Affaire Teddy Ouedane et consule générale de Centrafrique à Lomé, que s’est-il passé réellement ?
L’ancien député de Bouka 2 Teddy Arnaud Ouedane,
Par la rédaction de Corbeau News-Centrafrique.
À Lomé, capitale du Togo, le Consulat général de Centrafrique présente un tableau inhabituel pour une institution diplomatique : des bureaux dépourvus de mobilier, un personnel réduit au minimum, et une Consule générale octogénaire. Cette situation préoccupe les 4000 Centrafricains établis dans le pays. “C’est un consulat fantôme.” C’est ainsi que décrivent de nombreux ressortissants centrafricains leur représentation diplomatique au Togo. La visite récente de l’ancien député Teddy Ouedane a levé le voile sur l’état alarmant de cette institution censée servir une communauté de 4000 personnes.
L’affaire du Consulat général de Centrafrique au Togo prend une nouvelle tournure plus inquiétante. Alors que des rumeurs circulaient sur l’arrestation de l’ancien député Teddy Ouedane à Lomé, une enquête rapide du CNC dévoile une réalité plus complexe, marquée par des dysfonctionnements administratifs et des tensions entre les différents acteurs de cette représentation diplomatique. Les témoignages recueillis auprès des principaux concernés permettent de mieux comprendre la situation.
L’ancien député Teddy Ouedane, après la première publication du CNC sur l’histoire de son arrestation à Lomé, a accordé un entretien détaillé à la rédaction du CNC pour clarifier sa situation.
“Je suis libre de mes mouvements au Togo. Les rumeurs sur mon arrestation sont totalement infondées”, déclare-t-il depuis Lomé le 5 décembre.
Il explique avoir découvert l’état alarmant du Consulat lors d’une visite de routine :
“En arrivant au Consulat, j’ai constaté une situation inquiétante. La Consule générale, Mme Zoungoula née Akibode Marie Thérèse, âgée de 81 ans, éprouve des difficultés physiques importantes qui l’empêchent d’assurer pleinement ses fonctions“.
Le différend avec la représentation diplomatique a débuté lorsque l’ancien parlementaire s’est inquiété du sort des ressortissants centrafricains.
“Les services d’immigration togolais m’ont alerté sur la situation administrative précaire de nos compatriotes. Sans régularisation rapide, ils risquent des amendes conséquentes et une expulsion en janvier 2025”, précise-t-il.
La secrétaire centrafricaine du Consulat, Mme Mornandji Dande Anna Maria Antonità, interrogée par la rédaction du CNC, confirme ces dysfonctionnements :
“Nous manquons de tout. Le bâtiment est vide, sans équipement de base. Cette situation complique considérablement notre travail auprès de la communauté centrafricaine“.
Cependant, les relations entre l’ancien député et la consule se sont dégradées suite à une demande inhabituelle. Selon Teddy Ouedane, la consule lui a exigé le versement de 3 millions de francs CFA, alléguant que les services de renseignements togolais l’avaient informée de son acquisition de deux villas de standing à Lomé.
“La direction des renseignements m’a convoqué à 14 heures pour éclaircir la situation. J’ai simplement exposé les faits sur mon désaccord avec Madame la consule. Cette convocation n’a donné lieu à aucune poursuite”, explique l’ancien parlementaire.
L’ancien député, qui mène actuellement des projets d’investissement dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, s’inquiète des répercussions de cette situation sur l’image de la Centrafrique :
“Je développe des activités économiques représentant plusieurs millions de dollars. Ces sociétés pourraient créer des emplois en Centrafrique, mais de tels dysfonctionnements diplomatiques nuisent à notre crédibilité“.
La communauté centrafricaine au Togo, estimée à 4000 personnes, se trouve particulièrement affectée.
“Sans une représentation diplomatique fonctionnelle, nos compatriotes peinent à régulariser leur situation administrative”, souligne Jean-Marc, membre de l’association des Centrafricains au Togo.
Le ministère centrafricain des Affaires étrangères, sollicité à plusieurs reprises sur cette situation, n’a pas donné suite à nos demandes d’interview. Cette absence de réaction officielle renforce les inquiétudes quant à la gestion des représentations diplomatiques centrafricaines à l’étranger.
Un hippopotame attaque violemment un pêcheur sur la rivière Kouango
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/la-jeune-victime-de-lhyppopotame-sur-la-riviere-Kouango-337×450.jpg” alt=”Un hippopotame attaque violemment un pêcheur sur la rivière Kouango” width=”337″ height=”450″ />la jeune victime de l’hyppopotame sur la rivière Kouango
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Un drame s’est joué mercredi dernier dans la soirée sur la rivière Kouango, dans la préfecture de la Ouaka, à 419 km de Bangui, lorsqu’un hippopotame a violemment attaqué deux pêcheurs, blessant grièvement l’un d’entre eux. L’incident survenu vers 21 heures dans le quartier Gbassabangaye révèle les dangers auxquels sont exposés quotidiennement les pêcheurs de cette localité.
Tout commence en début de soirée lorsque Gaston et son frère quittent leur domicile pour une partie de pêche nocturne, une activité courante dans cette région où de nombreuses familles dépendent des ressources halieutiques pour leur subsistance. Équipés de leur pirogue et de filets de pêche traditionnels appelés “Épervier“, les deux hommes s’aventurent sur les eaux calmes de la rivière Kouango.
“Nous avons quitté la maison vers 21 heures pour aller pêcher. Une fois sur place, nous nous sommes installés dans notre pirogue et mon frère a commencé à jeter les filets dans l’eau”, raconte Gaston, encore touché par les événements. La sortie de pêche, qui s’annonçait routinière, prend rapidement une tournure dramatique.
C’est en éclairant la surface de l’eau avec une lampe torche que les pêcheurs aperçoivent la masse imposante d’un hippopotame, localement connu sous le nom de “Mbimba“, à proximité immédiate de leur embarcation. “Quand mon frère a dirigé la lampe vers l’eau, nous avons vu l’hippopotame juste à côté de la pirogue. La panique nous a immédiatement envahis”, poursuit le témoin.
Dans la confusion qui s’ensuit, les deux hommes tombent à l’eau. Si Gaston parvient à s’échapper en nageant rapidement vers la berge, son frère n’a pas cette chance. L’hippopotame, animal pouvant peser plusieurs tonnes, s’acharne alors sur la victime dans ce que le rescapé décrit comme un terrible “jeu”.
“L’hippopotame m’a d’abord poursuivi, puis il s’est retourné vers mon frère. Il l’a attrapé et a commencé à le plonger sous l’eau puis à le remonter à la surface de manière répétée, comme s’il jouait avec lui”, détaille Gaston, la voix tremblante en évoquant ces moments d’angoisse.
La victime s’en sort miraculeusement vivante mais avec de graves blessures. “Mon frère a été blessé à plusieurs endroits : à la cuisse, au dos et à la main”, précise Gaston. Immédiatement après l’attaque, les autres pêcheurs présents dans la zone ont aidé à secourir la victime et à la transporter vers l’hôpital à Kouango.
Cet incident explique au passage la précarité des conditions de travail des pêcheurs de Kouango. “Nous sommes issus d’une famille pauvre et nous ne vivons que de la pêche”, explique Gaston. Devant cette situation, il lance un appel pressant aux autorités : “Nous demandons au gouvernement et aux autorités locales de sécuriser la rivière et de nous aider à soigner notre frère. Notre famille n’a pas les moyens de couvrir les frais médicaux”.
Cette attaque n’est pas la première fois dans la localité. Les hippopotames, bien que généralement craintifs, peuvent devenir extrêmement agressifs lorsqu’ils se sentent menacés, particulièrement durant leurs activités nocturnes. Leur présence dans la rivière Kouango pose un défi constant pour les communautés locales qui dépendent de la pêche pour leur survie.
Le réseau routier centrafricain présente un tableau de désolation généralisée, dont la situation à Mongoumba n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. À sept kilomètres de cette ville, un immense bourbier transforme la route en piège de boue, où les véhicules s’enlisent régulièrement. Cette paralysie des voies de communication, loin d’être un cas isolé, reflète l’état effroyable des infrastructures routières à travers tout le pays.
De Berberati à Bambari, de Bria à Bangassou, le même scénario se répète inlassablement. Les routes, quand elles existent encore, se sont transformées en pistes impraticables. La circulation des biens et des personnes est devenue un défi quotidien, compromettant gravement le développement économique et social de l’ensemble du territoire.
L’absence totale d’entretien et de réhabilitation du réseau routier national a des conséquences dévastatrices. Les produits agricoles pourrissent dans les zones de production, faute de pouvoir atteindre les marchés. Les prix des denrées de première nécessité s’envolent, les coûts de transport devenant prohibitifs avec la dernière augmentation des prix du carburant à la pompe. Dans chaque préfecture, les commerçants voient leurs activités péricliter, tandis que les populations s’enfoncent dans la précarité.
Cette déliquescence des infrastructures routières n’épargne aucune région du pays. Les grands axes routiers, censés relier les principales villes, sont dans un état de délabrement avancé. Les routes secondaires, indispensables pour le désenclavement des zones rurales, ont pratiquement disparu sous la végétation ou les éboulements, à l’exemple de la route entre Carnot et Berberati. Même les voies urbaines des grandes agglomérations comme Berberati se détériorent à vue d’œil.
Les conséquences de cet effondrement généralisé du réseau routier dépassent largement le cadre des transports. Le système de santé national est gravement affecté, les centres médicaux peinant à recevoir leurs approvisionnements en médicaments. L’éducation souffre également, avec des établissements scolaires devenus inaccessibles pour de nombreux élèves. Les services publics, déjà fragilisés, peinent à maintenir une présence effective sur l’ensemble du territoire.
Les budgets destinés à l’entretien et à la réhabilitation des routes semblent s’être évaporés dans les poches de Wagner année après année, sans laisser de traces visibles sur le terrain. Les programmes de réfection, régulièrement annoncés, restent lettre morte. Cette situation témoigne d’une défaillance dans la gestion des infrastructures nationales.
L’isolement de Mongoumba n’est donc pas une exception, mais le reflet d’une crise profonde qui touche l’ensemble du pays. L’absence d’infrastructures routières viables compromet toute perspective de développement économique et social. Les populations, où qu’elles se trouvent sur le territoire national, subissent les mêmes difficultés, les mêmes privations, le même sentiment d’abandon.
La visite avortée du président Déby à Bangui : tentative de déstabilisation ou mesures de sécurité?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Mahamat-Idriss-Deby-President-de-transition-au-Tchad-450×416.jpg” alt=”La visite avortée du président Déby à Bangui : tentative de déstabilisation ou mesures de sécurité?” width=”450″ height=”416″ />Mahamat Idriss Deby, Président du Tchad
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Le président tchadien Mahamat Idriss Déby a annulé, le 4 décembre dernier, sa visite officielle prévue le lendemain sur le sol des ancêtres de Barthelemy Boganda. Cette annulation alimente désormais les spéculations sur les réseaux sociaux, où les partisans du régime de Bangui évoquent une tentative de coup d’État déjouée par les « alliés russes » qui aurait visé à installer l’ancien président de transition Michel Djotodia au pouvoir.
En effet, une semaine plutôt, À Bangui, les préparatifs de l’arrivée du Président Mahamat Idriss Déby étaient bien avancés. Le Mouvement Cœurs Unis (MCU) et le gouvernement du premier ministre Félix Moloua avaient mobilisé des ressources importantes : dispositifs sécuritaires renforcés et mobilisation populaire prévue le long du parcours présidentiel, avec des jeunes rémunérés 500 francs CFA chacun pour l’accueil.
Entre temps, le contexte sécuritaire tendu à N’Djamena pousse les autorités tchadiennes à être très prudentes. Depuis près de trois semaines, les services de renseignement tchadiens signalent des mouvements suspects aux frontières et des tentatives de déstabilisation. La présence de groupes armés aux frontières tchadiennes et la multiplication des rumeurs de coup d’État ont conduit les autorités à renforcer considérablement leur dispositif sécuritaire, y compris pour les déplacements présidentiels à l’étranger.
“La situation à N’Djamena est devenue très tendue ces derniers jours. Des positions militaires ont été installées dans toute la ville en réponse à des menaces d’attaques”, indique une source diplomatique à Ndjamena contactée par la rédaction du CNC.
Pour des nombreux observateurs tchadiens, cette instabilité survient dans un contexte particulier : la fin récente de l’accord militaire entre le Tchad et la France aurait privé N’Djamena d’informations stratégiques importantes. En parallèle, la Russie et le groupe Wagner intensifient leur influence dans le pays, notamment via les réseaux sociaux et certains médias en ligne tchadiens.
“Les Russes ont développé une stratégie d’influence auprès de la jeunesse tchadienne par le biais des médias numériques comme Alwida info et autres”, analyse un expert en géopolitique tchadienne interrogé par la rédaction du CNC.
Toutefois, au pays de Boganda, les préparatifs de sécurité tchadiens révèlent une autre dimension de cette visite avortée. Vingt-quatre heures avant l’arrivée prévue du président Mahamat Idriss Déby , des officiers des services de renseignement tchadiens militaires et civils se sont déployés à Bangui, logeant à l’hôtel Ledger de la capitale. Un cargo militaire tchadien a également atterri avec plusieurs pick-up armés.
“Un différend a éclaté quand les forces de Wagner et la garde présidentielle centrafricaine ont exigé le désarmement des militaires tchadiens et le dépôt de leurs véhicules au camp militaire jusqu’à la fin de la visite présidentielle”, précise une source diplomatique à Bangui joint par CNC.
Les forces tchadiennes ont refusé ces conditions, arguant des impératifs de sécurité pour leur président Mahamat Idriss Déby dans un contexte régional tendu. Suite à ce désaccord, le contingent tchadien a repris son cargo militaire pour rentrer à N’Djamena, entraînant l’annulation définitive de la visite présidentielle.
Cette séquence diplomatique tendue intervient alors que Bangui, sous l’autorité du président Faustin Archange Touadera, renforce ses liens avec Moscou via le groupe Wagner, tandis que N’Djamena, aussi une puissance militaire africaine, redéfinit ses alliances après la fin de sa coopération militaire avec Paris.
Pourtant, suite à l’annulation de la visite présidentielle, une campagne de désinformation s’est déployée sur les réseaux sociaux. Des comptes proches du régime de Bangui diffusent une théorie selon laquelle la visite officielle de Mahamat Idriss Déby aurait servi de couverture à une tentative de coup d’État. Selon ces allégations, l’opération visait à réinstaller l’ancien président de transition Michel Djotodia au pouvoir, avec le soutien présumé de la France. Ces sources établissent un lien entre ce prétendu complot et une récente rencontre entre Michel Djotodia et des représentants français à Bangui.
Joint au téléphone, un proche de l’ancien Président Djotodia dément formellement ces allégations.
Intercepté, dépouillé, égorgé, filmé et partagé : un collecteur de diamant et or est la dernière victime macabre des Wagner en RCA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/01/Un-homme-interpelle-par-les-mercenaires-russes-de-la-societe-Wagner-dans-le-village-Yanga-le-17-janvier-2022.jpg” alt=”Intercepté, dépouillé, égorgé, filmé et partagé : un collecteur de diamant et or est la dernière victime macabre des Wagner en RCA” width=”400″ height=”358″ />Image d’illustration d’un camerounais intercepté par les forces de l’ordre dans la Nana-Mambéré avant d’être exécuté
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
égorgé, sa tête placée entre ses jambes, son corps exposé comme un trophée. Près de Kouki, dans la préfecture de l’Ouham, au nord-ouest de la RCA, les mercenaires russes du groupe Wagner en RCA perpétuent à nouveau leurs exactions dans une impunité totale. Les preuves s’accumulent sur un système de terreur qui frappe désormais ouvertement les civils en RCA.
Une barbarie des Wagner en RCA qui défie l’humanité
L’horreur se déroule selon un scénario désormais tristement familier. Jeudi dernier, un homme seul, sur sa moto, identifié par ses proches comme l’homme d’affaire et collecteur de diamants bien connu localement appelé Sallahdine, poursuivi par les mercenaires russes du groupe Wagner sur une route minière près du village de Kouki, dans la préfecture de l’Ouham. Intercepté, l’homme a d’abord été dépouillé de 800 000 francs CFA en espèce. Puis ses criminels lui ont demandé de leur donner les diamants et or qu’il en possède. Il leur répond gentiment qu’il n’en a pas. Les criminels lui ont ensuite mis un sac plastic sur la tête avant d’être attaché. Puis on connait la suite : exécution sommaire, égorgement , mise en scène macabre du corps mutilé. La victime est déshabillée, revêtue d’une tenue militaire, sa tête placée entre ses jambes , une signature sinistre devenue la marque de fabrique des mercenaires russes du groupe Wagner en RCA.
Malheureusement, ce meurtre s’inscrit dans une série d’actes similaires qui frappent le pays depuis l’arrivée du groupe Wagner. Des gardiens de boutique à Bambari et Bria, d’anciens miliciens anti-balaka à Bouca, tous exécutés selon le même rituel barbare. Les assassins ne se contentent plus de tuer, ils filment leurs crimes et les diffusent, ajoutant l’humiliation à la barbarie.
Le collecteur de diamant et or monsieur Sallahdine assassiné par les mercenaires russes du groupe Wagner près de Kouki
Un système d’impunité qui choque les centrafricains
Cette violence débridée prospère sur un terreau d’impunité totale. Les autorités, par leur silence complice, semblent avoir abdiqué leur responsabilité de protection des citoyens. Le pays glisse inexorablement vers un état de non-droit où des mercenaires russes du groupe Wagner peuvent piller, tuer et terroriser la population en toute liberté.
Les témoignages des victimes, comme ce gardien de Bria qui a crié sur les identités de ses assassins avant d’être égorgé, ne laissent aucun doute sur l’identité des bourreaux. Pourtant, aucune enquête n’est menée, aucune poursuite n’est engagée.
Une population soumise face à l’horreur quotidienne
Plus inquiétant encore est peut-être la résignation qui gagne la société centrafricaine. Les crimes des Wagner en RCA provoque l’indignation sur les réseaux sociaux, mais cette colère virtuelle ne se traduit par aucune action concrète. La population, traumatisée par des années de violence, semble avoir perdu toute capacité de révolte face à l’inacceptable.
Cette spirale de violence et d’impunité hypothèque gravement l’avenir du pays. Au-delà des vies fauchées, c’est tout le tissu social qui se délite. L’économie est paralysée, les populations vivent dans la terreur, et la présence de mercenaires russes du groupe Wagner sape la souveraineté même de l’État centrafricain.
La République centrafricaine se trouve aujourd’hui dans une situation inquiétante de son histoire. Soit elle trouve la force collective de rejeter cette barbarie institutionnalisée, soit elle risque de sombrer définitivement dans un chaos où la vie humaine n’a plus aucune valeur. Le temps des condamnations de façade est révolu. C’est l’existence même de la nation qui est en jeu.
