La phrase claque comme un coup de tonnerre. Face au ministre de la Communication Maxime Balalou sur la radio Ndéké-Luka, le leader du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) délivre un message glacial au régime. Plus qu’une menace, c’est une prédiction fondée sur des chiffres implacables : la RCA s’enfonce dans une crise sans précédent que le pouvoir ne peut plus masquer.
Les signes de la fin annoncés par maître Crépin Mboli-Goumba
“Nous sommes parmi les cinq pays les plus dangereux au monde, parmi les dix pays les plus pauvres”, martèle Crépin Mboli-Goumba. Face à lui, le ministre Maxime Balalou s’agite, parle de “gesticulations”. Mais les chiffres sont têtus : la RCA fait partie des trois seuls pays d’Afrique qui s’appauvrissent.
Un régime aux abois
“Le président n’a plus la maîtrise de son destin”, assène le leader de du BRDC Crépin Mboli-Goumba. La situation est explosive : Wagner contrôle la sécurité, la défense, les finances, les ressources et le commerce, tandis que le FMI impose ses conditions, pendant que des étrangers comme Jules Njawé s’arrogent le droit de parler au nom de l’État centrafricain.
Le peuple gronde
“Quand le peuple centrafricain qui a faim va se lever en 2025, il n’y aura pas de pouvoir à vie”, prévient Crépin Mboli-Goumba. Dans un pays où 70% sont analphabètes et où seuls 4,7% des enfants savent lire, la colère monte.
L’heure des comptes
“La reddition des comptes viendra”, promet le coordinateur du BRDC. “Vous serez moins flamboyant face à la main de la justice”. Un avertissement direct au pouvoir qui refuse toujours le dialogue.
“On pourra se retrouver ici dans cette station pour parler de ce que je suis en train de vous dire”, lance Crépin Mboli-Goumba au ministre Maxime Balalou. Un rendez-vous avec l’histoire que le leader de l’opposition annonce avec la tranquille assurance de celui qui voit déjà les premiers craquements d’un régime à bout de souffle.
Après la polémique et le tollé général, le ministre Bruno Yapande annule le baptême du marché Pétévo au nom du président Touadera
Centrafrique.org/bruno-yapande-ministre-en-charge-de-ladministration-du-territoire-une-personne-parlant-dans-un-microphone-devant-une-foule-de-personnes-texte-possible-paroisse-merit-ausiliatrice/” data-wpel-link=”internal”>Bruno Yapande, ministre en charge de l’Administration du territoire Une personne parlant dans un microphone devant une foule de personnes Texte possible Paroisse. Merit Ausiliatrice
Le ministre de l’Administration du territoire Bruno Yapande a été contraint d’abroger par arrêté le 1er février 2025 la décision controversée de renommer le marché Pétévo du 6e arrondissement de Bangui en “Marché Professeur Faustin Archange Touadera”. Ce revirement intervient après une vive polémique et de nombreuses critiques dans la capitale et sur les réseaux sociaux sur cette affaire.
Dans un communiqué officiel révélant l’embarras des autorités, le ministre Bruno Yapande précise que “l’auteur de cet acte n’a jamais eu l’autorisation ni de son département ni des hautes autorités à cet effet”. La controverse avait débuté dès la publication de l’arrêté initial par le Président de la Délégation Spéciale de la ville de Bangui, Emile Gros Nakombo le 30 janvier 2025.
Rappelons que cette affaire s’inscrit dans une série de changements de noms de lieux publics en l’honneur du président Touadera alias Baba Kongoboro depuis 2016, comme une section de route de 300 mètres entre le lycée technique et l’avenue des Martyrs près de l’université de Bangui, ou encore le centre de formation de football féminin que le Président de la fédération centrafricaine de football préfère le baptiser au nom du Président Touadera.
“Dans une capitale qui croule sous les ordures et où les infrastructures de base se délabrent à ciel ouvert, ces tentatives de renommage semblent particulièrement mal venues pour les centrafricains “, souligne un observateur de la société civile qui souhaite rester anonyme. Il ajoute que “Bruno Yapande, ministre de l’administration peine à citer une seule réalisation majeure de Baba Kongoboro pour améliorer le quotidien des Centrafricains”.
Malgré ce désaveu public, le ministre Bruno Yapande tente de sauver la face en appelant la population “à ne point céder à la panique” et “à garder une entière et indéfectible confiance aux institutions de la République”. Il salue au passage “les initiatives de modernisation des infrastructures” du président Touadera, sans toutefois pouvoir en citer d’exemples concrets de la réalisation de Baba Kongoboro depuis son investiture en 2016.
Inquiétude à Amdafock après l’arrivée massive des rebelles tchadiens à bord des dizaines des véhicules lourdement armés
Centrafrique.org/dernieres-minutes-les-mercenaires-russes-sont-sur-le-point-de-quitter-la-republique-centrafricaine/mercenaires-russes-de-la-societe-wagner/” rel=”attachment wp-att-56655″ data-wpel-link=”internal”>Les rebelles soudanais de RSF à Khartoum en 2022
Une importante colonne de rebelles tchadiens, environ cinquante véhicules lourdement armés, s’est positionnée discrètement à l’Est de Amdafock , à environ 35 kilomètres de Birao, selon plusieurs sources locales jointes par la rédaction du CNC. Cette présence soudaine a provoqué la fermeture préventive des écoles vendredi dernier et l’évacuation des élèves.
Les intentions de ce groupe armé tchadien restent floues. Cette mobilisation intervient quelques jours après l’attaque meurtrière menée le 16 janvier par les Forces de Soutien Rapide (FSR) soudanaises contre une base rebelle tchadienne à Hadjar Fatna, qui avait coûté la vie aux chefs rebelles Ali Massar et Abakar.
“La population est très inquiète. Ces rebelles se sont installés furtivement dans la zone. On ne sait pas s’ils préparent une riposte contre les FSR au Soudan ou s’ils veulent reprendre le contrôle des grottes de Hadjar Fatna”, explique un notable local joint au téléphone par CNC.
Pour rappel, l’attaque du 16 janvier avait aussi fait trois blessés graves parmi les rebelles tchadiens : Ismaël Kamiss, Ousman Anour et Alrachid Ali, évacués vers l’hôpital de Birao avant d’être à nouveau transféré à Bangui par les Mercenaires russes du groupe Wagner à bord de leur mini avion CESNA. Cette attaque menée par les rebelles soudanais faisait suite à des actes de banditisme commis contre des femmes peuhles Mbororo.
Cette nouvelle concentration de forces dans cette localité tripartite du nord- Est de la République centrafricaine inquiète les autorités centrafricaines. La ministre des Affaires étrangères Sylvie Baïpo-Temon avait pourtant officiellement, comme tout le monde le savait très bien, refusé en 2022 l’installation de ces groupes armés sur le territoire national afin juste de tromper les autorités tchadiennes.
La rédaction continue de suivre l’évolution de la situation dans cette zone frontalière sensible entre le Tchad, le Soudan et la République centrafricaine.
Quand la machine ethnique de Touadera pulvérise l’armée centrafricaine
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/02/Bir-de-touadera-450×253.jpg” alt=”Lors du lancement le 7 février de la nouvelle brigade de Touadera dénommée Brigade d’intervention rapide (BIR) à Bangui, illustrant l’article sur la machine ethnique de Touadera pulvérise l’armée centrafricaine” width=”450″ height=”253″ />
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Une enquête explosive de la rédaction du CNC révèle l’ampleur de l’ethnicisation systématique des Forces Armées Centrafricaines (FACA) sous la présidence de Faustin Archange Touadera. Cette politique délibérée de recrutement ethnique menace de transformer l’armée nationale en une force tribale au service du pouvoir.
La lumière sur la machine ethnique de Touadera
Des documents confidentiels obtenus par notre rédaction démontrent l’existence d’un système organisé de recrutement favorisant l’ethnie Mbaka-Mandja, celle du président Touadera. En 2023, plus de 70% des nouvelles recrues appartenaient à ce groupe ethnique qui ne représente pourtant que moins de 3% de la population centrafricaine.
“C’est une politique délibérée d’épuration ethnique de l’armée”, dénonce un colonel récemment radié. “Les ordres viennent directement de la présidence. Nous devons privilégier les Mbaka-Mandja dans tous les recrutements”.
La purge silencieuse des autres ethnies
Les chiffres sont accablants. En moins d’un an, 130 militaires d’origine Gbaya, dont huit officiers supérieurs, ont été radiés sans motif valable. “On nous accuse de déloyauté, de complicité avec les rebelles, mais sans jamais apporter de preuves”, témoigne un capitaine Gbaya contraint à l’exil.
Un autres document parvenus à la rédaction du CNC interne révèle que plus de 200 autres officiers non-Mbaka sont sur une liste d’officiers à “neutraliser”. “C’est une épuration ethnique qui ne dit pas son nom”, affirme un responsable militaire qui en profite pour dénoncer cette machine ethnique de Touadera en marche.
Un système de corruption sous la machine ethnique de Touadera
Le recrutement est devenu un véritable machine ethnique de Touadera. “Pour intégrer les FACA aujourd’hui, il faut soit être Mbaka-Mandja, soit payer entre 100 000 et 500 000 francs CFA selon le grade souhaité”, révèle un recruteur repenti. “Les non-Mbaka doivent payer le double“.
Cette corruption ethnique s’étend jusqu’aux plus hauts grades. Un général témoigne sous anonymat : “Les promotions sont accordées en priorité aux Mbaka-Mandja. Les autres ethnies doivent soit payer, soit stagner dans leur grade“.
Les conséquences désastreuses de cette machine ethnique de Touadera sur le terrain
Cette ethnicisation a des répercussions directes sur l’efficacité opérationnelle des FACA. “Les unités sont constituées sur des bases ethniques, créant des tensions permanentes“, explique un commandant de zone. “Certains soldats refusent d’obéir à des officiers d’autres ethnies“.
Dans plusieurs régions du pays, comme à Bossangoa ou Bocaranga, , les populations accusent les FACA de discrimination ethnique. “Les patrouilles Mbaka-Mandja harcèlent systématiquement les autres communautés“, dénonce un chef traditionnel de Bambari. “Ce n’est plus une armée nationale, c’est une milice ethnique.”
Le précédent historique inquiétant
Le Dr. Marie-Ange Mballa, historienne, établit un parallèle alarmant : “Nous reproduisons exactement le schéma qui a conduit à l’effondrement de l’armée en 2013. Sous Bozizé, c’étaient les Gbaya qui dominaient. Aujourd’hui, ce sont les Mbaka-Mandja. Le résultat sera le même : une armée divisée incapable de défendre la nation“.
La complicité des partenaires internationaux
Plus troublant encore, cette ethnicisation se déroule sous le regard complaisant des partenaires internationaux. “Les instructeurs russes du groupe Wagner encouragent cette politique“, révèle une source militaire. “Plus l’armée est divisée ethniquement, plus elle dépend de leur protection“.
Les tensions montent dans les rangs
“Le mécontentement grandit dans toutes les ethnies”, prévient un sous-officier. “Même certains Mbaka-Mandja sont mal à l’aise avec cette situation. Ils savent qu’ils seront les premières victimes en cas de changement de régime“.
Une bombe à retardement
“Cette politique d’ethnicisation est une bombe à retardement., alerte un officier de l’armée nationale. « Une armée construite sur des bases ethniques plutôt que sur la compétence ne peut qu’imploser entrainant le pays dans sa chute.
La militarisation ethnique des FACA représente une menace directe pour l’unité nationale. Sans une intervention urgente pour rétablir l’équilibre ethnique dans les recrutements et les promotions, l’armée centrafricaine risque de devenir le catalyseur d’une nouvelle guerre civile à base ethnique.
En effet, depuis plusieurs semaines, les habitants de plusieurs arrondissements de la capitale centrafricaine Bangui vivent au rythme intensif des coupures d’électricité. La situation affecte particulièrement les petits commerçants et artisans qui dépendent de l’énergie électrique pour leurs activités quotidiennes. À la sortie nord de Bangui, la situation est plus grave.
“Ici chez nous, le courant apparaît à peine 30 minutes par jour”, témoigne Marcelin, qui fait fonctionner un moulin à manioc à Gobongo, à 9 kilomètres du centre-ville. En effet, devant sa machine, une longue file de clients attend, cuvettes de manioc en main. “Voyez vous-même, rien n’avance. Les clients patientent mais nous ne pouvons rien faire sans électricité“.
La situation n’épargne personne dans ce secteur nord de la capitale Bangui. Dans sa mini-papeterie du PK11, Romaric ne peut plus assurer les services d’impression et de photocopie. “C’est une petite entreprise qui dépend entièrement de l’électricité. Sans courant, nous sommes totalement bloqués”, explique-t-il.
En effet, même les institutions publiques subissent ces désagréments électrique. À l’Institut Centrafricain de Recherche Agronomique (ICRA), au PK10 de Bangui, les activités tournent au ralenti. “Les chercheurs ne peuvent ni concevoir ni imprimer leurs documents. Nous sommes contraints de travailler la nuit”, explique le directeur du Département de Technologie.
L’ENERCA, la société nationale d’électricité, de son côté, tente de se justifier maladroitement comme d’habitude. Elle évoque des travaux de maintenance annuelle comme cause de ces perturbations à Bangui. “Nous effectuons actuellement l’entretien de la centrale solaire de Danzi (26 km de Bangui) “, indique le directeur de la production. “De plus, nous devons gérer une panne au niveau du palier turbine à Boali (95 km de Bangui ) “.
