À Bayanga, la nouvelle équipe municipale découvre une dette salariale de 168 mois, soit quatorze années de rémunérations non versées, dans une mairie aux caisses annoncées vides.
La mairie de Bayanga entame une nouvelle période sous la direction du maire Geoffroy Kabouigba avec une lourde dette salariale à régler. Le personnel municipal cumule 168 mois d’arriérés de salaires, soit quatorze années de rémunérations non payées.
Bâtiment de la sous-préfecture de Bayanga, dans la Sangha-Mbaéré
Cette situation constitue l’un des premiers dossiers auxquels la nouvelle équipe municipale doit s’attaquer depuis son installation. Elle intervient dans une mairie qui, selon les informations disponibles, ne dispose d’aucune réserve financière pour assurer immédiatement la continuité normale de ses activités.
Les 168 mois d’arriérés représentent quatorze années de salaires non versés aux employés concernés. Cette accumulation traduit l’ampleur des difficultés financières auxquelles la municipalité doit désormais faire face.
Le montant total de la dette n’a pas encore été précisé. Il dépend notamment du nombre d’agents concernés, de leurs rémunérations respectives et de l’évolution des effectifs au cours des quatorze dernières années.
Pour les employés, l’enjeu est direct. Derrière le nombre de 168 mois se trouvent des années de rémunérations attendues et jamais versées.
Une nouvelle équipe sans moyens financiers
L’arrivée de l’équipe dirigée par Geoffroy Kabouigba intervient dans un contexte administratif et financier particulièrement difficile.
Les informations communiquées font état de caisses vides et de l’absence de fonds de garantie permettant d’assurer la continuité des services municipaux. Aucun document administratif nécessaire à une reprise normale de la gestion n’aurait également été transmis à la nouvelle équipe.
La municipalité doit donc reprendre ses activités tout en reconstituant les éléments administratifs et financiers nécessaires à son fonctionnement.
Bayanga, un exemple des difficultés des municipalités
Le cas de Bayanga dépasse la seule question des salaires impayés. Il illustre les difficultés auxquelles peuvent être confrontées certaines municipalités centrafricaines, souvent limitées dans leurs capacités financières et administratives.
Lorsqu’une commune ne dispose pas de ressources suffisantes, le paiement régulier des agents devient rapidement difficile. L’accumulation des arriérés transforme alors une difficulté ponctuelle en une dette qui peut s’étendre sur plusieurs années.
La situation des dettes salariales à la mairie de Bayanga met en exergue les défis de l’administration municipale et des finances publiques en Centrafrique.
À Bayanga, cette dette a atteint 168 mois. La nouvelle équipe municipale devra désormais établir précisément les engagements financiers de la mairie, identifier les ressources disponibles et déterminer les moyens permettant de traiter progressivement les arriérés accumulés.
Le dossier des salaires impayés constitue ainsi l’une des principales urgences de la nouvelle administration municipale, alors que la commune doit en même temps assurer ses missions quotidiennes avec des ressources financières limitées.
Kokoro Mermoz, ancien général téméraire de la milice anti-balaka de Gambo, dans la préfecture du Mbomou, a été arrêté mercredi à Bangui par les forces de sécurité sur instruction de la Cour pénale spéciale (CPS).
L’arrestation intervient alors que l’intéressé se trouvait dans la capitale pour des démarches administratives liées à son élection comme conseiller minucipal. Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, il a été interpellé par les gendarmes avant d’être remis à la disposition de la justice.
Un ancien redoutable chef anti-balaka rattrapé par la justice
Kokoro Mermoz est connu dans la région de Gambo comme un responsable d’un groupe anti-balaka. Son nom a été associé à plusieurs faits de violence commis dans cette partie du sud-est de la République centrafricaine durant les années de conflit.
Lors de son interpellation, l’intéressé a dans un premier temps contesté l’identité qui lui était attribuée. Il a même déclaré ne pas s’appeler Mermoz. Les vérifications effectuées par les autorités auraient ensuite permis d’établir son identité sous le nom de Kokoro Mermoz.
Son arrestation intervient après plusieurs années durant lesquelles il avait réussi à rester en liberté malgré les procédures judiciaires visant des membres de son groupe. Plusieurs de ses anciens compagnons ont déjà été arrêtés et se trouvent détenus au Camp de Roux, dans le cadre de procédures judiciaires.
La CPS est chargée d’enquêter, d’instruire et de juger les violations graves des droits humains et du droit international humanitaire commises en République centrafricaine depuis 2003. 
De la lutte armée aux fonctions électives
Après son parcours au sein des anti-balaka, Kokoro Mermoz a progressivement investi le terrain politique. Il a notamment participé au processus électoral et s’est présenté comme candidat dans la région de Gambo.
Son engagement politique lui avait permis de conserver une certaine visibilité dans sa circonscription. Plus récemment, il a été élu conseiller régional, ce qui l’a conduit à effectuer des démarches administratives à Bangui.
C’est précisément à l’occasion de ce déplacement dans la capitale que la procédure judiciaire aurait finalement conduit à son arrestation. Son statut d’élu local ne constitue pas un obstacle aux poursuites engagées contre lui pour des faits susceptibles de relever de la compétence de la CPS.
Cette arrestation intervient dans un contexte où la juridiction spéciale poursuit encore plusieurs dossiers liés aux violences commises pendant les différentes crises centrafricaines. La CPS affirme avoir pour mandat de poursuivre les auteurs présumés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. 
Une nouvelle étape dans la lutte contre l’impunité
Le dossier Kokoro Mermoz rappelle le long chemin parcouru par certains anciens responsables de groupes armés entre les combats, la politique et la justice. Pendant plusieurs années, certains ont réussi à maintenir leurs activités publiques alors que leur passé restait associé à des accusations graves.
L’affaire montre aussi que l’exercice d’un mandat électif ne met pas automatiquement fin à une procédure judiciaire. Lorsqu’une personne est recherchée ou visée par une procédure, son arrestation peut intervenir à tout moment, y compris lorsqu’elle exerce désormais des responsabilités politiques locales.
La procédure devra désormais déterminer précisément les faits reprochés à Kokoro Mermoz, les éléments retenus contre lui et son éventuelle responsabilité pénale. Son arrestation ne préjuge pas de l’issue du procès et il bénéficie, comme tout justiciable, de la présomption d’innocence.
À Bangui, son interpellation constitue une nouvelle étape pour la CPS dans le traitement des dossiers liés aux anciens groupes armés, alors que la juridiction continue de fonctionner sur plusieurs enquêtes et procès malgré les difficultés auxquelles elle est confrontée. 
Crépin Mboli-Goumba répond au grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana sur la nationalité d’Anicet Georges Dologuélé. Dans un aide-mémoire adressé au ministre d’État chargé de la Communication et porte-parole du gouvernement, le coordinateur du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) oppose à son interlocuteur la décision du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025 et l’article 147 de la Constitution.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana soutient que Dologuélé doit écrire au président Faustin-Archange Touadéra pour demander sa réintégration dans la nationalité centrafricaine. Il affirme que sans cette démarche, l’opposant n’aurait « aucune nationalité » et ne pourrait plus continuer à siéger à l’Assemblée nationale.
Crépin Mboli-Goumba conteste cette lecture et rappelle que le Conseil constitutionnel a déjà examiné la question dans le cadre du contentieux relatif à la candidature de Dologuélé à l’élection présidentielle de 2025.
Mboli-Goumba rappelle la compétence du Conseil constitutionnel
Selon lui, cette institution est chargée de veiller au respect de la Constitution. Elle contrôle notamment la constitutionnalité des lois et intervient dans le contentieux des élections nationales selon les compétences que lui attribuent la Constitution et le Code électoral.
Dans le cas de l’élection présidentielle, le Conseil constitutionnel est précisément compétent pour examiner les contestations portant sur les candidatures.
C’est dans ce cadre que la candidature de Dologuélé avait été contestée sur la base de sa situation au regard de la nationalité.
Le Conseil constitutionnel s’était déclaré compétent dans sa décision n°14/CC/25 du 14 novembre 2025.
Pour Mboli-Goumba, ce rappel est essentiel avant de discuter de l’obligation de réintégration invoquée aujourd’hui par le gouvernement.
Ce que le Conseil constitutionnel a décidé sur Dologuélé
Le point central de l’aide-mémoire concerne le contenu de la décision du 14 novembre 2025.
Le recours examiné par le Conseil constitutionnel soutenait notamment que Dologuélé avait perdu sa nationalité centrafricaine après avoir acquis la nationalité française et qu’il devait, par conséquent, solliciter sa réintégration.
Le Conseil constitutionnel a examiné cet argument.
Il a relevé qu’aucun décret n’avait formellement constaté la perte de la nationalité centrafricaine de Dologuélé.
Le Conseil a également considéré que la perte de nationalité par acquisition volontaire d’une nationalité étrangère ne pouvait pas être considérée comme automatique dans les circonstances examinées.
Il en a tiré une conséquence précise : Dologuélé ne pouvait pas être soumis aux formalités de réintégration en l’absence de l’acte juridique permettant de constater sa perte de nationalité.
La requête contestant notamment sa candidature a finalement été rejetée comme mal fondée.
L’article 147 au cœur de la réponse
Crépin Mboli-Goumba met ensuite en avant l’article 147 de la Constitution du 30 août 2023.
Cette disposition prévoit que les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours et qu’elles s’imposent aux pouvoirs publics ainsi qu’aux autorités administratives, militaires et juridictionnelles.
Pour l’avocat, cette disposition constitue un élément essentiel dans le débat actuel.
La décision du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025 ne peut donc pas être considérée comme une simple interprétation parmi d’autres que l’administration serait libre de suivre ou non.
Elle a été rendue dans le cadre du contentieux de l’éligibilité présidentielle et concerne directement la situation de Dologuélé.
Elle a en outre été notifiée aux autorités concernées et devait être publiée au Journal officiel.
Le problème posé par la position du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana
C’est à partir de là que Crépin Mboli-Goumba oppose la décision constitutionnelle à la déclaration du porte-parole du gouvernement.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana affirme que Dologuélé a perdu sa nationalité et doit demander sa réintégration.
Il précise que cette demande doit être adressée au président de la République et qu’elle doit être suivie d’une enquête avant un éventuel décret de réintégration.
Mais pour Mboli-Goumba, le problème se situe en amont.
La procédure de réintégration suppose que la personne concernée ait perdu sa nationalité.
Or, dans sa décision du 14 novembre 2025, le Conseil constitutionnel a précisément écarté l’argument selon lequel Dologuélé devait accomplir les formalités de réintégration en l’absence d’un acte constatant sa perte de nationalité.
La question devient donc : sur quelle base juridique peut-on aujourd’hui présenter comme obligatoire une démarche que le Conseil constitutionnel avait refusé d’imposer à Dologuélé dans le contentieux de son éligibilité ?
Le Tribunal de grande instance n’est pas absent du dossier
Mboli-Goumba ne peut pas non plus être compris comme ignorant la décision rendue auparavant par le Tribunal de grande instance de Bangui.
Le 16 octobre 2025, cette juridiction avait annulé le certificat de nationalité de Dologuélé.
Elle s’était notamment appuyée sur les dispositions du Code de la nationalité relatives à l’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère pour retenir la perte de la nationalité centrafricaine.
Cette décision explique pourquoi la question de la réintégration a ensuite été soulevée.
Mais le Conseil constitutionnel a été saisi quelques semaines plus tard dans le cadre du contentieux électoral.
Il a examiné cette question et rejeté le recours visant la candidature de Dologuélé.
Le débat ne peut donc pas se limiter à l’ordonnance du Tribunal de grande instance sans examiner la décision constitutionnelle qui lui est postérieure.
Le Code de la nationalité prévoit bien une réintégration
L’aide-mémoire apporte également une nuance importante.
Crépin Mboli-Goumba ne prétend pas que le Code de la nationalité ne prévoit aucune procédure de réintégration.
Le Code de la nationalité centrafricaine prévoit effectivement une réintégration par décret après enquête.
Le désaccord porte sur son application au cas Dologuélé.
Autrement dit, personne ne conteste l’existence de la procédure.
Le véritable contentieux porte sur la question de savoir si Dologuélé se trouve juridiquement dans la situation d’une personne ayant perdu sa nationalité et devant donc solliciter sa réintégration.
C’est précisément ce point que le Conseil constitutionnel a examiné en novembre 2025.
« Il n’a aucune nationalité » : une affirmation lourde de conséquences
La phrase prononcée par le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana sur l’absence de nationalité de Dologuélé constitue un autre point de friction.
Le porte-parole du gouvernement affirme que si Dologuélé ne demande pas sa réintégration, il n’a « aucune nationalité pour continuer à siéger à l’Assemblée nationale ».
Cette formulation va beaucoup plus loin qu’une simple demande de régularisation.
Elle permet de relier directement le contentieux de la nationalité au mandat parlementaire.
Si Dologuélé est présenté comme apatride, son droit à exercer son mandat de député peut ensuite être contesté.
Le raisonnement permet donc de passer d’une question administrative à une conséquence politique majeure : la remise en cause de son siège à l’Assemblée nationale.
C’est cette évolution qui donne à la déclaration du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana une portée particulière.
De la nationalité au mandat parlementaire
Dologuélé a participé à l’élection présidentielle de décembre 2025 après validation de sa candidature par le Conseil constitutionnel.
Il a ensuite été élu député.
Le débat actuel intervient donc après plusieurs étapes institutionnelles.
La question posée par Mboli-Goumba est dès lors celle de la cohérence juridique de l’ensemble de la procédure.
Si une autorité considère aujourd’hui que Dologuélé ne possède plus la nationalité requise pour exercer son mandat, elle doit pouvoir identifier la base juridique de cette nouvelle qualification et expliquer son articulation avec la décision constitutionnelle du 14 novembre 2025.
Le porte-parole du gouvernement ne peut pas, par une simple déclaration, prononcer la destitution d’un député.
Une éventuelle remise en cause du mandat doit suivre la procédure prévue par les textes.
Une bataille entre deux lectures du droit
Le dossier oppose désormais deux lectures.
La première, défendue publiquement par le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana, considère que Dologuélé a perdu sa nationalité centrafricaine et doit demander sa réintégration au président de la République. À défaut, son absence de nationalité ferait obstacle à son maintien à l’Assemblée nationale.
La seconde, défendue par Crépin Mboli-Goumba, rappelle que le Conseil constitutionnel a déjà examiné la question de la nationalité dans le contentieux de l’éligibilité de Dologuélé et a rejeté l’argument tiré de l’absence de réintégration.
L’article 147 de la Constitution vient renforcer cette seconde lecture sur le plan institutionnel : les décisions du Conseil constitutionnel s’imposent aux pouvoirs publics et aux autorités administratives.
Une question qui dépasse le cas Dologuélé
Derrière cette controverse se trouve finalement une question plus large sur l’autorité des institutions.
Si une décision du Conseil constitutionnel peut être rendue dans le cadre de sa compétence, puis qu’une autorité administrative peut ensuite défendre publiquement une interprétation contraire sans expliquer comment elle s’articule avec cette décision, c’est l’autorité même de la justice constitutionnelle qui est interrogée.
Crépin Mboli-Goumba ne demande donc pas simplement au grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana de revoir son interprétation.
Il lui rappelle le cadre constitutionnel dans lequel cette interprétation doit s’inscrire.
Le débat sur Dologuélé ne porte ainsi plus uniquement sur une lettre adressée ou non à Touadéra. Il porte sur la portée d’une décision du Conseil constitutionnel, sur l’autorité de l’article 147 et sur la possibilité pour une administration de tirer aujourd’hui des conséquences juridiques que cette décision constitutionnelle avait précisément écartées dans le contentieux de l’éligibilité présidentielle.
Et derrière cette bataille juridique apparaît désormais un enjeu politique direct : la contestation de la nationalité de Dologuélé peut-elle servir de fondement à une procédure visant son éviction de l’Assemblée nationale ?
L’ancien Premier ministre critique la gestion ministérielle des produits pétroliers. Il affirme que le manque d’essence découle d’un choix exécutif contraire aux textes en vigueur.
Un déséquilibre créé par l’exécutif
Les autorités ont attribué l’exclusivité des importations à un seul acteur privé. Cet acteur échappe totalement au cadre fiscal centrafricain.
Cette décision a créé un déséquilibre profond dans l’approvisionnement du pays. Selon nos informations, cette rupture force les consommateurs vers des revendeurs parallèles.
Par ailleurs, ces revendeurs pratiquent des tarifs exorbitants sur les produits pétroliers. Les ménages et les entreprises subissent directement cette flambée des prix.
Des tarifs record par rapport aux pays voisins
Les prix à la pompe atteignent désormais des sommes astronomiques. Ils dépassent largement les tarifs appliqués chez les voisins régionaux.
Cette différence tarifaire pousse même certains usagers vers les frontières. Ils cherchent ainsi à échapper aux surcoûts appliqués sur le territoire national.
Cependant, cette situation encourage également la contrebande de carburant. Les zones frontalières deviennent des points de passage privilégiés pour ce commerce parallèle.
Un organe de contrôle jugé indispensable
La remise en service d’un organe de contrôle indépendant apparaît comme le seul remède. Cet organe permettrait de rétablir une concurrence équitable dans le secteur.
À ce stade, aucune volonté ferme d’appliquer les textes juridiques ne s’est manifestée. Le pays reste, en conséquence, englué dans ce dysfonctionnement commercial.
La pénurie de carburant en République Centrafricaine entraîne une montée du marché noir, mettant en lumière une crise des hydrocarbures qui affecte les consommateurs.
Une forte détonation d’arme lourdes et légères est actuellement signalée au PK40 – 45 sur la route de Boali, provoquant l’interruption de la circulation sur cet axe.
Urgent Cnc
La circulation est coupée dans les deux sens. Aucun véhicule ne circule pour l’instant entre Bangui et Boali, alors que les détonations sont toujours entendues dans le secteur.
À ce stade, les circonstances exactes de ces tirs restent inconnues. Aucun bilan humain ou matériel n’est disponible. La rédaction du CNC suit la situation en temps réel.
Notre équipe se rend sur les lieux afin de recueillir des informations précises sur l’origine des détonations, les éventuels affrontements et les conditions de circulation sur la route de Boali.
Un infirmier assistant opération de l’hôpital préfectoral de Birao affirme avoir été victime d’insultes, de menaces et de propos à caractère discriminatoire lors de deux incidents survenus les 28 août et 1er septembre 2026.
D’après les faits rapportés à sa hiérarchie, le premier incident s’est produit le 28 août à 21h11, pendant une période de garde à l’hôpital de Birao. Le second aurait eu lieu le 1er septembre à 00h41, dans le même établissement.
L’infirmier met directement en cause le Dr Charlie Lionel. Il affirme que ce dernier lui aurait adressé des propos injurieux et menaçants, notamment en lien avec sa participation à l’Eid Al Mawlid et son appartenance à l’ethnie Goula.
L’infirmier affirme que le médecin lui aurait reproché son appartenance communautaire et aurait exprimé sa préférence pour d’autres groupes ethniques présents dans la région. Il rapporte également des menaces concernant son maintien en fonction à l’hôpital préfectoral de Birao.
Parmi les propos qu’il attribue au Dr Charlie Lionel figurent notamment : « Le MCD n’aimerait jamais de travailler avec toi à l’hôpital de Birao même. Quel venu et non, on va te chasser d’ici et tu vas souffrir. Tu penses que tu es meilleur ici, mais moi, Docteur Charlie suis meunier. »
L’infirmier affirme que ces paroles ne constituent qu’une partie des propos qui lui auraient été adressés. Il indique que plusieurs personnes présentes lors des deux nuits auraient assisté aux échanges et pourraient être identifiées comme témoins si une procédure officielle était engagée.
Une affaire qui dépasse le cadre professionnel
L’intéressé considère que les propos qui lui auraient été adressés dépassent un simple désaccord entre personnels de santé. Il dénonce des insultes, des menaces et des propos qu’il qualifie de discriminatoires en raison de son appartenance ethnique.
Il affirme avoir saisi officiellement sa hiérarchie afin que les faits soient examinés et qu’une décision soit prise. Il indique également avoir informé les membres de sa famille de la situation.
Les faits se sont déroulés au sein de l’hôpital préfectoral de Birao, où les personnels de santé sont appelés à travailler ensemble dans le cadre de la prise en charge des patients. La présence de témoins lors des incidents pourrait permettre à la hiérarchie sanitaire et aux autorités compétentes d’établir les circonstances exactes des échanges rapportés par l’infirmier.
La COSCIPAC demande au gouvernement centrafricain de cesser de faire d’Anicet-Georges Dologuélé un « bouc émissaire », alors que la population reste confrontée à de nombreuses difficultés sociales.
