à Mboki, la communauté musulmane dénonce l’inaction des autorités et de la communauté internationale
Centrafrique.org/mboki-une-ville-au-bord-de-la-famine/deux-clientes-dans-le-marche-central-de-mboki-copyrightacnc/” rel=”attachment wp-att-69763″ data-wpel-link=”internal”>Deux clientes dans l marché central de Mboki. CopyrightCNC
À Mboki, préfecture du Haut-Mbomou, les musulmans vivent sous la menace constante de pillages et de braquages. Ils accusent le gouvernement, la Minusca et la communauté internationale de fermer les yeux sur une situation devenue intenable pour cette population vulnérable.
Dans cette ville du sud-est de la République centrafricaine, la peur est devenue une compagne quotidienne pour la communauté musulmane. Rencontrés par Corbeau News Centrafrique (CNC), les habitants ne cachent pas leur colère. “On vit dans la terreur chaque jour, et personne ne bouge”, lance un résident. Les miliciens Azandé, soutenus par certains membres de leur communauté, sèment le chaos sans retenue. Boutiques cassées au marché, maisons forcées en pleine nuit : le vol n’est plus un délit, c’est une routine. “Ils cassent les portes, prennent ce qu’ils veulent et repartent comme si de rien n’était”, raconte un commerçant Peul.
Un exemple récent glace le sang. Mercredi 26 mars 2025, une restauratrice, mère de trois enfants, a vu sa maison envahie. Les assaillants ont brisé sa porte, fouillé ses affaires et emporté 180 000 francs CFA sous ses yeux terrifiés. “Ils ne se cachent même pas. C’est public, c’est devant tout le monde”, s’indigne un voisin. Ces actes, répétés jour et nuit, laissent la communauté désemparée. “On se demande si c’est ça, la vie qu’on mérite”, confie une femme.
Et pourtant, la MINUSCA est là. Des Casques bleus népalais stationnent à Mboki, censés protéger les civils. Mais pour les habitants, leur présence ressemble à un mirage. “Ils sont là, mais ils ne font rien. Quelle protection ?”, s’interroge un père de famille. Le mandat de la MINUSCA parle de sécurité, mais sur le terrain, les, assassinats, braquages continuent, les violences s’enchaînent. “S’ils ne peuvent pas arrêter ça, à quoi servent-ils ?”, insiste-t-il.
Le gouvernement centrafricain n’échappe pas aux critiques. “Où sont les autorités ? Où est la force de sécurité ? Quel rôle jouez-vous? Vous voulez le pouvoir, et maintenant vous êtes au pouvoir, mais gérez le comme il se doit pour protéger la population qui souffre “, martèle un habitant. Les réunions de sécurité organisées régulièrement par madame le maire avec les préfets tournent à vide. Les représentants Zandé , eux, tiennent un discours sans ambiguïté : ils rejettent la présence musulmane, évoquant un manque de sécurité. “Ils disent que les rebelles de l’UPC ont tout gâché, mais l’UPC n’est plus là depuis mai 2024, quand les russes ont repris la ville”, rappelle un commerçant musulman rencontré au marché. Alors pourquoi cette haine ? “Ils nous tuent pour rien”, souffle-t-il.
La communauté musulmane en a assez des mots vides . “Le gouvernement, la MINUSCA, le monde entier pensent peut-être que tout va bien ici. Mais non, c’est la pire souffrance qu’on ait connue”, tonne un vieux Peul assis devant sa maison. L’appel est clair : agissez. Arrêtez les milices. Redonnez une vie digne à Mboki. Car aujourd’hui, en ce vendredi 28 mars 2025, chaque jour qui passe sans réponse est un jour de trop….
À huit mois des prétendues élections groupées de décembre 2025, le régime centrafricain continue de servir une soupe de mensonges indigeste. Lors de l’émission Patara sur la Radio Ndékè Luka, le ministre de l’Administration du territoire, Bruno Yapandé, a tenté de vendre un processus électoral soi-disant “en bonne voie”, face à un Raymond Adouma, l’un des leaders du BRDC, qui n’a eu aucun mal à démonter cette comédie grotesque. Les préparatifs avancent ? Plutôt un tas de fumées et de miroirs instrumenté par un gouvernement de menteurs patentés, incapables de respecter leurs propres règles.
Bruno Yapandé a eu l’audace de débiter ses fables habituelles : “Les élections se préparent bien”, “la révision du fichier électoral est bouclée”, et bla bla bla, 3 milliards de francs CFA auraient été déversés pour faire semblant. Il ose même parler d’un Touadéra “démocrate bien bâti” – une blague qui ne fait rire personne. Mais Raymond Adouma a mis les points sur les i : “Cette liste devrait être disponible un an avant les élections, selon leurs propres textes !”. Oui, leur fameuse constitution bidon, taillée sur mesure pour éterniser Touadéra, le dit noir sur blanc. Alors, où est cette liste ? Nulle part. La loi, visiblement, c’est pour les autres, pas pour ces charlatans au pouvoir.
Et ça ne s’arrête pas là. Dans le sud-ouest du pays, à Moungoumba, ils viennent juste de lancer un test pour recruter des “agents tablettes”, comprendre là que ce sont des recenseurs, dont les copies seront ensuite acheminées à Bangui pour “délibération”. Sérieusement ? Yapandé clame que la révision est “bouclée”, mais là-bas, rien n’a même commencé ! Quel recensement ? Celui qu’ils prétendent avoir fini ou celui qu’ils bricolent encore dans la panique ? C’est du grand n’importe quoi, une farce grotesque qui montre à quel point ce régime patauge dans ses propres contradictions. “C’est bouclé” à Bangui, mais pas dans le sud-ouest – on nage en plein délire.
Raymond Adouma, lui, ne mâche pas ses mots : “L’organisation tarde depuis deux ans, c’est parti d’aéroport en aéroport.” Et il a raison. Ces reports incessants, ces bidouillages, cette Autorité Nationale des Élections (ANE) aux ordres du pouvoir, tout pue la manipulation. Leur nouvelle constitution ? Une “insulte au peuple”, un torchon fabriqué pour casser celle de 2016 et offrir un troisième mandat à Touadéra sur un plateau d’argent. Yapandé peut bien fanfaronner avec ses 30 000 soldats FACA, mais tout le monde sait que cette armée famélique, sans logistique ni nourriture, ne sécurisera rien du tout. “Que vaut un soldat qui n’a pas mangé ?”, demande Adouma. Rien, et eux le savent pertinemment.
Ce gouvernement, c’est une bande d’aveugles volontaires, gavés dans leur confort, qui mentent comme ils respirent. Les 3 milliards ? Probablement envolés dans leurs poches. Le soutien international ? Une excuse pour faire semblant devant les bailleurs. Les élections locales promises depuis 40 ans ? Un slogan creux pour endormir les naïfs. Et cette liste électorale fantôme, censée être prête depuis décembre 2024 selon leur propre chronogramme, est la preuve ultime de leur incompétence et de leur malhonnêteté. Ils osent parler de transparence alors qu’ils trafiquent tout dans l’ombre, avec une ANE et une Cour constitutionnelle à leur botte.
Adouma a raison de refuser de jouer à ce jeu truqué : “Sans garanties, nous n’irons pas“. Et pourquoi le ferait-il ? Ce régime n’a aucune crédibilité, juste une machine à mensonges qui s’effondre sous le poids de ses incohérences. Les préparatifs avancent ? Non, ils s’enlisent dans un bourbier de duperies, et les Centrafricains, écrasés par la misère, n’ont plus qu’à regarder ces clowns se ridiculiser. Décembre 2025 risque d’être une nouvelle arnaque électorale – à moins que le peuple, comme le 4 avril, ne décide de leur faire ravaler leurs bobards….
Séminaire conjoint gouvernement-ONU sur l’approvisionnement local en Centrafrique : Vers un renforcement de l’entrepreneuriat national
Centrafrique.org/arrivee-a-Bangui-de-la-nouvelle-representante-speciale-du-secretaire-general-de-lonu-et-cheffe-de-la-Minusca/valentine-rugwabiza/” rel=”attachment wp-att-55815″ data-wpel-link=”internal”>Madame Valentine Rugwabiza, Représentante du Secrétaire général de l’ONU en Centrafrique, cheffe de la Minusca
Le gouvernement centrafricain et les Nations unies, à travers la MINUSCA, ont lancé un séminaire conjoint sur la promotion de l’approvisionnement local au profit des entreprises centrafricaines. Cette initiative vise à encourager l’entrepreneuriat national et à faire du secteur privé un levier essentiel pour booster l’économie du pays. Le séminaire, prévu pour ce jour du 16 avril, s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par les autorités et la MINUSCA pour intégrer les entreprises locales dans les chaînes d’approvisionnement des institutions internationales présentes en RCA.
Une collaboration pour soutenir les PME centrafricaines
Lors d’une rencontre préparatoire ce mardi 15 avril, le Premier ministre Félix Moloua a échangé avec la cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza, accompagnée de Mohamed Ag Ayouba, représentant spécial adjoint et coordonnateur humanitaire. L’objectif de ce séminaire est de renforcer la collaboration entre le secteur privé centrafricain et les acteurs internationaux, afin d’augmenter les achats locaux tout en créant des emplois.
Valentine Rugwabiza a souligné l’importance de cette initiative : « Nous avons discuté du premier séminaire conjoint entre le gouvernement et les Nations unies, y compris la MINUSCA. L’objectif est de travailler avec le secteur privé pour encourager les approvisionnements et les achats locaux. Il y a déjà des achats locaux effectués par les Nations unies, mais nous voulons les amplifier pour tirer profit des avancées sécuritaires et socio-économiques ».
Relancer l’économie par les entreprises locales
Le gouvernement centrafricain entend faire du marché national un pilier stratégique dans l’exécution des plans d’approvisionnement, notamment ceux de la MINUSCA. En misant sur les PME, les autorités espèrent réduire la dépendance aux importations et stimuler la production nationale. Ce séminaire marque une étape clé dans la politique économique du pays, qui cherche à capitaliser sur la stabilisation relative de certaines régions pour relancer les activités commerciales et industrielles.
Les défis à relever
Malgré les progrès, des obstacles persistent, notamment le manque de structuration des entreprises centrafricaines et les difficultés d’accès aux financements. Toutefois, ce partenariat avec l’ONU pourrait ouvrir de nouvelles opportunités pour les entrepreneurs centrafricains, en leur offrant un accès privilégié aux marchés publics et aux appels d’offres internationaux.
En un mot, ce séminaire représente une avancée majeure pour l’économie centrafricaine. Si les engagements se concrétisent, il pourrait marquer le début d’une nouvelle ère pour l’entrepreneuriat centrafricain, contribuant ainsi à la relance économique et à la création d’emplois durables….
À Bangui, capitale centrafricaine, la radio Ndéké-Luka, l’une des stations les plus écoutées du pays, traverse une période de turbulences internes. Derrière son statut de média influent, des frustrations couvent, tant au sein de la rédaction que parmi ses correspondants en province. Ces tensions, bien que peu visibles publiquement, révèlent des défis structurels et humains au cœur de cette organisation pas tout à fait comme les autres.
La radio Ndéké-Luka, Une radio née d’une mission internationale
Pour comprendre la situation, un retour en arrière s’impose. La Radio Ndéké-Luka voit le jour le 27 mars 2000, sous l’impulsion de la Fondation Hirondelle, une ONG suisse spécialisée dans le soutien aux médias en zones de crise. Elle prend alors le relais de Radio Minurca, la station des Nations unies en République centrafricaine, qui cesse ses activités cette année-là. L’objectif est clair : offrir une information fiable et indépendante dans un pays troublé par des crises récurrentes. En 2009, la gestion passe à la Fondation Ndèkè Luka, une entité de droit centrafricain, mais le soutien de la Fondation Hirondelle reste essentiel, tant sur le plan financier que technique.
Aujourd’hui, avec une équipe d’une centaine de collaborateurs, la radio diffuse 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en français et en sango, via une douzaine d’émetteurs FM à travers le pays. Elle collabore aussi avec une vingtaine de radios communautaires et touche des millions d’auditeurs, ce qui en fait un pilier du paysage médiatique centrafricain. Pourtant, malgré cette portée, son fonctionnement pose des questions parmi ceux qui la font vivre au quotidien.
Les correspondants en province : une colère silencieuse
Dans les villes hors de Bangui, comme Bria, Obo, Berberati, Bambari, Bouar ou Bozoum, les correspondants de la radio Ndéké-Luka travaillent dans des conditions difficiles. Officiellement, ils ne sont pas salariés de la radio Ndéké-Luka, mais pigistes, c’est-à-dire ils sont rémunérés uniquement en fonction des reportages acceptés par la rédaction. Pas de salaire de base, pas de minimum garanti : un papier validé peut rapporter 2 500 ou 5 000 francs CFA, mais si rien n’est diffusé, ils ne touchent rien. Pour beaucoup, cette instabilité financière est devenue insupportable.
« On peut passer un mois sans rien gagner, ou alors juste 2 500 francs si un sujet passe. Comment vivre avec ça ? », confie un correspondant sous couvert d’anonymat. À cela s’ajoute un autre grief : le manque de moyens pour travailler. Les frais de transport ou de connexion internet, indispensables pour couvrir des événements ou envoyer des reportages, sont à leur charge. « Tu payes de ta poche pour aller sur le terrain, et parfois la rédaction refuse le sujet. Tu te retrouves avec zéro, après avoir dépensé », ajoute un autre.
Mais ce n’est pas tout. Plusieurs correspondants déplorent un manque de clarté dans les décisions éditoriales. Des informations qu’ils jugent importantes, parfois sur des faits graves en province, sont régulièrement écartées. « On nous dit que ça ne correspond pas à ce qu’ils veulent, ou que c’est trop sensible.Mais on ne sait pas toujours pourquoi », explique l’un d’eux. Cette opacité alimente un sentiment d’injustice : pourquoi tant de rigueur dans les exigences, sans un minimum de soutien financier en retour ? En plus, notre famille pense qu’on a beaucoup d’argent. Or, rien. On souffre comme tout le monde.
À Bangui, une rédaction sous pression
À la rédaction centrale, à Bangui, l’ambiance n’est pas plus apaisée. Certains journalistes évoquent une rigueur extrême dans la ligne éditoriale, dictée par la peur de froisser les autorités ou de perdre l’autorisation d’émettre. En tant qu’ONG internationale, la radio Ndéké-Luka est soumise à des règles strictes, et une erreur pourrait menacer sa licence. Cette prudence se traduit par des sujets tabous : critiquer ouvertement les forces russes présentes dans le pays ou les soldats des FACA (Forces armées centrafricaines) semble hors de question pour beaucoup.
Cette autocensure, bien que compréhensible dans un contexte politique tendu, frustre une partie du personnel. « On veut faire du journalisme, pas juste relayer ce qui est autorisé, ou ce que les autorités nous dictent », glisse un employé. À cela s’ajoute une gestion parfois abrupte des ressources humaines. Des contrats en cours sont parfois rompus, souvent pour de motif absurde « perte de confiance », un motif vague qui laisse peu de place au dialogue. « Tu peux être là un jour, et le lendemain, plus rien. Ça crée une peur permanente », témoigne un ancien collaborateur.
Une ONG aux ambitions élevées, mais à quel prix ?
La radio Ndéké-Luka n’est pas une radio centrafricaine au sens classique du terme, pour ceux qui ne savent pas encore. Elle appartient à un réseau international, à l’image de Radio Okapi en République démocratique du Congo, également gérée par la Fondation Hirondelle depuis 2002. Son modèle repose sur des financements extérieurs et une mission de service public : informer, éduquer, favoriser la paix. Mais ce statut d’ONG impose des contraintes qui pèsent sur ses équipes. La dépendance aux bailleurs étrangers limite son autonomie, et la crainte de voir son antenne fermée par le gouvernement plane constamment.
Comparée à d’autres stations nationale, comme la Radio Sewa à Bangui, qui offre un minimum de base équivalent à 15 000 à 20 000 francs CFA à ses correspondants, la radio Ndéké-Luka fait figure d’exception. « Une ONG internationale devrait montrer l’exemple, pas laisser ses pigistes dans une telle précarité », estime un observateur du secteur. Pourtant, la radio continue d’attirer des talents, portée par son prestige et son audience massive – plus de 2,4 millions d’auditeurs en 2022, selon ses propres chiffres.
Vers une nécessaire évolution ?
À l’heure où la radio Ndéké-Luka célèbre ses 25 ans d’existence, ces tensions internes interrogent son avenir. Les correspondants en province, souvent laissés pour compte, et les journalistes à Bangui, pris entre rigueur et peur, attendent des changements. Une meilleure reconnaissance de leur travail, un minimum garanti pour les pigistes ou encore plus de transparence dans les choix éditoriaux pourraient apaiser les frustrations.
Pour l’instant, la radio Ndéké-Luka reste un acteur incontournable en République centrafricaine, un « oiseau de bon augure », traduction littérale de son nom en sango – qui continue de voler malgré les vents contraires. Mais pour combien de temps encore, si les grognements persistent en coulisses ?
Touadera, regarde ton armée à Birao : panique et déroute avant même l’arrivée des rebelles
Centrafrique.org/dernieres-minutes-les-mercenaires-russes-sont-sur-le-point-de-quitter-la-republique-centrafricaine/mercenaires-russes-de-la-societe-wagner/” rel=”attachment wp-att-56655″ data-wpel-link=”internal”>Les rebelles soudanais de RSF à Khartoum en 2022
Dans la nuit de lundi à mardi, Birao a frôlé le chaos. Une alerte d’incursion rebelle soudanaise a poussé les FACA à abandonner leurs postes, laissant la MINUSCA seule pour sécuriser une ville paralysée par la peur.
Une alerte nocturne qui sème la panique
À 2 heures du matin, un appel urgent des autorités locales a brisé le silence de Birao, ville reculée du nord-est de la Centrafrique. Des guetteurs ont repéré un convoi d’hommes lourdement armés, à bord de motos et de pick-up, à environ 35 kilomètres de la ville, près de la frontière soudanaise. Identifiés comme des rebelles des Forces de soutien rapide (RSF), un groupe paramilitaire dirigé par le général soudanais Mohamed Hamdan Dagalo, alias Hemedti, ces assaillants semblaient se diriger vers Birao. L’information, relayée à la hâte, a déclenché une panique générale.
En quelques minutes, les rues de Birao se sont transformées en un théâtre d’angoisse. Des familles entières, portant des baluchons ou tenant leurs enfants par la main, ont couru vers la base de la MINUSCA, située à la périphérie de la ville. Des témoignages décrivent des scènes de désespoir : une femme a trébuché en tentant de protéger ses deux nourrissons, un vieillard a été soutenu par ses voisins pour rejoindre le camp. Près de 200 personnes en une nuit, selon une estimation des Casques bleus, se sont massées autour de la base, cherchant refuge derrière les barbelés.
Les FACA, une déroute sans combat
Alors que la population cherchait à se mettre à l’abri, les Forces armées centrafricaines (FACA), censées défendre Birao, ont offert un spectacle de désorganisation sidérant. À l’annonce de l’approche des rebelles, encore à des kilomètres, plusieurs soldats ont perdu tout sang-froid. Dans un poste de contrôle à l’entrée nord de la ville, un caporal a été vu jetant son fusil dans un buisson avant de s’enfuir en civil. Un autre, dans la précipitation, s’est accidentellement tiré une balle dans la paume, laissant une traînée de sang sur le sol. Des habitants rapportent avoir aperçu des uniformes abandonnés près de la base de l’armée nationale à Birao, comme si les militaires cherchaient à effacer leur identité avant l’arrivée même des ennemis.
Un sous-officier des FACA, interrogé sous anonymat, a admis que l’alerte avait pris l’unité par surprise. « On nous a dit que les rebelles étaient nombreux, avec des armes lourdes. Personne ne voulait mourir pour rien », a-t-il confié. Parmi ces soldats FACA, certains ont même tenté de se réfugier dans la base de la MINUSCA, frappant aux portes des Casques bleus pour être admis. Ce vent de panique, alors que les assaillants n’avaient pas encore atteint les abords de la ville, a révélé un manque criant de discipline et de préparation de notre armée nationale.
La MINUSCA, rempart face au chaos
Pendant que les FACA s’effilochaient, la MINUSCA a pris les commandes avec une efficacité déterminante. Dès 2 h 30, des véhicules blindés ont quitté la base pour patrouiller les axes principaux de Birao. Des casques bleus, équipés de lunettes de vision nocturne, ont établi des barrages à l’entrée est, là où les rebelles étaient attendus. Vers 4 heures du matin, les Casques bleus ont confirmé que le convoi rebelle, composé des véhicules et des motos, s’était arrêté à 25 kilomètres de Birao, avant de faire demi-tour vers le Soudan.
Cette retraite rapide des RSF reste entourée de questions. Certains observateurs estiment que la présence visible de la MINUSCA a dissuadé les assaillants, qui n’avaient peut-être pas prévu une résistance aussi organisée. D’autres suggèrent que l’objectif n’était pas d’occuper Birao, mais de lancer un avertissement. Quoi qu’il en soit, l’intervention des Casques bleus a permis d’éviter une confrontation directe et de ramener un semblant d’ordre. À l’aube, des patrouilles conjointes avec les Forces de sécurité intérieure (FSI) ont sillonné les quartiers, encourageant les habitants à reprendre leurs activités.
Une vengeance transfrontalière à l’origine de l’alerte
L’incursion avortée trouve ses racines dans un incident survenu quelques jours plus tôt. Selon des sources locales, des mercenaires russes du groupe Wagner, actifs dans le pays pour sécuriser des intérêts miniers, auraient abattu un combattant des RSF lors d’une escarmouche près de la frontière. Les détails restent flous : certains parlent d’un affrontement accidentel, d’autres d’une exécution ciblée. Quoi qu’il en soit, cet événement aurait poussé les RSF à planifier une opération punitive en territoire centrafricain, visant Birao comme cible symbolique.
Les Forces de soutien rapide, nées dans le contexte du conflit au Darfour, sont réputées pour leur mobilité et leur armement lourd, incluant des mitrailleuses montées sur des pick-up Toyota. Leur chef, Hemedti, a consolidé son influence au Soudan, mais ses ambitions régionales inquiètent les pays voisins. La tentative d’incursion à Birao, bien que limitée, rappelle la fragilité de la frontière centrafricaine, longue de 400 kilomètres et quasi impossible à surveiller. Les contrebandiers, les groupes armés et les éleveurs transhumants traversent régulièrement cette zone poreuse, rendant la région vulnérable aux débordements du conflit soudanais.
Une ville sous tension, un retour fragile au calme
Mardi matin, Birao a retrouvé une apparence de normalité, mais la peur reste ancrée. Vers 9 heures, les premiers commerçants ont rouvert leurs étals au marché central, sous le regard de patrouilles de la MINUSCA. Les enfants, privés d’école pour la journée, jouaient timidement dans les ruelles. Pourtant, les conversations tournaient toutes autour de l’alerte nocturne. « Si les rebelles étaient entrés, qui nous aurait protégés ? », s’interrogeait un chauffeur de moto-taxi, pointant du doigt l’absence des FACA.
Les autorités locales, en lien avec la MINUSCA, ont multiplié les messages d’apaisement. Un adjoint au chef de quartier, a sillonné les rues pour appeler au calme. Mais la confiance envers l’armée nationale est au plus bas. « On paie des impôts pour une armée qui fuit », affirme une vendeuse, résumant un sentiment partagé. La MINUSCA, consciente de cette défiance, a promis de maintenir ses patrouilles renforcées pendant plusieurs jours, le temps que la situation se stabilise.
Des questions pour Touadera
Cet incident met à nu les faiblesses des FACA, pourtant au cœur du discours de redressement national porté par le président Faustin-Archange Touadera. Depuis son arrivée au pouvoir, des millions de dollars ont été investis dans la formation et l’équipement de l’armée, avec l’appui de partenaires comme l’Union européenne. Mais à Birao, ces efforts semblent vains. Comment expliquer qu’une simple alerte, sans un seul coup de feu tiré, ait provoqué une telle débandade ? Pourquoi les soldats, censés protéger la population, ont-ils fui avant même de voir l’ennemi ?
