Des témoins musulmans ont dénoncé la présence parmi les militaires centrafricains de certains qui avaient commis des crimes contre la population musulmane
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/08/Soldats-Estoniens-de-lEofr-RCA.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Soldats Estoniens de l’Eufor-RCA
Les forces européennes en RCA (Eufor) ont mené une opération limitée de «désarmement» dans le quartier musulman de KM5 de Bangui, ciblant un musulman mené d’une arme artisanale, sans l’arrêter, ont rapporté à Anadolu des témoins oculaires. Des militaires relevant de l’Eufor, accompagnés des forces armées africaines (Faca) ont tenté, jeudi soir, d’arrêter Mohamed Adam Suleiman, un ancien militaire centrafricain, devenu un des gardiens des postes de surveillance du quartier musulman contre les attaques des anti-balka. Il était «mené d’une arme artisanale et de grenades» au KM5. Mais, ses voisins et ses connaissances se sont opposés à son arrestation. Du coup, des tirs et des détonations se sont entendus, d’après les mêmes témoins.
Revenant sur les vraies raisons de ces heurts, certains témoins musulmans qui ont préféré s’exprimer sous couvert d’anonymat ont indiqué qu’il y avait parmi les gendarmes centrafricains qui accompagnaient l’Eufor, certains qui avaient commis des crimes contre la population musulmane, au commencement de la crise centrafricaine (2012, ndlr). Ces derniers continuent selon eux à «s’en prendre à leurs cibles, à travers les militaires européens».
Le concerné, Suleiman, qui est resté libre, a pour sa part, expliqué à Anadolu: «j’avais entendu du bruit devant ma maison, je suis sorti VOIR ce qui se passait, j’ai trouvé une dizaine de militaires avec une femme, je leur ai demandé de s’éloigner, mais ils ont refusé et demandé mes armes. C’est vrai que j’avais un pistolet que j’ai récupéré auprès des Anti-Balaka, mais c’était juste pour ma sécurité et celle de mes frères. Les militaires en question me l’ont confisqué et là je n’ai plus de quoi me défendre contre les anti-balaka». Les mêmes témoins ont, dans le même ordre d’idées, dénoncé la méthode musclée de l’Eufor et des Faca, lors de cette descente. Pour preuve, ils ont pointé du doigt les traces des grenades « tirées par l’Eufor » qui figuraient encore sur les murs, au moment de leurs témoignages.
Joint par téléphone, le commandant Femex, chargé de communication de l’Eufor a nié toute ouverture de feu de la part des forces qu’il représente et des gendarmes centrafricains. Il a également insisté sur la neutralité des forces centrafricaines collaborant avec l’Eufor.
En avril dernier, de retour d’une mission à Bangui, le sénateur Christian Cambon avait interpellé le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, via une question écrite, sur les conditions de vie des militaires français engagés dans l’opération Sangaris, lancée le 5 décembre 2013 afin de mettre un terme aux violences entre combattants de l’ex-Séléka et miliciens Anti-Balaka en Centrafrique.
Un soldat français de Sangaris dans Bangui en RCA
Le parlementaire avait affirmé avoir pu « constater que les conditions de vie pour les soldats français étaient très précaires », avec des repas « très frugaux » et « rarement chauds », l’existence de seulement « deux douches pour tout le camp », l’absens de moustiquaires, etc…
« Les conditions sont moins difficiles que dans les camps de réfugiés mais une armée comme celle de la France ne doit pas faire subir de telles contraintes à ses soldats », avait conclu M. Cambon dans sa question écrite.
Bien évidemment, ces conditions ont des conséquences sur les soldats engagés en Centrafrique. Conséquences constatées le mois dernier par les députés Olivier Audibert Troin et Émilienne Poumirol lors d’une visite au sas de décompression de Paphos (Chypre), à l’occasion de la relève faite en juin.
« Les hommes que nous avons rencontrés au retour de quatre mois d’opérations en RCA reviennent épuisés, physiquement et moralement. Ils travaillent sept jours sur sept, sans un seul après-midi de repos », a ainsi expliqué M. Audibert Troin, lors d’une réunion de la commission de la Défense, à l’Assemblée nationale. « En matière d’équipement, seul un engin sur deux envoyés en RCA était blindé ce qui pose des problèmes majeurs aux responsables de mission compte tenu des dangers encourus. Il y a en outre peu d’avions disponibles. (…) Encore un exemple : seulement 80 % des tentes sont équipées de la climatisation, ce qui pose de réelles difficultés du fait de la chaleur ambiante et de la fatigue accumulée », a-t-il ajouté.
Si, en mai, lors d’un passage sur les ondes de RMC, il avait minimisé ces conditions de vie très rustiques (« il ne faut pas exagérer« , avait-il dit), M. Le Drian annonça un « plan d’amélioration » quelques jours plus tard, à l’issue d’un déplacement à Bangui.
« À la suite de plusieurs informations qui me revenaient, j’ai souhaité parcourir le camp, j’ai parlé avec les uns et les autres. La rapidité de notre engagement explique pour beaucoup la situation. L’environnement de cette crise les difficultés locales pour la vie quotidienne font le reste », avait-il alors expliqué.
Finalement, la question posée par le sénateur Cambon a reçu une réponse quatre mois plus tard. « Initialement dimensionné pour héberger et soutenir un effectif d’environ 400 personnes, le camp de M’Poko à Bangui accueille actuellement 1 400 militaires participant à l’opération Sangaris », a d’abord rappelé le ministre.
« Des efforts importants ont été accomplis au cours des derniers mois en vue d’améliorer les conditions de séjour des militaires sur ce site. Des travaux d’extension et d’aménagement des capacités d’accueil du camp ont ainsi été réalisés par un détachement du 25e Régiment du Génie de l’Air, intervenant depuis Libreville. Outre les 450 places en dur du bâtiment principal, 268 tentes collectives, équipées de lits de camp avec moustiquaires, ont notamment été montées et, pour plus de 80 % d’entre elles, climatisées », a ensuite détaillé M. Le Drian.
S’agissant de l’alimentation électrique et de l’approvisionnement en eau potable, le ministre a indiqué que 5 groupes électrogènes ont été installés pour « pallier les éventuelles défaillances du réseau électrique local » et il a été nécessaire de forer des puits, afin d’offrir « aux militaires la possibilité de prendre au moins une douche chaque jour ». Enfin, une station d’épuration sera « opérationnelle dès la fin du mois d’août ».
Pour prévenir le paludisme et d’autres maladies, « toutes els dispositions nécessaires, incluant la distribution de solutions anti moustiques, ont été adoptées », affirme M. Le Drian. Enfin, il est désormais possible aux militaires affectés à Bangui de manger des « repas chauds au mess, dont les capacités en termes de service ont été considérablement accrues depuis le début de l’opération ». Un foyer a été également été ouvert. »
« Différents types d’actions complémentaires ont permis d’améliorer la vie quotidienne des militaires présents à Bangui », a encore indiqué M. Le Drian, en citant l’achat de téléviseurs et de cartes téléphoniques, ainsi que le « recrutement local de personnels civils affectés au service intérieur du camp ».
En revanche, pour les soldats des Groupements tactiques interarmes (GTIA) déployés hors de Bangui (« De Boissieu » dans l’ouest du pays et « Magenta » dans le centre), il n’est bien évidemment nullement question de tout cela. « Les unités intervenant sur le territoire centrafricain hors de Bangui s’alimentent au moyen de rations de combat », a précisé le ministre.
Au moins 22 personnes ont été tuées en Centrafrique lors de violents affrontements mercredi et jeudi entre miliciens anti-balaka et ex-rebelles Séléka à Batangafo (300 km au nord de Bangui), a-t-on appris vendredi auprès de la force africaine (Misca).
Les Anti-Balaka. Photo d’archive
Des éléments se réclamant des anti-balaka sont entrés dans la ville mercredi et ont commencé à tirer en direction des bases des ex-Séléka entraînant la riposte de ces derniers. On déplore au moins 22 morts, surtout parmi les civils. On compte aussi quelques anti-balaka et ex-Séléka, a indiqué à l’AFP sous couvert d’anonymat un officier de la Misca, qui a également fait état de plusieurs dizaines de blessés.
Vendredi matin, un calme relatif régnait dans cette localité du centre du pays, a poursuivi la même source, précisant que devant la violence de ces affrontements, les habitants ont fui en masse pour se réfugier à l’hôpital sous-préfectoral, à la base de la Misca, au domicile du Maire ainsi qu’à la mairie et à la paroisse.
On ne sait pas ce qui a amené les anti-balaka à provoquer ces affrontements, a déploré de son côté un habitant de Batangafo, Paul Ngaïmbé, joint au téléphone depuis Bangui.
Les villes de Batangafo, Bouca, Bossangoa, Markounda et Kabo se trouvent dans la préfecture de l’Ouham dont est originaire le président déchu François Bozizé, renversé en mars 2013 par la coalition rebelle à dominante musulmane dirigée par Michel Djotodia.
Dans les mois qui suivirent, les combattants Séléka devaient multiplier les exactions contre les populations majoritairement chrétiennes de la région, entraînant la création de milices d’auto-défense anti-balaka.
Les affrontements entre combattants des deux groupes ont plongé la Centrafrique dans une spirale infernale de violences inter-communautaires qui ont fait des milliers de morts, des centaines de milliers de déplacés et contraint les civils musulmans à fuir des régions entières du pays.
Après l’intervention française Sangaris en décembre 2013 pour appuyer la force africaine, M. Djotodia a été contraint à la démission. Depuis les autorités de transition tentent de pacifier le pays, avec le soutien de la communauté internationale.
Sous forte pression internationale, des représentants des anti-balaka et de l’ex-Séléka ont signé le 23 juin un accord de cessation des hostilités, dont la mise en oeuvre suscite beaucoup de scepticisme à Bangui.
Depuis hier, la tension n’a pas baissé dans la localité de km5 où la population locale s’oppose aux forces de l’EUFOR qui tentent de désarmer le secteur. Selon la première nouvelle reçue provenant des sources locales, ce matin, l’avenue Koudoukou et d’autres ruelles reliant km5 à d’autres quartiers sont barricadées par les groupes des jeunes de km5.
Les détails dans nos prochaines éditions.
Gisèle MOLOMA
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/08/La-mILa-MISCA-controle-la-manifestation-à-km5.-Photo-Agence-Diapora.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Les soldats de la MISCA encadrent la manifestation à km5. Photo Agence Diapora
Les soldats de la MISCA encadrent la manifestation à km5. Photo Agence Diapora
Les Soldats de la MISCA contrôlant la manifestation à km5. Photo Agence Diapora
La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (la Commission) suit avec intérêt la situation des droits de l’homme en République Centrafricaine depuis le début de la crise politico-militaire opposant, les ex-sélékas aux milices anti-balakas.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/06/Centrafrique-UA.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>La Commission est profondément préoccupée par la dégradation continue de la situation des droits de l’homme en République Centrafricaine suite aux multiples actes de violences commis par les différents groupes armés.
La Commission est en outre préoccupée par la crise humanitaire causée par les affrontements violents entre différents groupes armés ayant pour conséquences des pertes en vies humaines et des déplacements massifs et forcés de populations.
La Commission condamne fermement les actes de violence et les multiples violations des droits de l’homme commis par les différentes factions armées en République Centrafricaine.
La Commission accueille avec satisfaction l’entente décidée par les acteurs de la crise en République Centrafricaine qui a été matérialisée par la signature de l’accord de cessation des hostilités en République Centrafricaine survenue le 23 juillet 2014 à l’occasion du Forum de Brazzaville pour la réconciliation nationale et le dialogue en République Centrafricaine tenu à Brazzaville en République du Congo.
Elle déplore cependant le fait que cet accord ne traite pas de la question du désarmement des populations civiles.
La Commission exhorte le Gouvernement de Transition à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin aux violations des droits de l’homme et à s’assurer que les auteurs de ces actes soient traduits et poursuivis en justice.Elle exhorte les différents protagonistes à coopérer avec le Gouvernement centrafricain dans ses efforts visant à accélérer le processus de désarmement.
La Commission salue le travail accompli par les forces internationales dont la Mission internationale de soutien à la Centrafricaine sous Conduite africaine (MISCA) qui s’ attèle à garantir la sécurité, la sûreté et la protection des populations civiles dans les communautés affectées et sur tout le territoire centrafricain.
La Commission exhorte toutes les parties signataires à respecter et à mettre effectivement en œuvre l’Accord de cessation des hostilités et à poursuivre le dialogue constructif en vue de résoudre pacifiquement le conflit qui les oppose pour un rétablissement de la paix, la sécurité et la stabilité du pays dans le respect de l’intégrité territoriale;
La Commission invite en outre la Communauté Economique des Etats de l’Afrique centrale, l’Union africaine et la Communauté internationale à accompagner les acteurs politiques au respect et à la mise en œuvre effective de cet Accord.
La Commission invite enfin les Etats membres de l’Union africaine et la Communauté internationale à consolider, voire amplifier, leur aide à la Centrafrique en lui accordant les moyens conséquents pour réaliser la paix et la concorde entre tous les citoyens.
La Commission, en vertu de son mandat de promotion et de protection des droits de l’homme sur le continent, reste saisie de cette situation.
L’ancien président du haut conseil de la communication (HCC),de Centrafrique, l’écrivain et homme politique, Pierre Sammy Mackfoy est décédé ce jeudi à Paris en France, à l’âge de 79 ans, a appris APA auprès de sa famille.
Plusieurs fois ministre et auteur de plusieurs ouvrages pédagogiques et littéraires dont « l’Odyssée de Mongou » et « Mongou, fils de Bandjia ».
Malade à Bangui, le regretté avait été évacué en France par le gouvernement depuis plusieurs mois pour des soins médicaux.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/07/Population-de-Sibut-en-RCA.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Les habitants de Sibut, qui s’étaient pour la plupart réfugiés en brousse, se regroupent près des forces armées de l’opération Sangaris (Photo: le 1er février 2014).
République Centrafricaine
A Sibut, ville située à 300 kilomètres au nord de Bangui, des milliers de personnes sont toujours déplacées. L’ONU espère les faire rentrer. Cependant, malgré la signature d’un accord de sortie de crise, à Brazzaville, l’insécurité, liée aux affrontements sporadiques qui se poursuivent entre Anti-Balaka et Seleka dans les villages alentours, empêche toujours le retour des déplacés.
A Sibut, ville située à 300 kilomètres au nord de Bangui, des milliers de personnes sont toujours déplacées. L’ONU espère les faire rentrer. Cependant, malgré la signature d’un accord de sortie de crise, à Brazzaville, l’insécurité, liée aux affrontements sporadiques qui se poursuivent entre anti-balaka et Seleka dans les villages alentours, empêche toujours le retour des déplacés.
Au pied d’une baraque en terre cuite, une fillette croque dans une racine de manioc. Faute de mieux, c’est l’aliment principal de sa famille réfugiée à Sibut depuis qu’elle a fui les violences de son village de Dekua, en mai denier. Une situation inquiétante pour Prosper Niandagazi, de l’ONU, venu évaluer les besoin de ces déplacés.
« J’ai l’impression qu’ils mangent les feuilles de manioc et le manioc ensemble, sans qu’il y ait un apport protéinique en addition. Les conséquences, c’est que d’ici un à deux mois maximum, ils seront mal nourris. Ce risque de malnutrition est lié au fait que cette enfant est déplacée. Ses parents n’ont pas de ressources comme ils en avaient, ils ne peuvent pas subvenir à ses besoins et ne peuvent pas trouver des moyens de subsistance ici. Par ailleurs, l’assistance alimentaire qui devait leur être accordée ne les a pas encore touchés », constate Prosper Niandagazi, au micro de RFI.
