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Ferdinand Mbokoto Madji : « Ni les armes, ni les menaces, ni les richesses naturelles ne remplaceront jamais la conscience d’un peuple et la bonne gouvernance »

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Dans une tribune rendue publique, Ferdinand Mbokoto Madji, président national du CNCA-PDD, livre une analyse sans concession sur les véritables fondements de la puissance d’une nation. Pour lui, le destin d’un pays ne se joue ni dans l’arsenal militaire, ni dans l’abondance des ressources naturelles, mais dans la qualité de ses dirigeants et l’éveil citoyen de son peuple.

 

Une conviction profonde : la conscience avant la force

 

Ferdinand Mbokoto Madji pose d’emblée un principe qu’il présente comme une vérité intemporelle : « Ni les armes, ni les menaces, ni les richesses naturelles ne remplaceront jamais la conscience d’un peuple et la bonne gouvernance. » Pour le président national du CNCA-PDD, cette formule n’est pas une simple déclaration rhétorique, mais le fruit d’une observation lucide des réalités politiques et sociales qui traversent la République centrafricaine et, plus largement, de nombreux États africains.

 

Ferdinand Mbokoto Madji : « Ni les armes, ni les menaces, ni les richesses naturelles ne remplaceront jamais la conscience d'un peuple et la bonne gouvernance »
Ferdinand mbokoto madji president du cnca pdd

 

Ferdinand Mbokoto Madji insiste sur un point central : « La force d’une nation réside dans le caractère de ses citoyens et la solidité de ses institutions. » Selon lui, aucun arsenal militaire, aussi imposant soit-il, ne peut se substituer à la vigueur morale d’une population consciente de ses responsabilités et à la robustesse d’institutions capables de garantir l’ordre juste et la dignité collective.

 

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Le paradoxe des richesses sans développement

 

Poursuivant sa réflexion, Ferdinand Mbokoto Madji met en lumière une contradiction que de nombreux pays connaissent : « Un pays peut posséder d’immenses richesses naturelles et des forces de sécurité sans réussir à instaurer une paix durable ni sortir sa population de la pauvreté. » Cette observation, nourrie par l’expérience, constitue pour lui la preuve que la abondance matérielle ne suffit pas à bâtir une nation prospère et pacifiée.

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Ce sont, affirme Ferdinand Mbokoto Madji, « la qualité des dirigeants et la conscience des citoyens qui déterminent le destin d’un pays. » Le président du CNCA-PDD place ainsi la question de la gouvernance et de l’éducation citoyenne au cœur de son analyse, loin des explications simplistes qui réduisent les crises à des causes purement matérielles ou sécuritaires.

 

Un peuple conscient, rempart contre les menaces

 

Ferdinand Mbokoto Madji développe ensuite une réflexion sur la force citoyenne : « Un peuple conscient de ses droits ne se soumet pas facilement aux menaces et défend ses convictions avec courage. » Pour lui, la conscience citoyenne est le premier bouclier d’une nation contre les dérives autoritaires et les pressions de toute nature.

 

Il rappelle avec fermeté que « les droits fondamentaux ne sont ni des faveurs ni des privilèges, mais des garanties que les institutions doivent respecter. » Ferdinand Mbokoto Madji refuse toute conception paternaliste du pouvoir, où les droits seraient accordés comme des grâces. Il s’agit, selon lui, d’obligations institutionnelles impératives.

 

Le président national du CNCA-PDD s’attaque également à une confusion qu’il juge dangereuse : « Demander des comptes ou dénoncer la corruption ne fait pas du citoyen un ennemi de la nation. » Par cette affirmation, Ferdinand Mbokoto Madji défend le droit de regard des citoyens sur la gestion publique, rejetant toute tentative de criminalisation de la critique légitime.

 

Les exigences concrètes de la bonne gouvernance

 

Ferdinand Mbokoto Madji ne se contente pas de principes généraux. Il précise les conditions concrètes de la bonne gouvernance : « La bonne gouvernance exige la transparence, une justice indépendante et une gestion des ressources orientée vers l’intérêt général. » Trois piliers qu’il présente comme indissociables et non négociables.

 

Pour Ferdinand Mbokoto Madji, la transparence n’est pas une option, mais une condition de la confiance publique. L’indépendance de la justice, quant à elle, constitue le garant ultime de l’équité et de la lutte contre l’impunité. Enfin, la gestion des ressources doit être guidée par une seule boussole : l’intérêt général, et non les intérêts particuliers.

 

Les richesses centrafricaines au service de tous

 

Abordant directement la situation de la République centrafricaine, Ferdinand Mbokoto Madji se montre catégorique : « Les richesses de la République centrafricaine doivent bénéficier à l’ensemble de la population et non à quelques cercles privilégiés. » Cette phrase résonne comme un avertissement contre les logiques de captation des ressources au profit d’une minorité.

 

Ferdinand Mbokoto Madji ne se contente pas de dénoncer ; il trace une perspective : « L’avenir du pays repose sur des institutions dignes de la confiance populaire et des citoyens engagés pour la justice et le développement. » Pour lui, la reconstruction nationale passe par un double mouvement : des institutions qui méritent la confiance des citoyens, et des citoyens qui s’engagent activement pour la justice et le développement.

Pour bâtir un État fort, l’éveil de la conscience citoyenne et la mise en place d’institutions solides garantissent que l’exploitation des ressources naturelles profite enfin à toute la population.

 

Un appel à la responsabilité collective

 

À travers cette tribune, Ferdinand Mbokoto Madji lance un appel qui dépasse les clivages partisans. Il ne s’adresse pas seulement aux dirigeants, mais à l’ensemble des citoyens. Pour le président national du CNCA-PDD, la transformation d’un pays n’est jamais l’œuvre d’un homme providentiel ni d’un appareil sécuritaire, mais le fruit d’une conscience collective élevée et d’institutions solides.

 

Ferdinand Mbokoto Madji conclut en substance sur une note d’espérance lucide : la République centrafricaine possède en elle les ressources humaines et morales nécessaires à son redressement. Encore faut-il que la conscience citoyenne et la bonne gouvernance cessent d’être des mots d’ordre pour devenir des réalités vécues. C’est à ce prix, selon Ferdinand Mbokoto Madji, que le pays pourra tourner définitivement la page des crises à répétition et bâtir un avenir digne de ses enfants.

 

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Raymond Adouma : « Il faut organiser les états généraux des mines » le code minier doit être remis à plat

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 Raymond Adouma, ancien ministre et membre de l’opposition démocratique réunie au sein du BRDC, propose une révision complète du cadre minier centrafricain après le drame de Zamboye. Il demande l’organisation des états généraux des mines pour examiner les failles du secteur, revoir les textes et renforcer les capacités de contrôle de l’État.

 

Intervenant dans l’émission « Patara » consacrée au drame de Zamboye sur Radio Ndeke Luka, Raymond Adouma estime que les difficultés révélées par l’effondrement de la mine ne peuvent pas être traitées uniquement comme un problème lié aux personnes présentes sur le site.

Raymond Adouma : « Il faut organiser les états généraux des mines » le code minier doit être remis à plat
Monsieur Raymond Adouma

 

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Pour l’ancien ministre, le premier problème se trouve dans l’encadrement général des activités minières.

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« Il y a un réel problème d’encadrement de toutes les activités sur le site minier », affirme Raymond Adouma.

 

Il rappelle que plus d’une centaine de permis miniers ont été délivrés alors que l’administration ne disposerait pas de suffisamment de compétences techniques pour assurer le suivi de toutes les exploitations.

 

« On n’a pas assez de compétences pour pouvoir accompagner l’encadrement de ces extractions », explique-t-il.

 

Raymond Adouma considère que cette situation traduit un déséquilibre dans la politique minière. L’État aurait développé l’attribution des permis plus rapidement que les capacités de son administration à contrôler les exploitations.

 

« On a mis un peu la charrue avant les bœufs », estime-t-il.

 

Selon l’ancien ministre, la priorité devrait être donnée au renforcement des compétences techniques, à la planification des activités minières et au contrôle régulier des sites.

 

« Il y a tout un travail à faire pour pouvoir d’abord se doter des compétences qu’il faut, savoir planifier les activités d’extraction et faire le suivi de ces activités de près », affirme Raymond Adouma.

 

Il revient également sur la présence des forces de sécurité sur le site de Zamboye. Pour lui, le déploiement de militaires ne suffit pas à garantir la sécurité d’une exploitation minière si les autres mécanismes de contrôle ne fonctionnent pas correctement.

 

Raymond Adouma relève notamment que Zamboye est une zone frontalière avec le Cameroun. Cette situation facilite les mouvements de populations entre les deux pays et complique davantage le contrôle des personnes présentes sur le site minier.

 

Mais son principal reproche reste dirigé vers l’administration minière. Selon lui, le ministère des Mines aurait dû renforcer ses moyens humains avant d’autoriser et d’accompagner le développement de nombreuses exploitations.

 

« Le ministère des Mines n’a pas pris le soin de se doter d’abord des compétences avant d’attribuer beaucoup de permis miniers », déclare-t-il.

 

Raymond Adouma estime que cette faiblesse administrative favorise une exploitation anarchique des ressources. Il considère que l’État ne peut pas délivrer massivement des permis tout en étant incapable d’assurer un contrôle suffisant sur les sites concernés.

 

« Aujourd’hui ils sont débordés, ils n’ont pas de cadres, ils ont préféré distribuer les permis et l’exploitation se fait de manière anarchique », affirme-t-il.

 

Pour l’ancien ministre, les conséquences de cette absence de planification apparaissent directement dans les accidents enregistrés sur les sites miniers.

 

« Ces drames sont justifiés par cette planification manquée », soutient Raymond Adouma.

 

Il propose donc une réforme plus large du secteur. Interrogé sur les changements législatifs nécessaires pour améliorer la sécurité humaine et environnementale dans les mines, il demande l’organisation des états généraux des mines.

 

« Il faut organiser les états généraux des mines pour pouvoir passer tous ces problèmes en peigne fin et identifier les failles », déclare Raymond Adouma.

 

Cette rencontre nationale devrait, selon lui, permettre d’examiner les insuffisances du dispositif actuel et de procéder à une révision des textes qui encadrent le secteur.

 

« Il faut faire une sorte d’état généraux et vraiment faire une remise à plat des textes », ajoute-t-il.

 

Raymond Adouma met également en cause l’efficacité économique du dispositif minier. Il estime que les ressources extraites du sous-sol centrafricain ne génèrent pas suffisamment de recettes pour l’État au regard du potentiel du pays.

 

Selon lui, les mines ne représenteraient qu’une faible part des ressources budgétaires nationales alors que le secteur pourrait apporter davantage à l’économie.

 

L’ancien ministre établit un lien direct entre les faibles recettes minières et les difficultés de l’administration à financer ses propres contrôles. Une administration qui ne dispose pas de moyens suffisants pour se déplacer et inspecter les sites ne peut pas exercer efficacement ses missions, estime-t-il.

 

Raymond Adouma évoque aussi la question de l’indépendance des agents chargés des contrôles. Il s’interroge sur les conditions dans lesquelles certains inspecteurs ou géologues travaillent lorsque leur logement ou leur logistique sont pris en charge par les sociétés minières.

 

« Quand quelqu’un que tu vas contrôler, c’est quelqu’un qui assure ta logistique, est-ce que tu vas avoir le pouvoir ? », demande-t-il.

 

Pour lui, cette dépendance matérielle peut fragiliser l’efficacité des inspections et empêcher les agents de faire preuve de toute la rigueur nécessaire.

 

Raymond Adouma relie finalement ces différents problèmes à une même faiblesse : l’État doit revoir l’organisation globale du secteur minier avant de poursuivre son expansion.

 

Son appel aux états généraux ne porte donc pas uniquement sur la sécurité des travailleurs. Il vise également le cadre juridique, les conditions d’attribution des permis, les capacités techniques du ministère, les mécanismes de contrôle, les moyens financiers de l’administration et la contribution réelle des mines aux recettes publiques.

 

À travers cette proposition, Raymond Adouma demande une remise à plat du système minier centrafricain, avec l’objectif de renforcer simultanément la protection des travailleurs, le contrôle des exploitations et les retombées économiques des ressources minières pour l’État.

 

Par Alain Nzilo

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Zawa : les véhicules de Wagner bloquent la circulation et compliquent les déplacements

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À Zawa, localité située à environ 240 kilomètres de Bangui sur la route nationale n°1, les véhicules des mercenaires russes du groupe Wagner occupent régulièrement une partie de la chaussée et des espaces de circulation. Leur stationnement complique grandement les déplacements des usagers et l’accès aux commerces et bureaux installés le long de cet axe.

 

Zawa se trouve entre Yaloké et Bossemptélé, sur l’axe Bangui-Bouar. Depuis Bangui, la localité est située à environ 15 kilomètres après Yaloké, elle-même distante de 225 kilomètres de la capitale. Cette portion de la route nationale n°1 est continuellement arpentée par les transporteurs, les motocyclistes et tous ceux qui relient Bangui aux villes de l’ouest du pays.

 

Zawa : les véhicules de Wagner bloquent la circulation et compliquent les déplacements
Camion Wagner stationné à Zawa, dans l’Ombella-Mpoko. Photo CNC

 

D’après les constatations effectuées sur le terrain par une équipe des journalistes de CNC, ce pagailleux stationnement n’a rien d’un événement spontané. Se croyant totalement au-dessus des lois et au-dessus de tout contrôle, ces criminels loués par Poutine à Touadéra font tout simplement n’importe quoi. Lors de leurs passages, ces hommes armés garent leurs gros véhicules et blindés en plein au milieu des espaces de circulation, se permettant même de s’implanter sans gêne devant les installations des agences de transport local.

 

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Cette arrogance rend l’entrée et la sortie des véhicules particulièrement compliquées. Les conducteurs n’ont d’autre choix que de ralentir brutalement et d’enchaîner les manœuvres pour contourner ces obstacles. Pour les motocyclistes, la route devient un piège dès que ces mercenaires intouchables accaparent simultanément les abords de la chaussée.

 

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Zawa est pourtant un nœud routier et un point d’animation majeur sur la RN1. Les véhicules de transport y font escale, pendant que les riverains vaquent à leurs occupations. L’occupation sauvage de la chaussée par ces gros véhicules perturbe ainsi directement toute la vie économique et quotidienne de la population.

 

Ces agissements augmentent considérablement les risques d’accident, forçant les motocyclistes à se faufiler entre les camions et à frôler le danger à chaque mètre.

 

Ce calvaire est bien connu de tous et se répète au fil des allées et venues des troupes de Wagner. Leurs véhicules sont identifiables entre mille et leur présence intempestive fait peser une tension constante sur la localité.

 

L’équipe de CNC a immortalisé plusieurs de ces scènes scandaleuses à travers des images et des vidéos explicites, prouvant noir sur blanc l’anarchie générée par ces mercenaires sur les routes du pays.

 

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Le long de la route nationale, les mercenaires russes stationnent leurs blindés au milieu des espaces de circulation et paralysent l’activité locale.

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Centrafrique : le gouvernement transforme de manière ridicule la contestation sociale en affaire de sécurité nationale

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Le gouvernement centrafricain accuse l’opposition de préparer une déstabilisation des institutions après les arrestations de cinq responsables de la société civile à Bangui. Dans un communiqué publié le 18 octobre 2026, le ministre de l’Intérieur, Bienvenu Zokoué, associe les mobilisations contre la hausse des prix des hydrocarbures à un projet politique visant à paralyser le pays.

 

Le communiqué du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique change le terrain du débat. Alors que les organisations de la société civile réclament la libération de leurs responsables arrêtés et une baisse des prix des carburants, le gouvernement présente les mobilisations annoncées comme une menace contre les institutions de la République.

 

Centrafrique : le gouvernement transforme de manière ridicule la contestation sociale en affaire de sécurité nationale
Touadera avec des casques bleus rwandais

 

Bienvenu Zokoué affirme que les opérations villes mortes organisées ces derniers jours cachent une tentative de déstabilisation. Selon lui, les personnes qui se présentent comme des responsables de la société civile seraient en réalité liées à des partis politiques de l’opposition.

 

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Cette accusation constitue le principal argument avancé par le ministère pour justifier les interpellations du 15 octobre au Centre Saint-Jean-XXIII, à Bangui. Le communiqué ne présente toutefois pas au public les éléments précis permettant de vérifier les faits reprochés aux personnes arrêtées.

 

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Des revendications sociales présentées comme un projet de déstabilisation

 

Le gouvernement accuse notamment des responsables du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), de l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA) et d’autres formations politiques d’être impliqués dans l’organisation des mobilisations.

 

Le ministère affirme que ces responsables chercheraient à mobiliser les élèves, les étudiants, les enseignants, les commerçants, les chauffeurs de bus et de taxis ainsi que les conducteurs de taxis-motos pour paralyser les activités publiques et privées.

 

L’exécutif présente ainsi la mobilisation annoncée pour le 19 octobre comme une opération politique dirigée contre les institutions. Pourtant, le désaccord porte également sur une question économique concrète : le prix des hydrocarbures et ses conséquences sur le quotidien d

 

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Face à la contestation sociale liée à la hausse des prix des hydrocarbures, le ministère de l’Intérieur cible directement les actions de la société civile à Bangui.

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Centrafrique : L’indéboulonnable empire de Pavel Prigojine face à la tutelle de Moscou

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    Le président Faustin-Archange Touadéra continue de s’appuyer sur les réseaux sécuritaires de Pavel Prigojine installés en Centrafrique depuis 2018. Malgré la disparition d’Evgueni Prigojine et les tentatives du Kremlin de reprendre le contrôle des activités africaines de Wagner, les structures héritées de l’ancien groupe paramilitaire conservent une influence importante dans le pays. La Centrafrique reste l’un des principaux points d’ancrage des réseaux construits par Wagner en Afrique. Selon plusieurs enquêtes internationales, notamment relayées par Courrier international, l’organisation créée par Evgueni Prigojine a progressivement dépassé son rôle militaire initial pour développer une présence dans les secteurs économique, minier, médiatique et politique.Centrafrique : L’indéboulonnable empire de Pavel Prigojine face à la tutelle de Moscou Après la mort d’Evgueni Prigojine en août 2023, Moscou a engagé une réorganisation de ses opérations africaines avec la création de nouvelles structures placées sous l’autorité directe du ministère russe de la Défense. Cette reprise en main s’est révélée difficile en Centrafrique, où les réseaux établis depuis plusieurs années disposent encore de nombreux relais. L’influence de Wagner ne repose pas uniquement sur la présence d’hommes armés. Elle s’appuie également sur des relations développées avec les autorités locales, des activités économiques et un système d’appui politique construit progressivement depuis l’arrivée des premiers instructeurs russes à Bangui. Selon une enquête du Wall Street Journal reprise par plusieurs médias internationaux, dont Courrier international, certains réseaux liés à Wagner auraient développé de nouvelles sources de financement en Centrafrique. Le trafic de tramadol figure parmi les activités citées dans cette enquête, qui décrit un système permettant de générer des revenus supplémentaires pour maintenir les opérations du groupe. Cette activité viendrait s’ajouter aux ressources tirées d’autres secteurs économiques, notamment l’exploitation des ressources naturelles. Les enquêtes internationales indiquent que ces revenus permettent aux réseaux hérités de Wagner de conserver une autonomie financière et de poursuivre leurs activités malgré les changements intervenus après la disparition de leur fondateur. La présence russe en Centrafrique représente ainsi un enjeu stratégique pour Moscou, mais aussi un espace où les réseaux issus de Wagner ont construit leur propre influence. Le Kremlin cherche à intégrer ces structures dans son nouveau dispositif africain, tandis que les acteurs installés sur le terrain tentent de préserver les positions acquises au fil des années. Pavel Prigojine, fils d’Evgueni Prigojine, est présenté par plusieurs observateurs comme l’un des acteurs associés à la continuité de cet héritage. En Centrafrique, la transformation de Wagner n’a pas entraîné la disparition de son influence, qui reste visible dans les domaines sécuritaire, économique et politique. Par Alain Nzilo

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Le Général Bienvenue Zokoué déclare qu’Il n’y a aucun centimètre du territoire national occupé par les forces du mal ». Alors, écoutez une telle propagande ridicule de ce mythomane

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« Aujourd’hui, sur 20 préfectures que compte la République centrafricaine, il n’y a aucun centimètre qui est occupé par les forces du mal. » Face aux caméras de la télévision de propagande russe RT en français, le ministre de la Sécurité publique, le général Bienvenu Zokoué, présente le contrôle intégral du territoire comme une réalité acquise. Alors, Bienvenu Zokoué est-il atteint d’une maladie ou il rêve seulement ? 

 

Cette affirmation s’inscrit dans le récit sécuritaire défendu depuis plusieurs années par le pouvoir centrafricain et ses alliés russes : l’arrivée des forces russes aurait permis de reprendre le territoire aux groupes armés et de restaurer l’autorité de l’État.

Le Général Bienvenue Zokoué  déclare qu’Il n’y a aucun centimètre du territoire national occupé par les forces du mal ».  Alors, écoutez une telle propagande ridicule de ce mythomane
Le général de la police Bienvenu Zokoué, ministre de la sécurité publique

 

À lire aussi : Les déclarations mensongères et la propagande du sous-préfet Abel Beltoungou face à la terreur quotidienne des habitants de Yaloké

Les faits rapportés dans plusieurs régions du pays dressent une image beaucoup plus complexe. Des groupes armés continuent d’opérer dans certaines zones, des affrontements opposent encore la CPC aux forces soutenues par les Russes et des attaques ont lieu jusque dans les environs de Bangui.

 

À lire aussi : Centrafrique : La démission ou la destitution du Président de la République pourrait-elle débloquer la crise et contribuer au renouveau politique ?

Amdafock attaquée malgré le « contrôle total »

 

L’exemple d’Amdafock, dans la Vakaga, est récent.

 

Le 30 juin 2026, la localité a été attaquée par des combattants rebelles. Les événements qui ont suivi ont montré que le contrôle gouvernemental sur la ville n’était pas aussi absolu que le laisse entendre le ministre.

 

CNC a rapporté l’attaque, puis la reprise de la ville par les forces gouvernementales et leurs alliés russes. Le chef du détachement FACA présent sur place avait lui-même reconnu la présence de rebelles dans la localité. 

 

La chronologie suffit à poser une question au ministre : comment un territoire peut-il être présenté comme totalement contrôlé lorsqu’une ville peut être attaquée et tenue par des combattants armés avant d’être reprise par les forces gouvernementales ?

 

Le contrôle d’une ville après une opération militaire ne signifie pas nécessairement que l’ensemble de la zone environnante est durablement sécurisé.

 

Des affrontements encore signalés dans le pays

 

La Nana-Mambéré fournit un autre exemple.

 

CNC a rapporté deux affrontements récents entre des combattants de la CPC et des mercenaires russes dans le secteur de Bouar. Le plus récent, en août, aurait fait plusieurs morts dans les rangs des mercenaires russes. Ces informations montrent que des groupes armés disposent encore d’une capacité opérationnelle dans cette partie du pays.

 

Une situation difficile à concilier avec la formule utilisée par le ministre : « aucun centimètre ».

 

Le problème se retrouve dans d’autres zones. Des informations font état de la présence de groupes armés dans différentes parties du territoire, notamment dans le nord-est, le centre et le sud-est. Le contrôle administratif d’une préfecture ne signifie pas que chaque village, chaque axe routier et chaque zone forestière sont effectivement contrôlés par les forces de l’État.

 

Une attaque à 55 kilomètres de Bangui

 

La contradiction apparaît encore plus nettement avec l’assassinat, le 1er août, du géologue suisse Majineh Luka et de son garde du corps, un militaire centrafricain, au PK 55 sur l’axe Bangui-Damara.

 

Le lieu se trouve à environ 55 kilomètres de Bangui, selon les informations publiées par CNC.

 

Il s’agit donc d’une attaque meurtrière sur un axe proche de la capitale, dans une zone qui ne peut pas être présentée comme une région éloignée et inaccessible aux services de sécurité.

 

Plus important encore, les autorités centrafricaines ont elles-mêmes évoqué la piste de groupes armés.

 

Le ministre conseiller chargé des Grands Travaux à la présidence, Pascal Bida Koyagbele, s’est rendu à la morgue après le drame et a publiquement mis en cause le FPRC de Nourredine Adam ainsi que des responsables politiques de l’opposition. CNC a rapporté ces accusations. 

 

Le FPRC a par la suite rejeté toute responsabilité dans cette affaire. 

 

Cette séquence crée une contradiction au sein même du gouvernement.

 

D’un côté, le ministre de la Sécurité publique affirme qu’aucun centimètre du territoire n’est occupé par des groupes armés.

 

De l’autre, un membre du dispositif présidentiel attribue publiquement une attaque meurtrière près de Bangui à un groupe armé précis.

 

Si des groupes armés sont suffisamment présents pour être accusés d’une attaque à quelques dizaines de kilomètres de la capitale, sur quelle base le ministre peut-il affirmer qu’il n’existe plus aucun centimètre occupé par eux ?

 

Le contrôle total devient un élément de communication

 

Cette contradiction ne concerne pas seulement Bienvenue Zokoué. Elle renvoie à un discours gouvernemental plus ancien présentant régulièrement le territoire national comme entièrement récupéré.

 

Le ministre reprend aujourd’hui la formule du « contrôle total ».

 

Dans les communications précédentes du pouvoir, des responsables avaient déjà avancé des affirmations similaires sur le contrôle intégral du territoire. CNC avait notamment rapporté les déclarations de l’ancien porte-parole du gouvernement Serge Ghislain Djorie sur un contrôle à 100 % du territoire grâce notamment à un dispositif satellitaire. 

 

Le vocabulaire change, mais le récit reste identique : les groupes armés seraient réduits à quelques éléments résiduels et l’État contrôlerait désormais l’ensemble du territoire.

 

Les événements de terrain compliquent cette présentation.

 

Des forces russes toujours engagées dans des combats

 

Un autre élément affaiblit ce récit.

 

Si aucun groupe armé ne contrôlait plus aucune partie du territoire, les forces russes déployées aux côtés des FACA ne devraient plus avoir à mener régulièrement des opérations contre des groupes rebelles.

 

Or les affrontements rapportés dans la Nana-Mambéré montrent précisément le contraire.

 

Les forces russes restent engagées dans des combats contre la CPC. Des mercenaires russes ont été tués dans ces affrontements selon les informations publiées par CNC.

 

Cette réalité pose une question au gouvernement : si le territoire est totalement contrôlé, pourquoi les forces présentées comme les garantes de cette reconquête continuent-elles de combattre des groupes armés plusieurs années après leur arrivée en Centrafrique ?

 

La promesse russe des trois mois face aux années d’insécurité

 

Le discours actuel doit aussi être replacé dans les promesses formulées au début du déploiement russe.

 

L’arrivée des instructeurs et mercenaires russes avait été présentée comme une étape décisive vers la restauration de la sécurité.

 

Pourtant, près d’une décennie après le début de cette présence russe, les affrontements persistent dans plusieurs régions.

 

La promesse d’une pacification rapide se heurte donc au temps qui passe.

 

Les Russes sont présents depuis des années. Les groupes armés sont toujours signalés dans certaines zones. Les forces russes continuent de participer à des opérations militaires. Des attaques meurtrières se produisent encore sur des axes proches de Bangui.

 

Le ministre face à ses propres contradictions gouvernementales

 

La déclaration de Bienvenue Zokoué aurait pu être limitée à un bilan optimiste de la situation sécuritaire. Il choisit une formulation absolue : « aucun centimètre ».

 

Cette expression rend son affirmation particulièrement facile à confronter aux faits.

 

Amdafock a été attaquée.

 

Des combats continuent dans la Nana-Mambéré.

 

Des difficultés sécuritaires persistent dans le Haut-Mbomou.

 

Une attaque meurtrière a été commise au PK 55, sur l’axe de Damara, à quelques dizaines de kilomètres de Bangui.

 

Et dans cette dernière affaire, un responsable du dispositif présidentiel a lui-même accusé des groupes armés.

 

Le général Bienvenue Zokoué ne peut donc pas simplement présenter le territoire centrafricain comme totalement débarrassé des groupes armés sans expliquer ces événements.

 

Son affirmation ressemble davantage à une déclaration de communication destinée à conforter le récit d’une victoire sécuritaire qu’à une description exhaustive de la réalité du terrain.

 

Par Gisèle MOLOMA

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Pénuries Organisées, Prix Explosifs : La Stratégie Cynique du Régime de Touadera pour Enrichir mécaniquement ses Amis de la mafia franc-maçonnique camerounaise

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Dans un pays qui a connu tant de souffrances, il existe une forme de violence plus insidieuse que les armes : celle qui affame lentement un peuple pendant que quelques-uns s’enrichissent. Le rapport d’audit définitif du CPCS, commandé par le PNUD et publié le 21 octobre 2025, documente une réalité qui dépasse l’entendement : les pénuries de carburant qui paralysent régulièrement la République Centrafricaine ne sont pas des accidents. Elles sont organisées. Et les prix explosifs qui écrasent les ménages ne sont pas une fatalité. Ils sont voulus.

