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Touadéra pousse Dologuélé à l’extrême pendant que la communauté internationale regarde sans rien faire : le génocide annoncé par Gouandjika se prépare sous les yeux de la MINUSCA

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Touadéra pousse Dologuélé à l’extrême pendant que la communauté internationale regarde sans rien faire : le génocide annoncé par Gouandjika se prépare sous les yeux de la Minusca

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/touadera-avec-les-prophetes.jpg” data-wpel-link=”internal”>Touadera reçoit les bénédictions des faux prophètes, des démons de division en Centrafrique
Touadera reçoit les bénédictions des faux prophètes, des démons de division en Centrafrique

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La communauté internationale regarde le dictateur Touadéra s’acharner sur l’opposant Anicet-Georges Dologuélé avec une passivité criminelle. Selon des informations recueillies par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, Touadéra est en train de pousser, de pousser, de pousser Dologuélé jusqu’à l’extrémité. Et par là même, il pousse les Centrafricains vers un point de rupture qui pourrait embraser le pays.

 

 

Après avoir activé la justice pour déclarer Dologuélé apatride, après avoir obtenu du Procureur de la République et du Tribunal de Grande Instance l’annulation de son certificat de nationalité, les russes, parce que Touadéra a beaucoup de conseillers russes autour de lui, sont maintenant en train d’activer l’Assemblée Nationale pour destituer Anicet-Georges Dologuélé de son mandat de député.

 

La manipulation est en cours. Les mécanismes sont en train d’être mis en place. Touadéra veut non seulement écarter Dologuélé de la course présidentielle, mais aussi le détruire complètement politiquement, l’humilier publiquement, le réduire à néant. Il veut lui retirer même son mandat de député, alors que Dologuélé a été élu démocratiquement par les citoyens de Bocaranga 1.

 

Touadéra est en train de pousser Dologuélé à l’extrémité. Il le pousse dans un coin où il n’aura plus d’autre choix que de réagir de manière radicale. Il crée une situation explosive où les Centrafricains, voyant leur député légitime destitué par un régime illégitime, pourraient se soulever.

 

Touadéra est en train de pousser les Centrafricains au soulèvement. Il est en train de créer les conditions d’une explosion sociale. Il est en train de mettre le pays au bord du chaos. Et tout cela, la communauté internationale ne le voit pas. Ou pire, elle le voit mais ne fait rien.

 

L’Union Européenne, l’Union Africaine, la France, les États-Unis, la CEEAC, tous regardent sans broncher. Ils voient Touadéra écraser systématiquement l’opposition. Ils voient les manipulations judiciaires. Ils voient les violations des droits politiques. Ils voient la dérive autoritaire. Et ils ne disent rien. Ils ne font rien.

 

Mais la communauté internationale sera la première à s’énerver, à crier, à condamner quand le mal arrivera. Quand les Centrafricains, poussés à bout par la dictature de Touadéra, descendront dans les rues. Quand la violence éclatera. Quand le sang coulera. C’est à ce moment-là que la communauté internationale sortira de son silence pour “déplorer la violence”, pour “appeler au calme”, pour “exhorter au dialogue”.

 

Mais il sera trop tard. Parce que la violence qui viendra aura été causée par la passivité de cette même communauté internationale qui regarde aujourd’hui Touadéra détruire méthodiquement toute possibilité de transition démocratique pacifique.

 

Les appels génocidaires de Fidèle Gouandjika ignorés.

 

Ce qui est encore plus grave, c’est que le ministre-conseiller de Touadéra, Fidèle Gouandjika, appelle ouvertement au génocide. Il l’a fait il y a un an. Et il l’a répété il y a deux semaines. Deux fois, cet homme a proféré des menaces génocidaires. Et la communauté internationale ne réagit même pas.

 

Dologuélé, dans sa lettre du 14 octobre, a comparé la radio de Gouandjika à la Radio Mille Collines de Rwanda qui a instrumenté le génocide rwandais. Cette comparaison n’était pas une exagération rhétorique. C’était un avertissement fondé sur des faits concrets : Gouandjika tient exactement le même type de discours que tenaient les animateurs de la RTLM avant le génocide de 1994.

 

Il déshumanise les opposants. Il les présente comme des ennemis existentiels. Il crée un climat de haine où la violence devient acceptable, voire souhaitable. Et maintenant, il appelle explicitement au génocide. Pas une fois, mais deux fois en l’espace d’un an.

 

Et que fait la communauté internationale ? Rien. Absolument rien. Comme si les leçons du Rwanda n’avaient jamais été apprises. Comme si les mécanismes d’alerte précoce mis en place après 1994 ne servaient à rien. Comme si les serments de “plus jamais ça” n’étaient que des mots vides.

 

La MINUSCA est là, sur le terrain, en Centrafrique. Des milliers de casques bleus sont déployés dans le pays. Leur mandat inclut la protection des civils. Et ils regardent sans rien faire pendant que Gouandjika appelle au génocide, pendant que Touadéra crée les conditions d’une explosion de violence.

 

C’est exactement ce qui s’est passé au Rwanda en 1994. Les Nations Unies étaient là. Elles voyaient les préparatifs du génocide. Elles entendaient la Radio Mille Collines appeler à l’extermination des Tutsis. Et elles n’ont rien fait. Elles ont regardé pendant que 800 000 personnes étaient massacrées en 100 jours.

 

Et maintenant, l’histoire se répète en Centrafrique. La même passivité criminelle. Le même refus de voir ce qui est en train de se préparer. Les mêmes excuses bureaucratiques pour justifier l’inaction. En plus, c’est une rwandaise qui est à la tête de la Minusca.

 

Le cas particulier de la chef de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza.

 

Ce qui est encore plus scandaleux, c’est que la chef actuelle de la MINUSCA est rwandaise. Le Rwanda a connu le génocide, les massacres, les violences intercommunautaires. Les rwandais savent ce que c’est que la haine ethnique ou religieuse qui mène aux tueries de masse.

 

On pourrait penser qu’une personne venant d’un tel pays, ayant cette histoire collective dans sa mémoire nationale, serait particulièrement vigilante face aux signes annonciateurs d’un génocide. On pourrait penser qu’elle prendrait au sérieux les appels génocidaires de Gouandjika. On pourrait penser qu’elle alerterait le Conseil de Sécurité, qu’elle demanderait des actions préventives, qu’elle utiliserait tous les outils à sa disposition pour empêcher une catastrophe.

 

Mais non. La chef de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza  regarde sans rien faire. Elle n’a pas pris la leçon de ce qui s’est passé dans l’histoire de son propre pays. Elle n’applique pas cette leçon à la situation centrafricaine. Elle laisse la situation se dégrader jour après jour sans réagir de manière significative.

 

Les Nations Unies qui étaient au Rwanda en 1994 ont échoué tragiquement. Elles ont laissé se dérouler le génocide sous leurs yeux. Le général Roméo Dallaire, commandant de la force de l’ONU au Rwanda, a supplié le Conseil de Sécurité d’intervenir, de renforcer son mandat, de lui donner les moyens d’arrêter les massacres. Il a été ignoré. Et il porte encore aujourd’hui le traumatisme d’avoir été témoin impuissant d’un génocide.

 

Trente ans après, les Nations Unies sont en train de commettre la même erreur en Centrafrique. Elles voient les signes. Elles entendent les appels génocidaires. Elles observent la persécution systématique de l’opposition. Et elles ne font rien.

 

La stratégie de destruction totale de Touadéra contre Dologuélé.

 

Revenons à la stratégie de Touadéra contre Dologuélé. Ce n’est pas simplement une question d’écarter un adversaire politique de l’élection présidentielle. C’est une volonté de destruction totale.

 

Touadéra a déjà tué Dologuélé politiquement en le déclarant apatride, en faisant annuler son certificat de nationalité. Mais ce n’est pas suffisant pour lui. Il veut maintenant le tuer physiquement aussi, peut-être pas directement, mais en créant les conditions où Dologuélé pourrait être victime de violence.

 

En voulant activer l’Assemblée Nationale pour destituer Dologuélé de son mandat de député, Touadéra franchit une ligne rouge supplémentaire. Il ne se contente pas d’empêcher Dologuélé de se présenter à la présidentielle, il veut lui retirer aussi son mandat de député, ce mandat que les citoyens de Bocaranga 1 lui ont donné démocratiquement.

 

C’est un message clair envoyé à tous les Centrafricains : vos votes ne comptent pas. Vous pouvez élire qui vous voulez, si cette personne déplaît au régime, elle sera écartée. La démocratie n’existe plus. Seule la volonté du dictateur compte.

 

Cette destitution de Dologuélé de l’Assemblée Nationale, si elle se réalise, créera un précédent extrêmement dangereux. Cela signifiera qu’aucun député d’opposition n’est en sécurité. Que le régime peut écarter n’importe quel élu pour n’importe quel prétexte. Que les citoyens n’ont plus le droit de choisir leurs représentants.

 

Et cette situation est explosive. Parce que les électeurs de Bocaranga 1 qui ont voté pour Dologuélé vont se sentir trahis, dépossédés de leur voix démocratique. Parce que les partisans de Dologuélé dans tout le pays vont voir cette destitution comme une attaque frontale contre la démocratie. Parce que tous les Centrafricains qui espéraient encore qu’une transition pacifique était possible vont réaliser que le régime Touadéra ne laisse aucune place au changement démocratique.

 

Le processus de manipulation en cours.

 

Selon nos informations, voici comment la manipulation est en train de se dérouler :

 

D’abord, le Directeur de Cabinet de Touadéra, Obed Namsio, a envoyé une note biaisée, probablement à l’Assemblée Nationale et aux institutions concernées, préparant le terrain juridique pour la destitution de Dologuélé.

 

Quelques heures plus tard, le Procureur de la République s’est activé avec sa requête pour annuler le certificat de nationalité de Dologuélé.

 

Maintenant, c’est au tour de l’Assemblée Nationale. Des démarches sont en cours pour organiser un vote de destitution de Dologuélé sous prétexte qu’il n’aurait plus la nationalité centrafricaine, donc qu’il ne pourrait plus être député.

 

Tout est branché. Tous les rouages de l’État sont mobilisés pour détruire Dologuélé. C’est une opération coordonnée, organisée depuis la Présidence avec l’appui de Wagner, qui utilise tous les instruments du pouvoir pour éliminer un adversaire politique.

 

Et après la destitution de l’Assemblée, qu’est-ce qui viendra encore ? Des poursuites pénales peut-être ? Des accusations criminelles fabriquées de toutes pièces ? Un mandat d’arrêt ? Une tentative d’assassinat déguisée en accident ?

 

Touadéra ne s’arrêtera pas tant qu’il n’aura pas complètement détruit Dologuélé. Parce que Dologuélé représente une menace existentielle pour lui. Parce que Dologuélé a le soutien populaire, l’expérience politique, la stature internationale pour le battre dans une élection honnête. Donc il faut l’éliminer par tous les moyens.

 

La responsabilité de la communauté internationale.

 

Face à cette dérive totalitaire, la communauté internationale porte une responsabilité écrasante par son inaction.

 

L’Union Européenne, qui finance des projets en Centrafrique, qui prétend soutenir la démocratie et l’État de droit, regarde sans rien faire pendant que Touadéra détruit systématiquement ces mêmes valeurs.

 

La France, ancienne puissance coloniale qui a des liens historiques avec la Centrafrique, qui a des intérêts dans le pays, reste silencieuse face aux violations flagrantes des droits humains et des normes démocratiques.

 

Les États-Unis, qui prétendent promouvoir la démocratie dans le monde, qui imposent des sanctions à d’autres régimes autoritaires, ne font rien contre Touadéra.

 

L’Union Africaine, qui a dans ses textes fondateurs le principe du rejet des changements anticonstitutionnels de gouvernement, ferme les yeux pendant que Touadéra viole la Constitution pour se maintenir au pouvoir.

 

La CEEAC, l’organisation sous-régionale dont la Centrafrique est membre, ne dit rien, ne fait rien.

 

Et la MINUSCA, qui est physiquement présente sur le terrain avec des milliers de casques bleus, qui a un mandat de protection des civils et de soutien au processus politique, reste passive pendant que le processus démocratique est assassiné.

 

Cette passivité collective de la communauté internationale envoie un message clair à Touadéra : tu peux faire ce que tu veux, nous ne réagirons pas. Tu peux truquer les Élections, persécuter l’opposition, violer la Constitution, collaborer avec des mercenaires qui massacrent des civils, nous ne ferons rien.

 

Et ce message encourage Touadéra à aller encore plus loin dans la répression. Parce qu’il sait qu’il ne paiera aucun prix pour ses crimes. Parce qu’il sait que la communauté internationale ne fera que des déclarations molles sans conséquences réelles.

 

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Touadéra : Entre résistance et soumission, comment le président centrafricain pris au piège de Moscou

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Touadéra : Entre résistance et soumission, le président centrafricain pris au piège de Moscou

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/09/Touadera-suce-langue-IMG_4190-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Touadéra : Entre résistance et soumission, le président centrafricain pris au piège de Moscou
Président Faustin Archange Touadera suce sa langue et se moque des centrafricains de leur pauvreté absolue

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Faustin-Archange Touadéra traverse la crise la plus périlleuse de son mandat, coincé entre les exigences russes et la survie de son pays.

 

 

Le président centrafricain vit un calvaire quotidien depuis que Moscou exige la signature du contrat Africa Corps. Vladimir Poutine réclame 15 millions de dollars mensuels pour cette nouvelle structure militaire, soit 180 millions annuels que la Centrafrique ne peut absolument pas financer. Cette somme représente plus de la moitié du budget national d’un pays dont les recettes domestiques dépassent à peine 300 millions de dollars.

 

Touadéra multiplie les stratégies d’évitement. Il décline les invitations présidentielles à Moscou, dépêche des émissaires à sa place et tente de gagner du temps par des négociations interminables. Sa ministre des Affaires étrangères, Sylvie Baïpo-Temon, a même été contrainte de se rendre à Saint-Pétersbourg malgré ses réticences, témoignant de la pression exercée par le Kremlin.

 

Cette résistance masque une réalité: Touadéra dépend entièrement de Wagner pour sa survie politique. Dmitri Sytyi contrôle désormais la sécurité présidentielle, supervise l’exploitation des mines d’or et négocie directement avec les groupes armés. Sans cette protection russe, le régime s’effondrerait en quelques jours.

 

Le président découvre amèrement les conséquences de son alliance avec les Mercenaires russes. Il espérait utiliser Wagner pour consolider son pouvoir, mais c’est l’inverse qui se produit. Sytyi dicte les orientations stratégiques depuis la capitale tandis que ses hommes contrôlent les différents axes routiers.

 

L’Union européenne alerte Touadéra sur les dangers du contrat Africa Corps. Les diplomates européens calculent que cette ponction budgétaire viderait complètement les caisses de l’État, rendant impossible le financement des écoles, ou des dispensaires.

 

Moscou intensifie la pression par des ultimatums répétés. Les émissaires russes rappellent régulièrement à Touadéra que son maintien au pouvoir dépend uniquement du bon vouloir du Kremlin. Cette dépendance totale transforme la présidence centrafricaine en simple exécutant des directives russes.

 

Le contrat Africa Corps officialiserait le pillage des ressources nationales. Les mines alimenteraient directement les comptes russes sans aucune retombée pour les populations centrafricaines. Cette spoliation condamnerait définitivement l’économie centrafricaine.

 

Touadéra tente désespérément de jouer sur plusieurs tableaux. Il sollicite l’aide européenne tout en maintenant ses liens avec Wagner, espérant trouver un équilibre impossible. Cette stratégie du double jeu ne peut perdurer face à la détermination russe et aux moyens de pression dont dispose Moscou.

 

La situation sécuritaire fragilise encore davantage sa position. Les groupes armés restent actifs dans certaines zones. Sans l’appui des forces russes, Touadéra perdrait immédiatement le contrôle de ces territoires et des revenus qu’ils génèrent.

 

Les partenaires occidentaux observent cette dérive sans pouvoir intervenir efficacement. Ils alertent sur les conséquences désastreuses du contrat Africa Corps mais ne proposent aucune alternative crédible à la protection russe. Cette impuissance diplomatique abandonne Touadéra face à ses dilemmes.

 

L’étau se resserre quotidiennement autour du président centrafricain. Chaque jour de retard dans la signature du contrat aggrave les tensions avec Moscou et expose le régime à des représailles. Sytyi et ses hommes peuvent paralyser l’économie nationale.

 

La résistance de Touadéra relève davantage de la survie que de la stratégie. Il repousse l’échéance fatale en multipliant les consultations et les reports, mais cette tactique dilatoire ne fait que retarder l’inévitable. Le président comprend que signer équivaut à condamner son pays à la faillite définitive.

 

L’isolement international aggrave sa position. Les partenaires traditionnels de la Centrafrique prennent leurs distances face à cette dérive autoritaire, privant Touadéra d’alternatives diplomatiques. Cette solitude le rend encore plus vulnérable aux pressions russes.

 

Touadéra découvre trop tard qu’il est devenu otage du système qu’il a contribué à installer. Sa marge de manœuvre se réduit chaque jour davantage, transformant sa présidence en simple chambre d’enregistrement des volontés russes. Le chef de l’État centrafricain n’a plus le choix : il doit choisir entre sa survie politique et l’avenir de son pays.

 

Cette crise montre clairement l’ampleur de la mainmise russe sur la Centrafrique. Moscou ne se contente plus d’exploiter les ressources minières : elle veut officialiser sa domination par un contrat qui transformerait définitivement le pays en protectorat. Touadéra devient ainsi le symbole tragique d’un dirigeant africain pris au piège de ses propres alliances.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

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Centrafrique : à Sam-Ouandja, un soldat FACA, Samuel Kokassimba, viol une fillette de 13 ans, et la gendarmerie se déclare impuissante pour gérer l’affaire

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à Sam-Ouandja, un Soldat FACA, Samuel Kokassimba, viol une fillette de 13 ans, et la gendarmerie se déclare impuissante pour gérer l’affaire

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Les-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-dune-intervention-sur-un-chantier-minier-vers-Ouanda-Djalle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique : à Sam-Ouandja, un soldat FACA, Samuel Kokassimba, viol une fillette de 13 ans, et la gendarmerie se déclare impuissante pour gérer l’affaire
Les soldats FACA et leurs supplétifs russes noirs de retour d’une intervention sur le chantier minier de Keye vers Ouanda-Djallé le 30 avril 2025

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le samedi 19 septembre 2025, entre 20h et 21h, un crime abject a été commis dans la ville de Sam-Ouandja, également appelée Ouandja-Kotto, dans la préfecture de la Vakaga, à l’extrême nord-est de la République centrafricaine. Abdala Zamzam, une fillette de 13 ans, a été violée par un soldat des Forces armées centrafricaines (FACA), Samuel Kokassimba. Cet acte criminel, survenu dans un cadre familial où la victime aurait dû être en sécurité, confirme une fois de plus les failles du système judiciaire et l’impunité dont jouissent certains éléments des forces armées centrafricaines.

 

 

En effet, la famille d’Abdala Zamzam est bien connue à Sam-Ouandja pour son commerce d’alcool traditionnel, géré par la mère de la fillette, maman Janine. Ce commerce, ouvert du matin au soir, est un lieu populaire où se retrouvent des habitants du quartier, des jeunes, des éléments de forces de l’ordre, dont Samuel Kokassimba, un sous-officier de l’armée nationale. Cette fréquentation régulière a permis au soldat de se familiariser avec la famille, au point de devenir une figure presque habituelle dans leur quotidien. Toutefois, derrière cette apparence de proximité, Samuel, un soldat avec ses boucles d’oreilles et de son allure de  jeune branché, a minutieusement préparé son acte odieux. Il a observé la fillette, recueilli des informations sur les habitudes de la famille et attendu le moment opportun pour agir.

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/lieu-de-vente-alcool-traditionnel-de-maman-janine-a-sam-ouandja-dans-la-vakaga.jpg” data-wpel-link=”internal”>Lieu de Vente d'Alcool Traditionnel de Maman Janine A Sam Ouandja dans la Vakaga
Lieu de Vente d’Alcool Traditionnel de Maman Janine A Sam Ouandja dans la Vakaga. Photo CNC

 

Le 19 septembre 2025, un samedi, dans la soirée, , les parents d’Abdala, sa mère Janine et son père Charles, s’étaient absentés pour rendre visite à une famille endeuillée. Informé de cette absence, Samuel s’est rendu discrètement au domicile familial vers 20 heures. Il a appelé la mère, prétendant vouloir acheter de l’alcool. La jeune Abdala, seule à la maison, a répondu qu’il n’y avait pas d’alcool et que sa mère était absente. Malgré ses refus, le soldat a insisté pour qu’elle ouvre la porte, prétextant un cas d’urgence. Lorsque la jeune fille a cédé et ouvre la porte pour sortir, Samuel l’a violemment maîtrisée, l’a traînée dans les toilettes externes familiales et l’a violée avant de s’enfuir.

 

Le lendemain matin, les parents, bouleversés par la nouvelle, ont immédiatement déposé une plainte auprès de la gendarmerie de Sam Ouandja. Pourtant, plusieurs semaines après les faits, aucune suite n’a été donnée à l’affaire. Samuel Kokassimba, reconnaissable par son style ostentatoire et ses boucles d’oreilles, continue de circuler librement dans les rues de Sam-Ouandja. Ce manque d’action de la part des autorités, y compris des supérieurs du soldat, alimente la colère et l’incompréhension de la communauté. « C’est un petit voyou qui se permet tout », déplore un père d’une famille de Sam-Ouandja, pointant du doigt l’impunité dont bénéficie ce soldat de l’armée nationale.

 

Ce nouvel  acte criminel  d’un soldat de l’armée nationale confirme un problème sérieux en République centrafricaine : l’absence de justice pour les victimes de violences sexuelles, en particulier lorsque les coupables sont des figures d’autorité comme les soldats ou des gendarmes, y compris des policiers.

 

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Vakaga : Un général soudanais menace de “brûler” Birao et Amdafock en saison sèche

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Vakaga : Un général soudanais menace de “brûler” Birao et Amdafock en saison sèche

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Les-officiers-rebelles-du-FSR-soudanais-en-conclave-dans-la-ville-soudanaise-dAmdafock.jpg” data-wpel-link=”internal”>Vakaga : Un général soudanais menace de “brûler” Birao et Amdafock en saison sèche
Le général soudanais Gazouli en train de prendre parole en face de ses collègues officiers rebelles soudanais du FSR réunis en conclave à Amdafock.

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Un général des Forces de soutien rapide soudanaises annonce dans une vidéo son intention d’attaquer Birao et Amdafock lors de la prochaine saison sèche qui s’annonce d’ailleurs.

 

 

La crise qui secoue la préfecture de la Vakaga depuis l’attaque des Mercenaires russes du 16 septembre dernier prend une tournure particulièrement grave. Un général des Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises vient de publier une vidéo de menaces directes contre les populations civiles de Birao et d’Amdafock.

 

Dans cette déclaration diffusée sur les réseaux sociaux, ce responsable militaire soudanais, qui s’exprime parfaitement en sango, annonce clairement ses intentions belliqueuses. “Bientôt c’est la saison sèche, nous allons revenir ici vers Birao, Amdafock, pour brûler la ville, les détruire, pour mettre le feu à ces villes”, déclare-t-il sans ambiguïté.

 

Ces menaces s’inscrivent dans un narratif de vengeance que développe ce général. Il accuse les populations Kara, ethnie majoritaire à Birao, d’ingratitude envers les Soudanais. Selon ses dires, les FSR avaient aidé les Kara à combattre les Rounga du FPRC en 2020, mais les bénéficiaires de cette aide auraient ensuite trahi leurs “alliés” soudanais.

 

Le général FSR reproche particulièrement aux Kara d’avoir trahi leur chef. Ces Kara, d’après lui, auraient comploter pour que la cour pénale internationale (CPI) arrête leur chef par la suite.  En plus, plus récemment, d’après lui, les Kara “ont comploté  avec les Mercenaires russes pour tuer nos frères éleveurs arabes soudanais”. Cette référence concerne visiblement l’attaque du 16 septembre où des Mercenaires russes avaient tué 4 ou 5 éleveurs arabes soudanais le 16 septembre dernier à 25 kilomètres d’Amdafock.

 

La menace prend une dimension temporelle précise. Le général annonce que l’offensive aura lieu pendant la saison sèche qui débute en décembre. Il promet de “brûler” d’abord Amdafock, puis de progresser sur 60 kilomètres pour atteindre Birao, chef-lieu de la préfecture de la Vakaga.

 

Cette escalade des menaces a provoqué une réaction dans les communautés  de la Vakaga. Un ressortissant de l’ethnie Goula a publié à son tour un message appelant les différentes ethnies de la Vakaga : Youlou, Kara, Rounga, Sarah à s’unir face à cette menace extérieure. Il exhorte ses compatriotes à “s’unir tous pour mourir pour leur communauté ville, à ne pas laisser ces Arabes soudanais venir encore commettre des dégâts”.

 

Cette réponse confirme la montée des tensions dans la région de l’extrême nord-Est du pays. Au passage, l’homme critique ouvertement le comportement des Kara qu’il accuse de passivité quand d’autres ethnies sont attaquées, alors qu’ils bénéficient du soutien des autres quand ils sont eux-mêmes menacés.

 

Il utilise une métaphore agricole pour expliquer son grief : “C’est comme si aujourd’hui tu t’entend bien avec ton voisin, tu es parti cultiver son champ, et puis au retour, lui aussi, il doit venir cultiver ton champ. Mais pour revenir cultiver pour toi, il refuse”. Cette comparaison traduit un sentiment de déséquilibre dans la solidarité intercommunautaire dans la Vakaga.

 

Cette dynamique de menaces croisées et de tensions ethniques s’inscrit directement dans les conséquences de l’action des mercenaires russes du 16 septembre. En attaquant des éleveurs soudanais puis en se retirant, ces forces ont déclenché un cycle de représailles qui échappe maintenant à tout contrôle.

 

La situation devient d’autant plus explosive que les menaces du général soudanais visent explicitement des populations civiles. Promettre de “brûler” des villes entières constitue une menace de crime de guerre qui devrait alerter la communauté internationale.

 

La géographie particulière d’Amdafock complique encore la situation. Cette localité existe des deux côtés de la frontière, les deux parties se faisant face. Cette proximité facilite les mouvements transfrontaliers mais expose aussi davantage les populations civiles aux représailles.

 

Les menaces du général FSR interviennent dans un contexte où les populations de la région ont déjà largement fui leurs villages. L’exode massif qui a suivi les premiers incidents laisse des communautés entières dans le dénuement, regroupées dans des sites de fortune comme Matala.

 

Cette escalade verbale risque d’aggraver encore l’instabilité régionale. En annonçant publiquement des attaques futures, le général soudanais pousse les différentes communautés à se préparer au conflit plutôt qu’à chercher des solutions pacifiques.

 

La responsabilité des mercenaires russes dans cette escalade apparaît de plus en plus clairement. Leur action du 16 septembre, suivie de leur retrait immédiat, a créé exactement le type de chaos dont ils ont l’habitude de tirer profit. Ils peuvent maintenant justifier leur retour en force pour “pacifier” une région qu’ils ont eux-mêmes déstabilisée.

 

Cette stratégie cynique transforme les populations de la Vakaga en otages d’un conflit qu’elles n’ont pas voulu. Prises entre les menaces soudanaises et la présence des mercenaires russes, elles subissent les conséquences d’actions qu’elles ne contrôlent pas.

 

L’annonce de cette offensive pour décembre coïncide avec la période électorale centrafricaine. Cette synchronisation n’est probablement pas fortuite et pourrait viser à déstabiliser davantage un processus électoral déjà compromis.

 

Face à ces menaces explicites, les autorités centrafricaines et la communauté internationale devraient réagir rapidement pour éviter une escalade incontrôlable. Mais l’expérience des derniers mois montre que les réponses tardent souvent à venir, laissant les populations civiles exposées aux violences annoncées.

 

La crise de la Vakaga devient ainsi le symbole de l’abandon des populations centrafricaines face aux jeux géopolitiques qui se déroulent sur leur territoire. Entre mercenaires russes et forces soudanaises, les civils paient le prix fort d’un conflit qui les dépasse.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

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Centrafrique : retour en force des auxiliaires de la police et des Eaux et Forêts sur des barrières dans Lim-Pendé  

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retour en force des auxiliaires de la police et des Eaux et Forêts sur des barrières dans Lim-Pendé

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/barriere_a_la__sortie_nord_de_carnot_dans_la_mambere.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique : retour en force des auxiliaires de la police et des Eaux et Forêts sur des barrières dans Lim-Pendé
Barrière multifonctionnelle illégale à la sortie de Carnot avec soldats FACA, policiers, gendarmes, agents phytosanitaires et forestiers . CopyrightCNC

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Après quelques mois de répit, les auxiliaires sont de retour dans la préfecture de Lim-Pendé. Ces individus non formés, non payés par l’État, mais utilisés par les forces de l’ordre pour faire le sale boulot du racket sur les barrières, ont recommencé leurs activités. Et la population se plaint à nouveau de leurs comportements agressifs et de leur avidité sans limite.

 

 

Ce qui est frappant dans ce retour des auxiliaires, c’est la sélectivité de leur utilisation. Bizarrement, la gendarmerie a cessé d’utiliser des auxiliaires. Les gendarmes respectent la décision de leur hiérarchie. Il n’y a plus d’auxiliaires aux barrières de la gendarmerie. Mais la police et les Eaux et Forêts continuent à recruter massivement des auxiliaires pour les mettre sur les barrières.

 

Ces agents de la police et des Eaux et Forêts récupèrent les auxiliaires, les placent sur les barrières, et ce sont ces auxiliaires qui font tout le travail de racket. Quand les passagers, les véhicules, les motocyclistes arrivent à une barrière, ils rencontrent d’abord les auxiliaires. Et avec les auxiliaires, c’est incompréhensible. Leurs comportements sont agressifs, irrespectueux, parfois violents.

 

Pourquoi les auxiliaires se comportent-ils si mal ? Parce que les policiers et les agents des Eaux et Forêts leur donnent des consignes strictes. Ces consignes portent sur les montants à collecter, les types de marchandises à saisir, les amendes à imposer. Et les auxiliaires respectent ces consignes à la lettre parce qu’ils ont peur de perdre leur “petit travail”.

 

Les auxiliaires ne sont pas des agents de l’État. Ils ne reçoivent aucun salaire de l’administration. Leur seul revenu provient de ce qu’ils peuvent extorquer sur les barrières. Alors quand un policier ou un agent des Eaux et Forêts leur donne une consigne stricte – par exemple “tu dois me rapporter 50 000 francs CFA par jour” – l’auxiliaire va tout faire pour atteindre cet objectif. Même si cela signifie agresser les passagers, les insulter, les menacer, confisquer leurs marchandises.

 

Le résultat est que les passagers se plaignent régulièrement des activités des auxiliaires. Par exemple, sur l’axe vers Mbaïmboum au Cameroun, on trouve des auxiliaires partout. Eaux et Forêts, police, Eaux et Forêts, police, Eaux et Forêts, police. À chaque barrière, ce sont des auxiliaires qui contrôlent, qui rackettent, qui agressent.

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Un-auxiliaire-de-police-completement-ivre-dort-tranquillement-sur-la-barriere-a-la-sortie-de-Paoua-sur-laxe-de-Betoko.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique : retour en force des auxiliaires de la police et des Eaux et Forêts sur des barrières dans Lim-Pendé
Un-auxiliaire-de-police-completement-ivre-dort-tranquillement-sur-la-barriere-a-la-sortie-de-Paoua-sur-laxe-de-Betoko – Chaos à Paoua : Les auxiliaires de police, source de terreur et de corruption

 

Mais le plus incompréhensible dans cette affaire, c’est que l’utilisation des auxiliaires est interdite. L’État centrafricain a officiellement interdit le recours aux auxiliaires dans les forces de l’ordre. Cette interdiction a été prise après de nombreux abus documentés, après des plaintes répétées de la population, après des incidents graves comme celui de la barrière de Bétoko en janvier 2024 où un auxiliaire complètement ivre s’était endormi sur son poste en laissant son arme à la portée de tous.

 

Malgré cette interdiction officielle, les auxiliaires sont de retour. Comme si les chefs de la police et des Eaux et Forêts se fichent de leur hiérarchie. Comme si les ordres venus de Bangui ne comptent pas. Comme si ces gens ne nous comprennent même pas, ne nous respectent même pas.

 

C’est vraiment incroyable. C’est stupide. Une interdiction officielle est prise au niveau national. Mais sur le terrain, dans Lim-Pendé, les chefs locaux de la police et des Eaux et Forêts ignorent complètement cette interdiction et continuent à recruter et à utiliser des auxiliaires.

 

Pourquoi cette désobéissance ? Parce que les auxiliaires rapportent beaucoup d’argent. Beaucoup plus que les policiers ou agents réguliers. Un auxiliaire, qui n’a aucun salaire officiel, qui dépend entièrement de ce qu’il peut extorquer sur la barrière, est beaucoup plus agressif dans le racket qu’un policier régulier qui touche au moins un salaire de base.

 

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Centrafrique : la polémique sur les Dépense de 6 Millions de F CFA par la Minusca pour le Pont de Kokoro,  Entre Réalité Technique et Indignation, l’analyse du CNC sur les faits

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la polémique sur les Dépense de 6 Millions de F CFA par la Minusca pour le Pont de Kokoro,  Entre Réalité Technique et Indignation, l’analyse du CNC sur les faits

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/le-pont-de-kokoro_500.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le pont de Kokoro, dans le 3ème arrondissement de Bangui, réhabilité par la Minusca. Photo Minusca
Le pont de Kokoro, dans le 3ème arrondissement de Bangui, réhabilité par la Minusca. Photo Minusca

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La récente publication de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) concernant l’achèvement du Pont de Kokoro dans le 3e arrondissement de Bangui, a provoqué une vive polémique sur les réseaux sociaux. L’ouvrage, une petite passerelle en bois affichant une capacité de 8 tonnes (8t), a été annoncé au coût de 6 millions de Francs CFA, un montant jugé extravagant et sujet à moquerie par de nombreux internautes.

L’image de ce pont, jugé trop simple pour un tel investissement, a rapidement fait le buzz. Les critiques estiment que la construction n’aurait pas dû excéder 200 000 F CFA à 1 million de F CFA et y voient une nouvelle preuve de dépenses excessives, voire de mauvaise gestion des fonds.

 

 

Notre analyse Technique  sur ce que les 6 Millions de F CFA pourraient financer pour ce pont.  En effet, l’indignation publique se focalise principalement sur l’aspect visible du pont : un tablier fait de planches de bois. Toutefois, une analyse technique plus approfondie montre que le coût d’un ouvrage, même modeste, est souvent déterminé par des éléments invisibles ou sous-estimés par le grand public :

 La Capacité de Charge (8 Tonnes) : Le panneau “8t” est l’élément technique clé. Construire une simple passerelle piétonne est peu coûteux. Construire un pont capable de supporter le passage d’un petit camion, d’une ambulance, d’un engin de construction ou d’un véhicule de transport de marchandises (ce qui est l’objectif d’une capacité de 8t) exige une structure de fondation et un tablier beaucoup plus solides.

 

 Les Poutres : Pour supporter 8 tonnes sur une portée donnée, le pont nécessite des poutres maîtresses (probablement en bois dur traité ou en acier) de très forte section. Ces matériaux de qualité technique et traités contre l’humidité coûtent très cher.

 

 Les Fondations (Culées) : Les fondations du pont, souvent sous l’eau et sous terre, sont essentielles. Elles doivent être conçues et dimensionnées pour encaisser la charge des 8 tonnes sans tasser ou s’effondrer. L’étude de sol, le ferraillage et le bétonnage des culées peuvent représenter la majorité du coût total du projet.

 

 Les Coûts Indirects d’un Projet MINUSCA : Les coûts des agences internationales et des missions de l’ONU intègrent des frais qui n’existent pas sur un chantier de construction privé :

 Études et Ingénierie : Le coût inclut probablement les études de faisabilité, l’ingénierie et la supervision par des professionnels (salaires des experts).

 Logistique et Sécurité : Le transport sécurisé des matériaux dans un contexte difficile, les coûts de la main-d’œuvre respectant les normes d’une mission internationale, l’assurance et les mesures de sécurité sur le chantier.

 

Mais pourquoi cette indignation sur   le Décalage entre l’estimation réelle des coûts d’investissement et la Perceptions du public ? Voilà! Le cœur de la polémique réside dans le décalage entre le “prix affiché” et la “valeur perçue”. Pour le citoyen lambda, le pont de Kokoro n’est qu’une collection de planches.

