Ouanda-Djallé : les communautés réagissent aux déclarations polémiques d’Abasse Garour, instrumenté par Assane Come
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/02/Come-Hassan-Ministre-Centrafricain-du-commerce.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/02/Come-Hassan-Ministre-Centrafricain-du-commerce-450×309.jpg” alt=”Ouanda-Djallé : les communautés réagissent aux déclarations polémiques d’Abasse Garour, instrumenté par Assane Come” width=”450″ height=”309″ />Come Hassan, le chef de la nouvelle Plateforme Eboumbi du soutien à Baba Kongoboro
Les habitants de Ouanda-Djallé accusent publiquement deux personnalités centrafricaines, notamment Abasse Garour, instrumenté par Assane Come, de manœuvres politiques visant à déstabiliser leur sous-préfecture avant les élections législatives.
Les communautés de Ouanda-Djallé, située à 954 kilomètres de Bangui, ont publié le 31 août un droit de réponse virulent contre Abasse Garour et Assane Come. Ce document, diffusé sur les réseaux sociaux, dénonce des déclarations jugées attentatoires à l’intégrité territoriale et à la dignité de cette sous-préfecture de la Vakaga.
Les signataires accusent Abasse Garour d’avoir qualifié les habitants de Ouanda-Djallé de personnes “ne connaissant rien”. Ils rappellent amèrement l’hospitalité accordée à cet homme lors de ses séjours dans la localité, exprimant leur déception face à ce qu’ils considèrent comme de l’ingratitude.
Le document pointe du doigt Assane Come, ancien ministre, présenté comme le véritable orchestrateur de cette campagne. Les communautés l’accusent de manipuler Garour dans le cadre d’un “plan machiavélique” visant à déstabiliser la sous-préfecture. Cette stratégie s’inscrirait dans les ambitions électorales de Come, candidat déclaré aux prochaines élections législatives dans la circonscription.
Le conflit montre des tensions plus profondes entre Ouanda-Djallé et la localité voisine d’Ouandja. Les auteurs du communiqué évoquent un différend territorial où leur sous-préfecture se positionne comme victime d’agressions. Ils revendiquent le droit de réagir “contre tous agresseurs à tous temps et en tous lieux”.
Face aux accusations de discrimination ethnique, les communautés de Ouanda-Djallé mettent en avant leur diversité. Elles soulignent la présence d’un conseiller Goula au sein de la municipalité et de deux chefs de quartier Kara, témoignant selon elles de l’harmonie intercommunautaire qui prévaut dans la zone.
Le document s’achève par un appel à la vigilance contre ce qu’ils nomment les “vampires politiques”. Cette formule traduit l’exaspération face aux manœuvres électorales qui instrumentalisent les divisions communautaires à des fins politiques.
Cette polémique s’inscrit dans un contexte plus large de tensions foncières et politiques dans la Vakaga. Elle explique comment les ambitions électorales peuvent exacerber les clivages locaux et transformer des différends territoriaux en instruments de mobilisation politique. Les prochaines échéances électorales risquent d’amplifier ces fractures si les acteurs politiques persistent à exploiter les sensibilités communautaires plutôt qu’à rechercher des solutions consensuelles.
MLPC : Martin Ziguélé réélu à la tête du parti pour cinq ans, six militants exclus définitivement
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele.jpg” data-wpel-link=”internal”>Martin Ziguelé, député de Bocaranga 3, Président du parti MLPCScreenshot
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) a achevé ce vendredi 13 septembre 2025 les travaux de son 5ème Congrès ordinaire, tenu du 9 au 10 septembre à Bangui. Cette grand-messe politique a été marquée par plusieurs décisions majeures qui redéfinissent l’architecture du parti d’opposition.
Sans surprise, Martin Ziguélé a été réélu à l’unanimité à la présidence du MLPC pour un nouveau mandat de cinq ans. Cette reconduction témoigne de la confiance maintenue des militants envers l’ancien Premier ministre, figure emblématique de l’opposition centrafricaine depuis plusieurs décennies. Le nouveau Bureau Politique compte désormais cinq vice-présidents : Jean Olona (1er), Bernard Dillah (2ème), Gérard Doulpanga (3ème), Jean Jacques Sanze (4ème) et Christophe Ndouba (5ème).Alexis Yanoy Ngandele a été confirmé au poste stratégique de Secrétaire Général.
Parallèlement à ces nominations, le congrès a procédé au renouvellement de la Commission de Contrôle et d’Arbitrage, désormais présidée par Boui Mbaïkoua, et du Conseil des Sages confié à Marcel Loudégué. Ces nominations s’inscrivent dans une logique de rajeunissement et de diversification des instances dirigeantes. Les congressistes ont également révisé et adopté de nouveaux textes de base pour adapter le parti “à l’évolution du moment”, selon les termes du communiqué officiel.
Toutefois, la mesure la plus spectaculaire du congrès concerne l’exclusion définitive de six militants, adoptée à l’unanimité. Il s’agit de Gabriel Jean Edouard Koyambounou, Jacquesson Mazette, Etienne Malekoudou, Christian Gonedere, Gérard Deganendji et Josephat Tagotto. Ces sanctions disciplinaires témoignent des tensions internes qui traversent le MLPC et de la volonté de la direction de resserrer les rangs autour de la ligne officielle du parti.
Sur le plan organisationnel, le MLPC revendique avoir organisé ce congrès exclusivement grâce aux contributions de ses “militantes, militants, sympathisants et amis”. Cette précision vise probablement à souligner l’indépendance financière du parti face aux critiques récurrentes sur le financement des formations politiques centrafricaines. La participation de délégués venus “de toutes les fédérations du pays, y compris des zones les plus reculées, ainsi que de l’étranger” est mise en avant pour légitimer les décisions prises.
Enfin, dans un paragraphe particulièrement ferme, la nouvelle direction avertit que Martin Ziguélé constitue désormais “l’unique autorité du MLPC habilitée à s’exprimer et à poser tout acte en son nom”. Toute tentative d’expression “sous de fallacieuses et fantaisistes dénominations” sera poursuivie devant les tribunaux. Cette mise en garde suggère l’existence de voix dissidentes au sein du mouvement et la volonté de la direction d’éviter toute récupération ou usurpation de l’identité du parti.
Membre de l’Internationale Socialiste et de l’Alliance Progressiste, le MLPC sort de ce 5ème congrès avec une direction renouvelée mais des défis internes manifestes, dans un contexte politique centrafricain en constante évolution.
La CPI déclare l’affaire Edmond Beïna irrecevable devant sa juridiction
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Lors-du-proces-dans-laffaire-dite-de-Ndele-1-devant-la-cour-penale-speciale.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Lors-du-proces-dans-laffaire-dite-de-Ndele-1-devant-la-cour-penale-speciale-450×299.jpg” alt=”La CPI déclare l’affaire Edmond Beïna irrecevable devant sa juridiction” width=”450″ height=”299″ />L’avocat de la défense lors du procès dans l’affaire dite de Ndélé 1 devant la cour pénale spéciale.
Le 12 septembre 2025, les juges de la Cour pénale internationale ont rendu leur décision concernant la recevabilité de l’affaire contre Edmond Beïna.
En effet, les juges de la CPI ont déterminé que la République centrafricaine avait la volonté et la capacité de mener véritablement à bien l’enquête et les poursuites dans l’affaire contre Edmond Beïna. En conséquence, ils ont conclu que l’affaire était irrecevable devant la CPI, conformément aux dispositions du Statut de Rome.
Le cadre juridique appliqué dans une telle affaire. Notons que la décision s’appuie sur le principe de complémentarité inscrit dans le Statut de Rome. Selon ce principe, la Cour pénale internationale n’intervient que si le pays concerné n’enquête pas déjà ou ne poursuit pas une affaire, ou s’il n’a pas la volonté ou la capacité de mener une véritable enquête ou de véritables poursuites.
Il y’a lieu de rappeler que dans l’affaire dite Edmond Beïna, ce dernier était suspecté de crimes contre l’humanité, notamment de meurtre, tentative de meurtre, extermination, déportation ou transfert forcé de population. Un mandat d’arrêt avait été émis contre lui le 7 novembre 2024.
Pourquoi ce Statut procédural. Oui, cette décision d’irrecevabilité signifie que l’affaire ne sera pas jugée par la CPI mais relève de la compétence des autorités judiciaires centrafricaines. La décision complète est consultable dans le document officiel de la Cour référencé ICC-01/14-217-red-0.
Une petite précision sur la justice compétente. Il convient de préciser que lorsque la CPI fait référence à la justice centrafricaine dans cette décision, elle désigne la Cour pénale spéciale de la République centrafricaine, qui constitue une juridiction hybride. Cette cour, distincte du système judiciaire centrafricain classique, bénéficie d’un soutien international et opère selon des standards particuliers. Toutefois, la justice centrafricaine classique est aux ordres des Mercenaires russes du groupe Wagner et des diplomates russes qui imposent leur loi aux centrafricains.
À Bangui, le coût du manioc grimpe en flèche, asphyxiant les ménages. L’inaction du gouvernement face à cette crise alimentaire attise la colère populaire.
Depuis plusieurs semaines, une tempête économique déferle sur la capitale centrafricaine, faisant exploser les prix des produits de première nécessité. Le manioc, aliment central de la table des Centrafricains, devient un luxe inaccessible pour beaucoup, tandis que la viande, le sel et les cubes culinaires suivent la même courbe vertigineuse. Face à cette flambée, les habitants s’interrogent, désemparés : pourquoi une telle hausse ? Et surtout, où est l’État, censé protéger les plus vulnérables ?
Une flambée des prix qui brise les foyers
Le marché de Bangui est devenu un terrain miné pour les ménages. En l’espace de deux à trois semaines, les prix des produits essentiels ont bondi de manière inquiétante. La demi-cuvette de manioc, communément appelée “Ngawi “, explique cette dérive. Il y a un mois, une demi-cuvette se vendait à 2000 francs CFA. Aujourd’hui, selon les quartiers, elle s’échange entre 3750 et 4100 francs, une hausse de près de 50 % dans certains cas. À l’entrée nord de la capitale, au Pk12 ou Pk13, le Ngawi coûte 3750 francs, mais vers le centre-ville, vers Saïdou ou Lakouanga, les prix frôlent les 4000 francs, voire plus. Cette disparité géographique sème la confusion et aggrave le sentiment d’injustice.
La viande, autre pilier de l’alimentation centrafricaine, n’échappe pas à la crise. Si le prix affiché au kilo reste inchangé, les portions, elles, s’amenuisent. Un “kilo” de viande, payé au même tarif qu’auparavant, ne pèse plus que 300 à 400 grammes. Les bouchers, confrontés à une raréfaction des approvisionnements, pointent du doigt l’arrivée sporadique des éleveurs à Bangui. Résultat : les familles paient le même prix pour beaucoup moins de nourriture.
Le sel, les cubes culinaires, le poisson, aucun produit de base n’est épargné. Les cubes, indispensables pour relever les plats, voient leur prix grimper, tout comme le sel, pourtant fondamental. À Bangui, où les revenus sont déjà dérisoires, ces hausses ne sont pas un simple désagrément : elles menacent la survie même des ménages. Comme l’a résumé un journaliste centrafricain, “quand le manioc devient un luxe, c’est tout le pays qui risque de sombrer dans le coma “.
Les raisons : un mélange explosif
Qu’est-ce qui alimente cette inflation brutale ? Les habitants de Bangui, désorientés, cherchent des explications. Les premières pluies de la saison humide, qui compliquent le transport des marchandises sur des routes déjà délabrées, sont souvent évoquées. Les camions s’enlisent, les délais s’allongent, et les frais de transport s’envolent, alourdissant la facture finale. Mais cette explication, bien que crédible, ne suffit pas à justifier des hausses aussi soudaines et massives.
D’autres facteurs pointent vers des failles structurelles. Les barrières routières, ces checkpoints illégaux où forces de l’ordre rackettent les transporteurs, gonflent les coûts. Chaque péage informel est une taxe déguisée, répercutée sur les prix au marché. L’incapacité de l’État à sécuriser les axes routiers expose ainsi les consommateurs à une double peine. À cela s’ajoute une dépendance aux importations pour des produits comme les cubes culinaires ou le sel, rendant le pays vulnérable aux fluctuations des marchés.
Mais la question centrale demeure : où est le gouvernement dans cette crise ? Pourquoi le ministère du Commerce, censé réguler les prix et protéger les citoyens, reste-t-il inerte ? Les discours officiels, centrés sur des sujets comme le prix du ciment ou les matériaux de construction, sonnent comme une insulte pour une population qui lutte pour remplir ses assiettes. Cette déconnexion alimente un ressentiment croissant.
Une population livrée à elle-même
Il est temps de dire les choses clairement. Comment un gouvernement, qui prétend servir le peuple, peut-il rester passif face à une crise qui touche le cœur des ménages ? Le ministère du Commerce, englué dans des déclarations creuses, semble incapable d’agir. Ses annonces sur les importations de matériaux ou les projets d’infrastructure passent à côté des priorités vitales : le manioc, la viande, le sel, ces aliments qui font vivre les Centrafricains. Cette indifférence n’est pas seulement une erreur, c’est une trahison des besoins fondamentaux de la population.
L’absence de régulation laisse la porte ouverte à la spéculation. Les commerçants, livrés à eux-mêmes, augmentent les prix sans crainte de sanctions. Les bouchers réduisent les portions sans être inquiétés. Les transporteurs, pressurés sur les routes, répercutent leurs pertes sur les consommateurs. Où est l’autorité de l’État ? Où est la protection promise aux citoyens ?
Cette crise révèle une vérité amère : le régime actuel, retranché dans ses bureaux, semble avoir perdu tout contact avec la réalité. Gouverner, ce n’est pas discourir sur des projets lointains, c’est répondre aux urgences du quotidien. À Bangui, l’urgence est dans les marchés, dans les cuisines vides, dans les regards inquiets des mères de famille. Ignorer cela, c’est abandonner le peuple à son sort.
Un sursaut ou le chaos
Cette flambée des prix n’est pas une fatalité. Des solutions existent. Le gouvernement doit sécuriser les routes pour réduire les coûts de transport, démanteler les barrières illégales et punir les spéculateurs. Le ministère du Commerce doit instaurer des prix plafonds sur les produits essentiels et explorer des subventions pour le manioc, la viande et autres denrées vitales. Mais pour cela, il faut une volonté politique, une volonté qui, aujourd’hui, brille par son absence.
Les Centrafricains ne demandent pas la lune. Ils veulent pouvoir manger, survivre, vivre avec dignité. Mais face à un manioc à 4000 francs et des portions de viande réduites à peau de chagrin, cet espoir s’effrite. La colère monte dans les quartiers, et elle est légitime. Si le gouvernement persiste dans son inaction, il risque d’allumer une mèche qu’il ne pourra plus éteindre. Le manioc n’est pas qu’un aliment : c’est le pouls de Bangui. Quand il devient hors de portée, c’est toute la société qui vacille….
Le ministre centrafricain de l’économie Richard Filakota analyse les implications de la présidence Trump sur les relations diplomatiques africaines.
L’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche redessine les contours de la diplomatie américaine en Afrique. Dans une analyse livrée à la radio Ndékè Luka, le Professeur Richard Filakota, ministre centrafricain de l’économie, décrypte cette nouvelle donne qui bouleverse les équilibres établis. Sa lecture éclaire les enjeux auxquels font face les États africains, notamment la République centrafricaine, face à une administration qui privilégie ses intérêts nationaux.
Le continent africain ne présente aucune position unifiée face aux orientations de Trump. Chaque État réagit selon ses besoins spécifiques, ses attentes propres et ses paradigmes diplomatiques particuliers, observe Filakota. Cette fragmentation témoigne de la diversité des intérêts continentaux et de la complexité des relations bilatérales avec Washington. Pour la République centrafricaine, cette réalité impose une stratégie diplomatique fine pour naviguer dans un environnement international mouvant.
Les relations entre Washington et Pretoria cristallisent cette nouvelle tension diplomatique. L’Afrique du Sud affronte un véritable affrontement avec l’administration Trump, contrainte de relever ce défi de front. La posture américaine, jugée inflexible par le ministre centrafricain, transforme les rapports traditionnels. Cette détérioration s’accompagne de mesures restrictives, notamment la suspension de visas pour plusieurs pays africains, qui redéfinissent les modalités de coopération.
La transition entre les administrations Biden et Trump marque un basculement paradigmatique profond. Là où l’approche multilatéraliste privilégiait la coopération inclusive, la doctrine “America First” recentre Washington sur ses seuls intérêts. Ce changement de cap complique les négociations pour les États africains, particulièrement dans la perspective du Sommet États-Unis-Afrique de Luanda, prévu du 22 au 26 juin 2025. La République centrafricaine, qui mise sur cet événement pour attirer des financements destinés à son Plan National de Développement, doit composer avec une administration moins prévisible.
Cette évolution impose aux dirigeants centrafricains une diplomatie adaptable et pragmatique. Rien n’est jamais acquis dans les relations internationales, rappelle Filakota. La République centrafricaine doit diversifier ses partenariats tout en consolidant sa position au sein d’ensembles régionaux comme la CEMAC. Le sommet de Luanda du 22 juillet dernier représentait une opportunité de présenter les projets nationaux aux investisseurs américains, mais le succès dépendra de la capacité à manœuvrer dans ce nouveau contexte diplomatique.
L’administration Trump place ainsi l’Afrique face à un défi inédit. Les tensions avec l’Afrique du Sud illustrent les difficultés d’une coopération avec une puissance qui fait primer ses préoccupations internes. Pour la République centrafricaine, l’équation consiste à préserver des relations constructives avec Washington sans sacrifier ses priorités nationales. Dans cette reconfiguration géopolitique, Bangui devra faire preuve d’agilité pour transformer les contraintes en leviers de développement….
Martin Ziguelé, député de Bocaranga, ville située à 532 kilomètres de Bangui, a fermement condamné ce qu’il qualifie de tentative de déstabilisation du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC). S’exprimant lors de l’assemblée générale du parti, le dirigeant politique a pointé du doigt l’action d’un groupe dissident qui se revendique d’un supposé “MLPC bureau provisoire”.
Ce groupe cherche selon lui à organiser un congrès factice pour investir Faustin Archange Touadéra comme candidat du MLPC aux prochaines élections. Une démarche que Ziguelé juge d’autant plus inadmissible que le chef de l’État n’appartient pas aux rangs du parti. Le président du MLPC y voit la main du pouvoir centrafricain , accusé de manipuler ces dissidents pour neutraliser l’influence électorale du mouvement.
La direction actuelle du MLPC, issue du cinquième congrès organisé en présence du ministre de l’Administration du territoire, revendique sa pleine légitimité. Toutes les résolutions adoptées ont été officiellement déposées et reconnues par les autorités compétentes. Cette situation rend d’autant plus incompréhensible le silence du ministre face aux agissements des dissidents, estime Ziguelé.
Le dirigeant politique dénonce l’action de ce qu’il appelle des “fantôches” au service du président Touadéra. Leur objectif serait d’affaiblir le MLPC avant les échéances électorales, notamment les législatives. Ziguelé rappelle l’histoire du parti, fondé en 1969, et les nombreux sacrifices consentis par ses militants au fil des décennies.