 

Le rapport prouve que le régime du Président Faustin-Archange Touadéra a sciemment créé les conditions d’un système où les pénuries et les prix élevés profitent à une poignée d’individus, au premier rang desquels l’importateur exclusif Neptune Oil et ses protecteurs au sommet de l’État.

 

Pénuries Organisées, Prix Explosifs : La Stratégie Cynique du Régime de Touadera pour Enrichir mécaniquement ses Amis de la mafia franc-maçonnique camerounaise
Touadera priere

 

Des Pénuries qui N’ont Rien de Naturel

 

Officiellement, les pénuries de carburant en RCA sont attribuées à l’enclavement du pays, aux difficultés logistiques, aux aléas climatiques. Le rapport du CPCS balaie ces explications. Il documente une réalité bien plus sombre.

 

À lire aussi : Martin Ziguélé : plus de 60 ans après les indépendances, l’Afrique ne peut pas devenir encore un continent de garnison de troupes étrangères

Le contrat d’exclusivité accordé à Neptune Oil stipule que l’entreprise doit approvisionner le dépôt de Kolongo, la principale infrastructure de stockage du pays. Cette obligation vise à garantir un stock suffisant pour éviter les ruptures. Pourtant, le rapport constate que “Neptune Oil n’approvisionne pas suffisamment le dépôt de Kolongo ce qui crée des situations occasionnelles de pénuries dans le pays.”

 

À lire aussi : Koumboli , village de plus de 2000 habitants à 5 km de Zemio, privé de structures sanitaires depuis près de 3 ans

Ces pénuries ne sont pas des accidents. Elles sont la conséquence directe d’une stratégie délibérée. Neptune Oil préfère stocker ses produits dans des terminaux au Cameroun, en RDC ou en haute mer, plutôt que de les acheminer vers la RCA. Pourquoi ? Parce que cela lui permet de spéculer sur les prix, d’utiliser l’argument du “stock ancien” pour justifier des prix de référence plus élevés, et de maintenir une pression sur l’offre qui soutient les prix à la pompe.

 

Pendant ce temps, les Centrafricains font la queue aux stations-service. Ils subissent des pénuries récurrentes. Ils paient le prix fort pour un carburant qui aurait dû être disponible et abordable.

 

L’Argument du “Stock Ancien” : Une Fraude Organisée

 

L’une des révélations les plus accablantes du rapport concerne la méthodologie de calcul du prix de référence internationale. Depuis novembre 2024, la structure de prix utilise une référence basée sur un stock acheté en juillet 2024, période où les cours mondiaux du pétrole avaient atteint un pic.

 

Le rapport explique que “la période de juillet 2024 coïncide avec une période durant laquelle les cours pétroliers ont atteint un pic; ils ont diminué de manière importante depuis. L’État centrafricain et les consommateurs ne bénéficient donc pas de cette diminution des cours mondiaux.”

 

Cette méthodologie permet à l’importateur de définir la période de référence en fonction du calendrier présumé de ses opérations, plutôt que sur une formule fixe. Le rapport est sans appel : “Cette méthodologie introduit de la subjectivité et de l’imprévisibilité dans la détermination de la date de référence à utiliser, et est particulièrement préoccupante dans la mesure où le gouvernement n’a pas les capacités de vérifier les dates réelles.”

 

Le résultat est un surcoût de 12,7 milliards de FCFA sur une année. Depuis avril 2025, le surcoût mensuel dépasse 1 milliard de FCFA par mois. Ces sommes faramineuses sortent directement des poches des consommateurs et de l’État pour aller dans celles de l’importateur.

 

Un Différentiel Injustifiable de 9,3 Milliards

 

Le rapport cible également la ligne “Différentiel”, une charge opaque introduite avec le contrat de Neptune Oil. Cette ligne n’existe dans aucun pays comparable. Elle n’a aucune justification documentée. Elle coûte 9,3 milliards de FCFA par an.

 

Le gouvernement a tenté de justifier cette charge en évoquant des coûts non spécifiés. Mais le rapport note qu’“aucune information n’a été présentée qui explique ou justifie ce coût.” Il souligne que “ce coût n’existait pas dans la structure de prix en RCA avant 2024” et qu’il “fait perdre à l’État 800 millions de FCFA par mois.”

 

Cette ligne est d’autant plus suspecte qu’elle est plus élevée pour le corridor fluvial (RDC) que pour le corridor routier. En pénalisant le transport fluvial, moins cher et plus écologique, le régime a éliminé l’avantage compétitif naturel de cette voie et forcé le pays à utiliser la route, plus coûteuse et plus risquée. Une décision qui bénéficie directement à l’importateur et à ses partenaires logistiques.

 

Des Frais Financiers Gonflés

 

Le rapport examine également les “Frais financiers”, fixés à 2,5% du prix de référence internationale. Le gouvernement justifie ces frais par des coûts bancaires liés à l’émission de lettres de crédit. Mais le rapport note qu’“aucune preuve n’est fournie pour justifier la taille de ces frais.”

 

Il souligne que “dans la plupart des pays comparables, ce coût est déjà inclus dans les frais de service d’importation, qui sont déjà très élevés en RCA.” Au Cameroun, le prix d’émission des lettres de crédit est de 1,75%. En RCA, il est de 2,5%. Cette différence de 0,75 point de pourcentage représente des millions de FCFA supplémentaires qui sortent des caisses de l’État pour financer les profits de l’importateur.

 

Des Frais de Service d’Importation Explosifs

 

Les frais de service d’importation ont explosé depuis l’arrivée de Neptune Oil. Ils sont passés de 9% à 15% du prix de référence internationale pour le corridor routier, et de 6% à 13% pour le corridor fluvial.

 

Le rapport note que “le contrat de Neptune précise que ces frais ne devraient pas dépasser 10% du prix.” Pourtant, ils atteignent 15%. Cette violation flagrante du contrat n’a suscité aucune réaction du gouvernement.

 

En comparaison, les frais de service d’importation au Cameroun sont de 9%, et incluent également les frais financiers. En RCA, ils sont de 15,5 à 17,5% en prenant en compte les frais financiers. Un écart considérable qui pénalise lourdement les consommateurs centrafricains.

 

Une Marge Importateur Inexplicable

 

La marge importateur en RCA est plus élevée que dans tous les pays voisins. Elle est de 20 FCFA/litre pour le corridor routier et de 35 FCFA/litre pour le corridor fluvial. Au Cameroun, elle est de 16 FCFA/litre. Au Burkina Faso, la ligne qui combine les frais de service et la marge de l’importateur est de 28 FCFA/litre.

 

Le rapport note que “le Consultant n’a pas pu obtenir de justification du fait que la marge importateur est plus élevée sur le fleuve que la route.” Cette différence inexplicable coûte des milliards de FCFA aux consommateurs centrafricains.

 

Un Système Organisé pour Enrichir une Poignée

 

La combinaison de ces différentes lignes crée un système où chaque élément est conçu pour maximiser les profits de l’importateur unique, au détriment de l’État et des consommateurs.

 

Le rapport estime le surcoût total à 29 milliards de FCFA par an. Ce chiffre ne inclut pas les effets indirects : réduction de la consommation formelle, développement du marché noir, perte de recettes fiscales, appauvrissement des ménages.

 

Pour un pays où 72% de la population vit sous le seuil de pauvreté, ces 29 milliards représentent une somme astronomique. C’est le budget de plusieurs ministères. C’est le financement de centaines d’écoles et d’hôpitaux. C’est un avenir sacrifié.

 

La Complicité de l’État

 

Comment un tel système peut-il perdurer ? La réponse est simple : parce que l’État, ou du moins ses dirigeants, sont complices.

 

Le rapport d’audit du CPCS démontre que les pénuries de carburant organisées par Neptune Oil profitent directement aux dirigeants en place au détriment des consommateurs centrafricains.

Le rapport souligne que “Neptune Oil n’a pas d’entité légalement enregistrée en RCA et ne paye donc pas d’impôts sur les sociétés en RCA.” Cette situation, qui prive l’État de ressources fiscales cruciales, ne peut exister sans la bénédiction du pouvoir.

 

Le rapport note également que “la structure de prix des produits pétroliers en RCA ne respecte pas la méthodologie établie par décret n°24.157 du 17 juin 2024.” Qui est responsable de l’application de ce décret ? Le Ministère des Finances. Qui valide les structures de prix ? Le Comité de structure de prix. Qui nomme ce comité ? Le gouvernement.

 

Le gouvernement a les outils pour faire respecter la loi. Il a le pouvoir de négocier. Il a l’autorité pour sanctionner. Mais il ne le fait pas. Pourquoi ? La réponse se trouve peut-être dans les liens opaques entre le pouvoir et Neptune Oil. Le contrat est confidentiel. Ses actionnaires sont inconnus. Cette opacité est le terreau de la corruption.

 

Les Conséquences pour le Peuple

 

Pendant que le régime et ses alliés se partagent les profits, le peuple subit. Un litre d’essence à 1,78 USD représente une charge considérable. Un plein de 40 litres correspond à plus de 50% du revenu mensuel minimum. Pour les 72% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, c’est inabordable.

 

L’impact ne s’arrête pas au carburant. Le prix du carburant est un coût de production pour toute l’économie. Il se répercute sur les denrées alimentaires, les transports, tous les biens et services. Chaque franc de surcoût appauvrit un peu plus les Centrafricains.

 

Le rapport souligne que “l’effet multiplicateur sur les prix des denrées alimentaires et des transports” est dramatique. “En augmentant la part du revenu consacré au carburant des ménages et des entreprises, les niveaux de consommation et l’économie globale sont très largement impactés, aggravant ainsi une situation déjà fragile.”

 

L’Urgence d’une Réforme

 

Le rapport formule des recommandations claires : appliquer la méthodologie du décret n°24.157, supprimer le différentiel, réduire les frais de service d’importation à 9%, réduire la marge importateur à 20 FCFA/litre, augmenter la part du transport fluvial, obliger une revue annuelle du contrat, et négocier avec d’autres importateurs.

 

Ces recommandations sont techniques, mais leur mise en œuvre est éminemment politique. Elle nécessite une volonté de mettre fin au système de prédation. Elle exige que le Président Touadéra choisisse l’intérêt général plutôt que les intérêts particuliers.

 

Un Choix de Société

 

Le régime a-t-il la volonté de mettre fin à ce système ? Les signes sont négatifs. Le gouvernement a contesté les conclusions du rapport, défendant bec et ongles le système en place. Il a justifié le “stock ancien” par l’enclavement, le différentiel par des charges non prouvées, les frais financiers par des coûts bancaires non documentés. Ces justifications sont celles d’un régime qui ne veut pas changer.

 

Pourtant, le contexte est favorable. Le programme du FMI vise à accompagner les réformes structurelles, notamment dans le secteur pétrolier aval. Les performances mitigées lors des revues du programme soulignent l’urgence d’une action déterminée.

 

Le choix qui sera fait aura des conséquences durables. S’il maintient le système actuel, le régime en portera l’entière responsabilité. Il aura sacrifié l’avenir de la nation sur l’autel des profits d’un seul homme. S’il choisit la réforme, il devra affronter les résistances des bénéficiaires du système. Mais il ouvrira la voie à un avenir plus juste.

 

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Megaperya on GameZone vs. MegaPerya: A Factual Comparison

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Megaperya vs. MegaPerya Facts on Brands, Games & Regulation

 

The Filipino perya is more than a single game. Traditionally associated with fiestas, community gatherings, colorful booths, rides, food stalls, and different forms of entertainment, the perya can encompass many game formats rather than one standardized experience.

That variety has carried into digital entertainment, where familiar perya concepts can appear through online arcade and gaming platforms.

Two names that can create confusion are Megaperya (GameZone) and MegaPerya. GameZone uses “Mega Perya” in its own content to describe its perya-inspired game collection, while MegaPerya may also appear as the name of a separate online gaming service.

The important distinction is that similar names do not, by themselves, establish that two platforms are operated by the same company. Brand names, domains, operators, and regulatory records provide more reliable ways to identify a service.

Start With the Platform, Not the Name

When two gaming names look almost identical, the safest approach is to check the information behind the branding.

GameZone’s current published material describes its Peryagame and Mega Perya offerings as collections of perya-inspired games. Its content references titles such as Color Game, Pinoy Drop Ball, Bingo, Plinko, and Mines.

PAGCOR’s published January 29, 2026 registry identifies Total Gamezone Xtreme Incorporated (TGXI) as a gaming system administrator, lists Gamezone as its main brand, and records gamezone.ph as its main domain, with gzone.ph and other URLs included as additional registered URLs.

PAGCOR also states that its Electronic Gaming Licensing Department regulates relevant Philippine online gaming operations and publishes lists of accredited gaming system administrators, registered brands and domains, and approved electronic games.

This gives readers a useful verification framework: look at the operator, domain, game offering, and current PAGCOR records rather than relying on a similar brand name.

What Does Megaperya Mean on GameZone?

GameZone’s use of Mega Perya refers to a collection of digital games built around familiar perya and arcade-style concepts.

Its published material describes games including:

  • Color Game
  • Plinko
  • Mines
  • Bingo
  • Pinoy Drop Ball
  • Gold Master

The exact lineup can change, so a current GameZone page should be treated as the most relevant source for available titles. GameZone’s own recent material, for example, identifies Color Game, Pinoy Drop Ball, and Bingo within its Peryagame collection, while another article discusses Plinko, Mines, Bingo, and Pinoy Drop Ball as part of its broader Mega Perya arcade selection.

This variety is consistent with the broader meaning of perya. There is no requirement for every perya-inspired game to use the same mechanic.

How the Games Differ

The individual titles associated with GameZone’s perya-inspired collection use different formats.

Color Game

Color Game is a familiar Filipino perya format involving colors and dice.

GameZone’s current Color Game information describes a format using three dice and six colors: yellow, white, pink, blue, red, and green. Players select colors before the dice determine the result.

The online format changes the physical setting, replacing the traditional booth and physical dice with a digital interface.

The important factual distinction is between observing previous results and predicting future results. GameZone’s current information describes its Color Game as RNG-based and explains that recent results do not establish that a particular color is “due.”

Plinko and Drop Ball

Plinko and Drop Ball use ball-based or peg-board concepts rather than the color-and-dice structure of Color Game.

GameZone describes Pinoy Drop Ball as a perya-style ball game in which a ball moves through a board before landing in a designated position.

These formats demonstrate why “perya game” should not be treated as a synonym for Color Game alone. Different games can share the same broader cultural or entertainment connection while using different mechanics.

Mines

Mines uses a hidden-hazard format in which players reveal tiles and face a risk if a selected tile contains a mine.

GameZone’s published explanation distinguishes this type of game from Minesweeper. Minesweeper is a logic puzzle based on numerical clues, whereas the Mines format described by GameZone centers on chance, hidden hazards, and decisions about whether to continue or stop.

Bingo

Bingo provides another example of how broad the digital perya category can be.

Rather than using colors or hidden tiles, Bingo is based on numbered results and matching those results against a player’s card. GameZone’s current Peryagame material includes Bingo among its available perya-inspired formats.

What About MegaPerya?

MegaPerya is a name that can appear separately from GameZone’s use of “Mega Perya.”

Because brand names can overlap, readers should not assume that every website or service using a similar spelling belongs to GameZone.

The appropriate way to establish an affiliation is to check authoritative records for the relevant operator, registered brand, and domain.

This distinction is particularly important when comparing gaming platforms in the Philippines because PAGCOR publishes regulatory information through its Electronic Gaming Licensing Department. Its records identify accredited gaming system administrators and registered brands and domains.

For GameZone specifically, the January 29, 2026 PAGCOR registry identifies TGXI, Gamezone, and gamezone.ph, along with additional registered URLs including gzone.ph.

Readers researching a separate MegaPerya service should verify its current regulatory status directly against the latest PAGCOR records rather than relying on an older article, advertisement, search result, or third-party listing.

Megaperya vs. MegaPerya: What Should You Compare?

The names may be similar, but several independent identifiers can help distinguish platforms.

FactorMegaperya / Mega Perya on GameZoneMegaPerya as a separate brand
Platform contextGameZone’s perya-inspired game collectionShould be identified through its own official platform information
Operator informationPAGCOR’s Jan. 29, 2026 registry identifies Total Gamezone Xtreme Incorporated (TGXI) for GamezoneVerify against the latest official regulatory records
Main registered domaingamezone.phVerify the current domain through authoritative records
Associated URLsPAGCOR lists gzone.ph and gamezone.com.ph among additional URLsVerify independently
Game formatsIncludes perya-inspired formats such as Color Game, Bingo, Pinoy Drop Ball, Plinko, and Mines in current GameZone materialCheck the brand’s current official game catalog
Regulatory verificationPAGCOR lists Gamezone/TGXI in its published registryUse the current PAGCOR registry to establish any applicable registration

The table deliberately separates verified platform information from information that requires independent confirmation. That is an important EEAT principle: a missing fact is better identified as missing than filled with a confident-looking guess.

Why Similar Names Are Not Enough

A brand name can be descriptive, reused, or deliberately similar to another term. It does not establish ownership.

For that reason, users comparing Megaperya and MegaPerya should look at four primary identifiers:

1. Domain

Check the exact website address.

For GameZone, PAGCOR’s January 29, 2026 registry lists gamezone.ph as the main domain and gzone.ph among its additional URLs.

A domain that merely contains a similar keyword should not automatically be treated as an official GameZone property.

2. Operator

Check which gaming system administrator or operator is associated with the service.

PAGCOR’s January 2026 registry identifies Total Gamezone Xtreme Incorporated (TGXI) as the gaming system administrator for Gamezone.

3. Game Offering

Look at the actual games available on the platform.

GameZone’s current published material shows that its perya-inspired selection can include different formats, from Color Game and Bingo to Pinoy Drop Ball, Plinko, and Mines.

Game availability can change, so dated articles should not automatically be treated as a current catalog.

4. Regulatory Records

Finally, compare the platform against current PAGCOR information.

PAGCOR explains that its Electronic Gaming Licensing Department oversees relevant online gaming operations and publishes regulatory lists covering gaming system administrators, registered brands and domains, and approved electronic games.

This is more useful than relying solely on a platform’s own statement about its regulatory status.

Are Perya-Inspired Games Predictable?

Recognizing a game does not make its outcome predictable.

For example, GameZone’s current Color Game information describes an RNG-based format. Previous rounds can be displayed for reference, but a sequence of recent results does not establish that another particular result must occur next.

A streak can occur in a random sequence. So can a cluster of different outcomes.

The practical distinction is simple:

Past results describe what has already happened. They do not automatically determine what happens next.

This is especially relevant when a digital interface displays historical results, roadmaps, or other visual information. Those features can help players review previous rounds, but they should not be mistaken for a guaranteed prediction system.

Responsible Checks Before Playing

Identifying the correct platform is only one part of evaluating an online gaming service.

Understand the rules

Review the game’s instructions before participating. Check how the round works, what determines the result, how wagers are applied, and how payouts are calculated.

Check the current regulatory information

Use PAGCOR’s current published records rather than relying on screenshots, old articles, or third-party claims.

Use a defined budget

Chance-based games should be treated as entertainment rather than a dependable source of income. Set a spending limit in advance and keep it within an amount you can afford to lose.

Avoid chasing losses

A previous loss does not guarantee that the next round will produce a win. Increasing wagers simply to recover losses can increase financial exposure.

Keep historical results in context

A results history can tell you what happened in previous rounds. It should not automatically be treated as evidence that a particular outcome is more likely next.

Megaperya on GameZone vs. MegaPerya: The Factual Difference

The main source of confusion is the similarity between the names, not evidence that the names necessarily represent the same platform.

GameZone’s Mega Perya or perya-inspired collection refers to digital games associated with the platform, including formats such as Color Game, Bingo, Pinoy Drop Ball, Plinko, and Mines. GameZone’s current published material documents these formats, while PAGCOR’s January 29, 2026 registry identifies Gamezone under Total Gamezone Xtreme Incorporated and lists gamezone.ph as its main domain.

A separately named MegaPerya service should be evaluated independently. Its operator, domain, brand registration, and regulatory status should be verified through current authoritative records rather than inferred from the similar name.

For readers, the most reliable comparison therefore comes down to brand identity, operator, domain, game format, and regulatory documentation.

Names can be similar. Records are considerably less romantic.

 

Centrafrique : Mouammar Bengué-Bossin reprend la propagande de Wagner et du régime en accusant le Tchad et la France de vouloir déstabiliser Bangui

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Mouammar Bengué-Bossin accuse le Tchad et la France de vouloir déstabiliser la République centrafricaine. Dans une déclaration du 14 octobre 2026, le responsable du Front populaire Zo Kwè Zo reprend des accusations également relayées par Wagner et les soutiens du régime de Faustin-Archange Touadéra.

 

Mouammar Bengué-Bossin accuse le Tchad et la France

 

Dans sa déclaration, Mouammar Bengué-Bossin présente le Tchad et la France comme des acteurs qui chercheraient à déstabiliser les autorités centrafricaines. Il reprend ainsi un discours politique régulièrement utilisé par les soutiens du pouvoir et les relais de la communication pro-russe en République centrafricaine.

 

Centrafrique : Mouammar Bengué-Bossin reprend la propagande de Wagner et du régime en accusant le Tchad et la France de vouloir déstabiliser Bangui
monsieur Mouammar Bengué-Bossin , de son vrai nom Mathurin Bengué Bossin

 

Le responsable du Front populaire Zo Kwè Zo développe cette accusation dans un contexte de tensions politiques et de contestation sociale. Le prix du carburant, les difficultés économiques et les critiques contre la gestion du pays occupent une place importante dans le débat public.

 

À lire aussi : Centrafrique : les en-dessous de l’accord de pacotille signé un dimanche entre le gouvernement et des syndicats aux ordres

Pour Bengué-Bossin, les difficultés rencontrées par le pays s’inscrivent dans un rapport de force qui dépasse les frontières centrafricaines. Il met en cause des puissances étrangères, notamment la France et le Tchad, qu’il accuse de poursuivre des objectifs hostiles à Bangui.

 

À lire aussi : Hausse du carburant : Faustin-Archange Touadéra demande aux Centrafricains « d’avoir un peu plus de patience »

Toutefois, sa déclaration ne présente pas, à elle seule, d’éléments indépendants permettant d’établir l’existence d’un plan commun entre Paris et N’Djamena visant à déstabiliser les autorités centrafricaines.

 

À lire aussi : Centrafrique : MSF réhabilite le service de médecine interne de l’hôpital de Carnot pour 69 millions de FCFA

Un discours proche de celui de Wagner et des soutiens du régime

 

Les accusations formulées par Mouammar Bengué-Bossin reprennent des thèmes présents dans la communication pro-russe en Centrafrique. Cette communication présente régulièrement la France et certains pays voisins comme des adversaires du pouvoir de Bangui.

 

Les relais favorables à Wagner ont largement diffusé ce type de discours dans le débat politique centrafricain. Les autorités et leurs soutiens l’utilisent également pour dénoncer des ingérences étrangères présumées et défendre leurs choix diplomatiques et sécuritaires.

 

En reprenant ces accusations, le responsable du Front populaire Zo Kwè Zo s’inscrit dans cette ligne de communication. Sa déclaration contribue à diffuser une lecture des difficultés centrafricaines fondée sur la menace extérieure.

 

Cette proximité de discours ne suffit toutefois pas à établir une coordination directe entre Bengué-Bossin, Wagner et les autorités. Elle permet surtout de constater que leurs communications reprennent des accusations similaires contre la France et le Tchad.

 

Des accusations qui détournent le débat des difficultés internes

 

La déclaration intervient alors que les Centrafricains subissent les conséquences de la hausse des prix du carburant et des difficultés économiques. Depuis le 1er octobre 2026, le litre de super coûte 1 150 francs CFA pour les particuliers, contre 1 050 auparavant. Le gasoil est passé à 1 400 francs CFA, contre 1 250 précédemment.

 

Cette hausse a provoqué des critiques de la société civile et relancé les discussions sur le pouvoir d’achat. Les transports, les activités commerciales et les dépenses quotidiennes des ménages figurent parmi les préoccupations de la population.

Le responsable du Front populaire Zo Kwè Zo relaie ces accusations en pleine contestation sociale contre la hausse des prix du carburant et les difficultés économiques.

 

Dans ce contexte, les accusations contre des puissances étrangères occupent une place importante dans le discours politique. Elles orientent le débat vers les relations internationales, alors que les citoyens attendent également des réponses sur les prix, l’emploi, les services publics et la gestion des ressources nationales.

 

La déclaration de Mouammar Bengué-Bossin doit donc être examinée comme une prise de position politique. Ses accusations contre la France et le Tchad restent des affirmations de leur auteur et ne constituent pas, en elles-mêmes, une démonstration d’un projet de déstabilisation de Bangui. 

 

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Centrafrique : Simplice Mathieu Sarandji loue aux frais de l’Etat une clinique privée à Istanbul en Turquie pour les soins des nouveaux princes, députés de la 7e République

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Le cynisme du régime de la 7e République vient de franchir un nouveau sommet. Alors que le peuple centrafricain est exsangue, asphyxié par la cherté de la vie, l’augmentation assassine des prix des carburants et le délabrement total d’un système sanitaire national réduit à néant, Simplice Mathieu Sarandji, président de l’Assemblée nationale, a autorisé son deuxième vice-président à signer un accord avec un hôpital privé haut de gamme à Istanbul pour assurer les soins de confort des députés dont lui et sa femme.

 

Les signataires de cette convention, l’honorable Heye Issaka Loïck, 2e vice-président de l’institution, et l’honorable Max Sylvain Balenda, député de Bria 1 et premier membre du Bureau, ont ainsi paraphé un accord qualifié abusivement de « partenariat » avec l’hôpital Medipol à Istanbul, en Turquie. Une supercherie administrative, quand on sait que ces élus ne dirigent ni ne gèrent le moindre établissement sanitaire.

Centrafrique : Simplice Mathieu Sarandji loue aux frais de l'Etat une clinique privée à Istanbul en Turquie pour les soins des nouveaux princes, députés de la 7e République
Le Président de l’assemblée nationale Simplice Mathieu Sarandji

 

L’objectif réel de cette convention dorée est tout autre : faciliter l’accès des députés de la 7e République et les membres de leurs familles à des soins médicaux de grand luxe à l’étranger, entièrement pris en charge par le budget de l’Assemblée nationale.

 

Pendant que les rares hôpitaux publics du pays basés uniquement à Bangui agonisent, les nouveaux princes élus de la 7e République s’envolent pour le Bosphore.

À lire aussi : Il défend ses amis qui viennent sur les plateaux » : Doneng s’en prend au conseiller spécial du président, Fidèle Gouandjika

 

C’est une véritable provocation à l’endroit des millions de Centrafricains, leurs électeurs qui, chaque jour, peinent à trouver de simples comprimés de paracétamol dans des structures sanitaires manquant de tout : absence de plateaux techniques, pannes d’électricité récurrentes, ruptures de stocks de médicaments de première nécessité et personnel soignant impayé.

À lire aussi : Quand l’État centrafricain préfère tendre la main au FMI plutôt que de soutenir les bras qui nourrissent la nation

 

Une assurance-vie pour députés en fin de course

 

Alors que près de 3 malades sur 10 meurent chaque jour dans l’indifférence générale au Complexe pédiatrique de Bangui, à l’Hôpital communautaire ou à domicile faute de moyens, leurs représentants à l’Assemblée nationale ont décidé de s’affranchir de la misère que plusieurs d’entre eux comme leur président Simplice Mathieu Sarandji contribuent à creuser.

 

Grâce à cet accord signé en grande pompe au contour flou, les honorables princes députés, dont beaucoup, selon nos informations, sont entrés dans l’hémicycle affaiblis, voire atteints de pathologies lourdes, cherchant avant tout dans leur mandat une assurance-vie et un passeport sanitaire, pourront désormais se rendre dans les cliniques huppées d’Istanbul aux frais du contribuable.

 

Dans les couloirs et le foyer de l’Assemblée nationale, dans les buvettes, l’ambiance est à la réjouissance. Les députés s’enthousiasment déjà à l’idée d’aller y faire leur bilan de santé dès janvier 2027 :

 

« Nous sommes les princes de la 7e République, nous devons aussi aller nous faire soigner à l’étranger comme l’Empereur », a balancé un député.

 

« Nos médecins d’ici ne gardent pas les secrets professionnels. Là maintenant, certains d’entre nous, vivants avec le VIH sida, peuvent aller prendre leurs médicaments loin et revenir. Pourquoi pas, changer de temps en temps leur sang ? », lui réplique un autre, sans la moindre gêne.