L’expérience montre que des ouvrages similaires, réalisés par la population centrafricaine avec des matériaux non traités et sans ingénierie formelle, pourraient coûter beaucoup moins cher (autour de 500 000 F CFA). Cependant, un tel ouvrage aurait une durée de vie très limitée, serait dangereux et ne supporterait jamais les 8 tonnes requises, menant à des risques d’accidents et des coûts de maintenance récurrents.

 

Bien que la nécessité d’un pont de 8 tonnes à Kokoro pour faciliter la circulation soit incontestable, l’affaire montre clairement le besoin déterminant de transparence de la part des organisations internationales.

Pour éviter que de tels projets ne génèrent des polémiques, il serait essentiel que la MINUSCA (ou l’entité responsable) publie une ventilation simplifiée des coûts. Cela permettrait de distinguer clairement le prix des matériaux (bois, acier, béton), le coût de l’ingénierie et les frais logistiques, aidant ainsi le public à comprendre pourquoi un simple “pont de planches” peut légitimement atteindre les 6 millions de Francs CFA ou plus lorsqu’il est construit aux normes internationales pour une capacité de 8 tonnes.

 

Alain Nzilo

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Session criminelle d’octobre 2025 : la justice centrafricaine aux ordres de Wagner veut juger 47 dossiers

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Session criminelle d’octobre 2025 : la justice centrafricaine aux ordres de Wagner veut juger 47 dossiers

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/07/des_detenus_devant_session_criminelle_juillet_2024_tribunal_grande_instance_de_bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Session criminelle d’octobre 2025 : la justice centrafricaine aux ordres de Wagner veut juger 47 dossiers
Prisonniers en tenue orange assis dans une salle d’audience lors de la première session criminelle ajournée à cause de fuites d’eau dues à la pluie. CopyrightCNC

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La Cour criminelle de Bangui va organiser sa session d’octobre 2025 avec 47 dossiers concernant une cinquantaine d’accusés. Mais cette session se déroule dans un contexte où la justice centrafricaine est devenue un instrument aux mains des Mercenaires russes du groupe Wagner qui arrêtent arbitrairement des citoyens et les livrent à une justice aux ordres.

 

 

Jean Vidal Damas, Procureur général près de la cour d’Appel de Bangui, a présenté le programme de cette session dans une interview accordée à la radio Ndèkè-Luka . Il a déclaré : “Nous avons retenu globalement 47 dossiers qui concernent au moins une cinquantaine d’accusés qui vont être présentés devant la barre pendant cette session”.

 

Concernant la nature des infractions, Jean Vidal Damas  a précisé : “De façon ramassée, nous avons les crimes de sang, nous avons les crimes de viol, nous avons des infractions comme les atteintes à la sûreté intérieure de l’État, nous avons le cas de meurtre, nous avons des infractions comme l’espionnage, le complot et nous avons aussi des infractions courantes comme l’association de malfaiteurs, le vol aggravé”.

 

Cette session devait se tenir plus tôt dans l’année. Le Procureur général de la Cour a expliqué les raisons du retard : “C’est vrai que la loi prévoit deux sessions criminelles par an et si la situation le permet, on peut organiser des sessions extraordinaires. Mais cette année particulièrement on a eu de sérieux problèmes de trésorerie, ce qui a fait que la première session qui devait être organisée au cours du premier semestre a connu un léger retard”.

 

La grève des avocats a également retardé l’ouverture de la session : “Tout était mis en œuvre pour attraper les deux sessions avant la fin de cette année, mais malheureusement on s’est retrouvé avec la grève des avocats alors que nous étions déjà en train d’amorcer le démarrage de cette session et du coup ça nous a ramené au mois d’octobre”.

 

Jean Vidal Damas a confirmé que la situation est maintenant réglée : “Il y a quelques jours nous avons tenu une audience de tirage au sort des jurés. Les avocats ont décidé unanimement de reprendre leur place au sein des juridictions, ils ont participé activement au tirage au sort des jurés et les commis d’office ont été désignés et tous ceux qui n’ont pas d’avocats, on leur a trouvé des avocats et tout est mis en œuvre pour que d’ici le 6, ce lundi là, l’audience se déroule normalement”.

 

Sans mentir, c’est une justice qui est totalement sous contrôle de Wagner. Franchement, au-delà de ces aspects procéduraux, cette session criminelle se déroule dans un contexte où la justice centrafricaine a perdu toute indépendance. Elle est devenue un instrument aux mains des mercenaires russes de Wagner qui arrêtent arbitrairement des citoyens et les livrent à une justice qui obéit à leurs ordres.

 

Parmi les accusés qui comparaîtront lors de cette session figurent des personnes arrêtées par Wagner sans mandat, détenues illégalement, torturées, puis présentées devant des juges qui valident ces arrestations arbitraires en les transformant en poursuites judiciaires.

 

Les chefs d’accusation d’“atteintes à la sûreté intérieure de l’État”, d’“espionnage” et de “complot” sont régulièrement utilisés par les Wagner pour criminaliser des opposants politiques, des journalistes, des défenseurs des droits humains. Wagner arrête, la justice centrafricaine condamne.

 

Cette collusion entre les mercenaires russes et l’appareil judiciaire centrafricain transforme les sessions criminelles en parodie où les accusés sont condamnés d’avance. Les avocats, même présents, ont du mal à défendre leurs clients face à des dossiers montés de toutes pièces par Wagner avec la complicité des autorités.

 

Les “problèmes de trésorerie” évoqués par le Procureur général de la Cour pour justifier le retard de la session montrent que même la justice manque de moyens. Pendant que Wagner reçoit 10 milliards par mois, la Cour criminelle ne peut pas organiser ses sessions faute d’argent.

 

Cette situation crée une justice à deux vitesses : rapide et expéditive pour ceux que Wagner veut éliminer, lente et paralysée pour les autres. Les accusés arrêtés par Wagner passent rapidement en jugement. Les autres attendent des années dans les prisons surpeuplées sans être jugés.

 

La présence dans cette session de dossiers pour “espionnage” et “complot” pose problème. Ces accusations sont souvent utilisées contre des étrangers que les mercenaires russes arrêtent. Elles permettent de criminaliser tous les occidentaux.

 

La justice centrafricaine, qui devrait être indépendante et protéger les droits des citoyens, est devenue un outil de répression au service du régime et de Wagner. Les juges, les procureurs, toute la chaîne judiciaire obéit aux ordres. Ceux que Wagner veut condamner sont condamnés. Ceux que le régime veut éliminer sont éliminés.

 

Cette session criminelle d’octobre 2025 ne sera pas un exercice de justice mais un exercice de répression déguisé en procès. Les 47 dossiers et la cinquantaine d’accusés comparaîtront devant une Cour qui a perdu son indépendance et sa crédibilité.

 

Tant que Wagner contrôlera la justice centrafricaine, tant que les juges obéiront aux mercenaires plutôt qu’à la loi, les sessions criminelles resteront des instruments de répression politique plutôt que des lieux où la justice est rendue.

 

 

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BRDC : Touadéra joue un double jeu entre dialogue politique et hold-up électoral

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BRDC : Touadéra joue un double jeu entre dialogue politique et hold-up électoral

 

BRDC : Touadéra joue un double jeu entre dialogue politique et hold-up électoral
Les leaders du BRDC après la conférence de presse. Photo CNC

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 L’opposition démocratique centrafricaine réunie au sein du BRDC accuse le président Touadéra  alias Baba Kongoboro d’organiser en parallèle un dialogue politique et un processus électoral totalement illégal, risquant de plonger le pays dans une impasse.

 

 

Lors d’une conférence de presse tenue le jeudi 25 septembre 2025 à Bangui, le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) a tiré la sonnette d’alarme. Son porte-parole Martin Ziguelé a dénoncé ce qu’il qualifie de duplicité du président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro , qui, tout en ouvrant la voie au dialogue politique, enclenche en même temps un processus électoral biaisé et sans fondement légal.

 

Le BRDC rappelle que le 2 septembre dernier, le Premier ministre Félix Moloua, sur instruction du chef de l’État Faustin-Archange Touadera alias Baba Kongoboro, avait invité les partis d’opposition à participer à une cérémonie marquant l’ouverture d’un dialogue politique. Mais à peine ce cadre posé, l’Autorité nationale des Élections (ANE), probablement sur l’initiative du pouvoir de Bangui,  publiait un chronogramme électoral à la demande du même président Faustin-Archange Touadera. Pour l’opposition, c’est une stratégie claire : feindre la concertation tout en préparant un hold-up électoral.

 

Cette accusation se fonde sur ce que le BRDC appelle “l’impasse politique et juridique née d’une manœuvre dictatoriale”. Selon l’opposition, la Constitution adoptée en 2023 et le code électoral actuel sont en contradiction, rendant tout processus électoral sans valeur légale. Les commissaires de l’ANE eux-mêmes auraient reconnu, lors d’une rencontre au stade de 20 000 places le 19 septembre, que les Élections seraient “inclusives, même pour les naturalisés”. Pourtant, l’article 10 de la Constitution interdit aux citoyens naturalisés d’accéder à des fonctions électives et nominatives. Le BRDC voit dans cette contradiction une preuve que le processus repose sur une base illégale.

 

Pour l’opposition, le scandale ne s’arrête pas là. Le 17 septembre, l’ANE a annoncé que le président Faustin-Archange Touadera devrait prendre un décret le 29 septembre pour convoquer le corps électoral. “À la vérité, ce corps électoral n’existe pas”, a martelé le porte-parole du BRDC Martin Ziguelé. L’absence de liste électorale définitive est, selon lui, une démonstration éclatante de l’improvisation et de l’illégalité du processus. À cela s’ajoute un retard technique : les matériels électoraux, censés être commandés le 22 décembre 2025, n’ont toujours pas été commandés à ce jour.

 

“Le chronogramme de l’ANE est fantaisiste, caduc et anticonstitutionnel”, accuse le BRDC, qui parle d’un “exercice suicidaire” ayant déjà décrédibilisé l’institution.

 

Pour le Bloc Républicain, les conséquences sont claires : en poursuivant dans cette voie, Touadéra ne fait qu’accélérer la liquidation programmée de la démocratie et du pluralisme en Centrafrique. L’opposition appelle à un sursaut et réaffirme que seul un dialogue politique sincère et consensuel peut restaurer un processus électoral crédible.

 

Dans sa déclaration, le porte-parole a également mis en garde la communauté internationale et la MINUSCA. Le BRDC prévient qu’aucune caution étrangère ne sera tolérée pour un processus mené “à la hussarde”, excluant les Centrafricains d’origine et organisé en dehors de tout cadre légal.

 

“Il est temps de sauver la République par la vérité et par le dialogue, pas par la fraude et la duplicité”, a insisté le BRDC.

 

Par ce ton offensif, l’opposition veut montrer que le double discours du pouvoir – dialogue d’un côté, Élections illégales de l’autre – ne pourra pas durer. Le pays est au bord d’une crise institutionnelle majeure, et la responsabilité est placée directement sur les épaules du président Touadéra.

 

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Afrique et intelligence artificielle : où en sommes-nous?

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Afrique et intelligence artificielle : où en sommes-nous?

 

 

La montée en puissance de l’intelligence artificielle transforme la manière dont les pays définissent leurs priorités économiques et sociales. En Afrique, cette mutation s’accompagne d’un double enjeu : exploiter le potentiel de l’IA pour stimuler la productivité et préserver la souveraineté numérique du continent.

Les gouvernements, les universités et les entreprises locales convergent vers une ambition commune, celle de ne pas rester spectateurs d’une révolution technologique mondiale. Les initiatives se multiplient, marquant une volonté affirmée d’inscrire les innovations africaines dans le dialogue global sur la transformation numérique.

La convergence entre innovation numérique et économie de service

Cette dynamique se manifeste aussi dans les services en ligne qui explorent de nouvelles expériences utilisateurs, comme les plateformes de jeux ou de divertissement. Transparence et fluidité sont devenues des critères essentiels, à l’image de pratiques observées dans certains domaines de paiement numérique, notamment dans casino retrait rapide sans preuve, où les délais de traitement, l’absence de vérification excessive et la sécurité des transactions démontrent comment la confiance numérique s’instaure.

Ce modèle met en avant la réduction des frictions entre joueur et système, tout en illustrant la valeur d’une architecture algorithmique capable d’identifier les comportements frauduleux sans compromettre la liberté d’usage.

Ces méthodes, bien qu’appliquées à l’industrie du jeu, trouvent un écho auprès des concepteurs africains d’applications financières et de portefeuilles électroniques qui intègrent de plus en plus des modules d’IA pour automatiser la reconnaissance client et optimiser les flux de paiement locaux. L’efficacité et la rapidité sont désormais perçues comme des signes tangibles de maturité numérique.

Un écosystème africain en mutation

De Lagos à Nairobi, des start-up émergent pour adapter les technologies d’apprentissage automatique à des besoins spécifiquement africains. Les innovations concernent tant l’agriculture de précision que la logistique urbaine ou la santé prédictive.

Ces jeunes entreprises exploitent les jeux de données générés localement pour concevoir des solutions contextualisées. Le continent bénéficie aussi d’un intérêt croissant de la part des investisseurs, conscients du potentiel démographique et de la vitalité entrepreneuriale. Cependant, les défis demeurent : connectivité inégale, absence de standards communs, et compétences encore dispersées.

Les gouvernements encouragent désormais des hubs régionaux d’innovation où des laboratoires universitaires collaborent avec le secteur privé pour mutualiser les ressources de calcul et harmoniser les politiques de propriété intellectuelle. L’enjeu est d’éviter que les innovations ne se développent en silos et de favoriser les échanges interrégionaux.

Formation et transfert de compétences

Les établissements académiques africains jouent un rôle essentiel dans la construction d’une intelligence artificielle maîtrisée. Des programmes d’enseignement se mettent en place, combinant mathématiques appliquées, éthique numérique et ingénierie logicielle. L’Afrique cherche à former des experts capables de comprendre les moteurs de prédiction sans dépendre entièrement d’outils importés. Parallèlement, des partenariats internationaux facilitent le transfert de savoir-faire et la création de bibliothèques de données locales.

L’enjeu ne se limite pas à produire des codeurs, mais à bâtir une pensée critique sur l’utilisation de l’intelligence automatisée dans les industries locales. Dans plusieurs pays, la recherche publique se coordonne avec le secteur privé pour installer des plateformes ouvertes, garantissant des conditions d’accès équitables au savoir.

Régulation, souveraineté et éthique

Les politiques publiques africaines affrontent la complexité de la régulation des algorithmes. Plus de vingt pays travaillent déjà à des cadres juridiques qui encadrent la collecte, le stockage et l’exploitation des données. Le débat éthique autour de la responsabilité algorithmique gagne en importance : comment garantir la protection des citoyens tout en favorisant l’innovation ?

L’Afrique veut éviter de reproduire les dépendances observées dans d’autres régions où les données locales alimentent des systèmes conçus ailleurs.

La question de la souveraineté numérique passe donc par la création de centres de calcul sur le continent et par la promotion de normes africaines en matière de transparence. Cette orientation reflète une volonté Politique de construire un socle technologique qui respecte les valeurs sociales et culturelles propres à chaque État.

Applications pratiques et impact socio-économique

Les usages concrets de l’IA se déploient dans des secteurs clés. Dans l’agriculture, les outils d’analyse prédictive contribuent à optimiser les récoltes et à anticiper les effets climatiques. Dans la santé, les diagnostics assistés par ordinateur permettent d’étendre la couverture médicale dans les zones peu desservies.

Les systèmes de mobilité intelligente aident à fluidifier le trafic dans les grandes métropoles, tandis que les plateformes de commerce en ligne automatisent la recommandation de produits.

Ces avancées stimulent la demande de compétences locales et introduisent de nouveaux métiers. Elles favorisent également l’émergence d’une économie des données où l’interopérabilité et la traçabilité deviennent des critères de compétitivité. Plus largement, l’intelligence artificielle agit comme un catalyseur du développement en apportant au tissu économique africain une capacité accrue d’adaptation face aux contraintes mondiales.

Vers une intégration régionale de l’intelligence artificielle

Le futur de l’intelligence artificielle africaine repose sur la coopération. Les unions régionales cherchent à harmoniser leurs stratégies de recherche et à mutualiser leurs infrastructures. Des projets de traduction automatique et de reconnaissance vocale en langues africaines illustrent cette vitalité.

En intégrant la diversité linguistique dans les architectures de données, ces initiatives créent de nouveaux débouchés commerciaux et académiques. Les institutions continentales encouragent aussi le partage de standards ouverts, afin que les innovations développées en Afrique puissent interagir avec les systèmes mondiaux sans perte de souveraineté.

Au-delà de la technologie, c’est une nouvelle culture de collaboration qui se forge, faite de transparence, de pragmatisme et de responsabilité sociale. L’Afrique déploie peu à peu son propre récit numérique, porté par une jeunesse consciente que son avenir se joue autant dans les algorithmes que dans les décisions politiques qui les encadrent.

 

 

Tentative de coup d’État ou incident diplomatique à Paoua ? Des soldats tchadiens lourdement armés arrivent pendant la visite de Touadéra, la préfète Benguere convoquée de toute urgence à Bangui

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Tentative de coup d’État ou incident diplomatique à Paoua ? Des soldats tchadiens lourdement armés arrivent pendant la visite de Touadéra, la préfète Benguere convoquée de toute urgence à Bangui

 

Tentative de coup d’État ou incident diplomatique à Paoua ? Des soldats tchadiens lourdement armés arrivent pendant la visite de Touadéra, la préfète Benguere convoquée de toute urgence à Bangui
Arrivée des militaires tchadiens à Paoua lors de la visite présidentielle le 6 octobre 2025

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Un incident extrêmement grave s’est produit à Paoua lors de la visite du président Touadéra le 6 octobre dernier, venue soi-disant pour inaugurer des Centres Polyvalents de Réintégration (CPR) et lancer la nouvelle année scolaire 2025 – 2026. Cet incident implique la préfète de l’Ouham-Pendé Pierrette Benguere, la famille Mbaïkoua (dont la matriarche est maire de Paoua), et une délégation militaire tchadienne venue illégalement en territoire centrafricain.

 

 

Selon des informations exclusives obtenues par la rédaction du CNC auprès de plusieurs sources militaires, voici ce qui s’est passé : le jour de la cérémonie présidentielle, une délégation de la préfecture du Logone au Tchad est arrivée à Paoua. Cette délégation comprenait 11 véhicules, dont sept véhicules militaires lourdement armés avec des mitrailleuses montées, et quatre véhicules civils transportant le gouverneur tchadien et d’autres officiels.

 

Cette délégation tchadienne aurait été invitée par la préfète Pierrette Benguere elle-même, sans avertir sa hiérarchie. Le Ministère de l’Intérieur n’était pas informé. Le Ministère de la Défense n’était pas informé. Personne à Bangui ne savait qu’une délégation officielle tchadienne avec des véhicules armés allait entrer en territoire centrafricain. Cette violation de toutes les procédures diplomatiques et sécuritaires crée des interrogations sur les intentions réelles de cette visite.

 

Malheureusement pour la délégation tchadienne, quand elle est arrivée à Paoua, le président Baba Kongoboro avait déjà terminé les cérémonies et était déjà à l’aéroport pour repartir vers Bangui. Les Tchadiens ont alors voulu forcer pour aller à l’aéroport. Pourquoi cette insistance à rejoindre Touadéra à l’aéroport ? Quelles étaient leurs intentions réelles ? Personne ne le sait avec certitude, mais l’urgence avec laquelle ils ont tenté d’accéder à l’aéroport a éveillé les soupçons.

 

Selon nos sources, il semble qu’à l’aéroport, les membres de la famille Mbaïkoua :  Edgar, Virginie et surtout leur grand frère Timoléon  avaient rapidement exfiltré leur mère, madame Mbaïkoua, maire de Paoua. Cette exfiltration rapide, combinée à l’arrivée soudaine d’une délégation militaire tchadienne non annoncée, a déclenché l’alerte maximum chez les mercenaires russes du groupe Wagner qui assurent la sécurité du président.

 

Il y a eu un véritable branle-bas de combat. Les Russes ont immédiatement bloqué les Tchadiens pour les empêcher d’accéder à l’aéroport. Le président Baba Kongoboro a été précipité avec la trouille au ventre dans l’avion et évacué rapidement vers Bangui. La situation était suffisamment sérieuse pour que les gardes du corps russes de Touadéra considèrent qu’il y avait une menace potentielle contre le président.

 

Faustin-Archange Touadera, à son retour à Bangui, convoque immédiatement et sans délai la préfète Pierrette Benguere. En ce moment, elle est toujours à Bangui et, selon les informations du CNC, elle se trouve dans une situation très difficile. Elle risque même de se retrouver en prison pour avoir invité une délégation militaire étrangère armée sans en informer sa hiérarchie, créant ainsi une situation potentiellement dangereuse pour le président de la République.

 

Quant à la famille Mbaïkoua, le président Baba Kongoboro serait furieux contre eux. D’abord parce qu’il s’est rendu compte qu’ils l’ont floué sur la mobilisation populaire du 6 octobre à Paoua. La population de Paoua ne s’était pas déplacée pour accueillir le président. Les seules personnes présentes aux cérémonies étaient des Mbororo que le ministre criminel Hassan Bouba avait fait venir spécialement. Il n’y avait pas de vraie mobilisation populaire.

 

Touadéra s’est également rendu compte que les 8 millions de francs CFA qu’il avait donnés à Edgar Mbaïkoua pour les activités du MCU et du mouvement MTech à Paoua n’avaient pas été utilisés comme prévu. Il n’y avait rien sur le terrain qui justifiait cette somme.

 

Selon des indiscrétions qui circulent actuellement, Touadéra aurait dit à la famille Mbaïkoua : “Je vous ai soutenus, j’ai tout fait pour vous soutenir. Et c’est de cette manière que vous me payez ? On verra bien”. Cette menace voilée laisse penser que la famille Mbaïkoua pourrait subir des vengeance de la part du régime.

 

Alors, pourquoi la préfète Benguere a-t-elle invité une délégation tchadienne sans en informer Bangui ? C’est une violation grave de toutes les procédures. Une préfète ne peut pas inviter des officiels étrangers, surtout avec leurs militaires armés sur le territoire national sans autorisation de Bangui. C’est une question de souveraineté nationale et de sécurité. Le fait qu’elle l’ait fait suggère soit une incompétence totale, soit quelque chose de plus sinistre.

 

Pourquoi cette délégation tchadienne comprenait-elle des véhicules militaires lourdement armés ? Si c’était une simple visite de courtoisie entre préfets de régions frontalières, pourquoi fallait-il sept véhicules armés avec des mitrailleuses ? Cette force militaire déployée confirme que la visite avait un objectif qui allait au-delà d’une simple courtoisie diplomatique.

 

Aussi, le plus important est de savoir quel était le but de l’exfiltration de madame Mbaïkoua ? Pourquoi la famille Mbaïkoua voulait-elle faire quitter leur mère de l’aérodrome de Paoua au moment de l’arrivée de la délégation tchadienne lourdement armée? Madame Mbaïkoua, maire de Paoua, est-elle en danger ?

 

Y avait-il un complot contre Touadéra ? La combinaison de plusieurs éléments – délégation militaire tchadienne non annoncée, tentative d’exfiltration de la maire de Paoua, insistance pour accéder à l’aéroport où se trouvait le président – laisse penser qu’il y avait peut-être un plan contre Touadéra. Les Russes ont manifestement pensé que oui, puisqu’ils ont réagi avec une telle urgence pour évacuer le président.

 

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Le procureur de la République, un Ngbakamandja,  écarte Dologuélé de la présidentielle avant même le Conseil Constitutionnel : la justice aux ordres de Touadéra franchit une nouvelle ligne

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Le procureur de la République, un Ngbakamandja,  écarte Dologuélé de la présidentielle avant même le Conseil Constitutionnel : la justice aux ordres de Touadéra franchit une nouvelle ligne

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Echange-entre-Lopposant-Anicet-Georges-Dologuele-et-le-capitaine-de-la-gendarmerie-envoye-par-le-regime-pour-empecher-la-reunion-de-son-parti.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le procureur de la République, un Ngbakamandja, écarte Dologuélé de la présidentielle avant même le Conseil Constitutionnel : la justice aux ordres de Touadéra franchit une nouvelle ligne
Échange entre L’opposant Anicet Georges Dologuélé et un capitaine de la gendarmerie envoyé par le régime pour empêcher la réunion de son parti au quartier PK13

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Le régime de Baba Kongoboro vient de franchir une nouvelle ligne dans sa manipulation honteuse de la justice. Le 15 octobre 2025, le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Bangui a rendu une ordonnance demandant l’annulation du certificat de nationalité d’Anicet-Georges Dologuélé, délivré le 10 octobre 2012.

 

 

Cette ordonnance, signée par le Deuxième Vice-Président du Tribunal Okacha Alamine, constitue une tentative d’écarter Anicet-Georges Dologuélé de la course présidentielle avant même que le Conseil Constitutionnel n’examine les candidatures. C’est une manœuvre judiciaire grotesque qui confirme tout ce que Anicet-Georges Dologuélé a dénoncé dans sa lettre du 14 octobre : le régime utilise tous les moyens, y compris la manipulation de la justice, pour éliminer ses adversaires politiques.

 

Analysons cette ordonnance qui constitue un monument d’absurdité juridique et de soumission au pouvoir politique.

 

Une procédure initiée par le Procureur de la République lui-même.

 

L’ordonnance précise que c’est le Procureur de la République qui, “de sa propre initiative”, a saisi le Tribunal pour demander l’annulation du certificat de nationalité de Dologuélé. Pas une plainte d’un citoyen. Pas une saisine d’une institution. Non, c’est le Procureur lui-même qui a décidé de poursuivre Dologuélé.

 

Cette initiative “spontanée” du Procureur de la République est évidemment tout sauf spontanée. Le Procureur de la République en Centrafrique n’est pas une institution indépendante. Il est nommé par le président. Il est Ngbakamandja, cousin de Touadera, il obéit au président. Il fait ce que le régime lui ordonne de faire.

 

Que le Procureur décide soudainement, en octobre 2025, à quelques semaines de l’élection présidentielle, de contester un certificat de nationalité délivré en 2012 et jamais remis en question pendant 13 ans, c’est une manipulation politique évidente. Le timing est révélateur : Dologuélé vient d’annoncer sa candidature, il constitue une menace sérieuse pour Touadéra, et immédiatement le Procureur se met en mouvement pour l’écarter.

 

Les arguments juridiques bidons.

 

L’ordonnance invoque plusieurs arguments pour justifier l’annulation du certificat de nationalité de Dologuélé :

 

Premièrement, elle cite la loi n°1961.212 du 20 avril 1961 portant Code de la nationalité centrafricaine, qui prévoit que “toute personne qui acquiert une nationalité étrangère perd automatiquement la nationalité centrafricaine”.

 

Mais cet argument est malhonnête pour plusieurs raisons. D’abord, comme Dologuélé l’a souligné dans sa lettre, cette loi n’a jamais été appliquée de manière systématique pendant 64 ans. Des milliers de Centrafricains ont acquis d’autres nationalités sans jamais perdre leur nationalité centrafricaine. Des centaines de personnalités au gouvernement, à l’Assemblée Nationale, dans la fonction publique sont des binationaux qui n’ont jamais été inquiétés.

 

Ensuite, Dologuélé possède un certificat de nationalité délivré  avant même qu’il n’acquière la nationalité française. Ce certificat atteste qu’il est Centrafricain d’origine. La loi de 1961 parle de perte automatique de nationalité pour ceux qui acquièrent une nationalité étrangère, mais elle ne s’applique pas de la même manière à ceux qui sont Centrafricains d’origine.

 

Deuxièmement, l’ordonnance prétend que le certificat de nationalité délivré en 2012 serait “en fraude” parce que Dologuélé avait déjà la nationalité française à l’époque et aurait donc prétendument perdu sa nationalité centrafricaine.

 

Mais si ce certificat était frauduleux, pourquoi a-t-il été validé par le Tribunal de Grande Instance en 2012 ? Pourquoi la Cour Constitutionnelle a-t-elle accepté la candidature de Dologuélé aux Élections présidentielles de 2016 et 2020 sur la base de ce certificat ? Pourquoi a-t-il été élu député deux fois avec ce certificat ?

 

Pendant 13 ans, personne n’a contesté ce certificat. Et maintenant, miraculeusement, en octobre 2025, à quelques semaines de l’élection présidentielle, le Procureur découvre qu’il serait frauduleux ?

 

Troisièmement, l’ordonnance cite un décret du 25 août 2025 par lequel “le gouvernement français a libéré sieur Anicet Georges DOLOGUELE de la France”. Ce décret prouve que Dologuélé a renoncé à la nationalité française, donc qu’il n’a plus que la nationalité centrafricaine.

 

Mais l’ordonnance utilise ce décret de manière perverse. Au lieu de reconnaître que Dologuélé a maintenant la seule nationalité centrafricaine et qu’il remplit donc toutes les conditions pour être candidat, le Procureur utilise ce décret pour prétendre que Dologuélé avait effectivement la nationalité française avant septembre 2025, donc qu’il aurait perdu sa nationalité centrafricaine.

 

C’est un raisonnement circulaire absurde : Dologuélé renonce à la nationalité française pour se conformer à la Constitution centrafricaine, et cette renonciation est utilisée contre lui pour prouver qu’il avait la nationalité française, donc qu’il aurait perdu la nationalité centrafricaine.

 

C’est le piège parfait dont Dologuélé parlait dans sa lettre. Si Dologuélé garde la nationalité française, on lui dit qu’il ne peut pas être candidat parce qu’il est binational. S’il renonce à la nationalité française, on lui dit qu’il ne peut pas être candidat parce que sa renonciation prouve qu’il était binational, donc qu’il a perdu sa nationalité centrafricaine.

 

Le timing politique évident.

 

L’ordonnance date du 15 octobre 2025, même si tout le monde sait que cette date est totalement fabriqué. La requête du Procureur date du 10 octobre 2025. Cette date est aussi fabriquée. Et la lettre de Dologuélé à Touadéra, dans laquelle il dénonçait sa déclaration d’apatride, date du 14 octobre 2025. Cette date est réelle.

 

Le calendrier est révélateur :

 

– 9 octobre : Le Ministère de la Défense envoie une lettre à Dologuélé l’informant qu’il a perdu la nationalité centrafricaine

– 10 octobre : Le Procureur saisit le Tribunal pour demander l’annulation du certificat de nationalité de Dologuélé

– 14 octobre : Dologuélé écrit sa lettre cinglante à Touadéra dénonçant cette manipulation

– 15 octobre : Le Tribunal rend son ordonnance annulant le certificat de nationalité

 

Tout s’est passé en quelques jours. Une procédure judiciaire qui devrait normalement prendre des mois a été bouclée en cinq jours. Parce que le régime est pressé. Parce que l’élection présidentielle approche. Parce qu’il faut éliminer Dologuélé rapidement avant qu’il ne devienne trop menaçant.

 

Cette précipitation montre à quel point cette procédure est politique et non juridique. Un tribunal indépendant aurait pris le temps d’examiner sérieusement les arguments, de convoquer Dologuélé pour qu’il puisse se défendre, de vérifier tous les faits. Mais le Tribunal de Grande Instance de Bangui n’est pas indépendant. Il obéit au régime. Il a reçu ses instructions : éliminer Dologuélé, et vite.

 

L’usurpation des prérogatives du Conseil Constitutionnel.

 

Ce qui est peut-être le plus grave dans cette ordonnance, c’est qu’elle usurpe les prérogatives du Conseil Constitutionnel. Selon la Constitution centrafricaine, c’est le Conseil Constitutionnel qui est compétent pour examiner les candidatures à l’élection présidentielle et pour se prononcer sur l’éligibilité des candidats.

 

Si le Conseil Constitutionnel estime qu’un candidat ne remplit pas les conditions d’éligibilité, notamment la condition de nationalité, c’est lui qui doit rejeter la candidature. Pas un tribunal ordinaire. Pas le Procureur de la République.

 

Mais le régime Touadéra ne fait même plus semblant de respecter les procédures constitutionnelles. Il utilise tous les instruments de l’État :  le Ministère de la Défense, le Procureur de la République, le Tribunal de Grande Instance,  pour écarter Dologuélé avant même que le processus électoral officiel ne commence.

 

C’est une violation claire de la séparation des pouvoirs et des prérogatives constitutionnelles du Conseil Constitutionnel. Mais dans la Centrafrique de Touadéra, la Constitution n’est qu’un morceau de papier qu’on respecte quand ça arrange le régime et qu’on viole quand ça le gêne.

 

Une justice totalement aux ordres.

 

Cette ordonnance confirme ce que tout le monde sait déjà : la justice centrafricaine est totalement aux ordres du régime Touadéra. Le Procureur de la République, le Deuxième Vice-Président du Tribunal, tous ces magistrats qui prêtent leurs noms et leurs fonctions à cette manipulation, sont des complices du régime.

 

Ils savent très bien que cette procédure est politique. Ils savent que Dologuélé est citoyen centrafricain. Ils savent que son certificat de nationalité est valide. Ils savent que cette annulation est une manipulation destinée à l’écarter de l’élection présidentielle.

 

Mais ils le font quand même. Parce qu’ils ont peur de désobéir au régime. Parce qu’ils ont été nommés par le régime et peuvent être révoqués par le régime. Parce qu’ils bénéficient d’avantages matériels en servant le régime. Parce qu’ils ont vendu leur conscience professionnelle et leur honneur de magistrats.

 

Ces magistrats portent une responsabilité personnelle dans cette injustice. Un jour, ils devront répondre de leurs actes. Un jour, on leur demandera : pourquoi avez-vous prêté votre fonction à cette manipulation ? Pourquoi avez-vous violé les droits fondamentaux d’un citoyen pour servir les intérêts politiques d’un dictateur ?

 

La réponse de Dologuélé.

 

Face à cette nouvelle attaque, Dologuélé doit maintenant décider de sa stratégie. Plusieurs options s’offrent à lui :

 

Option 1 : Faire appel de l’ordonnance. Mais l’appel sera examiné par d’autres juges tout aussi soumis au régime. Il n’y a aucune chance qu’une juridiction centrafricaine donne raison à Dologuélé contre le régime.

 

Option 2 : Ignorer l’ordonnance et maintenir sa candidature. Le Conseil Constitutionnel devra alors se prononcer. Mais le Conseil Constitutionnel est dirigé par le cousin de Touadéra. Il rejettera certainement la candidature.

 

Option 3 : Saisir les institutions internationales. Dénoncer cette manipulation devant la CEEAC, devant l’Union Africaine, devant les Nations Unies. Demander des sanctions contre le régime Touadéra pour violation des droits politiques.

 

Option 4 : Appeler officiellement à boycotter l’élection. Ils pourraient appeler la population à boycotter ce simulacre électoral et à refuser de légitimer le hold-up constitutionnel de Touadéra.

 

Quelle que soit l’option choisie, une chose est certaine : Dologuélé ne doit pas accepter cette injustice en silence. Il doit continuer à dénoncer, à résister, à exposer les manipulations du régime. Sa lettre du 14 octobre a eu un impact énorme. Il doit continuer sur cette lancée.

 

L’ordonnance comme aveu de faiblesse.

 

Paradoxalement, cette ordonnance est un aveu de faiblesse du régime Touadéra. Si Touadéra était vraiment populaire, s’il était sûr de gagner l’élection de manière démocratique, il n’aurait pas besoin d’écarter ses adversaires par des manipulations judiciaires.

 

Le fait que le régime mobilise tous les instruments de l’État : ministères, procureur, tribunaux,  pour éliminer Dologuélé prouve que Touadéra a peur de lui. Prouve que Dologuélé représente une menace électorale sérieuse. Prouve que le régime sait qu’il ne peut pas gagner dans une compétition démocratique honnête.

 

Cette peur du régime doit encourager Dologuélé et ses partisans. Elle montre que malgré tout l’appareil répressif du régime, malgré Wagner, malgré les milliards détournés, Touadéra reste vulnérable électoralement. Il a besoin de truquer, de manipuler, d’écarter ses adversaires parce qu’il ne peut pas gagner autrement.

 

L’indignation internationale nécessaire.

 

Cette manipulation judiciaire doit provoquer l’indignation de la communauté internationale. Les partenaires de la Centrafrique ne peuvent pas rester silencieux face à cette violation des droits politiques et des normes démocratiques élémentaires.