Dans un communiqué publié à Bangui le 1er septembre 2026, la COSCIPAC affirme que les problèmes auxquels sont confrontées les populations centrafricaines ne figurent pas parmi les priorités du gouvernement. L’organisation reproche aux autorités de concentrer leur attention sur Anicet-Georges Dologuélé, président de l’URCA et ancien candidat à l’élection présidentielle. COMMUNIQUE DE PRESSE DU 1er Septemebre 26.pdf
La COSCIPAC dénonce une offensive contre Dologuélé
La COSCIPAC critique notamment la sortie du ministre d’État chargé de la Communication. Selon l’organisation, cette intervention traduit une aggravation des dérives autoritaires du régime. Elle accuse également le pouvoir de vouloir exercer une influence sur le Conseil constitutionnel et d’outrepasser ses décisions afin d’imposer sa volonté aux députés. COMMUNIQUE DE PRESSE DU 1er Septemebre 26.pdf
L’organisation demande au président de la République de se concentrer sur les préoccupations du pays plutôt que de poursuivre, selon ses termes, une stratégie visant à faire d’Anicet-Georges Dologuélé une « bête à abattre ». Elle appelle ainsi les autorités à accorder davantage d’attention aux difficultés quotidiennes de la population. COMMUNIQUE DE PRESSE DU 1er Septemebre 26.pdf
Les établissements scolaires au centre des préoccupations
À moins d’un mois de la rentrée scolaire 2026-2027, la COSCIPAC interpelle également le gouvernement sur l’état des collèges et lycées. Elle affirme que plusieurs établissements sont fortement dégradés et demande aux autorités d’offrir aux élèves et aux enseignants des conditions d’apprentissage et de travail dignes. COMMUNIQUE DE PRESSE DU 1er Septemebre 26.pdf
La question des salaires des fonctionnaires est également évoquée dans le communiqué. La COSCIPAC affirme qu’une partie de ces rémunérations pourrait bientôt ne plus être prise en charge par les partenaires financiers et reproche au gouvernement de privilégier les sorties officielles au détriment des préoccupations sociales. COMMUNIQUE DE PRESSE DU 1er Septemebre 26.pdf
Une mise en garde sur le mandat de Dologuélé
La COSCIPAC demande au gouvernement de ne pas aller jusqu’à une éventuelle déchéance d’Anicet-Georges Dologuélé de son mandat de député de Bocaranga. Pour l’organisation, une telle décision constituerait une grave atteinte à la démocratie et pourrait aggraver davantage la crise politique. COMMUNIQUE DE PRESSE DU 1er Septemebre 26.pdf
Elle appelle les militants et sympathisants de l’URCA à rester vigilants, mobilisés et à soutenir leur président dans le respect de la loi. La COSCIPAC invite également l’ensemble de la population à soutenir Anicet-Georges Dologuélé, estimant que son cas dépasse les clivages partisans. COMMUNIQUE DE PRESSE DU 1er Septemebre 26.pdf
La COSCIPAC réclame un dialogue politique
L’organisation demande aux partenaires bilatéraux et multilatéraux de la République centrafricaine de maintenir la pression sur le pouvoir de Bangui afin de favoriser un dialogue avec les forces vives de la nation. Elle estime que ce dialogue doit permettre de réduire les tensions politiques et de répondre aux difficultés de la population. COMMUNIQUE DE PRESSE DU 1er Septemebre 26.pdf
La COSCIPAC demande au gouvernement de se consacrer aux urgences sociales et aux infrastructures essentielles. Elle cite notamment le manque de routes, d’eau potable et d’électricité, ainsi que les difficultés dans les secteurs des hôpitaux, des écoles et des cimetières. COMMUNIQUE DE PRESSE DU 1er Septemebre 26.pdf
Pour la COSCIPAC, la situation d’Anicet-Georges Dologuélé constitue désormais une question liée au respect des décisions de justice, à la dignité humaine et à la démocratie en République centrafricaine. L’organisation appelle enfin les Centrafricains à renforcer la solidarité pour défendre la démocratie dans le pays. COMMUNIQUE DE PRESSE DU 1er Septemebre 26.pdf
Plusieurs pays africains demandent aujourd’hui que l’utilisation de la projection de Mercator, qui déforme considérablement la taille des continents, soit officiellement revue. La carte de l’Afrique telle qu’elle est utilisée à travers le monde ne reflète absolument pas sa taille réelle.
Selon l’ingénieur Jean-Pierre Mara, le problème de cette cartographie ne se limite pas à réduire visuellement la taille de l’Afrique : elle modifie également la perception des fuseaux horaires, allant jusqu’à placer toute l’Afrique centrale sous le même fuseau horaire que la France, ce que Jean-Pierre Mara qualifie d’aberration complète.
L’ancien député centrafricain Jean-Pierre Mara
Le décalage horaire réel entre l’Afrique centrale et la France est de UTC + 2, ce qui signifie que les deux régions ne peuvent en aucun cas partager la même heure. De plus, le changement d’horaire d’hiver en Europe n’affecte pas la France de la même manière que le continent africain.
Pour illustrer cette anomalie, l’expert démontre que lorsqu’il est 10h00 en France, il devrait en réalité être 11h00 à Bouar et Berberati, 11h30 à Bangui et 12h00 à Bangassou. La RCA doit logiquement être positionnée dans le fuseau UTC+2 (en avance de deux heures par rapport au temps universel coordonné), ce qui correspond aussi à l’heure d’Europe de l’Est. Vu que la RCA est située sur l’Équateur, aucune variation ne devrait intervenir par rapport au solstice.
Contacté par la rédaction des CNC, l’ingénieur en Réseau Telecom et ancien député Jean-Pierre Mara affirme et confirme aux responsables de l’OSP la nécessité absolue d’une réforme. Interrogé sur la précision de ses données géographiques, il nous a déclaré :
« Le décalage horaire entre l’Afrique centrale la France est UTC + 2 , ce qui signifie que les deux régions ne peuvent en aucun cas avoir la même heure. Le changement d’horaire pendant l’hivers n’affecte pas la France de la même manière que l’Afrique. Par conséquent quand il est 10h00 en France, on doit avoir 11h00 à Bouar, Berberati , 11h30 à Bangui et 12h00 à Bangassou. La RCA doit être dans le fuseau UTC+2, en avance de deux heures par rapport au temps universel coordonné, qui correspond aussi à l’heure d’Europe de l’Est. Vu que la RCA est sur l’Equateur, aucune variation ne devrait intervenir par rapport au solstice. »
Par Alain Nzilo
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Quand le clepto-mythomane, Maxime Balalou, ancien porte-parole du régime dictatorial de l’empereur Touadera vante les « affiches partout » et les « banderoles dans la ville » pour cacher quatre années de bitumage inachevé sur 12 km dans la capitale, c’est la honte.
L’ancien porte-parole du gouvernement, ministre du commerce et propagandiste attitré des intérêts Wagner, a prononcé lors de sa conférence de presse hebdomadaire la phrase qui restera dans les annales de la déconnexion présidentielle : « Bangui est devenue véritablement la coquette que nous avons connue par le passé. »
Il aurait pu s’arrêter là. Mais non. le clepto-mithomane Balalou a enfoncé le clou avec une précision chirurgicale : « Partout vous avez des affiches, partout vous avez des banderoles dans la ville pour signaler cet événement majeur. » Des pavillons supplémentaires à l’aéroport, des feux de signalisation neufs, un bout de bitumage à la place de la Réconciliation, et hop ! Bangui redevient « la coquette ».
La statue de Faustin Archange Touadera, le nouvel empereur de la Centrafrique
On appelle ça, dans le langage courant, de la propagande de dernière minute. Dans le langage du régime, c’est « la transformation visible du pays ».
Car il faut le redire, comme le martèle Balalou : « Ce pays a changé. » Oui, il a changé. Il est devenu la coquette des banderoles de l’empereur Faustin-Archange Touadera. Une ville où l’on goudronne 12 kilomètres en quatre ans, où l’on bricole à gauche et à droite sans jamais terminer, où l’on inaugure une statue sur l’avenue Touadera le 28 mars dernier.
C’est exactement ce que les livres d’histoire et les documents que tout le monde a lus décrivent : quand on arrive au pouvoir, on devient aveugle. Sourd aussi, visiblement. Parce qu’il faut être totalement déconnecté de la réalité pour croire que des banderoles et quelques pavillons supplémentaires vont transformer Bangui en cité coquette alors que le goudron arrive même difficilement jusqu’au centre du Pikadouz.
Comparez donc avec ceux qui, eux, refusaient de se couper du peuple.
Bokassa, l’empereur lui-même, descendait au marché comme un simple client, achetait ses légumes et circulait dans les rues sans escorte disproportionnée. André Kolingba, à l’époque, prenait son vélo, ses gardes du corps pédalaient derrière lui, et le président roulait comme n’importe quel Centrafricain. Ils étaient au pouvoir, mais pas déconnectés. Ils voyaient la réalité en face.
Aujourd’hui, le régime Touadéra voit des banderoles et croit voir la coquette d’antan. Il voit des affiches et croit voir le progrès. Il voit des travaux de dernière minute et croit voir la volonté de « transformer notre pays ».
C’est triste. C’est risible. Et surtout, c’est révélateur.
L’ancien porte-parole, dans son aveuglement militant, a livré sans le vouloir la meilleure preuve que les livres avaient raison : quand on est au sommet, on finit par ne plus voir que ce que l’on veut voir. Et ce que Toidera et ses hommes veulent voir, ce sont des banderoles. Partout. Pour masquer le reste.
Bangui la coquette ? Non.Bangui la coquette des banderoles.La coquette de l’empereur Toidera.
Et ça, monsieur Balalou , ce n’est pas de la propagande. C’est juste la réalité que vous refusez de regarder en face.
‘appuyant sur son vécu au sommet de l’administration comme ministre et son observation du territoire en tant que préfet, Elie Oueifio critique la gestion des ressources humaines de l’État. Il expose les défaillances du système de nomination actuel.
Les critères de sélection des cadres de la haute fonction publique centrafricaine subissent une dérive profonde qui paralyse le développement des institutions. Dans ses récents écrits, l’ancien membre du gouvernement Elie Oueifio utilise son expérience de terrain pour dénoncer l’éviction systématique des compétences nationales. Selon ses observations, le choix des responsables administratifs ne repose plus sur l’expertise technique ou les
L’ancien ministre et écrivain Elie Ouéfio, Président par intérim du parti KNK
diplômes académiques, mais plutôt sur des affinités politiques et claniques.
Cette politique de favoritisme crée une situation paradoxale au sein de la société centrafricaine. L’auteur constate que des cadres hautement qualifiés, formés dans les grandes écoles et dotés d’une solide expérience de gestion, se retrouvent mis à l’écart, réduits à l’inaction dans les différents arrondissements de la capitale. En parallèle, des postes stratégiques nécessitant une grande rigueur technique sont attribués à des individus ne possédant pas les aptitudes requises pour piloter des ministères ou des directions générales.
Pour l’ex-haut fonctionnaire, cette inversion des valeurs administratives explique la déconfiture des services publics essentiels, de l’enseignement à l’économie. L’intellectuel souligne que la promotion de la médiocrité au détriment de la méritocratie décourage la jeunesse et détruit l’efficacité de l’appareil d’État. Les dossiers de réformes indispensables restent en souffrance dans les tiroirs ministériels tandis que les réunions de cabinet se multiplient sans résultats concrets, laissant la population constater chaque jour l’incapacité des nouveaux directeurs à résoudre les urgences de la nation…
Moscou, au début mars 2026, Faustin-Archange Touadéra a lâché devant sa diaspora le mot qui tue : sous-peuplés. Après dix ans à la tête d’un pays qui se vide comme un tonneau percé, il ose pointer du doigt le manque d’habitants comme principale cause du sous-développement. Pas les pillages, pas les mercenaires qui font la loi, pas les routes absentes, pas les milliards envolés. Non. Le vide humain. Et sa solution ? Rentrez, les gars, venez faire des gosses ici pour remplir le vide que j’ai creusé moi-même.
Faustin-Archange Touadéra a tenu, à Moscou, le discours le plus pathétique de sa carrière. Devant des Centrafricains installés en Russie – étudiants, officiers, travailleurs qui ont fui l’enfer bangui –, il a sorti une phrase qui résume tout : « Nous sommes sous-peuplés. Et ce sous-peuplement est lui-même un facteur de sous-développement. »
Touadera en réunion avec la diaspora centrafricaine en RussieTouadera en réunion avec la diaspora centrafricaine en Russie
Sous-peuplés.
623 000 km² pour 6 millions d’âmes.
Un désert humain qu’il dirige depuis dix ans.
Et c’est la diaspora qu’il accuse d’avoir aggravé le problème en faisant des enfants ailleurs.
Il commence par l’injonction patriotique basique : « Il faut être vaillant. Il faut être fort. » Fort pour quoi ? Pour crever de faim dans un pays sans électricité stable ? Pour marcher des kilomètres parce qu’il n’y a pas de routes ? Pour risquer sa peau dans des zones où l’État n’existe plus ? Il enchaîne sur les bourses d’études : « Elles ont précisément pour objet votre retour au pays. Il faut un peu de patriotisme. » Patriotisme = retour obligatoire. Pas de contrat, pas de salaire garanti, pas de maison, pas de sécurité. Juste l’amour du pays comme carburant.
Puis il attaque les exilés qui s’enracinent ailleurs : « Quand on n’est pas patriote, on travaille à l’étranger, on vieillit là-bas, on s’y installe, on y fonde une famille. Les enfants grandissent dans ce pays d’accueil. Ils ne connaissent plus le pays d’origine. » Traduction : vous êtes des traîtres biologiques. Vos gosses nés en Russie ou ailleurs ne compteront pas pour la Centrafrique. La faute ? À vous. Pas à un président qui n’a rien construit pour que les familles restent.
Il répète que « nous, les patriotes, nous voulons que la Centrafrique avance ». Avance vers quoi ? Vers plus de vide ? Vers plus de dépendance russe ? Vers plus de mercenaires qui contrôlent les mines pendant que le peuple crève ? Le bilan est là : exode continu, cerveaux partis par milliers, population stagnante. Et lui trouve le culot de dire : « Beaucoup de cerveaux ont déjà fui le pays. […] Ceux qui sont partis s’emploient à les critiquer depuis l’étranger : il n’y a pas de routes, il n’y a pas d’électricité, il n’y a pas d’eau. Ils racontent n’importe quoi. »
N’importe quoi ?
Les routes inexistantes, c’est n’importe quoi ?
Les coupures d’électricité de plusieurs jours, c’est n’importe quoi ?
L’eau sale ou absente dans la plupart des quartiers, c’est n’importe quoi ?
Pour lui, oui. Ces vérités deviennent des mensonges quand elles sortent de la bouche des exilés.
Sa réponse aux indignés ? Une gifle monumentale : « Si ces réalités vous font mal, si elles vous indignent sincèrement, alors rentrez au pays. Venez travailler à les changer. Ce n’est pas en restant sur Internet à accuser les autres que vous ferez avancer les choses. » Rentrez. Changez tout. Seuls. Sans aide. Sans plan. Sans argent. Sans rien. Comme si un seul revenant pouvait reboucher les routes, relancer l’électricité, purifier l’eau, stopper la corruption et virer les groupes armés.
Il admet même la galère : « Certains se demandent où dormir, comment s’organiser. C’est la réalité de votre pays. On ne renie pas son pays. Il faut rentrer. Il faut changer le pays. » Il liste les misères – où dormir ? comment s’organiser ? – et termine par un appel vide. Rentrer pour dormir par terre ? Pour s’organiser dans le chaos ? Pour changer un pays que lui n’a pas changé en dix ans ?
Ce n’est plus un discours présidentiel. C’est une confession d’échec. Touadéra avoue que son règne a vidé le pays. Il avoue que les gens partent parce que rien ne va. Il avoue que l’État qu’il dirige ne retient personne. Et au lieu de s’excuser, il supplie : revenez repeupler mon désert. Venez souffrir ici pour compenser mon incompétence.
La diaspora a entendu le message cinq sur cinq : Bangui reste un tombeau ouvert, et le fossoyeur en chef s’appelle Touadéra.
Dans les grandes démocraties à travers le monde, la nationalité constitue une des conditions sine qua non d’éligibilité pour accéder à de hautes fonctions politiques, civiles et militaires.
C’est ainsi que les dispositions constitutionnelles et le code électoral de la République centrafricaine n’ont pas dérogé à la règle en soumettant le mandat parlementaire à cette exigence légale universelle.
En conséquence de ce qui précède, l’inobservation de ces dispositions légales c’est-à-dire le défaut ou le doute sur la nationalité d’un député le placerait dans une situation inconfortable d’incompatibilité ou d’inéligibilité au risque d’impacter le mandat parlementaire.
C’est dans cette optique que le gouvernement par la voie de son porte-parole a menacé de déchoir le leader de l’opposition démocratique de son mandat parlementaire pour défaut de nationalité en s’appuyant successivement sur les dispositions de l’article 46 de la loi N61-212 du 20 avril 1961 et l’ordonnance N214 du 16 octobre 2025 du tribunal de grande instance de Bangui qui n’annule pas matériellement la nationalité au sens d’un décret de déchéance mais déclare nul et sans effet le certificat de nationalité établi en 2012 et versé au dossier de candidature.
Ainsi la problématique de la nationalité invitée dans l’arène de l’opportunisme politique est devenue un enjeu politique et juridique majeur au point de s’interroger si la démarche du gouvernement relève d’une simple procédure juridique ou d’un moyen de pression politique.
Il apparaît important de noter que la déchéance d’un mandat parlementaire ne peut en principe résulter que de la seule volonté du gouvernement à travers une déclaration politique.
Cela dépendra des dispositions constitutionnelles et législatives en vigueur, d’une procédure constitutionnelle appropriée sans oublier une autorité compétente habiletée à établir de façon incontestable l’absence de nationalité qui constitue un obstacle juridique à l’exercice d’un mandat parlementaire afin de justifier la déchéance.
Pour mieux scruter la problématique, il est judicieux de faire une dichotomie entre la perte de la nationalité et la déchéance de nationalité afin de ne pas confondre ces deux notions.
Ainsi la perte de la nationalité défini par l’article 46 du code de la nationalité de 1961 parle de l’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère et constatée par acte administratif tandis que la déchéance de nationalité énoncée par l’article 52 du même code renvoie à des condamnations judiciaires telles les crimes ou délits contre la sûreté intérieure ou extérieure de l’Etat, les crimes de trahison ou d’intelligence avec une puissance étrangère etc..
De cette clarification, il apparaît évident que l’article 46 pris isolement donne l’impression d’une automaticité de la perte de nationalité mais les articles 50 et 55 de cette même loi de 1961 relèvent une contradiction en prévoyant expressément un acte administratif c’est-à-dire un décret pris en conseil des ministres.
Après le tamisage du droit positif centrafricain, le gouvernement ni l’assemblée nationale n’a pas compétence pour déchoir un député de son mandat si ce n’est l’autorité constitutionnellement compétente qui est le conseil constitutionnel.
L’article 98 de la constitution de 2023 qui établi le statut et la durée du mandat parlementaire résume de manière formelle les moyens pour l’écourter par la dissolution de l’assemblée nationale, la démission, la radiation ou la déchéance mais ne précise pas quel organe doit saisir le conseil constitutionnel et selon quelle procédure, ce qui s’apparente à une faille juridique.
Cela confirme que le gouvernement ne peut pas de son propre chef déchoir un député en dépit de l’autorité de la chose jugée du conseil constitutionnel qui a rendu un arrêt sur le même fait et grief.
La rébellion du gouvernement contre la décision du conseil constitutionnel jugée irrévocable selon les exigences de l’article 147 de la constitution de 2023 expose tous ses actes à la censure et à la contestation devant les juridictions administratives.
Cette forme de rébellion est de nature à créer une crise institutionnelle majeure c’est-à-dire non seulement un simple désaccord mais une rupture profonde avec l’état de droit.
Face à ce constat d’immobilisme et de fixation sur une problématique qui ne répond nullement aux attentes du peuple, le citoyen lambda s’interroge :
1- Dans quelle mesure la menace du gouvernement de déchoir un député de son mandat pour défaut de nationalité est-elle juridiquement fondée ?
2- En d’autres termes, le gouvernement a t-il réellement les moyens de déchoir un député de son mandat pour défaut de nationalité ?
3- Une ordonnance antérieure du tribunal de droit commun peut-elle remettre en cause les effets juridiques d’une décision du conseil constitutionnel rendue postérieurement et portant sur les mêmes faits et griefs contre la même personne ?
4- En dehors des faits ou griefs nouveaux et nonobstant les effets juridiques de l’article 147 de la constitution de 2023, le conseil constitutionnel peut-il déclarer recevable une requête qu’il a déjà jugé ?
En tout état de cause, l’analyse transversale de la décision irrévocable du conseil constitutionnel, du code de la nationalité de 1961 et de la constitution de 2023 et en dehors d’un passage en force devenu la marque de fabrique de ce pouvoir, toute procédure envisagée par le gouvernement visant à déchoir le député de son mandat se heurtera à l’autorité de la chose jugée de l’article 147 de la constitution de 2023 qui est opposable aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives, militaires et juridictionnelles ainsi qu’à toute personne physique ou morale.
Cette nation a besoin d’une refondation, d’une nouvelle République bâtie sur une large consultation citoyenne avec des projets de société émergents qui mettra le peuple au centre des priorités à l’instar des recommandations du forum de Bangui de 2015.
C’est bien évidemment ce que le Rassemblement Unitaire, une composante de la société civile centrafricaine envisage d’organiser dans le cadre des consultations citoyennes sans exclusive pour une renaissance centrafricaine que je vous invite au passage à y adhérer massivement dans les jours à venir.
Au delà de tout, ce peuple que vous croyez facilement domptable vous surprendra en vainquant la peur et se réveillera de son profond sommeil onirique pour organiser la résistance sur la base des articles 28 et 29 de la constitution du 30 mars 2016.
Cependant les paisibles habitants de Limassa soutenus dans sa lutte par les vaillants citoyens de Mala et par extension à l’échelle nationale vous demande de démissionner car c’est la seule issue possible et plausible.
