vendredi, juillet 3, 2026
Accueil Blog Page 571

RCA: Braquages, vols, intimidations, rackets, les habitants de Bozoum n’en peuvent plus à Cause des Anti-Balaka.

0

RNL  /  CNC

Braquages, vols, intimidations, rackets : les habitants de Bozoum, dans la préfecture de l’Ouham Péndé, n’en peuvent plus.

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Une-femme-Anti-Balaka-avec-un-autre-à-Bangui.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Une femme Anti-Balaka avec un autre à Bangui

Certains parmi eux accusent les Antibalaka mais ces derniers démentent.

Dans cette ville où l’autorité de l’Etat n’existe presque plus, c’est la loi du plus fort qui règne. Les habitants se disent abandonnés à leur triste sort, se plaignent des mauvais comportements infligés par des hommes armés qui circulent librement dans la ville.

Victime de ces exactions, Michel Zinanone, délégué des conducteurs de taxi-motos de la ville, a présenté lors d’une mission effectuée à Bozoum la semaine dernière, une liste de griefs lors d’une rencontre élargie initiée par la Commission Justice et Paix de la paroisse Saint- Michel de Bozoum. « Nous sommes confrontés à d’énormes difficultés occasionnées par les hommes en armes. Ils nous empêchent de travailler comme nous le désirons. Ils érigent des barrières dans la ville et nous obligent à leur verser des sommes d’argent qui nous dépassent », s’est plaint le délégué.

Les vendeurs de produits pétroliers ne sont pas épargnés, comme l’explique leur représentant, Malick Atobaye. « Ce sont les camionneurs camerounais qui nous aident dans le transport de nos produits. Une fois à Bozoum, les Antibalaka les identifient à des musulmans qui n’ont pas le droit de fouler le sol. Ils menacent de les tuer ou d’incendier les véhicules ».

Le commandant des Antibalaka de Bozoum, Godlive Amoda, ne nie pas les faits mais les impute à de faux Antibalaka. Il promet cependant la contribution de son mouvement. « Il y a effectivement des faux Antibalaka qui commettent des exactions. Une structure conjointe Antibalaka-gendarmerie-police est en place pour aider les forces de sécurité à retrouver les fauteurs de trouble », a-t-il indiqué.

A Bangui, la Mission multidimensionnelle de stabilisation de la République Centrafricaine (Minusca) a annoncé mercredi que plus de 1000 policiers étaient déjà déployés dans les huit arrondissements de la ville pour tenter de rétablir de la paix et la sécurité. Ils devront travailler en étroite collaboration avec la police et la gendarmerie centrafricaines.

Selon le Haut commandant de cette police onusienne, le commissaire Luis Carrilho, la MINUSCA est déterminée à mettre fin à l’impunité des criminels dans le pays. « S’il y a quelqu’un qui a commis un fait qui est un crime, il faut l’arrêter et l’amener en justice en coordination avec la police centrafricaine, la gendarmerie nationale. Car, ensemble, nous pouvons faire la différence au niveau sécuritaire pour la population de la République Centrafricaine », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Le fonctionnaire des Nations unies a appelé toutes les institutions à jouer pleinement leur rôle. « C’est un message de sécurité et de justice. La police doit faire ce qu’on doit attendre de la police. C’est travailler ensemble avec les autorités judiciaires, administratives », a-t-il dit.

RNL

Le pèlerinage à la Mecque 2014: véritable parcours du combattant pour certains pèlerins tchadiens

0

AA/ N’Djamena/ CNC/Bangui

26 Septembre 2014 14:11 (Dernière mise a jour 26 Septembre 2014 14:13)
Liste d’attente, arnaques, escroqueries, les pèlerins tchadiens font face à plusieurs obstacles avant d’espérer partir pour la Mecque.

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Les-pelerins-Tchadiens-pour-la-Mecque-.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Les pelerins Tchadiens pour la Mecque

« Une liste d’attente des pèlerins tchadiens ». Il ne s’agit pas d’une liste d’attente sur un vol commercial ordinaire, mais bel et bien d’une liste de potentiels chanceux qui partiront pour le pèlerinage à la Mecque 2014, prévu au mois d’octobre prochain.

Comme pour chaque année, les autorités du royaume de l’Arabie saoudite fixe le barème du nombre des pèlerins autorisés à se rendre en pèlerinage, pour chaque pays. Cette année, le nombre de pèlerins tchadiens a été fixé à 7000 personnes, selon le comité tchadien de pèlerinage 2014.

Cependant, la période des constitutions et dépôt des dossiers pour l’obtention du visa est loin d’être une mince affaire pour les fidèles. Le chemin est bien souvent parsemé d’embûches pour ces derniers qui chaque année, sont victimes d’escroquerie, d’abus de confiance et d’arnaque en tout genre.

Aminata Djallo, âgée d’une soixante d’année, vît à Bambari, au nord-est de la République Centrafricaine. Elle doit passer par le Tchad pour se rendre en Arabie Saoudite, la situation en Centrafrique ne permettant pas une circulation en toute sécurité.

Les frais de Djallo ont été tous assurés par un de ses fils vivant aux Etats-Unis, informe la femme.

« Je suis venue au Tchad juste pour le pèlerinage à la Mecque. Mon calvaire a commencé à partir de la frontière tchado-centrafricaine. Comme elle est fermée depuis le mois d’avril (à cause des violences qui ont secoué la RCA), j’ai dû la traverser de manière frauduleuse. Arrivée à la capitale, la délivrance de l’acte de naissance, ensuite la carte d’identité et le passeport étaient pour moi un véritable casse-tête. Il m’a fallu effectuer des va-et-vient durant près d’une semaine », raconte-t-elle, lassée.

Toujours de sa voix basse, la dame ajoute : « Aujourd’hui, je me suis acquitté de tous les frais, mais à la dernière minute, l’on nous a fait savoir que nous faisons partie de ceux qui voyagent avec le visa ivoirien », poursuit-elle, l’air crédule.

 « Pour l’instant aucune date ne nous a été communiquée, mais les autorités nous ont demandé d’attendre et voilà, j’attends désespérément le cœur serré, de m’acquitter de mon devoir de musulmane », dit-elle dans un murmure.

Pour Dayé Zakaria, ressortissant de Moïto, petite localité situé dans la région du Chari-Baguirmi (sud-ouest), le pèlerinage relève du parcours du combattant.

A deux reprises, ses tentatives de se rendre en terre sainte se sont soldées par un échec.

« L’année dernière, la procédure m’a fait perdre la tête ! Durant des semaines j’ai été roulé dans la farine par le commissionnaire (courtier, sous-traitant ou intermédiaire des agences de voyage) qui a réceptionné mon argent d’entre les mains de mon frère depuis l’Arabie Saoudite », s’exclame l’homme.

« Après lui avoir remis de l’argent et mon document de voyage, je n’ai plus eu de nouvelles. J’ai alors cherché par tous les moyens à le voir. C’était épuisant. Les rares fois où je parvenais à mettre la main sur lui, il ne cessait de me répéter que mon dossier était en cours pour le visa. Il m’a trainé ainsi des semaines durant pour finalement me dire que mon dossier a été rejeté » explique Zakaria, dépité.

«Une fois, à son retour de Djedda (Arabie Saoudite), le commissionnaire m’a dit que je partirais avec la délégation de l’année prochaine (cette année). Mais cette fois, c’est pratiquement les mêmes arguments qu’il avance. Il m’a même dit que si jamais je n’effectue pas ce voyage, cela signifieque Dieu ne l’a pas voulu. Mais il a toutefois promis de faire tout ce qui était en son pouvoir pour me faire partir », a-t-il encore raconté, l’air sceptique.

Pour le vice-président tchadien du comité de pèlerinage 2014 Mahamat Ahmat Choukou, « aucune preuve n’existe de manière officielle concernant les arnaques et escroqueries évoquées ».

« Mais, comme nous collaborons avec 5 agences accréditées, et qu’à leur niveau, chacune d’entre elles sous-traite avec des intermédiaires. C’est évident que des personnes malintentionnées rôdent autour d’eux pour commettre des forfaits », reconnait le responsable.

Pour les autorités tchadiennes, aucune sanction ne peut être infligée contre les auteurs de ces escroqueries tant que la police ne détiendra pas de preuves flagrantes, précise un agent de l’ordre.

Actuellement, plus de 5000 visas ont été accordés aux pèlerins dont une partie se trouve déjà à la Mecque, confie Choukou à Anadolu : « Les autres groupes vont les rejoindre dans les prochains vols une fois que leur visa sera accordé », a-t-il ajouté, sans toutefois préciser le nombre exact de pèlerins encore restants.

Par: Abdoulaye Adoum

 

 

Le Cameroun et la Centrafrique collaborent pour retrouver les 8 otages camerounais

0
AA  /  CNC
Les deux pays veulent neutraliser l’auteur des enlèvements : le chef des rebelles du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) pour des raisons politico-sécuritaires (source sécuritaire à Anadolu)
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/laemée-camerounaise-demandent-à-la-population-de-quitter-la-frontière-avec-la-RCA.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>l'aemée camerounaise demandent à la population de quitter la frontière avec la RCA

Les autorités camerounaises et centrafricaines sont en étroite collaboration pour retrouver les huit camerounais enlevés par des rebelles centrafricains dimanche à Garoua-Boulaï, ville de l’Est du Cameroun, limitrophe de la RCA, a appris jeudi Anadolu, de source sécuritaire camerounaise.

“Le Cameroun et la Centrafrique veulent à tout prix retrouver les huit otages tout en préservant certains de leurs intérêts respectifs “, a expliqué la source qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat.

“Le gouvernement centrafricain craint les réactions du chef des rebelles du Front démocratique du peuple centrafricain (Fdpc), Abdoulaye Miskine et de sa troupe, auteurs présumés de l’enlèvement, dont l’objectif est conquérir le pouvoir en RCA. Bangui tient donc à sa neutralisation”, a-t-elle précisé.

“Le Cameroun craint pour sa part la déstabilisation de la région de l’Est, c’est pourquoi les deux gouvernements ont décidé de collaborer afin d’arrêter les rebelles”, a-t-elle encore ajouté.

“Des représentants des deux pays se rencontrent d’ailleurs en toute discrétion pour établir des stratégies efficaces afin de retrouver les otages et de neutraliser le groupe “, a encore révélé la source sécuritaire.

Aucune annonce officielle, des côtés centrafricain et camerounais, n’a été faite jusqu’à jeudi en début de soirée.

Par: Pado Chemie

Centrafrique: La MINUSCA continue son déploiement

0
AA  /CNC
Avec l’appui logistique de Sangaris et d’Eufor-RCA.
Minusca-debordée-par-les-rumeurs-de-la-corruption-.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/La-Minusca-debordée-par-les-rumeurs-de-la-corruption-.jpg” alt=”La Minusca debordée par les rumeurs de recrutement” width=”503″ height=”285″ />

7 jours  après la passation de pouvoir avec la Misca, la Minusca continue à se déployer en Centrafrique , a constaté le correspondant de Anadolu.

Plus de 5000 membres de la force africaine  Misca (La Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique sous conduite Africaine)  ont troqué  leurs bérets verts contre des bérets  bleus, et ont joint la Mission des Nations Unies pour la stabilisation de la République centrafricaine (MINUSCA) entrée en opération le 15 septembre dernier. Les véhicules circulant à Bangui ont été aussi repeints en blanc, couleur du matériel roulant de l’ONU.

Mais le changement n’est pas uniquement cosmétique. Les patrouilles ont été effectives dès le premier jour de l’entrée en fonction et  visent à sécuriser les grandes artères de la capitale et certaines régions de l’intérieur du pays  en attendant que la Mission arrive à sa pleine capacité de 12000 hommes.

Dans son déploiement la Minusca profite de l’appui logistique  des forces françaises  de l’opération Sangaris et des forces européenne de l’opération Eufor-RCA .

La Centrafrique, qui a renoué avec l’instabilité politique depuis moins d’une année, détient le record africain des interventions internationales de maintien de la paix sur son sol avec 13 missions depuis 1998.

La Minusca, est la  dernière en date, et s’est déployée lundi 15 septembre  avec pour mission de consolider l’accalmie fragile que connait le pays depuis juillet dernier date de la signature d’un accord de cessation des hostilités entre la milice  à majorité musulmane, la Séléka  et la milice politico –militaire  à majorité chrétienne , Anti-balaka. Un nouveau gouvernement a été également  formé, depuis, avec à sa tête un premier ministre musulman, une première dans l’histoire du pays.

Par: Nacer Talel

Sébastien Wénézoui crée son parti politique denommé “Mouvance Patriotique pour l’Avenir-I Kwé”

0

Bangui, 25 Sept. CNC  / ACAP

Anti-Balaka.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Sébastien-Wénézoui-chef-des-Anti-Balaka.jpg” alt=”Sébastien Wénézoui, chef des Anti-Balaka” width=”570″ height=”323″ />

M. Sébastien Wénézoui, coordonnateur adjoint du mouvement antibalaka a annoncé l’organisation prochaine d’une assemblée générale constitutive devant commuer le mouvement en parti politique dénommé « Mouvance Patriotique pour l’Avenir-I Kwé en abrégé MPA-IK, lors d’une conférence de presse, mercredi 24 septembre 2014, à Bangui.

Cette conférence de presse avait pour objectif d’annoncer la réorientation du mouvement antibalaka pour en faire un parti politique au sein duquel devront se rassembler les chrétiens et les musulmans.

M. Sébastien Wénézoui a fait comprendre que « la République Centrafricaine a connu de graves fissures sociales qui ont créé la division et la haine entre ses filles et ses fils alors qu’ils vivaient avant la crise ensemble comme des enfants d’un même lit. C’est pourquoi, le moment est venu pour tourner la page sombre de l’histoire en engageant les Centrafricains, ex-Séléka d’une part et antibalaka de l’autre, sur le chemin de la paix et de la reconstruction de la République Centrafricaine ».

Il a soutenu que « les divergences culturelles ou religieuses entre les filles et les fils de la Centrafrique ne doivent plus constituer un obstacle à la paix mais plutôt à une richesse ».

Il a demandé aux chrétiens et aux musulmans d’intégrer dès l’assemblée générale constitutive le parti, dont les statuts et règlement intérieur sont déjà élaborés.

M. Sébastien Wénézoui a formulé un plaidoyer auprès du gouvernement pour doter les antibalaka d’un véhicule leur permettant de sillonner le pays afin de professer la paix, conformément à l’accord de cessation des hostilités de Brazzaville du 24 juillet dernier et qui est fréquemment violé, faute d’information auprès des ex-combattants.

Le désormais président de la plateforme devant aboutir à la création d’un parti politique dit des patriotes, M. Sébastien Wénézoui, a exprimé sa gratitude à l’endroit des forces internationales, à savoir : la Sangaris et les forces de la MISCA, devenue forces onusienne depuis le 15 septembre dernier, pour leur contribution ayant contribué à baisser les tensions en République Centrafricaine.

Par:  Alain-Patrick MAMADOU

Bangui : Sept jeunes du Km5 ont été blessés dans l’explosion d’une grenade

0

CNC  /  RJDH

 

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/explosion-dune-grenade-à-Km5-de-Bangui.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>explosion d'une grenade à Km5 de Bangui

Sept jeunes du Km5 ont été blessés dans l’explosion d’une grenade au moment où ils nettoyaient le canal longeant le secteur de Fodé. Les blessés ont été conduits à l’hôpital communautaire pour des soins d’urgence. Les jeunes étaient en train de débroussailler à côté du canal lorsque la grenade a explosé.

Selon un des témoins, la grenade a sauté parce qu’un des leur l’a touchée avec sa machette.  « La grenade était dans la brousse. En travaillant, un de nous est tombé dessus et par mégarde, il a arraché le bout avec sa faucille. Lorsqu’il voulait se mettre à l’abris, la grenade avait déjà sauté pour blesser sept d’entre nous dont lui qui est le blessé le plus grave», a-t-il raconté.

Un jeune d’environs quinze ans, un des blessés retrouvé sur les lieux a donné la même version tout en précisant  qu’il était voisin de celui qui a retrouvé la grenade. « C’est mon ami. Quand il a vu la grenade, il a crié mais c’était tard pour lui et nous autres qui sommes proches ».

Les jeunes retrouvés sur le terrain ont confié être en attente de Michel Mandaba, président du Parti pour la Gouvernance Démocratique qui, selon eux, leur avait demandé de faire ce travail. « Nous attendons notre argent », a avancé un des jeunes réunis sur un terrain au  Kpétènè, à l’arrivée de l’équipe de reportage du RJDH.
Le RJDH a tenté en vain d’entrer en contact avec Michel Mandaba pour sa version des faits. Après cette explosion, la Police de la Minusca est descendue sur les lieux pour faire le constat. La Sangaris aussi est passée pour s’imprégner de la situation.

Le 3ème arrondissement est l’un des coins de Bangui qui porte encore les signes de la crise qui continue de secouer la République Centrafricaine.

Par: Sylvestre Sokambi

Centrafrique: Un Chef Anti-Balaka veut tester ses gris gris avec une arme trouve la mort à Berberati

0

CNC  /  RJDH

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/08/RCA8.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Les Anti-Balaka de Bangui

Un chef des Anti-Balaka, nommé Albert NGarama  a trouvé la mort le mardi 23 septembre. Ce dernier s’est fait tirer dessus afin de tester la puissance des ses gris-gris.

Selon les faits rapportés, l’incident était survenu, après que ce dernier ait reçu un nouveau gris-gris d’un tradi-praticien. En voulant essayer l’efficacité, il a reçu une balle dans la tête puis il était décédé.

Le Maire de la Commune de Tokia, lieu où s’est produit le drame a fait savoir que le guérisseur traditionnel qui a composé les gris-gris  a pris fuite et son complice a été arrêté et garder à vue à la gendarmerie.  « Le mercredi 24 septembre  dans la matinée, les habitants mecontents sont allés récupérer le complice à la gendarmerie et la justice populaire s’en est suivie ».

L’autorité communale a toutefois déploré la justice populaire qui est récurrente dans sa localité.

Par: JC Wanié-Oua

Centrafrique: un journaliste dépose une plainte contre les anti-balaka

0

Agence Ecofin  /  Corbeau news Centrafrique (CNC)

les soldats Anti-Balaka à Bangui en Centrafrique

En République Centrafricaine, le journaliste Ulrich Landry Nguéma-Ngokpélé a déposé une plainte au parquet de Bangui la capitale, contre les individus qui l’ont attaqué le 18 septembre 2014 vers 21h.

Directeur de la publication du journal Le Quotidien de Bangui, il revenait de sa rédaction. Le journaliste a été pris à partie par un groupe d’anti-balakas qui opère au niveau du lycée Boganda à l’entrée du quartier Boy-Rabe à Bangui, selon le site Africa-info.org.

Les miliciens armés ont soumis le journaliste à un interrogatoire, après lui avoir pris son sac à dos contenant du matériel de travail et des documents. Ulrich Landry Nguema Ngokpélé a été plusieurs fois arrêté sous le régime Séléka du président Michel Djotodia. Il a été séquestré dans les locaux du célèbre Comité extraordinaire de la défense des acquis démocratiques (Cedad), une sorte de service de renseignement.

Les journalistes comptent parmi les victimes du chaos en cours depuis environ deux ans et demi en Rca. Sont déjà tombés Désiré Luc Sayenga du journal Le Démocrate, Marie-Blanche Olofio de la Radio Béo Oko de Bambari ainsi que la photojournaliste française Camille Lapage. Des professionnels de l’information sont agressés au quotidien, lorsqu’ils ne sont pas l’objet des menaces de mort, des saisies, des procès pour diffamation ou encore des gardes-à-vue et interrogatoires.