 

L’Union Européenne, la France, les États-Unis, la CEEAC, l’Union Africaine, les Nations Unies, tous doivent condamner publiquement cette manipulation. Ils doivent exiger que Dologuélé puisse se présenter librement à l’élection présidentielle. Ils doivent menacer de ne pas reconnaître les résultats d’une élection dont les principaux opposants auraient été écartés par des manœuvres judiciaires.

 

Si la communauté internationale reste silencieuse, elle sera complice de ce hold-up électoral. Elle donnera à Touadéra le feu vert pour truquer l’élection en toute impunité.

 

Le temps de l’hypocrisie diplomatique est terminé. Le temps des communiqués mous et des “préoccupations” exprimées “en privé” est terminé. Il faut maintenant des condamnations publiques, claires, sans ambiguïté.

 

Cette ordonnance du 15 octobre 2025 restera dans l’histoire comme un symbole de la dérive autoritaire du régime Touadéra. Elle montre comment la justice peut être transformée en arme politique, comment des magistrats peuvent trahir leur mission pour servir un dictateur, comment le droit peut être manipulé pour violer les droits fondamentaux des citoyens.

 

Anicet-Georges Dologuélé est la victime directe de cette manipulation. Mais les vraies victimes, ce sont tous les Centrafricains qui se voient privés de leur droit de choisir librement leurs dirigeants. Ce sont tous ceux qui espéraient qu’une élection démocratique pourrait apporter le changement dont le pays a désespérément besoin.

 

Le régime Touadéra est en train de transformer l’élection présidentielle de décembre 2025 en une farce, en un simulacre, en une parodie. Et cette ordonnance du Tribunal de Grande Instance de Bangui en est une pièce maîtresse.

 

Mais cette manipulation ne passera pas inaperçue. Elle est documentée. Elle est exposée. Et un jour, ceux qui l’ont instrumentée devront en répondre.

 

 

Alain Nzilo.

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Armel Sayo : sa famille dénonce un mois sans nouvelles et des conditions de détention inhumaines dans les cachots russes

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Armel Sayo : sa famille dénonce un mois sans nouvelles et des conditions de détention inhumaines dans les cachots russes

 

Le colonel Armel Sayo devant le juge d'instruction au TGI de Bangui le 28 août 2025
Le colonel Armel Sayo devant le juge d’instruction au TGI de Bangui le 28 août 2025

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Plus d’un mois. Cela fait plus d’un mois que la famille de l’ancien ministre Armel Sayo Ningatouloum n’a plus de nouvelles de lui. Un mois qu’elle ne sait pas où il se trouve. Un mois qu’elle ne peut pas le voir. Un mois que son avocat lui-même ignore où il est détenu. Un mois que le juge d’instruction refuse de donner l’autorisation de visite.

 

 

Face à ce silence insupportable, la famille d’Armel Sayo brise aujourd’hui l’omerta. Elle lance un appel à l’aide. Elle dénonce publiquement les conditions de détention inhumaines de l’ancien ministre. Et elle montre clairement ce que le régime Touadéra essaie de cacher : Armel Sayo n’est pas détenu à l’Office Central pour la Répression du Banditisme (OCRB) comme le prétendent les autorités. Il est au sous-sol du camp de Roux, dans les geôles secrètes des Mercenaires russes de Wagner.

 

Depuis le mois de mai 2025, Armel Sayo, extradé du Cameroun vers la RCA,  est incarcéré dans une opacité totale. Mais depuis un mois, la situation s’est aggravée. Plus aucune nouvelle. Plus aucune visite. Plus aucun contact avec l’extérieur. La famille a appelé son avocat. L’avocat a confirmé qu’il ne sait pas lui-même où se trouve son client. Il a fait une demande d’autorisation auprès du juge d’instruction pour aller le voir. Le juge n’a jamais donné suite à cette demande.

 

Selon des informations crédibles obtenues par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, Armel Sayo est actuellement détenu au sous-sol du camp de Roux, siège des mercenaires russes à Bangui. Il n’est pas dans une cellule de prison normale. Il est dans les cachots clandestins que Wagner a aménagés sous le camp de Roux, loin de tout contrôle judiciaire, loin de tout regard extérieur.

 

Et dans ces cachots, l’ancien ministre subit des tortures continues. Lors de son enlèvement dans la nuit du 7 au 8 juillet dernier par les mercenaires russes, il a été torturé. Il a subi de graves blessures aux deux jambes, particulièrement à la jambe droite. Sa lunette de vue a été cassée pendant les tortures. Depuis, ces blessures n’ont jamais été soignées. Il vit avec des douleurs permanentes, sans soins médicaux, sans lunettes pour voir correctement.

 

La famille d’Armel Sayo ne connaît pas exactement l’état de santé actuel de l’ancien ministre. Mais elle sait qu’il souffre. Elle sait qu’il est blessé. Elle sait qu’il est torturé. Et elle ne peut rien faire parce qu’on l’empêche de le voir.

 

Cette situation dépasse toutes les limites. Un ancien ministre de la République centrafricaine, un homme qui a servi son pays, est détenu dans une prison secrète des russe, torturé par des mercenaires du groupe Wagner, sans que sa famille puisse le voir, sans que son avocat puisse le défendre, sans que la justice centrafricaine puisse contrôler sa détention.

 

C’est une violation massive de tous les droits fondamentaux. C’est une honte pour la Centrafrique. C’est une honte pour le président Touadéra qui est complice de ces criminels russes. C’est une honte pour tous ceux qui se taisent face à cette barbarie.

 

Rappelons les faits depuis le début pour bien comprendre l’horreur de cette situation. Armel Sayo a été arrêté au Cameroun puis extradé vers la Centrafrique. Le lundi 7 septembre 2025 vers 9 heures du matin, lui et Nourd Grégaza ont été extraits de leur cellule du camp de Roux par le directeur de l’OCRB. Ils ont été transférés dans les locaux de l’OCRB, la prison officielle où ils étaient censés être détenus sous contrôle de la justice centrafricaine.

 

Mais dans la nuit même, vers 23 heures, Armel Sayo a disparu. Des mercenaires russes sont venus à l’OCRB. Ils ont enlevé l’ancien ministre de sa cellule. Ils l’ont emmené. Et pendant un mois entier, personne ne savait où il était.

 

Cette disparition a provoqué un tollé international. Le président camerounais Paul Biya, qui avait autorisé l’extradition d’Armel Sayo vers la Centrafrique, a écrit directement à Touadéra pour exiger des explications. Comment un homme extradé légalement peut-il disparaître quelques heures après son arrivée dans une prison ? Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a demandé des informations. L’ambassade de France a réclamé des nouvelles. La famille a multiplié les démarches. Les réseaux sociaux centrafricains ont dénoncé cet enlèvement.

 

Pendant un mois, silence total. Aucune explication officielle. Aucune information sur le sort d’Armel Sayo. Le régime faisait comme s’il ne savait pas où était l’ancien ministre. Mais tout le monde savait que ce mensonge ne tenait pas. Les mercenaires russes ne peuvent pas enlever quelqu’un d’une prison centrafricaine sans l’accord du régime.

 

Un mois plus tard, face à la pression internationale, les Russes ont finalement “rendu” Armel Sayo. Il est réapparu à l’OCRB. Les autorités ont annoncé qu’il avait retrouvé sa cellule. Tout le monde a pu le voir. Les caméras l’ont filmé. Le message était clair : tout va bien, Armel Sayo est de retour dans la prison légale, sous contrôle de la justice centrafricaine.

 

Mais c’était un mensonge. Une mise en scène. Une manipulation. Armel Sayo n’est jamais vraiment revenu à l’OCRB de façon permanente. Il a été ramené temporairement pour calmer la pression internationale. Puis, dès que les projecteurs se sont éteints, il a été renvoyé dans les geôles russes du camp de Roux.

 

Depuis, c’est un ballet cynique qui se répète. Les mercenaires russes gardent Armel Sayo dans leur prison secrète au sous-sol du camp de Roux. Quand la justice centrafricaine a besoin de l’interroger, les Russes le sortent de son cachot, le transportent à l’OCRB, le présentent au juge, puis le ramènent dans leur prison secrète. Personne ne pose de questions. Personne ne dit rien. La justice centrafricaine fait semblant de croire qu’Armel Sayo est détenu à l’OCRB alors que tout le monde sait qu’il est aux mains des Russes.

 

Cette comédie a atteint son sommet lors du récent sommet international à Bangui. Pour donner une bonne image internationale, le régime avait besoin de montrer qu’Armel Sayo était bien traité, qu’il était détenu légalement dans une prison centrafricaine. Alors on l’a sorti de son cachot russe. On l’a ramené à l’OCRB. On l’a montré aux caméras. On a fait croire qu’il était bien là, dans la prison officielle. Puis, dès que le sommet était terminé, on l’a fait disparaître à nouveau dans les geôles russes.

 

Voilà la réalité que le régime Touadéra essaie de cacher. Armel Sayo n’est pas un détenu sous contrôle de la justice centrafricaine. C’est un prisonnier des mercenaires russes. Il est détenu dans une prison secrète étrangère sur le sol centrafricain. Il est torturé par des étrangers. Et la justice centrafricaine ne peut rien faire, ne peut rien dire, parce que le régime Touadéra a livré le pays aux Russes.

 

Rappelons que dans la capitale, les mercenaires russes de Wagner disposent de deux centres de détention clandestins à Bangui. Le premier au sous-sol du camp de Roux. Le second à l’aéroport international de Bangui-Mpoko. Ces prisons secrètes fonctionnent en dehors de tout cadre légal. Il n’y a aucun contrôle judiciaire. Aucun registre. Aucune visite. Les mercenaires russes y détiennent qui ils veulent, pour la durée qu’ils veulent, dans les conditions qu’ils veulent.

 

Au camp de Roux, selon des témoignages d’anciens détenus qui ont réussi à en sortir, les cellules sont minuscules. Un mètre sur un mètre. À peine la place de s’allonger. Pas de lumière naturelle. Pas de ventilation. Une chaleur étouffante le jour. Un froid humide la nuit. Pas d’hygiène. Pas de soins médicaux. Et des tortures régulières.

 

C’est dans l’une de ces cellules d’un mètre sur un mètre qu’Armel Sayo est actuellement détenu. Avec ses blessures aux jambes qui n’ont jamais été soignées. Sans ses lunettes de vue qui ont été cassées lors de sa première séance de torture. Subissant des interrogatoires violents. Vivant dans des conditions que même les pires criminels ne devraient pas subir.

 

À l’aéroport de Bangui-Mpoko, les conditions sont encore pires. Les détenus sont enfermés dans des conteneurs métalliques. Comme des animaux. Sous le soleil tropical, ces conteneurs deviennent des fours. La température peut monter à 50 ou 60 degrés. Les détenus suffoquent. Certains meurent de déshydratation ou de coup de chaleur.

 

Voilà ce que les mercenaires russes font sur le sol centrafricain avec la bénédiction du président Touadéra. Ils gèrent des centres de torture. Ils détiennent des citoyens centrafricains dans des conditions inhumaines. Ils les torturent. Et personne ne peut rien dire.

 

La famille d’Armel Sayo est à bout. Un mois sans nouvelles, c’est insupportable. Ne pas savoir où est leur proche. Ne pas savoir s’il est vivant. Ne pas savoir s’il souffre. Ne pas pouvoir le voir. Ne pas pouvoir lui apporter de l’aide. C’est une torture psychologique pour toute la famille.

 

L’ironie cruelle de cette situation, c’est que le porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou , continue à tenir des discours sur l’État de droit. Il déclare régulièrement que “la Centrafrique est un pays de droits, le président Touadéra est un homme de droits, c’est un professeur d’université qui n’accepte pas les violences”.

 

Monsieur Maxime Balalou, où sont vos droits quand un ancien ministre est enlevé d’une prison légale sur ordre du ministre de la Présidence ? Où sont vos droits quand ce ministre est torturé pendant un mois par des mercenaires étrangers ? Où sont vos droits quand ce ministre est détenu depuis des mois dans une prison secrète russe sans que sa famille puisse le voir ? Où sont vos droits quand son avocat ne peut même pas obtenir l’autorisation de le défendre ?

 

Votre pays de droits, monsieur Maxime Balalou , c’est un mensonge. Un mensonge honteux que vous répétez pour masquer la réalité. La réalité d’un régime qui a livré le pays à des mercenaires étrangers. La réalité d’un président qui laisse torturer ses opposants dans des geôles secrètes. La réalité d’une justice qui n’ose rien dire face aux abus des Russes.

 

Et vous, monsieur le président Touadéra, vous qui êtes soi-disant un homme de droits, un professeur d’université, comment pouvez-vous laisser faire cela ? Comment pouvez-vous laisser des mercenaires russes gérer des prisons secrètes sur le sol centrafricain ? Comment pouvez-vous laisser torturer un ancien ministre de la République ? Comment pouvez-vous empêcher une famille de voir leur proche pendant un mois ?

 

Vous n’êtes pas un homme de droits, monsieur Touadéra. Vous êtes un dictateur qui se cache derrière des mercenaires étrangers pour faire le sale boulot. Vous êtes un président qui a vendu la souveraineté de son pays. Vous êtes complice de tortures. Vous êtes complice de détentions arbitraires. Vous êtes complice de crimes contre l’humanité.

 

Car oui, gardons des gens dans des cellules d’un mètre sur un mètre, les torturer régulièrement, les priver de soins médicaux, les couper de toute communication avec l’extérieur, ce sont des crimes contre l’humanité. Et vous en êtes responsable, monsieur Touadéra. Ces crimes sont commis avec votre autorisation. Sur votre ordre. Pour protéger votre pouvoir.

 

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L’Union Européenne attrape le ministre Pierre Somsé et sa directrice en train de voler

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L’Union Européenne attrape le ministre Pierre Somsé et sa directrice en train de voler

 

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Dr. Pierre Somsé, ministre de la santé

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La corruption, le vol et les détournements sous le régime de Touadéra sont devenus un sport national. Si nos équipes nationales de football, de basketball, de volleyball sont les dernières, vraiment les dernières en Afrique, il faut dire clairement que dans d’autres disciplines peu glorieuses, nous sommes les meilleurs. Le vol, les détournements, le pillage : la Centrafrique est première du monde. Sous ce régime qui dure depuis presque 10 ans, le pays brille partout par le vol.

 

 

L’exemple le plus récent, palpable et scandaleux vient d’être révélé au Ministère de la Santé. Cette affaire montre à quel point le régime du Président Baba Kongoboro a fait de la corruption et du détournement une pratique nationale, institutionnalisée, qui s’étend jusqu’aux programmes d’aide financés par les partenaires internationaux.

 

Voici les faits. Le Ministère de la Santé, au nom du gouvernement centrafricain, avait sollicité auprès de l’Union Européenne une assistance sur le plan sanitaire. Comme le gouvernement le répète sans cesse, “le pays traverse une crise”, “le pays vient de sortir d’une crise”, “il faut un relèvement”. Dix ans après l’arrivée de Touadéra au pouvoir, on continue de parler de crises pour demander de l’aide. C’est devenu un refrain permanent qui permet de justifier tous les échecs et de mendier éternellement auprès des bailleurs de fonds.

 

Dans le cadre de cette demande d’assistance, le gouvernement centrafricain a expliqué aux partenaires de l’Union Européenne qu’il avait besoin d’un financement pour les salaires de certains agents de santé déployés dans les villes et provinces les plus reculées du pays. Des zones où les services de santé sont quasi inexistants, où les populations n’ont accès à aucun soin.

 

L’Union Européenne, dans sa générosité habituelle envers les pays africains en difficulté, a accepté. Elle a dit : “OK, pas de problème, nous allons prendre en charge, pour commencer, 27 agents de santé”. L’accord était clair : le gouvernement centrafricain devait recruter 27 agents de santé, leur donner des contrats en bonne et due forme, les déployer dans des villes de provinces, et l’Union Européenne paierait leurs salaires.

 

Le gouvernement est revenu à Bangui et a mis en place le système. Soi-disant, ils ont recruté les personnes et ont commencé le travail. Pendant deux ans, presque trois ans, l’Union Européenne a versé régulièrement l’argent pour payer les salaires de ces 27 agents de santé censés travailler dans les provinces reculées de la Centrafrique.

 

Puis, la semaine dernière, ou il y a deux semaines, les partenaires de l’Union Européenne sont arrivés à Bangui pour évaluer le programme. L’objectif de cette mission d’évaluation était double : d’abord vérifier que les 27 premiers agents travaillaient correctement, ensuite, si tout allait bien, augmenter le nombre d’agents financés. Au lieu de 27, passer à 75 ou 80, pour atteindre progressivement 100 agents, et augmenter au fur et à mesure l’appui de l’Union Européenne au système de santé centrafricain.

 

Les partenaires européens sont donc arrivés à Bangui avec cette perspective positive d’augmenter leur aide. Ils se sont rendus au Ministère de la Santé où on les a dirigés vers la Direction Générale de la Santé, l’entité en charge de la gestion de ce programme.

 

Là, les partenaires ont demandé à la Directrice Générale de la Santé de faire sortir les contrats des 27 agents de santé. Une demande tout à fait normale et légitime : vous nous avez demandé de l’argent pour payer 27 personnes, montrez-nous leurs contrats, montrez-nous qu’elles existent vraiment, qu’elles travaillent vraiment, pour qu’on puisse augmenter notre aide.

 

La Directrice a sorti les contrats. Mais combien ? Seulement 5 contrats. Cinq agents sur les 27 promis.

 

 

Les partenaires européens, perplexes, ont demandé : “Mais nous finançons 27 agents, où sont les 22 autres contrats ?” Il manque 22 contrats sur 27. C’est énorme. Plus de 80% des agents censés être financés par l’Union Européenne n’existent pas.

 

La Directrice Générale de la Santé ne savait plus quoi dire. Elle a commencé à tourner de gauche à droite, cherchant désespérément une explication, une justification, n’importe quoi qui pourrait expliquer cette absence de 22 contrats.

 

Les partenaires, voyant l’embarras de la Directrice, ont proposé une solution raisonnable : “Bon, puisqu’il n’y a que 5 agents avec des contrats, on va arrêter le financement des 22 autres et conserver seulement les 5 qui existent vraiment”.

 

Mais là, la Directrice a dit non. “Non, ce n’est pas possible. On travaille avec les 27 personnes. On ne peut pas les licencier comme ça. On travaille avec eux, on ne peut pas les licencer”.

 

Les partenaires européens, de plus en plus intrigués, ont insisté : “Mais si vous travaillez vraiment avec ces 27 personnes, sortez leurs contrats. Montrez-nous qu’elles existent. Faites-les venir qu’on puisse les rencontrer, discuter avec elles, comprendre leur travail. Notre objectif est d’augmenter notre aide, donc nous voulons nous assurer que le programme fonctionne bien”.

 

 

Et là, la Directrice Générale de la Santé s’est retrouvée complètement terrée. Elle ne savait plus quoi faire. Faire venir les 22 autres agents ? Impossible. Parce qu’ils n’existent pas. Sortir leurs contrats ? Impossible. Parce que ces contrats n’ont jamais été signés. Ces 22 agents sont des fantômes, des noms sur une liste, des prétextes pour détourner l’argent de l’Union Européenne.

 

Les partenaires européens ont compris. Ils venaient d’attraper le Ministère de la Santé en train de voler. Pendant trois ans, on leur avait menti. On avait créé 22 agents fictifs, on avait empoché leurs salaires, et on espérait que personne ne viendrait jamais vérifier.

 

Faites le calcul. Si un agent de santé gagne 200 000 francs CFA par mois, 22 agents représentent 4,4 millions par mois. Sur trois ans, cela fait plus de 158 millions de francs CFA détournés. Volés. Empochés par les responsables du Ministère de la Santé pendant que les populations des provinces reculées mouraient faute de soins.

 

Qui a volé cet argent ? La Directrice Générale de la Santé, certainement, puisque c’est elle qui gère le programme et ne peut pas produire les contrats. Le Ministre de la Santé, Pierre Somsé, très probablement, puisque rien ne se passe dans son ministère sans qu’il le sache. Et peut-être d’autres plus haut placés encore dans la hiérarchie du régime.

 

Depuis le départ des partenaires, c’est la panique au Ministère de la Santé. Réunion après réunion, chaque jour. Ils cherchent comment manipuler la situation, comment trouver les mots pour expliquer l’inexplicable, comment sauver les apparences. Mais il n’y a rien à sauver. Ils ont été pris en train de voler, point final.

 

Pendant que la Directrice Générale et le ministre Pierre Somsé empochaient les salaires de 22 agents fantômes, des Centrafricains mouraient dans les provinces. Des femmes accouchaient sans assistance. Des enfants mouraient de maladies qu’un simple agent de santé aurait pu traiter. Des malades agonisaient sans médicaments ni soins.

 

L’argent qui devait sauver ces vies a été volé. Détourné. Empoché par des criminels qui se prétendent serviteurs de l’État. Ces gens ne sont pas des ministres ou des directeurs généraux. Ce sont des assassins. Parce que chaque franc détourné du système de santé tue des Centrafricains.

 

Et tout cet argent volé finance quoi ? Les campagnes du MCU. Les 4×4 de luxe. Les voyages à l’étranger. Les maîtresses. Les maisons somptueuses. Pendant que le peuple meurt, les voleurs du régime Touadéra vivent dans l’opulence.

 

Cette histoire du Ministère de la Santé n’est qu’un exemple parmi des centaines. Tous les ministères volent. Toutes les directions générales détournent. Tous les programmes financés par les partenaires sont pillés. C’est la méthode de gouvernement de Touadéra : voler tout ce qui peut être volé.

 

Les partenaires de l’Union Européenne prennent l’argent de leurs contribuables pour aider l’Afrique, pour investir dans la santé des peuples africains. Et qu’est-ce qu’on fait de cet argent ? On le vole. On crée des agents fictifs, on empoche leurs salaires, on laisse les populations mourir.

 

Et après on accuse les blancs. On dit que ce sont les blancs qui nous exploitent, que l’Occident ne nous aide pas assez. Mais regardez ce qui se passe ici : ce sont les Centrafricains eux-mêmes, les dirigeants du régime Touadéra, qui volent l’argent destiné au peuple centrafricain.

 

Les conséquences de ce vol vont au-delà des 158 millions détournés. Maintenant que les partenaires ont découvert l’arnaque, ils vont suspendre le programme. Au lieu d’avoir 100 agents de santé financés dans les provinces, on n’en aura peut-être plus aucun. Les populations qui auraient dû bénéficier de ces soins vont continuer à mourir. Parce que des voleurs au Ministère de la Santé ont préféré s’enrichir plutôt que de sauver des vies.

 

Le régime Touadéra détruit tous les programmes d’aide au développement en les pillant. Puis il se plaint que les partenaires ne donnent pas assez. Mais comment voulez-vous que les partenaires donnent plus quand ils découvrent que 80% des bénéficiaires d’un programme n’existent même pas ?

 

La Directrice Générale de la Santé et le ministre Pierre Somsé doivent être arrêtés immédiatement. Ils doivent être jugés pour vol, détournement de fonds publics, et complicité dans la mort de centaines, peut-être de milliers de Centrafricains qui sont morts faute de soins pendant qu’ils empochaient l’argent destiné à les sauver.

 

Ils doivent rembourser intégralement les montants volés et purger de longues peines de prison. Mais cela n’arrivera jamais sous Touadéra. Parce que Touadéra lui-même protège ces voleurs. Parce qu’il profite probablement lui aussi de ces détournements. Parce que tout le système est pourri.

 

L’Union Européenne doit suspendre immédiatement tous les financements qui passent par le gouvernement centrafricain. Elle doit travailler directement avec les ONG et les organisations internationales sur le terrain, en contournant complètement un gouvernement qui ne mérite aucune confiance.

 

Et elle doit exiger le remboursement des 158 millions volés. Si le gouvernement refuse, qu’on saisisse les comptes bancaires des responsables, leurs biens, leurs propriétés. Qu’on les poursuive devant les juridictions internationales.

 

Les Centrafricains doivent comprendre que ce régime les tue. En volant l’argent de la santé, Touadéra et son clan tuent des Centrafricains. Chaque franc détourné est un patient qui ne sera pas soigné, une vie qui ne sera pas sauvée.

 

Le régime Touadéra est un régime criminel qui assassine son propre peuple par sa corruption. Et l’affaire des 22 agents fantômes du Ministère de la Santé en est la preuve éclatante.

 

 

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MINUSCA : le bureau syndical des contractuels individuels bloqué par la direction

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Minusca : le bureau syndical des contractuels individuels bloqué par la direction

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/valentine-rugwabiza-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Madame Valentine Rugwabiza, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations-Unie en Centrafrique, chefffe de la Minusca
Madame Valentine Rugwabiza, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations-Unie en Centrafrique, chefffe de la Minusca

 

Rédigé le .

Par : rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 la représentante spéciale du secrétaire général des Nations-Unies, madame Valentine Rugwabiza et son adjoint, communément appelé DMS font obstruction et refusent d’approuver le dossier de renouvellement du bureau syndical des contractuels individuels de la Minusca, empêchant ces travailleurs d’exercer leurs droits syndicaux.

 

 

Rappelons qu’en 2022, un bureau syndical ad hoc avait été établi pour défendre les droits des contractuels individuels de la MINUSCA. Cette structure avait pour mission de représenter ces travailleurs locaux face à l’administration onusienne.

 

En 2023, ce bureau syndical a rencontré toutes les difficultés du monde pour défendre quatre contractuels individuels licenciés abusivement par Tony Mushimbelé. Ces licenciements s’inscrivaient dans le système mafieux que nous avons dénoncé dans un précédent article, implanté par Jamanca, Sory Sangaré et Olga Lubazandio. Ce système a servi à spolier les salaires des contractuels individuels pendant six ans.

 

Aujourd’hui, des rumeurs circulent autour du remboursement des sommes volées aux contractuels. Mais le syndicat des victimes rencontre des difficultés majeures face à la direction des Nations Unies qui refuse d’approuver les dossiers pour l’organisation d’Élections de nouveaux membres du bureau syndical.

 

Les contractuels souhaitent organiser ces Élections dans les normes pour avoir des informations claires sur cette situation stressante qui les affecte depuis des années. Mais aucune suite n’est donnée au bureau sortant par la direction de la MINUSCA.

 

Ce blocage constitue une forme d’obstruction au droit syndical des travailleurs des Nations Unies. La MINUSCA torpille délibérément les droits des travailleurs centrafricains sans se gêner, ce qui représente une absurdité totale pour une mission censée défendre les droits humains dans le cadre du maintien de la paix.

 

Comment une mission de maintien de la paix peut-elle prétendre promouvoir les droits humains en Centrafrique tout en piétinant les droits syndicaux de ses propres employés locaux ? Cette contradiction mine la crédibilité de la MINUSCA.

 

Le refus d’approuver le renouvellement du bureau syndical s’inscrit dans une stratégie plus large visant à empêcher les contractuels individuels de s’organiser et de réclamer justice pour les spoliations qu’ils ont subies pendant six ans.

 

En bloquant l’organisation d’Élections syndicales, la direction de la MINUSCA prive ces travailleurs de leur droit fondamental à la représentation collective. C’est une violation grave des normes internationales du travail que les Nations Unies sont pourtant censées défendre et promouvoir.

 

Les contractuels individuels de la MINUSCA attendent toujours que justice leur soit rendue pour les salaires volés pendant six ans. Au lieu de faciliter leurs démarches, la direction de la mission multiplie les obstacles pour les empêcher de s’organiser et de faire valoir leurs droits.

 

Cette situation montre une fois de plus le double standard appliqué par la MINUSCA : des principes nobles affichés publiquement, mais piétinés dans la gestion interne de ses propres ressources humaines.

 

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Sam-Ouandja : Wagner fabrique une opération militaire bidon pour sa propagande et le régime Touadéra avale ce mensonge pathétiquement

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Sam-Ouandja : Wagner fabrique une opération militaire bidon pour sa propagande et le régime Touadéra avale ce mensonge pathétiquement

 

L'image de propagande de Wagner à Sam-Ouandja
L’image de propagande de Wagner à Sam-Ouandja

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Les Mercenaires russes du groupe  Wagner viennent de mener une nouvelle opération de propagande grotesque qui dépasse toutes les limites de la manipulation. Ils ont fabriqué de toutes pièces une soi-disant opération militaire des FACA à Sam-Ouandja, près de la frontière du nord, et le régime Touadéra a relayé ce mensonge éhonté comme s’il s’agissait d’une vraie victoire militaire.

 

 

Dans une publication relayée par les proches du pouvoir sur les réseaux sociaux depuis quelques jours, on prétend qu’une opération des Forces Armées Centrafricaines (FACA) vers Sam-Ouandja aurait permis d’éliminer 9 malfrats, de détruire 3 campements sur des chantiers miniers illégaux, de détruire un site important de trafic d’armes, et de saisir un arsenal impressionnant : 6 fusils d’assaut, 1 lance-grenade, 4570 munitions 5.56, 5 mitrailleuses, 5000 munitions 7.62, et 58 grenades.

 

Le communiqué attribue cette “victoire” au “travail remarquable” du ministre de la Défense Claude Rameaux Bireau “sous la haute impulsion du Président Faustin-Archange Touadéra”. On y apprend que “après plusieurs mois de travail de service de renseignement, sous la coordination du Ministère de la Défense nationale, un réseau de trafic d’armes et plusieurs sites miniers illicites liés à la LRA de Joseph Kony, ont été identifiés”.

 

Tout cela est un mensonge absolu. Une manipulation pure et simple. Une opération de propagande grossière fabriquée par Wagner pour tromper la communauté internationale et l’opinion publique nationale.

 

Comment le savons-nous ? Parce que la réalité du terrain contredit totalement ce récit de propagande.

 

Premièrement, à Sam-Ouandja, pour monter vers la frontière du Soudan, il n’y a pas de maisons comme celles qu’ils ont montrées dans leurs photos de propagande. Il n’y a que des petites huttes, des petites maisons de chantier. Il n’y a même pas de maison correcte comme celles qu’ils ont filmées pour leur mise en scène.

 

Wagner a donc fabriqué cette opération de toutes pièces. Ils ont pris des armes, ils les ont disposées soigneusement pour les photographier, ils ont filmé une scène, et ils ont dit qu’ils les avaient “retrouvées” lors d’une opération militaire. C’est de la pure manipulation.

 

Deuxièmement, et c’est là que la manipulation devient claire, les armes présentées par Wagner dans leur propagande sont toutes neuves, flambant neuves. Or, les rebelles qui opèrent dans cette région n’utilisent que des armes usées  par des années d’utilisation. C’est la réalité des groupes armés: ils n’ont pas accès à des armes neuves comme l’a montré Wagner dans son image. Ils utilisent ce qu’ils peuvent trouver, des armes anciennes, souvent en mauvais état.

 

Alors d’où viennent ces armes toutes neuves que Wagner prétend avoir saisies auprès des rebelles ? La réponse est évidente : ces armes viennent de Wagner lui-même. Les mercenaires russes ont pris des armes de leur propre stock, des armes neuves qu’ils viennent de recevoir ou qu’ils gardent en réserve, ils les ont disposées pour les photographier, et maintenant ils prétendent les avoir saisies lors d’une opération contre les rebelles.

 

C’est une manipulation grotesque. Si Wagner avait vraiment saisi des armes aux rebelles de la LRA ou à d’autres groupes armés dans la région de Sam-Ouandja, ces armes seraient dans le même état que toutes les armes que ces rebelles utilisent : vieilles, rouillées, usées. Mais les armes montrées dans la propagande de Wagner sont toutes neuves. Elles brillent. Elles n’ont jamais servi. Elles sortent directement des stocks de Wagner.

 

Cette différence entre les vieilles armes que les rebelles utilisent réellement et les armes neuves présentées par Wagner prouve que toute cette opération est une mise en scène. Wagner veut tromper les gens en leur faisant croire qu’ils ont mené une opération militaire réussie, mais ils n’ont même pas pris la peine de rendre leur mensonge crédible. Ils ont utilisé leurs propres armes neuves au lieu de montrer les vieilles armes rouillées que les vrais rebelles utilisent.

 

Troisièmement, et c’est le plus important, Wagner est directement responsable de l’existence et de l’activité des groupes armés dans la région de Sam-Ouandja. Ce sont les mercenaires russes qui ont nourri, hébergé et formé ces rebelles de la LRA et ceux du Tchad. Ce sont les mercenaires russes qui ont formé l’année dernière 12 rebelles de la LRA  à Bangui.

 

Souvenez-vous, Corbeau News Centrafrique a déjà révélé cette réalité dans deux enquêtes publiées précédemment. En juin 2024, les mercenaires Wagner se sont rendus à Sam-Ouandja pour “récupérer” douze rebelles de la LRA (Armée de Résistance du Seigneur). Ces individus, qui avaient fui le Haut-Mbomou et le Soudan du Sud pour s’établir dans la Haute-Kotto et la Vakaga, alternent entre culture du tabac et attaques contre les populations locales. Après leur formation à Bangui ou possiblement à Berengo par les mercenaires russes, ils ont été ramenés à Sam-Ouandja le jeudi 21 novembre 2024.

 

Ce ne sont pas seulement les rebelles de la LRA que Wagner forme et contrôle dans cette région. Dans les montagnes de Sam-Ouandja, dans la Vakaga, plus d’un millier de rebelles tchadiens s’entraînent également jour et nuit. Leurs instructeurs ? Les mercenaires russes de Wagner. Une opération qui a commencé modestement – 500 hommes par-ci, 700 par-là – pour gonfler comme un orage qui s’amoncelle. Aujourd’hui, ils sont près de 2000 à attendre leur heure.

 

Ce sont les mercenaires russes qui ont formé ces rebelles. Ce sont eux qui les contrôlent. Ce sont eux qui les utilisent pour leurs propres objectifs.

 

L’objectif de Wagner en formant et en contrôlant ces groupes rebelles est de perturber la région, de maintenir un climat d’insécurité qui justifie leur présence et leur permet de continuer à piller les ressources naturelles de la Centrafrique sans être dérangés. Dans le cas des rebelles tchadiens, Wagner prépare une tempête au Tchad, jouant avec le feu dans une région où les conséquences pourraient être dévastatrices.

 

Mais maintenant, Wagner veut faire croire que ce sont les FACA qui ont mené une opération contre ces mêmes rebelles que Wagner a formés et qu’il contrôle. C’est du grand spectacle. C’est de la pure propagande.

 

Wagner parle à qui avec cette manipulation grossière ? Aux Centrafricains ? Non, les Centrafricains qui connaissent la réalité du terrain ne sont pas dupes. Ils savent que Wagner contrôle ces groupes rebelles. Ils savent que les FACA n’ont pas les moyens de mener des opérations militaires complexes à Sam-Ouandja sans Wagner.

 

Wagner parle à la face de l’imbécile de Touadéra ? Probablement. Le président centrafricain et son clan sont les seuls qui peuvent gober cette bêtise. Ils sont les seuls qui peuvent croire que les FACA, qui sont en réalité sous le contrôle total de Wagner, ont mené une opération militaire indépendante et réussie contre des rebelles.

 

Le régime Touadéra a tellement besoin de Wagner qu’il est prêt à relayer n’importe quel mensonge, n’importe quelle propagande, n’importe quelle manipulation que les mercenaires russes lui servent. Wagner prend des trucs complètement fabriqués, ils les donnent au gouvernement, ils les donnent au président, et puis ils les publient pour tromper la communauté internationale, pour tromper l’opinion publique, pour dire que Wagner fait quelque chose d’utile en Centrafrique, ou que les forces de défense centrafricaines font quelque chose.

 

Mais quelles forces de défense ? Quelles forces existent vraiment en Centrafrique qui seraient capables de mener des opérations militaires complexes sans Wagner ? Aucune. Les FACA sont sous le contrôle total de Wagner. Elles n’existent que sur le papier comme force nationale. Dans la réalité, ce sont des auxiliaires de Wagner.

 

Cette manipulation grotesque de Sam-Ouandja dépasse les limites. Wagner pense que les Centrafricains sont idiots. Ils pensent que personne ne connaît la réalité du terrain vers Sam-Ouandja, vers la frontière avec le Soudan. Ils pensent qu’ils peuvent prendre n’importe quelle photo, n’importe quelle maison, et dire que c’est le résultat d’une opération militaire, et que les gens vont croire.