L’ONU espère convaincre les 1 400 déplacés de Dékoua de retourner chez eux, à 70 kilomètres plus au nord. Cependant, pour leur représentant, la sécurité ne le permet pas encore malgré la signature d’un cessez le feu à Brazzaville entre la Seleka et les anti-balaka.
« Les gens en ont marre des exactions de la Seleka et c’est pourquoi ils ont choisi Sibut. En ce qui concerne les accords de paix, jusqu’à présent on attend les réalisations sur le terrain », dit le représentant des déplacés de Dékoua.
Dans ce village, à 350 kilomètres au nord de Bangui, 5 000 habitants sont toujours réfugiés dans une église par peur des affrontements et exactions des Seleka et des anti-balaka.
Le Révérend Nicolas Guerekoyame Gbangou, président de l’Alliance des évangélique en Centrafrique, rappelle l’importance de s’accrocher à Dieu dans la tempête.
Plus d’un an après le début du conflit, l’église en Centrafrique est meurtrie. Elle est prise en tenaille entre deux groupes armés, la Séléka et les anti-Balakas et doit faire face à une situation humanitaire désastreuse. De nombreux chrétiens sont dispersés dans des camps de réfugiés sans eau courante, ni électricité. Dans une interview accordée à l’agence de presse de Portes Ouvertes, World Watch Monitor, en juin 2014, le Révérend Nicolas Guerekoyame-Gbangou, président de l’Alliance des évangéliques en Centrafrique (AEC) rappelle l’importance de s’accrocher à Dieu dans la tempête. On l’écoute :
« Nous nous fondons toujours sur la parole de Dieu où l’apôtre Paul nous dit que rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ, ce sont des paroles comme celles-ci qui nous encouragent à tenir encore le cap lorsque nous savons que le Seigneur est avec nous dans la barque et qu’il ne pourra pas nous abandonner. Mais il faut aussi reconnaître que dans la chair, à des moments, on se demande s’il faut continuer à tenir. Est-ce qu’il ne faut pas arrêter, abandonner. C’est pourquoi j’insiste sur le fait que nous avons besoin de l’appui de nos frères et sœurs de l’extérieur ». Et d’ajouter : «Nous devons d’abord compter sur le Seigneur qui est capable d’arrêter la tempête, Il l’a fait, pourquoi ne pourrait-il pas le faire aujourd’hui encore dans le cadre de la République Centrafricaine.»
Portes Ouvertes a ouvert un projet de soutien en faveur des chrétiens persécutés en Centrafrique. Différentes actions sont mises en place : de l’assistance humanitaire pour 450 pasteurs à l’aide post-traumatique pour les victimes des conflits, qu’il s’agisse d’orphelins, de femmes et de jeunes filles victimes de viols. C’est une façon d’affermir l’église et de lui montrer en actes la solidarité du corps du christ.
Pour obtenir de plus amples informations, rendez-vous sur le site www.portesouvertes.fr.
Le désarmement, qui au sens propre, semble assez simple à comprendre – enlever des armes à quelqu’un ou à soi-même, s’agissant d’individus ou d’Etats relève de conceptions bien différentes dans le temps et dans l’espace. Si désarmer fut longtemps l’activité du vainqueur après une bataille où l’armée adverse se rend, si dans les temps les plus reculés, le désarmement est associé à la volonté de paix…
il semble d’après plusieurs auteurs que le désarmement ne soit une notion dûment raisonnée que dans le contexte d’une industrialisation de la guerre.
C’est avec l’évènement des armées de masse que les différents mouvements pacifistes en font leur revendication, et récemment le désarmement est fortement lié au développement, ou à une autre conception de la défense, ou encore constitue une condition d’une paix durable dans les diverses parties du monde.
En revanche, Jean François GUILHAUDIS tente de délimiter les différentes résonances : “la définition même du désarmement est moins simple qu’il n’y parait.
Dans une acception étroite, qui serait la plus rigoureuse, il vise les mesures tendant à restreindre volontairement, voire à éliminer totalement les armements et les forces armées existants, dans le but de prévenir les conflits.
Dans une acception plus large, et plus généralement reçue, il comprend également l’ensemble des méthodes et moyens permettant d’empêcher ou de limiter la fabrication ou l’emploi d’armes, ainsi que la constitution ou le développement de forces armées.
On pourra alors parler de limitation des armements, et la pratique associe souvent les deux termes.
Le désarmement met en cause des considérations de nature diverses et virtuellement contradictoires.”
Le spécialiste en matière d’armement et de désarmement cite plusieurs exemples :
-Des exigences morales : le désarmement général et complet est l’aspiration traditionnelle du pacifisme humanitaire.
De façon plus limitée, l’interdiction de certaines armes ou de certains procédés de combat est une exigence constante des combattants eux-mêmes, attachés à des formes classiques ou honorables de guerre.
On vise dans le premier cas à rendre les conflits impossibles, dans le second cas à les régulariser, à les maintenir dans un certain cadre, et l’équivoque des objectifs comme des méthodes apparaît clairement.
Il s’agit dans ce dernier cas de rendre plus souple le recours à la guerre, sans la crainte que l’adversaire n’utilise des moyens immoraux ou radicaux…
-Un impératif de sécurité : cet impératif est primordial pour les Etats. Ils peuvent concevoir la sécurité de façon purement individuelle, ou considérer qu’elle est liée à celle des autres.
Le désarmement doit alors être apprécié en tant qu’élément de la sécurité, individuelle ou commune, des Etats, et analysé dans le cadre des systèmes de sécurité que pratique la société internationale ainsi l’équilibre, la sécurité collective, la dissuasion nucléaire.
Le thème du désarmement peut aussi entrer dans la stratégie proprement dite ; il peut être instrumentalisé de diverses façons (affaiblissement des adversaires potentiels, “démoralisation” de certaines opinions publiques, valorisation des Etats qui proposent le désarmement….).
Le conflit Centrafricain qui a mobilisé l’opinion nationale et internationale à faire usage des armes diplomatiques dans un souci de pallier à la Crise Centrafricaine, à l’issue de mon expertise, j’affirme à travers mon diagnostic qu’il ne faut pas seulement parler du désarmement : des armes, des minutions de guerre, des machettes et autres armes blanches sur le champ des hostilités. Mais il est impératif de désarmer en amont les esprits, le cœur, la jalousie, et créer des indicateurs percutants autour de l’acceptation de son prochain, en suite écrire dans l’agenda de chaque citoyen le respect des règles de la bonne gouvernance.
« Le désarmement est un comportement social qui passe par l’état d’esprit ».
Godfroy- Luther GONDJE-DJANAYANG.
Expert- Analyse en Gestion des crises politico- militaires.
Les centrafricains ont suivi avec beaucoup d’attention le forum de Brazzaville pour la réconciliation nationale et le dialogue politique centrafricain tenu du 21 au 23
Juillet 2014 sur la houlette du médiateur de la crise Centrafricaine le Président Denis SASSOU NGUESSO. Cette retrouvaille a permis aux centrafricains de reprendre langue pour jeter les bases d’une véritable réconciliation a travers le dialogue inclusif qui se tiendra a Bangui en vue d’ un retour définitif de la paix dans ce pays qui vit le moment le plus sombre de son histoire au moment ou tout son passé glorieux s’est effondré pour laisser la place a une image complètement ternie.
Le sommet de Brazzaville est une bonne chose pour créer les conditions de confiance, bonne chose pour que les belligérants se rencontrent pour ouvrir une brèche vers une démarche de pardon de dialogue pour sauvegarder l’unité du pays et éviter ainsi la partition, la délocalisation des musulmans au Nord-est comme beaucoup avaient imaginé. La rencontre enfin de Brazzaville est une bonne occasion car les centrafricains doivent se rendre a l’évidence que toute recherche de la paix doit s’inscrire dans une dynamique régionale et les politiques doivent s’investir par l’éducation et le code de bonne conduite. Malheureusement, les centrafricains sont divisés encore sur ce point. D’aucuns préfèrent la tenue de ce forum a Bangui, arguant que la République Centrafricain avait perdu le droit au respect. Un échec pour les centrafricains de parler d’une seule voix dans le moment aussi douloureux et difficile que traverse le pays.
Pourtant la réalité est là, le pays n’existe plus, c’est ce que l’on puisse dire. La Centrafrique est dépendante des autres même pour remplir les tâches régaliennes d’un Etat. Nous saluons la communauté internationale qui s’est mobilisée des la première heure aux cheveux de la Centrafrique agonisante par le déploiement sur le terrain des troupes pour stopper les violences et exactions généralisées sur la population. Nous avons vu aussi les actions des organisations régionales par esprit de solidarité a travers les sommets de Libreville en passant N’Djamena et Malabo ont permis de trouver les pistes de sortie de crise. Les centrafricains doivent arrêter de pécher par l’orgueil et accepter la situation que vit le pays en s ouvrant aux autres qui veulent nous faire sortir le nez de l’eau. Il y a un temps pour tout sur cette terre : un temps pour la faire la guerre et un temps pour faire la paix. Ça suffit il y a déjà trop de mort.
Il faut s’unir autour d’une idée de l intérêt général pour sauver l’essentiel qui est la patrie. La République Centrafricaine n’est plus un Etat normal, il est déréglé, pas d’administrations sur l’ensemble du territoire, pas d’armée pour accomplir les missions de protection de la population et leurs biens. Les centrafricains doivent se parler entre eux pour construire quelques choses de nouveau sans haine aucune ni rancœur pour sortir ce pays de tutelle que l’on n’ose pas dire son nom. Certes les brutalités ont été commises de part et d’autres par la seleka et les Anti-Balaka contre les populations et leurs biens. Il faut admettre que la véritable solution de la crise qui perdure demeure dans le désarmement des forces illégales conformément aux résolutions des Nations -Unies. Nous n’oublions pas que tous les jours qui passent au moins un centrafricain tombe sur le coup des armes parce que la haine et le dégoût de l’autre leurs empêchent de désarmer.
Le forum de Brazzaville un début de quelque chose qui commence, les centrafricains doivent se dépasser et se parler entre eux comme ils l’ont fait a travers la déclaration et l’accord de cessation des hostilités. Bonne intention mais le chemin est long il faut la bonne volonté pour y parvenir ce qui demande un travail de sensibilisation et de conscientisation des groupes sur le terrain surtout les extrémistes à aller vers la réconciliation. Le président François Hollande disait : la démocratie est une dispute organisée sinon c’est la violence. Nous souhaitons que la volonté affichée soit soutenue car cela permet de créer un cadre de réflexion, de dialogue et d entente afin de conserver et sauvegarder l’harmonie et préserver la coexistence sociale en manque en ce moment dans ce pays.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/07/FABIUS.png” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Thmas FABIUS
Le fils du ministre des affaires étrangères qui porte plainte contre Mondafrique et l’avocat Robert Bourgi fait de nouveau la une des journaux. Selon les révélations de l’hebdomadaire Le Point jeudi 24 juillet, le jeune entrepreneur de 33 ans aurait contracté une dette de 2 millions d’euros au casino de Monaco effacée par des gains qu’il affirme avoir acquis dans des salles de jeux londoniennes. La justice, qui s’interroge sur l’origine de cette «cagnotte anglaise» de 11 millions d’euros soulève notamment la piste africaine. Dans plusieurs articles, Mondafrique avait pointé les étranges habitudes du fils Fabius sur le continent.
À nouveau dans le collimateur de la justice pour avoir laissé une ardoise de 2 millions d’euros sur le tapis verts du casino de Monaco, Thomas Fabius n’en est pas à sa première affaire. En France ou à l’étranger.
L’Afrique, c’est chic
Aperçu à plusieurs reprises dans les boîtes de nuit de la capitale centrafricaine Bangui où son père est l’un des meilleurs soutiens de la présidente Catherine Samba Panza, Thomas Fabius est soupçonné d’y faire des affaires. Mais de quel genre ?
Interrogé lors d’un entretien avec Mondafrique en avril dernier, l’avocat Robert Bourgi évoque les pistes suivantes : « Vous savez, même si je m’exprime peu, je suis au courant de beaucoup de choses. Je me suis laissé dire qu’il y était parce qu’il y a des choses à gratter là-bas, si vous voyez ce que je veux dire. Je ne porte aucune accusation mais le diamant a tourné la tête et tournera la tête à beaucoup de gens, pendant l’ère Hollande, Sarkozy, Chirac et Mitterrand »
Il poursuit en mentionnant de possibles relations de Thomas Fabius avec des «Corses, au Mali». A l’époque, les relations entre Michel Tomi, ancien lieutenant corse de Charles Pasqua à la tête d’un empire de casinos en Afrique et le président malien IBK n’ont pas encore été révélées. Des propos qui ont poussé Thomas Fabius à porter plainte contre Mondafrique et Robert Bourgi.
Démêlés de justice
En France, le fils du ministre des Affaires étrangères est aujourd’hui de nouveau soupçonné par la justice. Selon le journal Le Point, Thomas Fabius aurait contracté une dette de 2 millions d’euros au casino de Monte-Carlo, soit bien au-delà du seuil autorisé. Une bienveillance que la société d’Etat monégasque SBM qui gère l’établissement justifie au regard de gains s’élevant à 11 millions d’euros que Thomas Fabius aurait acquis dans deux casinos de Londres. Toujours selon les informations du Point, il s’agirait des clubs Crow Aspinalls et Les Ambassadeurs, deux établissement chics de la capitale britannique où Thomas Fabius a pu ouvrir une table malgré une condamnation en 2011 pour abus de confiance. La SBM aurait par ailleurs volontairement effacé un tiers de la dette du fils du ministre des affaires étrangères.
Pour rappel, en 2013, le jeune entrepreneur de 33 ans faisait déjà parler de lui dans le cadre d’une information judiciaire pour «faux», «escroquerie» et «blanchiment». Les policiers de l’Office central de la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) ont notamment enquêté sur les circuits financiers emprunté par Thomas Fabius. Une enquête préliminaire avait par ailleurs été ouverte en 2012 avec un signalement de Tracfin, la cellule antiblanchiment de Bercy, au sujet du rapatriement d’un million d’euros en provenance de Macao, justifié comme un gain au poker. A cette occasion, l’enquête a révélé que Thomas Fabius était le propriétaire d’un luxueux appartement de 285m2 à St-Germain des Prés acheté en 2013 alors même qu’il ne déclare aucun revenu en France…
Les nouvelles révélations du Point poussent aujourd’hui la justice à s’intéresser d’encore plus près à la fortune personnelle du fils Fabius. Les policiers se demandent si le jackpot décroché dans des conditions opaques outre-Manche n’aurait pas servi à dissimuler la provenance douteuse de fonds. Et Le Point de s’interroger sur les activités de Thomas Fabius en Afrique où on le croise parfois avec des affairistes corses au Mali, ou des diamantaires en Centrafrique. La piste africaine, tout comme celle d’un héritage dissimulé au fisc, reste donc totalement ouverte.
L’Union européenne mettra à la disposition de la Centrafrique 119 millions d’euros (environ 80 milliards de FCFA), une enveloppe destinée à la promotion de l’éducation et la réhabilitation du système de santé centrafricain, a annoncé Jean Pierre Raymondet Commoy.
Selon le chef de délégation de l’union européenne en Centrafrique qui s’exprimait mercredi à Bangui, ‘’Le projet qui sera financé concerne l’éducation avec un programme de trois cent écoles à appuyer, cinq mille enseignants à former, cent cinquante mille élèves concernés seront équipés avec des kits scolaires et ces écoles des mobiliers ainsi qu’un soutien financier pour les enseignants ».
L’autre volet du projet concerne la santé, a-t-il ajouté, soulignant que ‘’ce financement va augmenter nos activités dans le domaine de la santé avec déjà des appuis dans plusieurs formations sanitaires et aussi fournir de l’aide humanitaire ».
