Législative à Nola : Quand le MCU s’autodétruit et que le Conseil Constitutionnel protège le candidat rebelle Alexis N’Dui-Yabela

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le parti présidentiel a tranché. La justice a confirmé. Mais Alexis N’Dui-Yabela reste candidat. Bienvenue dans l’anarchie version Touadéra.
Le 26 octobre 2025, le MCU tenait son congrès à Bangui. Le parti présidentiel devait désigner ses candidats pour les législatives de décembre. Dans la circonscription de Nola, préfecture de la Sangha-Mbaéré, deux hommes se disputaient l’investiture : Pogola Eric et Alexis N’Dui-Yabela . Le congrès a tranché. Pogola a été validé comme candidat officiel du MCU. Alexis a été rejeté.
Normalement, l’histoire aurait dû s’arrêter là. Un parti désigne ses candidats, les autres s’inclinent. C’est la règle du jeu politique, même la plus basique. Mais Alexis N’Dui-Yabela n’est pas du genre à s’incliner. Il a créé un scandale monumental. Il a menacé. Il a juré qu’il irait aux Élections quoi qu’il arrive, avec ou sans l’aval du MCU. Et il a tenu parole.
Voilà donc le parti présidentiel avec deux candidats sur la même circonscription. Pogola Eric, le candidat officiel validé par le congrès, inscrit en 3ème circonscription de Nola avec le numéro d’ordre 1 sur la liste de l’Autorité Nationale des Élections. Et Alexis N’Dui-Yabela , le rebelle, qui s’est imposé en force sur la 1ère circonscription de Nola et dont le nom figure lui aussi sur la liste officielle de l’ANE.
Le MCU se retrouve donc dans cette situation absurde : deux de ses membres, l’un validé, l’autre rejeté par le parti, se font la guerre pour représenter… le même parti. C’est du grand n’importe quoi. Mais attendez, ça devient encore plus intéressant.
Pogola Eric, le candidat légitime du MCU, ne va pas se laisser faire. Il saisit le Tribunal Administratif de Bouar, juridiction compétente pour la zone qui couvre la Nana-Mambéré, l’Ouham-Pendé et la Sangha-Mbaéré. Son recours est clair : Alexis N’Dui-Yabela n’a pas le droit de se présenter. Le parti l’a rejeté lors du congrès. Il n’a aucune légitimité.
Le tribunal examine le dossier. Les magistrats délibèrent. Et ils rendent leur décision : le recours de Pogola est recevable. La candidature d’Alexis N’Dui-Yabela est invalidée. C’est écrit noir sur blanc dans le jugement que nous avons obtenu. L’article 3 invalide formellement cette candidature. L’article 5 précise que cette décision doit être notifiée à l’Autorité Nationale des Élections et aux deux intéressés.
Tout est clair. Le parti présidentiel a choisi son candidat. La justice a confirmé que l’autre n’avait pas le droit de se présenter. L’affaire est close. Sauf que non.
Parce que le Conseil Constitutionnel, cette institution dirigée par Jean-Pierre Waboué, l’oncle du président Touadéra, a décidé que cette décision ne l’intéressait pas. Alexis N’Dui-Yabela figure toujours sur la liste officielle des candidats validés. Son nom est là, bien visible, dans la 1ère circonscription de Nola. Comme si le tribunal de Bouar n’avait jamais rendu son jugement. Comme si le congrès du MCU n’avait jamais eu lieu.
Essayons de comprendre ce qui se passe. Le MCU, parti présidentiel, organise son congrès. Il valide Pogola, rejette Alexis. C’est la décision souveraine du parti. Alexis refuse, menace, force le passage. Le candidat officiel saisit la justice. Le tribunal donne raison au candidat officiel. Logiquement, l’histoire devrait se terminer là. Alexis devrait être retiré des listes. Pogola devrait être le seul candidat MCU à Nola.
Mais le Conseil Constitutionnel de Waboué en a décidé autrement. Il maintient la validation d’Alexis. Personne ne sait pourquoi. Aucune explication. Aucune justification. Le Conseil a juste décidé que la décision du tribunal ne comptait pas. Point final.