 

Mais les Centrafricains ne sont pas des moutons. Ils connaissent leur pays. Ils savent ce qui existe à Sam-Ouandja et ce qui n’existe pas. Ils savent que les maisons montrées dans la propagande de Wagner n’existent pas dans cette région. Ils savent que les armes soi-disant saisies sont trop neuves pour avoir appartenu à des rebelles qui n’utilisent que de vieilles armes rouillées. Ils savent que Wagner contrôle les groupes rebelles dans cette région et qu’il est impossible que les FACA aient mené une opération contre ces groupes sans l’accord et la participation de Wagner.

 

Le communiqué de propagande mentionne que “au moment où nous entamons la période électorale, le Ministère de la Défense que dirige le Ministre Claude Rameaux Bireau multiplie les actions afin que ces Élections se déroulent dans la sérénité”. C’est donc ça l’objectif de cette manipulation : créer l’illusion que le régime Touadéra contrôle le territoire et peut garantir la sécurité pour les Élections truquées du 28 décembre.

 

Wagner fabrique des victoires militaires bidons pour donner l’impression que le gouvernement est fort, que les FACA sont efficaces, que le territoire est sous contrôle. C’est de la pure propagande électorale. C’est une tentative pathétique de légitimer le régime Touadéra en créant l’illusion de succès militaires qui n’existent pas.

 

Le communiqué termine en disant qu’une “enquête est en cours pour retracer la provenance de ces armes et munitions”. Quelle blague ! Ils savent très bien d’où viennent ces armes : de leur propre stock. Ce sont des armes que Wagner a lui-même disposées pour les photographier. Il n’y aura jamais d’enquête sérieuse parce qu’il n’y a rien à enquêter. C’est une mise en scène complète.

 

Cette opération de propagande de Wagner à Sam-Ouandja suit le même schéma que toutes leurs manipulations précédentes en Centrafrique. Wagner fabrique des événements de toutes pièces, ils les présentent comme des victoires du gouvernement ou des FACA, et le régime Touadéra relaie aveuglément ces mensonges sans vérifier quoi que ce soit.

 

Le ministre Claude Rameaux Bireau, dont le nom est mis en avant dans ce communiqué, est-il complice de cette manipulation ou est-il simplement un pantin que Wagner utilise pour donner une façade centrafricaine à leur propagande ? Probablement un peu des deux. Bireau sait que les FACA n’ont aucune capacité opérationnelle indépendante. Il sait que toutes les opérations militaires en Centrafrique sont menées par Wagner ou sous le contrôle de Wagner. Mais il accepte de prêter son nom à cette propagande parce qu’il n’a pas le choix, ou parce qu’il en tire des avantages personnels.

 

Touadéra, quant à lui, est le bénéficiaire principal de cette propagande. Wagner fabrique des victoires militaires fictives pour renforcer l’image du président comme “défenseur du territoire” et “garant de la sécurité”. Touadéra a besoin de cette propagande pour justifier son maintien au pouvoir et pour créer l’illusion qu’il contrôle le pays en vue des Élections truquées de décembre.

 

Mais personne n’est dupe, sauf peut-être les rares Centrafricains qui ne connaissent pas la réalité du terrain et qui croient encore ce que dit le gouvernement. La communauté internationale, si elle fait un minimum de vérifications, verra immédiatement que cette opération de Sam-Ouandja est une fabrication. Les organisations de défense des droits humains, les journalistes indépendants, tous ceux qui suivent la situation en Centrafrique savent que Wagner contrôle les groupes armés et fabrique régulièrement de fausses victoires pour justifier sa présence.

 

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Ouadda : nouvelle vague de désertion, deux caporaux-chefs des FACA fuient vers Bria

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Ouadda : nouvelle vague de désertion, deux caporaux-chefs des FACA fuient vers Bria

 

 

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Image d’illustration d’un soldat FACA à Nzacko, dans le Mbomou, au sud-est de la RCA. Photo CNC

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La désertion continue dans les rangs des Forces Armées Centrafricaines stationnées à Ouadda-Maïkaga. Vendredi soir 18 octobre 2025, deux caporaux-chefs de la garnison ont déserté et ont quitté la ville en direction de Bria. Cette nouvelle défection porte à au moins seize le nombre de soldats qui ont abandonné leur poste dans cette localité depuis le début de l’année 2025.

 

 

Ouadda-Maïkaga, sous-préfecture de la Haute-Kotto, située à 204 kilomètres de Bria, est devenue un véritable cauchemar pour les soldats FACA qui y sont déployés. Les conditions de vie y sont tellement insupportables que les militaires préfèrent risquer les sanctions pour désertion plutôt que de rester dans cette garnison abandonnée par la hiérarchie.

 

Cette nouvelle vague de désertion intervient quelques jours seulement après la quatrième vague enregistrée en avril 2025, lorsque deux soldats, dont un caporal,  avaient également quitté leur poste. Avant cela, dix soldats étaient partis en groupe vers Bria, suivis de deux autres, puis d’un troisième. Et maintenant, ce sont deux caporaux-chefs qui ont décidé de fuir.

 

Le fait que ce soient des caporaux-chefs qui désertent cette fois-ci est particulièrement significatif. Les caporaux-chefs ne sont pas de simples soldats. Ce sont des sous-officiers qui ont de l’ancienneté, de l’expérience, et qui occupent des positions de responsabilité dans la hiérarchie militaire. Si même ces cadres intermédiaires désertent, cela montre que la situation à Ouadda est vraiment catastrophique.

 

Les raisons de ces désertions à répétition sont bien connues. Les soldats stationnés à Ouadda vivent dans des conditions de précarité extrême. Leurs soldes, bien qu’officiellement versées sur des comptes bancaires, restent inaccessibles sur le terrain faute d’infrastructures bancaires fonctionnelles. Les primes globales d’alimentation (PGA), censées couvrir leurs besoins de base comme la nourriture, le savon ou l’entretien, ne sont plus distribuées depuis des mois, voire des années pour certains.

 

Les uniformes sont déchirés. Les chaussures sont usées. Les soldats n’ont pas de moyens pour se laver ou se nourrir dignement. Ils vivent dans un dénuement total, abandonnés par leur hiérarchie qui ne leur fournit aucun soutien logistique.

 

À cette misère matérielle s’ajoute l’insécurité permanente. Ouadda-Maïkaga est encerclée par des groupes rebelles. Les soldats, mal équipés et sous-alimentés, se sentent abandonnés face à cette menace constante. Ils sont censés défendre la ville contre les rebelles, mais ils n’ont ni les armes, ni les munitions, ni la nourriture, ni le moral pour le faire.

 

Parfois, la municipalité ou les Casques bleus de la Minusca leur fournissent de la nourriture. Mais ces rations, souvent inadaptées à leurs habitudes alimentaires, ne comblent pas leurs attentes. Les soldats ont besoin d’une alimentation qui leur donne l’énergie nécessaire pour accomplir leurs missions. Mais ce qu’on leur donne ne correspond pas à ce qu’ils ont l’habitude de manger.

 

Pour survivre, les soldats ont instauré des barrières autour de la ville où ils prélèvent des taxes sur les passants, les éleveurs et les commerçants. Ces “formalités” incluent des taxes douanières, phytosanitaires ou de passage. C’est du racket pur et simple, mais pour les soldats, c’est le seul moyen de gagner un peu d’argent pour manger.

 

Pourtant, même cet argent du racket ne semble pas améliorer leur quotidien. Beaucoup de soldats soupçonnent que ces fonds, au lieu de bénéficier à tous les militaires du détachement, restent bloqués entre les mains de leur capitaine, le responsable du détachement militaire dans la ville. Aucune transparence n’est apportée sur la gestion de cet argent. Le capitaine collecte les recettes des barrières, mais les soldats ordinaires ne voient pas la couleur de cet argent.

 

Cette situation crée des tensions au sein même du détachement. Les soldats se sentent exploités non seulement par la hiérarchie nationale qui les abandonne à Ouadda sans soutien, mais aussi par leur propre chef local qui détourne l’argent du racket.

 

Dans ces conditions, la désertion devient une option rationnelle. Les soldats se disent qu’ils ont plus de chances de survie en désertant qu’en restant à Ouadda. Certains ont même déclaré : “Vaut mieux être en prison que dans cette jungle”, en référence aux conditions extrêmes qu’ils endurent.

 

À Bangui, l’état-major des FACA semble complètement déconnecté de ces réalités. Les discours officiels vantent une “montée en puissance” de l’armée, avec des formations dispensées par les mercenaires russes, des cérémonies de remise de diplômes, des annonces de recrutement de nouveaux bataillons. Mais sur le terrain, à Ouadda et dans d’autres garnisons isolées, les soldats vivent dans la misère et désertent en masse.

 

Les jeunes recrues qui arrivent dans l’armée, souvent issues de milieux modestes et habituées à vivre avec peu, se retrouvent confrontées à une misère qu’elles jugent insupportable. Elles pensaient que l’armée leur offrirait au moins un salaire régulier, des repas quotidiens, un uniforme correct. Mais elles découvrent une réalité bien différente : pas de salaire accessible, pas de nourriture, pas d’équipement, et un danger permanent.

 

Le départ de deux caporaux-chefs ce vendredi soir montre que même les militaires qui ont choisi de rester jusqu’à présent, qui ont essayé de tenir malgré les difficultés, finissent par craquer. Ces deux caporaux-chefs ont probablement passé plusieurs mois, peut-être plusieurs années, à Ouadda. Ils ont vu leurs camarades déserter vague après vague. Ils ont essayé de tenir. Mais finalement, ils ont décidé qu’ils ne pouvaient plus supporter ces conditions et ils sont partis.

 

Par Moïse Banafio

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Lim-Pendé : affrontements entre les soldats FACA à Mann pour le contrôle des barrières de racket

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Lim-Pendé : affrontements entre les soldats FACA à Mann pour le contrôle des barrières de racket

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Les-soldats-FACA-en-detachement-a-Kabo-une-sous-prefecture-de-lOuham-Fafa.jpg” data-wpel-link=”internal”>Lim-Pendé : affrontements entre les soldats FACA à Mann pour le contrôle des barrières de racket
Les soldats FACA en détachement à Kabo une sous-préfecture de l’Ouham – Fafa

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Dans la nuit du vendredi 18 au samedi 19 octobre 2025, la ville de Mann, dans la préfecture de Lim-Pendé dont le chef-lieu est Paoua, a connu des affrontements violents entre soldats des Forces Armées Centrafricaines (FACA). Des éléments du 8e Bataillon d’Infanterie Territoriale (BIT-8) et leurs collègues du 9e Bataillon d’Infanterie Territoriale (BIT-9) se sont affrontés pour le contrôle des barrières de racket érigées dans la ville.

 

Selon nos sources sur place, les deux groupes de militaires se sont livrés à des échanges de tirs d’armes intensifs dans la ville. Ils ont tiré en l’air, terrorisant la population qui n’a pas pu dormir de la nuit à cause de cette fusillade.

 

 

L’objet de ce conflit entre militaires ? Le contrôle des barrières, ces checkpoints où les soldats rackettent la population de manière continue. À chaque passage, les passagers, qu’ils soient en moto, en vélo ou en véhicule, doivent payer. Cette pratique illégale de racket est devenue la principale source de revenus pour les militaires mal payés ou pas payés du tout par le gouvernement.

 

Mann se trouve sur un axe stratégique menant directement à la frontière avec le Cameroun et le Tchad, et plus précisément au marché de Mbaïmboum au Cameroun. Les habitants des différentes préfectures : Ouham, Ouham-Pendé, Lim-Pendé, Nana-Mambéré et autres vont massivement dans ce marché camerounais pour acheter des marchandises qu’ils revendent ensuite en Centrafrique. Le trafic est donc intense sur cette route.

 

Cette route rapporte des manes financières considérables aux militaires qui contrôlent les barrières. C’est de l’or pour les forces de l’ordre qui se partagent les recettes du racket. Et c’est précisément pour le contrôle de cette poule aux œufs d’or que les soldats du BIT-8 et du BIT-9 se sont affrontés cette nuit.

 

La situation est confuse sur le plan de la juridiction territoriale. Il faut préciser qu’il existe deux préfectures distinctes dans cette région : la préfecture de Lim-Pendé dont le chef-lieu est Paoua, et la préfecture de l’Ouham-Pendé dont le chef-lieu est Bozoum. Mann se trouve dans la préfecture de Lim-Pendé.

 

Normalement, le BIT-8 est basé à Paoua, le chef-lieu de Lim-Pendé. Le BIT-9, lui, devrait être basé dans l’Ouham-Pendé, mais parfois on le retrouve vers Bocaranga. Les limites de juridiction entre ces deux bataillons ne sont pas claires, ou ne sont pas respectées.

 

Dans le cas présent, des éléments du BIT-9 ont quitté leur zone pour venir dans la juridiction du BIT-8, à Mann. Cette intrusion a créé un conflit territorial entre les deux bataillons. Chacun revendique le contrôle des barrières lucratives de Mann. Et comme personne n’arbitre, comme il n’y a pas de hiérarchie militaire qui impose le respect des juridictions, les deux groupes règlent le conflit par les armes.

 

Cette situation montre plusieurs choses graves sur l’état des Forces Armées Centrafricaines sous le régime Touadéra.

 

Premièrement, les militaires sont devenus des racketteurs. Leur mission n’est plus de protéger la population, mais de la racketter. Les barrières qui devraient servir à sécuriser les routes sont devenues des points de taxation illégale où chaque passant doit payer pour avoir le droit de circuler.

 

Deuxièmement, les militaires se battent entre eux pour le contrôle des zones de racket les plus lucratives. Au lieu de combattre les groupes armés ou de protéger les civils, ils s’affrontent entre unités des FACA pour savoir qui va racketter la population de telle ou telle zone.

 

Troisièmement, il n’y a plus de hiérarchie militaire fonctionnelle. Si la hiérarchie fonctionnait, elle définirait clairement les zones de juridiction de chaque bataillon et ferait respecter ces limites. Mais manifestement, chaque bataillon fait ce qu’il veut, va où il veut, sans que personne ne le contrôle.

 

Quatrièmement, les militaires terrorisent la population en toute impunité. Tirer des armes en l’air toute la nuit dans une ville, empêchant les habitants de dormir, est un acte grave. Mais ces militaires savent qu’ils ne seront pas sanctionnés. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent à la population.

 

Cette affaire des barrières de racket est un problème national en Centrafrique. Sur tous les axes routiers du pays, les militaires des FACA, les gendarmes, les policiers, et parfois même les Mercenaires russes de Wagner ont érigé des barrières où ils taxent illégalement les passants.

 

Ces barrières sont devenues une véritable industrie. Les militaires qui les contrôlent gagnent beaucoup plus d’argent avec le racket qu’avec leur salaire officiel, quand ils sont payés. Certaines barrières sur des axes très fréquentés peuvent rapporter plusieurs millions de francs CFA par mois.

 

Le gouvernement est parfaitement au courant de cette situation. Touadéra sait que ses soldats rackettent la population. Mais il ne fait rien pour l’arrêter. Peut-être parce qu’il considère que c’est une façon pour les militaires de se payer eux-mêmes quand l’État n’a pas d’argent pour les payer. Peut-être aussi parce qu’une partie de cet argent du racket remonte jusqu’aux généraux et aux ministres.

 

Le résultat est une armée complètement corrompue, indisciplinée, qui terrorise la population au lieu de la protéger. Et maintenant, en plus de terroriser les civils, les différentes unités de cette armée s’affrontent entre elles pour le contrôle des zones de racket.

 

La population de Mann a passé une nuit blanche à cause de cette fusillade entre soldats. Les habitants ont eu peur. Ils ne savaient pas ce qui se passait. Ils entendaient des tirs partout. Ils craignaient une attaque de groupes armés ou un coup d’État. Mais non, c’était juste leurs propres soldats qui se battaient pour savoir qui allait les racketter.

 

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Centrafrique : Quand le ministre Abazène déforme la décision de la CPI pour flatter le régime Touadéra

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Quand le ministre Abazène déforme la décision de la CPI pour flatter le régime Touadéra

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/juges-chambre-dappel-CPS.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique : Quand le ministre Abazène déforme la décision de la CPI pour flatter le régime Touadéra
juges-chambre-dappel-CPS – La Chambre d’appel de la Cour pénale spéciale (CPS) s’est réunie pour l’affaire des attaques de Koundili et Lemouna

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Le gouvernement centrafricain à travers le ministre de la justice salue avec triomphalisme une décision de la Cour pénale internationale (CPI) qu’il interprète à sa convenance. Mais derrière les applaudissements officiels, la réalité juridique contredit le récit vanté par le ministre de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, ancien chef rebelle devenu Garde des Sceaux.

 

 

Le 23 septembre 2025, le ministère de la Justice a publié un communiqué se félicitant que la CPI ait « reconnu la capacité de la Cour pénale spéciale (CPS) à juger Edmond Beïna ». Présentée comme une victoire nationale et un signe de « confiance » dans la justice centrafricaine, cette lecture relève davantage de la propagande que du droit.

 

La CPI n’a pas « salué » la justice centrafricaine. Elle a simplement rappelé le principe de complémentarité prévu par le Statut de Rome : si une juridiction nationale,  ou hybride, comme la CPS,  a déjà engagé des procédures crédibles, la CPI se dessaisit. Dans le cas Beïna, ce dernier est détenu depuis plusieurs années à la prison du camp de Roux par décision de la CPS, et les juges de La Haye n’ont fait qu’appliquer la procédure habituelle.

 

Ceci est vraiment une manipulation Politique.  Le communiqué officiel du ministère de la justice transforme cette règle technique en une validation politique du régime Touadéra. « La justice centrafricaine a atteint un niveau de satisfaction remarquable », ose écrire le ministère, allant jusqu’à présenter la décision comme une « marque de confiance » de la communauté internationale.

 

En réalité, la justice centrafricaine est une juridiction sous tutelle russe, totalement soumise au groupe Wagner. Ce sont les Mercenaires russes qui décident des peines, qui interviennent dans les prisons, qui libèrent ou enferment selon les ordres du pouvoir.

 

Le cas du ministre Hassan Bouba, ex-chef rebelle de l’UPC et aujourd’hui ministre, démontre cette dérive. Arrêté par la CPS sur décision judiciaire, il avait été incarcéré à la prison du camp de Roux avant d’être libéré de force par Wagner une semaine plus tard, sous le regard complice du Président Touadera. Malgré cette affaire scandaleuse, Hassan Bouba a retrouvé son poste au gouvernement deux jours après sa libération, preuve éclatante que la justice centrafricaine n’a aucune autorité réelle face aux instructions russes.

 

En plus, le ministre de la Justice est aussi sans légitimité morale. La mise en scène organisée par Arnaud Djoubaye Abazène illustre cette dérive. L’ancien chef rebelle de la Séléka, recyclé au gouvernement, instrumentalise chaque occasion pour se présenter en gardien de l’État de droit. Pourtant, les prisons centrafricaines regorgent de détenus politiques et d’opposants arrêtés sans procès équitable. L’enlèvement de l’ancien ministre Armel Sayo le 7 juillet 2025 durant 30 jours, puis depuis le 15 septembre 2025 reste, à ce jour, sans explication crédible.

 

À l’inverse, des figures proches du régime bénéficient d’une impunité totale, malgré des accusations graves de crimes de guerre ou de corruption. Cette réalité contraste avec les déclarations officielles d’un « combat contre l’impunité ».

 

Ce que la CPI a fait dans l’affaire Beïna n’est pas un hommage à Bangui, mais une délégation de procédure à une juridiction hybride déjà saisie du dossier. Le présenter comme une consécration revient à tromper délibérément l’opinion publique.

 

Derrière l’autocongratulation du communiqué ministériel se cache une vérité embarrassante : la justice centrafricaine, loin d’être souveraine, fonctionne sous influence étrangère et au rythme des rapports de force politiques. Que vaut une telle « reconnaissance » quand la CPS se fait humiliée par Wagner au point de voir ses prisonniers libérés de force et ses juges réduits au silence ?

 

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TICAD 9  au Japon : Touadéra multiplie les appels à Yokohama, mais aucun investisseur japonais n’a jamais répondu depuis 10 ans

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TICAD 9  au Japon : Touadéra multiplie les appels à Yokohama, mais aucun investisseur japonais n’a jamais répondu depuis 10 ans

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/touadera-au-japon.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/touadera-au-japon-450×396.jpg” alt=”Le PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE FAUSTIN ARCHANGE TOUADÉRA ET LE PREMIER MINISTRE JAPONAIS SHIGERU ISHIBA” width=”450″ height=”396″ />
Le PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE FAUSTIN ARCHANGE TOUADÉRA ET LE PREMIER MINISTRE JAPONAIS SHIGERU ISHIBA. Photo la Renaissance

 

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadera multiplie les voyages coûteux à Tokyo, mais aucune entreprise japonaise n’investit réellement dans le pays.

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Au Japon cette année une fois de plus, lors de la 9ème Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9), le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a lancé un nouvel appel dans le vide aux investisseurs japonais.

 

 

À Yokohama, le président centrafricain a encore sorti son catalogue habituel : corridors logistiques, zones franches, campus de startups. Ce discours, les investisseurs japonais le connaissent par cœur depuis 2019. Ils l’ont entendu à la TICAD 7, puis à la TICAD 8 en Tunisie, et maintenant à la TICAD 9 au Japon. Toujours les mêmes mots, toujours les mêmes appels, jamais le moindre résultat.

 

Faustin-Archange Touadéra parle de “co-création de solutions innovantes” et vante les richesses de son pays. Mais derrière ces beaux discours, la réalité reste implacable : pas un seul yen japonais n’a financé de projet structurant en République centrafricaine depuis près de 10 longues années.

 

L’ampleur de cet échec diplomatique ne passe d’ailleurs pas inaperçue chez les observateurs centrafricains. Christian Aimé Ndotah, journaliste et ex-directeur de la radio Centrafrique, a pris sa plume la semaine dernière pour se poser la question qui dérange : “Durant ces six ans, entre TICAD 8  en Tunisie en 2019 et TICAD 9 au Japon en 2025, quelles sont les retombées de notre participation ? Chris Can l’attaquant de pointe veut savoir si par exemple, KAJIMA va revenir nous construire des routes ?”.

 

Cette absence totale d’investissements japonais démontre l’échec complet de la diplomatie économique centrafricaine. Pendant que Touadéra enchaîne les voyages officiels payés par l’argent public, son pays reste dans le même état, voir pire  : corruption généralisée, infrastructures inexistantes, administration paralysante, justice aux ordres.

 

Les mercenaires russes du groupe  Wagner, présentés comme des “partenaires sécuritaires”, achèvent de dissuader les investisseurs sérieux. Quel entrepreneur japonais accepterait de placer son argent dans un pays militarisé par des contractors étrangers ? La réponse est simple : aucun.

 

Les projets annoncés avec fanfare lors des précédentes éditions  en 2019 en Tunisie sont restés lettre morte. Le fameux “Startup Campus CEMAC-Japon” ? Nulle part. Les “hubs multimodaux” ? Inexistants. Le “plan global d’infrastructures” ? Toujours dans les tiroirs présidentiels.

 

Pourtant, le coût de ces déplacements diplomatiques stériles continue de peser lourd sur les finances publiques. Chaque déplacement de Touadéra à l’étranger coûte une fortune au contribuable centrafricain. Billets d’avion, hôtels de luxe, frais de protocole, délégations pléthoriques : autant de dépenses qui se chiffrent en millions de francs CFA. Pour quel résultat ? Le néant absolu.

 

Pendant que le président fait du tourisme diplomatique, les Centrafricains subissent les coupures d’électricité, manquent d’eau potable, roulent sur des routes défoncées et voient leurs enfants sans emploi. Cette déconnexion entre les fastes présidentiels et la misère populaire devient de plus en plus difficile à supporter par les centrafricains.

 

Face à cette situation, la crédibilité du régime centrafricain s’effrite auprès des partenaires internationaux. À force de répéter les mêmes appels sans jamais les concrétiser, le régime centrafricain a perdu toute crédibilité auprès des investisseurs japonais. Ces derniers ne se laissent plus berner par les effets d’annonce et les PowerPoint colorés. Ils regardent les faits : instabilité politique, climat des affaires détestable, présence militaire russe inquiétante.

 

Le président annonce maintenant une “table ronde des investisseurs” en septembre à Casablanca. Encore un événement coûteux qui ne servira qu’à alimenter les carnets de voyage présidentiels. Les Japonais, échaudés par six années de promesses non tenues, boudent déjà cette nouvelle comédie.

 

Au-delà des annonces répétitives, c’est toute la stratégie gouvernementale qui interroge. Cette obstination à quémander des investissements sans réformer en profondeur révèle l’incapacité du régime à comprendre les attentes des partenaires internationaux. Aucune entreprise sérieuse n’investira dans un pays gangrené par la corruption et occupé militairement par des forces étrangères.

 

Au lieu de multiplier les voyages diplomatiques stériles, Touadéra ferait mieux de s’atteler aux réformes structurelles indispensables : assainir l’administration, restaurer l’État de droit, sécuriser le territoire par des forces nationales, développer les infrastructures de base.

 

Mais cela demanderait un courage politique dont le président semble totalement dépourvu. Il préfère la facilité des discours internationaux aux difficultés des réformes internes.

 

Le bilan de cette politique diplomatique ratée devient chaque année plus lourd à porter. Dix ans après le début de cette stratégie diplomatique ratée, le bilan est accablant. Zéro investissement japonais, zéro projet concret, zéro amélioration pour la population centrafricaine. En revanche, les frais de mission présidentiels se sont accumulés, privant le pays de ressources qui auraient pu être utilisées pour des projets utiles.

 

Cette situation pose une question simple : combien de temps encore les Centrafricains devront-ils supporter cette diplomatie de façade qui ne profite qu’aux carnets de voyage présidentiels ?

 

Les investisseurs japonais ont tiré leurs conclusions depuis longtemps. Ils ne répondront aux appels de Touadéra que lorsque la République centrafricaine offrira enfin un environnement stable et prévisible. En attendant, les beaux discours de Yokohama resteront ce qu’ils ont toujours été : du vent.

 

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Touadéra et son Directeur de Cabinet  pleurent et continuent de pleurer : “Dologuélé n’est pas gentil avec nous”, et ils menace de déposer plainte contre l’opposant

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Touadéra et son Directeur de Cabinet  pleurent et continuent de pleurer : “Dologuélé n’est pas gentil avec nous”, et menace de déposer plainte contre l’opposant

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/02/Anicet-Georges-Dologuele-le-chef-de-file-de-lopposition-démocratique-reçut-par-Touadera-le-28-janvier-à-la-Présidence-de-la-République.jpg” data-wpel-link=”internal”>Touadéra et son Directeur de Cabinet pleurent et continuent de pleurer : “Dologuélé n’est pas gentil avec nous”, et menace de déposer plainte contre l’opposant
Anicet Georges Dologuele, leader de l’URCA , reçut par Touadera le 28 janvier à la Présidence de la République

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le 16 octobre 2025, trois jours après la lettre cinglante d’Anicet-Georges Dologuélé, la Présidence de la République a finalement répondu. Non pas le président Touadéra lui-même, mais son Ministre d’État Directeur de Cabinet, Obed Namsio. Et cette réponse est un chef-d’œuvre de pathétisme, de menaces à peine voilées, et surtout d’absence totale d’arguments juridiques solides.

 

La lettre de Namsio, référencée n°10.56 PR/DIRCAB/25, est révélatrice à plusieurs niveaux. D’abord par ce qu’elle dit. Ensuite par ce qu’elle ne dit pas. Et surtout par le ton employé : celui d’un régime acculé qui n’a plus d’arguments et qui brandit la menace de poursuites pénales contre un opposant qui a osé dire la vérité.

 

Décortiquons cette réponse pitoyable ligne par ligne.

 

Premier élément : Touadéra n’ose même pas répondre lui-même.

 

Dologuélé a écrit directement au président Touadéra. Une lettre ouverte, publique, Politique, qui posait des questions graves sur la persécution dont il fait l’objet depuis huit ans. Une lettre qui accusait directement le président Faustin-Archange Touadera alias Baba Kongoboro de manipuler la loi, de violer la Constitution, de terroriser le peuple.

 

Et quelle est la réponse ? Touadéra ne répond pas. Il délègue. Il envoie son Directeur de Cabinet Obed Namsio pour répondre à sa place. C’est déjà un aveu de faiblesse. Un président sûr de lui, un président qui aurait des arguments solides, un président qui gouvernerait vraiment selon la loi, répondrait lui-même. Directement. Publiquement.

 

Mais Touadéra se cache derrière Namsio. Parce qu’il sait que Dologuélé a raison. Parce qu’il sait que sa persécution contre Dologuélé est injustifiable. Parce qu’il n’a aucun argument valable à opposer aux accusations de Dologuélé.

 

Deuxième élément : les pleurnicheries sur le ton de la lettre.

 

Namsio consacre une bonne partie de sa réponse à se plaindre du “ton” et du “contenu” de la lettre de Dologuélé. Il parle de “caractère polémique”, de “menaces”, d’“attaques personnelles”, d’“accusations graves”. Il dit que cette correspondance est “une correspondance que la morale, même politique, réprouve”.

 

La morale politique réprouve ? Parlons-en de la morale politique ! Dologuélé énumère dans sa lettre huit ans de persécution systématique : fabrication de dossiers médicaux frauduleux en 2017, empêchement d’aller se soigner en 2021, confiscation de passeport, demande de levée d’immunité parlementaire pour un délit imaginaire, Constitution truquée en 2023, et maintenant déclaration d’apatridie en 2025.

 

Et c’est Dologuélé qui manquerait de “morale politique” en dénonçant tout cela ? C’est le ton de sa lettre qui pose problème, et non les huit années de harcèlement qu’il a subies ?

 

Cette inversion morale est typique des régimes autoritaires. On persécute quelqu’un pendant des années, et quand la victime ose protester, on lui reproche son “ton”. On lui reproche de ne pas être “courtois” avec son bourreau. On lui reproche de troubler le “climat de sérénité” en dénonçant les crimes dont elle est victime.

 

Namsio écrit que la lettre de Dologuélé ne contribue pas au “climat de sérénité, de respect et de dialogue républicain que requiert la vie politique nationale”. Quel dialogue républicain ? Celui où Touadéra déclare apatride un député en exercice sans procédure judiciaire ? Celui où le régime fabrique des dossiers pour impliquer ses adversaires dans de fausses affaires ? Celui où on empêche un homme d’aller se soigner pour une urgence chirurgicale ?

 

Le “dialogue républicain” dont parle Namsio n’existe pas. Ce qui existe, c’est un monologue du régime qui exige que ses victimes se taisent poliment pendant qu’on les persécute.

 

Troisième élément : le lavage de mains hypocrite de Touadéra.

 

Namsio affirme que “ces matières relèvent exclusivement des compétences des autorités et institutions prévues par la Constitution et les lois en vigueur, notamment le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, le Ministère de la Justice et, le cas échéant, les juridictions compétentes”.

 

En d’autres termes : ce n’est pas Touadéra qui a déclaré Dologuélé apatride, c’est le Ministère de la Défense (qui a signé la lettre) et potentiellement les autres ministères concernés. Touadéra se lave les mains. Il n’y est pour rien. Ce sont les institutions qui ont agi indépendamment.

 

Cette défense est grotesque. Tout le monde sait que dans la Centrafrique de Touadéra, rien ne se décide sans son accord. Les ministres sont ses serviteurs. Les institutions sont à ses ordres. Le Conseil Constitutionnel est dirigé par son cousin. La justice est contrôlée par son régime.

 

Prétendre que le Ministère de la Défense a décidé tout seul de déclarer Dologuélé apatride, sans instructions de Touadéra, c’est prendre les Centrafricains pour des imbéciles. C’est exactement ce que Dologuélé dénonce dans sa lettre : Touadéra prétend ne pas être responsable alors que tout le monde sait que c’est lui qui orchestre la persécution.

 

Namsio ajoute : “le Président de la République, Chef de l’Etat n’entend interférer en aucune manière dans le traitement administratif ou judiciaire de votre dossier, afin de préserver l’indépendance et la crédibilité de nos institutions”.

 

L’indépendance et la crédibilité des institutions ? Quelles institutions indépendantes ? Le Conseil Constitutionnel dirigé par le cousin de Touadéra ? Les tribunaux où les juges reçoivent leurs instructions du régime ? Les ministères contrôlés par le MCU ?

 

Cette prétention à l’indépendance des institutions est une insulte à l’intelligence. Les institutions centrafricaines sous Touadéra n’ont aucune indépendance. Elles font ce que le régime leur ordonne de faire. Et tout le monde le sait.

 

Quatrième élément : l’argument ridicule sur le Code de la Nationalité.

 

Dologuélé avait affirmé dans sa lettre que la loi de 1961 sur la nationalité était “tombée en désuétude” car elle n’a “jamais été mise en application depuis 64 ans”.

 

Namsio répond : “Si la Présidence de la République peut, pour des raisons évidentes, comprendre votre oubli ou ignorance du Code de la Nationalité centrafricaine, texte pourtant appliqué quotidiennement par les Tribunaux saisis des demandes de délivrance de Certificats de Nationalité centrafricaine ou à l’occasion de l’examen des contentieux relatifs à l’état des personnes, donc non tombée en désuétude…”

 

C’est un argument malhonnête. Le Code de la Nationalité de 1961 contient de nombreux articles. Certains sont effectivement appliqués quotidiennement, notamment ceux qui concernent la délivrance des certificats de nationalité. Mais l’article 46 que le régime invoque maintenant contre Dologuélé, celui qui prévoit la perte automatique de la nationalité pour acquisition d’une autre nationalité, n’a JAMAIS été appliqué systématiquement.

 

La preuve ? Des milliers de Centrafricains ont acquis d’autres nationalités au cours des 64 dernières années sans jamais perdre leur nationalité centrafricaine. Des centaines de personnalités au gouvernement, à l’Assemblée Nationale, dans la fonction publique, sont des binationaux qui n’ont jamais été inquiétés. Dologuélé lui-même a été élu député deux fois, candidat à la présidentielle deux fois, avec sa double nationalité, sans que personne ne lui dise qu’il avait perdu sa nationalité centrafricaine.

 

Ce n’est que maintenant, en 2025, alors que Dologuélé constitue une menace électorale sérieuse pour Touadéra, que soudainement on “découvre” que cet article 46 existe et qu’il faut l’appliquer. Et encore, on ne l’applique pas à tout le monde, seulement à Dologuélé.

 

C’est exactement ce que Dologuélé avait dénoncé dans sa lettre : une application sélective de la loi uniquement pour l’éliminer de la course présidentielle.

 

Cinquième élément : les menaces à peine voilées.

 

La fin de la lettre de Namsio est la plus révélatrice. Après avoir fait semblant de parler de “dialogue républicain” et de “respect des institutions”, Namsio dévoile le vrai visage du régime :

 

“La Présidence de la République, profondément bouleversée et scandalisée par les propos clairement offensants contenus dans votre correspondance, se réserve le droit de choisir les outils juridiques appropriés pour rétablir la vérité et décourager tous ceux (nationaux, étrangers, apatrides) qui s’écarteraient des débats politiques pour commettre une offense contre le Président de la République, protégé par les articles 135 et suivants du Code pénal centrafricain”.

 

Traduisons : Touadéra envisage de poursuivre Dologuélé pour “offense au Chef de l’État” parce qu’il a osé l’accuser publiquement de le persécuter. Le régime se “réserve le droit de choisir les outils juridiques appropriés”. Autrement dit : nous allons vous poursuivre en justice, vous faire condamner, peut-être vous emprisonner.

 

Et notez le détail savoureux : Namsio mentionne explicitement que cette menace de poursuites concerne “tous ceux (nationaux, étrangers, apatrides)”. Il inclut les apatrides dans la liste. C’est un petit coup de griffe mesquin : puisque nous vous avons déclaré apatride, nous vous poursuivrons comme apatride.

 

Cette menace de poursuites pour “offense au Chef de l’État” révèle la vraie nature du régime. On ne répond pas aux accusations de Dologuélé par des arguments. On ne démontre pas qu’il a tort. On ne prouve pas que la persécution n’existe pas. Non, on le menace de poursuites pénales.

 

C’est la méthode classique des dictatures : criminaliser la critique. Transformer la dénonciation des abus en “offense” punissable par la loi. Faire taire les opposants non pas en répondant à leurs arguments, mais en les menaçant de prison.

 

Sixième élément : ce que la lettre ne dit PAS.

 

Ce qui est le plus révélateur dans cette réponse, c’est ce qu’elle ne dit pas. Dologuélé a posé dans sa lettre des questions précises, factuelles, documentées. Namsio ne répond à aucune.

 

Dologuélé demande : pourquoi mon certificat de nationalité délivré en 1994 n’a-t-il jamais été annulé par une décision de justice ? Pas de réponse de Namsio.