 

L’alternative bafouée : pourquoi pas les cliniques et assurances locales ?

 

Interrogés par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, de nombreux citoyens et observateurs ne cachent pas leur indignation face à cette fuite des capitaux vers la Turquie.

 

Pour beaucoup, la solution est pourtant simple et évidente : pourquoi l’Assemblée nationale ne noue-t-elle pas plutôt des conventions avec les cliniques et les pharmacies de Bangui afin de dynamiser l’économie locale et de rendre les soins accessibles sur place ?

 

D’autres estiment que les députés devraient tout simplement souscrire à des assurances-santé auprès des compagnies d’assurance établies à Bangui ou s’attacher les services d’un médecin de famille, à l’instar de ce qui se fait dans un État normal.

 

Mais pour ces principes héritiers députés de l’empereur président Touadera, le choix du luxe à l’étranger ne répond à aucune urgence sanitaire introuvable à Bangui. Cet accord taillé sur mesure pour les députés « monocolores » du parti au pouvoir reflète une pratique bien ancrée au sommet de l’État : le mépris total des structures et de l’économie locales.

 

Pendant que le citoyen lambda est abandonné à son sort dans des mouroirs à ciel ouvert, le président-Empereur Faustin-Archange Touadéra multiplie les voyages médicaux discrets aux frais du contribuable pour se faire soigner à Saint-Pétersbourg, à Bruxelles, tout en préparant de nouveaux séjours de luxe en Suisse.

 

Un balai sanitaire international auquel il associe également sa mère et ses proches, régulièrement envoyés se soigner en Russie.

 

L’argent public pompé pour le confort d’une monarchie.

 

L’Assemblée nationale valide cette convention avec l’hôpital Medipol à Istanbul en Turquie, permettant aux députés de bénéficier de prestations médicales haut de gamme.

Ce partenariat médical VIP illustre la déconnexion totale de l’élite dirigeante avec la réalité du pays. Financé directement sur le budget de l’Assemblée nationale, c’est-à-dire l’argent public ponctionné sur un État exsangue et sous perfusion, ce privilège exclusif démontre que le denier public ne sert plus l’intérêt général, mais l’autoconservation d’une caste politique aux abois.

 

Pourquoi l’État ne réinjecte-t-il pas ces millions de francs CFA dans la réhabilitation et l’équipement des structures sanitaires locales pour en faire profiter l’ensemble des citoyens ?

 

La réponse est limpide : pour le clan au pouvoir, le peuple n’est qu’une variable d’ajustement, bonne à taxer et à essorer pour financer les soins de luxe de dirigeants incapables de soigner un simple rhume à Bangui.

 

Le peuple centrafricain, qui a récemment démontré sa colère à travers le succès éclatant de la « ville morte », observe et retient les noms.

 

Ce nouveau scandale s’ajoute à la longue liste des prévarications du régime, prouvant chaque jour un peu plus que la priorité de Touadéra et de ses valets n’est pas le relèvement de la RCA, mais la préservation de leur santé et de leurs privilèges aux dépens de vies humaines.

 

Affaire à suivre..

 

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Centrafrique : maître Nicolas Tiangaye demande à la justice de préciser les infractions reprochées aux cinq activistes arrêtés

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Maître Nicolas Tiangaye , avocat constitué pour la défense des cinq leaders de la société civile arrêtés après l’appel à la ville morte contre la hausse des prix des hydrocarbures, réclame des explications sur les faits qui leur sont reprochés. Il attend que les autorités judiciaires précisent les infractions retenues contre ses clients.

 

L’avocat attend des explications sur les motifs des arrestations

 

Pour maître Nicolas Tiangaye, la défense doit d’abord connaître les faits précis qui justifient les arrestations. L’avocat affirme que les démarches entreprises auprès des services de police n’ont pas permis d’obtenir ces informations.

Nicolas Tiangaye

 

 

Il explique que les avocats se sont rendus à la Compagnie nationale de sécurité, où quatre activistes étaient détenus. Ils n’ont pas obtenu l’autorisation de les rencontrer. La même difficulté s’est présentée au commissariat central, où se trouvait un autre activiste.

 

À lire aussi : Centrafrique-Tchad : l’ambassadeur centrafricain à N’Djamena contredit les communiqués du gouvernement sur l’opération militaire frontalière

Selon lui, les policiers contactés ont consulté leur hiérarchie avant de refuser l’accès aux détenus. L’avocat estime que cette interdiction empêche les défenseurs de recueillir les éléments nécessaires à la préparation de leur dossier.

 

À lire aussi : Zémio : les mercenaires russes incendient des maisons au village Bogou après la perte de leur drone militaire

Maître Nicolas Tchangai indique également que le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Bangui a été informé par écrit de la constitution des avocats pour assurer la défense des cinq personnes arrêtées.

 

La défense réclame une qualification juridique des faits

 

L’avocat affirme que ses clients doivent connaître les infractions qui leur sont reprochées afin de pouvoir préparer leur défense. Il rappelle que l’assistance d’un avocat doit pouvoir intervenir dès l’enquête préliminaire, conformément aux règles de procédure applicables.

 

Pour maître Nicolas Tiangaye, la détermination des éventuelles infractions relève des autorités judiciaires. Il attend donc que celles-ci précisent la nature des faits reprochés aux cinq activistes et les fondements juridiques des poursuites envisagées.

 

L’avocat conteste notamment l’idée selon laquelle l’appel à la ville morte suffirait, à lui seul, à caractériser une infraction pénale. Il soutient que les activistes ont demandé à la population de rester à domicile pour protester contre la hausse des prix des hydrocarbures.

 

« Ce ne sont pas des terroristes, ils ne vont pas pousser les gens à mener des actions subversives, ils vont tout simplement demander à la population de rester à la maison », affirme-t-il dans sa déclaration.

 

Il ajoute qu’aucune manifestation ni aucun trouble à l’ordre public n’a eu lieu, selon son appréciation des événements. Il revient désormais aux autorités judiciaires de déterminer si les faits reprochés aux personnes arrêtées constituent une infraction.

 

La hausse des prix du carburant au cœur de la contestation

 

Les cinq activistes sont concernés par une mobilisation de la société civile contre l’augmentation des prix des hydrocarbures. L’appel à la ville morte visait à inciter les habitants à rester chez eux pour exprimer leur opposition à cette décision.

 

Maître Nicolas Tiangaye estime que demander aux pouvoirs publics de revoir les prix du carburant ne constitue pas, en soi, une infraction pénale. Il invoque les libertés d’expression, d’opinion et de réunion garanties par les principes constitutionnels.

Les responsables de la société civile mobilisés contre la hausse des prix des hydrocarbures subissent des restrictions d’accès à leurs conseils, ce qui porte atteinte aux droits de la défense selon les avocats.

 

L’avocat critique ainsi les restrictions imposées aux activistes en raison de leur engagement contre la hausse des prix. Il considère que l’interdiction faite aux avocats de rencontrer leurs clients porte atteinte aux droits de la défense et ne correspond pas aux exigences d’un État de droit.

 

Il affirme enfin que les défenseurs attendent toujours de pouvoir s’entretenir avec les cinq personnes arrêtées. Ces rencontres doivent leur permettre de connaître leur version des faits, d’identifier les éventuelles charges retenues contre elles et de préparer les moyens nécessaires à leur défense.

 

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Centrafrique : les trois otages de Bambouti enfin libérés après une intense négociation menée par cinq députés du Haut-Mbomou

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La sous-préfète de Bambouti, Koumba Ndiaye, et les deux agents de l’Autorité nationale des élections (ANE), dont Adriana Nahomie Topien, ont été libérés ce lundi 19 octobre 2026 par les miliciens azandés, après près de dix mois de captivité. Leur libération intervient à la suite de plusieurs jours de négociations menées par cinq députés du Haut-Mbomou, qui se sont rendus à Zémio pour obtenir leur remise en liberté. Les trois anciens otages se trouvent actuellement à Obo, après avoir été récupérés par hélicoptère à Djema.

 

Les trois derniers captifs de Bambouti sont désormais libres. Enlevés le 28 décembre 2025, lors de l’attaque de cette localité du Haut-Mbomou par les miliciens azandés, ils ont retrouvé la liberté après une longue période de détention dans la brousse. Cette libération est le résultat direct d’une mission de négociation entreprise par cinq députés de la préfecture du Haut-Mbomou.

 

Centrafrique : les trois otages de Bambouti enfin libérés après une intense négociation menée par cinq députés du Haut-Mbomou
Les otages de Bambouti

 

Parmi les personnes libérées figurent la sous-préfète de Bambouti, Koumba Ndiaye, l’agente électorale Adriana Nahomie Topien, ainsi qu’un autre agent masculin de l’Autorité nationale des élections. Les trois avaient été capturés lors des élections groupées du 28 décembre 2025.

 

Leurs identités et les circonstances de leur enlèvement avaient fait l’objet de plusieurs publications de Corbeau News Centrafrique depuis le début de leur captivité. CNC avait notamment consacré des articles à la situation de la sous-préfète et à celle d’Adriana Nahomie Topien, dont les conditions de détention avaient suscité de vives inquiétudes parmi ses proches. 

À lire aussi : Centrafrique : pourquoi refuse-t-on de parler de détenus politiques alors que des opposants et des personnalités restent incarcérés ?

 

Cinq députés mobilisés pour obtenir la libération des otages

La libération des trois captifs est intervenue après une importante mobilisation des cinq députés du Haut-Mbomou. Ces parlementaires ont effectué le déplacement à Zémio afin d’engager des discussions avec les responsables locaux et les représentants de la communauté azandé.

À lire aussi : « Derrière eux, il n’y avait que des démons de haine et de cruauté » : pasteur Charles Talingano décrit sa vision de la délégation de Touadéra à Rome

 

Dès le samedi 17 octobre, une grande réunion s’est tenue à la mairie de Zémio. Elle a rassemblé les responsables des associations locales, les chefs de villages, les chefs de quartiers, les leaders communautaires ainsi que plusieurs personnalités influentes de la région.

À lire aussi : Il défend ses amis qui viennent sur les plateaux » : Doneng s’en prend au conseiller spécial du président, Fidèle Gouandjika

 

Au cours de cette rencontre, les cinq députés ont multiplié les interventions pour obtenir la libération des trois personnes retenues par les miliciens.

À lire aussi : Centrafrique : l’affaire Steeve Bendo-Ndeni démontre les méthodes d’un État policier et les violations répétées de la loi

Leur démarche reposait principalement sur le dialogue, la recherche d’un apaisement et des demandes répétées de pardon adressées aux miliciens azandés.

Les parlementaires ont insisté sur la nécessité de mettre fin à cette captivité qui durait depuis près de dix mois. Ils ont également sollicité l’implication des responsables communautaires afin de faciliter les échanges avec les détenteurs des otages.

Les discussions se sont prolongées pendant plusieurs heures, puis sur plusieurs jours. Les députés ont maintenu leur démarche jusqu’à l’obtention d’un accord permettant la libération des trois captifs.

Cette mobilisation des élus du Haut-Mbomou a finalement permis de débloquer une situation qui paraissait sans issue depuis plusieurs mois.

 

Les trois anciens otages récupérés à Djema par hélicoptère

Après l’aboutissement des négociations, les miliciens azandés ont procédé à la libération des trois personnes à Djema, dans la préfecture du Haut-Mbomou.

Un hélicoptère s’est rendu sur place pour récupérer la sous-préfète et les deux agents électoraux.

L’appareil les a ensuite transportés jusqu’à Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, où ils se trouvent actuellement.

Contrairement à certaines informations qui pourraient laisser penser que les trois anciens captifs ont déjà rejoint Bangui, leur retour dans la capitale n’a pas encore eu lieu.

Ils sont toujours à Obo et leur départ vers Bangui est envisagé pour mardi 20 ou mercredi 21 octobre 2026.

Cette précision est importante, car leur libération et leur évacuation vers Obo constituent deux étapes distinctes de leur retour à la vie normale.

 

Le rôle déterminant des députés du Haut-Mbomou

Les informations recueillies par Corbeau News Centrafrique auprès de ses sources sur le terrain attribuent les négociations ayant abouti à cette libération aux cinq députés du Haut-Mbomou.

Ces élus ont privilégié les rencontres directes avec les responsables communautaires et les miliciens azandés, plutôt qu’une intervention militaire.

Leur déplacement à Zémio, les discussions engagées à la mairie et les démarches entreprises pendant plusieurs jours ont permis d’obtenir la remise en liberté des trois captifs.

Des publications circulant sur les réseaux sociaux ont également attribué un rôle dans ces négociations à un religieux catholique italien présenté sous le nom de Sanzio.

Les sources de CNC qui ont suivi les démarches sur place ne confirment aucune participation de ce religieux aux négociations ayant abouti à la libération.

Selon ces mêmes sources, ce sont bien les cinq députés du Haut-Mbomou qui ont conduit les discussions décisives avec les miliciens azandés.

Cette précision permet de distinguer les démarches effectivement menées sur le terrain des différentes affirmations diffusées sur les réseaux sociaux.

 

Le commandant de brigade avait été libéré plusieurs mois auparavant

Il faut rappeler que quatre personnes avaient initialement été capturées lors de l’attaque de Bambouti du 28 décembre 2025.

Outre la sous-préfète et les deux agents électoraux, les miliciens azandés avaient également enlevé le commandant de brigade de la gendarmerie de Bambouti.

Ce dernier avait retrouvé sa liberté environ trois à quatre mois avant la libération des trois autres captifs.

Selon les nouvelles précisions recueillies par CNC, le gendarme avait été remis en liberté par les miliciens azandés. Il ne s’agissait donc pas d’une évasion, contrairement à la version précédemment rapportée dans certaines informations.

La sous-préfète et les deux agents de l’ANE étaient ainsi restés les trois derniers otages de ce groupe.

Leur libération met désormais fin à la captivité des quatre personnes enlevées à Bambouti le 28 décembre 2025.

Près de dix mois de captivité depuis l’attaque du 28 décembre 2025

La sous-préfète de Bambouti et les agents électoraux ont recouvré la liberté face aux miliciens azandés dans le Haut-Mbomou.

L’enlèvement de ces responsables administratifs et électoraux remonte au 28 décembre 2025, jour des élections groupées en République centrafricaine.

Ce jour-là, les miliciens azandés avaient attaqué Bambouti et pris le contrôle de la localité. Les forces armées centrafricaines présentes sur place avaient été contraintes de se replier.

Au cours de cette opération, les assaillants avaient capturé la sous-préfète, le commandant de brigade et les deux agents électoraux.

Les quatre personnes avaient ensuite été emmenées dans la brousse par leurs ravisseurs.

Pendant les mois suivants, leurs familles étaient restées dans l’incertitude concernant leurs conditions de détention et leur éventuelle libération.

 

Corbeau News Centrafrique avait régulièrement suivi cette affaire, notamment à travers les messages diffusés par les captifs et les revendications formulées par leurs ravisseurs.

En janvier 2026, les miliciens azandés avaient notamment demandé la libération de deux de leurs responsables, Bakoyoko Célestin et Ngoéngué Elie, arrêtés à Bangui en janvier 2025, avant de disparaître. Cette revendication avait été présentée comme une condition préalable à la libération des otages. 

Les différentes tentatives de règlement de cette affaire n’avaient pas permis d’obtenir rapidement leur remise en liberté.

Il aura finalement fallu l’intervention directe des cinq députés du Haut-Mbomou et plusieurs jours de discussions à Zémio pour parvenir à leur libération.

À deux mois et neuf jours du premier anniversaire de leur enlèvement, Koumba Ndiaye, Adriana Nahomie Topien et leur collègue de l’ANE ont ainsi retrouvé la liberté.

Les trois anciens captifs attendent désormais à Obo leur transfert vers Bangui. Leur arrivée dans la capitale est prévue dans les prochains jours. Corbeau News Centrafrique reviendra dans une prochaine publication sur les différentes étapes des négociations conduites par les cinq députés du Haut-Mbomou, les circonstances précises de la remise en liberté à Djema et les conditions de leur évacuation.

Précision de vérification : les archives de CNC confirment les noms de Koumba Ndiaye et d’Adriana Nahomie Topien, ainsi que la date de l’enlèvement, le 28 décembre 2025. Je n’ai pas retrouvé le nom complet de l’agent électoral masculin dans les publications consultées. Les informations sur la libération du 19 octobre, les négociations parlementaires et le transfert à Obo proviennent de vos renseignements de terrain, et non d’une confirmation indépendante sur Internet.

 

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Scandale de l’eau potable à Yalinga : puits pourris , projets validés mais jamais réalisés, et une population qui se gratte la peau jusqu’au sang

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À Yalinga, sous-préfecture de la préfecture de la Haute-Kotto, même l’eau est une arnaque des malfaiteurs du régime.

 

La sous-préfète Natacha Gwladys Akani le dit sans filtre : il n’y a qu’un seul point d’eau potable au centre, et il est loin de suffire à toute la population. Pour le reste, les habitants sont obligés de se rabattre sur une source naturelle dont l’eau les rend malades. Ils se lavent avec, ils boivent avec, et chaque fois le corps réagit : démangeaisons violentes, irritations, grattage incessant qui devient insupportable.

Scandale de l’eau potable à Yalinga : puits pourris , projets validés mais jamais réalisés, et une population qui se gratte la peau jusqu’au sang

 

Le pire, c’est que des projets de puits ont bel et bien été validés et financés. Des entrepreneurs, des ONG ou des services du ministère sont venus, ont touché l’argent, ont prétendu creuser, et sont repartis. Résultat ? Des trous inutiles. Des ouvrages qui ne donnent aucune eau ou qui donnent une eau encore pire que la source. Ils ont signé les papiers, ils ont validé les rapports, et ils ont livré du vent.

 

Mme Akani ne mâche pas ses mots : « Les gens qui ont le marché de venir creuser les puits à Yalinga ne font pas bien leur travail. » Ils reçoivent les projets, ils disent avoir terminé, mais en réalité il n’y a rien. Pas d’eau potable. Pas d’ouvrage qui fonctionne. Juste la population qui continue à se gratter jusqu’au sang à cause d’une eau contaminée.

 

C’est le scandale habituel du développement en Centrafrique : on finance des forages, on paie des prestataires, on coche les cases dans les bureaux de Bangui et des partenaires, et sur le terrain les gens boivent de la merde. Les entrepreneurs véreux empochent, les responsables signent les procès-verbaux de réception, et les villageois se grattent. Tout le monde est content, sauf ceux qui vivent à Yalinga.

 

Un an et demi après le retour annoncé de l’État, après toutes les belles promesses de reconstruction, les habitants n’ont toujours pas d’eau potable digne de ce nom. Ils ont droit à des puits fantômes, à des rapports mensongers et à des démangeaisons permanentes.

 

Ce n’est pas un simple retard. C’est du vol pur et simple. Vol d’argent public ou de fonds des partenaires, vol de dignité pour une population déjà abandonnée pendant des années, vol de santé pour des enfants et des adultes qui n’ont d’autre choix que de consommer cette eau qui les ronge.

 

Tant que Bangui et ses partenaires continueront à accepter ces projets bidon, tant que personne ne sanctionnera les escrocs qui touchent l’argent sans rien livrer de correct, Yalinga restera avec ses puits vides et sa population qui se gratte jusqu’au sang.

 

La vérité est sale : à Yalinga, l’eau potable est un scandale. Des projets validés, de l’argent dépensé, et rien qui coule sauf le pus des irritations sur la peau des habitants.

 

Par Moïse Banafio

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Centrafrique : l’AJDC redoute une vague d’arrestations contre les leaders de l’opposition après les accusations de coup d’État du ministre de l’Intérieur

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L’Association Action Justice et Droit en Centrafrique (AJDC) a dénoncé les accusations de déstabilisation formulées par le ministre de l’Intérieur, Bienvenue Zokoué, contre des responsables de la société civile arrêtés le 15 octobre 2026. Dans un communiqué, l’organisation craint que ces accusations servent à préparer de nouvelles arrestations visant plusieurs dirigeants de l’opposition.

 

Les déclarations du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Bienvenue Zokoué, diffusées dimanche 18 octobre 2026 sur la télévision nationale, provoquent une nouvelle réaction dans les milieux de défense des droits humains. L’Association Action Justice et Droit en Centrafrique (AJDC), présidée par Kévin Momegou Sambia, conteste les accusations portées contre les responsables de la société civile interpellés trois jours auparavant à Bangui.

Centrafrique : l’AJDC redoute une vague d’arrestations contre les leaders de l’opposition après les accusations de coup d’État du ministre de l’Intérieur
3 leaders du BRDC, à gauche M. Anicet Georges DOLOGUÉLÉ président du parti URCA, au milieu M. Martin ZIGUELÉ président du parti MLPC et à droite M. Mahamat KAMOUN président du BTK lors de la conférence de presse du jeudi 25 septembre 2025 au siège du BRDC. Photo CNC

 

Dans son communiqué, l’organisation reproche au ministre d’avoir publiquement associé ces arrestations à un projet de déstabilisation des institutions, sans présenter les éléments matériels permettant de soutenir une accusation aussi grave.

 

Selon l’AJDC, Bienvenue Zokoué a affirmé, au nom du gouvernement, que les personnes arrêtées le 15 octobre participaient à la préparation d’une opération destinée à déstabiliser le pays. Le ministre aurait également évoqué la complicité de personnalités politiques dont il n’a pas communiqué les identités.

À lire aussi : Maître Crépin Mboli-Goumba : « Nous ne sommes plus dans un État civilisé avec des règles établies », le non-respect des institutions dénoncé par le Coordinateur du BRDC

 

Il aurait assuré disposer de preuves, sans les rendre publiques lors de son intervention.

À lire aussi : Entre économie factice et logistique de la terreur : Quand le PNUD finance des motos pour Wagner et invente une croissance en RCA et se félicite dans son rapport annuel 2025

 

Pour l’association, ces déclarations posent un problème concernant la présomption d’innocence et le respect des procédures judiciaires. Elle estime qu’une accusation de tentative de coup d’État ne peut reposer uniquement sur des déclarations politiques.

 

Dologuélé, Ziguélé, Mboli-Goumba et Tiangaye : quatre responsables politiques cités par l’AJDC

 

L’une des principales inquiétudes exprimées par l’AJDC concerne les conséquences possibles des déclarations ministérielles sur les responsables des partis politiques de l’opposition.

 

L’organisation redoute que les accusations visant les acteurs de la société civile soient progressivement étendues à des personnalités politiques critiques envers le gouvernement.

 

Elle cite expressément Anicet Georges Dologuélé, président de l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA), ainsi que trois responsables du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC).

 

Il s’agit de Martin Ziguélé, président du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), de maître Crépin Mboli-Goumba, président du parti PATRIE, et de maître Nicolas Tiangaye, président de la Convention républicaine pour le progrès social (CRPS).

 

Ces quatre personnalités ne sont pas présentées dans le communiqué comme ayant été officiellement mises en cause par la justice. L’AJDC les mentionne comme des responsables susceptibles, selon ses craintes, d’être visés par une éventuelle extension des poursuites.

 

L’association s’interroge sur la possibilité que les accusations de déstabilisation constituent un préalable à de nouvelles opérations policières contre l’opposition.

 

Cette inquiétude intervient alors que le ministre, d’après le communiqué, a évoqué des complicités politiques sans donner de noms. L’absence d’identification des personnes concernées entretient, selon l’AJDC, un climat d’incertitude parmi les responsables politiques.

 

Des revendications sur le carburant transformées en accusations de déstabilisation

 

L’AJDC rappelle que les mobilisations à l’origine de cette affaire concernaient principalement la hausse des prix des carburants et la cherté de la vie.

 

Les responsables de la société civile réclamaient des réponses aux difficultés économiques rencontrées par la population. Ces revendications avaient notamment conduit à l’organisation d’une opération de ville morte.

 

Pour l’association, il existe une différence fondamentale entre une mobilisation sociale contestant la politique économique du gouvernement et une entreprise visant à renverser les institutions.

 

Elle considère que les autorités doivent établir précisément les faits permettant de passer d’une qualification à l’autre.

 

Le communiqué mentionne notamment Quentin Claver Ngbouando, Élysée Nguémalé et Stève Francis Bendo Ndeny, parmi les acteurs concernés par les événements du 15 octobre.

 

L’AJDC défend la légitimité de leurs revendications et soutient qu’ils ont exercé des droits reconnus par la Constitution du 30 août 2023. Elle conteste toute assimilation automatique de leur engagement à une activité insurrectionnelle.

 

L’organisation insiste sur le caractère social des demandes initiales. Selon elle, la contestation des prix des produits pétroliers ou des conditions de vie ne saurait constituer, à elle seule, un indice de préparation d’un coup d’État.

 

L’AJDC exige des preuves et une enquête impartiale

 

Au-delà de la dimension politique, le communiqué insiste sur les obligations des autorités lorsqu’elles formulent des accusations pénales.

 

L’AJDC réclame des éléments matériels vérifiables, une enquête impartiale et le respect des droits de la défense.

 

Elle rappelle qu’une personne soupçonnée d’une infraction bénéficie de la présomption d’innocence tant que sa culpabilité n’a pas été légalement établie.

 

L’association demande ainsi que les accusations soient examinées dans un cadre judiciaire, avec des garanties permettant aux personnes mises en cause de connaître les faits qui leur sont reprochés et de présenter leur défense.

 

« La gravité d’une accusation ne dispense jamais ceux qui la formulent d’en apporter les preuves », affirme l’organisation.

 

Cette position vise directement les déclarations du ministre Bienvenue Zokoué, qui, selon le communiqué, assure détenir des preuves sans en avoir présenté le contenu au public.

 

L’AJDC ne prétend pas connaître les éléments éventuellement détenus par les services de sécurité. Elle demande que leur existence et leur pertinence soient appréciées conformément aux procédures légales.

 

La question est d’autant plus importante que les accusations de complot contre les institutions peuvent entraîner de lourdes conséquences judiciaires pour les personnes concernées.

 

La crainte d’une criminalisation des manifestations sociales

 

L’association s’inquiète également des conséquences de cette affaire sur l’exercice des libertés publiques en République centrafricaine.

Le ministre de l’Intérieur a formulé ces accusations contre la société civile, assimilant à tort une tentative de coup d’État les mobilisations sociales contre la vie chère.

 

Elle pose deux questions directement liées aux accusations gouvernementales : toute contestation sociale pourrait-elle désormais être considérée comme une tentative de déstabilisation ? Des citoyens exprimant pacifiquement leur désaccord avec les autorités risqueraient-ils d’être soupçonnés de complot contre l’État ?

 

Pour l’AJDC, la liberté d’expression, le droit de critiquer le gouvernement et la participation aux activités politiques ne peuvent être assimilés à des infractions pénales en l’absence de faits précis.

 

Elle estime qu’une telle interprétation risquerait de décourager les mobilisations citoyennes et de fragiliser les droits reconnus aux organisations de la société civile.

 

L’association appelle particulièrement à la vigilance face à une éventuelle utilisation des accusations de coup d’État pour intimider les opposants ou justifier de nouvelles arrestations.

 

Elle demande que les responsables politiques ne soient pas désignés comme des ennemis de la République en raison de leurs opinions, de leurs engagements ou de leur appartenance à un parti.

 

Un avertissement adressé aux autorités centrafricaines

 

Dans la dernière partie de son communiqué, l’AJDC adresse une mise en garde au gouvernement contre toute utilisation politique des procédures judiciaires.

 

Elle considère que les institutions chargées de faire respecter la loi doivent pouvoir agir sans devenir des instruments de règlement des différends politiques.

 

« La lutte contre un éventuel complot ne saurait devenir un instrument de répression de la dissidence et la sécurité de l’État ne doit jamais servir de prétexte à l’étouffement des libertés », écrit l’association.

 

L’organisation appelle les autorités à privilégier le respect des garanties judiciaires, le dialogue politique et les réponses aux difficultés économiques de la population.

 

Elle estime que les revendications concernant le coût de la vie méritent des réponses concrètes et ne doivent pas être écartées au seul motif que leurs auteurs contestent l’action gouvernementale.

 

Pour son président, Kévin Momegou Sambia, la protection des institutions et le respect des libertés fondamentales ne sont pas incompatibles. Les autorités peuvent enquêter sur d’éventuelles infractions, mais les poursuites doivent reposer sur des faits établis et non sur les seules positions politiques des personnes concernées.

 

L’AJDC annonce qu’elle restera attentive à l’évolution du dossier et qu’elle poursuivra ses interventions en faveur des droits fondamentaux des citoyens, indépendamment de leurs affiliations politiques.