Le MLPC a officiellement saisi le ministère de l’Administration du territoire pour obtenir une clarification sur le statut juridique de ce prétendu bureau provisoire. Ziguelé affirme que cette structure n’existe pas légalement et ne peut donc prétendre représenter le mouvement.
Face à cette offensive, le président du MLPC appelle ses militants à l’unité et à la résistance. Il refuse que des opportunistes motivés par l’appât du gain et la soif du pouvoir prennent le contrôle d’une formation politique bâtie sur des décennies d’engagement. Le parti entend poursuivre son action dans le strict respect de la légalité tout en défendant son intégrité contre toute tentative d’instrumentalisation.
Cette polémique s’inscrit dans un climat politique tendu à l’approche des prochaines élections. Elle témoigne des enjeux de pouvoir qui traversent l’opposition centrafricaine et des stratégies développées par le pouvoir pour maintenir son hégémonie sur l’échiquier politique national.
Le ministère des Mines valide un avant-projet de loi sur le Secteur Minier en Centrafrique, mais la population doute….
Le ministère des Mines et de la Géologie de la République Centrafricaine a validé un avant-projet de loi sur le contenu local les 14 et 15 juillet lors d’un atelier à Bangui. Le ministre Ruffin Beltoungou qualifie ce texte de « révolutionnaire » et affirme qu’il permettra de stimuler l’économie nationale en favorisant l’implication des entreprises centrafricaines dans l’exploitation minière. Toutefois, après des années de promesses non tenues, la population se montre sceptique.
L’atelier a rassemblé des experts et cadres du secteur minier qui ont enrichi le projet avec des propositions du terrain. Le ministre explique que ces recommandations permettront de finaliser un texte qui, après validation par une commission technique, le Conseil économique et social, puis l’Assemblée nationale, pourrait transformer le secteur minier en moteur de développement. Beltoungou déclare au micro de Saint-Christophe Dorouini : « Nos compatriotes nous ont informés de la situation réelle à l’intérieur du pays. » Mais ces annonces peinent à convaincre une population fatiguée par les discours.
En effet, depuis la levée totale de l’embargo sur les diamants par le Processus de Kimberley en novembre 2024, les attentes étaient importantes. Plus d’un an après, les retombées économiques demeurent invisibles. Les Centrafricains se questionnent : « On parle de révolution, mais où est le progrès ? ». Les zones minières comme Berbérati et Nola restent dominées par des exploitations industrielles anarchiques, principalement menées par des opérateurs chinois et russes, souvent liés au groupe Wagner. À Nola, des machines sophistiquées aspirent or et diamants sur les rivières, laissant derrière elles des cours d’eau pollués et des terres dévastées.
Malgré les richesses du sous-sol centrafricain – diamants, or, uranium –, la population locale ne tire aucun bénéfice de cette exploitation. À Stangam-Bahéry ou dans la Sangha-Mbaéré, les routes restent délabrées, les écoles inexistantes, et les champs agricoles sont ravagés par l’exploitation minière. Un habitant de Berbérati témoigne : « Les Chinois et les Russes exploitent massivement, mais rien pour nous. » Les rapports font état de pratiques destructrices : pollution des rivières, déforestation, et même travail des enfants, sans que les communautés locales ne bénéficient de retombées significatives.
Le ministre insiste sur la transparence et l’industrialisation du secteur, mais les critiques s’accumulent. Les permis miniers, souvent attribués à des sociétés étrangères comme la russe Midas Ressources ou des entreprises chinoises, provoquent des tensions. En 2019, une commission d’enquête parlementaire dénonçait déjà les « désastres écologiques » causés par des compagnies chinoises à Bozoum, accusées de polluer le fleuve Ouham et de violer le Code minier. En parallèle, la mainmise du groupe Wagner sur le secteur diamantaire, via des pratiques opaques et des alliances avec des réseaux étrangers, inquiète.
Les Centrafricains exigent des explications claires. « Arrêtez de nous prendre pour des enfants ! », lance un habitant excédé. Alors que le ministère promet une révolution, la réalité sur le terrain reste celle d’une exploitation anarchique, d’une pauvreté persistante, et d’un secteur minier qui profite davantage aux étrangers qu’aux centrafricains. Le projet de loi sur le contenu local sera-t-il la réponse tant attendue, ou une énième promesse non tenue ?
La tragédie du lycée -Boganda révèle un État centrafricain qui n’arrive pas à faire face à la désinformation et à calmer l’inquiétude de la population.
Des rumeurs qui se propagent : quand l’État ferme sa gueule
L’explosion d’un transformateur au lycée Barthélémy-Boganda le 25 juin dernier a fait plus de 30 morts et 260 blessés. Aussitôt, des rumeurs ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux, parlant d’effondrement d’immeubles, ce qui a encore plus affolé les gens. Le rapport de la direction générale de la protection civile confirme que ces fausses informations ont créé une panique générale parmi les familles.
Hugues Francis-Mongoume, vice-président du parti ITA, a pointé du doigt l’absence d’un “communicateur public officiel” pour expliquer ce qui s’était réellement passé. Pendant que les familles cherchaient désespérément des réponses, le gouvernement de Faustin-Archange Touadéra restait pathétiquement silencieux, laissant la population dans l’ignorance totale.
Les réseaux sociaux prennent le relais
Sans aucune information officielle, les réseaux sociaux sont devenus la seule source d’information pour les Centrafricains. Le problème, c’est que n’importe qui pouvait dire n’importe quoi. Le rapport de la protection civile explique que cette situation a amplifié la panique : des parents terrifiés se sont précipités vers le lycée sans savoir ce qui se passait vraiment.
Mongoume a raison de critiquer cette situation. Quand l’État ne parle pas, les gens vont chercher l’information ailleurs, même si elle est fausse. Ce qui aurait pu rester une tragédie localisée s’est transformé en chaos national parce que personne n’a pris la responsabilité d’informer correctement la population.
Un gouvernement absent au mauvais moment
Dans un moment pareil, les Centrafricains avaient besoin d’entendre leur président ou ses représentants. Ils avaient besoin qu’on leur explique la situation, qu’on les rassure. Au lieu de cela, le silence total. Ni Touadéra ni aucun membre de son gouvernement n’a pris la parole pour calmer les esprits.
Mongoume a bien résumé le problème : il manque quelqu’un dont c’est le travail de parler au nom de l’État dans ces moments-là. Le rapport de la protection civile montre que ce silence a empiré les choses, forçant les citoyens à se tourner vers des sources peu fiables. C’est exactement ce qu’il ne fallait pas faire.
Aucune préparation pour ce genre de situation
Ce n’est pas la première fois qu’une tragédie frappe la République centrafricaine. Il y a eu le naufrage de la balénière il y a un an, et d’autres événements difficiles. Pourtant, l’État n’a toujours pas mis en place un système pour communiquer rapidement avec la population en cas de crise.
Le rapport de la protection civile suggère qu’il faut des canaux officiels pour diffuser des informations fiables quand il se passe quelque chose de grave. Mais le gouvernement n’a rien prévu. M. Mongoume a raison : sans communication officielle, l’État laisse tomber les citoyens au moment où ils ont le plus besoin d’être informés.
Les conséquences de ce silence
Le silence du gouvernement a eu des effets concrets et dangereux. Les familles, n’ayant aucune information officielle, se sont rués vers le lycée et l’hôpital, ce qui a compliqué le travail des secours. La protection civile rapporte que cette confusion a probablement coûté des vies, les services d’urgence étant débordés par la foule.
Cette situation était évitable. Si l’État avait parlé dès le début, si quelqu’un avait expliqué ce qui se passait vraiment, beaucoup de cette panique aurait pu être évitée. Au lieu de cela, l’inaction du gouvernement a transformé une tragédie en catastrophe nationale.
Un État qui ne remplit pas son rôle
Cette tragédie montre un gouvernement qui ne sait pas comment gérer une crise. M. Mongoume l’a bien dit : “Gouverner, c’est prévoir”, mais l’État centrafricain a laissé les réseaux sociaux faire son travail à sa place. Le rapport de la protection civile confirme que cette absence de communication officielle révèle un État qui ne remplit pas son rôle basique : informer et protéger ses citoyens.
Sans une approche plus proactive, le pays risque de revivre ce genre de situation à chaque crise. Le gouvernement doit comprendre que communiquer avec la population n’est pas optionnel, c’est une responsabilité fondamentale….
Réunis samedi 26 juillet dans la matinée en Assemblée générale unitaire au siège du parti Patrie à Bangui, les leaders et militants du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) ont lancé un avertissement clair sur le processus électoral en cours. Le porte-parole de la coalition, Martin Ziguélé, député de Bocaranga 3, a fustigé un système qu’il juge verrouillé par le Mouvement Cœurs Unis (MCU), qualifiant la préparation des prochaines Élections de « piège à rats».
Lors de son intervention devant la presse, Ziguélé a déclaré : « Nous ne pouvons pas aller à des Élections où c’est comme un piège à rats, où un rat entre dans un piège et il ne peut pas en sortir ». Cette image démontre clairement , selon lui, l’absence totale de garanties pour un scrutin libre et équitable. Le BRDC estime que les conditions actuelles placent l’opposition dans une impasse, l’empêchant de rivaliser à armes égales avec le parti au pouvoir.
Une coalition de 13 partis face au MCU
Le BRDC regroupe treize formations politiques, dont le parti MLPC de Martin Ziguélé, Patrie de Crépin Mboli-Goumba, URCA de l’ancien premier ministre Anicet Georges Dologuelé, CRPS de maître Nicolas Tiangaye et d’autres mouvements qui se disent exclus du jeu politique depuis plusieurs années. Cette coalition s’est construite autour d’une position commune : défendre la Constitution de 2016 et exiger la neutralité des institutions chargées des Élections.
Au siège de Patrie, devant plusieurs centaines de militants, Ziguélé a rappelé que le contrôle de l’Autorité nationale des Élections (ANE) par des personnalités proches du MCU compromet la transparence du processus. Il a également dénoncé le rôle du Conseil constitutionnel, accusé de servir de caution légale aux décisions du régime. « Quand les arbitres sont choisis par l’adversaire, il est inutile de parler de compétition équitable ».
Le BRDC réclame une refonte totale de l’ANE, de la Cour des comptes et du Conseil constitutionnel, afin de créer un cadre neutre et indépendant. Pour Ziguélé, sans ces réformes, toute participation à une élection serait une « complicité» avec un système qu’il juge « frauduleux et imposé».
Il a également insisté sur la nécessité de réviser la liste électorale, qui selon l’opposition, contient des irrégularités majeures : doublons, inscriptions fictives et absence de nombreux électeurs dans certaines régions.
Un contexte politique tendu
Cette déclaration intervient dans un climat de méfiance généralisée envers le régime de Faustin-Archange Touadéra, accusé par ses adversaires de monopoliser l’appareil d’État et de réprimer toute contestation. Le BRDC estime que le pouvoir utilise les forces de sécurité et les institutions comme des instruments de pression pour neutraliser les voix dissidentes.
Au-delà des critiques, le bloc d’opposition tente de mobiliser la société civile et les partenaires internationaux afin de pousser le gouvernement à engager un dialogue inclusif. « Nous n’avons pas peur des Élections. Ce que nous refusons, ce sont des élections truquées», a affirmé Ziguélé, entouré de plusieurs leaders de la coalition.
Le spectre d’un boycott
Bien qu’aucune décision officielle n’ait été annoncée, des sources proches du BRDC évoquent un possible boycott si les conditions minimales de transparence ne sont pas réunies. Cette stratégie pourrait accentuer la crise de légitimité du régime, déjà critiqué pour avoir modifié la Constitution afin de prolonger le mandat présidentiel.
Pour l’opposition, l’enjeu dépasse la simple compétition politique : il s’agit de défendre l’intégrité des institutions et de prévenir une dérive autoritaire. Le discours de Ziguélé au siège de Patrie reflète cette ligne de fermeté, alors que les élections prévues en 2026 s’annoncent comme un test majeur pour la démocratie centrafricaine….
Centrafrique : Le parti MDSP annonce le retour imminent de son président Dr Dominique Désiré ERENON
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/dominique-desire-erenon.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/dominique-desire-erenon-429×450.jpg” alt=”Centrafrique : Le parti MDSP annonce le retour imminent de son président Dr Dominique Désiré ERENON ” width=”429″ height=”450″ />Dr Dominique Désiré ERENON, Président du parti MDSP. Photo de courrtoisie
Le Bureau Politique de la Marche pour la Démocratie et le Salut du Peuple (MDSP) a officiellement annoncé le retour imminent de son président, Dr Dominique Désiré ERENON, qui se trouvait à l’étranger depuis quelque temps.
Selon un communiqué de presse publié ce jeudi 12 septembre 2025 par le 1er Vice-président Dr Gildas KOKAYA, ce retour marque “un moment historique” pour le parti d’obédience sociale-démocrate et pour la République Centrafricaine.
Cette décision répond à une forte demande de la base militante. Le président du parti MDSP était contraint de vivre à l’étranger depuis plus de trois ans pour des raisons politiques. Son retour est réclamé depuis longtemps par les militants, le Bureau Exécutif National, les sympathisants et de nombreux compatriotes, notamment les jeunes qui souhaitent voir ce leader de la nouvelle génération jouer un rôle éminent dans la vie politique nationale.
Au-delà de l’aspect purement politique, ce retour s’inscrit dans une démarche plus large. Dr Dominique Désiré ERENON, Enseignant-Chercheur en Droit et Science Politique à l’Université de Bangui, compte reprendre ses activités d’enseignement dans plusieurs établissements universitaires du pays (New Tech Institut, ICSSG, IAMPRO).
Le parti MDSP précise que ce retour vise plusieurs objectifs prioritaires : l’engagement pour la paix, le développement du pays et le renforcement de la formation politique sur le terrain.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité de l’action du parti d’opposition. Cette annonce intervient dans un contexte où le parti MDSP poursuit sa lutte pour “le respect de l’ordre constitutionnel, la démocratie, l’État de droit, la justice et le développement” en République Centrafricaine.
Le Bureau Exécutif National invite militants, sympathisants et population à soutenir cette nouvelle étape de leur combat politique pour l’avenir du pays.
Cité de Golf à Bangui : La nouvelle vitrine du détournement des fonds publics centrafricains. Sarandji, Touadera, Ngamana, Zokoué, Mada et autres y construisent leurs villas triplexes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/maison-de-sarandji-dans-la-cite-de-golf.jpg” data-wpel-link=”internal”>La première maison du Président de l’assemblée nationale, Simplice Mathieu Sarandji, dans la cité de Golf. Photo CNC
Dans la prestigieuse cité de golf de Bangui, les dirigeants centrafricains rivalisent de luxe avec l’argent public détourné.
À la sortie nord de Bangui, après le pont du PK 10, la cité de golf montre l’ampleur scandaleuse des détournements des biens publics.
Un quartier de standing révélateur : La cité de golf de Bangui s’est transformée en un véritable étalage de richesses mal acquises. Dans ce quartier huppé situé à la sortie nord de la capitale centrafricaine, les villas de luxe poussent comme des champignons, témoignant d’une concurrence effrénée entre les dignitaires du régime pour exhiber leur fortune.
Au cœur de cette cité de golf, deux imposants immeubles se dressent face à face, symbolisant cette course au prestige. Ces duplexes et triplexes de haut standing appartiennent à Simplice Mathieu Sarandji, président de l’Assemblée nationale, construits par l’entreprise Semence. Leurs façades rutilantes narguent la population qui peine à survivre dans une capitale dépourvue d’infrastructures de base.
Cette concentration de richesses dans la cité de golf s’étend naturellement aux artères adjacentes. La rue des ministres : En empruntant la rue qui sépare ces deux bâtiments, on découvre rapidement que la cité de golf abrite tout un écosystème de dirigeants politiques. À quelques centaines de mètres, se dresse le nouveau duplexe d’Ernest Mada, ministre chargé du Secrétariat général du gouvernement, figure emblématique des détournements de fonds publics selon les observateurs.
Plus loin, Évariste Ngamana, premier vice-président de l’Assemblée nationale, a également fait ériger son triplexe à étages dans cette cité de golf. Ces constructions luxueuses contrastent violemment avec l’état de délabrement des infrastructures publiques du pays.
La deuxième villa de monsieur Sarandji dans la cité de Golf, en face de la première. Photo CNC
L’implantation de ces dignitaires dans la cité de golf ne s’arrête pas aux seuls ministres. Le président Faustin-Archange Touadera et son cercle : La cité de golf accueille également la somptueuse villa du président Faustin-Archange Touadéra. Cette résidence présidentielle privée côtoie celle du directeur général de SOCAPS, celle de Mathurin Dimbélé Nakoé, personnalité régulièrement épinglée pour ses pratiques de fausses factures et de détournement de biens publics.
Dans le même périmètre de la cité de golf, Arthur Piri, ministre de l’Énergie et neveu du président, a fait construire son propre immeuble. Il y’a aussi Bienvenu Zokoué, directeur général de la police y construit son duplexe. Cette concentration familiale et politique dans un même quartier démontre l’accaparement systématique des ressources nationales par un cercle restreint de dirigeants.
Ce phénomène de concentration immobilière dépasse largement les limites de la seule cité de golf. Un inventaire accablant : Au-delà de la cité de golf, le phénomène s’étend à d’autres quartiers privilégiés de Bangui. Dans le 4ème arrondissement, autour de la résidence officielle du chef de l’État, Fidèle Gouandjika, ministre conseiller du président, trône dans sa résidence de sept étages, construite depuis l’époque de François Bozizé.
La première maison en duplexe du directeur général de la police, le général Bienvenu Zokoué. Photo CNC
Le général d’armée Zéphyrin Mamadou, chef d’État-major, possède à lui seul quatre immeubles dans la capitale, tandis que son épouse Patricia Mamadou en détient également quatre. Cette accumulation patrimoniale s’étend même aux institutions : la première vice-présidente du Conseil constitutionnel et le directeur des élections à la MINUSCA ont chacun leur immeuble personnel dans la capitale.
Ces richesses ostentatoires dans la cité de golf, cité de belle vue et ailleurs créent un contraste saisissant avec la réalité du pays. Le paradoxe de la cité de golf : Pendant que ces palais sortent de terre dans la cité de golf et ses environs, financés par l’argent des bailleurs internationaux (Banque mondiale, Union européenne), les Centrafricains ordinaires évoluent sur des routes défoncées, sans électricité ni services publics fonctionnels. Cette cité de golf est devenue le symbole d’un système où les fonds destinés au développement du pays sont systématiquement détournés vers l’enrichissement personnel des dirigeants.
Touadéra lui-même a fait construire plus de sept immeubles dans différents quartiers de la capitale, transformant Bangui en son patrimoine immobilier privé. La cité de golf n’est que la partie visible de cet iceberg de corruption institutionnalisée.
Malgré cette situation révoltante, la population a développé sa propre lecture de cette réalité. L’ironie populaire : Face à ce spectacle, la population centrafricaine a développé une forme de résignation teintée d’ironie. “Ce qu’ils font là est bien”, murmurent certains habitants, “dans peu de temps, tout reviendra à l’État. Ces bâtiments deviendront des écoles, des universités, des centres de formation.”
Cette philosophie populaire cache une amertume profonde : celle de voir l’argent public, censé améliorer leurs conditions de vie, servir à édifier les demeures luxueuses de ceux qui les gouvernent dans la cité de golf et ailleurs.
