
À Bangui, pendant qu’Annie Michelle Mouanga siphonne la CNSS et tient l’ACFPE en laisse, trois institutions censées veiller sont aux abonnés absents depuis trop longtemps.
La Haute Autorité de Bonne Gouvernance existe. L’Inspection Générale d’État existe. La Cour des Comptes existe aussi. Leurs budgets de fonctionnement sont votés chaque année à l’Assemblée nationale. Leurs agents perçoivent des salaires. Mais quand il s’agit d’ouvrir un dossier sur un ministre en exercice, ces trois maisons deviennent subitement sourdes, muettes et aveugles.

Ce n’est pas une question de moyens. Les boucheries administratives d’Annie Michelle Mouanga à l’ACFPE n’ont pas été commises dans l’ombre. Nos confrères de Médias + en avaient déjà parlé avec des chiffres précis. Le restaurant de la CNSS à 15 millions par mois, la salle de conférence confisquée, la nièce installée à la tête de l’ACFPE : tout cela est su, documenté, répété.
Alors la question se pose. Ces institutions ont-elles reçu instruction de ne pas bouger ? Ou bien ont-elles simplement intégré que sous la 7e République, contrôler un ministre revient à se faire des ennemis au Palais de la Renaissance ? Dans les deux cas, le résultat est le même : les caisses se vident et personne ne répond de rien.
Ce vide institutionnel est un véritable confort organisé qui profite à tout le monde sauf aux Centrafricains ordinaires, aux retraités dont les pensions financent des projets d’hôpitaux VIP jamais construits, aux travailleurs dont les cotisations engraissent des ministres qui n’ont aucun compte à rendre.
Par Alain Nzilo
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