, revenant d’une patrouille dans un village à côté, les ont aperçus. Et quand la colonne de mercenaires russes s’approche de plus en plus d’eux, l’homme a reconnu le danger. Le pasteur a dit à ses enfants de s’enfuir immédiatement dans la brousse, comme il est d’usage dans les villages quand on craint pour sa vie. Les deux garçons ont obéi et se sont dissimulés dans les hautes herbes, tandis que leur père, trop âgé pour courir, a poursuivi son chemin au bord de la route.
Finalement, les mercenaires Russes se sont arrêtés juste à sa hauteur, et commencent à lui poser des questions sur sa présence et ses déplacements. Que faisait-il là ? D’où venait-il ? Le pasteur a répondu avec franchise : il rentrait de son travail aux champs. Cette vérité banale n’a pas suffi à calmer leurs soupçons. Ils l’ont forcé à s’agenouiller sur la route.
Ce qui a suivi dépasse ce qu’un esprit humain peut accepter. Sous les yeux de ses propres enfants, cachés à quelques mètres dans la brousse, l’homme a été égorgé, puis décapité. Son corps a ensuite été livré aux flammes. Les deux jeunes témoins de cette horreur n’oublieront jamais.
De retour au village, les deux jeunes orphelins ont couru vers le chef et déclarent : “Les Russes ont tué papa et l’ont brûlé”, ont-ils dit entre leurs sanglots. Aussitôt, la nouvelle s’empare de Mala, et des dizaines des villageois se sont rendus sur le lieu du crime. Sur place, ils ont constaté finalement les faits de leurs propres yeux. Certains on voulu récupérer la dépouille, mais leur chef les a dit non, car, ces mercenaires ont déjà piégé dans le passé des corps avec des explosifs pour faire plus des dégâts parmi tous ceux qui tentent de s’approcher. Mieux valait ne pas prendre de risques.
L’information a circulé de maison en maison, puis a franchi les limites de Mala. À Dékoua, situé à 45 kilomètres de Mala, les autorités ont réagi avec une rapidité suspecte. Des gendarmes ont été dépêchés vers Mala, prétendument pour maintenir l’ordre. Leur vraie mission était tout autre.
En réalité, ce que les gens ne savent pas encore à Mala, tous ces hommes en uniforme, que ça soit des centrafricains ou pas, travaillent main dans la main avec les mercenaires russes. Ainsi, des gendarmes ont été envoyés par les russes depuis Dékoua à Mala sous prétexte d’assurer la sécurité. L’arrivée de ces gendarmes centrafricains à Mala rassure les habitants, qui ont accepté de parler à leurs compatriotes. Chacun commence à exprimer sa colère : le chef du village, son capita, le Président de la jeunesse et d’autres responsables coutumiers prennent la parole l’un après l’autre pour expliquer les faits aux gendarmes. Or, pour ces derniers, l’objectif est de recueillir des informations sur les identités des prétendus meneurs de trouble dans le village après l’assassinat du Pasteur par les mercenaires russes.
De retour à Dékoua, ces gendarmes ont fait le compte rendu aux mercenaires russes, en pointant le chef du village, son capita, le Président de la jeunesse et d’autres figures locales d’être les meneurs de trouble à Mala après l’assassinat du Pasteur. Aussitôt, le lendemain, l’expédition punitive s’est mise en route. Mercenaires russes et gendarmes sont arrivés ensemble à Mala. Ils ont capturé un jeune homme au hasard et l’ont roué de coups jusqu’à ce qu’il accepte de les montrer les domiciles du chef du village, de son capita, du Président de la jeunesse et autres. Les mercenaires russes et les gendarmes ont commencé à incendier un par un leurs habitations. En tout, huit maisons ont brûlé ce jour-là. La fumée montait encore quand les derniers habitants ont quitté le village dans la panique pour s’en fuir dans la brousse.
Les organisations humanitaires, informées de la nouvelle, ont tenté en vain d’accéder aux lieux du massacre. Peine perdue. Les Russes avaient organisé une surveillance permanente de la route depuis Dékoua. Dès qu’un véhicule suspect se dirigeait vers Mala, Les russes démarrent leurs motos depuis Dékoua et filent vers Mala. Les mercenaires arrivaient toujours les premiers sur la scène de crime.
Face à cette présence menaçante des russes, les équipes de l’ONG qui sont venues au départ pour filmer les cendres et documenter les faits se contentaient finalement de simuler une distribution alimentaire, posaient quelques questions de pure forme et reprenaient la route vers 17 heures. Aucun témoin gênant n’a pu documenter la réalité.
Même les Casques bleus de la Minusca ont échoué. Leurs véhicules blindés n’ont pas impressionné les mercenaires, qui ont reproduit la même manœuvre. Face à la présence des russes sur le lieu, les soldats onusiens ont fini par dépasser Mala comme s’ils vont dans un autre village. Ils sont allés loin pour recueillir des témoignages sans valeur et sont repartis bredouilles.
L’humiliation finale est venue des mercenaires eux-mêmes. Ils ont ordonné aux jeunes de Mala de nettoyer les traces du crime. Sous la menace des armes, les villageois ont ramassé les ossements calcinés de leur pasteur et ont effacé toute trace de l’exécution.
Aujourd’hui, Mala vit dans la terreur. Évoquer le meurtre du pasteur ou les représailles qui ont suivi expose immédiatement aux pires sanctions. Cette loi du silence s’étend bien au-delà du village martyrisé.
Pourtant, l’affaire est connue de tous les échelons de l’État. Le Préfet de la Kémo et le gouverneur de la région ont été informés. Le gouvernement centrafricain aussi. Le président Touadéra lui-même connaît les détails de cette exaction commise sur son territoire. Mais aucune voix officielle ne s’est élevée pour condamner ces actes.
Dans cette pauvre République centrafricaine désormais sous tutelle russe, certaines vérités sont devenues indicibles. Le pouvoir des mercenaires ne se limite plus au contrôle militaire : il s’étend désormais à la parole publique elle-même.
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Maxime Balalou, arrête de mentir : Sayo ne t’a pas chargé de demander pardon à Touadéra
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/balalou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/balalou-421×450.jpg” alt=”Maxime Balalou, arrête de mentir : Sayo ne t’a pas chargé de demander pardon à Touadéra” width=”421″ height=”450″ />Le ministre centrafricain de la communication, porte-parole du gouvernement,, l’ex-détenu Maxime Balalou
Le porte-parole du gouvernement, l’ex-détenu et Kitandaire Maxime Balalou transforme une rencontre forcée avec le détenu Armel Sayo en spectacle politique honteux et juridiquement illégal.
Face aux caméras, Maxime Balalou a osé déclarer dans son communiqué de presse du 30 juillet dernier qu’Armel Sayo, ancien ministre et prévenu dans une affaire de “tentative de coup d’État”, l’avait chargé de transmettre ses excuses au président Faustin-Archange Touadéra.
Présent dans le bureau du directeur général de la police à Bangui, entouré de policiers parfaitement complices, Balalou a construit un récit larmoyant, décrivant le chef de l’État Faustin-Archange Touadera comme un “homme de paix” et la Centrafrique comme un “État de droit”. En réalité, tout le dispositif policier et administratif, du sommet de l’État aux exécutants, a joué un rôle actif dans cette mise en scène criminelle et pathétique.
Cette scène n’était pas improvisée. Elle répond à une stratégie bien connue des pays dictatoriaux: fabriquer devant l’opinion l’image d’un adversaire humilié, présenté comme repentant, afin de justifier sa détention et de discréditer toute critique. En exploitant la privation de liberté d’Armel Sayo pour nourrir un discours politique, le gouvernement franchit un seuil dangereux où la propagande remplace la justice.
Rappelons que le 4 juillet dans la matinée, vers neuf heures, le ministre conseiller spécial à la sécurité du président Touadéra, accompagné de mercenaires russes, se rend personnellement à la prison du camp de Roux. Ensemble, ils mènent une fouille directement dans la cellule d’Armel Sayo et de son codétenu Nour Gregaza, en dehors de toute procédure légale. Sous prétexte d’avoir découvert un document lié à un coup d’État, le procureur — sous pression directe de l’exécutif, signe immédiatement le 4 juillet une note d’extraction. Les deux détenus sont sortis de leur cellule le 7 juillet dans la matinée par le directeur de l’office central pour la répression du banditisme (OCRB) et conduits dans cette structure policière.
Dans la nuit du 7 au 8 juillet, vers 22 heures, des mercenaires russes, cagoulés, sont venus à l’OCRB et enlèvent Armel Sayo de sa cellule et l’emmènent vers une destination inconnue. Pendant 21 jours, aucune trace, aucun signe de vie. L’opposition, la société civile et les ONG dénoncent sa disparition. Face à la pression internationale croissante, notamment après un message du président camerounais Paul Biya, et des interventions du Comité international de la Croix-Rouge et de l’ambassade de France, Touadéra, acculé, demande pardon aux mercenaires russes de ne pas tuer Armel Sayo. Il leur supplie finalement de ramener Sayo vivant, car, en cas de sa mort, il serait possiblement attaquée devant la cour pénale internationale..
C’est ainsi que, dans la nuit du 29 au 30 juillet, Sayo est discrètement ramené à l’OCRB par les mercenaires russes. Le matin, il est conduit au tribunal de grande instance de Bangui, présenté devant un juge d’instruction, puis transféré à la Direction générale de la police. C’est là que le porte-parole du gouvernement, l’ex-détenu Maxime Balalou, entouré de la hiérarchie policière, organise la rencontre filmée, transformant un détenu en outil de propagande.
Ce coup de théâtre n’est pas de la communication politique : c’est une opération de propagande coercitive, indigne d’un État qui prétend respecter la loi. En utilisant un prisonnier comme décor d’un récit de soumission, le gouvernement montre que la justice est instrumentalisée, et que la parole d’un détenu n’est qu’une arme dans sa guerre contre ses opposants.
Le 8 août 2025, l’Autorité nationale des élections (ANE) a diffusé un communiqué officiel signé par son président, Dr. Mathias Barthélémy Morouba, annonçant que la mise en place d’un démembrement à Bouca par le sous-préfet est « nulle et de nul effet ». L’ANE rappelle que, selon son règlement intérieur, seul un commissaire électoral assermenté est habilité à installer de tels organes locaux. Sur le papier, cette position semble ferme ; dans les faits, elle masque un mécanisme organisé et toléré par l’institution elle-même pour servir les ambitions politiques du régime.
Le scénario est clair : alors que l’ANE affirme avoir mis fin aux activités de ses démembrements locaux, le sous-préfet de Bouca, agent administratif relevant directement du gouvernement, installe un nouvel organe électoral. Cette manœuvre viole les textes de l’ANE, mais elle s’inscrit parfaitement dans une logique de contrôle politique du processus électoral. Le communiqué ne dénonce pas l’ingérence du pouvoir exécutif ; il se contente d’un rappel de procédure, sans aucune mesure contraignante contre l’auteur de l’acte ni contre ceux qui l’ont ordonné.
Dans ce contexte, la prétendue neutralité de l’ANE tombe en éclats. L’institution se présente comme une victime, alors qu’elle fait partie intégrante de l’architecture qui permettra au régime de manipuler les scrutins. L’affaire de Bouca n’est pas une exception : elle montre clairement une complicité active entre l’appareil électoral et l’administration territoriale pour verrouiller les opérations de vote avant même qu’elles ne commencent.
Plus inquiétant encore, cette organisation électorale biaisée bénéficie du soutien financier et logistique de la communauté internationale. La Minusca et certains partenaires étrangers continuent de financer le processus, malgré la présence de violations manifestes des règles qu’ils prétendent défendre. L’argent des bailleurs sert à légitimer un système qui ne vise pas à garantir le choix du peuple, mais à prolonger indéfiniment le mandat du pouvoir en place.
Dans ces conditions, parler d’élections relève de la pure comédie à l’ivoirienne. Si l’objectif est de maintenir le chef de l’État pendant 40, 50 ou 60 ans, autant l’assumer ouvertement et cesser de mobiliser des fonds, des observateurs et des structures pour un simulacre démocratique. Car à Bouca, comme ailleurs, les scrutins annoncés ne sont qu’un décor : la pièce est écrite, les acteurs sont désignés, et le public, la population, n’aura qu’à applaudir un résultat déjà décidé.
Ex-demandeur d’asile congolais en Centrafrique, Tony Mushimbete, devenu agent des nations-unies, terrorise les employés journaliers de la MINUSCA, inventant des complots de meurtre pour suspendre illégalement des travailleurs centrafricains.
Qui est Tony Mushimbete ?
Tony Mushimbete, Congolais de la République démocratique du Congo, débarque en Centrafrique entre 1996 et 1999, fuyant les troubles chez lui. Demandeur d’asile, il trouve un toit à l’église Coopération, près de la soété société de téléphonie mobile Orange Centrafrique, chez le pasteur Kotkoua. À l’époque, il parle sango comme un centrafricain et traîne avec les Feiréra. Mais des tensions avec le pasteur le poussent à couper les ponts, et il ne remet plus les pieds dans cette église. Aujourd’hui, il fréquente une église congolaise à Lakouanga, derrière le restaurant Cafrina, dans l’ex-Coupole. De réfugié, il grimpe les échelons : d’abord à la BONUCA, puis à la MINUSCA, où il devient Chef Plans, Stock Control & Whse Operations. Comment ? Mystère. Il a un passeport centrafricain et occupe un poste censé revenir à un centrafricain, sans qu’on sache comment il a décroché ça.
Un passé douloureux, une revanche sur les Centrafricains
Tony Mushimbete, qui a galéré comme demandeur d’asile, semble avoir gardé une dent contre le monde, surtout contre les Centrafricains. À la MINUSCA, il fait parler de lui en montant de toutes pièces une affaire contre tous les journaliers , notamment : Maleyombo Prospère, Nzogna Cédric, Passe Ndoum Ben et Géhu Gouandjia.
