Sécurité routière à Bangui : Le cri d'alarme de deux jeunes Centrafricaines contre « l'hécatombe dans les rues de la capitale

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Face à l'anarchie routière et au nombre croissant de victimes dans la capitale et ses environs, deux jeunes femmes ont lancé un coup de gueule viral sur Facebook. Elles dénoncent le mépris des conducteurs, la corruption administrative et le silence des autorités.Une prise de parole née du drame
Il aura suffi d'un drame de trop. Le décès d'un homme dans un accident de la route près de Bimbo, à la sortie sud-ouest de Bangui pour faire déborder le vase. Sur les réseaux sociaux, deux jeunes femmes centrafricaines ont décidé de briser le silence pour dénoncer ce qu'elles qualifient sans détour d'« hécatombe ».
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L'une d'elles parle d'expérience
Victime d'un grave accident dans la capitale en 2021, elle a failli y laisser la vie et porte encore aujourd'hui les cicatrices de cette tragédie. Son témoignage, vibrant de colère et de douleur, démontre un quotidien où la route est devenue une roulette russe.
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« À Bangui, quand vous demandez autour de vous, tout le monde est une victime en puissance ou compte un proche blessé ou tué. C'est devenu une capitale de traumatismes où l'on ne croise plus que des membres cassés. »Mépris des piétons, « permis de conduire mafieux » et chauffards au volant
Dans leur vidéo, les deux intervenantes brossent un portrait sombre et inquiétant de la circulation à Bangui :
Le mépris des usagers vulnérables : Les automobilistes considèrent les piétons, les cyclistes et les motocyclistes comme de la « poussière » ou des « moins que rien ». Traverser la rue à pied peut relever du parcours du combattant et prendre plus d'une heure.
L'impunité des cortèges
Qu'il s'agisse de véhicules civils, de cortèges officiels (ministres, présidence) ou de véhicules des forces de sécurité (armée, police), la vitesse excessive règne et l'insensibilité face à la mort semble généralisée.
Des véhicules d'un autre âge
De vieux coucous hors d'état de rouler continuent de sillonner les axes routiers en toute impunité.
La corruption à la source
La critique vise directement la formation et la délivrance des documents officiels. Selon elles, la quasi-totalité des permis de conduire et des cartes grises s'obtiennent « par la petite porte ». Une mafia bien huileée entre certains services des Transports et des Finances qui enrichit des particuliers au détriment de la vie des citoyens.
Le modèle congolais en exemple : Vers des sanctions exemplaire ?
Pour démontrer qu'une autre gestion est possible, les deux jeunes femmes citent l'exemple du Congo-Brazzaville. Sous l'impulsion de décisions présidentielles fermes, la législation y a été durcie de manière drastique : en cas d'accident responsable, le conducteur doit non seulement purger une peine de prison, mais aussi prendre en charge l'intégralité des frais médicaux, de la subsistance et de la scolarité des enfants de la victime.
Ce niveau de responsabilité financière et pénale a responsabilisé les chauffeurs congolais. « Là-bas, même si c'est un fou qui traverse, tout le monde s'arrête. En RCA, on vous écrase comme si vous n'étiez rien », déplorent-elles.
Un appel urgent aux autorités centrafricaines
À travers cette sortie médiatique très commentée, les deux Centrafricaines espèrent provoquer un déclic au plus haut sommet de l'État. Elles demandent :
La sécurité routière est un enjeu majeur à Bangui, où les accidents de la circulation augmentent, provoquant un véritable cri d’alarme parmi les habitants.
Une régulation stricte de la circulation et un contrôle technique rigoureux des véhicules.
Une assainissement des circuits d'obtention du permis de conduire pour bannir la corruption.
Un durcissement exemplaire des peines pour les chauffards et une vraie protection juridique et financière pour les victimes.
La balle est désormais dans le camp des autorités ministérielles et législatives. L'anarchie routière ne peut plus être fatalité en République centrafricaine.
Par Brahim Sallé
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