 

À ce stade, le communiqué ne fait état d’aucune procédure judiciaire officiellement engagée contre Anicet Georges Dologuélé, Martin Ziguélé, Crépin Mboli-Goumba ou Nicolas Tiangaye dans le cadre des accusations évoquées par le ministre de l’Intérieur. Les craintes formulées par l’association portent donc sur d’éventuelles arrestations futures, et non sur des poursuites déjà établies contre ces quatre responsables.

 

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Viol, discrimination, violence, mariage précoce : quel héritage concret la retraite de Boali laisse‑t‑elle pour la protection des femmes et des enfants en Centrafrique ?

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La retraite stratégique de Boali, qui a réuni plus d’une vingtaine de partenaires nationaux et internationaux autour du ministère de la Promotion du genre, de la Protection de la femme, de la famille et de l’Enfant, a permis d’établir un diagnostic partagé de la situation des femmes, des filles, des enfants et des familles vulnérables en République centrafricaine. Ce diagnostic, validé collectivement, met en évidence des défis structurels qui persistent et qui appellent des réponses coordonnées, mesurables et durables.

 

Un diagnostic partagé et sans complaisance

 

Lors de son intervention sur les ondes de Guira FM, Anna Nthalbi, directrice de la division des droits de l’homme et représentante du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme en République centrafricaine, a rappelé que les travaux de Boali ont « mis en évidence plusieurs défis, défis pour certains qu’on connaissait, mais ce qui était important, c’était aussi de pouvoir avoir de la cohérence dans notre manière d’agir ».

 

Viol, discrimination, violence, mariage précoce : quel héritage concret la retraite de Boali laisse‑t‑elle pour la protection des femmes et des enfants en Centrafrique ?
Marthe Albertine Kirima ministre de la Promotion du genre

 

Ce diagnostic partagé constitue en soi un acquis majeur. Il permet désormais à l’ensemble des acteurs gouvernement, agences des Nations Unies, organisations internationales, société civile et associations nationales de parler d’une seule voix et d’orienter leurs interventions vers des priorités communes.

 

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Les violences basées sur le genre : une atteinte à la dignité et à l’intégrité

 

Le premier constat majeur concerne les violences basées sur le genre. Elles demeurent l’une des violations les plus répandues et les plus préoccupantes des droits des femmes et des filles en Centrafrique. Anna Nthalbi rappelle que « les violences faites aux femmes, c’est une atteinte à la dignité, à l’intégrité, à la sécurité ».

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Ces violences prennent des formes multiples : violences physiques, sexuelles, psychologiques, économiques, mariages précoces et forcés, ainsi que les violences liées aux situations de conflit. Elles touchent particulièrement les femmes déplacées, les filles non scolarisées et les femmes vivant dans les zones rurales enclavées.

 

Rachel Ndiangone-Mian, représentante résidente d’ONU Femmes en République centrafricaine, souligne l’impact économique de ce fléau : « Dans le monde entier, il a été prouvé que les pays perdent plus de la moitié de leurs produits intérieurs bruts du fait de la prévalence des violences basées sur le genre. » Réduire ces violences constitue donc un levier économique stratégique pour le pays.

 

Les discriminations à l’égard des femmes et des filles

 

Le deuxième constat porte sur les discriminations persistantes à l’égard des femmes et des filles. Ces discriminations sont présentes dans plusieurs sphères de la vie sociale, économique et politique. Elles se manifestent par un accès inégal aux ressources, à l’emploi, à la propriété, au crédit et aux instances de décision.

 

Anna Nthalbi insiste sur le fait que « toutes les personnes ne sont pas affectées de la même manière » et que « les politiques publiques devront prendre en compte les discriminations croisées, liées notamment à l’âge, aux handicaps, à la situation de déplacement, au lieu de résidence ».

 

Cette approche intersectionnelle est essentielle pour ne laisser personne de côté et pour adapter les réponses aux besoins spécifiques de chaque groupe.

 

Les obstacles à l’accès à la justice et aux services essentiels

 

Le troisième constat majeur concerne les obstacles à l’accès à la justice et aux services essentiels. De nombreuses femmes et filles victimes de violences ne parviennent pas à accéder aux mécanismes de plainte, aux services de santé, à l’assistance juridique ou aux structures de prise en charge.

 

Anna Nthalbi rappelle que « les difficultés d’accès aux soins concernent le droit à la santé » et que « la déscolarisation des filles touche évidemment au droit à l’éducation ». Ces obstacles sont d’autant plus importants dans les zones rurales et les localités éloignées des centres urbains, où les services de base sont souvent absents ou insuffisants.

 

La question de la confiance dans les institutions est également centrale. Comme l’a souligné Anna Nthalbi, « si je sais que je vais être accueillie, qu’on ne va pas me demander de l’argent pour avoir un certificat médical, que ma plainte va être accueillie par le procureur, que je vais être correctement traitée lorsque je vais demander des comptes sur le budget local », alors les femmes pourront effectivement exercer leurs droits.

 

Les inégalités économiques et sociales

 

Le quatrième constat porte sur les inégalités économiques et sociales qui affectent particulièrement les enfants et les familles vulnérables. Ces inégalités se traduisent par un accès limité à l’éducation, à la santé, à la nutrition, à l’eau potable et à l’assainissement.

 

Rachel Ndiangone-Mian rappelle que « la Centrafrique dispose d’un cadre normatif et institutionnel en matière de genre qui est vraiment renforcé », mais que ces avancées normatives ne se traduisent pas encore suffisamment dans la vie quotidienne des populations.

 

Les travaux de Boali ont également mis en évidence un manque de données désagrégées et actualisées, essentielles pour mesurer les progrès et orienter les politiques publiques. Anna Nthalbi souligne « le manque de données qui sont importantes pour pouvoir harmoniser et désagréger les besoins ».

 

Les écarts de couverture entre les territoires

 

Le cinquième constat concerne les écarts importants de couverture entre les différents territoires de la République centrafricaine. Les interventions humanitaires et de développement sont souvent concentrées dans certaines zones, tandis que d’autres régions restent sous-servies.

 

Rachel Ndiangone-Mian insiste sur la nécessité de « territorialiser l’action » : « Il ne faut plus rester seulement à Bangui pour dire que de Bangui on va mener des actions qui vont aller directement couvrir Pawa ou Bria ou Obos, mais il faut territorialiser au regard des besoins de chacune de ces localités. »

 

Cette approche de localisation est essentielle pour garantir que les interventions répondent aux réalités spécifiques de chaque communauté et qu’elles soient conçues avec et pour les populations concernées.

 

La déscolarisation des filles et les grossesses précoces

 

Le sixième constat porte sur la déscolarisation des filles, les grossesses précoces et les mariages précoces. Ces phénomènes ont des conséquences durables sur la vie des filles, limitant leur autonomisation et leur participation à la vie économique et sociale.

 

La retraite de Boali permet de lutter activement contre les violences basées sur le genre en renforçant les droits des femmes et la protection de l’enfance en République centrafricaine.

Rachel Ndiangone-Mian souligne que « l’investissement dans les femmes et surtout les filles constitue un levier central de développement » et que « la mortalité maternelle, la présence des sages-femmes, les grossesses précoces, les mariages précoces et leurs conséquences sur la scolarisation des femmes et des filles » sont des défis majeurs à relever.

 

Malgré ces constats préoccupants, des signaux positifs existent. Rachel Ndiangone-Mian rappelle avec fierté que « sur les cinq premiers au niveau national, quatre étaient des femmes » lors des récents résultats scolaires, démontrant que « les femmes et les filles peuvent donner des résultats probants dans l’éducation si les moyens sont mis en place pour les accompagner ».

 

Une lecture en termes de droits humains

 

L’ensemble de ces constats doit être lu à travers le prisme des droits humains. Anna Nthalbi insiste sur le fait que « ces constats doivent aussi être lus comme des questions de droits humains ». Les violences faites aux femmes, la déscolarisation des filles, les difficultés d’accès aux soins ne sont pas simplement des problèmes sociaux ou économiques : ils constituent des violations de droits fondamentaux.

 

Cette approche transforme la manière de concevoir les interventions. Les femmes et les enfants ne sont plus des bénéficiaires passifs de l’aide, mais des titulaires de droits qui doivent être respectés, protégés et réalisés. Comme le rappelle Anna Nthalbi, « les femmes doivent être capables de participer aux décisions, doivent être capables de demander des comptes, doivent être capables d’accéder à des recours, et leur droit doit être respecté comme le droit de tout citoyen ».

 

Vers une réponse coordonnée et durable

 

Le diagnostic partagé de Boali constitue la base sur laquelle repose l’Appel de Boali à l’action. Il permet d’identifier les priorités, de définir des indicateurs mesurables et de mettre en place un mécanisme de suivi et de redevabilité.

 

Comme l’a souligné Dr Marthe-Augustine Kirema, ministre de la Promotion du genre, de la Protection de la femme, de la famille et de l’Enfant, « en réfléchissant sur tout ça, nous avons dit qu’au lieu d’avoir des réponses liées aux vulnérabilités, il faudrait que nous ayons une réponse qui est liée à l’investissement dans le capital humain ».

 

Cette approche transformative, qui considère les femmes et les filles comme des moteurs de changement et de transformation de la Centrafrique, constitue le fil conducteur de l’Appel de Boali. Elle appelle à passer des projets à l’impact, des promesses à la preuve, et des constats à l’action concrète.

 

 

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Changement climatique en Afrique : le Consortium panafricain pour la paix réclame des réparations financières et la protection du Bassin du Congo

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Le Consortium panafricain pour la paix demande aux grandes puissances industrielles d’assumer leurs responsabilités dans les conséquences du changement climatique en Afrique. Dans une déclaration signée par son coordonnateur général, le Dr Nounga Djomo Ernest, l’organisation réclame des réparations financières, la protection des communautés autochtones et l’organisation d’une prochaine conférence mondiale sur le climat dans un pays du Bassin du Congo.

 

Le Consortium panafricain pour la paix établit un lien direct entre les dérèglements climatiques, la raréfaction des ressources naturelles et la multiplication des tensions sécuritaires sur le continent africain. Pour cette organisation de la société civile, les conséquences du réchauffement climatique dépassent désormais les seules préoccupations environnementales. Elles touchent également la sécurité des populations, les activités économiques et la stabilité de plusieurs régions africaines.

 

Changement climatique en Afrique : le Consortium panafricain pour la paix réclame des réparations financières et la protection du Bassin du Congo

 

Dans sa déclaration intitulée « Urgence climatique et sécurité : l’Afrique refuse le chaos ! », l’organisation dénonce les insuffisances des engagements internationaux face aux difficultés rencontrées par les populations africaines.

 

Elle estime que les pays africains supportent une part disproportionnée des conséquences du changement climatique, alors que leur contribution historique aux émissions mondiales de gaz à effet de serre reste relativement faible.

À lire aussi : Il défend ses amis qui viennent sur les plateaux » : Doneng s’en prend au conseiller spécial du président, Fidèle Gouandjika

 

« L’injustice climatique est un crime contre la paix et la sécurité humaine en Afrique », affirme le Consortium, qui dénonce les conséquences environnementales du modèle industriel mondial.

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Le changement climatique considéré comme un facteur d’insécurité

 

Pour le Consortium panafricain pour la paix, la dégradation de l’environnement contribue à aggraver les difficultés sécuritaires dans plusieurs régions du continent.

 

La diminution des ressources en eau, la dégradation des terres agricoles et les perturbations des saisons affectent directement les populations rurales, dont les moyens de subsistance dépendent principalement de l’agriculture, de l’élevage et de l’exploitation des ressources naturelles.

 

Dans certaines régions, ces difficultés accentuent les tensions entre agriculteurs et éleveurs, notamment lorsque les populations doivent partager des espaces agricoles et pastoraux de plus en plus limités.

 

Le Consortium considère que ces pressions environnementales peuvent également favoriser les déplacements de populations et aggraver les conflits déjà existants.

 

L’organisation critique particulièrement les négociations internationales sur le climat, dont elle juge les résultats insuffisants face aux besoins des pays africains.

 

Elle demande que les politiques climatiques internationales prennent davantage en compte les conséquences humaines et sécuritaires du réchauffement, au-delà des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

 

Le Bassin du Congo au centre des préoccupations

 

Le Consortium panafricain pour la paix accorde une attention particulière au Bassin du Congo, considéré comme l’un des principaux ensembles forestiers tropicaux de la planète.

 

Cet espace forestier, qui s’étend notamment sur la République démocratique du Congo, la République du Congo, la République centrafricaine, le Cameroun, le Gabon et la Guinée équatoriale, joue un rôle important dans le stockage du carbone, la régulation du climat et la préservation de la biodiversité.

 

Pour l’organisation, la protection de cet ensemble forestier ne peut être dissociée des conditions de vie des populations qui y habitent.

 

Le Consortium insiste particulièrement sur la contribution des peuples autochtones et des communautés locales à la conservation des forêts.

 

Ces populations possèdent des connaissances traditionnelles sur les écosystèmes forestiers et participent depuis plusieurs générations à la gestion des ressources naturelles.

 

L’organisation déplore que certaines communautés restent confrontées à la précarité, à l’exclusion et aux difficultés d’accès à leurs terres ancestrales, malgré leur contribution à la préservation de ces espaces.

 

« Aucune politique de conservation de la nature n’est légitime si elle piétine les droits humains », indique la déclaration.

 

Le Consortium demande ainsi une meilleure reconnaissance des droits fonciers des peuples autochtones et leur participation effective aux décisions concernant la gestion des forêts.

 

Cette revendication concerne notamment les projets de conservation, les concessions forestières et les initiatives environnementales susceptibles d’affecter les territoires traditionnellement occupés par ces communautés.

 

Une conférence mondiale sur le climat réclamée dans le Bassin du Congo

 

Le Consortium panafricain pour la paix souhaite également qu’un pays du Bassin du Congo accueille une prochaine Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, communément appelée COP.

 

Selon l’organisation, une telle décision permettrait de placer les préoccupations des populations forestières africaines au centre des discussions internationales.

 

Elle considère que les pays du Bassin du Congo doivent occuper une place plus importante dans les négociations climatiques, compte tenu du rôle de leurs forêts dans la régulation du climat mondial.

 

Le Consortium estime que l’Afrique ne doit plus se limiter à participer aux conférences internationales, mais doit également peser sur les orientations et les décisions concernant l’avenir de ses ressources naturelles.

 

L’accueil d’une COP dans cette région constituerait, selon lui, une occasion de présenter les difficultés rencontrées par les communautés locales, les initiatives africaines de conservation et les besoins financiers des États forestiers.

 

L’organisation ne désigne toutefois aucun pays précis pour accueillir cette conférence.

 

Le Consortium rejette les marchés carbone et réclame des réparations financières

 

La question du financement climatique occupe une place importante dans la déclaration.

 

Le Consortium panafricain pour la paix exprime son opposition aux mécanismes de marché carbone, qu’il considère comme insuffisants pour répondre aux besoins réels des populations africaines.

 

Ces mécanismes permettent notamment de financer certains projets de réduction ou d’absorption des émissions de gaz à effet de serre à travers l’achat et la vente de crédits carbone.

 

Face à la dégradation des ressources naturelles, le Consortium panafricain pour la paix exige des réparations financières directes et la protection renforcée du Bassin du Congo.

L’organisation redoute que certains dispositifs économiques liés à la protection de l’environnement favorisent davantage les intérêts des investisseurs que ceux des communautés vivant dans les territoires concernés.

 

Elle critique également ce qu’elle qualifie de « capitalisme vert », estimant que les ressources naturelles africaines ne doivent pas devenir une nouvelle source de dépendance économique.

 

À la place, le Consortium réclame des financements directs sous forme de subventions, destinés aux programmes d’adaptation climatique, à la protection des populations et au renforcement de la sécurité humaine.

 

« L’Afrique ne quémande pas de l’aide publique au développement ; elle exige une réparation historique », affirme l’organisation.

 

Cette demande repose sur le principe de responsabilité historique des pays industrialisés dans l’accumulation des émissions de gaz à effet de serre.

 

Le Consortium souhaite que les financements soient suffisamment importants pour répondre aux besoins des territoires concernés et qu’ils soient distribués selon des mécanismes transparents.

 

Il insiste également sur la nécessité de garantir que les ressources financières bénéficient directement aux populations exposées aux conséquences du changement climatique.

 

La jeunesse africaine et la diaspora invitées à participer

 

Au-delà des revendications adressées aux États et aux institutions internationales, le Consortium panafricain pour la paix souhaite mobiliser les jeunes Africains et les communautés africaines établies à l’étranger.

 

L’organisation considère que la jeunesse et la diaspora disposent de compétences, de ressources économiques et de capacités d’innovation susceptibles de contribuer aux politiques environnementales du continent.

 

Elle encourage leur participation aux initiatives de protection des forêts, aux projets de développement durable et aux débats concernant la gestion des ressources naturelles.

 

Le Consortium souhaite également une coopération renforcée entre les pays africains pour défendre des positions communes lors des négociations internationales sur le climat.

 

Cette coordination devrait, selon lui, permettre aux États africains de mieux défendre leurs intérêts économiques, environnementaux et sécuritaires face aux grandes puissances industrielles.

 

L’organisation cite particulièrement le Bassin du Congo et le Sahel, deux régions confrontées à des enjeux environnementaux différents, mais dont les populations subissent les conséquences de la dégradation des ressources naturelles.

 

Signée par le Dr Nounga Djomo Ernest, coordonnateur général du Consortium panafricain pour la paix, la déclaration demande aux dirigeants africains de faire de la protection de l’environnement, des droits des communautés locales et du financement climatique des priorités communes dans leurs relations avec les partenaires internationaux.

 

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Insécurité, corruption et misère : le bilan catastrophique d’un régime totalement incapable, selon Luka-Luka

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Soixante-six ans après l’indépendance, la République centrafricaine s’enfonce dans une crise sociale et économique sans précédent. Le bilan de la gestion actuelle se résume à une accumulation d’échecs majeurs qui frappent de plein fouet le quotidien des citoyens, alors même que le pays regorge de ressources naturelles inexploitées.

 

Les chiffres cités par la Banque mondiale confirme la gravité du naufrage : près de deux tiers de la population vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. À Bangui, la colère monte parmi les habitants qui dénoncent la perte de pouvoir d’achat, l’abandon du commerce aux acteurs étrangers et l’incapacité des autorités à protéger les intérêts des acteurs économiques locaux. Les témoins interrogés décrivent une vie quotidienne devenue insupportable où l’on ne mange plus à sa faim.

Insécurité, corruption et misère : le bilan catastrophique d'un régime totalement incapable, selon Luka-Luka
Le premier ministre Félix Moloua avec sa bouche entre-ouverte

 

À lire aussi : Max Balenda affirme que les services publics ont pris le relais des milices armées pour extorquer de l’argent directement aux commerçants de Bria

 

Dans les provinces comme à Obo, le constat est tout aussi inquiétant. L’insécurité chronique et le délabrement des infrastructures routières bloquent toute possibilité de développement. Les promesses gouvernementales de réhabilitation des routes n’ont jamais été tenues, contraignant les commerçants à supporter des coûts de transport aérien exorbitants pour acheminer les denrées de première nécessité.

À lire aussi : Centrafrique : à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance, le KNK préconise une véritable souveraineté nationale

 

Les analyses de l’économiste Christian Libangue Bora sur la radio Guira FM confirment l’ampleur des blocages structurels : mauvaise gouvernance, corruption généralisée, marchés publics de gré à gré et budget national dérisoire évalué à environ 368 milliards de francs CFA pour 2026. Faute de vision politique et de réformes réelles, le régime en place livre la population à la misère et démontre son incapacité totale à redresser la nation.

À lire aussi : Le POLITOLOGUE FARI TAHÉRUKA SHABAZZ alerte sur la PROPAGANDE DU SATANISME ET HAINE DE JÉSUS-CHRIST À BANGUI

 

Par Sylvie VICKOS

À lire aussi : Le Diplôme “Exceptionnel”, le Passeport “Optionnel” : Bienvenue dans la septième République des faussaires et des criminels

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La corruption généralisée et l’insécurité en Centrafrique exacerbent la pauvreté, plongeant la population dans une crise sans précédent qui nécessite des réponses immédiates.

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Centrafrique : l’affaire Steeve Bendo-Ndeni démontre les méthodes d’un État policier et les violations répétées de la loi

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L’enlèvement de Steeve Bendo-Ndeni à son domicile, le 15 octobre à Bangui, suivi de plusieurs heures de disparition, confirme les méthodes abusives des forces de sécurité et de leurs alliés russes du groupe Wagner. Le leader de la société civile est séquestré dans les locaux de la FICU, après une ruse et un raid commis par des mercenaires russes.

 

Une arrestation illégale qui terrorise ses proches et son quartier

 

Steeve Bendo-Ndeni, figure de la société civile centrafricaine, a été enlevé chez lui le jeudi 15 octobre 2026, dans le quartier Combattant à Bangui. Des mercenaires russes ont fracturé la porte de son domicile avant de le livrer aux agents de la FICU, la Force d’intervention du corps urbain.

 

Centrafrique : l'affaire Steeve Bendo-Ndeni démontre les méthodes d'un État policier et les violations répétées de la loi
Monsieur Steeve Bendo-Ndeni, leader de la société civile centrafricaine

 

Cette violence gratuite a semé la panique dans le voisinage. Son père, officier de gendarmerie résidant au camp de Castor, a subi une grave crise de tension au moment d’apprendre le sort réservé à son fils et il est admis à l’hôpital communautaire.

 

À lire aussi : Centrafrique : Chancel Sekodé-Ndeugbayi, président du PCS, exige la libération immédiate des leaders de l’OGDC, Elysée Nguémalé et Quentin Claver Ngbouando, après leur arrestation arbitraire

Face à cet enlèvement, les responsables de la société civile se sont heurtés à un mur de silence. Le porte-parole du Groupe de travail de la société civile, Paul Crescent Béninga, s’est heurté aux refus de la Compagnie nationale de sécurité, du procureur de la République, du commissariat central et de la brigade criminelle, qui ont sciemment caché sa localisation.

 

À lire aussi : Enlevé par les mercenaires russes du groupe Wagner, Steeve Bendo-Ndeni, leader de la société civile centrafricaine reste introuvable

Steeve Bendo-Ndeni se trouve en ce moment aux mains de la FICU. Son transfert par les mercenaires russes dans ces locaux traduit l’arbitraire total de cette détention, l’illégalité absolue de la procédure et le déni de droit imposé à sa famille.

 

Fidèle Ngouandika confirme le basculement du pays dans un régime policier

 

Cette séquestration met à jour le visage répressif des services de sécurité. Le ministre conseiller à la présidence, Fidel Ngouandika, affirme haut et fort que la République centrafricaine fonctionne désormais comme un État policier. Son constat rejoint le désarroi de la population confrontée aux arrestations ciblées et au piétinement des libertés publiques.

 

Le pouvoir en place balaie le principe d’égalité devant la justice. Les citoyens ordinaires subissent la loi pendant que Baba Kongoboro et ses proches ainsi que ses milices armées s’octroient une impunité totale.

 

Les mercenaires russes prennent le contrôle de l’appareil sécuritaire

 

Au-delà de cette agression, la domination des mercenaires russes asphyxie l’appareil sécuritaire centrafricain. Ces criminels transfrontaliers russes dictent leur volonté aux services de l’État et dirigent les opérations de la CNS, de la FICU, de l’OCRB ainsi que de la  SRI.

 

Dans ce dossier, les mercenaires russes ont mené l’assaut principal avant d’ordonner à la FICU d’assurer le gardiennage du leader de la société civile. Cette chaîne de commandement illégale orchestre la répression contre la société civile.

 

Ces exactions coïncident avec la capture de quatre autres responsables citoyens le 15 octobre, ciblés pour avoir organisé la journée « ville morte  du 12 octobre » contre la hausse des prix du carburant. Le pouvoir cherche ainsi à étouffer toute contestation sociale.

 

La participation directe du ministre chef requin Doneng pointé du doigt

 

L’enlèvement de Steeve Bendo-Ndeni met en lumière le rôle direct du ministre chef requin, Héritier Doneng. Utilisant des querelles privées comme prétexte, ce dernier a poussé discrètement cette opération commando.

 

Il y’a lieu de rappeler que le chef de la milice Requin Héritier Doneng instrumentalise discrètement des réseaux parallèles en dehors de son cadre ministériel. Il utilise la force pour régler ses comptes personnels et réduire au silence ses contradicteurs.

Cet enlèvement du leader de la société civile par le groupe Wagner et les agents de la FICU illustre les méthodes brutales du pouvoir en place.

 

Une spirale d’intolérance et d’abus d’autorité

 

Ce kidnapping s’inscrit dans un plan plus large d’intimidation politique marqué par le passage en force de la nouvelle Constitution, les fraudes et la capture des figures associatives. Les milices russes multiplient les menaces, les séances de torture et les disparitions forcées.

 

L’affaire Steeve Bendo-Ndeni concentre toute la violence du régime : une irruption au domicile, un enlèvement secret puis un séquestrement dans les geôles de la FICU. Les proches exigent la libération immédiate du militant et la fin des exactions.

 

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Entre économie factice et logistique de la terreur : Quand le PNUD finance des motos pour Wagner et invente une croissance en RCA et se félicite dans son rapport annuel 2025

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Ce bilan annuel 2025 du PNUD valide une économie imaginaire tout en passant sous silence le détournement de ses propres équipements par les mercenaires russes pour terroriser les civils (PNUD finance).

 

Le constat s’impose dès l’ouverture des documents officiels de l’organisation internationale, la bureaucratie onusienne excelle dans l’art de grimer un désastre national en une suite de rapports lénifiants. Les rédacteurs de cette synthèse de l’année 2025 ont manifestement choisi d’ignorer la détresse de la population centrafricaine pour ne pas froisser la présidence à Bangui. En transformant les dérives autoritaires et les faillites sécuritaires en de simples données statistiques positives, l’agence s’assure de maintenir son train de vie institutionnel tout en offrant une légitimité internationale inespérée au pouvoir en place.

Entre économie factice et logistique de la terreur : Quand le PNUD finance des motos pour Wagner et invente une croissance en RCA et se félicite dans son rapport annuel 2025
Deux mercenaires russes sur deux motos entre Gallo et Baboua en RCA

 

Cette volonté d’habiller la réalité prend une tournure alarmante dans les sections dédiées aux finances et à la sécurité publique. Sur le plan purement économique, les experts onusiens rivalisent d’ingéniosité pour décrire un environnement des affaires en pleine expansion, mettant en avant l’accompagnement technique de 87 nouvelles petites structures privées. Ce rideau de fumée comptable tente de dissimuler l’effondrement des exportations officielles de matières premières, en particulier le secteur de l’or. Privé des appuis budgétaires des partenaires internationaux traditionnels, l’exécutif applique une politique de taxation agressive sur les rares opérateurs de la capitale et des préfectures sous contrôle, une oppression fiscale étouffante que le texte de l’ONU qualifie élégamment de dynamique positive de mobilisation des ressources intérieures.

 

Cette complicité par omission prend une dimension dramatique lorsqu’on examine l’appui logistique fourni aux forces de l’ordre. Le PNUD se targue d’avoir acheté et distribué des motos ainsi que des véhicules légers pour améliorer la mobilité des unités de sécurité intérieure et des soldats des Faca. Sur le terrain des provinces, ces dotations roulantes tombent directement entre les mains des mercenaires russes de la formation Wagner. Ces troupes bilatérales confisquent et utilisent ces moyens de transport offerts par l’aide internationale pour mener des expéditions punitives dévastatrices contre les villages et massacrer les populations civiles. Pendant que les fonctionnaires onusiens comptabilisent ces livraisons comme des réussites administratives, ces véhicules facilitent le déploiement de la terreur dans l’arrière-pays.

 

Le silence est tout aussi absolu concernant la dégradation des conditions de vie dans la Vakaga ou l’Ouham-Fafa, deux régions oubliées des projections de l’agence. Le texte élimine scrupuleusement toute mention des assauts armés, de la manipulation ouverte de l’institution judiciaire par l’exécutif pour neutraliser les voix critiques, et des rapports accablants d’autres départements de l’ONU qui recensent les violations des droits de l’homme. Les barrières physiques et les rançonnements imposés par les miliciens russes de Wagner aux convois humanitaires de secours sont passés sous silence afin de ne pas perturber les relations de salon avec les ministères de Bangui.

 

Pour parfaire cette fiction de développement, la gestion des services de base est présentée sous un jour disproportionné. L’organisation vante l’accès à l’eau potable pour 133 808 habitants, l’implantation de deux écoles et le recrutement de 36 enseignants. Ces accomplissements, insignifiants à l’échelle d’une tragédie nationale où plus de 50 % des foyers dépendent uniquement de l’assistance humanitaire pour ne pas sombrer, servent d’outils de propagande pour le pouvoir central. L’école publique n’existe plus dans la majeure partie des provinces, mais l’affichage de ces micro-projets permet de simuler une normalisation de la vie nationale.