Le 2 décembre 2022, il les accuse de vouloir le tuer. Son soi-disant preuve ? Un message WhatsApp de Géhu Gouandjia. Sauf que, quand on lit le message — et Corbeau News Centrafrique l’a vu —, c’est tout sauf une menace. C’est une demande claire : que la MINUSCA règle un différend qui traîne, sinon l’affaire ira au tribunal. Rien de violent, juste une volonté de justice.
Mais Tony ne l’entend pas comme ça. Le 3 octobre 2023, il convoque les quatre à une réunion qui n’a de réunion que le nom. Avec des collègues congolais et rwandais, il leur balance direct : “Vous êtes suspendus, point.” Pas de discussion, pas de preuves, rien. Un des collègues, Ali Lumanisha, va jusqu’à traiter les journaliers de “féticheurs” et “sorciers”. Des insultes graves, surtout dans un cadre professionnel, et encore plus dans une organisation comme les Nations Unies. Tony, lui, en rajoute une couche : “Les Centrafricains, vous ne nous faites pas peur”. Comme s’il était en guerre contre tout un peuple.
Un système qui protège les abus
Tony Mushimbete n’agit pas seul. À la MINUSCA, il s’appuie sur un réseau d’expatriés qui le couvre. Ensemble, ils font régner une sorte de loi du silence. Les journaliers, coincés dans des contrats précaires depuis des années — parfois huit ans, alors que la loi centrafricaine limite ça à deux —, n’ont aucun moyen de se défendre. Ces contrats, d’ailleurs, sont illégaux et privent les travailleurs de droits de base : primes, congés payés, assurance maladie, retraite. Tony et ses alliés profitent de ce système pour écraser ceux qui osent lever la voix. Et lui, accueilli à bras ouverts par la Centrafrique à l’époque où il fuyait son pays, retourne cette hospitalité en mépris. Son passé de demandeur d’asile, au lieu de le rendre solidaire, semble l’avoir aigri au point d’en faire un homme revanchard.
Revenons à cette accusation de “complot pour meurtre”. Elle sort de nulle part. Tony brandit ce message WhatsApp comme une arme, mais il n’y a rien dedans qui justifie une suspension, encore moins un licenciement. Géhu Gouandjia, l’auteur du message, ne fait que demander des comptes. Pourtant, Tony transforme ça en menace de mort et s’en sert pour virer quatre personnes. Lors de la réunion du 3 octobre, il ne laisse aucune chance aux journaliers de s’expliquer. Il décide, un point c’est tout. Ce genre de méthodes rappelle plus une vendetta personnelle qu’une gestion professionnelle. Et le pire ? La MINUSCA, censée respecter les lois centrafricaines, laisse faire. L’Accord de Siège de 2014, renouvelé en 2024, est clair : les employés, même journaliers, ont des droits. Mais Tony passe outre, et personne ne le freine….
Violence militaire à Obo : Un civil grièvement blessé par des soldats FACA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/milicien-azande-forme-par-les-wagner.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/milicien-azande-forme-par-les-wagner-450×207.jpg” alt=”Violence militaire à Obo : Un civil grièvement blessé par des soldats FACA” width=”450″ height=”207″ />Un milicien Azandé Ani Kpi Gbé incorporé dans l’armée nationale centrafricaine ici salué par un Chef militaire de Wagner lors de leur présentation sous les drapeaux à Obo.
Un homme violemment agressé par des militaires centrafricains dans la nuit du 13 au 14 août à Obo.
À Obo, dans la préfecture du Haut-Mbomou, au sud-est du pays, un jeune homme a été grièvement blessé par des soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) dans la nuit du 13 au 14 août 2025. L’agression, qui a causé de graves traumatismes crâniens, a nécessité une hospitalisation d’urgence de la victime. L’affaire montre la dégradation rapide des relations entre militaires et civils dans cette ville frontalière de la République centrafricaine.
Pour comprendre cette agression, il faut remonter aux événements de cette soirée. Tout commence par une visite de courtoisie. Un couple se rend chez la mère de l’épouse, souffrante. Après s’être enquis de son état, les époux se séparent. Le mari, qui habite dans le quartier AIM, rejoint la maison, tandis que sa femme, accompagnée de sa petite -sœur, part retrouver un Soldat FACA avec qui elle entretient une discrète relation amoureuse.
La situation se complique rapidement. En rentrant chez elle, la belle-sœur du mari découvre ce dernier assis dans l’obscurité, près de la maison. Prise de panique à l’idée qu’il puisse surprendre sa sœur avec le militaire, elle court la prévenir. Alertée, l’épouse quitte rapidement le soldat, abandonnant ce dernier et ses compagnons d’armes visiblement contrariés et choqué.
C’est alors que la violence éclate. Humiliés par cette fuite précipitée de la femme, les soldats décident d’aller confronter le mari qui est toujours dans l’obscurité. Dès leur arrivée, ils l’accusent de les espionner et de surveiller leurs activités. Sans autre explication, ils se jettent sur lui et le frappent violemment à coups de crosse, visant particulièrement la tête et tout son corps.
Heureusement, l’agression n’a pas duré plus longtemps. Un pasteur de l’église quartier AIM assiste à l’agression. Il alerte immédiatement le chef de quartier qui intervient pour arrêter les coups. Ce dernier accompagne ensuite la victime à l’hôpital où elle reçoit les premiers soins. Les blessures, notamment au niveau du crâne, nécessitent une prise en charge médicale immédiate.
Au-delà de cet incident particulier, la situation d’Obo pose des questions plus larges. Cet événement n’est pas un cas rare à Obo. Plusieurs habitants font état de comportements problématiques de la part de certains soldats : abus de pouvoir, violences, intimidations. Ces agissements créent un climat de méfiance entre la population et ceux qui sont censés la protéger.
Cette dégradation des relations préoccupe d’autant plus les autorités locales. Dans cette ville du Haut-Mbomou, beaucoup s’interrogent sur l’évolution du rôle des forces armées. Au lieu d’assurer la sécurité des citoyens, certains éléments semblent être devenus une source d’insécurité. Cette situation inquiète d’autant plus qu’Obo se trouve dans une zone frontalière sensible avec le Soudan du Sud.
Les répercussions de ces incidents dépassent le cadre local. La multiplication de ces événements érode progressivement la confiance que les habitants accordent à leur armée. Dans une région où la stabilité reste fragile, cette dégradation des relations civilo-militaires pose des questions sur l’efficacité du dispositif sécuritaire et sa capacité à maintenir la paix.
L’affaire d’Obo pose plusieurs problèmes concrets. D’abord, celui de la discipline au sein des forces armées. Ensuite, celui de la formation des soldats sur leurs relations avec les civils. Enfin, celui des mécanismes de contrôle et de sanction quand des dérapages se produisent.
À cause de Wagner, Touadera et ses proches sont devenus très gonflés : écoutez ce qu’Évariste Ngamana dit sur l’opposition démocratique
Anti-Balaka-de-Carnot-Evariste-NGAMANA.jpeg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Abbe-honorable-et-chef-anti-balaka-de-Carnot-Evariste-NGAMANA.jpeg” alt=”À cause de Wagner, Touadera et ses proches sont devenus très gonflés : écoutez ce qu’Évariste Ngamana dit sur l’opposition démocratique” width=”275″ height=”183″ />Évariste Ngamana
Le vice-président de l’Assemblée nationale Évariste Ngamana tente de criminaliser la contestation politique légitime.
Évariste Ngamana vient de franchir une ligne rouge. Le député de Carnot, premier vice-président de l’Assemblée nationale et porte-parole du MCU, parti au pouvoir, s’est livré à un exercice pathétique et de mépris démocratique lors de son passage sur la Radio Ndékè Luka. Ses mots sonnent comme un ultimatum : “Je voudrais d’abord faire comprendre à l’opposition qu’il n’est pas normal qu’ils critiquent constamment pour le plaisir. C’est toujours le même scénario, un groupe de quatre ou cinq personnes qui essaie d’amener des troubles. Il est temps qu’ils se ravisent, car le peuple n’est plus dupe“.
Cette sortie démontre clairement la vraie nature du régime Touadéra. Ngamana transforme la critique politique en acte de sabotage, réduisant des formations politiques entières à une poignée d’individus isolés. Sa technique est bien connue : criminaliser la dissidence, monopoliser la parole populaire, présenter l’opposition comme ennemie de la stabilité.
L’homme politique applique un manuel classique de l’autoritarisme. Il caricature ses adversaires, les présente comme marginaux et nuisibles, puis s’autoproclame interprète unique de la volonté nationale. Cette méthode nie l’existence même du pluralisme politique. Elle efface d’un trait la société civile active, les partis d’opposition légalement constitués et les citoyens qui expriment leur mécontentement.
En déclarant que “le peuple n’est plus dupe”,Évariste Ngamana s’approprie une légitimité qu’aucune consultation populaire récente ne lui accorde. Il parle au nom d’un peuple fantasmé, taillé sur mesure pour servir sa rhétorique. Cette usurpation de la voix collective constitue une violence faite à la démocratie.
Le message est clair : toute critique du pouvoir devient suspecte, toute contestation relève du complot. Cette logique transforme l’adversaire politique en ennemi intérieur, préparant ainsi le terrain à des mesures répressives. Elle s’inscrit dans une dynamique d’étouffement progressif de l’espace démocratique.
Évariste Ngamana ne se contente pas de défendre son camp. Il participe à une entreprise de réécriture du politique, où seule la parole officielle mérite d’être entendue. Sa déclaration constitue un acte de violence symbolique qui vise à disqualifier par avance toute opposition future.
Cette posture autoritaire trouve ses racines dans l’incapacité du pouvoir à répondre aux critiques légitimes sur sa gestion. Plutôt que d’argumenter, Ngamana choisit la diabolisation. Plutôt que de convaincre, il préfère intimider.
Le vice-président de l’Assemblée nationale confirme ainsi une dérive annoncée. Son discours participe d’une stratégie de verrouillage politique, où l’opposition devient synonyme de trahison et la critique, un crime contre l’ordre public. Cette logique mine les fondements même de la démocratie centrafricaine.
Faustin Archange Touadera : le juriste Mboe Dédé Vianney rappelle son inéligibilité à toutes les élections avant mars 2026
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/touadera.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/touadera-450×300.jpg” alt=”Le roublard de Bangui, Faustin Archange Touadera” width=”450″ height=”300″ />Le roublard et destructeur de Bangui, Faustin Archange Touadera
Me MBOE Dédé-Vianney rappelle que la candidature anticipée de Touadéra à la prochaine élection présidentielle viole clairement la Constitution, même celle qu’il a fabriqué en 2023.
Faustin Archange Touadéra a annoncé, le 26 juillet 2025 au Congrès du MCU, son intention de se présenter aux prochaines élections présidentielles. Me MBOE Dédé-Vianney, docteur en droit et analyste dans la revue Le Reflet, rappelle que cet engagement va à l’encontre des règles établies par la Constitution et qu’il ne peut être validé avant la fin effective du mandat actuel fixé au 30 mars 2026.
Dans son analyse, Me MBOE Dédé-Vianney rappelle que l’article 185 de la Constitution adoptée le 30 août 2023 demande au président en exercice de rester dans l’exercice de son mandat jusqu’à son terme. Or, le mandat de Touadéra, entamé le 30 mars 2021, est toujours en cours et repose sur la Constitution de 2016, qui fixe la durée du mandat à cinq ans et limite à deux le nombre de mandats consécutifs.
La nouvelle Constitution de 2023, adoptée sous la présidence de Touadéra, n’abroge pas rétroactivement les dispositions qui encadrent son mandat actuel. Cela signifie que la candidature annoncée avant le 30 mars 2026 ne respecte pas les règles en vigueur. Me MBOE Dédé-Vianney souligne que cet engagement place Touadéra hors des conditions légales auxquelles il est soumis.
L’article 35 de la Constitution de 2016 précise clairement que le président ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. Toute candidature dans le mandat en cours reviendrait donc à tenter un troisième mandat, ce qui est exclu. Selon Me MBOE Dédé-Vianney, cette situation fragilise les institutions et pose une question sérieuse sur le respect du cadre juridique par le chef de l’État.
L’absence d’une instance constitutionnelle indépendante rend difficile toute intervention pour trancher ce litige. Me MBOE Dédé-Vianney dénonce la dynamique qui s’installe autour de cette candidature anticipée, portée par certains acteurs politiques malgré son illégalité.
L’analyse de Me MBOE Dédé-Vianney rappelle que le respect strict des règles constitutionnelles est indispensable pour garantir la stabilité politique et la confiance des citoyens. Toute tentative d’outrepasser ces règles risque d’affaiblir les bases de la démocratie centrafricaine.
Le 13 août, le Parti du Changement Social (PCS) a exprimé, dans un communiqué officiel, sa « profonde indignation » face à l’usage irrespectueux du drapeau national par le protocole présidentiel. Selon le PCS, des images et témoignages confirment que le symbole adopté le 1ᵉʳ décembre 1958 a été déployé comme tapis pour le Chef de l’État et sa suite, lors de la cérémonie officielle de la fête de l’indépendance.
Le communiqué du PCS rappelle que « le drapeau ne doit jamais toucher le sol » et qu’il est interdit de l’utiliser à des fins décoratives ou protocolaires en dehors des dispositions légales. Pour le PCS, ce geste constitue « un affront à la mémoire collective, aux martyrs et à chaque citoyen centrafricain », et porte atteinte à l’âme même de la nation.
En citant ses propres principes, le parti précise que le drapeau incarne l’unité, la dignité et la souveraineté du pays, et qu’il doit toujours être « arboré avec honneur, respect et fierté ». Transformer ce symbole en objet de marche, souligne le PCS, revient à dégrader l’autorité de la République et à bafouer ses valeurs fondamentales.
Le PCS exige « des explications immédiates » et « des sanctions exemplaires » contre les responsables de cette « faute grave ». Mais il met aussi en cause la logique même du régime, où l’image du chef prime sur le respect des symboles de l’État.