 

Dologuélé demande : comment puis-je être député en exercice et apatride en même temps ? Pas de réponse de Namsio.

 

Dologuélé demande : pourquoi moi seul suis visé alors que des centaines de personnalités au gouvernement et à l’Assemblée ont aussi une double nationalité ? Pas de réponse de Namsio.

 

Dologuélé énumère huit ans de persécution : le dossier médical frauduleux de 2017, l’empêchement de se soigner en 2021, la confiscation du passeport, la demande de levée d’immunité, la Constitution truquée de 2023. Namsio ne répond à aucune de ces accusations. Il ne les nie pas. Il ne les justifie pas. Il les ignore complètement.

 

Ce silence est un aveu. Quand on ne répond pas à des accusations précises et documentées, c’est qu’on ne peut pas les réfuter. Quand on ne nie pas, c’est qu’on reconnaît implicitement.

 

Septième élément : l’hypocrisie finale sur la “courtoisie”.

 

Namsio termine sa lettre par cette phrase condescendante : “Tout en vous exhortant humblement à ne pas pécher lorsque vous vous mettez en colère, je vous prie d’agréer, Monsieur le Député, l’expression de ma considération distinguée.”

 

“Ne pas pécher lorsque vous vous mettez en colère”. C’est une référence biblique (Psaume 4:4 et Éphésiens 4:26). Namsio donne à Dologuélé des conseils spirituels. Il lui dit de ne pas se mettre en colère, de rester calme, d’accepter tranquillement son sort.

 

C’est l’arrogance suprême du bourreau qui conseille à sa victime de ne pas crier pendant la torture. On te persécute depuis huit ans, on te déclare apatride, on menace de te poursuivre en justice pour avoir protesté, mais toi, reste calme, ne te mets pas en colère, sois “courtois”.

 

Cette hypocrisie pieuse est écœurante. Le régime qui massacre des civils avec Wagner, qui affame le peuple, qui vole les ressources du pays, donne des leçons de moralité à un opposant qui dénonce pacifiquement ces crimes.

 

La réponse de la Présidence est un aveu de faiblesse

 

Au final, cette lettre de Namsio ne répond à rien. Elle se plaint du ton. Elle prétend que Touadéra n’y est pour rien. Elle invoque l’indépendance d’institutions qui n’ont aucune indépendance. Elle fait un argument malhonnête sur la loi de 1961. Et elle menace Dologuélé de poursuites pénales.

 

Mais elle ne réfute aucune des accusations de Dologuélé. Elle ne répond à aucune de ses questions. Elle ne justifie aucun des actes de persécution documentés dans la lettre.

 

Cette absence de réponse est un aveu. Le régime Touadéra ne peut pas défendre ses actes parce qu’ils sont indéfendables. Il ne peut pas justifier la persécution de Dologuélé parce qu’elle est injustifiable. Il ne peut pas expliquer le paradoxe du député apatride parce que c’est un monstre juridique sans logique.

 

Alors le régime fait ce qu’il fait toujours : il menace. Il intimide. Il brandit le Code pénal. Il parle d’“offense au Chef de l’État”. Il se “réserve le droit de choisir les outils juridiques appropriés”.

 

Mais ces menaces ne changeront rien. Dologuélé a dit la vérité. Les Centrafricains ont lu sa lettre. Ils ont vu les faits. Et maintenant ils ont aussi lu la réponse pathétique du régime qui confirme tout ce que Dologuélé a dénoncé.

 

Le régime Touadéra vient de perdre ce round. Complètement chaos.

 

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Sylvie Baïpo-Temon, Thierry Kamach, Annie-Michelle Mouanga , Pierre Somsé : les ministres étrangers ou potentiellement apatrides de Touadéra qui violent la loi qu’il impose à ses opposants

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Sylvie Baïpo-Temon, Thierry Kamach, Annie-Michelle Mouanga , Pierre Somsé : les ministres étrangers ou potentiellement apatrides de Touadéra qui violent la loi qu’il impose à ses opposants

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/10/Mme-Sylvie-Baipo-Temon-ministre-centrafricaine-des-Affaires-Etrangeres.jpg” data-wpel-link=”internal”>Mme Sylvie Baïpo-Temon , ministre centrafricaine des Affaires Étrangères
Mme-Sylvie-Baipo-Temon-ministre-centrafricaine-des-Affaires-Etrangeres – Accord entre la Turquie et la Centrafrique : l’uranium de Bakouma sera exploité par une société Turque

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Pendant que le régime Touadéra utilise la Constitution de 2023 et la loi de 1961 pour déclarer Anicet-Georges Dologuélé apatride et l’écarter de la course présidentielle, son propre gouvernement est rempli de ministres qui violent exactement les mêmes dispositions. La différence ? Ces ministres sont des alliés de Touadéra, donc la loi ne s’applique pas à eux. Elle ne s’applique qu’aux opposants politiques.

 

Cette hypocrisie démontre que Touadéra n’applique pas la loi de manière égale. Il l’utilise comme une arme politique pour neutraliser ses adversaires tout en protégeant ses complices. Examinons quelques cas qui expliquent parfaitement cette double mesure scandaleuse.

 

Sylvie Baïpo-Temon : la ministre des Affaires Étrangères française

 

Sylvie Baïpo-Temon occupe actuellement le poste de ministre des Affaires Étrangères de la Centrafrique. Mais selon la loi que Touadéra applique contre Dologuélé, elle ne devrait même pas être centrafricaine.

 

Voici son parcours : Sylvie est partie en France grâce à sa maman qui s’est mariée à un Français. Le mari français de sa mère a adopté Sylvie et ses frères et sœurs. Ils sont tous partis vivre en France. Sylvie a fait ses études en France où elle a obtenu un BTS. Elle a ensuite travaillé comme agent commercial à BNP Paribas, une banque française.

 

À travers l’adoption par son beau-père français et son installation en France, Sylvie Baïpo-Temon a acquis la nationalité française. Selon la loi de 1961 que le régime brandit maintenant contre Dologuélé, toute personne qui acquiert une nationalité étrangère perd automatiquement sa nationalité centrafricaine.

 

Donc, selon la propre logique du régime Touadéra, Sylvie Baïpo-Temon a perdu sa nationalité centrafricaine quand elle a acquis la nationalité française. Elle n’est plus centrafricaine, elle est française. Et pourtant, elle occupe le poste de ministre des Affaires Étrangères de la Centrafrique.

 

Comment est-ce possible ? Comment une personne qui, selon la loi de 1961, n’est plus centrafricaine peut-elle diriger la diplomatie centrafricaine ? Comment quelqu’un qui devrait être considéré comme français peut-il représenter la Centrafrique sur la scène internationale ?

 

La réponse est simple : Sylvie Baïpo-Temon est une maîtresse de Touadéra. Grâce à sa proximité amoureuse avec le président, elle a été catapultée comme un tonnerre au poste de ministre des Affaires Étrangères. Peu importe qu’elle n’ait aucune expérience diplomatique. Peu importe que son parcours professionnel se limite à un poste d’agent commercial dans une banque française. Peu importe qu’elle ait acquis la nationalité française et donc, selon la loi de 1961, perdu sa nationalité centrafricaine.

 

Rien de tout cela ne compte parce qu’elle est une maîtresse du président. La loi ne s’applique pas à elle. Elle ne s’applique qu’aux opposants comme Dologuélé.

 

De plus, selon la nouvelle Constitution de 2023 imposée par Touadéra, pour occuper une fonction ministérielle, il faut être “centrafricain pur”, c’est-à-dire n’avoir que la seule nationalité centrafricaine. Sylvie Baïpo-Temon n’a jamais renoncé à sa nationalité française. Elle possède donc les deux nationalités. Elle ne devrait pas pouvoir être ministre selon la Constitution de 2023.

 

Mais elle l’est quand même. Parce que la Constitution, comme la loi de 1961, ne s’applique qu’aux ennemis du régime, pas à ses amis.

 

Thierry Kamach : le ministre de l’Environnement syrien

 

Thierry Kamach est ministre de l’Environnement dans le gouvernement Touadéra. Son père est syrien et sa mère est centrafricaine de Berberati. De facto, Thierry Kamach possède la nationalité syrienne par son père.

 

Selon la loi de 1961 et selon la logique appliquée contre Dologuélé, Kamach devrait avoir perdu sa nationalité centrafricaine puisqu’il possède une autre nationalité. Monsieur Kamach n’est pas centrafricain, il est syrien. Il ne devrait donc pas pouvoir occuper un poste ministériel selon la Constitution de 2023 qui exige d’être “centrafricain pur”.

 

Mais Thierry Kamach occupe quand même le poste de ministre de l’Environnement. Pourquoi ? Parce qu’il est un allié de Touadéra. La loi ne s’applique pas à lui.

 

Cette situation est d’autant plus scandaleuse qu’on est en train de déclarer Dologuélé apatride pour avoir acquis la nationalité française alors que Kamach, qui possède la nationalité syrienne, est tranquillement ministre sans que personne ne s’interroge sur sa nationalité.

 

Le régime applique deux poids, deux mesures de manière claire . Pour les opposants, la loi est appliquée avec la plus grande rigueur. Pour les alliés du président, la loi n’existe pas.

 

Annie-Michelle Mouanga : la ministre du Travail française

 

Annie-Michelle Mouanga occupe le poste de ministre du Travail. Comme nous l’avons déjà documenté dans plusieurs articles, elle possède également la nationalité française.

 

Selon la loi de 1961, elle devrait avoir perdu sa nationalité centrafricaine. Elle ne devrait pas pouvoir occuper un poste ministériel selon la Constitution de 2023. Mais elle l’occupe quand même. Pourquoi ? Parce qu’elle est une belle sœur de Touadéra.

 

Pierre Somsé : le ministre de la Santé, père congolais, mère centrafricaine

 

Pierre Somsé, ministre de la Santé, a un père congolais de RDC et une mère centrafricaine de Mambéré Kadéï. Son père a quitté Berbérati quand Pierre était encore petit et est rentré en RDC. Le fils est resté avec sa maman centrafricaine, a fait ses études en Centrafrique et est devenu docteur.

 

Dans son cas, on pourrait peut-être imaginer qu’il n’a que la nationalité centrafricaine puisque son père est parti quand il était enfant et qu’il n’a peut-être jamais acquis la nationalité congolaise. Mais même là, selon la logique stricte que le régime applique à Dologuélé, il faudrait vérifier. Possède-t-il la nationalité congolaise par son père ? Si oui, selon la loi de 1961, il devrait avoir perdu sa nationalité centrafricaine.

 

Mais personne ne pose ces questions pour Pierre Somsé. Parce qu’il est un allié de Touadéra. La loi ne s’applique pas à lui.

 

Un gouvernement de ministres étrangers

 

Il y a beaucoup de gens dans le gouvernement actuel qui ont une double nationalité. Ils devraient tous, selon la loi de 1961 brandie contre Dologuélé, avoir perdu leur nationalité centrafricaine. Ils ne devraient pas pouvoir occuper des postes ministériels selon la Constitution de 2023 qui exige d’être “centrafricain pur”.

 

Mais ils occupent quand même ces postes. Pourquoi ? Parce qu’ils sont des alliés de Touadéra. Parce que la loi ne s’applique qu’aux opposants, pas aux amis du président.

 

Cette situation est pathétique. Elle démontre que Touadéra a fait cette loi uniquement pour certaines personnes, uniquement pour ses opposants. Pour son clan, pour ses alliés, pour ses ministres, la loi ne s’applique pas.

 

C’est de la dictature pure et simple. C’est exactement ce qu’on a vu en Corée du Nord, en Russie, en Biélorussie, et dans toutes les dictatures du monde : le dirigeant utilise la loi comme une arme contre ses ennemis tout en s’en affranchissant lui-même et en protégeant ses alliés.

 

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Les activistes de la fameuse Radio Mille Collines” : Dologuélé accuse frontalement Fidèle Gouandjika d’animer une machine de propagande haineuse comparable au génocide rwandais

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Les activistes de la fameuse Radio Mille Collines” : Dologuélé accuse frontalement Fidèle Gouandjika d’animer une machine de propagande haineuse comparable au génocide rwandais

 

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Fidele-Gouandjika-avec-deux-mercenaires-russes-du-groupe-Wagner-baptise-Africa-Corps-dans-son-quartier-Boye-Rabe-a-Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les activistes de la fameuse Radio Mille Collines” : Dologuélé accuse frontalement Fidèle Gouandjika d’animer une machine de propagande haineuse comparable au génocide rwandais
Fidele Gouandjika avec deux Mercenaires russes du groupe Wagner baptisé Africa Corps dans son quartier Boye-Rabe à Bangui

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Dans sa lettre explosive du 14 octobre 2025 adressée au président Faustin-Archange Touadéra, Anicet-Georges Dologuélé ne mâche pas ses mots. Il accuse directement le ministre-conseiller Fidèle Gouandjika d’animer ce qu’il appelle “la fameuse Radio Mille Collines”, une référence glaçante à la station de radio rwandaise qui a instrumenté le génocide de 1994.

 

Voici les passages clés de cette accusation dans la lettre de Dologuélé :

 

“Maintenant que je n’ai plus que la seule nationalité centrafricaine, il devient sans objet de me demander une réintégration. Les activistes de la fameuse Radio Mille Collines qui annoncent cette décision depuis deux ans semblent s’être laissés déborder par leur trop-plein de haine, ce qui les a empêchés d’avoir de la méthode dans la mise en œuvre de leur plan satanique”.

 

Plus loin, Dologuélé enfonce le clou : “Pour aller jusqu’au bout de votre démarche, vous devrez ensuite prendre un décret pour les démettre de leurs fonctions et les obliger à se conformer à la formalité d’introduire une demande de réintégration dans la nationalité centrafricaine. Votre ministre conseiller, animateur de Radio Mille Collines, le suggère avec beaucoup de gourmandise depuis quelques jours.”

 

Ces deux références ne laissent aucun doute : Dologuélé désigne clairement Fidèle Gouandjika, ministre-conseiller de Touadéra, comme l’animateur principal d’une machine de propagande qu’il compare à la Radio-Télévision Libre des Mille Collines (RTLM), la station qui a instrumenté le génocide rwandais en 1994.

 

Cette comparaison est d’une gravité extrême. La Radio Mille Collines n’était pas simplement une radio de propagande gouvernementale. C’était un instrument de génocide. Ses animateurs appelaient ouvertement à l’extermination des Tutsis, les désignaient comme des “cafards” à éliminer, coordonnaient les massacres en direct, et créaient un climat de haine qui a mené à l’assassinat de près d’un million de personnes en 100 jours.

 

Plusieurs animateurs de la RTLM ont été condamnés par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda pour incitation directe et publique à commettre le génocide, un crime contre l’humanité. Ces condamnations ont établi un précédent juridique important : les médias qui incitent à la haine et à la violence, même sans participer directement aux massacres, portent une responsabilité criminelle.

 

Quand Dologuélé accuse Fidèle Gouandjika d’animer une “Radio Mille Collines” en Centrafrique, il ne fait pas une comparaison légère ou exagérée à des fins rhétoriques. Il lance une accusation précise et documentée : Gouandjika utilise sa position de ministre-conseiller et son accès aux médias pro-régime pour mener une campagne de propagande haineuse comparable à celle qui a préparé le génocide rwandais.

 

Examinons de près les éléments de cette accusation graves.

Premièrement, Dologuélé affirme que “les activistes de la fameuse Radio Mille Collines annoncent cette décision depuis deux ans”. Cela signifie que Gouandjika et ses complices dans les médias pro-régime préparaient depuis deux ans la décision de déclarer Dologuélé apatride. Ils créaient le terrain médiatique, manipulaient l’opinion publique, diabolisaient Dologuélé comme un “Français”, un “étranger”, quelqu’un qui n’avait pas sa place dans la politique centrafricaine.

 

Cette campagne de deux ans n’était pas simplement de la propagande politique normale. C’était une campagne de déshumanisation. En présentant Dologuélé comme un étranger, comme quelqu’un qui n’est “pas vraiment centrafricain”, Gouandjika et sa Radio Mille Collines créaient les conditions pour que les Centrafricains acceptent son exclusion de la vie politique, et potentiellement pire.

 

Deuxièmement, Dologuélé parle du “trop-plein de haine” qui anime ces activistes de la Radio Mille Collines. Ce n’est pas une critique politique ordinaire. Dologuélé identifie la haine comme le moteur principal de cette propagande. Pas la défense d’un projet politique, pas la promotion d’une vision pour le pays, mais la haine pure et simple.

 

Cette haine est visible dans tous les contenus diffusés par les médias contrôlés par Gouandjika. Les opposants ne sont pas simplement critiqués pour leurs idées, ils sont diabolisés, déshumanisés, présentés comme des ennemis à abattre. Dologuélé est traité de “Français”, de “traître”, d’“ennemi du peuple”. D’autres opposants sont accusés de “comploter avec des forces étrangères”, de “vouloir détruire le pays”, d’“être à la solde de puissances hostiles”.

 

Cette rhétorique de diabolisation est exactement celle qu’utilisait la Radio Mille Collines au Rwanda. Les Tutsis n’étaient pas présentés comme des adversaires politiques, mais comme des ennemis existentiels, des “cafards” qu’il fallait exterminer pour que les Hutus puissent vivre. Les médias de Gouandjika utilisent les mêmes techniques : ils présentent les opposants comme des menaces existentielles qu’il faut éliminer de la vie politique, et potentiellement de manière plus radicale.

 

Troisièmement, Dologuélé accuse ces activistes d’avoir un “plan satanique”. Ce terme n’est pas anodin dans la bouche d’un homme politique expérimenté comme Dologuélé. Il confirme que la campagne menée par Gouandjika ne vise pas simplement à gagner des Élections, mais à détruire complètement les opposants, à les anéantir politiquement et peut-être physiquement.

 

Le “plan satanique” dont parle Dologuélé consiste à utiliser toutes les armes juridiques, médiatiques, et potentiellement violentes pour éliminer toute opposition à Touadéra. La déclaration d’apatridie n’est qu’un élément de ce plan. La diabolisation médiatique en est un autre. La création d’un climat de haine où la violence contre les opposants devient acceptable en est un troisième.

 

Quatrièmement, Dologuélé affirme que Gouandjika, “animateur de Radio Mille Collines, suggère avec beaucoup de gourmandise” d’étendre la déchéance de nationalité à d’autres personnalités centrafricaines. Cette “gourmandise” est révélatrice. Gouandjika ne se contente pas de défendre une position juridique, il prend un plaisir sadique à l’idée de détruire ses adversaires.

 

Cette jouissance dans la destruction de l’autre est caractéristique des propagandistes génocidaires. Les animateurs de la RTLM prenaient un plaisir évident à déshumaniser les Tutsis, à appeler à leur extermination, à coordonner les massacres. Ils riaient, plaisantaient, se réjouissaient du nombre de morts. Quand Dologuélé parle de la “gourmandise” de Gouandjika, il identifie exactement cette même dynamique psychologique : un plaisir malsain tiré de la destruction de l’adversaire.

 

L’accusation de Dologuélé est donc extrêmement précise et extrêmement grave. Il ne dit pas simplement que Gouandjika fait de la propagande pour le régime. Il dit que Gouandjika anime une machine de propagande haineuse comparable à celle qui a préparé le génocide rwandais. Il dit que cette machine utilise les mêmes techniques de déshumanisation, de diabolisation, et d’incitation à la haine. Il dit qu’elle poursuit un “plan satanique” visant à détruire complètement les opposants.

 

Cette accusation doit être prise au sérieux. Parce que l’histoire montre que la propagande haineuse mène à la violence. La Radio Mille Collines a mené au génocide rwandais. Radio Machete en Côte d’Ivoire a contribué aux violences post-électorales. Les médias extrémistes en ex-Yougoslavie ont préparé le terrain pour les nettoyages ethniques.

 

La Centrafrique est un pays fragile, déjà ravagé par des violences intercommunautaires. La présence de Wagner et d’autres groupes armés crée un climat d’insécurité permanente. Les tensions ethniques et religieuses existent sous la surface. Dans ce contexte, une propagande haineuse comme celle menée par Gouandjika peut avoir des conséquences catastrophiques.

 

Dologuélé, dans sa lettre, établit également le lien entre cette propagande et les actions concrètes du régime. La déclaration d’apatridie n’est pas simplement une manœuvre juridique, c’est l’aboutissement d’une campagne médiatique de deux ans menée par la Radio Mille Collines de Gouandjika. La propagande prépare le terrain, puis le régime agit juridiquement et potentiellement de manière plus violente.

 

Ce schéma est exactement celui qu’on a vu au Rwanda. La Radio Mille Collines a d’abord créé le climat de haine, déshumanisé les Tutsis, préparé psychologiquement la population à accepter leur extermination. Puis les massacres ont commencé, et la radio les a coordonnés en temps réel.

 

En Centrafrique, la Radio Mille Collines de Gouandjika crée le climat de haine, déshumanise les opposants, prépare psychologiquement la population à accepter leur exclusion et potentiellement leur élimination. Puis le régime agit : déclaration d’apatridie pour Dologuélé, arrestations arbitraires pour d’autres opposants, massacres commis par Wagner contre les populations civiles.

 

Fidèle Gouandjika doit comprendre qu’il ne pourra pas éternellement se cacher derrière sa fonction de ministre-conseiller pour diffuser de la propagande haineuse. Les animateurs de la Radio Mille Collines pensaient aussi qu’ils étaient intouchables. Ils ont fini condamnés à la prison à perpétuité par le TPIR.

 

Si Gouandjika continue sur cette voie, s’il continue à animer sa “Radio Mille Collines” centrafricaine, s’il continue à inciter à la haine contre les opposants, il finira lui aussi devant la justice internationale. Et ce jour-là, il ne pourra pas dire qu’il ne savait pas. Dologuélé, dans sa lettre, l’a explicitement averti en le comparant à la Radio Mille Collines.

 

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Ouadda-Maïkaga  : le capitaine des FACA coupe l’internet pour punir la population après la publication du CNC

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Ouadda-Maïkaga  : le capitaine des FACA coupe l’internet pour punir la population après la publication du CNC

 

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Patrouille des soldats FACA

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

L’arbitraire et l’abus de pouvoir atteignent un nouveau sommet à Ouadda-Maïkaga. Le capitaine de l’armée, chef du détachement des FACA dans cette localité de la Haute-Kotto, a autorisé la coupure du réseau internet pour punir la population qu’il accuse d’avoir “trahi” son nom en fournissant des informations à Corbeau News Centrafrique.

 

Depuis jeudi dernier, 16 octobre 2025, la connexion internet est coupée à Ouadda-Maïkaga . La raison ? La publication par le CNC d’un article sur les désertions des soldats FACA dans cette garnison et sur les conditions de vie déplorables qu’ils y endurent, y compris ses agissements criminels. Furieux de voir son nom associé à cette situation catastrophique, le capitaine a décidé de se venger sur la population en coupant le réseau internet.

 

Ce capitaine, devenu un petit roi local qui fait ce qu’il veut sans craindre aucune sanction, a non seulement ordonné la coupure du réseau, mais exige maintenant que la population paie pour sa réinstallation avant qu’il n’autorise la réouverture de la connexion.

 

Cette décision idiomatique et pathétique prive toute la population d’Ouadda de la possibilité de communiquer avec leurs familles à Bria, à Bangui ou ailleurs. Les habitants ne peuvent plus passer d’appels internet, envoyer des messages, faire des transferts d’argent mobile, ou accéder aux informations en ligne. Tout cela parce qu’un capitaine irascible ne supporte pas que ses abus soient dénoncés publiquement.

 

L’installation de ce réseau internet à Ouadda avait été une démarche longue et difficile menée par le député de la circonscription lui-même. Il avait fait des efforts considérables pour que cette localité isolée puisse enfin avoir accès à internet. Cette connexion permettait à la population de rester en contact avec le reste du pays, de faire du commerce en ligne, d’accéder aux informations, de communiquer avec leurs proches.

 

Mais d’un seul coup, sur un caprice, ce capitaine a décidé de priver toute une ville de cette connexion vitale. Il pense qu’en coupant internet, le CNC ne pourra plus avoir d’informations sur Ouadda et sur son comportement. Il se trompe complètement.

 

L’information, même sans réseau internet, continue à circuler. Le CNC a toujours des sources à Ouadda qui trouvent des moyens de faire parvenir les informations. Des gens se déplacent vers Bria où il y a du réseau pour transmettre les nouvelles. D’autres utilisent les réseaux satellitaires. L’information trouve toujours son chemin, même quand les autocrates locaux essaient de la bloquer.

 

En coupant internet, ce capitaine ne fait que confirmer tout ce que le CNC a écrit sur lui. Il confirme qu’il est un tyran local. Il confirme qu’il abuse de son pouvoir. Il confirme qu’il ne se soucie pas du bien-être de la population. Il confirme qu’il est prêt à punir collectivement toute une ville pour protéger sa réputation personnelle.

 

Ce capitaine pense que c’est la population d’Ouadda qui l’a “trahi” en racontant “n’importe quoi” sur son nom au CNC. Mais ce que le CNC a publié n’est pas “n’importe quoi”. Ce sont des faits vérifiés sur les désertions répétées des soldats, sur les conditions de vie déplorables, sur le détournement de l’argent des barrières de racket par l’adjudant-chef du détachement.

 

Si ce capitaine veut que le CNC arrête de publier sur lui, il n’a qu’à arrêter ses mauvais comportements. Il n’a qu’à améliorer les conditions de vie de ses soldats pour qu’ils arrêtent de déserter. Il n’a qu’à assurer la transparence dans la gestion de l’argent collecté dans le marché central et aux barrières. Il n’a qu’à traiter la population avec respect plutôt qu’avec mépris.

 

Mais non. Au lieu de se remettre en question, ce capitaine préfère punir la population. Il coupe internet. Il exige que les habitants paient pour la réinstallation. Il se comporte comme un seigneur de guerre qui a tous les droits sur son territoire.

 

Et le pire, c’est qu’il a raison de penser qu’il ne sera pas sanctionné. Dans la Centrafrique de Touadéra, l’impunité est totale pour les militaires qui abusent de leur pouvoir. Ce capitaine sait qu’il peut faire ce qu’il veut sans conséquence. Il peut couper internet. Il peut racketter la population. Il peut même tuer si l’envie lui en prend. Personne ne le touchera.

 

Le président Touadéra ne le sanctionnera pas. Le chef d’état-major de l’armée ne le sanctionnera pas. Le ministre de la Défense ne le sanctionnera pas. Personne ne fera rien parce que c’est comme ça que fonctionne ce régime. Les militaires ont carte blanche pour faire ce qu’ils veulent à la population.

 

Ce capitaine est devenu le petit roi de Ouadda-Maïkaga . Il décide qui a droit à internet et qui n’y a pas droit. Il décide qui peut communiquer avec l’extérieur et qui ne le peut pas. Il peut emballer toute la ville dans sa poche et voyager avec. Il a un pouvoir absolu dans sa petite juridiction.

 

Cette situation montre l’état de décomposition de l’État centrafricain. Dans une ville isolée comme Ouadda, le représentant de l’État n’est plus un sous-préfet civil qui applique la loi. C’est un capitaine militaire qui fait régner sa loi personnelle. Et cette loi personnelle est arbitraire, capricieuse, vindicative.

 

La population de Ouadda-Maïkaga  subit une double peine. D’abord, elle vit dans l’insécurité permanente à cause de l’encerclement par les groupes rebelles. Ensuite, elle est opprimée par les soldats censés la protéger. Les soldats la rackettent aux barrières. Leur chef la punit collectivement en coupant internet. Et maintenant, ce même chef exige qu’elle paie pour rétablir le service qu’il a lui-même coupé arbitrairement.

 

C’est de l’extorsion pure et simple. Le capitaine utilise son pouvoir militaire pour extorquer de l’argent à la population. Il coupe un service essentiel, puis exige un paiement pour le rétablir. C’est du racket institutionnalisé.

 

Le député de Ouadda-Maïkaga  , qui avait fait tant d’efforts pour obtenir l’installation de ce réseau internet, doit être furieux de voir son travail détruit par un caprice militaire. Il devrait interpeller le gouvernement, exiger des sanctions contre ce capitaine, demander le rétablissement immédiat du réseau sans condition.

 

Mais dans le système actuel, les députés n’ont aucun pouvoir face aux militaires. Même si le député d’Ouadda protestait, personne ne l’écouterait. Les militaires font ce qu’ils veulent, et les représentants élus du peuple ne peuvent rien faire.

 

Cette affaire montre aussi l’hypocrisie du régime Touadéra sur la question de l’accès à internet. Le gouvernement prétend vouloir développer les infrastructures de communication dans tout le pays. Il parle de transformation digitale, d’inclusion numérique, de connectivité pour tous. Mais dans les faits, un capitaine peut couper internet dans toute une ville sur un coup de tête, et personne ne dit rien.

 

Le message envoyé à la population de Ouadda-Maïkaga  est clair : vous n’avez pas de droits. Vous êtes à la merci des caprices d’un militaire. Si vous osez vous plaindre de votre situation, vous serez punis. Si des journalistes rapportent vos plaintes, vous serez punis collectivement. Votre seul droit est de vous taire et de subir.

 

Mais la population de Ouadda-Maïkaga  ne se taira pas. Malgré la coupure d’internet, l’information continue à circuler. Le CNC continue à recevoir des informations sur ce qui se passe dans cette ville. Et nous continuerons à publier ces informations parce que c’est notre rôle de documenter les abus de pouvoir, où qu’ils se produisent.

 

Ce capitaine peut couper internet. Il peut menacer. Il peut punir. Mais il ne peut pas arrêter l’information. Il ne peut pas empêcher la vérité de sortir. Et il ne peut pas échapper à la responsabilité de ses actes, même si le régime Touadéra refuse de le sanctionner.

Bienvenue dans la Centrafrique de 2025, où un capitaine peut couper internet à toute une ville parce qu’il n’aime pas ce qu’un journal écrit sur lui. Bienvenue dans ce régime d’impunité totale où les militaires font ce qu’ils veulent à la population sans craindre aucune sanction. Bienvenue dans cet État en décomposition où les représentants de l’autorité sont devenus des petits rois locaux qui règnent par la terreur et l’arbitraire.

 

 

Moïse Banafio

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Ouham-Pendé : un soldat FACA tire sur un jeune à Kounang, tensions entre la population et l’armée

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Ouham-Pendé : un Soldat FACA tire sur un jeune à Kounang, tensions entre la population et l’armée

 

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Un soldat FACA basé à Paoua, dans lim-Pendé

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Dans la nuit de jeudi à vendredi, un incident grave s’est produit à Kounang, PK 7 de Ndim sur l’axe Ngaoundaye, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé. Un malentendu a opposé un jeune de la localité à un élément des Forces Armées Centrafricaines (FACA). Suite à cet incident, le militaire a fait usage de son arme, tirant deux balles sur le jeune homme.

 

La victime, grièvement blessée, a été transférée à l’hôpital de Bocaranga pour des soins intensifs. Son état est sérieux.

 

Cette situation a créé une forte tension le lendemain matin du vendredi 17 octobre à Kounang entre les jeunes de la localité et les éléments des FACA. Certains jeunes demandent le départ immédiat des militaires de Kounang, considérant que leur présence est une source d’insécurité plutôt que de protection.

 

Ce type d’incident n’est malheureusement pas rare en Centrafrique. Les militaires des FACA, mal formés, mal encadrés, souvent non payés, se comportent fréquemment comme des voyous plutôt que comme des soldats professionnels. Ils rackettent la population, ils menacent, ils tirent sur des civils pour des motifs futiles.

 

Un “malentendu” avec un jeune ne justifie en aucun cas de tirer deux balles sur lui. Quel que soit la nature de ce malentendu, l’usage de l’arme à feu contre un civil non armé est disproportionné et constitue une violation grave des règles d’engagement militaire.

 

Mais dans les FACA de Touadéra, il n’y a pas de règles d’engagement. Il n’y a pas de discipline. Il n’y a pas de sanction pour les militaires qui abusent de leur pouvoir. Les soldats savent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent à la population sans conséquences.

 

La tension à Kounang est compréhensible. Les jeunes de la localité voient un des leurs abattu par ceux qui sont censés les protéger. Ils sont en colère. Ils veulent que les militaires partent. Et ils ont raison.

 

Cette situation pourrait dégénérer si elle n’est pas gérée rapidement et correctement. Si le militaire responsable n’est pas arrêté et sanctionné, si la victime ne reçoit pas justice, la colère des jeunes de Kounang pourrait exploser. Des affrontements entre la population et les FACA pourraient avoir lieu. Et cela pourrait se propager dans toute la région.

 

Corbeau News Centrafrique continuera de suivre cette affaire et publiera des mises à jour dès que de nouvelles informations seront disponibles sur l’état de la victime et sur les suites données à cet incident.

 

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Le Conseil des ministres, transformé en centre commercial des permis miniers, vient d’octroyer à nouveau 8 licence aux étrangers

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Le Conseil des ministres, transformé en centre commercial des permis miniers, vient d’octroyer à nouveau 8 licence aux étrangers

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/ruffin-benam-beltoungou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le Conseil des ministres, transformé en centre commercial des permis miniers, vient d’octroyer à nouveau 8 licence aux étrangers
Rufin Benam Beltoungou, ministre centrafricain des Mines et de la géologie

 

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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le Conseil des ministres du 2 octobre 2025 s’est encore transformé en véritable centre commercial des permis miniers. À chaque séance, de nouveaux permis s’ajoutent à la liste, comme dans un marché hebdomadaire où l’État distribue ses richesses naturelles au plus offrant.

 

Cette fois, le ministre des Mines a présenté huit nouveaux décrets, tous destinés à des sociétés privées dont certaines sont à peine connues du grand public. Trois permis d’exploitation industrielle de grandes mines vont à la société UAE Investment Searle, un autre à la société arabe Minesale, trois permis de petites mines à l’entreprise Industrie minière de l’or Imo Sale, et un à la société Semiga HW Lepo Sale. Deux autres permis de grandes mines sont attribués à la société Dents de Dieu, un permis de recherche à AdMog Gold Holding, un autre à Geodata Solution Sale, et enfin un agrément d’achat d’or et de diamant à la société arabe SAAL.

 

Le ministre a justifié ces multiples attributions en invoquant la Politique nationale de promotion des investissements miniers et le respect du code minier du 21 août 2024. Sur le papier, tout semble conforme : chaque société aurait signé une convention minière et payé les frais exigés.

 

En réalité, ce code minier est devenu une simple vitrine légale qui permet de couvrir la privatisation progressive du sous-sol centrafricain. Les sociétés se succèdent, les noms changent, mais les bénéficiaires réels restent les mêmes. Derrière ces sociétés aux noms complexes se cachent souvent les mêmes réseaux d’influence, les mêmes intermédiaires, les mêmes décideurs qui se partagent les richesses du pays.

 

Le Conseil a reconnu la “faiblesse de la production minière” et a exhorté le ministre à améliorer la qualité et le volume de la production. Mais cette remarque, répétée à chaque réunion, ne change rien : les permis se multiplient, la production stagne, et l’État ne voit jamais la couleur des recettes.

 

Cette contradiction est au cœur du système : on distribue des centaines de permis miniers chaque année, mais la production reste faible et les recettes de l’État n’augmentent pas. Où va la production de toutes ces mines ? Pourquoi l’État qui distribue les permis ne perçoit-il pas les revenus correspondants ?

 

Chaque attribution devient une transaction politique déguisée, chaque convention une porte ouverte sur un futur détournement. Derrière les mots “promotion des investissements”, il faut lire : distribution organisée des richesses du pays à des réseaux d’influence.

 

Les sociétés émiraties, arabes, chinoises, russes se succèdent au Conseil des ministres pour recevoir leurs permis. Certaines n’ont aucune expérience minière avérée. D’autres sont créées quelques mois avant d’obtenir leurs permis. Mais toutes repartent avec des droits d’exploitation sur les richesses centrafricaines.

 

Depuis l’adoption du nouveau code minier, le gouvernement a fait du Conseil des ministres une véritable chaîne de distribution. Chaque semaine, le pays cède un morceau de son sous-sol à une société étrangère ou à une filiale créée pour la circonstance.

 

Le code minier, censé protéger les intérêts de la République, sert désormais à les brader légalement. Les signatures s’enchaînent, les décrets s’accumulent, et les mines passent de main en main sans jamais profiter au peuple centrafricain. Ce code a été conçu non pas pour réguler l’exploitation minière dans l’intérêt national, mais pour faciliter le pillage organisé des ressources.