Touadéra célèbre Wagner et renie Boganda et Bokassa. Deux statues pour les mercenaires de Wagner, aucune pour Bokassa. À Bangui, le président Kongoboro multiplie les hommages aux chefs de la milice russe Wagner. Le père fondateur de la République centrafricaine ainsi que le créateur de l’armée nationale, le vrai bâtisseur du pays , sombrent dans l’oubli pendant que leurs œuvres se dégradent.
L’héritage de Boganda et Bokassa structure pourtant encore le pays. La déclaration de la République par Boganda, la construction par Bokassa de L’aéroport international, de la radio-télévision nationale, des axes routiers majeurs, de l’université de Bangui. Toutes ces infrastructures essentielles datent des années 1970. Cinquante ans après, ces réalisations demeurent inégalées par leurs successeurs. Aucun dirigeant n’a bâti une seconde université publique. L’aéroport stagne sans modernisation. Les équipements de la télévision nationale restent d’un autre âge. Et la honte ? Touadéra célèbre Wagner et renie Boganda et Bokassa.
Mais la véritable honte nationale vient de loin quand Touadéra célèbre Wagner et renie Boganda et Bokassa. Le 3 décembre 2023 marque une date noire dans l’histoire de la République centrafricaine. L’inauguration d’une statue à la gloire des chefs mercenaires Prigojine et Utkin cristallise l’humiliation d’une nation qui renie ses propres bâtisseurs, Barthelemy Boganda et Jean-Bedel Bokassa.
Le chef d’État-major, les directeurs de la gendarmerie et de la police saluent militairement la statue des créateurs du groupe Wagner à Bangui
En effet, L’image de cette cérémonie officielle de ce mardi 3 décembre à Bangui fait la honte à toute une nation. Les hauts gradés de l’armée centrafricaine au garde-à-vous devant une statue des mercenaires russes. La vidéo de la scène publiée sur les réseaux sociaux synthétise l’abaissement d’un pays tout entier. Le chef d’état-major des armées, les directeurs généraux de la gendarmerie et de la police nationale saluent militairement l’effigie des chefs Wagner, Prigojine et Utkin, inaugurée devant la maison russe en pleine capitale centrafricaine.
Cette cérémonie officielle signe l’aboutissement d’un processus d’effacement de l’histoire nationale. Deux monuments glorifient désormais le groupe Wagner dans la capitale : le premier sur l’avenue des Martyrs près de l’université, le second face à l’ambassade de Russie à Bangui. Pendant ce temps, la mémoire des bâtisseurs du pays, Boganda et Bokassa s’estompe. Touadéra célèbre Wagner dans la joie. La honte.
Le père fondateur de la RCA, Barthélemy Boganda et l’empereur Jean-Bedel Bokassa, créateur de l’armée nationale, n’ont jamais reçu pareil hommage de la part du régime actuel. Pourtant, l’héritage de Bokassa structure encore la République centrafricaine moderne. L’aéroport international, la radio-télévision nationale, les axes routiers majeurs, l’université de Bangui – toutes ces infrastructures essentielles datent de son règne dans les années 1970.
Lors de l’inauguration à Bangui de la statue à la mémoire des créateurs du groupe Wagner , les généraux centrafricains saluent militairement ce monument pathétique et criminel
Cinquante ans plus tard, ces réalisations demeurent inégalées. Aucun dirigeant n’a construit une seconde université publique. L’aéroport n’a connu aucune modernisation significative. Les équipements de la télévision nationale restent ceux d’une autre époque. Les routes se dégradent faute d’entretien. Touadéra célèbre Wagner.
Le contraste entre cet héritage productif et la situation actuelle interpelle. Le président Kongoboro ne multiplie guerre les chantiers dans Bangui : routes, bâtiments administratifs, places publiques. La population manque toujours d’eau potable, d’électricité, de soins médicaux.
Plus grave encore, le pays s’enfonce dans une dépendance mortifère envers les mercenaires russes. Le président nie leur présence tout en leur dédiant des monuments. Cette duplicité ne trompe personne. Les exactions des hommes de Wagner dans le pays dépassent les heures les plus sombres du régime Bokassa. Meurtres, viols, tortures – les témoignages abondent.
La statue des chefs de Wagner morts dans un accident d’avion près de Moscou en Russie, érigée en pleine capitale centrafricaine Bangui
L’armée nationale, création de Bokassa, perd son âme en rendant les honneurs à des chefs de guerre étrangers. Cette soumission symbolique traduit une réalité plus profonde : la perte de souveraineté du pays. La Centrafrique moderne se construit sur le reniement de son histoire et de ses héros.
L’isolement diplomatique s’accentue, rappelant les dernières années de Bokassa. Le rapprochement avec la Russie éloigne le pays de ses partenaires traditionnels. Les conséquences économiques pèsent sur une population déjà éprouvée. Les investisseurs fuient un pays jugé instable. Les caisses de l’État dépendent de l’aide internationale.
La jeunesse centrafricaine subit de plein fouet cette dérive. Les étudiants de l’université Bokassa croisent chaque jour le regard de bronze des chefs mercenaires. Quel message leur est envoyé ? Que leurs héros nationaux valent moins que des criminels de guerre étrangers ? Le chômage massif et l’éducation défaillante poussent beaucoup à l’exil.
Cette fuite des cerveaux prive le pays de ses forces vives, comme sous Bokassa. Mais la comparaison s’arrête là. L’empereur, malgré ses crimes, a construit. Le régime actuel détruit l’âme même de la nation en célébrant ses bourreaux. Les statues Wagner défigurent désormais le paysage urbain de Bangui.
Le double langage du pouvoir atteint des sommets d’absurdité. Comment nier la présence de Wagner tout en immortalisant ses chefs dans le bronze ? Comment prétendre à la souveraineté nationale en rendant les honneurs militaires à des mercenaires ? Ces contradictions trahissent l’ampleur de la déchéance.
Les parallèles historiques inquiètent. La présidence Bokassa s’acheva dans le chaos. La Centrafrique ne peut se permettre une nouvelle descente aux enfers. La glorification de criminels étrangers, l’effacement des héros nationaux, la soumission des forces armées – tous ces signes annoncent des lendemains difficiles.
Cette trahison de la mémoire nationale marque un point de non-retour. En préférant honorer des mercenaires plutôt que ses bâtisseurs, le pouvoir actuel écrit une page honteuse de l’histoire centrafricaine. Les monuments de la honte témoigneront longtemps de ces choix funestes. Les générations futures devront reconstruire sur ces ruines morales.
Une prétendue lettre du ministère français des Armées circule depuis le 3 décembre sur les réseaux sociaux. Ce document, qui évoque des tests d’armement nucléaires sur le sol centrafricain, porte tous les signes d’une fabrication par les équipes de désinformation de Wagner.
La République centrafricaine, pays de 5 millions d’habitants au cœur du continent, n’a ni les installations ni l’environnement adapté pour des essais nucléaires. Les spécialistes du secteur nucléaire, interrogés par la rédaction du CNC, le savent : ces tests demandent des conditions géologiques particulières, des bunkers profonds, des laboratoires sophistiqués et une surveillance satellite permanente.
Les erreurs dans ce faux document sont nombreuses. Le papier à en-tête ne respecte pas les normes du ministère français. La date est mal formatée. La signature ne correspond à aucun modèle administratif connu. Le style d’écriture lui-même s’éloigne des codes diplomatiques habituels.
Depuis 1996 et l’arrêt des essais à Mururoa, la France utilise uniquement la simulation par ordinateur pour sa force de dissuasion. Les accords internationaux interdisent d’ailleurs de nouveaux tests. L’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) surveille en permanence toute activité nucléaire dans le monde, y compris en Centrafrique.
Cette manœuvre de Wagner en Centrafrique s’inscrit dans une série d’actions visant à créer des tensions à Bangui. Le groupe russe multiplie les histoires sensationnalistes à dormir débout depuis son arrivée dans le pays. Son but : maintenir un climat de peur qui justifie sa présence et ses contrats lucratifs avec le gouvernement centrafricain.
Les citoyens centrafricains méritent mieux que ces inventions dignes de romans d’espionnage. La vérité scientifique est simple : un programme nucléaire secret serait impossible à cacher en Centrafrique, pays de Boganda. Les satellites, les experts internationaux et les systèmes de détection repéreraient immédiatement la moindre tentative.
Le développement de la Centrafrique passe par des informations fiables, pas par des scénarios fantaisistes qui détournent l’attention des vrais enjeux : la paix, l’éducation, la santé et le développement économique.
Cette nouvelle tentative de Wagner montre leur mépris pour l’intelligence des Centrafricains. Les faits parlent d’eux-mêmes : ce document est un faux, créé pour servir des intérêts particuliers au détriment de la stabilité nationale.
un soldat mythomane au problème psychiatrique propage des menaces fictives sur les réseaux sociaux
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/01/les-soldats-Faca-en-position-de-tirs-IMG_3876-450×253.jpg” alt=”Centrafrique : un soldat mythomane au problème psychiatrique propage des menaces fictives sur les réseaux sociaux” width=”450″ height=”253″ />Les soldats FACA en position de tirs
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Les réseaux sociaux centrafricains tournent en boucle depuis quelques jours avec les déclarations d’un soldat de l’armée nationale, ancien rebelle, dont l’état mental pose question. Dans un long audio publié sur internet, ce soldat mythomane raconte une histoire invraisemblable à dormir débout sur une prétendue réunion des chefs rebelles au Soudan.
Dans son récit, ce soldat mythomane déclare que les chefs rebelles Nouradine Adam, Francis Bozizé et Ali Darassa se sont retrouvés à Nyala , au Soudan. Selon lui, lors de cette rencontre, des agents américains et français leur ont donné des équipements de guerre et de l’argent. À l’en croire, après cette distribution, les chefs rebelles seraient repartis dans leurs zones respectives pour remettre ce matériel à leurs combattants sur le terrain.
Le soldat mythomane décrit ensuite des plans d’attaques sur plusieurs axes routiers du pays. Il cite particulièrement les routes Bambari-Bokolobo, Sibut-Grimari et les environs de Kaga-Bandoro. Dans son récit, il établit un lien direct avec les événements tragiques survenus récemment entre Ippy et Bria, où dix conducteurs de taxi-moto ont perdu la vie. Il attribue ces meurtres aux hommes du chef rebelle Mahamat Saleh.
Les déclarations du soldat mythomane deviennent plus extravagantes quand il affirme que de nombreux rebelles, y compris leurs chefs, sont déjà infiltrés dans Bangui. Il demande aux autorités d’augmenter les contrôles à l’ONAF, principal terminal de transport routier, ainsi qu’à l’aéroport international et dans tous les quartiers de la capitale. Toutes ces affirmations ne reposent sur aucune preuve tangible, mais plutôt de la mythomanie.
Le moment choisi pour ces déclarations interpelle. Chaque année, à la même période, des histoires similaires apparaissent dans le pays. Deux explications possibles émergent : soit cet homme cherche des avantages personnels, notamment auprès des mercenaires russes du groupe Wagner, soit il cherche à avoir de grades auprès de ses chefs.
Le caractère douteux de ces “informations confidentielles” apparaît plus nettement quand l’individu jure “sur la tombe de ses ancêtres” son soutien total au président Touadéra jusqu’à sa mort. Cette démonstration excessive de loyauté montre la nature peu fiable de son intervention. Dans sa logique, aider le gouvernement signifierait répandre des histoires non vérifiées.
Le soldat mythomane prétend tenir ses informations de ses anciens contacts au sein des groupes rebelles. Il se présente comme un lanceur d’alerte voulant prévenir les autorités d’un danger imminent. Il appelle même les soldats des FACA à redoubler de vigilance car selon lui, les rebelles préparent “un grand coup”.
Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte particulier : les massacres entre Ippy et Bria restent dans les mémoires, et l’homme les utilise pour donner du crédit à son histoire fantomatique. Il prétend savoir que ces actes ont été commis par les hommes de Mahamat Saleh, sans apporter la moindre preuve de ses accusations.
L’homme va plus loin en affirmant qu’un chasseur lui aurait confirmé ces informations, ajoutant une couche supplémentaire à son récit déjà peu crédible. Il multiplie les avertissements aux soldats FACA, parlant d’un “grand coup” en préparation, sans jamais préciser la nature exacte de cette menace.
Le timing de ces audios coïncide avec la saison où traditionnellement circulent des rumeurs d’attaques et de complots en Centrafrique. Cette régularité dans l’apparition de tels récits pose question sur leur origine et leurs véritables objectifs.
L’homme termine ses interventions par des déclarations grandiloquentes de fidélité au président Touadéra, jurant de le soutenir jusqu’à sa mort. Cette manière d’agir, cette façon de se présenter comme un sauveur détenant des informations cruciales, ressemble aux techniques classiques de manipulation de l’opinion.
Les nouveaux maîtres de la RCA : Comment le pays est devenu le théâtre des ambitions étrangères
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/Voici-une-belle-photo-de-famille-qui-reunit-lambassadeur-de-Russie-les-Russes-de-la-Minusca-et-les-mercenaires-de-la-societe-Wagner-450×210.jpg” alt=”Voici une belle photo de famille qui réunit l’ambassadeur de Russie, les Russes de la Minusca et les mercenaires de la société Wagner Voici-une-belle-photo-de-famille-qui-reunit-lambassadeur-de-Russie-les-Russes-de-la-Minusca-et-les-mercenaires-de-la-societe-Wagner Comment Wagner et Prigojine ont infiltré l’industrie diamantaire en Centrafrique” width=”450″ height=”210″ />Voici une belle photo de famille qui réunit l’ambassadeur de Russie, les Russes de la Minusca et les mercenaires de la société Wagner
De la colonisation à la recolonisation : L’histoire d’une souveraineté confisquée
Bangui, CNC. “Aujourd’hui, il y a plus de militaires étrangers à Bangui que de soldats centrafricains opérationnels”. Cette observation glaçante d’Élie OUEIFIO dans son ouvrage “La RCA doit-elle toujours dépendre des autres ?” (août 2024) illustre la perte totale de souveraineté d’un pays devenu le terrain de jeu des puissances internationales. De l’opération Sangaris aux forces Wagner, en passant par la MINUSCA, la RCA est devenue un laboratoire où s’affrontent les influences étrangères sous couvert d’aide à la stabilisation.
La valse des “protecteurs” de la RCA
Le ballet des interventions militaires
Un territoire sous tutelle multiple :
– Forces onusiennes omniprésentes
– Contingents africains divers
– Présence russe controversée
– Militaires rwandais
– Conseillers étrangers dans tous les ministères
“Chaque matin,” témoigne un haut fonctionnaire cité par OUEIFIO, “je ne sais plus si je dois parler français, anglais ou russe pour faire avancer mes dossiers.”
Le prix de la protection étrangère de la RCA
Le coût économique
Une facture exorbitante :
– Contrats miniers léonins
– Concessions forestières bradées
– Ressources stratégiques cédées
– Dette publique croissante
OUEIFIO révèle : “Pour chaque euro de ‘protection’ reçue, nous cédons dix euros de ressources naturelles. C’est une nouvelle forme de colonisation économique, plus sophistiquée mais tout aussi dévastatrice”.
Le coût politique
Une souveraineté hypothéquée :
– Décisions majeures dictées de l’extérieur
– Nominations aux postes clés influencées
– Politique étrangère sous tutelle
– Autonomie militaire inexistante
Les mécanismes de l’influence
La stratégie de la dette
Un piège financier :
– Prêts conditionnels
– Aide liée
– Dépendance financière
– Chantage économique
Le contrôle des ressources
Une mainmise organisée :
– Zones minières sous contrôle étranger
– Exploitation forestière externalisée
– Marchés publics orientés
– Secteurs stratégiques captés
Les acteurs de l’influence
Les puissances traditionnelles
Un héritage colonial persistant :
– Présence française restructurée
– Influence européenne diffuse
– Réseaux historiques actifs
– Leviers économiques maintenus
Les nouveaux acteurs
Une compétition acharnée :
– Présence russe agressive
– Influence chinoise croissante
– Acteurs régionaux émergents
– Organisations internationales omniprésentes
L’impact sur le développement
La paralysie décisionnelle
Un État sous tutelle :
– Projets imposés de l’extérieur
– Priorités définies ailleurs
– Expertise locale ignorée
– Initiatives locales étouffées
Le développement compromis
Des conséquences durables :
– Projets inadaptés
– Ressources mal utilisées
– Compétences locales négligées
– Dépendance technique perpetuée
Le drame de la dépendance
La perte d’autonomie
Un cercle vicieux :
– Capacités nationales affaiblies
– Expertise locale dévalorisée
– Formation négligée
– Innovation découragée
La culture de l’assistanat
Une mentalité installée :
– Attente systématique de l’aide extérieure
– Perte d’initiative
– Démission collective
– Fatalisme généralisé
Les solutions proposées
Reconquête de la souveraineté
Actions prioritaires :
– Formation des cadres nationaux
– Renforcement des institutions
– Diversification des partenariats
– Construction d’une expertise locale
Stratégie d’émancipation
Mesures concrètes :
– Audit des accords internationaux
– Renégociation des contrats
– Développement des compétences nationales
– Protection des intérêts nationaux
Le rôle de la société civile
Vigilance citoyenne
Actions nécessaires :
– Surveillance des accords
– Dénonciation des abus
– Mobilisation populaire
– Education civique
Alternatives nationales
Initiatives à développer :
– Expertise locale
– Solutions endogènes
– Innovations adaptées
– Mobilisation des ressources internes
Vers une vraie indépendance
La libération de la RCA de l’emprise étrangère exige :
– Une vision claire de l’intérêt national
– Une stratégie d’autonomisation
– Un engagement collectif
– Une fierté retrouvée
Comme le conclut OUEIFIO : “La vraie indépendance ne se décrète pas, elle se conquiert. La RCA doit cesser d’être le terrain de jeu des puissances étrangères pour redevenir maître de son destin. C’est possible, mais cela demande courage, lucidité et détermination.”
Mali: Abdoulaye Maïga à la Primature pour resserrer les liens avec la Russie….
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Abdoulaye-Maiga-450×426.jpg” alt=”Mali: Abdoulaye Maïga à la Primature pour resserrer les liens avec la Russie….” width=”450″ height=”426″ />Abdoulaye Maïga, actuel premier ministre de transition du Mali. CopyrightDR
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Le général de division Abdoulaye Maïga a été nommé Premier ministre le 21 novembre en remplacement de Choguel Maïga (sans lien de parenté), sur la sortie depuis qu’il avait critiqué le régime des généraux. Portrait du nouveau chef du Gouvernement, devenu proche des Russes au fil des ans.
La nomination d’Abdoulaye Maïga est presque un non-événement car cette passation était attendue depuis plusiuers semaines. En effet, l’actuel chef du gouvernement malien avait déjà occupé cette fonction par intérim pendant trois mois, entre août et décembre 2022 quand Choguel Maïga avait été hospitalisé suite à un malaise cardiaque. Ce dernier n’avait pas mâché ses mots, à la mi-novembre, pour critiquer frontalement le rôle trop « prépondérant » joué par les militaires dans une transition qui ne cesse de durer. Il avait notamment dénoncé, quatre jours avant d’être remercié, son « exclusion des processus décisionnels » et « le spectre de la confusion » qui règne sur cette période intermédiaire de déjà quatre ans. Il n’en fallait pas plus pour l’évincer et le remplacer par un proche du général Assimi Goïta, président de transition en exercice.