Selon le chef de la délégation de l’UE, au-delà de l’aide humanitaire, son organisation ‘’va s’attaquer aux problèmes d’accès des soins curatifs tels que la vaccination, aux soins de la mère et de l’enfant qui constituent la priorité de l’UE en cette période de crise ».
Il a relevé que le programme de sécurité alimentaire ne sera pas mis de côté dans le cadre de ce financement.
Dans le nord de la Centrafrique, la ville de Batangafo a été le théâtre d’affrontements pendant plusieurs heures ce mercredi 30 juillet dans la matinée. Les membres de la Seleka présents dans la ville ont été attaqués par des hommes armés présentés comme des Anti-Balaka. Impossible ce mercredi d’obtenir un bilan précis, mais plusieurs personnes auraient péri.
Les séléka – Image d’illustration
Vers 10 heures du matin, la Seleka de Batangafo est la cible d’une attaque. Les affrontements durent plusieurs heures. Les assaillants seront finalement repoussés. Pour la Seleka aucun doute, ces assaillants sont des anti-balaka. « C’est une violation de l’accord de cessation des hostilités », s’insurge le porte-parole de l’état-major de la Seleka, Ahmat Nedjad Ibrahim.
« On vient de signer un accord à Brazzaville, mais les anti-balaka continuent de nous provoquer », renchérit un autre membre de l’état-major de la Seleka, le colonel Narkoyo. Chez les anti-balaka on réfute toute implication, martèle Émotion Brice Nansio, le porte-parole du mouvement. « Nous avons ordonné à tous nos éléments de cesser les violences, insiste-t-il. S’il y a des gens qui se réclament des anti-balaka et qui continuent ces violences, ce ne sont pas des anti-balaka. »
« Brebis galeuse»
Une autre source bien informée au sein de la mouvance anti-balaka avance une autre explication. L’attaque de Batangafo serait l’oeuvre d’une « brebis galeuse » nommée Engelou, chassé de Bangui parce qu’il semait trop de désordre dans le 4e arrondissement. « Il a été radié du mouvement, explique cette source. On l’a pourchassé jusqu’à Bouca . Je ne sais pas si c’est lui qui a attaqué à Batangafo mais c’est son caractère. Dès qu’il est saoul, il est comme ça. »
Plusieurs centaines d’habitants paniqués se sont en tout état de cause réfugiés dans le complexe de l’ONG danoise DRC, dans l’église catholique ou à l’hôpital.
L’Accord de Brazzaville est une chance pour reconstruire la Centrafrique sur de nouvelles bases solides, a déclaré la présidente de la transition, Mme Catherine Samba-Panza, dans un discours à la nation mercredi soir, une semaine après la signature à Brazzaville, au Congo, d’un Accord de cessation des hostilités obtenue au cours de trois jours de travaux.
Joseph Zindeko, Chef d’État major de la Séléka
« Il ne sera plus possible de tolérer les entorses aux efforts de la paix pour des intérêts égoïstes. Les responsabilités individuelles et collectives seront établies et traitées comme telles» a-t-elle prévenu.
Catherine Samba-Panza a réitéré que le forum de Brazzaville n’est qu’une étape avant d’en appeler à sa stricte application. « Tous les signataires de l’Accord ont l’obligation d’en faire une stricte application», a-t-elle menacé.
Ce qui signifie selon elle que « tous ceux qui ne rentreront pas dans ce processus seraient en rupture de ban et il n’y aura d’autre manière de les qualifier que d’être des ennemis de la paix ».
Elle s’est félicitée de l’élan de patriotisme du peuple centrafricain, encourageant les signataires à consolider la grande conclusion du forum de Brazzaville qu’est une étape importante franchie.
Parlant du prochain réaménagement gouvernemental elle a expliqué qu’elle se fera en conformité avec l’esprit de Brazzaville soulignant que le remaniement va s’opérer selon des critères de technocratie, de région et de compétence
Elle a enfin exhorté ses compatriotes partisans de la partition du pays, d’abandonner cette « idée utopique » et de rentrer dans le processus politique actuel
La peur est encore forte et les nuits sont toujours déchirées par des tirs d’armes à feu, mais Bangui, ravagée depuis plus d’un an par de terribles affrontements, exactions, traques et pillages va mieux. Un peu mieux.
Signe révélateur de cette très lente amélioration, la réouverture d’une agence bancaire au PK-5, grand centre commercial et seule enclave musulmane restante dans la capitale centrafricaine après l’incessante traque des musulmans, assimilés à l’ex-rébellion Séléka par les milices à dominante chrétienne Anti-Balaka, dans la plupart des quartiers.
“Face à la demande croissante des habitants du PK-5 qui réclamaient la réouverture de l’agence pour effectuer les transactions, nous avons consulté l’Eufor et Sangaris qui ont estimé que l’agence pouvait reprendre ses activités. Pour le moment, seuls les versements sont autorisés, les clients peuvent faire des retraits avec leur carte bancaire”, explique à l’AFP Didace Sabone, chargé du marketing et de la communication d’Ecobank.
Depuis la mi-juin, les soldats de la force européenne (Eufor), venus appuyer dans Bangui les forces française Sangaris et africaine Misca, sont déployés dans le 3ème arrondissement où se trouve le PK-5 et le 5ème, deux quartiers où des violences intercommunautaires ponctuelles provoquent encore des victimes civiles.
“Nous avons fêté l’Aïd sans problème. Malheureusement, les femmes et les enfants ne sont pas là”, témoigne Abou Ataïrou, commerçant au PK-5. La plupart des musulmans encore présents ont en effet envoyé femmes et enfants à l’étranger pour leur éviter d’être tués comme tant d’autres par les anti-balaka. Beaucoup d’entre eux se retrouvent, après un exode chaotique, dans des camps de réfugiés dans les pays voisins.
Ici, les principaux marchés de produits frais ont rouvert, comme les kiosques, les échoppes, les quincailleries et même les boulangeries.
“Je prend mes baguettes de pain chaque après-midi à la boulangerie du PK-5. Elles sont bien faites et les enfants adorent ça pour le petit déjeuner”, explique Agnès Yatènè, qui, bien qu’habitant le 2ème arrondissement, vient s’approvisionner au PK5.
‘J’ai encore peur’
Mais Isabelle Yazoniko, auparavant vendeuse de légumes au PK-5, n’ose pas y retourner et s’est installée sur un marché du 2ème arrondissement depuis l’éclatement des grandes violences en décembre dernier.
“J’ai encore peur. Ces gens là, il faut se méfier d’eux: anti-balaka, ex-séléka et musulmans, ils sont les mêmes. Ils provoquent des tensions qui dégénèrent en violences et nous payons les pots cassés. Je vais rester ici au marché Simbanza dans le 2ème arrondissement jusqu’à ce que tout redevienne normal”, assure-t-elle.
Une peur partagée par l’enseignant Daniel Yémbi, réfugié au quartier de Bimbo, dans le sud de Bangui: “Plus question de repartir au PK-5. Je n’arrive pas à me débarrasser de la peur. Je me sens bien ici à Bimbo. J’y suis et j’y reste pour de bon”.
Les grands axes reliant les différents quartiers sont particulièrement sensibles, parsemés de check-point formés de sacs de sable et de herses, progressivement tenus par des policiers et gendarmes centrafricains qui fouillent les véhicules de plus en plus nombreux à circuler.
La longue et dangereuse avenue Koudoukou qui traverse le PK-5, longtemps restée déserte en raison des combats et des pillages, “recommence à être desservie par les taxis et motos taxis. Mais il faut rester prudent”, relève l’un d’eux, Arthur Babango.
Autre signe de normalisation, l’exigence faite aux motards de porter des casques. Et le réveil d’un front social avec la reprise de quelques grèves comme à l’Université de Bangui, où un mouvement des enseignants du supérieur paralyse les cours depuis plus d’un mois pour des revendications salariales envers un Etat failli aux caisses vides, qui survit de l’aide internationale.
Plusieurs éléments concourent à cette lente amélioration : la mort ou la fuite de la plupart des musulmans de la ville, objets des attaques par les anti-balaka, le contrôle progressif du terrain par Sangaris, la Misca et l’Eufor, ainsi que l’engagement des anti-balaka et de la Séléka à cesser les hostilités pris au récent Forum de Brazzaville.
Mais, si dans les quartiers anciennement mixtes du sud, la vie a retrouvé un brin de normalité avec des poignées de musulmans toujours présents, protégés par des amis ou parents chrétiens, la tombée de la nuit interrompt toujours la circulation dans le centre-ville.
“Les gens n’osent pas sortir le soir au centre ville. Tout est fermé à partir de 18 heures, à part quelques pâtisseries, pharmacies. Seuls les véhicules des Nations unies et des humanitaires sont visibles. Les taxis et motos taxis s’arrêtent, faute de clients”, constate Henri Ngaté, un jeune qui se déclare “désoeuvré”.
En République centrafricaine, malgré l’amélioration de la situation sécuritaire à Bangui, l’immense camp de déplacés de l’aéroport Mpoko n’a pas disparu. Ce camp avait vu le jour avec les violences de décembre dans la capitale et a compté jusqu’à 100 000 réfugiés. Aujourd’hui, ils sont moins nombreux – environ 37 000 – mais vivent dans des conditions de plus en plus précaires, aggravées par la saison des pluies et la multiplication des cas de paludisme.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/07/Déplacés-du-camp-Mpoko-à-Bangui.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Déplacés du camp Mpoko à Bangui
Depuis décembre, maman Nicole survit sous une bâche en plastique sans matelas ni couvertures à même le sol, boueux. La nuit dernière, en raison des orages, cette grand-mère, réfugiée au camp Mpoko de Bangui, n’a pas fermé l’œil. « On n’a pas dormi parce que la pluie tombe, la pluie rentre dans la maison, les habits sont mouillés, nous restons debout », raconte-t-elle.
Pour les 37 000 déplacés de ce gigantesque camp planté le long des pistes de l’aéroport, la saison des pluies rime désormais avec maladies. « Il y a trop de maladies. Quand il pleut, il y a trop de boue, il y a du paludisme. Nous n’avons même pas de couvertures ni de moustiquaires. Nous qui dormons ici avec des bâches qui sont trouées, nous n’avons bénéficié de rien », dénonce, de son côté, ce déplacé.
Depuis six mois, les déplacés sont moins nombreux, mais les humanitaires également. Médecins sans frontières (MSF) a conservé trois hôpitaux, où 50% des malades viennent pour des crises de paludisme. « Ici, on traite environ 2 500 cas par semaine, souligne Caroline Sholtes, coordinatrice de l’ONG. Par rapport à la population du camp aujourd’hui, c’est énorme, mais il faut garantir un accès rapide aux soins et aux traitements des cas de malaria pour éviter des complications qui peuvent être très graves chez les enfants par exemple, [mais aussi] chez les femmes enceintes ou d’autres personnes qui sont plus vulnérables ».
Pour le moment, au camp de Mpoko, la situation sanitaire est maîtrisée, mais le pic de malaria n’est pas encore atteint.
Au bord des pistes de décollage, le défi des déplacés du camp de l’aéroport de Bangui est souvent de trouver de la nourriture.
Minusca-Bangui.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/07/MINUSCA-Bangui.jpg” alt=”Un véhicule blindé marocain de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA). Photo: ONU” width=”501″ height=”333″ />Un véhicule blindé marocain de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA). Photo: ONU
Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a annoncé mercredi la nomination du général Martin Chomu Tumenta, du Cameroun, comme commandant de la force de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA).
Le général Tumenta prendra ses fonctions mi-septembre au moment du transfert d’autorité entre la Mission internationale de soutien à la République centrafricaine sous conduite africaine (MISCA) et la MINUSCA.
Le général Tumenta est actuellement le commandant de la force de la MISCA.
Après quelques mois de silence et d’exil, j’observais l’évolution de la crise centrafricaine et le plan de sortie de crise entamé par les autorités de transition et la communauté internationale qui se battent tant bien que mal aux yeux du monde pour un retour définitif de la paix en Centrafrique. Appelée « Suisse africaine » d’antan et reconnue par les pays amis pour son hospitalité légendaire ainsi que pays qui fait bon vivre au cœur du continent, la République centrafricaine vient de vivre l’un des graves drames humains du 21è siècle.
Il sera inutile de rappeler pour une énième fois aux uns et aux autres les crimes de guerre et crimes contre l’humanité, viols, pillages, tueries, assassinats et exactions de tout ordre commis par les rebelles à majorité musulmane depuis le 24 mars 2013 pour se saisir le pouvoir en Centrafrique, et également, ceux commis par les éléments d’une milice à majorité chrétienne à titre de vengeance. Beaucoup d’encre et salive ont coulé, et ce pays compté parmi les pays les plus pauvres de la planète alors qu’il regorge d’innombrables ressources du sol et sous-sol faisait la une des médias internationaux pour sa barbarie occasionnant abondamment des dégâts collatéraux et trop de pertes humaines. Cette génération des centrafricains qui n’a que le souci de la gâchette facile pour s’emparer du pouvoir et faire sa loi est caractérisée par son barbarisme non égalé et le cynisme. L’humanité qui n’est qu’une n’a pas de sens pour ces tueurs impitoyables qui circulent encore sans être inquiétés dans le territoire conquis où ailleurs.
En effet, on ne peut ignorer combien d’années d’indépendance le pays de « zokwèzo » (toute personne est un être humain) a fait depuis 1960 comme beaucoup d’autres pays francophones pour ne pas dire africains ayant arraché sa ¨souveraineté¨ sous le joug colonial puisqu’on est constitué en plusieurs blocs sur le continent. Plus d’un demi-siècle, ce charmant pays situé au cœur de l’Afrique a été piloté par une race des dirigeants prédateurs qui n’a pas pitié de son peuple. Balayer tous ceux qui se comportent en opposant sur son chemin, remplir sa poche et renflouer ses comptes bancaires dans les paradis fiscaux sont la première mission égocentrique de cette race d’hommes politiques centrafricains qui nous ont gouverné pendant 54 ans jusqu’à provoquer une guerre fratricide qu’on qualifie aveuglement aujourd’hui d’inter-communautaire et confessionnelle. Depuis 1960, la Centrafrique est numériquement à sa huitième république, contrairement à certains pays du continent en bonne santé économique ou plus moins qui ne sont qu’à leur deuxième ou troisième république. Huit chefs d’Etat ont eu à gouverner le pays sous des régimes présidentiel suite aux coups d’Etat, semi présidentiel, démocratique et régimes transitionnels. Ces pouvoiristes pour la plupart ont très mal terminé leur carrière politique sans rien léguer de valeurs morales et matérielles à la population centrafricaine qui malheureusement, a brillé par sa réputation en matière de culture de destruction à chaque changement brutal de régime. Ce qui lui fait perdre sa place sur les plans socio-économique et culturel dans la sous-région d’Afrique centrale au sein de la CEMAC et dans le concert des nations. Ne pas reconnaître ce qui a été fait à la fin des années 60 et dans les années 70 serait malhonnête de ma part.