 

Les conventions minières signées avec ces sociétés restent secrètes. Personne ne connaît les termes exacts : quel pourcentage de la production revient à l’État ? Quelles sont les obligations fiscales de ces sociétés ? Quels sont les mécanismes de contrôle ? Cette opacité totale cache évidemment des conditions scandaleusement favorables aux sociétés et désastreuses pour l’État.

 

Le texte adopté le 2 octobre sera encore transmis à la signature du président. Officiellement, il s’agit de “booster l’économie”. En réalité, c’est le même scénario : l’État cède, les sociétés encaissent, et le pays s’appauvrit.

 

Cette politique minière catastrophique enrichit quelques individus au sommet de l’État qui touchent des commissions sur chaque permis attribué. Les décideurs qui signent ces décrets reçoivent leur part. Les intermédiaires qui mettent en relation les sociétés et le gouvernement empochent leurs commissions. Seul l’État centrafricain et sa population ne voient rien.

 

Le Conseil des ministres, censé défendre l’intérêt général, est devenu le plus grand centre commercial du pays – un centre de distribution où les permis miniers se vendent comme des marchandises. Les ministres se réunissent non pas pour gouverner, mais pour signer des permis qui bradent les richesses nationales.

 

Pendant que le gouvernement distribue des permis miniers à tour de bras, les Centrafricains s’appauvrissent. Le taux de pauvreté est passé de 53% à 67% sous Touadéra. Les routes sont détruites. Les écoles manquent de tout. Les hôpitaux n’ont pas de médicaments. Mais les permis miniers, eux, sont distribués généreusement à des sociétés étrangères.

 

La Centrafrique possède d’immenses richesses minières : or, diamant, uranium, pétrole. Ces richesses devraient permettre de développer le pays, de construire des routes, des écoles, des hôpitaux. Au lieu de cela, elles sont bradées à des sociétés qui les exploitent sans rien laisser au pays.

 

Ce système de pillage organisé ne profite qu’à une petite élite corrompue au sommet de l’État et aux sociétés étrangères qui exploitent les mines. Le peuple centrafricain, propriétaire légitime de ces richesses, ne voit rien. Il continue de s’appauvrir pendant que son sous-sol est vidé par des sociétés dont personne ne connaît les actionnaires réels.

 

Le Conseil des ministres du 2 octobre 2025 restera dans les annales comme un nouvel épisode de cette braderie nationale organisée. Huit nouveaux permis distribués, huit nouvelles sociétés autorisées à exploiter les richesses centrafricaines, et toujours la même question sans réponse : où vont les revenus de toutes ces mines ?

 

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Élections fantômes : l’ANE paie des taxi-motos pour supplier les Centrafricains de se présenter, mais personne ne veut participer à la parodie d’élections de Touadéra

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Élections fantômes : l’ANE paie des taxi-motos pour supplier les Centrafricains de se présenter, mais personne ne veut participer à la parodie d’Élections de Touadéra

 

Les moto taximens appelés en renfort par l'ANE afin de faire des campagnes dans les quartiers demandant aux citoyens d'aller déposer leurs candidatures aux élections du 28 décembre 2025
Les moto taximens appelés en renfort par l’ANE afin de faire des campagnes dans les quartiers demandant aux citoyens d’aller déposer leurs candidatures aux Élections du 28 décembre 2025

 

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Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Pour la première fois dans l’histoire de la République Centrafricaine, l’Autorité Nationale des Élections (ANE) a lancé une campagne désespérée pour supplier les Centrafricains de déposer leurs candidatures aux Élections du 28 décembre 2025. Depuis l’ouverture du dépôt des candidatures le 2 octobre dernier, l’ANE a recruté des jeunes conducteurs de taxi-motos, leur a donné des gilets estampillés “ANE”, les a payés pour sillonner les quartiers de Bangui avec des mégaphones en criant : “Venez déposer vos dossiers de candidature !”

 

Cette situation inédite et pathétique montre l’ampleur du rejet populaire des élections organisées par le régime Touadéra. Personne ne veut participer. Le silence est total. Les Centrafricains ont compris que ces élections ne sont qu’une parodie, une nomination déguisée en scrutin démocratique.

 

Les chiffres sont accablants. Pour l’Assemblée Nationale qui compte environ 145 sièges de députés, l’ANE n’a reçu que 300 et quelques dépôts de candidatures au moment de la clôture le 11 octobre. C’est largement inférieur au nombre normalement attendu pour des élections législatives crédibles. Pour les élections communales, c’est encore pire : les candidatures sont quasi-inexistantes.

 

Qui a déposé ces 300 candidatures ? Principalement le MCU, le parti de Touadéra. Et de manière révélatrice, le MCU a mis en place une stratégie cynique : pour chaque circonscription, il présente un candidat officiel MCU ET un candidat “indépendant” qui est en réalité aussi du MCU. Cette astuce permet au MCU de monopoliser les candidatures et de créer l’illusion d’une compétition là où il n’y en a aucune.

 

Tu trouves donc dans chaque circonscription un candidat officiel du MCU et un candidat soi-disant indépendant mais qui est en fait du MCU. Peu importe qui “gagne”, c’est le MCU qui remporte le siège. C’est le MCU qui remplit à lui seul la majorité des demandes de candidature. Les vrais partis d’opposition, les vrais candidats indépendants, brillent par leur absence.

 

Ce désintérêt massif a poussé l’ANE à prendre des mesures désespérées. Au lieu de s’interroger sur les raisons de ce boycott, au lieu de créer les conditions d’élections crédibles qui donneraient envie aux gens de participer, l’ANE a décidé de faire de la publicité pour recruter des candidats.

 

Des jeunes conducteurs de taxi-motos ont été recrutés et payés par l’ANE. On leur a donné des gilets aux couleurs de l’ANE. On leur a remis des mégaphones. Et on les a envoyés dans différents quartiers de Bangui pour crier : “Venez déposer vos candidatures ! Présentez-vous aux élections !”. Ces jeunes sillonnent les rues depuis plusieurs jours, répétant inlassablement leur message, essayant de convaincre les Centrafricains de participer à des élections auxquelles personne ne croit.

 

Cette campagne de l’ANE pour recruter des candidats est sans précédent. Jamais dans l’histoire du pays une institution électorale n’a dû supplier les citoyens de se présenter aux élections. Cela montre le degré de rejet de ces élections par la population. Les Centrafricains ont compris que c’est une comédie pathétique et ils refusent d’y participer, même comme candidats.

 

Malgré cette campagne intensive, malgré les jeunes en gilets ANE qui crient dans les mégaphones, malgré l’argent dépensé pour payer ces taxi-motos, le résultat est zéro. Les gens ne viennent pas. Ils ne veulent pas déposer leurs candidatures. Le silence est assourdissant.

 

L’exemple le plus frappant de ce rejet est la ville de Birao, dans la préfecture de la Vakaga. Du 2 octobre au 6 octobre, aucun candidat n’a déposé de dossier à Birao. Zéro candidature. Pendant quatre jours, le bureau de l’ANE à Birao est resté vide. Personne n’est venu. On ne sait pas si des candidatures ont été déposées dans les derniers jours avant la clôture le 11 octobre, mais le fait qu’aucun candidat ne se soit présenté pendant les quatre premiers jours est révélateur.

 

À Birao, les jeunes avaient déjà clairement dit à Hassan Bouba qu’ils ne voulaient pas de son association “100% Touadéra” dans leur ville. Ce refus s’étend maintenant aux élections elles-mêmes. Les habitants de Birao boycottent massivement ce scrutin truqué.

 

Cette situation est grave pour l’ANE et pour le régime Touadéra. Comment peut-on organiser des élections quand personne ne veut se présenter ? Comment peut-on prétendre que c’est un scrutin démocratique quand il faut payer des taxi-motos pour supplier les gens de déposer leurs candidatures ?

 

Les Centrafricains ont bien compris. Ils ont compris que ces élections ne sont pas de vraies élections. Ils ont compris que Touadéra va faire un coup de force. Ils ont compris que ce ne sera pas une élection mais une nomination. Ils ont compris qu’il ne sert à rien de dépenser son argent pour payer les frais de candidature, pour perdre son argent pour rien.

 

Pourquoi payer une caution de plusieurs millions de francs CFA pour participer à des élections dont le résultat est écrit d’avance ? Pourquoi se présenter quand on sait que le MCU va “gagner” de toute façon parce qu’il contrôle l’ANE, le Conseil Constitutionnel, l’administration, et qu’il pille les caisses publiques pour financer sa campagne ?

 

Les vrais partis d’opposition ont déjà annoncé leur boycott : le BRDC, le PCS, et probablement d’autres vont suivre. Les candidats indépendants sérieux refusent de cautionner cette parodie. Restent seulement les candidats du MCU, les faux indépendants du MCU, et quelques opportunistes qui espèrent gagner quelque chose en participant.

 

Le fait que l’ANE doive recruter des taxi-motos pour faire de la publicité pour ces élections montre que l’institution elle-même sait que ces élections sont rejetées par la population. Mais au lieu de reconnaître le problème et de créer les conditions d’un scrutin crédible, l’ANE continue à faire semblant, à organiser cette comédie électorale que personne ne prend au sérieux.

 

Les jeunes en gilets ANE qui circulent dans Bangui avec leurs mégaphones sont les symboles vivants de cette farce. Ils crient dans le vide. Ils supplient les gens de participer à une mascarade. Et les gens passent à côté d’eux sans s’arrêter, sans écouter, sans répondre.

 

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Centrafrique : Course-poursuite à Bangui, un conducteur provoque deux accidents et blesse 3 motocyclistes

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Course-poursuite à Bangui, un conducteur provoque deux accidents et blesse 3 motocyclistes

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Véhicule accidenté au croisement Marabéna, dans le cinquième arrondissement de Bangui. Photo CNC

 

 

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Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Un conducteur en fuite après un premier accident a semé la panique samedi soir dans les 8ème et 5ème arrondissements de Bangui, provoquant un second accident qui a fait plusieurs blessés.

 

Les faits se sont déroulés vers 20 heures dans la nuit du samedi à dimanche. Un automobiliste a d’abord causé un accident au croisement du 8ème arrondissement. Au lieu de s’arrêter, le conducteur a pris la fuite en direction du croisement Marabéna, également appelé Place Omar Bongo.

 

Des conducteurs de taxi-moto présents sur les lieux au croisement du huitième ont immédiatement pris en chasse le véhicule, klaxonnant pour alerter les autres usagers. Le conducteur, paniqué, a accéléré davantage, déclenchant une course-poursuite sur près de deux kilomètres entre les deux croisements.

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Arrivé au croisement Marabéna, le conducteur a perdu le contrôle de son véhicule et a percuté deux motos, faisant de nouveaux blessés. Les gendarmes positionnés au carrefour ont immédiatement interpellé le conducteur.

 

Les victimes de cet accident ont été transportées à l’hôpital. L’auteur présumé se trouve actuellement aux mains de la gendarmerie qui a ouvert une enquête sur les circonstances de ces deux accidents successifs.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Ibrahim

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Le Rassemblement Unitaire lance une alerte d’avant-crise en RCA : le régime Touadéra utilise le droit comme arme de dictature

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Le Rassemblement Unitaire lance une alerte d’avant-crise en RCA : le régime Touadéra utilise le droit comme arme de dictature

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/11/Jean-Francois-Akandji-Kombe.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le Rassemblement Unitaire lance une alerte d’avant-crise en RCA : le régime Touadéra utilise le droit comme arme de dictature
Jean-Francois-Akandji-Kombe – Centrafrique : qui sont les quatre leaders de l’opposition poursuivis par la justice privée de Touadera ?

 

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Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le Rassemblement Unitaire, un mouvement de l’opposition centrafricaine basée à Paris et dirigée par le Professeur Jean-François Akandji-Kombé, vient de lancer une alerte d’avant-crise en République Centrafricaine. Dans son communiqué numéro 12 du 17 octobre 2025, cette organisation dresse un constat accablant : le régime Touadéra utilise le droit et la justice comme instruments d’arbitraire, d’oppression du peuple et de division de la société.

 

Cette alerte intervient après l’arrestation non justifiée du Président du parti MDSP, le Dr Dominique Désiré Erenon, et les manœuvres d’élimination politique du Président du parti URCA, Anicet-Georges Dologuélé, député de la nation, déclaré apatride par le régime après avoir renoncé à la nationalité française pour se conformer à la Constitution de 2023.

 

Le Rassemblement Unitaire avait déjà lancé un premier avertissement dans son communiqué numéro 11 du 27 septembre 2025, attirant l’attention sur le risque imminent et sérieux d’une nouvelle et grave crise en Centrafrique. Les événements de ces dernières semaines confirment malheureusement cette perspective funeste.

 

L’organisation considère que la Constitution de 2023, obtenue par coup d’État, ainsi que les institutions et procédures qui en découlent, sont non seulement illégitimes, mais aussi porteuses de dynamiques contraires à la démocratie et au vivre-ensemble en République Centrafricaine.

 

Le communiqué du Rassemblement Unitaire détaille sept techniques utilisées par le régime pour instrumentaliser le droit et la justice. Cette analyse mérite d’être examinée attentivement car elle met en lumière les mécanismes précis par lesquels Touadéra transforme l’État de droit en État de non-droit.

 

Première technique : l’installation du désordre juridique. Le régime utilise une loi ancienne de 1961, héritée de la colonisation, pour appliquer la Constitution de 2023. Cette pratique viole le principe cardinal du droit selon lequel une Constitution ne dispose que pour l’avenir. On ne peut pas appliquer une Constitution nouvelle avec une loi vieille de 64 ans qui n’a jamais été appliquée pendant toutes ces années. C’est exactement ce qui se passe avec le cas Dologuélé : le régime invoque la loi de 1961 pour prétendre qu’il a perdu sa nationalité en 1994 quand il a acquis la nationalité française.

 

Deuxième technique : l’inversion de la hiérarchie des normes. Dans un État de droit normal, la Constitution est au sommet de la hiérarchie des normes. Toutes les lois doivent être conformes à la Constitution. Mais dans la Centrafrique de Touadéra, c’est l’inverse : la Constitution de 2023 est subordonnée à la loi de 1961. On applique une loi ancienne pour interpréter une Constitution nouvelle. C’est une aberration juridique totale qui montre que le régime manipule le droit selon ses besoins politiques.

 

Troisième technique : la création d’une insécurité juridique généralisée. Quand personne ne peut prédire quelle règle s’applique, quand même les juristes ne peuvent pas anticiper les décisions des tribunaux, quand le droit change selon les personnes concernées, il n’y a plus d’État de droit. Il y a seulement l’arbitraire. Les citoyens perdent confiance dans la loi parce qu’ils voient qu’elle est appliquée de manière discriminatoire. Dologuélé est déclaré apatride en invoquant la loi de 1961, mais des centaines d’autres binationaux au gouvernement et à l’Assemblée ne sont pas inquiétés.

 

Quatrième technique : la suppression des recours constitutionnels. La Constitution démocratique de 2016 permettait aux citoyens d’attaquer les lois et décrets présidentiels inconstitutionnels devant la Cour Constitutionnelle. C’est grâce à cette possibilité que la Cour avait pu annuler le dispositif de la cryptomonnaie et d’autres actes du régime. Mais la Constitution de 2023 a supprimé ces possibilités de recours. Les citoyens ne peuvent plus contester les décisions du pouvoir devant une juridiction indépendante. Et même si formellement ces recours existent encore, le Conseil Constitutionnel est dirigé par le cousin de Touadéra et valide tout ce que veut le régime.

 

Cinquième technique : la division des Centrafricains. Les dispositions constitutionnelles relatives à la nationalité instaurent une différence de droits et de devoirs entre les Centrafricains dits “d’origine” et les autres Centrafricains. Ces derniers sont exclus de toute fonction élective ainsi que des hautes fonctions civiles et militaires. Cette distinction crée deux catégories de citoyens : les Centrafricains de première classe qui ont tous les droits, et les Centrafricains de seconde classe qui sont exclus de certains droits politiques. C’est une violation du principe fondamental d’égalité devant la loi.

 

Sixième technique : l’application discriminatoire des dispositions légales. Le régime n’applique les lois que contre ceux qu’il considère comme gênants, et dispense de leur respect les tenants du pouvoir et leurs amis. Dologuélé est poursuivi pour double nationalité alors que des dizaines de personnalités du régime ont aussi la double nationalité sans être inquiétées. Sylvie Baïpo-Temon, Thierry Kamach, Annie-Michelle Mouanga, Pierre Somsé et tant d’autres sont binationaux mais continuent tranquillement à exercer leurs fonctions. La loi n’est appliquée que de manière sélective, selon les intérêts politiques du régime.

 

Septième technique : la fabrication volontaire d’apatrides. Par une fausse application et une fausse interprétation du droit, le régime exclut des Centrafricains avérés du corps national et fabrique des apatrides. Cela viole les conventions internationales relatives aux droits de l’homme et à l’apatridie que la Centrafrique a ratifiées. Dologuélé est le cas le plus visible, mais combien d’autres Centrafricains pourraient subir le même sort si le régime décidait de leur appliquer la même interprétation tordue de la loi de 1961 ?

 

Cette analyse du Rassemblement Unitaire est précise, documentée, et juridiquement solide. Elle montre que le régime Touadéra n’utilise pas simplement la force brute pour réprimer l’opposition. Il utilise aussi, et peut-être surtout, une manipulation sophistiquée du droit pour donner une apparence de légalité à ses actes arbitraires.

 

C’est ce qu’on appelle l’autoritarisme légaliste : un régime qui maintient les formes de l’État de droit – des lois, des tribunaux, des procédures – mais qui vide ces formes de leur substance en les manipulant pour servir ses intérêts politiques. C’est plus insidieux que la dictature ouverte parce que ça permet au régime de prétendre qu’il respecte le droit alors qu’en réalité il le viole constamment.

 

Le Rassemblement Unitaire conclut son communiqué en réitérant que le dialogue politique inclusif reste l’unique et dernière chance de résoudre pacifiquement les graves maux qui minent la Centrafrique. L’organisation pose comme préalable à toute élection l’organisation d’un tel dialogue et la réalisation d’un consensus national sur les graves questions de l’heure.

 

Cet appel au dialogue est louable. Mais il faut être réaliste : le régime Touadéra n’a aucun intérêt à organiser un vrai dialogue inclusif. Pourquoi dialoguerait-il quand il peut simplement imposer sa volonté par la force et la manipulation juridique ? Pourquoi chercherait-il un consensus quand il peut truquer les Élections et se maintenir au pouvoir de toute façon ?

 

Le dialogue n’est possible que si les deux parties ont intérêt à dialoguer. Mais quand une partie a tous les moyens de la force – l’armée, Wagner, la justice, les institutions – et qu’elle n’a aucun scrupule à les utiliser, pourquoi dialoguerait-elle avec l’opposition ?

 

La vraie question est : que se passera-t-il quand l’opposition et le peuple centrafricain réaliseront que le dialogue est impossible, que les Élections sont truquées, que toutes les voies légales et pacifiques sont fermées ? C’est là que réside le risque d’une nouvelle crise grave que le Rassemblement Unitaire tente d’éviter en lançant cette alerte.

 

Si le régime continue sur cette voie – élimination de l’opposition, trucage des Élections, manipulation du droit, répression de toute dissidence – il pousse les Centrafricains vers la seule option qui leur restera : la résistance violente. Et c’est exactement ce que le Rassemblement Unitaire essaie d’éviter en appelant au dialogue avant qu’il ne soit trop tard.

 

Mais le régime Touadéra écoutera-t-il cet appel ? Acceptera-t-il d’organiser un vrai dialogue inclusif ? Cessera-t-il de manipuler le droit pour écraser l’opposition ? Malheureusement, rien dans le comportement du régime ces dernières années ne permet de l’espérer.

 

Le Rassemblement Unitaire a raison de lancer cette alerte d’avant-crise. Tous les indicateurs sont au rouge. L’opposition est éliminée. Les Élections sont truquées. Le droit est manipulé. Le peuple est opprimé. La tension monte. Et la communauté internationale regarde sans rien faire.

 

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Amnesty International alerte sur le risque de fermeture de la Cour pénale spéciale en RCA

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Amnesty International alerte sur le risque de fermeture de la Cour pénale spéciale en RCA

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Lors-du-proces-dit-Ndele-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Amnesty International alerte sur le risque de fermeture de la Cour pénale spéciale en RCA
Le juge de la Section d’assises de la Cour pénale spéciale lors d’une audience dans le procès Ndélé I. CopyrightCPS

 

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Par : la rédaction de Corbeaunews-CentrafriqueCorbeaunews-Centrafrique (CNCCNC).

À quelques jours du septième anniversaire de la Cour pénale spéciale (CPS) de la République centrafricaine, Amnesty International tire la sonnette d’alarme. L’organisation de défense des droits humains appelle à un soutien financier urgent pour éviter la fermeture de cette juridiction hybride qui enquête sur les crimes graves commis depuis 2003 dans le pays.

Dans un communiqué publié ce 17 octobre 2025, Amnesty International exprime sa profonde préoccupation face à l’avenir de la Cour qui souffre d’un manque de financement critique. “La fermeture de la CPS serait catastrophique pour les milliers de victimes et de survivants qui espèrent obtenir justice pour les crimes graves commis au cours de deux décennies de conflit”, souligne l’organisation.

La crise financière de la CPS fait suite à la suspension, en janvier 2025, du financement américain. Les États-Unis, qui étaient le principal donateur de la Cour, ont laissé environ 4,15 millions de dollars d’engagements impayés. Cette réduction drastique compromet les procédures en cours et les services essentiels apportés aux victimes et aux témoins.

Le budget de la Cour repose uniquement sur les contributions volontaires des États et des organisations internationales. Outre les États-Unis, la mission de maintien de la paix des Nations unies Minusca et l’Union européenne figuraient parmi les principaux contributeurs.

Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, appelle “l’Union africaine, l’Union européenne et leurs États membres respectifs, ainsi que tous les autres États partenaires, à apporter davantage de ressources financières et humaines à la CPS pour qu’elle puisse poursuivre son travail essentiel”.

L’organisation insiste sur le fait que les tribunaux nationaux ne disposent toujours pas des ressources et capacités nécessaires pour assumer le mandat de la CPS. “Mettre fin au financement de la CPS avant qu’ils n’aient les capacités requises reviendrait à laisser l’impunité l’emporter”, prévient Marceau Sivieude.

Inaugurée le 22 octobre 2018, la CPS est un tribunal hybride composé de procureurs et de juges centrafricains et étrangers. Elle a pour mandat d’enquêter et de poursuivre les crimes relevant du droit international commis pendant les conflits en RCA depuis 2003, période durant laquelle des milliers de civils ont été tués, violés, enlevés, mutilés ou déplacés.

La Cour a mené trois procès, dont deux sont encore en phase d’appel, et compte actuellement une vingtaine de dossiers en attente. Elle a également émis des mandats d’arrêt contre près de 50 personnes, dont beaucoup sont toujours en fuite. Parmi les décisions marquantes figure le mandat d’arrêt délivré en 2024 contre l’ancien président François Bozizé.

Amnesty International souligne que si la CPS ferme ses portes après avoir poursuivi seulement quelques individus de rang inférieur pour des incidents récents, elle aura largement manqué à son mandat et déçu les espoirs de la population centrafricaine. “Les victimes et les survivants de crimes relevant du droit international ont droit à la vérité, à la justice et à des réparations”, rappelle l’organisation.

Il reste actuellement trois ans au mandat de la CPS, qui célébrera son septième anniversaire le 22 octobre prochain.​​​​​​​​​​​​​​​​

Par Brahim

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675 millions pour 29 véhicules de luxe pendant que les employés de l’Assemblée cumulent deux mois d’arriérés de salaire

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675 millions pour 29 véhicules de luxe pendant que les employés de l’Assemblée cumulent deux mois d’arriérés de salaire

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/ngamana-au-cote-de-sarandji-et-chef-de-Wagner.jpg” data-wpel-link=”internal”>675 millions pour 29 véhicules de luxe pendant que les employés de l’Assemblée cumulent deux mois d’arriérés de salaire
Le Président de l’assemblée nationale, Simplice Mathieu Sarandji et son adjoint, Évariste Ngamana au côté du chef de Wagner en Centrafrique.

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Pendant qu’un travailleur centrafricain de la société minière chinoise se noie à Dimbi faute d’équipement de sécurité, pendant que les employés de l’Assemblée nationale cumulent deux mois d’arriérés de salaire, pendant que certains députés n’ont pas reçu leurs indemnités, l’Assemblée nationale vient de commander 29 véhicules neufs pour un montant total de 675 500 000 francs CFA.

 

 

Six cent soixante-quinze millions et demi. Pour des voitures. Pendant que les salaires ne sont pas payés.

 

Voici le détail de cette commande scandaleuse :

 

– 1 Toyota Land Cruiser 300 : 72 millions FCFA

– 1 Toyota Land Cruiser 75 : 32 millions FCFA

– 3 Toyota Fortuner : 32 millions FCFA chacun (96 millions au total)

– 18 Suzuki Vitara : 20 millions FCFA chacun (360 millions au total)

– 3 Suzuki : 15 millions 500 mille FCFA chacun (46,5 millions au total)

– 3 Mitsubishi L200 : 23 millions FCFA chacun (69 millions au total)

 

Total : 29 véhicules pour 675 500 000 FCFA.

 

Ces véhicules ne sont pas destinés aux services administratifs de l’Assemblée. Ce ne sont pas des ambulances pour transporter les malades. Ce ne sont pas des véhicules utilitaires pour les besoins du service public. Non. Ce sont des véhicules de luxe, des gros cylindres, des 4×4 haut de gamme pour que les députés et les hauts responsables de l’Assemblée puissent rouler confortablement sur les routes chaotiques de Bangui.

 

Un Toyota Land Cruiser 300 à 72 millions de francs. C’est le véhicule le plus cher de la commande. Probablement destiné au Président de l’Assemblée ou à un Vice-Président. Pendant que les balayeurs de l’Assemblée attendent depuis deux mois leur salaire de 50 000 francs.

 

Dix-huit Suzuki Vitara à 20 millions chacun. Trois cent soixante millions rien que pour ces 18 véhicules. Avec 360 millions, on pourrait payer les salaires de tous les employés de l’Assemblée pendant six mois. Mais non, on préfère acheter des voitures neuves.

 

Trois Toyota Fortuner à 32 millions chacun. Quatre-vingt-seize millions pour trois voitures. Avec 96 millions, on pourrait équiper tous les sites miniers du pays en gilets de sauvetage et dispositifs de sécurité. Mais non, on préfère que les députés roulent dans des 4×4 climatisés.

 

Cette commande de véhicules survient au moment même où l’Assemblée nationale traverse une crise financière grave. Les employés sont en grève depuis le 9 octobre parce qu’ils cumulent deux mois d’arriérés de salaire. Certains députés n’ont pas reçu leurs indemnités depuis plusieurs mois. Le budget 2022 voté par l’Assemblée avait été réduit de manière unilatérale par le ministère des Finances, créant un gap budgétaire qui rend difficile le paiement des salaires et indemnités de décembre.

 

Mais visiblement, il y a de l’argent pour acheter des voitures de luxe. Six cent soixante-quinze millions trouvés miraculeusement pour commander 29 véhicules neufs. Alors qu’on dit aux employés qu’il n’y a pas d’argent pour les payer.

 

Le gouvernement et l’Assemblée nationale répètent à longueur de journée que l’État traverse une tension de trésorerie. Ils disent qu’il n’y a pas d’argent pour payer les salaires, pour financer les hôpitaux, pour réparer les routes, pour équiper les écoles. Mais miraculeusement, il y a toujours de l’argent pour acheter des véhicules de luxe pour les dignitaires.

 

Cette commande de 675 millions de véhicules démontre les priorités du régime Touadéra : le luxe pour les dirigeants, la misère pour le peuple. Pendant que les Centrafricains galérent, pendant que les travailleurs meurent faute d’équipement, pendant que les employés ne sont pas payés, les députés et les responsables de l’Assemblée commandent des 4×4 haut de gamme pour rouler paisiblement sur les routes défoncées de Bangui.

 

Avec 675 millions, on pourrait :

 

– Payer les arriérés de salaire de tous les employés de l’Assemblée pendant un an

– Équiper tous les sites miniers du pays en matériel de sécurité

– Construire deux centres de santé dans les provinces abandonnées

– Réparer 50 kilomètres de routes dans Bangui

– Équiper 20 écoles en tables-bancs et fournitures scolaires

 

Mais non. On préfère acheter 29 voitures. Parce que l’essentiel, pour les dirigeants centrafricains, c’est de rouler dans des véhicules neufs et climatisés pendant que le peuple marche à pied dans la poussière.

 

Cette commande s’inscrit dans la logique du rapport de la Commission Spéciale de Comptabilité et de Contrôle de 2022 que Corbeau News a récemment publié. Ce rapport documentait déjà comment l’Assemblée nationale détournait des centaines de millions pendant que les salaires n’étaient pas payés. Deux cent soixante-dix millions avaient été votés en 2022 pour l’achat de véhicules des membres du Bureau. Aucun véhicule n’avait été acheté, l’argent avait disparu.

 

Maintenant, en 2025, on recommence. On vote 675 millions pour acheter des véhicules pendant que les employés ne sont pas payés. Le scénario est identique : détourner l’argent public pour le luxe des dirigeants pendant que les travailleurs crèvent de faim.

 

Les employés de l’Assemblée nationale qui sont en grève depuis jeudi dernier ont raison de bloquer l’entrée du palais. Ils ont raison de refuser que l’institution fonctionne tant qu’ils ne sont pas payés. Comment peuvent-ils accepter de travailler gratuitement pendant que leurs patrons commandent des voitures de luxe à 675 millions ?

 

Les députés qui n’ont pas reçu leurs indemnités depuis plusieurs mois devraient également se révolter. Comment peuvent-ils accepter de ne pas être payés pendant que l’Assemblée dépense 675 millions pour acheter des voitures ? Certains députés ont des mois d’arriérés, mais le Président de l’Assemblée, lui, va rouler dans un Toyota Land Cruiser 300 à 72 millions.

 

Cette commande de véhicules est un crachat au visage du peuple centrafricain. Elle montre le mépris total des dirigeants pour la population qui souffre. Pendant que les Centrafricains meurent dans les hôpitaux faute de médicaments, pendant que les enfants étudient assis par terre faute de tables-bancs, pendant que les routes sont impraticables, l’Assemblée nationale achète des 4×4 de luxe à 675 millions.

 

Le régime Touadéra verse 10 milliards par mois à Wagner pendant que les fonctionnaires ne sont pas payés. L’Assemblée nationale achète des voitures à 675 millions pendant que ses employés cumulent deux mois d’arriérés. La logique est la même : le luxe pour les dirigeants, la misère pour le peuple.

 

Voilà ce que veut ce régime. Voilà ses priorités. Pas la santé, pas l’éducation, pas les routes, pas la sécurité. Non. Le luxe. Les gros cylindres. Les véhicules climatisés. Le confort des dirigeants pendant que le peuple souffre.

 

Les Centrafricains doivent savoir où passe leur argent. Ils doivent savoir que pendant qu’on leur dit qu’il n’y a pas de budget pour les hôpitaux, il y a 675 millions pour acheter des voitures de luxe. Ils doivent savoir que pendant qu’on leur dit que l’État est en tension de trésorerie, l’Assemblée nationale commande 29 véhicules neufs.

 

Pour les centrafricains, cette commande doit être annulée immédiatement. Les 675 millions doivent être utilisés pour payer les arriérés de salaire des employés de l’Assemblée et les indemnités des députés. Si après cela il reste de l’argent, qu’on l’utilise pour équiper les hôpitaux, réparer les routes, construire des écoles.

 

Mais tant que Touadéra restera au pouvoir, rien ne changera. Les dirigeants continueront à s’acheter des voitures de luxe pendant que le peuple crève de faim. Les députés continueront à voter des budgets pour leur confort pendant que leurs propres employés ne sont pas payés.

 

Six cent soixante-quinze millions pour 29 voitures. Voilà la Centrafrique de Touadéra.

 

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Détournement de pièces à conviction : les promesses creuses du Procureur général Jean Vidal Damas

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Détournement de pièces à conviction : les promesses creuses de Jean Vidal Damas

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/vidal-le-procureur-general-cour-appel-Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Jean Vidal Damas, procureur général près la Cour d’appel de Bangui. Photo : RNL/Christ-Roi Jordan Bandengbe, octobre 2025.
Jean Vidal Damas, procureur général près la Cour d’appel de Bangui. Photo : RNL/Christ-Roi Jordan Bandengbe, octobre 2025.

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le Procureur général de la Cour d’appel de Bangui, Jean Vidal Damas, a déclaré vouloir lutter contre le détournement des pièces à conviction qui mine les procédures judiciaires. Mais ses propos rassurants ne peuvent cacher une réalité : la justice centrafricaine est gangrenée par la corruption et l’impunité, et les pièces à conviction disparaissent régulièrement sans que personne ne soit sanctionné.

 

 

Dans une interview accordée à la radio Ndèkè-Luka, Jean Vidal Damas a reconnu l’ampleur du problème : “Nous n’avons pas de baguette magique pour régler ce genre de problème mais nous pensons que c’est une entorse grave à la loi. Lorsque des pièces à conviction sont déposées ou sont consignées dans une procédure, logiquement ces pièces à conviction doivent accompagner l’ensemble du dossier jusqu’au jugement de cette affaire”.

 

Le magistrat Jean Vidal Damas  a admis que ce dysfonctionnement est fréquent : “C’est des manquements graves qu’on a observé et souvent au cours des audiences criminelles on se rend compte que le parquet a des difficultés pour représenter des pièces à conviction quand bien même les accusés pouvaient ne pas contester l’existence de ces pièces”.

 

Jean Vidal Damas a rappelé les sanctions prévues par la loi : “La dissipation ou le détournement d’une pièce à conviction constitue une faute pénale et les OPJ qui refuseraient de représenter ces pièces à conviction qui sont essentielles pour la manifestation de la vérité s’exposent d’abord à une poursuite disciplinaire qui peut aller jusqu’à la révocation de leur qualité d’OPJ et aussi si c’est avéré qu’ils ont totalement fait disparaître des pièces à conviction pour des raisons personnelles ils peuvent s’exposer à des poursuites pénales”.

 

Le Procureur général de la Cour a proposé des mesures : “Tous les juges d’instruction ou les parquets qui font remonter les procédures au niveau du parquet général doivent s’assurer que ces pièces à conviction qui sont essentielles dans les procédures soient convenablement transmises au parquet. Si un dossier arrive au parquet général sans pièces à conviction, ces dossiers devaient être retournés à qui de droit pour qu’on ne puisse pas aller les mains vides à l’audience”.

 

Mais ce ne sont que des paroles sans effet. Ces déclarations sonnent creux. Les pièces à conviction disparaissent depuis 10 années dans la justice centrafricaine et personne n’a jamais été sanctionné. Les officiers de police judiciaire qui font disparaître des pièces ne sont jamais révoqués. Les poursuites pénales promises ne sont jamais engagées.

 

Le détournement des pièces à conviction n’est pas un simple dysfonctionnement technique. C’est un système organisé de corruption où les pièces disparaissent parce que quelqu’un a payé pour qu’elles disparaissent. Des armes saisies qui sont revendues, de l’argent confisqué qui est volé, des documents compromettants qui sont détruits.

 

Jean Vidal Damas reconnaît que “souvent au cours des audiences criminelles le parquet a des difficultés pour représenter des pièces à conviction”. Cette formulation pudique masque une réalité scandaleuse : dans de nombreux procès, les pièces essentielles ont disparu avant l’audience.

 

Comment peut-on juger équitablement un accusé quand les pièces qui pourraient l’innocenter ou le condamner ont disparu ? Comment peut-on parler de justice quand les dossiers arrivent à l’audience amputés de leurs éléments essentiels ?

 

Le Procureur général de la Cour d’Appel propose que les parquets “s’assurent” que les pièces soient transmises et que les dossiers incomplets soient renvoyés. Mais qui contrôle les parquets ? Qui vérifie que ces mesures sont appliquées ? Personne.

 

La réalité est que le système judiciaire centrafricain fonctionne ainsi depuis des décennies. Les pièces à conviction disparaissent, tout le monde le sait, personne n’est sanctionné, et le système continue. Les déclarations de Jean Vidal Damas ne changeront rien tant qu’aucune sanction concrète ne sera appliquée.

 

Le magistrat Jean Vidal Damas  évoque des “poursuites disciplinaires” et des “poursuites pénales” contre les OPJ responsables. Mais combien d’OPJ ont été révoqués pour détournement de pièces à conviction ces dernières années ? Combien ont été poursuivis pénalement ? Zéro.