Des enquêtes internes sont en cours pour évaluer la conduite des FACA. Un haut gradé de Bangui, contacté par téléphone, a promis des sanctions pour « abandon de poste ». Mais au-delà des punitions, c’est toute la chaîne de commandement qui interroge. Les soldats de Birao, souvent mal payés et déployés dans des conditions précaires, manquent de moyens logistiques. Leurs rations alimentaires sont irrégulières, et ils n’ont pas de véhicule, ni même de motos pour la fuite. Ces réalités, bien connues des habitants, alimentent un fossé grandissant entre l’armée et la population.
Un défi régional et national
Birao, carrefour stratégique près du Soudan et du Tchad, n’en est pas à sa première alerte. La ville a déjà été secouée par des violences impliquant des groupes armés centrafricains, comme le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), ou des tensions liées à la présence de Wagner. L’incursion des RSF ajoute une dimension transfrontalière à ce tableau complexe. Les autorités centrafricaines ont annoncé des pourparlers avec Khartoum pour clarifier l’incident et renforcer la surveillance de la frontière. Mais sans une présence militaire crédible, ces efforts risquent de rester lettre morte.
Pour Touadera, l’épisode de Birao est un avertissement. Une armée incapable de tenir ses positions fragilise non seulement la sécurité nationale, mais aussi la légitimité de l’État. La MINUSCA, bien que précieuse, ne peut pas pallier indéfiniment les carences des FACA. Alors que les habitants de Birao scrutent l’horizon, redoutant un retour des rebelles, une question résonne : quand l’armée centrafricaine sera-t-elle à la hauteur de ses responsabilités ?
À Kouki, préfecture de l’Ouham, à 400 km de Bangui, un site aurifère a été ensanglanté le 14 avril 2025. Des mercenaires ont ouvert le feu sur les travailleurs, provoquant une fuite désespérée et une exécution d’une rare violence.
En effet, le lundi 14 avril 2025, la petite localité de Kouki, située dans la préfecture de l’Ouham, a plongé dans l’horreur. Vers le milieu de la journée, des hommes armés, identifiés par des témoins comme des mercenaires russes du groupe Wagner, ont pris d’assaut le chantier minier d’or d’Ardebaye, situé à 35 kilomètres de la ville. Sans sommation, ils ont tiré sur les orpailleurs affairés à extraire le métal précieux. La panique a saisi les travailleurs, qui ont fui en désordre, abandonnant outils et espoirs dans une course pour leur survie. Mais pour deux personnes, dont un jeune homme et un papa, la fuite n’a pas suffi. Le jeune homme, présenté par des sources locales comme un ancien membre du groupe armé, il a été rattrapé par les assaillants. Le papa aussi n’a pas pu s’échapper plus loin en raisonne son âge.
Ce qui a suivi glace le sang. Les mercenaires les ’ont exécuté sur place, les décapitant avec une brutalité calculée. Leur tête, tranchée, a été placée entre leurs mains, et la scène, soigneusement photographiée, s’est retrouvée sur les réseaux sociaux. Ce geste, loin d’être un acte d’exception, porte une signature reconnaissable. À Bambari, Bria, Bouka, Kouki, et Nana Bakassa, des actes similaires ont semé la terreur ces dernières années. À Bria, un gardien de boutique a été égorgé, sa tête posée entre ses jambes. À Bambari, trois ou quatre gardiens ont subi le même sort successivement en quelques mois. À Bouka, deux jeunes Centrafricains ont été tués, décapités, leurs têtes placées de manière macabre entre leur jambe pour servir d’avertissement. À Kouki, un collecteur de diamants a été assassiné suivant le même rituel. Près de Nana Bakassa, un ouvrier minier a connu une fin identique. Chaque fois, les mercenaires russes tuent, filment et diffusent sur les réseaux sociaux, comme pour revendiquer leur passage.
crime des mercenaires russes sur le chantier minier de Markounda
Ces actes ne sont pas de simples crimes. Ils traduisent une volonté d’intimider, de contrôler les zones riches en ressources par la peur. Les mercenaires russes, présents en Centrafrique depuis 2018 sous prétexte de protéger le pouvoir en place, opèrent en toute impunité. Leur emprise sur les mines d’or et de diamants s’accompagne d’une violence méthodique, qui laisse les populations centrafricaines démunies. À Kouki, comme ailleurs, les habitants se demandent qui sera le prochain.
La nouvelle de cette tuerie a enflammé les réseaux sociaux. Les images de l’exécution ont circulé, provoquant colère et indignation. Dans l’affaire d’égorgement de deux citoyens centrafricains à Bouka l’année dernière, des hommes politiques et des membres de la société civile ont pris la parole, dénonçant l’horreur. Mais cette fois, seule, la CPC-F (Coalition des patriotes pour le Changement Fondamental ), a publié un communiqué cinglant. Elle qualifie l’acte de « barbare » et exige une enquête internationale pour établir les responsabilités. La CPCF appelle à briser le cycle de violence qui gangrène le pays, pointant du doigt ceux qui laissent ces crimes impunis.
Mais du côté du gouvernement centrafricain, la réponse risque d’être fidèle à une vieille habitude. Face à des accusations similaires par le passé, les autorités ont souvent choisi le déni, qualifiant les preuves de « montages » fabriqués par des « ennemis » de la nation. Ce discours, étrangement proche de celui des mercenaires russes, alimente les soupçons. Pour beaucoup, le pouvoir à Bangui agit comme un relais docile des intérêts russes, incapable ou peu désireux de protéger ses citoyens. Cette passivité fait des ravages dans un pays déjà totalement à terre en raison des décennies de conflits et de pillages.
Les exactions de Kouki ne sont que le dernier épisode d’une longue série. Elles rappellent que la Centrafrique reste un terrain où la violence dicte sa loi, au profit de ceux qui exploitent ses richesses. La CPCF a raison d’appeler à la justice internationale. Sans une enquête sérieuse, sans sanctions contre les coupables, les mines d’or continueront de se transformer en charniers. Le peuple centrafricain mérite mieux qu’un gouvernement qui ferme les yeux et des mercenaires qui imposent leur règne par le sang….
Affaire Armel Sayo : les 7 suspects placés sous mandat de dépôt ce lundi 14 avril 2025….
Centrafrique.org/rca-arrestation-de-la-ministre-clarisse-sayo-a-bangui/sayo-2/” rel=”attachment wp-att-86985″ data-wpel-link=”internal”>Clarisse Sayo, ministre conseillère à la Primature
Ce lundi 14 avril 2025, les 7 suspects arrêtés dans l’affaire Armel Sayo, accusé d’une tentative de coup d’État, ont été transférés sous mandat de dépôt vers les prisons de Camp de Roux et Ngaragba. Une décision imposée par le ministre de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, malgré l’avis contraire du juge….
Un mandat de dépôt controversé….
À 15 heures ce lundi 14 avril, les onze détenus, retenus jusqu’alors dans les cellules de l’Office Central pour la Répression du Banditisme (OCRB), ont quitté leurs geôles pour rejoindre des prisons. Mahamat Abakar, ancien directeur général du Trésor et coordonnateur du projet Agir, et Aristide Sayo, gendarme, ont été conduits à la prison de Camp de Roux. Les 4, dont Boris Toïma, Yvon Tazou, Germain Wamoustoyo, Junior Poungolo, ont été transférés à Ngaragba…. Les 4 autres suspectes, toutes des femmes, devraient se présenter ce mardi 15 avril au tribunal pour connaitre leur sort.
En effet, l’affaire commence le 17 janvier 2025, avec l’arrestation d’Armel Sayo à l’aéroport de Douala, au Cameroun, pour une prétendue tentative de coup d’État. Quelques heures plus tard, à Bangui, Clarisse et Aristide Sayo sont interpellés sans mandat au bureau du directeur général de la police, près de l’OCRB. Suivent d’autres arrestations : Junior Poungolo entre le 4 et 5 février, Boris Toïma et Germain Wamoustoyo fin février, Yvon Tazou mi-février, et Mahamat Abakar le 11 mars, arrêté dans son bureau sans explication. Les autorités évoquent un complot, mais les dossiers restent vides de preuves tangibles….
Un juge contrecarré par le ministre….
Le 7 avril, l’enquête est transmise au juge d’instruction. Après analyse, il conclut que sept suspects, dont Mahamat Abakar, Boris Toïma, Yvon Tazou, Germain Wamoustoyo, et autres, doivent être libérés, faute de charges. Les quatre restants devaient être placés sous mandat de dépôt pour approfondir l’enquête. Cette décision, prise le 5 avril, semblait rétablir un semblant de justice….
Mais Arnaud Djoubaye Abazène, ministre de la Justice, intervient. Informé des intentions du juge, il l’appelle pour exiger un sursis. Selon des sources, il souhaite examiner le dossier lui-même avant que le juge décide. Les jours passent, lundi, mardi, mercredi, sans que le ministre Abazène ne se présente. Finalement, le jeudi, alors que le juge d’instruction s’apprête à partir pour Yaoundé au Cameroun, Abazène lui ordonne de placer tous les 11 suspects sous mandat de dépôt. « Règle les affaires à Yaoundé, et à ton retour, tu décideras qui libérer », a-t-il déclaré au juge. Contraint, ce dernier obtempère, et ce lundi 14 avril 2025, les onze suspects sont transférés en prison, balayant l’espoir d’une libération pour les sept innocentés….
Une justice sous pression….
L’intervention du ministre Arnaud Djoubaye Abazène provoque une profonde indignation. En s’opposant au juge d’instruction, le ministre semble privilégier des calculs politiques, au mépris de l’indépendance judiciaire. Les arrestations, souvent arbitraires, expliquent les dérives de l’affaire. Mahamat Abakar, par exemple, a été accusé sans preuve, sur la base d’une liste de noms imposée par la police, comme l’a révélé Boris Toïma lors d’une confrontation consignée. Clarisse et Aristide Sayo, eux, semblent visés pour leur lien familial avec Armel, toujours détenu à Yaoundé….
Cette affaire expose un système judiciaire sous pression. Les familles des détenus, comme celles de Clarisse, Aristide, ou Mahamat Abakar, vivent dans l’angoisse, tandis que l’absence de transparence alimente un sentiment d’injustice. Abazène, qui avait promis à Genève un respect des droits des accusés, contredit ses engagements par cette décision. Alors que le juge d’instruction doit rentrer de Yaoundé, une question persiste : les sept suspects seront-ils libérés, ou l’affaire Sayo deviendra-t-elle le symbole d’un pouvoir qui plie la justice à sa guise ?
Deux éléments de la garde présidentielle pris en flagrant délit de braquage au PK13
Centrafrique.org/rca-greve-des-elements-des-usms-le-troncon-baoro-bouar-bloque/les-nouveaux-soldats-lors-de-leur-sortie-a-bouar-au-nord-ouest-cnc-2/” rel=”attachment wp-att-43759″ data-wpel-link=”internal”>les nouveaux soldats lors de leur sortie de formation à Bouar, au nord-ouest du pays. Photo CNC
L’armée centrafricaine, dirigée de main de fer par les Mercenaires russes depuis 7 ans, est désormais totalement pourrie. Deux soldats de la garde présidentielle ont été arrêtés par la population au PK13, à Bangui, après une tentative de braquage d’une famille. Conduits au poste de police du PK12, ils ont évoqué leur précarité.
En effet, dans la nuit du 12 au 13 avril, deux militaires de la garde présidentielle ont tenté de braquer une famille habitant la cité Ngombé, située au PK13, sur la route de Damara, à la sortie nord de la capitale, derrière la colline. Surpris par la population, ils ont été maîtrisés et conduits au poste de police du PK12 pour interrogatoire.
Justement, lors de leur bref interrogatoire par les forces de l’ordre, les deux soldats ont expliqué leur geste par des conditions de vie difficiles dans l’armée. Ils ont indiqué que leur prime globale d’alimentation, autrefois de 30 000 FCFA par mois, est désormais versée par semaine, réduite à quelques billets de francs CFA. « C’est la galère qui nous pousse », auraient-ils déclaré, selon une source proche du dossier interrogée par la rédaction du CNC. Ces aveux, en réalité, traduisent un malaise au sein des Forces armées centrafricaines (FACA).
Avec environ 22 000 militaires, l’armée est encore loin des 50 000 hommes visés par Touadera dans son discours de la politique générale il y’a quelques semaines. Pourtant, les moyens manquent déjà cruellement : salaires faibles, pas de primes globales d’alimentation (PGA), équipements limités, encadrement insuffisant. Cette situation pousse certains éléments à commettre des actes délictueux, au détriment de la population.
En outre, cet événement, qui se répète inlassablement au sein des FACA, remet totalement en cause la gestion de l’armée nationale par le général d’Armée Zéphirin Mamadou, chef d’État-major, y compris le ministère de défense, ainsi que le président Faustin-Archange Touadéra, chef suprême de l’armée. Depuis 2016, les promesses de réforme de l’armée n’ont pas abouti à des améliorations tangibles. Les soldats, mal payés et peu encadrés, peinent à remplir leur mission. Ce braquage, impliquant des membres de la garde présidentielle, ternit davantage l’image du régime.
Les FACA à Bocaranga : une armée nationale ou une bande de voyous ?
Centrafrique.org/alerte-info-violente-attaque-des-3r-contre-les-positions-des-faca-a-bocaranga/rebelles-3r-bocaranga-img_28mars2018142757-7/” rel=”attachment wp-att-38959″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/07/rebelles-3R-Bocaranga-IMG_28mars2018142757-450×253.jpg” alt=”Les FACA à Bocaranga : une armée nationale ou une bande de voyous ?” width=”450″ height=”253″ />Les soldats FACA sur une moto à Bocaranga, dans l’Ouham-Pendé. CopyrightCNC
À Bocaranga, sous-préfecture de l’Ouham-Pendé, au nord-ouest de la République centrafricaine, la population ne sait plus à quel saint se vouer. Les soldats des Forces armées centrafricaines (FACA), censés protéger les habitants et leurs biens, se comportent comme des prédateurs sans foi ni loi.
En effet, la dernière trouvaille de ces soldats FACA est de S’emparer des motos des particuliers, ces taxis-motos qui sont bien plus qu’un simple moyen de transport pour beaucoup : c’est leur gagne-pain, leur survie, leur vie. Et pourtant, ces militaires, avec la complicité de leurs alliés russes, les arrachent sans scrupule, les utilisent pour leurs opérations, et trop souvent, les perdent ou les détruisent. Résultat : des familles plongées dans la misère, des jeunes privés de leur outil de travail, et une colère qui gronde.
Prenons les faits, bruts et révoltants. Depuis des mois, les FACA de Bocaranga, notamment ceux du neuvième bataillon d’infanterie territoriale (BIT 9), réquisitionnent de force les motos des habitants. Ils disent qu’ils en ont besoin pour leurs missions, pour aller traquer les rebelles du mouvement 3R. Mais voilà, quand ils partent avec ces engins, c’est une loterie macabre. Parfois, les groupes armés les attaquent, tuent des soldats, et incendient les motos. En trois mois, plus d’une vingtaine de ces véhicules ont été réduits en cendres, sur l’axe Bocaranga-Bozoum, à Ngoutéré ou Tataly par exemple. À qui appartenaient ces motos ? À des civils, des gens qui ont souffert des années pour se les offrir, qui comptent sur elles pour nourrir leurs enfants. Et les FACA, eux, qu’est-ce qu’ils font ? Ils haussent les épaules et passent à la suivante.
La population a crié son ras-le-bol. Il y a quelques mois, les propriétaires de taxis-motos ont fait grève, exigeant que l’état-major rembourse leurs pertes. Une réponse est arrivée, presque comme une blague cruelle : pour la première fois depuis 2016, deux pick-up et quatre motos ont été envoyés aux FACA de Bocaranga. L’idée était simple : “Arrêtez de voler les motos des gens, utilisez ces véhicules !”. Pourtant, rien n’a changé. Les soldats continuent de réquisitionner, de casser. Ils prennent une moto pour “deux heures”, promettent de la ramener, et puis disparaissent. Parfois, elle réapparaît six mois ou un an plus tard, en morceaux, inutilisable. Parfois, elle ne revient jamais.
Et ce n’est pas tout. Rappelez-vous, À Ngaoundaye, la semaine dernière, un sergent-chef a poussé l’arrogance jusqu’à frapper un infirmier avec un bâton. Pourquoi ? Parce que l’homme, désespéré, osait réclamer sa moto, prêtée “pour deux heures” et jamais rendue. L’infirmier est tombé, la tête en sang, sous les yeux d’une population sidérée. Ce n’est pas un accident, c’est une habitude. Ces soldats, qui se pavanent en ville comme des rois, deviennent des femmes face aux rebelles. Mais devant les civils, ils jouent les durs, écrasant ceux qu’ils devraient protéger.
Parlons clair : les FACA, avec leurs nombre qui s’élève à 20 000 hommes, sont une honte pour le pays. On nous dit qu’ils manquent de moyens, que leur prime d’alimentation n’est pas payée depuis sept ans. D’accord, c’est dur. Mais est-ce une excuse pour se transformer en bandits ? Pour voler la moto d’un jeune qui se bat pour survivre, pour détruire le peu qu’ont les pauvres ? Non, mille fois non. Ces pratiques se répandent dans les villes de province comme une peste. À Bocaranga, à Ngaoundaye, partout, c’est le même refrain : les militaires prennent, cassent, et laissent les autres dans la galère.
Et l’état-major ? Il regarde ailleurs. Deux pick-up, quatre motos, et puis quoi ? Les soldats continuent leur racket comme si de rien n’était. La population, elle, n’en peut plus. Ces motos, c’est leur pain quotidien, leur oxygène. Un gars qui économise toute sa vie pour s’acheter un engin, qui roule sous le soleil brûlant pour ramener de quoi manger, se fait dépouiller par ceux qui devraient le défendre. Et après, on ose appeler ça une armée nationale ? Non, ce n’est pas une armée. C’est une bande de voyous en uniforme, des criminels qui profitent de leur pouvoir pour écraser les faibles.
Pour les centrafricains, il faut que cela s’arrête. Les FACA doivent lâcher ces motos, utiliser leurs propres véhicules, et surtout, retrouver un minimum de dignité. Parce qu’à ce rythme, ils ne combattent pas seulement les rebelles : ils font la guerre à leur propre peuple. Et ça, c’est impardonnable….
En ce lundi 7 avril 2025, la Radio Centrafrique a diffusé dans son journal du petit matin une émission qui prétend vanter les mérites de la démocratie dans le pays. À l’écouter, on croirait presque que la République centrafricaine est un modèle de liberté et de pluralisme, avec des élections régulières et une souveraineté populaire respectée. Mais soyons sérieux un instant : qui croit encore à ce genre de discours ? Pas les Centrafricains qui vivent la réalité au quotidien, ni les observateurs qui suivent les dérives du pouvoir depuis des années. Cette sortie médiatique n’est rien d’autre qu’une tentative grossière de maquiller une vérité que tout le monde connaît : la démocratie en Centrafrique est morte, étouffée par un régime qui ne recule devant rien pour se maintenir.
Une démocratie en trompe-l’œil
Reprenons les faits, parce qu’ils parlent d’eux-mêmes. Oui, depuis l’arrivée du multipartisme en 1990, des élections ont eu lieu à un rythme plus ou moins régulier. En 1993, Ange-Félix Patassé a remporté une victoire honnête contre André Kolingba, dans un scrutin que beaucoup ont salué comme un rare moment de transparence. En 1999, malgré des tensions, l’opposition a même réussi à s’imposer face à la majorité présidentielle lors des législatives. Mais depuis, tout s’est effondré. Le coup d’État de 2003 a porté François Bozizé au pouvoir, et ce n’était que le début d’une longue série de manipulations.
En 2005, sous la pression internationale, Bozizé a organisé une élection. Martin Ziguélé l’a emporté, mais Bozizé s’est autoproclamé vainqueur par la force, un scénario que personne n’a oublié que le ministre conseiller à la présidence Fidèle Ngouandjika l’a révélé. En 2011, Bozizé avait organisé une autre élection toute aussi chaotique, écartant l’opposition. Mais deux ans plus tard, la Seleka a renversé Bozizé par un coup d’État spectaculaire. Mais après trois ans de transition, arrive le tour de Faustin-Archange Touadéra en 2016, avec une élection tellement truquée qu’elle en devenait presque caricaturale. Et 2021 ? Une autre comédie électorale encore pire, avec des violences et des irrégularités qui ont assuré la réélection de Touadéra. À chaque fois, on nous parle d’élections, mais où est la voix du peuple dans tout ça ?
Touadéra et son rêve d’empire
Aujourd’hui, Touadéra ne cache même plus ses intentions. La Constitution de 2016, issue d’un dialogue national et censée garantir des règles intouchables, limitait le président à deux mandats de cinq ans. Mais ça, c’était avant que Touadéra ne décide qu’une constitution, ça se change à sa guise. Il a allongé les mandats à sept ans et fait sauter la limite des deux termes. Pourquoi ? Parce qu’il veut rester au pouvoir pour toujours, comme un Bokassa, mais avec un pays devenu poubelle, chaotique. En 1977, Bokassa avait transformé le pays en empire pour satisfaire son ego. Touadéra, lui, ne proclame pas un empire, pas pour l’instant, , mais il agit comme s’il en construisait un, pierre par pierre.
Et pour quoi faire ? Pas pour le bien du peuple, ça c’est sûr. Le pays est en ruines, les richesses pillées, et la population abandonnée. Derrière tout ça, on voit la main de Vladimir Poutine et de ses mercenaires de Wagner. Touadéra, docile et malléable, est leur homme de paille parfait. En échange de son trône, il laisse la Russie siphonner l’or, les diamants et tout ce qui a de la valeur. Pendant ce temps, les Centrafricains crèvent de faim et de désespoir.
La radio, haut-parleur d’une fable grotesque
Alors, pourquoi cette émission du 7 avril ? Pourquoi la Radio Centrafrique s’évertue-t-elle à nous vendre une démocratie qui n’existe pas ? En écoutant leur baratin sur des « élections libres » et une « souveraineté populaire », on se demande si c’est de la naïveté ou une provocation pure et simple. Ils parlent de pluralisme, avec plus de cent partis politiques, comme si ça voulait dire quelque chose. Mais à quoi bon avoir cent partis si aucun n’a les moyens de défier le pouvoir ? Ils évoquent la séparation des pouvoirs, alors que tout le monde sait que l’exécutif tient le judiciaire et le législatif sous sa botte. Quant aux libertés fondamentales, demandez aux opposants emprisonnés ou aux journalistes menacés s’ils se sentent libres.
Non, cette diffusion n’est pas un simple bulletin d’information. C’est une opération bien calculée pour faire croire à la communauté internationale que tout va bien, et pour endormir une population déjà épuisée. Peut-être que Touadéra veut préparer le terrain pour son troisième mandat, une première dans l’histoire du pays. Ou peut-être que c’est juste une façon de justifier le pillage en cours, en disant : « Regardez, on est une démocratie, tout est légitime ! ». Dans tous les cas, ça ne passe pas. Les journalistes qui lisent ces textes le savent, les ministres qui les valident le savent, et les citoyens qui les entendent le savent encore mieux.
La démocratie, ce n’est pas les élections seules
En vérité, cette propagande est une insulte. Elle fait semblant d’ignorer que la démocratie, ce n’est pas juste organiser des élections tous les cinq ou sept ans. C’est respecter la loi, écouter le peuple, donner une chance à chacun de s’exprimer. Touadéra, lui, veut ramener le pays à l’époque du parti unique, comme le MESAN de Bokassa. Son MCU (Mouvement Cœurs Unis) est en train de devenir la seule voix autorisée, écrasant tout sur son passage. Et pendant ce temps, la radio nationale joue les complices, diffusant des mensonges que personne ne croit plus.
Eh! Il est temps que ça s’arrête! Les Centrafricains ne sont pas dupes! Ils voient bien que leur pays est pris en otage, que leur avenir est sacrifié sur l’autel des ambitions d’un homme et de ses parrains russes. La Radio Centrafrique devrait avoir honte de prêter sa voix à cette fable. Au lieu de chanter les louanges d’un régime à bout de souffle, elle ferait mieux de dire la vérité : la démocratie est en lambeaux, et le peuple mérite mieux que des promesses vides et des élections bidon….