Comme tout autre pays qui venait d’avoir son indépendance, la RCA avait l’ambition de nouer des relations avec les autres pays dits développés de la planète pour bénéficier des aides budgétaires afin de faciliter son décollage économique, assurer une bonne administration et l’éducation de ses futurs cadres. C’est dans ce contexte diplomatique et de coopération agissante que notre cher et beau pays à vocation agropastoral a réussi à l’autosuffisance alimentaire à une époque donnée et bénéficier de l’appui financier pour la création de l’unique université de Bangui, des écoles de formation professionnelle et entamerles travaux des bâtiments administratifs et bitumage de certaines routes de la capitale, lesquels sont déjà en piteux état, bel et bien détériorés…
Rien ne va plus en Centrafrique après la catastrophe. Les politiques ont fait noyer le navire centrafricain, enfonçant la population dans une misère qui ne dit pas son nom. Des va-t-en-guerre parlent en termes de partition. Mais l’heure est à la repentance pour pouvoir sauver la république centrafricaine et la conduire vers une « Centrafrique Emergente », sans toutefois oublier la lutte contre l’impunité qui rétablira une justice forte et un environnement sain d’investissement.Car, pour faire de la RCA un pays émergent, il nous faut des institutions fortes avec une nouvelle race d’hommes politiques forts et exemplaires. L’Humanité est une. Nul ne peut dire le contraire. ¨Si vous voulez que les autres aient confiance en vous, il faut que vous leur montriez que vous avez confiance en eux¨, a enseigné, celui qui reste le président africain le plus respecté et populaire au monde de son vivant, Nelson Mandela. Ce géant de l’histoire devrait être l’icône la plus utilisée pour les présidents africains s’ils veulent bien réussir à leur mission.Je l’avais évoqué dans un article publié dans le quotidien centrafricain Globe Le Visionnaire. Le président Nelson Mandela qui a vaincu l’apartheid et ne brigué qu’un seul mandat avant de passer le flambeau à son successeur Tabo Mbéki est un bel exemple à suivre en politique. « La paix ne se réalise que si celui ou celle qui veut la y croit de toute son âme », a-t-il déclaré et poursuivi que « Qui veut faire la paix doit savoir faire des compromis. Et accepter d’en faire. »
Signer un accord de cessez-le-feu entre nous les belligérants est un premier pas d’espoir mais il faut le respecter pour pouvoir aller vers la paix réelle. Alors, il est temps de penser à la population à qui on a causé du tort, se soucier de l’avenir des jeunes générations qui nous regardent dans une colère difficile à apaiser et, à la génération future.
Je terminerai mes propos en disant qu’il est temps qu’on change notre cœur. Changer notre cœur pour un avenir meilleur et une Centrafrique Emergente c’est de nous améliorer. Enterrer la hache de guerre et abandonner les vieilles habitudes qui ne nous grandissent pas. Nul n’est parfait sur cette terre et surtout que l’Humanité est une et que nous prions et adorons toutes et tous qu’un seul Dieu, créateur de l’univers, Dieu des chrétiens et des musulmans. Pendant plusieurs années, nous nous sommes haïs inutilement comme des bêtes féroces qui, très affamées, deviennent des chiens enragés. On s’est forgé des conflits internes à base de l’injustice sociale que nous-mêmes avons instaurée en refusant délibérément de ne pas respecter la Constitution de la République et les lois qui devraient faciliter le bon fonctionnement des institutions républicaines. Notre mentalité et comportement est en état de pourrissement. Améliorons-les en changeant notre cœur pour l’avenir meilleur du peuple centrafricain.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/07/NZOYOUM-Nicolas-Ambassadeur-du-Cameroun-en-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>NZOYOUM Nicolas, Nouvel Ambassadeur du Cameroun en Centrafrique
Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Paul BIYA a signé le Décret N° 2014/269 du 25 juillet 2014 portant nomination de Monsieur NZOYOUM Nicolas, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République du Cameroun auprès de la République Centrafricaine, avec résidence à Bangui.
[gview file=”http://www.corbeaunews-centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/07/Nomination-dun-Ambassadeur-du-Cameroun-en-Centrafrique.pdf”]
Depuis des semaines, l’université de Bangui est paralysée par une grève des enseignants. Dimanche, le gouvernement centrafricain a cependant ordonné que les cours reprennent ce mardi.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/07/Université-de-Bangui.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>L’université de Bangui n’a pas encore rouvert ses portes
C’est suite au déclenchement d’une grève illimitée par les enseignants du supérieur que la ministre de l’Education a exigé la reprise impérative des cours à l’université de Bangui. Cette reprise prévue pour mardi est censée sauver l’année académique. Mais, sur le terrain, la réalité est tout autre. Joseph Bidoumi, activiste et parent d’étudiant : « la journée d’hier a été décrétée feriée pour cause de la fin du Ramadan et les activités n’ont donc pas repris aujourd’hui. C’est demain (mercredi) que l’on verra si effectivement ce décret gouvernemental va être respecté par les enseignants et les étudiants. »
Pour le rapporteur général adjoint du syndicat national des enseignants du supérieur, Esaie Tozai, la reprise des cours est une prérogative qui relève non pas de la Ministre mais du recteur de l’Université or ce dernier n’a pas donné son accord.
De son côté, le syndicat des enseignants dit avoir entamé une grève illimitée pour exiger la satisfaction de sept points de revendication. Parmi eux : le paiement intégral des horaires de vacation et des heures supplémentaires de l’année académique 2011-2012, l’intégration des enseignants dans la fonction publique, l’octroi d’une bourse doctorale et postdoctorale aux enseignants du supérieur ainsi que le rétablissement de la sécurité sur les campus universitaires. La grève déclenchée fait suite à la non-satisfaction de ces doléances par le gouvernement de transition et ce en dépit d’une rencontre entre les enseignants et les autorités actuelles de Bangui.
QUELQUES IMAGES DE LA MARCHE DU 26 JUILLET 2014 DE LA DIASPORA CENTRAFRICAINE A PARIS
L’APRNC adresse ses remerciements à chacun et à chacune des membres de la Diaspora Centrafricaine qui ont donné de leur temps pour venir à Paris le samedi 26 juillet afin d’exprimer collectivement leur patriotisme et leur compassion avec toutes les victimes du conflit né en Centrafrique depuis le 24 mars 2013.
L’APRNC présente ses excuses aux compatriotes qui avaient fait le déplacement de Paris, mais s’étaient plutôt retrouvés à la Place de la Concorde au lieu du Mur de la Paix, Place Joffre.
Ensemble, mobilisons-nous tous pour la Paix et la Réconciliation Nationale.
Le Forum pour la réconciliation nationale et le dialogue politique en Centrafrique, tenu, à Brazzaville, du 21 au 23 juillet, sous la présidence du « médiateur », Denis Sassou Nguesso, est comparable à une montagne qui a accouché d’une souris. Aucun résultat palpable n’en est sorti. On s’y attendait un peu, les participants centrafricains, venus de Bangui, ayant accepté d’effectuer le voyage, pour faire du tourisme, ce qui n’est pas, forcément, une mauvaise chose, par ce temps de vacances. Le dictateur congolais n’est, donc, pas l’homme de la situation, en Centrafrique. Pas plus que le dictateur tchadien, Idriss Déby Itno, qui avait pesé, de tout son poids, à Malabo, pour que ces assises sur la réconciliation, soient organisées, à Brazzaville. Et pas ailleurs. Le comprendront-ils seulement cette fois-ci ?
Annoncée en marge du Sommet de l’Union africaine (UA), de Malabo, fin juin dernier, le Forum pour la réconciliation nationale et le dialogue politique des Centrafricains, du 21 au 23 juillet, à Brazzaville, a connu un échec retentissant. Les frais de transport et de prise en charge des 170 invités, voire plus, auraient pu servir à autre chose, en Centrafrique où tout manque. Présidé par le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, « médiateur » dudit conflit, ce Forum portait, en lui-même, les germes de son propre échec, quand le président du Tchad, Idriss Déby Itno, avait proposé sa tenue, à Brazzaville, pensant que ce serait le moindre mal pour lui. C’était minimiser le degré d’animosité des Centrafricains à l’endroit des présidents, Denis Sassou Nguesso et Idriss Déby Itno. Si Déby est identifié et, nommément, cité comme le responsable principal de la descente aux enfers du Centrafrique, Denis Sassou Nguesso n’est pas épargné, pour autant. Son action, en Centrafrique, est animée par des arrière-pensées de politique intérieure congolaise. Pour vu d’un immense trésor pétrolier sans fin, il comptait « acheter » une paix précaire, en Centrafrique, auprès de certains leaders centrafricains corrompus, dans le but de faire plaisir à la communauté internationale, et en profiter, au niveau de la politique intérieure, au Congo, où il souhaite passer, en force, en modifiant la constitution, qui lui interdit de se représenter à sa propre succession, en 2016. Voyant qu’il corrompt, tout, sur son passage, hommes politiques, chefs d’Etat, et industriels français, Washington lui a demandé de respecter la constitution de 2002.
Autre raison qui montre que la « médiation » de Sassou est gênante. Il sponsorise, ouvertement, un candidat à la présidentielle de février 2015, ce qui fait de lui, juge et partie. Tous ces éléments n’ont pas été pris, en compte, à Malabo, sinon, la capitale congolaise n’aurait pas été choisie. On avait cru que le fait de privilégier comme nouvel interlocuteur sous-régional, dans le dossier centrafricain, le président angolais, José Eduardo dos Santos, allait, de facto, marginaliser l’influence nocive du Tchadien Déby et du Congolais Sassou. Mais c’était sans compter sur la casquette d’Idriss Déby Itno, de président en exercice de la CEEAC, depuis plus de 4 ans, laquelle lui a permis de contourner sa mise à l’écart que cherchait la communauté internationale. Là où Luanda aurait pu donner des gages de neutralité et, donc, de succès, à cette idée de réconciliation, Déby a préféré, une fois de plus, contrôler le processus, via, le Congo- Brazzaville. Conclusion : à quelque chose malheur est bon. Ce n’est pas si mal que le président congolais ramasse cet échec dans la figure, du fait du refus poli mais ferme de la classe politique et de la société civile centrafricaines, d’y prendre part. Si au moins, cela pouvait lui servir de leçon, pour les occasions futures.
Avec l’arrivée des casques bleus des Nations-Unies, en septembre, le Centrafrique va se diriger, résolument, vers la tenue de l’élection présidentielle, au début de l’année 2015. Le compte à rebours va, bientôt, commencer. Il n’est pas tôt de donner, par ordre alphabétique, une première liste, non exhaustive, des principaux (futurs) candidats, à la succession de Catherine Samba-Panza.
A.G. Dologuelé
Dologuélé Georges Anicet, président de l’URCA (Union pour le renouveau centrafricain), un parti qui n’existait pas, il y a un an, et qui ambitionne de conquérir la magistrature suprême. Ancien premier ministre, Georges Anicet Dologuélé traîne quelques casseroles qui pourraient être brandies pendant la campagne, sans parler de sa gouvernance approximative, qui fut à l’origine de son éviction de la présidence de la BDEAC (Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale), en 2010. Autrement dit, la question se pose de savoir si les chefs d’Etat de l’Afrique centrale, seraient contents d’accueillir dans leur sérail, quelqu’un qu’ils avaient renvoyé pour cause de mauvaise gestion, d’une organisation financière sous-régionale ?
Pr Nguerekata Gaston M.
Mandata Nguérékata Gaston, professeur d’université de son état, apporte un bol d’air frais à cette campagne qui s’annonce difficile. Il est en train de recruter une soixantaine d’en quêteurs qui vont sillonner l’ensemble du pays pour rencontrer 30.000 Centrafricains, de toutes les catégories sociales, afin de recueillir leurs besoins, à partir desquels il va confectionner un « Cahier de doléances », qui permettra l’élaboration de son programme politique de campagne. La démarche est nouvelle, en Centrafrique, et, même, en Afrique. Cette forme de démocratie participative n’a, jamais, été expérimentée, nulle part, sur le continent. Le gros inconvénient, cependant, est que Gaston Mandata Nguérékata risque de rester théoricien, bon universitaire qu’il est. Professeur de mathématique dans une université américaine qui lui a accordé une mise en disponibilité, il ne connait pas le fonctionnement de l’administration centrafricaine. Un désavantage certain par ces temps où le futur président n’aura pas droit à un état de grâce.
Willibiro Sacko
Willybiro Sako Jean, candidat à la présidentielle, de février 2015, a passé, près de 3 semaines, en France et en Belgique, au mois de mai. En France, pays qu’il connait, bien, pour y avoir exercé les fonctions d’ambassadeur du Centrafrique, pendant plusieurs années, avant d’être appelé au gouvernement, il a rencontré des officiels de l’Etat et des partis politiques. Il affiche ses ambitions, après 40 ans de bons et de loyaux services, où le meilleur président, pour lui, demeure le général André Kolingba. Jean Willybiro Sako n’est pas le mieux placé des candidats. Non seulement, il n’a pas de parti politique digne de ce nom pour l’accompagner, mais il lui faudra, aussi, un trésor de guerre car on ne peut faire une omelette sans casser les œufs. Sa réputation de mettre de l’ordre, partout, où il passe, suffira-t-elle pour que ses compatriotes le mettent en pole position ? C’est à lui de jouer.
Martin Ziguelé
Ziguélé Martin, président du plus grand parti centrafricain, le MLPC (Mouvement de libération du peuple centrafricain), jadis présidé par Ange Félix Patassé, dispose de bonnes cartes, en main, pour diriger le pays, dès la fin de la transition. Ancien premier ministre, de 2001 jusqu’au coup d’état du 15 mars 2003 de François Bozizé, Martin Ziguélédevrait mettre, à profit, ses liens privilégiés avec ses frères africains de l’Internationale socialiste, qui ont pu accéder au pouvoir, ces dernières années, en Guinée (Alpha Condé), au Niger (Mahamadou Issoufou) et, en 2013, au Mali (Ibrahim Boubacar Keïta). Il est, aussi, avantageux, pour lui, que le pouvoir, en France, soit entre les mains des socialistes qu’il connait bien. Mais ces atouts suffiront-ils ?
Sa principale faiblesse, réside dans son manque de communication. Il ne sait pas dire qu’il est le meilleur choix.
Une réconciliation est-elle possible en Centrafrique ? Après plus de deux ans de conflit, plusieurs milliers de morts, des centaines de milliers de déplacés, le cessez-le-feu conclu il y a quelques jours est loin d’avoir effacé toutes les rancœurs. Les Français de l’opération Sangaris, les Africains de la MISCA et les soldats européens de l’EUFOR sont sur place pour apaiser la situation et assurer la sécurité.
Dans une interview à la DW, le Premier ministre centrafricain, André Nzapayéké, souligne l’”enthousiasme généralisé”, une semaine après le premier accord de Brazzaville. Malgré les divisions au sein des groupes armés.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/07/pmnzapayeke.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Premier Ministre Centrafricain André Nzapayéké
Voici un extrait retranscrit de l’interview accordée ce matin à la DW par André Nzapayéké, Premier ministre de la République centrafricaine. Pour entendre l’intégralité de l’entretien, cliquez sur la photo ci-dessus.
Interview avec André Nzapayéké, Premier ministre de Centrafrique
“Je crois que Brazzaville a été une très, très, très bonne initiative. Je peux vous l’assurer. Nous remercions fortement le président Sassou Nguesso et toute la sous-région car ils ont œuvré pour cet accord. Une semaine après Brazzaville, il y a un véritable enthousiasme pour la paix. Un engouement pour que nous avancions vite vers la concrétisation de tout cela et cela se remarque aussi dans la vie quotidienne. Les gens ont vraiment l’impression que ça y est, c’est fini.
« Plus jamais ça », c’est la phrase qui revient le plus aujourd’hui. Si vous écoutez les médias du pays, c’est l’enthousiasme généralisé, que ce soit du côté des Anti-balakas, de la coalition Seleka, des partis politiques, des autres groupes armés. Vraiment, c’est ce qu’on entend aujourd’hui et c’est une très bonne chose. C’est une forte mobilisation pour la paix.
DW : Comment faire pour concrétiser cet espoir ?
Nous venons de mettre en place un comité de pilotage de l’après-Brazzaville. Ce comité de pilotage est en train de boucler un programme de sensibilisation, d’ouverture, de discussion avec les signataires sur les modalités concrètes de mise en œuvre de cet après Brazzaville. Nous sommes en train de travailler là-dessus. Nous avons des rencontres avec la communauté internationale pour consolider tout cela. Donc tous les éléments sont en train d’être mis en place pour la bonne gestion de l’après-Brazzaville. Nous tenons à ce que cela s’intensifie pour éviter que cet enthousiasme ne se relâche.