La réalité de la cité de golf de Bangui montre ainsi l’ampleur d’un système de prédation qui transforme les responsables publics en propriétaires terriens, au détriment du développement national. Un audit exhaustif de ces constructions s’impose pour mesurer l’étendue réelle de ces détournements et engager les responsabilités de chacun.
Dossier spécial : la ministre centrafricaine du travail Michelle Mwanga hurle comme une folle pour chasser les jeunes couturiers qu’elle a arnaqués impunément pendant trois ans
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/les-couturiers-de-acfpe.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les couturiers avec leur formatrice
Trois ans après avoir attiré des jeunes couturiers avec de fausses promesses, la ministre Michelle Mwanga les expulse violemment de son bureau après avoir capté tous les financements destinés à leur projet.
Une enquête de plusieurs semaines menée par notre équipe d’investigation du CNC au ministère du Travail vient de dévoiler une affaire d’une ampleur considérable. Le mercredi 10 septembre 2025, la ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Michelle Mwanga, a violemment chassé de son bureau des jeunes couturiers qu’elle avait elle-même recrutés en 2022. Cette expulsion termine une manipulation de trois ans durant laquelle la ministre et ses complices ont détourné des financements internationaux destinés à soutenir ces jeunes artisans.
Les faits se déroulent dans le bureau même de la ministre Michelle Mwanga, où résonnent ses cris : “Sortez de mon bureau ! Sortez de mon bureau ! Vous êtes fous ou quoi ? Qui vous a embauché ici ? Vous avez quel contrat ?”. Cette scène pathétique, où une ministre de la République traite des citoyens centrafricains comme des animaux, constitue l’épilogue d’une arnaque sophistiquée qui a commencé trois ans plus tôt.
L’histoire débute le 5 mai 2022 quand le ministère du Travail lance un communiqué radio invitant les couturiers centrafricains à participer à “un partage d’expériences” avec une “grande styliste ivoirienne”. Cette invitation, diffusée jusqu’au 10 mai, attire de nombreux jeunes artisans qui répondent favorablement à cet appel officiel. Le 16 mai 2022, ils se présentent au ministère pour commencer cette formation qui devait durer une semaine.
La formation avec la styliste ivoirienne Sanogo-Man se déroule effectivement du 16 au 23 mai 2022. À la fin de cette semaine, les jeunes couturiers souhaitent naturellement retourner dans leurs quartiers pour reprendre leurs activités professionnelles. Mais la ministre Michelle Mwanga refuse catégoriquement leur départ. Elle exige qu’ils restent pour organiser un défilé de mode, première manipulation d’une longue série.
Les jeunes couturiers, confiants dans les promesses ministérielles, acceptent de prolonger leur séjour. Ils confectionnent des tenues pour le défilé qui a lieu le 20 juin 2022 à l’hôtel Oubangui, en présence de la Première dame Tina Touadéra et de plusieurs membres du gouvernement. C’est lors de cette cérémonie que Michelle Mwanga annonce officiellement que la Première dame est la “marraine” du projet baptisé “Coopératif des couturiers centrafricains”.
Le lendemain, 21 juin 2022, une cérémonie officielle de remise de certificats et diplômes se tient à l’hôtel Ledger, toujours en présence de Tina Touadéra. Les autorités multiplient les discours prometteurs sur le financement et l’avenir du projet. Mais quand les couturiers veulent enfin rentrer chez eux, Michelle Mwanga leur ordonne encore de rester, prétextant que la formation doit se poursuivre.
Les couturiers stagiaires
C’est à ce moment qu’entre en scène Ouahm-Diane, une ressortissante camerounaise présentée comme la “coordinatrice du projet”. Cette femme joue un rôle central dans l’arnaque en servant d’intermédiaire entre le ministère, l’ACFPE (Agence centrafricaine pour la formation professionnelle et l’emploi) et les partenaires financiers. Officiellement coordinatrice, elle devient en réalité la gestionnaire occulte de tous les financements destinés aux jeunes couturiers.
Les promesses se multiplient : chaque couturier devait effectuer un stage de deux mois en Côte d’Ivoire pour approfondir sa formation. Convaincus par ces perspectives, les jeunes font établir leurs passeports à leurs propres frais. Pendant ce temps, Ouahm-Diane leur confirme “de sa propre bouche” que le projet a reçu des financements de la Banque mondiale, du PAM, de l’UNICEF, de l’UNFPA, de la BAD (Banque africaine de développement) et d’autres partenaires internationaux.
Le projet PARC-B constitue le dernier volet de cette manipulation. Les partenaires demandent aux jeunes de monter un dossier complet avec photos des cérémonies et documentation du projet. Les couturiers fournissent tous les éléments demandés et attendent le financement promis. Mais jamais ils ne verront la couleur de ces fonds, entièrement captés par la ministre et sa coordinatrice camerounaise.
Durant ces trois années de captivité déguisée (2022 – 2025), les jeunes couturiers subissent un traitement indigne. Ils paient eux-mêmes leurs transports quotidiens pour se rendre à l’ACFPE, sans recevoir aucune compensation. Quand l’une de leurs collègues, Baleliwa Gbajougou Lisa Audrey, née le 16 janvier 1995, décède le 15 mars 2023, le ministère n’apporte aucune assistance à la famille. Ce sont les couturiers eux-mêmes qui cotisent pour aider les proches de la défunte.
La regrettée Baleliwa Gbajougou Lisa Audrey, l’une des stagiaires de l’ACFPE décédée en 2023
Les seuls “bénéfices” de ces trois années sont dérisoires : deux formations supplémentaires (relations clients par Diane Gombor et changement de mentalité par Ouahm-Diane) et deux marchés de confection. Ces marchés, apportés personnellement par Michelle Mwanga, concernent notamment les tenues des élèves de l’école du président Touadéra à Damara. Mais même pour ces travaux, la ministre refuse toute négociation de prix avec les artisans.
“Vous savez, la Première dame Tina Touadera est la marraine du projet, donc il ne faut pas discuter le prix avec elle”, déclare Michelle Mwanga aux couturiers qui voudraient établir des tarifs professionnels. Cette instrumentalisation du nom de la Première dame permet à la ministre d’imposer ses conditions et de distribuer des “sommes forfaitaires” dérisoires après avoir bénéficié gratuitement du travail des jeunes.
La situation devient encore plus révoltante quand Michelle Mwanga fait confectionner des vêtements pour son usage personnel. Elle apporte ses tissus, fait travailler les couturiers gratuitement, puis revient deux ou trois semaines plus tard distribuer quelques billets en guise de paiement. Cette exploitation éhontée d’artisans qualifiés au nom d’un projet social bidon constitue un détournement caractérisé.
L’explosion du 10 septembre 2025 intervient quand les couturiers, excédés par trois ans de manipulation, rédigent une note administrative avec ampliation aux médias pour dénoncer leur situation. Cette initiative légitime déclenche la colère hystérique de Michelle Mwanga, qui hurle dans son bureau comme une possédée : “Est-ce que vous êtes fous ? Qui vous a embauché ici ? Vous avez quel contrat ?”.
Le chargé de mission de la ministre, M. Ganabo, sort du bureau pour tenter de calmer les jeunes après l’esclandre de sa patronne Michelle Mwanga. Mais ses propos achèvent de dévoiler la nature de l’arnaque : “C’est avec la bonne volonté qu’on vous a laissé ici. Bonne volonté du ministre qu’on vous a laissé ici. Vous avez gagné des marchés. Vous avez fait des trucs ici. Ça fait trois ans que vous êtes ici. Vous êtes des incubateurs. Ça fait trois ans que vous devez remercier la ministre”.
Cette déclaration cynique résume parfaitement la mentalité qui règne au ministère du Travail : des jeunes attirés par de fausses promesses sont transformés en faire-valoir pour capter des financements internationaux, puis jetés à la rue quand ils osent réclamer leurs droits. Le terme “incubateurs” utilisé par le chargé de mission est particulièrement parlant : ces jeunes n’ont servi qu’à couver les projets fictifs permettant de justifier les financements détournés.
Cette affaire dévoile un système organisé de détournement de fonds publics et de financements internationaux. Michelle Mwanga, Ouahm-Diane et leurs complices ont utilisé les jeunes couturiers comme alibis pour créer un projet fictif permettant de capter des millions de francs CFA destinés à la formation professionnelle. Pendant trois ans, ces financements ont été détournés vers des comptes privés tandis que les supposés bénéficiaires vivaient dans la précarité.
L’instrumentalisation du nom de la Première dame Tina Touadéra constitue un autre aspect scandaleux de cette affaire. En présentant la Première dame comme “marraine” du projet, Michelle Mwanga s’est servie de cette caution morale pour rassurer les jeunes et impressionner les bailleurs de fonds. Cette utilisation abusive de l’image présidentielle dans une arnaque caractérisée pose des questions sur les responsabilités au plus haut niveau de l’État.
Le rôle de la coordinatrice camerounaise Ouahm-Diane mérite également une attention particulière. Cette femme, officiellement chargée de coordonner le projet, a en réalité servi de prête-nom pour gérer les financements détournés. Son statut d’étrangère lui permettait d’échapper plus facilement aux contrôles administratifs centrafricains tout en servant d’interface avec les partenaires internationaux.
L’ACFPE, censée encadrer la formation professionnelle en République centrafricaine, apparaît comme complice de cette manipulation. Cette agence a prêté ses locaux et sa caution institutionnelle à un projet bidon, permettant aux escrocs de donner une apparence légale à leurs activités. La responsabilité de la directrice de l’ACFPE, présente lors des cérémonies officielles, devra être établie.
Cette affaire montre parfaitement les méthodes de prédation qui gangrènent l’administration centrafricaine. Des ministres corrompus utilisent leurs fonctions pour créer de faux projets sociaux, attirent des jeunes vulnérables avec de belles promesses, captent les financements internationaux destinés à ces projets, puis chassent violemment leurs victimes quand celles-ci osent réclamer justice.
Le comportement de Michelle Mwanga lors de l’expulsion du 10 septembre dévoile le mépris profond que cette classe dirigeante nourrit envers les citoyens ordinaires. Hurler “Sortez de mon bureau !” à des jeunes qu’elle a elle-même convoqués trois ans plus tôt montre l’arrogance d’une femme qui considère les biens publics comme sa propriété privée.
Cette mentalité de propriétaire se retrouve dans sa phrase “Sortez de mon bureau !”, comme si ce bureau lui appartenait personnellement. Ce bureau a été construit avec l’argent des contribuables centrafricains, meublé avec les deniers publics, et il est occupé temporairement par une ministre censée servir l’intérêt général. Mais Michelle Mwanga semble avoir oublié qu’elle n’est qu’une locataire temporaire de cette fonction.
L’enquête menée par notre équipe montre que de nombreux partenaires internationaux ont visité le projet au cours de ces trois années : Banque mondiale, BGFI, et autres bailleurs de fonds. Tous ont été dupés par la mise en scène montée par Michelle Mwanga et ses complices. Les photos et vidéos de ces visites officielles ont servi à alimenter de nouveaux dossiers de financement, perpétuant l’arnaque.
Les jeunes couturiers, manipulés pendant trois ans, ont fini par comprendre qu’ils servaient de faire-valoir à une vaste escroquerie. Leur patience s’explique par la caution apportée par la Première dame et les promesses constantes de financements. “On dit que non, ça va arriver bien, ça va arriver bientôt”, se répétaient-ils en voyant défiler les délégations internationales.
Cette affaire pose des questions sur le contrôle des financements internationaux destinés à la République centrafricaine. Comment des millions de francs CFA peuvent-ils être détournés pendant trois ans sans qu’aucun mécanisme de suivi ne détecte la fraude ? Où sont les audits, les contrôles, les comptes-rendus d’exécution que doivent normalement produire les bénéficiaires de ces fonds ?
La responsabilité des partenaires internationaux mérite également d’être questionnée. En finançant des projets sans mécanismes de suivi rigoureux, en se contentant de photos et de rapports biaisés, ces institutions facilitent indirectement les détournements. La complaisance de certains représentants locaux de ces organisations, impressionnés par les mises en scène ministérielles, contribue à perpétuer ces systèmes de corruption.
L’attitude du chargé de mission Ganabo lors de l’altercation du 10 septembre mérite une attention particulière. En reprochant aux jeunes d’avoir mis “ampliation média” sur leur note administrative, il dévoile la peur que inspire la transparence à cette administration corrompue. Cette réaction paniquée face à une simple mention des médias montre que ces responsables savent parfaitement qu’ils ont quelque chose à cacher.
“Vous êtes malade ou quoi ? Vous avez média dedans. Comment vous vous recourez à bout de comment ?”, s’exclame Ganabo, dévoilant l’affolement qui saisit les responsables du ministère quand ils réalisent que leur système pourrait être exposé publiquement. Cette peur de la presse traduit la conscience qu’ils ont de leurs malversations.
Le sort réservé aux jeunes couturiers après trois ans d’exploitation constitue la partie la plus révoltante de cette affaire. Ces artisans qualifiés, attirés par de belles promesses, se retrouvent jetés à la rue sans indemnisation, sans formation réelle, sans aucune des opportunités promises. Pire, ils ont perdu trois années de leur vie professionnelle dans cette manipulation.
Certains de ces jeunes avaient des ateliers prospères qu’ils ont abandonnés pour répondre à l’appel du ministère. D’autres ont investi leurs économies dans l’établissement de passeports pour un voyage en Côte d’Ivoire qui n’a jamais eu lieu. Tous ont consacré trois années de leur vie à enrichir des corrompus tout en s’appauvrissant eux-mêmes.
La mort de Baleliwa Gbajougou Lisa Audrey le 15 mars 2023 constitue le drame humain de cette affaire. Cette jeune femme de 28 ans est décédée pendant qu’elle participait à ce projet bidon, sans recevoir la moindre assistance du ministère qui l’avait recrutée. Ses collègues ont dû cotiser pour aider sa famille, traduisant l’indifférence totale de Michelle Mwanga face à la détresse humaine.
Cette tragédie montre parfaitement le mépris de la classe dirigeante centrafricaine pour la vie des citoyens ordinaires. Une ministre qui recrute des jeunes, les exploite pendant des années, puis les abandonne en cas de malheur, dévoile une mentalité criminelle qui devrait être sanctionnée par la justice.
L’impunité dont jouissent ces responsables corrompus encourage la multiplication de telles pratiques. Michelle Mwanga sait qu’elle peut voler, mentir, exploiter et humilier sans risquer la moindre sanction. Cette certitude de l’impunité transforme l’administration publique en terrain de chasse pour prédateurs en costume.
Les méthodes utilisées dans cette affaire se retrouvent dans de nombreux autres ministères centrafricains. Le schéma est toujours le même : créer un faux projet social, attirer des victimes avec de belles promesses, utiliser ces victimes pour justifier des financements, détourner les fonds, puis jeter les victimes à la rue quand elles deviennent gênantes.
Cette affaire du ministère du Travail constitue un cas d’école de la corruption systémique qui ronge l’État centrafricain. Elle montre comment des responsables publics transforment leurs fonctions en entreprises privées de prédation, utilisant les ressources de l’État et les financements internationaux pour s’enrichir personnellement.
La violence de Michelle Mwanga lors de l’expulsion du 10 septembre traduit également la frustration de voir son système exposé. En chassant violemment ces jeunes qui osaient réclamer leurs droits, elle dévoilait sa vraie nature : celle d’une prédatrice qui considère ses victimes comme des objets corvéables à merci.
Cette affaire doit servir d’électrochoc pour tous ceux qui croient encore aux promesses de la classe dirigeante centrafricaine. Elle montre que derrière les beaux discours sur la formation des jeunes et le développement économique se cachent souvent des systèmes d’exploitation sophistiqués.
Les partenaires internationaux de la République centrafricaine doivent également tirer les leçons de cette affaire. Financer des projets sans mécanismes de contrôle rigoureux, c’est alimenter la corruption et contribuer à l’appauvrissement des populations que ces financements sont censés aider.
La justice centrafricaine, si elle existe encore, devrait ouvrir immédiatement une enquête sur cette affaire. Les détournements de fonds publics et de financements internationaux constituent des crimes graves qui méritent des sanctions exemplaires. Mais connaissant l’état de délabrement de cette justice, il y a peu d’espoir de voir les responsables inquiétés.
Cette affaire montre parfaitement l’état de décomposition de l’État centrafricain, où des ministres peuvent impunément voler, mentir et exploiter pendant des années sans craindre la moindre sanction. Elle montre aussi la nécessité urgente d’une révolution des mentalités pour que de tels comportements deviennent socialement inacceptables.
En attendant cette hypothétique révolution des consciences, les Michelle Mwanga continueront de prospérer sur la misère des jeunes centrafricains, transformant chaque promesse de développement en nouvelle occasion d’enrichissement personnel. Cette affaire restera comme un symbole de la prédation qui caractérise la République centrafricaine de Faustin-Archange Touadéra.
Député Lambert Akovourou : déjà trois mois de garde à vue à l’OCRB, et ce, rien que sur la base d’une vidéo accusatoire publiée sur Facebook
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Dieudonne-Zangbe-Nguilelo.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Dieudonne-Zangbe-Nguilelo-450×413.jpg” alt=”Député Lambert Akovourou : déjà trois mois de garde à vue à l’OCRB, et ce, rien que sur la base d’une vidéo accusatoire publiée sur Facebook” width=”450″ height=”413″ />Monsieur Dieudonné Zangbe Nguilelo, sous-préfet de Djema
Depuis trois mois, le député Lambert Akovourou de Djéma dort sur du béton à l’Office central pour la répression du banditisme. Trois mois qu’un élu du peuple est enfermé sans que la justice puisse produire la moindre preuve contre lui. Son crime ? Avoir été accusé dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. C’est tout. Pas de preuves matérielles, pas d’enquête sérieuse, juste une accusation en ligne qui a suffi pour expédier un parlementaire en prison.
L’histoire commence avec l’assassinat du sous-préfet de Djéma, Dieudonné Zangbe Nguilelo, enlevé le 14 avril 2025 et retrouvé égorgé le 17 mai. Michel Trogode, chef de centre de l’hôpital de Djéma, publie alors une vidéo accusant le député Akovourou et le maire d’avoir organisé ce crime. Le lendemain, les policiers débarquent au domicile du député à Bangui et l’arrêtent.
Voilà sur quoi repose cette arrestation : une vidéo sur internet. En la République centrafricaine de 2025, il suffit qu’une accusation circule sur les réseaux sociaux pour que le procureur décrète un “état de crime apparent” et envoie quelqu’un en prison. Plus besoin d’enquête préliminaire, plus besoin de vérifications, plus besoin de respecter l’immunité parlementaire. Une vidéo Facebook vaut désormais mandat d’arrêt.
Le procureur a parlé de “flagrant délit ” pour justifier cette arrestation. Mais de quel flagrant délit s’agit-il ? Le député dormait tranquillement chez lui quand on est venu le chercher. Il n’était pas en train de commettre un délit, il n’avait pas d’arme sur lui, il ne fuyait pas la justice. Le seul élément “apparent” dans cette affaire, c’est l’incompétence de la justice centrafricaine.
Car rappelons les règles : un député jouit de l’immunité parlementaire. Cette protection ne peut être levée qu’après autorisation de l’Assemblée nationale. Mais le régime Touadéra s’assied sur ces principes. On arrête d’abord, on cherche les justifications juridiques plus tard. Et si on ne les trouve pas, tant pis, on garde le député en prison quand même.