Les FACA, faites ce que vous voulez, mais restez discrets en ligne », lance l’État-major centrafricain
Centrafrique.org/centrafrique-le-journaliste-auconfort-shadrack-morouba-accuse-a-tort-par-le-chef-detat-major-detre-un-correspondant-du-cnc-a-ete-arrete-et-gravement-torture-puis-incarcere-a/le-general-zephirin-mamadou-remerciant-le-president-touadera-apres-le-port-de-ses-deux-etoiles/” rel=”attachment wp-att-63125″ data-wpel-link=”internal”>Le général Zéphirin Mamadou, chef d’État-major de l’armée centrafricaine.
Après le scandale d’une vidéo virale où des soldats FACA tabassent des femmes et enfants, l’État-major, dirigé par Zéphirin Mamadou, appelle à la discrétion en ligne. Cette déclaration, loin de condamner les violences, semble tolérer les dérives militaires.
Le 15 avril 2025, l’État-major des Forces Armées Centrafricaines (FACA) publie un message sur le compte Facebook de l’État-major. Le Général Zéphirin Mamadou, chef d’État-major, y appelle les soldats à « respecter la discipline militaire » et à faire un « usage responsable des réseaux sociaux ». Cette déclaration, loin d’être anecdotique, suit une vidéo virale diffusée dans la nuit du 8 au 9 avril, montrant des soldats FACA rouant de coups des femmes, des enfants et des jeunes garçons sur le site minier de Gomio, à 235 km de Bangui. Les images, insoutenables, ont enflammé les réseaux sociaux, provoquant une indignation nationale.
À cet effet, l’État-major a tenté de désamorcer la polémique par un communiqué bancal, affirmant que les faits remontaient à plus d’un an et que les unités impliquées avaient été remplacées. Cette version, largement contestée, n’a fait qu’attiser la colère populaire. Les Centrafricains, lassés des justifications évasives, y voient une tentative grossière de cacher la vérité. Comment croire qu’une affaire aussi grave ait pu être ignorée si longtemps ? Pourquoi aucune sanction publique n’a-t-elle été annoncée ? Ces questions restent sans réponse, et la crédibilité de l’État-major s’en trouve encore affaiblie.
Mais ce n’est pas d’aujourd’hui que les soldats FACA s’illustrent par leurs abus. Depuis près de 8 ans, les soldats multiplient les exactions : passages à tabac, extorsions, exécutions sommaires, souvent avec la complicité silencieuse de leurs supérieurs. L’État-major, au lieu de sévir, couvre ces actes. Le communiqué du 15 avril en est la preuve : plutôt que de condamner les violences, Mamadou semble obsédé par l’image de l’armée. En demandant aux troupes de limiter leurs publications en ligne, il donne l’impression de dire : « Continuez vos dérives, mais ne les affichez pas ». Cette attitude est une insulte aux victimes et un aveu d’impuissance.
Le texte de l’État-major précise que la tournée de Mamadou dans les bases de Bangui, du 14 au 15 avril, s’est faite « sur instruction du Président de la République Professeur Faustin Archange Touadéra ». Cette phrase, loin d’être un détail, montre que Mamadou n’agit pas de son propre chef. Il se retranche derrière les ordres présidentiels, évitant toute responsabilité. Un chef d’État-major digne de ce nom devrait prendre des mesures fermes face aux abus, pas attendre des directives pour faire une tournée de façade dans les camps Kassaï, Béal ou Pk22. Cette dépendance fragilise son autorité et expose l’incapacité de l’institution à se réformer.
Pire encore, l’État-major ferme les yeux sur les crimes des Mercenaires russes, notamment ceux du groupe Wagner, qui sévissent aux côtés des FACA. À Kouki, un site minier de l’Ouham, deux ouvriers miniers, l’un jeune de 22 ans, l’autre un papa de 55 ans, ont été égorgé par les mercenaires russes, et posent leurs têtes entre leurs mains ou jambes dans une mise en scène criminelle. Ces actes ne sont pas une exception. Depuis des années, Wagner multiplie d’exécutions sommaires, de tortures et de viols en Centrafrique, souvent documentés par des ONG comme Human Rights Watch. Ils publient leurs propres horreurs en plus. Pourtant, Mamadou ne leur adresse aucun reproche. Pourquoi ce silence ? Pourquoi les FACA sont-elles admonestées pour leurs posts, mais pas Wagner pour ses meurtres.
L’incompétence de Mamadou aggrave la crise. Nommé en 2019 par Touadéra, cet ancien électricien de l’armée sans expérience militaire significative : jamais à la tête d’une unité, encore moins d’un bataillon, est perçu comme un pion. Sa nomination, disent les officiers, visait à placer un homme docile, incapable de menacer le pouvoir. En six ans, il n’a jamais mis les pieds dans les provinces, se contentant de parader à Bangui. Comment diriger une armée sans connaître le terrain ? Son inaction face aux abus, qu’ils viennent des FACA ou de Wagner, prouve son inadéquation.
Il y’a lieu de rappeler que l’appel de Zéphirin Mamadou à la « discrétion » sur les réseaux sociaux est une farce tragique. En ignorant les exactions des FACA et les atrocités des mercenaires russes, l’État-major trahit les Centrafricains. Sans sanctions, sans réformes, l’armée reste une machine à broyer les innocents, tandis que Mamadou, pantin sans vision, regarde ailleurs. La vérité, elle, ne se taira pas….
Pour l’économiste Lazard Kiandji, l’eau et l’électricité ne sont plus des services publics en Centrafrique
Bangui-dans-le-chaos-le-retour-en-force-des-bidons-jaunes-dans-la-rue/la-queue-des-bidons-jaunes-a-la-recherche-de-leau-potable-a-Bangui/” rel=”attachment wp-att-88255″ data-wpel-link=”internal”>Longues files de bidons jaunes à une fontaine d’eau à Bangui, où l’accès à l’eau potable reste un défi quotidien pour de nombreux habitants.
À Bangui, la capitale centrafricaine, l’eau et l’électricité ne sont plus des services publics : ce sont des rêves lointains, des luxes que la plupart des habitants ne peuvent même pas toucher du doigt. Dans le débat Patara du samedi 15 mars dernier sur la radio Ndéké-Luka, deux voix se sont élevées pour dire stop , dont celle de monsieur Hazard Kiandji , économiste et leader jeune. Ils ne parlent pas pour faire joli ou pour remplir l’antenne. Ils parlent parce qu’ils n’en peuvent plus, parce que ce qu’ils voient et vivent dépasse l’entendement. Ses mots sont un cri, un coup de poing sur la table face à un gouvernement qui, selon lui, a abandonné son peuple. Voici ce qu’il a dit, et ça secoue.
En effet, dans le pays de Boganda, pays de zo kwé zo, la vie est devenue un calvaire que beaucoup ne supportent plus. Lazare Kiandji , une voix forte du débat Patara sur la radio Ndéké-Luka du 15 mars 2025, ne se contente pas de le dire : il le crie. Pour ces deux invités ce jour : Kiandji et Passi, ce n’est plus une question de patience ou de résilience face au manque d’eau et d’électricité. C’est une capitulation totale, un abandon du peuple par un gouvernement qui semble avoir perdu le nord. Leurs mots sont durs, mais ils résonnent avec ce que vivent les Centrafricains au quotidien, et ils ne laissent aucune excuse au régime en place.
Les citernes jaunes des Banguissois à la recherche de l’eau potable dans la capitale
Lazard Kiandji, économiste et leader jeune, plante le décor sans détour. « Ça, c’est la capitulation, ce n’est plus la résilience », lâche-t-il. Fini le temps où l’on pouvait saluer la capacité des gens à tenir bon face aux galères. Aujourd’hui, c’est trop. Les familles entières qu’on voit à 4 heures du matin, bidons jaunes à la main, en train de chercher de l’eau à des kilomètres, ce n’est plus supportable. Il raconte cette scène qu’on croirait sortie d’un autre siècle : des pères, des mères, des gosses sur des motos ou à pied, courant après un minimum vital que l’État ne leur donne pas. Et l’électricité ? Pareil. Sans elle, pas d’eau pompée, pas de lumière, pas de vie normale. Pour lui, c’est clair : « On fait du pilotage à vue ». Pas de plan, pas de vision, juste des dirigeants qui bricolent au jour le jour, laissant le pays s’enfoncer.
Lazare Kiandji fonce et va encore plus loin. Il parle avec la colère de celui qui voit les conséquences concrètes de cette inaction. « Les gens meurent dans les hôpitaux parce qu’il n’y a pas d’électricité », dit-il. Imaginez : des patients sous oxygène qui s’éteignent parce que le courant coupe, des médecins qui opèrent avec des lampes de poche. C’est pas une anecdote, c’est la réalité. Et ça ne s’arrête pas là. Sans électricité, les commerces s’effondrent, les entreprises ne viennent pas, le chômage explose. Pour lui, c’est simple : « C’est inhumain, ça ». L’eau et l’électricité, c’est pas un luxe, c’est le strict minimum. Mais à Bangui, même ça, c’est hors de portée.
Lazard Kiandji renchérit sur ce point. « Avoir accès à l’eau, c’est chercher le diamant, c’est chercher de l’or », explique-t-il. Il exagère à peine. Sortir à minuit pour faire la queue devant un forage, attendre des heures, risquer sa peau, comme cette gamine violée à Miskine il y a trois jours juste pour un bidon d’eau, c’est pas une vie, c’est une chasse au trésor désespérée. Lui-même l’a vécu : il raconte être sorti à 2 heures du matin, avoir fait la queue jusqu’à 9 heures, et être rentré bredouille. Et pendant ce temps, qu’est-ce qu’on fait en haut lieu ? Rien, ou presque. « Il n’y a aucune programmation, aucune anticipation », accuse-t-il. Chaque année, la saison sèche revient, et chaque année, c’est le même chaos. L’année dernière, les gens ont marché, ont crié sur les réseaux sociaux. Cette année, rebelote. Et l’année prochaine ? « Je parie ma tête qu’on vivra encore pire », prédit-il, amer.
Lazare Kiandji , lui, ne se contente pas de constater. Il cogne là où ça fait mal. « Le peuple est relégué au dernier rang », assène-t-il. Les dirigeants, avec leurs panneaux solaires et leurs forages privés, vivent dans un autre monde. Tant pis pour les autres, ceux qui dorment dans le froid pour un seau d’eau ou qui bossent sans pouvoir se laver faute de mieux. Mais il refuse de laisser passer ça sans réagir. « Il y a de l’argent dans ce pays », insiste-t-il. Quand il a fallu pousser le référendum pour un troisième mandat, les milliards ont surgi comme par magie. Alors pourquoi pas pour l’eau et l’électricité ? Pour lui, c’est une question de priorité : le peuple n’en est pas une. Et quand on lui parle des partenaires, des ONG qui distribuent de l’eau ou des lampadaires solaires, il explose : « On ne peut pas ramasser les choses et venir nous blaguer ». Ces solutions au rabais, ces lampadaires qui s’éteignent en trois mois, c’est une insulte. La Centrafrique mérite mieux que des miettes.
Les deux invités ce jour se rejoignent sur un point : ça ne peut plus durer.Lazard Kiandji parle d’un pays où l’eau est devenue plus rare que l’or, où les hôpitaux n’ont rien pour sauver les malades, où le climat change mais les politiques, elles, restent figées. Lazare Kiandji , lui, voit un système qui tue à petit feu, qui laisse les gosses sans école, les parents sans boulot, et les vieux sans soins. Ensemble, ils peignent le portrait d’un régime dépassé, incapable de prévoir, d’agir, ou même de respecter son peuple.
« Il faut qu’on s’asseye et qu’on se dise un certain nombre de vérités », propose Lazare. Mais qui écoutera ? Pas le ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique, qui esquive les micros. Pas les directeurs de la SODECA ou de l’ENERCA, introuvables. Alors, à qui s’adresser ? Peut-être à la rue, qui gronde déjà, et qui, un jour, pourrait bien se faire entendre plus fort….
Banque mondiale : Un nouvel avenant pour financer les infrastructures en Centrafrique ?
Centrafrique.org/Centrafrique-tension-de-tresorerie-faustin-archange-touadera-accuse-le-fmi-et-la-banque-mondiale/touadera-2022/” rel=”attachment wp-att-58872″ data-wpel-link=”internal”>touadera-2022 – Centrafrique : Tension de trésorerie, Faustin Archange Touadera accuse le FMI et la banque mondiale
Le 3 avril 2025, lors du Conseil des ministres, le gouvernement centrafricain a une fois de plus vanté des avancées dans ses discussions avec la Banque mondiale. Un avenant complémentaire à un supposé accord existant serait en préparation pour le projet d’urgence de rétablissement des infrastructures et de la connectivité en République centrafricaine (RCA). Selon les autorités, ce projet ambitieux doit réhabiliter routes, ponts et réseaux de transport pour désenclaver les régions et relancer l’économie. Mais ces déclarations, bien que claires sur le papier, laissent planer un doute persistant : où sont les résultats concrets ?
Le gouvernement affirme que la Banque mondiale, déjà impliquée via un premier financement, ajuste aujourd’hui son soutien à travers cet avenant pour augmenter les fonds et, peut-être, élargir les zones ciblées. Des discussions techniques seraient en cours pour définir les priorités et les modalités d’exécution. Pourtant, les Centrafricains se demandent : que s’est-il passé avec l’accord initial ? Les routes promises, les ponts annoncés – où sont-ils ?Si l’État a souvent mis en avant des chantiers réalisés grâce à ses propres fonds, l’arrivée soudaine de cet avenant avec la Banque mondiale pose questions. Où est allé l’argent des financements précédents ? Et pourquoi, après tant d’annonces, les infrastructures du pays restent-elles dans un état si précaire ?
Le ministre de l’Équipement et des Travaux publics a insisté sur l’importance de cet accord pour désenclaver les provinces et stimuler les échanges commerciaux. Mais ces promesses, répétées à l’envi, résonnent comme un refrain familier, sans que les citoyens n’en voient les fruits. Espérons que cette fois-ci, les fonds seront utilisés à bon escient et que la transparence prévaudra sur la propagande. Car pour l’heure, entre les annonces triomphales et la réalité du terrain, le fossé demeure béant.
Mais où est la banque BRICS ?
Si la Banque mondiale reste omniprésente : routes, ponts, infrastructures, tout semble porter son empreinte, une question taraude les esprits en Centrafrique : où est passée la banque BRICS ? Cette institution, portée par des puissances comme la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud, avait pourtant provoqué de grands espoirs. En 2022, une représentante de cette alliance avait annoncé, lors d’une visite à Bangui, l’installation prochaine du siège régional pour l’Afrique centrale en RCA. Trois ans plus tard, le silence est assourdissant. Aucun financement, aucun projet tangible, pas même l’ombre d’un bureau officiel.
À l’époque, cette promesse avait été accueillie avec enthousiasme. Le Président Baba Kongoboro, qui ne cesse de dénoncer la Banque mondiale et le FMI, accusés d’être des outils géopolitiques freinant le développement de la RCA en raison de tensions, notamment avec la Russie. La banque BRICS, présentée comme une alternative crédible, devait incarner une rupture : financements massifs, routes, chemins de fer, aéroports – un avenir radieux était esquissé. Pourtant, aujourd’hui, rien. Pas de siège, pas de locaux, certains ironisent même en se demandant si elle finira par louer un taudis dans le quartier Boy-Rabe, dans le quatrième arrondissement de Bangui.
La Russie, moteur de cette initiative aux côtés de la Chine, avait laissé entrevoir des investissements majeurs. Mais où sont-ils ? Les Centrafricains, patients, attendent toujours. Les promesses de construction d’infrastructures modernes – autoroutes, usines, voies ferrées – se sont évaporées, laissant place à un scepticisme croissant. Le problème ne vient pas tant de la Chine, dont la présence économique reste visible ailleurs en Afrique, mais bien de l’absence d’avancées concrètes du côté de Moscou et de ses partenaires BRICS.
Les observateurs centrafricains le disent sans détour : le peuple centrafricain n’est ni naïf ni dupe. Il écoute les discours, mais juge sur les actes. Pendant ce temps, la Banque mondiale, malgré les critiques, continue d’avancer ses pions, projet après projet. La question demeure, lancinante : BRICS, où es-tu ?
une formation contre les violences sexuelles dans l’armée, vraiment sérieuse ?
Centrafrique.org/haute-kotto-deux-jeunes-femmes-sechappent-apres-11-ans-de-captivite-par-la-lra/jeunes-femmes-kidnapees-par-lalra/” rel=”attachment wp-att-87695″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/jeunes-femmes-kidnapees-par-lalra-338×450.jpg” alt=”Centrafrique : UNE FORMATION CONTRE LES VIOLENCES SEXUELLES DANS L’ARMÉE, VRAIMENT SÉRIEUSE ?” width=”338″ height=”450″ />Les deux jeunes femmes rescapées photographiées à Samuandia après leur fuite des mains de la LRA. Elles avaient été enlevées en 2014 à Bria alors qu’elles n’avaient que 11 ans.
Une centaine d’officiers et sous-officiers centrafricains ont suivi une formation pour prévenir les violences sexuelles, avec le soutien de la Minusca. Mais peut-on croire en un vrai changement dans une armée souvent pointée du doigt ?
En effet, jeudi dernier, dans le sud-ouest de la Centrafrique, des officiers, sous-officiers et soldats ont participé à une formation sur la lutte contre les violences sexuelles et le harcèlement dans l’armée. Organisée par le ministère de la Défense, cette initiative promet de renforcer les capacités des forces de sécurité pour prévenir et punir ces actes. Mais derrière les beaux discours, beaucoup se demandent si cet effort n’est pas juste une façade.
Des promesses de tolérance zéro, encore ?
Le colonel Gilles Thibaut Gohengoui, de l’état-major, a déclaré que cette formation visait à mettre fin à l’impunité : « Les militaires et gendarmes sont souvent cités dans des affaires de violences sexuelles. Il faut les sensibiliser ». Mais ces mots sonnent comme un refrain déjà entendu. Depuis des années, les autorités parlent de « tolérance zéro » sans que les choses changent vraiment. Les histoires de soldats ou gendarmes qui abusent de jeunes filles, parfois très jeunes, dans les villes et villages continuent de circuler. Même le musicien Ozaguin a dénoncé sur les réseaux sociaux des vidéos choquantes, où des militaires se vantent de leurs crimes sur des adolescentes. Alors, une formation de plus, est-ce la solution ?
On peut se poser la question : pourquoi parler encore de sensibilisation quand les faits sont connus ? Les victimes, souvent des filles de 11 ou 12 ans, n’ont pas besoin de promesses. Ce qu’il faut, c’est agir : punir les coupables, sans détour. Mettre des gens en prison, point final. Organiser des sessions pour « sensibiliser » donne l’impression qu’on veut juste calmer les critiques, sans s’attaquer au fond du problème.
La MINUSCA et ses bonnes intentions
La MINUSCA, qui soutient cette initiative, insiste sur l’importance des droits humains et de l’égalité dans l’armée. Son représentant, le colonel Ndimberé Balthazar, a expliqué que ces questions touchent directement les conditions de vie des soldats. Mais là encore, difficile de ne pas douter. La MINUSCA est présente en Centrafrique depuis des années, et les scandales impliquant des forces de l’ordre ou même des Casques bleus n’ont pas disparu. Ces formations, aussi bien intentionnées soient-elles, risquent de n’être qu’une goutte d’eau dans un océan de problèmes plus profonds : manque de discipline, corruption, absence de justice efficace.
Un programme national, mais pour quel résultat ?
Le ministère annonce que d’autres sessions auront lieu dans le nord-ouest et le sud-est, après une première à Bangui en 2024. L’objectif affiché est de bâtir une armée irréprochable. Mais comment y croire quand les mêmes pratiques perdurent ? Les formations, c’est bien sur le papier, mais sans une volonté claire de sanctionner les responsables, elles ne changeront rien. Les Centrafricains ont vu trop de plans ambitieux s’effondrer faute de suivi. Pourquoi cette fois serait-elle différente ?
Cette formation veut montrer que l’armée centrafricaine prend les violences sexuelles au sérieux. Mais les belles paroles et les sessions d’apprentissage ne suffisent pas. Sans sanctions fermes et rapides contre les coupables, le doute persiste : est-ce juste un moyen de faire taire les critiques, ou un vrai pas en avant ? Les victimes, elles, attendent des actes, pas des discours….
Flash Info : Panique à Birao, des groupes armés encerclent la ville
Centrafrique.org/Centrafrique-des-mesures-annoncees-pour-renforcer-la-protection-des-civils-a-birao-par-la-Minusca/patrouille-mixte-fsi-minusca-a-birao-en-decembre-2019-par-la-minusca-2/” rel=”attachment wp-att-35817″ data-wpel-link=”internal”>patrouille mixte fsi minusca à Birao en décembre 2019 par la minusca
Depuis 2h du matin, la ville de Birao, chef-lieu de la préfecture de la Vakaga, est en proie à la panique. Des groupes armés, lourdement équipés, encerclent la ville, semant l’incertitude parmi les habitants.
Birao, capitale de la préfecture de la Vakaga, à l’extrême nord-est de la République centrafricaine, est plongée dans une tension extrême depuis les premières heures de ce mardi 15 avril 2025. Selon des témoignages recueillis, des groupes armés, équipés d’armes lourdes, de motos et de véhicules, ont été signalés dès 2h du matin dans le village Amkroumaï, à environ 35 km de la ville, en provenance d’Amdafock. Ces hommes, dont l’identité reste incertaine : rebelles soudanais, centrafricains ou simples bandits, se rapprochent progressivement, encerclant Birao et provoquant une vague de panique parmi la population.
Face à cette menace imminente, les habitants adoptent des comportements dictés par la peur. Certains tentent de fuir discrètement, tandis que d’autres se terrent dans des cachettes de fortune. La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), présente dans la ville, a intensifié ses patrouilles pour sécuriser la ville et rassurer la population. Des renforts ont été déployés dans les quartiers stratégiques, mais l’incertitude domine toujours, alimentée par le manque d’informations précises sur les intentions des assaillants.
Un incident troublant a par ailleurs marqué la matinée. Un soldat des Forces armées centrafricaines (FACA), apprenant l’arrivée potentielle des groupes armés, s’est blessé par balle avec sa propre arme. Les circonstances exactes de cet acte restent floues, mais des rumeurs expliquent qu’il aurait agi sous le coup de la panique, provoquant des moqueries parmi certains habitants. Cet événement, bien que marginal, illustre le climat de tension extrême qui paralyse Birao.
Pour l’heure, la situation reste volatile. Les autorités locales et la MINUSCA appellent au calme, tout en surveillant de près l’évolution des mouvements des groupes armés. La population, quant à elle, retient son souffle, dans l’attente de nouvelles précisions sur cette menace qui plane sur Birao….
Monsieur Touadéra, écoutez le pasteur Talingano avant qu’il ne soit trop tard
Centrafrique.org/centrafrique-faustin-archange-touadera-en-route-pour-un-troisieme-mandat/sani-yalo/” rel=”attachment wp-att-88789″ data-wpel-link=”internal”>De gauche à droite : Sani Yalo et Faustin Archange Touadera tenant le chèque en carton de 15 000 000 FCFA donné par le premier au dernier pour la caution de sa candidature à l’élection présidentielle de décembre 2025.
Le 30 mars dernier, lors des neuf ans de votre troisième mandat, la pluie a dévasté le pays, inondant les quartiers. Vous avez préféré célébrer au stade 20 000 places, ignorant la souffrance du peuple centrafricain. Pasteur Talingano pense que vous jouez un jeu dangereux, et pour toi, et pour la nation de votre cousin.
Faustin-Archange Touadéra, vous vous accrochez au pouvoir comme si c’était votre dû, mais le pasteur Talingano a raison : vous jouez un jeu dangereux. Dans son discours brûlant de vérité, il vous met face à vos promesses non tenues. “Excellences, vous avez dit que vous ferez deux mandats seulement. Honorez votre parole”, vous lance-t-il. Mais où est cette parole aujourd’hui ? Enterrée sous vos ambitions de troisième mandat, piétinée par votre refus de libérer le peuple centrafricain que vous tenez en otage.