 

L’analyse financière globale achève de démontrer la faillite du système. Le plan de réponse humanitaire national n’est doté qu’à hauteur de 41 % des besoins réels, condamnant à l’abandon des millions de citoyens centrafricains. Les équipes des Nations Unies préfèrent néanmoins concevoir des bilans flatteurs depuis leurs bureaux protégés de la capitale, entérinant des programmes de développement déconnectés de la misère courante et du naufrage des institutions locales. Ce partenariat technique sécurise les dotations financières des agences internationales tout en fournissant un sauf-conduit diplomatique indispensable à la pérennisation du régime.

 

Par Sylvie Vickos

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« Derrière eux, il n’y avait que des démons de haine et de cruauté » : pasteur Charles Talingano décrit sa vision de la délégation de Touadéra à Rome

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Le pasteur Charles Talingano affirme avoir vu, derrière Faustin-Archange Touadéra et les membres de sa délégation à Rome, des figures qu’il identifie comme des démons liés à la haine, à la cruauté et à la méchanceté.

 

Dans sa déclaration, il revient sur la vision qu’il dit avoir reçue après la visite de Faustin-Archange Touadéra au Vatican. Il décrit une opposition entre l’environnement dans lequel se trouvait le pape et celui qu’il affirme avoir perçu autour de la délégation centrafricaine.

« Derrière eux, il n’y avait que des démons de haine et de cruauté » : pasteur Charles Talingano décrit sa vision de la délégation de Touadéra à Rome
Pasteur Charles Talingano

 

« Derrière eux, tous ceux qu’ils ont tués, il y en a avec des démons qui marchaient derrière toute l’équipe noire du Vatican », affirme Nicolas Talingano.

 

Le pasteur insiste sur la nature de ces figures telles qu’il dit les avoir vues. Il évoque des « démons de cruauté », des « démons de grande méchanceté » et des « démons de haine ».

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Il affirme que ces figures accompagnaient la délégation et formaient, dans sa vision, une présence distincte de celle qu’il associe au pape.

 

« Le pape, là où il se trouvait, c’était de la splendeur, c’était de la lumière, c’était de la gloire », déclare-t-il.

 

À l’inverse, Charles Talingano affirme que Faustin-Archange Touadéra et les personnes qui l’accompagnaient se trouvaient dans une obscurité qu’il décrit comme totale.

 

« Ils étaient effectivement pas le noir, mais dans les ténèbres, où aucune visibilité était possible », affirme-t-il.

 

Le pasteur Charles Talingano détaille sa vision sur Faustin-Archange Touadéra après sa visite au Vatican, transmettant un message spirituel.

Le pasteur présente cette vision comme une lecture spirituelle de la visite au Vatican. Il ne décrit pas ces éléments comme des faits matériels observables lors de la rencontre, mais comme des images qu’il affirme avoir reçues dans une vision.

 

Dans son récit, les figures démoniaques représentent les conséquences spirituelles qu’il associe aux violences et aux souffrances qu’il évoque dans son intervention.

 

Charles Talingano affirme également que cette vision l’a conduit à adresser un avertissement à Faustin-Archange Touadéra. Il l’exhorte à mettre fin à ce qu’il qualifie d’assassinats et d’effusion de sang.

 

Il présente enfin son intervention comme la restitution d’un message spirituel reçu au sujet de la visite à Rome.

 

« Voilà le message de la vision que le Saint-Esprit m’a donnée », affirme-t-il.

 

Cette partie de sa déclaration repose donc entièrement sur le récit religieux de Charles Talingano et sur son interprétation personnelle des images qu’il affirme avoir vues lors de cette vision. Actions disponibles

 

Il défend ses amis qui viennent sur les plateaux » : Doneng s’en prend au conseiller spécial du président, Fidèle Gouandjika

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Le débat Patara de Radio Ndekelouka, consacré à l’arrestation des leaders de la société civile, a viré à l’affrontement politique ouvert. En cause : la sortie du ministre chef des requins Héritier Doneng contre le conseiller spécial du président de la République, Fidèle Gouandjika, qui avait publiquement mis en garde le pouvoir contre la tentation de transformer la RCA en État policier.

 

Interrogé sur les propos de ce proche du chef de l’État, le ministre Doneng n’a pas mâché ses mots. « Il défend ses amis qui viennent tous les jours sur les plateaux de la radio Ndékè-luka ici avec vous. Il se rencontre peut-être dans les cabarets là-bas. Ce sont ses amis, c’est pourquoi il défend. Il défend ses amis. On comprend », a-t-il lancé, balayant d’un revers de main l’avertissement du conseiller présidentiel.

 

Il défend ses amis qui viennent sur les plateaux » : Doneng s'en prend au conseiller spécial du président, Fidèle Gouandjika
Heritier Doneng un des chefs de la milice du pouvoir les Requins devenu ministre de la Jeunesse et d

 

« Ce n’est qu’un titre qu’il est en train de brandir »

 

Le chef de la milice Requin est allé plus loin, contestant la légitimité même de la prise de position de Fidèle Gouandjika. « Ce n’est qu’un titre qu’il est en train de brandir, mais moi, au fin fond, s’il est conseiller du président de la République, il doit d’abord se rapprocher du président de la République et du chef de l’exécutif pour recueillir un certain nombre d’informations avant de se prononcer. Il s’est prononcé lui-même sans pour autant consulter le président de la République et je crois que c’est extrêmement grave pour lui », a-t-il asséné.

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Une charge qui n’a pas manqué de faire réagir sur le plateau. Le ministre a en effet été immédiatement interpellé : « Est-ce que vous avez compris ce qu’il a dit ? Parce que lorsqu’il dit que le chef de l’État n’est pas associé à cela et vous vous dites que non, ça veut dire que le chef de l’État est d’accord avec cette arrestation ? » Une question à laquelle Héritier Doneng n’a pas répondu directement, préférant requalifier les faits : « Quelle arrestation ? C’est une opération de police. Ils ont été interceptés par la police en train d’appeler à la subversion. »

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« Des propos irresponsables »

 

Le ministre a finalement qualifié les déclarations de Fidèle Gouandjika d’« irresponsables ». « Deux conseillers, conseillers juridiques, conseillers politiques du chef de l’État, et ils n’ont pas encore recueilli les informations. Ils ont agi par état d’âme. Lorsqu’on gère une nation, on gère une république et on s’est dit conseiller d’un président de la République, on doit dépasser nos états d’âme pour qu’on soit dans une nation équitable et fondée sur l’égalité. Dépassons nos états d’âme. On a tous des amis, on a tous des parents. Mais si aujourd’hui, il s’agit de la sûreté nationale, de la sûreté intérieure, on ne doit pas badiner avec ça », a-t-il déclaré.

 

Cette sortie du ministre intervenait alors que le débat portait sur la légalité de l’arrestation, jeudi dernier, de trois figures de la société civile Élysée Guimalet, Quentin Guando et l’activiste Steve Bendondeni cueillis par les forces de l’ordre juste avant une conférence de presse où ils devaient dénoncer la vie chère et la hausse des prix du carburant à la pompe.

 

Un avertissement présidentiel ignoré

 

La veille, Fidèle Gouandjika avait publiquement exhorté le pouvoir à ne pas céder à la tentation de l’État policier, à la suite de ces interpellations. Un signal fort venu de l’entourage immédiat du président Faustin-Archange Touadéra, que le gouvernement a choisi de minimiser, voire de tourner en dérision. Pour Paul Crescent Bininga, porte-parole du Groupe de travail de la société civile (GTSC), cette réaction trahit surtout l’isolement d’un exécutif sourd aux avertissements, y compris ceux venus de ses propres rangs.

 

« Les accusations de déstabilisation, c’est désormais le mot d’opératoire. Lorsqu’on veut vous gêner judiciairement, vous empêcher de prendre la parole, on vous traite d’affilié au BRDC, de complice des groupes armés, ou de terroriste », avait-il dénoncé un peu plus tôt sur le plateau. Une analyse qui prend un relief particulier à l’heure où un conseiller du président lui-même ose évoquer publiquement le spectre de l’État policier et se voit répondre par le mépris ministériel.

Le ministre Héritier Doneng rejute les avertissements de Fidèle Gouandjika concernant la dérive vers un État policier sous la présidence de Faustin-Archange Touadéra.

 

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Pour Marie-Reine Hassen, la Centrafrique est le laboratoire le plus abouti de l’influence russe en Afrique

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L’ancienne ministre Marie-Reine Hassen dénonce un écosystème criminel où l’État centrafricain est structurellement dépendant du dispositif militaire et économique russe pour sa propre survie.

 

Devant un parterre de parlementaires, de diplomates et d’observateurs des affaires africaines réunis au Sénat français à l’occasion d’une conférence-dîner de haut niveau, Mme Marie-Reine Hassen, ancienne ministre de la République centrafricaine, a livré un diagnostic sans concession sur la situation de son pays. Pour elle, la Centrafrique n’est plus simplement un territoire sous influence étrangère : elle est devenue le laboratoire le plus abouti de l’influence russe en Afrique, un écosystème criminel où l’État lui-même est structurellement dépendant du dispositif militaire et économique russe pour sa propre survie. Cette thèse, qu’elle a développée avec une précision documentaire et une gravité constante, constitue le cœur de son intervention et la clé de lecture de l’ensemble de son témoignage.

 

Dès les premières minutes de sa prise de parole, Mme Hassen a posé le cadre de son analyse. Elle a expliqué que la Centrafrique présentait la particularité d’avoir été le premier pays africain à accueillir Wagner, dès 2018, et que cette antériorité avait permis au groupe de s’y enraciner plus profondément qu’ailleurs, jusqu’à fusionner avec les structures mêmes de l’État. « Ce que nous vivons en Centrafrique n’est pas une simple présence étrangère, ni même une occupation militaire au sens classique du terme, mais une mutation profonde de la nature même de l’État, qui a cessé de fonctionner comme une entité souveraine pour devenir une excroissance d’un réseau criminel transnational, au point que l’on ne sait plus où commence la frontière entre l’administration centrafricaine et l’organisation Wagner, et que cette confusion n’est pas un accident mais bien le produit d’une stratégie délibérée et méthodiquement mise en œuvre. »

 

Pour Marie-Reine Hassen, la Centrafrique est le laboratoire le plus abouti de l'influence russe en Afrique
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L’ancienne ministre a ensuite démonté les mécanismes par lesquels cette dépendance s’est installée. Elle a rappelé que le président Faustin-Archange Touadéra avait cherché, à l’origine, à équiper et former ses forces armées face à une quinzaine, parfois une vingtaine de groupes rebelles, dans un contexte d’embargo strict des Nations unies sur les armes et après le départ de la force française Sangaris. Selon elle, c’est cette quête de sécurité qui a été exploitée : « Le président Touadéra est allé pleurnicher auprès du président Macron pour obtenir la levée du veto russe au Conseil de sécurité, Macron lui a dit d’aller voir Poutine, et c’est ainsi que, de fil en aiguille, d’un jeu d’échecs où nous avons été considérés comme un peu arriérés et incapables de bien capter les choses, la Centrafrique s’est retrouvée liée à la Russie par des accords militaires qui allaient bien vite se transformer en une dépendance totale, au point que l’État centrafricain ne peut plus aujourd’hui survivre sans le dispositif russe qui le protège et l’exploite simultanément. »

 

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Mme Hassen a insisté sur le caractère total de cette dépendance. Elle a décrit un État dont toutes les fonctions régaliennes ont été progressivement confisquées : la sécurité du président et des infrastructures névralgiques est assurée par les mercenaires russes ; les postes de conseillers stratégiques à la présidence, à la sécurité nationale et dans tous les ministères stratégiques sont occupés par des cadres russes ; les institutions de contrôle, ministère des mines, douanes, impôts, ferment délibérément les yeux sur les exportations illégales ; la justice est dans l’incapacité totale d’enquêter sur les crimes commis par les forces russes ; la police et la gendarmerie locales subissent des intimidations directes, allant jusqu’à l’interdiction d’accéder à certaines zones contrôlées par le réseau. « On est Centrafricains, on est sur notre territoire, mais il y a des zones qui nous sont interdites, on ne peut pas y accéder parce que ce sont les Russes qui en ont décidé ainsi, et cela se passe aussi avec les Rwandais, mais c’est un autre sujet », a-t-elle témoigné, avant d’ajouter : « L’État centrafricain est structurellement et totalement dépendant du dispositif militaire et économique russe pour sa propre survie ; il ne survit pas par lui-même, il survit parce que la Russie a intérêt à ce qu’il survive, dans un état de subordination qui exclut toute souveraineté réelle. »

 

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Pour Mme Hassen, cette dépendance ne relève pas seulement d’un rapport de force militaire ou d’un déséquilibre économique : elle procède d’une capture méthodique de l’appareil d’État, ce que la science politique anglo-saxonne appelle le State Capture. « Il existe une véritable capture de l’État, où il n’y a pratiquement plus de frontières entre la souveraineté nationale et les réseaux de criminalité transnationale organisée ; l’État est totalement infiltré et coopté dans cette organisation criminelle économique, et cette porosité entre les réseaux criminels et les institutions publiques est très grave, parce qu’elle signifie que la Centrafrique ne dispose plus des instruments élémentaires de sa propre gouvernance, ni de la capacité de définir ses priorités, ni de celle de protéger ses citoyens contre ceux qui prétendent les protéger. » Elle a cité l’exemple du tramadol, dont l’importation en Centrafrique est organisée par l’État et les Russes, et qui envahit complètement la population : « Les gens sont abrutis, et c’est précisément le but recherché ; il faut faire très attention à tout cela, car c’est la marque d’un État qui a cessé de servir son peuple pour servir des intérêts étrangers. »

 

L’ancienne ministre a également souligné que cette situation n’était pas propre à la Centrafrique, mais qu’elle y atteignait un degré de maturation inédit. « Partout où le groupe Wagner se déploie, s’ensuit une forte hausse du nombre de décès parmi les civils ; partout, il exploite l’insécurité pour étendre la présence de la Russie en Afrique ; partout, il porte atteinte aux institutions démocratiques ; mais en Centrafrique, il a fait un pas de plus, parce qu’il a eu le temps, parce qu’il a trouvé un terreau favorable, et parce que les autorités centrafricaines ont érigé aux abords de Bangui une imposante statue métallique représentant les deux fondateurs de l’organisation, Evgueni Prigojine une arme à la main et son second, le néo-nazi Dmitri Outkine, le doigt sur la détente d’une Kalachnikov, une statue géante qui honore ceux qui ont fait de notre pays leur terrain de chasse et leur base arrière. » Elle a ajouté : « C’est cela, le laboratoire le plus abouti : un pays où les criminels sont statufiés, où l’État est à vendre, où la souveraineté n’est plus qu’un mot vide de sens, et où la population, elle, continue de payer le prix fort, dans sa chair et dans sa dignité. »

 

Interrogée sur la transition en cours entre Wagner et Africa Corps, Mme Hassen a estimé qu’elle ne changeait rien à la nature profonde du problème. « Africa Corps est le successeur institutionnel et étatique de Wagner en Afrique ; la différence fondamentale entre les deux ne se trouve pas vraiment au niveau des hommes sur le terrain, mais plutôt dans le statut juridique, le niveau de contrôle par l’État russe et le modèle économique ; or, en Centrafrique, les éléments de Wagner sont restés présents, et l’État, désormais, c’est Wagner ; ce n’est plus la Centrafrique. » Elle a rappelé qu’Africa Corps exige d’être payée en cash, à hauteur de 15 à 20 millions de dollars par mois, soit environ 10 milliards de francs CFA, pour protéger le pouvoir de Touadéra, et que des exigences minières suivront nécessairement, « puisque ce sont les mêmes personnes ». Et de conclure sur ce point : « En 66 ans de colonisation française, la RCA n’a jamais été autant exploitée ; avec la Russie et ses mercenaires de Wagner, c’est aujourd’hui une véritable razzia qui se déroule au vu et au su du peuple centrafricain, avec la totale complicité de ses dirigeants. »

 

Dans sa conclusion, Mme Hassen a lancé un avertissement aux autres pays africains, en particulier à ceux qui s’apprêtent à participer au sommet Russie-Afrique des 28 et 29 octobre à Moscou. « Que peut offrir la Russie à notre pays ? Et ensuite, il faut se demander ce que peut coûter ce rapprochement au pays, parce que ça va coûter quelque chose au pays ; le Congo va-t-il conserver une liberté totale dans ses choix politiques, sécuritaires et économiques ? Est-ce que les intérêts du Congo restent toujours prioritaires quand ceux-ci peuvent diverger de ceux de Moscou ? Jusqu’où Brazzaville peut-elle approfondir sa coopération avec la Russie sans réduire sa marge de manœuvre avec les autres partenaires ? Ce sont là des questions de souveraineté, et la souveraineté signifie aussi pouvoir dire non quand les intérêts du pays l’exigent ; le Congo devrait donc mesurer ce qu’on le conduirait éventuellement à céder. » Elle a conclu par une formule qui résume sa pensée : « La Centrafrique est le laboratoire le plus abouti de l’influence russe en Afrique ; ce qui s’y passe n’est pas un accident, c’est un modèle, et ce modèle, si l’on n’y prend garde, est en train de s’exporter. »

 

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Ancien soutien de Faustin-Archange Touadéra, le groupe Wagner puis Africa Corps orchestrent la mainmise totale sur les institutions de la Centrafrique.

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Centrafrique : Bienvenu Zokoué brandit la menace de déstabilisation pour justifier les arrestations

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Le ministre de l’Intérieur, Bienvenu Zokoué, accuse des responsables de l’opposition et de la société civile de préparer une déstabilisation des institutions centrafricaines. Dans un communiqué publié le 18 octobre 2026, il invoque des messages téléphoniques et des documents saisis pour défendre les arrestations du 15 octobre, sans rendre publics les éléments précis de l’enquête.

 

À la veille de l’échéance fixée par les organisations de la société civile, le gouvernement centrafricain durcit son discours contre les contestataires. Les autorités ne présentent plus les opérations villes mortes comme une simple mobilisation contre les prix des hydrocarbures. Elles les décrivent comme une entreprise destinée à paralyser le pays et à déstabiliser les institutions.

Centrafrique : Bienvenu Zokoué brandit la menace de déstabilisation pour justifier les arrestations
Le général de la police Bienvenu Zokoué, ministre de la sécurité publique

 

Dans son communiqué, Bienvenu Zokoué affirme que les personnes arrêtées au Centre Saint-Jean-XXIII, à Bangui, préparaient de nouvelles actions pour le 19 octobre. Il accuse également le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA) et d’autres responsables politiques de participer à cette stratégie.

 

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Cette prise de position intervient après l’arrestation de Quentin Ngouando, Elysée Nguemale, Stève Bendo Deny, Barry Mardios et Igor Mokpem. Des organisations de la société civile réclament leur libération sans condition et dénoncent les conditions de leur détention.

 

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Bienvenu Zokoué défend les arrestations par des accusations politiques

 

Le ministre présente les interpellations du 15 octobre comme une mesure destinée à empêcher une opération de déstabilisation. Selon son communiqué, les personnes arrêtées entretiendraient des liens étroits avec des responsables de l’opposition et prépareraient des actions susceptibles de perturber les activités publiques et privées.

 

Pour soutenir cette version, le ministère évoque des investigations portant sur des téléphones portables, des messages écrits, des audios échangés sur WhatsApp, des ordinateurs et d’autres documents saisis.

 

Le communiqué mentionne également les déclarations publiques de responsables du BRDC et de l’URCA, ainsi que la constitution d’un groupe d’avocats chargé de défendre les personnes arrêtées. Le gouvernement considère ces éléments comme des indices de coordination politique.

 

Toutefois, le document ne reproduit aucun échange téléphonique, aucun enregistrement audio ni aucun extrait de document saisi. Il ne détaille pas davantage les actes que les cinq responsables auraient personnellement accomplis pour préparer la paralysie des institutions.

 

Cette absence de précisions publiques empêche de vérifier les accusations formulées par le ministre. Les éléments annoncés peuvent faire partie d’une enquête, mais leur existence ne suffit pas à établir la culpabilité des personnes concernées.

 

La défense juridique présentée comme un indice contre les opposants

 

Dans son argumentation, le ministère cite la mobilisation d’une douzaine d’avocats pour assurer la défense des responsables arrêtés. Il rapproche cette initiative des communiqués publiés par des membres de l’opposition pour étayer sa thèse d’une coordination entre les partis politiques et la société civile.

 

Cette présentation appelle une distinction importante. Le recours à des avocats constitue une garantie essentielle pour les personnes privées de liberté. La participation de responsables politiques à une mobilisation publique ou leur soutien à des personnes arrêtées ne démontre pas, à elle seule, l’existence d’une infraction.

 

Le gouvernement ne précise pas en quoi la constitution de ce groupe d’avocats établirait une participation à un projet de déstabilisation. Il ne fournit pas non plus d’éléments permettant de distinguer les activités politiques ordinaires des actes qu’il considère comme criminels.

 

En intégrant la défense juridique dans son argumentation, le ministère entretient un rapprochement entre les soutiens politiques aux personnes arrêtées et les soupçons pesant sur elles. Or, ces deux questions doivent être examinées séparément.

 

La responsabilité pénale doit reposer sur des faits précis et des éléments examinés dans le cadre légal, et non sur la seule appartenance politique ou sur le soutien apporté à des personnes interpellées.

 

L’ultimatum du 19 octobre met le gouvernement sous pression

 

Les organisations de la société civile ont fixé au lundi 19 octobre 2026 à 15h30 l’échéance de leur ultimatum. Elles exigent la libération des cinq responsables arrêtés ainsi qu’une réduction des prix des hydrocarbures à la pompe.

 

Dans leur déclaration du 17 octobre, elles menacent d’appeler à une nouvelle désobéissance civile si ces deux conditions ne sont pas remplies. Leur démarche intervient après la journée ville morte du 12 octobre, organisée pour protester contre les difficultés économiques et le coût des carburants.

 

Le gouvernement répond à cette mobilisation en dénonçant une tentative de paralysie des institutions. Bienvenu Zokoué affirme que les organisateurs cherchent à entraîner les élèves, les étudiants, les enseignants, les commerçants et les transporteurs dans leur mouvement.

 

Le ministère demande à ces catégories professionnelles de vaquer librement à leurs occupations et affirme que les forces de sécurité ont pris les mesures nécessaires pour maintenir l’ordre.

 

Le communiqué ne développe toutefois pas de réponse détaillée à la revendication portant sur les prix des hydrocarbures. La question économique qui a contribué à la mobilisation reste donc distincte des accusations de déstabilisation formulées par le gouvernement.

 

Le spectre de 2013 invoqué pour renforcer le discours sécuritaire

 

Bienvenu Zokoué compare les mobilisations actuelles à la stratégie qui, selon lui, avait été utilisée en 2013. Il rappelle les conséquences de cette période de crise et met en garde les personnes qui poursuivraient des actions susceptibles, d’après le ministère, de menacer la stabilité du pays.

 

Cette référence donne une dimension plus grave aux accusations gouvernementales. Elle associe une contestation sociale à la possibilité d’un retour aux violences et aux désordres qui ont profondément affecté la République centrafricaine.

Le ministre cible directement le BRDC et l’URCA, accusant les opposants d’exploiter la colère sociale liée aux prix des hydrocarbures pour paralyser les institutions.

 

Le souvenir de 2013 reste un argument puissant dans le débat politique centrafricain. Son invocation peut contribuer à présenter les mobilisations actuelles comme un risque sécuritaire majeur avant même que les accusations individuelles soient publiquement détaillées.

 

Pourtant, une comparaison historique ne constitue pas une preuve des intentions des organisateurs. Le gouvernement doit établir les faits qu’il reproche aux personnes arrêtées et préciser les fondements juridiques des mesures prises contre elles.

 

Le communiqué ne permet pas, à lui seul, de déterminer si les actions annoncées pour le 19 octobre visaient à commettre des infractions ou à exercer une pression politique par la désobéissance civile.

 

Les conditions de détention restent sans réponse précise

 

Les organisations signataires de la déclaration du 17 octobre affirment que les avocats, les familles et les collègues des personnes arrêtées n’ont pas accès à elles. Elles dénoncent également le dépassement présumé du délai légal de garde à vue et réclament leur libération immédiate.

 

Le communiqué de Bienvenu Zokoué ne répond pas précisément à ces accusations. Il ne fournit aucune information détaillée sur la durée de la détention des cinq responsables, leurs conditions d’accès à un avocat ou les éventuelles décisions judiciaires prises dans leurs dossiers.

 

Cette question demeure centrale. Les accusations de déstabilisation avancées par le gouvernement ne dispensent pas les autorités de respecter les garanties légales applicables aux personnes privées de liberté.

 

La transparence sur les motifs des arrestations, les actes reprochés à chaque personne et les suites de l’enquête permettrait de mieux comprendre les fondements de la position gouvernementale.

 

À l’approche de l’échéance du 19 octobre à 15h30, le pouvoir maintient ses accusations contre l’opposition et avertit les organisateurs de nouvelles mobilisations. Les organisations de la société civile, de leur côté, conditionnent la suite de leur mouvement à la libération de leurs responsables et à la baisse des prix des hydrocarbures. Le contenu des éléments d’enquête évoqués par le ministère et la réponse des autorités aux revendications économiques restent au centre du bras de fer.

 

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Le Prix Gaston N’Guérékata 2026 décerné au mathématicien marocain Khalil Ezzinbi

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Le mathématicien marocain Khalil Ezzinbi a reçu le Prix Gaston N’Guérékata 2026 à Ouagadougou, au Burkina Faso, lors de la Conférence africaine de mathématiques industrielles et appliquées organisée à l’Université Thomas Sankara.

 

Cette distinction a été créée par le professeur Abdon Atangana pour honorer les personnalités scientifiques africaines et valoriser leurs contributions à la recherche. Elle récompense également les efforts consacrés à la formation et à l’accompagnement des jeunes chercheurs sur le continent.

 

Le Prix Gaston N’Guérékata 2026 décerné au mathématicien marocain Khalil Ezzinbi
La remise du Prix Gaston N’Guérékata promotion 2026

 

La conférence a réuni des spécialistes venus de 25 pays. Les participants ont échangé sur plusieurs domaines de recherche, notamment les enjeux environnementaux, la santé et l’intelligence artificielle. Ces travaux visent à renforcer les applications des mathématiques face aux défis scientifiques et économiques des pays africains.

 

À lire aussi : CNCA-PDD : Vincent Mbokoto Dilla appelle au départ des forces russes et à la restauration de l’ordre constitutionnel

Le prix porte le nom du professeur centrafricain Gaston N’Guérékata, universitaire reconnu pour son parcours international. Il est accompagné d’un trophée en forme de baobab, symbole de la transmission du savoir et de la durabilité.

 

À lire aussi : Centrafrique : la PJLOD exige la libération immédiate des leaders de la société civile arrêtés à Bangui

À cette occasion, les organisateurs ont également appelé les gouvernements africains à renforcer leur soutien à l’enseignement scientifique et à favoriser la participation des femmes aux disciplines scientifiques.

 

L’attribution de cette distinction à Khalil Ezzinbi inscrit son nom parmi les personnalités mises à l’honneur par cette initiative consacrée à la recherche et au développement scientifique en Afrique. Actions disponibles copié vers le presse-papiers

 

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Le mathématicien marocain Khalil Ezzinbi a été distingué par le professeur Abdon Atangana lors de cet événement scientifique majeur.

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Gestion chaotique à l’UNOPS Afrique centrale : licenciements massifs, népotisme et projets bloqués en Centrafrique

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Une nouvelle alerte accable la gestion de l’UNOPS en Afrique centrale. Entre purges ethniques du personnel et résiliation de contrats par le gouvernement centrafricain, le bureau dirigé par Nathalie Angibeau s’enfonce dans le chaos.

 

Un climat de terreur et une gestion sous le signe du népotisme

 

La tension atteint son paroxysme au sein du Bureau multipays pour l’Afrique centrale (CAMCO) et de celui pour l’Afrique du Nord (NAMCO) de l’UNOPS, tous deux placés sous la direction de Nathalie Angibeau. Dans une sixième lettre de dénonciation rendue publique le 13 août 2026, des employés décrivent une gouvernance toxique marquée par des abus d’autorité, du harcèlement et des représailles ciblées. Selon les témoins sur le terrain à Bangui, la directrice générale s’apprête à licencier sans ménagement près d’une cinquantaine de travailleurs centrafricains d’ici le mois de décembre 2026. Cette purge sociale répondrait à une volonté manifeste de privilégier ses compatriotes haïtiens au détriment des cadres et nationaux qualifiés.