Trois mois après cette arrestation spectacle, où en est l’enquête ? Nulle part. Les enquêteurs n’ont rien trouvé qui puisse étayer les accusations de Michel Trogode. Aucune preuve matérielle, aucun témoignage crédible, aucun élément tangible. La justice reste bloquée, incapable de monter un dossier sérieux. Mais elle maintient Lambert Akovourou derrière les barreaux, sur du béton, dans des conditions déplorables.
Cette situation s’interroge : dans quel pays peut-on maintenir quelqu’un en prison pendant trois mois sans preuves ? Dans quel système judiciaire une simple vidéo sur les réseaux sociaux suffit-elle à justifier une détention prolongée ? La réponse est évidente : dans un pays où la justice sert d’instrument de répression politique.
L’ironie de cette histoire, c’est que Michel Trogode, l’auteur de la vidéo accusatrice, a lui aussi été arrêté. Des Mercenaires russes sont venus le chercher à Djéma, l’ont embarqué dans un hélicoptère et transféré à Bangui où il est maintenant détenu. Donc l’accusateur et l’accusé se retrouvent tous les deux en prison. La justice centrafricaine dans toute sa splendeur : on arrête tout le monde et on verra bien qui est innocent.
Cette dérive ne surprend plus personne. Dans un régime qui modifie la Constitution à sa guise, qui ignore les décisions de sa propre Cour constitutionnelle, qui fait appel aux mercenaires pour gouverner, violer l’immunité parlementaire n’est qu’une étape de plus. Chaque jour, ce pouvoir repousse un peu plus les limites de l’acceptable.
Le député Lambert Akovourou paie aujourd’hui le prix de cette dérive. Il dort sur du béton depuis trois mois pour avoir été mentionné dans une vidéo. Pendant ce temps, les vrais responsables de l’insécurité à Djéma continuent leurs activités. Les soupçons qui pèsent sur l’implication de Wagner dans cet assassinat sont soigneusement évités par les enquêteurs. On préfère s’acharner sur un député que d’enquêter sur les mercenaires.
Cette justice sélective en dit long sur les priorités du régime. Quand il s’agit de poursuivre l’opposition ou les élus dérangeants, tous les moyens sont bons : violation de l’immunité, détention arbitraire, conditions inhumaines. Mais quand il s’agit d’enquêter sur les crimes des alliés du pouvoir, là, mystérieusement, la justice devient prudente.
Au final, l’affaire Akovourou résume tout ce qui ne va pas dans ce pays. Un député élu croupit en prison sur la base de rumeurs. La Constitution est piétinée quand elle gêne. Les droits humains sont ignorés quand ils protègent les opposants. Et tout cela se passe dans l’indifférence générale, comme si c’était devenu normal.
Trois mois que Lambert Akovourou attend qu’on lui présente des preuves de sa culpabilité. Trois mois que la justice centrafricaine démontre son mépris pour les procédures légales. Trois mois que ce régime prouve qu’il n’a de démocratique que le nom qu’il se donne.
Je suis contre Wagner, pas contre la Russie” : Martin Ziguelé précise sa position sur la coopération militaire
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/12/Fidele-Gouandjika-je-suis-wagner.jpg” data-wpel-link=”internal”>Fidèle Gouandjika ministre conseiller spécial du chef de l’État porte son T-shirt “je suis Wagner”.
L’ancien Premier ministre Martin Ziguelé distingue la coopération historique russo-centrafricaine de la présence des mercenaires qu’il dénonce fermement.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le président du MLPC Martin Ziguelé clarifie sa position nuancée sur la présence russe en Centrafrique et les controverses autour de Wagner.
Martin Ziguelé tient à rétablir quelques vérités historiques. Pour lui, il faut arrêter de présenter la coopération russo-centrafricaine comme un phénomène récent. “Les Russes sont en Centrafrique depuis 1960”, rappelle-t-il avec insistance. “C’est un mythe qu’il faut briser”.
L’ancien Premier ministre puise dans ses souvenirs personnels pour étayer son propos. À l’époque de Bokassa, la Russie avait envoyé “le plus grand contingent d’étudiants centrafricains” se former sur son territoire. Ces boursiers sont revenus au pays comme techniciens, médecins, ingénieurs. Une coopération qui a profité au développement du capital humain centrafricain.
Fort de ce constat historique, Martin Ziguelé assume sa position : “Je ne peux pas être contre la Russie”. Il reconnaît à Moscou son statut de “superpuissance qui influe sur la marche du monde” et légitime sa coopération avec la Centrafrique.
Mais l’homme politique établit une distinction nette entre cette coopération traditionnelle et la présence de Wagner. “Je suis contre la présence de Wagner, qui sont des mercenaires en Centrafrique”, déclare-t-il sans ambiguïté. “Est-ce que je suis clair ?”, ajoute-t-il pour lever tout malentendu.
Cette nuance lui permet de reconnaître certains résultats tout en maintenant ses critiques. Martin Ziguelé admet que “la situation sécuritaire s’est améliorée”, mais il précise immédiatement les conditions de cette amélioration : “Au prix de la présence de Wagner, au prix d’exactions sur le plan des droits de l’homme”.
L’ancien chef du gouvernement conteste aussi la version officielle sur la dissolution de Wagner. “Wagner existe toujours en Centrafrique”, affirme-t-il. Pour preuve, il cite des observations concrètes : “Le conseil spécial du président de la République porte des t-shirts Wagner et dit que les Wagner sont là”.
Cette contradiction entre le discours officiel et la réalité du terrain agace visiblement Martin Ziguelé. “Ce n’est pas moi qui vais dire le contraire” de ce que montrent les faits, lance-t-il avec une pointe d’ironie.
La position de l’ancien Premier ministre reflète une approche pragmatique des relations internationales. Il refuse de condamner une coopération historique bénéfique tout en dénonçant les dérives actuelles. Une nuance qui témoigne de sa connaissance approfondie des dossiers diplomatiques centrafricains.
Cette clarification intervient dans un contexte où les positions sur Wagner divisent la classe politique centrafricaine. Martin Ziguelé choisit la voie de la distinction entre partenariat étatique légitime et recours aux mercenaires, qu’il juge problématique pour la souveraineté nationale.
Wagner et l’esclavage : quand Bangui célèbre honteusement la lutte antitraite
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/arnaud-djoubaye-abazene.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le ministre centrafricain de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazene Screenshot
Alors que les autorités organisent des cérémonies contre la traite, des milliers de Centrafricains subissent l’exploitation moderne.
Le contraste est saisissant. Le 30 juillet 2025, la République centrafricaine célébrait la Journée mondiale contre la traite des personnes. À la Commission nationale des droits de l’homme de Bangui, le ministre de la Justice Arnaud Djoubaye Abazène détaillait la stratégie des « 4 P » : Prévention, Protection, Poursuite et Partenariat. L’OIM saluait l’engagement gouvernemental. Les discours fusaient sur la nécessité de combattre ce « crime grave ».
Pourtant, à 26 kilomètres de la capitale sur la route de Boali, le complexe industriel de Wagner fonctionne comme un véritable bagne moderne. Des centaines d’ouvriers centrafricains y travaillent quinze heures par jour sans contrat, sans protection sociale, sous surveillance armée. Les inspecteurs du travail n’y pénètrent jamais. Les autorités nationales admettent leur impuissance face à cette zone interdite.
Cette exploitation ne se limite pas au site de la route de Boali. Dans les mines contrôlées par les Russes, les conditions de travail rappellent l’esclavage d’autrefois. Journées de douze à quatorze heures, violences physiques, absence totale de droits syndicaux. La misère économique contraint des milliers de Centrafricains à accepter ces chaînes invisibles.
D’autres entreprises d’extraction et de travaux publics chinoises perpétuent ces pratiques. La soumission économique remplace les fers d’antan. Les agences internationales documentent ces abus, rédigent des rapports, alertent l’opinion. Sur le terrain, rien ne bouge.
Cette réalité interroge la sincérité des engagements officiels. Comment un État peut-il simultanément dénoncer la traite et tolérer l’esclavage moderne sur son territoire ? La célébration du 30 juillet ressemble à une comédie à l’ivoirienne quand des milliers de compatriotes vivent l’exploitation quotidienne à quelques kilomètres des tribunes officielles.
L’ironie est amère : pendant que Bangui organise des colloques sur les droits humains, des Centrafricains subissent des conditions de travail indignes d’un pays souverain. Entre les promesses ministérielles et la réalité du terrain, le fossé béant révèle l’impuissance d’un gouvernement face aux nouveaux maîtres du pays.
500 FCFA par personne pour applaudir les chefs d’État de la CEMAC venus à Bangui
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/les-chefs-deta-de-la-cemac-apres-leur-sommet-a-bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/les-chefs-deta-de-la-cemac-apres-leur-sommet-a-bangui-438×450.jpg” alt=”500 FCFA par personne pour applaudir les chefs d’État de la CEMAC venus à Bangui” width=”438″ height=”450″ />Les chefs d’État de la CEMAC après leur sommet à Bangui, le 9 et 10 septembre 2025
Pendant que se prépare le sommet CEMAC du 9 septembre, Bangui organise des mobilisations payantes à 500 FCFA par participant pour applaudir les chefs d’État venus dans le pays.
Dans les différents quartiers de Bangui, les téléphones sonnent depuis plusieurs semaines. Le Mouvement Cœurs Unis, parti au pouvoir, lance ses appels à mobilisation pour le sommet des chefs d’État de la CEMAC prévu le 9 septembre. Le message est simple : 500 francs CFA par personne pour venir applaudir les chefs d’État.
L’organisation suit trois phases distinctes. D’abord, la préparation avant l’arrivée des chefs d’État. Les responsables du MCU parcourent les arrondissements, dressent leurs listes, distribuent les premiers versements . Chaque sous-fédération reçoit son quota : 200 personnes ici, 300 là-bas. Les banderoles se préparent, les slogans s’apprennent.
Puis vient le jour J. De l’aéroport au Palais de la Renaissance, 6000 personnes prennent position. Le cortège présidentiel traverse le croisement du 8ème arrondissement, remonte l’avenue des Martyrs, passe devant l’Université, monte vers le centre-ville. À chaque étape, les applaudissements éclatent sur commande. Les caméras filment, les photographes mitraillent. L’image est parfaite.
Enfin, la phase de départ. Même dispositif en sens inverse. Les chefs d’État repartent sous les acclamations, les drapeaux flottent, les sourires restent figés jusqu’au dernier moment. Seulement après, les organisateurs distribuent les soldes, récupèrent le matériel, démobilisent les troupes.
Cette mécanique bien graissée ne laisse rien au hasard. Le MCU dispose de relais dans tous les quartiers. Ses responsables connaissent les familles en difficulté, les jeunes sans travail, les femmes qui peinent à joindre les deux bouts. Pour 500 à 1000 francs CFA, beaucoup acceptent de passer quelques heures à applaudir.
L’argent compte dans un pays en crise. Cette somme représente plusieurs heures de revenus pour certains ménages. Elle permet d’acheter des vivres. Face à ces nécessités, les considérations politiques passent au second plan.
Les organisateurs exploitent cette précarité avec méthode. Ils savent qui contacter, combien proposer, comment motiver. Leur carnet d’adresses s’étoffe d’événement en événement. Certains participants deviennent des habitués, d’autres découvrent ce système pour la première fois.
Le phénomène dépasse Bangui. Dans plusieurs capitales, des pratiques similaires existent. Mais elles restent généralement ponctuelles, liées à des événements exceptionnels. En République centrafricaine, le système devient plus systématique. Chaque visite officielle, chaque célébration nationale, chaque meeting politique mobilise ces réseaux payants.
Cette évolution transforme la nature même de la participation politique. Quand tout se paie, quand chaque manifestation de soutien a son tarif, la spontanéité disparaît. Les dirigeants achètent leur popularité, les citoyens vendent leur enthousiasme.
La situation économique du pays explique en partie cette dérive. Avec un PIB par habitant parmi les plus faibles au monde, avec des institutions fragilisées, la République centrafricaine offre peu d’alternatives à ses citoyens. Ces 500 à 1000 francs CFA deviennent une aubaine dans un océan de difficultés.
Cette logique s’impose progressivement comme une norme. Les événements officiels sans mobilisation payée deviennent rares. Les organisateurs budgètent désormais ces frais comme des postes ordinaires. L’État, les partis, les mouvements politiques intègrent ces coûts dans leurs calculs.
Le sommet CEMAC de Bangui révèle donc plus qu’une simple anecdote. Il montre comment un pays peut basculer vers un système où la politique se résume à des transactions financières. Où l’expression démocratique devient un marché comme un autre.
Cette évolution préoccupe certains observateurs. Ils y voient une dérive dangereuse pour la démocratie centrafricaine. D’autres y trouvent une forme de redistribution sociale déguisée. Entre ces deux visions, le débat reste ouvert.
Une chose est certaine : tant que la pauvreté frappera massivement la population, tant que les alternatives économiques resteront limitées, ces pratiques perdureront. Les 500 000 francs CFA distribués à Bangui ne constituent que la partie visible d’un phénomène plus profond qui interroge l’avenir politique du pays.
Un cas dramatique à Bimbo exprime les failles béantes de l’UMIRR, questionnant l’efficacité des structures anti-violences sexuelles en République centrafricaine.
L’histoire commence en juin 2025 dans le village de Bokila, dans la commune de Bimbo. Une fillette de 16 mois meurt après un viol sexuel. Le choc traverse tout le pays. Les éléments de police et de la gendarmerie arrêtent rapidement un suspect et le confient à l’UMIRR, cette unité créée justement pour s’occuper de ce genre d’affaires terribles.
Huit jours plus tard, l’homme disparaît. Il s’évade des locaux de l’UMIRR pendant que les enquêteurs préparent son dossier judiciaire. Comment une telle chose peut-elle arriver dans une unité spécialisée de la police et de la gendarmerie ? La question embarrasse tout le monde, du ministre de la Justice jusqu’aux responsables de l’unité.
L’arrestation du fugitif le 13 août ne calme pas les esprits. Au contraire, son transfert vers un autre lieu “plus sûr” confirme que quelque chose ne va pas du tout à l’UMIRR. Si cette structure ne peut même pas garder ses détenus, à quoi sert-elle ?
Le Conseil des ministres du 14 août a discuté de cette affaire. Les ministres se posent les vraies questions : pourquoi cette évasion ?Comment l’empêcher à l’avenir ? Certains parlent de corruption, d’autres pointent le manque de moyens. Personne n’a de réponses satisfaisantes.
Mais l’évasion n’est que la partie visible du problème. D’autres informations sortent progressivement. L’UMIRR détient des enfants de 11 à 13 ans dans ses locaux. Cette pratique viole la loi sur la protection des mineurs. Une unité censée protéger les enfants les emprisonne. Le paradoxe dérange.
Ces révélations changent la donne. L’UMIRR devait représenter la solution moderne contre les violences sexuelles. Elle incarnait l’engagement de l’État à protéger femmes et enfants. Aujourd’hui, elle accumule les problèmes : évasions, détentions illégales de mineurs, procédures bâclées.
Le cas de Bokila force une réflexion plus large. Les structures existantes fonctionnent-elles vraiment ? Les moyens alloués suffisent-ils ? Les procédures sont-elles respectées ? Ces questions dépassent le seul cadre de l’UMIRR. Elles touchent tout le système judiciaire centrafricain.
L’affaire embarrasse d’autant plus qu’elle survient dans un contexte tendu. La République centrafricaine travaille à reconstruire ses institutions après des années de crise et de la main mise du groupe Wagner. Chaque dysfonctionnement remet en question cette reconstruction. Chaque échec nourrit le scepticisme de la population.
Les autorités doivent maintenant réagir. Réformer l’UMIRR devient une priorité. Améliorer la sécurité, clarifier les procédures, former le personnel – tout cela demande du temps et de l’argent. Mais ne rien faire reviendrait à abandonner les victimes de violences sexuelles.
L’évasion de Bokila restera dans les mémoires. Elle rappelle que créer une institution ne suffit pas. Il faut aussi la faire fonctionner correctement. La République centrafricaine l’apprend à ses dépens.
2 millions pour 15 femmes : le CICR mise sur l’autonomisation des handicapées de Bangui
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Les-femmes-formees-a-Cantonnier-a-la-frontiere-de-la-RCA-avec-le-Cameroun.jpg” data-wpel-link=”internal”>Des femmes formées par l’église catholique à Cantonnier. CopyrightCNC
Le Comité International de la Croix-Rouge finance des activités génératrices de revenus pour sortir les femmes handicapées de la mendicité et leur offrir une alternative économique durable.
Le 2 septembre 2025, le Centre Handicap de Rééducation Moteur (CRAHM) de Bangui accueillait une cérémonie particulière. Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR), en partenariat avec cette institution spécialisée, remettait une enveloppe de 2 millions de francs CFA à 15 femmes en situation de handicap pour financer leurs activités génératrices de revenus.
Cette initiative s’attaque à une réalité douloureuse de la société centrafricaine : la marginalisation des femmes handicapées, contraintes pour beaucoup à la mendicité faute d’opportunités économiques. Dans un pays où environ 10% de la population vit avec un handicap, ces femmes subissent une double discrimination liée à leur genre et à leur condition physique.
“Il est bon d’aider les femmes en situation de handicap parce que c’est la cible la plus vulnérable”, explique Sœur Martine Sawadougou, responsable administratrice financière du CRAHM. “On a initié ce projet pour qu’elles puissent faire de petites activités qui vont les aider à être autonomes, à ne pas dépendre des gens ou à se donner à la mendicité”.
Cette approche pragmatique vise à transformer une situation de dépendance en opportunité d’émancipation économique. Les 15 bénéficiaires pourront désormais investir dans le petit commerce, la couture ou la vente de produits artisanaux, secteurs accessibles qui correspondent à leurs compétences et aux réalités du marché national.
Sonia Yabulo, présidente d’une association de personnes handicapées et bénéficiaire du programme, témoigne de l’impact concret de cette aide : “Notre centre nous a aidé pour avancer dans notre activité. On va faire avec le commerce. On a trouvé encore des renforcements. On va ajouter encore plus pour évoluer notre commerce”.
Couturière de formation, Sonia prévoit d’utiliser ces fonds pour acheter tissus, fils et autres matériaux nécessaires à son activité. “Je vais acheter les tissus et les fils, les billets pour confectionner encore les robes et les chutes”, précise-t-elle, montrant une vision claire de son développement commercial.
Le projet ne se limite pas à un simple transfert financier. Un suivi régulier accompagne les bénéficiaires pour s’assurer de la viabilité de leurs activités. Ce dispositif comprend des conseils en gestion commerciale, une évaluation des besoins du marché local et un accompagnement pour adapter les produits ou services à la demande.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des efforts menés depuis 2021 par le CICR et le CRAHM. Le centre, dirigé par Sœur Merveille Mbala Igola et situé dans le quartier Fouh, dans le 4e arrondissement de Bangui, joue un rôle central dans la rééducation physique et l’appareillage des personnes handicapées.
La collaboration entre ces deux institutions ne date pas d’hier. En octobre 2020, le CICR avait déjà fourni un appui financier, matériel et technique au CRAHM et à l’Association Nationale de Rééducation et d’Appareillage de Centrafrique (ANRAC). Ce soutien avait permis de transporter des patients de l’intérieur du pays vers Bangui pour des soins spécialisés, notamment pour la fabrication de prothèses.