Monsieur le président, l’époque ou alors l’âge pour escalader les clôtures des chancelleries et ambassades avec femmes, enfants et bagages est revolue et surtout votre morphologie endomorphique est inadaptée à cet exercice.
Nous vous rappelons in fine que l’exil de nos jours est une prison dorée certes mais son essence est la souffrance, le calvaire, entremêlé de regret, de remord et de la désolation…
Si je savais serait trop tard pour vous Monsieur le Président.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis le royaume de Limassa.
Limassa le 05 Septembre 2026.
Bernard SELEMBY DOUDOU.
Juriste, Environnementaliste.
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Touadéra pousse la population centrafricaine à bout avec un système de santé qui part en lambeaux. Hôpitaux vides de médicaments, médecins qui fuient le pays faute de salaire, centres d’épidémies comme PK24 qui tiennent à peine debout : voilà le quotidien des Centrafricains exposés à Ebola, Mpox et toutes les maladies qui tuent sans pitié. Le régime annonce des campagnes de vaccination Ebola en fanfare, mais sur le terrain, c’est le néant : doses insuffisantes, priorités aux cercles du pouvoir, et les vrais exposés dans les zones frontalières qui attendent toujours.
Pendant que le peuple centrafricain crève dans ce chaos sanitaire, Touadéra s’offre des escapades tranquilles à Bruxelles. En juin 2025, il y est allé en urgence à Bruxelles pour sogner son cancer et en a profiter officiellement pour le sommet GAVI sur les vaccins
Il parade en costume cravate dans les couloirs européens, serre des mains, pose pour les photos, pendant que les Centrafricains n’ont même pas accès à un vrai bilan de santé de base. Pas de scanners fiables, pas de laboratoires équipés, pas de spécialistes en nombre : tout ça reste lettre morte sous son mandat. Le contraste est insupportable : le chef de l’État se fait chouchouter en Belgique pour rester en forme, tandis que son peuple affronte des virus mortels sans filet ni moyens.
Ce n’est plus de la simple négligence, c’est du mépris affiché. Touadéra voit les dangers sanitaires s’accumuler – frontières poreuses, viandes de brousse non contrôlées, épidémies voisines – mais il choisit de s’envoler pour des contrôles personnels au lieu d’investir massivement chez lui. Le système de santé chaotique condamne des milliers à la souffrance ou à la mort, et le président continue de parader comme si de rien n’était.
Les Centrafricains en ont assez de ce double standard : eux dans la misère médicale, lui dans le confort belge. Il est temps d’exiger que l’argent serve à sauver des vies sur place, pas à financer les caprices d’un homme qui fuit ses responsabilités. Le régime Quadra sacrifie le peuple pour préserver son petit confort – ça ne peut plus durer.
Le samedi 7 mars 2026, l’opération Kwa ti Kodro, selon ses auteurs, a mobilisé des foules dans le Grand Bangui et plusieurs villes de province pour ramasser des ordures et désherber les artères.
Selon le ministère de l’administration du territoire, les coordonnateurs dudit ministère ont supervisé ces journées, mais les photos et les récits montrent surtout des militants du Mouvement Cœurs Unis et des amicales de femmes affiliées au pouvoir.
Pendant ce temps, au palais de la Renaissance, les femmes de la présidence ont balayé les allées en prélude à la Journée internationale des droits des femmes.
Au même moment, au stade 20 000 places, des membres du MCU et d’autres associations proches ont nettoyé les tribunes et les abords.
Dans les marchés combattants de Gobongo, Km5 et Boeing, les comités d’action citoyenne alignés sur le parti ont pris les balais en main.
Les visites du ministre coordonnateur se sont concentrées sur ces sites symboliques, avec des mentions répétées de la date du 30 mars, jour prévu pour l’investiture du dictateur de la septième République.
À Bria, Bossembélé, Berbérati ou Sibut, les préfets et les chefs de quartier ont appelé les mêmes réseaux : jeunesse du parti, femmes du MCU, collectifs de soutien au chef de l’État.
Pendant que ces brigades citoyennes s’activaient pour l’image, les habitants de Sibut vivaient encore les suites des troubles au lycée, avec des arrestations d’élèves et une colère qui ne s’était pas éteinte.
Le soi-disant balayage collectif avance, les ordures s’entassent ailleurs, et la cérémonie du 30 mars se prépare déjà dans les rues nettoyées par les fidèles.
du débat Patara diffusé sur la radio Ndékè-luka, l’ancien ministre Raymond Adouma a directement contesté les affirmations du pouvoir sur la sécurité en Centrafrique. Face au ministre Héritier Doneng, il a affirmé que la pacification revendiquée par le président Faustin-Archange Touadéra n’existe que dans les discours.
« La sécurité dont on parle existe davantage dans les esprits », a déclaré Raymond Hadouman. Selon lui, si on se rend dans l’arrière-pays ou même autour de Bangui, on constate que la population ne peut pas vaquer librement à ses occupations. Il a ajouté que des groupes armés circulent encore avec des armes, empêchant les habitants de circuler normalement sur les routes.
Adouma a rappelé que l’armée centrafricaine compte au moins 33 000 hommes selon les chiffres officiels. Pourtant, ces forces ne parviennent pas à ratisser les zones proches de la capitale ni à rétablir la quiétude dans les villages. « Les villes sont isolées parce que les routes n’existent pas », a-t-il insisté.
L’opposant, membre du Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016, a aussi pointé du doigt l’existence des « requins », une milice privée qu’il attribue au ministre Doneng. « On ne construit pas une république avec des milices qui ne répondent pas aux textes », a-t-il déclaré. Pour lui, ces groupes armés montrent que le pouvoir n’agit pas uniquement avec les forces régulières.
Dans son intervention, Adouma a contesté le discours du président Touadéra prononcé le 30 mars 2026 lors de son investiture au complexe sportif Barthélémy-Bouganda. Le chef de l’État y donnait un ordre de mission aux forces de défense et de sécurité pour pacifier le territoire national. L’ancien ministre a relevé une contradiction : le pouvoir affirme depuis longtemps que le pays est déjà pacifié à 100 %, et pourtant il lance à nouveau un appel à la pacification.
Il a également évoqué le coût des forces étrangères, qu’il juge disproportionné par rapport aux moyens donnés à l’armée nationale. « On dépense 1000 fois plus pour les forces étrangères que pour notre propre armée qui est démunie », a-t-il dit. Selon lui, cette situation empêche de parler véritablement de souveraineté en matière de sécurité.
Le ministre Héritier Doneng a défendu le bilan du président en soulignant que l’armée républicaine, formée avec le soutien de partenaires, a permis de réconquérir l’ensemble du territoire national. Il a qualifié le BRDC de bloc pessimiste et a insisté sur la cohésion retrouvée entre les communautés centrafricaines.
Adouma a rejeté ces arguments. Pour lui, l’unité et la sécurité restent des déclarations qui ne correspondent pas à la réalité vécue par la population dans les provinces. Il a maintenu que l’opposition avait demandé un dialogue avant les élections pour apaiser le climat, mais que ces appels n’avaient pas été entendus.
Le débat s’est déroulé dans une ambiance tendue, avec des échanges vifs entre les deux invités. Raymond Adouma a conclu que le discours du 30 mars sur la pacification s’inscrit dans une série de promesses qu’il juge répétitives et non suivies d’effets concrets sur le terrain.
Ce face-à-face met en évidence les divergences profondes qui persistent en Centrafrique après l’entrée dans la septième République. Tandis que le camp présidentiel parle de renaissance et de travail, l’opposition continue de contester le bilan sécuritaire et de réclamer des actes visibles pour la population.
Le Conseil des ministres du 23 janvier 2026 a validé jeudi dernier la création de deux espaces protégés dans le patrimoine forestier national.
Le ministre chargé des eaux, forêts, chasse et pêche a présenté deux textes réglementaires destinés à établir la réserve spéciale de Botambi et celle de Pama. Ces documents administratifs marquent une étape déterminante dans la politique environnementale du pays, membre actif de la Commission des forêts d’Afrique centrale depuis plusieurs années. La République centrafricaine a d’ailleurs ratifié de nombreux accords internationaux portant sur la gestion raisonnée des massifs forestiers.
Le cadre juridique national encadre rigoureusement les activités liées à l’exploitation, la protection et la valorisation des ressources végétales, animales et aquatiques. Ce secteur représente un levier économique considérable, générateur d’emplois et de revenus substantiels pour l’État. Les forêts centrafricaines abritent une richesse biologique exceptionnelle dont la préservation apparaît désormais prioritaire.
Les deux décrets s’appuient sur la loi environnementale de décembre 2007 et le code forestier d’octobre 2008. Ces textes fondamentaux traitent notamment de la sauvegarde de la diversité biologique et de la diminution des rejets de carbone provoqués par la destruction et l’affaiblissement des couverts végétaux. L’initiative s’inscrit dans une démarche globale visant à contrer les dérèglements climatiques tout en valorisant le capital naturel.
La création de Botambi et Pama constitue un progrès notable dans la stratégie nationale de conservation. Ces zones protégées matérialisent les promesses formulées lors de la signature, en octobre 2023, des conventions de gestion entre l’État et Centraforeste. Ces accords bilatéraux visaient précisément à réduire les émissions carbonées liées aux pratiques forestières destructrices dans ces territoires spécifiques.
Le projet REDD+ trouve ainsi une application tangible après des mois de préparation administrative. Les conventions signées il y a quinze mois définissaient les modalités de collaboration entre les autorités publiques et l’opérateur privé pour gérer durablement ces espaces. L’adoption des décrets transforme ces intentions en dispositifs juridiquement contraignants.
Les membres du gouvernement ont validé unanimement les deux textes après délibération. Les documents seront prochainement transmis à la présidence pour promulgation définitive, permettant ainsi leur entrée en vigueur. Cette mesure intervient néanmoins dans un contexte particulier, alors que des accusations persistent concernant l’exploitation intensive du bois dans plusieurs zones forestières centrafricaines.
Des rapports successifs ont documenté des coupes d’envergure attribuées à des partenaires étrangers, notamment dans les régions de la Lobaye et de la Mambéré-Kadéi.
Le groupe Wagner, présent militairement dans le pays depuis 2018, avait supervisé des opérations d’abattage massif via des sociétés écrans. Ces activités avait entraîné des dégâts environnementaux considérables, estimés à plusieurs milliers d’hectares déboisés entre 2020 et 2024.
Les nouvelles réserves apparaissent ainsi comme une tentative de compensation écologique. En protégeant juridiquement Botambi et Pama, les autorités centrafricaines cherchent à redresser un bilan climatique fortement dégradé par ailleurs. La manœuvre permet également de présenter aux bailleurs internationaux des gages de bonne volonté environnementale, alors que les financements REDD+ dépendent directement des engagements de protection forestière.
Les observateurs relèvent toutefois que créer des réserves dans certaines zones tout en laissant d’autres être exploitées intensivement ne constitue qu’une réponse partielle. Le gouvernement n’a jamais publiquement reconnu ni sanctionné les entreprises impliquées dans les coupes litigieuses. Cette passivité administrative contraste avec l’empressement affiché pour valider les décrets de protection, soulevant des interrogations sur la cohérence réelle de la politique forestière nationale dans un contexte où les intérêts stratégiques semblent primer sur les considérations environnementales
Sosthène Marius Dingombe, « L’Homme de la bourgeoisie paysanne », demande au président Faustin-Archange Touadéra de visiter plusieurs établissements scolaires de Bangui afin de constater directement l’état des infrastructures et d’envisager leur réhabilitation.
Sosthène Marius Dingombe interpelle le président Touadéra sur l’état des écoles
Dans une lettre adressée le 1er septembre 2026 au président de la République, Faustin-Archange Touadéra, Sosthène Marius Dingombe, qui se présente comme « L’Homme de la bourgeoisie paysanne », formule un plaidoyer en faveur d’une visite présidentielle dans certains établissements scolaires de Bangui. L’auteur dit vouloir porter à l’attention du chef de l’État une préoccupation citoyenne concernant l’état des infrastructures scolaires de la capitale.
Les élèves du lycée de Fatima suivant les cours
Sosthène Marius Dingombe propose au président Faustin-Archange Touadéra d’effectuer une visite de terrain afin de constater personnellement les conditions dans lesquelles les élèves centrafricains suivent leurs enseignements. Pour L’Homme de la bourgeoisie paysanne, cette démarche permettrait au chef de l’État d’observer directement l’état des bâtiments, des salles de classe et des autres infrastructures utilisées quotidiennement par les élèves.
Dans sa lettre, Sosthène Marius Dingombe s’appuie notamment sur des images et témoignages récemment diffusés sur les réseaux sociaux. Ces éléments font état, selon lui, de murs détériorés, de salles de classe dégradées et de conditions d’apprentissage nécessitant une attention particulière. L’auteur estime qu’une observation directe permettrait de mieux apprécier les réalités rencontrées dans certains établissements.
Le Lycée scientifique et le Lycée Barthélémy Boganda cités
Parmi les établissements mentionnés par Sosthène Marius Dingombe figurent le Lycée scientifique de Bangui et le Lycée Barthélémy Boganda. L’Homme de la bourgeoisie paysanne rappelle que ces deux établissements ont contribué à la formation de plusieurs générations de cadres centrafricains et estime qu’ils mériteraient une évaluation directe et approfondie de leurs infrastructures.
Pour Sosthène Marius Dingombe, une visite du président Faustin-Archange Touadéra dans ces établissements pourrait permettre de recueillir des informations précises sur leurs besoins. Il propose que cette démarche soit menée avec les autorités locales et les responsables du secteur éducatif afin de disposer d’une appréciation plus complète de la situation.
L’auteur suggère notamment la présence de la maire de Bangui, du gouverneur de la préfecture de Bangui, des députés des dix arrondissements de Bangui ainsi que des responsables du secteur de l’éducation. Sosthène Marius Dingombe considère que leur participation permettrait d’inscrire cette démarche dans une approche concertée autour de la réhabilitation et de la modernisation des infrastructures scolaires.
Sosthène Marius Dingombe propose un programme de réhabilitation
Dans son plaidoyer, Sosthène Marius Dingombe ne se limite pas à la demande d’une visite présidentielle. L’Homme de la bourgeoisie paysanne propose que les constats effectués sur le terrain puissent servir de base à la mise en œuvre d’un programme de réhabilitation et de modernisation des établissements scolaires concernés.
Selon Sosthène Marius Dingombe, l’état des infrastructures scolaires doit être pris en compte dans les efforts consacrés à l’éducation nationale. Il estime que les élèves doivent disposer d’un environnement d’apprentissage sécurisé et adapté aux ambitions affichées pour la jeunesse centrafricaine.
L’auteur établit également un lien direct entre l’investissement dans l’éducation et l’avenir du pays. Pour L’Homme de la bourgeoisie paysanne, investir dans les écoles revient à investir dans la stabilité, la citoyenneté, les compétences et la formation des futurs cadres de la République centrafricaine.
« L’Homme de la bourgeoisie paysanne » présente une démarche citoyenne
Sosthène Marius Dingombe précise dans sa lettre que sa démarche ne vise pas à formuler une critique à l’égard des autorités. L’Homme de la bourgeoisie paysanne la présente comme une interpellation citoyenne qu’il souhaite constructive, fondée sur l’importance de l’éducation dans la reconstruction et le développement de la République centrafricaine.
Dans son message au président Faustin-Archange Touadéra, Sosthène Marius Dingombe insiste sur la nécessité de créer des conditions permettant aux jeunes Centrafricains de poursuivre leur formation dans des cadres adaptés. Il estime qu’il serait difficile d’exiger de la jeunesse qu’elle vise l’excellence sans lui garantir des conditions d’apprentissage dignes et sécurisées.
La lettre de Sosthène Marius Dingombe, L’Homme de la bourgeoisie paysanne, est datée de Paris, le 1er septembre 2026. Elle est également adressée en ampliation à la maire de Bangui, aux députés des circonscriptions des arrondissements de la préfecture de Bangui, au gouverneur de la préfecture de Bangui ainsi qu’au porte-parole du gouvernement.
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En République centrafricaine, la présence de Wagner ne fait pas l’objet d’un soutien populaire général. Dans sa tribune, le sociologue et analyste politique Faustin Zaméto estime que le principal soutien à cette présence vient surtout des cercles du pouvoir, qui considèrent Wagner comme un instrument permettant de consolider leur position politique.
« On va se dire la vérité », écrit Faustin Zaméto, qui décrit la relation entre le pouvoir centrafricain et les combattants russes comme une relation fondée sur des intérêts politiques et sécuritaires. Pour lui, il faut distinguer l’adhésion au pouvoir de l’opinion de la population centrafricaine.
Faustin ZAMÉTO, Sociologue et Écrivain
2020 : quand les Russes sont arrivés
Faustin Zaméto revient d’abord sur la période de 2020, lorsque la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) avançait vers Bangui. Il rappelle que les forces gouvernementales étaient alors sous forte pression et que la capitale était directement menacée.
« Qui est venu ? Les Russes. Les Wagner », écrit-il, en rappelant que leur arrivée avait suscité un sentiment de soulagement chez une partie de la population.
Pour l’auteur, ce soutien populaire de l’époque ne constituait pas nécessairement une adhésion à Wagner ou à la politique russe. Il s’agissait surtout, selon lui, d’une réaction à l’insécurité et au rejet de la politique française.
« Ce n’était pas de l’amour pour la Russie », affirme Faustin Zaméto. Il estime que les drapeaux russes, les T-shirts et les slogans favorables à Moscou exprimaient aussi une colère contre la France et la recherche d’un nouveau partenaire face à la crise sécuritaire.
L’auteur reconnaît que l’intervention russe a joué un rôle dans la défense du pouvoir de Bangui face à l’offensive de la CPC. Mais il considère que cette réalité ne doit pas empêcher les Centrafricains d’examiner aujourd’hui les conséquences de cette coopération.
Quand le soutien au pouvoir devient dépendance
Faustin Zaméto estime que le principal problème réside désormais dans la dépendance du pouvoir centrafricain à l’égard de Wagner.
« La question centrale devient alors simple : Wagner protège-t-il la République centrafricaine ou protège-t-il avant tout le pouvoir qui l’a fait venir ? », écrit-il.
Pour le sociologue, cette distinction est fondamentale. Une coopération militaire avec une puissance étrangère peut répondre à un besoin de sécurité. Elle devient problématique, selon lui, lorsqu’elle permet à un pouvoir politique de dépendre durablement d’une force étrangère pour assurer sa survie.
L’auteur considère ainsi que le débat sur Wagner ne doit pas être réduit à une opposition entre la Russie et les pays occidentaux. Il doit, selon lui, être centré sur les intérêts de la République centrafricaine et sur la capacité de l’État à exercer pleinement ses responsabilités.
Le coût économique de Wagner
Faustin Zaméto consacre également une partie importante de sa tribune aux ressources naturelles centrafricaines.
« Wagner ne travaille pas gratuitement », écrit-il, avant de s’interroger sur les modalités de financement de cette présence militaire étrangère.
L’auteur cite notamment l’or, le diamant et le bois comme des ressources susceptibles d’entrer dans les mécanismes économiques liés à la présence russe. Il accorde une attention particulière à la mine d’or de Ndassima.
Pour Faustin Zaméto, les autorités centrafricaines doivent être capables d’expliquer les conditions d’exploitation de cette mine, les volumes produits, les bénéficiaires et les revenus effectivement reversés au Trésor public.
« Si une partie importante des revenus échappe au Trésor public, la population finit par supporter indirectement le coût de cette situation », affirme-t-il.
L’auteur estime que la République centrafricaine ne peut pas continuer à disposer d’importantes ressources minières tout en faisant face à des difficultés financières persistantes.
Wagner et la peur dans le pays
Dans sa tribune, Faustin Zaméto évoque également les accusations de violences attribuées aux combattants russes.
Il affirme que les témoignages faisant état d’arrestations, de mauvais traitements, de violences contre des civils et d’autres abus ne concernent pas une seule partie du territoire.
« Wagner terrorise partout », résume l’auteur, qui inclut également Bangui dans cette perception de peur.
Faustin Zaméto précise que toutes les personnes russes présentes en Centrafrique ne doivent pas être assimilées à des auteurs d’exactions. Mais il estime que la répétition des accusations doit conduire les autorités à prendre ces faits au sérieux et à permettre des enquêtes.
Pour lui, une force étrangère invitée à participer à la sécurité du pays ne peut pas devenir elle-même une source de peur pour les populations.
Quel bilan après plusieurs années ?
Faustin Zaméto pose ensuite la question du bilan de plusieurs années de présence russe en Centrafrique.
« Qu’est-ce que Wagner nous a construit en 7 ans ? Une route ? Une université ? Un hôpital ? Une usine ? », écrit-il.
L’auteur ne réduit pas ce bilan aux infrastructures. Il s’interroge également sur le transfert de compétences aux Centrafricains et sur la capacité des institutions nationales à prendre progressivement en charge les secteurs aujourd’hui dépendants de partenaires étrangers.
Selon lui, la République centrafricaine doit renforcer ses propres soldats, ses ingénieurs, ses géologues, ses administrateurs et l’ensemble de ses institutions.
Faustin Zaméto considère qu’une coopération militaire durable doit contribuer à l’autonomie de l’État centrafricain et non installer une dépendance permanente.
Faut-il demander le départ de Wagner ?
L’auteur ne préconise pas un départ immédiat et désordonné de Wagner.
« On ne peut pas les chasser demain matin », écrit-il, estimant qu’une rupture brutale pourrait créer un vide sécuritaire dans certaines zones où les FACA ne disposent pas encore de toutes les capacités nécessaires.