Dans son appel, le PCS invite « l’ensemble des forces vives de la nation, partis politiques, organisations de la société civile et citoyens » à défendre le drapeau et les valeurs qu’il incarne. Selon le parti, tolérer un tel acte reviendrait à légitimer d’autres profanations au profit d’une mise en scène politique.
Daté du 14 août 2025 et signé par son président, Chancel SEKODE NDEUGBAYI, le communiqué place le gouvernement face à ses responsabilités. Pour le PCS, la question dépasse le simple protocole : elle interroge la dérive d’un système prêt à sacrifier les symboles nationaux sur l’autel du pouvoir.
Or, diamants et guerre : comment Wagner finance son emprise en Centrafrique
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/sur-un-chantier-minier-artisanal-en-Centrafrique.png” data-wpel-link=”internal”>Sur un chantier minier d’or et de diamant artisanal
Depuis son arrivée en République centrafricaine (RCA) en 2017, le groupe paramilitaire russe Wagner n’a cessé d’étendre son emprise sur les secteurs économiques stratégiques du pays, sous prétexte d’un accord de coopération militaire. Si sa présence est officiellement justifiée par des opérations de sécurisation et de formation militaire, elle s’accompagne en réalité d’un vaste système d’exploitation opaque des ressources naturelles du pays, au profit de la Russie.
Le modèle mis en place repose sur une forme de troc sécuritaire : en échange de la protection rapprochée du président Faustin-Archange Touadéra, de l’encadrement de l’armée nationale (les FACA) et de la conduite d’opérations militaires, Wagner s’est vu accorder des droits d’exploitation sur plusieurs sites miniers, forestiers et agricoles. Cette logique de concessions discrétionnaires permet au groupe russe – désormais relayé par l’« Africa Corps », affilié au ministère russe de la Défense – de contrôler des pans entiers de l’économie centrafricaine en toute opacité.
Parmi les cas les plus emblématiques, la mine d’or de Ndassima, exploitée par Lobaye Invest, une société écran liée à Wagner, symbolise cette mainmise sur les ressources stratégiques. À cela s’ajoute la présence croissante des Russes dans les zones diamantifères de l’est du pays, notamment dans les préfectures de la Vakaga et de la Haute-Kotto. Dans ces régions, les populations locales sont fréquemment déplacées de force, les villages incendiés ou vidés de leurs habitants pour sécuriser les sites convoités.
Les témoignages recueillis dans plusieurs enquêtes, notamment par The Sentry et Crisis Group, révèlent un usage systématique de sociétés de façade, souvent enregistrées au nom de proches du pouvoir ou de ressortissants russes, pour masquer les liens avec Wagner et éviter tout contrôle extérieur. En parallèle, les élites de Bangui se retrouvent prises dans un système de dépendance : leur loyauté politique est rétribuée par une part des revenus extraits, renforçant ainsi un régime autoritaire et clientéliste.
Une économie de guerre : le financement occulte des ambitions russes via la RCA
Plusieurs enquêtes, dont celle de The Sentry, suggèrent que l’or extrait par des sociétés affiliées à Wagner en Centrafrique pourrait être acheminé hors du pays via des circuits opaques, potentiellement à destination de pays comme le Soudan ou les Émirats arabes unis. Ces exportations s’effectueraient en dehors de tout cadre officiel, échappant à la traçabilité des institutions financières et fiscales centrafricaines. Le recours à des sociétés écrans et à des intermédiaires étrangers, comme Lobaye Invest, rend pratiquement impossible toute supervision par les autorités locales.
Sur le terrain, cette économie de guerre se traduit par une recrudescence des violences contre les civils. En décembre 2021, l’attaque du village de Boyo dans la préfecture de la Ouaka, orchestrée avec la participation de forces associées à Wagner, a entraîné la mort d’au moins vingt personnes, le viol de cinq femmes, le déplacement de milliers d’habitants et la destruction de plus de 500 habitations. À Mboki et Koumboli, des évictions massives ont également été documentées, avec pour objectif non dissimulé de sécuriser des zones minières. Ces exactions s’accompagnent de recrutements forcés de jeunes Centrafricains pour surveiller ou exploiter les sites contrôlés par les Russes. Certains de ces jeunes, surnommés les « Russes noirs », auraient même été envoyés en Ukraine, selon des enquêtes relayées par Deutsche Welle, avant de disparaître sans laisser de traces. L’émergence de l’Africa Corps, qui remplace progressivement Wagner, ne fait qu’officialiser la mainmise militaire du Kremlin sur les opérations africaines. Ce nouveau groupe paramilitaire est directement piloté par le ministère russe de la Défense et semble destiné à pérenniser le modèle d’exploitation extractive militarisée initié par Wagner. À terme, cette stratégie renforce l’autoritarisme du régime de Bangui, isole le pays de la communauté internationale et détourne des ressources cruciales du développement national vers une logique de prédation et de guerre.
Nouvel accident de moto sur l’avenue des Martyrs : quatre blessés graves
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/02/accident-circulation-trois-motos-et-un-vehicule-quartier-gobongo-bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/02/accident-circulation-trois-motos-et-un-vehicule-quartier-gobongo-bangui-450×270.jpg” alt=”Nouvel accident de moto sur l’avenue des Martyrs : quatre blessés graves” width=”450″ height=”270″ />Image d’illustration d’un accident de circulation impliquant 3 motos à Bangui. CopyrightCNC
Quatre personnes ont été blessées dans une collision entre deux motos, samedi après-midi sur l’avenue des Martyrs à Bangui.
Un nouvel accident violent, comme ça se passe chaque jour dans le pays, a eu lieu samedi 16 août vers 16 heures sur l’avenue des Martyrs, près de la tribune non loin de la télévision nationale, faisant quatre blessés graves.
Selon des témoins, deux motocyclistes se sont percutés violemment dans des circonstances encore floues. L’avenue étant large et à double sens, il est improbable qu’ils se soient croisés de face. L’une des hypothèses est qu’un conducteur sortait du quartier des 200 Villas pour rejoindre l’avenue, entrant ainsi en collision avec l’autre moto.
Le choc a été particulièrement violent. Les deux motos sont complètement détruites et ne peuvent plus rouler. Au moment de l’accident, les quatre blessés sont restés au sol plusieurs minutes avant d’être secourus.
Bien que l’hôpital communautaire se trouve à environ trois cents mètres du lieu de l’accident, les blessés ont dû être transportés par des véhicules stoppé sur la route, faute d’ambulance disponible rapidement.
Cet accident souligne la dangerosité croissante de la circulation à Bangui. Les motos, tout comme les véhicules légers ou lourds, circulent sans contrôle, dans un environnement dépourvu de panneaux de signalisation, de feux tricolores et de règles appliquées. Chaque déplacement devient un risque mortel, car même les conducteurs les plus prudents sont exposés aux imprudences des autres. Dans un tel contexte, la responsabilité des autorités est engagée : combien d’accidents faudra-t-il encore avant qu’un véritable plan de sécurité routière soit mis en place ?
Pour l’instant, l’état de santé des quatre blessés n’a pas été communiqué. L’enquête sur les causes exactes de l’accident se poursuit.
Touadéra foule aux pieds les couleurs nationales et piétine la mémoire de Boganda dans un acte hautement criminel
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/tapsi.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/tapsi-301×450.jpg” alt=”Le Président Faustin-Archange Touadera, marchant sur un tapis rouge, arborant des couleurs du drapeau national” width=”301″ height=”450″ />Le Président Faustin-Archange Touadera, marchant sur un tapis rouge, arborant des couleurs du drapeau national
Le 13 août, jour où la République centrafricaine célèbre son indépendance, le président Faustin-Archange Touadéra a défilé sur un tapis rouge bordé, à gauche et à droite, par les quatre bandes de couleurs du drapeau national : bleu, blanc, vert et jaune.
Ces bandes, disposées dans l’ordre exact du drapeau officiel, formaient une frange continue le long du tapis, là où les pieds des invités officiels et du chef de l’État se posaient à chaque pas. Aux côtés de son épouse et des autorités présentes, le président a avancé droit devant lui, foulant ces couleurs comme si elles n’avaient aucune valeur particulière. Il n’a pas choisi de quitter ce tapis de la honte ,mais par contre il a choisi de fouler au pieds cet emblème national. Il a accepté, en pleine cérémonie, et en tout état de cause, que l’emblème du pays soit placé sous ses pieds. Ce geste, en plus d’être choquant, trouve un écho direct dans les textes officiels qui encadrent l’usage du drapeau et impose un respect absolu.
La loi n° 60.311 du 12 décembre 1960, qui définit le drapeau centrafricain, précise que cet emblème est un symbole de l’État et qu’il doit être respecté en toutes circonstances. Le Code pénal prévoit des sanctions contre toute action qui rabaisse sa dignité ou qui l’expose à un usage dégradant. Dans ce cas précis, même si la bordure ne comportait pas l’étoile jaune ni la bande rouge verticale, elle reproduisait fidèlement la séquence de couleurs et leur position relative. Selon l’esprit de la loi, il s’agit d’un usage qui entre dans le champ des protections prévues pour le drapeau. Mettre ces couleurs sur une surface destinée à être piétinée va directement à l’encontre de l’obligation de respect. Ce manquement devient encore plus grave lorsqu’on se rappelle que les règles protocolaire, en RCA comme ailleurs, interdisent strictement de placer un drapeau ou ses couleurs au sol pour être foulés aux pieds.
Ces usages officiels exigent que les symboles soient visibles, propres, en hauteur ou présentés de manière à ne pas subir d’atteinte physique. Dès qu’un responsable ou un citoyen, y compris le Président de la République, voit les couleurs nationales posées au sol, il devrait éviter de marcher dessus. Le 13 août, le chef de l’État et son épouse avaient la possibilité de quitter ce tapis maudit, ce tapis de la honte, ce tapis des mafieux ou de faire retirer ces bordures avant la cérémonie. Ne pas l’avoir fait revient à ignorer volontairement la portée symbolique du geste. Le jour de l’indépendance n’est pas une journée ordinaire ; c’est un moment où chaque attitude a un sens et peut envoyer un signal fort au peuple.
En foulant les couleurs nationales ce jour-là, devant la population et les caméras, le président Faustin-Archange Touadera a transmis l’image d’un pouvoir qui ne considère pas l’emblème du pays comme intouchable. Les couleurs étaient bien visibles, et le choix de marcher dessus n’a pas été corrigé ni au départ, ni en cours de route. Ce comportement donne le sentiment qu’on peut disposer de l’image nationale comme d’un simple accessoire de décor. Pourtant, le drapeau centrafricain est né de l’histoire, des luttes et des sacrifices qui ont permis l’indépendance. Chaque couleur a un sens précis, lié à l’unité, à la paix, à l’espérance et au sang versé pour la liberté.
Marcher dessus, c’est symboliquement marcher sur l’héritage de Barthélemy Boganda et de tous ceux qui ont bâti la nation. C’est abaisser, aux yeux de tous, la valeur de l’indépendance et l’idée même de République. En agissant ainsi, le chef de l’État prend la responsabilité d’un geste qui contredit la loi, les règles protocolaire et le respect dû au symbole national. Il ne s’agit pas seulement d’un détail de cérémonie, mais d’un acte qui traduit une manière de gouverner : traiter les symboles du pays comme des objets de décor, banaliser leur profanation et placer l’image personnelle et la mise en scène avant le respect de l’emblème national. Le président et son entourage avaient le devoir de protéger l’intégrité visuelle et symbolique du drapeau, mais le 13 août, ils ont choisi de l’exposer au piétinement.
De l’île des Singes à l’aéroport du PK-28 en passant par éco-cité et d’un cimetière moderne : les Centrafricains épuisés par la spirale des promesses fallacieuses de Touadera
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/09/Touadera-suce-langue-IMG_4190-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/09/Touadera-suce-langue-IMG_4190-1-300×259.jpg” alt=”RCA : De l’île des Singes à l’aéroport du PK-28 en passant par éco-cité et d’un cimetière moderne : les Centrafricains épuisés par la spirale des promesses fallacieuses de Touadera” width=”300″ height=”259″ />Président Faustin Archange Touadera suce sa langue et se moque des centrafricains de leur pauvreté absolue
Cinq années d’annonces grandioses du Président Faustin Archange Touadera sans la moindre réalisation tangible pour les centrafricains.
En 2021, Jean-Pascal Binda Koyagbélé, conseiller spécial du président Touadéra, engage le gouvernement sur 5 000 forages à travers le pays. Mais 4 ans plus tard, aucun n’a vu le jour. Comme si cela ne leur suffisait pas, l’année suivante, en 2022, il présente un projet bancaire ambitieux dans le pays : Tourougou Banque, Masséka Banque, Wali Banque, Ogawa Banque, Banque agricole et Banque des godobé. Ces institutions devaient s’implanter à Bangui et dans les ville de provinces : de Bamingui-Bangoran à Mambéré-Kadéi en passant par l’Ouham-Pendé pour arriver à Sanga-Mbaéré. Résultat? Zero!
Au cours de la même année, le même homme dévoile une présentation détaillée d’une cité technologique sur l’île des Singes. Cette “Silicon Valley centrafricaine” comprenait gratte-ciels, véhicules autonomes, complexes hôteliers haut de gamme et centres technologiques de pointe. Le projet n’a jamais quitté les écrans de projection de son auteur.
En mai 2025, à l’approche des échéances électorales du décembre, deux nouvelles annonces font surface d’une manière spectaculaire. Le président Touadéra s’engage sur la construction d’un aéroport international moderne sur la route de Boali. Une fois de plus, c’est de la mythomanie politique. Parallèlement, le ministre de l’Hydraulique ressort le projet de 5 000 forages abandonné quatre ans plus tôt. Sans plus de succès.
Le 18 juillet 2025, Haroune Djolimara, chargé de mission du projet, annonce sur les ondes de la radio Ndékè Luka la création d’une éco-cité et d’un cimetière moderne de 400 hectares au PK-26. Il affirme que 25 hectares ont été dégagés et qu’une voie d’accès a été tracée. Aucun document officiel ne confirme ces avancées. Aucun budget n’a été rendu public.