La Centrafrique sur la voie de l’émergence

0
Corbeau News Centrafrique.
Catherine Samba-Panza
Les défis sont énormes, gigantesques, et nécessite un appel à la mobilisation de toutes les filles et de tous les fils du pays après les futures élections générales (municipales, législatives et présidentielles), voire même avant. Puisque le rétablissement de la sécurité et de la paix nous interpelle tous. C’est un devoir d’honneur et chacun de nous doit retrousser les manches. Celui qui s’y abstient, sa place n’est plus en Centrafrique. Un pays qui a perdu son âme pendant les crises militaro-politiques et qui serait à la phase de résurrection.
A peine qu’on nous enterre tous et le pays disparaît ou occupé par des barbares si la fameuse intervention onusienne n’intervient pas pour nous sécuriser et nous baliser le chemin du retour à la phase de reconstruction nationale, sans oublier le travail fait en amont par les forces internationales (Sangaris et FOMAC). Le trajet du retour à la normalisation sera bien long, pénible et épuisant. Nous avons intérêt tous, à nous préparer intellectuellement, moralement, psychologique et physiquement pour aborder les défis de l’émergence ; nous abstenir de la consommation abusive de l’alcool qui devient une obsession pour le centrafricain. Vous conviendrez avec moi, que les derniers événements dramatiques ont remis en cause les résolutions et recommandations du Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (DSRP).
Economiquement parlant, l’émergence n’est pas un concept nouveau mais plutôt l’effort quotidien, individuel et collectif à fournir par les acteurs du développement pour bouster la croissance. Et si ces efforts consentis évoqués pour les besoins de la cause se dégagent sur le plan national et sur toute l’étendue du territoire, il n’y a pas de raison qu’on n’y arrivera. L’émergence sera un mot derrière nous puisque depuis « l’opération Bokassa » dans les années 70, à mon avis, si l’on avait maîtrisé ce processus de l’économie verte et qu’il n’y a pas eu crise, les autres pays du continent auront du mal à nous rattraper puisqu’on sera loin à la tête du peloton avec un écart irrattrapable. Ajouter aux efforts consentis du gouvernement centrafricain sous le haut commandement de feu président Jean-Bedel BOKASSA, les projets axés sur le développement des productions vivrières et pastorales financés par FIDA depuis 1974. Les crises récurrentes ont infecté les progrès ces dernières années, à telle enseigne qu’il y a eu découragement des agriculteurs et les principaux bailleurs de fonds.
On ne peut parler d’émergence sans évoquer la principale priorité de l’heure qui est la consolidation de la sécurité et de la paix sur l’ensemble du pays. Pour prendre un bon élan, rappelons que les frontières centrafricaines avec ses voisins qui sont le Tchad, les deux Soudan, le Cameroun, le Congo-Brazza et le RD Congo étaient poreuses depuis le déclenchement des multiples crises. Les dates historiques, je crois, sont bel et bien mémorisées par les centrafricaines et centrafricains qui suivent l’évolution des conflits armés. D’autre part, le service de renseignements d’Etat a perdu son efficacité et de surcroît les premiers citoyens ou juges du pays (je voudrai parler des chefs de quartier) ne jouaient aucunement ou presque pas leur rôle d’alerte et de prise de décisions vis-à-vis des envahisseurs venant d’autres horizons pour s’installer dans le pays. Les indicateurs économiques et sociaux se sont gravement dégradés et il y a eu un relâchement. Le chômage battait son plein et la plupart des paysans ont été enrôlés dans les mouvements des coupeurs de route et différentes rébellions bien entendu. Ils ont choisi l’arme à la place de la houe. Ces derniers doivent être impérativement réinsérés par rapport au programme DDRR. Par conséquent, L’espérance de vie a graduellement baissé et le revenu dans le milieu rural est tombé trop bas. Il a été relevé que les 4 millions de la population de la République centrafricaine vivent sous le seuil de la pauvreté avec moins d’1 dollar par jour et par personne. Quant à moi, je dirai que le centrafricain lamda vit aujourd’hui avec un demi-dollar puisque c’était la catastrophe générale que le pays a connu. L’argent était devenu rare. Si vous sillonnez les 16 préfectures du pays, vous constateriez qu’il y a des personnes qui manquent quotidiennement et cruellement d’argent pour s’acheter les denrées de premières nécessités telles que le sel et le sucre.
Il faut repartir sur de bonnes bases avec un programme de développement économique national cohérent et non illusoire pour reconstruire un pays en crise afin d’avoir une économie forte. De ce point de vue, on donne la priorité aux trois premiers axes des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) qui sont : l’alimentation pour tous, l’éducation pour tous et la santé pour tous, suivi de l’énergie qui est le principal moteur de cette émergence. L’agriculture ne doit plus se pratiquer à l’état manuel où les paysans n’utilisent que des houes en dépensant trop d’énergie humaine au lieu des tracteurs et bulldozers pour des surfaces en hauteur. Ce processus d’économie verte nous conduira vers une vaste gamme de politique de développement durable où la chaîne verra la participation de toute la population, et débouchera à la réduction du taux de chômage très élevé et l’éradication de la pauvreté. Les produits de notre production agricole diversifiée seront utilisés pour la consommation locale d’abord et transformés pour l’exportation afin d’être compétitif sur les marchés mondiaux.
Selon les recherches des experts du développement rural en République centrafricaine, le pays qui est à vocation agro-pastoral regorge plusieurs cultures d’exploitation et vivrière telles que le manioc, le maïs, l’arachide, le mil, le sorgho, le sésame, le palmier à huile, la canne à sucre, la banane Plantin, le café, le coton, la pomme de terre, le poivre, la tomate, les fruits, les berges et les légumes. Ajoutant à ces produits qui méritent la transformation industrielle, l’élevage des bovins, la tannerie des peaux animalières. Il va sans dire que la République centrafricaine a un climat très favorable à une agriculture pluviale avec des cycles bien longs. On note également une abondance de ressources en eau qui traverse toute la superficie de la république. Cela constitue un potentiel bien entendu pour l’intensification de ces cultures et son industrialisation. Je citerai un exemple à suivre, qui vient de gagner le Prix spécial Reconnaissance du Prize Equator par Amical Bè Oko que président Mme Clémentine NGASSIMA à Sibut. Si nous avons des initiatives salutaires et géniales comme celle-là sur toute l’étendue du territoire, je crois qu’on va vite passer au rang des pays émergents. Concernant le pâturage réservé pour les cheptels, il y a 16 millions d’ha mais seulement 9 millions seulement sont exploités pour 3,7 millions de têtes de bovins. Les conflits armés en ont bien décimé et bon nombre d’éleveurs et leurs troupeaux ont opté pour la transhumance aux pays voisins, tout en relevant que beaucoup ont été volés et pillés par les groupes armés de part et d’autre et les éleveurs tués.
Aux termes de la transition, le retour à l’ordre constitutionnel est la condition sine qua none de tout ce vaste programme d’intensification des cultures d’exploitation et vivrières pour l’émergence. Les futures nouvelles autorités qui gagneront les élections, à mon avis, doivent s’y atteler pour mobiliser les producteurs ruraux dans la stratégie de lutte contre la pauvreté. D’ailleurs, il n’y a pas une raison de mener une politique qui rime à contre-courant puisque l’agriculture et l’élevage occupent, selon les experts, 80% de la population. Et je crois, elle est la base du développement. Les Etats-Unis d’Amérique ont commencé d’abord par l’agriculture avant de devenir la première puissance mondiale. Et les autres pays de l’Occident et de l’Asie lui ont emboîté le pas.
On peut arriver à réduire la pauvreté au sein de sa famille et de la communauté. Ce qui mérite nécessairement un apport personnel, un encouragement et un appui financier de la part des bailleurs de fonds et banques de crédit pour moderniser et développer nos Petites et Moyennes Entreprises de production(PME).
La majorité de la population centrafricaine est très jeune pour qu’on néglige l’éducation et la culture qui sont les bases du développement. J’ai beaucoup mis l’accent sur ce volet dans l’article intitulé « la RCA : un pays détruit par des conflits armés face aux OMD et aux APE ». En effet, c’est la clé de l’émergence. Pour que les objectifs soient atteints, il nous faut former des ingénieurs de qualité qui passeront d’abord par le primaire, le secondaire puis les études universitaires. Nous avons perdu beaucoup d’écoles dans l’ensemble du territoire national. Au total 40% de nos écoles ont été détruites. Il faut les remplacer et numériquement les revoir à la hausse et de manière moderne. La République centrafricaine qui regorge aujourd’hui presque 20.000 étudiants doit envisager construire une autre université qui répond aux normes universelles et plusieurs lycées techniques pour la formation de très bons techniciens lesquels travailleront dans des usines de fabrication et de transformation des produits. Autrement dit, le pays sera éternellement en train de faire appel aux mains d’œuvre extérieures pour ne pas dire être envahis par des expatriés. Les nouvelles autorités du pouvoir légitime doivent préparer déjà ce gigantesque chantier qui attend le peuple centrafricain qui a perdu trop de temps inutilement dans des guerres fratricides. Il faut récupérer les enfants soldats et leur apprendre un métier. Inciter les parents à inscrire tous les enfants qui ont l’âge scolaire et surtout les filles dont le taux de scolarité est trop faible en Centrafrique.
L’énergie : tremplin du développement
Malgré sa richesse hydrographique dense, la république centrafricaine fait partie des pays les plus pauvres de la planète pour manque d’infrastructures répondant aux besoins de la population dont 80% vivant dans des zones rurales. En effet, les taux d’accès à l’eau potable et à l’assainissement de base sont très faibles et n’ont pas bougé d’un iota depuis la période des troubles. Tout au contraire, ils ont gravement chuté et il y a eu dégradation.
Le projet hydroélectrique de Boali 3 financé par la Chine à hauteur de 14 milliards de fcfa est insuffisant pour reconstruire la RCA au niveau d’un pays émergent. Selon les autorités de l’ENERCA (Société Nationale d’Electricité) qui ne voient l’électrification qu’au niveau de Bangui, la production de ce barrage ne suffit pas de surcroît d’électrifier toute la capitale centrafricaine puisque la moitié (50%) servira à alimenter l’unique usine de la cimenterie de Nzila nouvellement construite en 2013 avant l’événement du 24 mars 2013, et dont les centrafricains sont impatients de voir son premier sac de ciment en vente dans les quincailleries locales. Financée par un richissime homme d’affaire indien, cette cimenterie a la mal chance d’ouvrir ses portes depuis le déclenchement des hostilités entre la rébellion séléka de Djotodia et les forces gouvernementales de Bozizé. Certes, sa mise en opération devrait bouster la croissance et diminuer le fort taux de chômage dans le pays. Malheureusement, les chefs de guerre n’ont pas voulu enterrer la hache de guerre pour faciliter l’ouverture de ses portes et enclencher le processus des objectifs du développement tant prônés.
Outre le barrage de Boali 3 en construction, le pays dispose seulement, depuis l’indépendance, deux centrales hydroélectriques de très faible capacité qui alimentent Bangui la capitale d’à peine 20 MW et des groupes diesels qui desservent très peu de villes dans l’arrière-pays. La vétusté des turbines posent souvent de graves problèmes pour le bon fonctionnement de l’ENERCA. Elle fait plonger successivement Bangui dans l’obscurité, mettant doublement les populations dans l’insécurité totale causée par les groupes armés qui s’affrontent perpétuellement en contrôlant les quartiers des 8 arrondissements de Bangui. Ces derniers temps, les groupes armés encore non désarmés continuent de semer la terreur à travers des braquages et kidnappings.
Quant à la Société de Distribution d’Eau Centrafricaine (SODECA), elle n’approvisionne que 23% de la population de Bangui et 60% dans l’arrière-pays. Ce chiffre ne convainc pas puisque n’eut été les projets réalisés par l’UNICEF, PAM et la Banque mondiale pour le ravitaillement en eau potable dans les 16 préfectures, la population rurale allait être abandonnée à son propre sort par les gouvernants.
Résoudre le problème d’accès à l’électricité est la principale solution de l’industrialisation de la république centrafricaine. Pays situé au cœur du continent, la RCA dispose des ressources énergétiques suffisantes pour alimenter le pays et plusieurs pays du continent.
Selon les résultats d’étude des experts en la matière, c’est un pays qui dispose d’importants réseaux hydroélectriques et d’énormes potentialités en matière d’énergies. La République centrafricaine regorge de grands fleuves et cours d’eau pour pouvoir construire des barrages et alimenter suffisamment sans rupture ses zones rurales et urbaines en eau potable. Faut-il encore que le pays adopte une politique de développement sur la base d’énergie solaire afin de contribuer efficacement à la réduction du gaz à effets de serre (CO2). Car le réchauffement climatique est l’un des défis majeurs de la population de la planète. Beaucoup d’espèces d’animaux sont en voie de disparition dans le monde et des zones planétaires en pleine sècheresse. Ce qui cause de sérieux problèmes pour les éleveurs et paysans. Il va sans dire que le réchauffement climatique a causé beaucoup de dégâts environnementaux dans le monde et cette crise planétaire interpelle toutes les autorités de la planète, et surtout les pays en voie de développement et Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) dont la RCA qui tous, entrent dans une nouvelle phase d’orientation de développement. Des dispositions scientifiques et techniques doivent être prises en compte pour ce nouveau départ des pays pauvres de la planète ou en voie de développement.
A base de ses ressources minières, la république centrafricaine doit créer un fonds de recherches et d’investissements pour les promoteurs et cadres de haut niveau dans le domaine des nouvelles technologies en matière d’énergies renouvelables. Certes, la vulgarisation des énergies renouvelables dans les 16 préfectures de la République centrafricaine facilitera la création de nombreuses Petites et Moyennes Entreprises (PME) qui débouchera à la réduction du fort taux de chômage et de la pauvreté qui asphyxie le peuple centrafricain. Les Bureaux d’Achat de Diamant (B.a.d) qui se cachent à Bangui derrière des sièges fantomatiques doivent s’installer dans les zones diamantifères sous le contrôle rigoureux de la Brigade minière et les forces de défense et de sécurité. Comme je l’ai souligné, l’énergie solaire permettra aux petites entreprises de production des jus de fruits et de transformation de certains produits vivriers tels que le manioc, la tomate, le sorgho, le maïs, les berges etc.

Les ingénieurs agronomes centrafricains ne doivent pas somnoler en matière de la recherche des biocarburants qui est une filière très importante. La RCA a des puits de pétrole mais dispose énormément des plantes énergétiques compte tenu de sa superficie riche en bois et diverses espèces des plantes exploitables mais encore non exploitées. A titre d’exemple, une démarche a été entamée par le feu président Ange Félix Patassé (paix à son âme) qui était très avancé au niveau de la phase d’expérimentation. Bref ! C’est un exemple parmi tant d’autres qui nécessite le réveil des centrafricaines et centrafricains et un suivi dans plusieurs domaines à caractère économique pour le développement afin de réduire la pauvreté qui n’est pas une fatalité sur 623.000 km2. Avec autant de richesses naturelles, rien n’est impossible pour éradiquer la pauvreté et assurer le bien-être social. Mais en tout, faut-il encore qu’il y ait de la volonté politique et que les centrafricains, conscients de ce retard socioéconomique et culturel soient solidaires pour un pacte républicain et se mettent résolument au travail en déployant assez d’efforts pour se débarrasser de la vieille habitude qui leur colle à la peau, avec l’espoir et l’engagement individuel et collectif d’enterrer définitivement la hache de guerre.

journaliste politique et culturel
journaliste politique et culturel

 

Par: Pierre INZA

Le gouvernement centrafricain et le Représentant résident du PNUD discutent des élections

0

APANews  /  Corbeau news

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Le-Bureau-de-lautorité-nationale-des-Élections-en-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Le Bureau de l'autorité nationale des Élections en Centrafrique

Le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations unies en Centrafrique, Représentant résident du Programme des Nations Unies (PNUD) en Centrafrique, M. Aurélien Agbenonci, a souligné mercredi la nécessité de rappeler à toutes les instances qui ont une part de responsabilité dans le processus électoral de s’engager.

« Je suis venu m’entretenir avec le ministre du processus électoral et aussi des efforts que les Nations Unies font pour accompagner la reprise de l’administration », a déclaré M. Agbenonci au sortir de son audience avec le ministre de l’Administration du territoire, de la Décentralisation et de la Régionalisation, M. Modibo Bachir Walidou.

« Nous nous sommes mis tous d’accord pour que le processus électoral puisse progresser dans des bonnes conditions », a-t-il poursuivi.

Le ministre a eu également des entretiens avec le président du Cadre de concertation pour les élections, Claude Lenga, venu solliciter l’appui du ministère en charge des élections pour l’installation de son institution et surtout la réussite de sa mission qui est d’ »accompagner l’Autorité nationale des élections (ANE), l’organe en charge de la préparation, de l’organisation et de la supervision des élections».

« Depuis que nous sommes installés, nous n’avons pas de locaux. Nous squattons la salle de conférence de la Primature et nos indemnités ne sont pas versées. Malgré nos difficultés, le bon vouloir est là », a-t-il lancé.

KG/od/APA

Bangui: un homme a été abattu par les braqueurs à Yakité dans le 3ème

0

RJDH   /   CNC

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/un-homme-a-été-abattu-à-bangui-dans-le-quartier-yakité-.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>un homme a été abattu à bangui dans le quartier yakité

Un homme a été tué à son domicile dans la nuit de mardi à mercredi 24 septembre, par un groupe des voleurs armés au quartier Yakité dans le 3ème arrondissement de Bangui. Les habitants du secteur déplorent l’incident et s’inquiètent pour leur sécurité.

La victime âgée d’une cinquantaine, a été abattue par balle devant sa maison, alors qu’elle sortait alerter des gens après avoir constaté la présence de voleurs. Ces personnes armées étaient en train d’enlever des tôles des maisons inhabitées; c’est en ce moment là que la victime a reçu une balle dans la tête.

«Nous pensions que la guerre est finie et nous avions envie de retourner chez nous. Mais la nuit dernière, notre voisin qui est comme le gardien du notre secteur, a été tué par des voleurs. Du coup, nous avons peur. D’ailleurs la nuit, c’est difficile de trouver des gens dans le quartier à cause de l’insécurité. Il faut que les casques bleus sillonnent les quartiers, nous avons trop souffert», a fait savoir une femme voisine de la victime.

Selon Marie-Josèphe Fita, conseillère à la mairie du 3èmearrondissement, une équipe des éléments de l’Eufor-RCA avait promis au cours d’une réunion tenue mardi 23 septembre, de multiplier les patrouilles dans les quartiers de l’arrondissement. Mais les actes criminels continuent de se faire enregistrer dans le secteur.

«Nous leur avions indiqué des secteurs du 3ème arrondissement où l’insécurité reste grandissante mais nous ne comprenons pas pourquoi ils n’ont pas tenu leur promesse. J’ai d’ailleurs appelé le capitaine du contingent espagnol de l’Eufor-RCA avec qui nous avons tenu la réunion hier, pour lui faire part de mon indignation après ce qui s’est passé. Je dis aux gens de mauvaise foi qui se trouvent au km5 de cesser avec ces actes criminels », a déclaré cette autorité locale.

Le RJDH a tenté vainement de joindre les responsables d’Eufor-RCA pour avoir leur version des faits. D’après une source proche de la Minusca, une enquête a été ouverte par l’équipe de la police pour établir les responsabilités. Le chef du contingent rwandais de la MINUSCA basé à Yakité dans le 3ème arrondissement, a exprimé sa détermination à multiplier les patrouilles même dans des endroits isolés du secteur.

 

par: Rosmon Zokoue

des conteneurs d’armes pour la Centrafrique débarqués au port de Douala

0

APA   /   CNC

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Conteneur-darmes-pour-la-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Conteneur d'armes pour la  Centrafrique

Un arsenal militaire composé notamment de cent-vingt-cinq véhicules militaires et de pièces de rechanges en provenance de la France pour la Centrafrique est arrivé au port de Douala, révèle un communiqué de la présidence camerounaise reçu mercredi a APA.

Acheminé au port de Douala par des navires battant pavillon français, ce dispositif sécuritaire est actuellement sous étroite surveillance des éléments de l’armée camerounaise, indique le communiqué.

Il précise que ‘’sur hautes instructions du chef de l’Etat Paul Biya, l’armée camerounaise, notamment les troupes d’élite de la gendarmerie nationale ont été chargées pour convoyer ce matériel de Douala jusqu’à Bangui”.

