Centrafrique : une nouvelle milice proche du pouvoir, dirigée par Euloge Doctrouvé, sévit à Bangui. Élisée Nguémalé, leader de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique, est l’une des victimes de ses voyous

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Bangui vit sous la menace d’une nouvelle milice dirigée par un proche du président Touadéra. Alors que le scrutin du 28 décembre approche, le régime multiplie les milices armées pour terroriser les Centrafricains. Ce n’est plus de la politique, c’est du banditisme organisé depuis le sommet de l’État.
Après la milice Requins de Doneng Héritier, dont certains membres ont été intégrés dans l’armée, la gendarmerie, la police et la garde présidentielle, une nouvelle force criminelle vient de voir le jour. Elle fait régner la terreur dans la capitale. Elle est dirigée par Euloge Doctrouvé, un personnage qui s’est transformé en homme de main du régime de Touadera. Ces groupes paramilitaires opèrent au grand jour, avec la bénédiction des plus hautes autorités du pays.
Deux faits récents confirment l’activité intense de cette milice. Le lundi 18 novembre, un pasteur apôtre a été assassiné dans le 4ème arrondissement. L’information a largement circulé sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et WhatsApp. Les témoignages recueillis sur le terrain par la rédaction du CNC pointent tous vers le groupe de Euloge Doctrouvé. Puis, quelques jours plus tard, c’est le tour de monsieur Élisée Nguémalé, un leader de la société civile centrafricaine, qui a été agressé.
L’agression de monsieur Élisée Nguémalé mérite qu’on s’y attarde, car elle dit beaucoup sur les méthodes du régime. Ce n’est pas n’importe qui, Élisée Nguémalé. C’est lui qui, au nom de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique, a déposé une requête devant le Conseil constitutionnel pour invalider la candidature de Touadéra, car l’origine paternelle du Président est floue et totalement inconnue pour les centrafricains. C’est lui que le ministre de l’Administration du territoire, Bruno Yapandé, a publiquement menacé de poursuites judiciaires. C’est lui à qui ce même ministre a interdit de parler dans les médias publics et privés. Quelques semaines après ces menaces, Nguémalé se retrouve tabassé en plein jour dans un restaurant de Bangui.
Les faits sont d’une précision glaçante. Lundi 24 novembre, vers 16h40, Élisée Nguémalé se trouve dans un restaurant en face de Quifeurou, à 200 mètres du croisement Marabena dit Omar Bongo. Il est venu retrouver un ancien collègue de Bayanga pour discuter tranquillement. Doctrouvé arrive d’abord seul pour repérer sa victime. Il repère Nguémalé et son emplacement, observe les lieux, puis repart. Quelques minutes plus tard, il envoie ses hommes , cinq jeunes hommes bien musclés. Ces bandits du régime entrent dans le restaurant et commencent à agresser Elysée Nguémalé et le frappent violemment. L’agression dure plus de dix minutes.
Mais voici le détail le plus choquant: au moment de l’agression, deux militaires se trouvent dans le restaurant, dont un capitaine. Pendant que Nguémalé est roué de coups sous leurs yeux, pendant dix longues minutes, ces militaires ne bougent pas. Ils ne tentent pas d’arrêter les agresseurs, ils ne protègent pas la victime, ils ne réagissent tout simplement pas. Cette passivité totale d’un officier de l’armée nationale face à un tabassage en règle ne peut signifier qu’une chose : l’agression avait reçu un feu vert. Elle faisait partie d’un plan approuvé au plus haut niveau.
Quelques jours après cette violence, à l’occasion de la fête nationale du 1er décembre, le président Touadéra remet une médaille de reconnaissance officielle à Euloge Doctrouvé .
Le timing n’est pas un hasard. En décorant publiquement Doctrouvé juste après l’agression de Nguémalé, le chef de l’État Baba Kongoboro adresse un message sans équivoque : ceux qui s’en prennent à mes opposants seront récompensés. C’est exactement ce qui s’était passé avec Doneng Héritier, le chef de la milice Requins. Après avoir semé la terreur et commis des crimes, il a été nommé ministre de la Jeunesse et des Sports. Les bourreaux du régime ne sont pas poursuivis, ils sont promus.
Le parcours de Doctrouvé raconte à lui seul la dérive du pays. En 2018 et 2019, il était encore dans le camp adverse au régime. Il avait fuit le pays pour aller au Congo Brazzaville. En exil, il critiquait violemment le régime, insultait même le président de l’Assemblée nationale, accusait Touadéra de diriger un gouvernement criminel. Puis par la surprise, il est revenu au pays. Il a changé de veste et s’est transformé en griot du régime, en porte-voix criminel de Touadéra. Depuis 2019, il multiplie les insultes et les menaces contre tous ceux qui osent critiquer le pouvoir. Aujourd’hui, il est passé à la phase suivante : l’agression physique. Et pour le remercier, le président lui offre une médaille.