Le pasteur Talingano ne mâche pas ses mots, et il a bien raison. “Ne prenez pas ce risque, mon bien aimé frère, Faustin-Archange Touadera“, vous avertit-il. Ce n’est pas une gentillesse, c’est un cri d’alarme. Vous vous entêtez, comme Pharaon face à Moïse, et regardez où ça l’a mené : englouti par sa propre arrogance.Talingano vous tend une porte de sortie : “tenez la main de la miséricorde de Dieu”, mais vous préférez serrer les chaînes du pouvoir. Grossière erreur. “Laisse partir le peuple”, répète-t-il, et c’est un ordre que vous feriez mieux d’écouter.
Ce qui rend les paroles du pasteur Talingano si puissantes, c’est qu’il ne parle pas en l’air. Il pointe du doigt des signes que vous, Touadéra, refusez de voir. Ce vent qui a arraché les toitures et les arbres quand le corps de l’ancien Président David Dacko revenait de Yaoundé à Bangui, cette pluie qui a frappé comme un “coup d’État “, le 30 mars 2025 à Bangui et ailleurs, lors de votre discours sur le troisième mandat, ce n’est pas une coïncidence : “Le vent est l’armée de Dieu”, martèle Pasteur Talingano, et il a soufflé pour vous dépouiller. Vous croyez encore tenir les rênes ? Réveillez-vous : le pouvoir vous a glissé des mains, et vous ne voulez pas l’admettre.
Vous, Monsieur le Président, vous vous prenez pour un roc, mais même les États-Unis, avec leurs bombes, ne tiennent pas face au vent. Alors qui êtes-vous pour défier cette force ? Le pasteur Talingano vous le dit cash : “Vous ne pouvez pas contester aussi longtemps contre Dieu”. Votre entêtement ne fait que prolonger la souffrance d’un peuple qui mérite mieux que vos calculs égoïstes. “Si le peuple doit partir dans de l’eau, à votre place, moi, je dirai non, je renonce”, clame Pasteur Talingano. Et vous, Touadéra, quand direz-vous stop à votre projet du troisième mandat ?
Ce discours est une gifle que vous méritez. “Abdiquez, lâchez, laissez”, insiste le pasteur Talingano , et il parle au nom de tous ceux que vous étouffez. Vous n’êtes pas invincible, et ce vent qui a déjà frappé le 30 mars 2025 n’était pas un hasard, c’était un jugement. Le pasteur Talingano, avec son amour sincère pour les Centrafricains, vous conjure de libérer ce peuple. “Je vous aime”, dit-il même à vous, “toi des rats”, dans un élan de cœur qui dépasse votre froideur. Mais ne vous y trompez pas : cet amour n’excuse pas votre obstination.
Faustin-Archange Touadéra, le message est clair : le temps presse. Le pasteur Talingano vous a montré la sortie. Prenez-la, ou le vent qui a déjà frappé risque de tout emporter : vous y compris.“Laisse partir les Centrafricains”, ordonne-t-il. Alors, pour une fois, écoutez….
Abdoulaye Hissène : un héros du DDRR des groupes armés, maintenu toujours en prison, ses partisans demande sa libération
Centrafrique.org/rca-le-chef-rebelle-abdoulaye-hissen-patron-du-cnds-est-apercu-depuis-plusieurs-semaines-a-lhotel-ledger-plazza-a-bangui/le-chef-rebelle-abdoulaye-hissen/” rel=”attachment wp-att-42513″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/12/le-chef-rebelle-Abdoulaye-Hissen-450×431.jpg” alt=”Abdoulaye Hissène : un héros du DDRR des groupes armés, maintenu toujours en prison, ses partisans demande sa libération” width=”450″ height=”431″ />L’ancien chef rebelle, chef militaire du FPRC Abdoulaye Hissène
Ancien ministre et ancien chef militaire du FPRC, Abdoulaye Hissène a joué un rôle clé dans le désarmement des groupes armés au pays. Pourtant, il est aujourd’hui incarcéré, poursuivi par une justice que beaucoup accusent de servir des intérêts politiques plutôt que la vérité.
En Centrafrique, l’arrestation d’Abdoulaye Hissène, ancien chef rebelle et ex-ministre, continue de faire des vagues, plus d’un an après son interpellation par l’Office central pour la répression du banditisme (OCRB) à Bangui. Transféré à la Cour pénale spéciale (CPS) pour des accusations de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, son cas pose aujourd’hui de nombreuses questions. Ses partisans, mobilisés de la capitale jusqu’à Ndélé, dans la préfecture de Bamingui-Bangoran, crient à une injustice et exigent sa libération immédiate, dénonçant ce qu’ils décrivent comme une manipulation politique pure et simple.
Une arrestation aux contours flous
Arrêté il y a plus d’un an par l’unité de police de l’OCRB, Abdoulaye Hissène est aujourd’hui au cœur d’un dossier qui, selon certains observateurs, manque de clarté. Officiellement, il est poursuivi pour des faits graves, mais les détails concrets peinent à convaincre une partie de la population. Beaucoup y voient plutôt une rivalité politique, alimentée par des jeux de pouvoir au sommet de l’État. Les regards se tournent notamment vers le ministre d’État à la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, que beaucoup accusent d’être le principal artisan de cette affaire. Dans les provinces comme à Bangui, son nom revient sans cesse, pointé du doigt comme celui qui aurait tout manigancé.
Les proches d’AbdoulayeHissène, eux, vont plus loin. Pour eux, cette arrestation n’a rien à voir avec des crimes contre l’humanité. Ils estiment qu’en suivant la logique des accusations portées contre lui, une grande partie des anciens chefs rebelles – y compris ceux qui occupent aujourd’hui des postes au gouvernement – devraient aussi être derrière les barreaux. Le paradoxe est d’autant plus frappant qu’Abdoulaye Hissène est perçu comme l’un des rares à avoir réellement joué le jeu de la paix.
Un engagement massif dans le désarmement
Le programme de Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement (DDRR) est au cœur de cette histoire. Selon un document officiel datant de 2021 et consulté par la rédaction du CNC, le groupe armé dirigé par Abdoulaye Hissène avait déjà désarmé plus de 600 combattants, un chiffre impressionnant à l’époque. Et ce n’était qu’un début : en 2023, ce nombre aurait grimpé à près de 1 200, selon ses proches et des sources locales. Ces efforts placent son mouvement loin devant beaucoup d’autres groupes armés en termes de participation au processus de paix.
Pour mémoire, voici le classement des groupes armés ayant pris part au désarmement en 2021, d’après les données de la présidence de la République :
FPRC : 604 personnes
AB Mokom : 364 personnes
MPC : 315 personnes
UFR-F : 279 personnes
RPRC : 277 personnes
3R : 252 personnes
AB Ngaïssona : 209 personnes
RJ/Sayo : 171 personnes
Seleka Renovée : 145 personnes
RJ/Belanga : 128 personnes
UFR : 116 personnes
MLCJ : 87 personnes
FDPC : 76 personnes
UPC : 0 personne
En 2021, le FPRC dominait ce classement avec 604 démobilisés. Mais deux ans plus tard, en 2023, le groupe d’Abdoulaye Hissène aurait largement dépassé ce seuil, atteignant presque 1 200 combattants désarmés. Pourtant, pendant que lui croupit en prison, d’autres chefs rebelles, dont les groupes ont à peine désarmé 200 (RPRC de Djono Ahaba) ou moins de 100 éléments (MLCJ de Déya), occupent aujourd’hui des fauteuils ministériels – certains au Transport, d’autres à la Justice ou encore à l’Élevage.
Une justice à deux vitesses ?
Cette situation paradoxale alimente un sentiment d’incohérence. Comment expliquer qu’un homme ayant désarmé autant de combattants, avec des armes rendues en quantité, soit aujourd’hui traité comme un criminel, tandis que d’autres, impliqués dans des violences similaires voire pires, échappent aux poursuites ? L’exemple de Hassan Bouba, ministre de l’élevage, arrêté par la cour pénale spéciale puis libéré sous la pression des mercenaires russes du groupe Wagner avant de réintégrer le gouvernement jusqu’à ce jour, est souvent cité par les partisans d’Abdoulaye Hissène. Ces derniers demandent au président Touadéra de faire preuve de la même clémence envers leur leader.
À Bambari, par exemple, des affrontements impliquant des éléments de l’UPC, un groupe qui n’a désarmé personne selon les chiffres de 2021, ont marqué les esprits. Pourtant, des figures liées à ces violences circulent librement, parfois protégées par des interventions extérieures. Pendant ce temps, Abdoulaye Hissène reste enfermé, son sort suspendu à une CPS dont les décisions sont de plus en plus critiquées.
Une mobilisation croissante
De Bangui à Ndélé, la colère monte. Les soutiens d’Abdoulaye Hissène ne désarment pas et appellent à sa libération, dénonçant un acharnement organisé par le ministre de la Justice et une partie de l’entourage présidentiel. Pour eux, cette affaire n’est qu’un règlement de comptes déguisé en quête de justice. Et si les journaux locaux en parlent abondamment, le flou persiste sur les véritables raisons de son incarcération.
En attendant, l’histoire d’Abdoulaye Hissène reste un symbole émouvant : celui d’un homme qui, après avoir tendu la main à la paix, se retrouve pris dans un engrenage où la politique semble primer sur la vérité. Dans un pays où la réconciliation reste fragile, son cas pourrait bien laisser des traces durables….
Haute-Kotto : la présidente de l’OFCA de Ouadda-Maïkaga humiliée publiquement par le président de la jeunesse de Bria, la population de Ouadda en colère
L’entrée de la ville de Ouadda-Maïkaga, dans la préfecture de la Haute-Kotto. CopyrightCNC
Venue à Bria pour une formation, la présidente de l’OFCA de Ouadda-Maïkaga a été ciblée et humiliée au marché central de Bria par le président de la jeunesse, déclenchant la fureur des habitants de sa ville.
En effet, dans la sous-préfecture de Ouadda-Maïkaga, au nord de la République centrafricaine, une scène bouleversante a secoué la communauté. La présidente de l’Organisation des Femmes Centrafricaines (OFCA), qui travaille également comme comptable à la mairie de Ouadda-Maïkaga, s’était rendue à Bria, à 204 kilomètres de chez elle, pour participer à une formation. L’objectif était d’apprendre à mieux organiser la distribution de moustiquaires pour protéger les habitants contre le paludisme. Mais ce qui devait être une mission constructive s’est transformé en un épisode douloureux, marquant les esprits bien au-delà de Ouadda-Maïkaga.
Un affront inattendu au cœur du marché de Bria
Bria, une ville noyée dans la boue : Les commerçants sur la rue principale résistent malgré les conditions précaires. CopyrightCNC
Après avoir terminé sa formation à Bria, la présidente de l’OFCA a décidé de profiter de son passage en ville pour faire quelques achats au marché local. Elle cherchait des produits simples, comme du savon ou du sel, à ramener à Ouadda-Maïkaga pour son usage personnel. C’est là, au milieu des étals et des passants, qu’elle a croisé monsieur Mahamat, un papa mais qui se dit jeune. D’ailleurs il est le président de la jeunesse de Bria. Sans prévenir, il a abordée la Présidente de l’OFCA avec une colère froide, l’accusant d’avoir encouragé les habitants de Ouadda-Maïkaga à manifester contre lui. Les témoins décrivent une scène choquante : Mahamat , visiblement hors de lui, a forcé cette femme respectée à s’agenouiller devant lui en plein marché, la soumettant à une humiliation publique. Des badauds se sont arrêtés, certains murmurant leur incompréhension, d’autres tentant de comprendre ce qui se passait.
Pour la présidente de l’OFCA, cet acte a été un choc. Connue pour son dévouement à la cause des femmes et son rôle discret mais essentiel à la mairie, elle n’avait jamais anticipé une telle confrontation. De retour à Ouadda-Maïkaga, elle a partagé son histoire avec les habitants, décrivant non seulement l’humiliation, mais aussi son incompréhension face aux accusations portées contre elle. Son récit a immédiatement enflammé la ville, où la population, déjà frustrée par des défis quotidiens, a vu dans cet affront une attaque contre leur dignité collective.
Mairie de Ouadda-Maïkaga, actuellement laissée à l’abandon. CopyrightCNC
Une accusation fondée sur un malentendu
L’origine de la colère de Mahamat semble être un quiproquo, mais les détails révèlent une situation plus complexe. À Ouadda-Maïkaga, les habitants se mobilisent régulièrement pour dénoncer des conditions de vie difficiles. L’accès à l’eau potable est un problème majeur : les points d’eau fonctionnels sont rares, obligeant beaucoup à parcourir de longues distances dans la brousse pour des besoins de base. Le bâtiment de la gendarmerie, censé assurer la sécurité, est dans un état de ruine et non fonctionnel. Aucun hôpital digne de ce nom n’existe dans la ville, laissant les habitants démunis face aux urgences médicales. Le sous-préfet aussi n’a pas un bureau. Pire encore, certains militaires détachés dans la ville sont accusés de brutalités contre les civils, ajoutant à un climat de méfiance. Ces griefs ont poussé la population à manifester à plusieurs reprises, parfois devant les bureaux de la Minusca, la mission des Nations unies en Centrafrique, pour exiger des améliorations concrètes.
Rien dans ces revendications ne concerne directement monsieur Mahamat ou ses activités à Bria. Pourtant, il a cru que les manifestations de Ouadda-Maïkaga étaient dirigées contre lui, plus précisément contre un marché qu’il aurait obtenu via la Minusca pour construire quatre forages dans la ville de Ouadda-Maïkaga. Ce projet, s’il avait été réalisé, aurait pu transformer la vie des habitants en facilitant l’accès à l’eau. Mais à ce jour, aucun forage n’a vu le jour. Les habitants de Ouadda-Maïkaga n’étaient même pas au courant de ce contrat avant l’incident au marché. Pour eux, les protestations portaient sur des besoins bien plus larges et urgents, loin des spéculations de Mahamat, Président de la jeunesse de Bria.
Des vérifications ont permis de mieux comprendre le contexte. La Minusca aurait attribué ce marché à ce vieux-jeune, ou à une entité qu’il représente, sans apparemment consulter les autorités de Ouadda-Maïkaga ni informer la population. Ce manque de communication a créé un vide, dans lequel Mahamat a projeté ses propres inquiétudes, croyant à tort que la présidente de l’OFCA avait organisé une campagne contre lui. En réalité, elle n’avait aucun rôle dans ces manifestations, et son voyage à Bria était uniquement lié à sa formation.
Une ville en ébullition
Mais le samedi 12 avril 2025, Ouadda-Maïkaga était en proie à une colère palpable. L’humiliation subie par la présidente de l’OFCA a été perçue comme une insulte à toute la communauté. Les habitants se sont rassemblés pour exprimer leur indignation, interpellant le sous-préfet afin qu’il rende des comptes sur cet incident et sur les problèmes plus larges qui minent la ville. Ils ont aussi exigé des explications de la Minusca, pointée du doigt pour son opacité. Pourquoi un projet aussi vital que celui des forages a-t-il été attribué sans concertation ? Pourquoi la population n’a-t-elle jamais vu l’ombre d’un progrès ? Ces questions, restées sans réponse, ont amplifié la frustration.
L’incident a mis à jour un fossé béant entre les attentes des habitants et les actions des institutions, qu’elles soient locales ou internationales. À Ouadda-Maïkaga, les gens ne demandent pas seulement de l’eau, des soins ou de la sécurité ; ils veulent être entendus, respectés, et associés aux décisions qui les concernent. L’humiliation de leur représentante à Bria a cristallisé ces aspirations, transformant un affront personnel en un cri collectif pour la dignité.
Une excuse publique
Pour les habitants de Ouadda-Maïkaga, cet épisode ne peut pas être balayé d’un revers de main. Ils exigent des excuses publiques de Mahamat pour son geste, ainsi qu’une enquête pour comprendre comment une telle altercation a pu se produire. Ils demandent également à la Minusca de faire toute la lumière sur le marché des forages : qui en a bénéficié ? Pourquoi n’y a-t-il eu aucun résultat ? Et surtout, comment s’assurer que les projets futurs serviront réellement la population ? Pourquoi ne pas donner ce marché à une personne à Ouadda ?
L’humiliation de la présidente de l’OFCA est un coup dur, mais elle pourrait aussi marquer un tournant. À Ouadda-Maïkaga, les habitants voient en elle une figure de résilience, une femme qui, malgré l’épreuve, continue de porter leur voix. Ils espèrent que cet incident poussera les autorités et les partenaires internationaux à ouvrir un dialogue sincère, où les besoins de la communauté seront enfin pris au sérieux. En attendant, la colère reste vive, mais elle s’accompagne d’une détermination à obtenir justice et à bâtir un avenir meilleur….
Pour des nombreux enseignants centrafricains : l’intégration dans la fonction publique rime avec le calvaire et la souffrance
Centrafrique.org/la-nomination-de-mohamadou-bello-saidou-comme-porte-parole-de-la-cpc-ravive-le-debat-sur-la-situation-securitaire-en-rca/le-transfuge-politique-aurelien-simplice-zingas/” rel=”attachment wp-att-64212″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/04/le-transfuge-politique-aurelien-simplice-zingas-450×400.jpg” alt=”Pour des nombreux enseignants centrafricains : l’intégration dans la fonction publique rime avec le calvaire et la souffrance ” width=”450″ height=”400″ />Le transfuge politique Simplice Aurélien Simplice Zingas ,
Formés pour éduquer, intégrés pour servir, les enseignants centrafricains, après leur intégration dans la fonction publique, sont envoyés au bout du pays sans rien. Ces affectations, loin d’être un tremplin, deviennent une sentence qui étouffe leurs ambitions.
En République centrafricaine, l’intégration des enseignants dans la fonction publique, censée être une étape vers la stabilité et la reconnaissance professionnelle, tourne au cauchemar pour beaucoup. Depuis quelques mois, des vagues d’intégrations ont lieu, notamment pour les enseignants formés dans des institutions comme l’École Normale des Instituteurs (ENI) de Bambari, dans la préfecture de la Ouaka, ou l’École Normale Supérieure (ENES) de Bangui. Ces professionnels, souvent des maîtres d’école ou des professeurs de collège et lycée, ont patienté des années pour décrocher ce sésame. Mais une fois intégrés, ils se retrouvent jetés dans des conditions qui frôlent l’absurde, voire l’indigne. Loin d’être une opportunité, cette intégration ressemble à une punition, un exil forcé dans des villes de province sans le moindre soutien. Et les citoyens centrafricains se demandent : est-ce vraiment une intégration ou un envoi à l’abattoir ?
Une affectation sans moyens
Prenons le cas typique d’un enseignant fraîchement intégré. Après des années de formation à l’ENI de Bambari ou à l’ENES de Bangui, beaucoup ont dû se débrouiller en attendant leur intégration. Certains ont enseigné dans des écoles privées, parfois pendant des années, pour subvenir à leurs besoins. Avec ce travail, ils ont construit une vie : une maison, des meubles, un minimum de confort pour eux et leurs familles. Puis arrive l’intégration dans la fonction publique, avec la promesse implicite d’une sécurité d’emploi, d’un salaire régulier, d’une certaine dignité. Mais la réalité frappe vite et fort : une affectation immédiate dans une ville comme Birao, à plus de 1 100 kilomètres de Bangui, ou Obo, dans l’extrême est du pays, sans un centime de frais d’installation, sans prise en charge du transport, sans rien.
Imaginez la situation. Un enseignant qui a économisé pour acheter une moto ou quelques meubles doit tout vendre à la hâte, souvent à perte, pour payer un billet de transport – quand il y a un moyen de transport disponible, ce qui n’est pas garanti dans un pays où les routes sont défoncées et les liaisons aléatoires. Arrivé sur place, il faut louer une maison, acheter de quoi manger, s’installer dans un environnement inconnu, parfois hostile, où les conditions de vie sont rudes. Et tout ça avec quoi ? Rien. L’État ne donne rien. Pas un franc pour aider à poser ses valises, pas un sou pour amortir le choc. L’enseignant doit se débrouiller seul, comme si son intégration était une faveur de l’État qu’il devait payer tout de sa poche.
Pire encore, une fois sur place, il faut officialiser sa prise de fonction. Cela signifie récupérer des documents, les faire valider, puis retourner à Bangui pour finaliser les démarches administratives et espérer un jour toucher un salaire. À ses frais, bien sûr. Aller-retour, des centaines de kilomètres, des jours de voyage dans des conditions épuisantes, tout ça pour un salaire qui, de toute façon, ne viendra pas tout de suite. Parce que dans les villes de province, il n’y a pas de banques, pas de guichets, rien. Le salaire, quand il est versé, reste à Bangui. Alors, chaque mois, l’enseignant doit refaire le trajet, dépenser encore, pour récupérer ce qui lui est dû. Et s’il a une famille ? Des enfants à nourrir ? C’est une équation impossible.
L’État centrafricain : une machine qui écrase ses propres fonctionnaires
Comment un gouvernement peut-il fonctionner ainsi ? Comment peut-on affecter des gens à des postes aussi éloignés, dans des zones où l’insécurité règne souvent, sans leur donner les moyens d’y aller, de s’installer, de vivre ? C’est une aberration. Dans n’importe quel pays qui se respecte, intégrer la fonction publique est une chance, une garantie de stabilité. En Centrafrique, c’est un piège. On te nomme, on t’envoie au bout du monde, et après, débrouille-toi. Si tu n’as pas travaillé avant, si tu n’as pas de savings, pas de famille pour t’aider, tu fais comment ? Tu vends quoi ? Tu empruntes à qui ? Tu manges quoi en attendant un salaire qui peut mettre des mois à arriver ?
Et ne parlons même pas des conditions de travail une fois sur place. Dans ces villes de province, les écoles manquent de tout : pas de tables, pas de chaises, pas de manuels, parfois même pas de toit. Les enseignants, déjà abandonnés financièrement, doivent en plus faire face à un système éducatif en ruines. Ils deviennent des héros malgré eux, ou plutôt des victimes d’un État qui ne sait pas – ou ne veut pas – prendre soin de ses propres agents.
La “tension de trésorerie” : une excuse qui ne tient plus
Quand on demande des explications, la réponse est toujours la même : “Il y a une tension de trésorerie“. C’est l’excuse passe-partout, le refrain qu’on sert aux fonctionnaires, aux citoyens, à tous ceux qui osent poser des questions. Mais cette tension de trésorerie, elle est où exactement ? Parce que pendant ce temps, le président et ses ministres voyagent à tour de bras. On parle de 500 à 700 millions de francs CFA par déplacement, des chiffres qui donnent le vertige dans un pays où un enseignant doit vendre sa moto pour payer un billet de bus. Les officiels se soignent à l’étranger, paradent dans des hôtels de luxe, pendant que les enseignants intégrés crèvent la faim dans des villages perdus. Quelle est cette tension de trésorerie qui bloque les frais d’installation de quelques milliers de francs CFA, mais laisse couler des centaines de millions pour des voyages inutiles ?
C’est un scandale. Un pays qui ne peut pas payer le transport de ses fonctionnaires, qui ne peut pas leur donner de quoi s’installer, qui les laisse livrés à eux-mêmes dans des zones où même les routes sont un luxe, ce pays ne mérite pas d’être appelé un État. C’est une coquille vide, une machine qui tourne à l’envers, avec la tête en bas et les pieds en l’air, comme si tout était fait pour humilier ceux qui veulent servir.
Une réalité qui dépasse les enseignants
Ce n’est pas juste une question d’enseignants maltraités. C’est le symptôme d’un mal plus profond. La République centrafricaine est un pays riche en ressources : diamants, or, uranium, bois, mais incapable de prendre en charge ses citoyens. Les groupes armés pillent, les élites s’enrichissent, et pendant ce temps, les fonctionnaires, ceux qui devraient être le socle de la nation, sont laissés pour compte. On affecte des gens dans des zones où l’insécurité est omniprésente, où les rebelles et les bandits font la loi, sans leur donner ne serait-ce qu’une chance de s’en sortir. C’est criminel.
Et les citoyens le voient bien. Ils ne sont pas dupes. Quand ils disent que la fonction publique, c’est un abattoir, ils ont raison. On envoie des gens au casse-pipe, sans moyens, sans protection, sans respect. Les enseignants intégrés ne sont pas les seuls à souffrir : c’est toute la population qui paie le prix d’un État dysfonctionnel. Les écoles ferment faute de professeurs, les enfants grandissent sans éducation, et le cycle de la misère continue.
