Liste complète des candidats déclarés élus au premier tour par l’ANE : regardez comment le MCU s’empare de 56 sièges sur 80 au premier tour. Vers une Assemblée monocolor et la consolidation de la dictature en Centrafrique
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les résultats provisoires du premier tour des Élections législatives du 28 décembre 2025 en Centrafrique, tels qu’annoncés par l’Autorité Nationale des Élections (ANE), confirment ce que beaucoup redoutaient : une main-mise totale du pouvoir en place sur l’Assemblée nationale.
Sur les 80 circonscriptions ayant voté au premier tour, le parti présidentiel MCU (Mouvement des cœurs unis ) a raflé à lui seul 56 sièges, soit 70% des circonscriptions. Si l’on ajoute les partis satellites gravitant dans son orbite — le PDD-La Solidarité-Kelemba (2 sièges), le Parti Socialiste (1 siège), le PAD (1 siège), le MOUNI (2 sièges), l’UNDP (1 siège), le CAN (1 siège) et le PDD-K (1 siège) — ce sont 65 sièges sur 80, soit plus de 81%, qui sont acquis à la mouvance présidentielle. Seuls 15 candidats indépendants, parfois liés au MCU, ont réussi à arracher quelques circonscriptions, souvent dans des conditions contestées.
Cette hégémonie électorale dessine les contours d’une Assemblée nationale monocolor, verrouillée par un parti unique et ses alliés de circonstance. L’opposition politique, déjà muselée et marginalisée, est pratiquement absente du paysage parlementaire issu de ce scrutin.
Alors que le Conseil Constitutionnel doit encore valider ces résultats, nombreux sont les observateurs, militants démocratiques et citoyens qui dénoncent d’ores et déjà une parodie électorale organisée pour consolider définitivement le pouvoir autocratique en place. Cette mainmise totale sur l’institution législative ne laisse aucun doute : la Centrafrique s’enfonce davantage dans la dictature, avec un régime qui ne tolère plus aucune opposition réelle et qui instrumentalise les institutions démocratiques pour légitimer son autoritarisme.
Liste des candidats aux législatives élus au premier tour du scrutin du 28 décembre 2025 en Centrafrique annoncés par l’autorité nationale des Élections
Préfecture de Bangui
- 1er arrondissement, 1re circonscription : MCU, Mamadou née Passet Prisca Roseline — 4 015 voix (91,35 %)
- 2e arrondissement – 2e circonscription : MCU, Balalou Maxime — 5 043 voix (52,73 %)
- 3e arrondissement – 2e circonscription : Indépendant, Mokili Christian — 806 voix (51,30 %)
- 4e arrondissement – 1re circonscription : MCU, Maleyombo Alexandre Pamphile — 10 643 voix (62,59 %)
- 4e arrondissement – 2e circonscription : MCU, Ngate-Robard Hypolite-Jean-Paul — 6 216 voix (74,90 %)
- 6e arrondissement – 1re circonscription : Indépendant, Kobangai Isaac Isidore — 4 938 voix (54,76 %)
- 8e arrondissement – 1re circonscription : MCU, Angouré Assana Aristide — 5 512 voix (51,68 %)
- 9e arrondissement (Landja) – 1re circonscription : MCU, Dolé-Dobia Omer-Alban — 4 618 voix (65,95 %)
