Centrafrique : La recrudescence de l’insecurité à l’est du pays compromet-elle l’avenir du troisième mandat ? Suivez l’analyse du juriste Bernard Selemby Doudou
Rédigé le 11 juillet 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Lors de la prestation de serment du 30 mars 2016, le nouveau pouvoir de Bangui heritait de la transition politique consensuelle d’un pays en voie de pacification où les rébellions armées avec leurs cargaison de malheur étaient en voie de disparition.
L’on remarquait que tous les leviers du développement étaient au vert, propice et prêt pour un envol d’un pays émergent.
Ce processus était caractérisé par la mise en place de l’union sacrée, cas rare dans l’histoire du pays où les principaux acteurs politiques ont accompagné le Président de la République et son gouvernement à Bruxelles pour convaincre les partenaires au développement afin de mobiliser des ressources nécessaires pour la relance d’un pays post-guerre.
Force est de constater avec regret et amertume que le mode de gouvernance du pouvoir de Bangui a rapidement travesti cet élan, cette dynamique de confiance patriotique en privilégiant les grands mafieux étrangers qui occupent des fonctions stratégiques dans la haute sphère décisionnelle du pays.
Ces phénomènes dignes d’un cartel mafieux se sont illustrés par la politique de cryptomonnaie, de tokenisation et autres voués tous à un échec cuisant et retentissant.
À cela s’ajoutent une nouvelle constitution imposée aux forceps sans le libre assentiment du peuple et une incohérente politique étrangère qui consiste à se mêler des sensibles questions sécuritaires des États de la sous région et plus particulièrement les États limitrophes sensés contribuer à la sécurisation des frontières.
En conséquence de ce qui précède, les bruits de botte et la recrudescence des violences armées sont sans surprise la résultante des dérapages diplomatiques et des caprices voire la soif démesurée de confiscation du pouvoir de l’État par le monarque de Bangui.
Il faut noter à titre de rappel que cette incursion armée si elle se renouvelle présente un défi politique et diplomatique multidimensionnel.
D’abord cette instabilité politique fragilise l’autorité de l’État qui a d’ailleurs du mal à s’imposer.
En plus de la crise humanitaire qui engendre des mouvements de population c’est-à-dire des réfugiés et des déplacés internes, cette situation créée des tensions transfrontalieres dans la sous région avec un risque élevé d’embraserment dans la zone des trois frontières c’est-à-dire Centrafrique-Tchad-Soudan.
C’est pourquoi le communiqué N*11 du 17 octobre 2025 portant alerte d’avant crise dans lequel le Rassemblement Unitaire attirait l’attention de l’opinion nationale et internationale sur le risque imminent d’une nouvelle et grave crise dans notre pays était passé inaperçu.
Au regard de ce qui précède, le citoyen lambda embarqué dans un imbroglio s’interroge :
1- Les incursions armées à l’est du pays constituent-elles un facteur de fragilisation du troisième mandat ?
2- Face à la recrudescence de l’insécurité à l’est du pays, le fameux projet de la septième République est-il encore viable ?
3- En d’autres termes, le troisième mandat illégal soit-il arrivera t-il à convaincre l’opinion publique nationale afin de l’accompagner jusqu’à échéance ?
En tout état de cause, la solution à cette crise ne réside que dans le dialogue politique inclusif pour gagner la confiance des forces vives de la nation mais hélas…le dialogue politique inclusif réclamé en vain n’est plus d’actualité et la Centrafrique doit écrire une nouvelle page de l’histoire avec de nouveaux acteurs politiques et une nouvelle vision.
C’est bien évidemment ce qu’a proposé le Rassemblement Unitaire dans le cadre des consultations citoyennes pour une renaissance centrafricaine.
En outre, nous avons une pensée républicaine et patriotique pour la sous préfète et les autres en captivité voire sacrifiés par le pouvoir de Bangui entre les mains des résistants “Azandés” qui ne réclament rien d’autres que leur portion de droit dans la République.
Nous vous rappelons qu’on ne gère pas un peuple sans pour autant lui rendre compte et lui expliquer comment on le gère…alors donnez des explications crédibles au peuple non seulement sur la décapitation des civils par les Wagners noirs mais aussi sur les révélations de Mediapart sur une possible acquisition au profit de la sulfureuse épouse du chef d’etat major des armées d’un appartement luxueux à Paris avec vue sur la tour eiffel à valeur de sept cents mille euros soit un peu plus de quatre cents millions de francs CFA.
En attendant que le peuple souverain plongé artificiellement dans un profond sommeil onirique se réveille pour se rendre à l’évidence que la supercherie de changement de constitution n’était que la volonté du pouvoir de Bangui de sauter les verrous de limitation de mandat afin de se représenter indéfiniment à la magistrature suprême qui a embobiné le peuple avec une cargaison de mensonges était exclusivement destiné à faciliter le troisième mandat illégal. Les paisibles habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signalent que tous les indicateurs du tableau synoptique de gouvernance sont au rouge et correspondent aux signes avant-coureurs de déclin, de fin de règne, et de l’effondrement d’un régime construit sur de mensonges, des manipulations, de la pure démagogie.
Monsieur le président, n’attendez pas que les bruits de botte, la huée populaire et la clameur de la rue vous poursuivent pour se rendre à l’évidence que le moment de libérer le fauteuil présidentiel est enfin arrivé.
En outre, nous vous signalons que le dialogue politique réclamé en vain depuis des années pour aplanir les divergences des différents protagonistes n’a plus droit de cité et par consequent il apparaît judicieux et dès maintenant de démissionner avec honneur au risque d’être contraint par la force Monsieur le Président pour ouvrir la voie à une transition politique consensuelle afin de donner une ultime chance à la nation de se reconstruire non sur des ruines du passé mais sur de nouvelles bases saines.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande même avec insistance, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Limassa le 11 Juillet 2026.
Bernard SELEMBY DOUDOU.
Juriste, Environnementaliste.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)