Que faire ? Un cri d’urgence
Il faut que ça change. Le gouvernement doit arrêter de jouer avec la vie des gens. Si on intègre des enseignants, on leur donne les moyens de travailler : des frais d’installation décents, une prise en charge du transport, un salaire versé à temps et sur place. On ne peut pas continuer à balancer des excuses bidon sur la trésorerie pendant que les caisses se vident pour des voyages officiels. Il faut des priorités claires : investir dans l’éducation, dans les fonctionnaires, dans ceux qui tiennent le pays debout. Sinon, à quoi bon parler de reconstruction, de paix, de développement ? Tout ça, c’est du vent si les bases ne tiennent pas.
La République centrafricaine ne peut pas se permettre de traiter ses enseignants comme des pions qu’on déplace sans réfléchir. Ce sont des hommes et des femmes qui ont étudié, qui se sont battus pour un avenir meilleur, pour eux et pour leurs élèves. Les abandonner, c’est abandonner le pays tout entier. Et ça, c’est une honte que plus personne ne devrait accepter….
Pour Bertrand Arthur Piri : “Bangui brille des routes bitumées, et un rêve devenu réalité sous Touadéra
Centrafrique.org/centrafrique-comment-mafia-libanaise-infiltre-travaux-publics/travaux-de-bitumage-des-rues-et-avenues-de-bangui-la-capitale-en-cette-fin-du-21e-siecle/” rel=”attachment wp-att-58975″ data-wpel-link=”internal”>Travaux de bitumage des rues et avenues de Bangui la capitale en cette fin du 21e siecle
Bertrand Arthur Piri, cadre du Mouvement Cœurs unis, a osé sortir une énormité dans son interview à la radio Ndéké-Luka : « Bangui bitumée : un rêve devenu réalité sous Touadéra ». Neuf ans après l’arrivée de Touadéra, il vend ce mensonge éhonté comme une vérité éclatante. Mais à Bangui, on tombe du ciel devant tant de mythomanie de ce parrain mafieux.
Ce type, Bertrand Arthur Piri, oncle du Président, raconte sa vie avec un culot qui dépasse l’entendement. « Bangui bitumée » ? Où ça ? À part gratter le sol sur une portion de l’avenue Boganda , verser un peu de goudron avec des seaux et saupoudrer de latérite pour faire un peu de semblant. Mais en réalité, rien n’a été fait. Deux jours de pluie, et tout disparaît, comme si rien n’avait bougé. Ces soi-disant routes, c’est du bricolage de dernière minute, lancé en 2024 – 2025 parce que les élections approchent. Piri veut faire avaler ça comme une « transformation » glorieuse, mais c’est une blague pathétique pour tromper les gens et la communauté internationale.
Va te balader à Bangui aujourd’hui, et tu verras la vérité. De l’aéroport au centre-ville, du centre-ville au PK12, ou encore du centre-ville à Bimbo, c’est la merde totale : poussière partout, routes défoncées, saleté à perte de vue. Prends le croisement Omar Bongo, par exemple. En 2010, sous Bozizé, c’était propre, ça ressemblait à quelque chose. En 2025, sous Touadéra, c’est un dépotoir, un cauchemar de crasse et de désolation. La différence, c’est le jour et la nuit. Piri ose dire qu’avant 2016, il n’y avait rien et que maintenant, c’est mieux ? Il se fout de qui ? Avant, c’était plus vivable ; aujourd’hui, on dirait que la guerre a tout rasé, sauf que la guerre n’explique pas tout.
Un ami béninois , venu à Bangui en 2024, m’a ouvert les yeux lors d’un séjour à Cotonou. On faisait des courses, je zieutais un polo blanc, et là, il dit au vendeur : « Non, pas ça, c’est pas bon pour son pays. Là-bas, c’est la poussière partout, tu bouges, t’es couvert de terre ». Il avait raison. Il a vu Bangui de ses yeux : pas une route digne de ce nom, juste un nuage de poussière qui te colle à la peau. Piri parle de bitume ? Où est-il, ce bitume ? Dans ses rêves, peut-être, mais pas dans les rues.
Et ces travaux qu’il vante, c’est du pipeau. Ce qu’ils appellent « bitumage », c’est une couche fine arrosée sur deux ou trois rues, qui s’effrite au premier orage. Rien de solide, rien de sérieux. Ils prétendent avoir une centrale enrobée, mais où sont les kilomètres de routes promises ? Les avenues du centre, comme l’Indépendance ou les Martyrs, qu’il brandit comme des trophées ? Même là, c’est du rafistolage, pas du neuf, et encore, ça ne tient pas. En dehors de ces vitrines pour les officiels, le reste de Bangui, PK12, Boeing, Gobongo, Bimbo, Kassaï et autres croupit dans la boue et la misère. Les habitants galèrent, les chauffeurs jurent, les commerçants perdent leurs marchandises sur des pistes pourries. Un rêve devenu réalité ? Une honte devenue réalité, oui.
Piri ment en disant que c’est une première depuis l’indépendance. Sous Samba-Panza, en deux ans, des routes comme celles du centre-ville à Ouango ont été bitumées, et ça tenait mieux que les bricoles d’aujourd’hui. Les fonds saoudiens de l’époque, des milliards pour goudronner l’aéroport au centre-ville, où sont-ils passés ? Pas dans les routes, ça, c’est sûr. Sous Touadéra, on préfère balancer des fortunes à Wagner et aux Rwandais pour la « sécurité », pendant que la ville s’effondre. Reconstruire Bangui ? Rien, zéro, que dalle. Tout part en fumée, sauf dans les poches des mafieux du régime.
Ce mensonge, c’est pour berner ceux qui ne mettent jamais les pieds ici à Bangui. Les provinciaux, les étrangers, les diplomates qui gobent que « la guerre a tout détruit ». Non, c’est pas juste la guerre : c’est un régime qui fout rien, qui maquille sa nullité avec des déclarations bidon. Piri veut faire croire qu’avant, c’était pire, et que maintenant, c’est le paradis. Mais viens à Bangui en 2025, et tu te demandes si ce pays existe encore. La poussière, la saleté, le chaos : voilà le vrai visage de la « Bangui bitumée » de Piri, ou de la septième république. Un cauchemar, pas un rêve….
Touadera n’a pas le sens des responsabilités, je l’ai vu 12 fois, affirme Mouammar Bengué-Bossin
Centrafrique.org/lappel-audacieux-de-patricia-dounia-les-armes-comme-seule-solution-face-a-touadera/le-president-centrafricain-entrain-de-faire-la-priere-pour-son-regime/” rel=”attachment wp-att-65822″ data-wpel-link=”internal”>Le Président centrafricain Faustin Archange Touadera entrain de faire la prière pour son régime en faillite
Après neuf ans de présidence, Faustin Archange Touadera fait face à une vague de reproches en République centrafricaine. Dans Patara, le débat politique de la radio Ndéké-Luka, Mouammar Bengué-Bossin, leader du Front populaire Zo kwé Zo, a livré une critique cinglante, fondée sur ses rencontres directes avec le chef de l’État.
Mouammar Bengué-Bossin n’a pas mâché ses mots : “Il n’a pas le sens des responsabilités. Je l’ai rencontré en tête-à-tête au moins 12 fois. Vous savez de quoi je parle.” Cette accusation personnelle, lancée avec assurance, vise à souligner une incapacité fondamentale de Touadera à assumer son rôle. Pour lui, ces échanges répétés ont révélé un président défaillant, incapable de répondre aux défis du pays, notamment à l’approche des élections de décembre 2025.
Il a lié cette absence de responsabilité à des enjeux concrets, comme la question du troisième mandat : “Déjà, le fait de dire qu’il veut un troisième mandat, c’est source de crise”. Mouammar Bengué-Bossin a rappelé une promesse non tenue : “Il avait dit le centriste. Et là, le président a déjà annoncé qu’il acceptait le dialogue demandé par le BRDC.” Mais il a déploré l’inaction qui a suivi : “Nous attendions un décret pour convoquer ce dialogue de telle date à telle date. Il ne l’a pas fait. Il nous sort l’affaire des Dondra, c’est de la diversion”. Pour lui, ce manque de suivi montre un président qui esquive ses devoirs.
Mouammar Bengué-Bossin a aussi évoqué une rencontre spécifique pour illustrer son point : “La dernière fois que je l’ai vu en tête-à-tête, c’était le 23 mai 2019.” Lors de cet échange, il avait abordé l’exploitation du pétrole : “J’ai fait un dossier. Il a dit : ‘Quand je vais rétablir la sécurité, on va le faire.’ Depuis, on le présente aussi. Il ne peut pas, parce qu’il a peur de la France”. Cette anecdote renforce son accusation : Touadera, selon lui, manque de courage et de responsabilité face aux pressions extérieures, laissant les ressources inexploitées.
Il a élargi sa critique à la gestion électorale : “Le président de la République ne veut pas d’élections transparentes”. Pour Mouammar Bengué-Bossin, cette réticence à organiser un scrutin équitable est une preuve supplémentaire d’irresponsabilité, surtout dans un contexte tendu. “On n’est pas tombés de la dernière pluie,” a-t-il ajouté, suggérant que Touadera sous-estime la vigilance de ses opposants après neuf ans au pouvoir.
Face aux défenseurs du président, comme Abraham Ngotoboloum, qui ont vanté les progrès sécuritaires, Mouammar Bengué-Bossin a concédé : “Nous avons toujours reconnu que quand il est arrivé, c’était le chaos. Il a essayé de ramener une certaine sécurité.” Mais il a vite tempéré : “En matière de croissance économique, en matière de conditions de vie des populations, c’est un échec total.” Pour lui, la responsabilité ne se limite pas à la sécurité : un président doit agir sur tous les fronts, ce que Touadera, d’après ses 12 rencontres, n’a pas fait.
Mouammar Bengué-Bossin a conclu sur un ton grave : “S’il reste dans cette même tension jusqu’à décembre, il y a un risque de chaos parce que tout le monde a bien compris qu’il n’a pas le sens des responsabilités.” Ces mots, nourris par des années d’observation directe, dressent le portrait d’un leader qu’il juge indigne de la confiance placée en lui en 2016 et 2020….
Le vendredi dernier, la MINUSCA a organisé une cérémonie au siège de sa mission à Bangui pour marquer le 31ᵉ anniversaire du génocide des Tutsis au Rwanda. Hommages vibrants, discours émouvants, appels à la vigilance : tout y était. Mais dans une République centrafricaine où les discours de haine prospèrent, souvent portés par les plus hautes sphères du pouvoir, on peut se demander si ces commémorations ne sont qu’une façade pour cacher l’inaction face à une dérive inquiétante. La Centrafrique serait-elle en train de devenir un “petit Rwanda”, comme certains le murmurent, où l’on célèbre la mémoire des victimes tout en fermant les yeux sur les germes de la violence ?
Un discours, mais à qui s’adresse-t-il vraiment ?
Valentine Rugwabiza, cheffe de la MINUSCA, a livré un plaidoyer poignant, saluant le courage des survivants rwandais et appelant à “rejeter la haine et la stigmatisation”. Des mots justes, mais qui sonnent creux quand on observe le contexte centrafricain. Pendant que la MINUSCA exhorte la société civile à la réconciliation, les autorités du pays, assises au premier rang de la cérémonie, échappent curieusement à toute critique directe. Pourtant, ce sont elles qui, trop souvent, attisent les flammes de la division.
Prenons un exemple concret : il y a deux ans, Fidèle Gouandjika, ministre-conseiller du président Touadéra, déclarait publiquement sur les réseaux sociaux en direct que toute tentative de coup d’État entraînerait un “génocide”, avec des menaces explicites contre les diplomates et les civils. Des propos d’une gravité extrême, qui n’ont suscité ni sanction, ni réprobation officielle. Pas un mot de la MINUSCA à ce sujet. Pas un doigt levé pour rappeler que de tels discours sont le terreau des tragédies comme celle du Rwanda en 1994. Pourquoi ce silence ? Pourquoi cette complaisance face à des déclarations qui devraient alarmer une mission onusienne dédiée à la prévention des conflits ?
La haine, une affaire d’État ?
En Centrafrique, les appels à la violence ne se limitent pas à une seule voix. Des figures du régime, des relais médiatiques proches du pouvoir, et même certains griots n’hésitent pas à brandir la rhétorique de la peur et de la répression. On parle de “broyer les tibias” de ceux qui osent manifester pour réclamer de l’eau, de l’électricité ou simplement le droit de vivre dignement. Ces mots ne viennent pas de la rue, mais de cercles influents, de ceux qui détiennent les rênes du pays. Et que fait la MINUSCA ? Elle organise des séminaires sur la cohésion sociale, distribue des messages génériques contre la haine, et évite soigneusement de pointer du doigt les véritables responsables.
La cérémonie de la semaine dernière a mis en lumière cette hypocrisie. Pendant que des survivants rwandais partageaient leurs récits déchirants, rappelant comment des mots ont conduit à des massacres, les officiels centrafricains présents hochaient la tête, applaudissaient, puis rentraient chez eux sans jamais être interpellés sur leurs propres dérives. La MINUSCA parle de prévention, mais où est la fermeté face à un pouvoir qui tolère, voire encourage, des discours toxiques ? Où est l’appel clair à la responsabilité des élites, qui devraient donner l’exemple plutôt que de jouer avec le feu ?
Un parallèle troublant avec le Rwanda
Le parallèle avec le Rwanda n’est pas anodin. En 1994, ce ne sont pas seulement des machettes qui ont tué plus d’un million de personnes en trois mois. Ce sont des années de propagande, de discours banalisant la violence, et d’une communauté internationale qui a détourné le regard. En Centrafrique, les ingrédients sont là : une population fragilisée par des années de crise, des tensions communautaires exacerbées, et des leaders qui, au lieu d’apaiser, choisissent parfois de diviser pour mieux régner.Quand un ministre menace de “tuer tout le monde” sans conséquence, quand des appels à la répression violente deviennent monnaie courante, comment ne pas voir les signaux d’alarme ?
La MINUSCA insiste sur le rôle des éducateurs et des médias dans la lutte contre la haine. C’est louable, mais c’est aussi détourner l’attention du cœur du problème. Ce ne sont pas les enseignants ou les journalistes de base qui fixent le ton du débat public. Ce sont les dirigeants, les conseillers, les décideurs. Si la mission onusienne veut être crédible, elle doit cesser de ménager les puissants et nommer les choses : les discours de haine en Centrafrique ne sont pas un vague phénomène populaire, ils sont souvent organisés , tolérés, ou amplifiés par ceux qui devraient être les premiers garants de la paix.
Et maintenant ?
Commémorer le génocide rwandais est essentiel, mais cela ne peut se limiter à des bougies et des discours. En Centrafrique, la mémoire des victimes devrait être un électrochoc, un rappel que la tragédie n’est jamais loin quand on laisse la haine s’installer. La MINUSCA a les moyens de faire plus : elle pourrait exiger des comptes, publiquement dénoncer les dérives, et mettre la pression sur un gouvernement qui, pour l’instant, semble trop à l’aise dans l’ambiguïté.
Tant que les responsables des discours incendiaires, qu’ils soient ministres, conseillers ou relais du pouvoir, ne seront pas confrontés à leurs paroles, les belles intentions de la MINUSCA resteront des vœux pieux. La Centrafrique n’est pas encore un Rwanda, mais ignorer les signaux, c’est jouer avec l’histoire. Et l’histoire, elle, ne pardonne pas l’aveuglement….
Le PRNC condamne les violences contre les civils à Gomio et exige des comptes
Centrafrique.org/crimes-contre-lhumanite-la-video-qui-accable-larmee-centrafricaine/une-jeune-fille-orpailleuse-passee-a-tabac-a-son-tour/” rel=”attachment wp-att-88986″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/04/Une-jeune-fille-orpailleuse-passee-a-tabac-a-son-tour-450×436.jpg” alt=”Centrafrique : L’affaire des crimes des soldats FACA à Zawa fait au moins deux morts, l’état-major en panique” width=”450″ height=”436″ />Capture d’écran de la vidéo sur Une jeune fille orpailleuse passée à tabac à son tour par un Soldat FACA
Une vidéo, publiée dans la nuit du 8 au 9 avril sur les réseaux sociaux, a jeté une lumière sur des actes de violence commis par des militaires contre des civils sur le site minier de Gomio, à 10 km de Yaloké, sur l’axe de Zawa, à environ 235 km de Bangui. Les images, montrant des hommes, des femmes, y compris des femmes enceintes, et des mères d’enfants frappés à coups de chicote, ont provoqué une vague d’indignation à travers le pays. Face à cette situation, le Parti pour le Rassemblement de la Nation Centrafricaine (PRNC) a publié un communiqué officiel, dénonçant avec force ce qu’il qualifie de « violences barbares » et appelant à des mesures immédiates.
Dans son communiqué, le PRNC exprime une condamnation sans équivoque des exactions commises. Le parti pointe du doigt la responsabilité directe des autorités militaires, accusant le chef d’état-major des armées, le général d’armée Zéphirin Mamadou de complicité dans ces actes. Plus encore, il met en cause le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, pour son inaction face à ces abus. Le PRNC ne se contente pas de dénoncer : il formule des demandes claires et ambitieuses, à commencer par la démission immédiate du chef d’état-major. Le parti appelle également à l’ouverture d’une enquête internationale pour faire toute la lumière sur ces événements et identifier les responsables à tous les niveaux.
Au-delà des investigations, le PRNC insiste sur la nécessité de sanctions ciblées contre les auteurs et commanditaires de ces violences. Il envoie un message fort à la population centrafricaine, l’exhortant à se mobiliser pour défendre la dignité et les droits fondamentaux de chaque citoyen. « Ces actes ne peuvent rester impunis », martèle le communiqué, signé par le Bureau politique du PRNC à Bangui.
Cette prise de position intervient dans un contexte de colère généralisée. La vidéo de Gomio a galvanisé plusieurs organisations de la société civile, des associations et des formations politiques, y compris des femmes parlementaires, qui ont exprimé leur révolte face à ces abus. Si l’état-major des forces armées centrafricaines a tenté de calmer les esprits en publiant un communiqué affirmant que l’unité militaire impliquée a été remplacée et que des responsables ont été sanctionnés, ces annonces peinent à convaincre. Pour beaucoup, elles sonnent comme une tentative de limiter les dégâts sans véritable volonté de justice.
Le PRNC, par son communiqué, se pose en porte-voix d’une population excédée par les abus répétés dans les zones minières et au-delà. En réclamant une mobilisation générale, le parti entend maintenir la pression sur les autorités pour que des mesures concrètes soient prises. Cette affaire, loin d’être une exception, ravive le débat sur la gouvernance, la sécurité et le respect des droits humains en Centrafrique….
Réinsertion des femmes détenues à Bimbo : La Minusca mise sur la formation
Centrafrique.org/19178-2/femmes-sorcieres-de-bimbo-afp/” rel=”attachment wp-att-19179″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/02/femmes-sorcières-de-Bimbo-afp-300×200.jpg” alt=”Réinsertion des femmes détenues à Bimbo” width=”300″ height=”200″ />Les femmes détenues de la prison de Bimboo
À la prison de Bimbo, sortie sud-ouest de Bangui, la MINUSCA forme des femmes détenues à des métiers et sensibilise sur leurs droits. Objectif : leur offrir des outils pour une réinsertion réussie après la détention.
Préparer l’avenir dès la prison
À l’occasion d’un atelier organisé pour la Journée internationale des femmes (célébrée en différé), la MINUSCA a investi la maison d’arrêt de Bimbo. Cette initiative vise à briser le cycle de la récidive en préparant les détenues à leur sortie.
La réinsertion commence derrière les barreaux”, insiste Leyla Ben Othman, officier pénitentiaire de la MINUSCA. “Ces femmes doivent acquérir des compétences et garder espoir pour reconstruire leur vie“.
Des métiers pour reprendre confiance
Les détenues ont appris des savoir-faire concrets :
– Couture : confection de vêtements et accessoires
– Fabrication de jus et confitures : production artisanale
– Cordonnerie : création de chaussures
“Je ne savais rien faire avant. Aujourd’hui, je peux nourrir mes enfants à ma sortie“, témoigne une participante anonyme, émue.
Droits, famille et avenir
L’atelier a aussi mis l’accent sur :
✔ Les droits fondamentaux : accès à la santé, justice équitable
✔ Les liens familiaux : importance des visites pour l’ancrage social
✔ La préparation mentale : anticiper la vie après la prison
Des supports pédagogiques ont été distribués, et la MINUSCA promet un suivi post-libération.
Un engagement durable
Ce projet s’inscrit dans une action globale de la MINUSCA :
🔹 Amélioration des prisons
🔹 Formation des gardiens
🔹 Soutien juridique aux plus vulnérables
“Avec les autorités centrafricaines, nous humanisons les prisons et redonnons dignité aux détenues”, affirme le colonel Balthazar Ndimberé.
Rappelons que ces formations rallument l’espoir, mais les défis restent nombreux : prisons surpeuplées, manque de moyens, stigmatisation. Prochain objectif : élargir le programme aux centres pour mineurs….
Le ministre du Commerce a convié les associations de consommateurs pour discuter de la hausse vertigineuse des prix des produits de première nécessité. Mais cette initiative, présentée comme une réponse à la crise, semble contourner les causes profondes du mal qui ronge le pouvoir d’achat des Centrafricains.
Une réunion pour apaiser les tensions, mais jusqu’où ?
Mercredi dernier, Thierry Patrick Akoloza, ministre centrafricain du Commerce, a organisé une rencontre avec les représentants des associations de consommateurs à Bangui. L’objectif affiché : calmer l’inquiétude face à l’envolée des prix du riz, de l’huile ou encore des produits surgelés. Mais peut-on sérieusement croire qu’une simple discussion suffira à renverser une tendance qui s’enracine dans des problèmes structurels bien plus graves ?
Cette initiative, bien qu’habilement médiatisée, donne l’impression d’un pansement sur une plaie béante. La flambée des prix ne trouve pas son origine dans les étals des marchés, mais dans un enchaînement de facteurs que le ministère semble soigneusement éviter d’aborder.
Un comité permanent : solution ou écran de fumée ?
La création d’un comité de concertation permanente, réunissant le ministère, les associations et d’autres secteurs comme les transports ou les finances, est annoncée lors de la réunion comme une avancée. Ce comité devra veiller au respect des prix homologués, contrôler la qualité des produits et sensibiliser les citoyens. Mais comment imaginer qu’un tel dispositif puisse fonctionner efficacement quand les véritables leviers de la crise restent intouchés ?
Le prix des carburants, par exemple, a doublé, entraînant une hausse inévitable des coûts de transport. Les commerçants, écrasés par ces frais, répercutent logiquement l’augmentation sur les produits. Pourtant, le ministère du Commerce reste muet sur cette réalité, préférant se concentrer sur des mesures cosmétiques comme le contrôle des prix. Est-ce vraiment sérieux de demander aux commerçants de vendre à perte, alors qu’ils subissent eux-mêmes les conséquences d’un système défaillant ?
Des annonces qui laissent perplexe
Le ministre a vanté l’action de la brigade de veille économique et d’une ligne verte pour signaler les abus. Mais combien de Centrafricains ont réellement accès à cette ligne ? Et quelle est l’efficacité de cette brigade face à des dynamiques économiques aussi complexes ? L’annonce d’un futur laboratoire agroalimentaire, soutenu par la FAO et la Banque mondiale, semble ambitieuse, mais son horizon lointain rend son impact immédiat douteux. Quant à la rencontre promise avec les vendeuses de produits congelés, elle ressemble davantage à une tentative de calmer les esprits qu’à une solution concrète.
Les vraies causes ignorées : taxes et barrières routières
Ce que cette réunion omet de reconnaître, c’est le poids écrasant des taxes et des barrières routières. Les transporteurs, confrontés à des postes de contrôle tenus par gendarmes, policiers ou autres forces, doivent s’acquitter de frais informels à chaque étape. Ces coûts, pudiquement appelés « formalités », s’ajoutent aux taxes officielles et alourdissent la facture finale. Comment un commerçant, arrivé à Bangui après un tel parcours, pourrait-il vendre à un « prix normal » ?