Cependant, les résidents de Bangui tentent de s’organiser comme ils peuvent. Certains commerces modifient leurs horaires pour profiter des rares moments où l’électricité est disponible. D’autres investissent dans des groupes électrogènes, malgré le coût supplémentaire que cela représente.
Selon les prévisions de l’ENERCA, cette situation devrait encore durer une semaine. En effet, les équipes techniques doivent terminer les travaux de maintenance et réparer les équipements en panne avant un retour à la normale.
En attendant, les banguissois continuent de s’adapter, tout en espérant une amélioration rapide de la situation. “Nous n’avons pas le choix”, confie un commerçant. “Il faut bien continuer à travailler, avec ou sans électricité.”
Les massacres quotidiens se poursuivent dans la préfecture du Haut-Mbomou, à 1214 km de Bangui. Les miliciens “Wagner ti Azandé” y mènent une campagne d’épuration ethnique contre les populations musulmanes, dans l’indifférence totale des autorités nationales.
Le 21 janvier, plus d’une dizaine de civils ont été tués et quatre blessés à cinq kilomètres de Mboki, dans le Haut-Mbomou. Ces violences aveugles sont l’œuvre des miliciens Azandé, formés en mars 2024 par les mercenaires russes du groupe Wagner.
“Dans le Haut-Mbomou, la situation sécuritaire est grave”, déclare sur les antennes de la radio Centrafrique, Victor Bissekoin, gouverneur de la région du Haut-Oubangui. “Les jeunes Zandé recrutés et formés agissent sans contrôle. Ils inquiètent la population du Haut-Mbomou au lieu de la protéger”.
Ces miliciens, que le gouvernement prétend avoir déjà intégrés dans l’armée nationale, multiplient les exactions dans tout le sur les antennes de la radio Centrafrique, , notamment à Zemio, Bambouti, Mboki et Rafaï. “Ils sont censés être des fils du pays avec la mission de protéger la population, mais leur comportement n’a rien à voir avec celui d’une armée nationale”, ajoute le gouverneur Bissekoin.
Dans son communiqué N°009/CPC-F/CG/CM/P-PP/EM/S.G-25, le Général Ali Darassa Mahamat, coordonnateur-militaire de la Coalition des Patriotes pour le Changement Fondamentale (CPC-F), dénonce “un comportement inacceptable des Wagner ti Azandé “. Il alerte sur la situation humanitaire désastreuse dans le Haut-Mbomou : “D’innombrables civils vivent dans la peur et dans la crainte constante d’être victimes d’attaques“.
Les médias nationaux et les députés locaux, qui avaient dénoncé les exactions impardonnables des éléments de l’UPC avant et chérir les Wagner ti Azandé, , restent étrangement muets devant les massacres de la population musulmane par leurs bébés chéris les Wagner ti Azandé. Même la Minusca, déployée dans la région, ne réagit pas, reste spectaculairement muette.
Par la voix de son porte-parole Amir Faissal, la CPC-F exige une intervention de la communauté internationale et des enquêtes sur ces massacres ethniques. Cette violence organisée se déroule au vu et au su de tous, sans qu’aucune autorité n’intervienne pour protéger les populations civiles ciblées.
La mairie de Bangui démolit un centre d’incubation de formation des Ex combattants, des femmes et filles : une affaire qui sent la mafia
Le centre d’incubation de formation des Ex combattants, des femmes et filles qui vient d’être détruit par la Mairie de Bangui au marché de Pétévo, dans le sixième arrondissement de Bangui. CopyrightCNC
Un coup de bulldozer a mis fin à 23 ans de formation professionnelle près du marché de Pétévo, dans le sixième arrondissement. La mairie de Bangui a détruit sans préavis le centre de l’ONG UTEFAGET, alors que leur bail court encore. Mais derrière cette démolition se cache une histoire trouble.
Une destruction au contour mafieux
“On n’a même pas eu le temps de sauver tout notre matériel”, raconte Christian, directeur de l’UTEFAGET, au micro de la radio Ndéké-Luka ce jeudi 30 janvier dans la matinée. Les sept salles de formation, dont celles dédiées à l’informatique, sont parties en poussière.
Mais le plus étrange dans cette affaire ? Le bail entre l’ONG et la mairie est toujours valable pour 2 ans et demi. “Ils n’ont présenté ni papier du tribunal, ni notification”, ajoute le directeur.
Centre de formation professionnelle détruit à Pétévo par la mairie de Bangui
Le vrai visage de l’affaire impliquant la mairie de Bangui et la mafia
Selon nos informations, cette démolition cache une transaction douteuse. La mairie de Bangui aurait déjà promis ce terrain à un opérateur économique étranger pour un nouveau projet commercial. Une source proche du dossier parle d’une “entente préalable” entre le maire de Bangui, le parrain mafieux Emile Gros Nakombo et cet homme d’affaires étranger.
Un membre du cabinet du maire, qui préfère rester anonyme, joint au téléphone par la rédaction du CNC, tente de justifier l’action : “L’ONG a construit des bâtiments annexes non autorisés et les a mis en location”. Une explication qui ne tient pas la route, puisque la première démolition partielle remonte à plusieurs mois, sans qu’aucun document officiel n’ait été présenté par la mairie de Bangui, ni par le tribunal.
Des jeunes abandonnés au profit d’intérêts mafieux
Pendant que la mairie de Bangui laisse les ordures s’accumuler dans les rues de la capitale, elle trouve le temps de détruire un centre d’incubation de formation des Ex combattants, des femmes et filles, d’ailleurs outillées gratuitement aux métiers techniques. “Chaque année, des dizaines de jeunes désœuvrés trouvaient ici une chance de se former”, témoigne un ancien élève, aussi en colère contre la mairie de Bangui.
Le directeur de cabinet du président de la délégation spéciale, Sylvain Djamani, promet une “réaction ultérieure de la mairie de Bangui “. Un silence qui en dit long sur les vraies raisons de cette démolition.
Une ville de Bangui livrée aux appétits mafieux
Cette affaire montre comment certains responsables municipaux bradent le patrimoine de Bangui. Pendant que les jeunes cherchent du travail, que les ordures s’entassent dans les rues, la mairie de Bangui préfère raser un centre de formation pour satisfaire des intérêts privés.
Les habitants du 6ème arrondissement perdent un lieu d’espoir et de formation. Et pendant ce temps, personne ne sait vraiment qui profitera de ce terrain, ni quelles sommes ont changé de mains dans cette histoire trouble.
Le président centrafricain Faustin Archange Touadéra, au pouvoir depuis 2016, peine à concrétiser sa promesse grandiose de construire 5000 châteaux d’eau. Quatre ans après l’annonce officielle de ce projet d’envergure nationale, seuls deux modestes forages ont vu le jour, dont un encore inachevé.
Le 19 juin 2021, la présidence centrafricaine, par la voix de monsieur Binda Pascal Koyagbélé, conseiller du Président Touadera en matière des grands travaux, annonçait en grande pompe la construction de 5000 châteaux d’eau pour améliorer l’accès à l’eau potable des 6 millions de Centrafricains. Aujourd’hui, en janvier 2025, le bilan s’avère particulièrement maigre : un forage en cours d’achèvement à Bimbo, à 5 kilomètres à la sortie sud-ouest de Bangui, et un second inauguré en 2024 sur la route de Damara.
“La présidence avait promis des châteaux d’eau capables d’alimenter un ou deux arrondissements entiers. À la place, nous avons deux simples forages dont la capacité est nettement inférieure, capable d’alimenter seulement une ruelle “, souligne un agent spécialisé en hydraulique interrogé par la rédaction du CNC. Cette différence technique n’est pas anodine : un château d’eau peut desservir plusieurs milliers d’habitants, contrairement à un forage dont la portée reste limitée.
Un château d’eau dit château d’eau ailleurs. dans d’autres pays
Le contraste est saisissant avec d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. “Au Sénégal ou en Côte d’Ivoire, les présidents transforment visiblement leurs pays dès le premier mandat avec des infrastructures concrètes : routes, ponts, systèmes hydrauliques”, note un observateur politique centrafricain basé à Bangui.
Pour le président Touadéra, surnommé Baba Kongoboro, ce retard considérable dans la réalisation des infrastructures hydrauliques promises intervient alors qu’il brigue un troisième mandat cette année. La modification de la Constitution adoptée par référendum truqué en 2023 lui permet désormais de se maintenir au pouvoir, malgré un bilan critiqué par tous les centrafricains.
Essai du forage en présence de Touadera
À Bangui, l’inauguration prochaine du forage de Bimbo ne fait pas oublier l’arithmétique implacable : il manque encore 4998 infrastructures pour atteindre l’objectif minimum annoncé. “Comment justifier un tel écart entre les promesses et les réalisations ?”, s’interroge un habitant de Bimbo qui préfère garder l’anonymat par crainte de représailles.
Mur publicitaire du forage Touadera au pk13 de Bangui
Cette situation reflète les difficultés plus larges de la République centrafricaine, pays enclavé classé parmi les plus pauvres au monde. Toutefois, pour de nombreux Centrafricains, l’argument des contraintes économiques ne suffit plus à expliquer l’immense décalage entre les annonces présidentielles et leur concrétisation.
Le ministère de l’Hydraulique, dirigé par le mafieux Arthur Bertrand Piri, n’a pas souhaité répondre à nos questions sur le calendrier de réalisation des infrastructures manquantes. Pendant ce temps, des millions de Centrafricains continuent de faire face à des difficultés quotidiennes d’accès à l’eau potable, rappelant l’urgence d’actions concrètes au-delà des effets d’annonce.
Cette promesse non tenue s’ajoute à une liste croissante de projets en suspens, alors que le pays reste largement dépendant de l’aide internationale et de la présence controversée des Mercenaires russes du groupe Wagner pour assurer sa sécurité.
Bangui, une capitale sans pompiers : quand une ville de plus d’un million d’habitant n’a qu’un seul camion
Centrafrique.org/des-curieux-observent-le-camion-des-sapeurs-pompiers-lors-dune-intervention-sur-lavenue-de-france-devant-fateb-le-24-decembre-2019-par-cnc-mbata/” data-wpel-link=”internal”>Des curieux observent un camion des sapeurs pompiers sur l’avenue de France . CopyrightCNC
De fait, cette saison sèche amène son lot d’incendie dans la capitale centrafricaine et les sapeurs-pompiers peinent à intervenir. À vrai dire, l’absence de secours devient une source d’angoisse réelle pour les Banguissois.
Au quartier Fou, vendredi dernier, Vincent de Paul a vu sa maison brûler sans aide. “J’ai appelé les pompiers plusieurs fois, sans succès”, nous dit-il.
À bien considérer les choses, le problème touche tous les secteurs. C’est ainsi qu’à la cité golf du PK-11, Berang Dokoula a lui aussi dû faire face seul à un incendie déclenché par un court-circuit. À ce propos, il précise : “Les services de secours m’ont clairement dit qu’ils ne viendraient pas“.
Dans ces conditions, ce sont les voisins qui s’entraident. Assurément, sans cette solidarité spontanée, les dégâts seraient encore plus graves. “Les gens du quartier accourent dès qu’ils voient de la fumée”, remarque un habitant.
Il est à noter que même des boutiques qui sont aux alentours du stade Sagbado vers le quartier PK5 n’ont pas été épargnées. Il a fallu l’intervention des pompiers de la Minusca pour maîtriser les flammes. Manifestement, seules les forces internationales disposent des moyens nécessaires.
Pour tout dire, la situation des sapeurs-pompiers est chaotique. Concrètement, le service ne fonctionne qu’avec un seul camion, le deuxième étant en panne depuis des mois.
À l’évidence, les habitants doivent s’adapter. Certains achètent des extincteurs, d’autres organisent des tours de garde. “On apprend à se débrouiller”, explique un père de famille du quartier Fou.
Sans nul doute, cette situation préoccupe tout le monde. Dans la pratique, chaque Banguissois sait désormais qu’il ne peut compter que sur lui-même et ses voisins en cas d’incendie.
Centrafrique.org/Centrafrique-deux-jeunes-interpelles-par-les-mercenaires-russes-a-nana-bakassa-sont-portes-disparus/fouille-maison-par-maison-des-mercenaires-russes-de-la-societe-wagner/” rel=”attachment wp-att-51780″ data-wpel-link=”internal”>Fouille-maison-par-maison-des-mercenaires-russes-de-la-societe-Wagner – Centrafrique : deux jeunes interpellés par les mercenaires russes à Nana-Bakassa sont portés disparus
Un civil d’une cinquantaine d’années a échappé à la mort après avoir reçu trois balles tirées par des mercenaires russes criminels du groupe Wagner à 20 kilomètres de Baboua, dans la Nana-Mambéré. Les mercenaires russes l’ont agressé et tenté de l’exécuter après une tentative d’extorsion infructueuse sur la route du site aurifère de Diba.
Centrafrique.org/le-miraculeux-survivant-des-mercenaires-russes-a-diba-pres-de-baboua-dans-la-nana-mambere/” data-wpel-link=”internal”>Le miraculeux survivant des mercenaires russes à Diba, près de Baboua, dans la Nana-Mambéré.