Le bilan parle de lui-même. Depuis 2021, six projets d’envergure ont été présentés en grande pompe par les autorités centrafricaines. Aucun n’a abouti. Les 5 000 forages promis deux fois restent inexistants. Les banques nationales n’ont jamais ouvert leurs portes. L’île des Singes continue d’accueillir ses seuls habitants naturels. L’aéroport du PK-28 demeure virtuel. L’éco-cité du PK-26 n’existe que dans les déclarations radiophoniques.
Cette accumulation de promesses non tenues use la confiance des Centrafricains. Chaque nouvelle annonce s’ajoute à une liste déjà longue de projets fantômes. Les citoyens assistent, impuissants, à ce défilé d’engagements qui ne débouchent sur aucune amélioration concrète de leurs conditions de vie.
La répétition de ce schéma interroge sur la crédibilité de l’action gouvernementale. Entre communication politique et réalisations effectives, l’écart ne cesse de se creuser. Les Centrafricains attendent toujours que leurs dirigeants transforment les mots en actes….
La crise de carburant en Centrafrique s’aggrave tandis que le porte-parole Maxime Balalou change d’explication chaque semaine sans aucune cohérence.
La crise de carburant en Centrafrique ne faiblit pas. Au lieu d’apporter des réponses claires, le gouvernement tente de gagner du temps avec des déclarations floues et changeantes. Le 4 août 2025, Maxime Balalou, ancien détenu devenu porte-parole du gouvernement, affirmait qu’il n’y avait aucune rupture de stock. Selon lui, les longues files d’attente résultent de difficultés « organisationnelles ». Une semaine plus tôt, il parlait encore d’une crise mondiale et des effets de la guerre en Ukraine. Cette instabilité dans le discours officiel révèle une gestion désordonnée d’une crise de carburant qui pénalise des milliers de Centrafricains.
Face aux journalistes, Balalou nie d’abord tout problème d’approvisionnement. « Ce n’est pas un problème de rupture de stock », dit-il, sans avancer le moindre chiffre. Puis il parle de camions bloqués au dépôt et évoque la SOCAPS, sans expliquer clairement les raisons de ce blocage. Il promet ensuite de consulter d’autres services pour « donner un détail pour que l’opinion puisse savoir qu’il n’y a pas de souci », comme si ce souci n’était pas déjà visible partout dans le pays. Ce qui frappe le plus, c’est ce changement de discours d’une semaine à l’autre. Lors de son point de presse du 28 juillet, Balalou parlait encore de la crise de carburant comme conséquence de « tensions internationales » et de la guerre en Ukraine. Il cherchait alors à inscrire la pénurie centrafricaine dans un contexte global. Cette fois, sans revenir sur ses propos précédents, il propose une explication strictement logistique. Aucune reconnaissance de contradiction, aucune clarification. Simplement un nouveau discours, livré avec la même désinvolture.
Ce va-et-vient verbal témoigne d’une communication mal maîtrisée. L’ex-détenu et Kitandaire Maxime Balalou, censé incarner la parole officielle du gouvernement, donne l’impression d’improviser à chaque apparition publique. Ses réponses manquent de consistance, de données vérifiables, de perspectives concrètes. Les citoyens, eux, attendent des faits, pas des hypothèses. La crise de carburant en Centrafrique, annoncée comme résolue depuis la réception de 30 000 tonnes de gasoil russe en janvier 2025, continue pourtant d’asphyxier l’économie. À Bangui, à Berberati ou à Bambari, les stations-service sont toujours à sec ou rationnent. Aucun rapport n’a été publié sur la répartition ou l’utilisation de ces stocks. Aucun chiffre clair n’a été communiqué. Là encore, Maxime Balalou reste silencieux.
Cette légèreté dans la gestion de la communication officielle pose un problème de fond. Le manque de rigueur dans les explications, l’absence de suivi dans les annonces, la mauvaise foi parfois évidente dans les réponses alimentent la méfiance des citoyens. L’image du gouvernement en sort affaiblie. Et la crise de carburant, loin d’être contenue, continue de perturber tous les secteurs : transports, alimentation, santé, commerce. Dans ce contexte, le rôle du porte-parole devient essentiel. Encore faut-il qu’il ait le niveau, les informations et la capacité de répondre avec sérieux. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Maxime Balalou, ancien prisonnier nommé à un poste stratégique, enchaîne les déclarations sans cohérence, comme s’il découvrait chaque semaine la situation. Son attitude laisse transparaître une déconnexion inquiétante avec la réalité vécue par les Centrafricains.
En refusant d’assumer la gravité de la crise de carburant, en changeant de version sans explication, le gouvernement donne le sentiment qu’il ne sait plus comment répondre. Il étale son désordre interne, son manque de coordination, et son incapacité à affronter une pénurie aussi visible que persistante. Cette manière de faire ne résout rien. Elle aggrave le malaise. Elle entretient le flou. Et elle éloigne encore davantage les dirigeants de ceux qu’ils prétendent servir.
Une employée des chinois a échappé à une agression sexuelle collective grâce à l’intervention des militaires de forces armées centrafricaines (FACA).
L’affaire débute le 14 août en soirée à Zawa. Une jeune femme travaillant pour les chinois exploitant le gisement aurifère dans la localité de Foussa, vers la ville de Zawa, située à 245 kilomètres de Bangui, dans l’Ombella-Mpoko. La jeune fille, restant chez elle, a reçu un appel d’urgence de son supérieur hiérarchique. Ce dernier lui demande de se rendre immédiatement à la base, prétextant une situation d’urgence nécessitant sa présence.
Confiante, l’employée se rend sur les lieux sans méfiance. Arrivée à destination, elle découvre que l’urgence était fictive. Son supérieur tente alors de la contraindre à des rapports sexuels. Mais la situation dégénère rapidement : trois autres ressortissants chinois surgissent et exigent eux aussi d’abuser de la jeune femme. En tout, quatre chinois pour une seule fille. Et c’est trop pour elle.
Face à cette menace collective, la victime commence à se paniquer. Elle pousse fortement des cris de détresse qui a alerté immédiatement les soldats centrafricains détachés pour la sécurité des installation aurifère chinoise. Ces derniers interviennent sans délai et mettent la jeune fille en sécurité. Révoltés par la gravité des faits, les militaires s’apprêtent alors à chicotter et tabasser correctement les agresseurs chinois.
C’est à ce moment que le responsable chinois du site intervient fermement. Il explique aux soldats de ne pas toucher à ses compatriotes, les conseillant: “Si vous les frappez, Bangui va mal interpréter la situation et vous serez accusés à tort. Laissez-nous régler cela entre nous, nous trouverons une solution et Bangui va ensuite être informé de la situation.”
Contraints de céder face au conseil de ce chinois, les militaires relâchent les suspects. Le dirigeant chinois promet de traiter l’affaire en interne.
Plusieurs jours ont passé depuis ces promesses. Aucune mesure disciplinaire n’a été prise, ni par les chinois, ni par Bangui, contre les agresseurs, qui continuent de travailler normalement sur le site, alimentant l’indignation des populations de Zawa.
L’accord de paix signé le 19 avril 2025 entre Bangui et les groupes armés divise profondément. Le porte-parole du GTSC, Paul-Crescent Beninga, monte au créneau et dénonce cet accord.
En République centrafricaine, l’accord de paix signé le 19 avril 2025 à Ndjamena entre le gouvernement et les groupes armés UPC et 3R, sous l’égide du Tchad, provoque une controverse majeure. Paul-Crescent Beninga, enseignant-chercheur à l’Université de Bangui et porte-parole du groupe de travail de la société civile GTSC, a exprimé, le samedi 12 juillet dernier, lors de l’émission Patara sur la radio Ndékè Luka des réserves profondes sur cet accord qu’il considère comme un compromis électoraliste compromettant la quête d’une paix durable.
Paul-Crescent Beninga dénonce avec vigueur la vision électoraliste du gouvernement dans la signature de cet accord. Selon lui, l’accord du 19 avril 2025, signé à quelques mois des élections, vise principalement à apaiser les groupes armés pour garantir un climat sécuritaire favorable au scrutin, plutôt que de s’inscrire dans une stratégie de réconciliation nationale. Paul-Crescent Beninga rappelle que cette approche n’est pas nouvelle : en 2019, à l’approche des élections, le gouvernement avait accéléré l’accord politique pour la paix et la réconciliation, espérant des conditions similaires.
L’universitaire souligne que cet accord avait échoué, les signataires, dont Ali Darassa de l’UPC et Sidiki puis Bobo du 3R, ayant rejoint la Coalition des Patriotes pour le Changement en 2020, dénonçant ainsi l’APPR. Paul-Crescent Beninga met en garde contre cette répétition d’accords électoralistes qui risque de voir les hostilités reprendre après les élections, comme ce fut le cas en 2020, remettant en question l’engagement du gouvernement pour une paix durable.
Paul-Crescent Beninga critique également le manque de transparence entourant le contenu de l’accord. Il déplore que, comme à l’accoutumée, le gouvernement n’ait pas rendu public les détails de cet engagement, ce qui, selon lui, jette un discrédit sur l’initiative. Cette opacité empêche les Centrafricains de comprendre les véritables intentions du gouvernement et les concessions faites aux groupes armés. Cette critique met en avant une gestion chaotique des négociations par le gouvernement, que Paul-Crescent Beninga qualifie de “cacophonie” et de “désordre bien organisé”, pointant l’incohérence entre cet accord et les initiatives précédentes comme la feuille de route de Luanda ou l’APPR.
Un des points les plus tranchants de la critique de Paul-Crescent Beninga concerne l’impunité accordée aux leaders des groupes armés, notamment Ali Darassa et Bobo, qu’il qualifie de “mercenaires étrangers” et de “bourreaux”. Beninga dénonce l’accueil en grande pompe de ces figures par des membres du gouvernement, y compris le ministre de la Communication et celui de la Défense, alors que ces leaders sont responsables de massacres à Alindao, Kaga-Bandoro, Lemouna, et Bambari. Il fustige le silence du gouvernement sur les victimes de ces crimes, soulignant que “personne n’est heureux de voir ces bourreaux sur le tapis rouge alors que leur place est en prison”.
Paul-Crescent Beninga critique également la protection accordée à des figures comme Hassan Bouba, membre du gouvernement, qui bénéficie d’une immunité malgré des accusations de crimes graves, exposant une justice à deux vitesses qui privilégie les anciens de la Séléka aux dépens des Anti-Balaka.
Paul-Crescent Beninga pointe une violation potentielle de la Constitution centrafricaine du 30 août 2023, en particulier l’article 183, qui interdit aux membres de groupes armés d’occuper des postes publics, notamment des fonctions civiles et militaires. Selon Beninga, l’engagement du gouvernement, confirmé par le porte-parole tchadien Gassim Sherif Mahmat, d’intégrer les ex-rebelles dans l’armée et la gestion de l’État, contrevient directement à cette disposition. Beninga met en garde contre cette pratique qui pourrait permettre à des figures comme Ali Darassa et Bobo, qu’il considère comme des étrangers, de contrôler le pays à long terme, au détriment de la souveraineté centrafricaine. Il déclare : “Si nous ne faisons pas attention, ces étrangers vont commander notre pays pendant 50 ans“.
Paul-Crescent Beninga dénonce la tendance du gouvernement à récompenser les leaders armés par des postes de pouvoir, envoyant un message dangereux à la jeunesse centrafricaine. Selon lui, “la violence est devenue un moyen d’accès à l’arène politique”, ce qui encourage les jeunes à recourir aux armes pour obtenir une reconnaissance. Beninga critique le gouvernement pour dialoguer avec des groupes armés comme l’UPC et le 3R, tout en marginalisant l’opposition démocratique, comme le BRDC, qu’il accuse d’assimiler à la rébellion. Cette approche, selon Paul-Crescent Beninga, compromet la cohésion sociale et favorise un climat d’instabilité.
Les critiques de Paul-Crescent Beninga exposent un gouvernement centrafricain qui, sous prétexte de rechercher la paix, semble privilégier des compromis politiques à court terme au détriment de la justice, de la transparence et de la souveraineté nationale. En signant un accord opaque avec des leaders rebelles controversés, le gouvernement risque, selon Beninga, de perpétuer un cycle de violence et d’impunité, tout en envoyant un signal inquiétant à la population. Comme l’a souligné Paul-Crescent Beninga, il est temps de donner la parole aux victimes et de s’interroger sur la véritable vision du gouvernement pour la réconciliation nationale….
Centrafrique : où sont passées les quittances sécurisées promises par le gouvernement ? Pourquoi les forces de l’ordre n’en utilisent toujours pas ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Un-moto-taximan-a-Bangui-devant-un-vehicule-de-la-gendarmerie-et-pret-a-depasser-un-policier-au-controle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Un moto taximan à Bangui devant un véhicule de la gendarmerie et prêt à dépasser un policier au contrôle
L’État impose les quittances sécurisées, mais les forces de l’ordre continuent d’utiliser des reçus non officiels.
Alors que l’État impose la quittance sécurisée dans tous les services publics, policiers et gendarmes continuent d’utiliser des reçus non officiels.
Le gouvernement centrafricain a fait de la « quittance du Trésor sécurisée » un symbole de bonne gouvernance et de transparence. Le ministre des Finances a lui-même insisté sur son usage obligatoire dans tous les services publics, affirmant que tout paiement effectué à l’État devait être accompagné d’un reçu officiel, codifié et infalsifiable. À l’hôpital, par exemple, pour obtenir une consultation ou un acte médical, il faut désormais passer par la caisse, payer les frais prescrits et recevoir une quittance imprimée, portant les sceaux du Trésor public. Idem pour l’établissement d’un passeport, d’un casier judiciaire ou pour des services notariaux : la banque perçoit les frais et délivre en retour une quittance sécurisée, numérotée, contrôlable.