Abdoulaye Maïga : « Monsieur je répète »
Abdoulaye Maïga coche toutes les cases pour occuper la Primature malienne. Né en mai 1981 dans le quartier populaire de Missira (Bamako-Mali), cet ancien élève du Prytanée Militaire de Kati est diplômé de l’Ecole militaire interarmes de Koulikoro. S’il a effectué une grande partie de sa carrière au sein de la gendarmerie, il s’est aussi perfectionné à l’étranger, notamment à Alger auprès de l’Ecole nationale d’administration. Il y décroche, en 2005, un diplôme en Diplomatie et droit international. Il retourne dans la capitale algérienne en 2016 pour y réaliser une thèse pour un Doctorat en « business administration ». Il a entre-temps passé quelques années en France pour y valider trois Master 2 : l’un en Études stratégiques et politiques de défense (Paris 2006), un autre en Sciences politiques/sécurité internationale (Lyon 2007) et un troisième en Droits de l’Homme et droit international (Evry, 2008). Il revient en France en 2011 pour obtenir un doctorat en sécurité internationale et défense. Abdoulaye Maïga, est surnommé “Monsieur je répète” en raison de son habitude de répéter les points importants de son discours à trois voire quatre reprises pour que chacun comprenne bien ce qu’il veut dire.
Éventuelles élections
Bien que ne faisant pas partie, en 2020, des cinq colonels qui ont pris part au coup d’État contre le président Ibrahim Boubakar Keïta (IBK), Abdoulaye Maïga s’est rapidement rallié à eux. Désigné porte-parole du Gouvernement de transition en novembre 2020, il s’est surtout fait remarquer pour ses prises de position anti-occidentales et anticolonialistes et pour avoir remis en cause la nationalité nigérienne de l’ex-président du Niger, Mohamed Bazoum. Il a aussi parlé de « manœuvres pour conserver le pouvoir pour lui et son clan », concernant le président ivoirien Alassane Ouattara. Devenu une pièce maîtresse sur l’échiquier politique malien, Abdoulaye Maïga renforce le caractère militaire du régime tout en donnant des gages à la Russie. C’est lui et personne d’autre que le président de transition a désigné pour aller signer, à l’ambassade de Russie à Bamako, le livre de condoléances, après l’attentat du Crocus City Hall à Krasnogorsk dans la banlieue de Moscou qui avait coûté la vie à 145 personnes et blessé plus de 500 autres, le 22 mars dernier. C’est aussi à Abdoulaye Maïga que revient maintenant le rôle de superviser la mise en place de l’accord de coopération militaire et technique signé en juillet dernier avec la Russie. En plus de la coopération militaire, l’accord inclut des volets économiques et humanitaires. La Russie livre environ 15 000 tonnes de blé et 17 000 tonnes de carburant au Mali pour soutenir la sécurité alimentaire et énergétique, selon l’Agence de presse africaine (APA). Surtout, le nouveau Premier ministre conserve le portefeuille de l’Administration territoriale, stratégique pour l’organisation d’éventuelles élections. Sous le regard bienveillant de Moscou qui cherchera à préserver ses intérêts locaux ?
L’imprimerie centrafricaine s’enfonce dans la crise : 21 mois sans salaires
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Imprimerie-Centrafricaine-la-greve-se-poursuit.-21-mois-darrieres-de-salaire-450×338.jpg” alt=”L’imprimerie centrafricaine s’enfonce dans la crise : 21 mois sans salaires” width=”450″ height=”338″ />Imprimerie Centrafricaine, la grève se poursuit. 21 mois d’arriérés de salaire
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Les employés de l’imprimerie centrafricaine font face à une situation qui empire. Le non-paiement des salaires atteint maintenant 21 mois, soit deux mois de plus que lors de la dernière mobilisation. La grève entamée il y a quelques mois n’a produit aucun résultat.
“Nous n’avons plus les moyens d’envoyer nos enfants à l’école. Certains collègues viennent au travail à pied, faute d’argent pour le transport”, témoigne un employé. Les revendications des grévistes se heurtent au silence des autorités.
L’établissement public ne fonctionne plus que par intermittence. Les machines tournent au ralenti, quand elles tournent. Cette paralysie progressive menace désormais l’existence même de l’imprimerie, un maillon indispensable de l’administration centrafricaine.
La faillite guette. Sans intervention rapide des pouvoirs publics, la fermeture définitive semble inévitable. Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de défaillance des entreprises publiques en République centrafricaine, comme en témoigne aussi le cas de la SOCATEL, de la SODECA ou de l’ENERCA.
La dégradation continue de la situation de l’imprimerie centrafricaine explique les difficultés croissantes de l’État à gérer ses institutions et à honorer ses engagements envers ses fonctionnaires.
La Minusca renforce l’Université de Bangui avec un nouveau laboratoire d’ingénierie
Bangui-450×338.jpg” alt=”La MINUSCA renforce l’Université de Bangui avec un nouveau laboratoire d’ingénierie” width=”450″ height=”338″ />Faculté de sciences juridiques et politique de l’Université de Bangui
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
La Faculté des Sciences juridiques et politiques de l’Université de Bangui a reçu ce mardi 5 décembre un nouveau laboratoire d’ingénierie, offert par la Mission des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA). La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Enseignement supérieur, Jean Laurent Syssa-Magalé, et de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies, Valentine Rugwabiza.
Le Recteur de l’Université de Bangui a souligné l’importance de cette nouvelle infrastructure qui contribuera au renforcement de l’État de droit et à la promotion des droits humains dans le pays. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts de modernisation de l’enseignement supérieur centrafricain.
Pour le ministre Syssa-Magalé, cette dotation représente un pas significatif vers l’amélioration des conditions d’études des futurs juristes centrafricains. L’université de Bangui, principale institution d’enseignement supérieur du pays, voit ainsi ses capacités techniques renforcées.
La MINUSCA poursuit son appui au secteur éducatif centrafricain, conformément à son mandat de soutien aux institutions nationales. Cette infrastructure vient compléter les efforts du gouvernement du Président Faustin Archange Touadera dans le domaine de l’éducation.
Les barrages routiers font leur grand retour sur l’axe Bangui-Bambari, malgré les promesses du gouvernement. La réalité sur le terrain contredit les récentes déclarations triomphantes du ministre des Transports, Gotron Djono Ahaba sur leur démantèlement.
Notre équipe, revenue la semaine dernière de Bambari, témoigne d’une situation devenue plus pesante qu’auparavant. Les forces de sécurité, gendarmes, policiers et FACA, se sont réinstallées en nombre. S’y ajoutent désormais les agents des eaux et forêts et les services phytosanitaires, multipliant les points de contrôle.
Plus inquiétant encore, ces barrages se transforment en points de collecte d’impôts improvisés. D’ailleurs, depuis plusieurs mois, dès que les équipes gouvernementales de démantèlement quittent les lieux de l’opération, les barrières illégales dégagées ressurgissent comme par enchantement.
Cette multiplication des contrôles pèse lourdement sur les déplacements quotidiens. Les tracasseries administratives s’accumulent, rendant chaque voyage plus coûteux et plus long. L’innovation la plus récente – et non des moindres – reste cette collecte d’impôts directement sur la route, une pratique jusqu’alors inédite qui interroge.
Le ballet des barrages continue ainsi, au mépris des annonces officielles, transformant cet axe vital en un parcours d’obstacles pour les voyageurs et les commerçants.
LE PARLEMENT FRANÇAIS A DÉBARQUÉ LE GOUVERNEMENT, CET ARCHÉTYPE DÉMOCRATIQUE EST-IL TRANSPOSABLE AU ROYAUME DE TOUADERA ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/image-bernard-doudou-drapeau-centrafrique-450×253.jpg” alt=”CENTRAFRIQUE : LE PARLEMENT FRANÇAIS A DÉBARQUÉ LE GOUVERNEMENT, CET ARCHÉTYPE DÉMOCRATIQUE EST-IL TRANSPOSABLE AU ROYAUME DE TOUADERA ?” width=”450″ height=”253″ />
Dans toutes les bonnes démocraties à travers le monde, le parlement communément appelé “assemblée nationale” est la participation par voie représentative de chaque citoyen à la construction de l’édifice nationale.
C’est dans cette optique républicaine qu’en appréciant les prévisions budgétaires, le parlement français a adopté une motion de censure qui, dans le respect des prescriptions constitutionnelles oblige le gouvernement à démissionner.
La motion de censure par définition est un outil prescrit par la constitution et mis à la disposition des parlementaires pour contrôler les actions gouvernementales, de censurer voire de renverser le gouvernement.
Faisant l’économie des facteurs endogènes et exogènes qui empêcheraient l’enracinement de cette rationalité démocratique, l’Afrique en général et la Centrafrique en particulier peut s’approprier cette fluidité politique afin de garantir un meilleur avenir à la progéniture.
Il s’agit nullement d’une analyse comparative et qualitative de la culture démocratique des deux (2) nations mais seulement un tremplin de titiller la somnolence diurne de nos parlementaires qui ignorent majestueusement que la loi fondamentale met à leur disposition une arme redoutable qui confirme la souveraineté du peuple.
En dépit de la célèbre notion de séparation de pouvoirs édictée par Montesquieu, l’assemblée nationale centrafricaine s’est érigée en centre d’affaires où toutes les transactions financières teintées de magouilles se font moyennant le vote des lois pour satisfaire les desideratas du pouvoir exécutif…
D’autres votent même des lois qui mettent en péril leur propre avenir à l’instar des députés sans baccalauréat.
Bref, il relève d’une notoriété décriée que le parlement centrafricain est contrôlé de bout en bout par le monarque au point de perdre toute crédibilité et se transformer en une simple chambre d’enregistrement.
Devant ce constat accablant, le peuple est dépité des députés qui parfois changent de camp en pleine mandature.
Devant cette absurdité politique intégrale, le citoyen lambda s’interroge :
– Cet archétypes démocratique à la française est-il transposable en Centrafrique ?
– Dans l’affirmative, quelles sont les conditions à créer pour entériner cette culture démocratique ?
– Un député qui est capable de mettre en péril ses propres intérêts peut-il protéger les intérêts du peuple ?
– Peut-on croire dans un avenir proche que l’assemblée nationale centrafricaine retrouvera sa lettre de noblesse ?
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets…
Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat contraire.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi.
La Coalition des Patriotes pour le Changement Fondamentale (la CPC-F) a revendiqué une embuscade contre un convoi des Forces Armées Centrafricaines (FACA) et leurs alliés russes de Wagner le 4 décembre 2024 près du village de May-mbaya en République centrafricaine.
Dans un communiqué signé par AMR Faissal, porte-parole particulier de l’état-major de la CPC-F, le groupe rebelle indique avoir planifié une attaque utilisant des “tactiques de guérilla”. Les assaillants auraient saisi du matériel militaire et infligé des pertes humaines aux forces gouvernementales et aux Mercenaires russes.
Cette nouvelle attaque intervient dans un contexte sécuritaire tendu en RCA, où le gouvernement de Faustin Archange Touadéra, alias Baba Kongoboro, s’appuie sur environ 2000 mercenaires russes du groupe Wagner pour tenter de contrôler le territoire national.
La CPC-F affirme que cette opération s’inscrit dans sa “stratégie établie” et réaffirme sa “détermination à poursuivre ces opérations” contre les forces gouvernementales et leurs alliés russes.
Les autorités centrafricaines, comme dans leur habitude, n’ont pas encore réagi officiellement à cette attaque revendiquée par la CPC-F.
Bambari : les violences contre les femmes persistent malgré les sensibilisations
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/10/Les-juges-de-la-cour-dappel-de-Bambari-450×203.jpg” alt=”Bambari : les violences contre les femmes persistent malgré les sensibilisations” width=”450″ height=”203″ />Les magistrats de la Cour d’appel de Bambari en tenue d’audience, marquant la reprise des activités judiciaires après une décennie d’interruption
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
À Bambari, chef-lieu de la Ouaka situé à 385 km de Bangui, les violences envers les femmes et les filles demeurent quotidiennes, selon les rapports des ONG et de la Direction des affaires sociales.
Les séances de sensibilisation se multiplient, notamment sur les radios locales. Pourtant, de nombreuses victimes hésitent encore à saisir les autorités judiciaires pour obtenir réparation.
Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Bambari rappelle l’importance de dénoncer ces actes : “Les victimes doivent se rapprocher des autorités judiciaires. Nous disposons des moyens légaux pour les protéger et poursuivre les auteurs de ces violences”.
Le magistrat souligne la sévérité des sanctions prévues par le code pénal centrafricain : “Les peines encourues pour viol sont particulièrement lourdes. Les auteurs comme les complices s’exposent à des années de prison ferme“.
À Bambari, de nombreuses femmes et filles subissent ces violences dans l’indignation. Pour endiguer ce phénomène dans la préfecture de la Ouaka, les autorités judiciaires et les organisations de la société civile doivent coordonner leurs actions.
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Centrafrique : Quand un pseudo-candidat à la prochaine présidentielle justifie les crimes de Wagner dans le pays
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/monsieur-Mouamar-Bengue-Bossin-de-son-vrai-nom-Mathurin-Bengue-Bossin-450×447.jpg” alt=”Centrafrique : Quand un pseudo-candidat à la prochaine présidentielle, monsieur Mouamar Bengué Bossin, de son vrai nom Mathurin Bengué Bossin, justifie les crimes de Wagner dans le pays” width=”450″ height=”447″ />monsieur Mouamar Bengué Bossin, de son vrai nom Mathurin Bengué Bossin
Des victimes centrafricaines transformées en bourreaux des Wagner, des Mercenaires russes présentés en sauveurs innocents. Durant une heure sur les réseaux sociaux, un prétendu candidat à la présidentielle de 2025, monsieur Mouamar Bengué Bossin, de son vrai nom Mathurin Bengué Bossin, a déversé, sur les réseaux sociaux, un discours effarant qui nie les crimes de Wagner dans le pays. Une intervention qui dévoile la nouvelle stratégie du pouvoir pour contrôler les Élections à venir.
Cette intervention ahurissante pose d’emblée la question de la véritable identité politique de Mouamar Bengué Bossin, de son vrai nom Mathurin Bengué Bossin qui aspire à diriger notre pays et le décoloniser véritablement, selon ses propres termes, des « mains des occidentaux ». Son plaidoyer en faveur des mercenaires russes, construit sur une inversion totale des responsabilités, dévoile une soumission absolue au narratif officiel du groupe Wagner.
“Pourquoi tuez-vous les Russes ?” martèle-t-il, comme si les nombreuses exactions documentées par les organisations internationales n’existaient pas, comme si les pillages systématiques des ressources nationales n’étaient qu’une fiction à ses yeux.
La rhétorique employée par monsieur Mathurin Bengué Bossin trahit une manipulation grossière. Ce supposé docteur en science politique, qui revendique un diplôme obtenu à Paris, développe une argumentation qui ferait rougir un étudiant de première année. Il présente une vision fantasmée de l’histoire, où la Russie apparaît comme le sauveur désintéressé des peuples africains, citant pêle-mêle le Vietnam, l’Angola et l’Afrique du Sud, dans un amalgame historique déconcertant.
Deux mercenaires du groupe Wagner sur deux motos
Cette candidature s’inscrit dans une stratégie plus vaste de verrouillage du processus électoral de 2025 – 2026. La Constitution promulguée le 30 août 2023 a déjà érigé des barrières contre les opposants crédibles, notamment à travers les dispositions sur la double nationalité. Le pouvoir cherche maintenant à peupler le champ politique de candidats dociles qui légitimeront sa réélection programmée, tout en niant les crimes de Wagner dans le pays.
L’intervention de ce candidat fantoche démontre parfaitement cette stratégie. Son récit des événements de 2017 reprend mot pour mot la version du quartier Boy-Rabe : un militant du FPP du feu Professeur Abel Goumba qui aurait conseillé à Touadéra de “faire venir les Russes pour chasser les Français et totalement décoloniser le pays “. Cette simplification extrême des enjeux géopolitiques centrafricains démontre soit une incompétence, soit une volonté délibérée de travestir la réalité en faveur du groupe russe Wagner.
La légèreté avec laquelle ce candidat balaie les accusations contre Wagner est particulièrement choquante. Selon lui, les mercenaires russes n’auraient commencé à “contre-attaquer” qu’en 2021, face aux “incursion de la capitale par des mercenaires soudanais et tchadiens “. Cette réécriture de l’histoire récente du pays montre que notre spécialiste en sciences politiques de l’université de Miskine oublie volontairement ce que font les Wagner dans le pays depuis 2018, y compris l’assassinat des journalistes russes vers Sibut.
Son discours anti-occidental primaire, qui accuse systématiquement “les Français” et “les Américains” de tous les maux du pays, s’accompagne d’une glorification aveugle de la présence russe. Cette vision manichéenne nie la complexité des relations internationales et les véritables enjeux de la souveraineté centrafricaine.
La médiocrité intellectuelle de son intervention questionne sérieusement ses prétendues qualifications académiques. Ses amalgames entre disciplines universitaires, sa confusion entre science politique et histoire, ses raccourcis historiques hasardeux, tout suggère une imposture intellectuelle au service du pouvoir. Un véritable étudiant du Professeur Daniel Nzéwé.
Cette candidature factice représente un danger réel pour République centrafricaine. Elle participe à une entreprise plus large de destruction du débat politique, où les véritables enjeux – développement économique, justice sociale, reconstruction nationale – sont noyés sous une propagande grossière du groupe Wagner.
Le timing de cette intervention n’est pas anodin. À l’approche des échéances électorales, Baba Kongoboro multiplie les manœuvres pour contrôler le processus électoral en cours. Ce candidat n’est qu’un pion dans une stratégie plus vaste visant à maintenir le statu quo, au détriment des intérêts du peuple centrafricain.
La manipulation des esprits atteint ici des sommets inquiétant. En niant les crimes de Wagner sur le sol centrafricain, en justifiant l’exploitation des ressources nationales, en légitimant la présence de mercenaires russes, ce candidat se fait le complice d’un système qui maintient le pays dans la dépendance et le sous-développement.
La mafia du népotisme s’installe à l’ENERCA : des millions dilapidés aux embauches familiales
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Thierry-Patient-Bendima-directeur-general-de-lEnergie-centrafricaine-Enerca.-@Droits-reserves-450×347.jpg” alt=”La mafia du népotisme s’installe à l’ENERCA : des millions dilapidés aux embauches familiales” width=”450″ height=”347″ />Thierry Patient Bendima, directeur général de l’Energie centrafricaine (Enerca). @Droits réservés
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Au sein de l’Énergie Centrafricaine (ENERCA), les scandales s’accumulent. Des contrats publicitaires douteux aux voyages injustifiés, en passant par un système d’embauches familiales, l’entreprise publique s’enfonce dans une gestion catastrophique pendant que 98% des Centrafricains vivent sans électricité.