Le matériel nécessite le déploiement des moyens sécuritaires conséquents au moment où des milices rebelles de la Séléka et des anti-Balaka continuent de sévir en territoire centrafricain, jusqu’aux frontières camerounaises, dans l’Est du pays.

Cet arsenal militaire arrive une semaine après le débarquement de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca), la force onusienne qui prend ainsi le relais de la Mission de la paix pour la Centrafrique déployée sous l’égide de l’Union africaine (MISCA) en décembre 2013 et de la force française de transition Sangaris.

Les Casques bleus de l’ONU comptent 12 000 hommes, soit 10 000 militaires et 2000 policiers.

APA

Centrafrique: quel schéma politique après février 2015?

0

Le Potentiel  /  Corbeau news

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Les-élections-en-centrafrique.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Les élections en centrafrique

Les élections générales prévues en février 2015 en Centrafrique n’auront plus lieu. C’est une évidence. L’insécurité qui se poursuit dans ce pays est la principale motivation de ce report. Maintenant que les élections qui devaient sanctionner la fin de la transition sont reportées, que sera donc le schéma politique  applicable en Centrafrique à l’horizon 2015.

A l’origine de la crise centrafricaine se trouve en toile de fond la contestation de la légitimité de différents pouvoirs politiques qui se sont succédé dans ce pays. Seule l’organisation des élections libres, crédibles, transparentes, démocratiques et apaisées, étaient la piste à explorer pour arriver à la normalisation de la situation sécuritaire en Centrafrique, même si une mission de maintien de la paix des Nations unies a été déployée dans ce pays pour participer aux efforts de la restauration de la paix.

Bien gérer l’après transition

Dès lors que les élections centrafricaines qui devaient se tenir en février 2015 sont reportées, il est sûr que l’actuelle transition sera remplacée par une autre transition. A côté des craintes que l’on pourrait avoir entre la période de ces deux transitions, les acteurs politiques centrafricains devraient faire preuve de maturité politique afin de bien gérer l’après transition qui n’avait d’ailleurs rien d’une transition politique capable de conduire le pays de Catherine Samba aux élections. C’est une raison de plus pour que la nouvelle transition soit exempte de certaines erreurs.  Car, c’est dans la foulée de ces erreurs que les résolutions du dialogue intercentrafricain tenu à Brazzaville, sont restées lettres mortes.

Pour la présidente de transition, les conditions ne sont pas réunies pour des élections en février 2015. Comment dès lors organiser des élections quand la moitié du pays est encore dans l’insécurité? Quand l’état-civil est totalement détruit et n’est pas encore reconstitué ? Quand l’administration n’est pas encore redéployée sur le terrain?, a-t-elle lancé.

Quant à une probable date à laquelle pourrait se tenir cette échéance, Mme Samba-Panza préfère se remettre à un nouveau calendrier que pourraient proposer les instances compétentes. « Il ne m’appartient pas de décider des dates. L’autorité nationale des élections va faire une analyse de la situation et proposer un nouveau calendrier », a-t-elle ajouté.

Au-delà des élections, la présidente de transition s’est également prononcée sur d’autres questions d’intérêt général dans son pays, notamment la sécurité avec l’arrivée des Casques bleus. « La sécurité est revenue nettement à Bangui. Mais dans certaines localités de l’Est, il reste encore beaucoup de poches d’insécurité », a-t-elle renchéri.

Quant à ses rapports avec ses deux prédécesseurs, Catherine Samba-Panza dit ne pas échanger avec eux pour l’instant, mais reconnaît tout de même que leurs points de vue comptent dans le cadre de l’apaisement de la vie politique dans le pays.

Le Potentiel

Un mini-sommet sur la crise en Centrafrique, ce vendredi aux États-Unis

0

SN/EUM  /  CNC

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Sommet-sur-le-climat-au-USA-avec-Ban-Kimoun.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Sommet sur le climat au USA avec Ban Kimoun

Le secrétaire Général de l’organisation des Nations Unies (ONU), Ban ki-Moon, a invité le président Gabonais, à prendre part, vendredi prochain, à un mini-sommet sur la RCA, en marge de la 69ème session de l’Assemblée Générale de l’ONU.

Le Gabon reste présent sur le territoire centrafricain, en termes de contribution en troupes. Son bataillon de soldats fera d’ailleurs partie de la Mission Intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca).

Le Général Babacar Gaye, chef de la Force Onusienne était récemment à Libreville pour solliciter des hautes autorités gabonaises la mise à disposition de ses troupes au bénéfice de cette Force Onusienne.

C’est d’ailleurs sur la base de cette insistance que l’Union Européenne et l’Union Africaine ont mis en place la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA) et le Groupe International de Contact sur la RCA (GIC-RCA).

SN/EUM

La CPI va enquêter sur une liste interminable d’atrocités en Centrafrique

0

AFP  /  CNC

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/COUR-PENALE-INTERNATIONALE-sur-la-RCA.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>COUR PENALE INTERNATIONALE sur la RCA
La Haye – Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une enquête sur une liste interminable d’atrocités présumées commises en Centrafrique par des milices armées depuis août 2012, a-t-elle indiqué mercredi.

Mon bureau a rassemblé et analysé scrupuleusement les informations pertinentes émanant de diverses sources fiables, a déclaré Fatou Bensouda dans un communiqué. Au terme de cette analyse indépendante et approfondie, je suis parvenue à la conclusion qu’il était justifié de procéder à une enquête.

Cette décision fait suite à un examen préliminaire ouvert en février afin de déterminer si son bureau devait enquêter ou pas sur les violences inter-communautaires qui avaient mis le pays à feu et à sang pendant 18 mois.

La situation en Centrafrique s’était détériorée après le renversement du président François Bozizé en mars 2013 par la Séléka, une coalition de plusieurs factions rebelles qui avaient pris les armes fin 2012. Ils avaient finalement été chassés du pouvoir en janvier 2014.

La rébellion Séléka, essentiellement des musulmans originaires du nord de la Centrafrique, du Tchad et du Soudan, avait multiplié pendant des mois les exactions contre la population, majoritairement chrétienne.

L’enquête de Fatou Bensouda vise l’ex-rébellion mais aussi les milices chrétiennes Anti-Balaka, hostiles à l’ex-Séléka et responsables d’exactions massives contre les populations civiles musulmanes.

Entrée en fonction à La Haye en 2003, la CPI est le premier tribunal pénal international permanent chargé de juger les responsables présumés de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

(©AFP / 24 septembre 2014 16h45)

Centrafrique : La force française Sangaris prête 42 véhicules aux casques bleus de la MINUSCA

0

EMA  /  CNC

Minusca.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Larmée-française-prête-42-vehicules-de-combats-à-la-Minusca.jpg” alt=”L’armée française prête 42 vehicules de combats à la Minusca” width=”545″ height=”309″ />

La force française Sangaris, déployée en Centrafrique depuis le 5 décembre 2013 afin de mettre un terme aux affrontements entre factions rivales, va prêter 42 véhicules à aux casques bleus de la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSMA), qui a pris le relais de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA) le 15 septembre dernier.

Il s’agit de VAB (véhicules de l’avant-blindé), de camions GBC 180 ou TRM 2000 de GBC LOT 7 (dépannage). Les 14 premiers véhicules ont déjà été remis au contingent gabonais de la MINUSCA.

Si l’on comprend bien le communiqué de l’État-major des armées (EMA), ces derniers avaient déjà été prêtés à la MISCA avant d’être remis en état et de les adapter aux normes ONU (peinture, transmissions, etc…).

« À compter du mois de juillet, une petite équipe de 6 personnes du DETMAINT Sangaris (ndlr, détachement de MAINTENANCE) a travaillé sans relâche pour remettre en état les véhicules afin de les mettre aux normes ONU. Il s’agissait alors de réparer, parfois de reconstruire, des véhicules fortement sollicités par un usage intensif sur le théâtre », explique l’EMA. En outre, les casques bleus gabonais appelés à les utiliser ont reçu une « formation de plusieurs heures » afin de leur permettre « s’approprier les véhicules et le matériel de bord ».

Au total, il est prévu d’équiper 3 contingents de la MINUSCA avec ces prêts de véhicules. Les 28 autres sont destinés aux casques bleus camerounais et congolais. Ils seront fournis, en octobre, par les Éléménts français du Sénégal (EFS) et du Gabon (FFG), après avoir été mis aux normes de l’ONU.

Zone Militaire.

Centrafrique: une attaque des Anti-Balaka au village Mbata aurait fait 10 morts et des blessés

0

RJDH  /  CNC

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Camp-des-deplcés-centrafricains-à-KagaBandoro.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Camp des deplcés centrafricains à KagaBandoro
Camp de déplacés à la paroisse catholique de Kaga-Bandoro où plusieurs milliers de civils de la ville de Mbres et des environs cherchent un refuge contre les attaques.
© 2014 Lewis Mudge/Human Rights Watch

Au moins 10 personnes auraient trouvé la mort et plusieurs autres blessés à Mbata, un village situé à 42 kilomètres de la ville de Kaga-Bandoro sur l’axe Mbrès (centre-nord).  Il s’agit d’une  attaque  des hommes armés non identifiés le mardi 23 septembre aux environs de 4  heures du matin.

Contacté par le RJDH, certains rescapés attribuent cette attaque à une bande armée qui serait passée pour des Anti-Balaka. Selon un habitant joint ce mercredi par le RJDH, plusieurs autres personnes seraient prises en otage par ces hommes armés.

En fuyant les hostilités, des habitants de ces localités ont trouvés refuges dans la ville de Kaga- Bandoro et dans la brousse.  « Il y a 10 personnes qui sont morts parmi lesquelles trois enfants et deux femmes. D’après les témoignages recueillis, les agresseurs ont également enlevé des femmes et des enfants du village Mbata », a rapporté au RJDH une source sécuritaire.

Selon Noël, l’un des rescapés  qui a réussi a trouvé refuge  dans la ville de Kaga-Bandoro, les assaillants seraient au nombre d’une quarantaine. « Ils ont fait irruption tôt le matin. Ils ont tué et pillé des maisons. 11 maisons ont été  incendiées », a affirmé la source.

L’une des blessés qui ont été transféré à l’hôpital de Kaga-Bandoro pour des soins à  succombée suite à ses blessures, a fait savoir au RJDH une source hospitalière.

« Nous avons informé les forces présentes sur place dès notre arrivée en catastrophe dans la ville. Nous attendons leur réaction », a espère  le témoin.

Le RJDH a tenté sans succès d’entrer en contact avec la coordination des Anti-Balaka à Bangui. Toutes fois, joint par le RJDH, une source de la Minusca a juste confirmé l’attaque sans donner plus des précisions. Il a par ailleurs noté que des forces présentes se mobilisent pour se rendre sur les lieux.

Par: Thierry Messongo

Cameroun/RCA: l’armée camerounaise abat un chef de bande armée rebelle centrafricain à Ngaoui

0

© S.K. : Le Messager  /  Corbeau news Centrafrique.

l'armée camerounaise à la frontiere avec la RCA

Le gourou abattu était à la tête de la bande armée qui a tenté une incursion sur le sol camerounais le 22 septembre 2014. C’était dans l’optique de faire libérer des assaillants Anti-Balaka interpellés. Peurs sur la frontière Cameroun-Rca.

Un rebelle centrafricain abattu. C’est le bilan officiel des échanges de tirs survenus dans la matinée du 22 septembre 2014, entre les forces camerounaises et les rebelles centrafricaines dans la zone frontalière de Ngaoui. Ce jour-là, les populations sont réveillées par des bruits inhabituels. « On a été réveillé par des coups de feu très tôt le matin (22 septembre 2014, Ndlr) les gendarmes nous ont demandés de rester à l’abri à la maison », relate un habitant de Ngaoui. Selon les explications du sous-préfet de la localité, «les rebelles ont voulu entrer de force au Cameroun, ouvrant le feu sur nos éléments en poste au niveau de la barrière (…) après l’assassinat d’un Camerounais les tensions des populations camerounaises ont conduit à l’interpellation de quelques rebelles suspectés», a indiqué Garga Diguir. La situation a dégénéré. Les violences de Ngaoui (échanges de tirs) à longueur de journée se sont soldées par la mort d’un chef rebelle. Ce dernier étai décrit comme le «bras droit» du chef des anti-Balaka, le général Ndala. «Son corps a été inhumé à Ngaoui. Les autres rebelles ont fui en direction de la Rca. Nous sommes sur nos gardes, il se pourrait qu’ils reviennent à la charge contre les forces camerounaise et même les populations », redoute une source militaire.

Dans la nuit du 17 au 18 septembre, une bande de rebelles anti-balaka munis d’armes lourdes a froidement abattu un commerçant du nom d’El Hadj Nana Oumarou. L’homme d’affaire très connu dans la zone transfrontalière s’était rendu en Rca pour suivre ses affaires commerciales. El Hadj Nana Oumarou est tombé dans une embuscade dressée par une colonne qui en voulait sans doute à ses biens. «Ils lui ont demandé de s’arrêter mais l’homme d’affaire a refusé. Lorsqu’il a voulu s’éloigner abord de sa moto, les rebelles lui ont tiré deux (02) balles derrière la tête», relate un habitant de Ngaoui.

La dépouille du Camerounais assassiné a été remise au sous-préfet de Ngaoui où ses obsèques ont eu lieu. «Je peux vous assurer que le calme est revenu à Ngaoui après ces évènements très regrettables. Les forces de l’ordre assurent la garde et les populations vaquent à leurs occupations». Ce que le sous-préfet de Ngaoui ne dit pas c’est que la psychose s’est emparée des habitants de la localité qui n’excluent pas un retour en force d’autres bandes armées des anti-balaka. «Maintenant que leur sous-chef a été tué, on a peur qu’ils reviennent le venger en enlevant ou en tuant des Camerounais». Cette peur de représailles a déjà obligé l’organisation internationale Fairmed (Médecin sans frontière) à faire évacuer ses agents en poste à Ngaoui auprès des refugiés.

Aux dernières nouvelles, le commandant du 5e secteur militaire terrestre a effectué une descente à Ngaoui où du renfort militaire est mobilisé. L’affaire est visiblement prise au sérieux au moment où neuf (09) compatriotes sont toujours retenus captifs par ces milices rebelles de l’autre côté de la frontière à l’Est. La situation est d’ailleurs très tendue de ce côté (notamment à Garoua-Boulaï) depuis les attaques de rebelles armés centrafricains revendiquant la libération de leur guide, Abdoulaye Miskine. Les autorités camerounaises y ont également déployé du renfort. Non sans demander aux populations des zones transfrontalières de trouver refuge ailleurs. Peurs sur l’Adamaoua et l’Est.

© S.K. : Le Messager

LA JUSTICE INOPERANTE EN RCA :L’expression de l’échec de la transition

0

Le Pays  /  Corbeau news

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Tribunal-de-Grande-Instance-de-Bangui.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Tribunal de Grande Instance de Bangui

Bangui dispose toujours d’un secteur judiciaire, certes. Mais, en réalité, les juges centrafricains vivent dans la crainte permanente de représailles. Constamment, sous la menace des groupes armés qui ont pris le dessus partout dans le pays, magistrats et auxiliaires de justice ne peuvent faire leur devoir. Très difficile aux juges de s’en prendre à eux.

La justice constitue le pivot de la démocratie

Au parquet, certains magistrats admettent même que faute de protection, pendant très longtemps, les dossiers de flagrant délit impliquant des groupes armés ont soigneusement été mis de côté. Or, sans justice, il n’y a pas de vie en société. En Afrique où l’on tend même de manière bancale, à construire des Etats de droit modernes, sans conteste, la justice constitue le pivot de la démocratie. C’est pourquoi l’acte que les magistrats posent chaque jour, est en soi un symbole fort. Malheureusement, « le juge centrafricain travaille la peur au ventre », d’après le président du syndicat des magistrats.

Certes, quelques éléments de la Minusca gardent les lieux au palais de justice. Reste qu’en dehors de ce milieu, les conditions de sécurité sont déplorables. Que la justice ne soit pas à la hauteur des attentes, ou qu’elle devienne impartiale, soit ! Mais qu’elle cesse d’exister, cela est très grave. Dans tous les cas, on ne saurait s’en passer. Or, c’est un fait aujourd’hui, qu’en RCA, l’impunité a la peau dure. Les magistrats centrafricains qui ne sont pas des « djihadistes », ont le tort de vivre dans une société où, actuellement, agir dans un sens plutôt que dans l’autre, les plonge inévitablement dans l’incertitude. Or, c’est avec la justice qu’on met fin à l’insécurité. Il faut donc encourager les magistrats à poursuivre l’œuvre chaque jour accomplie. Il faut surtout éviter de les excéder, de les pousser à la démission. Dans un tel cas, l’impunité irait s’aggravant.

Mais, le citoyen lambda ne peut non plus vivre dans l’insécurité pendant que les magistrats baignent dans la sécurité absolue. La situation nationale, c’est aussi l’affaire de tout le monde. C’est aussi pourquoi, en attendant l’Etat nouveau, la transition doit jouer sa partition. Car, si la Justice est en panne, la preuve serait encore faite que la transition est mal en point. Etant donné l’importance de la justice, que peut et doit donc faire l’autorité actuelle ? En tout cas, l’on semble avoir choisi d’intensifier les efforts, de prendre les dispositions qui s’imposent, avec le précieux concours de la communauté internationale et des partenaires intéressés.

C’est ainsi qu’à Bangui, des mesures temporaires d’urgence ont été envisagées avec l’aide des Nations unies. Pour pallier les carences actuelles, et afin que justice puisse être rendue aux justiciables centrafricains. Ces mesures résultent d’un accord entre la mission onusienne, la Minusca, et les autorités gouvernementales centrafricaines. Ceci, aux termes de discussions entamées en juillet dernier. Cet accord prévoit un appui d’experts et de conseillers auprès des magistrats centrafricains. De plus, les internationaux pourront arrêter et détenir des suspects dans les situations où les forces de sécurité centrafricaines ne seront pas en mesure de le faire. Entre autres mesures, les Nations unies aideront la RCA à disposer d’une Cour pénale spéciale, établie au titre du droit national. Une Cour qui sera chargée d’examiner à l’échelle du pays, les affaires les plus graves de violations des droits de l’Homme.

Il est important que les magistrats et la justice soient rétablis dans leurs droits

En attendant, que faire ? Comment faire en sorte que les magistrats puissent continuer à faire leur travail ? Certes, la mise en place d’un cadre sécurisé de travail est importante, la criminalité ordinaire ayant augmenté. Mais il paraît impératif d’encourager les magistrats, le temps que le nouveau cadre institutionnel se mette en place, avec leur concours, sous l’impulsion d’une vision nouvelle. Mais surtout, à tout prix, il faut assurer la protection de ceux qui sont chargés de dire le droit, et de protéger la veuve et l’orphelin. S’il le faut, mettre un garde pénitentiaire ou un agent de sécurité derrière chaque magistrat. Sinon, on aura perdu du temps  à construire la transition. En tout cas, il faut éviter que les magistrats centrafricains soient contraints à la démission ou à l’exil. Ce serait un désastre !

Entreprendre des changements ne sera pas chose facile sur le terrain. Surtout qu’en dehors des ressources matérielles et financières, il y a la sempiternelle question des ressources humaines, en nombre et en qualité. Saura-t-on vraiment « mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut » ? On le sait : les règlements de comptes, les petites susceptibilités, les discriminations de tous ordres, ont toujours miné les efforts de modernisation de l’appareil d’Etat dans les pays africains. Outre les aléas de la guerre civile, on ne peut passer sous silence les pesanteurs socioculturelles. Le citoyen centrafricain n’est plus le même. Le justiciable, aussi bien que celui chargé de dire le droit, ont changé. Mais, la question de la justice doit préoccuper tout bon Centrafricain. C’est en effet elle qui pourra aider le pays à guérir de ses maux. A tous les niveaux, doit s’opérer une totale reconversion des mentalités.