Exiger des commerçants qu’ils absorbent ces pertes revient à nier la réalité de leur quotidien. Ces frais ne disparaissent pas par magie ; ils sont répercutés sur le consommateur, et c’est précisément ce que le ministère refuse d’admettre. Plutôt que de s’attaquer à ces pratiques qui gangrènent la chaîne d’approvisionnement, le gouvernement préfère brandir des mesures superficielles, comme si le problème se limitait à une poignée de commerçants véreux.
Les associations entre espoir et prudence
Ali Rokobisinghe, de la Plateforme des associations de consommateurs, s’est dit « optimiste », saluant un dialogue renoué avec le ministère. Mais cet optimisme semble fragile face à l’ampleur du défi. Les associations savent-elles vraiment à quoi s’attendre ? Sans un engagement clair pour s’attaquer aux causes profondes – comme la cherté des carburants ou les barrières routières –, ce comité risque de n’être qu’un espace de discussion sans impact tangible.
Il y’a lieu de noter que cette rencontre entre le ministre et les associations de consommateurs ressemble à un exercice de communication bien organisé . Mais les Centrafricains ne demandent pas des promesses ou des comités ; ils veulent des marchés où les prix redeviennent abordables. Tant que le gouvernement évitera les véritables causes de la flambée : hausse des carburants, taxes routières, corruption, ces initiatives risquent de n’être qu’un mirage, loin de la réalité des étals. La réunion prévue avec les importateurs dira si le ministère est prêt à affronter ces défis ou s’il persistera dans une posture qui, pour l’heure, inspire plus de scepticisme que d’espoir….
CONTACTER CORBEAU NEWS CENTRAFRIQUE….
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Affaire Armel Sayo : Le Juge d’instruction Alain Tolmo Ordonne la Libération de 7 Présumés Arrêtés par l’OCRB, Mais le Ministre de la Justice Arnaud Djoubaye Abazène Conteste et Exige Leur Mise sous Mandat de Dépôt….
Monsieur Mahamat Abakar, ancien directeur de trésor, et son épouse Sallé, colonel de la douane centrafricaine
Dans l’affaire Armel Sayo, le juge d’instruction Alain Tolmo prononce la relaxe de sept accusés, dont Mahamat Abakar, faute de charges. Mais à la surprise de tout, le ministre de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène s’oppose, appelle le juge d’instruction au téléphone et lui exige leur placement sous mandat de dépôt….
En effet, L’affaire de l’ancien ministre et chef rebelle Armel Sayo, déclenchée par son arrestation le 17 janvier 2025 à l’aéroport de Douala, au Cameroun, a pris une ampleur inquiétante à Bangui. Ce jour-là, quelques heures après l’interpellation de l’ancien ministre Armel Sayo, sa sœur Clarisse Sayo, ministre conseillère à la primature, et son frère Aristide Sayo, gendarme, sont arrêtés dans le bureau du directeur général de la police national, situés à 100 mètres de l’Office central pour la répression du banditisme (OCRB). Ces interpellations, menées sans mandat ni motif clair, déclenche le début d’une série d’arrestations visant des cadres et des simples citoyens centrafricains, souvent sur des bases floues….
Parmi les personnes ciblées, plusieurs cadres du ministère des Finances se retrouvent dans le viseur des autorités. Le 11 mars 2025, Mahamat Abakar, ancien directeur général du Trésor public et coordinateur du projet Agir financé par la Banque mondiale, est arrêté dans son bureau sans qu’aucune explication ne lui soit fournie. Mais bien avant lui, certains cadres du ministère des finances sont arrêtés, dont monsieur Boris Toïma, autre cadre du ministère,. Yvon Tazou, ancien directeur de cabinet et ex-consul général à Lomé, est arrêté à son domicile par une unité lourdement armée, sur la base d’un soi-disant simple appel téléphonique avec Toïma. Germain Wamoustoyo, contrôleur général des finances à la retraite, est lui aussi appréhendé par l’OCRB à son domicile du quartier Fouh. Un autre cas est celui de Junior Poungolo, membre du parti présidentiel MCU et porte-parole du COCAFAT, rejoint la liste des détenus entre le 4 et le 5 février 2025, accusé d’avoir échangé avec Armel Sayo….
Ces arrestations, menées par l’OCRB, se déroulent dans des conditions opaques. Les accusés, souvent emmenés de force depuis leur domicile ou leur lieu de travail, ne reçoivent ni mandat d’arrêt ni notification des charges retenues contre eux. Les autorités évoquent une tentative de coup d’État, mais aucun élément concret ne semble étayer cette accusation. Les détenus passent des mois pour certains comme Mahamat Abakar, dans les locaux de l’OCRB, où ils subissent des interrogatoires prolongés….
Clarisse Sayo, ministre conseillère à la Primature
Le cas de Mahamat Abakar explique particulièrement les dérives de cette affaire. Lors de son interrogatoire, ce cadre supérieur des finances répète ne rien savoir des accusations portées contre lui.« Je ne connais rien, rien du tout », a-t-il déclaré aux enquêteurs. Ces derniers, de leur côté, maintiennent leur position et lui disent que son nom est cité à plusieurs reprises dans cette affaire, mais pourquoi ? Monsieur Abakar répond simplement qu’il est nécessaire de faire une confrontation avec la ou les personnes qui l’ont cité. Les enquêteurs, suite à la réponse de monsieur Mahamat Abakar, pointent alors Boris Toïma, également arrêté, comme étant celui qui aurait dénoncé Abakar. Une confrontation est organisée. Face à Abakar, Boris Toïma explose de colère et nie catégoriquement avoir cité son nom. Il explique que les enquêteurs lui ont fourni une liste de noms des personnes à lire à voix haute, parmi lesquels figurait celui de Mahamat Abakar….
« Vous m’avez donné une liste à lire à haute voix. Puis vous m’avez demandé de lire les noms cochés dans cette liste , et je ne faisais que lire ces noms seulement, c’est tout », a -t-il affirmé, ajoutant qu’il n’a jamais accusé personne. Cette révélation, heureusement consignée dans les procès verbaux des enquêteurs, dévoile aux yeux du monde une manipulation : les noms semblent avoir été imposés par la direction générale de la police, sans fondement. Donc ils citent des noms des personnes qu’ils veulent faire chuter, et c’est tout….
Après plusieurs semaines de détention, les dossiers de ces cadres sont transmis au parquet général du tribunal de grande instance de Bangui le lundi 7 avril 2025. L’enquête, selon des sources proches du dossier, ne contient aucune preuve solide. Le juge d’instruction examine les éléments et se prépare à auditionner chaque suspect le mardi 8 avril. Pendant ce temps, le mardi est passé, puis le mercrecdi. Le juge pense qu’il n’a rien à faire avec un tel dossier. Ainsi, il s’apprêtait à prendre une décision claire le vendredi 11 avril 2025 . Selon des sources proche du dossier, le juge comptait ordonner la libération de sept présumés, dont Mahamat Abakar, estimant qu’aucune charge ne justifie leur détention. Toutefois, pour quatre autres suspects, il recommande leur placement sous mandat de dépôt, afin de poursuivre l’instruction sur des points nécessitant des clarifications….
Cette décision, qui semblait mettre fin à une long dossier judiciaire controversé, est cependant stoppée net par une intervention inattendue. Le ministre de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, s’oppose à la libération des accusés et appelle le juge d’instruction au téléphone. Il propose alors au juge de placer tous les suspects au mandat de dépôt en attendant son retour du Cameroun.
Rappelons que le juge d’instruction est attendu à Yaoundé pour traiter une question liée à l’extradition d’Armel Sayo. Ainsi, le ministre Arnaud Djoubaye Abazène propose au juge que la question de la libération des suspects sera traitée dès son retour du Cameroun.
Par ailleurs, le ministre de la Justice, tout en bloquant la décision de Tolmo, avait pourtant tenu des propos publics en faveur du respect des droits des accusés il y’a quelques jours. Lors de son récent déplacement en Suisse, il avait rencontré des responsables du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, promettant un accès libre aux avocats et le respect des procédures légales. À son retour, il avait publié un document demandant aux autorités policières, y compris les gendarmes de permettre aux avocats de rencontrer les détenus et de suivre les règles de droit. Ces déclarations, perçues comme une tentative de rassurer à l’international, contrastent avec sa décision de maintenir ces 7 accusés en détention, malgré l’ordonnance du juge….
L’affaire Sayo expose ainsi un système judiciaire sous tension, où les décisions des magistrats sont remises en question par l’exécutif. Les cadres arrêtés, comme Mahamat Abakar, Boris Toïma ou Yvon Tazou, passent des semaines dans l’incertitude, tandis que les familles des accusés, comme celles de Clarisse et Aristide Sayo, vivent dans l’angoisse. L’absence de transparence dans les enquêtes, combinée à l’intervention directe du ministre, alimente un sentiment d’injustice généralisé à Bangui…….
À peine remise d’une vidéo d’agressions par les FACA, la Centrafrique découvre une deuxième, encore plus violente, qui met les réseaux sociaux en ébullition.
Une vague d’indignation déferle sur la République centrafricaine après la diffusion de deux vidéos montrant des soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) en train de brutaliser des civils. La première, tournée sur le site minier de Gomio, à 10 km de Yaloké, sur l’axe de Zawa, dans la préfecture de l’Ombella-M’Poko, expose des femmes enceintes, des mères et des jeunes violemment agressés. La seconde, apparue quelques heures plus tard, révèle des scènes tout aussi insoutenables : des jeunes tabassés sans ménagement par des éléments de la garde présidentielle, cette fois, selon les internautes, à Sosso-Nakombo, une zone minière de la Mambéré-Kadéï, à l’ouest du pays. Ces images, relayées massivement sur les réseaux sociaux, jettent une ombre inquiétante sur l’armée nationale et ravivent les tensions dans un pays déjà en état de coma.
Des graviers au cœur du conflit
Derrière ces actes de violence, un même motif revient : les graviers. Dans ces zones riches en or et en diamants, les entreprises minières exploitent les ressources, laissant derrière elles des résidus que les populations locales tentent de récupérer pour gratter quelques miettes de richesse. Mais les soldats FACA, déployés sur place, revendiquent l’exclusivité de ces graviers, interdisant aux habitants d’y toucher. C’est là que les choses dégénèrent. À Gomio comme à Sosso-Nakombo, les civils qui s’approchent des tas de graviers sont accueillis par des coups, parfois jusqu’à l’évanouissement, selon les victimes. Les vidéos montrent des scènes brutales, sans retenue, où la force semble être la seule réponse.
Un communiqué qui ne convainc personne
Devant le tollé provoqué par la première vidéo, l’état-major des FACA a publié un communiqué rapide, affirmant qu’il s’agissait d’images anciennes, œuvre « des ennemis de la paix » visant à déstabiliser le pays. Les responsables auraient été sanctionnés, assure-t-on, et des mesures prises. Mais ces déclarations sont toutes aussi ridicules. Qui a été puni ? Quand ?Où sont les preuves de ces sanctions ?Rien de tangible n’a été présenté, et les soldats impliqués sont toujours en poste. Pire, l’apparition de la seconde vidéo, tournée à Sosso-Nakombo, a réduit ce communiqué à une coquille vide. Cette fois, ce sont des membres de la garde présidentielle qui passent à l’action, frappant sans explication, dans un silence assourdissant des autorités. Aucune réponse officielle n’a suivi.
Une armée à la méthode de Wagner
Ce déchaînement de violence n’étonne pas tout le monde. Pour beaucoup, il porte la signature des Mercenaires russes du groupe Wagner, qui forment les FACA depuis des années. « On ne leur a pas appris les droits humains ni le droit humanitaire international », lâche un officier FACA joint au téléphone depuis Bangui. « Prendre une arme, tirer, frapper, mutiler : c’est tout ce qu’ils savent faire, parce que c’est ce que les Russes leur ont enseigné ». Cette influence russe sur l’armée nationale pousse à s’interroger : que devient une force censée protéger son peuple quand elle est façonnée par des mercenaires aux méthodes brutales ? Les images de Gomio et Sosso-Nakombo semblent apporter une réponse glaçante.
La population au bord de l’explosion
Sur les réseaux sociaux centrafricains, la colère gronde. Les vidéos ont mis le feu aux poudres, et les commentaires fusent : « C’est notre armée qui nous tue ! », « Où est la justice ? », « On ne peut plus vivre comme ça ! ». Dans un pays où la population endure déjà conflits, pauvreté et insécurité, ces actes viennent raviver un sentiment d’abandon. Les habitants des zones minières, eux, oscillent entre peur et révolte. Car ce qui choque, au-delà des coups, c’est l’absence de réaction concrète des autorités. Les soldats frappent, les vidéos circulent, mais rien ne bouge.
Toutefois, ces événements posent une question lancinante : jusqu’où ira cette spirale de violence ? Une armée formée par des mercenaires, des civils malmenés pour des graviers, un état-major qui esquive : le tableau est sombre….
À Zémio, la semaine dernière, une patrouille des Forces Armées Centrafricaines (FACA) s’est déroulée vers Tabane. Dans la foulée, un poste avancé a été incendié par les miliciens Azandé, secouant la ville. Cet enchaînement d’événements a plongé la région du sud-est de la République Centrafricaine dans une vive tension.
Jeudi dernier, vers 14h, les soldats FACA, accompagnées de Mercenaires russes du groupe Wagner basés à Zémio, ont mené une mission de patrouille en direction du village de Tabane, situé à 20 km sur la route de Rafaï. Les soldats sont revenus sans incident signalé lors de leur déplacement. Toutefois, un autre drame s’est joué peu après.
Les miliciens Azandé ont profité de ce moment pour attaquer un poste avancé des FACA, situé au bord de la rivière marquant la frontière entre la Centrafrique et la République démocratique du Congo (RDC). Le poste a été entièrement détruit par le feu, un acte qui a provoquer la montée de la tension dans la ville. Cet incendie n’était pas une réponse directe à la patrouille, mais il a révélé la détermination des miliciens à défier les forces étatiques.
La situation s’est rapidement aggravée en ville. Les chefs de quartier et le président de la jeunesse, appuyés par les miliciens Azandé, ont mobilisé la population locale. Ils ont imposé une interdiction stricte de vendre des produits agricoles ou autres denrées aux musulmans de Zémio, ainsi qu’aux FACA et à Wagner. Les miliciens ont aussi ordonné aux habitants zandé de fermer le marché et de cesser tout commerce avec ces groupes, sous menace de représailles. Ces mesures visent à isoler les forces de l’État et une partie de la population, accentuant les divisions ethniques.
Les miliciens Azandé ont clairement exprimé leur rejet de la présence des autorités étatiques à Zémio, incluant les FACA et Wagner. Cette hostilité, combinée à l’incendie du poste avancé, laisse craindre une escalade des violences dans le Haut-Mbomou, une région déjà fragilisée par les conflits. Pour l’instant, Zémio reste sur le fil, avec des habitants pris entre les pressions des milices et l’incertitude d’une réponse des forces de l’État….
Tirs et arrestations à Baoro : dix personnes enlevées par les Mercenaires russes dans la mosquée
Centrafrique.org/violente-attaque-de-la-base-de-wagner-par-les-cpc-a-baoro-un-bilan-catastrophique-devoile/croisement-de-la-ville-de-baoro/” rel=”attachment wp-att-53091″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/01/Croisement-de-la-ville-de-Baoro-450×338.jpg” alt=”Tirs et arrestations à Baoro” width=”450″ height=”338″ />Croisement de la ville de Baoro . aCopyrightCNC
Une opération conjointe des mercenaires russes et des Forces armées centrafricaines (FACA) a agiter la ville de Baoro ce vendredi, vers après-midi. Des tirs nourris ont résonné dans les rues, plongeant la population dans la confusion, avant que les forces ne se dirigent vers la mosquée centrale. Là, dix personnes ont été kidnappées et transférées à la section de recherche et d’investigation de la gendarmerie de Bouar, située à environ 60 kilomètres.
En effet, l’opération aurait été motivée par des informations transmises par des habitants, selon lesquelles des rebelles du mouvement 3R (Retour, Réclamation, Réhabilitation) auraient infiltré Baoro et se seraient réfugiés dans la mosquée. Toutefois, jusqu’à ce jour, 48 heures après cette opération, aucune preuve de la présence d’armes ou de combattants parmi les suspects n’a été présentées à la population. Les autorités restent muettes sur les détails de l’opération et sur l’identité des personnes interpellées.
Des témoins décrivent une intervention musclée avec des tirs intenses dans la ville avant l’assaut sur la mosquée. « Les gens étaient terrifiés, personne ne comprenait ce qui se passait. On a entendu les coups de feu, puis ils sont entrés dans la mosquée », raconte un habitant de Baoro sous couvert d’anonymat. Cette intervention, menée comme une grande opération anti-terroriste souvent vue à la télévision, ravive les tensions dans une ville où les communautés musulmanes et peules sont souvent ciblées.
Rappelons le, en Centrafrique, les accusations de liens avec des groupes armés pèsent lourdement sur certaines populations, notamment les musulmans et les Peuls. À Baoro, les souvenirs des violences restent douloureux : il y a quelques mois, une attaque des miliciens du MCU, venus des villages situés entre Bozoum et Baoro, notamment à Mboforo, Bomboro, Beltoum, Bakoua, Bernard, Bayanga, Batara, Yaou, ont attaqué un campement des éleveurs Peuls, faisant au passage une soixantaine de morts, et des milliers de bœufs emportés par des miliciens. Ainsi, suite à la menace de représailles des éleveurs, des nombreuses familles agricultrices des localités précitées se réfugier à Bozoum et à Baoro.
Une fois ces derniers arrivent à Baoro ou à Bozoum, les éleveurs continuent de proférer des menacent contre eux. Ce qui fait que dès qu’un Peul est aperçu par ces villageois à Baoro, ils le confond directement à une infiltration des rebelles de 3R.
L’enlèvement des dix personnes dans la mosquée centrale est un exemple parfait. Elle s’inscrit dans ce climat de suspicion, où une simple rumeur peut déclencher une opération militaire de grande ampleur.
Mais l’opération musclée de Baoro ce vendredi, où dix personnes ont été kidnappées et transférées à la section de recherche et d’investigation de la gendarmerie de Bouar, pousse à s’interroger sur l’autonomie des institutions centrafricaines. À Baoro, comme dans d’autres régions du pays, les mercenaires russes, souvent liés au groupe Wagner, semblent agir avec une autorité qui surpasse celle des forces nationales. « Quand les Russes décident, personne n’ose les contredire, ni les gendarmes, ni le Président de la République », confie un habitant.
Ce sentiment d’impuissance alimente une frustration croissante. « On nous parle d’un État, mais ici, ce sont les mercenaires russes qui font la loi », lance un enseignant de Bouar. Les appels à une enquête indépendante ou à la libération des détenus restent inexistants….
Le sous-préfet de Zémio, Achille Romaric Sangou Zirani, démis de ses fonctions
Centrafrique.org/la-crise-securitaire-et-humanitaire-dans-le-haut-mbomou-parfait-achille-romaric-sangou-zirani-appel-a-laction/parfait-achille-romaric-sangou-zirani/” rel=”attachment wp-att-68605″ data-wpel-link=”internal”>Zémio : les chefs des villages et quartiers disent « non » au couloir de transhumance évoqué par le gouvernement” width=”450″ height=”323″ />Parfait Achille Romaric Sangou Zirani , sous-préfet de Zemio
Zémio, sous-préfecture de la préfecture du Haut-Mbomou, ville du sud-est de la République centrafricaine, vit depuis une semaine des heures agitées. Parfait Achille Romaric Sangou Zirani, sous-préfet depuis mai 2024, a été relevé de ses fonctions par décret présidentiel en avril 2025, onze mois après sa nomination. Selon le préfet du Haut-Mbomou, le colonel Léonard Mbélé, cette décision s’inscrit dans un contexte de troubles à Zemio, amplifiés par des accusations portées contre l’ancien administrateur.
Une destitution aux multiples raisons
Les autorités n’ont pas détaillé publiquement les motifs de ce limogeage, mais des témoignages pointent plusieurs éléments. Achille Romaric Sangou Zirani, connu pour ses liens avec des miliciens Azandé, n’aurait pas su incarner la neutralité nécessaire à sa fonction. Au lieu de représenter l’État avec impartialité, il serait resté trop proche de ces groupes, alimentant la méfiance dans une région où les tensions entre communautés musulmanes, peules et Zandé pèsent lourd. Cette posture aurait fragilisé sa capacité à apaiser les esprits des différentes communautés.
Un incident majeur a précipité les choses : début avril 2025, trois habitations appartenant à la maire de Zémio ont été détruites par une foule en colère. Cet épisode a suivi une opération mouvementée visant à transférer un milicien Azandé, surnommé Balle, vers Bangui. Des sources locales estiment que Achille Romaric Sangou Zirani aurait, directement ou indirectement, attisé les ressentiments ayant conduit à ces violences. Une autre version, relayée par des observateurs, attribue son limogeage à une intervention des Mercenaires russes de Wagner. Ces derniers, présents depuis mai 2024 dans la ville, auraient exigé son départ, jugeant que sa gestion des événements, notamment la destruction des trois maisons de la maire, avait aggravé la situation.
Un nouveau visage pour la sous-préfecture
Ghislain Bolamba, administrateur civil, a été nommé pour succéder à Sangou Zirani. Sa désignation semble répondre à un besoin urgent de calmer les tensions et de restaurer la confiance envers l’administration. Dans une ville où les violences récentes ont semé la peur, Bolamba devra naviguer avec prudence pour rétablir un dialogue entre les différentes communautés et affermir l’autorité de l’État.
Une ville sous haute tension
Les événements du 3 avril 2025 ont laissé Zémio dans un état de paralysie. Ce jour-là, la tentative de transfert du milicien Balle a provoqué une vague de colère parmi la communauté Zandé, qui a bloqué l’aérodrome local. La réponse musclée des forces de sécurité, incluant tirs en l’air et dispersion de la foule, a conduit à une escalade. La foule s’est alors dirigée vers les propriétés de la maire, détruisant trois de ses maisons. Depuis, la ville reste figée : rues désertes, commerces fermés, et un silence pesant.
Face à cette situation, le député de Zémio, Éric, a tenté une médiation en organisant une réunion le 8 avril dans le quartier musulman. Mais ses efforts peinent à convaincre, certains habitants lui reprochant des prises de position passées qui compliquent son rôle de conciliateur.
Une décision lourde de sens
Le limogeage de Sangou Zirani, le premier parmi les sous-préfets nommés en mai 2024, traduit une volonté des autorités de reprendre le contrôle dans une région où l’État lutte pour s’imposer.
À Zémio, la communauté musulmane attend de voir si Ghislain Bolamba saura apaiser les esprits et ramener une forme de stabilité. Dans une localité où chaque incident peut rallumer les conflits, le chemin vers la paix reste semé d’embûches….
Mboki : une attaque des miliciens Azandé repoussée par les forces de l’ordre
Centrafrique.org/maxime-balalou-porte-parole-de-la-paix-ou-architecte-de-tromperies/les-miliciens-azande-ani-kpi-gbe-de-obo-en-formation-par-des-mercenaires-russes-de-la-societe-wagner/” rel=”attachment wp-att-74994″ data-wpel-link=”internal”>Les miliciens AZANDE ANI KPI GBE de Obo en formation par des Mercenaires russes de la société Wagner sur le terrain de l’église catholique d’Obo. Les-miliciens-AZANDE-ANI-KPI-GBE-de-Obo-en-formation-par-des-mercenaires-russes-de-la-societe-Wagner Maxime Balalou : Porte-parole de la paix ou architecte de tromperies ?
Le 8 avril 2025, Mboki a tremblé sous l’assaut des miliciens azandés, décidés à déloger les soldats FACA et les musulmans de la ville. Repoussés après un combat rude, ils menacent toujours de revenir en force.
Dans la matinée de ce jour du 8 avril 2025, les miliciens azandés, formés par les mercenaires russes du groupe Wagner, venus en masse depuis Obo, chef-lieu de la préfecture, ont frappé, d’une manière forte, la ville de Mboki, visant les positions de l’armée nationale.
