Crimes contre l’humanité à Ndélé : La CPS fixe son rendez-vous avec l’histoire

Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
La Cour pénale spéciale (CPS) en République centrafricaine s’apprête à rendre son verdict dans un procès majeur impliquant Azor Kalité et trois autres accusés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. L’audience publique est prévue le vendredi 13 décembre 2024 à 10h00 au siège de la CPS à Bangui.
Cette affaire, connue sous le nom “Ndélé 1”, a été renvoyée devant la Section d’assises par la Chambre d’appel de la CPS le 23 octobre 2023. Les accusés sont Azor Kalité, Charfadine Moussa, Antar Hamat et Wodjonodrogba Oumar Oscar, poursuivis pour leur implication présumée dans des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans la préfecture de Bamingui-Bangoran, à 654 km au nord de Bangui.
Dans ses réquisitions, le Parquet spécial a requis des peines exemplaires : 30 ans de réclusion criminelle pour Azor Kalité, considéré comme le principal accusé, et 20 ans pour ses trois co-accusés. Les avocats de la défense ont, de leur côté, plaidé l’acquittement pour l’ensemble des prévenus.
Cette audience historique sera accessible aux médias nationaux et internationaux sous certaines conditions strictes. Les journalistes sont autorisés à effectuer des prises de vue uniquement pendant les cinq premières minutes de l’audience et devront être présents dans la salle à 9h50. Toute captation d’images depuis la galerie du public sera formellement interdite.
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
