Centrafrique : Le général Arda Hakouma brise le silence et lance un ultimatum à Faustin-Archange Touadéra
Rédigé le .
Par : la rédaction de ,
La tension vient de franchir un nouveau cap dans le pays. Dans une longue déclaration d’une dizaine de minutes partagée massivement sur les réseaux sociaux ce mardi 7 juillet 2026, le général de corps d’armée Arda Hakouma, président du Mouvement Démocratique pour le Rassemblement du Peuple Centrafricain (MDRPC), est sorti de son mutisme.
S’exprimant avec colère en langue nationale Sango, le chef rebelle a lancé un avertissement au président Faustin-Archange Touadéra : s’il faut faire basculer le pays dans une guerre totale de mercenaires, le MDRPC est prêt.
Neuf mois d’attente vaine à N’Djaména
Au cœur de sa déclaration, le général Arda a levé le voile sur les coulisses des tentatives de pacification avortées. Il a révélé avoir manifesté sa volonté sincère de signer un accord de paix avec le gouvernement centrafricain il y a plusieurs mois, sous la médiation du Tchad (à l’instar de ce qui avait été fait par le passé avec l’UPC d’Ali Darassa et les 3R de Sembe Bobo).
Le général Arda affirme avoir séjourné durant neuf mois à N’Djaména, attendant un geste ou l’envoi d’une délégation officielle de Bangui pour engager des négociations. Mais, selon ses mots, « personne n’a bougé, ni le gouvernement, ni qui que ce soit », laissant la main tendue dans le vide.
La trahison des cadres de la Vakaga et la réponse d’Amdafok
Pour expliquer ce refus de négocier du pouvoir de Bangui, Arda Hakouma pointe directement du doigt l’entourage du chef de l’État, et particulièrement les ministres et collaborateurs originaires de la Vakaga (nord-est de la RCA). Il a nommément cité le ministre de la Justice, Arnaud Dioubaye Abazène, l’accusant d’avoir murmuré à l’oreille de Touadéra que le général Arda ne disposait d’aucun homme ni d’aucune réelle capacité militaire sur le terrain.
« Vous avez dit que je n’avais pas d’hommes ? », s’est insurgé le général Arda. Pour lui, la démonstration de force a eu lieu le 30 juin dernier à Amdafock. Le leader du MDRPC revendique haut et fort la participation décisive de son mouvement au sein de la coalition qui a investi cette ville frontalière stratégique. Lors de cette attaque, les éléments de Forces armées centrafricaines (FACA) ont été contraintes de fuir pour se réfugier dans la base locale de la MINUSCA. Les forces de la coalition y ont tenu position pendant près d’une semaine avant de subir la contre-offensive menée par les mercenaires russes du groupe Wagner et d’anciens rebelles retournés (UPC, MPC, 3R).
Face aux accusations du gouvernement centrafricain qui avait crié à l’« agression par des mercenaires étrangers », le général Arda ironise et remet Bangui face à ses contradictions : c’est sa coalition qui a ébranlé le dispositif sécuritaire, prouvant ainsi sa puissance de feu.
La guerre des mercenaires
« Tu as amené Wagner, nous amènerons les Ukrainiens et les Chinois » Pour le chef du MDRPC, Faustin-Archange Touadéra se croit invincible parce qu’il s’appuie sur des forces extérieures. Arda Hakouma rappelle que c’est le régime actuel qui a « ouvert le bal » en important les premiers mercenaires en RCA — les Russes de Wagner ainsi que les forces rwandaises.
Dans un accès de colère, le général a formulé sa mise en garde la plus lourde : puisque le pouvoir refuse la paix et préfère s’en remettre à des soldats de fortune étrangers, le MDRPC et sa coalition appliqueront la même méthode. « Tu as amené les Wagner, mais nous, nous allons amener les Chinois et les Ukrainiens », a-t-il martelé, assurant que des alliances privées internationales sont prêtes à être déployées pour déboulonner le régime.
L’impossible confiance : Les cas Zakaria Damane et Abdoulaye Hissène
Justifiant son refus désormais absolu de traiter avec le président Touadéra, le général Arda a affirmé qu’accorder sa confiance au régime de Bangui équivalait à signer son arrêt de mort ou son incarcération. Pour étayer ses propos, il s’est appuyé sur deux figures majeures de l’ex-Séléka :
Le général Zakaria Damane : Arda Hakouma a rappelé la fin tragique de ce chef militaire de grand gabarit. Selon lui, le général Daman n’a pas été tué au combat par des armes à feu, mais a été sauvagement battu à mort à coups de madriers (tranches de bois) par les mercenaires russes sous le regard complice ou l’ordre du régime, succombant à ses blessures au sol.
Abdoulaye Hissène : Autrefois considéré comme « l’enfant chouchou » de Touadéra, exécutant fidèlement les missions politiques et sécuritaires confiées par la présidence, il croupit pourtant aujourd’hui en prison depuis plus d’un an, abandonné par le pouvoir.
« Avec Touadéra, il n’y a pas de confiance. Les gens qui lui ont fait confiance finissent morts ou en prison », a résumé le chef du MDRPC.
Un régime synonyme de souffrance sociale
Pour conclure, le général Arda a dressé un réquisitoire sombre de la situation socio-économique et sécuritaire de la République Centrafricaine, qualifiant le régime actuel de vecteur de misère pour la population : massacres, emprisonnements arbitraires, tortures et détresse sociale aiguë.
Donnant ouvertement « rendez-vous » au chef de l’État sur le terrain militaire, le général Arda Hakouma prévient que seule la force parlera désormais. L’ultimatum est lancé, et l’ombre d’une internationalisation encore plus poussée du conflit plane désormais sur la République Centrafricaine.
Par Alain Nzilo
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
3
CNC groupe 4
CNC groupe le Soleil
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC
Abonnez-vous à notre chaine YouTube :
Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65
Email :
Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org