Tout Centrafricain doit comprendre, aujourd’hui, que le pays n’avancera jamais si la transition actuelle doit déboucher sur un régime qui n’aura aucun égard pour la stricte séparation des trois pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire). C’est pourquoi il est important de faire sien le combat actuel pour que les magistrats et la justice soient rétablis dans leurs droits. Sinon, les uns et les autres auront cherché à faire la paix pour rien. Il faut profiter du moindre répit, pour recoller les morceaux de l’appareil d’Etat actuellement en lambeaux. Cela ne sera effectif que si les professionnels des divers secteurs d’activités ont à l’esprit un sens élevé du service public. Aux  gouvernants aussi d’avoir à cœur de prendre en compte l’intérêt du peuple centrafricain.

Devenue inopérante avec l’avènement de la guerre civile, la justice traduit aujourd’hui l’échec de la transition menée par Catherine Samba-Panza. A moins de trouver rapidement la solution au sort des magistrats, l’équipe chargée de la transition en RCA, risque fort d’être submergée de problèmes dont elle pouvait pourtant faire l’économie.

 

« Le Pays »

L’armée camerounaise demande à la population de quitter une région frontalière avec la Centrafrique

0
AA   /   CNC
Huit Camerounais sont toujours détenus par des rebelles centrafricains depuis un enlèvement perpétré dimanche.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/laemée-camerounaise-demandent-à-la-population-de-quitter-la-frontière-avec-la-RCA.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>l'armée camerounaise demandent à la population de quitter la frontière avec la RCA

La population de Garoua-Boulaï, ville dans l’Est du Cameroun, limitrophe de la République centrafricaine, est en train de quitter la localité à la demande de l’armée camerounaise, deux jours après l’enlèvement de huit Camerounais par des rebelles centrafricains, a appris Anadolu, mardi, de source sécuritaire.

« Les rebelles centrafricains qui se réclament partisans du chef militaire Abdoulaye Miskine ont tiré une roquette tout près de Garoua-Boulaï hier [lundi, ndlr]. La roquette a détruit quelques maisons d’habitation mais n’a pas fait de victimes. C’est pourquoi l’armée camerounaise a demandé aux populations de quitter la ville afin d’éviter des pertes en vie humaines », explique la source.

« Nous avons appris que ces rebelles centrafricains sont entrain de recruter de force des jeunes à Garoua-Boulaï, une nouvelle préoccupante pour nous », révèle la source de Anadolu.

Une autre source sécuritaire affirme que près d’une centaine de soldats camerounais a été envoyée en renfort à Garoua-Boulaï afin de sécuriser la ville.

Selon la même source, des rebelles, partisans de Miskine, également membres du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC – une des composantes de l’ex-Seleka) ont enlevé, dimanche, huits civils camerounais en exigant en échange de leur libération, l’élargissement de leur chef, Abdoulaye Miskine, enlevé et détenu par l’armée camerounaise depuis septembre 2013.

« Les Camerounais allaient dans leurs plantations lorsqu’ils ont été attaqués par ces rebelles à Sapongari, un quartier limitrophe de Garoua Boulaï avec la Centrafrique» a confié à Anadolu une source militaire à Garoua Boulaï  « Les rebelles centrafricains ont enlevé neuf camerounais. Avant de traverser la frontière centrafricaine, ils ont relaxé la petite fillette qui se trouvait parmi les captifs. Il ne reste plus que huit camerounais toujours détenus par ces rebelles », a poursuivi la source qui explique que ces « individus », lourdement armés, ont enlevé les otages sans échange de coups de feu.

Au début de l’année 2014 déjà, une dizaine de Camerounais avait été enlevée par des supposés partisans de ce même chef rebelle dans un bus de transport en commun, à Yoko-Siré, à une dizaine de kilomètres de la frontière avec la RCA.

Une source militaire a confié à Anadolu qu’Abdoulaye Miskine était soupçonné de recruter des jeunes, tant du côté camerounais que centrafricain, pour la reconquête du pouvoir en République centrafricaine et la scission du Cameroun.

Par:  James Ntog  et  Pado Chemie

Cinq musulmans tués par des Anti-Balaka à Dékoa

0
AA  /  CNC
Anti-Balaka-et-les-jeunes-de-baboua-en-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Altercation entre les Anti-Balaka et les jeunes de baboua en Centrafrique
Un véhicule transportant des bœufs à destination de Bangui est tombé dans les mains des Anti-Balaka qui ont tués tous les convoyeurs (conseiller national de la Kémo)

Cinq musulmans ont été tués par des anti-Balaka entre la localité de Dissikou et la ville de Dékoa, dans la préfécture de Kémo, dans le centre-sud de la Centrafrique, a indiqué mardi à Anadolu le Conseiller national de la Kémo, Marcelin Yoyo.

« Un instituteur du village Dissikou m’a appelé ce matin (mardi) pour m’informer qu’un véhicule transportant des bœufs à destination de Bangui (la capitale) est tombé dans les mains des Anti-Balaka de la localité il y’a trois jours de cela. Les convoyeurs, des musulmans au nombre de cinq ont tenté de se dissimuler parmi le troupeau mais ont été repérés et aussitôt exécutés », a-t-il relayé précisant que « les bœufs ont également tous été abattus ».

Joints par Anadolu, le porte-parole des musulmans de km 5 Ousmane Abakar et le porte-parole dissident de la Séléka Amat Nedjad Ibrahim ont tous deux confirmés l’attaque. Toutefois, aucun commentaire, côté anti-Balaka n’a été disponible jusqu’à 15h45 gmt.

« Un opérateur économique de confession musulmane a affrété un véhicule pour convoyer du bétail sur Bangui où la pénurie de la viande de bœuf est devenue grave depuis le début de la traque des éleveurs nomades de la communauté peulh », a précisé pour sa part Abakar.

 

Par: Sylvestre Krock

discours de Catherine Samba-Panza devant le Congrès et le Brookings Institute aux États Unis d’Amérique.

0

Corbeau news Centrafrique

 

REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

***************

UNITE-DIGNITE-TRAVAIL

***************

 Armoirie de la Centrafrique

ALLOCUTION DE SON EXCELLENCE

MADAME Catherine Samba-Panza,

CHEF D’ETAT DE LA TRANSITION

Devant le Brookings Institution

 

Réunion du 19 septembre 2014

 

WASHINGTON, SEPTEMBRE 2014

 

–      Monsieur le Président Directeur Général de Search for Common Ground ;

–      Monsieur le Vice-Président, Directeur pour l’Economie Globale et le Développement ;

–      Madame la Vice-Présidente de Mercy Corps ;

–      Mesdames et Messieurs les responsables de Brookings Institution ;

–      Distingués invités,

 

Je voudrais tout d’abord vous exprimer ma profonde gratitude au nom du peuple de la République Centrafricaine tout entier, et vous remercier pour l’invitation que votre institution a bien voulu m’adresser, ce qui est une preuve d’attention et de considération que vous portez en ma personne et qui m’offre l’occasion de vous entretenir sur la situation de mon pays.

L’instabilité politique et les conflits internes répétés depuis deux décennies ont plongé la population centrafricaine dans une situation de vulnérabilité extrême.Mais depuis décembre 2012, la République Centrafricaine est secouée par une des plus graves crises qu’elle n’a jamais connue. Le peuple centrafricain s’est retrouvé dans une situation dramatique marquée par :

  • Plus de 2.000personnes tuées
  • 12 % de la population déplacés
  • 8 % de centrafricains réfugiés dans les pays voisins
  • 2,5 millions de personnes, soit 54% de la population totale ayant besoin d’assistance humanitaire
  • Plus de 30% des infrastructures scolaires et sanitaires détruites
  • Environ 28.000 enfants touchés par la malnutrition aiguë sévère
  • 7.000 enfants enrôlés dans des groupes armés
  • Plus de 2.000 femmes victimes de viols et violences sexuelles
  • Un phénomène de rejet communautaire sur des bases d’appartenance religieuse persistantes avec des assassinats traduisant aujourd’hui le refus de vivre ensemble.
  • Des poches d’insécurité persistantes dans la capitale et dans toutes les provinces avec des violences sur les populations
  • Les moyens de fonctionnement de l’administration et les capacités de production du secteur privé anéantis.
  • L’infiltration des terroristes, notamment les djihadistes sur le territoire centrafricain et la poursuite des exactions sur les populations par la LRA, constituant une menace pour la paix et la sécurité sous-régionale, régionale et internationale.

 

Distingues Personnalités,

Mesdames et Messieurs,

En janvier 2014, La République Centrafricaine, mon pays, était au bord de l’implosion avec une insécurité généralisée, des actes de violences sans précédents, sur fond de considérations inter religieuses, des violations massives des droits de l’homme et des milliers de déplacés internes et externes.

Face à cette situation catastrophique, la communauté internationale est venue à notre chevet.

Il n’en demeurait pas moins que les défis auxquels nous devions faire face étaient énormes et interpellaient chaque centrafricain.

A cette période, plus que jamais, le pays avait besoin d un leader en mesure de rassembler et réconcilier les centrafricains, de redonner espoir aux uns et aux autres.

Si j’ai pris la décision de solliciter le suffrage du Conseil National de Transition au poste de Chef de l’Etat de la Transition en janvier 2014, c’est essentiellement parce que je considérais que l’heure était grave et qu’aucun centrafricain consciencieux et responsable ne pouvait rester sans réagir.

Je mesurais à sa juste valeur la lourde responsabilité qui devait m’incomber si les membres du Conseil National de Transition m’accordaient leur suffrage pour parachever la transition.

 

Je me suis engagée a être a la tête de la transition pour impulser une dynamique vigoureuse de réconciliation entre tous les centrafricains et a m’employer a inciter nos frères et sœurs africains obligés de repartir chez eux, de revenir vivre avec leurs frères et sœurs centrafricains, comme auparavant.

 

J’ai pris l’engagement de veiller au respect de l’ordre public et au rétablissement de l’autorité de l’état sur toute l’étendue du territoire.

J’ai aussi pris l’engagement de respecter les règles du jeu de la transition : celles de ne pas me présenter aux élections aux termes de la transition. Et je respecterai cet engagement, quoiqu’il m’en coute.

Au regard de l’immensité de la tache, beaucoup se sont demandés si je serais a sa hauteur.

Sans complexe et sans démagogie, j’ai répondu que j’avais tous les atouts pour réussir cette noble et exaltante mission. Celle de conduire la transition que nous voulons tous apaisée et sereine afin de parvenir à des élections libres, justes et démocratiques.

Mon élection a suscité beaucoup d’espoir au sein de la communauté internationale mais surtout des populations meurtries qui n’aspirent plus qu’à vivre en paix, dans la dignité et dans une nouvelle République centrafricaine refondée sur des nouvelles bases, en vue de sa renaissance et son épanouissement

Cet espoir reposait en grande partie sur ma capacité à rassembler la population ainsi qu’à donner un nouvel impact au pays, en tant que femme et mère désireuse de voir ses enfants vivre en paix. Des femmes en Afrique et ailleurs, dans des situations de transition politique, ont fait leur preuve. Pourquoi pas en Centrafrique.

J’ai pensée alors que le moment était venu en République Centrafricaine d’arrêter les hostilités, les destructions et les violences faites à nos paisibles populations. Le moment était venu d’arrêter les exactions de toutes sortes, de faciliter le retour des déplacés chez eux, de passer au réapprentissage du vivre ensemble, d’enclencher le processus de réconciliation nationale et la dynamique de relèvement du pays.

Et j’ai fait du rassemblement et de la réconciliation des centrafricains la priorité absolue de mon action depuis mon accession aux commandes de l’Etat car j’ai tout de suite perçu que la haine, les rancœurs et la peur de l’autre sont profondément ancrés en chaque centrafricain.

Déjà, dans ma profession de foi et ensuite à travers les actes que j’ai posés jusque là, j’ai affirmé mon ferme engagement en faveur du dialogue permanent, de la paix et de la gestion inclusive de la transition.

Mes premières paroles à la Nation centrafricaine meurtrie ont été un appel lancé à mes compatriotes pour enclencher sans tarder une dynamique de paix qui puisse préserver le pays du chaos total.

 

En fait, j’avais très tôt compris que c’est par l’arrêt des hostilités, la tolérance, le dialogue et la réconciliation nationale que nous parviendrons à une véritable cohésion sociale dans notre pays.

J’avais très tôt compris qu’il nous fallait analyser, comprendre et dépasser nos contradictions et reconquérir l’unité de notre nation au-delà des différences confessionnelles, ethniques ou tribales.

Ma conviction était qu’il était grand temps de déposer les armes et d’appeler tous les acteurs de la crise actuelle à s’engager dans la voie de résolution pacifique et politique de nos problèmes afin de permettre à notre pays de retrouver la paix et la stabilité.

 

Mesdames et Messieurs,

Une analyse des crises politico militaires que la RCA a vécues met en évidence de nombreuses causes profondes qui restent intimement liées au déficit de gouvernance, à la déliquescence du système de sécurité et de justice, ainsi qu’à une déstructuration du capital social et culturel. Le cumul de ces déficits pendant plusieurs décennies ont fait de la RCA un état fragile et vulnérable marqués par l’existence de rébellions persistantes. Par ailleurs, la RCA vit dans un environnement géopolitique marqué par l’instabilité. Hormis le Cameroun, les quatre autres pays voisins, à savoir la République démocratique du Congo, le Congo Brazzaville, le Soudan et le Tchad ont connu des conflits au cours de ces dix dernières années. Ces conflits récurrents dans les pays frontaliers ont engendré le phénomène de circulation d’armes légères et de petit calibre qui alimentent le grand banditisme et l’insécurité.

Distingues Personnalités,

Mesdames et Messieurs,

Malgré son potentiel naturel très important, mon pays enregistre des niveaux d’indicateurs socioéconomiques très critiques. En effet, plus de 80 % de la population vit aujourd’hui avec moins de deux dollars par jour ; le PIB par habitant est passé d’une moyenne de 461,62 $ sur la période 2008 – 2011 à 294,70 $ sur la période de 2012 – 2014 et l’Indice de Développement Humain (IDH) s’est considérablement détérioré, plaçant la RCA parmi les cinq derniers pays à l’échelle mondiale, soit au 172ème rang sur 177 pays.

 

Ces indicateurs expriment à suffisance l’étendue des défis socio-économiques suivants auxquels la République Centrafricaine doit faire face :

–      Sécurité et bonne gouvernance

–      Cohésion sociale et concorde nationale

–      Restauration de l’autorité de l’Etat

–      Relance de l’économie et du processus de développement

En réponse à ces défis, j’ai instruit, dès mon élection en Janvier 2014 par le Parlement National de Transition, le Gouvernement à mettre en place un Programme de sortie de crise. C’est ainsi qu’un Programme d’Urgence et de Relèvement Durable de la RCA a été élaboré. Ce document constitue désormais le cadre de dialogue et de concertation avec les partenaires pour l’assistance en faveur de mon pays. Ma vision, à travers ce Programme, est de « bâtir d’ici 2015, une société prospère et unie, vivant dans la sécurité, la paix et attachée aux valeurs démocratiques ». Elle se fonde sur ma détermination à créer les conditions d’un retour à la paix, à la sécurité, à l’ordre constitutionnel et à la bonne gouvernance.

 

Ce Programme met en œuvre une stratégie qui associe les actions d’assistance humanitaire et de relèvement précoce pour renforcer l’objectif général de lutte contre la pauvreté en restaurant la capacité des institutions nationales et des communautés à se remettre de la crise et éviter une rechute.

 

Cette stratégie s’articule autour de quatre piliers :

La sécurité d’abord. Je veux, pendant la période de la Transition, fournir aux centrafricains les premiers bénéfices d’une sécurité globale et rendre aux acteurs du secteur de la sécurité de la République Centrafricaine leur confiance dans un avenir professionnel utile au pays et conforme aux standards internationaux.

Ce premier Pilier va nous permettre de restaurer la sécurité et d’assurer la libre circulation des personnes et biens sur tout le territoire afin de relancer réellement l’économie. Il consistera donc à :

1) mettre en œuvre les programmes de désarmement, démobilisation, réinsertion et réintégration (DDRR) et de réforme du des services de sécurité (RSS) pour parvenir à une réhabilitation et refondation des Forces Armées Centrafricaines et promouvoir la gouvernance et l’Etat de droit en vue de conduire le processus électoral dans de meilleures conditions,

2) rétablir la fonction judiciaire pour mieux lutter contre l’impunité et la corruption, et parvenir ainsi à une réconciliation véritable et à une paix consolidée.

 

Entretemps, avec l’appui des forces de la Communauté Internationale déployée en RCA, le processus de la Réforme de Secteur de la Sécurité (RSS) a été amorcé. Il s’agit de la mise sous tutelle unique du Ministère de la Sécurité Intérieure des forces de police et de Gendarmerie, de la création d’un Centre d’Opérations Police/Gendarmerie unique et fonctionnel à Bangui et du déploiement de ces forces de sécurité intérieure en province. Ce redéploiement va se poursuivre pour couvrir toutes les villes du pays avec la mise en place des forces onusiennes de maintien de la paix.

 

Par ailleurs, le Conseil National de Sécurité que je préside, collabore étroitement avec le Comité conjoint de réflexion sur les forces de défense et de sécurité Gouvernement/Nations-Unies en vue de mettre en place la stratégie appropriée en ce qui concerne l’armée nationale. Il est à relever qu’en raison des sanctions imposées par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, la RCA ne peut équiper son armée. Pourtant la réhabilitation des forces de défense nationale est capitale. La RCA, située au cœur du continent africain, est cernée par des conflits armés régionaux et devient petit à petit, le carrefour du terrorisme régional et sous-régional avec les avancés des djihadistes notamment les éléments de Bokho-Haram. L’appui et l’expérience des grandes nations, notamment les Etats Unis d’Amérique, en matière de lutte contre le terrorisme sont ainsi plus que jamais déterminants pour anéantir ce risque.

Les questions sécuritaires doivent nécessairement être abordées dans un cadre de dialogue avec les pays voisins et je ne cesse de ménager des efforts dans ce sens, soutenue dans cette démarche par la Communauté Economiques des Etats de l’Afrique Centrale.

 

Distingues Personnalités,

Mesdames et Messieurs,

Ma volonté de promouvoir la gouvernance politique et démocratique est totale. C’est ainsi que même pendant les moments les plus difficiles de la crise, le dialogue et la concertation ont été maintenus de manière régulière avec toutes les forces vives de la nation. La mobilisation de tous a ainsi permis de lancer le processus de dialogue inclusif dont la première étape a été l’organisation en juillet dernier d’un Forum de réconciliation tenu à Brazzaville et qui a abouti a la signature d’un Accord de cessation des hostilités.

A travers cet Accord, les groupes armés, la société civile et les partis politiques se sont engagés à œuvrer ensemble pour un retour à une paix durable. Pour marquer cette volonté commune, les initiatives de réconciliation et de paix au niveau des communautés, des associations féminines et de jeunesse, et des groupes armés sont encouragées et se multiplient chaque jour. Dans les mois a venir, seront organisées les consultations populaires au niveau des 16 préfectures du pays qui in fine sur le forum national de réconciliation à Bangui.

Ces concertations à la base permettront d’identifier les problèmes majeurs qui minent le vivre ensemble intercommunautaire, de susciter une participation populaire à l’œuvre de reconstruction du pays en favorisant une prise de conscience plus accrue à l’égard du rôle des communautés dans le retour de la paix et le développement durable du pays. Quant au grand dialogue national de vérité et réconciliation, son objectif principal sera de jeter les bases d’une nouvelle société Centrafricaine dont le pilier serait un nouveau pacte républicain articulé autour d’une gouvernance moderne, démocratique et patriotique.

Toujours dans le cadre de ce dialogue, un gouvernement de large ouverture représentatif de toutes les forces vives et des régions a été constitué.

En ce qui concerne les élections, le Code Electoral a été adopté le 13 novembre 2013 et les Membres l’Autorité Nationale des Elections (A.N.E.) ont prêté serment le 24 décembre 2013. Les différents organes de régulation des élections comme le cadre de concertation et le Haut Conseil de la Communication ont en outre été mis en place.