Pour autant, Faustin Zaméto refuse que cet argument serve à justifier une présence indéfinie.
Il propose plutôt une transition organisée permettant aux forces centrafricaines de reprendre progressivement les responsabilités assumées par les combattants russes.
Publier les accords et contrôler les ressources
Dans sa tribune, Faustin Zaméto avance plusieurs propositions.
La première concerne la transparence des accords entre Bangui et Moscou. Il demande que les autorités rendent publics, dans la mesure du possible, les principaux engagements liés à la coopération avec Wagner.
« Le peuple a le droit de savoir combien coûte sa sécurité », écrit-il.
La deuxième proposition concerne l’exploitation de l’or. L’auteur demande que les revenus issus de la mine de Ndassima soient davantage contrôlés et bénéficient directement aux finances publiques.
Il estime que les recettes minières doivent permettre de financer les besoins du pays et ne doivent pas être utilisées uniquement pour soutenir un dispositif sécuritaire dont les modalités restent insuffisamment connues du public.
Les FACA doivent préparer la relève
La troisième proposition de Faustin Zaméto porte sur les forces armées centrafricaines.
Il préconise que chaque position tenue avec l’appui russe fasse progressivement l’objet d’un transfert aux FACA, accompagné d’un programme de formation et de renforcement des capacités.
« Un vrai ami vous apprend à pêcher », écrit-il, en défendant l’idée d’une coopération qui permettrait aux Centrafricains de devenir autonomes sur le plan militaire.
Pour l’auteur, le calendrier de cette transition doit être clairement établi afin que la présence russe ne devienne pas une solution permanente.
Entre soutien au pouvoir et souveraineté nationale
Faustin Zaméto revient finalement sur ce qu’il considère comme le cœur du problème : la différence entre les intérêts du pouvoir et ceux de la population.
« Les Centrafricains ont accueilli la Russie dans un contexte de guerre et de désillusion », écrit-il. Selon lui, cette ouverture ne doit pas être interprétée comme une volonté de remplacer une dépendance par une autre.
L’auteur considère que la République centrafricaine doit pouvoir entretenir des relations avec Moscou sans abandonner le contrôle de ses ressources, de ses institutions et de son territoire.
« Nous n’avons pas demandé qu’une nouvelle dépendance s’installe à la place de l’ancienne », affirme-t-il.
Pour Faustin Zaméto, le débat sur Wagner doit donc dépasser les slogans favorables ou hostiles à la Russie. Il doit porter sur les conditions de la coopération, le contrôle des ressources nationales, la protection des populations et le renforcement des institutions centrafricaines.
« Nous sommes un peuple fier », écrit-il. « Nous avons accueilli les Russes parce que nous cherchions la souveraineté. Nous ne l’avons pas fait pour changer de maître. Nous l’avons fait pour ne plus avoir de maître. »
À Bangui, l’ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuélé dénonce une interdiction de sortie du territoire imposée par le pouvoir. Ce blocage administratif interroge sur l’état des libertés politiques en Centrafrique.
« Je vis comme un otage dans mon propre pays », a déclaré le Président du parti URCA, monsieur Anicet-Georges Dologuelé, lors de son interview sur la radio Ndékè-luka. Cette phrase résume la situation d’un élu du peuple privé de ses documents de voyage. Les institutions républicaines devraient garantir l’exercice démocratique. La réalité quotidienne montre plutôt des figures majeures du pays réduites au silence et à l’immobilité.
La séquestration administrative d’une figure de la nation
L’interdiction de déplacement imposée à l’ancien Premier ministre ne relève plus du simple dysfonctionnement bureaucratique, selon ses proches. Le pouvoir central bloque délibérément la délivrance de son passeport ordinaire et diplomatique. Cette privation de liberté de mouvement marque un tournant dans la gestion des libertés individuelles. Bangui devient ainsi, selon l’opposition, un périmètre de surveillance où les droits élémentaires des opposants sont suspendus sans fondement légal établi. « Aucune notification écrite ne justifie ce blocage », affirme un membre de son cabinet cité par plusieurs relais de l’opposition.
L’érosion des garanties démocratiques et constitutionnelles
La neutralisation progressive des voix critiques s’accompagne d’un contournement des décisions de la plus haute juridiction du pays, dénoncent des juristes proches du dossier. L’exécutif ignore les arrêts qui confirment la citoyenneté et les droits des représentants élus. Cette obstruction affaiblit les piliers de la démocratie centrafricaine. Un climat s’installe où le droit cède la place aux décisions unilatérales, selon des observateurs de la vie politique nationale. La compétition politique légitime se trouve ainsi entravée, au moment où le pays devrait préparer des échéances électorales apaisées.
Une jeunesse face au spectacle de la division politique
Le signal envoyé aux générations futures s’avère destructeur, au-delà des querelles administratives. Voir des dirigeants d’expérience retenus en otages institutionnels dégrade l’image de la gouvernance nationale. Cette situation altère la confiance des citoyens envers leurs institutions, estiment des analystes centrafricains. Le pays perd ainsi un débat politique serein et constructif, pourtant indispensable pour bâtir une stabilité durable. Les urgences sociales du peuple centrafricain restent en attente d’un dialogue politique apaisé entre le pouvoir et son opposition.
Alors que la direction générale adjointe de Powers Sécurité vient d’adresser un droit de réponse à Corbeau News Centrafrique pour contester plusieurs publications, une autre réalité se joue en interne. Selon les informations recueillies par CNC, une chasse aux sorcières est engagée au sein de l’entreprise pour identifier les personnes soupçonnées de transmettre des informations au média.
La tension est particulièrement montée d’un cran vendredi dernier, lors d’une cérémonie organisée à Bangui à l’occasion du départ d’un membre du personnel de Powers Sécurité appelé à rejoindre la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). La cérémonie s’est tenue dans un établissement situé sur l’avenue De Gaulle, à proximité de l’ambassade de France, dans le 1er arrondissement de Bangui.
Le DGA de Power Sécurité , Pasteur Osé Balezou
Des employés regroupés par service
Selon les informations recueillies par CNC, les participants à cette cérémonie d’adieu ont été regroupés par services et par fonctions. Les agents des ressources humaines, les contrôleurs, les inspecteurs et les responsables ont ainsi été placés dans des groupes distincts.
C’est au cours de cette cérémonie que des inspecteurs ont évoqué l’arrestation prochaine d’un employé présenté comme la personne ayant transmis certaines informations à Corbeau News Centrafrique. Des échanges entre les inspecteurs font état d’une certaine satisfaction autour de cette perspective, avec l’affirmation que la personne identifiée devait être arrêtée.
Le lendemain, samedi, cette affaire continue d’alimenter les discussions au sein de Powers Sécurité. Des inspecteurs auraient fait savoir que l’identité de la personne recherchée était désormais connue et que la procédure pour son arrestation était engagée.
Le procureur de la république contacté
CNC a également recueilli des informations faisant état de contacts établis avec le parquet autour de cette affaire. La rédaction poursuit ses vérifications afin d’identifier précisément la personne visée et de déterminer sur quelle base une éventuelle procédure d’arrestation serait engagée.
À ce stade, CNC ne publie pas le nom de l’employé présenté en interne comme étant à l’origine des informations transmises au média. La rédaction entend d’abord établir les faits et vérifier les éléments relatifs à cette procédure.
Cette affaire intervient au moment même où Powers Sécurité vient de transmettre à CNC un droit de réponse officiel dans lequel l’entreprise conteste plusieurs informations publiées ces dernières semaines. Le document dénonce notamment des informations qualifiées de fausses et met en cause la fiabilité de certains témoignages utilisés dans les publications.
Le droit de réponse et les pratiques internes
Le contraste entre la démarche officielle de la direction et les informations recueillies au sein de l’entreprise interpelle. D’un côté, Powers Sécurité affirme dans son droit de réponse que l’entreprise coopère pleinement avec les autorités administratives et judiciaires et accueille avec sérénité tout contrôle des services compétents.
De l’autre, les informations recueillies par CNC font état de recherches internes destinées à identifier les employés soupçonnés de communiquer avec la presse. Plusieurs membres du personnel seraient ainsi soupçonnés d’avoir transmis des informations au média, avec la crainte de sanctions pouvant aller jusqu’au licenciement ou à des poursuites.
La rédaction poursuit ses investigations pour établir l’ensemble de la chaîne ayant conduit à la désignation de la personne actuellement visée. Elle cherche également à déterminer si les éléments reprochés à cet employé reposent sur des preuves établies ou sur de simples soupçons.
Une méthode déjà observée dans d’autres structures
Cette volonté d’identifier les personnes soupçonnées de renseigner la presse rappelle d’autres histoires observés récemment dans des structures médiatiques dans le pays. Dans une affaire concernant la fondation Hirondelle, le représentant béninois de la fondation avait notamment soupçonné certains journalistes de transmettre des informations à Corbeau News Centrafrique. Un ancien collaborateur de CNC recruté au sein de cette radio avait ensuite été licencié dans ce contexte.
Pour CNC, la question n’est pas de protéger une personne contre une éventuelle procédure lorsque des faits précis sont établis. Toute entreprise peut engager des procédures disciplinaires lorsqu’un salarié commet une faute professionnelle avérée. La question porte sur l’utilisation de simples soupçons pour rechercher l’auteur présumé d’une fuite d’informations et engager contre lui des mesures.
Une entreprise de sécurité peut naturellement disposer de procédures internes, d’une chaîne hiérarchique et de mécanismes de contrôle. Ces mécanismes ne peuvent pas, pour autant, remplacer l’établissement des faits lorsqu’un salarié est accusé d’avoir communiqué avec un média.
CNC continuera donc de suivre cette affaire. La rédaction reviendra sur les éléments recueillis concernant la personne visée, les démarches entreprises auprès des autorités et les éventuelles mesures prises par Powers Sécurité. Les différents faits seront examinés séparément afin d’établir ce qui relève d’une procédure réellement engagée et ce qui relève de simples accusations internes.
Le politologue centrafricain Fari Tahéruka Shabazz s’invite à son tour dans la controverse opposant le gouvernement à Anicet-Georges Dologuélé autour de sa nationalité, de son passeport et désormais de son mandat de député. Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, il réagit aux déclarations d’Évariste Ngamana et met directement en cause la stratégie du pouvoir.
Shabazz réagit aux déclarations d’Évariste Ngamana
Dans sa publication, Fari Tahéruka Shabazz reprend la déclaration attribuée à Évariste Ngamana selon laquelle, si Dologuélé ne se conforme pas aux dispositions juridiques invoquées par le gouvernement pour sa réintégration dans la nationalité centrafricaine, « le gouvernement demandera sa déchéance à l’Assemblée Nationale ».
Cette menace constitue un nouvel élément dans une affaire qui portait initialement sur le refus de délivrer un passeport à l’ancien Premier ministre.
Pour le politologue, le dossier prend désormais une tournure politique beaucoup plus large. Il estime qu’Évariste Ngamana cherche à obtenir la perte du statut parlementaire de Dologuélé après avoir déjà défendu publiquement la thèse selon laquelle celui-ci aurait perdu sa nationalité centrafricaine.
Fari Tahéruka Shabazz adopte un ton particulièrement critique envers le ministre d’État chargé de la Communication.
« Le prêtre défroqué, Évariste Ngamana, accessoirement ministre d’État en charge de la Communication et porte-parole du gouvernement Moloua III, veut se payer la tête de Dologuélé et le déchoir de son statut de député », écrit-il.
Il poursuit en estimant que Dologuélé aurait, par ses propres déclarations, facilité la tâche du pouvoir.
« Vu comment Dologuélé a facilité la tâche à Touadéra, ce rigolo de Ngamana peut bien parvenir à ses fins et accrocher Dologuélé à son tableau de chasse », ajoute le politologue.
Cette intervention constitue une nouvelle lecture de la confrontation entre le pouvoir et le député de la première circonscription de Bocaranga.
De la nationalité au mandat de député
Le dossier a commencé par le passeport de Dologuélé. Le gouvernement soutient que l’ancien Premier ministre doit engager une procédure de réintégration dans la nationalité centrafricaine. Évariste Ngamana affirme que la nationalité centrafricaine est « une et exclusive » et considère que Dologuélé, ayant acquis la nationalité française, doit suivre une procédure prévue par le Code de la nationalité.
Dologuélé rejette cette interprétation. Il affirme notamment que la perte de la nationalité centrafricaine n’a jamais été constatée par un décret et s’appuie sur la décision n°014/CC/25 du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025.
Le Parti du Changement Social a également pris position. Dans son communiqué du 29 août, le PCS affirme que le Conseil constitutionnel a déjà tranché la question et que Dologuélé « n’a jamais cessé d’être Centrafricain ». Le parti exige la délivrance immédiate de son passeport et dénonce une entrave administrative visant un opposant.
La déclaration attribuée à Ngamana ajoute désormais un autre niveau au dossier : le mandat parlementaire de Dologuélé.
Une nouvelle menace sur le mandat parlementaire
Selon la citation publiée par Fari Tahéruka Shabazz, le gouvernement pourrait demander à l’Assemblée nationale de prononcer la déchéance de Dologuélé s’il ne se conforme pas aux exigences liées à sa réintégration.
Cette perspective intervient alors que Dologuélé est député élu de la première circonscription de Bocaranga et qu’il est entré en fonction le 29 juin 2026.
La question n’est donc plus seulement celle de la délivrance d’un document de voyage. Elle touche désormais directement à l’exercice du mandat parlementaire d’un élu.
C’est ce changement d’échelle que relève la publication de Shabazz.
Un cinquième acteur entre dans le débat
Après les prises de position d’Anicet-Georges Dologuélé, les explications d’Évariste Ngamana, la réaction du Parti du Changement Social et les décisions invoquées du Conseil constitutionnel, l’intervention de Fari Tahéruka Shabazz ajoute une nouvelle voix au débat.
Le politologue ne se contente pas de commenter la question juridique. Il s’attaque directement à la stratégie politique du gouvernement et estime que le pouvoir pourrait aller jusqu’à chercher la déchéance du mandat parlementaire de Dologuélé.
Cette nouvelle prise de position intervient au moment où les déclarations officielles ont déjà fait évoluer le dossier. Évariste Ngamana avait présenté la réintégration comme une procédure obligatoire pour Dologuélé et avait également averti l’opposant sur ses prochaines prises de parole.
Le PCS demande de son côté la fin des entraves administratives et l’ouverture d’un dialogue politique national inclusif.
Avec la réaction de Fari Tahéruka Shabazz, la controverse franchit donc un nouveau seuil : après la nationalité et le passeport, c’est désormais le maintien du mandat de député d’Anicet-Georges Dologuélé qui apparaît au centre de la confrontation politique.
Nana-Mambéré, 2 septembre 2026 Le jeune combattant peul blessé lors de l’attaque menée le 23 août contre la position du général Adamo Ndalé a été amputé d’une jambe lundi dernier à l’hôpital Beninga de Bouar. Présenté sur les réseaux sociaux comme un membre actif du groupe armé de Ndalé récemment arrêté par la gendarmerie, il avait quitté la CPC plusieurs mois avant cette offensive.
24 juillet 2026 : Wagner échoue une première fois à Aba-Bogani
Le 24 juillet 2026, des mercenaires russes avaient lancé une première opération contre les positions de la CPC dans le secteur d’Aba-Bogani, à environ 17 kilomètres de Bouar, dans la préfecture de la Nana-Mambéré.
Désarmement des rebelles de 3R à Koui, dans l’Ouham-Pendé
Les assaillants avaient notamment utilisé deux habitants comme guides après leur enlèvement. L’opération avait rapidement tourné à l’affrontement avec les hommes du général Ndalé. Les deux captifs avaient réussi à s’échapper pendant la confusion, tandis qu’un véhicule militaire des mercenaires avait été détruit par les tirs de la CPC.
Le 16 août, Wagner avait lancé une nouvelle offensive dans le même secteur. Un camion militaire chargé de combattants avait quitté Bouar pour rejoindre le campement attribué au général Ndalé.
Le mouvement avait été repéré avant l’arrivée des mercenaires. Les combattants de la CPC avaient attendu que les assaillants progressent dans leur zone avant d’ouvrir le feu à courte distance. Plusieurs mercenaires avaient été tués et d’autres blessés.
Des renforts avaient ensuite quitté Bouar pour récupérer les corps et les blessés. L’opération n’avait pas permis de prendre la position de la CPC.
23 août : les ex-rebelles du 3R échouent à leur tour
Après ces deux revers, une nouvelle tentative avait été menée le 23 août par des éléments issus du mouvement 3R ayant rejoint le processus d’accord avec le gouvernement.
Douze motos transportant deux combattants chacune s’étaient dirigées vers la position de Ndalé. Les éléments de la CPC chargés de surveiller l’entrée du campement avaient rapidement réagi à leur progression.
Les tirs avaient contraint les assaillants à battre en retraite. Quatre éléments du 3R avaient été blessés. Dix motos avaient été vues repartir, tandis que deux autres n’avaient pas été retrouvées dans le mouvement de retrait.
Parmi les quatre blessés figurait un jeune Peul qui avait auparavant combattu pendant environ trois ans aux côtés des hommes du général Ndalé.
Un ancien élément de la CPC devenu informateur de Wagner
Le parcours de ce combattant permet de comprendre son implication dans les différentes opérations menées contre la position de Ndalé.
Après environ trois années passées au sein de la CPC, le jeune homme avait décidé, en mai 2026, de déposer son arme. Il avait été sollicité par des connaissances peules issues du 3R et avait choisi de rejoindre le processus d’intégration dans l’armée nationale.
Son arme avait été remise dans le cadre de son désarmement aux éléments russes présents dans la zone. Il avait ensuite commencé à collaborer avec ces derniers et à leur fournir des indications sur les positions et les mouvements des hommes du général Ndalé.
C’est dans ce contexte qu’il aurait participé aux opérations ayant précédé l’attaque du 23 août. Il connaissait en effet l’organisation de la position de Ndalé et pouvait renseigner les assaillants sur le terrain.
Après les deux échecs de Wagner, il aurait également accompagné les éléments issus du 3R lors de leur tentative d’attaque du 23 août. C’est au cours de cette opération qu’il a été blessé avec trois autres combattants.
Un autre élément du 3R aurait été grièvement blessé au niveau de la bouche. Une balle lui aurait traversé cette partie du visage au cours de l’affrontement.
Amputé d’une jambe à l’hôpital Beninga de Bouar
Le jeune Peul blessé lors de cette attaque a été évacué vers un établissement hospitalier de Bouar. Son état nécessitait une prise en charge médicale importante.
Lundi dernier, les médecins de l’hôpital Beninga de Bouar ont procédé à l’amputation de l’une de ses jambes. Son état de santé est directement lié aux blessures reçues lors de l’affrontement du 23 août contre les éléments de la CPC.
Ce parcours établit également une distinction importante : au moment où il a été blessé, il ne combattait plus aux côtés du général Ndalé. Il avait quitté la CPC depuis mai et avait rejoint le processus de désarmement avant de collaborer avec les éléments russes présents dans la région.
Une publication Facebook transforme les faits
Alors que les informations sur son hospitalisation circulaient, une page Facebook présentée comme « Wakala Actualités » a publié un texte affirmant qu’un certain « Soggo » avait été arrêté à l’hôpital de Maigoro par la gendarmerie.
La publication le présente comme « un membre actif du groupe armé de Marcel Ndalé » et affirme qu’il était recherché pour des assassinats et des pillages. Elle ajoute qu’il serait placé sous la surveillance permanente des forces de sécurité centrafricaines.
Cette présentation ne correspond pas aux éléments recueillis sur son parcours. Le blessé présenté comme un membre actif du groupe de Ndalé avait quitté cette organisation plusieurs mois avant l’attaque du 23 août. Il avait ensuite rejoint les éléments issus du 3R et collaboré avec les mercenaires russes.
La publication Facebook transforme ainsi le parcours du blessé et les circonstances de son hospitalisation pour présenter une autre version des événements. Elle associe directement le jeune homme au groupe de Ndalé alors que les faits recueillis indiquent qu’il avait quitté cette position depuis mai 2026.
Une communication qui intervient après plusieurs revers
Cette publication intervient après trois opérations successives contre la position du général Ndalé. Les deux premières avaient été menées par les mercenaires russes les 24 juillet et 16 août à Aba-Bogani. La troisième, le 23 août, avait été menée par des éléments issus du 3R.
Dans les trois cas, la position de la CPC n’a pas été prise. Les hommes de Ndalé ont conservé leur campement situé à environ 17 kilomètres de Bouar.
Le récit diffusé sur Facebook présente pourtant le blessé comme un combattant toujours affilié à Ndalé et arrêté dans un hôpital après avoir été recherché par les forces de sécurité. Les informations disponibles sur son parcours ne correspondent pas à cette présentation.
L’amputation du jeune Peul à l’hôpital Beninga de Bouar constitue un nouvel élément de cette affaire. Blessé lors de l’attaque du 23 août menée par les ex-combattants du 3R, il avait auparavant quitté le groupe de Ndalé pour rejoindre le processus de désarmement et collaborer ensuite avec les forces qui ont participé aux opérations contre la position de la CPC.
La confusion entretenue autour de son identité et de son parcours contribue à transformer un épisode militaire précis en récit de propagande sur les réseaux sociaux, alors que les faits connus permettent de retracer son passage de la CPC au 3R et son implication dans les opérations menées contre les hommes du général Ndalé.