Vous saisissez l’énormité de la situation ? Le parti présidentiel ne contrôle même plus ses propres investitures. Un candidat rejeté par le MCU lors de son congrès peut se présenter quand même sous l’étiquette du parti. Un candidat officiel validé par le congrès doit partager sa circonscription avec un rebelle que le parti a pourtant écarté. Et quand la justice tranche en faveur du candidat officiel, le Conseil Constitutionnel ignore purement et simplement cette décision.
C’est quoi ce bordel ? Le MCU est-il encore un parti ou juste une étiquette qu’on peut utiliser à sa guise ? Les décisions du congrès ont-elles encore un sens ? Les validations de candidatures suivent-elles encore des règles ou c’est juste au bon vouloir de Jean-Pierre Waboué et son Conseil Constitutionnel ?
Pogola Eric doit se sentir bien seul. Il a fait les choses dans les règles. Il a participé au congrès de son parti. Il a obtenu l’investiture officielle. Quand un rival a voulu forcer le passage, il a saisi la justice. Il a obtenu gain de cause devant le tribunal. Et malgré tout ça, il se retrouve avec Alexis N’Dui-Yabela toujours face à lui sur les listes électorales.
À quoi ça sert de respecter les procédures du parti ? À quoi ça sert de gagner devant un tribunal ? À quoi ça sert de suivre les règles si au final le Conseil Constitutionnel peut tout balayer d’un revers de main ?
Le message envoyé au MCU est catastrophique. N’importe quel militant peut désormais contester les décisions du congrès. Il suffit de menacer assez fort, de créer assez de scandale, et le Conseil Constitutionnel vous maintiendra sur les listes même si le parti vous a rejeté et même si la justice vous a invalidé. C’est la porte ouverte à toutes les rebellions internes.
Imaginez la scène lors du prochain congrès du MCU. Des candidats se font écarter. Ils menacent. Ils jurent qu’ils iront quand même aux Élections. Les candidats officiels les traînent devant les tribunaux. Les tribunaux leur donnent raison. Et puis le Conseil Constitutionnel maintient tout le monde sur les listes. Le MCU aura dix candidats par circonscription, tous officiellement validés, tous en guerre les uns contre les autres. C’est vers ça qu’on se dirige.
Mais au fond, est-ce vraiment un problème pour le régime Touadéra ? Le MCU peut bien s’autodétruire, se diviser, se déchirer. Du moment que l’opposition est laminée, du moment que les vrais adversaires du régime sont écartés, le reste importe peu. Que Pogola et Alexis se battent pour la même circonscription, c’est un problème interne au parti au pouvoir. Ça n’empêchera pas le MCU de remporter le scrutin. Avec ou sans discipline de parti.
Le Tribunal Administratif de Bouar peut bien rendre toutes les décisions qu’il veut. Jean-Pierre Waboué et son Conseil Constitutionnel feront exactement ce qu’ils ont envie de faire. Si ça les arrange de maintenir un candidat rebelle pour punir le parti, ils le font. Si ça les arrange d’invalider un candidat gênant, ils le font aussi. Les décisions de justice ne sont que des suggestions qu’on peut suivre ou ignorer selon l’humeur du jour.
Cette affaire de Nola concentre tout ce qui ne va pas dans le système Touadéra. Un parti présidentiel qui ne contrôle plus ses investitures. Des candidats qui peuvent défier leur propre parti sans conséquence. Des tribunaux dont les décisions ne servent à rien. Un Conseil Constitutionnel qui fait sa propre loi. Et au milieu de tout ça, un candidat officiel, Pogola Eric, qui a suivi toutes les règles et qui se fait humilier par le système qu’il est censé représenter.
Les campagnes électorales n’ont même pas encore commencé. Elles démarreront en décembre. Mais le chaos est déjà là. Dans la circonscription de Nola, deux candidats du MCU vont s’affronter. L’un a été validé par le parti et par la justice. L’autre a été rejeté par le parti et invalidé par la justice. Devinez lequel le Conseil Constitutionnel protège ?