Il n’en demeure pas moins que la ferme volonté des Autorités de la République Centrafricaine d’aller résolument à l’organisation d’élections libres, démocratiques et crédibles bute sur certaines contraintes dont la subsistance de poches d’insécurité dans certaines régions du pays mais surtout l’insuffisance des moyens financiers conséquents et pour le fonctionnement de cet organe et pour la préparation et l’organisation des élections proprement dites.

 

Le deuxième pilier consiste en la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national, condition préalable de la pleine reprise de l’économie et de la réussite du processus électoral.

L’objectif est de créer les conditions pour accélérer le retour rapide des personnes déplacées internes et refugiées, renforcer la protection des civils, des droits de l’Homme et du personnel humanitaire par des actions fortes visant à rapprocher l’administration des administrés.

Toujours dans le cadre de la protection des populations civiles et de la promotion des droits humains, j’ai accepté de céder une partie de la souveraineté nationale en matière de justice transitionnelle à la Mission onusienne de stabilisation de la Centrafrique (MINUSCA) afin de renforcer les capacités des juges. Avec la mise en place des forces de la MINUSCA depuis le 15 septembre dernier, ce dispositif sera opérationnel assez rapidement.

Une attention particulière a été accordée aux services sociaux essentiels. Il s’agit de la santé, de l’eau potable, de l’assainissement, de l’hygiène, de l’éducation et du réseau national de communication. Les actions et mesures menées dans ce domaine ont visé à favoriser le relèvement communautaire immédiat et le renforcement des capacités de résilience des communautés de base. J’ai ainsi été amenée à décider de la gratuité des soins aux groupes vulnérables que sont les enfants et les femmes.

La RCA connait une forte mobilisation de l’assistance humanitaire à travers les interventions de plus de 90 ONGs internationales. Malgré tout, on peut noter une faiblesse de l’accès aux services sociaux en République Centrafricaine et je profite de votre tribune pour lancer un appel à toutes les bonnes volontés dans le monde pour qu’elles soutiennent mon Gouvernement dans la réhabilitation et la facilitation de l’accès aux services sociaux de base.

Nous sommes cependant conscients que ces actions passeront d’abord par la poursuite des réformes économiques et la promotion de la croissance soutenue. Il est donc urgent, à court terme, de créer des richesses et des emplois afin non seulement de prendre en charge des dépenses régaliennes de l’Etat mais d’offrir des opportunités de formation et d’emplois aux jeunes désœuvrés qui forment les bataillons des rebellions armées. Il en est de même pour les femmes qui constituent plus de 61 % de la population et qui sont devenues, par la force des choses, des chefs de famille ayant la charge de leurs progénitures. Il est important et urgent de leur offrir des opportunités pour consolider de manière durable leurs moyens d’existence et pour leur autonomisation.

 

Selon cette vision, les réformes économiques vont permettre de :

(i) mettre en œuvre une assistance économique et budgétaire rapide pour permettre de renforcer les capacités des principaux acteurs de l’économie et relancer les secteurs productifs et créateurs d’emplois. A moyen terme et long terme, elles pourront améliorer l’environnement des affaires en dynamisant le Partenariat Public/privé, relancer les grappes de croissance dans les secteurs de l’agriculture, des mines et des forêts par la mise en œuvre de l’agroforesterie,

(ii) permettre de construire, réhabiliter et viabiliser les équipements et infrastructures économique et,

(iii) renforcer la gouvernance financière avec la poursuite des réformes globales des finances publiques.

Pour ce qui concerne la gouvernance financière singulièrement, il est essentiellement question de réduire les risques fiduciaires et c’est pour cela qu’un comité de suivi de la gestion des finances publiques et un comité de trésorerie ont été créés. A ces initiatives s’ajoute le processus en cours de renforcement des capacités de l’organe d’exécution des dépenses publiques par l’assistance technique. Car, pour redonner à l’Etat Centrafricain des capacités financières propres, la sécurisation des zones minières est une action prioritaire devant conduire à terme au rétablissement de la RCA dans le processus de Kimberley. Les forces de l’ONU désormais déployées dans le pays devraient apporter tout leur appui à cette action prioritaire.

Monsieur le Directeur le Général

Distingues Personnalités,

Mesdames et Messieurs,

Sans être exhaustive, mes propos ont tendu a mettre en exergue les efforts déployés au quotidien pour réduire la souffrance du peuple centrafricain, pour ramener la paix et la sécurité, mettre fin à l’impunité, favoriser le relèvement des communautés et relancer le processus de développement. Je me suis aussi permise de souligner fortement que sous mon leadership, le peuple centrafricain a affronté avec courage la crise.

En effet, après huit mois d’exercice du pouvoir de l’Etat, des avancées notables peuvent être enregistrées dans la gouvernance du pays avec des effets significatifs sur l’amélioration des conditions de vie des populations.

Il en est ainsi de la sécurité qui revient progressivement grâce à l’appui des forces internationales. Grâce au retour graduel de la sécurité à Bangui et dans l’arrière pays, la République Centrafricaine est aujourd’hui un pays fréquentable. Pour preuve : le retour de l’Ambassade des Etats Unis à Bangui que nous avons perçu comme un signal fort en direction des pays qui doutent encore du retour de la sécurité dans le pays.

A la faveur du retour progressif de la paix et de la sécurité, les enfants ont repris peu à peu le chemin de l’école, les hôpitaux et centres de santé ont recommencé à nouveau de fonctionner, les agents de l’Etat et les employés du secteur privé sont de retour à leur lieu de travail, notamment à Bangui, le trafic sur l’axe Bangui- Douala et l’approvisionnement du pays en produits de première nécessité se normalisent, avec un impact positif sur les recettes de l’Etat qui sont cependant loin d’atteindre un niveau satisfaisant vu le contrôle d’une partie du pays par les groupes armés non conventionnels.

C’est le lieu de témoigner la gratitude du peuple Centrafricain et de la mienne propre à l’Amérique qui a compris le sens de ma demande formulée au Secrétaire Général des Nations Unies dès le mois de février 2014 et qui a appuyé le vote des différentes résolutions du Conseil de Sécurité sur la Situation en République centrafricaine.

Il en est aussi ainsi de l’urgence humanitaire. Je me réjouis que mon cri de détresse ait été entendu et que jamais la communauté internationale ne se soit autant fortement mobilisée en faveur de mon pays. Car, la crise centrafricaine était une “crise oubliée ‘’ et j’ai réussi le pari de mettre la Centrafrique au cœur des préoccupations internationales. C’est ici le lieu de rendre un hommage mérité aux Organisations humanitaires américaines pour leur appui multiforme aux populations centrafricaines.

Consciente de la faiblesse de notre économie dont tout le tissu a été détruit, j’ai fait de la reprise de la coopération avec les institutions financières internationales mon objectif principal. Dans ce cadre, les négociations vont bon train avec le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale que j’aurai l’opportunité de visiter pendant mon séjour ici.

 

De tout ce qui précède, il ressort que l’espoir renaît en République Centrafricaine puisque la vie reprend petit à petit et dans le bon sens, au grand soulagement d’une bonne partie de la population.

Il n’en demeure pas moins que beaucoup reste à faire et c’est là où nous avons des attentes à exprimer à l’endroit des Etats Unis. De manière concrète, vos structures peuvent beaucoup faire à travers les plaidoyers, lobbies et réseaux pour soutenir les efforts du peuple Centrafricain et de ses dirigeants visant à recouvrer son unité, sa dignité et surtout l’intégrité de son territoire. Ce peuple est désormais derrière ses dirigeants et ne demande qu’à être accompagné dans sa vision et son plan de sortie de crise qui existent déjà.

Les besoins sont énormes et les moyens demeurent encore très limités. La mise en œuvre de ce plan nécessitera des moyens colossaux et je veux formuler le vœu que la Nation la plus puissante et riche au monde ne restera pas à l’écart des partenaires et moyens qu’il faut mobiliser.

Quant à vous éminents Membres du Brookings Institute qui avez bien voulu m’accorder votre aimable attention, je ne doute pas que vous serez désormais les farouches défenseurs des dossiers Centrafricains et vous dis encore grand merci pour l’honneur et le plaisir que vous m’avez faits de me donner l’opportunité de vous entretenir sur la situation dans mon pays.

Le peuple centrafricain a besoin du peuple américain pour soutenir cet espoir et retrouver sa dignité. C’est pourquoi, je peux affirmer : « TOGETHER WE CAN DO BETTER ».

Je vous remercie.

 

 

 

[gview file=”http://www.corbeaunews-centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Allocution-de-la-PRCE_Brookings-Institution-VPR.pdf”]

L’armée nigériane confirme la mort du leader de Boko Haram

0

France 24   /  Corbeau news Centrafrique (CNC)

Il est très probable que Shekau soit mort entre le 25 juillet et le 3 août», affirme le communiqué, du lieutenant-colonel Sagir Musa, porte-parole de la force spéciale qui opère contre Boko Haram

Abubakar Shekau, chef du groupe islamiste Boko Haram, «est probablement décédé» après avoir été blessé par balle dans un affrontement avec des soldats, a annoncé l’armée nigériane, sans en apporter la preuve.

Abubakar-Shekau mort
Depuis 2009, c’est lui qui était aux commandes du groupe islamiste Boko Haram. Sa tête était mise à prix 7 millions de dollars (5,3 millions d’euros) par Washington. Abubakar Shekau, qui serait âgé de 44 ans, aurait été blessé par balle le 30 juin au cours d’un accrochage avec des militaires près d’un camp de Boko Haram situé dans la forêt de Sambisa, dans le nord-est du Nigeria. Transporté clandestinement au Cameroun voisin pour y être soigné, «le chef des terroristes de Boko Haram le plus redouté et le plus recherché est probablement décédé» des suites de ses blessures, a annoncé l’armée nigériane dans un communiqué publié lundi 19 août.


© DTN News
Abubakar Shekau (milieu)
En attente de confirmation «Il est très probable que Shekau soit mort entre le 25 juillet et le 3 août», affirme le communiqué, signé du lieutenant-colonel Sagir Musa, porte-parole de la force spéciale qui opère dans le nord-est du Nigeria contre Boko Haram. Cependant le porte-parole national de l’armée, le général Chris Olukolade, interrogé, a précisé que les forces de sécurité cherchaient encore à confirmer de manière définitive la mort de Shekau. «Nous sommes en contact avec nos hommes sur le terrain pour essayer d’avoir confirmation», a-t-il déclaré. L’armée nigériane mène depuis mai une vaste offensive contre Boko Haram dans ses fiefs du nord-est où l’état d’urgence a été déclaré.

Dans une vidéo transmise à l’AFP le 12 août, Shekau revendiquait de récentes attaques meurtrières contre les forces de sécurité dans le nord-est du pays et affirmait être «en bonne santé». «Vous n’avez pas tué Shekau», lançait-il à l’adresse des forces armées. Mais la date d’enregistrement de ce film n’était pas précisée. Selon l’armée, cette vidéo est un « faux » : « [Elle] a été jouée par un imposteur pour tromper ses membres afin qu’ils poursuivent le terrorisme et pour duper les esprits crédules», affirme le communiqué publié ce lundi. Le 14 août, l’armée nigériane avait affirmé avoir tué au début du mois le numéro 2 de Boko Haram, Momodu Bama, dans la ville de Bama, dans l’État de Borno.

Déjà donné pour mort par le passé Abubakar Shekau avait déjà été donné pour mort par la police en 2009 lors d’une précédente offensive d’ampleur des forces de sécurité nigérianes contre Boko Haram, qui avait abouti à la mort de son chef d’alors, Mohammed Yousouf, capturé et tué. Mais Shekau était réapparu plus tard dans une vidéo, ayant pris la tête de la rébellion. Si sa mort pourrait porter un coup important aux campagnes de Boko Haram, le groupe est constitué de plusieurs factions sans structure dirigeante homogène. Des groupes dérivés, comme Ansaru, lié à Al-Qaïda, qui a revendiqué l’enlèvement et l’assassinat d’Occidentaux, sont supposés opérer indépendamment. Boko Haram rejette tout dialogue avec le gouvernement du président Goodluck Jonathan et affirme combattre pour la création d’un État islamique dans le nord du Nigeria. Il a multiplié les attaques meurtrières, ciblant aussi bien les forces de sécurité que la population. Depuis 2009, les violences de Boko Haram et leur répression souvent brutale ont fait 3 600 morts dans le pays, selon l’ONG Human Rights Watch.

La RCA demande l’allègement de l’embargo sur l’exportation de son diamant

0

VOA  /  CNC

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Les-exploitants-traditionnels-de-Diamant-en-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Les exploitants traditionnels de Diamant en Centrafrique

Dans une interview exclusive accordée à Bagassi Koura, l’envoyé spécial de la VOA en Centrafrique, le ministre des Mines Joseph Agbo demande l’allègement voire la levée de l’embargo sur l’exportation du diamant centrafricain.

La RCA a été suspendue de Kimberley (un mécanisme mis en place pour contrôler le diamant des zones de guerre) en mai 2013, en raison de la guerre civile dans ce pays.

« On comprend le mobile qui avait présidé à cet embargo sur l’exportation de nos diamants, » explique le ministre Agbo, rappelant que la RCA est l’un des pays fondateurs du processus de Kimberley.

« Seulement nous disons aujourd’hui que loin de nuire a ceux qui sont venus perturber l’exploitation de nos diamants, cet embargo a vraiment eu des effets très pervers notamment sur les intervenants du secteur, » déplore t-il.

Il explique qu’ « en temps normal c’est un secteur qui représente quand même à peu près 20% des recettes du budget de l’Etat et 51% des recettes à l’exportation de la république centrafricaine ».

La crise socio-politique que traverse le pays depuis deux ans a énormément perturbé le secteur du diamant.

« Mais cette conséquence a été aggravée par la suspension du pays du processus de Kimberley, » dit-il.

Selon le ministre, la principale conséquence de l’imposition de l’embargo, c’est la multiplication des réseaux d’exportation illégale.

Les bureaux d’achat n’exportant plus, les collecteurs s’investissent dans la fraude, dit-il.

« Et donc la suspension du processus a eu pour effet d’entrainer le plus gros lot de nos collecteurs vers la fraude ».

D’autant plus que sur le terrain, les groupes armés, (essentiellement les Anti-Balaka et les Seleka) se sont emparés des mines du pays, qu’ils exploitent. Les produits sont exportés à l’étranger à travers les pays voisins comme l’explique Vianney Victorien Koyandakpa, un exécuteur évaluateur en diamants et or.

« L’Etat est entrain de perdre beaucoup d’argent avec des trafiquants qui sortent illicitement avec des diamants qui sont exploitées dans ces zones minières qui sortent par le Cameroun et par le Tchad ».

Pour le ministre des Mines, les conséquences de l’embargo sur le fonctionnement du gouvernement sont énormes.

« Comment voulez-vous que l’Etat aujourd’hui puisse assurer les charges régaliennes, par exemple, les paiements de salaires, ou bien entretenir les hôpitaux si cet argent-là lui manque ?

Pour lui, maintenir l’embargo, c’est « ajouter du malheur au malheur ».

Le gouvernement centrafricain espère que le déploiement le 15 septembre derniers des Casques Bleus des Nations unies, va permettre la reprise en main des mines.

« Je suis content d’apprendre par exemple que dans leur programme, Bria par exemple, sera une zone militaire. Ca sécurise quand même cette zone qui est réputée être une zone de production de diamant ».

Centrafrique: Bangui vit au rythme de braquages et de criminalités aggravées

0
©AFP  /  CNC

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Vue-aérienne-de-la-ville-de-Bangui-en-République-Centrafricaine1.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Vue aérienne de la ville de Bangui en République Centrafricaine

Les violences intercommunautaires de masse qui ont ravagé le pays pendant un an et demi ont largement diminué, mais toutes les bandes armées n’ont pas été démantelées

Braquages, agressions, disparitions : à l’heure où se déploie une nouvelle mission de l’ONU en Centrafrique, les habitants de la capitale Bangui sont excédés par la criminalité qui continue d’empoisonner leur vie quotidienne. Les violences intercommunautaires de masse qui ont ravagé le pays pendant un an et demi ont largement diminué, mais toutes les bandes armées n’ont pas été démantelées. Les violences se concentrent particulièrement dans les quartiers nord de Bangui comme Boy-rabe, Fouh et Gobongo, fiefs des milices Anti-Balaka qui ont commis d’innombrables exactions depuis plus d’un an. “On ne peut plus vivre en paix ici à Boy-rabe. Chaque nuit, il y a au moins entre deux à trois cas de braquage. Aucun dispositif de dissuasion n’est en place pour faire peur aux auteurs de ces braquages”, se plaint le gérant d’un bar, Jozias Maïngué. “Alors que tout le monde était en droit de penser que l’ennemi était la Séléka, aujourd’hui c’est tout à fait le contraire. Ce sont les anti-balaka qui terrorisent encore les Centrafricains et particulièrement les Banguissois”, accuse un habitant de Boy-rabe, André Ngaïnam.
Ce sont aussi des anti-balaka “qui ont attaqué la station-service Tradex du 4e arrondissement en plein jour en tirant en l’air. Ils “sont partis avec 18 millions de francs CFA (27.000 euros) sans être inquiétés”, affirme Job Bekoïssé, un revendeur de carburant.

Les miliciens ex-Séléka – qui avaient pris le pouvoir début 2013 avant d’en être chassés en janvier 2014 – sont aujourd’hui soit repliés dans leurs bastions musulmans du nord du pays, soit cantonnés dans des bases militaires de la capitale, contrairement aux anti-balaka, miliciens majoritairement chrétiens, qui se sont fondus dans la population civile. “Des quartiers entiers sont des poudrières et des nids de bandits”, confirme une source militaire française sous couvert d’anonymat. “Les anti-balaka sont en ce moment une entrave à la paix. Tout le monde sait qui fait quoi et tout le monde s’en plaint. Mais personne ne peut dénoncer quoi que ce soit”, par peur de représailles, explique cette source.

Impunité totale

Dans chaque maison, chaque boutique, on a son lot de malheurs à raconter, tel Elie Tonfio, mécanicien qui a pignon sur rue à Boy-rabe: “Mercredi, un colonel des douanes centrafricaines qui rentrait chez lui a été attaqué à sa descente de voiture par des individus qui l’ont poignardé à l’abdomen. Le véhicule a essuyé des tirs provenant d’un responsable des anti-balaka”. “Ils allaient le tuer. Heureusement pour lui, sa fille s’est mise à crier et à appeler au secours. Ils ont pris la fuite en emportant tout qu’il y avait dans la voiture”, poursuit le mécanicien.

Les quartiers sud ne sont pas épargnés non plus. Cela fait 15 jours que Mamadou, un chrétien portant un nom musulman, tout juste arrivé de province pour travailler à Bangui comme moto-taxi, a disparu. “Il n’a plus été revu, ni la moto. Plusieurs témoins ont affirmé l’avoir vu les mains et les pieds ligotés à la base des Anti-balaka avant sa disparition”, s’inquiète son frère aîné, Axel. Excédés par l’impunité qui règne dans la capitale, les habitants du quartier Fouh (nord) ont mis un en place un comité d’autodéfense comprenant des jeunes et quelques Anti-balaka pour patrouiller dans les ruelles à la nuit tombée, en espérant dissuader les malfaiteurs.

Samedi, quatre responsables Anti-balaka ont été arrêtés pour avoir transporté des “armes de guerre” et déférés à la prison centrale de Bangui, selon une source au parquet. Mais les miliciens et délinquants opportunistes sont rarement inquiétés malgré la présence des forces françaises (2.000 hommes) et africaine (6.000) auxquelles la force de maintien de la paix de l’ONU a succédé le 15 septembre, et dont la tâche s’annonce déjà difficile.

AFP

Centrafrique: La France dans le piège “centrafricain”

0

Mariane  /  Corbeau news (CNC)

A l’heure où notre pays a décidé d’intervenir en Irak, il existe d’autres théâtres d’opérations militaires françaises qui ont disparu des écrans radars médiatiques. C’est le cas notamment de la Centrafrique. Le pays n’est toujours pas stabilisée, les actes de brigandage viennent s’ajouter aux affrontements communautaires. Quant aux forces armées de maintien de la paix — notamment les troupes françaises — elles sont accusées de tous les maux.