Le nouveau Président du Conseil d’Administration (PCA), Zounguéré Wilikon Gérard, cumule déjà cette fonction avec celle de directeur de cabinet au ministère de l’Énergie. Une réunion privée organisée au domicile du directeur des ressources humaines, Thierry Frank PAYOMBO, a débouché sur un recrutement massif de proches et de parents. L’ENERCA devient progressivement une entreprise familiale des Ngbakamandja où les compétences techniques passent au second plan.
La direction multiplie les dépenses contestables. Le directeur général Thierry-Patient BENDIMA, accompagné du DRH Thierry Frank PAYOMBO et du médecin Pr Nestor MAMADOU NALI, ont effectué fin novembre 2024 une tournée dans des cliniques privées en Tunisie et au Maroc. La délégation a visité la clinique Montplaisir de Tunis puis la clinique SEVAMED de Rabat, prétextant des négociations pour des soins à l’étranger.
Dans le même temps, le service commercial vient d’approuver une dépense de 41 millions de francs CFA pour une simple campagne d’information sur le changement des compteurs prépayés. Le contrat, initialement proposé à 61 millions, a été attribué à un cabinet logé dans une maison d’habitation au quartier Lakouanga. Cette dépense apparaît d’autant plus absurde que l’ENERCA possède déjà les coordonnées des 16 000 abonnés concernés.
Les conséquences de cette gestion désastreuse touchent tout le pays. Dans les provinces, la situation devient catastrophique. À Béloko, ville autrefois génératrice des meilleures recettes, l’activité est paralysée depuis mars 2024. Bambari et d’autres localités restent privées d’électricité depuis des mois, officiellement par manque de carburant. Les clients de ces villes, malgré leurs crédits dans les compteurs prépayés, ne reçoivent plus aucun service.
À Bangui, la distribution suit un calendrier anarchique. Au lieu des plages horaires promises de 13h à 21h et de 21h à 5h, les quartiers reçoivent le courant de manière aléatoire : quelques heures entre 15h et 19h, puis entre 22h et minuit ou 4h et 6h. Certains secteurs restent dans l’obscurité pendant des jours entiers, tandis que d’autres zones comme le quartier présidentiel et Boy-Rabe bénéficient d’une alimentation continue.
Les recrutements familiaux aggravent la situation. Les nouveaux employés, choisis pour leurs liens avec le pouvoir plutôt que leurs compétences, occupent des postes clés. Les branchements illégaux prospèrent, parfois avec la complicité de ces recrues peu qualifiées. Le réseau électrique se dégrade pendant que l’entreprise devient un refuge pour les proches du pouvoir.
Cette gabegie paralyse l’économie nationale. Les entreprises ne peuvent fonctionner normalement. Les hôpitaux peinent à conserver leurs vaccins et médicaments. L’hôpital Mama Domitien à Bimbo a même dû fermer son service de maternité. Les commerçants perdent leurs marchandises faute de réfrigération.
Dans les locaux de l’ENERCA à Bangui, les groupes thermiques restent à l’abandon. Les techniciens manquent d’équipements basiques pour les réparations. Les véhicules d’intervention sont immobilisés. Les millions dépensés en communication et en voyages auraient pu servir à relancer l’électricité dans plusieurs villes de province.
Le ministre de tutelle, Arthur Piri, artisan de ce chaos, reste silencieux face à ces pratiques douteuses. La double fonction de Zounguéré Wilikon Gérard, à la fois PCA et directeur de cabinet au ministère, pose question sur la volonté réelle de réformer l’entreprise.
L’objectif d’atteindre 10% d’accès à l’électricité reste un mirage. Les fonds partent en voyages luxueux et en communication inutile plutôt qu’en MAINTENANCE du réseau. Les Centrafricains continuent de vivre dans le noir pendant que leurs dirigeants visitent des cliniques prestigieuses au Maghreb et placent leurs proches aux postes clés.
Festival-pour-accompagner-les-jeunes-artistes” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Bangui, CNC. Le plan de succession politique en République centrafricaine se précise. L’enfant que le président Touadera a eu avec une ancienne militaire rwandaise de la garde rapprochée de la Première Dame sera le prochain président de la RCA dans 20 ans. Cette information, confirmée par des messages arrogants des ressortissants rwandais reçus à la rédaction de Corbeau News Centrafrique (CNC), dévoile l’ampleur de la stratégie rwandaise pour prendre définitivement le contrôle du pays à travers un petit rwandais.
Le petit rwandais en formation
« Dans 20 ans, cet enfant, je veux dire ce petit rwandais dirigera votre pays » , affirme catégoriquement un membre des réseaux rwandais dans un message envoyé à notre rédaction. Ce fils du président Touadera, né de sa relation avec une Rwandaise et actuellement au Rwanda avec sa mère, est déjà préparé par Paul Kagamé pour prendre la tête de l’État centrafricain. Son parcours est minutieusement instrumenté par Kigali.
Le petit rwandais , une véritable stratégie de colonisation moderne
« Vous êtes tombés dans le piège et il est définitivement refermé sur vous » , nargue un autre message reçu par CNC de la part de ce réseau mafieux rwandais en Centrafrique. Cette affirmation péremptoire traduit la confiance des réseaux rwandais dans leur emprise sur le pays. Un haut responsable rwandais précise même : « Nous maintiendrons Touadéra de gré ou de force au pouvoir jusqu’à ce que notre candidat soit prêt. Tout est calculé » .
Une stratégie d’infiltration méthodique
Les réseaux rwandais ne cachent plus leurs intentions. « Même si vous publiez ou faites quoi que ce soit sur les Rwandais, ça ne changera rien. Tout est verrouillé » , déclare un membre proche des cercles rwandais dans un message adressé à notre rédaction. Une affirmation qui confirme l’emprise progressive de Kigali sur les institutions centrafricaines.
Une emprise économique déjà établie
Cette ambition politique s’appuie sur une mainmise économique déjà effective. Les réseaux commerciaux, les gisements miniers et plusieurs secteurs stratégiques sont désormais contrôlés par des intérêts rwandais. À cela s’ajoutent des exactions commises en toute impunité, comme le viol d’une jeune fille au PK-12, démontrant l’impuissance des autorités centrafricaines.
Un piège qui se referme sur les centrafricains
« Vous êtes tombés dans le piège et il est refermé sur vous » , prévient un autre message reçu par notre rédaction. Cette métaphore traduit la réalité d’un pays qui perd progressivement sa souveraineté. Contrairement aux forces russes de Wagner, qui n’ont jamais affiché d’ambitions politiques directes, le Rwanda développe une stratégie d’appropriation totale du pouvoir.
La République centrafricaine, jadis État souverain, se transforme progressivement en protectorat rwandais. Cette situation pose la question cruciale de l’indépendance réelle du pays et de la capacité des Centrafricains à reprendre le contrôle de leur destin national.
Le ministre Maxime Balalou perd son sang-froid face aux révélations d’un journaliste centrafricain
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/07/Le-ministre-Maxime-Balalou-450×191.jpg” alt=”Le ministre Maxime Balalou perd son sang-froid face aux révélations d’un journaliste centrafricain” width=”450″ height=”191″ />Le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou
Le ministre centrafricain de la Communication, Maxime Balalou, a explosé de colère lors de son point de presse hebdomadaire à Bangui. La cause de cette fureur ? Les déclarations d’un journaliste centrafricain réfugié en France qui a dénoncé sur RFI les agissements du groupe Wagner dans le pays.
Dans une diatribe aussi spectaculaire que ridicule, le ministre Maxime Balalou a qualifié ce professionnel des médias de “chercher à manger“, de “escroc “ et de “traître à la nation”. Plus pathétique que l’on imagine, il affirme que ce directeur de publication n’est pas un véritable journaliste, alors même que son média est officiellement reconnu par le Haut Conseil de la Communication centrafricain.
Cette réaction démesurée cache mal un profond embarras. Le journaliste en question a travaillé pendant des années en étroite collaboration avec les autorités centrafricaines et le groupe Wagner. Il possède des preuves accablantes, notamment des enregistrements audio impliquant Dimitri Sitiy, le chef des mercenaires russes en Centrafrique. Ces documents attestent de l’emprise totale de Wagner sur les décisions gouvernementales.
“Quand Wagner tue dans les provinces, le gouvernement nie. Quand Wagner vole, braque les boutiques et égorge les gardiens à Bambari ou Bria, le pouvoir parle de mensonges. Même quand les victimes témoignent directement à la radio, les autorités crient au montage”, explique un activiste centrafricain sous couvert d’anonymat.
Les révélations du journaliste exilé ont particulièrement touché un point sensible : la mainmise russe sur l’appareil d’État centrafricain. Les enregistrements montrent comment Dimitri Sitiy dicte personnellement le choix des personnes à manipuler et contrôle l’information. Une réalité que le gouvernement s’évertue à nier, préférant se poser en victime d’un complot occidental.
“Si Wagner frappe du doigt, tout le monde tremble au sommet de l’État”, résume un observateur politique à Bangui. Cette vassalisation inquiète d’autant plus que le groupe paramilitaire russe accumule des exactions dans le pays. L’exemple palpable est l’égorgement de deux ex-miliciens Anti-Balaka incorporés dans les forces armées centrafricaines à Bouka. Wagner les a égorgé, et exposé sur les réseaux sociaux leurs têtes décapitées sur Facebook. Mais la réaction du gouvernement est plus spectaculaire et étonne tout le monde.
Deux corps de deux miliciens Anti-Balaka décapitées par les mercenaires russes à Bouka
Plus choquant, le ministre de la Communication Maxime Balalou tente maladroitement de justifier cette violence en évoquant des manipulations des ennemis de la Centrafrique. Un argument qui ne convainc plus le peuple centrafricain, de plus en plus préoccupée par l’impunité dont jouissent les mercenaires russes.
La sortie médiatique du ministre Maxime Balalou dévoile aussi une dérive autoritaire croissante. En menaçant de poursuites judiciaires ceux qui critiquent le pouvoir, il instaure un climat de peur dans les médias. Une stratégie d’intimidation qui pousse de nombreux journalistes à l’autocensure ou à l’exil.
Le cas de ce journaliste réfugié en France n’est pas isolé. Plusieurs professionnels des médias ont dû fuir le pays ces derniers mois face aux menaces. Une situation paradoxale puisque ces mêmes journalistes ont souvent collaboré étroitement avec le pouvoir avant de tomber en disgrâce.
“Comment le ministre peut-il prétendre que ce journaliste n’est pas qualifié alors que son ministère et le Haut Conseil de la Communication lui ont délivré toutes les autorisations nécessaires ? Cette hypocrisie montre bien la nature du régime”, s’indigne un ancien haut fonctionnaire centrafricain.
Le pouvoir centrafricain justifie sa proximité avec Moscou par l’abandon des partenaires occidentaux. “La Russie ne nous colonise pas”, martèle le ministre Maxime Balalou, “c’est un partenaire d’égal à égal”. Une affirmation contredite par les faits, alors que Wagner contrôle tous les secteurs stratégiques du pays.
Après presque dix ans au pouvoir, le bilan du régime actuel reste désastreux malgré le soutien russe. L’insécurité persiste dans les provinces, la population s’appauvrit et les libertés se réduisent. Une situation qui pousse de plus en plus de voix critiques à s’exprimer depuis l’étranger, s’exposant aux foudres d’un pouvoir de plus en plus nerveux et pathétique.
La réaction épidermique du ministre de la Communication Maxime Balalou trahit cette fébrilité. En insultant publiquement un journaliste, il démontre involontairement la véracité des accusations portées contre son gouvernement. Un pouvoir sûr de sa légitimité n’aurait pas besoin de recourir à de telles méthodes d’intimidation.
Le récit mensonger d’un prétendu panafricaniste sur la Centrafrique
Le président Faustin Archange Touadera en costume bleu, endormi complètement lors d’une conférence internationale
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Un narrateur ouest africain vient de livrer sur les réseaux sociaux une histoire fantaisiste à dormir débout sur les relations entre la Centrafrique et ses partenaires internationaux . Son récit ne résiste pas à l’épreuve des faits que les centrafricains vivent quotidiennement.
Une narration totalement hors des réalités de la Centrafrique
Ce conteur ouest africain, qui se présente comme panafricaniste, ignore tout de la situation réelle de la Centrafrique. Il prétend que les Russes auraient refusé une aide financière à Touadera au motif de la corruption. Cette affirmation trahit sa méconnaissance totale des dynamiques à l’œuvre dans notre pays.
La vérité est bien différente. Entre 2022 et 2023, le gouvernement Touadera a reçu près de 500 milliards de francs CFA des partenaires occidentaux, Banque Mondiale, FMI, Union Européenne et autres. Ces sommes colossales n’ont pourtant pas servi au développement du pays.
La véritable destination des fonds
Contrairement aux allégations de ce narrateur ouest africain, les Russes n’ont jamais eu l’intention de financer le développement de la Centrafrique. Au contraire, ils profitent du système actuel pour capter les financements internationaux. Quand Touadera obtient des fonds auprès des institutions occidentales, une grande partie disparaît dans les poches des intérêts russes présents dans le pays.
Un système d’exploitation bien rodé
Notre pays sert de canal aux autorités russes pour contourner les sanctions internationales. À travers la Centrafrique, ils accèdent aux financements des institutions internationales et utilisent ces fonds pour leurs propres intérêts, notamment le financement de leurs opérations militaires en Ukraine.
Des accusations qui masquent la réalité
Le narrateur accuse les Occidentaux de se “nourrir de la corruption” mais oublie de mentionner que l’argent qu’ils accordent finit dans les poches des intérêts russes. Il invente une fable sur des “mercenaires américains” alors que la réalité est celle d’un pays dont les ressources sont systématiquement pillées par les russes.
L’ignorance ou la manipulation délibérée
Ce récit fallacieux ne peut tromper les Centrafricains qui vivent cette situation au quotidien. Nous savons que l’argent des bailleurs internationaux ne profite ni au développement du pays ni à sa population. Les routes restent défoncées, les hôpitaux manquent de tout, les écoles tombent en ruine, d’ailleurs il a si bien dit dans son live.
Les Centrafricains n’ont pas besoin d’un conteurs ouest africain pour comprendre leur situation. Nous vivons chaque jour les conséquences de ce système où l’argent public disparaît pendant que la population s’enfonce dans la misère.
Ces manipulations narratives ne servent qu’à détourner l’attention de la vraie tragédie : celle d’un pays dont les ressources et l’aide internationale sont détournées au profit d’intérêts étrangers, pendant que sa population attend toujours les infrastructures et services essentiels promis depuis des années.
La jeunesse de la sous-préfecture de Ouandja rejette les revendications autonomistes de Sikikédé
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Lecture-du-memorandum-des-habitants-de-Sikikede-reclamant-leur-autonomie-administrative-450×237.jpg” alt=”La jeunesse de la sous-préfecture de Ouandja rejette les revendications autonomistes de Sikikédé” width=”450″ height=”237″ />Un leader communautaire présente les revendications de la population de Sikikédé (Ndah) pour la création d’une nouvelle sous-préfecture autonome de Sikikédé, dans la Vakaga.
La jeunesse de la sous-préfecture de Ouandja a publié une déclaration officielle en réponse à la marche pacifique organisée par les habitants de Sikikédé. Le texte réfute catégoriquement les demandes d’autonomie administrative exprimées par cette localité de 52.000 habitants.
“Les revendications de Sikikédé cachent des intentions malveillantes instrumentées depuis Bangui”, affirme la déclaration signée par les responsables de la jeunesse de Ouandja. Le document pointe particulièrement un conseiller mystérieux à la Présidence, accusé d’être “l’architecte de cette déstabilisation”.
La déclaration de Ouandja qualifie la marche pacifique des 52.000 habitants de Sikikédé d’acte “manipulé” et accuse un conseiller à la présidence d’être derrière ce mouvement. Les arguments avancés par la jeunesse de Ouandja reprennent des éléments sensibles : présence d’étrangers tchadiens et soudanais, risques pour l’unité territoriale, et non-respect des décisions gouvernementales.
Pourtant, comme le révélait notre précédent article, la situation de Sikikédé explique un déséquilibre administratif spectaculaire. Alors que des localités de moins de 20.000 habitants comme Ouandja, Gordil et Tiringoulou bénéficient du statut de communes et sous-préfectures, Sikikédé et ses 52.000 habitants restent privés d’autonomie administrative.
L’opposition de la jeunesse de Ouandja s’inscrit dans une longue histoire de tensions entre les communautés Goula et Rounga. Les affrontements meurtriers de 2020 entre groupes armés issus de ces communautés ont laissé des cicatrices profondes. Aujourd’hui, le combat se déplace sur le terrain administratif, avec des enjeux de pouvoir et de contrôle territorial.
La déclaration de la jeunesse de Ouandja réclame des poursuites judiciaires contre les leaders du mouvement de Sikikédé. Elle demande notamment “la saisie des ordinateurs et téléphones” du conseiller présidentiel accusé d’instrumenter les revendications. Ces accusations contrastent avec les demandes légitimes exprimées par la population de Sikikédé : accès aux services de base, désenclavement, et reconnaissance administrative.
Le texte ignore les réalités quotidiennes des habitants de Sikikédé : absence d’hôpital et d’écoles, isolement total en saison des pluies, et dépendance forcée envers les pays voisins pour les services essentiels. La marginalisation administrative de cette localité pousse naturellement sa population vers le Tchad et le Soudan pour l’accès aux soins et à l’éducation.
Cette opposition reflète aussi un clivage éducatif et social historique. La communauté Goula, traditionnellement plus présente dans l’administration, occupe des postes clés au gouvernement. Les Rounga, majoritaires à Sikikédé, se retrouvent exclus des processus décisionnels affectant leur territoire.
La réaction de la jeunesse de Ouandja apparaît ainsi comme un nouvel épisode dans une longue histoire de divisions ethniques. Leur déclaration, plutôt que d’adresser les préoccupations légitimes d’une population isolée, perpétue un cycle de tensions intercommunautaires qui fragilise le développement de la région.
L’enjeu dépasse désormais le simple cadre administratif. Il questionne la capacité de l’État centrafricain à garantir un développement équitable du territoire et à maintenir le lien avec des populations frontalières naturellement attirées vers les pays voisins. La création d’une nouvelle entité administrative à Sikikédé pourrait constituer une première étape vers la réintégration de ces populations dans le giron national.
Dans l’immédiat, les autorités nationales et la Minusca devront gérer cette situation avec prudence pour éviter une escalade des tensions. Le défi consiste à dépasser les clivages ethniques pour répondre aux besoins réels d’une population de 52.000 habitants qui réclame simplement son droit au développement et à la reconnaissance administrative.
Hôpitaux sans soins, malades sans espoir : diagnostic terminal pour un système de santé centrafricain en faillite, classé dernier de la classe africaine
Le dernier rapport 2024 de la Fondation Mo Ibrahim sonne comme un diagnostic terminal pour le système de santé centrafricain. Avec un score global de 28,7 sur 100 en matière de santé, le pays se classe dernier du continent africain, une position qui traduit l’ampleur d’une catastrophe sanitaire sans précédent.