Les faits se sont déroulés il y a trois jours lorsque la victime, qui rentrait à pied du site minier de Diba, a été intercepté par les mercenaires Wagner. Après l’avoir demandé et fouiller minutieusement sans trouver ni or ni argent, les criminels mercenaires russes l’ont sauvagement tabassé malgré ses explications. Aussitôt quand les coups commencent à pleuvoir massivement sur la victimes, elle commence à crier à l’aide. En langue Gbaya, une langue couramment parlé dans cette localité, le monsieur crie fort et très fort. Les mercenaires russes, troublé par ce cri de détresse de l’homme, ils l’ont répondu par trois tirs à bout portant avant de l’abandonner, le croyant mort.
“Ils m’ont fouillé de la tête aux pieds, dans toutes mes poches. Quand ils n’ont rien trouvé, ils ont commencé à me tabasser “, témoigne la victime aux habitants de Diba, qui, vu l’intention criminelle de ces voyou, a miraculeusement survécu en rampant jusqu’au village le plus proche.
Cette tentative d’assassinat dévoile une fois de plus les méthodes criminelles des mercenaires russes du groupe Wagner, qui terrorisent la population centrafricaine depuis leur arrivée en 2018. Ces exactions sont souvent attribuées aux rebelles pour masquer la responsabilité des mercenaires russes.
La sous-préfecture de Baboua, à 560 kilomètres de Bangui et 104 kilomètres de Bouar, est une zone stratégique pour l’extraction aurifère. Les orpailleurs locaux y subissent régulièrement les violences et tentatives d’extorsion des mercenaires Wagner, qui contrôlent de fait les sites miniers de cette région.
La complicité des autorités centrafricaines avec le groupe criminel Wagner rend impossible toute poursuite judiciaire de ces crimes, alors même que les mercenaires russes multiplient les exactions contre les civils dans tout le pays.
Les religieuses kidnappées près de Bocaranga ont finalement été libérées
Centrafrique.org/les-religieuses-kidnappees-pres-de-bocaranga/” data-wpel-link=”internal”>Trois religieuses enlevées à Bocaranga ont été relâchées après avoir enduré des violences physiques et psychologiques
Les trois religieuses catholiques et leur chauffeur, enlevés le 29 janvier sur l’axe Bocaranga-Bouar, ont été libérés quelques heures après leur rapt. Selon nos informations précédentes, l’enlèvement s’était produit près du village Douya, à environ 15 kilomètres de Bocaranga.
Les victimes ont été contraintes de marcher plus de 10 kilomètres dans la brousse avant d’être dépouillées de leurs biens et d’une somme de 20 millions de francs CFA.
“Ils nous ont forcées à marcher rapidement et nous ont frappées avec des bâtons”, témoigne l’une des sœurs, qui porte encore les marques physiques de cette violence.
Les ravisseurs, selon les victimes, qui étaient au nombre de trois et vêtus d’uniformes militaires, ne s’exprimaient ni en sango ni en français, ce qui complique leur identification formelle. Cette particularité linguistique pourrait indiquer l’implication de bandits venus du Cameroun voisin, la sous-préfecture de Bocaranga étant située à 532 kilomètres de Bangui, près de la frontière camerounaise.
L’une des religieuses a notamment prié lors des vêpres pour “la conversion de ces jeunes désorientés“, démontrant une remarquable résilience malgré l’épreuve. Les sœurs, qui n’ont pas dormi la nuit suivant leur libération, commencent progressivement à retrouver leur sérénité.
Comme nous l’avions souligné dans nos précédentes publications, cet axe routier reste particulièrement dangereux aux actes de banditisme de tout genre. Les autorités n’ont toujours pas renforcé la sécurité dans cette zone stratégique, laissant les populations locales et les acteurs humanitaires, y compris les réligieuses exposés à ces violences récurrentes.
Bangui : un contrôle musclé des FSI sème la panique à Gbaloko
Centrafrique.org/begoua-une-bagarre-de-rue-frole-la-catastrophe/intervention-de-la-police-militaire/” rel=”attachment wp-att-76063″ data-wpel-link=”internal”>Patrouille de la police militaire en soutien aux policiers à Bégoua. CopyrightCNC
Les Forces de sécurité intérieure (FSI) ont mené une vaste opération de contrôle ce samedi 1er février 2025 à Gbaloko, quartier périphérique situé à la sortie nord de la capitale Bangui sur la route de Boali.
Les habitants ont été réveillés par des fouilles organisées de maisons et des contrôles d’identité. “Les forces de l’ordre sont passées porte par porte, exigeant la présentation des pièces d’identité. La population est paniquée”, témoigne un habitant de Gbaloko contacté par la rédaction du CNC.
Cette opération intervient alors que des rumeurs persistantes évoquent une infiltration de groupes rebelles dans la capitale centrafricaine. Selon plusieurs analystes, ces allégations pourraient émaner des Mercenaires russes du groupe Wagner, désireux de maintenir leur influence dans le pays.
Les Forces de sécurité intérieure n’ont pas communiqué officiellement sur les motifs et résultats de cette opération surprise qui a débuté aux premières heures de la matinée. Selon nos informations, les contrôles se poursuivaient encore en fin de matinée à Gbaloko.
Cette situation ravive les inquiétudes des habitants qui dénoncent des méthodes jugées brutales. “On ne sait même pas quand la population sera enfin laissée tranquille”, s’indigne notre source.
À Mbaïki, la préfète réunit les chefs de service pour un bilan d’activités
Centrafrique.org/la-prefete-de-la-lobaye-avec-les-representants-de-letat-a-mbaiki-apres-une-reunion/” data-wpel-link=”internal”>La préfète de la Lobaye, Lydie Georgette Gaoro Sounou, entourée des chefs des services déconcentrés de l’État et du maire de Mbaïki, lors de la réunion du 31 janvier 2025 à la sous-préfecture de Mbaïki.La préfète de la Lobaye, Lydie Georgette Gaoro Sounou, entourée des chefs des services déconcentrés de l’État et du maire de Mbaïki, lors de la réunion du 31 janvier 2025 à la sous-préfecture de Mbaïki.
La préfète de la Lobaye, Lydie Georgette Gaoro Sounou, a présidé ce vendredi 31 janvier une importante réunion à la sous-préfecture de Mbaïki. Cette rencontre, qui a rassemblé l’ensemble des chefs des services déconcentrés de l’État et le maire de la ville, visait à dresser un bilan des activités de chaque service et identifier les difficultés sur le terrain.
“Nous avons organisé cette réunion ici à Mbaïki pour nous rassembler, échanger les vœux de nouvel an et accomplir notre mission de représentation du gouvernement”, a expliqué la préfète Gaoro Sounou.
Plusieurs défis ont été identifiés lors des échanges, notamment le manque de locaux pour certains services administratifs et les problèmes de mobilité. La question de la transhumance a également été abordée, la préfecture de la Lobaye accueillant de nombreux éleveurs. “Nous avons tenu des réunions avec les éleveurs pour permettre une transhumance apaisée et éviter les crises entre agriculteurs et éleveurs”, a précisé la préfète.
Dans le domaine de l’éducation, les responsables ont souligné l’absentéisme des élèves au niveau du lycée à Mbaïki malgré leur inscription. Une situation qui nécessite une action concertée entre les autorités et les parents d’élèves.
La préfète a insisté sur le respect des horaires de travail, rappelant que les fonctionnaires doivent être présents de 7h30 à 15h30. Elle a également évoqué l’importance du corridor 13, un axe routier qui facilitera l’accès à Brazzaville et stimulera le développement local.
Pour les prochaines réunions, la préfète envisage d’élargir la participation aux ONG locales et à la Minusca afin d’assurer une meilleure coordination des actions de développement. Elle a également rappelé aux fonctionnaires l’obligation de résidence, soulignant que l’implantation d’une agence de la banque BGFI dans la localité, en un mot à Mbaïki facilite désormais le paiement des salaires.
Située dans la région des Plateaux à 107 km de Bangui, Mbaïki est le chef-lieu de la préfecture de la Lobaye.
Journée mondiale des douanes : bilan de la conférence-débat à Béloko
Centrafrique.org/les-douaniers-centrafricains-et-camerounais-a-beloko/” data-wpel-link=”internal”>Journée internationale de la douane : Les douaniers camerounais et centrafricains réunis à Béloko. CopyrightCNC
La recette des douanes de Béloko a accueilli, la semaine dernière, une conférence-débat marquant la Journée mondiale des douanes, illustrant la volonté de modernisation des services douaniers centrafricains. Cette rencontre, qui s’inscrit dans une série d’événements sur quatre jours, a réuni les douaniers centrafricains et leurs homologues camerounais du bureau de Garoua-Boulaï autour du thème “Une douane qui concrétise ses engagements en matière d’efficacité, de sécurité et de prospérité”.
Selon le receveur, la coopération transfrontalière entre les deux pays, le Cameroun et la Centrafrique, s’est particulièrement renforcée depuis l’année dernière. “Nous travaillons main dans la main avec nos collègues camerounais. Avant de mettre le programme en place, nous avons partagé notre planning et ils l’ont approuvé”, explique le receveur des douanes de Béloko lors de ce débat de la Journée mondiale des douanes . Cette collaboration, selon lui, s’est manifestée à travers plusieurs initiatives conjointes, notamment l’organisation d’événements sportifs et culturels.
Le programme des célébrations de la Journée mondiale des douanes 2025 à Béloko a débuté le 22 janvier par un match de football opposant la Minusca aux opérateurs économiques, suivi le 24 janvier d’une course de 7 kilomètres pour les élèves des établissements publics et privés. Les quinze premiers garçons et filles ont été récompensés, illustrant la volonté d’impliquer la jeunesse dans les activités douanières.
La conférence-débat lors de cette Journée mondiale des douanes 2025 a permis d’aborder en profondeur les enjeux de la modernisation douanière. Les discussions ont notamment porté sur l’harmonisation des procédures entre les deux pays, avec un accent particulier sur la numérisation des services. “Notre objectif est d’équiper chaque douanier d’un ordinateur pour faciliter le traitement des déclarations”, souligne un responsable de l’administration centrale.
Les échanges ont également dévoilé les avancées en matière de formation continue des agents. L’Organisation Mondiale des Douanes (OMD) propose désormais des modules d’apprentissage en ligne, permettant aux douaniers de se former aux meilleures pratiques internationales. Cette plateforme e-learning couvre l’ensemble des questions douanières et facilite la mise à niveau des compétences.
La coopération régionale s’est également renforcée grâce à l’utilisation du Custom Enforcement Network, un outil développé par l’OMD pour faciliter la communication d’informations opérationnelles entre les services douaniers. Ce système permet un échange rapide de renseignements sur les mouvements suspects de marchandises et contribue à la lutte contre la fraude.
Les participants aux débats de la Journée mondiale des douanes ont particulièrement insisté sur l’importance de l’intégrité dans le fonctionnement des services douaniers. La déclaration d’Arusha, référence internationale en la matière, a été largement discutée comme cadre pour promouvoir la bonne gouvernance et renforcer la transparence des opérations.
La modernisation des procédures douanières s’inscrit dans un contexte plus large de développement durable. L’administration des douanes centrafricaine contribue activement à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD) fixés par les Nations Unies, notamment en matière de facilitation des échanges commerciaux et de sécurisation des frontières.
Cette rencontre transfrontalière témoigne de la volonté des services douaniers de s’adapter aux défis du commerce international moderne. La présence des représentants camerounais souligne l’importance de la coopération régionale dans la modernisation des pratiques douanières et le renforcement de l’efficacité des contrôles.
En effet, le président de la délégation spéciale de la ville de Bangui, Emile-Gros-Raymond Nakombo, vient de signer un arrêté rebaptisant le marché Pétévo du 6e arrondissement au nom du président Faustin-Archange Touadera. Cette décision rompt avec 40 ans de tradition républicaine centrafricaine, où aucun chef d’État n’avait donné son nom à un marché public de son vivant, sauf celui du marché central, à l’époque baptisé marché Bokassa.
Effectivement, cette pratique rappelle des méthodes de personnalisation du pouvoir observées dans plusieurs pays africains. Le timing de cette décision interpelle également, survenant 17 mois après l’adoption d’une nouvelle Constitution qui supprime la limitation des mandats présidentiels et instaure au passage une dictature qui ne dit pas son nom.
“Cette décision est inquiétante. En effet, baptisé le nom d’un marché à celui de Professeur Faustin Archange Touadera marque une dérive autoritaire progressive dans notre pays”, note Julien Kanga, Professeur au lycée d’État des rapides de Bangui. Certes, il établit un parallèle avec l’ancien président Bokassa, qui avait multiplié ce type de pratiques avant de s’autoproclamer empereur.
Assurément, cette tendance à la personnification du pouvoir par le Professeur Faustin Archange Touadera s’observe aussi dans d’autres domaines. Le visage du président Touadera, surnommé Baba Kongoboro, apparaît désormais sur de nombreux supports à Bangui : affiches, t-shirts, panneaux publicitaires, le nom de la rue, le nom d’un centre de formation et bien d’autres…, et peut être le nom d’une église dans les prochains mois.
Manifestement, cette décision du maire de Bangui intervient dans un contexte où le débat démocratique se réduit progressivement dans le pays. Les voix critiques peinent à se faire entendre, tandis que le pouvoir du Professeur Faustin Archange Touadera renforce son emprise sur les institutions.
