Hold-up électoral validé par les juges : Ziguélé dénonce un processus entièrement illégal de bout en bout

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Hold-up électoral validé par les juges : Ziguélé dénonce un processus entièrement illégal de bout en bout

 

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/martin-ziguele-brdc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Martin Ziguelé, Président du parti MLPC et porte-parole du BRDC lors de la conférence de presse du jeudi 25 septembre 2025 à Bangui. Photo CNC
Martin Ziguelé, Président du parti MLPC et porte-parole du BRDC lors de la conférence de presse du jeudi 25 septembre 2025 à Bangui. Photo CNC

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Au micro de la radio RJDH, Martin Ziguélé n’a laissé aucune place au doute. La réélection proclamée de Faustin-Archange Touadéra repose sur un processus qu’il qualifie d’illégal du début à la fin.

 

« Pour nous, il n’y a pas eu d’élection », a tranché l’ancien Premier ministre face au journaliste Romain Silvestre Sokambi. Cette phrase, prononcée sans hésitation, résume toute sa lecture des événements du 19 janvier dernier.

 

La validation par le Conseil constitutionnel n’a fait qu’achever ce que Ziguélé appelle un « coup d’État constitutionnel transformé en hold-up électoral ». Pour lui, les juges ont simplement apposé un tampon sur une manipulation déjà programmée depuis des mois.

 

« Le problème de la légitimité est entier », a-t-il martelé, refusant d’accorder la moindre reconnaissance au résultat proclamé. Cette position radicale découle d’un constat qu’il juge irréfutable : aucune des règles n’a été respectée.

 

« Moi, je ne suis pas allé aux élections parce que nous avons dit que nous n’allons pas à ces élections là. Parce que le processus est illégal », a expliqué l’opposant Martin Ziguelé. Son boycott n’était pas une fuite mais une décision mûrement réfléchie, fondée sur l’analyse du terrain juridique.

 

Cette analyse l’a conduit à une conclusion définitive qu’il a répétée plusieurs fois durant l’entretien. « Telle que les choses sont faites, il n’y aura pas d’alternance dans le cadre de la constitution du 30 août deux-mille-vingt-trois », a-t-il affirmé, dénonçant un verrouillage institutionnel.

 

« Ces élections se sont passées en dehors du cadre légal. Complètement », a-t-il asséné avec une insistance particulière. Chaque mot pesait dans sa bouche, chaque silence aussi. « La loi a été violée de bout en bout. De bout en bout », a-t-il ajouté, la répétition servant à enfoncer le clou.

 

L’absence de procès-verbaux constitue pour lui une preuve supplémentaire de l’opacité du scrutin. « Nous n’avons pas eu les PV. Nous ne pouvons pas savoir », a regretté Ziguélé, pointant l’impossibilité pour l’opposition de vérifier quoi que ce soit.

 

Cette opacité alimente ses soupçons sur les chiffres brandis par le camp présidentiel. « Il dit qu’il a gagné avec 78%. Ça veut dire qu’à peu près huit Centrafricains sur dix sont d’accord avec lui », a ironisé l’ancien Premier ministre, avant d’enfoncer le clou.

 

« Mais il va ouvrir les bras à qui ? Parce que tout le monde est déjà d’accord avec lui. Mais ça veut dire qu’il ne croit pas à ce qu’il dit », a-t-il lancé, démasquant selon lui une contradiction flagrante dans le discours du pouvoir.

 

Les statistiques de participation viennent renforcer son argumentation. « Un Centrafricain sur deux en âge de voter n’est pas allé voter », a calculé Ziguélé, s’appuyant sur les données disponibles pour décrédibiliser la thèse d’un soutien massif.

 

« Pour la majorité du peuple centrafricain qui n’est pas allé voter, parce que c’est un électeur sur deux qui a voté », a-t-il insisté, transformant l’abstention en argument politique. Cette masse silencieuse représente à ses yeux un désaveu bien plus éloquent que n’importe quel bulletin déposé dans l’urne.

 

« Pour nous, il n’y a pas de surprise. Et nous l’avons dit dans notre conférence de presse du 10 janvier », a rappelé le leader de l’opposition, soulignant que ses alertes avaient précédé le scrutin. Rien de ce qui s’est passé ne l’a étonné, tout était prévisible selon lui.

 

« Pour nous, il n’y a pas de changement. C’est la logique du coup d’État constitutionnel qui s’est transformé en un hold-up électoral », a-t-il conclu, bouclant ainsi sa démonstration. Les mots employés ne laissent planer aucun doute sur la gravité de ses accusations ni sur sa détermination à ne rien concéder au pouvoir en place​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Éric Azoumi

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