 

Gestion chaotique à l'UNOPS Afrique centrale : licenciements massifs, népotisme et projets bloqués en Centrafrique
Les activités des employés de l’UNOPS en activités des travaux de route entre Ndélé et Ouadda-Maïkaga

 

La déstabilisation méthodique des ressources humaines de la mission

 

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Pour imposer cette hégémonie, la direction procède au remplacement de tous les responsables régionaux appréciés pour leur professionnalisme. L’ancien chef de bureau, le Béninois Fred Fanou, reconnu pour son travail exceptionnel, a été évincé sans ménagement pour être remplacé par une proche de la directrice, Barbara Manouchka. La même logique de favoritisme a frappé le service des ressources humaines à Bangui, où le responsable Raja, présent depuis de nombreuses années, a été écarté au profit d’une agente haïtienne n’ayant jamais posé le pied en République centrafricaine. Cette réorganisation arbitraire bloque désormais le traitement et le paiement des salaires de dizaines de contractuels, plongeant les familles dans la détresse.

 

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Le gouvernement centrafricain rompt définitivement ses accords avec l’UNOPS

 

Les conséquences de cette désorganisation ne se limitent pas au traitement du personnel, elles paralysent également les projets d’infrastructures majeurs. Alors que l’accord conclu en septembre 2022 et révisé en mai 2026 dépassait les 34 millions de dollars, soit plus de 19 milliards de francs CFA avec un soutien massif de la Banque mondiale, l’UNOPS n’a pas honoré ses engagements contractuels envers les entreprises de BTP. Des projets vitaux comme la réhabilitation de la section routière Ndélé-Ouadda et la construction de quatre ponts sur l’axe Mbrès-Bamingui-Ndélé accusent des retards catastrophiques. Face à cette défaillance financière et technique, le gouvernement centrafricain a publié un communiqué le 7 juillet 2026 pour annoncer l’arrêt de toute nouvelle collaboration avec l’UNOPS et a officiellement demandé à la Banque mondiale de cesser tout financement transitant par cet organisme.

 

Des vagues de représailles pour étouffer les lanceurs d’alerte

 

Au sein de l’institution onusienne, la contestation interne est étouffée par la menace permanente de révocations immédiates. Une enquête interne a révélé une méfiance généralisée et un niveau de satisfaction historiquement bas parmi les employés à l’égard de la direction d’Afrique centrale. Pourtant, aucune mesure corrective n’a été prise par les organes d’investigation de l’UNOPS. Les agents osant dénoncer ces dérives font l’objet de persécutions administratives et de licenciements abusifs. Coincés entre des retards de paie intentionnels, un favoritisme flagrant et l’arrêt des chantiers nationaux, les travailleurs centrafricains assistent impuissants à la dégradation d’une agence devenue le symbole de l’injustice sociale et de l’incapacité de gestion à Bangui.

 

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Face à cette crise, les licenciements massifs et les projets bloqués ont conduit le gouvernement centrafricain à rompre ses accords avec l’organisme.

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Quand l’État centrafricain préfère tendre la main au FMI plutôt que de soutenir les bras qui nourrissent la nation

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 La République Centrafricaine s’enlise dans une trajectoire économique paradoxale où les bras cassés de la septième république tendent inlassablement la main aux institutions financières internationales tout en tournant le dos à ceux qui cultivent la terre. Cette dépendance chronique aux perfusions du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale masque mal l’incapacité coupable des autorités à valoriser les immenses potentialités du territoire national.

 

Le mirage des aides extérieures face à la pauvreté des campagnes

 

Plutôt que d’investir massivement dans le tissu productif local, le pouvoir en place choisit la facilité des prêts extérieurs et des ajustements budgétaires dictés depuis l’étranger. Chaque délégation de ministres qui court à Washington ou à Bruxelles illustre cette politique de la main tendue qui appauvrit durablement la population. Pendant que les caisses de l’État se remplissent temporairement grâce à ces emprunts, le monde rural et paysan sombre dans un dénuement total, privé du moindre soutien logistique ou financier.

Quand l'État centrafricain préfère tendre la main au FMI plutôt que de soutenir les bras qui nourrissent la nation
De gauche à droite Simplice Mathieu Sarandji, Faustin Archange Touadera, Tina Touadera et Félix Moloua en prière à l’église Apostolique de Lakouanga

 

À lire aussi : Centrafrique : Faustin Zaméto dénonce les « failles » de l’affaire Foucher et interpelle Paris et Bangui

 

L’abandon des producteurs de cacao, symbole d’une faillite politique

 

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La filière cacao, autrefois l’un des fleurons de l’économie centrafricaine, incarne à elle seule cette tragédie de l’abandon. Dans la région de la Lobaye comme à Mbaiki, des passionnés comme Édouard Mbango maintiennent en vie des exploitations à force de sacrifices, sans jamais recevoir le moindre appui concret du ministère de l’Agriculture. Les planteurs travaillent dans des conditions archaïques, se battent contre l’absence d’acheteurs et finissent par arracher leurs propres plants par désespoir, tandis que l’administration observe cette lente agonie avec une indifférence totale.

 

À lire aussi : Le POLITOLOGUE FARI TAHÉRUKA SHABAZZ alerte sur la PROPAGANDE DU SATANISME ET HAINE DE JÉSUS-CHRIST À BANGUI

Relancer la production nationale pour briser les chaînes de la dépendance

 

L’économie d’un pays ne saurait prospérer durablement en comptant uniquement sur la manne extérieure et sur une fiscalité douanière étouffante qui asphyxie le pouvoir d’achat. Pour sortir de cette impasse, il devient urgent de rompre avec ces logiques d’assistanat international et de rediriger les ressources vers les véritables forces vives de la nation. Redonner la parole et les moyens aux agriculteurs, structurer des filières porteuses comme la transformation locale du cacao et bâtir une souveraineté économique réelle constituent les seuls remparts contre l’appauvrissement généralisé de la population centrafricaine.

 

Sylvie VICKOS

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La dépendance économique aux prêts internationaux, notamment du FMI, s’accompagne d’une négligence alarmante envers l’agriculture centrafricaine, essentielle pour le développement national.

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Hervé Zouaka : « Il faut un accès équitable, juste pour tous »… alors que les procédures restent difficiles à assurer à l’intérieur du pays

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Le secrétaire général de la Commission nationale pour les réfugiés (CNR), Hervé Zouaka, affirme que tous les demandeurs d’asile doivent bénéficier d’un accès équitable aux procédures de détermination du statut de réfugié (DSR), quelle que soit leur nationalité ou leur origine.

Hervé Zouaka : « Il faut un accès équitable, juste pour tous »… alors que les procédures restent difficiles à assurer à l’intérieur du pays
Hervé Zouaka, Secrétaire général de la Commission nationale pour les réfugiés

 

Lors d’un entretien accordé à Radio Guira après la session de formation organisée les 20 et 21 août à Bangui avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), il a insisté sur la nécessité d’appliquer les mêmes règles à Bangui comme à l’intérieur du pays.

 

« Il faut qu’il y ait une DSR équitable, que ce soit à Bangui, mais aussi à l’intérieur du pays », a déclaré Hervé Zouaka.

 

Cette exigence se heurte aux difficultés matérielles reconnues par le responsable de la CNR. L’organisation régulière des sessions nécessite des moyens humains, financiers et logistiques. Or, la Commission fait face, selon lui, à des contraintes budgétaires et à une réduction des ressources disponibles.

À lire aussi : Distribution frénétique de permis miniers : Le Conseil des ministres tourne à plein régime pour les bras cassés de la septième république

 

La difficulté est particulièrement importante dans les zones qui accueillent directement les personnes ayant fui les conflits. Birao, dans le nord-est du pays, accueille environ 26 000 réfugiés, principalement en lien avec la crise soudanaise. Assurer dans ces zones un accès effectif aux procédures de détermination du statut suppose donc de pouvoir déplacer les équipes, organiser les entretiens et garantir un cadre adapté aux demandeurs.

À lire aussi : Centrafrique : à Samo-Ouandja, le capitaine des FACA reconnaît lui-même son mauvais comportement et affirme que la population pourrait un jour manifester pour exiger son départ

 

Hervé Zouaka insiste également sur la nécessité de protéger la confidentialité des entretiens. Les personnes présentant des besoins spécifiques doivent pouvoir être reçues dans des conditions permettant de préserver leurs informations personnelles et leur sécurité.

 

L’enjeu ne se limite pas à l’organisation des entretiens. Les décisions prises à l’issue des sessions doivent être notifiées et suffisamment motivées afin que les demandeurs comprennent les raisons d’une décision défavorable et puissent, le cas échéant, exercer leur droit au recours.

 

Le risque est qu’un manque de moyens crée une différence entre le principe d’égalité affiché par la CNR et l’accès réel aux procédures selon le lieu où se trouve le demandeur d’asile. Une personne présente à Bangui et une autre installée dans une zone éloignée doivent pourtant bénéficier des mêmes garanties.

 

La multiplication des arrivées en provenance du Soudan et de la République démocratique du Congo accroît cette pression. Plus le nombre de demandes augmente, plus les capacités de traitement doivent suivre pour éviter l’allongement des délais et l’accumulation des dossiers.

 

Le discours de la CNR fait donc apparaître une difficulté centrale : garantir un droit identique à tous les demandeurs d’asile ne dépend pas uniquement des règles et de la formation des agents. Cela nécessite aussi des moyens suffisants pour rendre ces garanties effectives sur l’ensemble du territoire centrafricain.

 

Par Éric Azoumi

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Centrafrique : pourquoi refuse-t-on de parler de détenus politiques alors que des opposants et des personnalités restent incarcérés ?

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La question des détenus politiques reste au centre des débats sur les libertés publiques en République centrafricaine. Alors que les soi-disant autorités et certains journalistes, y compris certains  discours officiels évitent cette qualification, plusieurs personnalités politiques, responsables publics et proches d’opposants restent incarcérés dans des affaires liées, directement ou indirectement, à des dossiers politiques.

 

Le débat ne porte pas uniquement sur le terme utilisé pour désigner ces prisonniers. Il concerne aussi les circonstances de leur arrestation, la durée de leur détention, les accusations retenues contre eux et les garanties dont ils bénéficient devant la justice.

 

Centrafrique : pourquoi refuse-t-on de parler de détenus politiques alors que des opposants et des personnalités restent incarcérés ?

 

Pourquoi le terme « détenu politique » dérange-t-il autant ?

 

Un détenu politique n’est pas nécessairement une personne arrêtée uniquement parce qu’elle appartient à un parti d’opposition. La question porte également sur l’utilisation éventuelle de procédures judiciaires pour sanctionner une activité politique, une opinion, une proximité avec un opposant ou une contestation du pouvoir.

 

À lire aussi : Justice en Afrique : L’appel au courage de l’ancien ministre malien Mamadou Ismaila Konaté face au naufrage constitutionnel de la RCA

C’est précisément sur ce terrain que plusieurs affaires centrafricaines alimentent le débat. Lorsque des responsables politiques ou des personnalités publiques sont arrêtés dans des dossiers liés à des accusations de complot, de tentative de déstabilisation ou à leur entourage politique, la question de la motivation réelle des poursuites se pose.

 

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Le cas du docteur constitutionnaliste Dominique Désiré Erenon constitue l’un des dossiers les plus cités. Président du parti MDSP et opposant politique, il a été arrêté à son arrivée à l’aéroport de Bangui le 3 octobre 2025 après plusieurs années passées en France. Son incarcération continue d’alimenter le débat sur le traitement réservé aux opposants politiques. Alors, ERENON  n’est-il pas un détenu politique ?

 

Des détentions qui s’inscrivent dans des affaires politiques

 

L’affaire Armel Sayo a également entraîné plusieurs arrestations de personnes appartenant à son entourage ou soupçonnées d’avoir des liens avec lui. Parmi elles figure Abakar Mahamat, ancien directeur général du Trésor public et coordinateur du projet AGIR.

 

Abakar Mahamat a été arrêté le 11 mars 2025 dans son bureau par l’OCRB. Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, son arrestation était liée à l’affaire de l’ancien ministre Armel Sayo.  Pendant ce temps, un juge d’instruction avait ordonné la libération de sept personnes dans ce dossier, dont Abakar Mahamat, avant une contestation de cette décision par le ministre de la Justice, qui n’est autre que son cousin.

 

Régis-Lionel Dounda : dix ans de prison et une procédure d’appel bloquée

 

Le cas de Régis-Lionel Dounda est encore plus parlant. Ancien ministre de la Jeunesse et des Sports et responsable politique du MLPC, il est détenu depuis 2021 dans l’affaire dite de BOKOM, liée à des accusations farfelues de malversations dans la gestion d’un dossier foncier.

 

Régis-Lionel Dounda a été jugé et condamné en première instance à dix ans d’emprisonnement. Il a exercé son droit de faire appel de cette décision. Mais depuis, son recours reste bloqué dans la pratique, sur décision du ministre d’État à la justice. En plus, un autre suspect, directement lié à cette affaire, Daniel Nzéwé, lui- reste en liberté, malgré son implication directe dans le dossier. Rappelons que Daniel Nzéwé est membre du parti MCU au pouvoir.

 

Il est à noter qu’une procédure d’appel puisse avancer, ses avocats doivent obtenir la grosse du jugement de première instance. Ce document leur est nécessaire pour poursuivre normalement la procédure. Ils l’ont demandé, mais ne l’ont pas obtenu, tout est bloqué.

 

Cette situation bloque ainsi l’exercice effectif de son recours. Dounda reste en prison depuis plusieurs années alors que sa condamnation n’est pas définitive.

 

 

Une question qui dépasse les seuls opposants

 

Le débat ne concerne pas uniquement les dirigeants de partis politiques. Des fonctionnaires, des militaires, des membres de familles d’opposants et d’autres personnalités ont également été arrêtés dans différents dossiers à dimension politique ou sécuritaire.

 

Dans l’affaire Armel Sayo, le CNC avait notamment rapporté l’arrestation de membres de sa famille ainsi que celle de plusieurs personnes soupçonnées d’être liées au dossier. Ces arrestations ont alimenté les interrogations sur la responsabilité individuelle de personnes poursuivies en raison de leurs liens supposés avec une personnalité politique.

 

C’est précisément cette extension des arrestations à l’entourage de certaines personnalités qui rend nécessaire un examen individuel des dossiers. Une personne ne devrait pas être privée de liberté uniquement en raison de son lien familial, professionnel ou politique avec quelqu’un faisant l’objet de poursuites.

 

La réponse de Martin Ziguélé

 

Interrogé sur l’existence de détenus politiques en Centrafrique, Martin Ziguélé a déplacé le débat vers une conception plus large de la liberté politique. L’ancien Premier ministre et président du MLPC affirme lui-même être interdit de parole sur la radio et la télévision publiques.

 

« Il y a plusieurs formes de prison », répond-il. Pour Martin Ziguélé, empêcher une personnalité politique de s’exprimer dans des médias financés par le Trésor public constitue déjà une restriction importante de sa liberté.

 

Il ajoute : « Même si vous êtes dehors et que vous ne pouvez pas parler, c’est comme si vous étiez en prison. » Cette réponse ne règle pas à elle seule la question des personnes effectivement incarcérées, mais elle renvoie à un problème plus large : celui de la frontière entre justice pénale, liberté politique et répression de l’opposition.

 

La question demeure donc entière : si des personnes sont arrêtées dans des affaires liées à des opposants, si certaines restent détenues pendant de longues périodes, pourquoi ce terme reste-t-il si difficile à employer dans le débat public centrafricain ?

 

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Maître Crépin Mboli-Goumba : « Nous ne sommes plus dans un État civilisé avec des règles établies », le non-respect des institutions dénoncé par le Coordinateur du BRDC

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Maître Crépin Mboli-Goumba, président du parti Patri et coordinateur du Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC), dénonce un affaiblissement des règles institutionnelles en République centrafricaine. Dans une interview consacrée à l’actualité politique, il met directement en cause le comportement de certains responsables de l’exécutif face aux décisions du Conseil constitutionnel.

 

L’avocat réagissait notamment aux déclarations du ministre d’État et porte-parole du gouvernement, Evariste Ngamana, concernant la nationalité de l’ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuélé. Pour Crépin Mboli-Goumba, le débat juridique a déjà été tranché par le Conseil constitutionnel.

 

Maître Crépin Mboli-Goumba : « Nous ne sommes plus dans un État civilisé avec des règles établies », le non-respect des institutions dénoncé par le Coordinateur du BRDC

 

« Le problème de la nationalité du président Dologuélé a été posé, le débat a eu lieu, le Conseil constitutionnel a tranché », rappelle-t-il. Selon lui, cette décision doit s’imposer à toutes les autorités publiques puisqu’elle n’est susceptible d’aucun recours.

 

Il considère donc comme une remise en cause de l’ordre institutionnel toute prise de position d’un membre du gouvernement contestant cette décision. « Nous sommes dans une situation où un membre éminent de l’exécutif entre en rébellion contre une décision du Conseil constitutionnel », affirme-t-il.

À lire aussi : Dossier spécial : Daniel Nzéwé, du petit voleur des cabris du quartier à Bambari au grand escroc des millions à Bangui

 

« Tout le monde est devenu juriste »

 

À lire aussi : Rentrée scolaire 2026-2027 : Boali choisie pour la cérémonie officielle, mais les défis de l’école restent entiers

Crépin Mboli-Goumba estime que la controverse révèle une mauvaise compréhension des compétences du Conseil constitutionnel. Il rejette notamment l’idée selon laquelle cette institution aurait pour seule mission de régler les contentieux électoraux.

 

Il rappelle que le Conseil constitutionnel intervient également dans le contrôle de la constitutionnalité des lois, l’examen du règlement intérieur de l’Assemblée nationale et le règlement des conflits d’attribution entre les pouvoirs publics et certaines collectivités.

 

« Tout le monde est devenu juriste, tout le monde est devenu constitutionnaliste », lance-t-il, en critiquant les interventions de responsables politiques sur des questions relevant du droit constitutionnel.

 

Pour l’avocat, la maîtrise du droit repose d’abord sur les fondamentaux. « Le droit ne se maîtrise pas par le haut. Le droit se maîtrise par le bas », explique-t-il, estimant qu’une mauvaise connaissance des principes juridiques conduit à des erreurs dans l’interprétation et l’application des textes.

 

Le Conseil constitutionnel au cœur de la controverse

 

Le coordinateur du BRDC rappelle également une précédente déclaration d’Evariste Ngamana concernant la Constitution adoptée par référendum. Selon lui, le ministre avait évoqué la possibilité de réécrire le texte après avoir constaté que plusieurs versions du projet constitutionnel ne correspondaient pas aux attentes du pouvoir.

 

Crépin Mboli-Goumba qualifie cette approche d’« ignorance dangereuse du mécanisme constitutionnel ». Pour lui, une Constitution adoptée par le peuple ne peut pas être réécrite au gré des intérêts du pouvoir.

 

Il cite à ce sujet l’exemple de la Constitution française de 1958, en rappelant que des erreurs avaient pu être relevées dans son texte sans que les constitutionnalistes entreprennent pour autant de réécrire la Constitution après son adoption.

 

« Le souverain primaire qui est le peuple s’était déjà exprimé », souligne-t-il.

 

Une dérégulation des institutions

 

Pour Crépin Mboli-Goumba, le problème dépasse la seule affaire Dologuélé. Il estime que lorsqu’un responsable de l’exécutif conteste une décision du Conseil constitutionnel, le risque est de voir cette pratique s’étendre à d’autres institutions et administrations.

 

« Si vous êtes capables, vous, en tant que membre du gouvernement, de vous rebeller contre une décision du Conseil constitutionnel », affirme-t-il, avant d’évoquer les conséquences possibles sur le fonctionnement général de l’État.

 

Selon son analyse, le même raisonnement pourrait conduire des parlementaires à ne plus respecter les règlements intérieurs, ou des fonctionnaires à contester les règles qui encadrent leur activité.

 

« Ça autorise une dérégulation générale de ce qui fait une société », déclare-t-il.

 

C’est dans ce contexte qu’il prononce sa critique la plus sévère : « Nous ne sommes plus dans un État civilisé avec des règles établies, et surtout le respect de ces règles-là. »

 

Un nouveau pacte républicain

 

Face à ce qu’il considère comme une dégradation du fonctionnement institutionnel, le président du Patri appelle à revoir le pacte républicain. Il estime que cette réflexion doit porter sur les institutions, mais aussi sur l’éducation et la formation civique.

 

Pour lui, le respect des règles communes commence dès l’école. Il déplore notamment la suppression de l’instruction civique des programmes scolaires, estimant que cette matière contribuait à transmettre aux jeunes les notions de respect de la patrie, du bien public et des institutions.

 

« Le pacte républicain commence à la maternelle », soutient-il.

 

Dans sa vision, le respect des institutions ne peut pas reposer uniquement sur les textes juridiques. Il doit aussi être intégré dans la formation des citoyens et des futurs responsables publics.

 

La controverse autour de la nationalité d’Anicet-Georges Dologuélé sert ainsi à Crépin Mboli-Goumba de point de départ pour une critique plus large du fonctionnement de l’État. Il réclame le respect des compétences de chaque institution et l’application des décisions rendues par les organes constitutionnels, y compris lorsqu’elles ne correspondent pas aux intérêts du pouvoir en place.

 

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Centrafrique : Le pouvoir de Bangui a t-il tiré les leçons politiques de la journée “ville morte” ?

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Pour répondre aux contraintes des cours mondiaux des hydrocarbures suite à la fermeture du détroit d’Ormuz, le gouvernement de la République centrafricaine a augmenté unilatéralement les prix du carburant à la pompe.

 

Selon la législation en vigueur en matière des hydrocarbures, une telle décision devrait logiquement être prise par décret en conseil des ministres mais par mépris, cette augmentation a fait l’objet d’un simple communiqué du ministre de l’énergie sur instructions du Président de la République en mission à l’étranger.

 

Centrafrique : Le pouvoir de Bangui a t-il tiré les leçons politiques de la journée "ville morte" ?
De gauche à droite Simplice Mathieu Sarandji, Faustin Archange Touadera, Tina Touadera et Félix Moloua en prière à l’église Apostolique de Lakouanga

 

Conscient de l’importance et de l’impact de cette énergie avec effet domino sur l’économie nationale et surtout sur le panier de la ménagère, un consortium de la société civile a appelé la paisible population à observer une journée “ville morte” le 12 octobre 2026 en guise de protestation.

 

À titre de rappel, une “ville morte” par définition est un mot d’ordre qui invite la population à rester chez soi et à suspendre toute activité administrative, économique etc…

À lire aussi : Centrafrique : Chancel Sekodé-Ndeugbayi, président du PCS, exige la libération immédiate des leaders de l’OGDC, Elysée Nguémalé et Quentin Claver Ngbouando, après leur arrestation arbitraire

 

C’est une expression démocratique ou un indicateur de mécontentement, de protestation, de revendications sociales en cas de désaccord ou d’absence de dialogue, bref une forme de pression pacifique sur les autorités établies.

À lire aussi : CNCA-PDD : Vincent Mbokoto Dilla appelle au départ des forces russes et à la restauration de l’ordre constitutionnel

 

Elle établit en filigrane un lien triangulaire entre les pouvoirs publics, les citoyens et les partis politiques ou les composantes de la société civile.

 

Au delà de l’appréciation partisane selon les protagonistes de la réussite ou non de la ville morte, l’on a remarqué au plan politique que la journée “ville morte” à révélé la faillite du dialogue et de concertation, de la mise en valeur du rôle crucial ou combien important de la société civile, de l’incapacité du pouvoir de Bangui d’écouter ou de rechercher des solutions à la détresse de son peuple.

 

Ce droit non violent a mis les pouvoirs publics devant leur responsabilité et les a obligé à justifier leur décision unilatérale.

 

Il faut souligner qu’une décision de cette envergure ne mérite pas un communiqué et surtout en l’absence d’une étude d’impact sur la société.

 

Cela a constitué non seulement un test pour jauger la capacité de la société civile à mobiliser l’opinion nationale mais a servi également de test de légitimité de la cause et d’adhésion de la population tout en rejetant massivement la décision.

 

Sur le plan socio-économique, cette décision irréfléchie révèle la fragilité ou la précarité du pouvoir d’achat de la population car toute décision à caractère économique doit intégrer le niveau de revenu des ménages et surtout leur capacité à satisfaire les besoins primaires ou les besoins de première nécessité.

 

Outre l’effet domino de l’augmentation du prix des hydrocarbures sur les différents secteurs économiques, cette décision qui justifie la journée “ville morte” laisse transparaître les inégalités sociales des centrafricains surtout pour la population la plus vulnérable.

 

En terme d’equilibre, la satisfaction des besoins de l’État doit assurer et intégrer la protection sociale des ménages vulnérables.

 

À contrario, la distribution gratuite du carburant aux taxis-moto rend paradoxal l’équilibre gouvernemental et fragilise les raisons qui ont motivé la hausse unilatérale des hydrocarbures.

 

Face au mépris du pouvoir qui a tendance à sous-estimer la journée “ville morte”, le citoyen lambda s’interroge :

 

1- La journée “ville morte” a t-elle atteint les objectifs escomptés ?

 

2- Le pouvoir de Bangui a t-il écouté ou entendu le message de la population ?

 

3- Le silence du Président de la République face à la journée “ville morte” vaut-il le mépris ?

 

4- Peut-on opposé à une contestation née de la cherté de la vie en brandissant uniquement les contraintes économiques sans proposer des mesures d’accompagnement pouvant garantir le pouvoir d’achat de la population ?

 

5- Comment répondre à une grogne sociale d’envergure sans transformer une contestation économique en crise politique avec corollaire l’arrestation des leaders de la société civile ?

 

En tout état de cause, même si les effets de la ville morte sont mitigés, les autorités doivent comprendre que certains participants à cette opération ont la crainte de la sanction administrative ou pécuniaire, d’autres reticences resultent des désaccords entre les organisations de la société civile.

 

Avec l’arrestation sans l’aval du procureur de la République des trois leaders de la société civile qui ont lancé le mot d’ordre de la journée “ville morte”, la problématique de la crise des hydrocarbures a pris une autre dimension et risque d’amplifier l’adhésion des indécis à la cause.

 

Ainsi, on assistera à une mutation de la protestation du terrain économique vers celui de la justice.

 

Il faut noter que le ministre chargé de la communication de la

 

présidence a mis en garde contre l’instrumentalisation de la désobéissance civile et a confirmé l’arrestation des leaders de la société civile.

 

Il a en effet annoncé que les leaders interpellés seront libérés après audition.

 

La hausse unilatérale du carburant décidée sans décret officiel déclenche une vive crise sociale, poussant la société civile à mobiliser la population contre la vie chère.

Cette sortie médiatique hasardeuse soulève la problématique de l’indépendance de la justice et confirme que la présidence de la République peut arrêter des citoyens à son gré et ordonner leur libération en lieu et place du procureur de la République qui est le seul et unique garant des libertés fondamentales.

 

À travers cette improvisation tyrannique l’on est en droit de s’interroger si la présidence de la République cherche à comprendre le message de la population à travers cette ville morte ou elle cherche à empêcher que cela se transforme en mouvement de contestation qui risque d’entraîner l’effondrement de leur pouvoir illégal.

 

Enfin, à défaut de mettre en place une commission d’enquête parlementaire puisque d’emblée inefficace compte tenu du caractère monocolore de l’assemblée nationale, les paisibles habitants de Limassa qui ne se lassent dans leur combat soutenus par les vaillants citoyens de Mala, de Yalé et par extension à l’échelle nationale vont prendre leur responsabilité devant l’histoire en vous demandant publiquement de démissionner car le seuil de tolérance de l’humiliation du peuple est atteint.

 

Il faut savoir à titre de rappel que la démission n’est pas une faiblesse, un désaveu ni une fuite en avant mais un acte de noblesse, de responsabilité et de maturité politique.

 

Nous vous rappelons avec insistance que l’exil de nos jours est une prison dorée certes mais son essence est la souffrance, le calvaire, entremêlé de regret, de larmes, de remord et de la désolation…

 

Si je savais serait trop tard Monsieur le Président.

 

Mais attention, ne le dites à personne…

 

Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis le royaume de Limassa.

 

Limassa le 17 Octobre 2026.

 

Bernard SELEMBY DOUDOU.

 

Juriste, Environnementaliste.

 

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Centrafrique : la société civile lance un ultimatum jusqu’au 19 octobre pour la libération de cinq leaders arrêtés

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Les organisations de la société civile centrafricaine donnent jusqu’au lundi 19 octobre 2026 à 15h30 aux autorités pour libérer cinq de leurs responsables arrêtés à Bangui. Elles exigent aussi une baisse des prix des hydrocarbures à la pompe et menacent de relancer la désobéissance civile.

 

Dans une déclaration signée à Bangui le 17 octobre 2026, plusieurs organisations de la société civile exigent la libération sans condition de Quentin Ngouando, Elysée Nguemale, Stève Bendo Deny, Barry Mardios et Igor Mokpem. Ces cinq responsables ont été arrêtés le 15 octobre, alors qu’ils participaient à une conférence de presse au Centre Saint-Jean-XXIII, à Bangui.

