Violents affrontements près de Bouar : les FACA abandonnent armes et équipements
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Des combats ont éclaté ce dimanche dans le village d’Abba-Bogani, à une dizaine de kilomètres de Bouar, entre les Forces Armées Centrafricaines (FACA) et des combattants Anti-Balaka appartenant à la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC).
L’événement a débuté par la reddition de deux membres anti-Balaka auprès des forces russes de Wagner à Bouar, dans la Nana-Mambéré. Les mercenaires Wagner, plutôt que d’assurer leur simple désarmement, les contraignent immédiatement à révéler l’emplacement de leur ancienne base. Ainsi, une colonne motorisée est rapidement constituée, composée des mercenaires russes, de soldats FACA et des deux ex-rebelles, tous à moto.
“Les mercenaires ont organisé cette opération sans préparation adéquate ni reconnaissance préalable du terrain”, indique une source militaire sous couvert d’anonymat. Cependant, les anti-Balaka de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), prévenus par leurs informateurs, prennent position pour une embuscade. Heureusement, le convoi, empruntant un itinéraire inattendu, parvient néanmoins jusqu’à la base rebelle qu’il détruit entièrement.
C’est sur le chemin du retour que la situation prend un tournant révélateur. Les mercenaires Wagner et les FACA découvrent un bœuf au bord de la route qu’ils abattent avec leurs armes de guerre. Au lieu de sécuriser la zone dans un secteur manifestement hostile, les Russes et les soldats FACA ont décidé de retourner à leur base à Bouar, laissant le bœuf au sol. Mais une fois à Bouar, les russes ont ordonné aux soldats FACA de retourner seuls avec des sacs pour dépecer l’animal.
“Les Wagner savaient que les rebelles rôdaient dans le secteur”, poursuit notre source. “Ils ont pourtant envoyé les FACA et des jeunes conducteurs de taxi-motos, réquisitionnés pour l’occasion, accomplir une tâche qui les rendait particulièrement vulnérables”.
Une vingtaine de militaires centrafricains et leurs accompagnateurs civils, tous des conducteurs des taxis-motos, retournent ainsi sur les lieux, sans protection des mercenaires russes. C’est pendant le dépeçage du bœuf que les anti-Balaka, qui attendaient embusqués depuis leur échec initial, lancent leur attaque.
La panique s’empare alors du groupe. Les soldats FACA et les conducteurs de taxi-motos abandonnent leurs motos et leurs armes, fuyant à travers la brousse pour regagner Bouar à pied. Les rebelles s’emparent de plusieurs armes laissées sur place et incendient une dizaine de motos militaires.
“Cette débâcle résulte directement des méthodes des Wagner”, analyse un officier FACA. “Ils utilisent d’abord les ex-rebelles pour leurs objectifs, puis exposent délibérément nos soldats au danger, le tout pour un simple butin”.
Le bilan officiel fait état d’un militaire blessé, actuellement soigné à l’hôpital de Bouar. Les pertes matérielles sont conséquentes : plusieurs motos détruites et des armes tombées aux mains des rebelles. Les autorités militaires de Bouar, sollicitées par notre rédaction, maintiennent un silence révélateur sur cet événement embarrassant.
Cet incident dévoile les dysfonctionnements de la coopération entre les mercenaires Wagner et les FACA. Il pose également des questions sur la chaîne de commandement et la protection des forces centrafricaines, régulièrement exposées aux dangers pendant que leurs “alliés” russes privilégient leur sécurité personnelle.
La présence des mercenaires Wagner en République centrafricaine continue ainsi de provoquer des interrogations, tant sur leurs méthodes que sur leur réelle contribution à la stabilisation du pays.
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![Axe Yalinga-Soudan : une véritable autoroute pour les rebelles du FSR Axe Yalinga-Soudan : une véritable autoroute pour les rebelles du FSR pendant que l’État regarde ailleurs Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Yalinga, une ville de la préfecture de la Haute-Kotto reste une porte grande ouverte sur le Soudan. Et tout le monde le sait : un danger pour le pays. Selon les propres mots de la sous-préfète Natacha Gwladys Akani, l’autre axe, celui qui mène directement vers la frontière soudanaise, n’est toujours pas sécurisé. Les hommes armés venus du Soudan y circulent comme bon leur semble. Ils entrent, ils sortent, ils passent et repassent sans aucune gêne réelle. C’est devenu leur couloir préféré. Un an et demi après l’arrivée de Mme Akani, après le déploiement tant vanté des FACA, de la police et de la gendarmerie au centre de Yalinga, cet axe reste une zone de non-droit. La présence des forces de sécurité est concentrée au chef-lieu, mais dès qu’on s’éloigne un peu, surtout vers cet axe stratégique, le vide se fait sentir. Résultat : les rebelles profitent de cette faille béante pour circuler librement. La sous-préfète ne cache pas son inquiétude. Elle demande ouvertement au gouvernement de « garder le cap » et de renforcer la sécurisation de cette zone. En langage clair, cela veut dire que l’État n’a toujours pas fait le nécessaire. Il a envoyé quelques éléments au centre pour calmer les esprits, mais il a laissé l’axe frontalier sans contrôle réel. Une véritable autoroute pour tous ceux qui veulent causer du trouble ou faire du business illicite avec le Soudan. C’est le même refrain qu’on entend depuis des années en Centrafrique : on sécurise ce qui se voit, on prend des photos avec les nouvelles casernes bien peintes, et on abandonne les axes sensibles. Les partenaires techniques et financiers applaudissent les progrès au centre-ville, pendant que les rebelles continuent à utiliser librement cette porte d’entrée vers le territoire national. L’État regarde ailleurs. Il préfère célébrer la jolie gendarmerie et le bureau de sous-préfecture tout neuf plutôt que d’envoyer des renforts conséquents, des moyens roulants et une présence permanente sur cet axe. Résultat : Yalinga reste vulnérable. La population vit avec la peur constante que les hommes armés reviennent en force, parce que rien ne les empêche vraiment de le faire. Tant que Bangui traitera cet axe comme un détail secondaire, tant qu’on continuera à déployer des forces en nombre ridicule sans les doter des véhicules nécessaires pour patrouiller une zone aussi vaste, la sous-préfecture de Yalinga ne connaîtra jamais la paix durable. Elle restera simplement une localité où l’État fait semblant de revenir, pendant que les rebelles, eux, reviennent vraiment. La vérité crue est là : l’axe Yalinga-Soudan est devenu une autoroute pour les groupes armés. Et l’État, une fois de plus, choisit de regarder ailleurs. Par Moïse Banafio Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/07/rebelle_du_prnc_dans_la_haute_kotto-157x150.jpg)