Armés jusqu’aux dents, avec des armes lourdes en main, ils ont semé la panique dans cette sous-préfecture du Haut-Mbomou. Les habitants, pris au dépourvu, ont cru un instant que leur ville allait basculer sous le contrôle de ces assaillants. Mais les soldats FACA, épaulés par les gendarmes, ont tenu bon. Après des heures d’échanges de tirs intenses, les miliciens ont fini par se replier, laissant derrière eux une population effrayée.
L’attaque ne sort pas de nulle part. Quelques jours avant, ces mêmes miliciens s’étaient rassemblés au nord de Mboki, sur la route vers le Soudan. Pendant quatre à cinq jours, ils ont bloqué cet axe, pillant les commerçants soudanais de retour dans leur pays. Ces derniers, attaqués par surprise, ont pris la fuite, abandonnant marchandises et équipements. « Ils ont tout perdu en quelques minutes », raconte un témoin. On ignore encore s’il y a eu des morts ou des blessés parmi eux, mais le message des miliciens était clair : personne n’est le bienvenu dans leur zone d’influence.
Leur objectif va bien au-delà d’un simple coup de force. Ces hommes, issus du groupe Azandé Ani Kpi Gbé, veulent vider la région de ceux qu’ils considèrent comme des intrus. Ils l’ont clamé haut et fort : musulmans, forces de l’ordre, commerçants étrangers, même les FACA et leurs anciens alliés russes de Wagner, tous doivent partir. Formés un temps par ces instructeurs russes du groupe Wagner pour soi-disant intégrer l’armée nationale, ils ont depuis coupé les ponts avec leurs anciens alliés. « Wagner ne les tient plus », confie une source à Zemio. « Ils agissent seuls, selon leurs propres règles ».
Ce qui rend leur comportement encore plus imprévisible, c’est leur façon de se préparer. Avant chaque assaut, ils se regroupent, consomment ce qu’ils appellent leurs « potions magiques », des breuvages censés leur donner force et courage, et passent à l’action. « C’est leur rituel », explique un habitant de Obo joint au téléphone. « On les a vus faire ça juste avant le 8 avril », affirme la source. Beaucoup pensaient qu’ils visaient le Soudan, mais c’était une ruse. Leur vraie cible restait Mboki.
La ville a résisté cette fois, grâce à la ténacité des soldats et des gendarmes. Mais la menace plane toujours. Les miliciens, loin d’être découragés, semblent prêts à revenir. Pour les habitants musulmans de Mboki, l’avenir reste incertain. « On vit dans la peur permanente », souffle une commerçante. « Personne ne sait ce qu’ils feront ensuite. » Dans une région où l’État peine à s’imposer, cet assaut rappelle à quel point la paix reste fragile….
Zemio : une réunion de paix vire à la révolte contre les FACA et le gouvernement
Centrafrique.org/photo-de-la-reunion-organisee-par-le-depute-de-zemio-dans-le-quartier-musulman-de-la-ville/” data-wpel-link=”internal”>photo de la réunion organisée par le député de Zemio Eric Kpiodigui dans le quartier musulman de la ville
Ce qui devait être une réunion de réconciliation à Zemio, organisée par le député Eric, a vite dégénéré en un cri de colère. Les chefs de groupe ont dénoncé les abus des soldats FACA et du gouvernement, révélant au passage des tensions profondes dans les différents quartiers de Zémio .
En effet, le mardi 8 avril dernier, vers 10 heures, une réunion prétendument de réconciliation, organisée par le député de Zemio, Eric Kpiodigui, dans le quartier musulman de la ville, a pris une tournure inattendue. Ce qui devait être un moment de dialogue s’est transformé en une vague de colère contre les soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) et les autorités du pays. Les chefs de groupe des quartiers chrétiens présents ont exprimé leur ras-le-bol face aux agissements des militaires et de leurs alliés russes, pointant du doigt des comportements qu’ils jugent abusifs et injustes.
Au cœur des débats, le comportement des soldats FACA et de leurs alliés russes. Un chef de groupe, qui a pris la parole lors de cette réunion, a dénoncé vivement les éléments de l’armée nationale qui, selon lui, menacent la population pour l’obliger à vendre ses produits au marché.
« S’ils veulent forcer les gens à faire ça, et que nous, les chefs, on ne donne pas l’ordre, qu’est-ce qu’ils vont faire ? Tuer tout le monde ? », a-t-il lancé, visiblement exaspéré. Le chef de groupe a aussi pointé du doigt l’attitude des FACA : « Ils menacent la population pour qu’elle vende au marché, mais eux, qu’est-ce qu’ils ont apporté à Zemio ? Un sac de manioc ? Rien ! C’est du grand n’importe quoi. »
Et ce n’est pas tout. Il a aussi abordé une pratique qui crispe les relations : les FACA et leurs alliés russes traquent les jeunes Zandé dont le corps porte des traces de lames, des cicatrices souvent liées à des vaccinations traditionnelles. Ces marques, courantes dans le pays, y compris à Zemio pour soigner certaines maladies que l’hôpital ne peut pas soigner, mais sont directement associées par les soldats aux miliciens azandés, qui utilisent parfois des rituels similaires pour leurs gris-gris.
Notre chef de groupe n’a pas mâché ses mots : « Chez nous, tout le monde a ces cicatrices. C’est comme ça qu’on se soigne ici. Pas d’hôpital, pas de médecin, alors on fait avec nos moyens. Mais eux, ils voient une trace de lame et ils disent : ‘C’est un milicien’. C’est n’importe quoi ! ». Il est allé plus loin, en défiant les militaires : « Déshabillez-les, ces soldats, un par un. Vous verrez les mêmes traces sur leur corps. Parce que beaucoup d’entre eux, ce sont d’anciens Anti-Balaka intégrés dans l’armée. Et maintenant, ils jouent les innocents pour punir les autres ? ».
Un exemple concret a alimenté sa colère : la récente arrestation par les soldats FACA d’un jeune à Djema, puis transféré à Zemio avant d’être retransféré à Bangui. Soupçonné d’appartenir à la milice Azandé ayant participé à l’assassinat des deux jeunes Peuls le 15 mars dernier et l’attaque visant une patrouille des casques bleus Kenyan. Pour ce chef du groupe, le suspect n’est autre qu’un conducteur de taxi-moto, accusé faussement d’être un milicien à cause de ces marques. « On l’a arrêté pour rien, injustement », a-t-il insisté. Il a aussi rappelé le rôle des miliciens azandés dans la libération de Zemio face aux rebelles de l’UPC. « Où étaient les FACA à ce moment-là ? Ils n’étaient pas là. Ces jeunes ont combattu, ils ont repris la ville. Et aujourd’hui, les soldats débarquent, s’installent et se retournent contre eux en les accusant de tout et n’importe quoi ».
Le chef a reconnu que les miliciens azandés avaient, par le passé, pris des biens aux commerçants. Mais il a assuré que cela avait cessé : « On leur a dit que c’était pas bien, ils ont arrêté. Maintenant, ils ne font plus rien. Mais on continue de les accuser sans raison. On dit qu’ils sont contre les musulmans, mais c’est faux. » En défendant ces jeunes, il a aussi critiqué la présence massive des soldats et de leurs alliés russes, qu’il accuse de semer le désordre. « Ils mettent des barrières partout, ils contrôlent tout, mais leur comportement est indéfendable », a-t-il ajouté.
Cette réunion a révélé une tension palpable. Le député Eric, qui avait convoqué ce rassemblement sous le drapeau de la paix, est lui-même dans une position ambiguë. Beaucoup le soupçonnent d’avoir contribué à la création de cette milice azandé, qu’il tente aujourd’hui de calmer pour soigner son image. Dans le quartier musulman, on voit son geste d’un œil sceptique. « Il joue sur la colère des gens pour se faire réélire », murmure-t-on. Sauf qu’en 2025, avec la nouvelle constitution illégale de Touadera, les députés ne seront pas élus, mais nommés seulement par un décret présidentiel muet, comme le président lui-même. Une réalité qui rend sa démarche encore plus ironique aux yeux des habitants.
Cette colère ne vise pas seulement les FACA. Les mercenaires russes, alliés des soldats, et gouvernement centrafricain sont aussi dans le viseur. Pour les chefs de groupe, leur présence et leurs méthodes ne font qu’envenimer une situation déjà tendue, loin de ramener la stabilité promise à Zemio….
Bowaye : les casques bleus de la Minusca arrivent dans le village 24 heures après les exactions massives des mercenaires russe et font une révélation étonnante
Centrafrique.org/retour-des-wagner-dans-le-village-de-bowaye-la-maison-du-chef-du-village-et-de-ses-voisins-incendiees-par-les-mercenaires-russes/village-bowaye-incendie-par-les-mercenaires-russes-du-groupe-wagner/” rel=”attachment wp-att-89025″ data-wpel-link=”internal”>village Bowaye incendié par les mercenaires russes du groupe Wagner le 8 avril 2025. CopyrightCNC
Depuis la semaine dernière, Bowaye n’est plus qu’un village en cendres après les exactions des mercenaires russes du groupe Wagner. Les casques bleus de la MINUSCA, qui sont arrivés dans le village 24 heures après les exactions russes, rencontrent les rescapés des habitants inquiets et confessent une vérité choc : Nous ne pouvons rien faire pour vous. Ceci dit, ils sont impuissants face aux mercenaires.
En effet, le village de Bowaye, situé à 70 kilomètres de Bossangoa sur l’axe de Nana-Bakassa, dans la préfecture de l’Ouham, au nord-ouest de la Centrafrique, vit un cauchemar sans fin. Le mardi 8 avril 2025, les mercenaires russes du groupe Wagner ont de nouveau frappé. Ils ont incendié la maison du chef du village et celles de ses voisins, laissant derrière eux des cendres et un village déserté. Le lendemain, mercredi 9 avril, les casques bleus de la MINUSCA sont arrivés. Mais leur réponse aux habitants, terrés dans la brousse, a révélé une vérité spectaculaire : ils ne peuvent rien faire face aux Russes. Cet événement dévoile l’abandon d’une population livrée à la terreur et l’échec d’une mission des nations-unies censée la protéger.
Bowaye face à une nouvelle vague de destruction
Le 8 avril 2025, les mercenaires de Wagner ont semé la panique à Bowaye pour la troisième fois en un mois. Armés, ils ont visé la maison du chef du groupe du village, un notable respectée dans cette communauté de 12 000 âmes, avant de mettre le feu aux habitations voisines. Les flammes ont tout englouti : biens, souvenirs, espoirs. Les villageois, qui avaient déjà fui dans la brousse pour échapper aux violences répétées, n’ont rien pu sauver. « Il ne reste plus rien à Bowaye », raconte un habitant joint par téléphone depuis Bossangoa. « Ils brûlent nos maisons et partent, comme si nos vies ne comptaient rien».
Après leur acte, les mercenaires ont pris la direction de Benzambé, puis de Bossangoa, laissant un village fantôme. Pourquoi cet acharnement ? Certains pensent que Wagner, frustré de ne pas trouver les rebelles de la CMSPR qu’ils traquent, s’en prend aux civils pour imposer la peur. Mais pour les habitants, ces excuses sonnent creux. « S’ils cherchent des rebelles, pourquoi détruire nos maisons ? », demande un rescapé, la voix brisée.
La MINUSCA face à ses limites
Le mercredi 9 avril, les casques bleus de la MINUSCA sont arrivés à Bowaye. Quelques habitants, sortis de leur cachette dans la brousse, ont raconté leur calvaire : les pillages, les coups, les bétails tués, les maisons fouillées et incendiées. Ils ont décrit une vie réduite à la fuite, poursuivis même dans la forêt par des mercenaires sans pitié. Mais la réponse des casques bleus a glacé les villageois. « Quand vous voyez les Russes, fuyez. Partez loin, très loin dans la brousse. Nous, on ne peut rien faire », leur ont-ils dit.
Ces mots résonnent comme un aveu d’impuissance. La MINUSCA, déployée en Centrafrique pour protéger les civils, conseille désormais à ceux qu’elle devrait défendre de courir pour sauver leur vie. Aucune promesse de protection, aucun déploiement d’éléments pour sécuriser le village. Juste un conseil : fuir. Cette réponse, aussi honnête soit-elle, est un coup dur pour une population qui n’a plus rien.
Un village martyrisé, une population oubliée
Bowaye n’en est pas à sa première tragédie. Depuis le début de l’année 2025, les incursions de Wagner se multiplient :
– 10 mars 2025 : Les mercenaires envahissent le village pour la cinquième fois. Ils battent les jeunes, tuent le bétail, pillent les maisons. Les habitants fuient, abandonnant tout.
– 2 avril 2025 : Wagner revient avec 42 motos, traquant des « rebelles » introuvables. Ils pillent encore, frappent ceux qu’ils attrapent, poussant les villageois à s’enfoncer plus loin dans la brousse ou à chercher refuge à Korakiri, à 20 kilomètres.
Et maintenant, cet incendie. En brûlant les maisons, Wagner ne se contente plus de terroriser : ils veulent effacer toute trace de vie à Bowaye. Les villageois, cachés dans la forêt, n’ont plus de foyer où revenir. Leurs provisions, leurs outils, leurs vêtements : tout a disparu.
Une diplomatie qui étouffe la vérité
Pourquoi une telle impunité ? La réponse tient en partie à la politique internationale. La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, soutient la présence de Wagner en Centrafrique. Sans son aval, la MINUSCA n’existerait pas. Cette réalité paralyse la mission onusienne, qui préfère contourner les faits plutôt que de nommer clairement les responsables. En diplomatie, on évite les vérités qui dérangent. Mais pour les habitants de Bowaye, ce silence est une trahison.
Le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro, porte aussi une lourde responsabilité. En s’appuyant sur Wagner pour assurer la « sécurité », il a livré son peuple à des mercenaires qui pillent et détruisent sans rendre de comptes. Son silence face aux flammes de Bowaye est assourdissant.
Bowaye n’est pas le seul village martyrisé. Des villages comme Bamassa, Bemal 2 ou Kawéwin ont subi des horreurs similaires. Aujourd’hui, c’est Bowaye qui brûle. Demain, ce sera peut-être Bodjomo. Cette spirale de violence doit s’arrêter. Les habitants de Bowaye, comme tous les Centrafricains, méritent protection et justice. Wagner doit quitter le pays. Touadéra doit répondre de ses choix. Et la communauté internationale doit cesser de fermer les yeux.
Les 12 000 âmes de Bowaye crient leur désespoir. Le monde les entendra-t-il ?
le ministère de la Justice rappelle le droit fondamental à l’assistance d’un avocat en garde à vue. Quelle comédie ? Quelle insulte ?
Centrafrique.org/de-la-prise-en-charge-sanitaire-au-profit-des-detenus-en-Centrafrique/ministre-arnaus-doubaye-abazene/” rel=”attachment wp-att-50542″ data-wpel-link=”internal”>Le ministre d’État en charge de la justice, Monsieur Arnaud Djoubaye Abazène lors de l’atelier 22 septembre à Bangui
Le ministre d’État chargé de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, a adressé le 7 avril 2025 une circulaire aux principaux acteurs de la chaîne pénale afin de garantir le libre exercice du droit à la défense. Le document met en garde contre les restrictions constatées dans l’accès des avocats à leurs clients placés en garde à vue dans les unités de police judiciaire.
Selon la lettre circulaire nº 206/MCJPDHBG.25, certains officiers de police judiciaire (OPJ) entravent encore l’exercice du droit à l’assistance juridique, en dépit des dispositions du Code de procédure pénale. Les articles 40 et 48 de ce code garantissent pourtant à toute personne arrêtée le droit d’être informée des raisons de son interpellation et d’être assistée par un avocat, si elle le souhaite.
Le ministre rappelle que ce droit est consacré par la Constitution du 30 août 2023 ainsi que par plusieurs instruments juridiques internationaux ratifiés par la République centrafricaine. Il souligne que la présence d’un avocat aux côtés d’un gardé à vue ne relève pas d’une faveur, mais d’un droit légal et inaliénable.
Pour mettre fin aux pratiques contraires à ces principes, Djoubaye Abazène instruit l’ensemble des OPJ à se conformer strictement aux textes en vigueur. Il appelle également les procureurs généraux, procureurs de la République, commissaires du gouvernement, responsables pénitentiaires, ainsi que les directeurs généraux de la gendarmerie et de la police nationale à assurer l’application rigoureuse de cette directive.
Sauf que le document produit par le ministère de la justice pue l’hypocrisie à un niveau supérieur. Cette lettre circulaire, datée du 7 avril 2025, soi-disant adressée aux procureurs, aux flics, aux gendarmes et à tous les acteurs de la chaîne pénale, parle de “libre exercice du droit de la défense” comme si c’était une grande découverte. Il cite les articles 40 et 48 du Code de procédure pénale, rappelle que les avocats doivent pouvoir voir leurs clients en garde à vue, que c’est un “droit fondamental”. Sur le papier, ça sonne bien. Mais dans la vraie vie, c’est une blague, et pas une bonne.
Regardez ce qui se passe en ce moment à Bangui. Les avocats sont en grève depuis le 2 avril, furieux parce que les officiers de police judiciaire, notamment ceux de l’Office central de répression du banditisme (OCRB), leur bloquent l’accès à leurs clients. Et pas seulement à eux : les familles aussi sont interdites de visite. Pendant ce temps-là, le ministre était en Suisse, à parader dans une conférence sur les droits humains. Qu’est-ce qu’il a dit là-bas ? On n’en sait rien, mais il a clairement évité de rentrer pour affronter la colère des avocats, qui réclament depuis des jours une rencontre avec lui. Il fait le malin, esquive, et laisse pourrir la situation.
Et puis, miracle, dès qu’il pose le pied en Centrafrique, il pond ce bout de papier pour faire croire qu’il agit. Sauf que ce n’est pas sérieux. Ce document, c’est du vent, une opération de maquillage pour la communauté internationale. On dirait qu’il dit : “Regardez, on respecte les droits, on fait les choses bien, c’est juste les flics qui déconnent, pas nous”. Mais qui commande ces flics ? Qui laisse les mercenaires russes arrêter des gens à tour de bras, les torturer, les faire disparaître sans que personne ne sache où ils sont ? C’est bien son ministère, son gouvernement, lui-même et son patron Faustin-Archange Touadera.
Prenons des exemples concrets. Les deux frères d’Henri-Marie Dondra, Christian et Eusèbe, arrêtés en mars par l’OCRB pour une histoire fumeuse de “tentative d’empoisonnement” et de “coup d’État”. Depuis, ils croupissent en détention, sans accès à leurs avocats, sans voir leur famille. Ça a mis le feu aux poudres, et c’est là que les avocats ont dit stop. Et les frères et la sœur de l’ancien ministre Armel Sayo ? Pareil, embarqués par l’OCRB, enfermés depuis deux mois, sans mandat, sans rien. Mahamat Abakar, ex-directeur du Trésor, même topo. Des fonctionnaires du ministère des finances, des commerçants, des citoyens lambda, ramassés au hasard, accusés de “trafic” ou de “complot”, jetés en prison sans preuve, juste pour les faire cracher de l’argent. Ngaragba, au camp de Roux, déborde de ces cas, et personne ne peut compter combien ils sont.
Alors, ce bout de papier, il sert à quoi ? À faire joli devant les diplomates ? Parce que sur le terrain, rien ne change. Les Russes continuent leurs sales besognes, les flics et les gendarmes font ce qu’ils veulent, et le ministre joue les innocents. Lui, un ancien vice-procureur, sait très bien comment ça marche. Il n’est pas naïf, il est complice. Ce type, avec son titre ronflant de “ministre d’État chargé de la Justice, de la Promotion des Droits Humains et de la Bonne Gouvernance”, est en train de transformer le pays en grande comédie. Il veut tromper qui ? La communauté internationale ? Elle voit bien le manège, mais diplomatie oblige, elle regarde ailleurs ou fait semblant d’y croire.
Ce document, c’est une insulte. Une insulte aux avocats qui se battent pour leurs clients, aux familles qui pleurent leurs proches disparus, aux Centrafricains qui subissent cette mafia au quotidien. Le ministre ne règle rien, il enfonce le clou. S’il voulait vraiment changer les choses, il aurait agi depuis longtemps, pas après une grève et sous la pression. Là, c’est juste un écran de fumée, et ça ne trompe personne ici. À part peut-être lui-même….
Reporters sans frontières met les pieds dans le plat : en République centrafricaine, les journalistes risquent leur peau face à un régime qui enchaîne les intimidations. Le tableau officiel de la liberté cache une réalité bien plus sombre.
En effet, ce lundi 7 avril 2025, le gouvernement centrafricain fanfaronne sur les ondes de Radio-Centrafrique, bombant le torse avec une fierté mal placée. La raison ? Un rapport tout frais de l’ONG internationale Reporters sans frontières (RSF), qui note qu’aucun journaliste n’a été emprisonné en 2024. Et pour 2025, Quatre mois dans l’année, et déjà le régime s’empresse de claironner cette prétendue victoire, une première dans sa hâte à exploiter un bilan flatteur. Mais ce rapport, aussi médiatisé soit-il par le pouvoir, ne dit pas tout. RSF précise que le pays reste un bourbier pour les journalistes, un lieu où la liberté de la presse est un luxe rare, étouffé par des années de répression et d’intimidations.
En réalité, les journalistes centrafricains savent bien que derrière les micros officiels, le danger rôde. Les menaces planent, les arrestations frôlent, et le silence devient une question de survie. Prenez l’exemple récent d’un reporter de la radio Ndéké-Luka. Il y a deux mois, en février 2025, ce journaliste a eu l’audace de vouloir enquêter sur un sujet tabou : les abbés catholiques qui, malgré leurs vœux de chasteté, mènent des vies parallèles avec femmes et enfants. Parmi les noms dans son viseur, Évariste Ngamana, ancien abbé devenu premier vice-président de l’Assemblée nationale. L’enquête a vite tourné court. Ngamana l’a intercepté dans son bureau, furieux, et a appelé la police pour l’arrêter. Le reporter n’a échappé aux menottes que grâce à l’intervention rapide de ses responsables à la radio. Aucun emprisonnement, dira-t-on en 2025 ? Peut-être, mais la menace était bien là, palpable, à deux doigts de se concrétiser.
Rappelons le, en 2024, deux journalistes centrafricains de la chaîne française France 24 ont été violemment agressés par le ministre de la Sécurité publique sur l’avenue de l’Indépendance, à seulement 50 mètres de l’ambassade d’Afrique du Sud à Bangui. Alors qu’ils réalisaient un reportage sur la levée de l’embargo sur les armes par le Conseil de sécurité des Nations unies, interrogeant des passants, le ministre, passant en voiture, a repéré le logo de la chaîne. Il s’est arrêté, est descendu et les a personnellement frappés avant de les faire jeter dans une cellule de l’Office central de lutte contre la drogue, tout près du lieu de l’incident. Ce n’est qu’après une forte pression médiatique qu’ils ont été libérés, révélant une fois de plus la brutalité du régime envers la presse.
L’année précédente, la répression a pris des formes encore plus sombres. Igor Djeskin Sénapaye, un autre journaliste à la radio Ndéké-Luka , chargé de couvrir les activités parlementaires, s’est vu banni de l’hémicycle de l’Assemblée nationale par le même ÉvaristeNgamana. Son crime ? Une émission où il a diffusé une information qui a mis Ngamana hors de lui. Le vice-président a accusé Sénapaye de manipuler les faits, et l’interdiction est tombée comme un couperet. Depuis, un autre reporter a pris sa place, pendant que Sénapaye reste écarté, symbole d’un pouvoir qui ne supporte pas la lumière. Par ailleurs, un autre journaliste centrafricain ayant collaboré avec le groupe Wagner a fui le pays pour se rendre en France. Il a même livré des témoignages accablants à la presse internationale. Ses révélations, publiées par RFI, France Télévisions, Le Figaro et Le Monde, ont exposé les dessous troubles du régime et ses alliés russes. Son nom circule encore dans les fichiers du groupe Wagner. Toujours en 2024, un autre reporter a frôlé la détention à la prison de Camp de Roux , à Bangui. Menacé d’arrestation, il a disparu depuis, et personne ne sait où il se trouve , un mystère qui glace le sang.