Personne ne sait exactement pourquoi Waboué et son Conseil maintiennent Alexis N’Dui-Yabela malgré tout. Peut-être pour humilier le MCU. Peut-être pour montrer que même le parti présidentiel doit courber l’échine devant le Conseil. Peut-être juste parce qu’ils peuvent le faire et que personne ne viendra leur demander des comptes.
Ce qui est sûr, c’est que cette décision du Conseil Constitutionnel vient d’établir un précédent désastreux. N’importe quel candidat rejeté par son parti peut désormais passer outre. Il suffit de menacer, de créer du scandale, et de compter sur le Conseil Constitutionnel pour maintenir sa candidature même si la justice l’invalide.
Le Tribunal Administratif de Bouar peut ranger son jugement dans un tiroir. Pogola Eric peut relire cent fois la décision qui lui donne raison. Ça ne changera rien. Alexis N’Dui-Yabela reste candidat. Le MCU peut continuer à s’autodétruire. Le Conseil Constitutionnel regarde ailleurs.
Et pendant ce temps, on nous parle d’Élections transparentes et démocratiques. On nous explique que tout se passe dans les règles. Regardez Nola. Regardez cette guerre fratricide au sein même du parti présidentiel. Regardez comment le Conseil Constitutionnel piétine les décisions de justice. Et dites-moi si ce scrutin de décembre ressemble encore à quelque chose de sérieux.
La réponse, vous la connaissez déjà. Le BRDC a totalement raison de boycotter ces élections fantomatique.
Par Gisèle MOLOMA…
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Ce qui était présenté au départ par l'ingénieur du projet, Robert Patrick Veret, comme une "disparition de documents" s'avère être, à la lumière des dernières investigations journalistiques de la rédaction du CNC, un complot mafieux de grande envergure. Au cœur de cette entreprise de spoliation se trouve un homme désormais formellement identifié : Mamadou Ramady, ancien président du conseil d'administration de l'institution, soutenu par une clique d’anciens dignitaires déchus prêts à tout pour capter une manne de 34 milliards de francs CFA promise par les pays du Golfe. 1. LA GENÈSE DU « PROJET KODOU » : LA VISION SÉQUESTRÉE DE L’IMAM KOBINE L’histoire de ce projet pharaonique commence entre 2016 et 2017. L’Imam Oumar Kobine Layama, alors émissaire de la paix et président du conseil islamique, charge une équipe technique composée de l’ingénieur Robert Patrick Veret, d’un maître d’œuvre et du ministre Kaïdjama, de concevoir un complexe scolaire moderne. Initialement chiffré à 1 228 874 970 francs CFA, le projet séduit les investisseurs d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis). Ces derniers exigent sa démultiplication à l'échelle nationale : 12 complexes scolaires, mosquées et hôpitaux répartis dans 9 préfectures de la RCA. C'est la naissance du « Projet Kodou », évalué au total à 34 milliards de francs CFA. Mais le 28 novembre 2020, le décès brutal de l’Imam Kobine gèle le processus et ouvre la porte aux vautours. 2. LES MANŒUVRES DE MAMADOU RAMADY : LE BLOCUS ET LE VOL DES SECRETS Profitant du désarroi général immédiatement après le décès du guide spirituel, Mamadou Ramady s’est empressé de visiter la veuve du défunt. En abusant de la confiance de l’épouse de l’Imam Kobine, il est parvenu à sceller et bloquer l’accès de la bibliothèque aux autres membres du Conseil islamique. Ce blocus criminel n'avait qu'un but : dissimuler les archives importantes et s'approprier les secrets administratifs du Projet Kodou. Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. Les tricheurs et les pilleurs, bien qu'ils tentent d'acheter une façade de respectabilité auprès du régime en lui versant des fonds, ont été définitivement balayés par la légitimité des urnes et du droit en cette année 2026. L'ingénieur Robert Patrick Veret, détenteur des doubles des documents, et le nouveau bureau exécutif veillent désormais : les 34 milliards du Projet Kodou appartiennent aux fidèles et aux enfants de la RCA, et non à la mafia qui a pillé l'héritage de l'Imam Kobine. Par Alain Nzilo Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Ahmat-Deleric-Rator-218x150.jpg)
