Africa Corps : La nouvelle arme de Poutine pour assoir son empire en Centrafrique

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Vladimir Poutine redessine la carte de l’influence russe en Afrique, y compris en Centrafrique avec Africa Corps, successeur officiel de Wagner sous contrôle étatique direct.
La disparition du chef du groupe Wagner n’a pas freiné les ambitions africaines du Kremlin. Moscou a créé Africa Corps, structure militaire intégrée au ministère russe de la Défense, pour poursuivre et amplifier la stratégie initiée par les mercenaires de Prigojine. Cette nouvelle organisation dépasse largement le cadre sécuritaire : elle constitue un instrument de domination politique et économique continental.
Africa Corps se déploie méthodiquement à travers l’Afrique subsaharienne. En République centrafricaine, cette force va remplacer Wagner en imposant un contrat mensuel de 15 millions de dollars, soit 10 milliards de francs CFA à Faustin-Archange Touadéra. Cette facture astronomique pour un pays dont le budget annuel ne dépasse pas 300 millions transforme Bangui en vassal financier de Moscou.
Au Mali, Africa Corps a pris le relais en juin 2025 sous prétexte de lutte antiterroriste. Bamako verse désormais des sommes considérables pour cette protection, tandis que les groupes djihadistes continuent leur progression dans le nord du pays. Cette situation montre l’inefficacité réelle d’une force davantage concentrée sur l’exploitation des ressources que sur la sécurisation des territoires.
Le Burkina Faso s’engage dans la même voie avec le régime d’Ibrahim Traoré. Ouagadougou échange son or contre une hypothétique stabilité, reproduisant le schéma centrafricain d’appauvrissement déguisé en coopération. Les mines burkinabè alimentent les circuits russes sans retombées substantielles pour les populations locales.
La Libye constitue un autre théâtre d’expansion pour Africa Corps. L’organisation soutient militairement Khalifa Haftar, consolidant l’emprise russe sur les champs pétrolifères de l’est libyen. Cette alliance offre à Moscou un accès direct aux hydrocarbures méditerranéens, contournant partiellement les sanctions occidentales.
Des négociations secrètes se déroulent au Soudan pour un déploiement imminent d’Africa Corps. Le pays, déchiré par la guerre civile, présente des opportunités considérables avec ses réserves aurifères et pétrolières. L’instabilité soudanaise facilite l’implantation russe dans une région stratégique de la Corne de l’Afrique.
Le modèle économique d’Africa Corps repose sur l’extraction systématique des richesses africaines. Les concessions minières obtenues par les entreprises russes échappent aux mécanismes de transparence habituels. Les revenus générés partent directement vers Moscou, privant les États hôtes de ressources fiscales essentielles.
En Centrafrique, les mines est un exemple parfait de cette prédation organisée. L’or extrait finance l’effort de guerre russe en Ukraine plutôt que le développement centrafricain. Cette spoliation condamne le pays à une dépendance croissante envers l’aide internationale.
L’Union européenne alerte sur les conséquences de cette stratégie. Les pays partenaires d’Africa Corps s’isolent progressivement de leurs alliés traditionnels, perdant l’accès aux programmes de développement occidentaux. Cette exclusion aggrave leur vulnérabilité face aux exigences russes et réduit leurs options diplomatiques.
Africa Corps aggrave paradoxalement l’insécurité dans ses zones d’intervention. Au Mali et au Burkina Faso, les attaques terroristes se multiplient malgré la présence russe. Cette dégradation sécuritaire révèle l’inadéquation entre les objectifs affichés et les capacités réelles de l’organisation.
L’expansion d’Africa Corps menace l’équilibre géopolitique continental. L’organisation crée des zones d’influence exclusives où les partenaires traditionnels n’ont plus accès. Cette fragmentation compromet les efforts de développement coordonnés et affaiblit les institutions africaines multilatérales.
La Banque africaine de développement exprime ses inquiétudes face à cette évolution. Les contrats d’Africa Corps vident les budgets nationaux sans générer de contreparties développementales. Cette ponction financière compromet les objectifs de croissance et aggrave les indicateurs sociaux.
L’Union africaine tente de limiter cette influence en proposant des mécanismes de sécurité continentaux alternatifs. Ces initiatives peinent toutefois à rivaliser avec l’offre russe immédiate, séduisante pour des dirigeants confrontés à des menaces urgentes.
Les États-Unis et leurs alliés occidentaux observent cette progression avec inquiétude. Washington redoute la création d’un bloc africain pro-russe capable de perturber les équilibres mondiaux. Cette compétition géopolitique transforme l’Afrique en terrain d’affrontement indirect entre grandes puissances.
Certains pays africains explorent des alternatives à l’emprise russe. Le Ghana et la Côte d’Ivoire développent des coopérations sécuritaires diversifiées, évitant la dépendance exclusive envers une puissance extérieure. Ces exemples démontrent la possibilité de résister aux sirènes moscovites.
L’avenir de l’Afrique se joue dans cette confrontation entre souveraineté nationale et prédation étrangère. Africa Corps représente un test majeur pour la capacité du continent à préserver son indépendance face aux nouvelles formes de colonialisme. Les choix actuels détermineront si l’Afrique restera maîtresse de son destin ou deviendra le théâtre d’une domination russe déguisée en partenariat.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)