Retournant en 2023 : la répression battait déjà son plein. Un journaliste travaillant pour la Commission nationale pour les réfugiés a été brutalement arrêté à Moungoumba, une localité frontalière de la RCA. Accusé par le chef d’état-major d’avoir transmis des informations sensibles au journal Corbeaunews, il a été ramené à Bangui, incarcéré à l’Office central de répression du banditisme (OCRB), puis torturé au camp de Roux. Tabassé sans relâche, il a payé le prix d’une vérité que le pouvoir voulait étouffer.
Cette année-là, les arrestations de journalistes n’étaient pas rares, mais un cas emblématique remonte encore plus loin, à 2022. Christian Azoudaoua, alias Sassou, directeur de publication du journal Le Charpentier, a été interpellé le 6 septembre en plein centre-ville de Bangui. Vers 14 heures, devant le kiosque du GEPPIC, trois gendarmes à moto l’ont embarqué sous les yeux des passants. Son tort ? Un article sur un détournement de fonds à l’Assemblée nationale impliquant Évariste Ngamana. Après dix jours de garde à vue à la Section de recherche et d’investigation, il a été déféré le 16 septembre à la prison de Ngaragba, jeté en isolement parmi les criminels les plus violents. Les conditions étaient inhumaines, comme il l’a confié à un confrère venu le visiter.
Et aujourd’hui, en avril 2025, les prisons débordent encore. En deux semaines, des dizaines de personnes interpellées sans mandat judiciaire. Et même à la prison du camp de Roux, des opposants, citoyens, même des aveugles et des vieux – ont été raflées sous l’accusation bidon de « coup d’État ». Ils pourrissent au camp de Roux ou à Ngaragba, des geôles où l’humanité n’a plus cours. Le député du 4e arrondissement, Dominique Yandocka, a passé un an en détention illégale avant d’être libéré. Pendant ce temps, Maxime Balalou, ministre de la Communication, peaufine la propagande, vendant au monde une Centrafrique apaisée qui n’existe que dans ses rêves.
Le rapport de RSF de 2024 notait qu’aucun journaliste n’avait été tué cette année-là. Mais entre ne pas tuer et laisser vivre, il y a un gouffre. Les intimidations, les quasi-arrestations, la peur qui ronge : voilà le lot des reporters. Le régime peut bien pavoiser à la radio, cette comédie ne trompe que les naïfs. La presse est à terre, et dire la vérité reste un acte de bravoure qui peut coûter cher….
Centrafrique : Indignation des femmes parlementaires face aux violences contre des femmes sur le site minier de Gomio
Centrafrique.org/bataille-politique-au-sein-du-parlement-de-la-cemac-evariste-ngamana-et-beatrice-epaye-saffrontent-pour-la-presidence/madame-beatrice-epaye-deputee-de-markounda/” rel=”attachment wp-att-65404″ data-wpel-link=”internal”>Madame Béatrice Épaye, députée de Markounda, membre du bureau des femmes parlementaires de Centrafrique
Dans la nuit du 8 au 9 avril 2025, une vidéo publiée sur les réseaux sociaux par l’activiste Parfaite Champagne a enflammé la toile en Centrafrique. Les images, devenues virales en quelques heures, montrent des militaires brutalisant des femmes sur le chantier minier de Gomio, situé à 10 km de Yaloké sur l’axe de Zawa, dans la région de l’Ombella-Mpoko. On y voit des femmes, y compris des femmes enceintes et des mères de jeunes enfants, plaquées au sol et violemment frappées. Cette scène a provoqué une vague d’indignation à travers le pays, poussant l’État-major à réagir, bien que de manière jugée maladroite par beaucoup, tandis que des politiques et des associations de la société civile ont également exprimé leur consternation.
Face à cette situation, les femmes parlementaires de Centrafrique ont publié un communiqué vibrant, porté par la voix de Bernadette Pampali, présidente du Forum des femmes parlementaires centrafricaines. Elles dénoncent des actes “déshumanisants” qui, selon elles, rappellent “une époque de déni des droits élémentaires, notamment le droit à la vie et à la dignité”. Dans ce document rendu public le 10 avril, elles exigent que les responsables de ces violences soient identifiés, traduits en justice et sanctionnés conformément à la loi.
Bernadette Pampali, dans une déclaration poignante n’a pas mâché ses mots : “Ce sont nos enfants qui ont agi ainsi. Nous ne voulons plus que ces genres de choses se répètent. Nous sommes un pays de droit. Si quelqu’un commet un délit, qu’on l’envoie à la justice, que la justice fasse son travail”. Elle insiste également sur la nécessité d’une reconnaissance des victimes, réclamant une prise en charge adéquate et des indemnisations pour les femmes violentées. “Nous sommes des femmes, des mères d’enfants. Si nous sommes députées, c’est parce que nous avons été choisies par cette population. Nous ne pouvons pas fermer les yeux”, a-t-elle martelé.
Le communiqué va plus loin, appelant à une mobilisation collective des femmes centrafricaines pour prévenir la répétition de tels actes. “Nous voulons que ces femmes soient reconnues comme des victimes et soient indemnisées“, souligne Mme Pampali, tout en exhortant à une action concertée pour garantir la justice et le respect des droits humains.
Cette prise de position des femmes parlementaires intervient dans un contexte où la vidéo a non seulement choqué l’opinion publique, mais aussi ravivé le débat sur l’impunité des violences, notamment dans les zones minières où les tensions sont fréquentes. Leur appel résonne comme un cri d’alarme pour un État de droit effectif et une protection renforcée des populations vulnérables, en particulier des femmes.
Alors que la société civile et d’autres acteurs continuent de se mobiliser, les regards se tournent désormais vers les autorités centrafricaines. La justice saura-t-elle répondre à cet appel pressant pour rendre justice aux victimes et sanctionner les coupables ? Une chose est sûre : les femmes parlementaires, par leur voix unie, ont posé les bases d’un combat pour la dignité et la réparation….
Centrafrique.org/devenez-un-incollable-du-jeu-en-ligne-avec-jeuxdecasinoenligne/une-carte-pour-publication-jeu-du-hazarre/” rel=”attachment wp-att-68165″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/08/une-carte-pour-publication-jeu-du-hazarre-450×337.png” alt=”Comment nos préférences en matière de divertissement en ligne varient à travers le monde ?” width=”450″ height=”337″ />
À l’ère du numérique, les choix en matière de divertissement en ligne ont nettement évolué. Plusieurs facteurs sont à l’origine de ces changements, notamment les facteurs économiques, culturels, technologiques et même géographiques. Dans le but de satisfaire une multitude d’utilisateurs dont les préférences varient fortement, diverses plateformes de divertissement ont vu le jour. Toutefois, même si ces applications proposent les mêmes services partout dans le monde, la façon dont elles sont utilisées diffèrent en fonction des préférences de chacun. Nous allons vous présenter comment les préférences en matière de divertissement peuvent varier à travers le monde.
Les jeux vidéo
Les jeux vidéo constituent l’une des principales formes de divertissement qui varie fortement d’une région à l’autre. Les types de jeux vidéos qui sont prisés aux États-Unis ne le sont probablement pas en Corée du Sud. Par exemple, les jeux en ligne multijoueurs comme League of Legends ou Final Fantasy XIV, sont largement appréciés en Chine et en Corée du Sud. En revanche, les jeux qui captivent l’attention des joueurs en Occident sont les jeux sur console tels que Call of Duty, FIFA et Fortnite. Aussi, les jeux de rôle ne sont pas en reste, notamment The Witcher 3 ou Red Dead Redemption 2.
En parallèle, un autre secteur du jeu en ligne se répand de plus en plus, à savoir le nouveau casino en ligne France. Ces plateformes sont de plus en plus populaires en France. Ainsi, les catégories de jeux peuvent varier de façon significative en fonction des régions.
Les plateformes de streaming
Les plateformes de streaming sont des acteurs de premier ordre dans l’industrie du divertissement moderne. Bien que l’idée générale reste la même, la notoriété de ces services de streaming varie d’un pays à l’autre ou d’un continent à l’autre. Par exemple, des plateformes telles que Netflix, Prime Video, YouTube, et bien d’autres sont des leaders du divertissement en ligne. Cependant, leur popularité n’est pas la même dans tous les pays du monde. Aux États-Unis, Netflix et Hulu sont très connus, ce qui n’est pas le cas en Chine ou le géant du streaming a été banni pour être remplacé par des services locaux comme iQIYI, Tencent Video ou Youku.
Cette différence de marque et de contenu réside dans les préférences de consommation de ces régions. En Europe par exemple, les films et les séries européens suscitent un grand intérêt. En Asie, ce sont plutôt les séries dramatiques qui sont populaires et en Amérique latine, les séries brésiliennes ou télénovela. On remarque donc que les différences de culture influencent les choix de contenu. Les différences culturelles influencent ainsi les choix de contenu.
Les réseaux sociaux
Les réseaux sociaux ont rapidement conquis les utilisateurs et sont devenus des alliés incontournables du quotidien. Là aussi, ces réseaux populaires varient en fonction des régions. On retrouve Facebook, Instagram, Twitter et TikTok en Europe et en Amérique du Nord. Par contre, en Chine, il existe plutôt des applications comme WeChat, Weibo et Douyin.
En Asie par exemple, les abonnés préfèrent les applications de messagerie. Ils recherchent des interactions rapides et un certain dynamisme. En Occident, les partages de photos, de vidéos, d’articles et d’opinions sont plus fréquents. Les éléments qui influencent ce type de comportement sur nos réseaux sociaux peuvent être liés au degré d’ouverture d’esprit ou à des répressions légales sur certaines formes de communication.
Les différences culturelles dans les habitudes de consommation de contenu
Les préférences en matière de divertissement en ligne ne sont pas seulement influencées par la disponibilité des plateformes. Elles le sont aussi par des valeurs des communautés et les normes culturelles. Par exemple, dans les pays nordiques, où la culture du travail est flexible et où la connectivité est élevée, les consommations tendent vers un contenu plus diversifié. Or, en Afrique, les préférences sont influencées par l’évolution des infrastructures Internet ainsi que la disponibilité des smartphones.
Le sport et les compétitions virtuelles
Le sport virtuel, encore appelé l’esport, a connu un franc succès en Europe, en Asie, et en Amérique du Nord. Ainsi, il se déroule des événements en ligne comme les compétitions de Dota 2 et qui attirent des millions de spectateurs. Ces compétitions sont suivies en streaming, et les fans interagissent activement à travers les réseaux sociaux et des plateformes de diffusion en direct comme Twitch. En Afrique, c’est un concept qui n’est pas totalement répandu.
Les nouvelles tendances
Malgré les divergences de préférences, il existe une tendance qui fait l’unanimité parmi les utilisateurs. Il s’agit de la demande de personnalisation de l’expérience. En effet, les internautes veulent des expériences de divertissement qui correspondent à leurs préférences personnelles. Les algorithmes de suggestion incorporés dans les applications et les plateformes de streaming ont nettement amélioré les habitudes de consommation. Malheureusement, cette tendance s’applique de façon systématique, mais les préférences spécifiques aux régions restent des facteurs des variations de contenu.
En Inde par exemple, le contenu en tamoul ou en hindi est très apprécié, Or en Amérique latine, ce sont les séries en espagnol qui sont mises en avant. La montée en puissance de l’intelligence artificielle et les récentes performances de la réalité virtuelle pourraient encore changer nos habitudes de divertissement dans un futur proche.
Dans la théorie traditionnelle du droit, l’État est constitué d’un territoire délimité, d’une population sur laquelle l’État exerce sa souveraineté et d’un pouvoir. Ces trois éléments substantiels sont cumulatifs et le défaut d’un des leurs pose un problème de reconnaissance dans les relations internationales. Depuis le coup d’état constitutionnel remettant en cause la légitimité et la légalité du pouvoir de Bangui, l’opposition démocratique a organisé une gigantesque marche sur l’appel du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) le 04 avril 2025.
La diaspora centrafricaine de Paris en soutien avec le BRDC leur a emboîté le pas à travers un rassemblement historique et unitaire le 05 avril 2025 à la place de la République à Paris, le tout sanctionné par la Déclaration Unitaire de Paris qui sonne comme l’appel à la résistance du Général De Gaulle du 18 juin 1944 à Londres.
Les deux sorties de l’opposition avaient vocation à dénoncer le manque cruel des services sociaux de base, les violations récurrentes et impunies des droits humains ainsi que le projet anticonstitutionnel, crisogene et mortifere de troisième mandat.
De prime abord, des deux manifestations de Bangui et de Paris, on en déduit que le peuple souverain n’est pas aussi facilement domptable comme les autres le pensaient mais qu’il surfait sur la notion de temps.
Par ailleurs, pendant que les uns se mobilisent pour libérer le pays du joug tyrannique du pouvoir de Bangui, une vidéo devenue virale circule sur les réseaux sociaux dans laquelle une partie de la population se fait martyriser et violenter par l’armée nationale censée assurer la sécurité de la population.
Au delà des polémiques politiciennes, que cette vidéo date d’aujourd’hui ou d’avant et que l’accès à la mine d’or soit formellement interdit, rien ne justifie ces barbaries, tortures, sévices corporels humiliants, déshumanisants et indignes d’une République si ce n’est de pratiques esclavagistes d’antan remises en selle par le groupe des mercenaires de Wagner.
En outre et au regard du mensonge d’État de ne pas respecter ces deux (2) serments qui l’engage à observer scrupuleusement les prescriptions de la constitution, les deux précédents constats nous rappelle que la société centrafricaine est moralement et politiquement fondée sur la notion du”contrat social” du célèbre philosophe Jean Jacques Rousseau.
Ce faisant, le peuple souverain à conclu un accord tacite de confiance avec les autorités établies de gérer leurs intérêts (argents publics, eaux, électricités, routes, emplois etc…) en harmonie avec la loi fondamentale et en contrepartie de l’obéissance et/ou soumission du peuple.
Fort de ce qui précède, l’on constate avec regret le non respect du contrat social tel que défini par Jean Jacques Rousseau en voulant confisquer indéfiniment le pouvoir de l’État.
Par voie de conséquence, cet état de fait entraîne naturellement la défiance, la rupture du contrat social car basé sur un accord de dupes.
Ainsi la cote de l’impopularité des gouvernants ne cesse de s’affirmer.
Convaincu de la circonspection, le citoyen lambda s’interroge :
– Le peuple peut-il encore accorder un crédit de confiance à un pouvoir qui ne gouverne qu’avec gabegie et mensonge ?
– Peut-on regagner la confiance d’un peuple lorsqu’on est à l’origine d’un mensonge aussi grossier comme la violation du serment ?
En tout état de cause, le divorce entre les gouvernants et les gouvernés est consommé d’où la nécessité de ne pas s’entêter dans son projet crisogene de troisième mandat.
Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré qui ne parle pas…car un problème ne peut résoudre un autre problème et qu’un problème peut aussi en cacher un autre.
L’expérience de l’Afrique sub-saharienne montre que le troisième mandat tue plus qu’un coup d’état militaire.
En déduction de ce qui précède, demandez à un citoyen lambda de faire le choix entre un troisième mandat et un coup d’état militaire…son choix sera simple et sans réflexion.
On ne répétera jamais assez ce credo devenu liturgique…
Les chants des sirènes ne vous placeront jamais au dessus de la République.
Renoncer au projet mortifere de troisième mandat Monsieur le président et choisissez un dauphin avant qu’il ne soit trop tard.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent. Les fables du célèbre fabuliste français Jean de La Fontaine teintées d’allegories éducatives auront prévenu les autistes avant que le monde ne s’effondre tel que défini par le célèbre romancier nigerian Chinua Achébé.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Un mois après son arrestation, Abakar Mahamat désormais placé en isolement à l’OCRB
Centrafrique.org/rectification-mise-au-point-sur-larrestation-dabakar-mahamat-et-de-son-epouse-par-les-policiers-de-locrb/monsieur-mahamat-abakar-ancien-directeur-de-tresor-et-son-epouse-colonel-de-la-douane/” rel=”attachment wp-att-88373″ data-wpel-link=”internal”>Monsieur Mahamat Abakar, ancien directeur de trésor, et son épouse Sallé, colonel de la douane centrafricaine
Un mois après son arrestation, Abakar Mahamat, ex-directeur du Trésor, est confiné à l’OCRB dans un isolement total, loin de ses avocats et de sa famille, ravivant les critiques sur sa détention.
Plusieurs semaines après son arrestation, M. Abakar Mahamat, ancien directeur général du Trésor public et coordonnateur du projet AGIR financé par la Banque mondiale, reste enfermé dans les locaux de l’Office Central pour la Répression du Banditisme (OCRB). L’affaire, qui a débuté le 11 mars 2025 avec son interpellation à son bureau, prend une tournure inquiétante selon des informations récentes.
Depuis quelques jours, l’OCRB interdit tout accès à M. Abakar Mahamat. Ses avocats, qui voulaient le rencontrer pour travailler sur sa défense, n’ont pas pu entrer. Sa famille non plus n’a plus le droit de lui rendre visite, une décision qui fait craindre pour son état de santé et les conditions dans lesquelles il est retenu. « Cela fait cinq jours qu’on n’a aucune nouvelle de lui », rapporte une personne proche de la famille, ajoutant que cet isolement ressemble à une coupure complète avec le monde extérieur.
Les autorités n’ont toujours pas expliqué clairement pourquoi il a été arrêté. Des bruits qui circulent parlent d’accusations liées à une supposée tentative de déstabilisation du pouvoir, mais rien n’a été officialisé. Ces rumeurs semblent manquer de preuves solides et beaucoup pensent qu’on cherche à lui faire porter des fautes qu’il n’a pas commises. Certains se demandent si ce n’est pas un coup bas politique, peut-être une tentative du régime pour reprendre son poste, obtenu par voie de mérite, et le donner à un membre du parti au pouvoir, le MCU.
Cette histoire pose des questions sérieuses sur le respect des droits de base. Dans un pays où un détenu devrait pouvoir voir ses avocats et ses proches, ces interdictions dérangent. « On est dans quel pays ? », s’énerve quelqu’un qui suit l’affaire, en pointant une justice qui ne semble pas traiter tout le monde pareil. Pendant ce temps, des officiels vont parler de droits humains dans des réunions internationales, notamment en Suisse, mais ce qui se passe ici ne colle pas avec leurs discours.
Le manque de clarté autour de la situation de M. Abakar Mahamat agace de plus en plus de monde. Sans nouvelles de lui ni avancées dans son dossier, on craint une détention qui dure sans raison valable. Ce qui arrive à cet ancien haut fonctionnaire sera suivi de près dans les jours qui viennent….
Kelimba-PDS se retire de l’UFDO : quel spectacle comique joue ce valet du régime ?
Centrafrique.org/faux-le-depute-aurelien-simplice-zingas-nest-pas-en-fuite/aurelien-nzingas-stop-atene/” rel=”attachment wp-att-46041″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/04/Aurelien-Nzingas-stop-atene-450×235.jpg” alt=”Kelimba-PDS se retire de l’UFDO : quel spectacle comique joue ce valet du régime ?” width=”450″ height=”235″ />Aurélien Simplice Zingas, l’actuel ministre d’État à l’éducation
Le Kelimba-PDS abandonne l’UFDO, mais ce n’est qu’un acte de plus dans la tragicomédie d’une opposition bidon, montée de toutes pièces par Touadera pour sauver les apparences.
En Centrafrique, l’Union des Forces Démocratiques pour l’Opposition (UFDO) n’a jamais été ce qu’elle prétend être. Loin de l’image d’une plateforme unie contre le régime, cette coalition, fondée par Syriaque Gonda, n’est rien d’autre qu’une création du président Faustin Archange Touadera alias Baba Kongoboro. Une marionnette taillée sur mesure pour donner l’illusion d’un dialogue avec une opposition, alors qu’en réalité, elle n’est qu’un ramassis de soutiens déguisés, mis en place pour tromper l’opinion publique et la communauté internationale. Ce n’est pas une nouveauté : des régimes comme ceux de Russie, de Corée du Nord ou du Rwanda ont déjà perfectionné cette recette. Créer sa propre opposition pour mieux écraser la vraie, voilà le jeu auquel se livre Touadera.
L’UFDO, dès sa naissance, n’a jamais eu pour but de défier le pouvoir. Syriaque Gonda, son initiateur, l’a conçue comme un outil au service des ambitions présidentielles, un moyen de verrouiller le paysage politique tout en offrant une façade démocratique. Les micropartis qui la composent, réduits à leurs chefs et à une poignée de fidèles, ne sont pas là pour proposer une alternative, mais pour ramasser les miettes que le régime veut bien leur laisser. Cette vérité, les Centrafricains la connaissent depuis longtemps. Pas besoin de le répéter vingt fois : l’UFDO n’est qu’un théâtre où les acteurs jouent les ordres du metteur en scène, Touadera.
Le dernier acte de cette comédie s’est joué avec la suspension de la participation du parti Kelimba-PDS, dirigé par Aurélien Simplice Kongbelet-Zingas, ministre d’État à l’Éducation. Dans une lettre datée du 3 avril 2025, adressée au président en exercice de l’UFDO, le parti claque la porte de la coalition, dénonçant des « divergences » et des « propos irrespectueux » après une réunion houleuse. En cause : une demande de contribution financière et un message de soutien au président lors des festivités de son élection, célébrant l’anniversaire de son accession au pouvoir. Pour Kelimba-PDS, c’en était trop. Le document officiel, signé par Kongbelet-Zingas lui-même, parle d’un « climat délétère » et d’une « insécurité » autour de son leader, pointant du doigt des « attitudes discourtoises » et des « propos irrévérencieux » de certains membres. Mais ce départ n’est qu’un symptôme d’un mal plus profond. L’UFDO s’effondre sous le poids de ses contradictions, minée par des querelles internes et des luttes mesquines pour des postes.
La mort de Syriaque Gonda avait déjà fragilisé cette coquille vide. À l’époque, des soupçons s’étaient tournés vers Aurélien Simplice Kongbelet-Zingas, alors figure influente de l’UFDO, accusé par certains d’avoir trempé dans cette disparition trouble de monsieur Cyriaque Gonda. Les tensions nées de cet épisode n’ont jamais été apaisées. Depuis, les rivalités n’ont fait que s’aiguiser, jusqu’à cette présidence tournante instaurée pour calmer les esprits. Mais au lieu de stabiliser la coalition, elle a révélé la vraie nature de ces prétendus leaders : des opportunistes sans vision, prêts à tout pour un bout de pouvoir. Kongbelet-Zingas, lui, incarne parfaitement cette dérive. Ancien opposant autoproclamé, il s’est rallié au régime, un ministère prestigieux en poche, avant de lâcher l’UFDO comme on abandonne un jouet usé. Son retrait, officialisé dans cette lettre du 3 avril, n’est qu’une pirouette pour un homme qui a déjà sécurisé son avenir ailleurs, laissant derrière lui une coalition à l’agonie.
Pendant ce temps, l’UFDO qu’il quitte se déchire, incapable de s’entendre sur autre chose que la chasse aux privilèges. Ces « chercheurs à manger », comme les appellent les Centrafricains dans les rues de Bangui, n’ont ni projet, ni idéologie. Leur seule obsession, c’est de s’accrocher à un strapontin, peu importe qui le distribue. La présidence tournante, censée instaurer un semblant d’ordre, n’a fait que mettre en lumière leur amateurisme et leur avidité. Le président actuel, un « idiot de Touadera » comme le décrivent certains, n’est qu’une nouvelle marionnette dans ce jeu de chaises musicales. Et Touadera, depuis son palais, doit mourir de rire en voyant ses marionnettes s’autodétruire pour des miettes qu’il leur a laissé.
Le peuple centrafricain, lui, n’a rien à attendre de ces charlatans. L’UFDO, avec ses « Toto » et ses voyous en col blanc, n’est qu’un écran de fumée pour masquer l’absence de vraie résistance. Pendant que ces petits chefs se disputent des os, le régime continue de serrer la vis, étouffant toute voix dissidente authentique. Il est temps de dire les choses clairement : cette coalition est une honte, et ceux qui la dirigent, à commencer par des transfuges comme Kongbelet-Zingas, ne valent pas mieux que les valets qu’ils servent. La Centrafrique mérite mieux que ce jeu de dupes orchestré par le pouvoir….