Un soldat de l'opération Sangaris à Bambari - GEAI LAURENCE/SIPA
Un soldat de l’opération Sangaris à Bambari – GEAI LAURENCE/SIPA
Le 16 septembre dernier, après des cérémonies en grande pompe, la Centrafrique s’est réveillée avec une nouvelle force de maintien de la paix dans ses rues. Les soldats de la force africaine ont échangé leurs casques vert olive pour de beaux casques bleus de la force onusienne. La Minusca, 7 600 hommes envoyés notamment par le Pakistan, le Maroc et l’Indonésie, a pour mission de protéger les civils, organiser le désarmement, appuyer la transition et soutenir l’acheminement de l’aide humanitaire. Celle-ci peut compter sur le soutien sur place du contingent dirigé par l’Union européenne de l’EUFOR-RCA (750 hommes) et par les 2 000 soldats français de l’opération Sangaris (à ce jour aucune date de retrait n’a été annoncée). Plus de 10 000 hommes s’attellent donc désormais au maintien de la paix en République Centrafricaine.

Il faut dire que l’accord de cessez-le-feu signé à Brazzaville, en République du Congo, par la présidente de transition, madame Catherine Samba-Panza, n’a pas encore porté ses fruits. D’ailleurs, ce cessez-le-feu est contesté par le général Joseph Zoundeko, chef d’état-major de la Séléka (l’ex-rébellion majoritairement musulmane qui a pris le pouvoir en mars 2013 et l’a abandonné début 2014 sous les pressions internationales).

Certes, après les affrontements du 20 août dernier, dans le 3e arrondissement de la capitale, Bangui s’est considérablement apaisée. Les habitants des quartiers musulmans reviennent chez eux et le commerce a repris. Les étals du marché PK5, poumon économique de Bangui, sont de nouveaux remplis. Le camp de M’Poko, qui accueille des déplacés près de l’aéroport de Bangui, se vide progressivement. Il est passé de presque 100 000 personnes, au plus fort de la crise, à environ 20 000 âmes aujourd’hui. Pour les forces françaises et internationales, le rétablissement de la sécurité dans la capitale était une première étape nécessaire. Elles espèrent que le reste du pays suivra. Mais ce n’est pas encore gagné…


Une Centrafrique coupée en deux

Aujourd’hui, la RCA est coupée en deux. Les anti-balaka (milices d’autodéfense majoritairement chrétiennes) tiennent l’Ouest du pays et les Séléka contrôlent le Centre-Est de la RCA du Nord au Sud. Une ligne de front s’est naturellement tracée entre les communes de Batangafo (au Nord) et Mobaye (au Sud). Cette ligne est régulièrement la scène d’affrontements entre les forces de maintien de la paix, anti-balaka et Séléka. Encore au mois d’août, plusieurs combats ont eu lieu entre la Sangaris et les divers belligérants à Bossangoa et Batangafo.

Actuellement, une ville est au cœur des combats : Bambari. Cette cité comptait autrefois plus de 40 000 habitants. Elle est aujourd’hui désertée par les civils. Ils se sont réfugiés dans différents camps, autour d’églises telles que celle de la paroisse de Saint-Joseph ou dans la brousse. Coupée en deux, cette ville est le symbole même de la situation centrafricaine. Sur la rive Ouest, les anti-balaka. A l’Est, les Séléka. Entre les deux coulent les eaux troubles de la rivière Ouaka (10 corps suppliciés y auraient été retrouvés en juin) dont le vieux pont est contrôlé par la Sangaris.

Depuis trois semaines, à Bambari, la guerre intercommunautaire est même devenue intracommunautaire. Deux hauts gradés Séléka s’affrontent : le fameux chef de l’état-major de la Séléka, le général Zoundeko, d’une part et le général peuhl Jdarass d’autre part. D’après nos sources le général Zoundeko se serait même allié aux anti-balaka pour attaquer son « fraternel » adversaire Jdarass. Selon Lewis Mudge d’Human Rigth Watch, ces deux responsables Séléka « prétendent se battre pour des motifs politiques, mais il me semble plus certainement que ce soit pour contrôler les axes liés aux mines d’or ». En effet , la région de Ouaka compte plusieurs gisements d’or, notamment celui de Ndassima à seulement 67 km au Nord de Bambari. Les routes principales de la région passent par la cité. Contrôler ces axes, c’est contrôler la circulation des marchandises. Assorti d’un petit droit d’octroi, c’est une manne financière non négligeable pour des groupes armés et pour leurs chefs respectifs…


Insécurité partout ?

Pour l’heure, les anti-balaka comme les Séléka continuent d’être responsables d’un grand nombre d’exactions. Les milices tuent, pillent, violent et, désormais, contraignent les civils au travail forcé dans ces mines. En février, le long de la même route, les anti-balaka ont massacré 72 hommes et garçons à Guen (au Sud-Ouest de la RCA) et les Séléka ont tué 19 personnes dans un autre village. Même si les forces de maintien de la paix sont présentent dans les villes, elles ne parviennent pas à instaurer une paix durable dans les zones rurales. D’autant qu’en marge des combats, de nombreux groupes profitent du chaos pour s’adonner à des activités illicites telles que le racket ou le vol en prétendant appartenir à une milice. Le phénomène des coupeurs de route, par exemple, ces pilleurs de la route habillé en kaki ne fait que grandir. Le chef anti-balaka Patrick Edouard Ngaïssona a même reconnu qu’il lui est impossible de reconnaître « qui est un vrai et qui est un faux anti-balaka ».

Jerome Delay/AP/SIPA
Jerome Delay/AP/SIPA
A cette situation déjà terrible et complexe s’ajoutent des rumeurs d’exactions des troupes chargées du maintien de la paix sur place. Dans un rapport daté  du 15 septembre 2014Human Rights Watch constate que des soldats de l’Union africaine provenant de République démocratique du Congo ont été mis en cause dans la disparition et l’exécution possible d’une dizaine de civils à Boali et de tortures ayant entrainé la mort de deux chefs anti-balaka à Bossangoa. Lewis Mudge de l’ONG explique avoir lui-même assisté à des passages à tabac de civils par des soldats camerounais de la force africaine de la Misca. Ces soldats-là sont également accusés de violences sexuelles, selon des propos recueillis par RFI« La nuit, les hommes de la Misca entrent dans les huttes pour avoir les filles. Elles sont obligées d’accepter : elles n’ont pas les moyens de subsister. » D’après Human Rights Watch, quelques cas auraient en effet été rapportés mais il n’existe aucun décompte précis à l’heure actuelle.

La France accusée de tous les maux

Aujourd’hui, ce n’est plus la seule Misca qui est pointée du doigt. La France aussi a droit à son lot d’accusations. Il est reproché à la force Sangaris de faire preuve de partialité dans les opérations de désarmement par les anti-balaka et les Séléka. Ces derniers, très bien armés selon Lewis Mudge « ont des Kalachnikovs, des armes automatiques de type AA-52, des mitrailleuses 50 mm et des grenades » et ils refusent de déposer les armes. Les anti-balakas sont tout aussi difficiles à désarmer malgré un équipement plus rudimentaire : quelques kalachnikovs, de vieux fusils de chasse mais surtout beaucoup de machettes.

Pacôme Pabandji, reporter centrafricain travaillant pour l’AFP (et récemment nommé pour le prix Rory Peck) explique que les rumeurs vont bon train : « Certains accusent les forces françaises de jouer aux pompiers pyromanes. Des musulmans et des non-musulmans qui ont subi des désarmements, m’ont expliqué que les forces françaises, quand elle voient deux armes, en prennent unes et en laissent une autre ». Plus grave, celui-ci ajoute que « certains groupes anti-balaka et Séléka affirment avoir reçu des armes des mains des forces françaises ». Mais Pacôme Pabandji coupe court expliquant n’avoir lui-même jamais vu de tels comportements. Pierre Bayle, porte-parole du ministère de la Défense, lui, nie même formellement : « Si l’on mettait ne serait-ce qu’un doigt dans ce jeu-là on se ferait manger le bras. Les militaires français refuseraient de faire ce genre de choses. Je n’y crois pas une seconde, c’est totalement invraisemblable. »

François Hollande, Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian à Bangui en février 2014 - Sia Kambou/AP/SIPA

François Hollande, Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian à Bangui en février 2014 – Sia Kambou/AP/SIPA

Le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l’état-major des armées défend tout autant ses troupes. Selon lui, s’il y a des manifestations hostiles à la France, c’est que les forces françaises, très présentes sur le terrain, ont le don de gêner certains groupes armés et d’empêcher les trafics. Beaucoup des manifestations sont en effet encouragées pour ne pas dire organisées par des groupes armés comme la Séléka en mai dernier à Bambari. Le but est clair : ralentir les opérations de désarmement.

L’observateur d’Human Right Watch, lui, affirme néanmoins qu’aux premiers moments de l’intervention militaire à Bangui « les soldats de Sangaris ont d’abord désarmés les Séléka, du coup les anti-balaka en ont profité pour tuer beaucoup de gens, piller et détruire les quartiers musulmans »« Ils étaient comme fous et les soldats français étaient complètement débordés. Ils ont essayé d’interdire la circulation des armes, mais les quartiers non-musulmans, beaucoup plus nombreux, étaient incontrôlables ».

Pour le Colonel Gilles Jaron, la réponse à de telles accusations est simple : « Si la France ne s’était pas engagée en Centrafrique en décembre qui sait ce qui se serait passé. L’engagement de la France a évité un génocide ». Et face aux critiques sur les opérations de désarmement, il poursuit, tout autant sans détour : « La France ne s’est jamais engagée à désarmer tout le pays, ni à régler définitivement les problèmes en RCA. Elle s’est engagée pour créer les conditions de l’engagement de la communauté internationale et naturellement faire baisser le niveau des tensions auxquelles était soumise la population civile ».

A la lumière de l’histoire nationale du pays, pacifier la Centrafrique apparaît aujourd’hui, il est vrai, bien utopique. En 54 années d’indépendance, cinq chefs d’Etat ont été successivement renversés, parfois avec l’aide de l’ancienne puissance coloniale. Le pays a subi plusieurs crises et une dizaine d’interventions internationales de pacification. A tout cela s’ajoute la menace d’un autre protagoniste : l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony dans le Sud-Est de la RCA, un groupe rebelle sanguinaire né en Ouganda à la fin des années 1980 et comptant dans ses rangs des enfants soldats.

Et comme une critique ne vient jamais seule, la France est aussi accusée d’être à l’origine de la crise centrafricaine actuelle car en 2012, face à la monté de la Séléka, le président centrafricain Bozizé avait demandé son aide de la France. François Hollande lui avait alors répondu« Si nous sommes présents, ce n’est pas pour protéger un régime, c’est pour protéger nos ressortissants et nos intérêts et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures d’un pays, en l’occurrence la Centrafrique ». Trois mois plus tard, la Séléka s’emparait du pouvoir et un an plus tard la France finissait par envoyer, sous mandat de l’Onu, la force Sangaris. L’ex-président centrafricain a sa propre explication au « retard à l’allumage » français. Lors d’un discours prononcé en décembre 2013, lui dont la fiabilité est loin d’être à toute épreuve, déclarait : « Avant de donner le pétrole aux Chinois, j’ai rencontré Total à Paris et leur ai dit de prendre le pétrole, rien. Alors j’ai donné le pétrole aux Chinois et c’est devenu un problème ».

Finalement, Pierre Bayle résume assez bien le paradoxe des accusations portées contre la France. « D’un côté, on nous reproche d’être toujours présents, puis quand nous n’intervenons pas, de ne pas l’être ». Bref, accusée de tous les maux, la France ne pouvait qu’avoir tout faux. C’est le principe même d’un piège que de n’offrir aucune échappatoire..

Centrafrique : le 7è arrondissement de Bangui isolé à cause de l’état des routes

0

RJDH  /  CNC

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/les-routes-de-Bangui-se-degradent.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>les routes de Bangui se degradent

La dégradation avancée de l’axe Ouango-centre-ville dans le 7è arrondissement est un danger pour les piétons que pour les véhicules qui empruntent cet axe. Depuis un certain temps, cet axe est devenu impraticable pour les  habitants du 7e arrondissement.

Selon le constat fait par le RJDH ce matin, des trous couvrent le long de cet axe, empêchant certains conducteurs à emprunter cette route. En conséquence, chaque jour, des difficultés de transport s’observent.

 Certains chauffeurs de taxis  interrogés ce matin par le RJDH ont pointé du doigt  l’état dégradé de cet axe. « La route est complètement hors d’usage. Cette voie amortit vite nos véhicules. Ce qui nous pousse à ne pas desservir ce secteur », a regretté un conducteur.

Pour un habitant de ce secteur, il est paradoxal de constater que la cheffe de l’Etat de transition emprunte cet axe pour se rendre au travail. « Le 7e arrondissement abrite  pour la troisième fois le président de la République. Mais cette voie n’a toujours pas été bitumée », a regretté cet habitant.

Certains conducteurs des taxis moto ont aussi constaté que l’impraticabilité de cette route provoque plusieurs cas d’accident. « Le fait d’éviter les trous, nous heurtons parfois des passagers », a indiqué ce conducteur.

Les usagers de cette route dénoncent leur calvaire et appellent les autorités à vite réparer cet axe. « Chaque jour,  tu peux facilement passer une, voire deux heures pour avoir un taxi. Les taxis se font rares quand il pleut et pendant les jours fériés.  Nous appelons les autorités à vite réagir pour réparer cet axe », a lancé un usager.

Par: Samson ANDJOUKARA

Bangui: les activités reprennent au centre de santé de Guitangola après le braquage des anti-Balakas

0

RJDH   /   CNC

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Centre-de-Santé-de-Guitangola-en-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Centre de Santé de Guitangola en Centrafrique

Le centre de santé de Guitangola (sortie sud) tente aujourd’hui de reprendre ses activités. La mobilisation des jeunes du quartier à défendre le centre, a facilité la réouverture du centre de santé après trois jours de fermeture ceci malgré des rumeurs d’une nouvelle attaque des hommes armés.

A l’origine des faits, un braquage au centre de santé de Guitangola le jeudi 18 ayant fait un mort. Le lendemain, les malfrats ont explosé une grenade tuant un patient et occasionnant la fermeture du centre du 18 au 21 septembre.

Ce matin,  des mères d’enfant et des personnes malades sont venues en consultation parce que, le centre est ouvert. Il était impossible de trouver quelqu’un surplace au centre de santé de Guitangola entre le 18 et le 21 septembre passé en raison d’insécurité. D’après les témoignages recueillis par le RJDH, deux femmes auraient accouché dans la cours du centre de santé  pendant la fermeture.

Des jeunes du quartier Guitangola 3, constitués en autodéfense, veulent empêcher une éventuelle attaque  des hommes armés. « Apres ce qui s’est passé au centre de santé de Guitangola, nous ne dormons plus la nuit. Nous faisons des patrouilles de 18h jusqu’au petit matin depuis dimanche dernier. C’est ce qui a permis la réouverture du centre de santé ce matin. Le personnel se sent quand même en sécurité depuis que nous sommes là.  Nous travaillons même le jour pour permettre aux patients de venir sans crainte se faire soigner », a expliqué un jeune d’autodéfense, sous l’anonymat.

Malgré la présence des jeunes d’autodéfense, le personnel soignant travaille encore avec la peur au ventre, à  en croire le témoignage d’une infirmière croisé au service de la maternité.   Sous l’anonymat, elle a fait savoir qu’elle ne peut pas porter sa blouse d’infirmière parce que, les menaces continuent. « Les jeunes qui se sont mobilisés ici n’ont pas d’armes pour faire face à ces groupes armés qui veulent bruler le centre. Il est mieux de baser des forces de l’ordre pour assurer notre sécurité », a-t-elle confié.

Une femme en visite prénatale au niveau du centre, est contente que les médecins aient repris le travail. Mais, elle n’a pas aussi caché son inquiétude. « Nous les femmes enceintes,  nous sommes contentes parce que, c’est ici dans ce centre de santé que nous pouvons venir même la nuit en cas de petit souci. Mais, les médecins travaillent avec la peur et cela nous inquiète aussi », a fait savoir cette femme au RJDH.

Sur les 26 personnels soignants que compte le centre de santé, seulement 10 sont présents pour travailler de 07h a 10h, a fait savoir un laborantin sous l’anonymat. « Par le souci d’aider les femmes enceintes qui viennent le plus souvent de loin, nous sommes obligés de venir travailler. Nous allons normalement arrêter à 10h.  Si on doit rester faire quelques heures supplémentaires afin d’évacuer tous les patients, nous le ferons », a ajouté ce dernier.

Le centre de santé de Guitangola, situé dans la commune de Bimbo 3 travaille 24/24heures depuis la recrudescence des violences dans la capitale. Cet incident a poussé les responsables à fermer pendant trois jours. A la réouverture,  ce centre a  réduit en moins de 5 heures sa prestation de service.

Par: Rosmon Zokoue

Centrafrique: un système judiciaire à rétablir

0

RFI  /  CNC

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Vue-aérienne-de-la-ville-de-Bangui-.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Vue aérienne de la ville de Bangui

En Centrafrique, tout un volet de l’action de la Minusca, la mission des Nations unies, concerne la lutte contre l’impunité et le rétablissement d’un système judiciaire efficace. Le chantier est énorme : l’ascendant que les groupes armés ont pris dans le pays empêche les juges de s’en prendre à eux.

Les avocats et les simples justiciables vont et viennent dans le hall du palais de justice. Les audiences se tiennent. En apparence, Bangui dispose toujours d’un secteur judiciaire actif. Dans les faits, les juges centrafricains vivent dans la crainte permanente de représailles. Au parquet, un magistrat reconnaît que pendant très longtemps, les dossiers de flagrant délit liés aux groupes armés ont soigneusement été laissés de côté, faute de protection.

Le président du syndicat des magistrats, Parfait Rodrigue Yangandia, estime pour sa part que les conditions ne sont pas réunies pour que la justice soit rendue. « Le juge centrafricain travaille la peur au ventre. Au palais de justice, quelques éléments de la Minusca gardent les lieux. C’est déjà bien. Mais les juges ne travaillent pas seulement au palais de justice. Et donc, lorsqu’après avoir rendu une décision de justice vous rentrez chez vous, vous pouvez être agressé. Les conditions de sécurité sont déplorables et ne permettent pas aux juges centrafricains de travailler dans les conditions idoines », dénonce Parfait Rodrigue Yangandia.

La mise en place d’un cadre sécurisé de travail est d’autant plus importante que la criminalité ordinaire a augmenté avec la crise. « Parallèlement aux actes des groupes armés, la petite délinquance a progressé, explique un juge. Certaines personnes pensent que la justice n’existe plus et qu’on peut faire ce qu’on veut sans être attrapé. »

Mise en place de mesures temporaires d’urgence

Une équipe des Nations unies venue diagnostiquer le secteur judiciaire centrafricain a identifié une absence quasi totale de capacité dans les domaines de la police, de la justice et du système pénitentiaire. « Rien ne garantissait que les magistrats nationaux puissent exercer leurs fonctions de façon impartiale et sans risque d’ingérence politique ou de violence physique », dit un rapport du secrétaire général de l’ONU.

La Minusca a donc, dès le mois de juillet, engagé des discussions avec les autorités sur la mise en place de mesures temporaires d’urgence. Selon une note d’information de l’ONU, l’accord qui a été trouvé prévoit un appui d’experts et de conseillers auprès des magistrats centrafricains. Il prévoit aussi que les internationaux puissent arrêter et détenir des suspects dans les situations où les forces de sécurité centrafricaines ne seront pas en mesure de le faire.