L’opposition dénonce une manœuvre politique visant à ancrer durablement l’image du Professeur Faustin Archange Touadera dans l’espace public. En effet, elle y voit les signes d’une dérive autoritaire qui s’installe progressivement dans ce pays d’Afrique centrale.
Cette décision administrative, apparemment anodine, pourrait en effet présager d’autres mesures similaires dans les mois à venir. Les observateurs de la vie politique centrafricaine restent vigilants quant à l’évolution de la situation dans le pays.
Un soldat de 1ère classe de l’armée nationale en poste à Nzako, dans la préfecture du Mbomou, dans l’Est de la Centrafrique, a tiré, sans hésitation, sur un chef de village dans la soirée du 29 janvier 2025. L’incident s’est produit après que le chef, connu localement sous le sobriquet du “Commandant”, est intervenu pour protéger un jeune villageois menacé par le militaire.
Selon les témoignages recueillis par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, le soldat FACA, sous l’emprise de l’alcool après avoir consommé des boissons traditionnelle et de chanvre indien pendant plusieurs heures dans un quartier de Nzako, a d’abord menacé un jeune habitant de Nzako avec son arme de service. Le chef du village a tenté de s’interposer pour apaiser la situation.
Au lieu d’écouter les appels au calme, le soldat a retourné son arme contre le chef, l’attrapant par le cou avant de lui tirer dans le pied. La victime a survécu à cette agression.
Cette attaque s’ajoute à une série d’incidents impliquant des militaires dans la région, située à environ 750 kilomètres de Bangui, la capitale centrafricaine.
Touadera : votre prière a créé une panne à la Radio Centrafrique depuis une semaine
Centrafrique.org/troisieme-mandat-une-reunion-de-strategie-des-caciques-du-pouvoir-sest-deroulee-a-damara/le-president-faustin-archange-touadera-dans-pleine-priere-pour-ses-moments-difficiles/” rel=”attachment wp-att-59827″ data-wpel-link=”internal”>Le Président Baba Kongoboro fait la prière pour ses moments difficiles
C’est depuis une semaine que la Radio nationale s’enfonce dans le chaos. À l’heure où devrait retentir la prière maléfique de Baba Kongoboro, dit Touadera , seul le silence répond aux auditeurs. Les techniciens, eux, grimpent la colline de Bazou dès l’aube pour tenter de réanimer une antenne moribonde. Un rituel qui en dit long sur l’état des médias d’État.
La radio de Touaderaen panne
L’aube se lève sur Bangui. 5 heures. Le moment sacré où la voix de Touadera devrait envahir les foyers centrafricains pour sa prière matinale. Mais depuis une semaine, les haut-parleurs restent muets. Il faut désormais patienter jusqu’à 7h, parfois 8h, pour que les ondes daignent reprendre vie. Entre-temps, deux techniciens s’échinent sur les pentes de Bazoubangui , leurs outils à la main, dans une quête quotidienne pour ressusciter une antenne capricieuse.
Le grand pillage des médias publics par Touadera
L’histoire ressemble à une mauvaise farce écrite par Touadera. Six ans plus tôt, les caisses de l’État se vidaient d’environ 22 milliards de francs CFA. Leur destination ? La modernisation des médias publics, confiée au sulfureux homme d’affaires camerounais Amougou Bolonga de la chaine vision 4. Sur cette manne providentielle, à peine un milliard a effectivement servi sa cause. Le reste ? Volatilisé dans les zigzags d’un système bien rodé mis en place par Touadera, pendant Amougou prenait le chemin de la prison à Yaoundé pour crime.
Au royaume d’incompétence de Touadera
Dans cette comédie spectaculaire à l’ivoirienne, le ministre de la Communication Maxime Balalou brille par son absence. Ce porte-parole de Wagner, plus occupé à parader sur les plateaux de la télévision nationale, semble ignorer l’agonie des trois médias sous sa tutelle. Radio Centrafrique, TVCA, Agence Centrafrique Presse : trois navires qui prennent l’eau de toutes parts. Les journalistes en sont réduits à apporter leurs propres micros, leurs ordinateurs personnels. La radio nationale, elle, survit avec un disque dur de 500 gigas, vestige d’une autre époque avant même la naissance de Touadera.
Le règne de l’absurde
Ce cirque médiatique démontre parfaitement les contradictions du régime de Touadera arc-bouté sur ses rituels d’autocélébration, mais incapable d’en assurer la diffusion. La prière présidentielle, censée être la pierre angulaire de ce théâtre quotidien, se noie dans les défaillances techniques d’un système à bout de souffle.
Plus qu’une simple panne technique, cette débâcle raconte l’histoire d’un pays où même la propagande ne fonctionne plus correctement. Pendant que les millions s’évaporent dans la nature, deux techniciens gravissent chaque matin leur Golgotha médiatique, métaphore parfaite d’un État en perdition. La radio nationale reste ainsi figée dans son mutisme, à l’image d’un pays qui attend toujours son réveil.
Une croissance en chute libre révèle l’échec économique de Touadéra, selon l’opposition
Centrafrique.org/baba-kongoboro-oublie-le-sport-et-les-medias-deux-heures-de-discours-deux-grands-absents/baba-kongoboro-devant-les-deputes-le-samedi-28-decembre-lors-de-son-discours/” rel=”attachment wp-att-86472″ data-wpel-link=”internal”>Le Président Touadera alias Baba Kongoboro devant les députés lors de son discours sur l’état de la nation le 28 décembre 2024. Photo la renaissance.
Les chiffres sont implacables. L’économie centrafricaine, sous le règne de Touadera, s’enfonce dans le rouge avec une croissance réelle de -2,7% en 2024, ont révélé les leaders de l’opposition ce mardi 7 janvier à Bangui, s’appuyant sur les dernières données de la Banque mondiale.
“L’économie n’est pas de la philosophie ou de la théologie, ce sont des chiffres”, martèle Martin Ziguélé, économiste et ancien Premier ministre. “Avec un taux de croissance du PIB de 1,4% et une inflation de 4-5%, le pays s’appauvrit concrètement de 2,7% cette année, et ce, depuis 2016 sous Touadera “.
Les perspectives pour 2025 n’offrent aucun répit. “Même avec une projection de croissance à 2,4%, l’inflation prévue à 4,5% va encore amputer le pouvoir d’achat des Centrafricains de 1,7%”, analyse Crépin Mboli-Goumba, qui dénonce “neuf ans de recul économique sous Touadéra”.
“C’est aussi simple qu’une journée de travail”, illustre Ziguélé. “Si vous commencez à 7 heures pour produire 10 sacs d’arachides, et que le lendemain vous n’en produisez que 8 en travaillant les mêmes heures, votre productivité régresse, votre développement régresse“.
La suspension du financement du FMI aggrave la situation économique du régime de Touadera . “Le non-décaissement de la troisième tranche révèle l’incapacité du gouvernement de Touadera à respecter les exigences de bonne gestion, particulièrement dans le secteur des hydrocarbures”, souligne maître Nicolas Tiangaye.
“Des pesanteurs qui dépassent l’État empêchent notre pays de rejoindre l’orthodoxie financière”, observe Mboli-Goumba, faisant allusion aux influences extérieures sur la gestion économique nationale.
L’opposition dénonce également l’opacité croissante dans la gestion des ressources par le régime de Touadera. “La nouvelle Constitution a supprimé le contrôle parlementaire sur les contrats miniers”, rappelle l’économiste et ancien premier ministre Enock Lakoué. “On nous parle d’accélérer les procédures, mais c’est plutôt pour faciliter les passations de marchés douteuses“.
Mensonges et fantasmes : Dimitri Sitiy , patron de Wagner en Centrafrique invente sa présence dans toute l’Afrique
Dimitri Sitiy, chef de Wagner en Centrafrique
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Le chef de Wagner en Centrafrique s’est lancé dans un étrange exercice de propagande. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Dimitri Sitiy affirme que ses hommes distribuent de l’aide militaire dans vingt pays africains. Une déclaration qui ne tient pas debout quand on examine les faits pays par pays.
Certes, la présence de Wagner est bien réelle dans certaines nations africaines. Au Mali, en Centrafrique, au Soudan et en Libye, le groupe paramilitaire russe opère au grand jour. Au Burkina Faso et au Niger, des accords récents ont officialisé leur venue.
Mais Dimitri Sitiy ne s’arrête pas là. Il cite pêle-mêle le Cameroun, le Tchad, la République Démocratique du Congo… Des pays où Wagner n’a aucune présence officielle. Au Cameroun, les autorités n’ont jamais fait appel à leurs services. Le Tchad maintient une position ferme contre toute collaboration avec le groupe. Quant à la RDC, malgré des tentatives d’approche, Wagner n’a pas réussi à s’y implanter.
Plus troublante encore est son affirmation d’avoir distribué cette aide “en juillet seulement”. Comment imaginer une telle opération éclair, touchant supposément vingt pays, sans que personne n’en ait eu vent ? Les mouvements de matériel militaire ne passent pourtant pas inaperçus sur le continent.
Dimitri Sitiy parle aussi de “programmes” mystérieux qu’il compte “augmenter”. Mais lesquels ? Aucun détail concret ne vient étayer ces propos. Cette absence de précision trahit la nature propagandiste de son discours.
La réalité est bien différente. Wagner peine à étendre son influence au-delà de ses bastions actuels. Dans plusieurs pays, leurs approches se heurtent à des refus catégoriques. Les controverses qui entourent leurs activités, les accusations de violations des droits humains, et la méfiance grandissante des populations locales freinent leurs ambitions.
Les “volontaires” dont parle Di City sont en réalité des mercenaires professionnels, payés pour leurs services. Cette tentative de les présenter comme des humanitaires généreux ne trompe personne.
La déclaration se termine sur un “futur prometteur” entre la Russie et l’Afrique. Mais en mélangeant ainsi la Russie officielle et les activités de Wagner, Dimitri Sitiy entretient une confusion dangereuse. Les relations diplomatiques entre États souverains n’ont rien à voir avec les agissements d’une société militaire privée.
Cette sortie médiatique ressemble plus à une opération de communication destinée à impressionner qu’à un véritable bilan d’activités. Elle rappelle surtout que dans le monde de Wagner, les mots pèsent parfois plus lourd que les faits.
En Centrafrique, la démocratie s’éteint : Le MLPC sonne l’alerte rouge
L’ancien député du MLPC, Percus Ketté, un autre député sans bac de l’opposition Qui Fait Honte à la nation
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
À Bangui, la répression contre les voix dissidentes s’intensifie. Martin Ziguélé, Président du MLPC dénonce une année 2024 noire pour les libertés politiques et associatives en République centrafricaine.
À Bangui, le silence remplace peu à peu le débat démocratique. Les sièges des vrais partis d’opposition démocratiques se vident, les locaux des médias indépendants ferment leurs portes, les associations libres disparaissent. Un décor qui rappelle les années sombres de la dictature dans le monde, selon Martin Ziguélé, président du MLPC.
“2024 marque l’année où l’autoritarisme s’est décomplexé”, déclare le leader du MLPC, un parti de l’opposition dans son discours de fin d’année. Dans les rues de la capitale, les portraits du président Touadéra, alias Baba Kongoboro, occupent chaque espace disponible, symbole d’un pouvoir qui ne tolère plus la contradiction.
Les chiffres donnent le vertige. Plus aucun groupe parlementaire d’opposition à l’Assemblée nationale, comme le MLPC ou l’URCA, voir le PATRI. Une première depuis l’instauration du multipartisme en 1993. Les médias indépendants se comptent désormais sur les doigts d’une main. Les véritables organisations de la société civile subissent des pressions quotidiennes.
Au marché Boy-Rabe, les discussions politiques se font désormais à voix basse. “Avant, nous débattions librement dans les taxis. Maintenant, nous regardons seulement “, murmure Antoine, commerçant. La peur s’installe dans les quartiers populaires de Boy-Rabe, Combattant, Boeing, Galabadja et ailleurs.
Le MLPC paie le prix fort de sa résistance. Depuis son refus de participer au “dialogue républicain” en avril 2022, le parti subit une campagne de déstabilisation sans précédent. “Ils créent de faux mouvements dissidents, achètent nos militants, tentent de nous diviser”, explique un cadre du parti MLPC sous couvert d’anonymat.
Dans le quartier Boeing, un membre d’une association des jeunes témoigne : “Les habitants évitent désormais de se réunir en association pour discuter des enjeux de leur quartier, par crainte que les agents de renseignement du régime ne les accusent injustement. Cette méfiance s’explique par le fait que Boeing est perçu comme un fief de l’ancien Président François Bozizé. D’ailleurs, certaines associations ferment les unes après les autres. Seules survivent celles qui applaudissent le MCU”. Un étouffement méthodique de toute voix critique, déclare le député du MLPC Martin Ziguelé..
Les derniers espaces de liberté se réduisent comme peau de chagrin. À 95 kilomètres de Bangui, dans la ville de Boali, un journaliste local raconte : “Même dans les provinces, la pression monte. Nous ne pouvons plus parler de certains sujets.”
Pourtant, le MLPC refuse d’abdiquer. Le 1er décembre 2024, ses militants ont défilé dans tout le pays, brandissant leurs drapeaux. “Notre parti est né dans la lutte contre la dictature“, rappelle Ziguélé. “Nous avons survécu à Bokassa, nous survivrons à ce régime.”
