À Rondji et Gobolo, le commandant Lamtagué organise un vaste système de détournement des fonds sur le dos des exploitants chinois
Rédigé le 02 août 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
À Rondji, y compris à Gobolo, une petite localité située à une dizaine de kilomètres d’Abba dans la Nana-Mambéré, un système mafieux de grande envergure a été mis en place par des éléments des forces armées centrafricaines. Au cœur de ce dispositif frauduleux se trouvent le commandant Lamtagué et l’ex-adjudant-chef défunt Kota Maboko, qui profitent de leur position sur le site minier de l’entreprise chinoise IMC pour détourner des sommes considérables.
Après plusieurs jours d’enquête menée par notre équipe de la rédaction du CNC sur place, les contours d’une organisation criminelle bien implanté ont finalement été découverts par notre équipe. Le stratagème mis en œuvre par ces militaires repose sur un mécanisme aussi simple qu’efficace : faire disparaître des soldats tout en continuant à percevoir leur solde auprès des exploitants chinois.
Le système fonctionne de la manière suivante. L’ex-adjudant-chef Kota Maboko et le commandant Lamtagué créent volontairement des tensions entre les militaires basés sur des sites miniers chinois, le cas du village de Rondji et Gobolo. Ces conflits artificiels leur permettent d’identifier les soldats qu’ils souhaitent écarter. Une fois qu’un militaire se retrouve en difficulté, ils le repositionnent dans un checkpoint isolé, loin de la base principale, plus souvent dans un endroit où les chinois tracent des nouvelles routes pour permettre à leurs machines de pénétrer le chantier. Vous comprenez! C’est dans la forêt que le soldat visé est envoyé pour frapper son moral militaire.
Ces postes créés de toutes pièces se trouvent dans des zones complètement isolés, où les conditions de vie sont extrêmement difficiles. Les soldats envoyés là-bas subissent une pression psychologique intense qui finit par les pousser à déserter de leur poste. Isolés et moralement épuisés, beaucoup finissent par abandonner leur poste pour rentrer à Bouar pour certains, ou à Bangui pour les autres. C’est exactement ce que recherchent le commandant Lamtagué et l’adjudant-chef Kota Maboko.
Car une fois que ces soldats ont déserté, les deux hommes ne signalent rien aux opérateurs chinois. Ils continuent de prétendre que ces militaires sont toujours en poste, assignés dans différents secteurs du site minier. Or, les Chinois versent 10 000 francs CFA par jour pour chaque soldat censé assurer la sécurité de leurs installations. Lorsque l’argent arrive, l’adjudant-chef Kota Maboko récupère les sommes destinées aux soldats absents en affirmant qu’ils sont simplement affectés ailleurs et qu’il se chargera de leur remettre leur dû.
Bien entendu, cet argent ne parvient jamais aux soldats disparus. L’adjudant-chef l’empoche directement et le partage ensuite avec le commandant Lamtagué. Ce manège dure depuis plusieurs mois, voire plusieurs années selon nos sources, et se poursuit encore aujourd’hui en toute impunité.
Actuellement, une vingtaine de soldats ne sont plus présents sur le site de Rondji. Pourtant, les exploitants chinois continuent de les compter dans leurs effectifs et de payer leur salaire quotidien. Chaque jour, le commandant Lamtagué empoche ainsi plus de 200 000 francs CFA grâce à ce système frauduleux. Si l’on fait le calcul sur un mois entier, les sommes détournées atteignent des montants vertigineux. Pour cet homme, ce business est devenu extrêmement lucratif et très très juteux.
Mais ce détournement massif n’est que la partie visible d’un iceberg beaucoup plus imposant. D’autres pratiques mafieuses existent sur ce site minier, et notre équipe continuera de les révéler progressivement. L’objectif est de faire découvrir à nos lecteurs tous les recoins de cette organisation criminelle mise en place par le commandant Lamtagué et l’adjudant Banamaye sur les chantiers de l’entreprise chinoise IMC.
Les révélations à venir montreront l’ampleur réelle de ce système et les multiples ramifications de cette mafia militaire qui prospère à Rondji, loin des regards des autorités et au détriment des opérateurs chinois comme de la population locale.
Par Cédric Mbolo….
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