- Bégoua – 2e circonscription : MCU, Piri Bertrand Arthur — 975 voix (85,00 %) •
Bimbo – 2e circonscription : MCU, Mapenzi Jean Symphorien — 5 277 voix (56,92 %)
- Bimbo – 3e circonscription : MCU, Bemakasoui Josiane Lina — 6 142 voix (59,88 %)
Préfecture de la Basse-Kotto
- Alindao – 1re circonscription : MCU, Bandeko Virginie — 5 474 voix (60,05 %)
- Kembé – 1re circonscription : Indépendant, Assindaka Didace — 6 311 voix (51,03 %)
- Mobaye – 1re circonscription : PDD-La Solidarité-Klemba, Kongbelé-Tzingas Aurélien-Simplice — 4 988 voix (66,68 %)
Préfecture de la Haute-Kotto
- Bria – 1re circonscription : MCU, Balenda Max Sylvain — 12 533 voix (78,37 %)
- Bria – 2e circonscription : MCU, Tafago Jacques — 3 212 voix (54,59 %)
- Ouanda-Djallé – 1re circonscription : MCU, Koudjou Abdel Karim Nabia — 1 780 voix (100 %)
- Yalinga – 1re circonscription : MCU, Yassir Mahamat Bello — 768 voix (54,28 %)
Préfecture du Haut-Mbomou
- Djemah – 1re circonscription : MCU, Akovourou Lambert — 213 voix (99,07 %)
Préfecture de la Kémo
- Mala – 1re circonscription : MCU, Lakonté Gaomeda Marthe — 6 118 voix (98,41 %)
Préfecture du Lim-Pendé
- Ngaoundaye – 1re circonscription : Indépendant, Dillah Bernard — 5 147 voix (58,05 %)
- Paoua – 2e circonscription : MCU, Dotar-Ganguenon Justin — 11 135 voix (65,30 %)
Préfecture de la Lobaye
- Boganda – 1re circonscription : MCU, Yembe Michael Jackson — 1 508 voix (56,39 %)
- Mbaïki – 3e circonscription : Indépendant, Akhras Assan — 3 441 voix (58,26 %)
- Moboma – 1re circonscription : MCU, Makango Magloire Joscelin — 7 668 voix (68,82 %)
Préfecture de la Mambéré
- Amada-Gaza – 1re circonscription : MCU, Ndanga Séraphin — 2 353 voix (54,35 %)
- Carnot – 1re circonscription : MCU, Ngamana Evariste — 5 003 voix (90,40 %)
- Carnot – 3e circonscription : Indépendant, Nguia Justin — 1 926 voix (69,56 %)
- Gadzi – 1re circonscription : MCU, Bappet Trixi Serge — 3 766 voix (52,76 %)
- Gadzi – 2e circonscription : Indépendant, Sambo Boniface — 1 365 voix (55,20 %)
- Sénkpa-Mbaéré – 1re circonscription : Indépendant, Gotao Jean-Robert — 2 240 voix (56,00 %)
Préfecture de la Mambéré-Kadéï
- Berbérati – 1re circonscription : MCU, Somse Pierre — 6 900 voix (64,62 %) • Berbérati – 2e circonscription : Indépendant, Nalke Dorogo André — 3 596 voix (66,90 %) • Berbérati – 3e circonscription : MCU, Ndombe Clément — 2 656 voix (66,58 %) • Gamboula – 1re circonscription : MCU, Kolou Tefal — 3 273 voix (54,44 %) • Sosso-Nakombo – 1re circonscription : MCU, Dimbelet Nakoe Mathurin — 2 139 voix (58,96 %)
Préfecture du Mbomou
- Bakouma – 1re circonscription : MCU, Ndenguilo née Nazama Prisca-Josiane — 3 425 voix (51,69 %)
- Bangassou – 1re circonscription : MCU, Bazzambo-Ngbongo Maurice Armand — 11 873 voix (64,19 %)
- Bangassou – 2e circonscription : PS, Kolala Kodoungou Bienvenu — 5 728 voix (58,66 %)
- Rafai – 1re circonscription : MCU, Gbiatou Dieudonné — 4 510 voix (67,72 %)
Préfecture de la Nana-Gribizi