Pour 2025, le président du MLPC promet de poursuivre le combat “dans la légalité” pour la restauration des libertés. Un engagement qui trouve écho dans les ruelles de Bangui la coquette, devenue Bangui la muette, où les citoyens aspirent au retour du débat démocratique.
Ministère de la Défense, ministère des Transports, aéroport international de Bangui – Mpoko, maisons de particuliers… Notre enquête dévoile l’étendue des ambitions immobilières de l’ASECNA. Les expulsions à la cité ASECNA ne sont que le début d’une opération qui cible les infrastructures vitales de l’État centrafricain.
L’histoire frise l’absurde. L’ASECNA, simple “affectataire”, selon ses textes fondateurs, cherche aujourd’hui à devenir propriétaire d’une grande partie du patrimoine immobilier de l’État centrafricain. Un appétit étonnant car l’agence possède déjà une cité entière à proximité de l’aéroport de Bangui, vers le quartier Fondo, où ses agents ont construit leurs maisons.
Les documents que nous avons analysés dans notre investigation racontent une autre histoire. Premier objectif de l’ASECNA : les bâtiments en face du lycée Marie – Jeanne CARON, dont le ministère de la défense occupe l’un,. Le scénario paraît invraisemblable : un ministère régalien qui pourrait demain se trouver sous le contrôle d’une agence technique !
Et ce n’est que le début. L’ASECNA ne s’arrête pas là. Elle veut aussi mettre la main sur l’ensemble immobilier du ministère des Transports, du BARC et des 17 villas de la CNSS. Une demande de mutation de titre foncier qui transformerait ces bâtiments publics en propriétés de l’agence.
Plus spectaculaire encore : l’aéroport international de Bangui – Mpoko. L’ASECNA a déjà construit une clôture dans le quartier Boeing sans titre foncier, provoquant la colère des habitants. Aujourd’hui, elle demande la mutation du titre foncier d’une partie de l’aéroport. Cette manœuvre contredit la Convention et le Cahier des charges de l’agence qui précisent qu’elle n’est qu’“usufruitière” des biens occupés.
Le plus cocasse ? En 2002, un représentant de l’ASECNA admettait par écrit ce statut d’affectataire dans une note au ministre de l’Aviation Civile. Vingt ans après, cette réalité semble oubliée.
Les expulsions récentes dans la cité ASECNA prennent maintenant un autre visage. Elles ressemblent à une première étape dans une stratégie d’acquisition immobilière à grande échelle. Une bataille juridique qui touche à la capacité même de l’État centrafricain à garder ses biens.
Le mutisme des ministères concernés étonne. Comment comprendre cette absence de réaction face à ces tentatives de prise de contrôle du patrimoine public ? La question se pose, d’autant que l’ASECNA, créée pour la navigation aérienne, paraît aujourd’hui plus attirée par l’immobilier que par ses missions d’origine.
Cette situation bizarre amène une question simple : comment une agence technique, qui doit servir l’État, peut-elle essayer de lui prendre ses infrastructures? Dans un moment où la maîtrise du territoire national compte plus que jamais, la réponse à cette question touche au cœur de l’avenir de la République centrafricaine.
Centrafrique : Les FACA au bord de l’effondrement total
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/De-droite-a-gauche-le-president-Faustin-Archange-Touadera-et-ses-4-generaux-Mamadou-Yakoubou-Boguin-et-Legbefaca-450×300.jpg” alt=”De droite à gauche, le président Faustin-Archange Touadéra et ses 4 généraux : Mamadou, Yakoubou, Boguin et Légbé, illustrant l’article sur Centrafrique : Les FACA au bord de l’effondrement total” width=”450″ height=”300″ />De droite a gauche le Président Faustin Archange Touadera et ses 4 generaux: Mamadou Zéphirin, Yakoubou, Boguin et Legb.
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
“L’histoire se répète. Tous les signaux sont au rouge. Nous revivons exactement les mêmes conditions qui ont conduit à l’effondrement de 2013”. L’avertissement vient d’un général quatre étoiles. Son constat, partagé par de nombreux officiers supérieurs, est sans appel : les Forces Armées Centrafricaines (FACA) sont au bord d’une nouvelle désintégration.
Une enquête approfondie menée par le service d’investigation de la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique révèle l’ampleur de la crise qui menace l’armée nationale. Documents confidentiels et témoignages exclusifs des officiers supérieurs de forces armées centrafricaines dessinent les contours d’un effondrement imminent.
“L’armée se désagrège de l’intérieur”, confie un colonel de l’état-major. “Nous avons perdu tout contrôle sur nos troupes. Certaines unités n’obéissent plus qu’aux Mercenaires russes du groupe Wagner, d’autres se sont transformées en milices privées. La chaîne de commandement n’existe plus que sur le papier“.
Les chiffres sont alarmants. En 2023, plus de 800 soldats ont déserté leurs postes, emportant souvent leurs armes. “Ce ne sont plus des cas isolés”, explique un officier du renseignement militaire.
À Bouar, en 2022, un instructeur témoigne à CNC de la décomposition accélérée de l’armée nationale : “Les nouvelles recrues n’ont aucune loyauté envers l’institution. Elles viennent pour le salaire, les armes, ou pire, pour infiltrer l’armée au profit de groupes rebelles“.
Plus inquiétant encore, les divisions ethniques s’accentuent. “Le recrutement massif de Mbaka-Mandja crée des tensions explosives”, révèle un commandant de zone. “Les autres ethnies se sentent exclues. Certains officiers refusent déjà d’obéir à des supérieurs d’une ethnie différente.”
La corruption générale achève de saper les fondements de l’institution. Un rapport confidentiel, consulté par notre rédaction, estime que 60% du budget de la défense est détourné avant d’atteindre les troupes. “Même les munitions sont vendues au marché noir”, dénonce un responsable de la logistique.
À Bangui, la concentration de militaires mécontents fait craindre le pire. “Ces soldats en colère, humiliés par les Wagner, et sans perspective d’avenir sont une bombe à retardement”, alerte un officier général interrogé par la rédaction du CNC. “Il suffirait d’une étincelle pour déclencher une nouvelle mutinerie“.
Les signes avant-coureurs se multiplient. La semaine dernière, des soldats ont ouvertement défié leur chef du détachement à Nzako. À Sam-Ouandja, une unité entière a manifesté leur mécontentement et refusé de partir en mission, exigeant le paiement des arriérés de leur PGA.
“Le plus grave”, analyse un ancien ministre de la Défense, “c’est que personne ne semble tirer les leçons de 2013. Nous reproduisons exactement les mêmes erreurs : ethnicisation, corruption, humiliation des troupes, absence de formation“.
La présence des mercenaires russes, loin de stabiliser la situation, accélère la désintégration. “Les Wagner sapent systématiquement l’autorité des officiers centrafricains”, témoigne un capitaine. “Ils créent délibérément le chaos pour se rendre indispensables“.
Devant cette situation critique, le pouvoir reste étrangement passif. Les alertes des officiers supérieurs sont ignorées. Les propositions de réforme restent lettre morte. Pendant ce temps, l’armée nationale continue sa descente aux enfers.
“Si rien n’est fait immédiatement”, prévient le général quatre étoiles, “l’effondrement des FACA sera encore plus catastrophique qu’en 2013. Cette fois, nous n’aurons plus d’armée du tout à reconstruire“.
Dans la région 6 Haut – Oubangui, la vie des malades tient à un fil. Sans hôpital de référence et confrontée à des routes impraticables vers Bangui, la population vit un véritable cauchemar sanitaire. Le gouverneur Victor Bissekoin dresse un tableau sombre d’une situation qui met quotidiennement des vies en danger.
“Quand quelqu’un n’est pas en bonne santé, malgré ses richesses, malgré les possibilités qui lui sont offertes, il ne peut rien faire”, déclare le gouverneur de la région Haut – Oubangui, sa voix trahissant une profonde préoccupation pour sa région qui englobe les préfectures de la Basse-Coteau, Mbomou et Haut-Mbomou.
Le drame se joue chaque jour dans les centres de santé de la région 6. Malgré la présence d’un personnel soignant dévoué et responsable, l’absence d’équipements nécessaires transforme chaque urgence médicale en situation critique. “Nous avons un personnel de santé compétent”, souligne le gouverneur Victor Bissekoin, “mais ils se retrouvent impuissants face aux cas graves“.
L’état désastreux des routes aggrave considérablement la situation. Une évacuation vers Bangui, seule ville disposant d’infrastructures médicales, peut prendre des jours, voire des semaines, sur des pistes défoncées et souvent impraticables en saison des pluies. Ce qui devrait être un simple transfert médical devient une épreuve périlleuse pour les patients.
“Le problème d’évacuation se pose cruellement”, explique le gouverneur. “Même si nous décidons d’évacuer un malade vers Bangui, l’état des routes transforme ce trajet en véritable calvaire“. Dans ces conditions, chaque cas grave devient potentiellement fatal.
Devant cette situation alarmante, quelques initiatives tentent d’émerger dans la région Haut – Oubangui. Un centre de formation pour le personnel intermédiaire est en construction, visant à renforcer les équipes dans les districts sanitaires. Mais cette mesure, bien que nécessaire, ne résout pas le problème urgent du plateau technique inexistant dans la région 6 Haut – Oubangui.
Les familles vivent dans une angoisse permanente. La moindre maladie, le plus petit accident, peuvent rapidement tourner au drame faute d’équipements appropriés. Dans les trois préfectures de la région que comprennent le Haut – Oubangui, les populations se sentent abandonnées, livrées à elles-mêmes face à la maladie.
La région Haut – Oubangui attend désespérément des investissements majeurs dans son système de santé. Car comme le rappelle avec force le gouverneur Bissekoin, sans santé, tout développement devient impossible. Chaque jour qui passe sans action concrète met de nouvelles vies en danger dans le Haut – Oubangui.
Le recensement électoral en vue des Élections de cette année en Centrafrique amène de vives inquiétudes. Alors que le président vante un “bon déroulement” des opérations, les observateurs et l’opposition dressent un tableau beaucoup plus sombre de la situation.
“La réalité est toute autre”, affirme sans détour le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) dans son communiqué du 29 janvier. Lors de sa conférence de presse du 7 janvier, l’opposition avait déjà alerté sur les nombreux dysfonctionnements qui compromettent le processus.
Les défaillances techniques paralysent le recensement. La majorité des tablettes destinées au recensement électoral ne fonctionne pas correctement. Les logiciels montrent leurs limites. Plus inquiétant encore, l’impossibilité d’effectuer certains transferts de données électroniquement a forcé les agents à recourir à des méthodes manuelles, jetant un doute sérieux sur l’intégrité des informations collectées lors de ce recensement électoral.
“Nous manquons cruellement de moyens pour ce recensement électoral “, témoigne Joseph Bindoumi du réseau Arc-en-ciel, organisme indépendant d’observation électorale. “Des agents n’ont pas pu se déployer sur le terrain faute de financement. La sensibilisation auprès des populations a été insuffisante“, ajoute-t-il.
La sécurité des agents électoraux pose également problème. À Benzambé et Bocaranga, des incidents graves ont été signalés : “Des hommes armés ont attaqué et dépouillé notre personnel”, rapporte un responsable de l’Autorité Nationale des Élections (ANE). Ces événements ont poussé la Minusca à prendre position, demandant officiellement la reprise des opérations dans ces zones.
La MINUSCA, dans son dernier rapport, rejoint les constats du BRDC et de l’ONG Arc-en-ciel : les opérations du recensement électoral ont été “globalement très mal effectuées”. Un constat d’échec qui pousse l’opposition à réclamer un “réexamen global des conditions d’organisation des futures Élections générales”.
Malgré ce tableau sombre, quelques lueurs d’espoir subsistent. La participation des femmes, des jeunes et des personnes handicapées lors de ce recensement électoral a dépassé les attentes. Les communautés minoritaires, notamment les Pygmées AK, ont pu accéder à des centres d’inscription adaptés.
Le temps presse pourtant. Dans onze mois, les Centrafricains devront élire leurs représentants lors des scrutins locaux, législatifs et présidentiels. Le BRDC appelle à l’ouverture urgente d’un dialogue politique avec le pouvoir pour redresser la situation.
“Ce n’est pas un simple exercice d’autosatisfaction qui résoudra ces problèmes”, souligne le BRDC, faisant référence au récent discours présidentiel. L’opposition exige des mesures concrètes pour garantir un processus électoral transparent et inclusif.
Les observateurs d’Arc-en-ciel, déjà formés à Bambari et Bangassou, se préparent à surveiller la deuxième phase du recensement électoral dans les neuf préfectures restantes. Leur mission s’annonce nécessaire: veiller à ce que les erreurs de la première phase ne se répètent pas.
L’enjeu est majeur pour la petite démocratie centrafricaine. Sans un recensement électoral fiable, c’est la légitimité même des futures Élections qui pourrait être remise en cause. Le pays se trouve donc à un tournant décisif de son histoire politique.
Alcool et danger sanitaire à Bayanga : les enfants en première ligne face à la galère
Centrafrique.org/tentative-denlevement-dune-fillette-de-10-ans-a-bayanga/batiment-de-la-sous-prefecture-de-bayanga-dans-la-sangha-mbaere/” rel=”attachment wp-att-86662″ data-wpel-link=”internal”>Bâtiment de la sous-préfecture de Bayanga, Sangha-Mbaéré, République centrafricaine. CopyrightCNC
L’inquiétude grandit à Bayanga, où une pratique dangereuse place la santé des plus jeunes au risque de contamination. Des enfants parcourent les rues pour récupérer les sachets plastiques d’alcool usagés, attirés par les quelques gouttes qui y restent. La famine commence à ravager le pays avec cette pratique.