Mais cette exigence disparaît dès qu’il s’agit des forces de sécurité. Lors d’un contrôle routier, en cas d’infraction, policiers et gendarmes sont censés présenter une quittance sécurisée au propriétaire du taxi, de la moto ou du véhicule intercepté. Or, dans la quasi-totalité des cas, les quittances présentées sont fausses. Elles ne sont même pas sécurisées. Elles sont remplies manuellement, souvent sans aucune traçabilité.
À titre d’exemple, le 6 août 2025 à Bangui, devant la banque BSIC située non loin du marché central, des policiers ont saisi plusieurs motos. Certaines ont été libérées après le versement d’un billet de 500 ou 1 000 francs CFA. Dans d’autres cas, une quittance a été remise. Mais là encore, aucun reçu sécurisé : un papier tapé à la machine, rempli à la main, avec le montant de 15 000 francs inscrit sans cachet ni numéro d’ordre.
Le problème est que ces quittances sont manuscrites, sans aucune caractéristique de sécurisation. Elles sont remplies à la main, avec des montants souvent fixés à 15 000 francs CFA. Ce jour-là, même des militaires à moto ont été pris dans la nasse. Une vive altercation a opposé policiers et soldats, chacun défendant sa position. En guise d’apaisement, les policiers ont finalement proposé de délivrer des quittances contre paiement. Là encore, aucune trace de quittance du Trésor : les reçus sont griffonnés sur du papier ordinaire.
Ce constat n’a rien de nouveau. Sur toutes les routes du pays, à chaque barrage tenu par les forces de sécurité, les mêmes pratiques sont signalées. À Gadzi, à Zawa, au croisement de Gbom, à la sortie de Boali ou sur la route de Damara, les conducteurs de véhicules de transport ou de simples motos sont confrontés à un système parallèle. Des montants sont exigés pour des « infractions » parfois imaginaires, et en échange, des quittances non sécurisées sont délivrées – si un reçu est proposé. Sinon, l’argent est simplement empoché.
Des fonctionnaires des régies financières confirment que seuls certains services disposent de carnets officiels de quittances sécurisées, préalablement enregistrés et numérotés. Les services hospitaliers, les greffes des tribunaux, les services de migration sont fournis et contrôlés. Mais les forces de sécurité ? Rien ne permet aujourd’hui d’attester que les gendarmes ou les policiers engagés dans ces contrôles détiennent une autorisation formelle de perception d’amendes, encore moins les outils de traçabilité exigés par les règles de la comptabilité publique.
Alors, qui contrôle les flux financiers collectés sur les routes ? Qui imprime ces quittances manuscrites sans cachet ? S’agit-il d’une défaillance administrative ou d’un système structuré de détournement ? Pourquoi le ministère des Finances ne fournit-il pas aux forces de l’ordre les mêmes quittances sécurisées imposées aux hôpitaux, aux préfectures ou aux ambassades ? Sont-ils exclus du système ou entretiennent-ils sciemment un réseau opaque de collecte parallèle ?
Face à ces interrogations, la question est posée :
Est-ce une dérogation institutionnelle, un vide juridique… ou une mafia organisée ?
Ange-Maxime Kazagui, l’insécurité juridique de notre pays est avant tout Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/les-mercenaires-russes-wagner-mali.png” data-wpel-link=”internal”>Les Mercenaires russes du groupe Wagner . CopyrightDR
L’ancien ministre Ange-Maxime Kazagui livre un discours rassurant qui semble ignorer la réalité économique et juridique centrafricaine.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Ange-Maxime Kazagui, président de CARA Investissement et ancien ministre, tente de rassurer les investisseurs potentiels sur l’amélioration du climat des affaires en République centrafricaine. Ses récentes déclarations promettent un forum en octobre pour répondre aux inquiétudes concernant l’insécurité juridique. Cette communication lénifiante contraste violemment avec la réalité vécue par les entrepreneurs en République centrafricaine.
L’ancien membre du gouvernement reconnaît que l’insécurité juridique “revient dans toutes les discussions” avec les investisseurs, mais prétend que des progrès sont en cours. Cette position relève de la désinformation pure. Les faits démontrent une dégradation continue du climat des affaires, aggravée par l’influence croissante du groupe Wagner sur l’économie nationale.
L’exemple de deux Franco-Algériens venus investir dans le secteur minier centrafricain, ça démontre clairement cette dérive. Arrêtés puis expulsés, ils ont vu plus de 500 millions de francs CFA confisqués sans procédure légale. À Bangui, un entrepreneur malien dénommé Traoré purge actuellement une peine de dix ans à Ngaragba pour avoir refusé de céder aux exigences illégales d’un magistrat.
Ange-Maxime Kazagui invite les investisseurs à venir “au bon moment”, évoquant les opportunités du contexte post-conflit. Il dissimule soigneusement que ce moment coïncide avec un verrouillage total des secteurs stratégiques par Wagner. Le groupe russe ne se contente pas d’occuper l’espace militaire : il filtre les partenariats économiques, influence les décisions judiciaires et considère tout nouvel arrivant comme une menace potentielle.
Cette mainmise étrangère transforme chaque projet d’investissement en parcours du combattant. Même les contingents rwandais alliés sont perçus comme des espions par les Russes. Dans ce contexte, aucune indépendance économique réelle n’est envisageable.
Le système judiciaire centrafricain fonctionne selon des règles opaques où l’équité cède la place au chantage institutionnalisé. Les décisions obéissent à des logiques politiques, les biens peuvent être confisqués sans recours, et la justice sert d’instrument de pression. Aucune réforme structurelle n’a été entreprise pour corriger ces dérives.
Le forum d’octobre annoncé par Kazagui risque de n’être qu’une opération de façade. Sans changement fondamental du système judiciaire, sans garanties réelles pour les investisseurs, l’exercice ressemble à une vitrine destinée à entretenir l’illusion. Les entrepreneurs avisés distinguent les promesses creuses des réalités terrain.
La position de Kazagui s’explique par sa volonté de préserver ses relations avec le pouvoir en place. En tant qu’ancien ministre, il connaît parfaitement les rouages du système et les obstacles réels aux investissements. Son discours lénifiant trahit une stratégie de communication destinée à maintenir son positionnement personnel plutôt qu’à informer objectivement les investisseurs.
L’insécurité juridique en Centrafrique n’est pas un accident post-conflit mais un système entretenu qui profite à certains acteurs. Les entrepreneurs internationaux l’ont compris : ils ne craignent pas une mauvaise image mais un environnement qui ne protège ni leurs biens ni leurs droits. Tant que des personnalités comme Kazagui continueront de masquer cette réalité derrière des discours apaisants, l’économie centrafricaine restera prisonnière d’un système qui décourage l’initiative et punit l’entreprise.
Léopold Bara condamne le geste de Touadéra ayant foulé le drapeau national et exhorte les FACA à préserver l’honneur militaire.
Léopold Bara, ancien ministre, a adressé un message direct aux Forces armées centrafricaines (FACA), rappelant leur serment de défendre la patrie au péril de leur vie. Selon lui, cet engagement implique le respect absolu des symboles de la République, notamment le drapeau quincolore.
Léopold Bara affirme que le 13 août 2025, en présence des FACA, Faustin-Archange Touadéra a foulé au pied le drapeau national, le transformant en marchepied. Un geste qu’il considère comme une humiliation publique et une atteinte grave à l’honneur de l’armée, symbole pour lequel de nombreux soldats sont tombés.
L’ancien ministre insiste sur l’importance du drapeau comme premier symbole national et estime qu’aucun militaire digne de ce nom ne peut accepter un tel affront, qu’il provienne ou non du chef de l’État. Il déplore le silence et l’inaction de l’armée face à ce qu’il décrit comme un comportement répréhensible.
Léopold Bara s’interroge sur la capacité actuelle des forces armées à protéger les valeurs de la République et à défendre les symboles nationaux, comme elles l’ont fait par le passé. Il appelle les militaires à ne pas décevoir la confiance que le peuple place en eux.
Dans son appel, il exhorte les FACA à sauver la Centrafrique de ce qu’il qualifie de forfaiture, et à préserver la dignité nationale. Son message se conclut par une invitation à l’unité et à la résistance : « Avec audace, nous vaincrons ».
des hommages vibrants à Karl Blague, militant de la démocratie disparu
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/karl-blague.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/karl-blague-450×417.jpg” alt=”Karl Blague, ancien Coordinateur du G-16, décédé le 15 août 2025 à Bangui” width=”450″ height=”417″ />Karl Blagué, ancien Coordinateur du G-16, décédé le 15 août 2025 à Bangui
Dominique Désiré Erenon et Crépin Mboli-Goumba saluent la mémoire de Karl Blague, figure du G16, symbole d’engagement et de courage politique.
La disparition de Karl Blague à Bangui a provoqué une vague d’émotion. Deux responsables politiques, Dominique Désiré Erenon et Me Crépin Mboli-Goumba, lui ont rendu un hommage appuyé.
Le président de la Marche pour la Démocratie et le Salut du Peuple (MDSP), Dr Dominique Désiré Erenon, a exprimé sa douleur face à la perte de celui qu’il décrit comme « un digne fils de notre pays ». Dans son message, il rappelle que Karl Blague a consacré une partie de sa vie à défendre la démocratie, l’État de droit et le bien commun, notamment à travers son rôle actif au sein du G16.
« Merci Karl Blague pour ton courage, ta détermination et ton engagement. Tu es un modèle », écrit-il, insistant sur la valeur de son esprit critique, sa constance à remettre en cause le pouvoir en place et sa défense des plus vulnérables. Pour Erenon, l’héritage de Karl Blague est un appel à poursuivre la lutte pour un Centrafrique plus équitable.
Dans un ton empreint de gravité et de profondeur, Me Crépin Mboli-Goumba, président du parti PATRIE et coordinateur du BRDC, a lui aussi honoré la mémoire de monsieur Karl Blague, militant disparu.
« C’était l’un des nôtres, l’un des plus courageux. Il est tombé au champ d’honneur », écrit-il dans une déclaration émue. Rappelant le choix de Karl Blague de rentrer en Centrafrique malgré la possibilité de rester en exil, Mboli-Goumba souligne son sens du devoir et son refus de fuir le combat. Selon lui, son nom devra être gravé dans la mémoire collective, au sein d’un « mur des héros », à l’opposé de ceux promis au « mur du déshonneur éternel ».
Élargissant son hommage au-delà du cercle immédiat du G16, Mboli-Goumba associe Karl Blague aux figures de la résistance démocratique, citant les « 12 Apôtres », le Professeur Akandji-Kombé, Mbaikassi, Poussou ou encore le Professeur Guerekata. Pour lui, la disparition de Karl Blague doit renforcer la détermination des patriotes à ne pas baisser les bras.
« Karl, je suis fier de toi », conclut-il, appelant à un Centrafrique réconcilié, libéré de la haine et de la soumission.
Ces hommages, portés par deux voix majeures de la scène politique et citoyenne, témoignent de l’impact de Karl Blague sur la vie publique centrafricaine. Ils traduisent à la fois une profonde tristesse et un appel à poursuivre le combat qu’il incarnait. Au-delà de l’homme, c’est un symbole de courage et de fidélité aux idéaux démocratiques que la Centrafrique vient de perdre.
Le commissariat de police de Boda impose depuis un mois des taxes illégales sur les cartes d’identité, créant un système de corruption généralisé dans la ville.
En effet, le commissariat de Boda, dans la sous-préfecture de la Lobaye, s’enlise depuis quelques semaines dans une pratique de corruption qui indigne la population locale. Depuis quatre semaines, les forces de l’ordre ont mis en place un système de taxation illégale sur la délivrance des cartes nationales d’identité, reproduisant les dérives observées à Paoua, Zawa, Bocaranga et Dékoua.
La procédure normale voulait que les citoyens déposent leur dossier complet au commissariat, qui l’acheminait vers Bangui pour la confection des cartes avant leur retour à Boda pour distribution. Aujourd’hui, cette démarche administrative gratuite s’accompagne d’une taxe non officielle de 2000 francs CFA, exigée au moment de la remise du document.
Cette pratique prend une dimension discriminatoire particulièrement choquante du moment où les citoyens centrafricains de confession chrétienne doivent s’acquitter de 1000 ou 2000 francs CFA, tandis que ceux de la confession musulmane voient cette somme portée à 5000, parfois 10 000 francs. Seules des négociations permettent parfois de ramener le montant à 1000 ou 2000 francs, selon les capacités oratoires du demandeur.
L’ampleur de ce racket pousse des nombreux centrafricains à s’interroger sur le fonctionnement de cette institution. Comment des agents assermentés peuvent-ils transformer un service public en source de revenus personnels ? Ces 2000 francs CFA, somme dérisoire à l’échelle individuelle, représentent pourtant une charge considérable pour des familles aux revenus modestes.
Cette corruption assumée publiquement s’opère sans la moindre discrétion, témoignant d’une impunité qui s’enracine dans la durée. Les agents du commissariat de Boda agissent en toute connaissance de cause, sachant que leurs agissements ne feront l’objet d’aucune sanction immédiate de leur directeur général Bienvenu Zokoué.
La population exprime son incompréhension face à cette dérive d’une institution censée garantir l’ordre public. Ce dysfonctionnement s’ajoute aux autres défaillances du commissariat, alimentant la défiance des habitants envers les forces de l’ordre….
UN CALENDRIER ÉLECTORAL SANS UN CONSENSUS POLITIQUE PRÉALABLE PRÉSAGE D’UN LENDEMAIN POLITIQUE ET INSTITUTIONNEL INCERTAIN.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Bernard-Sleemby-Doudou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Bernard-Sleemby-Doudou-284×450.jpg” alt=”CENTRAFRIQUE : UN CALENDRIER ÉLECTORAL SANS UN CONSENSUS POLITIQUE PRÉALABLE PRÉSAGE D’UN LENDEMAIN POLITIQUE ET INSTITUTIONNEL INCERTAIN.” width=”284″ height=”450″ />Bernard Selemby Doudou, l’auteur de cet article . Photo courtoisie
Dans le contexte de fragilité sécuritaire de la République centrafricaine, le calendrier électoral relatif aux élections nationales et locales prévues au mois de décembre 2025 doit être réellement inclusif regroupant la vraie opposition démocratique, la société civile, la diaspora, les groupes armés, les syndicats, les confessions religieuses…
Cette démarche qui s’inscrit dans la logique de la démocratie pluraliste vise à maintenir un climat de confiance dans les institutions républicaines, à prévenir les éventuels conflits post-electoraux sans oublier la légitimité du processus électoral au regard des standards internationaux.