L’EFFONDREMENT DES SOINS DE BASE DU SYSTÈME DE SANTÉ CENTRAFRICAIN
Le tableau est apocalyptique pour le système de santé centrafricain. L’accès aux soins de santé s’est effondré avec une chute vertigineuse de 8,4 points en dix ans, pour atteindre le score dérisoire de 23,2/100 (47ème rang). Plus alarmant encore, l’accès à l’eau et à l’assainissement plafonne à 20,5 points, plaçant le pays au 51ème rang continental. Dans ce contexte, les maladies évitables deviennent des sentences de mort.
UNE POPULATION LIVRÉE AUX ÉPIDÉMIES
Le contrôle des maladies contagieuses atteint à peine 19,3 points, reléguant la RCA à la dernière place du classement africain. Cette défaillance systémique expose quotidiennement la population à des épidémies mortelles. Même le contrôle des maladies non contagieuses, avec un score de 62,1 points, masque une réalité plus sombre : l’incapacité totale du système à prendre en charge les pathologies chroniques.
Deux jeunes femmes avec leurs bébés installées dans une unité prise en charge par le MSF Centrafrique
LA TRAGÉDIE MATERNELLE ET INFANTILE
Le rapport dévoile une situation particulièrement dramatique pour les plus vulnérables. La santé infantile et maternelle obtient un score catastrophique de 32,6 points, plaçant le pays au 50ème rang. Malgré une légère amélioration de 8,6 points en dix ans, chaque grossesse reste une roulette russe, chaque naissance un défi à la mort.
UN SYSTÈME QUALITATIVEMENT MORT
La qualité des soins atteint des profondeurs abyssales avec un score de 14,5 points (51ème rang). Cette note, malgré une amélioration marginale de 4,4 points, révèle un système de santé en état de mort clinique. Les structures sanitaires, quand elles existent, fonctionnent sans équipements, sans médicaments, et souvent sans personnel qualifié.
LA PROTECTION SOCIALE EN SOINS PALLIATIFS
La situation est aggravée par l’effondrement des filets de protection sociale qui atteignent à peine 7,1 points, plaçant le pays au dernier rang continental. Les politiques de lutte contre la pauvreté, avec un score famélique de 18,8 points, condamnent les plus démunis à renoncer aux soins faute de moyens.
Dr. Pierre Somsé, ministre de la santé
UNE CRISE MULTIDIMENSIONNELLE
Cette catastrophe sanitaire s’inscrit dans un contexte plus large de déliquescence de l’État. Avec un PIB par habitant de 445 dollars et une dette publique atteignant 50,7% du PIB, les ressources manquent cruellement. L’aide internationale, pourtant conséquente avec 122,4 dollars par habitant, semble se perdre dans les méandres d’un système gangréné par l’inefficacité et le manque de vision.
L’URGENCE D’UNE REFONTE TOTALE DU SYSTÈME DE SANTÉ CENTRAFRICAIN
La situation exige une réponse immédiate et radicale. Il ne s’agit plus de replâtrer un système moribond, mais de reconstruire intégralement une politique de santé publique. Cela passe par :
– Un plan d’urgence pour la réhabilitation des infrastructures sanitaires
– Un programme massif de formation du personnel médical
– Une politique d’accès universel aux soins de base
– Un système de protection sociale efficace
– Une gestion transparente des ressources allouées à la santé
La communauté internationale ne peut plus se contenter d’une aide passive. Elle doit exiger des autorités un engagement ferme dans la reconstruction du système de santé centrafricain, avec des objectifs clairs et mesurables. Chaque jour de retard se compte en vies humaines perdues.
L’heure n’est plus aux constats mais à l’action. Sans une mobilisation générale et des réformes structurelles profondes, c’est toute une population qui reste condamnée à une mort précoce évitable. Le droit à la santé n’est pas un luxe, c’est un droit fondamental que l’État centrafricain doit garantir à ses citoyens.
Les z’enfants d’aujourd’hui, surtout ceux de la génération Boyrabique, Enseigner vient du Latin “insignare”, qui signifie “faire connaître par un signe”, “mettre de la signification, de la direction, du sens”.
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Godefroy Gondjé à cette époque doctorant en Droit : Touadéra nouvellement élu, revenait des États-Unis faisant escale en France, conviait la Communauté Centrafricaine à sa rencontre dans hôtel parisien sis Porte-Maillot. Et nous sommes au mois de septembre 2016, j’ai rehaussé de ma présence à ce rendez-vous, sur les premiers intervenants, Godefroy Gondjé (amende honorable, si jamais j’écorchais le patronyme) prenant la parole a fait savoir “et ce que j’ai retenu” : “MONSIEUR LE PRÉSIDENT, VOUS ÊTES MAL ENTOURÉ, trois fois de suite a-t-il martelé”.
Ma prise de parole fut un parcours de putschiste soudard de l’AES ; sieur SÉBIRO Maurice cousin-neveu, parvenu ministre conseiller en communication de son oncle président n’en voulait guère me passer la parole devant l’assistance erberluée. J’ai dû insisté debout en interpellant le ministre porte-parole de la présidence de la République, monsieur Mokpem Yaloké pour avoir le 🎤micro🎙détenu par Sébiro.
Au premier ou au second tour, je n’ai pas voté Touadéra, ni 2015-16, ni en 2020,
En ce mois de septembre 2016, sans équivoque, j’ai interrogé le chef de l’État de ses 100 premiers jours au palais de la Renaissance, alors que nous sommes déjà à six mois de son administration à la tête de République Centrafricaine :
“MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, QU’AVIEZ-VOUS FAIT DE VOS 100 PREMIERS JOURS, NOUS SOMMES DÉJÀ À PLUS DU DOUBLE, SIX MOIS PASSÉS QUE VOUS ÊTES COMMANDANT DE BORD DE AIR CENTRAFRIQUE, IL N’Y A PAS DE GRANDS ET FORTS SIGNAUX QUI MARQUENT LE DÉBUT DE VOTRE QUINQUENNAT. À CE RYTHME, NOUS ASSISTONS UNE CHRONIQUE D’UN ÉCHEC ANNONCÉ DE VOTRE MANDAT. MONSIEUR LE PRÉSIDENT, CHANGEZ DE CAP DÈS MAINTENANT, EN PRENANT À NGREBADA FIRMIN ALORS SON DIRCAB PARTICULIER, EN APPUYANT DESSUS À MON HOMONYME FIRMIN DE PRENDRE NOTE DE CETTE DATE. À LA FIN, J’AI PROPOSÉ QUATRE HAUTS CADRES DE COMPÉTENCES NON NÉGLIGEABLES AU POSTE DE PREMIER MINISTRE : THIERRY BINGABA, FEU JACKY AYANDHO, JEAN-FRANÇOIS KOMBET-AKANDJI ET ALAIN LAMESSI.”
Durant le 🍸cocktail qui🍹a suivi cette concertée,🍸 ouf, qu’est ce que je n’ai pas reçu comme noms de caille, cygne, perroquet ou colibri ?
JE LE GARDE POUR MOI, POUR LA RÉPUBLIQUE EN CENTRAFRIQUE, POUR LE PRINTEMPS CENTRAFRICAIN QUI ARRIVE SEREINEMENT AVECQUE UN SEUL MOT D’ORDRE : ORDRE.
Près de neuf années aujourd’hui,
Qu’a fait monsieur Faustin-Archange Touadéra de sa si élogieuse victoire deux fois de suite à la conduite du🚢paquebot battant pavillon 🚢 la Res PUBLICA CENTRAFRICANA ?
La Parentocracie familiale s’est érigée au sommet de l’État : “En Centrafrique, Touadéra devra-t-il choisir entre un de ses ministres et le FMI” vient de titrer l’hebdomadaire Jeune Afrique.
Ce ministre n’est autre que son tout puissant neveu, le très influent PIRI Arthur Bertrand ARGENTIER-EN-CHEF DU SYSTÈME MANDJOGRAD.
POUR FINIR,
JE TIENS À RAPPELER À CET ÉNERGUMÈNE DE MOLLAH SALAFISTE MOUHAMMARD BÉNGUÉ BOSSIN KIM IL SUNG, PROMOTEUR DU PREMIER GOULAG TROPICAL Obo-SOUTERRAIN, QUE C’EST LUI QUI EN VEUT AU FAUTEUIL DE TOUADÉRA, PAS LE VIEILLARD BICENTENAIRE LOUIS-FIRMIN KONGOUBÉ. SON INFORMATEUR PARISIEN DOIT MIEUX SE RENSEIGNER SUR CHAIRMANLFK QUE DE LUI RACONTER DES BONIMENTS SUR MOI, ALORS QU’IL A LIVRÉ SON ÉPOUSE À LA 🛋PROMOTION CANAPÉ À CETTE FUMISTERIE DE LA BELLE-VIE BOYRABIQUE 🛋 POUR LE BÉNÉFICE DE SA SURVIE AU PAYS DE MACRON COLONIALISTE.
LFK, 03 décembre MMXXIV, 02:20, Envoyé par Louis-Firmin KONGOUBÉ, Message éphémère
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/11/5dbda65e14e8d-450×253.jpeg” alt=”Africa Corps (ex-Wagner) : soutien ou fardeau ?” width=”450″ height=”253″ />
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Les revers se poursuivent et s’accumulent pour la société militaire privée (SMP) Africa Corps (ex-Wagner) en Afrique. Cinq de leurs membres ont été encore tués le 21 novembre dans le centre du Mali.
Selon un dernier bilan, cinq mercenaires de l’Africa Corps ont été tués le 21 novembre lors d’une embuscade du groupe Katiba Macina, faction djihadiste liée au Jama’at Nasr al-Islam wal-Muslimin (JNIM – Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) entre Bandiagara et Sévaré, dans la région de Mopti au Mali. C’est sur la route stratégique du Serpent (Snake Road) que ces supplétifs des Forces armées maliennes (FAMa) auraient perdu la vie. Selon plusieurs sources concordantes, les plus chanceux auraient survécu mais ils ont été faits prisonniers par les assaillants. L’embuscade du JNIM aurait entraîné la perte de deux véhicules blindés légers que les terroristes auraient saisis. En outre, les militants islamistes ont diffusé des vidéos sur les réseaux qui montrent les cadavres des Mercenaires russes tués et les prisonniers.
Massacres
Cette nouvelle déconvenue interroge sur la présence de cette SMP, au Mali et d’une manière plus générale en Afrique. En effet, l’arrivée de Wagner fin 2021 sur les terres maliennes en soutien aux forces gouvernementales ont été perçues à l’époque comme une délivrance par la population et par les autorités politiques qui leur ont laissé une immense marge de manœuvre opérationnelle. Mais les premiers succès militaires (avec la reprise de Kidal notamment) n’ont pas effacé des mémoires les exactions auxquelles les mercenaires se sont livrés, avec la complicité des FAMa, sur les populations civiles. Là encore plusieurs études concordantes rappellent que le groupe avait tué, à la date d’août 2023, au moins 1800 civils africains, au nom du « soutien à la paix et à la stabilité ». Les massacres sont tels que les autorités civiles maliennes et les ONG peinent à dénombrer les morts. L’exemple le plus criant est sans doute celui de Moura alors contrôlée en mars 2022 par la Katiba Macina. Un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) conclura au mois de mai 2023 qu’au moins 500 civils, dont une vingtaine de femmes et sept enfants, ont été massacrés pendant au moins quatre jours par les forces armées maliennes et des « personnels militaires étrangers ». Les exemples de ces exactions signées par Wagner, auxquelles il faudrait ajouter les vols, les rackets et les viols, sont nombreux : Sambani en août 2023 (16 civils tués) ; Ersane en octobre 2023 (17 tués) ; Goma Koura et Nampala en novembre 2023 (40 à 60 tués) ; Wellingara en janvier 2024 (25 tués) ; Diankabou en mars (20 tués), Abeïbara en juin (60 à 70 tués). Le 5 novembre dernier, Africa Corps a exécuté six bergers à Nara, certains ont été décapités et leurs corps brûlés.
Mépris
Au-delà de ces atrocités, se pose aussi la question de l’efficacité opérationnelle de l’ex-Wagner. La déconvenue du 21 novembre rappelle celle, nettement plus cuisante, du 29 juillet dernier. Les violents affrontements entre d’un côté le Cadre stratégique pour la défense du peuple de l’Azawad (CSP-DPA) et de l’autre les FAMa et Africa Corps ont provoqué la mort de 84 mercenaires et de 47 soldats maliens, aux abords de la ville de Tin Zaouatine, à la frontière avec l’Algérie. De son côté, le CSP-DPA n’a eu à déplorer que 18 morts. Les observateurs extérieurs ne s’y trompent pas. Ainsi le Groupe d’experts de l’ONU sur la Mali a clairement établi que non seulement le groupe Wagner n’avait pas réussi à améliorer la sécurité du Mali mais qu’en plus la surface du territoire malien contrôlé par les différents groupes terroristes avait presque doublé en un an ! Cette impuissance commence à irriter le pouvoir en place et des tensions commencent à se faire jour avec les supplétifs d’Africa Corps, ces derniers traitant ouvertement les FAMa « d’amateurs ». Un mépris et une condescendance qui passe mal dans la hiérarchie militaire malienne. Car malgré les promesses, la reconquête territoriale et le gain sécuritaire ne sont pas au rendez-vous. Et ce, alors même qu’Africa Corps coûte plus de 100 millions d’euros par an à Bamako ! Une faillite militaire et un échec financier qui pourraient tourner au fiasco politique et à la crise sociale ? L’hypothèse pourrait se révéler si le soutien devient un fardeau.
Les secrets de la rivière Oubangui : Écosystème vital de la RCA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/04/pirogue-fleuve-oubangui-centrafrique-450×253.jpg” alt=”Pirogue sur le rivière Oubangui. Photo CNC / Mickael Kossi, illustrant l’article sur Les secrets de la rivière Oubangui : Écosystème vital de la RCA” width=”450″ height=”253″ />Pirogue sur le rivière Oubangui. Photo CNC / Mickael Kossi
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
La rivière Oubangui, c’est un peu comme une grande autoroute d’eau qui traverse le pays de Barthelemy Boganda. Si vous vous promenez le long de ses rives, vous découvrirez un monde incroyable où les gens et les animaux vivent au rythme de l’eau.
Chaque matin, on peut voir les pêcheurs partir avec leurs pirogues. Ils connaissent la rivière comme leur poche ! Ils savent exactement où trouver les meilleurs poissons : les fameux poissons-tigres avec leurs dents pointues, les gros capitaines qui peuvent faire la taille d’un homme, et même les bizarres poissons électriques qui donnent des décharges pour attraper leur nourriture.
Sur les bords de l’eau, c’est tout un spectacle. Les crocodiles aiment se réchauffer au soleil pendant que les hippopotames sortent le soir pour manger l’herbe. Dans le ciel, c’est un vrai défilé d’oiseaux : les hérons avec leurs longues pattes, les petits martins-pêcheurs aux couleurs vives, et les aigles pêcheurs qui plongent pour attraper leur repas.
Les gens qui vivent près de l’Oubangui ont appris à vivre avec elle. Quand l’eau baisse pendant la saison sèche, ils font des jardins sur les berges. Ils y cultivent du manioc, du maïs et toutes sortes de légumes. C’est comme si la rivière leur offrait un grand potager naturel !
Mais aujourd’hui, notre belle rivière a des problèmes. Les déchets plastiques s’accumulent dans l’eau, ce qui est mauvais pour les poissons et les autres animaux. Le climat qui change ne nous aide pas non plus : parfois il y a trop d’eau qui cause des inondations, parfois pas assez ce qui rend la pêche difficile.
Les anciens du village racontent souvent des histoires sur la rivière. Ils connaissent les plantes qui poussent au bord de l’eau et qui peuvent soigner les malades. Ces connaissances sont précieuses et il faut les garder.
Baleinières stationnées sur la rivière Oubangui avec des gens et des sacs de marchandises
L’Oubangui, c’est aussi comme une grande route pour les bateaux. Les gens l’utilisent pour transporter leurs marchandises d’un village à l’autre, pour aller au marché ou rendre visite à leur famille. Sans la rivière, beaucoup de villages seraient coupés du reste du pays.
Des scientifiques qui étudient la rivière trouvent encore de nouveaux poissons qu’on ne connaissait pas avant. C’est comme si l’Oubangui gardait encore plein de secrets à découvrir !
Pour protéger notre rivière, les gens des villages s’organisent. Ils nettoient les berges, apprennent aux enfants à ne pas jeter de déchets dans l’eau, et essaient de pêcher de façon responsable pour que leurs enfants puissent aussi profiter de la rivière plus tard.
L’Oubangui, ce n’est pas qu’une simple rivière. C’est le cœur de notre pays, notre source de vie. Comme disent les anciens : “Quand la rivière va bien, le peuple va bien”. C’est pour ça qu’il faut en prendre soin, pour nous et pour ceux qui viendront après nous.
Ces eaux qui coulent depuis toujours racontent notre histoire, nourrissent nos familles et font vivre notre pays. Protéger l’Oubangui, c’est protéger notre maison à tous.
Mais l’Oubangui fait face à des défis croissants. La pollution, résultant des activités humaines et de l’urbanisation croissante, menace l’équilibre fragile de l’écosystème. Les déchets plastiques s’accumulent dans les zones de courants lents, créant des îlots de pollution qui étouffent la vie aquatique.
Le changement climatique affecte également le régime des eaux. Les périodes de sécheresse plus intenses alternent avec des crues dévastatrices, perturbant les cycles naturels dont dépendent tant la faune que les populations locales. La déforestation des berges accélère l’érosion, modifiant le cours du fleuve et menaçant les villages riverains.
Les savoirs traditionnels liés au fleuve constituent un patrimoine culturel inestimable. Les anciens racontent encore les légendes des génies de l’eau et transmettent leur connaissance des plantes aquatiques médicinales. Ces savoirs, mêlant spiritualité et observations empiriques, contribuent à la préservation de l’écosystème.
Des initiatives de conservation émergent pour protéger ce patrimoine naturel. Des programmes de surveillance de la qualité de l’eau et de repeuplement des espèces menacées sont mis en place. Les communautés locales s’organisent pour nettoyer les berges et sensibiliser à l’importance de préserver leur fleuve nourricier.
L’opposant Dr Dominique Désiré ERENON, Président de la MDSP dénonce l’emprise tentaculaire du groupe Wagner en RCA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Les-generaux-centrafricains-saluent-militairement-la-statue-en-memoir-des-createurs-du-groupe-Wagner-450×338.jpg” alt=”L’opposant Dr Dominique Désiré ERENON, Président de la MDSP dénonce l’emprise tentaculaire du groupe Wagner en RCA” width=”450″ height=”338″ />Le chef d’État-major, les directeurs de la gendarmerie et de la police saluent militairement la statue des créateurs du groupe Wagner à Bangui
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
La statue érigée à la gloire d’Evgueni Prigojine et de Dimitry Utkin ainsi que les images de l’hommage que leur ont rendu nos autorités militaires et policières, hier à la Maison russe de Bangui, sont hallucinantes, choquantes et ont pour principale signification la subordination de nos forces de défense et de sécurité au groupe Wagner.