 

Cette impunité totale explique pourquoi le phénomène persiste. Les OPJ savent qu’ils peuvent faire disparaître des pièces sans risquer de sanctions. Ils savent que leurs supérieurs ferment les yeux. Ils savent que le système protège les corrompus.

 

Le détournement des pièces à conviction profite à ceux qui ont les moyens de payer. Un accusé riche peut faire disparaître les preuves contre lui. Un accusé pauvre verra toutes les pièces, même fabriquées, produites contre lui. La justice devient une marchandise qu’on achète.

 

Dans certains cas, ce sont les forces de Wagner qui contrôlent les pièces à conviction. Elles décident ce qui sera transmis à la justice et ce qui disparaîtra. Les magistrats centrafricains n’ont aucun pouvoir face aux Mercenaires russes qui leur dictent leurs décisions.

 

Jean Vidal Damas peut multiplier les déclarations d’intention. Tant qu’aucun OPJ ne sera révoqué, tant qu’aucune poursuite pénale ne sera engagée, tant que l’impunité régnera, les pièces à conviction continueront de disparaître.

 

Le Procureur général de la Cour d’Appel dit qu’il n’a “pas de baguette magique”. Il n’a surtout pas de volonté politique ni de moyens pour s’attaquer à ce système de corruption. Ses paroles sont vides parce qu’elles ne seront suivies d’aucun acte concret.

 

La justice centrafricaine restera ce qu’elle est : un système où les pièces à conviction disparaissent régulièrement, où la corruption règne en maître, où les accusés riches ou protégés échappent aux sanctions pendant que les pauvres sont condamnés sans preuve.

 

Les belles paroles de Jean Vidal Damas ne changeront rien à cette réalité tant que le système judiciaire restera gangréné par la corruption et soumis au pouvoir de Wagner et du régime Touadéra.

 

 

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Bimbo : quand la réforme pénitentiaire cache-t-elle l’abandon des femmes détenues ?

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Bimbo : quand la réforme pénitentiaire cache-t-elle l’abandon des femmes détenues ?

 

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Les femmes détenues de la prison de Bimboo

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Les apparentes améliorations de la maison d’arrêt de Bimbo masquent-elles les défaillances chroniques du système carcéral centrafricain ?

 

La maison d’arrêt pour femmes de Bimbo affiche des statistiques rassurantes : 40 détenues pour 60 places disponibles. Ces chiffres, présentés par la régisseuse Natacha Clarisse Ndokoyanga, dessinent le portrait d’un établissement maîtrisé. Mais cette façade dissimule-t-elle une réalité plus sombre ?

 

 

La démilitarisation tant vantée pose une question : comment un État souverain peut-il déléguer la gestion de ses prisons à une mission internationale ? La Minusca finance la formation du personnel féminin et soutient les activités de l’établissement. Cette dépendance pathologique traduit l’incapacité du gouvernement centrafricain à assumer ses responsabilités régaliennes les plus élémentaires.

 

Parmi les 40 femmes incarcérées, 15 demeurent de simples prévenues. Ces détentions préventives prolongées posent une question: combien de temps ces femmes devront-elles attendre un jugement dans un système judiciaire défaillant ? Certaines croupissent depuis des mois, voire des années, victimes d’une justice paralysée par l’inefficacité et la corruption.

 

Les motifs d’emprisonnement interrogent : coups et blessures volontaires, abus de confiance, mais aussi charlatanisme et sorcellerie. Cette dernière catégorie témoigne d’un système judiciaire archaïque, incapable de distinguer les infractions réelles des superstitions populaires. Comment un État moderne peut-il emprisonner des femmes pour des accusations aussi douteuses ?

 

L’infrastructure médicale révèle une négligence scandaleuse. L’infirmerie, dépourvue de médecin permanent, est gérée par deux agentes de la défense. Les femmes enceintes subissent des transferts humiliants vers des hôpitaux externes, sous escorte, pour des consultations prénatales. Cette situation précaire expose les détenues à des risques sanitaires inacceptables dans un système pénitentiaire digne de ce nom.

 

Les programmes de formation professionnelle cachent une exploitation éhontée. Sur les bénéfices générés par le travail des détenues, seulement 25 % leur reviennent. L’administration pénitentiaire s’octroie 25 % tandis que 50 % couvrent les matières premières. Cette répartition scandaleuse transforme les femmes incarcérées en main-d’œuvre bon marché au service d’un système qui les exploite.

 

L’emplacement aberrant de la prison, héritée des années 80, constitue une bombe à retardement. Située au cœur du centre commercial de Bimbo, elle expose la population civile aux risques de mutinerie. Aucun projet de délocalisation n’a été engagé, témoignant de l’irresponsabilité criminelle des autorités.

 

La gestion quotidienne impose des règles draconiennes : deux visites mensuelles maximum, communications téléphoniques surveillées, activités strictement encadrées. Cette discipline autoritaire ne compense nullement les carences structurelles béantes du système.

 

L’absence de surpopulation à Bimbo, présentée comme un succès, cache une réalité cynique. Cette situation privilégiée résulte uniquement de la spécificité d’un établissement réservé aux femmes, traditionnellement moins nombreuses dans le système carcéral. Elle ne témoigne d’aucune amélioration systémique.

 

La formation du personnel féminin par la MINUSCA, bien que nécessaire, souligne l’échec retentissant de l’État à former ses propres agents pénitentiaires. Cette dépendance humiliante à l’expertise étrangère traduit l’abdication totale des responsabilités gouvernementales.

 

Les défis demeurent écrasants. Le système judiciaire centrafricain maintient des centaines de femmes dans des limbes juridiques interminables. Les infrastructures médicales archaïques menacent la santé des détenues. La formation professionnelle exploite leur travail sans perspective réelle de réinsertion.

 

La maison d’arrêt de Bimbo incarne parfaitement les contradictions d’un système pénitentiaire déliquescent. Derrière les réformes cosmétiques se cache l’abandon systématique des femmes détenues par un État défaillant. Ces améliorations superficielles ne masquent pas l’effondrement d’un système qui bafoue quotidiennement les droits humains les plus fondamentaux. La question demeure : combien de temps encore ces femmes devront-elles payer le prix de l’incompétence gouvernementale ?

 

CONTACTER CORBEAU NEWS CENTRAFRIQUE

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Hekpingba : quand le gouvernement se contente de couper des rubans et de faire des discours sur le dos des partenaires

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Hekpingba : quand le gouvernement se contente de couper des rubans et de faire des discours sur le dos des partenaires

 

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Le Président Touadera alias Baba Kongoboro devant les députés lors de son discours sur l’état de la nation le 28 décembre 2024. Photo la renaissance.

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Maxime Balalou a encore sorti son grand numéro. Le 8 septembre 2025, il a passé un temps fou à vanter les mérites du projet Hekpingba, comme si le simple fait de citer des chiffres et des noms de bailleurs suffisait à prouver que le gouvernement travaille. Sauf que la réalité, elle, est têtue : ce régime ne fait presque rien par lui-même. Tout ce qu’il inaugure, tout ce qu’il annonce, tout ce qu’il “lance”, c’est grâce à l’argent des autres. Le gouvernement, lui, se contente d’être là le jour de l’inauguration, de faire un discours, et de récupérer les applaudissements.

 

 

Balalou a aligné les “réalisations” de Hekpingba  de Mbaïki comme un comptable lit une liste de courses : 186 salles de classe, 3 348 tables-bancs, 282 enseignants contractuels, 15 forages, une maternité, une maison de la femme, un centre de transformation agroalimentaire. Très bien. Sauf qu’il a lui-même admis que Hekpingba , tout ça, c’est le PNUD, le Japon, la Banque mondiale et d’autres partenaires qui paient. Le gouvernement centrafricain, lui, n’a sorti aucun franc de sa poche. Alors où est la fierté ? Où est l’effort national ? Où est la contribution de l’État, à part les discours et les coupures de ruban ?

 

Et puis, il y a cette phrase qui résume tout : Ces réalisations majeures  de Hekpingba  […] prouvent que notre pays redevient plus crédible.” Crédible ? Un pays dont le ministre de la Communication est un ancien détenu accusé de détournements, dont le gouvernement passe son temps à inaugurer ce qu’il n’a pas financé, et dont les “succès” ne tiennent qu’à l’argent des autres ? La crédibilité, ça se gagne en assumant ses responsabilités, pas en se cachant derrière des partenaires pour justifier son inaction.

 

Balalou parle de développement inclusif de Hekpingba “, de modernisation”, d’autonomisation des femmes”. Des mots, toujours des mots. Parce que dans les faits, rien ne bouge vraiment. Les routes sont toujours en mauvais état, l’électricité reste un luxe, les hôpitaux manquent de tout, et la quasi-totalité des Centrafricains continuent de vivre dans la précarité. Mais peu importe : le régime a ses photos d’inauguration, ses discours bien ficelés , et ses chiffres à réciter comme une leçon apprise par cœur.

 

Et puis, il y a ce petit détail qui en dit long : Le président a lancé un appel pour que la population veille […] à entretenir et protéger ces ouvragesde Hekpingba .” Traduction : On n’a même pas les moyens de maintenir ce que les autres ont construit pour nous, alors c’est à vous, citoyens, de vous débrouiller pour que ça ne tombe pas en ruine.” Voilà le niveau. Un gouvernement qui ne construit pas, qui ne répare pas, mais qui exige des autres qu’ils préservent ce qu’on leur donne.

 

Balalou annonce que le projet Hekpingba va s’étendre à la Vakaga, la Basse-Kotto, le Mbomou. Tant mieux. Encore des inaugurations en vue, encore des discours, encore des photos pour les réseaux sociaux. Mais la vraie question, c’est : où est l’engagement de l’État ? Où sont les fonds publics ? Où est la stratégie nationale qui ne dépendrait pas des bailleurs ?

 

La vérité, c’est que ce gouvernement ne sait pas faire grand-chose seul. Il sait demander, il sait inaugurer, il sait se féliciter. Le reste – les écoles, les forages, les centres de santé –, c’est les autres qui le font. Et Balalou, lui, se contente de réciter des chiffres, comme un élève qui aurait appris sa leçon sans rien comprendre.

 

Alors non, monsieur le ministre, la Lobaye n’est pas “un exemple d’espoir”. C’est le symbole d’un gouvernement qui ne tient debout que grâce à l’aide internationale, et qui ose se vanter de “réalisations” qu’il n’a même pas payées. La vraie question, c’est : sans vos partenaires, que feriez-vous ? La réponse, tout le monde la connaît. Pas grand-chose. Presque rien. Juste des discours et des promesses en l’air.

 

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Camp de Roux, OCRB, Ngaragba : comment les centres de torture de Touadéra sont documentés devant la CPI

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Camp de Roux, OCRB, Ngaragba : les centres de torture de Touadéra documentés par la CPI

 

Camp de Roux, OCRB, Ngaragba : les centres de torture de Touadéra documentés par la CPI
Les mercenaires russes de la société Wagner décorés par le Président Touadera pour leurs bravoures à assassiner massivement les centrafricains

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Il existe en République centrafricaine des lieux dont le simple nom fait trembler. Camp de Roux. OCRB. Ngaragba. SRI. Ce ne sont pas des prisons. Ce sont des antichambres de l’enfer, où l’État centrafricain et ses supplétifs russes torturent, humilient et font disparaître tous ceux qui osent s’opposer au régime Touadéra.

 

 

La communication déposée le 8 octobre 2025 à la Cour pénale internationale lève le voile sur un système organisé de détention arbitraire et de torture qui fonctionne en toute impunité depuis 2018. Un système où les mercenaires de Wagner, les Forces armées centrafricaines (FACA), les Forces de sécurité intérieure (FSI) et la milice présidentielle des “Requins” collaborent pour enlever, séquestrer, torturer et faire disparaître opposants politiques, membres de l’ethnie gbaya, journalistes, militaires récalcitrants et simples citoyens soupçonnés de sympathie pour la rébellion.

 

Les chiffres sont accablants. Les témoignages sont glaçants. Et la responsabilité du président Touadéra est écrasante.

 

526 violations en un an,  l’ONU a bien tout documenté. En effet, entre juillet 2020 et juin 2021, la Division des Droits de l’Homme de la Minusca et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme ont recensé 526 violations des droits humains et du droit international humanitaire à travers la RCA, faisant au moins 1 221 victimes, dont 144 civils.

Camp de Roux, OCRB, Ngaragba : les centres de torture de Touadéra documentés par la CPI
photo de torture d’un centrafricain par les mercenaires russes du groupe Wagner

 

Parmi ces violations figuraient des exécutions sommaires, des arrestations et détentions arbitraires et des actes de torture liés au conflit. Près de 46% de ces incidents confirmés étaient en partie attribuables aux FACA, aux FSI et aux instructeurs militaires russes opérant pour le Groupe Wagner.

 

Ces chiffres ne reflètent qu’une partie de la réalité. Car beaucoup de victimes ne parlent jamais. Par peur. Par honte. Ou parce qu’elles ont tout simplement disparu.

 

Dès 2019 : Wagner torture à Bambari

 

L’ONG Human Rights Watch a documenté qu’en janvier 2019, des éléments du Groupe Wagner avaient détenu arbitrairement et torturé un groupe de 14 hommes à Bambari en raison de leur appartenance présumée à un groupe rebelle.

 

Deux des victimes ont témoigné avoir été torturées par des soldats russophones qui les ont frappées avec des barres de fer. Les mercenaires de Wagner ont également sectionné le doigt d’une des victimes et l’ont étranglée avec une chaîne.

 

Ce n’était qu’un début.

 

Après le déclenchement du conflit contre la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC) en décembre 2020, les mercenaires de Wagner, les FACA, les FSI et les “Requins” se sont rendus responsables de nombreuses arrestations et détentions arbitraires ainsi que d’actes de torture sur la population civile.

 

Les cibles : opposants, Gbayas, musulmans, Peuhls. Ces exactions ont visé principalement :

 

– Des civils accusés à tort de collusion avec la CPC

– Des opposants présumés au régime Touadéra

– Des membres du parti Kwa na Kwa (KNK) de l’ancien président François Bozizé

– Des membres de l’ethnie gbaya, celle de Bozizé

– Des membres des communautés peuhl et musulmanes

– Des officiers militaires récalcitrants au pouvoir

– Des journalistes et défenseurs des droits humains

 

En mars 2022, Michelle Bachelet, alors Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, avait dénoncé le fait que “la réponse gouvernementale aux groupes armés passait par des arrestations arbitraires de plus en plus nombreuses de membres de communautés déjà vulnérables, comme les musulmans et les Peuls, que le gouvernement associe aux groupes armés”.

Camp de Roux, OCRB, Ngaragba : les centres de torture de Touadéra documentés par la CPI
Un soldat FACA menaçant à mort un jeune avec son fusil, peut-être tué déja.

 

En septembre 2023, l’Expert Indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en RCA rapportait que les FACA et les FSI se sont rendus responsables de nombreuses arrestations et détentions arbitraires visant principalement les communautés peules musulmanes considérées comme complices des groupes armés, ainsi que des actes de torture commis principalement lors d’opérations menées dans des villages ainsi qu’à des postes de contrôle et de surveillance.

 

2023 : 431 arrestations arbitraires, 1521 victimes. Pour l’année 2023 seule, le Haut-Commissariat aux Nations Unies aux Droits de l’Homme a conclu à une “situation persistante et inquiétante” des arrestations et détentions illégales commises par les FACA, les FSI et les différentes brigades spécialisées de l’Office Central de Répression du Banditisme (OCRB) et de la Section de Recherches et d’Investigations (SRI).

 

Les statistiques sont implacables : 431 arrestations et détentions arbitraires rien qu’en 2023, affectant un total d’au moins 1 521 victimes.

 

De plus, 125 cas de torture ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants ont été recensés en détention sur l’année 2023, certains ayant causé des décès.

 

Les lieux de l’horreur

 

Les actes de torture ont été signalés dans des établissements pénitentiaires, dans des unités de police et de gendarmerie et dans des bases du Groupe Wagner où des personnes sont illégalement détenues.

 

Les principaux centres de torture documentés sont :

 

  1. Camp de Roux

 

Prison militaire située à Bangui, Camp de Roux est devenu un symbole de l’arbitraire. La Cour pénale internationale connaît déjà cet établissement pour les exactions qui y ont été perpétrées lors de la période précédente (situation RCA II).

 

Rien n’a changé. Au contraire.

 

En 2023, les Nations Unies ont documenté qu’au Camp de Roux, 20 personnes étaient détenues depuis plusieurs années sans n’avoir jamais rencontré un seul magistrat.

Camp de Roux, OCRB, Ngaragba : les centres de torture de Touadéra documentés par la CPI
Les mercenaires russes lourdement armés dans les rues de la capitale Bangui. Photo CNC

 

Des témoins décrivent des conditions de détention épouvantables :

 

– Conditions d’hygiène déplorables

– Nourriture insuffisante et avariée

– Surpopulation carcérale

– Absence d’assistance médicale

 

Un témoin rapporte avoir été torturé par les “Requins” au Camp de Roux avant d’être détenu pendant des mois à la SRI puis à Ngaragba. Les “Requins” l’ont tabassé avec un bâton et des ceinturons sur plusieurs parties de son corps. Depuis les tortures, le témoin souffre de diverses pathologies et est constamment sous assistance respiratoire.

 

OCRB (Office Central de Répression du Banditisme)

 

L’OCRB, dirigé par Armel Paraba, est devenu le centre névralgique de la collaboration entre Wagner et la police centrafricaine.

 

Depuis au moins 2021, les mercenaires de Wagner et Paraba collaborent dans le cadre de missions d’arrestations arbitraires. Un témoin ayant participé à plusieurs de ces missions confirme qu’avant chaque mission, des réunions avaient lieu à l’OCRB avec Paraba et des mercenaires de Wagner.

 

Plusieurs missions menées conjointement par des mercenaires de Wagner et l’OCRB en vue de procéder à des arrestations arbitraires ont également été effectuées à la demande de Bienvenu Zokoué, Directeur Général de la Police.

À l’OCRB, Nourd Gregaza, accusé l’d’avoir utilisé un téléphone portable dans sa cellule, vient d’être placé en isolement total dans une cellule à double verrou
La principale entrée de l’OCRB du centre-ville

 

Paraba et Zokoué ne refusent rien aux mercenaires de Wagner.

 

Paraba a notamment affirmé à un témoin en détention que “les mercenaires de Wagner peuvent décider de tuer toute personne sur le terrain s’ils estiment celle-ci coupable de quoi que ce soit”.

 

Zokoué a également facilité la mise en place de tortures par Wagner à l’OCRB. Zokoué et Vitali Perfilev, l’un des trois dirigeants du Groupe Wagner en RCA, se sont rencontrés à de nombreuses reprises au Camp de Roux ou au siège de la police.

 

3. Ngaragba (Maison d’Arrêt Centrale)

 

La prison centrale de Bangui, Ngaragba, est le terminus de nombreux détenus arbitraires. Les conditions y sont inhumaines.

 

Un témoin décrit avoir été placé arbitrairement pendant des mois en isolement à Ngaragba sans pouvoir recevoir de visites ou d’assistance médicale. Le témoin a ensuite dû payer les autorités de la prison afin d’éviter de retourner en isolement.

 

Les unités de police et institutions pénitentiaires, telles que l’OCRB et Camp de Roux, empêchent les personnes arrêtées pour raisons politiques de recevoir des visites, y compris des visites d’avocats.

 

  1. SRI (Section de Recherches et d’Investigations)

 

Unité de gendarmerie devenue un centre de détention illégale, la SRI accueille régulièrement des personnes enlevées par les “Requins”, la Garde Présidentielle ou Wagner.

 

Des témoins confirment que des mercenaires de Wagner se rendent régulièrement à la SRI avec des mercenaires afin d’y réquisitionner des gendarmes du Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN) pour que ces derniers partent en opérations aux côtés des mercenaires de Wagner.

 

Un témoin détenu plusieurs mois à la SRI a vu Dimitri Sytyi, l’un des principaux dirigeants de Wagner en RCA, se rendre régulièrement à la SRI pour y réquisitionner des gendarmes.

 

5. Les bases du Groupe Wagner

 

Plusieurs témoins ont été détenus et torturés directement dans les bases du Groupe Wagner : au camp de Roux, à Berengo (60 km de Bangui), près de l’aéroport de Bangui M’Poko, à Bossangoa, à Bouar.

 

Tous les témoins ayant été détenus dans les bases Wagner y ont fait l’objet de tortures.

 

Les méthodes :

 

– Frappés presque à mort avec des matraques

– Décharges électriques

– Amputation

– Simulations de noyade (waterboarding)

– Strangulation avec des chaînes

– Section de doigts

 

Des cas d’amputation et de simulations de noyade commis  par les mercenaires de Wagner avaient déjà été rapportés par le Groupe de Travail sur les Mercenaires dès mars 2021.

 

Le circuit de la terreur : de Wagner aux prisons

 

Le système fonctionne selon un circuit bien connu :

 

Étape 1 : L’arrestation

 

Les mercenaires de Wagner, accompagnés ou non de gendarmes, de policiers ou de FACA, procèdent à l’arrestation. Aucun mandat d’arrêt n’est jamais présenté. Les victimes sont enlevées à leur domicile, souvent de nuit.

 

Des témoins confirment que des mercenaires de Wagner se rendent dans des postes de gendarmerie ou à la SRI et y réquisitionnent des gendarmes afin de procéder à des arrestations arbitraires.

 

De nombreux témoins ont ainsi été arrêtés par des mercenaires de Wagner accompagnés de gendarmes ou par des gendarmes directement, avant d’être remis aux mercenaires de Wagner, puis détenus dans leurs bases.

 

Dès septembre 2021, le Groupe de Travail sur les Mercenaires rapportait que des personnes détenues dans les postes de police ou de gendarmerie ont été remises aux mercenaires de Wagner afin d’être transférées dans leurs bases, sans aucune garantie de procès équitable.

 

Étape 2 : La torture dans les bases Wagner

 

Les victimes sont emmenées dans une base Wagner où elles sont torturées pour “avouer” leur appartenance à un groupe rebelle ou leur sympathie pour l’opposition.

 

Un témoin arrêté arbitrairement a été torturé dans une base Wagner avant d’être détenu au Camp de Roux. Un autre témoin, qui avait été arrêté sur base d’allégations de contacts avec François Bozizé, a été torturé par décharges électriques dans une base Wagner.

 

Étape 3 : Le transfert en prison

 

Après la torture, les victimes sont transférées dans des postes de police, de gendarmerie ou des établissements pénitentiaires : Camp de Roux, OCRB, SRI, Ngaragba.

 

Un témoin qui était en détention au Camp de Roux confirme avoir parlé à Dimitri Sytyi depuis sa cellule. Sytyi lui avait dit qu’il avait personnellement contacté l’OCRB et la SRI afin d’opérer son transfert dans un autre établissement pénitentiaire.

 

Les établissements pénitentiaires se rendent ainsi complices de ces pratiques illégales en accueillant et en maintenant en détention, souvent sans base légale ni procédure judiciaire régulière, des personnes arrêtées arbitrairement, tout en tolérant les actes de torture qui y sont perpétrés.

 

Étape 4 : La détention sans fin

 

Une fois transférés, les détenus restent en prison pendant des mois, voire des années, sans procès.

 

Aucun des témoins rencontrés par les enquêteurs n’a été arrêté sur base d’un mandat d’arrêt officiellement émis par un magistrat centrafricain.

 

De nombreux témoins et personnes codétenues sont restés détenus pendant des mois ou des années sans qu’aucune date de procès n’ait été fixée à leur égard ni même qu’aucun développement judiciaire de leur dossier n’ait été constaté.

 

En d’autres termes, les individus restent détenus sans savoir si et quand leur détention prendra fin.

 

Des témoins n’ont reçu l’assistance d’un avocat que parce qu’ils avaient les moyens financiers de s’en procurer un par eux-mêmes.

 

Les victimes : des profils ciblés

 

Les témoignages recueillis montrent que les arrestations et détentions arbitraires sont menées sur base de :

 

– Appartenance au KNK, le parti politique de François Bozizé

– Allégations de contacts avec Bozizé ou avec la CPC

– Liens avec un opposant politique au régime Touadéra

– Prises de positions contraires au régime Touadéra

– Appartenance à l’ethnie gbaya

 

Le Général Ngaïfé : un enlèvement d’État

 

L’un des cas les plus emblématiques est celui du Général Ludovic Ngaïfé, ancien Chef d’État-Major des FACA.

 

Ngaïfé a été victime d’une arrestation arbitraire à son domicile par des éléments des Wagner, de la gendarmerie, de la police, des FACA et de la milice des “Requins”.

 

Son arrestation était liée à ses prises de positions considérées comme opposées au régime Touadéra.

 

Après son enlèvement, Ngaïfé a été détenu arbitrairement à la SRI et au Camp de Roux.

 

Même un général, ancien chef de l’armée, n’est pas à l’abri.

 

Des parlementaires enlevés

 

Un témoin, qui était parlementaire au moment des faits, a été arrêté au sein de l’Assemblée Nationale par des gardes présidentiels, accompagnés de policiers et de gendarmes, avant d’être détenu arbitrairement à la SRI et à Camp de Roux.

 

L’immunité parlementaire n’existe plus en Centrafrique.

 

Des citoyens ordinaires

 

D’autres témoins sont de simples citoyens, arrêtés pour avoir exprimé une opinion, pour être membre du mauvais parti politique, ou simplement pour appartenir à la mauvaise ethnie.

 

Un témoin a été arrêté arbitrairement par la Garde Présidentielle et torturé en public par treize éléments de la Garde Présidentielle. Le témoin est passé proche de la mort en raison des tortures subies et continue à ce jour d’en souffrir des séquelles.

 

Il a ensuite été détenu à la SRI et à Ngaragba sur base de fausses accusations d’atteinte à la sûreté de l’État.

 

Un autre témoin a été arrêté arbitrairement par des éléments des FACA et de la Garde Présidentielle sur base de fausses allégations de complicité avec des rebelles et de coup d’État. Le témoin a été torturé et ligoté en public par des FACA avec pour témoins la gendarmerie et la population locale, avant d’être transféré à la SRI.

 

La torture : méthodes et objectifs

 

Les témoignages décrivent des méthodes de torture d’une brutalité extrême :

 

– Coups avec barres de fer, matraques, bâtons, ceinturons

– Décharges électriques

– Strangulation avec des chaînes

– Section de doigts

– Amputation

– Simulation de noyade (waterboarding)

– Tabassage jusqu’à perte de connaissance

 

L’objectif est toujours le même : forcer les victimes à avouer à tort qu’elles sont membres d’un groupe rebelle, qu’elles soutiennent Bozizé, qu’elles complotent contre Touadéra.

 

Human Rights Watch a documenté qu’entre juin et août 2021, les FACA ont arrêté et détenu au moins 21 hommes dans un trou à ciel ouvert sur une base militaire à Alindao pendant une durée allant de 4 jours à un mois pour certains d’entre eux.

 

Des mercenaires de Wagner et des FACA les ont ensuite tabassés afin de les forcer à avouer à tort qu’ils étaient membres d’un groupe rebelle appartenant à la CPC.

 

Certains de ces hommes ont ensuite été abattus.

 

La complicité de la justice : Nana Bibi, le “doyen” aux ordres

 

Le système judiciaire centrafricain est totalement instrumentalisé par le pouvoir.

 

Des témoins arrêtés arbitrairement pour raisons politiques ont été présentés devant le doyen des juges, Mathieu Nana Bibi, un militant du MCU (le parti de Touadéra) placé à son poste de doyen des juges afin de traiter tous les dossiers de détenus politiques.

 

Nana Bibi a confirmé explicitement à un témoin ne pas pouvoir ordonner de libération de détenus dont les dossiers concernent des affaires politiques.

 

Dans le même sens, Arnaud Djoubaye Abazène, Ministre de la Justice, a indiqué au proche d’un témoin qu’une personne arrêtée pour raisons politiques peut rester détenue pendant des mois sur base du refus de mercenaires de Wagner d’approuver une libération préalable de la personne.

 

Wagner décide. La justice centrafricaine obéit.

 

Un témoin victime d’une arrestation arbitraire a confirmé que Gervais Yarkokpa (membre de la Garde Présidentielle et parent de Touadéra), Gabriel Patassé (lieutenant-colonel des FACA) et la SRI collaborent avec un Procureur de la République, Benoit Narcisse Foukpio, afin de procéder à l’arrestation arbitraire de civils considérés comme des opposants au régime Touadéra.

 

Des témoins ont confirmé que les magistrats centrafricains sont soumis au pouvoir, ont peur d’instruire des dossiers et certains juges ont ouvertement avoué à des proches de détenus que les dossiers politiques liés à Bozizé ne doivent pas être rapidement traités.

 

Un système, pas des bavures

 

Ce qui frappe dans la documentation présentée à la CPI, c’est le caractère systématique et organisé de ces violations.

 

Il ne s’agit pas de bavures. Il ne s’agit pas d’excès isolés commis par des éléments incontrôlés.

 

Il s’agit d’un système de répression politique mis en place par Touadéra, géré par son “cercle restreint” et ses alliés du Groupe Wagner, et exécuté par les forces de sécurité centrafricaines sous leur contrôle.

 

Les Nations Unies le confirment. En 2023, le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme parle d’une “situation persistante et inquiétante”.

 

Dès septembre 2021, le Groupe de Travail sur les Mercenaires rapportait que la coopération entre les autorités de police locales avec les mercenaires russes du Groupe Wagner constituait une entrave majeure à l’accès des victimes à la justice car les victimes sont dissuadées de déposer une plainte ou de demander des réparations pour des exactions commises à leur égard par les mercenaires russes et les FACA.

 

Les conclusions du Groupe de Travail sur les Mercenaires sont toujours valables à ce jour.

 

La responsabilité de Touadéra

 

En tant que Président de la République, Chef suprême des armées et Président du Conseil Supérieur de la Magistrature, Touadéra exerce un pouvoir de jure sur l’ensemble de la chaîne de commandement militaire, sécuritaire et judiciaire.

 

Il dispose également d’un pouvoir de facto sur les mercenaires des Wagner, les “Requins” et les miliciens soutenant son régime.

 

En sa qualité de supérieur hiérarchique, Touadéra ne peut ignorer les exactions massives, systématiques et répétées commises par ses subordonnés.

 

Le document déposé à la CPI établit que Touadéra a sciemment usé d’un système pyramidal dans lequel les ordres sont transmis par des proches collaborateurs faisant partie d’un cercle restreint et les Dirigeants du Groupe Wagner.

 

Chaque ordre est attribué à la Présidence et aucun ordre donné par le cercle restreint de Touadéra ou un Dirigeant de Wagner ne peut être contesté par les subordonnés.

 

Touadéra, son cercle restreint et les Dirigeants de Wagner n’ont mis en place aucune action punitive ou préventive vis-à-vis des exactions commises par leurs subordonnés en RCA.

 

Une autorité politique proche de Touadéra a confirmé que les exactions sont faites pour protéger le pouvoir de Touadéra et que toute personne disposée à dénoncer les exactions reçoit pour ordre de se taire de la part de la Présidence.

 

Camp de Roux, OCRB, Ngaragba : des noms qui doivent résonner

 

Camp de Roux. OCRB. Ngaragba. SRI.

 

Ces noms doivent résonner à La Haye comme ont résonné ceux d’Abou Ghraib, de Guantanamo, de la prison de Hama en Syrie.

 

Ce sont les noms de lieux où l’État centrafricain, avec la complicité active du Groupe Wagner, torture systématiquement ses propres citoyens.

 

526 violations documentées en un an. 431 arrestations arbitraires en 2023. 1521 victimes. 125 cas de torture. Des centaines de personnes détenues pendant des années sans procès. Des dizaines de témoignages convergents.

 

Ce n’est pas le chaos d’une guerre civile. C’est un système de terreur organisé depuis le sommet de l’État.

 

Et ce système a un nom : Faustin-Archange Touadéra.

 

Et des complices : Dimitri Sytyi, Vitali Perfilev, Valery Zakharov, Jules Wananga, Hassan Bouba, Bienvenu Zokoué, Armel Paraba, Mathieu Nana Bibi, Arnaud Abazen.

 

La Cour pénale internationale est saisie.

 

À elle de dire si torture, détention arbitraire et disparition forcée commises de manière systématique contre une population civile relèvent de sa compétence.

 

La réponse ne fait aucun doute.

 

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Martin Ziguélé : “Wagner a instauré un schéma colonial en Centrafrique”

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Martin Ziguélé : “Wagner a instauré un schéma colonial en Centrafrique

 

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Les mercenaires russes lourdement armés dans les rues de la capitale Bangui. Photo CNC

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Lors d’une émission sur la chaîne gabonaise SIBIKAN MEDIA, Martin Ziguélé, ancien Premier ministre et porte-parole du BRDC, a dénoncé l’emprise du groupe Wagner en République centrafricaine qu’il qualifie de “schéma colonial” et de “recolonisation”.

 

Martin Ziguélé commence par rappeler les origines de la présence de Wagner : “En 2016, quand il y avait la première législature, j’étais déjà député, président de la commission finance. Nous avions commencé par voter des lois de ratification, des accords de défense entre la RCA et l’Angola, la RCA et le Rwanda, puis la RCA et la Russie. Nous venions de sortir d’une transition qui a mis à genoux le pays et il n’y avait presque plus d’armée, il fallait reconstruire l’armée».

 

 

L’ancien Premier ministre Martin Ziguélé explique comment le piège s’est refermé : “Naturellement nous sommes allés comme des jeunes avec la fleur au fusil pour signer ces accords. Mais comme on le dit, le diable est dans le détail. Dans l’application, la fédération de Russie, au lieu d’envoyer des conseillers militaires de l’armée régulière russe, nous a envoyé les mercenaires du groupe Wagner».

 

Martin Ziguélé rappelle le déni initial des autorités : “Au début, vous vous souvenez, les autorités ne voulaient pas reconnaître que Wagner était là. Mais au fil du temps, tout le monde a fini par constater, et malheureusement par leur modus operandi sur le terrain, les exactions multiples et variées, documentées aussi bien sur le plan national qu’international, que ces mercenaires-là n’étaient pas des enfants de chœur et qu’ils ont fait beaucoup de dégâts».

 

Sur le plan sécuritaire, l’ancien Premier ministre Martin Ziguélé concède un point : “C’est peut-être le seul élément qu’on peut reconnaître au crédit du président Touadéra, c’est qu’ils ont pu faire en sorte qu’il n’y ait plus de zones du pays qui soient vraiment occupées dans le vrai sens du terme par des groupes armés».

 

Mais il nuance immédiatement : “Le coût de l’intervention de Wagner sur le plan des droits humains reste à documenter, à compléter. S’il y a une relative sécurité, il faut le reconnaître. On peut circuler aujourd’hui pratiquement dans toute la RCA, sauf qu’il faut toujours savoir qu’on n’est pas à l’abri d’actions armées».

 

Martin Ziguélé cite un exemple récent : “Comme il y a deux, trois jours, nous apprenons qu’un convoi même de la MINUSCA a été attaqué par des hommes armés dans la région de Zémiou, dans le sud-est du pays. Des actions isolées de ce type existent toujours».

 

L’ancien Premier ministre Martin Ziguélé qualifie la coopération russo-centrafricaine de “poker menteur” : “Je pense que la fédération de Russie n’a pas joué le jeu de manière honnête avec notre pays. Ils nous ont donné des mercenaires à la place des conseillers militaires. C’est ce qui a été fait aussi au Burkina et au Mali».

 

Martin Ziguélé décrit l’étendue de l’emprise de Wagner : “Aujourd’hui, contrairement à ce que vous dites, ils ont une emprise totale sur l’appareil militaire, l’appareil économique, l’appareil sécuritaire et même avec des instruments politiques. C’est vraiment le chef de guerre ici. Ça, il faut le dire clairement».

 

En tant qu’homme de gauche, Martin Ziguélé exprime sa déception : “Mon parti est un parti membre de l’Internationale socialiste. Je suis un homme de gauche et la Russie, le visage de la Russie que je vois ici ne ressemble pas à tout ce que nous avons appris de ce pays qui, à l’époque, était progressiste et qui aujourd’hui, par le biais notamment des groupes Wagner et par d’autres pratiques également, nous montre un visage, j’allais dire, même pire qu’un capitaliste, fasciste. Un visage fasciste».

