En Centrafrique, la Tuberculose et le VIH, une véritable double charge qui pèse sur les patients

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 Au centre de santé de Boy-Rabe, dans le quatrième arrondissement de Bangui, Abdoulaye Kapounou et son équipe observent régulièrement le lien étroit entre la tuberculose et l’infection au VIH. Face à l’augmentation spectaculaire du nombre de cas de tuberculose, le dépistage du VIH fait partie intégrante de la prise en charge.

 

Pourquoi la tuberculose et le VIH vont souvent ensemble ?

Le VIH affaiblit le système immunitaire. Cela rend les personnes vivant avec le VIH beaucoup plus vulnérables à la tuberculose. Inversement, une tuberculose non traitée peut aggraver l’état de santé des personnes séropositives. En République centrafricaine, la co-infection reste fréquente. Selon les données récentes du ministère de la Santé et de l’OMS, environ 28 % des cas confirmés de tuberculose sont associés au VIH.

En Centrafrique, la Tuberculose et le VIH,  une véritable double charge qui pèse sur les patients

 

Au centre de dépistage de Boy-Rabe par exemple, dès qu’un patient arrive avec des signes de tuberculose (toux prolongée, amaigrissement, perte d’appétit, sueurs nocturnes), l’équipe propose systématiquement le dépistage du VIH en plus des examens habituels (crachat, radiologie ou ponction selon les cas).

 

La procédure mise en place dans ce centre

Dépistage combiné : Le laboratoire analyse d’abord les crachats pour rechercher les bacilles de la tuberculose. Si le résultat est positif, le patient est mis sous traitement antituberculeux après pesée. Dans le même temps ou rapidement après, un test rapide de dépistage du VIH est réalisé.

 

Adaptation du suivi : Quand la personne est co-infectée, le suivi est encore plus attentif.

Le traitement contre la tuberculose (REZ : rifampicine, isoniazide, éthambutol, pyrazinamide) est lancé selon le poids. Les antirétroviraux (ARV) pour le VIH sont coordonnés avec ce traitement pour éviter les interactions médicamenteuses.Contrôles réguliers : Les rendez-vous restent hebdomadaires ou bi-hebdomadaires les deux premiers mois, puis espacés. Des contrôles au cinquième et sixième mois confirment la guérison de la tuberculose.

 

Le statut virologique du VIH est également surveillé.Le centre ajuste aussi la durée des prescriptions de médicaments selon la distance du patient (jusqu’à trois semaines pour ceux qui habitent loin, vers PK-12 ou Kwanga) afin de limiter les abandons de traitement.

 

Prise en charge gratuite et soutien concret

Tout reste gratuit : dépistage du VIH, traitement antituberculeux, ARV et même les analyses complémentaires. Abdoulaye Kapounou insiste sur ce point : « Dès que la personne est atteinte de la tuberculose, automatiquement, on fait le dépistage » du VIH. Les stocks sont maintenus grâce aux commandes passées auprès du programme national et au ravitaillement via le PAM.

Pour motiver les patients qui ont peu de moyens, l’équipe donne parfois du savon ou des sardines en complément.

 

Par Sylvie  Vickos

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