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Une femme d’une quarantaine d’années est décédée le 18 août 2026 après avoir été mordue par un serpent à Ouanda-Djallé, dans la préfecture de la Vakaga, au nord-est de la Centrafrique. Treize jours plus tard, un adolescent de 14 ans a été victime d’une nouvelle morsure, mais a survécu grâce à une prise en charge rapide.
La répétition de ces accidents inquiète les habitants de cette sous-préfecture située dans une zone où les serpents sont nombreux. En quelques mois, plusieurs incidents ont été signalés, dont certains ont entraîné la mort de victimes.
serpent cobra
Contactée par la rédaction du CNC, la population de Ouanda-Djallé rapporte que la femme décédée le 18 août avait été mordue par un serpent avant que son état ne se dégrade. Elle a finalement succombé aux conséquences de cette morsure, laissant sa famille dans le deuil.
Le 31 août 2026, un adolescent âgé de 14 ans a à son tour été mordu par un serpent. L’incident a immédiatement alerté ses proches, qui ont réagi rapidement pour éviter une nouvelle issue dramatique.
Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC auprès de la famille et des habitants, l’enfant a été conduit rapidement à l’hôpital. Il reçoit actuellement des soins et son état s’est amélioré.
L’adolescent reste hospitalisé sous surveillance médicale, mais il est désormais hors de danger. La rapidité de l’intervention de sa famille a permis son transfert vers une structure sanitaire avant une aggravation de son état.
Un précédent décès avait déjà frappé la ville
Cette nouvelle série de morsures rappelle le décès d’un garçon de 13 ans rapporté par le CNC le 27 janvier 2026. L’élève avait trouvé la mort après être tombé dans une fosse septique en construction alors qu’il se rendait à une école coranique. Un serpent caché dans le trou avait ensuite été impliqué dans le drame. 
Le drame avait profondément marqué les habitants de Ouanda-Djallé. Quelques mois plus tard, le décès d’une femme le 18 août, suivi de la morsure d’un adolescent le 31 août, replace la question des serpents parmi les préoccupations des familles.
La rédaction du CNC, qui dispose de relais et de journalistes dans plusieurs localités du pays, a recueilli auprès des habitants et des familles concernées les informations relatives à ces différents incidents.
Des morsures qui peuvent rapidement devenir mortelles
Dans cette partie de la Vakaga, les habitants vivent à proximité de zones de brousse et de végétation où les serpents sont présents. Les risques concernent particulièrement les personnes qui se déplacent à pied, travaillent dans les champs ou circulent dans des endroits peu éclairés.
Le décès de la femme de quarante ans montre les conséquences que peut entraîner une morsure lorsqu’une victime n’est pas prise en charge suffisamment rapidement. Le cas de l’adolescent de 14 ans montre, à l’inverse, qu’une intervention immédiate peut permettre d’éviter le pire.
À Ouanda-Djallé, les habitants restent désormais particulièrement vigilants. Après la mort d’un enfant de 13 ans en janvier, celle d’une femme le 18 août et la nouvelle morsure d’un adolescent le 31 août, la présence des serpents constitue une inquiétude persistante pour les familles de cette sous-préfecture de la Vakaga.
Un homme a été mortellement agressé au couteau dans la nuit du mardi 1er au mercredi 2 septembre 2026 à Koumboli, à environ trois kilomètres de Zémio, dans le Haut-Mbomou.
La victime se trouvait à son domicile lorsque l’agresseur présumé, armé de couteaux, s’est introduit dans la concession et l’a violemment attaquée. Grièvement blessé, l’homme a été pris en charge par des personnes venues lui porter secours. Il a été transporté vers l’hôpital de Zémio, mais son état s’est aggravé pendant le trajet et il a succombé à ses blessures.
L’auteur a pris la fuite après l’agression. Au moment de la rédaction de cet article, aucune arrestation n’a été signalée. Les circonstances précises de l’attaque et le mobile restent également inconnus.
Cette attaque intervient alors que Zémio connaît une accalmie sur le plan des affrontements armés. Depuis avril 2025, la ville et plusieurs localités du Haut-Mbomou ont été durement affectées par les combats entre des miliciens azandé et les forces armées centrafricaines, appuyées par leurs alliés russes, ainsi que par la présence de la MINUSCA.
Ces violences avaient provoqué de nombreuses pertes en vies humaines et entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes. Une partie de la population avait quitté Zémio et ses environs pour chercher refuge dans des zones jugées plus sûres.
Depuis plusieurs semaines, les affrontements de grande ampleur ont fortement diminué. Cette accalmie militaire n’a pas pour autant permis de rétablir une sécurité durable dans tous les quartiers et villages proches de Zémio.
Après l’accalmie militaire, la criminalité réapparaît
L’agression mortelle de Koumboli intervient dans ce contexte de baisse des combats. Elle rappelle que l’amélioration de la situation militaire ne signifie pas nécessairement la disparition de toutes les formes d’insécurité.
Koumboli se trouve à seulement trois kilomètres de Zémio et constitue une zone proche de la ville. Une attaque mortelle dans cette localité peut donc renforcer le sentiment d’insécurité parmi les habitants de Zémio et des villages environnants.
Cette affaire intervient aussi après l’assassinat d’un abbé à Zémio, qui avait déjà provoqué une forte inquiétude au sein de la population. La succession de ces actes criminels alimente les préoccupations sur la capacité des services de sécurité à prévenir les agressions et à identifier rapidement leurs auteurs.
Des habitants toujours dans l’incertitude
Pour les habitants de Zémio, l’accalmie observée sur le front reste fragile. La diminution des affrontements entre les groupes armés et les forces présentes dans la région a permis une certaine amélioration du quotidien, mais la criminalité urbaine constitue désormais une nouvelle source d’inquiétude.
L’absence d’arrestation rapide dans certaines affaires renforce également le sentiment d’insécurité. Dans le cas de l’attaque de Koumboli, l’auteur présumé demeure en fuite et aucune information officielle n’a encore permis d’établir son identité ou les raisons de son passage à l’acte.
Après les violences armées qui ont profondément affecté le Haut-Mbomou depuis avril 2025, les habitants de Zémio doivent désormais composer avec une autre forme d’insécurité. L’accalmie sur le front reste donc précaire, tandis que la protection des populations civiles demeure un enjeu majeur dans cette partie du sud-est de la République centrafricaine.
Un avion humanitaire des nations-unies (HUNAS) reliant Bangui à Bangassou a interrompu son vol lundi 31 août 2026 après l’intrusion de plusieurs abeilles dans la cabine alors que l’appareil survolait Bambari, dans la Ouaka.
L’incident s’est produit quelques minutes après le décollage de Bangui-M’Poko. La présence des insectes à l’intérieur de la cabine a conduit le pilote à prendre la décision d’atterrir à Bambari afin de sécuriser les passagers et de permettre une intervention sur l’appareil.
Les abeilles à bord d’un petit avion qui a quitté Bangui pour aller vers bangha sous
Aucun passager n’a été blessé. Après l’évacuation des occupants, les abeilles ont été délogées et l’avion a fait l’objet d’une opération de nettoyage et de désinfection avant son départ pour Bangassou.
Didier Martial PABANDJI, Haut Conseiller à la Communication (HCC), a quitté ce jeudi soir la prison de Ngaragba pour regagner son domicile, après avoir été condamné à un an d’emprisonnement avec sursis et à 3 millions de francs CFA d’amende.
Détenu depuis plus d’une semaine dans le cadre d’une affaire de violences présumées sur une juge des libertés et de la détention, il bénéficie désormais d’une remise en liberté motivée par des raisons de santé, conformément à la décision de justice.
PABANDJI, qui conteste cette décision, prévoit de faire appel dès demain avec ses avocats.
Après avoir conquis les urnes grâce aux promesses de la septième République, les autorités de Bangui transforment les espoirs des jeunes diplômés en dossiers criminels devant les tribunaux.
La récente prise de parole publique ordonnée par le Premier ministre au sujet du recrutement dans la fonction publique sonne comme un aveu de culpabilité que le régime tente de retourner contre les candidats à l emploi. En agitant des liasses de dossiers qualifiés de faux et usage de faux, les représentants de l État ciblent les ministères des Finances, de la Justice, des Mines ou encore des Affaires étrangères pour dénoncer une fraude de grande ampleur. Cette démarche officielle cherche à faire croire à une opération de salubrité publique, alors qu elle expose surtout la faillite globale des institutions centrafricaines.
Exercice du défilé des jeunes filles à la gloire de Touadera
Les jeunes qui ont accordé leur suffrage à ce gouvernement lors des derniers scrutins se retrouvent aujourd hui pris au piège d une administration qui a elle-même érigé le clientélisme en mode de fonctionnement. Pendant des années, l accès aux postes administratifs a dépendu des réseaux d influence, des accointances politiques et des faveurs personnelles plutôt que de la valeur réelle des diplômes. En installant cette culture du passe-droit, le pouvoir a créé le marché du faux document. Les structures étatiques, de l Université de Bangui à la direction des examens et concours, ont laissé prospérer des circuits parallèles où s achètent et se vendent les parchemins requis pour postuler. Critiquer la moralité des candidats actuels revient à ignorer que le système exigeait ces pratiques pour ouvrir ses portes.
L annonce du transfert de ces dossiers de candidature au ministre d État chargé de la Justice, en vue de requérir des peines allant de cinq à dix ans d emprisonnement ou des travaux forcés, montre une volonté de faire des exemples. Le pouvoir s abrite derrière l article cinquante-neuf de la Constitution et les articles du Code pénal pour justifier cette sévérité. Cette rigueur affichée sert surtout à masquer l incapacité chronique du gouvernement à bâtir une économie capable de générer des emplois réels pour sa jeunesse. La fonction publique reste le seul horizon de survie pour des milliers de diplômés, et l État punit désormais l aspiration légitime au travail par la menace carcérale.
Cette campagne de communication, dictée depuis le sommet de l État sous le slogan de l impunité zéro, déplace la responsabilité de la fraude. Les véritables concepteurs de cette confusion, ceux qui délivrent les documents officiels falsifiés au sein même des ministères et des universités, demeurent protégés par l anonymat de leurs fonctions. En qualifiant la situation d extrêmement grave, le comité stratégique de recrutement valide une paranoïa politique qui transforme des demandeurs d emploi en ennemis de la République. Les jeunes centrafricains découvrent que les promesses électorales de la nouvelle Constitution se traduisent par des poursuites judiciaires, instaurant un climat de méfiance générale où le mérite invoqué n est qu une illusion pour éliminer le surplus de candidats.
La menace des travaux forcés devient l unique réponse d un pouvoir qui refuse de réformer ses propres structures corrompues. En renvoyant les dossiers devant le procureur de la République pour mettre l action publique en mouvement, le Premier ministre s assure une diversion politique idéale. Les bacheliers et les licenciés qui espéraient servir l État servent désormais de boucs émissaires pour blanchir un régime qui se prétend irréprochable au début de son nouveau mandat.
Les tribunaux se préparent à juger une jeunesse sans avenir économique, tandis que les cadres ministériels qui ont touché les pots-de-vin pour concevoir ces faux diplômes continuent de siéger tranquillement dans leurs bureaux dorés, attendant la prochaine vague de recrutement pour relancer leur commerce clandestin sous le regard indifférent des autorités
L’analyse politique et institutionnelle menée par le président du Front populaire Zo Kwè Zo s’attaque directement à la structure même du pouvoir en République centrafricaine. Mouammar Bengué-Bossin remet en cause l’architecture politique actuelle, qu’il désigne comme le frein principal au progrès social, à la bonne gouvernance et à l’émergence économique de la nation.
Dans sa dénonciation des dérives autoritaires et de la centralisation des institutions à Bangui, l’homme politique met à nu les conséquences de la monopolisation de l’État par un petit groupe de dirigeants. Il affirme sans détour : « Ce régime présidentiel hyper-concentré étouffe littéralement le développement du pays en confisquant tous les pouvoirs décisionnels ».
monsieur Mouammar Bengué-Bossin , de son vrai nom Mathurin Bengué Bossin
Selon Mouammar Bengué-Bossin, l’absence de contre-pouvoirs réels et la paralysie de l’administration publique découlent directement de cette personnalisation du pouvoir. Toutes les décisions stratégiques, qu’elles concernent la gestion des finances publiques, l’attribution des marchés ou la nomination des hauts responsables, sont soumises à la seule volonté du chef de l’État. Ce fonctionnement bloque l’initiative locale, marginalise les régions et neutralise les institutions démocratiques qui devraient garantir le contrôle et la transparence.
Cette concentration extrême des prérogatives entre les mains d’un seul homme favorise également la corruption, l’impunité et le népotisme. En étouffant le débat parlementaire et en refusant tout partage des responsabilités, le régime empêche l’émergence de solutions novatrices et adaptées aux réalités du terrain centrafricain.
Pour rompre avec cet étouffement politique, Mouammar Bengué-Bossin préconise une révision profonde des institutions. Il plaide pour le passage à un régime parlementaire équilibré, la décentralisation effective des compétences vers les provinces et l’instauration d’un cadre strict obligeant les hauts dirigeants à rendre des comptes à la nation, afin de remettre l’État au service exclusif du peuple.
Sous le régime de Faustin-Archange Touadéra, la question des détenus et opposants politiques demeure au cœur du débat sur l’État de droit et l’avenir démocratique de la République centrafricaine.
La République centrafricaine est entrée dans une nouvelle étape institutionnelle avec l’adoption de la Constitution de 2023, présentée comme le fondement de la 7ᵉ République. Cette nouvelle architecture constitutionnelle affirme notamment le pluralisme politique et reconnaît l’opposition politique.
Mais au cœur des textes et les institutions, une question demeure : quelle place reste-t-il réellement à la liberté d’opinion, à la contestation politique et à l’opposition dans la Centrafrique de la 7ᵉ République ?
Le Constitutionnaliste centrafricain, Dr Dominique Désiré ERENON
La République nouvelle voulue par le Président Faustin Archange TOUADERA est face à une vieille pratique de la répression des anciens régimes. Rien n’a changé.
L’arrivée au pouvoir de Faustin-Archange Touadéra avait suscité, en 2016, l’espoir d’une stabilisation politique et d’un renforcement des institutions démocratiques. Pourtant, au fil des années, les rapports sur la restriction de l’espace civique et politique ont nourri les inquiétudes.
Human Rights Watch avait notamment dénoncé, dès 2023, des pressions exercées contre des organisations de la société civile, des médias et des partis d’opposition critiques à l’égard du pouvoir. L’organisation faisait également état de restrictions visant les manifestations pacifiques et d’un climat dans lequel certains journalistes et militants hésitaient à critiquer le gouvernement par crainte de représailles.
La question des « prisonniers politiques » s’inscrit donc dans un problème plus large : celui de la capacité des institutions centrafricaines à garantir que nul ne soit poursuivi ou privé de liberté simplement en raison de ses opinions, de ses activités politiques ou de son appartenance à l’opposition.
Dominique Désiré Erenon : un cas emblématique.
L’arrestation du constitutionnaliste et opposant Dominique Désiré Erenon constitue l’un des épisodes les plus marquants de cette période.
Président du parti Marche pour la démocratie et le salut du peuple (MDSP), Erenon était en exil en France depuis plusieurs années. Il est rentré en République centrafricaine en octobre 2025 et a été arrêté dès son arrivée à l’aéroport international Bangui-M’Poko, le 3 octobre 2025. Plusieurs médias ont rapporté cette arrestation.
Son cas a immédiatement soulevé une question fondamentale : comment un citoyen, et a fortiori un responsable politique, peut-il rentrer dans son propre pays et se retrouver privé de liberté dès son arrivée ?
Cette affaire est d’autant plus sensible que le retour d’Erenon intervenait dans un contexte où le pouvoir avait appelé les Centrafricains de la diaspora à rentrer au pays. Son arrestation a donc été perçue par ses partisans comme un signal particulièrement inquiétant adressé à ceux qui souhaitent participer au débat politique national.
Aujourd’hui et comme l’a relevé le sociologue Faustin Zameto, l’absence du constitutionnaliste et jeune leader du parti MDSP, Dominique Désiré ERENON, se fait sentir dans le débat politique sur les sujets liés à la vie de la nation. Son nom revient régulièrement sur les lèvres dans les milieux politique et intellectuel.
Toujours selon le sociologue précité, Dr Dominique Désiré ERENON manque aussi beaucoup à la faculté de Droit et Science Politique de l’Université de Bangui. Ses collègues enseignants et les étudiants ne cachent plus leur mécontentement du maintien en détention de cet enseignant apprécié dans le milieu universitaire notamment par les étudiants pour la qualité de ses enseignements.
Comment prétendre développer la RCA et priver le pays des compétences des hauts cadres du calibre de Dr Dominique Désiré ERENON connu même à l’international, en Europe et particulièrement en Afrique où il fut recruté par voie de test de sélection comme Expert Constitutionnnaliste auprès de l’Union Africaine a Addis-Abeba ? Son livre publié en mars 2025 a Paris sur « constitutionnalisme et coups d’Etat en Afrique : cas du Centrafrique » est un chef-d’œuvre qui est bien vendu notamment dans les milieux universitaires et politiques.
La Constitution de la 7ᵉ République face à ses propres principes
Le paradoxe est saisissant.
La Constitution reconnaît le pluralisme politique. Elle reconnaît également l’opposition et garantit les droits liés à son existence et à ses activités.
Dès lors, le véritable test de la 7ᵉ République ne devrait pas être la capacité du pouvoir à faire adopter des textes, mais sa capacité à respecter ces textes lorsqu’ils protègent ceux qui le contestent.
Une démocratie ne se mesure pas seulement à la liberté accordée aux citoyens qui soutiennent le gouvernement. Elle se mesure surtout à la protection accordée à ceux qui le critiquent.
L’opposition politique ne devrait donc pas être considérée comme une menace contre l’État. Dans une République pluraliste, elle constitue au contraire une composante normale de la vie démocratique.
Le danger de l’amalgame entre opposition et menace sécuritaire.
L’un des problèmes les plus préoccupants est l’amalgame entre opposition politique, contestation sociale et menace sécuritaire.
Human Rights Watch rapportait en 2023 que le président Touadéra avait publiquement associé certains responsables de l’opposition à des groupes rebelles et à une organisation criminelle.
Or, dans un État de droit, une accusation aussi grave doit être démontrée devant une juridiction indépendante et selon une procédure régulière.
Être opposant n’est pas un crime. Critiquer le gouvernement n’est pas une insurrection. Revendiquer l’alternance n’est pas une atteinte à la sûreté de l’État.
C’est précisément la frontière entre la démocratie et l’autoritarisme que les institutions doivent protéger.
Une République qui doit apprendre à tolérer la contradiction
La 7ᵉ République sera jugée non seulement sur ses infrastructures, ses élections ou ses réformes institutionnelles, mais aussi sur sa capacité à accepter la contradiction.
Un pouvoir fort n’est pas nécessairement un pouvoir qui emprisonne ses adversaires. Un pouvoir fort est celui qui peut supporter la critique sans avoir besoin de réduire ses contradicteurs au silence.
La justice doit pouvoir fonctionner sans pression politique. Les avocats doivent pouvoir défendre librement leurs clients. Les journalistes doivent pouvoir enquêter. Les partis politiques doivent pouvoir exercer leurs activités. Et les citoyens doivent pouvoir exprimer pacifiquement leur désaccord.
La question des prisonniers politiques ne concerne donc pas uniquement les personnes détenues. Elle concerne l’ensemble de la société centrafricaine.
Lorsqu’un opposant est arrêté, lorsqu’un journaliste hésite à publier une information ou lorsqu’un citoyen renonce à exprimer son opinion par peur des conséquences, c’est l’espace démocratique tout entier qui se rétrécit.
La 7ᵉ République a ainsi une responsabilité historique : démontrer que la nouvelle Constitution n’est pas seulement un changement de régime institutionnel, mais également un engagement en faveur des libertés publiques.
Le pouvoir de Faustin-Archange Touadéra sera inévitablement confronté à cette question : quelle République voulons-nous laisser aux générations futures ? Une République où l’opposition est tolérée uniquement lorsqu’elle se tait, ou une République où le désaccord politique constitue une liberté protégée par la loi ?
La réponse à cette question déterminera en grande partie le véritable visage de la 7ᵉ République.
La liberté de l’adversaire est le meilleur test de la démocratie
L’histoire politique de la Centrafrique montre que les crises naissent souvent lorsque le dialogue disparaît et que les institutions cessent d’être perçues comme impartiales.
La meilleure manière de consolider la 7ᵉ République serait donc de faire de la justice indépendante, du respect des libertés publiques et du pluralisme politique des réalités concrètes.
Un État qui respecte son opposition se renforce. Un État qui emprisonne ses opposants s’affaiblit.
La véritable grandeur d’une République ne réside pas dans l’absence de contestation, mais dans sa capacité à permettre à toutes les voix y compris les plus critiques de s’exprimer librement et pacifiquement
La demande de « réintégration » adressée publiquement à Anicet Georges Dologuélé par Fidèle Gouandjika dépasse le seul débat sur la nationalité. Dans son message, le ministre conseiller spécial de Faustin-Archange Touadéra lie directement cette démarche à la reconnaissance de la victoire présidentielle de Touadéra. Il affirme ensuite que l’absence de réintégration pourrait conduire à la perte du mandat parlementaire de l’opposant.
Cette séquence pose une question politique majeure : la controverse sur la nationalité de Dologuélé sert-elle à préparer les conditions juridiques et politiques de sa destitution de l’Assemblée nationale ?