 

Centrafrique : la société civile lance un ultimatum jusqu’au 19 octobre pour la libération de cinq leaders arrêtés
Les deux leaders de GTSC Gervais Lakosso et Paul Crescent Beninga

 

Les signataires dénoncent leur maintien en garde à vue et affirment que leurs droits fondamentaux ne sont pas respectés. Ils estiment également que la durée légale de leur garde à vue est dépassée.

 

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Un accès interdit aux avocats et aux familles

 

Les organisations signataires affirment que les avocats, les familles et les autres responsables de la société civile ne peuvent pas accéder aux personnes arrêtées. Elles attribuent cette restriction à des instructions du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Bienvenu Zokoué.

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Dans leur déclaration, les responsables associatifs dénoncent le traitement réservé à leurs collègues. Ils considèrent que ces derniers sont traités comme de grands criminels alors qu’ils exerçaient, selon eux, leurs activités d’activistes de la société civile.

 

Les signataires établissent également un contraste avec le traitement que les autorités accorderaient à des personnes impliquées dans des crimes et dans le pillage des ressources nationales. Ils réclament la libération immédiate des cinq responsables et invoquent la Constitution du 23 août 2023 pour défendre le droit de la société civile à exercer ses activités.

 

Un ultimatum assorti d’une menace de désobéissance civile

 

La déclaration fixe une échéance précise aux autorités centrafricaines : le lundi 19 octobre à 15h30. Les organisations conditionnent l’absence de nouvelles actions à la libération des cinq responsables et à une réduction des prix des hydrocarbures à la pompe.

 

« Si les leaders de la Société Civile arbitrairement arrêtés ne sont pas libérés à partir du lundi 19 octobre à 15h30 et que le prix des hydrocarbures n’est pas réduit à la pompe », préviennent les signataires, ils se réservent le droit d’appeler à une nouvelle désobéissance civile.

 

Cette menace intervient après la journée ville morte organisée le lundi 12 octobre à l’initiative de mouvements de la société civile opposés à la hausse des prix des carburants. Les organisateurs de cette mobilisation dénonçaient les conséquences du coût des hydrocarbures sur les conditions de vie des Centrafricains.

 

Les organisations signataires présentent leur éventuelle nouvelle mobilisation comme un moyen de soulager les souffrances de la population. Leur déclaration ne précise pas encore les formes que pourrait prendre cette désobéissance civile si les autorités ne répondent pas à leurs exigences avant l’échéance fixée.

 

La libération des cinq responsables au cœur des revendications

 

La déclaration porte les signatures de représentants de plusieurs structures, dont l’AUDH, l’ATCD-RCA, l’ONAFAC, la FNOSC, l’ACAT-PICA, le RFFED et la FEVCA, ainsi que d’autres organisations et militants de la société civile.

 

Les organisations exigent la fin de la garde à vue des militants et brandissent la menace d’une désobéissance civile si le prix des hydrocarbures ne baisse pas à la pompe.

Les signataires demandent aux plus hautes autorités du pays de libérer sans condition les cinq responsables arrêtés. Ils associent cette exigence à la baisse des prix des hydrocarbures, deux revendications qui constituent désormais les conditions posées avant l’échéance du 19 octobre à 15h30.

 

À cette date, les autorités devront faire face à un ultimatum dont l’expiration pourrait déboucher sur une nouvelle campagne de désobéissance civile à Bangui et dans le reste du pays. 

 

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Centrafrique : le collectif d’avocats de Quentin Ngouando et d’Élysée Nguemale dénonce l’interdiction d’accès à leurs clients a

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Le collectif d’avocats chargé de défendre Quentin Ngouando, Élysée Nguemale, Steve Francis Bendo Ndeny et deux autres personnes arrêtées à Bangui dénonce une atteinte aux droits de la défense. Dans un communiqué publié le 17 octobre 2026, les avocats affirment que les autorités leur ont interdit de rencontrer leurs clients.

 

Cinq personnes arrêtées après la journée « Ville morte » du 12 octobre

 

Les cinq personnes concernées sont Quentin Claver Ngouando, Élysée Nguemale, Steve Francis Bendo Ndeny, Barry Mardios et Igor Mokpem. Selon le collectif, elles ont été arrêtées le jeudi 15 octobre 2026, après la journée « Ville morte » organisée le lundi 12 octobre à Bangui et dans d’autres localités du pays.

Centrafrique : le collectif d’avocats de Quentin Ngouando et d’Élysée Nguemale dénonce l’interdiction d’accès à leurs clients a
Photo de la conférence de presse de L’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique (OGDC) et la plateforme I Gwé au Centre Saint Jean 23 à Bangui

 

Cette mobilisation avait été lancée pour protester contre la situation politique et sociale en République centrafricaine. Le communiqué des avocats précise que le mouvement a été largement suivi à Bangui et dans le pays.

 

Après les arrestations, les personnes concernées ont été réparties entre deux services de sécurité. Steve Francis Bendo Ndeny a été placé en garde à vue au commissariat central de Bangui. Les quatre autres personnes se trouvent à la Compagnie nationale de sécurité (CNS), selon le document.

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Les avocats empêchés de rencontrer leurs clients

 

À lire aussi : Centrafrique : Chancel Sekodé-Ndeugbayi, président du PCS, exige la libération immédiate des leaders de l’OGDC, Elysée Nguémalé et Quentin Claver Ngbouando, après leur arrestation arbitraire

Le collectif indique avoir constitué une équipe de douze avocats pour assurer la défense des cinq personnes arrêtées. Le vendredi 16 octobre, ces avocats ont informé par écrit le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Bangui de leur constitution.

 

Cette démarche devait permettre aux conseils de rencontrer leurs clients et de commencer à assurer leur défense dans le cadre des procédures engagées après les arrestations.

 

Le samedi 17 octobre, trois membres du collectif, Me Nicolas Tiangaye, Me Bruno Hyacinthe Gbiegbа et Me Becossor Feidangai, se sont rendus à la Compagnie nationale de sécurité et au commissariat central de Bangui. Leur objectif était de s’entretenir avec les personnes arrêtées.

 

Les trois avocats affirment n’avoir pu accéder à aucun de leurs clients. Selon le communiqué, ils ont été informés que les plus hautes autorités de l’État avaient donné des instructions fermes interdisant tout contact avec les personnes détenues.

 

Le collectif ne précise pas dans son communiqué quelle autorité aurait donné ces instructions. Il ne fournit pas non plus de document officiel confirmant cette interdiction.

 

Le collectif dénonce une atteinte aux droits de la défense

 

Face à cette impossibilité de rencontrer les personnes arrêtées, les avocats dénoncent une atteinte aux droits de la défense et au libre exercice de leur profession.

 

Dans leur communiqué, ils déclarent : « Dénonce une grave atteinte aux droits de la défense et au libre exercice de leur profession ».

 

Les conseils estiment que l’accès aux clients constitue une condition nécessaire à l’exercice de leur mission. Sans entretien avec les personnes arrêtées, ils ne peuvent pas recueillir directement leurs explications ni préparer leur défense dans les conditions qu’ils jugent nécessaires.

 

Le collectif interpelle également l’opinion publique sur le respect des libertés fondamentales en République centrafricaine. Il affirme vouloir prendre à témoin l’opinion nationale et internationale face à ce qu’il qualifie de dérives portant atteinte à ces libertés.

 

Les avocats exigent le respect des lois

 

Dans leur déclaration datée du 17 octobre 2026 à Bangui, les membres du collectif demandent aux autorités de respecter les dispositions légales qui encadrent les droits de la défense.

Les avocats Quentin Ngouando et Élysée Nguemale, ainsi que trois autres personnes, subissent une détention menée par le collectif d’avocats dirigé notamment par Nicolas Tiangaye.

 

Ils exigent notamment que les avocats puissent accéder librement à leurs clients dans les lieux où ces derniers sont retenus.

 

Le communiqué est signé par Me Nicolas Tiangaye, ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats. Les onze autres membres du collectif sont Me Bruno Hyacinthe Gbiegbа, Me Jean-Pierre Madoukou, Me Innocent M. Poko, Me Ngassam Jean Édouard, Me Sammy Ozzo, Me Eddy Ngate, Me Elvis Ndakpa, Me Petrus White Side Ngono, Me Becossor Feidangai, Me Johnny Gonda et Me Hyacinthe Longba-Yaondo.

 

À la date de publication du communiqué, le 17 octobre 2026, le collectif affirme ne pas avoir pu rencontrer les cinq personnes arrêtées. Le document ne fait état d’aucune réponse du parquet ni des services de sécurité aux démarches entreprises par les avocats.

 

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PROPAGANDE ET COUPS DE BALAI de Kwa ti Kodro : LE MCU FAIT SA FANFARE PENDANT QUE LE GRAND-BANGUI CROULE SOUS L’INSALUBRITÉ

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Le spectacle de l’opération kwa ti kodro est désormais rituel chaque samedi matin dans les rues de la capitale. Au milieu des immondices accumulées et des caniveaux bouchés, une agitation chorégraphiée s’empare d’un quartier choisi pour servir de décor. Les objectifs des caméras officielles s’allument, la fanfare du Mouvement Cœurs Unis (MCU) entonne ses marches triomphantes, et les courtisans du régime s’activent, balai en main, pour simuler un élan citoyen qui n’existe que sur les écrans. Cette opération baptisée « Kwati Kodro », présentée à grand renfort de communiqués comme une révolution écologique, s’avère être une grossière mise en scène politique. Pendant que les dignitaires du pouvoir s’offrent une séance de communication à bon compte, les habitants du Grand-Bangui continuent de subir au quotidien la faillite totale des services publics de salubrité.

 

Le choix du marché et des abords du lycée de Miskine comme centre de gravité de cette parade publicitaire ne doit rien au hasard. Il s’agissait d’occuper l’espace visuel et de saturer l’attention pour masquer l’abandon chronique des autres arrondissements de la ville. Le cœur de cette supercherie repose sur la figure centrale du mytho dictateur, qui troque régulièrement ses habits d’apparat pour la panoplie de l’éboueur en chef. Accompagné de son Premier ministre et d’une cohorte de ministres feignant l’effort, le chef du régime utilise la misère urbaine comme un tremplin pour son propre culte de la personnalité. La présence obligatoire des associations affiliées et des cadres du parti transforme une simple tâche d’assainissement municipal en une cérémonie d’allégeance politique grotesque, où l’on compte les coups de balai comme on compterait des votes.

 

PROPAGANDE ET COUPS DE BALAI  de Kwa ti Kodro : LE MCU FAIT SA FANFARE PENDANT QUE LE GRAND-BANGUI CROULE SOUS L'INSALUBRITÉ
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Cette mise en scène permanente devient révoltante lorsqu’on la confronte à la réalité foncière et environnementale du pays. Lors des séances d’autosatisfaction en Conseil des ministres, le mytho dictateur se plaît à jouer les gardiens de la nature, exigeant avec fermeté la préservation des espaces verts et menaçant les auteurs d’occupations illégales à des fins lucratives. Cette posture moralisatrice relève d’une ironie féroce, quand on sait que le pillage du domaine public et la spéculation immobilière sont précisément le fait des caciques du régime et de ses proches. Interdire aux petits vendeurs de survivre au nom de la propreté tout en fermant les yeux sur l’anarchie foncière orchestrée au sommet de l’État illustre parfaitement la duplicité de cette gouvernance.

 

L’illusion ne dure que le temps du tournage. Une fois la fanfare du MCU essoufflée, les officiels évacués dans leurs véhicules climatisés et les balais rangés, la poussière retombe sur une capitale exsangue. Le Grand-Bangui reste confronté à ses maux structurels : absence de système de collecte des déchets, manque criant d’infrastructures de traitement et canalisations à l’abandon. L’annonce d’un prochain déploiement théâtral dans la commune de Bimbo confirme que le régime n’a aucun plan sérieux pour la ville, si ce n’est la poursuite de sa tournée médiatique. Le nettoyage de façade ne remplacera jamais une politique urbaine, et les Centrafricains, fatigués de cette comédie hebdomadaire, attendent toujours des solutions concrètes pour sortir de la boue et de l’insalubrité.

 

Par Éric Azoumi

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Jean-Pierre Mara : « L’eau est là ! Et sans inondation »

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 Jean-Pierre Mara, ancien député centrafricain, dénonce l’absence d’un véritable réseau d’eau potable à Bangui et relie cette situation aux problèmes d’urbanisation et de gestion des risques d’inondation.

 

Pour Jean-Pierre Mara, « sans eau, il n’y a ni propreté ni salubrité ». L’ancien député estime que la construction d’un vaste réseau de distribution d’eau potable ne constitue pas une priorité pour l’État centrafricain.

À lire aussi : Centrafrique : après les églises évangéliques, Touadéra chez les catholiques avant la mosquée ?

 

Dans sa déclaration intitulée « L’eau est là ! L’eau est là ! Et sans inondation », Jean-Pierre Mara critique directement les différents gouvernements qui se sont succédé en Centrafrique. Il affirme que les responsables politiques se préoccupent davantage de la conservation de leurs pouvoirs et de leurs privilèges que de l’accès des populations à l’eau potable.

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Jean-Pierre Mara : « L’eau est là ! Et sans inondation »
L’ancien député de Mala, monsieur Jean-Pierre Mara

 

« Les dignitaires des régimes successifs n’ont pas à leur agenda l’existence même de l’eau », écrit Jean-Pierre Mara. Il ajoute que les responsables disposent de leurs propres moyens d’approvisionnement, alors qu’une grande partie de la population reste confrontée aux difficultés d’accès à l’eau potable.

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Jean-Pierre Mara rappelle les promesses sur les forages

 

Jean-Pierre Mara revient sur les annonces faites en 2021 par la SODECA et le ministère de l’Hydraulique. À cette période, une dizaine de forages doivent être construits dans les quartiers Mbémbé et Cité Nazareth, situés à la périphérie ouest de Bangui.

 

Ces quartiers connaissent alors des difficultés d’accès à l’eau potable depuis plusieurs années. Face à la persistance du problème dans d’autres secteurs de la capitale, la SODECA annonce ensuite un projet beaucoup plus vaste portant sur la construction de 3 000 forages à Bangui et dans ses environs.

 

En 2026, Jean-Pierre Mara affirme que cette décision n’a toujours pas produit les résultats attendus. Il qualifie cette orientation de « farfelue » et estime que le recours massif aux forages montre l’incapacité à construire un véritable réseau public de distribution d’eau dans la capitale.

 

Pour l’ancien député, la vétusté du réseau de transport de l’eau et les difficultés du réseau électrique aggravent les problèmes d’approvisionnement. Il relie ces difficultés à la mauvaise gestion des différents gouvernements.

 

Jean-Pierre Mara défend une véritable politique d’urbanisation

 

Jean-Pierre Mara estime pourtant que des solutions existent. Il compare le réseau d’eau aux réseaux routier, électrique et de téléphonie fixe.

 

Selon lui, l’État doit mettre en place un véritable programme d’urbanisation. Chaque habitation construite dans la ville conformément à un schéma cadastral devrait pouvoir être raccordée aux différents réseaux publics et payer en fonction de sa consommation.

 

L’ancien député considère que l’absence d’une urbanisation maîtrisée empêche aujourd’hui une partie des habitants d’accéder aux réseaux et de contribuer financièrement à leur développement.

 

« L’habitant doit avoir accès et payer pour contribuer aux investissements », affirme Jean-Pierre Mara, qui fait de la planification urbaine un élément central de sa réflexion sur l’accès à l’eau potable.

 

Il établit également un lien direct entre l’urbanisation de Bangui et la question des inondations. Pour lui, l’aménagement de la capitale doit intégrer les risques liés aux crues de l’Oubangui au lieu de traiter séparément les problèmes d’eau potable et de gestion des inondations.

 

Jean-Pierre Mara s’appuie sur les travaux de Yves Boulvert

 

Dans sa déclaration, Jean-Pierre Mara cite les travaux du géographe Yves Boulvert consacrés à l’histoire des crues de l’Oubangui à Bangui.

 

Ces travaux retracent les crues observées depuis 1889 et analysent leurs conséquences sur les populations et les biens installés dans les zones exposées. Ils présentent également une analyse statistique des débits de l’Oubangui sur une longue période.

 

Jean-Pierre Mara rappelle notamment que plusieurs crues historiques ont enregistré des débits supérieurs ou égaux à 12 000 m³/s. Les données citées dans sa déclaration font état de onze crues majeures recensées.

 

Il évoque aussi les crues de 1916, 1961 et 1999, utilisées dans l’analyse des risques d’inondation à Bangui. Les travaux cités montrent l’importance de prendre en compte les données hydrologiques dans l’aménagement de la capitale.

 

Jean-Pierre Mara insiste sur la nécessité d’un réseau d’eau potable efficace et d’une urbanisation maîtrisée pour améliorer l’accès à l’eau à Bangui.

Pour Jean-Pierre Mara, ces recherches démontrent qu’il est possible de disposer de données précises sur les risques liés à l’Oubangui. Elles doivent permettre d’intégrer la prévention des inondations dans les politiques d’urbanisation et d’aménagement.

 

Jean-Pierre Mara : « L’eau est là ! »

 

L’ancien député insiste sur le fait que la question de l’eau ne doit pas être réduite à la construction de quelques forages. Il défend une politique globale associant production, transport, distribution, urbanisation, électricité et prévention des risques.

 

Jean-Pierre Mara estime que les difficultés actuelles résultent aussi de l’absence d’une planification urbaine suffisamment structurée. Les constructions dispersées et l’occupation des zones exposées compliquent le raccordement aux réseaux et augmentent les difficultés liées aux crues.

 

Il considère donc que Bangui peut développer son réseau d’eau potable tout en intégrant les risques d’inondation dans les choix d’aménagement. Les données disponibles sur l’Oubangui doivent, selon lui, servir à planifier les quartiers, les infrastructures et les réseaux.

 

« L’eau est là ! Et sans inondation », résume Jean-Pierre Mara, qui appelle ainsi à traiter ensemble l’accès à l’eau potable, l’urbanisation de Bangui et la prévention des risques liés aux crues.

 

Jean-Pierre Mara est ancien député de la République centrafricaine.

 

Par Alain Nzilo

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Évariste Ngamana, le grand sorcier de Carnot : « La loi dit tout simplement que la nationalité centrafricaine est une et exclusive », quand le gouvernement impose sa propre lecture du Code de la nationalité

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Évariste Ngamana affirme que « la loi dit tout simplement que la nationalité centrafricaine est une et exclusive » pour défendre la position du gouvernement dans l’affaire Anicet-Georges Dologuélé. Une lecture juridique que l’opposant conteste, alors que le débat porte sur les conditions de perte et de réintégration dans la nationalité centrafricaine.

 

Une lecture tranchée de la nationalité

 

Lors de sa conférence de presse, le grand sorcier de Carnot Évariste Ngamana présente comme claire la règle applicable aux Centrafricains qui détiennent une autre nationalité.

Évariste Ngamana, le grand sorcier de Carnot  : « La loi dit tout simplement que la nationalité centrafricaine est une et exclusive », quand le gouvernement impose sa propre lecture du Code de la nationalité
Le grand sorcier de Carnot, Évariste Ngamana

 

« La loi dit tout simplement que la nationalité centrafricaine est une et exclusive. C’est-à-dire que tu ne peux pas la détenir concurremment à une autre nationalité », affirme-t-il.

 

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Pour le fameux ministre d’État, la détention d’une autre nationalité entraîne donc la perte de la nationalité centrafricaine dans les conditions qu’il expose.

 

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Cette interprétation constitue l’un des principaux points de désaccord avec Anicet-Georges Dologuélé, qui conteste précisément l’idée d’une perte automatique de la nationalité centrafricaine.

 

Le désaccord porte sur les effets juridiques

 

Dologuélé soutient que la question ne peut pas être réduite à la seule détention d’une nationalité étrangère. Selon l’argument qu’il a développé publiquement, la perte de la nationalité centrafricaine nécessite l’application des procédures prévues par le Code de la nationalité.

 

Évariste Ngamana présente une autre lecture du dispositif.

 

Il affirme que Dologuélé, après avoir acquis la nationalité française, a perdu sa nationalité centrafricaine et doit désormais engager une procédure de réintégration.

 

« Pour que M. de Léguélé redevienne centrafricain, la loi dit, il faut que celui qui a perdu […] puisse écrire au Président de la République », déclare-t-il.

 

Le ministre d’État rattache ainsi directement la situation actuelle de Dologuélé à une procédure de réintégration.

 

Une procédure de réintégration au centre de l’affaire

 

Selon Évariste Ngamana, la demande doit être adressée au président de la République. Une enquête doit ensuite être menée afin de vérifier la situation du demandeur avant qu’un décret de réintégration puisse intervenir.

 

« Le Président prendra un décret pour sa réintégration », affirme-t-il.

 

Cette présentation fait de la demande adressée au chef de l’État une étape nécessaire pour permettre à Dologuélé de retrouver la nationalité centrafricaine.

 

C’est précisément ce que l’opposant refuse de considérer comme une simple formalité administrative.

 

Pour Dologuélé, accepter cette démarche reviendrait à reconnaître qu’il a effectivement perdu sa nationalité centrafricaine. Le désaccord porte donc sur le statut juridique préalable du demandeur et non seulement sur la procédure à suivre.

 

Une interprétation qui dépasse le seul cas Dologuélé

 

Le débat ne concerne pas uniquement l’ancien Premier ministre.

 

L’interprétation défendue par Évariste Ngamana peut avoir des conséquences pour les Centrafricains ayant acquis une nationalité étrangère. La question devient alors celle du statut de ces personnes au regard du Code de la nationalité et des procédures prévues pour la perte ou la récupération de la nationalité centrafricaine.

 

Dologuélé avait justement élargi le débat aux binationaux en affirmant que l’interprétation défendue par le pouvoir pourrait toucher des dizaines de milliers de Centrafricains.

 

Le gouvernement défend de son côté une lecture qui conduit à distinguer les personnes ayant conservé leur nationalité centrafricaine de celles qui l’auraient juridiquement perdue et devraient demander leur réintégration.

 

« La loi dit », mais quelle disposition ?

 

La formule utilisée par Évariste Ngamana « la loi dit tout simplement » donne à sa déclaration un caractère catégorique.

 

Or, dans un débat portant sur la nationalité, la question ne se limite pas à l’existence d’un principe général. Elle porte aussi sur les conditions précises dans lesquelles une personne perd sa nationalité, sur la nécessité ou non d’un acte administratif ou juridique, ainsi que sur les effets de cette perte.

 

C’est précisément sur ces éléments que les deux camps s’opposent.

 

Dologuélé conteste l’interprétation automatique défendue par le pouvoir. Évariste Ngamana affirme au contraire que la perte de nationalité est établie dans son cas et que la réintégration constitue désormais la procédure applicable.

 

La controverse reste donc centrée sur le contenu exact du Code de la nationalité et sur la manière dont ses dispositions doivent être appliquées à la situation d’Anicet-Georges Dologuélé.

 

Par Gisèle MOLOMA

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Afrique du Sud : le Consortium panafricain pour la paix lance un ultimatum contre les violences xénophobes

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Le Consortium panafricain pour la paix exige des autorités sud-africaines des mesures immédiates pour protéger les migrants africains. Dans un manifeste publié le 15 octobre 2026, l’organisation menace de soutenir un boycott symbolique et économique si leur sécurité n’est pas garantie.

 

Le Consortium panafricain pour la paix (CPP) hausse le ton contre les autorités sud-africaines. Dans un manifeste signé par son coordonnateur général, le Dr Nounga Djomo Ernest, l’organisation dénonce les violences xénophobes visant les ressortissants africains en Afrique du Sud. Elle accuse le pouvoir de Pretoria de manquer à ses obligations de protection et de trahir les principes de solidarité panafricaine.

 

Afrique du Sud : le Consortium panafricain pour la paix lance un ultimatum contre les violences xénophobes
Consortium panafricain pour la paix

 

Réuni en session extraordinaire d’urgence, le Conseil exécutif du CPP affirme que les violences et les persécutions visant les migrants africains dépassent le cadre d’incidents isolés. Il les présente comme une atteinte à la mémoire collective du continent et demande aux autorités sud-africaines de prendre des mesures concrètes.

 

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Le CPP rappelle le soutien africain à la lutte contre l’apartheid

 

Dans son manifeste, le Consortium rappelle que la fin de l’apartheid en Afrique du Sud a bénéficié du soutien de nombreux pays africains. Il cite notamment les sacrifices économiques, les bombardements subis par certains pays de la ligne de front et l’accueil accordé aux combattants du Congrès national africain (ANC).

À lire aussi : Centrafrique : la PJLOD exige la libération immédiate des leaders de la société civile arrêtés à Bangui

 

L’organisation rappelle également le rôle joué par plusieurs États africains dans l’hébergement des militants, l’octroi de passeports et la mise à disposition de bases militaires pendant la lutte contre le régime ségrégationniste.

 

Pour le CPP, ces sacrifices imposent aujourd’hui aux autorités sud-africaines une responsabilité particulière envers les autres peuples africains.

 

« L’Afrique ne quémande pas une faveur : elle exige le respect d’une dette indiscutable », affirme le manifeste.

 

L’organisation considère que les violences contre les ressortissants africains contredisent les valeurs de solidarité qui ont accompagné la lutte contre l’apartheid. Elle reproche aux dirigeants actuels de Pretoria de laisser se développer des pratiques qui menacent les ressortissants d’autres pays du continent.

 

Quatre exigences adressées aux autorités de Pretoria

 

Le Consortium panafricain pour la paix formule plusieurs exigences à l’égard du gouvernement sud-africain.

 

La première concerne la protection des migrants africains. Le CPP demande aux autorités de garantir leur sécurité et estime que la protection des personnes présentes sur le territoire relève des obligations légales, constitutionnelles et internationales de l’État.

 

L’organisation dénonce également ce qu’elle considère comme une tolérance des violences xénophobes. Elle met en garde contre toute inaction des autorités face aux agressions visant les étrangers.

 

La deuxième exigence porte sur la lutte contre l’impunité. Le Consortium demande aux tribunaux sud-africains de sanctionner sévèrement les responsables des violences xénophobes. Il estime que l’absence de poursuites et de sanctions affaiblirait la crédibilité internationale de l’État.

 

La troisième concerne le discours politique. Le CPP critique les responsables sud-africains qui désignent les migrants africains comme responsables des difficultés économiques rencontrées par une partie de la population.

 

Pour l’organisation, les problèmes économiques intérieurs ne peuvent justifier les agressions contre les ressortissants étrangers. Elle appelle les dirigeants sud-africains à rompre avec cette rhétorique.

 

Un appel au boycott symbolique et économique

 

Le quatrième volet du manifeste vise les organisations africaines et les forces politiques et sociales du continent. Le CPP appelle la jeunesse africaine et les mouvements progressistes à envisager un boycott symbolique et économique des intérêts sud-africains.

 

Cette mesure serait maintenue, selon le texte, tant que des garanties suffisantes de sécurité ne seraient pas appliquées aux ressortissants africains vivant en Afrique du Sud.

 

Le Consortium entend ainsi exercer une pression sur les autorités de Pretoria en mobilisant les acteurs économiques et sociaux du continent. Son manifeste ne précise pas les secteurs concernés, les modalités du boycott ni le calendrier de sa mise en œuvre.

 

L’organisation demande également aux instances africaines de mettre fin à ce qu’elle décrit comme une complaisance face aux violences xénophobes. Elle souhaite une réponse plus ferme des acteurs continentaux lorsque la sécurité des migrants africains est menacée.

 

Face à la persistance des violences xénophobes en Afrique du Sud, le Consortium panafricain pour la paix dénonce l’inaction de Pretoria et brandit la menace d’un boycott économique contre les intérêts sud-africains.

Le CPP invoque l’héritage de Frantz Fanon

 

Dans la dernière partie de son manifeste, le Consortium panafricain pour la paix affirme que la recherche de la paix ne doit pas conduire à accepter les violences ou l’absence de justice.

 

Il appelle l’Afrique du Sud à choisir entre la défense de la dignité humaine et la poursuite de pratiques contraires à la solidarité africaine.

 

Pour appuyer son argumentation, le CPP cite le penseur anticolonialiste Frantz Fanon : « Chaque génération doit, dans l’opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. »

 

L’organisation oppose ainsi la génération qui a combattu l’apartheid, avec le soutien de nombreux pays africains, aux dirigeants actuels qu’elle accuse de manquer à cet héritage.

 

« Nous ne négocions pas notre droit d’exister librement sur notre Continent », affirme le manifeste.

 

Signé le 15 octobre 2026 par le Dr Nounga Djomo Ernest, coordonnateur général du Consortium panafricain pour la paix, le document se termine par un appel à l’unité africaine et au respect des droits des ressortissants du continent.