Dans les faits, il est de notoriété publique que l’organe constitutionnel et budgetivore chargé de la gestion des opérations électorales publie après moultes tergiversations, hésitations un chronogramme électoral totalement irréaliste au mépris des réalités du terrain.
Cet état de fait conforte les propos de l’expert indépendant de l’ONU Mr Yao Agbetse qui confirme dans son rapport devant le conseil de sécurité de l’ONU que l’Autorité Nationale des Élections depuis son installation n’a jamais géré une quelconque élection y compris le référendum constitutionnel évoquant au passage des éventuels obstacles opérationnels.
N’oublions pas que certaines dispositions du code electoral ont été volontairement suspendues d’effets pour conformer le processus électoral à la réglementation en vigueur alors que le code électoral prévoyait la disponibilité de la liste électorale une année calendaire avant la date effective du scrutin.
En déduction de ce qui précède, des inquiétudes, des doutes, des risques de crises politiques graves planent sur le pays et des bruits se font entendre dans les couloirs de la diplomatie internationale.
Effarouché par l’entêtement du pouvoir de Bangui a donné corps à son projet mortifere et crisogene de troisième mandat, le citoyen lambda s’interroge :
1- Après le dol politique pour non respect du serment passible de parjure et de trahison, la décision du président de la République de briguer un troisième mandat relève t-elle de la volonté de servir le peuple ou par peur de perdre le pouvoir ?
2- S’inscrivant dans la même logique, est-ce que le destin du président de la République prime sur la nation ?
3- Dans le contexte socio-politique actuel, peut-on organiser sereinement des élections libres, transparentes et équitables sans un dialogue politique réellement inclusif ?
4- Quand on crée un parti politique et qu’on aspire à diriger un pays, l’on suppose qu’il y a un projet de société et un programme de gouvernement.
Si le président a trop bien géré le pays et que la constitution ne lui permet plus de gouverner le pays parce que son mandat est épuisé, pourquoi ne pas choisir un dauphin pour continuer le travail ?
5- Doit-on comprendre que le projet de société est lié à la personne du président ?
En tout état de cause, il apparaît important de souligner que la nation toute entière doit se mobiliser pour préserver les acquis démocratiques car cette absence criarde de démocratie participative autour du processus électoral provoquera des contestations, de tensions, de violences, de rejets de résultats, l’affaiblissement des institutions républicaines et posera inévitablement un problème de légitimité préjudiciable devant les partenaires au développement.
Afin de sauver les meubles et peut être d’éviter une éventuelle transition politique qui se profile à l’horizon, l’idéal serait d’organiser un dialogue politique réellement inclusif même tardif sous l’aupice d’un médiateur international quitte à réaménager de manière consensuelle et dans un temps raisonnablement court le chronogramme électoral.
Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré et meurtri dans son âme qui ne parle pas…car un problème ne peut résoudre un autre problème et qu’un problème peut en cacher un autre.
L’expérience de l’Afrique sub-saharienne montre toujours que le troisième mandat tue plus qu’un coup d’état militaire qui de nos jours évite de pertes en vies humaines.
En déduction de ce qui précède, demandez à un citoyen lambda de faire le choix entre un troisième mandat et un coup d’état militaire…son choix sera simple et sans réflexion.
On ne répétera jamais assez ce credo devenu liturgique et nous exhorterons le nouveau souverain pontife qui prônait la paix dans sa première homélie papale de rappeler à ce pasteur devenu tyran le caractère sacré du serment, de la parole politique donnée et le scrupuleux respect des textes établis.
Les chants des sirènes et le culte de personnalité ne vous placeront jamais au dessus de la République.
Un penseur disait que le pouvoir de l’État n’est pas un héritage familial mais au contraire une responsabilité limitée dans le temps alors n’attendez pas que le peuple dépositaire de la souveraineté vous chasse pour comprendre que c’est le moment de partir car l’amour d’antan risque de se transformer en méchante haine…
Alors Monsieur le président, il faut savoir partir dignement du pouvoir car un troisième larron dénommé “maladie” s’est invité dans l’arène politique compliquant au passage votre situation déjà fragile et chaotique.
Abdiquer, renoncer en échange d’une stabilité politique au projet mortifere et crisogene de troisième mandat, choisissez-vous un dauphin politique avant qu’il ne soit trop tard et cela avec honneur au lieu de capituler honteusement sous la pression populaire laissant derrière vous votre fauteuil présidentiel tant aimé.
Monsieur le président, nous avons le flair de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.
Monsieur le tyran, si vous semez de l’injustice en temps de paix, vous moissonnerez très certainement le désordre corollaire de troubles.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent. Les fables du célèbre fabuliste français Jean de La Fontaine teintées d’allegories éducatives auront prévenu les autistes avant que le monde ne s’effondre tel que défini par le célèbre romancier nigerian Chinua Achébé.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Karl Blagué s’est éteint vendredi à Bangui, laissant derrière lui un message qui résonne encore : “La lutte continue”.
En effet, le vendredi dernier, Karl Blagué parlait encore à la radio Ndèkè – Luka. Il débattait, argumentait, dénonçait comme il l’avait fait pendant des années. Puis soudain, à la fin de l’émission, le malaise. Quelques heures plus tard, à l’hôpital de Bangui, cette voix qui avait tant dérangé le pouvoir s’éteignait pour toujours.
Alain Nzilo, directeur de publication du CNC, a du mal à retenir son émotion en parlant de cet homme qui a tant lutter pour son pays. “Karl était un homme d’une droiture rare”, dit-il simplement. “Il s’est battu jusqu’au bout avec les seules armes de la parole et de la vérité“. Ces mots sonnent comme un testament dans un pays où tant d’autres ont choisi, soit rallier au pouvoir pour chercher à manger, soit les armes véritables.
Quelques heures avant sa mort, Karl Blagué avait lancé ce qui allait devenir son dernier message : “La lutte continue“. Il ne savait pas qu’il prononçait là ses derniers mots publics. Mais ces trois mots résument toute une vie de combat pour la dignité centrafricaine.
Pour Karl Blagué, l’histoire de son pays s’écrivait en deux chapitres douloureux. D’abord la colonisation française, dont la Centrafrique s’était libérée dans les années 1960. Puis cette nouvelle colonisation russe, voulu par le Président Touadera, qu’il jugeait encore plus criminel. “Nous sommes passés d’une tutelle à une autre”, répétait-il. “Mais cette fois, ils ne se cachent même plus“.
Cette analyse le révoltait. Lui qui avait grandi dans l’espoir d’une Centrafrique libre voyait son pays retomber sous une nouvelle colonisation d’un pays sous-développé. Les Mercenaires russes dans les rues du pays, les conseillers de Moscou à la présidence et dans les ministères, les richesses nationales qui partaient vers la Russie : tout cela le rendait malade.
Mais jamais Karl Blagué n’a pris les armes. Dans un pays habitué aux coups de force, il avait choisi une autre voie. Celle de l’enseignement d’abord. À l’université, il formait ses étudiants du département de sociologie avec passion. Il leur apprenait que les mots pouvaient être plus forts que les balles, que la vérité finirait toujours par triompher du mensonge.
Puis il y a eu la radio. Presque chaque semaine, Karl Blagué intervenait sur les ondes de la radio Ndèkè – Luka. Il parlait politique, démocratie, souveraineté. Il dérangeait, questionnait, bousculait. Ses interventions attiraient des milliers d’auditeurs qui reconnaissaient en lui une voix libre dans un paysage médiatique souvent muselé.
C’est justement dans ce studio de la radio Ndèkè – Luka qu’il aimait tant que la mort l’a rattrapé. Comme si le destin avait voulu qu’il s’éteigne là où il avait le mieux vécu : en parlant à son peuple.
Sa disparition laisse un vide immense dans le mouvement G16, ce groupe de la société civile qu’il animait avec d’autres. Mais surtout, elle prive la Centrafrique d’une voix qui n’avait peur de rien ni de personne.
“Karl nous répétait souvent que la lutte n’est pas faite pour une seule génération”, se souvient Alain Nzilo. “Il disait que nous devions préparer le terrain pour ceux qui viennent après nous“. Cette vision à long terme caractérisait l’homme. Il savait que les changements profonds prennent du temps, que la démocratie se construit pierre par pierre.
Pour lui, chaque citoyen avait un rôle à jouer dans cette construction. Il n’y avait pas de petits combats, pas de voix insignifiantes. “Même face aux menaces, il faut continuer à parler”, disait-il à ses proches. “Le silence, c’est la victoire des oppresseurs.”
Cette philosophie, appris de son père également Professeur, il l’a appliquée jusqu’au bout. Malgré les intimidations, malgré les pressions, Karl Blagué n’a jamais baissé le ton. Sa franchise dérangeait, son courage inspirait. Dans un contexte où beaucoup préféraient rallier pour plaire au pouvoir, il continuait à élever la voix.
“Il a montré qu’on pouvait résister sans violence”, insiste Alain Nzilo. “Qu’on pouvait tenir debout grâce à la franchise et au courage.” Cette leçon résonne particulièrement dans une Centrafrique habituée aux règlements de compte armés.
Karl Blagué n’avait ni fortune ni armée privée. Son seul pouvoir venait de la force de ses convictions et de sa capacité à les transmettre. Dans un pays bouleversé par tant de violences, il incarnait une autre manière de faire de la politique : par l’exemple, par la parole, par la persévérance.
Sa mort pose une question douloureuse : qui reprendra le flambeau ? Qui osera encore dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas ? Le mouvement G16 survivra-t-il à la perte de l’une de ses figures les plus respectées ?
Ces interrogations hantent aujourd’hui ses proches. Mais ils savent aussi que Karl Blagué avait préparé sa succession. “Il formait des jeunes, il transmettait ses convictions”, explique un de ses anciens étudiants de l’université de Bangui. “Il nous a appris que chacun peut prendre sa part du combat.”
“La lutte continue”. Ces trois mots prononcés par Karl Blaguet quelques jours avant sa mort résonnent aujourd’hui comme un testament. Un message d’espoir adressé à tous ceux qui croient encore en une Centrafrique libre et souveraine.
Karl Blagué n’est plus là pour porter ce combat. Mais son exemple demeure. Dans ses salles de classe, sur les ondes de la radio, dans les cœurs de ceux qu’il a inspirés, sa voix continue de résonner. Et tant qu’elle résonnera, son combat ne sera pas perdu.
Martin Ziguelé : “Nous ne laisserons pas le MLPC être vendu pour de l’argent et du pouvoir”
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-428×450.jpg” alt=”Martin Ziguelé, député de Bocaranga 3, Président du parti MLPC” width=”428″ height=”450″ />Martin Ziguelé, député de Bocaranga 3, Président du parti MLPCScreenshot
Le président du MLPC Martin Ziguelé mobilise ses militants contre les tentatives de déstabilisation internes.
Martin Ziguelé refuse de laisser son parti aux mains des opportunistes. Devant l’assemblée générale du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain, le député de Bocaranga 3, ville située à 532 kilomètres de Bangui, a livré un message sans équivoque face aux manœuvres internes qui menacent l’organisation.
“Nous ne laisserons pas le MLPC être vendu pour de l’argent et du pouvoir”, a martelé le président du parti historique fondé en 1969. Cette sortie vise directement les dissidents qui tentent, selon lui, de prendre le contrôle de la formation politique à des fins personnelles.
Le dirigeant politique dénonce des opérations de sape instrumentées par des éléments qu’il qualifie de traîtres aux idéaux du mouvement. Ces individus chercheraient à instrumentaliser l’organisation pour satisfaire leurs ambitions personnelles et accéder aux privilèges du pouvoir.
Martin Ziguelé rappelle les sacrifices consentis par les militants historiques du MLPC dans leur combat pour la démocratie et les institutions républicaines en Centrafrique. Il estime que les manœuvres actuelles constituent une trahison de cet héritage politique.
Le président Martin Ziguelé appelle les membres fidèles à serrer les rangs pour protéger l’intégrité du parti. Il assure que la direction légitime du MLPC résistera à toutes les pressions exercées par ceux qui veulent transformer l’organisation en monnaie d’échange politique.
Cette mobilisation intervient dans un moment de tensions internes qui pourraient redéfinir l’avenir de l’une des plus anciennes formations politiques du pays. Martin Ziguelé mise sur l’unité des militants authentiques pour préserver l’indépendance et les valeurs fondatrices du mouvement.
Des parjures et leurs conséquences : le serment trahi des Présidents centrafricains, par Elie Ouéifio
Centrafrique.org/troisieme-mandat-reelle-inquietude-parmi-les-conseillers-du-chef-de-letat/touadera-prete-serment-joli/” rel=”attachment wp-att-59173″ data-wpel-link=”internal”>Prestation de serment du Président Touadera le 30 mars 2021 à l’assemblée nationale à Bangui
Dans l’histoire des nations, le serment d’un dirigeant est bien plus qu’une formalité : il est un pacte sacré, un engagement solennel devant le peuple et souvent devant une autorité supérieure, divine ou morale, à servir avec justice et dévouement.
En République centrafricaine (RCA), ce rituel, censé incarner la confiance entre les gouvernants et les gouvernés, s’est trop souvent transformé en une promesse creuse, un parjure qui résonne comme une trahison. Elie Oueifio, dans son ouvrage Quand la politique des mains tendues du président Touadéra soulève des interrogations et réflexions, dévoile cette dérive avec une clarté prophétique : « La fidélité aux termes de leurs serments ainsi que le respect scrupuleux des conseils des juges assortis des discours par lesquels ils reçoivent lesdits serments sont les véritables gages des gouvernances réussies à la satisfaction des peuples et à la gloire de Dieu ». Pourtant, loin de cette idéal, les dirigeants centrafricains ont souvent succombé aux « chants des sirènes », laissant derrière eux un sillage de crises et de désillusions.