L’initiative actuelle va au-delà de la rééducation physique en intégrant une dimension économique. Cette approche holistique reconnaît que l’inclusion sociale des personnes handicapées passe aussi par leur autonomisation financière. En générant leurs propres revenus, ces femmes peuvent retrouver dignité et respect social.
Les objectifs de ce programme sont multiples. Il s’agit d’abord de réduire la dépendance économique en permettant aux femmes de subvenir à leurs besoins de manière autonome. Le projet vise également à combattre la stigmatisation en valorisant leurs compétences et leur contribution économique. Enfin, il offre une alternative viable à la mendicité, souvent perçue comme une solution de dernier recours.
Cette approche par les activités génératrices de revenus s’avère particulièrement pertinente dans le contexte centrafricain. Elle s’adapte aux réalités du marché informel tout en respectant les contraintes de mobilité et d’accessibilité des bénéficiaires. Les activités choisies – commerce, couture, artisanat – correspondent aux compétences traditionnelles des femmes et aux besoins identifiés localement.
Le choix de 15 bénéficiaires permet un accompagnement personnalisé, garantissant un meilleur taux de réussite. Cette approche ciblée, bien que limitée en nombre, peut servir de modèle pour des extensions futures. Le CICR et le CRAHM envisagent d’ailleurs d’élargir ce type de programme à d’autres régions de la République centrafricaine.
Cette initiative explique également l’évolution de l’approche humanitaire vers des solutions durables. Au lieu de se contenter d’une aide d’urgence, le CICR mise sur l’autonomisation des bénéficiaires. Cette philosophie correspond aux standards internationaux en matière d’inclusion des personnes handicapées.
En 2024, le CICR a soutenu 79 842 personnes en République centrafricaine à travers divers programmes. L’appui aux femmes handicapées s’inscrit dans cette dynamique globale de renforcement des moyens de subsistance et d’inclusion sociale.
Batangafo : MSF offre 320 millions pour libérer l’hôpital de l’obscurité totale
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/msf-batangafo.jpg” data-wpel-link=”internal”>Lors de la remise du champ solaire par le MSF à l’hôpital de Batangafo
Médecins Sans Frontières (MSF) investit plus de 320 millions FCFA dans un système solaire pour garantir l’autonomie énergétique de l’hôpital de Batangafo.
En effet, le 10 septembre 2025 restera une date marquante pour l’hôpital préfectoral de Batangafo. Médecins Sans Frontières (MSF) a officiellement remis les clés d’une installation de panneaux solaires d’une valeur de plus de 320 millions de francs CFA. Cet équipement révolutionnaire vise à garantir une alimentation électrique stable et durable à cette structure de santé indispensable pour la région de l’Ouham-Fafa.
Cette révolution énergétique met fin à une dépendance coûteuse qui handicapait le fonctionnement de l’établissement. Avant cette installation, l’hôpital de Batangafo fonctionnait grâce à deux générateurs diesel particulièrement gourmands. Ces équipements consommaient plus de 3 000 litres de carburant par mois, représentant un coût considérable et une source constante d’inquiétude pour la continuité des soins. Les ruptures d’approvisionnement en carburant exposaient régulièrement les patients à des interruptions de traitement, mettant parfois des vies en danger.
Face à cette transformation majeure, les responsables préfectoraux n’ont pas caché leur satisfaction. Monsieur Kokolo Constant, représentant le Préfet de l’Ouham-Fafa, a salué cette initiative lors de la cérémonie de remise : « L’installation de ce système solaire à l’hôpital de Batangafo dépasse la simple fourniture d’énergie : elle représente un appui vital pour la santé publique et un signe fort de solidarité avec nos communautés. En tant que représentant des autorités locales et de l’État, nous sommes hautement reconnaissant envers Médecins Sans Frontières pour cet investissement majeur ».
Le champ solaire installé par le MSF à l’hôpital de Batangafo, dans la préfecture de l’Ouham-Fafa
Derrière cette réussite se cache un travail technique minutieux adapté aux réalités du terrain centrafricain. Nkemju Rosevelt, Coordinateur de Projet MSF à Batangafo, a expliqué la complexité technique du projet : « Ce projet est le résultat d’une expertise interne et qualifiée en matière d’installation solaire qui a dû prendre en compte différents facteurs comme la saison des pluies et autres aléas pour que l’autonomie en énergie soit assurée. »* Il a également souligné que cette réalisation *« reflète le partenariat solide entre MSF et le Ministère de la Santé et s’inscrit dans une logique de résilience et de réduction de l’empreinte carbone ».
Pour garantir la durabilité de cet investissement, les organisateurs ont mis l’accent sur le transfert de compétences locales. Dr Michel Mbomé-Pento, Médecin-Chef de l’hôpital de Batangafo, s’est montré optimiste quant à la pérennité du projet : « C’est une solution gagnante pour la santé et l’environnement. De plus la pérennité est assurée grâce à la formation d’une ressource interne dédiée spécifiquement à la MAINTENANCE et au bon fonctionnement de ce parc solaire ». Cette approche garantit que l’hôpital pourra maintenir son autonomie énergétique même après un éventuel retrait de MSF.
L’importance de ce projet s’est traduite par une forte mobilisation des acteurs du secteur sanitaire centrafricain. La cérémonie de remise a rassemblé plusieurs acteurs clés du secteur de la santé en République centrafricaine. Des représentants du ministère de la Santé, des autorités locales et des leaders communautaires ont assisté à cet événement, témoignant de l’importance accordée à ce projet par l’ensemble des parties prenantes.
Cette initiative s’inscrit dans une vision plus large de transformation du système de santé centrafricain. Avec cette transition vers les énergies renouvelables, l’hôpital de Batangafo devient un exemple innovant de structure de santé durable. Cette installation permet désormais un accès plus fiable aux équipements médicaux, aux médicaments et aux infrastructures essentielles pour les communautés de la région.
Ce projet montre parfaitement comment les partenariats internationaux peuvent contribuer durablement au développement des infrastructures de santé en République centrafricaine, tout en respectant l’environnement et en réduisant les coûts de fonctionnement à long terme.
The digital deck: how software shapes your shuffle
To many, virtual casinos seem like a realm of pure luck. Yet the apparent chaos of spinning reels or shuffling cards is orchestrated with scientific precision. At the heart of this process lies a system known as the Random Number Generator. Each digital deal or spin emerges from lines of code, not human bias, ensuring that no two outcomes are ever linked.
One of the common misconceptions is that machines develop moods, as if they might “decide” to be generous or stingy at certain times. The truth is far less dramatic and far more fascinating: every spin is independent, untouched by what came before. The mathematics behind the shuffle treats every attempt as if it were the very first. Platforms that include experiences like Judi Slot are bound by this invisible order. Players may never see the code, but the integrity of these digital decks defines the essence of fair play.
Payouts, probabilities, and the house edge: the unseen rulebook
Casino games appear simple on the surface—spin, deal, or roll, and wait for fate. Yet beneath the surface lies a silent rulebook written in probability. Words like “return” and “edge” define the long-term rhythm of every game, though most players never stop to consider them.
A game may seem generous one evening and tight the next, but the truth is steadier. Its design already sets boundaries for how often wins appear and how large they might be. The so-called “edge” ensures that casinos remain sustainable, but it doesn’t mean the player is powerless. By choosing games aligned with their preferred style—steady and modest, or rare and dramatic—they shape their own journey within those rules.
Understanding this invisible framework transforms play from blind fortune into informed choice. It becomes less about chasing jackpots and more about recognizing the patterns beneath the surface.
More than just cards: the surprising skill in modern casino games
The idea that casino gaming is nothing but luck ignores entire categories of play where decisions matter. Blackjack, for instance, rewards those who know when to hold back or when to push forward. Poker, whether virtual or live, is as much about reading people as it is about reading cards. Even roulette, often considered the ultimate game of chance, allows for strategies that influence the pace of wins and losses.
Skill may not rewrite the underlying mathematics, but it changes the experience. A player who masters basic strategies shifts the balance, turning what might feel like surrender to fate into an active contest of wit and timing.
These moments of agency remind us that virtual gaming isn’t only about luck’s fleeting hand. It is also about the quiet satisfaction of making the right choice at the right moment.
Behind the velvet rope: the role of game developers and mathematicians
The polished surface of an online slot hides years of planning, debate, and artistry. Behind every title is a team of specialists who merge storytelling with numbers. Designers imagine worlds—ancient temples, futuristic cities, or mythic battles. Artists shape symbols that invite players into those worlds, while sound engineers compose music that reacts to every twist of the game.
The unsung backbone, however, is built by mathematicians. They design the invisible engine that defines how often players win, how large the payouts can be, and how the rhythm of suspense flows. These numbers are not guessed but carefully balanced, tested, and recalibrated until the game delivers both fairness and engagement.
What players see is a few seconds of spinning reels. What they don’t see is the vast collaboration of creativity and calculation that makes those reels meaningful.
Your digital shield: how regulation and tech protect the player
Entertainment cannot thrive without trust. To ensure safety, modern gaming platforms use technology familiar to the banking world. Encrypted connections guard personal details, turning sensitive data into unreadable code as it travels across networks.
But protection goes further than digital locks. Responsible gaming tools allow players to set boundaries, whether through limits on deposits, reminders about time spent, or even temporary exclusion when needed. These systems frame gaming as a choice, not an uncontrolled impulse.
The presence of such tools shows that behind the thrill of spinning reels lies a deeper intention: to keep the experience sustainable, secure, and transparent.
The live dealer revolution: blending the virtual with the real
A quiet room at home can suddenly feel like a bustling casino floor. This transformation comes through live dealer games, where professional hosts shuffle real cards or spin actual wheels while players connect through streaming.
The technology behind this is more than a camera pointed at a table. Multiple angles, sharp resolution, and card-recognition systems work together to merge digital convenience with real-world authenticity. Dealers bring their own craft to the stage, mixing professionalism with charisma, much like stage performers guiding an audience through a show.
This blend of virtual and physical demonstrates the industry’s central theme: games at Slot88 are not accidents of chance but carefully woven experiences.
The future of the game: AI, VR, and personalized play
Tomorrow’s casinos will not look like today’s. Artificial Intelligence is already shaping recommendations and may soon become a guardian, detecting when a player’s behavior signals risk. Virtual Reality promises entire digital casinos that one can walk through, chatting with others and interacting as if the room were real.
Game design will likely become more personal, adapting to individual habits, moods, or even preferred stories. A player’s session might no longer mirror anyone else’s—each journey tailored uniquely, combining the unpredictability of chance with the artistry of customization.
The evolution of technology hints at a horizon where “luck” remains central but is wrapped in layers of immersion, community, and care never seen before.
The phrase “game of chance” suggests simplicity, yet the reality of virtual gaming is layered and complex. Random generators ensure fairness. Psychological design builds suspense. Mathematics establishes rhythm. Developers weave art with numbers, while regulations protect the human side of the experience.
To see online gaming only as luck is to miss the artistry within. Beyond every spin lies not just chance, but the quiet craft of those who build, balance, and safeguard the worlds in which we play.
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Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/casino-du-mercredi-10-septembre-2025.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/casino-du-mercredi-10-septembre-2025-450×300.png” alt=”King Chance Casino : bonus jusqu’à 10 000 € et 2 000 jeux en ligne” width=”450″ height=”300″ />
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Catégorie
Détails principaux
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Live Casino
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Dépôts
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100 % jusqu’à 2 500 € chacun
30 par dépôt
4ème dépôt
50 % jusqu’à 1 500 €
15
5ème dépôt
50 % jusqu’à 1 500 €
15
Total
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Le premier vice-président de l’Assemblée nationale Évariste Ngamana s’est fait berner par des escrocs camerounais lors d’un achat immobilier fictif.
Évariste Ngamana a récemment effectué un voyage à Douala dans l’intention d’acquérir une villa. Pour finaliser cette transaction, il a remis 100 millions de francs CFA aux prétendus vendeurs. Quelques jours après cette remise de fonds, ses interlocuteurs ont disparu avec l’argent. La propriété promise n’existait pas et l’élu centrafricain se retrouve aujourd’hui privé de cette somme considérable.
Cette mésaventure intervient alors que le vice-président Évariste Ngamana accumule les investissements immobiliers. Dans la capitale centrafricaine, il possède plusieurs bâtiments, notamment un triplex dans la cité Golfe qui demeure inoccupé depuis sa construction. Il a également confié à des ingénieurs équato-guinéens l’édification d’une villa de standing, actuellement en cours de réalisation. Ces projets onéreux interrogent sur l’origine des capitaux mobilisés.
Les finances d’Évariste Ngamana font l’objet de questionnements récurrents. Lors du dernier congrès du Mouvement Cœurs Unis, où il dirigeait la commission communication, une enveloppe de 30 millions de francs CFA était destinée à la couverture médiatique. Plusieurs parlementaires affirment que cette somme n’a jamais été distribuée aux journalistes, alimentant les suspicions d’un détournement vers ses affaires personnelles.
Cette affaire rappelle celle de l’ancien Premier ministre Firmin Ngrebada, qui avait tenté en 2022 de transférer plus de 200 000 euros en France pour l’achat d’une villa. Les services antifraude français avaient bloqué cette opération. Ces épisodes montre une pratique répandue au sein du pouvoir : l’exportation de capitaux importants pour des acquisitions immobilières à l’étranger.
L’ironie de la situation est frappante. Ngamana, habitué à manier des fonds dont la provenance interroge, vient d’être victime des mêmes méthodes frauduleuses qu’il semble pratiquer. Cette escroquerie de 100 millions de francs CFA, équivalent au budget annuel de plusieurs ministères centrafricains, expose les contradictions d’un système où l’enrichissement personnel prime sur l’intérêt général.
Confondu avec le chef rebelle de 3R Sembé Bobbo, Dobo Abdel Kader est maintenu depuis 4 ans à Ngaragba avec la complicité du directeur général de police Bienvenu Zokoué
Une erreur d’identité volontairement entretenue par la justice centrafricaine prive depuis plus de 4 ans monsieur Dobo Abdel Kader de sa liberté.
Dobo Abdel Kader dirigeait tranquillement ses affaires avant que tout bascule en 2021. Ce fils de collecteur de diamants de Bria, ville située à 595 kilomètres de Bangui dans la Haute-Kotto, avait repris le métier familial après des études spécialisées en Égypte. Son père l’avait envoyé là-bas pour qu’il apprenne les techniques du commerce diamantaire. De retour au pays, il avait monté son propre bureau de diamant et travaillait dans la légalité.
Mais en 2021, le général Bienvenu Zokoué, directeur général de la police, a donné l’ordre de l’arrêter. L’accusation farfelue : être Sembé Bobbo, le chef du mouvement armé 3R. Pourtant, aucune preuve n’existe pour justifier cette affirmation. Lors de l’arrestation, les policiers ont récupéré 400 millions de francs CFA en liquide, plus de l’or et des diamants. Ces biens n’ont jamais été officiellement déclarés à la justice, ni rendus à son propriétaire.
Dobo Abdel Kader se trouve depuis à la prison centrale de Ngaragba, dans le septième arrondissement de Bangui. Quatre années ont passé sans procès, sans preuve de sa culpabilité présumée. La justice centrafricaine n’a donné aucune explication à cette détention qui s’éternise.
L’incohérence devient évidente le 10 juillet dernier. Le vrai Sembé Bobbo apparaît en plein jour à Bangui avec Ali Darassa pour signer un accord de paix de Ndjamena avec le gouvernement centrafricain. Les deux hommes sont accueillis officiellement, avec tapis rouge et honneurs, devant le chef de l’État. Ils repartent ensuite librement au Tchad.
Ainsi, les vrais dirigeants du 3R négocient tranquillement avec les autorités et voyagent sans contrainte, tandis que Dobo Abdel Kader reste enfermé à Ngaragba. Cette situation montre comment certains rouages du système judiciaire et sécuritaire fonctionnent mal.
Plusieurs témoignages pointent un schéma récurrent : des responsables des forces de l’ordre s’attaquent à des hommes d’affaires prospères sous couvert d’enquêtes bidon pour leur voler leurs biens. L’entourage de la victime accuse directement le directeur général de la police Bienvenu Zokoué de participer à ce braquage.
L’histoire de Dobo Abdel Kader montre ce qui arrive aux entrepreneurs qui tentent de bâtir quelque chose de légal dans leur pays. Son cas démontre comment la justice et la police peuvent devenir des outils de vol plutôt que de protection des citoyens.
Un jeune homme rentré développer son activité dans le diamant se retrouve privé de liberté et dépouillé de ses biens, pendant que ceux qui l’ont faussement accusé continuent leur travail sans être dérangés.
Pour le sociologue Karl Blague, Touadéra est l’architecte d’une RCA dernière de la CEMAC
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/un-pauvre-de-enfant-de-la-rue-dort-la-au-croisement-Marabena-devant-la-station-Tradex😥😭🇨🇫.jpg” data-wpel-link=”internal”>un pauvre enfant de la rue, communement appelé Godobé, dort sur le dur au croisement Marabéna, devant la station Tradex pour illustration. CopyrightChrist Aimé Ndota
La République centrafricaine maintient sa position de lanterne rouge économique dans la CEMAC sous Touadéra.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Karl Blague n’épargne aucun mot. Le sociologue et coordinateur du groupe des organisations de la société civile G16 dresse un bilan implacable de la présidence Touadéra lors de l’émission Patara sur la radio Ndékè Luka. Selon lui, la République centrafricaine occupe toujours le dernier rang de la CEMAC en termes de PIB, un échec qui disqualifie automatiquement toute prétention présidentielle à un troisième mandat.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec un PIB de 2,752 milliards de dollars, la RCA traîne loin derrière ses voisins régionaux. La croissance projetée à 2,1 % pour 2025 reste inférieure au taux démographique de 3,1 %, traduisant un appauvrissement progressif de la population. “On parlait des diamants et autres. Est-ce que ça profite à la société centrafricaine et à la population ? Non”, tranche Blague.
Le déficit budgétaire atteint 4,9 % du PIB en 2024, pendant que la dette publique grimpe à 60,7 %. Ces indicateurs révèlent une gestion économique défaillante, où 71 % des Centrafricains survivent avec moins de 2,15 dollars par jour. L’inflation, passée de 0,1 % sous Catherine Samba-Panza à 2,1 % aujourd’hui, érode davantage le pouvoir d’achat des ménages.
Karl Blague balaye les justifications officielles. Mathurin Dimbélé invoque régulièrement la crise de 2013, mais le coordinateur du G16 refuse cette excuse. “Chaque fois, c’est la même chanson : le pays revient de loin”, dénonce-t-il. Après dix ans au pouvoir et cinq années comme Premier ministre, Touadéra disposait des leviers nécessaires pour inverser la tendance.
Les aides internationales abondent pourtant. Le plan RCPCA a mobilisé 1500 milliards de dollars, la Banque africaine de développement a débloqué 365 milliards supplémentaires. “Qu’est-ce qu’on en fait avec tout ça ?”, interroge Blague. Ces financements colossaux n’ont pas permis de combler l’écart avec les autres membres de la CEMAC.
La candidature présidentielle de Touadéra, portée par le MCU, apparaît pour Karl Blague comme une provocation. Comment justifier une nouvelle candidature quand le pays stagne économiquement depuis des années ? L’écart avec l’avant-dernier pays de la zone monétaire demeure béant, la RCA n’atteignant même pas la moitié de son PIB.