 

« L’Afrique est une, indivisible et souveraine. Nul Africain n’est, ne sera jamais un étranger sur la terre qui a versé le sang pour sa liberté », conclut le texte.

 

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Xiangchen Zhang, Directeur général adjoint de l’OMC : « Il faut que le commerce profite véritablement aux plus vulnérables

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À mi-parcours du Programme d'action de Doha des Nations Unies, un programme décennal qui fixe des objectifs commerciaux ambitieux pour aider les pays les moins avancés (PMA) à jouer un rôle plus actif dans le commerce mondial d'ici à 2031, Xiangchen Zhang, Directeur général adjoint de l'OMC, dresse un bilan contrasté des progrès accomplis et des défis à relever. Dans cette analyse, Xiangchen Zhang souligne que si des avancées notables ont été réalisées depuis le lancement du programme en 2022, la communauté internationale a fait des progrès constants pour atteindre ces ambitions. Dans le même temps, Xiangchen Zhang rappelle que nous avons été confrontés à de fortes turbulences en raison de tensions géopolitiques et de perturbations prolongées, et que l'environnement extérieur n'a jamais été aussi difficile. Xiangchen Zhang appelle à un choix décisif pour que le commerce profite véritablement aux plus vulnérables.

 

Des progrès réels mais inégaux

 

Xiangchen Zhang rappelle que les Membres de l'OMC ont répondu aux appels des PMA en faveur d'une amélioration des possibilités d'accès aux marchés. Aujourd'hui, les exportations des PMA bénéficient d'un accès en franchise de droits aux marchés de destination et de règles d'origine simples et transparentes. Les services et fournisseurs de services des PMA bénéficient également de possibilités dans le domaine du commerce des services, et ces pays disposent de flexibilités en matière de politique pour intégrer les règles commerciales. Xiangchen Zhang note que ces dernières années, les Membres de l'OMC ont aussi pris d'importantes mesures pour faciliter une transition sans heurt des pays sortant de la catégorie des PMA.

 

Xiangchen Zhang, Directeur général adjoint de l'OMC : « Il faut que le commerce profite véritablement aux plus vulnérables
L’ambassador Xiangchen Zhang China

 

Le Directeur général adjoint de l'OMC souligne également que, au cours des 20 dernières années, les PMA ont reçu plus de 223 milliards d'USD au titre de l'aide au développement liée au commerce pour construire des infrastructures et renforcer les secteurs productifs qui les aident à tirer davantage parti du commerce mondial. Xiangchen Zhang précise que les initiatives de renforcement des capacités commerciales continuent d'apporter un soutien indispensable à l'intégration du commerce, et il se félicite du lancement de la troisième phase du Cadre intégré renforcé plus tôt cette année.

 

À lire aussi : Répression de la société civile en Centrafrique : Le BRDC exprime sa vive indignation suite à l’arrestation de trois figures de la société civile centrafricaine par la Compagnie Nationale de Sécurité

Cependant, Xiangchen Zhang tempère ces réussites en rappelant que, bien que nous ayons des exemples de réussite à partager, les progrès restent inégaux. Les exportations des PMA ne représentent encore que 1,04 % des exportations mondiales de marchandises, leur part dans les exportations mondiales de services est de 0,5 %, et leur part dans les services fournis par voie numérique est de 0,2 %. Xiangchen Zhang insiste : trop de personnes vivant dans les PMA n'ont pas encore pleinement exploité leur potentiel commercial, et il faut que cela change.

 

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Des défis croissants

 

Xiangchen Zhang avertit que les embûches ne cessent de se multiplier. Si de nouvelles possibilités se profilent, de nouveaux risques apparaissent également. L'année dernière, on a observé une baisse de plus d'un quart de l'aide publique au développement en faveur des PMA. La pression croissante sur les budgets consacrés à l'aide crée une incertitude pour l'Aide pour le commerce, qui représente près d'un cinquième du total de l'aide publique au développement.

 

Face à cette situation, Xiangchen Zhang pose un choix clair : nous pouvons laisser les contraintes budgétaires et l'aggravation des écarts de capacité fragiliser encore plus les économies les plus vulnérables, ou nous pouvons nous appuyer sur la dynamique créée pour établir des partenariats plus judicieux et aider les PMA à façonner l'avenir du commerce mondial. Xiangchen Zhang propose d'agir sur trois fronts.

 

1. Protéger l'aide pour le commerce des demandes concurrentes

 

Xiangchen Zhang rappelle que l'ambition mondiale est de doubler l'Aide pour le commerce en faveur des PMA entre 2018 et 2031. Or, au cours des cinq dernières années, les décaissements ont augmenté de 1,2 % et les engagements ont baissé de 5 %. Cette tendance à la baisse est préoccupante, d'autant que les PMA peinent à attirer des financements provenant d'autres sources. En 2024, ils n'ont reçu que 13 % du financement du développement lié au commerce non concessionnel, et 7 % seulement du financement privé mobilisé pour le commerce. Leur part dans l'investissement étranger direct total est restée aux alentours des 2,5 %.

 

Xiangchen Zhang en tire une conclusion essentielle : dans des contextes vulnérables, le financement privé ne peut pas remplacer le soutien concessionnel. Au contraire, ce sont souvent les ressources concessionnelles qui rendent l'investissement privé possible. Elles nous aident à préparer les projets, à réduire les risques et à créer un environnement propice au commerce et à l'investissement. Xiangchen Zhang cite l'exemple de la Zambie, où la coopération avec la Chine a permis de construire des usines de transformation de farine de maïs, ce qui a augmenté la valeur ajoutée locale et permis de créer de meilleurs emplois. Au Togo, les améliorations apportées dans le secteur du soja y compris grâce au soutien fourni par le Cadre intégré renforcé ont contribué à attirer 25 millions d'USD pour une installation moderne de transformation de fèves de soja.

 

Xiangchen Zhang insiste : la réponse ne consiste pas à choisir entre l'aide et l'investissement. Elle consiste en une aide qui mobilise l'investissement. Il ne s'agit pas d'un financement public ou privé, mais d'un partenariat qui tire le meilleur profit des deux. Une réduction du soutien ciblé pour le commerce pourrait compromettre des années de progrès durement acquis.

 

2. Mettre l'accent sur les écarts de connaissances en matière de politique commerciale

 

Xiangchen Zhang souligne qu'environ 98 % de l'Aide pour le commerce en faveur des PMA est destinée aux infrastructures et aux secteurs de production, et seulement 2 % à la politique et à la réglementation commerciales sous la forme d'un soutien qui contribue à la négociation et à la mise en œuvre des règles commerciales. Des programmes ciblés qui vont du Programme de la Chine pour les PMA au soutien quotidien que le Fonds pour la promotion du commerce du Royaume-Uni offre au Groupe des PMA de l'OMC ont aidé les PMA à participer plus efficacement aux travaux de l'OMC.

 

Xiangchen Zhang se réjouit des résultats obtenus : la participation accrue des PMA à l'OMC a produit des résultats. Depuis 2022, les Membres de l'OMC ont adopté quatre décisions en réponse aux demandes des PMA, dont deux visant à faciliter une transition sans heurt des pays sortant de la catégorie des PMA une priorité centrale pour le Groupe des PMA. L'assistance technique de l'OMC a également joué un rôle important : depuis 2022, plus de 16 600 participants originaires de 42 PMA ont reçu une formation sur les règles de l'OMC et leur mise en œuvre. Xiangchen Zhang explique que ces programmes de soutien pour le commerce, modestes mais d'un grand impact, permettent aux pays d'acquérir les connaissances nécessaires pour négocier, des capacités de mise en œuvre et la confiance pour diriger. Il avertit cependant que ce sont précisément ces programmes que la réduction des budgets d'aide pourrait mettre en péril.

 

Xiangchen Zhang rappelle que les pays les moins avancés doivent impérativement renforcer leur position au sein du commerce mondial, avec le soutien actif de l’OMC.

3. Repenser les stratégies de négociation

 

Xiangchen Zhang constate que de grands groupes de Membres ont discuté de nouvelles règles, mais que la participation des PMA à ces discussions a été en demi-teinte. Par exemple, sur les 70 Membres qui font partie de l'Accord sur le commerce électronique, qui vise à assurer un environnement favorable au commerce numérique, 5 seulement sont des PMA. Dans le même temps, Xiangchen Zhang note que nous constatons davantage d'intérêt de la part des PMA dans la facilitation de l'investissement, 27 PMA ayant accédé à l'Accord sur la facilitation de l'investissement pour le développement.

 

Xiangchen Zhang estime que, depuis trop longtemps, les PMA se sont concentrés sur leurs intérêts défensifs comment se protéger contre les nouvelles obligations et les difficultés de mise en œuvre. Ces préoccupations sont réelles, reconnaît-il, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires pour aider les PMA à identifier leurs priorités commerciales émergentes et les possibilités qu'elles offrent. Xiangchen Zhang appelle donc les PMA à ne plus se demander quels risques ils doivent éviter, mais plutôt quelles possibilités ils doivent saisir.

 

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Cinq prétendants à suivre dans les barrages africains

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Deux analystes discutent de football dans un stade moderne

 

Les retours du deuxième tour préliminaire, programmés du 23 au 25 octobre, décideront des 16 places en phase de groupes avant la première journée du 27 au 29 novembre. Le calendrier fixe les matches aller du 16 au 18 octobre ; leurs résultats servent ensuite à comparer la forme et l’équilibre des candidats avant les retours. Les performances défensives et les résultats à l’extérieur, deux repères également utilisés dans les paris sportifs sur la plateforme 1xBet, aideront à situer les cinq candidats avant les rencontres décisives. Sundowns, Espérance, Orlando Pirates, Pyramids et RS Berkane disposent déjà de repères solides avant cette dernière étape.

Cinq profils qui inspirent le plus de confiance

Parmi les affiches du deuxième tour préliminaire figurent Mamelodi Sundowns contre Wiliete, l’Espérance de Tunis face à Al-Swehly, Orlando Pirates contre African Stars, Pyramids FC face à El Merriekh Bentiu et RS Berkane contre Star Sport Academy. Les matches retour, programmés du 23 au 25 octobre, détermineront les équipes qualifiées pour la phase de groupes.

Dans l’analyse des paris sportifs, la qualification sur l’ensemble des deux manches ne se confond pas avec le résultat du match retour. Le score acquis à l’aller intervient dans cette distinction.

Mamelodi Sundowns reste la référence immédiate. Le tenant du titre a construit son sacre 2025/26 sur le contrôle, la patience et un effectif capable d’absorber plusieurs scénarios. Même après quelques changements, la profondeur reste un avantage net.

Espérance de Tunis apporte autre chose: l’habitude. Le club sait gérer les doubles confrontations, les déplacements difficiles et les moments où un match se ferme.

ClubForce actuellePoint à surveiller
Mamelodi SundownsProfondeur et contrôleGestion des rotations
Espérance de TunisExpérience continentaleProduction offensive
Orlando PiratesÉquilibre collectifConfirmation à l’extérieur
Pyramids FCQualité techniqueRégularité
RS BerkaneCulture des matches à enjeuRégularité sur six journées

Orlando Pirates a remporté le championnat national 2025/26 avec un point d’avance sur Mamelodi Sundowns. Ce titre constitue un repère récent pour évaluer Orlando Pirates avant le match retour face à African Stars.

Les chiffres défensifs peuvent peser plus que les noms

Dans une phase de groupes, six journées laissent peu de place aux trous d’air. Une équipe qui voyage bien et concède peu peut prendre des points même lors d’une soirée moyenne.

Les statistiques défensives entrent également dans l’analyse des marchés de paris sportifs. Les séries de matches sans but encaissé, les totaux de buts par équipe et les paris sur un faible nombre de buts offrent plusieurs critères pour comparer les cinq candidats.

Sundowns et Espérance ont déjà montré leur capacité à gérer des matches fermés. Pyramids arrive avec l’expérience de son titre continental de 2025, tandis que RS Berkane a atteint les demi-finales de l’édition 2025/26. Ces parcours donnent plusieurs repères avant d’évaluer leur régularité sur six journées.

Le terrain à domicile change la hiérarchie

La Ligue des champions CAF récompense rarement une équipe incapable d’imposer son rythme chez elle.

Un stade bruyant, un climat familier et des repères tactiques stables peuvent transformer un match équilibré en pression territoriale. Pour établir un pronostic, il faut donc regarder séparément les performances à domicile et à l’extérieur.

Un favori très fort chez lui mais hésitant en voyage ne doit pas être évalué de la même manière sur six journées.

Cette différence influence aussi les marchés de résultat, les handicaps et les attentes de buts.

La profondeur du banc sera visible vite

Le calendrier est dense: première journée du 27 au 29 novembre, puis deuxième du 4 au 6 décembre et troisième du 18 au 20. Trois matches supplémentaires suivent en janvier.

Les clubs les mieux armés auront plusieurs choses en commun:

  • une charnière stable malgré les rotations;
  • deux ou trois options fiables dans les couloirs;
  • un remplaçant capable de changer le rythme;
  • des joueurs habitués aux longs déplacements;
  • une attaque qui ne dépend pas d’un seul finisseur.

Ce point peut faire évoluer les prévisions plus rapidement qu’un résultat isolé. Dans les paris sportifs sur le football, les choix de rotation prennent également de l’importance lorsque les équipes enchaînent plusieurs journées rapprochées et modifient leurs compositions.

Les marchés suivent la forme, pas seulement le prestige

Les absences, les rotations et les résultats à l’extérieur permettront de comparer les cinq clubs, avec des indicateurs de forme également utiles pour les paris sportifs suivis depuis l’application mobile de 1xBet, à l’approche des dernières rencontres qualificatives. Ces données pourront encore évoluer au rythme des matches et des changements de composition.

Une bonne prévision doit donc rester révisable. Un club peut conserver son statut de favori tout en voyant certains marchés évoluer si son milieu change ou si ses performances à l’extérieur deviennent moins régulières.

Le groupe des plus solides reste ouvert

À ce stade, Sundowns possède le dossier le plus complet. Espérance suit grâce à son expérience, tandis qu’Orlando Pirates, Pyramids et RS Berkane ont chacun un argument crédible.

Mais le deuxième tour préliminaire doit encore confirmer cette hiérarchie.

Les meilleurs candidats seront ceux qui combinent trois choses: une défense qui voyage, un banc assez profond pour absorber le calendrier et une attaque capable de produire quand le match se ferme.

Cette combinaison de critères permettra de mieux comparer les candidats et de préciser les prévisions lorsque les premiers résultats de la phase de groupes seront connus.

 

 

Martin Ziguélé : plus de 60 ans après les indépendances, dès que la lettre de félicitations de l’Élysée tombe, le problème des élections est bouclé

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Martin Ziguélé : plus de 60 ans après les indépendances, dès que la lettre de félicitations de l’Élysée tombe, le problème des élections est bouclé

 

Martin Ziguélé : plus de 60 ans après les indépendances, dès que la lettre de félicitations de l’Élysée tombe, le problème des élections est bouclé
Le-President-Français-Emmanuel-Macron-et-son-homologue-Centrafricain-Faustin-archange-Touadéra-à-l’Élysée-le-25-septembre-2017. – Polémique autour de nombreux voyage de Touadera à l’étranger.

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC  

 L’ancien Premier ministre centrafricain Martin Ziguélé critique l’influence exercée, selon lui, par les puissances étrangères sur les élections en Afrique francophone. Invité de l’émission L’Arbre à Palabre sur la DW, il estime que la reconnaissance extérieure d’un pouvoir peut parfois peser davantage que la contestation exprimée dans les urnes.

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Plus de 60 ans après les indépendances, les États africains disposent officiellement d’institutions électorales, de constitutions et de mécanismes destinés à organiser la désignation des dirigeants. Pour Martin Ziguélé, la question de la souveraineté politique ne peut pourtant pas être séparée de la manière dont les résultats des élections sont reconnus à l’intérieur et à l’extérieur des frontières.

 

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Selon lui, une élection peut être contestée par une partie importante de la population, donner lieu à des manifestations ou provoquer des tensions politiques. Mais lorsque les principales puissances étrangères reconnaissent rapidement le vainqueur, la contestation perd souvent une grande partie de sa portée diplomatique.

 

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Quand la reconnaissance extérieure intervient après une élection

 

Martin Ziguélé s’attarde notamment sur les messages de félicitations adressés par les dirigeants étrangers aux présidents déclarés vainqueurs d’une élection.

 

Pour lui, ces messages ne constituent pas de simples gestes protocolaires. Dans un contexte de contestation électorale, ils peuvent être perçus comme un signal politique indiquant que le résultat est désormais considéré comme acquis par les partenaires internationaux.

 

La formule qu’il emploie est directe : « dès que la lettre de félicitations de l’Élysée tombe, le problème est bouclé ».

 

Cette affirmation résume sa critique du poids de la diplomatie française dans les crises électorales africaines. Selon lui, la reconnaissance politique accordée depuis Paris peut contribuer à clore rapidement un débat sur la légitimité d’un scrutin, même lorsque les résultats sont contestés à l’intérieur du pays.

 

Les élections au cœur de la souveraineté

 

Pour l’ancien Premier ministre centrafricain, l’élection constitue pourtant l’un des principaux mécanismes par lesquels un peuple exerce sa souveraineté.

 

Le principe est simple : les citoyens votent, les institutions électorales procèdent au dépouillement et les résultats sont proclamés selon les règles prévues par la loi. Lorsqu’un candidat ou un parti conteste ces résultats, les mécanismes de recours prévus par la Constitution et la législation électorale doivent permettre de trancher le différend.

 

Le problème apparaît lorsque la contestation dépasse les institutions nationales et devient une crise politique majeure.

 

Dans ces circonstances, la position des gouvernements étrangers, des organisations régionales et des partenaires internationaux peut avoir une influence considérable sur l’issue de la crise.

 

La France comme acteur diplomatique majeur

 

La France conserve une influence importante en Afrique francophone en raison de ses liens historiques, politiques, économiques et diplomatiques avec de nombreux États du continent.

 

Cette influence s’exprime également lors des périodes électorales. Les déclarations de Paris sont attentivement observées par les gouvernements, les oppositions et les acteurs de la société civile.

 

Pour Martin Ziguélé, cette situation crée un paradoxe. Les élections sont organisées par des institutions nationales, les électeurs sont africains et les candidats sont issus de la vie politique locale. Mais la reconnaissance internationale du résultat peut dépendre fortement de la position adoptée par les principales puissances étrangères.

 

Il considère que cette situation affaiblit la capacité des institutions nationales à arbitrer seules les crises électorales.

 

Une élection contestée ne se résume pas à une lettre diplomatique

 

La reconnaissance internationale d’un résultat électoral ne suffit pourtant pas, à elle seule, à établir la régularité d’un scrutin.

 

Une élection peut être examinée à partir de plusieurs critères : participation des électeurs, accès équitable aux médias, transparence du dépouillement, observation électorale, fonctionnement des commissions électorales, traitement des recours et respect des libertés publiques.

 

Lorsque des contestations apparaissent, les institutions judiciaires et électorales nationales sont censées permettre de les traiter.

 

Pour Martin Ziguélé, la difficulté survient lorsque ces mécanismes sont fragilisés ou lorsque les acteurs politiques considèrent que les décisions internationales ont déjà tranché le débat avant même que les recours nationaux n’aboutissent.

 

Le poids politique des félicitations

 

Une lettre de félicitations adressée à un chef d’État nouvellement proclamé élu peut avoir plusieurs significations diplomatiques. Elle peut confirmer la volonté d’un pays étranger de maintenir ses relations avec le pouvoir en place. Elle peut également être interprétée comme une reconnaissance politique du résultat du scrutin.

 

Dans une période de crise, ce geste peut modifier le rapport de force entre le pouvoir et l’opposition.

 

Le président proclamé peut s’appuyer sur cette reconnaissance pour affirmer que son élection est désormais reconnue par la communauté internationale. L’opposition, de son côté, peut considérer que les partenaires étrangers ont choisi de privilégier la stabilité des relations avec le pouvoir au détriment de ses revendications.

 

C’est cette dynamique que Martin Ziguélé dénonce lorsqu’il parle d’une souveraineté politique incomplète.

 

La stabilité contre la contestation électorale

 

Les partenaires étrangers cherchent souvent à éviter qu’une crise électorale dégénère en affrontements, en coup d’État ou en conflit armé. La stabilité politique constitue donc un objectif important dans leurs relations avec les États africains.

 

Cette recherche de stabilité peut conduire à une reconnaissance rapide du pouvoir déclaré vainqueur, surtout lorsqu’une alternance institutionnelle paraît incertaine ou que la contestation risque de provoquer une crise plus profonde.

 

Pour Martin Ziguélé, cette logique peut avoir un coût démocratique lorsque la priorité accordée à la stabilité conduit à minimiser les contestations électorales.

 

Il estime que la stabilité ne peut pas durablement remplacer la légitimité issue d’un processus électoral crédible.

 

Les élections africaines sont souvent marquées par l’influence étrangère, ce qui soulève des questions sur la souveraineté politique des États concernés.

Le rôle des institutions africaines

 

La question concerne également les organisations africaines. L’Union africaine, les communautés économiques régionales et les mécanismes africains d’observation électorale disposent de dispositifs destinés à accompagner les processus électoraux et à prévenir les crises.

 

Le renforcement de ces mécanismes pourrait permettre aux États africains de jouer un rôle plus important dans la résolution de leurs propres crises électorales.

 

Pour Martin Ziguélé, cette capacité africaine à arbitrer les conflits politiques est indispensable si le continent veut réduire sa dépendance diplomatique à l’égard des anciennes puissances coloniales.

 

Il ne s’agit pas seulement de dénoncer l’influence étrangère. Il faut également construire des institutions africaines suffisamment fortes pour garantir la crédibilité des élections et faire respecter leurs décisions.

 

La question de la légitimité

 

Au fond, l’analyse de Martin Ziguélé porte sur la différence entre reconnaissance internationale et légitimité nationale.

 

Un président peut être reconnu par plusieurs gouvernements étrangers et rester contesté par une partie de sa population. À l’inverse, un pouvoir peut bénéficier d’une forte légitimité interne tout en rencontrant des difficultés dans ses relations internationales.

 

La véritable souveraineté politique suppose donc que la légitimité d’un dirigeant repose d’abord sur les institutions et les citoyens de son propre pays.

 

Pour l’ancien Premier ministre, la reconnaissance extérieure devrait accompagner cette légitimité et non s’y substituer.

 

Reprendre le contrôle du processus électoral

 

Plus de six décennies après les indépendances, Martin Ziguélé appelle ainsi à replacer les citoyens au centre des processus électoraux.

 

Cela implique des élections transparentes, des institutions électorales crédibles, une justice indépendante, des mécanismes de recours efficaces et une capacité réelle à vérifier les résultats contestés.

 

Cela suppose également que les partenaires étrangers évitent de donner le sentiment qu’une élection est définitivement réglée par une reconnaissance diplomatique avant même que les contestations nationales ne soient examinées.

 

Pour Martin Ziguélé, tant que la légitimité d’un président africain pourra être renforcée ou fragilisée par une décision politique venue de l’extérieur, les indépendances resteront incomplètes sur le terrain démocratique. La souveraineté électorale doit d’abord appartenir aux citoyens qui déposent leur bulletin dans les urnes.

 

Par Alain Nzilo

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Centrafrique-Tchad : l’ambassadeur centrafricain à N’Djamena contredit les communiqués du gouvernement sur l’opération militaire frontalière

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L’ambassadeur centrafricain au Tchad, Jean Bertrand Léopold Biamba, rapporte une contestation officielle de N’Djamena après une opération menée le 10 octobre par les FACA et leurs alliés russes. Sa note interne reconnaît des versions contradictoires sur le lieu des faits.

 

Une note diplomatique adressée le 11 octobre 2026 à la ministre centrafricaine des Affaires étrangères met en évidence les contradictions entre les communiqués du ministère de la Défense et la position officielle du Tchad. Dans ce document signé par Jean Bertrand Léopold Biamba, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République centrafricaine au Tchad, Bangui est informé d’une protestation formelle de N’Djamena après les opérations militaires du samedi 10 octobre.

 

Centrafrique-Tchad : l’ambassadeur centrafricain à N’Djamena contredit les communiqués du gouvernement sur l’opération militaire frontalière
des militaires tchadiens

 

Selon cette note, le ministre d’État tchadien chargé des Affaires étrangères a convoqué le diplomate centrafricain pour lui faire part de la ferme protestation de son gouvernement. Les autorités tchadiennes ont également demandé des explications sans délai à Bangui sur les conséquences des faits signalés.

 

Le différend porte principalement sur la localisation de l’opération. Le ministère centrafricain de la Défense affirme que les faits se sont déroulés du côté centrafricain de la zone des trois frontières. De son côté, le gouvernement tchadien situe les événements à Abnabak, dans la zone de Tissi, sur le territoire du Tchad.

À lire aussi : Jules Njawe célèbre le « Génie de Touadéra », mais après dix ans de pouvoir, nous avons un pays lourdement endetté, un carburant devenu hors de prix et la crise s’enflamme de partout

 

Deux versions officielles incompatibles

 

À lire aussi : Événements de 1979, un pan sur le déclenchement en Centrafrique

Dans sa correspondance, Jean Bertrand Léopold Biamba cite deux communiqués du ministère centrafricain de la Défense, portant les numéros 238 et 245/MDNRA/DIRCAB/SP, datés des 9 et 10 octobre 2026. Ces documents présentent les événements comme s’étant produits sur le territoire centrafricain.

 

L’ambassadeur oppose à ces déclarations la note verbale N°010684/MAEIASE/SG/2026 du 11 octobre, par laquelle les autorités tchadiennes affirment que les faits se sont déroulés à Abnabak, dans la zone de Tissi, au Tchad.

 

Face à ces deux versions, le diplomate écrit qu’« il se trouve qu’il y’a deux théâtres d’opération ». Il recommande la mise en place d’une commission chargée de rencontrer les autorités tchadiennes à N’Djamena, puis de se rendre conjointement sur les lieux afin de constater les faits.

 

Cette démarche vise, selon lui, à établir les circonstances exactes de l’opération et à éviter des interprétations divergentes susceptibles de détériorer les relations entre les deux pays.

 

Bangui reprend-il la version de ses alliés russes sans vérification indépendante ?

 

Cette affaire pose une question sur la manière dont le gouvernement centrafricain communique après les opérations menées par les Forces armées centrafricaines et leurs alliés russes. Les communiqués du ministère de la Défense présentent une version territoriale que la diplomatie tchadienne conteste officiellement.

 

Le document de l’ambassadeur ne permet pas, à lui seul, d’établir que le gouvernement a recopié un texte fourni par Wagner. Il confirme néanmoins que les déclarations officielles de Bangui ne concordent pas avec celles de N’Djamena et que cette divergence a provoqué une protestation diplomatique.

 

La question est d’autant plus sensible que des militaires tchadiens auraient été blessés lors des événements signalés. Les circonstances de ces blessures, leur localisation exacte et les responsabilités des différents acteurs doivent être établies à partir d’éléments vérifiables.

 

Si les faits se sont effectivement déroulés sur le territoire tchadien, comme l’affirme N’Djamena, la version diffusée par le ministère centrafricain de la Défense nécessiterait des explications. À l’inverse, si Bangui maintient que l’opération a eu lieu en territoire centrafricain, il lui appartient de présenter les éléments permettant de justifier cette position.

 

L’ambassadeur recommande d’associer la force mixte aux opérations

 

Au-delà de la controverse sur la localisation des faits, Jean Bertrand Léopold Biamba préconise un renforcement du dispositif de sécurité aux frontières. Il propose d’élargir le champ d’action de la Force mixte tchado-centrafricaine aux zones frontalières du nord-est, entre le Soudan, la République centrafricaine et le Tchad, ainsi qu’au nord-ouest, entre le Tchad, la République centrafricaine et le Cameroun.

 

L’opération militaire menée par les FACA et leurs alliés russes suscite de vives tensions diplomatiques, poussant le ministère de la Défense à s’expliquer face aux autorités tchadiennes.

L’ambassadeur recommande également d’associer systématiquement cette force mixte aux opérations menées dans les zones frontalières. Selon lui, cette participation permettrait de mieux comprendre le déroulement des interventions et de limiter les confusions entre les territoires concernés.

 

Cette recommandation intervient après une convocation diplomatique et une demande officielle d’explications adressée à Bangui. La note ne précise pas si le gouvernement centrafricain a déjà répondu à la protestation tchadienne ni si une commission d’enquête conjointe a été mise en place.

 

La clarification de cette affaire dépend désormais de la confrontation des versions officielles et de vérifications sur le terrain, alors que les deux pays doivent préserver leur coopération sécuritaire dans une zone frontalière sensible. 

 

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