En finir avec la violence qui fait des victimes en premier lieu chez les civils.
DW : Une semaine après Brazzaville, pensez-vous que cet accord est viable ?
Absolument. Cet accord est viable. Il était le premier acte nécessaire qu’il fallait poser. Si vous voulez discuter avec quelqu’un, il faut d’abord arrêter de vous battre. Ce n’est qu’après cela qu’on peut discuter. Il était nécessaire qu’on sorte un peu de Bangui, qu’on aille chez le président Sassou Nguesso qui est un sage dans la sous-région, un homme d’expérience qui a su trouver les mots justes pour apaiser les aigreurs et les cœurs des Centrafricains. Et au départ, ce n’était pas gagné, mais nous avons obtenu un résultat.
Evidemment, le débat est ouvert. Certaines personnes essaient de poser encore certaines conditions, mais on ne pouvait pas s’attendre à autre chose. Nous sommes en démocratie et c’est normal qu’on en débatte. Personne ne sera laissé au bord de la route.
DW : Pourtant, certains membres de la Seleka ont l’impression d’être laissés au bord de la route, justement… L’un des responsables de l’ex-rébellion a dénoncé l’accord en question.
Ceux qui sont partis à Brazzaville sont les personnes qui représentaient la hiérarchie Seleka. La possibilité a été donnée à tous les groupes armés de choisir eux-mêmes leurs propres représentants à Brazzaville. Donc ce choix a été libre, discuté au sein des différents groupes.
Prenez la Seleka, le président est [Michel]Djotodia. Mais étant sous sanctions américaines, il ne pouvait pas se rendre à Brazzavaille. Nourredine Adam, qui la deuxième personnalité des Seleka étant sous sanctions du Conseil de sécurité, il ne pouvait pas voyager à Brazzaville. Alors c’est la troisième personnalité qui a dirigé la délégation à Brazzaville et qui d’ailleurs a d’abord eu l’autorisation de Michel Djotodia – une délégation s’est rendue à Cotonou – avant de se rendre à Brazzaville. Donc nous pensons que ceux qui étaient à Brazzaville représentaient les Seleka et que cette signature est valable.
Il y a bien sûr, au sein de ces groupes armés, un certain nombre d’antagonismes internes que ces groupes doivent gérer. C’est le cas un peu partout, dans les groupes en rébellion dans différents pays. Mais ce sont des questions qui vont, petit à petit, se résorber et je crois que nous sommes sur le bon chemin pour avancer dans le processus de paix.”
L’organisation humanitaire Médecins sans frontières-Cameroun a dressé lundi dernier à son immeuble siège à Yaoundé, un bilan effarant de la crise consubstantielle à la guerre en Rca, et qui révèle au grand jour l’ampleur des violences subies par les réfugiés au cours de leur fuite.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/07/Malien-de-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Ils sont 116.000 personnes, dont 86.000 enregistrées dans la région de l’Est-Cameroun. Ils, ce sont les réfugiés centrafricains qui déferlent au Cameroun, depuis le début de la crise en République centrafricaine le 24 mars 2013. Un chiffre qui a fait dire à la chargée de la Communication de Médecins sans frontières-Cameroun, Laetitia Martin que la situation sanitaire et humanitaire des réfugiés de Centrafrique inquiète. « Ces populations ont subi des violences extrêmes avant d’arriver au Cameroun, et sont dans des états de santé déplorables. Très dispersés, certains n’ont encore reçu aucune assistance humanitaire. La malnutrition reste un problème majeur pour les enfants de moins de cinq ans et sur certains sites, des taux supérieurs à 35% sont encore à déplorer », s’est-elle offusquée. C’était à l’occasion d’une conférence de presse organisée par Msf-Cameroun, lundi 29 juillet dernier, à Yaoundé. Pour faire le point sur cette situation sécuritaire très préoccupante à l’Est. Une situation dont les chiffres donnent le tournis : par semaine, l’on enregistre en moyenne 4.077 consultations, 90 cas d’hospitalisation et 187 enfants malnutris dans les centres thérapeutiques nutritionnels intensifs (Cnti). Ce qui a poussé Jonathan Irwin, chef de mission Msf, à dire que « la situation sanitaire y demeure toujours préoccupante ».
Les réfugiés sont issus pour la plupart des zones rurales de la Rca, notamment Bouar, Bossangoa, Yaloké, Boda, Bossantélé, Baoro, précise Gervais Marcial Mbogne, infirmier à Msf. Ajoutant à l’aide de témoignages, qu’ « ils étaient obligés de parcourir de longues distances à pied pendant des mois durant, sans rien emporter avec eux, … et se contentant de consommer des racines de manioc ou de la viande des bêtes affaiblies tuées en chemin, comme nourriture ». Pire, ils sont dispersés dans les camps, et par conséquent désorganisés. Jonathan Irwin en veut pour preuve une récente mission exploratoire menée en juin dernier, qui a permis d’identifier une poche de 230 personnes installées dans un village, qui n’avait bénéficié d’aucune assistance. Ce qui complique le calcul du chiffre exact de réfugiés, et la planification de la réponse humanitaire par conséquent, poursuit-il.
Humanisme
Malgré l’afflux sans cesse croisant des réfugiés en terre camerounaise, Msf s’évertue à offrir une aide médico-sanitaire, qui allège les efforts du ministère de la Santé publique (Minsanté). C’est tout au moins la nouvelle qui a rassuré durant cet échange avec les professionnels des médias. Une couverture qui s’étend sur les zones prioritaires de Garoua-Boulai, Gado, Gbiti, Batouri, Boumba-et-Ngoko ; par le biais des équipes mobiles composées de personnel médical (médecins, infirmiers, aides-soignants) et logistique, pour mieux localiser les poches de réfugiés sans assistance. Des efforts pour lesquels le chef de mission, J. Irwin suggère une synergie avec les pouvoirs publics, l’Usaid, le Hcr, le Pam, la Croix rouge, etc. pour plus d’efficacité sur le terrain. « Il y a besoin de plus d’appuis des services de santé pour maximiser la prise en charge des réfugiés », a-t-il ajouté.
Quid de la dimension psychosociale de la prise en charge, qui fait suite aux traumatismes dont ont été victimes la plupart des réfugiés qui ont vu leurs proches se faire massacrer sous leurs yeux, ou encore leurs parents et enfants se faire décapiter. Ceux qui fuient les combats et exactions gardent les stigmates des tueries. Toutes choses qui ont permis de mettre sur pied une équipe de psychologues chargés de gérer cette fragmentation familiale et leur santé mentale. Rappelons que depuis janvier 2014, Médecins sans frontières soutient le Minsanté dans la prise en charge médicale, nutritionnelle et psychosociale des réfugiés, de même que ses actions couvrent les besoins en eau, hygiène et assainissement. Ses actions s’étendent par ailleurs au Tchad et en République démocratique du Congo.
Regagner les casernes pour ceux qui étaient dans l’armée, s’inscrire dans le processus de démobilisation pour les autres, c’est l’appel lancé mercredi aux Antibalaka par l’un des leaders des Antibalaka.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/07/20140722-001225-745328.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>« M’étant brutalement rebellé pour protester contre les exactions des Séléka sur la population civile et ayant obtenu le départ de Michel Djotodia, suivi de la signature de l’accord de cessation des hostilités de Brazzaville, le 23 juillet 2014, je pense qu’il est impérieux de tout mettre en œuvre pour consolider la paix et la sécurité en RCA », a déclaré mercredi à la presse le capitaine Gilbert Kamezou-laï.
«Je demande aux frères d’armes ‘‘FACA (Forces armées centrafricaines) Antibalaka’’ de déposer les armes et de regagner les casernes sans exception », a poursuivi le capitaine annonçant ainsi la dissolution de son mouvement. « Aux patriotes civils Antibalaka, à qui je jette des fleurs pour leur sens patriotique, je leur demande de se regrouper pour leur enregistrement, en attendant le processus du DDR » (Désarmement, Démobilisation et Réinsertion), a ajouté le leader de la milice.
Le capitaine Kamezou-laï est allé plus loin, en reconnaissant les crimes de certains membres des Antibalaka. « Je demande pardon au peuple centrafricain pour les abus dont ils ont fait l’objet de la part d’Antibalaka véreux », a-t-il déclaré.
Il a ajouté qu’il était désormais, en tant que membre des FACA, à la disposition de la nation. « Après cette déclaration, je me mets à la disposition du haut commandement de mon pays pour le servir », a-t-il dit.
Selon lui, tous les Antibalaka doivent respecter cette instruction sous peine d’être « traités comme des bandits » par les forces de l’ordre et de sécurité.
Antibalaka et Séléka ont signé le 23 juillet dernier à Brazzaville, au Congo, un accord de cessez-le-feu aux termes duquel ils s’engagent « à cesser toute hostilité et toute entrave à l’exercice de l’autorité de l’Etat, de la libre circulation des biens et des personnes ». Les signataires doivent par ailleurs s’abstenir « de toute action visant à nuire à la concorde nationale ».
Les responsables des Antibalaka organisent par ailleurs de mardi à jeudi des séances de conscientisation dans certains quartiers de la capitale Bangui. Partout, le mot d’ordre est RECONCILIATION NATIONALE.
ALLIANCE DES FORCES DEMOCRATIQUES POUR LA TRANSITION (AFDT)
ASD-CRPS-MCP-MDES-MLPC-RDC-UDECA
DECLARATION N° 11 DE L’AFDT RELATIVE A L’ACCORD DE CESSATION DES HOSTILITES EN REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE SIGNE LE 23 JUILLET 2014 A BRAZZAVILLE
L’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) a été la première plateforme politique créée pour soutenir la transition. Elle n’a eu de cesse de faire des propositions concrètes de sortie de crise pour appuyer la Transition. Elle a, en outre lancé le 28 avril 2014 un Appel à la paix.
L’AFDT a pris une part active à toutes les rencontres des Partis et Associations politiques de la Plateforme des confessions religieuses et de celle de la société civile concernant le plan d’actions de sortie de crise proposé par les Chefs d’Etat de la CEEAC le 27 juin 2014 à Malabo en Guinée Equatoriale. Elle a pris acte du chronogramme proposé par le Groupe International de Contact et adopté par la Commission de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine à Addis-Abeba le 9 juillet 2014.
Toutes ses actions s’inscrivent dans une dynamique de recherche constante du dialogue et de la réconciliation nationale, gages d’un retour de la sécurité, de la paix et de la concorde dans notre pays dans le respect scrupuleux de la dignité de notre peuple et de l’implication directe de celui-ci dans toute solution qui touche à son avenir.
C’est dans cette optique que l’AFDT a pris position, en toute responsabilité, sur le Forum de Brazzaville dont l’impréparation était de notoriété publique.
L’AFDT, à l’instar de plusieurs forces politiques et sociales, avait d’une part demandé le report du Forum et d’autre part émis le souhait qu’il se déroule à Bangui pour une meilleure appropriation pédagogique par toutes les couches de la population.
L’AFDT constate que le Forum de Brazzaville n’a pas épuisé son ordre du jour et que la question centrale du désarment qui constitue le nœud gordien de la crise n’a pas été abordée. Au point que l’opinion publique et la presse tant nationale qu’internationale considèrent à raison que l’accord de ” cessation des hostilités est un accord a minima”.
L’AFDT considère que c’est à l’aune de son application concrète sur le terrain que cet accord sera jugé et qu’il faut accorder aux belligérants le bénéfice de la bonne foi tout en restant vigilant et éviter de tomber dans un optimisme béat et naïf.
L’AFDT exprime son indignation face aux propos du Premier Ministre Monsieur André NZAPAYEKE tenus sur les ondes de RFI tendant à présenter les personnalités qui n’ont pas participé au Forum de Brazzaville comme des ennemis de la paix tout en leur reprochant d’aspirer à ” être des dirigeants de ce pays”. La recherche de la paix, c’est aussi l’acceptation de la différence, la tolérance et non l’unanimisme.
L’AFDT fermement engagée dans le processus du dialogue et de la réconciliation nationale:
-Exhorte la Communauté Internationale et les Autorités de la Transition à organiser en terre centrafricaine sous le très haut patronage de son Excellence le Président Denis Sassou-Nguesso Médiateur de la crise centrafricaine les concertations portant sur le désarmement, les poursuites pénales contre les auteurs des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, le dialogue politique et la réconciliation nationale;
-Exprime sa pleine et entière disponibilité pour le processus de paix en Centrafrique;
-Condamne sans réserve les velléités de partition de la RCA et les marches de soutien organisées à Bambari, Bria, Birao et au KM5 à Bangui;
-Réitère son indéfectible attachement à l’unité politique et territoriale de la RCA et au caractère non négociable de cette unité;
-Remercie la Communauté Internationale pour les efforts inlassables consentis pour ramener la paix en RCA.
Quelque deux cents des huit cent éléments de la coalition de l’ex rébellion de la Seleka en Centrafrique basés au camp de l’ex-Régiment de Défense Opérationnelle du Territoire (RDOT) au PK 11 route de Damara, ont accepté ce mardi, d’être désarmés et d’être rapatriés dans leurs villages respectifs.
« Tôt ce mardi matin un convoi transportant environ 200 éléments seleka désarmés a pris le chemin de l’intérieur du pays pour ramener ces seleka dans leurs villages respectifs » a confié à APA un habitant de la localité.
L’opération encadrée par les forces étrangères déployées en Centrafrique, a été supervisée par l’organisation internationale pour la migration (OIM) en accord avec les responsables de la Seleka.
Pour l’un des responsables de l’OIM, cette délocalisation n’est que le début d’une série qui va s’étendre sur le temps en tenant compte de l’évolution sécuritaire sur le terrain et de la disponibilité financière pour ces opérations.
Toujours selon ce responsable, « les troupes marocaines de la Minusca sans doute vont être basées dans les parages et les Forces Armées Centrafricaines vont bientôt prendre possession du camp ex RDOT libéré par les éléments séléka».
La décision de décréter la journée du mardi 29 comme étant fériée et non payée est diversement appréciée à Bangui. Plusieurs personnes interrogées ont soutenu cette décision et parlent de décision légitime. « Après un mois de jeûne et de prière, il est mieux de se reposer. C’est une fête comme tout autre jour. Tous les Centrafricains doivent observer cette journée, tout en respectant ce qui est dit par le gouvernement », a fait savoir Rose Légoua, rencontrée au centre ville.
Une partie de la population déplore le fait que la décision ait été prise si tardivement, à la fin de l’après-midi du lundi. Un agent de l’État, qui a requis l’anonymat, s’est dit insatisfait de cette décision. « Ce n’est pas la journée sans travail qui nous importe, mais il aurait été mieux de l’annoncer trois jours à l’avance. Ce serait plus convenable. »
« C’est pour faire plaisir aux musulmans et leur donner un temps de relâchement après les trente jours de jeûne et de prière. Nous apprécions cette décision du gouvernement », a affirmé un membre de ladite communauté.
« Cette décision est tombée tard dans la soirée. Cette journée n’est pas impliquée dans le calendrier en Centrafrique. Ceci a été proposé, mais le parlement à l’époque l’avait rejeté », a indiqué un homme interrogé par le RJDH. Ce dernier a déclaré que cette décision n’était pas correcte.
C’est la première fois que le gouvernement centrafricain décrète fériée la journée célébrant la fin du mois de ramadan.