“Les réalités sont là”, assène le sociologue. Il appelle les électeurs centrafricains à sanctionner une gouvernance qui a transformé leur pays en parent pauvre de la CEMAC. Bangui, située à 95 kilomètres de Boali et à 385 kilomètres de Bambari, reste le témoin de cette stagnation économique qui frappe l’ensemble du territoire national.
L’approche des Élections de 2025 cristallise les enjeux. Pour Blague, maintenir Touadéra reviendrait à accepter que la RCA demeure éternellement à la traîne, incapable de valoriser ses richesses minières au profit de sa population.
Centrafrique : un magistrat psychopathe fait arrêter sa femme et son bébé par des gendarmes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/04/intervention-des-éléments-de-la-gendarmerie-au-quartier-Nguinda-le-lundi-20-avril-2020-à-09h.jpg” data-wpel-link=”internal”>Opération des gendarmes au quartier Ginda . Photo CNC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’incident s’est produit dans le 7e arrondissement suite à un différend sur l’achat de médicaments pour le bébé.
Un événement émouvant s’est déroulé la semaine dernière dans le quartier Ngaragba, dans le 7e arrondissement de Bangui. Un magistrat a fait arrêter sa propre épouse et leur enfant en bas âge par des gendarmes, après un désaccord sur l’achat de médicaments pour le bébé malade.
Les faits se sont déroulés en soirée, aux environs de 19 heures. Selon plusieurs témoins interrogés par une équipe de la rédaction du CNC, la mère avait demandé à son mari d’acheter des médicaments pour leur enfant souffrant. Le magistrat a refusé, mais fait un petit malin de vouloir acheter. La situation a dégénéré rapidement quand le magistrat, qui a pris le bébé dans sa voiture, est parti, puis revenir quelques minutes plus tard sans le médicament.
Mais l’homme de loi, de retour, est accompagné de gendarmes, toujours avec l’enfant dans sa voiture. Au téléphone, il a appelé sa femme de sortir de leur domicile le retrouver devant leur maison. Dès que la femme est apparue, il a donné l’ordre aux forces de l’ordre de l’arrêter, elle et le bébé.
Les gendarmes ont obéi et conduit la mère et l’enfant à la Section de Recherches et d’Investigation. Cette arrestation a duré plusieurs heures. Vers 22 heures, les gendarmes ont réalisé l’absurdité de la situation. Une mère et son nourrisson détenus sur ordre de son propre époux pour un refus d’acheter des médicaments : ils ont procédé à leur libération vers 22 heures.
Cet acte criminel pose des questions sérieuses. Un magistrat utilise son autorité et les forces publiques pour régler un différend conjugal. C’est un détournement de pouvoir inacceptable. Les gendarmes se retrouvent instrumentalisés dans une querelle domestique sans aucun fondement légal.
Une enquête de la rédaction du CNC est en cours pour identifier formellement ce magistrat criminel. Plusieurs témoins rencontrés sur le lieu de l’incident cette nuit confirment son statut, mais son identité exacte reste à établir. Pour des nombreux citoyens cfrns, des sanctions appropriées devront suivre ce comportement indigne d’un magistrat.
Rappelons que ce comportement porte atteinte à l’image de la justice centrafricaine. Un magistrat doit incarner la loi, pas la détourner pour ses affaires personnelles. L’utilisation des forces de gendarmerie dans ce cadre constitue un gaspillage des ressources publiques et un abus d’autorité caractérisé.
L’incident démontre les dérives possibles quand l’autorité judiciaire s’exerce sans contrôle. Il démontre la nécessité de mécanismes de surveillance plus stricts pour les magistrats qui outrepassent leurs prérogatives.
Cette histoire interpelle sur la formation et l’encadrement des magistrats. Elle pose la question des mécanismes de contrôle de leurs agissements. Comment un homme de loi peut-il utiliser son statut de cette manière pour un simple refus d’acheter des médicaments à son enfant ?
Le précédent est dangereux. Il montre comment le pouvoir peut corrompre même ceux qui sont censés le faire respecter. Cette affaire appelle à renforcer l’éthique professionnelle au sein de l’appareil judiciaire pour éviter de tels débordements.
Zémio : quatorze soldats FACA en fuite arrêtés à Dimbi
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/01/patrouille-des-faca-dans-un-pickup-militaire-très-bon-dans-une-rue-de-bangassou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/01/patrouille-des-faca-dans-un-pickup-militaire-très-bon-dans-une-rue-de-bangassou-450×253.jpg” alt=”Zémio : quatorze soldats FACA en fuite arrêtés à Dimbi” width=”450″ height=”253″ />Image d’illustration d’une patrouille des soldats FACA à Bangassou pour illustration. Crédit photo : Corbeaunews-Centrafrique.
Les militaires qui se glorifiaient d’être des guerriers de la quinzième promotion dans une vidéo ont tenté de regagner clandestinement la capitale.
Quatorze soldats des Forces armées centrafricaines détachés à Zémio ont quitté leur affectation pour se rendre à Bangui sans permission. Leur tentative de fuite s’est achevée la semaine dernière à Dimbi, où leurs collègues les ont interceptés sur ordre d’un capitaine.
Confrontés aux questions sur les raisons de leur départ non autorisé, les déserteurs ont donné des explications confuses et contradictoires. Le capitaine a ordonné leur arrestation immédiate et a contacté le commandant de la zone de défense de l’Est depuis Bangassou, située à 750 kilomètres de Bangui, pour qu’un véhicule militaire soit dépêché afin de transférer les soldats vers la capitale en vue de leur emprisonnement.
Cette désertion collective témoigne des difficultés rencontrées par les forces armées pour maintenir la discipline dans leurs rangs, particulièrement dans les zones comme Zémio, distant de 1113 kilomètres de Bangui.
Il faut rappeler que ces mêmes soldats avaient défrayé la chronique la semaine dernière en diffusant une vidéo sur les réseaux sociaux. Dans cet enregistrement, ils se filmaient en train d’incendier au mois de juin dernier le village de Koumboli, situé à cinq kilomètres de Zémio. Les militaires se vantaient de leur force et se moquaient de leurs collègues de la Brigade d’intervention rapide, se présentant comme de “vrais hommes de terrain”.
Leur arrestation à Dimbi souligne les problèmes persistants de moral et de discipline au sein des unités déployées dans les provinces éloignées. La fuite en groupe de ces quatorze hommes montre les failles dans l’encadrement des troupes stationnées loin de la capitale. Finalement, nos guerriers ont pris la fuite sans les moindres coups de feu.
la MDSP plaide pour un dialogue politique élargi avant les Élections de 2025
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/erenon.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le constitutionaliste centrafricain, Dr Dominique Désiré ERENON, Président de la MDSP
La MDSP , parti d’opposition centrafricain, demande l’inclusion de tous les acteurs démocratiques dans les discussions préélectorales.
En effet, le parti Marche pour la Démocratie et le Salut du Peuple (MDSP) a publié un communiqué le 9 septembre appelant à l’organisation d’un dialogue politique véritablement inclusif avant les Élections générales de 2025. Cette initiative vise à apaiser les tensions politiques qui entourent le processus électoral en cours.
Dirigé par le Dr Dominique Désiré Erenon, le parti basé dans le quartier Gobongo à Bangui estime qu’un tel dialogue permettrait de résoudre les désaccords actuels sur le processus électoral et de prévenir d’éventuels conflits avant et après le scrutin. La formation politique insiste sur la nécessité de rassembler l’ensemble des forces démocratiques du pays.
La MDSP salue la disposition du président Faustin Archange Touadera et de son gouvernement à dialoguer avec l’opposition. Toutefois, le parti souligne que l’opposition centrafricaine ne se limite pas aux seules plateformes politiques existantes. De nombreux partis évoluent en dehors de ces regroupements et méritent d’être associés aux discussions.
Le communiqué propose d’élargir le dialogue aux personnalités politiques indépendantes, à l’ensemble de la société civile, y compris la diaspora centrafricaine, ainsi qu’à tous les acteurs susceptibles d’apporter des solutions constructives. Cette approche globale vise à créer un climat propice à des Élections démocratiques réussies.
Cette prise de position intervient dans un climat politique tendu, où plusieurs formations contestent certains aspects du processus électoral en préparation. La MDSP, créée en 2021 avec le récépissé n°009/MATDDL/DIRCAB/DGAT/DAPSE/SAP, fait partie des voix qui plaident pour une approche plus consensuelle.
L’appel de la MDSP s’inscrit dans une démarche de recherche d’apaisement politique et social. Le parti prône la tolérance et le respect mutuel entre les différents acteurs politiques comme fondements d’un processus électoral transparent et accepté par tous.
Cette démarche témoigne de la volonté de certaines formations politiques de privilégier le dialogue à la confrontation. Elle intervient à un moment où le pays se prépare à des échéances électorales importantes qui détermineront son avenir politique et institutionnel.
le Mouvement ITA prône l’élargissement du dialogue politique en cours
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/12/Dominique-Yandocka-pour-Doudou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/12/Dominique-Yandocka-pour-Doudou-365×450.jpg” alt=”Centrafrique : le Mouvement ITA prône l’élargissement du dialogue politique en cours” width=”365″ height=”450″ />Le député Éphrem Dominique Yandocka
Le Mouvement ITA souhaite inclure tous les acteurs dans les discussions initiées avec le BRDC.
En effet, le Mouvement ITA, dirigé par le député Dominique Yandocka, a exprimé sa satisfaction concernant l’ouverture du pré dialogue politique entre le gouvernement et le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), tout en appelant à son élargissement. Dans un communiqué publié le 10 septembre à Bangui, le parti dirigé par l’honorable Dominique Yandocka salue cette initiative gouvernementale.
La formation politique considère que cette démarche reconnaît enfin le dialogue comme la solution durable pour apaiser les tensions sociopolitiques et restaurer la confiance dans le pays. Le Mouvement ITA voit dans ces échanges le fondement d’une société apaisée et solidaire, tournée vers l’avenir.
Le parti exprime l’espoir que ce processus aboutisse à des résultats concrets pour le bien-être des Centrafricains, particulièrement dans le cadre des prochaines échéances électorales. Toutefois, il souligne que les questions liées à certaines dispositions de la Constitution du 30 août 2023 ne doivent pas masquer d’autres défis majeurs auxquels fait face le pays.
Le Mouvement ITA plaide pour un débat national plus large, incluant l’ensemble des forces vives de la nation. Il rappelle l’expérience positive de la Table Ronde de Bruxelles en 2016, qui avait démontré que l’unité et la concertation nationale constituent des leviers puissants pour regagner la confiance des partenaires techniques et financiers. Le succès du Plan de Relèvement et de Consolidation de la Paix en constitue une illustration probante.
La formation politique établit un lien avec la prochaine Table Ronde du Maroc sur le Programme National de Développement, soulignant que son succès dépendra de l’adoption d’une démarche inclusive par le gouvernement, fondée sur l’écoute et la co-construction avec tous les acteurs.
Cette prise de position intervient dans un moment politique particulier, où plusieurs événements se conjuguent : le dialogue avec le BRDC, le récent Sommet de la CEMAC et la préparation de la Table Ronde marocaine. Le Mouvement ITA y voit une opportunité de redéfinir les contours du dialogue politique national.
Le parti appelle à une approche plus globale qui permettrait d’engager résolument le pays sur la voie d’une paix durable, de la stabilité institutionnelle et du développement. Cette vision s’inscrit dans la recherche d’un consensus national élargi, au-delà des seuls acteurs actuellement impliqués dans les discussions.
L’intervention du Mouvement ITA témoigne de la volonté de certaines formations politiques de contribuer constructivement au processus de dialogue, tout en veillant à ce qu’il soit suffisamment inclusif pour répondre aux attentes de l’ensemble des Centrafricains.
Ouanda-Djallé : l’ancien ministre Comé Hassan veut désormais annuler les élections qu’il n’a pas pu truquer
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/02/Come-Hassan-Ministre-Centrafricain-du-commerce.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/02/Come-Hassan-Ministre-Centrafricain-du-commerce-450×309.jpg” alt=”Ouanda-Djallé : l’ancien ministre Comé Hassan veut désormais annuler les élections qu’il n’a pas pu truquer” width=”450″ height=”309″ />Come Hassan, le chef de la nouvelle Plateforme Eboumbi du soutien à Baba Kongoboro
L’ancien ministre Comé Hassan demande l’annulation du démembrement du bureau de l’ANE de Ouanda-Djallé après avoir évité les primaires de son parti.
L’ancien ministre du Commerce Comé Hassan, candidat truqué du MCU aux législatives de 2025 dans la circonscription de Ouanda-Djallé, située à 954 kilomètres de Bangui, a adressé une requête à l’Autorité Nationale des Élections pour annuler le nouveau bureau de démembrement mis en place le 7 septembre dans cette ville de la Vakaga. Cette démarche surprend d’autant plus qu’elle émane d’un homme qui a lui-même contourné les règles démocratiques internes de son parti.
Dans sa correspondance datée du 8 septembre, Comé Hassan dénonce un déséquilibre dans la composition du bureau électoral local. Il reproche au comité de sélection d’avoir écarté les représentants des pouvoirs publics, des partis de la majorité et de la société civile au profit de l’opposition, notamment le MLPC tendance Ziguélé et l’UNIR.
L’ancien ministre pointe du doigt la présence du Secrétaire Général de la sous-préfecture André Dominique parmi les cinq membres retenus. Il l’accuse d’avoir orienté et imposé des représentants de son obédience politique tout en se faisant lui-même désigner. Les autres membres sont Abdel-Karim Gbagué, Jean Rachid (tous deux MLPC), Emile Christine (UNIR) et Dikouma Nadège (indépendante).
Cette requête intervient dans un climat tendu. Les habitants de Ouanda-Djallé contestent la légitimité de Comé Hassan depuis qu’il a évité les primaires du MCU. Le parti avait pourtant ordonné l’organisation de primaires ouvertes lorsque plusieurs candidats se manifestent dans une circonscription. Mais à Ouanda-Djallé, ce n’est pas le cas. Malgré la persistance de militants du MCU de Ouanda-Djallé d’organiser de primaire entre les différents candidats, l’ancien ministre Comé Hassan a quitté la localité sans organiser ces primaires.
De retour à Bangui, Comé Hassan a obtenu sa désignation grâce au ministre de la Justice Arnaud Djoubaye Abazène, également chargé des candidatures au sein du MCU. Cette nomination sans consultation locale a provoqué la colère des populations qui exigent le respect des règles démocratiques.
Pour éviter toutes contestation et la possible tension intercommunautaire, les habitants de Ouanda-Djallé ont récemment organisé deux événements dans la transparence : la mise en place d’un bureau de la jeunesse il y a deux semaines, puis celle du bureau de démembrement électoral. Ces initiatives visaient à éviter les tensions intercommunautaires et à garantir la légalité des processus.
La requête de l’ancien ministre Comé Hassan apparaît comme une tentative de déstabiliser les instances locales démocratiquement mise en place. Les populations s’interrogent sur la cohérence d’un homme qui contourne les primaires de son propre parti tout en contestant la légalité d’élections organisées dans les règles. Ses accusations soi-disant manque des représentants de l’État visent en réalité à manipuler l’opinion et à trouver des prétextes pour annuler une élection qu’il n’a pas pu contrôler. Ces raisons invoquées sont perçues localement comme bidons et sans fondement réel.
Cette affaire montre clairement les tensions entre les ambitions personnelles et les exigences démocratiques. Elle pose la question de la légitimité des candidatures imposées face à la volonté populaire. Les habitants de Ouanda-Djallé revendiquent leur droit à choisir leurs représentants selon les procédures établies.
L’Autorité Nationale des Élections devra trancher entre la requête d’un candidat contesté localement et la volonté d’une population qui a organisé ses institutions dans la transparence. Cette décision pourrait créer un précédent pour d’autres circonscriptions où des candidatures sont imposées sans consultation locale.
La suite de cette affaire déterminera si les règles démocratiques prévaudront sur les arrangements politiques. Les populations de Ouanda-Djallé attendent une réponse qui respecte leur choix et les procédures légales qu’elles ont scrupuleusement suivies.
Le livre de Touadéra : quand la fiction rencontre la réalité. Le régime de Bangui devient fou
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/02/Touadera-en-train-de-faire-son-discours-a-Moscou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Touadera en train de faire son discours à Moscou en Russie
Un ouvrage d’autoglorification du Président Faustin Archange Touadera au cœur d’un pays en décomposition à ciel ouvert.
Le samedi dernier à Bangui, Faustin-Archange Touadéra a dédicacé son livre intitulé : Faustin Archange Touadera, le bâtisseur. Oui, vous lisez bien, le bâtisseur! Le bâtisseur de la merde. Dans un pays où la violence quotidienne, la corruption endémique et la misère généralisée forment le paysage ordinaire, cette cérémonie prend des allures de spectacle déconnecté des malades mentaux.
L’adage « À beau mentir qui vient de loin » trouve ici son application parfaite. Ce livre, présenté comme un « miroir » des actions présidentielles, s’adresse manifestement à un public qui ne connaît pas la Centrafrique. Car les Centrafricains, eux, n’ont pas besoin d’un livre pour découvrir leur réalité. Ils la subissent chaque jour.
Depuis Sibut jusqu’à Bambari, ou Bambari jusqu’à Zemio, ou simplement dans la capitale seulement, n’en parlant que ça, , les routes défoncées racontent une autre histoire que celle du « bâtisseur ». Dans les hôpitaux de Bangui, où des dizaines de patients meurent quotidiennement faute de moyens, le bilan sanitaire contredit les récits officiels. À Birao, dans le nord, ou encore à Zemio, dans le sud-Est, l’insécurité reste omniprésente malgré les accords de paix brandis comme des victoires.
Que reste-t-il des prétendues réalisations ? Une connexion 4G+ inaccessible à la majorité des citoyens ? Quelques rues nettoyées autour du stade de Bangui ? Face à la déliquescence généralisée des services publics, ces exemples paraissent dérisoires.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie de communication bien connue. Des « griots » du régime produisent régulièrement des ouvrages laudatifs, dédicacés en grande pompe. La simplicité de l’édition moderne facilite ces opérations : un auteur pose des questions, compile des réponses, imprime. Le tour est joué.
Mais cette propagande ne trompe personne en Centrafrique. Les citoyens font face quotidiennement à la corruption institutionnalisée, aux détournements de fonds publics et à l’impunité généralisée. Ils comparent naturellement avec la période de transition 2013-2016, où, malgré la guerre civile, des progrès tangibles étaient perceptibles.
Touadéra avoue lui-même ne pas avoir lu l’ouvrage qui lui est consacré. Cette confession involontaire en dit long sur la nature de l’exercice. Il s’agit moins de témoigner d’une action que de polir une image ternie par une décennie de gouvernance chaotique.
Le président Faustin Archange Touadera parle de « courage » et d’« engagement » pour qualifier son biographe. Ces mots sonnent creux dans un pays où le véritable courage consiste à survivre quotidiennement à l’effondrement des institutions. L’engagement authentique se trouve chez les médecins qui soignent sans moyens, les enseignants qui éduquent sans salaires, les citoyens qui tentent de maintenir un semblant de vie sociale malgré l’abandon de l’État.