Le serment : un engagement sacré détourné
Le serment prêté par un président centrafricain devant la Cour constitutionnelle n’est pas une simple cérémonie protocolaire. Il s’inscrit dans une tradition qui puise ses racines dans les principes divins et républicains, comme le rappelle Elie Oueifio en citant Ésaïe 33:22 : « L’Éternel est notre juge, l’Éternel est notre législateur, l’Éternel est notre roi ». Ce moment solennel engage le dirigeant à respecter la Constitution, à protéger l’intégrité du territoire, à garantir la paix et à défendre la dignité du peuple. C’est un contrat moral et politique, un fil d’Ariane censé guider l’action publique.
Pourtant, dès les premières décennies de l’indépendance, ce serment a été fragilisé par des pratiques qui en ont vidé la substance. Les coups d’État successifs, de Bokassa à Bozizé, ont souvent relégué la légitimité constitutionnelle au second plan, transformant le pouvoir en un trophée conquis rather than en une mission confiée. Elie Oueifio souligne que cette trahison ne commence pas toujours par un acte flagrant, mais par une écoute sélective : les dirigeants, sensibles aux flatteries des « manipulateurs et mafieux », s’éloignent des vérités qui dérangent. Le serment devient alors un outil de façade, une parole prononcée pour légitimer une prise de pouvoir, mais rarement honorée dans les faits.
Les manifestations du parjure : une gouvernance dévoyée
L’analyse d’Elie Oueifio met en évidence des exemples concrets où le serment des dirigeants centrafricains a été trahi, avec des conséquences palpables. L’un des cas les plus emblématiques est celui du président Faustin Archange Touadéra, dont la politique des « mains tendues » promettait unité et réconciliation. Lors de sa prestation de serment le 30 mars 2021, la présidente de la Cour constitutionnelle, Danièle Darlan, l’avait pourtant mis en garde : « N’écoutez pas le chant des sirènes […] ceux qui tenteront pour servir leurs propres intérêts, de vous amener à oublier ce pourquoi le peuple vous a élu ». Ces paroles, que l’auteur qualifie de « prophétiques », ont été rapidement éclipsées par une réalité où les intérêts personnels et claniques ont pris le dessus.
Cette trahison se manifeste dans le choix des collaborateurs, un point central dans l’argumentaire d’Oueifio. Plutôt que de s’entourer d’« hommes capables, craignant Dieu, intègres, ennemis de la cupidité » (Exode 18:21-22), les dirigeants ont souvent privilégié des alliés fidèles mais incompétents ou corrompus. Sous Touadéra, les nominations basées sur la logique de « rupture » et de « c’est notre tour » ont marginalisé les compétences au profit d’un clientélisme ethnique ou partisan, sapant ainsi la promesse d’une gouvernance au service du peuple tout entier.
Un autre signe de ce parjure est le rejet des institutions censées garantir l’équilibre des pouvoirs. L’Inspection générale d’État, censée veiller à l’application des décisions présidentielles, est réduite à un rôle symbolique, tandis que le ministère de la Justice, loin de conseiller des mesures comme l’amnistie pour favoriser la réconciliation, s’enferme dans des jugements expéditifs qui creusent les fossés. Ces défaillances institutionnelles traduisent un abandon du serment initial, transformant l’État en un instrument au service d’une élite plutôt qu’en un bouclier pour la nation.
Le BRDC interpelle la MINUSCA : la mission de l’ONU compromise par un manque de neutralité
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/09/conference_presse_minusca_gouvernement.jpg” data-wpel-link=”internal”>conference_presse_minusca_gouvernement – L’autorité de l’État centrafricain s’étend progressivement grâce aux efforts conjoints du gouvernement et de la MINUSCA
Maître Crépin Mboli-Goumba attaque frontalement la mission onusienne sur sa partialité dans le processus électoral centrafricain.
Le leader du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) a lancé une offensive contre la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine lors d’une interview à la Radio Ndékè Luka. Maître Crépin Mboli-Goumba vise directement les déclarations d’un haut responsable de la mission qu’il juge incompatibles avec l’exigence de neutralité.
L’avocat centrafricain pointe du doigt le directeur des Élections au sein de la MINUSCA, accusé d’avoir franchi les limites de son mandat. Selon Mboli-Goumba, ce responsable a émis des jugements politiques en évoquant les conséquences d’une transition et en dénigrant des personnalités politiques centrafricaines. Ces leaders, que le président du BRDC présente comme ayant un “parcours honorable” dans la vie nationale, a fait l’objet de commentaires déplacés.
Cette sortie de route compromet l’impartialité requise pour superviser les Élections, estime le juriste. Il dénonce l’absence de réaction officielle de la MINUSCA face à ces déclarations qu’il qualifie de “très graves”. Le silence de la mission onusienne alimente ses interrogations sur la position institutionnelle adoptée.
Mboli-Goumba exige une clarification immédiate : la MINUSCA assume-t-elle ces propos ou s’agit-il d’une initiative personnelle ? “Ou bien c’est une position officielle de la MINUSCA, car on en tirerait toutes les conséquences. Ou bien c’est une déclaration individuelle et ça doit être dit et on doit en tirer toutes les conséquences nécessaires”, martèle-t-il.
L’attaque du BRDC s’inscrit dans une critique plus large de l’attitude de certains acteurs internationaux en République Centrafricaine. Le leader politique dénonce une approche condescendante qui considère que “dans ce pays de 5 millions d’habitants, on peut venir et faire tout et n’importe quoi”. Cette perception doit cesser, affirme-t-il, car les Centrafricains refusent désormais de subir de tels comportements.
La crédibilité de la MINUSCA se trouve ainsi questionnée par une formation politique qui réclame le respect des standards de neutralité internationaux. Pour Mboli-Goumba, seule une clarification rapide peut restaurer la confiance nécessaire au bon déroulement du processus électoral et éviter d’amplifier les tensions politiques dans un pays en quête de stabilité.
Cette interpellation expose les frictions entre les acteurs politiques centrafricains, situés à Bangui, et la mission onusienne sur son rôle dans l’accompagnement électoral. Le BRDC place la barre haute en matière d’impartialité pour préserver la légitimité d’un processus électoral sensible dans la capitale centrafricaine.
Pauvreté et inégalités : une menace pour la paix en Centrafrique
Centrafrique.org/lunion-europeenne-et-lunicef-maintiennent-leur-soutien-a-la-lutte-contre-la-malnutrition-infantile-en-republique-centrafricaine/nyhq2013-1289/” rel=”attachment wp-att-41461″ data-wpel-link=”internal”>malnutrition-infantile à l’hôpital pediatrique de Bangui
La pauvreté et les inégalités constituent des obstacles majeurs au développement humain et à la paix en République centrafricaine. Dans un pays durement touché par des crises répétées et une gouvernance fragile, la majorité de la population lutte pour accéder aux besoins de base, tandis que les disparités entre zones urbaines et rurales, hommes et femmes, redoublent les tensions sociales. Cet article explore l’ampleur de la pauvreté en RCA, ses conséquences sur le développement humain et les pistes pour y remédier, en s’appuyant sur une analyse approfondie des indicateurs socio-économiques.
Une pauvreté généralisée aux conséquences inquiétantes
La RCA fait face à une pauvreté extrême qui touche une part écrasante de sa population. Plus de deux tiers des Centrafricains vivent en dessous du seuil national de pauvreté, avec un revenu inférieur à l’équivalent de 1 dollar par jour pour plus de 67 % d’entre eux, et 84 % subsistant avec moins de 2 dollars par jour. Cette situation est particulièrement inquiétante en milieu rural, où 72 % de la population est pauvre, contre 60 % en milieu urbain. Ces chiffres révèlent une fracture géographique profonde, les zones rurales étant souvent dépourvues d’infrastructures de base comme l’accès à l’eau potable ou à l’électricité.
L’insécurité alimentaire aggrave encore cette crise. Plus de la moitié des ménages centrafricains souffrent d’un accès insuffisant à une alimentation adéquate, ce qui compromet la santé et le bien-être des populations, en particulier des enfants. La malnutrition touche près de 28,5 % des enfants de moins de 5 ans en termes de poids pour âge, et 37,9 % en termes de taille pour âge, des indicateurs qui reflètent une crise sanitaire chronique. Ces conditions de vie précaires limitent les opportunités d’éducation et d’emploi, perpetuant un cycle de pauvreté intergénérationnel.
Des inégalités qui fragilisent la cohésion sociale
Les inégalités en RCA ne se limitent pas à la répartition géographique. Les disparités de genre sont particulièrement marquantes. Les femmes ont un accès plus restreint à l’éducation, avec un taux d’analphabétisme de 68 % chez les femmes âgées de 10 ans et plus, contre 46,2 % chez les hommes. Au primaire, le taux net de scolarisation des filles est de 47,1 %, bien inférieur à celui des garçons (63,9 %). Ces écarts se traduisent par une marginalisation économique et sociale des femmes, limitant leur participation à la vie publique et leur autonomie.
Sur le plan sanitaire, les inégalités sont tout aussi criantes. Le taux de mortalité maternelle reste extrêmement élevé, avec 1 102 décès pour 100 000 naissances vivantes, un chiffre qui reflète les lacunes dans l’accès aux soins obstétricaux, particulièrement pour les femmes pauvres en milieu rural. Seulement 14 % des naissances parmi les 20 % les plus pauvres sont assistées par du personnel qualifié, contre 44 % au niveau national. De plus, l’accès à l’eau potable, essentiel pour la santé, est limité : environ 7 Centrafricains sur 10 n’y ont pas accès, avec des taux encore plus faibles en zones rurales (74 %) et dans les périphéries urbaines (68,5 %).
Ces inégalités, qu’elles soient de genre, géographiques ou économiques, alimentent un sentiment de frustration et de marginalisation. Dans un contexte où le capital social – la confiance entre les citoyens et vis-à-vis de l’État – est déjà faible, ces disparités risquent d’attiser les tensions sociales et de compromettre la stabilité du pays.
Les impacts sur le développement humain
La pauvreté et les inégalités en RCA ont un impact direct sur les indicateurs de développement humain, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et du niveau de vie. L’espérance de vie à la naissance est d’environ 43 ans, avec une légère différence entre hommes (40 ans) et femmes (45 ans), bien en deçà des moyennes régionales. Le taux de mortalité infanto-juvénile, qui atteint 176 pour 1 000 naissances vivantes, est particulièrement élevé en milieu rural (228 ‰) comparé aux zones urbaines (188 ‰). Ces chiffres traduisent un système de santé sous-financé, avec seulement 8 médecins pour 100 000 habitants.
L’éducation, un pilier du développement humain, est également en crise. Le taux brut de scolarisation au primaire est de 75 %, mais seulement 31 % des élèves achèvent ce cycle, avec une disparité marquée entre garçons (40 %) et filles (20 %). Au secondaire, la situation est encore plus alarmante, avec un taux brut de scolarisation de 16 %, tombant à 3 % pour le deuxième cycle. Ces faibles niveaux d’éducation limitent les perspectives d’emploi et perpetuent la précarité économique.
Enfin, le sous-emploi touche trois quarts des travailleurs urbains, qui gagnent souvent moins que le salaire minimum. Cette insécurité économique, combinée à la pauvreté généralisée, entrave la capacité des ménages à investir dans leur avenir, qu’il s’agisse de santé, d’éducation ou d’activités productives.
La pauvreté et les inégalités en RCA ne sont pas seulement des défis économiques, mais des menaces directes au développement humain et à la stabilité du pays. En s’attaquant aux causes profondes de ces problèmes – accès limité aux services de base, disparités de genre et géographiques, faiblesse de la gouvernance – la RCA peut poser les bases d’un avenir plus équitable. Cela exige une mobilisation collective, impliquant l’État, les partenaires internationaux et la société civile, pour transformer les défis en opportunités et permettre à chaque Centrafricain de réaliser son potentiel….
Donald Trump et l’USAID : une politique “America First” aux dépens de l’Afrique ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/12/SHRA-Photo-de-Famille.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/12/SHRA-Photo-de-Famille-450×297.jpg” alt=”Donald Trump et l’USAID : une politique “America First” aux dépens de l’Afrique ?” width=”450″ height=”297″ />
La suspension des financements USAID par Donald Trump cette année bouleverse l’Afrique, notamment la RCA, où l’aide humanitaire soutient des millions de vies. (23 mots)
La décision de l’administration Trump, en 2025, de suspendre les financements de l’USAID a envoyé une onde de choc à travers l’Afrique, et la République centrafricaine en ressent les effets de plein fouet. Cette mesure, inscrite dans la logique de la politique “America First”, privilégie les intérêts économiques des États-Unis au détriment de l’aide humanitaire internationale. En RCA, un pays qui dépend encore largement des organisations comme l’USAID pour ses besoins de base, cette annonce provoque des inquiétudes profondes, relayées par des voix des citoyens centrafricains sur Guira FM.
Un Centrafricain interrogé dans les rues de la capitale Bangui explique : « Si aujourd’hui ces ONG arrêtent leurs actions pour aider la population centrafricaine, vraiment ça sera un danger ». Ces mots traduisent une réalité: l’USAID finance des programmes essentiels en santé, éducation et sécurité alimentaire. Par exemple, des initiatives comme le PEPFAR, qui fournit des traitements contre le VIH/SIDA, ou les distributions alimentaires du Programme alimentaire mondial (PAM), soutenu en partie par les États-Unis, sauvent des vies dans un pays où les structures étatiques restent faibles. La suspension de ces fonds risque de priver des milliers de personnes de soins et de nourriture.