Le premier élément à retenir se trouve dans la première phrase de son message qu’il a publié sur les réseaux sociaux. Fidèle Gouandjika ne demande pas seulement à Dologuélé de clarifier son statut juridique. Il lui conseille « pour la dernière fois » de reconnaître la victoire de Touadéra en adressant une demande de réintégration dans la nationalité centrafricaine.
Le lien entre les deux sujets est donc établi par l’auteur lui-même.
La question de la nationalité devient ainsi un moyen de pression politique sur un opposant qui a contesté le résultat de l’élection présidentielle. Le raisonnement développé ensuite vise à présenter Dologuélé comme un parlementaire dont le maintien à l’Assemblée nationale pourrait être remis en cause.
Gouandjika écrit notamment que la perte de nationalité constitue un motif de déchéance du mandat de député. Il ajoute que, si cette perte venait à être définitivement établie, Dologuélé pourrait être exclu de l’Assemblée nationale.
Ce passage est essentiel. Il ne parle plus seulement d’un passeport ou d’un certificat de nationalité. Il évoque directement la possibilité de mettre fin au mandat parlementaire de Dologuélé.
Une décision judiciaire existe, mais elle ne règle pas à elle seule toute la question
Le débat ne peut pas être présenté sérieusement comme si aucune décision de justice n’existait.
Le Tribunal de grande instance de Bangui a bien rendu, le 16 octobre 2025, une ordonnance annulant le certificat de nationalité centrafricaine de Dologuélé. Cette décision constitue un élément réel du contentieux.
Mais elle ne permet pas, à elle seule, d’effacer les autres décisions intervenues ensuite.
Le Conseil constitutionnel a validé en novembre 2025 la candidature de Dologuélé à l’élection présidentielle. Son nom figurait ensuite sur la liste définitive des candidats publiée par l’Autorité nationale des élections.
C’est là que le discours de Gouandjika pose problème : il présente la situation comme si la décision du tribunal avait définitivement réglé le statut juridique de Dologuélé, alors que la question a continué à être examinée au niveau constitutionnel.
Il faut donc distinguer une décision judiciaire portant sur un certificat de nationalité d’une décision du Conseil constitutionnel portant sur l’éligibilité présidentielle.
La question centrale : qui a définitivement établi que Dologuélé n’est plus Centrafricain ?
C’est l’une des principales failles du raisonnement développé par Gouandjika.
Si l’affirmation est désormais que Dologuélé n’est plus centrafricain, il faut identifier précisément l’acte juridique qui produit aujourd’hui cet effet.
Quand a-t-il officiellement perdu sa nationalité centrafricaine ?
Par quel acte ?
Quelle autorité l’a prononcé ?
Quelle décision définitive établit cette perte ?
Et surtout, quelle décision postérieure au jugement du Tribunal de grande instance interdit à Dologuélé d’exercer son mandat parlementaire ?
Ces questions sont indispensables avant de passer directement à l’étape suivante : « demandez votre réintégration ».
Car la réintégration suppose précisément que l’intéressé ait perdu sa nationalité et qu’il demande ensuite à la recouvrer. Transformer une situation juridiquement contestée en perte définitive de nationalité constitue donc un raisonnement qui doit être démontré, et non simplement affirmé.
Dologuélé a pourtant été autorisé à concourir à la présidentielle
La contradiction devient encore plus forte avec la présidentielle de 2025.
Dologuélé avait déposé sa candidature. Le Conseil constitutionnel l’a validée. Il a donc participé à l’élection présidentielle.
Cette donnée est difficile à concilier avec une présentation selon laquelle son statut de citoyen centrafricain serait déjà définitivement réglé par la seule décision du tribunal.
La question n’est pas de nier l’existence de l’ordonnance judiciaire. Elle consiste à demander pourquoi Gouandjika ne tient pas compte de l’ensemble de la procédure et surtout de la décision constitutionnelle intervenue après cette ordonnance.
Un candidat déclaré inéligible en raison de son absence de nationalité centrafricaine ne devrait normalement pas pouvoir être présenté, quelques mois plus tard, comme un candidat dont la candidature a été régulièrement validée sans que cette décision ne soit prise en compte dans le débat.
De la présidentielle au mandat de député
La deuxième étape du raisonnement de Gouandjika concerne le mandat parlementaire.
Dologuélé n’est plus seulement un ancien candidat à la présidentielle. Il est également député.
La question devient donc la suivante : si les autorités considèrent aujourd’hui qu’il n’a pas la nationalité requise pour exercer un mandat parlementaire, pourquoi cette question n’a-t-elle pas été définitivement tranchée au moment de la validation de sa candidature et de son élection ?
Et si elle n’a pas été tranchée, sur quelle base juridique peut-on annoncer maintenant que son mandat est menacé ?
C’est précisément cette progression qui donne à l’affaire une dimension politique.
Le débat commence avec un passeport. Il se poursuit avec la nationalité. Il arrive ensuite à l’éligibilité présidentielle. Puis il aboutit au mandat de député et à la possibilité de sa destitution.
Le déplacement progressif du sujet n’est pas anodin.
Le passeport diplomatique et le cas Martin Ziguélé
Gouandjika introduit ensuite le cas de Martin Ziguélé.
Il affirme que l’ancien Premier ministre a obtenu son passeport diplomatique après avoir écrit au président Touadéra.
Mais cette comparaison ne permet pas automatiquement de justifier le traitement réservé à Dologuélé.
Ziguélé et Dologuélé n’exercent pas la même fonction au moment de la demande évoquée. Le premier est un ancien Premier ministre. Le second est un député en exercice.
La question devient donc celle de l’égalité de traitement.
Si le statut de député ouvre droit à un passeport diplomatique dans les conditions prévues par les textes et les pratiques administratives, pourquoi demander à Dologuélé une démarche politique particulière alors que cette exigence ne semble pas être présentée comme une condition générale applicable à l’ensemble des députés ?
Le problème n’est donc pas seulement de savoir si Martin Ziguélé a écrit au président. Il faut savoir si cette procédure constitue une règle générale ou une exception liée à son statut d’ancien Premier ministre.
Pourquoi seulement Dologuélé ?
C’est ici que le débat sur la double nationalité prend une dimension politique.
La question de la nationalité ne concerne pas uniquement Dologuélé dans la classe politique centrafricaine. Plusieurs personnalités publiques ont été présentées comme disposant de deux nationalités ou ayant eu des situations de binationalité.
Le débat doit donc être posé de manière uniforme : la règle invoquée contre Dologuélé est-elle appliquée à tous ceux qui se trouvent dans une situation comparable ?
Si oui, quelles sont les procédures engagées contre les autres responsables concernés ?
Si non, pourquoi Dologuélé fait-il l’objet d’une procédure particulière ?
Une règle de droit ne peut pas être transformée en instrument politique applicable à une seule personne selon les circonstances.
Le précédent Karim Meckassoua
La référence à Abdoul Karim Meckassoua rappelle un précédent politique important.
En octobre 2018, le président de l’Assemblée nationale avait été destitué par les députés. La motion avait obtenu 98 voix contre 41, avec une abstention. Une pétition signée par 95 députés avait précédé le vote. (AA)
À l’époque, les motifs officiellement avancés concernaient notamment la gestion de l’Assemblée. Plusieurs observateurs et responsables politiques avaient aussi accusé le pouvoir de chercher à affaiblir Meckassoua. Africanews rapportait que plusieurs députés estimaient que la procédure pouvait avoir été pilotée par la présidence afin de placer un proche du pouvoir à la tête de l’Assemblée. (Africanews)
Le précédent montre surtout qu’une procédure parlementaire peut être précédée d’une longue bataille politique et institutionnelle.
C’est pourquoi la séquence actuelle autour de Dologuélé mérite d’être suivie avec attention.
Une mécanique qui pourrait préparer une destitution
Le message de Gouandjika fournit lui-même plusieurs éléments de cette mécanique.
Première étape : présenter Dologuélé comme une personne ayant perdu sa nationalité.
Deuxième étape : affirmer qu’il doit demander sa réintégration.
Troisième étape : considérer que son absence de réintégration lui interdit d’exercer certains droits politiques.
Quatrième étape : invoquer la perte de nationalité comme motif de remise en cause de son mandat parlementaire.
Cinquième étape : ouvrir la voie à une procédure contre le député.
C’est cette succession qui permet de parler d’une stratégie politique potentielle visant à fragiliser Dologuélé jusqu’à sa destitution, plutôt que d’un simple débat administratif sur un passeport.
Il faut naturellement distinguer ce qui est établi de ce qui relève de l’analyse politique. Aucun élément public cité dans le message de Gouandjika ne constitue à lui seul la preuve qu’une décision de destitution a déjà été prise. En revanche, son message décrit explicitement les conséquences parlementaires possibles de la position qu’il défend.
Une stratégie qui rappelle la méthode utilisée contre Meckassoua
La comparaison avec Meckassoua doit donc être faite avec prudence, mais elle n’est pas dépourvue de fondement politique.
En 2018, une campagne parlementaire avait progressivement conduit à une motion de destitution, finalement adoptée par 98 députés. (AA)
Dans le cas de Dologuélé, le point de départ est différent. Il ne s’agit pas de sa gestion de l’Assemblée nationale. Le levier envisagé est son statut de nationalité.
Le mécanisme politique pourrait néanmoins devenir comparable : construire progressivement un dossier, répéter une qualification juridique, faire apparaître le maintien du parlementaire comme problématique, puis utiliser cette qualification pour justifier une procédure institutionnelle.
La différence est importante : dans le cas de Meckassoua, la destitution a effectivement été votée. Dans celui de Dologuélé, une telle procédure n’est pas établie à ce stade.
« Reconnaître la victoire de Touadéra » : le véritable enjeu du message
La phrase de Gouandjika sur la reconnaissance de la victoire de Touadéra est probablement l’élément politique le plus révélateur de son intervention.
Une question strictement juridique sur la nationalité aurait pu être formulée sans condition politique.
Il aurait pu demander à Dologuélé de régulariser son statut juridique.
Il choisit au contraire d’écrire qu’il doit reconnaître la victoire de Touadéra en adressant une demande de réintégration.
Le message associe donc deux choses : la reconnaissance du résultat électoral et le rétablissement des droits liés à la nationalité.
C’est ce qui transforme le débat juridique en instrument de pression politique.
Dologuélé n’est pas seulement invité à produire un document administratif. Il est sommé de reconnaître politiquement la victoire de son adversaire.
Le risque d’une construction progressive du dossier
Le véritable enjeu pour Dologuélé pourrait donc se situer dans les prochaines étapes.
Si le discours sur la « perte de nationalité » est répété par plusieurs responsables du pouvoir, repris par des médias et relayé sur les réseaux sociaux, il peut progressivement devenir une évidence politique alors même que les différentes décisions judiciaires et constitutionnelles doivent encore être mises en cohérence.
Une fois cette perception installée, le débat pourrait se déplacer vers l’Assemblée nationale.
La question ne serait alors plus : « Dologuélé a-t-il perdu sa nationalité ? »
Elle deviendrait : « Peut-il encore être député ? »
Puis : « Pourquoi l’Assemblée nationale maintient-elle dans ses rangs un député qui n’aurait plus la nationalité requise ? »
C’est précisément ce déplacement du débat qui mérite d’être surveillé.
Car une campagne politique peut commencer par une question administrative, se transformer en contentieux juridique et finir par devenir une procédure parlementaire.
Dans le cas de Dologuélé, le message de Fidèle Gouandjika fournit déjà le lien entre ces différentes étapes : il affirme une perte de nationalité, demande une réintégration, évoque les droits civiques et politiques, puis mentionne explicitement le risque de perte du mandat de député.
La question qui reste posée est donc simple : s’agit-il d’une simple clarification juridique ou du début d’une stratégie visant à créer les conditions politiques et juridiques d’une destitution de Dologuélé ?
Le ministre centrafricain de la Sécurité publique, général Bienvenu Zokoué, vante les mercenaires russes comme des modèles du droit international, mais en réalité, les témoignages et des rapports internationaux documentent torture, exécutions sommaires et arrestations arbitraires.
Le ministre présente la formation dispensée par des mercenaires russes en Centrafrique comme un exemple de rigueur. Selon lui, les soldats centrafricains reçoivent un enseignement solide du droit international humanitaire. Cette version Zokoué ne tient pas face aux observations recueillies sur le terrain depuis plusieurs années.
Le général de la police Bienvenu Zokoué, ministre de la sécurité publique
Les rapports internationaux s’accumulent et pointent tous dans la même direction. Les mercenaires russophones et leurs alliés centrafricains sont cités dans plusieurs types d’abus :
des actes de torture en détentiondes exécutions sommaires de civilsdes arrestations arbitraires dans plusieurs régions du paysCes constats contredisent directement le discours gouvernemental. Ils montrent aussi une proximité inquiétante entre les FACA et leurs instructeurs étrangers.
Aucun programme de formation structuré
Les centres d’instruction russes ne disposent d’aucun programme pédagogique vérifiable. Personne ne peut présenter un horaire de cours, un contenu théorique sur la protection des civils, ou une méthode d’enseignement. Cette absence pèse lourd. Elle suggère que la communication ministérielle relève surtout d’une opération d’image plutôt que d’un vrai dispositif de formation.
Des soldats déployés sans préparation juridique
La formation militaire accélérée imposée aux FACA laisse peu de place aux règles juridiques complexes. Les recrues partent au combat sans maîtriser les principes de précaution, de proportionnalité, ou de distinction entre civils et combattants. Sur le terrain, l’urgence opérationnelle prend toujours le pas sur l’apprentissage des normes humanitaires.
Des aveux jusque dans les documents officiels
Les Nations unies et plusieurs organisations internationales décrivent un quotidien fait de violences répétées contre les civils. Les victimes rapportent des souffrances sévères infligées par ces personnels armés. Même certains documents produits par l’État centrafricain ont fini par reconnaître des dépassements graves. L’écart entre le discours public et les pratiques réelles devient difficile à ignorer.
Une coopération militaire sous tutelle de Wagner
Les responsables militaires continuent malgré tout à vanter une coopération exemplaire. Dans les faits, le groupe Wagner garde une tutelle directe sur plusieurs unités locales, et cette tutelle s’accompagne d’un mépris des règles de la guerre. Chaque opération sur le terrain produit de nouveaux abus contre les habitants. Pendant ce temps, le discours officiel cherche à dissimuler ces agissements plutôt qu’à les corriger.
Une population exposée à une alliance sans contrôle
La population centrafricaine subit directement les conséquences de cette alliance militaire dépourvue de garde-fous. L’écart entre les déclarations officielles et la réalité du terrain trahit une stratégie de communication conçue pour masquer une coopération marquée par les abus, l’impunité, et le mépris du droit international humanitaire.
Par Gisèle [PASTEUR]Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, nos chères lectrices et nos chers lecteurs.
Bonjour Madame Gisèle Moloma.
Que retrouve-t-on à la une de vos articles ce matin, Gisèle ?
[ALINE]Bonjour Monsieur Anselme Mbata, bonjour à nos lectrices et à nos lecteurs.
À la une de CorbeauNews Centrafrique ce matin :
[ALINE]titre….
[ALINE]C’est Gisele Moloma pour la rédaction de Corbeau News Centrafrique. Merci.
[ALINE]Quant à vous nos chères lectrices et nos chers lecteurs, merci pour votre fidélité. Rendez-vous donc demain pour les prochaines actualités à la une de votre quotidien en ligne, Corbeau News Centrafrique.
[ALINE]Contacter corbeau news Centrafrique : soit par téléphone soit par WhatsApp avec le même numéro: +236 75 72 18 et 21ou par Email: corbeaunewscentrafrique@gmail.com
L’ancien Premier ministre centrafricain Martin Ziguélé estime que les États africains francophones restent fortement dépendants de partenaires extérieurs lorsqu’ils sollicitent un soutien financier international. Invité de l’émission L’Arbre à Palabre sur la DW, il décrit les mécanismes qui, selon lui, limitent encore l’autonomie financière des gouvernements.
Plus de 60 ans après les indépendances, les États africains disposent officiellement de leurs propres institutions, budgets et administrations. Ils peuvent également solliciter directement les grandes institutions financières internationales. Pour Martin Ziguélé, la réalité est plus complexe lorsqu’un pays rencontre une crise budgétaire, un déficit extérieur ou un besoin urgent de financement.
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Selon lui, l’accès aux programmes du Fonds monétaire international (FMI) ou de la Banque mondiale ne dépend pas uniquement des indicateurs économiques présentés par les gouvernements. Les rapports de force diplomatiques et les relations entre États jouent également un rôle important dans les négociations internationales.
Le FMI au cœur des politiques économiques
Le FMI intervient principalement lorsqu’un État rencontre de graves difficultés de balance des paiements, de réserves de change ou de financement extérieur. Les programmes négociés avec l’institution sont généralement accompagnés de mesures destinées à rétablir les équilibres budgétaires et financiers.
Pour les gouvernements concernés, obtenir un programme du FMI peut permettre de mobiliser des ressources financières, mais aussi de restaurer la confiance de certains partenaires et investisseurs.
Martin Ziguélé estime que cette situation crée une forme de dépendance pour les États africains qui ne disposent pas de ressources financières suffisantes pour financer seuls leurs politiques publiques.
Lorsqu’un pays doit payer ses fonctionnaires, financer ses infrastructures, assurer ses importations essentielles ou stabiliser ses finances publiques, il peut rapidement se retrouver contraint de rechercher des financements auprès des institutions internationales.
Le rôle de la France dans les relations avec les institutions financières
C’est dans ce contexte que Martin Ziguélé évoque le rôle de la France.
Selon lui, les relations historiques entre Paris et les pays d’Afrique francophone donnent à la France une capacité d’influence particulière dans les institutions financières internationales. Cette influence est liée notamment à son poids au sein du FMI et de la Banque mondiale, ainsi qu’à ses relations diplomatiques avec les gouvernements africains.
Pour l’ancien Premier ministre, un État francophone qui souhaite obtenir un soutien financier international doit donc tenir compte de la position de Paris.
Il ne s’agit pas juridiquement d’une procédure selon laquelle un pays africain devrait obtenir une autorisation française avant de saisir le FMI. Les États membres du FMI peuvent solliciter directement l’institution. Les programmes sont négociés sur la base de critères économiques, financiers et budgétaires.
L’analyse de Martin Ziguélé porte plutôt sur le poids politique et diplomatique que peuvent exercer les États disposant d’une influence importante au sein de ces institutions.
Une influence liée aux mécanismes de gouvernance
Le FMI et la Banque mondiale ne fonctionnent pas comme des institutions totalement indépendantes des États qui les composent. Leur gouvernance repose sur des représentants des pays membres, dont le poids dans les décisions dépend notamment de leurs quotes-parts et de leurs droits de vote.
La France fait partie des principaux actionnaires du FMI et de la Banque mondiale. Elle participe donc aux mécanismes de décision et dispose d’une influence institutionnelle importante.
Pour Martin Ziguélé, cette réalité est particulièrement importante pour les pays africains francophones qui entretiennent depuis plusieurs décennies des relations politiques, économiques et monétaires étroites avec Paris.
Dans les négociations financières internationales, cette proximité peut donc constituer un facteur politique supplémentaire, même si les décisions des institutions financières reposent sur leurs propres procédures et critères.
Quand les difficultés financières réduisent la marge de manœuvre
La dépendance financière devient particulièrement visible lorsque les finances publiques d’un pays sont fragiles.
Un État qui ne parvient plus à financer son déficit sur ses propres ressources doit rechercher des financements extérieurs. Il peut alors être amené à négocier avec le FMI, la Banque mondiale, les banques régionales de développement ou d’autres partenaires.
Ces financements peuvent être accompagnés de réformes : réduction du déficit budgétaire, amélioration de la collecte fiscale, réforme des entreprises publiques, maîtrise de la masse salariale ou restructuration de certaines dépenses.
Pour Martin Ziguélé, ces contraintes peuvent réduire la liberté de décision des gouvernements.
Le débat porte alors sur une question centrale : jusqu’où un État peut-il définir seul sa politique économique lorsqu’une partie importante de son financement dépend de partenaires extérieurs ?
Le cas particulier des pays francophones
Les pays d’Afrique francophone présentent des situations économiques très différentes. Certains disposent de ressources pétrolières ou minières importantes. D’autres dépendent davantage de l’agriculture, des transferts de fonds de la diaspora, de l’aide extérieure ou des investissements étrangers.
Tous ne sont donc pas soumis au même degré de dépendance financière.
Pour autant, Martin Ziguélé estime que le modèle historique des relations entre la France et ses anciennes colonies continue de peser sur les choix économiques de plusieurs gouvernements.
Cette influence dépasse la seule question du financement. Elle concerne également la monnaie, le commerce, les investissements, la dette et les relations avec les institutions internationales.
L’enjeu de la souveraineté financière
Pour Martin Ziguélé, une indépendance politique réelle doit également reposer sur une capacité financière nationale suffisante.
Un gouvernement qui dispose de recettes fiscales solides, d’une économie productive et d’un secteur privé capable de créer des emplois bénéficie d’une marge de manœuvre plus importante.
La souveraineté financière des États africains est souvent compromise par leur dépendance aux financements extérieurs, ce qui limite leur capacité à définir des politiques économiques autonomes.
À l’inverse, lorsque les recettes publiques sont faibles et que les dépenses essentielles dépendent de financements extérieurs, les choix politiques sont nécessairement plus contraints.