Le décalage est donc énorme entre les discours souverainistes que tient régulièrement le régime du Président Faustin Archange TOUADERA et les actes qui sont posés, lesquels renvoient de plus en plus à une infeodation totale à l’entité Wagner.
La souveraineté sans cesse revendiquée par le pouvoir en place s’analyse objectivement en une absence totale de dépendance. Et ll ne saurait y avoir de souveraineté si l’armée qui en est un des piliers régaliens se trouve sous l’emprise aussi forte de troupes étrangères particulièrement de Wagner comme chaque citoyen centrafricain peut le constater.
Connaissant le caractère très mouvant du terrain politique et geostrategique, je me suis toujours gardé d’avoir des certitudes ; mais sur la question qui nous retient ici, j’ai la certitude que notre pays est aujourd’hui le pays le plus dépendant militairement au monde : présence de 13000 hommes au sein de la Minusca, présence des troupes bilatérales Wagner et du Rwanda. De plus, des accords de défense sont signés ça et là par le Président Faustin Archange TOUADERA : c’est une dépendance voulue, entretenue et maintenue, selon toute vraisemblance dans le long terme.
Et si pour certains, cela n’est pas de la dépendance, j’objecterais que ça y ressemble trop pour ne pas être vrai.
Cette statue de Prigojine-Utkin n’est pas la bienvenue et met à nu la vacuité des discours politiques souverainistes ambiants.
Cette statue de Prigojine-Utkin n’est d’aucune utilité pour nous centrafricains. Nous attendons plutôt le pouvoir sur d’autres terrains : amélioration de l’accès à l’eau, à l’électricité, aux soins de santé, réhabilitation et construction des infrastructures, dynamisation de l’économie, etc.
Dr Dominique Désiré ERENON,
Président du parti Marche pour la Démocratie et le Salut du Peuple (MDSP), 04:22, Envoyé par Dominique Désiré ERENON
Pourquoi Touadera explique-t-il aux investisseurs occidentaux que les centrafricains n’ont besoin seulement que du pain et de l’eau ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/09/Touadera-suce-langue-IMG_4190-1-300×259.jpg” alt=”Pourquoi Touadera explique-t-il aux investisseurs occidentaux que les centrafricains n’ont besoin seulement que du pain et de l’eau ?” width=”300″ height=”259″ />Président Faustin Archange Touadera suce sa langue et se moque des centrafricains de leur pauvreté absolue
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Une phrase prononcée, de manière officielle, par Faustin Archange Touadera aux investisseurs occidentaux venus le voir avec leur projet pour le développement du pays, choque aujourd’hui la nation toute entière. Lors de leur rencontre au Palais de la Renaissance, le Président Touadéra leur a prononcé ces mots à la fin de la séance : « Les Centrafricains ont besoin seulement de l’eau et de pain, et ça leur suffit ». Cette déclaration pathétique de Baba Kongoboro, démontre la limite de sa vision politique qui interpelle chaque citoyen centrafricain.
Une nation rabaissée au pain et à l’eau par Touadera
Pourtant, ces investisseurs occidentaux sont venus présenter des projets porteurs d’espoir pour le pays : création d’emplois, développement économique, perspectives nouvelles pour la jeunesse. La réponse du chef de l’État les a laissés sans voix. Comment comprendre qu’un président puisse ainsi réduire les aspirations de tout un peuple aux besoins les plus élémentaires ? Le pain et de l’eau. C’est tout simplement de la maladie psychiatrique.
Cette déclaration de Faustin Archange Touadera prend un tour particulièrement dangereux quand on examine la réalité du terrain. À Bangui, l’eau potable manque cruellement. Des quartiers entiers restent privés d’approvisionnement pendant des semaines. En province, la situation empire chaque jour. Le pain vendu dans les rues de la capitale ne mérite souvent même pas ce nom, comme peuvent en témoigner les habitants de Gobongo ou de Miskine.
Un mépris présidentiel qui glace
La réaction des investisseurs à cette déclaration présidentielle s’apparente à une scène de comédie de l’absurde.
Après les mots de Touadéra sur « l’eau et le pain », un silence pesant envahit la salle du Palais de la Renaissance. Les investisseurs européens échangent des regards incrédules, cherchant à s’assurer qu’ils ne rêvent pas. L’un d’eux, porteur principal du projet, ose briser ce silence gênant :
« Monsieur le Président, même l’eau dont vous parlez rend les gens malades à Bangui ».
Face à cette remarque cinglante qui dénonce une triste réalité, Touadéra se contente d’esquisser un sourire, un rictus qui trahit son indifférence totale. Les investisseurs quittent le palais présidentiel, encore sous le choc, se demandant s’ils viennent vraiment de vivre cette scène.
Cette attitude présidentielle dévoile une stratégie inquiétante : maintenir délibérément le pays dans un état de sous-développement permanent, où la population, trop préoccupée par la quête quotidienne d’eau potable et de pain, perd toute capacité de révolte. Cette rencontre restera dans les annales comme le jour où le président a ouvertement affiché son mépris non seulement pour son peuple, mais aussi pour l’avenir même de la République centrafricaine.
Un peuple dans la misère
Cette philosophie du minimum vital cache une stratégie politique dangereuse. En limitant les ambitions nationales aux besoins primaires – sans même les satisfaire – le pouvoir maintient la population dans un état de précarité permanente.
Les conséquences apparaissent chaque jour plus graves. Les hôpitaux manquent de tout, les routes se dégradent, les écoles ferment. Cette politique du dénuement organisé hypothèque l’avenir de millions de citoyens.
L’argent public détourné
Pendant que le président prône l’austérité pour son peuple, où passent les ressources du pays ? Les revenus fiscaux atteignent des records, mais les fonctionnaires restent sous-payés. Les infrastructures de base – routes, écoles, dispensaires – continuent de se dégrader. Un système de détournement bien huilé prospère pendant que la population s’enfonce dans la misère.
La direction générale de la SODECA offre un exemple parfait de cette gestion calamiteuse. Derrière le Palais présidentiel même, les problèmes d’approvisionnement en eau persistent. Le président n’a qu’à faire quelques pas pour constater l’ampleur du désastre.
Un avenir réduit au pain et à l’eau
Cette vision minimaliste du pain et de l’eau ne peut avancer le pays. Comment attirer des investisseurs quand le chef de l’État lui-même décourage toute initiative ? La République centrafricaine possède des ressources, des talents, un potentiel immense. Réduire les ambitions nationales à l’eau et au pain relève d’un cynisme politique destructeur.
Les Centrafricains ne peuvent plus accepter cette condamnation à la misère perpétuelle. Ils méritent un projet national ambitieux, des perspectives d’avenir, une vie digne. Le développement du pays ne peut rester otage d’une classe dirigeante qui méprise ouvertement les aspirations populaires.
La Centrafrique s’agenouille devant Wagner : une statue de Yevgeny Prigozhin pour ceux qui nient encore la présence de Mercenaires russes en RCA
Le chef d’État-major, les directeurs de la gendarmerie et de la police saluent militairement la statue des créateurs du groupe Wagner à Bangui
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Des généraux centrafricains au garde-à-vous devant l’effigie de mercenaires. Le spectacle offert ce 3 décembre à Bangui, capitale de la Centrafrique restera dans les annales de l’humiliation nationale. Le chef d’état-major des armées, le général d’armée Zéphirin Mamadou, les directeurs généraux de la police et de la gendarmerie ont salué militairement une statue érigée à la mémoire de Yevgeny Prigozhin et Dmitry Utkin, les défunts patrons du groupe Wagner.
La farce atteint son paroxysme. Pendant que le président Kongoboro persiste à nier tout lien avec Wagner et sa présence au pays de Boganda, la Centrafrique, , ses plus hauts gradés s’inclinent devant un monument célébrant explicitement les fondateurs de cette même organisation criminelle russe. Cette contradiction spectaculaire prouve une fois de plus le degré de duplicité qui gangrène désormais les plus hautes sphères de l’État centrafricain.
Cette deuxième statue – après celle trônant déjà place sur la grande avenue des martyrs, à côté de l’université de Bangui , marque un nouveau palier dans l’abdication de la souveraineté de la Centrafrique . Les soi-disant autorités centrafricaines ne se contentent plus de nier l’évidence : elles l’honorent publiquement. Le mensonge d’État devient monument.
La statue des chefs de Wagner morts dans un accident d’avion près de Moscou en Russie, érigée en pleine capitale centrafricaine Bangui
La scène dépasse l’entendement : les chefs militaires d’une nation souveraine, de la Centrafrique, rendant les honneurs à des mercenaires criminels étrangers. Quelle armée au monde s’abaisserait ainsi ? Quel pays accepterait de voir ses généraux saluer la statue de dirigeants d’une milice privée étrangère ?
Cette cérémonie grotesque traduit l’emprise totale des forces russes non seulement sur l’appareil sécuritaire centrafricain, mais également sur le Président Kongoboro. Les plus hauts responsables militaires de la Centrafrique ne répondent visiblement plus à leur hiérarchie constitutionnelle, mais à leurs véritables maîtres.
L’inauguration de ce monument consacre l’hypocrisie au rang de politique d’État. Comment le pouvoir peut-il continuer à nier l’existence de Wagner tout en autorisant l’érection de statues célébrant ses fondateurs ? Cette schizophrénie officielle confine à l’absurde.
Le timing de cette cérémonie, juste un an après la disparition de Prigozhin, en dit long sur la servilité des autorités. Même mort, le chef des mercenaires continue de recevoir les honneurs militaires d’une armée nationale réduite au rang de garde prétorienne.
Lors de l’inauguration à Bangui de la statue à la mémoire des créateurs du groupe Wagner , les généraux centrafricains saluent militairement ce monument pathétique et criminel
Cette nouvelle statue incarne la faillite morale d’un régime qui a bradé la dignité nationale. Elle symbolise la mainmise totale d’une organisation privée étrangère sur les institutions régaliennes centrafricaines.
L’histoire retiendra cette image pathétique : des généraux centrafricains au garde-à-vous devant l’effigie de leurs véritables patrons. La République est morte ce 3 décembre 2024, quand ses plus hauts gradés ont officiellement prêté allégeance à des mercenaires.
Tensions croissantes à Bamingui-Bangoran : Le licenciement des agents d’écogardes par WCS fait redouter l’apparition d’un nouveau groupe armé dans le nord
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/03/deux-combattants-rebelle-du-FPRC-dans-la-ville-de-ndélé-le-5-aout-2017-par-cnc-450×244.jpg” alt=”Tensions croissantes à Bamingui-Bangoran : Le licenciement des agents d’écogardes par WCS fait redouter l’apparition d’un nouveau groupe armé dans le nord” width=”450″ height=”244″ />
La situation dans la préfecture de Bamingui-Bangoran prend une tournure inquiétante. Plus de trente surveillants-pisteurs du Parc Saint-Floris Manovo Gonda, expérimentés dans le maniement des armes et la lutte anti-braconnage, se retrouvent au chômage après leur licenciement par l’ONG Wildlife Conservation Society (WCS).
Ces agents paramilitaires, recrutés et formés depuis 2007, d’abord sous le projet ECOFAC puis sous la direction de WCS, gardaient les espaces protégés contre les braconniers. Leur formation poussée incluait des tactiques militaires et des stratégies de combat, essentielles pour affronter les dangers de leur mission quotidienne.
Les événements ont basculé en mai dernier à Bamingui. Un conflit entre deux employés a déclenché une réaction en chaîne, aboutissant à une manifestation violente d’une partie de la population locale contre WCS. Les bureaux de l’organisation ont été pillés, des fonds dérobés et du matériel détruit. En réaction, WCS a enclenché une série de licenciements, touchant même des agents basés à Samba, Manovo et Ndélé, pourtant éloignés de l’épicentre des troubles.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Une-vue-de-lentree-de-la-base-du-WCS-en-charge-de-la-protection-du-Parc-Saint-Floris-Manovo-Gonda-a-Bamingui.-Photo-WCS-450×203.jpg” alt=”Tensions croissantes à Bamingui-Bangoran : Le licenciement des surveillants-pisteurs par WCS fait redouter l’apparition d’un nouveau groupe armé dans le nord” width=”450″ height=”203″ />Une vue de l’entrée de la base du WCS en charge de la protection du Parc Saint-Floris Manovo Gonda à Bamingui. Photo: WCS
La manière dont ces fins de contrat ont été gérées aggrave les tensions. Les indemnités de départ, oscillant entre 100 000 et 200 000 francs CFA, apparaissent dérisoires pour des professionnels comptant jusqu’à quinze ans de service. Cette situation pousse certains ex-écogardes vers des pensées de violence. Un ancien agent a confié à son père avoir désormais accès à des grenades, démontrant le risque de basculement dans l’illégalité.
Le contexte politique local complique la résolution du conflit. Le Sultan-Maire, dont l’autorité s’étend sur la commune de Dar-El-Kouti, interfère régulièrement dans la gestion du personnel de WCS. Son influence déborde sur les communes voisines de Vassako et Mbolo-Pata, créant des tensions intercommunautaires. Son attitude est critiquée par plusieurs acteurs locaux qui l’accusent d’exercer une “dictature” et d’attiser les divisions.
Ces licenciements interviennent dans une région déjà fragilisée par l’insécurité. La présence d’hommes entraînés, connaissant parfaitement le terrain et les tactiques militaires, maintenant sans emploi, constitue un cocktail explosif. Leur expertise dans la traque des braconniers pourrait se retourner contre les intérêts qu’ils protégeaient auparavant.
L’histoire de ces écogardes témoigne pourtant d’un engagement constant pour la protection de la faune. Leur salaire, initialement fixé à 17 000 francs CFA sous l’ère ECOFAC, avait été revalorisé grâce à l’intervention de la délégation de l’Union européenne. Cette amélioration des conditions de travail reconnaissait les risques encourus face aux braconniers.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Dans-le-parc-a-Bamingui-450×338.jpg” alt=”Tensions croissantes à Bamingui-Bangoran : Le licenciement des surveillants-pisteurs par WCS fait redouter l’apparition d’un nouveau groupe armé dans le nord” width=”450″ height=”338″ />Dans le Parc Saint-Floris Manovo Gonda dans la Bamingui
Les conséquences de cette crise dépassent le cadre local. Le parc Saint-Floris Manovo Gonda représente un patrimoine naturel important pour la République centrafricaine. Son système de protection, construit patiemment depuis 2007, risque de s’effondrer. Les braconniers pourraient profiter de l’affaiblissement de la surveillance pour intensifier leurs activités.
La dimension sécuritaire inquiète particulièrement les observateurs. Les ex-écogardes maîtrisent les techniques de combat, connaissent les zones reculées du parc et disposent potentiellement d’accès à des armes. Leur transformation en groupe armé ajouterait une nouvelle menace dans une région déjà instable.
Un ancien formateur ayant participé au recrutement initial de ces écogardes en 2007 tire la sonnette d’alarme. Ces paramilitaires, formés au maniement des armes et aux techniques de lutte anti-braconnage, cumulent pour certains plus de 15 ans d’expérience dans la protection de la faune.
L’absence de mécanismes administratifs efficaces pour gérer ce type de conflit social aggrave la situation. Le manque de sanctions dans l’administration publique crée un sentiment d’impunité à tous les niveaux. Cette défaillance institutionnelle complique la recherche de solutions durables.
Les témoignages recueillis auprès des familles des licenciés traduisent une profonde anxiété. Parents et proches craignent de voir leurs enfants, jadis protecteurs de la nature, devenir des éléments perturbateurs. Les indemnités dérisoires ne permettent pas d’envisager une reconversion professionnelle sereine.
L’alerte prend une dimension plus concrète. Joint au téléphone, un responsable des ressources humaines de WCS confirme qu’un ancien écogarde a contacté la direction de l’organisation. Dans cette communication, l’agent licencié a proféré des menaces directes, déclarant que l’axe Mbrés-Ndélé deviendrait “le cimetière des véhicules et employés de WCS” si l’organisation persistait à emprunter cette route. Cette menace explicite renforce les inquiétudes quant aux intentions des agents remerciés et illustre le niveau de tension atteint dans la région. Le choix spécifique de cet axe routier, vital pour les activités de l’ONG, témoigne de la connaissance approfondie du terrain par ces anciens écogardes et de leur capacité à perturber significativement les opérations de conservation dans la zone.
Ceci dit, la résolution de cette crise nécessite une action coordonnée des autorités nationales, de WCS et des représentants locaux. Le réexamen des conditions de licenciement, la proposition de plans de reconversion et l’ouverture d’un dialogue constructif constituent des pistes prioritaires pour éviter une escalade dangereuse.
Vakaga : Boromata lance un appel urgent pour son développement et sa sécurité
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/De-loin-la-population-de-Zinzir-ont-pris-la-fuite-abandonnant-leur-habitation-450×338.jpg” alt=”Vakaga : Boromata lance un appel urgent pour son développement et sa sécurité” width=”450″ height=”338″ />De loin, les habitants du village Zinzir, près de Boromata, ont pris la fuite suite aux exactions des Mercenaires russes dans la localité. CopyrightCNC
La population de Boromata, localité historique située dans la Vakaga, au nord-est de la République centrafricaine, a adressé une lettre de doléances aux autorités pour faire entendre sa voix. Cette démarche intervient dans un contexte de tensions régionales, notamment après la marche organisée à Sikikede le 9 novembre dernier.
Avec ses 12.210 habitants répartis sur 45 km², Boromata représente un carrefour stratégique majeur dans la préfecture de la Vakaga. La localité, qui existe depuis l’époque coloniale, occupe une position géographique importante, située à 35 km de la frontière tchadienne (Aouk) et à 150 km de la frontière soudanaise (Amdjaradil).Elle se trouve également à 125 km de Birao, le chef-lieu de la préfecture, à 85 km de Tiringoulou au sud-ouest, et à la même distance de Gordil à l’ouest-nord.
La structure administrative et sociale de Boromata est complexe et bien organisée. La ville compte 20 quartiers et 5 villages environnants (SadjarMongo, Zinzir, Oulou, Vodomassa, et Kididji), administrés par 32 chefs de quartiers et villages, auxquels s’ajoutent 5 chefs de groupes. Cette organisation témoigne d’une gouvernance locale structurée, malgré les difficultés auxquelles la région fait face.
Le système éducatif de Boromata, bien que confronté à de nombreux défis, constitue un pilier important pour la communauté. Il comprend cinq écoles à cycle complet réparties entre Keremada, Boromata, Sadjar, Zinzir, et Vodomassa, ainsi qu’un Collège d’enseignement Général (CEGE). Cette infrastructure éducative joue un rôle essentiel dans le développement de la jeunesse locale, malgré les contraintes sécuritaires qui affectent parfois leur fonctionnement.
