De quoi vous étonnez-vous du sort de Blaise Didatien Kossimatchi ? Le “cannibalisme politique” ou l’art pour la dictature de dévorer ses propres enfants

0
9

De quoi vous étonnez-vous du sort de Blaise Didatien Kossimatchi ? Le “cannibalisme politique” ou l’art pour la dictature de dévorer ses propres enfants

 

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de ,  

Vous qui observez aujourd’hui, stupéfaits du sort actuel du griot zélé du régime dictatorial de Faustin-Archange Touadera , du sort du sultan Sani Yalo, du fils adoptif de Touadéra Koyagbélé et vous vous êtes enflammez sur les réseaux sociaux. Alors, une question que tout le monde se pose: pourquoi vous étonnez-vous ?

 

Vous connaissiez pourtant parfaitement la nature du régime. Vous saviez très bien qu’il s’agissait d’une dictature. Pourtant, attirés par l’odeur du pouvoir, des privilèges et de l’argent, vous vous êtes rués massivement vers elle, tels des courtisans dociles, des abeilles bourdonnant autour d’un pot de miel. Mais vous avez feint d’ignorer la règle d’or de l’autoritarisme : la première caractéristique d’une dictature, sa loi fondamentale pour survivre, c’est le cannibalisme politique.

 

Quand la machine commence à s’enrayer, quand le doute s’installe, le dictateur ne cherche plus à frapper ses opposants historiques du BRDC qui sont déjà fragilisés. Il se retourne contre son propre camp. Et il commence à vous manger, un par un.

 

La peur au ventre à Bangui

Aujourd’hui, le doute et le murmure ont envahi l’administration centrafricaine. Chacun regarde par-dessus son épaule. La peur a changé de camp, et pour cause :

 

Blaise Didatien Kossimatchi (Didass), le griot-zélé du régime, celui qui pensait s’être rendu indispensable par ses outrances et son militantisme bruyant, a été convoqué à la section de recherche et d’investigation de la gendarmerie. Son tort ? Avoir « débordé ». Toi, Didass, et tous les autres qui croyaient être à l’abri sous l’aile du chef : vous découvrez que l’excès de zèle peut devenir un crime de lèse-majesté du jour au lendemain.

 

Le sultan Sani Yalo, l’un des grands financiers et piliers du régime, a été entendu par la justice centrafricaine pour une simple rumeur de coup d’État propagée sur les réseaux sociaux. Celui qui injectait des millions pour la survie politique du pouvoir réalise que sa fortune et son influence ne pèsent rien face à la paranoïa d’État.

 

Bida Koyagbélé, ministre conseiller à la présidence chargé des grands travaux, a lui aussi été convoqué au tribunal et entendu par le parquet. Un ministre conseiller, jeté en pâture au moindre bruit de couloir, au moindre soupçon de complot.

 

Pourquoi toutes ces figures du premier cercle ont-elles peur désormais ? Parce qu’elles découvrent la dure réalité du système qu’elles ont nourri : dans une dictature, la fidélité passée n’est jamais une garantie de sécurité future.

 

La méthodologie du dictateur : L’exemple d’Adolf Hitler et la “Nuit des longs couteaux”

Pour comprendre ce qui se joue actuellement sous nos yeux, il faut faire un peu d’histoire et de pédagogie politique. Ce phénomène n’est pas nouveau. L’exemple le plus terrifiant et le plus net de ce cannibalisme politique reste celui du dictateur allemand, Adolf Hitler.

 

En 1934, Hitler est au pouvoir depuis un an. Pour y parvenir, il s’est appuyé massivement sur la SA (les Sections d’Assaut), une milice forte de millions d’hommes ultra-violents et fanatiques, dirigée par son plus proche ami et compagnon de route, Ernst Röhm. Les SA étaient les “griots-zélés” du nazisme, ceux qui faisaient le coup de poing dans la rue pour installer la dictature.

 

Mais une fois solidement assis sur son trône, Hitler commence à s’inquiéter :

 

1. La peur de la concurrence : Ernst Röhm devenait trop puissant, trop populaire auprès des troupes.

 

2. Le besoin de respectabilité : Hitler avait besoin de rassurer l’armée régulière et les grands industriels allemands, qui se méfiaient des excès et du radicalisme des SA.

 

La réponse du dictateur fut d’une cruauté absolue. Du 30 juin au 2 juillet 1934, lors de l’épisode tristement célèbre de la “Nuit des longs couteaux”, Hitler ordonna l’exécution de son ami Ernst Röhm et la purge sanglante de toute la direction des SA. Des centaines de ses partisans de la première heure, ceux-là mêmes qui l’avaient porté au pouvoir, furent arrêtés dans leur lit et fusillés sans procès.

 

Hitler a dévoré ses propres enfants politiques pour rassurer ses nouveaux alliés et éliminer toute ombre de contestation interne.

 

Éducation politique : Le dictateur mange toujours les siens pour survivre

Leçon de l’histoire pour quiconque choisit de servir un régime autoritaire : le dictateur n’a pas d’amis, il n’a que des outils.

 

Lorsque la situation économique est étouffante, que la pression internationale augmente, ou que la paranoïa s’empare du palais, le sommet de l’État a besoin de boucs émissaires pour canaliser la colère du peuple et envoyer un message de terreur à son propre entourage. En sacrifiant un ministre des grands travaux, un puissant financier ou un communicant zélé, le pouvoir fait d’une pierre deux coups : il montre qu’il contrôle tout et maintient ses courtisans dans un état de terreur psychologique permanente.

 

Alors, ne vous murmurez plus à l’oreille. Ne jouez pas les étonnés. Toi Didass, toi Sani, toi Bida, et tous les autres qui vous bousculez encore autour du miel : sachez qu’un jour ou l’autre, la nature même de la dictature fera de vous le prochain repas. C’est le prix à payer lorsque l’on choisit de nourrir un monstre.

 

Par Alain Nzilo

Rejoignez notre communauté

 

Chaine officielle du CNC

Invitation à suivre la chaine du CNC

3

CNC groupe 4

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 Abonnez-vous à notre chaine YouTube :

Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65

Email :

Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org