Cette question se pose avec une acuité particulière dans les pays où les ressources publiques sont insuffisantes pour financer les besoins fondamentaux : santé, éducation, infrastructures, sécurité et fonctionnement de l’administration.
Repenser les finances publiques
L’analyse de Martin Ziguélé ne conduit pas uniquement à remettre en cause les institutions internationales. Elle renvoie également à la responsabilité des gouvernements africains dans la gestion de leurs propres économies.
Renforcer la souveraineté financière suppose notamment d’améliorer la collecte des impôts, de lutter contre les déperditions de recettes, de développer la production locale et de créer des conditions favorables à l’investissement privé.
La transformation des matières premières constitue également un enjeu majeur. Exporter des ressources brutes rapporte moins que développer localement les chaînes de transformation et les activités industrielles associées.
Une économie plus productive permettrait d’élargir l’assiette fiscale et de réduire progressivement la dépendance aux financements extérieurs.
Une indépendance encore inachevée
Plus de six décennies après les indépendances, Martin Ziguélé considère donc que la souveraineté africaine doit être évaluée à partir des capacités financières réelles des États.
Le recours au FMI ou à la Banque mondiale n’est pas en lui-même une preuve de dépendance. De nombreux pays développés ont également recours aux marchés financiers internationaux ou aux institutions multilatérales.
Pour l’ancien Premier ministre, la question essentielle est plutôt celle de la capacité d’un État à choisir ses partenaires, à négocier ses financements et à définir ses politiques économiques sans subir une pression excessive liée à sa fragilité financière.
Dans cette perspective, renforcer les ressources nationales, développer la production, améliorer la gouvernance budgétaire et construire des institutions financières africaines plus solides apparaissent comme des leviers essentiels pour élargir la marge de décision des gouvernements.
Pour Martin Ziguélé, tant que les États africains resteront contraints de rechercher à l’extérieur les ressources indispensables à leur fonctionnement et à leur développement, leur indépendance politique restera difficile à traduire en véritable autonomie économique et financière.
Dans la nuit du lundi 31 août 2026, l’Aire de Boutili sur la route de Boali a basculé dans le chaos total. Au Centre culturel Sublime, des éléments de la milice de Touadera, la BIR, ont semé la terreur auprès des civils toute la nuit.
Au départ, ce sont eux! Ils sont arrivés lourdement armés. Mais qui sont-ils ? Ce sont des éléments de la BIR. Au nombre de 3, ces éléments de la Brigade d’Intervention Rapide ont exigé des boissons dans cet établissement. Après avoir consommé pour un montant de 13 500 FCFA, ces individus ont catégoriquement refusé de régler leur note.
Ces militaires se prennent désormais pour de véritables demi-dieux intouchables sur terre. Sans la moindre hésitation, ils ont armé leurs fusils et tiré directement vers la gestionnaire des lieux.
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Cette femme a subi un choc effroyable entraînant un malaise d’une extrême gravité. Les assaillants ont ensuite traqué la sentinelle, provoquant un mouvement de panique généralisé dans tout le secteur.
Prises de panique devant cette fusillade nocturne, de nombreuses familles ont quitté leurs habitations. Les habitants se sont précipités dans la brousse environnante pour échapper à ce déchaînement de violence.
Au centre culturel du village Boutili au PK55 route de Boali
Ces hommes en uniforme commettent des ravages incessants à travers tout le territoire national. Au lieu d’assurer la protection des citoyens, ces militaires agissent en véritables prédateurs au sein des villages.
Terrasse du centre culturel du village Boutili au PK55 route de Boali
Dans une lettre ouverte publiée le 17 août 2026, Ferdinand Mbokoto Madji, fondateur et président national de la CNCA-PDD, interpelle Faustin-Archange Touadéra sur la gouvernance du pays, la sécurité, les institutions, les ressources naturelles et l’avenir de la République centrafricaine.
Dans cette lettre adressée à « Faustin-Archange Touadéra, à ses soutiens et au peuple centrafricain », Ferdinand Mbokoto Madji affirme que « le pouvoir est une responsabilité, pas une propriété ». Il estime qu’après plusieurs années de présidence, la question centrale n’est pas seulement de savoir qui gouverne, mais comment le pays est gouverné et ce que cette gouvernance a produit pour la population.
Selon Ferdinand Mbokoto Madji, depuis l’arrivée au pouvoir de Faustin-Archange Touadéra en 2016, la République centrafricaine a connu des évolutions négatives dans le processus de paix et de sécurisation, une pauvreté massive, une fragilité de l’État, une insécurité persistante, une faiblesse des services publics, une dépendance extérieure ainsi que des inquiétudes sur les libertés publiques et des contestations autour des institutions et du processus électoral.
Le président national de la CNCA-PDD insiste également sur la situation sociale. Il rappelle que la Centrafrique dispose de terres, de forêts, de ressources minières et d’un important potentiel humain, tout en demandant pourquoi une grande partie des familles vivent encore dans une extrême précarité, pourquoi des enfants restent privés d’un accès régulier à une éducation de qualité et pourquoi des citoyens peuvent mourir faute de soins.
Ferdinand Mbokoto Madji cite aussi l’électricité, l’eau potable, les routes, les infrastructures sanitaires et l’emploi parmi les besoins qui restent hors de portée d’une grande partie de la population. Pour lui, le développement ne peut pas être résumé à quelques routes, quelques bâtiments administratifs ou quelques cérémonies officielles.
Sur la sécurité, la CNCA-PDD considère qu’il s’agit de l’une des grandes préoccupations de la population centrafricaine. La lettre relève que des populations continuent d’être exposées à l’insécurité, aux déplacements et aux violences, alors que la présence internationale demeure importante dans le dispositif sécuritaire du pays.
Ferdinand Mbokoto Madji pose alors la question de la souveraineté : « Une République véritablement souveraine peut-elle accepter que sa sécurité repose durablement sur des forces étrangères ou des partenaires extérieurs ? » Il précise que la coopération internationale peut être nécessaire, mais qu’elle doit être transparente, servir l’intérêt national et permettre à terme à l’État centrafricain de disposer d’une armée nationale suffisamment professionnelle et républicaine pour assurer elle-même la protection du territoire.
La coopération entre Bangui et la Russie, notamment avec les groupes Wagner, est également abordée dans la lettre. Ferdinand Mbokoto Madji rappelle que le gouvernement présente cette coopération comme un moyen de lutter contre les groupes armés, tandis que plusieurs organisations et observateurs ont exprimé des préoccupations concernant les droits humains et la transparence de certaines opérations.
Il demande ainsi dans quelles conditions cette coopération est menée, avec quels contrôles, quelles garanties et au bénéfice de qui. « Une véritable souveraineté ne consiste pas à remplacer une dépendance par une autre », écrit-il, avant d’ajouter que « la Centrafrique doit être l’amie de tous, mais la servante de personne ».
La Constitution de 2023 constitue un autre point central de la lettre. Ferdinand Mbokoto Madji rappelle que cette Constitution a supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels et porté le mandat présidentiel à sept ans, permettant à Faustin-Archange Touadéra de se présenter à un troisième mandat.
Pour le président national de la CNCA-PDD, la question dépasse le seul aspect juridique. Il demande si une Constitution doit protéger la République contre les ambitions personnelles ou être modifiée pour permettre à un dirigeant en exercice de prolonger son pouvoir. Il estime également que les critiques autour de cette réforme ont alimenté les inquiétudes concernant la concentration du pouvoir et l’affaiblissement des contre-pouvoirs.
Ferdinand Mbokoto Madji défend par ailleurs l’indépendance des institutions. Il cite notamment le Parlement, la Justice, la Cour constitutionnelle, l’autorité électorale, l’administration, les forces de sécurité et les médias publics. Selon lui, ces institutions doivent pouvoir exercer leurs missions avec indépendance et impartialité.
« Une République saine repose sur un principe simple : Personne ne doit être suffisamment puissant pour être au-dessus des institutions », affirme-t-il.
Les élections occupent également une place importante dans la lettre. Ferdinand Mbokoto Madji estime qu’une élection ne peut être véritablement démocratique que si les citoyens peuvent voter librement, si les candidats peuvent faire campagne équitablement, si les institutions électorales inspirent confiance et si les résultats peuvent être contestés dans un cadre légal.
Il rappelle qu’avant les élections de décembre 2025, Human Rights Watch avait exprimé des préoccupations concernant les irrégularités potentielles, les interférences politiques et les pressions sécuritaires susceptibles d’affecter la crédibilité et l’inclusivité du scrutin.
La CNCA-PDD défend aussi la place de l’opposition, des journalistes et des citoyens dans la vie publique. Ferdinand Mbokoto Madji affirme que « l’opposition n’est pas l’ennemie de la République » et qu’elle constitue l’un des mécanismes permettant d’empêcher le pouvoir de devenir aveugle.
Il estime qu’un journaliste qui critique le gouvernement ne détruit pas la République, qu’un opposant qui dénonce une décision ne trahit pas nécessairement la Nation et qu’un citoyen qui manifeste pacifiquement n’est pas nécessairement un ennemi de l’État. « Le patriotisme ne consiste pas à applaudir le pouvoir. Le patriotisme consiste parfois à avoir le courage de lui dire : “Vous vous trompez.” »
La corruption et la gestion des ressources naturelles figurent également parmi les préoccupations exposées par Ferdinand Mbokoto Madji. Il dénonce les conséquences de la corruption sur les écoles, les hôpitaux, les routes et l’emploi. Il demande que les accusations crédibles fassent l’objet d’enquêtes, que les preuves établies donnent lieu à des jugements et que la présomption d’innocence soit protégée.
La lettre demande aussi davantage de transparence dans la gestion des diamants, de l’or, du bois, de l’uranium, du lithium, des terres agricoles et des forêts. Ferdinand Mbokoto Madji veut notamment que le peuple puisse savoir qui exploite ces ressources, dans quelles conditions, combien l’État reçoit et combien revient aux populations locales.
La jeunesse constitue un autre axe du document. La CNCA-PDD estime qu’une jeunesse sans emploi, sans perspectives et sans confiance dans les institutions devient vulnérable à toutes les manipulations. La lettre cite le jeune sans emploi, le diplômé sans avenir, l’étudiant sans moyens, le cultivateur sans route pour vendre sa production, le commerçant sans accès au financement et le citoyen sans électricité parmi les urgences nationales.
« Nous devons arrêter de demander à notre jeunesse de patienter éternellement », écrit Ferdinand Mbokoto Madji. Il estime que la jeunesse ne doit pas être le carburant des campagnes électorales, mais le moteur du développement national.
Sur la question communautaire, le président national de la CNCA-PDD appelle également les Centrafricains à sortir d’une logique dans laquelle chaque communauté serait appelée à défendre son candidat ou ses intérêts. Il affirme que « la pauvreté n’est pas chrétienne », que « la corruption n’est pas musulmane », que « l’injustice n’est pas Gbaya », que « le chômage n’est pas Yakoma », que « la misère n’est pas Zandé » et que « la souffrance est nationale ».
Ferdinand Mbokoto Madji interpelle directement Faustin-Archange Touadéra sur la trace qu’il laissera dans l’histoire. Il demande si le président sera retenu comme celui qui aura renforcé les institutions ou comme celui qui aura renforcé la personnalisation du pouvoir, comme celui qui aura réconcilié les Centrafricains ou comme celui qui aura laissé derrière lui une société plus divisée.
Dans la dernière partie de la lettre, la CNCA-PDD affirme que le problème de la Centrafrique n’est pas seulement celui d’un homme, mais celui d’un système politique, institutionnel et économique qui doit être profondément réformé.
Ferdinand Mbokoto Madji écrit : « Nous ne voulons pas simplement changer de maître. Nous voulons changer de système. » Il énumère parmi les changements souhaités une Constitution qui protège le peuple, des institutions indépendantes, des élections crédibles, une justice réellement indépendante, la liberté pour les journalistes de travailler, la possibilité pour l’opposition de s’exprimer, une armée appartenant à la République, une gestion des ressources naturelles au profit du peuple et une lutte contre la corruption sans distinction.
La CNCA-PDD affirme enfin que la Centrafrique ne manque ni de richesses, ni de patriotes, ni de jeunes, ni de ressources, mais qu’elle manque d’un système permettant de transformer ces ressources en prospérité collective et de permettre aux patriotes compétents de servir la Nation.
Ferdinand Mbokoto Madji appelle à un combat « pacifique, démocratique et républicain ». Il rejette la vengeance, la haine et la violence et préconise « la vérité, la justice, les institutions et la mobilisation citoyenne ». « La République demeure. Et la République centrafricaine appartient à ses enfants », écrit-il.
La lettre se termine par un appel à construire une Centrafrique où aucun citoyen n’a besoin de demander la permission d’être pleinement centrafricain, où l’on ne demande plus « De quel clan es-tu ? », mais « Que peux-tu apporter à la République ? ». Ferdinand Mbokoto Madji conclut par trois formules : « La liberté ne se donne pas : elle se défend. La démocratie ne se proclame pas : elle se pratique. La République ne s’hérite pas : elle se construit. »
Dans une tribune consacrée à la prochaine élection à la présidence de la FIFA, Hervé Verhoosel invite les 54 associations africaines membres à placer l’avenir du football au centre de leur choix.
Hervé Verhoosel veut replacer le football au cœur du scrutin
Hervé Verhoosel estime que les fédérations africaines doivent aborder la prochaine élection à la présidence de la FIFA en partant d’une question centrale : « quel football voulons-nous ? ». Dans sa tribune intitulée « Cette fois, votons pour le football », l’ancien haut fonctionnaire des Nations Unies appelle les responsables africains du football à réfléchir d’abord aux besoins de leurs fédérations avant de choisir un candidat. Pour Hervé Verhoosel, le choix du futur président doit être précédé d’une réflexion sur les priorités du football africain.
Hervé Verozelle
Hervé Verhoosel considère que l’élection ne doit pas être réduite au choix d’un nom à la tête de la FIFA. Il propose une démarche en trois étapes : définir le football souhaité, déterminer le rôle que la FIFA doit jouer pour accompagner cette vision, puis identifier la personne la mieux placée pour diriger l’organisation. Selon lui, cette méthode permettrait aux fédérations de placer leurs propres réalités au centre du scrutin. Il rappelle que les intérêts du football doivent rester le principal critère du choix.
Hervé Verhoosel rappelle que l’Afrique compte 54 associations membres de la FIFA. Dans sa tribune, il insiste sur les différences qui existent entre ces fédérations, leurs moyens et leurs priorités. Certaines disposent de championnats professionnels structurés et d’infrastructures développées, tandis que d’autres évoluent avec des ressources limitées. Pour Hervé Verhoosel, ces différences empêchent de considérer les fédérations africaines comme un bloc homogène.
L’auteur évoque également les écarts dans la formation et l’encadrement des jeunes joueurs. Certaines associations disposent d’académies reconnues et exportent régulièrement des talents vers les grands championnats internationaux. D’autres doivent encore développer les infrastructures de base permettant aux jeunes de pratiquer le football dans de bonnes conditions. Hervé Verhoosel estime donc que chaque fédération doit pouvoir défendre ses propres priorités lors du scrutin.
« Il n’y aura donc pas un vote africain. Il y aura 54 votes », écrit Hervé Verhoosel dans sa tribune. Selon lui, ces votes peuvent converger sur certaines questions ou prendre des directions différentes selon les intérêts de chaque fédération. Pour l’ancien haut fonctionnaire des Nations Unies, cette diversité n’est pas un problème en soi. L’essentiel reste, selon lui, que chaque association détermine d’abord le football qu’elle souhaite construire et les moyens nécessaires pour y parvenir.
Hervé Verhoosel appelle à dépasser les alliances électorales
Hervé Verhoosel estime que les élections à la FIFA peuvent être influencées par les alliances, les fidélités, les blocs régionaux, les intérêts financiers et les rapports de force. Il reconnaît que ces facteurs font partie de la réalité du football international. Il estime néanmoins que la prochaine élection ne devrait pas être abordée uniquement sous cet angle. Pour lui, le débat doit d’abord porter sur les orientations que les fédérations souhaitent voir défendues au niveau mondial.
Dans sa tribune, Hervé Verhoosel ne soutient aucun candidat à la présidence de la FIFA. Il précise que son texte n’est « ni pro- ni anti-Infantino » et qu’il souhaite plutôt encourager un débat indépendant sur l’avenir du football international. Son approche consiste à placer les besoins des fédérations avant la personnalité des candidats. Il invite ainsi les dirigeants africains à examiner les programmes et les orientations proposées avant de se déterminer.
Pour Hervé Verhoosel, la question du leadership de la FIFA ne doit donc intervenir qu’après une réflexion sur les priorités du football. Il formule cette démarche de manière simple : d’abord déterminer quel football les fédérations veulent construire, ensuite identifier la FIFA dont ce football a besoin. Le choix de la personne chargée de diriger l’organisation devrait intervenir en troisième position. Cette logique constitue le principal message de sa tribune.
« L’Afrique contribue énormément au football mondial »
Hervé Verhoosel insiste également sur le rôle joué par l’Afrique dans le football international. Selon lui, le continent ne doit pas être considéré uniquement comme un espace auquel le football mondial apporte des programmes et des financements. Il rappelle que l’Afrique constitue l’une des principales sources de talents du football international. Ses joueurs évoluent dans de nombreux clubs et championnats à travers le monde et occupent une place importante dans le football professionnel.
Dans sa tribune, Hervé Verhoosel estime que cette contribution doit être intégrée aux discussions sur l’avenir de la FIFA. Les joueurs africains participent au fonctionnement des clubs et des compétitions internationales, tout en représentant des modèles pour des millions de jeunes sur le continent. Pour l’auteur, leurs parcours et les conditions de développement du football africain doivent faire partie des préoccupations examinées avant l’élection. Il considère que leur football constitue lui aussi un enjeu du scrutin.
Hervé Verhoosel pose ainsi une nouvelle fois la question qui donne son titre à sa tribune : « quel football voulons-nous, et de quelle FIFA ce football a-t-il besoin ? ». Pour lui, les fédérations africaines doivent d’abord répondre collectivement ou individuellement à cette interrogation. Le choix du futur président de la FIFA devrait ensuite découler des réponses apportées à ces priorités. Cette approche vise à replacer le développement du football au centre du processus électoral.
Les 54 fédérations représentent « 54 footballs »
Pour Hervé Verhoosel, les 54 associations africaines ne représentent pas seulement 54 voix dans une élection présidentielle. Elles représentent également 54 réalités footballistiques différentes, avec des niveaux de développement, des ressources, des besoins et des ambitions propres. Il considère que cette diversité doit être prise en compte dans les relations entre les fédérations africaines et la FIFA. Chaque association doit pouvoir définir les objectifs qui correspondent à son propre environnement.
L’auteur cite plusieurs domaines qui peuvent entrer dans cette réflexion, notamment les infrastructures, la formation des jeunes, les compétitions nationales et l’accompagnement des talents. Ces priorités ne se présentent pas de la même manière dans tous les pays africains. Hervé Verhoosel estime donc que les fédérations doivent pouvoir exprimer leurs attentes sans être réduites à une simple logique de regroupement électoral. Pour lui, le vote doit d’abord être lié aux perspectives offertes au football.
Cette conception constitue le fil conducteur de la tribune d’Hervé Verhoosel. L’ancien responsable des Nations Unies souhaite que les dirigeants des fédérations africaines considèrent leur vote comme un moyen de défendre les intérêts de leurs footballs respectifs. Il ne propose pas de candidat et ne prend pas position pour ou contre le président sortant de la FIFA. Il appelle plutôt à un débat centré sur les besoins, les ambitions et l’avenir du football.
Une tribune déjà publiée dans plusieurs pays africains
La tribune d’Hervé Verhoosel a déjà été publiée, selon son auteur, au Nigeria, au Soudan du Sud, au Gabon, en Mauritanie, en Guinée et au Mali. Il indique que d’autres publications sont attendues dans plusieurs pays africains. L’objectif affiché est de faire circuler cette réflexion auprès des différentes fédérations et des acteurs du football sur le continent. Hervé Verhoosel souhaite ainsi contribuer au débat qui précède l’élection à la présidence de la FIFA.
L’auteur a également proposé sa tribune à Corbeau News Centrafrique, en raison notamment de son expérience en République centrafricaine. Hervé Verhoosel indique avoir vécu et travaillé pendant plus de deux ans à Bangui dans le cadre de ses fonctions aux Nations Unies. Il affirme conserver un attachement particulier à la République centrafricaine. Il a souhaité que sa réflexion puisse également être portée auprès du public centrafricain.
Hervé Verhoosel, ancien haut fonctionnaire des Nations Unies
Hervé Verhoosel est présenté comme un ancien haut fonctionnaire des Nations Unies spécialisé dans la communication, les médias et les affaires publiques internationales. Au cours d’une carrière de plus de vingt ans, il a travaillé notamment à Genève, New York et dans plusieurs pays africains. Ses fonctions l’ont également conduit à voyager régulièrement sur le continent pendant plus d’une décennie. Son parcours professionnel lui a permis de suivre différents enjeux liés aux institutions internationales et à la communication publique.
Depuis son départ des Nations Unies en avril 2026, Hervé Verhoosel indique intervenir régulièrement dans le débat public consacré à la gouvernance du football international. Sa tribune sur l’élection à la présidence de la FIFA s’inscrit dans cette nouvelle activité. Il défend une approche centrée sur les intérêts du football plutôt que sur les seuls rapports de force électoraux. Son texte invite les 54 associations africaines à examiner leurs priorités avant de choisir leur orientation.