La Coordination des Anti-Balaka s’est rendue ce matin à la rencontre des enfants de la rue du centre ville, à PK0. Sensibiliser les enfants de la rue dudit secteur quant aux modalités de l’accord de cessation des hostilités de Brazzaville et leur demander de cesser de lyncher les musulmans qui se rendent en ville pour faire leurs courses, tels sont entre autres les points qui ont été débattus lors de cette rencontre.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/07/centrafrique-exil-tchad.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Les premières heures de cette matinée ont été marquées par la visite de Brice Emotion Namsio et Sébastien Wénézoui, respectivement porte-parole et coordonnateur-adjoint des Anti Balaka. De retour de Brazzaville, ces derniers sont allés vers cette couche de la population pour délivrer un message de paix et solliciter la collaboration des enfants de la rue dans les œuvres de paix qu’ils entendent mener. Considérés comme étant la cause de certains actes de violence s’étant produits au centre-ville, les enfants de la rue ont accueilli avec joie ce message.
Brice Emotion Namsio a confié au RJDH l’esquisse de cette activité. « À Brazzaville, il a été question pour nous de prendre des engagements devant aller dans le sens de la paix. Nous sommes en train d’y travailler auprès de nos jeunes frères kodobé (enfant de la rue dans le jargon local). Nous leur expliquons la nécessité de ne plus attaquer les musulmans, de ne plus dénoncer les chrétiens et de collaborer avec nous pour que la paix que nous amenons de Brazzaville puisse régner », a-t-il dit.
Deux grandes stratégies sont prévues dans le cadre de cette activité : «nous avons mis un bureau en place en commun accord avec les enfants de la rue, afin que ceux qui désormais se conduisent en marge de cette prescription puissent être conduits à la Gendarmerie ou à l’OCRB (Office de Répression du Banditisme). Et dès jeudi, nous organiserons une grande marche afin de montrer à la communauté nationale et internationale que nous sommes réellement sur le chemin de la paix », a ajouté Brice Émotion Namsio.
La satisfaction était manifeste chez certains enfants de la rue, lorsque le RJDH leur a tendu son micro. Arsène, l’un des plus vieux, s’est dit réconforté par la visite et surtout par le message de la Coordination des Anti-Balaka.« Nous avons bien accueilli ce message de nos ainés. Nous vivions pourtant bien avec les musulmans, mais aujourd’hui, pourquoi nous nous regardons en chien de faïence ? Il faudrait retrouver cette belle époque par le pardon. Nous sommes obligés de nous pardonner. Donc, on ne peut pas s’opposer à cette initiative », a expliqué ce jeune homme d’une vingtaine d’années.
Interrogé quant à savoir s’ils sont prêts à laisser circuler librement les musulmans, ce dernier a répondu par l’affirmative. « Nous faisons la paix, mais le camp d’en face doit faire de son mieux pour changer de comportement. C’est un effort mutuel », a-t-il conclu.
Lui emboitant le pas, un autre enfant de la rue, prénommé Aimé, s’est également dit satisfait et prêt à soutenir l’initiative. Pour lui, rien n’est plus essentiel que la paix. « La paix nous est chère. Il nous faudra tout faire pour arrêter la guerre. Je suis dans le bureau qui vient d’être mis en place et je contribuerai au retour de la paix dans mon pays », a-t-il dit.
Depuis le retour de Brazzaville, où s’est tenu du 21 au 23 juillet un forum sur la République centrafricaine, c’est le premier acte posé par la Coordination des Anti-Balaka qui va dans le sens de l’application dudit accord.
ETATS-UNIS – Accusé d’avoir décapité son ami avec une corde de guitare, un homme de 29 ans était entendu lundi par un tribunal américain, a-t-on appris jeudi. Il aurait, après le meurtre, conservé la tête de sa victime afin de discuter avec elle. L’homme a plaidé non coupable.
L’homme a d’abord torturé sa victime pendant deux jours. (photo d’illustration) Photo : Adam Gasson/Future Publ/REX/SIPA
Metronews a fait le tour de la presse internationale et vous livre le fait divers du jour…
Qui eût cru qu’une guitare puisse être l’instrument d’un meurtre ? Un homme était entendu lundi au tribunal d’Osage County, aux Etats-Unis, pour avoir décapité un ami avec… une corde de l’instrument, a-t-on appris jeudi. Il aurait ensuite conservé la tête, afin de discuter de temps en temps avec elle. L’homme, âgé de 29 ans et accusé de meurtre au premier degré avec préméditation, a plaidé non coupable. Son procès commencera le 23 juin et doit durer plusieurs semaines, rapporte le Topeka Capital-Journal.
Elle cherche des champignons et trouve un crâne
Les faits remontent à 2011, dans l’Illinois. James Harris, arrêté il y a un mois, aurait sauvagement assassiné son ami James Gerety, un homme âgé de 49 ans, entre le 3 mars et le 20 avril, selon les enquêteurs. Mais ce n’est que mi-mars que la police est alertée, grâce à un travailleur social qui s’inquiète de ne pas voir Gerety se présenter pour toucher ses allocations. Il lui avait confié peu de temps auparavant prévoir s’installer avec Harris. Un morceau de crâne n’est retrouvé qu’un an plus tard, à une trentaine de kilomètres de son domicile.
C’est lors d’une promenade pendant laquelle elle cherche des champignons que la compagne du père de l’accusé a fait la macabre découverte en 2012 : une partie du crâne de la victime est à moitié enterrée, dans la campagne de Carbondale, à Osage County. La police interroge alors la petite amie de James Harris qui révèle que l’homme garde le crâne afin de lui parler de temps en temps, dans le cadre de pratiques vaudou. Selon elle, Harris aurait tiré dans l’estomac de la victime, avant de le torturer pendant deux jours et de finalement le décapiter dans sa maison de Topeka. Il a ensuite enterré le corps sur le terrain de son père et gardé la tête dans un sac. Le reste du corps n’a pas été retrouvé.
En plus de se remettre de son opération aux urgences chirurgicales de l’hôpital central de Yaoundé où il s’est fait retirer les restes de pétrole de l’organisme, le bambin devait se battre entre perfusions, brûlures de la peau et température élevée.
C’est que, vendredi dernier aux environs de 10h, le petit garçon qui jouait avec des enfants du quartier de résidence à Nkoabang, au lieu dit « Entrée Carrière » a été interpellé, selon son frère aîné, par la voisine surnommée « Mimi » ou « La mère de Nana » par les habitants du quartier.
Celle-ci a emmené le petit Yann dans son magasin avant de lui passer la main sur la bouche pour qu’il ne puisse ni crier ni alerter les membres de sa famille. C’est là qu’elle lui a injecté du pétrole dans le bras droit à l’aide d’une seringue.
« Mon petit frère est ressorti de là en pleurant, ses vêtements portaient l’odeur du pétrole », témoigne Alexis P. D’après les membres de la famille, la voisine n’a nié les faits à aucun moment et a même avoué avoir commis cet acte parce que l’enfant aurait « cueilli le piment qu’elle faisait pousser dans son potager. »
« Nous n’avons aucun rapport particulier, c’est à peine si nous nous saluons. Je sais juste que la dame en question a perdu son enfant il y a moins de trois mois ; un enfant de cinq ans à peu près», explique l’un des membres de la famille de Yann.
Une fois informé, l’époux de la voisine en question s’est dit surpris de l’agissement de sa compagne. « Mimi » a été mise en garde à vue à la brigade de gendarmerie de Nkoabang où une plainte a été déposée contre elle.
Bien que la République ait été agressée, l’Institution de la gendarmerie s’en sort indemne !
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/07/général-AbdoulayFall.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Général Abdoulay Fall
En lisant et analysant l’ouvrage du colonel Abdoul Aziz Ndaw, il n’est pas interdit de croire que l’auteur s’essayait à pondre un « devoir de mémoire » consistant à livrer le souvenir de son passé glorieux, et surtout les coups bas, les règlements de comptes, les complots et les souffrances qu’il avait subis ou dont il a été le témoin dans sa riche carrière d’officier de gendarmerie. A l’arrivée, le colonel Abdoul Aziz Ndaw a délibérément et courageusement construit un grand musée exposant et divulguant des secrets d’Etat et des vies privées. Si son brulot se voulait une arme de destruction massive qui démolirait la République, le but n’a pas été atteint, heureusement, car nos institutions continuent de fonctionner. A commencer par l’institution militaire dont la gendarmerie fait partie. Touchée, la maréchaussée n’a pas coulé pour autant. Fort heureusement pour elle ! Pourquoi ?
D’abord, il nous plait d’ouvrir le ban sur l’histoire du Sénégal indépendant qui se décompose en trois grandes parties dont les principaux repères historiques sont : l’euphorie des porteurs de pancartes c’est-à-dire 26 août 1958 lorsque le général De Gaulle avait « donné » l’indépendance à notre pays sous la pression des manifestations en faveur du « oui » de la place Protêt à Dakar. Ensuite, il y a eu l’éclatement de la fédération du Mali suivie du transfert et de la reconstruction des nouvelles institutions du Sénégal. Et, enfin, la fête du 4 avril 1960. Qui dit institutions solides, dit forces de sécurité et de défense. Et la gendarmerie nationale en est une, assurément ! Car, si notre pays a connu une série de crises politiques caractérisées par des batailles de positionnement et des contestations post-électorales sans pour autant plonger dans le chaos, c’est grâce à nos forces armées. Et particulièrement la gendarmerie. Notre gendarmerie nationale qui, pendant plus d’un demi-siècle, a toujours servi la présidence de la République en particulier, et les autres institutions en général, avec loyauté et fidélité. Sans compter les populations sénégalaises, bien sûr. Une gendarmerie modèle qui a réussi à tenir son rôle dans le cadre de la constitution que le peuple s’est librement donnée. D’abord, en contribuant à la défense de l’intégrité territoriale du fait qu’en temps de guerre, la gendarmerie combat aux cotés des armées. Ensuite, par sa présence vigilante et son action efficace pour la sécurité et la stabilité politique du pays. Comme au soir du 25 mars 2012 lorsque le haut commandant de la gendarmerie d’alors, le général Abdoulaye Fall, avait appelé le président Wade pour lui conseiller de féliciter son adversaire, M. Macky Sall, dès la tombée des toutes premières tendances lourdes en ces termes : « Mes respects, Monsieur le Président, bonsoir ! On vient de collecter les premiers résultats à travers le pays par le biais des compagnies et des brigades de gendarmerie. Monsieur le président, les premières tendances ne vous donnent aucune chance de remporter ces élections. Pour nous faciliter la tâche d’assurer la sécurité des personnes et des biens, je vous conseille d’appeler votre adversaire pour le féliciter… » avait eu à dire le général Abdoulaye Fall, celui-là même que le colonel Aziz Ndao traîne dans la boue aujourd’hui, en sa qualité de Haut commandant de la Gendarmerie et directeur de la Justice militaire au président Abdoulaye Wade. Une conversation téléphonique que « Le Témoin » avait révélée dans ses colonnes pour montrer que l’institution a été toujours à équidistance des tendances politiques et partisanes.
Face à la multiplicité de nombreuses crises politiques et financières ainsi que d’autres ouragans qui ont eu à balayer pas mal d’institutions, la Gendarmerie a pu rester debout et résister comme un dernier rempart aux cotés de l’Armée. Cette résistance contre vents et marées, l’institution la doit à ses hommes. En particulier à ces valeureux officiers et officiers généraux qui ont fait de la gendarmerie ce qu’elle est devenue aujourd’hui c’est-à-dire une institution équilibrée et respectée où se cultivent la compétence, la discipline, la loyauté et la responsabilité. C’est pourquoi, un obus « littéraire » comme le brulot du colonel Abdoul Aziz Ndaw, bien que dévastateur et destructeur, ne pouvait nullement secouer les solides fondements de cette institution qu’est la Gendarmerie. Meme si l’obus, il faut le reconnaître, a pu souffler les portes et fenêtres de l’institution. Cependant, l’édifice est resté intact et tient toujours sur ses bases.
Le « Wikileaks » de la Gendarmerie
Ce qu’il faut retenir, déplorer et condamner dans le livre du colonel Abdoul Aziz Ndaw, c’est l’immense divulgation des secrets de l’Etat. Une divulgation sans retenue. En dehors des faits que le colonel Abdoul Aziz Ndaw a eu à vivre personnellement, la plupart des informations et renseignements livrés au public ont été ramassés dans les différentes réunions de conseil de sécurité que présidait le président République d’alors, Me Abdoulaye Wade. Si ce n’étaient pas des instructions renfermant des informations qu’il recevait du haut commandement de la gendarmerie. Et personne n’était mieux placé que le colonel Aziz Ndaw, lui qui fut le haut commandant en second, pour être l’ampliataire, voire le destinataire, de ces rapports et autres bulletins de renseignement. Surtout qu’en cas d’absence du haut-com, le général Abdoulaye Fall, il le remplaçait dans tous les réunions et conseils de sécurité. Cela nous rappelle le sieur Julian Assange, rendu célèbre pour avoir divulgué plus de 700.000 documents et renseignements américains estampillés « confidentiels » et « secret défense » à travers le site « WikiLeaks ». Dans son livre, le colonel Aziz Ndaw a mis à nu la façon dont Touba domestiquait l’Etat comme un talibé au point de sacrifier tout officier de gendarmerie foulant au pied les états d’humeur de l’autorité religieuse. N’est-ce mon colonel ? « J’eus mon premier incident à Touba à cause d’un conflit interne entre deux grandes composantes de la grande communauté des mourides. Le Khalife, Serigne Abdou Lakhat avait interdit l’alcool et les cigarettes dans toute la ville de Touba et avait mis en place des unités de vigilance pour arrêter et bastonner les coupables. Un personnage important de la communauté, ivre mort, fut bastonné sans autre forme de procès par les hommes du « beukhe neekh » Mor SECK, homme de main du Khalife. La réaction de la communauté de cet homme ne se fit pas attendre. En effet, ses hommes attaquèrent le poste de Touba et une bataille rangée de grande envergure entre les deux communautés se déroula sous les yeux impuissants des populations. Alerté, je mis en branlebas de combat toutes les huit unités de la compagnie et fonçai sur Touba où, à coups de grenades lacrymogènes, j’eus le dessus sur les antagonistes. Je fis arrêter plus de 160 personnes à qui plusieurs infractions pouvaient être reprochées, notamment port d’armes et attroupement armé. Je rendis compte fidèlement à l’officier de permanence qui fit réveiller le Général. Il me posa des questions sur l’ampleur des évènements et les mesures prises. Il me félicita pour l’opération et me fixa rendez-vous pour les détails au lendemain matin. Tout fier du travail accompli, je faisais faire durant toute la nuit et avec les renforts, les procès-verbaux en vue de déférer les personnes arrêtées au parquet de Diourbel dans les délais impartis. Le commandant de brigade de Mbacké profita de notre engagement pour se rendre à Dakar rencontrer le Khalife, invité chez le milliardaire Ndiouga Kébé. Il lui rapporta à sa manière les faits, s’excluant de toute action, argua de l’absence du commandant de compagnie pour mettre toute la responsabilité de l’action sur ma modeste personne. A sept heures, tout avait basculé. J’eus droit aux engueulades du Général, au refus du parquet de voir déférer les mis en cause » a-t-il expliqué dans son brulot. Les méthodes d’investigations, les filatures, les traques aux renseignements, les infiltrations de personnages stratégiques, le ravitaillement des rebelles du Mdfc par la Caritas-Sénégal, l’affaire Oumar Lamine Badji etc… tout a été exposé sur la voie publique par le colonel Aziz Ndaw en sa qualité d’ancien officier de renseignements comme il l’a si bien expliqué dans les chapitres réservés à l’assassinat de Me Babacar Sèye, du Mdfc et autres affaires d’Etat !