“C’est un véritable danger pour nos enfants”, alerte Barnabé Sambo, chef du centre de santé EHB à Bayanga. “La consommation de ces résidus expose les jeunes de Bayanga à la tuberculose, aux parasites intestinaux, à l’hépatite B et à la fièvre typhoïde”, précise-t-il.
Le phénomène touche particulièrement les quartiers populaires de Bayanga, où ces sachets servent également de combustible pour allumer le feu. Sana Hilda, élève en CM2, témoigne des risques : “Nous ne connaissons pas l’état de santé des personnes qui ont bu dans ces sachets avant nous”.
Devant cette situation, Éloise Elomolo, moniteur au centre des droits humains de Bayanga, appelle à l’action : “Les autorités doivent intensifier la sensibilisation auprès des familles”. Il pointe aussi la responsabilité des consommateurs, les exhortant à jeter leurs sachets dans des endroits inaccessibles aux enfants.
Plus inquiétant encore, certaines autorités locales fermeraient les yeux sur le transport de ces boissons, pourtant interdites par le gouvernement. Une situation qui a déjà causé plusieurs décès par abus dans la région.
À Bayanga, l’urgence est désormais de protéger les plus jeunes de ce fléau qui menace leur santé et leur avenir.
Centrafrique : comment l’État condamne la jeunesse des villages du secteur Pama à l’analphabétisme total
Centrafrique.org/batiment-de-lecole-publique-de-djabarouna-situe-45km-de-bangui-route-de-boali/” data-wpel-link=”internal”>Bâtiment de l’école publique de Djabarouna situé 45km de Bangui route de Boali.
Les villages du secteur Pama, situés à environ 95 kilomètres de Bangui dans la région des Plateaux, n’ont aucune infrastructure scolaire digne de ce nom. Une situation qui pousse de nombreux jeunes, particulièrement les filles, à abandonner leur scolarité pour devenir très tôt mères.
“Pour devenir chef de village aujourd’hui, il faut être instruit. Même nos frères Peuls et Pygmées sont plus intelligents que nous”, déplore Philippe Boulibo, chef du groupe du secteur Pama 2, qui s’inquiète pour l’avenir de sa communauté.
Dans le village de Bio-Bomba, comme à Godoforo ou Yawara, seule l’Église catholique tente d’apporter une réponse d’urgence à travers une école de fortune abritée sous une paillote. “Les enfants quittent leur maison avec des tabourets pour s’asseoir par terre. C’est grâce à l’Église que quelques maîtres-parents peuvent enseigner”, explique le Père Oscar Urusimani de la paroisse Saint-Pierre-de Boali.
Ces conditions d’apprentissage précaires ont des conséquences dramatiques. De nombreuses jeunes filles abandonnent l’école prématurément, devenant mères à un très jeune âge. “Cette situation me déchire le cœur. Nos cadets souffrent, ils n’ont pas d’enseignants”, s’indigne Père Oscar Urusimani.
Les autorités locales multiplient les appels à l’aide. “Nous avons besoin de vrais bâtiments scolaires, pas de paillotes couvertes de feuilles de bananiers”, insiste le chef de groupe. Il interpelle directement le gouvernement du président Faustin Archange Touadéra, l’UNICEF et les ONG présentes dans la région : “Ne restez pas à Bangui, venez voir ce qui se passe réellement dans le secteur Pama“.
La région des Plateaux, dont dépend administrativement le secteur Pama, dispose pourtant d’un cadre légal favorable au développement de l’éducation. La Constitution de 2023 réaffirme dans son article 43 que “l’enseignement primaire est obligatoire et gratuit dans les établissements publics”. Mais sur le terrain, la réalité est tout autre.
Le secteur Pama démontre à lui seul déjà les défis persistants auxquels doit répondre le gouvernement centrafricain en matière d’éducation : manque d’infrastructures, absence d’enseignants qualifiés, et déscolarisation massive des filles. Une situation d’autant plus préoccupante que l’éducation constitue un levier essentiel pour le développement du pays.
Sur la route nationale menant de Bangui à Boali, les véhicules des organisations humanitaires passent quotidiennement. Mais rares sont ceux qui s’arrêtent dans ces villages oubliés du secteur Pama, où toute une génération risque de grandir sans accès à une éducation de base.
Un kidnapping s’est produit ce mercredi 29 janvier 2025 sur l’axe Bouar-Bocaranga, à environ 5 kilomètres de Bocaranga, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé, au nord-ouest de la République centrafricaine. Un véhicule transportant une religieuse a été intercepté par des individus non identifiés vers 10 heures du matin.
L’incident est survenu peu après le passage d’un véhicule d’une organisation humanitaire sur cet axe routier qui relie Bouar, chef-lieu de la préfecture de la Nana-Mambéré, à Bocaranga, situé à environ 532 kilomètres de Bangui, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé.
Les circonstances précises de cet enlèvement restent pour l’heure inconnues. Les autorités locales n’ont pas encore communiqué sur l’identité de la victime ni sur celle des ravisseurs. La destination vers laquelle la religieuse aurait été emmenée n’a pas non plus été établie.
La zone de Bocaranga, située dans la région de Yadé, connait régulièrement des incidents sécuritaires avec des hommes armés. Cette sous-préfecture, qui partage ses frontières avec le Cameroun et le Tchad, est considérée comme une zone sensible en matière de sécurité. D’ailleurs, il y’a un an, un véhicule de mission catholique roulait sur des mines terrestres, occasionnant de graves blessures aux membres de l’équipage.
En outre, les forces de sécurité ont été alertées et des recherches seraient en cours pour retrouver la religieuse enlevée. Une enquête devrait être ouverte pour déterminer les circonstances exactes de cet enlèvement.
La comédie du docteur en insulte publique : quand Euloge Doctrouvé Koé écrit la propagande de Touadéra
Centrafrique.org/Centrafrique-les-mensonges-et-manigances-deuloge-doctrouve-koi-lui-enfin-rattrapes-au-cou/le-fameux-et-sulfureux-professeur-et-dr-en-sciences-po-euloge-doctrouve-koi/” rel=”attachment wp-att-68887″ data-wpel-link=”internal”>Le fameux et sulfureux Professeur et Dr en Sciences po Euloge Doctrouvé Koé – Centrafrique : les mensonges et manigances d’Euloge Doctrouvé Koï lui enfin rattrapés au cou
Un hôtel de luxe réquisitionné, un parterre de ministres, le Premier ministre Félix Moloua en personne. Tout ce beau monde mobilisé pour la dédicace d’un livre aux relents de propagande grossière. L’auteur ? Un certain Euloge Doctrouvé Koé, connu sous le sobriquet d’insulteur public, qui s’arroge par ailleurs le titre de “docteur en science politique sorti de l’université de Miskine, dont Daniel Nzéwé est le recteur “.
“Professeur Faustin Archange Touadéra, une figure à l’opposé des anti-valeurs”. Le titre du livre suffit à lui seul à révéler la nature de l’exercice. Un exercice de flatterie que même le préfacier, le ministre Ruffin Benam Beltoungou, peine à justifier quand il admet que “préfacer un livre sur un chef d’État en fonction est un exercice délicat”.
Délicat, en effet, surtout quand on connaît le parcours de l’auteur. Hier encore virulent opposant au régime, Euloge Doctrouvé Koé s’est miraculeusement converti en thuriféraire du pouvoir. Une métamorphose qui interroge, tout comme ce titre de “docteur” dont l’origine reste aussi mystérieuse que son revirement politique.
Les 145 pages de ce prétendu ouvrage, publié aux éditions d’Imbimbé au Cameroun, ne sont qu’une longue litanie d’éloges convenus. L’auteur, Euloge Doctrouvé Koé, y dépeint Touadéra comme “une nouvelle génération de dirigeants africains, à la fois pragmatiques et visionnaires”. Une description qui arracherait un sourire si elle n’était pas aussi cynique.
La mise en scène de la dédicace en dit long sur les dérives du régime. Mobiliser les plus hautes autorités de l’État pour un exercice de propagande aussi grossier témoigne d’un mépris profond pour les institutions. Le Premier ministre, le Président de l’Assemblée nationale et trois ministres d’État ont dû se prêter à cette mascarade, recevant chacun leur exemplaire dédicacé des mains du président Baba Kongoboro.
Le plus inquiétant dans cette farce n’est pas tant le livre lui-même que ce qu’il révèle du système. Un opposant d’hier devenu griot aujourd’hui, un titre de docteur sorti de nulle part, des louanges démesurées envers le pouvoir… Le tout instrumenté avec les moyens de l’État pour donner un vernis de respectabilité à ce qui n’est qu’une opération de propagande.
Cette pratique du griotisme moderne, où les intellectuels de façade se transforment en laudateurs professionnels, gangrène notre vie politique. Euloge Doctrouvé Koé n’est que le dernier exemple en date de ces reconversions opportunistes qui caractérisent le régime actuel.
Le plus tragique est peut-être de voir les plus hautes institutions de l’État se prêter à cette mascarade. Pendant que le pays s’enfonce dans la crise, ses dirigeants participent à des séances d’auto-congratulation basées sur un livre de complaisance écrit par un faux docteur reconverti en griot.
L’école centrafricaine : Une chute vertigineuse qui menace toute une génération
Bangui, CNC. Ils étaient la fierté de l’Afrique centrale. Dans les années 60, les diplômés centrafricains faisaient la loi dans les grandes écoles du continent. Aujourd’hui, dans les salles de classe délabrées de Bangui, les élèves s’entassent à même le sol, sans livres, sans espoir. Dans certaines régions, des enfants n’ont jamais vu un tableau noir de leur vie. Le pays qui formait jadis les cadres de l’Afrique francophone regarde désormais ses enfants grandir dans l’ignorance. Un suicide intellectuel à ciel ouvert.
Dans son analyse poignante “La RCA doit-elle toujours dépendre des autres ?” (août 2024), Élie OUEIFIO nous livre un diagnostic glaçant de la mort programmée du système éducatif centrafricain. Un effondrement si profond qu’il menace non seulement l’avenir d’une génération, mais l’existence même de la nation centrafricaine.
L’âge d’or : Quand l’école centrafricaine brillait
Une excellence reconnue (1960-1974)
La RCA des premières années d’indépendance avait fait de l’éducation sa priorité absolue :
– Des écoles modèles qui attiraient les étudiants de toute l’Afrique centrale
– Des enseignants hautement qualifiés et respectés
– Un taux de réussite aux examens parmi les plus élevés du continent
– Des bourses d’excellence qui envoyaient les meilleurs éléments dans les plus grandes universités mondiales
OUEIFIO rappelle avec nostalgie : “En 1970, un bachelier centrafricain était automatiquement accepté dans n’importe quelle université française. Notre niveau était tellement reconnu que nos diplômes ouvraient toutes les portes.”
Les années de plomb (1980-2000)
Le déclin s’est amorcé de manière insidieuse :
– Des enseignants de plus en plus mal payés, quand ils l’étaient
– Des grèves à répétition qui paralysaient l’année scolaire
– Des infrastructures qui se dégradaient sans être réparées
– Des manuels scolaires qui devenaient des objets rares
“À Bouar”, témoigne un ancien directeur d’école cité par OUEIFIO, “nous avons vu des professeurs de mathématiques vendre des arachides pendant la récréation pour nourrir leur famille. Comment voulez-vous maintenir l’autorité du maître dans ces conditions ?”
Le chaos actuel (2000-2024)
La situation s’est transformée en catastrophe nationale :
– Des régions entières sans écoles fonctionnelles
– Des classes de 150 élèves pour un seul enseignant
– Des “maîtres-parents” sans formation qui tentent de pallier l’absence de professionnels
– Des enfants qui obtiennent leur bac sans savoir écrire correctement
École du village Déba vers Baboua , cette école est fermée depuis 3 ans. copyrightCNC
Les conséquences dramatiques
Une génération sacrifiée
Les chiffres sont accablants :
– 60% des jeunes de 15-25 ans sont analphabètes
– 8 enfants sur 10 en zone rurale n’ont jamais été scolarisés
– Moins de 5% des élèves qui entrent en CP atteignent le baccalauréat
– 70% des diplômés sont au chômage
“Nous créons une génération de futures bombes à retardement”, alerte OUEIFIO. “Des jeunes sans éducation, sans perspectives, prêts à suivre le premier chef de guerre qui leur promet un fusil et trois repas par jour.”
