Le dernier rapport 2024 de la Fondation Mo Ibrahim dévoile la faillite totale de l’éducation en Centrafrique

Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Le rapport 2024 de la Fondation Mo Ibrahim vient de tomber comme un couperet : 0 sur 100 pour la qualité du système éducatif centrafricain. Un score nul qui place le pays au 52ème rang sur 54 pays africains, révélant l’ampleur d’une catastrophe éducative sans précédent.
L’ÉCOLE DE LA MISÈRE
Les chiffres sont accablants. L’égalité en matière d’éducation en Centrafrique s’effondre avec une chute de 5,4 points en dix ans, pour atteindre le score dérisoire de 17,6/100, reléguant le pays au 52ème rang continental. La scolarisation, malgré un score de 41,3 points, masque une réalité bien plus sombre : l’absence totale de données sur l’achèvement des études et les ressources humaines dans l’enseignement, révélant un système en état de mort cérébrale.
UN CORPS ENSEIGNANT ABANDONNÉ
L’absence complète de données sur les ressources humaines dans l’enseignement n’est pas un hasard. Elle traduit le chaos total dans la gestion du personnel éducatif. Les enseignants, quand ils existent, évoluent dans des conditions indignes. Le score de 0/100 pour la qualité du système éducatif reflète cette réalité catastrophique où l’improvisation remplace la pédagogie.
LA DOUBLE PEINE DES INÉGALITÉS D’ÉDUCATION EN CENTRAFRIQUE
Le rapport dévoile une discrimination systémique d’éducation en Centrafrique. L’égalité en matière d’accès aux services publics s’est effondrée de 18,7 points, atteignant le score alarmant de 10,4/100. Dans ce contexte, l’éducation en Centrafrique devient un luxe réservé à une minorité, condamnant toute une génération à l’illettrisme et à la précarité.
UN AVENIR HYPOTHÉQUÉ
Les conséquences de cette faillite éducative sont déjà visibles. Avec un PIB par habitant de 445 dollars, l’un des plus faibles d’Afrique, la RCA s’enfonce dans un cercle vicieux où l’absence d’éducation en Centrafrique nourrit la pauvreté. La fiabilité des opportunités d’emploi atteint à peine 9,9 points, condamnant les jeunes à un chômage structurel.
Cette catastrophe éducative n’est pas une fatalité, mais le résultat d’une négligence criminelle. Pendant que le gouvernement accumule une dette de 50,7% du PIB, une génération entière se voit privée de son droit fondamental à l’éducation. L’aide internationale, pourtant substantielle avec 122,4 dollars par habitant, semble se perdre dans les méandres d’un système gangrené par l’inefficacité.
L’urgence d’une refonte totale du système éducatif centrafricain n’est plus à démontrer. Sans une action immédiate et radicale, c’est l’avenir même du pays qui est compromis. La communauté internationale doit conditionner son aide à des réformes structurelles profondes dans le secteur éducatif. Le temps des constats est révolu, place à l’action avant qu’il ne soit trop tard.
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![Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Des salles de classe sans tables, des maîtres sans salaire, des filles qui abandonnent : à Birao, l’école préfectorale mixte donne à voir ce que l’État de Touadéra vaut réellement. Le directeur Chrispin Mbretizzi ne cherche plus ses mots. Son établissement tourne avec ce qu’il a, c’est-à-dire presque rien. Les enseignants contractuels ont dû descendre dans la rue pour toucher ce qui leur était dû, et même après ça, le compte n’y est pas. Les titulaires sont si peu nombreux que l’école fait appel à des maîtres-parents, des gens de bonne volonté sans formation, qui font ce qu’ils peuvent devant des classes entières d’enfants qui méritent mieux. C’est sur leurs épaules que repose aujourd’hui l’instruction publique à Birao. Les murs tiennent, mais l’intérieur est vide. Des élèves s’assoient à même le sol parce qu’il n’y a pas de tables-bancs. Les manuels disponibles couvrent à peine le français et les mathématiques, rien d’autre. Et le plus absurde dans tout ça : trois salles de classe ont été construites, elles sont là, debout, fermées à clé, inutilisables. Les tables-bancs promis pour les équiper ne sont jamais arrivés. Mbretizzi attend. L’école attend. Les ONG sont devenues le seul espoir réel d’obtenir un mobilier que l’État aurait dû livrer depuis longtemps. Ce qui inquiète le plus le directeur, c’est les filles. Elles partent. Pas toutes d’un coup, mais une par une, tirées hors de l’école par la pauvreté des familles et des mariages arrangés trop tôt. Mbretizzi le dit aux parents, il les interpelle, il insiste. Mais un homme seul face à une misère structurelle ne peut pas grand-chose. Tant que Bangui n’engage pas de moyens concrets pour financer les besoins de base et sécuriser la scolarité des filles en Vakaga, ses appels resteront sans écho. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/eleves-Amdafock-218x150.jpg)