Seulement, le colonel Aziz Ndaw a dû oublier que notre gendarmerie et notre police utilisent des méthodes d’un Etat de droit. Ce malgré quelques dérapages ayant entrainé parfois mort d’homme ou violant les droits humains. Allez vous aventurer dans les gendarmeries ou polices chinoises, ou de certains pays africains où les officiers, journalistes et autres détenus politiques sont extradés de leur cellule et exécutés sans autre forme de procès avant d’être portés disparus à jamais ! Dans l’ouvrage du colonel Ndao, même la vie privée du général Abdoulaye Fall a pris une bonne salve. Mais surtout, surtout, son système de commandement. Nous ne disons pas que tout son livre renferme des contre-vérités, mais enfin le colonel avait-il le droit de rendre publiques des décisions étatiques ultrasecrètes que le Général Abdoulaye Fall, en bon militaire, n’avait fait qu’exécuter en exécution d’ordres données par le politique qui commande les armées ?
A l’analyse, le colonel Aziz Ndaw a secoué des hommes et dépouillé leur système de commandement, mais l’Institution de la gendarmerie qu’il croyait déstabiliser s’en est sortie indemne à part quelques fissures et autres cicatrices qui ne tarderont pas à disparaître avec le temps.
Pape NDIAYE
Article paru dans « Le Témoin N° 1173 » –Hebdomadaire Sénégalais ( Juillet 2014)
Quand l’Etat… civilisé d’Israël démontre sa barbarie en Palestine
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/07/Palestine-fille.jpeg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Quatre cents trente morts palestiniens, des civils pour la plupart, depuis le début de l’offensive terrestre de l’armée syrienne contre le mouvement islamiste Hamas. Des bombardements sur des zones résidentielles densément peuplées, des écoles, des hôpitaux… Israël est en train de se livrer à un véritable génocide dans la bande de Gaza. Puissance nucléaire, plus grande armée du Moyen-Orient et l’une des meilleures au monde, Tsahal est en train de montrer toute la barbarie de l’Etat hébreu. Paradoxe pour une Nation — Israël — qui se veut un berceau avancé de la civilisation dans un océan d’obscurantisme — le monde arabe — en même temps qu’un ilot de démocratie dans une mer de dictatures arabes totalitaires. Et devant ce massacre du peuple palestinien dont la terre est occupée par Israël depuis 1948, sans compter les territoires arrachés à la suite des guerres de 1967 et 1973, la communauté internationale reste étrangement, scandaleusement muette. Et c’est tout juste si, dans un pays comme la France, patrie des droits de l’homme pourtant, les manifestants en faveur de la cessation des bombardements ne sont pas perçus comme de dangereux ennemis de la Nation ! A preuve, il a fallu plus d’une semaine pour qu’ils soient enfin autorisés à battre le pavé. Ah, s’il s’agissait de soutenir Israël et le peuple juif ! La France où l’humoriste Dieudonné est arbitrairement interdit de spectacles depuis des mois pour avoir tourné en bourrique ce même peuple dans ses sketchs. Un Noir qui se moque des Juifs : un crime aggravé assurément !
Israël, sous prétexte de mettre fin aux tirs de roquettes qui visaient son territoire — et qui n’avaient fait aucun mort au moment où l’Etat hébreu commençait ses bombardements —, a donc envahi la bande de Gaza pour, selon la terminologie consacrée, « détruire l’infrastructure terroriste du Hamas », se livrant à un massacre en règle contre les populations palestiniennes. Vous avez parlé de riposte ? Drôle de riposte et, surtout, riposte disproportionnée, assurément ! Encore une fois, alors que les roquettes du Hamas n’avaient encore tué aucun Israélien, Tsahal avait déjà massacré plus de 100 Palestiniens. C’est ce qu’on appelle sans doute des « ripostes préventives » excusez du néologisme. Depuis lors, et jusqu’au moment où ces lignes étaient rédigées, mercredi soir, l’armée israélienne avait tué 430 Palestiniens et procédé à des destructions d’infrastructures (routes, ponts, centres de communications…) dont la valeur ne peut être estimée pour le moment. Et pourtant, aucun dirigeant de ce peuple élu ne comparaîtra devant la Cour pénale internationale (CPI) instituée officiellement pour lutter contre les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et les génocides. Parce que, tout simplement, cette Cour, c’est pour punir les Africains noirs. Eux et personne d’autre. La preuve, depuis que cette CPI existe, elle n’a jamais inculpé, encore moins incarcéré et jugé un seul ressortissant d’aucune autre région du monde, ni d’aucune autre race. Il faut être Noir et Africain de surcroît pour qu’elle s’estime compétente. Et pour l’instant, sa « compétence internationale » épouse les limites géographiques de l’Afrique noire. Israël aura donc beau massacrer des Palestiniens, commettre tous les crimes de guerre et génocides du monde, ses dirigeants ne seront jamais déférés devant la CPI.
Pour ce qui est de la « communauté internationale », en fait l’Occident, la cause est entendue. Comme l’a dit son chef, le président américain Barack Obama, « Israël a le droit de se défendre ». Et tant pis si, pour ce faire, ce pays massacre des centaines d’innocents dont les vies ne comptent guère tant que ce ne sont pas des Israéliens que l’on tue. Ah, si cela avait été cinq ou dix, ne parlons pas davantage, ressortissants de l’Etat hébreu qui avaient été tués quelque part ! On entend d’ici les condamnations indignées de la « communauté internationale ». Comme lorsque trois adolescents israéliens avaient été enlevés et tués par des individus soupçonnés d’appartenir au Hamas. La communauté internationale, indignée, n’avait pas trouvé de mots assez durs pour condamner ces crimes atroces, effectivement. Quelques jours plus tard, l’enlèvement puis le meurtre en guise de représailles d’un adolescent palestinien n’avait ému personne. Pas plus que les Noirs massacrés en Centrafrique ou ailleurs n’émeuvent les bonnes âmes de la même « communauté internationale ». Dans ce monde globalisé où nous vivons, il y a les hommes (Blancs européens et américains, Israéliens…) et il y a les sous-hommes dont nous, Nègres d’Afrique, faisons partie assurément ! Sans compter, bien sûr, les pauvres Palestiniens.
Massacre judiciaire… contre les trafiquants de yamba !
Cela dit, à une tout autre échelle et pour une tout autre chose, on vient également d’assister à un massacre dans notre pays. Judiciaire celui-là. En effet, dans la plus grande indifférence des Musulmans que nous prétendons être, et en ce mois béni de Ramadan, la Cour d’Assises de Dakar vient d’achever sa session. Comme d’habitude depuis des années, et faute d’avoir des crimes sanglants à se mettre sous la dent, les braves magistrats de cette Cour se sont donc rabattus sur les trafiquants de chanvre indien qu’ils ont massacrés littéralement. Ça a été sanglant, saignant, assurément. Car pour frapper fort, ces braves magistrats de la Cour d’assises de Dakar n’y sont pas allés de main morte. Jugez-en à travers ces quelques cobayes qu’ils ont conduits à l’abattoir. Le sieur Baba Guissé, marié à deux épouses et père de 12 enfants (dont deux seraient décédés pendant qu’il est en prison), accusé d’avoir convoyé du chanvre indien pour le compte d’une Malienne, a été condamné à… 10 ans de prison ferme. Quant à la propriétaire de la drogue, la ressortissante malienne Assa Ba, elle a écopé de 12 ans de prison ferme. Les deux devront payer solidairement la somme de 15.600.000 francs au Trésor national.
Le sieur Salif Sow, trouvé en possession d’un sac contenant 9 kg de chanvre indien à Keur Massar, a été condamné lui aussi à… 10 ans de travaux forcés. En plus, il doit verser une amende de 1.350.000 francs au Trésor.
Le sieur Gorgui Ibrahima Ndiaye, lui, pris avec 200 grammes de chanvre indien seulement — en fait, ce brave pêcheur a été arrêté près d’une maison où se trouvait la drogue et aux alentours de laquelle des gendarmes avaient monté une planque depuis des jours —, Gorgui Ibrahima Ndiaye, donc, a été condamné à 10 ans de prison lui aussi. Et ce pour, encore une fois, 200 grammes de chanvre indien seulement… qui n’ont pas même pas été trouvés par devers lui ! Ce n’est pas tout : trouvés en trainde se disputer près de la gare de Bargny et soumis à une fouille ainsi que leurs bagages, les ressortissants maliens Lansana Diankha, Mohamed Cissé et Mamadou Traoré ont été jetés en prison depuis septembre 2009. Jugés par la cour d’assises de Dakar, Mohamed Cissé et Mamadou Traoré ont été condamnés à… 10 ans de prison chacun. En outre, ils devront payer 240 millions de francs d’amende au Trésor public (lequel, il est vrai, en a bien besoin ces temps-ci). Le troisième larron, Lansana Diankha, a été acquitté. Après cinq ans de détention pour rien ! Quant à la dame MameBousso Sèye, coupable d’avoir envoyé un certain Mamadou Sall ainsi que son chauffeur à elle pour récupérer 32,7 kg de chanvre indien, eh bien elle a été condamnée par contumace à… 20 ans de travaux forcés. Dans son immense bonté, la cour ne l’a pas condamnée à mort.
L’entraîneur de football Lamine Cissé Diongue, lui, peut s’estimer heureux pour avoir été acquitté par cette même Cour mais après avoir quand même passé près de quatre ans derrière les barreaux sur la base d’une simple accusation de trafic de chanvre indien. La même chance a visité les sieurs Seydou Ndiaye, Mohamed Diongue et Jean-François Diassy, acquittés après quatre ans de détention. Eux aussi étaient accusés de trafic de chanvre indien. A titre de comparaison, le sieur Cheikh Anta Diop, accusé de meurtre sans intention, a été condamné à… six ans de prison.
Entendons-nous bien : ce n’est pas seulement la Cour d’Assises de Dakar qui vient de siéger qui a eu la main lourde pour les trafiquants de drogue, essentiellement du chanvre indien d’ailleurs. Presque toutes les formations de cours d’assises qui siègent dans notre pays depuis quelques années s’en donnent à cœur joie dans le massacre de trafiquants de chanvre indien. Et ce quelle que soit la quantité dont ils ont été trouvés porteurs. On nous dira certes que ces différents juges n’ont fait qu’appliquer la loi, celle dite Latif Guèye criminalisant le trafic de drogue en l’occurrence, mais enfin sont-ils obligés d’être à ce point répressifs et de n’infliger que des peines de 10 ans voire plus ? Or, une décennie, c’est presque la vie d’un homme dans des pays comme le nôtre où l’espérance de vie dépasse exceptionnellement 50 ans. Ce souvent pour une erreur, la plupart des criminels condamnés n’étant même pas des récidivistes. Pourtant,ils ne peuvent même pas bénéficier de circonstances atténuantes. Et encore, s’il s’agissait de drogues dures genre cocaïne, héroïne et autre crack, on aurait compris cette férocité des juges. Mais du yamba ! Le pays le plus répressif du monde en matière de trafic de drogue, c’est les Etats-Unis d’Amérique. Un pays à ce point obsédé dans la lutte contre les narcotrafiquants qu’il n’a pas hésité à enlever un chef d’Etat étranger — le Panaméen Manuel Noriega en l’occurrence — pour venir le juger sur son territoire. Mieux, il y a un peu plus d’un an, l’ex- chef d’état-major de l’armée bissau-guinéenne, le contre-amiral Bouba Na Tchucheu, avait été enlevé par un commando des forces anti-drogue américaines puis transporté aux Usa où il va être jugé pour trafic de drogue. Eh bien, un pays aussi déterminé dans la lutte contre les trafiquants de drogue considérés comme des ennemis publics aussi dangereux que les terroristes, ce pays, donc, a légalisé la vente de marijuana, de chanvre indien, dans certaines parties de son territoire. Le dernier Etat américain à avoir autorisé cette vente, c’est celui de Washington. Tout cela pour dire quoi ? Qu’une substance aussi inoffensive que le yamba ne devraitquand même pas valoir à un trafiquant, quel qu’il puisse être, une peine de dix ans de prison. Cela n’a pas de sens, tout simplement. Sauf à vouloir envoyer en prison pour une très longue période de pauvres diables qui n’ont ni marabout, ni politicien influent et ne portent pas certains patronymes qui auraient pu leur valoir la liberté depuis longtemps. Il s’y ajoute que même un homme qu’on ne peut pas soupçonner de sympathie, encore moins de complicité, avec les trafiquants de drogue comme l’ancien chef de l’Etat nigérian, M. Oluségun Obasanjo, vient de se prononcer en faveur de la dépénalisation du trafic de certaines drogues comme la marijuana, en expliquant que maintenir ces dispositions répressives dans nos arsenaux législatifs, cela ne ferait qu’encombrer inutilement les prisons de nos pays déjà largement surpeuplées. Cela, il est venu le dire les yeux dans les yeux à notre président de la République il y a quelques semaines. M. Obasanjo était à la tête d’une commission de la Cedeao chargée de réfléchir sur l’efficacité de la lutte contre la drogue engagée par nos Etats. Tout cela et bien d’autres choses encore pour dire qu’il est temps de cesser d’envoyer en prison pour de si lourdes peines ces pauvres hères et ces infortunées dames qui se livrent au trafic de yamba. Le préalable à tout cela c’est, bien sûr, l’abrogation par notre Assemblée nationale de la loi Latif Guèye qui est un scandale dans un pays de libertés, ou qui prétend l’être. Surtout que, encore une fois, seuls les plus pauvres trinquent en vertu de cette loi infâme…
Mamadou Oumar NDIAYE
Article paru dans « Le Témoin N° 1173 » –Hebdomadaire Sénégalais ( Juillet 2014)
Ex-ministre des Sports de François sozizé. Patrice–Édouard Ngaïssona est devenu le coordinateur général du mouvement. Son objectif: le transformer en un parti politique respectable pour participer aux élections prévues début 2015.
Créée en réaction aux exactions commises par l’ex-Séléka, qui a pris le pouvoir en mars 2013, la milice anti balaka (majoritairement chrétienne) cherche à asseoir sa légitimité en tant que parti politique, en vue des élections prévues pour février 2015. Mais les dissensions internes et le manque de structures ralentissent le processus, sur fond de ressentiment ethnique. En parallèle, à Bangui, les exactions commises par ses membres ont fait perdre à la milice la popularité dont elle a pu jouir au début du conflit. Cela n’empêche pas certains politiciens de se réclamer du mouvement anti-balaka et de rechercher ses faveurs. Preuve que le « label» n’est pas encore éculé.
Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/07/Patrick-Édouard-Ngaïssona-.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Patrick Édouard Ngaïssona
BOMBARDÉ. A l’entrée de sa maison, juchée sur une colline du quartier deBoye-Rabe, dans le nord de Bangui, deshommes en armes fouillent les sacs etles poches des visiteurs. Traversant lacour, Patrice-Édouard Ngaïssona, 42 ans,coordinateur général des anti-balaka, est accueilli par des saluts militaires.
Quelques minutes plus tard, bien calédans son fauteuil, il se dit serein. Il necraint pas la « justice des hommes ». Araison, semble-t-il. Il a déjà été poursuivipour détournement de fonds du tempsde François Bozizé, qui l’avait bombardéministre de la Jeunesse et des Sportsdans le gouvernement d’union nationale,en février 2013. Fin mai 2013, il a faitl’objet d’un mandat d’arrêt international,lancé par la justice centrafricaine pour « crimes contre l’humanité et incitation au génocide, complicité de tueries etassassinats». Auditionné dans ce cadre en avril dernier et laissé en liberté sous contrôle judiciaire, le leader anti-balaka sait que la justice a été jusqu’à présent plutôt clémente avec lui.
Certes, à la demande des autorités judiciaires centrafricaines, la Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une enquête sur les exactions commises dans le pays depuis septembre 2012, laquelle pourrait bien mettre en cause des miliciens anti-balaka. Des accusations que Ngaïssona balaie d’un revers de main: si des exactions ont été commises, c’est sur le principe de l’autodéfense, face aux violences perpétrées par l’ex-Séléka. « Est-ce qu’un soulèvement contre l’arbitraire est passible de poursuites? Ça n’a pas de sens », s’agace-t-il. Avant de conclure: « Les tueries, on n’en fait plus. » Point.