La couverture sanitaire s’organise autour de trois postes de santé dans les villages périphériques (Oulu, Zinzir, et Vodomassa) et un centre de santé principal à Boromata. Cependant, ces structures font face à des défis considérables en termes d’équipement et de personnel qualifié, impactant directement la qualité des soins disponibles pour la population.
L’activité économique de la région s’articule autour d’un réseau dynamique de marchés. Quatre marchés hebdomadaires animent la vie économique locale pendant la saison sèche : les marchés de Zinzir et Vodomassa, le marché d’Aouk qui rassemble les communautés de pêcheurs de Bakaya, Kabangaye et Momoye, et le marché central de Boromata qui fonctionne quotidiennement. Cette activité commerciale génère des revenus significatifs, avec une contribution annuelle de 10 millions de francs CFA aux recettes communales.
Cependant, la situation sécuritaire est toujours inquiétante. Depuis 2002, la région subit des attaques répétées, particulièrement de groupes armés venus du Soudan, causant des pertes humaines et matérielles considérables. Cette insécurité chronique a des répercussions directes sur l’agriculture : les paysans sont contraints de cultiver uniquement aux abords immédiats de la ville et du lac Mamoune, les exposant à des risques d’inondation et d’insécurité alimentaire.
La disparition des postes de contrôle historiques, créés entre 1982 et 1990, aggrave cette situation. Ces postes, qui comprenaient les services des Eaux et Forêts, de la Chasse-Pêche, l’Agence Nationale de développement de l’élevage et la Gendarmerie Nationale, assuraient autrefois une présence administrative et sécuritaire. Leur absence actuelle laisse un vide sécuritaire, d’autant plus critique que la zone présente un potentiel pétrolier significatif.
Devant ces multiples défis, la population de Boromata appelle à une mobilisation urgente des autorités nationales et des partenaires internationaux. Les priorités identifiées concernent le renforcement de la sécurité, la réhabilitation des infrastructures administratives, le développement des services de base, et la mise en place de mesures efficaces pour protéger les activités agricoles et commerciales. Cette situation critique nécessite une réponse coordonnée et rapide pour éviter une détérioration supplémentaire des conditions de vie dans cette région stratégique de la République centrafricaine.
Les transporteurs camerounais ont levé leur blocus à la frontière centrafricaine après deux semaines de protestation suivant l’assassinat d’un des leurs par les Mercenaires russes près de Boali. Les négociations à Garoua-Boulaï ont accouché de mesures dérisoires, sans adresser la question centrale de l’impunité du groupe Wagner.
“Les autorités centrafricaines promettent de nous protéger avec ceux-là mêmes qui nous assassinent”, dénonce un transporteur camerounais sous anonymat. Le ministre centrafricain des Transports, Gontran Ndjono-Ahaba, a annoncé une réduction des frais d’escorte de 25 000 à 15 000 FCFA pour les retours à vide. Une mesure jugée insignifiante par les syndicats puisque ces escortes restent assurées par les forces russes. Ce qui traduit d’ailleurs l’impunité de Wagner.
Sur le corridor Douala-Bangui, axe vital long de 1 500 km dont 600 en territoire centrafricain, le ministre revendique une officielle diminution des barrières de 30 à 7.“Une amélioration en trompe-l’œil”, selon un chauffeur camerounais interrogé par la rédaction du CNC : “Chaque point de contrôle est devenu un racket institutionnalisé des forces de l’ordre centrafricaines. Moins de barrières signifie juste plus d’extorsion à chaque arrêt”.
Les camions sur le parking de la douane de pk26 à l’entrée de la capitale Bangui. CopyrightCNC
Le silence réel sur les auteurs du crime contre le chauffeur camerounais prouve la mainmise de Wagner sur le régime de Baba Kongoboro. Le groupe paramilitaire russe, estimé à 2 000 hommes, contrôle la sécurité du pays depuis 2018. “Même un meurtre de sang-froid ne provoque aucune réaction de Bangui”, s’indigne un syndicaliste qui parle plutôt de l’impunité de Wagner..
Les discussions ont aussi porté sur la taxe frontalière de 2 000 FCFA, dont la légalité sera “examinée”, et les ponts-bascules accusés de surcharge.“De la poudre aux yeux”, réagit un transporteur, “le vrai problème reste l’impunité totale des mercenaires russes sur les routes centrafricaines “.
La réponse du ministre centrafricain à l’assassinat a particulièrement choqué : “Invoquer le destin et la volonté divine pour un meurtre délibéré est une insulte montre bien l’impunité de Wagner dans ce pays voisin “, dénonce un représentant syndical. Un autre rappelle les “17 corps de chauffeurs” déjà rapatriés lors de crises précédentes de 2013.
“Le transport est le poumon de nos économies”, rappelle Aladji Babadjika, 75 ans, coordinateur inter-syndical. “Mais comment exercer notre métier quand chaque voyage peut être le dernier ?” Les quelques ajustements obtenus – baisse de taxes, promesses d’inspection – ne changent rien à cette réalité mortifère, où l’impunité de Wagner est manifeste.
Les distances parlent d’elles-mêmes : 505 km jusqu’à Alindao, 452 km vers Bouar, 595 km pour atteindre Bria – autant de tronçons sous contrôle des mercenaires russes. Les chauffeurs camerounais, y compris leurs collègues centrafricains y risquent leur vie à chaque passage, sans aucun recours possible.
L’impuissance des autorités camerounaises éclate également au grand jour. Leur ministre des Transports repart avec des garanties de façade, alors que Wagner continue d’exercer un pouvoir de vie et de mort sur les routes centrafricaines.
“Nous reprenons la route car six millions de Centrafricains dépendent de nous pour survivre”, explique un chauffeur. “Mais nous savons que les promesses ne valent rien tant que les mercenaires russes du groupe Wagner restent en Centrafrique et continuent de faire la loi”. Le groupe paramilitaire russe étend son emprise sur le pays avec la complicité du régime Touadéra.
La reprise du trafic masque mal l’amertume des transporteurs. Les négociations ont révélé un gouvernement centrafricain plus soucieux de ménager ses alliés russes que de protéger les vies humaines. Les escortes censées sécuriser les convois sont assurées par les mêmes forces accusées de violences et d’extorsion.
“C’est un marché de dupes”, résume un syndicaliste. “On nous demande de payer pour notre protection à ceux qui nous menacent”. Les autorités de Bangui, prisonnières de leur dépendance envers Wagner, n’ont même pas évoqué de sanctions contre les responsables de l’assassinat.
Le corridor Douala-Bangui reste ainsi une zone de non-droit où les mercenaires russes règnent par la terreur. Les mesures cosmétiques annoncées ne protégeront pas les transporteurs des prochaines exactions. Chaque voyage devient un pari sur la vie, dans l’indifférence complice des autorités centrafricaines.
L’avenir s’annonce sombre pour les chauffeurs camerounais. Le groupe Wagner, enhardi par son impunité, poursuit son entreprise prédatrice sur les routes de RCA. Les quelques concessions arrachées lors des négociations ne changeront rien à cette réalité brutale : les transporteurs restent des proies faciles pour des mercenaires tout-puissants.
Les voix étouffées : Comment la société civile centrafricaine a été réduite au silence
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/12/Les-deux-leaders-de-GTSC-Gervais-Lakosso-et-Paul-Crescent-Beninga-par-cyrille-jefferson-yapendé-pour-cnc-450×337.jpg” alt=”société civile centrafricaine” width=”450″ height=”337″ />Les deux leaders de GTSC Gervais Lakosso et Paul Crescent Beninga
L’histoire d’une mise à mort programmée des contre-pouvoirs
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Dans les années 1960, une simple association de quartier à Bangui pouvait faire plier une décision ministérielle. Aujourd’hui, même les plus grandes organisations de la société civile peinent à se faire entendre au-delà de communiqués que personne ne lit. Ce constat amer, dressé par Élie OUEIFIO dans son ouvrage “La RCA doit-elle toujours dépendre des autres ?” (août 2024), illustre l’ampleur du désastre démocratique centrafricain. La mise au pas systématique de la société civile n’est pas un accident de l’histoire, mais le résultat d’une stratégie délibérée d’étouffement de toute voix indépendante.
Le processus d’asphyxie de la société civile centrafricaine s’est construit méthodiquement au fil des décennies. Au début de l’indépendance, les associations, syndicats et organisations citoyennes constituaient un véritable contre-pouvoir, capable non seulement de critiquer l’action gouvernementale mais aussi de proposer des alternatives crédibles. Les leaders associatifs étaient respectés, écoutés, et leur expertise était régulièrement sollicitée par les autorités. Cette époque semble aujourd’hui appartenir à un passé révolu.
Héritier Doneng, un des chefs de la milice du pouvoir, les ” Requins “, devenu ministre de la Jeunesse et des Sports
L’histoire d’une mise à mort de la société civile centrafricaine
La transformation de la société civile centrafricaine en coquille vide s’est opérée à travers plusieurs mécanismes pervers. Le premier fut l’infiltration systématique des organisations par le pouvoir. OUEIFIO révèle comment les régimes successifs ont méthodiquement placé leurs hommes de main à la tête des principales associations. “Un leader associatif trop critique se voyait soudainement confronté à une contestation interne instrumentalisée “, explique un ancien activiste. “Le scénario était toujours le même : division interne, création d’une faction dissidente, et finalement prise de contrôle par des éléments favorables au pouvoir“.
La mainmise financière constitue le deuxième instrument d’asservissement. En créant une dépendance totale aux subventions étatiques, le pouvoir s’est assuré une docilité absolue des organisations. Les rares structures qui tentent de maintenir leur indépendance se retrouvent étranglées économiquement, incapables de mener la moindre action concrète. “Nous en sommes réduits à mendier des photocopies pour nos communiqués”, confie amèrement le président d’une ONG de défense des droits humains.
Monsieur Blaise Didatien Kossimatchi, ex-enfant de rue, devenu depuis quelques années le grand griot et milicien du régime du Professeur Faustin Archange Touadera
L’intimidation physique et morale complète ce dispositif d’étouffement de la société civile centrafricaine.
Les exemples abondent dans l’ouvrage d’OUEIFIO : leaders associatifs brutalisés, locaux d’organisations vandalisés, militants harcelés judiciairement. La peur s’est installée comme mode de gouvernance. “Avant de publier le moindre communiqué, nous devons réfléchir aux conséquences pour nos familles”, témoigne un syndicaliste. Cette terreur silencieuse a progressivement transformé les organisations citoyennes en structures apathiques, plus préoccupées par leur survie que par leur mission.
La communauté internationale, loin de freiner ce processus, l’a paradoxalement accéléré. En privilégiant le dialogue avec des ONG “présentables” et dociles, les partenaires étrangers ont contribué à créer une société civile à deux vitesses : d’un côté, quelques organisations richement financées mais déconnectées du terrain, de l’autre, la masse des associations authentiques mais privées de moyens d’action.
Cette configuration perverse a engendré une professionnalisation artificielle de l’engagement citoyen. OUEIFIO décrit avec amertume l’émergence d’une nouvelle classe de “militants professionnels”, experts en rédaction de rapports formatés pour les bailleurs de fonds, mais incapables de mobiliser le moindre quartier pour une cause sociale. “Nos réunions se tiennent dans des hôtels climatisés pendant que la population souffre dans les quartiers”, dénonce un ancien militant. Cette déconnexion entre les organisations et leur base sociale a achevé de vider la société civile de sa substance.
L’éducation civique, autrefois pierre angulaire de l’action associative, a été la première victime de cette dérive. Les grandes campagnes de sensibilisation qui marquaient la vie des quartiers ont disparu. Les débats publics, les forums citoyens, les écoles populaires – tous ces espaces de construction d’une conscience civique ont été progressivement abandonnés. “Nous avons créé une génération d’ignorants civiques”, déplore un enseignant cité par OUEIFIO. “Des jeunes qui ne connaissent ni leurs droits ni leurs devoirs de citoyens.”
La manipulation médiatique a parachevé ce travail de sape.
Les rares voix critiques de la société civile centrafricaine qui émergent encore sont systématiquement discréditées par une presse largement aux ordres. OUEIFIO documente minutieusement les campagnes de dénigrement instrumentées contre les leaders associatifs indépendants : accusations de corruption, rumeurs sur leur vie privée, insinuations sur leurs sources de financement. Cette guerre psychologique a créé un climat de suspicion généralisée qui paralyse toute velléité d’action collective.
Dans ce désert civique, quelques îlots de résistance de la société civile centrafricaine subsistent néanmoins. L’auteur cite l’exemple de petites associations de quartier qui, loin des projecteurs et des financements internationaux, continuent d’œuvrer sur le terrain. Ces structures modestes, souvent animées par des femmes, maintiennent vivante la flamme de l’engagement citoyen. Leur action, bien que limitée, prouve qu’une autre forme de la société civile centrafricaine reste possible.
Le secteur religieux, traditionnellement pilier de la société civile centrafricaine, n’a pas échappé à cette dynamique d’affaiblissement. OUEIFIO analyse comment les différentes confessions, jadis forces morales respectées et écoutées, se sont progressivement retrouvées piégées entre cooptation et marginalisation. “Quand les hommes de Dieu deviennent des hommes du pouvoir”, écrit-il, “c’est toute la société qui perd ses repères moraux”. Les rares leaders religieux qui maintiennent une position critique se retrouvent isolés, parfois même désavoués par leur propre hiérarchie.
La jeunesse, force vive naturelle de toute société civile, a été particulièrement ciblée par cette stratégie d’étouffement. Les mouvements de jeunesse authentiques ont été systématiquement remplacés par des organisations fantômes, créées de toutes pièces pour servir de caisse de résonance au pouvoir. “On nous offre des t-shirts et des per diem pour manifester notre soutien”, confie un jeune leader, “mais on nous menace si nous voulons manifester nos revendications”. Cette instrumentalisation de la jeunesse a créé une génération de cyniques, plus intéressée par les avantages matériels que par les enjeux citoyens.
Les syndicats, autrefois fers de lance des luttes sociales, ont connu un sort particulièrement tragique. OUEIFIO décrit leur transformation progressive en structures bureaucratiques, déconnectées de leur base et plus préoccupées par la gestion de leurs avantages que par la défense des travailleurs. “Nos dirigeants syndicaux roulent en 4×4 pendant que les travailleurs qu’ils sont censés défendre marchent à pied”, ironise un syndicaliste de base. Cette trahison des élites syndicales a laissé les travailleurs sans défense face aux abus.
Le monde universitaire, traditionnellement vivier de la pensée critique, n’a pas été épargné. Les associations d’étudiants, jadis redoutées pour leur capacité de mobilisation, ont été méthodiquement démantelées ou récupérées. Les enseignants-chercheurs engagés se sont vus progressivement marginalisés, remplacés par des universitaires plus dociles. “Nous formons désormais des diplômés qui savent réciter mais qui ne savent plus penser”, déplore un professeur cité dans l’ouvrage.
Face à ce tableau sombre, OUEIFIO identifie néanmoins quelques lueurs d’espoir. L’émergence des réseaux sociaux, malgré leur utilisation encore limitée dans le pays, a créé de nouveaux espaces d’expression citoyenne difficiles à contrôler. Des groupes de discussion en ligne, des forums virtuels, des initiatives digitales permettent à une nouvelle forme de société civile de se structurer, échappant partiellement aux mécanismes traditionnels de contrôle. “Le pouvoir peut fermer nos locaux, mais il ne peut pas fermer nos groupes WhatsApp”, observe un jeune activiste.
Le retour aux sources de l’engagement citoyen apparaît comme une autre piste de renaissance. Dans plusieurs quartiers de Bangui et certaines villes de province, des initiatives citoyennes spontanées émergent, loin des structures formelles et des financements officiels. Ces mouvements, souvent initiés pour résoudre des problèmes concrets du quotidien – assainissement, sécurité, entraide – recréent progressivement un tissu social et une conscience citoyenne que des décennies de manipulation n’ont pas totalement détruits.
L’international, paradoxalement, pourrait également jouer un rôle dans cette renaissance, à condition de changer radicalement d’approche. OUEIFIO plaide pour un soutien direct aux initiatives locales authentiques, plutôt qu’aux grandes structures bureaucratisées. “Nous n’avons pas besoin de consultants étrangers pour nous apprendre à être citoyens”, affirme-t-il. “Nous avons besoin de moyens pour mettre en œuvre nos propres solutions.”
La reconstruction d’une société civile authentique et puissante en RCA apparaît ainsi comme un défi majeur pour l’avenir du pays. Sans contre-pouvoirs véritables, sans voix citoyennes indépendantes, la démocratie restera une façade vide de sens. Comme le conclut OUEIFIO avec une lueur d’espoir : “Une société civile ne meurt jamais complètement. Elle peut être réduite au silence, mais tant qu’il reste des citoyens conscients et courageux, l’espoir d’une renaissance demeure.”
Cette renaissance, toutefois, ne pourra venir que d’une prise de conscience collective et d’un engagement renouvelé des Centrafricains eux-mêmes. La société civile ne retrouvera sa voix et sa force que lorsque les citoyens décideront de reprendre en main leur destin, au-delà des manipulations et des divisions artificielles. C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que les voix étouffées pourront à nouveau se faire entendre.
Diamants centrafricains : quelles conséquences pour Africa Corps?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/09/mercenaires-de-wagenr-dans-les-mines-450×258.jpg” alt=”Diamants centrafricains : quelles conséquences pour Africa Corps?” width=”450″ height=”258″ />mercenaires de Wagner dans les mines
Le processus de Kimberley (KP), l’organisme de régulation du commerce mondial du diamant, a décidé, le 15 novembre de lever totalement la sanction qui frappait la République centrafricaine (RCA) sur l’exportation de diamants. La société militaire privée Africa Corps (ex-Wagner) pourrait en profiter et étendre encore plus son emprise sur le pays.
Après onze années d’embargo, la RCA va pouvoir de nouveau exporter ses diamants. En 2013, elle avait été interdite de vendre ces gemmes sur les marchés internationaux. L’objectif était alors d’éviter la présence de brillants issus de zones de conflit (« diamants de sang ») et dont la vente financerait des combats. En 2016 et 2018, une partie de cette sanction avait été levée, en raison de l’amélioration du contexte sécuritaire. C’est qui a permis au pays d’exporter, en 2023, 107 856,72 carats pour 7,735 milliards de FCFA (12,366 millions de dollars américains), selon des chiffres officiels. Très loin 323 575,30 carats pour une valeur de 29,7 milliards FCFA (environ 45 millions de dollars) qu’il exportait en 2011 avant le déclenchement de la guerre civile. Une autre demande avait été déposée en 2020 pour élargir encore plus cette levée, mais le KP avait envoyé une fin de non-recevoir. Deux-tiers des 24 zones minières diamantifères répertoriées étaient encore sous sanction. En 2024, l’exécutif centrafricain est revenu à la charge et le KP a envoyé, en septembre dernier, une délégation de 25 experts internationaux. Cette levée totale devrait permettre au pays d’accroître sa production estimée à environ 500 000 carats par an.