Les mesures temporaires d’urgence prévoient par ailleurs le soutien par les Nations unies d’une cour pénale spéciale établie par les autorités centrafricaines au titre du droit national. Une cour qui sera chargée d’examiner, à l’échelle du pays, les affaires les plus graves de violations des droits de l’homme. « Nous sommes en train de préparer le projet de loi qui créera cette cour spéciale », a indiqué à RFI le ministre centrafricain de la Justice.

Getty Images/ Michael Fay

RCA-ONU: la nouvelle Représentante de la RCA à l”ONU présente ses lettres de créances

0

UN  /  CNC

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Madame-Kpongo.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Madame Kpongo

LA NOUVELLE REPRÉSENTANTE PERMANENTE DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE AUPRÈS DES NATIONS UNIES PRÉSENTE SES LETTRES DE CRÉANCE

(Rédigé sur la base des informations reçues du Service du protocole et de la liaison)

La nouvelle Représentante permanente de la République centrafricaine auprès des Nations Unies, Mme Ambroisine Kpongo, a présenté aujourd’hui ses lettres de créance au Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon.

Mme Kpongo a été Ministre déléguée aux affaires étrangères de janvier 2009 à avril 2011, après avoir été Directrice générale des affaires politiques de juillet 2000 à janvier 2009 au Ministère des affaires étrangères.

Mme Kpongo a en outre occupé les fonctions de Chargée d’affaires par intérim à la Mission permanente de la République centrafricaine auprès des Nations Unies à New York, de juin à octobre 1997, après y avoir été Premier Conseiller, dès août 1996.

Avant cela, elle a été Directrice des organisations internationales au Ministère des affaires étrangères de la Centrafrique, de 1991 à 1996, et Chef de la Section des Nations Unies, de 1987 à 1991.

Mme Kpongo est titulaire d’un diplôme en relations internationales qu’elle a obtenu à l’Université libre de Bruxelles (ULB) en 1980.

Elle est née le 11 novembre 1951 en République centrafricaine.

UN.ORG

Cameroun-Centrafrique: le FDPC d’Abdoulaye Miskine donne un délai de «72 heures» au Cameroun pour la libération de leur chef de guerre.

0

Cameroun24  /  Corbeau news

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/La-Bande-armée-du-FDPC-dAbdoulaye-Miskine-deonne-72-heures-au-Cameroun.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>La Bande armée du FDPC d'Abdoulaye Miskine deonne 72 heures au Cameroun

La bande armée d’Abdoulaye Miskine qui revendique cette prise d’otages donne un délai de «72 heures» au Cameroun pour la libération de leur chef de guerre.

La région de l’Est Cameroun vient encore une fois d’être frappée par des hommes de la rébellion du Front démocratique du peuple centrafricain (Fdpc), actifs à l’Ouest de la Centrafrique proche de la ville camerounaise de Garoua-Boulaï à l’Est du pays. Selon des sources concordantes civiles et sécuritaires, jointes au téléphone hier, dimanche 21 septembre 2014, des assaillants lourdement armés venus de la République centrafricaine, ont enlevé huit Camerounais dans la journée de samedi dernier alors qu’ils vaquaient librement à leurs travaux champêtres près de la frontière avec ce pays voisin. Parmi les otages conduits de force de l’autre côté de la frontière dans un lieu qui reste à présent inconnu, apprend-on de nos sources, « se trouve sa majesté Koulagna, un chef de quartier de la ville frontalière de Garoua-Boulaï ».

Avant de replier dans leur territoire, « ils ont relâché une jeune fille (la nièce du chef de quartier), pour que cette dernière vienne alerter les autorités camerounaises» affirment nos sources. D’après les informations de premières mains rapportées par cette dernière, « ces rebelles centrafricains qui étaient tous vêtus en tenus de l’armée camerounaise s’exprimaient alternativement en français et en sango (langue locale centrafricaine, Ndlr)».

Et leur revendication ? « Ils ont dit que si nous ne libérons pas leur chef Abdoulaye Miskine qui est en détention au Cameroun, ils vont nous attaquer d’ici 72 heures», a confirmé la miraculée aux forces de sécurité camerounaise. Pour prouver leur détermination qu’ils sont prêts à attaquer le Cameroun en guise de représailles, dans la même soirée de samedi, ces rebelles ont tiré deux roquettes en direction de la station de captage de Garoua- Boulaï. Informées de la situation, les autorités administratives locales ont déployé des forces de sécurité sur place pour une battue qui n’a pas encore donné de résultat pour le moment. Cette nouvelle prise d’otages de Camerounais selon nos sources, « est consécutive au comportement indocile de nos compatriotes qui, malgré la sensibilisation du sous-préfet de la localité, n’ont jamais abandonné leurs champs situés à la lisière de la frontière avec la République centrafricaine » affirme une source locale qui ajoute que «ces rebelles du Front démocratique du peuple centrafricain opèrent régulièrement à la frontière Centrafricano-camerounaise ».

Rebelote

La dernière attaque de cette bande armée dans la région de l’Est remonte au dimanche 04 mai 2014, où 18 Camerounais ont été enlevés dans la localité de Yoko-Siré, proche de la frontière avec la Rca non loin de Garoua-Boulaï. Des hommes armés en provenance de la République centrafricaine se sont postés dans ce village à bord des camions qu’ils avaient empruntés à Garoua-Boulaï à 9 km de là. Pour réussir leur opération, les assaillants avaient tendu une embuscade dans un bosquet après le poste de contrôle mixte situé en contrebas du village Yoko-Siré. C’est ainsi qu’un bus de transport en provenance de Ngaoundéré pour Bertoua, était tombé dans ce traquenard. Une fois le véhicule immobilisé, les assaillants ont fait descendre tous les passagers à bord et les ont conduits en colonne de l’autre côté de la frontière. L’exigence posée par leurs ravisseurs était toujours «la libération d’Abdoulaye Miskine».

Il s’agit ainsi de rebelote. Car on se rappelle que ce chef de guerre Tchado-centrafricain était tombé dans les filets des éléments de la surveillance du territoire alors qu’il se cachait dans un hôtel de Bertoua, le chef-lieu de la région de l’Est, en septembre 2013. Il a été conduit à Yaoundé où il est toujours gardé en captivité en un lieu inconnu du public.

Les agriculteurs de Centrafrique en situation de grande fragilité

0

RFI  /  CNC

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Les-agricuteurs-en-centrafrique-en-situation-de-grave-difficulté.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Les agricuteurs en centrafrique en situation de grave difficulté

En Centrafrique, le pire a été évité en matière de sécurité alimentaire. En dépit du lourd impact de la crise sur le monde rural, les paysans ont réussi à planter, grâce à l’aide internationale. Pas de famine dans les campagnes, donc, mais beaucoup de paysans restent dans une situation fragile, car la production de cette saison agricole sera loin d’être exceptionnelle. Aujourd’hui Bimon, un village situé à une trentaine de kilomètres de la capitale qui alimente traditionnellement Bangui, va mieux, mais paie encore le prix de la crise.

Avec nos envoyés spéciaux à Bimon

Le village de Bimon, qui avait subi des destructions lors d’un passage de la Seleka, va maintenant mieux. Cette femme a reconstruit un grenier pour sa récolte de maïs. ©Bertrand Haeckler, Laurent Correau/RFI

Après les destructions causées par la Seleka lors de son passage, le village de Bimon, dans l’Ombella Mpoko revit, petit à petit. Certains ont reconstruit des greniers où s’entassent les épis de maïs. D’autres ont pu reconstituer un élevage de canards ou de porcs. Les résultats de cette campagne agricole ne sont pourtant pas extraordinaires. Avec le climat d’insécurité de ces derniers mois, les paysans n’ont pas pu cultiver des parcelles aussi grandes que d’habitude.

Giscard Pany, agriculteur à Bimon explique que les violences n’ont pas permis aux villageois de cultiver la même surface de champs que d’habitude : « parce qu’il y avait la présence des hommes armés qui sont venus dans le village, on était refusé dans la brousse. Donc on n’a pas eu le temps de travailler le champ en grand surface ». Non seulement le temps a manqué, mais les semences aussi. Car la crise a fait arriver à Bimon des milliers de déplacés, des bouches supplémentaires qui ont vidé les greniers. Thomas Beya, un autre paysan du village raconte comment cela s’est passé : « A partir du moment où ils sont arrivés, ils ont augmenté les effectifs de la population existante, donc les semences ont été mangées, les greniers ont été utilisés ». La distribution de semences et d’outils par le gouvernement, la FAO et les humanitaires a permis d’éviter la catastrophe, mais déjà certains expliquent qu’ils ne peuvent écouler leurs produits. La crise a ruiné l’économie locale. Et pour l’instant, les acheteurs de Bangui traumatisés par les violences passées tardent à revenir.


■ Le point de vue de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation

Pour Pierre Vauthier, qui coordonne la réponse d’urgence de la FAO en Centrafrique, les réserves risquent d’être assez vite épuisées. Il faudra donc, selon lui, accompagner les paysans sur d’autres cultures, d’autres activités pour qu’ils puissent traverser la période de soudure : « Il y avait un énorme problème au début de la saison agricole de manque de semences. Les gens avaient perdu ça puisqu’ils s’étaient fait piller les stocks, ils avaient d’énormes problèmes pour replanter et ressemer. »

Il y a donc eu une énorme opération qui s’est faite afin de distribuer des semences, et notamment en Centrafrique pour éviter des situations de famines. Pour Pierre Vauthier,« la situation est extrêmement préoccupante, puisqu’en fait on sait que l’on n’a pas pu enrayer une réduction des superficies cultivées. Parce que d’abord les gens se sont déplacés, ils n’ont pas eu la totalité du temps pour pouvoir réouvrir les parcelles. De plus, tout le bétail de traction animale a été volé, donc il va y avoir une réduction de la production. Ce qui va se traduire par une réduction des stocks. Est-ce que ces réserves seront suffisantes pour tenir jusqu’à la prochaine récolte ? Ça c’est un élément important. Il va donc y avoir un besoin pour les agriculteurs de lancer d’autres petites productions pour compenser cette perte, notamment le petit élevage mais aussi agrandir, si nécessaire, les jardins potagers qui permettront de compenser, dans une certaine mesure, ce manque à se nourrir. »

Autre sujet de préoccupation en Centrafrique, la période de transhumance des troupeaux approche. D’intenses déplacements de bétail sont attendus dans les tous prochains mois. Seulement la transhumance est un peu particulière cette année : d’abord parce que les groupes armés se sont multipliés sur les routes traditionnelles et aussi parce qu’on ne sait pas comment les peuls Mbororo qui conduisent les troupeaux, et qui ont été l’une des populations prises pour cible ces derniers mois, vont se comporter vis à vis des communautés sédentaires. Pour Pierre Vauthier, il faut rapidement permettre un dialogue à l’échelon local entre communautés villageoises et pasteurs pour éviter que de nouvelles violences ne se déclenchent : « C’est un phénomène régional, le bétail et les éleveurs arrivent du Tchad, du Soudan du Sud, du Cameroun et parfois même de plus loin. Ils viennent à la saison sèche pour faire pâturer le bétail dans les régions de Centrafrique et même, il faut rappeler qu’il y a des transhumants centrafricains, il y a des peuls centrafricains, et qui eux aussi ont été victimes de cette guerre, ils ont perdu le bétail, ils se sont fait bloquer dans certains endroits, il y a eu des populations de peuls qui ont été extrêmement victimes de cette guerre. Le problème cette année, la présence de milices ou la présence de groupes armés sur les zones traditionnelles, c’est-à-dire, les voies de transhumance, va faire que ces gens là vont très probablement changer les routes». Pour la FAO, il s’agit d’un point crucial car les gens vont passer dans d’autres zones pour lesquelles il n’y a pas eu d’accord, de discussions préalables et ça, ça va peut-être poser problème dans les villages qui vont être traversés. «La transhumance s’effectue toujours avec des hommes en armes pour protéger le bétail, donc ça va être des facteurs de tension, d’enflammement de certaines zones. Pour nous c’est absolument important qu’il y ait un dialogue qui se noue entre les populations des villages et ces éleveurs transhumants », alerte Pierre Vauthier.

RFI

Journée internationale de la paix : L’imam Awad Al Karim et le diacre Narcisse Bouméa ont prêché la paix et l’amour

0

RNL  /  CNC

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Journée-internationale-de-la-Paix-en-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Journée internationale de la Paix en Centrafrique

Un imam et un diacre assis côte-à-côte, cela n’arrive pas souvent dans la capitale centrafricaine, Bangui, déchirée par des conflits entre communautés. C’est pourtant ce qui s’est passé dimanche dans le Troisième arrondissement à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la paix, cette paix dont les Centrafricains ont besoin aujourd’hui plus que jamais.

L’imam Awad Al Karim et le diacre Narcisse Bouméa ont tous deux prêché la paix et l’amour, lors de cette cérémonie organisée par la Coordination de l’action humanitaire et  de développement (C A H D) autour du thème  « Jeunesse et paix ».

« Je souhaite que cette journée de retrouvailles entre musulmans et non musulmans autour de la question de la paix soit renforcée, soutenue afin de sortir notre pays de ce chaos dans lequel il sombre », a déclaré le diacre.

« Tout ce que nous vivons aujourd’hui avec les différents conflits provient de la jeunesse, manipulée. Il appartient donc à la jeunesse de prendre ses responsabilités, de rechercher la paix et la stabilité », a renchéri le président de la CAHD, Mahmoud Hissene.

Abdoulaye Abdourahamine, un jeune étudiant, présent à la cérémonie, a été touché par cette interpellation. « Le rétablissement de la paix doit se faire par les jeunes centrafricains, qu’on soit musulman ou non musulman. Ce ne sont pas les forces étrangères qui vont nous ramener la paix dans le pays. Les forces internationales ne peuvent nous obliger à saluer nos frères. C’est une affaire de cœur, car ensemble nous pouvons mieux faire », a-t-il dit.

Les échanges ont été clos par l’hymne national, la Renaissance.

La paix, la paix ! Ce mot est également revenu plusieurs fois lors d’une sensibilisation menée le même jour au site de déplacés de l’aéroport Bangui M’Poko, dans le Cinquième arrondissement, par la Coordination Elé Songo (Ndlr : vivons ensemble en sango) de la paroisse Saint-Michel. Là aussi, il s’agissait de célébrer la Journée internationale de la paix.

Les orateurs ont exhorté les habitants des 3ème et 5ème arrondissements encore sur ce site des déplacés à regagner leurs domiciles et à vaquer librement à leurs occupations. « Nous avons constaté qu’il y a une parfaite cohabitation dans les 3ème et 5ème arrondissements et que dès lors les gens peuvent revenir chez eux », a indiqué  Maxime Yabota, membre de la Coordination.

Dans son intervention, la ministre de la Réconciliation nationale, Jeannette Déthoua, a, elle aussi, exhorté les Centrafricains à dire non à la haine et à la violence.  « Je ne peux qu’appuyer ce message de paix des Nations unies à l’endroit du peuple centrafricain ; un message qui interpelle chacun de nous à arrêter la violence, la haine et à promouvoir la paix pour une cohésion sociale durable. Nous devons nous parler sans haine, apprendre à nous parler avec amour, à éviter d’entretenir la haine au sein de la population », a-t-elle déclaré.

La Journée internationale de la paix a été instituée en 1981 par l’ONU afin de renforcer les idéaux de paix dans le monde.

RNL

20 personnes tuées par Boko Haram au Cameroun

0
AA  / CNC
Il s’agit du nouveau bilan de l’attaque, dimanche, du marché du village Tourou, situé près de la frontière avec le Nigéria.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Boko-Haram-tue-20-personnes-au-Cameroun.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Boko Haram tue 20 personnes au Cameroun

Un élément des forces de défense camerounaises ainsi que 19 civils ont été tués par les membres de Boko Haram dimanche à Tourou un village situé près de la frontière avec le Nigéria, selon un nouveau bilan fourni lundi de source sécuritaire.

Ces personnes sont mortes à la suite d’une attaque qui a eu lieu au marché alimentaire du village Tourou, a indiqué à Anadolu la même source.

«Des hommes de Boko Haram ont attendu qu’il y ait beaucoup de monde au marché pour faire une incursion armée. Ils ont tiré des coups de feu et trois civils qui étaient présents au marché ont été tués», avait expliqué, dimanche soir, cette source sécuritaire à Anadolu, en fournissant un premier bilan.

La source avait ajouté que les assaillants ont ensuite été repoussés et le calme est revenu dans le village.

Lundi midi, la source sécuritaire a tenu à apporter d’autres précisions en soulignant que « Ce matin, nous avons trouvé d’autres corps de personnes tuées. Le nouveau bilan est aujourd’hui de 20 personnes tuées par Boko Haram soit un gendarme et 19 civils», ajoute la source qui souhaite «que ce bilan ne s’alourdisse pas ».

James Ntog

Cameroun : Un éleveur camerounais tué en Centrafrique par des anti-balaka

0

MBOA Connect  /  Corbeau news

Anti-Balaka-saffrontent-à-nouveau-dans-le-quartier-Boy-Rabe-de-Bangui-.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/08/Les-Anti-Balaka-saffrontent-à-nouveau-dans-le-quartier-Boy-Rabe-de-Bangui-.jpg” alt=”Les Anti-Balaka s’affrontent à nouveau dans le quartier Boy-Rabe de Bangui” width=”497″ height=”282″ />

Le corps criblé de balles d’Alhadji Nana Yerima Alim a été enterré ce 18 septembre 2014 au cimetière musulman de Ngaoui, localité camerounaise située non loin de la frontière avec la République centrafricaine. Cet éleveur parti du Cameroun a été abattu en territoire centrafricain alors qu’il revenait du marché du bétail.

Joint au téléphone, le maire de la commune d’arrondissement de Ngaoui a affirmé que l’éleveur a été tué par des anti-balakas qui le connaissent d’ailleurs bien. Le véhicule d’Alhadji Nana Yerima Alim a été attaqué vers 22h ce 17 septembre 2014. « Nos sources affirment qu’il avait refusé de s’arrêter à un barrage des anti-balakas cette nuit-là », raconte le maire, Abdouramane Labi. Le sous-préfet, Garga Diguir, ajoute que le défunt éleveur était un habitué des localités centrafricaines de Degaule et Bouar où il allait acheter ou vendre des bœufs.

Des sources sécuritaires camerounaises indiquent la présence d’éléments anti-balakas au village camerounais d’Alamdou, séparé de la Rca par une rivière. Ici, la fraction de la milice est dirigée par un certain général Ndalè qui exige régulièrement des éleveurs Bororos le payement d’une taxe. Le sous-préfet de Ngaoui assure que des militaires et des gendarmes ont été déployés dans la localité.

Y. NECDEM

SENEGAL/TABASKI : Les mauvais présages de l’édition de cette année (2014)

0

 « Le Témoin N° 1177 »  // Corbeau News Centrafrique

 

Tabaski 2014, le mauvis presage

Il ne sera pas nécessaire d’attendre les prédictions des oracles pour savoir que le mouton sera, cette année, exceptionnellement rare et, donc, cher. L’année dernière, de nombreuses familles se sont passées du rituel indiqué pour sacrifier ce ruminant invisible la veille de la fête. Les brebis et les chèvres ont servi de substitution, à des prix impensables entre 80 000 pour les cabris et 150 000 FCFA pour la femelle du mouton.

Certains nous prendraient pour des oiseaux de mauvais augure, arguant que nos prédictions tendraient bien au contraire à encourager les spéculateurs et autres « téfankés » (éleveurs) du dimanche, à donner dans la surenchère. Le sombre dessein de ces derniers : mieux écouler les moutons de case à des prix de cinq voire six chiffres défiant tout bon sens. Soit ! Mais, la spéculation a été toujours une constante essentielle dans la tabaski, période critique pendant laquelle la loi du marché fonctionne à plein régime. Au détriment des plus démunis pris en tenaille entre les pressions sociales et la réalité de la trésorerie en tension suprême. L’offre étant, selon les années, nettement plus élevée que la demande. L’inverse pouvant aussi se vérifier selon des paramètres économiques, techniques et sociaux variables d’une édition à l’autre. L’année dernière fait justement partie de ces années-références, qui ont marqué l’esprit des fidèles par la rareté et la cherté des moutons. Des pénuries graves ont été durement vécues à Dakar, Thiès, Saint-Louis et Ziguinchor notamment. Et ce en dépit des promesses fermes faites par le ministre de l’Elevage, la vaillante Aminata Mbenque Ndiaye. Pour cette année, en tout cas, elle s’est entourée d’un maximum de précautions oratoires. Et même après sa visite au Mali et dans les zones d’élevage et de concentration du bétail comme Kaffrine, la zone sylvo-pastorale, les régions du nord, du centre et du sud-est, elle se garde de prononcer un taquet. La pénurie est possible et même probable, dit-elle sans complexe, à quelques quantièmes de l’Aïd El Kebir. A bon entendeur, salut !

