Sam-Ouandja : les forces de l’ordre sont de véritables bandits, la population regrette même les périodes d’occupation des groupes armés

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À Sam-Ouandja, dans la préfecture de la Haute-Kotto, les forces de l’ordre déployées dans la ville sont devenues de grands bandits. Elles étouffent la population en multipliant les contrôles routiers abusifs, le racket systématique et la confiscation brute des motos.

 

La situation actuelle est bien plus grave que les périodes durant lesquelles la ville était sous le contrôle des groupes armés. Les conditions de circulation et de commerce étaient alors nettement moins contraignantes qu’aujourd’hui sous la coupe des forces de l’ordre.

 

Sam-Ouandja : les forces de l’ordre sont de véritables bandits, la population regrette même les périodes d’occupation des groupes armés
Des soldats FACA détachés à Sam-Ouandja, dans la préfecture de la Haute-Kotto

 

Un premier incident s’est produit cette semaine avec un jeune conducteur de taxi-moto arrivé de Bria avec des marchandises. Alors que les motos constituent l’unique moyen vital pour transporter les produits et ravitailler Sam-Ouandja, le conducteur a été directement dépouillé aux différents points de contrôle en versant plusieurs sommes aux éléments présents.

 

Après avoir regagné son domicile, il a été interpellé sans ménagement par des gendarmes. Le commandant de brigade exige qu’il paie encore, lui reprochant de ne pas être passé directement à la brigade pour une formalité inventée.

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Les gendarmes ne tiennent même pas systématiquement les barrages routiers : ils obligent brutalement les usagers contrôlés à l’entrée ou à la sortie de la ville à se présenter ensuite à la brigade pour une formalité supplémentaire, qui n’est rien d’autre qu’un paiement forcé.

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Dans le cas du conducteur de taxi-moto, sa moto et les marchandises transportées ont été confisquées et conduites à la brigade. L’ordre est sans appel : il doit payer 5 000 francs CFA pour récupérer son engin et ses biens.

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Un autre incident concerne un conducteur de moto qui circulait sur une route fortement dégradée. Arrivé devant un trou rempli d’eau, il a dévié pour éviter l’obstacle avant de poursuivre son trajet jusqu’à son domicile.

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Des éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) se sont ensuite rendus directement chez lui pour lui faire grief de cette manœuvre. Ils lui imposent des explications absurdes sur le fait qu’il n’ait pas foncé tout droit dans le trou.

 

Le conducteur a précisé qu’il cherchait simplement à éviter l’obstacle. Les militaires ont tranché de force : la manœuvre est délibérée et considérée comme provoquant un accident.

 

La moto a été immédiatement immobilisée et embarquée à leur base. Les militaires exigent du propriétaire le versement d’une rançon de 20 000 francs CFA pour la récupérer. Face à cet abus de pouvoir, le jeune homme refuse catégoriquement de payer et préfère vendre sa moto plutôt que de retourner la chercher dans leur camp.

 

Ces deux incidents frappent de plein fouet une population déjà étranglée par un contexte économique particulièrement difficile dans la Haute-Kotto. Les conducteurs de motos assurent pourtant à eux seuls le transport des marchandises entre les villes et les axes secondaires face à des moyens routiers complètement abandonnés.

 

Dans la région de la Haute-Kotto, les conducteurs de moto subissent un racket systématique de la part des éléments déployés dans la ville.

Ces pratiques de banditisme ne se limitent pas à deux cas. L’ensemble des éléments des forces de l’ordre présents dans la ville participe activement à ce système de racket et de contrôles abusifs.

 

Les investigations sur les exactions commises à Sam-Ouandja se poursuivent. D’autres faits précis sur les conditions intolérables imposées aux transporteurs, commerçants et habitants seront révélés dans un prochain article.

 

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