La composition de sa milice en dit long. Plusieurs de ses hommes viennent de la milice Requins. Ce sont d’anciens criminels qui ont été recyclés, d’abord dans l’armée ou la garde présidentielle, puis dans de nouveaux groupes paramilitaires. Le régime utilise les mêmes individus, il leur change juste d’uniforme selon les besoins. Ces hommes auraient dû être jugés pour leurs crimes. Au lieu de ça, ils continuent de terroriser la population, avec de nouveaux chefs mais les mêmes méthodes.
Ce qui se passe à Bangui en ce moment n’a rien d’une tension pré-électorale normale. La Minusca et les organisations internationales parlent de « climat tendu », comme s’il y avait deux camps qui s’affrontaient. Mais ce n’est pas le cas. Il y a un régime qui utilise la violence organisée pour écraser toute contestation. Il y a des citoyens qui exercent leurs droits constitutionnels et qui se font tabasser pour ça. Il y a un pouvoir qui crée volontairement le désordre qu’il prétend combattre.
Élisée Nguémalé n’a rien fait d’illégal. Il a simplement saisi le Conseil constitutionnel, comme la loi l’y autorise, pour contester la candidature de Touadéra. Pour cet acte démocratique élémentaire, il a été menacé par un ministre, interdit de parole dans les médias, puis agressé physiquement par une milice dont le chef reçoit ensuite une médaille présidentielle. Cette séquence résume à elle seule la nature du régime Touadéra.
Par Gisèle MOLOMA….
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC



![LE MYSTÈRE DES 34 MILLIARDS DE LA COMMUNAUTÉ ISLAMIQUE : RÉVÉLATIONS SUR LE COMPLOT DE L’ANCIENNE ÉQUIPE du conseil supérieur islamique ET LE CAS MAMADOU RAMADY LE MYSTÈRE DES 34 MILLIARDS DE LA COMMUNAUTÉ ISLAMIQUE : RÉVÉLATIONS SUR LE COMPLOT DE L'ANCIENNE ÉQUIPE du conseil supérieur islamique ET LE CAS MAMADOU RAMADY Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , Une confrontation électrique, une base confessionnelle en ébullition et un voile qui se déchire sur l'un des plus grands scandales financiers de l'histoire de la République Centrafricaine. Le mardi 23 juin 2026, la concertation organisée à la mosquée de Yapéré (Bangui) par l'actuel président du Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique (CSISCA), l’Imam Abdoulaye Ouassélégué, s’est muée en un face-à-face d'une violence rare. Face aux interrogations des fidèles, les langues se sont déliées. Ce qui était présenté au départ par l'ingénieur du projet, Robert Patrick Veret, comme une "disparition de documents" s'avère être, à la lumière des dernières investigations journalistiques de la rédaction du CNC, un complot mafieux de grande envergure. Au cœur de cette entreprise de spoliation se trouve un homme désormais formellement identifié : Mamadou Ramady, ancien président du conseil d'administration de l'institution, soutenu par une clique d’anciens dignitaires déchus prêts à tout pour capter une manne de 34 milliards de francs CFA promise par les pays du Golfe. 1. LA GENÈSE DU « PROJET KODOU » : LA VISION SÉQUESTRÉE DE L’IMAM KOBINE L’histoire de ce projet pharaonique commence entre 2016 et 2017. L’Imam Oumar Kobine Layama, alors émissaire de la paix et président du conseil islamique, charge une équipe technique composée de l’ingénieur Robert Patrick Veret, d’un maître d’œuvre et du ministre Kaïdjama, de concevoir un complexe scolaire moderne. Initialement chiffré à 1 228 874 970 francs CFA, le projet séduit les investisseurs d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis). Ces derniers exigent sa démultiplication à l'échelle nationale : 12 complexes scolaires, mosquées et hôpitaux répartis dans 9 préfectures de la RCA. C'est la naissance du « Projet Kodou », évalué au total à 34 milliards de francs CFA. Mais le 28 novembre 2020, le décès brutal de l’Imam Kobine gèle le processus et ouvre la porte aux vautours. 2. LES MANŒUVRES DE MAMADOU RAMADY : LE BLOCUS ET LE VOL DES SECRETS Profitant du désarroi général immédiatement après le décès du guide spirituel, Mamadou Ramady s’est empressé de visiter la veuve du défunt. En abusant de la confiance de l’épouse de l’Imam Kobine, il est parvenu à sceller et bloquer l’accès de la bibliothèque aux autres membres du Conseil islamique. Ce blocus criminel n'avait qu'un but : dissimuler les archives importantes et s'approprier les secrets administratifs du Projet Kodou. Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. Les tricheurs et les pilleurs, bien qu'ils tentent d'acheter une façade de respectabilité auprès du régime en lui versant des fonds, ont été définitivement balayés par la légitimité des urnes et du droit en cette année 2026. L'ingénieur Robert Patrick Veret, détenteur des doubles des documents, et le nouveau bureau exécutif veillent désormais : les 34 milliards du Projet Kodou appartiennent aux fidèles et aux enfants de la RCA, et non à la mafia qui a pillé l'héritage de l'Imam Kobine. Par Alain Nzilo Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Ahmat-Deleric-Rator-218x150.jpg)