La politique “America First” de Trump, qui met l’accent sur la réduction des dépenses internationales, n’est pas nouvelle. Déjà lors de son premier mandat, des coupes similaires avaient été envisagées, provoquant des débats houleux. En RCA, les conséquences sont immédiates : des ONG réduisent leurs activités, des cliniques mobiles ferment, et des emplois locaux disparaissent. Un habitant sur Guira FM résume : « L’existence de ces ONG dans notre pays crée beaucoup d’emplois ». La fin de ces opportunités menace de plonger encore plus de jeunes dans le chômage, dans un contexte économique déjà précaire.
Cette décision ne touche pas seulement la RCA. Partout en Afrique, des pays comme le Soudan du Sud ou le Mali, qui dépendent aussi de l’aide américaine, craignent des répercussions similaires. Les Nations unies ont exprimé leur préoccupation, soulignant que les coupes dans l’aide humanitaire mondiale – dont 42 % provenaient des États-Unis en 2024 – pourraient aggraver les crises alimentaires et sanitaires. En RCA, un citoyen déplore : « La question de la nourriture dépend de certaines organisations internationales ». Sans l’USAID, le PAM pourrait réduire ses distributions, laissant des familles sans ressources.
Mais la responsabilité ne repose pas uniquement sur Washington. La RCA, comme d’autres nations africaines, doit s’interroger sur sa dépendance chronique à l’aide étrangère. Les richesses naturelles du pays, comme l’or ou le diamant, pourraient financer des projets locaux si elles étaient mieux gérées. La corruption et les faiblesses institutionnelles freinent ces efforts, obligeant le pays à compter sur des bailleurs comme l’USAID. La décision de Trump, bien que brutale, pousse l’Afrique à chercher des alternatives, que ce soit par des partenariats avec d’autres pays ou par un renforcement des capacités internes.
Cette crise montre un déséquilibre : la politique “America First” priorise les intérêts d’un pays au détriment de millions de vies africaines. Pourtant, elle pourrait aussi inciter des nations comme la RCA à repenser leur avenir, en investissant dans leurs propres ressources et en réduisant leur dépendance. Pour l’instant, les populations les plus vulnérables paient le prix de ce choix, et les mois à venir montreront si l’Afrique peut surmonter ce défi….
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/casino-de-paris.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/casino-de-paris-450×257.png” alt=”Les raisons des bonus de casino variés selon les joueurs” width=”450″ height=”257″ />
Les casinos, qu’ils soient en dur ou en ligne, utilisent différentes stratégies marketing pour attirer et fidéliser les joueurs. L’une des tactiques les plus répandues est l’offre de bonus et promotions adaptés aux différents profils de joueurs. Mais pourquoi cette segmentation ? Qu’est-ce qui pousse les casinos à traiter différemment leurs clients ?
Attirer de nouveaux joueurs
L’un des principaux objectifs d’un casino est d’acquérir constamment de nouveaux joueurs. Pour cela, ils proposent généralement des bonus de bienvenue très avantageux aux nouveaux inscrits. Il peut s’agir de crédits gratuits pour jouer, d’un bonus de dépôt pour doubler ou tripler la première mise, voire de tours gratuits sur les machines à sous au Olympe Casino. Ces promotions sont très attrayantes pour les joueurs et les incitent à s’inscrire.
Voici quelques exemples de bonus de bienvenue courants :
Type de bonus
Description
Bonus de dépôt
100% du montant du 1er dépôt doublé, plafonné à 100€
Free spins
25 tours gratuits sur les machines à sous
Crédits gratuits
10€ offerts sans dépôt requis
Ces récompenses représentent un investissement pour les casinos, qui espèrent que les joueurs resteront et dépenseront bien plus que le montant offert à long terme.
Fidéliser les joueurs réguliers
Faire venir de nouveaux clients est important, mais faire en sorte qu’ils restent et jouent régulièrement l’est encore plus ! C’est pourquoi les casinos proposent également des bonus de fidélité aux joueurs qui parient déjà sur la plateforme.
Il peut s’agir de cashbacks hebdomadaires, de credits gratuits tous les mois selon les dépôts, de tournois et défis privés avec gains garantis, etc. L’objectif est de récompenser la fidélité des joueurs existants et de les inciter à revenir. Certains bonus de fidélité courants :
Bonus
Condition
Gain
Cashback du lundi
Avoir joué min. 50€ le weekend
10% remboursés
Bonus mensuel
Avoir déposé 500€+ dans le mois
25 tours gratuits
Tournoi du dimanche
Être parmi les 20 premiers au classement
De 20€ à 500€
Ces promotions régulières et ces petites attentions poussent les joueurs à choisir leur casino comme site principal pour jouer, au détriment des concurrents. La fidélisation est donc cruciale.
Récompenser les gros joueurs
Tous les joueurs ne dépensent pas le même montant dans les casinos. Certains ne font que quelques paris de temps en temps, tandis que d’autres jouent des sommes importantes régulièrement. Ces derniers sont appelés les baleines dans le jargon des casinos.
Il est évident que les gros joueurs représentent une part importante du chiffre d’affaires d’un casino. Ce sont donc des clients privilégiés, qu’il convient de traiter aux petits oignons ! Pour les fidéliser sur le long terme, la plupart des casinos leur proposent un programme VIP sur-mesure.
Ce statut premium donne accès à de nombreux services et avantages exclusifs :
Bonus et promotions spécial VIP : paris gratuits, cashbacks augmentés, crédits illimités, etc.
Limite de retrait rehaussée : pour pouvoir retirer plus d’argent en une fois
Gestionnaire VIP dédié : un interlocuteur personnel pour le service client
Événements privés : soirées, voyages, tickets VIP en tous genres
Cadeaux surprenants : gadgets high-tech, séjours de rêve, etc.
Bref, un traitement de faveur complet pour s’assurer que ces joueurs à fort potentiel restent fidèles au casino.
Conclusion
En définitive, les casinos adoptent une stratégie marketing segmentée en proposant des bonus et avantages distincts selon le profil des joueurs. L’objectif ? Maximiser les inscriptions de nouveaux clients via des bonus de bienvenue alléchants, tout en fidélisant les parieurs existants grâce à des programmes de récompenses et des statuts VIP réservés aux plus gros joueurs.
Cette discrimination positive pour certains clients rentables se fait nécessairement au détriment des petits joueurs. Mais c’est un choix stratégique payant pour les casinos. Au final, attirer et conserver les baleines leur permet d’augmenter leurs revenus sur le long terme et assurer leur pérennité.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/pub-du-mardi-11.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/pub-du-mardi-11.png” alt=”Les casinos manipulent les probabilités à leur avantage avec diverses méthodes” width=”451″ height=”271″ />
Les casinos sont des entreprises dont le modèle économique repose sur les jeux d’argent et les paris, et même s’ils prétendent que tous leurs jeux sont équitables et fondés sur le hasard, la réalité est qu’ils utilisent divers moyens pour manipuler les probabilités de leur côté, et donc accroître leurs gains de manière substantielle.
Des machines à sous truquées
Les machines à sous, très populaires dans les casinos, sont programmées de sorte à ce que la maison garde en moyenne entre 2% et 15% des mises des joueurs sur le long terme. Même si à court terme le joueur peut gagner, sur des centaines de milliers de tours le casino sort toujours gagnant.
Voici les principales techniques utilisées pour truquer les machines à sous au Casino 770 :
Probabilités de gains faibles : les machines sont programmées pour n’afficher des gains importants que très rarement (moins de 1% du temps).
Quasi-gains trompeurs : certaines combinaisons de symboles laissent penser au joueur qu’il était proche de gagner le gros lot, ce qui l’incite à continuer à jouer.
Cycles programmés : les périodes pendant lesquelles la machine ne paie pas ou peu sont programmées, alternant avec des périodes plus « généreuses » pour donner une fausse impression de hasard.
Année
Pourcentage moyen gardé par les casinos
2020
13,6%
2021
12,4%
2022
11,7%
2023
10,2%
Tableau 1 : Évolution du pourcentage moyen prélevé par les casinos sur les machines à sous
On observe dans le tableau 1 que les casinos optimisent constamment leurs machines à sous pour augmenter leur rentabilité. Alors qu’en 2020 ils gardaient en moyenne 13,6% des mises des joueurs, ce chiffre est passé à 10,2% en 2023.
Des dés et des cartes orientés
Certains jeux de casino comme la roulette, les dés ou le blackjack reposent en partie sur des tirages aléatoires de nombres à l’aide de dés ou sur le mélange de cartes à jouer.
Même si les casinos utilisent du matériel aux normes et des techniques de mélange éprouvées, ils parviennent à orienter quelque peu les résultats en leur faveur grâce à :
Des dés légèrement pipés : un petit ajout de masse permet d’obtenir certains chiffres plus souvent. Ces dés passent quand même les contrôles officiels.
Des mélanges de cartes dirigés : les croupiers réalisent les mélanges toujours dans le même sens ce qui introduit des biais statistiques.
Des tables et des roues aux dimensions étudiées : leur inclinaison ou leurs orifices orientent aussi les résultats.
Même si individuellement, un lancer de dé ou une main de blackjack reste aléatoire, à l’échelle de centaines de milliers de coups, les casinos s’assurent un petit avantage grâce à ces manipulations.
Un environnement trompeur
Outre le matériel de jeu lui-même, les casinos usent de nombreuses autres méthodes pour désorienter les joueurs et les pousser à miser plus que prévu et plus longtemps :
Absence d’horloges et de fenêtres
Éclairage tamisé et inconstant
Musique à tempo rapide
Distribution gratuite d’alcool
Utilisation de jetons qui « déshumanisent » l’argent
Marketing ciblé avec offres de bonus et de fidélité
Toutes ces techniques créent un univers immersif où le client perd peu à peu ses repères temporels et tend à prendre de moins bonnes décisions financières, au profit du casino.
Une régulation complexe
Bien que de nombreux gouvernements aient mis en place des organismes de régulation des jeux d’argent pour protéger les consommateurs contre certains abus, les techniques utilisées par les casinos restent très difficiles à détecter et à prouver tant elles sont subtiles.
Les casinos font également pression sur les hommes politiques pour éviter des régulations trop strictes qui impacteraient leurs bénéfices. Certaines de leurs méthodes de manipulation des probabilités sont ainsi tolérées ou ignorées par les agences de régulation.
Finalement, le modèle économique des casinos repose sur une exploitation intelligente et constamment optimisée des failles cognitives et comportementales humaines. Même en 2025, les technologies modernes telles que l’intelligence artificielle sont mises à contribution pour affiner toujours davantage ces méthodes et maximiser les profits.
Maxime Balalou, sommes – nous dans un pays de droit en Centrafrique ? Pourquoi continuer à maintenir Armel Sayo et Nourd Gregaza plus d’un mois dans une détention illégale?
L’arrivée à Bangui du colonel Armel Sayo, menotté depuis Yaoundé lors de son extradition à Bangui
Placés sous mandat de dépôt à la prison du camp de Roux, les deux prévenus, extraits de la prison, puis sont désormais maintenus à l’OCRB durant plusieurs jours en violation claire des règles judiciaires centrafricaines.
Armel Sayo et Nourd Gregaza, extraits de prison début juillet, restent détenus à l’OCRB depuis plus d’un mois, en dehors de tout cadre légal prévu par le code de procédure pénale centrafricain.
En effet, le 4 juillet 2025, le parquet de Bangui, sur la pression du Président Faustin-Archange Touadera, signe un document autorisant l’extraction d’Armel Sayo, ancien ministre, et de son codétenu Nourd Gregaza, président du PRNC. Pourtant, leurs dossiers sont déjà entre les mains d’un juge d’instruction, et leur statut de prévenus impose une détention en établissement pénitentiaire. Malgré cela, le 7 juillet, le directeur de l’OCRB, sur instruction du conseiller à la sécurité présidentielle Cédric Gbaka et avec l’appui de mercenaires russes Wagner, se rend au Camp de Roux pour récupérer les deux prévenus.
Mais dans la nuit du 7 au 8 juillet, Armel Sayo est enlevé depuis l’OCRB par les Russes et conduit vers une destination inconnue. Pendant plus de trois semaines, aucune preuve de vie n’est fournie, malgré les déclarations rassurantes du procureur et la diffusion d’une vidéo générée par intelligence artificielle. Pendant ce temps, Nourd Gregaza reste détenu à l’OCRB.
Sous la pression diplomatique : l’ambassade de France, Président camerounais Paul Biya, CICR et autres partenaires, Armel Sayo est finalement ramené à Bangui dans la nuit du 29 au 30 juillet dernier. Ainsi, le 30 juillet, il a été présenté au juge d’instruction au tribunal de grande instance de Bangui sous forte escorte.
La violation de droit se poursuit! Après cette audience, Armel Sayo n’est pas renvoyé en prison mais replacé à l’OCRB, où il rejoint Nourd Gregaza, mais dans une autre cellule que ce dernier. Depuis, les deux hommes y sont maintenus : Gregaza depuis plus d’un mois, Armel Sayo depuis plus de deux semaines après son retour.
Pourtant, le Code de procédure pénale centrafricain est clair : la rétention dans une structure de police judiciaire est limitée à 72 heures, renouvelables une seule fois. Au-delà, et surtout après la délivrance d’un mandat de dépôt, toute détention en commissariat ou à l’OCRB devient illégale. En l’occurrence, le maintien prolongé de l’ancien ministre Armel Sayo et Nourd Gregaza relève d’une détention arbitraire, aggravée par l’usage de forces étrangères comme les mercenaires russes du groupe Wagner pour procéder à l’extraction, et par la disparition forcée temporaire de Sayo.
Malgré ces faits, le porte-parole du gouvernement, l’ex-détenu et Kitandaire Maxime Balalou continue d’affirmer que la RCA est un « pays de droit ». Pourtant, cette affaire montre clairement l’inverse : le contournement de la procédure judiciaire par le parquet, l’intervention directe de l’exécutif et la privation de liberté hors cadre légal posent la question même du respect de l’État de droit en Centrafrique.