La mort de l’ascenseur social
L’école, qui était le grand égalisateur social, est devenue un facteur d’inégalités :
– Seuls les enfants des riches accèdent aux écoles privées de qualité
– Les familles modestes sont condamnées aux établissements publics délabrés
– L’université produit des diplômés sans compétences réelles
– Le mérite a été remplacé par les relations et l’argent
L’École Primaire de Baboua Débordée par le Manque d’Enseignants” width=”450″ height=”276″ />Les élèves dans la cour de l’école de Baboua, au nord-ouest de la RCA. CopyrightCNC
Les causes profondes du désastre
L’abandon de l’État
Un désengagement catastrophique :
– Budget de l’éducation réduit à peau de chagrin
– Absence de politique éducative cohérente
– Non-paiement chronique des salaires des enseignants
– Négligence totale des infrastructures
La démission des élites
Une trahison collective :
– Enfants des dirigeants scolarisés à l’étranger
– Corruption dans la gestion des fonds éducatifs
– Nominations politiques aux postes clés
– Abandon des zones rurales
Les conséquences pour l’avenir de la nation
La perte de souveraineté intellectuelle
Un pays qui ne forme plus ses cadres :
– Dépendance accrue vis-à-vis de l’expertise étrangère
– Perte des capacités d’innovation
– Absence de relève dans les secteurs stratégiques
– Fuite des cerveaux massive
La fracture sociale
Une société à deux vitesses :
– Une élite formée à l’étranger
– Une masse populaire sous-éduquée
– Des tensions sociales croissantes
– Un fossé générationnel qui se creuse
Les solutions d’urgence proposées
Mesures immédiates
OUEIFIO préconise :
– État d’urgence éducatif national
– Mobilisation de tous les cadres retraités
– Programme massif de formation des maîtres
– Réhabilitation urgente des infrastructures
Réformes structurelles
Pour le long terme :
– Refonte complète du système éducatif
– Revalorisation de la fonction enseignante
– Adaptation des programmes aux réalités locales
– Création de filières professionnelles
L’éducation ou la mort
“Un peuple qui abandonne l’éducation de ses enfants signe son arrêt de mort”, conclut OUEIFIO. La reconstruction de la RCA passe impérativement par :
– Un réinvestissement massif dans l’éducation
– Une mobilisation nationale autour de l’école
– Une vision claire pour l’avenir
– Un engagement de toute la société
La bataille de l’éducation est la mère de toutes les batailles pour la RCA. C’est elle qui déterminera si le pays pourra un jour se relever ou s’il continuera sa descente aux enfers.
Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a annoncé ce lundi la reprise des activités de délivrance des passeports biométriques pour le mardi 28 janvier 2025, après plusieurs semaines de suspension. La société EDESEC (Édition des Documents Sécurisés en Centrafrique) devient le nouvel opérateur chargé de l’enrôlement pour tous types de passeports – ordinaires, de service et diplomatiques.
La décision crée déjà la polémique à l’annonce de la nouvelle par un communiqué de presse gouvernemental : seules deux banques, Ecobank Centrafrique et BGFI, sont habilitées à recevoir les paiements des quittances pour les passeports. Cette restriction interpelle alors que précédemment, toutes les institutions bancaires du pays pouvaient traiter ces opérations.
“Cette limitation va créer d’immenses files d’attente et ralentir considérablement le processus d’obtention des passeports”, s’inquiète Sonia Mariette, leader de l’Association des Usagers des Services Publics en Centrafrique. “Les deux banques désignées devront mettre en place des guichets spéciaux pour absorber l’afflux de demandeurs des passeports , sans quoi la situation deviendra rapidement ingérable.”
Le ministre de l’Intérieur Michel Nicaise Nassin n’a fourni aucune explication sur les raisons ayant conduit à cette restriction bancaire. Plusieurs questions restent en suspens : quels critères ont présidé au choix de ces deux seuls établissements? Des guichets dédiés seront-ils créés? Quel sera le délai moyen de traitement des dossiers?
En l’absence de réponses claires des autorités, cette reprise de la délivrance des passeports, censée marquer un progrès, risque au contraire d’engendrer de nouvelles complications pour les citoyens centrafricains.
La guerre des clans au HCC : Pouambi déchire le voile sur sa chasse aux sorcières
Centrafrique.org/19289-2/josue-richard-pouambi-president-du-hcc-corbeaunews-jcy/” rel=”attachment wp-att-19290″ data-wpel-link=”internal”>Josué-richard-pouambi-President-du-hcc-corbeaunews-jcy – Centrafrique : bras de fer entre le Haut Conseil de Communication et les soutiens du Président Touadera.
Des menaces à peine voilées, une chasse aux opposants déclarée en pleine cérémonie de vœux. Le spectacle offert par José Richard Pouambi, président du Haut Conseil de la Communication (HCC), témoigne de la dérive inquiétante de cette institution censée réguler les médias centrafricains.
“Il y a eu ceux qui sont pour Pouambi, ceux qui sont pour tel candidat”, a tonné le président du HCC devant ses collaborateurs médusés. En effet, derrière ces propos se cache une réalité bien plus sombre : l’institution est devenue le théâtre d’un clientélisme effréné où la compétence a cédé la place aux affinités politiques.
La nomination des conseillers et du personnel reflète parfaitement ce système. Des postes stratégiques sont confiés à des personnes sans qualification en communication, recrutées uniquement pour leur proximité avec le pouvoir. Certains conseillers, parachutés par le groupe Wagner, n’ont même aucune expérience dans le domaine des médias. D’autres doivent leur place à des liens familiaux ou à leur docilité envers le régime.
“Faites très attention”, a menacé Pouambi, visant directement les agents et responsables qui “continuent de pourrir l’ambiance”. Cette sortie autoritaire révèle la vraie nature de sa gouvernance : la terreur comme mode de gestion. Les rares professionnels compétents se retrouvent marginalisés.
L’institution, qui devrait être le garant de la liberté de la presse et de l’indépendance des médias en Centrafrique, s’est transformée en instrument de contrôle au service du pouvoir. Les décisions y sont prises non pas dans l’intérêt de la profession, mais pour satisfaire les desiderata du régime de Baba Kongoboro et de ses alliés étrangers du groupe Wagner et rwandais.
La situation est d’autant plus inquiétante à l’approche des échéances électorales de 2025. Comment une institution gangrenée par les divisions internes et le favoritisme pourrait-elle garantir une couverture médiatique équitable ? Les journalistes centrafricains se retrouvent pris en étau entre un régulateur partial et des pressions politiques grandissantes.
Le “contrat social” vanté par Pouambi sonne creux face à cette réalité. L’institution censée protéger la liberté d’expression est devenue un champ de bataille où les clans s’affrontent pour le contrôle des médias. Les véritables enjeux – professionnalisme, éthique, indépendance – sont relégués aux oubliettes.
Cette dérive autoritaire du HCC reflète une tendance plus large : la mainmise croissante du pouvoir sur les institutions de régulation. Sous couvert de “neutralité” et de “respect mutuel”, c’est en réalité une purge qui s’organise, visant à éliminer toute voix discordante.
Le message de Pouambi est clair : soit vous êtes “pour Pouambi”, soit vous êtes dans le viseur. Cette politique de la peur augure mal de l’avenir de la liberté de la presse en Centrafrique. Pendant ce temps, les véritables défis des médias – formation, équipement, conditions de travail – restent sans réponse.
L’histoire mouvementée des constitutions centrafricaines par Danielle Darlan
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/10/darlan-et-touadera-450×226.jpg” alt=”Danièle Darlan et Faustin Archange Touadera , illustrant l’article sur l’évolution des constitutions centrafricaines” width=”450″ height=”226″ />Danièle Darlan et Faustin Archange Touadera
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Soixante-trois ans après l’indépendance, l’histoire se répète en République centrafricaine. En promulguant le 30 août 2023 une nouvelle Constitution qui supprime la limitation des mandats présidentiels, Faustin Archange Touadera s’inscrit dans une longue lignée de dirigeants centrafricains qui ont modifié la Loi fondamentale pour se maintenir au pouvoir. Une pratique que Danièle Darlan, ancienne présidente de la Cour constitutionnelle, avait anticipée avant d’être écartée de son poste.
Dans son analyse méticuleuse de l’évolution constitutionnelle centrafricaine, cette juriste expérimentée retrace le parcours chaotique des huit constitutions qu’a connu le pays depuis 1960. “Chaque président a suivi le même schéma : d’abord affaiblir les contre-pouvoirs, ensuite modifier la Constitution”, écrit-elle dans son ouvrage de référence.
L’histoire commence avec David Dacko. Le 12 décembre 1960, à la veille même de l’adoption de la première Constitution, il fait voter quatre lois répressives. En 1962, il instaure le parti unique. Son successeur, Jean-Bedel Bokassa, va plus loin : il abolit la Constitution en 1966 avant de s’autoproclamer empereur en 1976, transformant la république en empire.
“Les méthodes changent, mais la finalité reste la même”, observe Junior Dalemeda. “La nouvelle Constitution de Touadera reprend tous les ingrédients de ses prédécesseurs : concentration des pouvoirs, affaiblissement des contre-pouvoirs, présidence illimitée”.
Les innovations de la Constitution de 2023 sont révélatrices. Création d’un poste de vice-président nommé par le président, mainmise sur le Conseil constitutionnel, suppression du contrôle parlementaire sur les contrats miniers. “Touadera va même plus loin que ses prédécesseurs”, note sous couvert d’anonymat un ancien ministre. “Il introduit une discrimination constitutionnelle en réservant les hautes fonctions aux seuls Centrafricains ‘d’origine’“.
Le mode opératoire a également évolué. Si Bokassa imposait ses changements par la force, Touadera, alias Baba Kongoboro, utilise les apparences de la légalité. Le référendum constitutionnel affiche un score de 95% de “oui”, rappelant étrangement l’unanimité des votes sous l’empire.
À 76 kilomètres de Bangui, les ruines du palais impérial de Bérengo témoignent encore des excès du passé. Mais l’histoire des constitutions centrafricaines ne se résume pas à Bokassa. André Kolingba et François Bozizé : chaque président a apporté sa pierre à l’édifice de l’autoritarisme constitutionnel.
“Le plus inquiétant”, analyse Danièle Darlan, “c’est que chaque modification constitutionnelle a entraîné non seulement une instabilité chronique, mais surtout un changement profond des mentalités”. Une observation qui résonne particulièrement dans un pays encore marqué par la crise de 2013-2016.
Classé parmi les plus pauvres au monde malgré ses richesses naturelles, la République centrafricaine semble prisonnière d’un cycle constitutionnel infernal. Les dirigeants passent, mais la tentation de modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir demeure. Avec Touadera, l’histoire mouvementée des constitutions centrafricaines écrit un nouveau chapitre, qui ressemble étrangement aux précédents.
En supprimant la limitation des mandats présidentiels, la Constitution de 2023 confirme que les leçons du passé n’ont pas été retenues. Dans ce pays où les textes fondamentaux se succèdent au rythme des ambitions présidentielles, la démocratie reste un idéal lointain, sans cesse sacrifié sur l’autel du pouvoir personnel.
La douane centrafricaine et camerounaise réunies à Béloko pour la Journée mondiale des douanes
Centrafrique.org/18653-2/les-douaniers-centrafricains-corbeaunews-img_28janv2018120517/” rel=”attachment wp-att-18655″ data-wpel-link=”internal”>les douaniers centrafricains lors de la journée internationale de la douane
La recette des douane centrafricaine de Béloko, ville frontalière entre la Centrafrique et le Cameroun, a accueilli ce samedi 25 janvier 2025 une conférence-débat dans le cadre de la Journée mondiale des douanes. L’événement a rassemblé les douaniers centrafricains et leurs homologues camerounais du bureau de Garoua-Boulaï autour du thème “Une douane qui concrétise ses engagements en matière d’efficacité, de sécurité et de prospérité”.
La journée a débuté par une présentation détaillée sur l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD) et ses 185 pays membres, suivie de trois exposés majeurs portant sur l’efficacité douanière, la sécurité aux frontières et la prospérité économique. Les échanges entre les deux administrations douanières ont notamment porté sur la modernisation des procédures, la lutte contre la fraude et le renforcement de la coopération transfrontalière.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une collaboration régulière entre les services douaniers des deux pays, qui travaillent ensemble depuis l’année dernière. Elle fait partie d’un programme de quatre jours incluant des activités sportives comme un match de football entre la Minusca et les opérateurs économiques, ainsi qu’une course pour les élèves sur 7 kilomètres.
Les discussions ont notamment mis en lumière les défis quotidiens auxquels font face les services douaniers, comme la complexité des systèmes de fraude et le manque de moyens techniques. Les participants ont partagé leurs expériences et débattu des méthodes pour améliorer l’efficacité des contrôles tout en facilitant les échanges commerciaux légitimes.
Dans les localités périphériques de la capitale centrafricaine, des enfants cherchent leur repas dans les ordures comme en Russie dans les années 90. Mais à quelques kilomètres de Bangui, des blindés transportent l’or centrafricain. Les caisses de l’État restent désespérément vides alors que 2,5 milliards de dollars prennent la route de Moscou chaque mois.
L’or part, la faim reste
À Ndassima (Ouaka), comme récemment à Ydéré (Nana-Mambéré ), le spectacle est terrible. Dans ces deux villes minières, l’or extrait vaut plus de 290 millions de dollars par an. Les villageois n’ont ni eau propre, ni courant, ni écoles. Les enfants du pays de l’or grandissent le ventre vide, sans savoir lire ni écrire.
Des vies brisées
Les rapports de LSI (Africa Intelligence) sont sans appel : 114 millions de dollars d’or quittent l’Afrique vers la Russie chaque mois. Pendant ce temps, dans les villages centrafricains, des familles cherchent des racines pour manger. Les centres de santé, rares et vides, ne peuvent plus soigner.