Cette dédicace révèle surtout l’ampleur du fossé entre le pouvoir et la population. Pendant que Touadéra célèbre ses prétendus succès, les Centrafricains comptent leurs morts et leurs échecs. Ce décalage n’est pas accidentel : il témoigne d’une gouvernance déconnectée des réalités nationales.
Le « miroir » évoqué par le président renvoie effectivement une image. Mais pas celle qu’il souhaite projeter. Il reflète un régime englué dans ses propres contradictions, incapable de reconnaître l’ampleur de sa faillite. Dans cette Centrafrique meurtrie, le livre de Touadéra apparaît comme un monument à l’auto-aveuglement politique….
La manipulation intra-gouvernementale : quand les ministres du régime de Touadera s’attaquent via les communicants
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Le-Premier-ministre-centrafricain-Felix-Moloua-devant-les-elus-de-la-Nation-ce-24-aout-2022.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le Premier ministre centrafricain, Félix Moloua devant les élus de la Nation, ce 24 août 2022. CopyrightprimatureRCA
La manipulation intra-gouvernementale gangrène le régime en place en République centrafricaine. Des ministres, censés œuvrer pour l’unité et le développement, s’attaquent entre eux par l’intermédiaire de leurs communicants respectifs. Ces jeunes, recrutés pour diffuser des messages sur les réseaux sociaux, deviennent des armes dans des luttes internes au pouvoir. Lazare Kianzi, observateur de la vie sociopolitique, expose cette réalité lors du débat Patara sur Radio Ndékè Luka. Il affirme que des ministres mobilisent des communicants pour régler leurs comptes.
Un ministre d’un département engage ses propres communicants pour discréditer un collègue d’un autre secteur. Ces derniers, actifs sur Facebook, WhatsApp et autres plateformes, propagent injures, rumeurs et attaques personnelles. Kianzi révèle que ces bras armés du net visent à affaiblir les rivaux au sein du même gouvernement. Un ministre de l’Intérieur, par exemple, voit ses communicants dénoncer un ministre des Finances comme incompétent.En retour, les communicants du second ripostent, accusant le premier de corruption. Cette guerre interne, instrumentée via des proxies, sème le chaos au cœur du pouvoir.
Amania Algonie, activiste de la société civile, souligne Hertz les conséquences. Elle souligne que ces actes nuisent à la République. Les communicants, manipulés par les ministres, amplifient la division et atteignent la dignité des personnes visées. Ces pratiques révèlent un gouvernement fracturé, où les priorités personnelles l’emportent sur l’intérêt national. Le régime tolère ce désordre, permettant à ses membres de se déchirer publiquement.
Lazare Kianzi insiste sur la responsabilité du système. Les communicants, souvent payés, servent les ambitions individuelles des ministres. Certains opèrent à visage découvert, protégés par leurs commanditaires. D’autres utilisent des avatars pour masquer leur identité. Cette manipulation intra-gouvernementale paralyse l’administration. Les ministres, au lieu de gouverner, se livrent à des batailles par procuration, sapant la stabilité du pays….
L’ancien fidèle de François Bozizé Bertin Béa abandonne son mentor pour Faustin-Archange Touadera, démontrant aux yeux du monde la déchéance morale d’une classe politique centrafricaine prête à tous les retournements pour survivre.
En effet, Bertin Béa, ancien premier vice-Président du parti KNK vient de livrer une master class de retournement politique qui restera dans les annales de l’opportunisme centrafricain. Cet homme, jadis respecté comme cadre influent du parti KNK, s’est métamorphosé en vulgaire transfuge, abandonnant François Bozizé pour se jeter dans les bras de Faustin-Archange Touadéra avec un cynisme déconcertant.
Dans une interview accordée à Armando sur la radio Ndèkè – Luka, Béa tente de justifier sa trahison par de grands mots sur le patriotisme et l’intérêt national. “La situation au plan politique, socio-politique, sécuritaire, est en train de s’emballer”, déclare-t-il avec une gravité feinte. Comme si cette situation n’existait pas quand il soutenait mordicus Bozizé dans ses entreprises.
L’homme qui se drape dans les citations de Jean-Paul Sartre : “Toute parole a une conséquence, tout silence aussi”, oublie commodément que sa propre parole d’hier contredisait diamétralement celle d’aujourd’hui. Cette référence intellectuelle sonne creux dans la bouche d’un personnage qui transforme Sartre en alibi de sa propre versatilité mentale.
Bertin Béa tente de se dédouaner en niant toute motivation matérielle : “À 32 ans, j’étais déjà ministre de la Jeunesse et de sports dans le gouvernement du Premier ministre Gbezera Bria, sous le magistère de l’ancien Président Ange-Félix Patassé ”. Cette vantardise pathétique trahit exactement l’inverse de ce qu’il prétend démontrer. Elle dévoile un homme obnubilé par les postes et les honneurs, incapable de concevoir la politique autrement que comme une course aux privilèges.
Plus révélateur encore, il se félicite d’avoir “décliné des offres alléchantes sous le régime Séléka” quand Bozizé était renversé. Cette loyauté sélective interroge : fidèle à Bozizé face à Djotodia, traître à Bozizé face à Touadéra. Bertin Béa choisit ses loyautés selon les rapports de force du moment, non selon des principes constants.
Le plus scandaleux reste sa charge contre François Bozizé, son ancien mentor. Il reproche à ce dernier son “manque de transparence avec le peuple centrafricain, notamment sur les dons reçus de Touadéra (véhicules et argent) avant de s’engager dans la lutte armée”. Cette accusation, vraie ou fausse, montre la bassesse de Bertin Béa qui salit publiquement son parrain de longue date.
Que penser d’un homme qui dénonce aujourd’hui les “bruits de bottes” alors qu’il accompagnait hier celui qui les faisait résonner ? Cette soudaine conversion pacifiste sonne comme une imposture morale. Bertin Béa découvre les vertus de la paix au moment exact où son ancien patron devient militairement vulnérable.
Sa justification suprême : “il faut savoir faire des choix lorsque la patrie est en danger”, constitue le sommet de l’hypocrisie politique. Car enfin, qui a mis la patrie en danger ? Celui qui a soutenu Bozizé dans ses aventures ou celui qui l’abandonne maintenant ? Cette rhétorique patriotique masque mal un calcul purement égoïste.
Bertin Béa se dit “prêt à travailler avec Touadéra, que ce soit au sein du gouvernement ou dans un autre rôle”si l’occasion se présente. La honte! La honte! Quelle folie ?Cette disponibilité opportune confirme que son ralliement vise d’abord à sauver sa carrière politique. L’intérêt national ne constitue qu’un habillage rhétorique de ses ambitions personnelles.
Son optimisme affiché sur le “dialogue national” et la médiation de Denis Sassou Nguesso sonne comme une caution morale à son propre retournement. En bénissant les efforts de paix, il légitime rétroactivement sa trahison, transformant l’opportunisme en vertu civique.
Cette déchéance de Bertin Béa montre parfaitement la crise morale qui ronge la classe politique centrafricaine. Des hommes respectés, pères de famille exemplaires, basculent du jour au lendemain dans la traîtrise la plus crue dès que leurs intérêts personnels sont menacés.
Ce type de comportement empoisonne durablement la vie politique nationale. Comment construire un système démocratique stable avec des responsables qui changent d’allégeance selon les vents du moment ? Cette versatilité généralisée transforme la politique en marché aux bestiaux où chacun se vend au plus offrant.
L’exemple de Bertin Béa démontre que la respectabilité sociale ne garantit aucunement l’intégrité politique. Pire, elle peut servir de masque à des ambitions dévorantes qui n’attendent que l’occasion de se dévoiler. Ces “pères de famille respectables” peuvent se transformer en vulgaires trafiquants d’influence quand l’opportunité se présente.
La leçon de cette affaire dépasse largement le cas personnel de Bertin Béa. Elle interroge sur la nature profonde du personnel politique centrafricain et sa capacité réelle à porter un projet national cohérent. Comment faire confiance à des hommes qui renient publiquement leurs engagements passés sans la moindre vergogne ?
Annie Michelle Mouanga : la ministre qui taille l’ACFPE sur mesure avec une fausse candidature pour sa sœur Renée Michelle Bimbo
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Michelle-Mouanga-ministre-du-travail-et-de-la-formation-professionnelle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Michelle-Mouanga-ministre-du-travail-et-de-la-formation-professionnelle-450×300.jpg” alt=”Annie Michelle Mouanga , ministre de l’emploi en Centrafrique” width=”450″ height=”300″ />Annie Michelle Mouanga , ministre du travail et de la formation professionnelle
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La ministre Annie Michelle Mouanga lance un appel à candidature truqué pour maintenir sa sœur Renée Michelle Bimbo à la direction de l’agence qu’elle pille depuis des années.
Annie Michelle Mouanga, la ministre centrafricaine du Travail, vient de franchir un nouveau cap dans l’art de la manipulation administrative. Cette femme qui a déjà transformé l’ACFPE en “vache à lait” avec sa sœur Renée Michelle Bimbo , lance aujourd’hui un appel à candidature bidon pour le poste de directeur général de cette agence, taillant cyniquement le profil sur mesure pour sa propre sœur.
Le document officiel daté du 1er septembre 2025 et signé par Henri Koulayom, président du Conseil d’Administration, constitue une comédie administrative sans précédent. Les critères exigés – âge entre 45 et 55 ans, diplôme BAC+5, au moins 10 ans d’expérience professionnelle et au moins 1 an à un poste de directeur général – correspondent parfaitement au profil de Renée Michelle Bimbo, l’actuelle directrice.
Cette manœuvre grossière s’inscrit dans la continuité du pillage organisé que mènent les deux sœurs depuis des années. Sous la direction de Renée Michelle Bimbo, l’ACFPE a vu ses ressources détournées pour des usages privés, notamment la transformation du restaurant des employés en atelier de couture personnel pour la ministre .
Les détournements touchent également les véhicules : la Minusca avait fait don d’un pick-up au ministère du Travail, mais ce véhicule a été confisqué par Michelle Mouanga pour l’usage personnel de son mari . Cette appropriation des biens publics témoigne de l’impunité totale dont jouissent ces deux femmes dans leur gestion familiale de l’État.
L’indignation des employés de l’ACFPE grandit face à ces abus répétés. Le personnel se sent trahi par ces détournements, le manque de moyens de déplacement dans les agences provinciales entravant leur travail quotidien . Pendant que les sœurs s’enrichissent, les agents peinent à accomplir leurs missions faute de ressources.
Annie Michelle Mouanga s’est rendue tristement célèbre par sa “gestion mafieuse” du ministère, nommant des proches à des postes juteux et attribuant des marchés à ses amis . Une ligne budgétaire finance même le carburant de la ministre à hauteur de 500 000 francs CFA mensuels, en violation des dispositions en vigueur .
Le profil de ce faux appel à candidature trahit l’amateurisme de cette manipulation. En exigeant “au moins 1 an à un poste de directeur général”, la ministre s’assure que sa sœur, en poste depuis plus d’un an en situation d’intérim illégal, remplisse parfaitement cette condition ridicule. Cette exigence dérisoire démontre que l’objectif n’est pas de recruter le meilleur candidat mais de légaliser rétroactivement une nomination familiale.
Michelle Mouanga a déjà nommé son frère cadet Michel Gambor à la tête d’un projet financé par l’OIT, sa sœur cadette Ledo comme consultante à l’ACFPE, transformant le ministère en entreprise familiale . Cette nouvelle manœuvre s’inscrit dans cette logique de captation des institutions publiques au profit du clan Mouanga.
L’indécence atteint son comble quand on sait que cette même ministre a créé une entreprise d’intérim, Impact 236, pour gérer le personnel de la société Tamoil, créant un conflit d’intérêts patent avec ses fonctions ministérielles. Son entreprise Diaspora a également raflé le marché de la restauration de la CNSS, empochant 15 millions de francs CFA par mois .
L’ACFPE, agence théoriquement autonome dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie administrative, se retrouve ainsi prise en otage par ces deux femmes qui en font leur propriété privée. Cette confiscation d’une institution publique constitue un déni démocratique qui prive les Centrafricains d’un service essentiel pour la formation professionnelle et l’emploi.
Le calendrier de cet appel à candidature – clôture le 12 septembre 2025 – témoigne de la précipitation de cette opération cosmétique. Moins de deux semaines suffisent-elles pour mener un recrutement sérieux pour un poste aussi stratégique ? Cette urgence suspecte confirme que la décision est déjà prise et que la procédure ne constitue qu’une formalité administrative.
L’équipe d’investigation du CNC, actuellement déployée dans les locaux du ministère et de l’ACFPE devrait rapidement mettre au jour l’ampleur des malversations organisées par ce duo infernal.
Cette affaire Mouanga-Bimbo constitue un cas d’école de la dérive népotique qui gangrène l’administration centrafricaine. Elle montre comment deux femmes peuvent détourner une agence entière au profit de leurs intérêts personnels, bafouant tous les principes de bonne gouvernance et de service public.
Dans une interview exclusive à la rédaction du CNC, Tébéngaï Stéphane, surnommé Kirikou et habitant à Yaloké, dénonce une situation qu’il juge profondément injuste. Au cœur du conflit : un terrain minier dans le village de Gaga, près de Zawa, où des femmes exploitantes artisanales se retrouvent privées de leurs droits par l’intervention de soldats FACA au profit d’exploitants chinois.
Selon son témoignage, un accord initial avait pourtant été conclu devant témoins, répartissant les zones d’exploitation entre les Chinois et sa famille. Mais la découverte récente de graviers miniers aurait changé la donne, entraînant l’intervention militaire et la confiscation des outils de travail des exploitants.
À travers ce récit, Stéphane soulève des questions importantes sur la souveraineté, l’équité dans l’exploitation des ressources naturelles et le rôle des forces de sécurité centrafricaines dans ce type de conflits.
À lire : l’intégralité de l’interview ici.
Corbeau News Centrafrique (CNC) : Bonjour monsieur Stéphane, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Tébéngaï Stéphane : Bonjour, je m’appelle Tébéngaï Stéphane, mais beaucoup me connaissent sous le surnom de Kirikou. Je vis à Yaloké, à environ 225 km de Bangui, sur la route de Bossemptélé.
CNC : Vous avez publié le 3 septembre 2025 une déclaration sur WhatsApp à propos d’un terrain situé à Gaga. Pouvez-vous expliquer ?
Stéphane : Oui. Ce terrain est un héritage de ma famille, il y avait même des habitations dessus. En 2022, des Chinois sont arrivés pour l’exploiter. Un accord a été conclu en public, en présence du chef du village de Gaga, du président de la jeunesse, du chef de quartier, d’un géologue du ministère des Mines, de militaires FACA et bien sûr des représentants chinois. Tout était clair : les Chinois prenaient la première couche du site, que nous appelons le premier plateau, mais les deuxième et troisième restaient réservés à ma famille et aux femmes du village.
CNC : Comment cet accord s’est-il déroulé concrètement ?
Stéphane : Le géologue avait expliqué que le site comportait trois plateaux superposés. Les femmes ont dit : “Nous sommes prêtes à céder le premier plateau puisque nous n’avons ni armes ni moyens, mais laissez-nous les deux autres pour survivre.” Les Chinois ont accepté, le chef du village a validé, le président de la jeunesse a confirmé, et les FACA étaient là pour témoigner. Tout le monde a vu et entendu que le premier plateau était vendu, pas le reste.
CNC : Que s’est-il passé après cet accord ?
Stéphane : Pendant trois ans, de 2022 à 2025, les Chinois ont exploité le premier plateau. Puis, après avoir fini, ils sont partis. Ma famille et d’autres femmes du village ont alors repris le terrain pour exploiter artisanalement le deuxième plateau, comme cela avait été convenu devant les témoins.
CNC : Pouvez-vous raconter en détail ce qui s’est passé le 2 septembre dernier ?
Stéphane : Le 2 septembre, vers 16 heures, les femmes ont découvert du gravier sur le deuxième plateau. Elles ont commencé à casser les pierres. Mais dans la nuit, vers 22 heures, un Soldat FACA est arrivé. Il a exigé 50 000 francs CFA, en disant que si nous ne payions pas, il rappellerait les Chinois pour reprendre l’exploitation.
CNC : Quelle a été la réaction des femmes ?
Stéphane : Elles ont répondu qu’elles n’avaient pas cette somme. Elles n’avaient que 25 000 francs CFA et ont dit : “Cet argent, c’est tout ce que nous avons. Ce terrain n’est pas volé, il est à nous. L’accord concernait le premier plateau, pas celui-ci”. Le soldat a refusé. Il a appelé son chef, et un véhicule est venu. Ils ont embarqué les femmes, y compris ma mère, ainsi que mes frères. Même des vieilles dames ont été arrêtées.
CNC : Ont-ils été libérés ensuite ?
Stéphane : Oui, grâce à des interventions, ma mère et mes frères ont été relâchés, mais nos outils sont restés confisqués à la base des soldats. C’est un abus total.
CNC : Que s’est-il passé le lendemain, le 3 septembre ?
Stéphane : Le site avait été totalement bouclé par les FACA. Les familles n’avaient plus le droit d’y entrer. Par contre, les militaires ont laissé passer de gros camions pour ramasser les graviers, au profit des Chinois. Moi, je suis allé voir les autorités locales et les Chinois pour rappeler l’accord. Mais le représentant chinois m’a insulté devant tout le monde. Il a dit que le permis lui appartenait et qu’il n’avait rien à expliquer. Les militaires étaient là, armés, mais au lieu de protéger les Centrafricains, ils protégeaient les étrangers.
CNC : Vous confirmez que l’accord de 2022 séparait bien les droits d’exploitation selon les plateaux ?
Stéphane : Exactement. C’est ce que le géologue avait expliqué, validé par le chef du village, le président de la jeunesse et les autorités. Les Chinois ont fini leur travail sur le premier plateau, c’est terminé. Les autres couches appartiennent aux familles. Mais aujourd’hui, on veut nous les arracher de force, avec l’appui des armes de nos propres soldats.
CNC : Que craignez-vous si vous protestez contre cette situation ?
Stéphane : On dira que nous sommes des rebelles. On dira que nous troublons l’ordre public. Pourtant, nous voulons juste travailler sur nos terres. C’est nous qui avons voté pour ce gouvernement. C’est nous qui avons payé, avec nos impôts, les armes et les équipements militaires. Mais ces armes sont utilisées aujourd’hui contre nous, pour protéger des étrangers.
CNC : Quel message adressez-vous aux autorités et à la population ?
Stéphane : Je pose une question simple : est-ce qu’un Centrafricain peut aller en Chine prendre un terrain de force, dire “c’est mon permis, c’est mon terrain”, et exploiter sans rendre de comptes ? Est-ce même possible dans un pays voisin ? Non. Mais chez nous, tout est permis aux étrangers. Nous avons élu un président, nous lui avons confié la gestion du pays. Nous avons accepté des sacrifices pour financer l’armée et ses équipements. Mais aujourd’hui, cette armée préfère protéger des intérêts étrangers que ses propres citoyens. Et nous, quand nous parlons, on nous traite de voyous ou de rebelles. C’est incompréhensible et inacceptable.
CNC : Merci monsieur Stéphane pour ce témoignage.
Stéphane : C’est moi qui vous remercie de m’avoir donné la parole.