- Nana-Outa – 1re circonscription : MCU, Nguelakossa Jean-Pierre Sylvain — 6 188 voix (59,48 %)
Préfecture de la Nana-Mambéré
- Abba – 1re circonscription : MCU, Issa Marc — 3 940 voix (67,74 %)
- Baboua – 1re circonscription : PAD, Laurent Ngon-Baba — 5 231 voix (65,58 %)
- Baboua – 2e circonscription : MCU, Ninga Luc — 2 270 voix (56,69 %)
- Baoro – 1re circonscription : MCU, Sarandji Simplice Mathieu — 8 813 voix (100,00 %)
- Bouar – 3e circonscription : MCU, Yalakanga Georges — 2 084 voix (73,93 %)
- Bouar – 4e circonscription : MOUNI, Harouna Moelle — 3 695 voix (50,50 %)
Préfecture de l’Ombella-M’poko
- Boali – 1re circonscription : MCU, Bounguinza Davy — 6 446 voix (61,53 %)
- Bossembélé – 1re circonscription : MCU, Tezawa Service Jean-Paul Bervy — 5 038 voix (51,00 %)
- Yaloké – 1re circonscription : MCU, Amougou Hugues-Tranquillain — 4 388 voix (84,06 %)
- Yaloké – 2e circonscription : MCU, Toranga Richard Stevès — 5 202 voix (74,66 %)
Préfecture de la Ouaka
- Bakala – 1re circonscription : UNDP, Tiyangou Dorothée — 1 871 voix (54,60 %)
- Bambari – 1re circonscription : MCU, Sate Suzzane — 7 793 voix (55,12 %)
- Bambari – 2e circonscription : MCU, Tagba-Ouaka Jean-Rolland — 6 629 voix (53,52 %)
- Bambari – 3e circonscription : MCU, Ouarandji Daniel Bachelor — 4 177 voix (57,66 %)
- Bambari – 4e circonscription : MCU, Ali Salet — 5 610 voix (63,18 %)
- Grimari – 1re circonscription : MCU, Sall Karim Sedar — 8 062 voix (66,17 %)
- Ippy – 2e circonscription : PDD-La Solidarité-Kelemba, Balengbondo Flaurent — 1 887 voix (52,23 %)
- Kouango – 1re circonscription : MCU, Zoumarra Barthélemy Louis-Marie — 9 153 voix (56,47 %)
Préfecture de l’Ouham
- Bossangoa – 1re circonscription : Indépendant, Doraz Séréfessenet Christiane — 5 465 voix (66,57 %)
- Bossangoa – 3e circonscription : MCU, Gambo née Souaninzi Bernadette — 5 965 voix (100,00 %)
- Bossangoa – 4e circonscription : Indépendant, Nambokinena Bienvenu — 3 603 voix (54,01 %)
- Nana-Bakassa – 2e circonscription : CAN, Ngakoutou Patasse Sylvain Eugène — 3 180 voix (54,80 %)
Préfecture de l’Ouham-Fafa
- Batangafo – 1re circonscription : Indépendant, Ndotiga Gadjio Cyrille — 4 773 voix (51,53 %)
- Bouca – 1re circonscription : Indépendant, Yalemendé Marcelin — 2 541 voix (53,70 %)
Préfecture de l’Ouham-Pendé
- Bocaranga – 3e circonscription : Indépendant, Senehorole Bruno — 1 603 voix (55,97 %)
- Bossemptélé – 1re circonscription : MCU, Yabin Benoît — 2 177 voix (56,08 %)
- Bozoum – 2e circonscription : MCU, Minang Désiré Giscard — 3 789 voix (56,03 %)
- Koui – 1re circonscription : PDD-K, Boua Barthélémy — 3 582 voix (60,71 %)
Préfecture de la Sangha-Mbaéré
- Bayanga – 1re circonscription : Indépendant, Kamazokopa Moïse Josué — 3 025 voix (72,16 %)
- Nola – 1re circonscription : MCU, Pogola Abdoulaye Hassane — 4 392 voix (57,27 %)
- Nola – 2e circonscription : MOUNI, Djeme Dieudonné-Marien — 3 061 voix (78,57 %)
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)