 

Sur le plan économique, Martin Ziguélé décrit la mainmise de Wagner : “Les Wagner sont toujours présents dans le pays, présents d’abord sur le plan sécuritaire, ils sont présents partout, y compris sur le cordon douanier. Même si je pense, suite aux protestations du FMI et d’autres partenaires techniques et financiers, ils ne s’impliquent plus directement dans les opérations douanières».

 

L’ancien Premier ministre Martin Ziguélé donne un exemple concret : “Dans la région centrale du pays, dans l’Ouaka, et notamment dans la région de Ndassima, où a été découvert il y a plus de 30 ans un gisement très riche en teneurs d’or. Ce gisement-là qui appartenait au groupe canadien Axmin, qui n’a pas pu l’exploiter pour des raisons de sécurité, a été rétrocédé par l’État sous le président Touadéra à une nébuleuse de Wagner. Et selon ce qu’on dit, même l’administration des mines ne peut pas accéder à ce territoire-là pour ne serait-ce que contrôler».

 

Martin Ziguélé tire la conclusion : “Aujourd’hui, nous sommes dans une situation où c’est un secret de Polichinelle que les Wagner ont une emprise totale sur la sécurité, la politique et une grande partie de l’économie».

 

L’ancien Premier ministre analyse le modèle économique de Wagner : “Mais l’économie de ‘take and carry’, comme on dit en anglais, c’est-à-dire qu’ils n’investissent pas pour transformer des matières premières, pour apporter de la valeur ajoutée, ils s’inscrivent dans la tradition de traite, l’économie de rente».

 

Martin Ziguélé cite l’économiste Samir Amin : “Comme disait Samir Amin, nous sommes la périphérie pour eux. Cette puissance russe qui parle de développement, en fait, fonctionne comme depuis trois siècles aujourd’hui, c’est-à-dire l’économie de traite, l’économie de rente. Ils sont le centre, nous sommes la périphérie. Ils exploitent ce qui est le moins coûteux en matière de transformation. L’or, le diamant, ils les comprennent directement et puis vous avez des ressources. Donc nous sommes dans ce schéma-là, c’est-à-dire un schéma colonial».

 

L’ancien Premier ministre dénonce le silence international : “Moi, je n’arrêterais jamais de dénoncer le silence de tous par rapport à cette recolonisation de notre pays par le groupe Wagner. Parce que même sur le plan politique, le changement de la constitution, tout ce que vous voyez en Centrafrique, le groupe Wagner est derrière».

 

Ziguélé emploie une métaphore forte : “C’est vraiment une entreprise criminelle multidimensionnelle et c’est comme le virus du sida. Il vous entre dans les gènes, il rentre dans les gènes, il se localise dans vos gènes, il les transforme, il s’approprie la propriété de vos gènes, mais après pour affaiblir l’État et désosser l’État, désarticuler l’État».

 

L’analyse de Martin Ziguélé établit un parallèle entre la présence de Wagner et les pires moments de la colonisation. Cette milice privée ne se contente pas d’exploiter les ressources : elle contrôle la sécurité, influence la politique, dicte les lois, et transforme la Centrafrique en périphérie destinée à nourrir le centre russe.

 

Le “poker menteur” initial – promettre des conseillers militaires réguliers et envoyer des mercenaires – s’est transformé en occupation totale. La Russie a trompé la Centrafrique en exploitant sa vulnérabilité post-transition pour installer une emprise qui va bien au-delà de la coopération militaire initialement prévue.

 

L’économie de rente dénoncée par Ziguélé rappelle les sociétés concessionnaires coloniales. Wagner extrait l’or et le diamant sans investir dans la transformation, sans créer d’emplois durables, sans développer le pays. Cette extraction pure reproduit exactement le schéma colonial critiqué par les économistes du développement comme Samir Amin.

 

Le contrôle du gisement de Ndassima symbolise cette emprise. Un territoire entier échappe au contrôle de l’administration centrafricaine. L’État ne peut même plus accéder à une partie de son propre territoire pour exercer ses fonctions régaliennes de contrôle.

 

L’influence politique de Wagner, selon Ziguélé, s’étend jusqu’à la Constitution de 2023. Cette affirmation suggère que les mercenaires russes ne se contentent pas d’exploiter les ressources : ils façonnent le cadre juridique du pays pour pérenniser leur présence et leurs privilèges.

 

La métaphore du virus utilisée par Martin Ziguélé décrit un processus de destruction progressive de l’État. Wagner ne conquiert pas frontalement : il s’infiltre, transforme les institutions de l’intérieur, les affaiblit jusqu’à les rendre incapables de fonctionner de manière autonome.

 

Cette analyse de Martin Ziguélé confirme les craintes exprimées par Akandji-Kombé : la Centrafrique vit une recolonisation sous une forme nouvelle où une milice privée remplace les anciennes puissances coloniales, mais avec les mêmes méthodes d’exploitation et de contrôle.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

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Mathurin Dimbélé Nakoué : le député voleur et trafiquant débouté en 2020 revient candidat en 2025 grâce au MCU

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Mathurin Dimbélé Nakoué : le député voleur et trafiquant débouté en 2020 revient candidat en 2025 grâce au MCU

 

Mathurin Dimbélé Nakoué
Mathurin Dimbélé Nakoué

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Mathurin Dimbélé Nakoué, ancien député de Sosso-Nakombo (2016-2020) et deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, revient en force comme candidat aux Élections législatives de décembre 2025. Pourtant, en 2020-2021, la Cour Constitutionnelle présidée par la juge Danièle Darlan avait refusé sa candidature pour “moralité douteuse” en raison de son implication dans de multiples affaires de vols massifs, détournements de fonds et trafics illicites.

 

 

Comment un homme débouté par la justice pour criminalité économique peut-il redevenir candidat cinq ans plus tard ? La réponse est simple : Touadéra a éjecté la juge Darlan de la Cour Constitutionnelle et l’a remplacée par son cousin, un pantin qui dit “oui” à tout ce que veut le président.

 

Mathurin Dimbélé Nakoué  est un criminel économique notoire. Ce type   n’est pas un homme ordinaire. C’est un “grand, grand, grand voleur, un grand détourneur” selon les termes de sources proches du dossier.

 

Sous le régime de François Bozizé, Mathurin a été nommé directeur générale d’une société para-publique. À ce poste, il a détourné des fonds massifs.

 

Les vols étaient tellement massifs que Bozizé a fini par le faire arrêter et incarcérer. Mathurin Dimbélé Nakoué  a donc un casier judiciaire. Il a été emprisonné pour détournement de fonds publics et vol aggravé.

 

Mais quand Touadéra est arrivé au pouvoir en 2016, Mathurin a rallié le nouveau président. Il est devenu membre du Mouvement Cœurs Unis (MCU), le parti de Touadéra. Et grâce à cette allégeance politique, il a échappé aux poursuites judiciaires et a même réussi à se faire élire député de Sosso-Nakombo en 2016.

 

Étant député entre 2016 – 2020, Mathurin Dimbélé Nakoué  est un fraudeur et un grand trafiquant. Pendant son mandat de député entre 2016 et 2020, Mathurin ne s’est pas assagi. Au contraire, il a utilisé son immunité parlementaire et sa position de deuxième vice-président de l’Assemblée nationale pour se livrer à de nouvelles activités criminelles.

 

En juin 2020, Corbeau News Centrafrique a révélé l’implication de Mathurin dans une affaire de fraude douanière et trafic de faux documents officiels.

 

Voici les faits : trois commerçants camerounais importaient des marchandises d’Europe vers la Centrafrique. Pour éviter de payer les taxes douanières, ils avaient besoin d’un complice centrafricain haut placé qui se présenterait comme le propriétaire des marchandises afin d’obtenir des exonérations fiscales.

 

Le premier complice qu’ils ont trouvé était le député Teddy Arnauld Weïdane, représentant de Bouca 2. Moyennant une compensation financière, Weïdane se présentait aux autorités comme le propriétaire des cargaisons pour qu’elles soient exonérées de taxes. “Un jeu de mafia très juteux”, selon les termes de l’article de CNC publié en juin 2020.

 

Mais un jour, Weïdane a tenté de jouer ses complices camerounais en bloquant une partie de la marchandise importée. Les Camerounais ont immédiatement saisi la justice pour escroquerie aggravée. Weïdane a été écarté du réseau.

 

C’est alors que Mathurin Dimbélé Nakoué  est entré en scène. Étant deuxième vice-président de l’Assemblée nationale et cadre influent du MCU, il avait plus de pouvoir que Weïdane. Les trois Camerounais l’ont recruté pour remplacer Weïdane.

 

Mathurin a alors confectionné de faux macarons officiels de l’Assemblée nationale qu’il a apposés sur le pare-brise du véhicule de ses trois complices camerounais. Ces faux macarons leur permettaient de circuler librement comme s’ils étaient des députés, sans être contrôlés par la police.

 

Le système fonctionnait bien. Mais Weïdane, furieux d’avoir été écarté, a discrètement fliqué ses anciens complices. Le 4 juin 2020, quand les trois Camerounais se sont rendus au cabinet de leur avocat à bord de leur véhicule frappé du faux macaron de l’Assemblée nationale, Weïdane a alerté la police.

 

La Compagnie Nationale de Sécurité (CNS) est intervenue et a interpellé les trois Camerounais. Lors de l’interrogatoire, ils ont immédiatement dénoncé leur complice : le député Mathurin Dimbélé Nakoué. Ce dernier a été convoqué et auditionné longuement par les enquêteurs.

 

Une enquête a été ouverte pour fraude douanière et trafic de faux documents officiels. Le service juridique de l’Assemblée nationale a été saisi.

 

En juillet 2020, CNC a révélé qu’une perquisition avait eu lieu au domicile de Weïdane dans le cadre d’une plainte déposée par les Camerounais pour escroquerie et vol aggravé. Les policiers n’ont rien trouvé : tous les conteneurs étaient vides, même le véhicule faisant partie de la marchandise était introuvable.

 

Mathurin Dimbélé Nakoué , qui veut à nouveau être député, est débouté par la Cour Constitutionnelle en 2020. En effet, en 2020, à la fin de son mandat de député, Mathurin Dimbélé a voulu se représenter aux Élections législatives dans la même circonscription de Sosso-Nakombo.

 

Mais la Cour Constitutionnelle, présidée à l’époque par la juge Danièle Darlan, a refusé sa candidature. Le motif : moralité douteuse” en raison de son implication dans des affaires de vols massifs, détournements de fonds et trafics illicites.

 

La loi électorale centrafricaine est claire : un candidat aux élections législatives doit avoir une moralité irréprochable. Quelqu’un qui a été emprisonné pour détournement de fonds sous Bozizé et qui a été impliqué dans une affaire de fraude douanière et trafic de faux documents officiels pendant son mandat de député ne remplit manifestement pas ce critère.

 

La juge Darlan a simplement appliqué la loi. Elle a débouté Mathurin Dimbélé Nakoué  et plusieurs autres candidats dont la moralité était douteuse.

 

Cette décision était juste et courageuse. Elle montrait que la Cour Constitutionnelle pouvait encore jouer son rôle de garante de la légalité, même face aux pressions du pouvoir.

 

Mais Touadéra n’a pas apprécié que la Cour Constitutionnelle ose refuser la candidature de ses protégés. En 2022, quand la juge Darlan a déclaré inconstitutionnel le comité chargé de rédiger les amendements visant à abolir la limitation du nombre de mandats présidentiels, Touadéra a décidé de se débarrasser d’elle.

 

En octobre 2022, Touadéra a publié un décret présidentiel révoquant la juge Danièle Darlan de ses fonctions de présidente de la Cour Constitutionnelle. C’était une révocation illégale, une vengeance pure et simple contre une juge qui avait osé s’opposer aux plans de Touadéra.

 

Puis, avec la réforme constitutionnelle de 2023 imposée par référendum truqué, Touadéra a transformé la Cour Constitutionnelle en Conseil Constitutionnel et a nommé à sa tête son propre cousin, Jean-Pierre Waboué.

 

Ce cousin est décrit par les sources comme “un pantin qui dit oui à tout, qui ne dit jamais non”. Il n’a aucune indépendance, aucune colonne vertébrale. Il valide tout ce que veut Touadéra sans jamais poser de questions.

 

Et ce n’est pas tout! Le retour de Mathurin Dimbélé Nakoué  en 2025. Avec ce pantin à la tête du Conseil Constitutionnel, Touadéra a maintenant les mains libres. Il peut faire valider n’importe quelle candidature, même celle de criminels notoires.

 

C’est ainsi que Mathurin Dimbélé Nakoué, débouté en 2020 pour moralité douteuse, vols, détournements et trafics, revient aujourd’hui comme candidat aux élections législatives de décembre 2025 dans la circonscription de Sosso-Nakombo.

 

Le MCU, le parti de Touadéra, l’a officiellement investi. Et le Conseil Constitutionnel, dirigé par le cousin de Touadéra, va évidemment valider sa candidature sans poser aucune question.

 

Peu importe que Mathurin ait été emprisonné pour détournement de fonds. Peu importe qu’il ait été impliqué dans une affaire de fraude douanière. Peu importe qu’il ait fabriqué de faux macarons de l’Assemblée nationale. Peu importe qu’il ait été débouté en 2020 pour moralité douteuse.

 

Tout cela n’a plus d’importance. Parce que le Conseil Constitutionnel n’est plus indépendant. Parce qu’il est dirigé par un pantin qui valide tout ce que veut Touadéra.

 

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Mahamat Al-Khatim, le Tchadien devenu “Russe noir” : comment le chef du MPC traque et livre ses propres rebelles à Wagner

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Mahamat Al-Khatim, le Tchadien devenu “Russe noir” : comment le chef du MPC traque et livre ses propres rebelles à Wagner

 

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Mahamat Al-Khatim, ancien leader du MPC, reduit à un état d’un gamin, actuellement de retour en Centrafrique, dans le village Ndelé, près de Markounda.

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Mahamat Al-Khatim, chef du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC), est devenu le dernier traître en date au service de Wagner. Ce Tchadien de naissance, qui n’a de centrafricain que le nom de son mouvement rebelle, travaille désormais main dans la main avec les mercenaires russes pour traquer, arrêter et livrer d’autres leaders de groupes armés centrafricains. Les “Russes noirs” ont un nouveau collaborateur, et c’est un collaborateur zélé.

 

 

L’affaire la plus récente vient de se produire. Al-Khatim a ordonné l’arrestation de deux de ses propres chefs de chantier, deux rebelles du MPC qui avaient refusé de rejoindre les mercenaires russes dans une opération de traque contre Florent Kema, chef d’état-major de CMSPR et ex-député de Nana-Bakassa.  Ces deux hommes, Ali Choc et Hamid Saraga, ont été arrêtés par le commandant de zone du MPC surnommé “Libanais”, puis livrés à Wagner. Ils sont actuellement emprisonnés à Kaga-Bandoro par les mercenaires russes. Leur crime ? Avoir refusé de collaborer avec Wagner.

 

Cette affaire confirme parfaitement la transformation d’Al-Khatim en “Russe noir”, ces rebelles convertis au service de Wagner qui font le sale boulot des mercenaires contre les centrafricains.

 

Mais qui est vraiment Mahamat Al-Khatim ? Rappelons les faits, parce que cet homme n’a rien de centrafricain malgré le nom de son mouvement, “Mouvement Patriotique pour la Centrafrique”.

 

Al-Khatim est un Tchadien pur et simple. Père et mère d’origine tchadienne. Il a grandi au Tchad. Il est venu en Centrafrique dans le cadre des “libérateurs”, ces combattants tchadiens que François Bozizé avait recrutés dans sa rébellion pour prendre le pouvoir en 2003. Al-Khatim a accompagné la rébellion de Bozizé et, après la prise de pouvoir, il a été intégré dans l’armée nationale centrafricaine avec le grade de caporal.

 

Un caporal tchadien dans l’armée centrafricaine. C’est ça Mahamat Al-Khatim. Après la chute de Bozizé en 2013, ce caporal tchadien a rejoint la Séléka. Puis, après l’éclatement de la Séléka, il a créé sa propre rébellion : le MPC, Mouvement Patriotique pour la Centrafrique. Le nom est trompeur. Il n’y a rien de “patriotique” ni de “centrafricain” dans ce mouvement dirigé par un Tchadien qui traque maintenant des Centrafricains pour le compte de mercenaires russes.

 

Depuis quelques temps, Al-Khatim avait soi-disant signé un accord de paix avec le gouvernement, même avant l’Accord de Ndjamena du 19 avril 2025. Il avait été le premier chef rebelle tchadien à signer un accord avec le régime Touadéra. Puis, mystérieusement, il s’est retrouvé en prison au Tchad où il a passé presque un an. Après sa sortie de prison, le gouvernement centrafricain ne tenait plus compte de lui.

 

Al-Khatim s’est donc tourné vers Wagner. C’était sa stratégie de survie, sa manière de se rattraper, de rester pertinent dans le paysage complexe des groupes armés centrafricains. Il a décidé de faire le sale boulot pour les mercenaires russes : traquer les autres groupes armés centrafricains, les leaders rebelles qui ne veulent pas se soumettre à Wagner.

 

Al-Khatim est devenu un “Russe noir”. Cette expression désigne les rebelles formés et recrutés par les mercenaires russes pour les appuyer dans leurs opérations. À Bambari, par exemple, des rebelles de l’UPC sous Hassan Bouba sont devenus des “Russes noirs”. Maintenant, Al-Khatim et ses hommes rejoignent cette catégorie de traîtres qui travaillent pour les occupants étrangers contre les centrafricains.

 

Al-Khatim a converti ses ex-rebelles en “Russes noirs” pour appuyer Wagner. Ces hommes sont déployés dans les sites miniers de l’Ouham, où Al-Khatim a placé ses éléments comme chefs de chantier pour bénéficier des retombées financières de l’exploitation minière. C’est un arrangement profitable : Wagner contrôle les mines, Al-Khatim fournit les hommes, et tout le monde se partage l’argent pendant que les Centrafricains sont dépouillés de leurs ressources.

 

Mais il y a quelques jours, Al-Khatim a demandé à deux de ces chefs de chantier, deux de ses rebelles : Ali Choc et Hamid Saraga,  de se rallier aux mercenaires russes pour aller combattre et pourchasser Florent Kema, chef d’état-major de CMSPR et ancien député de Nana-Bakassa. Ces deux hommes ont refusé. Ils ont dit à Al-Khatim : “Non, nous ne voulons pas faire ce travail. Ce n’est pas notre rôle. Nous avons signé un accord avec le gouvernement et nous attendons la suite du processus. Nous ne sommes pas intéressés à travailler avec les mercenaires russes”.

 

Un refus clair et courageux. Ali Choc et Hamid Saraga ont compris qu’Al-Khatim les entraînait sur une mauvaise voie, qu’il les transformait en collaborateurs de Wagner contre d’autres Centrafricains. Florent Kema est un Centrafricain, ancien député de la Nation. Pourquoi iraient-ils le traquer pour le compte de mercenaires russes ?

 

La réaction d’Al-Khatim a été immédiate. Il a donné l’ordre à son commandant de zone, surnommé “Libanais”, d’arrêter Ali Choc et Hamid Saraga. Libanais a exécuté l’ordre. Il a arrêté les deux rebelles vers Sido et les a remis aux mercenaires russes. Ali Choc et Hamid Saraga sont actuellement emprisonnés à Kaga-Bandoro par Wagner. Leur seul crime ? Avoir refusé de collaborer avec les mercenaires russes pour traquer un ancien député centrafricain.

 

Cette affaire montre le vrai visage d’Al-Khatim. Ce n’est pas un chef rebelle qui négocie pour améliorer les conditions de vie de sa communauté. Ce n’est pas un acteur politique qui cherche une place dans le système pour servir son peuple. C’est un mercenaire tchadien au service d’autres mercenaires russes, qui traque et livre des Centrafricains à Wagner.

 

Al-Khatim est surnommé “le nabot” parce qu’il est très petit, dépassant à peine 1m50. Depuis sa sortie de prison au Tchad, il a apparemment perdu beaucoup de poids. Quand on le voit, on dirait un enfant. Pourtant, c’est un chef de guerre dangereux qui travaille maintenant pour Wagner.

 

L’objectif d’Al-Khatim et de Wagner est clair : traquer et capturer Florent Kema, chef d’état-major de CMSPR et ancien député de Nana-Bakassa.

 

Al-Khatim n’est pas le seul chef rebelle à avoir fait ce choix. D’autres, comme Hassan Bouba de l’UPC à Bambari, ont également choisi de devenir des “Russes noirs”. Mais Al-Khatim va peut-être plus loin que les autres dans sa collaboration avec Wagner. Il arrête et livre ses propres hommes quand ils refusent de travailler pour les mercenaires russes.

 

Cette affaire d’Ali Choc et Hamid Saraga emprisonnés à Kaga-Bandoro montre aussi quelque chose d’important : tous les rebelles ne sont pas prêts à devenir des collaborateurs de Wagner. Ces deux hommes ont eu le courage de dire non. Ils ont refusé de se transformer en “Russes noirs”. Ils ont refusé de traquer Florent Kema pour le compte de Wagner. Et ils paient maintenant le prix de leur refus.

 

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Un possible retrait des casques bleus de la Minusca : comment l’ex-détenu Balalou promet l’impossible pour les élections de 2025

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Possible retrait des casques bleus de la Minusca : l’ex-détenu Balalou promet l’impossible pour les Élections de 2025

 

Possible retrait des casques bleus de la Minusca : l’ex-détenu Balalou promet l’impossible pour les élections de 2025
Touadera-avec-des-casques-bleus-rwandais – Faustin Archange Touadera au bord du précipice judiciaire : un groupe des 4 ONG prêtes à déposer plainte

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Interrogé sur une information évoquant un retrait possible de 4000 casques bleus de la MINUSCA, le porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou, a livré une réponse qui frôle encore une fois le délire. Plutôt que de clarifier la véracité de cette rumeur, il s’est contenté de banaliser la question et d’assurer que « le pays dispose d’un plan de sécurisation » pour les Élections de décembre 2025. Une promesse qui, à l’épreuve des faits, sonne totalement vide et pathétique.

 

 

Maxime Balalou a tenté de rassurer en répétant que « les Élections seront sécurisées et organisées à bonne date ». Mais il n’a donné aucun détail : ni mesures concrètes, ni composition claire de ce fameux « plan ». Tout se réduit à des phrases vides, récitées comme un refrain politique. Il a même osé affirmer que « la population elle-même a demandé le retrait des casques bleus », un argument absurde qui détourne la responsabilité de l’État et vise à légitimer un éventuel désengagement international.

 

Cette rhétorique pathétique montre une fois de plus la stratégie habituelle du régime : masquer son incapacité en multipliant les slogans. Comment peut-on croire un gouvernement qui n’arrive pas à sécuriser un tronçon de route de 34 km depuis plus d’un an, mais qui prétend pouvoir garantir des Élections paisibles sur l’ensemble du territoire sans l’appui des Nations unies ? La contradiction est flagrante.

 

L’ex-détenu Balalou a aussi évoqué « l’appui des partenaires », sans préciser lesquels. Derrière cette formule vague, chacun comprend que la sécurité réelle du pays repose toujours sur les forces étrangères, qu’elles soient russes ou onusiennes. Pourtant, le pouvoir préfère nourrir l’illusion d’une autonomie totale, au risque de plonger le processus électoral dans le chaos.

 

Ce discours n’est pas seulement vide, il est dangereux. En minimisant l’importance de la MINUSCA, le gouvernement envoie un signal de désinvolture à la communauté internationale. Si un retrait massif venait à se confirmer, les Élections de décembre se dérouleraient dans un climat d’insécurité généralisée. Les populations le savent, et les partenaires étrangers aussi.

 

La vérité est simple : la République centrafricaine n’a pas aujourd’hui les moyens militaires, logistiques ou institutionnels d’assurer seule la sécurité d’un scrutin national. Les propos de Balalou ne relèvent pas d’un plan sérieux, mais d’une propagande électorale de plus. En promettant l’impossible, le régime se prépare à transformer les élections de 2025 en mascarade sécuritaire.

 

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Vakaga : quand Wagner fabrique sa vidéo de propagande à Birao pendant que les villages vers Amdafock se vident

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Vakaga : quand Wagner fabrique sa vidéo de propagande à Birao pendant que les villages vers Amdafock se vident

 

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Dans la ville de Birao, chef-lieu de la préfecture de la Vakaga. Photo CNC

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le 16 septembre 2025, les Mercenaires russes du groupe Wagner ont massacré quatre à cinq éleveurs arabes soudanais près de Birao avant de se retirer à leur base. Ce crime a déclenché une spirale de représailles qui continue aujourd’hui. Les groupes soudanais ont riposté en attaquant plusieurs villages centrafricains de la région. Les populations ont fui massivement vers Ndélé et Amdafock. Les Soudanais sont même entrés sur le territoire centrafricain et ont tiré deux roquettes sur Amdafock le 1er octobre, créant la panique parmi les civils.

 

 

Ces faits sont documentés, vérifiés, et confirmés par de nombreux témoignages. Plusieurs villages se sont complètement vidés de leurs habitants. Des milliers de personnes ont abandonné leurs maisons, leurs champs, leurs commerces pour fuir une violence qu’elles n’ont pas provoquée.

 

Face à cette catastrophe humanitaire déclenchée par Wagner, le gouvernement centrafricain a choisi une réponse surprenante : le ministère de la défense, dans un communiqué, nie catégoriquement les faits, et produit au  passage une vidéo de propagande pour nier la réalité. Aussitôt après la déclaration du ministère de la défense, les mercenaires russes ont amené leurs journalistes habituels à Birao pour filmer quelques minutes censées démontrer que “tout va bien” et que les informations circulant sur les réseaux sociaux ne sont que des “rumeurs”.

 

Cette vidéo suit un schéma prévisible. On sélectionne soigneusement un petit secteur de Birao épargné par les violences. On filme le marché central où quelques commerçants continuent de travailler. On montre le stade de l’église catholique où des jeunes jouent au football. On passe devant le centre accueillant les réfugiés soudanais. On termine par une interview du président du tribunal qui assure que tout est normal.

 

Le narrateur de cette vidéo commence par ces mots : “Nous sommes à Birao, chef-lieu de la Vakaga dans la région de Fertile. Comme vous pouvez le constater, la vie suit son cours normalement. Entre rumeurs, tout se dit ça et là. Il y a la vie à Birao”.

 

Cette introduction donne le ton. Les faits rapportés – villages vidés, populations déplacées, tirs de roquettes – sont qualifiés de “rumeurs”. La propagande opposera ensuite à ces “rumeurs” une réalité fabriquée pour l’occasion : quelques images rassurantes d’une ville qui continue de fonctionner.

 

La vidéo montre ensuite le grand centre accueillant les réfugiés soudanais qui ont fui la guerre dans leur pays. Le narrateur précise : “Nous sommes au stade de l’église catholique de Birao. Des jeunes qui s’organisent pour se détendre avec des activités sportives”.

 

Ce passage ajoute une touche cynique. On montre des réfugiés soudanais paisibles pour prouver que Birao reste calme, sans mentionner que les mercenaires russes viennent de massacrer des éleveurs de la même nationalité, déclenchant la crise actuelle.

 

L’interview du président du tribunal constitue le moment clé de cette propagande. Le journaliste demande : “Les instructeurs russes ont été déployés dans la ville de Birao en appui aux forces de défense et de sécurité nationales. Dites-nous quel est l’état de la collaboration avec ces instructeurs russes ?”

 

La réponse du magistrat suit le script attendu : “Ils sont là, c’est pour la sécurité. Nous sommes là pour la justice. Je pense qu’ils font leur travail. Et nous, nous sommes là pour accueillir les plaintes de la population, des justiciables. Si il y a des cas, nous allons voir comment apprécier au niveau du tribunal”.

 

Cette déclaration intervient alors que ces mêmes “instructeurs russes” viennent de massacrer des éleveurs, provoquant une crise qui a vidé plusieurs villages et entraîné des tirs de roquettes transfrontaliers. Le président du tribunal affirme que ces mercenaires “font leur travail” pendant que les populations fuient leurs maisons.

 

Cette vidéo porte la signature habituelle de Wagner. Les mercenaires russes ont compris qu’ils peuvent commettre des massacres, déclencher des crises humanitaires, provoquer des déplacements massifs de populations, la machine de propagande se mettra toujours en marche pour nier, minimiser, et inverser la réalité.

 

Le gouvernement centrafricain se prête volontiers à ce jeu. Les autorités locales acceptent de participer aux vidéos de propagande. Le président du tribunal déclare devant les caméras que tout va bien. Les officiels répètent les éléments de langage préparés par Wagner. Tout le monde joue son rôle dans cette comédie pendant que les villages se vident.

 

Cette complicité n’est pas nouvelle. L’année dernière, Quand Wagner avait tué un transporteur camerounais, toute la machine étatique s’était activée par Wagner pour étouffer l’affaire. Le service de la gendarmerie, le gouvernement, jusqu’au président – tous avaient participé à l’opération de désinformation pour protéger les mercenaires.

 

Le même schéma se répète avec Birao. Wagner massacre des éleveurs soudanais le 16 septembre. Les Soudanais ripostent en attaquant des villages centrafricains. Les populations fuient massivement. Les Soudanais tirent des roquettes sur Amdafock. Et le gouvernement produit une vidéo montrant quelques jeunes jouant au football pour prouver que “ce ne sont que des rumeurs”.

 

Cette stratégie repose sur un principe simple : mentir massivement et systématiquement jusqu’à ce que la vérité se noie dans le flot de désinformation. Peu importe que les faits contredisent la propagande, peu importe que les témoignages des habitants démentent la version officielle,  on continue de marteler le message : “tout va bien, ce ne sont que des rumeurs”.

 

Les habitants de Birao et Amdafock savent la vérité. Ils ont vu leurs voisins partir. Ils connaissent des gens qui ont fui vers des villages voisins. Ils ont entendu parler et voir comment les tirs de roquettes tombent. Ils vivent avec la peur quotidienne. Mais le gouvernement leur explique que ce qu’ils vivent n’existe pas, que ce ne sont que des “rumeurs” venues des réseaux sociaux.

 

Cette négation de la réalité vécue par les populations constitue une forme de mépris profond. On demande aux gens de ne pas croire ce qu’ils voient, de ne pas faire confiance à leur propre expérience, d’accepter la version officielle même quand elle contredit ce qu’ils vivent.

 

Le gouvernement centrafricain traite son peuple comme des imbéciles incapables de distinguer la réalité de la fiction. Il pense pouvoir fabriquer une vérité alternative en filmant quelques scènes soigneusement sélectionnées et en faisant débiter des phrases préparées à des officiels locaux.

 

Wagner a importé en République centrafricaine ses méthodes de désinformation ailleurs. Les mercenaires russes savent que la propagande fonctionne quand elle est massive, répétée, et soutenue par les autorités locales. Ils ont transformé le gouvernement centrafricain en relais de leur communication mensongère.

 

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Grimari : la gratuité des soins tourne au cauchemar pour les patients et le personnel

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Grimari : la gratuité des soins tourne au cauchemar pour les patients et le personnel

 

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Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Femmes enceintes, enfants de moins de cinq ans, indigents : tous ont droit aux soins gratuits sur le papier. Dans la réalité, l’hôpital de Grimari croule sous le poids de cette politique mal financée. Notre investigation révèle comment cette mesure sociale louable devient un piège mortel pour les plus vulnérables.

 

 

Le Dr Olivier Mowena connaît bien cette équation impossible. responsable de l’hôpital de Grimari, il doit jongler quotidiennement entre les exigences de la gratuité ciblée et les maigres ressources de son établissement. Cette politique, censée garantir l’accès aux soins pour les plus démunis, se transforme rapidement en casse-tête financier et logistique.

 

La réglementation en vigueur divise les patients en catégories bien distinctes. « Mais le problème, c’est que parmi les gens qui viennent à l’hôpital de Grimari, il y a deux catégories de personnes. Il y a des gens qui sont dans la gratuité ciblée et qui ont l’obligation de les traiter gratuitement. Ça, c’est les femmes enceintes et les femmes allaitantes jusqu’à 6 mois et les enfants de moins de 5 ans. Ceux-là, s’ils viennent à l’hôpital de Grimari, on les prend en charge gratuitement », explique le Dr Mowena.

 

Cette classification administrative, qui peut paraître logique sur le papier, pose des problèmes concrets sur le terrain. D’abord, elle exclut de facto une grande partie de la population qui ne peut pas payer les soins. Ensuite, elle crée une pression financière énorme sur l’hôpital de Grimari qui doit assumer ces coûts sans compensation suffisante de l’État.

 

Le médecin-chef de l’hôpital de Grimari avoue d’ailleurs ne pas pouvoir respecter strictement ces critères face à la détresse humaine. « Et les autres, ils sont hors cible, ils peuvent acheter leurs médicaments sans oublier les indigents. Si les indigents aussi viennent à l’hôpital, c’est des êtres humains comme nous, mais qui n’ont pas des moyens. On ne va pas les exclure. On est obligé aussi de les prendre en charge gratuitement », confie-t-il avec une humanité qui honore sa profession.

 

Cette générosité spontanée, bien que louable moralement, aggrave les difficultés financières de l’établissement. L’hôpital de Grimari se retrouve à soigner gratuitement bien plus de patients que ne le prévoit officiellement la politique de gratuité ciblée. Les caisses se vident, les stocks de médicaments s’amenuisent, mais les malades continuent d’affluer.

 

L’approvisionnement en médicaments révèle une autre facette de cette gestion précaire. Le Dr Mowena explique le système complexe mis en place : « Nous, on est dans la zone de PBF avec le projet Séni. Dans PBF, à chaque fois, ils prélèvent une partie de nos recettes pour nous acheter les médicaments, les bons médicaments. Et quand ces médicaments arrivent, à la base du district, on fait le dispatching dans l’information sanitaire. Et l’hôpital de Grimari reçoit aussi sa part de médicaments pour la santé de la population ».

 

Ce mécanisme de financement basé sur la performance semble ingénieux en théorie. L’hôpital génère des recettes, une partie est prélevée pour acheter des médicaments qui sont ensuite redistribués. Mais cette logique comporte une faille majeure : comment générer suffisamment de recettes quand la majorité des patients bénéficient de la gratuité ?

 

Le médecin tient à rassurer sur la qualité des médicaments disponibles. « Donc nous, on a les médicaments. On n’a pas que le paracétamol . On a aussi les autres médicaments, certaines gammes de médicaments qu’on utilise pour la santé de la population », précise-t-il. Cette précision n’est pas anodine. Elle répond aux critiques récurrentes sur la distribution de médicaments de qualité douteuse dans les structures publiques.

 

Toutefois, avoir des médicaments ne résout pas tous les problèmes. L’infrastructure défaillante de l’hôpital compromet gravement l’efficacité de cette politique de gratuité. « Effectivement, au niveau des salles d’hospitalisation, on a constaté un nombre insuffisant des lits et presque vétustes », reconnaît le Dr Mowena. Comment hospitaliser correctement des patients quand les lits manquent et que ceux disponibles tombent en ruine ?

 

La question des matelas vient compléter ce tableau d’insuffisance généralisée. « À propos de la vétusté des matelas, oui, c’est avéré. Là, présentement, l’hôpital a un budget pour acheter quelques matelas pour essayer de remplacer ces matelas vétustes », explique le responsable médical. Quelques matelas pour remplacer ceux qui sont complètement usagés, voilà l’ambition de cet établissement public.

 

Cette gestion au jour le jour montre l’incohérence fondamentale de la politique sanitaire centrafricaine. L’État proclame la gratuité des soins pour certaines catégories de population sans se donner les moyens de financer correctement cette mesure. Les hôpitaux de district, comme celui de Grimari, se retrouvent pris en étau entre leurs obligations sociales et leurs contraintes budgétaires.

 

Les conséquences de cette politique mal conçue dépassent le cadre strictement médical. Les médecins, contraints de faire des choix impossibles entre leurs obligations déontologiques et les réalités financières, développent des stratégies de survie qui fragilisent tout le système. Ils soignent gratuitement plus de patients que prévu, épuisent leurs stocks plus rapidement, et voient leurs équipements se dégrader faute de MAINTENANCE suffisante.

 

L’hôpital de Grimari devient ainsi le symbole d’une politique sanitaire populiste mais irréaliste. Annoncer la gratuité des soins sans financer correctement les structures qui doivent l’appliquer revient à condamner ces établissements à l’asphyxie progressive. Les populations de la Ouaka, qui croient bénéficier d’un droit acquis, découvrent amèrement que la gratuité proclamée cache souvent une pénurie organisée qui transforme leur quête de soins en parcours du combattant.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

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