En attendant « la justice de Dieu», le coordinateur général anti-balaka oeuvre donc à la transformation de son mouvementen parti politique. Qu’on ne l’accuse pas de vouloir ralentir la transition: au contraire, il assure qu’il est là pour l’aider. Il rêve d’élections rapides,« comme au Mali ». Et, comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, il ajoute: «Il n’y apas d’hommes politiques dans ce pays. Seuls les anti-balaka et l’ex-Séléka sont en mesure, aujourd’hui, de ramener la paix. » Dont acte.
Reste que, à la différence du mouvement porté par Michel Djotodia, qui, lui, est en mesure de mener des offensives également sur le plan diplomatique, les anti-balaka ne sont pas structurés. Selon Ngaïssona, il faut « décentraliser le mouvement », qui compterait 53000 personnes. Mais aussi « trouver des financements» et, comme l’a fait l’ex-Séléka, cantonner les combattants.
Ensuite, le mouvement aura vraiment de quoi peser et faire face à son adversaire. On retrouve là le président de la Fédération centrafricaine de football et ex-ministre des Sports.
Patrice Ngaïssona travaille donc sur les statuts juridiques de son mouvement. Il est aidé dans cette tâche par le capitaine Joachim Kokaté, conseiller ministériel et chargé des relations extérieures pour les anti-balaka. Issu de l’ethnie yakouma.Ie capitaine Kokaté souhaite une refonte complète de l’armée, constituée essentiellement de Gbayas, l’ethnie de l’exprésident Bozizé. Et le mouvement antibalaka peut constituer un vivier,si des recrutements pour une nouvelle armée nationalese révélaient nécessaires. Il s’agit de lisser le discours et de « toiletter» un peu le bureau politique, afin d’apparaître comme neuf aux yeux des électeurs et de la communauté internationale.
AFFAMÉS. D’ici là, un coup de pouce du gouvernement de transition serait le bienvenu. En effet, l’argent, les véhicules et les postes offerts par la présidente, Catherine Sarnba-Panza, ne suffisent plus. Patrice Ngaïssona réclame « la reconnaissance intellectuelle» du mouvement par l’État. Son porte-parole, Émotion Namsio,va plus loin: « Personne ne déposera les armes tant que notre acte de bravoure ne sera pas reconnu. » Et, surtout, tant que le mouvement n’aura pas reçu de financements. Car s’il n’y avait pas la misère, Ngaïssona l’assure, ses miliciens ne commettraient pas la moindre exaction. Il les justifie cependanten estimant qu’il est « très difficile de contrôler des hommes affamés »,
Proche de François Bozizé, le leader anti-balaka affirme que l’ancien chef de l’État n’a jamais donné un franc à son mouvement – ce que même des membres de sa garde rapprochée contestent. Il dit avoir juste reçu 7 millions de F CFA(10 670 euros), « à titre personnel ». de la part de la présidente,Catherine Samba-Panza: «La première fois, dit-il, elle nous a donné 4rnillions,et la deuxième, 3. À part cet argent, on n’a rien touché. »
C’est d’ailleurs pour une questionde répartition des ressources que, ces trois derniers mois, des querelles de leadershipont opposé le coordinateur généralau désormais coordinateur général adjoint, Sébastien Wénézoui. Ce dernier explique que les tensions seraient dues à la proximité de Patrice Ngaïssona avec François Bozizé, Selon lui, l’équipe de gaïssona travaillerait discrètement au retour du président renversé et n’aurait rien reversé au mouvement de l’argent offert par l’ancien chef de l’État, son filset l’actuelle présidente de transition.
CHAUD, FROID.Bozizé n’est jamais très loin.Dans le bureau politique récemment constitué par le mouvement, seuls les Gbayas, son ethnie, seraient représentés,créant des frustrations parmi les antibalaka. L’histoire se répète. En effet, durant ses dix années de pouvoir (de 2003à 2013),François Bozizéalargement favorisé les Gbayas au sein de l’armée,attisant les frustrations. Ce qui a fait, indirectement, le jeu de la rébellion.
Joachim Kokaté, qui souffle le chaud et le froid dans ce conflit interne, veille à atténuer les tensions ethniques au sein du mouvement: « Les anti-balaka ne sont pas seulement l’affaire des Gbayas ». affirme-t-il. Si Kokaté se présente comme opposant à l’ex-président, il a toutefois créé avec lui, lors de sonexil en France, le Front pour le retour à l’ordre constitutionnel en Centrafrique J(Frocca), dont les partisans oeuvrent au retour de Bozizé.
Un autre discours apparaît en filigrane. Il y aurait les « vrais» et les «faux» antibalaka.Les « faux» seraient ceux utilisantle label à des fins criminelles, et dontles leaders pourraient se débarrasser s’ils devenaient trop gênants. Quant aux « vrais », il s’agirait des hommes deNgaïssona, ceux que l’on a envoyés chercherà Bossangoa (dans le nord-est dupays), notamment, après le massacre deleurs familles par l’ex-Séléka, pour constituerle mouvement d’autodéfense. Ces derniers ont permis au gouvernement de transition de s’installer et constituent le gros de l’entourage de Ngaïssona .
Mus par un besoin de revanche, ils ont participé aux violents combats quiont fait tomber la Séléka et fuir lesmusulmans. D’autres grossissent lesrangs de la milice chaque jour, demandantà être alignés sous la bannièrenationale. Les divisions internes ont pu être apaisées grâce à la médiationd’une association créée spécialementpour l’occasion, Mouda, présidée parla fille de Catherine Samba-Panza,installée en France. « Sangaris nousa conseillé de rester soudés et de constituer un bureau politique. C’estpour cela qu’on a proposé Wénézoui », explique le capitaine Gilbert Kamezolaï.L’officiera depuis quitté le mouvement. Sébastien Wénézoui, avec son discours pacifiste, ne s’y est pas trompé: « Lesanti-balaka sont l’armée et les électeursde demain. » Et cela mérite biend’oublier quelques tensions internes .•
Après le cessez-le-feu entre groupes armés centrafricains conclu à Brazzaville le 23 juillet, reste à mettre en musique cet accord pour éviter qu’il ne reste lettre morte.
Médiateur de la crise centrafricaine, le président congolais Denis Sassou Nguesso a dans un premier temps émis le souhait que les anciens chefs d’État François Bozizé et Michel Djotodia soient invités au forum de la paix de Brazzaville. L’idée a été abandonnée devant les fortes réticences de la communauté internationale et notamment des États-Unis, intransigeants sur la question de l’impunité.
>> Voir aussi notre carte : Pour y voir clair dans le micmac des groupes rebelles centrafricains
Rendez-vous à Rome
Après l’accord de cessez-le-feu signé à l’arraché le 23 juillet entre les groupes armés, c’est au tour des acteurs politiques d’être invités à pacifier leur pays. La communauté Sant’Egidio, proche du Vatican, prolonge la démarche entreprise en novembre 2013 à Bangui et convie les candidats à la présidentielle de 2015 prochainement à Rome.
Seront présents également des représentants de la communauté internationale, dont Soumeylou Boubèye Maïga, Louis Michel et Cheikh Tidiane Gadio.
Cheikh Tidiane Gadio, l’homme de l’ombre
Le candidat malheureux à la présidentielle sénégalaise, nommé envoyé spécial de l’Organisation de coopération islamique (OCI) en Centrafrique, joue un rôle de plus en plus important dans la médiation. Il reste un homme de l’ombre, certes, mais de poids : son organisation a promis une aide de 500 millions de dollars à la Centrafrique.
Le cessez-le-feu an Centrafrique est quasiment passé inaperçu. La semaine dernière, les deux principaux belligérants centrafricains ont accepté de suspendre les hostilités. Mais cet accord a été accueilli avec beaucoup de scepticisme au sein de la population. Exemple à Bangui, dans un quartier musulman : la plupart des musulmans centrafricains ont quitté le pays, ceux qui restent ont trouvé refuge dans cette enclave coupée du reste de la capitale depuis plusieurs mois.
Pour Ahmad Nijad Ibrahim «la violence n’est plus à l’ordre du jour» et la partition sera atteinte par «des moyens politiques»
La partition de la Centrafrique entre un Nord musulman et un Sud chrétien est “inévitable” selon le porte-parole de l’Etat-Major de la Seleka, Ahmad Nijad Ibrahim, qui a déclaré que cet objectif sera atteint “par des moyens politiques”. «Notre revendication concernant la partition du pays n’a pas été prise en considération au forum de Brazzaville, mais cela ne constitue pas un handicap pour continuer notre lutte en faveur de la partition par des moyens politiques. La violence n’est plus à l’ordre du jour. Nos éléments sont cantonnés, nous respectons les mesures de confiance. Nous pensons que la partition est inévitable en raison des violences que subissent les musulmans dans l’Ouest du pays. La haine est extrême. Nous allons participer au processus de réconciliation en Centrafrique, mais j’ai des doutes sur ses chances d’aboutir.»
Ce but poursuivi par la Seleka, selon le porte-parole de son Etat-major, se trouve conforté, à ses yeux, par la violation de l’accord de cessation des hostilités, signé le 23 juillet à Brazzaville, par les Anti-Balaka. En effet, selon les informations non confirmées. [i «Dimanche, 27 juillet à 16 heures, le camp militaire de la Seleka à Dekoa (Centre-Ouest) a été attaqué par des Anti-Balaka. A Batangafo [Nord-Ouest], trois civils musulmans et un chrétien ont été dévalisés et tués. Nos éléments ont également été attaqués aujourd’hui à Ngoya (Sud-Est), deux ont été blessés et un a été tué. Nous prenons l’opinion internationale à témoin: les Anti-balaka n’ont pas la volonté politique de mettre fin aux violences]» a déclaré Nijad Ibrahim.
Par le passé, les positions émises par Ahmad Nijad n’ont pas toujours été corroborées par le général Zoundeiko, chef d’Etat-major ni son entourage. Le porte-parole affirme toutefois que «[i Désormais, il n’y a plus de désaccord entre nous (les troupes basées à Bambari depuis le mois de janvier et en grande partie constituées de peuls, ndlr) et le général Zoundeiko (arrivé à Bambari au mois de mai, ndlr)»
Le cessez-le-feu signé entre les deux principales milices armées en RCA prévoit notamment le «regroupement de tous les combattants des groupes signataires dans un délai de 45 jours», «la démobilisation de tous les combattants», «le retour au pays des miliciens étrangers» et «l’arrêt des violences envers toute la population centrafricaine sur toute l’étendue du territoire national», selon le texte de l’accord.
Les responsables des 3ème et 5ème arrondissements de Bangui, la capitale centrafricaine, estiment que leurs administrés avancent sur la voie de la coexistence pacifique. Ils ont tenu Centrafrique.com/wp-content/uploads/2014/07/PAM-Bangui.jpg” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>lundi une réunion d’évaluation au quartier Benz-vi, en présence notamment de la ministre de la Communication et de la Réconciliation nationale Antoinette Montaigne Moussa. « Nous sommes arrivés à un niveau plus avancé que beaucoup d’autres arrondissements. Aujourd’hui, dans le 5ème arrondissement, il n’y a plus de tirs d’armes, c’est grâce au comité de cohésion sociale », a indiqué à RNL le chef du quartier Benz-vie, Emmanuel Zangaméto. Il a par ailleurs souligné que « beaucoup de déplacés sont revenus à domicile ».
Pour la ministre Montaigne, cette « initiative montre que le peuple a envie de se prendre en mains et d’accepter de faire la paix ».
« Les chefs doivent accepter la paix afin que le gouvernement s’y appuie pour que la paix devienne une réalité. Je suis émue de voir comment les chefs se battent avec peu de moyens », a-t-elle dit.
La rencontre a regroupé les chefs des quartiers des 3ème et 5ème arrondissements, le comité de la jeunesse du 5ème, les ONGS nationales et internationales œuvrant dans le secteur, des représentants des Antibalaka et des forces étrangères déployées en Centrafrique.
Cet exercice d’évaluation dans les deux arrondissements s’est déroulé moins d’une semaine après la signature à Brazzaville d’un accord de cessez-le-feu aux termes duquel Antibalaka et ex-Séléka se sont engagés à mettre fin à toute forme de violence.
Certains partis politiques centrafricains avaient cependant refusé de se rendre dans la capitale congolaise pour ce « Forum sur la réconciliation nationale et le dialogue politique ».
Dans un communiqué reçu à RNL, le Parti d’action pour le développement (PAD) exhorte les dirigeants politiques n’ayant pas effectué le déplacement de Brazzaville à adhérer à l’accord.
Des vendeurs chrétiens approvisionnent les musulmans cantonnés au KM5 à Bangui toujours menacés par la milice chrétienne
Chaque matin, des vendeurs de confession chrétienne, majoritairement des femmes, approvisionnent en nourriture les musulmans cantonnés au KM5 à Bangui et pris pour cible par la milice chrétienne Anti-Balaka. «Je viens au quartier musulman depuis le début de la crise en Centrafrique pour vendre des feuilles de manioc (plat traditionnel en rca) aux musulmans et je n’ai aucun problème à faire ça», témoigne Nancy, une vendeuse chrétienne qui habite à proximité de l’aéroport international de Bangui, M’poko.
Pour Ibrahima, musulman d’origine sénégalaise qui n’a jamais mis les pieds hors de Bangui, « l’entente entre vendeurs chrétiens et population musulmane du KM5 est relativement bonne ». « Les chrétiens viennent tout le temps ici pour nous vendre leurs articles et marchandises. Nous ne les agressons pas. En revanche, parfois, ils leur arrivent de nous voler dans nos magasins au KM5 », nuance Ibrahima. « Les vendeurs viennent et repartent quand ils veulent dans nos quartiers alors qu’un musulman n’a pas le droit de se déplacer dans les quartiers chrétiens » observe-t-il.
Gipsy, vendeuse de coco, ne craint pas le KM5, même si elle avoue avoir vu plusieurs personnes, dont les vendeurs chrétiens, se faire agresser, frapper, lyncher au KM5 par des anti-Balaka et que, plus d’une fois elle a dû laisser sa marchandise par terre et s’enfuir, pour revenir quelques heures plus tard, rapporte-t-elle. Il y a tout de même plus de sécurité qu’avant au KM5, a-t-elle estimé.
Certains chrétiens et musulmans cohabitent encore ensemble malgré les nombreuses violences interconfessionnelles qui ont secoué le KM5 depuis décembre dernier. Benfoui Armene, jeune chrétien, vit au KM5 où il se « sent bien », où « aucun musulman ne le provoque » puisqu’il est « né avec eux, a grandi avec eux et vit avec eux ». De même, certains musulmans entretiennent une relation fraternelle avec des chrétiens à l’instar de Khalil, jeune musulman de 25 ans, qui, chaque soir, dine en compagnie de Armin et Patrick, deux chrétiens du quartier. « Dans l’islam, Dieu nous a demandé de ne pas nous haïr. Nous appliquons cela malgré tout ce que nous avons vécu », explique le jeune homme. « Quand tu grandis avec quelqu’un, tu ne peux pas l’abandonner, surtout pas pour une identité religieuse. Patrick est chrétien et ses amis musulmans », détaille Khalil. «C’est lui qui fait nos courses en ville, dans les lieux où, nous musulmans, nous ne pouvons pas accéder. Il est plus qu’un ami, c’est un frère, nous avons confiance en lui et nous lui donnons d’ailleurs des sommes d’argent importantes pour qu’ils les envoient à nos familles dans l’arrière-pays», a-t-il ajouté.