        On peut bien la croire, elle qui maîtrise si bien son sujet. Les ingrédients de la pénurie sont là, inexorablement installés. Ils ont un nom et un visage. L’hivernage tardif, peu généreux en pâturages, a démultiplié les coûts d’alimentation du bétail, l’herbe étant introuvable. Et la zone du Ndoucoumane, habituel point de chute des transhumances, a accueilli peu de ruminants, cette année, comme l’an passé aussi. De plus, le psychodrame international créé par l’irruption brutale de la terrifiante fièvre Ebola limitera forcément les transhumances animales, et certainement les transactions humaines, sociales et commerciales. Sur environ un million de bêtes sacrifiées chaque année au Sénégal, près de la moitié nous viennent du Mali (350 000) et de la Mauritanie (un peu moins de 200 000), de la Gambie et très accessoirement de la Guinée.

Autre facteur bloquant, l’insécurité grandissante et l’odieux racket organisé par certains « corps habillés» plus enclins à tirer profit de cette aubaine que d’assurer la sécurité des éleveurs et des clients. La grande psychose des fournisseurs maliens se trouve précisément dans cette insécurité grandissante aux alentours des foirails et autres points de vente. Trop d’agressions, trop de vols et d’astuces très habiles pour créer des confusions et permettre aux cartels de malfaiteurs de s’incruster pour accomplir leur forfait. Et pourtant, sur les dizaines de points de vente, beaucoup sont équipés d’infrastructures d’eau, d’éclairage, de toilettes, de dispositifs de sécurité, gérés par les comités de veille en rapport avec les policiers et les gendarmes. Qui plus est, les autorités sénégalaises ont consenti d’importants sacrifices pour alléger voire supprimer momentanément les charges fiscales et autres patentes frappant le bétail. Ces efforts d’exonération et de soulagement ont été faits dans le domaine du transport des moutons et leur mobilité dans l’ensemble du pays. Malgré toutes ces mesures, les éleveurs maliens marquent le pas et semblent peu encouragés à traverser la frontière.

        Certains consentent dans le meilleur des cas à injecter à doses homéopathiques des lots de moutons qu’ils entendent d’abord écouler avant de lâcher d’autres hordes à la conquête du juteux marché sénégalais. Du côté de la Mauritanie, les flux se sont ces dernières années réduits comme une peau de chagrin. Nos voisins du nord préfèrent consommer leur production, plutôt que de subir les tracasseries de toutes sortes. Depuis 1989, date de la crise sénégalo-mauritanienne, les transactions commerciales entre les deux sont en nette décroissance. Nouakchott a choisi de regarder plus vers son nord que son sud. Le Maroc aussi s’approvisionne de plus en plus en Mauritanie et accessoirement au Mali. Il devient un client plus sécurisé et il est vrai culturellement, politiquement et économiquement plus fertile, que le Sénégal. C’est du moins ce que pensent les éleveurs maures, pour qui le Sénégal n’est la plus grande destination qu’il a été jusqu’à la crise. Ce changement de système d’approvisionnement n’est pas sans conséquence sur la pénurie prévisible et, probablement, sur le prix du mouton. Dans la sous-région, le Sénégal est le marché le plus porteur, car les prix d’acquisition sont sans commune mesure avec ceux pratiqués chez nos voisins. Certes, notre cheptel est moins important parce que les zones d’élevage et pâturage sont plus réduites. La pratique intensive et l’auto-consommation restent encore largement répandues au Sénégal.

       Ce alors que, chez nos voisins, les ressources animalières commencent à être gérées comme une véritable filière industrielle et commerciale. En revanche, notre politique publique à ce niveau demeure encore trop velléitaire, pour provoquer ce changement de paradigme que les Sénégalais attendent. Le gouvernement a fait un pas intéressant en relançant le ranch de Dolly, jadis fleuron sous-régional de l’élevage. Mais la trop forte consommation d’ovins durant les nombreuses occasions de cérémonies religieuses, païennes, sociales et autres occasions festives limite considérablement nos capacités de production de caprinés.

        Chiffres illustratifs de cette énorme décimation : selon les statistiques officielles, on estime à 540 000 le nombre de naissances annuelles au Sénégal, avec un croit démographique de l’ordre 2,1 % et un pic à Dakar et Touba de 3 % environ. Il est facile de constater qu’en prenant pour référence les 95 % de musulmans que compte notre pays, on comprend dès lors l’amplitude des consommations en espèces ovines. Les citoyens de confession chrétienne consomment aussi beaucoup de moutons dans leurs fêtes. A quoi il faut ajouter les occasions festives, soirées mondaines, la célébration du Magal de Touba, du Maouloud, les rites sacrificiels et la consommation domestique habituelle.

        Dans ces conditions, la reconstitution du cheptel se fait très difficilement. Et le déficit chronique s’en suit, autant qu’une inflation galopante, qui amène le prix du kilogramme de mouton régulièrement entre 2500 et 3000, en période hors Tabaskl. Et du coup, les répercussions sont prévisibles dans l’acquisition du mouton de l’Aïd, pour honorer le sacrifice d’Abraham. Se conformer à ce rite fortement recommandé devient dès lors un vrai casse-tête, une psychose handicapante pour de nombreux chefs de famille. L’urbanisation rapide de notre pays (45 % des 13,8 millions de Sénégalais vivent en ville), contribue à disséminer et cristalliser des pratiques et des réflexes peu vertueux, comme l’envie, la jalousie, le mimétisme, les complexes d’infériorité et de supériorité, le m’as-t-vu, le combientième. En somme toutes les vices et tares que la société de consommation productrice de cette culture urbaine, insatiable, boulimique, extravertie et dispendieuse est capable de produire et d’instiller dans nos mœurs. La tabaski est ce marronnier sempiternel qui enlace les pauvres parents dans une véritable psychose. Et, parfois, dans des psychodrames conduisant à des séparations de couples, des déchirements dans les ménages, des frustrations chez les enfants. En plus du mouton, il faut habiller tout le monde du cap aux pieds, assurer l’accompagnement de la cuisson. Et s’apprêter, pour ceux qui en ont la force et l’énergie et sans doute les moyens, pour les soirées mondaines qui, de manière virale, s’accrochent comme des sangsues à cette fête, pourtant éminemment religieuse. Le sens du sacrifice exclut a priori toute autre interprétation, ne serait qu’impuissance, et addiction à la fête. C’est toute notre société qui en souffre et toutes les complaintes qui ponctuent chaque année cette célébration prennent l’allure de commensal au lieu d’apporter les vraies solutions.

        A preuve sait-on qu’aux foirals de Dakar et des grandes villes, des brebis enceintes sont égorgées sans pitié et leur progéniture en gestation balancées dans la nature, avec une inclassable désinvolture ? Dans une émission diffusée par une radio de la place, un homme du sérail racontait le spectacle ahurissant de terrain jonché de « fœtus » et de cadavres d’agneaux qui, quelques jours, voire quelques heures plus tard, auraient vu la lumière crue du jour. Ces gigots, côtelettes, filets ou épaules qui ornent nos couverts et remplissent nos panses seraient moins onctueux si leur traçabilité était établie. Au vu de tout cela, on a presque envie de rejoindre le club de l’actrice française Brigitte Bardot et de s’abonner à la ligue des végétariens !

        Car non seulement ces exterminations sont insupportables, mais encore elles sont économiquement néfastes et improductives, et, au bout du compte, dévastatrices de notre écosystème. Hélas, du moins en apparence, ce drame ne semble gêner personne, la fin justifiant les moyens.

ALY SAMBA NDIAYE

Le temoin senegal

Article paru dans « Le Témoin N° 1177 » –Hebdomadaire Sénégalais ( SEPTEMBRE 2014 )

 

L’EUFOR CENTRAFRIQUE à mi-mandat

0

FOB  /  CNC

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/Eufor-centrafrique-à-mi-mandat.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Eufor centrafrique à mi mandat

Cinq mois après son lancement et après trois mois de déploiement effectif, l’EUFOR (European Union Force) en République Centrafricaine, est à présent à mi-mandat. L’occasion pour son commandant, le général Philippe Pontiès, de faire un bilan d’étape devant la presse en fin de semaine dernière. Avec ses 750 soldats et gendarmes, l’EUFOR patrouille dans les 3ème et 5ème arrondissements de Bangui et contrôle l’aéroport de M’Poko. « Des patrouilles denses et permanentes pour créer les conditions d’un retour à la normale et préparer le déploiement de l’ONU » a rappelé le général Pontiès. On compte aujourd’hui environ 250 français au sein de la force. Les autres pays participants sont la Géorgie, l’Espagne, la Lettonie, la Finlande, l’Italie, etc. Au total, sept à huit pays suivant les relèves. L’EUFOR est elle-même organisée en un bataillon multinational, une composante forces spéciales (confiée à l’Espagne), une composante gendarmerie (avec des Français, des Espagnols et des Polonais) et une composante logistique. L’ensemble travaille en bonne intelligence nous dit-on avec la force Sangaris et la MISCA (Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique).

Selon le général Pontiès, le bilan de l’EUFOR est aujourd’hui positif : il se traduit notamment par des conditions de sécurité en hausse avec le retour d’une activité économique dans des lieux autrefois désertés, avec l’exemple emblématique du point kilométrique 5. Théâtre de nombreuses violences en début d’année, le PK5 accueille aujourd’hui de nouveau des taxis et des étals de commerçants. Ce retour à la normale s’accompagne du relogement de nombreux déplacés qui étaient 100.000 autour de l’aéroport en janvier et ne seraient plus aujourd’hui que 20.000. Le général Pontiès cite également le rétablissement de la chaine pénale à Bangui avec la formation de policier et de gendarmes locaux. Selon son commandant l’objectif de l’EUFOR doit être à présent de consolider les acquis, de poursuivre le désarmement des bandes et de développer les actions civilo-militaires. En théorie, la responsabilité de la sécurité devrait être transmise progressivement aux Nations Unies et à la Minusca (Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en Centrafrique, un des plus beaux acronymes de ces dernières années…), le mandat de l’EUFOR devant officiellement se terminer le 15 décembre prochain. Pas certain toutefois que cette date soit respectée. Le 10 septembre dernier, Jean-Yves le Drian évoquait lui-même la possibilité de prolonger le mandat de la Force de trois mois, c’est à dire jusqu’au 15 mars 2015. La décision de prolonger ou non le mandat sera prise fin octobre ou début novembre. Une prolongation exigerait bien entendu l’accord préalable des nations participantes, ce qui n’est pas encore acquis…

Forces Opérations.

Les Nations unies en Centrafrique: reconstruire un pays

0

La Presse  /  Corbeau news

Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/09/les-casques-bleus-en-Côte-dIvoire.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>les casques bleus en Côte d'Ivoire

Les Nations unies ont officiellement pris en charge cette semaine le maintien de la paix en Centrafrique, déchirée par des violences intercommunautaires qui ont fait des milliers de morts depuis près de deux ans. La Presse en a discuté avec Jocelyn Coulon, directeur du Réseau de recherche sur les opérations de paix, affilié à l’Université de Montréal.

«Tout est à refaire en Centrafrique… from scratch», résume Jocelyn Coulon. Le pays est effectivement ruiné par plusieurs décennies de crises successives. La dernière en date a donné son lot d’images tragiques, depuis le début de 2013: des scènes de pillages, des dizaines de milliers de personnes réfugiées à l’aéroport de la capitale, Bangui, et des lynchages populaires.

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca), entrée en scène lundi, devra maintenir la paix et ainsi instaurer des conditions propices à la reconstruction du pays.

Or, pour réussir, il est «impérieux» que les effectifs soient déployés dans tout le pays, estime Jocelyn Coulon. «L’échec des 11 dernières opérations de paix depuis 1997 repose sur cette incapacité de contrôler le territoire en dehors de la capitale. On envoyait quelques centaines d’hommes pour protéger Bangui et le gouvernement, ils ne sortaient pas de la ville et les mouvements rebelles se reformaient. On assistait au cycle éternel du coup d’État, du rebelle qui prend le pouvoir et après deux ans, ça s’effondrait. Cette fois, il y a un plan détaillé, une force robuste et un budget approprié.»

Forte pour l’instant de 7600 hommes, pour la plupart issus de la mission de paix de l’Union africaine qui l’a précédée, la MINUSCA comptera bientôt des effectifs de 10 000 soldats et 1800 policiers pour remplir son mandat, avec un budget pour sa première année de 278 millions de dollars. Elle peut aussi compter sur l’appui de la mission française Sangaris ainsi que sur la force européenne Eufor-RCA, qui doit sécuriser Bangui.

Ensemble, ils devront maintenir la paix sur un territoire grand comme la France, peuplé de cinq millions d’habitants, classé 185e sur 187 pays au classement de l’indice de développement humain.

Un large mandat

Littéralement au centre de l’Afrique, la Centrafrique est enclavée entre le Cameroun, le Tchad, les deux Soudan et les deux Congo. Elle est depuis plus de 20 ans «secouée par les coups d’État, les rébellions, les violations de son territoire par ses voisins, le pillage de ses ressources et la destruction de ses maigres infrastructures», explique Jocelyn Coulon.

Le mandat confié à la MINUSCA est large: protection des civils, appui à la transition politique, extension de l’autorité de l’État, maintien de l’intégrité territoriale, facilitation de l’acheminement de l’aide humanitaire et démobilisation des éléments armés. «Je prévois que la MINUSCA sera en Centrafrique pour 10 ou 20 ans», prévient Jocelyn Coulon.

La MINUSCA entraîne dans son sillage une panoplie d’autres institutions internationales, qui pourront travailler dans un cadre plus sécuritaire. «C’est toute la puissance de l’ONU qui est au service de la mission», dit Jocelyn Coulon.

Il cite l’exemple de la Banque mondiale, qui «viendra appuyer le mandat de construction économique», ou l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’Agriculture, qui «va financer des programmes pour alimenter la population, s’assurer que l’agriculture puisse reprendre dans le pays».

À ceux qui doutent de l’efficacité des missions de paix de l’ONU, Jocelyn Coulon répond par une question: «S’il n’y avait pas de mission au Congo depuis 1999, où serait le Congo?» Selon lui, la MONUSCO «a apporté une certaine stabilité» dans ce pays grand comme un continent, lui aussi en déliquescence.

Jean-Thomas Léveillé

RCA : LE TOURISME VECTEUR DE PAIX

0

Corbeau news Centrafrique

le tourisme vecteur de la paix

Le tourisme est un vecteur de paix,  un enjeu économique majeur pour la Centrafrique  à travers le monde. Mais si le tourisme est un facteur de paix et d’échange est- il un réel moyen de communication entre les Communautés ? Pour répondre à cette  question, nous allons voir l’effet positif du tourisme  pour la Centrafrique qui est source d’enrichissement culturel et de diversité.

La paix demeure le but primordial de tous les peuples dans ce monde et plus particulièrement  en Centrafrique pays en quête de cette paix. Aussi, nombreuses sont ces femmes, hommes et jeunes  qui œuvrent  à l’acquisition d’une paix durablement en Centrafrique. Des lors, quelles sont les conditions d’une paix durable en Centrafrique nous pensons c’est  le pardon sincère et que cela ne se répète plus   ? Sans oublier  la reconnaissance des droits de l’homme favorisent l’établissement d’une paix durable. Les  Centrafricains et l’ensemble de la classe politique Centrafricaine sont tenus de faire preuve de maturité et de  patriotisme  afin que le pays puisse retrouver le chemin de la paix rapidement.  
Tournons définitivement le dos à la guerre. Disons au revoir à tous ceux qui veulent diviser  notre pays la Centrafrique. Il faut multiplier notre capacité par deux.
La reconnaissance des droits des hommes favorisent l’établissement d’une paix durable dans la mesure où la paix ne peut s’installer de manière définitive dans un pays tel que la Centrafrique  où les droits humains sont violés. En effet, lorsque les principes tels que le droit à la liberté, à la vie, à l’éducation, au logement ne sont pas respecté, le mot « paix » perd tout son sens. Partant de là, dans un Etat où les populations ne sont pas libres, règne un climat d’instabilité. Il ne peut y avoir de paix durable car le droit à la vie et à la liberté sont les fondements même et la survie de la paix.
En plus de cela, les facteurs de développement et la démocratie ne suffisent pas à l’aboutissement d’une paix définitive dans la mesure où chaque Centrafricain devrait  contribuer à l’instauration de paix dans son foyer, son quartier et son arrondissement. La  haine apparait donc comme un obstacle à l’application de  la paix et pour ainsi dire à l’acquisition d’une paix durable. Mais en acceptant des critiques

Simon Koitoua

Simon Koitoua

Cameroun-Centrafrique: Les Rebelles du FDPC d’Abdoulaye Miskine ont enlèvé 9 personnes au Cameroun

0

Par: Xinhua  /  Corbeau news Centrafrique

Le Chef rebelle Abdoulaye Miskine et ses éléments en Centrafrique

Neuf personnes dont un chef de village de l’Est du Cameroun ont été enlevées lors d’un assaut mené samedi matin par les combattants du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), groupe rebelle créé par Abdoulaye Miskine détenu depuis un an à Yaoundé, a-t-on appris samedi soir d’ une source sécuritaire dans la région.

Ces otages, selon cette source, sont des villageois de la localité de Béthanie frontalière de la République centrafricaine ( RCA) et proche des bases du FDPC qui avait pris part au conflit entre l’ex-alliance rebelle de la Séléka et le régime de François Bozizé avant de s’en éloigner au moment de l’offensive finale ayant conduit à la prise du pouvoir de Michel Djotodia le 24 mars 2013 à Bangui.

“Ce sont des personnes qui se rendaient au champ. Le chef du village en fait partie. Comme c’est une zone où les populations vont d’un côté à l’autre de la frontière, les rebelles de Miskine ont profité de cette liberté de mouvements pour mener leur incursion.Pendant des heures, ils ont tiré des obus en direction de notre territoire. Ils réclament la libération de leur chef”, a- t-elle relaté.

De son vrai nom Martin Koumtamadji, le général Abdoulaye Miskine est un chef rebelle présenté comme étant originaire du Tchad mais un acteur clé de la lutte armée en RCA.

Il est pour cette raison signataire d’un accord de cessez-le- feu avec l’ex-régime centrafricain de François Bozizé en février 2007 sous le parrainage du défunt dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

Il s’était cependant tenu à l’écart du dialogue intercentrafricain sanctionné par un accord politique pour une sortie de crise dans ce pays pauvre d’Afrique centrale entre ce même pouvoir et ses adversaires dont l’ex-coalition de la Séléka le 11 janvier 2013 à Libreville (Gabon).

Blessé lors d’une attaque de celle-ci contre ses positions quelques semaines plus tard, il s’était réfugié avec une partie de ses hommes à Bertoua, principale ville de l’Est du Cameroun où cette présence avait fini par agacer les autorités de Yaoundé, non contentes des attaques répétées contre les forces de sécurité nationales basées dans cette région.

C’est ce qui explique son arrestation suivie de son transfert en septembre 2013 dans les services de renseignement camerounais à Yaoundé où il reste en détention un an après.

Il y a quelques mois, les combattants du FDPC avaient déjà enlevé une vingtaine de personnes lors d’une attaque contre Garoua- Boulaï, ville camerounaise située près de la frontière avec la Centrafrique, avant de les libérer par la suite après des négociations avec les autorités camerounaises. F

 
Xinhua