Des dizaines de millions de dollars
Au-delà du « sentiment de justice que nourrit le peuple centrafricain », selon les propos de Rufin Benam Beltoungou,ministre centrafricain des Mines, se pose la question des retombées de la décision du KP sur Africa Corps. En effet, les accointances entre la SMP et le pouvoir en place sont connues et de notoriété publique. Le groupe de paramilitaires russes, présent depuis 2018, s’est en effet assuré auprès de Bangui du financement de son intervention par l’obtention de licences minières dans de nombreux secteurs (diamants, or..), via des sociétés écrans. Mieux, des personnes liées à la SMP russe ont créé un bureau d’exportation de diamants en 2019 en Centrafrique. Officiellement, son volume d’activité est très modeste. Officieusement, plusieurs acteurs du secteur décrivent un système de prédation qui s’étend. « Le groupe Wagner, soutenu par la Russie, et son réseau d’entreprises, ont exploité la population et les ressources naturelles de la Centrafrique pour faire avancer le programme du groupe », a notamment déclaré Brian Nelson, sous-secrétaire américain au Trésor chargé du terrorisme et du renseignement financier. Il reste cependant difficile d’évaluer les retombées financières pour Africa Corps, de la levée de cet embargo, car son financement reste très opaque. Les diamants sont une source majeure de revenus pour la SMP russe en RCA. Ses bénéfices pourraient atteindre des dizaines de millions de dollars, selon les experts du marché des diamants. Avec la fin de l’embargo, cette manne financière pourrait bien grossir. Dans le secteur diamantaire, la République Centrafricaine occupe le 10e rang mondial par le volume et se place 5e pour la qualité des pierres qui représentent 75 à 80 % de pierre de joaillerie.
Des poupées chinoises à 15.000 FCFA, des voitures miniatures à 30.000 FCFA. Pour la deuxième année consécutive, les marchands de Bangui exposent leurs trésors inaccessibles. Dans un pays où le litre d’essence frôle désormais les 1500 FCFA après une hausse vertigineuse de 70%, le rêve de Noël s’évapore pour la majorité des familles centrafricaines.
Deux ans de Noël à Bangui sous le signe de la misère
Le marché PK5, jadis vibrant d’activités pendant les fêtes de Noël à Bangui , raconte l’histoire d’un pays à genoux. “Avant, même les petits fonctionnaires pouvaient acheter une petite chose pour leurs enfants”, explique Christelle, vendeuse de jouets depuis 15 ans. “Maintenant, les gens regardent, touchent, mais repartent les mains vides“. Depuis 2023, chaque Noël est plus difficile que le précédent.
Un pays pris à la gorge
La flambée des prix ne connaît plus de limites. Le trajet en taxi – motos ou en mini bus a doublé, le prix du manioc a explosé, la viande est devenue un luxe. Dans les quartiers de la capitale, les familles ne connaissent plus les repas du soir. C’est maintenant c’est un coup chaos . “Comment parler de jouets quand les prix du gombo ou de coco ont-ils doublé?”, lance Maman Béatrice, mère de quatre enfants au quartier Galabadja.
La débrouillardise à la centrafricaine
Certains parents tentent de maintenir l’illusion. Au marché PK12, les jouets d’occasion et les poupées rafistolées trouvent preneurs. D’autres se tournent vers les artisans des quartiers qui façonnent des voitures en fil de fer et des poupées en tissus. “C’est notre façon de résister”, explique Justin, fabricant de jouets au Boy-Rabe.
Une enfance volée mais pas résignée
Les enfants de Bangui ont appris à rêver différemment. Dans les quartiers, ils transforment les papiers kraft en avion, les plastiques en cerf-volant, , les cartons en voitures imaginaires. Mais derrière ces jeux improvisés se cache une réalité brutale : une génération grandit dans le dénuement le plus total, identifié par deux années de Noël sans cadeaux.
L’espoir malgré tout
Le véritable miracle de Noël à Bangui, c’est peut-être cette capacité de résilience propre aux fils de BarthelemyBoganda. Dans les églises, notamment des frères, baptistes, apostoliques, catholique ou de réveil, les chorales répètent déjà les cantiques. Dans les cours, les enfants dessinent le Père Noël dans la poussière. La fête survivra, même sans jouets clinquants, portée par cette force qui permet aux Centrafricains de tenir debout malgré les épreuves.
Face aux vitrines scintillantes qui narguent la misère, Bangui s’apprête à vivre un deuxième Noël sous le signe de l’austérité. Mais tant que les enfants continueront à rire et à jouer avec trois fois rien, l’espoir demeurera. Car c’est peut-être ça, la vraie magie de Noël à la centrafricaine : cette capacité à créer la joie même quand les ventres sont vides.
Un commandant toxicomane à la tête de la Section de Recherche et d’Investigation (SRI)….
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/08/patrouille-gendarmerie-nationale-bangui-par-corbeaunews-centrafrique-micka-1-1-450×337.jpg” alt=”Un commandant toxicomane à la tête de la Section de Recherche et d’Investigation (SRI)….” width=”450″ height=”337″ />Une patrouille de la gendarmerie nationale sur une rue de la capitale. CopyrightCNC
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Des yeux rougis, un comportement erratique, et un surnom sans équivoque : “Tramolé”. Le commandant de la Section de Recherche et d’Investigation s’approvisionne en stupéfiants auprès de ses propres détenus. Notre enquête révèle comment le chef de l’unité d’élite chargée de la lutte antidrogue est devenu l’un de ses plus fidèles consommateurs.
La Section de Recherche et d’Investigation , une unité d’élite sous la coupe d’un toxicomane
La Section de Recherche et d’Investigation (SRI), fer de lance de la lutte contre le crime organisé, vit une situation qui défie l’entendement. Son commandant, dont l’identité est connue de nos services, est un consommateur régulier de stupéfiants. Ses yeux perpétuellement injectés de sang et son comportement instable ont conduit ses propres subordonnés à le surnommer “Tramolé”, une référence à peine voilée au Tramadol qu’il consomme de manière compulsive. Cette addiction, connue de tous au sein de l’unité, n’est pourtant que la partie visible d’un système profondément corrompu.
Un trafic organisé depuis les cellules
L’enquête du CNC révèle un mécanisme d’approvisionnement qui démontre la déliquescence totale de l’institution. Des détenus, maintenus illégalement dans les geôles de la SRI par le commandant Directeur bien au-delà des délais légaux de garde à vue, servent d’intermédiaires pour fournir leur geôlier en substances illicites. Certains y croupissent depuis plus de deux ans, transformant ces locaux en une véritable prison clandestine. L’un d’entre eux s’est même établi comme le fournisseur attitré du commandant, dans une relation de dépendance qui inverse totalement le rapport normal entre gardien et détenu.
Une institution en perdition
Cette situation exceptionnelle pose de graves questions sur l’état de nos institutions sécuritaires. La SRI, unité spécialisée censée être à la pointe de la lutte contre le trafic de drogue et le crime organisé, se retrouve dirigée par un homme qui bafoue quotidiennement les lois qu’il est censé faire respecter. Les enquêtes sensibles, les opérations de lutte contre le trafic de stupéfiants, la sécurité même des informations confidentielles : tout est compromis par cette faillite morale au plus haut niveau.
Une menace pour la sécurité nationale
Au-delà du scandale moral, cette situation fait peser un risque majeur sur la sécurité du pays. Un responsable de cette importance, sous l’emprise de substances illicites, devient vulnérable au chantage et à la manipulation. Les informations sensibles dont il dispose, les enquêtes en cours, les réseaux d’informateurs : tout peut être compromis dans un moment de faiblesse ou sous la pression de ses fournisseurs. Cette fragilité au sommet de l’une de nos institutions les plus stratégiques constitue une véritable menace pour la sécurité nationale.
La faillite du système de contrôle
Comment une telle situation a-t-elle pu s’installer et perdurer ? L’absence totale de contrôle et de contre-pouvoirs au sein de l’institution révèle une défaillance systémique. Les mécanismes de surveillance interne, les procédures de nomination, les évaluations périodiques : tout semble avoir échoué à détecter ou à corriger cette dérive manifeste. Ce dysfonctionnement majeur témoigne d’une corruption qui dépasse largement le cadre d’un simple cas individuel.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/visite-du-directeur-general-de-lENERCA-a-Tunis-en-Tunisie-450×410.jpg” alt=”La dance de la sorcellerie à l’ ENERCA ….” width=”450″ height=”410″ />VISITE DU Directeur Général Thierry-Patient BENDIMA, le Directeur des Ressources Humaines Thierry Frank PAYOMBO et le médecin de l’entreprise Pr Nestor MAMADOU NALI dans une clinique en Tunisie
Depuis la fin du mois de novembre 2024, trois hauts responsables de l’ENERCA sont partis en voyage officiel en Tunisie et au Maroc. Le Directeur Général Thierry-Patient BENDIMA, le Directeur des Ressources Humaines Thierry Frank PAYOMBO et le médecin de l’entreprise Pr Nestor MAMADOU NALI ont quitté Bangui pour une tournée dans deux cliniques privées d’Afrique du Nord.
Le but affiché de ce déplacement ? Négocier des accords médicaux pour soigner le personnel de l’ENERCA à l’étranger. Eh oui ! C’est une vérité. La délégation a d’abord visité la clinique Montplaisir de Tunis du 22 au 25 novembre, avant de se rendre à la clinique SEVAMED de Rabat du 25 au 28 novembre, selon un communiqué de la direction générale de l’ÉNERCA.
Pourtant, ces voyages interviennent alors que seulement 2% des Centrafricains ont accès à l’électricité. Un chiffre qui n’a pas bougé depuis près de dix ans et qui place le pays parmi les moins électrifiés au monde. À Bangui, les quartiers restent plongés dans le noir pendant des jours. En province, l’électricité n’existe tout simplement pas.
Les millions dépensés pour ces déplacements et ces conventions médicales à l’étranger auraient pu servir à réparer des transformateurs en panne, acheter des câbles électriques, ou former des techniciens. Au lieu de cela, la direction de l’ENERCA préfère investir dans des soins privilégiés pour son personnel dans des cliniques ultramodernes du Maghreb.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/07/2-Un-agent-de-lENERCA-travaillant-sur-un-pylone-electrique-sans-casque-sans-veritable-outil-de-travail-450×446.jpg” alt=”La dance de la sorcellerie à l’ ENERCA …. ” width=”450″ height=”446″ />Un agent de l’ÉNERCA travaillant sur un pylone électrique sans casque, sans véritable outil de travail. CopyrightCNC
Les photos de la délégation devant ces établissements de luxe, fièrement publiées sur les réseaux sociaux par la direction elle-même, ont choqué de nombreux Centrafricains. Pendant que les dirigeants de l’entreprise publique paradent à l’étranger, les habitants doivent se débrouiller avec des lampes à pétrole et des groupes électrogènes dont le carburant coûte une fortune.
Cette mauvaise gestion des priorités paralyse tout le pays. Les entreprises ne peuvent pas fonctionner normalement faute d’électricité stable. Les élèves ne peuvent pas étudier une fois la nuit tombée. Les hôpitaux peinent à conserver leurs vaccins et médicaments. Même pour faire accoucher les femmes, certains hôpitaux ont du fermer leur porte à cause de l’électricité, à l’exemple de l’hôpital Mama Domitien à Bimbo. En plus de cela, certains commerçants perdent leur marchandise faute de réfrigération.
L’ENERCA justifie ces conventions médicales par le besoin d’offrir des soins de qualité à son personnel. Un argument qui passe mal quand la majorité des Centrafricains n’ont même pas accès aux soins de base dans leur pays, notamment à cause du manque d’électricité dans les centres de santé.
Pourtant, aucun plan concret n’existe pour améliorer la situation. L’objectif d’atteindre 10% d’accès à l’électricité reste un rêve lointain. Le réseau continue de se dégrader, les pannes s’allongent. L’argent part en voyages plutôt qu’en réparations et maintenance.
Les techniciens de l’ENERCA, eux, travaillent avec des moyens dérisoires. Ils manquent d’équipements basiques pour réparer les pannes. Les véhicules d’intervention sont souvent en panne. Le matériel de protection fait défaut. Pendant ce temps, leurs dirigeants visitent des cliniques high-tech en Afrique du Nord.
Cette situation perdure depuis des années sans que personne n’exige des comptes. Les fonds qui pourraient servir à électrifier le pays partent en conventions médicales à l’étranger. Les Centrafricains continuent de vivre dans le noir pendant que leurs dirigeants se font soigner dans des cliniques de luxe en Tunisie et au Maroc.
Même si certains employés de l’ENERCA nécessitent des soins spécialisés, cet argent aurait pu servir à équiper des hôpitaux centrafricains. Cela aurait profité à toute la population, pas seulement au personnel d’une entreprise publique. Mais la direction a choisi de privilégier les soins à l’étranger plutôt que d’investir localement.
La République Centrafricaine reste ainsi l’un des pays les moins électrifiés au monde. Ses dirigeants préfèrent organiser des missions coûteuses à l’étranger plutôt que de résoudre les problèmes d’électricité qui étranglent le pays depuis des décennies.
Teddy Arnaud Ouedane , un ex-député centrafricain sème le chaos à Lomé
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/07/député-de-Bouca-2-Teddy-Arnaud-Weïdane-450×234.jpg” alt=”Teddy Arnaud Ouedane , un ex-député centrafricain sème le chaos à Lomé” width=”450″ height=”234″ />L’ancien député de Bouka 2 Teddy Arnaud Ouedane, converti au grand escroc
Des fausses cartes de visite, des menaces contre une diplomate, une intervention policière. L’ancien député anti-balaka Teddy Arnaud Ouedane poursuit ses agissements troubles, cette fois au Togo. Une enquête de la rédaction du CNC dévoile comment cet ancien parlementaire centrafricain s’est improvisé “ministre conseiller” pour harceler la consule honoraire de Centrafrique à Lomé.
Teddy Arnaud Ouedane : un imposteur aux multiples visages
À Lomé, capitale togolaise, Teddy Arnaud Ouedane a exhibé une carte de visite le présentant comme “conseiller spécial” du président Faustin-Archange Touadera alias Baba Kongoboro. Une imposture de plus pour cet ancien chef de milice devenu député de Bouka 2 en 2016, dont le mandat s’est achevé en 2020. Les documents en notre possession révèlent qu’il s’est autoproclamé auprès des autorités togolaises “ministre conseiller” du Président centrafricain, usurpant ainsi la fonction du ministre au passage.
La consule honoraire dans la tourmente
La représentante diplomatique centrafricaine à Lomé s’est retrouvée dans le collimateur de l’ancien député. Teddy Arnaud Ouedane l’a accusée de détournement de fonds alloués par le ministère des Affaires étrangères pour la location des locaux consulaires. Une accusation d’autant plus absurde que la consule a mis à disposition sa résidence personnelle pour héberger les services consulaires. Face aux menaces répétées, elle n’a eu d’autre choix que d’alerter la police togolaise.
Une intervention policière qui tourne au quiproquo
Les forces de l’ordre togolaises ont rapidement interpellé Ouedane suite à la plainte de la consule. Dans sa tentative d’échapper aux autorités, l’ancien député s’est présenté comme colonel de l’armée centrafricaine, provoquant la confusion des services de police qui ont malencontreusement convoqué le colonel Kitoko. Cette manipulation n’a fait qu’ajouter au chaos de la situation.
Un passé trouble qui resurgit
Les agissements de Ouedane à Lomé s’inscrivent dans une longue série de méfaits. Les archives judiciaires révèlent qu’il fait l’objet d’une enquête en France pour viol et séquestration, suite à la plainte d’une jeune Camerounaise en 2017. À Bangui, son nom est associé à plusieurs affaires d’escroquerie visant des commerçants libanais et camerounais. Des accusations de détournement de fonds et de trafic de faux documents ont également émaillé son mandat parlementaire.
Une diplomatie centrafricaine mise à mal
Cette affaire porte un nouveau coup à l’image de la République centrafricaine au Togo, où réside une importante communauté de 4000 à 5000 compatriotes. Le sulfureux conseiller présidentiel Ndjapou a dû intervenir auprès du directeur de cabinet de Touadera pour clarifier la situation et réaffirmer qu’Ouedane n’occupe aucune fonction officielle.
Les autorités togolaises, qui entretiennent des relations étroites avec la Centrafrique, ont pris cette affaire très au sérieux. Les services d’Interpol à Lomé sont désormais impliqués dans l’enquête pour faire toute la lumière sur les agissements de cet imposteur qui continue de nuire aux intérêts de son pays.
Centrafrique : Le spectacle honteux d’un député en fin de mandat
centrafrique.org/centrafrique-human-rights-watch-denonce-un-semblant-de-progres-dans-un-ocean-de-violations/” /=”” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/02/village-Kpakou-avec-2-maisons-en-pailles-et-un-hangar-450×324.jpg” alt=”Jean-Claude Komian Sambia, : Le spectacle honteux d’un député en fin de mandat” width=”450″ height=”324″ />village Kpakou
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Des élèves qui étudient sous les arbres, des villages sans eau potable, une population abandonnée pendant plus de trois ans. Le député de Ndjoukou, Jean-Claude Komian Sambia, surgit soudainement à quelques mois des Élections pour “découvrir” les problèmes de sa circonscription. Une tournée qui révèle le cynisme d’un élu confortablement installé à Bangui.
Un réveil tardif et opportunistede de Jean-Claude Komian Sambia
L’honorable député de Ndjoukou, Jean-Claude Komian Sambia nous offre un spectacle aussi consternant que révélateur. Élu depuis 2020-2021, il lui aura fallu attendre la fin de son mandat pour daigner visiter sa circonscription et “s’enquérir des difficultés” de ses électeurs. Cette démarche tardive ne trompe personne : alors que les prochaines échéances électorales se profilent, ce prétendu représentant du peuple se souvient subitement de l’existence de ceux qui l’ont porté à l’Assemblée nationale.
Le bilan accablant d’une absence prolongée
Le tableau que monsieur Jean-Claude Komian Sambia découvre – ou feint de découvrir – est édifiant. Des écoles sans bâtiments de Galabadja à Yaokumenge, des enseignants qualifiés aux abonnés absents, une population privée d’eau potable, des forces de sécurité en sous-effectif. Ces problèmes structurels, qui affectent quotidiennement la vie des habitants, n’ont manifestement pas troublé le sommeil de leur député pendant plus de quatre ans.
Une désinvolture insultante
Plus révoltante encore est l’attitude désinvolte avec laquelle l’élu esquive ses responsabilités. À la question de l’accès à l’eau potable, Jean-Claude Komian Sambia répond sans vergogne qu’il “n’a pas les moyens” et renvoie la balle aux ONG. Une démission pure et simple de son rôle de représentant, censé porter la voix de ses électeurs et défendre leurs intérêts auprès des instances nationales.
Les vraies priorités d’un élu fantôme
Pendant que sa circonscription sombrait dans le dénuement, où était donc ce représentant du peuple ? À Bangui, confortablement installé dans les cercles du pouvoir, plus préoccupé par les jeux politiciens que par le sort de ses électeurs. Cette absence prolongée témoigne d’un mépris profond pour les populations rurales, réduites au rôle de marchepied électoral.