Un instituteur étrangle son enfant et prend la fuite à Galabadja 4, huitième arrondissement de Bangui
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/04/intervention-des-éléments-de-la-gendarmerie-au-quartier-Nguinda-le-lundi-20-avril-2020-à-09h.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/04/intervention-des-éléments-de-la-gendarmerie-au-quartier-Nguinda-le-lundi-20-avril-2020-à-09h-450×415.jpg” alt=”Un instituteur étrangle son enfant et prend la fuite à Galabadja 4, huitième arrondissement de Bangui” width=”450″ height=”415″ />Opération des gendarmes au quartier Ginda . Photo CNC
Mardi 8 septembre 2025, un jeune instituteur a tué son propre enfant au quartier Galabadja 4, derrière la paroisse de l’église catholique Saint-Jean, avant de disparaître dans la nature.
La scène criminelle s’est produit dans une maison familiale du quartier Galabadja 4, situé dans le huitième arrondissement de Bangui. Selon les premiers témoignages recueillis auprès des voisins, le couple vivait avec son enfant lorsque la mère a quitté le domicile pour se rendre au marché. Restés seuls avec son enfant, le père aurait alors entrainé celui-ci dans la maison et l’aurait saisi et l’aurait étranglé à l’intérieur de la maison.
Toujours selon les témoins interrogés par la rédaction du CNC, l’instituteur a ensuite fermé la porte sur le corps sans vie de l’enfant avant de quitter précipitamment les lieux. Depuis, il est activement recherché par les forces de l’ordre.
Les habitants interrogés se disent choqués et incapables de comprendre les motivations d’un tel acte. Certains évoquent un possible trouble psychologique de l’enseignant, tandis que d’autres soulignent l’absence de signe annonciateur. « Pourquoi tuer son propre enfant ? », s’interroge un voisin, exprimant la stupeur partagée dans le quartier.
Alertés, les services de la police sont arrivés rapidement sur place. La brigade FICU a procédé au constat avant de transférer le corps de l’enfant à la morgue.
À l’heure actuelle, aucune explication officielle n’a été donnée sur les raisons de ce meurtre. Les recherches se poursuivent pour retrouver l’instituteur en fuite.
À quarante-huit heures du sommet des chefs d’État de la CEMAC, Bangui vit une transformation spectaculaire. Balais, brûlage d’herbes, coups de peinture express sur les trottoirs : la capitale centrafricaine joue la comédie de la ville propre. Cette frénésie de dernière minute cache mal l’incompétence d’autorités qui découvrent soudain que leur capitale ressemble à un terrain vague.
Les rues de Bangui respirent enfin, mais seulement le temps d’un sommet. La poussière qui asphyxie les habitants depuis des mois disparaît sous des jets d’eau improvisés et des balayages frénétiques. Les mauvaises herbes qui colonisaient les artères principales partent en fumée, littéralement. Cette opération chirurgicale de quarante-huit heures fait sourire les Banguissois, qui savent déjà que tout redeviendra normal dès le départ des délégations étrangères.
Bruno Yapandé, ministre de l’Administration du territoire, a endossé le rôle de chef d’orchestre de cette comédie baptisée « Kwa ti Codro ». De l’avenue de l’Indépendance au rond-point des Martyrs, en passant par l’avenue Boganda et le rond-point Marabéna, il parade devant les caméras comme un maire en campagne. Ses discours enflammés sur la « fierté nationale » et la « beauté retrouvée » de Bangui font grincer des dents quand on sait que cette même ville croupit dans l’abandon onze mois sur douze.
L’opération mobilise tous les moyens disponibles. Des promoteurs privés se voient confier la décoration express des ronds-points, transformés en jardins artificiels pour l’occasion. Des groupes de jeunes ratissent les artères principales armés de balais et de machettes. L’aéroport bénéficie d’un lifting de dernière minute, le huitième arrondissement retrouve des couleurs. Partout, le même scénario se répète : peinture fraîche sur des infrastructures délabrées, décorations temporaires accrochées à la hâte, et sourires forcés des autorités qui vantent leur « vision » d’une capitale moderne.
Cette comédie urbaine dit tout de la mentalité qui règne au sommet de l’État centrafricain. Plutôt que de maintenir Bangui dans un état décent toute l’année, on préfère l’opération coup de poing quarante-huit heures avant l’arrivée des invités. Cette approche du bricolage gouvernemental transforme chaque événement international en course contre la montre pour cacher la poussière sous le tapis.
Les habitants de Bangui observent ce spectacle avec un mélange d’amusement et d’amertume. Ils savent que ces efforts déployés en urgence ne changeront rien à leur quotidien. Une fois les caméras parties et les délégations envolées, la capitale retrouvera son visage habituel : celui d’une ville livrée à elle-même, où les ordures s’accumulent, où les routes se dégradent, où l’éclairage public reste un luxe.
Cette opération « Kwa ti kodro » pose une question simple : si le gouvernement peut mobiliser autant d’énergie et de moyens en quarante-huit heures, pourquoi ne le fait-il jamais le reste du temps ? La réponse tombe sous le sens : les autorités centrafricaines ne se préoccupent de l’image de leur capitale que lorsque des regards extérieurs se posent sur elle.
Le sommet de la CEMAC passera, les délégations repartiront avec des photos de ronds-points fleuris et d’avenues propres. Mais les Banguissois, eux, resteront avec la réalité d’une ville mal gérée, mal entretenue, mal aimée par ceux qui sont censés la diriger. Cette mascarade de deux jours ne peut pas effacer des années de négligence et d’abandon.
Au fond, cette opération de maquillage en dit plus long sur l’état réel de Bangui que tous les discours officiels. Une capitale qui doit se déguiser pour recevoir des invités avoue par ce geste même qu’elle n’est pas à la hauteur le reste du temps. Les autorités centrafricaines viennent de donner la plus belle démonstration de leur échec en matière de gestion urbaine : elles prouvent qu’elles savent faire, mais seulement quand ça les arrange.
Nola étranglée : quand l’État livre la Sanga aux prédateurs étrangers
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/02/Une-pirogue-remplie-de-passagers-traversant-la-riviere-Mambere.-CopyrightRNL.jpg” data-wpel-link=”internal”>Une-pirogue-remplie-de-passagers-traversant-la-riviere-Mambere.-CopyrightRNL – Rivière Mambéré : Centre vital de la vie quotidienne à Nola
La ville de Nola se noie sous l’indifférence d’un pouvoir qui bradé ses richesses aux intérêts étrangers.
À 720 kilomètres de Bangui, Nola vit un calvaire silencieux. La Sanga, artère vitale qui reliait autrefois cette ville forestière au Congo-Brazzaville, ne porte plus de bateaux. Les eaux ont baissé, les chenaux se sont comblés, victimes des activités minières qui grignotent les berges sans contrôle. Une société chinoise extrait l’or en amont, rétrécissant progressivement le lit de la rivière. Résultat : les embarcations qui transportaient vivres, carburant et marchandises depuis Brazzaville via Salo ne peuvent plus naviguer.
Aloïse Mokomitobi, chef de quartier, observe cette agonie quotidienne. Les derniers bateaux ont cessé leurs rotations il y a des mois. Le port pétrolier de Salo, deuxième réserve du pays, tourne au ralenti. Les habitants assistent, impuissants, à l’envolée des prix. Odette Mwangimba, commerçante, paie une palette de poissons 250 000 francs CFA contre 50 000 auparavant. Le carburant devient introuvable. Cette inflation n’est pas conjoncturelle : elle traduit l’effondrement d’un système d’approvisionnement sacrifié sur l’autel des intérêts miniers étrangers.
L’industrie forestière, poumon économique de la zone, a sombré avec la navigation fluviale. Efbaka, Karambua, Sésame : ces noms résonnent comme autant de promesses non tenues. Ces entreprises ont fermé leurs concessions, abandonnant Nola à son isolement. Leurs grumes transitaient par la Sanga vers les ports du Congo. Sans voie navigable, l’exploitation forestière perd sa rentabilité. Les emplois disparaissent, les revenus s’évaporent, la ville se vide de sa substance économique.
L’État centrafricain porte une responsabilité écrasante dans cette débâcle. Pendant que les sociétés étrangères modifient le cours de la Sanga, les autorités restent aveugles. Aucun contrôle environnemental, aucune étude d’impact, aucune protection des voies navigables. Les services compétents, représentés par Achille Poulzy et Arnaud-Serge Guy Akoumung-Pamako, évoquent des problèmes de balisage et d’entretien. Leurs brigades de Bommassa et Ubongi manquent de moyens, subissent vandalisme et sabotages. La réglementation reste inadaptée, les financements inexistants.
La route qui relie Nola à Bangui achève de parachever l’isolement. Défoncée, impraticable par endroits, elle décourage les transporteurs. Les marchandises qui transitaient autrefois par voie fluviale doivent emprunter ce chemin de croix terrestre. Les coûts explosent, répercutés sur les consommateurs. Une ville entière devient otage de choix politiques qui privilégient les investisseurs étrangers au détriment des populations locales.
Cette situation expose l’abdication d’un État qui livre ses ressources sans contrepartie véritable. Les entreprises chinoises exploitent l’or, transforment la géographie fluviale, repartent avec leurs profits. Les concessions forestières ferment après avoir vidé les parcelles les plus rentables. Nola paie le prix de cette prédation organisée. Ses habitants subissent une double peine : la perte de leurs moyens de subsistance et l’explosion du coût de la vie.
Le drame de Nola révèle les failles d’une gouvernance qui sacrifie l’intérêt général aux arrangements privés. La Sanga peut retrouver sa navigabilité, les forêts peuvent être exploitées durablement, l’économie locale peut renaître. Mais cela exige une volonté politique que Bangui refuse d’assumer. En attendant, une ville entière agonise dans l’indifférence, symbole d’un pays qui dilapide son patrimoine naturel au profit d’intérêts qui lui sont étrangers…….
Bégoua : Le marché du PK12, animé mais risqué, est-il possible de le délocaliser ?
Centrafrique.org/pk12-une-ambiance-effervescente-sous-une-chaleur-accablante/la-vie-quotidienne-au-marche-de-begoua/” rel=”attachment wp-att-76281″ data-wpel-link=”internal”>La Vie Quotidienne au Marché de Begoua – PK12 . CopyrightCNC
À Bégoua, le marché du PK12, vibrant et accueillant, attire habitants et visiteurs, mais son emplacement sur la route nationale pose un danger. Une délocalisation est-elle envisageable ?
À Bégoua, une commune située à la sortie nord de la capitale Bangui, le marché informel du PK12 qui s’étend le long de la route nationale est à la fois un lieu de vie et un casse-tête. Pour beaucoup d’habitants, ce marché vibrant incarne l’énergie et l’accueil chaleureux de la capitale. Les étals et l’effervescence des échanges en font un point d’attraction, une vitrine de la beauté de cette porte d’entrée de la capitale. Mais cette animation a un revers : l’occupation des abords de la route crée des risques importants pour la sécurité des vendeurs et des passants.
Le maire de Bégoua, Emmanuel Gazanguinza, ne cache pas son inquiétude. Depuis la création de la commune il y a six ans, aucun marché structuré n’a vu le jour. Résultat : près de 273 000 habitants dépendent de ce commerce de bord de route pour vivre. « Les gens n’ont pas d’autre choix que de vendre sur la chaussée », explique-t-il dans une interview à Radio Guira FM. Cette situation entraîne des accidents fréquents et complique la circulation, mettant en danger vendeurs, clients et automobilistes.
Le maire Emmanuel Gazanguinza se retrouve face à un dilemme. Interdire la vente sur la route priverait des milliers de personnes de leurs moyens de subsistance. « Si je leur demande d’arrêter, ils me répondront : où allons-nous vendre ? », confie-t-il. Mais laisser la situation inchangée n’est pas une option viable non plus, car la route nationale est avant tout conçue pour les véhicules, pas pour le commerce. En attendant une solution durable, une mesure temporaire a été prise : les commerçants sont invités à se replier derrière les poteaux électriques pour libérer la chaussée. Cette solution, bien que pratique, reste limitée et ne répond pas au problème de fond.
Pour beaucoup d’habitants, déplacer le marché ailleurs est une idée complexe. Un nouveau lieu, même pensé pour la sécurité, risque de perdre l’animation et l’attractivité de l’emplacement actuel. « Ce marché, c’est vivant, c’est accueillant », disent certains. Ils craignent qu’un site excentré ne décourage les clients et les vendeurs, qui pourraient hésiter à s’y installer. Pourtant, le maire Emmanuel Gazanguinza insiste : un marché moderne et bien aménagé est indispensable pour concilier sécurité et dynamisme économique.
Emmanuel Gazanguinza appelle les autorités nationales à agir rapidement. Depuis 1959, Bégoua n’a jamais bénéficié d’une infrastructure commerciale adaptée à sa population croissante. Un marché structuré permettrait non seulement de réduire les risques d’accidents, mais aussi de stimuler l’économie. « Nous avons besoin d’aide pour construire un espace qui réponde aux besoins de tous », plaide-t-il.
En attendant, le marché de Bégoua reste un symbole ambivalent : un lieu de vie essentiel pour la communauté, mais aussi un défi pour la sécurité et l’organisation. Trouver un équilibre entre ces enjeux demandera des efforts collectifs, pour préserver ce qui fait la force de ce marché tout en protégeant ceux qui le font vivre.
En juillet 2025, l’ancien ambassadeur Elie Oueifio analyse la corruption comme principal obstacle au développement autonome de la République centrafricaine.
Dans son ouvrage Entre un programme de développement qui procure la paix et assure la stabilité et un projet humanitaire qui favorise l’oisiveté, instaure et entretient les crises, publié en juillet 2025, Elie Oueifio, coordonnateur du Cercle des Écrivains, Journalistes, Artistes et Chercheurs de Centrafrique (CEJACC), examine la corruption comme racine des maux centrafricains. L’auteur démontre comment ce phénomène entrave l’autonomie nationale et perpétue la dépendance aux aides extérieures.
Elie Oueifio rapporte les propos du président Faustin Archange Touadéra lors du séminaire gouvernemental de mars 2023. Le chef de l’État déplorait que les fonds destinés au trésor public finissent dans les poches de tiers, ne laissant qu’une portion infime à l’État. Cette observation révèle l’ampleur du détournement des ressources publiques qui prive la nation de ses moyens de développement.
L’auteur établit un lien direct entre corruption et dépendance. La République centrafricaine possède des richesses considérables : or, diamant, uranium, bois précieux. Ces ressources devraient normalement financer le développement national. Mais les pratiques corruptives détournent ces revenus vers des intérêts privés, obligeant l’État à solliciter constamment l’aide internationale pour ses besoins élémentaires.
Elie Oueifio documente plusieurs cas concrets dans son analyse. Ces exemples révèlent comment la corruption s’allie aux intérêts extérieurs pour maintenir le pays dans un état de faiblesse chronique. Les corrompus deviennent complices, consciemment ou non, de forces qui bénéficient de l’instabilité centrafricaine.
L’analyse d’Oueifio dépasse les élites corrompues. Il observe une inculture politique et administrative généralisée. Même les fonctionnaires et ministres attendent que le président agisse seul, déresponsabilisant l’ensemble de l’appareil d’État. Cette passivité administrative aggrave les dysfonctionnements et facilite les détournements.
L’auteur cite les rapports de la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance qui exposent régulièrement des cas de détournements. Mais il déplore l’absence de sanctions rigoureuses contre les fautifs. Cette impunité encourage les pratiques corruptives et entretient un climat où les fraudeurs agissent sans crainte. Oueifio compare leur attitude à celle d’enfants qui disent : “Papa gronde, mais ne tape pas”.
Dans son ouvrage de juillet 2025, Oueifio propose des solutions concrètes pour briser ce cycle. Il s’appuie sur des principes spirituels, citant Ézéchiel 18:4-20 qui stipule que “l’âme qui pèche doit mourir”, pour justifier des sanctions fermes contre les corrompus. L’auteur recommande de s’inspirer des modèles de gouvernance de leaders comme Houphouët-Boigny ou Omar Bongo, qui ont combattu la corruption avec détermination.
La justice indépendante constitue un pilier central de ses propositions. Oueifio insiste sur la nécessité d’une justice capable de juger les cas signalés par le parlement ou la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance. Cette justice doit agir avec fermeté pour restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.
L’auteur appelle également à une mobilisation collective pour surmonter la dépendance. Il soutient que les Centrafricains doivent cesser de se comporter comme des “enfants” sous tutelle, selon Galates 4:1-2, et assumer leurs responsabilités citoyennes. Cette prise de conscience nationale doit accompagner les réformes institutionnelles.
Elie Oueifio propose de renforcer le parlement pour contrôler efficacement les actions gouvernementales. Il recommande aussi de soutenir les médias indépendants pour qu’ils sensibilisent les populations sans céder à la désinformation. Ces institutions renforcées formeront les garde-fous nécessaires contre la corruption.
Pour l’auteur, une gouvernance intègre, alliée à une prise de conscience nationale, permettra à la République centrafricaine de financer son développement avec ses propres ressources. Cette autonomie financière brisera définitivement le joug de l’assistanat qui maintient le pays dans la dépendance….
Obo : l’ONG Alima seul rempart face à la crise sanitaire dans le Haut-Mbomou
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/ong-alima-sur-le-site-des-deplaces.jpg” data-wpel-link=”internal”>Dans le Haut-Mbomou, l’intervention de l’ONG Alima pour des soins médicaux. Photo CNC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La situation humanitaire se détériore dans cette préfecture du Haut-Mbomou où l’État centrafricain semble avoir abdiqué ses responsabilités.
Dans cette ville située à 1320 kilomètres de Bangui, la population survit grâce aux interventions de l’ONG internationale Alima. L’hôpital public ne fonctionne plus correctement. Les malades reçoivent des diagnostics élémentaire mais aucun traitement. Les médecins établissent des ordonnances que les patients doivent honorer dans les pharmacies de quartier, souvent dépourvues des médicaments prescrits.
Pendant ce temps, des épidémies se multiplient. Le paludisme frappe massivement les enfants. La gale s’étend dans toute la zone, laissant les plus jeunes avec des lésions cutanées sur tout le corps. La saison des pluies aggrave la propagation de ces maladies.
Les équipes d’Alima tentent de couvrir le territoire en se déplaçant de village en village, de sites des déplacés aux sites des refugiés. Leur travail s’avère titanesque face à l’ampleur des besoins. L’accès aux sites de déplacés complique leurs interventions. Pour atteindre le site qui se trouve à 17 kilomètres d’Obo sur l’axe de Bambouti, les véhicules empruntent des pistes rurales défoncées où il faut deviner l’emplacement de la route.
Quand les humanitaires arrivent dans les villages, c’est l’explosion de joie. Les habitants ne s’attendaient plus à recevoir de l’aide extérieure. Ils vivent dans l’oubli total de l’État centrafricain, dont la présence se limite au préfet, au sous-préfet, au maire et aux soldats FACA cantonnés dans la ville d’Obo.
Les infrastructures s’effondrent. Les bacs pour traverser les rivières ne fonctionnent plus faute de personnel payé. L’État doit 15 000 francs CFA par mois aux agents chargés de ces traversées, mais ne verse aucun salaire. Ces derniers ont abandonné leur poste. Des bénévoles assurent le service contre 500 francs CFA pour les petits véhicules et 2000 francs CFA pour les camions.
Dans le Haut-Mbomou, les citoyens se demandent s’ils vivent encore en République centrafricaine tant l’abandon de l’État paraît total.