L’argent coule, le pays s’écroule
En effet, les contrats sont clairs : par exemple au Mali, la junte verse 10,8 millions de dollars mensuels pour garder les mines. Cet argent pourrait construire des écoles, des routes, des hôpitaux, surtout qu’au Mali, l’analphabétisme bat le record. En République centrafricaine, 70% des Centrafricains vivent dans une pauvreté extrême, avec moins d’un dollar par jour.
Le mot Demain n’existe plus
Sans écoles, sans soins, sans routes, la Centrafrique s’enfonce. Une génération entière grandit dans le noir, pendant que l’or brille ailleurs. Les données de LSI montrent que l’argent des ressources, au lieu de développer le pays, enrichit des comptes étrangers.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : pendant que la Russie engrange 2,5 milliards de dollars d’or africain, les enfants centrafricains n’ont ni cahiers, ni médicaments, ni espoir. Ce pays, riche sous terre mais pauvre sur terre, attend toujours que ses richesses servent enfin son peuple.
Les habitants de cinq quartiers de Gamboula, située à 685 km à l’ouest de Bangui dans la préfecture de la Mambéré-Kadéï, vivent une grave pénurie d’eau potable depuis trois semaines. Le château d’eau qui dessert Mengala 1, Mengala 2, Setak, Sololo 2 et Misengue 3 est hors service, privant la population d’un accès essentiel à l’eau potable.
“Pour avoir de l’eau maintenant, nous devons parcourir de longues distances. Nous sommes obligés de partager les points d’eau avec le bétail : les bœufs et cochons “, déclare Alexandre Bruno Soninga, un habitant de la zone touchée.
La panne affecte cinq fontaines publiques et deux forages, forçant les résidents à s’approvisionner dans les rivières environnantes, au risque de leur santé. Les habitants appellent l’ONG Water For Good à intervenir rapidement pour réparer les installations défectueuses.
Centrafrique.org/forage-gambo/” data-wpel-link=”internal”>Un forage d’eau en panne dans un quartier de Gamboula
“Une contribution de la population, même modeste de 100 ou 200 francs par personne, pourrait aider à financer les réparations nécessaires”, suggère M. Soninga, soulignant l’urgence de la situation.
Cette crise dévoile la fragilité des infrastructures d’eau dans cette ville frontalière avec le Cameroun, où l’accès à l’eau potable reste un défi quotidien pour de nombreux habitants.
Crise à l’école mixte de Wombo : entre arriérés de salaires et baisse des effectifs
Centrafrique.org/les-eleves-de-ce-1-et-2-dans-une-salle-de-classe-dune-ecole-primaire-a-ciel-ouvert-a-bria/” data-wpel-link=”internal”>Les élèves de CE 1 et 2 dans une salle de classe d’une école primaire à ciel ouvert dans la localité de Bria. CopyrightRNL
L’école mixte de Wombo, située à 50 kilomètres de Boali dans la préfecture de l’Ombella-M’poko, traverse une période difficile. L’établissement, connu localement sous le nom de Da oko, cumule plusieurs problèmes : des arriérés de primes pour les maîtres parents, une diminution du nombre d’élèves et un manque de matériel pédagogique.
Les difficultés financières s’accumulent avec 120 000 francs CFA d’arriérés de primes d’encouragement non versées aux maîtres parents. “Nous devrions percevoir 2 primes par an, mais la situation reste bloquée”, déplore Félix Bem-Ngoana, maître parent dans l’établissement.
La baisse des effectifs aggrave la situation. “Les parents préfèrent inscrire leurs enfants ailleurs, malgré la présence d’un établissement CIE au CIEM”, souligne un responsable de l’école. Cette décision parentale fragilise davantage la structure éducative.
Le corps enseignant tente d’organiser une concertation pour résoudre ces problèmes. “Nous attendons la venue du directeur pour tenir une réunion et prendre des décisions appropriées, notamment concernant les relations avec les parents d’élèves”, indique M. Bem-Ngoana.
Sans matériel didactique adéquat et avec des enseignants démotivés par les retards de paiement, l’école mixte de Wombo illustre les défis du système éducatif dans les zones rurales de la République centrafricaine.
L’axe Kaga-Bandoro-Ouandago-Kabo dans un état de délabrement critique
Centrafrique.org/Centrafrique-concert-de-casserole-a-ouanda-djalle-la-population-en-colere/village-a-50-kilometres-de-kaga-bandoro-sur-axe-ouadango/” rel=”attachment wp-att-57262″ data-wpel-link=”internal”>Un village à 50 kilomètres de Kaga-Bandoro sur l’axe Ouandago. CopyrightCNC
La route reliant Kaga-Bandoro, situé à 343 km au nord de Bangui, à Ouandago et Kabo présente un état de délabrement alarmant après plus de vingt ans sans travaux de réhabilitation, révèle une enquête de Radio Guira FM.
Les ponts effondrés et les nids-de-poule obligent les conducteurs à emprunter des détours à travers les villages, mettant en danger la population locale. “Les véhicules sont contraints de créer leur propre route dans les quartiers, ce qui représente un danger pour les enfants”, indique Besafio Nestor, chef du village Pacho, situé à 23 km de Kaga-Bandoro.
Cette dégradation affecte particulièrement l’accès aux soins médicaux. “Les femmes malades éprouvent des difficultés à se rendre à l’hôpital de Kaga-Bandoro. Les véhicules ne peuvent pas emprunter la voie”, témoigne Ikuzu Sylvana, une résidente interrogée par Guira FM.
La situation s’aggrave pendant la saison des pluies. A Waki, un village entre Ouandago et Kabo, les habitants traversent les ponts avec de l’eau jusqu’à la poitrine. “On transporte les motos sur nos épaules pour traverser le pont”, explique Benge Maturan, chef du village Waki 1.
Les échanges commerciaux avec le Tchad pâtissent également de cette situation. Les commerçants demandent la réhabilitation urgente de cet axe pour faciliter le transport des marchandises entre les deux pays.
Cette route appartient au réseau routier national RN4, reliant Bangui à Sido, à la frontière tchadienne. Une intervention du gouvernement est attendue par les populations avant la prochaine saison des pluies.
Apparition des bandits armés dans la ville de Bamingui, l’ONG WCS est pointée du doigt.
Minusca/” rel=”attachment wp-att-75891″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/Carte-postale-de-Bamingui-Bangoron-par-la-Minusca-450×251.jpg” alt=”Apparition des bandits armés dans la ville de Bamingui, l’ONG WCS est pointée du doigt.” width=”450″ height=”251″ />Carte postale de Bamingui Bangoron . CopyrightMinusca
L’insécurité gagne du terrain dans la région de Bamingui, à 535 kilomètres au nord de Bangui. Des hommes armés terrorisent depuis plusieurs semaines les habitants des villages situés autour de nos villages, particulièrement à Balouba, Dangavo et ailleurs.
“Nous vivons dans la peur. Ces bandits rôdent autour de nos villages, particulièrement à Balouba, Dangavo et Bangoran. Ils sont lourdement armés”, témoigne un chef de village de Balouba qui requiert l’anonymat pour des raisons de sécurité.
Selon plusieurs notables locaux contactés par la rédaction du CNC, ces hommes armés seraient sans doute d’anciens écogardes paramilitaires licenciés par l’organisation. “Le problème vient d’une gestion chaotique. Ces agents ont été formés au maniement des armes puis brutalement mis à la porte sans aucun plan de réinsertion”, confie un employé de WCS.
Des collaborateurs proches de la direction de WCS, sous couvert d’anonymat, dénoncent une atmosphère délétère au sein de l’organisation. “La situation s’est dégradée ces derniers mois. Le directeur pays est rarement présent au bureau. Il passe ses soirées dans les bars et boîtes de nuit, sans prendre au sérieux la gestion de l’organisation “, révèle l’un d’eux.
D’après des informations recueillies auprès des autorités préfectorales de Bamingui-Bangoran, les ex-écogardes connaissent parfaitement le terrain et les dispositifs de sécurité de l’organisation. “Ils pourraient tenter de s’emparer de l’armurerie. Cela représente un danger réel pour toute la région”, alerte un ancien responsable de la sécurité de l’ONG.
Rappelons qu’une pétition avait été rédigée et signée par les communautés locales afin de demander le départ du directeur pays et quelques responsables de cette organisation, malheureusement, jusqu’à présent, les responsables de cette organisation au niveau de la région ne réagit pas. Ainsi, la population locale se demandait si cette organisation est une vraie organisation où un club d’ami.
Les services de sécurité de l’organisation ont été alertés de la situation. Des patrouilles ont été renforcées autour des villages menacés, mais la population reste inquiète. “Nous attendons des mesures concrètes pour sécuriser la région”, déclare un notable de Bamingui.
L’année 2025 s’annonce décisive en République centrafricaine. Le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) a lancé mardi 7 janvier dernier à Bangui un avertissement sans équivoque au président Faustin Archange Touadéra, promettant de faire échec à toute tentative de troisième mandat.
“Nous utiliserons tous les moyens légaux pour faire respecter la tradition démocratique de notre pays”, avertit Crépin Mboli-Goumba, coordinateur du BRDC. “Aucun président n’a réussi à se maintenir pour un troisième mandat en Centrafrique”, rappelle-t-il, évoquant les tentatives infructueuses de ses prédécesseurs, de David Dacko à François Bozizé.
Les signes d’un bras de fer s’accumulent. L’opposition relève plusieurs “vents contraires” qui fragilisent le pouvoir. “Le non-décaissement de la troisième tranche du FMI n’est pas anodin”, souligne maître Nicolas Tiangaye. “C’est la résultante d’une malgouvernance qui refuse de s’amender face aux exigences internationales”.
L’ancien Premier ministre Enock Lakoué, en tenue de deuil, dresse un tableau sombre de la situation : “Notre pays ne fait que reculer d’année en année. Nous n’avons aucune raison d’être fiers”. Une analyse étayée par les chiffres de la Banque mondiale, qui révèlent une croissance négative de -2,7% en 2024.
Martin Ziguélé, président du MLPC, s’appuie sur une récente décision du Conseil constitutionnel pour contrer toute tentative de prolongation du mandat, ou alors du troisième mandat. “Le Conseil a statué que les députés élus sous la Constitution de 2016 terminent leur mandat selon cette même Constitution. Cette logique s’applique également au président”.
Le BRDC rejette également l’hypothèse d’Élections sous les institutions actuelles. “Ni l’Autorité Nationale des Élections, ni la Cour constitutionnelle dans leur forme actuelle ne peuvent garantir des Élections transparentes”, affirme Mboli-Goumba. Pour l’opposition, la refonte de ces institutions est un préalable incontournable.
La détermination des opposants contre le troisième mandat s’est renforcée après le discours sur l’état de la nation du 28 décembre, qualifié de “fiction politique” par le BRDC. “Il a présenté un pays imaginaire où tout fonctionne à merveille, ignorant qu’un Centrafricain sur trois souffre de faim sévère”, dénonce Tiangaye.
“2025 est une année charnière”, martèle Mboli-Goumba. L’opposition promet de dévoiler progressivement sa stratégie contre le troisième mandat, tout en prévenant : “Ne vous attendez pas à ce que nous continuions uniquement à faire des conférences de presse au-delà du 31 décembre 2025”.
Le débat Patara de la radio Ndéké-Luka a pris une tournure émouvante ce samedi 11 janvier lorsque la question des exactions des mercenaires russes a été mise sur la table.
“Les FACA ne sont pas armés comme il le faut. Les armements, les véhicules, les engins de guerre sont détenus par les Rwandais et les Russes. Et les FACA sont envoyés les mains nues avec des vieilles Kalachnikov sur le terrain”, a révélé Karl Blagué.
Face à ces accusations graves, le silence de certains acteurs politiques est pointé du doigt : “Devant les massacres perpétrés par les criminels Wagner, les viols et autres, nous n’avons jamais lu un communiqué de l’UFDO”, a dénoncé le coordinateur du G16 Karl Blagué.
Renée Pascale Gohé-Midé a souligné l’ampleur de la crise : “L’insécurité est presque partout en République Centrafricaine aujourd’hui. Il fut un moment où il y a eu un peu d’accalmie. Et les choses ont repris de belles“.
“Les conditions de sécurité ne sont pas réunies”, affirme Dieudonné Ngoumbango, qui ajoute : “Moi, en 2015, je n’étais pas aux Élections parce qu’il n’y avait pas la sécurité“.
Le représentant de l’UFDO, Eddy Symphorien Parekoti, a tenté de défendre la situation : “Cette fois-ci, je pense qu’il y a la sécurité dans le pays“. Une déclaration qui a provoqué l’indignation de Karl Blagué.
“Le peuple, le citoyen lambda est abandonné à son triste sort. Mais si le peuple ne réagit pas, la plus belle fille au monde ne peut offrir que ce qu’elle a“, a martelé le coordinateur du G16.
Cette situation sécuritaire précaire intervient alors que des pétitions circulent déjà pour une nouvelle candidature du président Touadéra, comme l’a révélé Eddy Symphorien Parekoti : “Il y a des associations du Président de la République qui ont lancé des pétitions“.
“Si le chef de l’État durcit sa position, je vous assure que la RCA va être agitée”, a averti Karl Blagué, soulignant les risques d’une détérioration supplémentaire de la situation sécuritaire.
Ces révélations surviennent à moins d’un an des Élections groupées prévues en décembre 2025, dans un contexte où l’opposition réclame des garanties pour la sécurité et la transparence du scrutin.