Pour Hervé Verhoosel, les fédérations africaines disposent donc de 54 voix, mais ces voix représentent surtout des footballs différents. Il estime que chacune doit d’abord définir ses besoins et ses ambitions avant de déterminer le candidat susceptible de les défendre au niveau de la FIFA. Le choix du prochain président devrait ainsi, selon lui, découler d’une réflexion plus large sur l’avenir du football africain et mondial. copié vers le presse-papiers
Pour Steve Bendo Ndény, la journée de deuil national décrétée après le drame de la rue des Sœurs de Bimbo n’a jamais existé dans la réalité. L’activiste de la société civile pointe un État incapable de faire appliquer ses propres décisions, sans moyens, sans relais administratifs et sans communication efficace. Selon lui, ce non-événement confirme un décalage profond entre les annonces officielles et leur mise en œuvre sur le terrain, relançant le débat sur l’autorité réelle de l’État et la capacité des institutions à agir concrètement.
En effet, le décret annonçant une journée de deuil national après l’accident mortel de la rue des Sœurs de Bimbo n’a pas produit les effets attendus sur le terrain. Pour Steve Bendo Ndény, cette situation illustre les difficultés de l’État à faire respecter ses propres décisions.
Invité de l’émission Patara, l’activiste de la société civile estime que le deuil national devait être accompagné de mesures permettant son application effective dans les différentes villes du pays. Selon lui, l’annonce officielle ne suffit pas lorsque les administrations ne disposent pas des moyens nécessaires pour faire respecter les directives prises par le pouvoir public.
« Ce décret de deuil national est un non-événement pris par un État qui n’a même pas les moyens d’appliquer ses propres décisions », affirme Steve Bendo Ndény.
Steve Bendo Ndény relève que la journée de deuil national n’a pas entraîné de changement notable dans les habitudes d’une partie de la population. Les commerces et certains lieux de divertissement ont continué leurs activités, tandis que de nombreux citoyens ne semblaient pas avoir reçu suffisamment d’informations sur les dispositions liées au décret.
Pour lui, cette situation montre les limites d’une décision administrative lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’une communication claire et d’un dispositif permettant son application.
Des décisions sans moyens de contrôle
L’activiste estime également que l’État doit disposer de mécanismes de suivi lorsqu’il prend une décision applicable à l’ensemble du territoire. Sans contrôle ni relais administratifs suffisamment opérationnels, les directives officielles risquent de rester théoriques.
Selon Steve Bendo Ndény, le problème dépasse le seul décret de deuil national. Il concerne plus largement la capacité des institutions à transformer les décisions annoncées au sommet de l’État en mesures effectivement appliquées dans les quartiers et les villes.
Un écart entre les annonces et la réalité
Pour l’activiste de la société civile, le traitement réservé au deuil national révèle un décalage entre les décisions prises par les autorités et leur application quotidienne.
Il estime que l’hommage aux victimes aurait dû s’accompagner d’une mobilisation visible des administrations, d’une information précise de la population et d’un suivi permettant de vérifier l’application du décret.
La controverse autour de cette journée de deuil relance ainsi le débat sur l’autorité effective de l’État, la communication gouvernementale et les moyens dont disposent les administrations pour faire respecter les décisions prises au niveau national.
Si on ne s'occupe pas de nos enfants, d'ici dix ans, tous seront dans la rue : l'ultime avertissement de Joël Karpandji, éducateur principal de la Fondation La Voix du Cœur
Rédigé le [date_cnc] .
Par : la rédaction de ,
La situation des enfants de la rue à Bangui provoque une inquiétude majeure parmi les acteurs sociaux de terrain. Joël Karpandji, éducateur principal de la Fondation La Voix du Cœur, lance une alerte solennelle quant au devenir de la jeunesse urbaine en rupture familiale complète. Selon ses analyses directes, l'absence de mesures d'urgence globales débouchera inévitablement sur une crise structurelle généralisée d'ici une décennie, transformant l'espace public urbain en un lieu de survie pour la majeure partie des nouvelles générations.
La trajectoire statistique de cette réalité sociale démontre l'ampleur de la démission des pouvoirs publics. Les données de l'année deux mille trois décomptaient environ quatre mille mineurs installés de manière permanente dans les artères de la capitale. En l'année deux mille vingt, ce recensement s'est élevé à plus de six mille individus, illustrant une progression arithmétique continue que l'unique structure associative locale ne peut plus endiguer. La fondation assure pourtant une prise en charge complète et gratuite des jeunes de quatre à dix-sept ans, mais ses capacités d'accueil saturées empêchent de répondre aux flux constants de nouveaux arrivants.
Les réalités financières actuelles aggravent considérablement la vulnérabilité de la structure d'accueil des enfants de la rue en RCA. L'absence de subventions de la part du gouvernement s'accompagne aujourd'hui d'une suspension complète des appuis financiers d'origine internationale. Cette restriction financière majeure a contraint la direction de l'ONG Voix du cœur à ordonner la fermeture complète des antennes de Damala et de Sica, tout en plaçant l'ensemble du personnel d'encadrement en position de chômage technique. L'établissement ne survit désormais que grâce aux apports ponctuels de donateurs privés et de partenariats techniques limités à des animations éducatives autour du livre.
L'éducateur principal insiste sur les conséquences directes de cette absence de politique de protection sociale. Faute d'investissements immédiats dans des centres d'hébergement appropriés et durables, la dislocation de la cellule familiale combinée à l'inaction publique va mener à l'établissement d'une organisation sociale parallèle entièrement gérée par la rue. Les activités d'alphabétisation, de remise à niveau scolaire et de formation aux métiers de l'artisanat, menées auparavant avec le soutien du centre Don Bosco, se réduisent chaque jour davantage en raison du dénuement institutionnel de la fondation.
Par Brahim Sallé
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Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org
Un agent de la gendarmerie déployé depuis plusieurs mois à Mbrés, dans la préfecture de la Nana-Gribiziterrorise les usagers de la route reliant la ville à Kaga-Bandoro ou à Ndélé .
Dans cette ville du nord du pays, un gendarme posté au checkpoint des forces de l’ordre qualifie régulièrement les papiers des voyageurs de faux documents. Ainsi, depuis plusieurs semaines, la même scène se répète à l’entrée et à la sortie de la ville de Mbrés.
Un contrôle comme il en existe dans presque toutes les villes du pays
Depuis une dizaine d’années, aucune ville centrafricaine n’échappe à la règle du contrôle mise en place par les forces de l’ordre. Un véhicule ou une moto qui entre trouve automatiquement un barrage des forces de l’ordre. Un véhicule ou une moto qui sort en trouve un autre. Des soldats FACA tiennent parfois ces points de passage. Des gendarmes, des policiers et, selon les axes, des agents des douanes s’y relaient aussi.
Mbrés n’échappe pas à ce dispositif. La ville se situe sur la route nationale n°8, entre Kaga-Bandoro et Bamingui, sur l’axe qui mène vers Ndélé. Deux postes encadrent la ville. L’un se trouve à l’entrée, l’autre à la sortie. Un gendarme de Mbrés y affecté sur le checkpoint contrôle les passagers qui arrivent, notamment ceux qui viennent de Ndélé ou de Kaga-Bandoro.
« Faux documents » : la phrase qui revient à chaque passage
Selon plusieurs témoignages recueillis par notre rédaction, ce gendarme applique toujours le même réflexe. Un véhicule ou une moto s’arrête. Les passagers tendent leurs pièces d’identité. L’agent les examine une à une, puis conclut souvent de la même manière : « faux document ».
Le problème touche surtout les voyageurs venus de Ndélé, chef-lieu de la préfecture de Bamingui-Bangoran ou de Kaga-Bandoro. Beaucoup d’entre eux ne possèdent pas encore leur carte nationale d’identité définitive. Ils circulent avec un récépissé, remis par le commissariat de police ou par des agents d’Almadina en attendant la fabrication de la carte à Bangui.
Les récépissés d’Al Madina et les policiers de Ndélé aussi visés
À Ndélé, c’est la société Al Madina qui collecte les dossiers pour la carte nationale d’identité. Le commissariat de police y délivre ensuite le récépissé, en attendant que la carte définitive arrive de Bangui.
D’après les témoignages, le gendarme de Mbrès ne se contente pas de rejeter ces documents. Il met aussi en cause ceux qui les ont établis. Il affirme que les policiers de Ndélé écrivent mal et ne savent pas rédiger un récépissé. Il s’en prend également à la société Al Madina, qu’il accuse d’employer des agents illettrés et analphabètes qui ne savent pas écrire.
L’intellectuel de Mbrés , un surnom donné au gendarme crapuleux
Cette attitude répétée a fini par lui coller plusieurs surnoms. Certains l’appellent, avec ironie, « le savant de Mbrès ». D’autres parlent de « l’intellectuel de Mbrès », en référence à sa façon de corriger chaque document. D’autres encore emploient des mots plus durs, comme « escroc » ou « voyou ».
Ces surnoms ne constituent pas des preuves. Ils traduisent surtout la lassitude d’un certain nombre de voyageurs, confrontés au même scénario depuis des semaines.
Pour beaucoup de voyageurs sur l’axe Kaga-Bandoro–Mbrès–Bamingui–Ndélé, franchir ce point de passage est devenu source d’appréhension. Un contrôle d’identité reste une procédure normale lorsqu’il suit des règles claires. Ce que les témoins contestent, c’est l’absence de procédure visible pour établir qu’un document est réellement faux.
Par Norbert Massou, correspondant du CNC à Kaga-Bandoro
Crépin Mboli-Goumba conteste l’interprétation du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana sur la nationalité d’Anicet Georges Dologuélé et rappelle la décision du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025, qui avait rejeté le recours contestant notamment l’éligibilité de l’opposant.
Dans un aide-mémoire adressé au ministre d’État chargé de la Communication et porte-parole du gouvernement, le coordinateur du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) revient sur les règles applicables à la perte et à la réintégration dans la nationalité centrafricaine.
La réponse intervient après les déclarations du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana selon lesquelles Dologuélé doit écrire au président Faustin-Archange Touadéra pour demander sa réintégration. Le porte-parole du gouvernement affirme que, sans cette démarche, l’ancien Premier ministre n’aurait plus de nationalité lui permettant de continuer à exercer son mandat de député.
Pour Mboli-Goumba, cette présentation ne peut pas être détachée de la décision rendue par le Conseil constitutionnel dans le contentieux de l’élection présidentielle de 2025.
Le point de départ de l’aide-mémoire est la compétence du Conseil constitutionnel.
La Constitution lui confie notamment le contrôle de la régularité de l’élection présidentielle. Le Code électoral lui attribue également le contentieux des candidatures à cette élection.
C’est dans ce cadre que la situation de Dologuélé avait été examinée avant le scrutin présidentiel.
Dans sa décision n°14/CC/25 du 14 novembre 2025, le Conseil constitutionnel s’est déclaré compétent pour examiner les recours mettant en cause l’éligibilité des candidats.
La question de la nationalité de Dologuélé faisait partie des arguments avancés contre sa candidature.
Le Conseil constitutionnel ne l’a donc pas ignorée.
Il l’a examinée dans le cadre précis de ses compétences.
Aucun décret n’avait constaté la perte de nationalité
C’est sur ce point que Crépin Mboli-Goumba oppose la décision constitutionnelle au raisonnement du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana.
Le Conseil constitutionnel avait relevé qu’aucun décret n’avait formellement constaté la perte de la nationalité centrafricaine de Dologuélé.
Il avait également considéré que l’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère ne pouvait pas, dans les circonstances examinées, être traitée comme entraînant automatiquement et directement la perte opposable de la nationalité centrafricaine sans l’acte prévu par le droit applicable.
Le Conseil en avait tiré une conséquence précise : Dologuélé ne pouvait pas être soumis aux formalités de réintégration sur la seule base de l’argument selon lequel il aurait perdu sa nationalité.
La requête contestant notamment sa candidature avait finalement été rejetée comme mal fondée.
Pour Mboli-Goumba, cette décision constitue donc un élément incontournable du débat actuel.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana part d’un point que le Conseil avait précisément examiné
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana développe un raisonnement différent.
Selon lui, Dologuélé a perdu sa nationalité centrafricaine. Il doit donc demander sa réintégration au président de la République. Cette demande doit être suivie d’une enquête avant l’éventuelle prise d’un décret.
Le porte-parole du gouvernement cite les dispositions du Code de la nationalité relatives à la réintégration.
Crépin Mboli-Goumba ne conteste pas l’existence de cette procédure.
La question est ailleurs : Dologuélé se trouve-t-il juridiquement dans la situation d’une personne ayant perdu sa nationalité et devant obligatoirement demander sa réintégration ?
C’est précisément cette question qui avait été soumise au Conseil constitutionnel en 2025.
La réponse donnée par cette institution est au cœur de l’aide-mémoire.
Le Code de la nationalité ne règle pas à lui seul le cas Dologuélé
Le Code de la nationalité de 1961 contient effectivement des dispositions relatives à la perte de nationalité et à la réintégration.
L’article 46 prévoit notamment la perte de la nationalité centrafricaine dans certaines conditions pour le Centrafricain majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère.
Le Code prévoit également une procédure de réintégration.
Mais pour Mboli-Goumba, citer uniquement ces dispositions ne suffit pas à régler le cas Dologuélé.
Il faut également tenir compte de la manière dont les dispositions ont été appliquées par les institutions compétentes.
Le Conseil constitutionnel a précisément examiné l’articulation entre ces règles et la situation de Dologuélé.
Son raisonnement a notamment porté sur l’absence de décret constatant formellement la perte de nationalité.
C’est pourquoi la formule « Dologuélé a perdu sa nationalité, donc il doit demander sa réintégration » ne résume pas la situation juridique examinée par le Conseil constitutionnel.
L’article 147 devient l’argument central
Crépin Mboli-Goumba rappelle ensuite une disposition constitutionnelle particulièrement importante : l’article 147 de la Constitution du 30 août 2023.
Cet article prévoit que les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours et qu’elles s’imposent aux pouvoirs publics ainsi qu’aux autorités administratives, militaires et juridictionnelles.
Pour Mboli-Goumba, cette disposition interdit de considérer la décision du 14 novembre 2025 comme une simple opinion juridique.
Le Conseil constitutionnel avait statué dans le cadre de sa compétence sur l’éligibilité présidentielle.
Sa décision s’impose donc aux autorités auxquelles la Constitution attribue cette force juridique.
La question posée au porte-parole du gouvernement devient dès lors précise : sur quelle base une autorité administrative peut-elle aujourd’hui traiter Dologuélé comme une personne ayant définitivement perdu sa nationalité et lui imposer une procédure de réintégration après la décision du Conseil constitutionnel ?
Une décision du tribunal existe aussi
Le dossier ne se limite pas à la décision constitutionnelle.
Le Tribunal de grande instance de Bangui avait, le 16 octobre 2025, annulé le certificat de nationalité de Dologuélé.
Cette juridiction avait notamment retenu les dispositions du Code de la nationalité relatives à l’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère.
Cette décision est à l’origine d’une partie du débat actuel sur la nationalité de l’opposant.
Mais le contentieux électoral est ensuite arrivé devant le Conseil constitutionnel.
Le 14 novembre 2025, celui-ci a examiné la contestation de la candidature de Dologuélé et a rejeté la requête.
Pour Mboli-Goumba, il faut donc prendre en compte l’ensemble de cette séquence institutionnelle au lieu de retenir uniquement la décision du Tribunal de grande instance.
Une question de hiérarchie et d’autorité institutionnelle
L’aide-mémoire déplace ainsi le débat vers une question institutionnelle.
Il ne s’agit plus seulement de savoir si le Code de la nationalité prévoit une procédure de réintégration. Il s’agit de déterminer si cette procédure peut être imposée à Dologuélé dans les conditions actuellement défendues par le gouvernement.
Le Conseil constitutionnel a statué sur son éligibilité.
Il a examiné l’argument relatif à sa nationalité.
Il a relevé l’absence de décret constatant sa perte de nationalité.
Il a rejeté la requête contestant sa candidature.
Et l’article 147 de la Constitution prévoit que les décisions du Conseil constitutionnel s’imposent aux pouvoirs publics et aux autorités administratives.
Pour Mboli-Goumba, ces éléments doivent nécessairement être pris en compte avant de présenter comme une obligation juridique nouvelle la demande de réintégration adressée au président de la République.
De Gouandjika au grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana, le même argument revient
La sortie de Mboli-Goumba intervient aussi dans une séquence politique plus large.
Quelques jours avant le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana, Fidèle Gouandjika avait publiquement demandé à Dologuélé de reconnaître la victoire de Touadéra et de solliciter sa réintégration dans la nationalité centrafricaine.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana a ensuite repris le même axe juridique, tout en affirmant que la demande au président de la République ne constituait pas une faveur politique mais une procédure imposée par la loi.
Cette succession de déclarations donne au dossier une dimension supplémentaire.
La même exigence est formulée par deux responsables proches du pouvoir : Dologuélé doit écrire au président de la République.
Mboli-Goumba répond désormais sur le terrain du droit et rappelle que la question a déjà été examinée par le Conseil constitutionnel.
La menace sur le mandat de député
L’autre élément important de la déclaration du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana concerne le mandat parlementaire de Dologuélé.
Le porte-parole du gouvernement affirme que si l’opposant ne demande pas sa réintégration, il n’aurait plus la qualité nécessaire pour continuer à siéger à l’Assemblée nationale.
Cette affirmation fait passer le dossier de la nationalité à la représentation parlementaire.
Dologuélé n’est plus seulement présenté comme un ancien candidat à la présidentielle dont la situation administrative serait contestée. Son mandat de député est désormais directement placé dans le débat.
Pour Mboli-Goumba, cette conséquence ne peut pas être tirée indépendamment des décisions déjà rendues.
Si le gouvernement entend remettre en cause la qualité de député de Dologuélé sur la base d’une prétendue perte de nationalité, il doit identifier la décision juridique qui établit cette perte et préciser comment cette position s’articule avec la décision du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025.
Le débat dépasse désormais la lettre à Touadéra
La controverse ne porte donc plus simplement sur la question de savoir si Dologuélé doit ou non écrire au président de la République.
Elle porte sur la base juridique de cette exigence.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana affirme que la procédure de réintégration est obligatoire pour Dologuélé.
Mboli-Goumba rappelle que le Conseil constitutionnel a examiné cette question dans le contentieux de l’éligibilité présidentielle et a écarté l’argument permettant de lui imposer les formalités de réintégration dans les circonstances examinées.
L’article 147 de la Constitution donne une portée particulière à cette décision en prévoyant qu’elle s’impose aux pouvoirs publics et aux autorités administratives.
Le débat est donc désormais institutionnel autant que politique.
D’un côté, le porte-parole du gouvernement présente la réintégration comme la condition permettant à Dologuélé de conserver ses droits politiques. De l’autre, Crépin Mboli-Goumba rappelle qu’une décision du Conseil constitutionnel rendue sur cette même question existe déjà et qu’elle ne peut être écartée par une simple interprétation administrative.
La prochaine étape du dossier pourrait ainsi déterminer si la controverse sur la nationalité restera un débat juridique ou deviendra le fondement d’une procédure visant directement le maintien d’Anicet Georges Dologuélé à l’Assemblée nationale.
Le politologue centrafricain Farid Tahéruka Shabazz affirme que le dirigeant gabonais de la BGFI Bank Centrafrique, Elie Nzue Nguema Ovono, est désormais fortement critiqué par des proches du pouvoir sur les réseaux sociaux après son refus de continuer à financer à crédit les dépenses de l’État.
Dans une publication diffusée sur Facebook, Farid Tahéruka Shabazz réagit à plusieurs messages publiés par des partisans et communicants proches du pouvoir centrafricain contre le banquier gabonais. Il estime que cette campagne traduit l’hostilité grandissante du pouvoir à l’égard du responsable de la BGFI.
« Ce Gabonais de la BGFI là, je suis sûr qu’il doit être haï et copieusement détesté par la clique à Touadéra », écrit le politologue.
Pour Farid Tahéruka Shabazz, cette hostilité serait liée à la position prise par le responsable de la banque concernant le financement des dépenses publiques. Selon son analyse, Elie Nzue Nguema Ovono aurait refusé de poursuivre les mécanismes permettant au Trésor public de disposer de fonds à crédit pour assurer certains paiements de l’État.
Il estime que l’État doit désormais utiliser les ressources réellement disponibles dans les caisses publiques pour assurer ces paiements. « C’est fini les tirages spéciaux pour payer les fonctionnaires à crédit », écrit-il.
Farid Tahéruka Shabazz demande ainsi au Trésor public de sortir directement les fonds nécessaires au règlement des salaires et des autres obligations de l’État.
Sa prise de position intervient dans un contexte où plusieurs publications diffusées sur les réseaux sociaux s’attaquent directement au dirigeant gabonais de la BGFI Bank Centrafrique. Le politologue présente ces attaques comme une conséquence de la nouvelle position qu’il attribue au banquier dans les opérations de financement de l’État.
À travers cette publication, Farid Tahéruka Shabazz établit donc un lien direct entre la campagne menée contre le responsable de la BGFI et la fin présumée du recours à des financements bancaires à crédit pour assurer les paiements publics.
Son intervention met au centre du débat la question de la trésorerie de l’État et de sa capacité à financer ses dépenses avec ses propres ressources, sans recourir à des mécanismes de crédit bancaire pour payer les salaires et les autres charges publiques.